[Révolution tunisienne] Grève à l’aéroport d’Enfidha

Les agents de nettoyage de l’aéroport d’Enfidha organisent une grève de deux jours en protestation contre le non versement des allocations sociales malgré le prélèvement mensuel automatique sur leurs salaires, rapporte radio Shems.fm.

Selon Kamel Ahmed, secrétaire général du syndicat des agents de nettoyage de l’aéroport d’Enfidha, la section de nettoyage de l’aéroport est encore sous la main d’un ancien directeur de la sécurité appartenant à l’ancien régime.

Il a également précisé que la société TAV Tunisie, relevant du groupe turc TAV Airports holding n’est pas intervenue pour mettre fin aux pratiques de l’ancien directeur de sécurité ni pour régler les problèmes des travailleurs.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie numérique, 2 mars 2012)

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[L’avenir nous appartient] Réduction drastique et recyclage des « ordures ménagères résiduelles »

En Alsace, l’épopée d’une commune vers le zéro déchet

Le maire de la petite commune de Manspach, Dany Dietmann, brandit les chiffres qui font la fierté des habitants du coin : « Ici, on ne produit que 78 kg d’ordures ménagères résiduelles par an et par habitant », ce sont les déchets non recyclés qui partent à l’incinérateur. En moyenne, un Français en produit 316 kg. La loi Grenelle 1 prévoit une diminution de 7 % par an et par habitant pour la période 2009-2014. Un objectif pulvérisé par les 33 municipalités de communauté de communes de la Porte d’Alsace, qui ont réduit leurs déchets de 80 %. Ici, 74 % est recyclé contre 33 % au niveau national. Comment ont-ils fait ? « C’est de la volonté politique, du bon sens, une vision sur le long terme et beaucoup de communication avec ses administrés », prévient en préambule le maire écolo, élu en 1983.

Tout commence le 14 septembre 1990, lors du conseil municipal de Manspach. « On nous proposait de participer à la construction de l’incinérateur de Mulhouse. Selon leurs prévisions, nous devions atteindre 550 kg/ an/ habitant de déchets en 2000 », se souvient, amusé, Dany Dietmann, le maire. Surtout, le projet se présentait comme une alternative à la décharge de Retzwiller située en bordure de la commune de 530 habitants, et accueillant tous les déchets putrescibles du Haut-Rhin. Quand les élus se plongent dans le projet d’incinérateur, ils s’aperçoivent que transporter et incinérer leurs ordures à Mulhouse « revenait à multiplier par trois le prix du service actuel ». Sans compter que 25 % de la masse incinérée reviendrait chez eux, sous forme de mâchefers (résidus d’incinération toxiques), enfouis dans la décharge dont ils veulent justement se débarrasser. Ce jour-là, le conseil vote contre l’incinération et décide de mettre sur pied un système de collecte sélective des ordures ménagères. La presse locale relaie cette « position pour le moins farfelue, sinon utopique », concède le maire.

Le conseil général, porteur du projet d’incinérateur, envoie sur-le-champ un de ses techniciens pour dissuader le maire. Mais l’ancien professeur de biologie s’obstine et finit par rallier à sa cause l’ensemble des communes de la Porte d’Alsace. Un sondage est organisé auprès de la population. « Les habitants voulaient en finir avec la décharge, à cause des nuisances, des odeurs et 82 % se sont dits prêts à nous suivre, à changer de comportement », relate le maire. En janvier 1992, il entreprend son tour des salles des fêtes. Des débats sont organisés partout, les discussions sont parfois animées entre les défenseurs du camion-poubelle et les adeptes de la déchetterie. Pour que les personnes à mobilité réduite puissent trier, la solution du ramassage en porte-à-porte est retenue.

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La décharge de Ritzwiller.

Deux ans plus tard, tout le monde tombe d’accord sur un point : « Le plus ennuyeux dans les déchets, c’est qu’ils sont sales. » Alors, cette année-là, chacun reçoit un composteur. L’effet est immédiat. Non seulement, « le gisement était plus propre » mais en plus la masse des ordures tombe à 200 kg/ an/ habitant une fois les biodéchets retirés, contre 375 kg en 1990. Petit à petit, l’odeur nauséabonde de la décharge n’est plus qu’un lointain souvenir. D’autant que la législation change : ne peuvent être désormais enfouis que les déchets inertes, non dangereux. Les ordures ménagères sont redirigées vers les incinérateurs.

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Une maison de la nature a été créée pour sensibiliser la population à son impact environnemental.

Pour faire entrer le tri sélectif dans les mœurs, des actions d’initiation et de sensibilisation sont mises en place dans les écoles, des calendriers avec des codes couleur pour les jours de ramassage sont distribués à tous les foyers. À l’époque, seuls le verre, les papiers et le métal sont valorisés. Qu’importe, l’élu, décidément visionnaire, se met à stocker le plastique « en attendant que la technologie pour le recycler soit développée ». Les camions tournent, les habitants trient, le maire est heureux. Tout semble aller pour le mieux… jusqu’aux premières frictions.

Le ton grave, le maire explique : « En 1997, les gens frappent à la porte de la mairie avec des pétitions, se plaignant : “Moi je fais mon travail, le lundi je sors le papier, le mardi le carton, etc., mais mon voisin s’en fout. Soit c’est lui qui ne paye pas assez, soit c’est moi qui paye trop. » » La traditionnelle taxation forfaitaire, le même prix pour tous, bons comme mauvais trieurs, vivait ses derniers instants. « Les élections approchaient et tout le monde était à feu et à sang. Alors on a demandé aux éboueurs d’identifier les mauvais trieurs, et on les a invités à la communauté de communes avec du kougelhof et du gewurtz. » Les élus découvrent que la plupart sont des nouveaux arrivants, qui ignorent tout de la collecte. Un système de suivi est aussitôt mis en place. Encore aujourd’hui, au moindre décrochage, une équipe intervient dans le quartier pour une action de sensibilisation le samedi matin, avec gâteaux et boissons. « La convivialité plutôt que la culpabilisation », c’est le credo de Dany Dietmann.

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La puce électronique

Mais il est aussi des citoyens qui, après une journée de travail fatigante, disent préférer remplir des chèques plutôt que des bacs. Au sortir de la réunion avec les mauvais trieurs, un consensus est trouvé : « On paye en fonction de ses performances. » Le 1er janvier 1999, la pesée embarquée est lancée. Dans la salle du conseil de la petite mairie, Dany Dietmann s’empare d’une poubelle, la retourne pour montrer une petite puce électronique dissimulée sous la poignée et un code-barres qui contiennent l’adresse et le nom du propriétaire. Lors du ramassage des ordures, les bacs des 6000 foyers sont automatiquement pesés par le camion-poubelle, et les données enregistrées. Ici, on ne paye que pour ce qu’on jette, alors qu’ailleurs, la taxe d’enlèvement des ordures ménagères est calculée sur la valeur du logement et réclamée en même temps que la taxe foncière. « Plutôt qu’une taxation démotivante, on est passé à la redevance incitative, résume Dany Dietmann. Pour l’eau et l’électricité, on paye sa consommation, pourquoi pas pour les déchets ? » La loi Grenelle 2 stipule que tout système de financement du service des déchets devra inclure une part incitative d’ici 2015.

Et si, pour alléger sa facture, un habitant dépose ses ordures dans la poubelle du voisin ? « Impossible », répond l’homme. La communauté de communes avait envisagé de cadenasser les bacs. L’idée a été abandonnée sauf pour les quelques immeubles existants. « L’arrêt du camion est facturé 80 centimes. Alors les habitants ne sortent leur poubelle que lorsqu’elle est pleine à ras bord. Du coup, le voisin n’a pas la place d’y mettre son sac. » Le camion s’arrête moins et fait désormais neuf villages avant d’aller vider. La consommation de carburant a été réduite par deux. Et on aura beau sillonner les petites routes du territoire, scruter les fossés, on n’apercevra aucun sac-poubelle abandonné par un habitant désireux de payer moins.

Sur le territoire de la Porte d’Alsace, les citoyens comprennent petit à petit que le poids de leur poubelle dépend de leur façon d’acheter. La notion de « acheter mieux » fait son chemin. Le supermarché de Dannemarie, commune voisine de Manspach, crée une « plateforme de déballage », une installation rendue obligatoire depuis le 1er juillet 2011 par la loi Grenelle 2. On s’attend à un dispositif nécessitant une logistique complexe, ce qui aurait pu expliquer pourquoi les supermarchés et hypermarchés se sont fait épingler pour n’avoir pas joué le jeu… mais non. Deux caisses sont disposées avant la sortie, l’une pour les cartons, l’autre pour les plastiques. Dany Dietmann rit. « En fait, c’est trop simple. »

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La plateforme de déballage au supermarché de Dannemarie, commune voisine de Manspach

Aujourd’hui, les gestes sont acquis par la population. Ils l’ont été tellement vite que la collectivité s’est retrouvée dépassée. « Les élus avaient construit le budget sur une estimation de 100 kg ramassés par habitant. Dès la première année, les usagers ont eu de bien meilleurs résultats en tombant à 80 kg ! Le prix de la levée et du kilo n’a pas suffi à couvrir l’ensemble des frais du service. Nous nous sommes retrouvés avec un déficit monstre et on ne pouvait pas dire aux gens : « Vous triez trop, on vous fait payer plus » », explique Audrey Baehler, ambassadrice du tri à la communauté de communes de la Porte d’Alsace. Pour y remédier, une part fixe (50 € annuels par foyer) est introduite en plus de la part variable. En moyenne, la facture annuelle s’élève à 56 € par habitant, tout compris. La collectivité a mis sept ans pour rééquilibrer son budget. La collecte, le transport, le traitement des déchets et la maintenance sont sous-traités. En 2011, la CC a déboursé en tout 991’000 €. À titre de comparaison, l’incinération seule de tous les déchets leur coûterait 750’000 €, une somme qui pourrait doubler avec les frais liés à la collecte et au transport. De plus, grâce au tri, la collectivité peut compter sur des recettes : 200’000 €, tirés de la revente des matériaux triés. Le plastique recyclé est même revenu à Manspach, sous forme de tuiles pour l’église du village. Elles sont aussi photovoltaïques. En 2011, la nef a produit 37’000 kwh et rapporté 22’000 € à la commune.

Dany Dietmann surveille tous les jours le cours du plastique, de l’aluminium, du verre. « Les bouteilles se revendent entre 400 et 500 € la tonne, l’aluminium 900 €, le papier 130 €… Comment qualifier de déchets quelque chose qui vaut autant ? » D’ailleurs, le mot est proscrit dans la commune. On parle de «produits résiduels». Le maire insiste : « le déchet n’existe pas », il est « l’échec de l’éco-gestion », le « symptôme de la décroissance ».

« Dès le début, il y a un grand malentendu de vocabulaire. Dans « déchet », on entend « déchéance », nous sommes sales, nous polluons… Les grandes multinationales ont tout de suite compris comment tirer profit de cette mauvaise conscience, en nous proposant un service pour nous redonner bonne conscience : on paye et on est débarrassés de nos honteuses ordures. Au final, on construit des incinérateurs qui coûtent très cher pour brûler beaucoup d’argent. C’est pas comme ça qu’on va sortir de la crise ! » Dany Dietmann en est convaincu, l’ère des « fiscalisés captifs » et de « l’abondance supposée » est révolue, « aujourd’hui les citoyens sont éco-actifs et responsables », la « pénurie avérée ».

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Tous les déchets verts des communes sont récupérés pour être transformés en engrais.

Paradoxalement, les efforts de tri ont été tels que l’incinérateur de Mulhouse n’a plus voulu de leurs « produits résiduels ». Car débarrassés des plastiques, restes alimentaires et papiers, la valeur calorifique de ces produits est moindre. En clair : ils brûlent moins bien et sont donc moins rentables pour l’incinérateur qui revend de la chaleur. En 2003, la Région demande que les plastiques soient remélangés. « Des camions partaient de la déchetterie en direction de l’usine d’incinération », témoigne Dany Dietmann.

Puis, c’est au tour du conseil général du Haut-Rhin de revenir à la charge. Il décide, avec le Syndicat mixte du territoire 4 (SM 4 auquel appartient la CC de la Porte d’Alsace), de construire une nouvelle usine d’incinération. La France a déjà le plus grand parc d’incinérateurs d’Europe (139 usines). Cette fois, il sera construit à Aspach-le-Haut, à peine à 20 km au nord de Manspach. Vice-président du SM 4, Dany Dietmann est hué quand il monte à la tribune pour défendre sa position. Il démissionne de son poste et mobilise sur le terrain.

Les habitants créent des associations pour protester contre ce projet absurde. « Tous les samedis matins, on allait de village en village pour informer la population sur la réalité de l’incinération. Elle ne détruit pas les ordures mais dispersent les substances toxiques dans l’air, l’eau, le sol qui se reconcentrent ensuite dans la chaîne alimentaire. » En 2007, le département abandonne finalement le projet. Les 15’000 habitants de la Porte d’Alsace ont fait reculer l’incinération.

Leur presse (Noémie Rousseau, Médiapart, 2 mars 2012)

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[Nos médias] Juliette Volcler : « Court-circuiter les machines à communiquer »

Il faut bien l’avouer : sur A11, on est parfois un peu trop centrés sur l’écrit. Question d’affinités. De paresse, aussi. Du coup, quand on a la chance de tenir quelqu’un comme Juliette Volcler, fine connaisseuse des radios libres et initiatrice — avec d’autres — d’un portail consacré aux formes sonores engagées et/ou créatives sur le net, on ne laisse pas passer l’occasion : on la fait parler.

Que je te dise : Juliette Volcler est une amie. Pis, elle est aussi une contributrice d’A11 — deux billets pour l’instant, ici et là, et beaucoup d’autres qui s’annoncent. Qu’importe : il ne manquerait plus que ça nous empêche de lui poser quelques questions.

À quel titre, tu demandes ?

D’abord, Juliette, ancienne directrice d’antenne de Fréquence Paris Plurielle (FPP, sur 106.3) [Sur FPP, Juliette anime toujours l’excellente émission L’Intempestive, les 1er et 3e jeudis du mois de 17 à 18 h, rediffusée le mercredi d’ensuite de 10 à 11 h. Tu peux aussi retrouver ses émissions sur son site.] et l’une des chevilles ouvrières de la Coordination des radios libres en lutte (contre le projet de « radio numérique terrestre »), connaît très bien le monde des radios libres ; elle a donc plein de choses intéressantes à dire sur la question. Ensuite, elle réalisera désormais une chronique mensuelle de critique sonore sur A11, et cet entretien est une très bonne façon d’annoncer sa rubrique, la bien nommée « Dans Tes Oreilles » [Premier acte, la semaine prochaine, avec une enquête — approfondie, passionnante et répartie sur quatre volets — sur l’usage du son comme arme.]. Enfin (et surtout), Juliette a récemment lancé, avec le renfort de sept de ses amis, un agrégateur sonore : l’endroit s’appelle Le Perce-oreilles et recense une fine sélection de ce que tes esgourdes peuvent écouter de mieux sur internet, en matière de critique sociale et de création sonore. Pour quelqu’un comme moi, peu habitué à écouter la radio (même libre) et faisant rarement l’effort d’aller dénicher des productions sonores indépendantes, c’est appréciable. Très.

À mon humble avis, le mieux c’est que tu commences par lire cet entretien, puis que tu ailles fouiner sur Le Perce-oreilles, un peu comme tu vas faire ton marché : entre une longue interview de l’avocate Irène Terrel à propos des inculpés de Vincennes (FPP), un retour sur le refus des nanotechnologies (Radio Libertaire), un brûlant manifeste erroriste, la lecture d’un polar d’anticipation ou — entre autres — un entretien avec Michel Warschawski (FPP), tes oreilles (et ton cerveau) ne devraient pas trop s’en plaindre.

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Tu te définis comme une professionnelle de la radio ?

Non. Je ne ne suis pas du tout une spécialiste de la radio ; je la pratique depuis quelques années et je m’interroge sur l’outil, j’ai envie de le comprendre, voilà. Là où j’ai commencé à faire de la radio, c’est-à-dire dans une équipe sur Fréquence Paris Plurielle, et parmi les personnes qui se sont bougées autour des radios libres récemment, on retrouve d’ailleurs un même refus de la professionalisation. Avec cette idée que les radios libres sont faites par des personnes n’ayant pas de formation dans le domaine du son ou de la presse, et que c’est la principale garantie que la parole soit donnée aux gens des quartiers, aux personnes en lutte et aux cultures minoritaires plutôt qu’à des experts ou à des représentants. C’est aussi une très belle possibilité d’invention : on apprend sur le tas, on se fabrique sa propre façon de faire de la radio.

À l’inverse des autres radios associatives ?

C’est évident qu’il y a un certain ton dans les radios libres. Notamment parce qu’elles se méfient du professionnalisme et refusent la publicité. Mais aussi parce qu’elles revendiquent de faire de la critique sociale et de donner la parole à des gens, à des cultures, à des idées, qui n’accèdent que très peu aux grands médias.

À l’inverse, un certain nombre de radios associatives non commerciales [Les radios associatives non commerciales correspondent à la catégorie A du paysage radiophonique, tel que défini par le CSA. Si cette catégorie peut paraître homogène à première vue, rassemblant toutes les antennes qui tirent leurs principales ressources de subventions privées ou publiques, elles recouvrent des réalités différentes : entre les radios se réclamant de l’héritage contestataire des radios pirates, les radios locales et les radios religieuses, entre celles qui refusent catégoriquement toute publicité et celles qui ont fait le choix (comme les y autorise le CSA) de tirer 20 % de leurs recettes totales des revenus publicitaires, il y a un monde…] tentent de calquer leur ton sur celui des radios commerciales. Elles essayent de faire la même chose que les grosses radios, mais sans en avoir les moyens. Elles ne font pas de la radio autrement, juste un ersatz raté du discours radiophonique dominant, celui des grosses radios.

Parce qu’il y a un discours radiophonique dominant ?

Je vais en parler imparfaitement, puisque j’écoute très peu les grosses antennes, publiques ou commerciales : je me concentre sur les radios associatives ou les producteurs indépendants. Mais il y a au moins un point qui me frappe à leur propos, c’est qu’elles ont toutes recours à un usage très autoritaire du langage. Nicolas Poincaré, sur France Info, en est un exemple caricatural : il donne en permanence l’impression qu’il a quelque chose à vendre et adopte réellement un ton de publicitaire. Il y a ce rythme rapide et haché où l’on passe très vite d’un sujet à l’autre, cette façon de couper la parole aux gens, ce ton autoritaire vis-à-vis des auditeurs… De façon plus ou moins marquée, c’est quelque chose qu’on retrouve sur toutes les radios dites importantes. Logiquement, la transition entre les plages de publicités et les programmes en est simplifiée : il y a tellement peu de différences de forme entre les deux…

Cela rejoint l’idée de « monoforme » théorisée, à propos des images, par Peter Watkins [Si la monoforme n’évoque rien pour toi, je te renvoie à ce billet sur la question publié ici-même par Benjamin.]. La théorie de Watkins fonctionne d’ailleurs très bien pour la radio. Pour les grosses radios, l’auditeur n’existe pas en tant que tel, il n’est que le réceptacle de la parole des experts, de ceux qui savent. Un peu comme s’il s’agissait de nous ordonner d’écouter et — surtout — de nous taire.

Les radios libres ont sans doute beaucoup de défauts, mais les animateurs ne s’adressent jamais à l’auditeur comme s’il était un abruti. Parce qu’ils ne se placent pas dans une position de hiérarchie par rapport à l’auditeur — il n’y a pas de barrière, la frontière est poreuse : si tu es un auditeur, tu peux vite devenir un animateur.

Leur refus de la publicité te semble essentiel ?

Bien entendu. Pour moi, le ton de l’animateur et le contenu des émissions ne sont pas les mêmes selon qu’une antenne accepte — ou non — de la publicité. C’est même quelque chose qui me saute aux oreilles, que je perçois tout de suite à l’écoute, parce que ce n’est pas du tout la même manière de faire de la radio.

Je vais te donner un exemple… Une radio associative que je connais avait décidé, il y a un moment, d’accepter quelques publicités, ciblées et politiquement « sympathiques ». Mais l’expérience a tourné court très rapidement, devant les prétentions émises par les rares annonceurs. Untel ne voulait pas que sa publicité passe avant une émission anti-carcérale parce que cela faisait mauvais genre, un autre demandait à ne pas être diffusé avant l’émission consacrée au rap parce que les auditeurs de cette musique ne s’intéressaient pas à ses produits bios… C’est un exemple marginal ; mais il montre bien comment la pub influe très rapidement sur les programmes. Quand tu as deux pubs à caser sur ta grille, ce n’est pas bien grave, mais quand tu as de la pub entre chaque émission, ça lisse toute la grille.

Tu peux nous citer quelques radios qui se distinguent par leur créativité ou/et leur implication sociale ?

Je vais en donner trois, mais ce choix sera loin d’être exhaustif (je pourrais citer plein d’autres exemples). À Lyon, Radio Canut est très active sur les deux niveaux : pas de compromis au plan politique et plein d’idées en termes de création. À l’image de l’émission Megacombi, chaque lundi : l’équipe fait de la critique sociale, tout en utilisant plein de formes radiophoniques différentes, le feuilleton, le mix, le cadavre exquis, le docu, la chronique, la poésie…

À Toulouse, Canal Sud est également très intéressante : elle se base sur l’idée qu’on ne peut pas tenir un discours politique et social radical sans revendiquer une même radicalité au niveau musical ou culturel. On y trouve donc des émissions anticarcérales ou féministes (pour les décrire rapidement), et des émissions de poésie sonore ou de musiques expérimentales.

Enfin, à Montpellier, L’Eko des Garrigues se place dans la filiation des radios pirates musicales de la fin des années 1970, se montre très en pointe sur les musiques nouvelles et il y a un ton très particulier — de radioteurs — à ses émissions parlées.

Ce sont ce type de radios que vous souhaitez mettre en avant sur l’agrégateur sonore que vous avez créé ?

Oui. Le (modeste) objectif du Perce-oreilles est d’être un site qui dégourdit les oreilles, à la fois en termes politiques et sociaux et en termes de créations sonores. Il fonctionne comme un portail, référençant les productions des radios associatives pour contribuer à les rendre visibles.

Tout part d’un constat : ça me désole un peu quand j’entends des gens dire qu’ils se calent chaque jour sur l’émission de Daniel Mermet ; non pas parce que je ne l’aime pas — son émission est très bien et c’est une très bonne chose qu’elle existe — mais je regrette que ces gens n’aient pas la curiosité d’écouter autre chose, de s’intéresser non pas seulement aux résistances qui existent à l’intérieur des grosses machines, mais aux alternatives à ces grosses machines, à commencer par les radios libres. Il y a tant de choses à découvrir… C’est comme si, au niveau de la presse écrite, tu te contentais de lire le Monde Diplo

L’idée du Perce-oreilles est donc de court-circuiter les machines à communiquer, de mettre en avant ceux qui ne sont pas dans une logique de communication et qui font des choses très intéressantes. C’est un outil en évolution, dont l’objectif de relayer ce qui est inventif et radical, au niveau social et sonore ; autant la critique sociale que la poésie, la phonographie ou l’art sonore. Le Perce-oreilles se veut une plate-forme pour rendre visible tout cela, et pour faire se croiser (modestement) des univers sonores qui ne se connaissent pas forcément.

Il existe nombre d’agrégateurs d’articles sur le net, mais aucun pour le son jusqu’à présent. Internet ne serait pas un média de son ?

Je crois que le son a pâti de trois choses sur le net. Il faut l’écouter en temps réel, contrairement à un texte qu’on peut survoler : ça demande donc plus d’attention et de patience. Il n’y a pas d’image aussi, alors qu’on est dans une culture massivement orientée sur le visuel (c’était d’ailleurs l’un des objectifs de la transition vers la « radio numérique terrestre » (RNT), qui a du plomb dans l’aile : ajouter l’image à la radio). Enfin, le son est en réalité très présent sur le web, mais dans sa forme principalement musicale.

Mais c’est un constat à nuancer. On assiste en ce moment à l’émergence de la critique sonore sur internet, avec la récente création de Syntone, un très bon site de critique radio, ou avec le lancement d’une rubrique sonore par un site comme La Revue des ressources. En Espagne, aussi, il y a d’excellents sites d’activisme sonore, comme Artesonoro.

Tu trouves ce recours au net encore trop timide ?

Pourquoi donc ? La radio est l’un des seuls médias relativement bien diffusés (sur la bande FM, les radios associatives se retrouvent au même niveau que des grosses radios), où des personnes n’ayant pas accès aux grand médias peuvent être entendues. Loin de ce discours moderniste qui voudrait bien en finir un peu vite avec les radios, ou les reléguer uniquement sur le web…

Il faut dire aussi qu’un certain nombre de ceux qui participent aux radios libres sont un peu déconnectés du net. Soit qu’ils n’y connaissent pas grand-chose. Soit qu’ils s’y refusent, par « revendication hertzienne » ou refus de la technologie. Pour eux, la radio est vraiment un prolongement de la rue, tandis que le web leur paraît moins accessible, plus individualiste, et plus distant des luttes. Ce qui peut se comprendre : après tout, et pour reprendre l’expression d’un ancien d’une radio aveyronnaise, « les radios libres, c’est une utopie qui a réussi ».

Pas besoin d’internet, alors ?

Je n’ai pas dit ça… Il est évident que le web est un très bel outil de diffusion et de création, qui permet notamment à des personnes qui ne font pas partie d’une radio de mettre leurs productions en ligne. Et la démocratisation des outils techniques de prise de son et de montage offre une grande souplesse et une grande liberté : tu ne demandes la permission à personne pour faire ton émission, ton docu ou ton mix. Mais je ne crois pas que ce recours au net doive se substituer aux radios, c’est un outil complémentaire ; en termes de diffusion, les radios hertziennes font d’ailleurs déjà de la webradio (elles ont un streaming).

Il ne faut pas oublier qu’il y a encore de nombreuses personnes — habitants des quartiers, personnes âgées ou analphabètes — qui n’utilisent pas internet ; par contre, elles ont un bon vieux transistor. Les prisonniers non plus n’ont pas accès au web — mais ils peuvent écouter des émissions anticarcérales (par exemple) sur la bande FM. En théorie, du moins : selon un copain de Radio Canut, la radio ne passe plus dans la nouvelle prison high-tech de Lyon. C’est un vrai problème en terme d’accès à l’information comme pour la circulation des infos : à travers la radio, les taulards peuvent d’ordinaire écouter les messages de leur famille et communiquer par lettres avec les auditeurs et animateurs de l’émission.

Enfin, contrairement au web, les radios sont des espaces physiques de rencontre : dans un studio radio, tu croises des gens très différents, tu discutes, tu fais des réunions, tu échanges des infos… C’est un espace collectif qu’il est essentiel de le préserver.

Je pense aussi que l’avenir de la radio consistera, en terme de production (et non de diffusion), en une multiplicité de personnes faisant du son de manière indépendante. À Radio France, la machine de production est très lourde : il faut caler deux jours de montage, déplacer une équipe où chacun a un rôle très précis (preneur de son, producteur…), ne pas effectuer trop de rush, etc… Rien à voir avec ce qu’on voit aujourd’hui, soit des gens possédant leur propre matériel, pouvant passer le temps qu’ils veulent sur la préparation et se montrant beaucoup plus souples pour aller prendre le son.

Je crois que l’avenir de la radio réside aussi dans les coopératives ou les collectifs de producteurs radiophoniques. À l’image de l’association Faïdos Sonore, qui réalise des documentaires radios et anime des ateliers, donc qui ne dissocie pas le travail de création d’un engagement social et de la transmission. À l’image aussi d’un collectif comme Sons en luttes, destiné à permettre des échanges de sons militants entre radios libres et à monter des formes d’actions collectives.

Entretien avec Juliette Volcler, réalisé par JBB – Article 11, 30 janvier 2010.

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[Tu seras un gagnant, mon fils] La France sarkozyste gave ses enfants à la cocaïne et au crack

Un pharmacien de Puteaux (Hauts-de-Seine) âgé de 34 ans et sa femme, cadre dans la grande distribution âgée d’une trentaine d’années sont soupçonnés d’avoir régulièrement donné de la cocaïne à leurs enfants en bas âge. Selon nos informations, ils ont été arrêtés à leur domicile parisien, dans le XVIIe arrondissement, le 28 février par brigade de protection des mineurs. Mis en examen mercredi, ils ont été laissés libres, sous contrôle judiciaire a indiqué ce vendredi Europe 1.

Les médecins de l’hôpital Necker ont alerté la police car la petite fille de 2 ans souffrait de convulsions fréquentes et inexpliquées dont les deux dernières remontent au 30 janvier et 1er février. Régulièrement transportée aux urgences, la fillette a subi des analyses d’urine en mai 2011 qui ont révélé des traces de cocaïne ; une découverte confirmée par d’autres l’analyse des cheveux de la fillette qui était droguée depuis plus d’un an.

Le grand frère de 4 ans qui a subi les mêmes examens a lui aussi été drogué à la cocaïne et au crack à forte dose. Le garçonnet souffrirait d’asthme et de phobies. Les deux enfants ont été retirés à leurs parents le 17 février dernier.

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Les parents n’ont donné aucune explication aux enquêteurs de la Brigade de protection des mineurs de la PJ de Paris mais ont avoué consommer occasionnellement de la drogue.

Leur presse (LeParisien.fr, 2 mars 2012)

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[Toulouse] Nouvelle expulsion : Goudouli, les familles restent à la rue

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Nouvelle expulsion : Goudouli, les familles restent à la rue

Ce matin, jeudi 1er mars, il est 6h00 et les forces de l’ordre interviennent à grand renfort de véhicules et d’une trentaine de policiers pour expulser les sans-abri et les militant.e.s domicilié.e.s au 5 Rue GOUDOULI, occupé depuis le 18 janvier.

Pour la seconde fois à Goudouli, la police expulse sans expulser !

Elle agit de son propre chef et ce, sans respect des preuves ou des procédures. Aucun mandat d’arrêt n’a été déposé par le Préfet, aucune procédure n’est lancée et c’est donc à coup de prétextes fallacieux et farfelus que la Police intervient pour une « installation en réunion ».

La police embarque les 21 personnes présentes, direction Commissariat central sous les huées du voisinage outré.

Refusant de jouer le jeu policier de la division et des menaces, 19 d’entre-elles refusent tout fichage.

L’État et son bras armé la police réprime toujours un peu plus les précaires pour mieux faire taire et camoufler la précarité mais nous ne plierons pas !

Le mouvement de réquisition et d’occupation continue !

Plus de gosses, plus d’adultes, plus personne à la rue ! Mettons fin à la misère, la Force est avec nous !

N’essayons pas, faisons ! Tout le Pouvoir au Peuple !

ZÉRO ENFANT À LA RUE.
Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et L’Autogestion (CREA)
70, Allée des Demoiselles – Toulouse


Le 5 rue Goudouli évacué, 20 arrestations

Tôt ce matin, les forces de l’ordre ont procédé à l’expulsion du 5 rue Goudouli, habité depuis la fin janvier par des militants du CREA. La police a procédé à l’arrestation des vingt personnes résidant sur les lieux.

« C’est complètement illégal. Nous avons un justificatif qui prouve que nous sommes sur place depuis plus de 48 heures. C’est purement et simplement une violation de domicile de la part de la police. Nous allons donc porter plainte » ont indiqué des membres du collectif de réquisition.

Leur presse (Carré d’info, 1er mars 2012)


Le squat de la rue Goudouli expulsé hier matin

L’officialisation de leur retour au 5 rue Goudouli n’aura pas duré 48 heures. Hier matin, aux alentours de sept heures, les forces de l’ordre sont intervenues dans le bâtiment de la rue Goudouli qu’occupaient une vingtaine de squatteurs, militants pour le droit au logement. Sous le vocable de Crea (collectif de réquisition d’entraide et d’autogestion), les vingt-cinq personnes qui étaient alors dans le bâtiment ont été placées en garde à vue, avant d’être relâchées dans la journée.

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En octobre dernier, les militants avaient déjà été expulsés du même lieu par les forces de police. « Depuis, nous avons déposé une plainte pour violation de domicile car nous pouvons prouver que nous étions sur les lieux depuis plus de 48 heures. Comme au mois d’octobre, nous avons été expulsés sans aucune procédure administrative. Nous réfléchissons à déposer une seconde plainte », explique Flora, l’une des membres du Crea. Reste que le bâtiment appartient à un propriétaire privé, domicilié au Sénégal. « Le propriétaire a porté plainte et une action d’expulsion a été menée comme le prévoit la loi. Des dégradations ont été constatées et les occupants squattaient le lieu depuis moins de 48 heures », répond Françoise Souliman, secrétaire générale de la préfecture de Haute-Garonne. Dans ce bâtiment, les militants assuraient vouloir héberger cinq nouvelles familles. Ils en hébergent plus d’une vingtaine dans les quatre autres locaux qu’ils ont réquisitionnés.

Leur presse (Thomas Belet, LaDepeche.fr, 2 mars 2012)

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[France génocidaire] L’État fait disparaître un dossier d’extradition vers le Rwanda et sabote la procédure

Lors de l’audience du 11 janvier 2012 de la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris, le peuple français, au nom de qui la justice est rendue, apprenait que le dossier d’extradition concernant monsieur Hyacinthe Rafiki NSENGIYUMVA, ancien ministre des Transports dans le gouvernement génocidaire rwandais en 1994, avait disparu.

L’audience a alors été reportée au 22 février avec l’espoir que l’on puisse soit retrouver le dossier, soit le reconstituer à partir des copies de pièces. Peine perdue : le dossier n’a pas été retrouvé et la chancellerie n’a depuis lors transmis au parquet général que des copies non certifiées conformes, donc sans valeur juridique, comme l’a regretté l’avocat général, qui a estimé que la Cour devait demander au Rwanda un nouveau dossier d’extradition. Dans ces conditions, la chambre de l’instruction prononcera vraisemblablement un refus d’extrader le 29 février. Le contrôle judiciaire auquel est soumis M. NSENGIYUMVA sera automatiquement levé. M. NSENGIYUMVA avait été arrêté le 9 août 2011 à Créteil, détenu à la prison de la Santé jusqu’en septembre et placé depuis sous contrôle judiciaire. Un mandat d’arrêt international a été émis contre lui en 2008 par la justice rwandaise.

Il est reproché à M. NSENGIYUMVA d’avoir participé activement à des crimes de masse dans sa région natale de Gisenyi, à la frontière avec le Congo. Alors ministre du Gouvernement intérimaire rwandais, il est interrogé par un journaliste du Journal du Dimanche, Franck JOANNES, à propos de l’approvisionnement en armes des génocidaires au moment de l’Opération Turquoise. Il lui déclare : « Nous avons des voies souterraines » (JDD du 03/07/1994). Hyacinthe Rafiki NSENGIYUMVA est aussi un des membres fondateurs des FDLR, cette force réfugiée au Congo, constituée en partie d’anciens génocidaires et qui continue à perpétuer des crimes de masse, assassinats, viols…

Le CPCR et Survie sont scandalisés qu’un dossier de présumé génocidaire puisse s’égarer dans les méandres de la justice française. Ils s’étonnent de la relative indifférence avec laquelle la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Paris a accueilli cette disparition. Cette attitude est difficilement compréhensible, compte tenu de la gravité des accusations : il s’agit de la participation présumée de M. NSENGIYUMVA au génocide des Tutsi du Rwanda qui fit un million de victimes en cent jours.

Ce n’est pas la première fois que les tribunaux français traitent les dossiers d’extradition de présumés génocidaires rwandais avec une bienveillance inhabituelle dans ce genre d’audience. Pour mémoire, le tribunal de Bordeaux a refusé d’extrader Sosthène MUNYEMANA, surnommé « le boucher de Tumba », avant de condamner des citoyens qui l’accusaient de génocide pour non respect de la présomption d’innocence. Pourtant, une juge d’instruction l’a depuis mis en examen pour génocide et crimes contre l’humanité. Autre cas, celui du docteur Eugène RWAMUCYO, soupçonné d’avoir participé au génocide à Butare, dans le sud du Rwanda. Cet idéologue du génocide s’est empressé de rejoindre sa famille en Belgique et la justice française ferait bien de déposer à son tour une demande d’extradition à son encontre. Sans parler d’Agathe KANZIGA, veuve du président Habyarimana et extrémiste notoire, la plus célèbre des sans papier de France, qui continue sa vie sur notre territoire en toute illégalité depuis le 16 octobre 2009, date à laquelle le Conseil d’État a refusé de lui octroyer le statut de réfugié. Et la liste est loin d’être exhaustive.

Les refus d’extrader prononcés par les tribunaux français s’appuient notamment sur le fait que les accusés ne pourraient pas bénéficier d’un procès équitable devant la justice rwandaise. Ce soupçon a été levé par trois décisions récentes. La Cour Européenne des Droits de l’Homme (CEDH) a, dans un arrêt du 27 octobre 2011, autorisé l’extradition vers le Rwanda de Sylvère AHORUGEZE, accusé de génocide et crimes contre l’humanité. La CEDH a estimé que le Rwanda présentait les garanties nécessaires en ce qui concerne les conditions de jugement et de détention. Pour sa part, le Tribunal Pénal International pour le Rwanda (TPIR) a confirmé en appel, le 16 décembre 2011, le transfert au Rwanda de Jean UWINKINDI pour y être jugé, renversant ainsi sa jurisprudence précédente. De son côté, le Canada vient d’extrader Léon MUGESERA pour avoir prononcé, en 1992, un discours enflammé contre les Tutsi.

L’argument de l’absence de procès équitable devenu caduque, il devient plus difficile aux magistrats français de refuser l’extradition vers le Rwanda, surtout si les dossiers remis par les autorités rwandaises sont suffisamment étayés, ce qui n’a pas toujours été le cas jusqu’à présent. Dans le cas de Hyacinthe Rafiki NSENGIYUMVA, il est non seulement étonnant que le dossier disparaisse, mais encore que la chancellerie ne fournisse pas de copies certifiées conformes pour le reconstituer.

Ces cafouillages en chaîne ne sont pas seulement une manifestation du manque de moyens de notre justice. Ils font suspecter un défaut de volonté réelle de juger en France tous ceux qui sont accusés d’avoir participé au génocide des Tutsi et contre lesquels des plaintes ont été déposées. Depuis dix-huit ans, la justice française, malgré les déclarations lénifiantes des plus hauts responsables politiques, non seulement n’a jamais accepté de remettre des présumés génocidaires aux autorités rwandaises, mais surtout n’a jamais déféré aucune de ces personnes devant une Cour d’assises dont relèvent les crimes dont ils sont soupçonnés.

C’est pourquoi le CPCR et Survie demandent :

• Que le pôle « génocide et crimes contre l’humanité » créé au TGI de Paris soit doté de vrais moyens pour mener à bien toutes les investigations nécessaires en vue de l’organisation de procès en Cour d’assises. Et ce dans des délais qui ne sont malheureusement déjà plus raisonnables.

• Que les plaintes déposées contre les présumés génocidaires rwandais soient davantage prises au sérieux par les magistrats.

• Que la justice française désigne clairement les bourreaux et les victimes pour une véritable réconciliation au Rwanda. Le temps joue en faveur des bourreaux : cette pensée nous est intolérable.

CPCR, Survie, 28 février 2012.

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[Alès] Des Seigneurs à abattre…

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Dans certains coins des Cévennes, les notables se prennent pour des petits seigneurs : comme au Moyen-Âge, ils rançonnent et oppriment. La bourgeoisie s’exprime à travers son rang social de propriétaire, de chef d’entreprise ou d’élu.

Marchands de sommeil, ils nous louent des appartements pourris ! Ces locations souvent mal rénovées, difficiles à chauffer, nous coûtent relativement cher. Et quand il s’agit de rembourser une caution, ils refusent bien souvent de nous restituer l’argent.

Nous nous retrouverons le 5 avril 2012 devant le tribunal d’Alès pour dénoncer cette oppression qui est largement partagée, et soutenir mlle M. qui est l’objet du harcèlement de son dernier bailleur. Ce monsieur, non content de toucher ses rentes locatives, s’est permis de porter plainte et de réclamer 5000€ de rallonge, au prétexte d’un préavis qu’il a jugé trop court et de prétendues dégradations dans le logement. Depuis que mlle M. a quitté l’appartement, M. Serre (le bailleur) n’a cessé de lui causer du tort ainsi qu’au père de ses enfants dont il a été l’employeur. C’est en usant de toutes ses casquettes, et du pouvoir qu’elles lui confèrent, qu’il leur a littéralement pourri la vie ces derniers mois : heures supplémentaires non rémunérées, congés non payés, délations et falsifications de dossiers auprès de la CAF entraînant la suspension des allocations de M., etc…

Serre et la plupart des notables possèdent la majeure partie des terres, des logements et des entreprises de la région. Ils cumulent ainsi les fonctions de bailleurs et d’employeurs. Il faut donc travailler sans broncher et reverser notre salaire en loyer. C’est sous couvert de « bienfaisance » et de « sympathie » qu’ils nous abordent pour nous proposer « Le » bon plan logement+travail. Cette gentillesse dont ils se targuent, ne peut dissimuler la réalité des faits : c’est tout bénef’ pour eux ; c’est turbin et précarité pour nous !

Ici comme ailleurs, ils nous font travailler dans des conditions déplorables et pour des salaires de misère. La carotte des augmentations et des promesses diverses et variées, qui ne sont jamais honorées, se combine savamment avec les dégradations de nos moyens de survie. Nous vendons donc à bas prix notre temps et notre force à ces profiteurs qui subsistent par notre exploitation.

Ces notables ont aussi des relais politiques : complaisance des conseils municipaux, notoriété de certaines familles, implication historique de ces mêmes familles dans les partis de droite comme de gauche. Ces positions privilégiées leur permettent de constituer des réseaux et d’asseoir leur influence par le clientélisme (pistons pour un boulot ou un logement, postes réservés en mairie, etc…). Dans cette logique, ils utilisent les pouvoirs et forces publics pour défendre leurs intérêts.

Comme partout, ces bourgeois justifient l’oppression qu’ils imposent en usant d’arguments identitaires, racistes, moraux, tous plus fallacieux et mensongers les uns que les autres, qui n’ont pour objectif que de nous diviser. Nous ne sommes pas dupes ! Cette classe sociale ne se reconnaît pas par son label « du cru » ou « néo », mais parce qu’elle vit grâce à la propriété privée et à l’exploitation qu’elle permet.

Cette domination repose sur des peurs. La peur de perdre ses revenus, son travail, son logement, et de subir la mise au ban. Cette situation sociale optimise notre soumission et notre exploitation. Pour ne pas rester isolés dans nos résistances, nous répondrons collectivement au mépris et au harcèlement que M. et R. subissent pour ne pas avoir tout accepté. C’est parce qu’il n’est pas évident de combattre seul et dans son coin qu’il est nécessaire de s’associer pour refuser la situation qui nous est faite.

Parce que l’on n’acceptera jamais de crever en paix…

RENDEZ-VOUS DEVANT LE TRIBUNAL D’ALÈS LE 5 AVRIL 2012 À 14H00

Permanences du collectif Exploités-Énervés tous les 2e vendredi du mois à 18h30 au bar « Au Bon Coin », 2, rue Faubourg de Rochebelle, à côté de la Bourse du Travail – Alès.

Contact

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[Nouvelles de l’Apocalypse] Quand les océans seront d’acide

Les océans s’acidifient comme jamais menaçant de bouleverser leur écosystème

Les océans s’acidifient à un rythme sans précédent depuis 300 millions d’années, absorbant des quantités grandissantes de gaz carbonique produit par les activités humaines, selon une recherche parue jeudi qui met en garde contre les effets dévastateurs pour l’écosystème marin.

« Bien que des similarités existent, jamais au cours de cette période les taux d’acidification n’ont représenté, dans leur évolution, un tel impact potentiel sur la chimie organique des océans, conséquence des émissions sans précédents de dioxyde de carbone (CO²) dans l’atmosphère », explique un des auteurs de cette étude, Andy Ridgwell, professeur à l’Université de Bristol, au Royaume-Uni.

Au cours des cent dernières années, le CO² a augmenté de 30% dans l’atmosphère pour atteindre 393 parts par million (ppm) tandis que son pH a diminué de 0,1 unité à 8,1, signe d’une plus grande acidité.

Cela représente un rythme au moins dix fois plus rapide que depuis 56 millions d’années, souligne Bärbel Hönisch, une paléocéanographe de l’Université Columbia (New York, nord-est des États-Unis) et principal auteur de ces travaux publiés dans la revue américaine Science du 2 mars.

Selon le Groupe d’experts sur l’évolution du climat (Giec), le pH des océans pourrait baisser de 0,3 unité de plus d’ici la fin du siècle pour s’établir à 7,8.

« Une telle acidification accroît le risque que les océans subissent bientôt des bouleversements comparables à ceux observés durant le Maximum thermique du passage du Paléocène à l’Éocène », il y a 56 millions d’années, estiment ces chercheurs de cinq pays.

À la suite d’un doublement inexpliqué des taux de CO² dans l’atmosphère, les températures mondiales avaient alors augmenté de 6°C en 5.000 ans, avec une montée correspondante des océans, bouleversant les écosystèmes. Il est estimé que de 5 à 10% des espèces marines ont alors disparues au cours des 20.000 années suivantes, des taux très élevés.

Cet épisode a été mis au jour au début des années 90 quand des scientifiques ont extrait des sédiments au fond de l’océan dans l’Antarctique.

Selon leurs analyses, ce réchauffement brutal est le résultat d’une très forte augmentation soudaine et inexpliquée des émissions de CO² dont les concentrations ont doublé dans l’atmosphère.

« Nous savons que durant les périodes passées d’acidification des océans — résultat alors d’un fort accroissement du CO² atmosphérique provenant de gigantesques éruptions volcaniques — la vie n’a pas été entièrement anéantie mais de nouvelles espèces ont évolué pour en remplacer d’autres qui se sont éteintes », relève Bärbel Hönish.

« Mais si les émissions de CO² industrielles continuent au rythme actuel nous pourrions perdre des organismes marins auxquels nous tenons comme les récifs coralliens, les huîtres et les saumons », prévient-elle.

Si le CO² est absorbé trop rapidement dans l’océan il peut épuiser le carbonate dont ont besoin les coraux pour développer les récifs ainsi que les mollusques et certains planctons pour leur coquillage, explique la paléoceanographe.

Une des conséquence de cette situation, c’est la dissolution des coquilles de phytoplancton dont les résidus se déposent sur les fonds marins et y forment une couche de boue qui détruit les foraminifères, des organismes unicellulaires.

Une étude publiée dans la revue britannique Nature en 2011 montre qu’une diminution du pH à 7,8 — donc une plus grande acidité — dans les récifs coralliens au large de la Papouasie Nouvelle Guinée, a entraîné un déclin jusqu’à 40% de ces coraux.

Christopher Langdon, biologiste océanographe de l’Université de Miami (Floride, est), co-auteur de cette recherche, pointe « combien il est difficile de rapidement inverser une telle situation ».

« Une fois que des espèces se sont éteintes c’est pour toujours », ajoute-t-il jugeant que « nous jouons un jeu très dangereux ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 1er mars 2012)

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[L’art de la contre-insurrection] Comment rééduquer les habitants de Clichy-Montfermeil

Clichy : la future tour Médicis cherche ses mécènes

Hier, le ministre de la Culture organisait une opération séduction pour les possibles financeurs, dont LVMH ou L’Oréal, afin de transformer la tour Utrillo en résidence d’artistes.

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Voici à quoi pourrait ressembler l’édifice une fois réhabilité.

L’adhésion politique au plus haut niveau de l’État — le ministère de la Culture —, puis celle des habitants, était un préalable incontournable, au projet de la tour Médicis. Mais sans soutien financier ni mécènes, cette utopie en Seine-Saint-Denis ne pourra jamais être réalisée. La transformation de la tour de bureaux désaffectée située rue Utrillo, sur le plateau de Clichy-sous-Bois et Montfermeil, en pôle artistique jumelé avec la villa Médicis de Rome a été estimée à près de 30 M€.

Et son budget de fonctionnement annuel à 4 M€. Hier soir, dans le faste des salons du ministère de la Culture, rue de Valois, des dizaines de partenaires potentiels, dont LVMH et Total, avaient été conviés à découvrir d’un peu plus près le projet.

L’Oréal déjà sur les rangs

Dans ce salon du premier étage qui surplombe le jardin du Palais-Royal et les colonnes de Buren, personne n’a parlé argent. L’auditoire avait plutôt l’œil rivé sur l’écran plat qui diffusait une vidéo de la tour Utrillo. De l’intérieur, avec ses treize étages vides, qui offre un panorama vertigineux sur le marché, et de l’extérieur, avec son allure d’immeuble fantôme. « La tour du gâchis », comme l’appelaient avant les habitants, rappelle Samira Tayebi, première adjointe PS à Clichy, suivie de Xavier Lemoine. Selon le maire UMP de Montfermeil, cette tour « pourra offrir un rayonnement international à ces territoires qui avaient acquis une renommée internationale » malgré eux, lors des émeutes de 2005. Les atouts sont nombreux, comme le projet en cours de rénovation urbaine, le plus important de France. Maurice Leroy, le ministre de la Ville, est là pour en témoigner.

« C’est une initiative exemplaire », résume Frédéric Mitterrand, qui énumère des partenaires de choix, allant de la Cité de la musique à celle de l’histoire de l’immigration, en passant par les Beaux-Arts, le Centre Pompidou. « Plusieurs grandes entreprises privées sont déjà partantes », poursuit le ministre de la Culture, en promettant à chacun « un mode de partenariat spécifique et adapté ». Il explique vouloir encourager les partenariats entre les collectivités et l’État, le public et le privé, la France et l’international. Et souligne également que « les États-Unis, le Maroc, le Qatar, l’Algérie » ont déjà montré un intérêt pour le projet. Dans l’assemblée, les applaudissements fusent, mais ce n’est ni le lieu ni le moment de concrétiser le soutien à ce projet. « On ne peut prendre aucun engagement avant le vote du conseil d’administration en juin », précise en aparté Élisabeth Delorme, déléguée au mécénat d’EDF. Selon nos informations, L’Oréal a déjà proposé une aide financière.

Leur presse (Carole Sterlé, LeParisien.fr, 29 février 2012)

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La délation à l’œuvre à Limoges

APPEL DE SôS La délation à l’œuvre à Limoges

LACHA GOGITIDZE, père de famille géorgien installé en France depuis 10 ans a été arrêté à Limoges au moment de son transfert vers un lieu plus sûr. Lui, sa femme et ses quatre enfants en bas âges étaient cachés depuis des mois par les réseaux SôS et RESF 86. Alors que des personnes solidaires chargeaient les bagages de la famille dans les voitures avec Lacha « la bac de Limoges a débarqué pour un contrôle d’identité inopiné ». Seul Lacha a été contrôlé puis embarqué…

Nous dénonçons l’acharnement de l’État contre cette famille.

SôS appelle à se rassembler simultanément dans les villes où ils ont vécu pour exiger la libération immédiate de Lacha.

• Samedi 15h à Blois devant la préfecture place de la République ;

• Samedi 15h à Poitiers devant le palais de justice au 10, place Alphonse le Petit ;

• Samedi 15h à Limoges devant le commissariat au 84, avenue Émile Labussière ;

• Samedi à partir de 11h, la marche mensuelle de l’espoir de Colomiers sera dédiée à Lacha Gogididze et des actions de solidarité auront lieu toute la journée à Toulouse et au CRA.

Pour témoigner de votre soutien à Lacha, téléphonez-lui au centre de rétention au 05 34 52 11 06.

Liberté de circulation et d’installation
Fermeture des centres de rétention
Des papiers pour tous

Mailing, 1er mars 2012.

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[Révolution tunisienne] Marzouki dégage !

Makthar accueille le président Marzouki avec des « Vive Ben Ali ! »

Le président de la République Moncef Marzouki, en visite aujourd’hui dans le gouvernorat de Siliana, a été hué par des citoyens très en colère, notamment à Makthar.

Selon des témoins oculaires, dès le matin, des habitants de la région — très emportés contre l’attitude du gouvernement qui les a abandonnés à leur sort — se sont préparés pour réserver un accueil peu chaleureux au président de la République et la délégation l’accompagnant, en visite dans cette région du centre-ouest.

Le cortège présidentiel a finalement été accueilli avec des jets de pierres et la fameuse injonction emblématique de la révolution tunisienne : « Dégage », souvent lancée au visage des responsables peu méritants.

« Les membres du gouvernement ont visité toutes les régions. Quant à nous, on est le dernier de leurs soucis. Puis, qu’on nous rende visite ou pas, ça ne va rien changer à notre situation. Ils arrivent avec des paroles, seulement des paroles en l’air. On n’en a pas besoin », disent certains habitants.

M. Marzouki a donc fait un discours au siège du gouvernorat de Siliana. Il a expliqué que le gouvernement n’est pas responsable de la situation difficile actuelle, héritée de l’ancien régime, et qu’il faut lui laisser encore un peu de temps pour qu’il mette en place ses programmes. M. Marzouki a demandé de la patience à une population qui était, visiblement, trop impatiente de crier sa colère. La tournée, qui devait permettre au président d’aller à la rencontre des habitants de Bourouis, de Gaâfour et de Makthar, s’est donc terminée en queue de poisson.

M. Marzouki a même eu droit à des « Vive Ben Ali ! », cyniques et vengeurs. Qui en disent long sur l’état d’exaspération et de désespérance des habitants de ces régions. (…)

Leur presse (Kapitalis.com, 1er mars 2012)


« Je ne suis pas venu avec mes chaussures et chaussettes pour être délesté ! », dit Marzouki aux habitants de Siliana

En visite au gouvernorat de Siliana, en ce 1er mars 2012, le président provisoire de la République, Moncef Marzouki, s’est adressé à la population locale pour défendre le gouvernement et pour inviter les habitants de la région à patienter.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1330633221.jpgIl a précisé que 60 jours ne suffisent absolument pas au gouvernement pour résoudre tous les problèmes socioéconomiques de la région. Il a affirmé ne pas avoir de réponse immédiate à leurs requêtes, lorsque certains citoyens ont essayé de se plaindre du chômage ou de la détention de certains de leurs proches pour des raisons inconnues.

Les habitants ont témoigné sur les ondes de Shems Fm, afin d’exprimer leur colère suite aux propos du président, notamment une phrase qu’il aurait prononcée : « Je ne suis pas venu ici avec mes chaussures et mes chaussettes, pour être délesté ! » Les habitants de Siliana, indignés et déçus, ont de ce fait boycotté le meeting de Moncef Marzouki et ont préféré quitter les lieux, laissant la place aux « RCDistes, présents au premier rang », selon leurs propres dires.

Leur presse (BusinessNews.com.tn, 1er mars 2012)


(…) Selon radio Shems.fm, certaines composantes de la société civile ont manifesté  leur déception suite aux commentaires lancés par le président lors de sa visite. La présidente de l’association citoyenneté et progrès a indiqué que Marzouki a dit : « Si vous allez me demander une faveur je ferai comme si je n’ai rien entendu… Je ne suis pas venu en chaussures et chaussettes pour être dérobé ! » Les habitants présents à la réunion avec Moncef Marzouki ont fait savoir que plusieurs membres de l’ex-RCD ont assisté aux premiers rangs à cette rencontre et ont indiqué que des altercations ont causé l’interruption de la rencontre.

Leur presse (TunisieNumerique.com, 1er mars 2012)

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La lutte contre le Lyon-Turin bloque les trains à la Part-Dieu (Lyon)

Vers 13h30, ce jeudi, une trentaine de personnes, le visage dissimulé, a fait irruption sur les rails entre les gares de Jean-Macé et Perrache et jeté des projectiles sur les caténaires. Si la circulation des trains reprend progressivement, le trafic a subi d’importantes perturbations.

Ils étaient une trentaine, encagoulés, courant sur les voies entre les gares de Jean-Macé et de Perrache. À l’aide de sacs ou ballons lestés, ils ont visé les caténaires avant de disparaître.

Les trains en provenance de la gare de la Part-Dieu et en direction du sud se sont retrouvés bloqués dans l’agglomération lyonnaise. De même que ceux au départ de Perrache et en direction du nord. Des agents de la SNCF se sont aussitôt rendus sur place et tentaient de réparer les dégâts au plus vite.

Si vers 14h30 le trafic redémarrait peu à peu, d’importantes perturbations dans la circulation ferroviaire demeuraient.

Des forces de l’ordre ont été dépêchées sur les lieux mais on ignore à cette heure le sens de cette manifestation coup de poing.

Leur presse (LeProgres.fr, 1er mars 2012)

Les médias, qui reprennent tous à peu près cette dépêche, semblent tout ignorer de la lutte actuelle contre le Lyon-Turin, alors qu’elle a pris une tournure dramatique dimanche, quand un opposant italien est tombé d’un pylone sur lequel il avait grimpé pour échapper aux flics, lors d’une énième action. Les actions d’opposition à la ligne à grande vitesse Lyon-Turin durent du côté italien depuis des années, principalement menées par les habitant-e-s du Val Susa, sans qu’ils ne soient jamais entendu-e-s par le gouvernement italien.

Une banderole en soutien à la lutte du Val Susa, et en opposition au Lyon-Turin, aurait ainsi été déployée lors de l’action, depuis un pont SNCF près de la route de Vienne (info reçue via la privacybox de Rebellyon).

P.-S. : Ça permis aussi de retarder l’arrivée de Pécresse et Wauquiez et inquiéter Hollande (gros meeting ce soir à Lyon). C’est toujours ça de gagné.

Hier déjà une action a eu lieu à Lyon.

Rebellyon, 1er mars 2012.

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[No-TAV] Bloquons tout et partout !

Rendez-vous No-TAV à Paris

À l’appel de camarades en Val de Suse on organise une réunion NO-TAV à Paris aujourd’hui 1er mars 2012 à 21h au bar LE SAINT-SAUVEUR, 11 rue des Panoyaux, métro Ménilmontant, 75020 Paris.

Indymedia Paris, 1er mars 2012.


1-3-2012 Appel – BLOQUONS TOUT ET PARTOUT !!!

Pour Titti, grand-mère qui a maintenant une jambe cassée.

Pour Nicoletta, battue et humiliée.

Pour Alberto, arraché par la force.

Pour Marco, criminalisé parce qu’il traite un flic de « mouton», en le saluant d’un « À la fin je t’aime ».

Pour Ermelinda, à l’hôpital avec la tête ouverte par les matraques de Manganelli (chef de la police).

Pour les travailleurs du bar qui a ses vitrines éclatées par les flics et que personne ne va réparer.

Pour tous ceux et toutes celles qui cette nuit ont été tapé(e)s et blessé(e)s.

Pour Luca, toujours coincé dans un lit d’hôpital.

Pour nos camarades en prison, pour ceux qui sont encore enfermés à la maison ou dans leur ville.

Pour nos pères et mères, pour nos enfants et petits-enfants.

BLOQUONS TOUT ET PARTOUT !!!

À partir de 18h.

Traduit de l’italien (NoTav.info) par NoTavFrance, 1er mars 2012.


Occupation du siège du Parti Démocratique à Rome

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"Profit démocratique"

NoTavFrance, 1er mars 2012.

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[« La tendance autonome-situationniste »] Lisez CQFD !

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Politologiste > Le 30 janvier, dans un article détaillant les réseaux qui soutiennent le film Les Nouveaux chiens de garde, Sylvain Boulouque, « décrypteur de la gauche radicale » pour NouvelObs.com, évoque « la tendance autonome-situationniste issue de Mordicus, avec le journal CQFD ». Ah bon ? Nous, on se voyait plutôt en erroriste tendance bouliste avec quelques réminiscences de coincoinisme ultra, et une influence diffuse mais certaine de la pensée de Jean-Guy Mauriceau, pêcheur à pied et pilier du bar Le Tourbillon à Ploudalmézeau (que sa mémoire soit bénie pendant vingt générations). Et encore, ça dépend des jours… Mais ce sont des subtilités qui ont dû échapper à cette tronche d’expert. À part ça, certains ici kiffent grave James Brown, Johnny Cash et les Ramones.

CQFD n° 97, février 2012.

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[Nice] Les pandores travaillent au Carnaval alternatif

Carnaval alternatif à Nice

Dimanche 26 février 2012 a eu lieu le carnaval indépendant de Nice.

La fête se passait très bien, pas d’œufs ni de farine sur les passants. Lors du passage place du Pin, quelqu’un a bombé d’un peu de peinture une caméra de surveillance, la réponse complètement disproportionnée des policiers est venue plus d’une heure après, place Garibaldi : des policiers en civil et en tenue de combat ont foncé dans la foule pour arrêter quelqu’un en qui ils avaient cru reconnaître celui qui avait barbouillé la caméra.

Les gens présents ont essayé de les empêcher de le violenter et de le trainer pour l’embarquer.

Les policiers ont frappé quiconque essayait de s’interposer, maintenant à terre quiconque avait essayé de s’en mêler.

Des scènes délirantes de jeunes filles trainées par terre, de garçons trainés, jetés dans des voitures et finis à l’intérieur à coups de pieds.

Dans la foule, les familles inquiètes pour les enfants, les badauds assis sur les bancs, qui se régalaient de la fête, ne comprenaient pas ce qui se passait sur cette place devenue tout à coup un enfer, sous le regard de Sainte Précaire qui trônait au beau milieu, très seule, et qui finira brûlée.

Le public conspuait les policiers qui n’en avaient que faire et répondaient vulgairement à toute personne qui les incitait au calme.

Un père et ses deux enfants âgés de 4 et 7 ans ont reçu des gaz lacrymogènes et sont rentrés traumatisés.

Peu importe qu’il y ait eu des enfants ou des personnes âgées.

Le combat devait continuer : sept personnes ont été embarquées au commissariat d’Auvare.

Leurs amis, inquiets, sur conseil de l’avocat, sont allés à Auvare demander de leurs nouvelles. Ils se sont trouvés à leur tour arrosés de lacrymogènes.

Les personnes arrêtées sont toutes sorties à ce jour d’Auvare, et sont convoquées au TGI pour jugement les 19 avril pour certains, le 11 septembre pour les autres.

Motifs d’inculpation : injures à forces de l’ordre en exercice, rébellion, violence, incitation à l’émeute pour avoir crié « Liberté !»

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Film sur les violences policières

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Film retraçant l'ensemble de la journée

Infozone, 1er mars 2012.

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[No-TAV] Occupation d’autoroute et répression

À l’annonce de l’ « accident » de Luca Abba et de l’élargissement de la future zone de chantier (voir brèves précédentes), l’autoroute traversant le Val de Suse a été occupée nuit et jour, à proximité du village de Bussoleno, et bloquée à l’aide de barricades faites de matériaux de toutes sortes (bottes de paille, barrières d’autoroute déboulonnées, bois, etc). Mardi, les flics ont tenté de mettre fin au blocage et sont intervenus pour chasser les occupants et balayer les barricades, ce qui n’a pas empêché les No-Tav de réinvestir l’autoroute directement après leur départ.

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Mercredi en fin d’après-midi, plusieurs dizaines de fourgons de flics se sont amassés sur l’autoroute et ont mis plusieurs heures à déblayer et éteindre les barricades en flammes, tandis que plus de mille personnes se rassemblaient autour d’eux, au rythme des « Giu le mani della val di Susa ! » et « Luca ! Luca ! Luca ! », ou encore frappant les barrières de l’autoroute avec des cailloux pour faire un maximum de bruit. Les no-tav refusant de se disperser, les flics ont fini par les matraquer, les arroser au canon à eau et balancer des grenades lacrymogènes comme s’il en pleuvait. S’en est suivie une course-poursuite entre la foule tentant de repartir en direction du village de Bussoleno et les carabinieri gazant et arrosant à tout va. À l’heure actuelle, l’autoroute est malheureusement aux mains des flics, la situation est calme et tout le monde est tout mouillé. Une assemblée du mouvement No-tav a lieu actuellement dans la salle des fêtes de Bussoleno. La lutte continue.

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Le Réveil, 29 février 2012.


Répression des No Tav au val de Suse

Interview de Luca de Radio Blackout, à propos de la répression de la manifestation No Tav (contre le TGV) de fin février dans le Val de Suse, au cours de laquelle un militant a été grièvement blessé. Voir aussi www.notav.info (en italien). Diffusé sur Radio Galère (88.4 MHz).

À écouter/télécharger sur le site Sons en luttes.


Répression militaire à Chianocco

29 février – Vidéo – Après un blocage d’autoroute, la police poursuit les manifestants jusqu’à l’intérieur d’un bar.


La bataille de Chianocco

1er mars – Vidéo des émeutes à Chianocco pendant le blocage de l’autoroute.

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[Avignon] Comment ça nous touche, Fukushima ?

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Enjeu électoraliste oblige, la question de l’industrie nucléaire tient le pavé quasi quotidiennement dans les gazettes et autres media qui font la doxa tapis rouge de celle qu’on appelait il y a peu encore : la pensée unique.

Dans ce maelström d’écrits le tamis idéologique n’a pas tout filtré, laissant échapper quelques perles, comme le démantèlement réussi d’une centrale en Angleterre ; ce qui ne manque pas de jeter l’opprobre sur le génie français, laborieusement empêtré depuis 25 ans dans le démantèlement de Brennilis — première centrale ratée de l’Hexagone.

Heureux les hommes, car par delà les océans un ministre de l’industrie prend son courage pour fouler le sol de Fukushima, et proclamer, “gaulois”, que tout est sous contrôle. Malgré les efforts des photographes à faire poser son éminence au premier plan des images, son visage reste méconnaissable, affublé d’un masque à oxygène high-tech dont ne disposent même pas les ouvriers de Tepco. Émissaire du ridicule ce sinistre nous inspire la honte, en méprisant à ce point les mobilisations sur le sol japonais, et l’arrêt là bas de la quasi totalité de la production nucléaire.

Ne soyons pas dupe, il y a fort à croire qu’en homme responsable déguisé, c’est le servile commercial de la firme Areva qui est venu déjouer les périls — un Mox vaut mieux que deux tu l’auras.

Tandis qu’au Niger, la population manifeste à Arlit, réclamant à Areva des retards de salaire et l’assainissement des terrains autour de la mine d’uranium, les communicants occupent le terrain de la non-prolifération, en secouant le vilain spectre d’un Iran barbare.

Sans doute la barbarie ne saurait être tolérée ailleurs qu’en territoire démocrate.

L’industrie nucléaire, où qu’elle se trouve, impose un contrôle sociétal bien aiguisé. Cette extension morbide des mécanismes capitalistes nous la vivons en France, et sans concession. Les candidats aux Présidentielles — écolo compris —, on tous reconduit la filière ; bien conscients de l’impossibilité à briguer le poste s’ils la remettaient en question.

Pantomime discrète des forces en présence.

Il n’empêche, à Bure, en Cotentin, à Fessenheim, dans le sud-est… de nouvelles mobilisations exhalent la vie, démontrant s’il le fallait que nous n’avons plus peur de la sottise, du cynisme, de la violence d’État. Car en vérité, nous sommes déjà morts tous les jours au prix de 58 réacteurs.

Tu n’as encore rien vu sur ton territoire…

L’aveuglement à la française n’a d’égal que la croyance de son peuple dans la reconduction d’un président.

Démantelons dès aujourd’hui, les Japonais nous y encouragent ; car plus que tout ils font la preuve du premier démantèlement nécessaire, celui du mensonge et de la propagande, qui ânnonent que c’est impossible.

Rendez-vous le samedi 10 mars à l’Entrepôt (1 Bd Champfleury – Avignon)

Avignon mon amour.

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[Lyon] Contre le nucléaire, déchaînons-nous !

En 2012, après les catastrophes de Tchernobyl et Fukushima (et quelques autres dont tout a été fait pour qu’elles disparaissent de la mémoire collective), la conscience du danger du nucléaire et le désir de ne plus y avoir recours sont devenus largement majoritaires dans l’opinion publique française. Même les sondages commandés par EDF l’indiquent, c’est tout dire !

Le nucléaire est en effet avant tout un projet de société, société autoritaire, militaire, et dans laquelle une caste d’experts décide de tout. L’énergie atomique convient très bien au capitalisme, pour nous faire travailler et produiretoujours plus d’engins de mort et de marchandises inutiles. La bombe, ne l’oublions pas, reste un instrument de terreur et un signe de puissance pour les États qui la possèdent.

Aujourd’hui, la question n’est plus de savoir si on peut sortir du nucléaire, car cela a toujours été possible et le sera à chaque fois que la « nécessité » l’impose (le Japon qui a dû s’en passer de façon brutale en est un bon exemple). La question est plutôt de savoir quand et comment, de façon définitive, arrêter les productions nucléaires civiles et militaires.

Quand ? Immédiatement, si on veut augmenter les chances de le faire avant une catastrophe. La quantité de déchets mortels augmente constamment, hypothéquant toujours plus notre avenir. La  population, en particulier les travailleu(se)rs du nucléaire subit tous les jours la pollution radioactive. Par ailleurs, il faut mettre fin à l’exploitation néo-coloniale des pays (comme le Niger) d’où est extrait l’uranium. Et parce que vouloir sortir sur dix, vingt ou trente ans, c’est refuser de remettre en cause la société : c’est sortir du nucléaire, mais en tenant compte des intérêts économiques d’EDF, d’Areva et d’autres. C’est aussi penser qu’on ne peut gagner que par la voie parlementaire, et que tout  mouvement social de rue ne peut servir qu’à appuyer une dynamique « démocratique » au sein de l’État. Donc, c’est finalement considérer que les intérêts politiques et les profits générés par l’atome sont plus importants que le danger de catastrophe nucléaire.

Comment ? En l’absence de révolution sociale qui transformerait entièrement nos modes de vie actuels, cette sortie — pour être définitive — ne peut avoir lieu qu’en économisant l’énergie (en commençant par stopper les projets d’infrastructures inutiles, coûteux et gaspilleurs, comme les LGV, les nouveaux aéroports) et en développant d’autres sources d’énergie, dont les renouvelables. Mais il faut en finir avec le mythe des énergies renouvelables susceptibles de produire la même quantité d’électricité que celle qui est produite actuellement. Si nous voulons que les énergies renouvelables occupent une place prépondérante, cela ne pourra se faire que par une baisse réelle de la consommation énergétique. Et celle-ci ne peut pas s’obtenir à coup d’économies de bout de chandelle ni de culpabilisation individuelle portant sur la consommation des ménages, mais par une tout autre organisation sociale de la production et de sa répartition. Nous ne voulons pas d’un hypothétique « capitalisme vert », qui certes polluerait un peu moins, mais en maintenant les rapports de domination et d’exploitation.

Comment interpréter le lobbying antinucléaire, l’opposition symbolique avec de grandioses actions médiatiques, sinon comme la tentative d’une association (qui n’est plus tout à fait pour l’arrêt du nucléaire, même à bien long terme, mais pour la transition énergétique et le capitalisme vert) de reprendre la main sur les individu(e)s et coordinations qui se cherchent en dehors d’elle depuis quelque temps, particulièrement depuis les manifestations d’octobre dernier ou le camp de Valognes.

En effet, une action spectaculaire telle qu’une chaîne humaine, dans ce contexte-là, ne vise pas à construire ou renforcer un mouvement de lutte antinucléaire. En mettant en scène un éphémère « mouvement d’opinion », il s’agit plutôt d’essayer de faire pression médiatiquement sur les instances dirigeantes, qui, elles, poussent toujours en avant l’industrie de l’atome : construction d’un EPR, extension de la durée de vie des centrales, mise en place de la nouvelle usine d’enrichissement d’uranium Georges Besse II à Tricastin (construite pour produire du combustible nucléaire pendant au moins 40 ans !) sont les preuves que l’État et le capitalisme français n’ont pas l’intention d’abandonner cette source d’énergie, miraculeuse pour leurs profits et leur pouvoir.

Nous n’avons rien à attendre de l’État, qui est la cheville ouvrière du nucléaire en France. Il serait vain de lui demander l’arrêt immédiat, il faut le lui imposer ! Et, seul un vaste mouvement social de combat antinucléaire et anticapitaliste sera à même d’y parvenir.

Arrêt immédiat et définitif du nucléaire civil et militaire.

Premiers signataires : CGA Lyon, OCL Lyon, des individu(e)s.

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[Valence] Brisons les chaînes du nucléaire

Le réseau Sortir du nucléaire, le magazine Silence, les Désobéissants et la Convergence citoyenne pour la transition énergétique appellent à former une chaîne humaine pour sortir du nucléaire ; opération médiatique citoyenne prévue pour le 11 mars 2012.

Ces organisations « se mobilisent » pour que notre société ne dépende plus de l’énergie nucléaire. Mais cette sortie nécessiterait de remettre en question l’ensemble du nucléaire civil et militaire. Au delà d’une mobilisation symbolique et spectaculaire, il ne suffît pas de s’en prendre à telle centrale en construction ou à telle autre parce qu’elle est vieillissante, mais il est nécessaire de s’attaquer à l’ensemble de l’organisation industrielle de la filière nucléaire et à cette débauche de consommation d’énergie.

L’enrichissement de l’uranium est à la base de toute l’industrie nucléaire civile et militaire. Avec l’usine d’enrichissement Georges Besse II qui devrait mettre prochainement en service une nouvelle cascade de centrifugeuse sur le site du Tricastin, Areva entend conforter sa position sur le marché de l’enrichissement, où le groupe détient 25% des capacités mondiales disponibles. Sur le même site, il est prévu aussi la construction de l’atelier REC II, nouveau centre de retraitement d’uranium ayant déjà servi. Mais ceci ne fait pas partie des préoccupations de nos enchaînés.

Afin d’éviter que l’opposition au nucléaire après la catastrophe de Fukushima ne se résume en un ensemble d’opération purement symbolique et spectaculaire qui ne tient visiblement qu’à amuser la galerie et à influencer le débat électoral, il nous faut construire une opposition qui rompe avec les illusions lobbyistes et cogestionnaires, et qui cherchera à dénoncer l’industrie nucléaire dans son ensemble.

La sortie du nucléaire nous oblige à briser nos chaînes,
quelles qu’elles soient !

Collectif anti-nucléaire 26, le 20 janvier 2012.

Correspondances : Collectif anti-nucléaire 26 c/o Le Laboratoire, 8 place Saint-Jean, 26000 Valence – Adresse mail provisoire.

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[Politiques du son] La guerre en son 3D

On connaît l’origine militaire d’internet et de l’informatique grand public, on sait moins que les chaînes hi-fi et les haut-parleurs de cinéma actuels doivent également beaucoup à la recherche militaire. Un épisode méconnu de la Seconde Guerre mondiale livre quelques éléments de cette généalogie. Oui, ça fait belle lurette que l’industrie du divertissement porte à merveille le kaki.

Il était une fois Douglas Fairbanks Jr, acteur et producteur hollywoodien, et son ami Lord Louis Mountbatten, officier de la Royal Navy britannique. Au début des années 1940, le second parle au premier d’une « unité britannique secrète, basée dans un château écossais, qui faisait des expérimentations avec les effets sonores et diffusait des enregistrements de tanks, d’avions, de blindés et de voix de soldats derrière des écrans de fumée ou du brouillard. » Il lui dit aussi que « les Britanniques avaient déjà expérimenté des tactiques sonores dans le désert d’Afrique du Nord, en embauchant une société de production cinématographique égyptienne pour diffuser des effets sonores visant à désorienter les Italiens et les Allemands. » [Christoph Cox, « Edison’s Warriors » (Cabinet no. 13, printemps 2004)] Ni une ni deux, Fairbanks convainc la Marine états-unienne de l’utilité de la « guerre sonique ». Hilton Howell Railey, journaliste et expert ès-relations publiques, est chargé de monter une Station expérimentale de l’armée et de recruter dans les écoles d’art new-yorkaises et les studios d’Hollywood une armada d’artistes, comédiens, ingénieurs du son, graphistes, photographes et peintres. Pour former les troupes au camouflage sonore, le National Defense Research Council (NDRC, comité national de recherche sur la défense) approche Harvey Fletcher, directeur de la recherche acoustique aux Laboratoires Bell (communément appelés Bell Labs), ainsi que l’ingénieur du son Harold Burris-Meyer, alors conseiller auprès de la société Muzak pour l’aider à mettre au point un environnement sonore susceptible d’augmenter la productivité de ses ouvriers, mais également récent inventeur du système stéréophonique pour le Fantasia de Walt Disney, et qui s’était intéressé en 1938 à la production « d’hystéries collectives » chez les spectateurs au moyen du son [James Tobias, « Composing for the Media : Hanns Eisler and Rockefeller Foundation Projects in Film Music, Radio Listening, and Theatrical Sound Design » (2009), pp. 8, 66, 69].

En 1942, le NDRC lance officiellement le programme « Effets physiologiques et psychologiques sur les hommes en temps de guerre ». La Station expérimentale enregistre « toute activité militaire potentiellement utile pour monter un leurre » [Philip Gerard, Secret Soldiers : How a Troupe of American Artists, Designers, and Sonic Wizards Won World War II’s Battles of Deception against the Germans (Penguin, 2002), p. 111, cité dans Steve Goodman, Sonic Warfare – sound, affect and the ecology of fear (Massachusetts Institute of Technology, 2010), p. 214] — et même des aboiements de chiens, après que l’ingénieur en charge des enregistrements ait eu vent d’une superstition japonaise associant ce son à une mort imminente. Une attention extrême est apportée aux prises de son, Bell Labs fournissant non seulement le matériel, mais aussi des instructions pour la diffusion selon la géographie du lieu et selon la météo. Sur le terrain, au beau milieu d’un décor peint et de chars gonflables, des « voitures soniques » sont positionnées et déplacées en fonction du plan de la bataille virtuelle pour produire un « réalisme parfait en son surround » [Cox, ibid.]. L’« armée fantôme », tel que se qualifie alors le 23e régiment des troupes spéciales des États-Unis, met ainsi en scène, entre la Normandie et le Rhin, vingt-et-une batailles après le débarquement de juin 1944. Après la guerre, Railey veut poursuivre ses leurres sonores, mais l’armée coupe les financements, ferme définitivement la Station expérimentale en 1945, donne ordre aux soldats de ne pas parler de l’opération pendant au moins 50 ans, et se désintéresse durablement de la tactique : il faudra attendre 1988 et Bush père pour qu’un manuel de l’armée recommande la résurgence de cet « art perdu ». Les GIs emploieront notamment des leurres sonores lors de l’opération « Tempête du Désert » en 1991 en Irak, ou pendant le siège de Falloujah en 2004.

L’effort de développement fourni pour mettre au point ces sons virtuels aura un impact bien plus large que la désorientation temporaire des Allemands : Bell Labs affirmera ainsi que ces « dispositifs acoustiques militaires n’étaient pas simplement des copies ou des variantes à peine améliorées de ce qui existait à l’époque (…), mais plutôt des produits entièrement nouveaux », dont la fidélité acoustique « deviendra populaire dans la société civile après la guerre à travers les systèmes hi-fi stéréo et les moniteurs de studio. » [Goodman, op. cit., p. 43] Dès 1942, Burris-Meyer avait quant à lui affirmé que les moyens sonores militaires serviraient dans les cinémas après la guerre, et il s’y emploiera. Reste à tester ce que préconisait Burroughs dans Electronic Revolution : « l’usage dans les rues de cut-up sonores pré-enregistrés comme armes révolutionnaires ».

Juliette Volcler

Cette chronique est parue dans le numéro 4 de la version papier d’Article11 [Et elle a fait partie du travail préparatoire de l’essai Le Son comme arme, les usages policiers et militaires du son (La Découverte, 2011)].

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[Stop THT] Trois chantiers perturbés lors de la randonnée au départ de Cerisy

Une douzaine de personnes se sont retrouvées ce 29 février à Cerisy, dans la Manche, pour une « randonnée sous les pylônes ».

Celle-ci s’est déroulée sur la commune voisine de Cametours où les randonneurs et randonneuses ont tout d’abord visité un dépôt où est entreposé du matériel destiné à la construction de la ligne et plus particulièrement des pylônes.

Le petit groupe accompagné d’une vingtaine de gendarmes (dont un véhicule tout terrain) a ensuite rejoint les chantiers des pylônes 136, 137 et 138. La surprise étant de voir, à leur arrivée, les ouvriers décamper dans la précipitation avec armes et bagages, en l’occurence des rouleaux de géotextile utilisé pour la mise en place des accès au chantier. Bref, des chantiers qui ont été arrêtés sans même avoir besoin de les bloquer.

Tout cela sous l’œil amusé de quelques journalistes auxquels fut distribué le texte suivant :

« Ici git un chantier illégal où les pylônes sont montés à vitesse forcée alors que l’EPR de Flamanville n’est pas opérant et ne le sera pas avant des années. Des vigiles sur les lieux, des rondes de gendarmerie pour protéger des intérêts privés : un bel exemple des politiques énergétiques actuelles.

Nous nous élevons contre ce projet car il est néfaste pour la santé des habitants : c’est indéniable ! Mais, surtout, nous nous insurgeons contre ce chantier qui est le symbole de l’incurie de l’État dans la gestion de la production énergétique du pays. Nos dirigeants entendent mieux la voix de certains intérêts privés que celle du peuple.

Nous clamons notre droit à être acteurs de nos vies, de nos projets de société et de la gestion de la production énergétique. Nous luttons localement contre un problème global.

Nous ne voulons pas de cette ligne, notre contestation ne pourra être étouffée. Nous crions juste de plus en plus fort, de plus en plus nombreux, jusqu’à être repris au sérieux. »

Prochains RDV sur le terrain le dimanche 11 mars 2012 :

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Mais aussi du 5 au 13 mars lors des enquêtes publiques destinées à octroyer à RTE l’autorisation de contourner le refus des riverains de signer les conventions de passage et de servitudes

Aussi, le 3 mars 2012, une projection suivie d’un repas à prix libre et d’un débat aura lieu au FJT de Coutances. Il s’agit du documentaire sur l’occupation de la forêt à l’emplacement d’un pylône lors d’une lutte similaire en Catalogne :

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Des randonneurs et randonneuses.

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[Paris] Procès antiterroriste pour 6 camarades du 14 au 22 mai 2012

Ivan, Bruno et Damien sont arrêtés en janvier 2008 alors qu’ils se rendent à une manif devant le centre de rétention de Vincennes avec des fumigènes artisanaux et des crève-pneus, qui deviennent pour la justice et les médias une “bombe à clous”. Ivan et Bruno sont alors placés en détention préventive et Damien sous contrôle judiciaire.

Quelques jours plus tard, Inès (*Isa) et Franck (*Farid) sont arrêtés lors d’un contrôle des douanes à Vierzon en possession de manuels expliquant des techniques de sabotage, du plan d’une prison pour mineurs et de chlorate. L’antiterrorisme se saisit de l’affaire. Les flics prétendent que l’ADN d’Isa correspondrait à une des 5 traces ADN présentes dans un sac contenant des bouteilles d’essence, retrouvé sous une dépanneuse de flics pendant l’entre-deux-tours des présidentielles de 2007.

Rapidement, ces deux enquêtes sont jointes en un seul dossier, instruit par les mêmes juges antiterroristes. La police ratisse alors dans l’entourage des personnes arrêtées et des personnes fichées “anarcho-autonomes” pour tenter de trouver qui se cacherait derrière les ADN manquants. Javier (*Juan), le frère d’Inès (*Isa), puis Damien (qui avait été arrêté avec Ivan et Bruno) sont mis en prison pendant plusieurs mois car leurs profils ADN correspondraient aussi aux traces retrouvées sous la dépanneuse. Par ailleurs, en juin 2010, Javier (*Juan) a, en plus, été mis en examen pour une série de sabotages par incendie sur des armoires électriques de signalisation SNCF qui ont paralysé une partie du trafic ferroviaire en 2006 pendant le mouvement « CPE ». Son ADN aurait été retrouvé sur le lieu d’une tentative de sabotage.

Inès (*Isa), Javier (*Juan), Damien, Ivan, Franck (*Farid) et Bruno ont chacun fait entre 5 et 13 mois de détention préventive dans le cadre de cette procédure. Et ils restent sous contrôle judiciaire jusqu’au procès en correctionnelle.

Mauvaises intentions, 29 février 2012.

[Note de cestdejatoutdesuite : à propos de propagande journalistico-policière, on a retrouvé un son du 29 janvier 2008 diffusé sur RTL.]

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[Montreuil] Le Guéant Vert est de sortie, la milice de Voynet à la pointe des expulsions

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NETTOYAGE URBAIN :
vidéo-tract sur les violences de la mairie de Montreuil à travers sa milice, à voir ici

À Montreuil l’ ASVP (Agence pour la Surveillance de la Voie Publique) est un service de vigiles au service de la mairie. Les ASVP seraient censés « assurer le respect de certaines règles communes de l’espace public, et principalement de constater les infractions au stationnement voire de verbaliser les habitants qui contreviennent aux règles relatives à la propreté de l’espace public ».

Un « groupe mobile » est composé d’ASVP « volontaires » . Leur mission consiste par exemple en « interventions à la déchetterie » ou en « interventions de surveillance suite à des intrusions »… Ce qui très concrètement signifie chasser de la déchetterie tous ceux qui pour survivre y font de la récup’, chasser avec tous les moyens, y compris la violence physique, ceux qui occupent des maisons vides pour y habiter. Plusieurs cas de violence sur personne ont déjà été recensés.

Le 31 janvier, une fois de plus, les ASVP chassent d’une façon complètement illégale les occupants d’une maison appartenant à la mairie. Les ASVP, dirigé par Denis Hochard et sous l’œil bienveillant du commissaire de Montreuil, cassent l’intérieur de la maison pour rendre l’espace inhabitable. Dominique Voynet, maire de la ville, appelée d’urgence au téléphone par une voisine qui voulait dénoncer les violences du service municipal, déclare être déjà au courant, mais : « les habitants sont des politiques et j’ai déjà assez d’ennemis à Montreuil » !

Encore une fois la gestion de l’espace et le nettoyage urbain qui va avec se dessine, aussi, comme nettoyage idéologique. Tous ce qui gêne les projets des promoteurs et politiques est effacé à coup de barre de fer. Plusieurs dizaines de témoignages sur les violences de l’ASVP ont été déjà récoltés.

Non aux expulsions même encadrées par la mairie !

À peine un mois après cette expulsion la future ministre du logement (?) via sa milice a réitéré ces pratiques en expulsant manu militari des Roms qui avaient trouvé abris dans un bâtiment vide de la municipalité. Les femmes qui tenaient l’occupation ont été fortement violentées. Récit et vidéos à venir…

Indymedia Paris, 29 février 2012.

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[Révolution tunisienne] Le message posthume d’Haroun Hosni, immolé par le feu : Ennhadha + UGTT = RCD !

Mes chers Tunisiens,

Le 24 février 2012, Haroun Hosni, un jeune homme âgé de 29 ans de Mdhilla (ville du bassin minier) est décédé suite à son immolation, dans une indifférence quasi-générale, sauf pour sa mère défigurée (par un cancer [Une importante prévalence de tumeurs malignes dans cette région. La Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et le Groupe Chimique Tunisien (GCT) les rongent à petit feu. Tout le monde y passe, même les gosses (surtout de 6 à 12 ans) qui ont chopé des leucémies.] de la mâchoire inférieure).

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Les funérailles de Haroun

Perdant tout espoir et surtout convaincu de la futilité de résister, ce jeune homme a décidé de mettre fin à ses jours.

La répression sauvage policière (lors du soulèvement du bassin minier de 2008) l’a transformé en loque humaine. On peut dire qu’en matière de torture, ses tortionnaires « excellaient » !

Sa mise en liberté conditionnelle et la fuite de benne à lit, ne lui ont rien apporté, bien au contraire.

En effet, il voyait les mauves [couleur de l’ex-RCD] du coin, se recycler en bleu [couleur d’Ennahdha], tout en gardant les mœurs crapuleuses, avec au menu : disparité, stigmatisation, injustice (surtout lors du concours de recrutement de la CPG).

Sa convocation au poste de police le 24 février (suite à un débat houleux avec des membres du bureau Ennahdha du coin), était la goutte d’eau qui a fait déborder le vase.

Il revoyait le cauchemar de 2008 ; la torture et l’humiliation !

Qui est le responsable de ce drame ?

• Les caciques de l’ancien régime (les reconvertis et les récalcitrants) ?

• Les syndicalistes corrompus de la région ?

• Ou le désengagement moral de la CPG envers la population locale (en laminant les richesses, en les tuant avec la pollution et surtout en négligeant l’essor de la région) ?

Mes chers Tunisiens, je vous invite à voir cette vidéo [en tunisien] CLIQUER ICI, où le cousin de Haroun témoigne sur les circonstances de ce drame, ne vous fiez pas aux apparences, écoutez ce témoignage jusqu’à la fin.

Par un blogueur (Athena, la protectrice de la Tunisie, 29 février 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Le message posthume d’Haroun Hosni, immolé par le feu : Ennhadha + UGTT = RCD !

[Black Blocks terroristes infiltrés par la police et manipulés par les extraterrestres] Arrêtés municipaux à Tours

UNE BONNE CURE DE CENSURE

Deux groupes de musique punk (Broken et Arsenicum) ont été interdits de concert suite à de multiples pressions de la mairie de Tours et des flics. Toutefois l’arrêté municipal n’a pas pu empêcher les gens de se réunir et de faire la fête.

Par les nouveaux rapports que nous voulons vivre et créer, la fête est pour nous un lieu hautement politique. Finalement comme en toute chose, nous vivons la musique, la culture et son corolaire la contre-culture, en tant que lutte… Une lutte qui échappe et ne peut se réduire à son sens sclérosé, normé, qui reproduit et hiérarchise, qui divertit pour mieux nous séparer de nos ressentis personnels.

Tous celles et ceux qui connaissent bien les lois du marché-culturel savent que la censure est en soi une forme de récompense. Eh ! Bien soit, le Sénateur-Maire de Tours, pourtant si laconique en matière de mesures sociales, nous a gratifié d’un magnifique arrêté, interdisant une simple soirée-concert.

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Vendredi 24 février à 19 heures, c’est-à-dire 2 heures avant le concert, la police municipale est venue remettre officiellement les papiers et occuper le lieu du concert pour en filtrer les entrées. Une fois annulé, tout le monde en a joyeusement profité pour commencer à discuter et se rencontrer. En soi, ce fut une excellente soirée, avec son lot d’improvisations.

Une deuxième offensive a eu lieu un peu plus tard, sur dénonciation du directeur du cabinet du préfet. Mais le concert ayant été réellement annulé, les flics nationaux ont été quelque peu déconcerté d’avoir été appelés en si grand nombre… pour rien.

Cette forme de harcèlement grotesque et manifestement démesurée a trouvé un écho hilarant dans la lecture de l’arrêté interdisant la soirée pour cause de concert de la « mouvance anarcho-punk » et du public susceptible d’y venir en raison de leurs « comportements violents ». Cela n’est pas sans rapeller les démocraties populaires, où dans les années 70-80 on enfermait les punks dans les asiles. Il est des choses qui ne s’oublient pas quand on est socialiste.

La fête est la manifestation concrète de notre volonté de vivre pleinement l’émulation collective, le temps du jeu et de la mise à sac de l’ennui, de la triste normalité. Au final, ce n’est pas tant dans la joie que l’on trouve les « sources » de ces comportements incriminés, mais bien plus dans le néant provoqué par son absence. Cette censure s’insrcrit dans un cadre de répression qui au lieu de disperser, nous entraîne à multiplier les initiatives.

Ce monde laisse peu de place à nos désirs, d’autant qu’il n’a de cesse de les caricaturer ou de les condamner comme déviants. La culture marchande est asservie, consensuelle dans son sens le plus vulgaire. L’Artiste a beau jeu de se donner un rôle inoffensif dans une société aseptisée, où seule la violence quotidienne et légitime de l’État est tolérée.

Notre rupture nous la vivons dans la construction du refus de la séparation spectateurs/acteurs, des gros cachets, de l'(im)posture du statut d’Artiste et de ses Chefs-d’œuvre. Nous voulons faire tomber l’art dans le présent et le bien commun… Avec tout ce que cela entraîne.

Tout de même… le quotidien d’un Maire de gauche doit être salement ennuyeux pour qu’il en soit réduit à contrôler ainsi chaque micro, chaque événement, à réprimer chaque exutoire. Que dire alors du fait que le directeur du cabinet du préfet se déplace en personne sur son temps libre, pour vérifier que l’événement est bien annulé et rencontre finalement une « bande de jeunes » en train de s’éclater malgré tout. On peut comprendre sa rage…

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