[Chroniques grecques] N° 4 : Sous l’occupation, des lignes de front

Tandis que la bourgeoisie internationale et en particulier européenne reproche violemment à ses laquais du gouvernement grec de ne pas « redresser » la compétitivité de son Capital, et les menacent de les abandonner à la pure désintégration ingouvernable pour sauvegarder sa propre puissance « bêtement » mise en péril par le manque de fermeté de la part du gouvernement d’unité nationale à saigner davantage le peuple grec ; et qu’ils songent en derniers recours à forcer la mise en esclavage de toute une population en suggérant maintenant officiellement la création d’une nouvelle gouvernance capitaliste allemande pour imposer les diktats du Capital ; l’État grec ne songe logiquement qu’à sa propre préservation et à contenir toute potentielle réaction populaire qu’il sait de toute façon inévitable.

Quand les vautours bourgeois du monde entier crachent moitié de mépris moitié de peur contre le bas peuple sacrifié de la Grèce qui doit être coûte que coûte soumis aux impératifs des Bourses et des Marchés et contre « l’infidélité » de la bourgeoisie grecque à ne pas accélérer son écrasement social, l’État grec sait déjà qu’il ne pourra rassurer ses alliés qu’à condition de pouvoir déployer pour cela troupes et chars à tout moment.

Cela justifie toute la stratégie de contre-insurrection qui se déploie avec une certaine violence qu’implique toutes les conditions dictatoriales du Capital : la militarisation du pouvoir d’Etat, de ses institutions, la sécurisation militaire des lieux de travail et de consommation, la protection rapprochée des lieux de ravitaillement par rations strictes et limitées aux couches populaires déjà désintégrées pour éviter qu’elles se soulèvent, et l’occupation militaire de tout « l’espace public ».

Nous avons déjà mentionné à plusieurs reprises les aspects stratégiques de cette occupation militaro-policière, et des endroits tactiquement protégés ; mais pas encore de l’occupation dans son aspect total, pour laquelle les médias grecs déploient une virulente propagande en « hommage » constant envers les forces de police grecques garantes de sécurité et d’ordre. Les journaux télévisés ne mentionnent de manière systématique, exclusive et calculée que le travail méritoire des matons, voltigeurs, forces anti-émeutes, milices privées de sécurité, afin de forcer l’inconscient populaire à intégrer solidement cet état de chose comme désormais naturel et surtout nécessaire.

Nous nous promenons à travers la capitale athénienne, et notre regard quelque part encore « extérieur » de non-Grec aide à déceler la fonction répressive du déploiement des forces militaro-policières d’occupation précises et déterminées pour chaque secteur : dans les grandes avenues bondées de consommateurs voraces et brillantes de vitrines de luxe illusionnistes à seule vocation de maintenir le mensonge d’une stabilité sociale ambiante se cache tant que possible leur réalité : des magasins trop chers la plupart du temps vides mais les plus voyants, des magasins à soldes extrêmes de -80% où se jette presque désespérément la middle-class en quête d’évidences adéquates à la propagande étatico-médiatique, et surtout des vigiles d’une nouvelle police privée équipés de gilets pare-balles, matraques et revolvers à chaque boutique ; la présence policière est efficace : elle se veut invisible ou rassurante pour les riches et les différentes strates de la middle-class et radicalement dissuadante pour les nouvelles couches populaires désintégrées et les migrants affamés ; pareillement les grandes avenues bourgeoises n’ont pas comme les rues et autres quartiers la présence permanente des bus blindés anti-émeutes des forces MAT (équivalent des CRS) ni de patrouilles de voltigeurs à moto Delta (forces spéciales d’intervention pour le maintien de l’ordre public), mais des flics d’intervention avec des bérets militaires plutôt que des casques et des blousons en cuir noir recouvrant leurs uniformes, et il est effectivement plus difficile de les distinguer d’emblée. Ces grandes avenues bourgeoises sont d’ailleurs assez restreintes, avec les trois principales qui se prévalent de centre-ville touristique, qui se joignent chacune en la place Syntagma et le Parlement, à savoir les avenues Ermou, Amalias et Panepistimiou.

Directement autour, ce sont des zones de marchés assez populaires et à l’ancienne, où ce sont patrouilles de police et de MAT qui sillonnent en grand nombre. La place Omonia est particulièrement oppressante par la quantité effrayante de patrouilles en tout genre et par toutes les sortes de flics, à pied, fixes, mobiles, à motos, en voitures, en cars, en bus, bleues, vertes, noires, souvent cagoulées, parfois casquées, par groupes de cinq ou six en général. La fonction d’un tel déploiement est évidente, car les foules de migrants et de déclassés se pressent autour de l’hyper-centre bourgeois, afin de vendre à l’arrachée toutes sortes de gadgets en vue de quelques pièces pour manger, de groupes de chômeurs s’organisant pour la récupération méthodique d’objets encore utilisables dans les poubelles et bennes avec leurs caddies, de mendiants, de mi-cadavres avachis dans les caniveaux, de groupes de dealers et de marché noir, de groupes d’enfants amaigris déployant toutes sortes de moyens pour avoir de l’argent.

Ces groupes d’enfants sont tragiquement surprenants, rarement plus de cinq, il y en a un peu partout en ville, la plupart d’origine géorgienne ou albanaise, et semblent comme livrés à eux-mêmes, abandonnés, munis de paquets de mouchoir, d’accordéons ou tout bonnement, en général, sans rien, à quémander de quoi manger aux passants qui continuent de passer, eux-mêmes au bord du gouffre final. Nous ne savons pas encore s’ils font partie de ces enfants abandonnés par leurs parents qui ne parviennent plus à les nourrir (seul un article du Courrier International, à notre connaissance, traite de cette horrifiante question) et s’ils se débrouillent véritablement par eux-mêmes pour se subvenir directement, ou s’il s’agit d’enfants qui cherchent par nécessité à donner leur part d’effort pour subvenir la famille, si même ces enfants sont organisés entre eux dans ces tâches ou si c’est la règle du chacun-pour-soi. Alors que ces trois hypothèses sont également probables il reste que l’impuissance face à ces regards silencieux et insistants qui crient le vacarme assourdissant et insupportable de la famine ne fait que renforcer dans nos chairs la haine de classe et la détermination rageuse contre la police et l’État que l’on doit forcer à se contenir et à entretenir avec un nécessaire et patient sang-froid. Comme lorsque l’on prend le métro et que l’on se retrouve également confrontés à ces quadragénaires ou quinquagénaires nouvellement chômeurs qui marchandent des stylos ou des bracelets pour quelques pièces, comme ces mères de famille emmitouflées dans plusieurs foulards de laine contre le froid tendre la main, comme ces mendiants qui n’ont même plus la force et la rigueur de regarder les passants en murmurant en boucle qu’ils ont besoin de manger, comme ces regards violents de jeunes migrants encore vigoureux aux aguets du moindre sac à chaparder ou du moindre dos isolé à saisir avec une petite lame pour forcer la monnaie à rejoindre leurs poches. Ce toujours avec le même silence, la même abolition de toute parole, le même vacarme physique de la famine organisée, la même invisibilité physique aux yeux encore confiants en l’ordre public et pourtant si criante et insistante.

Famine généralisée, prolétarisation organisée, misère sectorisée. Et le rationnement d’État par tranches de demie-heure dans la journée (un article de leur presse parle de cela) pour les couches populaires affamées n’ont pas d’autre fonction que de maintenir l’illusion pour elles que c’est l’État la solution, l’État garante de survie mais surtout de diviser les exclus qui s’entre-tuent pour quelques miettes sélectionnées de nourriture (parfois non comestible), qui est le seul facteur d’ordre étatique.

Occupation militaro-policière planifiée, permanente, active. Nous avons pu constater ainsi un bus blindé des forces MAT circuler, à moitié rempli de… migrants arrêtés. D’autres scènes quotidiennes de l’occupation : des motos de police patrouiller et tout à coup brutalement bifurquer au milieu d’une place et courir arrêter des dealers ou des revendeurs du marché noir, principalement des migrants à nouveau, alignés contre le mur, fouillés, palpés, injuriés, parfois arrêtés. D’autres patrouilles qui chassent les « enfants à mouchoirs » des terrasses de cafés, des quadrillages serrés de marchés à la criée où se pressent une foule formidable, des contrôles constants, et l’on se sent contraint de détourner ou baisser le regard en les croisant.

Sous le diktat du Capital, une classe qui pourtant s’organise. Sous l’occupation, des lignes de front. Qui se dessinent et se renforcent.

Les camarades travaillent sans relâche, impriment et collent en continu des dizaines de milliers d’affiches, des stickers, recouvrent le moindre espace mural de messages et d’appels révolutionnaires, dans toute la ville, dans chaque quartier, dans chaque avenue, dans chaque ruelle. Des réunions et des assemblées ont lieu simultanément un peu partout, également en continu, publiques et ouvertes, populaires et horizontales, ou fermées et semi-clandestines, invisibles et secrètes. Le quartier d’Exarchia, bastion anarchiste révolutionnaire, reste le seul endroit de la ville où la police ne peut pas entrer comme son bon vouloir, où elle est chassée à la moindre tentative d’incursion ou bien confrontée à des groupes de combat et d’autodéfense en vigilance permanente. Beaucoup de squats ont subi plusieurs raids-éclairs dernièrement, et le contexte répressif est écrasant, mais les camarades ne veulent pas rester piégés dans une position défensive. Des dizaines d’actions ont lieu quotidiennement, à diverses échelles, en général par des petits groupes affinitaires de trente à cinquante personnes, coordonnés avec d’autres groupes en retrait.

Pour ne citer qu’un exemple, un samedi soir à Exarchia, comme chaque soir, des centaines de personnes se retrouvent spontanément au Parc (la place centrale, au départ un parking bitumé que les camarades ont arrachés il y a de nombreuses années pour planter des arbres et installer des aires de jeux pour enfants afin d’en faire le cœur du quartier et un lieu de rencontres quotidien), dont des migrants, des familles, des chômeurs, des jeunes étudiants et lycéens, des punks, des marginaux, des exclus de toute sorte qui trouvent force dans le rapport collectif et offensif, et bien sûr des centaines de camarades. Un samedi soir comme un autre, c’est la rituelle fête sauvage et populaire au Parc d’Exarchia, des feux s’allument dans des poubelles transformées en braseros, les bières et les joints tournent dans les rires et le partage. Chose normale ici, évidence collective. Soudain un groupe d’une bonne trentaine ou quarantaine de camarades se rassemble dans un coin du parc, équipés de bâtons, de drapeaux, de casques, cagoulés, les autres groupes en présence le voient. Pas besoin de connaître l’initiative du groupe, qui va probablement attaquer une cible déterminée, ils partent, groupés et carrés, tandis que d’autres groupes se positionnent en plusieurs endroits, reliés par téléphones, prêts à assurer la couverture pour le retrait si besoin. Une demi-heure ou quarante minutes plus tard, le groupe revient, les camarades se dispersent et la fête reprend. Encore une fois, rien d’exceptionnel ni de spectaculaire.

Bien que le cas depuis des décennies et la chute de la dictature des colonels mais particulièrement depuis trois années d’affrontements continus avec la police (depuis l’assassinat du jeune Alexis précisément), la culture populaire d’Exarchia est une culture de combat. La réalité d’Exarchia est une réalité de zone de résistance en guerre, une zone autonome qui a ses propres lignes de front, que les flics entretiennent en occupant les abords du quartier, à ses « frontières » comme on dit ici. Réflexes affinitaires, réflexes de groupes, réflexes collectifs, automatiques, combattants, horizontaux, coordonnés. Lorsque des petits groupes de camarades croisent en ville des patrouilles ou traversent les frontières d’Exarchia occupées par des troupes fixes le temps d’une nuit, il y a généralement une distance ennemie entre eux et nous, qui nourrit toute la consistance de la situation de guerre du quartier et de sa raison d’existence, son histoire.

Sous l’occupation, des lignes de front

Le front d’Exarchia est le plus criant et visible, mais des fronts moins visibles de résistance et de combats sont également déployés à diverses échelles. Les Assemblées de Quartiers, les Comités de Voisins, les soirées de théâtre populaire qui ont leur pertinence révolutionnaire, les projections sur l’histoire des luttes, les débats décisionnels sur des points précis, les implantations actives de places publiques, représentent la force de frappe populaire. Ainsi, la place Victoria, non loin de l’École Polytechnique, autre bastion historique des anarchistes révolutionnaires, est régulièrement occupée par des dizaines de camarades qui tractent, affichent, font des déclarations ouvertes à messages révolutionnaires avec des enceintes puissantes, crachent de la musique, et présentent une position offensive déclarée envers et contre l’occupation et le chaos social. La police reste prudente face à ces moyens d’organisation, consciente qu’attaquer frontalement par exemple la place Victoria occupée par les camarades reviendrait à embraser tout Exarchia.

Les moyens d’organisation et d’action sont innombrables, et la force de frappe révolutionnaire n’en est que plus solide. Cependant, la coordination est à restructurer et c’est tout l’enjeu du contexte actuel, notamment face à la stratégie de contre-insurrection planifiée par l’État et les frappes répressives.

La manifestation de ce samedi, qui se veut « pacifiste » et « non équipée », comme appel populaire contre la crise en général et les offensives du Capital, cherche à véhiculer et mettre en avant des positions révolutionnaires, affirmées, envers et contre l’occupation militaro-policière, d’où la crainte d’une éventuelle répression ciblée. Elle cherche également à dépasser les conflits internes qui subsistent, parfois violemment, entre les différents groupes anarchistes et révolutionnaires. Enfin, elle est une volonté de sortir de la position défensive dans laquelle nous piège l’État et ses forces répressives. Si elle sera probablement peu forte numériquement parlant, elle contient cependant par conséquent un enjeu essentiel. C’est d’ailleurs la première manifestation spécifiquement anarchiste depuis plusieurs semaines. Et pourtant, elle ne reste qu’une petite manifestation parmi mille autres.

De la force de frappe

Questions stratégiques, clivages tactiques, qui se posent à tous les combattants de Grèce. Les camarades combattants savent être et demeurer, aujourd’hui comme durant les prochains mois, une fraction minoritaire de la population. D’où la distinction dans le jargon local entre le « mouvement révolutionnaire » ou les « combattants », et la « société », à partir de laquelle se posent toutes les redoutables interrogations quant à la force de frappe révolutionnaire : à créer, maintenir, développer, réaliser, renforcer, afin de se donner des possibilités de victoire sociale.

Lucidité vertigineuse de cette dialectique propre à tous les combattants historiquement : nous n’y arriverons pas, mais il faut le faire ; nous n’avons pas les moyens ni la force suffisante, mais il faut faire ce qui doit être fait ; et c’est de là, de là seulement, que nous pouvons y arriver.

Tous nous disent que le mois de mars 2012 sera particulièrement critique en Grèce, que la situation sera explosive avec la pression de la bourgeoisie internationale et de la Troïka quant au remboursement de la dette et la mise sous tutelle colonialiste de la Grèce par l’Allemagne devenue la première puissance économique européenne.

Tous savent les opportunités de renversement de l’état actuel des choses durant le mois de mars, qui verra probablement et simultanément le durcissement brutal et logique de l’occupation militaro-policière actuelle proportionnellement au déclassement généralisé de la population dans la fosse commune sociale, ainsi que le renforcement de la force de frappe de la part des groupes anarchistes révolutionnaires. Où cela peut et va aboutir ? Quelle sera la donne réelle ? Quelle anticipation pratique pouvons-nous faire collectivement de la suite des événements ? Tous assument d’être absolument incapables de pouvoir répondre d’une manière ou d’une autre à ces questions cruciales.

Les violentes frictions entre les différents groupes et mouvements révolutionnaires obéissent à cet enchaînement trop rapide, trop évident, trop irréversible, ondes d’échos de cette vérité historiquement établie : ne pas tomber dans les rangs de la trahison, même si elle accueillera tout le monde. Voilà le centre des débats et des si graves discussions dans les réunions et assemblées de groupes, conscients de devoir prendre les bonnes décisions et développer les outils de force de frappe les plus tactiques et stratégiques. Ainsi, certaines franges du mouvement anarchiste révolutionnaire suscitant de violentes divergences sont de celles qui prônent la militarisation des groupes anarchistes, et le critère de conflit interne revient au fait que ce n’est pas une question qui ne concerne exclusivement que quelques groupes mais doit être une question qui se pose collectivement à l’ensemble du mouvement, dans la crainte d’un éclatement interne trop dangereux. Pour l’heure, le Capital implante ses tentacules dictatoriales et militaires dans chaque strate de la vie sociale, la bourgeoisie prépare médiatiquement et politiquement la transition déjà en cours de la matraque au fusil, du policier à sa fonction de soldat, et le mouvement révolutionnaire n’en a que trop conscience. Ainsi que de la réalité de sa propre force de frappe effective. L’État a déjà compris qu’un des éléments-clés de sa victoire sur la frange combattante est de la couper radicalement, socialement et physiquement du reste de la population ; population qui doit elle-même se subdiviser en différentes catégories définies selon les critères de la gestion militaro-policière de l’ordre social.

Voilà certainement aujourd’hui le seul point commun qu’il y a entre l’État et nous en Grèce : l’évidence intégrée que nous allons vers une situation de guerre ouverte, et la phase de préparation actuelle à cela. L’évidence qu’il n’y aura plus de retour en arrière et que s’effrite pour de bon toute tentative du maintien de l’état de pacification sociale apparente.

Une chose importante qui revient souvent : l’espoir pour les combattants grecs de voir surgir une forte agitation sociale dans le reste de l’Europe avant mars et la fin du printemps, et particulièrement en France. Cela est sérieusement considéré comme une des conditions de victoire dans l’intensification de la guerre sociale à l’échelle grecque. Aussi, ils sont étonnemment au courant des événements qui remuent quelque peu actuellement les banlieues en France, les « french’s ghettos » avec les deux meurtres en l’espace d’une semaine récemment ; comme simultanément ils insistent sur la situation de la force répressive contre-insurrectionnelle à l’encontre des mouvements révolutionnaires en France, notamment par le déploiement de l’arsenal « antiterroriste » de la part de l’État.

Pour l’heure, le froid social continue de frapper, tous et chacun…

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QUELQUES ARTICLES INTÉRESSANTS DE LA PRESSE BOURGEOISE :

Des camps de pauvres autour d’Athènes se multiplient

Les Grecs abattent sauvagement les arbres des forêts pour pouvoir se chauffer

Précisions sur le nouvel impôt sur l’électricité

Sur les dernières frappes policières

Scandale entre députés, lorsqu’une député britannique fait référence au retour de l’administration nazie quant à la « question grecque »

Faillite de la Grèce et son exclusion de la zone euro en discussions dans les rangs de la bourgeoisie internationale

FEU À CE MONDE.
QUE LA PEUR CHANGE DE CAMP.

Jeudi 2 février 2012.

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[OPHLM = flics] Le fichier des concierges des HLM parisiens

Locataires HLM de Paris : le scandale des fichiers

Jeudi matin, sur son site Internet, la CNIL (Commission nationale informatique et libertés) a rendu publique une mise en demeure de l’office public HLM de Paris, Paris Habitat, qui gère 120’000 logements, pour « atteinte à la vie privée de ses locataires ».

Le gendarme des libertés individuelles, qui demande à Paris Habitat de se mettre en conformité avec la loi, lui reproche une série de manquements suffisamment graves pour que cette mise en demeure, première étape de la procédure de sanction, soit rendue publique.

Une première dans l’histoire de la CNIL

Les reproches sont nombreux. En premier lieu, la CNIL fustige le contenu de certaines données enregistrées dans son énorme fichier pour la gestion locative, IKOS. Dans la zone « commentaires », sur tel ou tel locataire, on trouve des mentions très personnelles (« pas de nationalité française », « ancien SDF addiction boisson », ou encore « personne très difficile à vivre de tempérament agressif et violent très procédurier »), mais aussi des données d’infraction (« violence conjugale »).

Plus grave encore, dans cette zone « commentaires », les fichiers font état de données de santé : « séropositif », « cancer », «personne cardiaque », « sous chimiothérapie », « alzeimer aveugle », « maladie de parkinson », « souffrant d’une pathologie respiratoire et chronique », « dépression hôpital psychiatrique », « fils cancer Mme malade des poumons », « cancer des intestins, opération du cerveau »). Ces informations extrêmement privées ne peuvent en aucun cas être collectées sur de tels fichiers.

Plusieurs plaintes de locataires

Enfin, la CNIL relève un manquement à l’obligation d’assurer la sécurité des données. Dans le fichier constitué par l’OPH, que la plupart des 1200 gardiens peuvent consulter, les enquêteurs de la CNIL ont déniché des données bien supérieures au strict nécessaire (problème d’électricité, etc.). On trouve ainsi pêle-mêle la situation familiale, la profession, la date de naissance, mais aussi le détail des comptes locatifs (loyers, charges, prélèvements), voire même… les relevés d’identité bancaire !

La CNIL avait été alertée par des plaintes d’associations de locataires, s’étonnant de l’accès, par certains gardiens de l’OPH Paris Habitat, de données relatives à leur vie privée.

Suite à cette mise en demeure, l’office public a deux mois pour se mettre en conformité avec la loi sur plusieurs points précis. Faute de quoi, elle encourt de lourdes amendes pécuniaires.

Leur presse (Odile Plichon, LeParisien.fr, 2 février 2012)

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[Mort aux El-Assad !] Avant la bataille de Damas

Damas se prépare à la guerre

Les témoignages montrent que les habitants de la capitale redoutent les combats, qui se rapprochent.

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Des soldats syriens en blindé à Deir Balaba, près de Homs, mardi.

Damas est si loin de New York. Pendant que les dirigeants du monde sont réunis au chevet de la Syrie, les habitants de la capitale ne voient pas plus loin que le nouveau barrage armé au bout de leur rue. « Des murs de sacs de sable sont érigés par les militaires devant les centres des services de sécurité bien sûr, mais aussi en bas des immeubles où habitent les « responsables », c’est-à-dire tous les 200 mètres », raconte Féras, un habitant de Malki, le quartier le plus cossu au nord de Damas. La plupart des ministres, chefs militaires ou des différents services de renseignement du régime sont en effet installés dans des appartements au milieu des grands bourgeois damascènes. Ces derniers tremblent depuis quelques jours en voyant les confrontations se rapprocher du centre de leur ville, jusque-là épargnée. « Le renforcement massif de la présence armée sur les places centrales et les convois incessants de véhicules blindés qui passent d’un endroit à l’autre de la ville tous fusils dehors montrent la nervosité du pouvoir et paniquent la population », s’inquiète Féras joint par Skype.

Langage codé. Abou Jamal était assis dans son magasin de tissus de Hariqa, l’un des vieux souks de Damas où les clients sont de plus en plus rares, quand il a entendu les premiers tirs de mortier dimanche : « Ils étaient vraiment proches ! » Il a posé son verre de thé pour sortir sur le seuil de sa boutique, et a rencontré son voisin qui lui a chuchoté, sans attirer l’attention des indics « postés partout », « ça vient de Ghouta [la grande plaine qui entoure Damas, ndlr], la bataille fait rage ». À une dizaine de kilomètres de là sur la route de l’aéroport, des combats sans précédent se déroulaient entre groupes de nouveaux déserteurs de l’armée et troupes loyalistes. « L’eau nous arrive au menton ! » réplique Abou Jamal à son voisin avant de retourner dans son magasin. Cette expression damascène est la plus échangée ces deux derniers jours dans le langage codé des habitants de la capitale. En désignant au sens propre les pluies intenses qui tombent effectivement sur la ville, elle signifie surtout que la vague des violences dans le pays est sur le point de déferler sur eux. « On redoutait ce moment depuis des mois », soupire Féras. « Que Dieu nous garde ! Ils sont capables de tout pour sauver leur pouvoir », déplore le commerçant déjà démoralisé par les affaires qui ne tournent pas.

L’angoisse et la tension sont montées sérieusement depuis la semaine dernière. Après la période de sursis, due à la présence des observateurs arabes qui obligeait le régime à une certaine retenue, l’escalade attendue s’est produite. Tandis que Walid Mouallem, le ministre syrien des Affaires étrangères, évoquait la détermination du régime « à en finir avec la révolte populaire » après l’échec des efforts déployés par la Ligue arabe, « le règlement définitif du problème », a été clairement signifié par l’officieux quotidien Al-Watan.

« Maher a enlevé son pyjama », comme disent les Syriens à propos du frère de Bachar al-Assad qui n’aurait pas enfilé jusque-là son véritable habit militaire de chef de la redoutable quatrième division blindée de l’armée.

Désertions. Mais selon la logique depuis le début de la révolution syrienne, l’accélération de la répression ne fait que renforcer la protestation et alimenter de plus en plus les défections au sein de l’armée et des forces de sécurité. La multiplication de celles-ci, y compris parmi les unités les plus loyales au régime et celles présentes dans les faubourgs de Damas, a donné lieu à des confrontations d’une intensité inconnue auparavant. Les groupes se réclamant de l’Armée de la Syrie libre (ALS) ont ainsi réussi à tenir tête aux troupes loyalistes dans plusieurs localités comme Zabadani, Douma ou Rankous. « Chaque fois que l’armée a été envoyée ici pour mater les manifestations, raconte un militant de Maadamyeh, un quartier insurgé à la périphérie ouest de la capitale, de nouveaux déserteurs se sont joints à nous, refusant de tirer. » Le nombre d’officiers qui désertent avec leurs hommes est de plus en plus significatif. La « disparition » d’une quinzaine d’officiers alaouites, parmi les plus fidèles au régime, a même été signalée par une source proche de leurs familles. « Cachés ? Rebellés ? Ou peut-être même liquidés ? On ne sait pas exactement », dit notre source. Autre signe d’escalade, les forces de la Garde républicaine ont été vues pour la première fois dans Damas. Ces unités sont affectées à la défense des plus hauts dirigeants du régime et de la famille au pouvoir.

Pour le mouvement de protestation, de plus en plus coordonné avec les membres de l’ALS, « la bataille décisive est engagée ». L’enthousiasme et l’angoisse sont mêlés chez les jeunes militants qui en parlent. Ammar, qui anime un réseau dans le quartier de Jaramanah, à l’est de Damas, note que « les manifestations ont augmenté ces derniers jours, encouragées par la résistance des rebelles, mais dans le même temps le son des canons a fait fuir de nombreuses familles vers leur village d’origine ». Engagé dès le début dans la révolution longtemps pacifique dans l’un des quartiers populaires de Damas, Samir se « prépare à la guerre » et affirme que le moral est extraordinairement remonté depuis la bataille de Zabadani où l’ALS a mis en échec l’assaut des troupes du régime. « Mais on manque terriblement de moyens, de munitions et de matériel médical », s’inquiète-t-il en soulignant les difficultés de circulation croissantes pour faire passer l’aide et les approvisionnements d’un endroit à l’autre. Car une stratégie du morcellement est à l’œuvre de la part des forces du régime pour couper les communications entre les différentes localités insurgées, à défaut de pouvoir les contrôler.

Pendant que les forces en présence préparent la bataille de Damas, les habitants sont aussi en proie à d’autres angoisses économiques et sécuritaires. « Les gens sont davantage préoccupés par la hausse phénoménale du prix des œufs, du lait et d’autres denrées essentielles que par les confrontations armées », observe un petit fonctionnaire. « Le salaire moyen de 20’000 livres syriennes [200 euros avant les troubles] ne suffit plus à nourrir une famille de trois enfants », explique-t-il. Dans le même temps, amplifiés par les rumeurs et l’intoxication, les signes d’insécurité se multiplient. Vols, racket, enlèvements — d’enfants notamment —, demandes de rançon… des histoires effroyables circulent entre les gens entretenant le climat de terreur. Face à tant d’incertitudes, « j’ai envie de fermer les yeux et de plonger dans un long sommeil jusqu’à ce que tout soit fini », confie une bourgeoise de Damas qui soupire : « Je sais que le pire est devant nous ! »

Leur presse (Par Hala Kodmani, Liberation.fr), 1er février 2012.

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[Nos médias] Des demandeurs d’asile occupent un bâtiment vide à Dijon

Jeudi 26 janvier, à l’appel d’une vingtaine d’associations dijonnaises, une manifestation en soutien aux demandeureuses d’asile qui sont à la rue se termine par l’occupation de l’ancien internat de l’École nationale des greffes, dont le propriétaire est l’État…

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Une camarade dijonnaise, en envoyant ce reportage, écrit : « Chez nous il fait -10° la nuit et ça monte jamais au-dessus de 0° depuis deux jours, et le préfet vient d’activer le niveau 2 du plan grand froid… Ça avait un côté surprenant (et ça prenait un drôle de sens) d’entendre l’avocat de la pref’ expliquer l’urgence de remettre ces gens à la rue parce qu’illes ne sont pas en sécurité dans le bâtiment… ma foi, il est p’têtre pas frileux… »

Reportage réalisé par des militant-es dijonnais-ses, pour Radio Canut – à écouter et télécharger sur le site Sons en luttes.

Et que cet article soit l’occasion de préciser que le dernier Canut infos est systématiquement en écoute sur le site Rebellyon.info (sur le côté gauche, en descendant un peu), et que les Canut Infos ont un blog qui permet de les écouter plus longtemps.

Sons en luttes, 2 février 2012

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[Gaza] Ban dégage !

Le convoi onusien pris à partie à Gaza

Le convoi du secrétaire général de l’ONU Ban Ki-moon a essuyé des jets de chaussure et de pierre de manifestants palestiniens à son entrée jeudi matin 2 février dans la bande de Gaza, gouvernée par le mouvement islamiste Hamas. Plusieurs dizaines de manifestants, rassemblés à l’entrée du territoire, ont jeté des projectiles au passage du convoi, a constaté un journaliste de l’AFP. Ils protestaient contre le fait que le chef de l’ONU ne rencontre pas de familles de Palestiniens détenus par Israël lors de sa visite. « L’attitude de M. Ban n’est ni morale ni humaine », a déclaré à l’AFP Abdallah Qandil, porte-parole des familles de prisonniers.

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Certains manifestants brandissaient des pancartes en anglais sur lesquelles on pouvait lire « Ban Ki-moon, le parti pris pour Israël, ça suffit ». Le convoi, brièvement retardé, a pu poursuivre sa route vers Khan Younès, dans le sud de la bande de Gaza, où le chef de l’ONU doit visiter une école et un projet de logements financé par le Japon. Il ne doit pas rencontrer de responsable des autorités du Hamas, boycotté par la communauté internationale.

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Il termine jeudi une visite de trois jours en Jordanie, en Israël et les territoires palestiniens durant laquelle il a encouragé les deux camps à reprendre les discussions « exploratoires » engagées sous les auspices d’Amman et du Quartet pour la Proche-Orient (États-Unis, Russie, Union européenne, ONU).

Leur presse (LeMonde.fr), 2 février 2012.

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[Algérie] Vengeance pour Hicham Gacem à Tiaret

Tiaret. Émeutes après l’inhumation du jeune Gacem Hicham

Juste après l’inhumation du jeune Gacem Hicham, qui a succombé à ses brûlures avant-hier, des affrontements ont éclaté hier entre de jeunes manifestants et les forces de l’ordre à Tiaret.

Les manifestants s’en sont pris notamment au tout nouvel immeuble de la BEA, dont les vitres ont volé en éclats, le siège de la radio locale et les feux de signalisation. Les forces antiémeute ont pu circonscrire l’étendue des heurts et isoler le foyer des troubles. Aux jets de pierres, les policiers ont riposté par des lancers de grenades lacrymogènes, dont les gaz ont empesté l’air plusieurs heures durant.

Selon un bilan provisoire, ces accrochages ont fait, à l’heure où nous mettons sous presse, vingt blessés du côté des policiers et quatre parmi les manifestants. Ces derniers auraient été piétinés dans la mêlée qui a suivi les premiers tirs de sommation. Tiaret était hier après-midi une ville morte. Presque toutes les administrations ont fermé leurs portes.

Leur presse (Fawzi Amellal, ElWatan.com), 2 février 2012.


(…) Selon une source locale, le jeune Hichem né  à Oued Rhiou, est issu d’une famille très pauvre qui réside actuellement à Tiaret dans le quartier populaire de Oued Tolba, dans une bâtisse délabrée. Il a quitté ses études très tôt pour nourrir sa famille contrairement à la version des autorités qui voudrait le faire passer pour un toxicomane. De l’avis de tous ses voisins, Hichem était un jeune très gentil. Il a perdu son père dès son jeune âge et sa mère souffre d’une maladie psychiatrique.

Leur presse (lanationdz.com), 31 janvier 2012.


Algérie : 30 blessés lors d’obsèques

Au moins trente personnes ont été blessées dans affrontements à Tiaret (340 km à l’ouest d’Alger) entre des habitants et les forces de l’ordre lors des obsèques d’un homme qui s’est immolé par le feu, a rapporté aujourd’hui le quotidien arabophone algérien El-Khabar. Selon le journal, des policiers figurent parmi les blessés.

Des centaines de jeunes ont affronté avec des pierres la police qui a riposté en tirant des grenades lacrymogènes. Plusieurs édifices publics ont été également saccagés.

Les violences, qui ont débuté mardi après-midi après l’enterrement de Hichem Gacem, se sont poursuivis dans la nuit de mardi à mercredi. Elles se sont ensuite étendues mercredi aux localités voisines de Sougueur et de Rahaouiya où des jeunes ont bloqué plusieurs routes, selon le journal.

Hichem Gacem est décédé en début de semaine

Hichem Gacem, jeune vendeur de lunettes, a succombé lundi à ses brûlures à l’hôpital d’Oran, la grande métropole de l’ouest algérien. Il y avait avait été admis après s’être aspergé d’essence qu’il avait enflammée le 26 janvier dans un quartier de la ville à la suite d’une altercation avec un policier qui a renversé son étal d’un coup de pied, selon la presse.

Les tentatives d’immolation se sont multipliées depuis janvier en Algérie et ont touché y compris des lycéens. La presse algérienne a comptabilisé plusieurs dizaines de tentatives dont un nombre indéterminé ont été mortels. Un cas similaire en Tunisie voisine en décembre 2010 a provoqué la première révolution arabe qui a chassé le 14 janvier suivant le président Zine el Abidine Ben Ali qui était au pouvoir depuis 23 ans.

Leur presse (Agence Faut Payer), 2 février 2012.


Tiaret : Émouvantes et spectaculaires funérailles du jeune Hicham

Une imposante marche depuis la cité « Oued-Ettolba » jusqu’au nouveau cimetière en passant par le centre ville a été organisée ce mardi 31 janvier en début d’après midi par des milliers de jeunes.

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Ces derniers, qui accompagnaient à sa dernière demeure la victime, Gacem Hicham, 22 ans qui se trouvait dans une « Mazda », scandaient des slogans hostiles aux autorités locales sur fond de « la Illaha Ila Allah » et portaient des pancartes avec la photo du défunt et d’autres pour stigmatiser la « hogra ».

Tout au long de l’itinéraire les commerçants avaient baissé leurs rideaux et la circulation rendue fluide depuis que tous les véhicules avaient changés de stationnement et de direction pour fuir la masse compacte de jeunes au summum de la surexcitation.

Les policiers plus discrets n’ont pas quitté pour autant les sièges d’institutions pour parer à d’éventuels dérapages. Beaucoup craignent d’ailleurs une évolution négative des évènements une fois fini le rite lié à l’inhumation de la victime.

Leur presse (Fawzi Amellal, ElWatan.com), 31 janvier 2012.


Tiaret : Le jeune immolé a rendu l’âme hier

La ville de Tiaret est plongée dans une amertume inégalée en apprenant la sinistre nouvelle ayant trait au décès, durant l’après-midi d’hier, du jeune G. Hichem, qui s’est immolé jeudi dernier sur la place publique. Selon nos sources, la victime a rendu l’âme suite à des complications cardiaques à Aïn Defla lors de son transfert vers un établissement hospitalier de la capitale.

Leur presse (Liberte-Algerie.com), 31 janvier 2012.


Lendemain d’émeutes : L’ex-gare ferroviaire affectée aux marchands

Le site vient d’être provisoirement affecté aux marchands de l’informel, en fruits et légumes, et autres « trabendistes », pour contenir la colère.

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Près de 200 jeunes marchands ont squatté la gare.

Une grande anarchie a régné avant-hier soir et hier matin au niveau de l’ex-gare ferroviaire dans l’espace alentour. Le site vient d’être provisoirement affecté aux marchands de l’informel, en fruits et légumes, et autres « trabendistes », pour contenir la colère. Bien que spacieux et situé à proximité de la gare routière qui dessert les grandes lignes urbaines, les lieux sont malpropres et ont besoin d’un toilettage à même de permettre à ceux qui l’occupent de travailler dans des conditions relativement meilleures. Hier, nous avons foulé les lieux, pleins d’immondices et de détritus, entrecoupés par les rails. Les jeunes s’affairaient, chacun en ce qui le concerne, à délimiter son espace avec des moyens de fortunes, souvent en apposant une lettre, un nom ou en l’entourant de fil de fer.

Des lieux malpropres

Les plus nantis sont carrément venus avec leurs carrosses [sic] déposer leurs marchandises sans se soucier comme pour le reste du groupe de la gadoue qui caractérise les lieux, autrefois lieu de débauche et repère pour la délinquance. Boualem, un jeune ex-vendeur au niveau des arcades, est dépité et voudrait voir la mairie procéder à un léger aménagement des lieux, occupé qu’il fut à déblayer son carré. D’autres jeunes, sceptiques, pointent du regard l’horizon, de plus en plus incertains. Le chef de daïra, qui a tenu une rencontre avec les marchands délocalisés, a promis, samedi, une solution en perspective mais la donne a quand même changé.

D’une liste à 83 personnes, ce sont maintenant près de 200 jeunes marchands qui ont squatté la gare en attendant des jours meilleurs. Le supplice du jeune immolé, Gacem Hicham, reste toutefois dans les cœurs car c’est bien lui qui a permis cette tournure. Il aurait suffi, pourtant, d’anticiper pour ne pas en arriver là.

Leur presse (Fawzi Amellal, ElWatan.com), 30 janvier 2012.


Après l’immolation de Hicham à Tiaret
Des émeutiers aujourd’hui devant la justice

Tiaret panse ses plaies mais n’est pas sûre de retrouver tout son calme à l’aune d’une grogne qui s’amplifie au gré des humeurs des jeunes, d’un quartier à l’autre, après l’immolation par le feu, jeudi, du jeune Hicham Gacem, 22 ans, au bas de l’escalier dit Ba Salem, à quelques pas de la mythique El Blaça, la « place rouge » au centre-ville.

Hichem, selon ses amis et voisins, « se porterait relativement bien » [sic] si l’on se fie aux déclarations faites sur les ondes de la radio par le directeur de l’établissement hospitalier Youcef Damerdji de Tiaret, resté en contact avec le CHU d’Oran. Brûlé au visage et au bas-ventre, Hicham a été pris en charge et est sous observation médicale en compagnie de ses parents. Son martyre a vite fait le tour de la ville.

Ceux qui le connaissent décrivent Hicham comme un jeune homme tranquille. Il avait à sa charge sa mère et sa sœur depuis que ses parents ont divorcé. Tout jeune, il avait appris à ne pas se laisser intimider et il a pris pour idole le fameux jeune Tunisien, El Bouazizi [sic].

Selon des recoupements, l’acte de s’immoler par le feu a été fait bien avant jeudi [sic], quelques heures avant que les policiers ne l’interpellent pour placer sa table de lunettes sur l’escalier et non sur le trottoir. Les policiers venaient pour la seconde fois le rappeler à l’ordre. Les émeutes déclenchées jeudi suite à l’acte désespéré de Hicham ont jusque-là généré des casses, des arrestations (le chef de la police judiciaire parle de dizaines de personnes qui seront présentées aujourd’hui devant le procureur) mais aussi des blessés parmi les policiers. La même source indique que « douze policiers ont subi des blessures, dont un, gravement atteint au bassin, va subir une intervention chirurgicale ».

Les autorités n’ont pas chômé hier et ont tout fait pour calmer les esprits surchauffés des marchands à la sauvette. Une rencontre s’est tenue hier matin au conservatoire communal et des décisions temporaires dégagées. « Après le recensement de 83 marchands, l’espace situé au niveau de l’ex-gare ferroviaire leur a été affecté en attendant leur recasement au fur et à mesure des livraisons de locaux », nous a fait savoir Abdelkader Rakaa, chef de la daïra de Tiaret.

Pour autant, les escarmouches n’ont pas cessé avant-hier au niveau des cités Errahma, Sonatiba, Bouhenni et Oued Ettolba. Comme à l’accoutumée, une pluie de pierres et d’objets hétéroclites jonchaient les lieux de l’émeute. Au-delà de l’acte, beaucoup de ceux qui nous ont contactés hier disent « s’interroger sur l’éclipse des pseudo-notables de la ville, des élus et même des partis ». Bien que le chef de l’exécutif ait reçu certains membres de la famille de la victime hier, deux associations, l’ONEM et la section de la LADDH, ont stigmatisé l’approche jusque-là préconisée par les pouvoirs publics quant à la gestion du dossier de l’informel sur fond de défaillance des représentants du peuple.

La mort à… 150 DA !

Beaucoup de gens nous ont interpellés hier pour nous faire part de « la vente libre dans les quincailleries d’alcool et autres produits caustiques à seulement 150 DA la bouteille ». Des intermédiaires, de véritables marchands de la mort, se chargent de l’achat puis de bouteilles d’alcool, qu’ils revendent, le soir venu, la double de son prix, c’est-à-dire 300 DA.

« Cette situation doit changer », nous dit-on avec colère, bien qu’il soit de notoriété publique que pour chercher la mort par ces temps de disette, tous les moyens sont bons [sic].

Leur presse (Fawzi Amellal, ElWatan.com), 29 janvier 2012.


Immolations contre la « hogra »

Une année après le drame de Boukhadra, une commune de la région de Tébessa, au cours duquel un jeune de 27 ans s’est immolé, lors d’une manifestation de citoyens ; jeudi dernier, Gacem Hicham, âgé de 22 ans, empêché par la police d’installer son étal comme à son habitude dans un marché de Tiaret, a tenté de mettre fin à ses jours par le feu. Imitant, par ce geste désespéré, l’exemple du Tunisien Mohamed Bouazizi, qui, depuis, a malheureusement fait tache d’huile à travers le Monde arabe ; le jeune Tiarti, qui n’a pas supporté les exactions de l’agent en uniforme, n’a dû son salut [sic] qu’à l’intervention des citoyens qui l’ont conduit à l’hôpital. Il n’en fallait pas plus pour provoquer le mécontentement de milliers de jeunes qui tourna très vite à l’émeute au centre-ville, non loin de la résidence du wali. Devant l’ampleur du phénomène de l’immolation, en 2011, il y a de quoi être inquiet ; on a par exemple enregistré au niveau du CHU d’Oran, jusqu’en novembre 2011, pas moins de 45 tentatives d’immolation par le feu qui se sont soldées par 43 décès.

(…) Victimes d’abord de l’arrogance et du mépris — hogra — des responsables qui osent parfois comme réponse aux doléances de ces désespérés rien moins que de leur suggérer avec cynisme de suivre l’exemple de Bouazizi, à l’instar de ce président de l’APC de Boukhadra, ou alors le plus souvent se hâter de requérir la police pour faire évacuer les places publiques de leurs manifestants par la force. (…)

Leur presse (Reda Bekkat, ElWatan.com), 29 janvier 2012.


Deuxième nuit d’émeutes à Tiaret : Douze policiers blessés et arrestations de manifestants

Tiaret a vécue dans la nuit de vendredi à samedi une deuxième nuit d’émeutes dans certaines des plus grandes cités, à l’exemple de « Oued-Ettolba », « Bouhenni », Sonatiba et « Errahma ».

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Les jeunes surexcités d’en découdre avec les policiers à qui ils reprochent d’avoir conduit un jeune, Gacem Hicham, 22 ans, à s’immoler, ont battu le pavé pour les arroser d’objets divers et de pierres jusqu’à une heure tardive de la nuit. Le face à face a généré plusieurs blessés, notamment parmi les forces antiémeutes où une source responsable parle de douze hommes touchés. L’un d’eux va subir une opération chirurgicale.

Beaucoup d’arrestations ont été tout aussi opérées parmi les manifestants. Une trentaine selon certaines sources et seulement treize selon le chef de la police judiciaire dont deux mineurs relâchés.

Vendredi au niveau du conservatoire communal, une rencontre s’est déroulée entre marchands et le chef de daïra et des décisions temporaires furent prises.

Leur presse (Fawzi Amellal, ElWatan.com), 28 janvier 2012.

 

Tiaret : un jeune immolé provoque une émeute

Le chef-lieu de la wilaya de Tiaret a vécu une émeute hier à la suite d’une tentative de suicide perpétrée par un jeune, M. K., 22 ans, et résidant à la cité Oued Ettolba.

Les faits rapportés par plusieurs sources font état d’une altercation entre un policier et le jeune vendeur de lunettes au pied des escaliers dits Bab Salem. Le policier, en faction depuis plusieurs jours, depuis que les autorités ont décidé de délivrer la ville du marché informel, a fait écrouler d’un coup de pied la table du vendeur. Dépité par cette tournure, M. K. s’est aspergé d’essence et a craqué une allumette. Il n’a été délivré qu’au prix de secours immédiats apportés par les passants nombreux sur cette mythique place, El Blaça. S’en est suivi un début d’émeute sur fond de tentatives de marches, ponctuées par des cris « d’Allahou akbar », des pneus et des bacs à ordures enflammés, le tout sous une étroite surveillance policière. La situation a généré avec la fermeture des locaux et l’amplification de la nouvelle.

Au niveau des UMC de l’hôpital Youssef Damerdji où fut admise la victime, les nouvelles sont plutôt bonnes [sic]. M. K., brûlé au deuxième degré au visage et au ventre, est pris en charge et est sous observation médicale. Mais au centre-ville, des jeunes revendeurs informels, notamment ceux évacués il y a quelques semaines, continuent d’interpeller les autorités pour leur trouver une solution pour survivre. En fin de journée, la police a dispersé des  manifestants au niveau du boulevard Capitaine Boussif en tirant des gaz lacrymogènes. Des dizaines d’interpellations ont été opérées.

Leur presse (Fawzi Amellal, ElWatan.com), 27 janvier 2012.

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[Port-Saïd] Un an après, la vengeance du régime visant les Ultras qui ont défendu les manifestants lors de la « bataille du chameau »

Commentaire

Le chaos prédit et promis par l’ex-président Moubarak dans ses discours précédant sa chute se réalise de façon systématique sur le terrain depuis un an. Les massacres perpétrés contre les manifestants de la place Tahrir, de Maspero, du Conseil des ministres et de la rue Moahammad Mahmoud ont fait 245 morts et des milliers de blessés auxquels s’ajoutent les victimes du match de foot. Les responsables de ces tueries, aussi bien que des hold up, et enlèvements demeurent toujours occultes. Or, le ministre de l’intérieur vient de déclarer devant le parlement que 4500 prisonniers de droit commun, qui furent libérés le 28 janvier 2011 par leur geôliers, sont toujours en liberté. On peut se demander comment ils n’ont jamais été arrêtés [sic] alors qu’ils sont parfaitement connus par la police et les services de renseignement.

Dans les récents événements tragiques de Port-Saïd, ce sont les supporters de l’équipe gagnante (3 à 0) qui attaquèrent les perdants, ce qui défie toute logique. Nombreux parmi les hommes politiques et les journalistes y voient un acte de vengeance scabreux visant les jeunes Altrass de l’équipe nationale qui ont défendu les manifestants lors du mercredi sanglant du 2 février 2011, connu sous le nom de la bataille du chameau. Le choix du jour un an après ne peut être fortuit, et la non intervention de la police transpire le complot planifié, par le régime en place dirigé par le SCFA et allié des ex-PND du régime de Moubarak.

Galila El kadi – 2 février 2012.


Au moins 74 morts dans des heurts entre supporteurs de foot en Égypte

Les violences qui ont éclaté mercredi 1er février après un match de football entre deux équipes égyptiennes dans la ville de Port-Saïd, dans le nord du pays, ont fait au moins 74 morts, selon un bilan qui reste provisoire. Le directeur de la sécurité de la ville a été démis de ses fonctions, a indiqué jeudi l’agence officielle Mena. Le ministre de l’intérieur, Mohammed Ibrahim, a décidé de démettre Essam Samak de ses fonctions « après les événements de Port-Saïd », a rapporté l’agence.

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« Le bilan s’élève à 74 morts, dont un policier », a indiqué le ministère de la santé dans un communiqué, tandis que la télévision d’État annonçait le déploiement de l’armée dans cette ville à l’entrée nord du canal de Suez pour « éviter de nouveaux affrontements » entre supporteurs. Les affrontements ont également fait 248 blessés, a indiqué le ministère de l’intérieur, après que la télévision eut parlé d’un millier de personnes blessées. Des hôpitaux ont fait état de centaines de blessés. La police a aussi indiqué avoir arrêté 47 personnes.

Les services de sécurité ont assuré que les policiers anti-émeutes étaient présents en nombre suffisant, mais qu’ils n’ont pas voulu s’interposer en raison de consignes de modération diffusées après des manifestations meurtrières au Caire en novembre et décembre 2011.

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« C’est malheureux et profondément affligeant. Il s’agit de la plus grande catastrophe de l’histoire du football égyptien », a commenté M. Cheïha, vice-ministre de la santé. Cité par la télévision publique, il a précisé que la plupart des blessures étaient des commotions et de profondes coupures. Le ministre de l’intérieur, Mohammed Ibrahim, a assuré que « la majorité des personnes tuées ont été écrasées » dans les mouvements de foule.

À la suite de ces affrontements meurtriers entre les supporteurs des équipes Al-Masri et Al-Ahli, une séance extraordinaire a été convoquée au Parlement par le président de l’Assemblée du peuple, l’islamiste Saad Al-Katatni, pour jeudi 11 heures, heure locale, ont rapporté les médias d’État. Une réunion de crise a également été convoquée par le gouvernement égyptien jeudi. Par ailleurs, le parquet a ordonné l’ouverture d’une enquête, selon des sources judiciaires. La fédération de football égyptienne a pour sa part annoncé la suspension de tous les matches de première division.

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BOUSCULADES ET PIÉTINEMENTS

Les violences ont éclaté à la fin d’un match remporté 3-1 par l’équipe locale d’Al-Masri contre le club d’Al-Ahli, l’une des formations les plus titrées du football égyptien. D’après des témoins, les troubles ont débuté lorsque des supporteurs visiteurs ont déployé des banderoles injurieuses à l’égard de Port-Saïd, ville du nord de l’Égypte située à l’embouchure du canal de Suez, sur la Méditerranée. Un supporteur d’Al-Ahli armé d’une barre de fer est descendu sur le terrain, ce qui a incité les supporteurs locaux d’Al-Masri à descendre à leur tour sur la pelouse et à attaquer les joueurs d’Al-Ahli après le coup de sifflet final de l’arbitre, avant de s’en prendre aux tribunes accueillant les visiteurs.

Un petit groupe de policiers anti-émeute a tenté de former une haie pour protéger les joueurs d’Al-Ahli, mais ils ont paru totalement débordés et les supporteurs ont pu continuer à frapper à coups de pieds et de poings les joueurs tentant de fuir. La plupart des morts ont été piétinés dans la bousculade provoquée par la panique ou ont chuté des gradins, ont rapporté des témoins. Des policiers figurent parmi les morts, a-t-on appris de source médicale et auprès de témoins. Les hôpitaux de la région du canal de Suez ont été placés en état d’alerte et plusieurs dizaines d’ambulances ont été envoyées vers Port-Saïd en provenance des villes d’Ismaïlia et de Suez, a dit un responsable des services ambulanciers de la région.

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« Ce n’est pas du football. C’est la guerre et des gens meurent sous nos yeux. Il n’y avait aucun dispositif de sécurité, pas d’ambulances, a réagi un joueur d’Al-Ahli, Mohamed Abo Treika, interrogé par la chaîne de télévision de son club. Je demande l’annulation du championnat. C’est une situation horrible et on ne pourra jamais oublier la journée d’aujourd’hui. » « Il y a des morts sur le sol ! Il y a des morts dans les vestiaires ! Je ne jouerai plus au football tant que justice ne sera pas faite », s’est exclamé un joueur de Al-Ahly, Emad Meteab, sur la chaîne de télévision de l’équipe.

Le maréchal Mohammed Hussein Tantaoui, qui dirige le conseil militaire exerçant le pouvoir par intérim, a décidé l’envoi de deux hélicoptères à Port-Saïd pour récupérer des joueurs d’Al-Ahli et certains de leurs supporteurs, a-t-on appris de sources militaires. Ces appareils devraient transporter les blessés vers des hôpitaux militaires.

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Il n’apparaît pas souvent devant les caméras. Mais pour ce drame, le général Mohamed Hussein Tantawi a fait rapidement le déplacement en Égypte. La sécurité de l’Égypte “est bonne”, (…) “ce genre d'événements peut se produire partout dans le monde”, a indiqué Tantawi. “Le procureur général a débuté une enquête sur cet évènement qui rend tout le peuple égyptien malheureux. Après les conclusions de l’enquête, on connaîtra les causes de ce drame ainsi que les responsables et chacun aura la sanction qu’il mérite.” (Euronews)

ACCUSATIONS POLITIQUES

Alors que l’Égypte célébrait la semaine dernière le premier anniversaire de la chute du régime de l’ancien président Hosni Moubarak, des accusations de nature politique ont été formulées. Les Frères musulmans ont ainsi accusé les partisans du président déchu d’être responsables des violences. « Les événements de Port-Saïd ont été planifiés et sont un message des partisans de l’ancien régime », a affirmé le député Essam Al-Erian dans un communiqué publié sur le site Internet du Parti de la liberté et de la justice, la formation politique de la confrérie. Il a déclaré que l’Assemblée du peuple, dominée par les Frères musulmans, allait demander au ministre de l’intérieur et aux responsables de la sécurité d' »assumer pleinement leurs responsabilités ».

Albadri Farghali, représentant de Port-Saïd au Parlement, a accusé les autorités et les forces de sécurité d’avoir favorisé ce drame en leur reprochant des liens persistants avec l’ancien régime. « Les forces de sécurité ont fait cela ou l’ont laissé se produire. Les hommes de Moubarak sont toujours au pouvoir. Le chef du régime est tombé mais tous ses hommes sont toujours en place, a-t-il hurlé, interrogé par téléphone en direct à la télévision. Où est la sécurité ? Où est le gouvernement ? » Le député libéral Amr Hamzawi a appelé de son côté au limogeage immédiat du ministre de l’intérieur, de même qu’à celui du gouverneur et du chef de la sécurité de Port-Saïd.

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À l’annonce des violences à Port-Saïd, l’arbitre d’un autre match au Caire, entre Zamalek et Ismaïli, a interrompu la rencontre, ce qui a conduit des supporteurs à incendier une partie du stade, a-t-on pu constater sur des images de télévision. L’incendie a été maîtrisé, a indiqué un responsable de la sécurité.

Leur presse (LeMonde.fr avec AFP et Reuters), 1er février 2012.


(…) Contre l’abrogation de l’état d’urgence ?

D’autres y voient une stratégie du gouvernement pour empêcher la levée de l’état d’urgence. Al Masry al-Youm, journal égyptien, relaye les doutes de Ziad El-Elaimy, responsable du Parti social-démocrate : « Ce qui vient de se passer n’est pas une coïncidence. Ce massacre et trois vols à main armée sont survenus un jour seulement après que le ministre de l’Intérieur est venu au Parlement pour tenter de nous convaincre de l’importance de maintenir l’état d’urgence. » (…)

Leur presse (Marie Kostrz, Rue 89), 1er février 2012.

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[Pérou] Vive la lutte de la population de Cajamarca contre ses assoiffeurs

Pérou : un collectif lance une Marche nationale pour l’eau vers Lima

Quelques centaines de personnes ont entamé mercredi dans le nord du Pérou une Marche pour l’eau, qui doit culminer dans huit jours à Lima, convergeant avec des marches d’autres régions où l’industrie minière est un danger perçu pour l’eau, ont annoncé les organisateurs.

La principale Marche pour l’eau est partie d’un lac à 4.000 mètres d’altitude près de Cajamarca (nord), où un projet minier génère une opposition locale depuis des mois, a indiqué à la presse à Lima un comité organisateur rassemblant écologistes, syndicalistes, paysans.

La marche entend rallier Lima, à 800 kilomètres, en huit jours pour arriver dans la capitale le 9 février. Autrement dit les marcheurs effectueront des tronçons chaque jour à pied, et le reste en véhicules, a précisé Manuel Castillo, coordinateur du projet.

Quelque 2.000 marcheurs sont attendus à Lima, a-t-il précisé.

Nous marcherons pacifiquement pour défendre notre eau, parce qu’ils veulent mutiler nos vies, a suggéré Lourdes Huanca, dirigeante paysanne de Cajamarca, lors de la présentation de la marche à la presse.

Le point focal de la mobilisation est le projet Conga, une mine d’or et de cuivre, plus gros investissement minier du Pérou avec 4,8 milliards de dollars, du groupe américain Newmont.

Les opposants redoutent l’impact de Conga sur les ressources hydriques, mais Newmont rappelle que si quatre lacs-réservoirs d’altitude seront sacrifiés, ils seront remplacés par des lacs artificiels de capacité supérieure.

Le gouvernement soutient le projet, mais il l’a suspendu le temps d’une expertise internationale sur son impact.

Le ministre des Mines Jorge Merino a critiqué l’approche de la Marche pour l’eau, affirmant que le problème à Cajamarca n’est pas le manque d’eau, mais la déperdition de 80% de l’eau des montagnes et de pluie. Ce qui manque, c’est la retenir avec des infrastructures.

L’Autorité nationale de l’Eau (ANA) a annoncé mercredi avoir identifié 11 projets de barrages sur le versant Pacifique des Andes.

Leur presse (Agence Faut Payer), 1er février 2012.

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[Soutien aux inculpés de Valognes] Procès du 31 janvier

Soif de justice à Cherbourg

On se souvient que, devant « l’ampleur de la menace, son caractère protéiforme et le caractère très étendu des lieux », monsieur Adolphe Colrat, préfet de la Manche, avait pris un « arrêté portant interdiction de [la] manifestation » prévue pour s’opposer, autant que faire se pouvait, au départ du dernier convoi ferroviaire de déchets nucléaires CASTOR entre La Hague (France) et Gorleben (Allemagne). Des centaines de policiers et gendarmes avaient été mobilisées et envoyées face à un demi millier de manifestants. Ainsi avait pu être fièrement déployée toute l’agressivité nécessaire au maintien de l’ordre.

Et si le train avait pu partir, ce fut avec plusieurs heures de retard.

Malgré les craintes si clairement exprimées par le soucieux préfet, aucun dangereux activiste protéiforme ne fut arrêté dans le bocage…

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Valeureuse action anti-anti-nucléaire, détail.

Des poursuites furent pourtant engagées, par le parquet de Cherbourg, contre six personnes interpellées dans les parages. Le procureur de la République, monsieur Éric Bouillard, avait aussitôt tenu à leur faire une réputation :

« Il s’agit de personnes qui sont plus dans la mouvance altermondialiste voire casseurs que dans la mouvance écologiste. »

Deux de ces « voire casseurs » comparaissaient hier au tribunal de Cherbourg — qui s’occupera des quatre autres le 7 février.

Le premier, un étudiant belge de 23 ans, est « accusé de s’être introduit sur la voie ferrée et d’avoir agité un fumigène en direction des CRS ». Il nie les faits qui lui sont reprochés, mais la justice n’est pas là pour l’écouter. Madame Sarah Huet, substitut du procureur de la République, a requis trois mois de prison avec sursis et 500 euros d’amende afin de le punir bien comme il faut.

Il faudra compter un mois de prison avec sursis supplémentaire et 500 euros de plus, pour refus de prélèvement ADN.

Le second était une seconde, une militante parisienne de 65 ans, qui avait à répondre du « vol de neuf canettes de soda provenant d’un fourgon de ravitaillement CRS qui avait été ‘caillassé’ et ‘intégralement détruit par le feu’ au cours de la manifestation ». Elle a reconnu s’être emparée de quelques canettes, puisqu’elle avait « très soif » et que « les militants n’avaient pas de ravitaillement ». Bien que les sodas aient été restitués inentamés, madame Huet a requis 300 euros d’amende.

Il faut y ajouter un mois de prison avec sursis et 500 euros supplémentaires, pour refus de prélèvement ADN.

Les membres du collectif Valognes Stop Castor, qui appelaient à se rassembler devant le palais de justice, ont sans doute raison d’affirmer que « tout cela ne devrait donner lieu qu’à un grand éclat de rire »…

Si madame Huet, substituée au procureur, a dû reconnaître, dans le cas de la militante assoiffée, que « bien évidemment c’est le contexte qui nous conduit à poursuivre », elle a, au cours de son réquisitoire, cru bon de lancer :

« Caillasser deux CRS et brûler un fourgon, c’est ça un mouvement démocratique mais on est où là ? »

Elle devait probablement trouver cette remarque très intelligente, mais ce n’est qu’une bien grossière façon d’amalgamer un vol de canettes et l’incendie d’un fourgon.

Pour rester dans le même registre de langage que madame Huet, disons qu’on peut trouver le procédé assez moyen…

P.-S. : Verdict le 7 février, date fixée pour la comparution des quatre autres prévenu(e)s.

P.-P.-S. : Et si l’un(e) ou l’autre des six inculpé(e)s se sentait venir une petite soif en passant vers Trifouillis, je leur ouvrirai la porte de ma cave. Il n’y a pas de sodas, mais on se débrouillera.

L’escalier qui bibliothèque, 1er février 2012.


Déchets nucléaires allemands : la suite pénale

Le premier procès des antinucléaires du collectif « Stop Castor Valognes » s’est tenu hier à Cherbourg. Il a été aussi celui de l’industrie nucléaire. Le tribunal rendra sa décision le 7 février.

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Les combinaisons utilisées le 23 novembre étaient sorties de nouveau hier devant le tribunal de Cherbourg.

Le 23 novembre, plusieurs centaines de militants antinucléaires, unis derrière un énigmatique [sic] collectif « Stop Castor Valognes », sont parvenus à retarder le départ vers l’Allemagne d’un convoi de déchets nucléaires conditionnés à l’usine Areva La Hague. Six personnes ont été interpellées ce jour-là. Deux comparaissaient hier devant le tribunal correctionnel de Cherbourg, les quatre autres seront jugées mardi prochain. Le parquet leur reproche des délits qui semblaient en décalage avec les enjeux de leur action. « Vous avez un train qui transporte des tonnes de déchets radioactifs et on nous parle d’un vol de cannettes », a ironisé Me Jérôme Bouquet-Elkaïm, avocat au barreau de Rennes, qui défendait les deux militants.

Pour « un débat démocratique »

L’une des personnes poursuivies, une retraitée parisienne, l’était pour le vol de neuf canettes de soda dans le seul fourgon de CRS qui ait été incendié. « Ces cannettes traînaient par terre. Nous avions soif. Je les ai ramassées. On n’a même pas eu le temps de les boire », a-t-elle expliqué. L’autre prévenu, un étudiant belge âgé de 23 ans, était accusé d’avoir tenu un fumigène sur la voie ferrée. Il a contesté. « Je n’étais pas sur la voie, mais à ses abords. » Pour l’avocat de la défense, « le dossier pénal est vide. Il n’y a pas de PV de constatation des faits, pas une photo pour identifier. » Même le fumigène, absent, relève de l’écran de fumée. « Qu’est-ce qui empêchait les gendarmes de le ramasser ? »

Pour l’avocat, cette action était inévitable parce que « le nucléaire n’a jamais fait l’objet d’un débat démocratique, alors que 70 % de la population est contre. La République, dans certains cas, ne fonctionne pas. C’est le cas du nucléaire, des OGM. Areva, c’est une métastase de notre République. »

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Sarah Huet, au nom du ministère public, a rappelé que la SNCF avait chiffré le coût de ses réparations à 500’000 €. « On n’est pas dans la contestation démocratique, mais dans le saccage. » Elle a requis trois mois de prison avec sursis et 500 € contre l’étudiant, 300 € d’amende contre la retraitée. Les deux prévenus étaient également jugés pour avoir refusé un prélèvement d’ADN, par « opposition à la criminalisation des militants ». Le parquet a requis un mois de prison avec sursis et 500 € d’amende. Le tribunal rendra sa décision le 7 février.

Europe Écologie-Les Verts, qui avait désapprouvé, comme Greenpeace, le mode d’action choisi par ces antinucléaires, leur a apporté son soutien, considérant que « le recours à la justice contre les militants devient le moyen d’en finir avec un débat public ». Le Crilan, mouvement historique en Cotentin, a également dénoncé « la criminalisation des luttes ».

Leur presse (Gilles Collas, Ouest-France), 1er février 2012.

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[Narcotrafic] La gendarmerie travaille à Mayotte

Mayotte : le juge, les gendarmes et les indics

Le parquet de Mayotte et la gendarmerie tentent de freiner l’enquête d’un juge d’instruction mettant en cause des fonctionnaires pour « trafic de drogue ».

L’histoire est un éternel recommencement à Mayotte. Le juge d’instruction Hakim Karki qui, selon nos informations, s’apprêterait à mettre en examen la semaine prochaine des gendarmes pour « trafic de drogue », se heurte au parquet de Mayotte. Philippe Faisandier, le procureur de Mayotte, traînerait des pieds pour délivrer au magistrat instructeur un réquisitoire supplétif, sésame indispensable à l’élargissement de son enquête et condition préalable à la mise en cause des fonctionnaires. Le juge chargé au départ d’enquêter sur le décès de Roukia, une lycéenne de 18 ans morte par overdose, soupçonne aujourd’hui certains gendarmes d’avoir organisé sur l’île une partie du trafic de stupéfiants dont serait issue l’héroïne fatale à la jeune fille. Des fonctionnaires qui appartiennent tous au groupement d’intervention régional (GIR), une structure créée dans l’île en 2008 pour lutter contre les trafics en tous genres et regroupant policiers, douaniers, agents fiscaux et gendarmes.

Le procureur de Mayotte vient de renvoyer le juge Karki à sa copie en lui demandant de motiver plus précisément sa demande. Ce qui laisse présager la décision du procureur.

Interventions de la gendarmerie

Déjà en août dernier, une guéguerre avait opposé le magistrat instructeur au procureur ainsi qu’à la direction générale de la gendarmerie nationale. Le parquet général avait demandé le dépaysement du dossier, mais s’était fait retoquer par la Cour de cassation. À l’époque, les avocats du dossier — partie civile comme défense à l’exception de ceux du GIR — avaient publiquement soutenu Hakim Karki. Auparavant, le procureur de Mayotte avait refusé au magistrat instructeur l’élargissement de son enquête au trafic de stupéfiants, tout en lui demandant d’extraire notamment du dossier des écoutes compromettantes entre un maréchal des logis et son indic. Ce que refusait le juge, considérant que ces éléments participaient à la manifestation de la vérité.

La direction générale de la gendarmerie nationale est intervenue, quant à elle, à plusieurs reprises. Elle a d’abord muté le responsable de l’enquête sur la mort de la lycéenne. Ce lieutenant de la section de recherche de la gendarmerie de Mayotte, décrit comme expérimenté et loyal au juge, avait notamment placé sur écoutes son collègue du GIR. Une trahison, sans doute. Officiellement, sa hiérarchie lui aurait reproché de ne pas lui avoir suffisamment rendu compte de l’enquête. Par ailleurs, le chef du GIR avait écrit au directeur de cabinet pour que celui-ci retire leur carte de séjour aux deux indics comoriens jugés trop bavards. Enfin le général de brigade Jean-Régis Vechambre, commandant la gendarmerie d’outre-mer, avait personnellement adressé le 5 juin dernier un e-mail au juge pour le dissuader de convoquer les gendarmes afin de les mettre en examen. « Il me semble peut-être prématuré de lancer, à l’égard de tant des personnes en cause que du chef du GIR, des convocations. » Et le général de proposer au juge de « venir en parler de vive voix ». Une demande restée sourde.

Mises en examen

Le lendemain, mauvaise tête, le magistrat instructeur adressait aux fonctionnaires du GIR ses convocations. D’où un nouvel e-mail du général au juge : « Au-delà de la sympathie que j’ai pour vous, Mayotte est face à des défis majeurs de sécurité, qui exigent de tous les acteurs une grande cohésion. Il me paraît essentiel que notre énergie soit tournée face à ces défis et non dans des voies qui pourraient être perçues comme de l’autodestruction, au moins au stade actuel de l’enquête. » Le juge n’a pas vraiment apprécié les conseils : il a versé les deux e-mails au dossier d’instruction et mis en examen les fonctionnaires au cours de l’été. Trois d’entre eux — deux gendarmes et un policier — l’ont été pour « transport, cession ou offre de produits stupéfiants », et deux d’entre eux pour « homicide involontaire ».

Tout commence le 14 janvier 2011. Mathias B., un Mzungu (un « Blanc », déjà condamné à trois ans de prison pour trafic de stupéfiants), sniffe chez lui de la poudre avec Roukia, sa petite amie. La jeune lycéenne de 18 ans ne s’en relève pas. Pris de panique, Mathias se débarrasse du corps pour faire croire à un meurtre. Mais il est finalement confondu. Devant le juge d’instruction Hakim Harki, qui le met en examen pour « homicide involontaire », le jeune homme donne rapidement le nom de ses deux fournisseurs de drogue : Daniel M. et Saïd A. M. Deux Comoriens en situation irrégulière qui se révèlent être des indics immatriculés au GIR. Mis à leur tour en examen, ceux-ci reconnaissent avoir vendu de la poudre à Mathias. Mais, manque de chance pour le GIR, cette poudre serait passée, selon les indics, entre les mains de plusieurs de ses fonctionnaires. D’après eux, Daniel M. serait allé trouver son agent de référence au GIR pour lui parler d’un grossiste intéressé par l’envoi de poudre à Mayotte. « Qu’il en envoie une petite quantité. On doit la tester », lui aurait répondu le gendarme. Quelques semaines plus tard, un gendarme les aurait convoqués à la gendarmerie et leur aurait restitué la drogue, jugée de mauvaise qualité. La poudre remise « était dans une enveloppe de gendarmerie », explique au juge l’indic que l’on surnomme Saha dans le milieu. Il affirme que c’est bien celle qu’il a vendue à Mathias comme étant de la cocaïne. Mais voilà, ce n’était pas de la cocaïne, mais de l’héroïne.

« Le GIR avait ses propres bateaux »

Bref, une histoire d’indic qui finit mal. Un accident regrettable dû à la malchance et à la négligence ? C’est pire, semble-t-il. Interrogé le 21 juillet par le juge d’instruction, Saha révèle un système ahurissant mis en place par le GIR. Selon lui, le groupement organiserait lui-même le trafic de drogue. « Si je connais quelqu’un qui a de la stup, je vais voir mon chef, mon contact. Je lui explique que je connais quelqu’un qui a de la stup et il me dit d’essayer de savoir la quantité, l’endroit où il dort, ce qu’il fait, comment cela arrive à Mayotte, et après, on va voir. Le GIR avait ses propres bateaux et avec ses propres commandants. »

— Vous voulez dire que le GIR s’occupe de rentrer en contact avec vos interlocuteurs ? demande le juge à l’indic.

— J’ai fait quatre grosses affaires, mais une seule fois sur des produits qui venaient d’Anjouan (une île de l’archipel des Comores), après je suis allé voir le GIR et c’est eux qui ont contacté le commandant du bateau. Le GIR avait des contacts à Anjouan, j’ai dit au mien que j’attendais sur la plage et le GIR a organisé le transport de mon contact avec les produits stupéfiants et ils ont interpellé la personne sur une plage.

Écoutes accablantes

En réalité, selon l’indic, le GIR avait ses propres passeurs. Il choisissait les plages où ils devaient arriver. Quand ils arrivaient, le fournisseur était arrêté, mais pas les passeurs, qui repartaient. Selon l’indic, l’affaire se serait passée fin 2009. Contre celle-ci, Saha aurait gagné un numéro d’immatriculation d’indic : 16501188.

— Le jour où j’ai fait une deuxième opération, on m’a payé 500 euros, précise l’indic.

— Qu’est-ce que cela vous a rapporté de travailler pour le GIR ? demande le juge.

— Le GIR m’a fait plusieurs fois des récépissés de carte de séjour. J’ai réussi, grâce à ces récépissés, à aller voir ma famille aux Comores. (…) Un jour, j’avais un retard de loyers de deux mois, j’étais dans la misère et je suis allé voir Jérémy [son contact au GIR]. (…) Il m’a donné un peu de stupéfiants pour régler mes problèmes, mais il a dit de ne pas le dire à ses collègues ou à n’importe qui.

Les affirmations de Saha ont été accréditées par d’autres indics du GIR qui en comptabilise officiellement plusieurs dizaines. Par ailleurs, les écoutes diligentées depuis par le juge d’instruction sont accablantes pour les fonctionnaires. Notamment cette conversation entre le maréchal des logis Daniel P. et un indic, interceptée le 10 mai 2011.

— C’est quoi comme marchandise ?

— Il y a trois sortes. Il y a du blanc, du chocolat et de l’herbe.

— C’est quoi comme blanc ?

— C’est de la cocaïne.

— Tu as combien de kilos ?

— À peu près dans les dix kilos.

— C’est combien le kilo ?

— 2200.

— Si tu peux me le faire à 2000, ce serait pas mal.

Pourquoi organiser un tel trafic ? C’est la question que souhaiterait aujourd’hui poser aux fonctionnaires le juge d’instruction Hakim Karki…

Leur presse (Jean-Michel Décugis, LePoint.fr), 1er février 2012.

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[Wade dégage !] Affrontements entre policiers et étudiants à Dakar

Sénégal : affrontements entre étudiants et forces de l’ordre à Dakar

Des affrontements opposaient mercredi sur le campus de l’université publique à Dakar les forces de l’ordre à des étudiants protestant contre la mort la veille d’un des leurs lors de la dispersion d’un rassemblement de l’opposition par la police, a constaté un journaliste de l’AFP.

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Les incidents ont éclaté lorsqu’un groupe d’étudiants de l’Université Cheikh Anta Diop (Ucad) a voulu sortir du campus pour aller assister dans un hôpital voisin à la levée du corps du manifestant tué, étudiant en Lettres modernes.

Il est décédé des suites de ses blessures après avoir été renversé par un véhicule lors de la dispersion du rassemblement des opposants à la candidature du chef de l’État sénégalais Abdoulaye Wade à la présidentielle de février.

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Les affrontements, jets de pierres contre gaz lacrymogènes et balles en caoutchouc, se poursuivaient dans l’après-midi.

Quelques dizaines de policiers déployés à deux sorties du campus de l’université tentaient de disperser de petits groupes d’étudiants qui les harcelaient de pierres à partir de bâtiments du campus.

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Leur presse (Agence Faut Payer), 1er février 2012.


Dernière minute : les étudiants prennent un policier en otage

Depuis ce matin, de violents affrontements éclatent entre policiers et étudiants. Après un calme qui aura duré peu de temps, ces derniers ont repris les manifestations. Ils ont brûlé un bus Dakar Dem Dikk et tiennent en otage un policier à l’intérieur de l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad).

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Leur presse (DakarActu.com), 1er février 2012.


(…) Selon le commissaire Harona Sy, les policiers ont dispersé à coups de gaz lacrymogènes les étudiants, dont certains ont incendié un autobus. Les forces de l’ordre ont agi avec retenue, a-t-il affirmé.

(…) L’étudiant a été tué dans des circonstances indéterminées, lors de l’intervention de la police anti-émeutes. On ignore s’il a été renversé par un véhicule de la police ou piétiné lors de la bousculade qui a suivi.

Leur presse (AP), 1er février 2012.


Kalidou Diallo échappe au lynchage au domicile de la dame tuée à Podor

La scène s’est passée vers 13h30 à Podor, au domicile de Bana Ndiaye, tuée par des gendarmes il y a deux jours. Arrivé sur les lieux pour présenter ses condoléances à la famille éplorée, le ministre de l’Éducation, Kalidou Diallo, a été violemment pris à parti par le fils de la défunte, qui a manqué de peu de l’atteindre avec son bâton. Immobilisé de justesse, le jeune a été conduit à la gendarmerie, interrogé puis relâché. La scène a suscité un énorme tollé. Elle s’est déroulée sous les yeux du préfet et de tout ce que Podor compte comme autorités administratives.

Leur presse (DakarActu.com), 1er février 2012.

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[saintÉtienne] Permanences juridiques face à la police, la justice et la prison

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Rendez-vous antifa Samedi 4 février à La Roche-sur-Yon

Salut à toutes et à tous !

Ils reviennent les petits fachos ! Ils ont pas compris samedi 21… On était 250 dans le centre, plus de cent devant l’hôtel où bouffait Le Pen…

Là c’est samedi qui arrive, à 14 heures place de la Vendée qu’ils se réunissent pour « dénoncer l’américaniation », c’est en fait parader en beuglant leur connerie raciste !

Notre rassemblement se fait dans l’urgence mais on espère se retrouver aussi nombreuses et nombreux que l’autre samedi, alors on compte sur toi, le rencard est à 13 heures aux Halles pour discuter ensemble de ce que l’on fait face aux fachos…

Fais tourner à fond, il faut du monde !

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À samedi, 13 heures aux Halles !

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[Dijon] Des nouvelles de l’internat d’État occupé par les demandeurs d’asile (2)

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Le procès a eu lieu ce mardi matin, le choix procédure d’urgence en référé heure par heure ayant été fait.

Rendu ce jeudi, plus d’infos à venir, en attendant, tenez vous prêt-e-s à une éventuelle expulsion et auquel cas à venir soutenir l’occupation.

Brassicanigra, 1er février 2012.


Dijon : 8 demandeurs d’asile devant la justice

Huit demandeurs d’asile qui occupent un squat sont sous le coup d’une procédure d’expulsion.

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Une soixantaine de demandeurs d’asile occupent depuis plusieurs jours l’ancien internat de l’École nationale des greffes. Huit d’entre eux ont été assignés en référé mardi 31 janvier 2012.

Huit personnes, présentes dans le squat lors du passage d’un huissier, ont été assignées en référé « d’heure à heure » devant le tribunal par la préfecture de Côte-d’Or en vue d’une expulsion. Le préfet invoque des « problèmes de sécurité » dans le bâtiment. L’audience a eu lieu mardi matin et la décision sera rendue jeudi 2 février à Dijon.

Le bâtiment, actuellement inoccupé, est attenant à l’École nationale des greffes, qui appartient à l’État. Le squat abrite 65 demandeurs d’asile originaires de Somalie, du Soudan, d’Érythrée ou du Congo. Ils sont soutenus par une vingtaine d’associations, dont RESF, le Mrap, la Licra ou la Ligue des droits de l’Homme (LDH).

« Avec cette action, on montre à l’État qu’il a les moyens d’héberger les demandeurs d’asile », déclare Bruno Lombard, président de la Ligue de l’enseignement de Côte-d’Or. « Ces exilés menacés de mort (…) n’ont donc pas le statut d’émigrants ou de sans papiers mais bien celui de réfugiés politiques et de demandeurs d’asile, ce en toute légalité », souligne-t-il.

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-10 degrés attendus en Côte d’Or

« Le seul souci de la préfecture c’est la préservation des personnes et le respect du droit. Il y a des gros problèmes de sécurité dans le bâtiment, il y a des armoires électriques haute tension qui ont été ouvertes », a déclaré à l’issue de l’audience Me Stéphane Maussion, avocat de la préfecture.

« La préfecture ne nous dit pas comment elle va loger ces personnes lorsqu’elles seront délogées par la police », s’interroge Me Dominique Clemang. L’avocate de la défense craint une « expulsion » alors que « les températures sont rigoureuses ». Des températures négatives, pouvant dépasser les -10 degrés, ont conduit le préfet de la Côte-d’Or à activer mardi le niveau 2 « grand froid » du plan départemental d’urgence hivernale.

Leur presse (France 3 Bourgogne), 1er février 2012.

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Pôle emploi est un mur – Occupation rapidement évacuée à Lille

PÔLE EMPLOI EST UN MUR…

Le CCPL a occupé le Pôle emploi boulevard de la liberté Lille depuis 13h30. Banderole, tractage, échanges, soupe, affichage…

Accueil des hiérarchies hostile ; obstacle à l’usage de la photocopie, interdiction d’affichage, pas de panneau mis à notre disposition.

Policiers civils à l’intérieur, suivis de 3 camions de flics. Contrôle d’identité des occupant-es, suggéré indirectement par le directeur du pôle emploi qui n’avait pas oublié la venue du 17 janvier. Quatre personnes embarquées au commissariat central pour ne pas avoir de papiers sur eux-elles. Une personne non occpante embarquée pour prise d’une photo avec son téléphone portable. Menace d’interpellation si relance de l’occupation dans la foulée…

16h15 : sortie du commissariat des personnes embarquées.

UN COMMUNIQUÉ SERA RÉDIGÉ DEMAIN PAR LE COLLECTIF.

PÔLE EMPLOI EST UN MUR, MAIS NOUS CONTINUERONS LA MOBILISATION ET LA REVENDICATION DE NOS DROITS MALGRÉ L’INTIMIDATION !

STOP À L’ISOLEMENT, ORGANISONS-NOUS COLLECTIVEMENT !

RÉUNION DEMAIN À 18H AU 32 RUE D’ARRAS (LOCAL SYNDICAL MIS À DISPOSITION PAR LA CNT, PERMANENCE DU COLLECTIF DE 15H À 18H).

Collectif Chômeurs Précaires – Lille, 1er février 2012.


Le tract distribué :
Y EN A MARRE !

Nous, chômeurSEs, précaires, allocataires, désignéEs comme « fraudeurs », « cancer de la société », « profiteurs », « fainéants », « assistés », « parasites » EN AVONS ASSEZ d’être les boucs émissaires d’une politique générale de précarisation et de galérer au quotidien.

NOUS NE VOULONS PLUS culpabiliser de vivre avec des miettes, tandis que le chômage explose et que les inégalités sont toujours aussi importantes. NOUS NE VOULONS PLUS de contrats bidons et précaires, d’Offre Raisonnable d’Emploi, de radiations, de suivi mensuel obligatoire, de convocations, de contrôles de la CAF, de discriminations sexistes, racistes ou en rapport avec l’âge dans l’accès à l’emploi, aux aides et minimas sociaux, etc. Sans oublier l’imposition récente d’un temps de travail obligatoire pour les RSAstes (des CUI de 7h/semaine pour à peine 120 euros de plus, soit moins de 5 euros de l’heure !), dont NOUS VOULONS LE RETRAIT IMMÉDIAT.

L’attitude des gouvernements successifs consiste à utiliser l’augmentation du chômage pour justifier la précarisation des salariéEs et la remise en cause de droits élémentaires des personnes sans emploi (revenus décents, logement, accès à la santé, à la nourriture…). Dernièrement, au « Sommet social », sous couvert de chômage partiel accru, c’est toujours plus de flexibilité que l’on garantit au patronat tandis que l’on va une fois de plus multiplier la signature de contrats précaires (CUI-CAE) pour maquiller les chiffres du chômage réel d’ici la présidentielle, y compris dans le service public de l’emploi (Pôle Emploi, missions locales…). NOUS NE VOULONS PLUS de tous ces bidouillages et de ces contrats jetables, dont nous faisons systématiquement les frais. Et pendant ce temps-là, hausse de la TVA sociale ! On s’en prend pas aux mieux lotis et c’est nous qui trinquons !

Dans cette situation, les sans-papiers se trouvent comme toujours en première ligne. Quand ce n’est pas le patronat qui les exploite illégalement, ils et elles sont pourchasséEs et expulséEs, sans droit et sans ressources. NOUS DÉNONCONS l’amalgame entre immigration et chômage, repris par les différents partis au pouvoir. Dans cette logique, Pôle Emploi n’accorde pas de droits égaux aux travailleurSEs sans papiers (racket des cotisations chômage…) et se font les relais des politiques xénophobes (lampes UV de contrôle des papiers d’identité, dénonciations d’absence de titre de séjour à la préfecture…).

Nous sommes conscientEs que les salariéEs de pôle emploi et de la CAF sont confrontéEs à une politique du chiffre et de contrôle accru, à un manque de ressources (absence d’embauche et de titularisation…) et à une répression syndicale. NOUS N’ACCEPTONS PAS la dégradation du service public et sa déshumanisation faisant de lui un outil de contrôle social nuisible à touTEs, au profit de prestataires privés (Ingéus ou Cible-emploi dans le cas de Pôle emploi).

REJOIGNEZ-NOUS !

RÉUNIONS du Collectif Chômeur-ses et Précaires de Lille : CHAQUE JEUDI À 18H.

PERMANENCE du Collectif : CHAQUE JEUDI DE 15H à 18H (et accueil téléphonique UNIQUEMENT dans ce créneau horaire : 03 20 56 96 10).

Au 32 rue d’Arras, Lille-Moulins (local syndical mis à disposition par la CNT).

Nous proposons de nous entraider et de nous solidariser sur nos situations diverses (radiations, droits…), de débloquer ensemble les situations vis-à-vis de Pôle emploi et de la CAF. Ne restons pas isoléEs, organisons-nous. SDF, allocataires, sans emploi, sans papiers, travailleurSEs du social, de Pôle emploi, de la CPAM, de la CAF : les gouvernants ne cessent de nous imposer un système de flicage, de précarité, de punition et d’exclusion ! Le collectif est ouvert à tous les gens qui veulent se battre contre la précarité. Le collectif participe aussi aux occupations des Pôles emploi (et CAF) démarrées le mardi 17 janvier.  On encourage les assemblées générales lors de ces actions afin de mettre au point, ensemble, des revendications et la poursuite du mouvement qui se répand en France dans plusieurs villes. Qu’ils arrêtent leurs salades… et balancent l’oseille !

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[Vive l’Azawad libre !] La « nouvelle stratégie » de l’armée malienne en déroute : la fuite et la prise en otage de la population civile

Communiqué n° 05 – 01/2012 – MNLA

Le MNLA porte à la connaissance du peuple de l’Azawad, de la Sous-Région et de l’Opinion Internationale, que cette situation de guerre lui a été imposée par le Mali.

Le Mali n’a jamais voulu un dialogue ouvert pour la libération de l’Azawad, et sur le principe du respect du droit à l’autodétermination du peuple de l’Azawad.

Le MNLA, reste ouvert à tout dialogue dans le cadre du respect du principe du droit à l’autodétermination. Le MNLA rappelle qu’il n’est mêlé ni de loin, ni de près aux rumeurs de négociations qui courent actuellement sans fondement.

Le MNLA met en garde, toute partie qui se dressera contre la volonté du peuple de l’Azawad pour son droit à l’autodétermination.

Président du Bureau Politique
P/O Mahmoud Ag Ghaly

Communiqué du MNLA, 31 janvier 2012.


Rébellion touarègue : Les militaires maliens se replient à Niafounké en abandonnant les autres localités

Face au déplacement des rebelles du « Mouvement national de libération de l’Azawad » (MNLA) dans la région de Tombouctou et plus précisément dans les localités de Léré, Goundam, Tonka et Diré (entre autres), l’Armée malienne a reculé d’un cran : dans les localités citées, les militaires maliens ont battu en retraite pour se retrouver à Niafounké en abandonnant ces villes aux rebelles du MNLA.

Les militaires maliens de Goundam, Tonka et Diré ont ainsi rejoint ceux de Léré (ville prise le jeudi dernier par le MNLA) à Niafounké pour constituer un seul front face aux unités mobiles des rebelles. En fait, depuis la prise de la localité de Léré par les rebelles, tous les éléments de l’Armée malienne se sont regroupés à Niafounké. Selon nos informations, il s’agit d’un repli stratégique d’autant plus que les rebelles n’attaquent pas les populations civiles.

Ainsi, pour éviter une éventuelle confrontation entre l’Armée et les éléments du MNLA dans ces villes où les populations locales peuvent être des victimes, les militaires maliens ont préféré quitter les villes de Goundam, Diré et Tonka pour se retrouver à Niafounké. Mais selon d’autres sources, l’Armée malienne, qui était très faible dans ces localités, a préféré éviter une confrontation perdue d’avance pour elle. Toujours est-il que même si l’Armée a abandonné ces localités, les rebelles du MNLA ne les ont pas occupées, en tout cas jusqu’au moment où nous nous mettons sous presse.

Dans cette zone, le terrain est très difficile, apprend-on, et une éventuelle occupation de ces villes par les rebelles serait fatale pour elles. Dans cette zone sablonnée, parfois argileuse, caillouteuse et montagneuse, la vigilance est un mot d’ordre même pour les plus habitués. En conséquence, il est facile pour l’Armée malienne de prendre en tenaille un quelconque convoi sur les routes parfois dégagés qui mènent à Diré, Tonka et Goundam. D’où cette réticence des rebelles du MNLA à attaquer ces villes, surtout que des avions militaires de reconnaissance survolent cet espace à chaque instant, informent des habitants de cette zone contactés par téléphone pour connaître la position des rebelles.

Leur presse (Baba Ahmed, Le Combat, 31 janvier 2012)


L’attaque des bandits contre le Mali : Grâce à la nouvelle stratégie de l’armée malienne, l’attaque de Ber a été avortée

Selon des sources militaires, le chef de la garnison de Ber, mais aujourd’hui déserté pour rejoindre les bandits armés avait planifié la prise de Ber avec ses complices du MNLA. La même chose qui s’est passé à Léré, Ménaka, Amderaboukane et Ageul hoc. Averti à l’avance, les autorités ont tout simplement demandé à la garnison de Ber de se replier sur Tombouctou.

Avec ce repli sur Tombouctou de tous les hommes, le plan d’attaque de la garnison de Ber par les hommes du MNLA est devenu caduc. Ils n’avaient autre choix que de reporter l’attaque. Mais le chef de la garnison contraint de rentrer à Tombouctou a demandé une permission sous prétexte d’aller chercher sa famille. Ainsi à bord d’un véhicule et quelques uns de ses complices a rejoint les bandits. C’est là que les autorités ont eu la certitude qu’elles ne se sont pas trompées. Ce monsieur allait justement livrer la garnison de Ber aux bandits.

La stratégie de l’armée qui consiste à se retirer pour éviter ce qui peut l’être, semble être lâche. Mais à analyser de près, cette stratégie a l’avantage d’éviter de faire l’amalgame et de ne pas frustrer les intégrés qui se battent sincèrement avec l’armée régulière. Car en se basant juste sur des informations en ces temps sensibles où les rumeurs font bon train pour sanctionner un officier touareg peut provoquer un vent de panique au sein de tous les intégrés et de frustrer ceux qui sont loyaux. En se repliant sur les villes où il y a beaucoup de militaires, ceux qui sont mal intentionnés n’ont autres choix que de déserter tout simplement sans avoir l’occasion de livrer une localité aux bandits. (…)

Leur presse (Mohamed Salaha, Lafia Révélateur, 1er février 2012)


Nord : clair-obscur

Déclarations et commentaires divers, la question du Nord a ravi la vedette aux sujets préoccupants de l’heure. La confusion et l’égarement gagnent du terrain.

Au fur et à mesure que les attaques se multiplient, il devient difficile de se faire une idée réelle de la situation sur le terrain. Mais à en juger à la manière dont les attaques se suivent — surtout la mobilité des assaillants, il transparaît que les bandits armés tiennent à se faire entendre. Un autre constat est la présence des deux côtés d’hommes armés revenus de Libye. De fait, une bonne partie combat aux côtés de l’armée nationale. De l’autre côté, un autre groupe composé d’éléments déserteurs de l’armée et une poignée de soldats revenus de Libye font de la surenchère en annonçant leur mainmise sur les villes du Nord.

Dans cette confusion (entretenue sciemment ou non), il existe une certitude : selon plusieurs sources, les populations commencent à se déplacer faute de protection. Ce qui rappelle fort bien la période folle de la rébellion. Un autre fait non moins important, c’est la situation qui prévaut surtout à Gao, considérée comme la plus grande ville du septentrion, avec l’apparition de milices armées qui rackettent et tuent des bergers et les commerçants de peau blanche. Selon toute vraisemblance, il s’agit d’actes perpétrés par des éléments qui se réclament de Ganda-Izo, dirigé par un lieutenant de la garde nationale Ahmadou Diallo. Ce dernier est depuis quelques jours dans la zone et commande une milice qui se présente comme le défenseur de populations sédentaires peulhs. (…)

Leur presse (Mahamane Cissé, Nouvelle Libération, 31 janvier 2012)


Attaque des bandits armés contre le Mali : La guerre est surtout une guerre de communication

En plus des victoires [sic] sur le terrain contre les bandits armés, le gouvernement malien doit chercher à gagner aussi la guerre communicationnelle. Qu’il perd largement pour l’instant.

Il est vrai que les victoires [sic] de l’armée nationale sur les bandits armés ne sont pas totales, puisque les victimes sont des [deux] côtés. Mais force est de reconnaître que l’armée du Mali, partout où elle a été attaquée a surpris les agresseurs par une capacité de réaction et de résistance obligeant ces derniers à prendre la tangente malgré des trahisons au profit de ces bandits. D’ailleurs, toutes les localités tombées entre les mains des bandits armés (avec la complicité de certains éléments de l’armée elle-même, il faut le dire), ont été très vite libérées [sic]. Certaines localités comme Léré sont tombés entre les mains des bandits armés parce que la majorité des soldats censés sécuriser cette localité a fait défection au profit des agresseurs.

Il semble bien clair que les bandits n’attaquent pas une localité sans être rassurés de la complicité de certains éléments de l’armée loyale. Grâce à ces complicités ils arrivent à contrôler un temps soi peu certaines localités et donnent des informations comme quoi il y a une vraie rébellion au Mali afin d’obtenir l’implication de la communauté internationale dans ce conflit. L’objectif des bandits c’est au finish, d’obtenir un cadre de dialogue avec le gouvernement malien sous l’égide des Nations Unies.

Pour arriver à cette fin machiavélique, les bandits armés, récupérés par quelques exilés vivant majoritairement en France utilisent des moyens de communication modernes. Ils sont très actifs sur Internet à travers des sites web et des pages facebook. Ils diffusent régulièrement des messages faisant croire à une réelle rébellion au Mali, invitant tous les touaregs du Mali à se joindre à eux, accusant l’État malien d’être en complicité avec AQMI et d’organiser des massacres à l’endroit des touaregs.

Ces informations sont couramment relayées sur la toile mondiale, mais en face, le gouvernement malien ne propose aucune information contradictoire. Il reste étonnement muet. Le Président ne parle pas, le porte-parole du gouvernement ne parle pas aussi. Aucun site gouvernemental ne donne des informations pour crédibiliser les actions de l’État sur le terrain. Le gouvernement ne donne même pas des informations à la presse nationale pour qu’elle relaye ces infos [sic !]. Même la peur des populations dans les zones du Nord s’est exacerbée à cause du manque d’information de la part des autorités. C’est des rumeurs seulement qui gouvernent les populations dans tout le Nord du pays. Elles ne savent pas réellement ce qui se passe. « Même si ton interlocuteur ment et que tu ne démontres pas qu’il ment, ses mensonges seront considérés comme vérités puisqu’il est le seul à parler ! »

Leur presse (Diakaridia M’pè Togola, Lafia Révélateur, 1er février 2012)

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[Révolution égyptienne] Le peuple veut la chute des Frères musulmans

Égypte : Première défaite pour les Frères musulmans !

Hier, mardi 31 janvier, une grosse manif était annoncée au Caire, des marches devaient partir de différents quartiers (Shoubra au Nord, Maspero-Tahrir dans le centre…) pour se rejoindre devant le Parlement, pour mettre la pression sur les député-es nouvellement élu-es pour faire appliquer le programme de la révolution : transfert des pouvoirs des militaires aux civils, procès des personnes impliquées dans la répression, reconnaissance des droits des « martyres », pas d’élections présidentielles ni de nouvelle constitution sous régime militaire.

Depuis quelques jours déjà, les Frères musulmans, sortis en grands vainqueurs (plus de 40% des voix) des élections législatives, commençaient à cristalliser une certaine tension contre eux, devant leur attitude gestionnaire et contre-révolutionnaire (voir post précédent).

À partir de 15h30, une petite foule commence à se rassembler à Maspero, on s’échauffe en entonnant des premiers slogans contre le régime militaire. Peu avant 16h, les manifestant-es sont rejoint-es par une première marche en provenance du campement voisin de la place Tahrir. On part alors en cortège, un drapeau égyptien de plus de 2 mètres de haut ouvrant la marche, suivi d’une banderole de plusieurs mètres explicitant la liste des revendications des manifestant-es. Le cortège est dynamique et bruyant, et grossit à vue d’œil. Après avoir emprunté la corniche, il se dirige vers la place Tahrir, où les quelques personnes restées sur place le rejoignent. Puis, étonnament, direction le quartier de Garden City, droit sur… l’ambassade américaine !! Là-même où, il y a quelques mois, une manifestation avait failli finir en affrontement contre des militaires armés !! mais aujourd’hui, curieusement, aucun militaire ne montre le bout de son nez, et les gen-tes passent devant l’ambassade sans même sembler s’en rendre compte. Un peu plus loin, quelques unités de police sont stationnées, mais un cordon de manifestant-es s’établit aussitôt pour empêcher toute confrontation physique : le but de la journée est clairement d’arriver devant le parlement, en évitant les affrontements avec les forces de l’ordre. On franchit ainsi dans le calme plusieurs barrages de police, jusqu’à arriver à proximite du Parlement. Là, la manifestation a considérablement grossi, et le cortège compte plusieurs milliers de personnes. Juste avant de tourner dans la rue Falaky, qui donne sur le Parlement, on voit un mec sur une civière arriver dans l’autre sens : quelque chose ne va pas. La police a-t-elle ouvert le feu ?? Rapidement, l’information circule : les Frères musulmans empêchent les manifestant-es d’accéder au Parlement !!

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Et en effet, quelques mètres plus loin, c’est à un affrontement bloc contre bloc que l’on va assister pendant des heures : quelques centaines de Frères musulmans bloquent la rue par laquelle arrivent des milliers de manifestant-es !! Ça pousse dans un sens, dans un autre, ça avance, ça recule, les insultes les plus crues sont lancées des deux côtés, les chaussures et les bouteilles d’eau volent, plusieurs personnes font des malaises et doivent être portées à bout de bras au-dessus de la foule compacte pour être évacuées.

Ce que ni Moubarak, ni l’armée, ni les intégristes de tous bords n’avaient réussi, les Frères l’ont fait : couper la population égyptienne en deux ! il n’est plus du tout question de faire « une seule main » alors, bien au contraire !

Pendant 2 heures, le rapport de force se maintient : si les manifestant-es sont beaucoup plus nombreux, l’étroitesse de la rue ne leur permet pas d’arriver à forcer le barrage des Frères ! Au bout d’un moment, des personnes commencent vraiment à se battre, alors que la ligne de front se brouille, la tension monte des 2 côtés, et l’on a du mal à voir comment tout ça va se finir…

Et puis d’un coup, sans qu’on sache pourquoi, les Frères musulmans abandonnent, et fuient ! Ont-ils compris que le rapport de force n’était pas en leur faveur ? ont-ils voulu éviter de véritables affrontements physiques ? avaient-ils l’ordre de ne barrer le passage que jusqu’à une certaine heure ? était-ce l’heure de la prière ? nul ne le sait, en tout cas, en quelques minutes, les manifestant-es envahissent les rues environnantes, alors que les Frères sont bel bien partis sans demander leur reste !

Dans la foule, l’énervement est palpable et partagé par tout le monde, jeunes, vieux, hommes, femmes, barbus et porteuses de niqab… tou-tes sont vraiment en colère contre ces Frères qui, une fois au pouvoir, se mettent aussi vite et de manière aussi flagrante du côté de la contre-révolution !!

Le soir, la télévision égyptienne annoncera 71 blessés dans cet affrontement, mais au-delà de ça, c’est la victoire symbolique des révolutionnaires sur les Frères musulmans, pourtant plébiscités lors des élections qu’il faut retenir !

Ce que ceux-ci ne semblent pas avoir compris, c’est que la plupart des gen-tes ont voté pour eux, pour qu’ils fassent appliquer les revendications de la Révolution, mais ne leur ont pas donné un blanc-seing et n’adhèrent pas forcément à l’ensemble de leur programme !

Aujourd’hui, une partie de la population égyptienne a montré que, quelles que soient les personnes au pouvoir, elle ne se laissera pas voler sa révolution, et continuera de se battre pour « du pain, la liberté, et la justice sociale » !

Indymedia Paris, 1er février 2012.


Rage continues in parliament street

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Thousands of protesters descended on the parliament today, calling for the continuation of the revolution, the execution of Field Marshal Tantawi, the prosecution of the SCAF generals, as well as social demands related to the renationalization of privatized factories, self management and setting a national minimum wage of at least LE1,200.

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The protesters also denounced the Muslim Brotherhood, accusing them of “selling out the revolution.” Mohamed Badie, the group’s “supreme guide” received the lion share of the demonstrators’ wrath. The Brothers mobilized hundreds of their supporters to form human chains in front of the parliament entrances, in front of the police troops. The Brothers chanted against the revolutionaries, asserting that “legitimacy now stems from the parliament, not from the (Tahrir) square.” Minor scuffles took place. Lawyer Malek Adly said the Brothers kidnapped a protesters and handed him over to the police.

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3arabawy, 31 janvier 2012.


Égypte : les islamistes empêchent des manifestants d’atteindre le Parlement

Des partisans des Frères musulmans, qui dominent l’Assemblée, ont empêché mardi plusieurs centaines de manifestants réclamant le départ des militaires au pouvoir de parvenir au siège du Parlement, selon des photographes de l’AFP.

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Des militants avaient appelé à une marche depuis la place Tahrir, épicentre de la révolte qui a chassé du pouvoir le président Hosni Moubarak le 11 février 2011, jusqu’au siège du Parlement, pour presser la nouvelle Assemblée de réaliser les objectifs de la révolution : fin des procès de civils devant des tribunaux militaires, refonte du ministère de l’Intérieur, respect des libertés et de la justice sociale.

Alors qu’ils commençaient leur marche en direction du Parlement jouxtant la place Tahrir, les manifestants ont été bloqués par des militants des Frères musulmans.

« Nous ne tenons là comme des boucliers humains car si les manifestants vont plus loin, ils s’affronteront avec la police. Ils veulent entrer à l’Assemblée, que voulez-vous que je fasse », a déclaré à l’AFP un membre de la confrérie Hamdy Adbdelsamad.

Derrière lui, les manifestants scandaient des slogans contre le Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis le départ de l’ancien président, mais aussi contre la confrérie.

« Badie, tu es en train de vendre la révolution », ont scandé les manifestants, en référence au guide suprême de la Confrérie, Mohammad Badie.

Les Frères musulmans ont, au travers de leur formation politique, le Parti de la liberté et de la justice (PLJ), raflé 47% des sièges aux premières élections législatives depuis la chute du président Moubarak.

L’ensemble des formations islamistes détient les trois quarts des sièges de l’Assemblée, dont la séance inaugurale s’est tenue le 23 janvier.

Après plusieurs heures, les manifestants ont renoncé à leur projet de parvenir à l’Assemblée et sont retournées manifester non loi, devant le siège de la télévision.

Ces derniers jours, la commémoration du premier anniversaire de la révolte anti-Moubarak lancée le 25 janvier 2011 s’est accompagnée d’une poussée de contestation contre le pouvoir militaire.

L’armée a promis de céder la place une fois un président démocratiquement élu, avant la fin juin, mais beaucoup l’accusent de perpétuer la politique répressive de l’ancien régime et de chercher à préserver les privilèges de l’institution militaire.

Leur presse (Agence Faut Payer), 31 janvier 2012.

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[Justice pour Ali Ziri] Menaces et mensonges des porcs pour faire dévisser une plaque commémorative (2)

Communiqué de presse suite à la dépose de la plaque commémorative Ali ZIRI

Le collectif « Justice et Vérité pour Ali ZIRI », composé d’une trentaine d’associations, d’organisations politiques, syndicales et de citoyens, avec le soutien de personnalités diverses dont celles de M. Jacques Gaillot et M. Stéphane Hessel, a posé une plaque en hommage à M. Ali ZIRI, à Argenteuil le 14 janvier 2012. Sur cette plaque, on peut lire : « Ali ZIRI, 69 ans, mort le 11 juin 2009 suite à son interpellation par la police nationale ici-même ».

Il nous est reproché d’avoir utilisé les termes « suite à son interpellation » :

• Chacun pourra constater que M. Ali ZIRI est décédé après avoir été interpellé par des policiers nationaux rattachés au commissariat d’Argenteuil.

• Chacun pourra constater que l’Institut Médico-Légal établit un lien entre la technique d’interpellation utilisée et le décès de M. Ali ZIRI.

Il nous est reproché d’avoir utilisé les termes « interpellation par la police nationale » :

• Chacun admettra qu’une interpellation ne peut être effectuée que par des membres de la police nationale, et aucunement par l’institution qu’est la police nationale. Il n’y a donc pas de mise en cause de la police nationale dans son entièreté.

Pour ces trois raisons, cette plaque n’est en rien diffamatoire et ne préjuge en rien de la décision de justice concernant les policiers impliqués.

Pour ces mêmes raisons, le collectif dénonce la dépose de cette plaque par la municipalité. Cette même municipalité, qui nous avait permis de découvrir cette plaque en présence de Monseigneur Jacques Gaillot et d’environ 500 personnes, qui nous avait expliqué jusqu’alors que le contenu de cette plaque n’était en rien diffamatoire, et qui au final opère une volte-face et cède aux injonctions de Claude Guéant.

Nous avons conscience que notre cause dérange, mais nous ne céderons pas, et c’est avec détermination, sans répondre aux provocations d’où qu’elles viennent, que le collectif entend faire toute la vérité et exiger justice pour la mémoire de M. Ali ZIRI.

Nous appelons à une conférence de presse le lundi 6 février à 14 h30 à l’endroit où se trouvait la plaque (Angle des rues Antonin-Georges-Belin et Jeanne d’Arc) et à une mobilisation le samedi 11 février dans le parc de la Mairie d’Argenteuil à 14h00.

Association des Travailleurs Maghrébins en France (ATMF), 1er février 2012.


Argenteuil. La plaque commémorative pour Ali Ziri retirée

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Argenteuil, hier matin. La plaque commémorative pour Ali Ziri a été retirée dans l’après-midi.

« Ali Ziri, 69 ans, mort le 11 juin 2009, à la suite de son interpellation par la police nationale, ici même. » Ce texte inscrit sur une plaque posée le 14 janvier à l’angle du boulevard Jeanne-d’Arc et de la rue Antonin-Georges-Belin, à Argenteuil, par le collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri était encore lisible hier matin.

Mais la plaque a été retirée vers 16 heures.

Et pour cause : lundi, le préfet, Pierre-Henry Maccioni a remis une injonction au maire, Philippe Doucet (PS), en ce sens. « C’est au regard des tensions que Philippe Doucet, garant de la tranquillité publique et prenant en compte les relations avec les services de l’État dans la gestion des affaires de la ville, concède la dépose de ladite plaque » explique-t-on en mairie. « Nous sommes intervenus car nous estimions que la rédaction du texte de la plaque ne respectait pas le principe de présomption d’innocence, précise la préfecture. Nous sommes donc satisfaits de la décision de la ville d’Argenteuil. »

Un sentiment partagé par les policiers. « La raison l’a emporté. Ce message laissait entendre qu’il y avait une relation de cause à effet entre le décès de M. Ziri et son interpellation, réagit Ludovic Collignon, secrétaire départemental du syndicat Alliance. Rien, aujourd’hui, dans la procédure, ne permet de dire que les policiers sont impliqués. Nous étions prêts à saisir la justice pour obtenir la dépose de la plaque. » « Tout le monde veut que la vérité se manifeste. L’affaire est en cours, ce n’est qu’à la justice de juger », renchérit Frédéric Jung, son homologue d’Unité SGP-FO. Le rassemblement des policiers prévu lundi est donc finalement annulé.

Un nouveau texte

Ali Ziri, retraité algérien, est mort deux jours après une interpellation par la police, à la suite d’un contrôle routier. Il se trouvait alors en voiture avec un ami, Arezki Kerfali. Les deux hommes, passablement éméchés, auraient tenté de résister, contraignant les policiers à faire usage de la force pour les maîtriser. Alors que la première autopsie avait conclu à une « fragilité cardiaque » et confirmé la « forte alcoolémie » du sexagénaire, une contre-expertise avait révélé la présence d’« hématomes de 12 à 17 cm » sur son corps. Mi-décembre, le parquet de Pontoise a requis un non-lieu à l’encontre des policiers mis en cause.

Hier, le collectif Vérité et justice n’a pas souhaité s’exprimer sur le retrait de la plaque. Ses membres avaient cependant prévu de se réunir dans la soirée. De son côté, la municipalité envisage « à l’issue de la procédure judiciaire en cours, de proposer au conseil municipal d’Argenteuil une délibération pour décider de la pose d’une plaque définitive en la mémoire du défunt ».

Leur presse (LeParisien.fr), 1er février 2012.


(…) Contacté par l’AFP, le syndicat Alliance, qui avait menacé la ville de poursuites judiciaires, s’est dit « très satisfait » de ce retrait. « C’est une victoire pour le droit au respect des fonctionnaires de police et pour la présomption d’innocence », a souligné Ludovic Collignon, secrétaire départemental du syndicat.

L’avocat de la famille d’Ali Ziri, Me Stéphane Maugendre, a dit « regretter » le retrait de la plaque. « L’objectif de la plaque n’était pas de jeter le discrédit sur la police. C’était de pousser les autorités à faire toute la lumière sur la mort de M. Ziri », a-t-il assuré. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 1er février 2012.

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[Brûleurs de frontières] Mortelle Méditerranée

Triste record pour les traversées de la Méditerranée par les migrants et les réfugiés en 2011

Ceci est un résumé des déclarations du porte-parole du HCR Sybella Wilkes — à qui toute citation peut être attribuée — lors de la conférence de presse du 31 janvier 2012 au Palais des Nations à Genève.

Selon les estimations du HCR, plus de 1500 personnes se sont noyées ou sont portées disparues depuis leur tentative de traversée de la Méditerranée vers l’Europe en 2011. L’année 2011 est donc la plus meurtrière dans cette région depuis que le HCR a commencé à enregistrer les statistiques en 2006. Le précédent chiffre le plus élevé avait été observé en 2007, lorsque 630 personnes avaient trouvé la mort par noyade ou étaient portées disparues.

En 2011, on a également observé un nombre record pour les arrivées en Europe après la traversée de la Méditerranée, avec plus de 58’000 personnes arrivées. Le nombre le plus élevé avait été enregistré en 2008 avec 54’000 personnes ayant rejoint la Grèce, l’Italie et Malte. En 2009 et 2010, les mesures de contrôle aux frontières ont réduit de façon spectaculaire les arrivées en Europe. La fréquence des arrivées par bateaux s’est accrue début 2011 lors de la chute des régimes en Libye et en Tunisie.

Nos équipes en Grèce, en Italie, en Libye et à Malte ont prévenu que le nombre de décès survenus en mer observé actuellement pourrait même encore s’accroître. Nos estimations sont fondées sur des entretiens effectués avec les personnes qui sont arrivées en Europe par bateau, sur des appels téléphoniques et des e-mails de proches ainsi que sur des informations provenant de Libye et de Tunisie de la part de survivants dont le bateau avait chaviré ou avait été secouru au tout début de la traversée.

Les survivants ont fait part au personnel du HCR de témoignages déchirants selon lesquels ils ont été forcés d’embarquer par des gardes armés, particulièrement en avril et en mai en Libye. Le voyage s’effectuait à bord de bateaux impropres à la navigation avec des passagers migrants ou réfugiés souvent forcés de barrer et de faire naviguer eux-mêmes le bateau. De plus, certains survivants ont indiqué au HCR que d’autres passagers du même bateau les ont battus et torturés. Des enquêtes judiciaires sont menées actuellement en Italie à la suite de ces informations.

La majorité des personnes sont arrivées l’année dernière par la mer en Italie (56’000, dont 28’000 étaient des Tunisiens) alors que Malte et la Grèce ont respectivement reçu 1574 et 1030 personnes. La vaste majorité des personnes sont arrivées durant le premier semestre de l’année. La plupart étaient des migrants, et non des demandeurs d’asile. Seulement trois bateaux sont arrivés depuis la mi-août jusqu’à la fin de l’année. De plus, selon les chiffres annoncés par le Gouvernement grec, quelque 55’000 migrants clandestins ont traversé la frontière terrestre entre la Turquie et la Grèce à Evros.

Nous sommes préoccupés car, depuis le début de l’année 2012, malgré les mauvaises conditions de navigation en mer, trois bateaux ont tenté la traversée périlleuse depuis la Libye, et l’un d’entre eux est porté disparu. Ce bateau, qui transportait au moins 55 personnes, a émis un signal de détresse le 14 janvier, pour un problème de panne du moteur. Les gardes-côtes libyens ont informé le HCR que 15 corps sans vie, tous identifiés comme étant ceux de ressortissants somaliens, ont été rejetés par la mer sur différentes plages la semaine dernière, y compris 12 femmes, deux hommes et un bébé. Dimanche, trois autres corps sans vie ont été retrouvés. Il a été confirmé plus tard que toutes les personnes qui avaient péri étaient des Somaliens provenant de l’installation de fortune située à Tripoli et connue sous le nom de Railway Project.

Les deux autres bateaux qui ont réussi à rejoindre Malte et l’Italie en janvier ont nécessité une opération de sauvetage en mer. La première opération de secours a été menée par les gardes-côtes italiens le 13 janvier et a concerné 72 ressortissants somaliens. Parmi les personnes secourues, se trouvaient notamment une femme enceinte et 29 enfants. Le second bateau a été secouru par les forces armées maltaises le 15 janvier dernier, avec l’appui de la marine américaine et d’un bâtiment de la marine marchande. En tout, 68 personnes ont été secourues à partir d’un radeau de sauvetage à la dérive localisé à 56 miles nautiques de Malte. Une petite fille est née à bord de l’un des bâtiments ayant participé à l’opération de sauvetage en mer. Une autre femme aurait fait une fausse couche durant le voyage.

Le HCR se félicite des efforts menés par les autorités italiennes, maltaises et libyennes pour porter secours aux bateaux en détresse dans la mer Méditerranée. Nous renouvelons notre appel à tous les capitaines de navires naviguant en Méditerranée, l’une des voies maritimes les plus fréquentées au monde, de rester vigilants et de continuer à porter assistance aux bateaux en détresse en mer.

Point de presse de l’UNHCR, 31 janvier 2012.

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Mathieu Rigouste : « Le théorème de la hoggra – Histoires et légendes de la guerre sociale » (2)

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[Toulouse] Réquisition Entraide Autogestion

Toulouse. Un logement de plus réquisitionné par le CREA

Et de six. Un sixième bâtiment laissé vacant vient d’être réquisitionné à Toulouse. Une semaine après l’ouverture à six familles d’appartements inoccupés près du Grand-Rond par l’association Urgence pour un toit, c’est au tour du CREA (Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion) de prendre possession d’un nouveau bâtiment, situé près de l’avenue Saint-Exupéry, appartenant à la mairie de Toulouse.

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« C’est le quatrième pour notre collectif » explique Mathieu Rigouste, membre du CREA. « La réquisition a eu lieu le 23 janvier dernier. Trois familles ont été installées le jour même. Une quatrième vient d’arriver et nous en attendons encore deux autres. » À terme, 25 personnes, pour la plupart des familles de travailleurs précaires, occuperont ces anciens logements de fonction de l’Éducation nationale.

« Nous avons prévenu la mairie. Ils souhaiteraient construire un centre social à la place de cet immeuble d’ici deux ans, mais nous n’en savons pas plus. » Lundi soir, une patrouille de policiers est venue constater l’occupation.

Sur place, les familles bénéficient du chauffage, de l’électricité et de l’eau chaude. « Des employés de chez EDF et GDF sont venus donner un coup de main sur leur temps libre, gratuitement. » Cette réquisition s’inscrit dans la campagne « Zéro enfant dans la rue », lancée par le CREA. Et le mouvement devrait prendre de l’ampleur. « Malgré la vingtaine de familles déjà hébergée, une quinzaine est encore à la rue » poursuit Mathieu. Le collectif doit se réunir vendredi soir dans ses locaux du 70 allées des Demoiselles pour décider des autres actions à mener.

L’adjointe au maire en charge de la politique de la ville, Claude Touchefeu, doit rencontrer le CREA aujourd’hui. Elle n’a pas souhaité s’exprimer avant.

Leur presse (Pierre Peyret, LaDepeche.fr), 1er février 2012.

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Assemblée Occupons Pôle emploi Vendredi 3 février à Rennes

« Occupons Pôle emploi » ! Depuis le 17 janvier cet appel a été suivi par près de 30 villes. Dans certains endroits, les actions se sont poursuivies dès la semaine suivante dans les pôles. À Lille, des actions menées par des chômeurs et précaires ont eu lieu dans les CAF où la chasse aux « fraudeurs » et la mise au travail forcé des « assistés » (CUI de 7 heures par semaine pour les RSAstes) sont aussi de mise. À Rennes le 25 janvier, l’occupation et la perturbation de l’agence par le blocage d’un étage a permis de faire triompher l’une de nos revendications : l’abandon des créances demandées par Pôle emploi à Jean-Claude Bouthemy, chômeur poursuivi par Pôle emploi pour avoir tagué sur le pôle emploi de Fougères : « Alinéa 5 : un emploi pour chacun », expression tirée de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948.

L’action collective porte ses fruits mais nous sommes bien loin de ce que serait un service public où chômeurs et conseillers ne subiraient plus le flicage, le management, les radiations, les convocations obligatoires et le mépris d’une direction à l’égard des revendications des conseillers et des chômeurs…

Bref une première victoire qui en appelle d’autres et qui exige aussi qu’un plus grand nombre de chômeurs et précaires envahissent les espaces de gestion de la précarité pour améliorer collectivement par la lutte nos conditions d’existence.

RENDEZ-VOUS, VENDREDI 3 FÉVRIER
12 H AU TY ANNA  – St Anne
POUR LA PROCHAINE ASSEMBLÉE « OCCUPONS PÔLE EMPLOI »

MCPL – Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte.

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[Poutine dégage !] Manifestation le 4 février à Moscou

Une banderole « Poutine, pars ! » accrochée en face du Kremlin

L’affiche est restée une heure en place avant d’être décrochée par les autorités russes.

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"Poutine, pars !", est-il écrit sur cette banderole, affichée mercredi matin en face du Kremlin.

Des militants du mouvement d’opposition russe Solidarité ont accroché mercredi une énorme banderole portant l’inscription « Poutine, pars ! » sur un immeuble situé juste en face du Kremlin, à trois jours d’un vaste défilé à Moscou contre le régime du Premier ministre russe. La banderole jaune de 140 m² montre aussi une caricature du Premier ministre Vladimir Poutine, barrée d’une croix noire. Elle a été accrochée sur un panneau publicitaire installé sur le toit d’un immeuble faisant face au Kremlin, siège de la présidence russe, sur un quai de la Moskova.

« Notre but principal est de rappeler à tout le monde qu’une manifestation pour des élections honnêtes est prévue cette semaine », a expliqué à l’AFP, Anastassia Rybatchenko, une militante de Solidarité qui faisait partie de l’équipe ayant accroché la banderole. « Nous voulons aussi dire ainsi qu’il est impossible d’organiser des élections honnêtes sous le régime de Poutine », a-t-elle ajouté.

Soupçons de fraudes

Selon Anastassia Rybatchenko, la banderole a été accrochée en fin de matinée, avant d’être enlevée moins d’une heure plus tard par les autorités. Solidarité est l’un des nombreux mouvements d’opposition à appeler les Russes à manifester le 4 février pour un scrutin démocratique en vue de la présidentielle du 4 mars et pour dénoncer le régime de Vladimir Poutine. Les organisateurs espèrent réunir des dizaines de milliers de manifestants, comme ils l’ont fait à deux reprises en décembre dernier.

Vladimir Poutine est confronté depuis le 4 décembre et des législatives émaillées de fraudes, selon l’opposition et des observateurs, au plus important mouvement de contestation depuis son avènement à la tête de l’État russe en 2000. Premier ministre depuis près de quatre ans, il espère retrouver la présidence qu’il avait dû quitter après deux mandats consécutifs (2000-2008).

Leur presse (LePoint.fr), 1er février 2012.

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[Wade dégage !] La police disperse la manifestation de Dakar dans le sang

10.000 Sénégalais dans la rue pour dire non à Abdoulaye Wade
Des milliers de Sénégalais se sont rassemblés ce mardi place de l’Obélisque à l’appel du M23

Ce mardi, environ 10.000 personnes ont manifesté à l’appel du Mouvement du 23 juin, qui rassemble partis d’opposition et organisations de la société civile, pour protester contre la validation de la candidature d’Abdoulaye Wade. Des heurts ont éclaté en début de soirée. D’après les médias locaux, le bilan s’élève, mardi soir, à au moins deux morts et plusieurs blessés graves.

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« Wade n’a qu’à dégager ! Nous ne voulons plus de lui ! », lance Youssou, un étudiant en colère. Ce mardi, ils étaient environ 10.000 à manifester place de l’Obélisque à l’appel du M23 pour dire non à un troisième mandat d’Abdoulaye Wade suite à la validation de sa candidature par les cinq « sages » du Conseil constitutionnel. Des jeunes bien sûr, mais également des femmes et des pères de famille. Parmi les nombreuses pancartes et banderoles, on peut lire : « la Constitution n’est pas un brouillon », « cinq singes + un babouin = un pays en feu » ou encore « nous aurons notre Benghazi ». À l’arrivée des « yenamarristes », la foule s’anime. « Nadem, nadem ! » (« va-t-en » en wolof), reprennent en chœur les manifestants dans une ambiance bon enfant. « Sarkozy doit dire à Wade de partir », insiste Mamadou saluant l’intervention américaine de la veille. Lundi, la porte-parole du département d’État avait invité le président sénégalais, 86 ans, à « céder la place à la prochaine génération ».

Postés trois cents mètres plus loin en direction du Plateau, le centre administratif et économique de Dakar, environ 150 policiers anti-émeutes, quatre véhicules dont un blindé et un camion surmonté d’un canon à eau veillent au grain. Depuis le matin, des escadrons de surveillance et d’intervention sont garés à chaque rond-point de Dakar ou presque.

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Qualifié la veille d’« appel à l’insurrection » par Serigne Mbacké Ndiaye, porte-parole de la Présidence, le rassemblement de l’opposition et de la société civile est finalement autorisé à la dernière minute par les autorités. Vers 16 heures, les leaders du M23 dont Macky Sall, Ibrahima Fall, Idrissa Seck ou Moustapha Niasse arrivent sur l’esplanade. Amath Dansokho, secrétaire général du Parti de l’indépendance et du travail (PIT), prend le micro et dénonce le « coup d’État constitutionnel » d’Abdoulaye Wade mené « avec la complicité de magistrats corrompus ». « Il faut qu’il comprenne que c’est fini pour lui ! », ajoute-t-il. Alioune Tine, coordonnateur du mouvement du 23 juin, lui succède. Libéré lundi soir après avoir passé 48 heures de garde-à-vue suite au décès d’un policier lors des violences du 27 janvier, le président de la Rencontre africaine de défense des droits de l’homme (Raddho) est très applaudi.

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La manifestation dispersée dans un nuage lacrymogène

La plupart des leaders regagnent leurs véhicules 4×4. Dans la foule, certains manifestants se montrent déçus par la tournure des évènements. « Nos leaders sont des peureux !, estime Saliou Ndiaye, un militant rewmiste (le parti de l’ancien Premier ministre Idrissa Seck) en quittant les lieux. Il y avait du monde. Il fallait faire une marche pacifique vers le Palais au lieu de rester là à ne rien faire ! » Vers 19 heures, quelques jeunes surchauffés s’en prennent aux policiers. Les grenades lacrymogènes et le canon à eau répondent aux jets de pierres. Parmi les derniers leaders sur place, Moustapha Niasse, candidat à la présidentielle, se réfugie dans une maison pour échapper aux gaz lacrymogènes. Des véhicules pick-up chargés de policiers s’engagent ensuite dans les rues adjacentes à la poursuite de petits groupes de protestataires, dont certains tentent d’ériger des barricades de fortune avec des pneus incendiés. Les affrontements se répandent dans les quartiers de Niary Tally et HLM. D’après plusieurs médias locaux, le bilan s’élève à l’heure où nous écrivons à au moins deux morts, une jeune fille écrasée par un véhicule de la police et un étudiant, et plusieurs blessés graves ce qui porterait à six le nombre de morts dû aux violences politiques en cette période préélectorale dans le pays.

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« C’est comme d’habitude, regrette Alioune Tine, coordonnateur du M23. La police profite de quelques provocateurs pour disperser la foule. Il faut que les forces de l’ordre gardent leur sang-froid. » « La manifestation a été massive et pacifique, poursuit-il. Nous manifestons pacifiquement et nous entendons manifester tous les jours place de l’Obélisque jusqu’au retrait de la candidature d’Abdoulaye Wade. » Entre le président et son opposition, le bras de fer continue. Et les morts s’accumulent.

Leur presse (Simon Maro, Afrik.com), 31 janvier 2012.


Ça chauffe à la place de l’Obélisque, « un mort » déjà

Les manifestants qui n’ont pas respecté le mot d’ordre des leader du M23 font face à la police à la place de l’Obélisque. Une confrontation a lieu entre les manifestants qui mettent du feu et la police qui essaie de les disperser à coup de gaz lacrymogène. On parle pour l’instant « d’un mort », transporté par les secouristes du SAMU. Un camion de GMI aurait passer sur lui.

Leur presse (Rewmi.com), 31 janvier 2012.


Sénégal : la police disperse une manifestation de milliers d’opposants

La police anti-émeutes sénégalaise a dispersé mardi soir à Dakar un rassemblement de milliers d’opposants à coups de gaz lacrymogènes, ont constaté des journalistes de l’AFP.

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Peu avant la dispersion, les esprits de jeunes s’étaient échauffés et semblaient vouloir en découdre avec les forces de sécurité situées à environ 300 mètres du lieu principal du rassemblement, organisé contre la candidature du chef de l’État Abdoulaye Wade à la présidentielle de février.

Une journaliste de l’AFP a vu une femme blessée à la jambe.

Les policiers ont investi la Place de l’Obélisque, jonchée de cailloux, après la dispersion, mais plusieurs d’entre eux se sont engagés dans les ruelles qui la borde pour poursuivre des manifestants. La journaliste de l’AFP a vu des pneux enflammés dans ces ruelles.

Des véhicules pick-up chargés de policiers circulaient pour disperser de petits groupes de jeunes à coups de gaz lacrymogènes. La circulation n’a cependant pas été interrompue autour de la place.

Un des leaders du Mouvement du 23 juin (M23, opposition politique et société civile), Moustapha Niasse, ex-Premier ministre de M. Wade devenu opposant et lui-même candidat à la présidentiele, était encore là au moment de la dispersion. Il a dû se réfugier dans une maison pour échapper au gaz lacrymogène.

Le M23 avait appelé à ce rassemblement — un moment interdit — pour exiger le retrait de la candidature d’Abdoulaye Wade, 85 ans dont 12 au pouvoir, dont la validité a été confirmée dimanche par le Conseil constitutionnel. Ce mouvement juge cette candidature anticonstitutionnelle.

Leur presse (Agence Faut Payer), 31 janvier 2012.


Le Sénégal à l’heure des manifestations

La décision du Conseil Constitutionnel a accouché d’une série effrénée de manifestations dans l’étendue du territoire national. Depuis la tombée du verdict des camarades de Cheikh Tidiane Diakhaté, différentes localités du pays sont déchirées par des affrontements entre services d’ordre et manifestants qui virent souvent au pire.

Les manifestations contre la décision du Conseil Constitutionnel favorable à Abdoulaye Wade continuent de rythmer tous les coins du pays, malgré la perte de vie d’un policier dès l’entame de la révolte. Par ailleurs, la mort de deux personnes et de plusieurs blessés ce lundi dans la ville de Podor ne semblent toujours pas calmer les ardeurs.

Les leaders de l’opposition et du M23 qui n’envisagent pas fléchir dans leur combat ont prévu de faire de ce mardi, une journée de manifestations pour continuer de s’indigner de la décision des juges du Conseil Constitutionnel qu’ils appellent à recourir à leur mesure et à invalider la candidature du leader des FAL 2012 jugée « anticonstitutionnelle ».

Néanmoins, bon nombre de régions ont déjà ouvert les hostilités, avant même  15 heures, heure de rendez-vous du rassemblement des manifestants à la place de l’Obélisque. Même si la manifestation n’a pas connu une grande affluence, les manifestants ont investi ce mardi matin les rues de la région de Ziguinchor, indique la presse nationale. Des élèves du moyen et du secondaire se sont aussi mêlés dans la danse en vidant leurs camarades des salles de classes pour prendre d’assaut la rue.

Fatick, Kaolack et Kahone ont également renoué avec la violence ce matin car les manifestants se sont heurtés à la réplique policière. Toutefois, seul Podor qui a constitué ce lundi le théâtre d’affrontements meurtriers semble pour le moment reprendre son cours normal.

À Dakar, la violence est très redoutée en cette journée de mardi consacrée à la manifestation contre la décision du Conseil constitutionnel, car les leaders de l’opposition et ceux du M23 n’entendent pas revenir sur leur décision de manifester.

Leur presse (Mamadou Sakhir Ndiaye, Pressafrik.com), 31 janvier 2012.


Sénégal : manifestations d’ampleur à Dakar contre Wade

Des milliers de personnes étaient réunies mardi à Dakar pour s’opposer à la candidature d’Abdoulaye Wade, qu’elles considèrent comme anticonstitutionnelle.

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblées mardi à Dakar pour contester la candidature du chef de l’État Abdoulaye Wade à la présidentielle de février, faisant craindre des dérapages après des violences qui ont déjà fait trois morts en trois jours, ont constaté des journalistes de l’Agence France-Presse. Ce rassemblement de l’opposition et de la société civile, regroupées au sein du Mouvement du 23 juin (M23), a été autorisé à la dernière minute par les autorités, celles-ci affirmant que ses organisateurs n’avaient déposé que tardivement la déclaration de manifestation exigée par la loi.

Le M23 a appelé à cette manifestation pour exiger le retrait de la candidature d’Abdoulaye Wade, 85 ans, dont 12 au pouvoir, candidature dont la validité a été confirmée dimanche par le Conseil constitutionnel. Les opposants réunis sur la place de l’Obélisque, grande esplanade de Dakar, portaient diverses banderoles sur lesquelles on pouvait lire : « La Constitution n’est pas un brouillon », « Wade dégage », ou encore, en référence aux cinq « sages » du Conseil constitutionnel : « Cinq singes + un babouin = un pays en feu ».

« Coup d’État constitutionnel »

À environ 300 mètres de la place, quelque 150 policiers antiémeute, quatre véhicules de police, dont un blindé, ainsi qu’un camion surmonté d’un canon à eau, surveillent la place où l’ambiance reste détendue. Ni estrade, ni musique pour ce rassemblement : « Aujourd’hui, ce n’est pas la fête, c’est le combat », a affirmé un des manifestants. Plusieurs leaders du M23, dont Macky Sall et Moustapha Niasse, ex-Premiers ministres du président Wade devenus opposants et candidats à la présidentielle, sont là.

Ce rassemblement se tient après des violences qui ont éclaté le 27 janvier à Dakar et dans d’autres villes à l’annonce de la validation de la candidature Wade. Un policier avait été tué, plusieurs personnes blessées, des bâtiments incendiés. Lundi, deux personnes ont été tuées et plusieurs blessées lors d’une marche du M23 à Podor (nord). Pour le M23, la candidature de Wade est un « coup d’État constitutionnel », arguant qu’il a épuisé ses deux mandats légaux (élection en 2000, réélection en 2007), ce que récusent ses partisans, selon qui il est en droit de se représenter après des modifications de la Constitution.

La candidature de Youssou N’Dour rejetée

Cette formule de « coup d’État constitutionnel » a également été utilisée mardi par le célèbre chanteur Youssou N’Dour, dont la candidature a été rejetée par le Conseil constitutionnel : il a appelé « à manifester dans la paix » contre ce « coup d’État » et a réclamé la démission du Conseil. « Il y aura des initiatives qui vont bloquer le pays », a-t-il dit sans toutefois dire lesquelles, ajoutant : « Nous avons une stratégie autour du refus du coup d’État civil qu’on ne voit pas, mais qu’on vit ». Les violences du 27 janvier à Dakar ont été suivies par des dizaines d’arrestations, selon le M23.

Alioune Tine, coordonnateur du mouvement et figure respectée au Sénégal ainsi qu’en Afrique de l’Ouest pour son action en faveur de la défense des droits de l’homme, a été libéré lundi soir après plus de 48 heures de garde à vue pendant laquelle il a été interrogé sur son rôle présumé dans ces violences. Aucune charge n’a finalement été retenue contre lui.

La candidature du chef de l’État n’est pas seulement contestée par ses opposants, les États-Unis l’ayant invité à « laisser la place à la prochaine génération ». L’Union européenne a « condamné dans les termes les plus forts tous les actes de violence » et appelé « toutes les parties à faire preuve de retenue et à opter pour le dialogue, dans l’intérêt de la tenue d’élections pacifiques, libres et équitables ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 31 janvier 2012.


Des jeunes menacent de marcher vers le palais, d’autres s’y opposent

Des jeunes venus prendre part au rassemblement du Mouvement des forces vives de la Nation (M23) contre la validation de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade ont menacé d’improviser une marche vers le palais de la République.

Mais ils se sont heurtés au refus d’autres jeunes manifestants qui appellent à tenir la manifestation à la place de l’Obélisque.

Face à la menace des jeunes de prendre la direction du centre ville, la police a barré une partie de la route y menant, bloquant en partie la circulation sur le boulevard du général de Gaulle.

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Policiers et jeunes qui voulaient marcher vers le centre se font ainsi face. Seule une trentaine de mètres séparent les deux parties.

Mais d’autres jeunes se sont interposés pour appeler leurs camarades à tenir le rassemblement à la place de l’Obélisque.

Le M23, mis sur pied en juin après les manifestations contre le ticket présidentiel, s’oppose à la validation de la candidature du président sortant Abdoulaye Wade, par le Conseil constitutionnel.

Leur presse (aps), 31 janvier 2012.


Les jeunes boycottent les discours et font face aux forces de l’ordre

Les jeunes qui étaient venus répondre à l’appel du mouvement du 23 juin (M-23) avaient fini par boudent les discours pour faire face aux forces de l’ordre déployés sur les endroits stratégiques de la capitale, plus particulièrement à la place de l’Obélisque.

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La situation se dégénère à la place de l’Obélisque

C’est fait les forces de l’ordre donne un assaut contre les manifestants à la place de l’Obélisque. Les plus faibles sont tombés dans les filets des policiers. Un jeune manifestant pris par les policiers pleure et affirme qu’il n’est pas partant.

Leur presse (Pressafrik.com), 31 janvier 2012.


Kaolack : Les manifestants en route vers Médina Baye pour interpeller le khalife

Les manifestations ont fini par prendre une autre tournure dans la région de Kaolack. Les manifestants ont pris la ferme décision d’atterrir à Médina Baye, chez le khalife, pour lui demander d’exhorter Abdoulaye Wade à renoncer à sa candidature à la présidentielle de 2012.

La contestation de la décision du Conseil Constitutionnel va atterrir dans les prochaines heures au domicile du khalife général des niassiènes. Des manifestants du M23 et de l’opposition sénégalaise qui depuis ce matin, se suffisaient à investir la rue ont décidé de passer à la vitesse supérieure.

« Nous irons directement au domicile du khalife pour lui demander de prêcher Wade pour qu’il renonce à la présidentielle », laissent entendre au micro de la RFM, les manifestants déterminés de poursuivre leur combat jusqu’au bout.

Toutefois, la situation risque de dégénérer dans la région de Kaolack, car les services d’ordre qui doivent encadrer cette manifestation semblent être en insuffisance numérique par rapport à la masse.

Leur presse (Mamadou Sakhir Ndiaye, Pressafrik.com), 31 janvier 2012.

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[Vérité et Justice] Karim Aouad, tué par les flics de Marignane le 20 février 2004

 

Un gardé à vue étouffé sous quatre policiers

Le parquet général accorde l’excuse pénale à des policiers pour leur faute d’imprudence… un peu mortelle.

Étouffé dans une geôle du commissariat de police de Marignane en 2004. Karim Aouad, éducateur sportif de 30 ans atteint de troubles psychiatriques, n’a pas survécu à son interpellation. Il en est mort après six jours de coma.

Le devenir de l’affaire se joue à huis clos aujourd’hui devant la chambre de l’instruction de la cour d’appel d’Aix-en-Provence saisie par ses proches. Que s’est-il passé lors du trajet en voiture ? L’un des quatre policiers s’est-il assis sur sa poitrine pendant 20 minutes jusqu’à l’asphyxier tandis que ses collègues lui tenaient la tête et les pieds comme sa famille le prétend ?

Trois juges d’instruction se sont succédé dans ce dossier longtemps enlisé où l’avocat peinait à obtenir jusqu’au rapport complet d’autopsie. Le dernier magistrat, Isabelle Miquel, n’a pu imputer « avec certitude » à aucun fonctionnaire de police en particulier un geste pourtant fatal à l’individu agité mais pas violent. La juge a fini par conclure au non lieu le 8 septembre 2011 : « Aucune violence volontaire n’a été exercée par les quatre fonctionnaires », « aucun reproche ne peut leur être fait ».

« Il existe à tout le moins des charges largement suffisantes pour ouvrir un débat judiciaire », conteste Me Clément Dalançon, partie civile, qui demande le renvoi en correctionnelle pour « homicide involontaire » de quatre policiers par ailleurs même pas mis en examen.

« À l’évidence, il y a eu un maintien au sol prolongé, inadapté et injustifié car il ne bougeait plus et était calme », dénonce l’avocat. « Les médecins experts parlent de « compression thoraco-abdominale ». Que des adjoints de sécurité se disent incapables de maîtriser une personne doublement menottée dans un commissariat parce qu’ils n’ont pas été formés, ça pose problème. Nous sommes dans une démocratie. Il y a un moment donné où c’est accablant. Je suis scandalisé. »

« C’était la force strictement nécessaire »

Il est 20h20, ce 20 février 2004 quand un particulier de la rue Lacanau à Marignane prévient la police qu’un individu qui « n’a pas toute sa raison » s’est introduit dans son jardin. Il a les mains et le visage en sang. Le karatéka de haut niveau est en crise de schizophrénie paranoïde, ayant arrêté son traitement. Un gardien de la paix et trois adjoints de sécurité l’attrapent, le hissent en voiture, le déposent en poids, chevilles et poings menottés, au milieu d’une cellule.

Pourquoi n’avoir pas tout simplement refermé la porte ? « Pour éviter qu’il ne se tape », répond un adjoint de sécurité entendu cinq ans après les faits comme témoin assisté. Un autre adjoint niera l’avoir maintenu avec son genou sur le buste comme le prétend pourtant son collègue ainsi que les sapeurs-pompiers arrivés à 20h57, 5mn après avoir reçu l’appel du commissariat pour un « homme blessé ».

Le médecin du Smur, qui trouve l’homme en arrêt cardio-respiratoire à 21h07 dans la geôle n°1, parle d’une ambiance tendue et dit combien il a eu du mal à obtenir des explications sur ce qui s’était passé. Il lui est répondu que trois policiers l’ont maintenu au sol « un au niveau de la tête, un sur le torse et au niveau des pieds ».

Il faudra attendre le 15 décembre 2008 pour que deux experts concluent au décès par « arrêt ventilatoire puis circulatoire » au cours d’une « contention comprenant une compression thoraco-abdominale » effectuée « par trois policiers (un sur la tête, un sur le thorax et un sur les membres inférieurs) ». « Il a été maintenu avec force mais c’était la force strictement nécessaire », se défend un policier.

« Faute d’imprudence » mais irresponsabilité pénale

Le parquet général entend désormais vouloir faire bénéficier aux policiers de la clause d’irresponsabilité pénale de l’article 122-4 du code pénal. Certes ils ont commis une « faute d’imprudence » en prolongeant inutilement leur contention mais « la force strictement nécessaire autorisée par la loi et les règlements pour mener leur mission » a été « proportionnée à son état » et qu’« aucune violence illégitime n’a été exercée contre lui ». Ce qui reviendrait à accorder l’impunité totale aux policiers en fonction.

Leur presse (David Coquille, LaMarseillaise.fr), 9 janvier 2012.

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