[Révolution tunisienne] Sit-ins dans le bassin minier de Gafsa : Des groupes de jeunes, agissant manifestement d’une manière coordonnée, bloquent depuis mardi l’extraction, la production et le transport du minerai à Métlaoui, Moularès, Rédayef, Kef Eddour, Kef Chefayer et, depuis ce mercredi matin, M’Dhilla

La Compagnie des phospates de Gafsa de nouveau paralysée par des sit in

À peine sortie de presque trois semaines de fortes perturbations de la production sur fond de mouvements sociaux dans les principaux centres d’extraction, la Compagnie des phosphates de Gafsa est de nouveau paralysée. Des groupes de jeunes, agissant manifestement d’une manière coordonnée, bloquent depuis mardi l’extraction, la production et le transport du minerai à Métlaoui, Moularès, Rédayef, Kef Eddour, Kef Chefayer et, depuis ce mercredi matin, M’Dhilla. Les carrières, les ateliers, les parcs de matériels et les voies de chemin de fer sont tous occupés par des cohortes de demandeurs d’emploi et des salariés des « sociétés de l’environnement » réclamant leur intégration au sein de la Compagnie mère.

Principal pôle industriel de la région et du pays, la CPG venait de consentir un effort « historique » qui avait consisté à recruter des milliers d’agents de maîtrise parmi les jeunes demandeurs d’emplois des divers centres de production du bassin phosphatier. Sans réussir, apparemment, à briser le cercle vicieux de la contestation sociale et des sit in à répétition.

La compagnie qui, couplée au Groupe chimique tunisien (GCT), l’un des tout premiers employeurs et pourvoyeurs en devises du pays n’a produit, au cours des 10 premiers mois de 2012, que 2,2 millions de tonnes de phosphate marchand, soit moins du tiers de non niveau de production habituel. Plus aucun wagon de minerai n’arrive ni au terminal d’exportation de Sfax ni, surtout, au pôle chimique de Gabès. Ce dernier sera bientôt à l’arrêt après avoir épuisé son stock de réserve. Même pour le marché local, cette situation pose de gros problèmes d’approvisionnement des agriculteurs en engrais phosphatés et azotés, en pleine campagne de semailles…

Un énorme gâchis qui complique la situation de ce qu’aucuns considéraient comme le plus beau fleuron de l’industrie tunisienne. La CPG n’a même pas eu le temps de digérer la rétrogradation de la perspective de ses notes à long termes par « Fitch ratings », pas plus tard que le 6 de ce mois…

Publié par des ennemis de la révolution (Leaders.com.tn, novembre 2012)

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