[P comme PourriEs] Premier avis d’expulsion au sein du Projet 244 à Tours

Thanks for the future :
Une expulsion, dix ouvertures, mille aventures…

Depuis 2007 à Tours, une maison appelée « Thanks For The Future » située dans une friche industrielle réhabilitée en locaux artistiques est occupée. Ses habitants y ont développé un projet collectif en organisant notamment des projections vidéo, des festivals de cinéma, des concerts, un espace de mise à disposition et de redistribution de matériel, de nourriture…

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Nous n’en sommes pas à notre première expérience du genre, nous avons déjà ouvert le Pied de biche, la Victoire, les Noms-lieux. En raison de projets immobiliers qui n’ont pour la plupart jamais abouti, ces lieux de vie ont tous pourtant été expulsés.

La mairie nous refait le coup, Jeudi 20 septembre, la police accompagnée d’un huissier a fait irruption dans notre lieu. Après quelques contrôles d’identités, ils nous ont informé d’une procédure judiciaire d’expulsion en cours…

Les propriétaires, la SEMIVIT entreprise semi publique semi privée (dont le capital est détenu à 51% par la mairie de Tours) ont prévu de longue date un projet immobilier, qui vient mettre fin à cette expérience. Nous partageons le lieu avec des compagnies artistiques regroupées sous l’appellation « Projet 244 ». Certaines d’entre elles devraient être relogées, d’autres resteront également sur le carreau.

Ainsi nous serons les premiers à nous faire expulser, sûrement en raison de l’esprit d’indépendance qui nous anime à l’égard de la mairie et de toutes formes d’institutionnalisation.

Le tri semble déjà s’opérer pour démarquer d’un côté les associations dites « responsables » à qui on laissera le temps de se reloger et les autres. L’ironie du sort, c’est que le projet immobilier sensé justifier notre expulsion, a pour but la construction d’habitats sociaux et collectifs…

La précipitation de la procédure judiciaire, alors que les premiers travaux ne sont pas prévus avant 2014 montre clairement la volonté de nous marginaliser et d’entraver toutes solidarités. Nous manquons déjà suffisament de lieux, d’espaces de liberté où l’on puisse concrétement remettre en cause son quotidien.

Nous expulser ne réglera en rien notre volonté qu’il existe de tels lieux. N’hésitez pas à manifester votre solidarité à travers toutes formes qui vous sembleront appropriées (interpellations, actions, relais d’informations…).

Repas collectif de solidarité
le samedi 29 septembre 2012 à 19H30,
au 244 rue Auguste Chevallier à Tours

Notre contact :
Thanks for the future

Leurs contacts :
Arlette Bosch (adjointe du logement à la mairie et présidente de la SEMIVIT)
Projet 244

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[Tétouan, Casablanca, Oujda] « Tous les chemins de la corruption mènent au Palais royal »

Maroc – Des tags anti-royalistes fleurissent sur les murs

Le site indépendant arabophone Lakome a fait état de l’ouverture d’une enquête policière de grande envergure, principalement à Oujda, ville frontalière avec l’Algérie, sur l’apparition de tags anti-royalistes sur les murs de la cité.

Selon Lakome, ces inscriptions seraient le fait « d’activistes opposés au régime qui appellent à sa chute et à la libération de tous les prisonniers politiques du royaume ».

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Les slogans que l’on peut découvrir sur les photos publiées par le site critiquent essentiellement « la corruption au Palais » et reprennent aussi le fameux « Vive le peuple ! » largement entendu au plus fort des révolutions arabes, notamment lors des marches du Mouvement du 20 Février.

Il était clamé par opposition au « Vive Sa Majesté ! » des monarchistes qui l’ont de tout temps scandé à chaque apparition du roi en public.

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Un des clichés publiés par Lakome a fait l’objet d’un buzz considérable sur les réseaux sociaux et suscité d’innombrables commentaires. Il montre la façade de ce qui semblerait être une officine de transfert d’argent où il est écrit : « Tous les chemins de la corruption mènent au Palais royal. »

Une autre montre une inscription murale qui appelle à la chute de « Tyran VI », faisant directement référence à Mohammed VI.

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Oujda n’est pas la seule ville du royaume a voir fleurir sur les façades de ses édifices des inscriptions révolutionnaires.

À Casablanca, comme le souligne le site d’information, des bâtiments symbolisant l’autorité du régime, comme des postes de police ont été tagés des mêmes slogans.

Lakome rappelle que le phénomène est apparu il y a plus d’un mois à Tétouan, une cité balnéaire de la côte méditerranéenne alors que le souverain marocain y été en villégiature.

Les tags y dénonçaient nommément certaines personnalités politiques et des proches du régime soupçonnés d’être corrompus ou impliqués dans le trafic de drogue dont le Nord du Maroc est coutumier.

Toujours selon Lakome, cette vague de tags contestataires serait la conséquence d’un appel sur Facebook d’un groupe qui encouragerait la population à exprimer son désaveu du régime de la sorte.

Leur presse (SlateAfrique.com, 1er septembre 2012)

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[L’avenir nous appartient] « On n’a rien inventé, on a remis au goût du jour une façon ancestrale de réduire les déchets »

Les poules de Pincé ont trouvé leurs familles

« Essayez à droite du stop, c’est le parking presse. Mais je ne sais pas s’il y a encore de la place… » Barrières de foire et hommes en gilet jaune, hier soir : le petit village de Pincé est bouclé. La cérémonie, qui a attiré de nombreux médias et une grosse partie des 200 habitants de cette commune des bords de Sarthe, a pourtant des airs modestes.

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Autour du carton estampillé « Vous allez en “Pincé” pour ces poules », de gauche à droite : la vétérinaire de Loué qui a fourni les animaux, une habitante et le parrain, Jean-Pierre Coffe.

Lydie Pasteau, Madame le maire, accueille tous ses invités depuis une tonnelle de fortune piquée devant la salle des fêtes et ruisselante de pluie. À ses côtés, des élus, une vétérinaire et un invité de marque, Jean-Pierre Coffe, le pourfendeur de la malbouffe, lunettes rondes et ventre assorti. Au micro, Lydie Pasteau : « L’ensemble du conseil municipal et moi-même sommes heureux de vous accueillir pour la remise des éco-poules. »

« On n’a rien inventé »

Voilà l’objet de toutes les curiosités : des poules. 31 couples exactement. Et, en face : 31 familles de Pincé. Sans compter les voisins et les journalistes, pas directement concernés par la remise des animaux.

Pour comprendre la peu banale histoire des poules de Pincé, il faut remonter à mars dernier, « lors d’une réunion de la communauté de communes », rappelle Lydie Pasteau. Ce jour-là, l’assemblée des élus communautaires de l’arrondissement de Sablé a décidé de créer une taxe incitative sur les ordures ménagères.

Pour résumer, au 1er janvier 2013, une partie de la taxe sera indexée sur la quantité réelle de déchets jetés par chaque foyer. D’où l’intérêt de trouver une alternative à la poubelle pour se débarrasser des épluchures. « On n’a rien inventé, on a remis au goût du jour une façon ancestrale de réduire les déchets », relativise Nicole Foucault, première adjointe à l’origine du projet.

Mais, hier soir, l’heure n’est pas aux calculs d’économies potentielles, non, l’heure est à l’adoption. Appelées par leur nom, les familles récupèrent leur couple de poules sous un saule pleureur qui n’avait sûrement jamais si bien porté son nom. Sous un parapluie, Suzanne, elle, ne risque pas d’être appelée. « Mon mari n’a pas voulu construire le poulailler. Je suis déçue. Moi, j’aurais bien voulu avoir des poules… » « Moi, j’étais obligé, c’est ma femme qui est à l’origine du projet… », répond Jacques Foucault, mari de l’adjointe, quand on lui demande s’il est venu chercher une poule.

Ami des médias, Jean-Pierre Coffe assure le spectacle tout en remettant les premières volailles. « Elle a fait ses besoins dans la caisse et pas sur mon vêtement, c’est formidable, non ? » À chaque couple remis, Madame le maire interroge : « Vous allez les appeler comment ? » Politiquement taquin, Christophe raconte fièrement aux médias que les siennes se nommeront « Ségolène et Valérie ». Jacques, le mari de l’adjointe, dit qu’il est, lui, en train de négocier pour appeler ses poules… « Mercedes et Austin, parce que j’aime bien les voitures ! »

Malpresse (Céline Bardy, Ouest-France.fr, 22 septembre 2012)


Un village de la Sarthe offre des poules pour réduire les déchets

Une petite commune de la Sarthe, Pincé, a solennellement remis vendredi une paire de poules à tous les foyers volontaires, dans une démarche à la fois « conviviale » et « citoyenne » destinée notamment à réduire le volume des déchets ménagers organiques.

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La vétérinaire Martine Cottin (d) donne une poule à Mathieu, un jeune habitant de Pincé, le 21 septembre 2012.

Lancé en mars presque comme une boutade, le projet s’est concrétisé avec la remise vendredi des gallinacés — et d’un sac de grain — aux intéressés, après signatures de « contrats d’adoption » en bonne et due forme, lors d’une cérémonie parrainée par le chroniqueur culinaire Jean-Pierre Coffe, a constaté un journaliste de l’AFP.

« L’idée est de réduire la quantité des déchets de chaque famille, de produire de bons œufs, tout en jouant un rôle pédagogique auprès des enfants et en favorisant la convivialité entre voisins », précise Lydie Pasteau, maire (sans étiquette) de ce village de 200 âmes situé en zone d’élevage du poulet de Loué.

« C’est un beau succès puisque 31 foyers sur 87 ont adhéré à la démarche, alors qu’on n’en attendait qu’une douzaine », a ajouté l’élue.

Le contrat stipule que les « adoptants » doivent conserver leurs poules au moins deux ans, bien les traiter, les nourrir et leur offrir la nuit un abri contre les prédateurs.

« Je trouve que c’est une idée citoyenne simple et excellente. Essayer de réduire les déchets dans un pays où il y en a tant est une démarche intéressante. Et d’un point de vue nutritionnel, l’œuf vaut largement un bifteck. Sans oublier l’aspect social, le partage, la convivialité », a commenté Jean-Pierre Coffe.

Une habitante, Claudia Perreaux, a témoigné avoir tissé de nouveaux liens avec un des ses voisins grâce au projet : « Nous partageons notre poulailler avec lui, et en échange il garde nos poules quand nous partons en vacances. »

Une poule peut absorber quelque 150 kg de déchets organiques par an et produire 200 œufs, rappelle la mairie de Pincé, pour qui la facture totale de l’opération s’élève à 600 euros, « poules et sac de grains compris », selon Mme Pasteau.

L’initiative d’offrir des poules pour limiter les déchets a déjà été testée avec succès par la ville belge de Mouscron, il y a deux ans.

Presse poubelle (Agence Faut Payer, 21 septembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 73 – « On a été confrontés tout jeunes à la police c’était les seuls membres de l’État qui venaient nous rendre visite dans la tess j’ai adoré nos chasses à l’homme avec la police pendant des heures tellement on faisait des bêtises juste à la vue d’une patrouille de keufs on partait au galop c’était trop marrant plus tard j’ai même mangé quelques mois fermes pour en avoir gonflé un mais c’était de bonne guerre toutes les fois où ils m’ont défoncé en GAV »

Partie 73

ON EST BON

Décembre 1995 les policiers de [la] BAC explosent la porte de chez mes parents quelques heures plus tôt la poucave venait de lâcher mon nom au commissariat pour un vieux poste radio volé la veille dans une voiture j’avais cassé la vitre à l’aide d’une bougie de voiture la poucave avait fini par craquer à force de prendre des coups de dictionnaire sur la tête pendant toute la nuit ils m’avaient levé comme si j’avais fait un braquage de haut vol à l’époque mon casier était vierge j’avais encore jamais mis les pieds en GAV je prends place à l’arrière du panier à salade des keufs, serré de très prêt par deux bleus un de chaque côté la fuite était impossible même pas j’y ai songé je pensais plutôt à la rouste que mon daron allait me mettre en rentrant un vrai combat de catch tous les coups étaient permis pour mon daron. Menottes serrées au poignet je fais mes premiers pas chez les decs je monte direct au bureau du commissaire où je nie tout en bloc « J’ai rien vu rien entendu et j’dirai rien » était ma devise au bout de quatre heures d’interrogatoire ils décident de me confronter à mon ex-complice ils m’amènent dans la pièce voisine et là je vois la poucave assis menotté à une chaise les larmes envahissaient son visage en confronte il me balance normal wallah des barres de rire la veille il était chaud bouillant et devant les condés il s’est pissé dessus MDR au bout de douze heures de GAV ils me libèrent c’était sa parole contre la mienne faute de preuve j’ressors sans être inquiété mais j’ai quand même eu le droit à mon round de catch avec le daron ce qui m’a mis [le] plus les nerfs dans cette histoire c’est que maintenant les keufs avaient ma photo et mes empreintes et ils m’ont retrouvé une centaine de fois à cause de cette truffe.

L’ÂGE N’EXCUSE RIEN SI TU M’AS DONNÉ UN JOUR C’EST QUE TU ES SUSCEPTIBLE DE LE REFAIRE TU AS LE CHROMOSOME DE LA POUCAVE EN TOI LOL.

On a été confrontés tout jeunes à la police c’était les seuls membres de l’État qui venaient nous rendre visite dans la tess j’ai adoré nos chasses à l’homme avec la police pendant des heures tellement on faisait des bêtises juste à la vue d’une patrouille de keufs on partait au galop c’était trop marrant plus tard j’ai même mangé quelques mois fermes pour en avoir gonflé un mais c’était de bonne guerre toutes les fois où ils m’ont défoncé en GAV. Une fois je suis même sorti du dépôt de Versailles sans chaussures en chaussettes jusqu’à Mantes les keufs avaient jeté mes pompes la honte en plus le jour de l’an 1998 laisse tomber ils m’ont tué UNE PENSÉE POUR MON FRÈRE DE CŒUR ALLAH HIMO… HOSTY PARTI MAIS TOUJOURS DANS MON ESPRIT.

Les keufs nous laissaient faire le boxon dans la tess mais une fois au centre-ville c’était pas la même limonade ils nous contrôlaient huit fois et nous suivaient partout au moindre écart tu disais bonjour à la GAV on d’venait parano en ville on voyait des keufs partout LOL il y avait une zone une frontière entre la tess et la ville ils nous laissaient nous entretuer au quartier entre nous les pompiers médecins mettaient une heure avant de porter secours ou d’éteindre des flammes de dix mètres de haut le pire c’était le livreur de pizzas au début il venait normal MDR mais il repartait sans clé ni pizza ni scooter on respectait rien ni personne au final on s’est retrouvés seuls entre nous y avait plus rien à saccager à part nos propres biens il y avait plus personne à niquer à part nous-mêmes à la fin c’qui devait arriver arriva on se nique entre nous on se tire dessus on n’avait plus de limite à part la mort elle seule pouvait nous stopper dans notre course à l’autodestruction.

SI ON CONTINUE À SE NIQUER ENTRE NOUS C’EST D’AUTRES QUI EN PROFITERONT.

Mon premier séjour à Fresnes m’a traumatisé LOL placé aux arrivants ils te poussent dans tes retranchements te manquent de respect volontairement pour t’analyser et voir dans quel bâtiment ils allaient t’affecter ils m’ont mis en 3e avec un clando comme j’étais renoi ils m’ont mis avec un renoi du fin fond du bled dont j’me rappelle même plus le nom comme je suis de nature cool il a vite pris la confiance dans la cellule mais j’avais d’autres chats à fouetter donc je calculais pas ses clowneries je savais qu’à la moindre virgule j’le ferais sauter un jour vers 20 heures il me dit d’éteindre la télé qu’il allait dormir j’ai même pas répondu j’étais trop bien blotti sous mes draps quand soudain il a bondi de son lit à 21 heures et m’a sorti sûrement une insulte dans sa langue puis a éteint la télé le pauvre il venait de faire l’erreur de sa vie il a rien compris je lui ai mis un K.-O. monumental un perfect j’ai fini le taf en lui cassant deux bols sur la tête ça lui apprendra à abuser de la gentillesse des gens les matons sont arrivés en pleine nuit m’ont traîné jusqu’au mitard comme d’hab et le clando a fini à l’hosto avec quelques points de suture à croire que la gentillesse ça paye pas… À la suite de mon mitard ils m’ont mis avec un mec de chez moi en 2e division que je surnomme « Tête pointue » il se reconnaîtra LOL dédicace à toi…

LA GENTILLESSE NE PROFITE QU’AUX GENS QUI NE LE SONT PAS.

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Ainsi beaucoup de productions locales quittent le marché pour se retrouver dans un circuit parallèle, clandestin et gratuit »

La société syrienne mobilisée pour faire vivre la révolution

Sous le titre « Activisme civil. La société syrienne mobilisée dans son ensemble », Ilham Al Issa, jeune activiste de la région de Damas, propose aux lecteurs intéressés par la situation en Syrie un témoignage concret et de première main sur l’implication de diverses couches et catégories de la population syrienne dans le soutien à la « révolution contre Bachar Al Assad ».

Traduit par Jihane Al Ali pour le site internet À l’encontre, ce texte offre une illustration concrète des éléments figurant dans l’article « Syrie, 2011. D’une société atomisée à une révolution organisée et citoyenne », déjà présenté sur ce blog. L’atomisation de la société syrienne y a fait elle aussi l’objet d’un article spécifique.

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Clinique clandestine

L’affrontement militaire, qui fait la une des médias internationaux, laisse dans l’ombre l’ampleur de la mobilisation civile, y compris celle sans laquelle la résistance armée, face à la dictature, serait impossible. Il est donc important de décrire ce type de résistance depuis l’intérieur pour le diffuser en dehors de la Syrie.

Après une année et demie de révolte contre le régime dictatorial du clan Assad, l’activisme civil en Syrie a dû s’adapter aux diverses formes de répression, à l’évolution de la situation sur le terrain et à l’urgence. Il s’est aussi spécialisé avec une répartition des tâches plus précise parmi des activistes toujours plus nombreux et divers : hommes, femmes, de toutes origines sociales et confessionnelles, malgré les risques encourus.

Dans le domaine dit humanitaire, la principale activité consiste actuellement à loger des familles ou des personnes en danger. Celles-ci ont la plupart fui la répression ou les zones de combat. Pour eux, il faut louer des appartements ou trouver des familles d’accueil, nourrir les familles, assurer leur habillement, les couches pour les enfants et les aliments pour bébés…

À Damas et sa région ceux qui détenaient une carte d’identité indiquant Homs comme origine avaient droit à un panier alimentaire quotidien du Croissant-Rouge, il y a encore quelques mois. Maintenant, après que des associations relais ont été désignées par les autorités pour se charger de ces distributions, les familles n’osent plus se présenter pour obtenir l’aide qui leur est octroyée et les paniers sont distribués aux mauvaises personnes… Ces associations sont en effet soupçonnées d’être infiltrées par les services de renseignement du régime. Un réseau parallèle, issu de la révolution, se charge donc de financer, préparer et distribuer d’autres paniers alimentaires aux personnes réellement déplacées de Homs qui sont dans le besoin.

L’activisme militant et politique reste quant à lui le domaine le plus secret et le plus dangereux. Des groupes clandestins se sont constitués et ont mis en place des systèmes de communication pour se donner des signaux par Internet indiquant les rendez-vous des manifestations « volantes ». Ces démonstrations pacifiques ont encore lieu quotidiennement dans la plupart des quartiers et banlieues, malgré la répression. Elles se déroulent dans le plus grand secret, par surprise et très rapidement. Le temps de filmer les slogans, faire passer le message dans le quartier mais aussi sur la Toile et garder la mobilisation active.

Certains produisent des tracts ou des journaux, les impriment et les distribuent. Parfois les journaux émanent simplement d’initiatives individuelles… d’autres sont édités par des groupes qui se sont organisés et qui ont des parutions plus au moins régulières. Des dizaines de titres circulent actuellement sur la région de Damas. Ils traitent tous, exclusivement, de la révolution et de la situation du quartier, de la ville ou de la région. Ils ne sont, pour la plupart, liés à aucun parti ni organisme, mais sont l’émanation de simples citoyens et citoyennes engagés dans la contestation et avides de s’exprimer après quarante années de silence forcé.

La distribution se fait de nuit ou de jour selon qu’il s’agisse de quartiers calmes ou surveillés de près, en suivant des stratagèmes toujours plus inventifs pour ne pas éveiller les soupçons. Les femmes jouent évidemment un rôle très important dans tous les déplacements, puisqu’elles bénéficient d’une marge de manœuvre bien plus grande que les hommes. Il existe pourtant maintenant des barrages de l’armée exclusivement dévolus à l’arrestation des femmes et à leur fouille minutieuse, comme à Qudsaya dans la banlieue de Damas, dernièrement.

Certains activistes se sont spécialisés dans les médias. Il s’agit pour eux de faire le travail des journalistes étrangers ou indépendants qui n’ont pas accès au terrain, puisque interdits de séjour par le régime, et de témoigner. Journalistes citoyens, ou simples filmeurs de vidéo… chaque quartier en compte un certain nombre, mais peu sont ceux qui couvrent plusieurs quartiers. En effet, les déplacements avec matériel, même de petite taille, sont extrêmement risqués. L’armée et les forces de l’ordre traquent en tout premier lieu chaque personne susceptible de faire sortir l’information vers l’extérieur du pays. Par conséquent ceux qui passent d’un quartier à l’autre se mettent particulièrement en danger et mettent en danger les personnes qu’ils filment.

Par ailleurs, chaque brigade de l’ASL (Armée syrienne libre) compte en son sein plusieurs membres qui se consacrent exclusivement à l’information et à la communication. Ceux-là ne sont armés que de caméra.

Par conséquent, un large réseau de militants/militantes s’occupe de fournir du matériel de communication simple et léger à ces activistes de l’information, qu’ils soient dans les quartiers ou au sein d’une brigade ASL : caméra, ordinateurs, téléphones… etc. Ces équipements, non sophistiqués, sont achetés en Syrie par les activistes grâce aux dons ; le peu de vie économique encore en cours fonctionne ainsi pour moitié grâce à la révolution et ses besoins !

La frontière entre résistance armée et activisme civil reste mince dans ces conditions.

Bien souvent, l’ASL est l’héritière des Tansiquiyat (coordinations locales qui organisaient la contestation pacifique, encore actives dans certains quartiers). Ainsi à Mazzeh (au sud-ouest de Damas) la coordination est restée secrète et organisait les grandes manifestations de 2011 dans ce grand quartier de Damas, sans que personne ne sache qui la composait. Quand ses membres ont décidé de prendre les armes, ils sont apparus masqués, armés… reconnus par certains et victimes de délation. Ils sont pour la plupart morts, tués ou torturés par les services du régime, à l’heure qu’il est.

C’est donc très logiquement qu’une part de l’activisme civil s’est tourné vers le soutien à la résistance armée. Aider au déplacement des combattants, faire passer leurs messages et surtout effectuer le lien avec les acteurs du domaine médical afin de déterminer, entre autres, où envoyer les blessés, dans quels hôpitaux. Où et comment ériger les cliniques clandestines ? Quel chemin emprunter pour éviter les barrages de l’armée régulière ? Sachant que les blessés civils sont la plupart du temps arrêtés, voire achevés, quand ils sont repérés par les forces de sécurité.

À partir du moment où le nom d’un activiste est connu des services du régime, il ne peut plus se déplacer et doit vivre caché, terré. C’est pour cette raison que des activistes civils se décident bien souvent à prendre les armes et à rejoindre l’ASL, car une fois recherchés par les forces de sécurité, ils risquent la pire des tortures et bien souvent la mort. Ils n’ont alors plus que le choix des armes pour continuer à agir pour la révolution.

Les familles de déplacés à l’intérieur du pays comptent très peu d’hommes : ils sont soit à l’ASL, soit en fuite. Ceux qui restent avec leurs familles doivent vivre cachés pour la plupart. Très peu travaillent et nourrissent des familles nombreuses, des familles élargies. D’autres n’ont pas de sources de revenus et finalement se consacrent exclusivement au soutien civil à l’ASL.

Le domaine médical est celui dont les activistes sont le plus exposés aux dangers immédiats puisque leur activité est essentiellement liée aux zones de répression ou de combats et à l’évacuation des blessés. C’est parmi eux que l’on compte le plus de morts et de blessés.

Les dons concernant le domaine médical proviennent essentiellement des ONG internationales qui envoient de l’argent clandestinement ou parfois tout à fait officiellement grâce à certaines complicités. Il est en effet difficile d’empêcher un hôpital d’être solidaire avec la population: même dans les hôpitaux de l’État, le personnel travaille en parallèle, clandestinement, à soigner les blessés.

Ainsi des patients sont soignés dans les structures d’État ou privées, gratuitement, qu’il s’agisse de blessures directes ou de maladies chroniques de personnes déplacées, etc.

Avant la révolution le système de santé en Syrie était gratuit pour tous, mais gangrené par la corruption, le système connaissait des failles terribles dans son fonctionnement. Aujourd’hui il est devenu réellement gratuit pour la population en souffrance bien que de manière cachée et au risque et péril du corps médical, surveillé de près par un appareil répressif ne reculant devant rien.

En effet le régime n’a pas hésité à Homs à entrer dans les hôpitaux, à achever blessés et malades, à arrêter ou tuer les médecins, à torturer des blessés… etc. La politique de la terreur, sous toutes ses formes, n’a fait qu’inciter encore plus la population à s’engager dans la résistance.

Les problèmes les plus importants concernent les déplacements, quels que soient les niveaux ou domaines de l’activisme civil en Syrie. Les barrages de sécurité érigés par le régime quadrillent intensément certaines zones ou régions. Une bonne part de l’énergie de tous est dépensée à éviter ces barrages en les repérant afin de pouvoir les contourner ou les passer dans des conditions moins dangereuses. La diversité d’origine des activistes crée la possibilité d’un éventail assez large d’actions, sans pour autant pouvoir éviter l’implacable répression quand elle s’abat. Quant à la communication entre les groupes et pour coordonner les opérations, elle est aléatoire en fonction des connexions internet. Mais elle reste possible.

Enfin, toutes ces activités sont financées par des dons essentiellement en provenance de l’intérieur ou de la diaspora syrienne à l’extérieur. Les classes moyennes n’ont plus de quoi donner après une année et demie de « ralentissement » de l’activité économique. Ce sont maintenant des fractions des classes supérieures qui se mobilisent : commerçants, hommes d’affaires importants, gros exploitants. Par exemple, dernièrement, on a assisté au don de la totalité de la production de la saison d’une très grande exploitation agricole ! Ainsi beaucoup de productions locales quittent le marché pour se retrouver dans un circuit parallèle, clandestin et gratuit. Ainsi la moitié de la production d’une usine de vêtements entre actuellement dans ce circuit. La mobilisation est dans ces cas-là verticale : patrons et employés sont impliqués ; l’entreprise ou l’exploitation se consacre alors entièrement à la révolution.

L’activisme civil dépend des dons de tous pour survivre et continuer sa lutte pour une Syrie libre et démocratique. Il fait face à un appareil répressif implacable. Des hommes et des femmes tombent chaque jour en essayant d’agir par des moyens souvent très modestes. Le peuple syrien tient bon, malgré l’horreur, mais a besoin de la solidarité internationale pour continuer sa lutte et survivre : une solidarité morale et politique, mais aussi matérielle, financière et médicale.

Leur presse (Ignace Leverrier, blog du Monde Un œil sur la Syrie, 21 septembre 2012)

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[Montpellier] « Comment l’élite judiciaire de la gendarmerie peut-elle avoir des comportements crapuleux ? »

EXCLUSIF. Montpellier : des gendarmes jouent les gros bras

Le Point a eu connaissance du rapport de synthèse de l’Inspection générale de la gendarmerie qui accuse deux fonctionnaires de la section de recherches de Montpellier d’extorsion de signatures et de consultation de fichiers de police.

« L’autre monsieur m’a fait comprendre qu’il fallait que je démissionne. Il m’a dit qu’il me mettrait les couilles à l’envers et qu’il viendrait chez moi à 6 heures du matin pour venir me mettre en garde à vue. »

26 août 2012, Inspection générale de la gendarmerie nationale à Montpellier. Un employé raconte par le menu aux bœufs-carottes de la gendarmerie comment en 2010 son patron a fait appel à de gros bras pour faire pression sur lui afin qu’il accepte de démissionner. Le patron en question est le plus important concessionnaire automobile de Montpellier ; son groupe est composé de quinze sociétés. Bref, un patron puissant et influent, dit-on. L’employé explique que, avant de commencer l’entretien, son patron lui a présenté les hommes qui l’entouraient comme étant des policiers de la Brigade anti-criminalité (BAC). « Ils travaillent pour moi et enquêtent sur mes employés », aurait alors affirmé le concessionnaire. Pour appuyer ses accusations, l’employé démissionnaire fournit une photo de l’un des deux hommes en compagnie de son patron.

En fait, après sept mois d’enquête, les gros bras se sont révélés être deux gendarmes de la section de recherches (SR) de Montpellier, la crème de la police judiciaire. Le service de gendarmerie qui traite les plus importantes affaires criminelles de la région. Les militaires comme le concessionnaire sont renvoyés devant le tribunal correctionnel de Montpellier, fin octobre. Une affaire sensible qui embarrasse la hiérarchie de la gendarmerie déjà marquée par l’affaire de Mayotte dans laquelle deux pandores sont mis en examen pour « trafic de drogue » et « homicide involontaire » après la mort d’une gamine de 18 ans décédée par overdose d’héroïne. Une drogue qui aurait été mise en circulation par les fonctionnaires, via leur indic.

« Je tremblais et je pleurais »

Cette fois, à Montpellier, il s’agit d’une affaire « d’extorsion de signatures et de détournement de finalité de données ». « J’ai été tellement apeuré. Je tremblais et, presque, je pleurais devant lui. J’ai pleuré par la suite chez moi. J’ai donc accepté de démissionner sous la pression », a expliqué la victime présumée, précisant qu’il n’aurait pas signé sa lettre de démission ce jour-là sans la présence « agressive » des pandores. L’ancien salarié a porté plainte, de même que deux autres employés prétendument démissionnaires. L’un d’entre eux a expliqué avoir aussi subi des pressions de la part des mêmes gendarmes lors d’un entretien avec son patron. « Si vous ne démissionnez pas, je serai le pire de votre cancer », lui aurait dit un des deux pandores en le menaçant de lui casser les jambes.

L’enquête des bœufs-carottes de la gendarmerie a permis de déterminer que 232 personnes avaient été employées chez le concessionnaire et que 96 d’entre elles avaient quitté le groupe, dont cinq sous la contrainte. Il est apparu que douze salariés avaient fait l’objet de recherches dans le fichier Judex, le système judiciaire de documentation de la gendarmerie qui regroupe les auteurs d’infraction interpellés. L’un des deux gendarmes a interrogé sept fois le fameux fichier, dont trois fois avant l’embauche d’un employé par le concessionnaire. D’autres fichiers de gendarmerie auraient également été interrogés par les deux fonctionnaires pour obtenir des renseignements sur l’historique de véhicules apparaissant dans les livres de police des garages. Par ailleurs, selon nos informations, l’enquête sur la téléphonie a permis de montrer qu’il y aurait eu en moins d’un an plus de 1070 contacts téléphoniques entre le concessionnaire et le premier gendarme, 1628 avec le second. La grande fréquence de ces contacts téléphoniques laisse penser que les deux fonctionnaires ont pu être au service du concessionnaire ou travailler pour lui. Mais l’enquête n’a pas permis de déterminer de contrepartie financière pour la prestation des gendarmes, si ce n’est un voyage au Maroc réglé en liquide par l’un des deux.

Élite de la gendarmerie

Le concessionnaire nie les faits. Selon lui, les licenciements se sont déroulés dans la plus stricte légalité. Quant aux deux gendarmes, il résulte des investigations que l’un d’entre eux a accepté de participer à l’entretien de licenciement en connaissance de cause, mais que l’autre semblait l’ignorer. Les deux pandores sont en tout cas partis avant la lettre de démission de ce salarié. En revanche, ils nient leur présence pour les autres démissions et la consultation des fichiers. Un seul fonctionnaire reconnaît avoir consulté les fichiers autos pour vérifier l’origine de certains véhicules.

Joint par Le Point, Luc Abratkiewicz, l’avocat de deux des salariés démissionnaires, s’interroge sur l’étroitesse des relations entre le concessionnaire et les gendarmes. « Cela ne cache-t-il pas d’autres méfaits, d’autres victimes ? Comment l’élite judiciaire de la gendarmerie peut-elle avoir des comportements crapuleux ? » Selon nos informations, un cinquième salarié aurait été victime des deux gros bras. Mais, terrorisé, il n’aurait pas souhaité porter plainte…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-Michel Décugis & Aziz Zemouri, LePoint.fr, 21 septembre 2012)

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[Limoges] Saint Martial a perdu la tête

La statue de la fontaine de la place saint-Michel-des-Lions à Limoges a été vandalisée cette nuit.

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Ce matin à 9 heures les services de police ont été contacté par un employé de la ville leur signalant que la statue de Saint Martial trônant au centre de la fontaine devant l’église Saint-Michel-des-Lions avait été vandalisée.

Descellée la statue a été retrouvée au sol, brisée en trois morceaux et la tête de Saint-Martial a disparu.

Une plainte a été déposée par la Mairie de Limoges.

Selon les termes consacrés : l’enquête est en cours.

Leur presse (limousion.france3.fr, 21 septembre 2012) via Brèves du désordre

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[Bordeaux, samedi 29 septembre] Marche de nuit féministe et non-mixte

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Programme de l’Athénée libertaire, 20 septembre 2012

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[Eup, Haute-Garonne] Des mineurs se rebellent au centre éducatif renforcé

Le début de la semaine a été très agité dans le centre éducatif renforcé (CER) installé à Eup, commune du Comminges. L’établissement discret accueille des mineurs délinquants, population jamais « facile » à gérer. Les éducateurs le reconnaissent. Mais cette fois, aux insultes et tensions « habituelles » ont succédé menaces physiques, dégradations, et mardi soir, l’équipe d’encadrement a décidé de faire appel à la gendarmerie. Certains jeunes garçons avaient répandu de l’essence dans un des bâtiments et ils menaçaient de mettre le feu. Ce sont les gendarmes du PSIG de Muret, avec l’aide de leurs collègues de la compagnie de Saint-Gaudens qui ont ramené un semblant de calme.

Pas longtemps. En effet dès le lendemain, les gendarmes ont dû remonter à Eup, cette fois pour interpeller sept jeunes garçons. Ils ont alors été placés en garde à vue. Jeudi, quatre d’entre eux ont été présentés au parquet des mineurs, au tribunal de grande instance de Toulouse. Au regard de la gravité des faits reprochés, un de ces jeunes suspects a été placé en détention au centre pour mineurs de Lavaur. « Les trois autres bénéficieront de solutions adaptées à leur cas », a précisé le procureur Michel Valet.

Un changement d’organisation expliquerait, selon un éducateur, la colère destructrice des jeunes garçons. Un porte-parole de l’Anras, qui gère ce centre, souligne : « L’Anras va mettre en place toutes les mesures nécessaires pour comprendre où les choses ont dysfonctionné pour prendre des mesures correctives ». Et une cellule de crise sera installée pour les salariés qui « ont quand même vécu des moments difficiles », estime cette porte-parole.

Presse carcérale (LaDepeche.fr, 22 septembre 2012)

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[Rennes-les-Bains] « Comme le Petit Poucet un chemin en forme de feuilles de cannabis vers des lieux d’échanges possibles »

Limoux. Démission du maire de Rennes-les-Bains, Alain Girard

Mis en minorité lors du dernier conseil municipal de Rennes-les-Bains, au sujet de l’implantation de caméras, le maire Alain Girard démissionne. Patrick Borredon assure l’intérim.

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Le maire Alain Girard désavoué par son conseil municipal

On se rappelle en mars dernier des 17 pneus crevés dans le village de Rennes-les-Bains, des tags qui avaient été faits, indiquant : « Comme le Petit Poucet un chemin en forme de feuilles de cannabis vers des lieux d’échanges possibles » nous explique dans l’anonymat Raymonde. Pas très raccord tout ça avec les curistes sur place, plus habitués aux bains de boue et autres eaux chaudes qu’aux fumées psychédéliques.

Pour certains l’économie locale des bains est mise à mal depuis quelques années par une population folklorique un peu débridée qui se jouent des conventions et des lois. Parfois comique vue de l’extérieur, pas vraiment appréciée de la population locale. Une pétition avait d’ailleurs couru dans la commune, 50 % des habitants s’étaient prononcés pour. Elle demandait au conseil de réagir rapidement afin que cesse une situation dans le village considèrait comme intenable. Surprise du maire Alain Girard qui ne comprenait pas vraiment les raisons de cette discorde.

À l’époque la conseillère Évelyne Codina expliquait : « Parmi les signataires on peut compter certes des anciens du village, mais aussi des jeunes et moins jeunes arrivés à Rennes-les-Bains depuis de nombreuses années, qui se sont intégrés à notre commune avec le temps et qui aujourd’hui la constituent. Il ne s’agit donc pas d’un contentieux entre “jeunes” et “anciens”, mais entre des habitants d’origines diverses et de récents nouveaux venus dont la façon de vivre diffère au niveau des valeurs. Ce sont justement certaines des valeurs fondamentales du “bien vivre ensemble” que le conseil municipal a décidé de remettre au goût du jour pour que tous ceux qui les partagent, se retrouvent, nouveaux venus ou autochtones, jeunes et moins jeunes dans le respect, la légalité, le civisme, et la solidarité ».

Il faut dire que les situations sont parfois cocasses comme ce matin de juin quand une file d’attente de curistes s’était formée pour aller aux bains. Une fois la surprise passée, les habitués des thermes ont vite compris qu’ils n’accéderaient pas à la baignoire, déjà occupée par un couple nu comme des vers, en train de faire l’amour en toute liberté et en public. La tension était à son comble entre locaux et adeptes du « Peace en love ». Le conseil municipal était sommé alors par une partie de la population de réagir.

Cet été il décide d’étudier un projet d’implantation de caméras vidéo protection. Après consultation et contre l’avis du maire, le 17 septembre, le conseil municipal décide de voter. Le résultat est sans appel, 5 voix pour, 3 contre et une abstention. Les caméras seront installées à Rennes-les-Bains le premier magistrat n’est pas entendu et annonce en fin de séance : « Je suis en minorité sur ce sujet donc je démissionne ». Une démission qui sera effective une fois entérinée par le préfet qui devrait donner son calendrier. Pour la suite c’est le premier adjoint Patrick Borredon qui assurera l’intérim jusqu’à l’élection d’un nouveau conseiller municipal, l’assemblée délibérante pourra alors élire un nouveau maire pour Rennes-les-Bains.

Presse folklorique (LaDepeche.fr, 21 septembre 2012)

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Nous crèverons comme des chiens au bord de la route

Trace Testament. Nous crèverons comme des chiens au bord de la route

Après que la mairie ait décidée de nous expulser de notre pont en jetant toutes nos affaires en pleine période orageuse, on s’est retrouvé dans une pire misère. On nous a dit que c’était pour protéger les cygnes. On avait presque oublié la vraie galère de la rue sans un coin protégé pour se poser, un chez soi aux quatre vents sous un pont. La pluie violente, le vent, ont fait fondre notre peu de volonté un peu plus.

Être expulsé de rien pour nulle part
Tout recommencer en partant de rien pour un rien néantesque, où la vie est sans lumière. Nous sommes dans le tunnel et l’acharnement est tel que notre épuisement est tout ce que nous fabriquons encore de vivant. Nous crèverons comme des chiens au bord de la route avec comme linceul l’indignation stérile de quelques bobos gauchisants.

La société est hystérique, schizophrène, frénétique
Les associatifs se bercent d’illusions en se cachant derrière des pratiques artificielles. Mais ils ne fabriquent que du simulacre. Notre quotidien ne change pas, il est fait de rien et va nulle part. Pas d’espoir n’entraîne que le désespoir.

La rue est un monde à part fait de combines, de violence, de haine
Il y a des groupes qui se forment qui ne te retiennent à rien. Lorsque l’amour se présente il est déjà cabossé. L’amitié est faite d’apparitions et de disparitions, rien ne résiste à la rue. On sent de plus en plus tout ce que l’on n’a pas, tout ce qui nous sépare de tout. La vie se réduit à notre ombre.

Monique Maitte
Collectif SDF Alsace, 15 septembre 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 72 – « Et pourquoi quand j’étais enfermé en centre de rétention avec les vrais clandos purs et durs qui étaient venus dans des soutes à bagages ou des embarcations de fortune j’ai prié Dieu pour pas aller au bled LOL »

Partie 72

JE FAIS PLEURER MA PLUME DE SINCÉRITÉ

Le fléau de la discrimination frappait même en prison même entre quatre murs ils te faisaient voir que tes parents venaient d’ailleurs je pétais un câble tellement c’était flagrant un jour j’ai eu le malheur de postuler à une formation oulala le parcours du combattant j’avais un teint trop sombre trop pur mon accent de banlieue parisienne était synonyme de bordel de yoyo et de « nique sa mère la pute » même si j’le pensais je l’aurais gardé pour moi LOL. Je faisais ma demande trois mois avant Pierre Paul ou Jacques et comme par hasard eux ils étaient pris direct moi j’attends toujours leur réponse une fois avec l’aide de mon avocate on a fait appel au médiateur de la Répu­blique qui a écrit une lettre salée à la taule bizarrement il m’ont appelé dans la foulée j’avais la haine d’avoir dû passer par trente-six mille chemins pour avoir ma formation mais bon ce n’était que le reflet de cette société qui avait des préjugés sur ta couleur et ton milieu social y a que le poids de ton portefeuille qui les faisait passer au-delà de tes origines la preuve les kilomètres de tapis rouge dressés quand un émir des pays du Golfe faisait escale sur Paname et ils kiffent quand un Arabe du Qatar rachète le PSG là seulement ils kiffent l’immigré je parle d’immigrés mais 90 % des jeunes sont nés ici…

La dernière fois que j’ai mis un pied au bled j’avais 2 ans LOL j’voulais pas bouger j’aimais trop le pain et Nutella de chez Carrefour LOL j’étais trop fier de mes origines mauritaniennes. Mais pourquoi quand l’État français a voulu m’expulser en 2001 car ils avaient détecté en moi ce jeune révolté qui se soumettrait jamais à leur blabla pourquoi à c’moment j’avais refusé de partir ? et pourquoi quand j’étais enfermé en centre de rétention avec les vrais clandos purs et durs qui étaient venus dans des soutes à bagages ou des embarcations de fortune j’ai prié Dieu pour pas aller au bled LOL fils d’immigrés le cul entre deux chaises entre deux cultures celle de nos rempas et celle du Club Dorothée on se plaignait de cette France mais au fond on l’aimait d’un amour inconditionnel on se contredisait constamment à chaque séjour au bled de plus de un mois on faisait tout pour rentrer au bercail LOL j’ai jamais vu un mec du ghetto aller vivre définitivement au bled sauf si il était en cavale ou étant jeune ses parents lui avaient confisqué son passeport car trop virulent pour l’Hexagone.

HECHEK LA FRANCE JE LA BAISERAI JUSQU’À CE QU’ELLE M’AIME (Tandem) cette phrase d’une violence extrême pour les moralistes mais si on l’analyse de plus près est un cri du cœur de jeunes qui ne demandent qu’à être aimés. J’ai même croisé un jour un mec à Bois-d’Ar qui s’appelait Radouane mais se faisait appeler Antoine un souci d’intégration mais il avait oublié de faire de la chirurgie esthétique en même temps qu’il changeait de nom il avait une vraie tête de clando quand je l’appelais Antoine et il se retournait j’étais plié de rire de la stupidité du truc mais bon chacun voyait midi à sa porte…

Malgré tout ça toutes mes salades mes péripéties les épreuves que la vie m’a données [et que] pour la plupart j’ai provoquées je n’en voulais pas à cette France mais à ceux qui tiennent les rênes qui tirent profit de la misère de nos ghettos ma plume servira à dénoncer toutes les injustices quotidiennes que l’on subit et même que j’ai plus d’encre j’ai des cartons de cartouches dans ma tête pour noircir leur tableau tant qu’ils nous considéreront pas.

QUELLE QUE SOIT LA DURETÉ DE TA VIE LÂCHE PAS IL Y A TOUJOURS DU SOLEIL APRÈS LA PLUIE.

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[Zone de Sécurité Prioritaire LOL] « Il ne s’agit en aucun cas de violences urbaines »

Marseille : une policière blessée par un tir de carabine

On a frôlé le drame hier soir dans les quartiers Nord de la ville.

À quelques heures de la venue à Marseille des ministres de l’Intérieur et de la Justice pour installer, notamment, le nouveau préfet de police, on a frôlé le drame hier soir dans les quartiers Nord de la ville. Alors qu’un équipage de police intervenait au Parc Kalliste (15e arrondissement), en soutien à des marins pompiers appelés pour une fuite de gaz, une fonctionnaire a reçu un projectile dans la joue gauche.

« On a entendu un claquement, raconte un policier. On n’a pas compris. L’intervention des marins pompiers se passait bien. Il n’y avait aucun problème. Et d’un coup, on a vu du sang sur la joue de la collègue. On a d’abord pensé à une pierre… »

« Un plomb à air comprimé de calibre 4,5 »

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Les faits se sont déroulés au Parc Kalliste (15e), hier soir.

Hospitalisée, la policière en tenue, âgée de 32 ans, a été opérée en urgence afin de lui extraire le projectile. « C’est un plomb à air comprimé de calibre 4,5 qui lui a été retiré, souffle une source proche de l’enquête. Elle va bien. À aucun moment elle n’a perdu connaissance. »

Quant à l’auteur du tir, hier soir, il n’avait toujours pas été identifié. « C’est un acte isolé, précise un commissaire, quelqu’un qui a dû tirer depuis sa fenêtre avec une carabine. Il ne s’agit en aucun cas de violences urbaines. » Fin août, c’est une chienne qui avait été tuée par un coup de fusil de chasse d’une fenêtre, alors qu’elle courait sur un terrain vague, derrière la cité des Cyprès, à Malpassé (13e arrondissement).

Kalliste et Les Cyprès ont été classées en zones de sécurité prioritaires.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Laetitia Sariroglou, LaProvence.com, 21 septembre 2012)


Marseille : une policière prise pour cible

« On n’est pas des lapins ». David-Olivier Reverdy, représentant zonal pour le sud-est du syndicat Alliance, ne décolère pas. Jeudi soir, une de ses collègues a été victime d’un tir avec arme à air comprimé. Elle a reçu un plomb de calibre 4,5 dans la joue et a été opérée.

L’auteur des tirs pas identifié

Les faits se sont déroulés lors d’une intervention sur une fuite de gaz dans une cité des quartiers nord de Marseille. La fonctionnaire intervenait avec un de ses collègues pour une odeur suspecte au parc Kallyste. Malgré l’intervention des marins pompiers sur place, les policiers ont tout de même été mobilisés. C’est à ce moment-là que la voiture de police-secours aurait été la cible de plusieurs projectiles non identifiés.

Transportée à l’hôpital Nord, la victime, âgée d’une trentaine d’années, a été opérée et un plomb a été extrait de sa joue, selon le syndicat Alliance. La direction départementale de la sécurité publique précisait qu’une opération était en cours dans la soirée pour identifier l’auteur du tir.

« Des violences gratuites »

Pour David-Olivier Reverdy, représentant zonal pour le sud-est de ce syndicat, « il s’agit de faits extrêmement graves, où l’on attire des forces de l’ordre dans de véritables guet-apens. Tout ceci étant rendu possible par une politique sécuritaire de plus en plus laxiste ».

Le syndicaliste ne cache pas « son indignation », au micro d’Europe 1. « Comme à Nice il y a deux jours, à Annecy mercredi, à Marseille jeudi, une nouvelle fois, les forces de l’ordre sont prises à partie, bien souvent pour des violences gratuites. Tout ceci est inadmissible et doit cesser », déplore-t-il.

« L’État doit nous protéger »

David-Olivier Reverdy exhorte le gouvernement d’agir. « L’État doit nous protéger, la justice doit nous protéger. Il est intolérable de se faire tirer dessus, de se faire prendre pour cible, comme c’est le cas un peu partout sur l’Hexagone. On n’est pas des lapins », s’insurge-t-il.

Cet événement intervient alors que Manuel Valls est attendu vendredi dans la cité phocéenne pour l’installation du nouveau préfet de police.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Europe1.fr, 21 septembre 2012) via Brèves du désordre

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[Révolution tunisienne] Le procureur de la République à Kébili dégagé

Tunisie : Le nouveau procureur de la République de Kébili agressé

Le nouveau procureur de la République près le tribunal de première instance de Kébili, M. Mohamed Lounisi, nommé récemment dans le cadre du mouvement opéré dans le corps des magistrats, a été agressé, jeudi au hall du tribunal, par d’anciens prisonniers du régime de Ben Ali et militants des droits de l’homme dans la région. Ils ont exprimé leur « stupéfaction » et « étonnement », suite à la nomination du nouveau procureur de la République qui avait occupé le poste de juge d’instruction de 1991 à 1994, confie au correspondant de l’Agence TAP dans la région, Salah El-Chamekh, ancien prisonnier.

Durant cette période, M. Lounisi a été en charge du procès de 50 islamistes, parmi les jeunes de la région, a- t-il rappelé. Le nouveau procureur de la République avait transféré les dossiers de mise en accusation des détenus à la cour d’appel de Gabès, contrairement aux détenus des autres régions traduits devant les tribunaux de première instance, ce qui a dénaturé les faits, a-t-il précisé.

Le transfert de dossiers, a-t-il dit, a eu pour conséquence « de juger les accusés en vertu des dispositions de la loi sur la lutte contre le terrorisme et le blanchiment d’argent (1993) » et « d’infliger aux accusés des peines variant entre l’emprisonnement et la mise sous surveillance administrative ».

Les manifestants ont réclamé l’assainissement de l’appareil judiciaire, appelant à radier le procureur du corps des magistrats et à le traduire devant la justice pour « abus et dépassements commis sous l’ancien régime ». Trois protestataires ont réussi à accéder au bureau du procureur de la République situé au 1er étage du siège du tribunal, avant d’être évacués par les forces de l’ordre qui ont assuré la sortie du procureur sous haute surveillance.

« Suite à cet incident, les audiences du tribunal de première instance prévues aujourd’hui ont été reportées à une date ultérieure » ont révélé, le substitut du procureur de la République et le président du tribunal de première instance de Kébili. Le correspondant de la TAP n’a pas pu contacter d’autres parties en rapport avec cet incident, en raison de l’état de désordre qui régnait dans le siège du tribunal.

Publié par des ennemis de la révolution (DirectInfo, 20 septembre 2012)

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[Révolution tunisienne] Sit-in à El Omrane (Sidi Bouzid)

Véhicules administratifs saisis à Sidi Bouzid

Le nombre des voitures et des camions administratifs saisis par des habitants dans la localité d’El Omrane dans la délégation de Menzel Bouzayene (gouvernorat de Sidi Bouzid), au niveau de la route nationale N14, s’élève à 17 camions et 4 véhicules administratifs.

Les protestataires ont également bloqué les voies ferrées, interdisant le passage des trains vers Gafsa et Sfax, a constaté le correspondant de la TAP à Sidi Bouzid.

Les sit-inneurs ont indiqué, que ce mouvement a pour but la revendication du droit à l’emploi, au développement, à la création de plusieurs zones irriguées et industrielles dans la région, outre la régularisation de la situation des familles des blessés de la révolution.

À noter que les habitants de la délégation de Menzel Bouzayene bloquent depuis plus d’une semaine la route. Les forces de l’ordre avaient essayé d’intervenir pour lever le sit-in, mais les protestataires se sont rassemblés de nouveaux pour poursuivre leur mouvement.

Publié par des ennemis de la révolution (WMC/TAP, 17 septembre 2012)

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[Shahmirzad, Iran] Comment accommoder l’imam

Shahmirzad : Résistance de deux jeunes filles face au voile obligatoire

Un imam a passé trois jours à l’hôpital après avoir été molesté par deux jeunes filles dans le village de Shahmirzad, en Iran, à la fin du mois d’août. Il avait admonesté l’une d’entre elle afin qu’elle se couvre la tête.

Les jeunes femmes, vexées par sa remarque, ont violemment pris le religieux à partie, rapporte le site internet de la chaîne américaine CNN.

L’imam affirme avoir « poliment » demandé à la jeune fille de se couvrir. Ce à quoi elle a rétorqué qu’il « ferait mieux de se couvrir les yeux ». Offensé, le religieux a réitéré sa demande et exigé une meilleure conduite de la jeune femme.

Les deux jeunes femmes ont alors tabassé le religieux qui a du être hospitalisé pendant trois jours.

Dans les petits villages iraniens, il est relativement rare que les femmes s’opposent aux diktats des hommes, religieux de surcroît. Cela est plus fréquent dans les grandes villes où la condition féminine est meilleure.

Les sanctions et punitions contre les femmes ne respectant pas scrupuleusement le code vestimentaire se produisent cependant beaucoup plus régulièrement, indique CNN.

Leur presse (L’Avenir net, 20 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Abat-faim] Bouffons les riches (pas les OGM) ! (2)

OGM, Monsanto, Roundup & Co : comment notre société produit des malades

LE PLUS. « Oui, les OGM sont des poisons ! ». C’est le titre choc du dossier du magazine Le Nouvel Observateur de cette semaine, réalisé sur la base d’une étude tout juste rendue publique : « Long Term Toxicity of a Roundup Herbicide an a Roundup Tolerant Genetically Modified Maize » (in Food and Chemical Toxicology). Joël Spiroux, co-auteur de cette étude, explique que nos sociétés n’assurent pas la sécurité alimentaire de leurs populations.

Depuis près de 15 ans je travaille, en plus de mes consultations avec Gilles-Éric Séralini avec qui je partage les mêmes préoccupations, sur les liens entre les pesticides, les OGM et la santé. Notre étude est emblématique car elle montre une fois de plus comment nos sociétés dites évoluées sont incapables d’assurer la sécurité alimentaire de leurs populations.

« L’aliment est ton premier médicament »

La mise en garde est pourtant bien ancienne car Hippocrate, 450 ans avant J.C., précisait : « L’aliment est ton premier médicament ». Comment penser qu’une plante à pesticide soit saine ? Comment penser qu’un OGM et son pesticide associé, tous deux mal évalués, puissent finir dans nos assiettes sans faire prendre de risque à la population ? Cette problématique mise en évidence par notre étude correspond exactement à ce qui se passe au sujet de tous les autres xénobiotiques déversés sur la planète depuis plus d’un siècle…

Je suis médecin libéral et consulte depuis près de 30 ans. Je n’ai jamais accepté de voir arriver dans mon cabinet des patients en souffrance, qui ne devraient pas être malades si les conditions environnementales étaient favorables à leur épanouissement. En effet, avec l’arrivée de l’hygiène bactérienne grâce à Pasteur, des antibiotiques et du développement extraordinaire des techniques médicales et chirurgicales nous avions largement diminué les causes de mort des siècles passés. Plutôt qu’une amélioration de notre état de santé, que constatons-nous ?

Une augmentation importante des cancers, des maladies neuro dégénératives, métaboliques, immunitaires, des stérilités, des malformations néonatales, une baisse de 50% des spermatozoïdes en 50 ans et en parallèle une diminution importante de la biodiversité ! Nous pouvons ajouter à cela les 8.000 maladies orphelines pour la plupart métaboliques et pour lesquelles nous constatons les troubles mais que nous sommes incapables de soigner.

Notre société produit des malades

Ce qui arrive aux humains arrive de façon concomitante à la faune et à la flore. La cause principale en est la quantité de xénobiotiques répandus sur la planète depuis le développement de la chimie organique et minérale de synthèse. 3 millions de tonnes en 1930, 420 millions en 2010 de ces produits chimiques qui sont persistants et se bio-accumulent dans l’environnement, finissent par aboutir dans notre assiette par concentration dans la chaîne alimentaire, sans compter l’air de nous respirons.

« Ils ne mourraient pas tous, mais tous étaient frappés ». La Fontaine, Les animaux malades de la peste.

Nous sommes dans une société schizophrène qui d’une part « produit du malade » et qui, d’autre part, s’étonne de devoir dépenser de l’argent pour la soigner.

Les origines de cet aveuglement

Quelles sont les causes de ce désastre sanitaire qui coûte très cher à la population en termes de souffrance et aussi financièrement à la société ? Plusieurs réponses :

Nous n’avons pas pris encore la mesure du lien entre santé et environnement, l’impact des environnements biologiques, physiques, chimiques, sensoriels, socio anthropologiques sont bien peu pris en compte malgré les deux plan Santé Environnement et peu de mesures efficaces sont mises en place.

• Nous sommes dans une société du soin et non de santé, en effet nous médecins, sommes très bien formatés pour le soin et pas du tout pour la santé et la prévention. L’intérêt des médecins pour les pathologies environnementales est bien faible, j’en ai fait l’expérience avec les deux congrès que j’ai réalisé au sein de l’URML de Haute Normandie en 2005 (1er congrès national sur les pathologies environnementales) et en 2009 (1er congrès européen sur le même thème : ECEP 2009). « Quelques difficultés qu’il y ait à découvrir des vérités nouvelles, en étudiant la nature, il s’en trouve de plus grandes encore à le faire reconnaître » disait Lamarck dans Philosophie zoologique ! Par ailleurs nous pouvons préciser que les dépenses de santé font partie du PIB ! est-il pertinent de croire que les dépenses de santé peuvent améliorer le PIB ?

• La toxicologie actuelle est inadaptée à cette masse de xénobiotiques présente dans l’environnement. Ce n’est plus la dose qui fait le poison comme nous le croyions depuis Paracelse, en effet des doses infimes de l’ordre du nano gramme ou du picogramme peuvent avoir des effets délétères sur la santé comme nous le prouvent les perturbateurs endocriniens dont les pesticides. Notre étude le montre. La toxicologie actuelle ne tient pas compte des phénomènes de bioaccumulation, les effets combinés, les effets à long terme, transgénérationnels ainsi que des effets des faibles doses.

• L’épidémiologie qui a été mise au point pour suivre des liens causaux directs et binaires entre un agent causal et une pathologie bien définie ne fonctionne pas pour des pathologies environnementales qui comportent plusieurs agents causaux mélangés et plusieurs manifestations cliniques possibles. Imaginez : si je recherche dans votre sang les 100 xénobiotiques toxiques les plus courants (dioxines, PCB, DDT…) je suis sûr d’en trouver au moins 60 à 70 ! comment ces produits réagissent-ils entre eux, comment votre corps réagit-il, que penser des enfants perfusés in utéro par ces produits ? Cela n’a jamais été évalué !

• Dernier point : le laxisme, voire l’incompétence des organismes réglementaires qui acceptent la mise sur le marché de produits mal évalués comme ceux que nous avons mis en évidence dans notre étude. Ce sont ces mêmes instances qui définissent des normes de toxicité qui bien souvent ne sont pas à même de nous protéger du fait de failles de la toxicologie et de l’épidémiologie précisées plus haut. L’état de la santé mondiale est là pour en attester.

Œuvrer pour le soin ET la santé

Une fois ce tableau dramatique brossé, que faudrait-il faire ?

1. Mettre en œuvre les outils d’une HYGIÈNE CHIMIQUE comme nous avons développé une HYGIÈNE BACTÉRIENNE depuis Pasteur. Ces outils sont l’adaptation aux pathologies environnementales de la toxicologie, de l’épidémiologie et des normes de toxicité. Les tests réglementaires doivent devenir publics, indépendants des producteurs et soumis à une expertise contradictoire.

2. Créer un enseignement en santé environnementale pour les médecine et le corps médical dans son ensemble.

3. Chercher des traitements détoxifiants à base de plantes comme nous commençons à le faire dans le laboratoire.

Pour conclure, une citation d’Hannah Arendt : « Le progrès et la catastrophe sont l’avers et le revers d’une même médaille. »

En effet, la pensée technoscientifique ignore bien souvent les êtres, les gens et les cultures… La réalité humaine, c’est le réalisme trivial mais aussi l’imaginaire, le mythologique, l’affectif, mais l’économie est une science trop belle, car elle mathématise la réalité et donc avec des chiffres, on fait disparaitre la chair, le sang, les passions, les souffrances, les bonheurs, les cultures…

Bref tout ce qui fait que l’homme à la fois « naturel » et « sur-naturel », qu’il s’enracine dans la nature vivante, physique et qu’il en émerge et s’en distingue par la culture, la pensée et la conscience.

Par Joël Spiroux de Vendômois, Docteur en médecine
Presse contaminée (leplus.nouvelobs.com, 20 septembre 2012)


Consommation
Peut-on encore manger sans OGM ?

Interdits de culture en France, les OGM se retrouvent pourtant dans les assiettes des consommateurs via l’alimentation animale, friande de soja transgénique importé. Malgré les pressions du lobby agro-alimentaire, une petite victoire de transparence vient d’être obtenue. La mention « sans OGM » pourra désormais être accolée sur les produits qui en contiennent moins de 0,1%.

Interdits de culture en France depuis 2008, les OGM sont présents dans nos assiettes via l’alimentation des animaux que nous mangeons : 80% des 4,5 millions de tonnes de soja importé chaque année du Brésil pour nourrir les porcs et volailles (non bios) est transgénique ! Ce « détail » est rarement connu des consommateurs. Pour s’assurer de ne pas manger d’OGM, dont les risques sanitaires sont pointés du doigt par une toute récente étude, les consommateurs peuvent acheter bio. Des guides régionaux (en Bretagne, Normandie, Pays-de-la-Loire et région Centre) recensent par exemple les points de vente et producteurs commercialisant de la viande, et autres produits issus d’animaux nourris sans OGM. Greenpeace propose également un guide des produits avec ou sans OGM.

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Depuis le début de l’été, tous les consommateurs français peuvent bénéficier de cette transparence. Un décret, rédigé en janvier par le précédent gouvernement et publié le 1er juillet dernier, autorise la mention « sans OGM » sur les produits qui n’en contiennent pas. L’Allemagne, l’Autriche et l’Italie pratiquent déjà cet étiquetage spécifique. Des millions de macarons verts « nourri sans OGM » pour les viandes ou « issu d’animaux nourris sans OGM » pour le lait, les œufs, et les produits transformés ornent d’ores et déjà les rayons des magasins de l’hexagone. Une mention « sans OGM dans un rayon de 3 km » est prévue pour les ingrédient issus de l’apiculture.

Pourquoi un seuil de 0,1% d’OGM

Le seuil de détection retenu, pour obtenir cette mention est de 0,1% d’OGM, un seuil préconisé par le Comité économique éthique et social du Haut Conseil des Biotechnologies (HCB). C’est une petite victoire contre le lobby pro-OGM, qui s’est battu pour que le seuil de détection soit plutôt de 0,01%. Ce qui aurait rendu l’étiquetage inopérant. Les OGM étant présents de fait en Europe, une contamination est toujours possible. Peu d’enseignes ou de producteurs auraient alors pris le risque d’un déclassement de leurs produits suite à un contrôle qui aurait repéré des traces d’OGM au-delà de 0,01%.

Il n’y a pas qu’en Europe où l’information des consommateurs effraie les vendeurs d’OGM. Aux États-Unis, les rayons californiens pourraient voir débarquer très prochainement des étiquettes avec la mention « contient des OGM ». Soumise à l’avis des électeurs de Californie en novembre prochain, la décision pourrait faire tâche d’huile. Au sein des multinationales de l’agroalimentaire, c’est la panique ! Mais pourquoi, au fait, puisque les OGM sont tellement inoffensifs ?

Nolwenn Weiler, Basta !, 20 septembre 2012


OGM : comment les éviter dans notre assiette ?

La France est relativement protégée vis-à-vis des organismes transgéniques. Mais ils sont tout de même présents dans notre alimentation à l’état de trace.

Bonne nouvelle : « En France et dans les autres pays sous moratoire, nous sommes relativement protégés », rassure le Dr Joël Spiroux, co-auteur de l’étude sur la toxicité d’un maïs transgénique sur les rats. Reste que nous ne vivons pas non plus dans une bulle. Le point sur les expositions possibles.

En Europe, une partie seulement des produits contenant des OGM sont étiquetés

La réglementation mise en place en 2004 au niveau européen rend obligatoire un étiquetage signalant la présence d’OGM sur les aliments qui en contiennent plus de 0,9%. Elle admet entre autres la présence d’additifs alimentaires et d’arômes produits par des OGM, lorsque ceux-ci ne sont pas disponibles sur le marché sous une autre forme. Au-delà de 0,9%, les fabricants ont l’obligation de mentionner sur l’étiquette — en général en tout petits caractères — « issu de maïs génétiquement modifié ».

Les organismes transgéniques sont donc présents, soit à l’état de traces et non signalés, soit en plus grande quantité et signalés, dans certains produits transformés comme les huiles de soja, les corn-flakes, ou encore les sauces notamment importées des Etats-Unis. « C’est la partie émergée de l’iceberg », commente Aurèle Clémencin, en charge du développement de l’application d’information aux consommateurs Notéo. « La partie immergée, qui représente l’essentiel de la problématique, c’est la consommation indirecte, qui passe par l’alimentation animale ».

En France, on consomme des OGM indirectement

« Le soja et le maïs représentent une très grande proportion des cultures d’OGM et finissent en tourteaux et farines, quasiment impossibles à tracer », poursuit Aurèle Clémencin. Les cultures transgéniques sont interdites en France, mais 80% des animaux d’élevage consomment des céréales contenant des OGM, importés depuis le continent américain. Notamment du maïs NK 603, utilisé dans l’étude de Gilles-Éric Séralini.

Or les viandes et autres produits issus du règne animal (œufs, produits laitiers, biscuits…) ne sont soumis à aucune obligation d’étiquetage quand aux éventuelles traces d’OGM. Depuis le 1er juillet, certains commerçants indiquent toutefois sur les emballages « nourri sans OGM ». Pour les produits frais, on peut aussi demander des détails au distributeur.

Il existe des produits garantis « sans OGM »

La mention « sans OGM » signifie en réalité que la présence d’un éventuel organisme transgénique n’a pas pu être décelée via les techniques actuelles d’identification, qui permettent de les détecter à partir de 0,01% de présence. Les aliments « sans OGM » sont : les produits qui ne contiennent pas d’ingrédients susceptibles d’être génétiquement modifiés, évidemment, (un paquet de thé ne peut être étiqueté comme tel car il n’y a pas de thé génétiquement modifié sur le marché), les produits issus d’animaux étiquetés comme biologiques (label AB), certaines appellations d’origine de produits animaux, dont les cahiers des charges excluent l’utilisation de fourrage OGM pour la production laitière.

Quelques exemple de fromages qui n’en contiennent pas : Abondance, Comté, St Nectaire, Gruyère, Vacherin, Mont d’Or, Neufchâtel, Bleu de Gex, Tomme des Bauges, Tomme de Savoie, Beaufort, Rocamadour, Laguiole, Epoisse, et Reblochon. Des exemples de viandes : mouton Barèges-Gavarni et boeuf Maine-Anjou. « Label rouge s’est également engagé à nourrir les animaux sans OGM », précise Aurèle Clémencin. « Et dans la grande distribution, de nombreuses enseignes se sont engagées à bannir les OGM de l’alimentation animale, dans une sorte de front généralisé, par peur d’un nouveau scandale sanitaire ».

Et en voyage ?

En Europe, deux cultures OGM sont autorisées : le maïs MON 810 et la pomme de terre Amflora. Mais en vertu de la clause de sauvegarde activée au niveau européen en 2008, aucun OGM ne peut être cultivé sur le sol français. Six autres pays ont adopté la clause : l’Allemagne, l’Autriche, la Bulgarie, la Grèce, la Hongrie et le Luxembourg pour le MON 810, l’Autriche, la Hongrie et le Luxembourg pour l’Amflora, qui n’est quasiment plus cultivée.

Dans le reste du monde, c’est une autre affaire. 98 % de la superficie mondiale cultivée en OGM (160 millions d’hectares) se retrouve dans dix pays : les États-Unis, 43,1 % de la superficie ; le Brésil, 18,9 % de la superficie ; l’Argentine, 14,8 % de la superficie ; l’Inde, 6,6 % de la superficie ; le Canada, 6,5 % de la superficie ; la Chine, 2,4 %. D’ici 2015, on estime que la superficie totale des cultures génétiquement modifiées dans le monde sera de 200 millions d’hectares, avec en sus l’arrivée de nouveaux organismes comme le maïs tolérant à la sécheresse (en 2012) ou le riz Bt. Aux États-Unis, 80% de la nourriture américaine non bio contient des OGM.

Pour s’y retrouver

La liste Greenpeace, qui classe tous les produits de la grande distribution susceptibles de contenir des OGM (viande, crèmerie, plats préparés, aliments pour bébés…) selon qu’ils contiennent (en rouge) ou non (en vert) des traces d’OGM.

L’application Notéo, qui sortira fin novembre, notera l’ensemble des produits de la grande distribution selon des critères sociaux, environnementaux, sanitaire et budgétaires. La présence d’OGM sous forme de trace ou en plus grande quantité y sera précisée.

Presse contaminée (Morgane Bertrand, tempsreel.nouvelobs.com, 20 septembre 2012)


Des OGM cachés à tous les rayons

L’étude scientifique révélée mercredi rouvre le débat sur les organismes génétiquement modifiés. En Charente comme ailleurs, ils sont à peu près partout. Sans qu’on sache les quantifier.

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Patrick Rivolet et Joacquim Karras, membres du comité anti-OGM de Charente, montrent quelques produits susceptibles d’en contenir.

Il pourrait y en avoir à peu près partout: à la louche, dans huit produits de consommation courante sur dix. Trois ans d’une étude scientifique sans précédent viennent de rallumer la poudrière des organismes génétiquement modifiés (OGM). Révélées mercredi, les analyses menées par l’équipe du professeur Gilles-Éric Séralini sur des rats de laboratoire nourris pendant des mois avec des OGM  sont sans appel : « Ces organismes sont comme une bombe à retardement qui va nous exploser en pleine figure dans quinze ans », partage Patrick Rivolet, l’un des membres du collectif anti-OGM de Charente.

« On est bien incapable de quantifier »

Alors que toutes les analyses — quand elles existent — ne sont habituellement menées que sur trois mois et ne laissent rien apparaître de nocif, la démarche de l’équipe Séralini — déjà critiquée hier — démontre que c’est sur le plus long terme que les dégâts, sérieux, peuvent se faire sentir. « Les tumeurs constatées sur les rats sont effrayantes », s’inquiète Joacquim Karras, un autre membre du comité charentais. « Mais cette étude, en fait, ne nous apprend rien que nous ne sachions déjà, observe Patrick Rivolet. En revanche, elle donne du crédit scientifique à ce pourquoi nous nous sommes toujours battus. Elle montre que nous avions raison. »

Ce qui n’a rien de très rassurant. Parce que si on approfondit, on s’aperçoit que les OGM se cachent à peu près partout dans les rayons. Pour s’en convaincre, il suffit de faire un tour dans un hypermarché d’Angoulême, n’importe lequel, avec une liste établie par Greenpeace et téléchargeable sur son site à l’adresse guide-ogm.greenpeace.fr. L’organisme a recensé de nombreux produits de consommation courante — du pot de rillettes au paquet de gâteaux secs, en passant par les céréales, jambons, fromages, etc. — et classé chacun en fonction de leur élaboration avec une partie d’OGM ou non.

La colonne rouge est bien plus fournie que la verte. Mais il faut nuancer. « Cette liste est établie à partir d’un questionnaire adressé aux marques. On leur demande la transparence sur l’origine de leurs produits. Quand elles ne répondent pas, on considère qu’elles ont quelque chose à cacher », précise Patrick Rivolet.

Si on peut soupçonner la présence d’OGM, on est « bien incapable de la quantifier ». En principe, ça ne dépasse pas 0,9% du produit total. Car ce n’est qu’au-dessus de cette proportion qu’il est obligatoire pour les fabricants de faire acte de transparence. Il n’est donc peut-être pas utile de balancer l’intégralité du contenu de son placard et de son frigo après la lecture de cet article. Même si les puristes le martèlent : « Pour nous, le sans OGM, c’est 0% ; seule l’alimentation bio en apporte la garantie. »

L’étude du professeur Gilles-Éric Séralini a en tout cas l’avantage de rouvrir le débat. « Ça va certainement bouger après ça, pronostiquent les anti-OGM de Charente. Au moins au niveau de l’étiquetage. On devrait avoir plus de transparence. » Ce qui serait déjà un sacré pas en avant.

Presse contaminée (Benoît Caurette, CharenteLibre.fr, 21 septembre 2012)


Désobéissance
Ces paysans condamnés pour avoir fauché l’OGM NK 603

Il avait participé au fauchage d’une parcelle de maïs transgénique NK 603 dans la Vienne. Ce même maïs OGM pointé du doigt aujourd’hui pour ses effets toxiques par l’étude de Gilles-Éric Séralini et du Criigen. Une lettre sous scellé est parvenue le 14 septembre au domicile de François Dufour, producteur de lait dans la Manche, militant de la Confédération paysanne et élu régional.

L’agriculteur vient de recevoir l’ordre par huissier de verser 41’000 euros à Idémaïs, une petite société qui menait les essais pour le compte de la multinationale Monsanto. « Cette parcelle-là avait été déclarée illégale par le Conseil d’État quelques semaines après le fauchage », souligne François Dufour.

Lorsque la Cour d’appel de Poitiers rejuge les faits en février 2012, la Cour européenne de justice de Luxembourg et le Conseil d’État viennent d’invalider le moratoire sur les cultures OGM. François Dufour, vice-président Vert du conseil régional de Basse-Normandie, est alors condamné à une amende, en compagnie de son collègue José Bové, eurodéputé (EELV). Avec les sept autres faucheurs volontaires, « nous devons plus de 170’000 euros à Monsanto », confirme t-il. Malgré le pourvoi en cassation, les dommages-intérêts ne sont pas suspensifs.

La publication de l’étude scientifique indépendante menée par Gilles-Éric Séralini conforte les faucheurs volontaires. « Il est clair que nous avions raison depuis le début de mener ce combat-là contre ces plantes à poison, confie t-il à Basta !. Heureusement qu’il y a des scientifiques résistants et honnêtes, au service de la société ». À ses yeux, la simple application du principe constitutionnel de précaution impose une interdiction immédiate des produits incriminés, jusqu’au résultat d’études exhaustives sur le sujet. « En tant que paysan, mon rôle est de nourrir, pas d’empoisonner ! »

Sophie Chapelle, Basta !, 20 septembre 2012


Carcassonne. OGM : les Audois de la « Conf » avaient raison

Suite aux révélations de l’étude menée en France sur les dangers des OGM, la Confédération Paysanne dans l’Aude, mobilisée en janvier dernier contre la société Monsanto, ne veut pas en rester là.

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Inconnu du grand public jusqu’à hier, le professeur de biologie moléculaire à l’université de Caen, Gilles-Éric Séralini ne l’est pas dans l’Aude où les agriculteurs de la Confédération paysanne suivent ses travaux de longue date. Lorsque l’étude choc de ce chercheur montrant le risque accru de cancers chez les rats alimentés aux OGM a été rendue publique après sa publication dans la revue américaine Food and Chemical Toxicology, les responsables de la « Conf » dans le département, qui se battent depuis des années contre la culture des organismes génétiquement modifiés, ont été à demi surpris.

« Cette information est capitale, dit Robert Curbières. Elle remet en cause des pratiques industrielles que nous condamnons de longue date, malgré le soutien du syndicat FDSEA au productivisme ».

Moins d’un an après, c’était en janvier dernier (lire ci-contre), après l’occupation par les faucheurs volontaires des locaux du géant américain Monsanto à Trèbes, les adhérents de la Confédération paysanne vont-ils saisir la balle au bond, dans la foulée du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, qui a mandaté l’agence nationale de sécurité sanitaire (Anses) ? « Nous sommes en pleines vendanges mais nous allons réagir. Ne rien faire à la suite des actions que nous avons mené dans le passé, maintenant que nous avons la preuve que l’agriculture industrielle est mortifère, serait dommageable ». Selon Robert Curbières, les adhérents de la Confédération paysanne dans l’Aude vont se consulter rapidement. Ils pourraient décider en début de semaine prochaine d’une action qui donnera un peu plus de résonnance aux conclusions terribles de cette étude sur le maïs génétiquement modifié.

Le premier Audois à avoir réagi est le député européen Éric Andrieu. Membre de la commission de l’agriculture et du développement au Parlement de Strasbourg, il a demandé une révision de la législation de l’Union sur l’évaluation des risques des OGM sur la santé publique, animale et de l’environnement. À la chambre d’agriculture de l’Aude, Guy Giva, son président, a déclaré : « Nous sommes sensibilisés aux problèmes de sécurité alimentaire. Si cette étude démontre par a + b qu’il y a danger, la sagesse impose de tout stopper ». La chambre consulaire confirme qu’il n’y a pas dans le département un seul are d’OGM en culture ou en semi. Il n’est pas interdit, cependant, d’acheter des OGM fabriquées ailleurs qu’en France pour l’alimentation des animaux. C’est tout le problème.

Carcassonne. les faucheurs volontaires chez Monsanto

Le 23 janvier dernier quelques 80 militants, faucheurs volontaires, apiculteurs, membres de la Confédération paysanne, avaient investi le site Monsanto à Trèbes. Au cours de cette opération minutieusement préparée, les anti-OGM avaient découvert plusieurs kilos de semence de maïs Mon 810, prêts à être commercialisés. Stockés sur le site depuis le début du mois de janvier, une partie des 1600 kg avait été en partie dispersée et mélangées à des semences traditionnelles.

Au cours de leur « perquisition citoyenne », les faucheurs volontaires avaient également découvert des semences génétiquement modifiées, apparentées elles aussi au Mon 810, qui avaient été traitées avec du Poncho, un insecticides systémique dont l’utilisation est prohibée en France. Son principe actif — la clothianidine — est le même que celui du Gaucho, interdit également dans l’Hexagone. Cette découverte avait alimenté un peu plus la polémique entre la « Conf » et les dirigeants de Monsanto.

Carcassonne. Le chiffre : 0
are>De maïs transgénique. La chambre d’agriculture confirme qu’il n’existe aucun semis et aucune culture d’OGM sur le territoire audois. Il n’existe non plus aucune déclaration d’essai de ce type obligatoire en mairie.

Presse contaminée (Christian Aniort, LaDepeche.fr, 21 septembre 2012)


OGM : crise aiguë à Bruxelles

Le dialogue a tourné court entre la directrice de l’Efsa, l’autorité de sécurité alimentaire européenne et Gilles-Éric Seralini, l’auteur de l’étude sur le maïs OGM NK603.

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À Bruxelles, le bras de fer sur les OGM ne fait que commencer.

Auditionnée par une poignée de parlementaires européens à Bruxelles en présence de Gilles-Éric Séralini, auteur de l’étude choc sur le maïs NK 603, la directrice de l’Efsa (Autorité de sécurité alimentaire européenne) Catherine Geslain-Lanéelle a certes confirmé que son agence procéderait bien à l’expertise de l’étude. Mais en gardant les mêmes experts qui avaient par le passé donné leur feu vert à ce même maïs NK 603.

Gilles-Éric Séralini a réagi vivement : « Pas question que ceux qui ont autorisé le NK 603 réalisent la contre-expertise de nos données. Il y aurait un conflit d’intérêt avec leur autorité et leur carrière ». D’autant, ajoute le Dr Joël Spiroux, co-auteur de l’étude, que les conflits d’intérêt étaient alors nombreux au sein de l’Efsa et à l’intérieur du « Panel OGM ».

Résumé : Gilles-Éric Séralini est d’accord pour une expertise de l’Efsa à condition que les experts soient renouvelés de telle manière que ceux-ci ne soient conduits à devoir se contredire. La directrice de l’Efsa ne l’entend pas de cette oreille. Elle refuse le renouvellement de ses experts. Sa positon, c’est « Je maintiens. Tout ».

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Vidéo – Les commentaires de la directrice de l’Efsa à la sortie de son audition

Blocage total à Bruxelles

Corinne Lepage, député européenne et en charge de la Commission de l’environnement au Parlement de Strasbourg, est très remontée. D’autant plus qu’elle s’est vue opposer un autre refus clair et net sur sa proposition de voir mener par l’Efsa des études comparables à celle de Séralini : c’est-à-dire sur des rats pendant toute leur vie.

« Catherine Geslain-Lanéelle m’a répondu, confie Corinne Lepage, que les études sur trois mois ou au cas par cas étaient suffisantes. C’est inadmissible ! On recommence à tourner en rond ! »

Le blocage est donc total car pour mener à bien son expertise, l’Efsa a besoin que Gilles-Éric Séralini lui communique les données brutes de son étude. À tout prendre, il dit préférer une « expertise internationale » pour lever toutes les suspicions.

L’Anses en arbitre

L’intransigeance de la Directrice de l’Efsa illustre la position extrêmement délicate de Bruxelles. Entre le principe de précaution qui régit le droit européen, les règles du commerce international et les pressions des États-Unis, le chemin est étroit. D’autant plus étroit que le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a lui-même durci le ton en déclarant que « si le danger de l’OGM NK 603 était vérifié, la France défendrait au niveau européen son interdiction ». En se fondant sur l’avis de l’Anses (Agence de sécurité alimentaire française). Sous-entendu, en zappant celui de l’Efsa…

Quand le Nouvel Observateur annonçait que suite à la publication de l’étude Séralini, la crise serait politique, scientifique et sanitaire, nous étions assez proche de la vérité. C’est désormais une crise franco-européenne qui se profile. Ce soir a lieu la première projection privée du film de Jean-Paul Jaud Tous Cobayes ?, adaptée du livre de Gilles-Éric Séralini. Il ne faut pas être grand clerc pour prévoir que la tension va encore monter d’un cran.

Presse contaminée (Guillaume Malaurie, tempsreel.nouvelobs.com, 20 septembre 2012)


OGM : l’auteur de l’étude refuse une contre-expertise de l’agence européenne des aliments

Selon le professeur Séralini, l’EFSA se mettrait en conflit d’intérêt, puisque c’est elle-même qui a autorisé la mise en vente du maïs transgénique incriminé.

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Gilles-Éric Séralini à Bruxelles le 20 septembre 2012.

Le chercheur français Gilles-Éric Séralini, auteur d’une étude alarmante tendant à démontrer la toxicité des OGM, a dénié jeudi toute autorité à l’EFSA, l’agence européenne chargée de la sécurité des aliments, pour mener une contre-expertise sur ses recherches. « Il n’est pas question que ceux qui ont autorisé le (maïs transgénique de Monsanto) NK 603 réalisent la contre-expertise de nos données, car il y aurait un conflit d’interêt avec leur autorité et leur carrière », a-t-il déclaré au cours d’une conférence de presse au Parlement européen à Bruxelles avec l’eurodéputé française Corinne Lepage.

L’EFSA est l’agence compétente au niveau européen en matière de sécurité des aliments et ses avis conditionnent les autorisations de commercialisation et de mise en culture des organismes génétiquement modifiés. Elle a été saisie mercredi par la Commission européenne et « si des faits scientifiques nouveaux sont démontrés, nous en tirerons les conséquences », a assuré Frédéric Vincent, porte-parole du commissaire européen à la Santé, John Dalli, chargé du dossier des autorisations de mise en culture et de commercialisation des OGM.

« Nous avons demandé à l’EFSA de rendre son avis aussi rapidement que possible et nous espérons l’avoir pour la fin de l’année », a-t-il indiqué. Mais pour que l’EFSA puisse rendre un avis rapidement, elle doit obtenir de Gilles-Éric Séralini « la communication des données brutes de son étude », a-t-on souligné de source européenne.

Corinne Lepage a modéré la prise de position du chercheur français. « Nous ne voulons pas sortir de l’EFSA, mais nous ne voulons pas que ceux qui ont autorisé les OGM réalisent cette contre-expertise », a-t-elle déclaré. Corrine Lepage fait référence aux scientifiques membres du panel OGM au sein de l’EFSA.

L’eurodéputée et le chercheur, tous deux membres du CRII-GEN, le comité d’information indépendante sur le génie génétique, ont dénoncé les conflits d’interêts au sein de l’agence. Plusieurs membres du conseil d’administration de l’EFSA et plusieurs scientifiques ont en effet des liens étroits avec l’industrie agroalimentaire. L’EFSA peut faire appel à des experts toxicologues qui ne sont pas membres du panel OGM pour crédibiliser cette contre-expertise.

L’étude réalisée par l’équipe de Gilles-Éric Séralini, professeur de biologie moléculaire à l’Université de Caen (France), a été menée sur deux ans et démontre que des rats nourris avec du maïs génétiquement modifié ont été frappés au bout de treize mois par des pathologies lourdes, notamment des tumeurs.

Le professeur Séralini et Corine Lepage ont réclamé « l’interdiction immédiate du NK 603 à l’importation et le réexamen de toutes les autorisations d’OGM et de pesticides ».

Ils ont également demandé « la généralisation des études sur deux ans » pour les demandes d’autorisations et jugé que la durée de 90 jours proposée par la Commission « ne sert à rien ».

Une première réponse de l’UE dans l’attente des résultats de la contre-expertise pourrait être la suspension de l’autorisation de mise sur le marché accordée au NK-6O3 en 2004. Mais « aucun État n’a demandé cette mesure », a indiqué la Commission.

Le Premier ministre français Jean-Marc Ayrault a annoncé jeudi que si le danger des OGM était vérifié, la France « défendrait au niveau européen » leur interdiction.

Presse contaminée (Liberation.fr, 20 septembre 2012)

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[Lottstetten, Allemagne] Des armes, des chouettes, des brillantes

Allemagne : une arme très insolite découverte lors d’un contrôle douanier

Les douaniers allemands de Lottstetten, à la frontière avec la Suisse, ont saisi une arme insolite dans la voiture d’un cuisinier. L’homme de 29 ans transportait un canon à pommes de terre. Ne détenant pas de permis pour un tel engin, une procédure pour détention non-autorisée d’arme a été ouverte. Le ressortissant allemand a dû payer 300 euros de caution, a indiqué jeudi l’office de douane de Singen.

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Un canon à pommes de terre, engin rarement utilisés dans les zones de conflits et dont l’utilité réelle reste encore à démontrer, se compose généralement d’un tube en plastique ou en métal que l’on rempli de gaz. En y mettant le feu, un projectile peut être lancé à une vitesse de 250 km/h sur une distance de 300 mètres. Avec à la clé des blessures graves, voire insurmontables pour le commun des mortels qui recevrait, cas toutefois fort improbable, une décharge de féculents aussi vivace.

Presse surarmée (RTL.be, 21 septembre 2012)

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[Colquiri, Bolivie] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

Bolivie : des mineurs s’affrontent à coups de dynamite, un mort et neuf blessés

Une personne a été tuée et neuf blessées mardi lorsque des groupes de mineurs boliviens se sont affrontés à coups de dynamite dans le centre de la capitale, La Paz, semant la panique parmi la population, selon les autorités.

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« Malheureusement un frère mineur est mort », a indiqué le vice-ministre de l’Intérieur Jorge Perez, dans une conférence de presse, dénonçant « les affrontements et l’intransigeance » des manifestants.

Plusieurs milliers de mineurs indépendants s’en sont pris à leurs homologues employés par l’État en attaquant à la dynamite le siège de la Fédération syndicale des travailleurs miniers de Bolivie (FSTMB), a rapporté le commandant régional de la police de La Paz, le colonel Rosalio Alvarez.

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Les détonations ont provoqué un mouvement de panique parmi les passants dans le centre-ville et entraîné la fermeture de la plupart des commerces jusqu’à ce que la police parvienne à rétablir le calme.

Le vice-ministre a appelé les manifestants à une réunion avec le gouvernement mercredi « pour chercher une solution pacifique empreinte de dialogue et de conciliation pour sortir de cette crise ».

Victor Cachi, leader de la FSTMB, a précisé aux médias locaux que plusieurs personnes avaient été touchées au moment de la chute du toit du bâtiment de la FSTMB, causé par un dynamitage.

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Après ces heurts, la FSTMB a convoqué une réunion d’urgence et ses responsables n’écartaient pas d’éventuelles représailles.

Les mineurs indépendants regroupés au sein de coopératives, sont en conflit avec les employés de la mine de Colquiri (250 km au sud de La Paz), qui refusent de partager l’exploitation de cette mine après sa nationalisation par l’État.

La compagnie minière de Bolivie (Comibol, publique) a annoncé le 20 juin avoir pris le contrôle de l’exploitation minière de Colquiri, auparavant exploitée par la compagnie Sinchi Wayra, filiale de la Suisse Glencore. La Comibol a également annoncé la nationalisation de ses machines et de son équipement.

Depuis mi-juin, la mine a été le théâtre de violents affrontements entre mineurs privés et employés de la Comibol.

La semaine dernière, les mineurs des coopératives avaient lancé plusieurs manifestations et barrages routiers dans la capitale andine pour tenter de faire entendre leurs revendications.

Dans la crainte de nouveaux affrontements à Colquiri, où des incidents se sont également produits mardi, le vice-ministre a indiqué que des effectifs de police et de l’armée avaient été envoyés sur les lieux et a annoncé que la sécurité sera renforcée dans la zone.

Le gouvernement de gauche du président Evo Morales avait déjà nationalisé en 2007 des actifs de Glencore en Bolivie.

Presse terroriste (Agence Faut Payer, 19 septembre 2012)


Étain : Les tensions se poursuivent à Colquiri

Depuis la nationalisation de la mine de Colquiri en Bolivie, les tensions entre la coopérative 26 de Febrero et la compagnie d’État, Corporacion Minera de Bolivia (Comibol), perdurent. Une centaine de mineurs des coopératives bloquaient les trois principales routes d’accès à la capitale du pays depuis deux semaines. Le blocage a été levé le 14 septembre suite à un accord avec le gouvernement qui propose une exploitation conjointe du gisement de zinc et d’étain.

Avant même la nationalisation, 26 de Febrero revendiquait déjà une partie de cette mine qui appartenait alors à une filiale de Glencore. Le décret 1337, négocié avec le gouvernement lors de la nationalisation, devait leur attribuer 75% de la veine Rosario, la plus prolifique du gisement. Mais une fois que la Comibol a évoqué le nouveau plan de développement de la mine fin août, il n’était plus question de ce décret.

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Mécontents les mineurs ont bloqué les routes reliant la mine à La Paz depuis le début du mois de septembre, ce qui entraîne des pertes quotidiennes de 200.000 dollars selon la presse locale. Reste à savoir si le nouvel accord sera respecté cette fois-ci.

Presse terroriste (Commodesk, 19 septembre 2012)


Argent : Prise d’otage des membres de la Comibol en Bolivie

Après le débat sur la nationalisation de la mine de Colquiri en août dans le département de la Paz c’est dans celui de Potosi, au sud de la Bolivie, que les tensions entre acteurs du secteur minier et gouvernement s’accentuent.

Le 6 septembre, trois membres de la Société minière nationale colombienne, la Comibol, ont été pris en otage par les habitants de la ville de Porco. Ces derniers revendiquent 15% des parts du gouvernement dans la société Illapa. L’entreprise, qui exploite une mine d’argent à Porco, a été rachetée en partie par Glencore le mois dernier. Désormais 55% de ses parts appartiennent à la Comibol et 45% à la compagnie suisse.

Presse terroriste (Commodesk, 12 septembre 2012)

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[Huaraz, Pérou] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

Pérou : un mort et 4 blessés dans des affrontements dans une mine

Des heurts entre la police et des habitants de Huaraz (nord) portant sur la possible contamination de l’eau dans la région ont fait un mort et quatre blessés sur le site de la mine d’or de Pierina, exploitée par le géant minier canadien Barrick, a-t-on appris jeudi de source policière.

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Nous avons été informés qu’une personne a été tuée et quatre blessées après des affrontements dans la mine, a déclaré à l’AFP un sous-officier de la police de Huaraz (à environ 400 km au nord de Lima).

Une enquête est en cours, a-t-il indiqué, précisant que les affrontements se sont produits mercredi soir après qu’un groupe de manifestants eut fait irruption dans la mine.

Les habitants manifestent depuis une semaine pour protester contre la contamination potentielle des ressources en eau et ont dressé des barrages routiers.

Nous avons mis en place une usine d’eau potable, traitée et certifiée, mais la population ne la consomme pas car elle craint qu’elle ne soit contaminée, a assuré sur une radio locale Gonzalo Quijandria, un des responsables de Barrick.

Ils exigent de l’eau qui vienne de l’extérieur de la région de la mine, a-t-il ajouté, mais l’eau est rare dans toute la région de Huaraz.

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Barrick Gold Corporation, dont le siège social est à Toronto, est une des plus importantes compagnies minières mondiales et exploite 26 mines d’or notamment aux États-Unis, au Canada, en Australie, au Pérou, au Chili, en Argentine et en Tanzanie.

Presse contaminée (Agence Faut Payer, 20 septembre 2012)

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[Afrique du Sud] Nouvelle grève sauvage

Afrique du Sud : une nouvelle grève dans une mine d’or

Une nouvelle grève sauvage a éclaté jeudi soir (20 septembre) dans une mine d’or du groupe AngloGold Ashanti employant environ 5.000 personnes près d’Orkney, à 170 km au sud-est de Johannesburg, a annoncé la direction vendredi.

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Mineurs sud-africains de Marikana, d’où est partie la revendication pour une hausse des salaires, le 14 septembre 2012

« Les travailleurs de l’une de nos mines à Kopanang, en Afrique du Sud, se sont mis en grève. Ça a commencé hier soir (jeudi) et ça continue aujourd’hui (vendredi) », a indiqué à l’AFP le porte-parole du groupe sud-africain Alan Fine.

« C’est une grève sauvage », a-t-il souligné, ajoutant que la direction n’avait reçu aucune revendication.

« Nous nous attendons à avoir des informations, sans doute durant la journée, des représentants des travailleurs qui sont en grève », a-t-il précisé.

« La grève chez AngloGold a débuté la nuit dernière au puits K, après une assemblée générale des travailleurs, et ils disent qu’ils sont formellement en grève. Ils demandent 12.500 » rands (1.700 euros) par mois, a indiqué à l’AFP Lesiba Seshoka, porte-parole du Syndicat national des mineurs (NUM, majoritaire).

« Ce sont des membres du NUM », a-t-il précisé.

« La grève n’était pas attendue. Nous ne l’attendions pas, mais je crois que d’une manière ou d’une autre nous devons nous attendre à des mouvements similaires, en particulier après le précédent qui a été créé à Marikana quand Lonmin a accédé aux revendications » des salariés.

Un accord a été trouvé mardi à la mine de platine de Marikana (nord), exploitée par le groupe britannique Lonmin, après six semaines d’une grève sanglante.

Les mineurs n’y ont pas obtenu les 12.500 rands qu’ils réclamaient, mais ils ont arraché des augmentations de salaire allant de 11 à 22%, et la profession craint que les salariés d’autres mines cessent également le travail pour réclamer eux aussi une paie plus importante.

AngloGold Ashanti est le troisième producteur mondial d’or. La mine de Kopanang représente 7% des opérations du groupe, avec 307.000 onces d’or extraites en 2011, selon le site de la compagnie.

Alors que de nombreuses mines sud-africaines sont touchées par des mouvements sociaux depuis début août, la grève de Kopanang est la première déclenchée depuis l’accord de Marikana. Une autre mine d’or, celle de KDC West, exploitée par le groupe Gold Fields à Carletonville (70 km au sud-ouest de Johannesburg), est paralysée par un mouvement social depuis près de deux semaines.

Mais, contrairement au platine, les mines d’or ont un accord de branche, qui lie patronat et syndicats jusqu’en juin 2013.

Leur presse (Agence Faut Payer/tempsreel.nouvelobs.com, 21 septembre 2012)


Afrique du Sud : échauffourées à Rustenburg, alors que le travail reprend

La crise minière que traverse l’Afrique du Sud s’est poursuivie jeudi avec des échauffourées près des sites quasiment à l’arrêt d’Amplats, numéro un mondial du platine, à Rustenburg (nord), alors que le travail a repris à Marikana après six semaines d’une grève sanglante.

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Forces de répression face aux mineurs à Rustenburg

La police est intervenue dans la matinée au bidonville de Sondela, voisin d’une mine d’Anglo American Platinum (Amplats) touchée par une grève depuis une dizaine de jours, avant que les habitants ne bloquent les routes avec des pierres et des pneus enflammées.

Les policiers « nous ont tiré dessus avec des balles en caoutchouc, et après ils ont lancé des gaz lacrymogènes, c’est pourquoi nous avons mis des pierres » sur la route d’accès, a expliqué Mable Makgetla, 30 ans, dont le mari travaille pour un sous-traitant.

Une école a été fermée après l’opération. « Les enseignants et les enfants étaient en classe quand ils (les policiers) ont tiré », a témoigné Daniel Khasiphe, 38 ans, un gréviste.

La police, qui avait arrêté 22 personnes au même endroit mercredi, a indiqué qu’elle avait utilisé gaz lacrymogène, canons à eau et grenades assourdissantes, mais a démenti avoir tiré des balles en caoutchouc.

« Tout rassemblement de 15 personnes ou plus est un rassemblement illégal », a justifié son porte-parole Dennis Adriao, justifiant l’intervention.

Amplats avait rouvert ses cinq sites de Rustenburg mardi après les avoir fermés pendant près d’une semaine, officiellement pour des raisons de sécurité alors que des manifestations menaçaient ses installations et ses employés.

Après avoir longtemps nié que ces derniers aient rejoint le mouvement social qui s’est étendu dans les mines de la région, la direction a reconnu jeudi que moins de 20% de ses employés avaient pointé dans quatre mines, sans donner de précisions sur la cinquième.

« Personne n’est prêt à retourner (à la mine), absolument personne. Les gens en ont tout simplement assez et ils ne veulent pas être traités comme des esclaves au travail. Les gens en ont assez, les travailleurs en ont vraiment assez et ils savent ce qu’ils veulent », c’est-à-dire de fortes augmentations, a indiqué Gaddhafi Mdoda, l’un des meneurs des grévistes.

Les forces de l’ordre ont été déployées en masse depuis samedi, après que le gouvernement eut annoncé qu’il était décidé à faire régner l’ordre sur un bassin minier où les grèves ont été souvent violentes.

Le président Jacob Zuma a fait savoir qu’il avait autorisé l’armée à rester sur place pour aider la police jusqu’au 31 janvier 2013.

« Ce n’est pas un état d’urgence », a justifié son porte-parole Mac Maharaj. « Un ordre similaire avait été donné pendant les fêtes, et ça a aidé à réduire la criminalité ! »

De nombreux observateurs estiment que l’intervention des forces de l’ordre, parfois musclée, a largement accéléré la signature d’un accord à la mine voisine de Marikana, d’où est parti le mouvement le 10 août.

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Des mineurs en grève fêtent l’obtention d’une hausse de salaire de 22%, le 18 septembre 2012 à Marikana

Les violences y ont fait 46 morts : la police y a abattu 34 personnes le 16 août, alors que de violents affrontements intersyndicaux avaient fait 10 morts dans les jours précédents.

Un permanent syndical a été battu à mort la semaine dernière, et une conseillère municipale de l’ANC (le parti au pouvoir) est décédée mercredi après avoir été touchée par une balle en caoutchouc tirée par la police samedi.

La plupart des employés de Marikana ont repris le travail dans le calme jeudi après un accord salarial. Le groupe Lonmin, qui exploite la mine de platine, a indiqué en fin de matinée que 77% des employés avaient pointé.

Mais la production ne devrait reprendre que dans quelques jours, le temps de faire passer des examens médicaux aux mineurs et de vérifier les installations.

Certains visages étaient fermés. Beaucoup se sont dit satisfaits de leurs augmentations de salaire de 11% à 22%, arrachées mardi au terme de cette grève sauvage commencée le 10 août.

D’autres étaient moins contents, mais sont retournés au travail en désespoir de cause après avoir été privés de paye pendant plus d’un mois.

« Je retourne au travail parce que j’ai vraiment faim », a reconnu Phumlile Macefane, 24 ans.

Leur presse (Agence Faut Payer, 20 septembre 2012)


Afrique du Sud : le travail reprend

Les travailleurs se sont rendus par milliersce matin à la mine de platine de Marikana, au nord de l’Afrique du Sud, mettant fin à six semaines d’une grève très dure qui a fait 46 morts.

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Les employés de la mine Lonmin reprennent le travail dans le calme, le 20 septembre 2012 à Marikana

Certains visages étaient fermés, évitant délibérément les journalistes. Beaucoup se sont dit satisfaits de leurs augmentations de salaire de 11 à 22%, arrachées au terme de cette grève sauvage commencée le 10 août.

« Nous sommes heureux d’aller travailler. Nous avons obtenu ce que nous voulions », a indiqué Yandisa Mehlo, 37 ans, même si les mineurs n’auront finalement pas le salaire de base de 12.500 rands (1170 euros) mensuels qu’ils réclamaient avec véhémence.

« La grève est finie », s’est exclamé David Mgengwane, un autre mineur âgé de 24 ans, vêtu d’un tee-shirt frappé du mot « révolution ». « Je suis heureux, trop ! Je suis un chef de famille, ma famille va être heureuse », a ajouté le jeune homme, qui a son père et ses deux sœurs à charge.

Mais la production de la mine exploitée par le groupe britannique Lonmin ne devrait reprendre que dans quelques jours, le temps de faire passer des examens médicaux aux 28.000 employés du numéro trois mondial du platine et de vérifier les installations.

La mine, étrangement silencieuse pendant la grève, avait repris une activité trépidante, des véhicules remplis à ras-bord amenant les travailleurs. À l’entrée, ils bavardaient en faisant la queue pour prendre le quart de 7 heures (6 heures en France) au puits Rowland, où ils devaient subir un check-up et recevoir des directives.

La plupart des mineurs étaient habillés en civil, attendant de recevoir leur équipement complet après leur admission, une pratique courante après une absence prolongée de la mine. Mais ici et là, des combinaisons blanches, casques et bottes en caoutchouc trahissaient les quelques non-grévistes qui avaient refusé de suivre le mouvement, et bravé les intimidations des meneurs les plus durs.

D’autres étaient moins satisfaits, mais sont retournés au travail en désespoir de cause après avoir été privés de paie pendant plus d’un mois.

« Je retourne au travail parce que j’ai vraiment faim », a reconnu Phumlile Macefane, 24 ans. « Je suis malheureux parce que je ne peux pas avoir 12.500 » rands, a-t-il expliqué. « Mes frères sont morts, ils ont été tués par la police. »

Leur presse (Agence Faut Payer, 20 septembre 2012)


Afrique du Sud : L’armée envoyée pour réprimer les mineurs en grève

Le président sud-africain Jacob Zuma a ordonné à l’armée de prêter main forte aux policiers chargés de répondre aux mouvements de mineurs grévistes, a déclaré jeudi son cabinet.

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Le cabinet du président a déclaré l’armée aiderait la police « dans la prévention et la lutte contre la criminalité ainsi que le maintien de l’ordre dans la zone de Marikana (…) et d’autres zones du pays où cela est nécessaire », jusqu’au 31 janvier.

Le mouvement de grève se poursuivait jeudi chez les mineurs d’Anglo American Platinum près de Rustenburg. La police a menacé d’intervenir, et jeudi matin deux camions équipés de canons à eau et plusieurs véhicules blindés ont pris position près d’un rassemblement de grévistes dans un bidonville où les habitants ont érigé des barricades, et brûlé des pneus et des bûches.

Par ailleurs, le Congrès des syndicats sud-africains (COSATU) et un leader du mouvement ont annoncé jeudi que la police sud-africaine avait tué deux personnes lors d’opérations de répression de la grève des mineurs.

Paulina Masutlhe, une conseillère municipale appartenant au Congrès national africain, le parti sud-africain au pouvoir, a succombé mercredi à ses blessures, après avoir été touchée par balles samedi alors qu’elle faisait des courses dans le bidonville de Min, a déclaré le COSATU. Elle a été touchée à l’abdomen et à la jambe par des tirs provenant d’une voiture de police blindée en marche.

Le porte-parole de la police Dennis Adriao a déclaré qu’il enquêtait sur cette information. Il a ajouté que la police avait rapporté avoir touché plusieurs personnes avec des balles en caoutchouc samedi, lors d’une opération destinée à désarmer les grévistes.

Le COSATU a appelé à « l’identification et la suspension immédiates des policiers impliqués dans le meurtre » de Paulina Masutlhe.

Également mercredi, un mineur a été écrasé et traîné sur plusieurs mètres par un véhicule de police blindé près de Rustenburg, alors qu’une manifestation avait lieu à la mine d’Amplats, appartenant à Anglo American Platinum, a déclaré le leader de la grève, Evans Ramogka, à l’agence Associated Press. Il a précisé que l’homme était mort dans la nuit à l’hôpital.

Le porte-parole de la police Dennis Adriao a déclaré ne pas être informé de cet événement mais a ajouté que les véhicules de police blindés pesaient plusieurs tonnes.

Les grévistes de la mine de platine de Marikana en Afrique du Sud, touchée par des violences au cours desquelles 45 personnes avaient été tuées, ont accepté un accord avec la société Lonmin mardi et reprenaient le travail jeudi.

Le mouvement de grève s’est étendu à plusieurs mines d’or, de platine et de chrome, dans ce pays qui produit 75 pour cent du platine mondial, est le 4e producteur mondial de chrome et l’un des dix premiers producteurs d’or au monde.

Leur presse (Métro, 20 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Juridiquement prouvé] L’expertise judiciaire est une imposture

Psychologue, experte en cour d’assises et faussaire

Régine Labeur a été dénoncée par son mari. En garde à vue pour violences conjugales, en avril 2009, l’homme avait expliqué aux policiers de Périgueux que son épouse n’était pas psychologue, comme elle le prétendait, qu’elle n’en avait pas les diplômes et qu’elle usurpait la charge d’experte auprès des tribunaux, dans des affaires familiales surtout, mais aussi aux assises. Le couple était en procédure de divorce : « Il s’est vengé » pense Me Michel Nunez, l’avocat de Mme Labeur.

C’est ainsi que le tribunal de grande instance de Périgueux a démasqué, un beau matin de la fin du mois d’avril, sa faussaire. Régine Labeur, 55 ans, s’était faite inscrire sur la liste des experts psychologues de la cour d’appel de Bordeaux au début de l’année 2005, en présentant de faux diplômes de psychologie de l’université du Mirail, à Toulouse. La Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) de Dordogne les avait validés deux ans plus tôt, apparemment sans vérification. Elle avait rendu des avis à Périgueux, sa ville, mais aussi à Bordeaux, Bergerac, Bayonne, Agen, Limoges, Clermont-Ferrand, et jusqu’à Paris : environ 400 rapports, au total. Cette imposture lui ont valu [sic] d’être condamnée, jeudi 20 septembre, à quatre ans de prison dont deux fermes.

« UNE GRAND SOULAGEMENT » [sic]

Lors de son procès, en juin à Toulouse, Régine Labeur a dit avoir ressenti « un grand soulagement » lorsqu’elle a été découverte. Elle avait tout reconnu, immédiatement, devant les policiers. Devant la cour, elle se disait, d’une voix basse, parfois au bord des larmes, libérée d’un « engrenage malsain ». Elle reconnaissait « avoir fait du mal à beaucoup de gens » et assurait encore, malhabile, avoir été sérieuse et « impartiale » dans ses expertises.

Face à elle, vingt-quatre parties civiles. L’une d’elles dénonçait l’influence « déterminante » de l’expertise de Mme Labeur sur un jugement ayant abouti à la séparation d’une mère de ses deux enfants pendant quatre ans. L’avocate Sylvie Noakovitch parle de « méchanceté », de volonté « manipulatrice ». D’autres expertises en matière de délits sexuels ont accablé des innocents ou au contraire discrédité la parole de victimes, avaient renchéri d’autres avocats. L’imposture de Mme Labeur n’implique pas que ces affaires soient rappelées devant les tribunaux. Il faudrait prouver en cour de Cassation que l’expertise a été déterminante dans le jugement rendu.

Certaines parties civiles disent n’avoir pas reconnu, dans la timide figure blonde jugée à Toulouse, l’experte pleine de morgue qui s’exprimait avec conviction devant les tribunaux. Mme Labeur n’avait pas le baccalauréat. Elle avait été chauffeur de taxi, puis comptable pour son troisième mari, entrepreneur dans les transports. Elle avait lu des livres de psychologie, s’était formée toute seule. À Périgueux, elle a dit s’être rapprochée d’abord de la police pour s’introduire dans le milieu judiciaire et commencer à y jouer son rôle de psy. Elle a travaillé un temps pour une association d’aide aux victimes. Elle a posé une plaque à son nom en centre-ville, sans paraître se soucier de constituer une clientèle.

« DES EXPERTISES DE NIVEAU COURS PRÉPARATOIRE »

Dans les couloirs du palais de justice de Périgueux, elle a distribué sa carte aux avocats en quête d’expertises privées. L’un d’eux note qu’il faut une bonne dose de courage pour se promener ainsi, durant des années, dans un palais de justice. Elle a noué quelques relations d’amitié dans cette ville de 100’000 habitants, où le milieu judiciaire n’est pas si large. Elle a dit au procès qu’il lui était arrivé de partir « en vacances avec un juge ». Que cherchait-elle ? « L’argent ? », l’a interrogé [sic] le président du tribunal à Toulouse, Guillaume Roussel, relevant que ses expertises avaient rapporté à Mme Labeur quelque 70’000 euros en trois ans. Mais selon les rapports remis par plusieurs experts, « c’est moins le goût du lucre que le désir d’être reconnue qui l’a motivée », précise M. Roussel.

Des avocats de Périgueux, notamment ceux qui défendent des parties civiles, disent avoir depuis longtemps considéré ses rapports comme « idiots », « truffés de fautes d’orthographe » : des expertises « à la Pierre Bellemare », dit le bâtonnier, Éric Barateau. Me Barateau se « réjouissait », à l’époque, de voir l’experte nommée dans ses affaires. « On pouvait s’en donner à cœur joie » pour démonter ses rapports, qui cependant, reconnaît-il, portaient encore « le sceau de l’expertise » face aux jurés.

Mireille Bouskéla, présidente du Syndicat des psychologues en exercice libéral, qui s’est également portée partie civile, dénonce « des expertises de niveau cours préparatoire ». Elle ne comprend pas que Mme Labeur ait pu passer les contrôles de la Ddass, puis obtenir son inscription sur les listes de cour d’appel, et se demande « comment ses rapports ont pu être pris en compte » en cour. L’avocat de Régine Labeur a appliqué cette ligne de défense, mettant en cause la vigilance de l’institution judiciaire. Le parquet dénonce une forme de « démagogie ».

Au palais de justice de Périgueux, il y a d’abord eu « des sourires » quand l’imposture a été démasquée, dit un avocat. Et puis on a « frémi ». « Les avis d’expert, cela pèse quand même, surtout quand on manque d’autres éléments, et notamment aux affaires familiales », précise une source judiciaire.

UN « ATTRAIT » DE CETTE JURIDICTION POUR LES USURPATEURS

Yves Squercioni, le procureur de Périgueux, note que la vérification des diplômes de Mme Labeur a été faite dans une autre juridiction, à Bergerac, et affirme que « l’institution n’a pas été fragilisée ». Le Parquet a demandé à être désaisi [sic] de l’affaire, Mme Labeur étant trop connue des magistrats de Périgueux. L’instruction et le procès ont eu lieu à Toulouse. M. Squercioni relève cependant, agacé, qu' »il y a comme un signe sur cette juridiction », qui semble exercer « un fort attrait » sur les usurpateurs. Car Régine Labeur n’est la seule faussaire qu’ait connu le tribunal de Périgueux.

Elle y avait côtoyé un prétendu médecin, qui avait fait de longues études sans remettre sa thèse. Il pratiquait de nuit, en urgence, ce qui libérait ses confrères, et collaborait avec le commissariat. Il avait été démasqué en 2006 par le magistrat en charge du contrôle des experts, qui devait valider son inscription. En 2010, une enquêtrice psychologue des affaires familiales a également été condamnée : durant neuf ans, elle avait fait preuve d’empathie, d’une réelle capacité à apaiser les gens, dit-on au tribunal, mais ses expertises étaient bien faibles. Surtout, elle aussi avait fabriqué ses diplômes. Il y a deux semaines enfin, un vigile a également été écarté du tribunal pour avoir menti sur ses qualifications.

« On a le sentiment d’être un peu cocus », raconte une source judiciaire, qui s’élève au-dessus du cas de Mme Labeur, de ses pairs en cachotterie et de la justice à Périgueux pour s’interroger ainsi : « On vit entourés de faussaires ! Si on regardait de près dans tous les dossiers, on trouverait quoi ? »

Presse experte-faussaire (Louis Imbert, LeMonde.fr, 20 septembre 2012)

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[Paris] Le travail ou l’immolation

Info Le Figaro – Paris : un homme mort en s’immolant par le feu

Un homme est mort en s’immolant par le feu, ce matin à Paris. La victime s’appelait Jean-Paul J…, 58 ans, et travaillait comme ouvrier typographe chez Michelin, à Paris.

Interrogé par Le Figaro, son frère aîné Georges raconte l’avoir vu sortir ce matin vers 7h30, de son immeuble de la rue de Saussure, pour aller à sa voiture, sans se douter du geste terrible qu’il s’apprêtait à commettre. « J’ai été prévenu par les bruits, et par les flammes, je pensais que c’était une poubelle qui brûlait, explique-t-il. Une personne qui passait a donné l’alerte. Les pompiers sont arrivés très vite, mais il y avait trop de flammes ». Le corps de Jean-Paul J… a été découvert dans un local qui sert à entreposer les poubelles, dans un square près de la rue de Saussure (XVIIe), une bouteille de white spirit vide à côté.

Des problèmes au travail

Dans son appartement HLM, les enquêteurs ont trouvé trois feuilles sur son lit, dans lesquelles il semble expliquer les raisons de son geste. Il y évoque notamment des problèmes au travail en donnant une dizaine de noms de personnes qui selon lui le harcelaient, précise le frère. L’ouvrier était en arrêt maladie depuis quinze jours et devait reprendre le travail ce vendredi.

La victime travaillait chez Michelin Travel Partners, une entreprise du groupe basée à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine) et spécialisée dans les cartes et guides, a précisé à l’AFP José Dos Santos, délégué syndical central CFTC chez Michelin. « C’est quelqu’un qui était à deux ans de la retraite et qui avait des problèmes de santé », a-t-il ajouté. Selon lui, la direction a indiqué qu’une cellule de crise avait été mise en place auprès des salariés avec lesquels il travaillait. D’après le responsable CFTC, il s’agit d’une « petite entité d’environ 300 personnes » au sein du groupe qui emploie « un peu moins de 20.000 personnes ». La direction de Michelin, sollicitée par l’AFP, n’avait pas confirmé ces informations dans l’immédiat.

D’après son frère, Jean-Paul J… était célibataire, sans enfants, et ne parlait jamais de ses problèmes. Il ne s’était par ailleurs jamais remis de la mort d’un autre frère en 2002.

Leur presse (Philippe Romain, LeFigaro.fr, 21 septembre 2012)

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Appel à soutenir la bibliothèque autonome Gondolkodó à Budapest

Solidarity appeal for the renovation of Gondolkodó Autonóm Antikvárium (Gondolkodó Autonomous Bookshop) 2012 autumn

The Gondolkodó Autonomous Bookshop is the only workers’ movementary distribution place, library and meeting-place in the East Central European region (namely in Hungary) which has been functioning continuously for many years (now for 19 years).

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Now this place must be renovated because the walls are wet and mouldy, the mortar has been falling, the sets of shelves are rickety, the drainpipe is often clogged up etc. The condition of the library has been worsening gradually and also the distribution of publications is harder under these circumstances.

Since we can not pay for all the costs of the general renovation we ask for your financial help in order that we could do the renovation during the autumn. Please support this aim according to your possibilities (if you can send 10 Euros then do it, but if you have more money you can send bigger amount).

Comrades, activists and sympathisers, please spread our solidarity appeal and support us!

Greetings,
BC

Thanks for your help in the name of internationalist proletarian solidarity!

The money should be sent to this bank account:

Baki László
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Gondolkodó Autonóm Antikvárium (contact), 16 septembre 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 71 – « J’avais besoin d’ça d’aller jusqu’au bout de mes convictions je braquais pas pour la frime mais pour m’acheter un trampoline pour sauter au-delà de ma situation sociale comme l’État nous a conviés à rester au rez-de-chaussée donc fallait atteindre les étages supérieurs par nos propres moyens »

Partie 71

ENCORE CHAUD ÇA SORT DU FOUR

Qui m’a mis cette idée en tête de monter une équipe de renégats des fous à lier prêts à tout pour l’oseille des niqués d’la tête j’aimais m’entourer de zinzins des écorchés vif j’m’en rappelle pour nous entraîner au tir on défouraillait sur les paniers de basket ça résonnait dans toute la tess j’aimais trop ces ambiances adrénaline c’était ma drogue dure pour rien au monde j’aurais manqué un braquage la sensation indescriptible quand tu es à bord d’un quatre roues motrices direction la succursale d’une banque j’avais une dalle monstre c’est moi qui prenais toujours en charge la direction c’est avec moi qu’ils traitaient j’étais leur seul interlocuteur les autres s’occupaient de faire tourner la banque comme si de rien n’était chaque personne qui se présentait dans le sas d’entrée se constituait prisonnier sans le vouloir un jour on est tombés sur un client qui faisait le chaud il croyait que c’était la banque à son père il refusait de se soumettre de s’asseoir sagement etc. j’ai dû sortir de la salle des coffres pour le calmer sinon ça aurait pu très vite dégénérer fallait vite mettre un terme à ce début de rébellion ça aurait pu donner l’idée à d’autres de ne pas coopérer mais heureusement qu’il a fini par s’asseoir j’ai bien vu que mon poteau était à deux doigts d’utiliser la manière forte c’était pas mon truc ça, j’préférais quand mes plans se déroulaient sans accroc mais quand certains jouaient les gros bras pas l’choix fallait sortir les crocs… J’avais besoin d’ça d’aller jusqu’au bout de mes convictions je braquais pas pour la frime mais pour m’acheter un trampoline pour sauter au-delà de ma situation sociale comme l’État nous a conviés à rester au rez-de-chaussée donc fallait atteindre les étages supérieurs par nos propres moyens.

ON N’ÉTAIT JAMAIS MIEUX SERVI QUE PAR SOI-MÊME SI TU BOUGES PAS POUR TOI PERSONNE LE FERA.

Un jour sur la prison de Liancourt pendant l’Aïd du mouton il a plu une cinquantaine de colis une dinguerie les matons pétaient un câble on a tout mangé en promenade même les mecs chelous ont fait leur casse-dalle LOL tranquille c’était l’Aïd donc on avait enterré les haches de guerre même les ennemis qui se détestaient se souhaitaient bonne fête wallah des barres de rire mais dès le lendemain les clans se reformaient pire qu’avant j’ai même vu des ennemis de l’extérieur tourner ensemble à l’intérieur de la prison on dirait que certaines rancunes ne franchissaient pas la taule, mais y en a qui lâchaient rien, prêt à parler avec celui qui lui avait tiré dessus à l’extérieur le mettre en confiance et une fois qu’ils se sont retrouvés ensemble en cellule l’a percé à l’aide d’un couteau comme une passoire LE PASSÉ TE RATTRAPE TÔT OU TARD LA HAGRA ÇA PAYE QUE LE TEMPS DE TA HAGRA.

Inès c’était un bonbon fragile calme posée c’était la voix de ma raison elle lit toutes mes parties elle aime mon taf mais je doute qu’elle aurait aimé le Oumar speed qui carburait au seum elle arrive à point nommé dans ma vie je ne croyais pas au hasard si elle était là c’est que c’était sa place la femme qu’il me fallait la reine de mon palais.

AUX MINI-OUMAR DU GHETTO SI T’AIMES UNE FEMME TAH LES MALADES DIS-LUI AVANT QU’UN AUTRE LE FASSE À TA PLACE… DERRIÈRE CHAQUE BONHOMME UNE FEMME SE DRESSAIT MASHALLAH.

Quand tu étais en prison c’est là où tu voyais si ton couple s’aimait et si il endurerait les épreuves de la vie sans se briser 50 % des couples volaient en éclats à la vue des années à effectuer rares celles qui endossaient et affrontaient en duo cette tragédie mais malgré tout ça existe des couples qui ont survécu à la zonzon.

SI T’AS UNE PERLE RARE GARDE-LA BIEN AU CHAUD.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 71 – « J’avais besoin d’ça d’aller jusqu’au bout de mes convictions je braquais pas pour la frime mais pour m’acheter un trampoline pour sauter au-delà de ma situation sociale comme l’État nous a conviés à rester au rez-de-chaussée donc fallait atteindre les étages supérieurs par nos propres moyens »