Au sujet de Wissam et de ses proches, quelques nouvelles

Un petit texte qui répond aux questions : comment vous vous organisez, les coups de mains dont vous pouvez avoir besoin, des actions que vous avez faites ou que vous voulez faire, posées par mail au président du collectif Vérité et Justice pour Wissam.

Bonjour,

Merci de conti­nuer à vous inté­res­ser à Wissam.

Il y a deux par­ties dans notre « his­toire », la partie jus­tice et la partie publi­que. Concernant la partie jus­tice on vient de deman­der la contre-autop­sie, peu importe l’issue on ne lâchera pas, on se don­nera à 200%, on se battra pour Wissam comme Wissam l’aurait fait pour nous, on se battra aussi pour ceux d’avant et ceux d’après qui sont morts comme Wissam tor­tu­rés, humi­liés, salis.

En ce qui concerne l’orga­ni­sa­tion, il y a à la fois un comité et un col­lec­tif. À la tête du comité, il y a la famille ou les pro­ches. Le but du comité est de com­mu­ni­quer avec les médias, les ins­ti­tu­tions, l’opi­nion publi­que à tra­vers des mani­fes­ta­tions publi­ques ou sym­bo­li­ques. Le but du col­lec­tif est d’appor­ter un sou­tien au comité entre autres.

Pour ce qui est des coups de mains dont on a besoin, elles sont de toutes les formes. Le plus grand coup de main que l’on puisse nous faire c’est de vous imiter, ne pas oublier les cir­cons­tan­ces de la mort de Wissam et la com­pli­cité des ins­ti­tu­tions, d’en parler autour de soi car ce qui est arrivé à Wissam arrive une dizaine de fois par an en France, ce n’est pas un simple fait divers.

Au niveau des actions, elles se sont concen­trées à Clermont-Ferrand car elles per­met­tent d’appuyer le combat judi­ciaire mais pas seu­le­ment, c’est ici que se trouve la famille et les per­son­nes les plus cho­quées, les actions per­met­tent de dimi­nuer la souf­france. Le comité s’est aussi déplacé à Paris, à Grasse et on se dépla­cera de plus en plus pour sou­te­nir des morts simi­lai­res. On a ren­contré d’autres famil­les de vic­ti­mes, on a déve­loppé un véri­ta­ble réseau et on cher­chera désor­mais à mutua­li­ser le combat. Il y a un bon début, des gens de toute la France sont moti­vés pour lutter, main­te­nant on se foca­lise un peu là dessus, c’est notre prio­rité. Le but pre­mier est de sen­si­bi­li­ser, de réveiller les cons­cien­ces. On ne cher­che pas la révo­lu­tion mais l’évolution vers une réa­lité qui est aujourd’hui une image hypo­crite. À long terme, les gens ne pour­ront plus igno­rer la vérité, on se doit de la dévoi­ler. À tra­vers tout ce que l’on fait on cher­che la sim­pli­cité, la fra­ter­nité. Des agres­sés, on ne cher­che pas à deve­nir des agres­seurs. On est aujourd’hui plus que jamais déter­mi­nés.

Farid (pré­si­dent du col­lec­tif Justice et Vérité pour Wissam)

Rebellyon, 29 mars 2012.

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[Loukachenko dégage !] Plusieurs milliers de Biélorusses bravent la dictature du KGB

Thousands Protest in Belarus

Several thousand people turned out for an anti-government rally in Minsk on Sunday to call for the freeing of political prisoners and for the country to become a democracy.

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The protest rally was the largest since authoritarian President Alexander Lukashenko won a fourth term in a December 2010 election and intensified his crackdown on the opposition.

« I want my children to live in a European, free Belarus. And that is stronger than the fear that paralyzes society, » said 32-year-old Irina Lemesheva, who came with her husband and 7-year-old daughter.

Leur presse (AP, 27 mars 2012)


Première manifestation de l’opposition à Minsk depuis la présidentielle 2010

Quelque 2.500 partisans de l’opposition bélarusse se sont rassemblés dimanche à Minsk pour une première manifestation autorisée depuis la présidentielle de décembre 2010 suivie d’une répression sans précédent des opposants.

Entourés d’un important dispositif de police, les manifestants ont marché dans le nord de la capitale pour marquer la proclamation en 1918 de la république populaire du Bélarus, une fête célébrée traditionnellement par l’opposition et ignorée par le pouvoir.

Il s’agit du premier rassemblement autorisé depuis la réélection en 2010 d’Alexandre Loukachenko, qui a été suivie d’une répression de l’opposition et de l’arrestation de plusieurs candidats à la présidentielle.

Les manifestants ont brandi des drapeaux rouge et blanc de la République populaire ainsi que des drapeaux de l’UE et des affiches où l’on pouvait lire « Liberté aux prisonniers politiques » ou « Loukachenko est une impasse ».

Certains tenaient des banderoles exigeant la libération d’opposants emprisonnés après la manifestation post-électorale pour dénoncer les fraudes dont l’ex-candidat à la présidentielle Andreï Sannikov qui purge une peine de cinq ans de prison.

« Ce pays s’est transformé en un pays de prisonniers politiques. Dans ma famille seulement il y en a deux », a déclaré le scénariste Vladimir Khalip dont la fille Irina Khalip, journaliste de l’opposition et épouse d’Andreï Sannikov, est sous une stricte surveillance judiciaire.

Plusieurs leaders de l’opposition ont participé à la manifestation dont l’ex-candidat à la présidentielle Vitali Rymachevski et Viktor Ivachkevitch, vice-président du Front populaire bélarusse.

Certaines personnes tenant des pancartes anti-Loukachenko ont été empêchées par la police anti-émeute de rejoindre les manifestants, et la station de métro la plus proche a été fermée apparemment pour réduire le nombre de participants au rassemblement.

Le président Loukachenko, au pouvoir depuis plus de 17 ans, a une nouvelle fois accusé la semaine dernière l’opposition d’être à la solde de l’étranger et a reconnu avoir établi une liste noire d’opposants interdits de sortie du Bélarus.

Dans une interview à la chaîne russe RT, il a expliqué que cette décision avait été prise en représailles contre ceux qui ont informé l’Union européenne sur les fonctionnaires bélarusses impliqués dans la répression et qui ont été sanctionnés par Bruxelles.

L’Union européenne a renforcé vendredi ses sanctions à l’encontre du régime bélarusse, ajoutant 12 individus et 29 sociétés à la liste des personnes et entités privées de visas et dont les avoirs sont gelés.

Leur presse (Agence Faut Payer, 25 mars 2012)

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[Nouvelles de l’Apocalypse] La dernière innovation de TOTAL : le nuage explosif

La fuite de gaz en mer du Nord de la plateforme de Total est hors de contrôle

Il est rare qu’une compagnie pétrolière évacue d’urgence l’une de ses plateformes. La fuite de gaz détectée dimanche 25 mars sur la plateforme Elgin Franklin en mer du Nord, à 240 km à l’est d’Aberdeen (Écosse), a paru suffisamment grave aux dirigeants de Total pour qu’ils décident de ramener à terre par hélicoptère les 238 employés travaillant sur le site, avant de couper totalement l’alimentation de l’une des plus importantes installations de la major française dans le monde.

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Photo prise le 26 mars

Mercredi matin, la situation était « stable », selon Total, mais toujours hors de contrôle. Un nuage de gaz, visible des plateformes voisines, se concentrait au-dessus d’Elgin où une torchère brûlait toujours.

ZONE D’EXCLUSION MARITIME

Dès lundi, les autorités britanniques avaient décidé de mettre en place une zone d’exclusion maritime de 2 milles marins (3,7 km) autour de la plate-forme et d’en interdire le survol à moins de 5,5 km, le nuage de gaz pouvant s’enflammer à tout instant. « C’est le plus gros incident pour Total en mer du Nord depuis au moins dix ans », a reconnu un porte-parole du groupe.

Les causes de la fuite, qui se situe selon Total sur la plate-forme et non à la tête du puits sous-marin, restent inconnues. « Des études sont en cours », indique l’entreprise, qui a déclenché un « plan d’urgence ». Ses ingénieurs ne savent pas encore quelle solution retenir pour arrêter la fuite. Ils n’excluaient pas, dès mardi, le creusement d’un puits de secours, qui prendrait environ six mois, pour faire baisser la pression dans le puits principal.

En revanche, une intervention sur la plateforme elle-même, plus rapide et sans doute moins coûteuse, risque d’exposer la vie des techniciens. Le souvenir de la tragédie de Piper Alpha reste ancrée dans la mémoire des pétroliers : l’explosion de cette plateforme gazière de la mer du Nord, le 6 juillet 1988, avait causé la mort de 167 personnes (62 survivants). Et entraîné un renforcement des normes et des consignes de sécurité.

GISEMENT COMPLEXE

À Aberdeen, capitale britannique de l’industrie pétrolière, l’accident a créé la stupeur. « C’est sans précédent, commente un dirigeant d’une entreprise de sous-traitance pétrolière. La plate-forme est entourée d’un nuage de gaz hautement explosif et cela va être très difficile de s’approcher et d’y travailler. » Il rappelle qu’Elgin est un gisement dit « HP/HT », autrement dit haute pression (1100 bars) et haute température (190 ºC). « Cela complique d’autant plus la tâche », ajoute-t-il.

Total reconnaît que ces réservoirs enfouis à 5300 m (pour seulement 100 m d’eau) sont « des sortes de gigantesques Cocotte-Minute ». L’architecture géologique de la zone est d’une grande complexité. Et le gaz comme les condensats (pétroles très légers) sont acides et corrosifs en raison d’importantes teneurs en dioxyde de carbone et sulfure d’hydrogène. Autant de contraintes que Total avait surmontées pour mettre ces gisements en production en 2001 et qui en faisaient « une référence mondiale ».

LE « PUITS DE L’ENFER »

Elgin n’en reste pas moins le « puits de l’enfer », y compris pour certains pétroliers. Cité sur le site de l’association écologiste norvégienne Bellona, un responsable des syndicats de salariés travaillant dans l’offshore britannique, affirme que Total avait déjà rencontré d’importantes difficultés, et à de nombreuses reprises, sur ce puits. Au point, selon Jake Malloy, d’avoir pris la décision, il y a quelques semaines, d’essayer de le « tuer ». Il sera « difficile d’éviter une explosion » pour Frederic Hauge, président de Bellona, assurant qu' »il s’agit d’une situation critique qui est hors de contrôle ».

Selon Alex Kemp, professeur à l’Université d’Aberdeen et l’un des meilleurs spécialistes des hydrocarbures en mer du Nord, l’accident est, potentiellement, de même ampleur que la marée noire dans le golfe du Mexique. Non pas au niveau de la pollution, puisque le gaz et les condensats s’évaporent en quelques heures, mais au niveau du temps nécessaire pour arrêter le flot de gaz s’échappant du puits. Mardi, Total estimait que les irisations constatées à la surface de la mer étaient dues à des boues de forages et des produits légers pour un volume estimé à 30 m³. « Les premières indications montrent qu’il n’y a pas d’impact significatif sur l’environnement », indiquait le groupe.

COUP DUR POUR TOTAL

C’est un coup économique très dur pour Total, et pour son image. Les plates-formes d’Elgin et de Franklin produisent 130’000 barils d’équivalent pétrole par jour, dont 60000 vont au groupe français, opérateur avec 46,17 % des parts, le reste allant à ses partenaires, notamment l’italien ENI.

La production théorique pourrait même atteindre 230’000 barils. Avec Alwyn au Nord et Elgin Franklin, sa filiale britannique y extrait l’essentiel de ses hydrocarbures, plaçant le groupe en troisième position dans cette région derrière BP et Shell.

La mer du Nord britannique est stratégique pour le groupe dirigé par Christophe de Margerie. Elle ne représente que 7 % de sa production mondiale, mais il a décidé d’y réinvestir massivement depuis quelques années. Au nord-ouest des îles Shetland, Total a prévu de mettre en production, en 2014, les champs de Laggan et Tormore, et y investir 2,8 milliards d’euros. L’un de ses projets de développement stratégiques.

Leur presse (Jean-Michel Bezat avec Éric Albert, LeMonde.fr, 28 mars 2012)


(…) En juillet 2011, le Guardian révélait, à partir de la consultation de documents confidentiels, que les déversements importants et dangereux de pétrole ou de gaz se succèdent depuis des années depuis les plateformes de la mer du Nord, au rythme d’un par semaine, et ce dans la discrétion la plus totale. Au total, entre janvier 2009 et décembre 2010, 110 fuites, entraînant le déversement de 34’000 kg d’hydrocarbures, ont été recensées par le Health and safety executive (HSE), l’organisme britannique de contrôle de la sécurité, dans une base de données établie après l’explosion de la plateforme gazière Piper Alpha en 1988, qui avait fait 167 morts. Et ces statistiques, si elles sont confidentielles, s’avèrent certainement inférieures à la réalité dans la mesure où elles dépendent de déclarations volontaires de la part des compagnies pétrolières. (…)

Leur presse (Audrey Garric, ecologie.blog.lemonde.fr, 29 mars 2012)

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Il faut recommencer la guerre en Espagne

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Grève générale en Espagne, combats à Barcelone

Violences à Barcelone, la police utilise des balles en caoutchouc

De violents incidents ont éclaté jeudi à Barcelone, en marge de la manifestation organisée pour la grève générale en Espagne, entre des jeunes et les forces de l’ordre qui ont utilisé des balles en caoutchouc, a indiqué le ministère régional de l’Intérieur.

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La police a dû intervenir et a utilisé des balles en caoutchouc face à un groupe assez important qui a provoqué des incidents violents, a déclaré un porte-parole du ministère.

Des images de la télévision catalane ont montré des groupes de jeunes brûlant des conteneurs à ordures et faisant face aux policiers anti-émeutes, casqués. Ces derniers ont tiré plusieurs balles en caoutchouc, visant le sol.

Des jeunes jetaient des projectiles en direction des policiers ou poursuivaient leurs fourgons, tandis qu’un policier frappait un manifestant à coups de matraque.

Ils ont brûlé de nombreux conteneurs et brisé la vitrine d’un magasin. Ils ont brûlé tout ce qu’ils ont pu, a ajouté le porte-parole.

Des incidents sporadiques ont éclaté tout au long de la journée dans la capitale catalane, où des dizaines de milliers de manifestants défilaient jeudi soir au terme de la journée de grève générale convoquée par les syndicats dans toute l’Espagne.

Leur presse (Agence Faut Payer, 29 mars 2012)


(…) Des incidents ont aussi éclaté à Madrid, Vitoria et Séville. Au total, 176 personnes ont été interpellées, 58 policiers et 46 manifestants ou grévistes ont été blessés, selon le ministère de l’Intérieur. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 29 mars 2012)

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[Prime au mérite] La police travaille en Russie

Russie : émergence de nouveaux cas de tortures policières

De nouvelles affaires de violences policières ont éclaté jeudi en Russie, notamment à Novokouznetsk (Sibérie), à Oufa (Oural) et à Kazan (centre de la Russie), ville où le premier scandale de tortures a éclaté début mars, selon des enquêteurs.

À Novokouznetsk, dans la région de Kemerovo (Sibérie occidentale), le Comité d’enquête a annoncé que quatre policiers avaient été inculpés pour avoir eu recours à la force contre des détenus.

Selon un communiqué du comité d’enquête local, en septembre, les policiers ont mis un masque à gaz sur la tête d’un homme de 31 ans et l’ont frappé afin de lui arracher des aveux.

L’homme est mort, et afin de dissimuler ce crime, les accusés se sont mis d’accord pour mettre en avant la thèse d’un suicide, est-il écrit dans le communiqué.

À Oufa, dans la république du Bachkortostan (Oural), une enquête a été ouverte après qu’un adolescent de 16 ans et son ami de 22 ans ont révélé avoir été roués de coups par des policiers les 15 et 16 mars.

Toujours dans cette région, l’ONG Comité contre la torture a indiqué avoir reçu les témoignages de deux personnes torturées en décembre 2011 et février 2012 respectivement par des enquêteurs du Comité d’enquête de Russie.

Ils ont été notamment battus, électrocutés, étouffés et l’un d’entre eux, qui a dû être hospitalisé pendant 32 jours, a été sodomisé à l’aide d’une barre de fer. L’un des tortionnaires se faisait appeler Gestapo et SS.

Dans la région d’Orenbourg (Oural), trois policiers ont été inculpés pour avoir frappé le 18 mars une habitante de 20 ans à son domicile.

À Kazan, au Tatarstan, où un détenu est mort début mars des suites d’un viol par des policiers avec une bouteille de champagne, deux nouvelles enquêtes ont été ouvertes à l’encontre d’un des policiers de ce même commissariat, Almaz Vassilov, 24 ans.

Entre le 22 et le 24 février 2011, M. Vassilov et d’autres policiers dont l’identité reste inconnue ont frappé un habitant de 20 ans pour lui faire avouer un vol.

Ils ont ensuite essayé de lui enfoncer un crayon dans l’anus, mais le détenu a réussi à s’échapper et à sortir dans le couloir, est-il écrit dans un communiqué du Comité d’enquête.

M. Vassilov est aussi soupçonné d’avoir roué de coups un homme de 31 ans en mars 2011 dans le commissariat pour lui faire avouer un vol de téléphone.

Le policier est actuellement en détention dans le cadre de l’affaire de la mort de Sergueï Nazarov, 52 ans, des suites du viol avec une bouteille.

Enfin, deux membres du Service fédéral russe de protection (FSO), chargé d’assurer la sécurité des personnalités dont le président, Dmitri Medvedev, et le Premier ministre, Vladimir Poutine, vont être limogés pour avoir passé à tabac un conducteur sur une route à Saint-Pétersbourg le 24 mars, a annoncé Sergueï Deviatov, un représentant de ce service, à l’agence de presse RIA Novosti.

Les autorités russes, qui ont longtemps assuré que de tels abus étaient des cas isolés, ont depuis reconnu que ces pratiques étaient courantes.

Selon les ONG, le recours aux violences est très répandu dans la police, les agents devant atteindre des objectifs fixés par leurs chefs sur le nombre de crimes et délits à élucider chaque année. Les policiers obtiennent sur cette base des primes et promotions.

Leur presse (Agence Faut Payer, 29 mars 2012)

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[La police travaille à Alger] Justice pour Toubal Saïd

Interpellé par des policiers mardi dernier
Le jeune de Saoula est décédé

Le jeune homme de Saoula, admis à l’hôpital Lamine Debaghine de Bab El Oued (Alger) après avoir été interpellé par des policiers, est décédé dans la matinée d’hier.

Dans le quartier, qui a connu deux jours d’émeute suite à l’interpellation musclée de Toubal Saïd, 32 ans, c’est la consternation. Tout le monde s’interroge sur les circonstances exactes de la mort de ce jeune du quartier de Saoula et sur la réaction jugée « démesurée » des policiers qui l’auraient brutalisé.

L’incident remonte au 19 mars, lorsque des policiers ont voulu interpeller, sur la route de Draria, Toubal Saïd. « Des policiers en civil ont interpellé Saïd qui s’apprêtait à prendre le bus pour rentrer chez lui. Croyant avoir affaire à des agresseurs, nombreux sur cette route, il s’est enfui. Selon la police, qui l’a poursuivi, le défunt se serait cogné la tête en tombant par terre. Mais le médecin a expliqué aux parents de la victime qu’il avait reçu un coup de crosse à la tête. Le pire, c’est que la BMPJ du quartier, appelée en renfort, a emmené le jeune au commissariat où il aurait été laissé pour mort sur un banc.

La police a fini par le faire transporter chez lui. Ses parents qui croyaient, dans un premier temps, qu’il dormait, l’ont transporté à l’hôpital Maillot (Lamine Debaghine, ndlr) de Bab El Oued, où est il tombé dans le coma après une opération qui a duré sept heures », raconte Nabil, voisin de la victime. Et de faire part du chagrin immense d’une famille appréciée par l’entourage. Selon les voisins, Saïd était un jeune « sans histoire et ne méritait pas une telle fin ». « Saïd n’avait pas d’antécédents. Il aidait son frère dans leur magasin d’alimentation générale, au centre-ville de Saoula. Il était gai et tout le monde, dans le quartier, l’appréciait. Il avait même une licence de football et participait régulièrement à des tournois, comme ces derniers jours », révèlent des voisins.

Des incidents ont éclaté entre policiers et jeunes des quartiers de la commune. La DGSN assure que l’affaire suit son cours. « L’enquête est en cours. Le médecin légiste est mis à contribution pour connaître les circonstances exactes de la mort de Saïd Toubal. Nous continuons d’affirmer que le jeune homme qui s’est enfui à la vue de la ronde est tombé d’un talus. Il n’a jamais été malmené par nos éléments. C’est au lendemain de l’interpellation qu’il a eu un malaise », assure le chef de la sûreté de wilaya d’Alger par intérim, M. Berrached.

Leur presse (Nadir Iddir, ElWatan.com, 29 mars 2012)

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Anarchie en Algérie

Bidonvilles d’El Hamiz (Alger)
Les habitants de Souachette manifestent

Les services de sécurité sont pointés du doigt pour leur manque de réactivité alors qu’une caserne de police et un barrage de gendarmerie se trouvent à quelques centaines de mètres.

Quand l’autorité est absente, l’anarchie règne en maître. C’est le cas, hier, au Hamiz, où l’émeute a encore une fois pris le pas sur la loi. En effet, des habitants du bidonville de Souachette (commune de Rouiba) n’ont pas trouvé mieux que de bloquer l’entrée du Hamiz (commune de Dar El Beïda) à l’aide de barricades et de pneus brûlés.

« Cela fait plus d’un mois que nous sommes plongés dans le noir, ils nous ont laissé sans électricité », dénonce un jeune qui était en train de mettre le feu à un pneu. « C’est vrai que nous sommes dans des bidonvilles mais on est quand même des Algériens or, l’État nous méprise », ajoute-t-il avec autant de colère.

Mais le comble dans cette histoire c’est que ce bidonville se trouve à plus de 3 km de l’endroit où ils ont décidé d’installer leur « campement » d’émeutiers. « Si on avait bloqué la route de notre quartier, notre protestation serait passée inaperçue, on a donc décidé de bloquer, à l’heure de pointe matinale, la route principale, ce qui bloque les automobilistes venant de Rouiba, Reghaïa, Aïn Taya, Bordj El Bahri… (toute la banlieue Est d’Alger à partir du Hamiz) », explique un autre émeutier dont l’âge n’a pas encore atteint la majorité. « C’est le seul moyen qu’on a trouvé pour faire entendre notre voix », lance un autre jeune.

Ils étaient donc des dizaines de jeunes à protester contre ce qu’ils appellent la « hogra » des autorités envers l’Algérie d’en bas dont ils disent faire partie. Cela au grand dam des riverains qui ont eu la désagréable surprise de se retrouver de bon matin pris en otage non seulement par des jeunes émeutiers mais aussi le laxisme des autorités. « C’est quoi ce pays où les autorités se retrouvent impuissantes devant quelques jeunes adolescents », peste Omar qui était en retard pour son travail. « On en a marre de cette politique de « pneus brûlés », dès que quelqu’un à un petit problème il bloque les routes et brûle des pneus pour avoir gain de cause. Et c’est le citoyen qui se retrouve, comme à chaque fois, pris en otage », poursuit-il avec haine. « C’est la faute de l’État qui ne fait pas son travail et qui répond favorablement à ce genre de comportements pour éviter des émeutes et que le gouvernement tombe », assure de son côté Ahmed, un jeune étudiant qui n’a pas trouvé de bus pour rejoindre son université et se voit donc obligé de marcher à pied jusqu’à Bab Ezzouar. « À cause de ces énergumènes je vais perdre mon travail. Laissez-moi leur montrer c’est quoi l’autorité vu que ni l’État ni leur parents ne les ont éduqués », vocifère Aami Ali un quinquagénaire qui venait d’endommager sa voiture en tentant de « traverser » le trottoir qui sépare les deux voies et qui voulait en découdre avec ces jeunes qui lui ont « gâché sa journée ».

Toutefois, la colère des automobilistes ciblait les services de sécurité. « Regardez ! cela fait plus de deux heures qu’on est bloqués là et il n’y a aucun policier qui est venu. Voyez par vous-mêmes », s’indigne un autre automobiliste en nous montrant un 4×4 Sorento de police qui faisait tout bonnement demi-tour au lieu de… « Pis encore, il y a un barrage de gendarmerie à 100 mètres, sur le pont, la caserne de police se trouve à 500 mètres et celle des gardes communaux à 20 mètres mais personne n’est venu protéger ces citoyens », dit-il choqué. « Tout le monde a peur d’intervenir ! C’est eux qui sont censés nous protéger ?… mon œil ! », rétorque-t-il. « Mon Dieu ! où va l’Algérie où des adolescents qui dictent leur loi ? » s’interroge Sabrina. « Ça c’est le résultat du laisser-aller qui perdure depuis des décennies. Et ces bidonvilles qui ont proliféré à travers tout le pays sont la meilleure preuve », atteste-t-elle.

« Ils nous demandent de voter alors qu’ils ne sont même pas capables de nous protéger ! » lance-t-elle dépitée. « Ils n’ont qu’à voter eux-mêmes ! », ironise-t-elle. Ce refus de voter a également été exprimé par les émeutiers qui refusent de voter pour un gouvernement qui les méprise. À quelques semaines des élections législatives, la population en a donc ras-le-bol mais refuse de s’exprimer par les urnes car elle ne leur fait pas confiance. L’expression de cette colère se fait donc avec la méthode que l’État leur a inculquée, à savoir la rue…

Leur presse (Walid Aït Saïd, LExpressiondz.com, 14 mars 2012)

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Immolations en Italie, en Algérie et en France

[Italie] L’Italie était en émoi jeudi après l’immolation par le feu d’un maçon poursuivi pour fraude fiscale à Bologne (nord) et d’un Marocain de Vérone (nord) qui n’était plus payé depuis des mois.

Avant de commettre son geste désespéré mercredi, Giuseppe C., 58 ans, a écrit des lettres au Trésor public, à des amis et à sa femme. Il a été secouru par un agent de la circulation et transporté à l’unité des grands brûlés de l’hôpital de Parme, ont indiqué les médias italiens. (…)

Le Marocain de 27 ans, lui aussi maçon, s’est immolé jeudi sur une place de Vérone après avoir hurlé qu’il n’avait pas été payé depuis quatre mois, a indiqué la police locale.

Il a crié qu’il n’avait pas été payé depuis quatre mois et a ensuite versé de l’essence sur son corps avant d’y mettre le feu. Des policiers se sont précipités pour éteindre les flammes et il a été transporté à l’hôpital, a raconté à l’AFP Pasquale d’Antonio, de la police de Vérone.

Giuseppe C. devait assister à la première audience de son procès pour fraude fiscale. La parquet l’accusait de ne pas avoir payé 104.000 euros d’impôts et d’amendes remontant à 2007. (…)

Le maçon a commis son geste à l’intérieur de sa Fiat Punto sur le parking d’une ancienne agence du Trésor. J’ai toujours payé mes impôts, a-t-il écrit dans une lettre aux impôts, dont des extraits ont été publiés par le journal Il Corriere della Sera. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 29 mars 2012)


[Algérie] Un père de famille, âgé de 50 ans, a tenté de mettre fin à ses jours, avant-hier, en s’aspergeant d’essence avant de s’immoler par le feu. évacué d’urgence par les services de la Protection civile à l’hôpital Ali-Boushaba, étant donné la gravité des brûlures (deuxième degré), la victime a été transférée vers le nouvel hôpital de Khenchela aux services des brûlés. À première vue, rien n’explique la tentative de suicide par immolation devenu un phénomène banal dans la région. Une enquête a aussitôt été ouverte pour déterminer les causes exactes de cet acte désespéré.

Leur presse (www.liberte-algerie.com, 29 mars 2012)


[France] Un employé de 56 ans a tenté de s’immoler dans le magasin Carrefour Market de Versailles, ce matin vers 7 heures. À cause de la pression qu’il a subi depuis x temps. Il a demandé d’avoir un rendez-vous avec sa hiérarchie pour expliquer mais c’était refusé. Heureusement, les pompiers sont intervenu, mais il est brûlé au deuxième degré. Je suis son collègue qui était témoin de la scène.

Leur presse (You.LeParisien.fr, 26 mars 2012)

[France] Un demandeur d’emploi de 40 ans a tenté de s’immoler ce lundi 26 mars dans les locaux de Pôle emploi à Dieppe (Seine-Maritime). Le drame a été évité de justesse. (…)

Leur presse (Paris-Normandie.fr, 26 mars 2012)

[France] Une femme a tenté de s’immoler par le feu lundi après-midi, dans le quartier de Basso-Cambo [à Toulouse], non loin du terminus du métro. Selon la police, qui ne connaissait pas en fin de journée les motivations de la victime, celle-ci serait âgée de 39 ans. Les secours auraient été alertés par des témoins et lui ont prodigué les premiers soins sur place. Dans un état grave, elle a été transportée au service des grands brûlés du CHU de Rangueil. En décembre, à la Ramée, une désespérée avait tenté de mettre fin à ses jours de la même manière.

Leur presse (20Minutes.fr, 12 mars 2012)

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Racisme d’État en Grèce

Grèce : coup de balai contre les sans-papiers du centre d’Athènes

Les autorités ont entrepris jeudi des contrôles policiers des sans-papiers, entassés dans des immeubles délabrés dans des quartiers défavorisés du centre d’Athènes, à presque 40 jours des élections législatives dans le pays, a-t-on appris de source policière.

Cette opération s’inscrit dans le cadre d’un plan annoncé récemment par le ministère de la Protection du citoyen en coopération avec la mairie d’Athènes, la préfecture d’Attique (agglomération d’Athènes) et d’autres préfectures du pays en vue de faire face au nombre accru des sans-papiers dans le centre-ville et au manque de centres d’accueil.

L’objectif est de regrouper les migrants irréguliers dans des centres d’hospitalité fermée, a expliqué le ministre, Michalis Chryssohoidis, interrogé par la radio privée Skaï.

S’il a reconnu que dans l’immédiat, ces installations n’existaient pas, ce qui risque de surcharger les postes de police déjà débordés où vont s’entasser les migrants arrêtés, il a relevé que le pays devait agir sans perdre une minute contre l’immigration irrégulière, menacé sinon par ses partenaires, dont la France, d’être exclu de l’espace européen Schengen.

Nous serons évalués en juin, si nous sortions de Schengen, ce serait un grand retour en arrière, a-t-il mis en garde, alors que le pays est confronté, du fait de son voisinage avec la Turquie aux frontières extérieures de l’UE à un afflux incessant de migrants asiatiques et africains, la plupart en route vers l’ouest.

L’immigration illégale est un problème énorme, on le vit tous les jours dans le centre d’Athènes qui est devenu un creuset d’illégalité et de contravention (…), on ne peut plus fermer les yeux, a pour sa part affirmé aux médias le préfet d’Athènes Yannis Sgouros.

Sur Skaï, M. Chryssohoidis a par ailleurs jugé raisonnable le chiffre d’un million de migrants sans-papiers pour la seule capitale grecque. Jugé au contraire gonflé par les experts pour une capitale comptant 4 millions d’habitants, ce chiffre était jusque-là brandi par l’extrême droite mais pour tout le pays.

Mais les projets de M. Chryssohoïdis de convertir des casernes militaires à travers le pays en centres de rétention a déjà provoqué des réactions de certains préfets qui ne souhaitent pas transférer le problème d’Athènes dans leur région.

La Thessalie (centre) n’a pas beaucoup de sans-papiers et elle n’a pas besoin de créer de centres d’accueil. Nous ne voulons pas transférer le problème d’Athènes dans notre région, a indiqué le préfet local, Kostas Agorastos, cité dans le quotidien Ethnos.

De leur côté, les organisations de défense des droits des immigrés ont dénoncé le plan de gouvernement qui n’est qu’une mesure préélectorale pour faire face à la dégradation du centre d’Athènes en vue des élections législatives anticipées prévues début mai.

Cette mobilisation des autorités pour nettoyer le centre d’Athènes n’est effectuée que pour des raisons préélectorales, il n’y a aucun espoir que le problème soit résolu, a indiqué à l’AFP Dimitris Levantis, responsable de la section grecque de Sos-Racisme.

En raison de la récession que traverse le pays pour la cinquième année consécutive, plusieurs magasins du centre ont fermé, ce qui a favorisé la criminalité et la concentration des sans-papiers dans ces lieux souvent privés de lumière et peu nettoyés, ajoute-t-il.

Leur presse (Agence Faut Payer, 29 mars 2012)

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[PCC dégage !] « Il s’agit de l’esprit de la quête de la liberté »

Lettre de Jamphel Yeshi avant son immolation

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16 mars 2012

1 – Longue vie à Sa Sainteté le dalaï-lama, qui est l’exemple brillant de la paix mondiale. Nous devons nous efforcer d’assurer le retour de Sa Sainteté au Tibet. Je prie et crois que les peuples du Tibet et du monde entier seront unis et chanteront bientôt l’hymne national tibétain en face du palais du Potala (à Lhassa, capitale du Tibet).

2 – Mes compatriotes tibétains, pour penser à notre bonheur futur, nous avons besoin de dévouement. Je vous parle de l’âme d’un peuple. Il s’agit de l’esprit de la quête de la liberté. Il s’agit du guide menant au bonheur. Mes compatriotes tibétains, si vous souhaitez jouir de l’égalité et du bonheur comme le reste du monde, vous devez faire preuve de dévouement envers votre pays. La loyauté est la sagesse qui permet de déceler la vérité du mensonge. Vous devez travailler dur dans toutes vos entreprises, qu’elles soient petites ou grandes.

3 – La liberté est la base du bonheur pour tout être vivant. Sans liberté, six millions de Tibétains seraient, comme une bougie dans le vent, sans direction. Mes compatriotes tibétains, des trois provinces, il est clair pour nous tous que si nous unissons nos forces, nous obtiendrons des résultats. Ne vous découragez pas.

4 – Ce que je désire vous transmettre ici est le sort de six millions de Tibétains. À l’instant où nous nous apprêtons à exécuter notre geste final — si vous avez de l’argent, c’est le moment de le dépenser. Si vous êtes éduqués, c’est le moment de produire des résultats. Si vous contrôlez votre vie, c’est le moment de la sacrifier —, le fait est que si le peuple tibétain s’immole par le feu au XXIe siècle, c’est pour faire part au monde de ses souffrances, lui parler de la violation de ses droits les plus élémentaires. Si vous avez ne serait-ce qu’un soupçon d’empathie, soutenez le peuple tibétain.

5 – Nous demandons la liberté de pratiquer notre religion et notre culture. Nous demandons la liberté de parler notre langue. Nous réclamons les mêmes droits que toute autre population. Peuples du monde, levez-vous pour le Tibet. Le Tibet appartient aux Tibétains. Victoire pour le Tibet.

Tawu Jamphel Yeshi

Leur presse (LePoint.fr, 29 mars 2012)


Nouvelle immolation d’un moine tibétain en Chine

Un jeune moine tibétain s’est immolé par le feu mercredi dans le sud-ouest de la Chine, ont annoncé jeudi 29 mars une ONG et des Tibétains en exil. Ce moine nommé Sherab s’est suicidé en se transformant en torche humaine dans la préfecture d’Aba, dans l’ouest de la province du Sichuan à forte population tibétaine, a indiqué l’organisation Free Tibet.

Le bonze âgé de 20 ans avait passé les quelques jours précédents au monastère de Kirti, haut lieu de la résistance tibétaine, a précisé cette ONG dont le siège est à Londres. L’immolation a été confirmée par des moines en exil en Inde, mais les autorités locales étaient injoignables jeudi.

Un total de trente Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises. De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine.

Le mois de mars est une période sensible pour les Tibétains. Le dalaï lama, leur chef spirituel, avait en mars 1959 pris le chemin de l’exil après l’échec d’un soulèvement contre la Chine, traversant à pied l’Himalaya pour arriver en Inde. Et en mars 2008, des manifestations de moines bouddhistes à Lhassa, la capitale du Tibet, à l’occasion du 49e anniversaire de ce ce soulèvement, avaient dégénéré en émeutes et gagné les provinces voisines à forte population tibétaine.

Leur presse (LeMonde.fr avec AFP, 29 mars 2012)

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« On vote pas, on aiguise not’ couteau »

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Rue Chateauredon, Marseille

 

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Nouvelles de la révolution tunisienne

Des protestataires forcent l’entrée du siège du gouvernorat de Béja, le gouverneur évacué

Des protestataires sont entrés, de force mercredi 28 mars 2012, au siège du gouvernorat de Béja et au bureau du gouverneur, ce qui a créé un climat de panique et de chaos obligeant les employés à quitter leurs lieux.

L’armée a dû intervenir pour faire évacuer le gouverneur de son bureau, le temps de contenir et de calmer les protestataires qui voulaient s’entretenir directement avec lui.

En fin de compte, le gouverneur a rencontré ces individus en présence d’une commission qui a regroupé le premier-délégué, le délégué de Béja Nord, celui de Béja Sud et des représentants de plusieurs centres régionaux, en présence d’unités de l’armée et celles des forces de l’ordre.

Les revendications étaient axées essentiellement sur l’emploi et certaines requêtes sociales, déplorant la lenteur dans le traitement de leurs demandes économiques et sociales.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 28 mars 2012)


Sidi Bouzid : pagaille et route bloquée à Jelma après plusieurs arrestations

La route entre les villes de Jelma (gouvernorat de Sidi Bouzid) et Hajeb El Ayoun (gouvernorat de Kairouan) est bloquée depuis ce mercredi 28 mars au moyen de grosses pierres et plusieurs véhicules ont été cassés, suite à l’arrestation de plusieurs jeunes accusés d’avoir percé en cinq endroits des conduites d’eau dans la région de Jelma [l’eau de la région est en effet pillée et détournée par les bourgeois pour alimenter, entre autres, les « resorts » touristiques sur la côte — NdJL].

Les jeunes arrêtés sont toujours aux mains de la brigade judiciaire rattachée à la garde nationale, et le secrétaire général du syndicat régional des forces de sûreté, Abdelmajid Abadi, a indiqué que des négociations sont en cours entre les sit-inneurs, un représentant du ministère public et des personnalités de la région.

Publié par des ennemis de la révolution (Shems FM, 28 mars 2012)


Monastir scande «  dégage » au gouverneur Habib Sithom

Plusieurs citoyens ont, de nouveau, protesté, mercredi, contre la nomination du nouveau gouverneur de Monastir, Habib Sithom, revendiquant son départ.

Les protestataires qui se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat ont crié  « Dégage », « Dégage », réitérant leur revendication de nommer un gouverneur qui n’a aucune appartenance politique.

Des manifestants ont exprimé, à la correspondante de la TAP dans la région, leur consternation devant les déclarations de certains constituants qui accusent tout opposant à la troïka d’appartenir au Rassemblement constitutionnel démocratique dissous (Parti au pouvoir sous le président déchu).

Publié par des ennemis de la révolution (WMC/TAP, 28 mars 2012)

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Animali vivi – Cronache da una valle in lotta

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[La police travaille à Sydney] Justice pour Roberto Laudisio Curti

Australie : Un étudiant de 21 ans tué par plusieurs tirs de Taser

Sydney dimanche 18 mars, à 5h30 du matin, Roberto Laudisio Curti, 21 ans, étudiant brésilien, est décédé après avoir reçu plusieurs tirs de Taser par la police australienne.

Selon certains témoignages, Roberto, qui était poursuivi par la police, “serait entré dans un magasin pour demander de l’aide en criant que quelqu’un voulait le tuer”, rapporte le journal australien The Telegraph. Devant le refus d’assistance, il aurait pris un paquet de biscuits et se serait enfui. Il aurait réussi à déjouer la police à plusieurs reprises avant d’être neutralisé par des tirs de Taser. Roberto aurait reçu jusqu’à trois décharges avant de s’effondrer. Il est décédé d’un arrêt cardio-respiratoire.

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Roberto Laudisio Curti était originaire de São Paulo. Étudiant à la PUC, il était parti en juin dernier en Australie pour étudier l’anglais.

Les amis de Roberto ont lancé, sur Facebook, un avis de manifestation devant le Consulat Général australien à São Paulo le 30 mars. Ils prévoient une minute de silence et comptent laisser, devant le consulat, un paquet de biscuits en signe de protestation.

La page Facebook de Roberto a été supprimée quelques heures après l’annonce de son décès.

Le taser, une arme pour tuer… Entre juin 2001 et août 2008, Amnesty International a comptabilisé 334 cas de morts aux États-Unis et 25 au Canada après usage d’un pistolet électrique.

Solidarité ouvrière, 29 mars 2012

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[Élections piège à cons] Ni Dieu ni maître… ni candidat

Ni Dieu ni maître… ni candidat

Avec trois candidats, l’extrême gauche est la sensibilité la plus représentée. Mais pour les communistes libertaires de la CNT, Mélenchon, Poutou ou Artaud ne sont pas assez à gauche. Rhabillage en règle.

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Pour Fouad, Aurélien (avec casquette) et Régis (au premier plan), « l’anarcho-syndicalisme est le plus haut degré de la conscience politique ».

« Les affiches des candidats à la présidentielle ? N’en cherchez pas. Dans le quartier, elles ont toutes été recouvertes par celles de la CNT. » Fouad, 32 ans, Aurélien, 25 ans et Régis, 38 ans, se marrent. Depuis leur local, dans le quartier Outre-Seille à Metz, ces militants de la Confédération nationale du travail portent un regard acerbe sur la campagne : « On est bien obligé de la suivre. Elle est orchestrée par l’élite contre laquelle on lutte. »

Le décor est planté. Avec trois candidats d’extrême gauche, on pourrait imaginer que les anarcho-syndicalistes finissent par trouver leur bonheur. Peine perdue. La sulfateuse est de sortie. Premier à en faire les frais, Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) : « C’est tout sauf un travailleur. Il a été ministre et sénateur. Pour nous, il est assimilé à la classe dominante. Cela fait longtemps qu’il a oublié le ni Dieu, ni César, ni tribun de l’Internationale. Et puis sa stratégie patriotique nous gêne. Elle légitime le discours de Marine Le Pen. » Rideau.

Tout juste sorti de l’anonymat de l’usine Ford de Blanquefort, Philippe Poutou (Nouveau parti anticapitaliste), semble proposer un meilleur profil. Que nenni ! « Il fait une erreur d’analyse en donnant l’illusion qu’en votant, on crée un rapport de force sur le terrain social. C’est faux. Seuls les syndicats peuvent réussir cela. Nous, on veut changer la société de bas en haut. À la différence des trotskistes qui veulent la changer de haut en bas. » Au suivant.

Autogestion

Ne reste plus que Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) : « Elle ou Poutou, c’est pareil. Chacun prêche pour maintenir son appareil. Ce sont des organisations qui font le choix de mettre une personne en avant. Quand elle est médiatique, comme Laguiller, Besancenot ou Mélenchon, ça marche. Mais si elle n’est pas télégénique, cela ne passe plus. Cela montre bien qu’au niveau des idées, il n’y a rien dans ces partis. Et que la Présidentielle n’est qu’une affaire de personnification du pouvoir. » Soit tout ce que récuse la CNT.

Rien qu’évoquer le système politique actuel et ses partis donne à ses adhérents de l’urticaire. Ici, on ne croit qu’à la reconnaissance du groupe humain, et non de l’individu, comme base d’organisation sociale : « En se rendant à ces élections, le peuple accepte de déléguer son pouvoir alors même que la représentation ne fonctionne pas. Le jeu politique est biaisé. Y participer, c’est participer à cette mascarade. Cette campagne n’a pour objectif que de mettre au pouvoir une élite qui sert les intérêts des capitalistes. »

Si le mot d’ordre de la CNT pour cette campagne est de ne pas donner de consigne de vote, on comprend que les militants penchent plutôt pour l’abstention. L’un des trois porte-parole n’a jamais voté de sa vie. Les deux autres oui. Mais une seule fois. Et c’était il y a longtemps. Bref, un mauvais souvenir. « La seule consigne qu’on donne, c’est de s’organiser en se syndiquant, en pratiquant l’autogestion, la démocratie et l’action directe face au capitalisme et à l’État. »

Bref, pour vous, rien de tel qu’une bonne vieille révolution pour repartir sur des bases saines.

Leur presse (Philippe Marque, Republicain-lorrain.fr, 29 mars 2012)

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[Lyon] Le local du PS de la Croix-Rousse vandalisé, en soutien à la grève des éboueurs

Dans la nuit de mardi à mercredi, le local de la section PS du 4e arrondissement, rue Perrod, a été pris pour cible par des soutiens à la grève des éboueurs. Des inscriptions hostiles à Gérard Collomb, président du Grand Lyon, ont été taguées sur la vitrine. Des poubelles ont également été renversées devant la porte.

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Collomb = Ordure

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Solidarité avec les travailleurs du Grand Lyon en lutte

Des gens du quartier

Rebellyon, 29 mars 2012

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[Besançon, samedi 31 mars] Journée d’action anti-capitaliste et d’appel à la suppression des lois restreignant la solidarité

Dans le cadre de l’appel européen pour une journée d’action anti-capitaliste, et à l’invitation de la CNT 25, le Resto Trottoir se mobilise aussi ce samedi 31 mars, de 14h à 17h. Rendez-vous sur la place Jouffroy d’Abbans au bas de la rue Battant.

Le Resto Trottoir vous propose de nous rejoindre à l’événement où une zone de gratuité (habits, objets, livres…), une table de presse anti-capitaliste (brochures d’alternatives, livres) ainsi qu’une table proposant du café, thé et desserts seront disponibles. Vous pouvez aussi apporter des objets, livres, habits … en choisir d’autres et repartir avec !

Par ailleurs, le Resto Trottoir en profite pour appeler à une journée d’action et d’appel à la suppression de toutes les lois restreignant les actes de solidarité. Comme le montre le message sur notre blog sur la situation à Orlando (Floride), il faut soutenir les Food Not Bombs subissant la répression pour le simple acte de distribuer de la nourriture.


Solidarité prohibée !

Le 1er avril, Keith McHenry, un des initiateurs des FNB, appelle à une action visant à dénoncer une réelle interdiction de partage.

En effet, la distribution de nourriture est de plus en plus restreinte, voire interdite par de nouvelles lois. Ainsi en juin 2011 à Orlando, 24 personnes ont été arrêtées et ont reçu des amendes. Leur crime ? Avoir, aux côtés d’un collectif Food Not Bombs, distribué gratuitement de la nourriture à plus de 24 personnes.

Ceci est la triste réalité : la loi de certaines villes aux États-Unis, comme Philadelphie et Houston, interdit actuellement ces initiatives. La raison donnée : préserver les pauvres de nourritures “néfastes à la santé”.

Pourtant, aucun cas où quelqu’un serait tombé malade n’a été présenté à ce jour. La nourriture du Food Not Bombs est en effet issue de récupérations mais les collectifs préviennent ceux qui les mangent des origines des aliments, sains et généralement biologiques.

En France, des personnes ont été condamnées pour avoir fouillé dans des poubelles de magasins à l’extérieur, des femmes seules emprisonnées pour avoir volé un peu de nourriture dans un supermarché… la répression touche les plus pauvres, quand on ne cherche pas à les empoisonner, en jetant, comme le font les grandes surfaces, des produits toxiques sur les aliments, en ouvrant les contenants, dans les poubelles.

Alors vaut-il mieux laisser des gens mourir de faim ou manger dans les poubelles, ou tenter de leur donner à manger ?

Afin de laisser la liberté aux Food Not Bombs de continuer à exister, à leurs membres de distribuer de la nourriture et à toute personne le souhaitant d’en profiter, nous appelons à l’arrêt des lois et des actes restreignant le partage de la nourriture et les actes de solidarité.

La nourriture est un droit, pas un privilège.
Soutenons le partage entre tous les humains !

Resto Trottoir

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[OTAN = Talibans] Libérer les Afghanes, qu’ils disaient

Afghanistan : Des centaines de femmes et de filles emprisonnées pour « crimes moraux »

Le gouvernement devrait s’en prendre aux agresseurs et non à leurs victimes.

Le gouvernement afghan devrait libérer les quelque 400 femmes et filles emprisonnées en Afghanistan pour « crimes moraux », a déclaré Human Rights Watch dans un nouveau rapport publié aujourd’hui. Les États-Unis et les autres pays donateurs devraient faire pression sur le gouvernement afghan dirigé par le Président Hamid Karzaï pour que cesse l’emprisonnement injustifié de femmes et de filles qui sont des victimes de crimes et non des criminelles.

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Une prisonnière afghane, assise devant une pièce qu’elle partage avec quinze autres détenues, cache son visage, en mars 2010. Les femmes en Afghanistan rencontrent de graves obstacles pour obtenir la garde de leurs enfants en cas de divorce. Plusieurs femmes ont expliqué à Human Rights Watch qu’à leur sortie de prison elles devraient choisir entre revenir auprès d’un mari auteurs d’exactions avec la garde de leurs enfants ou ne jamais revoir leurs enfants. La plupart prévoyaient de retourner avec leur mari.

Le rapport de 120 pages, intitulé ‘I Had to Run Away’: Women and Girls Imprisoned for ‘Moral Crimes’ in Afghanistan (« ‘J’ai été obligée de m’enfuir’ : Des femmes et des filles emprisonnées pour ‘crimes moraux’ en Afghanistan »), s’appuie sur 58 entretiens menés dans trois prisons et trois centres de détention juvénile auprès de femmes et de filles accusées de « crimes moraux ». Presque toutes les filles en détention juvénile en Afghanistan ont été arrêtées pour « crimes moraux », tandis que la moitié environ des femmes se trouvant dans les prisons afghanes ont été arrêtées pour ces chefs d’accusation. Ces « crimes » concernent habituellement les fuites suite à un mariage forcé ou à la violence conjugale. Certaines femmes et filles ont été inculpées de zina, ou relations sexuelles en dehors du mariage, après avoir été violées ou forcées à se prostituer.

« Il est choquant que dix ans après le renversement des talibans, des femmes et des filles afghanes soient encore emprisonnées pour avoir fui la violence domestique ou le mariage forcé », a déclaré Kenneth Roth, directeur exécutif de Human Rights Watch. « Personne ne devrait être enfermé pour avoir fui une situation dangereuse, même si c’est au domicile. Le Président Karzaï et les alliés de l’Afghanistan devraient agir avec détermination pour mettre fin à cette pratique abusive et discriminatoire. »

La chute du gouvernement des talibans en 2001 promettait une nouvelle ère pour les droits des femmes. Des améliorations importantes ont été réalisées dans les domaines de l’éducation, de la mortalité maternelle, et de l’emploi, ainsi qu’au niveau du rôle des femmes dans la vie publique et dans la gouvernance. Néanmoins l’emprisonnement de femmes et de filles pour « crimes moraux » n’est que l’un des exemples des difficultés actuelles et des préoccupations futures auxquelles sont confrontées les femmes et les filles afghanes, alors que la communauté internationale s’apprête à réduire substantiellement ses engagements en Afghanistan.

Human Rights Watch a interrogé de nombreuses filles qui avaient été arrêtées après avoir fui un mariage forcé, ainsi que des femmes qui avaient fui des maris et des proches auteurs d’exactions. Quelques-unes des femmes interrogées par Human Rights Watch s’étaient adressées à la police en quête d’une aide pressante, mais ont fini par être elles-mêmes arrêtées.

« Fuguer », ou fuir le foyer sans permission, n’est pas un délit au regard du code pénal afghan, mais la Cour suprême afghane a donné pour instruction à ses juges de traiter les femmes et les filles qui fuient comme des criminelles. La zina (rapports sexuels en dehors du mariage) est un crime au regard de la loi afghane, passible de jusqu’à 15 ans de prison.

Les femmes et filles interrogées par Human Rights Watch ont fait état d’exactions telles que le mariage forcé et à un trop jeune âge, les coups, les attaques à l’arme blanche, les brûlures, les viols, la prostitution forcée, les enlèvements et les menaces de mort. Pratiquement aucun de ces cas n’avait même pas fait l’objet d’une enquête, sans parler de poursuites ou de sanctions.

L’une de ces femmes, Parwana S. (nom d’emprunt), âgée de19 ans, a expliqué à Human Rights Watch comment elle avait été inculpée de « fugue » après avoir fui un mari et une belle-mère qui la battaient : « Je vais essayer de devenir indépendante et de divorcer. Je hais le mot ‘mari.’ Mon foie est complètement noir à cause de mon mari… Si j’avais su pour la prison et tout [ce qui allait m’arriver] j’aurais juste sauté dans la rivière pour me suicider. »

Les femmes et les filles afghanes accusées de « crimes moraux » sont confrontées à un système judiciaire dressé contre elles à chaque étape, a expliqué Human Rights Watch. La police les arrête sur la seule plainte d’un mari ou d’un parent. Les procureurs ne tiennent pas compte des éléments de preuve qui appuient les déclarations d’innocence des femmes. Les juges les inculpent souvent sur la seule base d’« aveux » faits en l’absence d’avocats et « signés » sans même avoir été lus à des femmes qui ne savent ni lire ni écrire. Les femmes et les filles inculpées sont condamnées régulièrement à de longues peines de prison, pouvant aller dans certains cas jusqu’à plus de 10 ans. La loi adoptée en 2009 par l’Afghanistan sur l’Élimination des violences à l’égard des femmes fait de la violence contre les femmes un délit. Mais les mêmes policiers, procureurs et juges qui travaillent avec zèle pour enfermer les femmes accusées de « crimes moraux » ignorent souvent les preuves des exactions commises contre les femmes accusées, selon Human Rights Watch.

« Les tribunaux envoient les femmes en prison pour des ‘crimes’ discutables tandis que les véritables criminels – les personnes qui les maltraitent – sont toujours en liberté », a indiqué Kenneth Roth. « Même les exactions les plus horribles infligées aux femmes afghanes semblent ne susciter rien d’un plus qu’un haussement d’épaules de la part des procureurs, en dépit des lois qui criminalisent les violences faites aux femmes. »

Les poursuites injustifiées pour « crimes moraux » sont importantes pour bien plus que les quelque 400 femmes et filles en prison ou en détention préventive, selon Human Rights Watch. Chaque fois qu’une femme ou une fille fuit un mariage forcé ou la violence domestique pour se retrouver finalement elle-même derrière les barreaux, cela envoie un message clair à celles qui subissent également ces abus que chercher de l’aide auprès du gouvernement aboutira probablement à des sanctions et non à des secours.

La situation des femmes victimes de violence domestique est rendue encore pire par des lois archaïques sur le divorce qui permettent à un homme de se déclarer tout simplement divorcé, tandis qu’elles rendent extrêmement difficile à une femme d’obtenir un divorce, a souligné Human Rights Watch. Le gouvernement afghan avait pris l’engagement de réformer ces lois en 2007 dans le cadre de son Plan d’action national pour les femmes en Afghanistan, et une commission d’experts a rédigé un projet de Loi sur la famille qui devrait améliorer les droits des femmes. Cette nouvelle loi, néanmoins, a été mise en suspens par le gouvernement depuis 2010, sans aucun signe de mouvement vers son adoption.

« Il est plus que temps pour l’Afghanistan de tenir ses promesses de réviser des lois qui font des femmes afghanes des citoyennes de seconde classe », a fait remarquer Kenneth Roth. « Les lois qui forcent les femmes à subir des exactions en leur refusant le droit au divorce sont non seulement dépassées mais aussi cruelles. »

En maintenant des lois discriminatoires dans sa législation et en omettant de répondre aux violations de procédure régulière et de procès équitable dans les affaires de « crimes moraux», l’Afghanistan viole ses obligations au regard du droit international des droits humains. Les organismes d’experts et rapporteurs spéciaux des Nations Unies ont appelé à l’abrogation des lois de ce pays sur les « crimes moraux ». La rapporteuse spéciale de l’ONU sur les violences faites aux femmes a appelé l’Afghanistan à « abolir les lois, notamment celles liées à la zina, qui discriminent contre les femmes et les filles et conduisent à leur emprisonnement ainsi qu’à des punitions cruelles, inhumaines et dégradantes. » Le Comité de l’ONU sur les droits de l’enfant a exhorté l’Afghanistan à « réviser la législation en vue de dépénaliser les infractions dites morales, et de remettre en liberté les enfants détenus sur ce fondement ».

« Le gouvernement afghan et ses partenaires internationaux devraient agir de toute urgence pour protéger les droits des femmes et veiller à ce qu’il n’y ait pas de retour en arrière », a conclu Kenneth Roth. « Le Président Karzaï, les États-Unis et d’autres acteurs devraient enfin respecter les belles promesses qu’ils ont faites aux femmes afghanes il y a dix ans en mettant fin à l’emprisonnement pour ‘crimes moraux’ et en mettant réellement en application leur engagement déclaré à soutenir les droits des femmes. »

Communiqué de Human Rights Watch, 28 mars 2012

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[« Antiterrorisme »] Qui est l’officier traitant de Mohamed Merah ? (2)

Mohamed Merah : Le Canard Enchaîné met en cause la DCRI

Dans l’affaire Mohamed Merah, alors que ses proches tentent d’organiser les obsèques, le Canard enchaîné révélait ce matin un nouvel élément troublant : entre mars et novembre 2011, le tueur et son entourage avaient été placés sur écoute par la DCRI. Puis cette surveillance a brusquement cessé. Une décision qui soulève aujourd’hui de nombreuses interrogations.

Dans l’édition de ce matin, l’hebdomadaire satirique raconte que les agissements des services de renseignement laissent à penser qu’en 2011, Mohamed Merah ait été « “traité” comme un indic » ou comme quelqu’un « en voie de le devenir ». Une hypothèse qui circule depuis le 26 mars, et que la DCRI, la Direction centrale du renseignement intérieur, dément fermement. Pour autant le journaliste raconte : sous couvert de lutte antiterroriste, la DCRI a demandé une vingtaine de fois et a obtenu de Matignon que les conversations téléphoniques et les connexions Internet des membres du clan Merah soient placées sous surveillance. À ce titre, la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité avait été saisie et avait chaque fois émis un « avis favorable ». Pourtant, en novembre 2011, « à la demande de la DCRI » elle-même, ces écoutes ont été interrompues.

C’est en effet à cette période, comme on le savait déjà, que Mohamed Merah, de retour d’Afghanistan, était interrogé par les services de renseignement. Dans Le Monde du 23 mars, Bernard Squarcini, affirmait que le jeune homme avait été « repéré » en novembre 2010. Dans le cadre de cette enquête, les agents de renseignement n’avaient rien trouvé d’alarmant à son cas : « Pas d’activisme idéologique, ni de fréquentation de mosquée », insistait le directeur central du renseignement intérieur. Le Canard Enchaîné affirme pourtant que, « dès 2006 », la DST, l’ancêtre de la DCRI, disposait « d’éléments à charge » sur la famille Merah. S’ils n’ont jamais accrédité formellement que le tueur ait été un « indic », pour l’hebdomadaire satirique, les services de renseignement « se sont laissés avoir comme des bleus par un délinquant converti au djihad ».

(…)

Leur presse (Albelle Di Napoli, StreetGeneration.fr, 28 mars 2012)


Voir aussi :

Qui est l’officier traitant de Mohamed Merah ?

Mohamed Merah « avait un correspondant au Renseignement intérieur »

Les mensonges de la DCRI (1)

Olivier Corel, le gourou de Mohamed Merah, est-il un agent provocateur de la « coopération » policière franco-syrienne ?

Pourquoi Mohamed Merah n’a-t-il pas été inquiété, alors que d’autres sont emprisonnés pour un simple mail ?

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[Dijon] La Mairie est venu détruire des terres maraîchères à côté du Pot’col’le

Dijon – La Mairie est venue détruire des terres maraîchères
Communiqué du Potager Collectif des Lentillères (contact)

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AVANT

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APRÈS

Rappel : manifestation de soutien au potager collectif vendredi 30 mars à 18h départ devant la Mairie et anniversaire samedi sur le potager

Lundi 26 mars, une pelleteuse envoyée par la Mairie est venue creuser de part en part et tranformer une friche maraîchère de qualité en deux grands champs de trous béants et profonds (voir photos). Les champs ainsi éventrés, dont l’ancienne exploitation des maraîchers bio du Pré Vélot, jouxtent le Potager Collectif des Lentillères (Pot’col’le). Cette initiative de la Mairie via la Semaad (Société d’économie mixte et d’aménagement de l’agglomération dijonaise, maître d’œuvre du projet d’éco-cité des Maraîchers) intervient quelques jours avant le second anniversaire du Pot’col’le. Une invitation large avait été faite à cette occasion aux Dijonnais.e.s à venir jardiner et faire la fête. La pelleteuse arrive aussi juste avant la manifestation de soutien au Pot’col’le ce vendredi (18h devant la Mairie), et alors que d’autres jardins se mettent en place et viennent renforcer la dynamique dans le quartier.

Le conducteur du tractopelle, dépêché par la Semaad et lui-même missioné par Eurovia, filiale du groupe Vinci, a confirmé qu’il avait reçu une demande de faire beaucoup plus de trous que les quelques prélèvements habituellement nécessaires aux opérations de sondage des sols. Les différentes strates de terres et de sables extraites et maintenant mélangées ne permettent plus de retrouver les couches fertiles. Peu après, M. Petit employé de la Semaad rencontré sur les lieux et visiblement perturbé par l’arrivée expresse d’une vingtaine de jardiniers en colère a pourtant admis que rien ne serait sans doute construit sur ces terres avant 5 ans. Le gâchis est palpable.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1333012885.jpgNous rappelons ici que malgré nos propositions répétés M. Pribetich, adjoint à l’urbanisme à Dijon et président du conseil d’administration de la Semaad, refuse toujours de nous recevoir au sujet du futur quartier. Sa seule réponse, à point nommé, est donc de nous envoyer des pelleteuses pour rendre impossible de nouvelles cultures. Cela n’empêchera sans doute pas la Mairie de continuer à baptiser le projet d’urbanisme en cours « éco-cité des Maraîchers ».

Nous nous insurgeons contre ce saccage lamentable et réaffirmons notre volonté de faire subsister les potagers du quartier. Nous sommes toujours prêts à échanger à ce sujet avec M. Pribetich. Nous le rappelerons vendredi à 18h devant la Mairie lors de la manifestation de soutien et ce samedi au Pot’col’le en cultivant quoi qu’il en soit.

Nous nous tenons à votre disposition pour plus de renseignements, et vous invitons à venir vous-mêmes constater les dégâts sur place.

Pour plus d’explication sur l’histoire et l’actualité de la lutte autour du Potager Collectif des Lentillères, veuillez trouver ici le communiqué publié pour ce second anniversaire et le programme du week-end :

lentilleres.potager.org

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[No-TAV] Un message de Luca Abbà depuis l’hôpital de Turin

À un peu plus de trois semaines des faits survenus à Clarea le lundi 27 février dernier, il me semble opportun de communiquer à tous les amis et compagnons qui me sont proches quelques informations plus précises sur mon état de santé.

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Comme vous le savez déjà depuis quelques jours, ma vie est hors de danger, toutefois, si ma situation va en s’améliorant, ma condition demeure encore assez sérieuse. Les principales blessures dont je dois guérir sont la conséquence des brûlures provoquées par le foudroiement du courant électrique, les dommages causés par la chute sont pratiquement en voie d’amélioration définitive. Dans les jours qui viennent, je subirai des interventions de chirurgie plastique pour réparer les zones du corps encore sujettes à des brûlures. Je suis toujours cloué au lit et pas auto suffisant dans les mouvements des membres et donc dépendant des infirmiers et de membres de la famille pour les fonctions quotidiennes. De toute façon, je tiens à remercier tous ceux qui jusqu’à présent ont été près de moi et m’ont fait sentir leur présence et leur solidarité. Je demande à tous encore un peu de patience (je devrais être le premier à en avoir), pour pouvoir de nouveau vous étreindre et vous saluer en pleine forme. Un remerciement particulier aux membres de ma famille et à ma compagne Emanuela qui ont dû surmonter des moments pas faciles, et pour cela je demande à tous de desserrer la pression à son égard vu qu’elle a déjà dû assumer de multiples rôles dans cette histoire.

Je prendrai soin de vous contacter personnellement quand les choses seront au mieux pour pouvoir vous rencontrer et vous serrer dans mes bras avec plus de calme. En ce moment je suis justement soumis aux sévères dispositions des « services spéciaux » du CTO [Centre de Traumatologie et Orthopédie de l’Hôpital] de Turin et donc avec des fortes limitations aux visites, réservées aux parents et à des amis proches. Je demande que cette lettre puisse circuler parmi l’ensemble des divers secteurs qui ont suivi l’évolution de mon histoire en espérant cependant qu’elle ne devienne pas l’objet de spéculation journalistique. Je suis très heureux de recevoir de vos nouvelles et vos contacts mais je ne garantis pas de pouvoir répondre à tous dans un bref délai.

L’adresse à laquelle écrire est : Frazione Cels Ruinas 27 – 10050 Exilles (TO)

Depuis un lit d’hôpital 21.03.2012 Force et joie à tous.

Luca Abbà

notavfrance.noblogs.org

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[Paris] Réunion ouverte féministe et non mixte pour la Marche de Nuit en mai

Le collectif Rage de Nuit vous invite à une réunion ouverte féministe pour parler de la Marche de Nuit qui aura lieu le samedi 12 mai… Dimanche 1er avril 18H au CICP, 21 ter rue Voltaire :

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[La révolution se fait aussi en talons] Première « Marche des salopes » en Israël

Some 200 people took to the streets of Tel Aviv on Thursday night to protest the objectification of women, and the increasing prevalence of sexual harassment, in Israel’s first ‘SlutWalk’ protest.

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Toronto activists organized the first SlutWalk protest on April 3 2011, in reaction to a Canadian policeman’s statement that « women should avoid dressing like sluts in order not to be victimized. » Some protesters wore minimal dress to make their point.

During Israel’s first SlutWalk, called « Mitzad Sharmutot » in Hebrew, the protesters, most of them young women, made their way from Gan Meir to Rabin Square calling, « No means no! »

One protester Abuhatzira came to the protest dressed in a miniskirt, and only a bathing suit from the waist up. She pointed out that she « would have come in only a bathing suit, if it wasn’t so cold. » On her back was a sticker with the following message: How am I dressed? Call 1-800-mind your business.

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Rachel Bergstein, a 24 year old student from Tel Aviv protested as well. « I’m here because I’ve encountered too many situations in which my personal space was violated, » she said. « People assume that the feminist movement succeeded, that there’s total equality between men and women so we don’t need to struggle anymore, and that’s just not true. »

Further SlutWalk protests are scheduled to take place in Haifa later this month, and later also in Jerusalem.

Leur presse (Haaretz, 23 mars 2012)


Et pour rappel : le tract de la Marche des salopes parisienne du 22 mai 2011 :
Marche des Salopes dimanche 22 mai à Paris

Parce qu’on en a assez que le patriarcat blanc hétéro-sexiste et sa morale bien intentionnée vienne mettre son nez dans nos placards,

Parce qu’on refuse une quelconque justification aux agressions physiques et morales,

Parce qu’une jupe ne veut pas dire oui, que l’on devrait avoir le droit de s’habiller comme nous le souhaitons sans être stigmatiséEs ni subir le comportement sexuellement agressif de certains (interpellations, sifflets, etc.)

Parce que PERSONNE NE MÉRITE D’ÊTRE VIOLÉE

Parce qu’il y en a assez de ces flics, de la morale ou de l’État qui nous disent de ne pas nous habiller comme des catins si on ne veut pas d’ennui. Ils se placent ainsi dans une logique de sanction de toute initiative de réappropriation de notre corps, qui passe également par le choix de nos vêtements.

Car nous n’avons rien à perdre et encore tout à gagner, nous décidons d’occuper la rue en ce jour, de descendre de nos trottoirs pour battre le pavé au son de nos milliers de talons.

Cette marche c’est notre marche, et nous la baptisons « Marche des Salopes ». À l’exemple de la « Slut Pride » qui s’est tenue à Toronto en réaction aux déclarations d’un policier : pour assurer leur propre sécurité, les femmes devraient éviter de « s’habiller comme des salopes » (et non pas d’apprendre l’autodéfense). Cette déclaration n’est que le sommet de l’iceberg.

L’espace public semble appartenir de plus en plus à un communautarisme qui s’ignore : celui des hommes blancs hétérosexuels. De l’injonction à ne pas porter le hijab ou le niqab (2004, 2011) à celui de ne pas porter une jupe trop courte, de l’invention du « racolage passif » (sic, 2003) aux contrôles d’identité au faciès, de la mise en danger de l’IVG à la psychiatrisation des personnes trans, des passages à tabac de pédés aux viols correctifs de lesbiennes, il s’agit bien de rendre une chose certaine : la rue n’est pas à nous, nos corps ne sont pas à nous. Et d’une autre chose : ces violences sont bien de notre fait.

En stigmatisant ainsi les supposées Salopes, l’hétéro-patriarcat bien-pensant ne fait que donner une justification aux viols et aux agressions, se plaçant ainsi du côté des agresseurs. Ce genre de propos sexiste et essentialisant, n’est pas seulement insultant pour les femmes, il l’est aussi pour les hommes : ainsi sont-ils tous considérés comme des violeurs en puissance, incapables de réfréner leurs instincts face une prétendue stimulation lubrique de type minijupe, minishort, porte-jarretelles, décolleté, etc.

Enjoignant les femmes, afin de les « protéger », à se conformer à un pseudo modèle vertueux d’un autre âge : « La-Femme », hétérosexuelle, blanche, avec une jupe ni trop longue ni trop courte, libérée mais pas trop, qui peut « concilier vie de travail et vie de famille » (c’est-à-dire continuer à effectuer sans sourciller 80% des tâches ménagères), les autorités ne font que ravaler la femme au rang d’objet sexuel, puisque selon leur logique, une femme habillée « comme une salope » ne le fait que pour attirer l’attention des hommes, et n’a donc pas à se plaindre si ceux-ci répondent à ses « sollicitations passives ».

NON, C’EST NON ! Un viol n’est jamais ni consenti, ni provoqué, ni jamais de la faute de la victime !

Dans un contexte de retour à l’ordre moral, de stigmatisation et de persécution des travailleurSEs du sexe, de tentative de récupération raciste et bourgeoise du féminisme au nom de la protection paternaliste de « La-Femme », nous refusons d’être des victimes, de nous faire voler la parole et de nous laisser faire plus longtemps.

Il ne s’agit pas d’imposer par cette marche « la salope » comme modèle unique et universel de libération des femmes, mais de revendiquer une manière possible de vivre son corps et de se l’approprier sans devoir subir la pression patriarcale, que ce soit par le viol ou les lois répressives. Nous revendiquons nos atours de filles de joie, notre propension à montrer nos genoux, nos bas résilles et nos oripeaux polissons, sans avoir à subir de violences sexuelles, car la révolution se fait aussi en talons !

Que vous vous identifiez en tant que salope ou que vous soyez simplement un-e allié-e, peu importe votre sexualité ou votre âge. Venez marcher, rouler, défiler, vous pavaner et crier avec nous : Dimanche 22 mai 14h départ de Bastille.

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] « Ils se sont opposés à ce qui représentait l’autorité, dans leur pays, alors ils s’opposent à nous »

« Il y a un an, Bachar (al-Assad) était comme un père pour nous », explique Hediye Fada, 10 ans, dans une école installée au camp de réfugiés de Yayladagi, près de la frontière syrienne. « Mais maintenant, il torture et tue, à Hama, à Homs, à Idleb », ajoute la fillette blonde.

Marqués par les violences qui agitent leur pays, les enfants des réfugiés syriens s’efforcent de retrouver un semblant de vie normale, dans les camps disséminés en Turquie, le long de la frontière.

Avec leurs parents, nombre d’entre eux sont arrivés ici après des jours et des jours d’une dangereuse fuite à travers la montagne, tentant d’échapper aux forces du régime du président Bachar al-Assad.

Installé dans une ancienne usine à tabac, le camp de Yayladagi, à cinq kilomètres de la frontière syrienne, accueille quelque 2.500 réfugiés.

Environ 300 enfants y sont scolarisés depuis septembre dernier, sous la houlette de dix enseignants, qui dispensent des cours de maths, science, langue turque et informatique.

Même s’ils sont ici en sécurité, les enfants ne sont pas indifférents à la tragédie qui se poursuit dans leur pays. Lorsqu’on leur parle de la Syrie, ils répondent bombardements et torture.

« Bachar tue les enfants », dit Mahan Kashif, 10 ans.

« La Syrie me manque, mais je ne veux pas y retourner, il y a la guerre », ajoute-t-il.

La répression des manifestants contre le régime, et les combats entre déserteurs et armée régulière, qui a fait plus de 9.O00 morts depuis un an, selon les estimations des défenseurs des droits de l’Homme, ont aussi fait fuir 17.000 Syriens en Turquie. La plupart sont des femmes et des enfants.

Dans la salle informatique, Sehed Saban, 10 ans, dessine une enfant triste, sur son écran.

« Cette enfant est comme moi », dit-elle. « J’ai fui pour un autre pays. Je suis en sécurité, mais à la télé, on voit des enfants qui sont tués en Syrie », dit-elle.

Les instituteurs, qui parlent tous l’arabe, font de leur mieux pour panser les plaies psychologiques.

« Le fait d’être déplacé peut être très dur pour les enfants, spécialement quand il y a un conflit armé », explique une institutrice de maternelle, Ozge Dogruel.

« Certains nous racontent ce qu’ils ont enduré chez eux, mais nous ne les forçons pas, pour ne pas les heurter », dit-elle.

« Quand c’est nécessaire, nous demandons l’aide de psychologues. »

Les enseignants expliquent aussi qu’il est difficile de capter l’attention des enfants, lorsqu’ils viennent d’arriver.

« Ils se sont opposés à ce qui représentait l’autorité, dans leur pays, alors ils s’opposent à nous », raconte Filiz Kaplan, qui enseigne le turc.

Les gamins sont pour la plupart enthousiastes à l’égard de leur pays d’accueil. Dans le camp de Yayladagi, ils ont peint des drapeaux turcs et syriens, côte à côte, sur les murs d’une classe, et ont écrit : « Turkiye seni seviyorum » (Turquie, je t’aime).

Dans un autre camp, au village de Boynuyogun, à 500 mètres de la frontière, les enfants suivent des cours de lecture du Coran pendant les week-ends, après un enseignement général pendant la semaine.

« Ils n’arrivent pas à oublier ce qu’ils ont vécu en Syrie », raconte Sabriya Muhammed, qui enseigne le Coran. « Et ils gardent toujours dans un coin de leur tête le rêve de rentrer à la maison ».

Leur presse (Courrier international, 27 mars 2012)

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