[L’avenir nous appartient] « On n’a rien inventé, on a remis au goût du jour une façon ancestrale de réduire les déchets »

Les poules de Pincé ont trouvé leurs familles

« Essayez à droite du stop, c’est le parking presse. Mais je ne sais pas s’il y a encore de la place… » Barrières de foire et hommes en gilet jaune, hier soir : le petit village de Pincé est bouclé. La cérémonie, qui a attiré de nombreux médias et une grosse partie des 200 habitants de cette commune des bords de Sarthe, a pourtant des airs modestes.

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Autour du carton estampillé « Vous allez en “Pincé” pour ces poules », de gauche à droite : la vétérinaire de Loué qui a fourni les animaux, une habitante et le parrain, Jean-Pierre Coffe.

Lydie Pasteau, Madame le maire, accueille tous ses invités depuis une tonnelle de fortune piquée devant la salle des fêtes et ruisselante de pluie. À ses côtés, des élus, une vétérinaire et un invité de marque, Jean-Pierre Coffe, le pourfendeur de la malbouffe, lunettes rondes et ventre assorti. Au micro, Lydie Pasteau : « L’ensemble du conseil municipal et moi-même sommes heureux de vous accueillir pour la remise des éco-poules. »

« On n’a rien inventé »

Voilà l’objet de toutes les curiosités : des poules. 31 couples exactement. Et, en face : 31 familles de Pincé. Sans compter les voisins et les journalistes, pas directement concernés par la remise des animaux.

Pour comprendre la peu banale histoire des poules de Pincé, il faut remonter à mars dernier, « lors d’une réunion de la communauté de communes », rappelle Lydie Pasteau. Ce jour-là, l’assemblée des élus communautaires de l’arrondissement de Sablé a décidé de créer une taxe incitative sur les ordures ménagères.

Pour résumer, au 1er janvier 2013, une partie de la taxe sera indexée sur la quantité réelle de déchets jetés par chaque foyer. D’où l’intérêt de trouver une alternative à la poubelle pour se débarrasser des épluchures. « On n’a rien inventé, on a remis au goût du jour une façon ancestrale de réduire les déchets », relativise Nicole Foucault, première adjointe à l’origine du projet.

Mais, hier soir, l’heure n’est pas aux calculs d’économies potentielles, non, l’heure est à l’adoption. Appelées par leur nom, les familles récupèrent leur couple de poules sous un saule pleureur qui n’avait sûrement jamais si bien porté son nom. Sous un parapluie, Suzanne, elle, ne risque pas d’être appelée. « Mon mari n’a pas voulu construire le poulailler. Je suis déçue. Moi, j’aurais bien voulu avoir des poules… » « Moi, j’étais obligé, c’est ma femme qui est à l’origine du projet… », répond Jacques Foucault, mari de l’adjointe, quand on lui demande s’il est venu chercher une poule.

Ami des médias, Jean-Pierre Coffe assure le spectacle tout en remettant les premières volailles. « Elle a fait ses besoins dans la caisse et pas sur mon vêtement, c’est formidable, non ? » À chaque couple remis, Madame le maire interroge : « Vous allez les appeler comment ? » Politiquement taquin, Christophe raconte fièrement aux médias que les siennes se nommeront « Ségolène et Valérie ». Jacques, le mari de l’adjointe, dit qu’il est, lui, en train de négocier pour appeler ses poules… « Mercedes et Austin, parce que j’aime bien les voitures ! »

Malpresse (Céline Bardy, Ouest-France.fr, 22 septembre 2012)


Un village de la Sarthe offre des poules pour réduire les déchets

Une petite commune de la Sarthe, Pincé, a solennellement remis vendredi une paire de poules à tous les foyers volontaires, dans une démarche à la fois « conviviale » et « citoyenne » destinée notamment à réduire le volume des déchets ménagers organiques.

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La vétérinaire Martine Cottin (d) donne une poule à Mathieu, un jeune habitant de Pincé, le 21 septembre 2012.

Lancé en mars presque comme une boutade, le projet s’est concrétisé avec la remise vendredi des gallinacés — et d’un sac de grain — aux intéressés, après signatures de « contrats d’adoption » en bonne et due forme, lors d’une cérémonie parrainée par le chroniqueur culinaire Jean-Pierre Coffe, a constaté un journaliste de l’AFP.

« L’idée est de réduire la quantité des déchets de chaque famille, de produire de bons œufs, tout en jouant un rôle pédagogique auprès des enfants et en favorisant la convivialité entre voisins », précise Lydie Pasteau, maire (sans étiquette) de ce village de 200 âmes situé en zone d’élevage du poulet de Loué.

« C’est un beau succès puisque 31 foyers sur 87 ont adhéré à la démarche, alors qu’on n’en attendait qu’une douzaine », a ajouté l’élue.

Le contrat stipule que les « adoptants » doivent conserver leurs poules au moins deux ans, bien les traiter, les nourrir et leur offrir la nuit un abri contre les prédateurs.

« Je trouve que c’est une idée citoyenne simple et excellente. Essayer de réduire les déchets dans un pays où il y en a tant est une démarche intéressante. Et d’un point de vue nutritionnel, l’œuf vaut largement un bifteck. Sans oublier l’aspect social, le partage, la convivialité », a commenté Jean-Pierre Coffe.

Une habitante, Claudia Perreaux, a témoigné avoir tissé de nouveaux liens avec un des ses voisins grâce au projet : « Nous partageons notre poulailler avec lui, et en échange il garde nos poules quand nous partons en vacances. »

Une poule peut absorber quelque 150 kg de déchets organiques par an et produire 200 œufs, rappelle la mairie de Pincé, pour qui la facture totale de l’opération s’élève à 600 euros, « poules et sac de grains compris », selon Mme Pasteau.

L’initiative d’offrir des poules pour limiter les déchets a déjà été testée avec succès par la ville belge de Mouscron, il y a deux ans.

Presse poubelle (Agence Faut Payer, 21 septembre 2012)

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