[Révolution tunisienne] « On n’a pas peur, c’est le peuple qui est ici » (2)

Tunisie. Manifestation de solidarité à Sfax

En guise de solidarité avec les manifestants agressés, lundi, à l’avenue Habib Bourguiba à Tunis par les agents de l’ordre, les habitants de Sfax sont sortis manifester lundi soir.

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Les habitants de Sfax, la capitale du sud, sont sortis manifester, lundi soir, à l’appel des défenseurs des droits de l’Homme. Ils ont allumé des bougies et fait une marche silencieuse. Le symbole est très fort. Les images des agressions, qui circulent sur les réseaux sociaux, sont suffisamment expressives pour donner une idée de la violence des agressions.

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 9 avril 2012)


Tunisie – une manifestation déborde à Hammamet

Un grand rassemblement a eu lieu, aujourd’hui, lundi 9 avril 2012 à Hammamet où plus d’un millier de personnes n’a pas pu mener à bien la marche pacifique et autorisée à l’occasion de la fête des martyrs.

En effet, partis vers 16h de l’après-midi de la Place devant la Banque de l’Habitat, les manifestants se dirigeaient ver la Place des Martyrs scandant des slogans tels que « Emploi, liberté, dignité », lorsqu’ils ont été agressés, dans un premier temps, par le lancement de pétards et autres insultes.

Puis en arrivant au Mémorial des Martyrs, les accès étaient bloqués par une cinquantaine de milices d’Ennahdha et du CPR de la ville, que tout le monde connaît. Mais les manifestants sont parvenus à forcer l’accès à la Place où ils devaient réciter la Fatiha à la mémoire des Martyrs avant que Lotfi Bouchnaq n’entonne l’hymne national.

Or, à la surprise générale, le courant a été coupé et les manifestants ont été attaqués à coups de jets de pierres et d’œufs alors que l’estrade installée à cette occasion, a été détruite par les assaillants.

Il s’agit là du récit d’un participant et témoin oculaire, Moez Attia de Kolna Tounes, qui précise que la manifestation, organisée à l’appel de la LTDH, de l’UGTT, d’Initiative citoyenne, de Kolna Tounes et de Doustourna, avait obtenu l’autorisation des autorités régionales d’Hammamet, pour en assurer la sécurité. Pourtant, assure t-il, il n’y avait aucun policier pour assurer la protection du cortège des manifestants.

Publié par des ennemis de la révolution (BusinessNews, 9 avril 2012)


Tunisie – Manifestations du 9 avril : Le régime policier marque un retour fracassant !

Une chose est sûre, la manifestation d’aujourd’hui restera dans les annales. Une véritable dégénérescence qui laissera aux milliers de manifestants sur place, un amer goût de déjà-vu.
Reportage

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1334005428.jpg« Rien n’a vraiment changé, on se croirait de nouveau le 14 janvier. Ils nous insultent et nous tabassent avec une telle rage », déclare un des manifestants à l’avenue Habib Bourguiba, aujourd’hui 9 avril 2012. Plusieurs milliers de personnes sont sorties manifester en cette fête des Martyrs, sur la grande artère de Tunis, l’avenue Habib Bourguiba, interdite aux rassemblements. Une manifestation, ou plutôt un ensemble de rassemblements et de marches, organisés ou parfois même spontanés, commémorant la journée des martyrs et protestant contre l’interdiction de tout rassemblement dans l’avenue, décrétée le 28 mars 2012. Enroulés dans des drapeaux tunisiens et entonnant en chœur l’hymne national, les manifestants scandaient : « Ni peur, ni terreur, le pouvoir est au peuple ! » ou encore « toujours fidèles au sang des martyrs ». Un défi qui a rapidement dégénéré en heurts violents entre manifestants et police, mais aussi entre manifestants et contre-manifestants venus mettre leur grain de sel dans une marche assez controversée.

9h30. L’avenue Habib Bourguiba se réveille. Les Tunisois vaquent à leurs occupations, les cafés se remplissent, les boutiques ouvrent leur porte. Des voitures de police. Une, deux, dix… des bus remplis des brigades anti-émeute.

La tension est palpable. Devant le Théâtre municipal, un des rassemblements gonfle, pendant qu’un autre est parti de la place des Droits de l’Homme. Les slogans sont scandés, l’hymne national entonné. Les manifestants avancent, ils sont de plus en plus nombreux. Ils avancent vers le ministère de l’Intérieur. Les policiers sourient. Ils savent ce qui va se passer. Nous ne le savons pas encore. L’ambiance est festive malgré l’atmosphère tendue, le drapeau tunisien est à l’honneur. Le barrage formé par les voitures de police, sur l’avenue Habib Bourguiba, avant le ministère de l’Intérieur, est rapidement ouvert par les policiers, toujours calmes.

Pourtant, la tension est palpable. Il va se passer quelque chose, mais quand ? Les manifestants avancent devant le ministère de l’Intérieur grâce au passage ouvert par la police. L’hymne national, une fois. Deux ou trois slogans. Des deux côtés, les policiers encerclent les manifestants, et sans que personne n’ait pu le prévoir, les premières bombes lacrymogènes sont lancées au milieu de la foule. Une rue, perpendiculaire à l’avenue, permet de s’échapper, les larmes aux yeux, la respiration saccadée, tous vers l’avenue Jean Jaurès et les rues avoisinantes. Le temps de reprendre son souffle et d’y voir plus clair qu’une autre pluie de grenades lacrymogènes tombe sur la tête des manifestants.

La manifestation de l’avenue Habib Bourguiba a donc fait long feu. Certains parviennent à se réfugier dans les cafés encore ouverts de l’avenue. « Une amère impression de déjà vu », déclarent-ils, « une sorte de 14 janvier bis »… les coups de feu en moins.

Dans les rues avoisinant l’avenue Habib Bourguiba, devenues des portes d’accès aux manifestants désireux de rejoindre l’artère principale, des jets de pierre ont été échangés entre les manifestants et les forces de l’ordre ponctués par des jets répétés de gaz lacrymogènes.

Les manifestants ont également été attaqués par une contre-manif de jeunes « barbus » qui lançaient des pierres en direction des manifestants, dans une des ruelles avoisinantes à l’avenue Habib Bourguiba.

On assiste de même à des altercations et à de vifs échanges entre manifestants et commerçants, présents sur place, indignés de devoir fermer boutique, une journée de grande affluence.

Si certains commerçants regrettaient le « grabuge » qui les empêche de travailler dans l’avenue Habib Bourguiba, de nombreux manifestants sur place et des familles de martyrs de la révolution revendiquaient leur droit légitime de manifester sur l’avenue « une des raisons pour lesquelles nos fils seraient morts ».

« Nous sommes venus dénoncer la répression du nouveau pouvoir et revendiquer la chute du gouvernement », nous confie un jeune manifestant sur place, fuyant des bombes de gaz lacrymogènes qui pullulent, un peu partout.

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Des centaines de manifestants, refoulés de l’avenue Habib Bourguiba, sont ensuite allés directement prêter main forte au rassemblement de l’avenue Mohamed V, parti de la place des Droits de l’Homme. Cette marche, rassemblant de nombreux représentants de la société civile, de partis politiques et des journalistes, était, faut-il le rappeler, autorisée. Les policiers, avec des dizaines de camions et de bus, se préparent.

Les manifestants avancent vers eux, au premier rang desquels on aperçoit Hamma Hammami tenant la main de sa femme, Radhia Nasraoui. Des députés de la Constituante, Khemais Ksila, notamment, ou encore la présidente du mouvement Kolna Tounes, Emna Mnif, sont également présents. Les manifestants avancent, jusqu’au cordon de police déployé au niveau de la Banque Centrale de Tunisie. Ils arrivent devant les policiers, leur tiennent tête, face à face tendu, à quelques millimètres l’un de l’autre.

La scène dure plusieurs minutes. Quelques manifestants s’infiltrent sur les côtés pour dépasser le barrage, trouvant des rangées entières de véhicules des forces de l’ordre. À l’arrière, des policiers préparent leurs fusils utilisés pour lancer les grenades lacrymogènes. Là encore, l’attente. L’hymne national. Un frisson. Les manifestants s’engouffrent par dizaines dans les brèches laissées entre les policiers. Et les premiers tirs. Les premières rangées s’enfuient vers l’avenue Jean Jaurès et les autres reculent. Nous retrouvons Radhia Nasraoui, légèrement assommée, le citron préparé pour l’occasion pour amoindrir les effets du gaz. D’autres s’aspergent de boisson gazeuse, certains ne parviennent plus à marcher, étourdis. « On est habitué, ce n’est pas un peu de gaz qui va nous faire peur, on y retourne ! », affirme Hamma Hammami, toujours aux côtés de sa femme.

Effectivement, les festivités sont loin d’être finies. De retour sur l’avenue Mohamed V. Les policiers se repositionnent. Cette fois, ils seront décidés à en découdre frontalement. Des dizaines de grenades lacrymogènes, mais le vent favorable aux manifestants rejette les relents de gaz vers les policiers. « Dieu est avec nous », lancera un jeune homme. Les policiers s’impatientent, ils chargent. Toute personne se trouvant sur leur chemin en fera les frais. Des femmes âgées, d’autres plus jeunes, des enfants, des hommes, les matraques ou les bâtons en bois cloutés ne différencieront personne. Jamila, une jeune manifestante, voyant une femme à quelques mètres se faire copieusement tabasser, lancera à un policier : « Arrêtez ! Pourquoi vous faites ça ? Nous sommes tous Tunisiens, comment pouvez-vous frapper vos frères et vos sœurs ? », interpellation à laquelle le policier ne répondra que par la violence, physique et verbale. Jusque dans le parking du bâtiment de l’ex-RCD, ils poursuivront les hommes et les femmes, matraque à la main et obscénités à la bouche. Une scène cocasse et pour le moins surprenante, cependant, celle de manifestants se protégeant aux côtés des militaires, derrière les grilles du siège de l’ex-RCD…

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La foule se replie à présent au niveau de l’Église orthodoxe de l’avenue Mohamed V. Une scène emplie de symboles où les manifestants, drapeau tunisien à la main, sont devant l’église, récemment attaquée par des extrémistes, encerclés encore une fois par les policiers. « Dégage ! Dégage ! », scandent-ils à l’encontre de ces derniers. Le petit rassemblement d’une centaine de personnes est de nouveau dispersé violemment par les forces de l’ordre.

Autre fait notable, les forces de l’ordre, présentes sur place font preuve d’une schizophrénie pour le moins déroutante. Des ordres sont donnés pour réprimer jusqu’à ce qu’il ne reste plus personne alors que d’autres appellent à ne pas user de la violence et à se défaire de leurs matraques. Alors que certains se montrent violents et insultants, d’autres par contre, essaient de disperser la foule avec bienveillance et patience et n’hésitent pas à essayer de raisonner leurs collègues et même à présenter des excuses aux manifestants insultés.

Des femmes pleurent, des hommes sont à terre, incapables de se relever, tout le monde est en état de choc, un mélange d’étourdissement, de gaz, de douleur physique et de fatigue morale, en plus d’une incompréhension révoltante d’une violence disproportionnée.

Emna Mnif, bandeau sur le visage et lunettes de natation sur les yeux, est affligée. « Ali Laârayedh et le gouvernement sont responsables ! Ils ont oubliés que par l’avenue Habib Bourguiba, le peuple les a libérés de leur exil doré ! Ils ont oublié que sans ce peuple, ils seraient encore en train de croupir en prison, ou victimes de la répression policière, ils l’ont oublié et ils reproduisent à leur tour ces mêmes pratiques. Le peuple les a mis où ils sont, mais il n’est pas prêt à leur délaisser la liberté qu’il a chèrement acquise, par le sang des martyrs ! », déclare-t-elle, en substance, à Business News. « Ce n’est pas fini, nous irons tous devant l’Assemblée constituante, pour observer un sit-in jusqu’à ce que ce gouvernement réponde de ses actes », conclut-elle.

Au niveau de la place de la République (le Passage), les affrontements se poursuivent. Plusieurs personnes, barbues, se portent en renfort aux côtés des policiers. Toute manifestation de protestation est réprimée par ces personnes que beaucoup décriront comme des milices islamistes. Des journalistes, tunisiens et étrangers n’ont pas été épargnés non plus. Progressivement, le centre-ville reprend son rythme normal. Seuls une atmosphère poussiéreuse et les impacts des centaines de grenades lacrymogènes sur le sol, témoignent des affrontements qui ont eu lieu.

Publié par des ennemis de la révolution (Synda Tajine & Monia Ben Hamadi, BusinessNews, 9 avril 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] « Seul le MNLA peut faire ça »

Une Française échappe à Aqmi grâce aux Touaregs

La seule Française de Gao, au nord-est du Mali, a été rapatriée dimanche saine et sauve à Paris après avoir été évacuée vers l’Algérie par les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA).

« Ils sont arrivés dans des 4×4 beiges, brandissant leurs kalachnikovs, habillés en tenue militaire, coiffés d’un chèche touareg. Ils ont tiré en l’air. L’assaut a duré au moins deux heures. Dès que je les ai vus, j’ai su que c’était des islamistes… »

La seule Française de Gao, au nord-est du Mali, a été rapatriée dimanche saine et sauve à Paris après avoir été évacuée vers l’Algérie par les rebelles touaregs du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Mais elle n’est pas près d’oublier ce jeudi 5 avril. Ce matin-là, l’humanitaire, qui travaille pour l’Unicef sur un programme de malnutrition et pour l’Association d’aide à Gao sur un projet d’orphelinat, assiste en direct à l’attaque du consulat d’Algérie et à l’enlèvement de sept diplomates, dont le consul Boualem Sias. Ils auraient été libérés dimanche par leurs ravisseurs, selon l’édition en ligne du quotidien El Watan.

L’enlèvement avait été revendiqué dans la matinée par le Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui n’en est pas à sa première attaque contre l’Algérie. Ce groupe récent sur la scène sahélienne se dit également à l’origine du rapt de trois humanitaires dans la région de Tindouf (Sahara occidental) en octobre 2011 et d’un attentat à Tamanrasset (Sud algérien) en mars dernier. L’opération de Gao semble toutefois avoir été menée avec l’appui d’autres islamistes : Mokhtar Belmokhtar, « émir » d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), et le groupe Ansar Dine. « J’ai reconnu leur drapeau, qu’ils ont hissé après avoir brûlé le drapeau algérien », assure l’humanitaire française, qui tient à l’anonymat pour protéger sa famille.

(…) « Le 29, Kidal est tombée aux mains du MNLA. À quelque 400 km de là, nous savions que nous serions les prochains sur la liste, avec Tombouctou, raconte l’humanitaire. D’ailleurs, dès le 30, tous les militaires ont abandonné le camp (Gao est la base militaire la plus importante du Mali, NDLR) pour rejoindre Bamako. En quelques jours, la ville a été détruite, les boutiques pillées, les stations d’essence vidées… »

Alors que les islamistes entourent la résidence du consul où elle a trouvé refuge, la Française parvient à fuir dans une maison toute proche où son « exfiltration » est organisée vers l’Algérie. Ses relations privilégiées avec les Touaregs (elle vit à Gao depuis 1995) lui ont « peut-être » permis d’échapper aux islamistes. « J’ai la conviction qu’ils savaient où j’habitais et qu’ils pouvaient venir me chercher quand bon leur semblait… » Après avoir traversé la ville « tous feux éteints », le groupe a filé vers le nord, direction Bord Badji Mokhtar, ville à la frontière sud algérienne. « Il faut normalement un jour et une nuit pour parcourir cette distance, mais nous l’avons traversée en une nuit, via les pistes de la contrebande. Avec une heure de pause et une halte pour faire le plein de carburant. Seul le MNLA peut faire ça… »

La semaine dernière, les rebelles touaregs avaient organisé l’évacuation de deux Britanniques et d’un Français de Tombouctou, leur permettant d’échapper à Aqmi. (…)

Leur presse (Mélanie Matarese à Alger, LeFigaro.fr, 9 avril 2012)


Neil Whitehead and Diane English fled across an 850-mile expanse of desert with the help of nomadic militiamen and African soldiers to reach Nouakchott, the capital of neighbouring Mauritania. They are now hoping to take sanctuary in the city’s French embassy.

The couple, who owned and ran a budget hotel in Timbuktu, were caught up in the fighting as the Malian army fled and Islamic extremists took control of the city following a coup that overthrew the country’s government. (…)

The couple’s saviors were units of the National Movement for the Liberation of Azawad (MNLA), a nomadic Tuareg force that has spearheaded a rebellion in recent months using weapons looted from Col Muammar Gaddafi’s abandoned armouries.

Mrs English contacted the new British embassy in Mali, which said it was working through the French embassy to arrange their evacuation with the help of the MNLA. “On Monday the MNLA brought us to the Timbuktu airstrip where we spent the night. By this stage al-Qaeda was in the town and we knew they were searching for us. The MNLA told them we had already left and we got that night.” (…)

The couple said they were well treated by the MNLA, the main force in the region, which did not have an Islamist agenda.

“The MNLA are a local force that are looking for local independence because they complain that the Malian government has deprived the area of all the resources and favoured other parts of the country,” she said. “From living there I would have to say I agree with them.”

Leur presse (The Telegraph, 4 avril 2012)

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[Cruseilles] Pâques au tison

Des missels incendiés dans l’église de Cruseilles

Samedi après-midi, une heure avant l’office de Pâques, aux alentours de 19h, trois individus (pour l’instant non encore identifiés), selon les premiers témoignages sont entrés à l’intérieur de l’église de la commune et ont mis le feu à des revues qui se trouvaient dans un présentoir ainsi qu’aux cahiers de chants de la chorale (jeté ensuite dans le bassin de l’église).

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Cet acte "gratuit" a été commis la veille de Pâques.

La nappe qui recouvre l’autel dédié à la vierge Marie à proximité a également été brûlée, l’autel a subi des dégâts. C’est une personne qui voyant sortir de la fumée de l’église a donné l’alerte et le feu a pu être stoppé. Le maire Christian Bunz était sur place ainsi que la brigade de gendarmerie de Cruseilles. Cet acte de vandalisme a jeté la consternation parmi les nombreux fidèles qui se rendaient à la messe. Le maire va porter plainte.

Leur presse (LeDauphine.com, 8 avril 2012)

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La police travaille à Tébessa (Algérie)

TÉBESSA : Des dizaines de jeunes attaquent un commissariat de police

Plusieurs dizaines de jeunes ont attaqué dans la nuit de dimanche à lundi, avec des pierres, des cocktails Molotov et autre projectiles, le siège du commissariat du 7e arrondissement de la police situé au quartier d’El Merdja, apprend-on de sources concordantes.

L’incident a eu lieu une demi-heure après que les éléments de la police ont arrêté le propriétaire d’un  dépôt illégal de boissons alcoolisées sur la route d’El Kouif, à la sortie de la ville de Tébessa.

Le mis en cause a alerté ses amis, les  membres de sa famille et certains de ses clients, qui ont tenté de mener une expédition punitive à l’encontre des policiers qui assuraient la permanence.

Les dégâts causés au siège du commissariat sont considérables, selon des sources bien informées. Des renforts composés entre autres de la brigade antiémeute, ont été dépêchés sur les lieux.

Aucune arrestation n’a été enregistrée, alors qu’une enquête a été ouverte par les services de la sûreté.

Pour rappel, l’un des plus graves incidents s’est produit au mois de janvier dernier quand une centaine de personnes ont bloqué la Rocade après la mort de deux contrebandiers dans un accident de la route à Tébessa, à la suite d’une course-poursuite engagée par les éléments de la police.

Leur presse (Lakehal Samir, ElWatan.com, 9 avril 2012)

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[Athènes] Nouveaux attentats à la bombe contre des ministères

Nuit du 8 au 9 avril :
Grèce : une bombe explose devant un ministère

Un engin incendiaire artisanal a explosé dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 avril devant une annexe du ministère grec de l’Administration, près du centre d’Athènes. L’explosion a provoqué d’importants dégâts matériels sans faire de victimes.

Les attentats de ce type sont récurrents en Grèce, la police les imputant à la mouvance anti-autoritaire locale, actuellement active contre l’austérité imposée au pays en contrepartie des prêts internationaux. Ils visent d’habitude des bâtiments publics, des banques, des représentations diplomatiques ou des sociétés étrangères.

Leur presse (Francetv.fr, 9 avril 2012)


3 avril :
Grèce : le bureau de l’ex-Premier ministre attaqué

Un engin incendiaire a explosé mardi devant le bureau de l’ancien Premier ministre grec Costas Simitis dans le centre d’Athènes provoquant un incendie qui a été rapidement éteint, a annoncé une source policière. L’attaque a eu lieu au cinquième étage d’un bâtiment situé dans le centre de la capitale grecque à environ 21 heures, heure locale.

Les pompiers ont forcé la porte du bureau mais personne ne se trouvait l’intérieur, a indiqué la chaîne de télévision Skai. Personne n’a été blessé.

Le bureau de Costas Simitis avait déjà fait l’objet d’une attaque en 2010.

Leur presse (Europe1.fr avec AFP, 3 avril 2012)

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[Révolution tunisienne] « On n’a pas peur, c’est le peuple qui est ici »

Les manifestants piégés, puis aspergés de gaz lacrymogènes

Le ministère de l’Intérieur s’est résolu à appliquer à la lettre sa décision d’interdire les manifestations à l’avenue Habib Bourguiba.

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Photo d’archives de la manifestation du samedi 7 avril.

Vers 10h30, les quelques milliers de manifestants présents (moins de cinq mille au début, mais tout le monde n’était pas encore arrivés) étaient réunis devant le Théâtre municipal. Ils se dirigeaient vers le ministère de l’Intérieur, à quelques centaines de mètres. Les agents de l’ordre présents leur ont facilité la tâche en retirant les barrières. Une fois les manifestants passés, ils ont été aspergés de gaz lacrymogènes afin de les disperser. Les manifestants ont répliqué par des jets de pierre dans une tentative de forcer les policiers à reculer.

Nos journalistes présents sur place disent qu’il n’y a pas encore d’agressions physiques, à coups de matraques, mais cela ne saurait tarder, craignent-ils.

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En effet, quelques minutes plus tard, vers 11h45 [10h45 ?], on a constaté des agressions par des matraques, non seulement de la part de policiers en tenue officielle, mais également par des agents en tenue civile ordinaire, comme s’ils étaient de simples citoyens. On a également constaté quelques cas d’étouffements.

Nous mettrons à jour cet article au fur et à mesure de l’évolution de la situation. Et il est fort à craindre qu’elle va évoluer vers le pire.

Publié par des ennemis de la révolution (BusinessNews.com.tn, 9 avril 2012)


Tunis : Évacuation de l’avenue Habib Bourguiba aux gaz lacrymogènes

Le correspondant de TunisieNumerique sur place a affirmé que l’ambiance est très tendue à l’avenue Habib Bourguiba. Des groupes de personnes sont venus prêter main forte aux agents de sécurité, ces groupes seraient, semble-t-il, des milices du mouvement Ennahdha disponibles pour boycotter et contrer toute manifestation.

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Ahmed Seddik, responsable de l’information de l’Ordre National des Avocats a confirmé qu’il a été agressé par des partisans du mouvement Ennahdha, regroupés en milices.

Abdelwahab El Heni, président du parti « Al Majd » a de sa part, confirmé la déclaration de Ahmed Seddik concernant l’intervention des milices d’Ennahdha.

Les manifestants sont encore rassemblés en groupuscules dans les rues avoisinantes.

À suivre…

Publié par des ennemis de la révolution (Chawki Rouissi, TunisieNumerique.com, 9 avril)


(…) Des manifestants ont accusé Ennahda de se comporter en « nouveaux Trabelsi », le clan familial honni de l’épouse de l’ex-président Ben Ali et accusé par les Tunisiens de corruption dans les dernières années du règne de Zine ben Ali. « Les gens en ont marre des nouveaux Trabelsi ! », scandait la foule.

« Le peuple veut la chute du régime ! », lançaient les manifestants en reprenant à leur compte l’un des slogans-phares de la « révolution de jasmin » de janvier 2011, précurseur du « printemps des peuples arabes ». (…)

Leur presse (Reuters, 9 avril)


Tunisie : tirs de lacrymos pour disperser une manifestation interdite

TUNIS – Plusieurs centaines de personnes qui manifestaient lundi sur la grande artère de Tunis, l’avenue Habib Bourguiba interdite aux rassemblements, ont été violemment dispersées à coup de gaz lacrymogène, a constaté une journaliste de l’AFP.

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Les manifestants, qui voulaient commémorer la journée des martyrs tunisiens et protester contre l’interdiction depuis le 28 mars de tout rassemblement sur l’avenue, ont été chassés à coup de lacrymogènes et ont dû se réfugier dans les ruelles avoisinantes ou les commerces de l’avenue.

Enroulés dans des drapeaux tunisiens, criant : on n’a pas peur, c’est le peuple qui est ici, les manifestants avaient commencé à investir l’avenue Bourguiba vers 10H00 (08H00 GMT), remontant la rue au pas de course dans une ambiance très tendue.

De nombreux policiers casqués et matraques en main avaient été déployés sur l’avenue.

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Je suis là pour honorer nos martyrs, et pour protester contre l’interdiction de manifester ici. C’est nous qui avons libéré la Tunisie, ils n’ont pas le droit d’interdire des marches pacifiques, a déclaré à l’AFP Mohsen Ben Henda, un septuagénaire tout juste sorti de l’hôpital venu participer au rassemblement.

La manifestation n’a pas duré plus d’une demi-heure, avant les premiers tirs nourris de lacrymogènes. Les gens se sont enfuis dans les rues perpendiculaires ou se sont réfugiés dans les cafés encore ouverts de l’avenue.

La Tunisie commémore lundi la journée des martyrs, en souvenir de la répression sanglante par les troupes françaises d’une manifestation à Tunis le 9 avril 1938.

L’avenue Bourguiba, artère symbole de la révolution tunisienne et endroit où sont généralement organisées tous les mouvements de contestation, est interdite aux rassemblements depuis le 28 mars suite à des incidents lors d’une manifestation d’islamistes qui s’en étaient pris à des artistes.

Publié par des ennemis de la révolution (Agence Faut Payer, 9 avril)


Tunisie : tension toujours très vive dans le centre de Tunis où les heurts continuent

TUNIS — La tension restait très vive lundi dans le centre-ville de Tunis, les policiers chargeant et tirant des lacrymogènes sur des manifestants repliés dans les alentours de l’avenue Habib Bourguiba, où un rassemblement venait d’être violemment dispersé, a constaté l’AFP.

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Après avoir été chassés de l’avenue centrale Habib Bourguiba, interdite, les manifestants ont rejoint un autre rassemblement sur l’avenue perpendiculaire Mohamed V. Là encore, les policiers ont tiré des grenades lacrymogènes pour disperser les gens.

Dans les ruelles autour de l’avenue Bourguiba, des policiers armés de matraques, très agressifs, ont chargé sur des petits groupes de manifestants. D’autres policiers en civil chargeaient à mobylette.

Des personnes ont été tabassées et blessées, selon un témoin.

Les gens criaient : « Dégage ! Dégage !  » reprenant le slogan de la révolution et hurlaient : « on n’a pas peur, la rue est au peuple ! ». La plupart des cafés et boutiques avaient fermé leurs rideaux et certaines rues étaient désertes, jonchées de pierres et de grenades lacrymogènes.

« Je suis consterné. Les gens que la révolution a amenés au pouvoir sont aujourd’hui ceux qui nous empêchent de manifester », a déclaré à l’AFP l’ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l’Homme Mokhtar Trifi.

La manifestation de lundi avait été appelée sur les réseaux sociaux pour commémorer « la journée des martyrs », en souvenir de la répression sanglante par les troupes françaises d’une manifestation à Tunis le 9 avril 1938.

L’avenue Bourguiba, artère symbole de la révolution tunisienne et endroit où sont généralement organisés tous les mouvements de contestation, est interdite aux rassemblements depuis le 28 mars suite à des incidents lors d’une manifestation d’islamistes qui s’en étaient pris à des artistes.

Publié par des ennemis de la révolution (Agence Faut Payer, 9 avril)


Tunis : une manifestation violemment réprimée à l’occasion de la Fête des martyrs

TUNIS (AP) — La police a réprimé lundi à coups de matraques et de grenades lacrymogènes une manifestation organisée à Tunis pour marquer l’anniversaire de la Fête des martyrs, faisant plusieurs blessés, a-t-on constaté sur place.

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Venu à l’appel de plusieurs associations de la société civile, quelque 2.000 manifestants avaient commencé à défiler sur l’avenue Habib-Bourguiba, la grande artère de la capitale, interdite récemment à toute manifestation pour cause de « troubles à l’ordre public ».

Arrivés devant le ministère de l’Intérieur, ils ont été violemment réprimés par les forces de l’ordre. Pourchassés par les policiers anti-émeutes, les manifestants ont fui vers les rues avoisinantes. « Ils étaient d’une rare agressivité. C’est du jamais vu ! », a lâché, les yeux rougis, la journaliste Zohra Abid en se plaignant aussi de coups sur la nuque.

Rues jonchées de pierre, emplies de l’odeur asphyxiante du lacrymogène, voitures de police sillonnant la capitale, l’atmosphère à Tunis ressemblait un peu aux jours de braise du soulèvement populaire qui a causé la chute du régime totalitaire de l’ancien président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

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La présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), Souhair Belhassen, avait fait le déplacement depuis Paris pour « témoigner de sa solidarité avec la société civile qui lutte pour la liberté de manifester ».

« Cette journée revêt une force symbolique parce que le 9 avril 1938 des martyrs étaient tombés sous les balles des forces françaises pour revendiquer une Constitution qui assure les libertés et aujourd’hui on est dans la même conjoncture, le combat continue », a-t-elle déclaré à l’Associated Press en dénonçant « la répression que rencontre ce mouvement ».

Sur l’avenue Mohammed V, toute proche, des affrontements entre manifestants et policiers ont fait plusieurs blessés, dont un officier de sécurité touché à la tête par des bris de verre. Une délégation de la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) conduite par son président, l’ex-bâtonnier Abdessattar ben Moussa, a été prise à partie dans une rue adjacente. Pris de malaise, un membre de la LTDH, Mohamed Attia, a été transféré à l’hôpital dans « un état critique », selon Me Ben Moussa.

« C’est nous qui les défendions quant ils étaient réprimés sous Ben Ali et aujourd’hui, une fois au pouvoir, ils ne trouvent pas mieux que de nous réprimer avec les mêmes pratiques de l’ancien régime », s’est élevée Moufida Belghith de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), en allusion aux dirigeants du mouvement islamiste Ennahdha.

« Comme on a dégagé Ben Ali, nous sommes en mesure de leur dire ‘dégage’ à leur tour et on est prêt à d’autres martyrs », a lancé Jalila Bellalouna, une militante de l’Association tunisienne de transparence financière originaire de Sousse (centre-est), relayée par le chef du Parti communiste ouvrier tunisien (PCOT) Hamma Hammami.

Leur presse (AP, 9 avril)


À Tunis, la fête des Martyrs violemment réprimée

Des milliers de manifestants tunisiens sont descendus dans les rues pour la fête des Martyrs. Les policiers ont fait barrage.

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Dix heures du matin, ce 9 avril. Les manifestants se rassemblent place des Droits de l’homme sur l’avenue Mohamed V, à Tunis. « Le 9 avril est la fête des Martyrs, de ceux qui sont tombés pour le pays au moment de l’indépendance, mais aussi de ceux qui se sont battus pour les libertés sous la dictature. » Emna Menif, présidente du mouvement associatif Kolna Tounes, est vêtue de rouge, un drapeau tunisien à la main droite et un mégaphone en bandoulière. Son téléphone sonne. Elle vient d’être informée que des manifestants se font « frapper » devant le ministère de l’Intérieur, sur l’avenue Habib-Bourguiba. La principale avenue de Tunis est interdite à toute manifestation depuis le 28 mars dernier, après l’agression de comédiens, le 25 mars, par des salafistes. Le ministère avait alors autorisé ces deux manifestations en même temps.

« Nous avons fait cette révolution pour l’emploi, la liberté, la dignité. Samedi [7 avril], des chômeurs se sont fait tabasser. Les membres du gouvernement ne doivent pas oublier que c’est grâce à eux et à la révolution qu’ils sont à ces postes. Tous les symboles de la révolution sont balayés. Les familles des martyrs sont toujours en attente, les blessés de la révolution aussi. Les chômeurs et toutes les revendications pour les libertés sont oubliés. Nous avons déposé une demande pour manifester sur l’avenue Bourguiba, mais on a refusé de la réceptionner », poursuit-elle.

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Gaz lacrymogènes

Des drapeaux tunisiens flottent, l’hymne national est entonné. Pendant que des milliers de manifestants se dirigent vers l’avenue Habib-Bourguiba, les policiers s’organisent sur l’avenue Mohamed V. Casqués, armés de boucliers et de pistolets à gaz lacrymogènes, ils font barrage.

« Dégage ! Dégage ! », « la rue est au peuple », scandent les manifestants. Dans la foule, un morceau de citron à la main pour dissiper les effets des gaz lacrymogènes, Radhia Nasraoui, avocate et militante des droits de l’homme, accompagnée de son mari Hamma Hamami, porte-parole du PCOT (Parti communiste des ouvriers de Tunisie), assure être en train de « revivre tout ce qu'[elle] a vécu sous Ben Ali : la répression, le fait de ne pas avoir le droit de s’exprimer ». « L’avenue Habib-Bourguiba est un symbole, nous voulons la libérer. »

Quelques manifestants arrivent alors à s’infiltrer à travers le cordon de police, qui répond en envoyant des gaz lacrymogènes. La foule se disperse et certains se réfugient dans les rues adjacentes. Tout le centre de Tunis est bouclé. Selon certains manifestants, ce n’était pas arrivé depuis février 2011. Dans les rues voisines, des affrontements ont lieu. Près du Monoprix, non loin de la rue de Marseille, des pierres jonchent le sol. Des barricades sont montées, un camion de police n’hésite pas à foncer sur des manifestants, ne touchant heureusement personne. Un rideau de fer se lève, quatre hommes sortent. Ils s’étaient réfugiés dans ce magasin de musique pendant près de 30 minutes, « à cause des gaz lacrymogènes ».

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Journalistes agressés

Mêmes scènes sur l’avenue Habib-Bourguiba. Les rideaux de fer sont baissés. Les terrasses des cafés sont bouclées. Les chaises sont empilées les unes sur les autres. Près de l’hôtel International, à l’angle de l’avenue de Paris, des gaz lacrymogènes sont envoyés. Des policiers, en uniforme et en civil, chargent les manifestants, dont certains frappent aux portes des magasins pour trouver un refuge. Des journalistes se sont fait agresser, dont Zohra Abid, journaliste de Kapitalis. Fatma Riahi, présidente de l’Association des blogueurs, a été transportée à l’hôpital. Des arrestations ont également eu lieu, dont celle de Jaouhar Ben Mbarek, membre du réseau Doustourna, qui avait alors le bras en écharpe. Il était présent dans la matinée devant le ministère de l’Intérieur, cerclé de barbelés.

« On ne va pas laisser s’installer le chaos. Les gens ont la possibilité de manifester ailleurs que sur l’avenue Bourguiba », a déclaré, selon l’AFP, le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche, sur la radio nationale. En début d’après-midi, un sit-in était en train de s’organiser devant l’Assemblée constituante au Bardo.


« J’ai été frappée par les policiers tunisiens »

Lors de la manifestation de lundi à Tunis, plusieurs journalistes ont été pris à partie. Témoignage.

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Avenue Habib Bourguiba. 12h30. Cela fait pratiquement une heure que les policiers répondent aux manifestants par des gaz lacrymogènes. Certains n’hésitent pas à user de leur matraque. À l’angle de l’avenue de Paris, des arrestations ont lieu, dont celle de Jaouhar Ben Mbarek, bras en écharpe, membre du réseau Doustourna (mouvement associatif indépendant qui se veut le garant des acquis des Tunisiens). Un homme âgé, cheveux blancs et bien habillé, tente d’échapper à la police. Il tombe devant un lampadaire. Le policier lève sur lui sa matraque. Un journaliste intervient pour l’arrêter. Je m’approche. Quelques policiers arrivent. Face au cordon qui s’est mis en place près de l’homme, ils ne font rien.

C’est le flou total. La scène est surréaliste. Des gens courent partout, des gaz lacrymogènes sont envoyés, des policiers chargent, des camions arrivent. Une femme crie, se débat. Elle est maintenue par deux policiers, visage découvert. D’autres portent des cagoules. Je lance un « sahafié », journaliste en arabe. Je prends une photo. Le policier à la gauche de cette femme, portant des lunettes à montures fines, les cheveux courts et un haut marron, abaisse mon appareil. Dans ses yeux, seule la colère transparaît. Je m’exécute et lui reprécise que je suis journaliste. À ce moment-là, des hommes arrivent. Certains ont des uniformes, d’autres non. L’un d’entre eux essaie de m’arracher mon appareil photo. Je maintiens mon boîtier avec ma main droite. Dans ma main gauche, j’ai mon carnet et mon stylo. Je suis bousculée. Je ne peux pas accéder à ma carte de presse qui se trouve dans la poche droite de mon blouson.

Coups dans le dos, dans les fesses

Tout va très vite. En quelques minutes, je me retrouve au sol. Je reçois des coups dans le dos, dans les fesses. Je porte mon sac à dos sur le devant. Plus pratique pour sortir mon matériel. Dans l’agitation, je perds mes lunettes de soleil. Je ne pense pas à repréciser que je suis journaliste, je ne pense qu’à mon appareil photo, à ma carte mémoire, aux clichés que j’ai déjà pris. Le besoin de se focaliser sur quelque chose d’autre est le plus important. Le besoin de ne pas réaliser ce qui se passe supplante le reste. Je ne sais pas combien de temps la scène a duré. Je ne cesse de penser à mon appareil. En tentant de le retenir, mon pouce, coincé dans la lanière, se tord. Depuis, il est gonflé et bleu.

Finalement, au loin, j’entends mon appareil fracassé sur le trottoir. Plusieurs fois. Des gens me hissent et me relèvent. Policiers ? Civils ? Je ne sais pas. Je suis poussée, tirée vers un fourgon de police. Un représentant du Pôle démocratique moderniste intervient et lance que je suis journaliste. Je le répète alors. Rien à faire. Je reçois encore des coups sur la tête. Certains sont donnés avec le plat de la main. D’autres, je ne sais pas. Des matraques peut-être. Aucune idée.

Sourire mesquin

La plupart des policiers s’éloignent pendant que d’autres m’emmènent à l’arrière d’un fourgon parqué non loin. Des personnes continuent de se faire arrêter. Pensant qu’ils cherchent à me mettre en sécurité, je relâche la pression. Je suis de nouveau poussée, j’ai alors l’impression qu’on veut m’embarquer. Je reprécise que je suis journaliste. Je glisse mes doigts dans les barreaux blancs du fourgon bleu pour prendre appui. Ma carte de presse est toujours dans mon blouson. On ne m’a pas demandé de la présenter. Un militant d’Ennahda, que j’ai rencontré à plusieurs reprises lors de meetings ou au siège du parti, apparaît. Il parle aux policiers. Je suis alors relâchée.

Je me dirige vers le lieu où mon appareil a été fracassé. Je retrouve mon objectif, à peu près intact. Un homme vêtu de noir passe, me le prend et le balance sur le sol avant de se retourner et de me lâcher un sourire mesquin. L’objectif est éclaté en plusieurs morceaux. Je ramasse les débris. Des policiers les poussent à coups de pied. Je suis à la recherche de ma carte mémoire, mais rien. Je reste quelques minutes en retrait avec d’autres journalistes pour observer la scène. Des policiers passent en scooter. Des camions arrivent. Encore des charges. Toujours des gaz lacrymogènes dont le goût âpre reste des heures dans la bouche.

Avec le calme, la douleur se fait sentir, devient plus vive. J’ai des hématomes un peu partout. Sur le chemin du retour, je constate que j’ai dû mal à marcher. L’avenue de Paris offre le même spectacle de désolation. Des enfants qui se promenaient avec leurs parents crient et pleurent. Les devantures des magasins sont baissées. C’est alors qu’un homme me tend une fleur. Fragile, de couleur fuchsia et odorante, elle contraste avec l’âpreté et la violence ambiantes.

Leur presse (Julie Schneider à Tunis, LePoint.fr, 9 avril)

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[Vive l’Azawad libre !] « La réalité du terrain finira par imposer l’indépendance de l’Azawad au monde »

Commandant Aïssa Ag Akli. Chef de la sécurité à Achebrache
« Nous devons resserrer les rangs et éviter toute confrontation qui diviserait le mouvement »

La trentaine à peine dépassée et il est déjà présenté par ses compagnons comme un « héros aux faits d’armes inégalé ». Lui, c’est le commandant Aïssa Ag Akli, chargé de la sécurité de la région d’Achebrache, son village. Il a pris part aux plus importantes opérations de contrôle des villes du nord du Mali, mais c’est la libération de son village qui l’a le plus marqué, même si la blessure qu’il a reçue à la jambe l’a privé de la joie de la victoire.

Dans l’entretien qu’il nous a accordé dans son QG, il en parle, les larmes aux yeux, et revient sur son parcours de combattant du Mouvement pour la libération de l’Azawad.

Vous avez été au cœur de la rébellion et avez participé aux premières opérations, déclenchées le 17 janvier dernier à Ménaka, puis à Tessalit. Pouvez-vous nous parler de ces événements et des conditions dans lesquelles ils ont eu lieu ?

Avant de vous parler de ces événements, il faut revenir effectivement aux circonstances qui les ont précédées. En juillet 2011, feu Brahim Ag Bahanga était revenu de Libye avec un groupe de quelque 80 éléments. Il était en train d’organiser le mouvement en se réunissant avec de nombreux cadres et représentants de l’Azawad. Malheureusement, il est mort au mois d’août, mais son initiative n’a pas été abandonnée puisque début novembre de la même année, il y a eu un consensus autour de la création du MNLA. La date du lancement des opérations militaires a été  arrêtée pour le 17 janvier 2012 à partir de Ménaka. Sous la direction du colonel Hassan Ag Ali, les trois camps gardés par quelque 400 militaires ont été occupés. L’effet de surprise a été fatal pour les maliens qui après une bataille de trois heures étaient déjà, bien assiégés. Le groupe du colonel Lahdjidji était resté à 25 km du lieu encerclé. Il devait attendre le signal pour intervenir. Le deuxième jour, des renforts maliens dirigés par le colonel Didi sont arrivés à bord de 47 véhicules. Il y a eu un accrochage de plusieurs heures. La troupe s’est retirée pour faire croire à un recul. Nous lui avons fait comprendre, par téléphone, qu’on partait mais qu’il devait lui aussi quitter les lieux sous peine de perdre tous ses soldats. Au troisième jour, les renforts se sont repliés sur Gao. Dès leur départ, Ménaka était tombée.

Avec mon groupe, nous sommes parti à bord de 13 véhicules vers Tigherghar, à 400 km de Tinzaouatine. De là, j’ai été rappelé pour prendre part à la prise d’Achebrache. J’y suis allé avec trois véhicules, pour rejoindre sur place Aïssa Ag Doudou. Nous avons longuement discuté de la stratégie à adopter, mais il fallait d’abord ramener des renforts. Nous avons reçu 6 véhicules. Le camp d’Achebrache était stratégique, donc bien fortifié. Les militaires utilisaient des mortiers qu’ils lançaient du haut des fortifications et des chars. Au début, on les provoquait avec des tirs et on prenait la fuite. Puis avec les 6 véhicules de Aïssa Doudou, les 8 que nous avions reçus en renfort et les 6 que j’avais, nous avons commencé à nous rapprocher du campement qui comptait plus de 300 militaires. Les tirs ont duré du matin jusqu’à minuit. Nous avons pu neutraliser les chars d’assaut. Les militaires se sont repliés vers la caserne. La bataille a duré 24 heures avant qu’ils ne décident d’abandonner et de prendre la fuite en traversant la frontière vers l’Algérie.

Nous savons qu’ils ont été désarmés avant d’être rapatriés à Bamako. Le 8 février, nous avons pris le contrôle de tout le camp et arrêté 9 militaires. Pour moi, c’était une revanche historique. Cette place forte était celle que feu Brahim aimait beaucoup. Il y avait sa maison et ses jardins et y vivait en paix, avec une population qui n’aspirait qu’à la paix. Mais elle a été militarisée et ses habitants sommés à l’exode ; elle est devenu une ville fantôme. Lorsqu’elle a été libérée, j’en ai pleuré de joie.

De là, vous avez été appelé à rejoindre Tessalit pour prendre part à la bataille d’Amashach…

En fait, je suis un spécialiste du Hawn donc lorsque mes compagnons ont commencé la prise de Tessalit, ils ont fait appel à moi. C’était quatre jours après la libération d’Achebrache. Mais pour prendre Tessalit, il fallait contrôler Ashamach, le plus important camp militaire, qui se trouvait à 5 km ; c’était le plus difficile et le plus protégé. Le colonel Assalat Habbi, commandant de la région Ménaka, Achebrache et Tessalit, m’avait sollicité pour intervenir avec les 5 Hawn que j’avais en ma possession. Le camp n’avait pas de grandes protections, mais 8 miradors de 3 étages, 4 petits et 4 autres, très hauts, qu’il fallait à tout prix détruire parce que les tirs des lourdes mitrailleuses installées à chaque étage nous empêchaient d’avancer. Après deux jours d’affrontement, 67 véhicules de l’armée malienne sont arrivés de Gao. C’était le plus important renfort que dirigeait le colonel Ould Meidou, de la tribu arabe brébiche. La direction nous a demandé de nous retirer pour protéger nos positions et, en même temps, faire reculer les renforts. Nous nous sommes exécutés, mais au moment où les militaires étaient sur le chemin, nous leur avons tendu une embuscade. Avec le colonel Hassan Feggaga qui était à la tête de 14 véhicules, nous les avons neutralisés après un accrochage de plusieurs heures. C’était entre Bordj et Tessalit. Nous avions des mitrailleuses très efficaces d’une portée de 24 km  qui tirent 40 coups en 36 secondes. Nous avons tiré de 16h jusqu’à 6h 30, avant de marquer une pause. Les tirs ont repris vers 18h. Les militaires ont eu beaucoup de pertes dans leurs rangs. Certains commençaient à prendre la fuite. Le deuxième jour, ils se sont tous retirés. Le colonel Assalat, qui était installé au nord-est d’Amashach, manquait d’eau et de munitions. Je me suis déplacé à Tessalit d’où j’ai ramené un groupe de 24 véhicules en renfort, avec lequel j’ai pu acheminer l’eau et les munitions jusqu’à la position du commandant Djidji, située à l’est de Laratel, à Tessalit. Puis nous avons commencé à attaquer le camp du côté est avec 67 véhicules. Toute la nuit et toute la matinée, les tirs n’ont pas cessé, mais nous avons pu avancer. Nous écoutions leurs communications.

Le soir nous étions à 3,5 km seulement de la base. Les colonnes des colonels Hassan Feggaga, Ahmed Ag Aouessa et du commandant Ahmed Ag Mida étaient avec nous. Avec 13 de mes éléments, nous nous sommes encore rapprochés à pied, puis nous sommes revenus pour prendre 4 véhicules surmontés de mitrailleuses. Nous les avons installés à 1,5 km sans que les militaires s’en aperçoivent. J’ai demandé au colonel Hassan d’avancer. Le lendemain, le colonel Ould Meidou, accompagné de 63 militaires, a lancé une offensive contre le groupe du colonel Antalla Sayed. À l’issue d’un long accrochage, Meidou a repris les positions militaires, mais quand ils sont rentrés, ils tiraient en l’air avec les grandes mitrailleuses. C’est là que nous avons riposté en utilisant des Hawn 81. L’effet de surprise les a terrassés. Ils ne savaient même pas d’où les tirs venaient.

Après dix heures de tirs, nous avons demandé des renforts, qui n’étaient pas loin. À leur arrivée, nous avons accentué la riposte. Ils commençaient à se retirer, à prendre la fuite. Nous les avons poursuivis sur 23 km en direction de Gao.  Ils étaient à bord de 6 Toyota Station, 4 camions et 2 chars.

Le lendemain, c’est-à-dire le deuxième jour de l’attaque, le colonel Assalat est arrivé. Nous avons constitué quatre groupes dirigés par le colonel Antella Essayed avec 43 véhicules, le colonel Mbarek Akli avec 50 véhicules, le colonel Laanaoua avec 30 véhicules et par moi-même avec 73 véhicules. Nous avons avancé vers le grand campement d’Amashach en utilisant les lourdes mitrailleuses. Les tirs ont duré 6 heures durant lesquelles j’ai été blessé à la jambe. Je me suis retiré, mais la bataille s’est poursuivie de 6h jusque tard dans la nuit. Mon état s’est détérioré, j’ai été transféré à Bordj puis à Tamanrasset. Trois jours après, Amashach est tombée. Il y a eu 2 morts et 14 blessés dans nos rangs. Du côté des militaires, il y a eu 9 morts et une vingtaine de blessés.

En quoi cette bataille est-elle importante pour vous ?

Elle est non seulement importante mais décisive. Elle nous a encouragés à aller rapidement vers les autres villes. Si Amashach avec toutes ses fortifications était tombée, les autres régions seraient très faciles à prendre. En fait, lorsque le colonel Didi s’est retiré après avoir été rappelé sur Bamako, vers le 8 mars, le Mali a tout perdu. Il y a eu 23 officiers tous grades confondus qui ont rejoint le MNLA.

N’est-ce pas grâce aux contingents revenus de Libye que vous avez pu obtenir autant de victoires ?

La guerre en Libye a été une aubaine pour notre combat, mais elle n’est pas la raison de notre succès. Ce dernier est le résultat de notre détermination. Les 3000 Maliens qui sont revenus de Libye ont ramené avec eux beaucoup d’armes lourdes et quelque 600 véhicules tout-terrain, rentrés en plusieurs convois. C’est ce qui nous manquait durant les précédentes rébellions. Les moyens sont nécessaires, mais il y a plus important : l’homme et sa volonté de réussir.

Ne pensez-vous pas que le capitaine Sanogo a précipité votre victoire en menant le coup d’État contre le président Amadou Touré ?

Les premières victoires ont eu lieu avant le coup d’État. En plus, il faut savoir que le capitaine Sanogo avait fui les combats à Achebrache, en direction du Niger, avant de rentrer à Bamako. Il s’est rebellé contre ses chefs quand il a vu qu’ils étaient dépassés par la situation au nord. Son coup d’État n’a pas influé sur notre combat…

Beaucoup reprochent au MNLA d’avoir commis une erreur en optant pour l’action armée sachant que l’indépendance de l’Azawad risque de ne pas être acceptée par la communauté internationale ?

Vous savez très bien que notre peuple a utilisé tous les moyens pacifiques pour arracher le droit à la dignité, mais la réponse du Mali a de tout temps été la répression et l’exclusion. Vous êtes venu dans la région et vous avez dû remarquer que les seules constructions qui existent sur cette terre sont celles des casernes. Il n’y a ni écoles, ni centres de santé, ni même des routes, de l’eau ou le minimum d’une vie décente. Après l’Alliance du 23 février 2006, le Mali a renforcé la présence des campements militaires. Les exactions contre les populations nomades sont quotidiennes et les plus téméraires ont fini par opter pour l’exode. Tous les villages du Nord, notamment ceux où les cadres de la rébellion résident, ont été vidés de leurs habitants. Nous avons de tout temps interpellé la communauté internationale sur ces dérives. En vain. Le peuple de l’Azawad n’a rien eu du Mali.

Pourquoi ne pas accepter une autonomie ?

Nous avons choisi l’indépendance totale de notre pays. Nous n’avons rien à partager avec le Mali. Alors autant nous laisser disposer de nos droits en étant libres sur nos terres. L’indépendance a été décidée par toute la composante de l’Azawad, par seulement les Touareg. Ce sera peut-être difficile de l’accepter au début, mais la réalité du terrain finira par l’imposer au monde.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao) menace d’intervenir avec 2000 à 3000 hommes armés en cas de persistance de la crise au Nord. Comment appréhendez-vous cette mesure ?

Le Mali compte 25’000 soldats qui ne nous ont pas fait peur. Nous avons conquis les trois importantes villes du Nord. Donc, personne ne nous fera peur, pas même l’armée de la Cédéao. Notre décision est prise, nous ne ferons pas marche arrière. Nous avons déjà proposé des alternatives à l’issue des anciennes rébellions mais aucune d’elles n’a été concrétisée. Aujourd’hui, c’est la guerre qui a tranché la question du territoire.

La communauté internationale craint que les groupes islamistes et Al Qaîda qui participé à la prise de contrôle des villes du Nord emboîtent le pas au MNLA pour prendre le pouvoir dans l’Azawad. Comment allez-vous faire pour éviter cette situation ?

La libération du Nord s’est faite par le MNLA et non pas par ces organisations. Ançar Eddine est un groupe islamiste dirigé par Iyad Ag Ghaly, un homme influent qui n’a rien à avoir avec Al Qaîda. Il a participé aux opérations de libération parce qu’il défend l’indépendance de l’Azawad…

Mais lui affirme que son combat est pour un État islamique et non pour l’indépendance de l’Azawad…

Oui, c’est ce qu’il dit, mais pour l’instant, la priorité est l’unification des rangs de la communauté. Nous avons un seul ennemi commun : le Mali. Nous devons resserrer les rangs et éviter toute confrontation interne qui puisse diviser le mouvement. Cependant, je peux vous dire que notre région souffre d’un problème existentiel et non religieux.

Qu’en est-il des groupes d’Al Qaîda qui agissent sur votre territoire en toute liberté ?

Ces groupes ont été aidés par le Mali, qui est notre seul ennemi. Pour l’instant, nous nous occupons de l’indépendance et après nous réglerons les questions internes. En l’état actuel des choses, nous ne sommes pas en position de force pour pouvoir ouvrir un nouveau front. C’est avec une organisation unie que nous désarmerons tous les groupes qui agissent en dehors du MNLA.

Leur presse (Salima Tlemçani, ElWatan.com, 9 avril 2012)

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[Boston] Justice pour Trayvon Martin

Le blog Socialism Art Nature rapporte que le 7 avril une manifestation a été organisée dans le quartier de Roxbury (Boston) pour revendiquer la justice suite à l’assassinat de Trayvon Martin. Trayvon Martin, adolescent noir de 17 ans, a été assassiné le 26 février 2012 à Sanford en Floride alors qu’il rentrait chez son père après être allé acheter des bonbons. Il a été tué par George Zimmerman, un résident de Sanford qui faisait des rondes de surveillance. L’assassin, après avoir été brièvement entendu par la police, n’a toujours pas été inculpé, disant avoir agi en légitime défense, bien que Trayvon Martin n’était pas armé.

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L’assassinat de Trayvon Martin a suscité une vague d’indignation aux États-Unis, avec des manifestations dans de nombreuses villes. Et, à peine un mois plus tard, c’est Shaima Alawadi, une jeune femme irakienne de 32 ans, qui est victime d’un meurtre raciste. Retrouvée inanimée par sa fille le 21 mars 2012, elle a subi une violente agression et a été battue à mort. À côté du corps, on trouve une lettre avec l’inscription « Retourne dans ton pays. Tu es une terroriste ». Shaima Alawadi meurt trois jours plus tard, des suites de ses blessures à l’hôpital d’El Cajon (Californie).

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Solidarité ouvrière, 9 avril 2012

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[Nantes, 24 mars] Tactique vs contenus : L’illusion de l’unité et la tentation de la gauche

Après la manif du 24 mars à Nantes, plusieurs communiqués plus ou moins triomphalistes/ spectaculaires, émanant d’options politiques institutionnelles ou non, ont présenté ce qui s’est passé/ce qui aurait pu se passer, chacune à leur manière, pour vendre leur soupe idéologique. Il ne s’agit pas de faire ici un énième compte rendu : quand les crapules d’EELV [Communiqué de dissociation du 21 mars : « Cette manifestation doit être pacifique et non violente, dans le respect des biens et des personnes. Europe Écologie – les Verts condamne par avance toutes les dégradations, et toutes les violences qui pourraient avoir lieu avant, pendant ou après la manifestation. »] se félicitent de l’ambiance « bon enfant », d’autres prétendent que « le temps d’une poignée d’heures, une poignée de révolutionnaires ont libéré le secteur de la place du Cirque de l’occupant capitaliste par la destruction des outils de l’État et du Capital ainsi que le maintien en respect des flics », et comparent l’artère nantaise à la place Tahrir, à la Commune. Se fier aux récits des unes ou des autres relève de la croyance pure. À chacune de choisir celui qui lui semblerait le plus proche, le moins abusif. Entre les lignes, ces grands écarts donnent un aperçu de l’ambiance. Pesante et cheloue. Ce texte ne sera donc pas une réécriture supplémentaire, a posteriori, de ce qu’a été, techniquement, cette journée, mais une tentative de démêler des morceaux de ce qu’elle peut représenter dans cette lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et le monde qui va avec (nuisances technologiques : lignes à grande vitesse et à haute tension, nucléaire, militarisation pour imposer la construction/assurer la « sécurisation » de leurs grands projets…).

Il faudrait se contenter de cette journée selon des critères quantitatifs : la présence de tellement de « vrais gens » (comprendre non camarades) : le nombre et le côté spectaculaire des actions plutôt que le partage de contenus. Que dans cette manif aient cohabité, de fait, les discours puants et électoralistes des unes avec la mise hors d’état de nuire des caméras, des dizaines/centaines de tags, pochoirs et notamment sur les locaux d’EELV et du PS est présenté, par les unes et par les autres, comme une réussite. Ce serait « bon signe pour la suite ». Quand bien même les associations citoyennes qui avaient été un temps mises à l’écart ou en tout cas remises en cause par une partie des occupants énervés par trop de dissociations successives (suite à la manifestation du 27 juillet à l’aéroport de Bouguenais, suite à l’attaque de la caravane des jeunes PS…) font leur grand retour. C’est elles qui organisent, principalement, cette manif unitaire, en se dissociant par avance de ce qui pourra y être fait tout en invitant aux réu d’organisation des « occupantes » qui se retrouvent dans une position bizarre : négocier (au nom de qui, de quoi, bordel ?) sur le respect de certaines limites pendant la manif (pas de casses, mais de la peinture). Qui utilise qui ? Les associations citoyennes bien conscientes que le fait que la zone du futur aéroport soit occupée, qu’il y ait aussi eu toute une série d’actions (de nuit comme de jour, à peu ou beaucoup plus nombreux : ex. visite du siège de Vinci en octobre dernier) qui font plus chier que leurs recours administratifs à la con leur permet de se faire un coup de pub sur cette lutte. Ou les radicaux qui gardent l’impression que la répression sera moins dure si la gauche élargie participe même virtuellement à « des grand moments » comme la journée du 24. Raisonnement qui ne marcherait pas forcément même si on acceptait de raisonner de façon « tactique ». En bon démocrates, et au delà de leurs faux jeux d’oppositions et d’alliances, ces crapules veulent contrôler les modalités de la lutte et se dissocient de toute manière dès que les actions sortent du cadre « démocratique » et de ses faux recours. Qu’ils ne contrôlent plus ce qui se passe, voire même qu’il pourrait s’y passer quelque chose de subversif (wouhouh). Sans parler du moment où, après les expulsions, ils n’auront plus aucun intérêt à cette « main d’œuvre radicale ».

Il faudrait être content de cette co-habitation entre réformistes (parti, syndicats et associations « citoyennes » accoquinées avec les uns ou les autres) et prétendus révolutionnaires. Que cette journée se soit « bien passée », que les accords  entre associations citoyennistes et « représentant-es des occupant-es de la ZAD » (ex. : s’en tenir à la peinture) aient été respectés, et que les dizaines de combattants anarchistes révolutionnaires fantasmés par certains se soient contenté de peinturlurer, dans la joie et la bonne humeur au lieu de briser en mille morceaux (bigarrés ou non) ce statut-quo démocratique (et oui c’était beau de voir l’hyper centre bourge de Nantes dans cet état).

Pour se réjouir il faudrait séparer les chemins que l’on emprunte de l’endroit où l’on souhaite (ou non) arriver, il faudrait séparer la fin des moyens, et justifier ses choix par des manœuvres, tactiques politiciennes, au delà de ce qu’ils signifient en eux-mêmes. Parler de stratégie. De politique, en soi. Il faudrait faire sien le bon vieux dicton selon lequel c’est « l’union qui fait la force », et que ce qui compte à NDDL est réellement l’abandon du projet d’aéroport et non l’expérimentation de parcours de luttes en dehors des espaces autorisés par la démocratie, la tension vers une « belle » lutte. Une lutte a minima sans chef, spécialiste ou porte paroles, une lutte qui ne soit récupérable par aucun parti, aucune association réformiste. Une lutte qui pourrait brasser plus de gens, donner lieu à des moments très collectifs, à des actes individuels, des manifs « tranquiles » comme à des moments d’émeute, mais sans rien lâcher d’un contenu offensif, subversif, sans co-habiter, co-exister, avec des organisations et des individus qui sont partie prenante des rapports de domination qui nous éclatent la gueule et qu’on rêve de détruire.

Or, de fait, cette journée renforce la tendance qui existe ici comme dans l’ensemble des autres à draguer la gauche institutionelle sous prétexte de la radicaliser, à accepter de diluer ses pourquoi pour espérer être plus nombreux (sous entendu le fait que c’est d’être plus nombreux qui donne du sens, de la force). ET cette « réussite factice » va renforcer l’isolement d’individus ou de groupes qui se battent pour briser cette unité de facade, le mensonge selon lequel des révolutionnaires, des personnes désirant la fin d’un monde et la destruction de tous les pouvoirs pourraient avoir des intérêts communs avec d’autres qui se contenteraient bien de le réformer pour s’y sentir un petit peu moins pressés, stressés, insatisfaits. De celles et ceux qui n’acceptent pas que leurs désirs et actions, leur tension vers la destruction de l’existant puissent servir de faire valoir à des politiciens quels qu’ils soient, et qui tendent à les virer des luttes auxquels ils participent. En forçant les vautours à se dissocier des contenus portés, quand ils sont suffisamment clairs pour ne pas être « mal interprétés ». En les attaquant en mots et en actes. Comme EELV à Nantes le 17 août dernier (vitrines brisées et tag laissé sur place « Ni éco-citoyennisme ni capitalisme vert, partis collabos hors de nos luttes ») et dont le local de campagne a été à nouveau tagué pendant la manif, comme le PS avec l’attaque de la caravane des jeunes socialistes le 22 août dernier à Nantes (pneus crevés, tags « mort à l’ayrault porc », vitres cassées…) ou le 12 octobre à Toulouse (porte fracturée, dizaines de tags, pochoirs et billes de peinture)… Briser l’unité en virant physiquement les partis (a minima) de la manif, en ne leur laisssant aucune tribune, aucun espace, ce qui aurait pu être une belle piste d’intervention pour ces fameuses centaines d’anarchistes révolutionnaires. Ou en organisant une émeute / des actions différentes plus loin (ça pouvait être aussi ailleurs qu’à Nantes ou à Notre-Dame-des-Landes), avant ou après si ça semblait trop compliqué de les virer du cortège… En refusant de cohabiter. Et en espérant rencontrer, à partir de ces ruptures qualitatives / choix de lutte, des individus partageant les mêmes envies. Tout simplement. Pour que pètent touts « les fronts communs », les fausses alliances.

Indymedia Grenoble, 8 avril 2012

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Résistons ensemble n° 107 – avril 2012

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Résistons Ensemble

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[Carnaval de Saint-Affrique] « Aucune information en mairie, aucune demande d’autorisation quelle qu’elle soit, aucun interlocuteur direct et la transgression de tous les interdits : affichage sauvage, consommation d’alcool et ivresse sur la voie publique, bonhomme carnaval brûlé en dépit de l’interdiction préfectorale de tous feux, farine jetée maculant les vitrines et la place de la mairie »

DIFFAMATION : Carnaval menace de porter plainte

Chers Saint-Affricains,

J’étais déjà tranquillement assoupi, profitant d’une année de repos bien méritée, lorsque mes oreilles se sont mises à siffler. J’entends qu’on me recherche, qu’on me diffame. Et c’est beaucoup pour un seul homme ! Pourtant, lors de mon passage en votre ville samedi dernier, j’avais été véritablement ému de votre accueil. Je sentais que vous aviez préparé avec soin mon arrivée. Vous étiez nombreux et ensemble, êtres des bois mi-animaux mi-végétaux, docteurs foldingues et spidermen. Vos sourires, votre musique et vos rires m’ont fait rajeunir. C’est que j’ai plus de 2000 ans ! Et ces dernières années, enferré entre barrières, majorettes et chars fleuris, j’ai bien cru trépasser.

Mon passage en aurait scandalisé certains. Qu’auraient-ils dit lorsqu’au temps de ma gloire, je tenais la rue un mois durant, que l’on y projetait plâtres et excréments ? Qu’importe ! De tout temps, les autorités n’ont jamais pu m’encadrer ! L’Église me persécutait jadis pour outrage aux bonnes mœurs, aujourd’hui c’est au nom de l’hygiène et de la propreté que l’on menace de m’interdire. Mais là où certains ne savent voir, a posteriori, que le pavé blanchi, j’ai vu la danse des enfants rigolards se pourchassant et se barbouillant joyeusement la frimousse de farine.

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On me reproche encore de ne pas respecter les arrêtés. Pauvre CON-DIDAT ! Ni la verve des avocats de la défense, ni la corruption du tribunal n’ont pu empêcher le traditionnel verdict populaire. Le feu qui fut décrété le même jour à Saint Rome de Tarn, Sainte Bernadette et Fondamente n’y a pourtant pas suscité une semblable indignation.

Enfin, j’en aurais soi-disant saoûlé certains. Que l’on puisse se scandaliser que le vin ait été distribué gratuitement dit assez à quel point festivité rime aujourd’hui avec « il faut payer ». Oui je l’avoue, j’ai suscité l’ivresse sur la voie publique ! Mais davantage par mes danses et mes chants que par l’entremise du merveilleux nectar. Ni bagarre, ni heurts cependant, mais une véritable attention mutuelle.

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En terrasse… Des Saint-Affricains outrés, indignés, apeurés, traumatisés, choqués, heurtés et scandalisés par le passage du carnaval…

Pour conclure, devant tant de calomnies je ne peux exclure un dépôt de plainte pour diffamation, laquelle pourrait être examinée l’année prochaine par mon tribunal…

À vous tous mes amis, n’ayez crainte, il est certaines choses que l’on n’engeôle pas et le printemps revient toujours…

Votre Carnaval – 7 avril 2012

P.-S. : Pour les sceptiques qui ne croient que ce qu’ils voient, de nombreuses photos sont disponibles sur le blog carnavaldesaintaffrique.over-blog.com


Saint-Affrique : Le maire porte plainte pour dégradation

Samedi après-midi, s’est déroulé en ville le “carnaval de Saint-Affrique” avec quelques dizaines de participants.

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Suite à des incidents lors du “carnaval de Saint-Affrique”, le sénateur-maire Alain Fauconnier a décidé de porter plainte à la gendarmerie.

Suite à des incidents, le sénateur-maire Alain Fauconnier a décidé de porter plainte à la gendarmerie « contre des comportements irresponsables », à savoir « affichage sauvage, dégradation de bien public et non respect de l’arrêté préfectoral sur l’interdiction de faire du feu en plein air ».

Dans un communiqué de presse, la collectivité écrit : « Avoir envie de s’amuser, d’organiser une manifestation festive est tout à fait louable et légitime, à condition de respecter ses concitoyens et la loi. » Et de rappeler à tous ceux qui ont le souhait d’organiser un événement quel qu’il soit sur la ville, qu’il est obligatoire d’informer la mairie et indispensable de demander des autorisations pour occuper l’espace public. La mairie précisant que chaque fois qu’ils sont sollicités, les services communaux apportent toute la contribution nécessaire soit à l’organisation, soit à la réglementation, soit au bon déroulement des animations.

La mairie poursuit : « Ce samedi, un groupe inorganisé a voulu faire fi de toutes ces demandes et autorisations, organisant (…) le carnaval des enfants sauvages avec pour mots d’ordre : transgression et irresponsabilité. Pourtant, l’idée de relancer un carnaval sur Saint-Affrique à destination du public et des familles, était, dans l’absolu, une bonne idée. Mais les organisateurs ont oublié le minimum de réglementation. »

« Le cadre dans lequel cette manifestation s’est déroulée est inacceptable : aucune information en mairie, aucune demande d’autorisation quelle qu’elle soit, aucun interlocuteur direct et la transgression de tous les interdits : affichage sauvage, consommation d’alcool et ivresse sur la voie publique, bonhomme carnaval brûlé en dépit de l’interdiction préfectorale de tous feux (sur les berges de la Sorgue, en face l’église : NDLR), farine jetée maculant les vitrines et la place de la mairie. Obligeant les services techniques à intervenir d’urgence pour effectuer le nettoyage de la ville. » Le panneau d’affichage vitré de la paroisse Bon Pasteur fixé sur la porte de l’église a été arraché et jeté à la Sorgue.

Et la mairie de conclure qu’à l’avenir, face à toute manifestation non autorisée sur le domaine public, elle « se verra contrainte d’imposer l’annulation de la manifestation avec le concours de la force publique si nécessaire ».

Hier après-midi, les organisateurs du carnaval étaient injoignables.

TÉMOIGNAGES : « En colère et choqué »

Pas contents les commerçants contactés hier après-midi, sur la place de la mairie, quand on leur parle du carnaval. « Un carnaval comme ça, ce n’est pas sérieux, commentait l’un d’eux, se déclarant en colère et choqué. » Et de poursuivre : « Cela a coupé les ventes ». Et un second d’ajouter : « C’est affreux et honteux, j’ai fermé à 18 h quand ils sont arrivés. Aucun respect pour rien. Des personnes étaient allongées contre les vitrines. » Un cafetier de la ville s’est dit « choqué que du vin soit distribué à volonté alors qu’il y avait des enfants. »

Habillés en enfants sauvages, les participants au carnaval ont dansé, samedi, place de la mairie.

Leur presse (MidiLibre.fr, 4 avril 2012)


Photos du 31 mars

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Farandole au Jardin Public.

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Des sauvages s'invitent aux balcons avec la complicité des habitants.

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Mais ce printemps que bon, bon, que le vin est bon !

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En rythme avec la batucada !

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Le CON-DI-DAT peu avant son procès…

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… avec à ses trousses les enfants sauvages.

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La fanfare en attendant le jugement sur les bords de Sorgues.

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Malgré la verve des avocats de la défense, la foule refuse l'acquittement…

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Adieu paure, paure paure,

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Adieu paure, carnaval…

carnavaldesaintaffrique.over-blog.com

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[Vive l’Azawad libre !] Révolution ou terrorisme d’État

Après l’indépendance de l’Azawad, débute le nettoyage contre les terroristes d’AQMI

(…) Soulèvement populaire contre la colonisation malienne il y a eu. Et maintenant, c’est le tour de ces terroristes qui infestent l’Azawad. Hier dans la journée, une unité du MNLA a échangé des tirs souvent violents avec des terroristes d’AQMI vers Gao. La chasse-poursuite a continué jusqu’à la tombée de la nuit, les terroristes voulant sortir de l’Azawad en direction d’un pays voisin. L’opération étant encore en cours, nos sources proches de l’état-major du MNLA n’ont pas voulu trop s’attarder là-dessus.

Dans nos prochaines éditions, nous reviendrons sur cette première bataille contre les terroristes d’AQMI et sur les perspectives des prochaines opérations pour bouter à jamais ces terroristes de l’Azawad. Se débarrasser de ces terroristes et faire ce qu’aucun État de la bande sahélo-saharienne [n’a voulu faire] est la meilleure preuve que peut [donner] l’Azawad au monde quant à sa maturité pour gérer d’elle-même ses affaires [au] quotidien. Mais ne nous leurrons pas. Ce combat contre les terroristes d’AQMI sera plus difficile, et plus coûteux en vies humaines que ne l’a été celui contre le colonisateur malien. Ce combat sera coûteux car après tout, Al Qaeda au Maghreb Islamique n’est rien d’autre qu’une fabrication des services secrets algériens. Nous reviendrons sur ces liens dans nos prochaines éditions.

Par Abdoussalam Ag Inawelene (Toumast Press, 8 avril 2012)

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[Révolution tunisienne] À l’heure des résultats du concours de la CPG (2)

Tunisie – Un poste de police incendié à El Guettar

Le poste de police de la ville d’El Guettar a été incendié dans la nuit de samedi à dimanche par un groupe de jeunes qui protestaient contre les résultats du concours de recrutement d’agent d’exécution à la succursale de la compagnie des Phosphates de Gafsa dans la ville de Mdhilla. Les jeunes protestataires estiment qu’ils ont été lésés par le programme de recrutement dans cette succursale.

Selon des sources sécuritaires, le feu a détruit un bureau du poste de police qui était à l’origine un club pour enfant depuis que le poste initial a été détruit au cours des évènements du 14 janvier 2011.

Samedi, des groupes de jeunes sans emploi ont coupé la route nationale N° 15 menant à Gabès et ont vidé sur la chaussée un camion transportant du phosphate, selon de sources concordantes.

Les forces de sécurité ont utilisé du gaz lacrymogène pour disperser les manifestants et ouvrir de nouveau la route à la circulation en présence du procureur du tribunal de première instance de Gafsa, après les sommations d’usage et le refus des protestataires d’évacuer la route.

Sept personnes suspectées d’avoir mis le feu au poste de police ont été arrêtées. Elles sont également suspectées d’avoir pillé un camion transportant du ciment.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 8 avril 2012)


Tunisie : Poste de police incendié et route coupée dans le bassin minier

Un poste de police a été incendié dimanche dans le gouvernorat de Gafsa (sud-ouest) après la publication la veille des résultats d’un concours d’embauche à la Compagnie des Phosphates, principal employeur dans la région, a rapporté un correspondant de l’AFP.

Des dizaines de jeunes s’estimant injustement écartés du programme de recrutement ont incendié un poste de police à El Ktar, à environ 7 km de la ville de Gafsa, dans la nuit de samedi à dimanche.

D’autres ont coupé la route menant de Gafsa à Gabès (sud), où sont traités les phosphates, et ont renversé un camion de phosphates sur la chaussée, avant d’être dispersés à coup de gaz lacrymogènes par les forces de l’ordre.

À Mhdilla, la ville où ont été annoncés samedi les premiers résultats du concours d’embauche, quelque 200 jeunes ont manifesté leur mécontentement.

La publication en novembre d’un premier concours de recrutement avait entraîné des violences dans le bassin minier qui s’étaient poursuivies plusieurs jours. Plusieurs bâtiments de la CPG (Compagnie des Phosphates de Gafsa) et des postes de police avaient été saccagés. D’importants renforts des forces de l’ordre ont été déployés la semaine dernière dans le bassin minier tunisien en vue de la nouvelle annonce de résultats.

Samedi, quelque 530 recrutements ont été annoncés à Mdhdilla. Des annonces d’embauches dans d’autres localités du bassin minier sont prévues dans les prochains jours. Au total, quelque 4.000 agents doivent être recrutés par le Groupe chimique tunisien et la CPG. Selon le PDG du groupe, Kaies Dali, quelque 28.000 chômeurs ont postulé au concours dans une région où le taux de chômage surpasse la moyenne nationale (19%). Touchée par des grèves et sit in à répétition depuis la révolution, la CPG a perdu quelque 800 millions de dinars (environ 400 millions d’euros) en 2011, selon lui.

La Tunisie est le 5e producteur mondial de phosphates. La région minière, réputée frondeuse, a connu en 2008 un soulèvement qui a duré plusieurs mois et est considéré comme les prémices de la révolution de 2011.

Publié par des ennemis de la révolution (letempsdz.com, 8 avril 2012)

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[Artistes, vous êtes déjà au musée] Le projet 244 nous assiège…

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Dimanche 1er avril, les habitants de la maison THANKS FOR THE FUTURE se sont vus définitivement couper l’électricité par… le Projet 244.

Cette association conventionnée depuis plus d’une dizaine d’années par la mairie de Tours, a pour vocation de gérer le bon fonctionnement d’une ancienne friche industrielle reconvertie en locaux artistiques.

Néanmoins, cette friche abrite également depuis ses débuts une maison collective qui a accueilli au fur et à mesure des années, différents habitants. Bien que partageant un espace commun, il nous est nécessaire de rappeler que cette maison ne fait en rien partie du Projet 244.

Tout en cultivant un certain goût pour son indépendance, celle-ci s’est transmise en prenant une dimension collective et en se nourrissant des désirs et des volontés de ses occupants.

Jusque là, nous avions réussi à nouer un dialogue tout en sachant faire des compromis pour le bon quotidien de chacun. Nous comprenons que cette vie quotidienne et collective ait pu parfois gêner la sensibilité des artistes évoluant dans ce lieu.

Pour des raisons pratiques, la maison THANKS FOR THE FUTURE était rattachée électriquement au même réseau que le Projet 244. Dernièrement des tensions sont nées à ce sujet.

Bien que l’année précédente, nous ayons proposé de payer notre propre consommation, ce qui nous a été refusé. Le CA du Projet 244 nous a enfin informé par une lettre du 1er mars,  de sa volonté de nous couper l’électricité le 1er avril. Cette décision a été prise rapidement afin de nous laisser le moins de temps possible pour nous organiser.

Après les avoir informé qu’il nous fallait un court délai de quelques semaines pour obtenir par nos propres moyens l’électricité, le Projet 244 nous a tout de même coupé l’électricité.

Aujourd’hui encore, il serait simple de trouver une issue à ce conflit puisque EDF nous propose de nous rattacher à notre ancien compteur (personnalisé) et de nous fournir une facture séparée. Toutefois là encore, le Projet s’y oppose et tente de bloquer la situation, prétextant que le compteur se trouve dans leurs locaux.

Nous ne faisons pas d’amalgame entre le CA du Projet et les différentes compagnies et artistes résidant sur les lieux. Certains se sont même dissociés de ce genre d’agissements, d’autres les ont appuyés…

Nous regrettons que l’éthique et les valeurs que prônent certains de ces membres du CA lorsqu’ils montent sur scène, ne puissent se traduire plus concrètement dans la vie réelle.

Nous regrettons que le monde de la culture soit à l‘image de cette société, c’est-à-dire un lieu de pouvoirs. Sans possibilité de dialogue, où des relations humaines pourtant simples sont remplacées par des décisions administratives sans fondement.

Nous regrettons d’avoir à assumer ce genre de conflit. Toutefois, si nous voulons continuer à vivre et à exprimer notre créativité de manière indépendante, il nous est nécessaire de ne pas nous laisser écraser par le rouleau compresseur que constitue le Projet 244.

THANKS FOR THE FUTURE !

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Pour ouvrir la voie à l’anti-« terrorisme », rien de tel qu’une dépanneuse… de police

[Note de cestdejatoutdesuite : Même s’il contient beaucoup d’éléments déjà lus et développés ailleurs et ici, nous reprenons intégralement un article publié dans le n° 219 daté avril 2012 de « Courant Alternatif ».
À la fin de l’article, « Courant Alternatif » diffuse une partie du texte « Analyse d’un dossier d’instruction antiterroriste ». Le 13 juillet 2010, un compagnon a été interrogé par la « Brigade de Répression de la Délinquance contre la Personne », les questions portaient sur ce texte publié sur des dizaines de sites fin avril 2010…]

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Pour ouvrir la voie à l’anti-« terrorisme », rien de tel qu’une dépanneuse… de police

En France comme ailleurs, la répression n’est jamais une situation exceptionnelle : elle existe toujours, mais à des degrés divers révélateurs des luttes sociales en cours. D’où l’intérêt de comprendre pourquoi et comment à certains moments l’État l’accentue, et cible des catégories sociales ou des milieux militants plutôt que d’autres. Le procès qui va se tenir, à Paris, pour la première fois dans le cadre d’une juridiction antiterroriste concernant des personnes étiquetées « anarcho-autonomes » par des ministres, à grand renfort de médias, éclaire à cet égard fort bien la préoccupation du pouvoir sarkozien au cours de ces dernières années.

En décembre 2011, après trois ans d’instruction, le juge antiterroriste Brunaud a décidé de traiter ensemble quatre dossiers portant sur des faits pourtant distincts dans le lieu et le temps : il convoque à la mi-mai au tribunal correctionnel antiterroriste six personnes qui ont été arrêtées en Ile-de-France en 2008. Ces personnes ont effectué entre quatre et treize mois de détention provisoire, et sont restées ensuite sous contrôle judiciaire [Avec pour la plupart interdiction d’entrer en contact et de sortir du territoire français sans autorisation, pointage mensuel au commissariat ou au tribunal ainsi que suivi par un contrôleur judiciaire tous les mois ou tous les trois mois, pour notamment justifier de leurs activités professionnelles]. Elles sont toutes accusées de « participation à un groupement formé en vue de la préparation d’actes de terrorisme » ; quatre d’entre elles, de « détention et transport de produits incendiaires ou explosifs » ; et trois, de « fabrication d’engins explosif ou incendiaire », « tentative (ou complicité de tentative) de dégradation ou de destruction d’un bien appartenant à autrui », « refus de se soumettre au prélèvement d’ADN et aux prises d’empreintes digitales ».

Quels actes peuvent bien motiver pareils chefs d’inculpation ? se demande-t-on devant un tel énoncé. Réponse : Aucun. C’est l’engagement militant des inculpé-e-s qui a déterminé la répression à leur encontre ; les accusations étant basées sur les intentions qu’on leur prête, on est là avant tout dans le domaine de présupposés alimentés par un fichage politique. En 2010, la loi Estrosi a en effet créé le délit de « participation à une bande ayant l’intention de commettre des violences ou des atteintes aux biens concertées » – notamment « de participer, en connaissance de cause, à un groupement, même formé de façon temporaire, qui poursuit le but, caractérisé par un ou plusieurs faits matériels, de commettre des violences volontaires contre les personnes ou la destruction ou dégradation de biens [Dissimuler son visage lors d’un « attroupement armé » est une circonstance aggravante ; et les dispositions réprimant la participation à cet attroupement sont étendues aux personnes qui y vont « en connaissance de cause, même si elles-mêmes ne sont pas armées »] ». L’« association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste » érige en principe la culpabilité par association : fréquenter les mêmes lieux, lire les mêmes écrits, héberger ou même juste connaître une personne soupçonnée de terrorisme peut donner lieu à des poursuites pour « soutien, apologie et financement en lien avec une entreprise terroriste ».

Un collectif a réalisé plusieurs brochures baptisées Mauvaises intentions [Ces brochures sont téléchargeables (infokiosques.net)] pour analyser le dossier d’instruction des six inculpé-e-s et rendre publiques leurs lettres, à côté d’articles parus dans la presse et de réactions suscitées dans certains milieux militants par la répression. Le texte que voici s’appuie très largement sur ses publications.

L’entrée en scène de la dépanneuse

Après les attentats du 11 septembre 2001 aux États-Unis, les États occidentaux ont peaufiné leur législation antiterroriste – contre la « menace islamiste » mais pas seulement, car l’idéologie sécuritaire et les dispositifs qu’elle engendre constamment (voir CA nos 215 et 216) ont bien sûr été étendus à d’autres « ennemis intérieurs » pour tenter de détourner les esprits de la « crise » économique, ou plutôt des méfaits du capitalisme.

En France, la jeunesse a été particulièrement visée par les gouvernements successifs, parce qu’il y a eu la révolte des cités en 2005, puis la mobilisation dans les lycées et les universités au cours des années suivantes. D’autant que l’« anti-CPE » de 2006 constitue le seul mouvement à avoir fait reculer le pouvoir depuis les grèves sur les retraites de 1995. Son acharnement à l’égard des nouvelles générations militantes traduit à la fois un désir de revanche et la volonté de casser les solidarités politiques et affectives nées des luttes – menées aujourd’hui sur d’autres terrains que l’éducation. Et comme il fallait donner un nom à cet ennemi, « anarcho-autonome » et autres appellations du même tonneau ont fleuri dans les discours des politicien-ne-s et sous la plume des journalistes après l’accession de Sarkozy à la présidence en 2007.

Le Figaro titre dès le 8 juin de cette année-là : « L’extrême gauche radicale tentée par la violence », mais c’est surtout en 2008 que démarre la grande offensive contre l’« ultra-gauche », présentée pour l’occasion comme la Mouvance anarcho-autonome francilienne (MAAF, voir l’encadré). Ainsi, tout en parlant de « mouvance » (mouvement diffus aux contenus divers), on en fait une « organisation » (entité définie et structurée). Ivan et Bruno peuvent en témoigner : on fabrique un « terroriste » avec bien peu de choses. Le 19 janvier 2008, ces deux militants sont contrôlés à Fontenay-sous-Bois alors qu’ils se rendent à une manifestation contre les centres de rétention allant au CRA de Vincennes. La police fouille leur véhicule et trouve les ingrédients qui servent à confectionner un fumigène (farine, chlorate de soude et sucre) ainsi que des clous tordus. Leur copain Damien, qui passe alors et les salue, se fait arrêter aussi. Constatant que tous trois sont fichés par les RG, les flics s’emballent : un « expert » de la police scientifique additionne chlorate de soude et sucre plus clous en « oubliant » la farine, et affirme que le mélange envisagé devait servir à réaliser une bombe à clous. Avant qu’une véritable expertise admette à demi-mot que ce mélange n’était pas explosif, et sans doute destiné à produire de la fumée, l’« affaire » d’Ivan et Bruno sera passée à la juridiction antiterroriste… et ils auront fait quatre mois de préventive chacun. À l’issue d’une garde à vue où ils n’ont rien déclaré et ont refusé prise de photo, d’empreintes et prélèvement d’ADN, Bruno et Ivan sont incarcérés, Damien mis sous contrôle judiciaire. Pour perquisitionner leurs domiciles, la PJ convoque le déminage, la police criminelle, les RG et même la brigade antiterroriste : ce grand jeu n’aboutit qu’à la mise sous scellés d’ordinateurs, appareils photo et écrits divers. Le 23 janvier, Isa et Farid (surnoms) sont arrêtés par les douanes au péage de Vierzon. Constatant que Farid est fiché, les douaniers fouillent leur voiture et trouvent dans un sac du chlorate de soude, les plans d’une prison pour mineurs en construction téléchargeables sur Internet et des livres sur des techniques de sabotage. Isa et Farid sont aussitôt placés en garde à vue à la Division nationale antiterroriste de Levallois. Farid déclare qu’il ignorait le contenu du sac. Isa explique que le chlorate de soude lui sert à faire des fumigènes, et qu’elle a découvert les plans et les livres dans son appartement, un lieu très passant, et voulait s’en débarrasser.

La brigade antiterroriste arrive sur « décision expresse du parquet antiterroriste de Paris, comme s’ils attendaient que l’occasion se présente, écrira Farid en mai. Il leur suffit de pas grand-chose, voire rien, pour charger le dossier… [Par exemple], ils appellent les pétards des “mélanges oxydants réducteurs pouvant être utilisés comme chargement d’engins explosifs improvisés” ».

L’ADN d’Isa et de Farid est prélevé contre leur gré… et la police affirme que le profil ADN d’Isa correspond à celui d’un cheveu ( !) relevé sur un dispositif incendiaire, composé de bouteilles d’essence et d’allume-feu, qui ne s’est pas enflammé mais a été repéré le 2 mai 2007 – donc entre les deux tours de la présidentielle – sous une dépanneuse de police garée devant le commissariat du 18e arrondissement de Paris. Une perquisition chez Farid rapporte aux policiers quelques pétards et tracts de plus… Isa et Farid sont mis en détention préventive à Fleury avec un traitement réservé aux « détenus particulièrement surveillés » (DPS), sous mandat de dépôt criminel pour elle (par périodes renouvelables d’un an), correctionnel pour lui (par périodes de quatre mois). « Tous deux n’appartenons à aucun groupe politique mais faisons partie de ces gens (…) présents dans la lutte sociale et liés par le mouvement collectif, diront-ils dans une lettre commune. (…) Sans être jugés, sans être condamnés, nous sommes en proie à un acharnement politique qui s’efforce de fabriquer et de fantasmer au travers de nous l’existence d’un réseau terroriste ultradangereux. » Comme le souligne L’Envolée n° 22 en février, l’objectif de telles constructions policière et judiciaire est de justifier la répression préventive, et d’isoler les gens arrêtés en inspirant la peur au sein du mouvement contre l’enfermement et contre le traitement que l’État applique aux classes populaires et aux étrangers. Car de nombreuses actions ont alors lieu contre les centres de rétention, venant à la fois des retenus et de l’extérieur. Fumigènes, feux d’artifice et autres pétards y sont utilisés « pour dérouter la police et signaler aux retenus (…) l’existence de mobilisations à l’extérieur » ; quant aux clous tordus, ils servent de « crève-pneus que l’on laisse sur la route pour crever les pneus, des voitures de police et des camions cellulaires de préférence ». Mais les médias appuient le discours du pouvoir : Le Parisien du 22 janvier titre « Les anarchistes transportaient une bombe en kit ». Le Monde du 1er février explique que, selon les RG, « on assiste, en France, à la résurgence d’une mouvance, qualifiée pour l’heure d’“anarcho-autonome”, violente, qui prospère sur le terreau des conflits sociaux touchant les jeunes ». Le même jour, la ministre de l’Intérieur Alliot-Marie déclare au Figaro que le « retour du terrorisme d’extrême gauche » est « un phénomène limité mais incontestable », ajoutant : « Le passé nous a montré que la faiblesse des partis politiques extrêmes ouvre souvent la voie aux groupuscules terroristes comme Action directe, les Brigades rouges ou la Fraction armée rouge. L’anticipation est essentielle dans la lutte contre le crime en général et le terrorisme en particulier. »

Les joies de l’anti-« terrorisme »

L’administration pénitentiaire et les juges essaient de casser les inculpé-e-s par leur régime DPS ou d’autres moyens bien connus : rétention du courrier, parloirs express donnés au compte-gouttes à des proches triés sur leur casier, accès difficile des prévenu-e-s aux activités des prisons ; fréquents transferts qui entraînent une diminution des visites de la famille et de l’avocat, la fin de relations avec d’autres détenus, la perte d’affaires et de courrier.

Et puis il y a les « plus » : le 24 février, Farid est tabassé par des détenus auxquels un maton a fait croire qu’il était d’extrême droite ; il sera transféré à Meaux sur ce prétexte, alors qu’il avait été changé de bâtiment peu après le tabassage. En mars, Bruno va plusieurs fois au mitard parce qu’il demande à être seul en cellule et refuse de réintégrer celle où il est ; il partira en quartier d’isolement à Fresnes. Le 3 avril, Isa ira à la prison ultrasécuritaire de Lille-Sequedin (59) pour avoir envoyé des dessins représentant de « manière plutôt réaliste » les murs qui l’entourent, chose interprétée comme un projet d’évasion. Le 17, Farid sera emmené à Meaux-Chauconin du fait de sa proximité avec les prisonniers basques.

Ce même mois, les deux affaires ayant été regroupées dans un seul dossier sur l’argument que tous les inculpé-e-s appartiendraient à la MAAF et que certains se connaissent, les permis de visite les concernant font l’objet d’un interrogatoire à la section antiterroriste du Quai des Orfèvres. Et, surtout, la police entreprend de ratisser dans leur entourage mais aussi dans son fichier « Anarcho-autonomes » pour trouver à qui appartiennent les quatre ADN masculins qu’elle aurait également recueillis sous la dépanneuse. Le 21 mai, frère d’Isa, Juan (surnom) est arrêté dans la rue et aussitôt mis en garde à vue au Quai des Orfèvres : la police lui attribue une tentative d’incendie dans un entrepôt de la SNCF pendant le mouvement anti-CPE. On lui prend de force son caleçon pour y prélever de l’ADN. Perquise à son domicile : quelques documents sont saisis. Après 48 heures, il est relâché : son profil ADN ne correspondrait à aucun de ceux trouvés sous la dépanneuse. Fin mai, Farid est libéré sous contrôle judiciaire à Paris ; de même, le 6 juin, pour Ivan en Normandie et pour Bruno près de Belfort. Obligation de travailler, déplacements limités géographiquement et sur autorisation du juge, pointages divers, interdiction de se voir… Quelques jours après, la distinction que la loi française établissait entre l’atteinte aux biens et le terrorisme s’efface : dans sa circulaire du 13 juin 2008, la ministre de la Justice Dati assure qu’il y a « une résurgence de faits en lien avec la mouvance anarcho-autonome » et de violences commises « à l’occasion de manifestations de soutien à des prisonniers ou des étrangers en situation irrégulière » ; elle demande aux parquets locaux confrontés à ces faits et à ces violences d’« informer dans les plus brefs délais la section antiterroriste du parquet de Paris pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit ».

Le 20, Juan, de nouveau arrêté, est inculpé : lors de sa précédente garde à vue, les flics auraient aussi prélevé son ADN sur un gobelet, et ce profil ADN-là correspondrait à l’une des traces relevées sous la dépanneuse. Incarcéré sous mandat de dépôt criminel, il écrira en octobre, depuis la prison de Rouen : « Cette histoire de tentative d’incendie est loin d’être l’affaire du siècle. Et si le pouvoir, relayé par les médias, l’a gonflée au maximum, ce n’est pas que l’État craignait de ne pouvoir se relever de ce coup. Malheureusement, il faudra plus qu’un incendie – même réussi – pour mettre vraiment en danger le système. Si l’État est attentif et soucieux de ces “menaces” politiques et que cet affront devait être puni, il en a surtout profité pour faire de cette affaire un exemple, répondre à la contestation sociale, et remettre à jour quelques fichiers de renseignements et bases de données policières. »

Le 5 juillet, Bruno se soustrait au contrôle judiciaire et s’en explique dans une lettre : « J’ai eu, pendant le mois où je suis resté en contrôle judiciaire, la désagréable sensation (…) d’assister à ma propre mort en tant que sujet politique. En acceptant leurs règles du jeu, c’est comme si je signais ma propre soumission, ma reddition en tant que révolté, même si parfois nous pensons qu’il est possible de se dire “Je joue le jeu un moment et après je serai tranquille” ou alors “Je joue le jeu en façade”. (…) Je me suis senti dépossédé du comment je lutte pour une transformation radicale des espaces où nous vivons, et contre la médiation capitaliste de nos vies. (…) Il ne me restait comme marge de manœuvre que l’illégalité, la clandestinité et la fuite. »

Les punitions continuent de tomber durant ce mois-là sur les prévenu-e-s : Isa est envoyée au mitard pour avoir pris part à un mouvement de prisonnières qu’a suscité le tabassage de l’une d’elles par des matons ; Juan pour avoir refusé de regagner sa cellule surpeuplée… Et, pendant ce temps, la répression continue de sévir contre les mêmes milieux militants.

Le 29 juillet, G. est ainsi interpellé par l’antiterrorisme. Sitôt en garde à vue, on veut son ADN au motif qu’il a été, par le passé, arrêté deux fois avec Juan. G. refuse. On lui ouvre la bouche de force pour lui prendre un peu de salive. Suit la perquisition d’un appartement : les flics repartent avec tracts et brochures ; puis, en menaçant de ne pas relâcher G. sinon, ils font venir au Quai des Orfèvres les trois personnes qui étaient présentes lors de la perquise. G. sera libéré : son profil ADN ne correspondrait pas à ceux de la dépanneuse. Le 14 août, Damien est convoqué par la juge Houyvet. Elle a fait effectuer des prélèvements d’ADN sur les vêtements qui avaient été mis sous scellés lors de sa garde à vue de janvier, et une trace ADN correspondrait à l’un des « ADN dépanneuse ». Avant la remise en détention de Damien, elle lui redemande son ADN. Il refuse, et, comme Juan et Isa, il nie tout ce dont il est accusé.

Le 22, Ivan et Farid sont convoqués chez la même juge pour violation de leur contrôle judiciaire, une photo des RG les montrant ensemble dans une manif ; finalement, ils ne sont pas réincarcérés mais leur contrôle est renforcé. L’affaire de Tarnac, en octobre et novembre, accentue l’offensive anti-« terroriste » : avant même l’audition des personnes arrêtées parce que soupçonnées d’avoir entravé la circulation des TGV en s’attaquant à leur alimentation électrique, MAM affirme à la presse qu’elles « ont été vues dans des lieux proches des lieux de sabotage, à des heures pouvant correspondre », et que la police dispose de « suffisamment d’éléments réunis pour procéder à cette opération ». Après quoi, fin 2009, ce sont les dégradations de distributeurs automatiques de billets qui alimenteront le discours officiel sur le danger « anarcho-autonome ».

La nécessité d’élargir la solidarité

Juan écrivait, en mai 2008 : « Nous [Isa, Damien et lui] nions notre implication dans cette tentative d’incendie [de la dépanneuse]. Mais en vérité c’est un détail. D’abord parce que face à la supposée irréfutabilité de la preuve par l’ADN des scientifiques, il est difficile d’expliquer la présence de poils qu’on a pu éventuellement semer, si tant est que ce soient les nôtres ! Ensuite parce que la Justice donne peu d’importance à ce qu’on a à dire. Elle n’a pas besoin de toi pour te juger. (…) Si tu as le profil, et il peut suffire d’une garde à vue, de la participation à une manif ou d’opinions affichées, [tu es] condamné. (…) En ce sens, la Justice ne s’est sans doute pas trompée. Je crois bien avoir le profil recherché. Non pas celui d’un fanatique qui veut semer la terreur dans la population pour arriver à ses fins – c’est plutôt l’apanage des gouvernements, qu’ils soient despotiques ou démocratiques –, mais plutôt celui d’un révolté parmi les autres. »

Pour sa part, Mauvaises intentions expliquait dans son n° 2, en janvier 2009 : « Ce qu’on a choisi de dire, c’est que les actes dont sont accusés les camarades ont un sens, un contexte, qu’ils participent de révoltes. (…) C’est clairement le fait de vouloir s’en prendre au système capitaliste qui est aujourd’hui condamnable. (…) Parce que d’une répression “spécifique” surgissent des questions plus larges qui touchent tout un chacun, l’aspect défensif de l’antirépression doit s’allier à d’autres batailles. (…) Aussi, nous avons fait le choix de parler de la répression au sein des luttes, et non de la penser comme un moment séparé du reste. »

Cependant, le collectif précisait, concernant la solidarité recherchée : « On a parlé de ces arrestations dans des espaces de discussion qui nous sont proches, avec l’idée de les faire exister dans des assemblées de lutte, des lieux où on s’organise politiquement. » Or, pour gagner en efficacité, la solidarité devrait selon nous être beaucoup plus large. Certes, au fil des épisodes répressifs, d’innombrables débats importants ont surgi dans ces milieux proches des inculpé-e-s : sur le positionnement à avoir en cas d’arrestation (ni innocents ni coupables ? nier avoir commis un acte, mais en revendiquer le contenu politique ?…) ; sur l’organisation du soutien (quelle attitude par rapport aux médias, à ce qui existe hors des milieux impliqués…) ; sur la fonction de la politique sécuritaire ; sur le recours systématique à l’ADN, avec sa pseudo-objectivité scientifique, pour accuser une personne mise en examen… Et, étant donné ses implications, la notion de terrorisme a été particulièrement analysée. L’antiterrorisme, constatait L’Envolée n° 23, « sert à amalgamer des projets, des actes radicalement différents, et permet de renvoyer dos à dos ce qui est appelé les “réseaux islamistes”, les “mouvements nationalistes” et la “mouvance anarcho-autonome”, alors que chacune de ces dénominations fourre-tout recouvre toutes sortes de projets bien distincts, d’analyses et de démarches différentes. Sans oublier que cet amalgame permet de faire passer les luttes sociales et le sabotage pour des actes dits “terroristes” ». De plus, l’antiterrorisme « participe au durcissement général du système judiciaire, puisque toujours plus de comportements deviennent des délits, des délits deviennent des crimes et les peines s’allongent ».

Autant d’analyses pertinentes ; mais justement, face aux formidables moyens de coercition mis en œuvre aujourd’hui, face à une répression qui systématise le fichage et marginalise des personnes comme des groupes, élargir la solidarité nous paraît de la première urgence. Car, tout étant question de rapport de forces dans le système, mieux vaut s’efforcer toujours de globaliser et de mettre en relation les luttes existant, pour ne pas courir le risque de se laisser enfermer dans des petits cercles politico-affectifs comme dans une confrontation en tête à tête avec l’État – autant de pièges dans lesquels on ne peut que se perdre en ayant tout à perdre.

Vanina


ANALYSE D’UNE INSTRUCTION ANTITERRORISTE

En mai 2010, les inculpé-e-s de Paris ont rendu public et commenté le dossier d’instruction. À côté d’incohérences plus ou moins voulues et de recherches pouvant sembler absurdes au premier regard (comme les pages de renseignements que suscite à son sujet un autocollant de Georges Ibrahim Abdallah sur le frigo d’un lieu perquisitionné), les enquêtes portent au moins autant sur des profils (à partir d’expertises psychologiques et psychiatriques, d’interrogatoires de parents…) que sur les faits reprochés. On y note la volonté d’établir des liens entre des personnes et entre des groupes (en relevant, lors des perquisitions, des ADN inconnus pour les ficher dans l’attente de les comparer), et un très petit nombre d’informations « de première main » (la plupart des éléments provenant du recoupement d’informations policières et administratives).

La « mouvance anarcho-autonome francilienne » (MAAF) est présentée, en février 2008, comme un noyau d’« une cinquantaine d’individus âgés de 20 à 30 ans, d’origine européenne pour la quasi-totalité, auxquelles s’agrègent selon les circonstances 150 à 200 personnes, membres de diverses organisations libertaires. Leur thème fédérateur est “la haine de l’État bourgeois, du capitalisme et de ses appareils”. Ce rejet s’exprime par des actions concertées à l’encontre des forces de l’ordre et des symboles du capitalisme (…) préparées par les intéressés lors de rencontres dans des squats, à la fois lieux de vie, de réunion et de passage. Depuis début 2007, on constate en Ile-de-France une radicalisation de la mouvance anarcho-autonome francilienne. Deux raisons expliquent cette évolution : l’apparition d’une nouvelle génération née du conflit anti-CPE de 2006, et le contexte électoral, un certain nombre de ces jeunes ayant éprouvé une véritable aversion à l’encontre du candidat de l’UMP (…) ».

Le regroupement des affaires est justifié par : « L’ensemble des mis en examen (…) appartenaient tous à des groupes qui avaient multiplié, depuis plusieurs mois, en région parisienne et en province, des actions violentes dirigées contre l’État, ses institutions et ses représentants (…). [Ainsi] l’entente est-elle tout d’abord démontrée par les liens pérennes qu’ont développés les prévenus (…) entre eux depuis de nombreuses années (…). Dès la fin de l’année 2005 et le début de l’année 2006, des relations d’amitié sont établies (…). L’entente dans ce dossier est aussi caractérisée par des idées communes à tous les mis en examen qui revendiquent les mêmes convictions contre les institutions et les pouvoirs régaliens de l’État : politiques carcérales, législation antiterroriste, centres de rétention et expulsions, enfermement des mineurs, fichage génétique ou papillaire, actions des forces de l’ordre. » Véhiculées par des « médias spécifiques, Indymedia, recueil Mauvaises intentions, et au cours de semaines d’actions contestataires thématiques (…) », ces idées « ne sont évidemment ni contestables, dans le cadre de l’exercice des libertés publiques et des droits fondamentaux garantis par l’État, ni répréhensibles pénalement sauf lorsqu’elles visent à déstabiliser l’État et ses institutions (…), ce qui sera le cas, au cours des années 2006 et 2007 et notamment dans le présent dossier ». Ces actions sont caractérisées par plusieurs faits matériels, « mais également par les textes radicaux, découverts en perquisition, sur des organisations terroristes avérées et/ou liés à la contestation violente, un soutien à des militants de mouvements terroristes reconnus (Action directe), la découverte de livres permettant la fabrication d’engins explosifs démontrant un réel ancrage dans la violence ».

Article publié dans le n° 219 daté avril 2012 de « Courant Alternatif »

C’est déjà tout de suite, 8 avril 2012

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[Haïphong] Vive la belle !

Vietnam : évasion collective dans un centre de désintoxication forcée

Une centaine de toxicomanes armés de couteaux de cuisine se sont évadés d’un centre de réhabilitation où ils suivaient un traitement obligatoire, dans le nord-est du Vietnam, a-t-on appris mardi auprès de l’établissement.

L’évasion collective a eu lieu dimanche soir après le dîner, a précisé à l’AFP Vu Xuan Thai, directeur de ce centre de la ville de Haïphong. « Nonante-six des 201 détenus ont pris la fuite après avoir menacé les gardiens du centre avec des couteaux de cuisine. La police est intervenue et l’ordre a été rétabli », a-t-il ajouté. Une quinzaine d’entre eux sont depuis volontairement retournés au centre. La police recherche les autres, toujours en fuite, a ajouté le directeur. Dans ce centre de désintoxication créé en 1991, les toxicomanes doivent suivre un traitement de deux ans, apprendre un métier artisanal ou effectuer des travaux manuels.

En mai 2010, plus de 500 toxicomanes s’étaient évadés d’un autre centre de de la même ville. Depuis dix ans, le gouvernement vietnamien a mis en place des traitements obligatoires de deux ans pour les quelque 140.000 toxicomanes officiellement recensés dans le pays, dans le but affiché de lutter contre une toxicomanie croissante, notamment chez les jeunes.

En décembre dernier, le rapporteur spécial des Nations Unies pour le droit à la santé, Anand Grover, avait réclamé la fermeture de ces centres de réhabilitation forcés, les jugeant « inefficaces et contre-productifs ». Quelques mois plus tôt, l’organisation américaine Human Rights Watch (HRW) avait dénoncé le fait que les toxicomanes au Vietnam étaient détenus dans des « camps de travail forcé » où ils ne reçoivent aucun soin adéquat et sont soumis à des violences physiques.

Leur presse (Belga, 3 avril 2012)

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[Soutien au MNLA à Paris le 7 avril 2012] « Il n’est pas né celui qui voilera la femme touarègue »

Le rassemblement de soutien à la proclamation de l’indépendance de l’Azawad s’est symboliquement tenu ce samedi après-midi 7 avril 2012 à 15 heures devant le siège de l’Assemblée nationale française à l’appel de l’association Tamazgha et a réuni une centaine de personnes.

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Rappelons que la France par la voix du Quai d’Orsay a fait savoir qu’elle tenait pour « nulle et non avenue » la proclamation de la République laïque de L’Azawad. La foule a hué lorsque l’orateur a rappelé la position du gouvernement algérien qui s’est aligné sur la position française.

C’est sous les vivas et les youyous que les deux intervenants du MNLA ont pris la parole.

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Dans son intervention, le porte-parole Moussa Ag Attahar a rappelé que cette proclamation était « conforme au droit international et notamment la Charte des Nations unies qui reconnaît le Droit à l’autodétermination des peuples. Conforme à la réalité culturelle et historique du pays, Conforme enfin et surtout à la volonté du peuple de l’Azawad qui a dicté cette proclamation. »

Le porte-parole a clairement fait savoir que cette république était une république laïque d’un peuple à la culture millénaire qui n’a besoin d’aucune révélation pour s’affirmer et se réaliser avant d’ajouter « Il n’est pas né celui qui voilera la femme touarègue ».

Il a également rappelé que le MNLA faisait place à toutes les ethnies de l’Azawad et pas seulement touarègues, peuhls, soninké, arabes…

Le porte-parole a fait un rappel historique de la situation et a rappelé les massacres de l’armée malienne au lendemain de la création de l’état malien par la France. Il a rappelé que les notables touaregs ont exprimé dans une lettre adressée au gouvernement français en 1958 leur refus de rattachement au Mali.

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Les deux intervenant ont remercié leurs frères imazighènes pour le soutien qu’il leur ont manifesté et ont dit combien ils appréciaient ce soutien exprimé dans ce moment crucial pour l’existence de l’Azawad.

Il a mis en garde tous ceux qui seraient tenté par une intervention armée pour rejeter la création de la République de l’Azawad.

Kabyles.net, 7 avril 2012


Juppé : « Les Touaregs, peuples mirages »
Entretien imaginaire avec Alain Juppé

Insi s’est rendu au Quai d’Orsay où il a rencontré Monsieur Alain Juppé, ministre français des affaires étrangères. Voici ce que ce dernier a livré à notre ami Insi à propos de La République d’Azawad, nouvellement proclamée par le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad).

Insi : Bonjour monsieur le Ministre.

Monsieur Juppé : Bonjour.

Insi : Alors, vous restez toujours « droit dans mes bottes » quant au combat du peuple touareg ?

Monsieur Juppé : Le Touareg est une belle voiture, de création française en plus.

Insi : Je parle du peuple de l’Azawad.

Monsieur Juppé : Un beau pays l’Azawad, surtout le soir, au coucher du soleil, on dirait une carte postale.

Insi : Je parle du combat des Touaregs de l’Azawad.

Monsieur Juppé : J’aime bien les voir passer le soir, habillés en bleu, sur le dos de leurs chameaux, le visage caché dans du chèche noir… On ne voit que leur fier regard. Impressionnant ! Ils sont généreux en plus. Une fois, ils m’ont offert du thé Hmmmmmm !!!! Excellent ! Du thé confectionné trois fois de suite : le premier amer comme la mort, le second doux comme la vie et le troisième sucré comme l’amour.

Insi : Moi je vous parle de politique, monsieur le Ministre.

Monsieur Juppé : Moi aussi.

Insi : Je vous parle de la République de l’Azawad. Vous avez déclaré dernièrement que la France fera tout pour sauvegarder l’intégrité du territoire malien.

Monsieur Juppé : Oui.

Insi : De quel territoire s’agit-il ? De l’Ancien Mali ou de celui que vous avez créé ?

Monsieur Juppé : On verra cela plus tard.

Insi : Oui, mais les Touaregs ne revendiquent que l’Azawad, leur territoire.

Monsieur Juppé : Oui, ils l’ont eu. Maintenant il ne faut pas qu’ils s’attaquent à notre, pardon, au Mali.

Insi : Un lapsus, Monsieur le Ministre.

Monsieur Juppé : Non, je veux parler de notre territoire d’AREVA.

Insi : Areva ?

Monsieur Juppé : Oui Areva. Areva est une association qui regroupe en son sein trois pays : le Mali, le Niger et l’Algérie qui bénéficie d’une étroite autonomie.

Insi : C’est vrai ?

Monsieur Juppé : Si je te le dis…

Insi : Pourquoi traitez-vous les Touaregs de terroristes ?

Monsieur Juppé : Ce n’est pas ce que j’ai dit.

Insi : Pensez-vous que le MNLA est un mouvement terroriste ?

Monsieur Juppé : Non, mais ses combattants sont d’apparence terroriste.

Insi : Vous ne pensez pas que l’Aqmi et Ansar Dine sont plutôt des alliés du Mali et de l’Algérie ?

Monsieur Juppé : Si.

Insi : Est-ce légal de laisser des États utiliser des milices parallèles ?

Monsieur Juppé : Non, mais la diplomatie nous conseille toujours de taper sur les autochtones, et les Touaregs sont plus faciles à mater que les islamistes des Algériens et des Maliens. Les Touaregs sont sur leur territoire. Ils sont plus faciles à dénicher.

Insi : Vous dites que vous êtes contre les islamistes dans l’Azawad, pourquoi alors vous avez porté ces mêmes islamistes au pouvoir en Libye, en Tunisie et en Égypte après les fameuses « révolutions arabes » ?

Monsieur Juppé : Les islamistes de ces pays sont à la tête des pays arabes, comme on les aime. Le problème des Touaregs, c’est qu’ils veulent créer un État touareg, peut-être même berbère.

Insi : Qu’avez-vous contre les Berbères enfin ?

Monsieur Juppé : Les Berbères représentent la fin de notre Afrique du Nord, version Maghreb arabe.

Insi : C’est-à-dire ?

Monsieur Juppé : Avec les Arabes et les islamistes, comme ce n’est pas leur terre, on fait de bonnes affaires.

Insi : C’est pour cette raison que vous jouez la carte arabe ?

Monsieur Juppé : C’est notre carte maîtresse dans la région.

Insi : Avec l’aide du Qatar bien entendu.

Monsieur Juppé : Le Qatar est notre partenaire en banlieue et en Afrique du Nord.

Insi : Êtes-vous pour un État palestinien, monsieur le Ministre ?

Monsieur Juppé : Oui.

Insi : Le Hamas, est-il un mouvement terroriste ?

Monsieur Juppé : Avec qui on peut discuter.

Insi : Mais pas avec les laïcs du MNLA ?

Monsieur Juppé : Non.

Insi : Pourquoi ?

Monsieur Juppé : Parce que pour le moment nous dicutons avec le Mali et l’Algérie, autrement dit nos beni oui-oui.

Insi : Ils sont toujours là ceux-là ?

Monsieur Juppé : Plus que jamais.

Insi : Sincèrement, pourquoi êtes-vous contre un État touareg ?

Monsieur Juppé : Un État touareg signifie pour nous la fin du Niger, de l’Algérie, du Maroc, de la Libye et peut-être même d’Areva.

Insi : Que comptez-vous faire alors ?

Monsieur Juppé : Comme d’habitude, nous enverrons la chair à canon de l’OCEDE faire la sale besogne.

Insi : Qui fournira la logistique ?

Monsieur Juppé : Nous.

Insi : En ces temps de crise ?

Monsieur Juppé : Ne t’inquiète, c’est l’Algérie qui payera.

Insi : Croyez-vous ?

Monsieur Juppé : Pour casser du Berbère, l’Algérie est prête à tout.

Insi : Et pourquoi l’Algérie payera ?

Monsieur Juppé : Parce qu’elle a des Touaregs, sans oublier les Kabyles, les Chaouis et consorts.

Insi : Croyez-vous à la liberté, monsieur le Ministre ?

Monsieur Juppé : Pas quand elle menace les frontières qu’on a tracées en Afrique…

Insi : … À la règle.

Monsieur Juppé : Et c’est la règle !

Insi : Et les droits de l’Homme dans tout cela ?

Monsieur Juppé : Ne tergiverse pas, petit. Là, on parle des Touaregs. Maintenant si tu permets, j’ai un coup de fil à donner à l’ONU pour qu’on s’occupe un peu de ces Touaregs qui veulent être LIBRES chez eux, qui souhaitent même instaurer notre Laïcité et notre démocratie sur leur territoire sans notre permission. Mais où se croient-ils ces gens qui veulent vivre en paix et libres sur leur propre sable ? C’est scandaleux, ces Touaregs qui refusent d’être gouvernés, comme on le souhaite, par un État malien corrompu et mafieux. Si ça continue comme ça, même les Kabyles se soulèveront un jour pour vivre Libres chez eux en Kabylie. Où on va comme ça ? Ils se croient tout permis ces Berbères. Nous les avons prêtés aux Arabes et maintenant ils veulent se libérer de l’arabo-islamisme, la doctrine des ténèbres, celle qui nous a permis jusque-là de les maintenir dans la misère…

Insi : N’est-ce-pas légitime d’aspirer à la liberté ?

Monsieur Juppé : Ce n’est pas aux Berbères d’en juger. À propos, dis-leur que leur langue sera, à partir de maintenant, partout nationale et officielle en Afrique du Nord. Je m’engage !

Insi : Trop tard, monsieur le Ministre. C’était une revendication du siècle dernier.

Monsieur Juppé : C’est vrai qu’on est en 2012 et en plein campagne, zut !

Insi : Que pense mosieur Sarkozy de tout cela ?

Monsieur Juppé : Lui, en ce moment, il pense que les Touaregs de l’Azawad sont manipulés par la Hollande.

Insi : Non ?!

Monsieur Juppé : Si. Attends, j’ai un coup de fil de mon ami l’émir du Qatar. Tu veux que je te le présente ? En ce moment, il projette d’acheter l’équipe de Bordeaux.

Insi : Faites attention, monsieur le Ministre, il va bientôt vous interdire le Bordeaux.

Monsieur Juppé : Il boit en cachette. Ne le dis à personne.

Monsieur le Ministre décroche le téléphone : « Ahlane ya ḥabibi ! »

Sur ce, Insi salue monsieur le Ministre et quitte le Quai d’Orsay.

Mohend – Tamazgha.fr, 7 avril 2012

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[Grèce] Comment accommoder le journaliste

Grèce : le présentateur du JT bombardé de yaourts et d’œufs

Panagiotis Bourchas, célèbre présentateur de la télévision grecque, s’est retrouvé au centre de l’actualité. Alors qu’il était en train de présenter le journal télévisé, vendredi, il s’est fait bombarder de yaourts et d’œufs par des manifestants qui ont fait irruption dans le studio, raconte le site GreekReporter.com.

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Panagiotis Bourchas, célèbre journaliste à la télévision grecque sur la chaîne TV’s Ηπειρος TV 1, s'est fait bombarder de yaourt et d'œufs par des manifestants qui ont fait irruption dans le studio de télévision.

Les manifestants sont arrivés en masse, chantant, hurlant, avant de bombarder le journaliste pendant plusieurs minutes. Le présentateur, surpris au beau mielieu d’une interview, a bien essayé de se protéger des projectiles en se réfugiant derrière son bureau, en vain… Les trublions l’ont traité de « fasciste ! » durant leur intervention, lui reprochant d’avoir accueilli et interviewé un porte-parole de l’extrême droite la semaine précédente.

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Leur presse (LeParisien.fr, 8 avril 2012)

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[Penly] « Se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe »

Si Penly…

Ouf ! On respire, ce n’était qu’un « incident » !

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5 avril 2012. Deux départs de feu à la centrale nucléaire de Penly et une fuite d’eau radioactive de 2,3 m³ par heure, classé niveau 1 sur l’échelle INES.

La panne d’une pompe servant au refroidissement du réacteur : grave ou pas grave ?

« Niveau 1 » signifie « anomalie ». Donc pas grave a priori, selon l’ASN.

La fuite ne peut évidemment pas être considérée comme grave par cet organisme étant donné que des fuites sont déjà tolérées par la même agence de sureté nucléaire. D’autant plus qu’on autorise cette centrale à relâcher 72.000.000.000.000 Bq par an dans la Manche, juste pour le tritium (cf. autorisation pour 2008).

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Une fuite connue en 2010 à la centrale nucléaire de Penly (Source : Médiapart, 25 juin 2011)

Juste une anomalie donc.

Pourtant, si une autre pompe n’avait pas pris le relai, le cœur aurait fondu rapidement.

Comme à Three Mile Island. Comme à Fukushima.

On remarque en passant que cet incendie, qui a quand même nécessité l’intervention de 29 personnes, n’a pas eu besoin d’un tremblement de terre ou d’un tsunami pour se produire.

C’est pourquoi il est utile de rappeler ‒ ou d’apprendre ? ‒ à la population ce qui se passerait en cas d’accident majeur : contamination des sols pour des décennies, voire des siècles, et évacuations définitives pour les zones les plus touchées.

Les mots restent des mots, rien ne vaut une bonne carte.

Comme « il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables. Car la menace existe » (dixit M. Jacques Repussard, directeur général de l’Institut de radioprotection et de sûreté nucléaire), il faut accepter de regarder une carte de contamination radioactive post-accidentelle française, telle qu’elle apparaîtra sur nos écrans de télévision quand la catastrophe aura eu lieu.

Pour comparer avec des catastrophes nucléaires connues, j’ai reporté sur la carte de l’Europe les surfaces des territoires les plus contaminés par Tchernobyl et Fukushima, à la même échelle, en prenant comme source fictive de la pollution la centrale nucléaire de Penly. Évidemment, si un accident arrivait, la pollution se répandrait d’une autre manière, à cause d’autres conditions météorologiques et d’autres reliefs. C’est juste pour se donner une idée. Juste pour se préparer psychologiquement.

Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Fukushima…

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… Le Havre, Rouen, Caen, Angers seraient des villes contaminées. Les côtes anglaises et la Manche seraient également touchées. Ce que ne montre pas la carte, à cause de l’impossibilité de relever les retombées dans l’océan Pacifique lors de la catastrophe de Fukushima, c’est qu’il faudrait aussi très probablement évacuer la ville d’Amiens qui est située exactement sous les vents dominants de la pollution radioactive aérienne qui serait générée par une catastrophe nucléaire à Penly.

Si Penly avait provoqué la pollution radioactive de Tchernobyl…

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… Le Havre, Rouen, Orléans, Calais, Dunkerque seraient des villes contaminées. Mais d’autres pays que la France seraient touchés : l’Angleterre, la Belgique (faudrait-il évacuer Bruges ?), les Pays-Bas et l’Allemagne. Il faudrait aussi sans doute interdire la pêche dans la Manche étant donné que l’essentiel des retombées y seraient localisées.


En savoir plus sur l’évènement de Penly :

Analyse de Bruno Chareyron (Criirad)

Analyse de Bernard Frau

Article du Monde

Communiqué de l’IRSN

Communiqués de l’ASN

Le blog de Fukushima, 7 avril 2012

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[Lille] Les flics travaillent, copwatch aussi

Lille : 4 avril 2012, journée de répression et vol à la tire

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Mercredi 4 avril 2012 avait lieu devant le tribunal administratif un rassemblement de soutien aux 6 sans-papiers interpellés et placés en centre de rétention suite à l’occupation de l’UMP du vendredi 30 mars 2012.

Lire les témoignages sur le site de La Brique

Une centaine de personnes étaient présentes lors de l’audience. Habituellement, dans ce genre de situation, les soutiens peuvent pénétrer dans l’enceinte du tribunal. Les audiences sont en effet publiques. Ici ce ne fut pas le cas. Bien au contraire, le président du TA Benoît RIVAUX a souhaité que l’audience se tienne à huis clos en raison d’un trop grand risque d’occupation des locaux.

Les soutiens ont alors attendu de manière très posée et pacifique devant l’entrée du tribunal. Il est important de noter qu’à aucun moment il ne s’agissait d’une manifestation mais bien de personnes en tant qu’individus, groupes politiques ou comités venus en soutien à une audience habituellement ouverte à tous. Le tribunal administratif est habitué à ce genre de rassemblement surtout lorsqu’il s’agit d’affaires de licenciements.

Face à ces soutiens, un dispositif important de la police nationale fut déployé. Un total de 6 fourgons Renault masters étaient présents aux abords du TA. Ces fourgons appartiennent à la Compagnie Départementale d’Intervention 59 basée au Commissariat Central de Lille, bien connu pour son extrême violence, son racisme et son étroitesse d’esprit. 28 CDI ont été dénombrés. Pour rappel, Mathieu LÉGLISE, l’éborgneur au flash ball de Nantes appartenait à cette catégorie d’unité, la CDI 44.

Parmi les gradés, un total de 4 hommes étaient sur place. Tous sont parfaitement connus. Les voici en photo :

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Parmi eux, Yohan Tourbier de la BIVP, bien connu pour son vice et ses coups par derrière. Il est le premier à gauche.

C’est à 11h pétante que l’amusement commença pour la CDI 59. Sans aucune raison apparente, et alors que la situation était parfaitement calme, une charge particulièrement violente fut menée à l’encontre des soutiens avec la bénédiction de la hiérarchie présente sur place.

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Les sans-papiers et les soutiens se font matraquer, peu importe l'âge.

Deux catégories de personnes ont été visées.

D’un côté, les sans-papiers venus aider leurs camarades emprisonnés. Des réflexions du type « l’affaire de Toulouse c’est vous hein » ou encore « dégage pouffiasse » leur étaient assénées. Une femme enceinte fut matraquée à terre et dut être amenée à l’hôpital. Une autre femme, avec une tension à 21, fut aussi amenée aux urgences. Elle mettra plusieurs jours à s’en remettre. Au total, 5 personnes ont été emmenées au CHR.

De l’autre, les soutiens filmaient l’intervention policière. La police nationale ne voulait pas de preuves de ses exactions, pas d’images, elle veut violenter en toute tranquillité. Elle s’en est donc prise de façon ultra violente à un camarade situé en première ligne filmant les actes policiers. 6 CDI et un commissaire lui sont arrivés dessus sans aucune raison. L’objectif était clair, la disparition des images, trop sensible avant une élection présidentielle. Il faut montrer une « France propre », et pour ça les moyens y ont été mis, avec coups de pieds, écrasement de la cage thoracique, coups de poing, coups de gazeuse gratuit et pour finir non pas la destruction mais le vol de la caméra du camarade.

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Le copain écrasé par 3 CDI (flèche rouge)

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Gazage gratuit après tabassage (flèche rouge)

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Oui, la police n’a pas détruit mais bien volé le matériel du camarade d’une valeur de 1200 euros. Elle ne lui a jamais rendu. Complètement abasourdi, le camarade fut relâché de suite et dut être emmené aux urgences où le diagnostic suivant fut constaté à savoir : traumatisme crânien, contusions et contractures musculaires aux cervicales, une dizaine d’hématomes sur la tête.

Évidemment, dans la plus pure tradition lilloise, la scène intégrale a été filmée. Elle est sans équivoque. Nous avons pris notre temps et l’identification des policiers présents fut possible sans aucune difficulté grâce aux archives que nous possédons et aux films réalisés le jour même.

Concernant la totalité de la charge, 23 policiers de la CDI 59 ont été identifiés. 17 CDI ont chargé les sans-papiers et leur soutien, 6 ont chargé le camarade filmant avec la compassion de 2 gradés soit 8 personnes. Le gazeur, malgré sa rapidité a également été identifié grâce à des photos de 2010 comparées à celle du 4 avril 2012.

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Le gazeur après son acte (flèche rouge)

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Nous publierons prochainement les têtes des 23 responsables de la charge.

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Au passage, nous avons aperçu Jean Clause MENAULT l’ancien DDSP du Nord impliqué dans l’affaire du Carlton, venu ramener sa face loin de ses anciens collègues. Rappelons au passage que MENAULT habite le quartier.

Nous constatons qu’au fil des mois, c’est une véritable paranoïa ambiante qui s’empare de la police lilloise. De la hiérarchie jusqu’à la simple piétaille, la police voit des caméras et des appareils photos partout. Elle devient complètement folle et se replie de plus en plus sur elle-même, Pourtant, c’est le monde qu’elle même a créé avec un fichage et une surveillance généralisée de l’ensemble de la population. Arrive-t-elle vraiment à en avoir le contrôle ???

Depuis le mois de janvier, des opérations de sécurisation en présence des stups, du GIPN, des CRS et de CDI ont lieu dans les cités lilloises comme à Belfort, complexe Marcel Bertrand ou encore Boulevard de Metz. Ces opérations, les CDI les connaissent bien puisqu’ils y participent. Des personnes de ces quartiers savent très bien reconnaître ces unités qui par moment prennent en chasse les scooters avec les Renault master. Une liste de nom de CDI que nous avons pu vérifier nous a été transmise. Tous ont participé aux opérations de sécurisation, certains étaient de la partie le 6 avril 2011.

Liste de 10 noms de la CDI 59 :

CASTELIN Jérôme
DULIEU Cédric
GOSSEY Cédric
GIL Bruno
GOGNEAUX Loïc
SAVARY François
JAYET Guillaume
BOSTYN Jérôme
LEQUIEN David
MONCHEAUX Frédéric

Maintenant, nous allons faire monter en puissance ces événements du 6 avril. Volontairement, nous ne diffusons pas les vidéos. Bien sûr elles le seront, mais comme à notre habitude, l’effet de surprise est pour nous une stratégie incontestable dans la lutte contre les forces de sécurité française. Nous ne laisserons pas le temps à la police nationale d’écrire son propre scénario. La seule question qu’elle doit se poser est : Que va-t-il se passer maintenant ?

Un par un nous vous identifions.
Un par un nous vous identifierons.
Nous serons redoutables.
Que la peur change de camp.

Copwatch Nord Paris-IDF, 7 avril 2012


À Lille, la police repousse une manifestation de soutien aux sans-papiers : six hospitalisations

Face aux actions du Comité des sans-papiers (CSP 59) à Lille, la réponse de l’État se durcit. Nouvelle illustration hier matin devant le tribunal administratif. Plusieurs dizaines de sans-papiers et sympathisants manifestent dans le calme. Parmi eux, des syndicalistes, militants politiques ou associatifs.

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Après avoir été chargés, les manifestants ont dû rester sur le trottoir.

Le but, soutenir six étrangers comparaissant devant la juridiction. Interpellés puis placés en centre de rétention vendredi après l’occupation du local de l’UMP, ils sont menacés d’expulsion.

Le tribunal, saisi par l’ordre de Malte, doit vérifier la légalité de la procédure préfectorale. Son président, invoquant la sérénité des débats, refuse de laisser entrer les manifestants. Des policiers bloquent la porte du bâtiment.

« Acharnement »

Faute d’assister à l’audience, en théorie publique, les soutiens attendent sur la chaussée en chantant. Certains font un sit-in.

Ambiance revendicative et paisible. Vers 11 heures, les forces de l’ordre, avec casques et boucliers, rappliquent en nombre. Elles repoussent sans ménagement le groupe : « Ils ont fait mouliner les tonfas, donné des coups de pied et utilisé du gaz lacrymogène, se scandalise un participant. Un camarade avec une caméra a été frappé. Des jeunes femmes ont été tabassées. C’est une honte ! » Rabah, du CSP 59, lui aussi indigné : « Ils nous ont dit qu’on n’avait pas le droit de rester, et tout d’un coup ils ont chargé avec une violence extrême. » Six personnes, dont quatre femmes, sont conduites à l’hôpital par les pompiers. Cinq souffrent de contusions et douleurs, la sixième a fait un malaise.

Le cortège recule de plusieurs dizaines de mètres. Un porte-parole du CSP prend le mégaphone : « La violence n’est pas de notre côté ! Nous continuons pacifiquement malgré l’acharnement ! » Les chants et slogans reprennent. Les agents resserrent l’étau et obligent tout le monde à rester sur le trottoir. « Je suis affligé. Ce n’est pas la première manif de ce genre. Je ne vois pas ce qui explique le déploiement policier et la charge, déplore Joseph Demeulemeester, secrétaire de la section lilloise du PCF. Je me demande si ce n’est pas une manière de faire mousser certains thèmes en période électorale. Je m’étonne du choix de la préfecture… »

Laquelle justifie l’opération : « La police est intervenue pour sécuriser une manifestation non déclarée sur la voie publique et assurer la sécurité des passants et des automobilistes. » Elle ne paraissait pourtant pas en péril… Cette fermeté s’est accentuée au gré des mobilisations des sans-papiers, qui veulent donner de la voix à l’approche de la présidentielle. Ces dernières semaines, la direction du travail et les locaux d’Emmaüs ont été occupés. Les évacuations n’ont pas donné lieu à des arrestations. L’envahissement de l’UMP semble plus sensible. Six personnes y ont été interpellées. Le tribunal administratif a confirmé leur reconduite à la frontière. Prochain épisode aujourd’hui, avec leur passage devant le juge des libertés et de la détention.

Presse policière (lavoixdunord.fr, 5 avril 2012)


Les sans-papiers délogés du tribunal administratif

Alors que deux de leurs camarades se présentaient à une audience hier matin, une centaine de membres du collectif des sans-papiers ont manifesté devant le tribunal administratif. La police les a délogés. Six personnes ont été hospitalisées.

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Les sans-papiers ont organisé une manifestation devant le tribunal administratif hier matin avant d'être délogés par la police.

« So-so-so-solidarité pour les sans-papiers » était un des slogans chantés hier par le comité des sans-papiers (CSP 59) devant le tribunal administratif dès 9 heures, rue Jacquemars-Giélée. En effet, une centaine de manifestants se sont mobilisés pour « soutenir » leurs six camarades détenus. « Tant qu’ils ne seront pas libérés, nous appliquerons une guérilla urbaine pacifique », expliquait un des porte-parole entouré de pancartes. Ces six camarades avaient été interpellés vendredi, alors que le CSP organisait une opération coup de poing au siège de l’UMP à Lille. Ils avaient décidé d’occuper les locaux. La police qui était intervenue avait procédé à un contrôle d’identité avant d’embarquer six hommes en situation irrégulière.

Chose rare hier, l’audience du tribunal administratif s’est tenue à huis clos. Suite au refus d’accès du CSP 59 dans le tribunal par son président, les animations et chants militants ont été entamés. Rabah, un militant, partage son ressenti : « Aujourd’hui, je suis sidéré. Le président du tribunal devrait accepter le dialogue et nous recevoir. Nous ne sommes pas des terroristes, nous voulons juste donner de la visibilité à notre lutte. »

Las, les militants n’ont pas obtenu gain de cause. Pire, alors que leur protestation se poursuivait sur le parvis, les forces de l’ordre ont lancé l’offensive pour les évacuer. Les échanges ont été vifs. Les pompiers ont dû dépêcher trois ambulances. Six personnes ont été légèrement blessées puis évacuées vers l’hôpital. Plusieurs organisations, dont le Parti communiste, ont dénoncé des « violences policières ». Le CSP remet le couvert ce matin alors que leurs camarades interpellés ont rendez-vous devant le juge des libertés et de la détention au tribunal de grande instance de Lille.

Presse policière (Justine Noblecourt & Morad Belkadi, NordEclair.fr, 5 avril 2012)

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[Révolution tunisienne] « À bas le gouvernement !, travail, liberté, dignité ! »

Tunisie : des blessés lors de la dispersion d’une manifestation de chômeurs

Tunis – Plusieurs personnes ont été blessées samedi lors d’une manifestation de diplômés chômeurs dispersée par la police dans le centre de Tunis, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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La police a tiré des gaz lacrymogènes et donné des coups de matraques pour empêcher l’accès à l’avenue centrale Habib Bourguiba, désormais interdite aux manifestations, de plusieurs milliers de manifestants rassemblés pour réclamer des emplois.

Des ambulances ont évacué les blessés, alors que les protestaires se repliaient sur une place devant les locaux de l’Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale historique).

Une vingtaine de manifestants ont été blessés lorsque la police déchaînée a chargé, a affirmé Belgacem Ben Abdallah, dirigeant de l’Union des diplômés chômeurs qui a appelé au rassemblement.

Nous sommes venus manifester pacifiquement pour l’emploi, la liberté et la dignité car rien n’a changé depuis la révolution. La police s’est comportée sauvagement comme au temps de Ben Ali, a-t-il protesté.

Le ministère de l’Intérieur a fait état de son côté de six agents de police blessés par des jets de pierre et accusé les manifestants de braver la loi.

Ils ont été avertis mais ont délibérément ignoré l’interdiction pour envahir les lieux par la force, la police a fait usage de gaz lacrymogènes pour les en empêcher, ce qui a provoqué des heurts, a indiqué le porte-parole du ministère Khaled Tarrouche.

Nous ne laisserons pas installer le chaos et ne permettrons pas que la loi soit piétinée, les manifestants avaient le choix entre plusieurs endroits pour s’exprimer librement, a affirmé M. Tarrouche.

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À l’appel de leur association, des diplômés chômeurs venus de toutes les régions tunisiennes s’étaient rassemblés devant l’UGTT, avant de tenter des incursions sur l’avenue centrale Habib Bourguiba.

Théâtres de fréquentes manifestations depuis la révolution, l’avenue centrale de Tunis a été interdite depuis le 28 mars aux rassemblements après des incidents lors d’une manifestation de salafistes réclamant la charia, la loi islamique.

À bas le gouvernement !, travail, liberté, dignité !, ont scandé les protestataires reprenant le slogan de la révolution qui a chassé Ben Ali du pouvoir le 14 janvier 2011.

Nous ne reculerons pas d’un pouce sur nos droits, a indiqué Hafedh Raies un coordinateur venu de Zaghouan (nord-est)

Selon M. Ben Abdallah, les manifestants veulent des emplois et des allocations de chômage équivalant au salaire minimum tunisien (environ 150 euros). Le taux de chômage est officiellement de 19% en Tunisie, dont près d’un quart de diplômés.

Il a accusé le gouvernement dirigé par le parti islamiste Ennahda de ne pas tenir ses promesses et de reprendre à son compte la politique de Ben Ali en matière d’emploi.

Un an et demi après la révolution nous voilà toujours chômeurs, au même point et sans perspectives a lancé un autre dirigeant de l’Union des diplômés chômeurs, créée en 2006 et agréée après la révolution.

Dans son programme de création d’emplois, le gouvernement prévoit notamment 25.000 postes dans la fonction publique, un chiffre bien loin de satisfaire aux 300.000 demandes des diplômés de l’université.

Leur presse (Agence Faut Payer, 7 avril 2012)


(…) « Nous voulions manifester pacifiquement pour revendiquer notre droit légitime au travail, mais nous avons été violemment réprimés, des pratiques similaires à celles qui prévalaient du temps de (l’ancien président) Ben Ali », a dénoncé Hassène Talbi, l’un des manifestants, qui s’est dit « perplexe » de voir en revanche les autorités « laisser faire et ne pas réagir quand il s’agit de manifestations salafistes ».

Assis à l’intérieur du siège de l’UGTT aux côtés d’autres blessés, ce professeur d’arabe âgé de 30 ans, venu de Kairouan (centre), a accusé des policiers de lui avoir asséné des coups sur les jambes et le dos à coup de bottes et de matraques. Plusieurs manifestants ont appelé à la démission du gouvernement, affichant leur volonté d’observer un sit-in continu jusqu’à la satisfaction de leurs revendications.

Leur presse (AP, 7 avril 2012)


Les diplômés au chômage en grève ouverte à la Place Mohamed Ali

14h : Le porte parole du ministère de l’intérieur explique le comportement des forces de l’ordre vis à vis des manifestants et les raisons des violences. Il a déclaré qu’il était interdit depuis le 28 mars 2012 de manifester à l’avenue Habib Bourguiba, ce qui explique le recours au gaz lacrymogène. D’autre part 6 agents des forces de l’ordre ont été blessés par des pierres.

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13h : En réponse à la violence utilise par les forces de l’ordre envers les manifestants de la place Mohamed Ali, le coordinateur général de l’Union des diplômés au chômage Salem Ayari annonce une grève ouverte à la place Mohamed Ali à partir du samedi 7 avril 2012.

12h : Les manifestants ont été repoussés par les agents de l’ordre qui ont eu recours à des matraques et à des bombes de gaz lacrymogènes. Plusieurs personnes ont été blessées et ont perdu connaissance. Une des jeunes diplômées chômeuse a déclaré sur nos ondes que de nombreux manifestants de plusieurs gouvernorats ont été interceptés à mi-chemin de la capitale et empêchés de rejoindre la marche.

11h : Dans la matinée du  samedi 7 avril 2012  des centaines de jeunes  chômeurs diplômés se sont donnés rendez-vous à la place Mohamed Ali devant le siège de l’UGTT et se sont dirigés vers l’avenue Habib Bourguiba. Cette marche des chômeurs est organisée par le syndicat des chômeurs et se dirige actuellement  vers l’avenue Habib Bourguiba et cela malgré l’interdiction des manifestations décrétée par le ministère de l’intérieur mercredi 28 mars dernier.

Le coordinateur général de la marche Salem Ayari a qualifié sur les ondes de Mosaïque fm cette interdiction de simple information et a souligné leur droit de manifester pacifiquement  et revendiquer leur droit de travail et de dignité…

Publié par des ennemis de la révolution (MosaiqueFM.net, 7 avril 2012)


La manifestation des diplômés chômeurs dispersée par des gaz lacrymogènes

L’Union des diplômés chômeurs a appelé ce matin du 7 avril 2012 à une manifestation devant le Théâtre municipal de Tunis pour exprimer leur impatience face à l’absence de gestes en leur faveur.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1333826803.jpgVu l’interdiction de toute marche populaire sur l’esplanade Habib Bourguiba, décrétée par le ministère de l’Intérieur depuis les incidents du 25 mars, ces jeunes ont été empêchés de sit-in. Ils se sont retranchés à la place Mohamed Ali, devant le siège de l’UGTT.

Lorsque les jeunes chômeurs ont tenté d’organiser leur marche vers l’avenue, en traversant la rue Mohamed Ali et la rue de Rome, ils ont été empêchés par un cordon de forces de l’ordre qui ont fini par céder sous le nombre de manifestants.

Les forces de l’ordre ont fait alors usage de gaz lacrymogène pour disperser les manifestants et les poursuivre jusqu’à la place de la Monnaie et la rue Mokhtar Attia. Certains jeunes retardataires ont été tabassés.

Les manifestants ont scandé des slogans du genre ‘l’emploi, un droit’, ‘pas de peur, pas d’effroi, le pouvoir est au peuple’… Le slogan ‘ministère de l’Intérieur, ministère terroriste’ a été scandé lorsque les forces de l’ordre ont empêché les manifestants d’avancer dans l’avenue.

Par ailleurs, l’artère principale de l’avenue Bourguiba a été occupée par des bus jaunes chargés d’agents de l’ordre et la tension a été perceptible à partir de 10h30 jusqu’à midi avec quelques attroupements qui ont été dispersés par la police.

Publié par des ennemis de la révolution (Mounir Ben Mahmoud, BusinessNews.com.tn, 7 avril 2012)

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[France génocidaire] « Jamais encore on n’avait sérieusement prétendu, encore moins démontré, que des commandos de l’Armée française avaient directement participé à certains massacres. C’est chose faite aujourd’hui »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1333826159.png« (…) Les 13 et 14 mai 1994, 40’000 hommes, femmes, enfants, sont exterminé(e)s dans les collines de Bisesero. Ce fait est de notoriété publique. Ce qui l’est moins serait la présence de soldats français parmi les utilisateurs d’armes lourdes ou automatiques. Ouvrant le feu sur ces civils, ils auraient fait un véritable carnage.

Une enquête fouillée réalisée en 2009 et 2010 avec de nombreux témoignages précis de rescapés et de bourreaux (voir le site du livre www.rwanda13mai1994.net).

Un livre-événement de plus de 800 pages faisant état de la participation directe de l’Élysée au génocide. (…) »

Mailing – 7 avril 2012

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[« Pendre les traîtres »] In memoriam Dimitris Christoulas

Grèce : violences après les funérailles d’un retraité qui s’est suicidé devant le Parlement

Quelque 2.000 personnes ont assisté samedi à Athènes aux obsèques d’un retraité grec, qui s’est suicidé mercredi dans la capitale en invoquant des problèmes financiers liés à la politique d’austérité. Une manifestation à l’issue de la cérémonie a dégénéré et des protestaires ont molesté un policier.

Dimitris Christoulas, un pharmacien à la retraite de 77 ans, s’est tiré une balle dans la tête mercredi sur la place Syntagma devant le Parlement en plein centre d’Athènes.

Il a laissé une lettre accusant les responsables politiques de ses problèmes financiers, expliquant que sa pension de retraite ne lui permettait pas de survivre. « Je ne vois pas d’autre solution qu’en finir dignement avant de devoir commencer à faire les poubelles pour manger », a-t-il écrit, en appelant les Grecs à se révolter et « pendre les traîtres ».

En pleine crise de la dette et mesures d’austérité drastiques prises par le gouvernement, son décès a suscité une vive émotion en Grèce. Quelque 2.000 personnes ont assisté samedi à la cérémonie d’obsèques, non religieuse, au cimetière municipal d’Athènes. « Ce n’est pas un suicide, c’est un meurtre », « Pain, éducation liberté », « Ne votez pas pour eux, la seule solution de sortie est une nouvelle révolution », ont notamment scandé les personnes présentes.

Emy Christoulas, la fille du défunt, a souligné que son père s’était battu contre les mesures d’austérité, manifestant avec les « Indignés » ou le collectif « Je ne paierai pas ».

« Papa, tu ne pouvais pas supporter qu’ils prennent notre démocratie, notre liberté, notre intégrité. Tu ne pouvais pas supporter l’apartheid économique et social qui nous cerne. Tu ne pouvais comprendre qu’ils aient donné notre souveraineté et les clés du pays » aux bailleurs internationaux de la Grèce, a-t-elle déclaré dans son discours d’adieu.

Markos Basioukas, du collectif « Je ne paierai pas », lui a promis de « poursuivre la bataille ». À l’issue de la cérémonie, quelques centaines de manifestants se sont dirigés vers la place Syntagma, où des fleurs, bougies et messages d’adieu ont été déposés depuis mercredi sous un arbre à l’endroit où Dimitris Christoulas s’est suicidé.

Une douzaine de manifestants, qui avaient repéré deux policiers sur la place, ont enfilé des cagoules et s’en sont pris aux deux hommes. L’un a pu s’échapper mais l’autre a été jeté à terre et frappé pendant environ trois minutes. Les attaquants lui ont enlevé son gilet pare-balle et un sac contenant une ceinture, un uniforme et une paire de menottes, qui ont rejoint le mémorial improvisé sous l’arbre.

Le policier, le visage en sang, est parvenu à rejoindre un car de police arrivé sur les lieux. Le fonctionnaire a été hospitalisé mais ses jours ne sont pas en danger, a précisé un responsable de la police.

Leur presse (AP, 7 avril 2012)

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[Révolution tunisienne] À l’heure des résultats du concours de la CPG

Renforcement des barrages de fils de barbelés autour du siège de la CPG à Tunis

Les forces de l’ordre ont procédé, samedi 7 avril 2012, au renforcement de la protection autour du siège de la Compagnie des Phosphates de Gafsa à Tunis en y ajoutant de nouveaux fils de barbelés en guise de protection, ont constaté des sources de TunisieNumerique.

Ces mesures sécuritaires exceptionnelles sont prises rappelle-t-on, en prélude de la proclamation, ce samedi, des résultats du concours de la CPG.

Ces jours-ci, dans les villes du bassin minier, toutes les pendules sont réglées à l’heure des résultats. Bien que le nombre des admis soit déjà annoncé, les critères de sélection soient fixés en concertation avec les représentants de la société civile et que l’annonce des résultats soit progressive, ville par ville, tout le monde s’attend au pire, a écrit le journal La Presse dans son édition de ce samedi 7 avril 2012.

Ce qui est à craindre au niveau de la région de Gafsa ce sont les affrontements tribaux [sic] comparables à ceux qui ont secoué la ville de Métlaoui l’été dernier, ajoute la même source. La transparence de l’épreuve semble insatisfaisante pour faire accepter le résultat. « Tous les jeunes et moins jeunes veulent travailler à la CPG. Et ils sont conscients que la Compagnie ne peut recruter tout le monde. Mais personne n’acceptera l’échec dans ce concours, bien aménagé », explique un chômeur de la ville de Métlaoui. C’est le moment ou jamais pour la majorité des demandeurs d’emploi.

Des files ont été observées devant les distributeurs en gros de produits alimentaires, depuis quelques jours. Tout le monde tente de constituer des provisions pour les prochains jours qui s’annoncent difficiles. Pis, on parle de l’acquisition de quelques pièces d’armes, venues de la frontière ouest du pays.

Parallèlement, on constate une mobilisation « inhabituelle » des forces de l’ordre, indique un habitant de M’dhila, dont la proclamation des résultats sont prévus aujourd’hui.

Publié par des ennemis de la révolution (TunisieNumerique.com, 7 avril 2012)

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[Élections piège à cons] Un pavé dans l’urne

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