[Les emplois de demain] Mendiant-4G

Aux USA, des SDF transformés en bornes wifi ambulantes

Un SDF peut-il faire office de borne Internet ? Une agence de communication britannique a provoqué une controverse aux États-Unis en transformant des sans-abri en bornes internet, gagnant leur vie en proposant un accès à la toile. Cette agence, Bartle Bogle Hegarty (BBH), a lancé l’expérience à l’occasion d’un festival mêlant musique, cinéma et technologies à Austin (Texas, sud), appelé South by Southwest (SXSW), qui s’est ouvert samedi et se tient jusqu’au 18 mars.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331919242.jpg

Le site « Homeless Hotspots » présente ce projet particulier : équiper des SDF en connexion Internet, qu'ils vendent ensuite dans la rue.

Elle a doté treize SDF volontaires d’émetteurs de réseau internet (MiFi) de 4e génération, les habillant de tee-shirts signalant l’initiative. Le passant tenté peut réclamer une connexion d’excellente qualité pour son ordinateur, sa tablette ou son téléphone, qu’il paie via internet le prix qu’il souhaite. L’ensemble des profits est reversé au SDF.

« Vous transformez les SDF en équipement »

BBH a expliqué vouloir « moderniser » le concept du SDF vendeur de journaux rédigés par des sans-abri. « Combien de fois voit-on quelqu’un « acheter » un journal, pour finalement le laisser au sans-abri ? […] Pourtant le modèle n’est pas cassé en soi. C’est seulement le produit qui est archaïque », a indiqué l’agence sur son site internet.

Des internautes ont trouvé l’initiative de mauvais goût. « Ce n’est pas en soi une bonne idée d’utiliser des personnes défavorisées, marginalisées dans la société, pour rendre plus pratique l’accès de personnes majoritairement blanches, forcément plus riches, à leurs comptes sur les réseaux sociaux », a réagi sur le blog de BBH un internaute appelé John. « Vous transformez les SDF en équipement », écrivait Simon, un autre internaute. « C’est un exemple de la façon dont le capitalisme exploite n’importe quelle ressource en vue d’un avantage concurrentiel », déplorait un troisième, David Byrne.

Le directeur de l’innovation de BBH, Saneel Radia, s’est défendu en se réjouissant que l’initiative ait fait parler de la situation des sans-abri. Il a concédé que l’idée aurait pu aller plus loin, en envoyant les internautes vers un site conçu par les SDF. « Hélas, nous n’avons pas pu nous permettre de créer une page d’accueil personnalisée, parce que la connexion se faisait par un appareil que nous n’avons pas fabriqué », a-t-il assuré.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331919646.png

Vidéo. Jonathan, un SDF transformé en relais wi-fi.

Leur presse (LeParisien.fr, 13 mars 2012)

Publié dans Luttes des chômeurs et précaires | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Les emplois de demain] Mendiant-4G

[Justice pour Wissam] Manifestation Samedi 17 mars 2012 à Clermont-Ferrand

Appel de Clermont-Ferrand

RDV place de Jaude le 17 mars à 15h

Le Comité Justice et Vérité pour Wissam va organiser une journée de mobilisation et d’échanges, le 17 mars 2012 à Clermont-Ferrand. Cette journée sera l’occasion de demander justice et vérité pour Wissam, de dénoncer nationalement l’impunité policière, l’hypocrisie des institutions qui sont censées être là pour nous protéger et être les garants des valeurs républicaines.

Plus de deux mois après l’interpellation de Wissam El Yamni et son décès après 9 jours de coma, nous constatons que nombre d’éléments confirment la version des témoins, l’enquête a été orientée et subit des retards intolérables, le corps n’a pas encore été rendu à la famille.

Nous savons aussi aujourd’hui que le cas de Wissam n’est pas simplement un fait divers mais un fait récurrent : Abdelhakim Ajimi, Mickaël Cohen, Lamine Dieng, Mahamadou Marega, Abou Bakary Tandia, Bouna Traore, Zyed Benna, Laramy Soumaré, Reda Semmoudi, Ali Ziri, Yakou Sanogo, Baba Traore, Fethi Traore, Louis Mendy … Les rapports partiels existants font état d’au moins 10 décès par an (connus) suite à des violences policières en France (le pays des droits de l’Homme). Ces violences mortelles s’inscrivent dans une dérive continue, permanente et impunie des pratiques des forces de l’ordre en matière de sécurité publique. Aux yeux des institutions, ces décès ne sont que « regrettables » alors qu’elles sont en réalité honteuses. Aujourd’hui, tous les comités et associations nés suite à ces affaires ont décidé de se soutenir, de mutualiser le combat, d’échanger leurs expériences pour permettre de faire enfin condamner les mauvais policiers. Nous demandons donc l’égalité face à la justice afin que les criminels, en uniforme ou non, soient jugés de la même manière et avec la même intransigeance. Au vue du principe républicain de proportionnalité des peines, comment comprendre que les policiers qui étaient responsables de Wissam lorsque celui-ci est tombé dans le coma dont il ne se réveillera jamais soient mis en congés, alors que quelques jours plus tard, les comparutions immédiates pour dégradations de biens matériels se sont soldées par de la prison ferme ?

Nous ne remettons pas en cause la nécessité d’une police et nous savons que les violences illégitimes qui proviennent de la police sont le produit d’une minorité. Cette minorité fait pourtant un très grand mal à la fois aux familles des victimes et à la réputation des policiers eux-mêmes. Nous souhaitons simplement des gardiens de la paix et une justice juste dont on pourrait être fiers. C’est pourquoi nous avons choisi de faire du 17 mars un grand moment de fraternité. Cette journée sera marquée par un happening (un die-in) place de Jaude suivi d’un forum police/justice qui rassemblera de nombreuses familles de victimes de toute la France et d’un appel aux candidats à la Présidentielle afin qu’ils disent ce qu’ils feraient une fois élus, face à des dérives qui ne peuvent que créer de la méfiance des citoyens envers les institutions.

Nous vous appelons donc à faire de cette journée un succès, pour que cesse une double injustice : celle des décès (police) et celle des procès (justice). Ce combat nous le plaçons sous l’égide des valeurs liberté, d’égalité et de fraternité.

Farid El-Yamni (Président du comité justice et vérité pour Wissam)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Justice pour Wissam] Manifestation Samedi 17 mars 2012 à Clermont-Ferrand

[« Antiterrorisme »] Bas les pattes sur Adlène Hicheur

La lutte antiterroriste a-t-elle déraillé ?

L’avocat et les mis en examen de l’affaire de Tarnac sont venus à la rescousse d’un chercheur du Cern soupçonné de liens avec le terrorisme.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331908490.jpg

Halim Hicheur (à droite), frère d'Adlène Hicheur, et Rabah Bouguerrouma, du comité de soutien au chercheur du Cern accusé de terrorisme.

Quel rapport entre l’affaire de Tarnac et Adlène Hicheur, physicien au Centre européen de recherche nucléaire (Cern) à Genève, jugé à la fin du mois pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ? Aucun, si ce n’est une dénonciation, par les avocats des deux dossiers, du mode de fonctionnement de la section de l’antiterrorisme, qualifiée de « justice d’exception qui ignore les droits de la défense », à l’occasion d’une conférence de presse organisée jeudi matin au siège de la Ligue des droits de l’homme à Paris.

Si l’affaire de Tarnac, évoquant le sabotage de lignes de TGV en 2008, a été très médiatisée, en revanche, l’histoire de ce physicien d’origine algérienne, soupçonné de préparer un attentat au nom d’al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), est beaucoup moins connue. Arrêté le 8 octobre 2009 chez ses parents, à Vienne (Isère), Adlène Hicheur sera jugé, en deux demi-journées, les 29 et 30 mars prochains, pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ».

Attentat contre des chasseurs alpins

Au moment de son interpellation, Brice Hortefeux, ministre de l’Intérieur, affirme que « la France a peut-être évité le pire », tandis qu’un quotidien parle d’un « expert du nucléaire travaillant pour al-Qaida ». En fait, Adlène Hicheur, docteur en physique des particules aujourd’hui âgé de 35 ans, est, à cette époque, chercheur au Cern à Genève et enseignant à l’École polytechnique de Lausanne (EPFL). Il est soupçonné de préparer un attentat contre le 27e bataillon de chasseurs alpins, basé à Crans-Gevrier, en Haute-Savoie.

Deux ans et demi plus tard, Adlène Hicheur est toujours incarcéré à Fresnes. Pourtant, les charges retenues contre lui apparaissent assez minces. Pour preuve, le chercheur se retrouve seul sur le banc des accusés. C’est pour le moins curieux quand on évoque une « association de malfaiteurs ». En clair, la justice ne peut guère lui reprocher que des échanges d’e-mails en arabe avec un certain Mustapha Debchi, vivant vraisemblablement en Algérie et présenté comme un responsable d’al-Qaida au Maghreb islamique.

Une discussion par Internet

Les propos tenus par Adlène Hicheur dans sa correspondance ne sont, en effet, pas innocents. Le 10 mars 2009, il écrit : « Il s’agit de punir l’État à cause de ses activités militaires au pays des musulmans (Afghanistan) alors, il support (sic) d’être un pur objectif militaire (comme exemple base d’aviation de la commune de Karan Jefrier près de la ville d’Annecy, en France). Cette base entraîne des forces et les envoie en Afghanistan » (traduction littérale d’un e-mail en arabe).

Assis sous le portrait d’Alfred Dreyfus, au siège de la Ligue des droits de l’homme, Patrick Baudouin, avocat d’Adlène Hicheur, souligne qu’il ne s’agit que d’une discussion par Internet. « Il n’y a jamais le moindre début d’intention, de mise en œuvre d’un projet précis relatif à la préparation d’un acte terroriste concret. » Prenant ensuite la parole, Halim Hicheur, frère d’Adlène, rappelle que celui qui a menacé un adversaire politique d’être « pendu à un croc de boucher » n’a pas été inquiété par la justice.

Les jeunes de Tarnac

Étrangement, l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel de Paris du juge Christophe Teissier ne mentionne que très anecdotiquement l’interrogatoire de Mustapha Debchi par la justice algérienne, qui remonterait à février 2011. On ignore même si cet homme, présenté comme un responsable de l’Aqmi, est actuellement emprisonné.

« Si l’affaire de Tarnac a déraillé, si les juges et les policiers se sont ridiculisés, c’est parce que ce dossier impliquait de jeunes gens intelligents, diplômés, blancs, issus de la classe moyenne. La population a pu s’identifier à eux, les comprendre. Et ils ont été libérés. Malheureusement, Adlène Hicheur n’a pas bénéficié du même phénomène, car il est d’origine algérienne, il est soupçonné d’être un musulman radical », constate Jérémie Assous, avocat des mis en examen de l’affaire Tarnac.

Leur presse (Ian Hamel, LePoint.fr, 16 mars 2012)


Antiterrorisme : Hicheur/Tarnac, même combat

Lors d’une conférence de presse à la Ligue des droits de l’Homme, les mis en examen de Tarnac et les proches d’Adlène Hicheur ont fait cause commune contre les méthodes de l’antiterrorisme français.

Depuis octobre 2009, Adlène Hicheur dort en prison. Ce Lyonnais de 35 ans, docteur en physique des particules, est mis en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Soupçonné d’avoir préparé des attentats islamistes sur le sol français à partir de ses conversations sur Internet, il sera jugé les 29 et 30 mars prochains au tribunal correctionnel de Paris. Deux demi-journées d’audience sont prévues, en formation antiterroriste.

Ce jeudi dans les locaux de la Ligue des droits de l’homme, à Paris, Halim Hicheur porte un T-shirt orange, floqué des “902 jours” de détention de son frère. Il s’élève contre une image fabriquée d’Adlène Hicheur, présenté comme “un loup solitaire autoradicalisé”.

Une vingtaine de journalistes a fait le déplacement. Aurait-il obtenu un tel auditoire sans ce mariage de la carpe et du lapin ? Près de lui siègent deux des “jeunes révoltés” de Tarnac, selon le mot de leur avocat. Une affaire invisible en côtoie une autre, surmédiatisée, à l’occasion d’une démarche commune : dénoncer “la justice d’exception” antiterroriste, quelles qu’en soient les cibles.

Les deux faces d’une même pièce

Pour les animateurs de la discussion, “l’affaire de Tarnac” et “l’affaire Hicheur” seraient les deux faces d’une même pièce : l’utilisation des services de renseignement comme police politique. La désignation commune d’un “ennemi intérieur”, l’ultragauche dans un cas, l’islamisme dans l’autre. Patrick Baudoin, l’avocat d’Adlène Hicheur, parle de son client quand il déclare :

“Il faut combattre la justice antiterroriste. On part d’une vérité pré-établie qu’il faut confirmer à tout prix, à partir d’un “profil idéal”. L’affirmation de la culpabilité est le seul objet qui a guidé le magistrat instructeur, censé instruire à charge et à décharge. Nous revendiquons le droit à un procès équitable.”

Mais ses propos pourraient aussi bien sortir de la bouche de Jérémie Assous, son homologue dans l’affaire de Tarnac. Celui-ci donne des billes à son confrère, en reprochant aux médias leur réflexe d’adhésion à la version policière :

“Si, plusieurs mois après les arrestations, l’affaire de Tarnac a déraillé, c’est en grande partie grâce aux médias. C’est lié à la personnalité des mis en cause : des personnes ‘de gauche’, blanches, issues de la classe moyenne. Pour Adlène Hicheur, il n’y a pas eu cette identification des journalistes. Il y a eu une espèce de confiance : ce sont des musulmans, on s’en remet à la justice.”

Dans les deux cas, le ministre de l’Intérieur s’est félicité publiquement des arrestations avant même la fin des gardes à vue. Ce qui fait dire à Benjamin Rosoux, l’un des mis en examen de Tarnac :

“Nous sommes les deux mamelles de l’antiterrorisme aujourd’hui réunies. Toute l’œuvre de la DCRI depuis sa création est une grande entreprise de communication. Les opérations antiterroristes visent à convaincre l’essentiel de la population qu’il y a effectivement une menace. Ce qui reste, c’est la première image : celle du terroriste islamiste qui travaille dans le domaine nucléaire.”

« Le but de l’antiterrorisme est de raconter une histoire qui fait peur »

En Suisse, où travaillait Adlène Hicheur, la justice a clos le dossier. Faute de preuves, explique l’un de ses collègues. “Il est très difficile de savoir exactement ce qui lui est reproché”, renchérit Jean-Pierre Lees, le président de son comité de soutien. Il cite une phrase du procureur français pour en démontrer l’acharnement : “Je ne pense pas que deux ans de prison suffisent pour le faire revenir sur ses opinions radicales.” Malgré une vingtaine de demandes de remise en liberté, le chercheur est toujours enfermé à Fresnes.

Les mis en examen de Tarnac, eux, sont tous libres depuis belle lurette. Pourtant, Mathieu Burnel estime qu’il n’y a “aucune raison d’attaquer l’antiterrorisme dans notre cas et de ne pas le faire pour Adlène Hicheur”.

“Le but de l’antiterrorisme n’est jamais vraiment de saisir des faits, mais de raconter une histoire qui fait peur, pour ensuite mieux rassurer.”

Dénonçant le “marketing sécuritaire”, Patrick Baudoin soulève plusieurs points problématiques dans la procédure qui frappe son client : “l’absence d’éléments nouveaux” en deux ans d’instruction, un procès-verbal d’interrogatoire tronqué en Algérie, des “traductions approximatives ou inexactes de l’arabe au français”, des “tentatives de subornation de témoin”.

Dans quinze jours, l’affaire Hicheur pourra être débattue publiquement. Pour celle de Tarnac, l’instruction est toujours en cours, depuis trois ans.

Leur presse (Camille Polloni, LesInrocks.com, 16 mars 2012)


L’affaire Hicheur, « emblématique des dérives de la lutte antiterroriste »

Adlène Hicheur, physicien du Cern (Centre européen de recherche nucléaire), a été interpellé le 8 octobre 2009, soupçonné d’avoir envisagé des actes terroristes. Il est en détention provisoire depuis plus de deux ans, et sera jugé les 29 et 30 mars prochains. Ses soutiens dénoncent aujourd’hui « une justice d’exception » contraire aux droits de l’homme.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331910497.jpg

Les soutiens d'Adlene Hicheur (ici son frère et son avocat) dénoncent une enquête à charge.

« On l’a présenté dès le départ comme le coupable idéal », s’insurge Me Patrick  Baudouin, l’avocat d’Adlène Hicheur. Pour lui, son client est la victime du « rouleau compresseur de la justice antiterroriste ». Le président d’honneur de la Ligue des droits de l’Homme dénonce lui une « justice d’exception, qui ignore largement les droits de la défense et piétine un certain nombre de nos principes ». Les soutiens du physicien tentent aujourd’hui d’attirer l’attention sur son cas, plus de deux ans après son incarcération.

« Une instruction totalement à charge »

D’autant que pour eux, le dossier est quasiment vide. L’accusation s’appuie sur des mails échangés entre Adlène Hicheur et un chef d’Al-Qaeda. L’avocat parle lui d’une « instruction totalement à charge », et d’un « marketing sécuritaire », consistant à « partir d’une vérité pré-établie qu’il faut conforter à tout prix ». Il évoque notamment des manipulations, des traductions arabe-français « à charge », ainsi que des tentatives de subornation de témoin. « Que reste-t-il ? Des échanges de mails. Mais tout est resté au stade de l’échange. Il refuse tout, il n’accepte rien. Il n’y a jamais de la part de Hicheur de début d’intention de mise en œuvre d’un projet précis et terroriste. »

Le 8 octobre 2009, Adlène Hicheur est interpellé à Vienne (Isère) et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Il est placé en détention provisoire quatre jours plus tard et y est toujours aujourd’hui : ses quinze demandes de remise en liberté ont toutes été refusées. « C’est Guantanamo ! » s’insurge aujourd’hui Me Baudouin. « La justice a du mal à reconnaître ses erreurs. »

Leur presse (Olivier Bénis, FranceInfo.fr, 15 mars 2012)


Les mystères de l’affaire Hicheur

Adlène Hicheur, un physicien de 35 ans, sera jugé les 29 et 30 mars pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Ses proches se mobilisent.

À deux semaines du procès d’un jeune chercheur franco-algérien du Cern (Conseil européen pour la recherche nucléaire), soupçonné d' »association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste », la défense lance la contre-offensive médiatique. Me Patrick Baudouin, conseil d’Adlène Hicheur, tenait ce jeudi matin une conférence de presse, au siège parisien de la Ligue des droits de l’homme, au côté de la famille du scientifique et de son comité de soutien.

La bataille se déroule sur deux fronts. Judiciairement, il s’agit de dénoncer un dossier qualifié de « fragile ». Politiquement, le propos se veut de portée plus générale: Me Baudouin stigmatise une affaire, selon lui, « emblématique des dérives de la lutte antiterroriste ». Deux des mis en examen de l’affaire dite de « Tarnac » (ces militants d’extrême-gauche sont soupçonnés d’avoir posé des fers à béton sur des caténaires de TGV en novembre 2008) et leur avocat, Me Jérémie Assous, étaient d’ailleurs présents à la conférence de presse.

Des emails interceptés alertent la police

Adlène Hicheur, 35 ans, docteur en physique et enseignant chercheur au Cern de Genève, est incarcéré depuis son arrestation, le 8 octobre 2009, au matin, alors qu’il s’apprêtait à prendre un vol aller et retour pour l’Algérie. Les enquêteurs de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) avaient été alertés dès 2008 par des emails interceptés: les policiers spécialisés enquêtaient alors sur une filière d’acheminement de djihadistes depuis la Belgique vers l’Afghanistan.

De fil en aiguille, certains messages électronique auraient conduit à un ordinateur utilisé par Adlène Hicheur. À cette époque, le jeune homme, cloué chez lui à cause d’une sciatique, surfe sur Internet, notamment sur des forums islamistes. Trente-cinq échanges d’email forment le socle de l’accusation, comme l’a relevé le quotidien Libération. Leur contenu, qui n’est pas contesté par la défense, laisse peu de doute sur la radicalisation du jeune homme: Adlène Hicheur est alors en contact avec un homme présenté par les policiers comme l’un des cadres d’Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi).

Qui est vraiment Mustapha Debchi, son interlocuteur d’Aqmi sur Internet ?

Hicheur, sollicité à plusieurs reprises par son interlocuteur, évoque la possibilité de s’en prendre à des cibles comme Total ou comme une caserne de chasseurs alpins, unité engagée en Afghanistan. Pour autant, les enquêteurs ne découvrent aucun projet concret, laissant penser que leur suspect va passer à l’action ou même qu’il cherche à acquérir les composants d’une bombe. « Ces propos [échangés sur Internet] sont critiquables, convient Me Patrick Baudouin. Mais suffisent-ils à justifier cette mise en examen et cette longue détention provisoire dès lors qu’il n’y a pas le moindre début d’intention de mise en œuvre d’un projet d’attentat ? C’est du marketing sécuritaire ! »

L’affaire illustre, en tout cas, la difficulté du passage d’une surveillance des milieux islamistes radicaux sur le Net à une phase de poursuites judiciaires. L’examen du dossier montre de ce point de vue le rôle central joué par un interlocuteur sur Internet du scientifique, Mustapha Debchi. Cet homme, qui serait membre d’Aqmi a, semble-t-il, été arrêté par les autorités algériennes. Celles-ci l’auraient interrogé en février 2011. Le procès-verbal reproduisant l’interrogatoire, et transmis à la justice française sous la forme d’une commission rogatoire internationale, « charge » Adlène Hicheur. Mais le parcours, les motivations et même l’identité véritable de Mustapha Debchi restent sujets à caution.

Adlène Hicheur, lui, doit comparaître détenu devant la 14e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris les 29 et 30 mars prochain.

Leur presse (Éric Pelletier, LExpress.fr, 15 mars 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , | Un commentaire

[Éducation] Rentrée émeutière à Santiago (Chili)

Chili : les étudiants réclament une réforme du système

La police chilienne a utilisé des canons à eau et des gaz lacrymogènes pour disperser une manifestation de plusieurs milliers d’élèves jeudi à Santiago, la première manifestation étudiante de l’année au Chili.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331913702.jpg

Le mouvement étudiant, qui demande une réforme complète du système d’éducation, a organisé plusieurs manifestations l’an dernier qui ont paralysé la capitale.

Les leaders de la manifestation ont affirmé que de 5000 à 7000 élèves du secondaire avaient marché le long de la principale avenue de Santiago. La police a quant à elle affirmé qu’il y avait 2000 manifestants et a précisé avoir arrêté 50 personnes.

Un caméraman de la chaîne colombienne NTN 24 a notamment été arrêté pour avoir « bloqué et gêné » les policiers, selon l’Association chilienne de la presse étrangère.

La police a précisé que la manifestation n’avait pas été autorisée par les responsables municipaux parce que les organisateurs n’ont pas demandé la permission 48 heures à l’avance.

Les policiers ont dispersé le rassemblement quand quelques centaines d’élèves ont franchi une barrière érigée par la police et ont tenté de marcher vers le ministère de l’Éducation.

« Le gouvernement nous montre clairement qu’il est intransigeant, mais nous sommes forts (…) et le gouvernement a peur de nous », a dit un leader du mouvement étudiant, Maximiliano Salas.

La manifestation avait été organisée par un regroupement d’écoles secondaires pour demander l’accès gratuit à un enseignement de qualité et pour dénoncer l’expulsion d’une centaine d’élèves et d’étudiants qui ont participé aux manifestations de l’an dernier. Certains étudiants universitaires ont aussi participé au rassemblement.

La crise de l’éducation au Chili demeure non résolue malgré les sept mois de manifestations massives de l’année dernière, auxquelles ont participé des étudiants, des enseignants et des parents.

Les marches ont été généralement pacifiques, mais se sont souvent terminées par des affrontements entre la police et une minorité de militants masqués qui lançaient des pierres et des cocktails Motolov.

Les vacances d’été viennent de se terminer au Chili et les étudiants comme le gouvernement s’attendent à de nouveaux affrontements.

Leur presse (Eva Vergara, Associated Press, 15 mars 2012)

Publié dans Éducation | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Éducation] Rentrée émeutière à Santiago (Chili)

Concert de soutien aux inculpés de Toulouse Samedi 31 mars sur le plateau de Millevaches

Soutien aux inculpés de Toulouse

C’était hier…

En 2002, le projet de construction, par la loi Perben, d’Établissements Pénitentiaires pour Mineurs (EPM) s’était heurtée à une vive opposition de collectifs d’éducateurs de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) ainsi que des opposants aux lois sécuritaires en général et à la destruction du droit des mineurs (abaissement à dix ans de la responsabilité pénale) en particulier. De nombreuses actions eurent lieu dans les villes où était prévue la construction d’un EPM.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331903342.jpg

Mais aujourd’hui…

La réalité des conditions de vie dans ces lieux n’a pas tardé à donner raison à leurs opposants : suractivité (des journées de 12 heures partagées entre des activités scolaires et d’animation imposées), temps collectifs fréquents imposés qui provoquent des tensions entre jeunes, et avec les surveillants (éducateurs et matons), éloignement de la famille aggravé souvent par des transferts punitifs dans d’autres régions, « unités strictes » correspondant au mitard des prisons d’adultes.

En conséquence, en 2008, soit un an après l’ouverture de ces établissements, on dénombrait déjà, pour 160 mômes incarcérés, 72 tentatives de suicide : dans les démocraties modernes, on ne pend plus les enfants mais on réunit toutes les conditions pour qu’ils le fassent eux-même. Les ERIS (matons cagoulés) sont intervenus plusieurs fois pour mater des début de révoltes collectives, comme celle qui eut lieu à l’EPM de Lavaur en mai dernier.

Tout est rassemblé ici pour que les mômes pètent les plombs, et d’ailleurs même les matons pourtant aguerris aux pires modes de détention, ne tiennent pas  et demandent leur mutation au bout de 6 mois.

Une drôle de grève…

Au printemps dernier, les éducateurs de la PJJ travaillant en EPM se sont mis en grève. Leurs revendications : hausse des salaires, reconnaissance de la pénibilité de leur travail, formation au suicide, condamnations des violences des jeunes incarcérés… Aucun rejet de l’enfermement des mineurs : ce qui n’a rien d’étonnant vu que, face à l’opposition des éducateurs en 2002, la PJJ en avait recruté des nouveaux, qu’elle avait formé en six mois. Difficile dans ces conditions de se solidariser avec leur lutte corporatiste, identique à celle des matons, qui fut largement relayée par les médias tandis que l’existence même des EPM n’était plus publiquement remise en cause.

Aujourd’hui comme hier, agir contre les EPM…

En juillet, à Labège, près de Toulouse, un groupe de personnes entre dans les locaux de la direction régionale de la PJJ, déverse sur les bureaux du lisier et redécore les murs avec des slogans condamnant les EPM, et en solidarité avec les jeunes mutins de Lavaur. En novembre, à Toulouse six personnes soupçonnées d’avoir participé à cette action sont arrêtées. Quatre seront incarcérées, une placée sous contrôle judiciaire et la dernière sous le statut de témoin assisté. Cette action, qu’elle ait été commise ou non par eux s’inscrit dans la lutte contre les EPM dont nous sommes solidaires.

Concert de soutien aux inculpés,
Au Croulag, Peyrelevade (19),
Samedi 31 Mars, 21h

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur Concert de soutien aux inculpés de Toulouse Samedi 31 mars sur le plateau de Millevaches

[Révolution tunisienne] Sit-in à El Gsar

Tunisie. Des chômeurs bloquent plusieurs routes entre Gafsa et Gabès

Des chômeurs ont observé, jeudi [15 mars], un sit-in sur la route nationale reliant Gafsa à Gabès au niveau de l’intersection ferroviaire El Gsar/Lallah. Et paralysé la circulation.

La circulation a été surtout interrompue en direction d’El Guettar et Gabès, ainsi que vers Lallah et Gafsa-ville.

Les protestataires ont, aussi, bloqué l’accès au siège de la délégation d’El Gsar et à la gare ferroviaire provoquant une paralysie totale du trafic ferroviaire dans la région.

Selon l’agence Tap, ils ont notamment déchargé un camion transportant du phosphate qui se dirigeait vers les unités du Groupe chimique tunisien (Gct), au niveau de la voie ferrée et brûlé des pneus.

Des renforts des forces de la sécurité et de l’armée nationales ont été déployés sur le lieu du sit-in. Un représentant du ministère public se rendra sur place pour donner l’ordre à ces forces d’intervenir pour disperser les manifestants qui revendiquent un emploi au sein de la Sncft, disent qu’ils ont assez des promesses du gouvernement. Et que leur situation sociale est critique.

Publié par des ennemis de la révolution tunisienne (Kapitalis.com, 16 mars 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Sit-in à El Gsar

[Montréal contre la brutalité policière] Manifester est illégal ?!

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331892424.jpgManifester est illégal ?!

Montréal, 15 mars 2012

Cet après-midi s’est tenue la 16e manifestation contre la brutalité policière à laquelle environ 2000 manifestantes et manifestants ont pris part. Cette année, la manifestation visait à dénoncer en particulier la répression politique.

La Convergence contre la répression politique et policière (CCRPP) félicite les participantes et les participants pour la mobilisation record à cet événement.

La manifestation n’était même pas commencée que déjà on signalait que des gens tentant de se rendre au point de rassemblement s’était fait arrêter. De nombreuses personnes ont dû se soumettre à des fouilles abusives.

La manifestation a débuté vers 18h00. Alors que le groupe arrivait à l’angle des rues President-Kennedy et Jeanne-Mance, trente minutes à peine après qu’elle ait commencé, le Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) a déclaré la manifestation illégale. Or, tout se déroulait dans le calme à ce moment-là.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331892190.jpgLa CCRPP dénonce l’attitude provocatrice du SPVM qui, en déclarant la manifestation illégale au tout début, n’a fait qu’enflammer les manifestantes et les manifestants. Le SPVM a empêché la manifestation de suivre son trajet et doit donc être tenu responsable de la tournure des événements.

De nombreux cas de brutalité policière ont été rapportés, notamment, des blessures causées par des grenades assourdissantes. Merci de nous faire parvenir toute information utile à ce sujet.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331893234.jpg

La CCRPP


Manifestation monstre contre la brutalité policière – Pagaille au centre-ville

Le jeu du chat et de la souris entre policiers et manifestants se termine par environ 125 arrestations, mais peu de vandalisme.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331891984.jpgEnviron 125 personnes ont été arrêtées hier en fin de soirée après avoir semé la pagaille au centre-ville en essayant d’échapper aux policiers de l’escouade antiémeute.

L’opération n’était pas terminée au moment de mettre sous presse. Les policiers rencontraient encore quelques poches de résistance au centre-ville. Plus d’une centaine d’arrestations ont été faites en bloc près de la place Émilie-Gamelin. « Ces gens cherchaient vraiment la confrontation avec la police », a dit le lieutenant Ian Lafrenière, porte-parole du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM). « Ce n’est jamais élégant, l’utilisation de la force. On ne fait pas face à une manifestation qui est paisible », a-t-il ajouté.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331891217.jpg

La 16e édition de la marche du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP) passera à l’histoire pour plus d’une raison. D’abord par son ampleur. Lors du coup d’envoi vers 18h, de 1000 à 1500 personnes étaient massées à la place Émilie-Gamelin (le carré Berri), déterminées à « renverser le gouvernement Charest », selon l’expression d’un harangueur de foule masqué. Ensuite par son caractère imprévisible. Les manifestants se sont rapidement scindés en deux groupes. Aux éternels membres du Black Block qui menaçaient de casser la gueule aux journalistes et à quiconque les prenait en photo se sont greffés des petits gangs de 12 à 20 individus (souvent des adolescents) qui s’adonnaient à des gestes de vandalisme sélectifs et coordonnés. Et enfin par la réprobation interne de la violence. Plusieurs manifestants ont pris à partie les casseurs comme ils l’avaient fait en début de semaine lors des manifestations du mouvement étudiant.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331892131.jpgDans la rue Sainte-Catherine, principal foyer d’affrontement avec la place Émilie-Gamelin, Le Devoir a vu un jeune punk donner une bonne raclée à un collégien aux allures de sportif qui a fracassé la vitrine de la boutique de vêtements BCBG Max Azria. « Je mange de la merde à tous les jours à cause des gens comme toi », a crié le punk, qui vit de la mendicité. « C’est ici que je gagne ma vie », a-t-il ajouté en furie.

Plusieurs manifestants, peu rompus aux tactiques d’affrontement des habitués du 15 mars, ont réprimé les gestes de violence se déroulant sous leurs yeux. Il ne s’était pas écoulé 10 minutes que des individus habillés en noir et revêtus de cagoules se sont mis à arracher des morceaux d’asphalte dans la rue Ontario.

À l’angle des rues Sherbrooke et Aylmer, près de l’endroit où le jeune Francis Grenier a été gravement blessé à l’œil lors d’une manifestation des étudiants, le 7 mars dernier, le groupe a été accueilli par l’escouade antiémeute. Les projectiles ont commencé à fuser de toutes parts. Des morceaux d’asphalte et des balles de golf ont été tirés en direction des policiers, tandis que ceux-ci ont répliqué avec des grenades assourdissantes et irritantes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331890870.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331890905.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331890926.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331890949.jpg

À 18h20, 20 minutes après le début de la marche, le SPVM a décrété que l’attroupement était illégal et il a sommé les protestataires de se disperser. Selon le lieutenant Lafrenière, les policiers étaient incapables de faire la circulation sous une pluie de projectiles. Avec des voitures qui circulaient encore dans les deux sens dans Sherbrooke, le SPVM a jugé que la marche devenait dangereuse pour la sécurité de tous. « Ce qui nous fait vraiment peur, c’est qu’un automobiliste puisse perdre patience et qu’il fonce sur les manifestants », a-t-il dit.

Le groupe s’est scindé en deux, les uns marchant vers le nord-ouest, en direction du campus de l’Université McGill, les autres se dirigeant dans la rue Sainte-Catherine en direction ouest. S’en est suivi un jeu du chat et de la souris qui a donné du fil à retordre au SPVM. « L’antiémeute a dû sortir en petites cellules un peu partout pour s’adapter aux stratégies de la foule et éviter les débordements », a dit un officier au cœur des opérations.

Un autre groupe, venu de nulle part, a bloqué momentanément l’accès au pont de la Concorde. Ces stratégies étaient inédites pour le SPVM. La dispersion constante des manifestants rendait impraticables des arrestations de masse pendant une bonne partie de la soirée.

Compte tenu de l’ampleur de la manifestation, les dommages constatés sur le terrain sont plutôt modestes. Quelques vitrines ont été fracassées, trois commerçants ont subi des blessures mineures lors d’altercation avec des casseurs, et deux voitures de police ont été vandalisées. L’une d’elle a été carrément renversée dans la rue Sainte-Catherine dans un geste de colère spontané de la foule. Quelques secondes auparavant, une voiture de patrouille avait tenté une manœuvre audacieuse. Constatant que les manifestants leur bloquaient la route et frappaient sur le capot de leur véhicule, les patrouilleurs ont reculé en trombe sur environ 100 mètres, avec les gyrophares allumés mais sans les sirènes, jusqu’à McGill College. C’est un petit miracle que personne n’ait été blessé par le repli en trombe de la voiture 45-1.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331890840.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331890973.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331891003.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331891029.jpg

Le COBP refuse systématiquement de donner l’itinéraire de ses marches à la police, ce qui complique la tâche des agents chargés de réorienter la circulation. À plus d’une reprise, les manifestants se sont retrouvés en plein cœur de la circulation. Personne n’a cependant été blessé.

Publié par des amis de la police (Brian Myles, LeDevoir.com, 16 mars 2012)


Marche contre la brutalité policière – Plus de 200 arrestations

MONTRÉAL – Voitures de police saccagées, vitrines fracassées et plus de 200 arrestations : le centre-ville de Montréal s’est embrasé, jeudi soir, lors de la 16e manifestation du Collectif opposé à la brutalité policière (COBP).

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331891963.jpgLe Groupe d’intervention (GI) a été déployé aux quatre coins du centre-ville pour disperser les manifestants cagoulés qui s’adonnaient à des actes de vandalisme. Dès 18h20, la manifestation a été déclarée illégale par le SPVM.

Les policiers ont eu recours à des irritants chimiques, dont une dizaine de grenades assourdissantes.

Au moins une arrestation de masse « d’un noyau dur » a été effectuée par les policiers sur la rue Berri près de la Bibliothèque nationale, selon la police. Une trentaine d’autres arrestations ont eu lieu durant la manifestation.

Selon un bilan provisoire dressé au cours de la nuit, les policiers rapportent plus de 200 arrestations, ainsi qu’une dizaine de policiers blessés légèrement. De plus, plusieurs voitures de police ainsi que des voitures de citoyens ont été ciblées par des casseurs.

Le SPVM doit tenir une conférence de presse à 10h30, vendredi, pour livrer son bilan officiel.

Affrontements

La marche a rapidement dégénéré en affrontements avec les policiers peu après le départ d’un millier de manifestants de la place Émilie-Gamelin après 17h, alors que des projectiles ont été lancés sur les policiers par des membres du Black Bloc.

Même avant le départ du groupe, deux arrestations préventives étaient rapportées, dont un homme qui avait en sa possession des pièces pyrotechniques.

Les manifestants ont emprunté les rues Berri, Ontario, Jeanne-Mance avant d’arriver sur Sherbrooke Ouest.

Vers 18h30, devant le siège social de Loto-Québec, rue Sherbrooke, les policiers ont dû composer avec une foule hostile qui s’est dispersée dans le chaos.

À cet endroit, des balles de peintures et de grosses roches ont été lancées contre le GTI qui n’a pas tardé à répliquer avec son arsenal antiémeute.

La vitrine d’une boutique située rue Sainte-Catherine a été fracassée et un commerce de fournitures électroniques aurait été pillé.

Véhicule renversé

Un véhicule du SPVM a été renversé sur la rue Sainte-Catherine, près de l’avenue McGill College. Au moins trois auto-patrouilles ont été vandalisées par les manifestants en plus d’un véhicule d’Urgences-santé.

Au moins deux citoyens racontent avoir été blessés par des grenades assourdissantes et des citoyens qui ont tenté de s’interposer sur le chemin des trouble-fêtes ont été agressés.

Un policier a été transporté en ambulance après avoir été blessé aux jambes à la suite d’une poursuite sur la rue Berri. Un autre policier a été transporté à l’Hôpital Saint-Luc pour une fracture du doigt.

En fin de soirée, la tension était à son plus haut niveau lorsque 200 manifestants sont revenus vers le point de départ de la marche.

Des policiers des postes de quartier ont été encerclés et des slogans haineux ont été lancés.

Les personnes arrêtées seront détenues jusqu’à ce qu’elles soient identifiées. Elles se feront remettre un constat d’infraction et pourraient faire face à des accusations criminelles.

Vers 22h20, la police a pu dresser un bilan partiel de la soirée.

« C’est la seule manifestation de l’année où c’est si compliqué pour les policiers. Malheureusement, les manifestations au cours desquelles les policiers ne connaissent pas le trajet se terminent toujours mal », a affirmé Ian Lafrenière, du module des relations médias du SPVM.

Publié par des amis de la police (Sami Bouabdellah, Agence QMI, 15 mars 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Un commentaire

Figuerolles contre la SERM (et le reste du monde) 2

Depuis quelques semaines, la décoration du quartier prend une teinte légèrement plus… personnelle. Sur tous ces murs tristes germent quelques messages de colère, de subversion et réchauffent autant qu’ils peuvent des regards abîmés par une grisaille urbaine morne et limitée.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828727.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828749.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828794.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828829.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828862.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828914.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828963.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331828999.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331829042.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331829075.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331829118.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331829166.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331829218.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331829250.jpg

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Graffitis divers, Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Figuerolles contre la SERM (et le reste du monde) 2

Nouvelles révoltes au Maroc : Après Taza, le Rif s’embrase

Jours d’émeute dans le nord du Maroc

Depuis plu­sieurs semai­nes, la région de Beni Bouayache au nord-est du Maroc, connaît de fortes « ten­sions socia­les ». Depuis la semaine der­nière, les événements se sont accé­lé­rés, et dif­fu­sés jusqu’à d’autres villes (Nador, Tanger, etc.). Quelques liens et infor­ma­tions en atten­dant mieux…

Beni Bouayache : les émeutes se pour­sui­vent et se pro­pa­gent, les réac­tions se suc­cè­dent

Depuis l’arres­ta­tion de Bachir Benchaib, l’acti­viste du mou­ve­ment 20 février, les émeutes à Béni Bouayache n’ont pas cessé, le bras de fer entre les mani­fes­tants et les auto­ri­tés est devenu quo­ti­dien.

Selon les témoins, les forces de l’ordre ont pro­cédé à semer la ter­reur dans la popu­la­tion en insul­tant les citoyens et les mena­çant de viol si ils pen­sent à adhé­rer au mou­ve­ment pro­tes­ta­taire.

Le mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion s’est pro­pagé à Imzouren hier diman­che 11 mars, où les pro­tes­ta­tai­res vou­laient orga­ni­ser une marche de soli­da­rité vers Beni Bouayache. La répres­sion des forces de l’État a dis­persé la foule. Des bles­su­res ont été enre­gis­trées dans les deux côtés, deux voi­tu­res de l’État ont été brû­lées. Suite à ces affron­te­ments 10 per­son­nes ont été arrê­tées dont Driss Hassani, le frère de Kamal Hassani, l’acti­viste rifain du Mouvement du 20 février assas­siné.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331821411.jpg

Selon le site Dalil-Rif.com qui a relaté l’infor­ma­tion, pour faire face à la résis­tance rude des mani­fes­tants, l’État avait uti­lisé un héli­co­ptère pour loca­li­ser leur mou­ve­ment. (…)

Leur presse (RifOnline.net, 12 mars 2012)

Quelques infor­ma­tions dis­po­ni­bles aussi sur le site Anthropologie du Présent

Pour suivre les der­niè­res événements (et les relayer), on peut regar­der du côté de Twitter® le tag #Me­dia­ti­ze­Rif

Le site maro­cain Mamfakich.com, animé par des acti­vis­tes, lance un appel contre le bla­ckout média­ti­que. Beaucoup d’infor­ma­tions sont dis­po­ni­bles, en arabe, anglais, ou fran­çais sur son blog d’infor­ma­tion en continu :

Appel à mettre fin au blackout médiatique sur la région du Rif

Les habi­tants de la partie maro­caine du Rif (Beni Bouayach, Imzouren, El Hoceima, etc.) vien­nent de sup­por­ter plu­sieurs jours de répres­sion vio­lente. Des habi­tants ont reporté des cas de vio­lence, har­cè­le­ment et de vol, entre autres.

Dans ce hon­teux bla­ckout média­ti­que, et la dif­fu­sion de dés­in­for­ma­tion, nous appe­lons toutes les forces dans le pays et les médias étrangers à faire la lumière sur ces événements et à assu­rer une cou­ver­ture média­ti­que de cette région.

Le régime maro­cain a montré, une fois de plus, que le res­pect des droits humains n’est pas une prio­rité, avec ou sans la nou­velle cons­ti­tu­tion. Nous appe­lons le nou­veau gou­ver­ne­ment à pren­dre ses res­pon­sa­bi­li­tés, et à concré­ti­ser sa pro­messe de rompre avec les poli­ti­ques du pré­cé­dent gou­ver­ne­ment. Dans une ten­ta­tive de four­nir une cou­ver­ture des événements consis­tente, nous lan­çons l’« Operation Mediatize Rif » avec un suivi 24 h / 24 de ce qui conti­nue de se dérou­ler dans cette région.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331822628.jpg

Rebellyon, 14 mars 2012.


Manifestations anti-gouvernementales dans les montagnes pauvres du Rif

Les montagnes du Rif au Maroc, parallèles à la côte méditerranéenne, sont l’une des régions les plus pauvres du pays et elles ont été historiquement marginalisées avec toujours très peu d’investissements publics.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331815410.jpgSelon le Washington Post, des manifestations anti-gouvernementales dans les montagnes pauvres du Rif, au nord du Maroc, se sont propagées, après qu’un deuxième village se soit confronté à la police, occasionnant des blessés graves et 10 arrestations.

Des manifestations ont lieu depuis les 10 derniers jours dans le petit village de Béni Bouâyach suite à l’arrestation d’un militant local. Le dimanche [11 mars], ces marches se sont propagées dans la ville voisine d’Imzouren.

La MAP a rapporté qu’un certain nombre de policiers avaient été blessés quand ils ont arrêté une marche protestataire à Imzouren en direction de Béni Bouâyach. Le rapport indique que des blessés graves, sans plus de détails.

Chakib Al-Khayari, un militant de l’association du Rif pour les droits de l’Homme, a indiqué que 20 policiers avaient été blessés dans les affrontements de dimanche, mais il n’a pas les chiffres des habitants civils blessés. « Nous ne connaissons pas le nombre des blessés parce qu’ils ne peuvent pas aller à l’hôpital, de peur d’être arrêtés », a-t-il dit a l’Associated Press, par téléphone.

Les montagnes du Rif au Maroc, parallèles à la côte méditerranéenne, sont l’une des régions les plus pauvres du pays et elles ont été historiquement marginalisées avec toujours très peu d’investissements publics.

Le 2 mars, des policiers en civil avaient arrêté Benchaïb Bachir, un dirigeant de la section locale du Mouvement pro-démocratie du 20 février, alors qu’il sortait de la mosquée après la prière du soir. La MAP décrit Benchaïb comme un membre d’un gang local, violent et impliqué dans des vols et d’autres activités criminels.

Pendant les jours qui ont suivi, les partisans de Benchaïb ont manifesté pour sa libération, bloquant la route de la ville portuaire d’Al Hoceima (450 kilomètres au nord est de Rabat), et ont observé des sit-in devant le poste de police et des bâtiments gouvernementaux.

À partir du mercredi, la police a commencé à disperser les manifestations avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, puis a lancé une campagne d’arrestations. Les affrontements avec les forces de sécurité se déroulent généralement la nuit, a dit M. al-Khayari, qui estime que quelques 24 personnes avaient été arrêtées.

« J’avais prédit que les protestations, qui incluaient des demandes pour les raccordements d’électricité et d’eau dans leur village, se poursuivraient. Les gens réclament leurs droits et une vie meilleure », a dit Al-Khayari. « Dans cette région, les gens n’ont rien ».

Les montagnes du Rif étaient une république indépendante dans les années 1920, jusqu’en 1926, année de la reconquête de cette région par les Français. Après l’indépendance du pays, le Rif s’était soulevé contre le nouveau gouvernement central marocain en 1958, avant que la rébellion ne soit écrasée.

Les habitants sont principalement des berbères, des populations originelles d’Afrique du Nord et disposant de leur propre langue ; et lors des manifestations, des drapeaux de la République du Rif avaient flotté, ainsi que le drapeau du mouvement berbère à l’échelle de toute l’Afrique du Nord.

Tamurt.info, 15 mars 2012.


Maroc : la police accusée d’exactions dans le Rif frondeur

Une ONG marocaine et les islamistes au pouvoir ont appelé à l’ouverture d’une enquête. Cette demande intervient à la suite d’actes de violence ces derniers jours de la part de la police contre des manifestants dans le Rif, une région pauvre dans le nord du royaume.

Cela fait plusieurs mois que la colère gronde dans le Rif. Cette région du nord du Maroc a une histoire frondeuse. Il y a un an, dans la foulée du printemps arabe, des villages enclavés ont commencé à faire entendre leur voix. Les marches et manifestations se sont multipliées pour plus de travail, moins de corruption ou encore des factures d’eau et d’électricité moins élevées.

À chaque fois, il y a eu des promesses, mais rien n’a vraiment changé. Jusqu’à vendredi dernier [9 mars], où selon les habitants, la police est intervenue avec violence. Des témoins parlent de tirs de balles en caoutchouc, gaz lacrymogènes et matraques. Du jamais vu.

Idem mardi [13 mars]. Après une manifestation de diplômés chômeurs, ce sont les commerces d’un petit village qui aurait été saccagés par la police, selon les habitants. Difficile d’obtenir des informations fiables.

Une explication pour ces interventions musclée serait que les autorités veulent à tout prix étouffer des velléités indépendantistes dans la région. L’association marocaine des droits humain demande en tout cas l’ouverture d’une enquête. Elle dénonce des violations des droits de l’homme.

La police marocaine, de son côté, a procédé à des arrestations. Six personnes ont été interpellées pour désobéissance et outrage aux forces de l’ordre. Aucune enquête n’a été ouverte pour le moment.

Leur presse (RFI, 15 mars 2012)


Pour que cesse toute violence dans le Rif : Vivement un dialogue sérieux et responsable !

Les événements déplorables de Beni Bouâyach, Imzouren et El Hoceima auraient  pu être évités s’il n’y avait pas cette absence de dialogue dans la région du Rif, en général. Sit-in, manifestations et marches de protestation ont duré plus d’une année. Les jeunes avaient plusieurs doléances. Mais à aucun moment, les autorités n’avaient ouvert un dialogue sérieux en vue de trouver des solutions à leurs problèmes.

Il y a plus d’une semaine, des dizaines de jeunes manifestants de Beni Bouâyach entendaient rejoindre El Hoceima, et plus particulièrement le tribunal où un  mis en cause allait être déféré. Une manière de protester contre ce qu’ils qualifient d’« arrestation arbitraire et illégale de leur camarade ». Une information se voulant trop officielle avait attisé le feu en prétendant que le prévenu était recherché depuis huit ans pour vols qualifiés et agressions à l’arme blanche… Beaucoup d’erreurs justifient donc la grogne des jeunes de la région et leurs réactions parfois violentes. « L’un des nôtres, que tout le monde connaît ici, est qualifié par la propagande officielle de criminel, alors qu’il s’agit d’un militant connu ; cela est inadmissible », commente un jeune actif de l’Association nationale des chômeurs au Maroc (ANDCM).

Tout au long de l’année, des photos et vidéos circulaient sur les sites des forums sociaux montrant un certain regain d’intérêt à la chose publique. Beni Bouâyach reste l’une des petites villes où la braise du Mouvement 20 février ne s’est pas éteinte. Chômage, précarité infrastructure dégradée, … telles sont les causes de la dernière explosion sociale. Mais au-delà des revendications légitimes, des intrus et fauteurs de troubles en profitent pour commettre des actes de vandalisme.

Il y aurait un manque de dialogue avec ces jeunes, dont une grande partie est  délaissée par le système socio-économique. Au lieu de dialoguer avec eux, de les orienter, les autorités préfèrent les mater. À Beni Bouâyach, on est confronté à une désobéissance civile. L’approche sécuritaire ne peut aucunement résoudre le problème. Non loin de là, à Taza, l’on avait vécu une situation pareille. En attendant une autre alternative…

Leur presse (Mustapha Elouizi, Libe.ma, 15 mars 2012)


Beni Bouâyach : événements « inexistants » pour les médias marocains

Les affrontements et les manifestations dans le Rif ne sont pas commentés dans la presse marocaine.

Cela fait plus d’une semaine que le Rif est en ébullition suite à l’arrestation d’un manifestant. La ville de Beni Bouâyach et ses environs connaissent des affrontements violents entre les forces de l’ordre et les manifestants occasionnant de nombreux blessés de part et d’autres des belligérants.

Des grands médias internationaux, tels qu’Al Jazeera ou le Washington Post, font l’écho de ces événements dans leurs différentes éditions alors que aucune allusion ne figure dans la presse officielle marocaine.

La 1ère chaîne fait l’impasse sue ces événements, tout comme Médi1 TV et Médi1 qui préfèrent relater ce qui se passe en Algérie plutôt qu’au Maroc. Seul la MAP reprend les communiqués officiels du ministère de l’Intérieur qui évoquent des émeutes et précisent les décomptes des blessés et des arrestations.

Alors que le gouvernement parle de transparence, il est intéressant de se poser la question de pourquoi les médias marocains ne se font pas l’écho de ces événements qui surviennent dans le Rif, comme si rien ne s’y produisait…

Pour Mustapha El Khalfi, le ministre de la Communication qui prône une volonté de réforme des médias nationaux, le challenge est de taille pour leur faire changer de mentalité de façon à ce que la presse nationale informe ses citoyens « avant » les médias étrangers… ou plutôt informe tout court vu que dans ce cas les informations sur ces événements est purement et simplement omise !

Leur presse (Biladi.ma, 15 mars 2012)


Rif : Calme précaire ce matin à Boukidane et Beni Bouayach

La tension a baissé d’un cran à Boukidane. Ce matin [14 mars], c’est un calme précaire qui règne. Dans la soirée du mardi [13 mars], cette petite localité, à 10 kilomètres de Beni Bouayache, a été le théâtre d’affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants.

Mohamed Boujandi, président de la section Imzouren de l’AMDH, assure dans des déclarations à Yabiladi.com, que « ce mercredi, Boukidane a connu l’organisation d’une marche qui s’est terminée par un sit-in au centre du village. Aucune intervention de la police n’a été signalée. Mieux encore, dès les premières heures de la matinée, les forces de l’ordre se sont retirées de Boukidane. » S’agit-il d’un retrait tactique ou d’un réel geste d’apaisement de la part des autorités ? Les prochaines heures apporteront plus d’éclaircissements sur cette question.

Concernant le bilan des incidents de la soirée du mardi, notre interlocuteur avance qu’« il serait prématuré de fournir un chiffre exhaustif de ces affrontements ». Pour étayer ces propos, il cite les cas des blessés qui « refusent de se soigner à l’hôpital de Boukidane par peur d’être arrêtés. Une clinique privée a même interdit de prodiguer des soins à un blessé. » À l’origine de ce regain de tension dans cette petite localité, l’organisation d’une marche pacifique en signe de solidarité avec les habitants de Beni Bouayache. Une initiative avortée à cause de l’intervention des forces de l’ordre, venue en masse, et qui ont fait usage de gaz lacrymogène », estime Mohamed Boujandi, président de la section Imzouren de l’AMDH.

Des revendications sociales avant tout

Quant à la situation à Beni Bouayach, scène d’affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre durant les derniers jours, la vie commence à reprendre son cours. « Depuis plus d’une année, cette localité connaît des marches de jeunes diplômés sans emploi. À ces revendications viennent se greffer des demandes de la population désireuse d’améliorer leur condition de vie. Les habitants souhaitent que Beni Bouayach bénéficie des mêmes projets structurants que Al Hoceima et Imzouren », déclare à Yabiladi.com Mohamed Hammouchi, vice-président de l’association Rif des droits de l’Homme. « Il ne s’agit nullement de revendications politiques mais juste des doléances sociales qui ont dégénéré en affrontements faute de solutions », conclut-il.

Leur presse (Mohammed Jaabouk, Yabiladi.com, 14 mars 2012)


Les émeutes dans le rif : Mise à jour du 14/03/2012

Pillage et saccage des biens privés, Les forces d’ordre montrées du doigt. Lors de leur interventions musclées contre les jeunes protestataires, les forces d’ordre ont procédé au pillage et au saccage des lieux de commerce de Boukidaren, un village voisin de Beni Bouyache.

Selon le site Dalil-Rif.com qui a relayé l’information et en lien avec les émeutes de Beni Bouyache qui ne cessent d’augmenter, le mouvement contestataire s’est propagé aux villages voisins. À Imzouren une manifestation a été dispersée par force. Quant à  Boukidaren, le même scénario : affrontements et pagaille, une grève générale a été annoncée rajoute la source.

Oujda, la capitale orientale du Maroc, a été le théâtre des affrontements sanglants entres des étudiants rifains et les forces de l’Éétat lors d’une marche organisée aujourd’hui à la sortie de l’université de la ville pour soutenir les manifestants de Beni Bouayache.

La diaspora rifaine réagit

De son côté, la diaspora rifaine n’est pas restée les bras croisées, des sit-in ont été organisés le mardi 13 mars à Madrid, à Bilbao et La Haye (Pays-Bas). Quant à Barcelone, une manifestation est prévue pour demain 15 mars devant le consulat du Royaume du Maroc, alors que la capitale européenne Bruxelles qui accueille des centaines de milliers de rifains sera au rendez-vous le vendredi 16 mars.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331821920.jpg

Leur presse (RifOnline.net, 14 mars 2012)


Maroc : Une manifestation dispersée à Rabat

La police marocaine a violemment dispersé mercredi [14 mars] à Rabat des manifestants qui souhaitaient organiser un rassemblement de soutien aux habitants du nord du Maroc protestant contre la pauvreté.

Un policier sur place a souligné que la manifestation n’était pas autorisée et il a démenti toute violence contre les participants.

Un journaliste et un photographe de Reuters ont vu au moins trois personnes blessées alors que des dizaines de policiers armés de matraques ont poursuivi de nombreux manifestants dans les rues du centre de la capitale marocaine.

Leur presse (Reuters, 14 mars 2012)


Incidents de Beni Bouayach : Six personnes en détention préventive devant la justice

Le procureur général du Roi près le tribunal de première instance d’Al Hoceima a décidé, mardi, de poursuivre en justice six personnes en détention préventive et quatre autres en état de liberté provisoire et prononcé un non-lieu à l’égard d’un mineur faute de preuves, à la suite des actes de vandalisme qu’a connu Beni Bouayach (province d’Al Hoceima).

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331816082.jpg

Le parquet a décidé de poursuivre les mis en cause pour “désobéissance, outrage et agression contre les forces de l’ordre lors de l’exercice de leur fonction, dégradation et destruction des biens publics, coups et blessures et port d’armes”, apprend-on de sources sécuritaires.

Violences policières aussi

Le parquet a décidé de remettre à la police judiciaire pour approfondir l’enquête le dossier de neuf autres prévenus soupçonnés d’être également impliqués dans des actes de vandalisme.

Quant à l’Association marocaine des droits de l’Homme et une section locale du Parti islamiste Justice et Développement (PJD) à Beni Bouayach, ils avaient appelé la veille à l’ouverture d’enquêtes à la suite d’actes de violence ces derniers jours de la part de la police contre des manifestants.

L’AMDH réclame “l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits humains dans la répression violente de la police contre des mouvements de protestation à Beni Bouayach”, et appelle au “dialogue” pour régler les problèmes sociaux des villageois, dans un communiqué.

Pour sa part, la section locale du PJD a demandé l’envoi d’une “mission parlementaire pour enquêter sur les incidents de Beni Bouayach, notamment la répression violente contre des citoyens innocents”, tout en s’interrogeant sur “les motivations de ceux qui attisent le feu”.

Leur presse (aufait avec MAP, 14 mars 2012)


Émeutes : 8 ans après le séisme, Imzouren explose

IMZOUREN. Ce village, rappelons-le, frappé par un violent séisme le 24 février 2004, refait parler de lui 8 ans plus tard. Cette fois-ci, il fait l’actualité, non pas à cause d’une nouvelle catastrophe naturelle, mais avec une vague de protestations « démesurée ». « Dimanche, quelque 600 personnes, réunies dans cette localité suite à un appel du mouvement du 20 février, voulaient organiser une marche vers Bni Bouayach, « en guise de solidarité » avec les individus arrêtés à la suite des émeutes de jeudi dernier », rapporte Ali Belmeziane, responsable de la branche locale de l’AMDH.

« Alors que les premiers venus saluent vigoureusement les organisateurs, la foule qui s’est rassemblée en quelques minutes a rapidement constitué une marée humaine… c’était peu après 15h dans l’après-midi du 11mars », poursuit-il. Mais dès que les manifestants ont voulu démarrer la procession vers la bourgade de Bni Bouayach, les forces de l’ordre se sont interposées leur bloquant le passage et cherchant à disperser les « activistes ». Bloqués, les manifestants ont riposté, et « c’est à ce moment que des accrochages ont eu lieu ».

Des violences qui vont tout de même durer entre 3 et 4 heures, selon différentes sources. Des observateurs sur place précisent que « les quartiers d’Al Qods, El Kissaria, et Laazib étaient le théâtre d’affrontements qui ont pris fin peu avant 21h ». Difficilement accessibles et en plein chantier de construction, ces endroits ont été rapidement transformés en véritables lieux de guerre. Pneus brûlés, jets de pierres… Imzouren est pour la première fois en proie à la fureur des « membres du mouvement du 20 février ». Motif de la fronde, la « demande express » de libération de 14 fauteurs de trouble qui ont été arrêtés après avoir causé de gros dégâts dans la ville Bni Bouayach, jeudi dernier. « Les autorités ont utilisé des bombes lacrymogènes et des jets d’eau pour faire reculer les casseurs », raconte un témoin. Et d’ajouter : « plusieurs véhicules des forces d’intervention rapide ont été brûlés ».

Le bilan officiel, lui, reconnaît que « des éléments des forces de l’ordre ont été blessés, dont certains grièvement, dans les actes de vandalisme ayant éclaté dimanche dans la ville d’Imzouren, relevant de la province d’Al Hoceima ». Une source médicale note, pour sa part, que « les éléments des forces de l’ordre gravement atteints ont subi des interventions chirurgicales à l’hôpital Mohammed V de la ville d’Al Hoceima ». Pour ce qui est des blessés dans le camp des manifestants, aucune indication du côté officiel. Toutefois, Ali Belmeziane parle de légères blessures et d’une personne qui aurait un membre cassé.

Au terme de cette soirée « sanglante », dix personnes ont été arrêtées après l’intervention des forces de l’ordre pour disperser cette marche de protestation, partie du centre d’Imzouren à destination de la ville de Bni Bouayach. Lundi, et après une soirée mouvementée, la ville d’Imzouren semble reprendre son souffle. Entre désolation et colère, ses habitants sont encore en état de choc. Située à 20 kilomètres à l’est d’Al Hoceïma et à 137 km de Nador, le « séisme de contestation » qui l’a frappée la veille n’est pas prêt d’être oublié. A l’heure où nous mettions sous presse, des associatifs ont affirmé que « la situation peut re-dégénérer à n’importe quel moment ».

D’autant plus, qu’en dépit de la libération des individus incarcérés dans le pénitencier d’Al Hoceima, les manifestants scandent aussi des revendications d’ordre social comme celui des factures d’électricité. « L’on craint que d’autres combats se déclarent surtout dans la nuit. Car les manifestants qui ont pris refuge dans les collines risquent de revenir », souligne un jeune habitant d’Imzouren. Pas de crainte, rassure l’autorité mais sans le dire. En effet, la présence des véhicules des forces de l’ordre qui quadrillent la ville est très visible.

Leur presse (L’Économiste, 13 mars 2012)


Beni Bouayach : un retour au calme sur fond de tension

Les sit-in de protestation observés depuis cinq mois à Bni Bouayach, dans la province d’Al Hoceima, ont fini par tourner à l’émeute avec une réaction très musclée des forces de l’ordre, suivie d’une vingtaine d’arrestations. « C’est après la récente arrestation à Bni Bouayach d’un jeune militant du M20F, que la ville s’est embrasée. Recherché d’après la version officielle de la police, il a été kidnappé alors qu’il sortait de la mosquée. Les militants du mouvement du M20F, les citoyens de la ville et les diplômés chômeurs sont alors descendus mercredi vers minuit dans la rue pour protester contre ces pratiques. Nous avons organisé une marche de Bni Bouayach à Isly (3 km d’El Hoceima, ndlr). Arrivé là bas nous avons eu affaire à un dispositif sécuritaire draconien mais pas agressif. Démobilisé, nous avons préféré retourné à Ajdir (Bni Bouayach, ndlr). Là, certains militants ont levé le drapeau de la « république du Rif » et c’est à ce moment là que tout à basculé… », raconte Fayssal Aoussar, un représentant de l’Association mondiale amazighe.

Des sit-in qui dégénèrent en émeutes

Mercredi vers 1h, les manifestants, qui organisaient un énième sit-in devant le siège de l’ONEP et le siège du pacha de la ville, ont été réprimés par les forces de l’ordre. «  La répression été sanguinaire. La police a été frappée par une hystérie collective. Plusieurs centres commerciaux ont été touchés et leurs vitres brisées. Les arrestations ont atteint le nombre de 20 citoyens parmi eux des mineurs. La peur et les traumatismes moraux règnent gravement dans la ville depuis cet incident. Jeudi, tôt le matin, les interpellations-vérifications d’identités se sont poursuivies », témoigne Fayssal Aoussar. D’autres sources, ayant requis l’anonymat ont parlé durant cette nuit « d’interventions musclées de la police en plus de l’utilisation des camions à jet d’eau et des bombes lacrymogènes pour repousser les manifestants ». Pendant près de 2 heures, la confrontation a fini par des jets de pierre du côté des manifestants et par les arrestations du côté de la police. Cette dernière est restée sur ses gardes durant toute la journée, alors que la ville reprenait son calme. Mais aussitôt, les manifestants sont redescendus dans les rues et le même scénario de la nuit du mercredi à jeudi s’est reproduit avec d’autres arrestations, blessures et désordre dans la ville.

Procès

Des 35 individus arrêtés à la suite des émeutes de Bni Bouayach, seuls 14 sont encore en état d’arrestation. En effet, le procureur général près la cour d’appel d’Al Hoceima a décidé, vendredi, de placer 5 individus en détention à la prison locale de la ville pour leur implication présumée dans des actes de vandalisme à Bni Bouayach. Ces individus sont poursuivis notamment pour « constitution d’une bande criminelle, rassemblement armé, incendie volontaire, agression des forces de l’ordre et dégradation de biens d’autrui ». Rappelons que l’arrestation des prévenus intervient suite à plusieurs plaintes déposées par des citoyens de Bni Bouayach qui disent avoir été affectés par le blocage de la route nationale N 2 reliant Al Hoceima à Taza, la fermeture des locaux commerciaux et l’interdiction de leur accès aux administrations en raison des sit-in organisés devant le pachalik de la ville et le siège de la commune ». Dans ce même dossier, 9 personnes devront défiler devant le TPI d’Al Hoceima. Par ailleurs, le ministère public près le TPI a décidé de mettre en liberté 11 personnes, dont cinq mineurs, faute de preuves d’inculpation.

Leur presse (Le Soir, 13 mars 2012)


La loi des « souffleurs de feu »

Il est difficile aujourd’hui de ne pas se poser les questions qu’il faut sur les soubresauts qui, certainement aggravés, semblent se répandre un peu partout dans les régions du Royaume. Et le mot soubresaut sacrifie à vrai dire à l’euphémisme, car il s’agit bel et bien d’autre chose. Les événements de Beni Bouayach nous interpellent avec une évidence qui se passe de commentaire, ils ont leur part de mystère.

Parce que le Rif comporte une dimension symbolique. Les violences qui ont été perpétrées ne constituent pas un simple épiphénomène, mais sonnent le glas d’une époque, marquée par une accalmie consensuelle. Les événements qui ont pris une tournure violente ont été provoqués au départ par une revendication de nature économique et sociale, à savoir la baisse du prix de l’électricité et de l’abonnement prélevé sur la télévision. Revendication, dira-t-on, corporatiste mais qui a vite fait de dégénérer en affrontements. Le gouvernement a réagi, en en exonérant une partie significative de citoyens de la taxe. Réflexe de prudence et de sagesse qui ne résout pas, tant s’en faut, le problème, ni apaise la colère des populations. Cependant, au-delà de la revendication proprement dite, il existe une sournoise volonté d’instrumentaliser la révolte des populations. En filigrane, elle distille sa stratégie, faite de désordres, de soulèvements, avec l’objectif de déstabiliser. Comme on dit, « il ne faut pas être clerc » pour le voir et comprendre. Les responsables de la sécurité le savent et en sont eux-mêmes convaincus. La preuve existera toujours que des éléments étrangers à la population, des professionnels de l’agitation sont à pied d’œuvre pour semer les troubles.

Des provinces du sud à celles du nord, en passant par Taza, Tanger, Béni Mellal et autres villes, le mouvement de grèves, de protestations, de débrayages sauvages et de violences se répand comme une traînée de poudre, n’épargnant aucun secteur d’activité, surgissant là où l’on ne s’y attend pas. Tant qu’il exprime une revendication précise, légale et juste, il n’encourt aucune peine… En revanche, les actes de violences ne sont pas seulement passibles de sanctions et relèvent du code de procédure pénale, ils sont politiquement douteux. Ils mettent en cause la paix sociale, attentent évidemment à la vie des citoyens et, partant, déstabilisent le pays. S’il ne faut pas céder à la paranoïa de la sinistre « main de l’étranger », nous sommes convaincus par contre que ce vaste mouvement de contestation injustifié en grande partie, parce que trop souvent instrumentalisé, procède d’une volonté rédhibitoire de déstabilisation. Ce qui, en revanche, justifie notre constat quant à l’activisme d’une « Cinquième colonne » qui, involontairement ou directement, « travaille » pour nos adversaires et nos ennemis… Une certaine presse, et non la moindre, y participe allégrement et n’hésite pas à se réjouir de la « curée » contestataire, animée qu’elle est par le souci de vendre du papier et d’étaler ses manchettes. Autrefois, on dénommait les groupuscules qui s’infiltraient dans les mouvements contestataires du nom de « Katangais », spécialisés dans la casse, le désordre et les violences et qui « soufflent le feu » sur la ville. Un mélange de voyous, auxquels se mêlent des chômeurs, aujourd’hui des salafistes à l’œuvre et la bienveillante « Cinquième colonne » qui met à profit tout mouvement.

L’autorité de l’État n’est peut-être pas entamée, ni menacée. Elle est néanmoins interpellée, et plus gravement qu’on ne le pense. Rien ne justifiera à terme son silence. Le Maroc de 2012 a décidé d’avancer sur des chapeaux de roue, fier de ses institutions, de ses femmes et de ses hommes. Il ne pourrait se laisser déborder par ceux qui s’acharnent à détruire son modèle démocratique et ses idéaux.

Leur presse (LeMatin.ma, 13 mars 2012)


Nouvelles révoltes au Maroc : Après Taza, le Rif s’embrase

D’après une source médicale, plusieurs personnes de la province d’Amzorn ont été blessées et transportées d’urgence à l’hôpital Mohammed V d’Al Hoceima, hier, lors d’une manifestation qui a éclaté en émeute.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331816834.jpgAppartenant aux forces publiques, une dizaine de membres ont été blessées, dimanche dernier [11 mars], à des degrés divers de sévérité en raison des émeutes qui ont agité Amzorn, un village avoisinant la ville de Beni Bouayach (Rif). La même source a indiqué que parmi ces blessés, certains ont dû subir une intervention chirurgicale.

Selon les mots d’un agent de police, plus de 10 personnes ont été arrêtées et ce, après l’intervention policière qui a réussi à disperser une fourmillante manifestation qui a causé un tohu-bohu intenable en plein centre ville d’Amzorn (Beni Bouayach), mais cela ne s’était pas fait sans conséquences. En effet, une escalade dans les combats, qui s’est étendue entre manifestants et forces de sécurité n’a, hélas, pas tardé à éclater.

Des vidéos sur Youtube montrent des affrontements violents entre des jeunes qui avaient l’intention d’organiser « un mois de solidarité » avec les victimes des forces de l’ordre mais ces derniers sont intervenus pour les séparer. Les mêmes manifestants avaient aussi protesté contre la cherté de la vie et contre ce qu’ils appellent « la discrimination dans les programmes gouvernementaux », faisant allusion à l’inégalité des villes en matière de projets de développement. Selon des témoins de la région, le calme a été de retour pendant quelques jours, car ces événements ne naissent pas d’hier, mais les affrontements ont réapparu et ont repris d’une manière plus vivace.

Aussi, des manifestants sont-ils sortis, dimanche soir, pour crier haro sur ces dérapages et ce, dans les villes de Tanger, Casablanca, Marrakech et Tétouan.

Pendant ce temps, à 19 heures plus exactement, de nouvelles attaques ont explosé à Beni Bouayach. Les forces de l’ordre ont encerclé la zone, relevant de la province d’Al Hoceima et bloqué la route nationale principale au même titre que plusieurs zones du centre-ville d’Amzorn. Des témoins oculaires disent que des éléments des forces publiques ont lancé une campagne d’arrestations massives dans ce village et ont arrêté quatre jeunes hommes au moins.

Le quotidien arabophone Al Massae rapporte que Béni Bouayach a vécu, jeudi dernier [8 mars], une journée sanglante mais cette fois-ci pour protester contre la hausse des factures d’eau et d’électricité. Ces incidents ont généré jusque là, une vingtaine de blessés et 10 manifestants arrêtés.

Leur presse (Houda Belabd, Yabiladi.com, 12 mars 2012)


Beni Bouayach brûle-t-il ?

La nuit de jeudi à vendredi, comme la précédente, a été très chaude à Beni Bouayach. D’importants renforts de police ont été acheminés depuis Taza et Al Hoceima et ont fait jonction hier dans cette petite localité du Rif où des affrontements très durs entre forces de l’ordre et manifestants ont fait des dizaines de blessés.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331823372.jpg

Ce matin, les affrontements continuaient entre la population locale, qui est venue soutenir les manifestants, et la police. Avec des comportements qui se répètent.

Selon le site rifain Arrifinu.net, comme à Taza, des domiciles et des commerces ont été saccagés gratuitement par les forces de l’ordre pour se venger de la population locale. Et, selon des témoins, une trentaine de manifestants ont été arrêtés.

Un témoin contacté par Demain signale que les forces de l’ordre ont insulté et tabassé des gens qui ne manifestaient pas. Quant aux manifestants, ils ont eu droit à brutalité quotidienne des forces de l’ordre dont la plupart des membres ne sont pas originaires de la région afin d’éviter des élans de sympathie envers les manifestants.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331823536.jpg

Un tabassé à Beni Bouayach, avec les compliments du Makhzen

La section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Al Hoceima a dénoncé dans un communiqué le comportement des forces de l’ordre.

À l’heure où nous publions cet article, les affrontements continuent.

Leur presse (DemainOnline.com, 9 mars 2012)


Nuit d’émeutes à Beni Bouayach

Des troubles ont éclaté cette nuit, vers 1h00 du matin, après l’intervention des forces de l’ordre pour déloger un sit-in pacifique en face de la bachaouia de la ville de Beni Bouayach, dans le Rif. Selon des sources locales, « l’intervention violente de la police » a eu pour effet de chauffer les esprits des activistes qui se sont lancés avec leurs suiveurs dans la rue, suivis, en signe de solidarité, par leurs camarades d’Imzouren et d’autres localités voisines.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331823074.jpg

À 2h00, les forces de l’ordre qui sont entrées en force en ville, ont arrêté le responsable local de l’association des diplômés chômeurs, Saïd Ouzghari, qui aurait été violemment tabassé selon ses camarades.

Leur presse (DemainOnline.com, 8 mars 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , , | 3 commentaires

[Dijon] Des militants convoqués au commissariat pour une action contre la réforme des retraites

Communiqué de la caisse de solidarité dijonnaise : Des militants convoqués au commissariat pour une action contre la réforme des retraites

Pendant plusieurs semaines en novembre 2010, des actions de blocage économique autour de zones industrielles, dépôts de bus, dépôts pétroliers, raffineries, gares… sont venus renforcer dans toute la France le mouvement contre la réformes des retraites et les diverses autres formes de manifestations et de grèves existantes. À Dijon, un comité de lutte composé de syndicats, collectifs et individus a initié avec un certain succès une série d’actions de ce type.

Plus d’un an après la fin du mouvement contre la réforme des retraites, plusieurs personnes (au moins une dizaine) ont reçu une convocation place Suquet sur la base de leur participation supposée à l’action de blocage économique de la zone Cap Nord du 17 novembre 2010. La plaque d’immatriculation de leur véhicule avait en effet été relevée sur place. Si la convocation mentionne une histoire d’ »infraction routière », c’est pourtant bien comme témoins que les personnes sont entendues, puisqu’officiellement la police est à la recherche de deux personnes qui aurait utilisé les caddies du supermarché Leclerc tout proche pour bloquer la circulation. Le directeur du magasin, sur place et passablement excité ce matin là, a porté plainte, pour un préjudice de 1500 €.

Au-delà de l’importance des moyens mis en œuvre (fichage a priori des immatriculations, plus d’un an d’enquête et un nombre de témoins entendus impressionnant) pour un délit somme toute dérisoire (combien de caddies de supermarché ont disparu depuis ce 17 novembre 2010 ?), ce qui interpelle dans cette histoire, ce sont les pratiques policières. En effet, les questions posées portaient autant sur les faits incriminés que sur les relations des personnes entendues entre elles. Demander à des participants à une action syndicale et politique d’en dénoncer d’autres qui auraient commis une infraction, c’est déjà une insulte à la solidarité, mais ça rentre dans les attributions des agents de police. En profiter pour se renseigner insidieusement sur qui connaît qui, qui a organisé quoi, et mettre un coup de pression sur des militants en laissant entendre que s’ils ne coopèrent pas ils pourraient se retrouver accusés, ce sont des méthodes de police politique.

Les policiers dijonnais sont même allé plus loin, en « arrêtant » dans la rue un militant qu’ils avaient attendu à la sortie d’un bureau de Poste, annonçant qu’il était recherché toujours au prétexte d’une « infraction routière ». Devant l’étonnement de celui-ci qui n’a ni permis ni véhicule, il faudra une demi-heure aux policiers en civil, qui avaient entre temps appelé en renfort leurs collègues de la brigade anti-criminalité, pour finir par déclarer, sans en dire plus sur l’affaire en question, que finalement tout était réglé et qu’il pouvait repartir. Ce n’est qu’en apprenant que d’autres avaient été convoqués qu’il a compris le fond de cette histoire.

La caisse de solidarité dijonnaise dénonce ces agissements, et conseille de ne pas céder à ces mises sous pression policière : de la même façon que les actions de blocage à l’origine de l’affaire étaient pensées et assumées ensemble par les participants, il est important de ne pas se rendre individuellement à ce genre de convocation. Pour rappel, rien n’oblige à s’y rendre de soi-même et il faut plusieurs relances avant que les forces de l’ordre ne viennent chercher quelqu’un chez lui pour l’obliger à témoigner. Le laps de temps gagné permet de se mettre d’accord sur une position commune de refus de se soumettre à ce genre d’inquisitions.

Ce genre d’enquête, qui participe de la répression policière, fait peser une menace sur les actions possibles au cours des mouvements sociaux. Ces moments ne conserveront leur force que s’ils s’appuient sur une solidarité et une réactivité qui se construisent à l’échelle d’une ville. Il ne faut pas laisser croire à l’action policière qu’elle peut être plus efficace hors des périodes de mouvements. L’acharnement dont ils font preuve aujourd’hui nous poussera sans doute à être mieux organisés dans le futur. Ceci doit nous encourager dès maintenant à trouver des réponses collectives en dehors de ces moments de cristallisation des luttes. La Caisse de solidarité est un outil et une plateforme qui permet d’élaborer ce genre de réponses. Servons-nous en !

Contact

Brassicanigra, 13 mars 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Dijon] Des militants convoqués au commissariat pour une action contre la réforme des retraites

D’une certaine répression à Tours…

« Il vaut mieux être à la périphérie de ce qui s’élève qu’au centre de ce qui s’effondre. »

Pour peu que nous fassions l’usage de nos quelques forces, dans les carcans étroits du démocratisme marchand, l’État montre les dents, avec ce mélange de vulgarité autoritaire et de froideur bureaucratique. Pas d’ennemi, mais seulement quelques débordements qu’il s’agit de gérer, c’est ce que semble dire la préfecture et la municipalité à travers les différentes attaques qu’elle nous adresse.

Nous ne ferons pas les étonnés de telles manœuvres. Nous savons quelles fonctions particulières les pouvoirs locaux remplissent : s ‘assurer de la bonne marche à exercer sa domination, garder ses esclaves dans son giron, et les éloigner de la gangrène que nous représentons. Quitte à se tromper sur les véritables menaces qui pèsent sur elle…

Il faut bien des coupables, sans eux, tout serait tellement parfait… Mais pourquoi s’entêtent-t-ils encore ? Nous ferons preuve de moins de mansuétude et davantage de rigueur la prochaine fois, continuent-ils comme pour eux-mêmes…

Les pouvoirs renforcent leurs capacités à ce que rien ne puisse se passer, pour prouver à quel point rien d’autre que ce monde n’est possible, et écraser ceux qui vivent d’autres choses dans la pratique.

Jouer, bien sûr, mais avec nos règles ; les autres sont des terroristes.

Référés systématiques hors de tout cadre légal pour faire disparaître toutes tentatives de squats, arrêté municipal pour interdire un concert lié à la « mouvance anarcho-punk » (sic), convocation d’une structure d’éducation populaire concernant une zone de gratuité un an après les faits, réquisitoire très dur d’un procureur malgré la requalification des faits lors d’un procès pour outrage et rébellion sur un policier, arrêté préfectoral interdisant un rassemblement en précisant les noms des personnes et collectifs concernés (après que les caméras soient parties, évidemment) : tous est bon pour détruire les espaces d’intensités collectives en construction et empêcher ces acteurs de se répandre dans la ville…

Ainsi, le pouvoir réadapte sa répression, avec des dispositifs disproportionnés mais cependant inefficaces. Une présidente du Conseil général demande à des organisations défendant les sans-papiers de se dissocier publiquement de personnes pratiquant l’action directe invisible, une liste mélange des personnes aux sensibilités politiques différentes les assimilant dans la même répression pour mieux mettre certains en porte-à-faux, des artistes subventionnés par la Mairie menacent les habitants d’une maison occupée en échange d’une garantie de leur futur confort moral et matériel : il faut casser les solidarités entre secteurs sociaux qui tentent d’agir ensemble, malgré leurs désaccords de fond, mais qui prennent sens dans la complémentarité de leurs pratiques.

Cette réponse d’une Mairie de gauche bourgeoise et d’une Préfecture ultra-droitière est logique : nous avions sciemment décidé d’agir en période électorale, sachant qu’elle serait plus encline à préserver son apparence démocratique ; les effets de nos actions furent en effet amplifiées. Sa répression fut distante et propre : pas des coups de matraques, mais des bouts de papier signés « République française » ; il ne s’agit pas pour eux d’une approche militaire, avec ces combats de rue contre manifestants, mais d’une ligne politique de la répression décidée par les têtes des pouvoirs locaux. Il fallait nettoyer proprement et sans effusion de violence avant le moment électoral.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331808782.png

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331808916.png

Nous constatons qu’à Tours, une forme de judiciarisation de la répression se met en place : que chacun dispose d’une condamnation pour être mieux frappé par la suite, suivant les besoins que le futur exigera. Nous ne sommes en rien une particularité : le vieux monde dispose de multiples moyens ; la configuration des hostilités, les ressorts propres à la situation tourangelle, et la sorte de force que nous construisons ont fait le reste.

L’état d’exception qui détruit les pseudo libertés individuelles n’est pas nouveau : il ne fait que montrer un visage plus répugnant au quotidien de notre société. On tente de nous maintenir dans une sorte de fatalité paralysante, et même si la peur peut parfois nous limiter, cela nous permet aussi de la comprendre, et de la dépasser. Nous continuons à apprendre du pouvoir, et à faire sans lui. Nous réadaptons aussi nos pratiques et effets, nos modes d’apparitions et interventions.

Notre existence qui se fonde sur le faire et la nécessité stratégique de le penser sera toujours un scandale, une menace apparemment trop forte pour un monde vermoulu : cela nous amuse que si peu de force puisse inspirer crainte à un édifice qui se prétend si solide.

Nous laissons là nos maîtres moisir dans leur misère ancestrale, et nous continuons de nous organiser…

13 mars 2012

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur D’une certaine répression à Tours…

[Notre-Dame-des-Landes] Trois jours chargés sur la ZAD – compte rendu

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Dans l’après-midi du lundi 5 mars les locataires d’une maison aux Ardillières déménagent et font l’état des lieux avec le propriétaire, le Conseil Général (CG). Deux heures plus tard le CG fait calfeutrer la maison par une entreprise. Quelques squatteur-euse-s passent et décident de discuter avec les ouvriers. Trois keufs arrivent, les squatteur-euse-s préviennent des potes. Une vingtaine de minutes plus tard plusieurs dizaines de squatteur-euse-s débarquent et investissent la maison, les ouvriers et les flics abandonnent la baraque et s’éloignent, appellant des renforts.

À 19h cinq sections de gardes mobiles ont débarqués (venant de direction la Paquelais). Ils ont escorté les gendarmes locaux qui ont d’abord bien tapé dans le tas pour sortir tous le monde du jardin avant d’expulser violemment la maison. Plusieurs personnes ont été blessées. Une physionomiste était présente et appelait plusieurs personnes par leurs soit disant noms.

Dehors environ 80 personnes se sont trouvées en face des lignes de keufs pour soutenir les six personnes restées sur le toit et que la police n’a pas pu évacuer par manque de matériel pour monter sur le toit. Parmi les personnes dans le jardin et dans la maison, quatre ont été placé-e-s en garde à vue. Tous ont été relâchés le lendemain. Une personne a une “composition pénale” pour “occupation en réunion”, deux autres n’ont pas eu de suite. L’autre ? À la Paquelais, Vigneux et potentiellement à Fay la police déviait la circulation.

Des feux ont été allumés devant les lignes de police et après 20 minutes les pompiers sont arrivés pour les éteindre sous les cris des manifestants : “collaborateurs !” À peine avoir éteint un feu ils se sont retirés. À 23h la police s’est repliée. Avant de quitter la baraque ils ont coupés tous les câbles électriques des radiateurs, coupés les tuyaux de douche et cassé les évacuations sous les lavabos dans la salle de bains. Ils se sont fait caillasser un peu pendant leur retraite et ont fait une dernière charge principalement avec du gaz au poivre.

Le lendemain Presse Océan a reporté qu’à 22h30 la police a expulsé la maison. À 15h le mardi environ le même dispositif policier complété avec une brigade cynophile et la DCRI (Olivier Robin) est descendu. Ils ont essayé de prendre la maison de manière rapide avant que les squatteurs puissent rejoindre le toit. Le passage à l’étage était barricadé avec une planche renforcée avec des grosses pierres dessus. En arrivant les keufs ont gazé par un petit trou dans la planche et après ils ont accroché un treuil pour arracher la barricade en faisant des sérieux dégâts à l’escalier. Tous les squatteurs présent sont montés sur le toit et personne n’a été interpellé dans la maison.

Des barricades ont été construites sur trois des cinq routes menant aux Ardillières. La police a envoyé des dispositifs sur les barricades et a interpellées les premières personnes qu’elle a pu prendre, ce qui a plutôt fait reculer les autres.

Avant de quitter la baraque la police a gazée les pièces au gaz à poivre. Pendant toute l’opération, également à l’extérieur de la maison, ils ont filmé. On ne sait pas pourquoi ils sont venus sans matériel pour vraiment expulser. Potentiellement par motif d’exercice ou de fichage. Pendant les jours passés on a aussi pu observer régulièrement une voiture bleue foncée banalisée avec deux keufs en uniforme qui prenaient des photos un peu partout.

Une personne interpellée proche d’une barricade a eu ses empreintes digitales prises de force. Cette personne a été questionnée d’une manière typique : “Faites-vous partie du mouvement ?” ; etc. En plus des questions sur les faits.

Une liste de six photos portrettes lui a été montrée. Une parmi les six était la personne détenue. Le keuf lui demandait si elle avait quelque chose à remarquer. La personne a dit que les six se ressemblaient fortement. Le keuf était heureux de noter la remarque. Les photos constituaient un panel de personnes ayant été présentées aux flics présents durant les arrestations. Ils ont reconnus la personne arrêtée parmi les six qui leur ont été présentés et le fait que les personnes sur les photos se ressemblaient implique qu’ils ont bien fait leur boulot. En sortant de la cellule les keufs lui ont pris sa fourchette pour la joindre au dossier pour un prélèvement d’ADN, spécifiant que le procureur a fait cette requête. En sortant de GAV, ils lui disent que la fourchette ne sera finalement pas analysée parce qu’il n’y aura pas de suite. Dans un autre commissariat, les gendarmes se retrouvèrent confrontés à un refus de fichage et appelèrent le procureur pour avoir des instructions.

Dans le dossier il était écrit que cette personne était à NDDL depuis 7 mois, qu’elle avait pris part à la plupart des actions et qu’elle était non violente… Mercredi les gardes mobiles retournèrent le matin à la maison et la trouvèrent vide.

Ils étaient accompagnés d’une personne du Conseil général et des agents d’ERDF afin de couper l’électricité de la maison. Le CG demanda aux agents d’ERDF de couper l’électricité d’un squat voisin ouvert un an plus tôt. Les squateur-euse-s si opposèrent directement et suite à l’arrivée de journalistes, le CG annula l’opération. Au même moment à un autre endroit de la ZAD deux autres maisons occupées furent perquisitionnées afin de trouver une personne recherchée vraisemblablement par rapport aux deux jours précédents. Ils cassèrent une fenêtre pour rentrer et contrôlèrent les personnes présentes. Un van garé à l’entrée fut forcé et les gendarmes pissèrent sur le lit et volèrent des instruments de musique et ils crevèrent trois pneus…

Durant toute la journée un hélicoptère survola la ZAD. Dans l’après-midi une fois que la maison fut fermée par les ouvriers deux vigiles d’une compagnie privée furent postés devant la maison avec un contrat jusqu’à la fin du week-end.

La nuit, se sentant menacés, les vigiles ont appelés les flics qui ont mis quatre minutes pour arriver. L’hélicoptère a aussi aperçu des piles de pneus et divers matériels pouvant servir à barricader des routes et les gendarmes les ont enlevés dans l’après-midi avec l’aide d’une dépanneuse. Une vingtaine de personnes sont allés à la gendarmerie de Blain pour demander des informations sur les compagnons arrêtés et exiger leur libération. Une personne détenue pouvait entendre les flics en panique courir partout disant que 50 anarchistes étaient en train d’assaillir la gendarmerie et que leurs gazeuses étaient dans les voitures ! Les gendarmes gazèrent tout le monde y compris eux-mêmes et la secrétaire enceinte à l’intérieur pour faire sortir les personnes de la salle d’accueil. Se sentant menacés ils appelèrent du renfort et sept camions de gendarmes mobiles sont venus de Nantes. À leur arrivée la plupart des personnes étaient en train de partir, une des voitures ne démarrant pas les gendarmes purent arrêter deux personnes et les placèrent en GAV à Chateaubriant (chefs d’inculpation : Constitue une rébellion le fait d’opposer une résistance violente à une personne dépositaire de l’autorité publique en réunion). Ils sont convoqués le 15 juin 2012 au tribunal de Saint-Nazaire. Après ça ils fermèrent le portail du parking avec des chaînes et formèrent un cordon de gardes mobiles à l’intérieur de l’enceinte.

Grâce à un regard curieux, nous savons qu’à la gendarmerie de Blain il font un briefing le premier du mois avant 10h. Ils ont trois tableaux : violence scolaires, deux roues et NDDL. Sur un tableau velleda il y avait marqué les courses à faire comme les deux nouveaux thermos pour les longues journées à NDDL et aussi une réunion : “3 mars : réu publique de 14h30 à 16h30 à la Vache Rit” (réunion des citoyens vigilants qui font des piquets hebdomadaires à Nantes devant les institutions réalisatrices du projet d’aéroport). Ils avaient aussi marqué des rondes de biotope.

En total il y a eu neuf GAV. Certaines personnes ont été conduites jusqu’à St-Nicolas de Redon, Chateaubriant et d’autres à Blain et Guémené-Penfao.

Zone À Défendre, 13 mars 2012.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Notre-Dame-des-Landes] Trois jours chargés sur la ZAD – compte rendu

[Strasbourg] Action de solidarité avec les insurgés grecs, et contre les ennemis KKE

Communiqué de revendication

Nous revendiquons l’action de sommation le soir du mercredi 14 mars à Strasbourg, alors que les responsables locaux du PCF et des Jeunesses Communistes françaises ont invité l’Eurodéputé du KKE et le responsable national du PAME, syndicat stalinien grec, pour un prétendu meeting de solidarité internationale avec le peuple grec.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331803712.png

Parce que nous considérons la venue du KKE à Strasbourg et de son motif officiel comme une insulte à la lutte sociale et offensive du peuple grec contre la Troïka, l’État et le Capitalisme. Parce que ici comme partout, nous luttons contre tous les autoritarismes ainsi que tous les outils de contrôle et de répression. Parce que ici comme partout, nous considérons les staliniens comme ennemis à mort dans la guerre de classes.

Parce que nous considérons la répression stalinienne par le parti communiste grec KKE contre la foule insurgée tentant de prendre d’assaut le Parlement à Athènes le jour de grève générale du 20 octobre 2011 comme la suite logique des positions historiques collaboratrices et répressives de la force stalinienne en tant que telle.

Parce que nous considérons cette répression stalinienne du 20 octobre comme nouvelle déclaration de guerre ouverte au mouvement social, à sa force insurrectionnelle et sa portée révolutionnaire.

Parce que nous considérons, aujourd’hui comme par le passé, l’ennemi stalinien comme premier appui-clé de l’État lors de troubles insurrectionnels, de mouvements sociaux et populaires.

Parce que nous affirmons notre solidarité active et totale avec les combattants anarchistes et révolutionnaires de Grèce en cette période de haute intensité de la guerre de classes, ainsi que notre solidarité active et totale avec tous les insurgés du peuple grec, en grève, en occupation, en expropriation, en rapport de force direct contre l’État et le Capital.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331803779.png

Nous revendiquons avoir tagué à plusieurs endroits la façade du bâtiment qui accueillait l’ennemi KKE peu après le début du meeting, et déversé plusieurs dizaines de tracts à l’entrée du même bâtiment, provoquant par la suite la peur des JC et l’accélération de la fin des débats. Ceci se veut comme une sommation à l’encontre de tous les staliniens de Strasbourg et une action de solidarité avec les combattants anarchistes grecs persécutés par le KKE, et le mouvement social révolutionnaire sévèrement encadré et réprimé par le PAME.

NI OUBLI, NI PARDON

SOLIDARITÉ INTERNATIONALE AVEC LES COMBATTANTS DE GRÈCE POUR LA RÉVOLUTION SOCIALE ET CONTRE TOUS SES ENNEMIS

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331803744.png

Groupe Kronstadt.

Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites | Marqué avec , | 3 commentaires

[Strasbourg] « À ceux qui ont fait du communisme une insulte », tract diffé en ce moment à la Maison des Associations pour faire chier les stals et en solidarité avec les enragés qui luttent en Grèce

En ces temps d’offensive contre nos vies la détermination et la volonté de ne plus se laisser faire sont de plus en plus fortes, et toujours plus de gens n’ont plus rien à perdre face à l’aggravation de leurs existences. Les émeutes du 12 février dernier à Athènes ont mis un peu plus à nu le caractère farouche de ceux qui ont décidé que c’est en trop et qu’ils ne veulent plus de ce système. En attaquant ce qui nous en dépossède tous de par le monde, ces enragés ont clairement montré que la révolte n’a pas de frontières : attaques contre les flics, incendies de banques, violation de la propriété privée par le pillage, etc. L’essence profondément révolutionnaire de ces actes n’est pas à prouver : la fracture entre ceux qui défendent ce monde et ceux qui l’attaquent se dessine toujours plus clairement.

Et voilà qu’ici et aujourd’hui, des messieurs viennent faire un meeting-débat autour de la « solidarité avec le peuple grec », avec Giorgos Toussas, eurodéputé du Parti Communiste Grec (KKE), qui est aussi le dirigeant national du PAME. Et ça nous fait mal de voir des mecs comme ça venir nous parler de « solidarité » avec une lutte contre laquelle lui et ses potes du Parti Communiste Grec font toutes les saloperies. Vous voulez des exemples ? En voilà :

Le 20 octobre 2011 le KKE par le biais des nervis de son syndicat le PAME révèle sa sale face. Rappel des faits : ce jour-là se déroulait la manifestation de la deuxième journée de grève générale et lorsqu’elle arrive devant le Parlement, les gros bras du syndicat forment une ligne clairement offensive, armés de manches de pioches, de casques et de barres de fer devant celles des flics. Ces derniers trop content de les voir faire le sale boulot répressif. Le but clairement avoué de cette démonstration de force est de défendre le Parlement, empêcher les manifestants d’y pénétrer et d’en faire ce que mérite chacun de ces symboles du pouvoir : le cramer. Des affrontements violents éclatent alors entre ces défenseurs de l’ordre bourgeois et les enragés qui n’acceptent pas que ces nouveaux gardes rouges fassent un boulot de flic.

Mais ces ordures n’en sont pas à leur coup d’essai : le drapeau rouge qu’ils agitent si fièrement au bout de leur manches de pioche est celui trempé dans le sang de milliers de prolétaires assassinés. Pendant la guerre civile (1945-1949), quasiment tous les anarchistes et trotskistes seront liquidés, dans les purges du Parti, les montagnes et les prisons. S’être opposé à la ligne du Parti 15 ans auparavant se soldera par une exécution de la main des tueurs de l’OPLA (Organisation de Protection de la Lutte Populaire). Cette police politique agira aussi dans les taules et jouera le rôle de supplétifs des matons, mettant tricards et attaquant violemment tous ceux contre eux.

Plus récemment, le 15 novembre 1995 des affrontements entre des jeunes enragés et les gros bras du KKE et du PASOK éclatent lors de l’occupation de l’École Polytechnique, ces derniers se proclamant les proprios de l’endroit : ils se font violemment foutre dehors à coup de latte. Le 17 novembre 1998, les flics anti-émeutes (MAT), conjointement avec les nervis du KNE (jeunesse du KKE), attaquent le bloc anarchiste et arrêtent 160 personnes. Lors des émeutes de décembre 2008 ces mêmes ordures feront tout pour calmer la révolte et faire en sorte quelle rentrent dans les clous : c’est-à-dire dans une contestation calme et pacifique ! Ils annulent les manifs prévues depuis des semaines pour le 9 décembre effrayés par la perspective de l’émeute généralisée, tentent de bloquer des assemblés à Athènes, dénoncent les « casseurs » et vomissent sur une révolte qu’il ne peuvent ni récupérer ni utiliser pour leur propre pouvoir politique.

Assoiffé de contrôle et de pouvoir le KKE cache bien son jeu mais son caractère contre-révolutionnaire n’en reste pas moins très clair. En tentant de briser la détermination de prolétaires enragés, qu’ils soient anarchistes, communistes ou simplement là avec leurs tripes, ce Parti a clairement marqué le coup et le pourquoi de son existence, aujourd’hui comme il y a plus de 60 ans. S’il se revendique aux côtés de la classe ouvrière en lutte, comme avec les aciéries grecques, dans les faits il participe clairement au maintien de ce monde pourri. À travers ces exemples historiques, ces stalinistes ont clairement montré de quel côté ils se placent : celui de l’État, du Pouvoir et du Capital. Parce ce qu’ils ne veulent pas, c’est que toute lutte échappe à leur contrôle et qu’elle commence à s’auto-organiser, une révolte dans les clous et pour leur prestige, voilà ce qu’ils veulent. Ce pourquoi le KKE ne luttera jamais c’est la destruction de ce système, mais bien pour son contrôle par son parti de l’ordre. Entre ceux qui défendent ce monde et ceux qui l’attaquent notre choix est fait !

ALORS À CEUX QUI RÊVENT DE PRENDRE LE POUVOIR ET DE NOUS ASSERVIR À LEUR TOUR NOUS N’AVONS QU’UNE RÉPONSE : VOUS NOUS TROUVEREZ SUR VOTRE CHEMIN !

Des prolétaires qui se souviennent.

L’Alsace Libertaire, 14 mars 2012.

Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites | Marqué avec | 2 commentaires

Soutien aux resfiens victimes de poursuites

Une des militantes de RESF Paris 19e a passé 24 heures en garde à vue la semaine dernière pour avoir assisté à un contrôle d’identité dans la rue. C’est la quatrième d’entre nous qui est poursuivie ces dernières semaines (Marseille, Rennes, et deux à Paris).

Lors de la dernière réunion du RESF Paris 19e arrondissement, à laquelle participaient aussi quelques militants d’arrondissements voisins, la majorité des participants ont souhaité que soit envoyé à l’ensemble du réseau la proposition suivante :

« Face à la multiplication des poursuites à l’encontre des militants de RESF, la majorité des participants du Comité RESF de Paris 19e réuni le 5 mars, demande que le réseau dans son ensemble, s’engage systématiquement à soutenir les victimes de la répression policière et judiciaire et assure la prise en charge totale, ou partielle si c’est possible, des frais de justice et honoraires des avocats chargés de la défense de la personne incriminée. Le gouvernement doit comprendre qu’à chaque fois qu’il s’attaquera à l’un des nôtres, c’est nous tous, collectivement, qui lui répondrons. Donnons-nous les moyens de riposter efficacement sans perdre de temps dans des considérations matérielles indignes de notre action. »

Liste RESF, 13 mars 2012.

Publié dans Les révoltes des migrants | Marqué avec , | 2 commentaires

[Europe forteresse] Témoignage des demandeurs d’asile détenus au camp d’Arad (Roumanie)

« Il faut nous aider, nous sommes plus d’une cinquantaine enfermés au centre de détention d’Arad en Roumanie. Nous sommes des demandeurs d’asile et ils nous ont enfermés.

Nous sommes là depuis un mois pour les uns, 7 8 ou 9 mois pour les autres. Il y a des hommes et une femme enceinte.

On est maltraité, pire que des animaux. La police du centre nous frappe, nous tabasse. Ça se passe souvent. Par exemple, mardi de cette semaine, le 6 mars 2012, les policiers ont voulu gazer une personne, on ne sait même pas pourquoi. Ils l’ont emmené en bas dans la cellule d’isolement pour le frapper. On l’a entendu crier de nos cellules.

On est enfermé 24h sur 24. On a seulement le droit de sortir de nos cellules dans le couloir une à deux heures par jour. On n’a pas de promenade à l’extérieur possible, pas d’accès à la télévision, pas de possibilité de recevoir de l’argent de nos familles via Western Union. On nous donne tout le temps la même chose à manger. On n’a pas d’accès à un médecin. Si on est malade, on ne peut rien pour nous. En ce moment, on est plusieurs à avoir de gros problèmes de peau, ça nous démange, ça fait mal mais personne ne nous soigne.

Une fois, il y a quelque temps, on voulait faire grève de la faim pour dire qu’on en pouvait plus ! On a demandé des droits. Ce jour-là, ils ont fait venir des gendarmes en renfort qui portaient des cagoules. Nous étions enfermés dans nos cellules, ils nous ont gazés par la lucarne de la porte. Puis ils ont ouvert et nous nous sommes tous fait tabasser. Ils ont même cassé le bras et le nez d’un détenu.

Tout ça fait qu’on a des problèmes nerveux, on est à bout. Il faut le vivre pour comprendre. Certains sont tellement à bout qu’ils veulent se tuer. Ça a été le cas d’un des détenus qui était très mal et qui disait qu’il voulait se couper les veines. Ce sont les policiers du centre qui lui ont amené un couteau et lui ont dit « avec ça tu pourras ».

On ne fait aucune activité, ça attaque aussi le système nerveux.

En Roumanie, la détention c’est 18 mois. 18 mois ce n’est pas possible comme ça ! C’est impensable ce que l’on vit. On ne pourrait pas croire qu’on est en Europe. 18 mois dans une cage ! Depuis peu, il n’y a même plus de chauffage, on dort avec des blousons. La douche ne fonctionne plus non plus, on dort presque à même l’armature du lit tellement les matelas sont en très mauvais état.

On est en enfer. »

Les détenus du centre de rétention d’Arad (Roumanie)

Recueilli le 8 mars 2012 par Migreurop.

Publié dans Les révoltes des migrants | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Europe forteresse] Témoignage des demandeurs d’asile détenus au camp d’Arad (Roumanie)

[Révolution tunisienne] Sit-in à Menzel Bouzayène


Selon les sources de TunisieNumérique, une vingtaine des jeunes a barré mercredi 14 mars 201, la route reliant Sfax à Gafsa au niveau de la région de Menzel Bouzayène (à 60 km de la ville de Sfax) sur la route AP 14.

Ces jeunes qui ont revendiqué leur droit au travail et à la dignité ont mis des pierres et des obstacles empêchant le passage des véhicules. Ils ont également bloqué la voie ferrée. (…) plusieurs autres barrages ont été mis sur la route (un barrage tous les six km). (…)

Publié par des ennemis de la révolution (Wafa Sdiri, TunisieNumerique.com, 14 mars 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Sit-in à Menzel Bouzayène

[« Antiterrorisme »] Dupont et Dupond s’apprêtent à manifester

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331747275.jpgAvis de manifestation historique chez les policiers de la DCRI

Il n’y aura pas de communiqué de presse, mais la nouvelle s’est répandue grâce aux bons offices du député (PS) Jean-Jacques Urvoas, sur Twitter : plusieurs dizaines de policiers de la prestigieuse direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) s’apprêtent à manifester leur mécontentement, vendredi matin 16 mars, dans le hall du siège de la direction, à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Un évènement inédit pour des fonctionnaires qui évoluent tous dans le secret-défense et la plus grande discrétion. Ces 3100 policiers ont à leur charge la lutte contre l’espionnage étranger, la « répression des actes terroristes ou visant à porter atteinte à l’autorité de l’État », la « surveillance des communications », la surveillance des individus et groupes radicaux.

À la manœuvre, la section du syndicat d’officier SNOP. Pour un responsable syndical, c’est un « ras-le-bol général » qui est en cause : « Cela fait des mois que ça bout. » Des problèmes de « gestion humaine », dans une direction où « tout est opaque ». C’est la nomination d’un commissaire sorti d’école dans l’un des services, mardi, qui a déclenché l’ire des officiers. Pour les officiers, le choix d’un commissaire débutant plutôt que celui d’un commandant (le grade le plus élevé chez les officiers) témoigne du  manque de considération que la direction leur porte.

Le conflit entre officiers et commissaires — un classique du monde policier — a été relancé, ces dernières semaines, par la présentation au ministre d’un rapport sur une éventuelle fusion des deux corps. Le (très léger) rapport de l’Inspection générale de l’administration et de l’Inspection générale de la police nationale (composée uniquement de commissaires) a balayé tout projet de fusion — une revendication des syndicats d’officiers.

À la DCRI, ces tensions prennent une coloration particulière. La  direction est née d’un simple décret du 27 juin 2008 qui fusionnait la direction de la surveillance du territoire (DST, le contre-espionnage) et les renseignements généraux (RG). Ce qui s’est traduit en pratique par une absorption d’une partie des RG par la DST. Cette dernière a imposé, entre autres, le poids important des commissaires. La DCRI, à Levallois, compte environ 140 commissaires, près de 10% de tous les commissaires français.

Autre élément aggravant, qui est directement en cause ici, « le recrutement massif de jeunes commissaires sortis d’école à des postes élevés », estime Floran Vadillo, spécialiste des questions de renseignement. Un moyen, pour le directeur, Bernard Squarcini, de « faire disparaître la culture ST et la culture RG au profit d’une culture RI », explique M. Vadillo. Avec, comme victimes collatérales, les officiers.

Mais le malaise vient aussi de la personnalité contestée de Bernard Squarcini. « Il y a un effet d’opportunité. Le directeur central est fragilisé. Il n’arrive plus à tenir sa maison », explique Floran Vadillo, spécialiste des questions de renseignement. Déjà mis en examen, en octobre 2011 par la juge Sylvie Zimmerman, dans l’affaire des fadettes des journalistes du Monde, M. Squarcini a récemment été mis en cause dans le  livre L’Espion du président, des journalistes Olivia Recasens, Didier Hassoux, Christophe Labbé (Robert Laffont). La publication de cet ouvrage a secoué la DCRI. L’accélération de l’enquête sur le cercle Wagram, affaire dans laquelle une des proches de M. Squarcini est mise en examen, commence aussi à déranger à Levallois-Perret. Enfin, le nom du directeur apparaît dans le cadre de l’affaire Guérini. Un responsable syndical s’inquiète de « la pression médiatique » que subissent les policiers en raison de la personnalité de leur chef.

Publié par un ami de la police (Laurent Borredon, blog Vu de l’intérieur, 14 mars 2012)

Publié dans Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...), Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [« Antiterrorisme »] Dupont et Dupond s’apprêtent à manifester

[Poutine dégage !] Bas les pattes sur les Pussy Riot !

Femmes punks anti-Poutine en détention

Un tribunal de Moscou a ordonné aujourd’hui le maintien en détention provisoire de deux membres présumées du groupe d’opposition punk rock, Pussy Riot, qui risquent jusqu’à sept ans de prison pour avoir chanté une chanson anti-Poutine dans une église.

Le tribunal de Moscou a ordonné que Nadejda Tolokonnikova et Maria Alekhina, toutes deux mères de famille, restent en détention jusqu’à la prochaine audience fin avril. Elles sont accusées de « vandalisme commis en groupe organisé ».

Altercation devant le tribunal

Moins d’une dizaine de leurs partisans s’étaient réunis devant le tribunal. Une altercation s’est produite avec des adversaires de Pussy Riot qui les ont aspergés d’eau, à la manière d’un prêtre aspergeant les fidèles d’eau bénite. La police a procédé à quelques interpellations parmi les partisans et les adversaires du groupe, a rapporté l’agence Interfax.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331746401.jpg

Le 21 février, cinq membres des Pussy Riot, cagoules colorées recouvrant leur visage, ont chanté dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou une chanson intitulée « La Prière punk », contre le Premier ministre Vladimir Poutine qui a récemment remporté la présidentielle.

Leur presse (Agence Faut Payer, 14 février 2012)


Huit femmes anti-Poutine interpellées

Huit femmes ont été interpellées aujourd’hui sur la place Rouge à Moscou après avoir chanté une chanson critiquant le Premier ministre Vladimir Poutine. Membres du groupe de rock punk russe Pussy Riot, ces femmes en mini-jupe (alors qu’il fait – 10 degrés dans la capitale russe, ndlr) et portant des cagoules ont interprété devant le Kremlin une chanson intitulée « Poutine a fait dans son froc ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331745111.jpg

Des policiers les ont dans un premier temps écoutées sans réagir avant de les interpeller et de les conduire dans un commissariat proche. Quatre femmes font l’objet de poursuites pour troubles à l’ordre public et refus d’obtempérer aux injonctions de la police, infractions pour lesquelles elles encourent jusqu’à 15 jours de prison, a déclaré une femme du groupe, surnommée Garadja Matveïeva.

En décembre, Pussy Riot avait donné un concert sur le toit d’un bâtiment proche d’un commissariat de police à Moscou où était détenu le blogueur pourfendeur de la corruption Alexeï Navalny. Le groupe s’est également produit dans le métro de la capitale.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331745214.jpg

Leur presse (Agence Faut Payer, 20 janvier 2012)

Publié dans Les luttes de classes en Russie | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Poutine dégage !] Bas les pattes sur les Pussy Riot !

[Lille] Samedi 17 mars 2012 – Journée contre la répression policière (2)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331744188.jpg

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Lille] Samedi 17 mars 2012 – Journée contre la répression policière (2)

[« Une institution honnie des Russes »] La police travaille à Kazan (Tatarstan)

Les viols de la police russe

Le décès de Sergueï Nazarov à la suite d’une rupture du rectum provoquée par une bouteille de champagne soulève de vives interrogations.

Le décès d’un détenu après un viol dans un commissariat du Tatarstan, en Russie, a révélé le recours méthodique aux violences physiques et sexuelles dans ce poste, plusieurs victimes s’étant fait connaître mardi et mercredi, ternissant un peu plus l’image de la police russe. Cinq policiers du commissariat Dalny de Kazan (700 kilomètres à l’est de Moscou) ont été poursuivis pour « coups et blessures graves ayant entraîné la mort par imprudence » après le décès le 10 mars de Sergueï Nazarov, 52 ans, à la suite d’une rupture du rectum consécutive à un viol avec une bouteille de champagne, selon les enquêteurs.

Ces agents tentaient de lui faire avouer un délit mineur et avaient falsifié des documents pour le mettre en détention. Dès mardi, une jeune femme de 20 ans, Alia Sadykova, a accusé les policiers de ce même commissariat de l’avoir passée à tabac et menacée de viol avec une bouteille en janvier pour qu’elle avoue un vol. Le Comité d’enquête de Russie a indiqué avoir engagé dans le cadre de cette affaire des poursuites pour « abus de pouvoir » contre l’un des policiers accusés de la mort de Sergueï Nazarov. Mercredi, le journal Komsomolskaïa Pravda publiait le témoignage d’Oskar Krylov, un informaticien de 22 ans, qui affirme avoir été sodomisé avec une bouteille de bière en octobre 2011 dans le même poste de police pour avouer le vol de 58’000 roubles (1480 euros).

« Ils filmaient tout »

« Le chef des policiers a dit maintenant on va te prendre et il a saisi une bouteille de bière », a raconté le jeune homme. « Deux agents l’ont aidé. Je hurlais. Eux se marraient et me disaient qu’ils filmaient tout », a poursuivi la victime. « Ce cauchemar a duré 15 minutes, après quoi j’ai dit que je signerais des aveux », a expliqué Oskar Krylov. Il avait immédiatement déposé une plainte, mais l’enquête n’a débuté qu’après le décès de Sergueï Nazarov. De son côté, l’association de défense des droits de l’homme Agora a indiqué sur son site openinform.ru que deux autres victimes présumées, deux hommes, s’étaient fait connaître. L’un d’eux a aussi été violé, selon son épouse, l’autre a été longuement frappé.

La police et le Comité d’enquête étaient injoignables mercredi après-midi pour commenter ces accusations. Face au scandale, les autorités du Tatarstan ont ordonné l’installation de caméras dans tous les bureaux des policiers et dans les cellules. La direction du commissariat Dalny a été limogée, quatre policiers suspects ont été placés en détention provisoire, et le cinquième a été assigné à résidence. La réaction du ministère russe de l’Intérieur s’est limitée à un court communiqué annonçant l’envoi de quatre policiers « pour apporter une assistance pratique lors des vérifications » en cours à Kazan.

Tortures, trafics de drogue et meurtres

Cette affaire s’ajoute à une longue liste de crimes commis par la police, une institution honnie des Russes tant les forces de l’ordre sont réputées corrompues et font l’objet d’accusations de tortures, de trafics de drogue et de meurtres. Ainsi, deux policiers ont été arrêtés en janvier à Saint-Pétersbourg pour avoir battu à mort à l’aide d’un manche à balai un adolescent de 15 ans afin de lui faire avouer une agression. Cette affaire a provoqué le limogeage du chef de la police régionale.

Le président russe Dmitri Medvedev avait dit faire de la réforme de la police une priorité de son mandat, soumettant notamment en 2011 les policiers à une procédure généralisée de vérification de leurs compétences. Mais cela n’a eu guère d’effet, à en croire un sondage de l’institut Levada selon lequel 75 % des Russes estiment que la police ne s’est pas améliorée, 14 % jugeant même que la situation a empiré. Les Russes ne sont que 18 % à avoir une opinion positive des policiers, et seuls 24 % estiment qu’ils travaillent pour protéger la population, d’après cette étude publiée en février.

Leur presse (Agence Faut Payer, 14 mars 2012)

Publié dans Les luttes de classes en Russie, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [« Une institution honnie des Russes »] La police travaille à Kazan (Tatarstan)

[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Ils ont tué, ils tuent, ils tueront

Syrie : Les forces armées ont posé des mines terrestres interdites

Des témoins ont rapporté que des soldats syriens ont posé des mines à proximité des frontières jouxtant la Turquie et le Liban.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331740838.jpg

L’une des 300 mines antipersonnel PMN-2 de fabrication russo-soviétique qui ont été extraites du sol près de la ville de Hasanieih (gouvernorat d’Idlib) dans le nord de la Syrie, à proximité de la frontière turque, le 12 mars 2012. Chaque mine contient 100 grammes de l'explosif TG-40. Ce type d'arme est interdit par la Convention sur l'interdiction des mines antipersonnel de 1997.

(New York, le 13 mars 2012) – Les forces syriennes ont placé des mines terrestres près des frontières avec le Liban et la Turquie au cours des dernières semaines et des derniers mois,  a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui, s’appuyant sur des informations fournies par des témoins et confirmées par des démineurs syriens. Ces actions ont déjà fait des victimes parmi la population civile, selon les témoignages recueillis.

L’armée syrienne devrait cesser d’employer des mines terrestres antipersonnel et reconnaître que le recours à cette arme qui est interdite par une convention internationale ne fera que nuire aux Syriens durant des années à venir, a déclaré Human Rights Watch. Des mines antipersonnel ainsi que des mines antivéhicule de fabrication russo-soviétique ont été extraites par des démineurs au sein du mouvement d’opposition.

« Toute utilisation de mines antipersonnel est inadmissible », a déclaré Steve Goose, directeur de la division Armes à Human Rights Watch. « Il n’existe absolument aucune justification pour l’utilisation de ces armes qui frappent sans discernement, dans aucun pays et quel que soit l’objectif affiché. »

Les mines antipersonnel sont des armes militairement inefficaces dont l’effet principal est de tuer et blesser des civils, selon Human Rights Watch. À ce jour, 159 pays ont signé la Convention de 1997 sur l’interdiction des mines antipersonnel, qui proscrit l’utilisation, la production, la vente et le stockage des mines antipersonnel.

La Syrie, qui n’a pas à ce jour adhéré à ce traité, est le quatrième pays suspecté d’utiliser des mines antipersonnel depuis janvier 2011 ; les trois autres sont la Libye (sous Mouammar Kadhafi), Israël, et la Birmanie.

Communiqué de Human Rights Watch, 13 mars 2012

Publié dans La révolution syrienne | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Ils ont tué, ils tuent, ils tueront

[France génocidaire] L’agent Smith au rapport

France-Rwanda : un négationnisme d’État

Depuis 1994, les plus hautes autorités de l’État dissimulent aux citoyens le soutien indéfectible accordé par la France à ceux qui ont préparé puis commis le génocide des Tutsi. Pour cela, il est impératif que le FPR apparaisse comme « l’instigateur global » de la tragédie rwandaise, selon l’expression d’Hubert Védrine. Le rapport d’expertise sur l’attentat du 6 avril remis aux juges Trévidic et Poux, qui disculpe en pratique le FPR, doit donc à tout prix être mis en doute (Billets n° 210, février 2012).

Depuis dix-huit ans, les filets de la désinformation sont in­las­sablement tissés par des res­ponsables politiques, des officiers, des journalistes et des intellectuels, le plus souvent les mêmes. Ils ne cessent d’abreuver l’opinion publique de leurs « arguments » : le premier est que pour accéder au pouvoir au Rwanda, le FPR aurait commis l’attentat du 6 avril 1994 et provoqué ainsi le génocide des Tutsi.

Le second est que ce génocide se serait doublé d’un génocide des Hutu, commis par le FPR au Rwanda, puis au Zaïre/RDC. Enfin, le troisième est que la France aurait essayé en vain une politique de conciliation entre les différentes factions afin d’encourager le Rwanda sur la voie de la démocratie. Une fois le génocide déclenché, elle serait intervenue, seule, pour y mettre fin en lançant l’opération Turquoise.

En résumé, Paul Kagame serait res­ponsable du génocide des siens et coupable d’un génocide des Hutu. Quant à la la France, elle n’aurait rien à se reprocher, bien au contraire, car l’opération Turquoise aurait mis un terme au génocide… Le fait que de tels propos puissent être tenus aujourd’hui sans susciter immédiatement des réactions scandalisées ou ironiques montre le degré de succès de la manipulation opérée depuis 1994.

Si les défenseurs de la politique française au Rwanda ne peuvent accepter l’idée que l’attentat du 6 avril 1994 a été commis par d’autres que le FPR, c’est que leur explica­tion du génocide repose implicitement sur l’idée que l’extermination des Tutsi a été causée par la colère spontanée de la population hutu à l’annonce de la mort du président Habyarimana. Cela permet d’abord de faire porter la responsabilité du génocide au FPR qui l’aurait « déclenché » par sa volonté d’arriver au pouvoir par tous les moyens. En assassinant le président, le FPR aurait déchaîné la fureur meurtrière du « peuple majoritaire » contre les Tutsi. On accuse donc les victimes d’être les bourreaux.

Cela donne, sous la plume de Stephen Smith : « L’expertise [remise aux juges Trévidic et Poux] […] ne nous apprend pas qui a déclenché l’extermination des Tutsi » (Libération, 23 janvier 2012). On se frotte les yeux. On sait qui a commis le génocide : les militaires extrémistes autour de Bagosora, les milices Interahamwe, le Gouvernement intérimaire rwandais, ses préfets, ses bourgmestres, ses gendarmes, ses policiers communaux, et par une partie de la population hutu embrigadée de gré ou de force par les autorités. Stephen Smith ne va pas jusqu’à prétendre que le FPR a tué les Tutsi. Il ne peut pas l’écrire de but en blanc. Alors il le suggère, en nous faisant croire que sans l’assassinat d’Habyarimana, par le FPR selon Smith, le génocide n’aurait pas eu lieu. Or, c’est faux : tout était prêt pour l’extermination des Tutsi. Il ne manquait qu’un prétexte.

Mais l’essentiel n’est pas là. Accuser le FPR d’avoir abattu l’avion d’Habyarimana et déclenché ainsi un « génocide spontané » permet surtout d’exonérer les dirigeants français de la connaissance du projet génocidaire. Du coup, l’accusation portée contre eux d’avoir soutenu, en connaissance de cause, un régime qui préparait l’extermination des Tutsi tomberait d’elle- même. (…)

Ce qu’il s’agit de faire oublier, c’est que les autorités françaises ont connaissance du projet de génocide des Tutsi depuis octobre 1990, comme en font foi les télégrammes envoyés par l’ambassadeur Martres et l’attaché de défense, le colonel Galinié. La détermination des extrémistes hutu à mettre en œuvre leur plan est attestée par les massacres de Tutsi organisés ou couverts par le régime Habyarimana de 1990 à 1993, sortes de répétitions du génocide.

Pourtant, les dirigeants français accentuent leur soutien militaire à un régime qui se serait effondré sans cela : livraisons d’armes, formation des troupes rwandaises, appui au combat (des Français commandent l’artillerie et pilotent des hélicoptères lors d’affrontements avec le FPR), prise en main des Forces armées rwandaises (FAR) par des officiers français, l’un d’entre eux, le lieutenant-colonel Maurin, devenant même conseiller du chef d’État-major qu’il rencontre quotidiennement. Intégrés aux FAR dans le cadre de la formation qu’ils leur dispensaient, présents en particulier auprès des unités d’élite, on voit mal comment les militaires français auraient pu ignorer les préparatifs du génocide.

Cela est d’autant plus possible que les Français forment non seulement les soldats rwandais (les effectifs des FAR sont multipliés par huit en quelques mois) mais aussi les miliciens interahamwe, fers de lance du génocide. Des militaires français ont aussi participé aux contrôles d’identité chargés d’identifier les Tutsi, y compris quand ceux-ci étaient sous leurs yeux livrés aux miliciens et tués. Au-delà de la défense de la stabilité d’un État allié, mise en avant pour justifier l’engagement français, certains responsables politiques et militaires de notre pays ont poussé la connivence idéologique jusqu’à considérer le Tutsi comme l’ennemi. (…)

Article en intégralité sur le site de Survie (par le groupe Rwanda, 13 mars 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [France génocidaire] L’agent Smith au rapport

[Aix-en-Provence] Le dernier ninja

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331723467.jpgAix-en-Provence : il attaque les policiers au commissariat

Trois policiers du commissariat d’Aix-en-Provence ont vécu un début de soirée dimanche quelque peu mouvementé… Vers 18 h 45, les trois fonctionnaires ont vu débarquer un homme munis de bâtons et de gants utilisés pour les sports de combat. L’inconnu s’est aussitôt jeté sur eux avant de les frapper à de nombreuses reprises.

Finalement maîtrisé, l’agresseur était également porteur d’un couteau, qui se trouvait dans une de ses poches.

Les trois policiers ont été blessés aux mains, au visage et aux jambes. Il se sont vus délivrer cinq jours d’incapacité totale de travail (ITT). Placé en garde à vue, leur agresseur, prénommé Paul et âgé de 23 ans, connu pour des problèmes psychiatriques, a finalement été hospitalisé d’office.

Leur presse (Stéphane Sellami, LeParisien.fr, 12 mars 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Aix-en-Provence] Le dernier ninja

Conférence-débat « Pédagogie & révolution » Samedi 24 mars à Marseille

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331694561.jpg

Publié dans Activités de la CNT, Éducation | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Conférence-débat « Pédagogie & révolution » Samedi 24 mars à Marseille