[Italie] L’État nous écrase d’impôts / Il faut payer ses juges, sa flicaille (2)

Italie : nouvel attentat contre le fisc

Une bombe artisanale a explosé aujourd’hui devant la perception des impôts de Lamezia Terme, dans le sud de l’Italie. L’attentat n’a fait aucun blessé, mais l’entrée du bâtiment a été endommagée. Il n’a pas été revendiqué.

Trois autres attentats ont visé en janvier des locaux du fisc à Naples et deux lettres piégées ont été adressées en décembre aux mêmes services à Rome. L’une d’elle a été interceptée mais l’autre a blessé le directeur général de l’agence à une main. L’envoi a été revendiqué par un mouvement anarchiste et les carabiniers ont procédé la semaine dernière à une quarantaine d’arrestations dans le cadre de l’enquête sur cette série d’attentats.

Presse terroriste (LeFigaro.fr avec Reuters, 16 juin 2012)

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[Vérité et justice pour les martyrs de la révolution tunisienne !] Le cri de désespoir de Kasserine

Eh oui, le verdict ! Le voilà, un 13 juin, un 13 juin chaud et caniculaire… Eh oui, nous méritons tout ce qui nous est arrivé, tout ce qui nous arrive et tout ce qui nous arrivera, nous méritons tout le malheur du monde, nous Kasserinois, stupides que nous sommes… Oui, nous le sommes, nous sommes stupides pour avoir tant aimé cette maudite liberté… nous aurions dû nous taire ! Comme tout le monde ! Pourquoi descendre dans la rue, pourquoi mourir, pourquoi dire non à Ben Ali et aux bourreaux de ses postes de police, pourquoi tant de sang, pourquoi tant de sueur, pourquoi tant de larmes ??? Tout ça pour ça, est-ce que ça valait vraiment le coup ???… Pourquoi libérer des Tunisiens qui le jour du verdict s’engueulent sur les plateaux télé, et sur les réseaux sociaux autour d’une polémique artificielle, autour d’un chaos laïco-salafiste intégralement monté tel une séquence télé qatarie ??? Je me rappelle encore qu’au temps du massacre en janvier 2011, lorsque les BOP et les snipers de Ben Ali terrorisaient ma ville, des millions de Tunisiens pariaient sur le résultat de la partie EST/ESS… Rien n’a changé… Le match de foot est presque le même que celui entre les salafistes, qui sont pour la plupart des délinquants portant de fausses barbes, et leurs rivaux… Les martyrs sont morts, mais cette fois, pour la deuxième fois, définitivement… ils sont morts pour de bon… la torpeur qui pèse sur les quartiers de Kasserine est insoutenable… les échos des pleurs et des sanglots sont stridents… Thala ne dort pas ce soir… la douleur est vive… les plaies béantes sont rouvertes… elle a l’habitude Thala d’être opprimée… elle a toujours été la mal-aimée, l’ennemie des despotes et des tyrans… elle a l’habitude de voir ses révoltes étouffées… mais pour une fois… elle a cru… elle a espéré, tout comme Kasserine de l’emporter contre l’injustice… Ce soir Sidi Amor Ben Othman (vous le connaissez pas, il n’a jamais été mentionné dans les manuels d’histoire de Bourguiba et de Ben Ali), Ghassen Cheniti, Ali Ben Ghedhahem, Yakine Guermazi, Slah Dachraoui, Mohamed Amine Mbarki, Saber Rtibi, Walid Saadaoui, Mohamed Khadhraoui, Ahmed Jabbari et tous les martyrs des deux villes se réuniront autour du mémorial de Hayy Ezzouhour… ils chanteront peut-être une dernière ode à la dignité… ça fera un joli chœur, de jolis cœurs qui ont commis la fatale erreur d’aimer un jour la liberté… les bourreaux sont libres ce soir, ils feront la fête… ils boiront le calice jusqu’à la lie… le sang des martyrs et les larmes de la “Tunisie de l’intérieur” les enivrent.

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Hafawa, commentaire posté sur Nawaat, 13 juin 2012

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[« Antiterrorisme »] Obama travaille (2)

Barack Obama et la guerre des drones

Chaque mardi, Barack Obama préside à la Maison Blanche une réunion où est arrêtée la liste des membres d’Al-Qaida à « éliminer ». L’information a été donnée le 29 mai par deux journalistes du New York Times, Jo Becker et Scott Shane. La Maison Blanche n’a pas démenti. Des journaux comme le quotidien Washington Post ou l’hebdomadaire Newsweek ont apporté des précisions.

La gauche de la gauche s’interroge : le président dispose-t-il d’un permis de tuer ? La droite et le centre — les républicains et une bonne partie des démocrates — évoquent les nécessités de la lutte contre le terrorisme (Le Monde du 16 juin).

Vieux débat à Washington, où l’on rappelle quelques précédents célèbres. Au tout début des années 1960, John F. Kennedy ne peut pas ne pas connaître à l’avance les plans les plus divers, et les plus farfelus, imaginés par la CIA pour tuer le Cubain Fidel Castro. Pas plus que son successeur, le président Lyndon Johnson, n’ignore que la campagne anti-insurrectionnelle — l’opération « Phoenix » — menée au Sud-Vietnam par la même CIA comporte une série d’assassinats ciblés.

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Quand il arrive à la Maison Blanche, en janvier 2009, le démocrate Obama dénonce le concept bushien de « guerre contre le terrorisme ». Il est sceptique sur la réponse apportée aux attentats perpétrés par Al-Qaida aux États-Unis en septembre 2001. Il ne croit pas que les deux guerres d’occupation menées en Afghanistan et en Irak soient de nature à porter un coup fatal au terrorisme islamiste. Il s’emploie à retirer ses troupes d’Irak, puis d’Afghanistan. Mais il garde un programme hérité de son prédécesseur, George W. Bush : l’utilisation de drones pour assassiner tel ou tel responsable d’Al-Qaida repéré à l’étranger, au Pakistan notamment.

Le drone est un engin de mort précis et efficace. Moins onéreux qu’un avion avec pilote, lancé depuis les États-Unis ou d’une base à l’étranger, le drone ne met aucune vie américaine en danger. Il peut lâcher une bombe à fragmentation comme tirer un missile ; il est l’arme idéale pour mener une guerre aérienne clandestine. Obama va s’en servir — abondamment.

Le démocrate est confronté au terrorisme djihadiste dès les premiers mois de son mandat : attentats, réussis ou non, menés par les diverses branches d’Al-Qaida et par les talibans ou leurs associés. Le président croit dans les opérations de commando, comme celle qui met fin aux jours d’Oussama Ben Laden ; il est partisan des actions ciblées ; il pense que la lutte contre le terrorisme est d’abord l’affaire des « services ». Le drone sera l’une de ses armes privilégiées. Il étend considérablement le programme mis en place par l’administration précédente. Au fil des bourgeonnements d’Al-Qaida, il multiplie les frappes, au Pakistan, mais aussi en Somalie et au Yémen.

À la vidéoconférence des mardis de la Maison Blanche, qui réunit les patrons de l’énorme appareil antiterroriste américain, Barack Obama « épluche les bios qui lui sont soumises » : militants djihadistes dans leurs camps d’entraînement, chefs talibans dans leurs bases arrière pakistanaises, etc. « Il examine lui-même chaque projet de liquidation, écrit le New York Times, il soumet à son feu vert toutes les frappes proposées au Yémen et en Somalie ainsi que celles menées au Pakistan. » Il s’enquiert, avec insistance, des possibles « dommages collatéraux » — les risques pour les « civils ».

Ancien conseiller pour la sécurité nationale du président Obama, le général James Jones dit au New York Times : « Il est arrivé très souvent que nous suspendions une mission au dernier moment simplement parce qu’il y avait du monde autour de la cible. »

L’argumentation stratégique est la même que celle développée au lendemain des attentats de 2001. Face au terrorisme, la dissuasion ne fonctionne pas, le containment — tenir l’adversaire en respect — non plus. Il faut user de la force à titre préventif, frapper avant même d’avoir la preuve tangible qu’on va être attaqué ; frapper sur la base de la dangerosité virtuelle de celui que l’on vise.

L’argumentaire politico-juridique n’a pas changé non plus. L’administration Obama s’en tient à l’autorisation de l’emploi de la force votée par le Congrès en septembre 2001. Elle s’applique à tous les militants d’Al-Qaida où qu’ils soient.

L’équipe Obama assure que les frappes de drones ont décimé les rangs de l’organisation djihadiste, l’empêchant de s’implanter plus avant au Yémen et en Somalie. Mais tous ceux qui dénoncent une guerre secrète, menée hors de tout contrôle politique, dressent un bilan très négatif des « mardis de la terreur ». Pour ciblées qu’elles soient, les frappes de drones ne discriminent guère. Elles font des dizaines de victimes civiles — femmes, enfants, etc. Elles suscitent des actes de revanche. Elles nourrissent un antiaméricanisme exacerbé dans les pays les plus touchés, là où Obama, précisément, voulait changer l’image de l’Amérique. Elles ont radicalisé et gagné à la cause du djihad des régions et des tribus entières.

« Un président juriste sélectionne personnellement les personnes qui doivent être assassinées, s’indigne le commentateur William Pfaff, quelles qu’elles soient, où qu’elles soient (…), indifférent à la loi internationale, à la souveraineté des nations (…), à toute procédure légale, à la Constitution des États-Unis et à la morale commune. »

Conseiller antiterrorisme du président, John Brennan, vingt-cinq ans de CIA, prend sa défense : « Ces opérations (…), c’est la solution de dernier recours (…) ; le président veut s’assurer que nous passions méticuleusement en revue un certain nombre de points — l’impossibilité de capturer l’individu, le degré de fiabilité des renseignements, l’imminence de la menace. »

Dans son édition du 4 juin, Newsweek plaide en faveur du président. Thèse de l’hebdomadaire : c’est parce qu’il est un homme de conscience qu’Obama, diplômé de droit constitutionnel, ex-président de la Harvard Law Review, refuse de donner un feu vert général à une campagne de bombardements antiterroristes et entend endosser seul la responsabilité de décisions prises au cas par cas.

Plutôt convaincant ?

Presse terroriste (Alain Frachon, LeMonde.fr, 14 juin 2012)

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[Arabie saoudite] « Nous voulons uniquement jouir du droit de conduire comme toutes les femmes du monde »

Les Saoudiennes remontent au créneau pour avoir le droit de conduire

“Nous voulons uniquement jouir du droit de conduire comme toutes les femmes du monde”, expliquent les signataires d’une pétition adressée au roi Abdallah.

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Un an après avoir lancé une campagne active, Women2Drive, sur Facebook et Twitter (@Women2Drive) pour obtenir le droit de conduire, les Saoudiennes lancent un nouvel appel. Des militantes ont mis en ligne mercredi une pétition adressée au roi Abdallah, réclamant le droit des femmes à conduire.

L’Arabie saoudite, royaume ultraconservateur où une interprétation rigoriste de l’islam est appliquée, est le seul pays au monde où les femmes n’ont pas le droit de conduire. Aucune loi ne leur interdit de conduire, mais les autorités se fondent sur un édit religieux (fatwa) dans lequel de puissants religieux et des milieux conservateurs se disent contre le droit de la femme de conduire. Les femmes doivent donc engager un chauffeur ou, si elles n’en ont pas les moyens, dépendre du bon vouloir des hommes de leur famille. Elles sont en outre obligées de sortir voilées et ne peuvent voyager sans escorte de leur mari ou d’un proche.

Dans leur pétition, les militantes appelent le souverain à autoriser “les femmes ayant des permis de conduire de pays étrangers à commencer à prendre le volant lorsque cela est nécessaire”. Elles lui demandent également d’autoriser “l’ouverture d’auto-écoles réservées aux femmes et de leur permettre d’obtenir des permis de conduire”.

La pétition remercie par ailleurs le roi Abdallah, un prudent réformateur, pour avoir accordé le droit de vote aux femmes à partir des prochaines élections municipales en 2015, et souligne que ses signataires “ne veulent pas contrevenir aux lois en vigueur” dans le royaume. “Nous voulons uniquement jouir du droit de conduire comme toutes les femmes du monde”, assurent-elles.

Parmi les signataires, environ 615 personnes jeudi matin, figure Manal al-Chérif, icône de la campagne lancée l’année dernière sur internet pour inciter les Saoudiennes à braver l’interdiction de conduire. Mme Chérif avait été arrêtée en mai 2011 et maintenue 10 jours en détention après avoir diffusé sur YouTube une vidéo dans laquelle on la voyait conduire.

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Sheima Jastaniah, une autre Saoudienne condamnée à dix coups de fouet pour avoir bravé l’interdiction de conduire et grâciée en novembre 2011 par le roi, figure également parmi les signataires.

“La pétition sera remise au roi au jour anniversaire de la campagne, le 17 juin”, a déclaré à l’AFP Najla Hariri, une militante et mère de famille brièvement arrêtée l’an dernier après avoir pris le volant à Jeddah (ouest).

Les Saoudiennes avaient timidement répondu le 17 juin 2011 à un appel lancé par des militantes pour défier l’interdiction pour les femmes de conduire, et une première pétition qui avait recueilli 3.500 signatures avait déjà été adressée au roi. Depuis cette date, des centaines d’entre elles ont pris le volant et des dizaines ont été arrêtées et forcées à signer un engagement à ne plus récidiver, selon les militantes.

La campagne Women2drive devrait toutefois se poursuivre “jusqu’à la publication d’un décret royal autorisant les femmes à conduire”, selon la page Facebook des organisateurs.

Leur presse (lorientlejour.com, 14 juin 2012)

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[España en el corazón] « Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte » (3)

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Leur presse (Javier Bauluz, PeriodismoHumano.com, 12 juin 2012)

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[Dans le monde réellement renversé, le vrai est un moment du faux] Made in China

Le village d’Hallstatt a sa copie conforme en Chine !

Le pittoresque village autrichien d’Hallstatt, inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco pour ses maisons couleur pastel en bordure d’un superbe lac alpin, possède désormais son double dans le sud de la Chine, une copie inaugurée samedi et destinée aux riches familles locales.

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Minmetals Land, filiale immobilière de Minmetals, géant chinois des mines et des métaux, a assuré sur son compte de microblogs que ce complexe flambant neuf était source de « fierté et d’amitié » aussi bien côté chinois que côté autrichien.

Le village se trouve sur les rives d’un lac artificiel dans le district de Boluo de la province du Guangdong, sous un climat subtropical qui n’a rien à voir avec celui du village de montagne autrichien.

La cérémonie d’inauguration s’est déroulée en présence d’une délégation venue d’Hallstatt, alors que la construction de ce clone de village avait fait grincer des dents en Autriche.

Des habitants d’Hallstatt s’étaient indignés l’année dernière de cette copie de leur bourg historique, affirmant avoir été mis devant le fait accompli, sans concertation préalable.

Même l’église et sa flèche, ainsi que des statues d’anges bien connues d’Hallstatt, ont été reproduites dans sa version chinoise, ce qui avait suscité une autre polémique, cette fois sur le terrain religieux.

Cités dans la presse chinoise, les promoteurs du projet avaient assuré qu’il était impossible de « dupliquer » entièrement un village de plus de 800 habitants, mais ils avaient reconnu s’en être inspiré, en affirmant que c’était monnaie courante dans le secteur immobilier en Chine.

Contacté samedi par l’AFP, un responsable commercial du projet a confirmé que les appartements situés dans les maisons du village étaient proposés à la vente à un prix moyen de 9.000 yuans (1.137 euros) le mètre carré.

Presse falsifiée (RTL.be, 6 juin 2012)


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La Chine invente la contrefaçon de petit village autrichien

La commune autrichienne de Hallstatt a entièrement été reproduit dans la province de Guangdong.

Les sacs à main, les chaussures, les parfums et les fournitures informatiques étaient peut-être devenus trop faciles à reproduire, la contrefaçon chinoise est donc passée à un autre niveau : copier un village entier. La reproduction de la commune d’Hallstatt (800 habitants) en Autriche a ainsi été inaugurée le 2 juin dans la province de Guangdong, dans le sud-ouest de la Chine. Le site ambitionne de devenir une destination touristique majeure dans le pays.

Le projet de reproduction à l’identique du village autrichien, situé au bord d’un lac dans les Alpes, aura couté 940 millions de dollars et pris plus d’un an. Un lac articiel a notamment été construit, et l’église du village a été copiée à l’identique. 150 des 400 maisons mises en vente dans le village auraient trouvé preneur, selon artinfo.com.

Il y a un an, les habitants du village d’Halstatt, classé au patrimoine mondial de l’Unesco, avaient protesté contre la construction de la réplique chinoise. « Je ne crois pas que ce soit une bonne idée. Hallstatt, sa culture et ses traditions sont uniques. J’ai vu un reportage, et la copie a l’air différente. À mon opinion, c’est inacceptable », déclarait ainsi Karin Höll, une habitante du village autrichien à Firstpost.com.

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Mais pour les autorités du village, la copie chinoise est devenue une opportunité : plusieurs milliers de Chinois se sont déjà rendus en Autriche pour voir le village original d’Hallstatt. « Il n’y avait pas de controverse au départ. Nous étions seulement surpris qu’une petit village en Autriche soit reconstruit à l’identique. Maintenant nous sommes très contents que ça ait eu lieu », a ainsi expliqué Alexander Scheutz, le maire de Hallstatt, présent le 2 juin lors de l’inauguration.

En 2001, un village allemand avait déjà été reproduit à Anting, près de Shanghaï, mais n’avait pas réussi à attirer beaucoup de résidents. Toujours dans la banlieue de Shanghaï, Thames Town qui copie l’architecture victorienne, et anglaise plus généralement, avait ouvert en 2006.

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Presse falsifiée (next.liberation.fr, 12 juin 2012)

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« Cette ville est comme une prison »

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« Tohle mesto je jako vezeni » : « Cette ville est comme une prison »

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« Le squat n'est pas un problème, c'est une solution »

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« Vladnout je stejne nechutne jako posluhovat » : « Gouverner (commander) est aussi dégoutant que servir (obéir) »

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Photos prises à Prague en juin 2011

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[Vive la révolution togolaise !] Appel à la vigilance contre les dérives répressives du général Titikpina

Appel à la vigilance contre les dérives répressives du général Titikpina

Depuis le début des manifestations du Collectif « SAUVONS LE TOGO », le 12 juin 2012, des voitures banalisées dont une Toyota Carina 3, un véhicule Nissan et un véhicule Renault, respectivement immatriculés : TG 0046 AH,  TG 8275 AI, TG 0632 AL et d’autres véhicules d’immatriculation étrangères, circulent dans les rues et quartiers de Lomé pour procéder à l’enlèvement de jeunes gens soupçonnés à tort de manifester pour le Collectif « SAUVONS LE TOGO ».

Des hommes à bord d’un véhicule de police immatriculé PN 0463 A, procèdent également à des arrestations arbitraires. D’autres véhicules de police immatriculés PN 0600 A et PN 0486 A ont ramassé des élèves et un homme âgé au quartier Bè Akodesséwa. De même, des gendarmes, à bord d’un véhicule de la Gendarmerie nationale immatriculé GN 0018, procèdent également à des arrestations.

Par ailleurs, des informations précises font état de ce que ces pratiques rétrogrades et criminelles sont l’œuvre des éléments du capitaine AKAPKO du Service de Renseignement et d’Investigations (SRI), du lieutenant colonel KONDI, chargé de la division des opérations à la gendarmerie nationale, du colonel MASSINA  Yotrofei de l’ANR, le tout commandité, coordonné et soutenu par le général Mohamed Atcha TITIKPINA, chef d’état major général des FAT, celui-là même qui est coutumier des faits.

Le Collectif « SAUVONS LE TOGO » exige instamment que cessent ces pratiques de terreurs source de psychose au sein des paisibles populations.

Le Collectif « SAUVONS LE TOGO » met en garde les auteurs connus de ces actes, notamment le capitaine AKAKPO, le lieutenant colonel KONDI, le lieutenant colonel MASSINA et le général TITIKPINA, les deux derniers régulièrement mis en cause comme tortionnaires avérés.

Par ailleurs, le Collectif « SAUVONS LE TOGO » exige  la révocation  du  colonel MASSINA et du général Mohamed TITIKPINA de leurs fonctions.

Le Collectif « SAUVONS LE TOGO » interpelle instamment le gouvernement et plus particulièrement le ministre de la sécurité et de la protection civile, sur les agissements des officiers KONDI, MASSINA et AKAKPO dont les actes sont de nature à engendrer des troubles dans la mesure où de tels enlèvements ne peuvent que susciter l’indignation et la colère des populations togolaises.

Le Collectif « SAUVONS LE TOGO » interpelle le chef de l’État, ministre de la défense, sur le cas du général TITIKPINA qui, somme toute, est le principal commanditaire de toutes les répressions survenues lors des manifestations du Collectif « SAUVONS LE TOGO »

Le Collectif « SAUVONS LE TOGO », qui est déterminé à ne pas céder devant ces manœuvres d’intimidation, appelle les populations togolaises à plus de vigilance, de mobilisation et de solidarité.

Peuple togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la nation togolaise doit renaître !

Fait à Lomé, le 14 juin 2012

Pour le Collectif,
Le Coordinateur,
Me Ata Messan Zeus AJAVON

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[Vive la révolution togolaise !] « C’est une marée humaine, on n’a jamais vu cela »

TOGO : Affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, puis peur sur la ville de Lomé, un policier tire sur un officier de police

TOGO – LOMÉ LE 13 JUIN 2012 – La dispersion de la manifestation du Collectif « Sauvons le Togo » a dégénéré en affrontements entre forces de l’ordre et manifestants dans des quartiers de Lomé ce mercredi. On note par ailleurs plusieurs arrestations. Les activités commerciales sont fortement perturbées.

Les manifestants qui ont répondu à l’appel du Collectif « Sauvons le Togo », ont passé la nuit du mardi 12 juin au carrefour Deckon. Ils étaient estimés à des centaines de milliers. « C’est une marée humaine. On n’a jamais vu cela », s’est surpris le délégué de l’Union Européenne au Togo, Patrick Spirlet. Ceci a provoqué une panique chez les gouvernants, dont Faure Gnassingbé qui serait inflexible dans sa logique d’opérer un passage en force dans le processus des élections législatives et locales prochaines.

« Le pouvoir se méprend sur la situation, en voulant user de force pour étouffer nos revendications. Nous, nous sommes à l’écoute des populations. Nous opterons pour le choix des populations », a déclaré un responsable du Collectif « Sauvons le Togo » qui a appelé à la poursuite des manifestations annoncées pour trois jours. « Nous reviendrons à Deckon dès que les fumées des gaz vont s’évaporer », renchérit le responsable de l’opposition.

La dispersion de la marche a débouché sur des affrontements entre forces de sécurité et jeunes manifestants retranchés dans les quartiers de Bè et environnants. « Ici, les jeunes brûlent des pneus sur les routes et paralysent la circulation. En riposte, les forces e sécurité renforcées par des éléments des unités spéciales de la gendarmerie cagoulés, jettent des gaz lacrymogène et tabassent tout sur leurs passages », nous a confié au téléphone une habitante du quartier Bè-Kpota.

À Deckon, les gendarmes avec à leur tête le Lt-Col Yark Damhane ont tout démantelé.

Le podium érigé pleine la rue pour l’animation du sit-in du CST, a disparu de même que les manifestants, mais la circulation reste paralysée à ce point névralgique de la capitale. Les manifestants ont été poursuivis jusque dans l’église catholique Saint Augustin d’Amoutiévé ainsi que les classes où les écoliers étaient en examen. On a noté des écoliers blessés et d’autres étouffés par les gaz. Me Célestin Agbogan, SG de la LTDH qui est intervenu a été arrêté, molesté et embarqué manu militari sur ordre d’un officier supérieur de la gendarmerie nationale.

Me Raphael Kpanté-Adzaré également présent sur les lieux a dénoncé l’utilisation par les éléments du Cdt Amana, de balles en caoutchouc. Les observateurs ont du mal à s’expliquer les raisons de la violente dispersion de la manifestation, pendant que le CST dénonce un montage d’un ancien Premier ministre qui aurait distribué de l’argent à des jeunes drogués et désœuvrés avec pour consignes de provoquer les forces de sécurité.

Sur des médias, des voix s’élèvent pour appeler au dialogue afin de dégager des consensus en vue de l’organisation d’élections apaisées et transparentes.

Un policier tire sur un officier de police

Un incident est intervenu dans un poste de commissariat à Lomé, en marge de la répression de la manifestation du Collectif « Sauvons le Togo ».

Selon nos indiscrétions, un agent de la police a tiré à bout portant sur un supérieur qui lui faisait ce matin des remontrances. La scène s’est produite au commissariat central à Lomé. L’officier est mort sur le coup et à été transporté au Centre Hospitalier Universitaire (CHU) de Lomé. Deux autres agents de la police ont également été touchés.

De nombreux agents de police et de gendarmerie ont été blessés lors des affrontements avec les manifestants lors des deux jours de manifestations. Les agents des forces de sécurité font de plus en plus montre de nervosité. On dénonce des actes de tortures sur des manifestants dans les commissariats.

Le président de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) Me Raphael Kpaté-Adzaré a dénoncé l’utilisation par les forces de sécurité des balles en caoutchouc.

Aghu, Koaci.com, 13 juin 2012


Togo : Les manifestations de « Sauvons le Togo » se poursuivent ce jeudi à Lomé Dékon  

Jeudi 14 juin : La détermination du Collectif « Sauvons le Togo » n’est pas entamée par les folles répressions policières des deux précédents jours. Au contraire ! Non seulement le CST maintient son sit-in ce jour à Dékon, il annonce en plus d’autres actions pour faire plier le gouvernement qui vient de demander (par communiqué) au ministre en charge de la Sécurité de « prendre des mesures additionnelles pour assurer la sécurité des personnes et des biens ». Les manifestants se convergent vers Dékon. Un impressionnant dispositif sécuritaire est observable dans la zone.

Outre la manifestation d’aujourd’hui, le Collectif a décidé l’opération Togo mort pour demain vendredi.

Lundi 18 et mardi 19 juin : Reprise de la manifestation à Dékon pour compenser les deux jours « gâchés » par la répression aveugle qui n’a pas épargné l’.

Mercredi 20 juin : Marche et sit-in dans toutes les préfectures du Togo.

Il est à noter que le secrétaire général de la LTDH, Célestin Agbodan, agressé hier par les argousins et détenu un temps, a décidé de porter plainte en justice contre son agresseur principal (officier KONDI) et ses éléments.

Le Collectif « Sauvons le Togo » porte également plainte contre le gouvernement et les forces de l’ordre. De son côté le gouvernement envisage de poursuivre, pour l’instant, une quinzaine de manifestants supposés « dangereux ». Il fait un bilan (contesté) de 22 policiers blessés et de 3 véhicules cassés. Le gouvernement a oublié d’insister sur des centaines de blessés dans les rangs des manifestants pacifiques.

Pour rappel, le CST exige, entre autres, la mise en œuvre rapide des recommandations de la CNDH sur les cas de torture, l’abrogation immédiate des récentes lois relatives au code et au découpage électoral, le retour à la Constitution référendaire d’octobre 1992.

Nous y reviendrons.

mo5-togo.com, 14 juin 2012


Togo : Violences policières à Déckon : plusieurs blessés et arrestations (Actualisé 7)

Togo : Les milices du pouvoir à bord de véhicules banalisés arrêtent des manifestants. L’un des véhicules porte immatriculation 0044 AH. Violences policières à Lomé : les manifestants violemment dispersés à la place Déckon. Plusieurs blessés et arrestations. Les manifestants résistent.

Les argousins sous les ordres de l’officier de gendarmerie KONDI ont poursuivi les manifestants jusque dans des maisons. Plusieurs dizaines d’arrestations, davantage de blessés.

L’officier KONDI, celui-là même qui avait frappé le député Jean-Pierre Fabre, a encore fait parler de lui en mal. Il a sérieusement tabassé Célestin Agbogan de la LTDH avant de l’embarquer.

Les forces dites de l’ordre ont tiré des gaz lacrymogènes jusque dans l’enceinte de l’Église catholique Saint-Augustin d’Amoutivé.

Le vicaire de l’église, Yohannes AZIABLE, est en colère. Il parle de sacrilège. Il parle également de malédiction pour les auteurs des tirs de gaz lacrymogènes dans la « Maison de Dieu ».

Les élèves en examen scolaire ont été gazés à l’intérieur de Saint-Augustin. L’indignation est à son comble.

Faut-il en pleurer ? Trois (3) policiers sont tués par balles au Commissariat Central de Lomé. Leur mort serait intervenue par inadvertance (maniement d’une arme à feu par un de leurs collègues).

Célestin Agbogan, secrétaire général de la LTDH a été liberé ainsi que d’autres personnes arrêtées à l’interieur de l’église catholique Saint Augustin d’Amoutivé.

Le Collectif « Sauvons le Togo » anime actuellement (16h30 GMT) une conférence de presse au siège du CACIT à Tokoin-Trésor.

Le Collectif a décidé de poursuivre ses actions selon le calendrier défini.

À la suite de la conférence de presse, les leaders du Collectif sont retournés au carrefour Déckon avec les manifestants. Ils sont de nouveau sévèrement réprimés (gaz lacrymogènes et matraques).

18h05 (GMT): Les gendarmes ont tiré des grenades lacrymogènes en direction des journalistes malgré leurs gilets d’identification.

Des tracts signés d’une association dénommée « Militaires Togolais Démocrates » (MTD), circulent dans la ville, demandant à tous les militaires de ne pas obéir aux ordres de répression et de libérer les prisonniers politiques.

Des gendarmes ont pourchassé des leaders du Collectif.

Plusieurs véhicules de militaires patrouillent dans la ville.

Nous y reviendrons.

mo5-togo.com, 13 juin 2012


CST – Déclaration liminaire conférence de presse du 13 juin

Le mercredi 13 juin 2012, le Collectif « SAUVONS LE TOGO » a poursuivi le deuxième jour d’une série de manifestations qui ont débuté le 12 juin 2012.

Ce matin, aux environs de 9 heures, les agents de sécurité positionnés du côté ouest du carrefour Deckon, ont subitement et sans motif, chargé à coups de tirs de grenades lacrymogènes et de balles en caoutchouc de type non conventionnel dans le cadre du maintien d’ordre, la foule de manifestants dont la majorité avait passé la nuit au carrefour.

Les manifestants ont été poursuivis dans les ruelles et maisons environnantes ainsi que dans la cour de l’église saint Augustin d’Amoutivé. Ces répressions sans discernement ont engendré les conséquences ci-après :

• Blessés : 54 blessés dont 24 graves dans la journée du 12 juin 2012, 65 blessés dont 32 graves ;

• Arrestations : 15 personnes arrêtées le 12 juin 2012, 63 personnes le 13 juin 2012, dont une douzaine au sein de l’église saint Augustin d’Amoutivé.

• Saisie de biens : l’ensemble du matériel de sonorisation déployé sur les lieux a été emporté et saisi.

Le Collectif « SAUVONS LE TOGO » met à nouveau en garde le gouvernement et le rend entièrement responsable des conséquences de ces répressions et demande la libération immédiate et sans condition de toutes les personnes arrêtées les 12 et 13 juin 2012, ainsi que la prise en charge des frais de soins de santé des blessés.

Face à cette situation, le Collectif « SAUVONS LE TOGO » :

• Lance un appel aux vaillantes populations de Lomé à se mobiliser de nouveau pour occuper le carrefour Deckon demain, jeudi 14 juin 2012 à partir de 8h ;

• Lance une journée Togo mort le vendredi 15 juin 2012 pour protester contre la répression sauvage et barbare dont les manifestants ont fait l’objet les 12 et 13 juin 2012 ;

• Renouvelle la tenue des deux jours de marches et sit-in dont le déroulement a été perturbé, pour le lundi 18 et le mardi 19 juin 2012 ;

• Annonce la tenue d’une nouvelle marche suivie de trois (03) journées de sit-in les mercredi 20, jeudi 21 et vendredi 22 juin 2012, sur toute l’étendue du territoire national.

Peuple togolais, par ta foi, ton courage et tes sacrifices, la nation togolaise doit renaître !

Fait à Lomé, le 13 juin 2012

Pour le Collectif,
Le Coordinateur,
Me Ata Messan Zeus AJAVON

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[Tunis : encore deux commissariats de moins] « J’étais à La Marsa (dans la rue) et je n’ai pas vu de salafistes »

Les Incidents de la Marsa : Salafistes ou Casseurs ?

Ce soir (vers 22heures) nous sommes sortis Azyz Amami, Kais Zriba, Arr Barr, Houssem Hajlaoui, Emine M’tiraoui, Mohamed Amine Hamzaoui et moi pour changer l’air au Plug, Kobbet Lahwa La Marsa. Sur la route, à l’entrée de la Marsa nous avons remarqué la présence de trois paniers à salades qui roulaient à grande vitesse en allumant les feux de détresse. J’ai suivi le cortège par curiosité ; il se dirigeait vers Palais Al Abdelleya. La-bas nous fumes surpris par le grand nombre de policiers déployés devant le bâtiment. Néanmoins nous n’avons rien aperçu d’inhabituel ou de soupçonnant… Je n ‘ai pas vu de salafistes, non plus. Nous avons  donc continué notre chemin vers le « Plug ».

La soirée venait de commencer quand le gérant nous a annoncé qu’il fallait quitter l’endroit avant minuit puisqu’on risquait une attaque de la part de salafistes et on nous a parlé de tirs de feu… Deux minutes après les agents de sécurité sont venus évacuer l’endroit en urgence. Dehors Azyz et Hamzaoui ont beaucoup insisté sur place pour rester et j’ai du faire du chantage pour les en empêcher.

Nous nous sommes dirigés du coté du Palais Abdelleya. Sur la route principale il y’ avait beaucoup de voitures de flics et de flics. Sur la chaussée il y’ avait du verre cassé et des pierres. Au loin j’ai aperçu des flics qui lançaient des pierres dans la direction de fantômes. Il n’y avait personne. Nous nous sommes arrêtés pour en savoir plus et c’est à ce moment là que ces derniers ont commencé à nous insulter en nous demandant de partir. Ils ont entouré la voiture… Arr Barr criait : ils sont ou les salafistes ? et c’est là qu’elle a reçu un coup sur le bras et nous avons eu droit à un « Rawhou yan3andine rabkom »… J’ai démarré et Arr continua à hurler. À un certain moment nous avons reçu des pierres sur la voiture. Toujours pas de salafistes mais des jeunes, des adolescents qui couraient dans toutes les directions. Je dirais des casseurs (une version confirmée par la suite par un officier de la police). Nous sommes allés chez Houssem. Chacun criait et donnait ses versions et sa vision des choses. J’ai mis des statuts et j ‘ai tweeté : il n’y a pas de salafistes…

Des gens affirment les avoir vus. C’est là que j’ai décidé de ressortir malgré le fait que les amis essayaient de m’en dissuader. Comme je suis une tête de mule, j’ai fini par les convaincre de sortir.

De retour à la Marsa, le nombre des policiers était moins grand. D’un moment à un autre, des militaires  passaient dans leurs véhicules. Emine a quitté la voiture et est allé discuter avec un officier présent sur place. Ce dernier lui a expliqué que ceux qui se sont attaqué au Palais  Abdelleya le soir d’avant étaient des salafistes mais que ceux qui ont semé la pagaille ce soir étaient des casseurs venus d’autres quartiers.

Sur Facebook, on nous a dit que le poste de police de la Marsa a été incendié. Une fois sur place nous avons pu constater que le bâtiment a été attaqué, que la majorité des équipements ont été détruits. Emine a tout photographié.

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Entre temps, j’ai reçu un autre tweet me demandant d’aller à El Maalaga et c’est ce que nous avons fait. Et voici ce que nous avons vu sur le chemin :

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Nous avons continué notre chemin vers Carthage Byrsa. Devant nous il y’avait un panier à salades, une Partner et une ISUZU de la police. Je les ai suivi jusqu’au moment ou ils ont freiné pour heurter et faire tomber deux individus qui roulaient sur une Peugeot 103. Celui qui était en arrière était un barbu … un Salafiste ?

Les policiers nous ont empêché de les prendre en photos puisque nous n’avions pas de cartes de presse et nous ont proposé de nous amener au poste de police de Carthage Byrsa incendié le soir même :

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Nous avons passé toute la nuit à chercher la vérité. À l’aube, nous étions tous d’accord sur le fait que nous n’avons pas vu de salafistes mais des gamins qui commençaient à vivre leur adolescence. Des questions se posent…


Les incidents de la Marsa : Salafistes ou Casseurs ? Clarification

Trois jours après la publication de mon témoignage en ce qui concerne les événements de la Marsa, je reçois toujours des messages, des tweets et des commentaires de gens qui me blâment parce que j’ai dit ne pas avoir vu de salafistes à la Marsa dans la nuit du 11 Juin 2012. D’autres personnes m’accusent d’avoir vendu mon âme au diable. C’est pour cela que j’ai estimé qu’il est de mon devoir de clarifier les choses une fois pour toute pour passer à autre chose.

Le billet que j’ai écrit avait pour titre : les incidents de la Marsa : Salafistes ou Casseurs ? (une question et non pas affirmation). Dans le billet, j’ai précisé l’heure et les endroits que j’avais visités avec d’autres personnes notamment : Azyz Amami, Kais Zriba, Houssem Hajlaoui, Arr Barr, Emine M’tiraoui et Mohamed Amine Hamzaoui. Je n’ai jamais nié la présence des salafistes en Tunisie ou à la Marsa ou je les ai vus le jour d’avant du coté de la Abdelleya. D’ailleurs si je me fais insulter sur les réseaux sociaux c’est parce que j’en parle souvent. Ce que j ‘ai écrit est un témoignage et ce qui m’a poussé à témoigner c’est le nombre de rumeurs que j’ai vu circuler sur Facebook ce soir là. En effet, j’étais sur place, je ne voyais pas de salafistes et je suivais ce que les gens partageaient sur Facebook. Ils décrivaient des batailles qui n’existaient pas en mentionnant que cela se passait à l’instant. Donc j’ai partagé mon témoignage et encore une fois je précise que j’ai donné l’heure et les endroits visités.

Ce soir là tout le monde parlait de salafistes mais personne n’a parlé de casseurs. Pourtant ils étaient là. Comme je l’ai écrit dans mon billet un officier de la police a confirmé que ceux que nous avons vu sur place étaient des casseurs venus d’autres quartiers et non pas des salafistes. Personnellement, je n’ai pas entendu un seul slogan religieux et je n’ai pas vu une seule barbe (il y’a ceux qui me disent que les salafistes ne sont pas tous des barbus, là je réponds c’est vrai qu’ils ne le sont pas tous mais la majorité portent la barbe, j’ai été prendre des photos de manifestations de salafistes et je sais de quoi je parle).

De plus j ‘ai fini mon billet avec ces deux phrases : « Nous avons passé toute la nuit à chercher la vérité. À l’aube, nous étions tous d’accord sur le fait que nous n’avons pas vu de salafistes mais des gamins qui commençaient à vivre leur adolescence. Des questions se posent… »

J’avoue que cette partie que nous n’avons pas vu de salafistes mais des gamins qui commençaient à vivre leur adolescence n’est pas bien claire vu que les salafistes  vivent leur adolescence aussi et je m’en excuse il était presque cinq heures du matin quand j’avais écrit ce billet. Mais ce que je voulais dire que les jeunes que nous avons vu n’étaient pas des barbus et ne scandaient pas de slogans religieux et les policiers ont confirmé qu’il en s’agissait pas de salafistes.

Pour le reste : J’ai bien dit que je n’ai pas vu de salafistes et non pas qu’il n’y a pas de salafistes en Tunisie. Et j ‘ai terminé par :  des questions se posent ? Je n’ai rien affirmé à part le fait que je n ‘ai pas vu de salafistes au même moment ou d’autres personnes faisaient circuler des rumeurs concernant les dégâts qu’ils étaient entrain de causer.

Encore une fois je le dis : Vers  22 heures j’étais à la Marsa (dans la rue) et je n’ai pas vu de salafistes, je n’ai vu que les forces de l’ordre. J’y étais encore peu avant minuit jusqu’à 4 heures du matin et je n’ai pas vu de salafistes. Je ne peux pas prétendre les avoir vu pour plaire à certaines personnes. Quand on nous a demandé de quitter le Plug : on nous a dit qu’ils se dirigeaient vers l’endroit et qu’ils allaient nous attaquer alors que rien de tout cela n’était vrai.

Un témoignage c’est un témoignage, on décrit dedans ce qu’on a vu et non pas ce qu’on veut voir ou ce que certaines personnes veulent que nous voyons.

Une célèbre blogueuse (A Tunisian Girl, 12 juin et 14 juin 2012)

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[Révolution tunisienne] Le frère d’un martyr de Kasserine : « Veulent-ils qu’on attaque nous-mêmes ces gens mal jugés ? »

Enquêtes bâclées, procédure opaque : le verdict clément du tribunal du Kef, qui jugeait les responsables de la répression à Thala et Kasserine, est dénoncé par les familles, les avocats et les ONG.

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C’est le plus grand procès de la répression pendant la révolution : le tribunal du Kef a rendu hier soir son verdict dans « l’affaire des martyrs de Thala et Kasserine ». L’ex-président Ben Ali a écopé de la peine la plus lourde : prison à perpétuité. Elle n’a guère de chance d’être mise à exécution : l’ancien raïs est toujours en fuite en Arabie Saoudite.

Pour la mort de 21 personnes, vingt-deux autres responsables comparaissaient sur le banc des accusés. Ministre de l’Intérieur jusqu’au 12 janvier, Rafik Belhaj Kacem a été condamné à douze ans de prison. Les autres peines varient de 8 à 15 ans. Dix ont bénéficié d’un non-lieu.

« Le verdict est trop clément », s’insurge Mohamed Rhimi, avocat de Kasserine et membre du « groupe des 25 avocats », un collectif engagé dans les procès post-révolution. « Ben Ali est condamné à la perpétuité, alors qu’il n’est inculpé que de complicité d’homicides volontaires. Tandis que ceux qui sont directement accusés n’écopent que de huit ou dix ans de prison, bien en-dessous des peines prévues par la loi. Ce jugement n’a pas de fondements, c’est un jugement politique. Le tribunal n’a pas voulu désenchanter totalement les familles, sans trop condamner non plus les responsables du ministère de l’intérieur, voire en prononçant un non-lieu pour certains. »

Parmi eux, Moncef Laajimi. Pour les familles de victimes et leurs avocats, l’homme est un cas symbolique de l’impunité qui persiste à l’égard des ex-responsables du ministère de l’intérieur. Envoyé pour diriger les forces de sécurité à Kasserine et Thala, le colonel dément toute implication et assure même avoir interdit les tirs à balles réelles. Promu directeur général des brigades d’ordre public — les « BOP », l’équivalent des CRS — six mois après la révolution, il a finalement été mis au placard, dès la prise de fonctions du nouveau ministre de l’Intérieur, issu d’Ennahda. Des milliers de membres des BOP s’étaient alors retiré dans leurs casernes, en signe de protestation.

« Le tribunal nous prend pour des imbéciles, il fait du cinéma », dénonce Thameur, frère de Raouf Bouzidi, tué à Thala [En fait à Kasserine – Note du JL]. Il devait au moins faire une enquête sérieuse sur ce qui s’est passé pendant la révolution. Veulent-ils qu’on attaque nous-mêmes ces gens mal jugés ? »

Intimidations

À de nombreuses reprises, les organisations des droits de l’homme, les avocats, plusieurs militants ont dénoncé le déroulement du procès. Amnesty a fait état d’intimidations contre les témoins et les familles. « Lors de la dixième audience, le juge a révélé que les enregistrements téléphoniques des chefs de la sécurité avaient été détruits. Et ils ont continué le procès sans ouvrir d’enquête sérieuse sur cette destruction », explique Ramzi Bettaieb, blogueur et journaliste chez Nawaat, qui a mené une grève de la faim de deux semaines pour protester contre la confiscation de sa caméra par les militaires et contre cette « mascarade de procès ».

Anouar el-Bassi, autre avocat du « groupe des 25 », souligne d’autres irrégularités : le décret-loi adopté en juillet 2011 pour adapter la justice militaire à ce genre de procès a été conçu pour n’entrer en vigueur que fin septembre, explique-t-il. « Toute l’instruction s’est faite lors de cette phase, pour en laisser la partie civile à l’écart ». Les dizaines de compléments d’enquête requis pendant le procès n’ont que peu abouti. Le ministère de l’Intérieur a refusé l’accès aux registres qui consignent minutieusement l’utilisation des armes. « La seule vérité qu’on a découverte, c’est que personne ne veut la découvrir. Tout a été fait pour ramener l’affaire à une histoire d’indemnités financières, comme si c’était un simple accident de la circulation », tranche Anouar el-Bassi.

Aucun accusé n’a reconnu pendant l’audience avoir donné l’ordre de tirer. « Tous les avocats de la défense sont unanimes : quand une émeute vise directement les institutions de l’État, on ne peut pas attendre d’ordres. Les policiers étaient en situation de légitime défense, c’est la réalité du terrain qui a commandé leur action », estime Sami Souissi, avocat de Rafik Belhaj Kacem, qui souligne aussi les manquements de l’instruction, comme l’absence d’expertise balistique.

Les familles et leurs soutiens ne baissent pas les bras. Tous réclament toujours que le processus judiciaire soit confié à une instance civile, et non militaire. Après l’annonce du verdict, quelques troubles ont éclaté à Kasserine. « Mais les familles des victimes ont convaincu les jeunes de se calmer », rapporte un membre du conseil municipal. Indignées, elles n’en travaillent pas moins à une réponse. « C’est le calme avant la tempête, lance Helmi Chneti, frère d’une victime. Nous allons attendre quelques jours que le pays se stabilise [des émeutes en début de semaine ont éclaté et le couvre-feu a été décrété dans plusieurs régions, ndlr], mais on ne va pas fermer nos gueules. »

D’autres procès sont en cours, notamment celui qui concerne les victimes du Grand Tunis. D’après le rapport de la commission chargée d’établir les abus commis pendant la révolution, 338 personnes ont trouvé la mort lors du soulèvement.

Publié par des ennemis de la révolution (Élodie Auffray, Libération, 15 juin 2012)

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[España en el corazón] « Il y a eu des blessés des deux côtés, mais nous n’avons pas peur »

Espagne : incidents lors du déblocage de routes paralysées par des mineurs

MADRID – Des incidents qui ont fait sept blessés ont éclaté vendredi dans le nord de l’Espagne lorsque les forces de l’ordre sont intervenues pour rétablir la circulation, bloquée par des mineurs qui manifestaient pour la survie de leur secteur, ont indiqué les autorités.

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Les incidents ont éclaté lorsque des policiers ont tenté de rétablir la circulation dans la matinée sur trois routes bloquées aux environs du puits de Soton, à San Martin del Rey Aurelio, dans les Asturies.

Les mineurs, qui protestent depuis plus d’un mois contre la réduction des aides publiques, ont reçu les agents à coups de projectiles, indique dans un communiqué la préfecture des Asturies.

Quatre policiers ont été blessés : l’un d’eux souffre d’un traumatisme à l’œil et trois autres de blessures produites par les engins servant aux mineurs à lancer des fusées artisanales.

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Trois journalistes ont également été blessés, dont deux très légèrement.

En grève depuis plus d’un mois, les mineurs espagnols ont déclaré le 30 mai que leur mouvement, émaillé ces derniers jours de manifestations de plus en plus violentes, serait prolongé pour une durée indéterminée.

Les syndicats ont appelé pour le 18 juin à une grève générale dans les régions minières, qui sera accompagnée de manifestations.

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Une quarantaine de mines de charbon sont encore en activité en Espagne, principalement dans le nord, faisant vivre environ 8.000 mineurs.

Mais le charbon espagnol, plus cher que le charbon exporté, dépend des subventions de l’État qui, sur décision de Bruxelles, prendront fin en 2018.

Ajoutant à ce déclin, le gouvernement, engagé dans une rude chasse au déficit, a décidé de réduire de 63%, de 301 millions d’euros en 2011 à 111 millions cette année, les aides au secteur.

De quoi condamner, selon les mineurs, jusqu’à 30.000 emplois directs ou indirects dans des régions dont l’économie bat au rythme de la mine depuis des générations.

Leur presse (Agence Faut Payer, 15 juin 2012)


Violences dans les mines espagnoles en grève : « Le gouvernement ne nous laisse pas d’autre choix »

Plus de deux semaines après le lancement de leur grève contre les suppresions d’aides au secteur minier, les mineurs espagnols ne décolèrent pas, bien au contraire. L’un d’entre eux, travaillant dans la province sinistrée des Asturies, dans le nord de l’Espagne, nous raconte ce combat de la dernière chance qu’il voit dériver, jour après jour, vers plus de violences.

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Barrage de route cette semaine par les mineurs du puits de Santiago.

La majorité des quelque 40 mines de charbon espagnoles qui survivent péniblement à la crise est située dans le nord du pays, notamment dans les provinces des Asturies et de Leon. Le secteur minier espagnol, en restructuration depuis une vingtaine d’années, fait vivre aujourd’hui quelque 8000 mineurs. Le charbon espagnol étant plus cher que le charbon importé, le maintien de l’activité de cette industrie dépend largement des subventions du gouvernement.

Des subventions qui sont en passe d’être supprimées, Bruxelles ayant demandé que le gouvernement central y mette fin en 2018. Par ailleurs, dans le cadre de sa politique de réduction du déficit budgétaire, le gouvernement a décidé de baisser de 63 % les aides au secteur, les faisant passer de 301 millions d’euros en 2011 à 111 millions cette année. Selon les syndicats, cette cure d’austérité pourrait provoquer la perte de près de 30’000 emplois directs ou indirects dans les régions minières.

Depuis la fin du mois de mai, les syndicats de mineurs ont donc décidé de lancer une grève. Un mouvement qui, en de nombreux endroits, a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre, les manifestants n’hésitant plus à employer la manière forte, notamment le blocage des autoroutes et des rails du chemin de fer pour dénoncer l’intransigeance des pouvoirs publics. Des attaques contre des bureaux du Parti populaire, le parti au pouvoir, ont par ailleurs été signalées dans la province des Asturies.

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Affrontements entre policiers et mineurs autour du pozo del Soton (puits de Soton), dans les Asturies, le 15 juin.

L’administration de la province a exhorté le gouvernement central à revoir à la baisse les coupes budgétaires prévues. Une rencontre entre les autorités de la région et le ministre de l’Industrie pourrait avoir lieu prochainement.

Alberto (pseudonyme), 39 ans, est un mineur gréviste du puit de Santiago Aller Mineur depuis 15 ans. Il travaille depuis 5 ans pour l’entreprise d’exploitation minière Hunosa.

« Pendant les années 1980, dans la zone minière où je vis, il y avait 15 mines qui faisaient vivre des milliers de familles. Aujourd’hui, il n’en reste plus que deux.

Ici, presque 95 % des employés des entreprises minières sont syndiqués et tous participent en ce moment aux manifestations. À Hunosa, nous sommes en grève pour une durée indéterminée depuis le 29 mai. Tous les jours, on arrive à 7 heures du matin sur notre lieu de travail. Nos délégués syndicaux nous informent alors de ce qu’il s’est passé la veille, mais aussi des assemblées prévues et des actions à mener, qui peuvent être des manifestations ou des blocages de routes.

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Très rapidement, la police a adopté une attitude particulièrement répressive et violente à l’égard de notre mouvement. Nous sortons pour défendre nos droits, nous ne sommes pas des délinquants et, pourtant, les forces de l’ordre nous traitent comme tel. L’exemple le plus évident est la manifestation pacifique qui s’est tenue à Madrid  [le 31 mai, NDLR] pendant laquelle les forces de l’ordre nous ont encerclés d’une manière très provocatrice, ce qui a fait monter la tension avec les manifestants [des policiers ont été blessés par des jets de pierres, de bouteilles et des éclats de pétards, selon les autorités, et des groupes radicaux ont été accusés de participer aux violences].

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Le pozo de Santiago au 17e jour de grève.

Nous utilisons des techniques pacifiques et s’il arrive que, parfois, ça dérape, c’est de manière involontaire car nous n’avons jamais voulu causer de tort ou blesser qui que ce soit [le passager d’un train a été blessé la semaine dernière lorsque la rame a heurté des bûches posées sur la voie par des manifestants, NDLR]. Pour autant, il faut bien répondre quand nous sommes réprimés de manière abusive par la police. Mais le gouvernement ne nous laisse pas d’autre choix. Il est en train de détruire tout ce que nous avions mis en place dans la cadre du plan général minier de 2006-2012 [un plan qui envisageait, notamment, le développement d’activités “hors mine” dans les régions sinistrées pour compenser les pertes d’emploi et dont la réalisation est compromise par les coupes budgétaires, selon les manifestants].

Il y a eu des blessés des deux côtés, mais nous n’avons pas peur. Tous les jours, les mineurs prennent des risques dans leur métier, on est habitué au danger. Au début, on manifestait à visage découvert mais à mesure que les choses se sont envenimées, les manifestants ont commencé à se cacher le visage [avec des cagoules et des foulards], même si nous savons pertinemment que nous sommes tous fichés et surveillés par la police, notamment via nos plaques d’immatriculation et des écoutes téléphoniques.

Des camarades ont choisi, quant à eux, de faire la grève sous terre. C’est un autre moyen de pression sur le gouvernement, car c’est effectivement dangereux de rester en sous-sol. Ils sont à 600 mètres de profondeur avec une température de 25°C et 85 % d’humidité, tout ça dans 12m2. C’est très dur pour eux.

Après 19 jours sans travailler, nous sommes plus fatigués et accablés que jamais. Les dépenses de chaque gréviste restent les mêmes alors que l’argent ne rentre plus. Pourtant, il faut bien nourrir nos enfants chaque jour et payer nos maisons. Cette situation contribuera certainement à la radicalisation du mouvement.

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Ici, il n’y a que les mines qui nous font vivre. De rares fonds avaient été créés dans le but d’aider à la création d’un nouveau tissu industriel, mais les autorités n’ont pas su les utiliser intelligemment. L’argent a été dépensé sans que cela ne serve en rien à fournir une alternative pour les mineurs.

Le secteur minier avait réussi à obtenir au niveau européen la signature d’accords d’aides mais, à cause de la crise, ces accords ne sont tout simplement plus respectés. Sans toutes ces subventions, on va devoir fermer. Sans mine et sans alternative, la région des Asturies va inévitablement plonger dans la dépression. »

Leur presse (Alberto X. avec Ségolène Malterre, journaliste à France 24, observers.france24.com, 15 juin 2012)

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[Mobilisation des populations gabonaise et togolaise face aux clans qui les oppriment depuis 45 ans] Qui a formé et équipé les forces de l’ordre qui répriment aujourd’hui violemment ces manifestations ?

Togo, Gabon: condamner la répression pour marquer enfin le changement

Depuis plusieurs jours, la mobilisation des populations gabonaise et togolaise face aux clans qui les oppriment depuis 45 ans prend une ampleur énorme. Malgré les discours de façade sur la démocratisation en marche qui ont suivi les successions dynastiques à la tête du Gabon et du Togo, la seule réponse des autorités reste la répression. L’association Survie soutient les peuples togolais et gabonais dans leur lutte et demande au nouvel exécutif et au prochain Parlement français de condamner publiquement la répression ordonnée par deux régimes surannés de la Françafrique.

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Au Gabon, les autorités ont tenté d’empêcher un contre-forum de la société civile la semaine dernière [Voir notre communiqué du vendredi 8 juin] et la police détient et maltraite depuis lundi une vingtaine de leaders de manifestations étudiantes qui ont le tort de réclamer le versement des bourses universitaires et le respect des droits des étudiants. Jeudi matin, alors que d’autres étudiants tentaient d’accéder au tribunal pour dénoncer le simulacre de procès en préparation, la répression est montée d’un cran avec l’annonce de l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants s’ils tentent d’accéder à l’audience.

Au Togo, le Collectif « Sauvons le Togo », qui regroupe depuis avril dernier dix-sept organisations de défense des droits humains, associations de la société civile et partis politiques d’opposition, a initié mardi un vaste mouvement populaire de protestation. Plusieurs centaines de milliers de personnes sont ainsi descendues dans la rue pour exiger l’application des recommandations de la Commission Vérité et Réconciliation et refuser la récente modification du code électoral qui renforce la suprématie du clan au pouvoir. Là aussi, la réponse brutale du pouvoir ne s’est pas fait attendre, avec le déploiement de l’armée pour quadriller la capitale et étouffer la contestation. En dépit d’une répression violente, la mobilisation ne faiblit pas et se cristallise désormais autour de revendications qui mettent en péril le régime.

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Quels sont les autres points communs entre ces deux situations ?

Par une triste coïncidence, les clans au pouvoir au Gabon et au Togo ont été installés en 1967. Ils ont toujours pu compter sur le soutien de la France, à travers une coopération militaire et policière particulièrement active. Qui a formé et équipé les forces de l’ordre qui répriment aujourd’hui violemment ces manifestations ?

Dans ces deux pays, la mort du « dictateur ami de la France » a été suivie d’une succession dynastique immédiatement avalisée par la France, malgré les contestations populaires. Au Togo, Faure Gnassingbé a hérité du pouvoir de son père Gnassingbé Eyadéma en 2005, au terme de violences qui ont fait 500 à 1000 morts et 40’000 réfugiés selon l’ONU. Au Gabon, Ali Bongo a confisqué le résultat de l’élection présidentielle après la mort d’Omar Bongo en 2009, entraînant des manifestations réprimées dans le sang. Qui, dans le nouvel exécutif français, peut nier que ces chefs d’État ont usurpé leur accession au pouvoir ?

Au Gabon comme au Togo, les manifestants qui font aujourd’hui face aux forces répressives craignent que la diplomatie française ne continue à soutenir les régimes en place. Qui peut oublier qu’en pleine campagne présidentielle, Laurent Fabius avait justement été reçu par les despotes Faure Gnassingbé (le 8 décembre 2011) et Ali Bongo (le 13 février 2012) ? Il est maintenant temps que le nouveau ministre des Affaires Étrangères défende les aspirations des peuples à la démocratie, au Gabon et au Togo comme partout ailleurs.

L’association Survie attend de l’Élysée et du Quai d’Orsay la condamnation publique de la répression dans ces deux pays, et espère que la nouvelle Assemblée nationale qui sortira des urnes dimanche se saisira de ce double exemple de plus pour faire enfin l’examen critique de la politique de coopération policière et militaire française avec les régimes autocratiques [Plus largement, l’association rappelle les 5 engagements qu’elle demande au nouveau gouvernement].

Paris, le 15 juin 2012

Contact presse : Stéphanie Dubois de Prisque, Chargée de communication – Contact au Gabon : Bruno Oondo Mintsa, du mouvement « Ça Suffit Comme ça ! » – Contact au Togo : André Afanou, Directeur exécutif du CACIT (Collectif des Associations Contre l’Impunité au Togo)

Association Survie


Photos amateurs : au fond d’un « cachot » avec les étudiants grévistes de Libreville (Gabon)

Depuis lundi dernier, une vingtaine d’étudiants grévistes de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville sont enfermés dans une cellule exiguë de la gendarmerie pour avoir tenu tête aux forces de l’ordre lors d’un rassemblement. Profitant de leur incurie, ils ont réussi à faire sortir une vidéo et des photos de leurs conditions de détention, simplement sordides.

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C’est au cours d’une assemblée générale tenue le 11 juin pour sensibiliser leurs camarades à leurs revendications syndicales que 21 étudiants grévistes de l’UOB ont été interpellés par la gendarmerie. Refusant de mettre un terme à leur réunion, les frondeurs se sont alignés devant les forces de l’ordre, préférant se constituer prisonniers plutôt que de renoncer à leur mouvement. Embarqués dans une fourgonnette au siège de la Direction générale des recherches (DGR), un service de la gendarmerie, les jeunes sont, depuis, détenus dans une étroite et sombre cellule en attendant d’être présentés au procureur. Deux d’entre eux, dont notre Observateur, ont été libérés. Selon eux, leur état de santé aurait inquiété les gendarmes.

Les étudiants ont réussi malgré les fouilles à garder un téléphone portable avec lequel ils se sont filmés et pris en photo entassés torse nu dans leur cellule, où ils ont entamés une grève de la faim. Sortis des murs, les clichés circulent depuis mardi sur Facebook, suscitant une vague d’indignation. Aux yeux de l’abbé Bruno Ondo Mintsa, un leader de la société civile gabonaise joint par FRANCE 24, elles dévoilent les « méthodes dictatoriales » du régime : « Ce qui est inadmissible, c’est qu’ils ont été arrêtés pour troubles à l’ordre public, alors qu’ils étaient à l’intérieur du campus ». Selon lui, les jeunes toujours incarcérés ont été torturés par les gendarmes à la suite de la diffusion de ces images.

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[Nous cherchons à joindre la gendarmerie et le ministère de la Défense à Libreville. Nous publierons leur déclaration une fois que nous aurons une réponse].

À l’origine de la révolte étudiante, une réforme du système universitaire votée en 2010 mais que beaucoup n’acceptent pas. Les étudiants en grève demandent, notamment, la suppression de la limitation d’âge pour l’accès aux bourses (27 ans) et une harmonisation du système LMD (Licence-master-doctorat). Depuis janvier, de nombreux accrochages entre jeunes grévistes et forces de l’ordre ont éclaté, si bien qu’à la demande du recteur, des unités anti-émeutes ont été déployées à l’intérieur du campus.

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Edvine Ballack Obama, 22 ans, est étudiant à l’Université Omar Bongo. Il fait partie des 21 grévistes arrêtés lundi et détenus à la DGR. Il est sorti de la cellule mercredi après-midi.

« Quand nous sommes arrivés à la DGR, ils nous ont demandé de nous déshabiller. Moi, j’ai d’abord refusé, alors j’ai été giflé et j’ai reçu un gros coup à l’oreille. Quand on leur disait que la Constitution interdisait ce genre de mauvais traitements, les hommes répondaient par des gifles. Puis, ils nous ont emmenés dans un trou noir, une cellule où il y avait de la chiure et de l’urine sur les murs, et énormément de moustiques.

Deux étudiants étaient asthmatiques. Or, dans le cachot, il n’y avait pas de fenêtre, donc pas d’air. Ils ont réussi à négocier avec les hommes de la DGR de ne pas passer la nuit en cellule. Ils pouvaient donc rentrer au campus pour dormir mais étaient contraints de revenir le matin pour passer la journée au cachot. Dès le deuxième jour, on leur a donné les photos que l’on avait prises avec nos portables pour qu’ils les mettent sur Internet et alertent l’extérieur de la situation.

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Chacun de nous a été interrogé individuellement. Ils ont posé à chaque fois les mêmes questions : ‘De quelle ethnie êtes vous ?’, ‘Qui est derrière vous ?’. Ils voulaient savoir si on était fang, parce qu’ils pensent que nous sommes soutenus par André Mba Obame [figure de l’opposition gabonaise depuis la mort d’Omar Bongo et candidat malheureux à la présidentielle de 2009. Il est fang, l’ethnie majoritaire du Gabon que le pouvoir associe à l’opposition, NDLR]. Nous, on répondait qu’on voulait simplement revendiquer nos droits d’étudiants. Ils nous ont aussi demandé de signer un procès-verbal disant qu’on mettait fin à notre mouvement à l’université. Aucun d’entre nous n’a signé.

Mardi après-midi, j’ai commencé à me sentir très mal. Je n’arrivais pas à respirer, les mauvaises odeurs et les piqûres de moustiques m’ont fait faire un malaise [un premier étudiant avait été libéré quelques heures plus tôt souffrant, selon Edvine, de problèmes respiratoires, NDLR]. Les autres ont frappé à la porte pour qu’on vienne me chercher. Les agents m’ont sorti de là mais ils m’ont ensuite abandonné par terre pendant près d’une heure. Finalement, on m’a transporté dans une infirmerie de Gros-Bouquet [quartier de Libreville] où on m’a fait une perfusion pendant une heure et ensuite, l’agent m’a ramené au cachot. Hier, vers 15h, ils sont venus me chercher dans la cellule et m’ont libéré au motif que je devais aller me faire soigner. Mais moi, je n’ai pas d’argent pour aller à l’hôpital, je suis donc retourné au campus.

Depuis que je suis sorti, les agents de la DGR n’arrêtent pas de m’appeler sur mon portable. Ils me demandent de revenir en cellule, ils doivent avoir peur que je raconte des choses. Je ne réponds plus maintenant, mais j’ai peur qu’ils viennent me chercher à l’université. »

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Leur presse (Edvine Ballack Obama avec Peggy Bruguière, journaliste à France 24, observers.france24.com, 14 juin 2012)


Gabon : libération de dix-neufs étudiants contestataires

LIBREVILLE — Les dix-neuf étudiants de l’Université Omar Bongo (UOB) de Libreville interpellés lundi sur le campus ont été libérés dans la nuit de jeudi à vendredi mais sont convoqués la semaine prochaine chez le juge d’instruction, a-t-on appris de sources concordantes vendredi.

« Nous sommes en liberté conditionnelle » a a affirmé à l’AFP Firmin Ollo, un des leaders des étudiants arrêtés.

Quatre étudiants avaient été libérés dans la journée de jeudi et les autres ont été libérés en fin de soirée.

« Ils sont accusés de trouble à l’ordre public et sont convoqués chez le juge la semaine prochaine, certains lundi d’autres mardi et mercredi », a affirmé l’avocate des étudiants, Me Gisèle Eyue Bekalé.

Ces étudiants avaient été interpellés alors qu’ils essayaient de faire cesser les cours à l’UOB. Selon un étudiant, Célestin Mito-Mito « certains des étudiants arrêtés se sont eux-mêmes constitués prisonnier ».

Les conditions de détention de ces étudiants ont été dénoncé, notamment sur les réseaux sociaux par des membres de l’opposition et de la société civile.

Leur grève a été entamée en janvier pour réclamer des bourses et la suppression d’une restriction liée à l’âge (27 ans). Depuis janvier des heurts se produisent régulièrement avec les forces de l’ordre.

Leur presse (Agence Faut Payer, 15 juin 2012)


Togo : la marche pacifique du Collectif « Sauvons le Togo » tourne au drame

Les Togolais ont massivement répondu à l’appel de marche pacifique lancé par le Collectif « Sauvons le Togo » ce mardi 12 juin. Au menu des revendications, la mise œuvre des recommandations de la Commission nationale des droits de l’Homme sur la torture, les réformes constitutionnelles et institutionnelles, la réouverture de radio X Solaire, le rétablissement dans leurs droits des neuf députés exclus.

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Ils étaient plus de 100’000 à battre le pavé pour cette cause qui leur est commune, sous la fine pluie qui arrosait Lomé ce mardi matin. Cette marche suivie d’un sit-in a connu son point de chute au carrefour de Dékon à Lomé où tout semblait si bien aller au point que l’un des responsables de la Confédération syndicale des travailleurs (CST), Me Zeus Ajavon, très surpris, a déclaré : « Je sais que le divorce entre le pouvoir et les populations est profond, mais je ne savais pas que les Togolais allaient répondre aussi massivement à notre appel ».

Malgré la rencontre qui a eu lieu entre les ministres de la Sécurité et de l’Administration territoriale et les responsables du Collectif « Sauvons le Togo », malgré la sortie médiatique de ses dirigeants sur la chaîne nationale togolaise rassurant les populations que la manifestation serait encadrée conformément aux règles, tout a dégénéré lors du sit-in à Deckon, lorsque les manifestants ont été violemment dispersés par des grenades lacrymogènes, les conduisant ainsi à riposter.

« Les manifestants ont dépassé le seuil de l’admissible en agressant les forces de l’ordre », indique une source policière.

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On dénombre plusieurs blessés parmi les forces de l’ordre mais aussi parmi les journalistes, ainsi que Agbéyomé Kodjo, le Président du parti politique OBUTS qui, après avoir été légèrement blessé a déclaré, « je suis sain et sauf et plus que jamais déterminé à en finir avec le despotisme archéologique qui régente la vie des Togolais. Alors que rien ne prédisposait à la résurgence de la violence, des soldats anti républicains, au service des conservateurs, ont ouvert le feu des gaz lacrymogènes et des balles en caoutchouc contre les manifestants à cent mètres du Carrefour de Dékon. Poursuivi, j’ai dû me retrancher dans une maison où un soldat a eu l’outrecuidance de me poursuivre en tirant à ma suite des coups de gaz lacrymogène. Il a fallu trouver un autre refuge, et je me suis découvert des qualités d’un athlète olympique en franchissant non sans risques et blessures un mur très haut. »

Des dizaines d’autres ont été arrêtés et détenus dans les commissariats et sont privés de visite et de nourriture, d’après le communiqué du CST sorti la nuit du mardi. La pluie a cessé dans l’après midi et la nuit est tombée sur la capitale togolaise ce mardi 12 juin. Mais la détermination des manifestants est toujours intacte. Malgré les blessés et les arrestations, les manifestants se sont maintenus sur le lieu du sit-in pour la suite des manifestations jusqu’à satisfaction totale des revendications.

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Ce mercredi 13 juin sera encore pour le Collectif « Sauvons le Togo », une nouvelle page de lutte pour des élections équitables et démocratiques, la mise en œuvre des recommandations de la CNDH sur la torture, la réouverture de radio X Solaire et le rétablissement dans leurs droits des neuf députés exclus.

Leur presse (Daniel Messan Koffi, Afrik.com, 13 juin 2012)


Togo : Poursuite de la répression sur fond d’accalmie relative

TOGO – LOMÉ LE 14 JUIN 2012 – Au troisième jour de la série de manifestations organisée par le Collectif « Sauvons le Togo » (CST), les jeunes sont toujours mobilisés malgré la violente répression de la veille. De leur côté, les miliciens en appui aux forces de sécurité, procèdent à des arrestations dans les quartiers chauds de la capitale.

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Des jeunes arrêtés puis embarqués ce jeudi midi à Lomé

En trois jours, l’ampleur de la violence qui a occasionné selon le CST 119 blessés et 79 arrestations, tout comme celle de la mobilisation populaire également, continue par surprendre les observateurs. Ce jeudi matin, les forces de sécurité quadrillent toute la ville. Le carrefour Deckon, lieu où le Collectif « Sauvons le Togo » a fait un sit-in de mardi à mercredi avant la violente dispersion et Bè-Gakpoto, lieu de départ de la manifestation, sont quadrillés par des gendarmes.

Les leaders du Collectif ont été empêchés de rallier Deckon où ils ont prévu de rééditer le sit-in. Mais des groupes de jeunes mobilisés, sont massés dans les environs du carrefour. Idem au niveau de Bè-Gakpoto où la mobilisation était également visible.

À Bè-Kpota, on a encore noté des fumées. Sur les rues, les manifestants n’ont pas manqué d’imaginations pour ériger des barricades.

Les forces de sécurité essaient de dégager les barricades, mais peine perdue, ils reviennent à la charge peu après.

« Nous exigeons le départ du pouvoir de Faure Gnassingbé. Ils pillent le pays avec ses amis », lance un des manifestants. « Nous demandons que les leaders nous donnent les moyens pour en découdre avec ces sauvages », renchérit un autre. « Les auteur de tortures doivent être punis », exige son collègue qui n’oublie pas non plus la fermeture de radio X Solaire. Le petit cercle de profiteurs qui privent la majorité des ressources est aussi dénoncé. Des revendications qui rejoignent celles contenues dans la plate-forme du CST.

Contrairement aux deux précédents jours, les activités commerciales ont repris dans l’ensemble.

La plupart des boutiques sont ouvertes de même que les marchés. Les voitures circulent y compris au boulevard Deckon voire dans le quartier Bè paralysés pendant deux jours. Mais dans les ruelles, la chasse aux manifestants se poursuit.

Circulant dans des véhicules banalisés, ou dans les véhicules de la Police, des miliciens et des forces de sécurité procèdent à l’arrestation des manifestants.

Le Collectif a annoncé pour demain vendredi 15 juin, un mot d’ordre « Togo mort ». Une manifestation qui sera suivie d’une autre série de marches les mardi 19 et mercredi 20 juin à Lomé. Des marches suivies de sit-in qui seront généralisées à l’ensemble du territoire national les 21, 22 et 23 juin. « Ce que nous venons de commencer, nous irons jusqu’au bout », a martelé le Pr Komi Wolou. À peine libéré la veille, le SG de la LTDH, Me Célestin Agbogan le visage tuméfié a rejoint le groupe.

Leur presse (Aghu, Koaci.com, 14 juin 2012)

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[Free parade anti-sécuritaire] « Lutter et se défendre, se rejoindre et résister sur un terrain qui est le nôtre, que nous avons choisi : celui de la rue, celle qui grince, celle qui gronde et hurle toute sa colère et sa joie d’être, sa joie de vivre et de penser »

La Free-parade 2012 aura lieu ce samedi 16 juin à Paris. Point de rendez-vous : 13h, départ place de la Bourse, métro Bourse, arrivée à Stalingrad.

Appel à manifestation :

Les années passent, les gouvernements changent, mais nous restons les mêmes !

Continuons l’offensive !

Peu importe la répression, peu importe les gouvernements, PAS DE COMPROMISSION !

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Depuis trop de temps, nous, sounds systems, amateurs ou passionnés de la culture free, sommes visés de plein fouet par la politique sécuritaire et anti-terroriste des gouvernements successifs.

Annulations de soirées, saisies des sons, confiscations parfois définitives de disques et d’équipements sonores, suivies bien trop souvent d’interpellations, de gardes à vue abusives.

Au lieu de laisser s’exprimer cette culture qui est la nôtre, le gouvernement a préféré suivre la voie de la répression, en se cachant sous un voile de fausses promesses, et en manipulant tout à la fois textes de loi, les représentants et citoyens de la nation, et même les acteurs et amateurs du mouvement free.

Car le gouvernement, c’est vrai, avait promis.

De belles promesses, faites de simagrées de dialogues et de concertations. Mais rien de mieux quand on veut perdre à un jeu que de jouer avec celui qui en a inventé les règles…

Quand ce ne sont pas les préfectures qui interviennent, les pressions s’exercent malgré tout contre les maires et les propriétaires prompts à nous accueillir.

Combien de nos soirées furent ainsi arbitrairement sanctionnées sous prétexte de sécurité, de lieux non adaptés ou de déclarations soi-disant trop tardives ? Qui se permet de nous donner des leçons d’organisation ? Nous n’avons jamais attendu d’ordre de l’État pour veiller à notre propre sécurité (prévention, réduction des risques, solidarité), au nettoyage des sites occupés ou des parcours de manifs avec prise en charge des déchets (rangez vos camions verts).

Considérant les années d’économies, d’efforts, voire d’acharnement qu’il faut pour monter un sound system, laisserons-nous plus longtemps les autorités attaquer ainsi notre mouvement ? Que ce soit en saisissant le matériel, ou en maltraitant tout à la fois les organisateurs et le public…

Parce que nous refusons de renoncer à ce qui, bien plus qu’un passe-temps, constitue pour nous un mode de vie, une façon de penser et plus encore un art de résister.

Parce que la freeparty représente pour nous cet espace de création, d’autonomie, de liberté et de partage, une véritable alternative à la fête commerciale, consumériste et conformiste qu’on aimerait nous vendre.

Parce que nous sommes trop humbles pour nous reconnaître encore dans les lois anti-terroristes qui nous répriment et que nous rejetons l’ordre moral et son cortège de fanatiques sécuritaires et capitalistes. Et qu’enfin au respect des lois nous préférerons toujours celui de Mother Nature.

Retrouvons-nous pour défendre ces zones d’autonomies temporaires autogérées et autonomes dont fait partie la freeparty, mais pas que. Pratiquons notre droit de réunion et faisons-nous acteurs solidaires et partisans de la convergence des luttes.

Lors des répressions des free-party, les forces de l’ordre se livrent à des exactions, transformant nos Zones d’Autonomie Temporaire en zones de non-droit, à l’aide de leurs nouvelles armes « non-létales ». Nous considérons donc tout acte d’autodéfense comme digne et légitime, nous soutiendrons toute personne poursuivie pour outrage, rébellion, ou violence sur agent.

Sound-systems, liveurs & Dj’s, danseurs, musiciens acoustiques, performers, jongleurs, cracheurs de feu, saltimbanques, gays, trans, lesbiennes, squatteurs, rappeurs conscients, anarcho-autonomes, ultra-gauches, mao-spontex et toxicos… Prouvons pour la 5e année, par le bruit et par la fête, qu’il est possible de lutter et de se défendre, de se rejoindre et de résister sur un terrain qui est le nôtre, que nous avons choisi : celui de la rue, celle qui grince, celle qui gronde et hurle toute sa colère et sa joie d’être, sa joie de vivre et de penser.

Faisons vivre la véritable fête. Non pas celle que l’on consomme pour mieux passer le temps, mais celle qui se vit librement dans le dés-ordre de nos rues.

Des teufeuses, des teufeurs, en lutte et en vie !!!

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 15 juin 2012

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Police hors de nos vies – Face à la crise du logement, squattons !

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22 avril 2012, pochoirs à côté du Rémouleur, Bagnolet, 93.

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25 avril 2012, rue renommée impasse Sarkozy, dans le 11e arrondissement de Paris.

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10 mai 2012, gros tag anticapitaliste, lisible depuis le 1er janvier 2012 au croisement du blvd Chanzy et de la place du marché, à Montreuil, 93.

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Mai 2012, tag 4 Bros, près du palais Brongniart / Bourse de Paris, dans le 2e arrondissement.

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Mai 2012, grande affiche Mohamed Ali, rue Saint-Denis, 2e arrondissement de Paris.

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[Tués par la police] Week-end pour Lamine et Amine

Marche commémorative « 5 ans déjà »
Mort de Lamine Dieng

Vérité et Justice pour Lamine Dieng étouffé par des policiers dans un fourgon le 17 juin 2007 ; 5 ans après, la famille attend toujours la fin de l’instruction.

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Les expertises médicales ont relevé 10 hématomes sur le visage et 20 sur le reste du corps de Lamine. À ce jour, les 8 policiers sont toujours en fonction.

Homicide involontaire ? Lamine, seul et non armé, a été plié et écrasé par 300 kg durant 30 minutes. Qui peut survivre à cette torture ?

Nul ne peut imaginer la souffrance endurée par Lamine. Nous n’oublierons jamais.

Ce crime monstrueux doit être jugé et condamné.
La mobilisation ne cédera pas.

Stop à l’impunité accordée aux policiers criminels !
Non au permis de tuer !

Ensemble défendons les droits humains.

Samedi 16 juin 2012 à 14h
FASTI (Fédération des Associations de Solidarité avec les Travailleurs Immigrés)
58 rue des Amandiers – Paris 20e
Métro Père Lachaise ou Ménilmontant

Hommages à Lamine sur :

coucxx.skyrock.com
generationslive.fr/lamine-dieng
facebook.com/collectif.laminedieng
myspace.com/coucxx_laminedieng_25ans


Tournoi de foot en hommage à Amine BENTOUNSI et tous les autres morts à suite de bavures policières le Samedi 16 et le Dimanche 17 juin 2012 – Constituer une équipe de 7 personnes plus deux remplaçants – Participation 20 euro – Date limite des inscriptions vendredi 15 juin

Samedi 16 juin à 10 heures au dimanche 17 jusqu’a 22 heures au stade Allende, rue de Neuilly 93130 Noisy-le-Sec.

Fête foraine et son tournoi de foot en hommage à nos amis disparus. Venez nombreux et en Famille ! Buvette à votre disposition ainsi que de la barbe à papa, glace…

AMINE BENTOUNSI abattu d’une balle dans le dos par un policier.

Pour la vérité

RENDEZ-VOUS SAMEDI 16 JUIN À 20h00 À NOISY-LE-SEC
PLACE JEANNE D’ARC DEVANT LE CAFÉ LE CELTIQUE

Article de presse sur manifestation du 9 juin 2012

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 15 juin 2012

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[Coupe du Monde 2022 au Qatar] Les esclaves travaillent

Qatar : la face cachée de la Coupe du Monde 2022

En plein Euro de foot, l’association Human Rights Watch vient juste de publier un rapport de 150 pages sur les conditions de travail des ouvriers pour l’essentiel immigrés qui œuvrent à la construction du paradis artificiel et footballistique qui doit accueillir la Coupe du Monde 2022 au Qatar. Si les investissements financiers sont estimés à 160 milliards de dollars, impossible d’évaluer le coût humain de ce projet pharaonique dont le riche émirat pétrolier se soucie fort peu.

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Une Coupe du Monde achetée par les pétrodollars et le lobbying bienvenu mais pas gratuit de stars comme Zidane ou Guardiola, des stades démontables, construits au milieu de nulle part climatisés à l’énergie solaire, un événement mondial organisé dans un pays grand comme le département de la Gironde dont la passion pour le foot fluctue au gré des coups de cœur du Cheikh Al Thani et des placements du fonds souverain qatari.

Selon le rapport de Construction News qui regroupe les analyses d’un spécialiste allemand de la finance, l’organisation du plus grand évènement sportif de la planète devrait coûter 160 milliards d’euros environ à l’émirat qatari : 124 milliards d’euros pour les stades et 36 milliards pour les infrastructures de transport. À elle seule, la climatisation dans les stades (pour régler ce fameux problème de chaleur) devrait couter 35 milliards d’euros. Enfin, une ville entière nommée Lusail sera créée. Elle surplombera le stade qui accueillera le match d’ouverture et la finale. Montant de la facture : 32 milliards d’euros.

Des milliards que ne verront pas à coup sûr les ouvriers migrants qui n’auront pas plus l’occasion d’assister au début d’un match de foot mais qui s’affairent déjà à la construction laborieuse de ce paradis footballistique artificiel sous des températures caniculaires et dans des conditions de travail déplorables. Au-delà du coût financier du joli jouet que s’offre l’Émirat, l’association Human Rights Watch s’est intéressée au coût humain de ce projet pharaonique.

Le Qatar présente une situation démographique unique au monde. Les travailleurs migrants représentent 94% de la population du pays. Le ratio le plus élevé au monde. Et le pays, peuplé de 1,6 millions d’habitants entend encore recruter jusqu’à un million de travailleurs migrants au cours de la prochaine décennie afin de construire les fameux stades et infrastructures nécessaires à l’accueil de cette Coupe du Monde.

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Une “clause de non-concurrence” pour des ouvriers exploités

Dans un rapport de 146 pages, l’association examine les systèmes de recrutement et d’emploi, véritable source d’exploitation de ces ouvriers venus pour la plupart d’Asie du Sud-Est. Pas question de faire trimer un qatari.

Confiscation des passeports, contrôle abusif des travailleurs, restriction au droit du travail (difficile de quitter son emploi), sans compter les obstacles à la communication des plaintes auprès des services gouvernementaux, salaires impayés, retenues salariales illégales, campements de travail insalubres et surpeuplés.

Human Rights Watch a constaté que le Qatar, érigé dans nos contrées en bienfaiteur médiatico-footballistique, possède l’un des codes du travail les plus restrictifs : impossible de changer d’emploi sans l’autorisation de son employeur — une clause de non-concurrence pour les ouvriers exploités, il fallait y penser. Même chose pour quitter le pays, le travailleur doit obtenir un « permis » de son employeur. La nuance avec la notion de travail forcé n’est pas très grande.

Dans la région, seule l’Arabie Saoudite a mis en place ce « permis de sortie ».

Le système de recrutement est pour le moins original : les postulants doivent payer des frais de recrutements, dont les montants varient selon l’enquête de HRW de 726 à 3651 dollars, le tout payé sur emprunt à des taux d’intérêts qui peuvent aller jusqu’à 100% par an !

Travailleur venu du Bangladesh Mahmoud qui a emprunté 3298 dollars explique que s’il ne parvient pas à rembourser, « la banque sortira ma famille de la maison ». Ainsi la plupart des ouvriers hypothèquent leur maison dans leur pays d’origine pour trouver un emploi au Qatar.

Si l’Organisation Internationale du travail autorise la libre association, les lois du Qatar interdisent de se syndiquer. « La proposition récente du gouvernement d’une Union des travailleurs ne parvient pas à satisfaire aux exigences minimales de la libre association dans la mesure où tous les postes de prises de décisions sont réservés aux citoyens qataris » constate Human Rights Watch.

Carton jaune pour le Qatar et la Fifa ?

Dans une réponse à Human Rights Watch au ton très soviétique, les fonctionnaires du ministère du Travail ont répondu que « le ministère n’a reçu aucune plainte du travail forcé et il est inconcevable qu’une telle chose existe au Qatar, où le travailleur peut rompre son contrat, retourner dans son pays quand il le souhaite et l’employeur ne peut pas le forcer à rester dans le pays contre sa volonté ».

Le rapport aborde également les préoccupations au sujet de la sécurité des travailleurs dans l’industrie de la construction du Qatar. Il met en lumière des divergences inquiétantes entre le nombre de décès signalés par les travailleurs de la construction des ambassades locales et le nombre déclaré par le gouvernement. L’ambassade népalaise a dénombré 191 décès de travailleurs népalais en 2010, et l’ambassade indienne 98 de migrants indiens. De nombreux décès seraient dus à des insuffisances cardiaques au moment des fortes chaleurs.

De son côté le ministère du Travail ne dénombre pas plus de six décès au cours des trois dernières années.

L’État du Qatar, qui s’est engagé à améliorer les conditions de travail de ses ouvriers sans fournir d’indications claires sur les réformes envisageables, n’est pas seul en cause, le comité organisateur et la FIFA avaient promis au moment de l’attribution de la Coupe du Monde d’être attentifs aux droits des travailleurs. Jugée complice d’une mondialisation inéquitable, en 2010, des syndicalistes avait tenté de brandir en vain un carton jaune lors d’une réunion de l’ONU pour dénoncer la passivité de la FIFA face au non respect du droit du travail lors des préparatifs de la Coupe du Monde en Afrique du Sud. Bis repetita ?

Presse esclavagiste (Régis Soubrouillard, Marianne2.fr, 14 juin 2012)


Qatar : Les ouvriers migrants du bâtiment sont victimes d’abus

Il faut réformer la Loi sur le parrainage et protéger les travailleurs avant le boom du secteur du bâtiment prévu pour préparer la Coupe du Monde.

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Des ouvriers migrants affluent dans la « Rue de la Banque », dans le centre-ville de Doha, où de nombreux travailleurs effectuent des transferts d'argent vers leurs familles restées au pays. La « Rue de la Banque », comme l'appellent les ouvriers, est à moins de cinq minute de marche de la Corniche, l'éblouissant front de mer de Doha.

(Doha, Qatar, le 12 juin 2012) – Des centaines de milliers d’ouvriers du bâtiment au Qatar, principalement des migrants originaires d’Asie du Sud, sont menacés d’être gravement exploités et abusés, parfois jusqu’au travail forcé, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd’hui. Le gouvernement comme la Fédération Internationale de Football Association (FIFA) doivent s’assurer que leurs engagements de respecter les droits des travailleurs pendant la préparation de la Coupe du Monde de 2022 soient suivis d’effets. Les entrepreneurs en bâtiment devraient également s’engager de façon publique et précise à faire respecter les normes internationales des droits humains.

Le rapport de 146 pages, intitulé « Building a Better World Cup: Protecting Migrant Workers in Qatar Ahead of FIFA 2022 » (« Construire une meilleure Coupe du Monde : protéger les travailleurs migrants du Qatar avant la coupe de la FIFA 2022 ») analyse un système de recrutement et de travail qui, dans les faits, rend les travailleurs migrants prisonniers de leur emploi. Au nombre des problèmes qu’ils rencontrent figurent des frais de recrutement exorbitants, qu’il faut parfois des années pour rembourser, la fréquente confiscation du passeport de l’employé par l’employeur, et les restrictions imposées par le système de parrainage en vigueur au Qatar, qui donne aux employeurs un pouvoir démesuré sur leurs salariés. Selon les conclusions de Human Rights Watch, les dettes élevées contractées par les ouvriers et les restrictions auxquelles ils doivent faire face s’ils souhaitent changer de patron les forcent souvent, dans les faits, à accepter des emplois ou des conditions de travail qui n’avaient pas été convenus alors qu’ils étaient encore dans leur pays d’origine, ou à continuer à travailler dans des conditions abusives. Les ouvriers sont confrontés à des obstacles s’ils souhaitent porter plainte, et les abus passent souvent inaperçus aux yeux des autorités.

« Les ouvriers qui construisent les stades ne bénéficieront pas de la promesse générale faite par le Qatar de mettre fin au système de parrainage : ils ont besoin qu’une date soit fixée pour que ce soit fait, avant qu’ils ne commencent à travailler pour préparer la Coupe de la FIFA », a affirmé Sarah Leah Whitson, Directrice pour le Moyen-Orient chez Human Rights Watch. « Le gouvernement doit garantir que les stades de pointe high-tech qu’il prévoit de construire pour les supporters de la Coupe du Monde ne soient pas bâtis sur le dos d’ouvriers exploités et abusés. »

Human Rights Watch a observé que la Loi sur le parrainage du Qatar est l’une des plus restrictives de la région du Golfe, dans la mesure où les ouvriers ne peuvent pas changer de travail sans la permission de leur employeur, qu’ils travaillent depuis deux ou vingt ans, et où tous les salariés doivent obtenir la signature d’un « permis de sortie » par l’employeur qui les parraine pour pouvoir quitter le pays. L’Arabie Saoudite est le seul autre pays du Golfe qui ait également conservé le système problématique du permis de sortie, tandis que les autres pays de la région permettent désormais aux travailleurs de changer de travail à la fin de leur contrat, ou après une période de deux à trois ans au service de leur premier employeur. Le sous-secrétaire du Ministère du Travail Hussein Al Mulla a annoncé en mai que le Qatar envisageait de remplacer le système du parrainage par des contrats entre employeurs et employés, mais n’a pas précisé comment ces contrats pourraient venir remplacer les lois actuelles sur l’immigration, ni si les ouvriers auraient le droit de changer d’emploi.

Les lois du Qatar interdisent également aux ouvriers migrants de se syndiquer ou de se mettre en grève, bien que l’Organisation Internationale du Travail (OIT) reconnaisse la liberté d’association comme un droit fondamental du travail. Une proposition récente du gouvernement pour la formation d’un « syndicat des travailleurs » ne répond pas aux exigences minimales définissant la liberté d’association, puisqu’elle réserve tous les postes décisionnaires aux citoyens qataris, a affirmé Human Rights Watch.

Les travailleurs migrants représentent 94 pour cent de la main d’œuvre du Qatar, un chiffre ahurissant, et c’est le pays du monde qui compte la plus forte proportion de migrants par rapport au nombre de ses citoyens. Le pays pourrait recruter jusqu’à un million d’ouvriers du bâtiment migrants supplémentaires dans les dix prochaines années, pour construire les stades et réaliser les améliorations des infrastructures que le Qatar a promis dans sa candidature pour l’accueil du tournoi de football de la Coupe du Monde de la FIFA, en 2022.

Human Rights Watch a réalisé pour ce rapport des entretiens auprès de 73 ouvriers du bâtiment, et rencontré et correspondu avec des représentants du gouvernement, des employeurs, des entreprises, des agents de recrutement, des diplomates des pays émetteurs de main d’œuvre, et des défenseurs des travailleurs.

Les ouvriers ont fait état d’un large éventail de problèmes, tels que des salaires impayés, des déductions de salaire illégales, des camps de travailleurs surpeuplés à la situation sanitaire déplorable, et des conditions travail dangereuses. Tous les ouvriers, hormis quatre, ont déclaré avoir payé des frais de recrutements s’élevant de 581 euros (726$US) à 2 922 euros (3651$US), et avoir emprunté de l’argent à des prêteurs privés dont les taux d’intérêts allaient de 3 à 5 pour cent par mois à 100 pour cent de la somme empruntée par an.

« On ne se plaint pas, parce que si on se plaignait de quoi que ce soit, l’entreprise nous punirait », a déclaré à Human Rights Watch Himal K., un ouvrier du bâtiment originaire du Népal et âgé de 18 ans. La plupart des ouvriers ont dit à Human Rights Watch qu’ils craignaient de se plaindre à leurs employeurs ou aux autorités, à causes des conséquences.

« Si je ne paie pas [mes dettes], la banque chassera ma famille de ma maison », a déclaré Mahmud N., un ouvrier bengladeshi de 27 ans, qui a affirmé devoir rembourser 270’000 taka bengladeshis (soit 3298 US$ ou 2621 euros) de frais de recrutement.

« Le gouvernement du Qatar et les entreprises du secteur du bâtiment doivent s’assurer que ce sont les employeurs, et non les travailleurs pauvres, qui paient les frais de recrutement », a souligné Sarah Leah Whitson. « Tant que le gouvernement n’applique pas sérieusement ses lois pour garantir que ce soient les employeurs qui paient ces frais, et qu’ils n’imposent pas de lourdes amendes aux entreprises qui ferment les yeux, ce problème ne risque pas de disparaître de lui-même. »

Selon Human Rights Watch, la plupart des ouvriers rencontrés avaient hypothéqué leurs maisons ou vendu des biens familiaux pour obtenir leur emploi, et étaient en conséquence soumis à une énorme pression les poussant à conserver leur travail, quelles qu’en soient les conditions. Presque tous ont déclaré que leurs employeurs avaient confisqué leurs passeports, et certains ont affirmé que ces derniers avaient refusé de le leur rendre quand ils en avaient fait la demande. L’OIT reconnaît la confiscation du passeport comme un indicateur clé de situations de travail forcé, en particulier si s’ajoutent à cela la menace ou la possibilité de sanctions financières, de dénonciation des ouvriers à la police, de licenciements, ou quand on peut les empêcher d’obtenir un autre emploi — toutes des craintes très répandues parmi les ouvriers du bâtiment au Qatar.

Dinesh P., un employé népali de 20 ans, a déclaré que lui et 15 autres personnes employées par son entreprise souhaitaient quitter leur emploi et rentrer chez eux, mais qu’ils ne le feraient pas.

« On a l’impression de s’être fait avoir, on a pas eu les emplois auxquels on s’attendait » a-t-il déclaré. Parce qu’ils ne peuvent pas changer de travail sans la permission de leur parrain, lui et ses collègues ont dû choisir entre abandonner leur emploi ou continuer à travailler dans des conditions qui selon eux, ne correspondaient pas à ce qui avait été convenu.

« Il y a ce prêt que j’ai contracté, alors je vais finir par rester », a ajouté Dinesh P.

Dans une lettre adressée à Human Rights Watch, des représentants du Ministère du Travail ont déclaré que «  le Ministère n’avait reçu aucune plainte relative à du travail forcé, et il est inconcevable qu’une telle chose existe au Qatar, puisque l’employé peut rompre son contrat et rentrer dans son pays quand il le souhaite, et que l’employeur ne peut pas le forcer à rester dans le pays contre son gré ».

« Le fait que le Ministère du Travail nie l’existence du problème du travail forcé, alors que les lois et les pratiques d’emploi du Qatar permettent justement à ce type de situation d’exister, est extrêmement inquiétant », a déclaré Sarah Leah Whitson. « Quand il y a des milliers d’ouvriers qui ont peur de quitter leur emploi et qui ne se plaignent qu’en tout dernier recours, il est grand temps d’affronter le problème. »

Plusieurs acteurs clés des préparatifs de la Coupe du Monde 2022 ont promis publiquement de respecter les droits des travailleurs, mais n’ont pas encore pris les engagements précis et publics que préconise vivement Human Rights Watch.  Le comité local d’organisation du tournoi, le Comité Suprême Qatar 2022, ainsi que la société nommée par ce dernier pour superviser les travaux de construction de la Coupe du Monde, CH2M HILL, ont déclaré qu’ils définiraient des normes du travail que les constructeurs et autres entrepreneurs engagés pour bâtir les lieux destinés à accueillir la Coupe du Monde devraient respecter. Dans une correspondance échangée avec Human Rights Watch, ils ont également affirmé qu’ils envisagaient de recourir à des libellés obligatoires pour les contrats, afin de fixer ces exigences. La FIFA s’est engagée à aborder la question des droits des travailleurs avec le gouvernement du Qatar.

Ces engagements représentent un début, selon Human Rights Watch, mais des mesures supplémentaires sont nécessaires. La FIFA devrait inciter le Comité Suprême Qatar 2022, l’organe officiel créé pour gérer la Coupe du Monde 2022, à exiger des entrepreneurs privés impliqués dans les travaux de construction liés à la Coupe du Monde qu’ils fixent des normes minimum applicables aux employés confermes au droit du Qatar et aux normes internationales du travail. Toute norme minimale imposée par le Comité Suprême aux entrepreneurs devrait notamment interdire formellement la confiscation des passeports des ouvriers, et exiger des entrepreneurs qu’ils prennent toutes les mesures possibles pour s’assurer que leurs employés n’aient pas à payer de frais de recrutement, ou pour rembourser ceux qui en payent. Le Comité Suprême devrait également recourir à des observateurs indépendants du travail pour rendre compte publiquement du respect par les entrepreneurs du droit du Qatar et des normes internationales du travail, a affirmé Human Rights Watch. L’organisation a également appelé les entrepreneurs privés à prendre l’engagement public de protéger les droits de tous les travailleurs associés à leurs projets, y compris en ce qui concerne les frais de recrutement et les passeports des employés.

« Le Comité Suprême Qatar 2022 a affirmé qu’il avait l’intention de suivre, voire de dépasser les normes internationales du travail dans la définition de ses politiques en la matière », selon Sarah Leah Whitson. « Ce que la communauté internationale veut entendre, ce sont des engagements précis, publics et applicables de leur part et de celle des entreprises de du bâtiment. La FIFA devrait également faire pression pour que de telles actions aient lieu, compte-tenu de sa promesse publique de promouvoir les droits des travailleurs au Qatar. »

Le rapport aborde également le problème préoccupant de la sécurité au travail des ouvriers du bâtiment au Qatar. Il souligne des divergences inquiétantes entre le nombre de décès d’ouvriers du bâtiment déclaré par les ambassades locales et celui qu’annonce le gouvernement. Par exemple, l’ambassade népalaise a déclaré 191 décès d’ouvriers népalais en 2010, et l’ambassade d’Inde a annoncé 98 décès de migrants indiens, dont 45 travailleurs pauvres victimes de crises cardiaques, rien que pour les premiers mois de l’année 2012. Un porte-parole de l’ambassade d’Inde a déclaré aux médias locaux que la vague de chaleur avait probablement contribué à ce taux anormalement élevé de défaillances cardiaques.

Pourtant, les représentants du Ministère du Travail ont déclaré dans une lettre adressée à Human Rights Watch qu’« au cours des trois dernières années, il n’y a guère eu plus de six cas de décès d’ouvriers. Les causes en sont des chutes. » L’absence totale d’obligation pour les entreprises de publier régulièrement les données concernant les ouvriers décédés ou blessés contribue à ce manque de transparence et d’information, selon Human Rights Watch.

« Comment le Qatar peut-il donner son feu vert en toute confiance à des projets de construction d’une telle ampleur, alors qu’ils n’ont aucune certitude ne serait-ce que sur le taux de travailleurs qui décèdent ou sont blessés dans le pays ? » a déclaré Sarah Leah Whitson. « Un premier pas très simple serait que le gouvernement enquête et publie des données exactes et détaillées sur le nombre, les circonstances et la localisation de cas d’ouvriers tués ou blessés dans le pays. »

Human Rights Watch, 12 juin 2012

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[Farnham, Québec] « Face à une machine qui ne discute pas, qui impose ses conditions par le diktat, le sabotage est une des façons de communiquer sa révolte en la joignant à d’autres, tout en imposant ses propres conditions aux escrocs au pouvoir »

Communiqué pour sabotage ferroviaire (Québec)

Une voie ferrée d’importance a été sabotée ce mercredi 13 Juin au soir, dans un secteur rural près de Farnham, Qc, en réponse à l’appel de la CLASSE pour des actions nationales contre la Conférence de Montréal, du « Forum Économique International des Amériques », un meeting de gros gangsters corporatistes.

Le système de signalisation a été déclenché en sabotant une boîte électrique contrôlant les signaux de train à une intersection, provoquant une éventuelle suspension de la circulation des trains sur cette voie durant quelques heures. Ce lieu a été soigneusement choisi, non seulement à cause de la facilité de la tâche, mais surtout l’importance de la marchandise qui y circule, notamment beaucoup de sale pétrole provenant des sables bitumineux de l’Ouest, avant que cette voie unique ne se sépare vers des destinations comme le techno-parc de Bromont, Sherbrooke et plus loin vers la Nouvelle-Angleterre.

Ce n’était qu’un début. Il y a de nombreux autres flux cruciaux au fonctionnement de ce système d’oppression et sa marchandise sacrée, et nous promettons de recommencer, et frapper des cibles qui feront toujours plus mal. Vu notre nombre indéterminé (ce n’est pas un « comité invisible » pour rien), il est fortement recommandé que chaque gréviste et sympatisant(e) s’y mette aussi la main à la pâte, seul(e) ou en groupe, car nous ne croyons pas que des manifs bien gentilles seront suffisantes pour perturber le système des « osties de crosseurs » et créer un rapport de force suffisant pour faire plier le Pouvoir. Et la preuve est là… des mois de grève, et malgré nos bons coups et grandes réussites, surtout face au despotisme judiciaire-policier, le gouvernement se fout toujours autant de nos revendications, et les flics s’en prennent maintenant à des dissident(e)s comme à de dangereux criminels. Nous sommes sous une dictature, car ce qui est un haut crime, maintenant, c’est la liberté.

De laisser son train rouler — celui qui lui permet de tirer profit de son exploitation dévastatrice — c’est de collaborer dans le silence. Assez de cette soumission de merde ! Ça ne peut plus continuer comme ça. La société techno-industrielle, parce qu’elle intoxique le vivant, doit être forcée à l’arrêt, sinon c’est elle qui nous forcera dans l’hécatombe. Fukushima n’a été que le premier signe de la catastrophe en cours. Nous voulons nous assurer que les capitalistes paient pour ces abus. Peut-être la facture n’a pas été assez salée pour eux, mais nous pouvons y ajouter notre grain de sel.

Le sabotage n’est pas une tactique avant-gardiste ou du vandalisme infantile, et ce n’est pas non plus de la provocation de la part de « casseurs étrangers au mouvement », comme ces sales flics nous crachent aux oreilles (qui est assez stupide pour encore les croire ?). Le sabotage a été par le passé un recours tout à fait rationnel et légitime, renforcissant toutes les grèves qui ont changé l’histoire. Face à une machine qui ne discute pas, qui impose ses conditions par le dictat, le sabotage est une des façons de communiquer sa révolte en la joignant à d’autres, tout en imposant ses propres conditions aux escrocs au pouvoir ; qu’ils marchent, ou que leur système crève !

Ce petit geste de résistance au train du capitalisme industriel — qui est maintenant devenu hors de contrôle — a été commis en solidarité avec tous-tes les arrêté(e)s en relation à la semaine du Grand Prix — où la Police se mit au service de Bernie Ecclestone, riche et fasciste notoire — en particulier pour Mathieu Girard, brutalement arrêté et détenu durant les funérailles de sa sœur (condoléances, camarade) et Andrea Pilote. Nous ne les connaissons pas, mais nous sentons profondément solidaires avec ces deux camarades victimes de violence policière. Comme avec les gens de la Fédération Anarchiste Informelle (FAI) d’Europe et d’Amérique du Sud, et les peuples autochtones de partout, en lutte pour le respect de leurs terres.

Du Comité invisible pour la Fin de leur monde – 15 juin 2012

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Nantes détourné (2)

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Dans les rues de Nantes en mai 2012

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[Poitiers] Arrestation d’un militant du DAL 86 à la suite d’un rassemblement

Nous évoquions il y a deux jours les attaques accrues de la police, de la mairie et de la presse à l’encontre des prétendus « marginaux » du centre-ville de Poitiers. Ces attaques faisant suite à la mobilisation du collectif des mal-logé-e-s et sans-logis de Poitiers. Ce collectif est soutenu par le DAL 86, lui aussi harcelé par la mairie, la presse et les flics.

Aujourd’hui encore est sorti un article dégueulasse (que nous ne rapporterons pas ici) dans la presse locale… en forme de florilège de témoignages de citoyens contre les « marginaux » (ça fait plus neutre que quand ce sont les journalistes ?). Aujourd’hui encore les flics ont patrouillé en centre-ville pour faire régner l’ordre citoyen contre les « marginaux » ; ils furent semble-t-il accompagnés pour un temps dans leur noble tâche par le maire PS. Aujourd’hui enfin, un militant du DAL 86 a été convoqué au commissariat pour être interrogé sur les actions de ce collectif (il est ressorti libre).

Mais à l’issue de cette journée, avait aussi lieu un rassemblement solidaire pour le droit au logement, à l’appel du DAL 86. Il s’agissait de protester par voie de tract contre « la guerre aux pauvres » menée par la police, la mairie et la presse.

Au moment de la dispersion (vers 19H20), les flics se sont rapprochés d’un militant du DAL, déjà nommément ciblé et calomnié par le maire sur le site de la mairie. Malgré les protestations du groupe, le militant a été embarqué dans une bagnole de flics venus exprès. À l’occasion, un flic a tenté d’empêcher une autre personne de prendre des photos, puis de demander à une autre d’enlever ses lunettes noires (!).

Le militant du DAL 86 a été emmené au commissariat, où un petit rassemblement a lieu. On vient d’apprendre qu’il est retenu en garde à vue !

Cette répression de plus s’inscrit hélas dans la continuité de celle menée par les pouvoirs municipaux, policiers et journalistiques contre la lutte pour le droit au logement.

Mais on va pas se laisser faire !

Liberté pour notre camarade et solidarité !
Un toit pour tou-te-s !

Infos à suivre.

Georges C. – Pavillon Noir, 14 juin 2012

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[Révolution tunisienne] Colère à Kasserine après le verdict du procès des Martyrs

Tunisie : Nuit d’affrontements à Kasserine ?

Des troubles auraient éclaté dans la ville de Kasserine en marge du verdict prononcé à l’encontre des 22 accusés impliqués dans les tueries perpétrées le 7 janvier 2011 dans les régions de Thala, Kasserine, Kairouan et Tajrouine qui ont fait 22 morts et des centaines de blessés.

En effet, ce verdict a été accueilli par une grande colère par les proches des martyrs et des blessés des événements de Thala et Kasserine présents à la salle de l’audience.

Dans la nuit, la situation se serait envenimée à Kasserine notamment dans les cités Ezzouhour et Ennour ou des pneus ont été incendiés, selon des témoignages recueillis sur les réseaux sociaux.

Les forces d’intervention, de la Garde Nationale et de police seraient intervenues d’urgence mais au fil des minutes la situation devenue chaotique, les forces de l’ordre auraient fait usage de bombes lacrymogènes et de tirs de somation face aux assaillants.

On dénombrerait même des blessés et des cas d’asphyxie ainsi que des arrestations, toujours selon les mêmes témoignages.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 14 juin 2012)


(…) À noter que le verdict de ce procès brûlant a été annoncé alors que l’opinion publique a été chauffée à blanc par l’affaire des tableaux d’El Abdellia, puis par les violences qui ont suivi. Autant dire que l’attention des Tunisiens a été braquée sur des questions a priori secondaires, devant l’importance des enjeux d’un procès historique, dont les résultats influent directement sur l’atteinte (ou pas) des objectifs de la Révolution. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Lotfi Ben Cheikh, Mag14, 14 juin 2012)

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[Moscou] Les méthodes de travail champêtres du chef de la « crime »

Vladimir Poutine consolide l’État policier russe

Arrestations, perquisitions, interrogatoires : depuis le retour de Vladimir Poutine au Kremlin pour son troisième mandat le 7 mai, « les Russes se retrouvent dans un État policier « , constate le journal des affaires Vedomosti dans un éditorial publié jeudi 14 juin.

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Alexandre Bastrykine

Le service « E » (pour extrémisme) du ministère de l’intérieur n’en finit plus de s’activer, le comité d’enquête est sur les dents, comme si les détracteurs de Vladimir Poutine — le blogueur anti-corruption Alexeï Navalny ou le léniniste de choc Sergueï Oudaltsov — constituaient à ce jour la plus grave menace pour la sécurité du pays.

Tandis qu’interrogatoires et perquisitions s’enchaînaient mercredi 14 juin pour la troisième journée consécutive, un scandale a éclaté, impliquant le chef des enquêtes criminelles de Russie, Alexandre Bastrykine, en charge des dossiers « sensibles » et réputé proche de Vladimir Poutine. Mercredi 13 juin, le journal russe d’opposition Novaïa Gazeta a accusé M. Bastrykine d’avoir menacé de mort son rédacteur en chef adjoint, Sergueï Sokolov, contraint, dans la foulée, de fuir à l’étranger pour sa sécurité.

« Vous avez brutalement menacé de mort mon adjoint, Sergueï Sokolov », accuse Dmitri Mouratov, le rédacteur en chef de Novaïa Gazeta, dans une lettre ouverte publiée par le journal.

Intervenant à la radio Écho de Moscou, Dmitri Mouratov a raconté comment, dans la nuit du 4 au 5 juin, le général Bastrykine, excédé par un article récent qui le mettait en cause, a ordonné à ses gardes du corps d’emmener Sergueï Sokolov… dans une clairière des environs de Moscou pour lui dire sa façon de penser.

Après avoir demandé aux gardes du corps de s’éloigner, le général a expliqué au journaliste qu’il pouvait aussi bien le tuer, précisant que l’enquête criminelle sur cet assassinat serait alors menée par ses propres services, autant dire à jamais enterrée.

SIX JOURNALISTES ET COLLABORATEURS ASSASSINÉS

L’épisode, « digne d’un film noir hollywoodien », selon Dmitri Mouratov, a mis le Landernau de la presse moscovite en émoi. Une trentaine de journalistes (sur les milliers que compte la capitale) ont tenté d’aller protester devant le siège du comité d’enquête, une dizaine d’entre eux ont été embarqués.

Journal d’opposition, Novaïa Gazeta frappe les esprits en raison de son triste record : six journalistes et collaborateurs assassinés depuis l’entrée en fonction de Vladimir Poutine en mars 2000.

À ce jour, trois enquêtes seulement ont abouti. Ni l’assassinat par balles d’Anna Politkovskaïa en 2006, la reporter critique du Kremlin, ni celui de Natalia Estemirova en 2009, la militante des droits de l’homme en Tchétchénie, encore moins l’empoisonnement de Iouri Chekochtchikhine en 2003, ce député de la Douma connu pour ses investigations sur la corruption, n’ont été élucidés.

Plus que la faiblesse du système judiciaire russe, c’est la volonté politique qui est en question. « Nous nous abstiendrons de citer ce que vous avez dit à Sergueï Sokolov de façon imagée sur le journal, sa politique rédactionnelle ou encore sur notre collaboratrice assassinée Anna Politkovskaïa », écrit Dmitri Mouratov dans sa lettre ouverte.

Qu’a bien pu dire Alexandre Bastrykine, par ailleurs professeur à la chaire « État et Droit » de l’académie du ministère de la justice, de la reporter Anna Politkovskaïa ?

C’est ce dernier qui dirige l’enquête sur son assassinat, sans beaucoup de succès. Le procès des tueurs à gage est sans cesse repoussé, les commanditaires restent introuvables et l’un des protagonistes du dossier, l’ancien policier Dmitri Pavlioutchenko, arrêté en août 2011, vient d’être libéré de prison dans l’attente d’une improbable comparution.

Les méthodes de travail champêtres du chef de la « crime » n’ont donné lieu à aucun commentaire officiel. « Pas de démission, pas la moindre responsabilité pour M. Bastrykine. Selon l’usage, il va certainement recevoir de l’avancement ou une médaille », prévoit Vedomosti.

Leur presse (Marie Jégo, LeMonde.fr, 14 juin 2012)

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Italie : Quelques nouvelles sur l’“Opération Ardire”

Informa-Azione a reçu et transmet :

13 juin : dans le contexte de l’opération “Ardire” qui s’est soldé par des mandats d’arrêt contre 10 compagnons ce matin, nous voudrions mentionner les perquisitions dans les maisons de trois camarades à Naples et de un à Spigno Saturnia (Latina). Les carabiniers du ROS ont saisi des ordinateurs, des clés USB, des brochures, des journaux, des tracts et des lettres de correspondance avec des prisonniers. Les perquisitions ont aussi été mené contre deux camarades dans la province de Lecce, où des lettres et un ordinateur ont été confisqué par la police. À Rome aussi la résidence d’un compagnon a été perquisitionné par les flics qui ont saisi divers matériaux électroniques et imprimés.

Une étreinte de solidarité aux compagnons arrêtés.

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14 juin : D’après les premières nouvelles que nous avons reçu, nous savons maintenant que Sergio Maria Stefani est retenu dans la prison de Regina Coeli (Rome) et Katia Di Stefano dans celle de Rebibbia (Rome). Ces deux compagnons ne peuvent pas voir leur avocat de la défense avant leur interrogatoire en prison qui est fixé au vendredi 15 juin.

Alessandro Settepani est incarcéré dans la prison de Pérouse, et ce matin son entrevue avec son avocat a été confirmée.

Paola Francesca Iozzi est aussi dans la prison de Pérouse, alors que Giulia Marziale est dans celle de Teramo.

Tous sont à l’isolement et ne peuvent recevoir de courrier. Nous donnerons plus d’info quand on en aura.

Solidarité avec les arrêtés et ceux qui ont subissent l’enquête et les perquisitions.

Aracnide/Arachnides – Caisse de solidarité contre la répression

Contra Info, 14 juin 2012

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La police travaille à Pantin

Tabassage, contrôle d’identité et arrestation à Pantin 4 chemins, 11 juin 2012

En fin d’après-midi, entre 18h et 19h à 4 chemins côté Pantin, la police a commencé à faire des contrôles de papiers, comme à leur habitude. Un gars a été menotté et les flics ont commencé à le frapper. Du sang a giclé, des gens sont alors intervenus et se sont fait gazer et frapper également. Leur solidarité a toutefois permis que les flics arrêtent de taper sur le gars.  Les gens n’ont pas accepté ce qui venait de se passer et se sont rassemblés, bloquant le carrefour. Des jeunes beaucoup mais aussi des vieux et des femmes du quartier qui ont assisté au tabassage et en ont été très choqués. De très importants effectifs de police sont arrivés sur place, en uniforme et en civil. Après de longues minutes de face à face et des sommations ils ont fait remonter les gens sur les trottoirs en les braquant avec leur flashballs. Trois autres personnes ont été arrêtées.

Une personne a été enfermée au centre de rétention de Bobigny, les trois autres libérées.

Le Chat Noir Émeutier, 14 juin 2012

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[España en el corazón] « Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte » (2)

En grève et en lutte pour la défense de leurs emplois face aux menaces de fermetures des mines, les mineurs espagnols continuent des actions comme des barrages d’autoroutes et mènent une véritable guérilla ouvrière. Ici, des mineurs affrontent les forces de répression lors de la journée de grève du 12 juin.

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Solidarité ouvrière, 14 juin 2012

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