[ACAB] La police travaille à Massy

Massy : affrontements entre police et jeunes mercredi soir

Des affrontements ont eu lieu mercredi soir entre les forces de l’ordre et des jeunes, dans le quartier des Grands Ensembles à Massy (Essonne), après la mort d’un jeune homme qui roulait sans casque à bord d’une moto volée, a-t-on appris jeudi de source proche de l’enquête.

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Selon cette source, des affrontements ont eu lieu entre les forces de l’ordre et quelques dizaines de jeunes, entre 23H00 et minuit, sans faire de blessés. Il n’y a pas eu d’interpellations.

Cette source a fait état de fausses rumeurs mettant en cause la police après la mort d’un jeune homme de 24 ans, originaire d’Antony (Hauts-de-Seine), dans la nuit de mardi à mercredi, alors qu’il circulait sans casque à bord d’une moto qu’il venait de dérober.

Un autre jeune homme, âgé de 19 ans, originaire de Massy, et qui se trouvait avec lui sur la moto, a été grièvement blessé, et son pronostic vital est engagé.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 24 mai 2012)


(…) Vers 22h15, des détritus qui se trouvaient sur le trottoir ont été incendiés. Les pompiers sont intervenus, ainsi que les forces de l’ordre présentes pour sécuriser le quartier. Puis, vers 23h15, une voiture a été retournée et des affrontements ont eu lieu. Des encombrants, qui avaient été déposés sur le trottoir, ont été placés sur la route. Des vitres ont été brisées sur une vingtaine de véhicules. (…)

Publié par des larbins de la maison Poulaga (RTL.fr, 24 mai 2012)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] La Cellule centrale de gestion des crises décimée par un empoisonnement

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Logo des "Brigades des Compagnons du Prophète"

Syrie. La Cellule centrale de gestion des crises décimée par un empoisonnement

Les Brigades des Compagnons (du prophète Mohammed), une unité de l’Armée Syrienne Libre, ont diffusé, dimanche 20 mai, un communiqué revendiquant une opération à la fois spectaculaire et encore obscure, menée au cours de la nuit précédente par l’une de leurs recrues. Domestique au service du secrétaire régional adjoint du Parti Baath, Mohammed Saïd Bakhitan, l’intéressé dont le nom n’a pas encore été divulgué pour des motifs de sécurité, avait versé un poison mortel dans les plats et les boissons qu’il avait la responsabilité de préparer pour les membres de la Cellule centrale de gestion des crises.

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Bachar Al Assad

Mise en place au début des évènements, en avril 2011, pour apporter l’expertise de ses membres à la gestion de la période troublée dans laquelle était entrée la Syrie avec le choix de la répression comme unique moyen de réponse aux revendications d’une partie de la population syrienne, la cellule en question réunit des spécialistes des questions militaires et sécuritaires. Elle est présidée par le chef de l’État, qui est également le premier destinataire de tous les rapports qu’elle rédige quotidiennement. Contrairement à ce qu’il s’est longtemps efforcé de faire accroire aux journalistes autorisés à l’interviewer, Bachar Al Assad est donc parfaitement informé — quand il n’en est pas à l’origine — des méthodes mises en œuvre par ses militaires, ses moukhabarat et leurs auxiliaires recrutés dans les environs de Qardaha, son village natal, pour terroriser les Syriens qui refusent sa légitimité et contestent son autorité.

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Maher Al Assad

Elle compte parmi ses membres plusieurs représentants de la famille présidentielle : son frère cadet Maher Al Assad, patron de la 4e division mécanisée et homme fort de l’appareil militaire, et son beau-frère Asef Chawkat, ancien directeur des Renseignements militaires, nommé contre son gré chef d’état-major adjoint en 2009 et promu, durant l’été 2011, vice-ministre de la Défense, afin d’assurer le contrôle du nouveau détenteur du poste après la mise à l’écart — et au secret… — du général Ali Habib. Ancien chef des Forces spéciales, il avait été placé d’office à la retraite après avoir émis des réserves sur l’engagement de l’armée dans la répression.

Elle réunit les généraux Hasan Tourkmani, Dawoud Al Rajiha, Saleh Al Nou’aimi et Mohammed Al Cha’’ar (respectivement ancien ministre de la Défense, ministre de la Défense, ancien chef des Opérations de l’armée et ministre de l’Intérieur), des responsables sécuritaires : les généraux Abdel-Fattah Qoudsiyeh (directeur des Renseignements militaires), Jamil Hasan (directeur des Renseignements de l’Armée de l’Air), Mohammed Dib Zitoun (directeur de la Sécurité politique) et Ali Mamlouk (directeur des Renseignements généraux), et au moins deux « civils », l’ancien commissaire de police Mohammed Saïd Bakhitan, entré au Commandement régional du Parti Baath lors du 9e congrès de juin 2000, avant d’en devenir, au terme du 10e congrès de juin 2005 — le dernier en date… — le secrétaire régional adjoint, et l’ancien directeur de la Sécurité d’État (Renseignements généraux) Hicham Al Ikhtiyar, chef du Bureau de la Sécurité nationale au sein du commandement régional du parti au pouvoir depuis son élection à cette instance, en juin 2005.

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Hasan Tourkmani

Afin de respecter le principe qui, en théorie, faisait encore alors du Baath le « parti dirigeant de l’État et de la société », c’est Mohammed Saïd Bakhitan qui a présidé cette cellule, lors de sa mise en place. Mais, à la fin du mois d’octobre 2011, Bachar Al Assad lui a préféré le général Hasan Tourkmani, conseiller militaire avec rang de ministre du vice-président de la République Farouq Al Chareh. Successeur du général Moustapha Tlass au poste de ministre de la Défense, en 2004, et remplacé 5 ans plus tard par le général Ali Habib, il avait été réduit à l’inactivité par le gel des relations entre la Syrie et la Turquie, un dossier prioritaire pour la Syrie des années 2007-2011 dont il assurait la gestion du côté syrien. Cette substitution coïncidait avec la décision d’ouvrir les portes de la cellule à des personnalités issues de la société civile, en l’occurrence des universitaires spécialistes des questions politiques, économiques, diplomatiques et sociales. Elle suivait de peu des déclarations maladroites du secrétaire régional adjoint, qui avait écarté, devant des cadres du parti, la suppression de l’article 8 de la Constitution octroyant au Baath son rôle dirigeant. Alors que le chef de l’État tentait de séduire certains opposants et de les convaincre de sa volonté de réformes, les propos de son premier adjoint étaient apparus plus que malheureux. Il conseillait en effet à ceux qui réclamaient une modification de l’article en question de se présenter aux prochaines législatives, et de les gagner s’ils le pouvaient. Ils pourraient alors procéder, à l’Assemblée du Peuple, à la suppression de l’article qui leur déplaisait. Le déroulement des récentes élections a amplement démontré qu’un tel succès était tout simplement inenvisageable…

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Mohammed Saïd Bakhitan

Le fonctionnement de la Cellule centrale de gestion des crises est connu. Il a été exposé au grand jour après la défection, au mois de mars 2012, du jeune Abdel-Majid Barakat qui en assurait le secrétariat. Diplômé de Sciences politiques, maîtrisant l’anglais et l’informatique, capable de rédiger des synthèses, d’établir des statistiques et de créer des tableaux, il avait été nommé à ce poste sensible grâce au soutien d’un officier. Chaque jour, à 19h00, la Cellule centrale recevait les rapports de ses bureaux dans les différents gouvernorats, ainsi que les points de situation rédigés par les Renseignements militaires, la Sécurité politique, l’État-major des Armées, le ministère de l’Intérieur, les branches régionales du parti Baath et le Bureau de la sécurité nationale de ce même parti. À midi, le jour suivant, un rapport général sur la situation, comportant les statistiques de la veille, des propositions et des observations, était adressé à Bachar Al Assad, auquel il appartenait de l’accepter en l’état ou d’y adjoindre des remarques. Une fois signé, ce rapport revenait à la Cellule centrale qui en assurait la diffusion. En soirée, au moment où les compte-rendu et bilans de la journée parvenaient à la cellule, ses membres se réunissaient pour discuter du rapport qu’ils avaient en main, étudier les suggestions du chef de l’État, examiner la situation sécuritaire et, quand c’était nécessaire, réfléchir aux problèmes économiques et sociaux induits par la crise et envisager les répercussions politiques et militaires de la situation sur les rapports avec les pays voisins. Un compte-rendu de leurs débats et de leurs décisions était rédigé par le secrétaire de séance, qui l’adressait, avant minuit, au palais de la présidence. Le retour de ce rapport dûment signé signifiait que le chef de l’État endossait personnellement la responsabilité de toutes les mesures qui étaient mises en œuvre dans le pays. Qu’il s’agisse du déploiement des troupes ou de la reconquête d’un village ou d’un quartier, qu’il s’agisse de stopper le fonctionnement des fours à pain dans une ville ou d’interrompre l’approvisionnement en électricité et en fuel domestique dans une autre, Bachar Al Assad était au courant de tout.

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Abdel-Majid Barakat

Selon les Brigades des Compagnons, les faits se sont déroulés de la manière suivante. Après un long repérage des lieux, le siège du Commandement régional du Parti Baath, situé dans un ancien lycée inséré entre le bâtiment de l’État-major de l’Armée de l’Air et celui des Services de renseignements de cette arme, en bordure de l’avenue Mahdi ben Barka, à proximité immédiate de la Place des Omeyyades, et au terme d’une observation de deux mois des habitudes des participants aux réunions de la cellule, le domestique en question, qui avait la charge de préparer les repas que ceux-ci prenaient ensemble au terme de leurs travaux, avait versé, samedi 20 mai au soir, un poison à base de mercure d’une efficacité redoutable dans le dîner qu’il leur avait cuisiné. Ceux qui se trouvaient là ce jour-là y avaient tous goûté. Maher Al Assad ne figurait pas parmi eux, ce qui n’était pas étonnant puisqu’il ne participait qu’une à deux fois par mois aux réunions d’une cellule dont il assurait indirectement le contrôle. Les récits de l’opération divergent sur la présence d’Ali Mamlouk, qui évitait d’assister aux réunions auxquelles participait Asef Chawkat, avec lequel ses relations étaient détestables, et du général Saleh Al Nou’aimi, dont le rôle était très secondaire. Les victimes avaient été transportées à l’Hôpital Chami, un établissement privé situé un peu plus haut sur les hauteurs du quartier Al Malki, dont les rues avaient été bouclées par les moukhabarat. Bachar Al Assad, accompagné de sa femme Asma Al Akhras, s’y était rendu au petit matin, entouré d’une forte escorte. Un peu plus tard, un avion gros porteur de l’armée avait décollé de l’aéroport militaire de Mezzeh, situé au sud de la capitale, en contrebas du palais présidentiel. Nul ne savait ni qui il transportait, ni vers quelles destination.

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La place des Omeyyades, en bas à gauche, et l'avenue Mahdi ben Barka

Des rumeurs contradictoires circulent depuis lors sur cette opération, dont la réalité a été évidemment niée par les médias officiels. Deux des responsables ayant participé au dîner auraient échappé à la mort : le général Al Cha’’ar, ministre de l’Intérieur, qui est apparu à la télévision d’État, et le général Hasan Tourkmani, qui a fait des déclarations à la radio officielle. Mais certains détails, comme le caractère obsolète du logo d’un micro de la chaîne publique et le caractère très général des propos des deux intéressés, qui auraient pu aussi bien être tenus en d’autres temps et en d’autres circonstances, n’ont pas convaincu. Les quatre autres convives — Asef Chawkat, Dawoud al Rajiha, Hicham Al Ikhtiyar et Mohammed Saïd Bakhitan — seraient décédés.

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Dawoud Al Rajiha

En attendant que la lumière soit définitivement établie et que les langues se délient, ce qui n’est pas toujours possible en Syrie avant « un certain temps », on fera ici quelques observations.

Une telle opération ne peut pas être exclue a priori. Ce ne serait pas la première fois qu’un fonctionnaire, un agent ou un employé ayant côtoyé les plus hauts responsables politiques et/ou sécuritaires dans le cadre de ses fonctions, et donc au courant de décisions extrêmement sensibles, aurait fait défection après avoir travaillé clandestinement au profit de la contestation. Une stratégie de pénétration avait d’ailleurs été conseillée à certains de ceux, civils et militaires, qui envisageaient de rallier la révolution, mais dont le maintien en poste était plus utile que leur désertion. Abdel-Majid Barakat, déjà mentionné, était l’un de ceux-là. Mais il n’est pas le seul. Parmi ceux qui ont accepté de se faire connaître, avec les risques que cela implique pour l’ensemble des membres de leur famille, on peut citer les noms du procureur général de Hama Adnan Bakkour, en septembre 2011, du député de Homs Imad Ghalioun, en janvier 2012, du chef de la branche du Baath dans le gouvernorat d’Idlib Mohammed Abdallah Al Cheykh et du ministre adjoint du Pétrole et des Ressources minières Abdo Housameddin, tous les deux en mars 2012. Mais on doit surtout rappeler la désertion, au début du mois de novembre 2011, de l’adjudant Afaq Mohammed Ahmed, directeur de bureau du colonel Souheil Al Hasan, chef des opérations spéciales à la direction du Renseignement de l’Armée de l’air. Lui aussi avait emporté dans sa fuite d’importants documents qui démontraient le cynisme et la cruauté avec lesquels les services, en général, et les moukhabarat jawiyeh en particulier, se comportaient avec des manifestants dont ils étaient parfaitement informés du caractère pacifique des démonstrations.

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Afaq Mohammed Ahmed

S’il fallait un indice supplémentaire de la probabilité, à ce stade, d’une opération qui constituerait un coup redoutable pour le régime si elle était définitivement confirmée, on attirera l’attention sur une opération menée, dans la nuit du dimanche 20 au lundi 21 mai, contre la ville de Tall Kalakh. Venus de Tartous, fief d’Asef Chawkat, et du village voisin d’Al Madhaleh, lieu de naissance du mari de Bouchra Al Assad, des chabbiha ont attaqué cette localité à majorité sunnite, mettant le feu à une dizaine de maisons. On est tenté, connaissant les mœurs locales, de voir dans cette opération un acte de vengeance pour la disparition de celui qui était le mo‘allem (patron) ou le za‘im (leader) local. Quelques heures plus tôt, sa dépouille était arrivée par hélicoptère à l’hôpital de la ville préalablement vidé de ses patients, avant d’être transportée pour y être ensevelie sans publicité dans son village natal.

Il est probable que les opérations qui se multiplient depuis dimanche contre des villages sunnites des environs de Hama, Souran et Qastoun en particulier, et qui ont déjà fait plusieurs dizaines de morts, participent aussi de cette volonté de vengeance. Le fait que l’un des villages attaqués est considéré comme le lieu de naissance de la recrue de l’Armée Syrienne Libre, auteur de l’empoisonnement des généraux, confirmerait la réalité de l’opération contre la Cellule centrale de gestion des crises.

Dans la capitale, enfin, divers signes traduisent depuis deux jours une grande nervosité de la part des responsables. Des coups de feu se font entendre dans la plupart des quartiers. Des éléments de la sécurité ont été déployés partout en grand nombre. Les rues et les voies rapides menant vers le centre-ville sont coupées par des barrières de sécurité fixes ou volantes. Les alentours du palais présidentiel sont ceinturés par des unités de la Garde républicaine et des Forces spéciales.

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Hicham Al Ikhtiyar (au centre)

Des Syriens, qui savent par expérience de quoi est capable un régime qu’ils supportent depuis près d’un demi-siècle, n’écartent pas la possibilité que, si la liquidation des membres de la cellule n’a pas été directement organisée et planifiée au plus haut sommet de l’État, Bachar Al Assad et Maher Al Assad informés de ce qui se tramait ont pu laisser l’opération aller à son terme. On ne les suivra pas dans leur recours, eux aussi, à la « théorie du complot ». Mais on remarquera que, quels que soient les services rendus par Asef Chawkat depuis le début de la contestation, la mort de leur commun beau-frère arrange Bachar et Maher Al Assad pour une multitude de raisons précédemment évoquées. Si tel est le cas, le soulagement que leur apporte sa disparition contribuera à faire passer la perte de quelques autres personnalités. Elles avaient un certain poids au sein du système. Mais, pour la plupart, elles avaient elles aussi fait leur temps…

Leur presse (Ignace Leverrier, blog du Monde Un œil sur la Syrie, 23 mai 2012)

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[« Antiterrorisme »] Les espions travaillent

L’arrière-chambre de la presse

À Paris, la justice est rendue au nom du peuple français, pour le plus grand plaisir des agents secrets. Ce mardi 22 mai, au Tribunal de grande instance de Paris, notre journaliste, appelé à témoigner dans une affaire, a fait la découverte d’une salle qui servirait de planque à des services spécialisés. Une magistrate s’en est émue. Et la hiérarchie du tribunal réclame des explications. Témoignage.

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Le plateau des correctionnelles du TGI de Paris, vu depuis la fameuse pièce équipée d'une vitre en verre fumé.

Ce mardi 22 mai 2012, une mystérieuse photographe a été surprise dans la salle des témoins de la “Chambre de la presse” — soit la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris, spécialisée dans les affaires de presse — alors qu’elle photographiait, derrière un miroir sans tain, des personnes venues assister au procès de jeunes militants de la mouvance dite “anarcho-autonome” accusés d’avoir planifié des actes de “terrorisme”.

La “Chambre de la presse” examinait ce jour-là le cas de Philippe Pichon, ce commandant de police mis à la retraite d’office pour avoir dénoncé les dysfonctionnements du STIC, le plus gros des fichiers policiers (voir Le mauvais procès du gardien de la paix). William Bourdon, son avocat, avait convoqué cinq témoins, dont Delphine Batho, député socialiste spécialiste des questions de sécurité, et notamment des fichiers policiers. Delphine Batho ayant depuis été nommée ministre déléguée à la Justice, William Bourdon m’avait demandé de la remplacer, au pied levé, en tant que spécialiste des fichiers policiers.

Je fus donc convié, à l’ouverture de l’audience et avec les autres témoins (Frédéric Ocqueteau, directeur de recherche au CNRS-CESDIP et auteur de nombreux ouvrages sur la police et la sécurité privée, Yann Padova, secrétaire général de la CNIL, ainsi qu’un gardien de la paix ayant travaillé avec Philippe Pichon), à aller patienter dans la salle réservée aux témoins, qui se situe à gauche de la “Chambre de la presse”.

En nous faisant entrer dans ce local, l’huissier de justice s’étonna d’y découvrir une dame portant un appareil photo doté d’un gros téléobjectif, et lui demanda comment elle était entrée, et ce qu’elle faisait là. La mystérieuse photographe expliqua qu’un gendarme l’avait faite entrer, par l’autre porte — qui donne sur un couloir du tribunal —, s’excusa, rangea son paquetage, et s’éclipsa.

Sur le moment, nous ne réalisions pas la portée de cette cette intrusion. Quelques minutes minutes plus tard, un gendarme entra par la porte extérieure — celle qui donne sur le couloir, et par laquelle était sortie la mystérieuse photographe — et nous demanda gentiment s’il pouvait éteindre la lumière. Interloqués, il nous expliqua que les grandes baies vitrées de cette salle des témoins étaient recouvertes par un miroir sans tain, et qu’il serait donc préférable d’éteindre la lumière, afin de ne pas révéler l’existence de ce miroir sans tain…

Interrogé sur cette façon de pouvoir surveiller, sans le dire, la salle des pas perdus, le gendarme nous expliqua que cela permettait, lors de certains procès, de se renseigner sur les “collectifs de soutien”.

Or, en face de ces miroirs sans tain, et dans cette salle des pas perdus, se pressaient ce jour-là des dizaines de gens venus assister à la 5e journée du procès antiterroriste de la mouvance dite “anarcho-autonome”. J’avais d’ailleurs moi-même discuté avec l’un d’entre eux, quelques minutes auparavant, et ai donc potentiellement été pris en photographie par la dame de la salle des témoins.

Au bout de deux heures, l’huissier de justice vint nous chercher pour nous ramener au tribunal où Anne-Marie Sauteraud, qui présidait la “17e chambre”, nous expliqua que nous ne témoignerions finalement pas, le procès ayant été ajourné après que William Bourdon ait posé deux questions prioritaires de constitutionnalité.

Avant de nous laisser repartir, la présidente du tribunal nous expliqua avoir été alertée par l’huissier de la présence de cette “femme avec un appareil photo” dans la salle des témoins, du fait qu’il avait “dû lui demander de sortir”, et nous demanda de raconter ce que nous avions vu.

Nous avons donc expliqué avoir vu l’huissier, déconcerté, demander à cette mystérieuse photographe ce qu’elle faisait là, et l’inviter à quitter la salle des témoins, puis un gendarme venir nous demander d’éteindre la lumière, parce qu’elle révélait la présence du miroir sans tain, qui leur servait à surveiller les “collectifs de soutien”.

Surprise, la présidente du tribunal laissa entendre qu’elle n’en avait jamais été informée, et que cela ne serait pas, sinon conforme à la loi, tout du moins aux usages. Émoi dans la “Chambre de la presse”, truffée de journalistes. L’AFP et Europe 1 viennent m’interviewer, je leur montre la photographie prise depuis la salle des témoins, derrière le miroir sans tain.

Interrogés à ce sujet, les chefs de juridiction du TGI de Paris ont depuis indiqué à l’AFP “qu’ils ignoraient totalement la présence de cette femme munie d’un appareil photo dans la salle des témoins” et qu’“ils souhaitent que toute la lumière soit faite sur cette affaire”.

Reste donc à savoir pour qui travaille la mystérieuse photographe, et depuis quand la salle des témoins de la “Chambre de la presse” servirait ainsi, et aussi, à surveiller, et photographier, les “collectifs de soutien” et autres citoyens venus assister à tel ou tel procès…

La “mystérieuse photographe” ne s’est pas présentée comme journaliste, et on imagine mal un gendarme autoriser une journaliste à pénétrer dans une salle réservée aux témoins de la “Chambre de la presse” afin de pouvoir photographier, au téléobjectif et sans être repéré, sinon clandestinement, ceux qui viennent assister à un procès.

En attendant, le procès de Philippe Pichon, censé faire la lumière sur les dysfonctionnements des fichiers policiers, aura aussi permis de révéler que la salle des témoins de la “Chambre de la presse” sert donc également (mais depuis quand ?) de “planque” aux services de police et/ou de renseignement.

Mise à jour : D’après Europe 1, qui cite un haut fonctionnaire de la préfecture, qui s’est dit consterné par cette maladresse, la mystérieuse photographe serait en fait une fonctionnaire de police des renseignements parisiens.

Citant une source policière, l’AFP confirme précise que cette policière, appartenant à la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris, était entrée dans « cette salle vide sans savoir qu’elle n’en n’avait pas le droit » :

« Les policiers du renseignement effectuent régulièrement des missions de surveillance de la mouvance radicale autonome. Mais là, c’est clairement une erreur de positionnement, une erreur regrettable », a expliqué cette source policière.

Les chefs de juridiction du TGI de Paris ont indiqué à l’AFP « qu’ils ignoraient totalement la présence de cette femme munie d’un appareil photo dans la salle des témoins » et qu’« ils souhaitent que toute la lumière soit faite sur cette affaire ».

Leur presse (Jean-Marc Manach, OWNI, 22 mai 2012)

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[Mauvaises intentions] La police travaille à Besançon

Besançon : Le 16 mai 2012, les flics perturbent la table d’information organisée en solidarité avec Ines, Javier, Damien, Ivan, Franck et Bruno

Le 14 mai s’est ouvert le procès antiterroriste de six camarades à Paris, des militant.e.s politiques d’extrême-gauche luttant pour les sans-papiers, contre les centres d’enfermement (prison pour adultes ou mineurs, CRA, etc), contre les politiques plus que sécuritaires mises en place ces dernières années…

En solidarité avec ces militant.e.s qui subissent la répression depuis maintenant 4 ans, la CNT 25 avait annoncé une table d’information sur cette affaire, sur la répression, la prison… le mercredi 16 mai à 15h sur la Place Pasteur à Besançon.

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À peine 10 minutes après avoir installé leur table avec brochures et tracts, les quelques militant.e.s de la CNT 25 se sont fait emmerder par un flic municipal, manquant de politesse, qui voulait les voir remballer leurs affaires et rentrer chez ell.eux pour cause de non autorisation d’occupation du domaine public. Étant sur une place piétonne, devant une sucette publicitaire temporaire (trônant au milieu de cette place désertée depuis sa reconstruction) et entre deux pierres tombales sensées être du “mobilier urbain”, avec une table pliante, les militant.e.s ne gênaient en rien l’espace public et troublaient encore moins l’ordre public. Quoique ? Sortir de chez soi pour parler politique, c’est peut-être déjà “radical”… Mais bon, une table, c’est déjà trop pour ce flic de la ville… qui commence à attirer les passant.e.s. Devant le refus des militant.e.s de remballer leur table, le flic menace, commence à s’énerver et à hausser la voix, menace d’amende et annonce même que la distribution de tracts est interdite en ville… Après avoir vu tant de politicard.e.s ump, ps, eelv, fdg… nous assommer de tracts/flys depuis des mois pour l’élection du roi, j’ai du mal à y croire…

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Le municipal appelle donc des collègues en renfort… Bientôt, deux cyclistes, puis deux motards le rejoignent sur la place, sans grand enthousiasme et sans réponse à donner en matière d’occupation du domaine public ou de distribution de tracts… Quelques minutes plus tard, la nationale qui faisait son tour en ville, s’arrête aussi… Nous y voilà, cinq municipaux et deux nationaux pour une table et une poignée de militant.e.s… Dans le train-train du mercredi après-midi, des passant.e.s sont abasourdi.e.s, d’autres curieu.se.s et viennent demander un tract, des informations ou témoigner de leur indignation, d’autres encore ont été séduit.e.s par le discours sécuritaro-xénophobo-extrême-droitiste diffusé par le gouvernement pendant au moins 10 ans et on se dit qu’il y a encore du taf pour virer toutes ces merdes de leurs esprits…

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Après près de 40 minutes de discussion un peu houleuse et sous la pression des flics (prise d’identité et amende – à recevoir ultérieurement), les militant.e.s finissent lentement de ranger brochures et tracts. Ceci fait, les municipaux s’en vont et la nationale va, quelques dizaines de mètres plus loin, vaquer à ses occupations et contrôler des jeunes à casquettes… Les militant.e.s de la CNT 25 finissent tout de même de distribuer leurs tracts jusqu’à ce qu’il.le.s n’en aient plus…

Face à la répression, la solidarité est notre arme !
Solidarité avec Ines, Javier, Damien, Ivan, Franck et Bruno !

Fragments de manifs…, 17 mai 2012

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[Les pieds dans le plat] Une caisse de solidarité à Tours

Face à la répression construisons la solidarité !

On nous veut isolé-e-s, dociles et impuissant-e-s

Comment essayer de faire taire des militant-e-s luttant pour le droit au logement, la régularisation de tous-tes les sans papiers, la libre circulation et installation, contre le racisme et la xénophobie d’État, la précarité, l’autoritarisme, l’antisexisme, la marchandisation du monde, la destruction du vivant… ? Comment empêcher d’agir ceux et celles qui par exemple n’acceptent pas que les espaces publics soient envahis par la pub ou qui essayent de préserver les arbres dans l’espace urbain ? Comment faire passer sous silence les brutalités, les assassinats policiers ? Etc., etc., etc.

Sous couvert de démocratie, de justice indépendante (si, si, ils en parlent encore, cela relève de la méthode Coué !), nous sommes convoqué-e-s devant les tribunaux, condamné-e-s à des amendes, à de la prison… C’est un des moyens qu’utilise l’État pour tenter de nous bâillonner, de nous contraindre à l’inaction. Nos pensées, nos idées doivent rester dans nos têtes à l’état de chimères et ne pas être partagées en vue d’être concrétisées ! Elles doivent en aucun cas devenir des alternatives concrètes à cette société fondée sur la domination, l’exploitation, la recherche de profits pour quelques uns conduisant à l’appauvrissement des autres.

Envisager le monde au delà de ce que nous impose cet ordre établi, signifie pour l’État que nous ne sommes plus démocrates, au sens où les tenant-e-s du système l’entendent : « La démocratie [représentative], ce n’est pas quand le peuple exerce le pouvoir, mais quand la lutte pour y accéder est ouverte et concurrentielle. » (Le populisme du FN, un dangereux contresens, A. Collovald, Éditions du Croquant 2004, page 104). Bien évidemment, cette lutte n’a lieu réellement qu’entre les partis politiques gérant l’État.

Une initiative contre l’enfermement individualiste : organiser la solidarité financière

La solidarité est un des meilleurs moyens pour s’opposer à cet enfermement individualiste qui peut conduire à une sorte d’autisme social : être indifférent-e- au monde et surtout à ce qui s’y passe pour simplement assouvir des désirs immédiats et matériels à travers la consommation d’objets, de territoires (tourisme), d’êtres humains (exploitation, domination, sexisme), de culture limitée au divertissement et transformée en une juxtaposition d’œuvres conduisant à la marchandisation de ce qu’on appelle l’art.

Ce sont toujours des personnes qui sont poursuivies, condamnées. La justice ne reconnaît jamais la dimension collective de nos luttes. En ne laissant pas seul-e-s les copains et copines face à la police, dans leurs cellules, devant les tribunaux et payer leurs amendes, nous pouvons réaffirmer notre volonté d’agir collectivement et solidairement.

C’est pourquoi, nous avons ouvert un compte bancaire (Les pieds dans le plat) pour pouvoir récolter de l’argent et ainsi aider collectivement à payer les amendes auxquelles sont condamné-e-s de plus en plus d’entre nous.

Autre proposition permettant d’exercer sa solidarité : signer des chèques d’un faible montant (sans spécifier l’ordre) qui seront portés collectivement (pourquoi pas lors d’une manifestation) au Trésor public et aux parties civiles, comme les flics et autres plaignant-e-s assoiffé-e-s d’ordre social qu’ils veulent immuable.

Pour nous écrire, envoyer des chèques ou d’autres formes de solidarité :

Contre la répression solidarité c/o STAJ 85 rue Deslandes 37000 Tours

SOIF D’UTOPIES (06 31 56 17 56) – DAL 37 (06 83 00 88 76) –
LES PIEDS DANS LA PORTE (06 20 91 20 44) – VÉLORUTION

NI POLICE NI CHARITÉ

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 23 mai 2012

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9 juin 2012 à Chambéry : journée de mobilisation contre le Lyon-Turin !

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[Bellechasse] Vive la belle !

Cinq détenus, dont trois ressortissants français, se sont évadés de l’établissement pénitencier de Bellechasse dans l’ouest de la Suisse, et sont toujours en fuite, ont annoncé mercredi les autorités helvétiques. Les trois Français avaient été condamnés pour des brigandages, comme un Géorgien ayant fui avec eux, tandis que le cinquième évadé, un Algérien, avait été incarcéré pour infraction à la loi sur les étrangers, a précisé la police cantonale de Fribourg dans un communiqué.

« Les individus ont probablement bénéficié d’une aide extérieure. Ils ont découpé la clôture de l’enceinte de l’établissement avec une pince coupante. Ils sont ensuite montés à bord d’un véhicule, avant de l’abandonner » quelques kilomètres plus loin, ont souligné les forces de l’ordre. Un dispositif de recherche a immédiatement été mis en place, mais les cinq évadés n’ont pour l’heure pas été repris, ont-ils ajouté.

Publié par des amis des matons (Agence Faut Payer, 23 mai 2012)

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Concert anti-répression Vendredi 1er juin à Nancy

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[Procès mauvaises intentions] Cinquième journée : les plaidoiries

Dernier jour du procès antiterroriste : plaidoiries et atelier photo

Les avocats de la défense ont conclu ces cinq jours d’audience, dans le procès de six membres de la supposée “mouvance anarcho-autonome” poursuivis pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Les réquisitions du procureur, lundi, auraient pu susciter un léger soulagement chez les six prévenus : pour l’essentiel, les peines demandées ne dépassent pas les peines de prison qu’ils ont déjà effectuées en préventive. Mais les avocats de la défense ne se sont pas contentés de plaider le statu quo. Ils ont tous demandé la relaxe de leurs clients respectifs, en utilisant des arguments communs.

Contestation de la qualification terroriste

“Troubler l’ordre public par l’intimidation ou la terreur.” Cette définition assez floue du terrorisme en droit français laisse la porte ouverte à toutes les interprétations. Le procureur avait ainsi parlé des “effets potentiellement dévastateurs” des sabotages reprochés aux prévenus, contre une armoire électrique de la SCNF en 2006 et contre une dépanneuse de police en 2007. Des actes restés à l’état de tentatives, puisqu’aucun des deux engins incendiaires retrouvés n’a fonctionné.

La défense, contestant la qualification terroriste des faits (dont les prévenus ne reconnaissent pas la paternité), a voulu démontrer lundi et mardi l’illusion de ces “effets potentiellement dévastateurs”. “Hallucinante dérive”, pour Me Martinot, pour qui “cet engin ne peut pas terroriser quiconque”. “On ne peut pas se contenter de brandir le terrorisme, or c’est ce qui semble avoir été fait par le ministère public”, avance Me Charlotte Plantin, avocate d’Ines M. Son confrère, Me Michel, théâtral avec ses moustaches blanches arborescentes, renchérit :

“Vous parlez d’action terroriste pour avoir voulu mettre le feu à une voiture. Mais le premier janvier 2009, selon les chiffres du ministère de l’Intérieur, 1147 voitures ont brûlé. Je n’ai pas le souvenir que l’une des personnes arrêtées ait été incriminée pour des actes terroristes. On a quatre ans d’instruction et un an de préventive d’un côté, un fait divers de l’autre. […] Les définitions mondialement acceptées de la notion de terrorisme parlent toujours d’atteinte aux personnes.”

En ce qui concerne la tentative d’incendie sur l’armoire électrique de la SCNF, Me Di Mayo, avocate de Javier M., en tire les mêmes conclusions :

“L’incendie aurait déclenché une alarme et si l’armoire avait brûlé, un arrêt du trafic. Monsieur le procureur a parlé du blocage de 200’000 personnes dans des trains. Mais quand bien même, je ne vois pas l’effet dévastateur et l’intimidation. Il y a un certain opportunisme politique dans l’utilisation de cette qualification hors de proportion.”

Contexte politique

Chaque avocat de la défense, tout en martelant que “ce n’est pas un procès politique”, a fait allusion au contexte politique des arrestations, début 2008. On s’en souvient, la “mouvance anarcho-autonome” faisait son apparition dans la bouche de la ministre de l’Intérieur de l’époque, Michèle Alliot-Marie. Pour Me Michel :

“Anarcho, ça a toujours fait frémir le bourgeois. Autonome aussi. Tout ça est dans la mémoire collective. Le fait d’adjoindre les deux, c’est magnifique.”

Longuement commenté lors d’une précédente audience, le terme serait, pour Me Bedossa, symptomatique de “la création d’un ennemi de l’intérieur” doté d’une sorte de responsabilité collective dans la contestation. Plusieurs parlent de “construction” motivée par le fichage préalable de la plupart des prévenus par les Renseignements généraux.

“Leurs positions politiques communes viennent asseoir l’idée d’entente”, déplore Me Tort, avocate de Bruno L. :

“Vous avez à juger des individus et pas seulement un groupe, un sac. Bruno L. porte l’idée que nous ne traitons peut-être pas les étrangers de la bonne manière. Dans d’autres dossiers, ce sont des questions qui ne sont pas posées.”

Enquête à charge

Partant du contexte politique, les avocats dénoncent “une enquête à charge”. “Dès le début, les policiers sous le contrôle du parquet, ont voulu que ce soit un engin explosif”, dénonce Me Boesel, avocate d’Ivan H.. Me Michel, ironique :

“Ce type de services de police est là pour ça. D’une certaine manière, heureusement que ce type d’affaires existe pour justifier leur boulot.”

Le “procès de la solidarité”

“Votre décision aura une portée importante”, lance Me Bedossa à la présidente.

“C’est un enjeu pour une éventuelle jurisprudence. On reproche à mon client des amis, mais on ne cite pas ceux qui n’ont pas de conscience politique particulière. On lui reproche sa littérature. S’ils étaient condamnés, la liberté de penser ou d’agir n’existerait plus en dehors d’un parti, d’un syndicat ou d’une organisation reconnue.”

Me Boesel y voit “le procès de la solidarité” : “Vous avez la charge d’une politique de criminalisation des mouvements sociaux et de la contestation.” “Ce glissement m’inquiète”, affirme Me Martinot :

“On a voulu la stigmatisation des opinions dissidentes, intimider et réprimer les mouvements sociaux. La mouvance anarcho-autonome est une espèce de fourre-tout utilisé pour se débarrasser de cette contestation.”

Une photographe amatrice ?

Pendant que la défense revient sur les faits, reprenant point par point les arguments de l’accusation pendant toute l’après-midi sur les substances incendiaires, la fiabilité de l’ADN et le “fichage politique”, un incident (notamment signalé par Owni et par Mediapart) agrémente l’audience de la chambre correctionnelle voisine, la XVIIe. On signale à la présidente Sauteraud une intruse dans la salle des témoins.

Ceux-ci, s’apprêtant à se réunir dans leur salle, attenante à la XVIIe chambre, tombent sur une photographe un peu particulière. Munie d’appareils, elle shoote le “plateau correctionnel” à travers la vitre sans tain. Bizarre… la salle des témoins est pourtant gardée par un gendarme. Celui-ci aurait d’ailleurs demandé aux témoins de ne pas allumer la lumière évoquant la présence de “groupes de soutien“.

Justement, depuis le début du procès des “anarcho-autonomes”, les soutiens surnuméraires des prévenus se réunissent sur ce plateau correctionnel. Si les policiers du renseignement sont bien présents en nombre depuis le début du procès, la photographe discrète n’a pas décliné sa profession. Photographe de plateau correctionnel sans doute, il n’y a pas de sot métier. Le jugement sera rendu le 25 juin.

Mise à jour le 23/05 à 9h55 : La mystérieuse photographe appartient à la Direction du renseignement de la préfecture de police, comme celle-ci l’a confirmé à Europe 1.

Presse terroriste (Camille Polloni, LesInrocks.com, 23 mai 2012)

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[Australie] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

L’héritière des mines Hancock, Gina Rinehart, femme la plus riche du monde

La multimilliardaire australienne Gina Rinehart, héritière des mines Hancock, est actuellement la femme la plus riche du monde, passant devant l’Américaine Christy Walton, des supermarchés Wal-Mart, selon l’étude annuelle de la Business Review Weekly (BRW) publiée mercredi 23 mai.

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Gina Rinehart et sa fille Ginia

Selon la liste des 200 personnes les plus riches établie par BRW, Gina Rinehart, 58 ans, dispose d’une fortune personnelle de 29,17 milliards de dollars australiens (22,48 milliards d’euros). Sa fortune est désormais supérieure à celle de Mme Walton, veuve d’un des fils du fondateur des supermarchés Wal-Mart, ajoute BRW.

UNE FORTUNE TRIPLÉE EN UN AN

En mars, le magazine Forbes établissait la fortune de Christy Walton à 25,3 milliards de dollars US (20,02 milliards d’euros) et celle de Gina Rinehart à 18 milliards USD. Le responsable de la liste de la BRW, Andrew Heathcote, a expliqué que l’héritière des mines Hancock avait quasiment triplé sa fortune en un an grâce à l’envolée des prix des matières premières et à deux contrats conclus dans le charbon et le minerai de fer.

« La hausse de 18,87 milliards [de dollars australiens] de sa fortune est sans précédent. Elle résulte d’investissements étrangers dans de nouveaux projets, d’une hausse de la production (minière) et d’une reprise des prix du minerai de fer ces six derniers mois », a-t-il expliqué. Si le boom des matières premières se poursuit, « une fortune de 100 milliards de dollars n’est pas impossible », a-t-il ajouté.

Gina Rinehart est une figure controversée en Australie. Elle mène une campagne vigoureuse, et très critiquée par le gouvernement travailliste, contre l’introduction de nouvelles taxes minières. Début 2012, la presse avait fait ses choux gras de conflits familiaux, les enfants accusant leur mère de pingrerie et de vouloir leur ruine. Trois de ses quatre enfants mènent une action judiciaire contre elle à propos du contrôle d’un trust familial dont les actifs sont estimés à plus de 3 milliards de dollars australiens.

Publié par des larbins d’Areva (Le Monde, 23 mai 2012)

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[Nos médias] Un comité de soutien aux radios libres à Périgueux

Périgueux. Un comité de soutien aux radios libres

Les animateurs de Périgueux 103 et Radio Plaisance veulent rebondir.

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Animateurs et bénévoles se sont réunis hier soir au centre socioculturel de Marsac.

Un « comité de soutien aux radios libres » a vu le jour hier soir, au centre socioculturel de Marsac. Il a été créé à l’issue d’une réunion faisant suite à la liquidation de l’Association pour le développement de la communication en Périgord (ADCP) qui gérait Radio Périgueux 103 et Radio Plaizance. Une vingtaine de personnes, parmi lesquelles la présidente Marie-Jacque Monnier, des animateurs et bénévoles ont participé à cette rencontre. Il y avait également André Rosevègue, candidat du Nouveau parti anticapitaliste aux législatives, mais venu à titre d’ancien de Radio Périgueux 103 et de participant régulier à une émission. Le député et candidat lui aussi, Pascal Deguilhem, est venu apporter son soutien « à la pluralité de l’expression qui est indispensable ».

Un bureau provisoire

La réunion a été longue et a suscité de nombreux débats. Mais une volonté s’est manifestée, celle de rebondir pour créer une structure qui sera chargée d’établir un projet. Les participants ont pour objectif de se faire entendre à nouveau, soit à travers une web radio, soit en demandant une fréquence provisoire. Quant à la fréquence actuelle, elle ne devrait être réattribuée qu’après la fin de la liquidation dans dix-huit mois. Un bureau provisoire s’est constitué. Il est formé par Jean-Marc Juin, Daniel Malagnoux, Luderce Nouredine et Joseph Zudas. Ils se retrouveront mardi 29 mai pour préparer les statuts et convoquer une assemblée générale.

Leur presse (Chantal Gibert, SudOuest.fr, 23 mai 2012)

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[Nos médias] Quelques fausses pistes après Radio Périgueux 103

Périgueux. Une nouvelle radio après Périgueux 103 ?

Un comité de soutien est en cours de formation, des idées sont lancées.

Une nouvelle radio va-t-elle renaître sur les cendres de Périgueux 103 et de Radio Plaizance ? C’est la question qui est posée actuellement. L’Association pour le développement de la communication en Périgord (ADCP) qui les gérait a été mise en liquidation judiciaire lundi. Les radios ont cessé d’émettre et les six salariés se retrouvent au chômage.

À l’assemblée générale de l’ADCP, jeudi 3 mai à Périgueux, des voix s’étaient élevées pour demander la création d’un comité de soutien. On espérait alors que l’association serait mise en redressement et que les radios pourraient continuer leurs activités.

Un comité informel

Malgré l’annonce de la fermeture des ondes, une première réunion s’est tenue mercredi dernier. Elle regroupait une vingtaine de personnes, la présidente Marie-Jacque Monnier, des membres d’associations et des bénévoles, pour la plupart déjà impliqués dans les deux radios. Le comité s’est créé, de façon informelle, pour voir ce qui pourra être fait à l’avenir, « s’il existe des possibilités de rebondir », ajoute Marie-Jacque Monnier. Une nouvelle réunion aura lieu mardi 15 mai à 19h30 au centre de consultation, 59, rue Gabriel-Lacueille à Périgueux.

Lionel Pascal, ancien président qui a démissionné au mois de février, rappelle qu’il avait présenté à ce moment-là « un projet pour améliorer le fonctionnement de la radio », qui n’a pas été adopté [sic]. Il rejette la responsabilité de la situation actuelle sur l’équipe sortante. On se demandait s’il n’allait pas s’engager à nouveau. Mais il a répondu, hier, par la négative : « Je pars en vacances jusqu’au mois de juillet. »

De la publicité

« Ma position, c’est d’aider toute association qui voudrait relancer ces radios », déclare, de son côté, André Added. Président de l’Institut français de l’intelligence économique, directeur des magazines Périgord Entreprendre et Le Journal du Périgord, il animait une émission tous les mercredis sur Radio Périgueux 103. Pour lui, le projet est viable, avec « une gestion rationnelle et en gardant la même ligne éditoriale. » C’est-à-dire en introduisant de la publicité [sic]. « Il faudrait une moyenne de 400 euros par jour. »

Enfin, du côté des radios commerciales, on a appris par ailleurs que NRJ serait également intéressée pour reprendre la fréquence.

Leur presse (Chantal Gibert, SudOuest.fr, 12 mai 2012)

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Centième journée du Printemps érable

Montréal : les étudiants manifestent la nuit sans autorisation, la police matraque

La police de Montréal a dispersé mardi soir à coups de matraque et de grenades assourdissantes une manifestation d’étudiants déclarée illégale après que quelques bouteilles aient été lancées en direction des forces de l’ordre.

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Plusieurs personnes ont été arrêtées, a constaté un collaborateur de l’AFP. Selon la police, leur nombre atteint « la cinquantaine, en majorité pour attroupement illégal ».

La 29e marche nocturne quotidienne avait commencé de manière pacifique dans le centre ville, comme la manifestation géante qui s’était déroulée quelques heures plus tôt pour protester contre les hausses des frais de scolarité et la loi spéciale limitant la liberté de manifester.

La police, qui s’est abstenue d’intervenir dans l’après-midi, quand des dizaines de milliers de personnes étaient dans la rue et commettaient les mêmes infractions à la loi spéciale, est passée à l’action en fin de soirée.

Elle réagissait à la présence de personnes masquées, désormais interdite, au fait que l’itinéraire de la marche n’avait pas été déclaré comme l’exige la loi spéciale, et enfin contre les jets de projectiles, a indiqué son service de communication. Trois personnes dont deux policiers ont été légèrement blessées.

Leur presse (Belga, 23 mai 2012)


Grande manifestation à Montréal pour la liberté de manifester

Plusieurs dizaines de milliers de Montréalais sont descendus mardi dans la rue pour protester contre la récente « loi matraque » ayant réduit le droit de manifester. Cette manifestation s’inscrit dans le cadre du conflit sur les droits de scolarité.

Organisée au centième jour du différend entre les étudiants grévistes et le gouvernement du Premier ministre Jean Charest, elle s’est déroulée pacifiquement, dans une ambiance plutôt festive. Il y a cependant eu quelques incidents lors desquels trois vitrines de magasins ont été brisées à coups de projectiles.

Ils sont le fait d’un groupe qui n’a pas respecté l’itinéraire remis aux autorités. Il a été déclaré illégal et invité à se disperser, mais la police a indiqué n’avoir opéré aucune arrestation.

Pendant ce temps, les autres manifestants ont rejoint un parc où ils ont écouté des discours condamnant la hausse des droits de scolarité et la loi spéciale et appelant à l’union des étudiants avec le monde du travail. Puis, la pluie ayant succédé au soleil, ils ont commencé à se disperser. Mais une autre manifestation devait avoir lieu dans la soirée.

La loi spéciale votée vendredi dernier oblige les organisateurs de manifestations de plus de 50 personnes à soumettre à la police, au moins huit heures à l’avance, l’itinéraire du cortège, sous peine de lourdes amendes pour les contrevenants.

« La loi 78 n’empêche pas les manifestations, elle est là pour les encadrer », a déclaré le ministre québécois de la Sécurité publique, Robert Dutil. « En France, il faut un permis 20 jours à l’avance, à Londres un avis six jours à l’avance, à Genève 30 jours à l’avance », a commenté devant la presse M. Dutil.

Leur presse (ats, 23 mai 2012)

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Chasse aux putes : tous les prétextes sont bons…

Chasse aux putes : tous les prétextes sont bons…

À l’approche de l’été et sous couvert de motifs tous plus honorables les uns que les autres, la chasse aux putes a été officiellement ouverte le 1er mars dernier. Confirmant la fructueuse et pérenne collaboration du PS et de l’UMP en matière de répression des travailleurSEs du sexe, la préfecture de police et la mairie de Paris ont pris un arrêté interdisant « l’arrêt et le stationnement des véhicules conçus et construits pour le transport de marchandises et ayant au moins quatre roues » dans les bois de Boulogne et de Vincennes.

Point n’est besoin de lire les motifs de la décision pour constater que ces autorités ont décidé de nettoyer les bois au kärcher comme disait l’autre, en d’autres termes d’aller chercher les putes jusque dans les bois où elles s’étaient réfugiéEs depuis la mise en œuvre de la LSI et l’aggravation de la répression du racolage public, afin de bien leur faire comprendre qu’en France, les travailleurSEs du sexe sont persona non grata. Aux motifs que les bois sont « des espaces ouverts à tous les publics » et qu’il faut préserver « la sécurité et la tranquillité des usagers de l’espace public », les putes sont excluEs, harceléEs, verbaliséEs. Ne font-elles pas partie des « usagerEs de l’espace public » ? Leur sécurité ne doit-elle être préservée ?

C’est bien de cela qu’il s’agit : sous couvert de préserver une quiétude urbaine et un environnement bucolique, mairie et préfecture envoient les forces de l’ordre chasser les prostituéEs, à grand renfort de sanctions pécuniaires et de mises en fourrière.

La répression du racolage public a déjà éloigné les travailleurSEs du sexe des regards et des structures d’accès au droit et aux soins, de prévention et de santé. Cet arrêté les en éloigne encore davantage. On ne peut que reconnaître l’efficacité de cette tartufferie : quand les putes seront mortes, vous ne les verrez plus !

Nous exigeons :

• l’abrogation de l’arrêté du 1er mars 2012 interdisant l’arrêt et le stationnement des camionnettes dans les bois de Boulogne et de Vincennes ;

• l’abrogation du délit de racolage public ;

• l’application du droit commun pour les travailleurSEs du sexe.

Signataires : Acceptess-T, Act Up-Paris, Aides, les Amis du Bus des Femmes, A.N.A, Avec Nos Aînées, STS, Support Transgenre Strasbourg, Strass, Syndicat du Travail Sexuel.


Des prostituées du bois de Boulogne défilent contre le « harcèlement policier et judiciaire »

Une cinquantaine de prostituées et transsexuels exerçant au bois de Boulogne dans des véhicules ont manifesté vendredi 18 mai pour dénoncer le « harcèlement policier et judiciaire » dont ils se disent victimes. Selon Me Stéphanie Marcie-Hullin, avocate présente à la manifestation, depuis un arrêté en date du 1er mars interdisant le stationnement de véhicules au bois de Bologne, des prostituées sont arrêtées « quotidiennement » par la police pour racolage, « alors même qu’il n’y a pas d’infraction », puisqu’elles exercent dans leur véhicule sans interpeller le client, explique-t-elle.

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« On subit une répression continue, journalière. On nous prend à la sortie du client, mais on ne racole jamais dans notre camionnette ou notre voiture. On est emmenées systématiquement pour racolage, pour vingt-quatre heures, et on nous met au dépôt de la cité judiciaire », a dénoncé Corinne, une autre prostituée, porte-parole du Collectif 16e arrondissement des prostituées du bois de Boulogne, qui vient de se créer. La prostitution n’est pas illégale en France, rappelle Me Marcie-Hullin.

Au bout de vingt-quatre heures, les prostituées  sont présentées au délégué du procureur, et ressortent libres, parfois avec un rappel à la loi et une amende, parfois sans condamnation, explique Me Marcie-Hullin. « Cette procédure pénale rapide, dite de troisième loi, permet d’éviter d’aller au procès, où un avocat dénoncerait le scandale et où un magistrat indépendant prononcerait forcément la relaxe », affirme-t-elle.

L’avocate et le Collectif demandent à rencontrer le préfet de police de Paris et le procureur de la République. En attendant, « dès qu’on vous arrête, il faut demander un avocat », a-t-elle insisté auprès des prostituées présentes. C’est à cause de la loi de 2003 pénalisant le racolage passif que les prostituées et transsexuels se sont mis à exercer dans des véhicules, afin d’être « plus discrètes et plus protégées », a jugé l’avocate.

Leur presse (LeMonde.fr, 18 mai 2012)

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[Aix-en-Provence] A voté ! (encore une fois)

Aix-en-Provence : plainte après « saccage » à la permanence des Verts

Geneviève Hamy, candidate Europe Écologie les Verts dans la 14e circonscription aux législatives, a porté plainte hier après-midi suite au « saccage » de sa permanence qui a eu lieu dans la nuit de samedi à dimanche.

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Une semaine après le lancement de sa campagne,  la permanence électorale de Geneviève Hamy, candidate Europe Écologie les Verts dans la 14e circonscription a été  « saccagée ».

Selon Geneviève Hamy « on a été prévenu par des militants qui passaient dans la rue que notre vitrine a été saccagée. Vendredi, on sortait de chez l’imprimeur, on avait préparé toute la devanture de notre local et hier matin la secrétaire est arrivée et a pu constater que les affiches ont été arrachées, les logos et les panneaux aussi, la vitre a été cassée, ce qui fait qu’on ne peut plus produire d’éléments d’informations par rapport aux militants sur la devanture. Donc on porte plainte auprès du commissariat d’Aix-en-Provence. » Sur la devanture, se trouvait « des portraits de Geneviève Hamy et de son suppléant Damien Zavrsnik, les adresses blog et twitter ainsi que les différents logos d’Europe Écologie Les Verts ».

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Pour Geneviève Hamy, « ça nous pose problème puisque ça veut dire que pendant la campagne on ne pourra pas utiliser la devanture, parce qu’on ne va pas s’amuser à recommencer à chaque fois et que ça soit enlever à chaque fois ». Puis, elle poursuit : « ceux qui ont fait ça font de la politique comme on la déteste, c’est forcément à visée politique parce que j’ai fait tout le tour de la rue et il n’ y a que notre devanture qui a été saccagée donc c’est forcément un acte politique : ce que je déplore totalement. Mais nous ne sommes pas intimidés plus que ça et on va continuer à travailler sur la base de l’éthique ; ce qui ne semble pas être un luxe ici. » (…)

Leur presse (O. Ferrandino, Maritima.info, 22 mai 2012)

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[Dijon, Samedi‭ ‬26‭ ‬mai] ‬Manif ‬et installation paysanne dans le quartier des Lentillères

Le « jardin des maraîchers » c’est qui, c’est quoi ?

Nous sommes quelques paysans sans terres soutenus par des maraîchers, associations et amis. Nous sommes à l’origine, depuis quelques semaines, d’une ferme maraîchère dans le quartier des Lentillères afin de produire sur 1 ha pour des projets associatifs, pour des collectivités et pour les habitant-e-s du quartier. Nous voulons faire des légumes sans agro-chimie et accessible à toutes et tous. Nous appelons le 26 mai à une manifestation de solidarité.

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S’installer sur une terre menacée…

Notre projet s’inscrit dans un dynamique de quartier. En 2010, le potager collectif des Lentillères a redonné vie à des friches maraîchères que la Mairie menace aujourd’hui de bétonner dans le cadre du projet « éco-cité jardin des maraîchers ». Depuis cette première occupation, plusieurs autres petits jardins familiaux ont essaimé.

De notre côté, nous nous installons aujourd’hui sur une parcelle d’environ 1 ha d’excellente qualité mais abandonnée depuis 13 ans. Elle était autrefois cultivée par les actuels « maraîchers du Pré Velot ». Ceux-ci avaient dû en partir du fait de la menace d’un projet d’urbanisme. En mars 2012, la mairie de Dijon a racheté ces terres et a immédiatement envoyé une pelleteuse, espérant ainsi empêcher toute nouvelle occupation potagère. Elle a laissé derrière elle un paysage lunaire, parsemé de cratères. Voisins, jardiniers amateurs ou anciens maraîchers, nous avons été nombreux à être choqués par ce saccage. Nous avons choisi envers et contre tout de reboucher ce champ de trous. Après des travaux conséquents ces terres accueillent à nouveau des lignes de légumes.

Cultiver en ville ?

Parce que les villes auxquelles nous aspirons ont besoin de logements accessibles, mais aussi de cultures pour les nombreux urbains qui veulent se réapproprier leur nourriture et disposer d’espaces d’apprentissage. En témoignent les centaines de personnes inscrites à Dijon sur les listes d’attente des AMAP et des jardins familiaux. Comme de nombreux paysans sans-terres nous sommes pour notre part confrontés au difficultés d’accès au foncier, au bétonnage et à l’impérialisme de l’agro-industrie. Les rares espaces préservés aux périphéries des villes nous semblent des lieux privilégiés pour tisser des liens et partager notre vision d’une agriculture en lutte. En théorie la Mairie s’y accorde puisque son Plan Local d’Urbanisme préconisait de « développer l’agriculture péri-urbaine vivrière et maraîchère » sur le site et de « valoriser la valeur agronomiques des sols », ou encore la « vente directe et les AMAP »… En réalité elle voudrait ne garder des « maraîchers » que le nom.

Et maintenant… pourquoi manifester ?

Ne les laissons pas tout ravager de nouveau ! Il s’agit aujourd’hui de montrer que notre démarche peut être soutenue, de faire découvrir le site et de profiter d’un peu d’huile de coude et de solidarité pour finir de reboucher les trous, entre autres travaux d’aménagement et de mise en culture. D’ici quelques semaines, il sera possible de passer régulièrement prendre des courgettes, tomates, poivrons, concombres, salades…

Une journée ferme-ouverte aura aussi lieu le 9 juin à partir de 14h

Le Jardin des Maraîchers – 45, rue Philippe Guignard – après le rond-point des Lentillères

Brassicanigra

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[Révolution tunisienne] Le gouverneur de Gabès dégagé

Tunisie : Le gouverneur de Gabès persona non grata dans la région

Suite à un mouvement de protestation appelant au départ du gouverneur de Gabès, ce dernier a quitté le siège du gouvernorat, dans la journée du lundi 21 mai 2012, sous la protection de forces de sécurité et de l’armée.

Selon radio Mosaïque.fm, les habitants du gouvernorat lui reprocheraient « son échec à  régulariser certains dossiers » et après avoir tenté de défoncer la porte de son bureau, ils ont fini par l’obliger à partir. Les agents du gouvernorat ont eux aussi quitté les lieux.

Publié par des ennemis de la révolution (Tunisie Numérique, 22 mai 2012)

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[« Antiterrorisme », la méthode italienne (6)] Quarante

Quarante

Il y a quarante ans, le 17 mai 1972, le commissaire Luigi Calabresi était tué devant son domicile à Milan. Le principal responsable de la mort de Giuseppe Pinelli, l’anarchiste défenestré du commissariat de Milan quelques jours après le massacre de piazza Fontana, terminera ses jours sur le trottoir de la rue Cherubini, vers 9h15 du matin. Ce n’est pas un infarctus ni un accident, mais deux projectiles qui l’ont contraint à dire adieu à sa carrière, à sa retraite et à la vieillesse. Le commissaire Fenêtre survivra en effet moins de trois années à sa victime.

Le meurtre du commissaire Calabresi a fait du tapage à travers tout le pays, mais seuls ses collègues, ses employeurs et ceux qui profitaient de sa protection l’ont pleuré. Tous les autres, c’est-à-dire la très grande majorité de la population, non. Personne ne l’a pleuré. « Ils ont tué l’assassin de Pinelli ? C’est bien fait ! » fut le sentiment le plus diffus à l’époque. Le plus immédiat en tout cas, le sentiment viscéral qui dépasse tout calcul politique. Mais la politique, on le sait, est une tare difficile à éliminer. Elle se niche, s’enracine et se développe partout. Ainsi, juste après la mort de Calabresi, ont surgi des leaders et des aspirants leaders du mouvement qui ont commencé à ronchonner, à faire la grimace, à freiner les enthousiasmes. Évidemment, l’idée que de simples individus puissent sortir de chez eux, débusquer l’ennemi et le liquider sans attendre le grand soir collectif, était intolérable. Ce genre d’actes risquait de rendre partis, assemblées, leaders et comités superflus. « Ne vous réjouissez pas, c’est un coup des services secrets ! », « ne trinquez pas, c’est un prétexte pour encourager la répression ! », « ne riez pas, ce n’est pas le produit d’une lutte de masse ! ». Au nom de la politique, de la stratégie, de la tactique — toutes choses entretenues par les différents rackets militants —, la jubilation face à l’élimination d’un des ennemis les plus implacables du mouvement était interdite ou tournée en ridicule.

C’était une action exemplaire, qui parlait d’elle même, qui n’avait besoin d’aucune justification ou d’explication. Et de fait, le meurtre de Calabresi, qui selon beaucoup a lancé l’assaut en armes des années 70, ne reçut aucune marque de fabrique, n’a été signé par aucun logo. Selon certains, une revendication a circulé dans les milieux subversifs, mais a été mise au panier par tous : il était impensable de la prendre en considération. Quoi qu’il en soit, même si c’est aussi grâce à la censure du mouvement et malgré les condamnations controversées de quelques représentants de Lotta Continua, reste le fait que le meurtre de Calabresi a toujours été considéré comme privé de paternité, enfant d’inconnus, anonyme. Un fruit de la jungle obscure. Seul ce qui n’est propriété de personne peut appartenir à tous.

Quarante années plus tard, le 7 mai 2012, Roberto Adinolfi a été jambisé devant chez lui à Gênes. L’administrateur délégué d’Ansaldo Nucleare, multinationale qui distribue généreusement tumeurs et radioactivité, s’est écroulé par terre sur le pavé de la rue Montello, vers 8h30 du matin. Ce n’est pas un infarctus ni un accident, mais une balle qui le contraindra peut-être à boiter le restant de ses jours. Il survivra probablement bien plus longtemps que les victimes de son travail.

La blessure d’Adinolfi a fait le tour de tous les médias du pays, mais seuls ses collègues, ses employeurs et quelques uns de ses employés l’ont pleuré. La très grande majorité de la population semble ne s’en être même pas rendu compte, ayant bien d’autres soucis. Par contre, le mouvement, lui, s’en est aperçu. Un mouvement où la politique se niche, s’enracine et se répand toujours plus. Il n’a pas manqué de compagnons qui ont commencé à ronchonner, faire la grimace ou retenir tout sourire. Les arguments sont toujours les mêmes, semblables à ceux d’il y a quarante ans : « Ne riez pas, ce n’est pas le produit d’une lutte de masse ! », « ne trinquez pas, c’est un prétexte pour encourager la répression ! », « ne vous réjouissez pas, c’est un coup des services secrets ! ». Toujours le même refrain, immuable dans sa tristesse : un véritable appel au renoncement. Au nom de la politique, de la stratégie, de la tactique — toutes choses entretenues par des différents rackets militants —, on réclame un blâme pour le fait d’avoir blessé un des plus immondes managers de l’État. Évidemment, l’idée que de simples individus puissent sortir de chez eux, débusquer l’ennemi et le frapper sans attendre le grand soir collectif, reste intolérable. Cela risque de rendre les partis et les assemblées, les leaders et les comités superflus. Cette action aussi parle d’elle même, elle n’a besoin d’aucune justification ou explication. Mais cette attaque contre Adinolfi a connu sa marque de fabrique, a été signée par un logo. Une revendication est parvenue aux médias, et a été immédiatement prise en compte. Ici, pas de jungle obscure, mais les lumières du néon allumées à fond pour illuminer son propre visage. En étant la propriété exclusive de quelques-uns, cette action ne pourra donc pas appartenir à tous.

À quarante années de distance, les temps ont-ils changé ? À chacun ses choix, à chacun ses conclusions…

Traduit de l’italien (Finimondo, 16 mai 2012) – Brèves du désordre

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[Montpellier, mercredi 23 mai] Contre la répression de nos vies quotidiennes

Rappel [de la banalité] des faits : Il est deux heures du matin, nous sommes le 17 mai 2008.

Comme de coutume à Montpellier, plusieurs groupes de personnes se sont installés, pendant la soirée, dans le parc du Peyrou ; ils échangent, boivent, chantent, jouent de la musique, tuent le temps, meurent d’ennui ou encore fuient la monotonie du monde extérieur et de ses journées-rituelles métro/boulot/dodo. Ils n’ont pas forcément l’argent, ni l’envie d’aller dans des bars ou en boîtes de nuit ; alors ils viennent ici, comme avant ils allaient notamment sur la place Candolle ; ce n’est pas la panacée, mais c’est gratuit et il y a souvent du monde même si cela reste un endroit vidéo-surveillé, ancien lieu de parade de la noblesse puis de la bourgeoisie, et qui fait l’apologie de la monarchie absolu avec sa statue de Louis XIV.

Comme de coutume à Montpellier, plusieurs groupes de keufs se ramènent, armés de matraques, gazeuses, et autre flash-balls ; il s’agit de la municipale, de la nationale, de la BAC, parfois même de la brigade canine. Eux aussi meurent d’ennui, et, comme de bons chiens enragés, cognent sur tout ce qui passe pour pimenter leur quotidien.

Comme de coutume à Montpellier, c’est le moment où la fête débute : expulsion violente de la place, coups de pieds, et de matraque, gazages, courses-poursuites, insultes…

Mais ce soir-là a été quelque peu différent des autres soirs : une volonté de ne pas se laisser malmener et de ne pas se laisser renvoyer chez soi, comme un malpropre, tout seul, déprimant. Alors, départ lent et collectif du parc, quelques insultes et jets de canettes vers la police, quelques incendies et casses de mobiliers urbains en guise de protestation

Ce soir-là, les prévenus dans les paniers à salade ont eu une haie d’honneur faite de poubelles enflammées avenue Foch et rue de la Loge. Cela n’a pas empêché l’un des arrêtés de se faire défoncer par trois baqueux dans le gymnase du commissariat à Rives du Lez, avant son audition.

Cela n’a pas empêché non plus les (pour)suites judiciaires ; pour la personne savatée : trois cent euros multipliés par trois flics de dommages et intérêts (???) ; et un procès le 23 mai 2012 pour un autre individu, pour agression sur personne dépositaire de l’autorité publique — alors qu’on se demande bien qui agresse qui dans cette histoire.

En effet, la justice vient étayer les positions commerciales et sécuritaires de la mairie…

Oui nous parlons bien de cette mairie socialo qui ne veut voir personne le soir dans la rue et tout le monde dans des commerces, qui expulse les mendiants et SDF du centre-ville (surtout l’été), ainsi que les collectifs qui investissent les nombreux bâtiments vides (parmi les 16’000 logements vacants recensés en 2007 à Montpellier) lui appartenant par le biais de la SERM (Société d’Équipement de Montpellier, mi-privée, mi-publique).

Nous sommes à présent en mai 2012, le parc du Peyrou est définitivement fermé la nuit, la place Candolle n’est plus fréquentable, la lutte acharnée médiatico-politico-judico-policière contre la vie nocturne alternative montpelliéraine a donc réussi. Mais ce n’est pas tout : les caméras et la présence sécuritaire ont continué de fleurir dans le centre et ailleurs, les quartiers populaires tels que Figuerolles se font gentrifier, les pauvres des cités-HLM se font reloger dans d’autres villes (jusqu’à Ganges parfois), la boboïsation de la ville est largement avancée, les laboratoires spécialisés en recherche mortifère continuent de se développer…

Le contrôle de nos vies quotidiennes par ceux qui nous gouvernent est un processus en cours depuis bien longtemps ; que ce soit au travail, dans la rue, à la maison, ou encore à l’école, le but est d’être un bon citoyen qui consomme abondamment, qui travaille beaucoup et surtout qui ne se rebelle pas.

Dans la perspective de l’orchestration étatique et négative de nos vies, la répression policière est une des formes les plus violentes, les plus fréquentes et les plus visibles qui s’abat sur notre quotidien.

Elle est mise en place par l’administration politicarde, et soutenue par la justice bourgeoise.
S’organiser contre elle et se soutenir face à elle est une nécessité.

RASSEMBLEMENT DEVANT LE TGI LE 23 MAI 2012 À PARTIR DE 8H30

Et puisque qu’il n’y a pas que la vie festive nocturne qui subi la répression, le rassemblement sera suivi d’une discussion sur la répression en général, et sur les procès antiterroristes qui auront lieu du 15 au 22 mai prochain.

Contact

Demosphere Montpellier

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[Lausanne] Maisons vides, maisons occupées

Pully (VD). Deux nouveaux squatts dans des maisons vides

Des squatteurs ont investi une demeure au très chic chemin des Osches. Du côté de Saint-Sulpice, une autre bâtisse vient de subir le même sort.

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À Pully, des banderoles anticapitalistes appellent à la désobéissance.

« C’est frustrant pour nous, ­voire rageant, mais on doit attendre la décision du procureur. » Municipal de la Police et de l’Environnement à Pully, Martial Lambert explique la situation pour les forces de l’ordre de sa commune, voisine de Lausanne. Elles n’ont pas pu arrêter ou faire évacuer immédiatement la dizaine de jeunes qui se sont approprié la maison d’un retraité, entré à l’EMS il y a environ six semaines.

Pas conciliants

« Dès lors que des individus pénètrent dans une demeure, une plainte doit être déposée, sinon la police est démunie », précise Martial Lambert. La sœur du proprio l’a fait, et le dossier est entre les mains d’un procureur, qui a convoqué une séance de conciliation le 31 mai. « Pourquoi si tardivement ? » se plaint Martial Lambert. D’autant plus que deux occupants approchés lundi nous ont dit qu’ils n’étaient pas du type « conciliant » et qu’ils ne partiraient pas. Si la séance du 31 mai échoue, le procureur fixera alors une date, sûrement en juin, pour vider la maison. Manu militari s’il le faut, avec l’aide de la police cantonale.

« Maison occupée »

Du côté de Saint-Sulpice, près du Learning Center de l’EPFL, l’ex-magasin Meubles du Vieux Battoir, promis à la démolition, vient lui aussi d’accueillir sur sa façade une banderole noire « Maison occupée ». Le commandant de la police de l’Ouest lausannois, Christian Séchaud, confirme l’occupation, observée depuis samedi : « J’ai eu un contact avec le propriétaire, qui va déposer une plainte. » Selon nos informations, il s’agirait de la famille Goumaz.

Des indésirables bientôt chassés ?

Une demi-douzaine de squats sont recensés à Lausanne. Celui de la rue Saint-Martin 25 a déjà fait couler beaucoup d’encre en raison de la violence de ses bruyants occupants envers la police. Le permis de démolition a été délivré en mars dernier. Le début des travaux est prévu mardi prochain. Faute d’un départ des squatteurs, « la police est déjà avertie et saura quoi faire », avertit François Christen, copropriétaire de la bâtisse.

Publié par des amis de la propriété privée (Frédéric Nejad, 20min.ch, 22 mai 2012)

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[Mauvaises intentions] Impressions sur trois jours sur le procès des six

Pour cette première journée il y avait beaucoup de monde devant cette dixième chambre avec ce lot de gendarmes et de RG. Mais aussi pas mal de caméras globes disposées à l’entrée de ce tribunal. Le soutien entre dans la salle d’audience et les six s’installent juste devant le bureau de jugement.

D’emblée la présidente du tribunal demande à chacun d’entre eux de décliner leurs identités, ainsi de que leurs professions. Tous bénéficient du RSA ce qui fera dire à l’un des juges qu’un vrai contestataire ne doit pas dépendre de l’État. Remarque bête d’un vieux réac qui oublie volontairement que la taule annihile toute vie et toute perspective. Elle pose ensuite la question sur la reconnaissance des faits. Aucun ne les reconnaît sauf celui de rejeter la signalétique et la prise de l’ADN. Damien évoque à ce sujet que c’est un refus de principe de ne pas donner ses empreintes.

Ensuite la présidente expose les charges contre eux et il y a ce moment magique où les camarades de l’extérieur de la salle d’audience hurlent leurs rages. Elle continue de lire tandis que nous entendons « FLICS PORCS ASSASSINS » et « À BAS L’ÉTAT, LES FLICS ET LES PATRONS ». Finalement ils seront expulsés par les gendarmes. Le premier acte de cette farce judiciaire est d’inviter les camarades à venir à la barre pour se voir questionnés sur leurs vies scolaires puis professionnelles comme si on examine des bêtes de foire. Autrement dit comment dans une société aussi ouverte et tolérante des individus peuvent se soulever et contester la machine étatique. Ensuite à chaque fois la présidente les interroge sur ce que leur reproche avec pour certains les raisons pour laquelle on refuse à un moment de se soumettre à un contrôle judiciaire, ces juges ne comprennent pas bien sûr qu’on puisse refuser d’être pisté et surveillé et avoir l’envie d’être LIBRE. Encore une fois le même juge fait une remarque débile à Bruno sur le sens d’être contestataire et d’accepter un contrôle judiciaire puis de le refuser. Autre interrogation de la part de la présidente est d’écrire des lettres (elle les lit intégralement) et de les poster sur le site Indymedia. Visiblement cela la tracasse de procéder ainsi, surement pour elle Indy est la version médiatique de la mouvance anarcho autonome comme Al Jazzera pour Al Quaida !

Bruno, Ivan et Damien réfutent l’intention de fabriquer des explosifs car pour eux ils voulaient simplement d’élaborer un fumigène. D’ailleurs un rapport d’expertise confirme que le mélange effectué n’était pas suffisamment dosé. Et les clous trouvés sur eux devaient servir à les poser sur le bitume afin d’emmerder les bagnoles sur le trajet de la manif contre le CRA de Vincennes.

Tous réfutent le terme inventé par les flics et les médias de « mouvance anarcho autonome francilienne ». La présidente estime même que personne ne peut définir ce terme apparu dans la presse et notamment dans le Parisien dont des articles sont cités durant cette audience.

Aux questions de la présidente du tribunal Franck préfère évoquer les conditions de son isolement carcéral à la DCRI. Au moment où il franchit le seuil de cette agence, un espion s’exclame : « Bienvenue à Guantánamo ». Il décrit l’isolement sensoriel et la lumière allumée toute la nuit. La magistrate explique qu’il aurait dit qu’il était communiste… normal on retrouve chez lui de la documentation sur le nouveau parti communiste italien (en gros il est interdit de s’informer sous peine d’être catalogué). Une telle conscience politique rend perplexe la questionneuse. Elle le demandera aux autres camarades : pourquoi ne vous êtes pas engager à Amnesty International ou au Samu Social… Poser ce genre de question relève soit de l’ignorance soit de la provocation.

Elle évoque ensuite le fameux frigo de Franck et ses autocollants sur AD, Georges Ibrahim Abdallah et l’EZLN (qui pour elle est un mouvement basque !). Ah ! Si vous aimez la violence comme c’est ses photos retrouvées sur la révolte en Grèce c’est que vous avez un comportement potentiellement à risque. D’ailleurs on retrouve chez lui un texte en arabe évoquant la guerre civile algérienne, ce qui fera dire au traducteur sensé être impartial qu’il est proche du FIS ! Le procureur en rajoute une couche en disant qu’à la DCRI les conditions décrites de la GAV relèvent du fantasme et se demande comment on peut soutenir les prisonniers d’AD (qui ont commis paraît-il sept meurtres) et Georges Ibrahim Abdallah sans avoir quelques dispositions à la violence.

À Inès, ce sont toujours les mêmes questions. La questionneuse pousse la provocation pour dire que de la prise de l’ADN est utile dans les cas de viol. À la fin de cette deuxième journée d’audience, Ivan explique sa consultation de site internet militant et la présidente de s’interroger : mais pourquoi ne pas créer son site pour que vous puissiez exprimer vos opinions. Et pour mieux vous surveiller accessoirement.

La troisième journée débute par l’interrogatoire de Javier. Dans son sac au moment de son arrestation les flics découvrent le livre De mémoire de Jann Marc Rouillan. Encore des mauvaises intentions… Le camarade se défend précisément sur la prise supposée de son ADN et sa fragilité scientifique comme moyen de preuve. Il refuse tout net évoquer la moindre idée politique car il rejette son implication dans les faits reprochés. Il s’insurge sur son inscription comme militant de la fantomatique MAAF dans le fichier des RG et estime que ce tribunal les a déjà condamné. Le juge hargneux s’agace en lui disant qu’il est désinvolte !

L’audience finit par la fastidieuse lecture de rapport de RG sur les agissements dans les manifs et autres des « anars automnes » depuis 2006 ! Toujours cette volonté de créer un lien terroriste d’une supposée nébuleuse.

Indymedia Paris, 22 mai 2012

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[« Antiterrorisme »] Avant de dégager, le Comte Dracula de Nagy-Bocsa a décoré les officiers traitants de Mohamed Merah

(…) À Toulouse, la médaille de l’ordre du Mérite que vient de se voir décerner un commandant à la Direction régionale du renseignement intérieur (DRRI), a bien du mal à passer auprès de certains policiers. Ils font observer que cet ancien officier de police judiciaire de Seine-Saint-Denis avait été condamné pour avoir, en compagnie de quatre collègues, passé à tabac deux trafiquants de drogue lors d’une garde à vue, en novembre 1991.

Enfin, la Légion d’honneur décernée à deux autres officiers du renseignement, l’un à Toulouse et l’autre à Paris, censée récompenser leur action au cours de l’affaire Merah, étonne tout autant de nombreux policiers qui qualifient cette affaire de « fiasco ».

Dans le même temps, « les policiers de la base mobilisés sur cette affaire exceptionnelle n’ont jamais reçu ni la moindre prime, ni les honneurs » déplore le responsable d’Unité police à Toulouse.

Publié par des amis de la police (Guillaume Atchouel, LaDepeche.fr, 19 mai 2012)


(…) en dehors de ces syndicalistes, les médailles qui viennent d’être distribuées à Toulouse posent encore plus d’interrogations. Notamment en ce qui concerne deux fonctionnaires de la DCRI, pour le ruban rouge, et un commandant de police de l’antenne locale, pour le ruban bleu. Ces policiers étaient-ils, comme cela se murmure, les officiers traitants de Mohamed Merah, ceux qui n’ont rien vu venir ? Je ne sais pas. Et si je le savais, la loi m’interdirait d’en parler. En tout cas, ces récompenses attribuées à quelques-uns, pour une affaire qui est loin d’être une réussite, ne font que renforcer le mystère. Et les questions s’accumulent. Elles ont sans doute des réponses, toutes simples, mais on aimerait les connaître. Lorsque sept personnes sont assassinées, dont trois enfants, le secret-défense ne peut pas exister. (…)

Publié par le flic Georges Moréas (blog du Monde POLICEtcetera, 19 mai 2012)

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[« Vive la bourgeoisie »] « Des jeunes qui ne veulent pas travailler et viennent afin d’échapper à toute obligation »

Rennes-les-Bains (Aude). Entre « marginaux » et locaux, la tension monte dans le village

Une quinzaine de pneus crevés dans la nuit de samedi à dimanche, et un peu partout en ville des tags — vite effacés — scandant un ironique « Vive la bourgeoisie », ou un plus convaincu « Vive l’anarchie ». Depuis quelques jours, tandis que la gendarmerie a ouvert une enquête, la tension est montée d’un cran à Rennes-les-Bains où la cohabitation entre les autochtones, les néos et des nomades vivant dans des camions connaît de sérieuses anicroches.

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Pour Évelyne Codina, « le conseil municipal est décidé à rétablir l'état de droit pour développer le tourisme ».

En mars dernier, des habitants du village, parmi lesquels des membres du conseil municipal, ont en effet décidé de lancer une pétition pour le moins offensive intitulée « Stop à la marginalisation de Rennes-les-Bains » et signée par 85 personnes sur 200 habitants.

« Des gens sales »

Dans cette lettre, les auteurs expriment leur ras-le-bol de voir leur village « envahi par des jeunes qui ne veulent pas travailler et viennent afin d’échapper à toute obligation. Ils touchent les allocs et le RSA, vont au Resto du cœur, vivent en parasite au crochet d’un système qu’ils disent haïr, mais dont ils profitent. » Plus loin, le texte évoque les logements sociaux qui leur sont attribués, « des gens sales, mal habillés, mal polis et souvent agressifs ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1337638892.jpgConseillère municipale en charge de la communication Évelyne Codina, explique : « Depuis 2009, nous sommes devenus le point de chute de ces populations marginales. Ils ne veulent pas respecter les lois, ne tiennent pas leurs chiens en laisse, des camions plus ou moins propres ont colonisé les parkings, et la population se sent envahie. » Pour l’élue, les problèmes viennent néanmoins d’une minorité : « Il y en a qui discutent qui portent des projets alternatifs intéressants, mais il y a quelques activistes qui essayent de créer une division communautaire », poursuit-elle.

Regards de travers

Au café de la place du village, quelques-uns de ces néos sont attablés à l’heure du café. « On sent une certaine animosité, des regards de travers, mais si l’école fonctionne, c’est grâce aux néos », avance Laurent, installé au village. « La plupart d’entre nous veulent vivre dans le respect des autres. La diversité est enrichissante », reprennent de concert Virginie et Matteo, qui vivent en camion. Plus loin, un jeune homme à l’accent audois souffle : « C’est fou, il y a des gens qui ont signé cette pétition qui sont Allemands. Il y a même des Espagnols qui ont fui Franco ». À quelques mètres de là, une femme tempère : « Il y a un contentieux, mais les jeunes sont allés voir les anciens pour créer le dialogue et proposer leur service ». Un premier pas vers la réconciliation ?

Presse bourgeoise (Axel Puig, LIndependant.fr, 18 mai 2012)

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[« Terrorisme » et curcuma (suite)] « C’est ça le terrorisme ! »

Ce 21 mai 2012 marquera une date dans la définition de ce qu’est un procès politique — et par voie de conséquence un acte politique, et même la politique tout court — et de ce qu’est le « terrorisme ».

On sait que les magistrats de la dixième chambre du tribunal correctionnel de Paris ont la lourde tâche devant l’histoire de juger six jeunes « curcumistes », accusés de « terrorisme » en général et de fabriquer des bombes au curcuma en particulier.

Aujourd’hui était le jour du réquisitoire du procureur général. On aurait juré que cet excellent magistrat avait lu « “Terrorisme”, curcuma et crime par la pensée », tant il avait choisi d’illustrer, dès ses premières phrases, le passage suivant, que je reproduis pour les paresseux vivant du RSA, nombreux (hélas !), à me lire :

« Nous n’en sommes plus à écarter les justifications politiques d’actes délictueux au regard du droit pénal (vous dites que vous êtes un militant politique, mais je constate que vous avez fait sauter une mairie). Police et justice travaillent aujourd’hui, au service de l’État, à stigmatiser des prises de position politiques et sociales, de “mauvaises intentions” a-t-on pu dire justement, en utilisant des éléments disparates auxquels seuls les textes “antiterroristes” eux-mêmes donnent une apparente cohérence. »

Évidemment notre procureur a tourné les choses à sa manière ; copier/coller du Claude Guillon aurait fait mauvais genre.

Il a donc commencé par récuser fermement le reproche de « procès politique », allégation polémique et d’ailleurs politique que le tribunal voudra bien ignorer. « Ce qui compte, a-t-il dit en parlant de nos « curcumistes », ce sont leurs intentions. »

On le comprend : il vaut mieux s’interroger sur les « intentions » que sur les faits, attendu que les faits ont une fâcheuse tendance à se dérober aux regards dans ce dossier. En tout cas, on ne pourra plus dire que les « mauvaises intentions » sont une formule polémique des ennemis de l’ « antiterrorisme » : c’est au contraire le pivot de l’argument du ministère public.

Or quelles étaient les intentions « curcumistes » ? Évidemment (c’est facile, il suit du doigt sur le Code), « troubler gravement l’ordre public ». On remarquera au passage que l’adverbe « gravement » est là uniquement pour faire joli — je veux dire pour faire laid. Puisqu’il s’agit d’intentions, ne l’oublions pas, on n’imagine pas quelqu’un méditer de « troubler discrètement l’ordre public ». Passons. Il est par ailleurs très contestable que « troubler l’ordre public », un peu, beaucoup ou passionnément soit bien un objectif politique. On considérerait plus justement, à condition de disposer d’une définition qui ne soit pas risible de « l’ordre public », que le trouble est un éventuel résultat d’une action politique, une manifestation par exemple.

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Olivier Christen, procureur

Qui ne soit pas risible disais-je. Pas si simple ! Le procureur général l’a montré à ses dépens. S’agissant d’une tentative de sabotage d’un matériel SNCF, reproché à tel « curcumiste », il a lu — vous avez bien lu — il a lu dans Le Parisien (édition de l’Essonne, est-il précisé) que si la tentative n’avait pas échoué, elle aurait pu bloquer ce matin-là 200’000 personnes « qui se rendaient à leur travail ». Ce qui eut constitué, dixit le procureur général dans l’un de ses rares moments d’emphase, « un effet dévastateur ».

Que des centaines de milliers de banlieusard(e)s subissent pareille « dévastation » sans intervention « terroriste » aucune, environ quatre jours par semaine et toute l’année, n’a pas atteint les neurones du magistrat. Il faut vous dire que Le Parisien ne parle des retards du RER que les jours de grève, dont l’évocation aurait eu ici un parfum « politique » mal venu.

Notre procureur y insiste : pas la moindre politique dans cette affaire. « Peu importe, dit-il sans rire, qu’ils soient fascistes, anarchistes ou maoïstes », ce sont les intentions qui comptent ! Bien sûr, reconnaît-il en substance, « nous n’avons pas affaire à Rouillan ou Ménigon, même s’il semble que certains aient eu de la sympathie pour leur cause ». Bref, nous n’avons pas la chance d’avoir en face de nous Action directe, même si l’un des prévenus a semble-t-il collé sur la porte de son réfrigérateur un autocollant réclamant la libération de ses militants.

Autre élément constitutif du « terrorisme », c’est… la terreur ! Bravo ! Un « terroriste » sème la terreur, et il récolte la réprobation de ses voisins.

Prenez cette histoire de dépanneuse de la police qui n’a pas brûlé. Bon, mettez-y le feu ! Non, rangez le briquet, c’est une métaphore, voyons ! Imaginons qu’elle brûle… Or, Mesdames et Messieurs, j’attire votre attention sur un détail terrible, cette dépanneuse est garée dans une rue en pente ! Elle brûle, donc. L’essence s’écoule, tel un fleuve de feu, dans le sens de la pente, et consume les voitures (de police, hi ! hi !) qui se trouvent en contrebas. Quelle est la réaction du voisin qui ouvre sa fenêtre aux aurores et constate que des voitures brûlent devant chez lui. Ou bien — hypothèse qui n’a pas été envisagée par le procureur — c’est un mauvais Français, et il se réjouit de voir les véhicules de police en proie aux flammes, ou bien c’est sa voiture à lui qui brûle et il est « intimidé ».

On a donc voulu intimider cet élément bon Français de la population ; on a voulu intimider la population et troubler l’ordre grave ; on est un te-rro-riste ! « C’est ça le terrorisme ! » répète, grave, le procureur.

Oh certes ! Il confesse bien honnêtement ne pas soupçonner ces six-là d’être des « terroristes » à temps plein. Non, ça se voit tout de suite au fait qu’ils ne sont pas Arabes et que la plupart n’ont ni casier judiciaire, pas même une malheureuse fiche chez les RG (la honte !). Pas tout le temps, mais « au gré des circonstances… ».

M. le procureur général, qui est un homme de son temps, vient d’inventer les « intermittents du terrorisme » (le terme n’est pas de lui), d’ailleurs nourris au RSA, sur les impôts des gens qui sont bloqués dans le RER quatre jours par semaine, ce qui vaut bien une fiche RG, d’ailleurs.

D’accord ! D’accord, dit-il, au début, le parquet ne pensait pas « terrorisme ». Mais foin d’« opportunisme » ! c’est parce que petit à petit il s’est aperçu (le parquet), que les « curcumistes » étaient plusieurs, donc associés dans la malfaisance, que l’évidence s’est imposée à l’esprit (du parquet).

Et cette « mouvance anarcho-autonome », me direz-vous ? Eh bien, c’est très simple, et même d’autant plus clair que ça a l’air obscur. Suivez-moi bien ! « Les anarchistes ne reconnaissent aucun maître ; ils n’appartiennent à aucune organisation ! [ohé ! amis de la FA, de l’OCL, d’Alternative libertaire et de la CNT]. » Donc, attention c’est là que c’est difficile : puisqu’ils n’appartiennent à aucune organisation, il est clair qu’ils constituent une organisation, que nous appelons, pour la commodité des débats, « la mouvance anarcho-autonome ».

D’ailleurs ajoute le procureur — une fois de plus, je jure que je n’invente rien — « On voit tout de suite ce qu’elle recouvre » !

Et en effet, ce qu’elle recouvre se distingue immédiatement : le besoin policier de relier artificiellement des lambeaux d’affaires et de coller une étiquette « associative » à des faits et des gens sans rapports les uns avec les autres (n’étaient les mauvaises intentions qu’on leur prête).

Total des réquisitions à l’issue de ce festival fantastique : 12 ans de prison, dont 7 ans et demi ferme. Ce qui, même partagé en six, fait cher la séance.

Claude Guillon, 21 mai 2012

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[Procès mauvaises intentions] Quatrième journée : les réquisitions

Procès de la “mouvance anarcho-autonome” : des peines de prison requises

À l’issue des débats, le procureur a requis des peines allant d’un an de prison dont six mois ferme à trois ans de prison dont un an ferme contre les six personnes accusées d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Dernières déclarations des prévenus avant le réquisitoire. Avant de laisser la parole au procureur puis aux avocats de la défense, les six prévenus ont l’occasion de rajouter quelques mots, de rectifier l’image d’eux-mêmes qui a émergé par bribes contradictoires au fil des débats. Après quatre ans d’instruction et trois après-midi d’audience, ils ont eu le temps d’y réfléchir et déclarent d’un ton posé :

Franck F. : “Ce que je pense n’est pas réductible à des étiquettes collées par le ministère de l’Intérieur. Dans cette “mouvance anarcho-autonome”, on peut faire entrer n’importe quoi, pourvu que ce soit à charge.”

Ivan H. reparle d’une interview donnée par la ministre de l’Intérieur Michèle Alliot-Marie en janvier 2008, où elle commente son arrestation. “Cela conforte tous nos propos sur la manière dont le dossier est construit.”

Ines M. : “S’il s’agit de réprimer des actes de sabotage ou des incendies pendant le CPE et la période électorale, des milliers d’autres actes ont été commis sans être répertoriés comme actes terroristes.”

Comme nous l’avons écrit lors des comptes-rendus d’audience précédents, les prévenus assument leurs opinions politiques et leurs engagements “contestataires” tout en niant les faits qui leur sont reprochés : avoir, de manière concertée, essayé de commettre plusieurs actes de sabotage en utilisant des engins incendiaires contre une armoire électrique de la SNCF (2006) et une dépanneuse de police (2007).

Les empreintes ADN d’Ines M., Javier M. (son frère) et Damien B. ont été retrouvées sur l’engin placé sous la dépanneuse de police. Celles de Javier M. se trouvaient également sur les lieux du sabotage SNCF. Trois prévenus sont aussi poursuivis pour refus de prélèvement ADN, même si, comme l’admet le parquet qui requiert la relaxe dans deux cas, les policiers ne leur ont pas demandé à tous leur consentement.

Hormis ce quasi-détail, le procureur Olivier Christen demande au tribunal de déclarer les prévenus coupables de tous les faits : association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste (pour les six), détention et / ou transport de matières explosives ou inflammables, fabrication d’engins incendiaires, selon les cas.

Dans son réquisitoire, il associe d’emblée les deux jeunes gens arrêtés ensemble lors d’un contrôle douanier à Vierzon, partis selon lui “mettre à l’abri la réserve de matières explosives” d’Ines M. après l’arrestation “de trois de ses amis” et coprévenus. Il décrit Ines M. et Franck F. comme des “adeptes de l’expression violente”. “C’est ensemble qu’ils ont décidé d’aller cacher ce matériel” pouvant servir à “des explosifs improvisés” et “des documents qui assoient cette volonté”, martèle le procureur.

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Olivier Christen, procureur

Qualification terroriste maintenue

L’accusation n’est pas avare de commentaires pas sur les “effets potentiellement dévastateurs” des actes prévus. Si l’engin placé sous la dépanneuse avait pris feu, “en haut d’une rue à forte pente”, “l’ensemble des véhicules situés en contrebas” auraient pu s’enflammer, s’inquiète le parquetier. Quant à l’armoire électrique de la SNCF, son incendie aurait entraîné “le blocage de 200’000 personnes qui se rendaient au travail le matin”.

Il maintient donc la qualification terroriste des faits, considérant qu’une tentative d’atteinte aux biens (et pas aux personnes) entre dans le registre des actes qui visent “à troubler gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur”. Et considère que les liens entre les prévenus, les similitudes entre les modes opératoires et les traces ADN retrouvées permettent de les déclarer coupables.

“Ces infractions qui paraissent distinctes sont liées les unes aux autres dans la même entreprise terroriste. […] Si les six prévenus ne se revendiquent d’aucun groupe, les actes reprochés ont été commis dans le même objectif : déstabiliser l’État. […] Que les prévenus n’aient pas réussi n’enlève rien à leur objectif.”

Le procureur “ne pense pas qu’il y avait un groupement formé, c’est-à-dire pérenne, mais une entente. Ils ont des relations étroites depuis 2006”. Il dégaine les manifestations auxquelles plusieurs prévenus ont assisté, des correspondances, des examens de leur trafic téléphonique.

Sont requis : trois ans de prison dont un ferme pour Ines M., trois ans de prison dont un ferme et deux ans de sursis avec mise à l’épreuve pour Javier M., deux ans de prison dont un ferme pour Damien B., deux ans de prison dont six mois ferme pour Franck F., un an de prison dont six mois ferme pour Ivan H. et Bruno L. Les peines requises couvrent quasiment la détention provisoire déjà effectuée par les prévenus. Les plaidoiries de la défense, déjà commencées ce lundi, clôtureront la dernière audience de mardi.

Presse terroriste (Camille Polloni, LesInrocks.com, 22 mai 2012)


Mouvance anarchiste : Peines de prison requises contre six jeunes

Six jeunes soupçonnés d’avoir planifié en France des actes de terrorisme sont jugés en ce moment. Des peines de prison ferme ont été requises par le procureur.

Des peines de prison d’« un an dont six mois ferme » à « trois ans dont un an ferme » ont été requises lundi contre six jeunes soupçonnés d’appartenir à l’ultra-gauche « anarcho-autonome francilienne », accusés d’avoir planifié des actes de « terrorisme » entre 2006 et 2008.

Eux se disent anti-capitalistes

Le procureur du tribunal correctionnel de Paris, Olivier Christen, a décrit les prévenus — cinq hommes et une femme de 29 à 31 ans, qui contestent l’ensemble des faits qui leur sont reprochés — comme des « adeptes de la violence ». Leur objectif était selon lui de « déstabiliser l’État en troublant gravement l’ordre public par l’intimidation ou la terreur ».

Il a écarté le fait que ces jeunes réfutent appartenir à la mouvance « anarcho-autonome francilienne », alors qu’ils revendiquent leur engagement dans la lutte « anti-capitaliste » et « contestataire ». Cette mouvance s’est, selon la police, radicalisée à la faveur de la lutte anti-CPE (Contrat première embauche) en 2006 et de l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée en 2007.

Un procureur sévère dans ses requisitions

« C’est l’anarchie, il est normal qu’ils ne se retrouvent dans aucun groupe », a expliqué le magistrat, estimant que « le rattachement par la police de faits à cette mouvance n’est pas le fruit du hasard comme on essaie de nous le faire croire ». Le procureur a rappelé que les ADN de trois des prévenus avaient été retrouvés sur un engin incendiaire placé sous un camion de police à Paris en mai 2007, qui n’avait pas fonctionné.

L’un d’eux est également poursuivi pour avoir tenté de dégrader en avril 2006 une armoire électrique de la SNCF, sur une voie ferrée à Paris. Le procureur a requis à leur égard les peines les plus fortes. Il a souligné que plusieurs prévenus étaient accusés d’avoir détenu ou transporté des « éléments entrant dans la composition d’engins explosifs ou incendiaires ».

Presse terroriste (FranceSoir.fr, 21 mai 2012)

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