[Rennes, samedi 22 & dimanche 23 septembre] « Mettons à jour nos systèmes Debian et chassons les bogues ! »

Ce week-end à la MG (en plus des Touaregs) : « Mettons à jour nos systèmes Debian et chassons les bogues ! »

Venez mettre votre système Debian à jour vers la prochaine version, et dans le même mouvement, contribuer à sa sortie rapide en rapportant des problèmes !

Debian est un système d’exploitation libre pour votre ordinateur. Un système d’exploitation est la suite des programmes de base et des utilitaires qui permettent à un ordinateur de fonctionner.

Nous utilisons Debian, nous aimons Debian. Soit dit en passant, Tails est basé sur Debian.

La prochaine version de Debian, qui sortira dans quelques mois et s’appellera Wheezy, est actuellement « gelée » : aucun changement n’y est fait, sauf pour corriger les problèmes (bogues, ou bugs en anglais) restants.

Alors en ce moment, des évènements de chasse aux bogues sont organisés un peu partout dans le monde : ce sont des rassemblements de développeurs Debian et de sympathisants Debian, sur une période donnée, pendant laquelle ces personnes tentent de résoudre autant de bogues que possible.

Nous avons décidé de participer à cette chasse aux bogues, d’une façon accessible à quiconque utilise Debian : pendant un week-end, nous allons mettre à jour, ensemble, nos systèmes Debian vers la version « de développement » qu’est actuellement Wheezy. Au passage, nous rencontrerons sans doute quelques problèmes résiduels. Nous apprendrons à rapporter ces problèmes de façon à ce que les développeurs Debian puissent les corriger à temps. Ainsi, Wheezy marchera bien, et sera prête au plus vite !

Amène donc ton ordinateur, avec son système Debian Squeeze, pour un week-end à l’atelier informatique de la Maison de la Grève !

Où ?
Maison de la Grève – 37 rue Legraverand – Rennes

Quand ?
En septembre 2012, et plus précisément :
• samedi 22 : de 13h30 à 16h
• dimanche 23 : de 10h à 22h
(Et oui, il faut venir les deux jours. Et non, on ne peut pas venir seulement une partie du temps.)

À tout à l’heure !

Maison de la Grève

Publié dans Cybernétique | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Rennes, samedi 22 & dimanche 23 septembre] « Mettons à jour nos systèmes Debian et chassons les bogues ! »

[Paris, mardi 25 septembre] Militants anti-pubs en procès

Trois militants parisiens (1 fille, 2 garçons) sont accusés d’avoir brisé environ 70 panneaux publicitaires LCD dans le métro parisien dans la période de mai à septembre 2010. Ils ne nient pas les faits reprochés. Les dégâts s’élèvent à plus de 200’000 euros. Depuis l’arrestation en septembre 2010 les trois personnes se retrouvent sous contrôle judiciaire mensuel. Ils risquent une amende importante plus des travaux d’intérêt général, du sursis ou de la prison.

Le procès se déroulera le 25 septembre 2012 à l’audience de 9h au Tribunal de grande instance (TGI) de Paris (4, boulevard du Palais 75055 PARIS CEDEX 01), 10e chambre. Ils invitent tous ceux et celles qui ont envie de les soutenir à venir à l’audience ou à faire des actions de soutien devant le bâtiment du TGI.

Démosphère

Publié dans Antipub | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Paris, mardi 25 septembre] Militants anti-pubs en procès

[Châteauroux] Comment accommoder le maton

« Monsieur a le crachat facile »

Tribunal correctionnel de Châteauroux. Sept mois ferme et 200  € d’amende pour avoir craché et traité de noms d’oiseaux un surveillant pénitentiaire à la maison d’arrêt.

Petit préambule avant d’entrer dans le box des accusés. Le prévenu encadré par les forces de police interpelle un homme dans la salle d’audience. « Qu’est ce que fait votre frère ici ? », interroge, d’emblée, la présidente, Anne-Françoise Bregaud. « Ça fait longtemps qu’on ne s’est pas vus, c’était l’occasion », répond le prévenu qui doit répondre d’outrage à personne ayant autorité.

Détenu à la maison d’arrêt de Châteauroux pour des faits similaires, et donc en état de récidive légale, le prévenu, un trentenaire, est accusé d’avoir par deux fois, le 30 mai 2012 et le 4 juin, traité de « bâtard » et d’autres noms d’oiseaux, un surveillant qui lui avait apporté un papier à signer. En plus des insultes, il aurait craché à deux reprises : une fois sur le bras et une fois au visage du même surveillant. « Il tentait de m’intimider et voulait me faire signer un papier sans que je l’aie lu. Je ne suis pas là pour me plaindre. Tout ce que je voulais, c’est ne plus avoir à faire à lui. » « Vous avez demandé par téléphone à votre frère de “filocher” ce surveillant, ça veut dire quoi ? », questionne la présidente Bregaud, rapportant des échanges téléphoniques sibyllins du prévenu avec son frère (d’où l’inquiétude du début d’audience).

La défense, Me Aurélie Carré, avancera « l’impulsivité de son client ». Me Philippe Talbot, avocat de la partie civile, lancera : « Monsieur a le crachat facile ». Une assertion que ne contestera pas le prévenu, admettant juste que la cible n’a jamais été le surveillant pénitentiaire. Néanmoins, son attitude peu amène avec les surveillants en général lui vaudra trente jours de quartier disciplinaire. Ce sera l’argument majeur de Me Carré s’interrogeant sur « ce que vaut la parole d’un détenu ? » et ajoutant « que le tempérament de mon client lui coûte cher ».

Le procureur, Alice Leclerc, dans sa réquisition, réclamera dans le cadre de la récidive légale, dix mois ferme. Le tribunal après en avoir délibéré a condamné l’homme à 7 mois ferme et 200 € de dommages et intérêts pour les 400 € réclamés par l’avocat de la partie civile.

Presse carcérale (Patricia Lange, lanouvellerepublique.fr, 18 septembre 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Châteauroux] Comment accommoder le maton

[Marseille] Nique la laïcité

Marseille. Une femme voilée mord une policière

Une femme voilée de 18 ans a été condamnée ce jeudi à six mois de prison dont quatre avec sursis par le tribunal correctionnel de Marseille pour avoir mordu une policière lors d’un contrôle d’identité, à la fin du mois de juillet.

La jeune femme, Louise-Marie S…, s’était présentée à l’audience du 6 septembre vêtue d’un niqab noir et gantée, mais le visage découvert. Elle a été reconnue coupable de « violence en réunion sur personne dépositaire de l’autorité publique ».

Les faits s’étaient produits dans la nuit du 25 au 26 juillet, alors qu’elle se trouvait à proximité d’une mosquée dans le centre de Marseille. Mlle S…, entièrement voilée sur la voie publique, avait été contrôlée par deux gardiens de la paix dans le cadre de la législation interdisant le port du voile intégral.

Elle avait refusé d’obtempérer en affirmant aux policiers qu’elle ne respectait pas les lois de la République, ni leur autorité.

L’intervention d’un premier homme, puis un attroupement sur les lieux, avaient provoqué une émeute au cours de laquelle une fonctionnaire de la BAC, arrivée en renfort, avait été mordue par la prévenue.

La condamnation est lourde et les juges sont allés au-delà des réquisitions du procureur, qui avait réclamé six mois de prison avec sursis à son encontre.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr, 20 septembre 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Marseille] Nique la laïcité

[Abat-faim] Guide des produits avec ou sans OGM

Monsanto fashion week

Monsanto, immortel créateur du légendaire et « hippy chic » Agent  Orange, dont nos parents furent si friands, nostalgie, nostalgie ! surtout en Asie du Sud-Est, nous revient — toujours aussi inspiré — avec sa splendide collection Automne-Hiver 2012. L’élégance, autant que la nutrition de qualité, à la portée du plus grand nombre ? Monsanto a répondu oui. Le progrès ne vaut que s’il est partagé par tous.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/57.jpg

Alors vous aussi, comme les bienheureux modèles ci-dessus, exclusivement gavés de maïs OGM NK-603 durant deux ans (et affectés d’un taux de pathologie et de mortalité admirable de près de 75 %), arborez cet hiver — sur les pistes comme au bureau — les tumeurs les plus tendance et les plus ravageuses.

Merci, Monsanto.

Le Moine Bleu, 20 septembre 2012


Guide des produits avec ou sans OGM

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0410.jpg

Le guide complet

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0510.jpg

Les produits laitiers

Greenpeace, août 2011

Publié dans General | Marqué avec , , | Un commentaire

Genres et Classes, Incendo hors série vient de sortir !

INCENDO hors série « GENRES & CLASSES, l’insurrection généralisée qui détruira les hommes et les femmes », vient de sortir   !

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0317.jpg

À l’origine, Incendo est un journal avignonnais créé en 2007 principalement pour relayer l’info sur les luttes locales. Depuis quelques années, notre équipe mène un travail de réflexion sur le rapport hommes/femmes dans le mode de production capitaliste, dont voici le fruit aujourd’hui.

Quels liens entre capitalisme et patriarcat ? Entre genres et classes ? S’agit-il de deux systèmes distincts ? l’un a-t-il engendré l’autre ? Où en est le rapport hommes/femmes aujourd’hui ? Les genres sont-ils des classes ? Peut-on abattre la domination masculine ? Abolir les genres ? Comment ? Sans abattre le capitalisme ? Et la révolution ? Le communisme et les genres feraient-ils bon ménage ? Etc.

Avec ce numéro spécial « genres et classes », nous ne proposons pas de réponses définitives à ces questions. Nous livrons plutôt l’état actuel de nos discussions sur ce sujet, comme un ensemble de notes et de pistes de réflexion, comme une contribution à ce nécessaire débat.

AU SOMMAIRE DE CE NUMÉRO :

• Éditorial
Capitalisme, genres et communisme. L’insurrection généralisée qui détruira les hommes et les femmes
• Prolétaires de tous les pays, qui lave vos chaussettes ? Sur le travail domestique, les femmes et le capitalisme
• Un demi siècle de chamboulement. Quelle famille aujourd’hui ?
• La famille sens dessus dessous ? Sur la reproduction de la force de travail au XIXe siècle
• Paternalisme patronal. Les phalanstères capitalises
• Sur le mouvement de libération des femmes des années 1970. Notes et pistes
• Ne me libérez pas, je m’en charge ! Brèves sur les femmes et les luttes
• Non-mixité et lutte armée, le torchon brûle. Note de lecture critique sur « En catimini, histoire et communiqués des Rote Zora »
• Grève des loyers et grève des mères. Walbrzych (Pologne)
• Des parents d’élèves contre une fermeture de classes. Ou quand des mères s’organisent…
• Mauvaise blague… Je ne veux pas d’enfants…
• Petit lexique et petite bibliographie

« GENRES ET CLASSES, l’insurrection généralisée qui détruira les hommes et les femmes », Incendo hors série, octobre 2012, 208 p., 22 cm, prix libre/3€ en librairie (frais de port pour un exemplaire : 3,10 €).

À commander auprès d’Incendo : Incendo c/o les Chemins non tracés, BP 259, 84011 Avignon cedex 1, FRANCE (si vous voulez faire un chèque, c’est à l’ordre de « les Chemins non tracés »).

Disponible aussi dans de nombreuses bonnes librairies et bons infokiosques près de chez vous.

Pour les PDF des anciens numéros, textes et documents complémentaires, textes critiques, etc., voir sur internet (à partir d’octobre) :

incendo.noblogs.org

Mailing – 20 septembre 2012

Publié dans Critique des médias, Luttes féministes | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Genres et Classes, Incendo hors série vient de sortir !

[Dijon] Fête du quartier occupé des Lentillères – Vendredi 5 & samedi 6 octobre 2012

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Depuis plus de 2 ans, divers collectifs et individus se sont réappropriés les friches de la ceinture maraîchère abandonnée rue Philippe Guignard. Cette dynamique, au départ insufflée par l’occupation d’une parcelle pour créer un potager collectif (le Pot’Col’Le), s’est largement répandue sur toute la friche. Aujourd’hui, parallèlement au Pot’Col’Le, une dizaine de petits potagers vivriers ont essaimé et des ruches pollinisent et produisent du miel. Les maisons et champs délaissés se repeuplent petit à petit, des demandeurs d’asile ont trouvé refuge par ici et une ferme maraîchère s’est installée sur les terres, avec pour objectif de produire des légumes pour le quartier.

Ce que la mairie considère comme une friche abandonnée, que seule la destruction et le bétonnage pourraient sortir de sa létargie, est en fait un espace fourmillant de vie et d’idées.

Avec ces deux jours de fête de quartier, nous voulons faire découvrir ce lieu magique ainsi que les diverses initiatives qui le peuplent depuis 2 ans.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0216.jpg

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Dijon] Fête du quartier occupé des Lentillères – Vendredi 5 & samedi 6 octobre 2012

[Nantes détournée (2)] À mort l’État !

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0120.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/1123.jpg

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/1133.jpg

Publié dans Graffitis divers | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Nantes détournée (2)] À mort l’État !

Communiqué final de la rencontre des chômeurs de Rabat

Les organisations membres de la coordination syndicale euro-méditerranéenne se félicitent de la réussite de la rencontre des organisations de chômeurs et chômeuses des pays du Maghreb, qui se tenait à Rabat les 15 et 16 septembre 2012.

L’Association Nationale des Diplômés Chômeurs du Maroc (ANDCM), l’Union des Diplomés Chômeurs de Tunisie (UDC), le comité national des pré-emploi et du filet social d’Algerie (SNAPAP), ont décidé de renforcer leurs liens, de mettre en place un réseau pour renforcer les luttes. La démarche est ouverte à d’autres organisations, notamment celles de pays qui n’ont pu être présentes lors de cette rencontre (Égypte, Mauritanie, Palestine). La présence d’un représentant des associations de chômeurs et chômeuses de France (MNCP, APEIS, AC!) marque la volonté, et la mise en œuvre, d’un travail pleinement internationaliste.

Nous réaffirmons notre soutien à cet important travail de coordination internationale des mouvements de chômeuses et chômeurs, et de lutte contre le chômage, qui se situent dans le combat global pour une société fondée sur la satisfaction des besoins collectifs et de chacun-e et non l’accaparation de profits par quelques un-es.

Nous poursuivons le soutien matériel, logistique, financier à ces organisations, dans le respect de leur totale autonomie.

La solidarité face à la répression demeure une priorité. C’est la base de notre internationalisme de classe et c’est un moyen essentiel de combattre la répression ! Nous restons en alerte, prêts à répondre aux sollicitations de nos camarades, sous les formes les plus utiles : communiqués pour dénoncer la répression et la faire connaître, rassemblements, manifestations, délégations internationales, … Ainsi, nous réaffirmons notre total soutien aux prisonniers de l’ANDCM et notamment à Halim El Bakkali et Halim Talaai qui passent en procès lundi 17 septembre, aux camarades de l’UDC actuellement confronté-es aux agressions de forces réactionnaires, aux militant-es des comités de chômeurs et chômeuses d’Algérie qui sont poursuivi-es en justice.

Informer des luttes des chômeuses et des chômeurs dans tous les pays est aussi un des rôles du syndicalisme de lutte. Notre coordination continuera de le faire.

La perspective d’actions communes entre organisations de chômeurs et chômeuses de différents pays est une orientation que nous soutenons et à laquelle nous contribuerons en tant que syndicats. Des propositions ont d’ores et déjà été faites, autour de la manifestation des associations de chômeurs et chômeuses en France, le 1er décembre, et pour faire du 16 mai une journée internationale de lutte contre le chômage et la précarité, pour les droits des chômeurs et chômeuses (dans le prolongement de ce qui existe au Maroc depuis l’assassinat par le Pouvoir d’un chômeur militant, le 16 mai 1993).

Organisations de chômeuses et de chômeurs d’une part, syndicats d’autre part, ne sont pas en concurrence. Notre objectif commun est la défense des droits collectifs et individuels et de créer les conditions d’une transformation sociale de la société. C’est pourquoi les organisations membres de la coordination syndicale euro-méditerranéenne saluent chaleureusement les participants et participantes à la rencontre de Rabat, ceux et celles qui y étaient associés mais n’ont pu y assister, et nous nous engageons pleinement dans le soutien et le travail commun.

Organisations membres de la coordination présentes à la rencontre de Rabat, les 15 et 16 septembre 2012 : ANDCM (Maroc), CGT (État espagnol), CNT (France), SNAPAP (Algérie), Union syndicale Solidaires (France), comité syndical Voie démocratique (Maroc).

Publié dans Activités de la CNT, L'insurrection tunisienne et ses suites, Les luttes de classes en Algérie, Luttes des chômeurs et précaires | Marqué avec , , , , , , , , | Commentaires fermés sur Communiqué final de la rencontre des chômeurs de Rabat

[Valence] Comment accommoder le maton

Prison : un gardien agressé par un détenu

Un détenu de la maison d’arrêt de Valence a blessé à la gorge ce matin un surveillant qui a été conduit à l’hôpital, sans que son état inspire d’inquiétude. En fin de matinée, le surveillant a demandé au détenu de réintégrer sa cellule alors qu’il était en discussion avec d’autres prisonniers travaillant dans un atelier. L’agresseur présumé a alors sorti de sa veste un morceau de carreau ou de céramique entouré d’un chiffon et lui a porté un coup à la gorge. Il a été aussitôt placé en quartier disciplinaire, tandis que le surveillant, dont la carotide n’a pas été touchée, était conduit à l’hôpital.

« Comment un détenu a-t-il pu avoir en sa possession une telle arme? », s’interroge Pascal Rossignol, secrétaire général de l’Ufap-Unsa justice de Rhône-Alpes, qui souligne « la difficulté de fouiller correctement les détenus, au nom du respect de leur intimité ». « Les agressions sont légion dans la région où la population pénale est connue pour sa volonté d’en découdre », a ajouté le responsable syndical.

La direction de la maison d’arrêt n’a pas souhaité faire de commentaire sur l’incident.

Leur presse (Agence Faut Payer, 19 septembre 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Valence] Comment accommoder le maton

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 70 – « Beaucoup rêvent leur vie et oublient de vivre leur rêve »

Partie 70

SURPRISE ÉCRIT À CHAUD CE N’ÉTAIT PAS PRÉVU MAIS BON ÇA C’EST CADEAU LOL

À l’heure où les gens dorment moi j’ai décidé de faire parler mon art, la nuit c’est là où mon cerveau se mettait en mode je me replonge dans mon univers le goût de l’écriture est venu malgré moi au mitard des heures à tourner en rond comme un animal au début je taguais ma haine sur les murs sales du tarmi mais à chaque fois je me faisais cramer parce que je signais mes méfaits avec la date LOL je voulais incon­sciemment qu’ils sachent que c’était moi l’coupable de ces insultes proférées lors d’une pulsion de seum qui m’a fait noircir ces murs déjà sales j’ai remarqué qu’après chaque séance j’me sentais mieux à travers chaque mot ils pouvaient ressentir la colère d’un jeune du ghetto j’avais l’impression d’avoir connu que les hebs depuis mes 16 ans j’ai pas arrêté de tomber j’avais grandi entre quatre murs rares ceux qui me connaissaient vraiment sur le bitume de Mantes-la-Jolie tout le monde connaissait Oumar mais pas le fauve qu’il y avait dans ma tête l’écriture est un bon exutoire pour les enragés d’la vie. C’est comme ça que j’ai passé des mois au mitard sans péter un câble BEAUCOUP RÊVENT LEUR VIE ET OUBLIENT DE VIVRE LEUR RÊVE il était hors de question que je fasse partie de ceux-là conscient que ça n’allait pas être facile d’y accéder j’ai pris le risque d’oser me dresser contre l’ordre établi POURQUOI EUX ET PAS NOUS ? QU’EST-CE QU’ILS AVAIENT DE PLUS QUE NOUS ? C’est avec ces phrases en tête que j’ai voulu bâtir mon empire on n’était pas plus mauvais qu’un autre mais juste plus déterminés je ne regrette pas une miette de ce que j’ai fait j’en suis pas fier j’assume un point c’est tout la prison m’avait forgé une carapace je dégageais aucune émotion car JE PARDONNE MAIS EN AUCUN CAS J’OUBLIE.

Si l’écriture ne serait pas rentrée dans ma vie je serais à cette heure-ci à imaginer des plans de dingue à comment taper un fourgon à l’explosif ma plume est en train d’me sauver la vie c’était d’venu ma compagne nuit et jour j’ai empilé des cahiers Conquérant par trentaines LOL mais suis-je vraiment guéri ? Guérit-on de l’argent facile ? Je pense que l’on ne guérit pas mais on résiste juste à l’appel des liasses de billets de 500 euros derrière lesquelles se cacher des années et des années gâchées où tout le monde mettra la messagerie quand tu auras besoin d’eux ils te raccrocheront à la gueule avec cette fameuse phrase « Putain il m’a soûlé çui-là » et ouais la roue tourne des fois dans le mauvais sens selon si tu te trouvais du bon côté du manche n’oublie pas QUE LES ABSENTS ONT TOUJOURS TORT.

Un jour alors que l’on était une bonne équipe on était tout le temps ensemble je ne fumais pas mais comme j’avais des parloirs de temps en temps je faisais rentrer du shit pour mes amis toxicos du shit LOL ils n’avaient pas de parloir du coup c’était avec le cœur sans rien attendre en retour que je le faisais jusqu’au jour que j’ai appris que l’un des mecs avec qui on s’était pris d’amitié d’apparence rien à dire un vrai soldat mais c’que l’on ne savait pas c’est qu’il avait rien dans le froc un jour lors d’une fouille les matons l’attrapent avec 50 g il m’a vendu normal comme un chien mais par chance ils n’ont rien trouvé à se mettre sous la dent il a fini sa peine aux isolés comme un moins-que-rien alors qu’on se pliait en quatre pour le mettre mieux que bien c’est là que j’ai appris que l’habit ne faisait pas le moine fallait se méfier de tout le monde chez des gens en apparence clean pouvait se cacher le pire des tetrais.

2 heures du mat bientôt j’ai laissé tourner mon cerveau au clair de la Lune je vous dédie ces mots mes mots.

PERSONNE EST À L’ABRI de la trahison pour sauver sa peau je suis sûr qu’il trahirait sa propre mère.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 70 – « Beaucoup rêvent leur vie et oublient de vivre leur rêve »

[Copwatch] Les matons travaillent en Géorgie

Géorgie : des vidéos prouvent l’usage de la torture en prison

Les chaînes du pays ont diffusé ces images choquantes en pleine campagne des législatives. Le président Saakachvili tente de réagir.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/68.jpg

Une série de vidéos rendues publiques mardi en Géorgie montrent des scènes de tabassage et de torture de détenus en prison : coups, humiliations et même viol avec un bâton. Elles apportent pour la première fois la preuve de soupçons déjà anciens sur ce qui se passe dans les prisons géorgiennes, malgré les promesses démocratiques de la « révolution des roses » de 2003.

Des ONG locales ou l’ombudsman (Défenseur du citoyen), relayés par des rapports du département d’État américain, avaient soulevé la question des mauvais traitements infligés dans les prisons géorgiennes, sans apporter de telles preuves.

Informé que l’opposition s’apprêtait à rendre publiques ces images, le ministère de l’Intérieur a pris les devant mardi après-midi. Il a « posté » certaines de ces vidéos sur son site Web et arrêté trois responsables du système pénitentiaire, ainsi qu’une quinzaine de gardiens de la prison n°8 de Gldani, à Tbilissi. Il affirme aussi que des membres du personnel de ladite prison ont été soudoyés. Un détenu, Tamaz Tamazashvili — réputé proche de Bidzina Ivanichvili, l’oligarque qui a promis de renverser par les urnes le président Mikhaïl Saakachvili —, serait au centre du système de rémunération mis en place pour filmer ces scènes.

Un pouvoir jusque-là insensible

Mardi soir, toutes les télévisions du pays ont diffusé les terribles images. Les chaînes inféodées au pouvoir en laissant croire que l’initiative venait du gouvernement. Celles de l’opposition en les exploitant pour dénoncer un gouvernement qui ferait semblant de découvrir la triste réalité.

Au beau milieu de la nuit, le président Saakachvili s’est fendu d’une déclaration : « Ceux qui ont organisé, commis et permis ces crimes seront sévèrement punis. (…) Nous n’avons pas mis fin à des années d’impunité et d’absence d’État de droit pour permettre aujourd’hui à quelques-uns, qu’ils soient du monde criminel ou, pire, fonctionnaires du système pénitentiaire lui-même, de commettre de tels crimes. »

Il n’est pas sûr que les Géorgiens croient à ses paroles. « Beaucoup de gens savaient que la torture restait pratiquée en Géorgie, mais nous n’avions pas de telles preuves », explique le défenseur des droits de l’homme Emil Adelkhanov. Le chef de l’État géorgien s’est parfois montré insensible au sort de détenus torturés : en 2004, les photos de Sulkhan Molashvili brûlé à la cigarette et couvert d’hématomes l’avaient conduit à suggérer que cet ex-président de la Cour des comptes accusé de corruption s’était infligé lui-même ces blessures.

Ces vidéos pourraient peser sur le résultat des élections parlementaires du 1er octobre. Un tiers des électeurs seraient encore indécis, hésitant entre le parti présidentiel (largement en tête) et le « Rêve géorgien » du milliardaire Bidzina Ivanichvili, entré en politique voici bientôt un an.

Leur presse (Régis Genté à Tbilissi, LeFigaro.fr, 19 septembre 2012)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur [Copwatch] Les matons travaillent en Géorgie

[Corée du Sud] Les milices patronales travaillent

La « privatisation de la violence » se répand en Corée du Sud

Les grandes entreprises ont souvent recours à des sociétés paramilitaires privées pour briser les grèves.
L’opposition dénonce la complaisance du pouvoir vis-à-vis de ces pratiques.
Un récent scandale a contraint les autorités à réagir.

Le 27 juillet à 5 heures du matin, à Ansan, au sud de Séoul, 200 hommes armés de matraques forcent l’entrée de l’usine de pièces automobiles SJM, occupée par son personnel en grève. Équipés comme des policiers antiémeute, avec casques et boucliers en plexiglas, les assaillants passent à tabac les grévistes. Une trentaine d’ouvriers sont blessés, dont une dizaine gravement pour avoir tenté de s’enfuir en sautant par les fenêtres. La police, prévenue et présente sur place, n’est pas intervenue.

Les agresseurs étaient des employés de Contactus, une société de sécurité qui se qualifie elle-même « d’entreprise militaire privée » sur son site Internet, aujourd’hui fermé. Elle affirme pouvoir mobiliser une force de 3000 hommes si nécessaire, bien équipée : armures, chiens, canons à eau antiémeute montés sur des camions, et petits hélicoptères sans pilote.

« Lors de l’attaque, les policiers sont restés assis sur leurs mains », s’insurge Cho Ho-joon, représentant du syndicat de SJM, en expliquant que « ce type de violences existe depuis plusieurs années ». L’affaire SJM a cependant soulevé une vague d’indignation en Corée du Sud, inquiète de l’utilisation croissante par les grandes entreprises de ces briseurs de grève professionnels, qui semblent opérer en toute impunité.

Des sociétés de mieux en mieux organisées

« Les sociétés de sécurité privées existent dans d’autres pays. Mais en Corée leurs activités sont uniques : elles servent à expulser de force les résidents des quartiers pauvres voués à la reconstruction, et à écarter les syndicats en grève. Elles sont de mieux en mieux organisées. Il est pourtant interdit à des sociétés privées de posséder de tels équipements lourds et de recourir à la violence. Mais sous l’administration Lee Myung-bak, le gouvernement n’applique pas strictement la loi », s’indigne Park Hui-hyeon, de l’ONG Minbyung, qui rassemble des avocats.

Le président conservateur Lee Myung-bak, élu en 2007, a été directeur de Hyundai Constructions, une branche du conglomérat sud-coréen Hyundai. Il lui est souvent reproché une trop grande tolérance vis-à-vis des pratiques des grandes entreprises.

De nombreux observateurs estiment que l’attaque contre la SJM n’a pas pu se produire sans la connivence des agences gouvernementales. « La société Contactus a prospéré sous l’administration Lee Myung-bak », affirme, de son côté, le quotidien de centre-gauche Hankyoreh. Les médias coréens ont ainsi révélé que le président de Contactus, Moon Sung-ho, est aussi membre du parti au pouvoir, le Saenuri.

Mobilisation de l’opposition

Même le Joongang Ilbo, un grand quotidien conservateur et proche du gouvernement, se dit « alarmé » par l’essor de ces « organisations composées en majorité de gangsters, qui se sont transformées en sociétés légales spécialisées dans la lutte contre les travailleurs syndiqués ». Le journal reproche néanmoins aux syndicats coréens, traditionnellement très puissants, de ne pas hésiter non plus à avoir recours à des actions parfois violentes.

Depuis l’affaire SJM, l’opposition s’est émue. Le Parti démocrate a convoqué la société devant une commission parlementaire. Une députée démocrate a rendu public un rapport qui dresse la liste des principales entreprises ayant fait appel, avant 2011, aux services de Contactus. En deuxième position y apparaît d’ailleurs la filiale coréenne de l’équipementier français Valeo Electrical Systems.

Obligée de réagir face au scandale, la police a présenté des excuses, et a révoqué en août la licence commerciale de Contactus, rendant la société illégale. Son directeur et quatre cadres sont poursuivis en justice. Les dirigeants de l’entreprise SJM, commanditaire de ces services musclés, font eux aussi l’objet d’une enquête judiciaire.

De dégats déjà considérables

Mais cela ne signifie pas la fin de ces pratiques. Les syndicats soulignent que des douzaines d’autres sociétés de ce type existent toujours. Et, surtout, que les dégâts réalisés sont déjà considérables : « Nous voyons les syndicats être éjectés les uns après les autres des usines. Notamment des entreprises qui auparavant n’embauchaient que des travailleurs réguliers, explique dans Hankyoreh Oh Min-gyu, du syndicat des travailleurs intérimaires. Ce n’est pas le problème d’une seule entreprise. Ces pratiques ont eu un impact sur tout le marché du travail. »

Presse cul-bénite (Frédéric Ojardias à Séoul, La-Croix.com, 16 septembre 2012)

Publié dans Radicalisation des luttes ouvrières, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Corée du Sud] Les milices patronales travaillent

[« Antiterrorisme »] La méthode danoise

Extrême gauche danoise : 14 arrestations

Les services du renseignement danois ont annoncé ce matin avoir fait arrêter 14 militants d’extrême gauche qui selon eux préparaient « des actes de vandalisme » contre la police et l’État.

Sept hommes et sept femmes âgés de 16 à 48 ans ont été interpellés dans la nuit par la police de Copenhague, a indiqué le Service de renseignement et de sécurité (PET), sans préciser leur identité.

« Ceux qui ont été arrêtés avaient l’intention de commettre des actes de vandalisme, la nuit, contre la police et d’autres autorités », ont ajouté les renseignements danois.

« L’enquête dans cette affaire nous a confirmé qu’il y avait toujours des groupes associés aux milieux d’extrême gauche au Danemark qui ont la volonté de perpétrer des dégradations organisées et d’autres formes de délinquance pour des motifs politiques. »

Presse terroriste (LeFigaro.fr, 19 septembre 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [« Antiterrorisme »] La méthode danoise

[Abat-faim] Bouffons les riches (pas les OGM) !

EXCLUSIF. Oui, les OGM sont des poisons !

Des chercheurs français ont étudié secrètement, pendant deux ans, 200 rats nourris au maïs transgénique. Tumeurs, pathologies lourdes… une hécatombe. Et une bombe pour l’industrie OGM.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/21.jpg

Photo du film « Tous cobayes ? »

C’est une véritable bombe que lance, ce 19 septembre à 15 heures, la très sérieuse revue américaine Food and Chemical Toxicology — une référence en matière de toxicologie alimentaire — en publiant les résultats de l’expérimentation menée par l’équipe du français Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen. Une bombe à fragmentation : scientifique, sanitaire, politique et industrielle. Elle pulvérise en effet une vérité officielle : l’innocuité du maïs génétiquement modifié.

Lourdement toxique et souvent mortel

Même à faible dose, l’OGM étudié se révèle lourdement toxique et souvent mortel pour des rats. À tel point que, s’il s’agissait d’un médicament, il devrait être suspendu séance tenante dans l’attente de nouvelles investigations. Car c’est ce même OGM que l’on retrouve dans nos assiettes, à travers la viande, les œufs ou le lait.

En 2006, c’est comme un véritable thriller que commence cette recherche, dont le maître d’œuvre, Gilles-Éric Séralini, divulgue lui-même les conclusions dans un ouvrage à paraître la semaine prochaine (Tous cobayes !, Flammarion, en librairie le 26 septembre).

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/62.jpg

Nom de code In Vivo

Jusqu’en 2011, les chercheurs ont travaillé dans des conditions de quasi-clandestinité. Ils ont crypté leurs courriels comme au Pentagone, se sont interdit toute discussion téléphonique et ont même lancé une étude leurre tant ils craignaient un coup de Jarnac des multinationales de la semence.

Le récit de l’opération — nom de code In Vivo — évoque la très difficile récupération de semences de maïs OGM NK 603, propriété brevetée de Monsanto, par le truchement d’un lycée agricole canadien. Puis la récolte et le rapatriement des « gros sacs de jute » sur le port du Havre fin 2007, avant la fabrication de croquettes dans le secret le plus total et la sélection de deux cents rats de laboratoires dits « Sprague Dawley ». Bilan ? Glaçant : « Après moins d’un an de menus différenciés au maïs OGM, confie le professeur Séralini, c’était une hécatombe parmi nos rats, dont je n’avais pas imaginé l’ampleur ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/23.jpg

Pathologies lourdes, tumeurs mammaires

Tous les groupes de rats, qu’ils soient nourris avec le maïs OGM traité ou non au Roundup, l’herbicide de Monsanto, ou encore alimentés avec une eau contenant de faibles doses d’herbicide présent dans les champs OGM, sont frappés par une multitude de pathologies lourdes au 13e mois de l’expérience. Chez les femelles, cela se manifeste par des explosions en chaine de tumeurs mammaires qui atteignent parfois jusqu’à 25% de leur poids. Chez les mâles, ce sont les organes dépurateurs, le foie et les reins, qui sont atteints d’anomalies marquées ou sévères. Avec une fréquence deux à cinq fois plus importante que pour les rongeurs nourris au maïs sans OGM.

Comparaison implacable : les rats OGM déclenchent donc de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats non OGM quel que soit leur sexe. Au début du 24e mois, c’est-à-dire à la fin de leur vie, de 50% à 80% des femelles OGM sont touchées contre seulement 30% chez les non-OGM.

Surtout, les tumeurs surviennent nettement plus vite chez les rats OGM : vingt mois plus tôt chez les mâles, trois mois plus tôt chez les femelles. Pour un animal qui bénéficie de deux ans d’espérance de vie, l’écart est considérable. À titre de comparaison, un an pour un rongeur, c’est à peu près l’équivalent d’une quarantaine d’années pour un homme…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/221.jpg

Exiger des comptes

C’est forte de ces conclusions que Corinne Lepage, dans un livre qui paraît vendredi 21 septembre (La vérité sur les OGM, c’est notre affaire, Éditions Charles Léopold Mayer), entend bien exiger des comptes auprès des politiques et des experts, français et européens, des agences sanitaires et de la Commission de Bruxelles, qui se sont si longtemps opposés et par tous les moyens au principe d’une étude de longue durée sur l’impact physiologique des OGM.

Cette bataille, l’ex-ministre de l’Écologie et première vice-présidente de la commission Environnement, Santé publique et Sécurité alimentaire à Strasbourg, la mène depuis quinze ans au sein du Criigen (Comité de Recherche et d’Information indépendantes sur le Génie génétique) avec Joël Spiroux et Gilles-Éric Séralini. Une simple association 1901 qui a pourtant été capable de réunir de bout en bout les fonds de cette recherche (3,2 millions d’euros) que ni l’Inra, ni le CNRS, ni aucun organisme public n’avaient jugé judicieux d’entreprendre.

Une étude financée par Auchan et Carrefour

Comment ? Autre surprise : en sollicitant la Fondation suisse Charles Léopold Mayer. Mais aussi les patrons de la grande distribution (Carrefour, Auchan…), qui se sont réunis pour l’occasion en association. Depuis la vache folle, ces derniers veulent en effet se prémunir de tout nouveau scandale alimentaire. À tel point que c’est Gérard Mulliez, fondateur du groupe Auchan, qui a débloqué les premiers financements.

L’étude du professeur Séralini laisse donc présager une nouvelle guerre meurtrière entre pro et anti-OGM. Les agences sanitaires exigeront-elles de toute urgence des études analogues pour vérifier les conclusions des scientifiques français ? Ce serait bien le moins. Monsanto, la plus grande firme mondiale de semences transgéniques, laissera-t-elle faire ? Peu probable : sa survie serait en jeu. Pour une seule plante OGM, il y a une centaine de variétés. Ce qui impliquerait au moins une dizaine d’études de 100 à 150 millions d’euros chacune !

Le temps de la vérité

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/63.jpg

Sauf que, dans cette nouvelle confrontation, le débat ne pourra plus s’enliser comme par le passé. Dés le 26 septembre, chacun pourra voir au cinéma le film choc de Jean-Paul Jaud, Tous Cobayes ?, adapté du livre de Gilles-Éric Séralini, et les terribles images des rats étouffant dans leurs tumeurs. Des images qui vont faire le tour de la planète et d’internet, puisqu’elles seront diffusées sur Canal+ (au « Grand Journal » du 19 septembre) et sur France 5 (le 16 octobre dans un documentaire). Pour les OGM, l’ère du doute s’achève. Le temps de la vérité commence.

> À lire : l’interview de Gilles-Éric Séralini, ainsi que des extraits de son livre Tous cobayes ! (Flammarion), dans Le nouvel Observateur du 20 septembre.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/321.jpg

Gilles-Éric Séralini (au centre), auteur du livre « Tous Cobayes ! »

Guillaume Malaurie


OGM : danger pour les rats, danger pour l’homme ?

La toxicité des OGM et du Roundup sur les rats ne fait plus de doute. Mais est-on sûr qu’ils présentent les mêmes risques pour l’homme ? Le Dr Joël Spiroux, directeur adjoint de l’étude choc, répond.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/341.jpg

« Quand des signes de toxicité apparaissent sur eux, on peut penser qu’ils peuvent se reproduire valablement chez l’homme », assure Joël Spiroux, co-auteur de l’étude choc sur les OGM.

Depuis plus d’un siècle, la révolution industrielle et le développement de la chimie minérale et de la chimie organique de synthèse ont eu pour corollaire un largage colossal de xénobiotiques sur la planète. 3 millions de tonnes par an en 1930 et 410 millions de tonnes en 2010. Ces produits étrangers (« xéno ») à la vie (« bio »), ne sont pas reconnus par nos systèmes de protection et de défenses et sont pour la plupart toxiques pour beaucoup d’organismes vivants. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle ils sont testés avant la mise sur le marché.

Malheureusement, les études courantes de toxicité se révèlent inefficaces pour garantir la sécurité sanitaire de la population, en particulier pour les OGM et les pesticides. Les graves résultats mis en évidence dans l’étude de Gilles-Éric Séralini et Joël Spiroux, co-auteur et directeur adjoint de la première étude sur une vie entière de rats nourris aux OGM (action perturbatrice endocrinienne, développement de tumeurs, pathologies hépatiques et rénales…) peuvent être considérés comme valablement transposables à l’homme. Et risquent d’obliger scientifiques et producteurs à réévaluer tous les OGM et tous les pesticides avec des protocoles de deux ans aussi détaillés que celui de Gilles-EÉric Séralini.

Votre étude, montre des effets toxiques du maïs OGM NK 603 et de son herbicide associé le Roundup. Est-on sûr qu’ils agissent de même chez l’homme ?

La toxicité des xénobiotiques est évaluée avant leur mise sur le marché par des études in vitro, c’est-à-dire sur des cellules humaines, ou sur des petits mammifères comme les rats, qu’on choisit parce qu’ils nous ressemblent : leur système métabolique et leurs organes (reins, foie, cœur…) fonctionnent à peu près comme les nôtres. Quand des signes de toxicité apparaissent sur eux, on peut penser qu’ils peuvent se reproduire valablement chez l’homme.

Pour les médicaments, les études sont d’abord réalisées in vitro puis sur des petits mammifères comme pour les xénobiotiques, mais aussi sur des grands mammifères (petits et grands singes notamment) et enfin directement sur l’homme — ce qui est impossible éthiquement avec les xénobiotiques. Nos détracteurs disent souvent que les études « in vitro » ne peuvent pas être transposées directement à l’homme, et lorsque nous utilisons des rats, on crie au scandale car il est impensable de faire souffrir des petits rats pour les expérimentations. Le médecin que je suis préfère encore utiliser des rats que de voir la population mondiale et nos enfants servir de cobayes !

Pourquoi les études in vitro ne suffisent pas ?

Nous en réalisons depuis plus de dix ans dans notre laboratoire. Elles sont pertinentes mais très partielles. Elles ont notamment mis en évidence un impact de xénobiotiques comme le Roundup et le Bisphénol A (BPA) sur les cellules humaines du foie, du rein, du cordon ombilical, du placenta et sur les cellules embryonnaires ; ce qui a donné lieu à plusieurs publications internationales. Mais elles ne portent à chaque fois que sur une lignée cellulaire, celle du foie par exemple, sans tenir compte du contexte d’interactions avec les autres organes. Un tube à essai rempli de cellules, fussent-elles humaines, ne peut en aucun cas correspondre à la grande complexité d’un corps de mammifère. D’où l’importance de passer du tube à essai au petit mammifère.

À quoi équivaut, à l’échelle de l’homme, la quantité d’OGM ingurgités par vos rats pendant deux ans ?

Dans notre étude, les dosages de maïs OGM sont comparables à ce que mangent en une vie les populations du continent américain, où les OGM sont en vente libre, non étiquetés, non tracés. Ce qui empêche d’ailleurs de les identifier comme agents pathogènes. L’épidémiologie actuelle, qui associe un agent pathogène à une pathologie bien caractéristique, n’est pas faite pour dépister des maladies chroniques environnementales comme les cancers, le diabète ou l’obésité, qui sont multifactorielles et qui se développent différemment selon l’état de la personne (âge, grossesse…). Cette difficulté ouvre la porte au déni. C’est pourquoi on entend dire par exemple que les Américains mangent des OGM depuis 15 ans et ne sont pas malades.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/41.jpg

Et en France ?

En France et dans les autres pays sous moratoire, nous sommes relativement protégés. Nous le serions beaucoup moins si nous laissions entrer les OGM. Nous en consommons à l’état de traces. Les animaux de boucherie en absorbent souvent plus que nous car ils sont nourris aux tourteaux de soja et aux farines de maïs qui contiennent des OGM, importés du continent américain.

Pourquoi ces animaux ne développent-ils pas de tumeurs ?

Parce qu’ils ne vivent pas assez longtemps. L’espérance de vie des rats de laboratoire que nous avons utilisés est de deux ans à deux ans et demi. On sait donc qu’à 12 mois, ils ont l’équivalent d’environ 40 ans chez l’homme. L’espérance de vie des bœufs, elle, est de 15 à 20 ans. Jusque dans les années 1940, on les abattait vers 7 ans. Mais avec le développement de l’élevage industriel, on s’est mis à les abattre de plus en plus tôt : 5 ans, 3 ans, 18 mois, et même moins maintenant. On ne dispose pas d’assez de temps pour connaître l’impact de leur alimentation sur leur santé.

Vous avez exposé certains rats à de l’eau contenant des dosages variables de Roundup. Les hommes connaissent-ils des expositions équivalentes ?

Dans notre étude, nous exposons trois groupes de rats à trois dosages de Roundup différents. La dose la moins forte correspond celle qu’on peut retrouver dans l’eau du robinet en Bretagne pendant la période d’épandage. La dose moyenne correspond à la dose résiduelle dans les aliments considérée comme acceptable pour l’homme aux États-Unis. La dose la plus forte enfin, correspond à ce qu’un agriculteur peut absorber quand il fait un épandage sans précaution. Nous sommes dans des situations qui correspondent vraiment à la réalité environnementale et aux risques émergents.

Étape suivante ?

Il nous reste d’abord beaucoup de résultats à publier issus de cette étude qui a duré plus de deux ans — au moins quatre ou cinq papiers ! Ensuite, nous prévoyons de nous concentrer en priorité sur la reproduction et l’impact transgénérationel des OGM et des xénobiotiques, qui devrait se révéler aussi préoccupant que pour les autres perturbateurs endocriniens que sont le Distilbène ou le BPA. Reste à trouver l’argent. L’étude que nous sortons aujourd’hui a coûté 3 millions d’euros, celle-ci est estimée entre 5 et 6 millions d’euros.

Propos recueillis par Morgane Bertrand, le 18 septembre 2012


OGM : les images glaçantes du film « Tous cobayes ? »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/311.jpg

« Tous cobayes ? » Telle est la question posée par le professeur Gilles-Éric Séralini au terme d’une expérimentation secrète sur les OGM dont les résultats, glaçants, sont révélés le 19 septembre dans la revue américaine « Food and Chemical Toxicology ». Ces recherches font également l’objet d’un livre et d’un film, réalisé par Jean-Paul Jaud, qui sortiront le 26 septembre en France.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/51.jpg

Photo extraite du film « Tous cobayes ? ». Pendant deux ans, Gilles-Éric Séralini a mené sur 200 rats des recherches sur les organismes génétiquement modifiés. Au cours de l’expérimentation, les scientifiques ont constaté l’apparition d’une multitude de pathologies lourdes se manifestant notamment par des tumeurs.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/52.jpg

Ainsi, les rats nourris au maïs OGM déclenchent lors des recherches de deux à trois fois plus de tumeurs que les rats non-OGM. Au début du 24e mois de l’expérimentation, 50% à 80% des femelles sont touchées, contre seulement 30% chez les non-OGM.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/53.jpg

Dès le 4e mois, « la palpation hebdomadaire des rats permet de repérer chez deux mâles des grosseurs abdominales énormes. Elles dépassent vite 25% du poids du corps », relate Gilles-Éric Séralini dans son livre « Tous Cobayes ! », aux éditions Flammarion.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/54.jpg

« Ces pathologies apparaissent juste au delà du terme où s’arrêtent les études commandées par les industriels (trois mois). Est-ce un hasard ? » s’interroge le professeur français.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/55.jpg

« Au début de la 2e année, les tumeurs ne cessent d’apparaître. […] Transposées à l’échelle humaine, elles seraient vraiment monstrueuses. Après autopsie, nombre d’entre elles ne se révéleront ni cancéreuses ni invasives, mais elles grossissent si vite que l’animal en devient handicapé. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/56.jpg

L’expérimentation démontre qu’au delà de l’herbicide utilisé (le Roundup), c’est le caractère transgénique de la plante lui-même qui s’avère toxique.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/57.jpg

RAT DE GAUCHE : régime constitué de maïs OGM non traité au Roundup. Après 497 jours apparaît un adénocarcinome mammaire. RAT DU MILIEU : même menu, accompagné d’un traitement au Roundup. Fibroadénome et adénocarcinome au 546e jour. RAT DE DROITE : pas d’OGM, mais une eau contaminée au Roundup à 0,5%. Fibroadénomes aux 525e et 577e jours, plus adénome hépatique.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/59.jpg

« Le grand scandale […], c’est que les agences sanitaires n’ont jamais exigé des industriels une étude de toxicité longue durée », déclare Gilles-Éric Séralini (à gauche sur la photo) dans une interview au « Nouvel Observateur » du 20 septembre 2012. « Pourtant, lorsque 450 millions d’Européens consomment des produits alimentaires à base d’OGM, ils le font tout au long de leur vie. »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/60.jpg

Gilles-Éric Séralini (au centre) et son équipe. Pour protéger leurs recherches des multinationales, les scientifiques ont travaillé de manière quasi clandestine, cryptant leurs mails et s’interdisant toute conversation téléphonique.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/61.jpg

Le professeur Séralini appartient au Criigen (Comité de recherches et d’information indépendantes sur le génie génétique), au même titre que Corinne Lepage, dont un livre sur les OGM paraît le 20 septembre. L’ex-ministre de l’Écologie dénonce : « Les firmes agrosemencières ne portent pas à elles seules la responsabilité de ce scandale sanitaire. […] La responsabilité est partagée avec tous ceux qui étaient chargés du contrôle et de la surveillance ».

Presse empoisonnée (tempsreel.nouvelobs.com, 19 septembre 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Abat-faim] Bouffons les riches (pas les OGM) !

Afrique du Sud : la paix sociale n’est toujours pas à l’ordre du jour

Malgré un accord prévoyant une augmentation de 22% et une reprise du travail prévu jeudi, annoncé par le principal médiateur religieux.


Afrique du Sud : un rassemblement de mineurs violemment dispersé

La police a utilisé des balles en caoutchouc et des gaz lacrymogènes pour empêcher une action dans une mine de platine du nord du pays.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/12.jpeg

La police sud-africaine bloque des mineurs en grève, à Rustenburg, dans le nord de l’Afrique du Sud, le 16 septembre 2012.

La police sud-africaine a dispersé mercredi un rassemblement illégal près d’une mine de platine du groupe Amplats à Rustenburg (nord), utilisant des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes et des grenades assourdissantes, a-t-on appris de sources concordantes.

La police, des représentants des mineurs interrogés par téléphone ainsi que la société Amplats, filiale d’Anglo American, ont confirmé l’incident. Amplats, qui avait provisoirement fermé ses sites de Rustenburg, a menacé de licencier tous ses ouvriers qui n’auraient pas repris le travail mercredi. Les mineurs étaient rassemblés près d’un bidonville attenant à la mine.

« La police a prévenu les gens que ce rassemblement était illégal », a expliqué un porte-parole de la police, Dennis Adriao. « Ils ont refusé de se disperser, la police a dû recourir aux gaz lacrymogènes et aux grenades assourdissantes. Des balles en caoutchouc ont également été tirées », a-t-il poursuivi, affirmant n’avoir aucune information sur d’éventuels blessés.

Un représentants des mineurs, interrogé par téléphone, a confirmé : « Je les ai vu tirer des balles en caoutchouc, mais je me suis enfui parce que je ne voulais pas être arrêté », a-t-il dit, affirmant avoir vu aussi un blindé de la police rouler sur un manifestant au sol. Ce dernier incident n’a pas été confirmé par d’autres témoins.

L’échauffourée entre mineurs et police a également été confirmée par une porte-parole d’Amplats, qui a précisé que les événements ne s’étaient pas déroulés à la mine, mais dans le bidonville à proximité.

Leur presse (Agence Faut Payer, 19 septembre 2012)

Des nouvelles du front


Afrique du Sud : nouveaux incidents violents dans la région minière de Rustenburg

La police sud-africaine a de nouveau dispersé brutalement un rassemblement de mineurs mercredi dans la région minière de Rustenburg (nord), alors que le conflit qui a fait 45 morts depuis août sur le site de Marikana semblait prendre fin, avec un accord prévoyant une reprise du travail jeudi.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0441.jpg

Policiers en ordre de bataille à Rustenberg. C’est la réponse du gouvernement aux marches des mineurs en grève, le 16 septembre 2012.

Obéissant aux consignes du pouvoir, fermement décidé à rétablir l’ordre dans la « ceinture de platine » de Rustenburg, l’un des poumons économiques du pays, les forces de l’ordre ont fait usage de balles en caoutchouc, de gaz lacrymogènes et de grenades assourdissantes pour disperser un rassemblement « illégal » mercredi matin, à proximité d’une mine du numéro un mondial du platine, Amplats.

Amplats, filiale du géant minier Anglo American qui avait un moment fermé ses sites de Rustenburg, avait menacé de licencier tous ses ouvriers qui n’auraient pas repris le travail mercredi.

Les circonstances de l’accrochage n’étaient pas immédiatement claires. Les mineurs s’étaient rassemblés près d’un bidonville attenant à la mine, lorsque la police leur a intimé l’ordre de se disperser.

« La police a prévenu les gens que ce rassemblement était illégal », a expliqué à l’AFP un porte-parole de la police, Dennis Adriao.

« Ils ont refusé de se disperser, la police a dû recourir aux gaz lacrymogènes et aux grenades assourdissantes. Des balles en caoutchouc ont également été tirées », a-t-il poursuivi, affirmant n’avoir aucune information sur d’éventuels blessés.

Gaddhafi Mdoda, un représentant des mineurs interrogé par téléphone, a affirmé pour sa part avoir vu un blindé de la police rouler sur un manifestant au sol. Ce dernier incident n’a pas pu être immédiatement confirmé par d’autres témoins.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/16.jpg

Le groupe britannique Lonmin tentait mardi de débloquer la grève qui paralyse sa mine de platine de Marikana (nord) depuis plus de cinq semaines en offrant aux grévistes une prime de 140 euros en plus des augmentations de salaires déjà proposées.

Retour au calme à Marikana

Pendant ce temps, l’atmosphère semblait plus détendue à la mine de platine de Marikana, où l’employeur Lonmin et les représentants des grévistes ont signé mardi soir un accord prévoyant de substantielles augmentations de salaires et une reprise du travail jeudi.

Près de ce site où 45 personnes ont trouvé la mort depuis le 10 août — dont 34 abattus par la police le 16 août —, des milliers de mineurs se sont de nouveau rassemblés mercredi matin, dans un stade.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/13.jpeg

Des employés de la mine de Marikana, en Afrique du Sud, fêtent l’accord salarial signé le 18 septembre 2012 avec leur direction.

Les représentants des salariés ont harangué la foule, expliquant les détails de l’accord, et appelant chacun à reprendre son poste de travail jeudi comme prévu.

Nombre d’employés avaient d’ailleurs déjà repris leur activité dès mercredi, a constaté l’AFP sur place.

La ronde des camions reprenait doucement, contrastant avec le silence des dernières semaines. « C’est un beau jour, beaucoup de gens vont au travail », a déclaré un des vigiles de Lonmin, chargé de la sécurité sur la route d’accès au site.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/143.jpg

Zolisa Bodlani, l’un des meneurs du mouvement qui s’adressait à la foule en langue tswana, a expliqué aux mineurs qu’ils n’avaient pas obtenu les 12.500 rands (1.170 euros) mensuels qu’ils réclamaient, mais que l’accord — qui prévoit entre 11 et 22% d’augmentation plus une prime unique de 190 euros — leur était toutefois favorable.

Plusieurs orateurs ont lancé des appels aux mineurs pour leur demander de s’abstenir désormais de toute violence.

« Plus personne ne sera terrorisé au travail », a lancé Bodlani à la foule attentive des mineurs, protégés d’un soleil brûlant par des parapluies de toutes les couleurs.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/151.jpg

Le début du conflit de Marikana avait été marqué par des violences entre syndicats majoritaire et minoritaire, au cours desquelles dix hommes avaient trouvé la mort début août. Le cadavre d’un permanent syndical avait en outre été retrouvé le 11 septembre.

Le délégué a également affirmé à la foule que Lonmin avait accepté de prendre en charge l’éducation et la nourriture des enfants des mineurs tués, « pour qu’ils ne viennent pas remplacer leur pères comme foreurs mais aillent à l’école jusqu’à l’université ».

Mercredi matin, la presse sud-africaine saluait l’accord de Lonmin, mais des éditorialistes s’inquiétaient du risque de contagion dans le secteur minier.

« Nous devrions certes tous applaudir la fin de la grève de Lonmin, mais la manière dont le différend a été réglé peut servir de modèle, ailleurs pour les travailleurs », écrit notamment dans un éditorial Business Day, le principal quotidien économique.

Leur presse (Claudine Renaud, Agence Faut Payer, 19 septembre 2012)


42 mineurs arrêtés en Afrique du Sud

La police sud-africaine a arrêté lundi 42 personnes pour rassemblement illégal près de la mine de platine de Rasimone, près de Sun City (nord), a-t-elle indiqué dans un communiqué.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/117.jpg

“Quelque 1.500 personnes se sont réunies pour s’embarquer dans une grève illégale pour des augmentations de salaire au village de Robega près du puits nord de Rasimone, et la police a été appelée pour surveiller la situation”, a-t-elle raconté, ajoutant que “la situation est calme et la police la surveille”.

“Il y avait des gens rassemblés dans le village près de Rasimone. Ils voulaient empêcher les autres de venir travailler”, a indiqué à l’AFP Kea Kalebe, porte-parole de Royal Bafokeng Platinum, la société qui exploite la mine.

“Parmi eux, il y a probablement certains de nos employés. (…) Tout le monde n’est pas venu au travail aujourd’hui” (lundi), a-t-elle poursuivi sans donner de chiffres, soulignant toutefois que la production se poursuivait.

La mine de Rasimone, déjà affectée par une courte grève fin août, a produit 180.000 onces de platine en 2011, soit 4% de la production sud-africaine.

Les mines sud-africaines, qui contribuent à 19% du PIB de la plus puissante économie d’Afrique, sont agitées depuis plus d’un mois par des grèves et des manifestations violentes qui ont fait 45 morts à Marikana (nord), et ont contraint plusieurs groupes à suspendre leurs opérations.

Les mineurs réclament pour la plupart un salaire minimum de 12.500 rands (1.150 euros), s’alignant sur les revendications de Marikana, et certains meneurs du mouvement avaient juré de contraindre toutes les mines à un arrêt total, allant de puits en puits pour appeler les employés à cesser le travail.

Mais le gouvernement a donné l’ordre vendredi aux forces de l’ordre de mettre un terme aux troubles agitant le bassin de Rustenburg, où sont situés Marikana et Rasimone, en limitant notamment les rassemblements.

Leur presse (Agence Faut Payer, 17 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

Publié dans Radicalisation des luttes ouvrières | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Afrique du Sud : la paix sociale n’est toujours pas à l’ordre du jour

[Ariège] Le CAFCA (Collectif d’autodéfense face au contrôle de l’administration)

Pamiers : un bien étrange collectif pour de bien obscures motivations

Jeudi après-midi, une quinzaine de personnes se sont rassemblées place de la République tout près de la pyramide.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/006.jpg

À l’appel du collectif CAFCA (Collectif d’autodéfense face au contrôle de l’administration), ils manifestaient leur mécontentement face à l’administration en général.

« Nous subissons constamment le contrôle et la violence d’administrations qui nous veulent isolés et culpabilisés.

Face à ceux qui nous rendent la vie impossible, nous nous organisons sans remettre notre sort dans les mains d’experts du social », indiquent-ils sur le tract distribué aux passants.

Chômeurs, locataires, allocataires, intermittent du travail, travailleurs pauvres, voilà à qui le message de ce collectif s’adresse.

« Refusant de se résigner face au pouvoir de cette administration froide et implacable, refusant de se considérer comme coupables d’accepter quelques miettes (à peine 400 euros par mois), nous nous sommes rendus par deux fois pour perturber la tenue de commission de solidarité territoriale », poursuit le tract.

Des commissions qui évaluent la situation de personne bénéficiaire du RSA (revenu de solidarité active) et qui parfois radient certains d’entre eux pour des raisons liées aux conditions d’attribution du RSA.

Leurs exigences : que celui qui passe en commission soit accompagné.

« Nous continuerons aussi souvent que nécessaire à nous rendre collectivement dans ces commissions à Saint-Girons, à Foix, à Pamiers, et partout dans le monde et l’univers, pour qu’elles n’aient plus jamais lieu », conclut le tract.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/1114.jpg

Le C. A. F. C. A. (Collectif d’autodéfense face au contrôle de l’administration) sera présent pour des rendez-vous publics : mardi 2 octobre à 9h devant le LIDL de Saint-Girons ; samedi 6 octobre à 14h dans le parc du tribunal à Saint-Girons. [Mailing – Note du Jura Libertaire]

Ils enjoignent toutes les personnes qui se sentent concernées à rejoindre leur mouvement en Ariège.

C’est tout ce que nous pourrons vous indiquer par rapport à ce rassemblement.

En effet, à l’image de leur moyen de pression violent, les membres de ce collectif n’ont pas permis à notre journaliste de travailler en toute indépendance comme le permet la liberté de la presse dans notre pays.

Demandant plus de précisions, elle a été congédiée et même agressée dans son véhicule alors même qu’elle souhaitait quitter le lieu de la « manifestation ».

Cette altercation violente a donné lieu à un dépôt de plainte de notre journaliste à l’encontre de ces personnes véritablement mal intentionnées.

Presse débordée (AriegeNews.com, 13 septembre 2012)

Publié dans Critique des médias, Luttes des chômeurs et précaires | Marqué avec , , , , | 6 commentaires

[Presse de merde] La NR on s’en fout, on veut plus de torchon du tout !

François Bluteau doublé par Olivier Pouvreau, pour le Grand Prix de la presse de merde.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/06.png

Alors qu’on croyait que le prix de l’article le plus nauséabond serait remporté par François Bluteau, grand reporter de la Nouvelle Répugnante, pour sa prose immonde sur le devenir « des Roms du pont aux oies » la semaine dernière, voilà que notre reporter favori, Olivier Pouvreau, lui vole la vedette.

C’était pas évident pourtant de faire quelque reportage que ce soit, plus gerbant que ceux que réalise  Bluteau. On se souvient que ce dernier avait, entre autre, filmé (et commenté avec une analyse politico-sociologique toujours extrêmement fine) la Gay Pride de Tours en 2011.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/096.jpg

Rappelons nous : cette Gay Pride avait « dégénéré » selon notre journaleux local, à cause bien sûr de quelques « militants d’extrême gauche » incontrôlables « qui se sont invités à la Gay Pride ».

Cette  fameuse vidéo signée François Bluteau (ne parlons pas des articles qui suivirent), a servi de « preuve » ensuite dans le procès (fantasmatique faut-il le préciser ?) de cette femme  que l’on voit sur les images, se faisant matraquer par  un mec de la BAC, et qui s’est ensuite, faite condamner, pour lui avoir mis, non pas un mais deux coups de boule (n’entraînant bien sûr aucune interruption temporaire de travail, ni aucune trace corporelle pour ce flic, alors qu’elle avait une ITT de plusieurs jours).

« La vidéo montre bien mademoiselle, que vous agressez le policier. »

Tout le monde au tribunal à commencer par la juge, avait déjà entériné l’issue ce procès puisqu’il y avait « la preuve par l’image ».

La preuve par l’image de la vidéo de Bluteau !! qui a filmé, mais qui n’a rien vu…

Cette petite histoire a permis au flic, d’arrondir ses fins de mois, tranquillement en faisant condamner par ce tribunal de branques,  cette fille, qui n’a jamais pourtant porté de coups à personne ce jour-là. Soyons clairs, si cela avait été le cas, loin de la juger, nous aurions compris ce geste comme il se doit, un geste de révolte plutôt saine, face à la violence et la provocation policière dont on ne parle jamais dans la NR.

Des dizaines de témoins ont tenu à répondre à une convocation de la police de Tours à la suite de cette petite affaire, ayant du mal à avaler que la femme soit accusée, alors que c’est précisément elle qui s’était faite violenter par la police…

Mais, voyez vous et c’est sans surprise aucune, au tribunal des flagrants délires, ces témoignages avaient à peu de choses près la valeur d’un tas de merde, comparé à la parole de ce flic véreux. Parce que tout le monde, les keufs d’abord, suivis par le tribunal, tout le monde « avait vu » dans cette vidéo hautement journalistique de Bluteau, ce qu’il voulait voir, malgré l’absence de faits matériels corroborant le mirage du policier solitaire.

La preuve par l’image…

Alors, c’était sûr dans ces conditions que Bluteau remporterait le grand prix du chien galeux lèche-cul du pouvoir avec sa prose et ses films.

Et bien pas du tout !

Parce que hier matin voilà qu’Olivier Pouvreau nous pond, non  pas un, Mesdames Messieurs, mais deux billets sur la visite de Jean-Marie Le Pen en Touraine dimanche dernier ! Deux articles de ouf !!!!!

Le premier il est là :

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/085.jpg

et il est balaise déjà, mais regardez bien, sur le site de la Nouvelle Répugnante vous pouvez cliquer sur « pour aller plus loin » !!!!!!! Trop comique !!!

Pour aller plus loin dans la connerie, on peut ! Et c’est là, précisément qu’on décerne le Prix du plus grand reporter de merde à Pouvreau.

Parce que faire une demi page sur la venue de Le Pen sans parler de ce qu’il venait faire, de son programme politique, des idées qu’il diffuse et en le faisant passer pour un Papi sympa et rigolo (et vas-y pour la « crinière rouge éclatante », le « monument », le « bon mot pour l’ouverture de la chasse », « papa Le Pen chantonnant ses airs favoris », et vas-y que « les petits enfants viennent l’embrasser »…) c’était déjà pas mal.

Mais pour redorer le blason du vieux raston minable qu’est Le Pen, Pouvreau, lui il pond deux articles.

Et pis une vidéo aussi ! Une vidéo qui s’intitule « quand Le Pen amuse les siens ». On sent la prise de position et l’objectivité journalistique propre à ce torchon qu’est la Nouvelle République.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/077.jpg

Mais c’est pas tout! On en reparle le lendemain, en Une (vous en reprendrez bien une grosse couche) avec « Le Pen, la vidéo qui fait le buzz », le courrier des lecteurs et tout le toutim pour montrer qu’à la NR, on est démocrate, on écoute tout le monde, on interroge les deux parties, pour être impartial !!

Alors, faire la promo des magouilleurs socialistes tourangeaux, maquilleurs d’histoire genre Arlette Bosch la semaine dernière, c’était grand. C’était du grand Bluteau.

Mais deux méga perles de Pouvreau sur le vieux porc (oups pardon, c’est dégueu pour les cochons) du FN avec le petit « pour aller plus loin », la vidéo qui va bien avec, et la deuxième couche du lendemain, on a subitement drôlement hésité pour savoir à qui la refiler, la Palme d’or du plus gros reporter vendu de la région.

Mais on a choisi ! Cela dit, faudrait surtout pas croire que c’est parce que la perlouze de ce matin ou d’hier parle de Le Pen, que son auteur tout mou du bulbe, détient le César de la pourriture médiatique locale. Le discours de Le Pen n’est pas plus dégueulasse que celui de Valls ou de ses potes socialistes de Touraine !

Pour le prochain Grand Prix, on avait pensé à la Palme d’or du discours anti-islam en se faisant passer pour un défendeur de la laïcité, mais y avait tellement de monde au portillon que ça devenait difficile de choisir… et vraiment trop chiant à lire.

LA NOUNOU ON S’EN FOUT, ON VEUT PLUS DE TORCHON DU TOUT !

Des VéNèrEs du Bocal
L’agent Da, 18 septembre 2012

Publié dans Critique des médias, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , , | Commentaires fermés sur [Presse de merde] La NR on s’en fout, on veut plus de torchon du tout !

Esclavage moderne : un problème « récurrent dans les hôtels de luxe »

Quatre syndicalistes de l’hôtel Concorde Opéra, un établissement de prestige du VIIIe arrondissement parisien, subissent des pression de leur direction, d’après la CGT. Leur tort ? Avoir permis en juillet à une employée de maison éthiopienne au service d’une famille des Émirats Arabes Unis séjournant à l’hôtel, de s’évader de sa chambre où elle se disait retenue et maltraitée.

La directeur de cet hôtel quatre étoiles leur reprochent notamment de pas « de ne pas l’avoir averti de l’existence de cette situation. Mais ils ne l’ont pas fait tout de suite de peur qu’elle ne prévienne la famille », a expliqué Claude Lévy, délégué CGT des hôtels de prestige.

La CGT : un problème « récurrent dans les hôtels de luxe »

Pour le syndicaliste, « l’esclavage moderne est une problématique récurrente dans les hôtels de luxe », et la direction « n’a pas toujours le réflexe de prévenir les autorités ». Les récriminations ne s’arrêtent pas là. Le directeur du Concorde Opéra accuse les syndicalistes d’avoir « fait perdre du chiffre d’affaire » à l’hôtel par leur intervention, affirme Claude Lévy qui demande le retrait des sanctions.

Le 12 juillet, les syndicalistes ont été prévenus par une femme de chambre de la présence d’une jeune femme éthiopienne qui accompagnait des clients et qui se plaignait d’être leur esclave. Ils ont alors contacté deux associations, Femmes solidaires et Comité contre l’esclavage moderne. « Pour l’instant, la jeune fille est prise en charge par le comité, on a tout un processus d’entretiens, de rendez-vous », a expliqué Sylvie O’Dy, présidente du comité.

La jeune femme « terrorisée » par cette famille

Alertée la veille du départ de la famille, la police a exigé la remise du passeport confisqué par la famille et a entendu la jeune femme qui a ainsi pu échapper à cette situation. Sur un procès verbal, l’Éthiopienne âgée de 24 ans a déclaré qu’elle était employée par une famille d’Abu Dhabi (Émirats Arabes Unis) depuis janvier 2011, qu’elle n’a « jamais reçu le moindre argent » pour son travail et que « terrorisée » par cette famille, elle recevait des « coups réguliers ». « Je n’ai jamais pu jusqu’à présent dénoncer ces faits car je suis toujours enfermée quand je suis aux Émirats Arabes Unis », indique-t-elle.

La direction de l’hôtel Concorde Opéra, qui appartient au groupe Louvre Hotels (Starwood Capital), n’a pas souhaité réagir dans l’immédiat.

Leur presse (LeParisien.fr, 18 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Esclavage moderne : un problème « récurrent dans les hôtels de luxe »

[Nouvelles de l’apocalypse] Les homo-ingénieurs travaillent

Doit-on modifier génétiquement l’homme pour lutter contre le réchauffement climatique ?

L’article ci-dessous paraît ce lundi 17 septembre dans le nouveau numéro de la revue trimestrielle Usbek & Rica – à laquelle je collabore régulièrement – sous le titre « Tu seras un lilliputien végétalien, mon fils ». Je remercie chaleureusement ce magazine de m’avoir autorisé à le reproduire ici. Usbek & Rica, dont le sous-titre est « Le magazine qui explore le futur », se trouve dans tous les bons kiosques et maisons de la presse au prix de 5 euros.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0119.jpg

L’égoïsme est l’avenir de l’homme. Face au réchauffement climatique qui constitue un des plus grands défis collectifs de notre temps, la réponse des nations est un grand jeu de la patate chaude. Chacun a une excellente raison de demander à son voisin de faire l’effort le premier, qui parce qu’il a un niveau de vie à préserver, qui parce qu’il a une économie à faire décoller, qui parce qu’il a du pétrole à exploiter. Le protocole de Kyoto sur la réduction des gaz à effet de serre a échoué et son successeur est mort-né. Chacun préserve ses intérêts particuliers et tous foncent vers une fin de siècle à +2 ou +3°C et des siècles suivants encore plus chauds. À moins que…

Le scientisme est l’avenir de l’homme. Le sauveur s’appelle ingénieur. Nous avons (involontairement) manipulé le climat dans un sens, nous pourrions le manipuler dans l’autre. D’où la tentation de la géo-ingénierie, cette idée qui consiste à contrebalancer le changement climatique soit en ensemençant les océans en fer pour stimuler le plancton et lui faire engloutir plus encore de dioxyde de carbone, soit en vaporisant du soufre dans l’atmosphère afin qu’elle renvoie une partie des rayons solaires, ce qui aurait pour effet de faire baisser la température planétaire. Mais, outre que l’on voit difficilement qui pourrait décider, au nom de l’humanité entière, de mettre en œuvre ce genre de solution, les réticents sont nombreux qui se demandent si la potion ne s’avèrerait pas pire que le mal. Mais l’apprenti sorcier a d’autres tours dans son sac…

Le post-humanisme est l’avenir de l’homme. Pourquoi ne pas tenter la même démarche, non plus sur le système océan-atmosphère mais sur nous-mêmes ? La question a été posée au début de l’année dans un texte de trois philosophes-éthiciens publié sur Internet. S. Matthew Liao, Anders Sandberg et Rebecca Roache y expliquent que, dans la lutte contre le réchauffement climatique, il faut songer à une tierce voie : l’homo-ingénierie. Faisons évoluer artificiellement l’être humain pour qu’il consomme moins de ressources et que soit ainsi diminué son impact écologique. Première voie à explorer : tout comme le professeur Tournesol rend, dans Tintin et les Picaros, le capitaine Archibald Haddock allergique à toute forme d’alcool, on peut chimiquement faire en sorte de rendre écœurantes les protéines animales. Exit les élevages intensifs et leur cruauté, les pets et rots de vaches pleins de méthane, le défrichement de la forêt amazonienne pour faire pousser du soja transgénique destiné à nourrir les bêtes, le détournement des cultures et de l’eau au profit des animaux de boucherie. Mais il y a mieux encore…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0215.jpg

Le nanisme est l’avenir de l’homme. Le métabolisme de base étant directement proportionnel à la taille, les petits consomment et dépensent moins de calories que les grands. Sélectionnons donc, par le biais du diagnostic pré-implantatoire, les embryons génétiquement prédestinés à devenir de petits adultes. Tu seras un lilliputien végétalien mon fils. Tu conduiras un pot de yaourt, tu vivras dans une maison de poupée, tu boiras moins, tu pisseras moins, tu feras tout moins. On baissera les panneaux de basket, la hauteur des filets de tennis, on réduira la taille des buts au football et la longueur des pistes d’athlétisme pour que le sprint dure toujours moins de 10 secondes. Le petit sera beau, exemplaire, sexy et les conseillers du président de la République se débrouilleront pour entourer le chef de l’État d’ouvriers plus grands que lui lors de ses visites dans les usines. Dans leur article, Liao, Sandberg et Roache imaginent aussi des traitements hormonaux destinés à susciter plus d’empathie et de comportements altruistes chez Homo sapiens, ce afin de l’inciter à penser davantage aux êtres vivants, humains ou pas, qui souffrent des agressions qu’il perpètre contre la nature. L’heure serait-elle donc aux hommes et femmes améliorés ?

Le darwinisme est l’avenir de l’homme. Pour Pascal Picq, paléoanthropologue au Collège de France, le concept d’homo-ingénierie « part du présupposé qu’on est arrivé à une espèce de terme, que l’homme ne peut plus évoluer. Elle oublie que l’évolution met en exergue des ressorts insoupçonnés, qui ne se sont pas encore révélés mais sont présents dans les potentialités de nos gènes. Cette approche de démiurge ou d’ingénieur veut améliorer l’homme au-delà de son état de nature mais elle risque surtout de conduire à une perte de diversité de notre espèce. » Même si on parvient à écarter la tentation eugéniste sous-jacente à l’homo-ingénierie, reste que cette démarche dans laquelle l’homme veut prendre en main de manière artificielle sa propre évolution témoigne d’une crainte troublante : nous avons peur de ne pas pouvoir nous adapter au monde que nous avons nous-mêmes créé.

Leur presse (Pierre Barthélémy, blog du Monde Passeur de sciences, 17 septembre 2012)


La banquise arctique pourrait complètement disparaître d’ici à quatre ans

La fonte de la banquise arctique s’accélère au point qu’elle pourrait avoir totalement disparu en été d’ici à quatre ans. C’est la mise en garde de l’un des plus grands spécialistes du sujet, Peter Wadhams, dans le Guardian, lundi 17 septembre, alors que la superficie des glaces de mer de l’hémisphère Nord est sur le point d’atteindre son plus bas historique.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0316.jpg

L’océan Arctique devrait être libre de glace entre 2015 et 2016, estime Peter Wadhams, de l’université de Cambridge, en Angleterre.

Wadhams, qui dirige le département de physique de l’océan polaire à l’université de Cambridge, en Angleterre, a passé de nombreuses années à recueillir des données sur l’épaisseur de la glace grâce aux mesures de sous-marins parcourant l’océan Arctique. Il avait prédit l’effondrement des glaces de mer au cours de l’été 2007, lorsque le précédent record de fonte a été atteint, à 4,17 millions de kilomètres carrés.

Cette année, le retrait des glaces s’annonce bien plus important : la banquise Arctique – la zone de l’océan où au moins 15 % de la surface est glacée – ne s’étend pour l’instant plus que sur 3,3 millions de km² et elle continue de reculer, comme le montre le suivi quotidien du National Snow and Ice Data Center (NSIDC) américain.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/049.jpg

Évolution de la fonte de la banquise arctique en 2012, comparé à 2007 et à la moyenne entre 1979 et 2000.

La surface des glaces de mer se situe bien en-deçà de la moyenne relevée entre 1979 (date des premiers relevés satellites) et 2000, qui s’établissait autour de 6,5 millions de km².

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/059.jpg

L’état de la banquise arctique au 16 septembre 2012, comparée à la moyenne entre 1979 et 2000.

Au-delà de la superficie, la banquise se rétrécit aussi en volume : « Les mesures effectuées par les sous-marins montrent que la glace a perdu 40 % de son épaisseur depuis les années 1980 », livre Peter Wadhams.

« UNE CATASTROPHE MONDIALE » en 2015 OU 2016

« Du fait du réchauffement du climat, la fonte de la glace au cours de l’été dépasse sa reconstitution l’hiver, explique-t-il au quotidien britannique. Au début, ce recul de la glace de mer se faisait à un rythme suggérant que la banquise tiendrait encore cinquante ans ou plus. Mais depuis quelques années, le recul s’est accéléré. On se dirige vers un effondrement, qui devrait survenir en 2015 ou 2016, et qui verra l’Arctique libre de glace durant les mois d’août et de septembre. C’est une catastrophe mondiale. »

Peter Wadhams appelle alors à « des mesures urgentes » pour limiter l’augmentation des températures. « Nous ne pouvons plus prétendre faire quelque chose contre le changement climatique dans quelques décennies. Il est non seulement urgent de réduire les émissions de CO², mais aussi d’examiner d’autres façons de ralentir le réchauffement, en développant notamment diverses méthodes de géo-ingéniérie« , lance-t-il.

Le scientifique de Cambridge n’est pas le seul à livrer des projections pessimistes. « Si la tendance actuelle se poursuit, nous pensons que l’océan Arctique pourrait être presque libre de glace, à la fin de l’été, dès l’année 2016, plus ou moins trois ans », estimait dans Le Monde, en septembre dernier, l’océanographe Wieslaw Maslowski, professeur à la Naval Postgraduate School de Monterey (Californie). Soit bien loin de l’estimation du dernier rapport du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), en 2007, qui tablait sur 2080 environ.

Si la fonte de la banquise n’a pas de conséquence sur le niveau de la mer, elle entraîne toutefois des effets néfastes sur le climat. Elle est ainsi à l’origine de modification des courants océaniques et atmosphériques, ainsi que d’un relargage accru de pesticides et autres polluants organiques persistants dans l’atmosphère, qui vont renforcer le réchauffement climatique. Dans le même temps, elle attise les convoitises des États limitrophes et des grandes compagnies pétrolières, qui y voient une aubaine pour exploiter les immenses ressources en hydrocarbures que le Grand Nord renfermerait, menaçant l’un des derniers sanctuaires encore vierges de la planète.

Leur presse (Audrey Garric, LeMonde.fr, 18 septembre 2012)

Publié dans Luttes pour la terre | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Nouvelles de l’apocalypse] Les homo-ingénieurs travaillent

L’amour en septembre 2012 (2)

Relation avec une élève : un an de prison

Le tribunal correctionnel de Grenoble a condamné aujourd’hui à 1 an de prison avec sursis un professeur à la retraite qui avait entretenu des relations sexuelles avec une ancienne élève de 14 ans pendant six mois en 2010.

Le prévenu a en outre été condamné à verser 3.000 euros d’indemnités à la mère de l’élève, qui s’était constituée partie civile. Le parquet avait requis une peine de 3 ans de prison, dont une partie avec sursis.

La mère de l’adolescente « est évidemment extrêmement déçue », a déclaré son avocat, Me Simon Bergeras, après la lecture du délibéré. « Au vu des réquisitions du procureur à l’audience, elle s’attendait à une peine d’une autre nature, d’un autre quantum. Elle se dit que ce n’est malheureusement pas une peine de nature à envoyer un signal fort aux enseignants qui seraient tentés de passer la ligne rouge », a-t-il ajouté.

Me Bergeras n’a pas voulu indiquer si sa cliente, qui ne parle plus à sa fille à cause de cette affaire, entendait faire appel. Ce professeur retraité de 62 ans, habitant Saint-Égrève, près de Grenoble, était poursuivi pour « atteintes sexuelles sur mineur de 15 ans » pour avoir entretenu des relations sexuelles avec cette ancienne élève, à qui il donnait des cours particuliers, entre juillet et décembre 2010.

« C’est une décision d’apaisement qui permet à tout le monde de tourner la page, de se reconstruire et d’avancer », a réagi Me Ivan Flaud, avocat du prévenu. Il a estimé que le tribunal avait rendu ce jugement du fait de l’abence d’antécédents de son client et parce que « tout était reconnu, assumé et regretté ».

Début septembre, une enseignante d’un établissement catholique traditionaliste de Vendée a été condamnée par le tribunal correctionnel de La Roche-sur-Yon à 6 mois de prison ferme pour avoir eu des relations sexuelles avec un élève âgé de 12 ans.

Leur presse (Agence Faut Payer, 18 septembre 2012)

Publié dans Luttes féministes, Nos corps nous appartiennent | Marqué avec , | Commentaires fermés sur L’amour en septembre 2012 (2)

[Birmingham] Six incarcérations pour embuscade armée contre la police lors des émeutes d’août 2011

Nicholas Francis, Tyrone Laidley, Renardo Farrell, Wayne Collins, Jermaine Lewis et Amirul Rehman. Voilà le nom des six rebelles incarcérés par l’État anglais pour se venger du guet-apens contre la police tendu par un groupe de 40 révoltés à Ashton, Birmingham, lors des révoltes d’août 2011. Le groupe d’émeutiers, selon l’accusation, a mis le feu à un pub pour attirer la police sur place, puis l’a attaqué avec plusieurs armes à feu, contraignant les flics et leur hélicoptère à fuir.

Le bâtard de juge emperruqué William Davis, après avoir effectué son devoir de maton des ennemis des riches et des puissants, a fait le résumé suivant : « Leur objectif, leur objectif partagé, était d’agir de telle manière à attirer la police sur place, puis de l’attaquer ».

Francis, Laidley, Farrell, Collins et Lewis — tous âgés d’une vingtaine d’années — ont reçu des peines de 18 ans de prison (contre Renardo Farrell) à 30 années de prison (contre Nicholas Francis), avec des accusations d’ »émeute », « incendie », « possession d’armes à feu » « dans l’intention de mettre la vie en danger ». Quant à Amirul Rehman, 17 ans, il a été condamné à 12 ans de prison.

Ces six jeunes rejoignent des milliers d’autres qui se sont révoltés en août 2011 et sont aujourd’hui enfermés comme otages du système carcéral britannique. Courage à tous ceux qui ont levé le poing contre les oppresseurs — que tous les combattants puissent revenir dans la rue avec dignité !

NO JUSTICE NO PEACE – FUCK THE POLICE !

Traduit de l’anglais (325, 9 juin 2012) – Brèves du désordre, 14 septembre 2012

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Birmingham] Six incarcérations pour embuscade armée contre la police lors des émeutes d’août 2011

Qui est Abou Iyad, l’insaisissable émir des « salafistes tunisiens » ?

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0214.jpgSayfullah Omar Bin Hussein, dont le nom apparaît dans des documents américains, avec l’alias Abu Iyad, était un indicateur des forces de l’ordre tunisiennes et, notamment, les services de la sûreté de l’État.

Selon des documents officiels des forces armées américaines diffusées par Wikileaks, parlant du terroriste Adel Bin Ahmed Ibrahim Hkimi, alias Abu Bilal Attounsi et Abu Hind Al Tunsi, Abu Iyad « avait informé les services du ministère de l’Intérieur que son ‘‘frère’’ Adel Hkimi était conseiller du Tcg, la cellule terroriste tunisienne basée en Afghanistan, et que ce dernier était responsable de la communication  ainsi que la réception et le recrutement de nouveaux djihadistes ».

(…)

Les informations contenues dans ce câble de Wikileaks confirment d’ailleurs ce que l’imam de la mosquée du campus universitaire avait précisé, au mois d’avril dernier, quant à l’identité de cet homme et le rôle qu’il avait joué avec les appareils de sécurité de Ben Ali, celui d’un indic. Ou, plutôt, un agent double [sic] comme finissent souvent les indics !

Leur presse (Aya Chedi, Kapitalis, 17 septembre 2012)


Le porte-parole du ministère de l’Intérieur, Khaled Tarrouche, a indiqué ce lundi 17 septembre que les agents des forces de l’ordre déployés autour de la mosquée Al Fath (Tunis) où s’était retranché le leader salafiste Abou Iyadh ont effectué un repli “tactique” pour ne pas entrer en confrontation avec cet homme recherché.

Selon Khaled Tarrouche cité par shemsfm, le ministère de l’Intérieur savait qu’Abou Iyadh se rendrait aujourd’hui à la mosquée Al Fath, et c’est pour cette raison que des policiers s’étaient positionnés à proximité afin d’arrêter le leader salafiste.

Mais au final, les agents ont estimé qu’il était préférable de ne pas entrer à l’intérieur de la mosquée, à l’heure de la sortie des bureaux. Seifallah Ben Hassine, dit Abou Iyadh, est recherché par les autorités dans le cadre de l’enquête sur les actes de violence commis à l’ambassade américaine vendredi dernier.

Leur presse (Tunisie Numérique, 17 septembre 2012)


« Tu as failli à ta mission d’assurer la sécurité des Tunisiens [sic !] et tu n’es pas parvenu à sauver la vie du peuple musulman [sic !]. Tu n’es pas digne d’un tel poste, et il est préférable pour toi, de démissionner », tel était le message de Abou Iyadh à Ali Laarayedh [prétendu ministre de l’Intérieur tunisien, cf. extrait suivant – note du JL] lors du prêche prononcé ce lundi 17 septembre 2012 avec une centaine de ses partisans à la mosquée El Fath au centre ville de Tunis.

Leur presse (Tunisie Numérique, 17 septembre 2012)


Le directeur de la rédaction du quotidien Essour, Anouar Bali a déclaré sur les ondes de ShemsFm que les décisions prises au ministère de l’intérieur émanent de Habib Essid conseiller auprès du chef du gouvernement chargé des affaires sécuritaires ajoutant qu’Ali Laârayedh servirait à décorer puisqu’il ne décide de rien.

Leur presse (Shems FM, 29 mai 2012)


(…) [l’ex-RCDiste] Habib Essid s’avère être un ancien du même ministère au pire moment des années de braise. Il avait ainsi été directeur de cabinet de Abdallah Kallel, l’un des plus sanguinaires ministres de l’intérieur, poursuivi par la justice suisse pour crime de torture et actuellement en détention à Tunis.

Communiqué du Centre d’information et de documentation sur la torture, Besançon, 31 mars 2011

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , , , , | 2 commentaires

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 69 – « Faut savoir qu’en taule personne te voulait du bien, travailleurs sociaux, administration, leur seul souci est que tu effectues ta peine même à plat ventre ça leur était égal, tu n’étais qu’un numéro d’écrou parmi des milliers en France »

Partie 69

Si tu veux t’imaginer mon univers, ce que je vis depuis bientôt neuf ans, éteins la lumière de ta chambre et dis-toi que y a des gens qui ouvrent et ferment ta porte, peuvent contrôler tes faits et gestes et mettre main basse sur ton cerveau, et plus tu résistes et plus ils réduisent ton champ de vision, ta marge de manœuvre était limitée, c’était ou tu en prenais un en otage ou tu prenais sur toi car tout passe, c’était trop facile de céder à une pulsion de colère qui prolongerait mon séjour carcéral, j’ai déjà fait un an de mitard en faisant parler ma rage de banlieusard. Mais [j’aurai] beau crier, me taper la tête au plafond, j’effectuerai ma peine de gré ou de force. Donc alors je me suis calmé, j’ai pris sur moi, mon cœur était rouge de rage mais à l’extérieur j’étais la crème de la crème, ils seraient trop contents de me voir un genou à terre. Donc je laissais rien percevoir, faut savoir qu’en taule personne te voulait du bien, travailleurs sociaux, administration, leur seul souci est que tu effectues ta peine même à plat ventre ça leur était égal, tu n’étais qu’un numéro d’écrou parmi des milliers en France.

Y a que pour rentrer en prison qu’ils te demandaient pas ton CV ni de lettre de motivation, ils te déshumanisaient constamment, un jour il y a eu un mec qui est mort en cellule, j’ai craqué les matons rentraient dans la cellule en plaisantant, à proximité du corps comme si c’était un animal qui venait de mourir, c’était à toi de prendre soin de toi, si tu comptais sur eux, t’avais le temps de mourir deux fois. Fallait être un bonhomme car le meilleur de la prison c’était le bon de sortie.

C’était fini le temps où ça flambait, ou ça marchait les poches remplies de billets de banque, frais, qui sortaient des coffres de l’État, là c’était bons de cantine, pâtes thon riz, rythmaient nos gamelles, on avait beau faire cinquante plats différents ils avaient le même goût.

Et quand une fois par an à Noël, ils autorisaient nos familles à nous amener, 5 kg de nourriture c’était le seul vrai moment où tu mangeais sans risque d’être empoisonné. La famille trichait toujours ils mettaient toujours 3, 4 kg en plus des 5 kg réglementaires, mais des fois tu tombais sur un maton qui a dû sûrement se faire racketter dans sa jeunesse par des renois ou rebeus, lui laissait rien passer, 5 kg c’était 5 kg mais bon de la part de ces gens-là on ne s’attendait pas à mieux.

Un jour Kamel et moi dans nos débuts, pour se faire la main on a braqué beaucoup d’Intermarché, on avait carrément un journal avec indiqué tous les Intermarché de France. Minipouce était pas encore prêt pour ce genre d’expédition, mais un jour il a tellement insisté pour venir voir donc j’ai accepté, il est resté à l’arrière du véhicule tellement le trajet était long il a fini par s’endormir, l’Intermarché était en plein quartier de province, une cité ouvrière tranquille, on était arrivés à l’aube Kamel et moi, on s’est préparés dans la voiture, Minipouce dormait encore, trente minutes avant l’arrivée du personnel, Kamel et moi sommes sortis du véhicule pour se mettre en place avant le feu d’artifice mais ce que l’on savait pas c’est que dans ces Intermarché de province situés en pleine cité, ils se méfiaient beaucoup avant l’ouverture, ils mettaient en place une panoplie de systèmes de sécurité. Chaque jour avant l’ouverture, un vigile qui habitait le bâtiment juste en face se mettait par sa fenêtre, équipé d’un téléphone et donnait le feu vert si il trouvait que la voie était libre, là où on était planqués il avait une vue directe sur nous, on n’avait rien remarqué, on était concentrés sur l’entrée du magasin. Cinq minutes avant l’arrivée du personnel, Minipouce nous fait des appels de phares incessants, il venait de se réveiller et avait tout compris du manège du vigile, on est revenus urgent à la voiture, Minipouce nous a expliqué, on a démarré la voiture et on est partis en trombe. Sur le chemin menant à l’Intermarché, une voiture de police arrivait sur le sens inverse en file indienne, Minipouce nous avait sauvés, on venait d’échapper à une lourde peine dans une prison de province.

DES FOIS CELUI QUE TU PRENAIS POUR UN AMATEUR T’ÉPATE TEL UN PROFESSIONNEL.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 69 – « Faut savoir qu’en taule personne te voulait du bien, travailleurs sociaux, administration, leur seul souci est que tu effectues ta peine même à plat ventre ça leur était égal, tu n’étais qu’un numéro d’écrou parmi des milliers en France »

Justice pour Zyed et Bouna

Clichy : pétition contre un non-lieu

Plus de 2.900 personnes avaient signé ce midi une pétition pour demander à la justice de ne pas confirmer le non-lieu concernant les policiers mis en cause dans la mort de deux adolescents à Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), qui avait embrasé les banlieues en 2005.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/048.jpg

Lancée hier sur internet à l’appel des collectifs AC Le Feu et Contre le contrôle au faciès, la pétition demande « justice pour Zyed et Bouna », alors que la Cour de cassation doit se pencher mercredi sur l’affaire. « Un non-lieu, c’est pour un non-événement. La mort de Zyed et Bouna n’est pas un non-événement. C’est un événement qui a bouleversé leurs familles, leur ville, ainsi que des dizaines de villes de France », selon la pétition.

Le 27 octobre 2005, Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, étaient morts électrocutés dans un transformateur EDF, où ils s’étaient réfugiés après une course-poursuite avec des policiers.

Deux policiers, inculpés pour « non assistance à personne en danger », ont bénéficié d’un non-lieu en avril 2011. Les familles s’étaient alors pourvues en cassation. Dans son avis écrit avant l’audience, l’avocat général s’est prononcé pour la confirmation du non-lieu.

« Nous demandons au garde des Sceaux d’intervenir auprès de l’avocat général près la Cour de cassation, qui dépend du ministère de la Justice, afin qu’il prenne la mesure du poids symbolique de sa recommandation, et qu’il la réévalue avant son audience devant la Cour de cassation », écrivent les pétitionnaires.

Pour eux, confirmer ce non-lieu reviendrait à dire aux parents « que malgré les contrôles abusifs dont peuvent faire l’objet leurs enfants, personne n’est tenu de leur porter assistance s’ils se mettent en danger (…). C’est risquer de leur envoyer le message que la police n’est pas là pour les protéger ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 18 septembre 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Justice pour Zyed et Bouna