[Prison de Nanterre, samedi 13 octobre] En mémoire de Jamal Ghermaoui

En mémoire de Jamal Ghermaoui
Collectif Vérité & Justice pour Jamal

Il y a un an, Jamal Ghermaoui (Rahimaho Allah), habitant de la cité du Luth à Gennevilliers, s’est fait tuer à l’âge de 23 ans dans sa cellule du mitard de la maison d’arrêt de Nanterre.

Le meurtre d’un enfant d’immigrés, perpétré à l’abri des regards.

Couvert par l’administration pénitentiaire qui s’est empressée de muter les surveillants impliqués et de répandre la thèse du « suicide ».

Bien qu’aucune procédure judiciaire au monde ne puisse ramener Jamal à ses proches, une plainte a été déposée. C’est une question de dignité.

À la faveur de cette plainte et des mobilisations qui ont eu lieu, une fenêtre médiatique s’est ouverte.

Nous comptons l’utiliser au mieux pour faire du meurtre de Jamal l’événement catalyseur, qui cristallise tout ce qui peut se passer en prison.

Et aussi dans nos quartiers.

C’est à travers cette production politique et artistique que nous élargirons cette fenêtre médiatique et inscrirons le drame que constitue le meurtre de Jamal dans l’histoire de Gennevilliers.

Et dans celle plus générale des luttes de l’immigration et des quartiers.

Pour commémorer la date symbolique d’un an et rendre hommage à la mémoire de Jamal, nous organisons un rassemblement

Samedi 13 octobre 2012
Devant la maison d’arrêt de Nanterre
À partir de 17h

Nous nous réunirons ensuite tous ensemble pour évoquer l’enquête en cours, les mobilisations contre la répression d’État et les moyens politiques et artistiques de mener ces luttes.

Infos – Contact

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 2 octobre 2012

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[Ariège] « Nous sommes nombreux à devoir nous serrer constamment toujours plus la ceinture, à faire des pirouettes pour payer les factures. Nous subissons la violence d’administrations qui nous veulent isolés et culpabilisés. Nous exigeons que celui ou celle qui passe devant ce tribunal qu’est la CST soit accompagné, qu’il y ait au moins égalité numérique entre le jugé et son jury, lors de ce moment humiliant et angoissant »

Saint-Girons. La commission de contrôle du RSA sous protection rapprochée

La commission chargée du contrôle de l’attribution du RSA s’est réunie hier, à Saint-Girons, sous protection policière. Une vingtaine de manifestants ont été tenus à l’écart.

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Manifestants et gendarmes face à face, à proximité du bâtiment où se réunissait la commission de contrôle du RSA

Une vingtaine de personnes se présentant comme des chômeurs, des locataires, des allocataires, des intermittents du travail, des travailleurs pauvres se sont rassemblées à proximité du centre local des actions pour le développement social et la santé, petite rue Villefranche, à Saint-Girons, hier matin. Ils étaient là pour soutenir certains bénéficiaires du RSA qui selon l’expression consacrée risquaient « d’être sortis du dispositif » par la commission de solidarité territoriale. Les manifestants se sont contentés de distribuer des tracs dans un quartier très surveillé par de nombreux gendarmes, visibles à proximité du bâtiment où se tenait cette réunion, mais également à certains carrefours de la cité couserannaise. Ce collectif d’autodéfense face au contrôle de l’administration a engagé la discussion avec les passants pour expliquer le refus du diktat d’un pouvoir froid et implacable. « Nous sommes nombreux à devoir nous serrer constamment toujours plus la ceinture, à faire des pirouettes pour payer les factures. Nous subissons la violence d’administrations qui nous veulent isolés et culpabilisés. Nous exigeons que celui ou celle qui passe devant ce tribunal qu’est la CST soit accompagné, qu’il y ait au moins égalité numérique entre le jugé et son jury, lors de ce moment humiliant et angoissant. »

Le même collectif a perturbé le déroulement des réunions de cette commission, au cours des dernières semaines, notamment à Saint-Girons et Pamiers, provoquant une réaction très vive du président du conseil général, Augustin Bonrepaux, et du vice-président en charge de la solidarité, André Montané. « Il ne s’agit pas d’une allocation, mais d’un revenu, rappelait Augustin Bonrepaux, dans nos colonnes, voici quelques jours (voir La Dépêche du 20 septembre dernier). Les allocataires ont des droits mais ils ont également des devoirs, dont celui de rechercher activement des pistes d’insertion »

[…] « Nous avons parfois affaire à des gens de mauvaise foi, avait conclu le président du conseil général. Face à eux, je ne durcis pas le ton. J’ai toujours dit que je ne paierai pas le RSA sans contrepartie. »

Leur presse (LaDepeche.fr, 3 octobre 2012)

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[La révolution se fait aussi en talons] « Marche des salopes » à Paris – 6 octobre 2012

Quelques photos choisies de la dernière « marche des salopes » parisienne (source : page photo Facebook de la Slutwalk Paris). À ce propos, ces images ont, hélas, encore gagné en actualité depuis hier ; car les pointeurs peuvent compter sur la « justice » à grosses couilles pour épargner à la plupart d’entre eux un possible châtiment exemplaire : c’est même là, de son point de vue, que se situe la véritable « urgence humanitaire » (cf. photo n° 5)…

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Tajerouine

Grève générale à Tajerouine

Une grève générale observée vendredi 12 octobre par les habitants de Tajerouine (gouvernorat du Kef) a paralysé l’activité économique et sociale dans la ville, selon l’Agence TAP.

Les établissements administratifs et les locaux commerciaux ont fermé leurs portes à l’exception des boulangeries, de l’hôpital local et des pharmacies.

Cette grève a été organisée pour réclamer la libération des personnes inculpées pour l’attaque du district de la sûreté nationale de la ville, l’année dernière, ont indiqué des grévistes au correspondant de l’Agence TAP.

[Dans cette affaire, les accusés sont au nombre de 18 personnes dont 6 en état d’arrestation, deux en liberté provisoire et dix en état de fuite.]

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 12 octobre 2012) viaSolidarité ouvrière

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Ces filles-là ne croyaient plus au père Noël depuis longtemps elles l’ont démonté au centre commercial LOOOOL »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[8 janvier 2012]
Partie écrite à 5 heures du mat à l’heure où tout le monde ronfle LOL

Hier vers 23 heures je reçois un message privé sur mon compte Facebook c’est une de mes lectrices qui venait me faire part de sa récente sortie de prison et qui me souhaitait du courage pour mon épreuve, elle venait tout juste de sortir d’une célèbre prison parisienne pour femmes son soutien m’a beaucoup touché donc j’ai voulu écrire pour toutes ces femmes incarcérées, j’ai toujours voulu écrire sur ces femmes que l’on mettait à l’ombre mais je n’avais pas eu de témoignage crédible sur cet univers j’avais là un témoignage de Mademoiselle X à chaud sorti du four de la zonzon elle me paraissait plus que crédible son témoignage sentait le vécu et la sincérité, donc j’ai pris ma plume pour retranscrire tout ce qu’elle me disait ses sentiments ce qu’elle y a vu et vécu cette femme touchante et émouvante m’a inspiré cette partie on sent dans ses mots ses phrases le courage d’une femme sortie des geôles de l’État.

LA PRISON EST-ELLE FAITE POUR UNE FEMME ?

M.A.F. (maison d’arrêt pour femmes) voilà où évoluent des milliers de femmes de mères certaines y ont accouché le système carcéral est dur bouillant pour un homme alors [qu’est-ce] que ça doit être pour ces femmes ces guerrières des temps modernes. L’incarcération féminine est devenue chose courante en 2012, normal les temps sont durs donc même les meufs vont au charbon la crise a contaminé tout le monde.

Mademoiselle X goûte la première fois de sa vie à la prison il y a cinq mois en région parisienne. Quatre-vingt-seize heures plus tôt elle était libre et là la voilà nue devant une matonne qui la fouille sans pudeur déstabilisant pour elle même si elle a entendu parler de la prison par ses proches rien ne vaut une telle immersion au cœur de la fournaise.

Cellule arrivant Mademoiselle X est seule face à elle-même fenêtre sans barreaux qui ne s’ouvre que au quart qu’est-ce qu’il se passe dans la tête de cette femme qui vient de réaliser que ces prochains mois voire ces prochaines années c’est assise là entre quatre murs qu’elle va les passer.

Première nuit au milieu des lionnes pour Mademoiselle X la chasse est ouverte tous les coups sont permis il n’y avait qu’une règle c’est qu’il n’y en avait pas chacune pour sa peau.

Une cour de promenade où se croisaient plusieurs types de filles venant des quatre coins du monde il y avait les Roumaines reines du pickpocket les Brésiliennes tombées pour stups les Chinoises [pour] escroquerie ou vol contrefaçon etc. les Basques tombées pour des raisons politiques et y avait les ghetto youth les meufs de banlieue pour la plupart noires et arabes elles elles touchent à tout prêtes à tout pour l’oseille des vraies Amazones LOL.

Les années 2000 ont vu grandir une nouvelle génération de meufs qui [n’]étaient [pas] mieux servies que par elles-mêmes elles n’attendaient plus qu’un mec les entretienne c’est mort ces filles-là ne croyaient plus au père Noël depuis longtemps elles l’ont démonté au centre commercial LOOOOL.

Premiers pas de Mademoiselle X au hebs au bout de un mois ils lui imposent une copilote en cellule qu’elle vire aussitôt incompatibilité d’humeur LOL ambiance normale dans un endroit anormal douche dans des cabines à l’ancienne sans porte pour avoir l’eau fallait tirer sur une chaîne suspendue au-dessus de ta tête système D pour avoir de l’eau en continu elles accrochent à la chaîne une bouteille d’eau en guise de poids.

Les plus privilégiées c’est celles qui acceptent de flirter voire plus avec leurs bourreaux.

Ça fait des yoyos pour se passer des trucs par la fenêtre avec de la laine ou des chemises de nuit déchirées sponsorisées par la prison le pire c’est que dans les ateliers de la zonzon elles mettaient en boîte des préservatifs LOL comme pour les frustrer plus qu’elles ne l’étaient déjà.

Des guerrières au visage d’ange à certaines on donnerait le monde sans confession même si elles ont commis des trucs de fous malades.

Mademoiselle X était incarcérée juste pour mettre la pression à son homme ils ont voulu le faire chanter en enfermant celle qu’il aime une cruauté de plus dans ce système.

La prison ne rend pas meilleur qui que ce soit encore moins une femme j’en suis convaincu la prison te remplit juste de colère et de rancune.

Cette brève rencontre et discussion que j’ai eues avec Mademoiselle X m’a apporté ce regard que je n’avais pas sur la condition des femmes en cellule merci infiniment à cette femme de courage.

JE PERSISTE ET JE SIGNE LA PLACE D’UNE FEMME N’EST PAS EN PRISON.

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[Le Jura Libertaire présente] Concert punk core chez Doudou à la Mainmorte (Haut-Jura) Samedi 13 octobre

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Présentation de la soirée :

Varlin et Zeppo se connaissent depuis longtemps, les deux groupes ont déjà cramé quelques scène ensemble !

Lors d’un passage dans au Pays basque en 2011, Zeppo avait  pu prendre la température de ce qu’il se passe là bas, notamment en matière de répression… L’horreur du post-franquisme lui avait alors sauté au yeux… Zeppo tenait à en parler dans l’un ces texte, ce qu’il fût (« Ça ne tourne pas rond »).

Varlin venant justement du Pays Basque, l’idée de faire un split ensemble vint donc finalement assez naturellement.

Fin 2011 les deux groupes se mirent d’accord sur le format (un vinyl 10′ avec un cd) et firent tourner les bandes !

Plusieurs labels ou groupes ont collaboré à l’aspect financier du projet ainsi qu’à sa distribution, parmi eux Acratos, Le Jura Libertaire, la FLM, Maloka, Keuponteam, Aredje, la Société Pue, etc…

Le concert à la Mainmorte entre donc dans la tournée « vernissage » de ce fameux split, un album de deux  groupes sincères, politisés, qui se donnent à fond. Une motivation qui se ressent à travers leurs textes et leurs musiques. Pour cette date le copain Raoul W de Bonneville sera aussi de la partie. Un camarade qui émane une énergie identique, une énergie faite de rage et d’espoir, de colère et de douleur…

Prochaines dates de la tournée :

13.10.2012, Chez Doudou, La Mainmorte, près de Saint-Claude (FR) avec Raoul W de Bonneville.
12.10.2012, Les Ruclons, Nyon (CH) avec Raoul W de Bonneville.
10.10.2012, La ZAP, Sion (CH).
09.10.2012, La Machine à Coudre, Marseille (FR).
08.10.2012, Up and Down, Montpellier (FR).
06.10.2012, Ferme Beauchamps, Montpeyrou (FR) avec Paranormal et Placard.
05.10.2012, Kalak, St-Jean-Pied-de-Port (FR).

Présentations des groupes :

Varlin est un groupe anarcho-punk français établi dans le Pays basque. Le groupe fut fondé en octobre 2005 et doit son nom au communard Eugène Varlin. Les membres de Varlin se définissent comme faisant partie du mouvement erroriste, qualifiant ainsi leur musique de « punk erroriste francophone ». Lors d’une interview le groupe a expliquée ainsi son appartenance au courant erroriste : « L’errorisme est un concept argentin, toute personne n’acceptant pas les règles dictées par le système est une erreur. Et comme toute erreur, il faut la corriger. Pour notre groupe, on considère que, ne voulant pas suivre les règles des maisons de disques ou autre circuit de grande distribution, on peut se revendiquer de l’errorisme. Le DIY est une forme d’errorisme ».

À noter que le guitariste de Varlin est un ancien membre du groupe anarcho-punk Pekatralatak.

varlin.propagande.org

Zeppo (CH) à depuis ces début, en 1993, traversé bien des styles et bien des pays. Désormais en trio, après une tournée 2011 riche en déplacements (Suisse, France, Belgique, Espagne, Portugal et Chine), le groupe en 2012 c’est concentré sur le split avec Varlin ainsi que sur son prochain album qui marquera ses 20 ans d’existence. Un double album en fait, prévu pour 2013.  Zeppo est l’inventeur de l’« écoanarcore », un style fait de riffs propres et précis, de mélodies et de changements de tempo, le tout, soulignant des textes enragés teintés de vert et de noir !! « Des textes qui traitent des guerres, de l’écologie, des rapport de force, de l’aliénation du corps et de l’esprit. Le résultat est à la fois violent et libérateur » (Le Courrier du 03.08.11)…

zeppoecoanarcore.net

• Nom : Raoul W de Bonneville
Style : Vieux BabaKeupon Anarcholeptique

D’un coté il y a les paroles :
Dedans il y a la haine, la rage, le combat, la révolution, le féminisme, l’antiracisme, les envies de poser des bombes à chaque fois que quelque chose nous énerve.
Dedans il y a l’amour, les rêves d’Anarchie,  le type qui s’y voit déjà, courant tout nu à travers des champs blondissants, dans l’avenir idyllique d’un monde meilleur où la merguez de soja serait reine des barbecue.

De l’autre il y a la guitare :
Et là c’est la merde…

www.myspace.com/raouldoublevedebonneville

Le Jura Libertaire

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[Soissons] « Était-ce des violences gratuites, juste pour avoir quelques objets dorés, qui n’ont aucune valeur d’ailleurs, ou était-ce par idéologie anti-chrétienne ? »

Églises fracturées / Mgr Giraud : « Un acte de profanation grave »

SOISSONS (Aisne). À la suite de vols avec effraction commis dans deux églises de Soissons, l’évêque, Mgr Giraud, a vivement réagi. Pour lui, le saint-sacrement a été profané.

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C’est dans l’église de la résurrection, dans le quartier de Presles, que des hosties ont, entre autres, été volées.

Il fallait « réparer cette injure par un acte pénitentiel ». Une messe exceptionnelle s’est ainsi tenue samedi à l’église de Presles. L’Évêque Mgr Hervé Giraud s’est fait le porte-voix de la communauté chrétienne, très choquée à la suite des vols avec effraction commis dans deux lieux de culte dans la nuit de mercredi à jeudi où un ciboire, un ostensoir ou encore une étole ont été dérobés. « On se sent comme après une violation de domicile », explique-t-il.

Atteinte au sacré

La porte de l’église Sainte-Eugénie a été fracturée, le tabernacle ouvert, des papiers et de l’argent ont été volés. Mais c’est à l’église de la Résurrection, dans le quartier de Presles, que le pire a été commis : le tabernacle a aussi été fracturé et les hosties consacrées emportées.

Ces méfaits ne sont pas pour la communauté catholique qu’un simple vol. En effet, fracturer le tabernacle et voler les hosties, c’est porter atteinte au Christ, au sacré. « Au sens de notre foi, c’est un acte de profanation grave », observe l’évêque de Soissons, Laon et Saint-Quentin. « Ce manque total de respect à l’égard des hosties consacrées offense celui en qui nous croyons et les délits perpétrés blessent toute la communauté. »

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« Les délits perpétrés blessent toute la communauté », témoigne Mgr Giraud.

Mgr Giraud a immédiatement bouleversé son emploi du temps — il devait dire une messe à Terny-Sorny — pour organiser une messe, samedi en fin d’après-midi à l’église de Presles afin que le saint-sacrement soit consacré à nouveau. « Je voulais que ce soit fait le samedi soir, avant la messe du dimanche. » Bien que l’évêque ait communiqué tard sur cette messe improvisée, les fidèles étaient nombreux.

Rites satanistes ?

Cette affaire laisse un goût amer, d’autant qu’elle soulève quelques questions sans réponse. « Était-ce des violences gratuites, juste pour avoir quelques objets dorés, qui n’ont aucune valeur d’ailleurs, ou était-ce par idéologie anti-chrétienne ? », se demande l’évêque. Comme les forces de police, Msg Giraud a eu vent de mouvements satanistes assez importants dans le département. Les hosties sont parfois utilisées dans les rites satanistes. Pourquoi avoir alors pris les hosties dans une église et pas dans l’autre ? Mystère…

Il n’est pas rare que des vols soient commis dans des églises, en général en journée et pendant les heures d’ouverture. Mais de nuit, avec effraction, pour voler des hosties ou un vase liturgique, ça l’est déjà plus.

Leur presse (Isabelle Bernard, lunion.presse.fr, 9 octobre 2012)

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[Besançon] Nique l’UMP

Dégradations au local UMP

Besançon. Des inconnus s’en sont pris à la devanture des locaux de la fédération départementale UMP du Doubs au cours de la nuit de jeudi à vendredi. Les vitres du local situé place Victor-Hugo dans le cœur ancien de Besançon ont été rayées au tournevis et entièrement badigeonnées d’une épaisse couche de peinture blanche. Le tout avec l’inscription suivante « Zob, Fuck », en larges lettres visibles.

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« On avait déjà eu notre permanence murée par des briques lors d’une manifestation. Là, c’est autre chose, mais il y en a assez. Il y a pour 1.500 € de dégâts. On a maintenant des difficultés avec les assureurs », rapporte Michel Vienet, secrétaire départemental de la fédération UMP. Ce dernier est allé déposer une plainte au commissariat de police. Des empreintes ont été relevées sur la façade dégradée et souillée. Reste à savoir si ce méfait est vraiment d’ordre politique. D’autres dégradations du même type ont eu lieu dans le secteur au cours de la même nuit. En tout cas, Michel Vienet va demander officiellement au maire PS de Besançon, Jean-Louis Fousseret, de faire installer une caméra de vidéosurveillance sur cette place Victor-Hugo.

L’intérieur du local UMP vient d’être réhabilité. Il doit être inauguré par François Fillon, invité dans le cadre de la campagne interne pour la présidence de l’UMP le samedi 27 octobre prochain.

Leur presse (L’Est Répugnant, 13 octobre 2012) via Le Chat Noir Émeutier


Besançon. L’UMP en appelle à la vidéo-surveillance après les dégradations de son local

Le secrétaire départemental de l’UMP du Doubs a réclamé vendredi l’installation d’un système de vidéo-surveillance devant la permanence du parti à Besançon, cible de dégradations à répétition et une nouvelle fois visée dans la nuit de jeudi à vendredi.

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La façade et la porte vitrée du local situé dans le centre-ville de Besançon ont été recouvertes dans la nuit de peinture et d’une insulte en anglais (« fuck »).

« Une vitrine a été rayée, elle devra être remplacée. Les dégâts peuvent être estimés à au moins 1500 euros », a indiqué le secrétaire départemental de l’UMP, Michel Vienet, qui « a déposé plainte contre X » pour ces dégradations.

« Cela fait 20 ans que nous sommes victimes de ce genre de dégradations et plus aucun assureur local ne veut supporter le risque, nous avons été obligés de prendre l’assureur national de l’UMP », a déploré M. Vienet.

Il a indiqué qu’il demanderait « dans les prochains jours au maire de Besançon, via les conseillers municipaux du parti, d’étudier et d’installer un système de vidéo-protection place Victor Hugo », où est installée la permanence.

« Ce système pourrait d’une part être très dissuasif et d’autre part faciliter le travail et les investigations des forces de l’ordre en cas de nouvelles agressions », a-t-il estimé.

Leur presse (LeProgres.fr, 12 octobre 2012)


La permanence de l’UMP à nouveau vandalisée à Besançon

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/0115.jpg« Trop c’est trop ». Michel Vienet, le secrétaire général de l’UMP du Doubs, est exaspéré: une nouvelle fois, la permanence du parti a été victime de dégradations dans la nuit de jeudi à vendredi. Il a déposé plainte contre X pour « dégradations, rayures et peînture sur vitrine, porte, façade, graffitis et message insultant sur vitrine ». Des dégats qu’il estime à 1500€.

Michel Vienet va solliciter le conseiller municipal UMP Michel Omouri pour demander la mise en place d’un système de vidéosurveillance place Victor Hugo, « pour la tranquillité des riverains, des commerçants et des usagers du secteur ».

Leur presse (Jérémy Chevreuil, Le blog politique de France 3 Franche-Comté, 12 octobre 2012)

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[Saint-Girons, Ariège] Expulsion de l’Allantvers !

Le mercredi 10 octobre, tôt le matin, l’Allantvers a été expulsé. Occupé sans droit ni titre depuis le 20 juin, l’Allantvers, situé rue de la République à St-Girons, était un espace auto-organisé, fondé sur l’entraide, la coopération et l’autonomie par rapport aux institutions en place. S’y déroulaient des activités culturelles régulières (un ciné-club et une chorale hebdomadaire), des soirées thématiques (sur le mouvement des chômeurs en Argentine, les occupations de terres en Ariège, la crise financière, etc.), des activités sociales (participation au collectif CAFCA, hébergements ponctuels). C’était aussi un lieu où l’on pouvait entrer librement et s’asseoir prendre un café, lire les journaux ou des brochures, croiser des têtes connues d’autres vallées ou faire ces rencontres qui nous font sortir de l’isolement.

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Murage de l’Allantvers, juste après son expulsion, à Saint-Girons, en Ariège (le 10 octobre 2012)

L’unique argument avancé par la municipalité de St-Girons, propriétaire des lieux, pour justifier la procédure d’expulsion aura été la dangerosité supposée du bâtiment. Malgré l’absence de projet municipal le concernant, malgré notre proposition formulée lors d’une rencontre avec Messieurs Tourné et Jusiak pour réaliser à nos frais des travaux c’est encore la solution répressive qui a été adoptée.

La véritable raison de l’expulsion est que la mairie, les autorités en général, ne veulent pas laisser les gens s’organiser par eux-mêmes. Il ne faudrait pas que l’on se rende compte que pratiquer l’auto-organisation, l’entraide, la solidarité est suffisant pour mener nos projets, et qu’il n’est pas nécessaire de passer par les institutions et leur contrôle, c’est-à-dire, localement, par le réseau clientéliste d’un Parti Socialiste au pouvoir en Ariège depuis des décennies.

Les derniers postes de travail du bassin d’emploi disparaissent progressivement, la chasse aux chômeurs s’intensifie et transformer le centre-ville en carte postale touristique semble bien peu.

Contrairement à ce qui a été publié dans l’édition du 11 octobre de la Dépêche du midi : l’immeuble n’a pas été « déserté », la veille au soir encore, avait lieu une projection.

Nous appelons à se solidariser en manifestant son désaccord auprès de la mairie de St-Girons : Place Jean Ibanes 09200 St-Girons / Tél : 05 61 04 03 20 / Fax : 05 61 66 38 95

Nous appelons à nous rassembler devant la mairie le vendredi 19 octobre à 14h à l’occasion des permanences mensuelles du maire afin d’exiger la restitution du lieu.

IL NOUS ONT EXPULSÉS, NOUS REVIENDRONS

L’Allantvers (Contact)

Squat!net, 12 octobre 2012


Saint-Girons. Le squat muré sous l’œil des gendarmes

Tous les accès à la rue de la République ont été interdits, hier matin, tandis qu’une entreprise murait les portes et les fenêtres de l’immeuble squatté depuis la fin du mois de juin.

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Une trentaine de gendarmes ont été mobilisés hier matin pour veiller au bon déroulement de la reprise en main de cet immeuble de la rue de la République, squatté depuis le printemps. Personne n’avait le droit de s’approcher de la bâtisse, mais ce qui s’y déroulait n’était un secret pour personne : les portes et les fenêtres du bâtiment ont été systématiquement murées, tandis que deux camions de déménagement emportaient le mobilier trouvé à l’intérieur. L’opération s’est déroulée sans encombre : l’immeuble avait été déserté de ses occupants voici quelques jours.

Jugement d’expulsion

L’opération d’hier matin, c’est l’aboutissement d’une procédure engagée par la commune de Saint-Girons contre ces squatters, et dont l’épilogue est chaleureusement salué par certains riverains, et notamment les commerçants de la rue de la République (lire plus loin). Les squatters s’étaient installés fin juin dans cet immeuble, propriété de la ville, inoccupé depuis des années, annonçant leur intention de créer un local associatif : salle de réunion et de cinéma, atelier de réparation de vélos, etc. Tandis que la municipalité tentait de négocier leur départ, les squatters commençaient à effectuer, dans l’immeuble, quelques travaux de remise en état. Mais, fin juillet, le tribunal d’instance de Saint-Girons donnait raison à la municipalité, qui s’inquiétait notamment des problèmes de sécurité posés par l’immeuble, délabré, au système électrique défaillant, sans issues de secours, et prononçait l’expulsion. L’association Allantvers, créée pour gérer le local, renonçait finalement à faire appel de ce jugement d’expulsion. Hier, lorsque les gendarmes sont intervenus, les locaux étaient vides.

Satisfaction des riverains

Dans le quartier, l’arrivée de ces squatters avait soulevé de nombreux mécontentements, relayés notamment par le restaurateur Laurent Galey, 70 ans (1).

Dans un communiqué remis à notre rédaction, celui-ci remercie les autorités et écrit notamment : « Je tiens à remercier le préfet, le sous-préfet, ainsi que le maire de Saint-Girons d’avoir, après bien des péripéties, réussi à exécuter la décision du tribunal de Saint-Girons au sujet de l’occupation illégale du bâtiment de la rue de la République. Ce bâtiment étant voué à la destruction ainsi que deux autres afin de créer un parking pour les usagers de cette rue bien étroite et en perte de vitesse pour ses commerces. Au même titre que la pétition que les commerçants m’avaient demandé de rédiger, il me semble normal de remercier les autorités qui ont exécuté leur travail, même si trois mois nous ont semblé longs, surtout en période estivale. »

Par ailleurs, Laurent Galey portait les couleurs du Modem aux dernières élections législatives, comme suppléant de Linda Manceau, sur la première circonscription.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr, 11 octobre 2012)


Le squat de la rue de la République à Saint-Girons évacué et muré

Aujourd’hui, dès potron-minet, branle-bas de combat ou presque rue de la République à Saint-Girons. L’artère et tous ses accès sont condamnés par un impressionnant dispositif de gendarmerie et à 6 heures précises, « l’heure légale » selon l’expression de rigueur, les forces de l’ordre ont investi ce qui est devenu, depuis son occupation illicite lors de la Fête de la musique, le 21 juin, « le squat de la rue de la République ». Une maison, propriété de la commune de Saint-Girons, appelée à terme à la destruction pour faire place à un futur parking public, mais qui, depuis quelque trois mois et demi, était occupée par le collectif « Allantvers » qui y avait fait un « lieu culturel alternatif ». Le 26 juillet, le tribunal d’instance de Saint-Girons rendait en délibéré – et en établissant « le bien fondé » de la demande de la mairie de Saint-Girons – un jugement intimant aux occupants de libérer les lieux dans un délai de 8 jours, suite à commandement. Depuis, la situation semblait connaître le statu quo, jusqu’à mercredi aux premières heures du jour et l’intervention des gendarmes, au nombre de plusieurs dizaines, « ils étaient une centaine », assure un riverain témoin de la scène. Des gendarmes qui sont entrés sans difficulté aucune dans l’habitation et, même, sans opposition … les occupants (ont-ils eu vent de l’opération ?) étant apparemment tous absents. Divers matériels (dont plusieurs vélos faisant partie « d’un atelier de réparation » créé par les occupants dès leur installation dans les lieux) ont été évacués sous contrôle d’huissier. Toute la matinée, ainsi qu’à la mi-journée et jusqu’au début d’après-midi, l’accès à la rue de la République se fera sous le contrôle des motards de la gendarmerie nationale, seuls les riverains et les commerçants du quartier pouvant y pénétrer, alors qu’une douzaine d’employés du service technique de la mairie de Saint-Girons procédait, sous le regard de Philippe Jusiak, le directeur général des services, au murage des portes et huisseries diverses de ce qu’il faut nommer, désormais, « l’ex-squat ». L’opération, espérée depuis plusieurs semaines par les habitants du quartier qui avaient tous adhéré à une pétition, a donc été saluée avec soulagement par les riverains. Parmi eux, Laurent Galey, qui avait activement participé à ladite pétition et qui tient, publiquement, à remercier « monsieur le préfet de l’Ariège, monsieur le sous-préfet de Saint-Girons, monsieur le maire, qui, après de multiples péripéties ont réussi, avec le concours de la Justice et de la maréchaussée, à régler un problème qui dégradait l’ambiance et la qualité de la vie et des commerces de la rue de la République. Il me semble normal, après avoir critiqué les autorités, de les remercier aujourd’hui pour l’exécution de leur mission, parfois difficile, pour protéger la population ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (gazette-ariegeoise.fr, 10 octobre 2012)


Saint-Girons : dénouement dans le calme pour le squat rue de la République

Épilogue d’une affaire qui aura été le feuilleton de l’été pour une bonne partie de la population saint-gironnaise.

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Ce mercredi au petit matin les forces de gendarmerie ont en effet quadrillé le quartier et pris possession de cet immeuble sis au 16, rue de la république en plein cœur de la ville de Saint-Girons.

Une centaine de gendarmes, selon les commerçants interrogés, de petites dizaines selon la directrice du cabinet contactée en fin de matinée, ont en effet investi les lieux et mis un terme à cette rocambolesque affaire.

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Petit rappel des faits avec Brigitte Carivaren, directrice de cabinet de Salvador Pérez, préfet de l’Ariège.

Un collectif, qui s’est dénommé « Allant Vers », s’est emparé de cet « immeuble et l’occupait illégalement depuis le 20 juin dernier ».

Immeuble inoccupé, « il était classé par la municipalité propriétaire des lieux comme insalubre ».

Cette dernière a alors saisi la justice « craignant d’éventuels troubles de l’ordre public » mais également des risques en termes de sécurité au regard de la vétusté de l’immeuble.

Une décision « en date du 16 juillet dernier du Tribunal d’Instance de Saint-Girons a alors ordonné l’évacuation des lieux ».

La date du 11 août, ensuite repoussée au 13 août avait été fixée aux squatteurs pour quitter les lieux.

Passé cette date c’est un huissier de Saint-Girons « exerçant cette compétence au bénéfice de la ville de Saint-Girons » qui a constaté que le Collectif occupait toujours l’immeuble.

Il revenait alors au préfet de l’Ariège de faire appel aux forces de l’ordre, ou pas, pour faire exécuter cette décision de justice.

À 6h ce matin, heure légale à partir de laquelle on peut procéder à des expulsions, cela a été chose faite.

Toutes les entrées et accès sur la rue de la République ont été bouclés par les forces de gendarmerie une bonne partie de la matinée.

Avec « l’autorisation du Préfet accordant l’appui des forces de gendarmerie pour faire évacuer le local », confirme la directrice de cabinet, « les services municipaux de la ville sont entrés dans les lieux, les ont débarrassés » puis ont procédé à l’emmurement de toutes les ouvertures portes et fenêtres.

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« Cette décision relève de la mairie » ; on ne saura pas si les services municipaux de la ville et les forces de gendarmerie étaient informés au préalable.

Toujours est-il que c’est un immeuble vide et inoccupé qu’ont investi les forces en présence venues procéder à l’expulsion de ses occupants avant que ne soit décrétée la prochaine trêve hivernale.

Il n’y avait aucun membre du Collectif, qui, confirme un commerçant de la rue, « n’était pas toujours là et passait rarement la nuit ici ».

« Globalement, conclut Brigitte Cariven, l’opération s’est déroulée dans de bonnes conditions. Aucun souci avec les occupants n’est — donc — déploré et aucune entrave n’a troublé l’ordre public pendant le déroulement des opérations. »

En fin de matinée, la rue a retrouvé son calme sans dérangement important pour les riverains.

Désormais selon Mme Cariven « il appartient à la ville de Saint-Girons de déterminer quelles suites elle souhaite donner à cette affaire », notamment vis-à-vis des membres du collectif.

Pour l’heure c’est un bâtiment totalement clos avec ses briques grisâtres murant les portes qui jouxte les commerces illuminés avoisinants.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (AriegeNews.com, 10 octobre 2012)

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[Dissolution de la BAC] Comme le poisson, l’État pourrit par la tête

EXCLUSIF. A-t-on cherché à étouffer l’affaire de la BAC nord de Marseille ?

Le Point révèle que l’ancien numéro deux de la police marseillaise n’a jamais saisi la justice des faits de corruption dont il avait été alerté.

« Cette enquête n’a pas permis de corroborer les faits que vous m’avez dénoncés. » 28 décembre 2009, la directrice de cabinet du préfet délégué pour la sécurité et la défense à Marseille répond par courrier à un responsable associatif de la ville, qui, dans une lettre datée du 13 octobre, a dénoncé des infractions graves commises par des policiers de la BAC nord à Marseille. « Aucun témoignage n’est venu confirmer vos assertions et vous avez émis des doutes quant aux heures où ces infractions avaient été commises », poursuit la directrice du cabinet. La fonctionnaire s’appuie sur une enquête du cabinet d’audit et de discipline diligentée par Pascal Lalle, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône. Celui-ci avait été alerté des faits par le préfet délégué.

Près de trois ans plus tard, ce courrier que Le Point a récupéré pose des questions sur la responsabilité de la hiérarchie policière dans le sulfureux dossier de la BAC nord de Marseille. Pourquoi Pascal Lalle, numéro deux de la police dans le département, a-t-il choisi de faire appel au cabinet d’audit et de discipline de la sécurité publique plutôt que de saisir Jacques Dallest, le procureur de la République de Marseille, comme l’article 40 du Code pénal l’y obligeait ? C’est la face cachée de l’affaire.

« J’ai un principe… »

Alors que le ministre de l’Intérieur, Manuel Valls, est vendredi à Marseille avec trois nouveaux commissaires, Le Point est en mesure de révéler que le DDSP, Pascal Lalle, devenu directeur central de la sécurité publique (DCSP), a été alerté depuis 2009, à plusieurs reprises, par des habitants de quartier, mais aussi par des policiers, sur des infractions graves commises par les fonctionnaires de la BAC nord. Et ce sans aucune conséquence judiciaire. Comme le confirme au Point Jacques Dallest, celui-ci ne sera saisi qu’en novembre 2011 par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) à partir d’un PV de renseignements anonyme et diligentera aussitôt une enquête préliminaire. « J’ai un principe lorsque je reçois ne serait-ce qu’une lettre anonyme dénonçant ce genre d’infraction, j’ouvre systématiquement une enquête préliminaire, c’est le cadre idéal pour mener une enquête discrète », explique le procureur avant d’enfoncer le clou : « Le DDSP, Pascal Lalle, ne m’a jamais transmis quoi que ce soit. »

Chaque fois, le DDSP, Pascal Lalle, a utilisé le même modus operandi : il a saisi le cabinet d’audit et de discipline, dirigé par le commandant A., au détriment du procureur de la République. Pourquoi ? La suite des événements a pourtant montré que c’est dans le cadre d’une enquête préliminaire avec des moyens humains et techniques colossaux mise en branle par l’IGPN que l’affaire a pu « sortir ». Des moyens qu’un simple cabinet d’audit et de discipline ne pouvait déployer. La saisie de ce service, sous contrôle du DDSP, est souvent une façon de tâter le terrain dans une affaire avant de passer à la vitesse supérieure. C’est aussi parfois une manière de laver son linge sale en famille ou d’étouffer dans l’œuf une enquête. Or, une chose est sûre, toutes les enquêtes du cabinet diligentées par Pascal Lalle à propos d’infractions commises par les policiers de la BAC nord ont été classées, faute de preuves.

Pourtant les exactions des policiers de la BAC nord étaient un secret de polichinelle. « J’avais constaté que des dealers étaient soulagés de tous leurs effets personnels (portables, argent, marchandises illicites…) », explique au Point le responsable associatif auteur de la lettre de dénonciation au préfet. En novembre 2009, ce responsable a été convoqué devant le cabinet d’audit et de discipline de la sécurité publique : « J’ai communiqué aux policiers des numéros d’immatriculation de voiture, des lieux, des heures. J’ai proposé de leur donner les coordonnées de sept autres habitants de la cité, prêts à témoigner à condition de pouvoir rester anonymes. Mais les policiers m’ont dit que ce n’était pas possible. Ensuite ils ont pinaillé sur les heures que j’avais indiquées, au motif qu’aucune patrouille de la BAC ne pouvait être passée à ces heures. » Affaire classée.

Mutations

Comme les suivantes… Selon nos informations, en décembre 2010, un commissaire de la sûreté départementale a transmis au DDSP, Pascal Lalle, un rapport circonstancié sur les agissements de certains policiers de la BAC nord. Ce commissaire se fonde alors sur les témoignages d’un brigadier et d’une gardienne de ce service qui racontent par le menu, mais sans citer de noms, comment certains de leurs collègues rackettent, en plein jour, des fumeurs de cannabis, des vendeurs de cigarettes ou d’objets de contrefaçon de la porte d’Aix, à Marseille. Dans son rapport, le commissaire insiste alors sur le fait que les deux dénonciateurs paraissent honnêtes et crédibles. Pascal Lalle saisit alors … le cabinet d’audit et de discipline. Les deux policiers sont entendus, puis plus tard un troisième. Mais après quelques vérifications, notamment l’élaboration non significative d’un tableau de comparaison des saisies d’argent et de drogue entre les cités, l’affaire est classée. Quelque temps plus tard, un hasard sans doute, les deux fonctionnaires seront mutés dans un autre service et décrédibilisés. Le commissaire auteur du fameux rapport transmis au DDSP, Pascal Lalle, a récemment été auditionné par la police des polices. Il aurait confirmé aux enquêteurs que les faits qui lui avaient alors été dénoncés lui paraissaient crédibles. Là encore, pourquoi le DDSP, Pascal Lalle, n’a-t-il pas saisi le procureur de la République, comme le veut la loi ?

Selon nos informations, un troisième policier va être convoqué durant le premier semestre 2011 devant deux commissaires de la sécurité publique. Un rapport d’une centaine de pages a été rédigé par J.-M. A., le nouveau capitaine de la BAC nord. Le document fait état de suspicions sur la probité d’une quarantaine de policiers du service. Il est demandé aux trois policiers de confirmer les noms de cette liste. Ce qu’ils font. « Un des commissaires nous a informés qu’ils allaient se réunir avec Pascal Lalle, explique au Point ces policiers. Résultat, au lieu de saisir la justice, on a muté discrètement ces brebis galeuses en appliquant une note de service selon laquelle on doit quitter la BAC au bout de huit ans. C’était une façon de régler l’affaire sans faire de bruit. »

C’est finalement sous l’impulsion du nouveau préfet, Alain Gardère, arrivé en septembre 2011 dans la cité phocéenne, que ces policiers seront enfin pris au sérieux. Interrogés de façon informelle par l’IGPN, tout comme le responsable de l’association, ils témoigneront sous X en février 2012. On connaît la suite…

Contacté par Le Point, Pascal Lalle était en réunion jeudi après-midi. Il avait toutefois déjà réagi à nos précédentes révélations : « Ces accusations ne sont pas crédibles », déclarait-il.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-Michel Décugis & Aziz Zemouri, LePoint.fr, 11-12 octobre 2012)


EXCLUSIF. Marseille : « Le numéro deux de la police m’a dit « la délation est condamnable » »

Omar Djellil, responsable associatif, a tenté de prévenir des méthodes des policiers de la BAC nord de Marseille. Il explique au Point.fr toutes les démarches qu’il a engagées, depuis 2009, en vain.

« On aurait pu mettre fin aux agissements de la BAC nord de Marseille bien plus tôt. J’ai écrit aux autorités dès octobre 2009. J’avais constaté que des dealers étaient soulagés de tous leurs effets personnels (portables, argent, marchandises illicites…) par les policiers de la BAC nord. J’ai décidé de mener une croisade contre la corruption au sein de cette brigade et de dénoncer l’attitude arbitraire de certains policiers. En octobre 2009, j’ai saisi le préfet de région, Michel Sapin, sur les agissements déviants de plusieurs éléments de la BAC nord.

Pascal Lalle, le directeur départemental de la sécurité publique (DDSP), a diligenté une enquête du cabinet d’audit et de discipline. J’ai été entendu pendant plus de deux heures. J’ai donné des numéros d’immatriculation de véhicules, des lieux, des heures. J’ai dit aux policiers que sept autres personnes accepteraient de parler, à condition de témoigner sous le couvert de l’anonymat. Les policiers m’ont répondu que ce n’était pas possible. Ils ont pinaillé sur les horaires que je donnais, me disant qu’aucune voiture de la BAC n’était passée à cette heure-là dans le quartier. Bref, l’enquête a été classée.

En 2010, j’ai à nouveau témoigné devant la police pour dénoncer d’autres infractions. Là encore, cela n’a rien donné. J’ai interpellé plusieurs fois le DDSP Pascal Lalle lors de réunions publiques dans le cadre de notre collectif d’associations. Ce que je dénonçais choquait toute l’assistance, sauf Pascal Lalle. Il a toujours refusé de m’écouter et a toujours botté en touche. Un jour, il s’est même laissé aller en déclarant publiquement : la délation est moralement condamnable et nous projette sous Vichy. Quand je pense qu’il a eu le culot de déclarer ces derniers jours dans les colonnes de La Provence qu’il était à l’origine de l’enquête qui a mis un terme aux agissements des policiers corrompus.

Menaces

J’ai écrit au président de la République Nicolas Sarkozy, au ministre de l’Intérieur Brice Hortefeux. En vain. Un jour, j’ai appris qu’un fonctionnaire de la BAC nord qui avait des problèmes dans son service dénonçait aussi les méthodes de voyous de ses collègues. Il a été harcelé, menacé, tout comme trois autres de ses collègues dénonciateurs. Ils ont été entendus plusieurs fois par des commissaires. Mais à chaque fois, le cabinet d’audit et de discipline a classé l’affaire, faute, soi-disant, de preuve. Ces policiers ont été harcelés, placardisés par la hiérarchie. Au lieu de couper la tête aux ripoux, c’est à eux que l’on s’en est pris.

Pour moi aussi, cela a failli très mal tourner. Alors que j’avais témoigné sur un règlement de comptes auquel j’avais assisté, je me suis retrouvé menacé par un voyou auquel certains policiers de la BAC avaient donné mon nom. J’ai dû me rétracter pour sauver ma peau. Voilà ce dont étaient capables certains policiers de la BAC nord. J’ai finalement saisi le procureur de la République Jacques Dallest, dont j’avais pu évaluer la probité et la détermination à endiguer la criminalité lors de réunions publiques. Je lui ai proposé de rencontrer tous les protagonistes de l’affaire pour qu’il prenne la mesure de la gravité. La police des polices nous a alors entendus de façon informelle avant que le procureur ne diligente une enquête préliminaire. On voit aujourd’hui que nous ne racontions pas de bobards. On voit aussi que lorsque la police décide de faire le ménage et de couper les branches pourries, elle y arrive… »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-Michel Décugis & Aziz Zemouri, LePoint.fr, 12 octobre 2012)


EXCLUSIF. Marseille : « Les collègues se servaient sur la bête »

Le Point a recueilli le témoignage d’un des quatre anciens policiers de la BAC nord qui avaient dénoncé à leur hiérarchie les méthodes mafieuses présumées de leurs collègues.

Vous avez été un des premiers à dénoncer ces faits de corruption présumée au sein de la BAC nord. Êtes-vous satisfait aujourd’hui de la tournure des événements ?

Je ne me réjouis pas de cette situation. Je suis un gardien de la paix qui aime son métier. Et aujourd’hui je suis triste pour la police. C’est parce que j’ai dénoncé cette situation pourrie que j’ai été mis au placard. On a préféré couper les têtes de ceux qui avaient brisé l’omerta plutôt que celles des policiers ripoux. J’espère qu’aujourd’hui le ministre de l’Intérieur nous réhabilitera.

Comment tout a commencé ?

En 2009, je suis convoqué par le capitaine A. P., le commandant du service de l’époque, en présence de mon chef de groupe. Il m’informe que je vais devoir quitter le service, car certains collègues ne veulent plus travailler avec moi. Je lui explique que c’est parce que je m’élève contre leurs méthodes, que je ne veux pas entrer dans leur système. Je précise qu’à plusieurs reprises, lors d’auditions, des dealers ou des vendeurs de cigarettes à la sauvette se sont plaints devant moi d’avoir été dépossédés de leur argent ou de leur résine de cannabis. En 2008, j’avais été auditionné comme d’autres collègues par la police des polices au sujet d’affaires de vol sur des gardés à vue, mais je n’avais pas parlé. On m’avait fait comprendre qu’il valait mieux que je me taise. Le commandant m’explique que mon déplacement est temporaire. Il me promet de revenir à la BAC, une fois le calme revenu. En 2010, je suis déplacé contre mon gré dans un service bas de gamme d’un commissariat d’arrondissement. En fait, je gênais, parce que je travaillais beaucoup et proprement. Un jour, mon chef de groupe est venu me chercher dans mon nouveau service pour que je réintègre la BAC nord. La condition, c’était que je m’excuse auprès du commandant. J’ai refusé et je suis resté.

De quoi avez-vous été témoin exactement ?

C’est tout un système de détournement et de vol de marchandises qui avait été mis en place. Les collègues se servaient sur « la bête », comme l’a dit le procureur de Marseille. Quand vous arriviez dans le service, soit vous faisiez comme eux, soit vous quittiez le service. Quand vous ouvriez certains placards de collègues, c’était la caverne d’Ali Baba. Lors des récentes perquisitions, les « bœufs » (entendez les bœufs-carottes, la police des polices, NDLR) ont retrouvé du cannabis au domicile de certains et de la marchandise volée sous le plafond des bureaux.

Quand avez-vous pour la première fois dénoncé ces faits officiellement ?

Fin janvier 2010, je devais me rendre à Paris à la Commission nationale de déontologie de la sécurité. J’avais été convoqué par J.-F. J., le commissaire de la division nord. Il avait appris que je devais me rendre à Paris pour témoigner. Je me suis présenté devant lui, accompagné d’un délégué du syndicat de police Alliance. Le commissaire m’a alors demandé de ne pas aller à Paris pour raconter les méthodes de la BAC nord. Il m’a menacé : « Si vous y allez, vous le regretterez plus tard. » J’étais abasourdi. Entre-temps, je suis parti en vacances. Pour cette affaire, j’ai été convoqué au cabinet d’audit et de discipline. Là encore, j’ai raconté ce qui se passait à la BAC nord. On m’a demandé s’il était possible de mettre Pascal Lalle au courant. J’ai répondu « oui ». Là, on m’a expliqué qu’un rapport circonstancié allait être adressé à Pascal Lalle, le directeur départemental de sécurité publique (DDSP) des Bouches-du-Rhône sur les agissements de la BAC. Chose qui a été faite.

Que se passe-t-il ensuite ?

Fin 2010, d’autres fonctionnaires de la BAC nord qui ont été écartés pour avoir dénoncé les méthodes de leur service à leur capitaine J.-M. A. atterrissent dans les commissariats. Ils sont témoins des mêmes dérives que moi. On décide alors de rédiger un rapport que nous transmettons aux deux commissaires D. et G., les deux nouveaux commissaires du secteur nord. Début 2011, ces derniers nous convoquent et nous montrent un rapport d’une centaine de pages sur les agissements délictueux de la BAC. Le rapport a été rédigé par le capitaine J.-M. A., le nouveau patron de la BAC nord. Les noms d’une quarantaine de policiers présumés ripoux par ce capitaine sont soulignés en rouge. Le commissaire veut savoir si l’on confirme les noms de ces policiers comme étant des ripoux. Ce que nous faisons, sans donner de nom précis. Ils nous informent alors qu’ils vont se réunir avec le DDSP, Pascal Lalle, pour voir ce qu’ils peuvent faire. Au lieu de diligenter une enquête, le DDSP va promouvoir ces policiers dans d’autres services, en appliquant une note de service selon laquelle on doit quitter la BAC au bout de huit ans. En juillet 2011, tout ce petit monde change de service en accord avec les syndicats Alliance et Unité police. C’était une façon de ne pas faire trop de bruit et d’étouffer l’affaire.

Nous sommes alors effondrés, car on se rend compte que l’on cautionne le système. C’est à nous que l’on va chercher des poux. Nous allons tous les quatre être victimes de harcèlement moral. En septembre 2011, le nouveau préfet de Marseille, Alain Gardère, arrive sur Marseille. Il est déjà au courant de beaucoup de choses. Il me convoque deux mois plus tard, en novembre 2011, avec d’autres collègues. Il était déjà au courant de ce qui se passait. Nous lui avons raconté ce que nous avions vu et surtout l’inertie de notre hiérarchie. Le préfet a alors déclenché une enquête de la police des polices. Mes collègues et moi, nous le voyons de façon informelle à plusieurs reprises jusqu’à son départ. Le préfet Alain Gardère nous avait offert sa protection. Il n’a pas pu finir son travail.

Et cette histoire de meurtre d’un dealer dont le nom aurait été donné aux voyous par la police ?

En fait, des policiers auraient balancé un dealer indic à ses concurrents. Résultat : il a été retrouvé le corps criblé de balles dans une voiture calcinée. C’est lui qui avait donné le nom des incendiaires dans l’affaire de Mama Galledou (une étudiante de 26 ans grièvement blessée dans l’incendie d’un autobus, en octobre 2006, NDLR). En fait, l’affaire de la BAC nord est loin d’être terminée. Mais les vrais responsables sont surtout à rechercher parmi la hiérarchie qui a cautionné ces agissements au lieu de trancher dans le vif. Heureusement que le préfet Alain Gardère a fait ouvrir cette enquête. Aujourd’hui, il doit être fier du résultat et de son travail…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Propos recueillis par Jean-Michel Décugis & Aziz Zemouri, LePoint.fr, 5-7 octobre 2012)

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[Bonnes feuilles] Le Val-Fourré nique le système (2)

À paraître incessamment aux Éditions Antisociales :

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INCONTRÔLABLES
de Bruno Deiana

« Prison ! De la folie, du tragique, de la tension… Et aussi des comiques et de la dérision… Des hauts et des bas, et des tas de trafics… Des trucs et des trocs, du vice et de la bêtise… Des cracks et des tocards… Des clandos, des primaires… et les vieux de la vieille, les chevronnés ! Une cour des miracles, un bouillon de culture, un chaudron magique… Prison ! Où parfois l’on trouvait des familles… Des fratries, et en l’occurrence la sienne, qui à une certaine époque fréquenta ces lieux de si sinistre mémoire… Ainsi les trois frères y séjournèrent, y tournèrent en rond tels des cons qui s’étaient fait prendre… Furent emprisonnés, fourrés au trou, comme n’importe quel voleur de cité… Naturellement y étaient entrés chacun pour ses affaires, ses conneries… Et lui par deux fois s’était tapé de la cellule avec son aîné et ce fut les deux seules fois où le grand tomba – une correctionnelle et une assiette. Marqué, il avait compris. Aussi il se rangea, et depuis on n’entend plus parler de lui… A rejoint la masse besogneuse, la silencieuse, celle qui paye des impôts… Quant au petit frère… il eut à son actif pas moins d’une bonne douzaine d’incarcérations, et il en avait partagé une avec lui à Fleury en 1995. Quelques mois purgés ensemble pour un simple vol à la tire, visant des Ricains aisés, un larcin pas bien méchant… C’était pas du Lupin… Quelquefois il leur était arrivé de se croiser par hasard dans la même taule – Bois-d’Ar – mais ce fut chacun sa peine comme de bien entendu… Un fait marquant que jamais il n’oubliera : Pour le Noël de l’an 1984… sa mère la pauvre ! Leur ramena les colis autorisés, soit cinq kilos de délicieuses victuailles par tête de pipe, ce qui fit cinq kilos fois trois, égale quinze kilos – n’est-ce pas ? Et ce dans trois placards, à savoir : Poissy, Rouen, Fresnes… Du lourd ! Mais pas de quoi en faire toute une histoire – n’est-ce pas ? » (p. 30-31)

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Voisins vigilants sous haute surveillance

Les « Voisins vigilants », initiés par la gendarmerie, sous l’ère Sarkozy, n’ont pas nécessairement de beaux jours devant eux. Parfois, les élus locaux ont paru prendre le plus grand intérêt a cet excès de sécurité. C’est le cas dans le département des Vosges où, dans quelques communes, des élus ont favorisé la mise en place du système, avec l’implantation de panneaux avertissant les habitants de certains quartiers, pour les inciter à avoir des liens étroits avec la gendarmerie nationale. L’aspect était avant tout « préventif », précisait le maire de Thaon-les-Vosges, qui ajoutait néanmoins : « les habitants se sentent protégés, rassurés. » De son côté, le maire de Sanchey expliquait qu’il s’agissait simplement d’entraide entre voisins, participant même à la création d’une « fête des voisins vigilants ». Bien entendu, pour ces édiles sécuritaires, il n’est pas question de voir fleurir des milices privées, et les liens avec la gendarmerie doivent prévenir d’éventuelles dérives inhérentes aux « missions » dont pourraient se sentir investis quelques pseudo shérifs autoproclamés.

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Il n’en reste pas moins que, dans ce département des Vosges, s’est constitué une association de lutte contre l’idéologie sécuritaire qui a rapidement recueilli plusieurs centaines de signatures, tout en multipliant réunions publiques et alertes aux élus. L’animateur de cette structure de résistance au tout sécuritaire, qui ne peut que polluer le service public, ne manque pas de bon sens : « Avec ces initiatives privées, on en arrive à l’autodéfense. On n’est pas très loin des milices ; il ne resterait plus qu’à les armer. Cela entretient un climat de suspicion anxiogène : tout le mode se méfie de tout le monde ! » Très soucieux de protéger les libertés fondamentales, ce citoyen, au vrai sens du terme, a écrit à Manuel Valls pour lui demander d’abroger la circulaire Guéant de 2011, qui conférait un statut légal au dispositif des « Voisins vigilants ». Non content de conduire cette action de salubrité publique, ce Robin des lois a ouvert un nouveau front, contre la vidéosurveillance, qui se développe dans la région. (Source, Vosges Matin, 14 août 2012)

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Que fait la police ? n° 63, octobre 2012

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[Gafsa] Vive la vraie révolution ! À bas Ennahda et ses chiens !

Décès de Nasr Ben Amor à Gafsa : Réactions à chaud de Adnène Hajji

Suite au décès de Nasr Ben Amor, hier au soir à l’hôpital régional de Gafsa, et vu que le défunt était en grève de la faim devant le siège du Groupement Chimique Tunisien, entreprise d’où il avait été renvoyé. TunisieNumérique a contacté l’activiste Adnène Hajji, « Le lion des mines » de son surnom, qui a bien voulu nous donner son opinion de l’affaire qui risque d’embraser toute la région.

Pour Adnène Hajji, Gafsa vit dans une situation de « non-État » où l’État n’existe pas et le gouvernement en est absent, ou, au mieux, gère les affaires régionales par du mépris et de l’indifférence (Hogra).

Adnène Hajji déclare que la ville est actuellement calme, mais prévient qu’il s’agit du « calme qui précède la tempête ». Il avertit le gouvernement que s’il ne veut pas s’occuper de la région,  « c’est la région qui va s’occuper de lui » !

En attendant, il déclare que la région reste calme pour « économiser son énergie » !

Ça promet !

Commentaires choisis :

Lotfi Miled
Ce gouvernement est avverti à l’avance : Ou tu te bouges ou je te bouges. « Un homme avverti en vaut deux… » Attention à la tempête du désert.

Saladin Ayari
Vive la vrai révolution à bat Ennahda et ces chiens.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 9 octobre 2012)

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[ZAD-NDDL] Risques accrus d’expulsion sur la ZAD

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Plusieurs sources laissent penser que des expulsions sont imminentes. Nous avons eu vent d’une première vague d’expulsion pour le mardi 16 octobre à l’aube. Nous avons eu des informations précises tel que le lieu d’hébergement des troupes mobilisées, l’itinéraire prévu pour rejoindre la zone, l’effectif engagé, soit 500 gendarmes. Cette première vague devrait concerner les maisons déjà expulsables ainsi que les cabanes. Une seconde vague devrait suivre une dizaine de jours plus tard, visant cette fois les cabanes dans les arbres et trois maisons, la Sécherie, les Rosiers et la Saulce, dont l’huissier a choisi en août d’avancer la date d’expulsabilité, la passant du 15 novembre au 27 octobre.

Depuis plusieurs semaines des équipes de police se sont déplacés sur la ZAD pour faire des repérages préparatifs, comme mesurer la hauteur des cabanes dans les forêts par exemple. Des équipes en civils se déplacent actuellement, certaines dans des véhicules immatriculés dans la région parisienne. Mardi dernier (9 octobre) le dernier squat de Grands Champs a été expulsé à l’aide d’un impressionnant dispositif policier. Cette semaine encore les dispositifs de sécurité ont été renforcé devant le Conseil Général, le Tribunal de Nantes et d’autres lieux stratégiques, les contrôles routiers se sont quant à eux multipliés sur et autour de la ZAD. La presse reconnaît d’ailleurs que le dispositif pourrait en réalité cacher une opération en préparation contre la ZAD.

Nous nous tenons prêts.

Un appel a été publié appelant les groupes et individus souhaitant s’inscrire en solidarité avec la lutte ici à effectuer des actions décentralisées (voir zad.nadir.org). Toutes les initiatives sont et seront les bienvenues. Les personnes souhaitant venir sur la ZAD sont invitées à s’organiser en conséquence : être conscientes de l’urgence dans laquelle nous allons être, prévoir au maximum de quoi être autonome.

Nous nous préparons logistiquement contre les expulsions, nous appelons les amiEs d’ici et d’ailleurs, voisinEs, à venir nous soutenir.

Dans tous les cas vous pouvez suivre les évolutions sur le site de la ZAD.

11 octobre 2012

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La police travaille à Athènes

Des militants anti-fascistes « torturés par la police » après des affrontements avec l’Aube Dorée

Je traduis ici un article paru le 9 octobre dans le Guardian.

Quinze personnes arrêtées à Athènes ont dit avoir été sujet à ce que leur avocat décrit comme une humiliation du type « Abu Ghraib ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/0211.jpgQuinze manifestants antifascistes arrêtés à Athènes lors d’un affrontement avec des partisans du parti néo-nazi Aube Dorée ont rapporté qu’ils avaient été torturés à la Direction générale de la police de l’Attique (GADA) — l’équivalent Athénien de Scotland Yard.

Plusieurs des manifestants arrêtés après la première manifestation le dimanche 30 septembre ont déclaré au Guardian avoir été giflés et frappés par un officier de police pendant que cinq ou six autres regardaient. Ceux-ci leur crachaient dessus et les utilisaient comme cendrier parce qu’ils puaient. Ils disent par ailleurs avoir été maintenus éveillés toute la nuit à l’aide de torches et de lasers pointés vers leurs yeux.

Certains ont rapporté avoir été brûlés sur les bras à l’aide d’un briquet. Les officiers de police les filmaient sur leurs téléphones, menaçant de publier ces images sur internet et de donner leur adresse de résidence à l’Aube Dorée.

La popularité de l’Aube Dorée explose depuis les élections du mois de juin au cours desquelles ce parti avait remporté 18 sièges au parlement. Il est récemment arrivé troisième dans plusieurs sondages derrière Nouvelle Démocratie et Syriza.

Le mois dernier, le Guardian rapportait que la police conseillait à des victimes de faire appel à l’Aube Dorée, des victimes qui se sentaient alors obligées de faire des donations au groupe néo-nazi.

Une des deux femmes détenues a rapporté avoir été l’objet d’insultes très dures de la part des policiers, qui lui tiraient la tête en arrière quand elle essayait de ne pas être filmée. Les manifestants ont déclaré qu’ils avaient été privés d’eau potable et d’accès à un avocat pendant 19 heures. Nous avions tellement soif que nous buvions l’eau des toilettes a-t-elle confié.

Un homme blessé à la tête et au bras durant son arrestation assure que la police continuait à le taper et lui refusait tout traitement médical jusqu’au lendemain matin. Un autre manifestant affirme que la police lui maintenait les jambes écartées et le frappait dans les testicules pendant l’arrestation.

Ils m’ont craché dessus et dit que nous mourrions comme nos grands-parents durant la guerre civile a-t-il déclaré.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/10/0311.jpgUn troisième détenu raconte avoir été « tazé » dans la colonne vertébrale alors qu’il tentait de s’enfuir ; la brûlure est toujours visible. C’est comme une décharge électrique confie t-il. Mes jambes étaient paralysées quelques minutes puis je suis tombé. Ils m’ont menotté derrière le dos et commencé à me frapper dans les côtes, dans la tête. Ils m’ont ensuite ordonné de me lever, mais je ne pouvais pas. Ils m’ont donc tiré par les menottes alors que je me tenais sur les genoux. Ils ont continué à me frapper pendant cinq patés de maisons jusqu’à ce qu’on atteigne la voiture de patrouille.

Les militants ont demandé à ce que leurs noms ne soient pas publiés, par peur de représailles de la police ou de l’Aube Dorée.

Un second groupe de manifestants a également dit avoir été torturé à la GADA. Nous avons tous dû passer devant un officier qui nous a fait nous déshabiller dans le couloir, nous pencher et écarter notre derrière devant tout ceux qui étaient là a confié l’un d’eux au Guardian. Il faisait ce qu’il voulait avec nous — nous giffler, nous frapper, nous dire de ne pas le regarder, de ne pas s’asseoir les jambes croisées. Les autres officiers qui passaient par là ne faisaient strictement rien.

Tout ce qu’on pouvait faire c’était se regarder du coin des yeux pour se donner du courage les uns aux autres. Il nous a laissé là pendant plus de deux heures. Il répondait à son telephone et disait « Je suis au travail et je les baise, je les baise comme il faut ». En fin de compte seulement quatre d’entre nous ont été inculpés pour avoir résisté à notre arrestation. C’était un jour hors du temps, en plein dans la dictature des colonels.

En réponse à ces allégations, Christos Manouras, porte-parole de la police hellénique, a déclaré : Il n’y a pas eu recours à la force dans GADA. La police grecque enquête en profondeur sur chacun des rapports qui porte sur une utilisation présumée de la violence par la police ; et si l’accusation est fondée, la police prend des mesures disciplinaires correspondantes contre les officiers responsables. Il ne fait aucun doute que la police grecque a toujours respecté les droits de l’homme (…)

La manifestation de dimanche avait eu lieu suite à la vandalisation d’un Centre Communautaire Tanzanien par un groupe de 80 à 100 personnes dans un quartier du centre d’Athènes près d’Aghios Panteleimon, bastion de l’Aube Dorée où de nombreuses attaques contre des migrants ont été recensées.

Selon les manifestants, environ 150 personnes rodaient dans tout le quartier sur des motos en distribuant des tracts. La bagarre a éclaté lorsqu’ont été aperçus deux ou trois hommes munis du T-shirt de l’Aube Dorée à la tête de la parade. C’est alors qu’un nombre important de policiers a immédiatement fondu sur eux, venant des rues environnantes. Manouras : Au cours de la manifestation, il y a eu des affrontements entre les manifestants et les riverains. La police est intervenue pour empêcher que ça ne dégénére et pour rétablir l’ordre public. Il peut y avoir eu quelques blessures mineures lors des affrontements entre les riverains, les militants, et la police.

Selon Marina Daliani, l’avocate de l’un des 15 détenus, ceux-ci se font fait inculper pour trouble à l’ordre public le visage couvert (ils portaient des casques de moto) et pour infliction de lésions corporelles graves contre deux personnes. Mais, dit-elle, aucune preuve d’un tel préjudice n’a encore été soumise. Les militants ont été relachés sous caution (3.000 € chacun).

Charis Ladis, l’avocat d’un autre manifestant, assure que les mauvais traitements infligés aux Grecs en garde à vue était quelque chose de rare jusqu’à cette année : Cette affaire montre qu’une page a été tournée. Jusqu’à présent, il existait une idée commune selon laquelle quelqu’un qui était arrêté, même violemment, serait en sécurité en garde à vue. Mais ces jeunes hommes ont tous dit qu’ils ont vécu un cauchemar.

Pour Dimitris Katsaris, l’avocat de quatre des manifestants, ses clients ont été humiliés d’une manière qui ressemble à celle utilisée à Abou Ghraïb, ce centre de détention où les Irakiens étaient torturés par des soldats américains pendant la guerre en Irak. Ce n’est pas juste une affaire de brutalité policière du genre de celles dont on entend parler de temps en temps en Europe. C’est ce qui arrive tous les jours. Nous avons des images, nous avons la preuve que c’est cela qui arrive aux gens qui se font arrêter en militant contre la montée du parti néo-nazi en Grèce. C’est le nouveau visage de la police, qui va de pair avec le système judiciaire.

L’un des manifestants arrêtés, un homme calme d’une trentaine d’années : Les journalistes ici ne parlent pas ce genre de choses. Vous devez leur dire ce qui arrive, dans ce pays qui a déjà trop souffert du nazisme. Personne n’y paiera attention sauf si vous en parlez à l’étranger.

Traduit de l’anglais par Mehdi Zaaf – blog Mediapart, 9 octobre 2012

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Quelles propositions syndicalistes libertaires pour lutter contre les licenciements ?

Le licenciement, l’arme des patrons

Pour augmenter leurs profits, les capitalistes licencient. À PSA, Sanofi Rhodia, mais aussi  dans bien d’autres boites moins connues, donneurs d’ordre ou sous traitante. En France comme dans le reste du monde.

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L’objectif de ces licenciements : tirer les salaires vers le bas en augmentant la peur du chômage, et nous faire payer les pots cassés de la crise. Ils mettent la pression sur ceux qui travaillent pour gagner plus en faisant produire plus, à moins de travailleurs et travailleuses (les « gains de productivité ») pour débourser moins de salaires.

Avec pour résultats des plans de licenciements appelé hypocritement Plan de Sauvegarde de l’Emploi et la misère programmée pour des millions de personnes. La crise actuelle a pour conséquence prévisible des dizaines de milliers de licenciements. Face à cet enjeu crucial, il nous faut réfléchir aux stratégies les plus à même de permettre aux travailleurs et travailleuses de se défendre collectivement, tout en ouvrant des perspectives de transformation de la société qui permettent d’en finir avec ce système générateur de misère.

Quelle stratégie ?

Brandir comme revendication « l’interdiction des licenciements » ? Cette revendication est de nature démagogique parce qu’elle tente de faire croire aux salariés que l’État peut les protéger contre les coups tordus des patrons et des actionnaires.

Mais l’État est le bras armé des patrons : il envoie les CRS contre les grévistes, liquide toutes les manifestations de solidarité sociale, criminalise l’entraide, prend aux pauvres pour donner aux riches. Les 300 milliards d’euros donnés aux banques à la faveur de la crise et les exonérations de cotisations patronales démontrent une nouvelle fois, s’il est besoin, qu’il ne faut rien attendre d’autre de l’État, que son soutien aux patrons. Une telle revendication condamne à l’attentisme, en brandissant l’illusion du « bras protecteur de l’État » qui serait un barrage à la politique patronale. Bien au contraire, nous pensons que les travailleuses et les travailleurs ont tout intérêt à agir directement pour lutter contre les licenciements.

Qu’entendons-nous par « agir directement » ?

Les entreprises fonctionnent grâce aux travailleuses et aux travailleurs. C’est pour cela que nous affirmons que l’outil de travail leur appartient, quel que soit les titres de propriétés brandis, et cautionnés par l’État.

Dans le cadre d’un plan de licenciement, l’enjeu pour les personnes licenciées, c’est d’échapper à la misère. Pour cela, nous pensons que le premier élément est la construction d’un rapport de force. Occuper l’usine, attaquer les intérêts économiques de la boite donneuse d’ordre ou ceux des entreprises clientes (par exemple par le boycott, l’occupation de filiales, le blocage de l’acheminement des produits de la boite en question…), pour se réapproprier l’outil de travail et disposer d’un moyen de pression. C’est cette utilisation de l’action directe offensive contre le capital qu’il faut promouvoir.

La solution historique du mouvement ouvrier, c’est l’expropriation des patrons et le redémarrage de la production dans le cadre de l’autogestion, c’est à dire par les travailleuses et les travailleurs eux-mêmes, pour eux mêmes. C’est cette solution que nous devons remettre au goût du jour.

Une telle solution a par exemple été mise en œuvre dans des centaines d’entreprises en Argentine lors de la crise de 2001. Les patrons s’étant enfuis avec la caisse, les ouvriers n’ont pas attendu un hypothétique et illusoire secours de l’État. Ils se sont organisés collectivement, sans hiérarchie, pour redémarrer l’activité sous forme coopérative, en reprenant leur outil de travail. On trouve d’autres initiatives autogestionnaires du même genre aujourd’hui ou au cours de l’histoire, comme par exemple récemment les « Strike bike » en Allemagne. En France, l’exemple de LIP nous donne également quelques pistes. Si l’expropriation n’est pas possible, dans le cas d’un plan social partiel, faute de rapport de force, il est intéressant de proposer la mise en commun des indemnités de licenciement pour lancer une coopérative ouvrière, sur la base du principe « à travail égal/salaire égal », et de l’égalité totale entre coopérateurs (en terme de décisions, de gestion de la structure).

Difficultés et pistes de réponses

Dans ce type de luttes, plusieurs difficultés émergent. D’abord une telle perspective ne va pas sans l’instauration d’un rapport de force. L’État ne tardera pas à jouer l’auxiliaire et le garant des intérêts du patronat en envoyant la « force publique » pour tenter d’évacuer les salariés en lutte de l’entreprise.

Tous les prétextes seront invoqués : entrave à la « liberté du travail » (sic), dégradations, effraction, non respect de la propriété privée, « trouble à l’ordre public », etc… Le patronat peut aussi faire intervenir des milices, sous formes de boîtes de sécurité privées, voir d’hommes de main. Il est alors indispensable d’organiser la solidarité à l’extérieur de la boîte : en allant voir les autres entreprises aux alentours, en sollicitant les organisations interprofessionnelles des syndicats (UL…), et, si elles font défaut, en allant rencontrer directement la population, les autres travailleuses et travailleurs, sur les quartiers…

Ensuite, si la forme « coopérative » existe légalement (la loi du 19 juillet 1978, articles 48 à 52, permet la reprise en coopérative d’une entreprise qui dépose le bilan), la loi sur les SCOOP a permis un détournement de l’esprit originel des coopératives. Il faut donc être attentif à la forme choisie, afin d’éviter au maximum de permettre un retour à des logiques capitalistes au sein de la structure coopérative.

Les coopératives peuvent fonctionner de manière très proche des entreprises capitalistes : certaines de celles qui existent reproduisent les inégalités de salaire, le maintien d’une distinction dirigeants/dirigés, d’un encadrement, la dépendance envers un actionnaire (jusqu’à 50% du capital). Il est important d’affirmer la revendication de l’égalité des salaires, mais aussi celle d’une gestion collective de la coopérative, ainsi que le contrôle de la totalité du « capital » par les salariés.

Le second problème, c’est la pression capitaliste du marché, la logique de la concurrence qui a tendance soit à mettre en difficulté la survie du projet, soit de faire évoluer celui-ci vers les normes capitalistes de rentabilité. C’est en cela que nous ne pouvons considérer la constitution de SCOOP comme autre chose qu’une solution temporaire, un outil de résistance, et que nous devons réaffirmer la nécessité d’un changement révolutionnaire, seul à même de permettre de surmonter cette pression. La forme coopérative telle qu’elle existe légalement est un outil de résistance, mais à terme il n’y a pas de perspective réelle de lutte contre les licenciements sans perspective de transformation révolutionnaire de la société. Il est dès lors impératif que les coopératives ainsi créées soit des appuis aux luttes sociales, puissent faire jouer l’entraide comme contre-société ouvrière.

On peut insister sur la mise en réseau nécessaire des coopératives, sur l’entraide, afin de rompre l’isolement, mais cela ne suffit pas. L’exemple de l’Argentine nous le montre, où la pression capitaliste du marché a contraint de nombreuses coopératives à la fermeture, où l’État n’a eu de cesse, une fois la vague de révolte affaiblie, de vouloir récupérer les outils de production coopératifs, où les milices patronales ont pu intervenir pour briser la résistance ouvrière, où, plus grave, certaines coopératives ont remis en vigueur les normes de production et d’organisation du travail (inégalités de salaires, distinction dirigeants/dirigés) pour « s’adapter » à la pression capitaliste du marché.

Le seul moyen de rompre avec cette capacité qu’ont le capitalisme et l’État à intégrer les structures qui lui sont antagonistes, c’est le développement incessant des luttes, c’est la fédération des structures de résistances coopératives, avec la pratique de la mutualisation directe de la production chaque fois que c’est possible.

Des syndicalistes libertaires lyonnais
Pour nous contacter

VENEZ DÉBATTRE AVEC NOUS DES RÉPONSES SYNDICALES À LA CRISE
CE SAMEDI 13 OCTOBRE à 15 heures
LIBRAIRIE LA PLUME NOIRE 8 rue DIDEROT LYON 1er

Ce tract sera diffusé lors de la grève interpro du 9 octobre, manifestation 11 heures Jean Macé

Tribune syndicaliste libertaire

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Poésie du bitume sans thune en mode RSA ghetto prolétariat »

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Partie posée en forme de poésie

POÉSIE HLM

« Je noircis le tableau volontairement pour qu’à la fin on le trouve plus beau »

Romance du ghetto vire au drame condamné à mort sur le macadam, t’as beau aimer une belle d’un amour éternel lui être fidèle, à l’ombre de ton HLM tu serres les dents de peur qu’elle ne succombe à un Roméo du ghetto un prince charmant qui pèse en kilos roulant en Ferrari cours vite cacher ta Clio, tes valeurs dans la rue font marrer et sont prises avec mépris.

On ne vit pas d’amour et d’eau fraîche donc si t’as pas de fraîche oublie l’amour en bas des tours, Juliette a pris du galon t’as beau lui jouer du violon lui promettre la Lune elle veut le soleil de l’oseille une lune de miel.

Hé oui être un mec bien sans argent c’est comme un Porsche sans volant l’univers sans le temps, désillusion où est passée la Juliette de photo de classe avec ses couettes ? Les temps ont changé elle a investi dans un brushing made in China LOL Roméo n’est pas mieux car il a brisé des rêves voilà pourquoi Juliette se laisse plus faire a opté pour un cœur de pierre.

« Poésie du bitume sans thune en mode RSA ghetto prolétariat »

OUBLIE LE PORSCHE CAYENNE JE VEUX CHANGER TA VIE MAIS C’EST LA MERDE DANS [LA] MIENNE.

Si tu comptes frapper à son cœur avec pudeur même si c’est maladroit avec des faux pas tu tomberas et trouveras celle qu’il te faut une Juliette du ghetto qui apprendra à t’aimer avec tes défauts, emmène-la loin embellis-la fais d’elle ta reine et tu seras son roi.

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[Bonnes feuilles] Le Val-Fourré nique le système (1)

À paraître incessamment aux Éditions Antisociales :

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INCONTRÔLABLES
de Bruno Deiana

« Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il est un citéen pugnace, un coriace, et populo au sens propre – noble – du terme. Excusez du peu ! Citéen populo ! Ça claque ! Nullement une insulte, bien au contraire, puisqu’il le revendique – oui il est du peuple, populus ! Comme avant lui ses ancêtres, d’ici ou là-bas – latins et parisiens de Seine-et-Oise… Son père, sa mère, quelle belle paire ! Nous y reviendrons… Donc son vieux, sa vieille, des ouvriers, des bas salaires. Le bâtiment ! Quand il va, tout va bien… Baratin ! Son daron, plus ou moins maçon, dans la construction. Sa daronne, balais et torchons, dans le nettoyage. Et si ça c’est de la réussite qu’on m’explique pourquoi citéen en est arrivé là… Enfin ! Avant de trouver leur voie bâtimenteuse, ses vieux, exercèrent tout un tas de sales boulots, genre : les usines, les rails, et les champs, et aussi des cantines, des hospices… Et la liste n’est pas exhaustive… Lui aussi le fut, prolo ! En tout et pour tout soixante-douze mois, et des poussières… Durant lesquels il trima dur sous les ordres de divers patrons pour diverses tâches, cependant ceci remonte à loin, très loin, et n’en fera pas plus, l’a juré ! Six piges de trop ! » (p. 13)

« Il a la rage, la haine, d’avoir eu à reluquer en permanence tous les loyaux prolos, qui pareils à des veaux d’abattoirs ont cru à la belle histoire – berceuse – de l’ascension sociale par le travail, puis qui se voyant blousés ont capitulé devant le mensonge, en se taisant fortement… Un putain de silence éloquent qui en disait long sur leur soumission. Des cons ! Des lâches ! Et pour finir, ces bougres, ces pauvres, ont passé le fardeau – comme si de rien n’était – à leurs rejetons, qui aujourd’hui – fiers – grattent, triment, de façon précaire chez des héritiers ou pour les nouveaux boss, ces gros et gras du grand patronat, tels que : BTP, l’Automobile, les routes et les autoroutes… Toujours plus vite, plus loin, plus cher. Faut que ça roule ! Et ça roule… À moins qu’ils s’échinent dans les services… Oui madame ! Tout de suite ! Bien monsieur ! D’accord ! Du service à la personne ? Des gens de maison ! Des gens de peine ! Alors que dans le langage citéen ça donne ça : “Des loufiats ! Des ramasse-merde !” » (p. 15)

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[Grenoble] Les demandeurs d’asile déménagent dans une résidence universitaire

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Nous vivons au 20 avenue Edmond Esmonin !

Bonjour,

Arrivés en France pour certains il y a plusieurs années et pour d’autres il y a quelques mois, nous en avons assez de l’injustice et de la tyrannie dans nos pays d’origine (Soudan, Érythrée, Tchad, Nigéria, Guinée…), aussi sommes-nous venus demander l’asile politique, pour vivre dignement comme doit pouvoir le faire tout être humain.

Après des mois à vivre dans la rue dans des conditions inacceptables, alors que l’État a l’obligation réglementaire de loger les demandeurs d’asile, le squat du 22 rue des Alpes, ouvert en février à Fontaine, était donc un espoir. Ce dernier a été anéanti par les deux décisions de justice qui autorisent son expulsion à partir du 24 septembre. Plusieurs jours avant cette échéance, nous et des personnes qui nous soutiennent avons donc commencé à occuper un nouveau bâtiment au 24 rue Ampère, à Grenoble. Mais mardi 25 septembre, la mairie de Grenoble a demandé illégalement l’expulsion immédiate de ce nouveau squat. De nouveau à la rue, sans aucune proposition alternative de la Préfecture ni soutien de deux villes de Fontaine et de Grenoble, nous n’avons pas d’autre choix que de trouver nous-mêmes une solution, même temporaire. C’est pour cela que nous venons habiter le Canadien qui est un bâtiment inoccupé de la résidence universitaire au Village Olympique, à Grenoble.

Nous exigeons la reconnaissance de nos droits élémentaires : notre revendication prioritaire reste la reconnaissance de notre statut de réfugié politique, mais nous avons le droit, comme chacun-e, à un logement, et de pouvoir ainsi participer activement à la vie de la société.

Nous ne cherchons ni la pitié ni la charité mais la solidarité, car c’est le devoir de chacun et de chacune de nous permettre de vivre dignement.

N’hésitez pas à venir nous rencontrer et discuter. Nous vous inviterons bientôt pour boire un thé et échanger davantage.

Vous vous sentez concerné-e-s ? Vous voulez encore agir ?
N’hésitez pas à vous mobiliser face à cette politique injuste.


Par solidarité,

Nous sommes des militants et militantes de l’agglomération grenobloise qui avons décidé de réagir face à cette situation, en occupant un nouveau bâtiment le dimanche 30 septembre, vide comme des milliers de logements alors que des centaines de personnes vivent et dorment dans la rue. Cette occupation a été rendue nécessaire par l’urgence et a le soutien de Cap Berriat, du Centre d’Informations Inter-Peuples, du Comité Isérois de Soutien aux Sans Papiers, du Collectif de Soutien aux Réfugiés Algériens et de la Patate Chaude.

Le réseau du 22 rue des Alpes (contact), 4 octobre 2012 22:35

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[Afrique du Sud] De l’esclavage à la grève sauvage (6)

Afrique du Sud : deux morts dans des affrontements entre la police et les mineurs grévistes

JOHANNESBURG (Sipa) — De nouvelles violences survenues dans le conflit minier en Afrique du Sud ont fait au moins deux morts jeudi. Des grévistes ont tué un homme par le feu tandis qu’un autre homme, apparemment atteint par des tirs à balles de caoutchouc de la police, a succombé à ses blessures.

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Rassemblement de mineurs en grève à Rustenburg, le 12 septembre 2012

La violence va croissant près de la mine d’Anglo American Platinum (Amplats) depuis que le groupe a licencié 12.000 grévistes vendredi dernier. Plus de 40 personnes sont mortes depuis le début du mouvement des mineurs dans le pays en août.

L’un des meneurs de la grève à Amplats, Gaddafi Mdoda, a déclaré qu’un homme était mort à l’hôpital, probablement touché par deux balles de caoutchouc de la police, qui a aussi utilisé des gaz lacrymogènes pour disperser les grévistes. Un autre homme incendié par des grévistes a succombé, selon le porte-parole de la police du Nord-Ouest, le brigadier Thulani Ngubane. « La situation reste tendue », a-t-il souligné.

Le capitaine Dennis Adriao a fait état de 40 arrestations dans des violences au camp improvisé de Nkaneng, près de Rustenburg.

Il semble que la police ait tenté d’empêcher les mineurs de stopper le fonctionnement de la mine Bathopele d’Amplats, selon la South African Press Association, qui a ajouté que deux taxis avaient été incendiés.

Le mouvement des mineurs pour des augmentations de salaire et de meilleures conditions de travail a commencé en août à la mine de platine de Marikana et a été marqué par les accrochages les plus violents avec la police depuis la fin de l’apartheid en 1994. Trente-quatre mineurs ont été tués et de nombreux autres blessés. Lonmin a relevé les salaires mais le mouvement a fait des émules dans d’autres mines de platine, d’or ou de fer ainsi que chez les camionneurs.

Presse esclavagiste (tempsreel.nouvelobs.com, 11 octobre 2012)


Afrique du Sud : les mineurs grévistes refusent les propositions du patronat

Les grévistes des mines d’or sud-africaines ont refusé la proposition d’accord qui leur était présentée par la Chambre des mines pour mettre un terme au conflit salarial qui affecte le secteur depuis plusieurs semaines, a indiqué un responsable du syndicat majoritaire NUM. « Nous avons proposé l’offre aux mineurs en grève, et ils ont dit ‘non' », a indiqué à l’AFP Kenneth Buda, le coordinateur du NUM, ajoutant que patronat et syndicats se rencontreront à nouveau lundi ou mardi.

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Un mineur en grève à Marikana, le 18 septembre

« Nous essayons toujours de leur parler, et nous allons aussi retourner vers les employeurs, qui pourront peut-être rajouter quelque chose », a-t-il ajouté, notant que les grévistes restaient sur les mêmes revendications salariales de 12’500 rands mensuels (1100 euros).

PAS DE MODIFICATION DE LA CONVENTION SALARIALE

Pour régler la crise des mines sud-africaines partiellement paralysées depuis le mois d’août par des grèves, le patronat des mines a mis mercredi sur la table des hausses de salaire pour les employés des mines d’or, sous forme de promotions et d’allocations.

La Chambre des mines, qui centralise la négociation salariale dans les mines d’or, a « revu les conditions pour les salaires de base et les autres catégories », sans pour autant modifier la convention salariale en vigueur. La chambre « reconnaît des anomalies qui méritent d’être traitées et a fait des propositions en ce sens », a t-elle ajouté dans un communiqué.

Elize Strydom, la négociatrice de la Chambre des mines, a confirmé que patronat et syndicat allaient à nouveau se rencontrer au début de la semaine prochaine. Le patronat espère pouvoir entre-temps, avec l’aide du NUM, convaincre les grévistes de changer d’avis.

« Toutes les parties, y compris la direction, doivent aller voir […] les employés pour bien faire passer la proposition de la Chambre », a-t-elle expliqué. Il s’agit selon elle de convaincre les grévistes d’accepter « exactement la même proposition mise sur la table mardi ».

DEUX MORTS EN MARGE DE LA GRÈVE À AMPLATS

Par ailleurs, un homme est mort brûlé vif et un autre a été tué par balle jeudi matin près d’une mine de platine d’Anglo American Platinum (Amplats) des environs de Rustenburg, dans le nord du pays, affectée par une grève depuis le 12 septembre, a indiqué la police.

« Vers 6 heures ce matin [jeudi], la police a été informée qu’environ 400 personnes s’étaient rassemblées au bidonville de Nkaneng, près d’une mine Anglo American Platinum. Lorsque les policiers sont arrivés sur place, ils ont constaté qu’un homme avait été touché par balle », a raconté le capitaine Dennis Adriao, le porte-parole de la police. Cet homme est mort dans l’après-midi à l’hôpital, a-t-il précisé. « La police a trouvé quelques mètres plus loin qu’un homme avait été brûlé. Il était encore vivant, mais il est mort sur place », a poursuivi le policier.

« Nous avons arrêté 40 personnes pour violence publique », a conclu le porte-parole de la police, ajoutant qu’il était « trop tôt » pour dire qui sont les victimes. Un autre groupe a été dispersé aux abords d’une autre mine, a-t-il aussi noté. Amplats a annoncé vendredi le licenciement de 12’000 mineurs – plus de 40 % de ses effectifs – à Rustenburg, où ses opérations sont quasi paralysées par une grève sauvage depuis le 12 septembre.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 11 octobre 2012)


Afrique du Sud : la banque centrale inquiète de la fuite des capitaux

La crise sociale que traverse l’Afrique du Sud, agitée notamment par une vague de grèves sauvages dans les mines, a déjà commencé à mettre en danger l’économie du pays, a mis en garde la gouverneure de la banque centrale, qui s’inquiète notamment d’une fuite des capitaux.

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La gouverneure de la banque centrale sud-africaine, Gill Marcus, le 11 février 2012 à Pretoria

Alors que de fortes sommes étaient investies dans le pays jusqu’à ces derniers mois, les investisseurs ont perdu confiance avec les grèves, qui ont souvent été violentes.

Plus de 10 milliards de rands (900 millions d’euros) ont quitté le pays récemment, dont 5,6 milliards sur la seule journée de lundi, a relevé la gouverneure Gill Marcus devant les étudiants de l’université Rhodes à Grahamstown (sud), selon le journal local, le Daily Dispatch, de jeudi.

« Les perspectives (de l’économie) se détériorent rapidement en ce moment », a regretté Mme Marcus, qui s’exprimait mercredi.

Le rand, la monnaie locale, a atteint lundi son plus bas niveau en plus de trois ans face au dollar.

« Si nous voulons créer une démocratie stable, nous devons adopter des comportements qui créent la confiance dans nos institutions politiques, sociales et économiques et entre groupes sociaux », a dit Mme Marcus.

« Une telle confiance (…) doit être gagnée par des actions et des comportements appropriés », a-t-elle ajouté.

L’Afrique du Sud est touchée depuis deux mois par une vague de grèves sauvages qui a démarré de façon sanglante à la mine de platine de Marikana près de Rustenburg (nord), avant de s’étendre à tout ce bassin minier, puis à des mines d’or et dans un moindre mesure, de chrome et de charbon.

L’agitation sociale dans les mines se double d’un conflit, plus traditionnel mais tout aussi violent, qui affecte les transports routiers sud-africains depuis plus de deux semaines.

La « situation volatile » créée par les grèves violentes alimente un « cercle vicieux » de dépréciation de la monnaie, ralentissement de la croissance et, probablement, augmentation du chômage, a encore noté Gill Marcus, rappelant que l’Afrique du Sud, où le chômage touche officiellement un quart de la population active, avait perdu un million d’emplois pendant la récession de 2009.

Le Fonds monétaire international prévoit une croissance de 2,6% en Afrique du Sud cette année, et 3,0% l’an prochain, des taux jugés insuffisants pour créer les millions d’emplois dont le pays a besoin.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 11 octobre 2012)


Afrique du Sud : nouveaux licenciements de mineurs

Près de 3.600 mineurs se sont fait licencier mardi en Afrique du Sud, conséquence des mouvements sociaux affectant depuis le mois d’août le secteur minier du pays.

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Atlatsa Ressources Corporation, en partie détenue par le numéro un mondial du platine, Anglo American Platinum, a mis 2.160 grévistes de la mine de Bokoni à la porte. Ils ont jusqu’au 10 octobre au soir pour interjeter appel, a précisé la société.

Grèves illégales

Plus tôt dans la journée, Gold One International avait annoncé le renvoi de 1.400 travailleurs de la mine d’Ezulwini au sud-ouest de Johannesburg.

Notons que la justice Sud-Africaine a jugé que ces deux grèves étaient illégales. Vendredi dernier, la compagnie Anglo American Platinium s’est débarrassée de 12.000 employés.

46 personnes avaient été tuées

Les débrayages ont fait suite à une grève violente cet été dans la mine de Lonmin dans le township de Marikana. Des affrontements qui ont coûté la vie à 46 personnes, aboutissant éventuellement à des augmentations de salaire de plus de 20 %. Du coup, les employés des autres mines exigent des primes similaires.

Les sociétés minières, qui perdent des dizaines de millions de dollars, ont appelé les mineurs à négocier à travers leurs syndicats, plutôt que de débrayer sans préavis. Le syndicat national des mineurs d’Afrique du Sud a averti les sociétés de ne pas renvoyer leurs employés, faisant valoir que cela ne fait qu’exacerber les tensions.

Presse esclavagiste (VOA, 10 octobre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Notre-Dame-des-Landes] Appel urgent à occupation de la ZAD

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Appel urgent à occupation de la Zone à Défendre (ZAD)
contre le projet d’aéroport de Notre Dame des Landes et son monde

Au nord de Nantes, depuis plus de 40 ans, un projet d’aéroport doit aboutir a la destruction de 2000 hectares de terres agricoles et de bocage. Il a été relancé en 2001 par Lionel Joséphine et fermement soutenu depuis par le Parti Socialiste et notamment J.-M. Ayrault, ancien député maire de Nantes et actuel premier ministre. Projet pharaonique hautement nuisible, c’est le symbole d’un système productiviste destructeur qui ne vise que la recherche du profit financier au nom du sacro-saint progrès. C’est aussi le fruit d’une collaboration étroite entre politiciens avides de « développement » urbain et une grande multinationale, Vinci, spécialiste des projets de bétonnisation du monde (prisons, parkings, autoroutes et centrales nucléaires).

En 2008 un collectif local d’habitant-e-s lançaient un appel à occuper les terres accaparées par ce projet, cette Zone d’Aménagement Différée. Après un Camp Action Climat en 2009 le mouvement d’occupation s’est amplifié sur ce qui est devenu la Zone À Défendre (ZAD). Aujourd’hui plus d’une trentaine de lieux sont occupés par 150 habitants : des maisons vides (et Vinci continue à en vider), des cabanes construites dans les champs ou dans les arbres, des caravanes un peu partout. Une solidarité est née entre les habitants qui résistent et les nouveaux occupants. La ZAD est devenu un laboratoire d’expériences alternatives, un lieu où confronter au jour le jour théorie et pratique, où construire de nouvelles solidarités, où apprendre à être chaque jour un peu plus autonome face au système marchand : des potagers collectifs ont fleuri, une boulangerie, une chèvrerie, un théâtre, deux bibliobus, des maraîchers, des zones de gratuités … les savoirs se partagent tous les jours, de la boulangerie à la mécanique, de la construction au maraîchage en passant par les échanges artistiques, dans une nature préservée.

Aujourd’hui le Parti Socialiste au pouvoir n’est pas prêt à renoncer à cet aéroport. Il continue d’afficher son soutien total au projet et ses alliés écologistes feignent toujours de défendre les terres menacées. Habilement, ces bonimenteurs ont utilisé la presse pour faire croire qu’un moratoire était mis en place et que le risque de voir le projet aboutir reculait.

Il n’en est rien ! Après pseudo enquêtes publiques, études de terrain (forages, géomètres), les expulsions ont commencé, les expropriations suivent leur chemin, les habitant-es sont poussé-es en dehors de la zone et les échéances de début des travaux se rapprochent à grand pas.

Le 16 octobre c’est une dizaine de lieux qui vont êtres envahis, saccagés, par les forces de police. Et ce n’est qu’un début. Laisser faire c’est rendre possible l’arrivée des pelleteuses sur la zone, c’est abdiquer devant Vinci.

Nous vous appelons à nous rejoindre parce qu’il ne s’agit pas seulement de contrer un projet urbanistique mais un modèle de société dont nous ne voulons pas. Cette lutte s’inscrit dans un combat plus large contre un système qui se fout des humain-es et de la planète, dans un mouvement planétaire contre tous les systèmes productivistes, de domination et de contrôle social, contre la machine infernale qui nous rend esclave de la technologie pour aller toujours plus vite et plus loin dans la dépossession de nos vies.

Il est urgent d’être plus nombreux sur le terrain pour s’opposer physiquement aux travaux préliminaires, pour donner de la force à celles et ceux qui ont fait le choix de rester et de résister. L’occupation n’est pas une fin en soi, c’est un moyen d’être présent-es sur cette terre en lutte, d’être actifs ensemble contre le projet. Il est encore temps de partager tout cela.

Deux maisons, Les Planchettes et la Gaîté peuvent vous accueillir le temps de votre arrivée.

Nous sommes ici, nos vies nous appartiennent, nous refusons de perdre.

Des habitants/occupants de la ZAD, 11 octobre 2012

Comment faire pour venir

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[Procès Thanks For The Future] Nous manquons cruellement d’espaces de liberté…

THANKS FOR THE FUTURE
Nous manquons cruellement d’espaces de liberté…

Il faut bien souvent partir de l’Ordre, pour rendre perceptible la rupture qui en découle… Toute forme de vie est par nécessité astreinte aux cadres que lui impose la société. Désormais nous le savons que trop bien, et c’est pourquoi nous nous retrouvons assignées en procès le 18 octobre, au tribunal d’instance de Tours, pour défendre notre lieu de vie et d’activités.

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Ouvrir un lieu collectif, une maison, un squat, est pour nous un moyen d’agréger et de mettre en action les différentes volontés et désirs qui souhaitent s’extraire d’un corps social devenu inhabitable. Libérer de l’espace, c’est reprendre en main ce qui a été séparé et laissé à l’abandon dans la sphère de la propriété. C’est une recherche également de communs qui au delà de la simple réunion et du constat de quotidiens réprimés et blasés, permet de repenser et de recréer de nouveaux rapports.

Face à la crise organisée du logement, ou à la pénurie de toute forme d’entraide et de solidarité, nous manquons cruellement d’espaces de liberté, d’îlots collectifs. La légitimité à vivre et à faire vivre un lieu, un squat, est pour nous l’expression de ces possibilités concrètes. L’illégalité et les expulsions auxquelles nous devons faire face, ne sont que les sinistres réactions d’un ordre qui ne tolère aucune remise en question, aucun échappatoire.

D’un côté, créer du commun ne peut se faire sans perturbations de l’espace et des dispositifs qui le contrôlent. De l’autre la misère est une contrainte à laquelle nous refusons de nous faire intégrer… Expulser pour contenir… Réprimer pour gagner du temps… Que ce soit à Toulouse avec le CREA, en Espagne, en Italie, ou en Allemagne, cette logique absurde est partout la même et elle se répétera, jusqu’à ce qu’on parvienne à l’enrayer.

Heureusement pour nous, toute joie finit par avoir ses débordements. Si le processus est lent, notre passion n’en est pas moins négociable. Nous avons besoin de lieux et de temps pour expérimenter, pour pouvoir prendre la parole librement, échanger et confronter nos désirs. Nous expulser, ne ferait que renforcer notre détermination à ce qu’existent de tels lieux.

Nous organisons un « Week End de lutte contre leurs Méga-projets », le 20 et 21 octobre à Tours, au 244 rue Auguste Chevalier, avec des ateliers, des débats et projections. Nous appelons également à un rassemblement de soutien à 9h30, Jeudi 18 octobre au tribunal d’instance (35 rue Édouard Vaillant à Tours).

Thanks for the future, 11 octobre 2012

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[Montpellier] Nouvelles des squats : ouvertures, expulsions et procès

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(…) On vous attend d’ailleurs nombreu.x.ses pour protester contre toutes les expulsions ce week end (…)


Nouvelles des squats : ouvertures, expulsions et procès

Ah, joli mois de mai ! Le Soleil pointe le bout de son nez, les fleurs éclosent et les maisons s’ouvrent ! En bordure de la ville, à cent ou deux cent mètres de l’autoroute, se dresse au milieu d’un gigantesque terrain une maison non moins immense appartenant à France Domaine. Anciennement en possession de la protection judiciaire de la jeunesse, on a du mal à se dire qu’un lieu pareil n’était pas autre chose qu’un lieu de mort et qu’y injecter un peu de vivant ne ferait de mal à personne… Sur les murs, derrière les portes, il restait quelques posters, quelques traces, quelques témoignages de ces enfants qu’on enfermait. Des images de footballeurs, de voitures de sport, de groupes de rap, des mots de haine et de désespoir gravés sur le bois d’une armoire… Sans eau, sans électricité, place à l’autonomie et à l’alternative ! En quelques jours sont mis en place les rudiments qui permettent une installation sereine et on ne tarde pas à se faire connaître des voisins, dont la CEMEA, un centre de formation pour éducateurs. Les gens vont et viennent donc à la Rauze, fraîchement nommée, se posent au beau milieu de la pelouse, prennent le Soleil, les visages se découvrent, les mots s’échangent sur la terrasse illuminée ; en juillet est organisé un week-end anti-répression, avec trois jours de concerts et discussions et des amis brésiliens venus partager leurs expériences. Le temps passe, le contact s’établit avec le proprio, qui nous assure que la maison n’étant pas encore en vente, notre occupation ne pose pas de problèmes. Joli mensonge… Un beau matin, nous découvrons dans la boîte aux lettres une convocation au tribunal pour trois jours … avant ! Autant dire que la décision du tribunal laissait peu de doute et qu’il fallut bientôt s’organiser pour respecter le mot d’ordre « Une expulsion, deux occupations ! ».

C’est donc avec cette nécessité de reloger une vingtaine de personnes qu’une maison située en plein cœur de Montpellier, sur l’avenue d’Assas, reçut notre visite. Une grande baraque piteusement vide, un petit jardin, une voisine chiante… Qui fut prompte à appeler la police, laquelle essaya une première fois de déloger les occupants, sans succès. Le lendemain, le proprio (ou son fils, ou son petit-fils, on n’en sait trop rien) se pointe, énervé, menaçant : « Je vais venir avec mes potes, vous allez dégager d’ici ! ». Leçon de morale : « Moi aussi j’ai galéré, faites comme moi, bossez douze heures par jour et trouvez les moyens de vous en sortir ! ». Inversion des rôles : « Et si je squattais chez ta mère ?! ». Bref, rien de neuf à l’horizon, toujours le même refrain ennuyant et acerbe. Multiples coups de pression de la police qui viennent tourner, prennent des notes, s’en vont, reviennent… Puis vers trois heures et demi, le proprio qui rentre dans le jardin en escaladant le mur se dirige vers la barricade et commence à la défoncer. Légèrement surpris.e.s et sans aucune idée de ce qui se trame, nous décidons de nous retrancher dans le hall de la maison. Les dix secondes qui s’écoulèrent alors suffirent à ce que la nationale et la BAC déboulent de tous côtés en hurlant et en courant… Arrestation massive, direction le commissariat. Prise d’identité, menaces de procès, de gardes à vue, demandes d’empreinte (refusées bien sûr…) etc. Pour qu’au final on soit tousses relâché.e.s au bout d’une heure, histoire de retrouver les cop.ain.ine.s dehors et d’aller boire un coup !

Le temps n’était pas vraiment au beau fixe entre ce squat expulsé et la Rauze qui devait l’être le lendemain. C’est avec une certaine appréhension qu’on s’est rendu.e.s au tribunal d’instance pour connaître la décision du juge et là, surprise ! Deux mois de délai accordés ! Incompréhension totale, pourtant, tout était là : voie de fait, dégradations, organisation terroriste, viols d’enfants, gna gna gna… Et deux mois accordés, chose qui n’était pas arrivée par chez nous depuis… C’est déjà arrivé, en fait ? Voilà où on en est pour le moment ici. Si vous voulez passer, papoter, faire des calins ou déclencher une émeute, on est toujours debout ! Le Kalaj existe encore, la Rauze tient le coup, et bientôt, peut-être, de nouveaux enfants viendront agrandir la famille… À moins que ça ne soit déjà le cas ? Eh eh…

Montpellier squat, 10 octobre 2012

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Rencontre « Pédagogie et révolution » à Sarrant (Gers) Samedi 13 octobre

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Montreuil (93) : Expulsion immédiate d’une maison nouvellement squattée, rue Kléber

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Squat!net, 11 octobre 2012

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