[Notre-Dame-des-Landes] « Nous ne sommes ni humains, ni animaux, pas même vivants ou morts, pas encore spectres, déjà disparus pour le monde. Pourtant, nous habitons les landes brûlées, les forêts fangeuses, les roches croissantes, nous habitons, ou plutôt, nous rodons, invectivant l’invisible, dépouillant vos momies, tous les déserts ont connu nos débauches corrosives. Notre existence n’est attestée par aucun calendrier, auncun Empire ne pouvait soupçonner la résurrection de notre pacte scandaleux, Le feu de la bataille a précipité notre naissance. Nous ne sommes pas une armée, nous sommes la lie du monde qui se fait projectile, Aguerris aux fouets de la vengeance, Chaque coup que vous portez précise cette certitude : Votre défaite ressemblera pour nous à un sanglant Festin »

Malheur à vous !

Hier, dans l’obscurité, des flambaux sont sortis du bois, des mannequins sur des pics ont été brûlés et des incantations ont été dites.

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Une tentative comme une autre de nous libérer de la présence policière, de cette occupation militaire qui duuuuuuuuure maintenant depuis plusieurs semaines. Jours et nuit, à 3 ou à 160, les flics sont là, juste pour dire qu’ils sont là, même si le gardiennage de carrefour n’a jamais fait aucun sens.

Hier, après que la cérémonmie vaudou ait pris fin, quelques personnes sont arrivées sur la route et ont pris le relai afin de continuer à emmerder les flics, à leur dire qu’ils devraient vraiment, vraiment partir. Les affrontements ont duré jusqu’à très tard dans la nuit, jusqu’à ce que de très loin même, on entende des tirs de grenades assourdissantes, plusieurs dizaines d’affilée, encore quelques dizaines de trop. Hier, dans le nuage de gaz lacrymos, quelqu’un a été grièvement blessé au pied par une grenade assourdissante, et a été hospitalisé, avec un risque d’amputation de son orteil.

Alors, César, jusqu’où es-tu prêt à mener ton carnage et jusqu’où les démons de la nuit devront-ils aller pour t’arracher ton ego ?

La nuit nous appartient.


Le rayon noir (récit de la soirée du dimanche 16 décembre 2012)

« L’or brûlant de la grande obole inondait la voûte du ciel, Le scorpion et la hyène avançaient en aveugles boiteux, Le sable suintait de larmes fumantes, Et la tempête à l’horizon paraissait soulever une meute chevauchant vers la cité maudite. »

La Blessure du désert, Al Morzad’Him Molat, XVe s.

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La nuit s’était écroulée depuis longtemps sur les cieux alentours lorsque notre cortège macabre s’ébranla en direction du Moulin de Rohanne. Nous étions une centaine, peut être plus, bardés de fer, de feu et d’ossements, de toute manière incalculable dans notre folie. Ce qui nous animait alors ressemblait à d’antiques superstitions, à de vieilles sorcelleries qu’on a jugé désuètes. Désuètes aussi une certaine idée de la commuanuté et de tous les rituels qui faisaient sa chair. Nous ne sommes pas nostalgiques de ces temps où la réalité grouillait d’irrationalités. Cependant, si il arrive que la multiplicité qui hante la boue du bocage en vienne parfois à faire communauté, et qu’à ce moment-là, ce qui fait communauté, entretient un certain rapport avec la guerre : il se peut que nous puissions tirer quelque puissance de ces comédies magiques. Et d’abord il faut abolir certaines catégories qui grèvent encore l’appréciation de nos gestes. À savoir par exemple la distinction entre des faits prétendument symboliques et des faits prétendument guerriers. Il ne devrait y avoir qu’un continuum liant nos attaques, nos voix, nos présences, et qui serait en toute chose la mesure de notre effectivité. On peut être effectif, c’est-à-dire perforant, tantôt grâce à un texte, tantôt grâce à une embuscade. Ce qui tisse ensemble ces gestes peut se nommer « enchantement ». Comprenons-nous bien : nous entendons en matière de magie être aussi rigoureux que n’importe quel apparatchik léniniste en son temps.

La procession s’étendit dans un bruissement continu de pas et de murmures, sur le chemin de Suez, puis dans la forêt et enfin tout le long de la lisière du dernier champ. Se distendant, se regoupant, s’ébrouant dans une sorte d’angoisse impatiente. Le ciel crevait d’étoiles et nos immenses torches encore éteintes ressemblaient à des piques vengeresses. Malgré ses obscènes lumières, l’ennemi n’entendit point la rumeur monter. La terreur l’abattit une première fois lorsque notre armée de flambeaux envahit littéralement l’espace qui lui faisait face. Quatre effigies de paille, plantées sur des pieux de bois, furent immolées en guise d’ultime menace. Formant un arc de cercle, la rumeur se fit tonnerre. Des hurlements stridents ou gutturaux, résonnaient, lourdement rythmés : « Ma-lheur à vous ! Ma-lheur à vous ! Ma-lheur à vous ! » Après un court silence, l’incantation s’éleva, toute de rugissements et de psalmodies :

« Nous ne sommes ni humains, ni animaux, pas même vivants ou morts, pas encore spectres, déjà disparus pour le monde.

Pourtant, nous habitons les landes brûlées, les forêts fangeuses, les roches croissantes, nous habitons, ou plutôt, nous rodons, invectivant l’invisible, dépouillant vos momies, tous les déserts ont connu nos débauches corrosives.

Notre existence n’est attestée par aucun calendrier, auncun Empire ne pouvait soupçonner la résurrection de notre pacte scandaleux, Le feu de la bataille a précipité notre naissance. Nous ne sommes pas une armée, nous sommes la lie du monde qui se fait projectile, Aguerris aux fouets de la vengeance, Chaque coup que vous portez précise cette certitude : Votre défaite ressemblera pour nous à un sanglant Festin. »

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Une énergie débordante affleurait partout autour de nous, une énergie guerrière aussi surgissant malgré le rituel, couvant en lui. Les bois nous rappelaient, mais dans le même temps nous ne pouvions résister au vertige qui nous inclinait en direction de l’ennemi. Nous nous approchions toujours plus dans une mêlée de bruits qui ne voulait plus cesser. Un second groupe s’était formé sur la route partant au nord. Se mêlant aux imprécations et aux feux d’artifices, on vit s’envoler quelques bouteilles incendiaires. Ce fut progressivement une autre ambiance, plus familière, qui s’installa ; certains la retrouvaient avec une joie identique. Les projectiles se multipliaient, les insultes commençaient à fuser. En face, des panaches irritants cisaillés dans la lumière vomit par leurs projecteurs, parfois, des tirs tendus. Des ombres assaillaient de toute part l’imbécile grappe de gendarmes. Puis, après une inaudible sommation, une salve de grenades couvrit le chemin et le champ. Un cri plaintif appelant au secours. Un pied déchiqueté au travers d’une botte. Un orteil risquant d’être amputé, un nerf atteint, des os concassés.

Il s’agit d’une guerre. Nous la désirons. Mais nous décidons d’être toujours plus préparés et liés pour se mesurer à l’agressivité qui nous fait face. Il est temps de faire définitivement corps avec l’obscurité, de stagner toujours moins sous les projecteurs, de réapprendre l’ubiquité. Nous attaquerons après le crépuscule ou au beau milieu de la journée, lorsque le soleil du zénith plombe la terre de son rayon noir, et que l’opacité contamine jusqu’à la lumière.

Il est temps de faire corps avec la nuit.

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ZAD, 18 décembre 2012

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[Le peuple veut une nouvelle révolution] Grève générale à Ain Jaloula (Kairouan)

Grève générale à Ain Jaloula

Les habitants d’Ain Jaloula de la délégation de Weslatia (gouvernorat de Kairouan) ont entamé ce mardi, 25 décembre, une grève générale en guise de protestation contre la marginalisation de leur région.

Des manifestants ont eu lieu revendiquant le droit à l’emploi et au développement. Les manifestants ont réclamé aussi le réaménagement du dispensaire, la construction d’un lycée secondaire et la réhabilitation des routes.

Les protestataires ont affirmé dans une déclaration à Shems Fm que tous les espaces commerciaux et les établissements publics sont fermés ajoutant que la grève se poursuivra jusqu’à nouvel ordre.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 25 décembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Argentine] À propos des pillages… quelques infos

QUELQUES INFOS GRATTÉES DANS LA PRESSE ARGENTINE…

Les pillages de masse qui ont commencé jeudi à Bariloche pour s’étendre à Rosario puis la banlieue de Buenos Aires, semblent avoir continué samedi, puis avoir été étouffés par la répression. Les principaux foyers des pillages parfois émeutiers furent donc San Carlos de Bariloche (Río Negro), Rosario (Santa Fe), San Fernando, Campana et Malvinas Argentinas (district du nord de Buenos Aires).

Selon la Confederación Argentina de la Mediana Empresa (CAME), ce sont près de 292 commerces qui ont été pillés (et plus de 500 attaqués avec au moins leur vitrine brisée) dans 40 villes, pour un montant de 26,5 millions de pesos [soit environ 4,1 millions d’euros].

Il y a encore près de 600 incarcérés, de nombreuses zones militarisées (dont les 400 gendarmes envoyés à Bariloche), de nombreux blessés et au moins trois morts (les deux premiers à Rosario) : Silvina Barnachea, 40 ans, morte suite aux blessures causées en pénétrant par la vitre brisée d’un supermarché, et Luciano Carrizo, 22 ans, pilleur abattu d’une balle en pleine poitrine, puis Ramón Rosario Acosta, 40 ans, écrasé samedi à Tucumán par le chauffeur d’un camion sur le point d’être pillé.

Les enquêtes, comme après les émeutes de Londres, seront aussi technologiques, en retraçant les textos et autres messages des téléphones portables, tandis que les keufs peuvent garder les émeutiers 15 jours (notamment dans leurs locaux) avant de les présenter à un juge.

Il y a 471 arrêtés dans la province de Buenos Aires, accusés généralement de « pillage », et pour certains de « vol à main armée ». La plupart sont de la ville de San Fernando, même s’il y a eut une dizaine de villes touchées dans cette grande province de la capitale, dont San Isidro, Tigre, Malvinas Argentinas, Pilar, Lanús, La Matanza, San Martín, Moreno et San Nicolás.

Il y a 92 arrêtés à Rosario, dont pas mal de mineurs, accusés de « vol qualifié », ce qui suffit (pour les majeurs) à se prendre de 5 à 15 ans de prison.

À Bariloche depuis le 23 décembre, dans le quartier Alto, les gendarmes perquisitionnent le bidonvilles en faisant les baraques unes à unes pour retrouver les objets pillés. Généralement, ils vident les armoires et mettent sous séquestre judiciaire toute la nourriture trouvée, en laissant les cuisines dévastées en forme de vengeance contre ces quartiers (pour rappel, leur prétexte officiel est de retrouver lecteurs DVD et écrans Plasma… ils en étaient à deux en un jour !).

Pour donner une idée du climat, Antonio Caló, métallurgiste leader du grand syndicat de gôche Confederación General del Trabajo (CGT-Alsina), a déclaré qu’il s’agissait « d’actes de vandalisme provoqués par des délinquants communs qui tentent de créer un climat de terreur, avec la claire intention politique de maintenir leur privilèges »…

Brèves du désordre, 24 décembre 2012

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[Toulouse] « Le PS poursuit avec ardeur (et délectation ?) le travail de ses prédécesseurs »

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Communiqué de presse de la CREA du dimanche 23 décembre 2012

Contactée par nos soins plusieurs fois pour entamer un dialogue sur la trêve hivernale, la Préfecture de Haute-Garonne à donné sa réponse jeudi 20 décembre.

En plein hiver, sous la pluie et à quelques jours de Noël, elle n’a pas hésité à ordonner l’expulsion du 40 rue Béteille où vivaient 6 personnes en grande précarité.

Si la trêve hivernale pour les squats n’est pas un mythe, ni même les interdictions de couper l’électricité en plein hiver, il est clair que le PS s’en fiche et poursuit avec ardeur (et délectation ?) le travail de ses prédécesseurs.

Plusieurs autres bâtiments où vivent des familles avec enfants, des personnes malades ou handicapées et en grande précarité sont eux aussi menacés d’expulsion.

On remercie la préfecture pour ce joyeux Noël…

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[Lâchez tout] « Se rendre à Notre-Dame-des-Landes… »

PUY-EN-VELAY : DEUX LYCÉENNES EN FUGUE

Les parents de deux lycéennes de 16 et 17 ans, en fugue depuis le 4 décembre, étaient toujours sans nouvelles de leurs filles lundi soir, a-t-on appris de source policière. Confirmant une information parue sur le site de La Montagne, la police du Puy-en-Velay a indiqué à l’AFP lundi qu’une enquête avait été ouverte pour disparition. Les deux jeunes filles, prénommées Camille et Geneviève, avaient prétexté une visite à l’infirmerie du lycée le 4 décembre vers 9h pour prendre la fuite.

D’après la police, elles avaient ensuite été transportées jusqu’à Toulouse en covoiturage. La mère de Geneviève, citée par La Montagne, dit avoir reçu le 11 décembre une lettre postée de Toulouse dans laquelle sa fille dit « être en sécurité et au chaud tous les soirs ».

Comme les jeunes filles avaient parlé de se rendre à Notre-Dame-Des-Landes, pour rejoindre les opposants au projet d’aéroport, leur signalement a été donné aux gendarmes locaux, sans succès jusqu’à présent.

Dans La Montagne, la mère de Geneviève lance un appel à l’adolescente : « Qu’elle nous donne juste un signe le plus vite possible, même si elle ne souhaite pas revenir tout de suite. Ce serait notre plus beau cadeau de Noël et on reprendra notre vie comme avant ».

Presse patriarcale (Agence Faut Payer, 24 décembre 2012)


(…) Lorsqu’elles ont quitté leur lycée, Camille et Geneviève ont coupé leur téléphone portable et n’ont pu être localisées. L’hypothèse de leur présence un moment sur le site retranché du futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) a été évoquée. Les policiers ont fait diffuser leurs photos sur place et contacté les gendarmes. En vain.

C’est Geneviève qui, peu de temps avant sa disparition, avait évoqué son envie d’aller sur place pendant les prochaines vacances de Pâques. À l’époque, sa mère n’avait pas relevé cette remarque.

Presse patriarcale (LeParisien.fr, 24 décembre 2012)

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[Paris 13e] Flic suicidé, à moitié pardonné

PARIS : UN POLICIER SE SUICIDE AVEC SON ARME

Un fonctionnaire de police, en poste dans le commissariat du XIIIe arrondissement à Paris, s’est donné la mort, ce lundi 24 décembre avec son arme de service dans les locaux de la DOPC (Direction de l’Ordre Public et de la Circulation). Les faits se sont déroulés vers 6 heures du matin. Selon les premières investigations, le policier âgé de 38 ans s’est isolé dans les locaux, rue Albert, avant de se suicider.

Ce brigadier, décrit comme un « grand professionnel », semblait apprécié de sa hiérarchie. Une enquête a été ouverte.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Stéphane Sellami, LeParisien.fr, 24 décembre 2012)


(…) Mardi dernier, un brigadier de la DOPC s’était également donné la mort dans le parking du commissariat du XIVe arrondissement de Paris.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeFigaro.fr, 24 décembre 2012)

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[CQFD] Qui ne paye pas ses dettes s’enrichit

L’ISLANDE SE RÉJOUIT D’AVOIR ABANDONNÉ SES BANQUES

Au lendemain des accords conclus à Bruxelles dans la nuit de mercredi à jeudi autour de la création d’une supervision bancaire opérée par la Banque Centrale Européenne, Olafur Ragnar Grimsson, le président Islandais, s’est permis de narguer l’Union Européenne en se félicitant d’avoir laissé tomber les banques. Une décision « difficile mais décisive » pour la relance économique de son pays. Et contraire à la démarche européenne.

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(…). Tandis que l’Europe est empêtrée dans la hausse du chômage et le retard de croissance, l’Islande a survécu à l’effondrement de son système bancaire non sans avoir été à deux doigts de devenir « le premier cas de faillite nationale de la crise financière mondiale ».

« La plus dure, mais la plus judicieuse »

Quatre ans après la cruciale décision de ne pas sauver les banques, criblées de dettes, la croissance du pays dépasse désormais celle de la zone euro. « Accepter de laisser les banques tomber en faillite fut l’acte le plus difficile qu’il m’ait été donné de prendre. Mais sans doute le meilleur. Il est l’une des raisons fondamentales de la forte reprise économique de notre pays au regard des autres pays européens. Il valait mieux laisser l’Islande s’autogérer que de laisser l’Union Européenne parler en son nom. Le pays en recueille les fruits aujourd’hui ». En empruntant un chemin inverse à l’Europe, les politiques islandais ont contribué à améliorer la santé économique du pays.

La pêche et le tourisme

La réhabilitation s’est opérée en trois temps : par une nationalisation et un refus de recapitaliser les trois géants bancaires (Kaupthing, Glitnir et Landsbanki), par un abandon des créanciers étrangers à leur triste sort et, surtout, par une dévaluation volontaire de la couronne. Comme l’analysait La Tribune le mois dernier,  cette dévalorisation de la couronne islandaise a provoqué une inflation (jusqu’à 18%) au cours de l’année 2009, un ralentissement de la hausse des salaires en 2009 et 2010, mais elle a permis aux secteurs épargnés, comme la pêche et le tourisme (en hausse de 16% sur l’année 2012), de profiter de la relance économique mondiale pour engranger des bénéfices et relancer des investissements.

Loin de l’Europe

Avec un certain succès, puisque 2012 marque un accroissement du PIB — qui avait reculé de 6,6% en 2009 — de 2,1%, là où la plupart des pays européens affichent une croissance en berne. Avec un déficit à l’équilibre prévu pour l’an prochain, un taux de chômage proche de 5% et le remboursement total des 2,1 milliards prêtés par le FMI, Reykjavik respire. (…)

Presse surendettée (Loïc Struys, 7sur7.be, 14 décembre 2012)

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[Inde] « Le viol n’est pas quelque chose qui se produit de manière détachée. Ça fait partie d’une violence continue et bien implantée dans notre société, qui cible les femmes de manière quotidienne »

INDE : UN POLICIER TUÉ DANS LES MANIFS

Les autorités indiennes ont annoncé aujourd’hui la mort d’un policier blessé lors des manifestations de New Delhi suscitées par le viol collectif d’une jeune étudiante, un fait divers qui agite le pays, et notamment la capitale, depuis plus d’une semaine.

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Le policier, âgé de 47 ans, avait été déployé dimanche près de la Porte de l’Inde, un des monuments emblématiques de Delhi, autour duquel s’étaient rassemblés les manifestants. Il avait été attaqué et battu par un groupe. Admis à l’hôpital, il y est mort deux jours plus tard, a indiqué le porte-parole de la police de New Delhi. « Les manifestants ont jeté des pierres à (Subash) Tomar. Il est tombé dans le coma, pendant deux jours, et il est mort aujourd’hui », a déclaré à l’AFP Rajan Bhagat.

Une cinquantaine de policers ont été blessés dimanche lors d’affrontements avec la foule. Les autorités ont depuis interdit à la circulation une bonne partie du centre de la capitale.

Actuellement en soins intensifs, la victime a pu raconter son calvaire à la police le week-end dernier mais son état s’est détérioré lundi soir et « elle souffre de problèmes respiratoires », a indiqué l’hôpital Safdarjung. Les six hommes, ivres au moment des faits, ont été arrêtés par la police.

Des agitateurs dans la foule

Les manifestants protestent contre la police et les autorités, accusées de ne pas prendre suffisamment au sérieux les plaintes pour viols et agressions sexuelles, dans un pays très largement dominé par les hommes.

La police estime que des agitateurs se sont mélés à la foule, provoquant des scènes de violence inhabituelles au centre de Delhi. Mais la presse indienne a vertement critiqué les forces de l’ordre lundi, estimant que la force déployée était démesurée. Dans une rare déclaration télévisée, le premier ministre avait appelé au calme la population et assuré de tout faire pour garantir la sécurité des femmes. « Manifester est important. Ça secoue la conscience d’une société, ça pousse les gens vers le changement, ça leur donne l’impression de faire partie de ce changement », écrit l’auteur féministe Urvashi Butalia dans un éditorial paru dans le quotidien The Hindu.

« Le viol n’est pas quelque chose qui se produit de manière détachée. Ça fait partie d’une violence continue et bien implantée dans notre société, qui cible les femmes de manière quotidienne », ajoute-t-elle. Les chiffres officiels montrent que près de 90% des 256.329 crimes violents enregistrés en 2011 en Inde avaient une ou des femmes pour victime(s).

Leur presse (Agence Faut Payer, 25 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] Lettre ouverte aux journalistes en général et à Raphaël Stainville (Figaro) en particulier

LETTRE OUVERTE AUX JOURNALISTES EN GÉNÉRAL ET À RAPHAËL STAINVILLE (FIGARO) EN PARTICULIER

Le Figaro a publié le 7 décembre dernier un nouveau crachat de Raphaël Stainville intitulé « Les insurgés de Notre Dame des Landes ». Ce postillon permet à lui seul d’expliquer notre défiance à l’égard de la presse. Et il permettra à tous les journalistes qui s’offusquent encore de se voir « rejetéEs » de comprendre la raison de notre animosité : il y a dans votre profession bien trop de types dans le genre de Stainville !

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Photo de Raphaël Stainville

Parachuté pour trois jours, Stainville, muni de son baggage d’antigauchisme primaire (forcément, à trop fréquenter les Le Pen…), est venu faire un tour sur la zad. Arborant sa frange de droitiste effronté (pas très différente de celle du frontiste) et muni de ses préjugés les plus crasses, il est allé « à la rencontre » des opposantEs au projet d’aéroport. TouTEs ceLLEux qui ont accepté de lui parler et de lui livrer un peu d’eux-mêmes, il les balance, il les jette en patûre aux lecteurICEs de son torchon. Mieux, à partir de quelques bribes d’information, il dresse d’eLLEux un portrait odieux et condescendant : pour lui on est tous des jeunes en perdition qui viennent à la zad se « donner des frissons ». Au long de son article, il enchaîne les clichés : impubères, boutonneux/ses, paranoïaques, sales, « black-blocs », fumeurEUSEs de hashich, oisifs/ves… En brave petit soldat de Dassault, il remplit sa mission : discréditer les opposantEs à l’aéroport en véhiculant les images les plus mensongères ou les plus débiles. Oui, car au delà de sa nullité littéraire, Stainville nous montre aussi le visage de la presse d’aujourd’hui : une presse médiocre et inféodée à la droite la plus réactionnaire, dont les journalistes, produits formatés par les grandes écoles de journalisme, sont tout juste bons à revomir les infos en kit de leurs « sources policières », à défaut de savoir comment parler la même langue que la population.

Stainville le grand reporter, comme tous les idéologues de la chasse aux sorcières, aime utiliser un vocabulaire qui suscite le dégoût et qui nous fait passer pour des rats : on apparaît comme une multitude qui grouille dans la boue, ignorante, affamée et brutale. Son « article » nous fait passer pour des pauméEs, des brutes ou des voyouTEs qui vont de ville en ville pour accomplir des mauvais coups. On apparaît comme un magma chaotique, fait de punks, de hippies et de black-blocs, venus s’entasser à la zad pour se castagner ou régler leurs comptes avec l’existant. Et les agriculteurs, décris à la va-vite (pas assez croustillant pour les lecteurs anti-jeunes du Figaro), ne sont pas en reste : ce qu’on retient d’eux après avoir lu Stainville, c’est qu’ils sont vieux et butés. Les résistantEs de Notre Dame des Landes ne sont décidément que des hommes des cavernes, tout juste bon à être « délogés », résidus du passé…

Raphaël, si on t’es apparuEs si misérables, c’est sans aucun doute parce que nous ne sommes pas du même monde et que tu as bien trop de dédain pour les humainEs qui t’entourrent, pour la vraie vie, pour la manière dont les gens échangent et vivent loin de ceLLEux de ta caste. C’est sûr que dans ton enfance dorée versaillaise, tu n’as pas eu à porter de bottes et à marcher dans la boue. C’est sûr que pour travailler à la solde d’un vendeur d’armes, tu ne dois pas avoir beaucoup d’égards pour la vie, si ce n’est la tienne. Faire carrière en écrivant des livres sur la famille Le Pen et des articles terroristes qui décrivent tout ce qui t’es étranger comme dangereux, nous te félicitons : tes crachats journalistiques en mode « rien ne va plus, c’est plus comme avant, tout va pêter » doivent pimenter le quotidien des (é)lectrices octogénaires du Front National !

Tant que des has-been comme toi, avec leur  « belle gueule », leur  « jean trop bien taillé, [leur] peau sans bouton d’acné [et leur] raie sur le côté », viendront railler notre authenticité, nous seront effectivement là pour leur coller une « raclée ». Ceux qui comme toi vendent leur soupe empoisonnée pour flatter ceLLEux qui nous pourrissent la vie (les lecteurICEs du Figaro : patronEs bétonneurEUSEs et vendeurEUSEs d’armes, retraitéEs nostalgiques, commerçantEs proches de leurs sous, traderEUSEs et cadres frénétiques, catho intégristes, médecins de bonne famille…) ne seront jamais du même côté de la barricade que nous. Belles gueules ou pas, vous êtes le parti de la mort, nous sommes celui de la vie. Et bien que nous te parraissons préhistoriques, c’est bien les gens comme toi qui font partie du passé.

Et je termine mon texte en m’adressant aux journalistes de bonne foi, pigistes, vidéastes et photographes qui galèrent, intermittentEs de la presse qui voudraient faire connaître notre lutte avec un regard ami : Dans les luttes qui nous opposent aux détenteurICEs du pouvoir et de l’argent, face à ceLLEux qui déploient des stratégies policières pour nous coller en taule et nous faire taire, à Interpol et aux polices nationales qui nous désignent comme terroristes parce que nous jettons des pétards et des cannettes de verre et nous infiltrent pour mieux nous cueillir, la moindre indulgence à l’égard des preneurEUSEs d’images et des grapilleurEUSEs d’informations permettant de nous identifier ou de comprendre nos modes d’organisation constitue un danger. Il est impossible pour nous de savoir qui de vous est de bonne foi ou qui est indic. Notre seule défense, c’est l’intransigeance.

À vous de lutter dans votre corps de métier pour en chasser les journaflics, ceLLEux qui mâchent le travail de la flicaille et nous jettent dans les bras de l’ennemi. Les logiques contre lesquelles nous nous opposons sont trop puissantes pour qu’on se permette d’être conciliantEs. On a bien trop à perdre ! Et on n’a qu’une vie…

Nos pensées vont aux prisonnierEs politiques, à Cyril et aux autres opposantEs à l’aéroport tombéEs dans les mailles de leurs filets.

Guerre à Vinci et à son monde !

Un parasite ultra-gauchiste, chômeur boueux et puant, casseur décérébré et délinquant congénital

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « J’annonce la couleur de suite, si un jour ils me retrouvent froid, mort dans mon lit ou accroché pendu aux barreaux de ma cellule, ce ne pourra être qu’un assassinat maquillé en suicide, donc militez jusqu’à ce que la vérité soit rétablie LOL »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[26 mai 2012]
On n’oublie pas… malgré tout on vit avec

Depuis 1981, en France, la peine de mort est abolie pourtant les prisons sont des mouroirs. On y meurt à petit feu, souvent de manière suspecte. Drôle d’attitude pour un pays qui se proclame le pays des droits de l’homme. Drôle de manière de considérer l’homme alors. Une justice à deux vitesses, selon ce que tu possèdes, tes moyens financiers, ta peine est allégée.

Mohamed, pour un vol à l’étalage sera condamné à deux ans et, il y a ce chef d’entreprise qui prend la fuite avec la caisse en laissant sur le carreau 200 ouvriers, 200 familles, et il sera condamné à deux ans d’augmentation de salaire.

Je marche capuche sur la tête en promenade, j’observe la réalité, je milite pour l’égalité des traitements. Authentique mec de tess, mon numéro d’écrou à six chiffres sous ma photo, lampe éblouissante dans les yeux suivie d’un flash pour immortaliser le moment. Laisse tes empreintes, avant de rejoindre ta nouvelle demeure où beaucoup y meurent dans de drôles de conditions. Enquête bâclée qui conclut au suicide, pffff les porte-clés sont là pour te surveiller et des fois pour te tuer, c’est pour ça garde un œil sur tes gardes, patiente, tôt ou tard ils vont te libérer.

J’annonce la couleur de suite, si un jour ils me retrouvent froid, mort dans mon lit ou accroché pendu aux barreaux de ma cellule, ce ne pourra être qu’un assassinat maquillé en suicide, donc militez jusqu’à ce que la vérité soit rétablie LOL.

Je baise la justice depuis qu’ils ont tué mes amis d’enfance et que leurs assassins n’ont eu comme sanction qu’une mutation. Ils ont beau lever la main droite et dire je le jure d’être impartial dans les cours d’assises, impossible de l’être même avec la meilleure des volontés car la plupart des textes de loi sont injustes à la base donc bye bye laisse-moi penser et dire ce que je pense, en direct des geôles, toilettes de la République, enterré jusqu’au cou, je garde le doigt sur la gâchette, je laisse pas ma langue ni mon stylo dans ma poche. À la mémoire de nos frères assassinés, assagi car ma colère est limitée à ma feuille blanche donc épargne-moi ta morale quand t’es adhérent du Front national, mais tu peux pas expulser des propriétaires.

Ce texte est dédié à tous nos frères que la République a assassinés. Triste réalité, on a eu beaucoup trop de frères morts par et pas pour la France.

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« Le plus gagnant de ce scrutin est le triptyque qui ronge l’Égypte, la pauvreté, l’ignorance et la maladie »

RÉFÉRENDUM EN ÉGYPTE, DEUXIÈME PHASE

Après la première phase du référendum sur la nouvelle constitution Talbani des Ikhwan qui s’est déroulée en Égypte le 15 décembre dans 10 gouvernorats, les Frères et leurs alliés ont été choqués par les résultats et décidé d’user de toutes les formes de fraudes connues et inconnues jusque là pour balancer les résultats de la seconde phase avec une forte majorité en faveur du OUI.

En effet, les 44% de NON au cours de la première phase en dépit de toutes les irrégularités constatées, étaient loin des 86% des OUI annoncés et souhaités, voire certifiés par les chefs des Ikhwans avant le scrutin, ce qui aurait pu leur permettre de parler avec confiance d’un consensus national et d’écraser leurs adversaires en les faisant taire.

C’est ainsi qu’au cours de la seconde phase du scrutin qui eut lieu le samedi 22 décembre ; le Oui l’a emporté à 76% dans l’ensemble des gouvernorats du Sud de l’Égypte, à Fayoum, moyenne Égypte, il a même atteint 96%. Dans les gouvernorats du Deta et de la côte, les résultats sont ahurissants. Les trois gouvernorats très peuplés, Guizah et Qualioubéya (Région du Grand Caire) et Monouféya, cœur du delta, qui sont déterminants dans tous scrutins, le Oui l’a emporté avec une majorité relative dans les deux premiers et le Non à peine dans le troisième. Ma famille est originaire de Mounouféya, des cousins étaient sur place depuis dix jours dans la capitale, Chibine Al Kom ; et dans les villages avoisinants. Ils m’ont appris que les autorités ont coupé le courant électrique depuis 18 heures et jusqu’à l’heure de fermeture des bureaux de vote à 23 heures. Manœuvre diabolique décriée et dénoncée par les médias et les activistes, qui se produisit dans les trois villes du Canal de Suez, Port Said ; où les Oui et Non sont à peu près à égalité, Ismailya et Suez où le OUI l’a emporté à plus de 60%, contrairement à tous les pronostics.

Dans le reste des 17 gouvernorats concernés par cette phase, l’achat ostentatoire des voix, le vote collectif en assurant le transport des votants et en remplissant les bulletins à leur place à l’extérieur des bureaux, l’orientation des votants à l’intérieur et à l’extérieur des bureaux, et le rejet des bulletins négatifs trouvés par dizaines dans les toilettes et autres endroits ont été pratiqués.

Les organisations des droits de l’homme et les représentants des partis politiques qui ont noté toutes ces irrégularités ont souvent échoué à les enregistrer auprès des présidents des bureaux de vote qui les refusaient systématiquement. Certains ont établi des procès verbaux pour avoir des preuves légales à faire valoir auprès de la justice pour annuler ce scrutin, ces mains courantes  sont au nombre de 500.

J’ai moi-même obtenu l’autorisation d’assister comme observatrice au déroulement du scrutin et au dépouillement dans un bureau de vote situé dans un quartier résidentiel pour classes moyennes et aisées sur la rive ouest du Caire. Je n’ai relevé aucune irrégularité, ça s’est passé dans le calme et le résultat était Non à 76% ; En fait nous étions quatre observateurs externes, je me suis demandée, si des Frères ou leurs proches étaient à notre place, avec aussi des fonctionnaires de la même couleur politique, ils auraient pu au moment du dépouillement mettre les bulletins négatifs, dans la liasse des Oui, ou se débarrasser tout simplement des premiers et fausser le résultat. C’est ce qui a du avoir lieu dans les bureaux du Sud, en particulier les villages reculés, très nombreux, qui n’ont pas bénéficié de l’attention accordée au milieu urbain.

Mais indépendamment des fraudes mises en évidence, force est d’avouer, que le plus gagnant de ce scrutin est le triptyque qui ronge l’Égypte, la pauvreté, l’ignorance et la maladie ; et ce sera comme ça tant que les forces politiques libérales et de gauche n’ont pas compris qu’il faut centrer leurs efforts sur les régions les plus démunies. La seconde remarque qui s’impose, concerne le taux de participation qui s’est limité à près de 31% dans les deux phases. Ce qui signifie que 70% des Égyptiens ont boycotté ce scrutin, ceci mérite méditation. La troisième remarque est que les jeunes, c’est à dire la tranche d’âge entre 18 et 32 ans, qui s’est fortement mobilisée dans les rues et places pendant 4 semaines, pour crier son refus du Dostour, de ceux qui l’ont élaboré et du scrutin, étaient les plus grands absents des longues queues, tant celles des femmes que des hommes.

Le premier résultat  annoncé pour  les deux phases, est taillé sur mesure, un tiers Non et deux tires OUI. Il ne correspond pas tout à fait à la réalité de la contestation, mais c’est comme cela que les Ikhwans l’ont voulu. Les autres forces vont-elles accepter le fait accompli ou continuer le combat juridique pour faire annuler le scrutin et la constitution, rien n’est moins sûr. En témoigne la déclaration de Hamdin Sabahi — ex candidat à la présidentielle,  fondateur du courant populaire et membre du Front du salut national, qui essuya un échec patent dans son fief (le gouvernorat de Kafr Al Cheikh, plus de 60% OUI) — selon laquelle « il faut accepter les résultats du scrutin quels qu’ils soient ».

Pour conclure, je dirai que ce résultat, même avec 80% de OUI, ne représente pas une victoire pour les Ikhwans, car il va falloir qu’ils répondent aux attentes de leur public, qui a surtout dit oui pour la stabilité et la prospérité promises à grand renfort des prêches dans les mosquées. Mais ces gens là vont très rapidement déchanter, car les Frères seraient à court de liquidités lorsqu’ils seront amenés à appliquer immédiatement les conditions du FMI, partie remise pour après le plébiscite.

Galila El Kadi – Mailing, 23 décembre 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Je mâche pas mes mots je ne mets plus de gants va vérifier c’est mes empreintes »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[24 mai 2012]
Mec de tess

Je ne mets pas de jean slim t’as qu’à regarder de travers mon caleçon qui dépasse de mon baggy tu verras la crosse d’une âme de guerre. On n’a peur que d’Allah et si tu me vois trembler devant un être humain c’est que j’ai la Parkinson je n’ai qu’une parole demande à mon juge d’instruction.

Dormez jusqu’à ce qu’ils vous réveillent et même si t’avais réglé ton réveil à plus tard ces gens-là ont un mandat d’arrêt.

Même en mangeant des pâtes en manque de calcium entre quatre murs je garde le poing levé dos argenté je suis la cible de l’État mais on m’avait prévenu que si tu levais la tête ils frappaient très fort pour que tu la baisses. Je suis monté au casse-pipe avec un quatre roues motrices et revenu en camion cellulaire.

Tu acceptes pas que ta fille épouse un renoi et pourtant tu te tues aux U.V. jusqu’à en attraper le cancer esprit contradictoire comme ce nain de Sarkozy raciste qui à peine découronné passe ses vacances au Maroc wesh ? C’est comme si on voyait Jean-Marie Le Pen dans un mariage camerounais LOL la honte à croire que ceux qui sont en place à la tête de nos pays africains sont tous des vendus c’est chacun pour sa peau chacun marche pour ses intérêts.

Je sors du rang je marche pour les miens assagi mais beaucoup plus dangereux vocabulaire appris pas en lisant le Bescherelle mais en déchiffrant la notice pour monter une Kalachnikov t’es choqué ? C’est le but et t’as encore rien vu et rien lu je travestis pas la réalité l’école m’a juste appris à sauter le portail vie embourbée dans le haram ça négocie le nehneh en direct du plateau du Rif les ghetto youth sont des hommes d’affaires de l’autre côté de la Méditerranée ça met sur pied des organisations de fous malades pourtant ça n’a pas le brevet des collèges dommage qu’on peut pas le mentionner sur son CV.

Je prône pas la violence ou le haram bien au contraire mais à l’heure où j’écris ces lignes il y a des camions bourrés de stupéfiants qui passent la frontière. On veut pas d’eux quand ils se présentent pour un boulot et tu t’offusques quand ils montent leur entreprise sans te demander ton avis ça fait longtemps qu’au bled il n’existe plus de hutte même dans la brousse ils sont branchés sur LCI on est tous logés à la même enseigne donc respecte-nous ou tes vacances vont virer au cauchemar. Il n’y a pas que le tsunami qui peut envahir ta chambre 5 étoiles d’un palace africain.

Si tu vis qu’en espérant ben tu mourras désespéré.

Attends pas ta vierge car aujourd’hui les michetonneuses ont assez d’argent pour se recoudre l’hymen.

Je mâche pas mes mots je ne mets plus de gants va vérifier c’est mes empreintes.

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[Notre-Dame-des-Landes / Rennes] Communiqué des occupants du chantier Vinci du centre Alma

RETOUR SUR L’OCCUPATION DU CHANTIER VINCI DU CENTRE COMMERCIAL ALMA À RENNES ET DU BÉTONNAGE DE LA GRUE PRINCIPALE

Ce mercredi 19 décembre, nous étions une trentaine à investir le chantier du centre Alma à Rennes géré par CMA, une des nombreuses filiales de la multinationale Vinci, spécialiste du bétonnage de terres et concessionnaire du futur aéroport de Notre Dame des Landes. L’extension du centre commercial le destine à devenir le plus important de Bretagne.

Malgré le déclenchement d’une alarme lors de notre entrée et l’arrivée prématurée  des vigiles (à qui nous avons d’abord fait croire que nous travaillions sur le chantier), nous avons décidé de poursuivre l’action. Celle-ci a consisté, en plus de l’invasion du chantier :

• de la pose d’une banderole sur la grue principale : « Solidarité avec la ZAD »

• de l’installation de mannequins sur la plus haute plate forme de la grue faisant croire à une occupation humaine, pour nécessiter l’intervention du GIPN

• du blocage de l’accès à la cabine de la grue, en obstruant une des plate formes d’accès située à 20 mètres par un plancher couvert d’une dalle de parpaings, eux-mêmes reliés par des rails métalliques et coulés dans du béton.

Pendant notre occupation, aucun camion de livraison n’a pu entrer sur le chantier, certains repartant tandis que d’autres stationnaient en perturbant la circulation aux abords de la zone.

Le chantier n’a pas pu démarrer et aucun des ouvriers de Vinci n’a pris son poste durant notre présence.

Alors qu’ils étaient rassemblés autour des préfabriqués, nous sommes allés à leur rencontre pour distribuer un tract autour d’un petit déjeuner. Encore une fois, le contact avec les ouvriers s’est révélé très positif, et certains nous ont même remercié de leur épargner une journée de boulot sous la pluie, en nous demandant de « tenir jusqu’à samedi ». Nous avons d’ailleurs retrouvé l’un de ceux présents lors de la précédente occupation du chantier Vinci de Saint Hélier, qui nous a confirmé que l’ensemble du personnel (intérimaires compris) avait été payé malgré l’arrêt des travaux pour la journée.

Alors que les rapports avec les ouvriers ont été bienveillants, voire complices, la relation avec les cadres est restée tendue, ces derniers collaborant pleinement avec la police.

Tout au long de l’occupation, des flics en civils ont rôdé sur le chantier et aux alentours, surtout préoccupés par le risque de dégradation et l’utilisation de la grue par les militants.

Le rassemblement public appelé à 9h nous a rejoint une trentaine de minutes plus tard, au moment où la brigade d’intervention de la police nationale débarquait pour nous expulser (coïncidence ?). Une quinzaine de flics légèrement équipés, coordonnés par des civils présents à l’intérieur du chantier, nous ont chargés au pas de course, nous obligeant à nous échapper par un accès d’urgence.

Aucune arrestation n’est à constater.

À midi, un ouvrier chargé par une énorme nacelle était encore en train de dégager la dalle de béton, et il semblerait que l’activité sur le chantier ait repris péniblement dans l’après midi.

Cette occupation/blocage fait suite aux différentes actions qui ont eu lieu à Rennes : occupation du chantier Vinci St Hélier du 14 novembre, perturbation du conseil municipal du 10 décembre, ravalements des façades de la mairie, du local du PS et de Rennes Métropole, rassemblement devant la préfecture… Nous affirmons ainsi notre solidarité avec les résistants de la ZAD face à l’occupation militaire du bocage et notre opposition au projet d’aéroport.

Étendre le conflit au-delà de la ZAD nous paraît nécessaire afin de multiplier les foyers de lutte et diffuser des pratiques offensives contre les responsables politiques du projet et les entreprises associées comme Vinci. Nous relayons à nouveau l’appel de la ZAD à engager des actions partout où sont implantés les promoteurs de l’aéroport.

NI VINCI NI AILLEURS
NON À L’AÉROPORT !

Les occupants du chantier du centre commercial Alma, 24 décembre 2012

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La rue algérienne renoue avec les troubles et les émeutes à l’occasion de la distribution de logements sociaux

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La distribution synchronisée des logements sociaux met le feu aux poudres
LA CULTURE ÉMEUTIÈRE « REPREND-ELLE SES DROITS » ?

Après les troubles sociaux ayant, entre les mois de septembre et décembre, accompagné le démantèlement de certains commerces informels, opération qui est en train d’être partiellement remise en cause sur certains trottoirs et rues des grandes villes, la rue algérienne renoue avec les troubles et les émeutes à l’occasion de la distribution de logements sociaux. Cette distribution, bien que des milliers de logements soient prêts à être livrés, a été gelée pendant plusieurs semaines pour, dit-on, lui éviter les interférences avec la campagne électorale pour le scrutin du 29 novembre dernier. Interférence signifie, dans ce cas de figure, possibilité, pour les candidats aux communales, d’utiliser le logement social comme puissant moyen d’acquérir des voix, une sorte de clientélisme qui n’a pas, comme on nous en donne l’impression, été complètement absent durant la campagne, puisque l’octroi de ce type de logement est devenu une promesse dans la bouche de certains candidats. Passé le scrutin, les choses semblent se corser davantage. Des dizaines d’Assemblées communales sont encore dans l’expectative, quant à la désignation du maire. D’autres, tout en se voyant présidées par un maire, ne se sont pas encore complètement remises des luttes acharnées qui ont précédé cette opération.

C’est dans ce climat peu serein que le gouvernement a décidé de reprendre la distribution de logements sociaux. Il faut être, sans doute, d’une ingénuité débridée pour s’attendre à un climat festif couronnant l’affichage de la liste des attributaires et la prise de possession des familles de leurs logements. Dans la plupart des distributions tentées ces trois dernières semaines, cette prise de possession n’a pas eu lieu, et pour cause. Déjà, la veille même de l’affichage, tous ceux qui se savent exclus de l’attribution, avec d’autres jeunes prêts à n’importe quelle aventure, préparent le terrain de l’émeute. On a vu dans certaines villes de modeste envergure, des pneus acheminés la veille sur les points choisis de la protestation. Là où la combustion des pneus doit s’effectuer et la circulation automobile être bloquée. Le plus cocasse dans l’affaire est que dans certains cas, la page facebook de la ville en question, il en existe des centaines, est exploitée par les animateurs pour donner toute l’info qu’il faut. Sur la base d’informations qui soulignent le risque lié à l’affichage de la liste des attributaires de logements sociaux, les services de sécurité pointent, dès le potron-minet, au portail de la daïra, avec gourdins, chars pneumatiques et autres éléments qui n’annoncent aucune atmosphère de fête qu’on aurait pu souhaiter, dans une opération de distribution de logements. La particularité de la distribution de logements sociaux opérée après les élections locales est qu’elle est grevée de deux handicaps. Elle se déroule dans un moment d’instabilité des exécutifs communaux, même si la liste est établie au niveau de la daïra, puis, elle est synchronisée à l’échelle du pays. Donc, les émeutes se synchronisent également, ce qui met les autorités de wilaya dans une situation embarrassante, ne sachant où donner de la tête.

De tout ce dossier de logements sociaux, la partie la plus saillante, celle que la presse et la rue mettent en relief, demeure le mouvement de protestation qui accompagne, d’une façon automatique l’affichage des listes. C’est l’émeute. « De quoi se compose l’émeute ? De rien et de tout. D’une électricité dégagée peu à peu, d’une force qui erre, d’un souffle qui passe. Ce souffle rencontre des têtes qui pensent, des cerveaux qui rêvent, des âmes qui souffrent, des passions qui brûlent, des misères qui hurlent, et les emporte. Où ? Au hasard. À travers l’État, à travers les lois, à travers la prospérité et l’insolence des autres », écrit Victor Hugo, dans Les Misérables.

Les promesses de revoir les listes des attributaires, d’étudier les recours, ou de construire de nouveaux logements ne font cesser les protestations que le temps de revenir sur les lieux de la suie des pneus. Et les désagréments causés aux automobilistes, aux camions transporteurs de ciment, de briques ou de graviers ? Voire à des ambulances transportant des malades sur un hôpital ? Ils font, apparemment, partie du compte  »pertes et profits ». Ils subissent une forme de « mal nécessaire », mais qui se répète malheureusement des dizaines de fois dans l’année pour moult raisons (coupures d’eau ou d’électricité, routes dégradées,…).

La route nationale n° 25 a été coupée, il y a une semaine au niveau de la localité de Aït Yahia Moussa, pour protester contre la liste des attributaires de logements sociaux. Sur cette route étroite et sinueuse, qui suit la vallée exiguë de l’Oued Bouguedoura, aucune sortie de secours pour les véhicules bloqués sur des centaines de mètres. Certains automobilistes se sont aventurés sur le massif, peu sécurisé, de Sidi Ali Bounab, d’autres ont choisi la direction de Boumahni, un autre massif que l’on gagne à partir d’Iâallalène. De folles équipées imposées à des citoyens qui n’ont aucune relation avec l’événement.

Parfois des dérapages surviennent lorsque la colère des uns et des autres ne trouve aucun sage modérateur. Car, au cours de ces dernières années, la culture de l’émeute s’est tellement ancrée dans l’esprit des jeunes qu’elle sert parfois d’exutoire à un vide sidéral frappant cette frange importante de la population en matière d’emploi, de loisirs et de divertissement. C’est pourquoi, des jeunes qui n’ont aucun lien avec la distribution de logements, s’impliquent parfois dans ces chaudes arènes où, si l’on en connaît le début, on est loin d’en prévoir la fin et … les conséquences.

Il se trouve, malheureusement, que la culture du dialogue et de la communication entre gouvernants et gouvernés est la marchandise la plus rare dans la maison Algérie. Comme le développement est un tout insécable (niveau de vie, santé, culture, éducation,…), le sous-développement l’est autant. Et il est difficile de trouver un concept plus adapté pour qualifier ou caractériser cette situation d’anarchie, où le citoyen se fait justice lui-même, devant des canaux de dialogue qui n’ont jamais été bien exploités par les pouvoirs publics, quand ils ne les obstruent pas. Face à l’opacité et au clientélisme qui caractérisent les actes d’intervention sociale de l’État (logements sociaux, soutiens à certaines catégories de citoyens,…), et devant la fermeture des horizons pour des milliers de jeunes sans qualification ou diplômés chômeurs, toutes les raisons sont apparemment les bienvenues pour en faire un tisonnier de la contestation.

Tant que les structures de l’État et les Collectivités locales, dans lesquelles les jeunes placent leurs espoirs, continuent à gérer, à subventionner et à agir avec un esprit de clientélisme et dans un climat d’opacité, il serait chimérique de s’attendre à des protestations  »civilisées » tendant à obtenir légalement réparation.

Leur presse (Amar Naït Messaoud, DepechedeKabylie.com, 23 décembre 2012)

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« Sauvez les femmes, sauvez l’Inde »

NOUVELLE MANIFESTATION CONTRE LE VIOL MALGRÉ L’INTERDICTION EN INDE

Le gouvernement indien a interdit dimanche 23 décembre les rassemblements de plus de cinq personnes. Il espère ainsi contenir les manifestations de colère déclenchées par le viol collectif d’une jeune femme dans la capitale New Delhi. Pourtant malgré l’interdiction de manifester, près de 2000 personnes, principalement des étudiants et des femmes au foyer, se sont à nouveau rassemblées dimanche à New Delhi. La police les a empêché de marcher sur le palais présidentiel, les repoussant à coups de batons, de canons à eau et de gaz lacrymogènes.

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VOIR LA VIDÉO

Une semaine après les faits, la victime du viol a livré son récit aux enquêteurs, pour la première fois samedi. Cette étudiante kinésithérapeute de 23 ans, a été violée à bord d’un autobus par six hommes dimanche dernier, avant d’être battue à coups de barre de fer, ce qui a provoqué de graves blessures intestinales. Elle a ensuite été jetée du bus, avec le jeune homme qui l’accompagnait. Hospitalisée en soins intensifs, la jeune femme commençait ce week-end à aller mieux, selon les autorités de l’hôpital. (…)

Publié par le savoir-faire français (Francetvinfo.fr, 23 décembre 2012)


LE DRAME D’UN VIOL COLLECTIF PROVOQUE LA FUREUR DES INDIENNES

Le viol collectif d’une jeune femme, dans un autobus de New Delhi (…), suscite la colère populaire. À Delhi, les manifestants se sont heurtés dimanche aux forces de l’ordre.

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Un journaliste de télévision a été tué par balle ce dimanche 23 décembre, après que la police a ouvert le feu sur des manifestants venus soutenir une actrice victime de violences sexuelles, dans le nord-est de l’Inde. Le journaliste de 36 ans travaillait pour la chaîne Doordarshan et a été tué à Imphal, capitale de l’État du Manipur, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police A. Singh. Cette mort survient alors que la capitale du pays New Delhi (photo ce dimanche) est le théâtre depuis plusieurs jours de manifestations à la suite du viol collectif d’une jeune étudiante.

« Sauvez les femmes, sauvez l’Inde », ou « castrez les violeurs », exigent les pancartes des manifestants, étudiants pour la plupart, qui se sont rassemblés par milliers samedi 22 décembre à New Delhi.

Exprimant une frustration palpable, leurs messages déversent leur fureur après le viol d’une jeune femme. La manifestation a dégénéré à Raisina Hill, centre du pouvoir incarné par le palais présidentiel. Dans une scène rare en ces lieux prestigieux, les protestataires se sont heurtés aux forces de l’ordre, qui ont répondu avec gaz lacrymogènes et canons à eau. Plusieurs personnes ont été blessées.

Refusant d’évacuer, la foule a continué à protester. Infiltrées par des militants politiques [sic – NdJL], les confrontations se sont violemment intensifiées dimanche. Entre jets de pierres et charges au bâton des policiers, le cœur de New Delhi a pris les allures d’un champ de bataille.

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New-Delhi, « capitale du viol » en Inde

Ce mouvement, suivi dans d’autres villes, est parti d’un fait divers : le viol collectif d’une étudiante en kinésithérapie de 23 ans, perpétré une semaine plus tôt à New Delhi. À Munirka, dans le sud de la capitale, l’étudiante et son ami, un ingénieur informatique, ont embarqué vers 21h30 dans un autobus, après être allés au cinéma.

Le couple s’est retrouvé piégé par six hommes, à l’intérieur du véhicule aux vitres teintées qui sillonnait la ville. À coups de barre en fer, les assaillants ont battu le jeune homme puis violé l’étudiante. Ils ont ensuite jeté les deux corps inconscients sur un trottoir. Aujourd’hui, l’étudiante reste dans un état critique. L’équipe médicale qui la traite a communiqué dimanche son inquiétude.

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0624.jpg Manifestation à New Dehli, le 22 décembre 2012.

Le crime a provoqué un éveil des consciences au sein de la classe moyenne urbaine. Les médias se sont chargés de rappeler les chiffres : « En Inde, une femme est violée toutes les 22 minutes », affiche en boucle la chaîne NDTV. À New Delhi, mégalopole de 19 millions d’habitants, 489 viols ont été répertoriés en 2010, en faisant la « capitale du viol » en Inde.

La banalisation des violences sexuelles, par ailleurs ignorées dans les campagnes, est avérée. D’après un récent rapport, une vingtaine d’Indiens poursuivis « pour viol » se sont même présentés à des élections au cours de ces cinq dernières années.

Réactions tardives des autorités

Dans la rue et sur les plateaux de télévision, le débat s’est enflammé et a dégénéré en surenchère punitive. L’opinion s’offusque de la peine maximale de dix ans en vigueur pour le viol. Le débat sur la peine de mort resurgit. Et l’indignation s’autorise des débordements : « Il faut émasculer les violeurs et leur lancer des pierres sur la place publique », propose Sangeeta, une mère de famille.

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Acculés par la colère populaire, les politiciens tentent de réagir, un peu tard. Le ministère de l’intérieur pourrait envisager des sentences plus sévères dans les cas de « violences extrêmes ». Les premières mesures annoncées concernent l’ajout nocturne de patrouilles policières, un strict contrôle des bus, et l’interdiction de vitres teintées et de rideaux épais dans les véhicules. Une fermeture des bars à 1 heure du matin est aussi évoquée.

« Il faut aussi changer les mentalités », a déclaré dimanche Sheila Dikshit, chef du gouvernement de Delhi. « Ne me dites pas comment m’habiller, dites à votre fils de ne pas me violer », a ainsi écrit une manifestante sur une banderole.

En Inde, les violences commencent à l’intérieur des maisons : foeticides de filles, femmes battues, alcoolisme masculin, harcèlement sexuel, inceste. « Qu’est-ce qui ne va pas chez l’homme indien ? », s’interroge un éditorial du quotidien The Hindu. Dans l’immédiat, les autorités de Delhi ont à contenir la colère des Indiennes.

Presse cul-bénite (Vanessa Dougnac à New Delhi, La-Croix.com, 23 décembre 2012)

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[Sevran] Ne dites pas : « Monsieur le sociologue », dites : « Crève salope ! »

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À SEVRAN, DES JEUNES BATAILLENT POUR AMÉLIORER LA VIE D’UN QUARTIER DÉGRADÉ

Dans un quartier aux tours abîmées, où les pannes de chauffage et d’ascenseurs à répétition exaspèrent les habitants, un groupe de jeunes trentenaires a créé une Amicale de locataires, mobilisé les voisins et remporté plusieurs victoires contre le bailleur social.

« Ils ont fait du community organizing sans le savoir » analyse le sociologue Jacques Donzelot, auteur d’un rapport publié par le think tank de gauche Terra nova et intitulé « Banlieues et quartiers populaires : remettre les gens en mouvement ».

Il y défend ce concept né aux États-unis et qui repose sur l’implication des habitants dans la vie de leur quartier, à travers des communautés locales. Cela n’existe « qu’exceptionnellement en France », malgré les vœux des acteurs de la politique de la ville, explique-t-il.

À deux pas de la station RER, le quartier des Beaudottes regroupe 1.200 logements sociaux, dans 29 immeubles. En 2009, un incendie se déclenche dans l’une des tours, tuant 5 personnes, un drame qui traumatise le quartier. La même année, les gardiens d’immeuble quittent les lieux, arguant que leur sécurité n’est plus assurée.

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« On était à l’abandon », se rappelle Jaouad Dahmani, président de l’Amicale des locataires.

« L’élément déclencheur, ça a été le rappel des charges, jusqu’à 800 euros pour certains locataires. On trouvait que les charges étaient énormes par rapport aux services rendus, à un moment où il y avait 20 ascenseurs sur 29 en panne », raconte-t-il, « la marmite commençait à bouillonner ».

Avec plusieurs amis, il crée l’Amicale. Tous âgés d’une trentaine d’années ou moins, ils ont grandi ou vivent dans le quartier et entendent faire valoir leurs droits.

« La plupart des habitants de Sevran sont étrangers, et pour une part illettrés et ne savent pas comment fonctionne l’administration. On se voit comme les représentants de ces habitants qui ont vu leurs conditions de locataires se dégrader », explique l’un d’eux, Tawfik Kilani, un juriste de 31 ans qui vit chez ses parents.

Quatre-vingt huit familles adhèrent à l’Amicale.

Après plusieurs rencontres, ils obtiennent du bailleur, Immobilière 3F, une remise commerciale et des remboursements de charges; au total plus de 300.000 euros en 2012. Le bailleur réalise plusieurs centaines de milliers d’euros d’investissement, notamment dans le chauffage.

Il y a eu « quelques pannes de chauffage pendant quelques semaines, quelques pannes pour les ascenseurs », reconnaît Didier Jeanneau, directeur général adjoint Immobilière 3F en charge de la gestion du patrimoine en Ile-de-France mais « c’est souvent lié au vandalisme », assure-t-il.

« C’est un quartier très difficile, très fortement gangréné par les trafics. Nous essayons de maintenir le service face à ces situations extrêmes », souligne M. Jeanneau.

Les gardiens sont revenus dans le quartier en 2010, regroupés en équipe dans un « relais habitant ».

La mairie, dirigée par Stéphane Gatignon (EELV) voit dans l’Amicale « un partenaire exigeant » dans un quartier « paupérisé » mais en plein remodelage, décrit Stéphane Blanchet, le premier adjoint au maire chargé de la rénovation urbaine.

« Sans la participation des habitants, on ne peut pas savoir ce qui se passe » salue Mohammed Chirani, délégué du préfet au quartier des Beaudottes.

Aujourd’hui, épaulés par la Confédération nationale du logement, les membres de l’Amicale réclament plus d’un million d’euros de charges trop perçues pour 2009-2010 et incitent d’autres habitants à les rejoindre.

« Il ne faut pas rester à subir », assène Jaouad Dahmani lors d’une assemblée générale.

« Il y a eu tellement de personnes qui ont essayé et qui ont eu des retours négatifs qu’ils ont baissé les bras », commente une habitante, Angela Mondelli, 48 ans, « Eux nous ont redonné de l’espoir ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Liberation.fr, 18 décembre 2012)


LE QUARTIER DES BEAUDOTTES « SOUS LA COUPE DE DÉLINQUANTS » : UNE NOTE DES RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX SÈME L’ÉMOI À SEVRAN

BANLIEUE – Elle décrit le quartier des Beaudottes à Sevran « sous la coupe réglée de délinquants »…

Une note des Renseignements généraux (RG) de Seine-Saint-Denis décrivant le quartier des Beaudottes à Sevran « sous la coupe réglée de délinquants » a semé l’émoi dans la police et chez le préfet qui entend « prendre le problème à bras le corps », a-t-on appris de sources policières vendredi. Les RG évoquent une « situation explosive » et ajoutent que la cité est un « carrefour du trafic de drogue ».

Minorité

Dans cette note de quatre pages datant du 1er avril, que l’AFP n’a pu consulter, les RG, selon ces sources, décrivent le quartier des Beaudottes à Sevran comme étant « sous la coupe réglée » d »une « minorité de délinquants ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0433.jpgCeux-ci agissent souvent « masqués », « contrôlent et régissent tout » dans la cité HLM de ce quartier géré par la société 3F : véhicules y entrant, allées et venues, voire la police quand elle s’y rend.

Police

En dix-huit mois, il y a eu quatorze agressions de gardiens ou gérant des 3F. L’une de ces agressions est décrite par le menu : des individus « cagoulés » ont tout fait, — menaces, agressions, chantage —, pour obtenir un local pour une association qui leur était proche.

Cette note a alarmé plusieurs services de police, un responsable évoquant à cet égard une « zone de non-droit, de caractère mafieux, si ce qui y est dit est avéré ».

Mafieux

Le préfet de Seine-Saint-Denis a décidé de tenir la semaine prochaine une réunion sur ce sujet et ce quartier est une « priorité d’un plan anti-drogue décidé » dans le département. « Il entend prendre le problème à bras le corps », ont indiqué ces sources.

Selon des sources proches des auteurs de la note, celle-ci a été rédigée après que la société 3F eut décidé, suite aux agressions, de retirer ses gardiens de la cité HLM en question.

« Cette affaire a été relatée dans la presse locale et les RG ont déjà attiré l’attention sur ce problème qui n’est pas nouveau », ont ajouté ces mêmes sources.

Gardiens

Contacté par l’AFP, la préfecture a expliqué « avoir été alertée cette semaine par le bailleur social 3F », qui lui a annoncé qu’il « retirait ses gardiens du quartier des Beaudottes compte tenu des agressions de certains d’entre eux ».

Selon la préfecture, le préfet de Seine-Saint-Denis « souhaite agir rapidement » et devrait « organiser une réunion avec le bailleur social la semaine prochaine », a-t-elle ajouté.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (20minutes.fr, 4 avril 2008)

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[Paris 14e] Stals un jour, stals toujours

LE PC EXPULSE DES SQUATTEURS

Des squatteurs expulsés sur ordre du Parti communiste, une opération de police rondement menée, les matelas sortis sur le trottoir dans l’obscurité, deux jeunes interpellés et ramenés au commissariat, les autres à la rue…

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Mercredi soir, vers 20h30, une vingtaine de policiers ont expulsé une petite dizaine de squatteurs d’une maison au 149, rue du Château (XIVe), propriété du Parti communiste.

Et hier, Sergio, un commerçant voisin, commentait l’opération : « C’est quand même fort de voir les cocos expulser des SDF. » « Étonnant et décevant de la part des communistes, s’agace Celia Blauel, élue (EELV) du XIVe, venue sur place. On note une différence entre les paroles et les actes. »

Une plainte pour dégradation

Hier matin, un maçon était déjà à l’œuvre pour « sceller les portes ». Cette petite maison de ville, ancien local de la section du XIVe, dont les pièces était jadis tapissées de la faucille et du marteau et d’affiches de la Fête de l’Huma, était vide depuis plus de trois ans. Depuis dix jours, des squatteurs, de 25 à 45 ans, s’y étaient installés. « On avait repéré la maison vide, reconnaît Thomas, l’un de ses occupants. On a tous des problèmes de logement. On a ouvert un compteur EDF. »

Au PC, on reconnaît « avoir eu recours aux forces publiques ». Mais on avance « des raisons d’insalubrité de la maison ». Igor Zamichiei, secrétaire de la fédération du PC à Paris, dénonce dans ce squat une « opération politique ». Selon lui, les squatteurs seraient « des groupes de la tendance anarchiste ». Thomas rigole : « On ne savait même pas que la maison appartenait aux communistes. Il n’y avait pas de nom sur la boîte aux lettres. » Reste que les squatteurs du 149, rue du Château, seront poursuivis par le parquet de Paris, à la suite de la plainte déposée, pour « dégradations de biens privés en réunion ».

Des élus murmurent que la maison devait être retapée pour être vendue. Les squatteurs auraient pu contrarier leur belle opération immobilière.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Céline Carez, LeParisien.fr, 21 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] « Ils ne prendront jamais la ZAD car on la porte avec nous, partout où l’on est, on rendra ce monde ingouvernable »

QUAND UNE GRENADE ASSOURDISSANTE DEVIENT UN EXPLOSIF DÉVASTATEUR

Quand une grenade assourdissante devient un explosif dévastateur, ils placent l’oreille interne bien près des orteils externes…

Le matériel qu’ils utilisent, ces exemplaires forces de l’ordre, est censé être réfléchi scientifiquement, et si jamais ils nous blessent à vie, c’est bien qu’on n’a pas respecté le mode d’emploi (car on est en marge du sens commun), c’est bien qu’on a truqué la partie. Car quand ils avancent après les trois sommations polies, nous en théorie on recule, et si c’est pas le cas, la réponse est graduée, toujours non-létale s’il vous plaît. Mise en scène spectaculaire, censée choquer, faire perdre des repères sensitifs, créer des blessures plus impressionnantes que réelles.

Sauf quand on y perd un œil, un orteil, qu’on fait une crise cardiaque ou d’asthme dans les gaz, et là encore comme les porcs sont bien dans leurs rôles de flics mesurés et républicains, il ne peuvent évidemment pas assumer que ça les fait bien marrer et t’assurent que tu fais partie de ceux qui n’ont pas compris le schéma, car tout était prévu pour qu’il ne se passe rien de notable.

Bref, tous celles et ceux qui se sont fait perforer par des éclats de grenades, qui se sont fait arracher un peu d’leur squelette étaient pas forcément en train de commettre l’acte délictuel de répondre aux attaques des flics. Il suffit juste de passer le pont, d’être du côté de la lutte pour se prendre possiblement différents stigmates de la part du pouvoir. Ça on le sait depuis longtemps déjà, c’est pas ça qui va nous faire baisser les bras. Ils ne prendront jamais la ZAD car on la porte avec nous, partout où l’on est, on rendra ce monde ingouvernable.

Site de la ZAD, 22 décembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes / Bordeaux] Le DAL expulsé d’un bâtiment administratif qu’il avait réquisitionné

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Bordeaux : Le DAL expulsé d’un bâtiment administratif qu’il avait réquisitionné

Il s’agissait aussi d’un acte de solidarité avec les expulsés du terrain de l’aéroport de Notre Dame des Landes.

L’opération de médiatisation que l’association DAL (Droit au logement) avait prévu d’organiser aujourd’hui à Bordeaux a tourné court.

Le DAL s’était introduit dès mercredi dernier dans un ancien immeuble des finances publiques du centre de Bordeaux, rue Thiac, pour faire écho « à la ministre Cécile Duflot » sur la mise à disposition de bâtiments publics inoccupés. « Celui est vide depuis deux ans et en parfait état », explique l’un des membres du DAL.

Après avoir donc investi les lieux depuis trois jours, donc, l’association voulait rendre la chose publique et faire venir du monde. Il s’agissait aussi d’un acte de solidarité avec les expulsés du terrain de l’aéroport de Notre Dame des Landes (Loire Atlantique).

En fait de monde, c’est la police qui est venue. Vers 15h30, elle a pénétré dans l’immeuble pour mettre les occupants dehors. Avec une certaine brutalité, selon l’un d’eux, et en faisant usage de gaz lachrimogène. Les forces de police ont également bouclé la rue, interdisant la circulation des passants.

Les membres du DAL n’ont pas opposé de résistance et ils n’envisagent pas non plus une récupération immédiate de l’immeuble. La police n’a pas procédé à des interpellations.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Denis Lherm et Florence Moreau, SudOuest.fr, 22 décembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Oumar alias Youv ou j’sais pas quoi, un ancien raté maté par le système carcéral, il a tourné sa veste, des armes il est passé au stylo et du stylo il passera surement au crayon à papier LOL psartek le voyou MDR, dix ans derrière les barreaux, un moineau en cage, fallait garder ton fusil à l’épaule et ramasser les douilles et garder la cagoule MDRRRRRR »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[23 mai 2012]
Ça clashe sec

Sport national de la cité, c’est parti et je vais épargner personne même pas moi-même.

Oumar alias Youv ou j’sais pas quoi, un ancien raté maté par le système carcéral, il a tourné sa veste, des armes il est passé au stylo et du stylo il passera surement au crayon à papier LOL psartek le voyou MDR, dix ans derrière les barreaux, un moineau en cage, fallait garder ton fusil à l’épaule et ramasser les douilles et garder la cagoule MDRRRRRR.

Et y a cette fille légère qui tombe amoureuse cinq fois par jour, à chaque fois qu’un homme croise son regard et soudain se met à porter le voile puis l’enlève puis le remet, puis l’enlève selon son humeur : « Wesh t’as cru que c’était mardi gras ou quoi ? »

Y a cette imitation racaille, le zoulou de province survêt casquette Lacoste pur Français et bizarrement a un accent rebeu ça parle en wesh wesh yo yo et à midi va traire les vaches à la ferme familiale MDR.

Y a ce mec qui sort avec cette fille contre toute attente elle réussit à l’imposer à sa famille mais dès qu’il la met en cloque tape la fuite comme un lapin de garenne pffffff mais personne court plus vite que son ADN.

Y a cet éternel dealer, qui vend dans le hall ça fait déjà quinze ans, tellement qu’on croirait que c’était le gardien des lieux, sa situation n’évolue guère, les temps sont durs, t’as juste de quoi t’acheter ta paire de requins : « Wesh lâche l’affaire mon frère pose ton CV au Pôle Emploi c’est mieux » LOL.

Y a cet ex-mec de cité qui réussit professionnellement, et dénigre ses anciens voisins de misère, les prend de haut, il a oublié qu’il vient d’en bas, sur le chemin de la trahison, il n’y a que le fleuve de la honte à traverser.

Y a ces banlieusards éternels taulards que tu vois plus en promenade qu’au marché avec leur daronne, ça respecte plus sa micheto que ses parents, il va perdre ses plumes et toute sa thune dans cette relation, ça fait les Tony Montana mais sans l’oseille, ne pas oublier que Tony s’est fait percer en plein dans son salon.

Y a ces anciens qui font mal au crâne, leur cerveau est resté bloqué en 1992 et ont gardé le look qui va avec, ils font mal à la tête à rabâcher leur passé alors qu’on vit au présent et au présent ils touchent le RSA allez remballe MDR.

Et le cas le plus lourd, la plus grosse performance, c’est ceux qui ont tout fait tout vu mieux que tout le monde, ils savent tout sur tout ils étaient partout, à base de j’ai fait ci, j’ai fait ça mais personne a jamais rien vu, éternels mythos, racontent la vie des autres, pose ton dentier soldat du mensonge MDR.

Si tu te reconnais dans un de ces cas de figure T’AS PERDU MDR.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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[Slovénie] « Ils sont tous finis »

RÉVOLTES MASSIVES EN SLOVÉNIE ET PERSPECTIVES ANARCHISTES

La Slovénie est secouée par la première révolte massive de ces deux dernières décennies, et la première qui est principalement orientée contre l’establishment politique, contre les mesures d’austérité et qui, dans  certaines villes, prend un caractère anticapitaliste.

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En moins de trois semaines, il y a eu 35 manifestations dans 18 villes, où plus de 70.000 personnes ont participé au total. Les protestations se transforment souvent en affrontements avec la police qui tente de disperser brutalement les manifestations. 284 personnes ont été arrêtées certaines libérées, d’autres non. Beaucoup de gens ont été blessés.

Tout a commencé au milieu du mois de novembre avec des gens qui protestaient contre le maire corrompu de la deuxième ville de Slovénie, Maribor (il a déjà démissionné).

Ils sont venus avec des slogans du genre « Il est fini » (« Gotof je ») qui a été repris par la suite pour désigner plus ou moins tous les hommes politiques du pays. Les protestations se sont répandues dans tout le pays en seulement quelques jours. Elles sont de plus en plus la voie choisie par le peuple afin d’exprimer la colère sur les conditions générales de la société : ne pas avoir d’emplois, de sécurité, de droits futurs.

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Les protestations sont décentralisées, anti-autoritaires et non-hiérarchiques. Les gens qui ne sont jamais descendu les rues avant y participent. Elles se produisent dans les villes et villages qui n’ont jamais vu la moindre protestation avant. Les gens créent de nouvelles alliances, devenant camarades dans la lutte, et sont déterminés à poursuivre aussi longtemps qu’il le faudra. Nous ne savons pas combien de temps nous arriverons à rester dans la rue. Mais une chose est sûre. Les gens ont connu un processus d’émancipation et ont repris la parole qui leur a été violemment volé dans le passé. Et c’est quelque chose que personne ne pourra leur enlever.

Solidarité internationale !

FAO (Fédération anarchiste slovène, membre de l’Internationale des Fédérations anarchistes – IFA)


Chronologie des événements :

• 21 novembre, Maribor, 1.500 personnes

• 6 novembre, Maribor, 210.000 personnes, 31 arrestations (relâchés)

• 27 novembre, Ljubljana, 1.000 personnes

• 28 novembre, Jesenice, 200 personnes

• 29 novembre, Kranj, 1.000 personnes, 2 arrestations

• 30 novembre, Ljubljana, 10.000 personnes, 33 arrestations, 17 blessés / Koper, 300 personnes / Nova Gorica, 800 personnes / Novo mesto, 300 personnes / Velenje, 500 personnes / Ajdovščina, 200 personnes / Trbovlje, 300 personnes

• 1er décembre, Krško, 300 personnes

• 3 décembre, Maribor, 20.000 personnes, 160 arrestations, 38 blessés / Ljubljana, 6.000 personnes / Celje, 3.000 personnes, 15 arrestations / Ptuj, 600 personnes / Ravne na Koroškem, 500 personnes / Trbovlje, Monday, 400 personnes

• 4 décembre, Jesenice, 300 personnes, 41 arrestations / Brežice, 250 personnes

• 5 décembre, Ljubljana, manifestation étudiante devant la Faculté des Arts, 500 personnes

• 6 décembre, Ljubljana, manifestation étudiante devant le Parlement, 4.000 personnes / Koper, 1.000 personnes, 2 arrestations / Kranj, 500 personnes / Izola, 50 personnes

• 7 décembre, Murska Sobota, 3.000 personnes / Bohinjska Bistrica, 50 personnes / Ajdovščina, 150 personnes / Ljubljana, Friday, 3.000 personnes

• 8 décembre, Nova Gorica, 300 personnes

• 9 décembre, Brežice, Sunday, 200 personnes

• 10 décembre, Ljubljana, 100 personnes / Maribor, 200 personnes (manifestation de solidarité avec les personnes arrêtées) / Ptuj, 200 personnes

Manifestations annoncées : • 13 décembre, Ljubljana • 14 décembre, Maribor • 21 décembre, Slovénie (dans toutes les villes)

Informations du 11 décembre, traduction par Fédération Anarchiste via A-Infos

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[Flics porcs assassins / Ali Ziri] La crainte d’un non-lieu s’est donc concrétisée

Affaire Ziri : le combat continue

« Comment peut-on traiter un vieil homme de 69 ans comme un animal dans le pays des droits de l’Homme ? Mohand Ziri ne décolère pas. Mon père a travaillé en France pendant presque 50 ans, il n’a jamais fait de problèmes. Les responsables de sa mort doivent passer devant la justice. »

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Ali Ziri (archives familiales)

Le 15 octobre dernier, le tribunal de grande instance de Pontoise (banlieue de Paris) a ordonné un non-lieu dans l’affaire Ali Ziri. Ce retraité algérien de 69 ans, le père de Mohand et de trois autres enfants, est mort en juin 2009 à Argenteuil alors qu’il était en garde à vue pour outrage, donc détenu par la police française. Une enquête judiciaire avait été ouverte en juillet 2009 pour « homicide involontaire », puis en septembre 2009 pour « violences volontaires ayant entraîné[es] la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique ».

L’ordonnance de non-lieu conclue que l’enquête « n’a établi aucun acte de violence volontaire qui aurait été la cause directe ou indirecte du décès de monsieur Ali Ziri, ni aucune faute directe ou indirecte imputable à quiconque qui aurait involontairement causé sa mort. » Ni la police, ni l’hôpital ne sont responsables du décès, selon les conclusions du Tribunal.

L’avocat de la famille Ziri a fait appel de la décision et compte bien épuiser tous les  recours « si la cour d’appel de Versailles ne lui donne pas raison ». Voici sa réaction :

Une explication plausible, voici ce qui fait défaut pour le moment. Le 9 juin 2009 vers 20 heures 30, Ali Ziri et son ami Arezki Kerfali sont arrêtés par une patrouille de Police à Argenteuil. Quelques heures plus tard, soit le 11 juin 2009 à 10 heures du matin, le premier est déclaré mort par un médecin de l’hôpital d’Argenteuil. Que s’est-il passé durant les dernières heures de la vie d’Ali Ziri ? Son interpellation et son décès sont-ils liés ? Pour la veuve et les enfants restent le gout amer d’une instruction bâclée qui ne répond pas à deux simples questions : Comment est-il mort ? Et pourquoi ?

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Ali Ziri, debout, est entouré de ses cousins dans son village de la commune d’Ouled Rached ( wilaya de Bouira).

Ce 9 juin 2009, Arezki Kerfali raccompagne Ali Ziri en voiture jusqu’au foyer de travailleurs qui se trouve près de la gare d’Argenteuil. Ce dernier est de passage à Paris pour effectuer quelques achats en prévision du mariage de son fils. Les deux amis ont passés l’après-midi dans un bar de la commune. Quand les policiers les arrêtent, ils sont ivres. Selon les agents, les insultes pleuvent rapidement. Les deux Algériens sont conduits au commissariat pour conduite en état d’ivresse et pour outrage.

Le trajet du lieu d’interpellation au poste de police se passe mal. Selon le témoignage des policiers, Arezki Kerfali crache sur le conducteur et son ami tente de porter un coup de tête à l’agent assis près de lui à l’arrière de la voiture. Mais la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) s’interroge « sur la vraisemblance de la tentative de coup de tête porté par monsieur Ali Ziri, alors qu’il était menotté dans le dos, corpulent et de petite taille (83kg pour 1,67m) et que son ami monsieur Arezki Kerfali était assis entre le fonctionnaire de police et lui ».

La CNDS a été saisie par la sénatrice de Paris, Alima Boumediene-Thiery, dès le 22 juin 2009. Aujourd’hui remplacée par le défenseur des droits, elle était constituée de parlementaires, de magistrats, de médecins légistes, de membres des institutions policières et pénitentiaires. Difficile de la soupçonner d’un quelconque parti-pris. Après avoir  auditionné Arezki Kerfali et les trois policiers, écouté les enregistrements de la radio du véhicule de police et visionné la caméra de surveillance du commissariat, la CNDS a rendu en mai 2010 un rapport très critique envers les forces de l’ordre.

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C’est  donc pendant le trajet vers le commissariat que la situation a dégénéré, explique  maître Maugendre. « La policière assise devant Ali Ziri pratique la technique du pliage pour le maîtriser. Cela consiste à ramener la tête d’une personne sur ses genoux pour l’immobiliser ». Cette technique est interdite depuis 2003 en raison des risques d’asphyxie, révélés par un précédent dramatique. Selon les calculs de l’avocat, le vieil homme est resté dans cette position entre 2 minutes 30 et 5 minutes.

Arrivée au commissariat, le transfert de la voiture de police à la salle de garde est vue est musclé. La CNDS écrit : « Avec l’assistance de nombreux collègues, monsieur Ali Ziri a été littéralement expulsé du véhicule : on voit sur l’enregistrement effectué par la caméra de surveillance qu’il est dans un premier temps jeté au sol, puis saisi par les quatre membres, la tête pendante, sans réaction apparente, et emmené dans cette position à l’intérieur du commissariat. »

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Dans l’ordonnance de non-lieu, le document que rédige le juge pour justifier sa décision, le même épisode est décrit ainsi : le visionnage de la vidéo-surveillance montre trois gardiens « qui sortaient Ali Ziri du véhicule et qui chutait à terre, touchant le sol de la tête à 20h46, avant d’être relevé et porté à l’intérieur du commissariat ». Une vidéo, deux descriptions radicalement différentes.

Menottés dans le dos, le visage dans leur vomi

L’ordonnance du juge fait aussi l’impasse sur le temps passé au commissariat par les deux hommes. Pire : il indique que « la dizaine de personnes en garde à vue ce soir-là au commissariat, n’avait rien remarqué ou entendu de particulier », passant sous silence le témoignage d’un homme gardé à vue le même soir. Dans une enquête très fouillée de novembre 2011 (payant), le site d’information en ligne Mediapart révèle les détails de ce témoignage : « L’un des policiers est venu vers cet homme (Arezki Kerfali – ndlr) et il a posé son pied sur la tête du Monsieur et lui a dit une phrase du genre « Tu vas essuyer », et il a fait bouger la tête en appuyant avec son pied comme on pourrait le faire avec une serpillère, explique-t-il, entendu par l’IGPN le 11 décembre 2009. C’est comme s’il voulait lui faire essuyer son vomi avec sa tête. »

La CNDS estime que « Ali Ziri et Arezki Kerfali sont restés au sol, visage contre terre, dans leur vomi, menotté dans le dos [pendant une durée] comprise entre 30 minutes et 1 heure et 15 minutes ». Et de préciser : « Il ressort de l’ensemble des témoignages des fonctionnaires entendus par la commission que les deux hommes sont restés dans cette position pendant toute la durée de leur présence au commissariat : aucun fonctionnaire n’a essayé de les faire s’asseoir. Plusieurs fonctionnaires ont constaté soit que les deux hommes vomissaient à plusieurs reprises, soit la présence de vomi au sol au niveau de leur visage, sans plus se préoccuper de leur état de santé car selon les fonctionnaires, les deux hommes étaient ivres et insultants. »

Le chef du poste de police demande à 21 heures 15 que Ali Ziri et Arezki Kerfali soit conduit à l’hôpital. Le fourgon ne quitte le poste qu’à 21 heures 55 et arrive aux urgences d’Argenteuil vers 22 heures 05. Selon ses déclarations, l’infirmière du service est « seule pour assurer l’accueil et définir les priorités ». Une dizaine de patients se présentent, amenés par le SAMU, les pompiers … elle n’a pas le temps de prendre la pression artérielle d’Ali Ziri. À 21 heures 45, un médecin constate qu’il est en arrêt respiratoire. Il est emmené en salle de réanimation mais meurt le 11 juin à 10 heures du matin.

« Mon père était en bonne santé »

Ce 11 juin au matin, dans le village d’Ouled Rached en Kabylie, Mohand Ziri s’apprête à partir travailler. Il reçoit un appel de France, sur son portable. Un proche de la famille au bout du fil : « Ton père a fait un arrêt cardiaque. Il est mort. » Passés le premier choc et la douleur, il contacte un cousin vivant à Argenteuil pour avoir des précisions. On lui rapporte les conclusions de l’autopsie : mort due à des problèmes cardiaques et à l’alcoolisme.

« Mon père buvait de l’alcool, c’est vrai, mais il n’abusait pas, déclare Mohand Ziri. Et il était en bonne santé. » Pourtant, le parquet de Pontoise classe rapidement l’affaire, concluant à une « fragilité cardiaque » et à une « forte alcoolémie ». Il écarte « tout lien entre l’interpellation et le décès ». La famille Ziri est perplexe. L’empressement du commissariat  pour organiser le rapatriement du défunt et surtout les nombreux hématomes sur son corps alertent un peu plus les proches de la victime.

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0620.jpg Manifestation du 24 juin 2009 à Argenteuil (France)

Décidés à faire la lumière sur ce drame, plusieurs militants et simples citoyens créent le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri dès le 16 juin. Parmi eux, il y a Arezki Semache, originaire d’Ouled Rached (wilaya de Bouira) comme Ali Ziri. « Nous avons organisé une première manifestation le 24 juin 2009 ». Symboliquement, elle part du foyer Sonacotra où résidait Ali Ziri, à quelques centaines de mètres du commissariat et s’achèvera devant la mairie. Très rapidement aussi, plusieurs journaux français relaient les doutes sur le décès accidentel.

Manifestations, médiatisation, ténacité de la famille contribuent à ce que le Procureur ouvre finalement une information judiciaire pour homicide involontaire le 8 juillet. Mais la justice cherche d’abord des fautifs du côté du personnel médical, appuyée par le rapport d’un expert estimant que le délai de « prise en charge a contribué au décès d’Ali Ziri ». Ce serait donc l’état d’ivresse et les 40 à 45 minutes d’attente aux Urgences qui seraient en cause. Pas les conditions de l’interpellation, ni le retour musclé au commissariat. Dégouté, Mohand Ziri commente : « Ils ont essayé de salir mon père, de détourner l’attention en parlant d’autre chose. »

Mais une nouvelle autopsie est pratiquée par une sommité de la médecine légale, le professeur Lecomte. Son rapport, rendu le 20 juillet, contredit les précédentes conclusions. Elle ne constate pas de trace d’alcoolisme, ni de fragilité cardiaque. En revanche, elle confirme la présence de nombreux hématomes, plus d’une quinzaine, sur tout le corps. La cause de la mort est «  un arrêt cardio-circulatoire d’origine hypoxique par suffocation multifactorielle (appui postérieur dorsal, de la face et vomissements) ». En clair, le vieil homme est mort d’un arrêt cardiaque causé en partie par les appuis prolongés sur sa face et son dos.

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Schéma des hématomes relevés sur le corps d’Ali Ziri lors de la seconde autopsie.

Suite à ce nouveau rapport, le parquet de Pontoise ouvre finalement une information judiciaire contre X pour « violences ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », en septembre 2009. L’enquête vise donc directement les policiers, « personnes dépositaire de l’autorité publique ». Mais ils ne sont pas mis en examen, y compris lorsqu’un troisième rapport viendra confirmer que les manœuvres d’immobilisation ont joué un rôle dans le décès. Et ils sont interrogés par leurs collègues de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la « police des polices ».

La fonctionnaire qui immobilise Ali Ziri dans le véhicule de police le soir de l’interpellation explique à l’IGPN : « Face à l’agitation de monsieur Ziri, je me suis retournée, dos à la route, (…) j’ai fait pression en le maintenant sa tête plaquée sur les genoux. » Elle « avait caché l’utilisation de cette technique lors de sa première audition immédiatement après les faits », relève maître Maugendre. Et pour cause : cette technique d’immobilisation est interdite depuis 2003.

Comment se fait-il qu’aucun des trois juges d’instruction qui se sont succédés sur ce dossier en trois en demi n’ait pris la peine de questionner directement les policiers sur l’utilisation d’une technique d’immobilisation interdite car potentiellement mortelle ? Et comment l’ordonnance de non-lieu peut-elle évacuer ce moment-clé par la simple formule : L’agent  « s’était placée de manière à ce qu’[Ali Ziri] ne puisse plus s’attaquer au chauffeur » ?

Un « traitement inhumain et dégradant »

Quelques mois plus tard, en mai 2010, le rapport de la CNDS est venu confirmer les doutes de la famille. La commission conclue que Ali Ziri et Arezki Kerfali ont fait l’objet d’un « traitement inhumain et dégradant » et recommande « l’engagement de poursuites disciplinaires à l’encontre des fonctionnaires de police ».

Interrogée par téléphone, la direction générale de la police nationale a refusé d’indiquer si la fonctionnaire en question avait fait l’objet de sanctions. Se retranchant derrière la présomption d’innocence, elle ne souhaite pas faire de commentaires sur une affaire en cours. Son directeur déclarait toutefois en juillet 2010 dans un courrier adressé au ministre de l’Intérieur que « certains manquements sont soulignés » par le travail de la CNDS, même s’il considérait que celui-ci ne mettait « pas en évidence de violences volontaires ayant pu provoquer le décès de monsieur Ziri ».

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L’organisation Amnesty International aussi s’est saisit de cette affaire. En novembre 2011, un rapport intitulé « 5 décès dus à la police » revient sur le cas Ziri et reprend les conclusions de la CNDS. Avant de noter : « À la connaissance d’Amnesty International, toutefois, aucune procédure disciplinaire n’avait été entamé en novembre 2011 contre ces policiers, qui étaient toujours en poste ». L’organisation de défense des droits de l’homme croit savoir qu’en octobre 2008, « l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a adressé aux directions de la police une note relative à l’usage de la force. Elle comprend un paragraphe  précisant que lorsqu’il est nécessaire d’immobiliser quelqu’un, les pressions, en particulier sur la poitrine et l’abdomen, doivent être aussi brèves que possibles, et l’immobilisation en position ventrale doit être limitée au maximum. »

L’instruction est close en septembre 2011. Le procureur du parquet de Pontoise a requis un non-lieu, estimant qu’« aucune faute directe ou involontaire n’est imputable à quiconque ».  Dans un communiqué, « Amnesty International s’inquiète du manque de crédit accordé aux avis et recommandations de [la CNDS] et attend du juge d’instruction une enquête véritablement exhaustive et impartiale basée notamment sur l’audition de témoins et une reconstitution des faits. » Le 15 octobre dernier, le juge du Tribunal de grande instance de Pontoise a décidé de s’aligner sur l’avis du procureur, en prononçant un non-lieu.

En revanche, Arezki Kerfali a été condamné quelques jours plus tard à 400€ d’amende et six mois de retrait de permis pour conduite en état d’ivresse. Il ne contestait pas les faits et attend le jugement pour outrage qui est renvoyé après le procès de l’affaire Ziri.

« Nous voulons la vérité »

La crainte d’un non-lieu s’est donc concrétisée. Cela marque une étape et pas une fin de l’engagement pour le collectif de soutien. Pendant les longs mois de l’instruction, la mobilisation s’est  poursuivie aussi dans la rue. « Nous organisons régulièrement des manifestations et une marche à chaque date anniversaire de la tragédie », explique Arezki Semache. En janvier 2012, une plaque commémorative est installée par monseigneur Gaillot, un prêtre français atypique par sa liberté de parole et son engagement dans les luttes sociales. La plaque sera retirée quinze jours plus tard sous la pression des syndicats de police. Selon eux, elle ne respectait pas la présomption d’innocence. Arezki Semache revient sur la mobilisation et dresse le portrait d’un chibani ayant passé sa vie à travailler en France, loin de sa famille.

Mohand Ziri parle volontiers de ce père qu’il ne voyait que quelques semaines par an. « Il ne nous a pas vu grandir. Ce n’est que depuis sa retraite que nous nous sommes rapprochés. Il voulait profiter de sa famille et mieux s’occuper de mon frère qui est handicapé. » À présent Mohand est le chef de famille. De son village, il suit de près la procédure judiciaire concernant la mort de son père, lit et se fait expliquer les documents que lui envoie l’avocat, est à l’affût du moindre article publié. Pour faire le lien entre là-bas et ici, le collectif Vérité et justice est d’un grand secours.

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En revanche, les autorités algériennes brillent par leur absence. Le rapatriement du corps a été organisé grâce au soutien financier des amis et de la famille. Ce sont en tout 5000€ qu’il a fallu débourser, incluant les frais d’hôpitaux ! Le consulat d’Algérie s’est porté partie civile dans l’affaire mais leur avocat n’a eu aucun contact avec la famille. Celle-ci n’a reçu à ce jour aucun message de soutien de la part des autorités algériennes et attend toujours une réponse à la lettre adressée au Président de la République.

Contacté par El Watan, Chafia Mentalecheta, l’une des deux représentants des Algériens de France à l’APN, a indiqué avoir suivi l’affaire et s’être rendue à l’un des rassemblement de soutien, « en tant que citoyenne » (C’était avant son élection). Concernant le non-lieu, elle dit : « J’ai trouvé cela scandaleux. » À l’heure où nous publions cet article, elle devait contacter le collectif de soutien pour un rendez-vous qui ne s’est pas encore concrétisé. Djamel Bouras, l’autre député de la circonscription de France, n’a pas retourné nos appels.

Quelques jours après nos sollicitations, le consulat de Pontoise a pris contact avec Arezki Semache pour organiser une rencontre avec le collectif Verité et justice pour Ali Ziri.

Leur presse (Sophia Aït Kaci, El Watan, 16 décembre 2012) via le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri

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[Joyeux Noël ! Prenez tout, payez rien] « Cette ombre persistante de 2001 qui plane sur l’Argentine »

Nouveaux affrontements, deux morts et l’ombre persistante de l’impuissance gouvernementale

On a coutume de dire, en Argentine, qu’il suffit d’une étincelle pour mettre le feu au champ, et c’est probablement vrai. Pendant que j’écris, des images d’affrontements avec la police et de saccages de supermarchés envahissent les écrans de télévision, les journaux et les nouveaux médias obligeant l’opinion publique à revenir à l’état d’esprit de 2001. Et pourtant tout ne revient pas en arrière, tout n’est pas si clair et limpide, de sorte que la frontière entre le vrai et le faux tend à être occultée et incorporée dans le débat politique.

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Mais revenons aux faits. D’une part, nous voyons que les pillages se répandent comme une traînée de poudre à travers toute l’Argentine, s’approchent de la capitale, enflamment sa périphérie et se transforment rapidement en affrontements violents avec les forces de l’ordre : on compte de nombreux blessés, deux morts et des centaines de personnes sous les verrous. D’autre part nous constatons que certaines organisations politiques liées à l’opposition et aux syndicats de la droite péroniste, ont non seulement pris la tête et détourné les protestations mais en ont souvent été les organisateurs.

Le chef de l’État a aussitôt déclaré que le gouvernement national de Cristina Fernandez condamne vigoureusement les attaques de supermarchés qui ont eu lieu dans les provinces de Buenos Aires, Santa Fé et Neuquèn, il a en outre précisément  accusé le syndicat des camionneurs lié à la CGT de Moyano. À son tour le syndicat de Moyano a déclaré que « les événements en question sont le résultat de la gestion politique gouvernementale » et qu’il ne tolère aucune accusation de qui que ce soit. Des secteurs de la droite argentine et certains médias accusent par contre les anarchistes et la gauche indépendante ou même, avec des accents racistes, la population d’origine indigène prise de « furie indigéniste ».

Entre-temps, la situation s’est aggravée à Rosario avec 2 morts et 50 blessés, et à San Fernando où, durant les affrontements entre plus de 300 manifestants et les forces anti-émeutes,  les cocktails molotov et les pierres répondaient aux projectiles et aux gaz des policiers, affrontements provoquant la fermeture de l’autoroute panaméricaine et l’arrestation de 20 personnes. Ce qui apparaît avec le plus de clarté dans ces événements, c’est cette ombre persistante de 2001 qui plane sur l’Argentine, ombre dont les contours sont marqués du spectre de l’impuissance gouvernementale et de la profonde instabilité faite de précarité et de rapports clientélistes.

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Une idée exacte de ce qui se passe est très difficile à acquérir, car il s’agit d’une situation dans laquelle la propagande, le crime organisé, l’appareil répressif et les pouvoirs politiques, qu’il s’agisse des partis politiques ou des syndicats, naviguant de concert, partagent la même soif de pouvoir et de contrôle.

L’impression que nous tirons, pour l’instant, c’est que, si à Bariloche la protestation est le fruit du désespoir économique, dans de nombreux autres cas, les manifestations ont surgi à la suite d’initiatives venant d’en haut pour souligner les rapports de force qui sous-tendent la gestion directe du pouvoir.

Bien sûr, dans le contexte social de l’Argentine ainsi que celui des périphéries de ses grandes villes, il n’est pas difficile de catalyser les besoins et les attentes des populations les plus pauvres pour transformer la rage et la frustration en révolte qui risquent de déstabiliser les rapports  de force en question.

Cela fait partie d’un jeu de massacre pervers, orchestré avec un art consommé, dont la victime prend le regard de l’enfant cherchant sa pitance dans un monceau de détritus. Comme une allégorie de sa propre vie. Il faut comprendre à qui profite cette situation dont, jusqu’à présent, l’unique certitude que l’on retire, c’est que c’est la partie la plus humble de ce pays qui est instrumentalisée, faite de personnes obligées de vivre dans des banlieues-dortoirs sordides, sans aucuns droits et sans possibilité d’imaginer un futur un tant soit peu différent du présent. Mais quand on joue avec la rage, la nécessité et la frustration, on joue avec le feu, et il n’est pas dit que seront toujours les mêmes qui en sortiront vainqueurs.

Traduit de l’italien (dionisiaco&apollineo, 22 décembre 2012) par un camarade


Argentine : deuxième jour de pillages et d’émeutes, de Bariloche à Rosario et Buenos Aires

Selon la presse argentine d’aujourd’hui (22/12), les pillages qui ont commencé jeudi à Bariloche (en Patagonie) se sont étendus jeudi dans la nuit puis vendredi à Viedma et Cipoletti (provinces de Río Negro, comme Bariloche), mais aussi à Rosario (3e ville du pays, province de Santa Fe) et dans une moindre mesure aux provinces de Entre Ríos et du Chaco. Mais vendredi toute la journée, les pillages ont surtout touché la province de Buenos Aires (à Campana — camions bloqués sur l’autoroute Panamericana puis pillés + nombreux commerces et l’hypermarché —, à San Fernando à 30 km du centre-ville — hypermarché Carrefour pillé en deux vagues — à Malvinas Argentinas, à Mercado Central et à Pablo Nogués). Dans le cas des hypermarchés de San Fernando et Campana, ce sont des foules de 600 à 800 personnes (selon les keufs) qui ont attaqué puis mis à sac la structure.

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San Fernando

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/155.jpg Supermarché à Rosario

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Station service Esso, San Fernando

Des affrontements avec la police se sont aussi produits dans la proche banlieue de Buenos Aires-ville (comme à Malvinas Argentinas, Virreyes, Beccar y José C Paz), tandis que plusieurs quartiers à l’intérieur de la capitale fédérale (San Martín, Escobar, Pilar, Luján, Caseros, Palomar, Tres de Febrero, Lanús, Avellaneda et Lomas de Zamora) sont tous sous occupation policière pour empêcher les pillages de se diffuser encore plus, provoquant ici ou là de nouveaux affrontements.

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http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/185.jpg Campana, pillage de camions sur la Route n° 9

Hier, dans la seule province de Buenos Aires, ce sont pas moins de 378 personnes qui ont été arrêtées, et 523 en moins de 48 heures à l’échelle de tout le pays (selon le ministère). Il y a des centaines de blessés (et plein de flics aussi), tandis que Bariloche est désormais en état de siège avec 400 flics en plus. Tous les flics en permission et tous les procureurs en congé pré-Noël ont été rappelés par l’État pour être en service.

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Campana, la police arrive après le pillage de l’hypermarché Yaguar

Selon des chiffres officiels, au 4e trimestre 2011 ceux sous le seuil de pauvreté étaient 21,9% de la population, et les « indigents » 7,8% … tandis que l’inflation était à 24%.

Brèves du désordre, 22 décembre 2012

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[Révolution égyptienne] Victoire des jeunes révoltés alexandrins sur les milices de Abou Ismail

Nouvelles d’Égypte

Chers camarades,

À Alexandrie, vendredi [21 décembre], les cortèges de salafistes en soutien à Hazem Abou Ismail se sont faites disperser par les jeunes révoltés, leurs bus ont été brûlés. Cette ville jusqu’ici fief des islamistes, est de plus en plus le théâtre d’affrontements violents. La jeunesse alexandrine se tient à nouveau debout.

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Le vice président Ammad Mekki vient de démissionner ; dans la lettre qu’il a adressée au président de la république il rappelle qu’il avait précédemment présenté sa démission le 7 novembre (pour protester contre sa marginalisation) mais l’avait retirée pour des raisons d’État. Cette démission ne témoigne nullement d’une prise de conscience des dérives de la politique du gouvernement et du chaos dans lequel les Ikhwans ont plongé le pays, il s’agit plutôt d’une nouvelle manœuvre qui ouvre la voie à la nomination de l’homme fort des Ikhwans, El Chater à ce poste pour succéder à Morsi à la tête de l’État au cas où il serait incapable d’exercer le pouvoir pour des raisons de santé. En effet, le président Morsi qui a été opéré à deux reprises d’une tumeur bénigne au cerveau, souffrirait de l’existence d’une nouvelle tumeur et devrait être opéré incessamment sous peu en Allemagne. Ce qui renforce ces rumeurs, ce sont le silence du président et ses très rares apparitions contrairement à ses habitudes.

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Ci-joint un youtube de la victoire des jeunes révoltés alexandrins sur les milices de Abou Ismail au cours des affrontements qui ont eu lieu le vendredi 21 décembre. [VOIR LA VIDÉO]

NO PASARAN

Galila El Kadi le 22 décembre 2012 (mailing)

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[Restructuration sans fin / Fiat, Italie] « Nous ne sommes qu’au début des réformes structurelles, il faut les améliorer de jour en jour »

« Nous ne sommes qu’au début des réformes structurelles, il faut les améliorer de jour en jour » a averti le Premier ministre. « Faire des réformes, accepter les réformes. Pour saisir de nouvelles opportunités pour les travailleurs – a déclaré le président du Conseil – sans, cependant, rester attachés à une chaîne qui les cloue dans le passé. S’accrocher à un passé qui ne reviendra pas, s’accrocher à des formes de protection des intérêts des travailleurs, au fil du temps, peut avoir l’effet inverse. »


Monti accende il motore a Melfi « Ora punto… e a capo »

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SAN NICOLA DI MELFI – Alle 13.30 in punto il presidente del Consiglio Mario Monti, attorniato dall’ad di Fiat, Sergio Marchionne, e dal presidente del Lingotto John Elkann, in mezzo a una folla di operai in tuta bianca, ha pigiato il bottone per dar via simbolicamente ai lavori per il nuovo investimento alla Sata di Melfi. Un investimento complessivo di un miliardo di euro per adeguare tecnologicamente impianti e piattaforme modulari grazie ai quali, entro il 2014, saranno prodotti due nuovi modelli di autovetture: un mini suv del marchio Jeep e la Fiat 500 X, evoluzione della famiglia delle « 500 ». È stato un giorno speciale quello di ieri a San Nicola di Melfi. Il presidente del Consiglio Monti si cuce la bocca dinanzi alle insistenze dei giornalisti circa lo scioglimento, o meno, della riserva a scendere direttamente nell’agone politica. Ma la sua presenza alla Fiat Sata, le parole da egli stesso pronunciate e i riconoscimenti e gli incoraggiamenti a portare avanti la sua « agenda », parlano più di qualunque annuncio ufficiale (che presumibilmente sarà formalizzato nei prossimi giorni). La Fiat candida Monti a un ruolo di prima fila nella politica italiana. E Monti esplicita la sua predilezione (ha parlato di « sintonizzate visioni ») per le scelte di Sergio Marchionne.

« Qui dove nel 1993 è nata la prima Punta – ha detto tra l’altro il presidente del Consiglio – oggi vediamo nascere quello che definirei “Punto e a capo”, cioè una svolta, una ripartenza nei rapporti tra la Fiat e l’Italia ». Ma, ammonisce il premier, « siamo solo all’inizio delle riforme strutturali, bisognerà migliorare giorno dopo giorno ». E, aggiunge, « non si può riformare un Paese senza accelerare un’evoluzione della mentalità » se si vuole riacquistare « una speranza di crescita e di fiducia in se stessi ». « Quello che sta accadendo qui – ha proseguito Monti – non è magico, ma è emblematico della svolta possibile in Italia. È quello che vorrei per il Paese ». E ha ricordato che « 13 mesi fa l’Italia aveva la febbre alta » e, per aiutarla a guarire, c’è voluta « una medicina amara ma necessaria per estirpare la malattia ». Occorrevano « riforme strutturali ».

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L’austérité aussi a un nom et une adresse.

E gli italiani, ha riconosciuto il premier, hanno accettato i sacrifici. Hanno capito la gravità del momento. « Ma questi sacrifici – ha spiegato – potrebbero essere prontamente spazzati via facendo ripiombare il Paese in uno stato nirvanico. Sarebbe irresponsabile dissipare i tanti sacrifici che gli italiani si sono assunti, non oso pensare che ciò avvenga ». Alle parole di elogio che Marchionne ed Elkann hanno rivolto al capo del Governo e alla sua politica, Monti ha fatto seguire i suoi riconoscimenti al lavoro dell’industria automobilistica : « quello che è accaduto a Melfi è emblematico della svolta possibile in Italia, percorso che immagino e vorrei per il nostro Paese ». E ha aggiunto : « Ho ben impresso nella mia mente le parole di Marchionne che ha definito questo come il primo investimento di una lunga serie ». Pertanto, « mi auguro che partano presto gli investimenti anche per gli altri stabilimenti del Gruppo Fiat in Italia ». D’altronde, « dopo il tempo della semina arriva anche il tempo del raccolto. L’Italia sta ricostruendo in sé gli anticorpi giusti e quindi diventa più sana e diventerà più forte. È essenziale il linguaggio della verità che a volte può apparire aspro, ma è necessario per aprire gli occhi ».

La sintonia fra Monti e la dirigenza della Fiat è emersa anche in uno dei passaggi più diretti nei quali è stata esplicitata la comune visione dello sviluppo dei processi sul piano imprenditoriale come su quello politico. Monti ha auspicato la collaborazione di tutta la comunità delle forze produttive presenti in Italia. Il filo che deve legare tutti i soggetti (rappresentanti dell’impresa, del lavoro, della società) dev’essere « quello di voler fare le riforme ». « Fare le riforme, accettare le riforme. Per cogliere nuove opportunità anche per i lavoratori – ha sottolineato il presidente del Consiglio – senza però rimanere legati a una catena che inchioda al passato. Arroccati a un passato che non tornerà, aggrappati a forme di tutela degli interessi dei lavoratori che, nel tempo, hanno effetti opposti ». Messaggio per un Paese che « è forte di cuore » lanciato forse pensando ai lavoratori della Fiom che continuano a pensarla, specie sul fronte dei diritti in fabbrica, diversamente dalla Fiat e da quanto ha detto lo stesso Monti. Lavoratori che ieri sono stati tenuti fuori dai cancelli. Esclusi dalla grande giornata della Sata di San Nicola di Melfi.

Presse esclavagiste (Mimmo Sammartino, lagazzettadelmezzogiorno, 21 décembre 2012)

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