[Nos médias] Sortie de l’Épine Noire n° 2 (Poitiers, automne 2012)

Novembre 2012.

Tsahal, l’armée israélienne annonce sur Twitter le début de l’opération « Pilier de défense » sur la bande de Gaza. Offensive militaire après celle de « Plomb Durci » en janvier 2009 afin de terroriser pour dominer les Palestiniens dans leur entreprise coloniale.

C’est sans doute là où l’État israélien est supérieur, ça n’est pas tant dans le nombre de morts et dégâts matériels que dans sa capacité de contrôler tous les aspects de la vie des palestiniens dans des territoires réduits.

La maîtrise de la géographie est une science redoutable qui, aux mains de l’État et de ses bureaucrates prend le nom « d’aménagement du territoire ».

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Ici, de l’autre coté de la Méditerranée cela passe par la prolifération des grands travaux d’infrastructures : lignes THT, autoroutes terrestres et maritimes, aéroports, LGV, centrales nucléaires, prisons, etc. Tout ce qui fait que les flux de cette économie marchande et les rapports sociaux de classes qui en découlent tiennent.

Cependant, des luttes populaires émergent (comme celle contre l’aéroport de Notre-Dame des Landes, ou celle contre le train à grande vitesse entre Lyon et Turin) contre ces « évidences », ces « nécessités » et autres injonctions structurelles et économiques de « Temps de Crise ».

La crise que nous vivons sera peut-être le tombeau du gouvernement socialiste au pouvoir, à l’image de la Grèce ou de l’Espagne, incapable d’amorcer le changement promis à ses électeurs. Ce qui ne nous surprend guère car nous n’attendions rien de cette « alternance » politique, mais nous ne sommes pas les seuls. La légitimité de l’économie capitaliste (et du pouvoir politique), qu’elle se pare du vernis démocratique, du visage autoritaire ou du cadre islamique, est remise en cause partout dans le monde par des mouvements populaires : Égypte, Chine, Tunisie, Afrique du Sud, Espagne, Grèce, etc.

Apériodique et local est l’Épine Noire, nous n’oublions cependant pas le monde dans lequel nous vivons.

Ici, à Poitiers, l’opération « ville propre » suit son cours : les travaux de la rénovation urbaine « Coeur d’Agglo », les patrouilles de flics omniprésentes à pied ou en voiture, les traques aux sans-papiers, les prisonniers déplacés à Vivonne, la technopole du Futuroscope (et ses centres d’appel), des squats qui prennent feu comme par enchantement, le TAP pour amuser le « Plateau », les constructions de LGV, flics partout, zonards nulle part. L’heure est toujours à la neutralisation des gens qui luttent, au nettoyage des indésirables, pour tirer son épingle du jeu dans la compétition entre les grandes villes (Métropole mon amour !), afin d’attirer la petite bourgeoisie branchée qui vient consommer du divertissement, du bar lounge, des rues sûres et propres. Mais ce n’est pas fini car les indésirables sont encore là, ils s’autoorganisent de différentes manières dans cette guerre sociale, pour ne pas plier face aux notables locaux, aux camelots et à leurs forces armées, qui semblent un peu trop sûrs de leurs prérogatives.

Éditorial du 2e numéro de l’Épine noire, contre-information sur Poitiers et ses alentours, automne 2012

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