[Notre-Dame-des-Landes] Presse Police même merde

Un vigile agressé à Notre-Dame-des-Landes. Par qui ? La presse « sait » déjà

Les mardi 13 et mercredi 14 novembre 2012, de nombreux journaux papier et internet d’audience nationale, et bien sûr locale (Le Monde, Le Figaro, Le Point, LCI, BFMTV, Le Télégramme, etc.), ont publié des articles sur l’agression d’un vigile à Notre-Dame-des-Landes. Par qui ? Une enquête est en cours…

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0216.jpgMais ces mêmes médias « savent » déjà. Alors que, selon les informations fournies par la préfecture, les agresseurs, au nombre d’une vingtaine, sont à l’heure actuelle encore, « des inconnus », la plupart des titres (ou des articles) présument sans preuve, sans même prendre la peine de simplement téléphoner à la brigade de gendarmerie de Châteaubriand [Le souci de vérification des « faits » et de précision dans leur présentation est tel dans cette affaire que les différents médias ne parviennent pas à se mettre d’accord sur les blessures dont souffre le vigile : selon Libération il a été « roué de coups » au niveau « des membres, des mains et des épaules » ; tandis que pour La Dépêche il a été touché « aux mains et au dos » ; pour sa part, Le Figaro, repris par Le Nouvel Observateur, tout en relatant aussi un passage à tabac, évoque avant tout des brûlures « aux mains et aux avant-bras » consécutives à l’incendie de son véhicule par ses agresseurs.], en charge de l’information judiciaire, que des « opposants » au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes sont responsables de l’agression [Une bonne partie d’entre eux ne se prive pas d’accuser les « opposants » dès le titre de l’article – ainsi, par exemple, La Dépêche, Libération, France Télévisions, LCI et BFM TV –, tandis que d’autres ne font le rapprochement avec les manifestants que dans le corps du papier – comme, par exemple, France Inter, Le Figaro, Le Point, Le Nouvel Observateur, Le Télégramme et Presse Océan. Attention, nombre de liens qui précèdent sont peut-être temporaires.].

Au moment où nous écrivons, aucune identité n’a été précisée, aucune revendication reçue. Peut-être s’agit-il d’une action perpétrée par des personnes qui se présentent comme des « opposants ». Peut-être pas… En tout cas, des supputations ne sont pas une information. Tout juste, pour le moment, une simple rumeur.

Après les fiascos journalistiques des affaires du « bagagiste de Roissy », de la « fausse agression du RER D » ou d’Outreau, la propension des médias à faire fi de leurs erreurs passées ne laisse pas d’étonner… D’autant plus que l’actualité récente aurait pu rappeler aux intéressés les risques qu’il y a à colporter des « informations » non vérifiées. Au moment où les défenseurs des accusés de Tarnac produisent de nouveaux éléments à charge contre les enquêteurs, et alors que les médias s’étaient empressés d’accréditer la version policière (ainsi que nous l’avions relevé), un peu de prudence aurait dû s’imposer.

Jusqu’au moment où l’on saura vraiment, si l’enquête aboutit. Et quand bien même il se vérifie alors qu’il s’agit « d’opposants », cela ne donnerait pas raison a posteriori à la légèreté des accusations sans preuve.

Pis : le communiqué de la préfecture (et non des enquêteurs) suggère une piste qui ne pouvait qu’impressionner les rédacteurs, celle d’une « minorité autonome, venue d’ailleurs, qui entretient l’insécurité sur le secteur de Notre-Dame-des-Landes »… Dans la foulée, il place l’agression contre le vigile sur le même plan que les affrontements avec les CRS de manifestants généralement pacifiques. Or, face à une mobilisation longue, particulièrement conflictuelle et lourde d’enjeux politiques, la communication de la préfecture – qui est, faut-il le rappeler, le porte-parole et le bras armé du gouvernement dans le département, et comme telle une des parties du conflit en cours –, n’est certainement pas la source la plus indépendante qui soit…

Pourtant, la plupart des médias « contextualisent » à leur tour, en présentant l’agression comme une suite des manifestations. Il se vérifie ainsi que l’on peut nuire souvent par simple routine et sans forcément le vouloir.

Post-Scriptum

Sur le tour bien étrange qu’a pris la conférence de presse organisée à la suite de cette affaire par le Collectif d’organisation de la manifestation de réoccupation de la ZAD, voir l’article de Breizh Journal, « Des journalistes d’Ouest France et de l’AFP font pression sur les opposants de l’aéroport ».

Acrimed, 15 novembre 2012


Des journalistes d’Ouest-France et de l’AFP font pression sur les opposants à l’aéroport

De mieux en mieux ! L’affaire de l’agression du vigile à la Pointe et le cortège des pleureuses médiatiques qu’elle a engendré ne cesse de se développer en épisodes pour le moins curieux. Nous apprenons ainsi que ce midi, des journalistes d’Ouest-France et de l’AFP ont fait pression, au cours d’une conférence de presse, sur les représentants des opposants à l’aéroport pour leur enjoindre de prendre position sur l’agression et la condamner.

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« Accusés de violence, les anti-aéroport répliquent », Ouest-France, 15 novembre 2012

La conférence de presse donnée par le Collectif d’Organisation de la Manifestation de Réoccupation de la ZAD (le 17 novembre) avait lieu à partir de 11 h sous un hangar au lieu-dit Bel-Air, à proximité de la limite nord de la ZAD. De tous les journalistes présents, c’est Christophe Jaunet [sic (NdJL)], d’Ouest-France, qui s’est montré le plus insistant envers les représentants du collectif, exerçant sur eux une pression certaine. Les représentants avaient décidé qu’il n’y aurait pas de prise d’images de la conférence de presse, le journaliste d’Ouest-France aurait alors déclaré « si vous ne voulez pas d’images, alors on prendra pour illustrer l’article, des photos de vous en train de lancer des pierres sur les forces de l’ordre ».

Ensuite, il a demandé à plusieurs reprises que le collectif condamne l’agression, alors même que le collectif avait décidé de ne pas condamner l’agression tant qu’il n’y avait pas de conclusions de l’enquête, qui, rappelons-le malgré le charivari médiatique et le procès en sorcellerie fait aux occupants de la ZAD, ne fait que commencer. Rejoint par une des deux journalistes de l’AFP, le journaliste aurait persévéré dans ses demandes, déclarant notamment « il faut que vous condamniez cette agression ». Les représentants ont tenu bon. Commentaire désabusé de l’un des participants « ces journalistes n’étaient pas venus pour nous écouter, ils voulaient seulement des réponses à leurs questions, c’est tout ».

Au cours de cette tumultueuse conférence de presse, l’un des représentants du collectif a remis en cause l’imprécision des dépêches de l’AFP au sujet de l’agression du vigile. Réaction indignée des deux journalistes présents. Et pourtant. Nous épinglons l’insuffisance de la dépêche longue, relayée par les médias nationaux  ainsi que les lacunes de celle du 18 octobre. Désinformation, lacunes, pressions sur les opposants à l’aéroport et leurs représentants, voilà bien d’étrangers méthodes pour garantir l’information sur l’opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes telle qu’elle est faite par les médias dominants.

Breizh Journal, 14 novembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes/Nantes] « PS EELV même merde »

Notre-Dame-des-Landes : La permanence d’un député EELV vandalisée à Nantes

Le bureau parlementaire de François de Rugy, député de Loire-Atlantique et co-président du groupe écologiste à l’Assemblée nationale, a été vandalisé dans la nuit de mercredi à jeudi à Nantes (Loire-Atlantique), a-t-on appris de source policière. Une action liée au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, prévu en 2017 et dénoncé par de nombreux écologistes et riverains.

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« D’après les inscriptions peintes sur les murs de la permanence, les auteurs de ces actes tentent d’instrumentaliser le combat contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes pour attaquer le mouvement écologiste », s’insurge Pascal Durand, secrétaire national du mouvement politique, dans un communiqué.

Tags et inscriptions hostiles

Les policiers locaux ont été appelés vers 10h30 pour constater les dégâts. La façade était couverte de tags et d’inscriptions hostiles dont « PS EELV même merde » ou « complice ANDDL » (aéroport notre-dame-des-landes). En outre, des excréments avaient été jetés sur les vitres. « Quoi qu’il en soit, ces actions hostiles à EELV témoignent de l’absurdité des accusations de ceux qui s’obstinent à laisser croire que les écologistes pourraient éprouver quelque complaisance que ce soit envers le recours à la violence », poursuit le communiqué de EELV.

« Condamnant sans faiblesse toute violence et tout acte de vandalisme, quelles qu’en soient les cibles, les écologistes appellent à soutenir la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame des Landes en participant nombreux à la manifestation de réoccupation du site, ce samedi 17 novembre ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (20minutes.fr avec Sipa, 15 novembre 2012)


(…) Soutien de Jacques Auxiette

Alors que le torchon brûle au conseil régional entre socialistes et écologistes, Jacques Auxiette, président de Région s’est aussitôt fendu d’une lettre de soutien au député EELV de Rugy :

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Publié par des larbins de la maison Poulaga (PresseOcean.fr, 15 novembre 2012)

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Restructuration sans fin

Flexibilité, extension des contrats à durée déterminée, licenciements sans que l’employeur ait besoin de recourir à un plan de sauvegarde de l’emploi, etc., etc… [Les phrases soulignées sont de notre fait. (NdJL)]


Marché du travail : le projet du patronat insiste sur la flexibilité

Un timide geste vers les organisations syndicales. Après trois semaines de réflexion, le patronat a soumis à la négociation un premier projet d’accord sur le marché du travail, mercredi 14 novembre. Ce projet, qui doit être discuté jeudi en séance, fait un petit pas vers les attentes syndicales en matière de sécurisation de l’emploi, tout en détaillant les attentes patronales de flexibilité. François Hollande a rappelé mardi, lors de sa conférence de presse, qu’il attendait que cette négociation donne « aux salariés et aux entreprises plus de souplesse et plus de protection face aux aléas de la conjoncture ».

Le patronat évoque plusieurs pistes qui pourraient renforcer les droits des salariés précaires, mais sans rentrer dans les détails. Le texte propose ainsi par exemple « d’améliorer la couverture complémentaire pour tous les salariés », de renforcer les droits à la formation des personnes en CDD ou de « faciliter l’accès au logement ». Autant d’idées qui pourraient séduire des syndicats, à condition qu’elles soient précisées.

Car côté flexibilisation, le texte patronal est parallèlement nettement plus détaillé. Il prévoit ainsi que les CDI de mission, conclus pour l’exécution d’un projet déterminé, puissent être utilisés beaucoup plus facilement. Le patronat veut également que le délai de prescription pour saisir les prud’hommes soit ramené de cinq ans à douze mois et que le montant des condamnations pour licenciement sans motif réel et sérieux soit limité.

« RÉGRESSION HISTORIQUE »

Par ailleurs, les accords compétitivité-emploi, qui doivent permettre de garantir l’emploi dans les entreprises en difficulté en échange de sacrifices des salariés, seraient largement facilités. Les personnes qui refuseraient les sacrifices pourraient être licenciées sans que leur employeur ait besoin de recourir à un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), qui comporte bien souvent de coûteuses obligations de suivi et de reclassement. En contrepartie, le patronat propose que ces accords de compétitivité-emploi ne puissent pas durer plus de deux ans.

Le texte prévoit également de faciliter les licenciements économiques. Les salariés qui se verraient proposer une offre de reclassement qualifiée de « valable » perdraient la capacité de contester en justice leur licenciement. S’ils refusent cette offre, ils pourraient même voir leurs indemnités chômage « diminuées ». Pendant toute la période de reclassement, les recours ne seraient possibles que devant la justice administrative et uniquement « sur la procédure et/ou la qualité du plan de reclassement ».

Des propositions qui ont immédiatement suscité les critiques des syndicats. Il s’agit « d’une régression historique » vers « la précarisation du CDI et plus de flexibilité », a réagi la négociatrice de la CGT Agnès Le Bot auprès de l’AFP. « Ce texte, assez éloigné de ce que l’on veut, ouvre de petites portes. Il a au moins le mérite d’ouvrir la négociation », a expliqué plus prudemment Patrick Pierron (CFDT). Côté patronal, on ne cache pas que le texte, délibérément flou, sera amendé d’ici à la fin de la négociation, prévue pour durer jusqu’à la fin de l’année. « Derrière chaque item sur la sécurisation, nous mettrons des choses plus détaillées », promet-on au sein du Medef.

Un sujet apparaît malgré tout nettement en retrait, et ce alors que des attentes fortes ont été exprimées à la fois par les syndicats et le gouvernement : celui de la taxation des contrats courts. La CGPME ne cache pas son hostilité à tout relèvement de cotisation chômage pour les CDD ou l’intérim.

Le texte, fruit d’un dur compromis au sein du patronat, évoque, avec un maximum de prudence, l’idée que « la durée de périodes d’emploi » et « les efforts d’employabilité développés par l’entreprise », puissent être « pris en compte ». Une formulation floue qui a de quoi décevoir les attentes syndicales, d’autant plus qu’en parallèle le patronat remet sur la table l’idée d’un retour à la dégressivité dans le temps des indemnités chômage.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr, 15 novembre 2012)

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Appel des réfugiés socialistes révolutionnaires et libertaires de Turquie en grève de la faim à Besançon

Grève de la faim en solidarité avec les prisonniers politiques en Turquie

Depuis le 12 septembre, les prisonniers politiques en Turquie ont commencé un mouvement avec des grèves de la faim pour le droit à l’éducation et à la défense en langue kurde et libération d’Ocalan, dirigeant du PKK. Depuis le mouvement s’est généralisé à 70 prisons en Turquie et 10.000 prisonniers politiques sont en grève de la faim depuis le 5 novembre 2012. La vie de 400 prisonniers politiques est actuellement en danger. Parmi ces grévistes de la faim on compte des syndicalistes, des député(e)s, des maires, des étudiant(e)s, des journalistes, des militants kurdes, des défenseurs des droits humains, etc.

À Besançon, depuis le 14 novembre, des réfugiés socialistes révolutionnaires et libertaires de Turquie, sont en grève de la faim pour dix jours pour marquer leur solidarité avec les prisonniers politiques et pour la libération de tous les prisonniers politiques, l’arrêt immédiat des opérations militaires et de la répression étatique en Turquie et pour une solution pacifique à la question kurde.

Pour venir soutenir les grévistes de la faim à Besançon, vous pouvez passer de 8 heures à 24 heures à la Librairie l’Autodidacte, 5 rue Marulaz, Besançon.

Les grévistes de la faim de Besançon

Solidarité ouvrière, 15 novembre 2012

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[Libye] Sit-in de blessés de la révolution à la raffinerie de Zawiyah

Un sit-in dans une raffinerie de pétrole a déjà coûté à la Libye 30 M USD

Un sit-in organisé depuis samedi dans une raffinerie de pétrole de l’ouest de la Libye par d’ex-rebelles qui réclament des soins médicaux a déjà coûté quelque 30 millions de dollars au pays, a indiqué lundi à l’AFP un responsable.

La manifestation a coûté jusqu’ici au pays au moins 30 millions de dollars, a affirmé le vice-ministre du Pétrole Omar Al-Chakmak en référence au mouvement de protestation qui se poursuit dans une raffinerie de la ville de Zawiyah.

Il a affirmé que les pertes étaient dues à l’interruption des opérations à la raffinerie, qui approvisionne les marchés local et international, et à la suspension des exportations à partir de ce port.

Quelque 150 ex-rebelles participent à ce sit-in, selon des habitants. Ils réclament des soins pour des blessures subies lors du conflit ayant mis fin au règne de l’ex-dirigeant Mouammar Kadhafi en 2011.

Ils veulent être évacués le plus tôt possible, a affirmé Naima al-Hammi, qui représente Zawiyah à l’Assemblée nationale. Certains risquent de perdre des organes s’ils ne sont pas soignés.

Mme Hammi a indiqué qu’il y avait eu une rencontre à haut niveau tard dimanche sur cette question et que les autorités travaillaient à obtenir les visas nécessaires pour transférer les cas les plus urgents vers des hôpitaux européens.

Mais les protestataires refusent de lever leur sit-in jusqu’à ce qu’une solution soit mise en œuvre, a-t-elle dit.

La manifestation a eu des répercussions jusqu’à Tripoli, à 50 km de Zawiyah, provoquant de longues files d’attente devant les stations service et des embouteillages monstres.

Le directeur de la distribution de la National Oil Corporation (NOC) libyenne, Adnene Abdelmaoula, a cherché à rassurer la population, en affirmant à l’agence officielle Lana que les réserves de carburant permettaient au pays de tenir plus de deux mois.

Créée en 1976, la raffinerie de Zawiyah a été la première construite par la NOC. Elle fournit l’ouest du pays, qui représente environ 70% de la consommation intérieure.

Les Libyens cherchent souvent à obtenir des soins médicaux à l’étranger en raison des mauvaises conditions d’accueil dans les hôpitaux du pays.

Le projet du gouvernement de faire soigner les anciens rebelles à l’étranger a été arrêté en raison d’abus, de problèmes de corruption et de factures exorbitantes.

Leur presse (Agence Faut Payer, 5 novembre 2012)

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[L’armée travaille] Sur la manif de commémoration du 9 novembre à Genève

Communiqué de presse

L’OPP était présent à la manifestation et a par ailleurs récolté des témoignages relevant les pratiques du Département de la Sécurité.

Vendredi 9 novembre 2012, la manifestation autorisée de commémoration du 9 novembre 1932 s’est déroulée sans heurts. Néanmoins la répression était au rendez-vous sous des formes bien diverses. Un important dispositif policier antiémeute, sur le pied de guerre, était placé dès le milieu de l’après-midi aux alentours du départ de la manifestation.

Quelques jours auparavant, une présence policière accrue dans différents endroits de la ville a débouché sur des contrôles d’identité en lien avoué avec la manifestation de vendredi et ce dans le but d’intimider la population.

Le jour-même dans l’après-midi, un dispositif policier présent dans la zone piétonne du Mont-Blanc a procédé à des contrôles d’identité et des fouilles en agissant par délit de faciès. La police a aussi arrêté des personnes qui refusaient de se faire photographier. Ces personnes ont passé la totalité de la manifestation dans un fourgon antiémeute quelque part vers la Gravière.

Une dizaine de policiers en civil ont infiltré la manifestation et ont pris de nombreuses photos des personnes afin de remplir leur fichier d’information.

Nous avons reçu des témoignages relatant des mesures imposées aux organisateurs par la police ; ces arrangements qui serviraient à réagir en cas de troubles mettent en danger les manifestants, car de nombreuses personnes ignorant ces consignes n’auraient pu réagir.

En fin de manifestation au moins une personne a été arrêtée, placée en garde à vue et présentée le lendemain au Ministère public. Elle a été condamnée en comparution immédiate pour déprédation avec « attitude d’insouciance vis-à-vis de l’espace public ». Ce système de comparution immédiate limite fortement les possibilités de se faire défendre adéquatement et entrave la réalisation d’une réelle instruction (l’accusé est de suite entendu et condamné par le procureur).

Nous relevons que la disproportion des peines appliquées est un acte dissuasif et peut avoir pour effet de démotiver voire empêcher les personnes d’exercer leur liberté d’expression et de manifestation.

L’OPP rappelle à toute personne ayant subi ce type de traitement qu’il est possible de faire opposition dans le délai de 10 jours afin de pouvoir bénéficier d’un report d’audience. L’OPP invite aussi toute personne victime d’abus policier à prendre contact avec nous.

L’OPP dénonce ces pratiques sécuritaires et d’intimidation ainsi que ces procédures accélérées sans juge et sans instruction qui vont à l’encontre des droits humains fondamentaux. Ces pratiques (interdiction de manifester, recours aux forces militaires, …) sont en passe d’être appliquées dans divers pays d’Europe et font planer sur la population un vent de fascisme sécuritaire.

En conclusion, nous exigeons, à l’heure des choix budgétaires et dans un souci de transparence, que le Département de la Sécurité communique les coûts de ce dispositif disproportionné !

Observatoire des Pratiques Policières (OPP), 12 novembre 2012


Attaque à la peinture contre l’arsenal de Genève

Nous revendiquons !

Dans la nuit de dimanche à samedi nous avons attaqué à la peinture l’arsenal de Genève du côté du quai Ernest-Ansermet.

Treize bouteilles de peinture rouge et noire ont été lancées contre la façade en mémoire des 13 victimes de la fusillade du 9 novembre 1932.

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L’armée et la police sont des outils de contrôle social aux mains de l’État et au service de la classe dominante.

Le 12 novembre 1932 Genève était en état de siège avec 4’000 soldats dans les rues. Interdiction de manifester et le code pénal militiare fut appliqué aux civils hostiles.

Tout ça pour rassurer et garentir les privilèges de la bourgeoisie.

Aujourd’hui encore l’armée est utilisée pour museler la révolte sociale chaque année pour le Forum de Davos (WEF).

Ce bâtiment que nous avons visé avait servi de caserne et de base pour réprimer le mouvement ouvrier genevois.

Nous n’oublions pas ! Nous ne pardonnons pas !

Mort au capitalisme et à tous ses sbires !

Commando Bertoni

Indymedia Suisse romande, 12 novembre 2012


Commémoration du 9 novembre 1932
La police genevoise flashe des manifestants, mais ne les fiche pas [sic]

80 ans après le massacre du 9 novembre 1932, la commémoration a été tendue vendredi dernier.

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Plaine de Plainpalais, vendredi 9 novembre 2012.

Le 9 novembre 1932 sur la plaine de Plainpalais, répondant à une manifestation ouvrière contre le fascisme, l’armée tire sur la foule, tuant 13 personnes et en blessant 65. Quatre-vingts ans plus tard, Adrien Faure, vice-président de la Jeunesses socialiste genevoise se fait solidement fouiller par la police à la rue du Mont-Blanc, lors de la manifestation de commémoration du tragique événement.

« Je me suis fait apostropher par un pandore m’annonçant qu’il allait procéder à un contrôle d’identité. J’ai montré mes papiers, puis le policier a fouillé mon sac et mes poches. Enfin, procédure que je ne connaissais pas, il m’a photographié moi et mes papiers d’identité, dit le jeune socialiste. J’ai bien sûr obtempéré puis suivi le cours de la manifestation. Mais je trouve cela excessif. J’admets bien sûr qu’il peut y avoir des risques liés à la casse, mais j’arborais une pancarte des jeunes socialistes. Je ne suis pas un casseur ! Où vont ces photos de moi, suis-je désormais l’objet d’une fiche ? » Le militant socialiste n’a pas été le seul à faire l’objet de ces mesures. De nombreux autres jeunes ont également vu leurs papiers d’identité et portraits immortalisés.

Autorisé par la loi

La loi genevoise sur les manifestations, en tout cas l’autorise. « La police peut photographier ou filmer les participants à une manifestation s’il ressort des circonstances concrètes que certaines de ces personnes envisagent de commettre un crime ou un délit dont la gravité ou la particularité justifie cette mesure. » (Art. 6, al.5.) Loi que Jean-Philippe Brandt, un des porte-paroles de la police genevoise précise ainsi : « On parle ici de personnes qui pourraient être amenées à commettre un délit. Pas forcément de dangerosité. Taguer un musée, comme ce fut le cas vendredi constitue déjà un délit. »

Pas de généralisation

La situation ce 9 novembre 2012 justifiait-elle ce genre de procédés photographiques ? « Oui, déclare M. Brandt. Si la manifestation avait concerné les ferments lactiques dans le canton, la situation aurait été toute autre. De plus, la météo, clémente ce vendredi, ne justifiait pas forcément la présence des cagoules que nous avons saisies. Certains sites internet appelaient ouvertement à l’affrontement. Raison pour laquelle des contrôles préventifs ont été effectués. » Quant à la prise de photos de manifestants, la police genevoise ne compte pas la généraliser. Quoi qu’il en soit, si les images ne sont pas utilisées dans une procédure, elles sont détruites dans les 30 jours. « Il n’y a pas de fichage » assure le porte-parole.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (TDG.ch, 12 novembre 2012)


Flagrant délit
Elle défile et profite pour taguer un musée

La police a interpellé une femme qui avait profité de la manifestation en hommage aux victimes du 9 novembre 1932 pour taguer les murs du musée Rath.

Ce vendredi, alors que près d’un demi-millier de personnes défilaient dans les rues de Genève dans le cadre des commémorations du quatre-vingtième anniversaire de la fusillade du 9 novembre 1932, une femme en a profité pour souiller la façade du Musée Rath.

C’est lorsque le cortège est passé près de la rue de la Corraterie, qu’une manifestante est sortie de la foule et, à l’aide de peinture blanche, a tagué « mort aux flics » et « fascistes » sur les murs dudit musée. Repérée, la femme a pu — dans un premier temps — échapper à la police en se fondant dans la foule mais a été interpellée peu après par un policier qui l’avait reconnue. Se refusant à toute déclaration, l’intéressée a été mise à disposition du Ministère Public nous informe le service de presse de la Police.

Aucune autre déprédation ni aucun heurt n’ont été à déplorer pendant cette manifestation convoquée par plusieurs organisations de gauche. C’est sous forte escorte policière et mobilisés derrière le slogan « Plus jamais ça ! » que les manifestants ont appelé à se souvenir des victimes de la fusillade et exprimé le rejet de « l’utilisation des forces armées afin d’assurer l’ordre intérieur ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (TDG.ch, 10 novembre 2012)


Manifestation à Genève à l’occasion des 80 ans du massacre de 1932

Lors des 80 ans du massacre du 9 novembre 1932 à Genève, quelque 800 manifestants de gauche ont protesté vendredi sur la plaine de Plainpalais contre l’utilisation de l’armée pour assurer l’ordre à l’intérieur du pays.

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Des personnes réunies à Genève en 2007, à l’occasion du 75e anniversaire du massacre du 9 novembre 1932.

Plusieurs organisations de gauche se sont mobilisées vendredi soir à Genève pour commémorer, 80 ans après, le massacre du 9 novembre 1932. Environ 800 manifestants ont dénoncé à cette occasion les projets du Département fédéral de la défense de préparer quatre nouveaux bataillons de police militaire pour des missions d’ordre intérieur.

La commémoration annuelle sur la plaine de Plainpalais a été précédée d’un défilé de protestation au centre de la ville « pour souligner le rejet de l’utilisation de l’armée afin d’assurer l’ordre intérieur ».

Déploiement policier

Un fort déploiement policier a encadré le cortège, animé par des fumigènes et pétards. Les manifestants, dont beaucoup de jeunes, n’ont pas commis de déprédation. À l’arrivée devant la pierre commémorative, des poteaux avec le nom des 13 victimes de 1932 ont été illuminés avec des lampes à pétrole.

Pour rappel, le 9 novembre 1932, 610 soldats avaient été envoyés à Genève par le Département militaire fédéral à la demande du Conseil d’État genevois pour s’interposer entre une manifestation du parti fasciste, l’Union nationale, et une contre-manifestation socialiste. La troupe avait ouvert le feu, provoquant la mort de 13 personnes et en blessant une centaine.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (RTS.ch, 9 novembre 2012)


Genève
Massacre du 9 novembre 1932 commémoré

Des centaines de personnes se sont réunies à Genève pour se souvenir du massacre du 9 novembre 1932, qui avait fait treize victimes, tuées par des militaires.

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Le 9 novembre 1932, treize personnes avaient perdu la vie à Genève.

Plusieurs organisations de gauche se sont mobilisées vendredi soir à Genève pour commémorer, 80 ans après, le massacre du 9 novembre 1932. Environ 800 manifestants ont dénoncé à cette occasion les projets du Département fédéral de la défense de préparer quatre nouveaux bataillons de police militaire pour des missions d’ordre intérieur.

La commémoration annuelle sur la plaine de Plainpalais a été précédée d’un défilé de protestation au centre de la ville « pour souligner le rejet de l’utilisation de l’armée afin d’assurer l’ordre intérieur ».

Tobia Schnebli du Groupe pour une Suisse sans Armée (GSsA) s’est inquiété du fait que l’armée travaille sur des scénarios de troubles intérieurs liés à la détérioration de la situation économique en Europe.

« Plus jamais ça ! »

Le Groupe pour une Suisse sans Armée, la Communauté genevoise d’action syndicale, le Parti du travail, le Parti socialiste genevois, Solidarités, les Verts et le cartel intersyndical du personnel de l’État, notamment, avaient appelé à se mobiliser derrière le slogan « Plus jamais ça ! ».

Un fort déploiement policier a encadré le cortège, animé par des fumigènes et pétards. Les manifestants, dont beaucoup de jeunes, n’ont pas commis de déprédation.

À l’arrivée devant la pierre commémorative, des poteaux avec le nom des 13 victimes de 1932 ont été illuminés avec des lampes à pétrole.

Le 9 novembre 1932, 610 soldats avaient été envoyés à Genève par le Département militaire fédéral à la demande du Conseil d’Etat genevois pour s’interposer entre une manifestation du parti fasciste, l’Union nationale, et une contre-manifestation socialiste. La troupe avait ouvert le feu, provoquant la mort de 13 personnes et en blessant une centaine.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (20min.ch, 9 novembre 2012)


Appel pour un bloc “sans patrie, sans parti” à la manifestation du 9 novembre

Comment appelleriez-vous un monde… ?

Où les étrangères sont renvoyées dans leur pays si elles sont pauvres, alors que les grosses fortunes sont accueillies à bras ouverts ?

Où l’on est partout constamment surveillés par des yeux électroniques ?

Où des milices citoyennes d’extrême-droite patrouillent dans les rues ?

Où la police rackette les mendiantes ?

Où les lois sur les étrangers évoluent vers un racisme de plus en plus décomplexé ?

Où le droit de manifester est restreint dans l’indifférence générale ?

Où quand tu n’as pas la bonne couleur de peau et le porte-monnaie bien rempli, tu subis quotidiennement les violences de la police ?

Où on enferme ceux qui n’acceptent pas leur misère ?

Où les pauvres sont expulsées de force de leur logement par la mafia immobilière ?

ILS APPELLENT ÇA PAIX SOCIALE
NOUS APPELLONS ÇA FASCISME

Regarder Genève s’enfoncer dans le racisme institutionnel, dans la généralisation de la surveillance et de la répression, dans la chasse aux pauvres nous fout la gerbe. De gauche à droite, le gouvernement perpétue une société basée sur l’exploitation et la défense des privilèges de la classe dominante. Il est temps de reprendre les rues !

Le 9 novembre 1932, l’armée tirait sur la foule qui marchait contre la tenue d’un meeting fasciste à Plainpalais.

80 ans après nous appelons à faire du 9 novembre 2012 non pas un moment de commémoration aseptisée et récupérée par les partis politiques mais une journée de lutte et de résistance.

Blog Contre l’État sécuritaire, 24 octobre 2012


Un exercice de l’armée suisse fait jaser jusqu’aux USA

L’exercice-cadre d’état-major de l’armée, Stabilo Due, qui s’est déroulé en septembre, fait beaucoup parler de lui. En cause ? Un scénario qui met en avant l’instabilité de l’Europe. Et le devoir de la Suisse de s’en protéger.

« La Suisse a mené en septembre des manœuvres militaires. Vous savez que l’armée suisse est extrêmement puissante, même si c’est un pays neutre. Des manœuvres militaires pour se préparer à quoi ? Pas forcément à une invasion de l’Union soviétique, la menace a disparu depuis plus de 20 ans, c’est terminé. Mais à ce qu’ils considèrent peut-être comme la menace de 2012, le chaos social européen », rapporte l’émission « les décodeurs de l’éco » sur BFMTV. Et un éditorialiste de présenter la Suisse comme un petit pays en avance. De son côté, la chaîne américaine CNBC News écrit sur son site Internet, « avec des protestations anti-austérité en Europe, découlant de l’instabilité civile dans les rues d’Athènes et de Madrid, le pays européen, connu pour sa neutralité, prend des mesures de précaution inhabituelles. »

L’UE au cœur du scénario

Autant de propos, relayés sur plusieurs sites Internet et blogs. Ainsi, notre chère armée suisse, si souvent raillée, fait parler d’elle hors de ses frontières. Et se retrouve même prise très au sérieux. Mais quelle est l’origine de cet écho ? Les forces de défense nationale conspireraient-elles dans le dos de leurs concitoyens ?

Non. Comme le relève le quotidien fribourgeois La Liberté, à la base de ce bruit autour de l’armée suisse, se trouve un exercice-cadre d’état-major du nom de « Stabilo Due ». Un exercice entrepris du 6 au 21 septembre avec 2000 militaires. Et qui repose « sur un scénario supposant l’instabilité d’une partie de l’Europe spécialement délimitée géographiquement pour l’occasion. La Suisse connaît également des troubles, des attentats et des actes de violence », écrit sur son site le Département fédéral de la défense.

Combien de temps est-ce que cela va encore être possible d’apaiser la crise avec de l’argent? La situation peut s’intensifier de manière dramatique. « Je n’exclus pas que nous ayons besoin de l’armée dans les prochaines années », a déclaré en septembre le ministre de la défense Ueli Maurer, devant un parterre d’officiers, comme le relaie la revue Schweizer Soldat, cité par le Sonntag.

Le quotidien alémanique, a dévoilé dans un article paru le 7 octobre, les détails de l’opération militaire suite au conflit imaginé entre Elbonia (au nord) et Danubia (au nord-est). Cette-fois ci, pas de noms précis. Pour ne pas heurter les sensibilités, l’armée a retenu la leçon de la polémique autour de la carte des pays constituant une menace pour la Suisse, établie en mars 2010 par le chef de l’armée André Blattmann. Sur cette dernière, figuraient la Grèce, l’Espagne, l’Italie, la France et le Portugal.

Un Exercice fantasque

Cette précaution n’a pourtant pas empêché le scénario de faire parler de lui. Comme le révèle La Liberté, le porte-parole de l’armée suisse, Christoph Brunner, « croule depuis plusieurs jours sous les questions de journalistes canadiens, américains, italiens et français. » Et doit se justifier en boucle. « Stabilo Due n’a rien à faire avec l’effondrement de la zone euro ou un afflux de requérants d’asiles grecs ou espagnols en Suisse ! »

Reste que les propos tenus par Ueli Maurer et que la carte établie il y a deux ans par André Blattmann montrent que l’armée prend au sérieux la menace pour la Suisse de troubles sociaux en Europe.

À tort ou à raison ? Le quotidien fribourgeois a interrogé différentes personnalités politiques. Selon le conseiller aux États Jean-René Fournier (PDC/VS), « sur le fond, il est certes du devoir des responsables de la sécurité de planifier l’engagement de l’armée dans toutes les situations prévisibles, et l’instabilité en Europe en est une. Mais nous n’en sommes pas là, et nos voisins pourraient se sentir blessés. » Le conseiller national UDC, Yvan Perrin, pense au contraire que « si on veut être préparé au pire, il faut bien s’exercer ». Et pour le démocrate du centre, nos voisins n’ont aucune raison de s’en offusquer.

Au contraire, du côté de la gauche, on pense que cet exercice est « une grande maladresse vis-à-vis de nos voisins » et que la Suisse « doit se trouver des ennemis », comme le relève le conseiller national jurassien Pierre-Alain Fridez (PS). Interviewé par CNBC, le vice-président des Verts, Joseph Lang, pense que l’armée utilise « les contestations sociales et l’instabilité en Europe » pour se donner « plus de crédibilité ». Et peut-être aussi pour justifier l’augmentation de son budget. Comme le rappelle Sonntag, André Blattman prévoit de soumettre en décembre à Ueli Maurer, la création de quatre bataillons de policiers militaires soit, un total de 1600 hommes.

Presse à neutrons (Laureline Duvillard, LeMatin.ch, 18 octobre 2012)

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Face aux crises du capitalisme, construisons une alternative sociale

Le système capitaliste est en crise.

La crise sociale actuelle n’est pas le fruit d’un « complot », ou de la dérive d’un mauvais « capitalisme financier » qui s’opposerait au vertueux « capitalisme industriel ». Ce n’est pas le fruit de la seule « spéculation » qui n’est qu’un des aspects du fonctionnement du capitalisme.

C’est le résultat des contradictions du système capitaliste lui-même, le résultat logique de l’organisation capitaliste de l’économie.

Une organisation qui – même dans des conditions de fonctionnement « normales » – institue l’inégalité sociale, rendant inaccessible à l’immense majorité de la population la satisfaction de ses besoins de base, tout en lui rendant la vie insupportable.

En quelque sorte, le capitalisme produit lui-même les conditions de ses crises, même si sa capacité d’adaptation lui a toujours permis jusque-là de les surmonter, au prix du sang des travailleuses et des travailleurs.

La société dans laquelle nous sommes connait actuellement une quadruple crise – économique, écologique, sociale et politique – qui découle des systèmes capitalistes et étatiques, d’une organisation fondée sur la propriété privée des moyens de production et de distribution, ainsi que de la hiérarchie, la domination et l’exploitation.

Si cette crise touche aussi des secteurs de la bourgeoisie, du fait de la logique concurrentielle inhérente au système capitaliste, ce sont avant tout les travailleuses ou les travailleurs, avec ou sans emploi, qui en paient les fruits, et un large secteur de la bourgeoisie continue à accumuler les richesses, en faisant porter le poids de la crise aux les prolétaires, quand elle ne profite pas de la situation pour renforcer ses positions.

Crise économique

L’organisation économique capitaliste est fondée sur la recherche permanente de profit, à savoir l’accroissement du capital par l’appropriation de la plus-value, c’est-à-dire le vol du produit du travail collectif des travailleuses et des travailleurs, au moyen du régime de propriété privée des moyens de production.

Pour que le profit se réalise, les biens et services créés doivent se transformer en marchandises, c’est-à-dire faire l’objet d’un échange marchand qui leur donne de la valeur au sens capitaliste.

Pour cela, il faut que le système capitaliste entretienne en permanence l’offre et la demande solvable, au besoin en les créant artificiellement. La saturation progressive des marchés (solvables, car seule compte pour le capitalisme la demande de celles et ceux qui peuvent payer) oblige l’appareil productif à renouveler l’offre en permanence, par la création de nouveaux produits et l’organisation de l’obsolescence à court terme des produits fabriqués.

Par ailleurs, la nécessité pour la classe dominante de s’approprier une part toujours plus grande de la richesse l’amène à chercher à maintenir et augmenter son taux de profit par tous les moyens : augmentation du temps de travail et baisse des salaires directs ou indirects, accroissement de la productivité par l’augmentation des cadences, etc.

L’attaque sur les salaires directs ou indirects (protection sociale), entraîne une baisse de la solvabilité des travailleuses et des travailleurs, et par conséquent une baisse de la demande solvable.

Or pour que le profit se réalise, les capitalistes doivent réaliser l’échange des biens et des services, c’est-à-dire écouler leur production à des clients solvables.

Le capitalisme a essayé de résoudre cette contradiction grâce au développement du crédit, pour stimuler artificiellement la demande, et ce depuis les années 70.

Mais le développement du crédit a abouti à une seconde contradiction : il est nécessaire, pour que la réalisation du profit s’effectue, que les débiteurs (travailleurs-ses, entreprises, états, etc.) le remboursent afin d’alimenter la mécanique économique. Or la pression du capital pour faire baisser les salaires et la volonté de s’approprier une part toujours plus importante des richesses entraînent inévitablement des difficultés de remboursements à toutes les échelles.

La solvabilité de la demande pose de nouveau problème, et donc les conditions de réalisation du profit sont rendues plus difficiles pour les capitalistes.

Cela accentue la concurrence capitaliste au sein de la bourgeoisie pour le contrôle du marché, que l’on se place sur le plan national ou international.

Crise écologique

Le modèle économique capitaliste repose sur la croissance de la production de richesses. Or le caractère fini des ressources naturelles, et principalement des ressources énergétiques, se place en contradiction avec cette logique de la croissance.

La pollution, générée par le système économique capitaliste, en mettant en danger les écosystèmes, outre qu’elle impacte directement les conditions de vie des êtres humains, représente un coût croissant qui pèse indirectement sur l’organisation économique, même si ce coût est avant tout assumé par les prolétaires et non par les capitalistes qui en sont à l’origine.

Le caractère limité des ressources énergétiques entraîne une hausse du prix de l’énergie, qui se répercute dans le coût de production des biens et des services. Pour compenser cette hausse, et continuer à vendre biens et services dans un contexte concurrentiel capitaliste en maintenant des prix de vente « compétitifs », la bourgeoisie est amenée de plus en plus à utiliser la seule marge de manœuvre qu’elle possède : celle de la baisse du prétendu « coût du travail », en réalité la baisse de la rémunération du travail. Cela se fait au moyen de la baisse des salaires et de l’accroissement des cadences, de l’intensité du travail visant à accroître la productivité, à rémunération identique ou réduite.

De même, la limitation des ressources énergétiques entraîne une concurrence féroce à l’échelle internationale pour le contrôle des ressources.

La concurrence pour le contrôle des ressources et des marchés passe sur le plan international par la tendance à la guerre, par laquelle les bourgeoisies nationales, de manière coalisée ou unilatérale, cherchent à garantir et accroître leur accès aux ressources.

Crise sociale

Dans un contexte où les contradictions du système capitaliste créent une situation de crise écologique et économique, la bourgeoisie cherche à tirer son épingle du jeu en faisant porter aux travailleuses et aux travailleurs les conséquences négatives de celles-ci.

Cela passe par une attaque brutale contre les conditions de vie des prolétaires, visant à leur arracher une part toujours plus importante des richesses qu’ils créent. Cela amène à une liquidation du « compromis » d’après guerre, c’est-à-dire des conquêtes sociales ouvrières que sont la protection sociale, les services publics, etc. Ces attaques menées par les États au nom de l’« austérité », du « redressement économique » et de « l’épuration de la dette » font plonger des parts toujours plus croissantes des classes exploitées dans la misère et la précarité. Ces attaques touchent plus violemment encore les parties les plus opprimées et exploitées des classes populaires, notamment les femmes, les immigré-e-s, les personnes racisées.

La crise s’accompagne également d’un durcissement des relais de l’oppression patriarcale : discours réactionnaires pour l’enfermement de la femme dans le foyer, remise en cause de l’IVG, fin de l’indépendance économique de nombreuses femmes, augmentation des violences masculines. Par ailleurs, le chômage des femmes est supérieur à celui des hommes mais les chômeurs indemnisés sont plus nombreux que les chômeuses indemnisées.

Ces attaques ont pour conséquence le pourrissement des relations humaines au sein même des classes exploitées, puisque la logique capitaliste met en concurrence les prolétaires pour la survie, dans un contexte de chômage et de misère de masse.

Crise politique

Dans ce contexte, le rôle historique de l’État comme soutien de la bourgeoisie et défenseur de l’exploitation et de l’oppression capitaliste apparaît de plus en plus clairement aux yeux des travailleuses et des travailleurs.

À mesure que s’effondre le mythe de « l’État social » et « protecteur », « instrument neutre » prétendument au « service de la collectivité », se fissure également l’édifice de la « démocratie » (sic) représentative. Les révoltes populaires se développent ainsi de manière croissante y compris dans les zones où jusque-là l’autorité de l’État était installée au nom d’une prétendue « légitimité démocratique ».

Pour faire face à cette situation, les politicien-ne-s et la bourgeoisie recourent de manière grandissante au nationalisme, afin de diviser les prolétaires et brandir des boucs-émissaires dans le but de se protéger de la colère populaire. De même, la tentation du fascisme monte partout dans le monde, certains secteurs de la bourgeoisie lui apportant un soutien grandissant, y voyant un moyen de « mettre de l’ordre » face aux effets des contradictions capitalistes, sans remettre en cause leurs privilèges.

Tout en prenant des formes différentes selon les réalités locales, le fascisme est ainsi promu de manière de plus en plus ouverte, afin d’éviter que la crise politique – qui se développe en lien avec la crise économique, sociale et écologique – débouche sur une révolution sociale. Il vise également à mobiliser, derrière les bourgeoisies nationales, les prolétaires au nom d’une « union sacrée » dans la guerre économique que se livrent les différents groupes, secteurs et blocs capitalistes.

Quelle alternative ?

Nous ne croyons pas, contrairement aux marxistes, que les contradictions du capitalisme le conduisent de manière mécanique à l’effondrement.

La situation de quadruple crise actuelle – politique, économique, écologique et sociale – ne signifie pas l’automaticité de la révolution sociale et du communisme. Le capitalisme a montré par le passé ses capacités d’adaptation. Les bourgeoisies ont accumulé une longue expérience, et n’ont jamais hésité à recourir à la guerre, au fascisme, lorsqu’elles considéraient qu’il en allait de leur intérêt. Les proclamations « démocratiques » des un-e-s et des autres s’effaçant ou se vidant de leur contenu concret lorsque les intérêts fondamentaux étaient en jeu.

Communisme libertaire ou barbarie capitaliste

Plus que jamais se pose donc la nécessité de la révolution sociale, pour en finir avec la barbarie capitaliste. Cette rupture révolutionnaire ne peut découler que du développement des luttes et de l’auto-organisation populaire, et ne saurait être l’œuvre de quelconques « sauveurs suprêmes » ou tribuns providentiels et autres « partis d’avant-garde ». Car l’État ne peut pas être l’instrument de la transformation de la société dans l’optique d’une émancipation individuelle et sociale.

Ces luttes qui prennent racine dans les besoins et les aspirations fondamentales des classes populaires (se loger, manger, se vêtir, se déplacer librement, défendre son intégrité individuelle, se cultiver…) développent les capacités de gestion collective des classes exploitées, et permettent l’organisation de l’entraide. Sur leur base, peuvent se développer l’organisation populaire contre le pouvoir d’État (sapant les bases de « l’État organisateur »), l’expropriation de la bourgeoisie et la mise en commun des moyens de production, leur gestion fédéraliste sur une base territoriale et industrielle.

Ce développement de l’organisation populaire autonome, ne peut se faire à coup de slogans, c’est une œuvre quotidienne qui vise à construire des outils de résistances solides et durables.

C’est un enjeu, une priorité pour toutes celles et tous ceux pour qui le changement social et la révolution ne sont pas des mythes mobilisateurs mais des objectifs concrets, malgré les difficultés de la période.

C’est la seule manière de mettre un coup d’arrêt au développement d’un « cannibalisme social » au sein même de nos classes exploitées.

Aujourd’hui, le développement des luttes est ainsi confronté à plusieurs obstacles :

• La convergence de fait entre système capitaliste et système raciste et patriarcal, qui aboutit à la division des exploité-e-s, et qui a pour effet de solidariser une partie des exploité-e-s avec le système dominant.

• La désorganisation d’une large part des classes exploitées, liée à l’atomisation sociale, au repli individualiste, à la logique du « chacun pour soi », mais aussi à l’incapacité des formes d’organisation actuelles à répondre aux préoccupations de la majorité des exploité-e-s.

• Le poids des idéologies étatistes qui présentent encore de manière mystificatrice l’État comme un recours face à l’exploitation capitaliste, et sa conquête comme un enjeu stratégique.

• La bureaucratisation et l’intégration d’une partie des organisations populaires, qui affaiblissent leur force collective émancipatrice, pour partie appropriée par des minorités dirigeantes.

• La conviction, liée au poids de l’idéologie dominante, qu’il n’existe pas d’alternative à la faible diffusion des idées libertaires. Ce fatalisme est savamment entretenu par des appareils idéologiques, mais aussi par les défaites sociales successives.

Ces obstacles ne sont pas une fatalité, et il appartient à toutes celles et tous ceux qui refusent la barbarie capitaliste de travailler à les lever en développant des formes d’organisation réellement collectives, en associant démocratie directe et fédéralisme, en se confrontant à l’ensemble des systèmes de domination et d’exploitation, et en s’ancrant socialement tout en s’inscrivant dans une perspective internationaliste.

Lever ces obstacles doit nous permettre d’ouvrir des perspectives de rupture avec le capitalisme et l’État, afin d’en finir avec les crises économiques, sociales, écologiques et politiques.

Pour satisfaire les besoins de la population et répondre à la crise économique et sociale, nous proposons une société sans classes et sans État, en mettant fin à la propriété individuelle des moyens de production et d’échange, afin de se débarrasser des inégalités et de l’exploitation.

Nous proposons une organisation sociale basée sur l’autogestion généralisée de la société et le fédéralisme pour répondre aux crises politiques et écologiques. Il s’agit ainsi de garantir l’égalité politique effective et de prendre collectivement en charge les questions écologiques.

Ces propositions de rupture expriment la double exigence de répondre à la fois aux crises auxquelles nous sommes confronté-e-s et à la volonté de permettre l’épanouissement des individu-e-s.

Motion adoptée lors du Ve congrès de la CGA, les 1, 2, 3 novembre 2012

Tribune syndicaliste libertaire, 14 novembre 2012

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[Paris, jeudi 22 novembre] Rassemblement contre le colloque « Le nucléaire du futur »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/115.jpg

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Mailing, 13 novembre 2012

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[Normandie] Trois fois ni, une fois non ! (Onfray)

Trois fois ni, une fois non !
Ni Chambois, ni Argentan, ni Caen.

Que les bureaucrates, les barbouzes et les fats intellectuels et médiatiques n’espèrent pas manipuler les révolutionnaires.

Désireux de mettre des bâtons dans les roues d’un philosophe médiatique bas normand, des personnages louches ont récemment débarqué avec leurs gros sabots dans les milieux libertaires-individualistes.

L’argumentaire est aussi simpliste que les informations du type mauvaise note de lecture ou wikipédia collectées par les affreu-ses-x. Le philosophe médiatique bas-normand parle mal de Stirner, et nous comme nous sommes « connu-e-s » (mais de qui, des « services » ?) comme des libertaires individualistes ; on devrait être pas content-e-s et fâché-e-s !

Ça, ça tombe bien, même super bien ! Ces gent-e-s dont on ne connaît rien, ont justement repéré des maisons « vides » dans certaines villes (voir le titre) ; illes ont mêmes notés où sur des cartes très précises avec en cadeau bonus des notes de tous les horaires publics du philosophe bas normand (université populaire, déplacements, associations…) ainsi que sait-on jamais, différentes infos personnelles. Petite remarque, il ne manquait plus qu’une fiche pratique sur l’entartrage pour les nul-le-s ou un petit cours dans le genre.

Des fois qu’on avait mal compris le bouzin, on nous propose aussi de la fraiche (beaucoup), plus que de quoi couvrir nos faux frais.

Ceci est donc un message pour les milieux sartriens, marxistes et autres égalitaristes. Malgré des désaccords profonds avec le « gugusse philoso-truc » (prise de position sur Tarnac, Nuc etc. Méthode générale, Exposition médiatique) nous ne marchons pas dans des combines contre-révolutionnaires faisant de nous des pantins. Halte à la manipulation !

On n’est pas des militant-e-s, l’arme de la critique n’est rien sans la critique par les armes !

La subjectivité radicale peut devenir une force pratique.

Indymedia Nantes, 14 novembre 2012

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , , , , | Commentaires fermés sur [Normandie] Trois fois ni, une fois non ! (Onfray)

Témoignages de l’intérieur centre de rétention de Vincennes devant lequel un rassemblement aura lieu demain

Paroles de retenus récoltées du 7 au 11 novembre

7 novembre 2012 – Vincennes 1

1re personne
« Avec la police c’est toujours le bordel ici, tout le monde est stressé, y’a des provocations, c’est ça hein. Mais quand même ça se passe. C’est comme dans une prison, c’est pareil. Tu peux pas manger, tu peux pas dormir bien. Le matin ils vont chercher une personne, ils vont réveiller tout le monde avec le micro, en tapant sur la porte. Y’a pas de Play pour jouer là, y’a pas de ballons, y’a rien. Tu peux pas manger, même la nourriture tu peux pas manger. C’est la merde, tu peux pas manger. Le médecin il va donner à tout le monde des médicaments pour éviter les bagarres. Mais quand vous êtes malades… on va mourir ici ! »

2e personne
« Franchement ici c’est pas un centre, c’est un hôpital psychiatrique presque. Ça je te le garantis. Parce que l’infirmière elle donne des médicaments à tout le monde, elle donne des cachets chelous à tout le monde wallah. Quand les gens rentrent ils sont normaux, et quand ils sortent ils sont fous. C’est pas qu’elle les oblige, mais y’a des gens ils ont jamais pris de cachets déjà, tu vois ce que je veux dire. Ça veut dire ils viennent de temps en temps, elle leur donne des cachets. Les cachets tu les prends un premier jour, un deuxième jour, après c’est bon ça devient un manque, tu vois. Si tu les prends pas… Elle les oblige pas, mais c’est pas bien, ça veut dire elle joue sur le moral. Elle sait que les gens ici ils sont pas bien. Elle demande « ouais, t’arrives pas à dormir ? Viens je te donne des cachets… », je sais pas quoi… Laisse tomber. Moi j’en prends pas, heureusement je résiste un peu moi. Mais presque tout le monde en prend, c’est pour ça que je dis qu’on dirait un hôpital psychiatrique. C’est bizarre, normalement les trucs ça se donne pas comme ça, normalement il faut bien regarder si… C’est pas lui il dit « moi je veux » et tu donnes. Parce qu’ici y’a des gens qui sont pas biens, ils arrivent pas à dormir, c’est normal qu’ils soient pas à l’aise. Ça veut dire, elle elle va proposer ça, il va le prendre direct. Elle va dire « vas-y, ça va te mettre très bien, tu vas être tranquille, tu vas dormir ». Il le prend. Et après avec le temps il va plus arriver à arrêter, même il va sortir d’ici il va le prendre après, ailleurs.

On te calme, mais à part ça le reste c’est tranquille. Ça fait pas longtemps que je suis ici, ça fait cinq jours là. La police c’est tranquille. Y’a des provocations mais c’est pas qu’ici, c’est tout le temps, c’est partout. J’ai trop l’habitude pour ça. Tout le temps ils vont te chercher, comme ça. C’est normal de partir en garde-à-vue. Eux ils vont te chercher, ils te parlent mal, ils font des trucs chelous comme ça, c’est pour te chercher. Et après toi tu vas être con, tu vas faire un truc chelou, tu vas les pousser, tu vas les taper, ils vont te sauter.

Mon jugement ça c’est passé comme d’hab, 20 jours. L’avocat il m’a dit « si tu me vois dehors, moi j’ai rien fait, c’est mon travail ». C’est un commis d’office, il sert à rien. Même lui il m’a dit « je peux rien faire pour toi », parce que mon arrestation elle était bien faite, tu vois. Si tu payes pas, il va pas casser sa tête.

Franchement le seul truc abusé c’est les médicaments. C’est le truc pas sain, ça fait mal quand tu vois des gens qui rentrent normaux… Y’a des petits aussi tu vois, de 18 ans, 19 ans, 20 ans. Tu vois le mec il rentre normal après il sort comme un fou. En plus chaque fois que tu la vois [l’infirmière], elle te propose tout le temps ça, on dirait que c’est exprès. Même moi je suis passé la voir la dernière fois, parce que les produits pour le rasage ici c’est pas bien. Je me suis rasé après ça me gratte un truc de ouf. Je suis parti la voir, moi je parle avec elle, je lui dis « ça me gratte donne-moi un truc », elle elle me sort des médicaments. Je lui ai dit « arrête c’est pas la fête, tu m’as proposé 5000 fois le même truc ». Ça c’est le seul truc abusé, tout le reste ça passe, c’est bon. Mais juste les médicaments c’est pas bon. »

12 novembre 2012 – Vincennes 3

« Il y a beaucoup d’arrivants, vraiment beaucoup, on est deux par chambre et il y a des sortants aussi. On nous confisque nos portables qui ont des caméras et appareils photos. Y’a l’ASSFAM qui aide les gens qui viennent d’arriver pour les aider dans leurs droits, le problème c’est qu’au tribunal on est tous rejeté.

Moi ça fait 22 ans que j’suis en France, ils m’ont rejeté, on m’avait arrêté le vendredi, ils m’ont amené ici un samedi et le mardi je suis passé au tribunal, donc j’avais pas les preuves qui montraient que j’étais depuis 22 ans en France… J’ai donc téléphoné à l’association Charonne dans le 15e arrondissement, qui s’occupe de mon dossier et ils m’ont faxé tous les papiers dont j’avais besoin. J’ai un suivi médical aussi à l’hôpital, eux aussi m’ont faxé un papier comme quoi je suis suivi là-bas depuis 7 ans, j’ai des problèmes de tension artérielle, même le médecin ici l’a remarqué. Maintenant j’ai presque tous les papiers qui peuvent me représenter et je dois retourner au tribunal dans 20 jours.

J’avais un avocat commis d’office, tout le monde s’en plaint de ces avocats parce qu’ils nous défendent pas vraiment bien, ils survolent nos dossiers comme ça, comme disait l’autre « c’est un abattoir ». J’étais au tribunal administratif j’ai pas eu le droit de parler, j’ai pas pu dire même un mot, c’est juste mon avocat qui a parlé et l’autre avocat qui représentait le ministère de l’intérieur. Après je suis allé chez le Juge des Libertés et de la Détention et c’est là-bas que j’ai pu parler un tout petit peu mais ils m’ont demandé des preuves. Je les ai rassemblées et je compte les amener là-bas dans 20 jours… »

Vincennes 1

1e personne
« Quand je viens et que je dors ici vingt jours, après ça me gratte partout, pareil mon pote il se gratte partout. On a vu les infirmières elles nous ont donné un produit j’sais pas quoi mais c’est rien en fait, ça marche pas. Il y a beaucoup de gens qui ont le même problème parce qu’ici c’est pas propre. Même ici ce qu’on mange c’est… Ou si tu demandes le ballon pour faire une partie de foot ils disent « vas-y il y a pas » ou j’sais pas quoi, les briquets c’est interdit ici quand je demande un briquet on me dit « vas-y il y a pas de briquet… ». Les flics y’en a qui sont gentils, y’en a c’est des chiens wallah. Des bagarres y’en a toujours. Tous les jours deux trois bagarres, minimum. On est en stress. Il y deux semaines y’a une une bagarre avec les flics, c’est le hagra c’est le bordel tu vois… »

2e personne
« Ici y’a des choses qui passent et y’a des choses qui passent pas, tu vois ? Y’a des flics qui sont gentils, y’a des flics qui sont pas gentils, ils sont… laisse tomber ! La vérité quand je viens ici, je dors 5 jours après je me gratte partout. J’ai vu le médecin il m’a donné un produit : « tiens, prends une douche », j’ai fais le produit, ça marche pas. En fait ici y’a pas de médecin, y’a pas un vrai médecin, il a rien fait le médecin, c’est pas un médecin ça, alors que y’a peut-être six ou sept gens qui se grattent de ouf, laisse tomber.

La première fois que j’ai vu le juge, il m’a dit « bonjour, vingt jours ! », donc après la deuxième fois je suis pas retourné chez le juge. Je savais la première fois il m’a donné vingt jours, donc après je le revois c’est quarante-cinq jours, donc j’y suis pas allé. Y’a des policiers ils sont agressifs, y’en a ils s’en foutent quand je demande du feu. Regarde, quand j’suis parti au parloir il a trouvé un briquet sur moi, il m’a dit « le briquet c’est interdit », après quand je demande un briquet pour allumer une clope il me dit « vas-y attends », j’attends cinq minutes, dix minutes, c’est fait exprès, ils jouent avec le moral tu vois. Quand tu demandes du feu et que t’attends cinq, dix minutes, c’est obligé tu dis « vas-y nique ta mère » j’sais pas quoi tu vois, après c’est moi qui suis dans la merde tu vois, les flics ils jouent avec le moral ici, de ouf. Moi je suis toujours froid, froid de ouf tu vois, genre « merci… » parce que je sais très bien…

Avant y’avait la Playstation, tout le monde était calme. J’sais pas l’ASSFAM ou je sais pas qui ils ont enlevé toutes les Play, y’a rien à faire maintenant, obligé de se bagarrer tu vois… »

13 novembre 2012 – Vincennes 2

« On a eu la visite de monsieur le ministre de l’intérieur [Manuel Valls] dernièrement. Il était là avec le préfet de police, avec beaucoup de monde. Il est pas resté longtemps on a même pas eu l’occasion de parler avec lui. Il a vérifié comment ça se passe ici, dix minutes et après il est reparti.

Ça se passe mal, c’est le stress. Moi ça fait 22 ans que j’suis là, j’aime trop ici. Y’a beaucoup de cas ici, dernièrement un monsieur qui est français il avait oublié sa carte, ils l’ont ramené ici, y’a l’ASSFAM ils ont contacté sa famille pour ramener sa carte après il a été libéré.

J’sais pas comment ça se passe, s’ils ramènent beaucoup de monde. Y’a des gens qui sont sympas, y’a des gens qui sont pas biens, y’a des gens qui provoquent, c’est comme dehors, donc on fait avec quoi. Le médecin c’est vite fait, les infirmiers ils s’entendent pas parce qu’apparemment c’est lui qui a le traitement et qui décide mais apparemment y’a beaucoup de gens qui sont en manque. Ils donnent des médicaments pour les calmer un peu. Pour résister la première fois ça va, la deuxième ou troisième c’est un peu plus musclé quoi, avec force, ils utilisent la force. »

14 novembre 2012 – Vincennes 2

« Franchement ici entre guillemets y’a un peu de racisme. On est comme des détenus. Par exemple comme aujourd’hui y’a trois vols, et dans les chambre y’a la fouille, c’est comme dans 90 minutes enquête, c’est comme ça que ça se passe « vas-y bouges toi… », « vas-y… ». Tu vois t’es avec une cigarette on te dit « vas-y éteins ta cigarette », on dirait t’as pas le droit de fumer carrément.

J’suis passé devant le juge, le problème avec l’avocat là-bas directement il m’a dit, dès que j’suis arrivé il m’a dit « le 28/11 tu vas partir, on va te donner un vol » moi j’ai dit « tu vas me donner un vol alors que j’ai même pas vu mon consulat ? ». J’ai même pas vu un consul il m’a dit « ok, ok, on va vous donner vingt jours après on va voir. » Ils jouent sur le moral hein, c’est comme ça. Normalement la date limite c’est quarante-cinq jours, dès que t’es à 44 jours ils disent « peut-être qu’on va te faire un vol, il faut pas être heureux hein, peut-être que demain tu rentres chez toi ! »

On dirait on a fait un crime. Si on a débarqué ici, c’est qu’on n’est pas là par hasard. Jusqu’au bout, même quand t’as pu que trois heures avant de sortir ils jouent sur le moral. Ils m’ont demandé « tu veux un avocat ? » j’ai dit « oui, c’est bon ». Il m’a même pas défendu, il est avec eux en fait, il travaille avec eux. Effectivement c’est l’avocat qui m’a dit « on va te faire un vol », avant d’entrer devant le juge. Le juge il était gentil avec moi. Mais l’avocat il voulait, s’il avait les moyens il me donnait un vol directement. Dès que j’suis arrivé au palais de justice s’il avait les moyens il me donnait un vol.

Franchement c’est abusé, ils jouent sur le moral, ils font des trucs c’est pas bien comme ça, on est sous pression. Jusqu’à maintenant j’ai pas vu le consul moi. Y’a pas que moi y’en a plein qui ont pas vu le consul. J’espère qu’on va sortir et qu’on va pas rester ici quand même. Tout le monde travaille. S’ils vont chercher les sans-papiers tout Barbès ils vont rentrer chez eux hein, tout le monde est sans papiers ici. Si on gagne de l’argent on va dépenser de l’argent aussi, on est comme ceux qui ont des papiers sauf qu’on peut pas rentrer chez nous, t’façon on va dépenser de l’argent ici, on va acheter des trucs, sans papiers c’est pas un handicap quand même. »

Pour exprimer notre solidarité envers les retenus de Vincennes et d’ailleurs, manifestation devant le CRA de Vincennes le vendredi 16 novembre, RDV à 18h dans la gare RER A de Joinville-Le-Pont. Amenez votre gilet fluo pour être visibles ! Appels de la manifestation disponibles ici et ici.

Liste Migreurop, 15 novembre 2012

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[Révolution tunisienne] Sit-ins dans le bassin minier de Gafsa : Des groupes de jeunes, agissant manifestement d’une manière coordonnée, bloquent depuis mardi l’extraction, la production et le transport du minerai à Métlaoui, Moularès, Rédayef, Kef Eddour, Kef Chefayer et, depuis ce mercredi matin, M’Dhilla

La Compagnie des phospates de Gafsa de nouveau paralysée par des sit in

À peine sortie de presque trois semaines de fortes perturbations de la production sur fond de mouvements sociaux dans les principaux centres d’extraction, la Compagnie des phosphates de Gafsa est de nouveau paralysée. Des groupes de jeunes, agissant manifestement d’une manière coordonnée, bloquent depuis mardi l’extraction, la production et le transport du minerai à Métlaoui, Moularès, Rédayef, Kef Eddour, Kef Chefayer et, depuis ce mercredi matin, M’Dhilla. Les carrières, les ateliers, les parcs de matériels et les voies de chemin de fer sont tous occupés par des cohortes de demandeurs d’emploi et des salariés des « sociétés de l’environnement » réclamant leur intégration au sein de la Compagnie mère.

Principal pôle industriel de la région et du pays, la CPG venait de consentir un effort « historique » qui avait consisté à recruter des milliers d’agents de maîtrise parmi les jeunes demandeurs d’emplois des divers centres de production du bassin phosphatier. Sans réussir, apparemment, à briser le cercle vicieux de la contestation sociale et des sit in à répétition.

La compagnie qui, couplée au Groupe chimique tunisien (GCT), l’un des tout premiers employeurs et pourvoyeurs en devises du pays n’a produit, au cours des 10 premiers mois de 2012, que 2,2 millions de tonnes de phosphate marchand, soit moins du tiers de non niveau de production habituel. Plus aucun wagon de minerai n’arrive ni au terminal d’exportation de Sfax ni, surtout, au pôle chimique de Gabès. Ce dernier sera bientôt à l’arrêt après avoir épuisé son stock de réserve. Même pour le marché local, cette situation pose de gros problèmes d’approvisionnement des agriculteurs en engrais phosphatés et azotés, en pleine campagne de semailles…

Un énorme gâchis qui complique la situation de ce qu’aucuns considéraient comme le plus beau fleuron de l’industrie tunisienne. La CPG n’a même pas eu le temps de digérer la rétrogradation de la perspective de ses notes à long termes par « Fitch ratings », pas plus tard que le 6 de ce mois…

Publié par des ennemis de la révolution (Leaders.com.tn, novembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Il suffit d’une boîte 6 et d’un extincteur à poivre lacrymogène pour monter sur un Brink’s »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[16 mars 2012]
Partie « sombre »

« SOMBRE »

Je ne suis pas sûr que la nuit porte conseil, moi je dirais plus qu’elle engrène, sombre comme ma peau, si tu insultes ma mère investis sur des vitres teintées, combien de fois je me suis retrouvé au volant d’un quatre roues motrices accompagné de deux fous alliés vénères motivés pour corriger une imitation kainri, la violence était mon meilleur ami, c’est un bon serviteur mais un mauvais maître, je compte plus mes gardes-à-vue à manger des sandwichs, en manque de calcium, quand tu dormais on était du bon côté du fusil à pompe, car c’est là que tu as une meilleure vue pour observer les feux d’artifice à vos marques prêts feu tirez ! On a tiré en sens interdit sur la BAC Sarko n’était pas encore actif l’essentiel c’est d’assumer, car tu passes vite de la fiction à la réalité, il suffit d’une boîte 6 et d’un extincteur à poivre lacrymogène pour monter sur un Brink’s.

L’insouciance m’a fait plonger au milieu des requins marteaux, ce que j’y ai vu m’a assommé, une pièce de théâtre à l’état pur ! Ça sniffe, ça boit des épinards pour être fort comme Popeye, à minuit Cendrillon rentre chez elle avec sa paire d’Air Max, impos­sible de trouver son soulier de verre en 2012 elle a serré ses lacets. La nuit les ghetto youth sont des vampires, à cinq sur un képi en civil qui a joué le justicier quand on a plié cette portière, je me méfie même de mon ombre car la nuit elle n’est plus sur mon dos. Enfant de pauvres je kiffe le luxe, je rêve de faire des roues arrière dans le salon de Louis Vuitton, ligoté sur le lustre à cinq chiffres. Le périph’ a accouché des milliers de courses-poursuite, gyrophare, alcoolisé t’as tué tous tes occupants rescapé ta douleur sera pire qu’une mort, tu aimes ta mère mais tes bras elle ne les connaît pas. Wesh !

Mon texte est sombre comme une nuit à Gaza, si tu n’y comprends rien c’est normal ma plume est vénère, donc recule s’il te plaît ou laisse-toi faire, laisse-toi guider et cherche pas d’histoire, c’est une gifle littéraire, autodidacte qui m’aime me suive, j’ai plié en deux les traditions françaises comment un renoi du ghetto ose toucher à leur grammaire, des barres de rire, moi j’ai pas de sang sur les mains, mais les mains remplies de sang et j’écris les larmes des miens pas pour divertir mais pour avertir, j’ai pas mis la cagoule comme un déguisement d’Arlequin, je me répète marche droit on rigole mais on ne plaisante pas, ou dors avec ton gilet pare-balles, j’ai appris à faire des pâtes à la chauffe à l’huile, quand je mangeais mon plat il avait le goût du pétrole, j’ai explosé tous les radars on m’a flashé tellement mon texte est sombre comme l’enterrement d’un pote, je veux du raliss je veux aussi le mafé de ma daronne, on peut pas tout avoir faut faire un choix, j’ai mis un procureur dans le coffre de ma voiture, dans mes rêves au réveil pieds poings liés accusé d’un crime que je n’avais pas commis, nos daronnes se disent bonjour à dix kilomètres à la ronde mais le cœur y est.

Les CRS m’ont lavé [au] lacrymogène en 1997 donc c’est normal qu’en 1998 que j’ai fait un méchoui au cocktail Molotov quand je les ai revus dans ma cité, j’ai nié les faits dans le doute il m’ont lâché, on a mangé pendant dix ans des grecs-frites au chat sans même [s’en] rendre compte, c’est peut-être pour ça que certains dans des cambriolages ne faisaient aucun bruit en longeant les gouttières, quand tu dormais je comptais mes péchés plié en quatre dans un buisson à l’affût de la moindre recette, on allait en équipe à la mosquée, à peine nos baskets enfilées on sautait le bosquet pour tout niquer, infatigables on se reposera une fois morts se disait-on, dans mon jardin secret j’ai planté tous mes souvenirs, la nostalgie m’a puni car beaucoup manquent à l’appel on est condamné à vivre sans eux.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre en direct sur le compte Facebook dédié.]

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[« Antiterrorisme »] « Contre les euro-anarchistes, contre ceux qui s’organisent conspirativement et internationalement, nous devons nous organiser tout aussi conspirativement et tout aussi internationalement »

« Le secret le mieux gardé de l’affaire de Tarnac »

C’est en février 2011 que parut la première brève sur le sujet : « Ce fut longtemps le secret le mieux gardé de l' »affaire de Tarnac » : un agent britannique, infiltré au coeur des mouvements altermondialistes et environnementalistes européens, a joué un rôle important dans cette enquête » (L’Express). La nouvelle est longtemps restée sans suite, orpheline. Les scandales ne s’importent pas comme n’importe quelle autre marchandise.

Leur naissance doit trop à la conformation morale du pays où ils éclatent. « L’affaire Mark Kennedy », en Angleterre, a nourri les tabloïds et les émissions à sensation pendant des mois. Elle a conduit à la dissolution de l’unité « d’élite » des services secrets pour laquelle il travaillait, au déclenchement d’une kyrielle d’enquêtes sur les méthodes d’infiltration de la police anglaise, à la démission d’un procureur, au non-lieu de toutes les procédures impliquant de près ou de loin Mark Kennedy, et même à l’annulation de jugements déjà rendus.

Mais le fond du scandale était éthique : il tenait à l’incompatibilité du stupre et du lucre avec l’ethos puritain anglais. Peut-on, dans le cadre de son travail d’officier de renseignement, coucher avec des dizaines de charmantes jeunes anarchistes ? Est-il permis de dépenser plus de 2 millions d’euros, sept ans durant, pour financer les soirées techno, les beuveries, les vacances, les montres-espions à 7000 euros d’un James Bond piercé et tatoué de l’anarchie, et tout ça pour un peu d’information sur les activités des écologistes radicaux, des antifascistes, des militants antiglobalisation ? La sensibilité nationale répondait sans hésitation « non » à ces questions superflues. D’où l’ampleur et la durée du scandale. En Allemagne, où l’on est, semble-t-il, d’abord soucieux des procédures et du sol national, l’affaire Mark Kennedy porta plutôt sur la légalité ou non de l’usage d’un agent étranger sur le territoire allemand.

On peut dresser de l’affaire de Tarnac plusieurs généalogies également scandaleuses, et presque également barbouzardes, mais la plus significative politiquement est celle qui part de Mark Kennedy : car c’est elle qui en dit le plus long sur les arcanes de notre temps. Mark Kennedy travaillait officiellement pour la National Public Order Intelligence Unit, un service de renseignement britannique créé en 1999 afin de combattre le retour de la contestation écologiste et antiglobalisation au Royaume-Uni.

Le déploiement massif d’agents infiltrés dans ces mouvements traduit « sur le terrain » le lancement d’une nouvelle doctrine policière qui se nomme en anglais « intelligence-led policing » et en français, sous licence d’importation déposée par Alain Bauer et Xavier Raufer, le « décèlement précoce ». C’est dans les années 2000 que le Royaume-Uni s’attache, au travers de sa présidence de l’Union européenne, à la diffuser et à la faire adopter par ses partenaires européens ; ce en quoi les autorités britanniques ont réussi, comme elles s’en flattent publiquement : car, avec la doctrine, c’est un ensemble de services, de techniques et d’informations qui pourront être échangés et vendus aux partenaires en question.

Des « informations » sorties de l’imagination fertile de Mark Kennedy, par exemple. La nouvelle doctrine dit ceci : l’engagement politique, dès qu’il dépasse le cadre inoffensif de la manifestation ou de l’interpellation des « dirigeants », sort du cadre démocratique pour entrer dans le domaine criminel, dans le « préterrorisme ». Ceux qui sont susceptibles de sortir de ce cadre sont repérables à l’avance. Plutôt que d’attendre qu’ils commettent un crime, comme occuper une centrale à charbon ou bloquer un sommet européen ou un G8, il suffit de les arrêter dès qu’ils en forment le projet, quitte à susciter soi-même le projet.

Les techniques de surveillance humaine comme l’électronique à disposition doivent être suffisamment étendues, sophistiquées et partagées. Et comme ces techniques « préventives » ne sont elles-mêmes guère compatibles avec l’ordre réputé démocratique, il faut s’organiser en marge de celui-ci. C’est d’ailleurs en toute franchise ce que répondit le chef du BKA allemand (équivalent local de la direction centrale du renseignement intérieur, DCRI) lorsqu’une commission d’enquête parlementaire s’avisa de l’interroger sur l’affaire Kennedy : « Contre les euro-anarchistes, contre ceux qui s’organisent conspirativement et internationalement, nous devons nous organiser tout aussi conspirativement et tout aussi internationalement. » « Il faut agir en partisan partout où il y a des partisans », disait Napoléon dans une formule que Carl Schmitt se plaisait tant à citer.

Il ne fait aucun doute que le début des ennuis pour les gens de Tarnac vient d’informations, fabriquées pour certaines, volontairement gonflées pour d’autres, émanant de Mark Kennedy : il fallait bien qu’il justifie son salaire, et ses employeurs, leurs crédits. Des réseaux franco-britanniques de l’ombre auront assuré leur transmission discrète à la DCRI, qui s’est trouvée ainsi piégée, elle, bien plus que ceux de Tarnac. Telle est donc la véritable signification, et le véritable skandalon, de l’affaire de Tarnac. Ce qui se cache sous l’apparence d’un fiasco judiciaire français, c’est la constitution d’une conspiration policière mondiale revendiquée dont Mark Kennedy, officiellement actif dans onze pays, de l’Europe aux États-Unis en passant par l’Islande, n’est à ce jour que le plus fameux pion.

Comme toujours, la prose policière ne contient de vérité qu’à condition de l’inverser terme à terme : lorsque la police dit : « Les euro-anarchistes sont en train de tisser un réseau pré-terroriste européen pour attaquer les institutions », il faut évidemment lire : « Nous, policiers, sommes en train de doubler les institutions par une vaste organisation européenne informelle afin d’attaquer les mouvements qui nous échappent. » Le ministre de l’intérieur, Manuel Valls, a déclaré à Rome que, face aux « processus de radicalisation dans de nombreux pays », il importait d’accentuer la coopération au sein d’Interpol contre les « formes de violence provenant de l’ultra-gauche, de mouvements anarchistes ou d’autonomes ».

Or ce qui se passe en ce moment en Europe, en Espagne, au Portugal, en Grèce, en Italie, au Royaume-Uni, ce n’est pas que surgissent ex nihilo des groupes radicaux venus menacer la quiétude de la « population », mais que les peuples eux-mêmes se radicalisent devant l’évident scandale qu’est l’ordre présent des choses. Le seul tort de ceux qui, comme les gens de Tarnac, sont issus du mouvement antiglobalisation et de la lutte contre la dévastation du monde, c’est d’avoir formé un signe avant-coureur d’une prise de conscience désormais générale.

Au train où vont les choses, il se pourrait bien qu’un jour le refus de l’identification biométrique, aux frontières comme dans la vie, devienne une pratique diffuse. Ce qui constitue la plus lourde menace sur la vie des gens, ce ne sont pas de chimériques « groupes terroristes », mais l’organisation effective de la souveraineté policière à l’échelle mondiale, et ses coups tordus. L’Histoire nous rappelle que les intrigues de l’Okhrana, la police secrète russe, n’ont guère porté bonheur au régime tsariste. « Il n’est pas de force au monde qui puisse endiguer le flot révolutionnaire quand il monte, et toutes les polices du monde, quels que soient leur machiavélisme, leurs sciences et leurs crimes, sont à peu près impuissantes », notait l’écrivain Victor Serge. Il délivrait aussi ce conseil dans Ce que tout révolutionnaire doit savoir sur la répression, 1926 : « Si l’accusation se base sur un faux, ne pas s’en indigner : la laisser plutôt s’enferrer avant de la réduire à néant. »

Giorgio Agamben, philosophe et Yildune Lévy, mise en examen dans l’affaire de Tarnac – LeMonde.fr, 14 novembre 2012

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[Besançon] Grève de la faim en solidarité avec les prisonniers politiques en Turquie

Besançon : Grève de la faim en solidarité avec les prisonniers politiques en Turquie !

Depuis 2 mois, un large mouvement de contestation agite les prisons turques. Des centaines de prisonniers politiques, dont des députés, élus, avocats, journalistes, activistes anti-militaristes et anti-guerres, étudiants, etc… sont en grève de la faim, d’une part pour le droit à l’éducation en langue kurde et le droit d’utiliser celle-ci dans les tribunaux afin de se défendre et, d’autre part, pour la libération de leur leader Apdullah Ocalan qui est emprisonné sur l’île d’Imrali depuis 1999 et qui n’a pas le droit de rencontrer ses avocats. En effet la grande majorité de ces détenus incarcérés depuis 2009 le sont dans le cadre de l’affaire du KCK (l’Union des communautés du Kurdistan).

Le 12 septembre 2012 (date de l’anniversaire du coup d’État en 1980), 64 prisonniers politiques ont entamé la grève de la faim. Le 22 septembre, 88 autres prisonniers les ont rejoint. Le 5 octobre, ce sont 232 prisonniers qui se sont joints à ce mouvement. Le BDP (Parti pour la paix et la démocratie) et la LDH (Ligue des droits de l’homme) essayent de faire l’intermédiaire entre les prisonniers en grève de la faim et le gouvernement, mais celui-ci refuse tout dialogue avec ces derniers. Suite à ce refus d’autres prisonniers politiques ont rejoint la grève de la faim. Ainsi depuis le 5 novembre, ce sont 10.000 prisonniers politiques qui sont associés au mouvement de grève de la faim dans 70 prisons turques, Ensuite 7 députés du BDP les ont rejoint et ils bénéficient d’un soutien massif de la part de nombreuses organisations associatives, politiques et syndicales telles que LDH, les partis de gauche, les groupes libertaires, les syndicats, les figures intellectuelles… D’après la LDH, aujourd’hui la vie de plus de 400 prisonniers est en danger !

Dès lors, s’en suit une forte solidarité en Turquie et dans les villes européennes afin de faire pression sur le gouvernement turc, pour qu’il reconnaisse les revendications des prisonniers politiques pour leurs droits fondamentaux.

C’est pourquoi, nous, la Fédération anarchiste (FA) de Besançon apportons notre soutien à cette lutte par une grève de la faim symbolique de 10 jours afin d’attirer l’attention des citoyens quelque soit leur origine avant qu’il ne soit trop tard.
Nous soutenons donc les revendications des prisonniers politiques en grève de la faim et exigeons non pas seulement la reconnaissance de leurs revendications, mais aussi la libération immédiate de tous les prisonniers politiques, à savoir les députés, maires, journalistes, intellectuels, étudiants, avocats et syndicalistes…
Nous exigeons également l’arrêt immédiat de la guerre et la répression étatique, et de trouver une solution pacifique à la question kurde.

Vous pouvez apporter vos idées, votre soutien physique ou moral, vous informer, débattre et poursuivre, ensemble, cette lutte qui se construit à l’échelle internationale.

Passez à L’Autodidacte où se déroule la grève de la faim à l’adresse suivante :
5 place Marulaz 25000 Besançon
tel : 03 81 82 14 94

Groupe Proudhon, 14 novembre 2012


Besançon : Grève de la faim en solidarité avec les prisonniers politiques de Turquie

Depuis le 5 novembre 2012, 10.000 prisonniers politiques sont en grève de la faim dans 70 prisons turques. Selon la Ligue des Droits de l’Homme, plus de 400 d’entre eux sont en danger de mort. Parmi ces prisonniers politiques, on compte de nombreux syndicalistes, des militants kurdes, des défenseurs des droits humains, des militantes des droits des femmes, etc. qui luttent, comme nous ici, contre l’austérité, les discriminations et la répression.

C’est dans ce contexte que le Premier Ministre Recep Tayib Erdogan relance le débat sur la peine de mort, contexte aussi où le gouvernement AKP renforce la répression contre tous ceux et toutes celles qui luttent contre les attaques anti-ouvrières et liberticides.

Comme dans de nombreuses villes en Europe, des réfugiés de Turquie se sont mis en grève de la faim le 14 novembre à Besançon en solidarité avec les prisonniers politiques et pour populariser cette lutte.

Vous pouvez passer les voir et les soutenir jusqu’au 24 novembre
de 8 heures à 24 heures à la Librairie l’Autodidacte,
5 rue Marulaz à Besançon

Solidarité ouvrière, 14 novembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes/Carhaix] Vinci dégage !

Carhaix. Des slogans anti-aéroport de Notre-Dame des Landes sur l’engin brûlé

Les pompiers de Carhaix sont intervenus cette nuit vers 2 h 30 pour maîtriser un feu.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/11/0117.jpg

Sur la pelleteuse calcinée, des tags : « Vinci dégage, Solidarité Notre-Dame des Landes ».

Il venait de se déclarer dans une pelleteuse sur le chantier de la zone de la Villeneuve sud, actuellement en cours d’aménagement à Kergorvo. La cabine de l’engin, sur lequel avaient été inscrits deux slogans (Vinci dégage, Solidarité Notre-Dame des Landes) a été entièrement détruite. La gendarmerie de Carhaix a ouvert une enquête.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 14 novembre 2012)

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[À propos de l’agression d’un vigile par un groupe de 20 personnes près de la ZAD] L’hypothèse d’une manipulation est pour nous envisageable

Communiqué de presse  des occupant-e-s de la ZAD
À propos de l’agression d’un vigile par un groupe de 20 personnes près de la ZAD

Nous apprenons aujourd’hui par la presse qu’un vigile aurait été agressé dans la nuit du 12 au 13 novembre par un groupe d’une vingtaine de personnes, devant le lieu-dit la Pointe. Parce que ce lieu était récemment encore occupé et qu’il a été muré depuis le début de la vague d’expulsions le mardi 16 octobre, la Préfecture s’est empressée de dénoncer une action des opposants. Elle en a profité pour ressortir son sempirternel discours de dissociation entre opposants historiques et nouveaux venus présumés violents.

Nous voulons rappeler que sur le terrain cette dissociation n’existe pas et que c’est toutes et tous ensemble que nous luttons contre ce projet d’aéroport. Nous voulons également rappeler que jusqu’ici toutes les actions de solidarité effectuées en lien avec la lutte de la ZAD ont été revendiquées. Ça n’a pas été le cas pour l’action de cette nuit. Pour nous il est donc impossible de nous prononcer dessus en l’état.

L’hypothèse d’une manipulation est pour nous envisageable, cette action tombant parfaitement pour détourner l’attention de ce qui reste l’essentiel : la préparation de la manifestation de ré-occupation du 17 novembre, et d’une manière générale l’amplification de la lutte contre le projet d’aéroport.

Vu sur le site internet des occupant-e-s de la ZAD, le 13 novembre 2012


Notre-Dame des Landes : un vigile blessé dans la nuit

INFO LE FIGARO – La victime, prise à partie par une vingtaine d’inconnus dans la nuit de lundi à mardi, a été grièvement brûlée aux mains et aux bras. Sa voiture a été incendiée.

Un vigile a été grièvement blessé dans la nuit de lundi à mardi alors que ce dernier surveillait un ancien squat évacué par décision de la justice sur la commune de Fay de Bretagne (Loire-Atlantique), sur une zone de délaissement où située à proximité de l’endroit où devrait s’installer le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes.

Vers 3h30, l’agent de gardiennage a été pris pour cible par une vingtaine d’inconnus cagoulés et armés de gourdins alors qu’il était posté, au volant de sa voiture, devant une maison récemment évacuée. Les agresseurs ont aspergé son véhicule de produit inflammable. « Ils ont discuté pour savoir s’ils le laissaient dedans avant de finalement le sortir et le rouer de coups », a précisé Michaël Doré, sous-préfet de la région Pays de la Loire. Le vigile est parvenu à s’enfuir, pieds nus, tandis que les inconnus ont incendié son véhicule.

La victime a été blessée aux mains et aux avant-bras et a été admise aux urgences du centre hospitalier de Nantes où elle s’est vue délivrer 5 jours d’ITT.

Les agresseurs ont pris la fuite avant l’arrivée du Peloton de surveillance et d’intervention de la gendarmerie (Psig). L’enquête a été confiée à la Compagnie de Chateaubriand.

750 hectares à bitumer

Le projet de transfert de l’aéroport de Nantes à Notre-Dame-des-Landes est au cœur de vives polémiques et de violentes manifestations.

Environ 500 personnes selon la police, 3.000 à 3.500 selon les organisateurs, se sont encore rassemblées samedi dernier à Rennes contre ce projet porté par le premier ministre Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes, réclamant le maintien des terres agricoles et dénonçant le bétonnage et un « projet obsolète ».

Le projet va couvrir « 1.650 hectares, avec une surface à bitumer de 750 hectares dans un premier temps », a assuré un organisateur. Situé à 30 km au nord de Nantes, le projet a été confié au groupe Vinci, qui chiffre son coût à 560 millions d’euros.

Gendarmes blessés en novembre

« En lançant les opérations d’expulsion des occupants de la zone, de destruction de leurs habitats et de leurs biens, Jean-Marc Ayrault, ancien maire de Nantes et actuel premier ministre, a choisi de mettre la force publique au service d’intérêts privés », avait fait valoir samedi Jean-Luc Mélenchon, coprésident du Parti de Gauche, dans un communiqué.

Dès le 7 novembre dernier, six gendarmes ont été blessés sur le site dans des heurts avec des opposants au projet, selon un bilan de la préfecture de Loire-Atlantique. Les forces de l’ordre, qui intervenaient pour libérer une route des barricades qui y avaient été érigées, ont été attaquées par une « quarantaine d’assaillants particulièrement résolus ». Ils utilisaient « des bouteilles incendiaires, des frondes et des projectiles métalliques ».

Publié par le barbouze de service (Christophe Cornevin, LeFigaro.fr, 13 novembre 2012 à 10h48, mis à jour à 16h07)


Christophe Cornevin : « fabricant d’épouvantails » (c’est Schneidermann qu’il le dit et c’est Libé qui publie, c’est dire si c’est vrai… lol !!),  lanceur d’alerte à Malibulldozer…

Marrant, le gus a pondu un bouquin sur les indics. La vidéo de présentation par notre « grand reporter au Figaro » ici :

Christophe Cornevin, auteur de « Les Indics ».

Troublant, il semble être spécialisé sur la nébuleuse-mouvance-anarcho-autonome-d’ultra-gauche-gnagnagna :

Christophe Cornevin, fidèle lèche-cul de la droite régimaire ;

Fabrication d’épouvantails, mode d’emploi.

Comme quoi, il sait de quoi il parle…

Mais le clampin a plus d’une corde à son arc et il est finalement spécialisé en tout. Et ce « tout » comprend :

• la violence « ethnique » des « gangs africains » ;

l’islamisme rampant qui va jusqu’à menacer les taules françaises.

Bref, c’est une ceinture noire du journalisme d’investigation sérieux.

Infozone, 14 novembre 2012


Selon d’autres journalistes du Figaro qui n’étaient pas d’accord avec l’article, la police a appelé toutes les rédactions le matin pour leur demander de faire un article sur ce sujet et aurait rappelé plusieurs fois dans la journée pour mettre à jour les infos (qui allaient en s’empirant évidemment).

Infozone, 14 novembre 2012


À propos de l’agression du vigile de Vinci près de Notre-Dame-des-Landes

TA lacheté, M’sieur l’préfet…

Faut bien dire qu’on a été surpris d’apprendre cette histoire d’agression de vigile dans la nuit du 12 au 13 novembre sur la commune de Fay-de-Bretagne.

Sur place, on en avait pas trop entendu parler avant que ça ne sorte dans la presse. Mais en même temps comme il y a certaines informations qu’on sait bien qu’il faut pas savoir, y’a des choses qu’on parle pas. Discrétion de base. Mais sûr que ça fait que du coup, on sait jamais trop…

En attendant, on a quand même bien rit (pas mal jaune verdâtre quand même) quand on a lu le foin que la préfecture faisait autour.

D’abord d’entendre le préfet parler de « lacheté », parce qu’on groupe d’une vingtaine de personnes aurait agressé un vigile.

Parce qu’au fond, si on parle de lacheté, lacher 1200 gendarmes sur quoi, 200 personnes, j’ai du mal à voire en quoi c’est différent. D’accord, ça fait 1 contre 20 dans un cas, et 1 contre 6 dans l’autre. Mais on va pas faire une guerre des chiffres, rendu à ce point là… D’autant que tes robocops, m’sieur l’préfet, sont quand même pas mal plus équipés.

Et si on veut parler de lacheté, on peut aussi mentionner qu’AGO, Vinci donc, montre pas beaucoup de courage à payer un type pour protéger seul une maison en plein pendant l’opération César… Des promoteurs qui se cachent derrière un type qui doit passer la nuit tout seul dans une voiture, pour bouffer… C’est bien représentatif de l’idée que Vinci et consorts se font de la division des tâches entre eux et les pauvres. Nous, on s’remplit les poches, toi, tu prends les risques.

Puis quand même, faut bien dire que la façon dont cette histoire est racontée dans la presse titille un peu. Y’a des trucs un peu too much, M’sieur l’préfet, dans ton histoire. On sent quand même que t’as mis le paquet pour décrire des sauvages sanguinaires. Ça marche pas vraiment, tu vois bien, mais au moins tes potes de la presse ils t’ont bien relayé.

Des sauvageries pareilles ! On se demande encore comment ça se fait que ce vigile qui a failli se faire cramer, il sorte rapido de l’hosto sans fracture ni rien, juste quelques bleus sur les bras. À peine une semaine d’ITT, pour un acte qui avait pourtant l’air d’être sacrément barbare (on imagine encore les couteaux entre les dents), quelle chance il a eu !

Mais peut-être c’est comme tes gardes mobiles, qui se blessent eux-mêmes. Comme ton pro de la grimpe qui fait le pitre sur une plateforme et se vautre parce qu’il a coupé la branche où il était assis. Ou encore ceux qui se blessent entre eux parce qu’il y en a un qui a raté son lancer de grenades, qui du coup atterrit dans les pattes de ses collègues, pendant la première vague.

En vrai, pour des terroristes-ultra-blabla aussi dangereux que tu dis, 11 ou 12 gendarmes blessés (dont presque la moitié tous seuls), y’a un truc qui fait bizarre, tu trouves pas ?

Mais on sait depuis Villier, que vous aimez bien mettre en scène vos blessés, quitte à en rajouter un peu.

Pas de bol, cette fois tout le monde sait qui utilise la force, et qui se défend dans cette histoire. Pas facile la vie.

Alors quand tu parles de lacheté, M’sieur l’préfet, regardes un peu dans la glace d’abord, avec tes copains. J’sais bien que vous avez les poches bien remplies, j’imagines que ça sert pour pas trop voir ton vrai visage de mort dans le reflet… Mais combien de temps ça va durer, tu crois ?

Indymedia Nantes, 14 novembre 2012

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[Vie pratique / Scolarité] Le livre qui remplace tous ceux du Programme

Comment tricher aux examens

Un enseignant publie une étude sur la fraude chez les étudiants. Une anthologie d’initiatives farfelues et d’idées ingénieuses. À (ne pas) suivre !

Soyons honnêtes. Qui n’a pas glissé un jour dans sa trousse un petit bout de papier sur lequel étaient griffonnées, façon patte de mouche, des formules de maths ou les déclinaisons de latin afin « d’éviter de les oublier » — ou même de les apprendre ? Qui n’a pas tenté d’écrire au Bic sous la semelle de sa chaussure les dates de son cours d’histoire pour faire « comme dans les films » ? Qui n’a tout simplement pas tenté de jeter un coup d’œil sur la copie de son voisin pendant un contrôle ? Force est de constater que tout collégien, lycéen ou étudiant qui se respecte peut confesser avoir mal agi et triché, ne serait-ce qu’une fois dans sa longue carrière d’élève.

Certains sont sans aucun doute passés maîtres en la matière, consacrant souvent plus de temps à concevoir leur stratagème qu’il en serait nécessaire au simple apprentissage de leur leçon. D’autres, moins habiles, se sont cassé le nez, oubliant qu’un surveillant sait débusquer une « antisèche » dans une trousse, que le professeur peut s’apercevoir que deux copies sont étrangement truffées des mêmes erreurs, ou même que l’encre s’efface sous la semelle lorsqu’on marche sous la pluie.

Une anthologie d’initiatives farfelues

François Guénard, professeur de mathématiques à l’université d’Orsay, a également été examinateur pour de multiples épreuves à l’université, en classes préparatoires ou encore à la prestigieuse École centrale. La triche, ça le connaît. Il est même passé maître en la matière : depuis 2000, Guénard a établi une liste des méthodes invraisemblables imaginées par les élèves en décortiquant des extraits du Bulletin officiel de l’Éducation nationale, des rapports des inspections générales, ou tout simplement en s’appuyant sur les témoignages de professeurs et d’étudiants. Puis il a relevé les risques encourus et les sanctions qui ont été réellement appliquées, et les a réunis dans La Fabrique des tricheurs [La Fabrique des tricheurs, François Guénard, éditions Jean-Claude Gawsewitch, 300 pages, 19,90 euros]. Pétri de bonne volonté, François Guénard ne s’est pas arrêté là et propose également des solutions pour pallier ces nouvelles formes de triche, sous-titrant son ouvrage de la précision suivante : « La fraude aux examens expliquée au ministre, aux parents et aux professeurs. » Une bien belle intention, en vérité.

Mais à lire cette anthologie d’initiatives farfelues, d’idées ingénieuses et de méthodes inventives, il y a fort à parier que si ce livre tombait dans les mains d’élèves peu scrupuleux, les cancres en feraient « bon » usage. L’auteur commence par recenser les fraudes mises en place avant l’examen : le piratage électronique du sujet, via un courriel contenant le sujet ou l’interception d’un fichier dans l’ordinateur de l’enseignant, semble un grand classique. Plus original, cet ingénieux procédé mis en place par les élèves d’une classe préparatoire qui ont rempli un dossier de handicap pour cause de dyslexie en vue d’obtenir un tiers-temps supplémentaire aux épreuves écrites d’admissibilité dans de grandes écoles de commerce. Malins, ces futurs hommes d’affaires.

La fraude après l’épreuve

Manifestement plus attirés par le langage informatique que par la loyauté, des étudiants ont également été prêts à pirater les ordinateurs de leur université pour rehausser leurs notes directement dans la base des données administratives ou, plus osé encore, à falsifier des dossiers d’inscription et des pièces justificatives, et même à usurper directement un diplôme. D’autres privilégient encore des méthodes à l’ancienne.

Ainsi, outre les pressions et les intimidations sur les examinateurs et les correcteurs, les étudiants sont les rois de la contestation. Du sujet d’abord (« ne correspond pas au programme » et consorts), des conditions d’examen ensuite (la salle était trop froide, ou trop bruyante à cause de travaux devant l’établissement, il était « impossible de se concentrer »), voire de la notation à proprement parler. L’une des méthodes les plus fréquemment utilisées consiste justement à demander la consultation de la copie de l’examen et d’y glisser discrètement un intercalaire supplémentaire à l’insu du surveillant. Et l’élève de s’insurger : « Mais comment diable est-il possible que cette copie n’ait pas été intégralement corrigée ! » Voilà qui devrait en effet considérablement améliorer la note.

Mais dans l’impressionnant florilège des méthodes recensées dans ce livre, les techniques de triche les plus saugrenues sont sans aucun doute celles imaginées pour frauder pendant l’épreuve. Et rien n’arrête les contrevenants.

Tricher pendant l’examen

Un exemple est particulièrement édifiant. Alors que des jumeaux étaient accusés de s’être communiqué les réponses pendant une épreuve à laquelle ils se présentaient tous les deux, l’un des frères n’a pas hésité à « justifier la grande similarité des deux compositions en déclarant qu’il lui arrivait souvent de rédiger ou de dire exactement la même chose que son frère, qu’ils soient ensemble ou séparés, pour la simple et bonne raison qu’ils étaient jumeaux homozygotes« , écrit François Guénard, en s’appuyant sur le BO n° 37 du 14 octobre 2010. Bien leur en a pris : cela a fonctionné à merveille et, dans le doute, les étudiants ont été relaxés.

Plus technique, la récupération des réponses grâce à des calculatrices communiquant par infrarouge est devenue un mode courant d’échange de solutions — ou même plus simplement de consultation de données préalablement enregistrées dans l’appareil. Les étudiants jouent avec les règles et s’en affranchissent : certes, les documents sont interdits pendant l’épreuve, mais les calculatrices sont, elles, bien souvent autorisées, et il n’est jamais précisé que leur mémoire doit être effacée. De toute façon, lesdites mémoires sont du ressort de la vie privée, et nul n’a ainsi le droit de les consulter…, pas même l’organisateur de l’épreuve.

Les étudiants peuvent également communiquer avec l’extérieur — anciens élèves, professeurs particuliers, parents — ou même se connecter à Internet. Pour être relié au monde extérieur, un simple téléphone portable glissé dans la poche suffit — la fouille est bien entendu interdite. Pour éviter les éventuels détecteurs électroniques installés dans certains centres d’examens, reste à allumer le mobile dans le calme des toilettes, par exemple. Pour certains examens comme le baccalauréat, les solutions de l’épreuve sont mises en ligne sur Internet quelques minutes seulement après le début de l’examen. Le candidat est, lui, autorisé à entrer dans la salle d’examen une heure après le début de l’épreuve, pour peu qu’il présente une justification valable. Rien de plus simple que de se concentrer sur les réponses avant de se retrouver face à sa copie.

Un jeu dangereux

Nombreux sont les sites internet regorgeant d’idées — gratuites ou payantes — pour tricher sans se faire attraper. Mais les nouvelles technologies n’ont pas l’apanage de la réussite : certaines méthodes plus archaïques semblent toujours faire des merveilles. Substituer un candidat à un autre, bien sûr, ou encore la « duplication de copies ». Pour cette dernière technique, le candidat meuble sa copie pour faire oublier qu’il n’a pas su répondre à l’ensemble des questions qui lui étaient posées. D’aucuns n’hésitent pas à rédiger un même exercice deux fois, mais sous une forme différente, en misant sur la distraction du correcteur — « le professeur relit tellement de copies, il ne va pas s’apercevoir de la supercherie » — ou sur sa bienveillance — « il va se dire que je me suis trompé à cause du stress, et va m’accorder quelques points supplémentaires ». Dur à croire, mais cela fonctionne bel et bien.

La lecture de ce véritable manuel de la triche donnerait presque envie de se faire des frissons et de tenter l’expérience. Mais le jeu en vaut-il vraiment la chandelle ? À toutes fins utiles, François Guénard rappelle tout de même pour chaque cas étudié que la triche est gravement punie si elle est découverte. À bon entendeur…

Publié par des tricheurs professionnels (Louise Cuneo, LePoint.fr, 13 novembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Jura] Contre l’Ayrauport, venez nombreux le 16 novembre à 11h à Lons

Pour marquer son opposition au projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et apporter son soutien aux opposants qui luttent sur place, la Confédération paysanne organise un rassemblement ce vendredi 16 novembre à 11h00, rue Pasteur devant le cinéma à Lons-le-Saunier.

Venez nombreux et plus encore !!

Confédération paysanne de Franche-Comté, 14 novembre 2012

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[14-N] « Incidents isolés »

Manifs anti-austérité : des blessés en Espagne et en Italie

Des heurts opposent les manifestants aux forces de l’ordre à Madrid, mais aussi à Milan et Turin.

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Heurts entre policiers et manifestants, le 14 novembre à Madrid, Espagne.

La police a dispersé à coups de matraque et en tirant en l’air des balles en caoutchouc des manifestants qui s’étaient rassemblés dans le centre de Madrid mercredi lors de la journée de grève générale contre l’austérité, mercredi 14 novembre.

Ces affrontements ont éclaté lorsque des centaines de manifestants se sont heurtés à un cordon de policiers anti-émeutes qui leur bloquait l’accès à la place de Cibeles, en plein centre de la capitale espagnole.

Très vite, d’autres manifestants déjà présents sur la place sont venus encercler les policiers qui ont chargé et tiré en l’air des balles en caoutchouc pour se dégager, avant de disperser les manifestants à coups de matraque dans les rues alentour.

Depuis le début de la matinée, des groupes de centaines de manifestants faisaient face aux forces de l’ordre dans le centre de Madrid quadrillé par un imposant dispositif de policiers casqués, où de nombreuses boutiques avaient baissé le rideau.

Heurts

Des heurts de moindre ampleur avaient éclaté lors d’une première tentative de dispersion sur la Gran Via, une grande avenue centrale de la ville.

Les manifestants s’étaient alors dispersés, se regroupant à plusieurs reprises à quelques centaines de mètres de distance.

Selon le ministère de l’Intérieur, des « incidents isolés » sont survenus depuis mercredi matin dans plusieurs villes d’Espagne, faisant 34 blessés dont 18 policiers, tandis que 82 personnes ont été interpellées.

Deux manifestations étaient convoquées à Madrid en fin de journée, l’une par les syndicats et l’autre par la mouvance des indignés, témoin de l’exaspération face à la pauvreté grandissante, aux expulsions de propriétaires surendettés, aux milliards d’euros engloutis dans l’aide aux banques.

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Marée humaine contre l’austérité ce soir dans les rues de Madrid

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À Barcelone

Une grève de quatre heures et des manifestations se déroulaient également mercredi dans toute l’Italie à l’appel de la principale confédération syndicale, la CGIL (gauche), dans le cadre de la journée européenne contre l’austérité, marquée par des heurts à Milan et Turin.

Dans ces deux villes du nord du pays, des milliers de personnes ont pris part à des manifestations et cortèges, selon des sources syndicales.

Un policier a été grièvement blessé à Turin et cinq autres plus légèrement à Milan dans des heurts en marge des manifestations. Les affrontements les plus sérieux ont eu lieu à Turin, devant le siège du département, où des autonomes ont roué de coups un policier, brisant son casque et lui cassant un bras.

Le groupe d’autonomes a ensuite fait irruption au siège du département où les manifestants ont hissé le drapeau des militants anti-TAV, le TGV Lyon-Turin.

Jet de pierres

À Milan, les affrontements se sont produits surtout dans la zone de la gare de Porta Genova où des étudiants ont lancé des pierres et bouteilles sur les forces de l’ordre qui tentaient de les en déloger.

À Naples, quelques 300 étudiants ont occupé provisoirement plusieurs quais de la gare centrale et fait exploser des pétards et brûler des fumigènes, en criant : « occupons la ville », « ne touchez pas à notre avenir ».

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À Rome, un millier de personnes ont pris part à un cortège qui a traversé des rues du centre-ville et doit terminer son parcours sur une petite place. Un petit groupe d’étudiants a tenté de briser le cordon de police en lançant des pierres pour rejoindre le siège du gouvernement.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (tempsreel.nouvelobs.com avec l’Agence Faut Payer, 14 novembre 2012)


Affrontements entre manifestants et policiers à Madrid

Des incidents ont éclaté mercredi à Madrid sous haute protection policière, lorsque les forces de l’ordre ont tenté de disperser à coups de matraque des centaines de manifestants, lors de la grève générale en Espagne contre l’austérité.

Depuis le début de la matinée, des groupes faisaient face aux forces de l’ordre dans le centre de Madrid quadrillé par un imposant dispositif de policiers anti-émeutes, casqués, où de nombreuses boutiques avaient baissé le rideau.

En milieu de journée, des affrontements ont éclaté lorsque des centaines de manifestants se sont heurtés à un cordon de policiers qui leur bloquait l’accès à la place de Cibeles, en plein centre de la capitale espagnole.

Très vite, d’autres manifestants déjà sur la place sont venus encercler les policiers qui ont chargé et tiré en l’air des balles en caoutchouc pour se dégager, avant de disperser les manifestants à coups de matraque dans les rues alentour.

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Des heurts de moindre ampleur avaient éclaté plus tôt, lors d’une première tentative de dispersion sur la Gran Via, une grande avenue voisine.

Les manifestants s’étaient alors dispersés, se regroupant à plusieurs reprises à quelques centaines de mètres de distance.

Abus de pouvoir, criaient-ils, agitant les drapeaux rouges des syndicats CCOO et UGT, autour d’une grande banderole portant le slogan de cette journée : Ils nous privent de notre avenir, il y a des coupables, il y a des solutions.

Cette grève va servir à quelque chose. Nous sommes dans une situation qui ne nous laisse pas le choix, assurait Eduardo Ovalle, étudiant en lettres de 21 ans. Mes professeurs nous ont prévenus qu’aucun de nous ne trouvera de travail. On nous oblige à quitter l’Espagne.

Grève, grève, grève, criaient un peu plus loin les manifestants, face aux policiers qui les repoussaient une nouvelle fois, sans heurts, pour débloquer la rue. Ou encore : Plus d’éducation, moins de police.

Sur la Puerta del Sol, une grande place touristique et commerçante du centre de Madrid, des jeunes encagoulés baissaient le rideau de fer d’un magasin de souvenirs et de tabac, le forçant à fermer comme la plupart des autres commerces aux alentours.

Aujourd’hui, on ne consomme pas. Aujourd’hui, on ne travaille pas, criaient-ils.

Selon le ministère de l’Intérieur, des incidents isolés sont survenus depuis mercredi matin dans plusieurs villes d’Espagne, faisant 34 blessés dont 18 policiers, tandis que 82 personnes ont été interpellées.

Deux manifestations étaient convoquées à Madrid en fin de journée, l’une par les syndicats et l’autre par la mouvance des indignés, témoin de l’exaspération face à la pauvreté grandissante, aux expulsions de propriétaires surendettés, aux milliards d’euros engloutis dans l’aide aux banques.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 14 novembre 2012)


La police charge les manifestants à Lisbonne devant le parlement

La police portugaise a chargé mercredi soir des protestataires, rassemblés devant le parlement à l’issue d’une manifestation organisée dans le cadre d’une grève générale contre les mesures d’austérité du gouvernement.

Les forces de l’ordre ont repoussé les protestataires à coups de matraque après avoir été pendant plus d’une heure la cible de jets de pierres et d’ordures.

Les protestataires s’étaient regroupés devant le parlement à l’issue d’une manifestation, rassemblant dans la capitale plusieurs milliers de personnes.

Auparavant quelques échauffourées avaient eu lieu devant le parlement quand des manifestants avaient renversé des barrières de protection et lancé des pierres et des objets divers contre les policiers qui avaient répliqué par quelques coups de matraque.

Cinq manifestants atteints par les jets des autres protestataires ont été légèrement blessés et l’un d’entre eux à du être hospitalisé, a indiqué un porte parole de la police.

Des rassemblements ont également eu lieu dans une quarantaine de villes du pays, notamment à Porto, la grande ville du nord, où environ 2.000 personnes ont manifesté.

Les manifestations ont constitué le point fort de la grève générale qui a particulièrement perturbé les transports et les services publics.

Convoquée par la CGTP, cette grève générale, la deuxième depuis mars, s’est inscrite dans le cadre des mouvements de protestation observés dans d’autres pays d’Europe, chez le voisin espagnol en particulier.

Le secrétaire général de la CGTP, Armenio Carlos a estimé que cette grève avait été une des plus grandes jamais réalisées au Portugal. Cest la grève générale de lindignation !, a-t-il lancé.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 14 novembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] Communiqué de l’assemblée d’organisation de la manifestation du 17 novembre

Sur la manifestation de réoccupation du 17 novembre
Communiqué de l’assemblée d’organisation de la manifestation du 17 novembre

14 novembre 2012

Objectifs de la manifestation

Malgré la destruction des maisons et cabanes, les attaques policières, ont été loin d’affaiblir le mouvement. Depuis quelques semaines la Préfecture et certains dirigeants politiques multiplient les tentatives de division et de stigmatisation. Néanmoins la résistance sur le terrain a permis de rallier largement autour d’une opposition radicale au projet d’aéroport. Au-delà de la ZAD, la lutte prend une ampleur nationale et atteint un tournant avec, en quelques semaines, la constitution d’une trentaine de nouveaux comités locaux contre l’aéroport. Des actions et manifestations de soutien ont été organisées de manière quotidienne un peu partout en France.

Malgré la mobilisation de centaines de policiers pendant trois semaines, ils n’ont pas réussi à vider la zone menacée. Le 17, nous voulons marquer plus fortement encore qu’on ne leur laissera pas le terrain. Le 17 nous nous retrouverons pour construire ensemble et rapidement, un espace d’organisation et de lutte. Nous voulons faire de ces nouvelles bâtisses collectives un carrefour pour les opposant.e.s, un point de départ pour de nouvelles occupations, une antenne pour organiser la résistance aux travaux à venir.

Le 17 novembre, il ne s’agira pas d’une simple manifestation mais d’une action collective qui s’inscrit dans une temporalité plus longue. Nous invitons tous les participants qui le peuvent à rester pour le week-end et même au-delà, ainsi qu’à revenir régulièrement dans les semaines à venir.

Précisions sur le déroulement et l’état d’esprit de la manifestation

L’objectif premier de la journée du 17 novembre est bel et bien d’aller reconstruire, et non pas de s’affronter avec la police. À ce titre, tout un chacun, quel que soit son âge et sa mobilité est invité à venir participer à cette grande manifestation populaire. Nous sommes confiant quant au fait d’arriver à notre objectif. Au vu de la mobilisation massive autour de cette manifestation et de notre détermination, nous estimons qu’il commettraient une erreur regrettable en essayant de nous en empêcher. Le Préfet lui-même a récemment indiqué que les forces de l’ordre ne pouvaient contrôler réellement ces 2000 hectares de bocage !

Qui organise cette manifestation ?

L’appel à réoccuper en cas d’expulsion avait été lancé il y a plus d’un an par des occupant-e-s- et collectifs solidaires au niveau national. La manifestation du 17 novembre est organisée par une assemblée générale qui s’est constituée il y a trois semaines dans la foulée de la première vaque d’expulsion. L’assemblée d’organisation réunit à Nantes plus de 200 personnes toutes les semaines. Elle fédère, sur une base d’organisation horizontale, des habitant-e-s et paysans et des personnes de divers horizons, affilié ou non à des collectifs, associations, comité locaux, syndicats… Contrairement à ce qui est dit dans un certain nombre de grands médias, il ne s’agit donc pas d’une manifestation organisée par EE-LV…

L’aéroport ne se fera pas.
Ils veulent vider la ZAD, on reste…

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[Copwatch] « On est en France ici, arrête de me casser les couilles avec tes droits, il n’y a aucun témoin ! Cherche pas ! »

Ça continue
Témoin de violences policières, il en devient victime

Des cris, des coups. Une interpellation policière « musclée » dans le métro parisien. Un photographe qui tente de prendre des images de la scène. Et se retrouve menacé, insulté, saisi violemment par les forces de l’ordre. Bilan : 3 jours d’interruption de travail. Au commissariat, les policiers tentent de le dissuader de porter plainte. Dans la France d’après Sarkozy, mettra-t-on fin un jour à l’augmentation des violences policières ?

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Photo : © Maonghe Mbaitjongue [Première interpellation qui a provoqué les événements relatés]

Maonghe Mbaitjongue est photographe professionnel. À 0h50, dans la nuit du 8 au 9 novembre, il se presse à la gare de Chatelet-Les-Halles pour ne pas rater le dernier RER B qui doit le ramener chez lui, à Cachan. Au détour d’un couloir, il entend des cris. « Je n’ai eu qu’un réflexe de citoyen : si j’entends des cris, je me dirige vers là d’où ils viennent, pour apporter assistance à une personne éventuellement en danger », explique-t-il. Il est alors témoin d’une interpellation extrêmement violente : un homme, entouré de plus d’une vingtaine de policiers et d’agents du Groupement de protection et de sécurisation des réseaux (GPSR), l’organe de sécurité de la RATP, est projeté au sol et reçoit plusieurs coups.

« On est en France ici, arrête de me casser les couilles avec tes droits »

M. Mbaitjongue cherche à prendre une photo de la scène. Un des agents se rend compte de sa présence : les policiers exigent de voir les photos prises. Calmement, le photographe refuse, arguant que rien ne l’oblige à le faire et qu’il n’a enfreint aucune loi. Les agents lui demandent de fournir une pièce d’identité, il tend son passeport français. De nouveau, on lui ordonne de montrer les photos contenues dans son appareil. Refus ferme et répété du jeune homme.

C’est alors que la violence des forces de l’ordre se déchaîne. Brutalement, plusieurs agents se ruent sur le photographe, le saisissent par ses habits, lui attrapent les bras. Tous essayent de lui prendre violemment son appareil photo des mains. Les menaces et les insultes fusent. « Si on t’emmène en garde à vue, ça ne sera pas gratuit. Et je ne te parle pas d’argent ! », lance un des policiers. Maonghe Mbaitjongue rétorque qu’il a des droits et s’entend dire par l’un des policiers qui vient de menacer de casser son appareil : « On est en France ici, arrête de me casser les couilles avec tes droits, il n’y a aucun témoin ! Cherche pas ! »

Augmentation des violences policières

M. Mbaitjongue affirme avoir été violemment saisi à la gorge par l’un des agents de police, pour lui faire lâcher son appareil. Le lendemain, un médecin lui prescrira trois jours d’Interruption temporaire de travail (ITT). Un des fonctionnaires de police finit par s’emparer de l’appareil photo et le manipule avec brutalité, mais ne réussit pas à le rallumer. Après discussion, les agents finissent par laisser partir M. Mbaitjongue.

De tels actes sont contraires à la loi et au Code de déontologie de la police [Qui dispose en son article 10 que « toute personne appréhendée est placée sous la responsabilité et la protection de la police ; elle ne doit subir, de la part des fonctionnaires de police ou de tiers, aucune violence ni aucun traitement inhumain ou dégradant »]. Depuis des années des collectifs de citoyens – À toutes Les Victimes, Vies Volées, Stop Le Contrôle Au Faciès… – ainsi que des organisations de défense des Droits humains (Ligue des Droits de l’Homme, Amnesty International, Human Rights Watch) dénoncent la persistance, voire l’augmentation des violences policières, notamment lors des contrôles d’identité. Ce qui se traduit entre autres par une augmentation constante de la saisie de la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) et de l’autorité qui lui a succédé, le Défenseur des Droits. Entre 2010 et 2011, le nombre de dossiers reçus est passé de 185 à 363. Soit une augmentation de plus 96%.

Plus de cinq heures pour enregistrer une plainte

Des policiers ne peuvent s’opposer à ce qu’on les photographie ou à ce qu’on les filme, lorsqu’ils exercent une mission. Ils ne peuvent pas interpeller pour ce motif une personne effectuant un enregistrement de leur image, lui retirer son matériel ou détruire l’enregistrement ou son support. Les textes juridiques [Ces éléments ont été rappelés par une note de service du 7 avril 2008 du directeur de la police urbaine de proximité de la Préfecture de police ainsi que par une circulaire du 23 décembre 2008 du ministre de l’Intérieur] prévoient quelques exceptions à ces interdictions, pour des raisons de sécurité ou dans le but de maintenir des personnes à distance d’une action présentant des risques pour leur intégrité physique. Ce qui ne semble pas être le cas ici.

Profondément choqué, M. Mbaitjongue a décidé de porter plainte pour « violences volontaires aggravées et dégradation volontaire ». Au commissariat de Cachan, le 10 novembre, la fonctionnaire de police qui le reçoit avec son avocat, Maître Hosni Maati, tente de le dissuader de porter plainte dans ce commissariat, « pour ne pas mettre en difficulté le fonctionnaire qui enregistrerait la plainte contre des collègues ». Un comportement condamné par la CNDS : « La Commission relève, pour la dixième année consécutive, des refus d’enregistrer des plaintes de la part de fonctionnaires de police ou de militaires de la gendarmerie contre des membres des corps auxquels ils appartiennent. (…) Certains policiers ont fait part de leurs difficultés pour enregistrer ce type de plainte, arguant qu’ils ne souhaitaient pas être impliqués dans des affaires mettant en cause leurs collègues. » [Source : Rapport 2010 de la CNDS] Ces pratiques sont bien sûr contraires à la loi. Ce n’est que sur l’insistance de son avocat que M. Mbaitjongue sera finalement entendu. L’enregistrement de sa plainte aura duré plus de cinq heures.

Eros Sana – Basta !, 14 novembre 2012

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[España en el corazón] Desalojos son disturbios

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Kop – Desalojos son disturbios

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[Barcelone à la veille de la grève générale du 14 novembre] La maison Poulaga travaille

Afin d’éviter la répétition des émeutes violentes perpétrées par une minorité lors de la dernière grève générale, l’Unité de médiation de la police catalane a mené une centaine d’entretiens avec quelque 40 entités qui peuvent être liées à la grève ou être affectées par elle. Les réunions se sont multipliées dans les dernières 48 heures.

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Cette série de négociations avec les Mossos a impliqué des représentants des syndicats CNT [voir plus bas (NdJL)] et CGT, en plus des centrales syndicales UGT et CCOO. C’est notamment à l’occasion d’une manifestation appelée par la CGT que s’étaient produits les troubles les plus graves, le 29 mars dernier. Le but est non seulement de réduire le climat de tension, mais aussi d’avoir des interlocuteurs responsables afin d’isoler les éléments violents susceptibles de passer à l’acte. Enfin, les Mossos ont également rencontré des représentants du patronat catalan.

L’Unité de médiation a été créée en mars dernier afin de nouer le contact avec tous les groupes et organisations qui pourraient être impliqués dans un conflit.

Traduit de l’espagnol par nos soins


Con la intención de evitar que vuelvan a producirse los violentos disturbios que una minoría provocó la última huelga general, la Unidad de Mediación de los Mossos d’Esquadra ha llevado a cabo un centenar de entrevistas con unas 40 entidades que pueden estar vinculadas con la huelga o verse afectadas por la misma. Los encuentros se han acelerado en las últimas 48 horas.

En esa ronda de contactos, destacan los encuentros que los Mossos han mantenido, además de con las centrales sindicales UGT y CCOO, con representantes de los sindicatos CNT y CGT. En la manifestación de esta última central sindical fue donde se produjeron los más graves disturbios el 29 de marzo. La intención es, no solo rebajar el clima de tensión, sino tener personas de referencia con quien contactar para poder aislar a los violentos en caso de que estos actúen. Además, los mossos también se han reunido con representantes del empresariado catalán.

La Unidad de Mediación fue creada el pasado mes de marzo para establecer contactos con todas aquellas entidades y organizaciones que puedan verse implicadas en un conflicto.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Antonio Baquero, ElPeriodico.com, 12 novembre 2012)


La CNT de Barcelone n’a pas rencontré la police

La CNT de Barcelone dément l’information publiée dans le Journal de Catalogne selon laquelle notre syndicat aurait rencontré la police catalane
Suite à l’article publié par le Journal de la Catalogne affirmant que notre syndicat aurait participé à une réunion avec l’Unité de médiation de la police autonome, nous voulons d’abord faire part de notre surprise, puisque jamais un membre de l’unité de police en question n’a rencontré notre syndicat. Enfin, il est à remarquer que ces allégations paraissent dans les médias la veille de la grève générale et que ce journal n’a pas pris soin de s’enquérir de notre version de l’affaire, à la différence d’autres médias.

Traduit par nos soins


La CNT de Barcelona, desmenteix la notícia publicada a El Periódico de Catalunya sobre una reunió entre el nostre sindicat i els Mossos d’Esquadra
Davant la noticia publicada per part del Periódico de Catalunya on s’afirma que el nostre sindicat ha tingut una reunió amb la Unitat de Mediació dels Mossos d’Esquadra, voldríem destacar primer de tot la sorpresa, ja que per la nostra banda en ningún moment cap membre del citat Cos Policial, s’ha reunit amb el nostre sindicat. Destacar també que és bastant sospitós que la notícia aparegui en premsa just un dia abans de la Vaga General i que parallelament no se’ns hagi preguntat per part de l’esmentat diari sobre la nostra versió dels fets, a diferència del que si han fet altres mitjans de comunicació.

CNT de Barcelone, 13 novembre 2012

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Paroles de retenus depuis la prison pour étrangers de Vincennes (janvier-octobre 2012)

Suite à la manifestation du 14 janvier 2012 devant le CRA (Centre de Rétention Administrative) de Vincennes, nous avons décidé d’appeler aux cabines publiques à l’intérieur du centre. Il nous semblait important d’avoir le ressenti des retenus par rapport à la manif’, savoir ce qui c’était passé à l’intérieur à ce moment-là. Nous avons par la suite entretenu un contact régulier avec des retenus pendant plusieurs mois. Cette pratique nous est en effet apparue comme essentielle dans le cadre d’une lutte contre les centres de rétention, au-delà d’un simple retour sur une manifestation.

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Être régulièrement en contact avec les retenus permet tout d’abord de faire sortir leur parole de ces lieux d’enfermement, sans la médiation des associations qui collaborent à l’intérieur ou de celle des flics. Quand ils en connaissent l’existence, la plupart des gens ne veulent pas entendre ce que sont vraiment les CRA : des prisons où les sans-papiers sont enfermés avec l’expulsion comme perspective de sortie. Relayer la parole des retenus est un moyen d’estomper le flou entretenu autour de ces lieux et d’être au courant des luttes à l’intérieur, nous laissant la possibilité de les soutenir.

Le contact avec les retenus nous permet de plus de les informer des luttes à l’extérieur, ainsi que de celles dans les autres CRA. C’est donc une source de motivation réciproque, qui brise le mur entre l’intérieur et l’extérieur et permet de se sentir moins isolés, dedans comme dehors.

Enfin, ces conversations régulières et les récits qui en ressortent nourrissent tout simplement notre critique de l’enfermement, des frontières, et du système qui va avec.

Nos appels se sont cependant peu à peu espacés dans le temps, alors que nos luttes extérieures s’essoufflaient. Selon nous, le contact avec les enfermés et la diffusion de leur parole ne se suffisent pas à eux-mêmes. Il est nécessaire que cette pratique soit liée à nos initiatives personnelles pour entretenir une dynamique, l’un et l’autre se répondant et l’un n’allant pas sans l’autre.

La perspective d’une manifestation annoncée le 16 novembre devant le CRA de Vincennes nous a remotivés à appeler régulièrement. C’est pourquoi les témoignages retranscrits ici se séparent en deux périodes, une qui s’étend de janvier à avril 2012, et une composée de témoignages de septembre et octobre 2012.

Liberté pour toutes et tous, avec ou sans papiers !

N.B. : Ces témoignages sont le résultat d’une sélection correspondant à ce que nous souhaitions transmettre de nos échanges. Ils ne représentent évidemment pas l’intégralité des conversations que nous avons pu avoir avec des retenus pendant ces quelques mois.

Infokiosques

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[Houyet, Belgique] Comment accommoder le policier

Des policiers victimes d’un lancé de télévision à Houyet

Trois individus ont lancé samedi soir un téléviseur sur des policiers venus les interpeller après une bagarre dans un café à Houyet, a indiqué le parquet de Dinant. Deux policiers ont été blessés.

Les trois auteurs se trouvaient précédemment dans un café de Houyet où ils se sont battus avec un client. Ils sont ensuite retournés au domicile de l’un d’eux, un appartement situé non loin du café. À l’arrivée des policiers, les trois individus ont provoqué les forces de l’ordre depuis la fenêtre de l’appartement. « Ils leur ont dit de venir les chercher. Quand les policiers se sont engagés dans la cage d’escalier, relativement étroite, pour les interpeller, l’un des trois individus a lancé une télévision. Deux policiers ont été blessés. L’un a notamment du être recousu », a précisé le parquet de Dinant. Ils ont tous les trois été interpellés et déférés devant le juge d’instruction de Dinant ce dimanche après-midi.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Belga, 11 novembre 2012)

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