[Madrid] « Qu’ils aillent se faire foutre avec le travail »

Madrid : attaque incendiaire contre une agence pour l’emploi

« Dans la nuit du lundi 19 Novembre, un engin incendiaire a été déposé dans l’entrée d’un bureau de l’INEM dans le quartier Prosperidad.

Cet endroit a été choisi, car nous le considérons comme une fabrique quotidienne d’humiliation, de désenchantement et de routine. À cause aussi de l’ennui dense que l’on y respire, comme dans toute autre agence pour l’emploi. Nous l’avons choisi parce qu’ils sont en train de nous tuer et n’offrent que des miettes à ceux qui vivent encore.

Cette action est en outre une manière de revendiquer notre dignité, une expression physique du découragement, du manque d’espoir, du ressentiment et de la haine que nous reconnaissons dans nos regards comme dans ceux des passagers qui nous accompagnent le matin dans le métro. De fait, cette action a été réalisée par la boursière qui, tous les jours, rentre chez elle les yeux embués par une sensation d’humiliation, par le trimard qui s’est rendu compte qu’il passe trois fois plus de temps avec ceux du bureau qu’avec sa compagne, par le chômeur qui prie pour ne plus jamais être appelé pour un taf de merde, par la jeune mère qui ne sait pas ce qu’elle va bien pouvoir donner à bouffer à ses mômes s’ils les virent de leur baraque…

La prochaine action, ce sera peut-être toi qui la feras, n’importe quelle nuit.
Qu’ils aillent se faire foutre avec le travail.
Étendons la rage avec l’encre, les pierres et l’essence. »

Traduit de l’espagnol (Liberacion total, 28 novembre 2012) par Brèves du désordre

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Si tu veux savoir ce que les gens disent de toi en ton absence écoute-les parler des autres en ta présence »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[28 avril 2012]
Boulevard de la tristesse

Dans ce fameux boulevard beaucoup s’y donnent rendez-vous beaucoup y ont des habitudes ils y ont réservé une bonne table où est servi dépression angoisse rumeur et baratin.

Serre les dents pour ne pas être la prochaine cible des rumeurs des jacteurs sur le boulevard de la tristesse on rejetait la faute sur l’autre. L’ennemi c’est celui qui est mieux que toi, empêtrés dans leur médiocrité les occupants de ce boulevard vouent une haine maladive au bonheur des autres beaucoup ont quitté ce rassemblement conscients de sa stupidité d’autres y ont signé un abonnement carrément dorment sur place pas besoin de regarder les infos ils savent tout sur tout le monde.

Ce boulevard existe depuis très longtemps des générations s’y sont croisées et c’est de pire en pire. La tristesse pousse à la mélancolie et la mélancolie pousse au drame à des comportements illogiques on souffre alors on voudrait faire souffrir tout le monde le bonheur des autres leur éblouit les yeux donc les gêne. Sur ce boulevard ils étaient tous égaux que des gens que le mal-être a rendus mauvais aigris, à la fin du mois quand le frigo est vide l’avenue fait salle comble trop de monde s’y bousculent et y déversent leur frustration collective et comme la haine engendre la haine peu de gens aiment ceux qui fréquentent ces rues. Il leur suffit juste de traverser pour se mélanger aux autres et récupérer leurs infos croustillantes qui alimenteront leurs discussions de pipelettes.

J’ai écrit ce texte « Boulevard de la tristesse » que j’aurais pu nommer association de pipelettes ou langues de vipères beaucoup s’y retrouveront se reconnaîtront ont déjà fréquenté ce genre de boulevard où ils passent la plupart de leur temps à critiquer à baver sur les gens quoi qu’on fasse quoi qu’on dise il existera toujours des gens avec une bouche plus grande qu’une bouche de métro.

Si tu veux savoir ce que les gens disent de toi en ton absence écoute-les parler des autres en ta présence.

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[Révolution égyptienne] Marche sur le palais présidentiel, jeudi soir

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Environ 1000 personnes sont en marche depuis Rabaa el-edweya. Ils se dirigent vers le palais présidentiel, malgré l’interdiction.

Presse contre-révolutionnaire (LExpress.fr, 6 décembre 2012 – 17h06)

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[No TAV] Lyon 3/12 : un succès malgré tout

Lyon 3/12 : un succès malgré tout
Réflexions à chaud sur les points forts et les limites de la journée de mobilisation franco-italienne contre la ligne à grande vitesse

La journée du 3 décembre à Lyon a représenté un moment important pour le mouvement No Tav. Pour la première fois Français et Italiens ont réussi à construire ensemble une initiative dans l’une des deux capitales de l’hypothétique future ligne à grande vitesse. Pour être plus précis, il vaudrait mieux dire que la journée s’est déroulée de Turin à Lyon, et retour, étant donné qu’il nous a fallu 9 heures pour arriver à destination et 4 autres pour sortir de la place Brotteaux après 2 heures de présence au sein d’un scénario surréel : assiégés puis empaquetés au moyen de la technique du « cattling » (littéralement « bétail ») par plus de 1300 policiers (CRS) et gendarmes français pour les 1000 manifestants présents.

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Comme dans mille autres occasions le mouvement No Tav a conquis mètre par mètre sa capacité d’action, habitué à ne rien demander et à prendre ce qu’il peut en combattant collectivement : 3 heures de contrôle à la frontière, 1 heure à attendre que le dernier bus soit autorisé à partir, une autre heure encore bloqués aux portes de la ville par les forces de l’ordre décidées à nous soumettre à un contrôle supplémentaire (dont le seul but était en fait de nous faire perdre du temps et de nous faire arriver en retard) contre lequel nous nous sommes rebellés en masse. Chaque moment, chaque obstacle à dépasser a nécessité une grande détermination et des nerfs d’acier : nous avons dû hausser le ton, tenter de descendre des autobus dans lesquels nous étions séquestrés, menacer de bloquer l’autoroute, résister aux charges des CRS sur la place.

Entre 400 et 500 personnes, Lyonnais ou venus d’autres villes de France (notamment les camarades qui luttent contre le méga-aéroport de Notre-Dame-des-Landes), nous ont attendu pendant plus de 4 heures sous une pluie fine mais continue, dans un climat humide et désagréable. Notre arrivée a été fêtée avec des feux d’artifice et des cris de joie. De nombreuses interventions ont détaillé les raisons de notre opposition aux grands projets inutiles, qui toujours plus servent de pont transnational entre des batailles qui trouvent un terrain commun non pas dans un « environnementalisme » générique, mais à partir d’une critique intégrale de tout un modèle économique et qui remet en cause la destination de la richesse collective, qui pose la question de pourquoi nous travaillons, qu’est-ce que nous produisons, quels buts donnent forme à nos actions collectives. Derrière ces projets aux dimensions pharaoniques, il y a toujours le détournement d’une part très importante de la fiscalité générale prélevée pour être mise en circulation et faire travailler des entreprises privées, des amis, des clients qui en tireront une utilité considérable mais extrêmement circonscrite et partiale. La bataille livrée depuis plus de dix ans dans le Val de Suse contre la ligne à grande vitesse revendique la décision depuis le bas sur quoi, comment et pourquoi produire un projet, un objet, un service, etc.

Telle était la signification première de cette journée de lutte : dénoncer cette expropriation depuis le haut, informer le plus grand nombre possible de Lyonnais que tout cela les concerne. Cet objectif a été en partie empêché par un dispositif de contrôle policier sophistiqué et efficace (nous en reparlerons). Malgré tout, l’emploi d’autant d’hommes, l’utilisation de technologies sophistiquées et coûteuses, la paralysie d’une partie de la ville, le coût total d’une mise en scène aussi musclée de la capacité de prévention et de contrôle de l’État français indiquent aux autorités et à la partie de la ville qui a pu en être témoin que l’opposition est forte, ancrée, qu’elle se pose donc comme un fait politique important.

L’élaboration de la journée accomplie ensemble et la participation malgré tout importante (600 personnes venues d’Italie un lundi, plusieurs centaines en France alors que la question est encore peu connue et la lutte encore à ses débuts) ne doivent pourtant pas nous exempter d’avancer certaines critiques – que nous espérons constructives – sur la façon d’agir des composantes françaises du mouvement (nous proposons ces critiques à l’ensemble de ceux qui ont agi collectivement sur la place et non pas à des groupes précis de camarades, conscients des efforts mis en œuvre par eux et des difficultés rencontrées pendant ce mois et demi de construction de la journée). Nous nous sommes en effet retrouvés plus d’une fois aux prises avec des initiatives aléatoires, des choix impulsifs et des comportements incompréhensibles sur la façon de réagir à la force déployée par l’adversaire. Ceci s’explique certainement par les difficultés de communication entre des façons de faire et des traditions diverses mais aussi, dans de nombreux cas, par une attitude explicitement autocentrée, idéologique, peu habituée à se confronter à des compositions différentes de celle des habituels milieux militants (avec leurs manies et leurs fixations qui n’ont parfois pas grand-chose à voir avec le contexte et les objectifs de la journée). Selon nous, ces difficultés sont symptomatiques d’un niveau assez « pauvre » du débat sur le nœud central de l’agir politique et des luttes : comment faire ensemble. Problème d’organisation et de subjectivité. Au refus a priori, et d’après nous idéologique, de se mesurer à ce problème, souvent caché derrière des principes comme « personne ne peut juger si une action est juste ou erronée » ou bien « chacun est libre de faire ce qu’il veut », correspond un manque d’assomption de responsabilité sur le fait de lancer une initiative, de l’organiser, de la mener à terme. À un certain moment, la responsabilité quant au sort des Lyonnais sur la place a été reportée sur les épaules des No Tav italiens, dont on ne pouvait pourtant pas exiger une présence et une énergie illimitées (du fait de la composition même des bus). La majeure partie d’entre nous, ainsi que de nombreux habitants du Val de Suse et les camarades de Milan, sont partis avec les deux derniers bus, poussés de force et escortés jusqu’au péage de l’autoroute à plusieurs dizaines de kilomètres de Lyon. Si nous mettons en avant ces réflexions critiques, ce n’est pas pour nous placer sur un piédestal ou parce que nous voudrions donner des leçons à nos cousins de l’autre côté des Alpes mais parce qu’au cours de sa longue et sinueuse histoire le mouvement No Tav est parvenu à bâtir une façon de faire, de prendre des décisions et de bouger ensemble qui fonctionne et qui, malgré les évidentes différences, a construit une unité de fond sur la méthode qui a donné des résultats importants et nous a permis et nous permet encore aujourd’hui de durer face à un ennemi plus fort et doté de moyens bien plus importants. En dépit des apparences, c’est avec une grande humilité que nous exposons ces réflexions. Parce que nous croyons que des embryons d’élaboration commune possible sont bien présents et susceptibles d’être approfondis.

Pour conclure, une observation sur l’action de la police française. Le destinataire cette fois est plutôt le mouvement italien. De nombreuses réflexions et critiques ont été mises en avant quant à la façon d’agir des forces de l’ordre. L’usage à bout portant et en quantité abondante du lacrymogène en spray et la dimension liberticide de ce confinement ont été justement dénoncées. Mais le risque ici est de perdre de vue l’aspect à notre avis le plus important de ce mode d’action. À bien y regarder, la police française est bien plus efficace sur le plan de la prévention et du contrôle des manifestations. Ce n’est pas dans l’intention de provoquer que nous disons que, au fond (et en fait pas si au fond que ça), cette efficacité est le désir de la gauche italienne. Une police qui ne tache pas de sang les trottoirs, qui ne laisse pas de marques de coups, qui ne charge pas de façon indiscriminée les manifs mais les contrôle de manière exemplaire, totale. Demander que soit inscrit le numéro d’identification des policiers sur l’uniforme ou le casque peut être considéré comme une bataille importante mais cela ne résoudra en rien notre problème : comment être plus forts, plus malins, plus efficaces que ces dispositifs de contrôle. Les forces de police française sont plus avancées, démocratiques et efficaces que les forces italiennes. C’est une efficacité qui part de la dimension de grandeur incorporée dans la technologie nucléaire (lire sur ce point certains commentaires sur les médias mainstream français) et qui arrive jusqu’à la bonne éducation du policier qui te répond gentiment qu’il n’a pas le droit de te parler, qu’il ne fait qu’exécuter des ordres et qui ensuite te gaze en plein visage (mais seulement si tu résistes de manière exagérée à ses exigences).

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Notre problème à nous, c’est comment construire les conditions pour rompre ce mécanisme. Nous voulons résister de manière exagérée. Cela signifie s’équiper, être plus intelligents et efficaces que notre adversaire, prédisposer les conditions de possibilité, les développer et les rendre plus opérantes. Pour faire tout cela, nous devons être prêts à abandonner certaines obsessions inutiles, identités puristes, traditions dont il est difficile de se débarrasser mais aussi combattre certaines illusions à la vie dure quant à la possibilité de réforme ou la démocratisation des forces de l’ordre, Qu’elles soient plus démocratiques ou plus transparentes, les forces de l’ordre ne cesseront jamais d’être ce qu’elles sont. Elles seront juste plus efficaces et notre impuissance n’en sera que plus grande.

Voulons-nous vraiment nous donner de la peine pour ça ? Ne désirerons-nous pas plus intensément inventer et construire de nouveaux mondes ?

La rédaction d’Infoaut de retour de Lyon

Traduit (depuis infoaut.org) par des camarades italiens le 6 décembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes/Saint-Imier] Collecte pour la ZAD

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Dons : liste de matériel, adresse

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[Notre-Dame-des-Landes] « Ce qui se joue là-bas est aussi ce qui nous rendra plus aptes à faire front chez nous, avec d’autres : pour sauver d’autres terres, empêcher d’autres expulsions, construire d’autres existences plus denses et autonomes »

En réponse à l’appel des Chats teigneux et invitation du 27 décembre au 3 janvier
Nous ne laisserons pas la Chat-teigne se faire envahir une nouvelle fois !

Nous avons parcouru quelques centaines de kilomètres avec un dortoir en kit, des kilos de poutres, d’outils et de matériaux. Une semaine durant nous avons construit sans relâche, partagé des chaînes humaines, des assemblées et des repas. Nous avons attendu derrière les barricades en blaguant avec d’autres architectes fantasques et swingué sur les tubes de radio Klaxon (107.7 – pirates des ondes !).

Quelques jours plus tard après un concerto de tango boueux, nous avons été arraché-e-s du dortoir à coup de vitres brisées et de lacrymos. Sous nos yeux, ils ont volé les inombrables outils apportés le samedi d’avant par les manifestant-e-s. Ils les ont emporté dans leurs bennes sous une averse de pierres et de bouteilles. On s’est battus pour ralentir leurs engins de destruction une journée durant. Nous nous sommes pris des gamelles lamentables, des coups de flip, de fatigue et des plans foireux. Mais on est un peu têtues quand même. La nuit suivante nous avons repris la Chat-teigne en se paumant à travers les ronciers puis en créant nos propres sentiers au fond de la forêt. Le lendemain nous réparions les dégâts et astiquions les matelas poivrés pour ne pas pleurer une nouvelle fois.

Plus que jamais, s’ils nous expulsent, on revient !

En attendant et puisque la Chat-teigne est toujours debout, nous aspirons à reprendre la route dès que possible et à retrouver les lumières humides et camaraderies du bocage. Si nous voyageons vers Notre-Dame-des-Landes ce n’est pas par goût du déracinement ou en quête d’aventures exotiques mais avant tout parce que nous habitons nous aussi quelque part. Nous savons que ce qui se joue là-bas est aussi ce qui nous rendra plus aptes à faire front chez nous, avec d’autres : pour sauver d’autres terres, empêcher d’autres expulsions, construire d’autres existences plus denses et autonomes… Ce défi collectif — face aux rouleaux compresseurs de l’économie et de la restructuration du territoire — en appelle forcément d’autres.

Ce qui se révèle à Notre-Dame, sur ces 1600 hectares rétifs à leur « progrès », c’est la manière dont se maintient habituellement l’ordre social, mais aussi sa fragilité quand une partie de la population décide en masse de ne plus y croire et de faire front. Ce que nous y trouvons, c’est un espoir contagieux qui depuis bientôt deux mois vient bouleverser les séparations et la résignation. Cet espoir leur est insupportable. Les 23 et 24 novembre ils ont tenté une fois encore de le faire taire. Mais jusqu’aujourd’hui, tous leurs coups fourrés, leurs assauts, leurs éclats de grenades restés à l’intérieur des corps, leurs tentatives de division, leur propositions de dialogue factices, leurs flics déguisés et leurs pelleteuses nous ont laissés avec plus de forces et de liens que de plaies.

Nous répondons donc à l’appel des Chat-teigneux et proposons de revenir du 26 décembre au 3 janvier…

Nous voulons participer à la défense de la Sècherie (expulsable à partir du 27 décembre) faire des petits plats et des cantines, construire encore, proposer des ateliers d’escalade, confectionner des masques de tanukis… Nous aimerions proposer des projections et parler de l’histoire des mouvements écolo radicaux anglais des années 90, des roads protests, de leurs victoires et des avenirs à donner aux espaces libérés… On aurait bien envie qu’il neige ou qu’il vente et de se tenir chaud à côté du poêle. Nous désirons une boum étoilée sur les parquets de la Châtaigne et nous promettre que nous serons encore là dans un an…

À l’appel de Kulon Progo [nom donné à un des dortoirs construit à la Chat-teigne en hommage à une communauté paysanne autonome de l’île de Java, qui résiste à son éradication par l’industrie minière…]

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 5 décembre 2012

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[Le peuple veut une deuxième révolution] Grève générale à Sidi Bouzid

Sidi Bouzid en grève générale !

Conformément à la décision de l’Union Régionale du travail de Sidi Bouzid, la région entière était ce matin du 6 décembre en grève générale. Tous les commerces et les administrations étaient fermés sauf les services urgents et vitaux.

Par ailleurs, une marche de protestation importante a déambulé dans les artères de la ville criant des vivats pour l’UGTT et des slogans contre le gouvernement.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 6 décembre 2012)

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[Grève des ouvriers agricoles en Afrique du Sud] « Les propriétaires fermiers nous ont menacés de licenciement, mais nous sommes allés trop loin pour faire machine arrière »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/151.jpgAfrique du Sud : grève des ouvriers agricoles

Comme au mois de novembre, la situation est à nouveau tendue en Afrique du Sud où les ouvriers agricoles demandent des augmentations de salaire.

Alors que les vendanges battent leur plein en Afrique du Sud, la tension est montée d’un cran mardi 3 novembre. Les ouvriers agricoles de la région sud-africaine du Cap occidental (sud-ouest) ont mis leur menace à exécution avec le déclenchement d’une grève générale. Un mouvement organisé par la centrale syndicale Cosatu. « Les ouvriers agricoles ont été abandonnés pas seulement par leurs employeurs mais également par le gouvernement », a déclaré Tony Ehrenreich, secrétaire du Cosatu pour le Cap occidental, région vinicole et productrice de fruits.

L’organisation a accusé l’aile droite au sein du lobby des propriétaires fermiers de refuser de prendre en considération les revendications des ouvriers. Sur le terrain, la situation est tendue et la police a arrêté sept personnes soupçonnées d’appartenir à un mouvement d’extrême-droite afrikaner (AWB).

Deux morts dans des affrontements

Un mouvement de grève a enflammé les campagnes du Cap occidental dans la première quinzaine de novembre, des dizaines de milliers d’ouvriers agricoles descendant dans la rue pour demander une augmentation de 70 rands (6 euros) par jour à 150 rands (13 euros) de leur salaire minimum.

Deux personnes sont mortes dans des affrontements entre police et manifestants, tandis que des vignobles, du matériel agricole et des entrepôts ont été incendiés et que de nombreuses routes ont été fermées.

Le calme est revenu la semaine dernière et la grève avait été suspendue jusqu’au 4 décembre, le temps d’entamer des négociations. Des pourparlers ont été engagés au niveau local, tandis que le gouvernement a organisé des réunions publiques dans tout le pays.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/141.jpgMenaces de licenciements

« Les propriétaires fermiers nous ont menacés de licenciement, mais nous sommes allés trop loin pour faire machine arrière », a déclaré Merchia Adams de l’organisation Mawubuye Land Rights au journal Cape Argus.

De son côté la Chambre de commerce (Afrikaanse Handelsinstituut, AHI) s’est inquiétée de cette nouvelle grève qui, selon elle, fait peser une pression supplémentaire sur un secteur déjà fragile et va conduire à d’importantes suppressions d’emplois.

« Une grève maintenant est par conséquent inutile et elle ne résoudra pas les problèmes des ouvriers agricoles, mais va au contraire les aggraver », a affirmé la Chambre de commerce, dans un communiqué.

Mardi dernier, la ministre du Travail, Mildred Oliphant, avait affirmé que le gouvernement ne serait pas en mesure de relever avant avril le salaire minimum des ouvriers agricoles, malgré ses promesses de l’abroger rapidement. La loi stipule que le salaire minimum ne peut être modifié moins d’un an après qu’il a été mis en place, a-t-elle expliqué, or le niveau actuel a été fixé en mars 2012.

Presse esclavagiste (Ouest-France, 5 décembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Nos médias] Sortie de l’Épine Noire n° 2 (Poitiers, automne 2012)

Novembre 2012.

Tsahal, l’armée israélienne annonce sur Twitter le début de l’opération « Pilier de défense » sur la bande de Gaza. Offensive militaire après celle de « Plomb Durci » en janvier 2009 afin de terroriser pour dominer les Palestiniens dans leur entreprise coloniale.

C’est sans doute là où l’État israélien est supérieur, ça n’est pas tant dans le nombre de morts et dégâts matériels que dans sa capacité de contrôler tous les aspects de la vie des palestiniens dans des territoires réduits.

La maîtrise de la géographie est une science redoutable qui, aux mains de l’État et de ses bureaucrates prend le nom « d’aménagement du territoire ».

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Ici, de l’autre coté de la Méditerranée cela passe par la prolifération des grands travaux d’infrastructures : lignes THT, autoroutes terrestres et maritimes, aéroports, LGV, centrales nucléaires, prisons, etc. Tout ce qui fait que les flux de cette économie marchande et les rapports sociaux de classes qui en découlent tiennent.

Cependant, des luttes populaires émergent (comme celle contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes, ou celle contre le train à grande vitesse entre Lyon et Turin) contre ces « évidences », ces « nécessités » et autres injonctions structurelles et économiques de « Temps de Crise ».

La crise que nous vivons sera peut-être le tombeau du gouvernement socialiste au pouvoir, à l’image de la Grèce ou de l’Espagne, incapable d’amorcer le changement promis à ses électeurs. Ce qui ne nous surprend guère car nous n’attendions rien de cette « alternance » politique, mais nous ne sommes pas les seuls. La légitimité de l’économie capitaliste (et du pouvoir politique), qu’elle se pare du vernis démocratique, du visage autoritaire ou du cadre islamique, est remise en cause partout dans le monde par des mouvements populaires : Égypte, Chine, Tunisie, Afrique du Sud, Espagne, Grèce, etc.

Apériodique et local est l’Épine Noire, nous n’oublions cependant pas le monde dans lequel nous vivons.

Ici, à Poitiers, l’opération « ville propre » suit son cours : les travaux de la rénovation urbaine « Coeur d’Agglo », les patrouilles de flics omniprésentes à pied ou en voiture, les traques aux sans-papiers, les prisonniers déplacés à Vivonne, la technopole du Futuroscope (et ses centres d’appel), des squats qui prennent feu comme par enchantement, le TAP pour amuser le « Plateau », les constructions de LGV, flics partout, zonards nulle part. L’heure est toujours à la neutralisation des gens qui luttent, au nettoyage des indésirables, pour tirer son épingle du jeu dans la compétition entre les grandes villes (Métropole mon amour !), afin d’attirer la petite bourgeoisie branchée qui vient consommer du divertissement, du bar lounge, des rues sûres et propres. Mais ce n’est pas fini car les indésirables sont encore là, ils s’autoorganisent de différentes manières dans cette guerre sociale, pour ne pas plier face aux notables locaux, aux camelots et à leurs forces armées, qui semblent un peu trop sûrs de leurs prérogatives.

Éditorial du 2e numéro de l’Épine noire, contre-information sur Poitiers et ses alentours, automne 2012

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[Le peuple veut une deuxième révolution] Grève générale à Gafsa

Grève générale à Gafsa : Des cortèges géants sillonnent la ville

Des milliers d’habitants ont manifesté aujourd’hui 6 décembre dans les principales artères de la ville de Gafsa.

Le correspondant de Tunisie Numérique nous a indiqué que le cortège est parti du siège de l’UGTT et a afflué vers le gouvernorat de Gafsa. Des slogans tel que “vive l’UGTT” ont été scandés.

Notre correspondant présent sur place nous a précisé que des manifestants ont réclamé de manifester devant le siège d’Ennahdha mais que des leaders de l’UGTT ont refusé.

Par ailleurs, le respect de la grève a été quasi total.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 6 décembre 2012, 12h57)

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[Le peuple veut une deuxième révolution] Grève générale à Kerkennah

Manifestations et grève générale à Kerkennah

Kerkennah, l’île natale de Farhat Hached, a tenu à manifester sa grogne pour protester contre les agressions qui ont visé l’UGTT.

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Les villes de l’île étaient aujourd’hui paralysées, et les rues ont été arpentées par des centaines de manifestants criant leur soutien à la centrale syndicale et leur rage contre le gouvernement.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 6 décembre 2012)

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[Espagne] Les syndicats font voter par les ouvriers le licenciement de leurs camarades

La direction de Bridgestone et les syndicats UGT et CCOO, majoritaires au comité d’entreprise, ont signé aujourd’hui le document formalisant un accord de licenciements de 327 travailleurs dans quatre usines du groupe en Espagne, ce qui représente 8,6 pour cent de l’effectif total. (…)


Bridgestone, UGT y CCOO firman el ERE con 327 despidos en toda España

Torrelavega (Cantabria), 5 dic (EFE).- La dirección de Bridgestone y los sindicatos UGT y CCOO, mayoritarios en el comité intercentros, han suscrito hoy el documento por el cual se formaliza un expediente de despidos para 327 trabajadores en las cuatro plantas del grupo en España, lo que supone el 8,6 por ciento de la plantilla total.

El acuerdo, que no ha sido suscrito por el sindicato SITB-USO, supone la salida de 177 trabajadores de la planta de Basauri, 17 de la de Usánsolo, 81 de la de Puente San Miguel y 52 en Burgos, como consecuencia de la reestructuración que se pretende aplicar debido al descenso de ventas y a la reducción que se prevé para 2013.

Fuentes sindicales han explicado que los afectados por el expediente cobrarán unas indemnizaciones de 42 días por año trabajado, con un máximo de 3,5 anualidades, y el compromiso empresarial de que si se producen nuevos despidos colectivos en 2013 se mantendrán las mismas condiciones económicas.

También se acepta por los sindicatos la aplicación de un sistema de flexibilidad mediante la reducción de la jornada y de sueldo, el traslados de 14 trabajadores mayores de 50 años de la planta de Usánsolo a Basauri, y la recolocación en contratas de servicios de 8 operarios en Burgos, 6 en Puente San Miguel y 13 en Basauri.

También se ha pactado un plan de recolocaciones según el cual la empresa asumiría los costes de traslado de hasta 300 euros para los despedidos que continúen con el programa de formación más de 3 meses y vivan fuera de la ciudad donde están las oficinas.

El pacto laboral suscrito hoy en Basauri contempla el traslado voluntario de trabajadores a otras fábricas de la compañía, y la aceptación de bajas voluntarias excluyendo a operarios de más de 50 años.

En el cómputo de todas las plantas de España, de los 3.354 trabajadores llamados el lunes y martes a consulta sobre la firma del acuerdo laboral, 1.712 votaron a favor de la firma del mismo, 477 en contra, 126 fueron sufragios en blanco y 13 nulos.

Tras la firma del acuerdo y en un comunicado, el sindicato SITB-USO ha rechazado el acuerdo « porque, no solo supone aceptar los despidos, sino que significaría ser participes del inicio de la deslocalización de Bridgestone en España ».

A su juicio, el expediente demuestra « el nulo compromiso » de la empresa, porque no ha presentado un plan de viabilidad y de futuro, así como tampoco compromiso de mantenimiento de las plantillas, ni garantía de que cuando se recuperen las ventas éstas reviertan en las plantas de España.

Además, SITB-USO ha manifestado que « critica y repudia » la actitud tomada por UGT y CCOO en esta negociación que se ha saldado con el despido de 327 trabajadores.

Presse esclavagiste (Agencia EFE via lainformacion.com, 5 décembre 2012)


La plantilla de Bridgestone acepta el plan de despidos

El alto nivel de abstención marca la votación en las fábricas de Bizkaia

Bilbao. Los trabajadores de Bridgestone votaron ayer mayoritariamente a favor del plan de bajas contempladas en el plan de reestructuración de la empresa en todo el Estado. Las dos fábricas vizcainas del grupo registraron el mayor nivel de abstención y casi la mitad de la plantilla optó por no participar como habían solicitado para expresar su rechazo ELA, LAB y el sindicato de cuadros BUB.

El resultado final de la votación no deja en cualquier caso ninguna duda. El programa de bajas fue aprobado por el 74% de los que votaron en los cuatro centros de trabajo — Basauri, Usansolo, Burgos y Cantabria. Y en definitiva el 51% del censo electoral votó a favor. La mayoría de los trabajadores han optado por el mal menor, que en este caso pasa por aceptar los despidos planteados por la empresa con unas indemnizaciones por encima de las establecidas en la reforma laboral.

Los centros de trabajo más beligerantes fueron los dos vízcainos, donde, aunque casi el 82% de los que participaron en el referéndum se mostraron favorables, la suma de los votos afirmativos (586) fue muy similar a la de la abstención (581). También se contabilizaron 70 papeletas contrarias a los despidos, 49 en blanco y 8 nulas. Como reflejo de la oposición frontal de los sindicatos abertzales, solo el 45,5% del censo apoyó el plan de reestructuración.

Fuentes de los sindicatos que apoyaban la votación explicaron a DEIA que el comité intercentros se reunirá hoy con la empresa para valorar un resultado que consideran « vinculante ». La cita se celebra justo el día en el que concluye el plazo de negociación del Expediente de Regulación de Empleo y se dará luz verde a los despidos. El ERE de extinción afectará a 327 personas en las cuatro fábricas — 194 en las dos plantas de la CAV.

En el comité se sospecha de la existencia de una lista con los nombres de los trabajadores que causarán baja y se confía en que se aclare la situación lo antes posible. Mientras tanto, la plantilla asiste al proceso con « nerviosismo » ante la posibilidad de ver « toda una carrera profesional truncada ». El ajuste recortará la plantilla vasca de Bridgestone en un 15%.

Presse esclavagiste (deia.com, 5 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Marseille] Projection-bouffe pour la ZAD

 

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[Le peuple veut une deuxième révolution] Grève générale à Sfax

[10h36] Sfax : Grève générale et tension palpable

La tension est montée d’un cran aujourd’hui 6 décembre à Sfax.

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Quelques dizaines de milliers de personnes  se sont rassemblés ce matin devant le siège de l’UGTT et une marche de protestation est prévue, au départ de ce siège, vers celui du gouvernorat.

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Par ailleurs, au niveau du siège du gouvernorat, un attroupement anti UGTT est en train de se constituer à l’appel de la ligue de protection de la révolution. Ce qui laisse présager un affrontement inéluctable.

La plupart des écoles étaient fermés ce matin, le secteur des transports  et de  l’administration sont  complètement à l’arrêt, seuls les commerces ont gardé leurs portes ouvertes.

L’URT de Sfax compte à travers la  grève générale qui est observée aujourd’hui protester contre l’attaque qui est survenue mardi 4 décembre au siège de l’UGTT de Tunis et la situation n’est pas prête de se calmer.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 6 décembre 2012)


[11h16] Sfax : Des dizaines de milliers de manifestants pro UGTT se dirigent vers le siège du gouvernorat !

Ils sont nombreux, très nombreux. Ils font partie de tous les horizons, syndicalistes, militants de l’opposition, membres de la société civile et simples citoyens. Les premières estimations qui sont en train de nous parvenir font état de dizaines de milliers de manifestants qui se sont regroupés devant le siège de l’URT de Sfax pour dénoncer les agressions dont est la cible la centrale syndicale.

Les manifestants se sont ensuite dirigés dans une marche de protestation vers le siège du gouvernement en scandant des slogans hostiles au gouvernement et demandant le départ du gouverneur.

Par ailleurs, une centaine de membres de la ligue de protection de la révolution, se sont rassemblés devant le siège du gouvernorat, pour haranguer les manifestants. Ils sont pour le moment protégés par un cordon des agents de l’ordre. (Les policiers savent être préventifs, quand il le faut !)

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 6 décembre 2012)


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[12h31] Sfax : La manifestation quitte le siège du gouvernorat et se dirige vers celui de Radio Sfax !

Les manifestants qui s’étaient amassés devant le siège de l’URT de Sfax en début de matinée se sont ensuite déplacés vers le gouvernorat de Sfax, en criant des slogans anti gouvernement et condamnant les agressions anti UGTT, se dirigent en ce moment vers le siège de Radio Sfax.

Les éléments perturbateurs relevant de la ligue de protection de la révolution qui s’étaient regroupés devant le gouvernorat, n’ont pas réussi à attirer l’attention sur eux !

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 6 décembre 2012)


Grève générale dans quatre régions instables de Tunisie

La symbolique Sidi-Bouzid fait partie des protestataires. La grève est pour l’instant très suivie.

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Des boutiques Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, affichent portes closes, le 14 août 2012, lors d’une journée de grève générale en opposition au gouvernement.

Quatre régions de Tunisie réputées instables, dont Sidi Bouzid, ont entamé jeudi une grève générale très suivie, à l’appel de la puissante centrale syndicale UGTT, en conflit avec les islamistes au pouvoir, ont constaté des journalistes de l’AFP. Outre Sidi Bouzid (centre-ouest), sa voisine Kasserine observe le débrayage, tout comme Gafsa, une région minière qui est le théâtre de conflits sociaux récurrents, et Sfax, dont la capitale éponyme est la deuxième ville du pays.

L’essentiel des institutions publiques et privées n’ont pas ouvert leurs portes jeudi matin dans ces régions, à l’appel des branches régionales de l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Des manifestations y sont prévues. Seules des petites boutiques et cafés de quartier fonctionnaient dans la matinée.

Ces grèves régionales sont un prélude du débrayage national annoncé par le syndicat pour le 13 décembre pour dénoncer une attaque mardi à Tunis contre son siège orchestrée, selon l’UGTT, par des milices islamistes pro-Ennahda, le parti au pouvoir. Dans son histoire, ce syndicat, qui revendique un demi-million de membres, n’a appelé qu’à deux grèves nationales, l’une en 1978, et une autre, de deux heures, le 12 janvier 2011, deux jours avant la chute du régime de Zine El Abidine Ben Ali.

Les grèves, manifestations violentes et crises politiques se multiplient à l’approche du 2e anniversaire du début de la révolution le 17 décembre, lorsqu’un vendeur ambulant s’est immolé par le feu pour dénoncer des brimades policières et la misère. Les espoirs déçus de la révolution nourrissent l’instabilité, en particulier dans l’intérieur du pays, marginalisé sur le plan économique depuis des décennies.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 6 décembre 2012, 10h56)

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[Notre-Dame-des-Landes] « Guérilla bocagère » ?

« Guérilla bocagère » ?

Pour ne plus entendre « il ne faut pas les provoquer » quand la foule dégage les flics depuis une barricade.
Ou : pour le partage des savoirs populaires utiles.

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Après un mois d’affrontements, de destructions et de barricades, la guerre qui est menée ici semble prendre un nouveau tournant.

Que le gouvernement demande une trève de six mois, c’est le signe d’une bonne nouvelle : ils étaient en train de perdre. Que cette trève, sur le terrain, signifie pour les flics la possibilité de se comporter comme s’ils étaient chez eux sur la ZAD, est autrement moins réjouissant.

Ce qui est sourdement en train de se mettre en place n’est pas qu’un recul. C’est une phase autre, moins visiblement offensive, d’une opération de contre-insurrection (comme ils disent dans leurs manuels de stratégie) ou de pacification (comme ils disent à la télé). Une phase de maintien de l’ordre, comme celle qui a précédé chaque expulsion.

Reprenons. Ils sont en train de perdre. Pas militairement. La quasi totalité des lieux expulsable sont désormais des champs de gadoue. Notre cohorte de blessés ce samedi le raconte aussi. Mais le déchaînement de brutalité dont ils devraient user pour nous virer n’est plus si assumable. Leur « population » leur devient trop hostile. Et puis, plus nous avançons et plus nous sommes nombreux, et forts ensemble. Ils perdent parce notre peuple bigarré se tient lié.

Que font-ils, donc ? Ils occupent militairement, et ils communiquent.

Les flics doivent être gentils, ils doivent pouvoir aller partout. Nous pouvons circuler – au prix de quelques détours – mais à condition de ne pas être offensifs. C’est à dire, à condition de nous tenir tranquilles et de nous taire. C’est à dire, à condition de perdre.

Parler de contre-insurrection, ce n’est pas dire que nous sommes dans la bande de Gaza (malgré les bulldozers et les peines de prison pour port de lance pierre), ni en Tchétchénie (malgré les barricades sur les départementales).

Ce n’est pas non plus vouloir faire de nous des soldats.

C’est, simplement, ne pas perdre de vue que nous sommes en lutte et qu’il s’agit de vaincre. C’est se donner des clés pour comprendre le comment et le pourquoi de leurs manœuvres. C’est se donner les moyens d’une pensée stratégique, un souci d’efficacité dans nos actions, et des leçons à tirer, depuis le vaste monde.

De leur côté, on peut penser qu’après les pluies de grenades viennent :

• Renseignement : très probables tentatives d’infiltration, fichages des allers et venues, surveillance des communications.

• Intimidation : peines lourdes sur des motifs douteux, diffusion de la peur autour des pratiques offensives (jets de pierres et fusées…), déclarations martiales.

• Communication : confiscation du débat par la fumeuse commission de dialogue intergouvernementale, usage stratégique de leur presse.

• Présence dissuasive : checkpoints, prises de positions dans la forêt, camions qui rodent, contrôle des chargements, petites provocations.

Sur chacun de ces points, il faut les tenir en échec. Donc, pour faire court :

Il faut être discrets, il ne faut pas se faire prendre, il n’y a RIEN à négocier, les flics doivent dégager de la ZAD.

Ceci est une invitation à faire circuler techniques, recettes, et savoirs utiles en ce sens.

Fiche technique n° 1 : œufs de peinture
(ou de toute autre substance nauséabonde, colorante, irritante, inflammable)

Variante 1 :
Prendre des œufs, les trouer aux deux bouts, souffler pour vider, remplir avec une poche à douille ou une grosse seringue.
Boucher les trous à la cire.

Variante 2 : œufs en cire
Faire fondre de la paraffine (bougies ou blocs d’un kilo dans le commerce) dans une casserole ou une boîte de conserve
Gonfler un ballon de baudruche avec de l’eau : l’enfiler sur le goulot d’une bouteille plastique pleine d’eau, retourner, presser la bouteille. Il ne doit pas rester d’air dans le ballon. L’extérieur doit rester sec. Tenir sans nouer.
Tremper rapidement le ballon dans la cire, une dizaine de fois, jusqu’à obtenir une coque adéquate. Plonger dans l’eau pour refroidir. Vider l’eau et enlever le ballon.
Remplir de la substance voulue. Le mélange essence/huile/glycéro, qui tache et inquiète, semble faire ses preuves.
Boucher le trou avec un bout de papier journal enduit de cire.
Tremper l’œuf une dernière fois.
Viser juste.

Fiche technique n° 2 : lance-pierres

LE MANCHE
Une branche en Y peut suffire. Mais les lance-pierres avec un repos sur l’avant bras permettent beaucoup plus de tension, donc de doubler les élastiques, donc beaucoup plus de puissance et de précision. Mais ils sont moins discrets.
On en trouve dans le commerce, on peut en forger avec du fer à béton de 8mm, ou en fabrique de bien des manières.

L’ÉLASTIQUE
C’est le matériau le plus difficile à trouver sur place, et ce qui casse le plus vite. Il faut en amener le maximum de là ou vous venez.
Prévoir 30cm pour un lance pierre simple, 70cm pour les doubler.
Élastique à lance-pierre, au mêtre dans certains bricos et armureries. Noir carré, ou tubulaire. Élastique à garrot, dans les hôpitaux, chez les vétérinaires ou les boutiques de matériel médical.
Élastique « espagnol », rond et plein, plus puissant, interdit en france, sans doute disponible sur internet.
La chambre à air ne vaut rien, le tendeur non plus, à moins de le détisser et d’utiliser les élastiques à l’intérieur en les tressant.

LA LANGUETTE
On utilisera un morceau de cuir bien épais, d’environ 8×4cm, simplement percé pour passer l’élastique. Un morceau de sangle fait aussi bien l’affaire, en percant à chaud pour « cautériser ».
Des « cones » de cuir, ou les poches à amorces des lance pierre de pêche, peuvent permettre de lancer des œufs
Pour l’assemblage, on peut utiliser du scotch souple (type électricien), ou mieux des serre-flex (petits modèle blanc, les sous-marques se désserrent). Il faut bien tendre l’élastique au maximum au moment de l’attacher, sinon il se détache en tendant.

PROJECTILES
Les cailloux sont rares dans le bocage. Leur irrégularité leur fait décrire des courbes.
On pourra leur préférer des galets bien rond, des écrous ou des billes (de verre ou d’acier).
Des fragments de céramique (bougies de voiture) permettent de faire voler en éclat le verre sécurit. Mais les pare-brises de fourgons de GM sont le plus souvent en plexi.

PAR EXTENSION
Sur le même principe on peut imaginer des « lance-pierres » fixes sur les palissades et barricades, tendus à deux mains et de tout son poid, avec, par exemple, des tendeurs de musculation ou beaucoup de fibres de tendeurs en guise d’élastique.

Fiche technique n° 3 : the famous molotov

Le principe est bien connu. Mais les détails comptent.
La bouteille doit se briser. À ce titre, préférer les bouteilles de vin ou jus de fruit à celles de biere.
Le mélange doit s’enflammer facilement, puis brûler assez longtemps. Le mélange 2/3 essence, 1/3 huile de vidange est assez efficace. Les ingrédients peuvent varier selon l’usage.
La mêche est un morceau de tissu. Il doit être assez absorbant pour assurer une belle flamme qui ne s’éteigne pas en vol. Imprégner la mêche au dernier moment, l’essence s’évapore vite. On peut soit coincer la mêche dans le goulot, soit la nouer autour de la bouteille, ce qui permet de reboucher avec un bouchon ou un bout de bougie et assure une meilleure conservation au cocktail.
Viser juste.

Fiche tecnique n° 4 : boucliers

Se protéger des tirs permet d’approcher bien plus près de la cible choisie. C’est une des conditions pour tenir à découvert.
À titre d’exemples :
Les bidons en plastique bleu, coupés en deux, assortis de deux poignées (une grande pour le bras, une petite pour la main) se portent seul, et permettent de s’abriter à deux (dont un lanceur).
Toutes sortes de banderolles en bache épaisse renforcée (de bois, tubes PVC, protections diverses) permettent de se déplacer à plus nombreux.
S’entrainer, en groupes mobiles, à avancer, reculer, encaisser des projectiles, permet d’être plus efficace et moins hésitant en situation.

Fiche technique n° 5 : méfiance #1 : pendant une attaque

Nous avons vécu cette situation : 10 flics déguisés en insurgés embarquent sur une barricade quatre de nos camarades. Quelques leçons à en tirer.
Autant que possible, décider de où et quand nous intervenons, plutôt que de se rendre à leurs invitations. Ce n’est pas toujours possible, en particulier lors de l’attaque d’un lieu. Mais certains de leurs mouvements sont très prévisibles.
Toujours évoluer en groupe de confiance. Ne pas se laisser isoler entre des inconnus. En particulier avant de faire quoi que ce soit d’illégal, vérifier par qui l’on est entouré. Avant d’être menée, une action n’a besoin d’être connue que par ceux qui y participent.
Être prêts à réagir vite — et sans doute violemment — si cette situation se répète. Des bâtons aident.
Dans l’urgence, mieux vaut être trop méfiant que pas assez. Et il faut arrêter de se vexer — et d’insister — lorsqu’on est écarté d’un groupe où on ne connait personne. Pure perte de temps et affaiblissement, pour tous.

Fiche technique n° 6 : méfiance #2 : communications/identifications

La géolocalisation d’un portable est une pratique plus que commune chez les flics. Les relevés de plaques aussi. Et ils filment souvent les allers et venues depuis leurs positions.
Même si l’on est pas en train de faire quoi que se soit de répréhensible, et même si on n’en a pas l’intention, se soumettre à ce fichage les aide. Par élimination, ressemblances, déductions, il leur est beaucoup plus facile d’identifier quelqu’un parmi un groupe défini.
Changer et échanger les vêtements – et les chaussures – le plus souvent possible. Attention aux détails (bijoux, tatouages, postures…).
Les communications sont très certainement surveillées.
Pour le téléphone : ne rien dire sur un portable, ne pas prendre de photos compromettantes. Même éteint, un téléphone peut servir de micro. Merci d’enlever sa batterie lors des discussions.
Pour internet : un ordinateur sous windows ou mac qui se ballade sur internet est un livre ouvert pour les RG. L’utilisation adéquate de Tails (se référer à leur site) résout la plupart des problèmes d’anonymat. Pas besoin d’être « bon » en informatique.
Pour rappel.
Les services secrets affectés par Sarkozy à la surveillance de l’« extrême-gauche violente », tournés très vite vers les « anarcho-autonomes » n’ont jamais été démantelés. Or, en ce moment, les « anarcho-autonomes », pour eux, c’est nous. La surveillance n’est pas un fantasme.

Fiche technique n° 7 : méfiance #3 : sur place et alentour

C’est le point le plus délicat. Devant la présence plus que probable d’infiltrés ou de balances, les mesures de sécurité nécessaires peuvent vite tourner à une ambiance délétère et paranoïaque, ce qui serait catastrophique pour un mouvement aussi ouvert que le notre. Ce ne serait pas la première fois que des rumeurs d’infiltrations savamment orchestrées pourrisse un mouvement plus surement que des infiltrés réels. Par ailleurs, contre un Mark Stone, il est difficile de faire quoi que ce soit. Mais on peut penser que la plupart des infiltrés n’ont pas sa « classe ».
Quelques consignes.
En cas de suspicion, éviter la rumeur. Rester discret, se renseigner : avec qui la personne est arrivée, qui elle connaît, ou elle dort. Qu’est ce qu’elle demande, à qui ? Tendre des perches ou des pièges.
Aux assemblées la théorie, les grandes lignes stratégiques. Aux petits groupes plus sûrs, l’organisation précise d’une action. Les départs s’annoncent au dernier moment, autant que possible.
Éviter les bavardages et spéculations sur qui a fait quoi. Qu’une chose ait été faite, cela suffit.
Lorsque l’on accorde sa confiance à une personne récemment rencontrée – ce qui, heureusement et inévitablement, ne cesse d’arriver – le faire pour soi, ne pas mouiller les autres sans leur en parler.
Ne pas oublier de vivre et de rire, ne pas faire régner la méfiance et le secret sur les moments où ils sont inutiles. Certains savoirs gagnent à être largement partagés – le comment, plus que le qui.
Se souvenir que nous gagnerons en étant nombreux à savoir nous battre et nous soutenir de 1000 manières, pas grâce à quelques groupes isolés et paranoïaques de guerriers.

Fiche technique n° 8 : Quand c’est trop tard

Connaître le numéro de la légal team et le nom d’avocats.
Refuser le fichage, même face au chantage, évite de le regretter toujours par la suite.
On peut refuser de donner son identité, mais c’est interdit. Pour le reste, il est préférable de ne RIEN dire aux flics. Ou de chanter des chansons. C’est autorisé, clair et simple à tenir. Leur boulot, c’est de tirer sur le moindre bout de fil qu’on leur donne pour dérouler la pelote. La fatigue après 48h peut faire faire des erreurs.
Toujours refuser la comparution immédiate, pour pouvoir préparer sa défense. On ne vous le proposera pas. C’est au moment de passer devant le juge qu’un délai se demande.
Il y aura des pressions (même peut-être de la part des avocats commis d’office). Des risques (réels) de préventive. Mais arriver à son procès sans l’avoir préparé, c’est la garantie de se faire massacrer.
Voilà pour les règles de base.
Un guide d’autodéfense médicale et juridique, plus complet, est disponible sur internet et sur la ZAD.

Fiche technique n° X : faire une fiche technique

Et bien, fais donc, rajoute au bout du texte, et renvoie à Indymedia Nantes et/ou zad(at)riseup(point)net.
Quelques suggestions :

• frondes et propulseurs

• patator

• catapultes

fumigènes

• médias et propagande

• brûler un véhicule

• saccager un parcmètre ou un automate de péage

• effacer ses empreintes digitales et adn

etc.

Juste prendre toutes les précautions nécessaires quant à l’opacité de la provenance.

Indymedia Nantes, 3 décembre 2012

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Qu’est-ce que le système de garant en vigueur dans les monarchies du Golfe persique, sinon une forme d’esclavage ?

Dubaï : un Indien se jette sous le métro

Un ressortissant indien s’est suicidé en se jetant sous le métro de Dubaï après le refus de son garant local de le laisser rentrer dans son pays, a rapporté aujourd’hui la presse locale. Le métro de Dubaï, entièrement automatisé, a heurté lundi matin l’homme qui était allongé sur les rails du métro, a indiqué le quotidien Gulf News en citant un chef de la police, Khamis al-Mazeina, selon lequel l’homme était sous l’influence de l’alcool.

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L’identification du corps a pris deux jours.

L’Indien, âgé de 36 ans, était « déprimé et malheureux parce qu’il voulait rentrer dans son pays, mais son garant ne l’a pas laissé partir pour des raisons inconnues », a indiqué l’un de ses amis à la police, selon la presse. Il avait demandé au ministère du Travail de l’aider à obtenir l’annulation de son visa pour pouvoir rentrer chez lui. Mais une fois le visa annulé, son employeur ne l’a pas laissé partir. « Nous enquêtons sur les raisons pour lesquelles l’employeur a retardé son départ » des Émirats arabes unis, a indiqué M. Mazeina.

Les Émirats et les autres monarchies du Golfe sont souvent critiqués par les organisations de défense de droits de l’Homme pour leur traitement des millions de travailleurs étrangers, originaires notamment du sud-est asiatique.

Ces organisations contestent particulièrement le système de garant, en vertu duquel tout travailleur étranger doit avoir un « garant » local qui peut notamment lui retirer son passeport durant son séjour dans le pays.

Presse esclavagiste (Agence Faut Payer, 6 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Besançon] « ZAD vivra » – Manif samedi 8 décembre

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Dans la nuit du 2 au 3 décembre 2012, des tags ont été inscrits sur les murs du centre-ville de Besançon en solidarité avec la ZAD de Notre-Dame des Landes.

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Le Chat Noir Émeutier, 6 décembre 2012

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[PSA] Une balle dans le pied pour les salariés

PSA manque d’une réflexion sur ses marques, selon Secafi

Le cabinet d’experts mandaté par les syndicats reproche la vision trop court-termiste du plan d’économies engagé par PSA Peugeot-Citroën. Il pointe notamment du doigt le manque de réflexion stratégique sur les marques et leur positionnement.

Les conclusions sont globalement identiques à celles du rapport Sartorius publié en septembre dernier. Loin de contester les difficultés financières du groupe, le rapport Secafi, commandé par les syndicats de PSA, dont la dernière partie était remise mercredi 5 décembre, confirme que le plan d’économies engagé par le constructeur à horizon 2015 s’avère tout à fait nécessaire. En revanche, le cabinet d’experts regrette l’absence de vision stratégique quant au positionnement des deux marques, Peugeot et Citroën. Le groupe n’a « pas pris la mesure des moyens nécessaires à […] l’adaptation aux évolutions des comportements de consommation », peut-on ainsi lire dans le rapport.

Secafi met en avant un chevauchement trop important dans le positionnement de Peugeot et Citroën. Avec deux marques « généralistes de milieu de gamme », le constructeur français prendrait le risque d’une « cannibalisation ». Et le rapport de citer en exemple ses concurrents comme Renault ou Volkswagen qui ont su positionner leurs marques sur des créneaux très différents. Problème de lisibilité, également : Secafi reproche à PSA un manque de clarté dans son futur positionnement. Le constructeur ayant annoncé simultanément une montée en gamme de ses modèles et le lancement de la 301, véhicule qui complète la gamme Peugeot par le bas.

Enfin, les experts de Secafi regrettent une alliance avec GM pour l’instant « réduite au strict minimum ». Après avoir lancé la première phase consacrée aux économies, PSA aurait tout à gagner à engager rapidement les réflexions sur sa « diversification géographique » en partenariat avec le groupe américain.

S’il n’engage pas une réflexion sur ces « questions de portée stratégique », le groupe risque de voir augmenter sa dette, toujours selon le rapport. En dernier recours, PSA devra étudier la possibilité d’une augmentation de capital, d’un adossement de l’État ou de nouvelles cessions d’activités…

Presse esclavagiste (Frédéric Parisot, UsineNouvelle.com, 5 décembre 2012)

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[Révolution égyptienne] « Cela fait bientôt 24 heures que nous avons quitté l’ouest du Caire, et que nous affrontons cette racaille et cette horde de flics en civils dans l’est du Caire »

L’Égypte se soulève

Un déluge des foules jamais vu — un million selon différentes estimations — s’est abattu sur le palais présidentiel en l’encerclant, obligeant les forces de l’ordre à se retirer à l’intérieur de l’enceinte et Morsi à fuir par la porte arrière. Sa voiture a été la cible de quelques jets de pierres et un des motards de sa garde a été renversé par les manifestants. En même temps des centaines des milliers manifestaient à Tahrir et dans toutes les villes égyptiennes y compris la ville nouvelle du six octobre à 30 km à l’ouest du Caire, fief de Morsi et des membres de la Confrérie, quelques-uns ont même osé manifester devant sa résidence.

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À 11 heures du soir, devant les occupants de la place Tahrir, excités par les informations sur l’état de la mobilisation ailleurs en Égypte, diffusées à partir de la tribune, le porte parole du Front du salut a lu le cinquième communiqué qui venait d’être issu par le Front : il saluait [national] d’abord la mobilisation extraordinaire des Égyptiens contre un régime qui voulait leur voler révolution et les asservir de nouveau ; appel[ait] à la continuation de l’occupation de toutes les places de l’Égypte et des alentours du palais et [à] marcher en masse le vendredi vers le palais pour contraindre le pouvoir à abroger la déclaration constitutionnelle et à annuler le référendum.

Le Parti de la liberté et de la justice, a quant à lui annoncé le djihad, contre qui ? on verra, nous sommes prêts.

Les Frères minimisaient la capacité de l’opposition à mobiliser le peuple et ne veulent pas admettre la haine que leur porte une majorité de la population à cause de leur incompétence, leur arrogance et leurs pratiques fascisantes. Le siège de la Haute Cour constitutionnelle par leurs milices, qui se poursuit jusqu’à maintenant a fait descendre dans les rues, ceux que nous appelons ici, le parti du canapé, une masse silencieuse qui ne s’était pas exprimée jusqu’à maintenant.

Demain un cortège se dirigera vers la Haute Cour pour déloger les milices qui continuent à l’encercler et permettre à ses membres [d’]y accéder.

Désormais, a déclaré Gamila Ismail, membre du Front du salut, nous répondrons à la violence par la violence et nous en sommes capables.

Le sort de l’Égypte se décidera au cours des 48 heures prochaines, nous avons relevé le défi, il ne faut pas lâcher.

La révolution continue
NOPASARAN

Reçu du Caire dans la nuit du 4 au 5 décembre 2012 – mailing


La lutte continue

Oui Al Midan Tahrir s’est vidé, devant l’assaut des Frères devant le palais présidentiel, beaucoup ont préféré se replier.

Nous reviendrons, si ce n’est demain, après demain, nous reviendrons.

Nous nous sommes redéployés. Cela fait bientôt 24 heures que nous avons quitté l’ouest du Caire, et que nous affrontons cette racaille et cette horde de flics en civils dans l’est du Caire.

Nos camarades de Mahallah assiègent le QG local des Frères musulmans depuis des heures.

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@M_Graffiti @ Sidi Gaber protest in #Alexandria says protesters beat up Brotherhood member Sobhi Saleh & burnt his car

À Alexandrie on a foutu le feu aux bus de ces salopards…

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The moment when protesters at #Suez put the #MB HQ on fire.

À Suez, ils les ont fait courir…

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#Egyptian protesters are seen outside the burning office of the Muslim Brotherhood in Ismailia, 100 km East of Cairo.

Ce n’est pas moins de 9 permanences de ce parti abject qui sont parties en fumée ces dernières heures, à Minya, Ismailya, Tanta et Suez…

La lutte continue.

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Protester against #Morsi in #Egypt spray-paints Control by Revolution on a police vehicle near presidential palace

Iannis B.

Traduit de l’anglais par H. (reçu du Caire le 5 décembre 2012 à 22h30) – mailing


Égypte : Morsi contraint de fuir le Palais Présidentiel

Contraint de quitter par prévention mardi soir le bâtiment, encerclé par des milliers d’opposants exigeant qu’il retire le décret par lequel il a élargi ses pouvoirs, le président égyptien a repris ses activités mercredi matin. Des manifestants ont décidé de camper devant l’entrée des lieux.

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Le chef de l’État égyptien, Mohamed Morsi, a repris mercredi ses activités au palais présidentiel qu’il avait été contraint de quitter la veille sous la pression de plusieurs milliers de manifestants, indique un responsable du palais. Un certain nombre d’opposants au président continuent de camper devant l’une des grilles du palais, rapporte un journaliste de Reuters.

Ils étaient des dizaines de milliers d’opposants au chef de l’État égyptien Mohamed Morsi à encercler mardi soir le palais présidentiel au Caire. Leur exigence : que le dirigeant égyptien retire un décret par lequel il a considérablement élargi ses pouvoirs et protester contre un projet controversé de Constitution.

Les manifestants, dont de nombreux membres de l’opposition laïque et de gauche, ont pu s’approcher du palais. La police anti-émeutes a fait usage de gaz lacrymogène pour tenter de les disperser, sans succès, et a battu en retraite. Le président Morsi ne se trouvait pas dans le palais, a indiqué une source à la présidence. Un responsable de la sécurité a affirmé que « le président de la république a quitté le palais d’Ittihadiya à l’heure prévue après la fin des rendez-vous officiels ».

Une vidéo postée sur internet par le réseau d’information alternatif égyptien Rassd-RNN montre un convoi quittant le palais sous la protection de la police anti-émeutes tandis que des manifestants crient « lâche » et « va-t’en ».

Environ 2.000 personnes se trouvaient encore mercredi vers 3h30, heure française, autour du palais, dont le mur d’enceinte était couvert de graffitis anti-Morsi. Certains manifestants avaient dressé des tentes pour passer la nuit. La police quant à elle était peu visible aux abords du rassemblement.

Quelques personnes ont tenté d’escalader les murs du palais. Les protestataires, dont certains tapaient sur des lampadaires, ont crié les slogans phares de la révolte qui a renversé Hosni Moubarak début 2011, « Dégage ! » et « Le peuple veut la chute du régime ». Des opposants au président ont aussi manifesté à Alexandrie (nord) et dans les villes de Sohag et Minya (centre).

Le mot d’ordre de l’opposition est identique à celui des défilés précédents : elle réclame toujours l’abandon du décret par lequel le président Mohamed Morsi s’est octroyé unilatéralement des pouvoirs élargis le 22 novembre. Et elle exige également désormais l’annulation du référendum organisé à la hâte dès le 15 décembre pour valider la nouvelle Constitution, elle-même votée rapidement la semaine dernière par l’Assemblée constituante, dominée par les Frères musulmans.

Le projet de loi fondamentale, adopté en toute hâte par cette instance dominée par les islamistes, est accusé de ne pas protéger certains droits fondamentaux, dont la liberté d’expression, et d’ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

Presse contre-révolutionnaire (TF1, 5 décembre 2012) via Solidarité ouvrière


Plus de 200 blessés dans les heurts entre pro et anti-Morsi au Caire

Opposants et partisans du président Mohamed Morsi se sont affrontés mercredi à coups de cocktails molotov et de jets de pierres lors de heurts devant la présidence au Caire qui ont fait plus de 200 blessés et illustrent la division d’un pays s’enfonçant dans la crise.

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Il s’agit des pires violences depuis l’élection en juin de M. Morsi, premier président islamiste d’Egypte qui s’est attiré les foudres de l’opposition et d’une partie de la magistrature pour s’être octroyé des pouvoirs exceptionnels le 22 novembre.

Un journaliste de l’AFP a fait état de tirs de chevrotine et de voitures incendiées, alors que le ministère de la Santé a fait état de 211 blessés.

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Dans la soirée, les manifestants se trouvaient toujours aux abords du palais présidentiel malgré les appels à se retirer notamment du Premier ministre Hicham Qandil et des Frères musulmans dont est issu le président.

La police anti-émeutes a réussi à imposer un cordon de sécurité entre les manifestants rivaux devant le palais, mais des affrontements se poursuivaient à coups de pierres dans les rues adjacentes.

Pour la deuxième journée consécutive, les abords de la présidence dans le quartier cossu d’Héliopolis ont été l’épicentre de la crise.

À l’appel des Frères musulmans, des milliers de personnes avaient afflué vers le palais dans l’après-midi, démantelant les tentes dans lesquelles de petits groupes d’anti-Morsi avaient passé la nuit après une manifestation massive de l’opposition mardi.

Des protestations ont aussi eu lieu en province, et des opposants à M. Morsi ont saccagé et incendié des locaux des Frères musulmans, dont M. Morsi est issu, à Ismaïliya et Suez, dans le nord-est du pays.

Sur place, les témoignages des manifestants traduisaient une société profondément divisée, près de deux ans après la révolte qui a fait tomber le régime de Hosni Moubarak.

« Nous sommes ici pour la liberté, ils sont là pour la violence », a dit à l’AFP un anti-Morsi, Ali Gamal, 22 ans, avant de lancer des pierres sur l’autre camp.

« C’est une guerre civile qui va tous nous brûler », a déploré Ahmed Fahmy, 27 ans.

« Je suis ici pour défendre la démocratie, le président a été désigné par les urnes », a affirmé Waël Ali, un quadragénaire pro-Morsi, alors que fusaient les slogans « Le peuple soutient les décisions du président » et « le peuple veut l’application de la loi de Dieu ».

L’opposition a de nouveau exigé le retrait du décret élargissant les pouvoirs de M. Morsi et l’annulation du référendum du 15 décembre sur le projet de Constitution controversé.

Le pouvoir, de son côté, par la voix du vice-président Mahmoud Mekki, a maintenu le référendum sur ce projet accusé par l’opposition de ne pas protéger certains droits fondamentaux dont la liberté d’expression, et d’ouvrir la porte à une application plus stricte de la loi islamique.

L’imam d’Al-Azhar Ahmed al-Tayyeb, la plus haute autorité islamique d’Égypte, a appelé les Égyptiens à la retenue et au dialogue en déplorant une situation « catastrophique », et trois conseillers du président ont annoncé leur démission en signe de protestation.

À l’étranger, l’Union européenne et la Grande-Bretagne ont appelé aussi à la la retenue, alors que les États-Unis ont plaidé pour le dialogue.

La crise a éclaté avec l’annonce d’un décret du président renforçant ses pouvoirs désormais placés au-dessus de tout recours judiciaire.

Dans une conférence de presse avec l’ex-patron de la Ligue arabe Amr Moussa et l’ex-candidat à la présidence Hamdeen Sabbahi, qui font partie du Front du salut national (FSN), une coalition de l’opposition, Mohamed ElBaradei, chef du FSN, a fait porter à M. Morsi « l’entière responsabilité » des violences.

« Le régime perd de sa légitimité jour après jour », a-t-il dit. « Nous sommes prêts au dialogue » mais uniquement si le décret est retiré, a-t-il ajouté, qualifiant le pouvoir de « répressif et autocratique ».

M. Morsi a affirmé que ses pouvoirs élargis étaient destinés à accélérer une transition tumultueuse et souligné qu’ils étaient « temporaires ».

L’opposition accuse le président de dérive autoritaire et le projet de Constitution d’avoir été rédigé par et pour les islamistes.

Assawra, site du mouvement démocratique arabe, avec les agences de presse, 5 décembre 2012


L’armée égyptienne se déploie devant la présidence au Caire

Cinq manifestants ont été tués et 450 personnes avaient été blessées dans la nuit de mercredi à jeudi dans des affrontements. Cinquante personnes ont, elles, été arrêtées.

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(…) L’armée égyptienne s’est déployée jeudi matin devant le palais présidentiel au Caire après les affrontements qui ont fait cinq morts entre opposants et partisans du chef de l’État Mohamed Morsi, indique un journaliste de Reuters.

Au moins trois chars et deux véhicules blindés de transport de troupes ont pris position sur l’avenue où se sont produits des heurts entre pro et anti-Morsi mercredi. Des émeutiers continuaient à s’affronter au petit matin dans les rues proches de la présidence. (…)

Cinq manifestants ont été tués dans la nuit de mercredi à jeudi dans des affrontements entre opposants et partisans du chef de l’État Mohamed Morsi. (…)

Ces manifestants ont été tués près du palais, quatre par balle et l’un après avoir été atteint près du cœur par une décharge de chevrotine, selon l’agence officielle Mena. Le ministère de la Santé a indiqué que près de 450 personnes avaient été blessées. Les Frères musulmans, dont est issu le président, ont également fait état des décès, indiquant avoir perdu cinq de leurs partisans.

Cinquante personnes ont en outre été arrêtées, selon le ministère de l’Intérieur. Des centaines de manifestants se sont affrontés dans la nuit dans les rues adjacentes au palais malgré les appels à se retirer, notamment de la part du Premier ministre Hicham Qandil et des Frères musulmans.

Des batailles à coups de bâtons, de cocktails molotov et de jets de pierres ont eu lieu toute la nuit, avec de brèves périodes d’accalmie, autour du palais présidentiel à Héliopolis, et des coups de feu se faisaient régulièrement entendre. (…)

Presse contre-révolutionnaire (lci.tf1.fr, 6 décembre 2012)


REPORTAGE. Égypte : nuit meurtrière entre pro et anti-Morsi

Au moins cinq manifestants sont morts dans de violents affrontements entre opposants et partisans du chef de l’État. L’illustration d’une Égypte plus que jamais coupée en deux. De notre correspondant au Caire, Marwan Chahine.

La chic Heliopolis ressemble à un champ de ruines après la journée qui a vu s’affronter militants islamistes et révolutionnaires, mercredi 5 décembre, devant le palais présidentiel. Au petit matin, les batailles de rues se poursuivaient ci-et-là mais la plupart des fronts semblaient endormis. Les allées entourant le bâtiment, sont désormais occupées par des centaines de pro-Morsi qui ont transformé les petits coins d’herbe en dortoirs géants.

La veille, mardi, c’est là que les opposants au raïs avaient défilé par dizaine de milliers. Les insultes contre le président ont disparu des murs, recouvertes par de la peinture fraîche, le calme semble revenu mais le sol ne trompe pas. Devant l’entrée principale des allées, sont jonchées des pierres à n’en plus finir, des bris de verre et quelques traces marrons au sol. La journée a été violente. Les premiers bilans font état de cinq morts et de centaines de blessés. Règne une atmosphère étrange et tendue. On trouve des petits groupes disparates et difficiles à identifier qui bavardent tandis que les forces de l’ordre s’alignent en rang sans qu’on comprenne trop pourquoi.

Jean, sweat à capuche, chemise de marque et cheveux péroxydés, ces trois jeunes là ont tout l’air d’être des libéraux. Mais ce ne sont « pas des révolutionnaires », précisent-ils. Ces habitants d’Héliopolis sont là avant-tout pour protéger leur quartier. Ils ont d’ailleurs demandé aux anti-Morsi de quitter les lieux afin de ne pas attiser les tensions. La voix et les yeux marqués par les émotions de la journée, Salim raconte, en français, qu’ils ont réussi à repousser les partisans des Frères jusqu’aux abords du palais.

À quelques mètres de là, un bus orange a les vitres brisées et les pneus crevés. De telles carcasses se retrouvent par dizaines dans les alentours. Les révolutionnaires s’en sont pris à tous les véhicules qui pouvaient ressembler à ceux qui ont acheminé les pro-Morsi, des campagnes jusqu’au Caire. Car ils en sont convaincus, le rassemblement de soutien au régime n’avait rien d’un mouvement spontané mais s’apparente plutôt à une « revanche des Frères » comme l’explique Ibrahim qui jure que son camp ne va pas en rester là. Sans doute fondée, sa position exprime néanmoins toute l’abysse qui sépare désormais les deux Égypte qui se font face.

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Field hospital at Heliopolis evangelical church. #morsi #egypt please RT WE NEED MORE DOCTORS

Comme un pied de nez à cette irréparable rupture, les hôpitaux de campagne, accueillent des blessés des deux camps. Dans une église anglicane, située un peu à l’écart des combats, voitures et motos amènent les gueules cassées. Des hommes protègent l’entrée du bâtiment à l’aide de volumineux bâtons, la rumeur entendue à la télévision, dit que des salafistes s’apprêtent à attaquer les lieux. Rumeur infondée. Le dernier blessé est un islamiste qui a eu la mauvaise idée de rentrer seul et s’est fait cueillir tout frais par un groupe d’anti-Morsi. Bien que libéraux pour la plupart, les médecins – chirurgiens dentistes pour certains- ne se sont même pas posés la question de savoir s’ils devaient le soigner ou non. Ces jeunes pas très politisés mais résolument anti-Frères, ont accueilli aujourd’hui une vingtaine de blessés, dont l’un a reçu un tir de chevrotine. Devant la salle où s’affairent une dizaine de personnes, un très jeune homme portant un collier de barbe salafiste attend vraisemblablement son ami, à côté des parents inquiets des autres blessés. Une telle cohabitation, d’ordinaire banale en Egypte, paraît ici extraordinaire.

Le chemin du retour vers le centre-ville du Caire illustre tout le chaos ambiant. Kareem, la petite quarantaine, est un chauffeur de taxi très agité. « Elle va où l’Égypte ? Elle va où ? On est tous Égyptiens, non ? », répète-t-il en hurlant de façon compulsive. Il semble en transe. Tous les cents mètres, un nouveau barrage de milices, bâtons, haches ou toutes sortes d’objets à la main, l’oblige à s’arrêter. Ils regardent le véhicule, demande les papiers au conducteur, jaugent sa pomme et le laissent le plus souvent repartir. Kareem en a marre d’alterner marches-arrière et demi tour, Kareem en a marre de tout. Les voitures roulent dans tous les sens, les klaxons s’emballent, c’est l’anarchie. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Marwan Chahine, tempsreel.nouvelobs.com, 6 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] « Déloger, on peut faire. Mais tenir, c’est impossible. On ne peut pas empêcher les gens de revenir le lendemain ou la nuit »

Notre-Dame-des-Landes. Un dispositif policier à plus d’1M€

Les forces de l’ordre peuvent-elles venir à bout des squatteurs de Notre-Dame- des-Landes ? Gendarmes et policiers nous affirment que c’est quasiment … impossible. La mission coûte, en tout cas, très cher : selon nos informations, déjà plus d’1M€ pour les frais des seuls policiers.

Construction-démolition, évacuation-réoccupation… Les forces de l’ordre peuvent-elles reprendre le contrôle de Notre-Dame-des-Landes ? Premier obstacle : la taille du site. Le terrain de construction du projet d’aéroport du Grand Ouest est aussi vaste que … l’île d’Ouessant. Son cœur, la « Zone d’aménagement différé », rebaptisée « Zone à défendre » par les opposants, représente l’équivalent de 1.147 terrains de football ou quatre îles de Bréhat, ou encore six principautés de Monaco ! Cette zone boisée et boueuse est squattée en permanence par une centaine d’opposants très organisés. « Évacuer, c’est techniquement toujours possible, même sur une zone aussi importante et difficile. Il suffit juste d’y mettre les moyens », explique un officier supérieur de la gendarmerie, spécialiste du maintien de l’ordre.

Plus de 1.000 gendarmes et CRS

Question moyens, l’État fait les choses en grand. Actuellement, selon nos informations, quatre compagnies républicaines de sécurité (CRS), soit 320 hommes, sont déployées dans la seule région nantaise (Nantes ville et aéroport Nantes-Atlantique). « Plus de dix escadrons » de gendarmerie mobile, soit plus de 730 militaires, ont été engagés à et dans les environs de Notre-Dame-des-Landes. Mais pour les opérations coup de poing, comme lors des premières expulsions, en octobre dernier, le double de ces effectifs, soit au moins 2.200 hommes, sont déployés, affirme le principal syndicat de police, Unité SGP, majoritaire aussi chez les CRS. Selon ce syndicat, quatorze escadrons de gendarmes mobiles et quinze compagnies républicaines de sécurité ont été mobilisés à cette période-là sur la région nantaise. Le ministère de l’Intérieur, de son côté, reconnaît que « plus de 500 gendarmes mobiles et CRS ont pu participer simultanément aux opérations ».

Hébergés à Vannes à Rennes et à Angers

Le gouvernement peut-il consentir un tel effort dans la durée ? « La logistique a du mal à suivre, rapporte Thierry Boutier, délégué zonal Ouest du syndicat Unité SGP pour les CRS. Parfois mobilisées pour une ou deux journées, des compagnies ont dû être hébergées à Angers, à Vannes et à Rennes, faute de logement disponible dans la région nantaise. Cela fait des temps de déplacement supplémentaires et de la fatigue en plus. « Les relèves posent problème, surtout quand les renforts viennent de toute la France (Nice, Orléans, Pau et La Rochelle actuellement) ».

« On n’en voit pas la fin »

Le syndicat déplore aussi « l’absence de visibilité et d’anticipation ». « Nous sommes habitués à intervenir en urgence, mais ici, on n’est plus dans l’urgence. Cela fait déjà un mois et demi que ça dure et on n’en voit pas la fin. Et nous avons d’autres missions », explique le policier syndicaliste, évoquant, notamment, la mise en place des zones de sécurité prioritaire. « Il ne faudrait pas qu’il y ait d’autres gros événements de ce type en France ou des manifestations dans tout le pays, prévient un autre policier. Il n’est pas possible de tenir dans la durée et de fixer autant d’effectifs sur un seul site ». C’est bien là le gros problème des forces de l’ordre. « Déloger, on peut faire. Mais tenir, c’est impossible. On ne peut pas empêcher les gens de revenir le lendemain ou la nuit », reconnaît un spécialiste du maintien de l’ordre. Le dispositif risque en tout cas de coûter une petite fortune à l’État et donc au contribuable. À titre indicatif, il y a trois ans, le député UMP Éric Ciotti estimait le coût de mobilisation d’une CRS (salaires, primes et heures supplémentaires) à 13.200€ par jour. Selon nos informations, depuis le 9 octobre dernier, « plus d’un million d’euros » a été versé pour régler les seuls frais (hébergement, restauration, transport, indemnités de déplacement et heures supplémentaires) des CRS affectés à la mission « Notre-Dame-des-Landes ». Cette somme n’intègre pas les salaires de ces fonctionnaires et ne prend pas en compte les frais des gendarmes mobiles, qui représentent au moins la moitié des effectifs mobilisés.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Hervé Chambonnière, LeTelegramme.com, 5 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes/Fontenay-sous-Bois] « Honte au PS »

Fontenay-sous-Bois. La permanence du Parti socialiste dégradée

Les opposants au futur aéroport Notre-Dame-des-Landes, qui doit être construit en Loire-Atlantique, fleurissent partout, même dans le Val-de-Marne. Le local du Parti socialiste de Fontenay-sous-Bois a été dégradé, dans la nuit de dimanche à lundi, avec des tags « Honte au PS » et « NDDL ».

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Une plainte a été déposée par la section locale qui se dit « fière d’être socialiste, malgré les attaques anonymes ». « La fédération nous avait envoyé un mail de prudence, car il y a un mouvement national de contestation. Ces inscriptions laissent à penser qu’il s’agit de ça », estime le secrétaire fédéral du PS dans le 94, Luc Carvounas. Depuis le 22 octobre, sept locaux parisiens ont été dégradés, ainsi que d’autres à Bordeaux (Gironde), La Rochelle (Charente-Maritime), Tulle (Corrèze)…

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 15 novembre 2012)

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[Le peuple veut une deuxième révolution] Les milices d’Ennhadha attaquent les locaux de l’UGTT à Tunis – Appel à la grève générale pour le 13 décembre 2012

De violents affrontements ont opposé mardi des groupes islamistes et des syndicalistes devant le siège de la centrale syndicale UGTT à Tunis, a constaté un journaliste de l’Associated Press.

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VOIR LA VIDÉO

Les heurts ont éclaté lorsque des dizaines de membres de l’UGTT commençaient à se rassembler pour commémorer l’assassinat du leader syndicaliste et nationaliste Farhat Hached tué en 1952, avant l’indépendance de la Tunisie, par l’organisation française La main rouge.

Une centaine de personnes agissant au nom des Ligues de protection de la révolution, considérées comme proches du parti islamiste au pouvoir Ennahdha, a alors fait irruption place Mohamed-Ali où se trouve le siège de la centrale syndicale, agressant la foule présente à coups de bâtons et à l’aide de pierres, de couteaux et de gaz.

Les assaillants qui scandaient « le peuple veut l’assainissement de l’Union (l’UGTT) », ont déchiré les affiches et les banderoles dressées sur la place et lancé des pierres, brisant plusieurs vitres du bâtiment. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (BusinessNews, 4 décembre 2012)


La commission administrative de l’Union Générale Tunisienne du Travail (UGTT), réunie aujourd’hui mercredi 5 décembre 2012, a décidé d’observer une grève générale dans tout le pays le jeudi 13 décembre 2012 en signe de protestation contre l’attaque perpétrée contre le siège de la Centrale syndicale et de ses dirigeants, mardi 4 décembre 2012.

Une source bien informée à l’UGTT précise que l’organisation syndicale aurait posé certaines conditions pour annuler l’appel à ce débrayage général. Ces conditions se résumeraient en trois points, à savoir la dissolution des ligues de protection de la révolution, la traduction devant la justice des auteurs ayant attaqué le siège de l’Union et agressé ses dirigeants et militants et la fixation d’une date pour les prochaines élections.

Publié par des ennemis de la révolution (BusinessNews, 5 décembre 2012)


Pour rappel :

[En 1977-1978] « les milices du PSD attaquent des locaux de l’UGTT afin de la rappeler à son devoir : faire fonctionner l’économie en faisant travailler les ouvriers. Se heurtant ainsi à la double pression de la base insoumise et du Parti-État, la direction syndicale joue son va-tout et appelle à la grève générale pour le 26 janvier 1978, tout en exhortant les travailleurs à ne pas sortir de chez eux et à ne pas former d’attroupements. »

Q. Chambon, De Bello Punico (La guerre sociale en Tunisie)


Manifestations de soutien à l’UGTT dans plusieurs villes

Suite à l’agression qui a ciblé le siège de l’UGTT et ses militants hier 4 décembre 2012 à Tunis, les militants et membres de plusieurs bureaux régionaux de l’UGTT ont exprimé leur colère face à cette agression.

Citons Tunis, Sousse, Sfax, Menzel Bouzayène et Mahdia où plusieurs citoyens ont participé aujourd’hui mercredi 5 décembre aux rassemblements et marches pacifiques en vue de dénoncer cette agression et d’exprimer leur soutien à l’UGTT. (…)

Publié par des ennemis de la révolution (BusinessNews, 5 décembre 2012)


Grève générale jeudi à Sfax, Gafsa et Sidi Bouzid

Les Unions régionales du travail de Sidi Bouzid, de Sfax, de Gafsa et de Kasserine ont décidé d’observer une grève générale le jeudi 6 décembre 2012, « en réponse à l’agression sauvage des milices des Ligues de protection de la révolution contre l’UGTT à la place Mohamed Ali », a affirmé un syndicaliste à Business News.

En outre, une grève générale est prévue vendredi 7 décembre à Gabès, selon Jawhara Fm.

Notons également que les agents de la SNCFT ont effectué ce mercredi matin 5 décembre 2012 une grève d’une heure, à Tunis, Ben Arous et Gaâfour pour les mêmes raisons.

Publié par des ennemis de la révolution (BusinessNews, 5 décembre 2012)

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[Parabellum vous l’avait bien dit] « Dans la ville d’Amsterdam, y a une ambiance de mort, cette ville a tous les torts, passons-la au lance-flammes ! »

Des villages pour rassembler les marginaux à Amsterdam

Le maire de la ville doit lancer en janvier un programme visant à construire des camps où seraient logées les personnes violentes ou considérées comme anti-sociales.

Les opposants à ce projet parlent de « scum villages », des villages pour marginaux. En janvier, Eberhard van der Laan, le maire travailliste d’Amsterdam lancera un programme visant à lutter contre les comportements anti-sociaux. Les familles à problèmes, les personnes violentes, …, seront réunies dans des conteneurs maritimes basiquement aménagés, rassemblés dans des banlieues, où on leur apprendra « à se comporter ». Ceux qui ne montreront pas d’amélioration seront expulsés de leur maison et contraints de rester dans ces logements rudimentaires.

D’après Bato Bauer, le porte-parole du maire, 13.000 plaintes pour violences sont recensées chaque année en Hollande. Une ligne d’urgence va être installée pour que les victimes de violences puissent porter plainte au plus vite. Une équipe spécialisée sera chargée de repérer les lieux qui concentrent les problèmes et de tenir des rapports sur les responsables de ces violences.

Les personnes apparaissant fréquemment sur ces listes seront envoyées dans des camps spéciaux. Ceux qui sont déplacés temporairement (six mois) seront surveillés 24 heures sur 24 par la police. « Le but n’est pas de récompenser les gens qui agissent mal en les installant dans un cinq pièces avec vue sur jardin. C’est supposé être dissuasif », explique le porte-parole. Quant aux personnes définitivement « installées » dans des logements spéciaux, elles auront accès à des docteurs et à des travailleurs sociaux. Le gouvernement prévoit de déplacer à long terme environ 10 familles par an. Le tout pour la somme de 1 million d’euros chaque année.

« Mettre toutes les ordures ensemble »

Pour les détracteurs de ce plan, celui-ci rappelle beaucoup le projet proposé par le député populiste Geert Wilders l’année dernière. Ce dernier voulait créer des «scum villages» dans chaque province. Les marginaux n’auraient pu les quitter qu’une fois un an d’étude ou de travail accomplis. «Il faut mettre toutes les ordures ensemble et laisser les gens normaux tranquille», avait-il lancé à l’époque.

Le journal hollandais Parool  remarque que ces idées ne datent pas d’hier. Au 19e siècle, les fauteurs de troubles étaient embarqués dans des villages spécialisés à Drenthe et Overijssel, en dehors d’Amsterdam. Des initiatives qui ont rarement porté leurs fruits, les villages se transformant en véritables taudis et devenant un poids pour le gouvernement.

« Nous avons appris du passé », assure le porte-parole du maire. Il affirme que l’idée n’est pas de loger les marginaux dans une même maison et que ces villages ne sont pas faits pour le voisin bruyant qui met sa musique trop fort un samedi soir, mais pour les gens « extrêmement violents et intimidants » qui s’en prennent continuellement une seule victime. À ceux qui qualifient ce plan de liberticide, il rappelle qu’il a surtout été lancé afin de protéger les homosexuels, fréquemment victimes de harcèlements. « Nous voulons une société qui les défende » clame-t-il.

Si le maire d’Amsterdam a récemment assuré que les coffee shops vendant légalement de la marijuana resteraient ouverts malgré la nouvelle loi contre le « tourisme de la drogue », ce nouveau plan pourrait faire perdre à la capitale hollandaise sa réputation mondiale de « ville de la tolérance ».

Presse à chier qu’il faut atomiser (Raphaëlle de Tappie, LeFigaro.fr, 5 décembre 2012)

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« Je ne fais pas les poubelles de supermarché, c’est la foire d’empoigne. J’ai essayé une fois mais il faut se battre »

Témoignage. « Je vis grâce à ce que les gens jettent »

Mercredi soir peu avant 20 heures, dans le sud de Paris, les derniers clients se pressent pour acheter leur baguette. À quelques mètres de là, malgré le froid, Sylvie attend la fermeture et surtout la sortie de la poubelle.

« Je suis une habituée de cette boulangerie mais pas comme cliente… cela fait des années que je fais leur poubelle deux fois par semaine », explique cette Parisienne de 52 ans, son maigre butin entre les bras.

« Avec moins de 800 euros par mois, je ne peux plus faire face à mes charges qui sont toujours plus lourdes », ajoute cette ancienne assistante de direction en arrêt longue maladie dans le luxe avant de lâcher : « Je suis devenue une marginale, je vis grâce à ce que les gens jettent ».

Dix années déjà que l’agenda de Sylvie est rythmé par les horaires de sortie des bennes à ordures des magasins, les jours de brocante et de marchés. « Mais je ne fais pas les poubelles de supermarché, c’est la foire d’empoigne. J’ai essayé une fois mais il faut se battre ».

Comme toutes les personnes au budget étriqué [sic – NdJL], Sylvie raconte un quotidien fait de « petits trucs » pour économiser chaque euro.

Les marchés sont une autre solution pour glaner quelques fruits ou légumes abîmés mais aussi profiter des prix de gros pratiqués dans les dernières minutes. Et les brocantes, l’occasion de trouver des petits meubles ou des vêtements pour très peu.

La « terrible angoisse » de l’hiver

« Et puis, je profite aussi un peu de la générosité des gens. Depuis que j’ai découvert le site donnons.org, cela m’a sauvé », explique cette femme blonde menue et discrète, qui consulte quotidiennement les annonces de dons déposées sur le site internet.

Il y a deux ans, avec l’envolée des prix du gaz et de l’électricité, Sylvie raconte qu’elle n’a pas pu payer ses factures et s’est retrouvée avec sur les bras de nombreux impayés.

« La seule solution que j’ai trouvée, cela a été de vendre tous mes meubles. J’avais encore quelques vieux meubles de famille de mon grand-père et cela a été un déchirement mais je n’ai pas eu le choix et ensuite je me suis remeublée grâce aux dons ».

Depuis l’approche de l’hiver est une « terrible angoisse ». Sylvie a bloqué son thermomètre sur 12°C et quand elle a trop froid, elle va se réchauffer en faisant le tour des magasins.

Un paradoxe pour cette femme qui n’a pas acheté un vêtement neuf depuis des années. « On peut très bien se vêtir uniquement avec ce que les gens laissent mais on ne peut pas porter longtemps les mêmes fringues car c’est quand même très usé ce que l’on récupère », avoue Sylvie ajoutant rapidement avoir été une « vraie coquette dans sa vie d’avant ».

Le coiffeur est aussi une difficulté : « Avant je m’arrangeais pour faire modèle dans les écoles de coiffure, même si ce n’était pas toujours génial, on ne payait rien mais maintenant c’est 25 euros donc je n’y vais plus ».

Selon elle, « le plus déprimant » c’est de croiser de plus en plus de gens qui vivent en fouillant les poubelles. « On est de plus en plus nombreux à se retrouver et donc à partager quelques restes. Ça devient dur ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 1er décembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Wesh c’est quoi ces citoyens qui ne viennent pas en aide aux autres citoyens !!! LOOL mais je crois que ça la patrie ne leur a pas appris !! Pourtant en 1789 ils ont coupé la tête du roi pour plus de Liberté d’Égalité et de Fraternité c’est ce que j’ai vu marqué au dos d’une pièce de cinq francs de ma jeunesse »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[26 avril 2012]
Enfin…

Enfin les portes s’ouvrent dès que je franchis l’immense porte blindée je cours en sprint et ajuste mes foulées. J’ai l’impression de ne pas bouger, de faire du sur-place de m’enfoncer mais je ralentis car je ne voyais aucun danger à l’horizon.

Me voilà à l’air pur cet air dont j’ai manqué toutes ces années. Me voilà en plein centre-ville au milieu de nulle part une ville que je ne connaissais pas je marche le long des trottoirs capuche sur la tête comme si je devais m’excuser d’être là. Pas un euro en poche limite j’aurais préféré être invisible.

La liberté n’a pas de prix !! Mais j’avais oublié qu’il fallait y mettre le prix car sans argent tu es comme enfermé dehors.

Ça tombait mal car il fallait que je rentre jusqu’à Mantes-la-Jolie. Je passe devant une banque je me revois sautant le guichet et faire ouvrir les coffres ressortir avec le jackpot mais cette fois-là je fais rien. Je laisse ma folie d’antan dans mes poches.

À l’approche d’une gare, je me sens dévisagé, j’avais l’impression qu’il était marqué sur mon front que je venais des geôles de la République. Pourtant sur mon doux visage pas une trace du temps. Je monte sur un train direction je ne sais où mais fallait partir loin des barbelés.

J’avais plus rien fallait tout refaire fallait me réinsérer chez Marianne alors qu’ils m’avaient pendu et asphyxié sous ses lois inégalitaires. Le train finit par s’arrêter dans un village de campagne, pas un renoi rebeu à l’horizon il n’y avait plus de train pour se sauver la SNCF m’avait fait un guet-apens LOL des photos de Jean-Marie Le Pen sur tous les murs ça sentait la lapidation pour un renoi ici… Il m’aurait fallu juste voler une voiture pour sauver ma peau mais non je voulais affronter mon destin MDR c’était là la preuve de ma réinsertion totale. Mais tranquille à l’approche d’un groupe de fachos j’aurais chanté la Marseillaise que j’avais apprise en regardant l’équipe de France de foot je pense qu’ils m’auraient épargné PTDR !!

J’ai vu un renoi avec la peau claire j’ai essayé de lui lancer un SOS même pas il m’a calculé j’pense que c’était un Français qui avait fait des U.V. Je continue ma route wesh c’est quoi ces citoyens qui ne viennent pas en aide aux autres citoyens !!! LOOL mais je crois que ça la patrie ne leur a pas appris !! Pourtant en 1789 ils ont coupé la tête du roi pour plus de Liberté d’Égalité et de Fraternité c’est ce que j’ai vu marqué au dos d’une pièce de cinq francs de ma jeunesse.

Je reprends le premier train qui me ramène à la réalité de ma cellule car tout cela n’était qu’un rêve ou un cauchemar !!!!!

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