[Printemps érable] « Le climat social se détériore et certains en profitent pour commettre des actes criminels »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336740369.jpgLe métro de Montréal paralysé deux heures à cause de bombes fumigènes

Des engins fumigènes ont été lancés jeudi matin dans au moins trois stations du métro de Montréal, entraînant l’interruption du trafic sur l’ensemble du réseau pendant environ deux heures, a indiqué la police de la métropole québécoise.

Le service a été arrêté peu après 08H00 locales, à l’heure de pointe, après le signalement de fumée dans les couloirs du métro, a indiqué un porte-parole de la police, Simon Delorme. Aucun blessé n’a été signalé, tandis qu’une personne incommodée par la fumée a reçu des soins sur place.

Le trafic a repris graduellement vers 10H00. Auparavant la Société de transport de Montréal (STM) avait mis des autobus à la disposition des passagers évacués du métro.

La police, qui n’a procédé à aucune interpellation, a ouvert une enquête, a indiqué M. Delorme. Elle avait notamment l’intention de visionner les enregistrements vidéos des caméras de sécurité.

Le ministre provincial de la Sécurité public Robert Dutil, a qualifié l’incident d’intolérable, tandis que son collègue des Transports, Pierre Moreau, a jugé que, peu importe la cause que défendent les gens à l’origine de ces incidents, ils ne doivent pas en faire subir les conséquences aux citoyens.

Des engins fumigènes avaient déjà été lancés dans le métro et dans un centre commercial il y a deux semaines. Ces incidents, sans conséquences autres que des retards pour les voyageurs et dont les responsables n’ont pas été identifiés, étaient survenus dans le contexte de manifestations, parfois violentes, des étudiants québécois opposés à la hausse des droits de scolarité décrétée par le gouvernement.

Ce conflit étudiant, déclenché début février, est toujours en cours, une proposition d’accord du gouvernement faisant l’objet de votes dans les assemblées générales d’étudiants des établissements d’enseignement supérieur. Plusieurs assemblées ont rejeté l’offre gouvernementale ces derniers jours.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 10 mai 2012)


Perturbations dans le métro : un chaos qui coûte cher

Bien malin qui pourra chiffrer avec exactitude les pertes des salariés, des entreprises et de l’économie montréalaise tout entière, causées par les actes de sabotage dans le métro jeudi matin. Mais selon une estimation prudente, elles atteignent 10 à 15 millions de dollars.

Il s’agit bel et bien d’un sabotage économique, c’est-à-dire d’actes matériels « tendant à empêcher le fonctionnement normal d’un service, d’une entreprise, d’une machine, d’une installation », selon la définition même du Petit Robert.

La Société de transport de Montréal évalue à quelque 125’000 personnes qui ont été privées de métro à partir de 7h45. Si quelques courageux chanceux se sont rués sur des BIXI malgré la pluie froide, ou sont montés dans des taxis, la plupart se sont retrouvés à la rue où les attendaient des autobus bondés et une congestion monstre.

Une étude de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM) publiée à l’automne 2010 évaluait à quelque 2 millions le nombre de déplacements dans la métropole durant l’heure de pointe. La moitié de ces déplacements environ sont rattachés au travail. (L’île de Montréal compte près de 1 million d’emplois.)

Bien sûr, beaucoup de travailleurs étaient déjà à l’œuvre lorsque les méfaits ont été commis. Dans la construction par exemple, les chantiers ouvrent dès 7h. Toutefois, quand les bétonnières et les autres transporteurs de matériaux lourds sont paralysés par la congestion, l’activité ralentit.

Pour les autres travailleurs, l’arrivée au boulot avec au moins une heure de retard et plusieurs minutes passées à commenter la situation ont occasionné des pertes de production importantes, sans compter des salaires rognés pour au moins tous ceux qui doivent présenter leur carte dans l’horloge à poinçon.

Durant une journée normale, il faut moins de 30 minutes pour rouler des stations Henri-Bourassa à Place-d’Armes, selon l’expérience quotidienne de celui qui écrit ces lignes. Hier, dans l’essaim de pare-chocs, il lui aura fallu près de 90 minutes pour faire le trajet.

On estime à 100 milliards de dollars la valeur des biens et services produits en un an dans l’île de Montréal. Une heure de travail en moins représente 11,4 millions qui n’auront pas été générés.

En réalité, c’est sans doute bien davantage. « Quel est le coût en stress que cet événement génère ? Ça ne se calcule jamais, déplore Michel Leblanc, président de la CCMM. Il y a une tension qui se construit, y a du monde en maudit. L’anarchie a un coût. »

Les pertes sont en général de petites sommes qui, lorsqu’on en fait l’addition, donnent des millions à l’échelle de la métropole.

Une heure de travail en moins, c’est 18,75$ de moins pour un grand nombre de salariés, si on prend pour repère le salaire médian.

Pour compenser, plusieurs ont laissé tomber le muffin, le croissant ou le café au lait pour se rabattre sur une friandise ou le jus de la distributrice : les petits comptoirs-lunchs ont été les premiers à encaisser les coûts rattachés à ces méfaits publics. Et ça ne faisait que commencer. Plusieurs n’ont pas reçu les pains, tomates, laitues, jambon frais pour confectionner les sandwiches du midi ou se sont retrouvés avec des employés en moins pour les préparer.

Ceux qui ont eu la possibilité de se rabattre sur le télétravail ont annulé la réservation au resto où traditionnellement plusieurs employés dînent les jeudis, jour de paye. Des couverts en moins pour bon nombre de bistrots qui avaient commencé à les préparer dès l’aube.

En général, dans la congestion, ce sont toutes les entreprises qui fonctionnent en mode juste à temps qui subissent les contrecoups.

Et ça commence par les firmes de camionnage, chargées de livrer toutes sortes de marchandises du terminal A aux points B, C et D puis d’en collecter d’autres des points E, F et G pour les ramener au terminal où elles seront transbordées en vue d’une livraison vers leur point de chute.

C’est un processus en flux continu. Les retards perturbent toute la chaîne et entraînent chez l’un des pertes de production, chez l’autre des ventes ratées.

« C’est beaucoup de stress pour nos chauffeurs, déplore Jean-Robert Lessard, vice-président marketing chez Robert. Nos employés sont payés à l’heure, mais ils veulent avant tout être à l’heure chez le client. »

Le transporteur, qui exploite un parc de plusieurs centaines de camions qui font beaucoup la navette Montréal-Toronto-Montréal exploite deux terminaux pour desservir Montréal: un à Dorval pour les clients de l’Ouest-de-l’Île, l’autre à Boucherville.

Les perturbations d’hier l’ont forcé à mettre d’autres camions sur la route pour compléter la collecte des camions qui accumulaient les retards de livraison. Coût de l’opération selon M. Lessard : de 35 000$ à 50 000$.

Et on ne compte pas ceux de leurs clients.

On pourrait poursuivre l’énumération presque à l’infini. Telle est la réalité d’une grande ville : quand tout tourne rondement, c’est un carrefour d’efficience et de productivité. Quand ça dérape, c’est comme à la roulette : rien ne va plus.

Presse terroriste (Rudy Le Cours, LaPresse.ca, 11 mai 2012)


Perturbations dans le métro : Des arrestations seraient imminentes

Les policiers seraient sur le point, selon ce que rapportent plusieurs médias, de mettre la main au collet de suspects qui auraient lancé des bombes fumigènes paralysant ainsi toutes les lignes du métro de Montréal, en pleine heure de pointe, jeudi matin.

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Selon ce que rapporte le quotidien La Presse, au moins trois suspects seraient dans la mire des policiers, soient V. L…, une étudiante en sexologie, F.-V. G…, un étudiant en sociologie et É. C…, qui elle étudierait en géographie. Ils seraient tous dans la mi-vingtaine.

Toujours ce que rapporte le quotidien, ces trois individus seraient d’ardents militants depuis le début du conflit opposant les étudiants au gouvernement.

V. L… aurait même quitté l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSE), il y a quelques mois, ne la jugeant « pas assez radicale ».

D’autres suspects seraient également recherchés par les policiers, puisque les bombes ont été lancées dans différentes stations à seulement quelques minutes d’intervalle, ce qui porte à croire que d’autres individus pourraient être impliqués.

Vers 7h vendredi, personne n’avait été formellement accusé de quoi que ce soit et c’est pourquoi le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM), refusait de confirmer ou d’infirmer les informations rendues publiques.

La porte-parole Anie Lemieux expliquait que « les enquêteurs travaillent toujours très fort pour tenter d’identifier et de trouver, surtout, les auteurs de ces méfaits ».

Par ailleurs, la Société de transport de Montréal (STM) assurait, jeudi après-midi, que plus d’inspecteurs seraient en devoir, question d’éviter une autre situation similaire.

Conseil de ville spécial

Si le maire Gérald Tremblay a lancé un cri du cœur, jeudi, en demandant que tous prennent leurs responsabilités pour mettre un terme au conflit, il a annoncé, vendredi, qu’un conseil de ville spécial se tiendra le 18 mai prochain, « afin de faire adopter le nouveau règlement encadrant les manifestations ».

« J’ai déjà dit que j’étais prêt à accélérer l’adoption de ce règlement si la situation continuait de se dégrader dans la métropole. Hier (jeudi), j’ai voulu amener le débat à un autre niveau (…) Cependant, il devient urgent de donner aux policiers le plus rapidement possible tous les outils nécessaires pour assurer la sécurité des citoyens », a-t-il déclaré, par voie de communiqué.

« Le climat social se détériore et certains en profitent pour commettre des actes criminels. J’ai honte de voir ce qui se passe dans ma ville », a ajouté le maire Tremblay, en lien avec les incidents survenus dans le métro.

Presse terroriste (Agence QMI, 11 mai 2012)

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