[Sevran] Ne dites pas : « Monsieur le sociologue », dites : « Crève salope ! »

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À SEVRAN, DES JEUNES BATAILLENT POUR AMÉLIORER LA VIE D’UN QUARTIER DÉGRADÉ

Dans un quartier aux tours abîmées, où les pannes de chauffage et d’ascenseurs à répétition exaspèrent les habitants, un groupe de jeunes trentenaires a créé une Amicale de locataires, mobilisé les voisins et remporté plusieurs victoires contre le bailleur social.

« Ils ont fait du community organizing sans le savoir » analyse le sociologue Jacques Donzelot, auteur d’un rapport publié par le think tank de gauche Terra nova et intitulé « Banlieues et quartiers populaires : remettre les gens en mouvement ».

Il y défend ce concept né aux États-unis et qui repose sur l’implication des habitants dans la vie de leur quartier, à travers des communautés locales. Cela n’existe « qu’exceptionnellement en France », malgré les vœux des acteurs de la politique de la ville, explique-t-il.

À deux pas de la station RER, le quartier des Beaudottes regroupe 1.200 logements sociaux, dans 29 immeubles. En 2009, un incendie se déclenche dans l’une des tours, tuant 5 personnes, un drame qui traumatise le quartier. La même année, les gardiens d’immeuble quittent les lieux, arguant que leur sécurité n’est plus assurée.

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« On était à l’abandon », se rappelle Jaouad Dahmani, président de l’Amicale des locataires.

« L’élément déclencheur, ça a été le rappel des charges, jusqu’à 800 euros pour certains locataires. On trouvait que les charges étaient énormes par rapport aux services rendus, à un moment où il y avait 20 ascenseurs sur 29 en panne », raconte-t-il, « la marmite commençait à bouillonner ».

Avec plusieurs amis, il crée l’Amicale. Tous âgés d’une trentaine d’années ou moins, ils ont grandi ou vivent dans le quartier et entendent faire valoir leurs droits.

« La plupart des habitants de Sevran sont étrangers, et pour une part illettrés et ne savent pas comment fonctionne l’administration. On se voit comme les représentants de ces habitants qui ont vu leurs conditions de locataires se dégrader », explique l’un d’eux, Tawfik Kilani, un juriste de 31 ans qui vit chez ses parents.

Quatre-vingt huit familles adhèrent à l’Amicale.

Après plusieurs rencontres, ils obtiennent du bailleur, Immobilière 3F, une remise commerciale et des remboursements de charges; au total plus de 300.000 euros en 2012. Le bailleur réalise plusieurs centaines de milliers d’euros d’investissement, notamment dans le chauffage.

Il y a eu « quelques pannes de chauffage pendant quelques semaines, quelques pannes pour les ascenseurs », reconnaît Didier Jeanneau, directeur général adjoint Immobilière 3F en charge de la gestion du patrimoine en Ile-de-France mais « c’est souvent lié au vandalisme », assure-t-il.

« C’est un quartier très difficile, très fortement gangréné par les trafics. Nous essayons de maintenir le service face à ces situations extrêmes », souligne M. Jeanneau.

Les gardiens sont revenus dans le quartier en 2010, regroupés en équipe dans un « relais habitant ».

La mairie, dirigée par Stéphane Gatignon (EELV) voit dans l’Amicale « un partenaire exigeant » dans un quartier « paupérisé » mais en plein remodelage, décrit Stéphane Blanchet, le premier adjoint au maire chargé de la rénovation urbaine.

« Sans la participation des habitants, on ne peut pas savoir ce qui se passe » salue Mohammed Chirani, délégué du préfet au quartier des Beaudottes.

Aujourd’hui, épaulés par la Confédération nationale du logement, les membres de l’Amicale réclament plus d’un million d’euros de charges trop perçues pour 2009-2010 et incitent d’autres habitants à les rejoindre.

« Il ne faut pas rester à subir », assène Jaouad Dahmani lors d’une assemblée générale.

« Il y a eu tellement de personnes qui ont essayé et qui ont eu des retours négatifs qu’ils ont baissé les bras », commente une habitante, Angela Mondelli, 48 ans, « Eux nous ont redonné de l’espoir ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Liberation.fr, 18 décembre 2012)


LE QUARTIER DES BEAUDOTTES « SOUS LA COUPE DE DÉLINQUANTS » : UNE NOTE DES RENSEIGNEMENTS GÉNÉRAUX SÈME L’ÉMOI À SEVRAN

BANLIEUE – Elle décrit le quartier des Beaudottes à Sevran « sous la coupe réglée de délinquants »…

Une note des Renseignements généraux (RG) de Seine-Saint-Denis décrivant le quartier des Beaudottes à Sevran « sous la coupe réglée de délinquants » a semé l’émoi dans la police et chez le préfet qui entend « prendre le problème à bras le corps », a-t-on appris de sources policières vendredi. Les RG évoquent une « situation explosive » et ajoutent que la cité est un « carrefour du trafic de drogue ».

Minorité

Dans cette note de quatre pages datant du 1er avril, que l’AFP n’a pu consulter, les RG, selon ces sources, décrivent le quartier des Beaudottes à Sevran comme étant « sous la coupe réglée » d »une « minorité de délinquants ».

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0433.jpgCeux-ci agissent souvent « masqués », « contrôlent et régissent tout » dans la cité HLM de ce quartier géré par la société 3F : véhicules y entrant, allées et venues, voire la police quand elle s’y rend.

Police

En dix-huit mois, il y a eu quatorze agressions de gardiens ou gérant des 3F. L’une de ces agressions est décrite par le menu : des individus « cagoulés » ont tout fait, — menaces, agressions, chantage —, pour obtenir un local pour une association qui leur était proche.

Cette note a alarmé plusieurs services de police, un responsable évoquant à cet égard une « zone de non-droit, de caractère mafieux, si ce qui y est dit est avéré ».

Mafieux

Le préfet de Seine-Saint-Denis a décidé de tenir la semaine prochaine une réunion sur ce sujet et ce quartier est une « priorité d’un plan anti-drogue décidé » dans le département. « Il entend prendre le problème à bras le corps », ont indiqué ces sources.

Selon des sources proches des auteurs de la note, celle-ci a été rédigée après que la société 3F eut décidé, suite aux agressions, de retirer ses gardiens de la cité HLM en question.

« Cette affaire a été relatée dans la presse locale et les RG ont déjà attiré l’attention sur ce problème qui n’est pas nouveau », ont ajouté ces mêmes sources.

Gardiens

Contacté par l’AFP, la préfecture a expliqué « avoir été alertée cette semaine par le bailleur social 3F », qui lui a annoncé qu’il « retirait ses gardiens du quartier des Beaudottes compte tenu des agressions de certains d’entre eux ».

Selon la préfecture, le préfet de Seine-Saint-Denis « souhaite agir rapidement » et devrait « organiser une réunion avec le bailleur social la semaine prochaine », a-t-elle ajouté.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (20minutes.fr, 4 avril 2008)

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1 Response to [Sevran] Ne dites pas : « Monsieur le sociologue », dites : « Crève salope ! »

  1. Salope says:

    Quel rapport avec les sociologues?

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