[Rennes] Le CRA se vide, la prison se remplit

Pour la deuxième fois en une semaine, un quatrième retenu était présenté en comparution immédiate pour dégradations au CRA de Rennes : il a cassé avec la tête la vitre de l’escorte qui le ramenait de la cour d’appel au CRA alors qu’il venait d’apprendre qu’il était prolongé de 20 jours. Placé à l’isolement il a détérioré la vidéosurveillance ainsi que les détecteurs d’incendie en tentant de se pendre avec une ceinture.

Très fragile psychologiquement, ce père de famille malien avait déjà fait l’objet de deux évacuations sanitaires depuis son arrivée au CRA, mais il avait refusé d’être hospitalisé.

Il a été condamné à 1 mois de prison ferme avec mandat de dépôt. Il retrouve à la prison de Vezin les trois retenus déjà condamnés la semaine dernière…

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Ouest-France, 19 octobre 2011

 

Mailing RESF, 19 octobre 2011.

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Vincennes, audience du procès en appel ce jeudi

Le procès en appel des cinq personnes accusées d’avoir participé à la révolte collective qui, en juin 2008,  suite à la mort d’un retenu, a abouti à l’incendie et à la destruction du centre de rétention de Vincennes continue.

La prochaine audience aura lieu demain, le jeudi 20 octobre à partir de 13h30 à la cour d’appel, pôle 2 chambre 9. Cette semaine, il n’y aura pas d’audience vendredi.

Jeudi, ce seront N. et M., deux jeunes hommes qui étaient prisonniers au bâtiment 1 qui seront jugés. L’un sera présent et assisté par son avocate, l’autre, n’ayant pu être averti de la tenue du procès et son avocate s’étant désistée tardivement,  sera jugé en son absence et ne sera pas défendu. Chacun d’eux a déjà fait plusieurs mois de prison dite préventive pour la destruction du centre.

Les images vidéos présentées lors des précédentes audiences sont très claires sur le fait que cette révolte était collective, que ce soit dans le centre 1 ou le centre 2. Malheureusement, quand il s’agit de trouver des coupables pour dédouaner l’État et l’administration de ses responsabilités, « la justice » essaie souvent d’isoler, d’individualiser, de décontextualiser un évènement.

Parce que cette histoire c’est aussi une histoire collective de luttes qui ont duré 6 mois avec des liens forts entre dedans et dehors, avec des manifestations qui ont rassemblé des centaines et même parfois des milliers d’entre nous.

Parce que ce n’est pas ces cinq hommes qu’il faut condamner mais l’existence même des centres de rétention et le système qui permet qu’ils perdurent, soyons présent/es lors de l’audience du jeudi 20 octobre et celles des jeudi 27 et 28 octobre.

Liberté pour tous avec ou sans papiers !

Si vous voulez lire les comptes-rendus des audiences précédentes, vous les trouverez sur ces liens : 14 octobre13 octobre7 octobre6 octobre.

Infozone, 19 octobre 2011.

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L’utilisation d’un logiciel espion par la police fait polémique en Allemagne

Le groupe de hackers prénommé Chaos Computer Club (CCC) et basé en Allemagne, a découvert la semaine dernière que la police allemande faisait utilisation d’un logiciel espion de manière illégale pour traquer les criminels. Une révélation qui ne laisse pas la population allemande indifférente.

Le CCC a affirmé avoir analysé les machines de personnes ayant été sujettes à des enquêtes judiciaires, et aurait alors découvert la présence d’un cheval de Troie qui permettrait à la police de détecter les saisies du clavier, prendre des captures d’écran et activer la webcam et le microphone des PC infectés.

Le logiciel, Quellen-TKU, surnommé “Cheval de Troie de l’État”, puis “R2D2” après la découverte de deux lignes de code faisant référence à la célèbre saga de George Lucas (la chaîne de caractères servant d’initialisation au transfert de données est la suivante : “C3PO-r2d2-POE.”), dépasserait de loin le champ d’action laissé à la police en terme de surveillance informatique, auparavant fixé par le tribunal constitutionnel fédéral d’Allemagne. À la base destiné à la simple surveillance de conversations Skype, le logiciel semblerait plutôt offrir un contrôle total des machines infectées.

Suite à ces accusations, la police de cinq régions allemandes a avoué pratiquer depuis maintenant deux ans des techniques d’espionnage informatique à l’aide de ce logiciel. La cour constitutionnelle allemande avait fixé comme règle la consultation obligatoire d’un juge avant utilisation d’un tel logiciel. Celle-ci n’aurait alors été respectée que pour quelques cas. Ce dernier ne serait utilisé que pour les investigations sur des affaires criminelles très sérieuses, mais toujours est-il qu’il est ici question de l’introduction du gouvernement dans la vie privée des individus.

Ces révélations n’ont pas laissé la population sans voix, relançant le perpétuel débat sur les limites que doit respecter un gouvernement en ce qui concerne son intrusion dans la vie digitale de ses concitoyens. La ministre de la Justice allemande, Sabine Leurheusser-Schnarrenberger a immédiatement demandé l’ouverture d’une investigation sur l’affaire, affirmant que les Allemands  “doivent être protégés contre les méthodes d’espionnage entreprises par la police”. Le parlement a par la même occasion été sollicité pour élaborer une loi permettant de définir où se trouve la frontière entre le légal et l’illégal dans de telles pratiques.

Les Allemands se sont toujours sentis très concernés par la question de leur vie privée et de la collecte de données, cela provenant certainement de leur expérience du régime didactorial nazi, où les détails personnels pouvaient alors être une question de vie ou de mort. Depuis, le pays a en effet établi les lois les plus strictes du monde à l’égard de la protection des données personnelles. Les attaques récentes contre Facebook sur sa reconnaissance faciale et même son bouton “Like” en sont d’ailleurs la preuve.

En 2007, le ministère de l’Intérieur avait déjà annoncé qu’il avait demandé le développement d’un logiciel permettant de scanner les disques durs de personnes suspectes pouvant préparer des actes terroristes. Des documents dévoilés par WikiLeaks laissent alors entendre que le gouvernement allemand a acheté des services de surveillance développés par la société DigiTask pour 2,9 millions de dollars en 2009.

Des analystes de sociétés de sécurité Internet contactés pour vérifier les dires du Chaos Computer Club, ainsi que les hackers du groupe, s’avouent déconcertés par la pauvreté du code de l’application, allant jusqu’à considérer le tout comme du travail amateur. Le CCC a ajouté que le programme exposait par la suite les ordinateurs infectés à d’autres attaques malveillantes, un peu comme si la police laissait la porte ouverte après une perquisition…

L’indignation et la colère soulevées par la population allemande sont le reflet des conséquences de la présence du grand nombre de données personnelles exposées sur Internet, constituant désormais une grande partie de notre vie, via les réseaux sociaux, ou encore le stockage de photos et de vidéos… De tels logiciels s’éloignent grandement du concept de la bonne vieille surveillance téléphonique. Elles atteignent au plus près la vie privée des individus, et la mise en place de réglementations sur leur usage devrait être prise très au sérieux.

Nicolas Lecointre – Presse-citron, 18 octobre 2011.

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Grève générale en Grèce

 

Au premier jour d’une grève générale de 48 heures, la dépêche AP du 19 octobre indique au moins 100.000 personnes manifestants à Athènes et 15.000 à Thessalonique. L’AFP annonce que « plus de 125.000 personnes selon la police ont défilé dans les rues des grandes villes grecques pour protester contre un nouveau train d’austérité imposé par le gouvernement. »

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Athènes : Le parlement encerclé par les travailleurs

Selon AP : « Tous les secteurs, des dentistes aux avocats en passant par les enseignants, ont décidé d’arrêter le travail (…) Les avions étaient restés cloués au sol dans la matinée mais certains ont redécollé dans l’après-midi, les contrôleurs aériens ayant ramené à 12 heures au lieu de 48 la durée de leur mouvement. Des dizaines de vols intérieurs et internationaux étaient cependant encore annulés. Les ferries sont restés à quai tandis que les transports publics étaient perturbés même si bus, métro et tramway ont fonctionné à Athènes pour faciliter les déplacements des manifestants. » Selon l’AFP, « transports, écoles, musées et secteur public étaient paralysés, mais aussi commerces, taxis et entreprises privées dans le cadre de la cinquième grève générale en Grèce depuis le début de l’année. »

À Athènes, selon l’AFP, le Parlement a été encerclé par les protestataires. Des affrontements ont éclaté quand des groupes de jeunes ont lancé cocktails Molotov et pierres sur un barrage de policiers, qui ont répliqué par des tirs de lacrymogènes. Des incidents ont aussi opposé propriétaires de taxis dénonçant la libéralisation du secteur et forces de l’ordre. AP annonce aussi des affrontements à Thessalonique entre manifestants et forces de répression.

Solidarité ouvrière, 19 octobre 2011.

 

Grève et manifestations contre l’austérité en Grèce

Une grève générale de 48 heures a débuté mercredi en Grèce et de violents affrontements se sont produits à Athènes entre forces de l’ordre et manifestants cagoulés devant le siège du parlement. Malgré ce vaste mouvement de contestation, les députés ont adopté dans la soirée en première lecture un nouveau plan d’austérité.

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Une grève générale de 48 heures, la plus importante depuis des années, a débuté mercredi en Grèce et de violents affrontements se sont produits à Athènes entre forces de l’ordre et manifestants cagoulés devant le siège du parlement.

Malgré ce vaste mouvement de contestation, les députés, dont les 154 élus socialistes, ont adopté dans la soirée en première lecture un nouveau plan d’austérité. Ils devront encore se prononcer jeudi article par article.

Ce nouveau train de mesures comprend notamment une réduction des salaires et des retraites dans la fonction publique, une hausse des impôts, une suspension des accords salariaux de branche et l’instauration du droit de licenciement dans l’administration.

La grève de 48 heures entamée mercredi concerne les administrations, les entreprises, les services publics mais également les commerces de détail.

Plus de 100.000 personnes sont descendues dans les rues d’Athènes.

« C’est l’une des plus grandes manifestations de ces dernières années. Les gens montrent qu’ils sont déterminés à manifester contre les politiques suivies », a témoigné une manifestante, Mary Bossis, professeur à l’Université du Pirée.

« Nous n’en avons pas fini avec les manifestations. Nous sommes arrivés à un point où les gens ont le sentiment que le gouvernement ne les représente plus, où ils veulent un changement radical », a-t-elle ajouté.

Impopulaire, le Premier ministre socialiste George Papandreou a réclamé le soutien de ses concitoyens sur sa politique d’austérité qu’il juge indispensable pour sortir la Grèce de son endettement.

Après deux ans de ce régime drastique, la colère était évidente mercredi chez les manifestants furieux non seulement contre leur propre gouvernement mais aussi contre les créanciers internationaux exigeant une telle politique d’austérité.

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COCKTAILS MOLOTOV

« Qui essaient-ils de tromper ? Ils ne nous sauvent pas. Avec ces mesures, les pauvres deviennent plus pauvres et les riches plus riches. Et bien je dis : “Non merci. Je ne veux pas de votre aide” », a déclaré un fonctionnaire de 50 ans, Akis Papadopoulos, dans un défilé.

S’exprimant avant le vote, Nikos Kioutsoukis, l’un des responsables du syndicat du secteur privé GSEE, a jugé que les députés auraient dû rejeter les nouvelles mesures d’austérité « s’il leur reste encore un peu d’humanité, de décence, de fierté et d’esprit national ».

Malgré le déploiement de plus de 7.000 policiers dans la capitale, des manifestants casqués et cagoulés, vêtus de noir, ont lancé des pierres et des cocktails Molotov sur les forces de l’ordre qui ont riposté en tirant des grenades lacrymogènes place Syntagma, devant le parlement.

De violents affrontements s’étaient produits fin juin au même endroit lors d’une précédente manifestation.

Pour la première fois, les manifestants sont arrivés jusqu’aux marches de l’édifice, forçant les policiers à reculer. L’odeur des gaz lacrymogènes était perceptible à l’intérieur du parlement.

Au milieu des détonations provoquées par les grenades lacrymogènes, des colonnes de fumée noire provoquées par les cocktails Molotov se sont élevées sur la place. Après plusieurs heures de confrontation, la police a fini par vider la place mais des heurts se sont poursuivis dans des rues adjacentes.

Au moins sept personnes ont été hospitalisées et d’autres ont souffert de problèmes respiratoires, de brûlures légères ou de coups à la tête. Des affrontements ont aussi été signalés sur des avenues loin du principal rassemblement.

Au moins trois agences bancaires et trois hôtels ont été endommagés tandis que l’Acropole disparaissait derrière un nuage de fumée provenant d’amas de détritus en feu. Un bâtiment occupé par une banque a été évacué après avoir été incendié par des cocktails Molotov.

« LA LIMITE DU SUPPORTABLE »

La police a aussi fait état de violences en Crète, où plus de 20.000 personnes ont manifesté contre l’austérité, et dans les villes de Thessalonique, Volos, Lamia et Patras.

Quelque 400 dockers se sont rassemblés à l’entrée du port du Pirée tandis qu’un millier de gardiens de prison se sont réunis devant le ministère de la Justice.

Les contrôleurs aériens ont décidé d’assouplir leur mouvement et d’observer un débrayage de douze heures seulement (de minuit à midi) pour ne pas pénaliser les voyageurs. Un porte-parole de l’aéroport d’Athènes a indiqué que 150 vols nationaux et internationaux avaient été annulés tandis que 16 vols ont été reportés.

Cette grève survient avant un sommet de l’Union européenne dimanche consacré à la crise de la dette souveraine dans la zone euro et à la question du déblocage d’une nouvelle tranche d’aide pour permettre à la Grèce de faire face à ses échéances financières au-delà du mois de novembre.

George Papandreou dispose d’une courte majorité de quatre sièges au Parlement mais il a réussi à maintenir la discipline au sein du groupe parlementaire du Pasok, dont les 154 députés ont voté en faveur de son projet.

Le malaise est pourtant perceptible chez les députés socialistes, dont un a démissionné lundi en signe de protestation contre l’austérité.

« Il est évident que la société a atteint la limite du supportable », a déclaré une députée Pasok, Elpida Tsouri.

Le ministre de la Réforme administrative, Dimitris Reppas, a pour sa part évoqué le sentiment d’isolement qui règne au sein du parti au pouvoir, se comparant à un homme « jeté aux lions ». « Au gouvernement, on se sent comme des gens dans le Colisée, face au monstre de la dette, sous l’œil de la foule dans les tribunes », a-t-il dit.

La Grèce qui connaît une troisième année de récession accuse une dette publique qui s’élève à 162 % de son produit intérieur brut (PIB).

Leur presse (Reuters), 19 octobre 2011.

 

Manifestations record en Grèce, heurts près du Parlement

200 jeunes ont bombardé de cocktails molotov une barrière installée par la police pour fermer l’accès au parlement.

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Des affrontements ont éclaté mercredi 19 octobre entre groupes de jeunes et police près du parlement grec, dans le centre d’Athènes, noyé sous les gaz lacrymogènes de la police et les fumées de nombreux incendies de poubelle, en marge d’une manifestation géante contre l’austérité.

Les grands hôtels de la place Syntagma ont fermé leurs volets face à l’offensive de groupes de manifestants vêtus de noir et masqués, lançant bouts de marbre et autres projectiles sur la police massée devant le parlement, où doit être voté jeudi un nouveau projet de loi d’austérité à la demande des créanciers internationaux du pays.

Une guérite abritant en temps ordinaire un evzone, les gardes nationaux vêtus de la traditionnelle fustanelle dont le pas cadencé fait la joie des touristes, a été incendiée, sous les yeux de centaines de journalistes du monde entier venus assister à l’épreuve de force entre le peuple grec et ses gouvernants au bout de plus de deux ans de crise.

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125.000 manifestants dans le pays

Un peu plus tôt à la mi-journée, quelque 200 jeunes avaient commencé à bombarder de cocktails molotov et de pierres une barrière installée par la police pour fermer l’accès au parlement, s’attirant en riposte des tirs de gaz lacrymogènes et de bombes assourdissantes.

Les affrontements se poursuivaient en début d’après-midi aux marges d’un rassemblement qui restait fourni autour de Syntagma, à l’issue de manifestations ayant réuni quelque 70.000 personnes, selon la police, environ 200.000 selon les syndicats. Pour tout le pays, la police recensait quelque 125.000 manifestants.

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Poubelles en feu

Alors que près de 5.000 policiers ont été placés en état d’alerte, des groupes ont aussi cassé à coups de barres de fer une guérite placée devant un des bâtiments du ministère des Affaires Étrangères, avant d’être repoussés par une charge des forces anti-émeute.

Un peu plus loin, quelque 300 propriétaires de taxis sur les milliers manifestant contre la libéralisation de leur profession ont bombardé un cordon policier de pierres et de poubelles, déclenchant des tirs de lacrymogènes.

Des poubelles, débordant sur la chaussée après plus de deux semaines de grève des éboueurs, brûlaient aussi sur des grandes artères du centre.

La police a concentré ses forces sur la sécurisation du parlement, mais sa présence restait discrète aux abords du corps des manifestations, partagées entre un rassemblement communiste et un cortège des syndicats et de l’extrême gauche.

Leur presse (Le Nouvel Observateur –  AFP), 19 octobre 2011.

 

« La mère de toutes les grèves » paralyse la Grèce

Une grève générale de 48 heures a été décrétée par les syndicats. Près de 125.000 personnes défilaient dans les grandes villes contre l’austérité. Le Parlement vote des mesures de rigueur supplémentaires jeudi.

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Un pays paralysé, une capitale en état de siège. Alors que des millions de Grecs sont appelés à faire grève durant 48 heures, 10 escadrons de police ont dressé des palissades anti-émeutes autour de la place du parlement, au centre d’Athènes. Le mouvement doit être « la mère de toutes les grèves », prévenait mardi le quotidien de gauche Ta Nea.

Près de 70.000 manifestants défilaient ce mercredi dans la capitale, pour converger vers l’emblématique place Syntagma, coeur politique du pays. Des heurts avaient lieu devant le Parlement entre groupes de jeunes et policiers. En juin, de violents affrontements avec les forces de l’ordre avaient émaillé le rassemblement. Dans toute la Grèce, 125.000 personnes sont dans les rues, d’après un décompte de la police à la mi-journée. Ces chiffres constituent un record depuis le début de la crise.

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« Nous allons adresser un message fort au gouvernement et au système politique », a promis Costas Tsikritas, patron du syndicat Adedy qui représente le service public. « Nous pensons que la mobilisation va être énorme. » Cette grève générale pourrait effectivement être la plus importante depuis longtemps. Administrations, transports publics, entreprises, et même boulangers sont appelés à cesser le travail et à défiler contre la rigueur mise en place par le gouvernement socialiste.

Il s’agit de faire pression sur les députés qui doivent débattre pendant trois jours, à partir de jeudi, de nouvelles mesures d’austérité. La contrepartie pour obtenir le versement de la prochaine tranche de 8 milliards d’euros, dans le cadre du plan de 110 milliards accordé par l’Union européenne et le FMI au printemps 2010.

Le premier ministre Georges Papandréou s’est montré déterminé : « Tous ces gens qui font du chantage et prennent le pays en otage, en occupant des bâtiments, en laissant les ordures s’entasser dans les rues, en fermant les ports et le Parthénon, doivent nous expliquer en quoi cela va nous aider à retomber sur nos pieds. »

Il a également appelé à l’unité. « Nous devons poursuivre dans cette guerre, en tant que peuple, en tant que gouvernement, en tant que groupe parlementaire, afin de permettre au pays de la gagner, a-t-il plaidé. Nous gagnerons pour le pays, nous continuerons. C’est la raison pour laquelle je suis ici. » Le chef du gouvernement dispose d’une courte majorité de quatre sièges au Parlement.

Or, des inquiétudes subsistent à la veille du vote du plan de rigueur, concernant la discipline du Pasok. Un député du groupe socialiste a démissionné en signe de protestation, lundi. Deux autres ont menacé de voter contre. Un petit parti d’opposition pourrait venir en renfort et voter pour.

Les nouvelles mesures d’austérité, qui représentent 6,6 milliards d’euros, prévoient des réductions de salaires et des pensions de retraite, visent à placer au chômage technique 30.000 fonctionnaires et à mettre en place une grille de salaire unique dans la fonction publique. Le gouvernement veut également abaisser le seuil du revenu annuel imposable à 5.000 euros.

Leur presse (Le Figaro), 19 octobre 2011.

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[Narbonne] Les journaflics travaillent

Ce squat qui angoisse les riverains

Tous se plaignent : riverains, commerçants et nombre de passants. Ce squat installé au n° 4 de la rue Louis-Blanc, en plein cœur de ville, trouble manifestement la tranquillité des Narbonnais. Depuis la fin du mois d’août, une quinzaine de « sans domicile fixe » a pris possession de cet immeuble de trois étages. Les propriétaires, demeurant en région parisienne, restent, pour l’heure, injoignables. Une main courante a été déclarée au commissariat. Les plaignants évoquent « des feux allumés dans la cour, des chiens qui aboient toute la nuit, des bagarres fréquentes entre ces sans-abri alcoolisés et drogués ».

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Ils parlent « de tapage nocturne incessant ». L’un des mécontents insiste : « Le 5 octobre dernier, dans la soirée, j’ai fait appel aux services de la police nationale par trois fois, au téléphone, on m’a promis qu’une patrouille allait se déplacer… Personne n’est jamais venu. » Une commerçante l’affirme : « J’ai été agressée, insultée, c’est insupportable ! »

Les riverains prévoient maintenant de lancer une pétition.

« La police municipale s’est déplacée. Depuis, ces SDF se sont un peu calmés, mais le véritable problème reste. Rendez-vous compte, ils font des feux tous les soirs avec des cagettes, alors qu’ils sont complètement ivres ! Il va y avoir un drame ! » Ce ne sera pas faute d’avoir alerté les pouvoirs publics.

Leur presse (Nicolas Boussu, L’Indépendant), 14 octobre 2011.

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[Chili] Nouvelle marche étudiante et nouvelles violences

 

De jeunes émeutiers se sont affrontés avec la police à Santiago du Chili mercredi pour le deuxième jour de suite, tandis qu’une manifestation étudiante rassemblait entre 25’000 personnes et 200’000 personnes, selon les sources. Les protestataires réclament une réforme de l’éducation.

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Un scénario devenu hebdomadaire s’est répété mercredi matin dans des quartiers distincts de la capitale de 6 millions d’habitants : des foyers épars de violence, une dizaine de barricades de pneus enflammés érigées par des jeunes en cagoule et de brèves batailles rangées, à coups de cocktails molotov et projectiles divers contre gaz lacrymogènes et lances à eau.

Dans les faubourgs de La Pincoya et La Reina, huit policiers ont été blessés, l’un à la jambe par une balle et d’autres par des plombs, a indiqué à l’AFP une source policière, marque d’une escalade. Dix personnes ont été arrêtées. Le vice-ministre de l’Intérieur, Rodrigo Ubilla, a affirmé qu’une vingtaine de policiers avaient été blessés.

À l’échelle du pays, 373 personnes ont été appréhendées, dont 110 mercredi et 263 mardi, à l’issue d’affrontements similaires, souvent isolés, brefs, mais violents, a ajouté M. Ubilla. Le vice-ministre a parlé d’« opérations concertées » de violence, comme lorsqu’un groupe d’émeutiers a détourné un autobus, l’a évacué et incendié mardi matin à Santiago.

Cet acte a amené le ministre de l’Intérieur Rodrigo Hinzpeter à annoncer une plainte aux termes de la « Loi de sécurité de l’État », législation datant de la dictature, qui autorise des peines alourdies pour des délits spécifiques.

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En contraste marqué avec ces violences, la manifestation étudiante a réuni dans la matinée au moins 25’000 personnes, selon la police, 200’000, selon les organisateurs, dans une atmosphère paisible avec des danses, des orchestres, comme ceux qui égayent les marches étudiantes depuis le début du mouvement, en mai.

Leur presse (ats), 20 octobre 2011.

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Actions d’occupations suite aux manifestations indignées à Barcelone et Madrid

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À Barcelone, le vendredi, la veille des mobilisations plusieurs grands hôpitaux et une université sont occupés pour chauffer les moteurs. Dans toutes la Catalogne des hôpitaux sont occupés depuis des mois et au moins l’un d’entre-eux est autogéré par les usager-e-s et travailleur-euse-s en lutte.

Le samedi, après être descendus en colonnes des différents quartiers de la ville, des centaines de milliers de personnes (200’000, 300’000 ou 400’000, en tout cas beaucoup de monde) participent à la manifestation convoquée par le mouvement du 15M. Celle-ci avait pour slogan « De l’indignation à l’action ! » et s’est une fois de plus caractérisée par sa diversité et son enthousiasme. À la fin, le cortège s’est divisé en trois : un bloc blanc pour la santé, un rouge pour l’éducation et un vert pour le logement.

Pour l’action de santé, 5000 personnes se rassemblent devant un des hôpitaux de la ville particulièrement affecté par les coupures budgétaires. Le manifeste dénonçait aussi bien la baisse de qualité des services reçus, la privatisation d’un bien commun et la précarisation du personnel sanitaire. L’occupation initialement prévue se transforme en performances théâtrales du fait du manque de soutien de l’assemblée des travailleur-euse-s.

Le cortège « éducation » se dirige lui vers une des universités du centre-ville pour soutenir l’occupation et en faire un centre pour la convergence des luttes lycéennes, étudiantes et des professionnels de l’éducation également affectés par les plans d’austérité. Jusqu’à aujourd’hui la faculté est encore occupée.

Le bloc « logement » prend le métro — enfin plus exactement plusieurs rames de métro — pour monter vers le quartier populaire de Nou Barris. Là-haut, 2000 personnes se rassemblent à nouveau et partent dans une manifestation animée. Arrivé-e-s devant un bâtiment vide depuis plusieurs années, les manifestants y entrent de force en criant « Si nous pouvons ! » ou « Une expulsion : une occupation ». Organisée conjointement par des associations du quartier, le mouvement des indignée-e-es et un groupe de famillee affectées, l’action a pour objectif de prendre collectivement une maison pour trouver une solution au problème de logement dont souffrent ces familles expulsées les dernières semaines. Avec la crise, les expulsions locatives se sont multipliées. Il y en a ainsi une douzaine par jour pour la seule agglomération de Barcelone. http://pix.toile-libre.org/upload/original/1319086336.jpgDans un réjouissant chaos de rigueur, des centaines de personnes visitent les appartements. La résistance commence à se mettre en place mais la police n’intervient pas. Un groupe a préparé un dîner et un cinéma en plein air diffuse des vidéos de la télé autogérée du quartier. Le dimanche des activités sont mises en place toute la journée sur la place devant le bâtiment et le soir suite à un appel à soutien du 15M des dizaines de personnes viennent dormir sur place.

Pendant ce temps-là, à Madrid un groupe prenait d’assaut un hôtel abandonné pour également en faire un espace de relogement de personnes expulsées. Il semble que l’action a été plus polémique là-bas comme elle n’avait pas été décidée collectivement, une partie du mouvement se désolidarisant même de l’occupation…

Vidéos : http://vimeo.com/30629332
Infos : http://www.setmanaridirecta.info/
http://twitter.com/#!/search?q=%23edifici15o

Liste Sans titre, 18 octobre 2011.

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[Mayotte] Un mort lors des manifs contre la vie chère

Mayotte : mort d’un manifestant, apparemment d’un malaise cardiaque

Un manifestant de 39 ans est mort mercredi à Mamoudzou, préfecture de Mayotte, apparemment d’un malaise cardiaque, a annoncé à l’AFP le préfet de cette île française de l’Océan indien en proie à des troubles sociaux depuis plus de trois semaines.

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Ce manifestant a été relevé par les secours qui ont tenté en vain de le ranimer après une échauffourée entre protestataires et policiers en plein centre de la ville, a précisé le préfet. Il ne présentait, selon les médecins que le préfet a interrogés, aucune trace d’impact de grenade lacrymogène ou de flashball.

Un autre manifestant a été atteint par un tir de flashball et hospitalisé. Ses jours ne sont pas en danger, a affirmé le préfet.

Selon le préfet Thomas Degos, une dizaine de fonctionnaires de la PAF (police aux frontières) en tenue étaient affectés à la sécurisation du secteur, lorsqu’ils ont été la cible de galets, vers 10 heures (locales).

« Pour se dégager, ils ont fait usage de grenades lacrymogènes et de flashball », indique le préfet.

C’est à cette occasion qu’un manifestant a été légèrement blessé par un projectile, qui l’a atteint au thorax.

Dans le même temps selon le préfet, « un autre manifestant s’est écroulé au sol, et les secours intervenus lui ont prodigué un long massage cardiaque avant de le transporter à l’hôpital. Les soins qui lui ont été dispensés ont été vains », a précisé le préfet.

Selon les médecins qui ont accueilli Ali El Anziz (BIEN EL ANZIZ), 39 ans, il ne présentait aucune trace d’impact sur le corps. Les médecins du centre hospitalier de Mamoudzou ont privilégié l’hypothèse d’une crise cardiaque.

Une enquête a été ouverte.

Lorsque la rumeur du décès a circulé dans Mamoudzou, un groupe d’environ deux cents personnes s’est constitué en centre-ville, qui a ensuite pris la direction de Kaweni, un quartier populaire du chef-lieu.

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Une manifestante souffrante après un jet de gaz lacrymogène, à Mamoudzou, le 10 octobre 2011

Depuis le 27 septembre, Mayotte est le théâtre d’un important mouvement social contre la vie chère, ponctué de manifestations et de grèves.

Des débordements ont eu lieu à plusieurs reprises dans cette île de l’archipel des Comores, qui a accédé au statut de département le 1er avril 2011 : pillages de magasins, racket d’usagers de la route, affrontements avec les forces de l’ordre.

Le mouvement social, initié par les syndicats CGT Mayotte, CFDT, FO et CFE-CGC, rejoints par trois associations de consommateurs, revendique la baisse des prix des produits de première nécessité.

Leur presse (Agence Faut Payer), 19 octobre 2011.

 

(…) Dans la matinée, après le décès d’Ali El Anziz, plusieurs centaines de manifestants sont descendus dans les rues de Mamoudzou et d’autres localités de l’île, tant en Petite-Terre qu’en Grande-Terre.

Un supermarché du centre de Mamoudzou a été pillé par un groupe de jeunes, ainsi qu’un entrepôt en zone industrielle et un autre magasin d’alimentation à Combani, dans le centre de l’île.

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Saccage du supermarché Somaco

Les gendarmes mobiles — ils sont environ 400 actuellement stationnés à Mayotte — sont intervenus à plusieurs reprises et ont essuyé des jets de galets, auxquels ils ont répliqué par des tirs de gaz lacrymogènes. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 19 octobre 2011.

 

Mayotte : un blessé grave dans des heurts

Scènes de guerre civile à Mayotte ce mercredi matin. Une personne a été grièvement blessée dans des heurts et transférée à l’hôpital dans un état critique. Le député européen et secrétaire général PCR Élie Hoarau et Jean-Hugues Ratenon, président de l’Alliance des Réunionnais contre la pauvreté, sont actuellement sur l’île de Mayotte secouée par un mouvement contre la vie chère. La situation reste extrêmement tendue dans la capitale. Des affrontements ont éclaté entre perturbateurs et forces de l’ordre. Lors d’une conférence de presse organisée ce matin dans un restaurant au centre de Mamoudzou, Élie Hoarau a esquivé un gaz lacrymogène.

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Alors qu’un protocole d’accord a été signé lundi soir entre le syndicat Force Ouvrière et les patrons de la grande distribution sur la baisse des prix de 8 produits de consommation, le calme n’est toujours pas revenu à Mamoudzou. De nouveaux affrontements ont éclaté entre des « fauteurs de troubles » et les forces de l’ordre. En visite pour la journée dans l’île, la délégation de la Réunion composée d’Élie Hoarau et Jean-Hugues Ratenon a été surprise de la violence régnant dans les rues de Mamoudzou.

« Cela n’a rien à voir avec la grève, il y a des gens qui balancent des pierres et les forces de l’ordre répondent par des flash-ball et des gaz lacrymogènes, c’est l’affolement  ! », décrit Jean-Hugues Ratenon. Les rues de la capitale avaient pris des allures de champs de bataille ce matin. Élie Hoarau a esquivé un gaz lacrymogène lors d’une conférence de presse qui se tenait ce matin dans un restaurant en plein cœur de Mamoudzou. La délégation a voulu apporter son soutien aux Mahorais et à leurs revendications contre la vie chère.

Si les magasins ont pu rouvrir ce matin sous l’escorte de la police, un incident a eu lieu place de la république dans le centre de Mayotte. Un barrage avait été dressé par les manifestants et la situation a dégénéré. Un manifestant a été grièvement blessé dans les affrontements au niveau du thorax par un tir de grenade lacrymogène. Dans une certaine confusion, des pompiers ont prodigué les premiers soins prodiguant un massage cardiaque à la victime, avant de l’évacuer au service des urgences de l’hôpital. Selon nos informations, les services de la Police de l’Air et des Frontières serait intervenue.

Actuellement, plusieurs centaines de manifestants se dirigent vers le Jumbo Score de Kawéni. La situation reste extrêmement tendue sur l’île aux Parfums, 23 jours après le début du mouvement.

Leur presse (L’info.re), 19 octobre 2011.

 

Mayotte : confusion et état de siège à Mamoudzou

Après la signature du protocole d’accord dans la nuit par Madi M’Colo de l’Union départementale Force ouvrière, tard dans la nuit de lundi à mardi,  la plus grande confusion s’est installée à Mayotte. Malgré tout, l’intersyndicale réduite a annoncé une poursuite du mouvement.

Tous les Mahorais avaient son nom à la bouche. Madi M’Colo, « le traitre » comme certains le nomment déjà. Tard dans la nuit de lundi à mardi, après le départ des autres syndicats (CGT Ma et Cisma-CFDT) à la suite d’un nouveau clash avec les patrons,  il a  signé le protocole d’accord concernant les prix de dix produits. La viande n’a pas bénéficié de baisse malgré les discussions. L’accord court désormais jusqu’au 31 décembre.

Manifestants et acheteurs

Insuffisant pour les autres organisations et pour la base qui s’est mobilisée mardi aux abords de la désormais célèbre place de la République. Objectif : former un cortège pour aller à Kawéni. La nouvelle de l’ouverture des commerces de grande distribution dans la zone industrielle s’est répandue comme une traînée de poudre. D’un côté de Mamoudzou, les manifestants se sont donc regroupés. De l’autre, les acheteurs dont les frigos sont vides, venus par milliers pour se ravitailler.

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Les manifestants ont, de leur côté, emprunté la route longeant la mangrove pour se rendre à Kaweni quand un important dispositif de gendarmes mobiles s’est mis en place empêchant le cortège d’aller plus loin. Quelques participants à cette manifestation ont tenté un sit-in. Les gendarmes les ont rapidement relevées faisant reculer l’ensemble du cortège. « Notre but n’était pas d’aller ouvrir les magasins, c’était une manifestation pacifiste », raconte un manifestant.  Plus tard dans l’après-midi, une nouvelle marche a réussi à se rendre à Kawéni, dans le calme.

Débordements et pillages

Du côté des commerces ouverts, le ravitaillement a tourné à la foire d’empoigne. Certains commerces, à Passamainty notamment, ont ouvert normalement et ont été débordés par la foule. D’autres dans la zone de Kawéni ont organisé une entrée au compte-gouttes sous la protection des gendarmes dans les supermarchés créant ainsi de grosses files d’attentes. Il fallait jusqu’à quatre heures de patience à certains endroits.

La situation a dégénéré à Cavani où des pillages ont eu lieu en fin de matinée. Les cibles : des coffres de voitures de personnes venant de faire les courses. Un camion a aussi été la cible des pilleurs plus tôt dans la matinée. En Petite Terre, chez Jumbo Score, des baisses de prix correspondant à l’accord signé entre les patrons et Force ouvrière ont déjà été appliquées.

De nouvelles discussions sont prévues lundi prochain avec l’observatoire des prix.

Leur presse (Le Journal de l’île de la Réunion), 19 octobre 2011.

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[Paris 20e] Une expulsion et un squat sous tension

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Mardi 11 octobre : Suite à la manifestation contre l’austérité, on apprend qu’une maison récemment occupée est menacée d’expulsion par la police. Cette maison était située rue Olivier Métra, dans le vingtième arrondissement. Au bout de quelques heures et devant la présence d’une quarantaine de soutiens, dont de nombreux voisins, la police s’en va, semblant considérer l’occupation comme régulière.

Mercredi 12 octobre : Rebelote, la police vient constater l’occupation d’une maison occupée au 194 rue des Pyrénées dans le Vingtième arrondissement. La police fera deux brefs passages et la situation semble momentanément tranquille pour les occupants.

Vendredi 14 octobre : Au petit matin, une cohorte de policiers et de gendarmes mobiles expulse la maison occupée de la rue Olivier Métra. Les habitants une fois sortis de la maison sont arrêtés et mis en garde à vue. À cette heure-ci, ils y sont toujours et seront fort probablement déférés demain matin pour des chefs d’inculpations inconnus pour le moment. Au même moment, de nombreux policiers en tenue et en civil surveillent avec beaucoup d’attention plusieurs squats du quartier et ceci tout au long de la journée. Ils donnaient l’impression d’une attaque imminente sur la nouvelle maison occupée de la rue des Pyrénées. Par ailleurs toutes sortes de rumeurs sur de possibles expulsions imminentes circulent. Dans l’après-midi, les habitants du 194 rue des Pyrénées avec l’aide de plusieurs soutiens décident de mettre une table et des chaises devant leur porte et de diffuser un tract sur les évènements. Ils le diffusent aussi dans le quartier. Les voisins et passants témoignent la plupart du temps d’une vive sympathie et de solidarité pour les occupants et leur cause. Plus tard dans l’après-midi, les habitants de la rue des Pyrénées vont occuper le siège de l’AFTAM qui est le gestionnaire des lieux, en partenariat avec la Mairie du Vingtième. L’AFTAM est une entreprise qui gère des foyers de jeunes travailleurs migrants sur lesquels elles se fait du pognon. Un gestionnaire de plus de la misère quotidienne. L’occupation était notamment motivée par le fait que l’AFTAM a porté plainte contre les occupants de la rue des Pyrénées pour une soit-disant effraction, leur faisant ainsi courir le risque d’être poursuivis pénalement. Dans cette plainte a été intégrée une fausse preuve : des alarmes auraient sonnées le 11 octobre, ce qui signifierait que les occupants étaient dans les lieux moins de 48 heures avant le passage de la Police, rendant ainsi possible leur expulsion immédiate. Les bureaucrates de l’AFTAM restent imperméables à toutes les formes de discours, se moquant éperdument d’être responsables de l’expulsion des habitants du squat, et ne semblent pas suffisamment dérangés par l’occupation de leurs locaux pour satisfaire nos revendications. Ils préfèrent faire appel à la police, aussi nous finissons par quitter les lieux, ne préférant pas nous faire coincer dans les locaux de l’AFTAM en si petit nombre.

Les occupants libérés après passage au dépôt et devant le proc, les motifs officiels de l’expulsion restent flous. Ils seront poursuivis pour dégradation de bien en réunion (a priori pour la serrure « manquante »). Il semble que la flagrance ait été prolongée (habituellement 48 heures) par le parquet, ce qui a permis d’expulser « légalement ». Une manœuvre qui a l’air plutôt inhabituelle. Au cours de la garde à vue, les flics leur ont offert des clopes et des gobelets d’eau pour récupérer leur ADN.

Le 194 rue des Pyrénées tient toujours, malgré la présence permanente de flics en civil à partir de 6h du matin devant le lieu.

Liste francophone de diffusion d’infos relatives aux squats, 15 octobre 2011.

 

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Pas de trêve pour les ouvertures

Récit d’une expulsion

Le vendredi 14 octobre, notre squat a été expulsé suite à une plainte pour dégradation avec flagrance. Ces dernières semaines deux autres squats récemment ouverts ont été expulsés à Toulouse pour les mêmes motifs. À Paris, le squat du 194 rue des Pyrénées reste menacé. Ceci n’est que l’histoire rageusement ordinaire, d’une expulsion ordinaire, d’une garde-à-vue ordinaire et de ses suites…

Le 18 rue Olivier Métra (Paris XXe) était une grande maison occupée depuis une semaine. Ce bâtiment vide depuis des années faisait rêver bien des habitant-e-s du quartier. Nous l’avons occupée avec l’intention d’y habiter. Mardi 11 octobre, en début d’après-midi, débarquent deux personnes se disant architectes, ils attendent Mme Mathieu la propriétaire : elle aurait acheté le bâtiment au mois de juin. Mme Mathieu arrive et s’énerve. Elle essaie de nous faire croire qu’elle est sans le sou, qu’elle est dans une plus grande galère que nous. Difficile d’y croire ! Qui peut se payer une telle maison en plein Paris ? Qui peut investir des millions pour se loger ? Bref, elle repart avec sa clique. À 16h, nous sommes assis-e-s sur le rebord de la fenêtre du 1er étage quand des keufs en tenue nous braquent avec un TASER en nous ordonnant de sortir immédiatement. Nous refusons. Nous leur tendons une facture EDF qui atteste de notre présence sur les lieux depuis une semaine. Au début, ils refusent de la prendre « descends si t’as des couilles… » Face à notre insistance, ils finissent par l’accepter. Très vite, des ami-e-s, voisin-e-s, squatteuses et squatteurs du quartier arrivent, les renforts des bleus aussi. Des voisin-e-s expriment leur solidarité en témoignant auprès des keufs que nous habitons là depuis une semaine, en refusant d’ouvrir la porte de leur immeuble à la police, en appelant leurs ami-e-s. Cela est malheureusement trop rare pour que nous ne puissions pas les en remercier et saluer leur solidarité, leur prise de position immédiate. La propriétaire et ses amis de la police finissent par s’en aller après trois heures de siège. Le lendemain, une autre occupation est constatée par la police au 194 rue des Pyrénées, dans le même arrondissement. Une rumeur parle d’une expulsion dès le lendemain pour ce dernier, elle n’a pas, pour l’instant, eu lieu. Jeudi, un homme vient poser des questions, il sort sa carte de police en nous disant qu’il est de la préfecture. Il demande combien nous sommes et à quel mouvement nous appartenons.

Le lendemain, veille de la trêve hivernale, à 7 heures, entre cinquante et cent flics et gendarmes bloquent la rue. Un groupe d’intervention, sans écusson, ni insigne, nous réveille à coup de bélier et de meuleuse. TASER avec pointeur laser. « Personne ne bouge ! Main sur la tête ! Au sol ! Ferme ta gueule ! » Pas le temps de mettre des chaussettes. Genou qui t’écrase contre le sol. Serflex ou menottes. Des officiers de police judiciaire débarquent. Notification immédiate de garde à vue. Il est 7h15. Embarquement immédiat. Pas le temps de réunir des affaires. Dans la rue, du monde aux fenêtres. Nous arrivons tou-te-s les six au commissariat du XIXe transporté-e-s par les gendarmes. Le chien qui était avec nous a disparu. Nous sommes en colère, l’ambiance est tout de suite tendue avec les condés. Pendant l’expulsion, des flics en civil font le pied de grue devant les autres squats du quartier. Nous sommes mis-es en cages. Femmes et hommes séparé-e-s dans des cellules proches. Médecin, avocats, auditions, nous n’avons rien à déclarer, refus empreintes et ADN. Les auditions sont faites par des OPJ du XXe et le SIT [Service d’investigation transversale : C’est un service « expérimental » de la préfecture de police de Paris qui fait le lien entre les « services spécialisés » ( Renseignement généraux, police scientifique, brigade criminelle, SDAT) et les « partenaires institutionnels » (mairies, ministères…).]. En aparté, certains essaient de la jouer sympa : « aujourd’hui réfléchir c’est désobéir comme disent les bidasses », « excusez nos collègues », « tous les flics ne sont pas des abrutis » [sic], ils nous paient des clopes, nous proposent des verres d’eau pendant et après les auditions. Nous nous méfions, mais pas assez. Ils veulent notre salive pour leur fichier ADN, le FNAEG [Le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG), créé en 1998, est un fichier commun à la police et à la gendarmerie qui gère les traces ADN prélevées au cours des enquêtes]. Nous verrons sur un bout de papier « ADN eau : non / ADN mégot : ok ». Ils jouent la compréhension, tentent de nous faire parler en dehors du cadre officiel : « mais il y a bien quelque chose de politique derrière tout ça ? J’aimerais comprendre. Nous ne sommes plus en audition. » Nous foutons le bordel en cellule pour obtenir à boire, des tampons périodiques ou pour aller pisser. Cela fonctionne et nous permet de ne pas nous sentir trop impuissant-e-s malgré les provocations, les intimidations, les menaces de tabassage. Au bout de quelques heures, une GAV supplétive [Nouvelle notification des droits suite à un délit constaté durant la garde-à-vue. Ne la rallonge pas.] pour refus de se soumettre aux empreintes. Re-médecin, re-avocats, re-auditions. Nous répondons la même chose refusant les déclarations, les questions, le fichage. Ou pas : pour plusieurs d’entre nous, ils arrivent avec les PV déjà imprimés « j’ai écrit je n’ai rien à déclarer et refus de signer, ça vous va ? » Au marqueur rose, il signeront le PV de l’une de nous à sa place. On gueule pour vérifier que toutes nos affaires sont là. Les fouilles sont bâclées, les affaires récupérées dans le squat par les keufs sont à peine notées, il nous en manque la moitié.

Nous sommes transféré-e-s vers le dépôt de Paris-Cité à 18h30. Arrivée au dépôt : re-fouille, re-inventaire, on gueule un coup pour nos affaires, mais surtout pour exprimer notre colère. Côté homme, nous sommes mis dans des cellules individuelles. Elles semblent neuves à flamber. Eau, chiottes, banc en béton avec pour certains un matelas, parfois une couverture, ou juste le béton. On peut gueuler personne ne nous entend. Une lumière blanche nous écrase la tête toute la nuit, la ventilation bourdonne en permanence créant un courant d’air dans la cellule. Tout à coup, on se sent seul, impuissant, enterré, même si l’on sait que cela ne durera qu’une vingtaine d’heures. Médecin que t’as l’air de faire chier, gamelle comme en GAV qui t’arrive froide à 10 heures du mat’ sans un mot, si elle arrive. Nouvelle tentative de prise d’empreintes. Côté femme, même ambiance mais avec, aux côtés des keufs, des bonnes sœurs pour matonnes. Repens-toi si tu veux bouffer, sinon moisis dans ta cellule. Dans le même trou, le centre de rétention pour femmes. Lorsqu’elles lâchent un croûton de pain ramolli, elles jouent la division : « tu manges le pain des étrangères ». Ces bonnes sœurs matonnes qui jouent la charité, nous dégoûtent. Si on sait qu’on doit être présenté-e-s à un magistrat dans les vingt heures, les retenues, c’est tous les vingt jours qu’elles peuvent avoir un espoir de libération. Si on peut rester au maximum quarante heures, elles, c’est pendant quarante-cinq jours qu’elles se tapent la morale des bonnes sœurs, si elles ne sont pas expulsées avant. Vers midi, transfert vers la souricière, le P12 pour les gendarmes. On passe par les galeries techniques sous le Tribunal, avant d’arriver dans des cages collectives à côté des bureaux du parquet. Cela fait du bien de revoir les copains copines, de pouvoir discuter, de partager des galères, des conseils, des sourires avec les autres enfermé-e-s. L’un de nous, oublié en cellule, n’aura pas ce maigre plaisir. Au bout d’une heure on voit des vice-procureurs. Une convocation pour un procès le 16 novembre, « destruction du bien d’autrui commise en réunion et refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques intégrés dans un fichier de police ». Retour sur le banc du dépôt, dans l’attente du « bon de liberté » et de nos fouilles. Les ordinateurs, mettront plusieurs dizaines de minutes à revenir. « Ils sont dans un autre service » nous dira-t-on. Nous les retrouvons allumés, alors qu’ils étaient éteints la veille. De retour devant la maison, on ne peut pas récupérer nos affaires : les portes et les fenêtres ont été murées. La voiture est à la fourrière, le chien restera dans une cage durant quatre jours : 300 euros dans leurs poches et une puce sous la peau du chien ! Et ce qui est resté à l’intérieur ? Nous n’en savons rien. Nous recroisons quelques voisin-e-s avec qui nous échangeons des mots amicaux. « C’est du gaspillage de maison ! », nous dira une gamine du quartier.

Ce que nous voulons, c’est un lieu pour vivre à plusieurs. Un endroit que l’on habite sans vouloir attendre d’avoir les bons papiers, les bons revenus, le bon piston à la mairie. Ce que nous refusons c’est le contrôle généralisé. Dans les transports, dans la rue, dans les écoles, face aux institutions qui nous exploitent et qui nous gèrent, le fichage est généralisé. Les rafles quotidiennes, la vidéo-surveillance, le puçage du vivant, toutes les chaînes sécuritaires, toutes les prisons et le monde qui les a créées. Ce que nous refusons c’est l’exploitation, la spéculation, de devoir payer pour exister, de crever sur l’autel de la propriété privée. Ce que nous saluons, c’est la solidarité des habitant-e-s du voisinage, de nos ami-e-s, de nos camarades.

Les ex-occupant-e-s du 18 rue Olivier Métra
Indymedia Paris, 17 octobre 2011.

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Cannes : un ancien policier tabassé devant ses enfants

 

Par les temps qui courent, il ne fait pas bon porter ou avoir porté l’uniforme policier. Un Cannois de 31 ans, ancien adjoint de sécurité, l’a vérifié à ses dépens, dimanche dernier, quand une lâche agression lui a brisé quasiment toutes les dents.

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Après un match de football disputé à Peymeinade, Frédéric M. se rendait au stade de Coubertin pour jouer encore au ballon avec ses deux petits garçons, âgés de 7 et 9 ans.

Selon ses déclarations, il croise alors un groupe de quatre individus, avenue Poési à Cannes, dont l’un lui adresse un « bonjour » auquel il répond machinalement. Mais l’échange allait s’avérer beaucoup moins cordial par la suite. Car les hommes font soudain demi-tour et l’un d’eux attrape Frédéric par le col, alors que ce dernier tient son cadet dans un bras et son aîné par la main.

« T’étais au commissariat, toi ? Maintenant que t’y es plus, on va te casser la tête ! », aurait alors lancé l’agresseur principal.

Déclaration préalable à un déchaînement de violence. Un premier coup de poing oblige l’ancien adjoint de sécurité à lâcher ses enfants et à les prier de s’enfuir. Aussitôt, Frédéric est aveuglé par une veste à capuche que l’on appose sur le visage, comme à un condamné, et jeté à terre. C’est une avalanche de coups qui s’abat sur un corps recroquevillé, un déluge de douleurs. Meurtrie, la victime parvient néanmoins à appeler à l’aide et ses bourreaux prennent la fuite. Sur signalement et reconnaissance visuelle, trois suspects originaires du quartier ont été interpellés par la Bac (Brigade anti-criminalité). Après audition, ils ont été remis en liberté, en attendant les conclusions de l’enquête préliminaire. Un quatrième homme est également recherché.

Frédéric, lui, se remet doucement de ce passage à tabac. Avec quasiment toutes les dents cassées et un devis médical d’environ 25’000 €. Mais l’esprit semble aussi touché que le corps : « Je suis encore KO, je n’ai pas vraiment eu le temps de comprendre ce qui m’arrivait, je n’ai pensé qu’à me protéger, témoigne-t-il. Et puis surtout, cette agression gratuite s’est déroulée sous les yeux de mes enfants, traumatisés, qui ont aujourd’hui besoin d’un soutien psychologique. »

Une sorte d’exécution aux allures revanchardes de règlement de comptes. D’autant plus que Frédéric, aujourd’hui chauffeur de bus, est intervenu courageusement il y a plusieurs mois, pour barrer la route avec son véhicule à des braqueurs cannois. Décidément, de quoi s’attirer bien des inimitiés, dans certains quartiers de la cité des festivals…

(…)

Leur presse (Nice-Matin), 19 octobre 2011.

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[Anti-G20] Ami-e-s pas encore rencontré-es, des campagnes et des villes, de France et d’ailleurs

En 2011 la France accueille et préside les sommets des G8 et G20. Le prochain sommet du G20 aura lieu à Cannes début novembre. Ces réunions sont des moments symboliques où une poignée infâme de dirigeants véreux se réunit, s’organise, et se goinfre de toast en peaufinant les règles économiques et politiques asservissantes entre deux coupes de champagne millésimé.

Qu’ils sont beaux leurs sommets, leur cénacles confinés dans des périmètres quadrillés par la police, surveillés par les snipers, désertés par leurs habitants, reléguant celles et ceux qui rêvent d’un autre monde derrière un infranchissable cordon policier ! Ils sont à l’image du monde qu’ils entendent établir. Un monde où des dirigeants concentrent entre leurs mains le pouvoir économique et politique qui devrait être entre celles de toutes et tous.

De nombreuses militant-es, réuni-es à Dijon en novembre 2010, ont fait le choix d’appeler à de nouvelles formes de contestation. L’appel de Dijon proposait de ne pas aller à Deauville pour le sommet du G8 en avril 2011 et de privilégier des actions décentralisées, partout, contre le contrôle social et le système capitaliste, contre l’État et le marché. Ne pas se rendre au lieu dit ne veut pas dire tolérer, céder, subir ce qui s’y décide. Nos villes, nos bourgs, nos campagnes sont saturés de banques, d’assurance et d’instruments de la répression étatique, commissariats, prisons, écoles, hôpitaux psychiatriques… Le pouvoir qui nous aliène est partout, il étale dans chacune de nos localités son intolérable domination.

Plus que jamais nous avons marre de ce rapport gestionnaire au monde et du règne de l’argent.  Nous entrevoyons des possibilités de résistance et d’auto-organisation dans les étincelles émeutières et les luttes durables qui partout sapent le système.

Bien qu’étouffée, canalisée, prise dans les mailles de la répression, la colère existe et gronde.

Nous avons entendu, de par la Terre, des frères mexicains appeler à garder les terres, à ne pas se vendre, à rester digne. Ils on déclaré guerre à l’État qui les opprime. Nous avons entendu l’écho des soulèvements arabes, l’espoir d’un changement, le signal d’un basculement.

Pendant que certain.e.s, en Europe, occupaient des places, se réappropriaient leurs villes en redonnant un sens au politique, d’autres faisaient tomber les dictatures, créant par le soulèvement l’ébauche d’un devenir révolutionnaire.

Cependant rien n’est fini et si les gouvernants et les financiers de la planète se serrent les coudes face à la colère qui monte, face à la faillite de leurs régimes, nous devons nous aussi nous unir, partout, pour enfin les renverser définitivement.

Quand, dans Londres agitée par le mouvement des étudiants, des actions sont coordonnées pour occuper toute la ville au même moment, il y a un signal fort. Quand, il y a quelques mois ce sont ces mêmes quartiers qui se soulèvent suite à une bavure policière et renversent le rapport de force économique en pillant en masse les grandes surfaces, il y a brèche. Quand en Grèce, le peuple se révolte contre un système financier et refuse d’abdiquer face au FMI, il nous invite à intensifier la lutte.

De partout, des braises étincelaient, les fumées mêmes mince annonçaient l’alerte d’un feu latent, des nouvelles qui nous annonçaient que nous n’étions pas seul-e-s…

Parce qu’il ne nous paraît pas nécessaire de se déplacer jusqu’à Nice pour exprimer son refus du g20, nous appelons celles et ceux qui le souhaitent à s’organiser localement. Les cibles sont multiples, les façon de les attaquer nombreuses, quand nous en parlons, cela prend des nuits.

Nous savons que nous ne partons pas de rien, que nombreux sont ceux qui tentent d’œuvrer chaque jour pour améliorer leur paysage et nous savons des poches de résistances existent.

Se réunir permet de se le rappeler. C’est dans cette optique qu’en juillet 2011 s’est tenu un village autogéré long (pour coordonner les luttes contre le G8 et le G20) sur la ZAD (Zone À Défendre), là où Vinci et le Conseil Général projettent de bétonner 2000 hectares de bocage pour construire un deuxième aéroport, au nord de Nantes.  Là où, comme ailleurs, l’État et les multinationales ravagent les paysages, les territoires et les rapports sociaux.

Après 40 ans de lutte, rien n’est fini.

Ce moment de rencontre a permis de faire le lien entre contestation globale du système économique et un territoire local en lutte.

La ZAD est un espace occupé où expérimentation d’alternatives et actions directes contre le capitalisme industriel se conjuguent pour produire une lutte transversale, anticapitaliste et anti-autoritaire. Une lutte comme celles que nous voudrions voir éclore partout afin de construire un mouvement international capable de renverser l’orde établi. Il faut dès maintenant créer des lieux de résistance, défendre, renforcer et élargir ceux déjà existants, développer nos pratiques autonomes, renforcer nos réseaux.

Ce n’est pas seulement du g8 et du g20 dont nous ne voulons plus, c’est de leur monde autoritaire tout entier, et du quotidien qui va avec !

Pour stopper la machine à détruire qu’est le système industriel capitaliste, nous appelons tous les rouages que nous sommes, à sauter en marche et à venir cultiver une autre vie. Où que nous soyons il y a des Zones à Défendre, des terres à se réapproprier, des lieux à occuper, organisons-nous pour les convertir en Zones d’Autonomie Définitive !

 

METTRE EN PLACE DES ACTIONS DÉCENTRALISÉES

Agissons ensemble pendant la semaine du G20, du 1er au 6 novembre 2011

Laissons libre cours à notre imagination pour investir l’espace public !

Qu’apparaissent partout des points d’infos sur les luttes existantes !

Occupons des lieux de pouvoir politique (mairie, parlement, commissions, universités, écoles…), de pouvoir économique (banques, entreprises, supermarché, lieux de travail), de pouvoir médiatique (sièges de journaux, irruption dans les journaux télé, émissions radio). Faisons de ces lieux qui nous dressent des lieux d’où se dresser contre leur autorité, attaquons-les là où ils sont, faisons-leur ressentir notre colère ! Attaquons directement les entreprises les plus destructrices dans tous les secteurs, aménagement du territoire, BTP, banques et finance, sécurité, les cibles apparaissent évidentes : Vinci, Bouygues, Unilever, Bolloré, Areva, Monsanto, Pioneer, BNP, agences de notation, et une multitude d’autres entreprises près de chez vous !

 

RENFORCER LES ZONES À DÉFENDRE EXISTANTES, c’est refuser les projets d’aménagement qui bétonnent au nom du profit, créer des espaces autonomes non marchands, solidaires.

Sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes c’est à partir du 20 octobre 2011 qu’une partie des lieux sont expulsables. Depuis le camp Action Climat de 2009 la lutte autochtone est renforcée par un mouvement de réappropriation et d’occupation de terrains et de maisons. Ce sont 2000 hectares à squatter, un territoire à défendre, où intensifier la lutte, multiplier les expériences alternatives pour ébranler la fatalité de ce crevard d’ordre des choses.

Dans le Val de Suse, c’est toute une vallée qui se soulève contre le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse Lyon Turin qui détruirait l’écosystème en enrichissant les vautours. Malgré le classement de la zone comme insurrectionnelle et donc l’envoi de l’armée, les résistant-es ont refusé de quitter le terrain, le déclarant territoire autonome. Lorsque l’État italien s’est efforcé de stigmatiser  la violence de certain-es c’est tous uni-es qu’ils et elles ont défilé pour dire « Nous sommes tous des Black Block » ! La mobilisation internationale a été forte mais il ne faut pas qu’elle retombe !

L’autoroute que construit Vinci entre Moscou et Saint-Pétersbourg saccage entre autres, à Khimki, la dernière forêt moscovite. Noyé dans la corruption, ce projet d’expansion urbanistique s’impose aux habitant-es et n’avance qu’à coup de violence policière contre les opposant-es. Le campement de résistance installé dans la forêt a été la cible d’attaques, ne les laissons pas faire, renforçons la lutte et la solidarité internationale !

Quelques exemples de zones de luttes devenues visibles parmi bien d’autres existantes et à venir, à rejoindre et à construire.

 

CRÉER DES ZONES D’AUTONOMIES DÉFINITIVES

Leur système n’est pas aménageable, c’est dès maintenant qu’il faut en sortir, refuser leur logique consumériste et mettre en place des pratiques autonomes ! Unissons-nous, organisons-nous ensemble, pour que ces espaces autonomes ne soient pas des fins en soi mais bien des outils concrets pour nous désaliéner et entrevoir d’autres façons de fonctionner !

Il ne s’agit pas de s’y enfermer, d’en faire des îlots d’en dehors d’un monde devenu inhabitable mais plutôt de tisser des liens, de développer des savoirs et des moyens de les transmettre afin de saboter par nos modes de vies le fonctionnement du système existant. En parallèle des pillages de supermarchés des villes, il faut s’organiser pour agrandir les terres potagères. Face à la prise d’otages des chefs d’États, créons des assemblées populaires décisionnelles, par quartiers, par villes.

Restons ouverts, et à l’écoute. Soyons de plus en plus nombreux contre le règne de l’argent, contre les inégalités pour la Justice (et non la défense de leur ordre social) pour la paix (et non la pacification à coup de flics et avec 11 % du PIB pour le budget de l’armée), pour la responsabilisation de chacun, pour la propriété d’usage, pour la fin de toutes les formes d’esclavage, pour la fin de la propagande d’État, contre ses prisons et autres centres au fonctionnement carcéral (jusqu’aux écoles), pour la liberté, pour la curiosité, pour la nature à laquelle nous appartenons, pour la vie, à tâtons.

 

Nous ne détruisons pas pour l’amour des ruines, mais pour la beauté des chemins qui pourraient les traverser. Avant qu’il ne soit trop tard, que l’on soit tous fichés et vendables, qu’il n’y ait plus de terres disponibles, que nos villes deviennent nos prisons, faisons changer la peur de camp ! La fatalité n’existe pas !

Réseau NoG,
des occupant-e-s de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes,
des individu-e-s d’ici et d’ailleurs

 

N’hésitez pas à vous emparer de cet appel, à le signer, le faire tourner !

Pour nous contacter, faire remonter les infos sur les actions décentralisées.

Des sites où s’informer :
gzero.info (réseau NoG)
zad.nadir.org (le site d’opposant-e-s de la ZAD de NDDL)
notav.info (pour les infos sur le Val de Suse)
khimkibattle.org
stopvinci.noblogs.org (campagne anti-Vinci)
– et bien sûr les Indymedia !!!

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12’000 policiers occuperont Nice pendant le G20. GIGN et FIPN contre les « casseurs »

G20 : 12.000 hommes mobilisés pour la sécurité

Ils seront 12’000… Policiers, gendarmes, sapeurs-pompiers, secouristes, démineurs, etc., des contrôles rétablis aux frontières, une sanctuarisation à plusieurs niveaux de Cannes, des arrêtés pour réglementer la circulation aérienne, sur la mer…

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La ville de Cannes a été découpée en trois zones avec des points d’accès pour les voitures et les piétons

 

En présence de Bernard Brochand député-maire de Cannes,  le préfet des A.-M., Jean-Michel Drevet, accompagné de son collègue Hubert Weigel, préfet délégué pour la mission G20 et Pierre-Henry Brandet, porte-parole du ministère de l’Intérieur ont présenté hier en préfecture, le dispositif de sécurité du G20 qui se tiendra les 3 et 4 novembre à Cannes.

Le préfet a donné les grandes lignes du dispositif. Les membres des forces de l’ordre et de sécurité seront à pied d’œuvre dès la fin octobre. Ils seront dans Cannes et autour de Cannes, mais aussi à Nice et dans l’est du département, en raison des manifestations des altermondialistes. L’une est prévue le 1er novembre à Nice et l’autre le 3 novembre à Cap-d’Ail.

Itinéraire de la manif de Nice négocié

Concernant la première, le « tracé est en cours de négociation, mais il est acquis qu’il n’empruntera pas le centre-ville », a précisé Jean-Michel Drevet. Outre un défilé, des animations nocturnes sont prévues. Le 3, à Cap-d’Ail, le but des manifestants est de stigmatiser la mondialisation, a indiqué Hubert Weigel. Pour ce dernier, ancien directeur central des CRS, « les menaces ont été évaluées dont le risque d’attentat et nous avons mis en place un dispositif pour réagir très vite ».

Le tracé des manifestations devrait être connu très rapidement. Quant à l’hébergement de ces altermondialistes, le préfet Drevet estime « que c’est à eux de s’organiser ». « La création d’un village était une possibilité, mais ils ne l’ont pas demandée et il y a des négociations en cours pour des locaux municipaux », a néanmoins annoncé le représentant de l’État.

Contrôles rétablis à la frontière

Pour « refouler » les « casseurs » connus de la justice ou de la police en France comme dans les autres pays et susceptibles d’arriver par l’Italie, les contrôles ont été rétablis à la frontière en accord avec les autorités européennes. Ainsi, des patrouilles mixtes franco-italiennes vont surveiller la frontière de part et d’autre.

Un premier filtre en quelque sorte. Les unités « spéciales » de la police nationale et de la gendarmerie seront mobilisées, telles que la FIPN (Force d’intervention de la Police Nationale) et le GIGN, la cellule nationale nucléaire radiologique, biologique et chimique de la gendarmerie, ainsi que les trois armées et les unités militaires de la Sécurité civile.

Au niveau santé, le « paquet » a été mis avec 1500 sapeurs-pompiers et une chaîne hospitalière renforcée. Enfin, une cellule judiciaire est mise en place avec d’un côté les enquêteurs de la police judiciaire de Nice, de la sous-direction antiterroriste, et de l’autre des magistrats de Grasse et de Nice spécialement détachés pour l’événement.

Les vols commerciaux seront assurés au départ de Nice. En revanche, l’aéroport de Cannes-Mandelieu sera fermé du 1er novembre à 0h00 au samedi 5 novembre à 12 heures. Enfin, des mesures de sécurité maritime avec des interdictions de navigation et d’activités nautiques seront prises de Théoule au Cap d’Antibes, et aux abords de l’aéroport de Nice jusqu’à Villefranche-sur-Mer, d’autre part. Le détail de ces arrêtés municipaux sera précisément prochainement.

Leur presse (Nice Matin), 18 octobre 2011.

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Appel à rassemblement pour l’expulsion d’un squat à Montpellier mercredi 19 octobre 2011 à 9h

Le « Très très grand cœur » guetté par l’infarctus du myocarde

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpgDans le quartier Figuerolles, nombre de bâtiments sont jugés malades par la SERM, et cette pathologie serait, d’après les experts en sécurité urbaine cités par la mairie, qui s’inspirent d’anciennes analyses de spécialistes anglais et américains, à l’origine de nombreux problèmes rencontrés quotidiennement dans ces quartiers : pauvreté, violence, échanges déséquilibrés de cartes Panini, deal de poissons pas frais…

Par conséquent, soigner Figuerolles serait une priorité. Toutefois, le corps urbain étant une chose sensible, l’opération s’avère délicate et nombreux furent ceux qui s’échinèrent sur cette question. La solution retenue par les plus grands chirurgiens fut de traiter le phénomène à la manière d’un cancer, à savoir en « enlevant les tumeurs une à une ». Le but, à terme, serait d’après Max LEVITA, président de la SERM, « de régénérer le tissu urbain montpelliérain » en lui donnant l’occasion « d’intégrer, à l’aide d’une politique sociale forte, les grands axes fixés par les décisions européennes ». Il est en cela soutenu par feu Georges FRÊCHE qui affirmait lors du lancement de l’Opération Grand cœur en 2001. « J’aime bien la SERM. C’est des gens cools. Mais je préfère la vodka !» Hélène MANDROUX, actuelle maire de Montpellier, se félicite aujourd’hui du succès de l’opération. Dimanche dernier, alors qu’elle discutait avec Martine AUBRY des perspectives à donner à Montpellier quant à la recherche scientifique, elle affirma devant les journalistes : « Wesh, t’as vu grosse ! Figuerolles c’est craignos, y’a même pas de pesos ! Mais avec la SERM, ma sœur, on les désosse !»

Toutefois, une équipe dissidente de médecins formée à la BIERE (Bassin International Éprouvant Rageusement l’Existence) se leva contre ces manières d’agir qu’illes jugèrent « intrusives, brutales, injustes, malsaines et dégueulasses. Et avec des instruments même pas stérilisés !» Pour eux et elles, le diagnostic posé par les médecins subventionnés par la mairie était erroné, car mettant directement en jeu leur réputation et leur portefeuille. La question fut également soulevée de savoir dans quelle mesure ils confondaient avec une grande naïveté l’essence des choses et leur existence : « Si vous injectez de l’héroïne par intraveineuse, le comportement physiologique et psychologique change inévitablement. Toute la misère de notre environnement est de laisser penser alors que l’héroïne n’est pas un problème et que les dommages qu’elle engendre ne dépendent pas d’elle. » Mais le parti adverse leur adressa un pli non affranchi contenant une lettre où il était inscrit : « On pine queudalle à quoi tu dis. Maintenant, cassez-vous ou on vous tape dessus. »

Se levant alors avec rage et courage contre ces immondices proférées par une bande de vautours aigris et sociopathes, illes décidèrent d’axer leur lutte sur trois points :

* La nécessité vitale, quoi qu’on en dise, de disposer d’un endroit où les corps puissent se reposer
* Le refus d’une vision du corps réduit à l’état de marchandise
* La possibilité, pour chaque cellule de chaque organisme conscient, de s’auto-déterminer et la capacité physique et matérielle pour elles d’autogérer leurs projets au sein de structures organiques adaptées
* Le rejet absolu d’une philosophie utilitariste et l’arrêt immédiat de la prostitution immobilière

Et pour ce faire, ils se mirent à squatter tout à fait illégalement les diverses structures laissées à l’abandon par la SERM et l’État. Pointant du doigt des décisions favorisant l’industrie pharmaceutique qui, voyant les tumeurs croître, profite d’une augmentation de ses bénéfices, ils s’installèrent récemment au 31, rue du Père Fabre, une maison composée de trois appartements, les deux du rez-de-chaussée vides depuis cinq ans, celui du haut depuis huit mois.

Le 13 octobre, les propriétaires du premier étage et la SERM les assignèrent à comparaître devant un collège de médecins qui, de toute évidence, a déjà un avis tout fait sur la question.

Le Très très grand cœur, avec ses allées et venues incessantes, ses peintures murales qui feraient pâlir Julie Lascaux, policière de son état et peintre à ses heures perdues, sa joie de vivre et sa gaieté suintantes, ses divers projets d’ateliers (menuiserie, mécanique, photo, théâtre…) risque donc bientôt de s’arrêter de battre.

Une équipe sur place est déjà occupée à le garder en vie. Le 19 octobre, vous aurez vous aussi la possibilité de participer à l’opération de sauvetage en affichant votre soutien indéfectible à une entreprise à la fois personnelle et collective de reconquête de la vie. Pour cela :

RENDEZ-VOUS devant le TRIBUNAL D’INSTANCE de MONTPELLIER à 9h.

Distribution gratuite, soumise à autorisation parentale, de café, brochures et baisers.

(À bas le) P.S. : Ne pas jeter sur la voie publique. Plutôt sur le tribunal.

Démosphère Montpellier.

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[Italie] Les journaflics travaillent

Italie : opération de police dans tout le pays après les violences de samedi à Rome

Une vaste opération menée par la police et les carabiniers a débuté lundi dans toute l’Italie dans les milieux autonomes surtout d’extrême gauche, après les violences qui ont fait 135 blessés samedi à Rome en marge de la manifestation des « indignés ».

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Des centaines de policiers et de carabiniers ont commencé à effectuer des perquisitions et des contrôles, du nord au sud de l’Italie.

« L’opération de police est destinée à individualiser les responsables des destructions », mais n’est pas une opération contre les « centres sociaux », qui regroupent en Italie de nombreux militants d’extrême gauche, a précisé le sous-secrétaire de l’Intérieur, Alfredo Mantovano, interviewé par la chaîne Sky Tg24.

« Il ne faut pas mettre tout sur le même plan. Tout le monde sait que des personnes violentes se sont infiltrées parmi les manifestants pacifiques et ont utilisé le défilé (de Rome) comme un bouclier protecteur », a-t-il dit.

Samedi, à l’occasion de la journée mondiale des « indignés », Rome a connu ses pires violences depuis des années. Dans de véritables scènes de guérilla urbaine, 135 personnes ont été blessées, dont 105 policiers, et les dégâts sont évalués à plus d’un million d’euros. Une douzaine de personnes, dont des mineurs, ont été arrêtées.

Le ministre de l’Intérieur Roberto Maroni a condamné des « violences sans précédent » provoquées par de petits groupes organisés et violents, distincts de la majorité pacifique des manifestants.

Il a remercié les forces de l’ordre du fait qu’il n’y ait pas eu de morts.

Rome n’avait pas connu de troubles de ce niveau de violence depuis les affrontements qui opposèrent des militants politiques aux forces de l’ordre pendant les « Années de plomb » dans les années 70 et 80, et qui firent parfois des morts.

La majorité de la presse italienne pointait du doigt les petits groupes violents comme les « black blocs », faisant bien la différence avec la majorité des protestataires.

Le grand journal milanais Corriere della Sera soulignait les analogies avec les troubles survenus au printemps dans le Val de Suse, près de Turin, dans le cadre du mouvement « No Tav » contre le chantier de la voie ferroviaire à grande vitesse devant relier à travers les Alpes la France et l’Italie.

Le quotidien de la famille Berlusconi Il Giornale (droite) préconisait pour sa part en Une: « fermez les centres sociaux », affirmant qu’ils sont la matrice des « blacks blocs » mais que « les maires progresssistes et les magistrats les défendent ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 17 octobre 2011.

 

Émeutes en Italie : le ministre de l’Intérieur veut donner plus de latitude à la police

En Italie, un vaste coup de filet dans les milieux anarchistes a permis aux carabiniers d’interpeller 12 personnes.

La police a saisi du matériel utilisé par les Black Bloks, le groupe extrêmiste responsables des violences en marge de la manifestation des Indignés à Rome.

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La capitale italienne a connu samedi ses pires violences depuis des années. De véritables scènes de guérilla urbaine. Les dégâts avoisinent 2,5 millions d’euros.

Le gouvernement a été critiqué ne pas avoir anticipé la menace. La réponse du ministre de l’Intérieur Roberto Maroni : « Nous avons besoin de nouvelles loi pour empêcher ce type de violences et donc ce mardi je vais présenter de nouvelles mesures législatives pour permettre à la police et aux forces de sécurité d’empêcher cette violence. »

les forces de l’ordre ont été prises au dépourvu par les stratégies de diversion et les déplacements rapides des Black Blocs.

L’opinion publique a été choquée du saccage d’une église et de la destruction d’une statue de la Vierge. À tel point que certains manifestants se sont retournés contre les émeutiers.

Leur presse (Euronews), 17 octobre 2011.

 

Qui sont les anarchistes du « black bloc » ?

Ce groupe d’activistes est à l’origine des violences lors de la manifestation des « Indignés » à Rome.

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La capitale italienne a connu ses pires violences depuis des années, samedi, à l’occasion de la journée mondiale des « Indignés ». 135 blessés, dont 105 policiers, et des dégâts évalués à un million d’euros. En cause, un groupe d’activistes anticapitalistes nommé « black bloc », qui s’est infiltré dans le mouvement pour lancer des cocktails Molotov et des bouteilles. La Repubblica a rencontré un de ces activistes. Sous couvert d’anonymat, il a raconté au quotidien italien le fonctionnement de son organisation.

« Nous nous sommes entraînés en Grèce »

C’est directement auprès de groupuscules grecs que ces anarchistes italiens se sont formés. « Nous avons fait un master en Grèce », confie avec le sourire cet Italien de 30 ans, qui précise que le groupe a fait le voyage depuis l’Italie une fois par mois pendant un an. « Les camarades d’Athènes nous ont fait comprendre que la guérilla urbaine est un art où c’est l’organisation qui l’emporte », poursuit-il avant d’ajouter : « il y a un an, nous avions envie de tout démolir. Aujourd’hui, nous savons comment démolir. À Rome, nous avons gagné parce que nous avions un plan, une organisation. »

Divisés en « batteries »

Interrogé sur le mode opératoire du « black bloc » le week-end dernier, ce travailleur précaire raconte : « nous étions divisés en deux “phalanges”. Un premier groupe de 500 personnes se sont armées au début de la manifestation avec comme consigne de dévaster la via Cavour. »

Quelque 300 autres membres les protégeaient à l’arrière pour éviter qu’ils se retrouvent isolés du cortège. L’ordre reçu par ces derniers était de ne pas sortir les casques, masques à gaz et cocktails Molotov avant que le cortège ne tourne un peu plus loin dans un autre croisement de la capitale romaine. Objectif : surprendre les forces de l’ordre qui n’ont découvert qu’au dernier moment combien les anarchistes étaient réellement.

Celui qui dit avoir un diplôme du niveau « licence » fournit d’autres détails sur l’organisation du groupe. « Nous sommes divisés en batteries de 12 et 15. Chaque bataillon est divisé en trois groupes de spécialistes. » Un groupe a pour mission de récupérer des armes dans la rue, comme des pavés et des bâtons. Un autre groupe est chargé d’utiliser les armes récupérées par le premier. Et puis, il y a les spécialistes de la bombe agricole.

« Je parle comme quelqu’un qui est en guerre »

Face à ceux qui s’étonnent des violences occasionnées le week-end dernier, le jeune anarchiste tient à rappeler que lui et ses compères avaient annoncé la couleur. « Le mouvement (des “Indignés”) fait semblant de ne pas nous connaître. Mais ils savent très bien qui nous sommes. Ils étaient au courant de ce que l’on voulait faire, tout comme les “flics”. Nous avions annoncé publiquement à quoi ressemblerait notre 15 octobre », ajoute-t-il.

Quant à la sémantique « guerrière » utilisée par l’activiste tout au long de l’interview, ce dernier répond : « je parle comme quelqu’un qui est en guerre. Ce n’est pas moi qui l’ai déclarée, c’est eux . »

Une vaste opération menée par la police et les carabiniers italiens a débuté lundi matin sur tout le territoire national dans les milieux autonomes d’extrême-gauche, après les violences.

Leur presse (Laurent Berbon, Europe 1), 17 octobre 2011.

 

« La guerre n’est pas finie »

Après les incidents ayant émaillé la manifestation des indignés samedi à Rome, un « black bloc » (lire l’encadré) affirme s’être « entraîné en Grèce » et détaille l’action des casseurs.

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« Pendant un an, une fois par mois, nous avons pris le ferry pour la Grèce à Brindisi (sud) » raconte “F”, 30 ans, travailleur précaire et “black bloc”, au quotidien romain La Repubblica. « Nous avons fait un “mastère” en Grèce », plaisante même le manifestant. « Les camarades d’Athènes nous ont fait comprendre que la guérilla urbaine est un art où c’est l’organisation qui l’emporte », poursuit-il.

« Il y a un an, nous voulions seulement tout casser. Maintenant, on sait comment faire. À Rome, on a gagné parce que nous avions un plan, une organisation », continue celui qui a un diplôme du niveau « licence ».

Selon lui, les « black blocs » étaient divisés en « deux phalanges », un premier groupe de 500 personnes ayant pour mission de « dévaster la via Cavour ». Derrière eux, un autre groupe de 300 personnes devait les protéger et empêcher qu’ils se retrouvent « isolés du cortège ». « Nous ne voulions pas que les “flics” découvrent combien nous étions vraiment », continue le casseur, qui affirme que la « phalange » située en retrait avait pour ordre de ne pas créer d’incidents jusqu’au dernier moment.

L’anarchiste fait aussi état d’armes cachées dans une camionnette la veille de la manifestation, à proximité du parcours prévu.

Le vocabulaire qu’il utilise est celui de la guerre. Selon lui, en plus des « phalanges », les « black blocs » étaient organisés en plusieurs « batteries » de 12 à 15 membres, ces batteries étant elles-mêmes divisées par « spécialités ». Certains avaient pour mission de récupérer bâtons, pavés, matraques, et de transmettre toutes ces armes à d’autres, qui « combattent ». Enfin, « il y a les spécialistes de la bombe agricole (gros pétard) », détaille « F ». Effectivement, dans plusieurs endroits de Rome, la police a trouvé des armes (pavés, barres de fer, bouteilles remplies d’essence) dissimulées dans des gros sacs, ou dans des coins de rues le long du parcours.

En conclusion, « F » avertit que la « guerre n’est pas finie ».

Un « bloc noir » ?

Jusqu’à présent, un black bloc (ou « bloc noir ») désignait au cours d’une manifestation un regroupement éphémère d’individus (et les individus eux-mêmes) qui mettent en place des actions violentes contre tout ce qui est perçu comme symbole matériel du capitalisme. Avec les révélations du deuxième plus grand quotidien transalpin, le côté éphémère laisse place à une vision pérenne de ce type de groupes.

Leur presse (Le Bien public), 18 octobre 2011.

 

Les black blocs gâchent la fête à Rome

« Indignés » à Rome | Le cortège pacifiste a été débordé par des groupes de casseurs très bien organisés et violents. L’Italie est sous le choc.

Les « indignés » italiens étaient près de 200’000 ce samedi après-midi à défiler dans les rues de Rome. Mais ce que l’on retiendra, ce n’est pas leur nombre et encore moins leurs slogans. Depuis deux jours, les télévisions italiennes diffusent en boucle les images des incidents qui ont éclaté aux abords de la place historique Saint-Jean de Latran, où se trouve la cathédrale de Rome.

En début d’après-midi, des jeunes gens cagoulés et armés de barres de fer se sont extraits du cortège pour provoquer les forces de l’ordre. Parmi eux, des black blocs rompus aux techniques de guérilla urbaine. Pendant plusieurs heures, le centre de Rome a ainsi été le théâtre de violentes échauffourées et d’actes de vandalisme.

À l’assaut des policiers

Les affrontements avec la police se sont prolongés jusque tard dans la nuit de samedi à hier. On déplore au final 135 blessés, dont 105 policiers. Mais le bilan aurait pu être beaucoup plus lourd. Deux policiers se sont extraits in extremis de leur véhicule blindé avant qu’il ne s’embrase. Deux équipes de télévision ont été prises à partie et un photographe a été blessé à la tête.

Certains groupes ne se sont pas contentés de harceler les forces de sécurité, des images les montrent en train de partir à l’assaut des positions tenues par ces dernières. Pris sous des jets de pierres, les policiers ont dû reculer à plusieurs reprises.

Certains militants pacifistes ont tenté en vain de faire retomber la tension. Ils n’ont pas réussi à s’interposer. Venus pour casser, les black blocs se sont attaqués aux vitrines des magasins et aux agences bancaires. Pendant près de cinq heures, ils ont entretenu le chaos dans les rues de Rome en incendiant des véhicules et en dressant des barricades. Selon la presse italienne, plus de 2500 incidents auraient été répertoriés au cours de la journée de samedi. Parmi lesquels, l’attaque de bureaux appartenants au Ministère de la défense.

Une église profanée

L’Italie a également été très choquée par les images montrant un manifestant cagoulé sortant d’une église avec une statue de la Sainte Vierge dans les bras, avant de la jeter à terre pour la casser et la piétiner. Le porte-parole du Vatican, le Père Federico Lombardi, a qualifié les heurts d’« horribles » avant de condamner « la violence et le fait qu’une église ait été profanée par quelques protestataires ».

Hier, le maire de Rome, Gianni Alemanno, a annoncé que les dégâts commis sur les équipements publics avoisinaient le million d’euros. Il a annoncé que la ville allait demander l’aide de l’État pour dédommager les particuliers. Rome n’avait pas connu des troubles de ce niveau de violence depuis les affrontements qui opposèrent des militants politiques aux forces de l’ordre pendant les « Années de plomb », dans les années 1970 et 1980.

Leur presse (24 Heures), 16 octobre 2011.

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« Indignés » : des banques visées à Rome

 

Des groupes d’inconnus ont fracassé les vitres de banques et mis le feu à deux voitures peu après le début de la manifestation des « indignés » ce samedi après-midi en plein centre de Rome, ont constaté les journalistes de l’Agence France-Presse.

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Peu après le démarrage de la manifestation, des petits groupes non contrôlés ont fracassé les vitrines de deux banques via Cavour à l’aide de panneaux de la circulation, avant de prendre la fuite et se mêler à la foule des manifestants. D’autres ont mis le feu à deux voitures. Une colonne de fumée s’élevait en début d’après-midi aux abords du Colisée où les pompiers ont aussitôt été dépêchés sur place. Selon l’agence italienne Ansa, des manifestants ont tenté de retenir un autre groupe de perturbateurs violents, masqués de noir en leur jetant des bouteilles.

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Les incidents se sont produits tout près du Colisée où des dizaines de milliers de personnes manifestent, dans le cadre de la journée mondiale de protestation lancée contre la précarité liée à la crise et le pouvoir de la finance.

Leur presse (Le Figaro.fr), 15 octobre 2011.

 

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« Indignés » : la manifestation dégénère en Italie

Journée de manifestations dans plusieurs grandes villes mondiales. Le mouvement des « Indignés » se mobilisent contre la précarité et le pouvoir de la finance. À Rome, 200’000 personnes étaient attendues samedi pour une grande manifestation contre la précarité et le pouvoir de la finance. Les forces de l’ordre craignaient des échauffourées, à juste titre.

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Samedi, en plein centre de Rome, des groupes d’inconnus ont fracassé les vitres de banques, et mis le feu à deux voitures. Des incidents qui ont éclaté peu après le début de la manifestation, tout près du Colisée. À 16h30 environ, la police décidait de charger les manifestants.

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Une annexe du ministère de la Défense a également été incendiée par des éléments incontrôlés. Peu avant 17H00 samedi, des flammes s’échappaient du bâtiment autour duquel se trouvaient encore une centaine d’inconnus cagoulés de noir, qui ont également mis le feu à deux voitures. Les pompiers avaient du mal à arriver sur les lieux, se frayant un passage parmi les dizaines de milliers de personnes qui continuaient de manifester pacifiquement. Le cortège doit traverser la ville pour rejoindre la place Saint-Jean-du-Latran, lieu traditionnel des grandes manifestations comme le 1er mai. […]

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Leur presse (Le Parisien.fr), 15 octobre 2011.

 

Incidents en marge du défilé des « indignés » à Rome

Des incidents ont éclaté en marge de la manifestation des « indignés » à Rome, où un petit groupe de casseurs a brisé des vitrines et incendié des voitures. La police italienne a fait usage de gaz lacrymogènes et de canons à eau contre les protestataires.

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Un important dispositif policier était déployé dans la capitale italienne où quelque 100.000 manifestants étaient attendus dans le cadre de l’appel à une journée de mobilisation mondiale contre les dérives de la finance et pour une démocratie réelle. En marge du cortège, un petit groupe de protestataires violents a cassé des vitrines de magasins et de banques, incendié des véhicules et jeté des bouteilles. Selon l’agence de presse italienne ANSA, certains s’en sont pris à des bureaux appartenant au ministère de la Défense et une agence pour l’emploi. La plupart des violences ont eu lieu près du Colisée. […]

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Leur presse (AP), 15 octobre 2011.

 

« Indignés » : champ de bataille sur une place historique de Rome

Gaz lacrymogènes, charges de la police, manifestants et touristes apeurés : l’esplanade Saint-Jean de Latran à Rome, point d’arrivée de la manifestation des « indignés », s’est subitement transformée samedi en champ de bataille.

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Vers 18H30, des groupes d’inconnus masqués de foulards noirs ou de cagoules continuaient à harceler les forces de l’ordre, jetant pavés, cailloux et fumigènes sur les fourgons de police, qui tentaient de manœuvrer à toute allure à travers la foule. Pris d’assaut, l’un de ces véhicules a pris feu au milieu des manifestants.

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La police a tenté de charger les « casseurs », semant la panique parmi les manifestants pacifiques qui avaient commencé à arriver sur la place. Nombre d’entre eux, ainsi que des touristes désemparés, se sont réfugiés sur les marches ou à l’intérieur de la plus ancienne église de Rome, surnommée « la mère » de toutes les églises du monde.

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Des dizaines d’autres manifestants quittaient les lieux les bras en l’air afin de ne pas être confondus avec des casseurs. Une jeune fille a été vue le visage en sang. « Ça me dégoûte. C’est la faute du gouvernement qui a contraint les jeunes à se comporter ainsi. Ils ne nous laissent pas le choix », a commenté Laura, 23 ans.

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Voitures incendiées

« C’est incroyable », renchérissait Roberto, 50 ans. Selon lui, la police « a transformé ça (ndlr : une manifestation pacifique contre la précarité et la finance mondiale) en émeute. On aurait pu manifester pacifiquement. » Aux abords de la place, où la circulation n’avait curieusement pas été interrompue, des voitures de luxe ont été accueillies à coups de pierre. D’autres pratiquaient un véritable slalom entre poubelles et immondices brûlés.

Des manifestants expliquaient aux personnes arrivées dans les parages qu’il était préférable de rebrousser chemin. Des dizaines de milliers de personnes avaient rejoint la manifestation à Rome dans le cadre de la journée mondiale des « indignés ». Mais dès le début du cortège, des groupes d’inconnus ont fracassé les vitrines de deux banques rue Cavour à l’aide de panneaux de circulation, avant de prendre la fuite et se mêler à la foule des manifestants.

Certains ont incendié des voitures et mis le feu à une annexe du ministère de la Défense à deux pas du Colisée. Le centre de Rome avait été verrouillé dès le matin par la police. Mais celle-ci a protégé en priorité les lieux clés du pouvoir en Italie, tels que la présidence de la République, le siège du Parlement ou la résidence privée du chef du gouvernement Silvio Berlusconi.

Leur presse (20 Minutes.fr), 15 octobre 2011.

 

Rome : 70 blessés dont 3 graves

Soixante-dix personnes ont été blessées, dont trois grièvement, samedi à Rome, lors des violences qui ont opposé éléments incontrôlés et forces de l’ordre en marge de la manifestation des « indignés », a rapporté dans la soirée l’agence de presse italienne Ansa.

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Selon un décompte établi par l’agence, 25 personnes ont été traitées dans « un hôpital de campagne » mis en place par les services de secours d’urgence aux abords de la basilique Saint-Jean de Latran, tandis que les 45 autres ont été admises dans les services d’urgence d’autres hôpitaux. Trois sont dans un état grave.

Les incidents avaient éclaté dès le début du cortège qui a rassemblé des dizaines de milliers de personnes dans la capitale italienne, dans le cadre de la journée mondiale des « indignés » contre la précarité et la finance mondiale.

Leur presse (Agence Faut Payer), 15 octobre 2011.

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Ouvertures et expulsions à Toulouse

Le CREA réquisitionne un nouveau batiment pour accueillir des familles à la rue !!

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1318696155.jpgCe lundi 10 octobre 2011, accompagné par plus de 130 personnes, le CREA a réquisitionné un nouveau bâtiment situé 5 rue Goudouli à Toulouse. Laissé vide par l’État depuis 2 ans, il peut désormais accueillir six familles à la rue. Depuis fin avril, le CREA a repris un immeuble de 3000m², 70 avenue des Demoiselles, où le collectif habite avec sept familles et tente d’inventer de nouveaux rapports sociaux basés sur l’égalité, l’entraide et l’autogestion. « Nous ne demandons aucune subvention, nous ne coûtons rien à personne, nous pensons que le peuple doit s’organiser par lui-même pour lutter contre toutes les formes de misère. Alors nous reprenons ces bâtiments laissés vides par l’État, pour nous loger et accueillir ceux que le capitalisme jette à la rue. Nous continuerons à ouvrir des bâtiments vides tant qu’il y aura des gens à la rue. À Toulouse, il reste encore une vingtaine de familles sans abri, il est possible de les loger dignement avant l’hiver grâce à l’entraide et à la solidarité. Les bâtiments vides sont nombreux, il nous faut seulement de l’aide matérielle et humaine. Tout pour tous, pouvoir au peuple ! »

 

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Communiqué de l’assemblée de soutien aux expulsés :
C’EST ARRIVÉ PRÈS DE CHEZ TOI !!!

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1318696130.jpgCe mercredi 12 octobre à 6h, une trentaine de véhicules de flics, prétextant le flagrant délit de dégradations, expulse, sans procédure légale, sept personnes au 5 rue Goudouli, un bâtiment occupé depuis cinq jours à Toulouse. Ils embarquent les occupant.es au commissariat.

Dans la foulée, les keufs se rendent au 17 rue des Jardins, pour expulser de la même manière, avec le même prétexte bidon, un bâtiment occupé depuis une semaine.

Menacé.es au flashball, cinq des six occupant.es se font vider de leur lieu de vie et sont embarqué.es au commissariat. Les flics font intervenir le GIPN, intervention qui coûte 30.000 €, pour tenter de déloger le sixième occupant, resté sur le toit. L’opération est menée avec brio par ce cher commissaire divisionnaire Laurent Sindic. Ils sont redescendus bredouilles, na na na na nère…

Dans la rue des Potiers, une cinquantaine de personnes se rassemblent en soutien, la tension est palpable. Une personne, déjà arrêtée lors de la première expulsion, est à nouveau embarquée, déférée immédiatement en comparution, qu’elle refuse et passera donc en procès le 16 novembre pour outrage.

Ces lieux avaient été réquisitionnés. L’un par le CREA (Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion) dans le cadre de leur campagne « Zéro Enfants à la Rue cet Hiver ». L’ouverture publique s’était déroulée le lundi 10 octobre, portée par 150 personnes. Une assemblée s’en était suivie. Ce lieu devait accueillir cinq familles à la rue. Cette maison, anciens locaux de l’AFPA, était vide depuis au moins deux ans.

Les habitant.e.s du deuxième lieu, ancien restaurant du rectorat, resté vide depuis 2010, souhaitaient mettre à profit une partie des locaux pour y organiser des activités collectives, dont des cantines populaires gratuites. Le but était d’y expérimenter des rapports entre les gens en dehors des circuits marchands.

Ils nous expulsent
parce qu’ils préfèrent laisser des bâtiment vides pour spéculer,
parce que trop de pauvres au même endroit ça fait tâche,
parce qu’ils veulent aseptiser nos villes et nos vies,
parce que l’ordre public prime sur la solidarité et la rencontre,
parce qu’avec Défi Propreté, c’est moins le fait de sortir ses poubelles trop tôt qui dérange que le fait que les pauvres s’organisent…

Nous continuerons à occuper des lieux parce que nous ne supportons pas de voir des logements vides alors que des gens dorment dehors, pour nous réapproprier la ville, parce qu’on a la rage !

C’est pas le moment d’abandonner !!!

 

Le GIPN appelé en renfort pour déloger un squatteur réfugié sur un toit

Six camions de police, plusieurs voitures, plus de trente policiers en tenue d’intervention et même… le GIPN, spécialement dépêché de Bordeaux. Les forces de l’ordre ont employé les grands moyens hier, entre dix heures et midi, dans la paisible rue des jardins, aux abords du Grand Rond. Motif ? Un squatteur refusait de quitter le bâtiment en cours de démantèlement et s’était réfugié sur le toit.

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À quelques jours du début de la trêve hivernale (le 1er novembre), les squatteurs multiplient leurs actions de réquisitions de bâtiments « pour mettre à l’abri les personnes à la rue, et notamment les familles ». Lundi, puis mardi, ils ont officialisé l’ouverture de deux nouveaux lieux. Le premier rue Goudouli, l’autre rue des jardins. Les services de l’État ont réagi aussitôt, montrant ainsi leur détermination face à ces occupations illégales.

Deux expulsions dans la matinée

Hier, vers six heures du matin, le nouveau bâtiment du CREA (collectif de réquisition d’entraide et d’autogestion) a d’abord été évacué manu militari. Ses sept occupants délogés ont été amenés à l’hôtel de police avant d’être relâchés un peu plus tard. Un peu avant dix heures, ils se sont dirigés vers la rue des Jardins pour déloger un second squat. Si les premiers occupants n’ont pas opposé de résistance, l’un d’entre eux s’est montré plus farouche. Il s’est retranché sur le toit du bâtiment, refusant de descendre avec les pompiers. « Nous n’avons eu d’autre choix que de faire appel aux forces de police compétentes dans pareille situation. L’individu aurait pu être armé, se jeter du toit ou se blesser », a indiqué la police nationale.

Lors de cette intervention, un autre militant a été interpellé pour « outrage à agent ». Il passera devant le tribunal au mois de novembre. Les militants dénoncent « une intervention illégale car nous étions dans le bâtiment depuis plus de 48 heures ». La préfecture a précisé qu’il s’agissait d’une opération judiciaire « sous le contrôle du parquet, d’interpellation des auteurs de dégradation de biens privés en réunion ». Acte donc.

Leur presse (Thomas Belet, La Dépêche.fr), 13 octobre 2011.

 

Toulouse – Deux squats évacués en un jour

La réquisition n’a pas fait long feu. Hier, aux aurores, la police a évacué les sept occupants de l’immeuble situé 5, rue Goudouli. Le bâtiment, appartenant à des particuliers, était squatté depuis le week-end par le Collectif pour la réquisition l’entraide et l’autogestion (Crea) qui comptait y loger cinq familles à la rue. Les sept personnes interpellées ont été conduites au commissariat pour interrogatoire avant d’être relâchées. Plus tard dans la matinée, c’est un autre bâtiment, public celui-là, qui a été évacué rue des Potiers. Un homme de 33 ans a été arrêté pour « outrage » au cours de cette deuxième opération. Et le parquet a décidé de le faire juger dès l’après-midi en comparution immédiate. Une procédure « plus qu’expéditive » pour Julien Brel, son avocat, qui a finalement obtenu un délai jusqu’au 16 novembre.

Leur presse (20 Minutes.fr), 13 octobre 2011.

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Pillages et affrontements à Mayotte

 

Des affrontements ont éclaté ce soir [14 octobre] à Mamoudzou, chef-lieu de Mayotte, entre manifestants et forces de l’ordre, selon un correspondant de l’AFP, peu après l’annonce par la ministre Marie-Luce Penchard (Outre-mer) d’une série de mesures sociales. Une grande surface implantée en centre-ville a été fracturée et pillée par plusieurs dizaines de manifestants, principalement des jeunes.

Les faits se sont déroulés à quelques centaines de mètres de la place de la République, où étaient rassemblées plusieurs milliers de personnes qui devaient décider des suites à donner au mouvement lancé le 27 septembre contre la vie chère.

Les incidents ont éclaté quelques minutes après l’intervention télévisée de Marie-Luce Penchard, qui a annoncé plusieurs mesures sociales pour tenter de sortir de la crise, dont une réglementation du prix du gaz et une baisse du prix des produits de première nécessité.

Leur presse (Agence Faut Payer), 14 octobre 2011.

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[Nique la censure !] Sites miroir Copwatch

 

Sites mirroir de Copwatch, suite à la décision de justice de censurer le site :

http://werebuild.eu/wiki/Copwatch

 

À l’attention de tous

Ce vendredi 14 octobre 2011, le tribunal de Grande Instance de Paris a décidé de répondre à la demande du gouvernement en proclamant l’interdiction du site Copwatchnord-idf.org. La police s’est senti victimisée ; et l’État tremblotant a suivi comme toujours la droite lignée donnée par ses fervents représentants sur le terrain et leurs syndicats. Cela a toujours été le cas historiquement, tant en terme de mesures sécuritaires contre une frange de la population ou lors de critiques ouvertes à l’encontre des forces de l’ordre. Cela ne nous étonne pas.

Il est dit que nous réalisons un « fichage » des forces de l’ordre, il nous a été posé la question de la reproduction des méthodes du gouvernement, des méthodes policières, et des allusions au fichier EDVIGE nous ont été faites. Si tant de rapprochements sont faits, c’est bien que ces méthodes posent questions quant à leur utilisation et finalité. Pour autant, nous affirmons de nouveau avoir établi des bases de données regroupant des informations sur membres des forces de l’ordre, qui de par leur statut représentent l’État et la « république démocratique », et sont donc des personnes publiques de par leur choix professionnel. Ces bases de données sont des outils au service des individus amenés à rencontrer ces personnes publiques ; outils leur permettant de savoir à quoi s’en tenir.

Contrairement au gouvernement, nous n’avons que faire de leur vie privée sauf lorsqu’il s’agit de liens avec les différentes composantes de l’extrême droite. Des liens bien souvent gênants pour le gouvernement et les membres des forces de l’ordre concernés directement ou indirectement. Des liens qui font de ces « représentants de l’État » des éléments dangereux à l’encontre de la population, comme cela a pu se voir à différentes reprises. Les dépôts de plaintes liés à ces histoires n’ont étrangement jamais abouti à de telles réactions du gouvernement, ou des précédents.

De par ces bases de données, des membres des forces de l’ordre se seraient sentis « en danger », ainsi que leur famille, nous accusant de détruire des vies et d’inciter aux représailles. Paradoxalement, tous les jours, ce sont ces mêmes membres et leurs collègues qui participent à la destruction de nombreuses vies de personnes et de familles, notamment par une utilisation bien souvent zèlée des pouvoirs qui leur sont attribués. Nous avons entendu parler d’une « haine anti-flic » présente parmi la population, et que nous attisions paraît-il. Mais nous ne l’avons pas créée ; c’est les forces de l’ordre elles-mêmes, l’impunité dont elles profitent, et bien évidemment les décisions des villes, préfectures, ministères et autres instances gouvernementales de répression qui ont amené l’émergence et le développement progressif de ce sentiment. Nous ne l’exacerbons pas, nous l’avons peut-être juste remis sur la scène publique et médiatique. Cela n’a visiblement pas amené le gouvernement à se poser des questions.

En outre, ce sentiment dit « anti-flic » que nous considérons davantage comme un ras le bol des abus quotidiens perpétrés et impunis, s’est traduit par de nombreux messages de soutien, mais aussi des témoignages qui nous ont été transmis. Les messages de soutien et témoignages seront prochainement diffusés sur le site dont le musèlement reste à prouver et des témoignages prendront probablement d’autres chemins ; nous avons plus d’une carte dans nos mains.

Quoi qu’il en soit, malgré la censure désirée à l’encontre du site, il reste toujours accessible par des outils tel que Tor ou I2P, que nous conseillons à toutes et tous pour consulter le site et naviguer sur internet. Nous continuerons notre travail et notre lutte pour dévoiler ce que le gouvernement veut cacher par peur de dévoiler son vrai visage sécuritaire et fasciste. Nous sommes déterminés et ne lâcherons rien.

Nous les identifierons un à un,
Leur impunité prendra fin.

Copwatch Nord Paris Île-de-France, 14 octobre 2011.

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[Ain] La police travaille à Berck-en-Brousse

Après les incidents de mardi soir : prison avec sursis pour les caillasseurs

Bourg. Interpellés lors des événements de mardi [11 octobre], à la Reyssouze, quatre émeutiers présumés étaient poursuivis hier [13 octobre] pour « participation avec arme à un attroupement », ces armes étant des pierres. Ils sont repartis libres.

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Ils avaient été repérés, mardi soir, formellement identifiés par les policiers en civil du commissariat de Bourg-en-Bresse, puis interpellés deux par deux, direction la cellule de garde à vue. Ils sont ressortis libres du tribunal hier après-midi, un sursis en guise d’épée de Damoclès au-dessus de la tête.

Quatre garçons dans le vent de la tempête, quasiment sans antécédents, entraînés par l’effet de groupe dans les incidents ayant agité la Reyssouze, après la mort d’un homme de 37 ans, lors d’une interpellation dans le quartier. Pas des profils de multi-récidivistes repris de justice, des émeutiers ordinaires en somme, condamnés comme tels hier après-midi, en comparution immédiate, par le tribunal correctionnel de Bourg-en-Bresse.

Poursuivis non pas pour des caillassages qui auraient été peut-être difficiles à démontrer, mais pour une « participation avec arme à un attroupement », ces armes étant des pierres, les quatre prévenus, âgés de 21 à 30 ans, ont tous été condamnés à une peine de deux mois de prison avec sursis, assortie pour l’un d’entre eux d’une mise à l’épreuve de dix-huit mois. L’occasion pour le vice-procureur, Bertrand Guérin, de stigmatiser, au nom du parquet, ces événements fondés sur « l’effet de mode », la rumeur et l’irrationnel : « Si la police ne peut plus faire son travail, qui est de faire des enquêtes et d’interpeller des suspects, alors il faut la dissoudre, revenir à la loi de la jungle, et à la préhistoire. »

Pas de revendication anarchiste, dans la bouche des mis en cause, aux systèmes de défense distincts. Profil bas pour celui-là, 25 ans, futur paysagiste : « J’étais chez moi, j’ai vu de la fumée, je suis descendu voir ce qui se passait, il y avait du monde, et puis ces gendarmes mobiles avec leurs boucliers. Il y avait cette rumeur qui circulait, j’ai suivi le mouvement, par bêtise, comme un imbécile. »

Version plus nuancée, même suivisme pour ces deux cousins, âgés de 21 et 22 ans, tous deux en recherche d’emploi, reconnaissant avoir ramassé des cailloux, sans les avoir jetés.

Plus incongru, le témoignage de ce trentenaire qui n’était « au courant de rien », étant juste « venu voir le match de l’équipe de France » chez son ex-copine : « Je ne connais pas ce quartier, je ne comprenais pas ce qui se passait, et je ne connais pas ces gens. On est juste venu me prévenir que ma voiture était en train de cramer. » Identifié par les policiers comme un « meneur », lui a continué d’affirmer, hier, qu’il était intervenu, « avec deux-trois riverains, pour tenter de calmer les jeunes ». Ces grands gestes des bras auraient-ils pu être mal interprétés par les policiers ? Le tribunal n’est pas allé jusqu’à lui laisser le bénéfice du doute.

Leur presse (Vincent Lanier, On n’arrête pas le Progrès), 14 octobre 2011.

 

Le quartier de la Reyssouze entre colère et exaspération

Bourg-en-Bresse. Plusieurs incendies volontaires dans la soirée de mardi. Le matin même, un homme âgé de 37 ans, qui devait être interpellé dans le cadre d’une vaste opération policière, était décédé des suites d’une chute du deuxième étage d’un immeuble. La tension était encore palpable hier soir.

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La mort de « Majhoub » a laissé des traces à Bourg-en-Bresse. Le quartier de la Reyssouze portait, hier matin, les stigmates discrets d’une nuit émaillée d’incidents sporadiques, provoqués par des petits groupes dispersés, issus de la cité, et au-delà.

Autour du centre commercial, au bout de la rue Jean-Moulin, toutes les discussions tournaient autour du décès de la veille, et des « événements » de la nuit, pour la plupart concentrés dans ce secteur central du quartier.

Un scénario qui était pressenti par les autorités, ayant positionné deux pelotons de gendarmes mobiles en retrait, prêts à intervenir. Sans véritable surprise, il était un peu moins de 21 heures, lorsqu’un premier véhicule a été incendié, dans le haut de la rue Jean-Moulin, devant un abri-bus. Sous les yeux des habitants assistant depuis leurs fenêtres au spectacle désolant d’un irrationnel épisode de violences urbaines.

Le décor : l’intervention subite des forces de gendarmerie mobile, usant des gaz lacrymogènes pour éloigner les caillasseurs, et protéger d’un cordon de sécurité les pompiers venus éteindre un container à poubelles en feu, poussé sur la route.

Sans excuser les fauteurs de troubles, certains riverains trouvaient des raisons de les comprendre : « Il y a beaucoup de colère, parce que tout le monde sait comment ça va se terminer : ils vont classer l’affaire et basta » !

Bien qu’atténuée à ce moment-là, après que les vitres d’un abri-bus aient également volé en éclats, une certaine tension était encore perceptible, à 22h30, lorsque le préfet Philippe Galli, accompagné du commissaire Dunand, est apparu au pied des immeubles, à proximité raisonnable des forces de l’ordre. Lorsque le représentant de l’État s’est approché d’un petit groupe de personnes observant de loin les mouvements de troupes, un dialogue surréaliste et un peu vain s’est engagé. Mais c’était toujours un début de dialogue.

Au fil des minutes, un silence précaire a semblé s’installer pour de bon sur le quartier. « À deux heures du matin, c’était hyper calme. On aurait pu penser que rien ne s’était passé s’il n’y avait pas eu les fourgons des gendarmes mobiles stationnés à proximité », racontait un témoin au sommeil léger, réveillé une heure plus tard, comme bien d’autres, par un gros bruit d’explosion. Cette fois, c’est le camion-frigo du boulanger, stationné sur le côté du centre commercial, qui était en flammes, juste à côté du foyer-résidence municipal de personnes âgées.

Un acte plus isolé, probablement, mais aussi très mal intentionné, s’attaquant à un commerçant n’ayant strictement rien à voir avec toute cette affaire. Hier matin, à la colère des uns, écœurés d’avoir perdu précipitamment un ami, répondaient la lassitude et l’exaspération pessimiste des autres.

Dans l’attente des premières conclusions de l’enquête sur les circonstances de la mort de son frère, Abdel Gmili, au nom des proches, continuait hier à appeler au calme : « J’ai été pourtant très clair, je ne voulais pas qu’il y ait encore de la casse, ça ne m’intéresse pas, et ça ne ramènera pas mon frère ».

Chute mortelle au cours d’une interpellation
El Majhoub Gmili, 37 ans, est décédé mardi 11 octobre, au matin, après une chute d’environ six-sept mètres, depuis son appartement situé au deuxième étage du 1, rue Hélène-Boucher, dans le quartier de la Reyssouze à Bourg-en-Bresse. Déjà connu des services de police, condamné en 2002 à dix ans de prison pour trafic de stupéfiants, l’homme devait être arrêté par les policiers du GIPN, intervenus à son domicile.

La police des polices saisie
Une enquête de l’IGS est en cours afin de déterminer les circonstances de la chute. Il s’agit notamment de vérifier les déclarations des onze policiers intervenus dans l’appartement lors de l’interpellation. Ces derniers excluent « tout contact physique » avec le défunt avant la chute.

Trafic de stupéfiants : dix-huit gardes à vue
L’opération policière de mardi matin entrait dans le cadre d’une enquête sur un réseau de trafic de stupéfiants relevant de la criminalité organisée. Au total, dix-huit personnes interpellées sont actuellement en garde à vue, sur l’ensemble des deux régions Rhône-Alpes et Auvergne.

Incidents : dix arrestations
Six majeurs et quatre mineurs avaient été interpellés hier, à la suite des caillassages, dégradations et incendies volontaires survenus dans la nuit à la Reyssouze. Plusieurs de ces suspects seront présentés dès cet après-midi au tribunal.

Leur presse (Vincent Lanier, On n’arrête pas le Progrès), 13 octobre 2011.

 

Incidents de la Reyssouze à Bourg : prison avec sursis pour les émeutiers

Après la mort d’un suspect au cours d’une interpellation et les émeutes qui ont suivi dans le quartier de la Reyssouze à Bourg-en-Bresse, une douzaine d’individus ont été interpellés et quatre d’entre eux condamnés cet après-midi [13 octobre].

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Encore une voiture brûlée et des feux de poubelles hier soir, dans le quartier de la Reyssouze, qui a progressivement retrouvé un calme précaire, après les événements plus importants de la veille.

Une douzaine d’interpellations au total ont eu lieu depuis le début des incidents, consécutifs à la mort d’un homme de 37 ans, tombé du deuxième étage au cours d’une interpellation mardi matin.

Outre trois mineurs, relâchés, qui devront répondre ultérieurement de dégradations et caillassages, quatre de ces émeutiers, âgés de 21 à 30 ans, ont été condamnés cet après-midi à des peines de prison avec sursis.

Leur presse (On n’arrête pas le Progrès), 13 octobre 2011.

 

Pas de « trace de violence » sur l’homme mort en échappant à la police

L’autopsie pratiquée sur un homme de 37 ans, mort en sautant du 2e étage de son appartement de Bourg-en-Bresse, mardi matin, pour échapper aux policiers venus l’interpeller, ne révèle « aucune trace de violence sur le corps », attestant d’une lutte, a déclaré hier, le parquet.

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« Les conclusions du médecin légiste ayant réalisé l’autopsie font état d’un traumatisme très important » avec une « hémorragie massive et une rupture du foie et de la rate compatible avec une chute », a déclaré à le procureur de la République à Bourg-en-Bresse, Marie-Christine Tarrare.

Ouverture d’enquête « en recherche des causes de la mort »

Mais « selon le légiste, il n’y a pas de traces de violence et d’ecchymoses sur le corps » accréditant la thèse d’une bagarre entre les forces de l’ordre et la victime, interpellée dans le cadre d’un trafic de stupéfiants, a souligné la magistrate, qui a ouvert une enquête en « recherche des causes de la mort ». « Des examens biologiques complémentaires sont en cours, dont les résultats ne seront pas connus avant plusieurs semaines, » a-t-elle ajouté.

Mardi à l’aube, une quinzaine de policiers du GIPN et de gendarmes avaient fait irruption « par force » dans l’appartement de Majhoub Gmili, un homme d’origine marocaine, déjà condamné à de lourdes peines pour trafic de stupéfiants. Ils agissaient sur commission rogatoire d’un juge d’instruction de la Juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lyon dans le cadre d’une affaire de trafic de stupéfiants.

Selon les premiers éléments de l’enquête, « dès leur entrée », l’homme avait alors « chuté par la fenêtre » et était « décédé des suites de ses blessures ».

L’enquête confiée à l’antenne lyonnaise de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) « est en cours » et « tout le monde n’a pas encore été entendu », a ajouté Mme Tarrare, qui a reçu mercredi après-midi le frère de la victime, Abdel Gmili.

« Il faut avoir le droit de se défendre et pas mourir comme ça » témoigne le frère de la victime

Dans la matinée, cet homme âgé de 45 ans avait fait part de son incrédulité face à ce drame. « Aujourd’hui, on a du mal à comprendre ; on est choqué ; il y a quelque chose qui s’est passé ; je suis convaincu qu’il n’est pas mort en sautant par la fenêtre, en caleçon. On se pose des questions », a-t-il dit.

Selon lui, son frère, qui avait déjà « purgé 7 ans de prison pour “trafic de stupéfiants”, a toujours payé ses dettes ».

« Mon sentiment, c’est que mon frère a été tué dans l’appartement et jeté par la fenêtre ; on n’accuse personne mais on veut que la police fasse son travail ; s’il a fait des bêtises, il doit payer, c’est normal ; mais il faut avoir le droit de se défendre, et pas mourir comme ça », a-t-il dit.

Mardi soir, deux poubelles et une voiture ont été incendiées dans le quartier de la Reyssouze, ce qui est « inhabituel dans cette zone où la tranquillité règne habituellement la nuit », selon la police de Bourg-en-Bresse.

Des « patrouilles dynamiques et statiques » avaient été mises en place pour la nuit afin de faire face à d’éventuelles tensions liées à cet événement.

La famille de la victime était intervenue mardi soir dans le quartier pour appeler au calme, a précisé le commissaire Dunand.

Leur presse (On n’arrête pas le Progrès), 13 octobre 2011.

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Now war is declared – Journal à numéro unique sur les émeutes anglaises d’août 2011

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Now war is declared – Journal à numéro unique sur les émeutes anglaises d’août 2011

Journal à numéro unique, 48p, format A4.

Ce journal contient contre-information, analyses, chronologie et textes traduit de l’anglais, mais aussi d’autres langues, le tout dans une perspective antiautoritaire.

Sommaire :
• Now war is declared ! Une introduction – p.3
• Déroulement des émeutes – p.8
• La lutte contre l’existant continue – p.12
• Tottenham contre-attaque – p.18
• Les yeux grands ouvert à Londres – p.19
• Communiqué d’une attaque à Bristol – p.20
• London Calling (Belgique) – p.21
• Cinq postes de police attaqués à Nottingham – p.22
• London Calling (Italie) – p.23
• Les mots d’un émeutier – p.25
• Leave them kids alone ! – p.26
• Retour sur la répression des émeutes de Londres – p.27
• Nouvelles technologies + police + citoyenneté = Répression 2.0 – p.33
• Don’t panic don’t talk – p.38
• Compte-rendu de la manifestation du 13 août – p.39
• Manif anti-flic devant la prison de Brixton – p.40
• Contre toute autorité – p.41
• London Calling (Allemagne) – p.42
• Affiche grecque de solidarité – p.43
• Pour mémoire : Nothing to lose ! – p.44

Il sera exceptionnellement disponible au prix fixe de 4€ l’exemplaire, et de 3€ l’unité à partir de cinq exemplaires. Tout l’argent qui sera récolté servira à soutenir des compagnons rackettés par la justice dans le cadre de la lutte contre les centres de rétention et la machine à expulser.

Pour commander votre exemplaire, pour les distros, pour en poser dans des lieux de diffusion, contactez cette adresse.

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Publié dans La liberté est le crime qui contient tous les crimes | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Now war is declared – Journal à numéro unique sur les émeutes anglaises d’août 2011

Rebellion au CRA de Rennes

Ce soir [vendredi 7 octobre] vers 20h, un retenu Tunisien de retour du JLD s’est affronté avec un policier qui lui avait balancé ses affaires à la figure. Ce geste a déclenché une rébellion des autres retenus. Ils ont réussi à désceller un banc et ont utilisé des pierres comme projectiles. Le retenu tunisien s’est tailladé les bras avec un objet métallique. Il a été soigné sur place par les pompiers. La PAF a fait appel à une vingtaine de policiers casqués en renfort.

À 21h30 les retenus ont regagné leurs chambres dans le calme, mais la tension demeure…

Mailing – 7 octobre 2011.

 

Échauffourées au Centre de rétention administrative

Une douzaine de personnes retenues au Centre de rétention administrative (Cra) de Saint-Jacques-de-la-Lande, près de Rennes, se sont opposées, ce vendredi soir, 7 octobre, aux policiers chargés de garder l’établissement. Les hommes s’étaient repliés dans la zone de rétention, à l’intérieur du Centre, et y ont dressé des barricades de fortune. Ils ont chassé les surveillants qui se sont approchés, en leur jetant des pierres. Deux bancs scellés au sol ont également été arrachés et projetés sur les gardiens.

Le chef de centre a appelé un groupe d’intervention de la police en renfort, qui a démonté le barrage vers 21h30 et calmé les esprits. L’opération s’est déroulée sans violence et les « mutins » ont regagné leurs chambres en quelques minutes.

D’après la Cimade, organisation non gouvernementale habilitée à assister les personnes placées en centres de rétention administrative, cet incident intervient dans un contexte « de vives tensions » entre les sans-papiers retenus au Cra de Saint-Jacques et les policiers qui en ont la garde. Le bras de fer de ce vendredi soir a démarré suite à l’arrivée d’un Tunisien au centre, placé là pour 20 jours de rétention. Les hommes qui ont formé le barrage et fait le coup-de-poing ont jugé qu’il avait été accueilli de manière indigne par les gardiens du Cra.

Leur presse (Ouest-France), 7 octobre 2011.

 

Trois des retenus ayant participé à cette rébellion ont été placés en garde à vue lundi soir. Ils seront présentés en comparution immédiate mercredi 12 octobre à 16h (1er étage Cité judiciaire).

Besoin de soutien !

Mailing – 11 octobre 2011.

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Mobilisons-nous pour l’arrêt immédiat du nucléaire !

La catastrophe de Fukushima a sonné comme un rappel et un avertissement sur la réalité d’une source d’énergie prétendument « propre et sans danger ». Plus récemment, en France, une explosion a eu lieu dans le centre de traitement et conditionnement de déchets radioactifs de Marcoule. Tout en multipliant les déclaration visant à nier toute contamination, avant même qu’une quelconque expertise ait lieu, l’État s’est pourtant empressé de mettre en alerte tous les pompiers volontaires du sud de la France.

Comme à chaque accident, l’État, la bourgeoisie et le lobby nucléaire nient la réalité des faits, pour maintenir la population à l’écart de toutes les décisions en matière de gestion de l’énergie ; et c’est en ce sens que le slogan « société nucléaire, société totalitaire » prend toute sa signification. La société nucléaire est également une société policière et militaire, puisque le complexe industriel nucléaire est également un complexe industriel militaire (la France ayant une longue tradition de production de missiles nucléaires et poursuivant la construction de sous-marins et de porte-avions nucléaires) qui s’appuie sur la répression policière pour exclure les travailleuses et travailleurs de toute possibilité de contrôle des choix et de la production énergétique. De la même manière un discours bien rodé tente de disqualifier les opposants au nucléaire en les assimilant à des partisans technophobes du « retour à la bougie ».

Le risque de catastrophe nucléaire s’accroit pourtant à mesure de l’allongement de la durée de vie des centrales, mais aussi sous l’effet de la logique de rentabilité qui pousse aussi bien les ErDF à utiliser des matériaux encore moins fiables et à espacer les contrôles. Mais au-delà de ce risque de catastrophe, se pose également la question des déchets qui quoi qu’en disent les défenseurs du nucléaire, n’a toujours pas trouvé de solution acceptable. L’industrie nucléaire envisage seulement d’enfouir les déchets radioactifs et les problèmes qu’ils créent avec. Cette poubelle géante située 500m sous terre contiendrait alors des éléments radioactifs pendant plusieurs centaines de milliers d’années. Personne ne peut raisonnablement prévoir ce qu’ils deviendront ni quelle société aura à vivre au dessus de ce dangereux amas.

Pour nous une seule solution s’impose. Il faut arrêter immédiatement le nucléaire civil et militaire : mettre fin à l’extraction d’uranium qui maintient des pays comme le Niger dans des rapports néo-coloniaux, arrêter toute nouvelle construction de centrale et d’arme nucléaire et entamer immédiatement le démantèlement des installations nucléaires existantes.

Pour cela, il nous faut mettre fin à l’organisation capitaliste du travail, de l’économie, et au rôle organisateur de l’État qui nous privent de nos capacités de décision et d’organisation, en matière de production de bien et de service (choix de production comme de conditions de travail) et plus particulièrement en matière énergétique. Il nous faut également mettre en cause la logique productiviste qui implique une surconsommation énergétique et empêche toute gestion rationnelle de la production pour lui substituer celle de la satisfaction des besoins réels des populations.

Il nous faut lutter pour la gestion directe des moyens de production et de distribution par les travailleuses et les travailleurs seul moyen d’assurer le contrôle de la production c’est-à-dire de permettre de répondre collectivement à : Que produire ? Pour qui ? Comment ? Avec quelles conséquences énergétiques et environnementales ?

Ce Samedi 15 octobre 2011 les groupes de la CGA seront présents dans les manifestations de Saint-Vulbas (centrale du Bugey), de Rennes et d’Avignon (près des centrales de Marcoule et du Tricastin) avec les mots d’ordre suivants :

Arrêt immédiat du nucléaire civil et militaire
Reprenons le contrôle sur les choix énergétiques et économiques :
Rompons avec la société nucléaire, capitaliste et étatique !

Coordination des Groupes Anarchistes, 9 octobre 2011.

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[Russie] Les suspects dans des affaires d’explosion et d’incendie criminel sont libérés

Samedi, 8 octobre 2011

Les suspects dans des affaires d’explosion et d’incendie criminel sont libérés mais les procédures pénales ne sont pas clôturées

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1318423624.jpgLes 28 et 29 septembre 2011 à Moscou, ont été arrêtées quatre personnes (deux jeunes filles et deux jeunes hommes) soupçonnés d’avoir commis un crime selon l’article 213, de la partie 2 du Code criminel (« hooliganisme ») et selon l’article 167, partie 2 (« la destruction intentionnelle ou les dommages à la propriété, pour des motifs de hooliganisme, par l’incendie criminel »). Ils sont soupçonnés d’être liés à l’explosion près d’un poste DPS (NdT : un poste de la police routière) à 22 km de l’autoroute circulaire de Moscou (MKAD — le périphérique, NdT) qui a eu lieu le 7 juin 2011 [Vidéo de l’explosion près d’un poste DPS. D’autres vidéos, avec des commentaires en anglais], et aux incendies criminels des tractopelles dans le voisinage de travaux routiers sur l’autoroute Volokolamskaya le 5 juin 2011. Les agents de la police n’ont aucune preuve de l’implication des jeunes dans ces actes et ont été obligés de relâcher les suspects en liberté le 5 octobre 2011. Pendant l’enquête, ces derniers ont été soumis à des pressions psychologiques et physiques pour les contraindre à témoigner contre eux et contre d’autres suspects.

Les arrestations, perquisitions et interrogatoires ont été effectués par  des agents de l’UGRO (police judiciaire), du FSB (Service fédéral de sécurité) et du Centre « E » (Centre de prévention de l’extrémisme). Dans la plupart des cas, seulement une à deux  personnes parmi de très nombreux agents participant à l’enquête ont montré leurs papiers. La perquisition a été également effectuée (pour la deuxième fois en six mois) chez un  cinquième suspect anarchiste K., engagé dans une activité publique. K. n’a pas été arrêté, probablement, en raison de la grande disponibilité de son avocat : celui-ci était prêt à arriver rapidement au commissariat afin d’être présent à l’interrogatoire.

Chez les détenus ont été saisis les téléphones mobiles, ordinateurs (personnels et ceux de leurs familles), tous les supports numériques, une arbalète (qui n’est pas une arme), les couteaux de cuisine, un conteneur d’essence (appartenant  à un père de l’un des détenus). Chez K., en plus des ordinateurs et des téléphones mobiles, ont également été confisqués les documents imprimés — magazines, journaux, tracts. La GUVD (Direction centrale des affaires intérieures) de Moscou a indiqué sur son site que, lors de cette perquisition, aurait été confisquée une bouteille de liquide inflammable. Or, cette affirmation est fausse.

La détention de  A. a eu lieu le 28 septembre tard dans la soirée. Un jeune homme rentrait chez lui, quand des personnes en civil, sorties d’une ambulance,  l’ont subitement attaqué. Tout de suite après, A. a été emmené dans les bois. Les agents des forces spéciales masqués l’ont menacé, en mettant un pistolet sur sa tête, l’ont forcé de témoigner contre lui-même. Le protocole de détention n’a été émis que dans la matinée du 29 septembre.

Le 29 septembre à 9h30, à la sortie de chez elle, a été arrêtée B. Trois agents des forces spéciales en civil ont couru derrière elle, et, sans présenter aucun document, l’ont saisie et traînée dans une ambulance. La jeune fille, effrayée, a utilisé contre les agresseurs un couteau, mais personne n’a été blessé sérieusement.

Le  29 septembre, autour de 20 heures, chez lui, a été arrêté V. Les agents du FSB ont fait irruption dans son appartement avec l’aide du policier de quartier. V. a été emmené dans le Département des enquêtes où les agents ont effectué sur lui la pression physique. Les circonstances de l’arrestation d’une quatrième suspecte sont inconnues.

Tous les détenus, après la détention de plus de 48 heures au Département des enquêtes UAO et IVS OVD [Département des Affaires intérieures] « Zyablikovo », ont été arrêtés de nouveau :  après de nombreux interrogatoires sur l’affaire de l’explosion près d’un poste DPS au 22e km de la MKAD et la rédaction des protocoles, les agents des forces spéciales ont de nouveau arrêté les jeunes gens, à la sortie de l’OVD, afin de les interroger dans le cadre d’une autre affaire pénale. Du coup, les suspects ont passé encore plus de deux jours au Département des enquêtes SZAO et IVS OVD  « Stroguino »  où ils ont été interrogés par rapport  à un incendie criminel d’un tractopelle sur l’autoroute de Volokolamsk.

Selon les lois de la Fédération de Russie, une personne peut être détenue pendant 48 heures, sans mise en accusation. Ensuite, pour poursuivre la détention, une ordonnance du tribunal pour l’arrestation est nécessaire. Cette norme juridique a été contournée  par « les gardiens de la loi et de l’ordre » car ceux-ci ont arrêté les suspects pour la deuxième fois,  dans le cadre d’une autre affaire pénale. En outre, dans  le protocole de détention, ont été, comme d’habitude, enregistrés des heures de détention plus tardives, qui ne l’étaient en réalité. Ainsi, au lieu de 48 heures proscrites par la loi, l’arrêtée B. a passé en garde à vue environ 103 heures sans ordonnance du tribunal. Dans le même temps, en isolement, les détenus ont été soumis à des pressions psychologiques intenses.

À l’heure actuelle, les jeunes gens sont suspectés dans deux affaires pénales. Des objets saisis chez eux se trouvent chez les enquêteurs. Maintenant presque tous ont des avocats, mais ils ont besoin d’argent pour les payer. L’enquête se poursuit.

Outre les questions sur les affaires d’incendie criminel et d’explosion, les enquêteurs se sont intéressés aux infrastructures des anarchistes, au cercle de communication des arrêtés. Puisque les accusations n’ont été présentées à personne, il peut y avoir de nouvelles détentions, fouilles, pressions sur les suspects.

Vous pouvez aider ces jeunes en organisant  la collecte d’argent dans votre ville et parmi vos amis. On peut leur envoyer de l’argent à ces contacts :

http://wiki.avtonom.org/index.php/%D0%9C%D0%B0%D1%82%D0%B5%D1%80%D0%B8%D

http://wiki.avtonom.org/index.php/%D0%9C%D0%B0%D1%82%D0%B5%D1%80%D0%B8%D0%B0%D0%BB%D1%8C%D0%BD%D0%B0%D1%8F_%D0%BF%D0%BE%D0%BC%D0%BE%D1%89%D1%8C_%D0%90%D0%A7%D0%9A

Étudiez  les brochures sur l’utilisation du matériel informatique et la communication sécurisés, ainsi que  des manuels sur vos droits lors de l’arrestation :

http://wiki.avtonom.org/index.php/%D0%9F%D0%BE%D0%BB%D0%B5%D0%B7%D0%BD%D

http://wiki.avtonom.org/index.php/%D0%9F%D0%BE%D0%BB%D0%B5%D0%B7%D0%BD%D1%8B%D0%B5_%D1%81%D0%BE%D0%B2%D0%B5%D1%82%D1%8B

Traduit de l’anglais – Anarchist Black Cross-Moscou.

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Débat sur l’utilisation répressive du son Jeudi 13 octobre rue des Vignoles à Paris

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La ligne THT est déboulonnable !

 

Dans la nuit du 6 au 7 octobre 2011, a eu lieu un retour de boulons des lignes T.H.T. à l’envahisseur EDF, dans son agence régionale de Rennes Atalante Champeaux.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1318411244.jpg

Cette action se situe dans le cadre de la mobilisation pour la manif anti-nucléaire de Rennes, le 15 octobre prochain.

Ci-dessous, le tract laissé sur place et collé aux vitres :

La ligne Très Haute Tension Cotentin Maine est déboulonnable !

Mesdames et messieurs d’EDF, RTE, Areva, il est temps de vous rendre ce qui vous appartient de droit. Voici quelques boulons déboulonnés de ci de là sur le territoire.

Aux pieds des pylônes Très Haute Tension, nous les avons glanés à 10, 100 et même plus pour vous montrer à quel point votre système électro-nucléaire est faillible, à quel point la sécurité que vous affichez comme vertu première de votre grosse machinerie n’est que foutaise.

Aujourd’hui, nous vous rebalançons à la gueule vos boulons comme témoins de notre rage et de notre détermination à mettre fin au nucléaire et au monde qu’il engendre.

Ce monde ne se limite pas aux centrales qui ont explosé comme à Fukushima en mars dernier. C’est aussi l’assassinat des mineurs nigériens qui extraient pour le compte de leur bourreau Areva, la contamination permanente et quotidienne de tous nos milieux de vie ou encore le mensonge permanent et l’omerta du lobby nucléaire, enfin la répression de tou-te-s ceux-elles qui s’opposent à ce dernier.

Pour chaque pylône THT installé, nous en déboulonnerons un ailleurs sur ce vieux continent. Nous serons à Flamanville(50) pour arrêter la construction du nouveau réacteur EPR. Nous nous opposerons au nucléaire partout où il irradie nos vies. Nous chercherons à détruire la nauséabonde nébuleuse sociale qui le maintient partout où nous vivons. Nous ne serons ni des vaches, ni des moutons, encore moins vos cobayes.

Depuis septembre 2010, la chasse aux boulons est ouverte.

Sous-fifres d’EDF, suppôt du désastre nucléaire, récupérez donc nos trophées de chasse qui trônent sur ce que vous osez appeller « œuvre d’art », que nous qualifierons de tas de rouille illuminé en milieu de votre gazon.

Voilà un bel exemple de dilapidation de l’argent public !

Entendez ce message qui vient perturber votre triste besogne de nucléocrates : La ligne T.H.T. Cotentin Maine est déboulonnable !!!

Lundi 10 octobre 2011.

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