[Tunisie] Retour des sit-in de chômeurs à Gafsa et Gabès

Des jeunes chômeurs ont repris, depuis samedi soir, à Gabès, un sit-in à l’entrée des usines d’Acide Phosphorique et celle de DAP (Di-ammonium phosphate), relevant du Groupe Chimique Tunisien (GCT).

Ces jeunes chômeurs ont contraint, à une heure tardive de la nuit du samedi, les employés travaillant dans ces deux unités de production industrielle, à quitter leurs postes de travail, ce qui a arrêté net les préparatifs pour relancer le processus de production.

Ils ont expliqué à la TAP, le retour au sit-in par « le durcissement de la position de la direction générale du GCT. Aucune solution qui réponde à nos aspirations en matière d’emploi, n’a été trouvée avec elle. »

Plusieurs sit-inneurs réclament la proclamation des résultats du concours organisé par le GCT pour le recrutement de 650 agents et techniciens, tandis que plusieurs autres demandent une intégration au sein de la société, tout en refusant les critères adoptés pour l’organisation du concours.

Les employés des usines du GCT avaient rejoint leurs postes, le 27 décembre 2010, après la levée du sit-in observé, par un groupe de jeunes chômeurs, depuis plus d’un mois, au niveau des entrées de ces usines.

Le Groupe Chimique qui a subi de grandes pertes à cause de l’interruption, depuis plusieurs mois, de sa production due à la multiplication des mouvements de protestation, a été contraint d’importer, récemment 30 mille tonnes d’engrais azotés (Ammonitrate).

Une source de la direction régionale du GCT à Gabès, avait annoncé que durant les prochains jours, « 20 mille tonnes additionnelles d’ammonitrate seront importées, moyennant une enveloppe de 8 millions de dinars, un montant qui vient s’ajouter aux grandes pertes enregistrées, ces derniers mois, par le Groupe ».

Leur presse (La Pravda de Tunisie, 2 janvier 2012)

Les sit-in à Gafsa et à Gabès ont repris, selon la TAP. La trêve n’a duré que quelques jours.

En effet, un groupe de jeunes sit-inneurs à Menzel Bouzayane dans le gouvernorat de Sidi Bouzid ont installé, dimanche 1er janvier 2012, des tentes à la gare de la région et sur les rails de chemin de fer, bloquant ainsi le passage des trains de transport du phosphate acheminé du bassin minier vers Sfax. Ils ont, également, barré le passage à environ 40 camions de transport du phosphate.

Les jeunes sit-inneurs revendiquent notamment leur droit à l’emploi et l’accélération du dédommagement des martyrs et des blessés de la révolution ainsi que les personnes dont les locaux et les biens ont été gravement affectés pendant les événements du 14 janvier.

Notons que les protestataires ont permis uniquement le passage des trains de voyageurs. (…)

Leur presse (Business News, 2 janvier 2012)

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[Vive le van, Vive le van, Vive le vandalisme] Deux églises visées en Suisse alémanique

Des lieux de culte pris pour cible

Deux lieux de culte ont été pris pour cible par des vandales en fin d’année en Appenzell-Rhodes Extérieures et en Argovie.

Le premier cas de vandalisme est survenu dans la nuit de jeudi à vendredi à l’Église de Wolfhalden (AR), le second durant la nuit du Nouvel An à Aarau (AG).

Un ou des inconnus ont lancé des pierres contre les fenêtres et les stores de la Communauté chrétienne libre d’Aarau le premier jour de l’An. Les faits sont survenus vers 03h30 alors que la communauté fêtait encore la nouvelle année, a précisé lundi la police cantonale argovienne. Les dégâts se comptent en milliers de francs. Les vandales ont pu prendre la fuite malgré l’intervention rapide de la police. Un appel à témoins a été lancé.

Pour sa part, l’Église de Wolfhalden (AR) a été prise pour cible par des vandales durant la nuit de jeudi à vendredi. Ils ont lancé des pierres et des cailloux contre la façade, avant de prendre le bouchon d’une fontaine pour percer un gros trou dans un vitrail. Les dégâts se comptent en dizaines de milliers de francs, a précisé samedi la police cantonale d’Appenzell-Rhodes Extérieures.

Leur presse (ap), 2 janvier 2012.

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Telecomix crée la mémoire vive des révolutions

Au Chaos Computer Congress, en ce moment à Berlin, le collectif de hackers Telecomix a annoncé la poursuite des opérations en direction de la Syrie. Un portail vidéo et des connexions sécurisées viendront épauler les révolutionnaires.

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Les observateurs de la Ligue arabe n’ont rien vu à Homs, épicentre la contestation en Syrie. C’est du moins ce que critiquent la France et des organisations de défense des droits humains. Arrivés lundi pour rendre compte de la situation sur place, ils ne sont restés que quelques heures à Homs pendant la journée de mercredi, la plupart du temps sous les yeux et l’encadrement attentifs de responsables syriens.

Bientôt, les internautes pourraient devenir des observateurs, grâce à un portail de vidéos créé par le collectif de hackers, Telecomix. Le groupe d’hacktivistes a déjà à son actif un coup de main à la révolution tunisienne et le rétablissement des communications et d’Internet en Égypte au plus fort de la répression. À Berlin pour le 28e Chaos Computer Congress [Suivre le hashtag #28C3 sur Twitter], qui rassemble bidouilleurs et autres experts en sécurité informatique, plusieurs hacktivistes du collectif ont annoncé la création du portail. Parmi eux, le jeune blondinet KheOps, qui n’hésite pas à parler à visage découvert sur les télévisions françaises :

« Maintenant, on essaie de regrouper les vidéos qui sortent en les classant par lieu et date, de manière à ce que des journalistes fassent du recoupement pour savoir ce qu’il s’est passé dans la même ville sur plusieurs semaines, mois… »

L’idée est de recréer une mémoire vidéo de cette révolution syrienne, mémoire déjà développée en anglais et en arabe, via un site de news from the ground mis à jour en temps réel par des agents Telecomix et des Syriens qui participent au projet. KheOps est l’un des fondateurs de l’opération Syria. OpSyria, qui dure à présent depuis plus de six mois, est loin de s’enfoncer dans un rythme de routine : « Même si on a moins fait de choses spectaculaires, maintenant, il faut entretenir et créer de nouvelles choses techniques en permanence. »

Court-circuiter les espions

Des innovations qui permettent aux Syriens, chaque jour, de se connecter de manière plus sécurisée, comme l’explique KheOps :

« Par exemple avec le point de sortie VPN. Il s’agit d’avoir un serveur avec une connexion correcte situé dans un pays qui ne soit pas la Syrie ou un pays ami de la Syrie, de sorte que les espions syriens n’y aient pas accès. »

Grâce à ce travail quotidien, les utilisateurs syriens peuvent se connecter sur ce serveur, ce qui lui permet ensuite d’utiliser Internet sans que les services de sécurité ne s’en aperçoivent.

Quelques semaines après le début de la révolution syrienne, les hackers de Telecomix avaient choisi de détourner les réseaux locaux pour permettre aux Syriens de faire sortir des images et des informations du pays, mais aussi d’apprendre quelques règles simples de sécurité et d’anonymat sur Internet. L’énorme prouesse technique permet aujourd’hui à des hacktivistes syriens de contourner la censure.

Infrastructure technologique

Okhin, un des Français de l’opération rappelle que les moyens du collectifs restent limités et qu’en aucun cas, ils ne remplacent les révolutionnaires :

« On essaie de trouver de nouvelles façons d’aider les Syriens, de trouver de nouvelles façons de récupérer des nouvelles sur le terrain, on essaie de faire tout ce qu’on fait jusqu’à présent. On a eu juste à fournir une infrastructure technologique. »

Kazakhstan, Russie, Cuba, les dictatures et les projets ne manquent pas : « On est volontaires, on fait ça sur notre temps libre, on ne peut pas sauver le monde » précise Okhin. Et de rappeler la conférence de la veille : « J’ai appris qu’en Turquie, ils commencent à s’organiser eux-mêmes, pas forcément à demander l’aide de Telecomix, mis à part un soutien technique. Pour changer les choses, ils doivent développer leurs propres clusters [Un cluster est un regroupement de plusieurs serveurs aussi appelé grappe de serveurs]. »

Le collectif Telecomix regroupe des hacktivistes de différentes nationalités qui vivent parfois sur des fuseaux horaires totalement différents. C’est le cas de l’imposant Américain qui se fait appeler Punkbob. Il commence de son côté, avec d’autres, à travailler sur le Kazakhstan :

« L’Internet n’y est pas libre, ils ne peuvent pas se connecter aux sites qu’ils veulent. On a aussi un regard sur la Russie… »

Julie Gommes – OWNI, 30 décembre 2011.

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[Hambourg] Rassemblement, peinture et feux d’artifice contre la taule

Hambourg : action contre la taule

Le 30 décembre, un groupe s’est rassemblé, rapidement mais de façon bien visible et audible, devant la prison et centre d’expulsion de Holstenglacis, à Hambourg. Une banderole en allemand avec « Liberté pour tous – Contre tous les murs » a été déployée, et des phrases contre toutes les prisons et pour saluer les prisonniers ont été gueulées au mégaphone.

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En même temps, un paquet de feux d’artifice ont explosé, tandis que l’entrée, sa guérite et un mirador ont reçu de la peinture. Lorsque les keufs sont arrivés, le groupe s’est dispersé sans encombre. Le soir même, la police effectuait nombre de contrôles au hasard autour de la zone.

Bienvenue aux manifestations anticarcérales du Nouvel An de Berlin, Brême, Cologne, Stuttgart et de partout dans le monde !

Pour un monde sans oppression ni exploitation !

Traduit de l’allemand (Indy.de, 31 décembre 2011) par les Brèves du désordre.

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[Australie] Manifestation de solidarité devant le centre de rétention de Villawood

À minuit, alors que 2011 se transformait en 2012, un groupe d’anarchistes a tenu une petite manifestation bruyante devant le centre de rétention pour immigré-e-s de Villawood, avec feux d’artifice, tambours, chants, slogans et une banderole sur laquelle était écrit « Plus d’otage aux mains de l’État – Feu aux prisons ». Les gens à l’intérieur nous ont entendu et ont répondu par des gestes en criant « Liberté » [Freedom]. Avoir pu communiquer avec des gens, au-delà de ces frontières, même si ce n’était qu’un geste modeste, c’était pour nous une belle manière de commencer cette nouvelle année.

Nous avons organisé cette petite manifestation pour montrer notre solidarité avec les gens enfermés, qui ont résisté à leur emprisonnement en défonçant leurs cages en 2011 de Christmas Island [autre centre de rétention australien] à Villawood. Une année de plus en Australie, où la ferveur nationaliste concernant la protection des frontières signifiait des centaines de morts, de nombreuses personnes expulsées et des milliers de personnes enfermées dans des centres de rétention.

Nous sommes aussi allé-e-s à Villawood avec l’idée de participer à la tradition mondiale des manifs du Jour de l’An contre les prisons, en solidarité avec quiconque résiste à l’intérieur et à l’extérieur de toutes les cages.

La passion pour la liberté est plus forte que leurs prisons.

Traduit de l’anglais (Indymedia-Australie), 1er janvier 2012.

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[Vive la belle] CIE de Turin, Nouvel An

Évasion de minuit (le Jour de l’An)

Après l’évasion de Noël, les contrôles et la surveillance ont été augmentés au Centre ; quelques jours avant le 31, pendant l’une des nombreuses perquisitions dans les quartiers, une scie à métaux a été découverte, signe pour le moins évident qu’une évasion était en préparation. Ne voulant pas faire tâche auprès de leurs supérieurs, les hommes de la Préfecture avaient cette fois mis en place un joli plan pour prévenir mutineries et évasions. Un quart d’heure avant minuit, la moitié à peu près des carabiniers sont entrés dans le centre et une trentaine d’hommes en tenue anti-émeute se sont positionnées à l’extérieur des quartiers avec l’objectif clair d’effrayer et de décourager les détenus.

Pour capturer à temps d’éventuels évadés, plusieurs voitures et flics en civils surveillaient les possibles voies d’évasion autour du centre. Mais tous les détenus ne sont pas privés d’audace, en particulier ceux de la zone bleue qui ont décidé de le prouver malgré tout : ils sont sortis du quartier en forçant les portes et ont directement entamé la bataille. D’un côté les CRS ont lancé des lacrymogènes et commencé à tabasser ceux qui leur tombaient sous la main, de l’autre les détenus lançant des morceaux de ciments et de mur, préparés les jours précédents, en dégradant le quartier de rétention. En quelques minutes, les renforts arrivent pour calmer la révolte, d’autres dizaines de CRS sont évidemment déjà prêts dans la caserne voisine. Dans la confusion, 6 détenus réussirent à escalader le mur : un est arrêté par une voiture de flics en civil et mis en détention, accusé de résistance et et de violences avec blessure. Les cinq autres sont libres, et les civils ne les ont probablement pas vus s’échapper. Et même si ce n’est pas l’évasion de masse que les détenus avaient préparés, c’est sans aucun doute une bonne manière d’entamer l’année 2012.

Dans l’attente de plus de détails, la version officielle de la Préfecture qui parle de seulement 4 évadés, rapidement reprise par plusieurs quotidiens online.

Traduit de l’italien (Macerie)


« Nouvelle évasion du Centre de Rétention : 4 immigrés s’échappent. »

Une vingtaine d’immigrés, après avoir lancés des objets contre le personnel, ont cherché à s’enfuir : quatre immigrés ont franchi la clôture. Un cinquième a été rattrapé peu après.

Une vingtaine d’immigrés retenus au CRA de Turin ont tenté de fuir peu après le douzième coup de minuit, et quatre ont réussi à franchir la clôture et à disparaître.

Une cinquième, aspirant fugitif, un Sénégalais de 28 ans, a été attrapé dans la rue Lancia, une rue adjacente, et a été arrêté : un agent a été engagé dans un corps-à-corps où il a été légèrement blessé, mordu au bras. La tentative d’évasion a été précédée par un important lancer d’objets contre le personnel en exercice et les forces de police qui s’occupaient de la surveillance. Tous ces événements se sont déroulés dans la « zone bleue » du complexe.

Mordu au bras et jeté à terre, le conducteur de la voiture qui avait rejoint le Sénégalais rue Lancia, s’est vu attribuer cinq jours d’ITT par les premiers secours de l’hôpital Martini.

Au cours des interventions, un officier de la police a été également légèrement blessé.

Avant cette « évasion du Jour de l’An », il y a eu au CRA de Turin l’« évasion de Noël » : le soir du 25 décembre une vingtaine d’immigrés ont réussi à quitter la structure.

Traduit de l’italien (leur presse – La Repubblica)

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Feux d’artifices anti-carcéraux devant la prison de Bordeaux-Gradignan

Le 1er janvier 2012 à Gradignan.

Communiqué de presse :

Nous allons vous raconter une petite histoire.
Hier soir, à minuit, alors que Monsieur Audouart, directeur du centre pénitentiaire de Bordeaux-Gradignan bouffait grassement sa dinde et ses petits fours en compagnie de ses convives. Et que ses maton.ne.s perché.e.s dans leur miradors se pintant la gueule et fumant le Hasch et le sub’ chouravés à nos camarades embastillé.e.s.
Les quelques 800 taulard.e.s entassé.e.s dans la prison se contentaient de maigres produits cantinés grâce au racket organisé par G.E.P.S.A. (filiale de SUEZ…) en attendant machinalement et sans espoir la nouvelle année 2012.
Et nous, comme on n’en a rien à carrer du nouvel an et de toute cette société de merde, on a décidé de faire un modeste spectacle pour nos pote.sse.s.
1 minute 20 et 90 coups de feux d’artifice pour venir éclairer la misère dans laquelle l’État laisse moisir et crever ceulles qu’il considère indésirables. Et bien nous en sommes !

Pas de bonne année, tant qu’il y aura des prisons ! Bloquons et détruisons toutes les machines à enfermer !
En solidarité avec nos camarades en prison ! Ce n’est qu’un début…

Signé la propagande par la fête.

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[Azawad] La lutte et l’espérance sont les fleurs du destin des peuples opprimés

Le régime en place instrumentalise la misère sociale et répand partout l’horreur meurtrière dans l’Azawad. À écouter le ministre malien de l’Administration à la cérémonie de remise de trophée à la presse écrite et orale, le vendredi 30 décembre 2011, Monsieur Kafougouna Koné avance, je cite :

« Il suffit d’aimer son pays et d’être discipliné pour le développer. » Il continue ainsi en donneur de leçon que le développement est à la portée de tous les Maliens. Ce régime oublie déjà que durant ces dix ans de règne le Mali n’a gagné qu’en misère : école malade, niveau de vie de plus en plus bas, détournement de fonds public comme le cas du Fonds Mondial contre le Sida… et l’Azawad laissé à la merci du trafic international de tout ordre.

Il existe derrière la façade du pouvoir institutionnalisé, des clans de responsables qui tirent un profit odieux des fonds mondiaux, des massacres, et qui ne sont pas mécontents de les voir se poursuivre, quand ils n’en sont pas les complices.

La prise de conscience de cette réalité a amené nombre d’intellectuels et de jeunes de l’Azawad à condamner, avec raison la violence et ses auteurs. Condamner la violence (répressions des années 1990), déplorer les morts (assassinats collectifs à Gao-Léré-Ber entre 1994-1996), mais la lassitude de l’horreur gagne du terrain et l’on s’installe désormais dans une sorte d’attentisme passif « jusqu’à [ce que] cela s’arrête » par crainte, à son retour, [que le système] instrumentalise tel ou tel groupe, comme par le passé.

L’Azawad est déchiré, et nous sommes des spectateurs muselés devant le drame de l’inhumanité. La complexité a produit une étrange simplification de la réalité et les analyses les plus réductrices rivalisent de profondeur (pour qui [a] lu la presse malienne à travers  www.maliweb.net).

Le peuple de l’Azawad ne peut s’épanouir par des mesures répressives et des châtiments, mais [par] l’engagement de chacun à établir l’état de droit, le respect de la volonté populaire et une législation juste garantissant l’égalité des genres, des pauvres et des riches devant la loi. Faute d’une démocratie réelle, tous les projets de développement se sont soldés par l’échec. Ici c’est le règne du soupçon caractérisé, entretenu jour après jour par la phobie sécuritaire. Tout se passe comme si l’on ne traitait pas avec des citoyens, mais de potentiels suspects menaçant l’équilibre de la nation. Ceux revendiquant plus de justice sociale se voient associés aux dossiers politiques les plus nébuleux : la confiance ici, est considérée comme de la naïveté.

À conclure la stratégie de gouvernance « démocratique » (qui n’est que mise en scène) du Mali durant ces vingt dernières années, les Azawadis ne sont pas des citoyens dans l’État, mais plutôt des loups dans la bergerie.

Combien d’accords et d’engagements internationaux signés à travers le monde, sans être honorés (des accords de Tamanrasset en 1991 en passant par le Pacte National en 1992, et les accords d’Alger en 2006) ?

À cela s’ajoutent les plus beaux discours sur l’intégration, le respect de la diversité culturelle. Toutes ces mises en scène n’ont rien changé [à] la réalité du quotidien des Azawadis. Avec ces derniers le dialogue est une sommation… l’habilité consiste à soigner les formes. Incroyable, et insidieuse efficacité d’une entreprise qui aliène notre volonté et nous trompe sur notre personne.

Le constat est clair : nous croyons aujourd’hui, le risque de ne plus nous appartenir.

Quand l’avoir l’emporte tellement sur l’être, qu’il semble être devenu la seule condition du bien-être,
Quand  la vitesse de l’information est plus importante que son analyse,
Quand l’image l’emporte sur le verbe,
Quand enfin le progrès devient pour lui-même, la justification de son bien fondé… alors il devient difficile de façonner son esprit, de déterminer ses repères, de masquer ses limites.

Khoumeidy Ag Acharatmane
du Mouvement National de Libération de l’Azawad, 1er janvier 2012.

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[Bruxelles] Joyeux bordel et meilleurs feux !

Ce soir du 31 décembre, quelques individus ont bombés de peinture les façades des prisons de Forest et Saint-Gilles. Ils y ont écrit leur rage contre tout ce qui ressemble à une prison et leur solidarité avec les inculpés de Labège en France — accusés d’avoir attaqué une prison pour enfants à l’aide d’excréments. Ce 31 décembre 2011, à travers le monde, des dizaines de rassemblements et d’actions ont eu lieu contre les prisons et en solidarité avec les prisonniers.

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Ni réveillon, ni maton n’arrêteront les rébellions !
Solidarité avec les inculpés de Labège et avec tous ceux qui résistent !
Liberté pour tous les prisonniers !

-A-

Indymedia Bruxelles, 1er janvier 2012.

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[Congo Kinshasa] Tentative d’évasion à la prison de Bukavu

Tentative d’évasion : 9 morts et près de 50 blessés dans la prison de Bukavu

Huit personnes ont trouvé la mort et quarante sept autres grièvement blessées  dans  la  prison centrale de Bukavu lors d’une tentative d’évasion, ce dimanche 1er janvier vers  9 heures (locales). Le calme a été rétabli sur place.

Tous les morts étaient des détenus, dont cinq militaires et trois civils, ont précisé des  sources  concordantes  sur  place. Les blessés ont été évacués vers des installations  sanitaires par le Comité international de la croix rouge (CICR) et la croix Rouge/Bukavu.

Des détenus auraient engagé la bagarre avec les  gardiens avec  l’intention de s’évader. La bagarre a dégénérée par  la  suite.  Des  coup de  feu  ont  retenti et des éclatements de grenades  dans l’enceinte même de la prison pendant un vingtaine des minutes, selon les mêmes sources.

Les autorités  policières  et administratives n’ont pas été joignables pour  des  précisions  sur  cet incident.

Cette tentative d’évasion est intervenue seulement un jour après que trois détenus militaires ont réussi à s’évader de la même maison carcérale, samedi 31 décembre vers 13  heures, habillés en soutanes. Un avis de recherche a été  lancé contre eux par  la division provinciale de la Justice.

Les évasions massives, devenues récurrentes dans les établissements pénitenciers de la RDC, se terminent généralement par mort d’homme. Selon des sources pénitentiaires, elles sont principalement causées par les conditions de détention précaires et le délabrement des infrastructures.

Leur presse (Radio Okapi), 1er janvier 2012.


RDC : 8 morts et 44 blessés dans une tentative d’évasion de prison

Huit personnes sont mortes et 44 ont été blessées dimanche matin au cours d’une tentative d’évasion de la prison centrale de Bukavu, dans l’est de la République démocratique du Congo, a-t-on appris de source policière.

« Un prévenu colonel a remis une grenade à un prévenu civil et lui a dit de la jeter devant le portail de la prison pour créer une panique générale et faciliter une évasion », a déclaré à l’AFP le général Gaston Luzembo, commissaire provincial de la police du Sud-Kivu, dont Bukavu est la capitale.

« N’étant pas un militaire, le civil a dégoupillé la grenade, l’a gardée et elle a explosé entre ses mains. Il y a eu 8 morts : 4 civils et 4 militaires. Il y a aussi eu 44 blessés, dont 32 civils. Les autres sont des militaires », a ajouté ce responsable, qui s’est rendu sur le terrain.

En RDC, les évasions et les tentatives d’évasions sont très fréquentes. En septembre, un « commando » a attaqué une prison près de Lubumbashi, dans le sud-est du pays, et près de 1.000 détenus s’étaient enfuis.

Les centres pénitentiaires, datant de l’époque coloniale belge, sont particulièrement vétustes et surpeuplés. Les prisonniers vivent dans des conditions d’hygiène désastreuses, exposés à de nombreuses maladies, à la déshydratation et à la malnutrition, voire à la famine.

Leur presse (Agence Faut Payer), 1er janvier 2012.


Mbuji-Mayi : 9 morts dans la prison centrale de Mwene-Ditu

La prison centrale de Mwene-Ditu, à plus de 120 km de Mbuji-Mayi, a enregistré neuf morts au cours du mois de décembre 2011, ont indiqué les services pénitenciers locaux, vendredi 30 décembre. Le manque de nourriture et des médicaments sont à la base des décès des pensionnaires de cette maison carcérale.

La prison de Mwene-Ditu connaît une rupture de stock des vivres depuis deux mois. Autres malheurs qui frappent les prisonniers sont les maladies telles que la gale, la dysenterie et la pneumonie, a déclaré le directeur de cette prison.

Le  dispensaire, construit par la Monusco cette année, manque de produits pharmaceutiques.

Le ministre provincial de Justice promet de trouver une solution dans un bref délai. « Le gouvernement provincial envisage d’envoyer une délégation sur place la semaine prochaine pour trouver des solutions », a-t-il indiqué, soulignant que son collègue de la Santé serait de la partie « pour des dispositions sanitaires ».

Mais en attendant, les instructions ont été données au médecin directeur de l’hôpital général de référence de Tshiamala pour le suivi  médical des pensionnaires de cette prison, a-t-il poursuivi, sans autres précisions.

La  prison centrale de Mwene-Ditu regorge  90 personnes, dont 28 condamnées.

Leur presse (Radio Okapi), 31 décembre 2011.

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[Madagascar] Évasion à la prison de Morombe

Madagascar : évasion de 16 détenus d’une prison au sud

Seize prisonniers se sont échappés jeudi de la prison de Morombe située au sud de Madagascar, a rapporté vendredi le journal Midi Madagasikara.

Selon le journal, l’évasion a eu lieu vers 10h00 (07:00 GMT), quand les seize prisonniers ont forcé le portail de la prison pour s’échapper.

Une fois alertées, les forces de l’ordre à Morombe, dont des éléments de la gendarmerie et des pénitentiaires, ont effectué la poursuite mais n’ont pu rattraper que l’un des évadés jusqu’à maintenant.

Outre l’insuffisance des personnels du monde carcéral à Madagascar, la vétusté des prisons de la grande île ainsi que la relation intime entre les agents pénitentiaires et les prisonniers facilitent l’évasion des détenus dans le pays, a dit un agent pénitencier retraité, qui a demandé son anonymat.

Selon les statistiques de l’administration pénitentiaire, environ 17.500 détenus sont sécurisés par 1306 agents pénitentiaires dans les 82 prisons dans toute la grande île.

Ces prisons construites pendant l’époque coloniale à partir de 1896 à 1960 n’ont pas été renouvelées et ont été prévues pour seulement 10.229 prisonniers.

Leur presse (Xinhua), 30 décembre 2011.

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[Crève la taule !] EPM d’Orvault, près de Nantes, 31 décembre 2011

Pour celles et ceux dont la nouvelle année commence en taule

À Orvault, entre la zone commerciale, la zone pavillonaire et la 4 voies, un panneau « Zone d’activité » mène à une impasse. Au fond de celle-ci se cache l’établissement pénitentier pour mineurs flambant neuf, bagne pour enfants modernisé.

Dans la nuit du 31 décembre 2011, des feux d’artifice ont été lancés depuis l’arrière du bâtiment. Immédiatement, des cris venant de l’intérieur répondaient aux pétards et au gros son craché par nos enceintes.

Alors que la police était venue rétablir l’ordre, nous avons mis fin au spectacle son et lumières. Nous repartons tiraillés entre la joie suscitée par les cris et la tristesse de voir ce mur toujours debout.

À Nantes, comme ailleurs, des groupes s’organisent pour lutter contre la prison. À Toulouse, suite à une action contre les locaux de la protection judiciaire de la jeunesse le 5 juillet, une vague de perquisitions a entraînée des arrestations. Six personnes font l’objet de poursuites judiciaires et quatre d’entre elles sont toujours en détention préventive.

Illes auront beau enfermer celles et ceux qui luttent, multiplier les constructions de murs (prisons, centres de rétention pour étrangers, hôpitaux psychiatriques…), resserrer le quadrillage policier et juridique, illes ne nous soumettrons pas.

La peur de l’enfermement est nécessaire au maintien de l’ordre capitaliste, à la construction de citoyens dociles. Il y a les murs en béton armé, et d’autres, invisibles, diffus, inculqués.

Feu à toutes les cages !

Face à cette société carcérale, vive les évasions, les mutineries, la révolte.

Dans, contre, en dehors des murs ; cette année pas de bonne résolutions, plutôt une bonne révolution.

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[Genève] Hourra pour les mutins de Champ-Dollon !

Champ-Dollon fait face aux mutins

L’année 2011 a été marquée par une recrudescence de rébellions à la prison de Champ-Dollon. Après quelques épisodes violents successifs, à la fin de 2010 (gardiens blessés et mordus lors de rixes), l’année 2011 a connu les mêmes tensions. « Ça tiendra jusqu’à ce que ça implose », lâche Éric Schmid, président du syndicat des gardiens de prison. Sans vouloir être alarmiste, celui qui arpente les couloirs de la prison préventive depuis treize ans dresse un constat sévère : « On est dans une marmite qui va exploser. Quand ? Demain, dans deux ans… Nous sommes tous conscients de cette réalité. »

Incendies de cellules

Les hostilités démarrent le 24 janvier déjà lorsqu’un détenu boute le feu à sa cellule. Devenu tristement classique, l’événement ne fait pas de blessé, mais mobilise un nombre important d’employés. « À chaque alarme de ce type, les forces sont multipliées dans le secteur et ce sont les autres détenus qui en font les frais, déplore le syndicaliste. La tension est toujours très forte pour nous, mais les équipes sont bien préparées et comme ce sont souvent des cas isolés, les choses rentrent rapidement dans l’ordre.

La pression descend un peu dès la fin de janvier avec une chute du nombre de détenus, passant de plus de 600 parfois en 2010 à une moyenne de 480 ce printemps. « Cette baisse était liée à l’entrée en force du nouveau Code de procédure pénale, explique le gardien. Les petits délinquants n’étaient plus systématiquement envoyés derrière les barreaux. »

En juillet, l’ouverture de 100 places dans une nouvelle annexe a aussi soulagé le personnel. « On a eu jusqu’à 91 détenus dormant sur des matelas au sol. Imaginez les tensions dans des cellules prévues pour une personne où trois détenus s’entassaient. » Mais la nouvelle répartition des prévenus ne résout pas les problèmes de surpopulation. Aujourd’hui, la prison compte plus de 580 pensionnaires pour 370 places officielles. « On a toujours trop de monde dans un même périmètre carcéral. Le vrai problème est là. Au-delà de la surpopulation carcérale, on n’a plus la place pour augmenter le personnel. »

60 détenus se rebellent

Le 17 août, un nouveau feu de cellule ravive les hostilités. Cinq employés de la prison sont hospitalisés pour une intoxication à la fumée. L’auteur de l’incendie de matelas est mis en cellule forte. Deux jours plus tard, une mutinerie éclate. Vingt-cinq détenus refusent de regagner leur cellule et réclament la libération de plusieurs instigateurs de troubles, enfermés aux cachots. « Les bagarres entre détenus sont quasi quotidiennes. Les agressions verbales envers le personnel aussi, regrette le syndicaliste. Des sanctions sont prises régulièrement à leur encontre. Mais il y a ceux qui en tirent les conséquences et changent de comportement et une partie de nos pensionnaires qui se fichent éperdument de toutes les règles et n’ont aucun respect ni pour leurs codétenus, ni pour nous. » La mutinerie se termine sans heurts et sans concession.

Le 12 septembre, une nouvelle cellule s’embrase, mais le personnel maîtrise l’individu et le feu très rapidement, sans conséquence. La rébellion du 31 octobre, en revanche, prend de l’ampleur. Soixante détenus des ateliers refusent de regagner leurs cellules dans l’aile est. « Ils étaient heureusement plutôt calmes, mais intransigeants sur leurs revendications. » Cause de leur courroux ? Le nouveau bâtiment carcéral, trop moderne, trop aseptisé. Une revendication truculente à laquelle s’ajoute la demande d’accès à la salle de sport, impossible pour tous, en raison du surnombre de détenus.

Là encore, la mutinerie se solde par un retour au calme après plusieurs heures de discussion et un nombre important de forces de sécurité déployées. « Le citoyen paie les frais de tout ça, déplore Éric Schmid. Les forces de police que nous devons appeler en renfort ne sont, dès lors, plus disponibles en ville. » À l’heure où les Genevois réclament à cor et à cri plus de policiers dans les rues, on s’interroge sur cet appui, alors que la prison a un service de sécurité. « Nous ne sommes pas formés pour ça, insiste Éric Schmid. Les agents de détention sont prêts à intervenir lors de rixes ou de problèmes simples en cellule. Nous ne sommes pas armés. » Une mesure que le syndicaliste défend : « Il est important que ce soit d’autres personnes qui interviennent. On ne peut pas demander à un gardien de maîtriser un mutin et de lui apporter son plateau-déjeuner le lendemain matin. Nous devons instaurer un rapport d’autorité avec eux, tout en créant un lien de confiance. »

« On pare l’urgence »

« Le métier a changé, on n’est plus là pour accompagner les détenus, on ne fait que parer l’urgence. » Une situation qui, outre détériorer les conditions de travail des employés, attise les tensions dans les cellules. « Qu’on ne puisse plus répondre à des demandes très simples, comme faire suivre une autorisation de téléphoner ou apporter quelque chose, rend la personne en détention plus nerveuse, assure Éric Schmid. Imaginez quelqu’un qui n’a rien à faire de sa journée et attend de pouvoir prendre une douche ou aller à l’infirmerie. Ça les rend cinglés et souvent très agressifs. » Mais cette réalité quotidienne difficile n’entrave pas l’enthousiasme des troupes. « Il faut toujours rester optimiste, mais se battre aussi pour le respect de la fonction. »

Leur presse (Isabel Jan-Hess, Tribune de Genève), 26 décembre 2011.

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[Pétrole/Libye] La Mafia italienne garde son indépendance énergétique

Libye : les contrats pétroliers et gaziers d’ENI pas révisés

Les nouvelles autorités en Libye ont confirmé dimanche que la révision de contrats signés entre le géant pétrolier italien ENI et le régime déchu de Mouammar Kadhafi ne concernaient pas le pétrole et le gaz.

Le bureau du Premier ministre Abdel Rahim al-Kib avait semé le doute, en annonçant cette semaine une révision des contrats passés entre ENI et le régime Kadhafi, sans préciser si le gaz et le pétrole seraient touchés.

Pour éviter toute confusion, les contrats qui doivent être revus concernent des projets de développement durable, listés dans un protocole d’accord entre ENI et la Libye, a expliqué le bureau du Premier ministre dans un communiqué. Les accords pétroliers et gaziers ne sont pas concernés.

Dès l’annonce de la révision de contrats jeudi, un porte-parole d’ENI, interrogé par l’AFP à Rome, avait assuré que les contrats concernés étaient deux contrats relevant d’initiatives en matière sociale, n’ayant rien à voir avec le pétrole.

Nous n’avons pas le détail, mais cela peut-être par exemple la construction d’infrastructures, d’un hôpital ou d’un gymnase pour la communauté locale, avait expliqué Filippo Cotalini.

ENI est le premier producteur étranger en Libye. Début décembre, son directeur général, Paolo Scaroni, avait jugé impensable que les contrats conclus sous l’ère Kadhafi puissent être remis en cause par le nouveau régime.

Jeudi, néanmoins, M. Kib avait indiqué que les compagnies étrangères devaient prouver leur loyauté au peuple libyen en jouant un rôle significatif dans la reconstruction des villes détruites pendant le conflit terminé en octobre avec la capture et la mort de l’ancien homme fort Mouammar Kadhafi.

Assise sur les premières réserves d’Afrique, la Libye n’était sous Mouammar Kadhafi que le quatrième producteur du continent. La chute du régime a réveillé chez les compagnies l’espoir de nouveaux contrats et d’une augmentation de la production au-delà des 1,6 million de barils par jour.

ENI a redémarré sa production de pétrole en Libye le 26 septembre et a indiqué début décembre être revenu à 70% de son niveau d’avant-guerre, estimé à 280.000 barils par jour.

Leur presse (Agence Faut Payer, 1er janvier 2012)

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[Pétrole/Kazakhstan] Total pollue la mer Caspienne pour polluer la mer Caspienne

Au Kazakhstan, les promesses douteuses de l’un des derniers champs géants

Total est partenaire de l’exploitation de l’un des ultimes champs de pétrole géants de la planète… dont le développement s’annonce tellement difficile que le projet pourrait ne jamais être ni rentable, ni (donc) viable !

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L'île artificielle « D » du champ de Kachagan, dans les eaux kazakhs de la mer Caspienne.

Le champ kazakh de Kachagan, dans la mer Caspienne, est présenté comme le projet pétrolier le plus prometteur de ces trois ou quatre dernières décennies. Ses réserves, estimées entre 9 à 16 milliards de barils, représentent  3 à 6 mois de consommation mondiale environ.

Une enquête de l’agence Bloomberg montre à quel point les promesses de Kachagan apparaissent aujourd’hui décevantes. Après 11 ans et 39 milliards de dollars d’investissements (dont 8 années de retard, et un dépassement du budget initial estimé 15 milliards) Total, Exxon, Shell et l’italien ENI, principaux partenaires du gouvernement du Kazakhstan, ont de quoi se faire du tracas.

Un analyste réputé, Julian Lee, du Center for global energy studies de Londres, indique à Bloomberg :

« Le plus gros souci, c’est de savoir si le projet est capable de devenir un jour rentable, compte tenu de l’énorme augmentation de son coût et du retard pris par son lancement. » Il pourrait s’avérer « impossible pour les investisseurs d’obtenir un quelconque retour sur investissement sur la seconde phase du projet, avant que leur contrat sur le champ n’expire », en… 2041.

Sans cette seconde phase, pour l’instant théorique, du développement de Kachagan, le million de barils par jour de production qui en est attendu fera cruellement défaut pour compenser le déclin rapide des zones d’extraction existantes. Les premiers barils, fournis par la première phase de développement toujours en cours, ne sortiront pas avant 2014.

Kachagan est l’un des rares points du globe où une augmentation importante de la production de brut peut se produire dans les prochaines années, avec la relance de la production de l’Irak et le développement des sables bitumineux au Canada.

Le coût de la seconde phase de Kachagan, ardemment réclamée par le gouvernement autocratique du Kazakhstan, promettent d’être astronomiques. Les investissements, encore hypothétiques, se chiffrent en centaines de milliards. Des déclarations récentes des patrons de Total et de Shell laissent entendre que ces groupes ne sont pas pressés de délier leurs bourses. Est-ce parce que financièrement, le jeu n’en vaut tout compte fait pas la chandelle ?

Les réserves mondiales de brut sont comme un vaste arbre fruitier. On commence par cueillir les fruits bien mûrs et à portée de main, avant de finir par se résoudre à monter chercher les fruits pourris tout en haut de l’arbre. On en est là, alors que depuis un quart de siècle, l’humanité consomme chaque année plus de pétrole qu’elle n’en découvre.

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Découvertes et production pétrolière (Exxon, ASPO)

Difficile d’imaginer des conditions d’exploitation plus extrêmes qu’à Kachagan (à part peut-être au pôle Nord ?). Les hydrocarbures y sont piégés à 4200 mètres sous le plancher de la mer, à très haute pression. À la surface, les températures varient de – 35 °C en hiver à 40 °C l’été, mettant les matériaux à très rude épreuve. À la place des classiques plateformes offshore, six îles artificielles, situées à quelque 70 kilomètres de la côte, ont dû être construites pour exploiter le champ.

Ces « îles » sont truffées de capteurs afin de repérer les fuites de gaz inflammables, des gaz qui à Kachagan contiennent une proportion particulièrement élevée de sulfure d’hydrogène. Ce gaz, toxique à haute dose, a une odeur caractéristique d’œuf pourri bien connue sur certaines plages du nord de la Bretagne. Il résulte de la décomposition de matière organique. Dans la plus grande des îles artificielles, sur laquelle vivent 5500 employés, des exercices d’urgence sont conduits chaque semaine, rapporte Bloomberg.

La structure des îles est capable de les protéger des glaces hivernales. Elle est censée isoler les puits afin d’éviter de polluer les eaux de la Caspienne, qui abritent notamment des phoques et les précieux esturgeons.

Si le pétrole tue aujourd’hui au Kazakhstan, ce n’est toutefois pas à cause de fuites d’hydrocarbures. Entre 14 et 70 personnes ont trouvé la mort en décembre au cours de manifestations d’ouvriers de la cité pétrolière d’Aktau, au bord de la Caspienne. Des manifestations réprimées dans un silence médiatique presque total par le potentat kazakh ami des puissances occidentales, Nursultan Nazarbayev.

Un « facteur d’instabilité » (comme on dit dans les chancelleries) qui a peu de chances d’accélérer développement du pétrole de la Caspienne, indispensable à l’avenir de l’industrie de l’or noir.

Leur presse (blog « Oil Man, Chronique de la fin du pétrole », Lemonde.fr, 31 décembre 2011)

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[Mort aux el-Assad !] Nouvel an sans fer ni chaînes. Vive la Syrie libre

Syrie : Nouvel An sanglant, manifestations pour une Syrie sans Assad

Les militants pro-démocratie ont célébré dimanche la nouvelle année en défilant par milliers en Syrie pour appeler au départ du régime de Bachar al-Assad dont les forces ne cessent de réprimer dans le sang la contestation.

À Hama (centre), un enfant de 7 ans a été tué par des tirs des forces de sécurité qui visaient la voiture de son père, a indiqué l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH) en parlant du « premier martyr de 2012 ». Trois autres civils ont été tués à Homs (centre), dont deux par les milices pro-régime.

Dans la province de Damas, 20 manifestants qui avaient levé le drapeau syrien de l’indépendance ont été blessés par les tirs des troupes, a précisé l’OSDH.

Les « jeunes de la Révolution » ont célébré le nouvel an 2012 par des feux d’artifice et des appels au départ de M. Assad, confronté depuis la mi-mars à une contestation sans précédent, selon des vidéos.

Dans la ville d’Idleb (nord-ouest), des centaines de personnes ont assisté à un feu d’artifices, portant des flambeaux et chantant en faveur de « l’unité nationale et la fraternité islamo-chrétienne ». Un croissant de lune et une croix ont été accrochés côte à côte dans une rue de la ville.

« Liberté pour la vie », ont scandé les manifestants.

À Alep (nord), deuxième ville de Syrie peu touchée jusque-là par le mouvement de contestation, des jeunes ont crié, selon une vidéo, des slogans de soutien aux villes rebelle de Homs (nord) et Deraa (sud). « Assad est l’ennemi de Dieu », ont-ils scandé également.

« Nouvel an sans fer ni chaînes. Nous souhaitons une bonne année aux frères chrétiens. Vive la Syrie libre », est-il écrit sur une autre pancarte.

À Zabadani, à 50 km de Damas, autour d’un sapin orné de guirlandes vertes, des centaines de personnes dansaient au son des pétards, selon une autre vidéo.

« Le peuple veut le départ de l’assassin », ont-ils crié sans relâche.

D’autres images ont montré les festivités organisées à Deraa, berceau de la contestation. Les manifestants, dans la ville proche de Daël, ont porté des flambeaux.

Sur les pancartes on pouvait lire : « le monde entier accueille le Nouvel an par des feux d’artifice, en Syrie nous l’accueillons par des balles et des chars », « La Syrie va bien sans Bachar, sans les chabbiha et sans les observateurs », en référence aux observateurs arabes déployés en Syrie pour rendre compte de la situation dans le pays.

Des milliers de personnes ont aussi manifesté dans les provinces de Homs, de Hama et d’Idleb, selon les LCC.

Une grève générale était en outre suivie à 80% à Douma, dans la banlieue de Damas, où les forces de sécurité ont « cassé les cadenas pour contraindre les commerces à ouvrir ». La grève se poursuivait également à Khirbet Gazala à Deraa, ont indiqué l’OSDH et les comités locaux de coordination (LCC), qui organisent les manifestations sur le terrain.

Dans un communiqué, les LCC ont fait état de la mort de 5.862 civils en 2011 tués par les forces de sécurité, dont 395 enfants.

L’ONU estimait de son côté début décembre à plus de 5.000 le nombre de civils tués par les forces du régime déterminé à étouffer toute contestation, malgré les sanctions et les avertissements internationaux.

Face à la poursuite des violences, le président du Parlement arabe, Salem al-Diqbassi, a appelé au « retrait immédiat des observateurs arabes, le régime syrien continuant à tuer des civils innocents ». Ces agissements « sont une violation claire du protocole arabe qui prévoit de protéger le peuple syrien ».

La mission des observateurs commencée le 26 décembre fait partie de ce protocole qui prévoit également l’arrêt des violences, la libération des détenus, le retrait de l’armée des villes et la libre circulation dans le pays pour les observateurs et la presse.

De son côté, le général Mohammed Ahmed Moustapha al-Dabi, chef de la mission des observateurs, a démenti des propos attribués à l’un des observateurs qui faisait état sur une vidéo de la présence de tireurs embusqués à Deraa.

« Cet homme a dit que s’il voyait — de ses propres yeux — ces tireurs embusqués, il les signalerait immédiatement », a déclaré le général Dabi à la BBC.

Selon l’agence officielle Sana, des observateurs étaient dimanche dans les environs de Homs et un autre à Idleb. D’autres observateurs se trouvaient à Deraa et près de Damas pour y rencontrer des habitants.

Leur presse (Agence Faut Payer), 1er janvier 2011.

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Des affiches contre les crimes policiers

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Résistons Ensemble, 31 décembre 2011.

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[Tunisie] Assassinat policier à Kasserine

La route entre Siliana et Thala coupée par des protestataires

Un groupe de protestataires a bloqué aujourd’hui la route reliant Siliana à Thala (Kasserine). Cette fois-ci, il ne s’agit pas d’un sit-in observé par des ouvriers ou des chômeurs pour des raisons sociales. Mais pour protester contre les agents de sécurité.

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Selon nos confrères d’Al-Jarida, les forces de sécurité ont poursuivi, dimanche en fin d’après-midi, une personne recherchée par la justice afin de l’arrêter. Mais l’homme, qui était à bord d’une mobylette, a vite perdu l’équilibre et est tombé. Blessé à la tête et transporté à l’hôpital, il n’a pas survécu à sa blessure.

Leur presse (Kapitalis), 19 décembre 2011.


Les habitants de Kasserine protestent suite au décès d’un jeune homme

Dans la soirée du dimanche 19 décembre un groupe d’habitants de la ville de Kasserine ont barré la route principale de la ville au niveau du siège du gouvernorat protestant suite à la mort d’un jeune homme.

D’après une source policière, une patrouille en route pour l’hôpital avait remarqué le jeune homme qui conduisait à grande vitesse et aurait heurté le trottoir. Transporté à l’hôpital régional il s’est avéré que la victime était un individu recherché par les autorités.

Leur presse (Mosaïque FM), 19 décembre 2011.

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[Nos médias] La police travaille à Toulouse

Ce 1er janvier à 2 heures, on nous signale quatre bagnoles de BAC et des fourgons devant les locaux de Canal Sud, 40 rue Alfred Duméril à Toulouse.

À l’antenne, ça continuait à téléphoner pour les détenus.

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[Le Caire] Meilleurs vœux de la place Tahrir

Chers camarades et amis

En dépit d’une offensive sans précédent des forces anti-révolutionnaires, SCFA et ses acolytes islamistes, salafistes qui ont déjà lancé leurs milices wahabites et fascistes dans les quartiers informels du Grand Caire, les Cairotes ont fêté le nouvel an. Les bourgeois dans les grands hôtels, les boîtes de nuit et les clubs privés, le peuple à la place Tahrir. C’était extraordinaire, une seule tribune, chants et musique, chrétiens et musulmans, des familles entières étaient au rendez-vous. C’est notre façon de résister, c’est génétique, les Égyptiens sont des bons vivants, leur humour, leur sarcasme, leur joie de vivre, leur détermination, triompheront de tous les obscurantismes.

Meilleurs vœux pour 2012

Galila El Kadi


Sur Tahrir, 2012 est l’année de la révolution, le 1er janvier 2012

Un concert de soutien à la révolution a réuni le soir du réveillon des milliers d’Égyptiens venus rendre hommage aux martyrs. La beauté des poésies récitées et l’enthousiasme suscité par les chansons révolutionnaires sont venus apporter l’espoir de la victoire dans cette place au combien symbolique. La place des martyrs, la place des combats, la place de la fraternité, du respect de l’autre, la place de l’Humanité.

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Les interventions des chanteurs — notamment celle de Ramy Essam — et des poètes étaient rythmées par les slogans de la foule revendiquant la chute du régime militaire, la justice pour les martyrs et les blessés, l’union nationale contre la fitna (division) organisée par le pouvoir, ainsi que la libération de la Palestine. L’émotion était à son comble quand la mère d’un martyr, digne et fière, rendit hommage à son enfant, « il est tombé pour que sa mère l’Égypte soit libre, et aujourd’hui celle-ci le couvre de son sable »… La foule répondit en chœur « Nous leur rendrons justice, ou nous mourrons comme eux ».

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Le rendez-vous a été donné pour la date du 25 janvier 2012 qui promet d’être fatidique dans la suite des événements de cette grande révolution au cœur du monde arabe.

Kol sana wentoum tayebeen, et inshallah cette année sera encore plus porteuse d’espoir que celle qui est passé, peut-être verrons nous la Palestine libérée de l’occupation sioniste ?!

Aya

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[Novembre 2011, Bruxelles] QHS et rébellion : un court-métrage contre la prison

En juin 2008, un module d’isolement ouvrait dans la prison de Bruges, Belgique. C’était la réponse de l’État face aux multiples rébellions, évasions et émeutes qui avaient échauffé bien des cœurs à l’intérieur qu’à l’extérieur de la prison.

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Le quartier de haute sécurité (QHS) : dix cellules individuelles contenant le strict minimum, deux cachots, une quarantaine de matons et des « blouses blanches » — médecins, psychiatres, psychologues, infirmiers. Le but : briser les détenus récalcitrants. L’État y impose un régime sévère, utilisant la torture physique et mentale, administrant drogues légales et injections. Les détenus y sont enfermés de quelques mois à un an (voire plus) pour briser tout esprit rebelle, faire avaler les fables du « bon chemin » et de la bonne conduite et éviter les rébellions possiblement contagieuses en écartant les soi-disant meneurs.

Nous voulons rappeler la résistance de l’intérieur que ce lieu infect a connu depuis ses débuts et, à la fois, encourager une lutte contre l’isolement, partie intégrante d’une lutte plus globale contre la prison et les différentes formes d’oppression et de privation de liberté. Une lutte qui ne se réduit pas à demander des améliorations du régime pénitentiaire, qui ne demande rien à un État mettant tout en œuvre pour maintenir les rapports sociaux d’oppression et éteindre les feux de la révolte.

Aujourd’hui, la résistance dans les prisons se situe toujours sur le fil du rasoir. Le désir de liberté ne se laisse pas facilement contrecarrer. Des évasions toujours plus violentes sont la réponse aux mesures de sécurité croissantes, la violence contre les matons répond à l’arrogance de ceux qui se cachent derrière la toute-puissance de leurs syndicats. Une violence qui se dirige clairement contre l’oppresseur et qui reste, après tout, relative dans le contexte de l’enfermement et des humiliations quotidiennes.

Le court-métrage esquisse le module d’isolement dans la prison de Bruges, dans le contexte de la révolte à l’intérieur et à l’extérieur des prisons.

À faire circuler largement !

Pour proposer un endroit où projeter le film et toutes autres remarques et questions, envoyez un mail.

On peut voir le film là  ou le télécharger ici.

Mailing, 30 décembre 2011.

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[Terre et Liberté] Indonésie

Les villageois se rebellent

Un regroupement de citoyens militants vient de se constituer dans l’archipel indonésien afin de mobiliser l’opinion sur l’urgence d’une réforme agraire et d’une résolution des conflits entre les paysans, les compagnies minières et les grandes plantations, relate le journal Kompas.

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Cette initiative est née à la suite des affrontements de Bima, dans l’est de l’île de Sumbawa, où la police a tiré sur les manifestants qui réclamaient la fermeture de la mine d’or PT Sumber Mineral Nusantara dont l’activité pompe l’eau d’irrigation des champs. Bilan : deux morts selon les forces de l’ordre, cinq selon les manifestants. La plus importante ONG environnementaliste indonésienne Walhi a enregistré 103 conflits semblables à celui de Bima — en particulier les événements de Mesuji, à Sumatra, où une trentaine de paysans s’opposant à une plantation de palmiers à huile auraient été tués ces trois dernières années.

Leur presse (Courrier international), 29 décembre 2011.


http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325291938.jpgBrèves du Pacifique

(…) En Indonésie, la compagnie minière australienne Arc Exploration a suspendu ses activités d’exploration sur Sumbawa, une île indonésienne située entre les îles de Lombok et de Flores, dans les Petites îles de la Sonde. Samedi en effet, la police indonésienne a tiré sur une foule de manifestant, opposés à l’ouverture d’une mine d’or sur leur île. Bilan : trois morts. Il s’agit d’agriculteurs inquiets des conséquences environnementales sur leurs terres, et d’activistes anti-activités minières. Un porte-parole de la police nationale a évoqué une « réaction disproportionnée » de ses policiers, qui tentaient de déloger les manifestants bloquant le port de Sape. 40 policiers ont été interrogés dans le cadre de cette enquête interne. De son côté, la Commission Indonésienne des Droits de l’Homme mène sa propre enquête.http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325292530.jpg Les riverains, de Sape où sera basée la mine, ont déjà manifesté vigoureusement en juin dernier pour retarder la mise en exploitation de la mine d’or. Georges Tahjia, le PDG d’Arc Exploration est également un consultant de Freeport Indonésie. Il a refusé toute interview pour le moment. Freeport exploite l’immense mine de Grasberg en Papouasie, où une grève de trois mois a aussi fait plusieurs morts, du côté des grévistes comme de celui des policiers indonésiens. Mardi le porte-parole des syndicats, Virgo Solossa, a déclaré qu’il suspendait la reprise du travail, exigeant d’abord l’assurance que les grévistes ne seront pas licenciés. Kuala Pelabuhan Indonesia, un prestataire de Freeport à Grasberg, a en effet licencié 18 anciens grévistes et en a suspendu 101 autres en septembre et en octobre dans l’attente de l’examen de leurs agissements durant la grève. (…)

Leur presse (24 heures dans le Pacifique), 28 décembre 2011.


http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325292491.jpgUn projet aurifère suspendu après la mort de manifestants en Indonésie

Arc Exploration, une compagnie australienne spécialisée dans la prospection d’or en Indonésie, a annoncé ce mercredi la suspension de ses explorations sur le site de Buma, sur l’île de Sumbawa au sud du pays. Des manifestants s’opposaient depuis la semaine dernière aux projets miniers dans la région en occupant le port de Sape. La police est intervenue ce week-end, causant la mort de deux manifestants selon le communiqué d’Arc Exploration, trois selon la police et une dizaine selon des ONG citées par la presse locale.

Les manifestants s’opposent à plusieurs projets miniers, notamment pour des raisons environnementales. Selon Arc Exploration, la révocation de la licence d’exploration accordée par le gouvernement indonésien pour le site de Buma, qui couvre 25.000 hectares, faisait partie de leurs revendications. La compagnie précise qu’aucune mine n’est en construction et que son activité sur place consiste à évaluer le potentiel de la zone.

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Trois commissariats ont été détruits en représailles lundi 26 décembre à Makassar (Sulawesi Sud)

Les réserves d’or du sous-sol indonésien, 3.000 tonnes d’après les chiffres de l’US Geological Survey, sont équivalentes à celles des États-Unis et proches de celles de la Chine. Une quantité susceptible d’augmenter : Arc Exploration, qui travaille sur deux autres sites indonésiens, sur l’île de Java et en Papouasie, estime que les ressources aurifères du pays sont sous-explorées.

Leur presse (Commodesk), 28 décembre 2011.


Des villageois en lutte contre une compagnie forestière

« Massacre de masse à Lampung », titre le quotidien The Jakarta Post. Des villageois du canton de Mesuji à Lampung (dans le sud de Sumatra) ont diffusé le 14 décembre devant le Parlement des vidéos de téléphone mobile — les combats auraient fait 30 victimes depuis 2008 dans la région. On y voit des hommes cagoulés détruire des maisons et décapiter deux villageois à la machette. Les assaillants seraient à la solde de PT Silva Inhutani, une compagnie forestière d’État, associée à une société malaisienne, en conflit avec les villageois au sujet des terres.

Leur presse (Courrier international), 15 décembre 2011.


Enquête après une vidéo montrant des décapitations

Le président indonésien Susilo Bambang Yudhoyono a ordonné jeudi une enquête après un vif émoi suscité dans le pays par une vidéo montrant des agriculteurs se faisant décapiter par de présumés agents de sécurité d’une société d’huile de palme.

Le président a ordonné au ministre de la Sécurité et au responsable de la police nationale de mettre en place une équipe afin de réunir des preuves concernant l’incident de Mesuji, sur l’île de Sumatra, a indiqué le porte-parole de la présidence, Julian Pasha.

Une vidéo, diffusée mercredi aux députés par des agriculteurs, montrent, selon eux, certains d’entre eux se faisant décapiter par des agents de la sécurité d’une exploitation d’huile de palme, avec qui les fermiers ont un différend territorial.

La vidéo, vue par l’AFP, montre avec force détails trois personnes à qui des hommes encagoulés coupent la tête avec des couteaux. L’un d’entre eux exhibe par la suite le crâne ensanglantée d’une victime.

Quatre villageois ont été décapités par les agents de sécurité de la société, a affirmé à l’AFP l’avocat des agriculteurs, Bob Hasan, précisant que l’incident avait eu lieu en avril dernier. Les villageois se sont vengés le même jour et ont tué quatre gardiens, dont deux ont été décapités, a-t-il ajouté.

La police a confirmé un nombre non précisé de décapitations, sans être en mesure de donner plus d’indications si ce n’est qu’elle était à la recherche de huit personnes.

La société d’huile de palme accusée, PT Silva Inhutani, n’était pas joignable dans l’immédiat.

L’émoi suscité a été d’autant plus grand dans le pays qu’il symbolise, pour beaucoup, le combat d’agriculteurs aux revenus modestes évincés par les grandes sociétés qui font fortune dans l’huile de palme.

Leur presse (Agence Faut Payer), 15 décembre 2011.


L’insolente santé de l’Indonésie

Croissance galopante, dette négligeable, ressources abondantes : l’Indonésie affiche une santé économique insolente, à l’heure où le monde s’essouffle, faisant figure de « mini-Chine » qui devancera France et Allemagne dans quelques décennies, selon des analystes. Dans les centres commerciaux rutilants de marbre où les élégantes de Jakarta affichent leur dernier sac Hermès, ou dans les gratte-ciel de verre et d’acier où les jeunes cadres dynamiques amassent des fortunes, on en est déjà persuadé : l’Indonésie est le nouvel « I » dans le groupe des grands pays émergents dit des « Brics » (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud).

Preuve pourrait en être la récente commande de 230 Boeing passée par la compagnie indonésienne Lion Air, pour près de 22 milliards de dollars. Un montant jamais vu dans l’histoire de l’aviation. Déjà première économie d’Asie du Sud-Est, l’Indonésie figurera « parmi les dix plus grandes puissances mondiales en 2020 et les six en 2030 », prédit la banque britannique Standard Chartered.

L’archipel de 240 millions d’habitants et 17.500 îles dépassera ainsi l’Allemagne, le Royaume-Uni et la France, pour ne plus être devancée que par la Chine, les États-Unis, l’Inde, le Brésil et le Japon, selon la banque, qui rappelle que l’Indonésie est déjà membre du prestigieux G20, club des principaux pays riches et émergents.

Depuis 2005, le plus grand pays musulman de la planète connaît une croissance d’environ 6% l’an. Et elle va s’accélérer, pour atteindre en moyenne 6,6% sur la période 2012-16, prévoit l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE). L’Indonésie sera ainsi l’économie la plus dynamique en Asie du Sud-Est, selon l’organisation.

Leur presse (Agence Faut Payer), 11 décembre 2011.

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[Rabat] Le ministère du développement social envahi par des manifestants

Le siège du ministère du Développement social, de la famille et de la solidarité a été envahi hier [jeudi 29 décembre] vers 06H45 par deux groupes de non-voyants, malvoyants et handicapés moteur, en possession de produits inflammables, de bonbonnes de gaz butane et d’outils tranchants. Selon un communiqué du ministère, les membres des deux groupes ont forcé l’entrée principale du ministère et agressé les deux vigiles chargés de garder les locaux, avant de se diriger vers le deuxième étage qu’ils ont occupé après avoir coincé l’ascenseur.

Il s’agit, selon la même source, de deux groupes se dénommant « Coordination nationale de non-voyants et de malvoyants » et « Coordination nationale des handicapés moteur titulaires de diplômes », dont les membres réclament le recrutement direct dans la fonction publique. Mais, toujours selon le communiqué, les membres des deux groupes « ne disposent pas du diplôme minimum requis pour le recrutement ». À suivre !

Leur presse (Info Maroc), 30 décembre 2011.

Une personne qui était parmi le groupe des non-voyants, qui observent un sit-in au siège du ministère du Développement Social, de la famille et de la solidarité a trouvé la mort, jeudi matin après avoir chuté dans une cage d’ascenseur. (…)

Leur presse (MAP), 29 décembre 2011.

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Lucy Parsons – Aux vagabonds

Aux vagabonds, aux chômeurs, aux déshérités, et aux miséreux.

Aux trente-cinq milliers de personnes qui errent en ce moment même dans les rues de cette grande ville, les mains dans les poches, contemplant l’étalage de la richesse et du plaisir avec la résignation de ceux qui n’y prennent aucune part, à ceux n’ayant pas même assez pour se procurer de quoi apaiser les affres de la faim qui leur tenaille les entrailles. C’est à vous, et aux centaines de milliers de personnes partageant la même situation dans ce grand pays d’abondance, que je souhaite adresser ces mots.

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N’avez-vous pas bossé dur toute votre vie, depuis que vous fûtes en âge d’être utilisés dans la production de la richesse ? N’avez-vous pas trimé longuement, durement et laborieusement en produisant toutes ces richesses ? Et pendant toutes ces années de corvées, ne savez-vous pas que vous avez produit des milliers et milliers de dollars de richesses, dont vous n’avez possédé, ne possédez et, à moins que vous n’AGISSIEZ, ne posséderez jamais la moindre part ? Ne savez-vous pas, lorsque vous étiez attelé à la machine, cette machine attelée à la vapeur, alors que vous trimiez vos dix, douze ou seize heures par jour, que pendant tout le temps de toutes ces années, vous n’avez juste reçu du produit de votre travail que de quoi vous procurer la plus humble et grossière pitance nécessaire à votre survie ? Et que, lorsque vous avez voulu vous procurer quelque chose pour vous-même et vos familles, cela n’a jamais été que de la qualité la plus basse ? Que si vous vouliez vous rendre où que ce soit, vous deviez attendre jusqu’au dimanche, en ne gagnant si peu de votre travail implacable que vous n’osiez réellement vous arrêter un seul instant ? Et ne savez-vous pas que, malgré tous vos renoncements, vos privations, vos économies, il ne vous a pourtant jamais été permis de vous éloigner, ne serait-ce que quelques jours, des hurlements de la misère ? Et qu’au final, quand par caprice votre employeur a jugé profitable de prononcer l’artificielle pénurie en limitant la production, que les feux des fourneaux furent éteints, que le cheval de fer auquel vous fûtes attelés se reposa, que la porte de l’usine fut verrouillée, vous fûtes jetés sur la route comme des clochards, la faim à l’estomac et les haillons au dos ?

Mais, votre employeur vous a dit que c’était la surproduction qui l’avait contraint à fermer. Qui s’est soucié des larmes amères et de la peine affreuse de votre épouse aimante et de vos enfants désarmés, lorsque vous leur avez adressé un pathétique : « Dieu vous bénisse », avant de vous jeter sur la route des vagabonds, partant en quête d’un emploi, loin ailleurs ? Je vous le demande, qui s’est préoccupé de ces peines et souffrances ? Vous avez n’étiez désormais qu’un clochard, proie de l’opprobre et des dénonciations, « va-nu-pieds et vagabond » pour toute cette classe même qui précisément s’était employée toutes ces années durant, à vous voler, vous et les vôtres. Alors, ne voyez-vous pas enfin que « bon patron » et « mauvais patron » ne signifient rien ? Que vous n’êtes que leur proie commune, et que leur tâche ne consiste purement et simplement qu’à vous voler ? Ne voyez-vous donc pas que c’est le SYSTÈME INDUSTRIEL lui-même, et non le « patron » qui doit être changé ?

Maintenant que toutes ces belles journées d’été et d’automne sont passées, que vous n’avez toujours pas d’emploi, et donc rien mis de côté ; maintenant que l’hiver souffle du nord et que toute la terre est ensevelie d’un linceul de glace ; n’écoutez pas la voix de l’hypocrite qui vous dira qu’il a été ordonné par Dieu qu’il « y aura toujours des pauvres au milieu de vous », ou à l’arrogant voleur qui vous dira que « si vous n’avez rien maintenant, c’est que vous vous êtes saoûlés avec vos payes l’été dernier quand vous aviez du travail », que « le foyer ou le chantier est trop bon pour vous », que « vous devriez être fusillé ». Et vous tirer dessus, ils le feront si vous vous plaignez avec trop de bruit. Alors non, ne les écoutez pas eux, mais écoutez ! L’hiver prochain, quand le vent glacial se glissera à travers les déchirures de vos haillons miteux, quand le givre vous mordra les pieds à travers les trous de vos souliers usés, quand tous les malheurs sembleront s’acharner sur vous et en vous, quand la misère vous aura marqués à jamais, que votre vie sera devenue un fardeau et l’existence une sinistre farce, lorsque vous aurez marché dans les rues jour après jour et dormi chaque nuit sur le dur, et que vous serez finalement déterminés à vous ôter la vie de vos propres mains — préférant rejoindre le néant que de supporter plus longtemps le fardeau d’une telle existence — si jamais vous vous résignez à vous jeter vous-même dans l’étreinte glaciale d’un lac plutôt que de souffrir plus longtemps : arrêtez-vous, avant de commettre le dernier acte tragique du drame de votre pauvre existence. Stop ! N’y a-t-il rien que vous puissiez faire pour préservez d’un tel sort ceux que vous vous apprêtez à rendre orphelins ? Les vagues ne vous frapperont que pour railler votre acte absurde ; mais promenez-vous dans les avenues des riches et regardez par les somptueuses fenêtres l’intérieur de leurs demeures voluptueuses, et vous y découvrirez très précisément les voleurs qui vous ont dépouillés, vous et les vôtres. Alors, traduisez votre tragédie en actes, sur le champ ! Réveillez-les de leur gaieté de vivre, à vos frais ! Envoyez-leur votre pétition et laissez-leur la lire à la rouge lumière de la destruction. Ainsi, lorsque vous lancerez « un dernier regard en arrière », vous pourrez être assuré que vous aurez parlé à ces voleurs le seul langage qu’ils aient jamais été capables de comprendre, car ils n’ont jamais daigné remarquer aucune pétition signée par leurs esclaves tant qu’ils n’ont été obligés de les lire à la lumière rouge du canon, ou tant qu’elles ne leur ont été tendues jusqu’à à eux à la pointe de l’épée. Vous n’aurez besoin d’aucune organisation lorsque vous vous déciderez à présenter ce genre de pétition. En fait, une organisation serait un préjudice pour vous ; car chacun d’entre vous, vagabonds affamés qui lisez ces lignes, pouvez faire vôtres ces petites méthodes artisanales de guerre que la Science a mis entre les mains des pauvres gens, et vous reprendrez alors le pouvoir, ici ou dans tout autre pays.

Apprenez l’utilisation des explosifs !

Lucy E. Parsons, « To Tramps », Alarm, 4 Octobre 1884. Imprimé et distribué comme tract par l’International Working People’s Association. Traduction française : Jean (groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86)

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[Athènes] Double expropriation de supermarchés à Peristeri

De nos jours, rien n’est plus exaspérant que voir les patrons débiter le même paquet de mensonges, agir comme si de rien n’était, comme si un futur brillant nous attendait au sein du système capitaliste ; comme si l’attaque que nous subissons n’était simplement qu’une parenthèse causée par quelques politiciens corrompus, et non par le système d’exploitation tout entier. Et maintenant que quelques banquiers-technocrates ont pris en main l’administration de la « nation », tout sera magiquement résolu si seulement on veut bien être « patients », faire plus de sacrifices, courber la tête jour après jour… NOUS, les travailleurs, les chômeurs, les étrangers, NOUS les opprimés, et en aucun cas le Capital et ses mécanismes.

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Supermarchés expropriés - Guerre aux patrons

Et maintenant, même dans ce scénario de conte dégénéré sur la fin de la consommation et du capitalisme où qu’il soit, ils nous pressent une fois encore de mettre nos vêtements les plus décents, de courir dans les centres commerciaux et d’acheter, acheter, acheter, pour au moins nous rappeler les jours où nous pouvions le faire avec de l’argent prêté ; pour construire la célébration traditionnelle de Noël comme on peut, et oublier les nouvelles mesures [d’austérité], les nouvelles humiliations qui nous attendent demain. Cela, parce que tant que nous ne résisterons pas, demain ne pourra qu’être pire.

Ce monde qui cache sous ses lumières scintillantes la dégradation permanente de nos vies ne peut être réformé — il ne peut qu’être renversé, et il n’existe pas de solution toute faite pour son renversement.

La création de structures de solidarité et d’entraide parmi les opprimés est nécessaire, afin de prendre en main les conditions et les conséquences produites par le fonctionnement de la machine capitaliste, qu’on soit en période de crise ou de développement ; des structures qui défendent des pratiques de confrontation et de luttes de classe ; des structures qui peuvent rencontrer la satisfaction des besoins quotidiens de chacun et chacune d’entre nous.

Solidarité – auto-organisation – contre-attaque

Travailleurs-Chômeurs des quartiers de la métropole, 24 décembre 2011

Traduit de l’anglais (Contra Info) par les Brèves du désordre, 30 décembre 2011.

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