[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 22 – « Mes sentiments je les avais laissés à l’entrée d’la prison »

Partie 22

Bois-d’Arcy c’était Mantes-la-Jolie en plus petit ça faisait même pas un mois que j’étais tombé et j’avais d’jà tout c’qu’il me fallait les parachutes pleuvaient en promenade mais tout était trop calme pour moi dans la prison toutes les villes s’entendaient bien et moi pour mettre de l’ambiance j’ai décidé d’entraîner deux poteaux pour carotte les parachutes de mecs d’une autre ville du 78… À 14 heures lors de la promenade les parachutes tombent comme prévu avec le nom de mecs d’une autre ville, d’habitude les mecs de Mantes les récupéraient et les donnaient tranquille aux autres qui étaient dans la promenade voisine, mais ça c’est fini maint’nant j’étais là LOL y a plus rien qui passe, une grosse guerre éclate dans Bois-d’Arcy c’était Mantes contre tout l’monde j’avais foutu en l’air la bonne entente qui régnait aïe aïe aïe j’étais un gros fouteur de merde j’ai déclenché la guerre parce que je connais trop bien la taule tôt ou tard quelqu’un se serait mangé une carotte du coup j’ai préféré prendre les d’vants sans pitié mes sentiments je les avais laissés à l’entrée d’la prison bientôt l’équipe de Mantes s’est divisée en deux ceux qui me suivaient et l’équipe des grosses tapettes genre qui voulaient pas de problèmes mais la plupart de l’équipe des tapettes c’était la première fois qu’ils tombaient ils savaient pas que en prison le seul mec à qui tu fais confiance c’est celui qui vient te voir au parloir. Un jour l’équipe des tapettes se sont mangé une carotte par des autres wallah des barres ma prédiction était juste tôt ou tard quand t’es gentil tu t’la manges profond « LA GENTILLESSE NE PROFITE QU’AUX GENS QUI NE LE SONT PAS ». J’connaissais les codes de la prison par cœur quand t’as d’la route à faire une grosse peine à faire la moindre erreur peut t’être fatale j’me suis entouré que des mecs comme moi des dingues qui étaient prêts à bouger pour moi comme moi pour eux qu’ils ont tort ou pas j’épousais leur cause à 100 % mais les matons quand ils voyent que t’as un comportement d’bonhomme ils se frottent même pas à toi ils te laissent tranquille voilà les codes indispensables quand t’as une grosse peine combien d’bagarres générales j’ai déclenchées laisse tomber juste un regard de travers c’était parti pour la troisième guerre mondiale MDR BEAUCOUP SERONT CHOQUÉS PAR LA VIOLENCE DE MON RÉCIT MAIS MON BUT C’EST D’VOUS PLONGER AU CŒUR DE LA RÉALITÉ DE LA VIE CARCÉRALE 100% RÉEL OUBLIEZ PRISON BREAK LOL.

Avec tous mes séjours dans toutes les prisons d’la région parisienne j’connaissais grave du monde et quand des pointures du banditisme arrivaient à Bois-d’Arcy ils savaient vers qui se tourner on s’était croisés dans d’autres taules donc naturellement c’est vers moi qu’ils se tournaient parce que Bois-d’Arcy youv ou pas t’fais l’malin tu finis sous la semelle de trente chacals en promenade on s’en foutait de ton pedigree y avait pas d’arme en prison donc youv ou pas c’était pareil tout l’monde était logé à la même enseigne… Un jour à Bois-d’Arcy un des membres de la famille de Gitans les plus célèbres de Paris tombe et le premier jour il est sorti en promenade regard froid trois-quarts en cuir en mode Al Capone en deux tours de promenade il a baissé la tête il a vite compris que les hyènes de Bois-d’Ar n’auraient pas hésité [à] lui tomber dessus j’aimais trop cette ambiance d’anarchie la loi d’Bois-d’Arcy était unique j’ai fait toutes les prisons d’Paname aucune était comme Bois-d’Ar… À cette époque j’étais en cellule avec Kamel et un autre mec de Poissy (78) Kamel avait encaissé ses dix piges et moi dans moins de trois ans je passerai à mon tour dans la cellule on tapait des barres on jouait aux cartes et celui qui perdait il avait le droit [à] un gage salé LOL Kamel et moi on trichait le pauvre le mec de Poissy mangeait tous les gages nous quand on perdait c’était des gages vite faits manger d’l’harissa faire des pompes etc. mais quand c’était le poteau de Poissy oulala MDR un jour alors qu’il avait perdu je d’mande à un tox d’la cellule d’à côté des cachets et on a fait un mix dans un verre qu’il a bu cul sec dans un premier temps rien mais une heure après il avait des hallucinations de fou il tenait des propos de dingue j’m’en rappelle Kamel et moi on a mis sa tête sous l’eau pendant des heures jusqu’à c’qu’il retrouve ses esprits on était en panique c’est la dernière fois qu’on a fait un gage LOL c’était ça la taule toujours sur le fil du rasoir des vrais fous le mec de Poissy aurait pu mourir on avait mélangé au moins vingt cachets différents. Les jours passent et se ressemblaient gamelle pompes promenade télé musique et blabla par la fenêtre téléphone jusqu’à l’aube on était d’venus des robots réglés comme des boîtes à musique le temps on n’y fait même plus gaffe les jours les mois les saisons c’était pareil le temps nous avait abandonnés il nous était d’venu banal qu’il pleuve qu’il neige même combat.

La seule fois d’la journée que j’avais l’cœur léger c’est quand j’parlais à Delphine elle me donnait des ailes même entre quatre murs elle était ma bouffée d’air pur on combattait à deux elle y croyait plus que moi son amour était sans limite et surtout sans faille… Elle savait rien des guerres du comportement de loup que j’avais en cage je la préservais de tout chaque parloir avec elle j’étais reboosté pendant un an elle m’en mettait plein les yeux du courage elle me semblait indestructible ma Toulousaine… UNE PENSÉE POUR TOUTES LES FEMMES FORTES CAPABLES DE TOUT PAR AMOUR C’EST VOUS QUI PORTEZ LE MONDE… RESPECT 🙂

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 21 – « La prison ça a jamais calmé personne »

Partie 21

Quarante-huit heures de garde-à-vue à la BRB pas un mot muet comme une tombe alors qu’ils m’avaient mis la fièvre ils me soupçonnaient d’avoir braqué une trentaine de banques on était plusieurs en GAV mais ils avaient d’yeux que pour moi ils voulaient tous voir à quoi ressemble « Oumar » le p’tit Black qui voulait acheter son île sur le compte de l’État, j’hallucinais mais ils connaissaient ma vie mieux que moi-même combien de sucre je mettais dans mon café etc. Ça fait trois mois qu’ils me suivent partout comme mon ombre y a un lâche un traître un enfant de tass qui avait passé un coup de tel anonyme à la BRB en disant : « JE VOUS SIGNALE QUE OUMAR VIENT DE SORTIR ET QU’IL VEUT MONTER UNE ÉQUIPE DE MALFAITEURS » il en fallait pas plus pour les keufs pour se mettre sur mes côtes mais la salade c’est qu’il y avait une taupe parmi les gens avec lesquels j’ai bossé au jour d’aujourd’hui je sais toujours pas qui c’est mais bon chaque chose en son temps mais j’garantis qu’il va exploser le jour ou on saura qui c’est… J’risquais trente ans oulala une peine de dinosaure mais j’avais pas l’choix j’assume tout trente ans ou pas fallait rester opé d’vant la BRB y a pas l’temps pour les regrets pas l’temps d’pleurer sur son sort c’est là qu’on voit qui braque pour la frime les meufs ou ceux qui braquent par détermination et conviction. J’étais prêt à donner ma vie pour ma cause donc leur cinéma de garde-à-vue de prison ça m’faisait rire je savais à quoi m’attendre, j’pensais qu’à l’évasion mais comment t’évader si tes gars les plus solides étaient en taule j’ai vite compris que ma peine j’allais bel et bien la faire quitte à la faire autant la faire comme un bonhomme s’entourer des meilleurs… Au tribunal j’étais prêt à tout endosser tout mettre sur mon dos parce que sans moi jamais ils auraient entrepris de tels vols à main armée ils étaient grands fallait qu’ils assument leurs actes mais ma philosophie ma mentale voulait ça comme j’étais celui que la BRB voulait je me devais de dédouaner ceux qui étaient pas trop grillés mais ça vous le saurez plus tard dans une autre chronique  :-)… Les keufs des quatre coins d’la France où j’avais fait des braquages défilent dans ma garde-à-vue mais ça allait vite parce que pour l’instant j’dis pas un mot un vrai muet y a vingt-quatre heures encore j’étais à l’air libre j’pensais à Delphine qui risque d’être anéantie en apprenant que c’qu’elle pressentait était arrivé que son homme venait d’être stoppé pour de longues années mais le choix qu’elle prit mérite à vie tout mon respect.

Me revoilà en prison à BOIS-D’ARCY j’étais pas arrivant mais plutôt un revenant LOL c’était la sixième fois que j’empruntais le long couloir d’la prison qui mène au grand quartier j’connaissais Bois-d’Ar par cœur j’avais fait déjà tous les bâtiments j’compte plus mes séjours au mitard MDR… J’arrive en cellule arrivant au BÂTIMENT E4 quand les jeunes apprennent que l’on était arrivés ça criait ça sifflait tout l’monde tapait aux portes tout l’monde m’appelait par la fenêtre c’était leur façon d’nous souhaiter la bienvenue j’connaissais tout l’monde que des gremlins des vrais requins ils avaient lu nos histoires dans les journaux parce que en prison ton affaire pour laquelle tu es tombé elle te sert de passeport parce que toujours après le fameux « BIEN OU QUOI ? » c’est « WESH T’ES TOMBÉ POUR QUOI ? » et si par malheur t’es une balance ou un violeur c’est chaud pour tes fesses tu danses le mia à chaque promenade où tu oses t’aventurer… Mais à Bois-d’Arcy c’était du sans pitié même quartier ou pas si tu tiens pas [la] route tu es mis à l’écart combien d’bagarres générales j’ai assisté entre mecs d’la même ville c’était la loi d’la jungle et dans la jungle y a que les lions qui s’en sortent donc j’ai décidé d’être un lion, un lion affamé j’laissais rien passer le moindre manque de respect se réglait en promenade j’avais pas l’choix d’sortir les crocs car « VALAIT MIEUX ÊTRE LE BOUCHER QUE LE VEAU » fallait être une crapulax pour s’en sortir crème en prison… J’atterris dans la cellule à un mec [de] mon quartier débrouillard il avait un téléphone et j’appelle direct Delphine qui n’avait pas attendu mon accord pour faire une demande de parloir tous les soirs j’m’endormais avec elle au tel elle était déterminée à m’attendre coûte que coûte deux fois par mois elle prenait l’avion Toulouse-Paris pour v’nir me voir au parloir alors que y a des meufs qui habitent à deux pas d’la prison mais préféraient faire une chicha que v’nir voir leur homme, Delphine habitait à 800 kilomètres mais pour son cœur c’était un détail même le poteau avec lequel j’étais en cellule hallucinait de voir la détermination de cette femme mashallah pour moi j’avais pas de qualité au point qu’une femme te donne sa vie sur un plateau d’argent mais elle puisait sa force dans notre amour elle misait sur le futur elle savait très bien que j’étais pas un mec qui dort et que j’assumerai ma femme et mes enfants d’une main de maître elle savait que tôt ou tard j’allais changer c’était sa motivation.

Tout l’monde me posait des questions sur ma manière de taf on était une équipe de trente jeunes issus pour la plupart du 78 Les Mureaux Trappes Chanteloup on se connaissait tous depuis les mineurs comme quoi la prison ça a jamais calmé personne c’était l’école du crime le grand quartier c’était la fac des voyous tu pouvais te perfectionner dans tous les domaines de l’illicite il te suffisait d’ouvrir les yeux en quelques tours de promenade tu pouvais d’venir expert en explosifs ou futur grossiste dans les stups j’avais même croisé un ex-convoyeur de fonds d’la Brink’s qui avait tué sa femme la promenade c’était le marché tout l’monde protégeait sa poule aux œufs d’or des barres… Un jour alors qu’on était en cellule mon pote et moi vers 13 heures le surveillant ouvre la porte et nous ramène un troisième codétenu on était dégoûtés on pouvait pas sortir les tel devant lui etc. on n’avait pas confiance du coup on lui pose des questions on voyait que dans ses réponses il était pas clair je fouille son sac puis trouve son mandat de dépôt (papier où est marqué pourquoi t’es en prison) oulalala c’était marqué « AGRESSION SEXUELLE ET VIOL SUR PERSONNE VULNÉRABLE » laisse tomber on l’a plié à coups de gifles et on l’a viré d’la cellule mais le violeur nous avait balancés du coup c’est mon pote et moi qui avons changé d’cellule ils nous ont séparés et le violeur est parti se cacher en isolement… ÇA FAISAIT À PEINE QUINZE JOURS QUE J’ÉTAIS EN PRISON ET J’ÉTAIS DÉJÀ GRILLÉ MAIS ÇA C’ÉTAIT RIEN COMPARÉ À C’QUE J’LEUR RÉSERVAIS.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 20 – « Mon empire que j’avais pas fini de construire allait tomber comme un château d’cartes »

Partie 20

À peine rentré à Mantes j’commence à tout organiser fallait un pilote et deux gars pour la grosse banque je trouve deux mecs opé plus l’Artificier était partant pour le gros casse je trouve un célèbre Audi surpuissant en cas de chasse… Mes gars étaient prêts à la guerre à chaque fois qu’on montait sur un casse on dormait tous dans la même planque pour que personne ne manque à l’appel… Pendant mes préparations je reçois un coup de tel de Delphine :

Delphine : Salut mon cœur tu m’manquais j’voulais entendre ta voix avant d’aller au taf.

Moi : Tu m’manques aussi ma puce mais t’inquiète j’en ai pas pour longtemps je règle un truc et j’remonte et j’suis totalement à toi.

Delphine : J’ai hâte bébé et je voulais te dire quelque chose !?

Moi : J’t’écoute mon cœur.

Delphine : Sache que quoi qu’il arrive je t’appartiendrai toute ma vie et si tu tombes j’t’attendrai même une vie entière bébé.

Les femmes sont trop fortes elle avait pressenti que il allait s’passer une dinguerie avec Delphine j’ai appris que l’amour n’existe pas il existe que des preuves d’amour… C’est tellement vrai parce que tu peux rester avec une personne pendant des années quand tout va bien c’est cool mais quand arrivent des épreuves c’est là qu’il faut prouver les milliers de je t’aime envoyés pendant dix ans par SMS à sa moitié LOL pendant des années Delphine me prouvera qu’une femme amoureuse de fou surmonte les épreuves même si c’est dur un jour elle m’a dit « JE NE SUIS PAS EXCEPTIONNELLE TU ES L’HOMME DE MA VIE J’AI PAS L’CHOIX D’T’ATTENDRE » ET LÀ J’AI COMPRIS QUE DERRIÈRE CHAQUE BONHOMME IL Y AVAIT UNE FEMME MASHALLAH… Après avoir rencontré toutes ces femmes exception­nelles je ne pouvais que changer c’était une leçon de vie respect à toutes les femmes et les hommes qui assument leur couple même quand y a de l’orage maladie, ou épreuve de fou c’est là qu’on voit qui est qui UNE PENSÉE POUR TOUS LES COUPLES QUI VIVENT UNE ÉPREUVE DE DINGUE COURAGE APRÈS L’ORAGE LE SOLEIL BRILLERA INCH’ALLAH ET VOS ENFANTS SERONT FIERS DE L’HISTOIRE DE LEURS PARENTS… Dieu éprouve ceux qu’il aime à toi d’avoir les reins solides pour surmonter l’épreuve je sais que dans nos rues y a plein de futurs « Oumar » de jeunes lions prêts à mordre tout c’qui lui semblait nuisible mon empire que j’avais pas fini de construire allait tomber comme un château d’cartes.

Les heures passent dans la planque ça r’garde la télé ça papote moi j’étais concentré à voir si il n’y avait aucune faille dans mon plan parce que j’avais la responsabilité de trois mecs mais bon tout était carré si un truc se passait mal ce serait sûrement à cause d’un imprévu trois heures avant l’ouverture on s’habille, pas un bruit dans la pièce tout le monde était dans sa bulle H-2 j’donne le top arme à la ceinture on prend l’autoroute direction la Normandie on roule tranquille la musique à fond des niqués d’la tête on arrive trente minutes avant l’ouverture d’la banque et c’qu’on voit nous a rendus dingues le camion d’la Brink’s était en train de remplir la banque oulala jackpot on était comme des fous dans la voiture on avait compris que si tout se passait bien on allait repartir les poches pleines de billets d’banque dès que le camion a fini à l’ouverture d’la banque on rentre en piste c’était à nous de jouer chacun savait ce qu’il avait à faire j’m’occupe de la direction et la salle des coffres on charge et on sort on rentre dans l’autoroute à fond mais dans le sens inverse une voiture de jeunes braqueurs de chez nous qui nous reconnaissent et nous font des appels de phare mais eux ils avaient la BRB qui les suivait discrètement depuis l’matin donc la BRB ont compris l’manège et ils mettent toutes leurs unités discrètement sur nous ils étaient sûrs qu’on revenait d’un casse arrivés au péage de Mantes une vingtaine de gendarmes étaient là pour une opération alcootest mais nous à la vue des gendarmes on défonce le barrage alors qu’il était même pas là pour nous six motards de la gendarmerie nous prennent en chasse la chasse a duré cinq minutes au premier virage on fait des tonneaux et on s’écrase dans un mur tous les quatre on sort d’la voiture et part en courant chacun prend sa direction moi un sac de billets à la main je saute de pavillon en pavillon puis à la vue d’un bus tente de m’y engouffrer impossible j’étais considéré comme le chef de l’équipe les keufs connaissaient ma tête par cœur dès que je sors du pavillon trois motards surarmés bientôt rejoints par les spécialistes de la BRB me défoncent sans pitié et me jettent dans leur coffre c’était la fin le p’tit Oumar allait direction la prison on se fait tous attraper sauf l’Artificier qui avait semé les keufs en marchant calmement il part en Espagne sa cavale a duré trois mois dès qu’il a mis un pied en France c’était mort.

Voilà c’était la fin des haricots la fin du film la fin d’la belle vie toutes les bonnes choses avaient une fin et moi j’assumais tout c’que j’avais fait je ne regrettais rien c’est toutes ces choses ces gens ces événements qui ont fait que je suis l’homme que je suis maintenant les épreuves ou te tuent ou te renforcent et moi ça m’a renforcé À TOUS LES P’TITS OUMAR VOUS SAVEZ C’QUI VOUS ATTEND D’AVOIR LES YEUX PLUS GROS QUE LE VENTRE… Maintenant commençait pour moi une autre épreuve celle de la taule mais ça vous le saurez en lisant mes prochaines parties la famille :-).

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[Inde] Des armes, des chouettes, des brillantes

PIQUANT – L’Inde investit dans le piment pour s’armer

Sur l’échelle de Scoville, qui permet de classer la force des piments, le bhut jolokia obtient plus d’un million d’unité, contre à peine 5000 pour le Tabasco. En 2007, ce petit fruit originaire du nord-ouest de l’Inde a été distingué par Le Livre Guinness des records comme le piment le plus épicé au monde. Depuis, un fruit australien lui a ravi le titre, mais le piment indien continue de susciter l’intérêt, y compris de son propre gouvernement note The Guardian. Ses propriétés exceptionnelles pourraient bien en faire le prochain atout de l’armée indienne.

Le ministère de la défense indien investit en effet dans le petit fruit rouge pour équiper ses troupes. Des grenades employant du jus de piment très concentré ont ainsi été testées pour maîtriser des émeutiers, dans la région du Cachemire notamment. Autrefois utilisé par les fermiers comme un repoussant contre les éléphants, le piment pourrait ainsi être exploité pour son effet paralysant. Selon le Guardian, la capsaïcine – le composé chimique qui fait tout le piquant de ce piment – prive de sens tous les courageux qui s’y frottent.

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« L’explosion d’un récipient contenant de la capsaïcine dans un repaire de terroristes pourrait leur faire lâcher toutes leurs armes à la première inspiration », note le docteur Anuj Baruah, chargé d’étudier les propriétés du fruit pour le ministère de la défense. L’Inde envisage notamment d’utiliser le piment pour « contrôler les foules et maîtriser les émeutes », note le quotidien britannique.

Un usage qui pourrait profiter aux régions pauvres du nord de l’Inde. Le kilo de bhut jolokia séché se vend 1800 roupies (26 euros), une manne économique dans cette partie du pays où le revenu moyen quotidien d’un fermier est de 150 roupies (2,2 euros). Le gouvernement régional de l’Assam, berceau du bhut jolokia, offre ainsi des subventions à tous ceux qui cultivent la plante. L’ONG Trinity a même développé un programme avec 2000 fermiers de la région pour investir dans le bhut jolokia.

Leur presse (blog du Monde Big Browser, 30 juillet 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 19 – « Ma rage n’est qu’une réponse radicale à leurs humiliations »

Partie 19

Anesthésié ne distinguant plus le bien du mal j’avais les pieds joints dans l’illicite quand je rentrais chez mes parents j’avais du mal à regarder ma mère dans les yeux parce que je savais que j’allais tomber tôt ou tard que le compte à rebours était d’jà en route quand je l’embrassais sur le front j’étais qu’un fils indigne même si ma rage était justifiée la manière ne l’était pas « JE L’AIME LA FRANCE JE PLAIDE LE CRIME PASSIONNEL » on dit qui aime bien châtie bien en voyant comment la France nous avait abandonnés j’pense qu’elle nous aimait à la folie LOL je suis né au bled depuis l’berceau j’étais là j’ai grandi là j’ai été élevé ici mais même avec ma carte j’étais qu’un clando LOL… En 2000 alors que j’avais purgé ma peine dans une des prisons françaises le jour de ma libération la République m’avait fait un joli cadeau ils m’avaient envoyé des gars de la préfecture qui venaient me faire signer un arrêté ministériel d’expulsion « J’AVAIS MANGÉ LA DOUBLE PEINE » la double peine consistait à faire sa peine de prison et quand t’as fini tu rentres dans ton bled. Vu que j’étais pas né ici même si j’étais v’nu bébé y avait pas de différence, enchaîné aux pieds et aux mains c’est dans un centre de rétention que je finis avec cent clandos purs et durs qui étaient v’nus illégalement dans des soutes à bagages ou dans des embarquements de fortune c’est là que j’ai réalisé que je n’étais pas Français et que à la moindre salade je prends la porte de l’Hexagone mon vol pour Nouakchott (capitale de la Mauritanie) était prévu dans trois jours… Heureusement que ma famille m’avait pris l’un des meilleurs avocats du 78 il pose un recours d’vant le tribunal administratif qui me libère sur-le-champ wallah pour un jeune âgé seulement de 18 ans c’était déstabilisant cette épreuve m’a permis d’avoir un pied dans la réalité je savais que personne te ferait de cadeau et que quand tu fais un truc fais-le bien, dans l’illicite ou pas la Cour européenne a condamné la France pour mon séjour en centre de rétention car ils avaient pas l’droit de m’y mettre comme ça faisait dix-sept ans que j’étais en France non-stop… Je les remercie parce que ça m’a renforcé ma détermination était plus radicale tous les moyens étaient bons pour parvenir à mes fins j’étais en colère mais ma colère était saine SI ILS FOUILLENT BIEN ILS VERRONT QUE MA RAGE N’EST QU’UNE RÉPONSE RADICALE À LEURS HUMILIATIONS…

Faut pas s’étonner de faire de nous des marginals qui vivent en dehors d’une société qui nous avait abandonnés sur la route y avait que dans l’illicite qu’ils te d’mandaient pas ton CV LOL on jouait nos vies chaque jour à la roulette russe ça peut s’apparenter à un suicide mais vivre comme des morts-vivants entassés dans des tours HLM c’est être mort donc vu qu’on était morts on n’avait rien à perdre je fonce tête baissée dans l’illégal et assume tout parce que « MA RAGE ÉTAIT JUSTIFIÉE C’EST LA MANIÈRE QUI NE L’ÉTAIT PAS »… On venait d’échapper à un barrage de keufs c’était chaud mais au lieu d’me calmer ça a été pire dans la s’maine on part pour le 60 (Compiègne) pour une série de banques et cette fois pour changer on s’est tous postichés (fausse perruque barbe rasta etc.) on rentre mais ça s’passe mal la directrice ne voulait pas coopérer on décide de partir bredouilles mais pour couvrir notre fuite on prend la directrice en otage et un banquier qui jouait les héros on les libère sur le périph’ puis on rentre à Mantes dégoûtés de l’échec qu’on venait d’avoir on y r’tourne le lendemain des fous malades on retourne dans la même banque en plus la banque était proche de la gendarmerie mais dopés par l’adrénaline rien ne pouvait nous arrêter on prend c’que l’on peut et à nouveau on part avec un otage… Notre violence faisait que grandir « IL ME RESTAIT UN MOIS EN LIBERTÉ AVANT D’MANGER LA GAMELLE DANS 9 MÈTRES CARRÉS MAIS ÇA SEUL DIEU LE SAVAIT » je décolle une fois d’plus pour Toulouse où lors de mes nombreuses visites je rencontre la femme de mes rêves une bourgeoise d’une famille de chercheurs au CNRS une blonde d’une beauté envoûtante d’une élégance sans égal… Je vous raconterai dans une autre chronique comment j’ai rencontré Delphine… J’arrive à Toulouse Delphine vient me chercher à l’aéroport puis on part pour un week-end en Espagne, Delphine était le genre de fille que t’oses pas draguer parce que la recale était inévitable elle avait une culture sans fin mais parlait d’une simplicité j’avais l’impression que l’on se connaissait d’jà d’puis dix ans tellement le courant passait à merveille tellement quand elle m’a d’mandé c’que j’faisais dans la vie je lui ai dit « BRAQUEUR » elle m’a fait un sourire elle m’avait pas cru une seconde, ça m’arrangeait et elle pouvait compter sur moi pour ne pas insister LOL.

Ça faisait trois semaines que j’étais à Toulouse avec Delphine un jour je sais pas c’qui m’a pris je lui dis « Promets-moi si un jour je tombe que tu me quittes et refasses ta vie » elle me dit non et à force d’insister pour me faire plaisir elle me dit OK OK mais je savais pas mais elle était déterminée en amour… C’est sur ces mots que je rentre à Mantes et prépare un gros braquage celui d’une grosse agence de Normandie… JE SAVAIS PAS ENCORE MAIS CE SERAIT MON ULTIME ET DERNIER.

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 18 – « Elles étaient prises dans les mailles de la loi machiste du ghetto »

Partie 18

Jade mine de rien marquait des points dans ma conscience mais mon orgueil de youv m’empêchait de montrer mes sentiments cette fille a marqué à jamais ma vie elle a su m’aimer moi le piranha du Val-Fourré à mille lieues de son mode de vie mais à c’qu’il paraît les contraires s’attirent, je le confirme on a tout à apprendre des gens différents donc FUCK LES RACISTES qui font tout pour qu’on se détruise à cause de nos différences couple mixte ou pas l’amour s’en bat les couilles de ta couleur tant que c’est du sérieux l’enfant qui naîtra un jour aura la couleur de l’amour et personne n’y pourra rien Jade ne comprenait pas pourquoi je me refusais à l’amour qu’elle m’offrait, mais bon je fuis encore comme un lâche pour la préserver des parloirs des larmes des cauchemars des absences de l’homme qu’elle aime j’ai déserté sa vie une bonne fois pour toutes ça me faisait mal mais fallait que j’le fasse l’appel de l’argent sale était plus puissant que l’amour d’une fille qui t’offre sa vie sur un plateau d’argent… Quand j’y pense maintenant j’hallucine de la stupidité d’ma gamberge je vis pas avec des regrets mais des filles bien c’est aussi rare qu’une pute à son compte alors quand t’en as une dans ta vie ne la lâche surtout pas « PARCE QUE C’EST AU BRUIT QU’IL FAIT QUAND IL PART QUE TU RECONNAIS LE BONHEUR » on dit tous que on a l’temps d’se refaire dans les bras d’une autre « COMME SI LE TEMPS LUI AVAIT L’TEMPS » un conseil respecte même si t’es le thug des thugs joue pas avec la femme qui t’aime d’un amour cancéreux protège la chérie fais d’elle une reine aime-la comme t’aime ta mère offre-lui ta vie avec un thug mariage c’est ça être un bonhomme… Ma peine de prison m’a beaucoup changé j’ai retrouvé mes valeurs que j’avais toujours mais j’avais mis en mode pause pour privilégier ma vie de youv comme faire le thug alors que ta mère fait ses courses à Lidl comment faire le thug si t’habites en HLM poteau éteins ta télé et réveille-toi c’est c’que j’aurais dû me dire à l’époque mais j’assume tout c’est ce passé qui fait de moi c’que je suis aujourd’hui un bonhomme respecté qui respecte mille fois plus le mec qui me respecte mais si ça teste et ça fait l’imitation kaïra je suis prêt à redémarrer d’une violence sans nom « QUI VEUT LA PAIX PRÉPARE LA GUERRE »… L’Artificier et moi décidons de faire une pause donc je prends un pote avec moi et m’envole pour Toulouse.

Le Sud nous voilà jusqu’en Espagne accompagnés d’un pote on fait toute la côte plages espagnoles c’était du lourd tous les youv de Paris avaient investi en Espagne les filles étaient mashallah rien à voir avec les meufs du ghetto en mode bonhomme pour pas passer pour des tass elles se sapent comme des mecs les pauvres c’est pas d’leur faute elles étaient prises dans les mailles de la loi machiste du ghetto « une spéciale dédicace aux graguettes » LOL (meufs de ma tess) mais en Espagne rien à voir les filles assumaient 100 % leur féminité jusqu’au bout des ongles je claquais l’oseille comme des billets de Monopoly le monde était à moi le petit Oumar avait grandi et avait les moyens de ses ambitions et si par malheur y avait plus d’oseille c’est sans hésitation que je remets la cagoule et les gants… Après quinze jours de rêve en Espagne on pose nos bagages sur Toulouse la fameuse ville rose c’est sur les conseils d’un poteau de Nanterre (92) qu’on se pose à Toulouse c’était une grande ville la quatrième ville de France et je suis tombé love de cette ville universitaire 60 % de jeunes j’me sentais comme un poisson dans l’eau l’Artificier était resté au quartier il avait investi sur un bolide qui lui a duré une heure MDR il fait une marche arrière dans la tess l’œil des gens était puissant il cartonne son bolide c’est dégoûté qu’il me raconte au tel MDR… On était déconnectés d’la réalité les gens normaux suaient pour 1300 euros et nous on claquait des 2000 euros par soirée mais c’était rien ça comparé au plan que j’avais en tête… HEAT ce film m’a rendu ouf j’voulais faire mieux que le film pourtant dans l’film j’étais prévenu que ça finissait mal mais j’voulais changer la fin d’mon film j’étais persuadé que y avait moyen même en vacances mon obsession pour monter mon équipe de malfrats était toujours là j’y pensais 24/24… On a passé des vacances impeccables puis on rentre au quartier à peine le pied à Mantes je décide d’organiser un gros braquage sur un bowling qui le week-end était blindé je connaissais une meuf qui travaillait au vestiaire du bowling, le bowling faisait 200’000 euros de recette par week-end mais il me fallait au moins cinq personnes déterminées pour ce casse j’en parle à l’Artificier qui était opé le Turc était partant il me manquait trois soldats qui même sous la pression des keufs ne diraient rien j’ai vite fait l’tour personne à l’horizon.

Fallait se rendre à l’évidence y avait pas un chat tous mes gars sûrs étaient à l’ombre j’étais condamné à attendre leur retour mais j’étais impatient ma soif de braquer continue on se met même à braquer deux banques d’affilée dans deux villes différentes un jour on a eu chaud alors qu’on était dans une banque sur un coup de tête on décide d’en taper une autre d’affilée le problème c’est que l’on s’est concertés dans la salle des coffres en présence du directeur que l’on a fini par oublier mais cet oubli a failli nous coûter cher on fait irruption dans la deuxième banque mais là les keufs savaient qu’on allait la faire on prend l’argent et à la sortie c’était bizarre toutes les rues désertes alors que dix minutes avant y avait du monde. La police avait fait évacuer les rues et avait installé des barrages on sort au culot fonce et réussit à franchir le barrage puis on disparaît dans l’autoroute… C’qui nous a sauvés ce jour-là c’est que le barrage était en préparation… CE QUE JE SAVAIS PAS ENCORE CE JOUR-LÀ C’ÉTAIT QU’IL ME RESTAIT QUE DEUX MOIS DE LIBERTÉ AVANT DE TOMBER POUR DE LONGUES ANNÉES.

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[Dijon] Sortie du journal « Le Génie du Lieu » n° 1

Le Génie du lieu est un journal d’expression du quartier des Lentillères. Il s’agit d’une publication produite par les personnes en lutte contre le bétonnage des terres de l’ancienne ceinture maraîchère, rue Philippe Guignard à Dijon. Ce premier numéro se propose de présenter deux ans de réappropriation du quartier au travers des diverses initiatives entreprises…

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ÉDITO

Depuis plus de 2 ans, divers collectifs et individus se sont réappropriés les friches de la ceinture maraîchère abandonnée rue Philippe Guignard. Cette dynamique, au départ insuflée par l’occupation d’une parcelle pour créer un potager collectif (le Pot’Col’Le voir p. 2), s’est largement répandue sur toute la friche. Aujourd’hui, parallèlement au Pot’Col’Le, une dizaine de petits potagers vivriers ont essaimé (p. 8), des ruches sont en place (p. 2) et leurs acteurs se rencontrent autour de fêtes, jeux et autres barbecues (p. 5). Les maisons et champs délaissés, se repeuplent petit à petit (p. 7), des demandeurs d’asile ont trouvé refuge par ici (p. 4) et plus récemment une ferme maraîchère s’est installée sur les terres, avec pour objectif de produire des légumes pour le quartier (p. 6). Bref, ce que la mairie considère comme une friche abandonnée, que seule la destruction et le bétonnage pourrait sortir de sa létargie, est en fait un espace fourmillant de vie et d’idées.

Avec le premier numéro de cette modeste publication de quartier, nous voulons présenter les diverses initiatives engagées depuis deux ans sur la friche. Ces initiatives ne sont pas des « projets alternatifs » ou une « contre proposition » hypothétique à l’écoquartier de la mairie. Nous les vivons et les construisons concrètement au quotidien, et chaque jour qui passe, cette dynamique se renforce. Le bouillonnement actuel est fait de mondes qui se croisent et s’enrichissent : voisins ancrés dans le quartier depuis des années, familles des HLM alentours, jardiniers, demandeur-e-s d’asile et soutiens associatifs et militants, squatter-e-s, groupes d’amis et passants.

Ce petit journal de quartier à publication apériodique s’intitule le Génie du Lieu. La formule ne vient pas de nous, mais de l’urbaniste Nicolas Michelin, qui fomente depuis quelques années la destruction de ce quartier. De manière démagogique, celui-ci affirme : « Le génie du lieu, c’est l’impression, l’air, l’atmosphère… […] Nous devons nous imprégner de ce qui existe, de l’histoire, des hommes avant de construire. C’est la base de notre métier d’urbaniste. Je ne comprends pas ceux qui inventent des systèmes complexes sans tenir compte de l’existant. » (Le Journal du Palais, du 26 septembre au 2 octobre 2011)

Nous sommes l’existant, un existant qui participe à la vie de ce quartier que nous avons rebaptisé le quartier des Lentillères. Nous ne nous laisserons pas duper par leur beau discours et défendrons tout ce que nous contruisons ici, loin de leurs concepts urbanistiques aseptisés et prémâchés.

 

Le Jardin des Maraîchers / Brassicanigra

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 17 – « J’voulais aller chercher l’argent où il est quitte à manger une peine de dinosaure »

Partie 17

On rentre à la cité après notre voyage à Cherbourg on a failli y laisser des plumes mais « CE QUI NE TUE PAS NOUS REND PLUS FORT » donc c’est plus forts qu’on rentre à Mantes la 6t avait pas bougé d’un poil tout le monde était en mode pause t’avais beau partir six mois rien n’aurait changé toujours la même routine les mêmes en bécane les mêmes à dealer dans le hall déjà que j’étais pas trop pour dealer au détail du shit mais quand l’héroïne a fait irruption dans la tess combien d’clients j’ai dû chasser à coups de baffes mais ceux qui vendaient la mort c’était des mecs avec qui j’m’entendais bien des mecs avec qui j’ai grandi donc en souv’nir du passé j’pouvais pas entrer en guerre avec eux je les ai laissés eux et leur consience mais ils savaient très bien c’que j’pensais de cette merde mais comment en vouloir à des hyènes ils avaient une mentalité pirate je savais tôt ou tard qu’ils allaient se manger entre eux jusqu’à s’entretuer pour le hall qui vendait le mieux la mort j’étais spectateur impuissant de toute cette tragédie urbaine pourtant en dehors du deal c’était des mecs bien mais quand l’argent s’en mêle y avait plus rien qui comptait « nique sa mère tout l’monde » c’était leur philosophie au quartier fallait t’méfier de tout le monde tes poteaux d’aujourd’hui seront tes ennemis de demain plus la somme en jeu est conséquente et plus tu risques d’être trahi j’avais grandi parmi les loups mais j’avais une mentale plutôt mourir que trahir ou balancer un proche mais ça a changé dans nos rues les balances marchent la tête haute et tout le monde leur parle leur serre la main quand tu demandes à un mec pourquoi il parle avec une balance il te répond « TANT QU’IL M’A PAS BALANCÉ TRANQUILLE » oulala c’était hallucinant la 6t en dix ans avait grave changé plus d’repères plus d’respect mais Dieu merci j’ai été épargné je suis passé entre les gouttes j’passais pour un ouf parce que j’mangeais pas à la table du Sheytan j’ai misé sur les armes moi j’voulais aller chercher l’argent où il est quitte à manger une peine de dinosaure j’ai jamais vu quelqu’un réussir dans l’illicite faire sa place au soleil sans manger d’la prison à part si c’était une balance… C’est dans cette ambiance que l’Artificier le Turc et moi rentrons au Val-Fourré après un bref passage dans nos familles respectives on se retrouve pour élaborer un plan braco je montais jamais sur un coup si c’était pas moi qui avais tout planifié.

J’prends ma voiture et roule en pleine nuit à la recherche d’une banque appétissante… J’m’arrête dans une région proche de Mantes j’trouve un Crédit Lyonnais impeccable le lendemain j’explique mon plan aux deux autres qui me faisaient 100 % confiance tous mes plans étaient carrés on décide de passer à l’action le lendemain matin 8h30 l’Artificier grosses lunettes et perruque blonde se présente devant l’agence bancaire il sonne puis entre arrivé à l’intérieur il saute le comptoir puis m’ouvre le sas je rentre cagoulé alors que le Turc nous attendait au volant d’la voiture dehors j’entraîne la directrice dans la salle des coffres pendant ce temps-là l’Artificier faisait entrer les clients normalement pour ne pas éveiller les soupçons à l’extérieur pour les allonger derrière le comptoir y avait un minuteur dans les coffres on était obligés d’attendre trente minutes avant que les coffres s’ouvrent trente minutes dans ces moments-là c’est équivalent à vingt-quatre heures dans la vie normale c’était chaud on a dû gérer vingt personnes sans se faire cramer le décompte est terminé je charge les sacs et dans notre fuite c’était chaud les keufs avaient notre signalement si on aurait roulé jusqu’à Mantes on aurait mangé un barrage de flics à mi-chemin on s’arrête dans un camp de gens du voyage qui nous ont planqués le temps que ça se calme quand l’orage est passé on disparaît on donne quand même 10’000 euros à la famille de Gitans qui nous ont sauvé la mise… Après ça je reçois un appel de Jade qui m’invite à passer le week-end chez elle j’accepte j’avais besoin de décompresser Jade voulait qu’on se remette ensemble et moi il était hors de question que je m’engage dans une relation c’était pas l’moment en plus Jade m’avait tapé un scandale pour un Décatlhon j’imagine même pas si elle apprend pour les banques elle aurait eu une crise cardiaque la pauvre mais elle voulait mon bien ma Normande c’est pour m’éviter la taule qu’elle me prenait [la] tête mais moi j’avais la tête sous l’eau j’voulais le beurre et l’argent du beurre trop gourmand avec tout l’oseille qu’on avait j’pouvais rester un an en vacances mais j’voulais toujours plus un jour Jade m’a fait jurer de plus braquer j’ai juré mais j’m’en foutais j’avais trop les crocs et c’est c’qui me perdra plus tard FAUT SAVOIR SE CONTENTER DE C’QUE L’ON A PARCE QUE SINON DURE SERA LA CHUTE… Jade malgré ma folie a toujours su que derrière le thug braqueur se cachait un mec bien qui était prêt à tout pour fuir l’ghetto.

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[Hunter Valley, Australie] C’est beau des pelleteuses qui crâment

Hunter Valley : Des pelleteuses brûlées

31 juillet: Dans la vallée Hunter située dans l’État du New South Wales, trois pelleteuses ont été incendiées, causant près d’un million de dollars australiens de dommages, entravant les travaux du projet de route express Hunter.

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Les pelleteuses brûlées ont été découvertes en feu vers 20h40 dimanche soir [29 juillet]. La police et les pompiers sont tombés sur deux pelleteuses en feu, alors qu’une troisième était déjà détruite par le feu.

Le feu a mis plusieurs heures à s’éteindre de manière sûre, parce que le diesel alimentait les flammes… Un certain nombre de véhicules lourds garés sur le chantier ont également été abimés.

Traduit de l’anglais (Disaccords, 31 juillet 2012)

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Marseille l’été… Son soleil, ses plages … et son centre de rétention !

Pendant que les touristes se prélassent au bord de l’eau, visitent le vieux port en chantier et sirotent leur pastis en attendant 2013, la machine à expulser poursuit son cours…

Dans le centre de rétention, la tension monte. Le centre est plein, environ 120 retenus. En sous effectifs, les keufs demandent des renforts à la préfecture. D’ailleurs, ils n’autorisent qu’un parloir à la fois.

Depuis 15 jours une grande partie des retenus font le ramadan. Ce qui implique une modification des horaires (repas à 21h, fermeture des cellules de 23h à 3h), et une tension palpable à l’intérieur du centre.

Les retenus sont gavés de médicaments, et si malgré tout ils se rebellent, ils ont droit à une injection.

Ces derniers jours il y a eu des tabassages en règle.

Petite chronologie non exhaustive des événements des derniers jours :

Dans la semaine du 23 au 28 juillet, un retenu se taillade le bras. Il est amené menotté à l’infirmerie. Le docteur lui fait une piqûre. De retour à sa chambre, il s’endort pendant 18 heures.

Dimanche 29 juillet
Expulsion de 13 personnes vers la Tunisie. Départ du centre à 6 du mat. 4 retours volontaires sont embarqués sans difficulté. Parmi les 9 autres, l’un part en courant dans la cale du bateau où il y a toutes les voitures de touristes. Il casse une vitre de voiture. Les 8 autres en profitent pour s’éparpiller dans différentes directions. Les flics n’étant pas assez nombreux, ils décident de ramener les retenus au centre.

Lundi 30 juillet
Refus d’embarquement d’un marocain par avion.

Un téléphone avec  caméra et appareil photo intégrée est dans le centre de rétention. C’est un téléphone interdit, afin d’éviter la diffusion à l’extérieur d’images dérangeantes… Un retenu, connu dans le centre pour être une balance, protégé par les flics, leur en parle. Les flics récupèrent le téléphone, vers 3h du mat. Les retenus ne se laissent pas faire. Dans le bordel, un retenu se casse le pied. Comme la police ne veut pas amener le blessé chez le médecin, les retenus décident d’appeler les pompiers. Une fois devant le portail, les flics ne laissent pas rentrer les pompiers. Les retenus insistent à plusieurs reprises pour que les flics acceptent d’amener le blessé à l’hôpital. Au bout d’un certain d’un temps, trois flics enfilent des gants, et amènent prétendument le retenu chez le médecin. En fait ils l’emmènent dans une salle sans caméra et le frappent.

Mardi 31 juillet
Le soir, du shit est envoyé de l’extérieur dans la cour de promenade. Un retenu le prend.  Les flics l’identifient à l’aide des caméras. Ils l’emmènent dans une pièce sans caméra.

Ils utilisent une matraque électrique pour le mettre ko. Une fois au sol, ils le frappent.

Ce sont toujours les 3 même flics qui agissent, pendant que 2 sont à l’intérieur et tabassent, le troisième reste devant le porte fermée pour couvrir ses collègues.

Quand les fics s’en vont, le retenu est au sol inconscient. Ce sont les autres retenus qui l’évacuent et le réaniment à grande eau.

Régulièrement les flics doivent compter nominativement les retenus. Dans le centre il y a des interphones qui permettent à la police de faire l’appel sans avoir à se déplacer. Les interphones peuvent aussi servir aux retenus pour appeler les flics. Cette nuit, au moins dans un bâtiment, tous les interphones sont mis hors service par les retenus, ce qui oblige les flics à se déplacer.

Mercredi 1er aôut
Les interphones sont réparés. Les retenus les font sonner toute la nuit pour harceler les flics.

Un parloir sauvage a lieu.

À 23h les flics enferment les retenus dans les cellules. Ils enfilent leurs gants et leurs disent : « rentre dans ta cage ».

Les révoltes éclatent souvent dans les centres de rétention, en France et partout ailleurs. Depuis quelques jours, c’est à la prison pour sans-papier du Canet que les détenus manifestent collectivement leur ras-le-bol. Ce n’est pas une nouveauté, il y a un an déjà des détenus avaient tenté de mettre le feu à ce centre de rétention.

Cette fois-ci, ne laissons pas les retenus seuls face à leurs matons !

Arrêtons la passivité et le silence !

Seule notre solidarité active peut abattre les murs !

Courriel reçu le 2 août

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 16 – « Maint’nant que la France est toute neuve que faire de ces immigrés illettrés ? »

Partie 16

JE DÉDIE CETTE CHRONIQUE À TOUS NOS ANCIENS QUI ONT FAIT DE NOUS TOUT C’QUE NOUS SOMMES JE ME DEVAIS DE RENDRE UN HOMMAGE À NOS PARENTS VOISINS FRÈRES SŒURS TANTES TOUS CES ANONYMES DANS L’OMBRE À CAUSE DE LEUR COMPORTEMENT EXEMPLAIRE TOUJOURS DIGNES MÊME QUAND LES TEMPS SONT DURS RESPECT TOTAL À EUX… Après la seconde guerre mondiale la France était totalement à reconstruire suite aux ravages des bombardements ennemis pour faire reconstruire, la France fait appel aux peuples de ses colonies… À cette époque les Occidentaux se partageaient l’Afrique par des frontières qu’ils dessinèrent à la règle c’est pour ça que dans plusieurs pays voisins en Afrique il existe des mêmes peuples des mêmes tribus séparés de force avec des nationalités différentes alors que avant le partage des terres par la puissance coloniale c’était un même peuple… Dans les années 60 plusieurs colonies se révoltèrent jusqu’à avoir leur indépendance l’Algérie qui était un département français se révolte jusqu’à acquérir leur indépendance le Maroc ne faisait pas partie des colonies françaises mais était sous protectorat c’était pire parce que toutes les décisions qui concernaient les Marocains étaient prises par la France… Donc fin des années 60 quand la France avait besoin d’main-d’œuvre tout naturellement il fait appel à ses anciennes colonies qui répondent présent car on leur avait promis une vie de rêve toute l’Afrique retrousse les manches ils arrivent de partout Sénégal Mali Maroc Alger Mauritanie Turquie etc. à la sueur de leur front ils reconstruisent la France alors qu’ils étaient parqués dans des bidonvilles le plus connu était à Gennevilliers (92) les immigrés étaient des héros courageux travailleurs acceptaient tout travail même les plus ingrats… Dans les années 70 un gouvernement pour pallier au manque de logements décide de construire de grands ensembles qui étaient à la base prévus pour des Français moyens se transforment vite en ghettos les Français moyens quittaient ces endroits et nos parents quittent les bidonvilles pour être parqués dans ces ghettos dans un premier temps pensé avoir fait la bonne affaire mais vite oubliés par tous ces gouvernements qui se suivent et se ressemblent… Maint’nant que la France est toute neuve que faire de ces immigrés illettrés ?

Le temps qu’ils répondent à cette question nous voilà nous fils d’immigrés d’Afrique et même d’Italie Portugal Espagne même combat les générations passent rien ne bouge dans ces 6t laissées à l’abandon dans leurs calculs ils avaient oublié que ces gens venus d’ailleurs auront des enfants qui eux seront nés ici et seront Français… Nos parents jamais malgré c’qu’ils en ont enduré se sont plaints, à des milliers de kilomètres de leur pays natal ils étaient pas reconnus interdits de vote puisqu’ils étaient étrangers toujours le sourire dignes face à leur tragédie ils touchent le smic à vie et doivent élever ces enfants qu’un monde les sépare pour la plupart de leurs enfants ignoraient le parcours de ces parents ces gens de l’ombre qui ont tout quitté rêvant d’une vie meilleure ils ont sacrifié leur vie pour que l’on soit bien aujourd’hui tous les darons que l’on croise dans la rue parlant à peine le français malgré quarante ans passés toutes ces mères au foyer qui nous ont donné l’sein tous ces gens qui comptent pas parce qu’ils ne se plaignent pas malgré leur qualité de vie dégradante ils manifestent pas ils contestent pas limite ils s’excusent même quand leurs droits sont bafoués mais ils avaient compris « QUE C’EST PAS PARCE QUE TU PARLES FORT QUE TU AS RAISON » j’ai beaucoup étudié notre histoire pendant mes huit ans d’incarcération j’ai appris beaucoup de choses qu’on n’apprend pas sur les bancs de l’Éducation nationale ça a changé ma vision du monde ma manière d’affronter les épreuves « ENCAISSER C’EST UNE FORCE ET LA PATIENCE EST UNE VERTU » ça m’a apaisé m’a posé dans ma tête… Nous sommes les parents d’aujourd’hui et de demain restons dignes comme l’a été nos parents JE ME DEVAIS DE RENDRE HOMMAGE À CES GENS DE L’OMBRE QUI ONT TOUT QUITTÉ POUR QUE NOUS SOYONS BIEN POUR NE PAS QUE NOS PARENTS SE SONT SACRIFIÉS POUR RIEN ON SE DOIT DE SUIVRE LEUR EXEMPLE LES RENDRE FIERS QU’ILS ONT LE SENTIMENT D’UNE MISSION ACCOMPLIE… RESPECT À NOS ANCIENS… « SI TU SAIS PAS OÙ TU VAS REGARDE D’OÙ TU VIENS ».

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Wissam El-Yamni tué par la police

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Résistons Ensemble

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[Lyon] « Crève la taule »

Lyon : des tags menaçants découverts sur un service pénitentiaire

« Crève la taule ». Plusieurs tags au langage corsé, tour à tour menaçants ou insultants, ont été découverts lundi après-midi sur les murs du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP), situé quai Claude-Bernard à Lyon 7e.

Parmi ces tags, certains visaient nommément du personnel de la maison d’arrêt de Roanne (Loire). Des fruits pourris ont été lancés devant les locaux.

Les messages ont été inscrits sur le mur extérieur et dans le porche d’accès du SPIP, le service qui est chargé du suivi des condamnés, dans le cadre de contrôles judiciaires. Selon les premières investigations, la présence de plusieurs individus cagoulés a été détectée par des caméras de surveillance au moment des faits. Une enquête est diligentée par le parquet de Lyon.

Publié par des matons par procuration (LeProgres.fr, 2 août 2012)

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[Orbe, Suisse] Vive la belle !

Nord vaudois : Les cinq évadés d’Orbe toujours en cavale

La police est toujours à la recherche des détenus qui se sont évadés de la prison de la Croisée, à Orbe, lundi.

« Les cinq jeunes détenus en cavale depuis lundi n’ont pas encore été retrouvés. La police continue ses recherches. Cela peut prendre du temps. » Philippe Jaton, porte-parole de la gendarmerie vaudoise, n’en dira pas plus.

N’empêche, l’évasion soulève tout une série de questions. Certaines personnes s’inquiètent de la dangerosité de ces prisonniers et d’autres se demandent s’il n’aurait pas été plus facile de les retrouver si leur photo avait été publiée dans les médias.

Ces questions ont été examinées par les responsables du Service pénitentiaire du canton de Vaud. « Notre service a évalué la dangerosité des personnes évadées. En regard des délits commis, vols et infractions à la loi sur les stupéfiants, ils ne représentent pas une menace pour autrui. Nous avons donc décidé de préserver leur sphère personnelle, dont une violation n’est pas anodine pour la personne. Nous aurions agi différemment avec un violeur ou un meurtrier », commente Anthony Brovarone, porte-parole du Service pénitentiaire.

Les cinq fuyards sont d’origine albanaise ou kosovare. Ils ont pris la poudre d’escampette lundi matin en passant par les toits du pénitencier.

Publié par des matons par procuration (Pierre Blanchard, 24heures.ch, 1er août 2012)

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[Nanterre] « On n’a rien contre la RATP, c’est à la police qu’on en veut »

Nanterre : la police patrouille dans le quartier du bus incendié

Au lendemain de l’incendie d’un bus par un groupe de jeunes à Nanterre, une déviation a été mise en place par la RATP dans le quartier Pablo-Picasso et la police multiplie les patrouilles.

De source syndicale, c’est le troisième bus qui part en fumée depuis 2006 à Pablo-Picasso, un quartier sensible de Nanterre (Hauts-de-Seine). Hier soir vers minuit, un bus de la ligne RATP 159 entre La Défense et Nanterre a été incendié à l’arrêt des Fontenelles par un groupe de jeunes sans faire de blessé. Les incendiaires ont fait descendre le chauffeur et les passagers, avant d’asperger le véhicule d’essence et d’y mettre le feu. Aucune interpellation n’a été signalée.

Une interpellation houleuse quelques heures plus tôt

Aujourd’hui, la RATP a mis en place une déviation au niveau du quartier tandis que d’important effectifs de police et de CRS ont été déployés pour plusieurs jours. Des agents de sécurité de la RATP sont désormais présents dans chaque bus des lignes qui desservent les environs immédiats en provenance de La Défense comme la ligne 258 et la ligne 159.

L’incident a suivi l’interpellation houleuse vers 20 heures dans le quartier d’un homme recherché pour exécuter une peine pour vol aggravé. L’individu s’était réfugié dans un taxiphone pour échapper aux policiers et a reçu la protection d’un groupe de jeunes qui ont commencé à caillasser les forces de l’ordre. Après l’arrivée de renforts et l’usage de gaz lacrymogène, l’individu, « délinquant notoire » de source policière, a finalement été interpellé. C’est en son nom que les incendiaires auraient dit avoir agi quelques heures plus tard, de source policière. « On n’a rien contre la RATP, c’est à la police qu’on en veut » auraient-ils lancé au conducteur. Une « revendication » qui explique peut-être que les chauffeurs de la ligne n’aient pas exercé leur droit de retrait ce matin.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MetroFrance.com, 1er août 2012)

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La police pète les plombs / Festival intersquat repoussé

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Le festival Intersquat prévu du 27 juillet au 5 août est repoussé.

Vendredi 27 juillet à Fribourg, entre minuit et 2h30 du matin, suite à une « chasse à l’homme » ultra agressive, plus de 50 personnes se sont fait arrêter par des flics antiémeutes et par les hommes du GRIF (placage au sol de toutes sortes de personnes, coups de matraque à tout ce qui bouge, autant aux passant-e-s qu’aux personnes déjà au sol, arrestations au faciès dans les voitures et les trains, dans les cafés, courses et intimidations de la part de cowboys qui regardent trop les séries télévisées (« arrête-toi ou je tire »), utilisation massive de spray au poivre sur des personnes à terre, puis prise d’ADN systématique (par ailleurs illégale selon leurs propres lois), maintien en garde à vue plus de 6 heures, voire plus de 11 heures pour d’autres, création d’un périmètre de sécurité avec interdiction de territoire d’un mois (même pour des gens qui habitent dans le périmètre). Les blessé-e-s sont nombreu-ses-x (d’après la police, il n’y a que des blessé-e-s dans ses rangs).

Cette attitude de la police fribourgeoise montre qu’elle ne connaît aucune gêne lorsqu’il s’agit de « protéger sa ville des perturbateurs ». Cela ne nous étonne pas. Et pour aller dans le sens des témoins de bonne volonté qui déclamaient fort sur les terrasses que « si la police agit ainsi c’est certainement qu’en face “ils” ont quelque chose à se reprocher », nous affirmons que oui, nous avons certainement quelque chose à nous reprocher : on emmerde votre système qui expulse les gens dans leurs pays en guerre, qui abuse des faibles, un système porté par la hiérarchie, l’oppression et l’exploitation des êtres vivants et des ressources. Nous voulons vivre selon nos rêves en dehors des logiques de dominations et du profit. Nous ne sommes pas intéressé-e-s par le slogan « je consomme donc je suis », nous ne sommes pas concerné-e-s par l’identité nationale et la défense de valeurs pourries qui prônent le rejet de l’autre, la larme à l’œil devant un drapeau flottant au vent, les mensonges de l’État et de l’école, nous ne sommes pas intéressé-e-s à travailler comme des bêtes pour des patrons paternalistes qui pensent être dans leur bon droit et finir notre journée devant la télé, un monde où les milliards gagnés par quelques-unEs interdisent de vivre aux milliards de personnes restantes. Oui, nous sommes des perturbateur-trice-s car nous ne nous laissons par convaincre que ce monde est le seul possible et qu’il est temps de s’occuper l’esprit et le vide affectif en achetant l’iphone 5 ou la nouvelle merde à la mode qui nous permettra d’oublier la misère morale dans laquelle on est censé-e-s vivre.

La police pète les plombs sur le terrain et continue dans ses bureaux. Comme il n’y a pas (encore ?) de lois pour empêcher les gens de penser différemment, on profite de toute situation pour les réprimer et les ficher, comme ce vendredi soir. Quitte à les inculper pour des délits demandant des super-pouvoirs (violation de domicile sans être entré-e dans aucun bâtiment) ou clonés à l’ensemble des arrêté-e-s (selon les calculs des experts de la police, 1 coup de poing + 1 morsure = 52 agressions contre les forces de l’ordre).

On pourrait dénoncer ici des abus d’autorité, mais nous préférons affirmer qu’avec ou sans abus l’autorité est à détruire.

Toutes les personnes qui se sont fait arrêter sont encouragées à s’opposer à leur éventuelle future condamnation et à prendre contact avec l’antirep (en utilisant une adresse mail créée pour l’occasion, les flics ont déjà votre nom, ne leur donnez pas votre adresse mail). Il est conseillé à toute personne blessée de prendre des photos de ses blessures ainsi que de se rendre chez un médecin ou un centre LAVI pour faire un constat et une attestation. Ce qui sera utile pour porter plainte ainsi que pour les procès éventuels à venir. Il est toujours utile de rédiger un témoignage de ce que vous avez vécu ou vu pour le garder en mémoire si nécessaire.

On occupe des maisons vides par pur bon sens. Et on ne compte pas s’arrêter.

Indymedia Suisse romande, 31 juillet 2012

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[saintGirons] Discu sur l’occupation des terres en Ariège

Discussion et projection
Occupation des terres en Ariège au tournant des années 2000
L’expérience de « droit paysan »
Baluet
Vendredi 20h au squat l’allant vers, 16 rue de la République, St Girons

Sans-titre-diffusion, 2 août 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 15 – « Je voulais la Lune même sans fusée »

Partie 15

UNE MISE AU POINT S’IMPOSE POUR RÉPONDRE À QUELQUES LECTEURS QUI ONT PAS COMPRIS LE SENS DE MA CHRONIQUE ET JE VOUDRAIS EXPLIQUER QUELLE EST MA DÉMARCHE EN ÉCRIVANT MA CHRONIQUE… DEPUIS QUE J’AI ACCÈS À INTERNET JE VOIS AUCUNE CHRONIQUE QUI ME RESSEMBLE QUI ME DONNAIT ENVIE D’LA LIRE DONC J’AI VOULU CRÉER MA CHRONIQUE QUI PARLERAIT À DES JEUNES COMME MOI QUI SE RECONNAISSAIENT PAS DANS LES CHRONIQUES À L’EAU DE ROSE INVENTÉES DE TOUTES PIÈCES J’AI RIEN CONTRE CEUX QUI AIMENT ET LISENT CE GENRE DE CHRONIQUE… MA CHRONIQUE EST 100 % RÉELLE ET SI DES GENS SE RECONNAISSENT DANS MES LIGNES NORMAL C’EST DE EUX QUE JE PARLE LOL JE SUIS LOIN D’ÊTRE FIER DE C’QU’ON A FAIT MAIS FAUT ASSUMER TOUT C’QU’ON FAIT J’INCITE PERSONNE À FAIRE C’QUE J’AI FAIT AU CONTRAIRE ÇA VA REFROIDIR LES MINI-« OUMAR » DU GHETTO J’AI PRIS UNE LOURDE PEINE QUE J’ASSUME MAIS SI C’ÉTAIT À REFAIRE JE LE REFERAIS PAS, J’AURAIS MISÉ SUR DES PROJETS HALLAL AVEC AUTANT DE DÉTERMINATION ON AURAIT TOUT CARTONNÉ C’EST CE QUE JE VAIS APPLIQUER DÈS MA SORTIE J’AI PAS CHANGÉ J’AI JUSTE MÛRI ON N’ASPIRE PAS AUX MÊMES CHOSES À 20 ANS ET À 30 LA PREMIÈRE PARTIE D’MA VIE J’AI ÉTÉ ÉGOÏSTE J’AI PENSÉ QU’À MOI. MAINTENANT IL EST TEMPS QUE JE ME CONSACRE À CEUX QUI ME SONT CHERS BEAUCOUP DE GENS M’ONT RECONNU À TRAVERS MA CHRONIQUE C’EST C’QUI LA REND PLUS AUTHENTIQUE ET LUI DONNE UNE CERTAINE CRÉDIBILITÉ SINON J’AURAIS ÉTÉ DÉJÀ DÉMASQUÉ PAR TOUT MANTES-LA-JOLIE. J’AI DU MAL À RÉALISER QUE ASSIS DANS UNE CHAISE AU FIN FOND D’MA CELLULE DE PRISON J’ARRIVE À VOUS FAIRE PARTAGER MON EXPÉRIENCE MON PARCOURS JE SAIS QUE TÔT OU TARD LES MATONS ME LOCALISERONT MAIS J’ASSUMERAI ET REGRETTERAI RIEN AU CONTRAIRE… UN JOUR MON DARON M’A DIT UNE PHRASE QUI PARAÎT SIMPLE À COMPRENDRE QUE J’AI MIS LONGTEMPS À SAISIR SON VÉRITABLE SENS « C’EST PAS PARCE QUE LE LION MONTRE SES DENTS QU’IL SOURIT » ET C’EST C’QUE J’METS EN APPLICATION « QUANT À MES DÉTRACTEURS SI T’AIMES PAS CE QUE J’ÉCRIS ME LIS PAS ET PUIS C’EST TOUT »… CETTE MISE AU POINT ME PARAISSAIT INDISPENSABLE…

Je voulais pas rester sur cet échec on était trop dégoûtés que la directrice nous l’avait fait à l’envers elle l’avait réussi à nous glisser parmi les liasses de billets, une liasse de billets piégée qui était programmée pour exploser cinq minutes après que la liasse aurait franchi le sas de l’entrée une puce était dissimulée entre les billets on s’était fait avoir comme des amateurs je m’en voulais d’avoir pas prévu ce coup classique des banques…

Sur les conseils d’un bon ami turc, l’Artificier et moi étions accompagnés du Turc on part direction Cherbourg (la Manche) le Turc avait loué pour l’occasion un petit appart dans la ville. Je cherchais un plan à faire le temps que je trouve on s’était fondus dans la population, enfin on a essayé avec nos grosses têtes d’immigrés on avait du mal à passer inaperçus mais on était obligés de sentir la température du terrain car on le tâtait pour voir où on mettait les pieds donc on a passé la nuit en ville dans les pubs près du port.

On a vite compris que Cherbourg n’était pas Paname pour entrer dans la ville y a un péage et pour en sortir aussi ce qui ne facilitait pas notre fuite ; du coup on était forcés de rester sur place cela aurait été trop risqué de fuir directement sur Mantes. Y avait trop de kilomètres à parcourir…

On a trouvé une banque dans une ville voisine qui nous avait intéressés on va faire les repérages, le trajet, la route à suivre après nos casses…

8h30 nous voilà en piste on se gare le Turc est au volant de la voiture, moi et l’Artificier avons pris les commandes de la banque on veille minutieusement à ne pas mettre dans le sac une liasse piégée, on vide les coffres puis on sort sur la route on croise des motards de la police qui se rendaient à la banque mais comme notre signalement n’avait pas été encore fait ils nous ont pas calculés.

On arrive à la planque, il y avait une trentaine de voitures de police avec gyrophares et leurs sirènes hurlantes [qui] quadrillaient la ville. Les péages étaient sous haute surveillance, dans la planque c’était la panique totale on ne disait pas un mot on attendait que ça passe mais ça passait pas on a attendu 6 heures du matin, on a caché l’argent dans le moteur de la voiture pour rentrer sur Mantes.

On avait réussi notre coup l’Artificier avait une fois de plus brillé c’était son premier succès il était loin d’imaginer de l’organisation que je voulais former, si mes gars seraient tous dehors cela aurait été un camion de la Brink’s que je prendrais d’assaut à cette heure-ci au lieu de braquer une agence bancaire de province…

J’avais la dalle et plus on braquait et plus je voulais plus l’appât du gain m’avait envahi je voulais la Lune même sans fusée… Quelques années plus tôt la juge des mineurs m’avait dit « VOUS ÊTES IRRÉCUPÉRABLE » elle avait raison LOL j’étais dopé à l’adrénaline trop précoce dans le banditisme je voulais monter les échelons trop vite quitte à me brûler les ailes… « J’AVAIS CONFONDU VITESSE ET PRÉCIPITATION ».

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[Lannemezan] Nique la pénitentiaire

Lannemezan. Des vidéos terroristes dans la cellule d’un détenu très dangereux

Fouad Bassim, un détenu très dangereux du centre pénitentiaire de Lannemezan lié au milieu islamiste radical, a comparu au tribunal de Tarbes pour avoir introduit, dans l’établissement, une clé 3 G qui contenait des vidéos à caractère terroriste.

Il a comparu enchaîné et sous très bonne escorte de gendarmerie au tribunal correctionnel de Tarbes. Fouad Bassim, dit « Le Maigrichon », est l’un des hommes les plus dangereux de France, appartenant à la catégorie des « détenus particulièrement signalés » comme les nomme l’administration pénitentiaire. Et pour cause : il est soupçonné notamment d’être en relation avec la mouvance islamiste radicale.

Prise d’otage et tentative de meurtre avec arme de guerre

Cet homme de 39 ans, père de deux filles et originaire de Noisy-le-Sec (93), a été condamné en appel à quatorze ans de réclusion criminelle par la cour d’assises de Paris pour vol à main armée et tentative de meurtre sur des policiers.

Le 3 octobre 2001, il a braqué le bureau de poste de la Pierre-Collinet à Meaux avec deux complices. L’attaque avait été suivie d’une prise d’otage d’une employée de l’agence et d’une fusillade, durant laquelle des policiers avaient failli perdre la vie. Alors que l’un d’eux s’était retrouvé à terre, sans munitions, Fouad Bassim l’avait « arrosé » au fusil-mitrailleur Sten de calibre 9 mm, considéré comme une arme de guerre. Ce policier avait eu la vie sauve uniquement grâce à l’intervention d’un collègue.

En cavale pendant cinq mois

Le 12 mai 2009, alors incarcéré à la maison centrale de Saint-Maur (Indre) pour purger sa peine, Fouad Bassim a profité d’une permission pour se faire la belle mais a été interpellé cinq mois plus tard dans un bar de Pantin (Seine-Saint-Denis). Fouad Bassim a été aussi mis en examen dans le cadre du projet d’évasion avorté de Smain Aït Ali Belkacem, l’un des auteurs de l’attentat à la station RER Musée d’Orsay à Paris le 17 octobre 1995. Un commando de neuf islamistes présumés envisageait de le libérer en même temps que le terroriste qui a joué un rôle actif dans la vague d’attentats qui avait ensanglanté Paris en 1995.

Transféré depuis à la centrale sécuritaire de Lannemezan, il n’avait plus fait parler de lui. Jusqu’à ce jour où il a été surpris en possession d’une clé 3 G contenant des vidéos à caractère terroriste et livrant de précieuses informations pour mettre en œuvre un projet d’évasion. L’objet lui aurait été transmis au parloir.

Pour échapper au contrôle des surveillants et au système de détection électronique, Souad Bassim s’est introduit la clé 3 G dans le rectum. Pour recel de bien en récidive, Fouad Bassim a été condamné à la peine plancher de deux ans d’emprisonnement mais il a décidé de faire appel.

Les syndicats inquiets

Les organisations syndicales estiment que la présence de plus en plus importante de téléphones portables et de clés 3 G fait courir un risque pour la sécurité de l’établissement et donc du personnel, d’autant que le centre pénitentiaire fait partie des cinq centrales sécuritaires de France et qu’à ce titre il accueille les détenus les plus dangereux. Elles demandent notamment la mise en place de brouilleurs de téléphonie mobile.

Publié par des lecteurs honteux de la Chronique de Youv derrière les barreaux (Cyrille Marqué, LaDepeche.fr, 1er août 2012)

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On aime le poulet grillé à Bourtzwiller (2)

Nuit de violences urbaines à Bourtzwiller

La nuit de lundi à mardi a été pour le moins agitée à Bourtzwiller après une intervention policière en début de soirée. Les dégâts matériels sont importants, les locaux d’accueil du collège ont été incendié et les CRS ont dû intervenir.

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Une patrouille de la brigade anticriminalité (BAC) a voulu procéder lundi soir vers 19 h au contrôle de deux mineurs qui poussaient un scooter. Les deux jeunes ont refusé de s’y soumettre. Plusieurs témoins auraient qualifié l’interpellation qui a suivi de « musclée ».

La situation s’est rapidement envenimée, rue de Bordeaux. Un attroupement s’est formé et les agents de la BAC ont essuyé des jets de pierres. Pour se dégager, l’un d’eux aurait fait usage de son Flash-Ball et touché un jeune qui poussait le scooter et participait au caillassage de la patrouille.

Dans le quartier, la rumeur selon laquelle le garçon de 17 ans était sérieusement atteint a mis le feu aux poudres. Il s’est avéré, lors de sa prise en charge par les pompiers, que l’intéressé n’était pas blessé. Il a été placé en garde à vue ainsi que deux autres personnes, âgées de 16 et 20 ans.

Des affrontements se sont alors produits entre jeunes du quartier et forces de police renforcées par une compagnie de CRS et un hélicoptère de la gendarmerie.

Vers 23 h, des casseurs s’en sont pris au collège du secteur à coups de cocktails Molotov, de barres de fer et de jets de pierres. Les locaux d’accueil de l’établissement ont été incendiés. Les centres informatique et téléphonique attenants ont également été détruits par les flammes malgré l’intervention rapide des pompiers. Le calme est revenu dans le quartier vers 2 h du matin.

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Les dégâts matériels sont importants. Une rame de tramway et la station Saint-Nazaire ont été caillassées et endommagées par des cocktails Molotov, des bennes à ordures brûlées et une voiture incendiée.

Hier matin, aux abords du collège, les habitants étaient choqués. « Je ne comprends pas cette violence, nous souhaitons simplement vivre dans la tranquillité. Quand je vois ça, j’ai juste envie de partir d’ici », a dit l’un d’entre eux.

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« Tout le travail de l’équipe pédagogique est réduit à néant »

La principale du collège, Isabelle Nimtz, était bouleversée : « J’ai été appelée vers minuit… On ne comprend pas. L’année scolaire s’était très bien passée, il n’y a pas eu de plainte depuis plus de six mois. Les tensions dans le quartier ne se ressentaient pas dans l’enceinte du collège. » Tout le travail de l’équipe pédagogique est réduit à néant, regrette Mme Nimtz. « Ça ternit l’image du collège. Maintenant les parents vont préférer envoyer leurs enfants à Illzach, Kingersheim ou Pfastatt. »

Les dégâts se chiffrent à au moins 150’000 euros d’après les premières estimations du conseil général du Haut-Rhin.

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Le maire de Mulhouse, Jean Rottner, qui a interrompu ses congés, a voulu faire passer un message fort : « Bourtzwiller n’est pas un ghetto, ni un quartier d’exclusion. »

Les forces de l’ordre ainsi qu’une compagnie de soixante CRS sont restées sur place, hier soir, afin de surveiller l’évolution de la situation. La Ville a précisé, en accord et avec le soutien du ministère de l’Intérieur, que ce dispositif resterait en place aussi longtemps que la situation l’exigerait.

Leur presse (Thomas Rahoual, DNA.fr, 1er août 2012) via Le Chat Noir Émeutier

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[Flics, porcs, assassins] Vérité et Justice pour Mohamed Noureddin

Huit manifestants arrêtés devant l’ambassade de France à Bruxelles

Huit manifestants ont été arrêtés administrativement mercredi, à Bruxelles, lors d’une action menée devant l’ambassade de France.

Une vingtaine de manifestants s’y étaient réunis pour protester contre les circonstances de la mort de Mohamed Noureddin, le 7 juillet dernier, à Calais (nord de la France). Ce sans-papier avait été retrouvé dans le canal, après s’être fait violemment interpeller par la police. Aucune enquête n’a été ouverte.

Les huit manifestants ont été arrêtés après avoir escaladé un échafaudage qui se trouvait devant l’ambassade de France, afin d’y déployer deux banderoles en soutien à Mohamed Noureddin. Par cette action, ils souhaitaient réclamer l’ouverture d’une enquête concernant cette mort, qu’ils estiment suspecte, ainsi qu’une autopsie.

Selon les protestataires, aucun témoignage des amis en compagnie desquels Mohamed Noureddin se trouvait n’a été recueilli et, après avoir modifié sa version des faits à plusieurs reprises, la police a conclu à une mort accidentelle.

“Le fait de ne pas réaliser d’autopsie ni d’enquête équivaut à dire que la police peut tuer des sans-papiers impunément. De plus, la chasse aux migrants qui se passe à Calais se produit à toutes les frontières”, a indiqué une manifestante. “Cette mort est la conséquence d’une politique d’immigration criminelle qui tue chaque année des migrants aux frontières européennes.”

Leur presse (LaCapitale.be, 1er août 2012)

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[Stop THT] La lâcheté d’une société nucléaire n’a d’égale que sa violence

La filiale d’EDF, RTE, profite lâchement de la garde à vue du propriétaire des champs pour faire mener au Chefresne des travaux pour le terrassement des accès aux éventuels futurs pylônes 224 et 225.

RTE a même mis le paquet rameutant tous les véhicules, pelles mécaniques et autres engins de terrassement à disposition afin de s’assurer de pouvoir terminer les accès à ces pylônes avant la sortie de garde à vue du courageux agriculteur résistant au rouleau compresseur.

Nous sommes guère surpris de l’attitude de RTE qui a le pouvoir de décider des actes des gendarmes dans une société nucléaire, donc policière, quand elle se fait accompagner par grands renforts de maréchaussée là ou elle rencontre la moindre résistance, mais tout de même :

• Sur les trois pylônes déjà érigés au Chefresne, comme le plus proche sur la commune de Montabot, les temps de séchage des fondations n’ont pas été respectés. À quelle vitesse de vent résisteront-ils ?

• Les sociétés ayant eu en charge la mise en place des chemins d’accès et plate-formes l’hiver dernier prenait le temps de bien mettre de côté la terre arable avant de réempierrer les emplacements nécessaires ; Qu’en sera-t-il de l’engagement de la remise en état avec de la terre arable écrasée par les grues énormes qui montent les pylônes ? Qu’en sera-t-il de la sécurité du conducteur de ces mastodontes sur un chemin d’accès et des plate-formes constitués à la va-vite ?

Quand on pense que RTE parle de mise en danger à propos des petites mains qui démontent certains pylônes…

Rappelons que ce coup de force arrive au moment même où la section du contentieux se déclare pas suffisamment compétente pour juger de la légalité de la déclaration d’utilité publique, simple arrêté ministériel dont se targue RTE pour effectuer ses travaux, y compris au mépris de toute loi.

EPR – THT : population bafouée !

Mailing, 31 juillet 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 14 – « Plus de deux cents keufs pour arrêter Kamel et moi »

Partie 14

Kamel et moi on était au sommet de la délinquance urbaine armés comme des youv on croyait que tout nous appartenait, j’mangeais dans le centre commercial sans payer, j’invitais tout le monde et à la fin je payais même pas. On se prenait pour des affranchis sauf que là c’était la réalité et notre comportement nous crée des ennemis mais on était prêts à la guerre on allait dans le tabac du Flash (deuxième centre commercial de ma 6t) on se servait normal on vidait les caisses à visage découvert tickets à gratter, le commerçant traumatisé ne disait rien par peur des représailles on se prenait pour les Tony Montana du ghetto.

Mais on avait les couilles pour assumer en cas de pépin. Nos actes nous dépassaient on vivait dans l’urgence toutes nos fins de phrase se terminaient par des « NIQUE SA MÈRE » on était dopés au seum en attendant que mes guerriers sortent de taule pour que je mets sur pied une équipe de niqués de la tête on patientait à deux on se faisait la main sur des petits bracos tranquilles poste PMU, station-service le monde était à nous…

Un jour on décide de braquer un PMU qui faisait des grosses recettes bon je recrute soi-disant l’un de mes meilleurs pilotes du Val-Fourré j’avais jamais bossé avec lui mais bon je lui fais pas confiance mais bon c’était trop tard je lui avais déjà parlé de l’affaire donc on recule pas le soir à 18 heures Kamel et moi entrons dans le PMU pour ce qui devait être de la rigolade mais ce qu’on n’avait pas calculé c’est qu’à 18 heures ces porcs seraient tous bourrés tellement qu’ils nous jetaient des verres d’alcool les pauvres savaient pas que sous les cagoules se trouvaient des jeunes fous malades.

Donc Kamel et moi arrosent le comptoir les coups de feu leur avaient fait passer la cuite vite fait je faillis toucher une serveuse en pleine tête on vide le coffre et monte dans la berline postée juste devant, mais le soi-disant pilote en carton tremble comme une tapette traumatisé il cartonne un 4×4 il jouait le pilote au quartier mais sous la pression c’était une fiotte j’étais trop vénère dans la voiture je regrettais de l’avoir recruté.

On a dû braquer une autre voiture en pleine autoroute laisse tomber on a eu chaud cette fois-là tellement j’avais le seum du pilote je l’ai même pas payé MDR il méritait même pas un euro cette flipette la peur l’a paralysé on l’a déposé à la gare de la ville où y avait la planque ça lui a coupé l’envie de faire pilote.

Kamel et moi dégoûtés au quartier on a failli se faire lever à cause d’un rigolo pilote en carton. Suite à une fusillade avec les keufs en plein dans ma 6t mais ça je vous le raconterai un peu plus tard le Raid (l’élite de la gendarmerie) encercle la 6t on s’était retranchés au 5e étage chez la famille. Le Raid explose toutes les portes jusqu’à nous déloger la 6t était noire de monde, des journalistes étaient là pour immortaliser le moment avec leurs caméras, menottes aux poignets capuche sur la tête on a franchi tout ce monde j’en revenais pas plus de deux cents keufs pour arrêter Kamel et moi. C’était un truc de malade ils me jettent à Fresnes et Kamel à Bois-d’Arcy on passe devant le juge d’instruction.

Le juge : Bonjour monsieur les faits qui vous sont reprochés sont graves vous risquez la cour d’assises reconnaissez-vous les faits ?

Moi : Nan j’étais au mauvais endroit au mauvais moment.

Kamel : Pareil je n’ai rien à voir avec tout ça j’ai jamais tiré sur personne ni braqué quoi que ce soit.

Le juge : Monsieur Kamel on a trouvé votre ADN dans un PMU braqué comment expliquez-vous ça ?

Kamel : Je sais pas sûrement une erreur…

Kamel avait pas eu de chance ils avaient trouvé son ADN dans le PMU… La fusillade avec les keufs vu qu’ils ont pas pu prouver que c’était nous on a pris deux ans et pour le PMU on est passés aux assises contre moi ils avaient rien ils me relaxent et Kamel se mange dix ans pleins. Kamel encaisse comme un homme on se fait la bise et on entre en cellule je fais dix-huit mois et ils me libèrent de Fresnes j’avais la haine de laisser mon poteau derrière moi mais c’était ça la vie de voyou « QUAND TU BRAQUES EN GÉNÉRAL LE HEBS Y VA AVEC » à peine sorti même pas dix jours après j’étais en train de vider le coffre d’une BNP Kamel je lui envoyais tous les deux, trois jours un mandat parce que quand t’es là-bas assis dans ton matelas pourri que tu vois qui est qui pour certains t’es mort et enterré.

Kamel je pouvais pas le lâcher c’était un vrai soldat je voulais monter une équipe pour aller le chercher mais tout le monde était pas très chaud du coup j’ai lâché l’affaire mais il me fallait urgent des mecs prêts à me suivre dans mon délire de ouf.

(KAMEL EST TOUJOURS EN PRISON IL SORT EN 2012.)

Y avait plus de mecs détères à l’horizon le dernier venait de manger dix piges donc de retour au quartier je forme une petite équipe de malfrats venant de quartiers différents de Mantes-la-Jolie, je savais que c’était pas des mecs qui pouvaient jouer en Ligue des champions du banditisme mais c’était des mecs avec des couilles qui avaient pas peur d’aller à la guerre mais la différence que j’avais avec eux c’est que j’étais prêt à prendre perpète en prison pour ma cause « JE PRÉFÈRE PRENDRE LA PERPÉTUITÉ QUE RESTER LIBRE À MANGER DES GRECS-FRITES DANS LES BLOCS ». Eux ils veulent l’oseille mais n’envisageaient pas la prison ils fonçaient tête baissée on n’avait pas la même culture de la rue pas la même ambition j’étais prêt à donner ma vie pour sortir ma famille de ces taudis mais j’avais un grand respect pour ces jeunes pour qui je passais pour un « OUF » y a même un jour un des mecs que j’avais mis dans un de mes bracos qui était venu me voir six heures avant de décoller pour me dire « Je peux pas venir avec vous parce que j’ai consulté un marabout et il m’a dit que on allait se faire péter » MDR voilà ce que j’aimais pas chez ces jeunes ils étaient pas disciplinés ils respectaient aucune règle aucun mental alors que la parole dans ce milieu c’est important pas grave on était sans lui on a réussi le coup et quand il me voyait dans la 6t il baissait la tête mais je pouvais pas lui en vouloir.

« EUX ILS BRAQUAIENT POUR LA FRIME ET NOUS PAR CONVICTION » parmi ces jeunes y avait un mec sérieux qui s’approchait le plus de ma philosophie je le surnommais l’Artificier et pour tester sa détermination je le prends accompagné d’un pilote et on va braquer une banque mais à la sortie de la banque une fois dans la voiture une des liasses de billets de banque explose et tache d’encre tout le reste des billets la directrice de la banque nous avait piégés on avait perdu plus de 80’000 euros mais le comportement de l’Artificier son sang-froid m’avait ôté tout doute il était opérationel à 100 % AVEC L’ARTIFICIER J’AVAIS TROUVÉ UN ALLIÉ DE TAILLE…

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[Révolution mondiale] Le Soudan entre dans la danse (2)

Huit morts lors d’une manifestation au Darfour contre la hausse des prix

Huit personnes ont été tuées et une vingtaine blessée mardi lors d’une manifestation au Darfour contre la hausse des prix, les pires violences depuis le début il y a plus de six semaines du mouvement de contestation au Soudan contre l’inflation et le régime, a indiqué la police. Huit personnes ont été tuées et 24 blessées, dont trois policiers, selon la police citée par l’agence officielle SUNA. Un précédent bilan faisait état de six morts.

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La manifestation a éclaté car les étudiants ont rejeté la hausse du prix des transports annoncée par le gouvernement, a expliqué Bothina Mohmed Ahmed, porte-parole du gouvernement de la province du Darfour-Sud dans l’ouest du pays. D’autres groupes, qu’elle n’a pas identifiés, ont attaqué les bâtiments publics durant la protestation à Nyala, capitale du Darfour-Sud, a-t-elle ajouté. Mais maintenant la situation est sous contrôle et les autorités ont un plan pour sécuriser la ville dans les prochains jours.

Selon des témoins, les manifestants s’étaient rassemblés près du marché de Nyala. Ils ont jeté des pierres contre des bâtiments gouvernementaux et bloqué des rues en faisant brûler des pneus. Les forces de l’ordre ont riposté à coups de gaz lacrymogène. Reprenant le slogan du Printemps arabe, les manifestants ont scandé : le peuple veut la chute du régime !

À Nyala, capitale d’une région en proie à une guerre civile, les habitants sont en outre confrontés à une grève des chauffeurs de transports publics qui protestent contre la hausse des prix de l’essence. Cette hausse a provoqué lundi une manifestation de plus de 200 étudiants qui a dégénéré mardi, selon la mission conjointe Union africaine-ONU (Minuad) au Darfour. Cela s’est passé sur les routes principales et dans la région du marché. Il y a eu des attaques contre les bâtiments, a dit le porte-parole de la force, Christopher Cycmanick.

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Le régime du président Omar el-Béchir, au pouvoir depuis 23 ans, est régulièrement confronté à des manifestations depuis que des étudiants de l’Université de Khartoum sont descendus dans les rues le 16 juin pour protester contre la hausse des prix des produits alimentaires. Le mouvement de contestation s’est ensuite répandu à travers le pays après l’annonce par le gouvernement d’un plan d’austérité prévoyant notamment une hausse des taxes et supprimant les subventions aux carburants.

Ces protestations sont souvent violemment dispersées par les forces de l’ordre et, selon une ONG soudanaise, plus de 2.000 personnes ont été interpellées depuis la mi-juin. M. Béchir a minimisé le mouvement et assuré qu’il n’avait rien de comparable avec ceux du Printemps arabe, qui ont emporté plusieurs dirigeants historiques de la région.

Leur presse (Agence Faut Payer via Solidarité ouvrière, 1er août 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 13 – « Même le taf c’était pas pour nous, on pensait que c’était comme signer un pacte avec l’ennemi »

Partie 13

On était prisonniers de nos propres règles la loi de la rue où le faible tenait pas une semaine. On avait hérité d’une mentalité pirate fallait toujours sortir les crocs même le taf c’était pas pour nous, on pensait que c’était comme signer un pacte avec l’ennemi on s’était éloignés des vraies valeurs de nos parents on pensait que pour être un homme il te suffisait juste d’être du bon côté du gun.

Plusieurs fois je me suis remis en question mais à chaque discrimination ça ravivait ma rage de vaincre on n’avait pas le droit à l’erreur c’était un chemin sans retour personne nous avait mis le couteau à la gorge pour embrasser le chemin de l’illicite on était des jeunes de banlieue comme il en existait des millions.

On refusait le destin que l’État nous avait programmé on voulait pouvoir tenir le rêne de notre destinée et même si on était dans l’erreur si notre mode de vie était un suicide on avait au moins le mérite d’essayer « ON PEUT TUER UN RÉVOLUTIONNAIRE MAIS PAS LA RÉVOLUTION »…

Été 2001 alors que je venais de sortir de la prison d’Osny (95) « je vous raconterai comment et pourquoi j’avais atterri à Osny dans une autre partie de la chronique ».

Kamel vient me chercher j’étais trop content de le voir il m’avait assumé toute ma peine j’avais besoin de souffler, donc on décolle pour Montpellier c’était pire que Un Indien dans la ville ça nous changeait de Mantes-la-Jolie la côte la Grande-Motte le Cap-d’Agde boîte en bord de mer c’était Ibiza LOL.

Dans la nuit on rencontre deux belles rebeues du Sud leur accent nous a charmés direct on reste le reste de nos vacances avec elles, en rentrant chez les filles je m’aperçois que j’ai perdu 7000 euros c’était tout ce qui nous restait donc fallait trouver une solution mais nous connaissant y en avait pas trente-six le lendemain Kamel et moi achetons des pistolets à billes à Joué Club des collants opaques en guise de cagoules puis on entre dans une Caisse d’Épargne et on prend l’argent de surface puis on fuit au volant d’une voiture volée dans la nuit 20’000 euros en deux minutes.

On arrive chez les filles mais les belles dormaient encore, on s’endormit d’un sommeil léger mais les poches pleines…

On a passé de belles vacances loin du ciment on a appris plus tard que l’une des deux avec qui on était était dans la gendarmerie OULALA on les a zappées direct…

Mais malgré qu’on se plaignait de nos conditions de vie dans la 6t, la 6t nous manquait à croire qu’on était sado-maso fallait toujours que l’on revienne aux sources malgré tout, Mantes-la-Jolie c’était notre force le Val-Fourré était notre plus grande ZUP (zone urbaine prioritaire) d’Europe je savais pas en quoi on était prioritaires wallah ça devait être encore un coup d’pub d’un gouvernement populiste (qui va dans la scène du peuple) pour venir gratter quelques votes il était prêt à tout quitte à sortir des plans bidon dont même le créateur ne croyait pas.

À chaque élection présidentielle on était diabolisés TF1 se transformait en commissariat passait en boucle des reportages sur la violence des mecs de 6t sortis volontairement de leur contexte pour effrayer l’opinion publique…

Mais ça marchait à tous les coups pire en 2002 Jean-Marie Le Pen au deuxième tour d’une élection présidentielle ça a révélé un profond malaise qui a créé un fossé entre deux parties de la population les mecs de 6t contre le reste du monde. On nous montrait du doigt sans même nous connaître et plus on était stigmatisés (catalogués dans le mauvais sens du terme) et plus on avait la haine donc on brûlait et saccageait tout ce qui symbolisait l’État une phrase du groupe de rap Tandem retranscrit notre malaise si on prend le temps de la lire et de la comprendre « JE BAISERAI LA FRANCE JUSQU’À CE QU’ELLE M’AIME ».

Y avait pas que des bordéliques dans nos 6t y avait de tout étudiants surdiplômés avocats entrepreneurs sportifs de haut niveau mères de famille, mais ils parlaient que des 20 % de mecs égarés dans la délinquance…

Un jour dans ma 6t y avait une équipe de journalistes qui ont tenté de faire un reportage sur mon quartier ça a tourné à l’émeute les journalistes sont rentrés bredouilles sans reportage ni caméra, pourtant ils étaient là pour retranscrire la vérité du terrain. Mais entre ce qu’ils filmaient et ce qu’ils montraient à la télé y avait rien à voir remix de dingue pire que Cut Killer pourtant nos 6t à la base c’était un luxe dans les années 70 mais le blème c’est que l’on n’était plus en 70 mais en 2001 ils avaient pas calculé que l’immigré allait avoir des enfants qui eux seront Français à part entière, et qu’ils pouvaient pas nous endormir comme ils l’ont fait pour nos parents.

On venait de là-bas mais pour la plupart nés ici donc on reste ici sans oublier d’où l’on vient parce que « UN ARABE SANS SES RACINES NE TIENT PAS UNE SAISON »… EXCEPTIONNELLEMENT POUR RÉPONDRE AU CŒUR DE CERTAINS DE MES LECTEURS JE VAIS VOUS RACONTER D’OÙ VIENT LA RIVALITÉ DE MANTES CHANTELOUP ET MANTES LES MUREAUX…

Debut des années 90 dans les 6t il existait beaucoup de concours de danse intervilles un groupe de Mantes avait été à Chanteloup et avait gagné le concours du coup la soirée s’est animée et le groupe de Mantes s’est fait lyncher hôpital etc…

La rumeur tourne de Mantes et le retour de flamme n’était qu’une question de temps…

Tout Chanteloup c’est l’équivalent d’un seul quartier de Mantes et à Mantes il y en a une trentaine pour que vous voyiez la différence tous les quartiers du Val-Fourré s’en sont mêlés plus de cinq cents jeunes enragés prennent le train direction Chanteloup sabres marteaux couteaux battes de baseball, tout ce qui pouvait servir d’arme était embarqué arrivés à Chanteloup oulala c’était le Débarquement imaginez cinq cents jeunes enragés armés de sabres il ont tout saccagé ils ont même jeté un mec du train…

Voilà d’où vient la rancune Mantes Chanteloup… En ce qui concerne Les Mureaux c’était quelques années plus tard 94 ou 95 un truc de mon quartier (les Grags Mantes) c’était un mec que je connaissais personnellement c’était un bon jamais un mot plus haut que l’autre…

Un jour il va en boîte avec sa meuf tranquillement, et il croise une équipe de hyènes des Mureaux qui le rackettent et l’humilient devant sa meuf.

Ils lui ont pris sa veste et son bob Lacoste il dépose sa meuf et rentre au quartier, il prend un pompe et file aux Mureaux il retrouve l’hôtel où étaient les mecs il sonne à la chambre dès que la porte fut ouverte il arrose le premier qui était là qui meurt de ses blessures et il part en cavale…

Voilà d’où vient la rivalité Mantes Les Mureaux…

MAIS DE L’EAU A COULÉ SOUS LES PONTS CES HISTOIRES DATENT DE Y A PLUS DE QUINZE ANS ÇA EXISTE PLUS CES RIVALITÉS… VOILÀ J’ESPÈRE AVOIR RÉPONDU À CERTAINS DE MES LECTEURS… L’UNION FAIT LA FORCE TOUTES LES BANLIEUES SE RESSEMBLENT ET C’EST LA MÊME MERDE DANS CES GUERRES FRATRICIDES PERSONNE EN SORT GAGNANT TROP DE FRÈRES SONT PARTIS GRATUIT PAIX À LEUR ÂME…

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