[Procès mauvaises intentions] Première journée

Procès antiterroriste : premier jour agité

Nous sommes allés exprimer notre solidartié avec les six camarades poursuivis pour association de malfaiteurs à visée terroriste au tribunal de grande instance de Paris.

Alors qu’une cinquantaine de personnes était rentrée dans la salle d’audience, un petite centaine est restée devant. Comme nous étions mal intentionnés, nous avons déployé une banderole sur laquelle était écrit « La démocratie enferme et tue, à bas l’État et la capital » et commencé à crier pour faire entendre notre solidarité aux camarades à l’intérieur.

« Liberté pour tous avec ou sans papiers » ; « À bas l’État, les flics et les patrons ! » ; « Pierre par pierre et mur par mur nous détruirons toutes les prisons » ; « Liberté pour tous avec ou sans chlorate ».

On a aussi chanté quelques chansons en s’appliquant particulièrement sur la phrase « Sache que ta meilleure amie, prolétaire, c’est la chimie ! »

Les flics nous ont arraché la banderole, et comme ils avaient pas l’air d’aimer nos slogans ils ont demandé qui était le chef pour ouvrir les négociations, en cœur, nous leur avons crié notre refus des chefs.

Au bout d’une demi-heure, les flics ont été rejoints par d’autres de leurs collègues, on leur a fait savoir ce qu’on pensait d’eux en criant « Flics, Porcs, Assassins ! », puis comme on savait ce qu’ils allaient faire, on s’est mis en chaîne et préparé à se faire virer, non sans continuer de crier notre solidarité. Après quelques bousculades, ils ont ouvert la grande porte au rez-de-chaussée et nous ont jetés dehors.

Pendant l’heure qui a suivie, les flics nous ont suivis et pourchassés dans la rue jusqu’à arrêter et vérifier l’identité de quinze personnes. Deux d’entre elles sont en GAV au commissariat de la Goutte d’Or. On ne sait pas pour quel motif.

Ni les flics, ni les juges n’arrêteront nos révoltes ! Solidarité avec les six camarades dont le procès continue demain mardi, mercredi et lundi 21 et mardi 22, à 13h30 à la 10e chambre du tribunal de grande instance de Paris.

Indymedia Paris, 15 mai 2012


(Mauvaises intentions) Le coupable est… Indymedia !

Le site indymedia a été cité à maintes reprises lors de l’audience cet après-midi. Ce fut d’abord pour dire que les RG signalaient en 2006 que certain-es proposaient sur le site de faire des actions contre les lignes sncf. Plus tard, la juge demanda à Bruno quels liens il entretient avec indymedia, puisqu’il y a été publié le texte « pourquoi je me suis fait la malle ». Puis après quelques autres questions elle lui a demandé s’il suivait des directives publiées sur le site lorsqu’il refusait de répondre aux questions en garde à vue et lorsqu’il refusait les différents fichages. Enfin, lorsqu’un élément du dossier évoque la ville de Nantes, la juge ne se prive pas de remarquer que dans cette ville aussi il y a un indymedia…

Y’aurait presque de quoi rire si on ne sentait pas derrière une volonté perverse.

À part ça, si je suis le premier à écrire quelque chose, je dirais que y’a eu pas mal de soutien, avec des slogans proférés par ceux qui n’ont pu entrer qui ont bien résonné aux oreilles des juges (apparemment à la fin les gens ont été repoussés hors du tribunal, il y a eu quelques contrôles d’identité et 2 personnes seraient restées en garde à vue).

Seuls Bruno et Ivan ont été interrogés pour l’instant et il semble que la juge accepte l’idée qu’on ne met pas du curcuma dans un mélange qu’on voudrait faire exploser (il s’agissait donc bien d’un fumigène).

Pour le reste (et probablement pour la suite) les questions tournent autour de l’adn et du fait de savoir si les uns et les autres se connaissaient bien, très bien, depuis quand et est-ce que ça constitue vraiment un groupe terroriste ?

Croiser des gens dans des manifs, des réunions et/ou des fêtes reste tout de même loin de constituer une organisation terroriste. Indymédia mis autant en avant, c’est aussi le signe qu’ils cherchent à étayer une accusation bien faible.

Vous tous, qui écrivez sur indymédia, vous êtes des terroristes !!!!!

Indymedia Paris, 15 mai 2012


Considérations pyrotechniques au procès de la “mouvance anarcho-autonome”

Ce lundi s’ouvrait à Paris le procès de six personnes accusées d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste. Elles comparaissent pour une série d’actions imputées à “l’ultragauche”.

Une femme et cinq hommes, âgés de 29 à 31 ans, sont jugés depuis lundi au tribunal correctionnel de Paris. Ils sont accusés de plusieurs actions de sabotage en 2006 et 2007, attribuées par la police à “la mouvance anarcho-autonome francilienne”, dont la tentative d’incendie d’une armoire électrique de la SCNF et la pose d’un engin incendiaire sous une dépanneuse de police. Au-delà des actes imputés à chacun (résumés ici), qu’ils contestent tous, ils se voient reprocher d’avoir créé ensemble “un groupement en vue de la préparation d’actes de terrorisme”.

À bas l’État, les flics et les patrons !”

Pendant que la présidente du tribunal lit l’ordonnance de renvoi, un rassemblement de soutien se déroule en fanfare de l’autre côté du mur pendant une bonne demi-heure. “Avec ou sans papiers, liberté pour tous !”, “À bas l’État, les flics et les patrons !”, crient les manifestants, parfaitement audibles depuis la salle d’audience où les bancs du public sont pleins.

Frank F., Ines M., Xavier M. (son frère), Damien B., Ivan H., et Bruno L. comparaissent libres, soumis à un contrôle judiciaire après plusieurs mois de détention préventive. Selon les cas, ils sont accusés d’avoir fabriqué l’engin incendiaire placé sous la dépanneuse de police le 2 mai 2007, d’avoir transporté des matières explosives ou inflammables, d’avoir essayé de mettre le feu à une armoire électrique de la SNCF en 2006, pendant la lutte anti-CPE à Paris, et d’avoir refusé de se soumettre au prélèvement ADN pendant leur garde à vue.

Ils vivent en squat ou dans des apparts avec la clé sous le paillasson pour ceux qui passent, se définissent comme “anticapitalistes” ou “contestataires” si la présidente leur demande, mais n’aiment pas trop se définir. Quatre sur six ont un casier vierge, deux ont déjà été condamnés, l’un pour pour le vol d’une pédale de vélo dans un magasin de sport et l’autre pour un vol aggravé. Le RSA constitue leur revenu principal, ce qui énerve l’un des juges assesseurs face à Bruno L. :

“— Vous acceptez l’argent que la société vous donne, il n’y a pas de contradiction?
— Non.
— Soit on accepte les règles du jeu, soit on les conteste jusqu’au bout. C’est ça être un vrai contestataire.”

Clous et poudre beige

Bruno L. et Ivan H. ont ouvert le bal des examens de personnalité et commencé à discuter les faits qui leur sont reprochés. Ils doivent s’expliquer sur cette journée du 19 janvier 2007 où ils sont contrôlés à Fontenay-sous-Bois alors qu’ils montent dans leur voiture pour se rendre à une manifestation devant le centre de rétention de Vincennes. La police trouve sur eux des clous pliés en trois et 1,7 kg de poudre beige. Damien L. est arrêté en même temps alors qu’il arrivait à mobylette.

S’ils gardent le silence en garde à vue, Bruno L. et Ivan H. ont la même version des faits depuis leur première audition par un juge : les clous sont des “crève-pneus” destinés à “bloquer la circulation” à proximité du centre de rétention. La poudre est un fumigène fait maison.

La présidente : “Vous avez ajouté du curcuma ?”
Bruno : “Oui, on s’est dit que peut-être ça ferait de la fumée jaune.”
Rires dans la salle.
La présidente : “Pourquoi n’avez-vous pas acheté un fumigène puisqu’il y en a des tout faits vendus dans le commerce qui marchent très bien ?”
Bruno : “Pourquoi se faire à manger quand il existe des plats préparés ?”

L’aspect artisanal des choses a son importance, puisque les enquêteurs ont d’abord interprété la poudre (du chlorate de sodium, du sucre et de la farine) comme un mélange explosif. Au labo, les premières conclusions sont alarmistes : une préparation “létale à plusieurs mètres” qui devient carrément “un engin à fragmentation” si l’on y ajoute les clous. Le rapport définitif, comme le précise la présidente, est “beaucoup plus nuancé” : le mélange “s’enflamme difficilement”. Si les deux amis voulaient faire une bombe, “le dosage est mal fait”. Ivan H., qui a acheté les ingrédients, conteste :

“Ce mélange était bien fait : cette recette et ces proportions ne permettent pas de le faire exploser. Il n’y a pas de raison de croire que ça devait servir à autre chose qu’à faire un fumigène.”

Outre la poudre, Bruno L. et Ivan H. transportaient des pétards. Ils disent avoir voulu “se rendre visibles” auprès des personnes retenues à Vincennes, “qui n’ont qu’une toute petite fenêtre”.

Documentation anarchiste

Ils reconnaissent sans peine leur participation à des manifestations “contre l’existence de ces centres et en solidarité avec les personnes enfermées” et à des occupations de bâtiments officiels pour obtenir la régularisation de sans-papiers ou des logements.

Ayant décidé de ne plus respecter son contrôle judiciaire, Bruno L. a écrit une lettre intitulée “Pourquoi je me suis fait la malle”, publiée sur Internet et lue à l’audience. Chez lui et chez les autres, la police a trouvé “de la documentation anarchiste”, laissant penser qu’ils appartiennent à “la mouvance anarcho-autonome francilienne”, un terme “pas forcément très défini” reconnaît la présidente. Elle rassemblerait ceux qui partagent “le rejet de l’État “bourgeois”, du capitalisme et de l’institution policière”.

“C’est important qu’on voie s’il y a des liens” entre les prévenus, poursuit la présidente. La question pose problème à Ivan H., qui a “bien vu comment des liens amicaux se transforment en association de malfaiteurs”. L’audience se termine sur la lecture d’une lettre, retrouvée dans son ordinateur, adressée à certains de ses coprévenus. Il s’y réjouit de l’incendie d’un Mac Donald’s près de Guéret. Le tribunal se demande pourquoi il s’est réjoui. Le public se demande pourquoi la présidente lui demande de commenter. L’audience se termine pour la journée.

Presse terroriste (Camille Polloni, LesInrocks.com, 15 mai 2012)


Six militants d’ultra-gauche jugés pour préparation d’« actes de terrorisme »

Six militants d’ultra-gauche sont jugés depuis lundi au tribunal correctionnel de Paris, accusés d’avoir planifié des actions violentes qualifiées d’« actes de terrorisme », au moment de la lutte anti-CPE (Contrat première embauche) en 2006 et de l’élection de Nicolas Sarkozy en 2007.

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Ces six jeunes (cinq hommes et une femme) âgés aujourd’hui de 29 à 31 ans, qui revendiquent leur engagement dans la lutte « anti-capitaliste » mais contestent les faits qui leur sont reprochés, encourent dix ans de prison.

Ils sont accusés d’avoir participé à « un groupement en vue de la préparation d’actes de terrorisme », d’avoir fabriqué ou détenu des produits incendiaires ou explosifs, et pour certains d’avoir refusé le prélèvement biologique destiné à identifier leur ADN, ainsi que la prise d’empreintes digitales et de photographies.

Ils doivent comparaître jusqu’au 22 mai devant la 10e chambre correctionnelle.

De nombreux membres de leur famille et proches avaient pris place dans la salle d’audience. Plusieurs dizaines restés à l’extérieur ont manifesté bruyamment leur soutien en début d’après-midi, sifflant, chantant et scandant des slogans tels que « liberté pour tous, avec ou sans papiers ».

Selon l’accusation, les prévenus auraient notamment déposé un engin incendiaire sous un camion de police à Paris en mai 2007. Les empreintes génétiques de plusieurs d’entre eux avaient été retrouvées sur cet engin, qui n’avait pas fonctionné.

L’un d’eux est poursuivi pour avoir tenté de dégrader en avril 2006, au moment de la lutte contre le CPE, une armoire électrique de la SNCF située sur une voie ferrée à Paris.

L’accusation les présente comme appartenant à la « mouvance anarcho-autonome francilienne » et affirme que leurs tentatives de destruction s’inscrivaient dans une campagne menée par des groupuscules de l’ultra-gauche pour troubler l’élection présidentielle de 2007.

Presse terroriste (EstRepublicain.fr, 14 mai 2012)

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[Révolution mondiale] L’autre source du printemps arabe

L’autre source du printemps arabe

Youssef Courbage a du jarret. À soixante ans passés, avec une espèce de précipitation lente, il traverse Paris à vélo tous les jours et dans tous les sens. Quand il en descend, sa démarche souple et chaloupée se prolonge dans un sourire par en dessous tout à fait charmant. Issu d’une famille chrétienne de Syrie, ce démographe est à l’exact opposé d’un régime de Damas dont il décrit les horreurs avec une douceur levantine désolée. À l’Institut national d’études démographiques (INED), il est l’un des seuls à avoir consacré sa vie à l’étude du monde arabe et musulman. Il observe et interprète ce qui se passe — en particulier le Printemps arabe et ce qui l’a rendu possible — avec la grille du temps long et des évolutions profondes. À l’âge de la retraite révolu, il continue d’occuper son bureau à l’INED et passe son temps à voyager de Varsovie à Amman, de Londres à Casablanca, pour raconter en tous lieux une histoire éclairante — qu’il débite d’une voix morne à force de l’avoir répétée sans presque jamais être entendu : la révolution démocratique du monde arabe était inscrite dans sa démographie.

« Avec l’anthropologue Emmanuel Todd, j’ai écrit Le Rendez-vous des civilisations, un livre dont l’astuce était d’utiliser la démographie, qui est une science rébarbative, pour démontrer qu’il n’existe pas d’homo islamicus ou d’homo arabicus, mais seulement des hommes. Le taux de natalité, de mortalité, le mariage, le divorce, la taille de la famille montrent que les êtres humains convergent, qu’ils vivent au nord ou au sud de la Méditerranée. »

Ça semble évident et même banal, c’est très loin de l’être — cette affirmation prend l’exact contrepied du fameux « choc des civilisations », la thèse du livre de Samuel Huntington à l’invraisemblable succès planétaire. Vendu à des millions d’exemplaires et dans toutes les langues, l’ouvrage soutenait qu’en raison d’une prétendue spécificité démographique musulmane, le clash était inévitable. En un mot : les musulmans font beaucoup (trop) d’enfants, leur population est terriblement jeune et notre bel Occident dépeuplé et vieillissant risque d’être submergé — à moins qu’il ne se défende. La « théorie » a laissé dans l’air un semblant de légitimité justifiant tous les discours d’extrême droite — en particulier celui du pouvoir français — sur l’immigration. Mais cette théorie est fausse. Huntington a simplement habillé d’oripeaux pseudo-scientifiques un racisme ordinaire chargé de fantasmes sur la vigueur sexuelle des barbares.

« Je me suis borné à démontrer très facilement, dit Youssef Courbage, que les différences démographiques sont uniquement fonction des degrés de développement. Là où les populations s’instruisent, elles tendent à avoir beaucoup moins d’enfants ; et là où elles sont largement analphabètes, ce qui est encore le cas en Afrique subsaharienne, les taux de fécondité sont très élevés. Il n’y a aucun mystère là-dessous. En Europe, à partir du XVIIIe-XIXe siècle, souvent sous l’impulsion des clergés, les populations ont commencé à s’instruire — d’abord les garçons puis les filles, avec une vingtaine d’années de retard. Quand la majorité a su lire et écrire, des changements fondamentaux sont intervenus. En Angleterre, le roi Charles Ier a été décapité en 1694, ce qui a donné la loi sociologique qui porte le nom de l’historien Lawrence Stone : “À partir du moment où la population devient majoritairement instruite, elle n’accepte plus le despotisme.” Ce qu’on pourrait traduire par : “Les gens instruits coupent la tête de leur roi.” Lorsqu’une population se scolarise, elle tend à se séculariser mentalement. L’idée de divin n’est alors plus omniprésente, la procréation ne relève plus de l’attribut du ciel mais de la décision individuelle. Et quand une population devient plus laïque et tend à prendre en main sa destinée et sa reproduction, il lui devient difficile de laisser à d’autres son destin politique. En France, la population s’est majoritairement instruite à partir du milieu du XVIIIe siècle. Quelques décennies plus tard, la Révolution française a éclaté, avec les conséquences que l’on sait. »

Ce même chemin, le monde arabe l’a parcouru en accéléré. En France, la moyenne était de 6 enfants par femme avant la Révolution et il a fallu un siècle et demi pour passer aux 2 enfants et quelques d’aujourd’hui. Les pays arabes ont fait ce passage en 40 ans seulement, et la mentalité laïque a gagné les esprits. On a peine à y croire.

« Des capitales arabes, explique Courbage, nous avons souvent des images de gens qui prient dans la rue, et l’on croit que les mosquées n’ont jamais été aussi fréquentées. Mais ces images sont trompeuses. En réalité, le sacré se transforme progressivement en peau de chagrin. Au Maroc, la dernière enquête a montré un fort abandon de la pratique religieuse chez les jeunes, beaucoup plus chez les garçons que chez les filles, celles-ci étant malheureusement plus conservatrices. On en arrive à des données étonnantes, par exemple, la fécondité de la France est aujourd’hui plus élevée que celle de l’Iran, de la Tunisie ou du Liban — toutes communautés confondues, chrétiens et musulmans, chiites, sunnites, aussi bien que maronites. Nous avons sous les yeux un renversement copernicien dont la presse ne parle pas. Ou alors elle le découvre tardivement. Un éditorial du New York Times présentait il y a quelques jours le bouleversement démographique arabe comme un scoop alors que les démographes l’observent et en parlent depuis une trentaine d’années ! »

Le poids des idées reçues est tel qu’on a du mal à croire Youssef Courbage. Il persiste et signe : tous les pays arabes sont concernés, tous sans exception, y compris le plus arriéré, le diplodocus du monde arabe, le Yémen. « Ce pays a toujours un taux de fécondité qui laisse rêveur : 5 enfants par femme, ce qui est énorme. Mais il était à 9 il y a une vingtaine d’années seulement ! Ça veut dire que la natalité s’est effondrée, et l’histoire politique récente du Yémen illustre ce phénomène. La scolarisation de plus en plus forte s’est accompagnée d’une remise en cause des autorités familiales puis politiques. Ils n’ont pas décapité le chef de l’État, Ali Abdallah Saleh, mais ils l’ont exilé, ce qui est tout de même un bon résultat ! Le même phénomène est en œuvre partout, y compris en Arabie saoudite et au Soudan. »

C’est comme avoir soudain de nouvelles lunettes…

Comment apparaît, par exemple, le conflit ancestral qui empoisonne le Proche-Orient depuis un siècle ? Contrairement à ce que l’on croit, la fécondité des Arabes israéliens a beaucoup diminué et continue de baisser, alors que celle des Juifs israéliens augmente. Au terme d’une enquête sur le terrain, Courbage a établi que les positions natalistes n’étaient pas limitées aux juifs ultra-orthodoxes et religieux mais largement partagées : le modèle juif israélien est foncièrement un modèle de famille nombreuse. L’État et les organismes qui le soutiennent, comme l’Agence juive, contribuent à financer cette forte natalité : avoir un enfant coûte cher, à Tel-Aviv comme à Paris.

Quant aux Palestiniens, ils ont connu une très forte fécondité jusqu’à la deuxième Intifada, en 2000, impulsée notamment par la politique. « Yasser Arafat se plaisait à dire que les Palestiniens se devaient d’avoir 12 enfants, raconte Courbage avec un sourire gourmand, 2 pour eux-mêmes et 10 pour la cause… Mais les Palestiniens du début du XXIe siècle sont devenus individualistes et ce genre de discours ne les impressionne plus. Je me suis rendu à plusieurs reprises en Palestine et j’ai réalisé l’abîme qui existe entre les idéaux et les réalités quotidiennes. Le taux de fécondité s’est effondré. Aujourd’hui, il n’est plus que de 3,6 enfants par femme — ce qui reste beaucoup —, mais comparé au taux de 8 enfants qui avait cours au moment de la première Intifada, en 1987, le progrès est gigantesque. D’ici à 7 ou 8 ans, les démographies israélienne et palestinienne convergeront. On n’imagine pas les conséquences ! »

Et la Syrie ? La démographie peut-elle éclairer quelque chose de cette société qui essaye à toute force d’accoucher d’un changement et de ce régime qui ‘entend coûte que coûte l’en empêcher ? « C’est un cas fascinant, dit Courbage dont l’œil s’allume parce qu’il s’agit de son pays d’origine. La Syrie connaît un régime à deux vitesses. D’un côté, il y a les minorités — chrétiens, druzes, ismaéliens, chiites, yazidis, et surtout alaouites au pouvoir — qui représentent environ 25% de la population. Ceux-là ont une démographie de type européen : ils font peu d’enfants, 2,1 par femme, encore moins chez les Druzes. De l’autre côté, les sunnites, majoritaires, font 2,5 fois plus d’enfants — sauf ceux de Damas qui sont un cas particulier. Alep, par exemple, ma ville natale, est réputée pour sa très forte natalité. Pourquoi ? D’abord en raison du retard socioéconomique des sunnites. Depuis que le parti Baas, dominé par les alaouites, a pris le pouvoir en 1963, l’État a tout fait pour avantager les régions habitées par les minorités. Par exemple, les régions de Lattaquié, Banias ou Tartous sont beaucoup plus électrifiées, elles reçoivent plus d’eau potable, connaissent un taux de scolarisation bien supérieur et une mortalité infantile plus basse que la Syrie sunnite d’Alep, Deir Ez-Zor, Raqqa, Deraa, toutes ces régions dont on parle beaucoup dans le soulèvement actuel. On pourrait se demander pourquoi le pouvoir minoritaire n’a pas essayé de couper les ailes de cette croissance démographique sunnite. Il ne pouvait pas le faire — à moins de recourir à des génocides intérieurs, des stérilisations forcées, ce genre de méthodes… Et pourquoi y a-t-il eu tellement d’enfants tués depuis le début du soulèvement, 500 environ, ce qui est énorme ? Je crois, moi, que c’est en raison d’une terrible rancœur des gens du pouvoir et des shabbihas (leur milice), contre cette “populace” sunnite, ces gosses qui envahissent les rues et “pullulent”. C’est un peu comme Macbeth qui tuait — en y prenant plaisir — les enfants de ses adversaires, alors qu’il était lui-même stérile. Les alaouites ne sont pas stériles mais ils font peu d’enfants. Et ils ont au ventre cette peur de l’envahissement d’une population sunnite plus nombreuse et se reproduisant beaucoup plus vite qu’eux. »

Le pays dont il vient, Youssef Courbage en garde aussi une connaissance sensuelle. Il parle de sa ville d’Alep qui a la réputation de toujours passer entre les gouttes. « Ils sont malins, les Aleppins, plus malins que les Damascains, ils ont une tradition. Alep était le débouché de la route de la soie, ce n’est pas rien ! Les chrétiens d’Alep étaient une puissance, ils avaient la fortune et ils avaient le nombre. Le tiers de la ville était chrétien, des quartiers entiers, les plus beaux, Jdaidé, Aziziyé, ceux qui évoquent Venise. »

Il évoque les alaouites au pouvoir, les membres de cette secte obscure du chiisme qui étaient jadis des parias et qui, devenus puissants, ont dit à la majorité sunnite qui les opprimaient : « Maintenant, c’est à votre tour d’en baver, fils de chiens ! » Il parle de Hama, ville que Hafez el Assad, père de l’actuel président, a écrasé en 1982 en faisant quelque 20’000 morts sous prétexte d’un soulèvement organisé par les Frères musulmans. « Il y avait les Frères, c’est vrai, mais il y avait aussi une revanche de classe des alaouites contre Hama qui les traitait comme des esclaves et pratiquait le droit de cuissage sur leurs filles… C’est la vieille histoire qui se répète du persécuté devenu persécuteur. » Il parle de Homs, colonisée année après année par les alaouites qui s’y sont installés de façon à modifier l’équilibre démographique et accaparer progressivement les activités les plus lucratives. Le bombardement incessant de Homs pendant le soulèvement n’était pas seulement destiné à la punir de sa rébellion, il exprimait aussi une haine dévorante et inextinguible…

Pour ce qui est de l’Égypte, poids lourd du Printemps arabe, on pourrait croire que la révolution initiée par des forces jeunes et laïques a finalement été confisquée par les partis ayant remporté les élections, les Frères musulmans et les salafistes. Aux yeux d’une population longtemps bâillonnée, ces islamistes auraient tiré un bénéfice de la persécution exercée par la dictature militaire qui s’accroche toujours au pouvoir.

Mais Youssef Courbage pense que les partis égyptiens de gauche, tout comme les centristes, les libéraux ou les laïcs n’ont pas été à la hauteur. Ils se sont dispersés dans une série de groupuscules, alors que les Frères musulmans sont organisés depuis cent ans et soutenus par l’Arabie saoudite et le Qatar, tout comme les salafistes d’ailleurs. « Dans toute révolution on est doublé sur sa gauche, dit-il avec un fatalisme souriant. Regardez la Révolution française, Babeuf, Marat… Même le Hamas est doublé à Gaza sur “sa gauche”, si l’on peut dire. Je crois que la pulsion fondamentale de la place Tahrir était laïque, et pas seulement chez les jeunes, dans toute la population. Il faut se rappeler que l’Égypte des années 1950 était plutôt séculière. Mais 8’000’000 de ses citoyens sont partis travailler, au fil des ans, en Arabie, dans les pays du Golfe, en Irak… C’étaient des paysans, ils sont revenus très conservateurs, avec des idées arrêtées sur la famille, le rôle de la femme, le mariage… Les Frères musulmans les ont beaucoup aidés à émigrer, puis à se réinstaller au retour. Ces partis islamiques ont la réputation de s’être opposés silencieusement au régime, mais le pouvoir de Sadate comme celui de Moubarak les a en réalité caressés dans le sens du poil. Il a en particulier laissé aux Frères musulmans le soin de saboter sciemment le planning familial qui leur avait été confié. Car les Frères sont ouvertement natalistes. Ils l’ont annoncé haut et fort à la conférence de la population du Caire en 1994 — où ils avaient d’ailleurs fait alliance avec le Vatican ! On y perd son latin. Le pays compte 85’000’000 d’habitants mais sa surface utile est quatre fois plus grande que celle du Liban, pays qui compte 3’000’000 d’habitants seulement. L’Égypte, pays surpeuplé, pauvre, où l’emploi est rare, où la désertification gagne, est en même temps le pays où la fécondité est l’une des plus élevées du monde arabe ! »

Il reste songeur comme si tout son savoir devenait inutile devant l’énigme du pays des Pharaons. « Il suffit de se promener dans les rues du Caire pour sentir physiquement la surpopulation, on est happé par cette masse. Et personne ne fait rien ! Les meilleurs démographes se sont plantés sur ce pays. Tout le monde pensait que la fécondité allait tomber, mais non. »

Maigre consolation, le modèle démographique n’est pas complètement invalidé pour autant. En Égypte, les femmes de moins de 25 ans ne sont scolarisées qu’à 79 %, alors qu’elles le sont à 99 % au Liban et à plus de 95 % en Arabie saoudite, dans les pays du Golfe, en Iran ou en Turquie. Peut-être que la réduction de cet analphabétisme féminin rapprochera un jour l’exception égyptienne du lot commun.

Autre question : si le Printemps arabe est inscrit dans la démographie, celle-ci peut-elle aussi éclairer l’avenir ? « C’est un peu tôt pour le dire, répond Courbage. L’immolation par le feu de Saïd [sic] Bouazizi n’a même pas un an et demi ! Mais l’élément “crise économique” va être beaucoup plus déterminant que le phénomène “arrivée des islamistes au pouvoir”. La situation sera difficile en raison du contrecoup de la crise économique en Europe, et aussi parce que les processus révolutionnaires ne sont pas spécialement propices aux affaires. De sorte que les nouveaux pouvoirs islamistes auront d’autres chats à fouetter que de mesurer la taille de la barbe des hommes ou la longueur du voile recouvrant la tête des femmes. Je le vois au Maroc où le régime s’est arrangé pour leur refiler les “bâtons merdeux”, comme la santé ou l’éducation. Ils se sont retrouvés embourbés dans des dossiers difficiles, et la prohibition de la consommation d’alcool est devenue le cadet de leur souci. Ils sont trop contents de voir 2,3 millions de touristes débarquer chaque année chez eux plutôt que d’aller en Espagne, en Italie ou en Grèce… J’exclus donc une réaction hyper conservatrice des nouveaux pouvoirs au Maroc, en Tunisie, en Libye, en Égypte et même au Yémen. Je pense qu’ils ne seront pas tentés de faire les malins pour l’instant. »

À force d’écouter Youssef Courbage et son tout-démographique, on en arrive à oublier les fondamentaux, à savoir l’importance des technologies nouvelles dans le soulèvement arabe, télévision satellite, Internet, téléphones portables… Il balaie l’argument d’un revers de la main : « Ce ne sont que des instruments ! Ils auraient été inutiles s’il n’y avait eu, en amont, la scolarisation. Tel est l’élément véritablement déterminant. Si la population n’avait pas appris à lire, si elle n’avait pas fréquenté l’école primaire, elle n’aurait jamais pu utiliser Facebook ou Twitter, elle n’aurait jamais pu renverser les montagnes. »

Sélim Nassib, L’Impossible, n° 2, avril 2012

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[Genève] Sabotez le monde pour la gratuité ! (bis)

De nouveaux automates TPG vandalisés

160 distributeurs de billets avaient été vandalisés mi-février à Genève. Depuis une semaine, les attaques ont recommencé.

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Genève, le 13 février 2012, rond point de rive, les distributeurs de billets TPG avaient été vandalisés.

« Une trentaine d’automates ont été abîmés dans le quartier des Nations », confie la porte-parole des TPG, Isabel Pereira au site 20minutes.ch. Des déprédations qui rappellent étrangement celles de 160 distributeurs pendant la nuit du 13 février. À la différence que cette fois-ci les vandales ont agit « plusieurs nuits de suite, depuis une semaine environ », souligne la porte-parole contactée par la Tribune de Genève.

« Plusieurs caisses ont été volées. Nous ne pouvons pas encore estimer les dégâts mais des automates à Genève peuvent contenir des sommes importantes, explique Isabel Pereira. Pour l’instant, nous n’allons pas prendre de mesures particulières. Nous ne pouvons pas installer de caméras car il s’agit du domaine public. »

Comme lors des premiers événements, les TPG ont déposé plainte auprès de la police. Les machines abîmées ont déjà été remplacées, précisent les transports publics genevois.

Leur presse (Juliette Gallet, TDG.ch, 9 mai 2012)

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[Nos médias] Soutien à Radio Périgueux 103 & Radio Plaizance

Le 7 mai dernier, le Tribunal correctionnel a prononcé la liquidation judiciaire de l’ADCP, Association pour le développement de la communication en Périgord. Toutes activités liées à l’association ont dû subitement cesser lundi soir à minuit (Radio Périgueux 103, Radio Plaizance, La Feuillinfo).

À l’initiative d’un bénévole de l’ADCP et lors de l’assemblée générale de l’association du 3 mai, un groupe de soutien à Radio 103/Plaizance s’est alors constitué.

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Si vous souhaitez faire partie du comité de soutien à Radio 103/Radio Plaizance, réfléchir à la survie, à la poursuite des activités des deux radios, au reclassement des salariés, nous serions très heureux de vous retrouver à la prochaine réunion qui se tiendra le mardi 15 mai à 19h30 au Centre de Consultation – 59 rue Gabriel Lacueille à Périgueux (proche de Barnabé, prendre la direction du bld du Petit Change).

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[Dijon, jeudi 17 mai] Fête de rue

Après une fête pareille, c’est sûr, on sera pendus demain matin. (Michel Polnareff, Le bal des Laze)

Le 17 mai, c’est la fête du faux travail. (Nicolas Sarkozy)

Le changement, c’est le 17 mai, rue Berbisey. (François Hollande)

En mai, fête ce qu’il te plaît. (Proverbe populaire)


Fête de rue
Jeudi 17 mai à partir de 21h

Pour fêter l’arrivée des beaux jours et la sortie du taf. Boire des coups, danser, jouer et se rencontrer.

Basta des saint-Vincent réglementées et sur-fliquées !

Des brigades « anti-ivresse », qui traquent la rue Berbisey pour remplir leurs geôles ou leurs tribunaux. Des flics à la sortie des bars qui gazent, tabassent et pêchent au hasard pour ne pas rentrer bredouille.

Ras-le-bol des magistrats qui font des insoumissions festives un « outrage et rébellion » et de l’ivresse une « circonstance aggravante ».

Des rues réservées aux commerces et au taf, aux caisses et aux touristes – Des vélos pucés en échange de pubs immaculées.

Ras le bol d’habiter dans une ville-musée, d’être les figurants d’un film qui tourne en boucle.

Des « arrêtés » qui interdisent de distribuer de la bouffe, de trinquer, de jouer, de rouler ou de se rassembler à plus de 3 personnes sur les places du centre-ville.

Des murs blancs et des peuples muets – Des meetings spectaculaires et de la solitude de l’isoloir.

Des bitures solitaires et des foules filtrées à l’entrée – Des bars lounges et des gueules correctes exigées. Des loyers qui montent et des pauvres qui partent – Des quartiers labellisées bio et des flux tramés. Des larbins payés à surveiller les migrants – Des caméras qui t’observent et te suivent partout, d’une rue à l’autre jusqu’à chez toi ou à l’intérieur des bars. De devoir demander des autorisations, des services d’ordres, d’hygiène, des subventions et des sponsors, le sourire du Maire et la Croix Rouge à chaque fois que tu veux que quelque chose se passe dehors.

Urbanistes, marchands, politiciens… ils ont voulu des villes où rien ne dépasse, ne bruisse, ne salit, ne rêve. Des allées aseptisées où il n’y a tellement plus rien à faire ni à rencontrer dehors, qu’il ne reste plus qu’à aller se ratatiner derrière un écran, entretenir des réseaux sociaux virtuels et des cauchemars numériques.

Nous on veut s’aimer sur les bancs publics, dériver dans les villes et explorer les toits, partager des paellas géantes et peindre des marelles, danser sur le bitume et refaire le monde sous les pavés. On veut des rues habitées et partagées, où l’on ne se contente pas de circuler.

Et on va commencer par une FÊTE DE RUE et quelques surprises, le jeudi 17 mai, rue Berbisey.

Brassicanigra, 14 mai 2012

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Du rififi dans la prison

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Collectif Papillon

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[Procès mauvaises intentions] J-1

Six militants de l’ultragauche en correctionnelle pour « terrorisme »

Cinq hommes et une femme, âgés de 29 à 31 ans, sont accusés d’avoir planifié des actions violentes au moment de la lutte anti-CPE.

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Six militants de l’ultragauche seront jugés à partir de lundi au tribunal correctionnel de Paris, accusés de « terrorisme » pour avoir planifié des actions violentes notamment au moment de la lutte anti-CPE (contrat première embauche), en 2006, et de l’élection de Nicolas Sarkozy, en 2007. Ces six jeunes (cinq hommes et une femme), âgés aujourd’hui de 29 à 31 ans, encourent dix ans de prison. La justice leur reproche également la fabrication ou la détention de produits incendiaires ou explosifs. Ils seront jugés par la 10e chambre correctionnelle lors de cinq audiences jusqu’au 22 mai.

Selon l’accusation, ces jeunes, arrêtés pour certains d’entre eux lors d’une manifestation devant le centre de rétention de Vincennes à Paris en janvier 2008, auraient planifié des actions violentes à Paris, en région parisienne et en province. Ils auraient été interpellés en possession d’éléments entrant dans la composition d’engins explosifs ou incendiaires. Ils auraient notamment déposé un engin incendiaire sous un camion de police à Paris en mai 2007. Les empreintes génétiques de plusieurs d’entre eux avaient été retrouvées sur cet engin, qui n’avait pas fonctionné.

Ils auraient également tenté de dégrader en avril 2006, au moment de la lutte contre le CPE, une armoire électrique de la SNCF située sur une voie ferrée à Paris. Selon l’accusation, leurs tentatives de destruction s’inscrivaient dans une campagne menée par des groupuscules de l’ultragauche ayant notamment pour but de troubler l’élection présidentielle de 2007.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 13 mai 2012)


Le “terrorisme d’ultragauche” devant la justice pour la première fois

Après cinq ans d’instruction, six personnes seront jugées à partir de lundi à Paris pour association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste. La police considère qu’elles appartiennent à “la mouvance anarcho-autonome francilienne”.

Lancée quatre jours avant l’élection de Nicolas Sarkozy, en mai 2007, “l’affaire de la dépanneuse” sera jugée quelques jours après l’élection de son successeur. Ce dossier d’association de malfaiteurs en vue d’une entreprise terroriste est le premier concernant “la mouvance anarcho-autonome” à arriver jusqu’au tribunal.

Antérieure à l’affaire de Tarnac, l’enquête marque le début de la préoccupation pour “l’ultragauche”, désignée par le pouvoir politique et les services de renseignement comme une priorité dans la lutte contre le terrorisme.

Dans cette affaire, six personnes sont accusées de former un groupe voulant “porter atteinte aux intérêts de l’État” par des actes de sabotage. Certaines d’entre elles ont fait de la détention préventive, jusqu’à un an. Mais un silence quasi-total a entouré les cinq ans d’instruction, comme nous l’écrivions en janvier 2011. Le procès débute lundi. Nous republions ici un bref résumé avant le début des débats.

Un colis sous une dépanneuse

Le 2 mai 2007, des policiers regardent sous une dépanneuse de police, garée devant le commissariat de la rue de Clignancourt à Paris. Ils découvrent un sac plastique contenant des bouteilles de liquide incendiaire et un dispositif de mise à feu. La section antiterroriste de la brigade criminelle est saisie pour identifier ceux qui ont déposé ce paquet, qui n’a pas explosé, sur lequel la police recueille cinq traces ADN.

En janvier 2008, des douaniers contrôlent la voiture d’un couple au péage de Vierzon, dans le Cher. Dans leur coffre, ils trouvent un plan de l’établissement pénitentiaire pour mineurs de Porcheville, du chlorate de soude et de la documentation sur la fabrication des explosifs. Après 96 heures de garde à vue sous le régime de l’antiterrorisme, Inès M. et Franck F. se retrouvent à Fleury-Mérogis et subissent le traitement réservé aux “détenus particulièrement surveillés”.

L’ADN d’Inès correspond à l’un de ceux relevés sous la dépanneuse de police. Identifiés depuis longtemps par les services de renseignement comme “appartenant à la mouvance anarcho-autonome”, Inès et Franck deviennent les premières figures d’ultragauche mises en examen pour terrorisme depuis les lois de 1986.

Peu médiatisée malgré la constitution de comités de soutien et une large couverture dans les organes militants, l’affaire échappe au grand public. Inès reste un an en détention provisoire, Franck quatre mois. En attendant une décision du magistrat, la justice les remet finalement en liberté sous contrôle judiciaire.

Mélange pour fumigène

À l’époque de l’arrestation d’Inès et Franck, trois hommes en route pour une manifestation contre les centres de rétention sont interpellés à Fontenay-sous-Bois. Ils transportent des ingrédients pour fabriquer un fumigène : un mélange non explosif de sucre, de farine et de chlorate de soude. Les policiers trouvent aussi quelques clous. Ils en concluent que les trois hommes possèdent de quoi confectionner une “bombe à clous”. Les analyses chimiques contrediront cette hypothèse. Mais l’ADN de deux d’entre eux correspond à ceux de la dépanneuse.

Ces trois dossiers, ainsi qu’une tentative d’incendie dans un entrepôt de la SNCF, attribuée au frère d’Inès (dont l’ADN a aussi été retrouvé sur la dépanneuse) pendant le mouvement anti-CPE de mars et avril 2006, ont été joints au même dossier, instruit par le juge antiterroriste Edmond Brunaud, qui a depuis quitté la galerie Saint-Éloi. Dans son ordonnance de renvoi, celui-ci écrit :

“Cette tentative de destruction s’inscrivait dans une campagne de fait de même nature menée vraisemblablement par des groupuscules de l’ultra gauche hostiles à la candidature de l’actuel Président de la République Française et ayant pour but l’atteinte aux intérêts de l’État, de troubler les élections présidentielles en embrasant les cités sensibles de Paris et de sa banlieue par un effet de contagion.”

Les prévenus, hostiles à la classification policière de terrorisme et à ce qu’ils appellent “les journaflics”, ont toujours refusé de s’exprimer autrement que par des lettres publiées dans leurs propres journaux et sites internet. On peut y lire le récit de leur vie en prison, le déroulement des interrogatoires ou leur dénonciation de l’état de la société française. Leurs écrits et d’autres sont regroupés dans trois dossiers intitulés “Mauvaises intentions”, qui font d’ailleurs le point de manière assez complète sur l’affaire. Cinq demi-journées d’audience sont prévues au tribunal correctionnel de Paris pour ce procès.

Presse terroriste (Camille Polloni, LesInrocks.com, 13 mai 2012)

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[Dijon détourné (5)] Solidarité avec les inculpé-e-s de l’antiterrorisme ! Propageons la révolte et nos mauvaises intentions !

Le 6 mai 2012, pendant que d’autres élisaient un nouveau chef, un petit collage de détournements en solidarité avec les inculpé-e-s du procès « Mauvaises intentions » a été effectué autour du campus universitaire de Dijon.

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Affiche photographiée à Dijon fin avril 2012

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Quelques mots sur le cirque électoral à Saharidj (Bouira, Algérie) – 2

Saharidj – Les élections sur fond d’émeutes
Trois centres de vote saccagés

Le chef-lieu communal de Saharidj a été transformé, ce jeudi, en un véritable champ de bataille, de 10h du matin jusqu’à 20h, par plus d’une centaine de jeunes qui ont commencé par envahir les bureaux de vote pour détruire les urnes et éparpiller des piles de bulletins qui formaient un tapis uni dans la cour de l’établissement et la rue qui le longe sur 100m.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336938841.jpgLes manifestants se sont dirigés, par la suite, vers le deuxième centre de vote, installé dans la nouvelle école primaire à l’autre extrémité de la ville. Un centre qui subira le même sort sous l’œil passif des policiers en faction devant les deux centres. En parallèle, un commando de ces jeunes de Saharidj se sont dirigés au village Ath Oualvane où le centre de vote subira leur furie. L’arrivée de renforts antiémeutes, vers 11h, ne fera qu’envenimer les choses, aussitôt arrivés au centre ville, les deux camps se sont observés durant des heures jusqu’à 16h, lorsque la commission de wilaya des élections décidera de remplacer les urnes détruites. L’arrivée de ces nouvelles urnes provoqua un branle-bas de combat, les deux camps se mirent en mouvement en même temps. Les uns voulant les détruire, les autres les en empêcher et l’affrontement commencera aussitôt à coups de pierres et autres projectiles. Malgré ce climat d’émeute, de nombreux citoyens se rendront dans les bureaux de vote avec l’intention de voter.

Coup de théâtre au premier centre, les listes d’inscription des votants n’ont pas été jointes aux nouvelles urnes, c’est du moins ce que nous a expliqué un membre du bureau de vote vers 18h. Au niveau du deuxième centre, 17 citoyens ont pu voter dans le bureau n° 14, 16 autres dans le bureau n° 13. À Ath Oualvane, par contre, l’opération a repris normalement après que les urnes aient été remplacées. Pendant ce temps, la situation a empiré entre la police anti-émeute et les jeunes après que ces derniers eurent reçu des renforts d’on ne sait où à partir de 18h, ce qui donnera un coup d’accélérateur à la bataille rangée. En un clin d’œil, le boulevard central de Saharidj sera transformé en authentique lit d’oued sur 500m avec les pierres, le sable, le gravier, les branchages, les pneus enflammés… Une pluie de pierres commencera à s’abattre sur les policiers. Ce n’est que vers 19h que les forces antiémeutes ont utilisé les bombes lacrymogènes, dont plusieurs projectiles de la première salve ont atterri sur les terrasses ou dans les cours des maisons.

Ces dépassements susciteront des protestations des résidents qui se mêleront pour faire reculer l’escadron et attirer les émeutiers loin des habitations. L’on déplore, lors de ces affrontements, plusieurs blessés, dont 5 jeunes émeutiers et 3 policiers, selon des sources médicales.

Cela, en parallèle à de considérables dégâts causés à l’école primaire Khaber Mohamed, dont l’ensemble des carreaux des fenêtres des classes ont volé en éclats. Notons, enfin, que sur les 6 centres de vote, 4 seulement ont pu mener l’opération des élections à terme, ce sont ceux d’Ath Oualvane, Ath Hamadh, Ath Illithen et enfin Imesdhourar.

Le taux global des suffrages exprimés dans cette commune est de 6 %, soit le plus faible à l’échelle nationale.

Leur presse (Oulaid Soualah, DepechedeKabylie.com, 12 mai 2012)

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[« Antiterrorisme »] Liberté pour les Cinq anarchistes danois !

Deux des cinq personnes arrêtées et mises sous régime anti-terroriste à Copenhague ont été relâchées après un an en taule. Les trois autres doivent aussi faire appel de leur détention. Leur procès aura lieu en octobre.

Liberté pour les prisonniers politiques !

Courriel – 12 mai 2012


Two domestic terror suspects released

Two of the five Danish men charged over arson attacks have been released from remand.

Two of the five men who were charged with terrorism last month for their participation in arson attacks in the Copenhagen area were released by the Eastern High Court yesterday.

The five men – all of whom are ethnic Danes between the ages of 21 and 24 – are charged by the public prosecutor, Rigsadvokaten, with attempting to “seriously frighten the population” and “destabilise or destroy a country’s fundamental political, constitutional, economic or societal structures”. They were the first ethnic Danes to be charged using the anti-terror paragraph §114.

Two of the defendants appealed against the extension of their remand, and the Eastern High Court ruled that they should be released. A decision on releasing the other three has not yet been reached.

Peter Hjørne, the lawyer of one of the two released men, said that he expects the other defendants to be released ahead of their upcoming trial.

“They have been sitting in remand for over a year, and the case first goes to court in the autumn,” Hjørne told Jyllands-Posten newspaper. “There must be exceptional reasons for detaining someone for so long.”

The defendants are accused of starting a series of fires in and around Copenhagen in 2010 and 2011. The targets of the attacks included the headquarters of Nestlé, the headquarters of Nordea bank, Rigspolitiet, the Danish domestic intelligence agency (PET), and the Greek Embassy.

Four of them were caught  in late 2010 when they attempted to set fire to the police school in Brøndby, and the fifth was arrested in the following May. One of the suspects is apparently the son of a policeman.

Leur presse (cphpost.dk, 10 mai 2012)

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[Chalon] A voté ! (encore une fois)

Chalon : nouvelles dégradations à la permanence de l’UMP

Deux fois en deux mois. La permanence de l’UMP de Chalon-sur-Saône, située dans le centre-ville, a de nouveau été dégradée. Les militants ont découvert les dégâts en arrivant pour une réunion hier matin, samedi.

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Les militants ont découvert la vitrine brisée et un tag tracé à la bombe hier matin.

Gilles Platret, chef de file du parti, a déploré « l’agressivité » subie par les militants au cours de la campagne, preuve « d’un sectarisme inédit ». « Je souligne la gravité de ces faits, a-t-il déclaré. J’attends une condamnation ferme et entière de la part du Parti socialiste. Nous n’avons pas à nous cacher pour militer et resterons au contact des habitants dans le centre-ville. »

Leur presse (S. Fréquelin, LeJSL.com, 13 mai 2012)

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[« Antiterrorisme »] La méthode italienne (2)

Traduction du communiqué qui a été envoyé au Corriere della Sera par le groupe italien qui revendique l’attaque contre un patron du nucléaire italien à Gênes il y a quelques jours

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L’original est dispo en téléchargement (en italien)

Courriel – 13 mai 2012


L’armée italienne pourrait protéger Finmeccanica et Equitalia

Le gouvernement italien envisage d’envoyer des militaires protéger les bureaux du groupe de défense Finmeccanica et les agences fiscales d’Equitalia, récemment visés par des attentats, a déclaré dimanche la ministre de l’Intérieur, Annamaria Cancellieri.

Les attaques de ces derniers jours contre des symboles de la politique d’austérité ravivent les craintes d’une résurgence de la violence extrémiste qui a ensanglanté la péninsule dans les années 1970 et 1980.

Un groupe anarchiste a revendiqué vendredi l’attentat dans lequel le directeur général d’Ansaldo Nucleare, une société spécialisée dans le nucléaire, a été blessé par balle lundi dernier à Gênes.

« Les enquêteurs me disent que cette revendication est crédible. Cela nous contraint à prendre des mesures pour éviter une escalade de la violence, un scénario malheureusement plausible. C’est ce que nous ferons dans les prochains jours », dit Annamaria Cancellieri dans une interview au quotidien La Repubblica.

L’envoi de l’armée pour protéger des cibles potentielles « est une solution possible », ajoute-t-elle.

Une réunion du comité de sécurité nationale aura lieu jeudi, a précisé la ministre, qui a précisé que les agences d’Equitalia seraient particulièrement surveillées.

« S’en prendre à Equitalia, c’est s’en prendre à l’État », a-t-elle souligné.

Dernière attaque en date, deux cocktails Molotov ont été lancés samedi matin contre un bureau d’Equitalia à Livourne.

La colère monte en Italie contre le gouvernement de « techniciens » de Mario Monti, qui a multiplié les mesures d’austérité et augmenté les impôts pour réduire le déficit budgétaire.

Le chef du gouvernement entend par ailleurs élargir les pouvoirs d’Equitalia dans le cadre de son offensive contre la fraude et l’évasion fiscales, qui privent le Trésor d’environ 120 milliards d’euros par an.

COLÈRE CONTRE L’AUSTÉRITE

Des heurts entre contribuables mécontents et policiers ont récemment éclaté devant plusieurs perceptions, notamment à Naples.

La semaine dernière, un commerçant de 54 ans a pris en otage pendant plusieurs heures un responsable d’Equitalia, sous la menace d’une arme, avant de se rendre à la police.

Des groupes anarchistes ont également envoyé ces derniers mois des lettres piégées à Equitalia. Vendredi, un colis suspect contenant une poudre blanche mais pas de détonateur a été reçu par le bureau romain de l’entreprise publique chargée de la perception des impôts et des contraventions.

En décembre, le directeur général d’Equitalia avait été blessé au doigt par une lettre piégée. En janvier, trois engins explosifs ont sauté devant une succursale de l’entreprise à Naples.

Roberto Adinolfi, qui dirige Ansaldo Nucleare, une entreprise liée à Finmeccanica, a été blessé à la jambe dans un attentat lundi dernier à Gênes. Il est sorti de l’hôpital vendredi, sous escorte policière.

Dans sa lettre de revendication, la cellule Olga de la « Fédération anarchiste informelle-Front révolutionnaire international » promet de s’en prendre ensuite à Finmeccanica, le deuxième groupe industriel du pays, symbole de « mort » et d' »exploitation ».

Vendredi, à Legnano, à 30 km au nord-ouest de Milan, des affiches portant les mots « Brigades rouges » et l’étoile à cinq branches du groupe armé d’extrême gauche ont été collées sur les murs de bâtiments publics, dont une perception.

Presse terroriste (Reuters, 13 mai 2012)

 

Solidarité
Vu dans les rues du Mans le 12 mai 2012 pendant la nuit :

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Rappelons que la ville du Mans propose un dispositif spectaculaire de projection dans l'espace urbain (La nuit des chimères) destiné aux touristes. Ce dispositif aurait semble-t-il été détourné.

Courriel – 13 mai 2012


Italie : inquiétude après les violences contre l’austérité

Le gouvernement italien va élever le seuil d’alerte dans toute la péninsule après les attaques contre un dirigeant d’entreprise et un bureau de l’agence de perception de l’impôt. L’armée pourrait arriver en renfort.

« On se serait cru dans les années 1970 », affirme la sénatrice Sabina Rossa, fille d’un syndicaliste tué par le groupe terroriste d’extrême gauche des Brigades Rouges. À l’instar de la Grèce, l’Italie suffoque sous la pression de l’austérité. Certains n’hésitent pas à user de la violence pour exprimer leur colère. À tel point que le pays craint de revivre les heures noires des années 1970 et 1980, dites « les années de plomb », avec la montée d’un activisme politique violent.

Cible de ces attaques, les symboles de la politique d’austérité. Samedi, deux cocktails Molotov ont été lancés contre un bureau de l’agence de perception de l’impôt Equitalia dans la ville de Livourne (nord-ouest de l’Italie). La veille, des heurts ont éclaté devant un autre bureau de l’agence à Naples. La semaine dernière, un responsable d’Equitalia avait été pris en otage pendant quelques heures par un commerçant avant que ce dernier ne se rende à la police.

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Des heurts ont éclaté vendredi à Naples devant un bureau de l'agence de perception de l'impôt Equitalia.

Une réunion est prévue jeudi

Lundi, c’est le PDG d’une filiale du géant public italien Finmeccanica spécialisé dans le nucléaire qui a été blessé aux jambes par un tireur qui l’a visé en pleine rue à Gênes (nord-ouest de l’Italie). Vendredi, un groupe anarchiste a revendiqué l’attentat, « dédiée » à Olga Ikonomidou, une anarchiste détenue en Grèce et a annoncé un projet de sept autres actions. Dans sa revendication, il promet de s’en prendre ensuite à Finmeccanica, le deuxième groupe industriel du pays. « Finmeccanica, c’est la mort et l’exploitation », écrit-il dans une lettre de quatre pages. Ces mouvements de colère font suite aux mesures d’austérité mises en place par le gouvernement Monti qui traque les fraudeurs et les évadés fiscaux et augmente les impôts.

Conséquence : le gouvernement italien va élever le seuil d’alerte dans toute la péninsule. Une circulaire a été envoyée à tous les services concernés a déclaré la ministre de l’Intérieur Anna Maria Cancellieri dans un entretien aux quotidiens La Repubblica et Il Corriere della Sera.

« Jeudi est prévue une réunion du comité pour l’ordre et la sécurité » au cours de laquelle sera présenté « un paquet de propositions », a-t-elle indiqué. Afin de défendre les bureaux de Finmeccanica et les agences fiscales d’Equitalia, l’armée italienne pourrait être appelée en renfort.

Un risque « d’escalade » existe

Le ministère de l’Intérieur craint un risque « d’escalade ». De son côté, le grand patron de Finmeccanica a fait part de son inquiétude, estimant qu’il y a un « danger de déstabilisation sociale lié aux difficultés économiques du pays et un risque d’instrumentalisation des faits dans un but idéologique ».

Comme en Grèce, la résistance à l’austérité semble devenir de plus en plus violente en Italie à mesure que la pression des services fiscaux s’intensifie. Il y a trois mois, alors que le Parlement grec devait voter en faveur du plan d’austérité imposé par l’Union européenne et le Fonds monétaire international, des heurts avaient opposé des manifestants à la police. Une violence qui a également gagné l’Espagne où des incidents avaient éclaté à Barcelone en mars dernier.

Presse terroriste (Guillaume Errard, LeFigaro.fr, 13 mai 2012)


Les attaques se multiplient en Italie contre des symboles de l’austérité

Les attentats de ces derniers jours en Italie contre des symboles de la politique d’austérité ravivent les craintes d’une résurgence de la violence extrémiste qui a ensanglanté la péninsule dans les années 1970 et 1980.

Dernière attaque en date, deux cocktails Molotov ont été lancés samedi 12 mai matin contre un bureau de l’agence de perception de l’impôt Equitalia dans la ville portuaire de Livourne. Les deux engins incendiaires ont endommagé la façade du bâtiment. Les pompiers ont dû éteindre un début d’incendie mais l’attaque n’a fait aucun blessé.

La colère monte en Italie contre le gouvernement de « techniciens » de Mario Monti, qui a multiplié les mesures d’austérité et augmenté les impôts pour réduire le déficit budgétaire du pays. Le chef du gouvernement entend par ailleurs élargir les pouvoirs d’Equitalia dans le cadre de son offensive contre la fraude et l’évasion fiscales, qui privent le Trésor d’environ 120 milliards d’euros par an.

Des heurts entre contribuables mécontents et policiers ont récemment éclaté devant plusieurs perceptions, notamment à Naples.

La semaine dernière, un commerçant de 54 ans a pris en otage pendant plusieurs heures un responsable d’Equitalia, sous la menace d’une arme, avant de se rendre à la police. À travers le pays, les suicides d’entrepreneurs se multiplient.

COLIS PIÉGÉS

Des groupes anarchistes ont également envoyé ces derniers mois des lettres piégées à Equitalia. Vendredi, un colis suspect contenant une poudre blanche mais pas de détonateur a été reçu par le bureau romain de l’entreprise publique chargée de la perception des impôts et des contraventions.

En décembre, le directeur général d’Equitalia avait été blessé au doigt par une lettre piégée. En janvier, trois engins explosifs ont sauté devant une succursale de l’entreprise à Naples.

Un groupe anarchiste a revendiqué vendredi l’attentat dans lequel le directeur général d’Ansaldo Nucleare, une société spécialisée dans le nucléaire, a été blessé par balle lundi dernier à Gênes. Roberto Adinolfi, qui dirige Ansaldo Nucleare, une entreprise liée au conglomérat de défense Finmeccanica, a été blessé à la jambe. Il est sorti de l’hôpital vendredi, sous escorte policière.

Le quotidien Corriere della Sera a reçu une lettre de la cellule Olga de la « Fédération anarchiste informelle-Front révolutionnaire international », qui explique avoir mené l’attaque pour punir « l’un des nombreux sorciers de l’industrie atomique ».

FÉDÉRATION ANARCHISTE INFORMELLE

Vendredi, à Legnano, à 30 km au nord-ouest de Milan, des affiches portant les mots « Brigades rouges » et l’étoile à cinq branches du groupe armé d’extrême gauche ont été collées sur les murs de bâtiments publics, dont une perception.

Dans sa revendication, le groupe anarchiste promet de s’en prendre ensuite à Finmeccanica, le deuxième groupe industriel du pays. « Finmeccanica, c’est la mort et l’exploitation », écrit-il dans cette lettre de quatre pages, qui évoque l’accident nucléaire de Fukushima l’an dernier et accuse notamment le groupe italien d’être l’un des fournisseurs de la police « raciste » américaine. De source proche de l’enquête, on juge cette revendication crédible.

En décembre dernier, le même groupe anarchiste avait revendiqué l’envoi d’un colis piégé qui avait blessé le responsable d’un centre du fisc à Rome. La même semaine, une autre lettre piégée adressée au président de la Deutsche Bank, Josef Ackermann, avait été interceptée en Allemagne avant d’atteindre son destinataire. Des enquêteurs allemands ont rapporté que l’envoi était aussi revendiqué dans un message par la « Fédération anarchiste informelle ».

Peu avant Noël 2010, le groupe avait revendiqué l’envoi de colis piégés aux ambassades du Chili et de Suisse à Rome. Il y a avait eu deux blessés. Il a aussi affirmé être responsable de l’explosion d’un colis piégé qui a fait deux blessés en mars 2011 dans les bureaux du groupe Swissnuclear dans le nord de la Suisse.

Presse terroriste (LeMonde.fr avec Reuters, 12 mai 2012)

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[Printemps érable] « Nos policiers sont toujours aussi professionnels »

Le conflit étudiant a fait des centaines d’éclopés

En trois mois, la grève étudiante aurait fait plusieurs centaines d’éclopés. Si la plupart n’ont subi que des ecchymoses, des éraflures ou des irritations aux yeux, certains garderont à jamais des séquelles du conflit.

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Une équipe d'infirmiers bénévoles affirme avoir fait quelque 400 interventions à l'émeute de Victoriaville, vendredi soir.

« Je n’ai jamais vu autant de blessés dans un mouvement de contestation au Québec », affirme l’avocat Alain Arsenault, spécialiste des cas de brutalité policière.

Bien que le bilan des blessés soit imprécis, il reste particulièrement lourd. Une équipe d’infirmiers bénévoles affirme avoir fait quelque 400 interventions seulement lors de l’émeute de Victoriaville, vendredi soir, dont près de 200 pour traiter des gens incommodés par les gaz. La Sûreté du Québec dénombre pour sa part 12 blessés graves, 6 dans son camp et 6 dans celui des manifestants, dont 4 ont été hospitalisés. Parmi ceux-ci : Maxence Valade, 20 ans, élève au cégep de Saint-Laurent, qui a perdu l’usage d’un œil et subi une opération de huit heures après avoir reçu un projectile au visage, et Alexandre Allard, 20 ans, étudiant à l’Université Laval, dont on a craint pour la vie à la suite d’un traumatisme crânien causé par un projectile.

« Ce que j’ai vu était horrifiant », dit l’infirmière Sophie Vallée-Desbiens, 32 ans, membre du groupe Infirmières contre la hausse, visiblement secouée de son week-end militant. « J’ai travaillé aux urgences et en Afrique et, en huit ans de carrière, je n’ai jamais vu chose pareille. » Son équipe d’une dizaine de premiers répondants et elle ont traité des centaines de personnes durant les trois heures de l’émeute. S’ils ont vu beaucoup de cas de brûlures aux yeux et à la peau à cause du gaz poivre et aidé de nombreux manifestants en panique, ils ont aussi secouru des gens qui ont eu les dents fracassées par des projectiles et d’autres qui s’étaient foulé une cheville, voire fracturé une jambe, en essayant de se sauver du chaos.

Choc post-traumatique

« J’ai vu le plus gros hématome fémoral de ma vie », raconte la professionnelle, qui affirme que ses collègues et elle ont perdu le sommeil depuis les événements. « Heureusement, la blessure était interne. Sinon, on perdait le patient. Je n’ai jamais eu aussi hâte qu’une ambulance arrive. » Selon elle, plusieurs personnes souffrent d’un choc post-traumatique.

À Montréal, où la majorité des 180 manifestations ont été pacifiques, la police de Montréal (SPVM) compte 25 policiers blessés en 84 jours. Huit sont toujours sur le carreau. « C’est sans compter les ecchymoses, qui ne sont généralement pas signalées », note le porte-parole de la police, Ian Lafrenière. La plupart des blessures infligées aux agents de la paix ont été provoquées par des projectiles lancés par les manifestants, dont des balles de golf, des billes, des morceaux d’asphalte ou de métal et des pierres. On compte des blessures aux mains et au visage et une fracture, entre autres. « C’est très exigeant pour nos policiers, dit le porte-parole. Est-ce qu’ils sont fatigués ? Oui. Mais ils sont toujours aussi professionnels », promet-il.

Le SPVM ne comptabilise pas le nombre de blessés chez les protestataires. « Le nombre de transports en ambulance ne reflète pas la situation puisque plusieurs se rendent chez le médecin par leurs propres moyens ou n’y vont pas », explique Ian Lafrenière.

Selon des estimations d’Urgences-Santé, les ambulanciers ont évalué 70 personnes, dont 30 policiers, et 30 personnes ont été transportées à l’hôpital. Seulement lors de la protestation qui a dégénéré au Palais des congrès, le 20 avril, 18 personnes ont reçu de l’assistance et 10 sont parties en ambulance.

Selon la CLASSE, il y aurait des blessés chaque fois que l’escouade antiémeute intervient, soit une soixantaine jusqu’ici, sans compter les blessures mineures comme les ecchymoses, les égratignures et les problèmes respiratoires dus aux gaz. On parle de fractures, notamment aux côtes, et de blessures au dos.

C’est aussi sans compter le cas de Francis Grenier, ce cégépien qui, comme Maxence Valade, a pratiquement perdu l’usage d’un œil après qu’une grenade assourdissante lui eut explosé en plein visage.

Un autre étudiant, Gabriel Duschesneau, de l’UQAM, affirme avoir subi un traumatisme crânien après avoir reçu des coups de matraque lors de la manifestation anticapitaliste du 1er mai. Il a des points de suture à l’arrière de la tête.

En chiffres

• 184 Nombre de manifestations depuis le début de la grève étudiante à Montréal.

 84 Nombre de jours consécutifs lors desquels les étudiants montréalais et ceux qui les soutiennent ont manifesté.

 419 Nombre total d’arrestations par la police de Montréal depuis le début de la grève ; 276 pour des infractions à des règlements municipaux et 155 infractions criminelles.

Leur presse (Gabrielle Duchaine, LaPresse.ca, 8 mai 2012)

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[Blues blanches] « Il est médecin, il a sûrement des raisons pour vous hospitaliser d’office ! »

Lille. Il harcèle son médecin

Le prévenu a la rancune tenace. « Il m’a interné d’office la semaine de mon anniversaire de mariage » raconte Serge G…, 45 ans.

Tout ça se passait en 2008 et, depuis, le prévenu en veut à son médecin dont le cabinet se situe près de la rue de l’Arbrisseau à Lille. Appels téléphoniques malveillants, menaces de mort, tags injurieux et pour finir incendie de la boîte aux lettres du cabinet.

« Euh, tentative d’incendie, c’est tout ! » coupe le prévenu. « Un incendie, c’est un incendie, on sait où ça commence mais on ne sait jamais comment ça se termine ! » tranche le président Lemaire.

L’homme, défendu par Me Daphné Weppe, n’a pas l’air franchement culpabilisé. « Il est médecin, il a sûrement des raisons pour vous hospitaliser d’office ! » tente le président. « J’en sais rien, moi ! » rétorque le prévenu qui a subi plusieurs séjours psychiatriques. L’homme, dont le discernement est altéré, écope de dix-huit mois de prison dont huit de sursis avec mise à l’épreuve.

Leur presse (NordEclair.fr, 11 mai 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] « La capacité de refus d’une classe brimée, sevrée a été le moteur de l’évolution dans les sociétés. En définitive, le monde ne peut changer que par la volonté des hommes et des femmes conditionnés par leur existence sociale »

UNE SEMAINE DANS L’AZAWAD – N° 11 – 10/05/2012 – MNLA

L’Azawad : « Entre intangibilité des frontières et droit des peuples à disposer d’eux-mêmes »

Sur des terres retirées à des imposteurs, d’autres convoitises animaient des prédateurs de genres nouveaux à savoir des organisations de la terreur sans objectif connu, assiègent des populations au bord du gouffre face aux enjeux  de la survie. La falsification de l’histoire renversait la vérité des légendes glorieuses, et des acteurs de la plume de service, en donnent une autre tournure aux événements avec une multitude d’articles souvent contraire à la réalité du moment.

Alors les littérateurs de service ont élevé leurs clameurs vers les cieux, emplissant l’air d’opprobre et d’invectives contre les morts et les vivants parmi les justes. Certains se sont réfugiés dans l’amnésie volontaire, d’autres, la conscience tourmentée, se détournent du passé proche, non sans quelque pudeur. Cependant, il convient effectivement d’éviter les erreurs qui ont en effet fait échouer de grandes initiatives comme cette révolution ayant conduit à la libération du territoire de l’Azawad tant clamé. Parmi ces erreurs, il y a essentiellement le choix porté sur certains des hommes et des femmes chargés de piloter la vie du peuple.

1. Événements

« La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent » disait Albert Einstein.

Après toutes les révolutions et les soulèvements sociaux dans l’Azawad, la population a vécu dans une espèce du mythe du mensonge triomphant. Les politiciens, semble-t-il, ont signé un lugubre pacte avec le diable. La corruption fut au début et à la fin. L’objectif d’instaurer un idéal de liberté-justice, se trouva être en souffrance faute d’esprit de contradictions, de critiques  apparentes sans gravités et même de fredaines.

Pour les populations de l’Azawad, la victoire tant attendu et l’espoir d’un nouveau souffle se sont vu mises en panne par des intérêts inavoués et des combines entres organisations mafieuses dont des leaders sont d’anciens maîtres de la chaînes de la contre-bande ; qui utilisent des masses médias à leurs services, pour relayer leurs communiqués ; en voulant se donner une côte de popularité au nom de l’islam.

Au Mali, le coup d’État du 22 mars 2012 à Bamako, mit à nu, les contradictions d’une élite politico-militaire longtemps divisée sur la question de l’Azawad. Il s’agit pour certains de tenir un langage de fermeté alimenté par la force militaire, et pour d’autres c’est trouver des compromis pour faire passer une époque de crise. Cette dualité, qui trouve son expression à travers des Azawadis de services au Mali, fais exploser la situation socio-économique et politique d’un pays gouverné par des hommes plus que jamais divisés. Le mensonge d’État excellemment ficelé, n’a pas été un cache-sexe suffisant pour cacher la réalité à nos yeux impudents.

La transparence politique n’est pas encore entrée dans les mœurs, la bonne gouvernance fut un mouvement de diversion. On a passé, d’une démocratie à une oligarchie au grand damn du bas peuple. Une bourgeoisie politico-administrative en collusion, avec impudence, prit les populations en otage et entend contre vents et marées ne rien lâcher.

Les événements du 17 janvier 2012 à partir de Ménaka, ne pouvaient donc surprendre le pouvoir politique à Bamako.

Et chacun, à sa manière, a instrumentalisé les tensions qui s’exprimaient dans l’Azawad et au Mali. Sur l’échiquier politique malien, chacun cherche désormais à conquérir une position dominante, à nouer une relation clientéliste tout en établissant une connexion privilégiée avec un des acteurs extérieurs.

À la déclaration du Mouvement National de Libération de l’Azawad ; et n’attendant pas, non plus, que la « normalité » constitutionnelle soit établie au Mali où les militaires continuent à jouer au « petit soldat », autrement dit à se croire détenteurs d’une quelconque parcelle de pouvoir dès lors qu’ils ont le doigt sur la gâchette; des anciens amis essayent de prendre les peuples en otage ; pour faire passer sous silence des compromis, sans leur volonté. L’Histoire des engagements de paix précédant entre Maliens et Azawadis, ne furent que le fruit de compromis entre clans et n’ont point fait l’unanimité et cela ne doit arriver sous aucune condition ; pour donner à l’histoire de la souffrance des peuples de s’écrire autrement.

Des hommes politiques s’acharnent à travers leurs réseaux sociaux, entre Bamako, Ouagadougou, Nouakchott, sans oublier Doha, capitale de l’incontournable Qatar, qui avait déjà sa chaîne satellitaire Aljazera sur le champ des combats. La « crise Azawado-malienne » étend désormais ses tentacules bien loin de ses principaux acteurs. Et cette dispersion des énergies risque fort d’être dommageable à la mise en œuvre d’une solution durable. La CEDEAO ; dans son double discours de paix et de guerre ; risquera de se trouver confrontée, désormais, aux ambitions de quelques pays de la région ; et ce n’est pas la meilleure des choses. La Mauritanie et le Burkina Faso sont les deux seuls pays qui ont des frontières communes avec, à la fois, « l’Azawad » et le Mali ; sans oublier l’Algérie qui est un pays connaisseur du dossier de l’Azawad.

2. Faits

Le conflit armé et la vendetta dans les régions maliennes (Bamako-Kati…), mis sur la route de l’exode des milliers de femmes, d’enfants et de vieillards, sans ressources à la merci des camps de fortunes à travers les differents pays limitrophes. Depuis la fin de l’année 2011, la famine au Sahel était prévisible, à quoi ce sont ajoutés des milliers de personnes sans abri ; ni ressources et cela dans les mêmes pays. Cela à conduit trois directeurs d’agences onusiennes, à se mobiliser à Genève pour tenter de vaincre l’indifférence qui entoure la crise alimentaire dans les pays du Sahel, où 15 millions de personnes souffrent de malnutrition et des effets de la sécheresse. Éloquents, les chiffres traduisent le manque d’engagement international : alors que l’ONU avait lancé en décembre dernier un appel pour récolter plus de 700 millions de dollars destinés à aider 8,8 millions de personnes, moins de la moitié de la somme a été récoltée à ce jour. Il y a urgence, ont plaidé Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), Anthony Lake, directeur exécutif de l’Unicef, et Antonio Guterres, haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés : la période la plus critique s’étendra de juin à septembre, ont-ils fait valoir, enjoignant les contributeurs potentiels à répondre à leur appel dans les quatre prochaines semaines.

AZAWAD

Face à l’urgence du moment à savoir l’enjeu de survie du peuple de l’Azawad sous la menace des aléas climatiques et des conditions de vie non des bonnes dans les camps de réfugiés ; le Mouvement National de Libération de l’Azawad et des organisations de la société civile à travers le monde brisent le tabou du silence et en appel à plus de justice pour la population en danger.

Conférence sur la situation des Touaregs du Mali au Parlement Européen « après avoir appelé le 17 avril dernier ses collègues à soutenir l’option du « dialogue avec le Mouvement National de Libération de l’Azawad (MNLA) pour arriver à une véritable stabilité dans cette région du monde », François Alfonsi organise le 22 mai 2012 au Parlement Européen à Strasbourg, une conférence portant sur « la situation des Touaregs au Mali : dialogue avec le MNLA », « avec la participation de deux hauts représentants du MNLA qui viendront spécialement de l’Azawad ».

Après 50 ans de misères pour la majorité du peuple de l’Azawad ; le revoilà condamner à travers le MNLA pour crime de guerre ; comme si cette peine ne siffusait pas. La presse malienne et internationale s’est empressé de rélayer cette accusation gratuite; oubliant ainsi le droit à la vie d’un peuple meurtri. Les discours politiques quand ils en parlent c’est pour justifier cette attitude ; justifier les assassinats et pillages ; ou mettre les Azawadis les uns contre les autres. Ce rapport oublie ainsi de dénoncer l’utilisation par le Mali lors de ce conflit des milices « Arabo-Touaregues » pour  combattre leurs frères. Cet acte est criminel ; car il vise à tout prix à nous exterminer par tous les moyens possibles. Pour rappel aux organisations Internationales de défense des Droits de l’Homme ; nous pourrions avancer les chiffres suivants des exactions :

  • Région de Gao qui couvrait Kidal à l’époque : de 1963 et les trois ans qui ont suivi, + 12.000 morts à quoi s’ajoute leurs patrimoines. Les auteurs sont connus et sont devenus des héros au Mali (commandant DIBY SYLLA DIARRA…)
  • De 1990 à 1996 : Environ 10.000 personnes tuées ; la majorité a pris la route de l’exode et d’autres du non retour et plus de 10.000 réfugies et exilés.
  • 2012 : la même situation continua ; avec les vols,  les viols, les arrestations arbitraires et les assassinats sous silence. Les victimes sont connues et les auteurs. Des milliers de réfugiés dans les camps de fortune où une mort lente les attend.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad-MNLA, après avoir lu le contenu dudit document qui traite de la question des droits de l’homme sur le territoire de l’Azawad, se dit consterné et surpris par la dangerosité des accusations qu’il qualifie de « sans fondement » surtout provenant de Human Rights Wach, dont les populations de l’Azawad attendent Justice et réparation concernant les violations de Droits Humains dont elles sont victimes dépuis plus de 50 ans. Et déplore le non-respect de la déontologie de « l’auteur-chercheur » qui s’est limité à Bamako alors que son terrain de référence est l’Azawad.

Déclaration des chefs religieux (ulemas) de l’Azawad à la rencontre historique tenue de Gao à la suite de laquelle ils ont demandé : « à la communauté internationale de reconnaitre l’Indépendance de l’État de l’Azawad, proclamée le 06 avril 2012 ; à l’État malien à s’assoir autour de la table du dialogue avec les dirigeants de l’Azawad afin de parvenir à une solution pacifique au conflit qui oppose les États de l’Azawad et du Mali, gage d’une sécurité, et d’une paix durable ainsi que d’un bon voisinage dans la sous région ; aux groupes armés non Azawadiens de quitter l’Azawad dans le respect ; et aux organisations humanitaires internationales à venir en aide aux Azawadiens à l’intérieur comme à l’extérieur (refugiés). »

Declaration des Notables Coutumières et Cadres de l’Azawad qui ont adhéré aux objectifs du mnla et à sa déclaration d’indépendance en date du 06 avril 2012 ; affirmons de manière irrévocable et irréversible l’indépendance de l’État de l’Azawad basée sur les principes : d’égalité, d’équité, de démocratie, de bonne gouvernance, de liberté d’expression et de respect des droits de l’homme sans distinction de race et d’opinion ; et appelent la communauté internationale, des grandes puissances d’Amérique de l’Union Européenne, la CEDEAO et toutes les bonnes volontés en vu de faciliter le règlement définitif et durable du conflit entre l’Azawad et le Mali afin de combler les aspirations légitimes du peuple de l’Azawad ; et appelent les organisations internationales et humanitaires à venir en aide aux populations de l’Azawad déplacées à l’intérieur et refugiées à l’extérieur… »

MALI

La capitale malienne Bamako en proie à de nouvelles violences ; mais du moins un nouveau souffle reprend avec son premier conseil des ministres en attendant la fin de la période constitutionnelle qui mettra fin au mandat intérimaire. Malgré ces crises en gestation ; l’Assemblée Nationale condamne le MNLA dans une résolution n° 2012-05/AN-RM sur la déclaration d’indépendance d’une partie du territoire par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). À travers cette résolution elle exhorte la CEDEAO à poursuivre ses efforts pour permettre à au Mali de recouvrer son intégrité territoriale et à sécuriser son espace commun ; et demande au Conseil de sécurité des Nations Unies de transformer sa déclaration en résolution sur l’intégrité territoriale de la République du Mali dans ses frontières depuis sa création en 1960 respectant l’intangibilité des frontières. C’est pour dire que la stabilité tant attendu ; et l’apaisement ne sont point du goût des  hommes politiques maliens ; malgré la défaite militaire.

Étranger

Olivier de Schutter, rapporteur spécial de l’ONU sur le droit à l’alimentation : « En 2012, selon la FAO (Food and Agriculture Organization), un milliard d’hommes, de femmes et d’enfants souffrent de sous-alimentation chronique et la malnutrition tue environ 30.000 personnes par jour, dans le monde. Un scandale et un meurtre collectif »… Et l’actualité nous le rappelle, l’immense région Sahara-Sahel, de la Mauritanie à la Somalie est à nouveau menacée par la famine.

3. HOMMES

MNLA

Billal Ag Acherif-Secrétaire Général du Mouvement National de Libération de l’Azawad : « Mouvement appelle la Communauté Internationale et toutes les Grandes Puissances: pays permanents au Conseil de Sécurité de l’ONU (États-Unis, Grande Bretagne, Chine, Russie, France), l’ONU (Organisation des Nations unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Ligue Arabe, la Coopération des pays du Golfe, les personnes de bonnes volontés à contribuer pour une solution juste, pacifique et durable au problème de l’Azawad » ;

Hama ag Mahmoud-chargé des Affaires Juridiques du Bureau Politique-MNLA : « Pour le moment, nous sommes dans l’expectative d’une contre-offensive de l’armée malienne et de la Cédéao, alors nous ne pouvons pas ouvrir un deuxième front… quand on aura signé la paix, écarté les risques d’une contre-offensive… nous allons nous occuper d’Aqmi et d’Ansar Dine… (Ces groupes islamistes) s‘installent parce qu’ils savent que nous avons décidé de ne pas réagir contre eux… mais il n’y a aucune chance de convertir les populations de l’Azawad à une religion extrémiste. Elles ont une religion musulmane très tolérante, très réfractaire à tout ce qui est extrémiste » ;

Hama Ag Sid’Ahmed, Chargé des Relations Extérieures, Porte Parole du MNLA : « Nous souhaitons que le dossier de l’Azawad puisse faire partie de l’une des priorités du prochain gouvernement de M. François Hollande, car cette crise très grave tarde à trouver une solution durable, et elle a déjà eu des répercussions sur l’ensemble des pays de la Région » ;

Nina Walet Intallou Chargée de l’Éduaction et de la Formation-MNLA : « la rencontre de Gao prouve la maturité des populations de l’Azawad à être ensemble ; et nous en appelons à la communauté Internationale… Les discussions de Nouakchott avec les envoyés de l’État Malien ne sont que des prises de contact… » ;

Moussa Ag Achratmanane-Chargé des Droits de l’Homme-MNLA : « Les troubles à Bamako retardent, tout début de négociations officielles avec le MNLA, Mouvement national de libération de l’Azawad… C’est la fin d’un cycle politique. Une politique essentiellement basée sur la corruption et le laxisme. Nous, ce qui nous intéresse, c’est de pouvoir discuter tranquillement autour d’une table et qu’on puisse engager bien évidemment des discussions avec eux. Donc nous sommes des observateurs très attentifs. Nous suivons de très près ce qui se passe à Bamako » ;

M. Mbeyri Ag Rhissa – Porte-Parole des Notabilités Coutumières et Cadres de l’Azawad : « Exigeons des groupes armés de l’Azawad d’intégrer sans délais l’Armée Nationale de l’Azawad en vu de défendre l’intégrité du territoire de l’Azawad et d’assurer la sécurité des personnes et de leurs biens. Demandons à l’armée nationale de l’Azawad de réorganiser et discipliner le port d’arme, Invitons les groupes armés non Azawadiens à quitter le territoire de notre pays sans condition. Demandons à la CEDEAO de nous considérer désormais comme un État souverain, nous respecter en tant que tel et s’abstenir de s’engager dans une solution militaire sans issue ».

MALI

Capitaine Sanogo : « Je n’accepterai pas la présence d’un soldat étranger sur le sol malien… Monsieur Dioncounda Traoré restera président par intérim, comme prévu, pendant les quarante jours — pas une heure de plus —,… aucun militaire ne foutra les pieds ici si ce n’est sur la demande du gouvernement malien — et on a un gouvernement en bonne et due forme. Et j’en profite pour dire ici que le gouvernement ne le demandera pas. Si la Cédéao… veut nous aider, cette aide est la bienvenue, mais à une condition : c’est à nous d’en exprimer le besoin… » ;

Dioncounda Traoré-Président Intérimaire : « je ne resterai pas une seconde de plus que les 40 jours de l’intérim » ;

Pr Ali Nouhoum Diallo : « Ceux qui disent que la CEDEAO est une force étrangère me surprennent… Vous vous êtes déconsidérés en allant à Ouagadougou. »

Mahmoud Dicko, Président du Haut Conseil Islamique : « … appel au sursaut national… » ;

Tiébilé Dramé, l’émissaire malien : « … Il nous faut, nous situant dans une géopolitique des espaces, voir si le ventre mou de la sécurité collective ne se trouve pas moins dans le Sahel que dans le Maghreb où la bête est née et où les printemps arabes, sans dramatiser ce qui peut bien relever d’un repli identitaire, sont plus que jamais à suivre » ;

Pr Tièba Traoré : « Il est possible de rétablir la paix en sept jours ».

Étranger

Alassane Ouattara-President en Exercice de la CEDEA : « La gravité des événements au Mali et le rejet de la junte de nos résolutions ralentissent l’élan de la mise en œuvre de nos résolutions » ;

Le président sénégalais Macky Sall : « rappelé que l’objectif de la Cédéao, au-delà de la résolution de la crise politique, est de reconquérir le territoire national soumis à la nébuleuse terroriste.Sur cette lancée, le président sénégalais a souligné que l’efficacité de la Cédéao dépendait largement de ses capacités à déployer ses moyens… » ;

Idriss Déby-Président du Tchad : « Je déconseillerai ceux qui mettraient la force en avant. Il faut convaincre mais ne pas vaincre » ;

Djibril Bassolé-Chef de la diplomatie du Burkina Faso et émissaire du médiateur Blaise Compaoré pour la crise malienne : « Les membres du CNRDRE nous ont fait part de leurs préoccupations. Nous avons expliqué que les chefs d’Etat (de la Cédéao NDLR) étaient soucieux de la stabilité institutionnelle et de la continuité dans le fonctionnement des institutions afin que ensemble nous puissions faire face au plus urgent, qui est de gérer la situation de la crise au Nord… les incompréhensions existent mais… nous gardons la possibilité de dialoguer ».

Organisation Onusiennes

Anthony Lake, directeur exécutif de l’Unicef : « C’est la troisième fois en dix ans que le Sahel est confronté à une crise alimentaire; Les gens se disent «encore une famine, encore une fois des enfants meurent en Afrique», ils sont fatigués d’entendre cela. Une lassitude à laquelle s’ajoutent les contraintes financières d’États contributeurs confrontés à une conjoncture difficile, a-t-il ajouté pour expliquer la faible mobilisation » ;

Antonio Guterres, haut-commissaire de l’ONU pour les réfugiés : « Déplorant la propension des médias à ne se focaliser que sur une seule crise – la Syrie en l’occurrence – en oubliant les autres, il a évoqué les troubles au Mali, qui ont généré «une situation humanitaire dramatique» avec «plus de 200’000 personnes déplacées», une insécurité accrue qui complique le travail des humanitaires, et une réponse de la communauté internationale pour l’heure «très insuffisante» par rapport aux besoins. » ;

Margaret Chan, directrice de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) : « Il y a 1 à 1,5 million d’enfants qui souffrent de malnutrition sévère au Sahel. Si nous agissons maintenant, 95% d’entre eux pourront être sauvés », elle a souligné la nécessité de mettre sur pied des centres de soins pour faire face aux cas de pneumonie, de méningite ou de malaria.

La capacité de refus d’une classe brimée, sevrée a été le moteur de l’évolution dans les sociétés. En définitive, le monde ne peut changer que par la volonté des hommes et des femmes conditionnés par leur existence sociale. Il appartient au peuple de l’Azawad de prendre conscience de son destin et le prendre en charge.

Cette prise en charge doit être un combat collectif en vue de renverser le statut quo : l’État et la division actuels de notre société.  L’heure est venue pour le peuple d’apprendre à lire entre les pages de son histoire passée. Il est vrai que le peuple de l’Azawad éprouve de grandes douleurs, mais la passion nuit au jugement et au bon sens. Alors, faisons preuve de sagesse. À ceux des autorités africaines qui en appel à la violence ; la solution au problème de l’Azawad n’est pas militaire, elle se trouve ailleurs.  Les jours s’écoulent ainsi… Mais seule la vérité est éternelle.

Pour le MNLA, Khoumeidy Ag Acharatmane

10 mai 2012

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[Ceci n’est pas une ville] La cybernétique et l’urbanisme travaillent

La ville fantôme à un milliard de dollars

Une cité de 15 km² va sortir de terre pour que les chercheurs puissent y expérimenter leurs nouvelles technologies.

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La ville de Rock Hill, en Caroline du Sud, va être reproduite au Nouveau-Mexique.

La poussière qui tourbillonne, emportée par le vent. Un coyote qui s’enfuit devant un tel néant. Une enseigne à demi bringuebalante qui résiste sur la façade d’une maison en ruine. Ainsi imagine-t-on une ville fantôme aux États-Unis. Mais cette fois, rien de tout ça : « Cite » sera bien déserte, mais elle sera fabriquée de toutes pièces pour les besoins de la science et imaginer le monde de demain.

Conditions réelles

C’est en plein désert du Nouveau-Mexique, à 350 kilomètres de la frontière mexicaine, qu’une copie parfaite de Rock Hill, une ville de 66’000 habitants en Caroline du Sud, sortira de terre. Pegasus Global Holdings, la société américaine spécialisée dans les nouvelles technologies à l’origine de ce projet, et l’État du Nouveau-Mexique débourseront près d’un milliard de dollars (770 millions d’euros) pour construire des immeubles et des maisons — en apparence — anciennes ou modernes, ainsi que des kilomètres d’autoroutes qu’aucun citoyen n’utilisera si ce n’est les chercheurs qui y poseront leurs ordinateurs le temps de leurs recherches.

Les travaux de cette métropole de 15 km² appelée « Cite » (pour « Centre pour l’innovation, les tests et l’évaluation ») commenceront cet été pour une durée indéterminée. Objectif de l’opération : permettre aux instituts de recherche et aux sociétés privées de tester les nouvelles technologies dans des conditions réelles, notamment des infrastructures d’énergies renouvelables (réseaux sans fil, gestion de la circulation…), et ce, sans déranger personne. Et l’entreprise américaine de citer en exemple la mise à l’épreuve d’un réseau intelligent qui régule la distribution d’électricité en fonction des réglages de thermostat dans les logements. Ou encore l’expérimentation de voitures sans chauffeur ou d’appareils électroménagers réactifs. Malgré l’absence totale d’habitants, cette ville devrait tout de même générer plus de 3500 emplois dans la région.

Une planète « plus intelligente »

Ce n’est pas le premier projet qui tente de révolutionner la vie quotidienne par la technologie. PlanIT Valley, une véritable « smart city », va être construite à Paredes, à proximité de Porto au Portugal, par Living PlanIT, Cisco, Microsoft, Philips et une pléiade de partenaires, qui y déploient 100 millions de capteurs pour tout savoir, en temps réel, sur toutes les infrastructures (électricité, eau, transport, voirie) et optimiser ainsi l’efficience énergétique pour réduire la consommation d’un tiers. L’Asie n’est pas en reste : la ville de Songdo, en Corée du Sud, sera bientôt la première « U-cité » où les habitants vivront dans un lieu dont les nouvelles technologies permettront d’allier le développement durable et l’hyper-connectivité. Les concurrents de Cisco comme HP, Oracle, ou bien encore IBM ont, eux aussi, l’intention de développer des moyens pour construire une « planète plus intelligente ».

Avec des villes qui rassemblent désormais plus de 50 % de la population mondiale pour une consommation électrique qui représente de 60 à 80 % de la production mondiale, le défi énergétique est colossal… et le marché qui s’ouvre avec, aussi. D’autant que les prévisions de l’ONU portent à 70 % le taux d’urbains d’ici à 2050. Quelle aubaine !

Leur presse (Louise Cuneo, LePoint.fr, 11 mai 2012)

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[Vive la belle] Deux innocents relaxés en correctionnelle

Albi. Embrouilles et tentative d’évasion à la prison

Saïd, 21 ans, plusieurs condamnations au casier, détenu à Tarbes jusqu’en 2013 et Jonathan, 21 ans, libérable le 23 mai après la révocation d’un sursis, ont comparu hier devant le tribunal correctionnel d’Albi pour évasion par effraction.

Le 20 septembre 2011, vers 10h30, ils sont surpris en train de découper un trou dans le grillage de la cour de promenade. Une grosse bagarre générale se déclenche dans la cour entre certains détenus et les surveillants.

Saïd explique bien à la présidente qu’il se trouvait là par hasard et qu’il n’est pas concerné par le trou dans le grillage. Version confirmée par Jonathan qui prend tout à sa charge : la pince coupante « trouvée » dans la cour, le trou de 80 cm sur 60.

« Mais on ne voulait pas s’évader. C’est stupide, je sais mais je voulais récupérer deux boules de shit qui avaient été lancées par-dessus le mur de la prison. »

Les surveillants pénitentiaires, dans leur rapport, reprochent aussi à Saïd, d’être aussi à l’origine de la bagarre dans la cour de promenade.

« Ça ne tient pas la route tout ça, moi tout seul déclencher une bagarre générale ! » Le jeune détenu n’est pas avare en explications et raisonnements. La présidente, Brigitte Schildknecht, doit l’interrompre à plusieurs reprises.

« Une tentative stupide… »

Pour Claude Dérens, le procureur de la République, « les rapports sont très clairs, il y a un faisceau important de présomptions. Jonathan L. a tenté de se faire la belle. Il a déjà été écroué pour n’avoir pas respecté les obligations d’un placement sous surveillance électronique. C’était une tentative stupide et vouée à l’échec. Une tentative qui est à l’origine d’un désordre important dans la cour de la maison d’arrêt. » Le procureur ne fait aucun détail entre les deux compères et réclame 4 mois de prison ferme.

Saïd s’emporte une nouvelle fois et rappelle qu’il a déjà fait du « mitard » à la suite de cette affaire et qu’il a été déplacé à Tarbes. C’est d’ailleurs sur cette « tentative vouée à l’échec » que Me Philippe Pressecq, leur avocat, va bâtir la défense.

« L’infraction d’évasion ne tient pas. Comment peut-on imaginer qu’ils aient voulu s’évader ? Après avoir découpé le grillage, ils se seraient heurtés au mur et aux barbelés. Ce ne sont pas des passe-murailles ! Il n’y avait aucun élément intentionnel de leur part. C’est juste une violation des règles pénitentiaires. On ne s’évade pas en découpant ce grillage ».

Un argument qui semble avoir pesé dans la balance. Le tribunal a relaxé les deux compères souriant, « l’élément matériel n’étant pas constitué ».

Leur presse (LaDepeche.fr, 11 mai 2012)

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[Toulouse] Donner vie à des rapports utiles et non marchands entre les gens

Faubourg-Bonnefoy. La fête pour conjurer la menace d’expulsion

Le 4 mars, les habitants du quartier Bonnefoy étaient invités au n° 2 de la rue du même nom pour fêter l’ouverture de l’atelier d’ateliers ironiquement baptisé « Sloli », en référence franglaise à l’ancien garage Speedy, ex-occupant des lieux. Hier après-midi, c’était de nouveau la fête au n° 2. Mais cette fois pour conjurer ensemble le mauvais goût laissé par le très officiel avis d’expulsion à la date du 7 mai, apporté par un huissier entre les deux tours de la présidentielle.

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Sloli est le dernier squat d'activité ouvert à Toulouse au cours des derniers mois.

Entre ces deux dates, le collectif Bonnefoy a réussi à transformer l’ex-garage, rapide symbole du salariat pressé fermé depuis quatre ans, en atelier vélo ouvert à tous, et a proposé au Faubourg de partager ses compétences autour d’une dizaine d’activités artisanales. La soixantaine de personnes arrivées hier soir dès 17 heures dans le grand hangar chaleureux, le dit mieux que n’importe quel slogan bombé sur un mur : le dernier squat collectif ouvert à Toulouse a réussi le pari qu’il s’était fixé de donner vie à des rapports utiles et non marchands entre les gens.

Mais du côté des institutions, l’aventure se résume à un rendez-vous manqué. Contacté à plusieurs reprises par les animateurs du squat d’activité, la société HLM des Chalets propriétaire des murs a fini par répondre par voix d’huissier. Et, début avril, une rencontre sans lendemain avec Claude Touchefeu, adjointe en charge des solidarités et de la politique de la ville, a suffi pour clore le dialogue que la dizaine de membres du collectif rêvait d’instaurer avec le Capitole.

Hier jusqu’à 22 heures, c’est au son du bouzouki et de la musique folklorique uruguayenne distillée par le groupe Grifollklore que le squat a fêté ses dix premières semaines d’existence en espérant que l’huissier et la police ne débarquent pas au petit matin comme une mauvaise gueule de bois.

Le vélo comme passeport

C’est avec son atelier vélo, ouvert tous les jours et à tous, que l’atelier d’ateliers du Faubourg-Bonnefoy s’est fait connaître dans le quartier. Mais les activités qui y sont proposées vont bien au-delà de la clé de dix et de la colle à rustine. Au fil des semaines, se sont ouvertes des activités cuisine, photo, couture, sérigraphie, ainsi que des projections débat, du yoga et du soutien scolaire. Bref, un vrai centre d’activités, à deux pas de l’officiel, mais sans carte d’adhérent.

Leur presse (LaDepeche.fr, 9 mai 2012)

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[Bruxelles] « Des modes de vie qui ne sont plus basés sur des échanges marchands mais plutôt sur l’entraide et la convivialité »

Watermael-Boitsfort : des squatteurs s’installent dans la paisible cité-jardin Floréal

La paisible cité-jardin « Floréal » assiste à un certain remue-ménage. De jeunes adultes squattent trois maisons vides de ce quartier bucolique de Watermael-Boitsfort. Trois des 170 habitations inoccupées de cette société de logements sociaux. Ces squatteurs militent pour le droit au logement, et pour un habitat plus convivial.

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Une personne fait le guet, une autre fait sauter la serrure, et le tour est joué. Une petite maison vide devient un squat militant.

« Il y a 30’000 logements vides à Bruxelles et plus d’une centaine ici dans le Floréal. On veut donc montrer le paradoxe qu’il existe entre d’une part le nombre de personnes qui sont à la rue et d’autre part, le nombre de logements vides. Et puis aussi, ça nous permet d’avoir un espace de création et des modes de vie qui ne sont plus basés sur des échanges marchands mais plutôt sur l’entraide et la convivialité. »

Les nouveaux venus se sont donc présentés aux voisins. Ils organisent même des goûters de quartier, un ciné-club, ainsi que des ateliers d’échange de savoirs. Manifestement, les voisins apprécient, ils klaxonnent ou saluent au passage. Mais le directeur-gérant de la société de logements sociaux, lui, ne partage pas du tout l’enthousiasme. Daniel Remacle explique pourquoi : « Notre inquiétude par rapport au squat, c’est son potentiel développement, y compris avec des personnes beaucoup plus indésirables. Ce qui rendrait cette cité tout à fait ingérable. »

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Il ajoute qu’il y a de plus un danger : « ce sont des logements non conformes qu’ils occupent, avec les risques inhérents que cela comporte et les éventuels sinistres. »

Le directeur veut enrayer le phénomène avant qu’il ne s’étende dans ses 170 logements vides. Vides, dit-il, parce qu’en attente de rénovation. Il milite, lui de son côté, pour accélérer les marchés publics, les demande de subsides à la rénovation et les avis des monuments et sites. Il faut en moyenne six ans de dossiers pour rénover l’une de ces maisons classées.

La direction de Floréal a introduit une plainte auprès de la police à l’encontre des squatteurs.

Leur presse (Myriam Baele, RTBF.be, 9 mai 2012)

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[Beat On The Brat] Happening dénataliste Samedi 12 mai à Paris

À poil contre les bébés

Des militants dénatalistes participeront à un happening devant le Sacré-Cœur de Montmartre, en solidarité avec une planète « mise à nu ».

On avait eu les militants enveloppés sous cellophane, nus dans des barquettes ensanglantées pour protester contre le massacre des animaux, les mannequins nus plutôt qu’en fourrure, les cyclistes belges à poil pour lutter contre le manque d’équipements vélo en ville et je t’en passe, de l’apoilisme opportuniste pour appuyer un propos plus ou moins conséquent et fascinant, en général en lien avec une certaine idée de l’écologie.

À 18 heures, samedi, les touristes pourront admirer une vingtaine de nudistes sur les marches de Montmartre, ce qui ne manquera pas de leur faire des beaux souvenirs photos sur le gaiparisse. Et leur mettra un peu de plomb bio dans la tête : c’est là un happening dénataliste nudiste, avec un déploiement de banderoles devant le Sacré-Cœur. Pourquoi ce monument meringué entre tous les autres ? Parce que, explique sans rire l’organisateur de l’action du Collectif des Lutins Obstinément Dénatalistes, Theophile de Giraud, autoproclamé « écrivain anarchiste » (auteur d’un manifeste anti-nataliste, avec un chapitre consacré à la nécessité « de réduire la population pour donner une chance à la planète »), c’est un « symbole du fertilisme catholique ».

Également cofondateur de la fête des non-parents, célébrant ceux qu’on appelle les childfree aux États-Unis, entre autres, on a bien compris que la nudité va servir là non pas à pousser les gens à se reproduire sauvagement au milieu des cars, mais à « symboliser notre solidarité avec la planète de plus en plus mise à nu et à sac par la surpollupopulation ». Surpollupopulation, mais dis-donc, c’est bien trouvé ça. Stop aux enfants plein de couches pas lavables, de pets à effet de serre, futurs surconsommateurs de saloperies même pas équitables, stop à la norme, à la glorification des géniteurs, vive la politique dénataliste volontariste. Euh, à la chinoise ? Ach nein, assure Theophile, il ne s’agit en aucun cas « de politiques autoritaires. En tant qu’anarchistes, nous préférons la carotte au bâton : ne plus lier les allocations au nombre d’enfants, les supprimer tout à fait. » Et aussi, il faut « cesser de récompenser ceux qui rendent un très mauvais service à l’environnement en mettant au monde un bébé qui, comme tout Occidental, consommera 2 à 3 planètes ».

Et quoi d’autres dans le programme ? Accroche-toi à ton hochet : une formation scolaire aux vertus de la non-parentalité : « Pourquoi ne pas débattre dès le lycée du bien-fondé ou non de mettre un enfant au monde ? Pourquoi ne pas dire aux adolescents : ne pas procréer, c’est aussi bien, sinon mieux, que procréer. » Ah bon. Et si on laissait le choix aux gens ? Ah justement, c’est ça qu’ils préconisent, les Kunu de samedi, sous leurs banderolles « Save the planet, make no baby » : laisser le choix, même le favoriser, de ne pas procréer sur une planète ravagée par l’espèce humaine. Oui, restons entre animaux, au fond, ça sera pas plus mal.

Leur presse (Emmanuèle Peyret, Liberation.fr, 11 mai 2012)

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« Ces croix sont des signes de torture dans un espace de liberté »

Condamné, le scieur de croix ne désarme pas

Le Tribunal condamne Patrick Bussard pour atteinte à la liberté de croyance. Il écope de 90 jours-amendes avec sursis et de 500 francs d’amende. Le guide de montagne dit ne pas être touché par le verdict. Et compte faire recours.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336769158.jpgÀ l’heure de la sentence, Patrick Bussard n’a pas bronché. Comme si cette affaire qui date d’il y a plus de deux ans ne le concernait plus. Et pour tout commentaire face à cette presse qu’il a régulièrement sollicitée, le guide de montagne de 49 ans a dit ne pas être touché par ce verdict rendu par la « justice des hommes ».

Le juge de police, Philippe Valet, a été peu sensible à ses arguments. Au final, il suit – presque en tous points – la peine réclamée par le Ministère public, soit 90 jours-amendes avec un sursis de trois ans et une amende de 500 francs (au lieu des 1000 francs demandés).

Une sanction modérée sur le plan matériel si l’on sait que le jour-amende a été fixé à 10 francs, soit le minimum. Ce jugement représente néanmoins une défaite pour Patrick Bussard qui, avant le procès, espérait l’acquittement.

Le guide de montagne l’a répété hier matin : en profanant trois croix de montagne entre octobre 2009 et le printemps 2010, il ne cherchait qu’à ouvrir le débat. « Ces croix me dérangent au sommet des montagnes, ce sont des signes de torture dans un espace de liberté. » Il promet cependant de ne plus recommencer : « Le débat sur les croix ayant eu lieu, mon objectif est atteint et je suis passé à autre chose. » Ce qui ne veut pas dire qu’il baisse les bras pour ce qui est de son procès.

« Je voulais en coucher une »

Des faits, il ne conteste rien. Oui, il a maltraité la croix du Vanil-Noir, oui, il a arraché et jeté la boîte aux lettres accrochée à la croix de la Dent-de-Broc, oui, il a scié la croix des Merlas. « Je voulais en coucher une », précise-t-il au sujet de ce dernier méfait. En termes de dommages à la propriété, Patrick Bussard ne risquait de toute manière rien, les trois plaintes déposées ayant été écartées.

Restait une question à élucider : a-t-il oui ou non porté atteinte à la liberté des croyances et des cultes ? Durant sa plaidoirie, son avocat, Me Jean Lob a fondé sa défense sur des jugements rendus par la Cour européenne des droits de l’homme et le Tribunal fédéral. Les deux instances judiciaires avaient en effet prononcé il y a quelques années le retrait de crucifix dans des salles de classe.

« Vils » et « méchants »

Un argumentaire qui n’a pas fait mouche, le juge de police estimant que les deux situations ne pouvaient être comparées. En rendant son verdict, Philippe Valet a insisté sur le fait qu’il a heurté en connaissance de cause la sensibilité de nombreuses personnes, croyantes ou pas. Il a aussi argué que les croix de montagne représentent bel est bien des « objets de la vénération religieuse, même si elles sont peu utilisées à cet effet » et que les actes de Patrick Bussard sont « vils » et « méchants » au sens de la loi.

Un verdict qui satisfait Fabien Gasser, représentant du Ministère public. Hier, le procureur général n’y est pas allé avec le dos de la cuillère, s’en prenant vertement à l’accusé. Il a soulevé nombre d’interrogations : s’il voulait créer le débat sur la place publique, pourquoi a-t-il attendu d’être arrêté par la police ? Pourquoi a-t-il récidivé à deux reprises alors qu’il avait pu se rendre compte de l’émoi qu’il a créé à la lecture d’un article de La Gruyère qui faisait état de la profanation au Vanil-Noir ? Et pourquoi a-t-il arraché la boîte métallique à la Dent-de-Broc, si c’est au symbole religieux qu’il en voulait ?

« Il se présente comme un prophète de la laïcité, mais c’est un vandale qui a heurté beaucoup de monde. Il s’agit d’actes imbéciles et gratuits. Il commet un acte de destruction pour provoquer son pseudo-débat. »

Et de lancer, à l’adresse du juge : « Je vous laisse le soin de remettre l’église au milieu du village. » Fabien Gasser a été entendu.

Un recours à l’horizon

Mais foin de défaitisme pour le clan Bussard. Me Lob est prêt à repartir au combat. Personnage haut en couleur que cet avocat qui, malgré ses 84 ans, possède une énergie et une rhétorique hors-norme. « Je pense que nous ferons appel de cette décision », prévient-il. Il n’en démord pas : « Les symboles religieux n’ont pas leur place dans des espaces de liberté comme la montagne. »

Leur presse (Jérôme Gachet, LaGruyere.ch, 9 mai 2012)


Le scieur de croix obtient le sursis

Le scieur de croix des Préalpes fribourgeoises a obtenu le sursis. Il a été reconnu coupable d’atteinte à la liberté de croyance et des cultes.

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Le guide de montagne ayant vandalisé trois croix érigées sur des sommets des Préalpes fribourgeoises a écopé mercredi à Bulle (FR) de 90 jours-amende avec sursis pendant trois ans.

Le guide de montagne est bien décidé à ne pas récidiver. Aussi bien en audience qu’à l’issue de la lecture du jugement, il a déclaré qu’il avait atteint son but qui consistait à provoquer un débat sur la question. « J’ai passé à autre chose », mais il n’a pas précisé quoi.

Devant la presse, il a dit ne pas avoir de regrets. Son défenseur Me Jean Lob, qui a plaidé l’acquittement, envisage de déposer recours contre le jugement.

Pour mémoire, le guide de montagne s’en est pris à ces trois croix entre octobre 2009 et le printemps 2010. Identifié en mars 2010, il a reconnu les faits au cours de trois audiences successives en mars, avril et juin 2010.

Selon lui, son objectif était de lancer le débat sur la présence de ces croix sur les sommets des montagnes. À son avis, l’Église n’a pas à imposer ses objets de culte. La montagne doit rester un espace de liberté partagé entre tous.

Motivation jugée pas crédible

Sa motivation n’a pas convaincu le Ministère public. Pour le procureur général Fabien Gasser, ces actes étaient « imbéciles et gratuits ». Le guide s’est retrouvé seul après une séparation : « il a cherché et trouvé quelque chose pour détourner son ressentiment ».

Le guide semble avoir vécu plusieurs déboires. Après un accident de montagne en août dernier, il s’est retrouvé à 50 % à l’assurance. Il habite actuellement sur un bateau, après avoir vendu son chalet.

En motivant brièvement son jugement, le juge de police de la Gruyère Philippe Vallet a largement suivi le Ministère public et douté de la motivation du guide, qu’il n’a pas trouvé crédible. Un article de presse paru peu après la découverte de la première croix vandalisée a fait état de l’émotion que cet acte a provoquée. Mais cette situation n’a pas empêché l’homme de récidiver par deux fois.

« Il n’a pas revendiqué ses gestes » et il n’a présenté une motivation que lorsqu’il a été attrapé, a encore dit Philippe Vallet. Si le débat lui importait tellement, il n’aurait pas passé aussi rapidement à autre chose, selon lui.

Les croix vandalisées ont été remises en état depuis. La Jeunesse d’Estavannens a reconstruit la croix des Merlas. Les jeunes de la section gruérienne du Club alpin suisse se sont chargés de réparer celle du Vanil-Noir. Pour la 3e croix, seule la boîte à messages avait été arrachée.

Plaintes retirées ou irrecevables

Dans un premier temps, l’homme devait aussi répondre de dommages à la propriété. Deux plaignants — le conseil de paroisse de Broc et la société de jeunesse d’Estavannens — ont été écartés de la procédure car ils n’étaient pas effectivement propriétaires des croix.

Pro Natura était elle bien propriétaire de la croix du Vanil-Noir, mais a préféré retirer sa plainte suite à un arrangement extra-judiciaire avec le guide de montagne. Le prévenu a dédommagé l’organisation environnementale à raison d’un peu plus de 1000 francs.

Leur presse (ats, 9 mai 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Le MNLA est prêt à accueillir tous les volontaires qui souhaitent participer au combat qui consiste à défendre l’Azawad libéré

Azawad : les plans diaboliques d’Alger…
Activité intense du DRS visant à organiser une offensive contre le MNLA

Si le MNLA a gagné la première guerre contre l’envahisseur malien et a libéré la totalité du territoire de l’Azawad, tout porte à croire qu’une autre guerre l’attend contre tous les alliés de circonstance rassemblés autour du Mali. Ce sont en réalité des forces qui ont des intérêts dans l’Azawad et qui sont prêtes à déployer tous les moyens pour que l’Azawad ne soit pas indépendant. L’avènement d’un État amazigh n’est du goût d’aucun État, et cela n’est pas nouveau. Seuls ceux des Imazighen qui sont décidés à se libérer et à en finir avec le colonialisme sur leur Terre appellent de leur vœu cet État.

L’État français, ancienne puissance coloniale très intéressée par l’Azawad, a fait savoir qu’il n’interviendrait pas militairement dans l’Azawad tout en s’opposant à toute partition de ce qu’il s’entête à continuer d’appeler le Mali. Plus grave encore, la diplomatie française se dit prête à fournir une assistance logistique à ceux qui s’engageraient militairement contre les Touaregs. C’est le rôle qui pourrait être attribué à l’État algérien ou à la CEDEAO.

Au lieu de reconnaître l’injustice faite aux Touaregs en leur refusant déjà en 1958 l’indépendance et en les soumettant malgré eux à un pouvoir négro-africain, la France s’entête et assume son mépris des Touaregs, et par là-même de tous les Berbères, en s’opposant sans aucun motif à leur indépendance. L’État français devra-t-il comprendre que ni les Touaregs ni l’ensemble des Berbères ne laisseront passer cela et ne pourront rester indifférents devant cette position anti-amazighe de la France ?

L’autre État qui est hostile à la naissance d’un État amazigh c’est l’État algérien, lui aussi produit de cette puissance coloniale qu’est la France. Alger a maintes raisons de comploter contre l’Azawad. Mais là tout laisse à croire qu’il se prépare à une guerre contre le MNLA.

Surpris par l’intégrité des représentants du MNLA, le DRS (Département du service et du renseignement) n’a pas réussi dans ses tentatives de manipulation de ce mouvement, aujourd’hui seul légitime auprès des populations sur place. D’habitude, et à chaque fois que les Touaregs se révoltent contre les États du Mali ou du Niger, les services de renseignement algériens ont toujours su instrumentaliser et manipuler des Touaregs pour faire échouer les révoltes et organiser, avec le concours de la France, des négociations entre Touaregs « Rebelles » et les États (malien ou nigérien). Les seuls objectifs de ces accords ont été de mettre fin au conflit armé, désarmer les Touaregs et corrompre un maximum de leurs cadres. Et comme par hasard, les négociations sont toujours organisées lorsque les Touaregs prennent le dessus militairement.

Étant surpris par la rapidité avec laquelle l’état major du MNLA a libéré le territoire de l’Azawad, les services algériens ont renforcé la présence de l’Aqmi dans l’Azawad et ont prêté main forte à Ansar Dine. Et malgré la campagne médiatique orchestrée principalement par l’AFP et la presse algérienne pour entretenir la confusion entre les islamistes et le MNLA, ce dernier n’a pas été déstabilisé et a su garder le cap. Le congrès national qu’il a organisé récemment (du 25 au 27 avril) à Gao et qui a réuni des centaines de représentants de la société civile, venus des quatre coins de l’Azawad, montre que le MNLA est le véritable maître des lieux et que sa détermination à lancer les jalons de l’État de l’Azawad est inébranlable.

C’est ainsi que depuis le début du mois de mai, juste après le congrès du MNLA, la région de Kidal, proche des frontières algériennes, pullule de barbus. Venus du Pakistan, du Nigéria, du Tchad, de Tunisie, du Maroc, de Libye et bien sûr d’Algérie, ces hordes de terroristes circulent allègrement à Kidal et y établissent leurs quartiers en fonction de leurs nationalités. La liaison entre ces groupes est établie par les grands émirs comme Mokhtar Belmokhtar et Abdelhamid Abou Zeid, tous les deux algériens et sont en mission dans le Sahara et Sahel depuis des années. Il semblerait aussi qu’un émir basé en Kabylie est également spécialement dépêché pour l’occasion à Kidal. Bien évidemment, nombre de ces hordes sont passées par les frontières algériennes, et c’est sans doute le DRS qui aurait assuré la coordination de tout ce « beau » monde.

Les choses semblent donc s’accélérer du côté algérien depuis le congrès national du MNLA. Ainsi, en plus de cet investissement spectaculaire de la région de Kidal notamment, le vendredi 4 mai, Alger a réuni des représentants du FNLA (Front de libération de l’Azawad), créé de toutes pièces après la libération totale de l’Azawad pour le mettre dans les pattes du MNLA, partis à Alger directement de l’Azawad, et trois personnalités bérabichs (tribu maraboutique arabe basée essentiellement dans la région de Tombouctou), partis de Nouakchott. Ces derniers sont Zahabi Ould Sidi Mohamed, Moulaye Ahmed Reganni et Ould Meidoum. Ce sont des éléments de l’ex-FIA (Front islamique armé de l’Azawad), pro-maliens et farouches opposants au MNLA, et sont connus également pour leurs accointances avec le milieu du narco trafic.

Et lorsqu’on sait que depuis quelques semaines Alger a cessé tout contact avec le MNLA, il n’y a aucun doute que cet État diabolique se prépare à mettre en œuvre les gros moyens pour venir à bout du MNLA. Ce qui a été entrepris jusque-là notamment à travers l’Aqmi et Ansar Dine d’Iyad ag Ghali ne semble pas porter ses fruits et commence à inquiéter Alger qui se voit perdre la main sur l’Azawad. Faudrait-il rappeler également que l’état major et le bureau politique du MNLA tient bon, jusque-là, devant les tentatives de manipulation des services algériens, ce que ces derniers ont du mal à accepter.

Il est donc fort probable que l’on assiste là à une nouvelle étape dans l’action des services algériens pour contrecarrer l’action du MNLA dans l’Azawad. La nouvelle stratégie est-elle d’organiser et d’armer les Bérabichs passablement arabes pour contrer ces Berbères assez bronzés ?

C’est aussi dans ce contexte que ressortent les vieux clichés qui présentent les Touaregs comme les anciens esclavagistes des noirs, une propagande qui alimente le racisme anti-touareg et le sentiment de vengeance au sein des sociétés noires notamment les Bambaras. Et voilà une propagande qui facilite la tâche de la junte militaire de Bamako qui, de son côté, elle est en train de se lancer dans une reconstitution de milices à partir de Ségou et Sévaré dans la région de Mopti auxquelles elle distribue des armes qui lui sont envoyées par diverses forces. Laquelle junte malienne est en contact permanent avec les relais d’Ansar Edine à Bamako ainsi qu’avec les milices arabes du FLNA.

Ainsi, avec les milices maliennes au sud et les terroristes d’Aqmi et d’Ansar Dine au nord, les Algériens et les Maliens appuyés par les différentes forces régionales et internationales, sont décidés à livrer une guerre sans merci au MNLA qu’ils veulent anéantir.

Devant cette situation, les Touaregs sont seuls devant leur destin. Ce destin est celui de l’ensemble des Imazighen (Berbères), c’est pourquoi une large mobilisation amazighe est inéluctable. Le MNLA est prêt à aller jusqu’au bout de son combat et ne compte pas céder sur l’objectif qui est celui de l’instauration d’un État indépendant de l’Azawad, après la libération totale du territoire. Il saura défendre le pays et faire face à toutes ces forces du mal. Mais le reste des Imazighen ne sauront faire l’économie d’une solidarité active avec le MNLA qui est en train de réécrire l’histoire amazighe. Le reste des Imazighen ne pourront laisser seuls les Touaregs face à ces monstres prêts à tout pour empêcher l’avènement d’un État amazigh et de la vérité en Afrique du Nord.

Le MNLA l’a déjà dit : il est prêt à accueillir tous les volontaires qui souhaitent participer au combat qui consiste à défendre l’Azawad libéré et à l’instauration d’un État indépendant. Le MNLA est prêt à accueillir toutes celles et tous ceux qui sont jaloux de la liberté et qui veulent défendre une partie de notre Terre contre l’obscurantisme instrumentalisé par des États corrompus et voyous, des républiques bananières, et qui de surcroît sont au service d’idéologies anti-amazighes. Face à un monde de lâches, il n’y a que nos propres forces qui nous permettront d’accéder à notre liberté.

Masin Ferkal – Tamazgha le site berbériste, 11 mai 2012

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Christine libérée !!

Ce vendredi matin (11/05/12) avait lieu au Tribunal de Valence la deuxième audience de Christine devant le Juge des Libertés et de la Détention à l’issue de laquelle ce dernier devait statuer sur le maintien ou la levée de son hospitalisation sans consentement. Il a été décidé de la libérer notamment suite au compte rendu de l’expertise psychologique demandée lors de la première audience (03/05/12) et qui a eu lieu ce lundi.

À l’issue de trois semaines d’enfermement, ce rapport fait apparaître que l’état de Christine « ne présente pas [actuellement] de troubles mentaux compromettant la sécurité des personnes ou portant atteinte de façon grave à l’ordre public et nécessitant des soins en milieu spécialisé ».

Mort aux vaches ! Vive les brebis !!

Mailing – 11 mai 2012

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[Italie] L’État nous écrase d’impôts / Il faut payer ses juges, sa flicaille

Italie : agression d’inspecteurs des impôts à Milan, échauffourées à Naples

Deux inspecteurs de l’agence italienne de collecte des impôts, Equitalia, ont été agressés vendredi à Milan tandis que des échauffourées ont éclaté lors d’une manifestation devant des bureaux Equitalia à Naples, ont rapporté vendredi les médias.

À Milan, un entrepreneur du bâtiment s’en est pris à coups de poing à deux inspecteurs qui se trouvaient dans les bureaux d’un conseiller fiscal à Melegnano en Lombardie.

Presqu’au même moment à Naples, deux agents de police ont été blessés lors d’affrontements devant des bureaux d’Equitalia où une manifestation non autorisée régulièrement avait été organisée.

Les manifestants ont protesté contre le refus d’Equitalia de fermer ses locaux en signe de deuil pour le suicide de contribuables qui venaient, selon eux, de recevoir des avis de recouvrement.

Ils ont lancé des œufs et de la peinture rouge sur la façade de l’agence de collecte des impôts qui a abaissé ses rideaux de fer et interrompu la réception du public. Les policiers ont été blessés en refoulant les manifestants qui ont annoncé un autre rassemblement pour le 18 mai.

Avec la crise économique, beaucoup de salariés sont dans des situations économiques tragiques et des petits patrons eux-mêmes sont menacés par la faillite et soumis à une pression fiscale très forte. Plusieurs se sont suicidés de façon spectaculaire.

La semaine dernière, un homme avait pris en otages des employés d’Equitalia à Bergame (nord). Cet homme, qui avait menacé de se suicider, voulait attirer l’attention sur le problème de l’endettement des ménages.

En décembre, un groupe anarchiste avait envoyé un colis piégé au patron d’Equitalia, le blessant aux yeux et aux mains.

Le chômage a atteint un niveau record à 9,3% en février en Italie.

Leur presse (Agence Faut Payer, 11 mai 2012)

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[Printemps érable] « Le climat social se détériore et certains en profitent pour commettre des actes criminels »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336740369.jpgLe métro de Montréal paralysé deux heures à cause de bombes fumigènes

Des engins fumigènes ont été lancés jeudi matin dans au moins trois stations du métro de Montréal, entraînant l’interruption du trafic sur l’ensemble du réseau pendant environ deux heures, a indiqué la police de la métropole québécoise.

Le service a été arrêté peu après 08H00 locales, à l’heure de pointe, après le signalement de fumée dans les couloirs du métro, a indiqué un porte-parole de la police, Simon Delorme. Aucun blessé n’a été signalé, tandis qu’une personne incommodée par la fumée a reçu des soins sur place.

Le trafic a repris graduellement vers 10H00. Auparavant la Société de transport de Montréal (STM) avait mis des autobus à la disposition des passagers évacués du métro.

La police, qui n’a procédé à aucune interpellation, a ouvert une enquête, a indiqué M. Delorme. Elle avait notamment l’intention de visionner les enregistrements vidéos des caméras de sécurité.

Le ministre provincial de la Sécurité public Robert Dutil, a qualifié l’incident d’intolérable, tandis que son collègue des Transports, Pierre Moreau, a jugé que, peu importe la cause que défendent les gens à l’origine de ces incidents, ils ne doivent pas en faire subir les conséquences aux citoyens.

Des engins fumigènes avaient déjà été lancés dans le métro et dans un centre commercial il y a deux semaines. Ces incidents, sans conséquences autres que des retards pour les voyageurs et dont les responsables n’ont pas été identifiés, étaient survenus dans le contexte de manifestations, parfois violentes, des étudiants québécois opposés à la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement.

Ce conflit étudiant, déclenché début février, est toujours en cours, une proposition d’accord du gouvernement faisant l’objet de votes dans les assemblées générales d’étudiants des établissements d’enseignement supérieur. Plusieurs assemblées ont rejeté l’offre gouvernementale ces derniers jours.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 10 mai 2012)


Perturbations dans le métro : un chaos qui coûte cher

Bien malin qui pourra chiffrer avec exactitude les pertes des salariés, des entreprises et de l’économie montréalaise tout entière, causées par les actes de sabotage dans le métro jeudi matin. Mais selon une estimation prudente, elles atteignent 10 à 15 millions de dollars.

Il s’agit bel et bien d’un sabotage économique, c’est-à-dire d’actes matériels « tendant à empêcher le fonctionnement normal d’un service, d’une entreprise, d’une machine, d’une installation », selon la définition même du Petit Robert.

La Société de transport de Montréal évalue à quelque 125’000 personnes qui ont été privées de métro à partir de 7h45. Si quelques courageux chanceux se sont rués sur des BIXI malgré la pluie froide, ou sont montés dans des taxis, la plupart se sont retrouvés à la rue où les attendaient des autobus bondés et une congestion monstre.

Une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) publiée à l’automne 2010 évaluait à quelque 2 millions le nombre de déplacements dans la métropole durant l’heure de pointe. La moitié de ces déplacements environ sont rattachés au travail. (L’île de Montréal compte près de 1 million d’emplois.)

Bien sûr, beaucoup de travailleurs étaient déjà à l’œuvre lorsque les méfaits ont été commis. Dans la construction par exemple, les chantiers ouvrent dès 7h. Toutefois, quand les bétonnières et les autres transporteurs de matériaux lourds sont paralysés par la congestion, l’activité ralentit.

Pour les autres travailleurs, l’arrivée au boulot avec au moins une heure de retard et plusieurs minutes passées à commenter la situation ont occasionné des pertes de production importantes, sans compter des salaires rognés pour au moins tous ceux qui doivent présenter leur carte dans l’horloge à poinçon.

Durant une journée normale, il faut moins de 30 minutes pour rouler des stations Henri-Bourassa à Place-d’Armes, selon l’expérience quotidienne de celui qui écrit ces lignes. Hier, dans l’essaim de pare-chocs, il lui aura fallu près de 90 minutes pour faire le trajet.

On estime à 100 milliards de dollars la valeur des biens et services produits en un an dans l’île de Montréal. Une heure de travail en moins représente 11,4 millions qui n’auront pas été générés.

En réalité, c’est sans doute bien davantage. « Quel est le coût en stress que cet événement génère ? Ça ne se calcule jamais, déplore Michel Leblanc, président de la CCMM. Il y a une tension qui se construit, y a du monde en maudit. L’anarchie a un coût. »

Les pertes sont en général de petites sommes qui, lorsqu’on en fait l’addition, donnent des millions à l’échelle de la métropole.

Une heure de travail en moins, c’est 18,75$ de moins pour un grand nombre de salariés, si on prend pour repère le salaire médian.

Pour compenser, plusieurs ont laissé tomber le muffin, le croissant ou le café au lait pour se rabattre sur une friandise ou le jus de la distributrice : les petits comptoirs-lunchs ont été les premiers à encaisser les coûts rattachés à ces méfaits publics. Et ça ne faisait que commencer. Plusieurs n’ont pas reçu les pains, tomates, laitues, jambon frais pour confectionner les sandwiches du midi ou se sont retrouvés avec des employés en moins pour les préparer.

Ceux qui ont eu la possibilité de se rabattre sur le télétravail ont annulé la réservation au resto où traditionnellement plusieurs employés dînent les jeudis, jour de paye. Des couverts en moins pour bon nombre de bistrots qui avaient commencé à les préparer dès l’aube.

En général, dans la congestion, ce sont toutes les entreprises qui fonctionnent en mode juste à temps qui subissent les contrecoups.

Et ça commence par les firmes de camionnage, chargées de livrer toutes sortes de marchandises du terminal A aux points B, C et D puis d’en collecter d’autres des points E, F et G pour les ramener au terminal où elles seront transbordées en vue d’une livraison vers leur point de chute.

C’est un processus en flux continu. Les retards perturbent toute la chaîne et entraînent chez l’un des pertes de production, chez l’autre des ventes ratées.

« C’est beaucoup de stress pour nos chauffeurs, déplore Jean-Robert Lessard, vice-président marketing chez Robert. Nos employés sont payés à l’heure, mais ils veulent avant tout être à l’heure chez le client. »

Le transporteur, qui exploite un parc de plusieurs centaines de camions qui font beaucoup la navette Montréal-Toronto-Montréal exploite deux terminaux pour desservir Montréal: un à Dorval pour les clients de l’Ouest-de-l’Île, l’autre à Boucherville.

Les perturbations d’hier l’ont forcé à mettre d’autres camions sur la route pour compléter la collecte des camions qui accumulaient les retards de livraison. Coût de l’opération selon M. Lessard : de 35 000$ à 50 000$.

Et on ne compte pas ceux de leurs clients.

On pourrait poursuivre l’énumération presque à l’infini. Telle est la réalité d’une grande ville : quand tout tourne rondement, c’est un carrefour d’efficience et de productivité. Quand ça dérape, c’est comme à la roulette : rien ne va plus.

Presse terroriste (Rudy Le Cours, LaPresse.ca, 11 mai 2012)


Perturbations dans le métro : Des arrestations seraient imminentes

Les policiers seraient sur le point, selon ce que rapportent plusieurs médias, de mettre la main au collet de suspects qui auraient lancé des bombes fumigènes paralysant ainsi toutes les lignes du métro de Montréal, en pleine heure de pointe, jeudi matin.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336740612.jpg

Selon ce que rapporte le quotidien La Presse, au moins trois suspects seraient dans la mire des policiers, soient V. L…, une étudiante en sexologie, F.-V. G…, un étudiant en sociologie et É. C…, qui elle étudierait en géographie. Ils seraient tous dans la mi-vingtaine.

Toujours ce que rapporte le quotidien, ces trois individus seraient d’ardents militants depuis le début du conflit opposant les étudiants au gouvernement.

V. L… aurait même quitté l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), il y a quelques mois, ne la jugeant « pas assez radicale ».

D’autres suspects seraient également recherchés par les policiers, puisque les bombes ont été lancées dans différentes stations à seulement quelques minutes d’intervalle, ce qui porte à croire que d’autres individus pourraient être impliqués.

Vers 7h vendredi, personne n’avait été formellement accusé de quoi que ce soit et c’est pourquoi le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), refusait de confirmer ou d’infirmer les informations rendues publiques.

La porte-parole Anie Lemieux expliquait que « les enquêteurs travaillent toujours très fort pour tenter d’identifier et de trouver, surtout, les auteurs de ces méfaits ».

Par ailleurs, la Société de transport de Montréal (STM) assurait, jeudi après-midi, que plus d’inspecteurs seraient en devoir, question d’éviter une autre situation similaire.

Conseil de ville spécial

Si le maire Gérald Tremblay a lancé un cri du cœur, jeudi, en demandant que tous prennent leurs responsabilités pour mettre un terme au conflit, il a annoncé, vendredi, qu’un conseil de ville spécial se tiendra le 18 mai prochain, « afin de faire adopter le nouveau règlement encadrant les manifestations ».

« J’ai déjà dit que j’étais prêt à accélérer l’adoption de ce règlement si la situation continuait de se dégrader dans la métropole. Hier (jeudi), j’ai voulu amener le débat à un autre niveau (…) Cependant, il devient urgent de donner aux policiers le plus rapidement possible tous les outils nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens », a-t-il déclaré, par voie de communiqué.

« Le climat social se détériore et certains en profitent pour commettre des actes criminels. J’ai honte de voir ce qui se passe dans ma ville », a ajouté le maire Tremblay, en lien avec les incidents survenus dans le métro.

Presse terroriste (Agence QMI, 11 mai 2012)

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