[Lyon] Manifestation contre la répression à Toulouse Samedi 17 décembre

Solidarité avec les incarcéré-e-s de Toulouse, accusé-e-s d’avoir semé la pagaille les locaux de la PJJ

La Protection Judiciaire de la Jeunesse (ou PJJ) est l’organe admi­nis­tra­tif chargé en France de la répres­sion des mineurs. Contrairement à ce que son nom indi­que, elle n’a pas prin­ci­pa­le­ment pour but de les aider, mais de les juger et de les punir. À côté des quel­ques rares jeunes qui ont par­fois pu être « pro­té­gés » d’un envi­ron­ne­ment très dur, l’immense majo­rité des mineurs qui ont affaire à elle sont brisés par cette ins­ti­tu­tion judi­ciaire. Au lieu d’être « aidés » d’une quel­conque façon, ils finis­sent empri­son­nés dans des EPE, des CEF, des EPM (les pri­sons pour mineurs), etc. d’où par­tent régu­liè­re­ment des révol­tes indi­vi­duel­les ou col­lec­ti­ves, très dure­ment répri­mées. C’est se qui s’est passé en mai 2011 : une mutinerie a éclaté à l’établissement péni­ten­tiaire pour mineurs de Lavaur et était vio­le­ment réprimée au bout de trois jours. Cela se tra­duit aussi sous la forme de sui­ci­des par celles et ceux qui ne sup­por­tent plus d’être broyés par ces pri­sons pour jeunes. Voilà l’hor­ri­ble réa­lité dont la PJJ est un rouage !

S’oppo­ser à cette ins­ti­tu­tion est donc plus que néces­saire. C’est, parmi d’autres cas, ce qu’ont choisi de faire quel­ques per­son­nes au mois de juillet der­nier. Dans les locaux de la PJJ de Labège, en soli­da­rité avec la révolte des pri­son­niers mineurs de Lavaur, du maté­riel a été cassé et des tags écrits sur les murs. Un sala­rié qui a voulu s’inter­po­ser a reçu du gaz lacry­mo­gène, sans être blessé.

Cette action n’est rien com­pa­rée à l’acti­vité quo­ti­dienne de des­truc­tion de la PJJ. Mais celà a été pré­texte à une répres­sion dis­pro­por­tion­née qui a eu lieu mi-novem­bre à Toulouse : une dizaine de per­son­nes ont été arrê­tées après qu’une cen­taine de gen­dar­mes aient per­qui­si­tionné pas moins de sept habi­ta­tions, de nom­breu­ses affai­res ont été confis­quées, et quatre per­son­nes sont aujourd’hui en déten­tion pro­vi­soire. Pour quel­ques tags et un peu d’excré­ments répan­dus sur des ordi­na­teurs, les chefs d’inculpa­tion sont très lourds : « Participation à un grou­pe­ment en vue de la pré­pa­ra­tion de vio­len­ces aux per­son­nes ou de des­truc­tion de biens. Violences en réu­nion. Dégradations en réu­nion ».

Peu nous importe qui a dégradé les locaux de la PJJ. De toutes façons, les mem­bres de cette ins­ti­tu­tion, qui ont brisé tant de jeunes, méri­tent cent fois d’être invec­ti­vés et de voir leurs maté­riels détruits !

Mais nous refu­sons cette répres­sion :

Nous exi­geons la libé­ra­tion des incar­céré-e-s et l’arrêt de toutes les pour­sui­tes !
Détruisons toutes les pri­sons !

Manifestation samedi 17 décembre / 14h30 / Place du Pont (G. Peri)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Lyon] Manifestation contre la répression à Toulouse Samedi 17 décembre

Brèves d’Égypte (4 & 6 décembre 2011)

Les dernières (pas ultimes) nouvelles d’Égypte

4 décembre

Les résultats des élections de la première phase ont été publiées, en voici un bref résumé.

Nombre d’électeurs : 8,5 millions sur 14 millions avec un taux de participation de 62%.

Le résultat des listes :

40% pour le parti de la liberté et de la justice des frères musulmans
25% pour le Nour, salafiste
15% pour les libéraux de Kotla
11% pour le Wafd, libéral [Le Wafd : plus vieux parti d’Égypte : droite ultra conservatrice libérale et néanmoins laïque]

Un deuxième tour aura lieu demain pour élire 52 candidats indépendants sur 104.
Dans 25% des circonscriptions des libéraux de la Kotla font face aux islamistes.
Dans les 75% restants des islamistes se disputent entre eux.

Le parti de Tahalof Echteraki, a obtenu deux sièges, deux de ses candidats seront en campagne demain.

Les élections ont été entachées par de nombreuses irrégularités : poursuite de la campagne des islamistes au sein même des bureaux de vote, orientation des électeurs illettrés, achat des voix, fraude au cours des tris, des centaines de bulletins de vote ont été trouvés jetés à côté des poubelles et près d’un million de voix annulées sans aucune justification.
75 plaintes ont été déposées contre des votes frauduleux en particulier au nord du Grand Caire.

Par ailleurs, le premier ministre nommé par l’armée peine à former son gouvernement et contrairement à ce qui fut annoncé il n’a aucune marge de manœuvre, c’est l’armée qui décide de tout ; il a déjà conservé plus de la moitié des ministres de l’ancien gouvernement.
Les occupants de Tahrir ont suspendu leur occupation mais de la place, ce soir il y avait encore quelques tentes et des petites groupes, mais continuent à occuper l’espace autour du conseil des ministres. Vendredi 2 [décembre], une manifestation moyenne a été organisée sur la place en hommage aux martyrs, parallèlement à d’autres rassemblements organisés par le SCFM au Caire et dans d’autres villes de l’Égypte pour soutenir le Askari [Askari : Junte militaire].

Le mardi 6 décembre, à 20 heures, j’ai traversé Tahrir.

Tahrir est toujours fermé à la circulation, il y a encore des tentes, des barbelés ferment l’accès de la rue Kasr El Aini, le mur de la honte bloque l’accès de la rue Mohammad Mahmoud, péril pour Tlaat Harb, Champollion et Kasr El Nil. Bref, la place est fermée à la circulation. Les révolutionnaires occupent toujours la rue de Magles El Chaab devant le Conseil des ministres.

La place est quasiment vide, quelques groupes épars discutent, mais de loin me parvenaient slogans scandés à l’unisson, une petite manifestation réunissant quelques centaines de manifestants avait quitté Tahrir et s’engageait dans la rue Talaat Harb en direction du centre-ville, condamnant le SCFA, avec des Tantawi dégage, et réclamant le droit des martyrs… etc.  C’était un spectacle pathétique et héroïque à la fois, ça m’a rappelé les signes avant coureurs de la révolution du 25 janvier…

J’ai quitté la place et je suis rentrée à pied. Sur mon chemin, je me suis arrêtée pour lire les titres de la presse, les islamistes ont remporté 82% des sièges au second tour. J’ai poursuivi mon chemin avec des boules, incrédule, furieuse, désespérée, parlant à moi-même comme une folle. Arrivée à la rue piétonne de Saray al Azbakéya, et pressant mon pas pour rentrer, un motocycliste a failli me renverser, c’est là que j’ai sorti toute ma colère contenue, l’ai traité de Baltagui [Baltagui/baltaguia (pluriel) : terme employé pour désigner les nervis de l’État, ces derniers temps se déplacent souvent à moto, type voltigeurs pour agresser les gens], il s’est arrêté, mais voyant que toute la rue était de mon côté il s’est barré.

J’ai pensé en rentrant, les Égyptiens ont fondé une des plus grandes civilisations de l’humanité, puis sont sortis de l’histoire. Au XXIe siècle ils ont fait une des plus belles révolutions, dix mois plus tard, on leur a volé leur révolution… Seulement ce petit groupe qui contre vents et marées faisait le tour du centre-ville, dans l’isolement le plus total, me donne quelque espérance, cette fois-ci on ne sortira du troisième millénaire ; ils vont écrire une nouvelle histoire.

Mailing, 13 décembre 2011.

Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur Brèves d’Égypte (4 & 6 décembre 2011)

[Marseille] Grand charivari masqué / manif contre la vidéo-surveillance Samedi 17 décembre

La Plaine, le samedi. Le marché prend toute la place et encore plus. On se bouscule, un peu, pour se saluer ; on se laisse aller au gré des trouvailles, on glane quelques histoires. Ailleurs on boit un verre sur une terrasse, on échange les nouvelles, des tuyaux et les bons plans. Il y a des soirs de match, des jours de fêtes, certaines nuits où la même vie foisonne dans la rue. L’espace public prend sens à Marseille, tout ceci n’est pas encore une formule creuse.

On est bien loin des rues aseptisées de certains quartiers. Là où les boulevards ne sont que points de passage obligés entre boulot et appart, appart et supermarché. Mais apparemment c’est cette vie-là qu’ils voudraient nous voir mener. La mairie, la préfecture voudraient un Marseille plus lisse où le tumulte serait réduit jusqu’à devenir simple argument publicitaire.

Pour parvenir à leur but, ils ont une nouvelle solution : l’installation de quarante caméras sur le quartier et la présence d’incessantes patrouilles.

Avec le petit prétexte de réduire la délinquance, c’est une nouvelle ambiance qui est installée.

La discussion au café, sur les marches du Cours Ju, qui on croise, qui on voit, l’affiche qu’on colle, nous voilà potentiellement épiés, contrôlés. Derrière le malaise d’être observés, il y a celui, plus profond, d’être jugés par un œil étranger.

L’attroupement après un concert, un match autour d’un bœuf improvisé, il n’y voit que du bruit, de la gêne ou du trafic. Là où deux personnes se disputent, il voit la bagarre à couteaux tirés. Pour eux d’incessants potentiels débordements à gérer.

Conscients de ce regard posé sur nous. Nous faudrait-il changer, de façon volontaire, nos habitudes ? Devrions-nous adapter nos comportements à l’idée qu’ils se font de la norme ?

Sur ce point, soyons prêts à les décevoir !

Retrouvons l’anonymat et fêtons-le avec masques et paillettes !
Trouvons dans la joie, les gestes qui nous manquent.
Renversons les règles dans un joyeux charivari.
Amenons musique et feux de joie, casseroles et chamboul’tout, costumes et drapeaux !

RDV samedi 17 décembre pour une première manifestation,
à 11 heures en bas du cours Julien (côté Lycée Thiers).

Marseille Infos Autonomes, 9 décembre 2011.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Vidéosurveillance | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Marseille] Grand charivari masqué / manif contre la vidéo-surveillance Samedi 17 décembre

[Mexique] Répression d’une manifestation étudiante à Chilpancingo (Guerrero) : deux tués

Au moins deux étudiants sont morts lundi lors d’une opération policière pour déloger des manifestants qui bloquaient une autoroute entre Mexico et Acapulco (sud) pour réclamer plus de places dans une école locale, a constaté un correspondant de l’AFP.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323797872.jpg

Le procureur de l’État de Guerrero (sud), Alberto Lopez, a identifié les deux jeunes gens comme étant Herrera Pino et Gabriel Echeverria de Jesus. Deux autres manifestants ont été blessés et environ 25 ont été interpellés, a-t-il ajouté.

Les corps sans vie sont restés étendus sur la chaussée à l’issue d’un affrontement d’une demi-heure entre la police et des manifestants à Chilpancingo, capitale de l’État à 270 km au sud de Mexico.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323798145.jpgUn correspondant de l’AFP sur place a témoigné avoir vu les policiers tirer sur les manifestants après que ceux-ci eurent fait usage de cocktails Molotov, alors que le procureur a affirmé que les forces de l’ordre n’étaient pas armées.

« Il ne s’agissait pas de déloger. Il était nécessaire pour la police d’être sur les lieux et je peux dire catégoriquement que nos éléments n’étaient pas armés », a affirmé M. Lopez, expliquant que d’autres policiers armés sont arrivés ensuite.

Le ministère de l’Intérieur et le gouvernement de l’État de Guerrero ont regretté la mort des manifestants qui protestaient pour demander plus de places pour étudier dans l’école rurale de Ayotzinapa.

Cependant, le procureur Lopez a mis en doute le motif de la manifestation : « C’était une mobilisation extraordinaire, un jour non travaillé (ce lundi était férié au Mexique), et huit grenades ont été saisies, ce qui est inhabituel dans une manifestation étudiante ».

Les grenades, ainsi qu’un fusil AK 47, ont été découverts sur les indications d’un des jeunes interpellés.

Les policiers étaient arrivés sur les lieux à la mi-journée (vers 13h, heure de Montréal) pour déloger 600 étudiants qui bloquaient la circulation sur l’axe entre Mexico et Acapulco, célèbre station balnéaire sur la côte Pacifique.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323798208.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323798298.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323798394.jpg

La Commission des droits de l’homme du district a assuré que l’incident était le résultat de « l’usage disproportionné de la force publique, en particulier par les tirs effectués par des agents fédéraux ».

La Police fédérale a toutefois nié avoir participé aux affrontements et affirmé que ses agents étaient arrivés sur les lieux après la mort des manifestants.

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 décembre 2011.

Publié dans Éducation, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Mexique] Répression d’une manifestation étudiante à Chilpancingo (Guerrero) : deux tués

Le squat de A à Z

Un sénateur UMP veut déloger les « guides du squatteur » sur Internet

Le sénateur Philippe Dallier, élu de la Seine-Saint-Denis, demande au ministère de la Justice d’agir contre les sites internet qui diffusent des « guides du squatteur », et inciteraient ainsi à la commission de délits.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323796067.png

Peut-on résoudre un problème social en bridant la liberté d’expression de ceux qui cherchent à en atténuer les effets, même de manière incivique voire illégale ? En mars 2007, le Parlement a voté la loi pour le droit au logement opposable (DALO), entrée en vigueur le 1er janvier 2008. Quatre ans plus tard, le dernier rapport du comité de suivi du DALO est accablant et pointe un aggravation de la situation. En Île-de-France, rapportait Le Monde dans un récent article, « plus de 4000 familles franciliennes déclarées éligibles au DALO en 2008 attendent toujours une attribution de HLM », auxquels s’ajoutent les demandeurs plus récents. « Au total, près de 20’000 ménages n’ont pas été servis. » Or plutôt que de proposer des solutions qui favoriseraient l’allocation de logements, le sénateur Philippe Dallier (UMP) accuse Internet et demande que la censure s’y applique.

« Plusieurs sites internet, aisément accessibles et consultables en ligne, proposent de véritables “guides du squatteur” favorisant et même encourageant l’occupation illicite de biens privés », s’est-il indigné auprès du ministère de la Justice.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323795910.jpg

« Notre droit prévoit, pour les personnes ayant provoqué par voie de communication électronique à commettre un délit, des sanctions équivalentes à celles encourues par les auteurs dudit délit. Sont notamment visées les vols, extorsions et destructions, dégradations et détériorations volontaires dangereuses pour les personnes », ajoute-t-il. L’article 121-7 du code pénal prévoit effectivement qu’est « complice d’un crime ou d’un délit la personne qui sciemment, par aide ou assistance, en a facilité la préparation ou la consommation ». Mais pour prouver la complicité, encore faut-il prouver qu’un squatteur a bien utilisé le guide pour commettre des délits.

Le sénateur demande donc au gouvernement « les mesures qui vont être prises » pour lutter contre ces sites qui, effectivement, proposent des guides du squat très complets. Le site Squat.net a notamment diffusé dès 2001 un texte de référence intitulé Le squat de A à Z, régulièrement mis à jour depuis, et surtout repris par quantités d’autres sites qui le diffusent telle une œuvre libre de droits. Les squatteurs en puissance y trouvent des conseils pour choisir l’habitation à squatter, bénéficier de l’eau ou de l’électricité (en payant ou non), et surtout apprendre à résister face aux pressions judiciaires, avec souvent des arguments juridiques très détaillés.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323796113.png

Leur presse (Guillaume Champeau, Numerama), 13 décembre 2011.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec | 2 commentaires

[Poitiers] Rassemblement pour la libération des inculpé-es de Labège Vendredi 16 décembre

Libération de Manon, Pauline, Sami et Serge ! Arrêt des poursuites à leur encontre et contre Audrey !

Pour la libération des inculpé-e s de Labège
et l’arrêt des poursuites à leur encontre
Rassemblement vendredi 16 décembre à 18 heures
Palais de justice de Poitiers

Le 15 novembre à Toulouse, une centaine de gendarmes ont opéré une série de perquisitions et procédé à une dizaine d’interpellations dans plusieurs lieux d’habitation, embarquant au passage une famille de sans-papiers, et bien sûr ordinateurs et écrits divers. Ils ont placé en garde à vue six personnes (que la presse, comme à son habitude, et suivant en cela le ciblage policier destiné à criminaliser au maximum, s’est empressée de classer dans les « mouvances anarchistes »), et quatre d’entre elles se trouvent depuis en détention à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses, deux autres ayant été libérées (inculpée pour l’une et témoin assisté pour l’autre).

Les chefs d’inculpation retenus contre les personnes inculpées ne sont rien moins que :
 participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou de dégradations de biens ;
 violence commise en réunion sans incapacité ;
 dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion.

De quoi s’agit-il ?

Les chefs d’inculpation concernent l’intrusion, le 5 juillet dernier, d’une dizaine de personnes dans les locaux de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), à Labège près de Toulouse, pour manifester contre l’incarcération des mineurs. Selon La Dépêche du 6 juillet, qui s’appuie sur les déclarations faites aussitôt à la presse par le procureur de la République Vallet, ces personnes étaient « “armées” de bouteilles dont elles ont déversé le contenu sur les bureaux et les ordinateurs. Un liquide marron au relent d’ammoniaque et qui pourrait contenir de l’urine et des excréments humains. » Elles sont reparties « après avoir lancé des tracts qui contiendraient des propos injurieux sur l’action éducative menée par la PJJ ».

Il faut préciser que cette action, qui n’a pas été revendiquée, n’est pas la première mettant en cause les EPM (établissements pénitenciaires pour mineurs) ! Suite au suicide en février 2010 d’un jeune placé dans l’EPM d’Orvault (44), la PJJ a été taguée « L’EPM tue », « La justice tue », « Solidarité », etc. Le 14 mai 2011, le même établissement a été la cible de graffitis : « EPM = prison », « Éduc = maton ». L’action de Labège a également eu lieu après la révolte des jeunes détenus à l’EPM de Lavaur, dans le Tarn, en mai, alors que le Parlement s’apprêtait à adopter une refonte de l’ordonnance de 1945 sur la justice des mineurs, avec la création d’un tribunal correctionnel pour les récidivistes de plus de 16 ans. Des actions qui sont bien peu de choses en regard des dégâts humains causés par l’arsenal de lois sécuritaires que l’État met en place.

Les inculpés toulousains nient toute implication dans les faits qui leur sont reprochés et, bien qu’aux dires mêmes du procureur Vallet l’action menée « n’a finalement fait que peu de dégâts », quatre d’entre eux sont en prison depuis plus un mois — une demande de mise en liberté pour l’un d’entre eux ayant été de nouveau rejetée, malgré un dossier essentiellement constitué de présomptions, de proximité politique et… de refus de prise d’ADN (comme il est maintenant coutume de le faire en maintes circonstances).

Le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux dénonce à la fois la politique sécuritaire du gouvernement et la répression menée à l’encontre des personnes actuellement incarcérées et poursuivies. Il leur exprime toute sa solidarité, et exige leur libération immédiate ainsi que l’arrêt des poursuites engagées contre elles.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 13 décembre 2011.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Poitiers] Rassemblement pour la libération des inculpé-es de Labège Vendredi 16 décembre

[Notre-Dame-des-Landes] 35 ans après. Ni bagages ni élagage, dégage !

Paru en 1976, un bouquin analysait déjà les discours officiels et les embrouilles du projet d’aéroporte-à-côté.

Dégage ! s’adressait aux paysans. Aujourd’hui la vindicte se retourne. Contre Vinci. Les années 70, pour les technocrates, c’est l’ère des « grands équipements structurants ». Les élites locales rêvent d’usines de pétrochimie et de sidérurgie les pieds dans l’eau, accès direct à la Loire.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323786464.jpg

L’estuaire sera grand complexe industriel ou ne sera pas. D’où l’indispensable : un grand aéroport pour drainer les investisseurs, qui ne viennent pas en mobylette, c’est connu. Les experts font de la divination économique, se projettent dans un futur radieux, extension euphorique des Trente glorieuses. Au point de prédire que l’hélico remplacera vite l’avion pour les liaisons à courte distance, ou que l’avenir est dans le ferry des airs, « transport aérien d’automobiles avec leurs passagers en provenance de Grande-Bretagne ». De telles élucubrations sont publiées en février 1966 dans un rapport de la chambre de commerce, cité huit ans plus tard par les auteurs du premier bouquin écrit sur ce projet alors nommé par les technocrates « aérodrome intercontinental ». S’en est fallu d’un rien pour qu’il soit intergalactique.

Dégage, amen !

C’était une autre époque, où l’on pouvait être engagé, même à Ouest-France. Roger Le Guen et Jean de Legge y travaillent alors, vacataire au service études et analyses et journaliste. Ils publient en 1976 Dégage, on aménage ! Extraits : « Pour les instances économiques locales, l’aéroport est une sorte de bouée de sauvetage magique permettant la relance de l’industrie de Basse-Loire ». Ou : « On a justifié le bien-fondé d’un aéroport international par un raisonnement plus magique qu’économique ; on a justifié sa nécessité par des perspectives de trafic complètement “bidon” ; on a justifié le site par un calcul “fumeux” ; enfin on justifie sa réalisation par des perspectives d’emplois alibi et une volonté régionale et populaire qui n’a jamais existé ». Voire : « Le rôle de ces nombreux discours est de faire croire qu’il s’agit d’appliquer un savoir scientifique ou d’améliorer la démocratie, alors qu’il s’agit de rationaliser à tout moment les besoins du patronat (…) En fonction du moment les études donnent les thèmes qui faciliteront les déplacements fructueux du capital et le contrôle social à mettre en place ».

Étu-terrorisme

À relire ça aujourd’hui pourtant, l’analyse du bouquin reste d’actualité. Les titres de chapitres donnent le ton : « Le terrorisme des études », évaluant par exemple les évolutions de trafic sur trente ans en extrapolant les chiffres de sept années précédentes. Ce qui permet de prédire entre 5 millions de passagers en l’an 2000 (dix ans après la réalité n’en compte que trois millions), poussant la prédiction à neuf millions en escomptant une progression de trois millons à 4 millions si Notre-Dame-des-Landes se réalise. C’est avec des experts aussi fiables et des chiffres aussi béton qu’on construit les cimetières des éléphants.

Republier aujourd’hui ce bouquin ? Les auteurs sont divisés. « Pourquoi pas, ça ferait partie d’un enrichissement du débat actuel, et la problématique n’a pas changé. L’actuel aéroport n’est toujours pas saturé, les politiques sont hypocrites et n’évoquent pas le boulet financier qu’il faudrait porter pendant des années, dit Roger Le Guen, aujourd’hui sociologue du développement agricole et rural à l’école d’agriculture d’Angers. Mon collègue Jean De Legge est lui, un peu gêné. Il dirige une société d’études qui travaille avec les villes concernées. Il a le cul entre deux chaises. » Cette société, Territoires-marchés-opinions régions, alias TMO, a effectivement comme clients les villes de Rennes et de Nantes, notamment pour alimenter la participation citoyenne dans les quartiers. Mais depuis janvier 2010, Jean de Legge est passé de l’autre côté, nommé doublement directeur de la communication, de la ville de Rennes et de Rennes Métropole. « J’ai aujourd’hui un boulot public un peu visible, et une position en retrait » dit-il. Ce bouquin fait partie d’une époque militante, avec les Paysans travailleurs. J’assume. Ce serait à refaire, les arguments ne changeraient pas mais la façon d’écrire serait différente. On constate que les prévisions de trafic se font toujours au doigt mouillé… » Cette mouillure digitale permet au moins de sentir d’où vient le vent. Toujours utile, pour lancer des avions en papier.

La Lettre à Lulu n° 73, juillet 2011.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Notre-Dame-des-Landes] 35 ans après. Ni bagages ni élagage, dégage !

[Angers] Le DAL travaille

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

À Angers, le squat est… squatté

Des demandeurs d’asile avaient pris place, le 29 novembre, dans une maison bourgeoise, rue Audusson à Angers. Soutenus à la fois par Mgr Gaillot et le DAL (Droit au logement) 49.

« Depuis ce week-end, ce squat est squatté par des gens que nous n’arrivons pas à contrôler. Du coup, nous ne pouvons plus soutenir les demandeurs d’asile car nous ne pouvons plus assurer dignement leur sécurité », raconte Claude Charrier, responsable du Dal 49.

La Mutualité française Anjou-Mayenne a saisi ce lundi en référé le tribunal d’instance pour demander l’expulsion des demandeurs d’asile. Délibéré le 22 décembre.

Leur presse (Ouest-France), 12 décembre 2011.


Angers : Rififi entre soutiens des squatteurs rue Audusson

Les demandeurs d’asile occupent toujours la maison située au 14 de la rue Audusson à Angers.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323763838.jpg

Quatre d’entre-eux étaient assignés ce lundi au tribunal d’instance. Les juges diront le 22 décembre s’ils doivent être expulsés.

Samedi, l’association Droit au logement a été, en tout cas, expulsée par un groupe d’individus qui a décidé de « squatter le squat ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323763852.jpg

Un drapeau noir, symbole anarchiste, flotte désormais sur la façade.

Leur presse (Le Courrier de l’Ouest), 13 décembre 2011.

Publié dans Les révoltes des migrants, Luttes du logement | Marqué avec | Un commentaire

[Iran] Ahmadinejad dégage !

Des ouvriers licenciés se plaignant de ne pas avoir reçu des arriérés de salaires ont perturbé aujourd’hui un discours du président iranien Mahmoud Ahmadinejad en criant et en jetant des objets, ont rapporté plusieurs sites internet et une agence de presse.

L’un d’eux a jeté « une paire de chaussures » sur M. Ahmadinejad, a rapporté un site internet peu connu, Ghasednews.ir, qui a été repris par l’agence de presse Mehr et le site du journal Tehran Times. Ghasednews.ir a précisé que cet homme avait ensuite été pris à partie par des partisans du président et avait dû être secouru par ses services de sécurité.

D’autres sites, notamment le conservateur Khabaronline.ir, ont indiqué que des « objets » non spécifiés avaient été lancés lors du discours par d’anciens travailleurs du secteur textile de la ville de Sari (nord) exigeant le versement d’un an de salaires impayés.

Les médias officiels et le bureau du président n’ont pas fait état de cet incident. L’AFP, qui comme les autres médias étrangers est soumis à des restrictions de couverture en Iran, n’était pas en mesure de confirmer ces informations de façon indépendante.

Leur presse (Agence Faut Payer, 12 décembre 2011)

Publié dans La révolution iranienne | Un commentaire

[Amiens] Série de représailles à la prison

Coups de feu sur la prison d’Amiens

Quatre coups de feu ont été tirés hier soir sur la porte principale de la maison d’arrêt d’Amiens, alors que des surveillants se préparaient à sortir, selon des sources concordantes.

L’équipe de surveillants de l’après-midi attendait l’autorisation de quitter l’établissement, lorsque quatre détonations ont retenti : quatre tirs de calibre 12 tirés « presque à bout portant » avec un fusil sur une vitre pare-balles, au niveau de la porte d’entrée, a indiqué Étienne Dobremetz, secrétaire régional adjoint à Lille du syndicat Ufap.

« En l’état actuel des investigations, personne n’est identifié », a indiqué le parquet d’Amiens, qui a saisi l’antenne amiénoise de la police judiciaire de Lille.

Pour Étienne Dobremetz, ces tirs s’inscrivent dans une série de « représailles » en raison de la politique de la nouvelle direction de la prison, qui « met un peu d’ordre à l’intérieur », en termes de « discipline et de sécurité », alors qu’il y avait selon lui « un peu de laisser-aller ». « Ça gêne ceux qui avaient leurs petites habitudes à l’intérieur », a ajouté le syndicaliste.

La voiture d’une surveillante gradée, stationnée devant la prison, a ainsi été incendiée, indique M. Dobremetz. « Ça a commencé par des individus qui ont pris à partie certains collègues leur disant de “faire attention à eux”. »

« Tous les deux, trois mois, il se passe un truc, on s’inquiète », ajoute-t-il.

La maison d’arrêt est située au nord d’Amiens, dans l’un des secteurs les plus sensibles de la ville.

« À cet instant, les autorités pénitentiaires ne semblent pas mesurer l’ampleur de ces actes et l’effet dévastateur que cela peut avoir sur les personnels pénitentiaires. Aucune mesure n’a été proposée par l’administration le temps de la réparation des dégâts constatés », a affirmé de son côté le syndicat CGT Pénitentiaire.

Les syndicats pénitentiaires locaux demandent notamment la mise en place d’une cellule de crise, ainsi qu’une fouille générale de l’établissement et des patrouilles de police pour sécuriser l’entrée et la sortie des agents.

La maison d’arrêt emploie 113 surveillants pour 500 à 550 détenus dans un bâtiment prévu pour en abriter 300, selon l’Ufap.

Leur presse (Agence Faut Payer), 12 décembre 2011.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Amiens] Série de représailles à la prison

Les anarchistes ukrainiens soutiennent des liquidateurs de Tchernobyl

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323727448.jpgÀ Donetsk, les liquidateurs de l’accident de Tchernobyl (« liquidateurs » était le nom donné en ex-URSS au personnel civil et militaire intervenu immédiatement sur les lieux de la catastrophe de Tchernobyl, NdT) ont lancé un camp de protestation car ils sont désespérés. Certains d’entre eux ont déclaré une grève de la faim. Près du camp, constamment, ont lieu des meetings de protestation. Ils protestent contre l’annonce des autorités ukrainiennes, en novembre, sur le gel des pensions spéciales réservées aux liquidateurs.

Les autorités menacent de mettre fin au campement. Les anarchistes du mouvement MSA (Union Internationale des Anarchistes) et d’autres groupes ont organisé la collecte d’aide pour le camp.

Nous nous adressons à toutes les personnes non indifférentes.

En 1986, il s’est passé un événement terrible — la catastrophe de Tchernobyl. Ses conséquences seront ressenties même par nos enfants et nos petits-enfants. Grâce à l’héroïsme des liquidateurs de la catastrophe de Tchernobyl, ses effets ont été atténués. Beaucoup des liquidateurs ne sont plus en vie. Les autres ont irrévocablement perdu leur santé.

Le pouvoir donne naissance aux parasites. Aujourd’hui, ces parasites ont, de nouveau, mis des liquidateurs de Tchernobyl entre la vie et la mort, car les vies de ceux-ci dépendent directement des pensions.

En luttant pour leur vies, des liquidateurs sont obligés de défendre leurs droits par le biais de la grève de faim… Aujourd’hui, des parasites, bureaucrates gaspillant de l’argent du peuple, prétendent que ces révoltés ne sont pas de vrais liquidateurs de Tchernobyl, en les accusant d’être des provocateurs politiques, etc. Toutes les ressources administratives et des média sont utilisés pour discréditer des manifestants.

Nous rejetons fermement ces accusations absurdes ! Nous appelons toute la société à exprimer le soutien aux liquidateurs de Tchernobyl. Vous pouvez envoyer les messages de solidarité (…).

Nous nous souvenons de ce qu’ils ont fait pour nous !

Union Internationale des Anarchistes (Ukraine, Russie, Lituanie, Allemagne, République Komi, Israël)
http://samoupravlenie-forum.ru

Voici le texte du tract des liquidateurs de Tchernobyl :

LE CAMPEMENT DE LIQUIDATEURS DE TCHERNOBYL (rue Universitetskaya, 91) EST EN DANGER !

NE PERMETTEZ PAS DE TUER NOTRE ESPOIR POUR LA JUSTICE, L’HONNEUR ET LA DIGNITÉ DE CEUX QUI SE SONT LEVÉS POUR DÉFENDRE LEURS DROITS ET VOS DROITS !

HABITANTS DE DONETSK ! NOUS AVONS BESOIN DE VOTRE AIDE MAINTENANT PLUS QUE JAMAIS ! ENSEMBLE, NOUS SOMMES LA FORCE !

Le commandant du campement Vladimir Derkatch (038) 095 – 503 – 13 -76

Traduit du russe (Union Internationale des Anarchistes – MSA) le 11 décembre 2011.

P.-S. : Selon les dernières nouvelles, le camp de protestation a été démantelé par la police le matin du 12 décembre. Vous pouvez envoyer vos messages de solidarité ici (vos messages de soutien seront traduits en russe et transmis aux liquidateurs de Tchernobyl).

Publié dans Luttes antinucléaires | Marqué avec , , | 2 commentaires

[Grèce] Tentative d’évasion et prise d’otages à Korydallos

Hostage-taking at Greek jail after failed escape

KORYDALLOS, Greece (AP) — Inmates at Greece’s largest jail have released four women but continue to hold several other visitors and at least one prison guard following a failed escape attempt by a convicted murderer and members of an anarchist group, a lawyer for several of the convicts said.
Frangiskos Ragoussis, lawyer for convicted murderer and racketeer Panagiotis Vlastos and also for several convicted members of armed anarchist group Conspiracy Nuclei of Fire, confirmed the release of the women who were trapped in the visitors’ area when the inmates attempted to escape.
Ragoussis told reporters outside the prison that he was prevented from going in to meet his clients by a prosecutor.
Michalis Nikolopoulos, a Conspiracy Nuclei of Fire member, has told Antenna private TV station that up to 25 visitors are inside, although prison authorities claim the number is around 15.

THIS IS A BREAKING NEWS UPDATE. Check back soon for further information. AP’s earlier story is below.

KORYDALLOS, Greece (AP) — Inmates at Greece’s largest jail took at least one prison guard hostage Monday following a failed escape attempt by a convicted murderer and members of an anarchist group, police and justice ministry officials said.
Special police forces were sent to Korydallos prison, west of Athens. The Justice Ministry confirmed that convicted murderer and racketeer Panagiotis Vlastos was involved in the incident. It said negotiations with the inmates had begun, but gave no other details.
The hostage was taken after Vlastos staged a failed escape attempt, prison governor Yiannis Anestis said.
“At the moment, the situation is calm,” Anestis told private television Antenna. He said suspected members of an armed anarchist group Conspiracy Nuclei of Fire were also involved in the failed escape attempt.
Riot police cordoned off streets outside the prison.
Having staged two previous escapes from Greek prisons, Vlastos, 41, is currently on trial at a special courtroom set up inside the prison accused of ordering the kidnapping of shipping tycoon Pericles Panagopoulos. The trial is the reason Vlastos was transferred to Korydallos prison from another jail in central Greece.
Panagopoulos, who made his fortune in the cruise and passenger shipping business, was kidnapped in January 2009, allegedly on the orders of Vlastos. Panagopoulos was released eight days later after his family paid a euro30 million ransom to the kidnappers, most of whom were arrested later.
Vlastos has been involved in racketeering and other criminal activities from a young age and he first caught the public’s attention in the 1990s as a result of a turf war with other crime families, during which he lost one of his two brothers. His other brother was killed in a shootout with police in 1998, during Vlastos’ capture from his first escape from prison.
Korydallos, a maximum security prison located in a suburb west of Athens, has seen several escapes, the most spectacular of which were the two escapes by helicopter staged by convicted criminals Vassilis Paleokostas and Alket Rizaj in June 2006 and February 2009.

Nellas reported from Athens.
Leur presse (The Associated Press, 12 décembre 2011)


Grèce : prise d’otage d’un gardien par des détenus à la prison d’Athènes

Un des parrains les plus connus du milieu grec, et deux complices, des extrémistes anarchistes, ont pris lundi en otage un gardien de la prison athénienne de Korydallos, après une tentative avortée d’évasion, a indiqué le ministère de la Justice, qui négociait leur reddition dans la soirée.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323726629.jpg

Le bureau de presse du ministère a précisé que seul un gardien était détenu en otage par le groupe, qui disposait d’une arme, alors que médias et police avaient évoqué plus tôt d’autres otages.

Selon le ministère, l’action a été déclenchée dans l’après-midi par Panayotis Vlastos, considéré comme le cerveau d’une retentissante affaire d’enlèvement de l’armateur grec septuagénaire Péricles Panagopoulos, qui a réussi à se faire remettre l’arme à l’heure des visites.

Il a alors tenté de s’enfuir, entraînant deux condamnés de l’organisation Conspiration des cellules de feu qui se trouvaient à ses côtés dans la salle des visites, mais la garde a déclenché le système de sécurité bloquant les issues.

Des proches de détenus restaient bloqués dans les locaux en début de soirée, mais sans contact avec le groupe, a affirmé le ministère.

Les trois ont affirmé aux négociateurs être prêts à se rendre une fois qu’ils leur auront remis un texte dénonçant les conditions de vie carcérale, et réclamant leur amélioration.

Un responsable du ministère qui a requis l’anonymat a dit à l’AFP que les négociations avançaient bien, exprimant l’espoir d’un règlement rapide.

Le porte-parole de la police, Thanassis Kokkalakis, avait plus tôt affirmé à l’AFP qu’il était possible que plus d’un gardien soit retenu, précisant que d’importantes forces spéciales ont été déployées autour de la prison de haute sécurité, dans la banlieue populaire de l’ouest d’Athènes.

Vlastos, qui purge une peine de prison à perpétuité notamment pour deux homicides, avait déjà réussi par deux fois à s’évader de prison depuis 1995, selon une source policière.

Il est accusé d’avoir orchestré de sa prison l’enlèvement de l’armateur, relâché sain et sauf après dix jours de détention en janvier 2009 après le versement par sa famille d’une rançon record de quelque 30 millions d’euros. Ce butin n’a pas été retrouvé par la police en dépit d’une dizaine d’arrestations l’été suivant.

Ses deux complices font partie du groupe de sept jeunes Grecs condamnés en juillet à de lourdes peines de prison pour participation à un groupe terroriste.

La Conspiration des cellules de feu s’est surtout fait connaître pour l’envoi de colis piégés à des ambassades étrangères et dirigeants européens qui avait mis en alerte toute l’Europe en novembre 2010, en sus d’une série d’attentats n’ayant pas fait de morts en Grèce.

Ce modus operandi a aussi été adopté par des groupes italiens, avec une reprise des envois piégés ces dernières semaines, dont l’un visant lundi l’ambassadeur grec à Paris mais repéré et désamorcé avant de faire des dégâts.

Le conseil de l’Europe avait dénoncé en mars l’absence persistante de réaction des autorités grecques pour humaniser les prisons, déplorant une détérioration constante pendant la dernière décennie, caractérisée par la gravité de la surpopulation carcérale, la pénurie de personnel et les insuffisances en matière de soins de santé.

Quelque 12.500 personnes sont actuellement détenues dans les établissements du pays, d’une capacité de 9.000 places, selon le ministère.

Leur presse (Agence Faut Payer, 12 décembre 2011 – 19h59)


Grèce : fin sans victimes d’une prise d’otages à la prison d’Athènes

Au moins trois détenus, dont un parrain réputé du milieu grec, qui avaient pris en otage trois gardiens de la prison athénienne de Korydallos les ont libérés lundi soir, et étaient reconduits dans leurs cellules, a annoncé le secrétaire d’État à la Justice, Georges Pétalotis.

La prise d’otages est terminée, tous ont été libérés et se portent bien, a affirmé M. Pétalotis s’exprimant sur la chaîne de télévision privée grecque Méga.

Il a précisé que l’avocat du groupe, comptant également deux ou trois anarchistes, selon le bureau de presse du ministère, était entré dans la prison à leur demande.

Les preneurs d’otages ont rendu une arme à feu et trois couteaux de cuisine avec lesquels il menaçait les trois gardiens qu’ils retenaient depuis environ 16H00 GMT, a ensuite précisé le service de presse. Ils ont fait état de revendications pour de meilleures conditions de détention.

Les circonstances exactes de la prise d’otages demeuraient toutefois très confuses, selon le service de presse, qui avait d’abord évoqué un seul gardien en otage.

Selon une première version officielle, l’affaire a été déclenchée par Panayotis Vlastos, qui purge une peine de prison à perpétuité notamment pour deux homicides et qui est considéré comme le cerveau de l’enlèvement en 2009 de l’armateur grec septuagénaire Péricles Panagopoulos.

Il s’est fait remettre une arme au parloir, et a alors tenté de s’enfuir, entraînant deux ou trois détenus de l’organisation Conspiration des cellules de feu, mais les gardiens ont déclenché le système de sécurité bloquant les issues.

Vlastos avait déjà réussi par deux fois à s’évader de prison depuis 1995, selon une source policière. Ses complices font partie d’un groupe d’une dizaine de jeunes poursuivis pour appartenance à un groupe terroriste, dont sept ont déja été condamnés à de lourdes peines de prison en juillet, les autres étant en instance de jugement.

La Conspiration des cellules de feu s’est surtout fait connaître pour l’envoi de colis piégés à des ambassades et des dirigeants européens qui avait mis en alerte toute l’Europe en novembre 2010, en sus d’une série d’attentats n’ayant pas fait de morts en Grèce.

Ministère et médias ont donné pendant l’incident une version différente quant au sort de la vingtaine de visiteurs se trouvant au parloir au moment des faits, le premier affirmant qu’ils étaient bloqués dans les locaux du fait de la mise en alerte de l’établissement, les seconds soutenant qu’ils étaient retenus par le groupe.

L’avocat de Vlastos et ses complices, Me Frangiskos Ragoussis, a alimenté cette thèse en affirmant peu avant la fin de la prise d’otages que ses clients avaient relâché quatre femmes âgées.

D’importantes forces spéciales avaient été déployées autour de la prison de haute sécurité, dans la banlieue populaire située à l’ouest d’Athènes.

Vlastos est notamment accusé d’avoir orchestré de sa prison l’enlèvement de l’armateur, relâché sain et sauf après dix jours de détention en janvier 2009 contre une rançon record d’environ 30 millions d’euros. Ce butin n’a jamais été retrouvé par la police.

Le Conseil de l’Europe avait pour sa part dénoncé en mars l’absence persistante de réaction des autorités grecques pour humaniser les prisons, déplorant une détérioration constante pendant la dernière décennie, caractérisée par la gravité de la surpopulation carcérale, la pénurie de personnel et les insuffisances en matière de soins de santé.

Environ 12.500 personnes sont actuellement détenues dans les établissements du pays, d’une capacité de 9.000 places, selon le ministère.

Leur presse (Agence Faut Payer, 12 décembre 2011 – 23h29)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Grèce] Tentative d’évasion et prise d’otages à Korydallos

[Nantes] Solidarité avec les inculpé-e-s de Poitiers en lutte contre Vinci

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323709330.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323709379.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323709451.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323709525.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323709676.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323709741.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323709825.jpg

Périphérique nantais, décembre 2011

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Nantes] Solidarité avec les inculpé-e-s de Poitiers en lutte contre Vinci

[Terrorisme international] Falloujah pacifiée par l’armée américaine

L’armée américaine laisse à Falloujah décombres et maladies

Les troupes américaines partiront bientôt de la ville irakienne de Falloujah en laissant derrière elles une ville détruite et polluée par les agents chimiques depuis deux batailles sanglantes en 2004.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323710827.jpg

Amir Hussain et Aoufa Abdallah se sont mariés cette année-là. Leur premier bébé est né à Falloujah en 2006. Il souffrait d’une maladie du cerveau et est mort l’an dernier.

Leur deuxième enfant, une petite fille, est née en 2007. Sa peau arbore de larges plaques rougeâtres et elle a une jambe plus longue que l’autre.

« On a décidé d’arrêter d’avoir des bébés. Nous n’en voulons plus, car ça implique de nouvelles souffrances et un nouveau combat contre de nouvelles maladies », dit Amir Hussain. « On s’est sans doute mariés au mauvais endroit au mauvais moment. »

Falloujah, dans la province désertique d’Anbar, à l’ouest de Bagdad, avait les faveurs de Saddam Hussein et s’est imposée comme un bastion de la résistance à l’invasion américaine.

Le meurtre puis la pendaison de quatre contractuels de la société Blackwater, en 2004, ont converti Falloujah en cible prioritaire de l’armée américaine, qui en a fait le siège avec des moyens extraordinaires. Après la levée du siège, considérée comme une victoire par les insurgés, les Américains ont mené une nouvelle offensive en novembre et éliminé l’insurrection.

Samira al Ani, pédiatre à l’hôpital de la ville depuis 1997, est bien placée pour constater l’héritage de ces événements. Depuis 2005, le nombre de nouveau-nés difformes a grimpé en flèche. « Avant la guerre, on avait deux ou trois cas par semaine. Ce seul 11 octobre, nous avons eu 12 naissances anormales de différents types », raconte-t-elle.

Plusieurs maladies sont apparues après 2004, disent les habitants de Falloujah. L’armée américaine a admis l’utilisation de bombes au phosphore blanc, qui peut causer de graves brûlures mais n’est pas considérée comme une arme chimique.

« QUEL CRIME AVONS-NOUS COMMIS ? »

Les Américains ont quitté les centre-villes en 2009 et se sont redéployés dans des bases dont l’une est proche de Falloujah. Leur départ ne laisse aucun regret aux habitants.

« Enfin, ils partent », dit Thar Abdoulkhalek, professeur d’anglais de 39 ans. « Toutes ces années, je me suis posé la question : “Quel crime avons-nous commis à Falloujah pour subir une telle épreuve ?” »

Certains habitants demandent compensation. En avril, des députés irakiens ont estimé que la bataille de Falloujah devait être qualifiée de génocide mais les résolutions votées au Parlement sont restées sans suite.

« Quelle compensation pourrait-on bien offrir à ceux qui ont perdu des êtres chers ? Qu’on les laisse partir, nous ne voulons rien, simplement qu’ils s’en aillent », dit le professeur.

Abdoullah Mohammed estime à l’inverse que les Américains doivent des indemnités aux victimes. « On ne pourra jamais oublier ce que les soldats américains ont fait à Falloujah », tonne ce tailleur de 45 ans.

Fin 2004, les responsables américains et irakiens ont lancé une campagne d’indemnisation d’un montant d’un milliard de dollars (750 millions d’euros) pour les victimes de l’époque et la reconstruction.

Selon le vice-président de la commission de reconstruction, la moitié des 500 millions de dollars alloués aux propriétaires d’une maison détruite a été versée et seulement 100 des 500 millions de dollars consacrés aux infrastructures ont été dépensés. Sept ans après, le système d’égouts et de retraitement des eaux n’est toujours pas achevé, dit Faouzi Moudhen.

Si la plupart des habitants sont ravis de voir les Américains partir, certains craignent des représailles de la part des activistes d’Al Qaïda et d’autres groupes islamistes. « Tout est possible. Reviendront-ils ? Peut-être. Pourquoi pas ? », dit Ayman Ali, marchand de thé.

La milice progouvernementale Sahoua, qui a été décisive dans la prise de Falloujah par les Américains, est fréquemment visée par la rébellion sunnite. « C’est regrettable mais nos forces de sécurité ne peuvent pas les arrêter », concède Ali.

Leur presse (Reuters), 7 décembre 2011.

Publié dans General | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Terrorisme international] Falloujah pacifiée par l’armée américaine

[Chine] Les villageois de Wukan contre les voleurs de terres

Expropriations en Chine : blocus par la police d’un village contestataire

La police maintenait lundi depuis plusieurs jours le blocus d’un village de la province méridionale chinoise du Guangdong après de violentes protestations contre des saisies de terres en septembre, ont indiqué des habitants.

Des milliers de policiers investissaient le village de Wukan où l’accès à l’internet a été coupé et les vivres commencent à manquer, a indiqué à l’AFP un villageois dont l’identité n’est pas divulguée pour ne pas l’exposer.

Les manifestations de paysans à Wukan ont été déclenchées en septembre par des saisies de terres. Des centaines de manifestants ont attaqué un commissariat de police et saccagé des véhicules. Les villageois ont accusé les autorités locales de prendre leurs terres sans offrir de compensations, tandis que celles-ci ont affirmé qu’elles suivaient la procédure légale.

Les expropriations de terres sont devenues un problème de plus en plus épineux en Chine où des paysans accusent les cadres locaux corrompus de s’allier à des promoteurs véreux pour s’enrichir sur leur dos.

Cinq villageois ont été arrêtés pour leur rôle dans les manifestations de Wukan, dont l’un, Xue Jinbo, est décédé. Des habitants ont affirmé que le meneur de la révolte, arrêté en septembre, avait été battu à mort. Les autorités de la localité de Shanwei — qui englobe Wukan — ont assuré que Xue « s’est soudainement senti mal » après trois jours de détention et qu’il a été admis à l’hôpital où il est ensuite décédé.

Leur presse (Belga), 12 décembre 2011.

Publié dans Les luttes de classe en Chine, Luttes pour la terre | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Chine] Les villageois de Wukan contre les voleurs de terres

[Terrorisme international] Les habits neufs de Blackwater

Ex-Blackwater firm gets a name change, again

The private security contractor known as Blackwater rebranded itself as Xe Services nearly three years ago. Now, the firm is reinventing itself again.

On Monday, Xe announced that it was changing its name to Academi, part of a years-long effort by the company to shed a troubled legacy that critics said made the firm a symbol for mercenaries and impunity in Iraq and elsewhere.

In an interview, the company’s president and chief executive, Ted Wright, said the announcement was about more than a simple name change.

“We want to reflect the changes we made in the company,” he said, noting that the firm has new ownership, new leadership and a “refocused strategy on training and security services.”

The company also has unveiled a new Web site and logo. The tag on the Web site reads: “Elite Training. Trusted Protection.”

Xe was acquired by USTC Holdings, an investor consortium, in December 2010, and since then has tried to undergo a corporate makeover. Erik Prince, the former Navy SEAL who built the company, no longer has ties to the business. The firm formed a new board of directors to manage the company and picked up big Washington names in the process.

Former Attorney General John Ashcroft now serves as ethics adviser, and Jack Quinn, a top lobbyist and former counsel to President Bill Clinton, is an independent director.

The company also has a new corporate headquarters, in Arlington, Va. Its main training facility is still in Moyock, N.C.

When Blackwater began calling itself Xe in 2009, a spokesman for the firm said the name had no particular significance. On Monday, Wright said the name change this time had a more deliberate meaning.

Academi, pronounced “academy,” was chosen, he said, in part to evoke the ideas of a Platonic academy, where the ethos is of excellence, honor and discipline.

“That’s what we want our ethos to be in the future — trained thinkers and warriors,” he said.

Leur presse (Jason Ukman, The Washington Post, 12 décembre 2011)


Après Blackwater Inc., après Xe, voici Academi

Un nouveau nom et un nouveau logo ! Ted Wright, le président de la société autrefois appelée Blackwater USA, Blackwater Worldwide puis Blackwater Inc., et ensuite Xe, a annoncé au Wall Street Journal que la société allait désormais s’appeler « Academi ». Rien n’a filtré à ce sujet dans la dernière livraison de la lettre électronique de Blackwater : le Blackwater Tactical Weekly dont j’ai reçu dimanche le « volume 1, issue 9 »…

Si Wright a choisi le prestigieux WSJ, c’est parce qu’il veut « envoyer des signaux » aux décideurs de Washington et leur montrer que la société est en train de se refaire une virginité. Comme l’a dit Wright au WSJ : « On va essayer d’être ennuyeux », c’est-à-dire qu’ils vont essayer de gagner de l’argent sans faire parler d’eux, sans attirer l’attention médiatique, et de faire dans le légal et non plus dans le sensationnel. On verra bien…

L’ex Blackwater appartient désormais à USTC Holdings qui a décidé de relooker l’image de la société créée par Erik Prince et qui est devenu le symbole des SPER anglo-saxonnes déployées en Irak. Les activités de la société sont toujours de deux types : sécurité et formation (via la structure US Training Center).

Leur presse (Philippe Chapleau, blog Lignes de défense, 12 décembre 2011)

Publié dans General | Marqué avec | Un commentaire

« Police partout, justice nulle part »

Nantes : Un mur de la préfecture couvert d’inscriptions à la craie, samedi soir

Le ou les taggeurs ont procédé à l’ancienne, à la craie bleue et blanche. Un peu avant 21 heures samedi soir (c’est l’heure où le poste de surveillance a découvert le forfait), l’un des murs de la préfecture, quai Ceyneray, à Nantes, a été badigeonné d’inscriptions à la manière anarchiste : « Police partout, justice nulle part », et autres slogans. Le nettoyage a été fait rapidement, mais les auteurs sont toujours recherchés.

Leur presse (Ouest-France), 11 décembre 2011.

Publié dans Graffitis divers, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur « Police partout, justice nulle part »

[Fukushima] Neuf mois après

Fukushima : l’équivalent d’une région française devenue radioactive

Les conséquences de l’accident nucléaire de Fukushima sur la population commencent à montrer leur étendue. Pneumonies, leucémies ou problèmes hormonaux semblent se multiplier chez les deux millions d’habitants de la région. Les enfants sont en première ligne, alors que les terres, les eaux et certains aliments sont fortement contaminés. De son côté, Tepco, l’exploitant de la centrale, sombre dans le cynisme : les éléments radioactifs qui se sont échappés des réacteurs ne lui appartiennent plus…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323694794.jpg

« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… » C’est l’appel lancé par un groupe de femmes de la région de Fukushima. Depuis mars, ils sont de plus en plus nombreux à se mobiliser pour alerter sur les dangers sanitaires de la radioactivité, dans la zone concernée par la catastrophe nucléaire, comme ailleurs dans le pays. Des graphiques mis en ligne par Centre de surveillance des maladies infectieuses font apparaître d’inquiétants pics pour certaines maladies au Japon, comme les pneumonies, ou les conjonctivites aiguës hémorragiques.

Des écoliers plus irradiés que les travailleurs du nucléaire

Des prélèvements d’urine effectués par un laboratoire indépendant français (l’Acro, agréé par l’Autorité de sûreté du nucléaire), auprès d’une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima ont montré que 100 % d’entre eux sont contaminés par du césium radioactif. Dans cette région, un enfant examiné sur 13 aurait des problèmes hormonaux et un dysfonctionnement de la thyroïde, selon une étude japonaise. Face à l’angoisse des parents, la préfecture de Fukushima a lancé en octobre une grande étude médicale auprès de 360’000 enfants.

Les habitants de la région de Fukushima restent soumis à un important taux de radiation. En avril, le gouvernement japonais a relevé la norme de radioprotection de la préfecture de Fukushima de 1 millisievert/an à 20 millisieverts/an. Ce taux est le seuil maximal d’irradiation en France pour les travailleurs du nucléaire. Alors que la sensibilité des enfants aux radiations est plus importante que celle des adultes, le ministère de l’Éducation considère pourtant comme « sans danger » les écoles où le taux de radiation approche les 20 millisieverts/an. 20 % des écoles de la préfecture de Fukushima dépasseraient ce taux. Dans ces établissements, les activités de plein air sont limitées : les enfants ne sont pas autorisés à rester plus d’une heure dans les cours de récréation et les parcs, ni à jouer dans les bacs à sable. Parallèlement, du césium a même été détecté dans du lait en poudre destiné aux enfants.

Les autorités confirment la vente de riz contaminé

Cette situation est « extrêmement dangereuse », s’indigne le réseau Sortir du nucléaire, qui rappelle qu’« aucune dose de radioactivité n’est inoffensive » : « Les normes d’exposition ne correspondent en aucun cas à des seuils d’innocuité scientifiquement fondés ; elles définissent seulement des niveaux de “risque admissible”. » Dans la ville de Fukushima, située à 60 km de la centrale, la Criirad (Commission de recherche et d’information indépendantes sur la radioactivité) a mesuré une contamination de 370’000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire. Une radioactivité énorme. « Ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié », déclarait alors l’organisation.

La nourriture est aussi un vecteur de contamination radioactive. Les autorités japonaises ont étendu le 29 novembre l’interdiction de vente de riz, notamment dans la région de Date, où des milliers d’agriculteurs ont dû suspendre leurs livraisons. Les dernières mesures effectuées montraient une teneur supérieure à la limite légale provisoire, fixée par le gouvernement à 500 becquerels/kg. Neuf kg de riz « excédant les standards de sécurité internationaux » ont par ailleurs été vendus à des consommateurs, ont déclaré les autorités de la préfecture de Fukushima, qui se sont excusées pour « les désagréments causés aux personnes qui ont acheté ce riz » (sic). C’est la première fois depuis la catastrophe que les autorités confirment la vente de riz contaminé. Le présentateur de télévision Norikazu Otsuka, qui consommait en direct des produits de la région de Fukushima pour en montrer l’innocuité, a récemment été hospitalisé pour une leucémie aigüe. Ce qui n’a pas rassuré les deux millions d’habitants de la zone.

L’équivalent de la Bretagne contaminé au Césium

Autre sujet d’inquiétude : le taux de contamination en césium des rivières de la région de Fukushima. Une étude universitaire évalue le niveau de contamination à l’embouchure de l’Abukumagawa à environ 50 milliards de becquerels répandus dans la mer chaque jour. L’équivalent, au quotidien, du césium déversé dans la mer pour tout le mois d’avril, par les eaux « faiblement contaminées » relâchées par Tepco depuis les réacteurs.

Un rapport publié fin novembre par les autorités japonaises souligne que 8 % du territoire du Japon est fortement contaminé par du césium radioactif. Soit 30’000 km². L’équivalent de la superficie de la Bretagne ou de la région Paca. Le césium s’est diffusé à plus de 250 km vers l’ouest, et jusqu’à la préfecture d’Okinawa, à 1700 km de la centrale, selon le ministère des Sciences [La présence de césium 134, à la durée de mi-vie de 2 ans, est la preuve que la source de cette radioactivité est bien l’explosion de la centrale de Fukushima]. Une zone de 20 km autour de la centrale a été évacuée en mars, et à 30 km les habitants avaient pour consigne de se calfeutrer chez eux, prêts pour une évacuation. Les dernières cartes publiées par le ministère montrent que la zone à risque est beaucoup plus étendue. 300’000 personnes vivent dans la ville de Fukushima, où la radioactivité cumulée atteignait en mai plus de 20 fois la limite légale.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323695677.jpg

À qui appartient la radioactivité ?

À Hitachinaka, à une centaine de km de la centrale, le taux de radiation est de 40 000 becquerels/m², près d’un million de fois supérieur à la radioactivité naturelle locale, avant la catastrophe [970’000 fois le niveau de 2009, qui était de 0,042 becquerels/m² de « densité cumulée de césium 134 et 137 », d’après The Asahi Shimbun]. Après l’accident de Tchernobyl, les zones où les niveaux de radioactivité dépassaient 37’000 becquerels/m² étaient considérées comme « contaminées », rappelle le journal Asahi, principal quotidien du Japon. Dans le quartier Shinjuku de Tokyo, le taux est toujours de 17 000 becquerels/m² [De grandes quantités de poussières radioactives sont tombées sur Tokyo, mais une autre étude montre une faible accumulation de césium dans le sol. L’explication ? « Tokyo a de plus petites surfaces de sol que les autres préfectures, mais les routes et les surfaces en béton ont moins tendance à fixer le dépôt de césium, qui a probablement été lessivé par le vent et la pluie », affirme un membre du ministère.]. Dans certaines régions montagneuses, à 180 km de Fukushima, la radioactivité se situe entre 100’000 et 300’000 becquerels/m². Une contamination qui aura des conséquences durables, car la demie-vie du césium 137 est de 30 ans.

Le gouvernement se veut pourtant rassurant. Beaucoup d’habitants n’ont de toute façon pas les moyens de quitter les zones contaminées. La plupart des 160’000 Japonais évacués après la catastrophe attendent toujours des indemnités de la part de Tepco. Le propriétaire de la centrale est de plus en plus critiqué pour sa gestion de l’après-catastrophe. Lors d’un procès concernant la décontamination d’un terrain de golf au Japon, Tepco a sidéré les avocats en se dédouanant de ses responsabilités, affirmant que « les matériaux radioactifs (comme le césium) qui ont été disséminés par le réacteur n° 1 de la centrale de Fukushima et sont retombés appartiennent aux propriétaires des terres et non plus à Tepco » !

Cynisme et manque de transparence

Un argument rejeté par le tribunal, qui a cependant décidé de confier les opérations de décontamination aux autorités locales et nationales. Tepco va jusqu’à contester la fiabilité des mesures effectuées et affirme qu’un taux de 10 millisieverts/heure n’était après tout pas un problème et ne justifiait pas de maintenir des terrains de golf fermés. Les mesures effectuées sur ces terrains mi-novembre ont pourtant détecté un taux de césium de 235’000 becquerels par kg d’herbe : à ce niveau, la zone devrait être classée comme interdite selon les standards mis en place après l’accident de Tchernobyl, souligne Tomohiro Iwata, journaliste du Asahi Shimbun.

Au cynisme de Tepco s’ajoute le manque de transparence. Le 28 novembre, l’entreprise a annoncé que Masao Yoshida, 56 ans, directeur de la centrale de Fukushima au moment de la catastrophe, a dû quitter son poste pour des raisons de santé. Il a été hospitalisé en urgence. Tepco refuse de donner davantage de précisions. Par ailleurs, un projet du gouvernement d’organiser un monitoring en temps réel des radiations dans 600 lieux publics de la préfecture de Fukushima, notamment les écoles, devait démarrer en octobre. Il a été reporté à février 2012. Argument évoqué : l’entreprise qui devait fournir les équipements n’a pas pu tenir les délais.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323696588.jpg

Le béton des réacteurs rongé par le combustible

Les experts estiment que les efforts de décontamination devraient coûter au Japon 130 milliards de dollars. À cela risquent de s’ajouter des coûts sanitaires et environnementaux encore difficiles à comptabiliser, tant le risque sanitaire semble être aujourd’hui minimisé. D’après Tepco, la situation de la centrale est aujourd’hui stabilisée [45 tonnes d’eau radioactive se sont pourtant de nouveau échappées du réacteur n° 1 début décembre]. La température des réacteurs 1, 2 et 3 — qui ont subi une perte totale du système de refroidissement en mars — serait maintenue en dessous de 100 degrés. Le risque sismique n’est pourtant pas écarté, qui pourrait de nouveau aggraver la situation. Dans un rapport rendu public le 30 novembre, Tepco explique que le combustible du réacteur 1 aurait entièrement fondu, percé la cuve et rongé une partie du béton de l’enceinte de confinement, sur 65 cm de profondeur. Le combustible fondu serait à 37 cm de la coque en acier. Mais ces analyses reposent sur des estimations et simulations informatiques. Impossible d’avoir des informations plus précises.

Pendant ce temps, la vie continue dans les régions contaminées. Le 13 novembre, dans la ville de Fukushima, était organisé le marathon annuel, Ekiden. Des jeunes femmes ont couru 40 km, sans aucune protection, dans une des zones les plus contaminées du Japon. Un journaliste japonais y a relevé des taux de 1,4 microsieverts/h (soit plus de 12 fois la limite d’exposition aux rayonnements autorisée pour la population civile en temps normal). L’organisateur de la course a fait signer aux participants un formulaire stipulant qu’ils ne pourraient le poursuivre en justice s’ils avaient des problèmes de santé. À Fukushima, la vie ressemble à un jeu de roulette russe où les victimes ne sont pas ceux qui appuient sur la gâchette. Eux jouissent, pour le moment, d’une impunité totale.

Agnès Rousseaux – Bastamag, 7 décembre 2011.


Fukushima, les limites du cynisme

Alors que les lobbies nucléaires, pratiquant un humour discutable, font remarquer la quasi absence de morts suite à la catastrophe nucléaire de Fukushima, les premières retombées sur la santé se font jour.

On se souvient de la flagornerie d’Otsuka Norikazu, ce célèbre animateur de télévision japonais qui, cédant à la provocation facile, avait en direct mangé des produits agricoles japonais pollués par la centrale nucléaire, encourageant ses compatriotes à suivre son exemple, convaincu de l’innocuité des produits consommés, avec le désir patriotique de sauver la production agricole de son pays.

Mal lui en a pris, on apprend qu’il a été hospitalisé le 7 novembre atteint d’une leucémie aiguë et Tepco aura des difficultés cette fois à affirmer que la catastrophe nucléaire de Fukushima n’y est pour rien. lien

Les avis médicaux lui donnent 70% de « chances » de mourir d’ici 5 ans ce qui a été confirmé par des experts allemands.

On se souvient de la réponse donnée par le célèbre biologiste Jean Rostand à qui on demandait quelle dose de radioactivité on pouvait ingérer sans danger : « c’est comme si vous me demandiez quelle quantité d’arsenic un bébé peut absorber sans danger ! »

Ce grand scientifique nous a quittés en 1977, et malheureusement, on a peu tenu compte de son avis et de ses écrits, lorsqu’il dénonçait les dangers évidents générés par l’industrie nucléaire.

Aujourd’hui le gouvernement japonais reconnaît s’être trompé lorsqu’il affirmait qu’il n’y avait pas de risques à consommer de la nourriture polluée à la radioactivité sous le seuil des 500 Bq/kg.

On se souvient de la phrase célèbre prononcée par un responsable japonais : « à court terme, il n’est pas nocif  ».

Il s’excuse en disant maintenant qu’il a été mal compris et qu’il voulait seulement dire : « si vous consommez des produits pollués une ou deux fois, ce n’est pas dangereux, ça l’est seulement si vous le faites régulièrement ».

Ce qui est un peu tardif, car aujourd’hui, 9 mois après la catastrophe, les produits radioactifs relâchés par la centrale ont été largement ingérés par les japonais.

On a aujourd’hui la preuve que la carte officielle de contamination radioactive a largement masqué la vérité, et grâce à des chercheurs japonais, nous pouvons comparer la réalité de la pollution et la désinformation gouvernementale :

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323697300.jpg

La carte de gauche est la carte officielle, datant du 11 novembre, et celle de droite est celle de chercheurs japonais indépendants. (Il faut noter les différences de couleur entre les deux cartes : sur la carte de droite on va du bleu, lequel correspond à 10’000 Bq/m2 au rouge pour 50’000 Bq/m2 et plus, alors que la carte gouvernementale va du marron foncé au bleu.)

Le professeur Yukio Hayakawa de l’université de Gunma à publié une carte encore plus précise, et a reçu un avertissement du président de son université pour avoir diffusé cette carte :

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323697434.jpg

On voit clairement sur sa carte qu’il existe des zones polluées à 1µSv/h à 200 km de la centrale, ce qui signifie que la surface polluée du Japon est bien plus polluée que dit.

On est loin des propos lénifiants et cyniques de Jean-Marc Jancovici qui se refusait à donner autant d’importance à la catastrophe de Fukushima qu’à celle de Tchernobyl alors que le professeur Chris Busby, de l’université de l’Ulster, avait déclaré en aout dernier que la catastrophe de Fukushima pourrait générer un million de morts.

En attendant, la vive lumière au sol, feu d’hydrogène pour certains, est toujours visible, et l’on a appris qu’il y a un différé de 30 secondes entre l’image prise, et l’image montrée, ce qui peut permettre à l’opérateur de cacher ce qu’il souhaite.

En mai dernier, un ouvrier de Fukushima, d’une soixantaine d’année est mort, tombé inconscient sur le lieu de travail, mais le porte parole de Tepco affirme que c’est sans rapport avec la contamination tout comme pour cet ouvrier de 50 ans, dont le nom n’a pas été communiqué, mort au début du mois d’octobre.

Et quid d’Abe Hiroto, décédé à 23 ans d’une leucémie aiguë après avoir défendu dans les colonnes d’un magazine pour pécheurs (Rod & Reel) la qualité des poissons des pécheurs de la région de Fukushima ? Il habitait à 30 km de la centrale nucléaire tout comme Nagashima Kazuyuki, un athlète de 30 ans qui risque aussi de mourir d’une leucémie aiguë.

On le voit sur ce lien combattre et triompher lors des 16e Jeux Asiatiques de 2010.

Il est aujourd’hui à l’hôpital.

Et ne parlons pas de ces sauveteurs dont le gouvernement japonais tente de dissimuler la mort.

Mais plutôt que de continuer ce décompte macabre, il faut plutôt s’intéresser aux 17’780 travailleurs qui se relaient depuis 9 mois pour nettoyer les décombres de la centrale nucléaire.

Malgré les protections qu’ils ont fini par recevoir, ils sont au moins 169 à avoir reçu des doses supérieures à 100 millisieverts.

Il faut se souvenir aussi qu’à l’époque de Tchernobyl, les méthodes de « com » étaient les mêmes, on tentait de cacher en haut lieu le véritable nombre de morts, et ce n’est que 25 ans après que des chercheurs américains nous ont appris la triste vérité : 985’000 morts, chiffre dépassé depuis, dus à la catastrophe.

Et puis, au-delà de la mort, les pneumonies, les problèmes hormonaux se multiplient chez les 2 millions d’habitants de la région au point qu’un appel a été lancé.

« La santé de nos enfants est maintenant en danger. Nous constatons des symptômes tels que thyroïdes enflées, saignements de nez, diarrhées, toux, asthme… »

Un laboratoire français indépendant, agréé par l’ASN (autorité de sureté nucléaire), l’ACRO (association pour le contrôle de la radioactivité dans l’ouest) a mené une enquête sur une vingtaine d’enfants de la région de Fukushima démontrant que la totalité des enfants examinés étaient contaminés par du césium radioactif, et d’après une étude japonaise, 1 enfant sur 13 aurait des problèmes hormonaux et souffrirait d’un dysfonctionnement de la thyroïde.

Pour cacher la triste vérité, les « responsables » japonais ont multiplié par 20 la norme de radioprotection du secteur, passant de 1 à 20 millisievert/an, ce qui correspond au seuil maximum d’irradiation en France pour un travailleur du nucléaire.

20% des écoles de la préfecture de Fukushima dépassent ce taux.

La CRIIRAD à mesuré en juillet une contamination de 370’000 Bq/kg de la terre prélevée sous les balançoires d’une école primaire, et a déclaré : « ce sol est devenu un déchet radioactif qui devrait être stocké dans les meilleurs délais sur un site approprié ».

Le gouvernement qui devait organiser des mesures dans 600 lieux publics de la préfecture de Fukushima vient de reporter ces opérations à février 2012, justifiant le report en expliquant que l’entreprise qui devait fournir les équipements n’a pu respecter les délais de livraison.

D’ailleurs l’ambiance est à l’optimisme dans la ville de Fukushima, puisque le marathon Ekiden, prévu tous les ans, a été maintenu, et des sportives ont couru les 40 kilomètres dans l’une des régions les plus contaminées du Japon, des taux de 1,4 microsieverts/h y ont été mesurés, soit 12 fois la limite d’exposition.

L’organisateur de la course a toutefois pris la précaution de faire signer un document dégageant sa responsabilité, en cas de problème de santé.

Quant à Meiji, fabricant japonais entre autres de lait en poudre, il va devoir retirer 400’000 boîtes, lesquelles ont été contaminées au césium 137 et 137, espérant qu’elles n’ont pas déjà été consommées.

À Hitachinaka, à 100 km de la centrale, le taux de radiation est de 40’000 Bq/m², soit 970’000 fois le niveau de 2009.

Quant aux 100’000 évacués, ils sont toujours sans nouvelles depuis 9 longs mois des indemnités promises par TEPCO, ce dernier ayant adopté une attitude pour le moins cynique, contestant la fiabilité des mesures effectuées, mais aussi assurant ne pas être responsable des matériaux radioactifs dispersés ça ou là, déclarant « les matériaux radioactifs qui ont été disséminés par le réacteur n° 1 de la centrale de Fukushima appartiennent aux propriétaires des terres où ils sont retombés, mais plus à Tepco ».

Pourtant Tepco avait vendu ses parts dans l’éolien, pour un montant de 188 millions d’euros, afin de pouvoir dédommager les victimes de la catastrophe nucléaire.

Tokyo n’a pas été épargné par la catastrophe, et on sait maintenant que dans le quartier de Shinjuku, le taux de radioactivité est encore de 17’000 Bq/m² et que dans certaines régions montagneuses, du coté de Midori et Kiryu à 180 km de Fukushima, la radioactivité se situe entre 100’000 et 300’000 Bq/m².

(Sur ce lien, on peut découvrir les résultats des mesures dans chaque préfecture.)

En attendant, le gouvernement tente manifestement de cacher ce qui attend la population japonaise, et lorsque l’on voit comment sont recrutés les « liquidateurs », à qui on a proposé jusqu’à 3500 euros par jour, on ne se fait guère d’illusion sur le terrible destin qui les attend, (ils absorbent en 15 minutes l’équivalent de 100 mS/v par an) et il est probable que tout sera fait pour que leur disparition soit cachée.

Car comme dit mon vieil ami africain : « l’expérience est le nom que chacun donne à ses erreurs ».

Olivier Cabanel – AgoraVox, 12 décembre 2011.

Publié dans Luttes antinucléaires | Marqué avec | Un commentaire

Nous sommes le 1 %

Nous vous avons vu. Nous vous avons entendu. Vous êtes désormais partout. Nous savons qui vous êtes. Vous êtes ces 99 % qui protestent contre les excès du capitalisme et les abus de l’État. Vous êtes les 99 % qui exigent des réformes électorales, des alternatives sociales, des subventions économiques et des mesures politiques. Vous êtes les 99 % angoissés de perdre votre futur, de n’être plus capables de vivre comme vous l’avez fait jusqu’à présent : un boulot, un revenu, un crédit pour la maison, une retraite. Vous laisser vivre, au minimum. Faire carrière, au maximum. Voilà ce que vous demandez. Vous ne voulez pas payer la « crise », vous voulez que tout redevienne comme avant. Que personne n’éteigne les écrans qui ont jour après jour asséché votre vie, la privant de tout sens et de toute émotion, la condamnant à la tristesse de la survie. Et tout cela, vous le demandez aux gouvernements et aux banques, afin que la démocratie soit : des gouvernants qui ne soient pas intéressés au pouvoir mais au bien commun, des banquiers qui ne soient pas intéressés au profit mais au bonheur des populations. Comme dans les contes, comme dans les films.

En attendant une fin heureuse qui tarde à venir, vous ne tolérez pas que certains ne partagent pas votre résignation hallucinante. De Madrid à Athènes, de Rome à Portland, vous êtes prêts à arrêter, dénoncer et bastonner ces enragés qui ne voient pas dans les institutions les garanties de la liberté mais les causes de la misère et de l’oppression. La vengeance, vous ne l’appréciez que dans les fictions au cinéma, mais une fois que le masque tombe, vous lui préférez la soumission. Face à une société aussi odieuse que putréfiée, vous vous battez pour une protestation civile, mesurée, éduquée. Une protestation qui reste toujours à votre hauteur : à genoux.

Maintenant, nous savons qui est ce 1 % que vous haïssez tant. Avec vos cordons, avec vos services d’ordre, avec vos délations, vous avez fait comprendre à tous qui est votre véritable ennemi. Ce n’est certainement pas la classe dirigeante, à laquelle vous vous adressez avec respect. C’est nous. Nous qui n’avons pas d’État à défendre ni à améliorer. Nous qui n’avons pas de marché à protéger ni à exploiter. Nous qui ne voulons exercer ou subir aucune autorité. Nous pour qui la vie n’est pas une carte d’adhésion à tamponner ou un compte courant à sauvegarder. Nous pour qui la crise n’est pas née avec les récentes spéculations boursières, ou suite à l’incapacité de ceux qui siègent actuellement au Parlement, mais en subissant cet ordre social sous tous ses aspects. Nous pour qui tous les jours sont précaires dans ce monde que nous n’avons pas voulu, dans lequel nous ne nous sommes jamais reconnus, et qui nous étouffe.

Nous ne voulons rien avoir à faire avec votre 99 %. Avec votre revendication d’un capitalisme modéré et d’un État correct. Avec votre allure politique majestueuse qui réduit le pouvoir et le privilège aux dimensions d’une carte de crédit. Avec votre camping urbain de boyscouts nostalgiques. Avec votre identification d’un adversaire — l’origine de l’« injustice » — toujours plus évanescent, immatériel et éloigné de nos coups. Avec vos bras toujours plus accueillants pour les politiciens, les industriels et les chiens de garde, et toujours plus vigoureux contre les rebelles. Avec vos actions toujours plus faibles qui ne sont devenues qu’un tiède intervalle entre deux statu quo. Non, nous ne voulons pas de vos réformes, de votre collaborationisme, de votre travail aliénant, de vos revendications sinistres [NdT : jeu de mot entre « sinistre » et « de gôche ».] qui, à force d’être réchauffées, ne sont bonnes qu’à faire vomir.

Nous connaissons les véritables causes des souffrances que nous subissons : la soif de pouvoir, le culte de l’argent, mais aussi l’obéissance qu’ils exigent et obtiennent. Ces causes se perpétuent dans la vie quotidienne des êtres humains par des actions, des gestes, des rapports qui s’entremêlent à l’intérieur d’une société où nous nous sentons partout étrangers. Et ces causes — qui doivent être refusées, désertées, démolies — ont trouvé leur place au sein de votre mouvement. Nous ne nous sommes jamais sentis à l’aise dans le 99 % de notre vie moderne, passée à faire la queue pour mendier des miettes, et malgré cela vous vous acharnez à défendre ces 99 % du problème. Nous chercherons nos possibilités ailleurs. À travers les espoirs, les rêves et les actions qui ont mérité votre condamnation.

Quant à vous, continuez donc votre traversée de l’océan de l’indignation universelle. hissez vos voiles en passant les cordes à des bureaucrates et des flics. Partagez l’espace et l’air avec la lie qui a rendu la vie sur cette planète si invivable. Allez droit devant vers de nouvelles terres, les bottes encore pleines de la merde d’hier. Nous ne monterons pas dans votre bateau, au pire nous en descendrons. Nous resterons sur les radeaux que vous méprisez tant, parce que trop petits et trop légers.

Mais faites attention. Un vaisseau qui vogue avec nos ennemis à bord est une occasion trop belle pour la laisser filer. Vous riez ? Vous ne nous craignez pas, parce que nous n’avons pas la force pour vous donner l’abordage ? Vous nous avez mal compris. Votre or ne nous intéresse pas, nous ne voulons pas nous en emparer. Nous voulons vous envoyer par le fond avec toute votre cargaison de mort. Pour y réussir, pas besoin d’une flotte majestueuse, il suffit d’un brûlot [NdT : jeu de mot qui fonctionne aussi dans la langue française. Un brûlot est à la fois un « navire chargé de produits incendiaires destinés à détruire les flottes ennemies » et un synonyme de « pamphlet virulent ».]. Petit et léger.

Traduit de l’italien (finimondo, 11 novembre 2011) par les Brèves du désordre.

Publié dans La liberté est le crime qui contient tous les crimes | 7 commentaires

Police, Justice, répression, dégage !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323669029.jpg

Place du Capitole à Toulouse, le 3 décembre 2011

Liberté pour les inculpé-es de Labège.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Police, Justice, répression, dégage !

La barbe et la lucarne

Les féministes du collectif La barbe arborent un postiche pour perturber des réunions publiques (une convention du parti au pouvoir, par exemple) en félicitant les intervenants de leurs efforts pour pérenniser la domination masculine et en brandissant des slogans tels que « le racisme c’est bien, le sexisme c’est mieux ». L’humour grinçant de ces happenings est plutôt bienvenu, quoique, en tant que vaguement barbu, il me fasse tiquer sur la forme — qu’est-ce qu’ils ont fait de mal, les barbus ? —, mais c’est une autre affaire [N’importe quel iconologue ou sémioticien peut témoigner de la richesse sémantique des attributs pileux (barbe taillée, négligée, avec ou sans moustache, barbe d’instituteur socialiste, barbe salafiste, barbe du sage, barbe du patriarche, bouc second-empire, etc.) et il me semble maladroit de s’emparer de ce symbole sans précautions…].

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323681979.jpg

Le 9 décembre, deux représentantes du collectif étaient invitées au Petit Journal de Yann Barthès, sur Canal+. Le Petit journal est une émission de divertissement qui traite de l’actualité avec une certaine légèreté et tourne les médias et la classe politique en dérision, en montrant par exemple les coulisses d’une interview, ou en comparant des discours actuels à d’autres plus anciens. D’abord simple rubrique du Grand Journal, le Petit Journal est devenu une émission à part entière cette année. Derrière le divertissement, cette émission révèle parfois de petits moments de vérité quant à la manière dont sont fabriquées les représentations de l’actualité, mais son fonctionnement un peu répétitif et ses tics font de ce programme une sorte de tribunal professionnel qui ne cherche pas tant à nous expliquer le monde qu’à sanctionner ceux qui ne respectent pas au mieux la règle du jeu : ceux qui bafouillent, ceux qui hésitent, ceux qui se contredisent, ceux dont les bons mots tombent à plat, etc.

Lorsque Le Petit Journal permet un décryptage édifiant des médias et de la communication politique, c’est par simple accident collatéral, car son effet véritable est au contraire de pousser chacune de ses cibles à plus de professionnalisme médiatique, à plus de « fluidité », à mieux respecter les règles du divertissement : que rien n’accroche, que rien ne gène, ne perturbe, que l’on affirme plutôt que de se poser des questions, que l’on parle plutôt que de réfléchir, que l’on se complaise dans sa caricature, dans son rôle, plutôt que de surprendre véritablement. Je ne pense pas que ç’aient été les intentions initiales du Petit Journal, mais le résultat est bien là : seul compte le spectacle et un couperet impitoyable s’abat sur ceux qui ne se plient pas à sa morale.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323682241.jpg

Le Petit Journal a régulièrement des invités, qui sauf erreur ou oubli de ma part (je ne le regarde pas tous les jours ceci dit) sont exclusivement issus du monde médiatique, qu’il s’agisse de journalistes, de bêtes politiques du petit écran, ou tout simplement de gens qui aiment se trouver devant les caméras, comme un « hacker médiatique » qui, depuis plus de quinze ans, se débrouille pour apparaître parmi les badauds anonymes devant les lieux où sont postées des caméras et qui expose régulièrement un avis plat et banal (donc fluide, donc incapable d’apporter des informations, donc télévisuel) à ceux qui lui tendent le micro [À rapprocher des Apparitions de l’ami Matthieu Laurette, qui s’est débrouillé pour se trouver filmé parmi le public de diverses émissions (Frou frou, Tournez manège, etc.), et qui a ensuite tiré de ces images des montages qui isolent ses apparitions.].

Le collectif La Barbe utilise le spectacle comme mode d’action et il était presque logique de les inviter au Petit Journal. Sauf que le sujet de La Barbe est un vrai sujet, d’une part, et que, d’autre part, leur recours au happening et leur discours sont loin d’être aussi professionnels qu’il l’aurait fallu pour profiter d’une connivence médiatique de la part de ce qui est devenu, bon gré mal gré, le tribunal du divertissement politique et médiatique. La séquence n’a duré que six minutes mais elle s’est extrêmement mal déroulée, plaçant les spectateurs dans une atmosphère d’inconfort et de malaise : il est absolument rarissime que des chaînes nationales présentent à une heure de grande écoute des invités qui ne soient pas puisés dans le réservoir de ce que les professionnels du domaine appellent les « bons clients », c’est-à-dire des gens qui parviennent à participer au flux médiatique sans hésitations, sans contretemps, qui sont capables d’entretenir le jeu de domination et de séduction qui caractérise la parole dans les émissions de grande écoute à la télévision et à la radio, et qui, tant qu’à faire, acceptent sans trop protester la place arbitraire qu’on leur attribue : expert pointu, expert en tout, amuseur, râleur, etc.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323682276.jpg

On remarque au passage que seul le présentateur a le droit d’aller chercher la complicité du spectateur en regardant la caméra en face…

Infortunées Céline et Amélie (les deux jeunes femmes qui cachent sous « une barbe un peu moche » des « visages qui ne sont pas moches », selon leur intervieweur), donc, qui sont allées se fourvoyer sur le plateau d’une émission où l’on n’avait pas prévu qu’elles aient l’idée de s’attaquer à la manière dont est dirigée la chaîne Canal+ (comme l’a écrit Pierre Bourdieu en son temps [Sur la télévision, Liber-Raisons d’agir, 1996], les médias exigent que personne d’autre qu’eux-mêmes ne fasse la critique de leur fonctionnement), où il n’était pas convenu qu’elles osent répondre à des questions par d’autres questions ni qu’elles esquiveraient les perches tendues telles que la dernière question posée par Yann Barthès qui demandait en substance aux jeunes femmes de rassurer les hommes en affirmant qu’elles ne leur voulaient pas de mal (« pouvez-vous dire aux hommes que vous n’avez rien contre eux ? »).

Ce genre de séquence, que la télévision fait tout pour éviter, est une puissante cause de stress pour le spectateur mais n’en est pas moins instructive en ce sens qu’elle permet de comprendre la nature même des médias audiovisuels de masse et leur incapacité à accepter ce qui sort du format. Bien sûr, tout cela est contenu depuis bientôt cinquante ans dans la célèbre affirmation de Marshall McLuhan [Pour comprendre les média, Les prolongements technologiques de l’homme, 1964], « le message, c’est le médium ».

Lorsque les invités d’une émission causent du déplaisir et du stress au public, celui-ci est aussitôt envahi par des pulsions qui vont de la commisération (« les pauvres, elles ont eu le trac, elles sont intimidées ») à une forte agressivité, et ce indépendamment du fait de souscrire ou nom au message qui entendait être transmis. Le message peut d’ailleurs pâtir de la manière dont il est représenté, comme le suggère Sophie-Pierre Pernaud quand elle conclut un article sur cette édition du Petit Journal par une question à ses lectrices : « Te sens-tu trahie par la cause féministe après avoir regardé leur intervention qui frôle l’humiliation ? »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323683239.png

On peut adopter de nombreuses stratégies. On peut, comme certains, refuser de s’exprimer dans les médias audiovisuels de masse. On peut, comme André Gunthert, s’engager sciemment dans le piège pour étudier le fonctionnement de la machine médiatique. On peut, comme Jean-Luc Mélenchon ou Jean-Marie Le Pen [Politiquement, Mélenchon et Le Pen sont aux antipodes l’un de l’autre mais il est intéressant que les journalistes les associent si naturellement alors que ne les rapprochent que des détails formels, tels que la (rare) capacité à s’exprimer dans un français correct et le fait de ne pas accepter de se laisser dominer par les intervieweurs tout en étant suffisamment séduisants ou intéressants pour que lesdits intervieweurs ne résistent pas à l’envie d’essayer de s’y frotter tout de même.], accepter le jeu médiatique comme un défi à relever, presque une bataille (bataille qui doit se mener avec sérénité et assurance, cependant : l’agressivité non-victorieuse est toujours punie dans ce genre de cas). On peut, comme beaucoup de politiques de premier plan, imposer aux intervieweurs un contrat extrêmement clair et connaître par avance toutes les questions qui seront posées.

Mais j’ai peur qu’on ne puisse plus espérer faire passer des idées sur ce genre de support sans un minimum de préparation et de connivencce. Le public, et je m’inclus dans cette catégorie, n’est absolument plus capable de le supporter nerveusement.

(…)

Le dernier des blogs, 11 décembre 2011.

Publié dans Critique des médias | Marqué avec | Un commentaire

[Montpellier] Contre la gentrification Samedi 17 décembre

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323680239.jpg

montpellier.squat.net

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Montpellier] Contre la gentrification Samedi 17 décembre

[Les contre-révolutionnaires mangent les enfants] « Ça explosera en Algérie »

Collectif des familles de disparus : l’algérienne Nessera Dutour ne cesse avec d’autres parents de réclamer leurs enfants disparus…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323678801.png

Tous les mercredis, c’est le même rituel. Un petit groupe de personnes bravent l’interdiction de manifester pour crier leur colère dans les rues d’Alger. Dans la main, le portrait d’un fils, d’un mari ou d’un frère… Dans les années 1990, plusieurs milliers de personnes ont disparu mystérieusement, enlevées parfois sous les yeux de leurs proches. La version officielle ? Ils auraient été pris pour cibles par des intégristes ou, au contraire, auraient rejoint les groupes terroristes dans le maquis. Une version que conteste haut et fort Nassera Dutour.

Cette femme a perdu un fils en 1997. « Il était sorti faire une course, et je ne l’ai plus jamais revu, se souvient-elle. Il avait 20 ans… » Pour le retrouver, elle sillonne le pays, frappe à toutes les portes et finit par découvrir une terrible vérité. Ils seraient des milliers comme son fils à avoir été victimes des dérives de la lutte anti-terroriste. « Ce sont des policiers ou des militaires qui se chargeaient des enlèvements, poursuit-elle. Dans plusieurs cas, ils ont été identifiés. On connaît même leurs noms ! »

Nassera a fondé le Collectif des familles de disparus. Pour combattre la loi du silence, et tenter, un jour, de connaître la vérité sur ces enlèvements.

Thala solidaire, 12 décembre 2011.

Publié dans Les luttes de classes en Algérie | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Les contre-révolutionnaires mangent les enfants] « Ça explosera en Algérie »

[Bordeaux] Samedi 17 décembre : La répression des militant-e-s, ça suffit !

Répression des militant-e-s : ça suffit !
On s’informe ! On en débat !

ASSEMBLÉE POPULAIRE

Samedi 17 décembre 2011 – 15h
Place St Michel – Bordeaux

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323677988.jpg

En novembre dernier s’est tenu à Poitiers le troisième forum national anti-répression auquel le collectif Contre Les Abus Policiers (C.L.A.P) de Bordeaux a participé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323678133.jpgAu cours de ce forum, il fut longuement évoqué la répression que venaient de subir nos camarades de Toulouse en lutte contre les Établissements Pénitentiaires pour Mineurs.

Il fut aussi question de la répression des Indignés parisiens qui occupent la place de la Défense.

Ces deux évènements ne sont pas des cas isolés et l’ordre policier, désormais bien en place, dispose d’un solide un arsenal pour faire taire toute opposition.

La répression envers les militant-e-s se multiplie et prend des formes si diverses qu’elle est difficile à anticiper : intimidations, amendes, gardes à vue, contrôles d’identité, arrestations, emprisonnements, interrogatoires des proches, perquisitions, saisies…

À Bordeaux aussi, des militant-e-s subissent cette répression et ces camarades peuvent être assuré-e-s de notre soutien.

Lors du forum de Poitiers il a été décidé de relayer et soutenir l’appel à action du Collectif liberté pour les inculpé-e-s du 15 novembre.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323678047.jpg

Le C.L.A.P33 vous propose de participer à une assemblée populaire samedi 17 décembre à partir de 15h, place St Michel à Bordeaux.

Il s’agira dans un premier temps de s’auto-informer sur les dernières répressions et nous invitons tout-e militant-e, collectif, association de Bordeaux et des environs qui auraient subi une répression à venir témoigner et nous raconter comment à Bordeaux, les espaces d’expression se réduisent à une vitesse inquiétante.

Un deuxième temps pourra être consacré à une réflexion sur les réponses collectives à apporter face à cette répression.

Car nous ne viendront pas à bout de La Bête sans être organisés et solidaires.

Pour nos camarades de Toulouse et d’ailleurs, nous ne cèderons pas !

Merci de faire tourner ce message dans vos réseaux.

À samedi !

Le collectif Contre Les Abus Policiers de Bordeaux – C.L.A.P33

Voici les violences et autres répressions que nous avons recensées pour le seul mois de novembre

Complément d’info – Bande Organisée

Collectif Contre Les Abus Policiers

Pour nous écrire, pour témoigner

Notre manifeste

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...), Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Un commentaire

[Scientifiquement prouvé] Flics, procs, juges et matons au-dessous du rat

Les rats libèrent leurs camarades !

Les rats ne supportent pas de voir un de leurs semblables emprisonnés : ils s’agitent pour le sortir de sa cage. Une preuve de leur capacité d’empathie, affirment des chercheurs.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323586881.jpg

Le rat laissé libre s'active autour du tube qui emprisonne son congénère et essaie de le délivrer.

Pas besoin de motiver un rat par une récompense pour qu’il se donne la peine de libérer un congénère emprisonné dans un piège. Au bout de quelques jours, le rat laissé libre trouve la solution pour ouvrir la petite cage qui retient son compagnon prisonnier. Même s’il peut manger une portion de chocolat pendant que son congénère est coincé, le rat délivre le prisonnier et partage même le chocolat avec lui !

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323586685.png

Ces observations montrent que les actions des rats peuvent être motivées par l’empathie, analysent les chercheurs de l’Université de Chicago qui ont mené ces tests. L’empathie, cette capacité à s’identifier à quelqu’un d’autre et à ressentir ce qu’il ressent, a longtemps été considérée comme le privilège des humains avant d’être élargie aux primates mais serait en fait commune avec nombre d’animaux, en particulier avec tous les mammifères.

Libérer le rat prisonnier

Ben-Ami Bartal, Jean Decety et Peggy Mason ont placé des rats en captivité deux par deux avant de mettre l’un de ces rats dans un petit tube transparent fermé. L’autre rat était laissé libre de se déplacer dans la cage principale.

Les chercheurs n’ont pas appris aux rats à ouvrir la trappe, ils n’ont pas donné de récompense en échange de la libération d’un prisonnier. Les rats ont pourtant appris au bout de 6 ou 7 jours en moyenne de ces tests à ouvrir la trappe du tube pour libérer leur compagnon (23 rats sur 30 ont appris à ouvrir les trappes). Lorsque le tube était vide ou contenait un leurre, les rats ne se donnaient pas tant de mal pour ouvrir la trappe (5 sur 40). Même lorsque le dispositif empêchait les rats d’entrer en contact une fois la trappe ouverte, les rongeurs libéraient les prisonniers. La récompense par le contact et l’interaction n’est donc pas la seule motivation de leur comportement, analysent les chercheurs, qui publient leurs travaux aujourd’hui dans la revue Science.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1323626161.jpg

Partager le chocolat

Plus étonnant encore, lorsque les chercheurs ont placé un tube contenant du chocolat à côté du tube enfermant le rat, celui qui était libre a continué à délivrer son congénère. Et dans plus de la moitié des cas il a laissé du chocolat pour l’autre rat.

Pour les auteurs de l’étude, mettre fin à la détresse du rat encagé est l’explication la plus plausible au comportement du rat dans cette situation.

Choc électrique

Ce n’est pas la première fois qu’une étude met en évidence un comportement altruiste chez des rongeurs. Dès 1959, Russell Church montrait que des rats, habitués à actionner un levier pour obtenir de la nourriture, cessaient de le faire lorsqu’un congénère situé dans une cage à côté recevait un électrochoc à chaque fois. La perception de la douleur de l’autre ne fait pas de doute. Le rat y est sensible. Cependant, le rongeur arrête-t-il d’actionner le levier par empathie, pour que cesse la douleur de l’autre, ou par peur ? Interpréter les comportements, comprendre les motivations est toujours complexe dans les études sur les animaux. Ainsi, cette fois encore, on ne peut exclure que les rats libèrent leurs compagnons pour ne plus entendre leurs cris de détresse — et soulager leurs oreilles plutôt que leurs congénères.

D’autres recherches sont nécessaires pour savoir si ces comportements empathiques observés chez les mammifères proviennent de fonctions cognitives supérieures (comme les neurones miroir du cortex, impliqués dans l’identification à l’autre), ou de réseaux plus primitifs, liés aux émotions, analyse Jaak Panksepp, qui étudie l’origine des émotions et le bien-être animal à  l’Université de Washington (WSU, États-Unis), et qui commente dans Science les travaux de l’équipe de Bartal.

« Il n’y a pas de doute que d’autres animaux ressentent des émotions […] et que nos émotions les plus fortes et les plus basiques proviennent de réseaux neuronaux que nous partageons avec tous les mammifères », explique par ailleurs Panksepp. « Malheureusement, à l’heure actuelle, nous ne pouvons pas scientifiquement comparer l’intensité et des sentiments entre espèces. »

Leur presse (Cécile Dumas, Sciences et Avenir.fr, 9 décembre 2011)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Violences policières et idéologie sécuritaire | Un commentaire