Nouvelles révoltes au Maroc : Après Taza, le Rif s’embrase

Jours d’émeute dans le nord du Maroc

Depuis plu­sieurs semai­nes, la région de Beni Bouayache au nord-est du Maroc, connaît de fortes « ten­sions socia­les ». Depuis la semaine der­nière, les événements se sont accé­lé­rés, et dif­fu­sés jusqu’à d’autres villes (Nador, Tanger, etc.). Quelques liens et infor­ma­tions en atten­dant mieux…

Beni Bouayache : les émeutes se pour­sui­vent et se pro­pa­gent, les réac­tions se suc­cè­dent

Depuis l’arres­ta­tion de Bachir Benchaib, l’acti­viste du mou­ve­ment 20 février, les émeutes à Béni Bouayache n’ont pas cessé, le bras de fer entre les mani­fes­tants et les auto­ri­tés est devenu quo­ti­dien.

Selon les témoins, les forces de l’ordre ont pro­cédé à semer la ter­reur dans la popu­la­tion en insul­tant les citoyens et les mena­çant de viol si ils pen­sent à adhé­rer au mou­ve­ment pro­tes­ta­taire.

Le mou­ve­ment de pro­tes­ta­tion s’est pro­pagé à Imzouren hier diman­che 11 mars, où les pro­tes­ta­tai­res vou­laient orga­ni­ser une marche de soli­da­rité vers Beni Bouayache. La répres­sion des forces de l’État a dis­persé la foule. Des bles­su­res ont été enre­gis­trées dans les deux côtés, deux voi­tu­res de l’État ont été brû­lées. Suite à ces affron­te­ments 10 per­son­nes ont été arrê­tées dont Driss Hassani, le frère de Kamal Hassani, l’acti­viste rifain du Mouvement du 20 février assas­siné.

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Selon le site Dalil-Rif.com qui a relaté l’infor­ma­tion, pour faire face à la résis­tance rude des mani­fes­tants, l’État avait uti­lisé un héli­co­ptère pour loca­li­ser leur mou­ve­ment. (…)

Leur presse (RifOnline.net, 12 mars 2012)

Quelques infor­ma­tions dis­po­ni­bles aussi sur le site Anthropologie du Présent

Pour suivre les der­niè­res événements (et les relayer), on peut regar­der du côté de Twitter® le tag #Me­dia­ti­ze­Rif

Le site maro­cain Mamfakich.com, animé par des acti­vis­tes, lance un appel contre le bla­ckout média­ti­que. Beaucoup d’infor­ma­tions sont dis­po­ni­bles, en arabe, anglais, ou fran­çais sur son blog d’infor­ma­tion en continu :

Appel à mettre fin au blackout médiatique sur la région du Rif

Les habi­tants de la partie maro­caine du Rif (Beni Bouayach, Imzouren, El Hoceima, etc.) vien­nent de sup­por­ter plu­sieurs jours de répres­sion vio­lente. Des habi­tants ont reporté des cas de vio­lence, har­cè­le­ment et de vol, entre autres.

Dans ce hon­teux bla­ckout média­ti­que, et la dif­fu­sion de dés­in­for­ma­tion, nous appe­lons toutes les forces dans le pays et les médias étrangers à faire la lumière sur ces événements et à assu­rer une cou­ver­ture média­ti­que de cette région.

Le régime maro­cain a montré, une fois de plus, que le res­pect des droits humains n’est pas une prio­rité, avec ou sans la nou­velle cons­ti­tu­tion. Nous appe­lons le nou­veau gou­ver­ne­ment à pren­dre ses res­pon­sa­bi­li­tés, et à concré­ti­ser sa pro­messe de rompre avec les poli­ti­ques du pré­cé­dent gou­ver­ne­ment. Dans une ten­ta­tive de four­nir une cou­ver­ture des événements consis­tente, nous lan­çons l’« Operation Mediatize Rif » avec un suivi 24 h / 24 de ce qui conti­nue de se dérou­ler dans cette région.

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Rebellyon, 14 mars 2012.


Manifestations anti-gouvernementales dans les montagnes pauvres du Rif

Les montagnes du Rif au Maroc, parallèles à la côte méditerranéenne, sont l’une des régions les plus pauvres du pays et elles ont été historiquement marginalisées avec toujours très peu d’investissements publics.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331815410.jpgSelon le Washington Post, des manifestations anti-gouvernementales dans les montagnes pauvres du Rif, au nord du Maroc, se sont propagées, après qu’un deuxième village se soit confronté à la police, occasionnant des blessés graves et 10 arrestations.

Des manifestations ont lieu depuis les 10 derniers jours dans le petit village de Béni Bouâyach suite à l’arrestation d’un militant local. Le dimanche [11 mars], ces marches se sont propagées dans la ville voisine d’Imzouren.

La MAP a rapporté qu’un certain nombre de policiers avaient été blessés quand ils ont arrêté une marche protestataire à Imzouren en direction de Béni Bouâyach. Le rapport indique que des blessés graves, sans plus de détails.

Chakib Al-Khayari, un militant de l’association du Rif pour les droits de l’Homme, a indiqué que 20 policiers avaient été blessés dans les affrontements de dimanche, mais il n’a pas les chiffres des habitants civils blessés. « Nous ne connaissons pas le nombre des blessés parce qu’ils ne peuvent pas aller à l’hôpital, de peur d’être arrêtés », a-t-il dit a l’Associated Press, par téléphone.

Les montagnes du Rif au Maroc, parallèles à la côte méditerranéenne, sont l’une des régions les plus pauvres du pays et elles ont été historiquement marginalisées avec toujours très peu d’investissements publics.

Le 2 mars, des policiers en civil avaient arrêté Benchaïb Bachir, un dirigeant de la section locale du Mouvement pro-démocratie du 20 février, alors qu’il sortait de la mosquée après la prière du soir. La MAP décrit Benchaïb comme un membre d’un gang local, violent et impliqué dans des vols et d’autres activités criminels.

Pendant les jours qui ont suivi, les partisans de Benchaïb ont manifesté pour sa libération, bloquant la route de la ville portuaire d’Al Hoceima (450 kilomètres au nord est de Rabat), et ont observé des sit-in devant le poste de police et des bâtiments gouvernementaux.

À partir du mercredi, la police a commencé à disperser les manifestations avec des gaz lacrymogènes et des canons à eau, puis a lancé une campagne d’arrestations. Les affrontements avec les forces de sécurité se déroulent généralement la nuit, a dit M. al-Khayari, qui estime que quelques 24 personnes avaient été arrêtées.

« J’avais prédit que les protestations, qui incluaient des demandes pour les raccordements d’électricité et d’eau dans leur village, se poursuivraient. Les gens réclament leurs droits et une vie meilleure », a dit Al-Khayari. « Dans cette région, les gens n’ont rien ».

Les montagnes du Rif étaient une république indépendante dans les années 1920, jusqu’en 1926, année de la reconquête de cette région par les Français. Après l’indépendance du pays, le Rif s’était soulevé contre le nouveau gouvernement central marocain en 1958, avant que la rébellion ne soit écrasée.

Les habitants sont principalement des berbères, des populations originelles d’Afrique du Nord et disposant de leur propre langue ; et lors des manifestations, des drapeaux de la République du Rif avaient flotté, ainsi que le drapeau du mouvement berbère à l’échelle de toute l’Afrique du Nord.

Tamurt.info, 15 mars 2012.


Maroc : la police accusée d’exactions dans le Rif frondeur

Une ONG marocaine et les islamistes au pouvoir ont appelé à l’ouverture d’une enquête. Cette demande intervient à la suite d’actes de violence ces derniers jours de la part de la police contre des manifestants dans le Rif, une région pauvre dans le nord du royaume.

Cela fait plusieurs mois que la colère gronde dans le Rif. Cette région du nord du Maroc a une histoire frondeuse. Il y a un an, dans la foulée du printemps arabe, des villages enclavés ont commencé à faire entendre leur voix. Les marches et manifestations se sont multipliées pour plus de travail, moins de corruption ou encore des factures d’eau et d’électricité moins élevées.

À chaque fois, il y a eu des promesses, mais rien n’a vraiment changé. Jusqu’à vendredi dernier [9 mars], où selon les habitants, la police est intervenue avec violence. Des témoins parlent de tirs de balles en caoutchouc, gaz lacrymogènes et matraques. Du jamais vu.

Idem mardi [13 mars]. Après une manifestation de diplômés chômeurs, ce sont les commerces d’un petit village qui aurait été saccagés par la police, selon les habitants. Difficile d’obtenir des informations fiables.

Une explication pour ces interventions musclée serait que les autorités veulent à tout prix étouffer des velléités indépendantistes dans la région. L’association marocaine des droits humain demande en tout cas l’ouverture d’une enquête. Elle dénonce des violations des droits de l’homme.

La police marocaine, de son côté, a procédé à des arrestations. Six personnes ont été interpellées pour désobéissance et outrage aux forces de l’ordre. Aucune enquête n’a été ouverte pour le moment.

Leur presse (RFI, 15 mars 2012)


Pour que cesse toute violence dans le Rif : Vivement un dialogue sérieux et responsable !

Les événements déplorables de Beni Bouâyach, Imzouren et El Hoceima auraient  pu être évités s’il n’y avait pas cette absence de dialogue dans la région du Rif, en général. Sit-in, manifestations et marches de protestation ont duré plus d’une année. Les jeunes avaient plusieurs doléances. Mais à aucun moment, les autorités n’avaient ouvert un dialogue sérieux en vue de trouver des solutions à leurs problèmes.

Il y a plus d’une semaine, des dizaines de jeunes manifestants de Beni Bouâyach entendaient rejoindre El Hoceima, et plus particulièrement le tribunal où un  mis en cause allait être déféré. Une manière de protester contre ce qu’ils qualifient d’« arrestation arbitraire et illégale de leur camarade ». Une information se voulant trop officielle avait attisé le feu en prétendant que le prévenu était recherché depuis huit ans pour vols qualifiés et agressions à l’arme blanche… Beaucoup d’erreurs justifient donc la grogne des jeunes de la région et leurs réactions parfois violentes. « L’un des nôtres, que tout le monde connaît ici, est qualifié par la propagande officielle de criminel, alors qu’il s’agit d’un militant connu ; cela est inadmissible », commente un jeune actif de l’Association nationale des chômeurs au Maroc (ANDCM).

Tout au long de l’année, des photos et vidéos circulaient sur les sites des forums sociaux montrant un certain regain d’intérêt à la chose publique. Beni Bouâyach reste l’une des petites villes où la braise du Mouvement 20 février ne s’est pas éteinte. Chômage, précarité infrastructure dégradée, … telles sont les causes de la dernière explosion sociale. Mais au-delà des revendications légitimes, des intrus et fauteurs de troubles en profitent pour commettre des actes de vandalisme.

Il y aurait un manque de dialogue avec ces jeunes, dont une grande partie est  délaissée par le système socio-économique. Au lieu de dialoguer avec eux, de les orienter, les autorités préfèrent les mater. À Beni Bouâyach, on est confronté à une désobéissance civile. L’approche sécuritaire ne peut aucunement résoudre le problème. Non loin de là, à Taza, l’on avait vécu une situation pareille. En attendant une autre alternative…

Leur presse (Mustapha Elouizi, Libe.ma, 15 mars 2012)


Beni Bouâyach : événements « inexistants » pour les médias marocains

Les affrontements et les manifestations dans le Rif ne sont pas commentés dans la presse marocaine.

Cela fait plus d’une semaine que le Rif est en ébullition suite à l’arrestation d’un manifestant. La ville de Beni Bouâyach et ses environs connaissent des affrontements violents entre les forces de l’ordre et les manifestants occasionnant de nombreux blessés de part et d’autres des belligérants.

Des grands médias internationaux, tels qu’Al Jazeera ou le Washington Post, font l’écho de ces événements dans leurs différentes éditions alors que aucune allusion ne figure dans la presse officielle marocaine.

La 1ère chaîne fait l’impasse sue ces événements, tout comme Médi1 TV et Médi1 qui préfèrent relater ce qui se passe en Algérie plutôt qu’au Maroc. Seul la MAP reprend les communiqués officiels du ministère de l’Intérieur qui évoquent des émeutes et précisent les décomptes des blessés et des arrestations.

Alors que le gouvernement parle de transparence, il est intéressant de se poser la question de pourquoi les médias marocains ne se font pas l’écho de ces événements qui surviennent dans le Rif, comme si rien ne s’y produisait…

Pour Mustapha El Khalfi, le ministre de la Communication qui prône une volonté de réforme des médias nationaux, le challenge est de taille pour leur faire changer de mentalité de façon à ce que la presse nationale informe ses citoyens « avant » les médias étrangers… ou plutôt informe tout court vu que dans ce cas les informations sur ces événements est purement et simplement omise !

Leur presse (Biladi.ma, 15 mars 2012)


Rif : Calme précaire ce matin à Boukidane et Beni Bouayach

La tension a baissé d’un cran à Boukidane. Ce matin [14 mars], c’est un calme précaire qui règne. Dans la soirée du mardi [13 mars], cette petite localité, à 10 kilomètres de Beni Bouayache, a été le théâtre d’affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants.

Mohamed Boujandi, président de la section Imzouren de l’AMDH, assure dans des déclarations à Yabiladi.com, que « ce mercredi, Boukidane a connu l’organisation d’une marche qui s’est terminée par un sit-in au centre du village. Aucune intervention de la police n’a été signalée. Mieux encore, dès les premières heures de la matinée, les forces de l’ordre se sont retirées de Boukidane. » S’agit-il d’un retrait tactique ou d’un réel geste d’apaisement de la part des autorités ? Les prochaines heures apporteront plus d’éclaircissements sur cette question.

Concernant le bilan des incidents de la soirée du mardi, notre interlocuteur avance qu’« il serait prématuré de fournir un chiffre exhaustif de ces affrontements ». Pour étayer ces propos, il cite les cas des blessés qui « refusent de se soigner à l’hôpital de Boukidane par peur d’être arrêtés. Une clinique privée a même interdit de prodiguer des soins à un blessé. » À l’origine de ce regain de tension dans cette petite localité, l’organisation d’une marche pacifique en signe de solidarité avec les habitants de Beni Bouayache. Une initiative avortée à cause de l’intervention des forces de l’ordre, venue en masse, et qui ont fait usage de gaz lacrymogène », estime Mohamed Boujandi, président de la section Imzouren de l’AMDH.

Des revendications sociales avant tout

Quant à la situation à Beni Bouayach, scène d’affrontements entre des manifestants et les forces de l’ordre durant les derniers jours, la vie commence à reprendre son cours. « Depuis plus d’une année, cette localité connaît des marches de jeunes diplômés sans emploi. À ces revendications viennent se greffer des demandes de la population désireuse d’améliorer leur condition de vie. Les habitants souhaitent que Beni Bouayach bénéficie des mêmes projets structurants que Al Hoceima et Imzouren », déclare à Yabiladi.com Mohamed Hammouchi, vice-président de l’association Rif des droits de l’Homme. « Il ne s’agit nullement de revendications politiques mais juste des doléances sociales qui ont dégénéré en affrontements faute de solutions », conclut-il.

Leur presse (Mohammed Jaabouk, Yabiladi.com, 14 mars 2012)


Les émeutes dans le rif : Mise à jour du 14/03/2012

Pillage et saccage des biens privés, Les forces d’ordre montrées du doigt. Lors de leur interventions musclées contre les jeunes protestataires, les forces d’ordre ont procédé au pillage et au saccage des lieux de commerce de Boukidaren, un village voisin de Beni Bouyache.

Selon le site Dalil-Rif.com qui a relayé l’information et en lien avec les émeutes de Beni Bouyache qui ne cessent d’augmenter, le mouvement contestataire s’est propagé aux villages voisins. À Imzouren une manifestation a été dispersée par force. Quant à  Boukidaren, le même scénario : affrontements et pagaille, une grève générale a été annoncée rajoute la source.

Oujda, la capitale orientale du Maroc, a été le théâtre des affrontements sanglants entres des étudiants rifains et les forces de l’Éétat lors d’une marche organisée aujourd’hui à la sortie de l’université de la ville pour soutenir les manifestants de Beni Bouayache.

La diaspora rifaine réagit

De son côté, la diaspora rifaine n’est pas restée les bras croisées, des sit-in ont été organisés le mardi 13 mars à Madrid, à Bilbao et La Haye (Pays-Bas). Quant à Barcelone, une manifestation est prévue pour demain 15 mars devant le consulat du Royaume du Maroc, alors que la capitale européenne Bruxelles qui accueille des centaines de milliers de rifains sera au rendez-vous le vendredi 16 mars.

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Leur presse (RifOnline.net, 14 mars 2012)


Maroc : Une manifestation dispersée à Rabat

La police marocaine a violemment dispersé mercredi [14 mars] à Rabat des manifestants qui souhaitaient organiser un rassemblement de soutien aux habitants du nord du Maroc protestant contre la pauvreté.

Un policier sur place a souligné que la manifestation n’était pas autorisée et il a démenti toute violence contre les participants.

Un journaliste et un photographe de Reuters ont vu au moins trois personnes blessées alors que des dizaines de policiers armés de matraques ont poursuivi de nombreux manifestants dans les rues du centre de la capitale marocaine.

Leur presse (Reuters, 14 mars 2012)


Incidents de Beni Bouayach : Six personnes en détention préventive devant la justice

Le procureur général du Roi près le tribunal de première instance d’Al Hoceima a décidé, mardi, de poursuivre en justice six personnes en détention préventive et quatre autres en état de liberté provisoire et prononcé un non-lieu à l’égard d’un mineur faute de preuves, à la suite des actes de vandalisme qu’a connu Beni Bouayach (province d’Al Hoceima).

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Le parquet a décidé de poursuivre les mis en cause pour “désobéissance, outrage et agression contre les forces de l’ordre lors de l’exercice de leur fonction, dégradation et destruction des biens publics, coups et blessures et port d’armes”, apprend-on de sources sécuritaires.

Violences policières aussi

Le parquet a décidé de remettre à la police judiciaire pour approfondir l’enquête le dossier de neuf autres prévenus soupçonnés d’être également impliqués dans des actes de vandalisme.

Quant à l’Association marocaine des droits de l’Homme et une section locale du Parti islamiste Justice et Développement (PJD) à Beni Bouayach, ils avaient appelé la veille à l’ouverture d’enquêtes à la suite d’actes de violence ces derniers jours de la part de la police contre des manifestants.

L’AMDH réclame “l’ouverture d’une enquête sur les violations des droits humains dans la répression violente de la police contre des mouvements de protestation à Beni Bouayach”, et appelle au “dialogue” pour régler les problèmes sociaux des villageois, dans un communiqué.

Pour sa part, la section locale du PJD a demandé l’envoi d’une “mission parlementaire pour enquêter sur les incidents de Beni Bouayach, notamment la répression violente contre des citoyens innocents”, tout en s’interrogeant sur “les motivations de ceux qui attisent le feu”.

Leur presse (aufait avec MAP, 14 mars 2012)


Émeutes : 8 ans après le séisme, Imzouren explose

IMZOUREN. Ce village, rappelons-le, frappé par un violent séisme le 24 février 2004, refait parler de lui 8 ans plus tard. Cette fois-ci, il fait l’actualité, non pas à cause d’une nouvelle catastrophe naturelle, mais avec une vague de protestations « démesurée ». « Dimanche, quelque 600 personnes, réunies dans cette localité suite à un appel du mouvement du 20 février, voulaient organiser une marche vers Bni Bouayach, « en guise de solidarité » avec les individus arrêtés à la suite des émeutes de jeudi dernier », rapporte Ali Belmeziane, responsable de la branche locale de l’AMDH.

« Alors que les premiers venus saluent vigoureusement les organisateurs, la foule qui s’est rassemblée en quelques minutes a rapidement constitué une marée humaine… c’était peu après 15h dans l’après-midi du 11mars », poursuit-il. Mais dès que les manifestants ont voulu démarrer la procession vers la bourgade de Bni Bouayach, les forces de l’ordre se sont interposées leur bloquant le passage et cherchant à disperser les « activistes ». Bloqués, les manifestants ont riposté, et « c’est à ce moment que des accrochages ont eu lieu ».

Des violences qui vont tout de même durer entre 3 et 4 heures, selon différentes sources. Des observateurs sur place précisent que « les quartiers d’Al Qods, El Kissaria, et Laazib étaient le théâtre d’affrontements qui ont pris fin peu avant 21h ». Difficilement accessibles et en plein chantier de construction, ces endroits ont été rapidement transformés en véritables lieux de guerre. Pneus brûlés, jets de pierres… Imzouren est pour la première fois en proie à la fureur des « membres du mouvement du 20 février ». Motif de la fronde, la « demande express » de libération de 14 fauteurs de trouble qui ont été arrêtés après avoir causé de gros dégâts dans la ville Bni Bouayach, jeudi dernier. « Les autorités ont utilisé des bombes lacrymogènes et des jets d’eau pour faire reculer les casseurs », raconte un témoin. Et d’ajouter : « plusieurs véhicules des forces d’intervention rapide ont été brûlés ».

Le bilan officiel, lui, reconnaît que « des éléments des forces de l’ordre ont été blessés, dont certains grièvement, dans les actes de vandalisme ayant éclaté dimanche dans la ville d’Imzouren, relevant de la province d’Al Hoceima ». Une source médicale note, pour sa part, que « les éléments des forces de l’ordre gravement atteints ont subi des interventions chirurgicales à l’hôpital Mohammed V de la ville d’Al Hoceima ». Pour ce qui est des blessés dans le camp des manifestants, aucune indication du côté officiel. Toutefois, Ali Belmeziane parle de légères blessures et d’une personne qui aurait un membre cassé.

Au terme de cette soirée « sanglante », dix personnes ont été arrêtées après l’intervention des forces de l’ordre pour disperser cette marche de protestation, partie du centre d’Imzouren à destination de la ville de Bni Bouayach. Lundi, et après une soirée mouvementée, la ville d’Imzouren semble reprendre son souffle. Entre désolation et colère, ses habitants sont encore en état de choc. Située à 20 kilomètres à l’est d’Al Hoceïma et à 137 km de Nador, le « séisme de contestation » qui l’a frappée la veille n’est pas prêt d’être oublié. A l’heure où nous mettions sous presse, des associatifs ont affirmé que « la situation peut re-dégénérer à n’importe quel moment ».

D’autant plus, qu’en dépit de la libération des individus incarcérés dans le pénitencier d’Al Hoceima, les manifestants scandent aussi des revendications d’ordre social comme celui des factures d’électricité. « L’on craint que d’autres combats se déclarent surtout dans la nuit. Car les manifestants qui ont pris refuge dans les collines risquent de revenir », souligne un jeune habitant d’Imzouren. Pas de crainte, rassure l’autorité mais sans le dire. En effet, la présence des véhicules des forces de l’ordre qui quadrillent la ville est très visible.

Leur presse (L’Économiste, 13 mars 2012)


Beni Bouayach : un retour au calme sur fond de tension

Les sit-in de protestation observés depuis cinq mois à Bni Bouayach, dans la province d’Al Hoceima, ont fini par tourner à l’émeute avec une réaction très musclée des forces de l’ordre, suivie d’une vingtaine d’arrestations. « C’est après la récente arrestation à Bni Bouayach d’un jeune militant du M20F, que la ville s’est embrasée. Recherché d’après la version officielle de la police, il a été kidnappé alors qu’il sortait de la mosquée. Les militants du mouvement du M20F, les citoyens de la ville et les diplômés chômeurs sont alors descendus mercredi vers minuit dans la rue pour protester contre ces pratiques. Nous avons organisé une marche de Bni Bouayach à Isly (3 km d’El Hoceima, ndlr). Arrivé là bas nous avons eu affaire à un dispositif sécuritaire draconien mais pas agressif. Démobilisé, nous avons préféré retourné à Ajdir (Bni Bouayach, ndlr). Là, certains militants ont levé le drapeau de la « république du Rif » et c’est à ce moment là que tout à basculé… », raconte Fayssal Aoussar, un représentant de l’Association mondiale amazighe.

Des sit-in qui dégénèrent en émeutes

Mercredi vers 1h, les manifestants, qui organisaient un énième sit-in devant le siège de l’ONEP et le siège du pacha de la ville, ont été réprimés par les forces de l’ordre. «  La répression été sanguinaire. La police a été frappée par une hystérie collective. Plusieurs centres commerciaux ont été touchés et leurs vitres brisées. Les arrestations ont atteint le nombre de 20 citoyens parmi eux des mineurs. La peur et les traumatismes moraux règnent gravement dans la ville depuis cet incident. Jeudi, tôt le matin, les interpellations-vérifications d’identités se sont poursuivies », témoigne Fayssal Aoussar. D’autres sources, ayant requis l’anonymat ont parlé durant cette nuit « d’interventions musclées de la police en plus de l’utilisation des camions à jet d’eau et des bombes lacrymogènes pour repousser les manifestants ». Pendant près de 2 heures, la confrontation a fini par des jets de pierre du côté des manifestants et par les arrestations du côté de la police. Cette dernière est restée sur ses gardes durant toute la journée, alors que la ville reprenait son calme. Mais aussitôt, les manifestants sont redescendus dans les rues et le même scénario de la nuit du mercredi à jeudi s’est reproduit avec d’autres arrestations, blessures et désordre dans la ville.

Procès

Des 35 individus arrêtés à la suite des émeutes de Bni Bouayach, seuls 14 sont encore en état d’arrestation. En effet, le procureur général près la cour d’appel d’Al Hoceima a décidé, vendredi, de placer 5 individus en détention à la prison locale de la ville pour leur implication présumée dans des actes de vandalisme à Bni Bouayach. Ces individus sont poursuivis notamment pour « constitution d’une bande criminelle, rassemblement armé, incendie volontaire, agression des forces de l’ordre et dégradation de biens d’autrui ». Rappelons que l’arrestation des prévenus intervient suite à plusieurs plaintes déposées par des citoyens de Bni Bouayach qui disent avoir été affectés par le blocage de la route nationale N 2 reliant Al Hoceima à Taza, la fermeture des locaux commerciaux et l’interdiction de leur accès aux administrations en raison des sit-in organisés devant le pachalik de la ville et le siège de la commune ». Dans ce même dossier, 9 personnes devront défiler devant le TPI d’Al Hoceima. Par ailleurs, le ministère public près le TPI a décidé de mettre en liberté 11 personnes, dont cinq mineurs, faute de preuves d’inculpation.

Leur presse (Le Soir, 13 mars 2012)


La loi des « souffleurs de feu »

Il est difficile aujourd’hui de ne pas se poser les questions qu’il faut sur les soubresauts qui, certainement aggravés, semblent se répandre un peu partout dans les régions du Royaume. Et le mot soubresaut sacrifie à vrai dire à l’euphémisme, car il s’agit bel et bien d’autre chose. Les événements de Beni Bouayach nous interpellent avec une évidence qui se passe de commentaire, ils ont leur part de mystère.

Parce que le Rif comporte une dimension symbolique. Les violences qui ont été perpétrées ne constituent pas un simple épiphénomène, mais sonnent le glas d’une époque, marquée par une accalmie consensuelle. Les événements qui ont pris une tournure violente ont été provoqués au départ par une revendication de nature économique et sociale, à savoir la baisse du prix de l’électricité et de l’abonnement prélevé sur la télévision. Revendication, dira-t-on, corporatiste mais qui a vite fait de dégénérer en affrontements. Le gouvernement a réagi, en en exonérant une partie significative de citoyens de la taxe. Réflexe de prudence et de sagesse qui ne résout pas, tant s’en faut, le problème, ni apaise la colère des populations. Cependant, au-delà de la revendication proprement dite, il existe une sournoise volonté d’instrumentaliser la révolte des populations. En filigrane, elle distille sa stratégie, faite de désordres, de soulèvements, avec l’objectif de déstabiliser. Comme on dit, « il ne faut pas être clerc » pour le voir et comprendre. Les responsables de la sécurité le savent et en sont eux-mêmes convaincus. La preuve existera toujours que des éléments étrangers à la population, des professionnels de l’agitation sont à pied d’œuvre pour semer les troubles.

Des provinces du sud à celles du nord, en passant par Taza, Tanger, Béni Mellal et autres villes, le mouvement de grèves, de protestations, de débrayages sauvages et de violences se répand comme une traînée de poudre, n’épargnant aucun secteur d’activité, surgissant là où l’on ne s’y attend pas. Tant qu’il exprime une revendication précise, légale et juste, il n’encourt aucune peine… En revanche, les actes de violences ne sont pas seulement passibles de sanctions et relèvent du code de procédure pénale, ils sont politiquement douteux. Ils mettent en cause la paix sociale, attentent évidemment à la vie des citoyens et, partant, déstabilisent le pays. S’il ne faut pas céder à la paranoïa de la sinistre « main de l’étranger », nous sommes convaincus par contre que ce vaste mouvement de contestation injustifié en grande partie, parce que trop souvent instrumentalisé, procède d’une volonté rédhibitoire de déstabilisation. Ce qui, en revanche, justifie notre constat quant à l’activisme d’une « Cinquième colonne » qui, involontairement ou directement, « travaille » pour nos adversaires et nos ennemis… Une certaine presse, et non la moindre, y participe allégrement et n’hésite pas à se réjouir de la « curée » contestataire, animée qu’elle est par le souci de vendre du papier et d’étaler ses manchettes. Autrefois, on dénommait les groupuscules qui s’infiltraient dans les mouvements contestataires du nom de « Katangais », spécialisés dans la casse, le désordre et les violences et qui « soufflent le feu » sur la ville. Un mélange de voyous, auxquels se mêlent des chômeurs, aujourd’hui des salafistes à l’œuvre et la bienveillante « Cinquième colonne » qui met à profit tout mouvement.

L’autorité de l’État n’est peut-être pas entamée, ni menacée. Elle est néanmoins interpellée, et plus gravement qu’on ne le pense. Rien ne justifiera à terme son silence. Le Maroc de 2012 a décidé d’avancer sur des chapeaux de roue, fier de ses institutions, de ses femmes et de ses hommes. Il ne pourrait se laisser déborder par ceux qui s’acharnent à détruire son modèle démocratique et ses idéaux.

Leur presse (LeMatin.ma, 13 mars 2012)


Nouvelles révoltes au Maroc : Après Taza, le Rif s’embrase

D’après une source médicale, plusieurs personnes de la province d’Amzorn ont été blessées et transportées d’urgence à l’hôpital Mohammed V d’Al Hoceima, hier, lors d’une manifestation qui a éclaté en émeute.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331816834.jpgAppartenant aux forces publiques, une dizaine de membres ont été blessées, dimanche dernier [11 mars], à des degrés divers de sévérité en raison des émeutes qui ont agité Amzorn, un village avoisinant la ville de Beni Bouayach (Rif). La même source a indiqué que parmi ces blessés, certains ont dû subir une intervention chirurgicale.

Selon les mots d’un agent de police, plus de 10 personnes ont été arrêtées et ce, après l’intervention policière qui a réussi à disperser une fourmillante manifestation qui a causé un tohu-bohu intenable en plein centre ville d’Amzorn (Beni Bouayach), mais cela ne s’était pas fait sans conséquences. En effet, une escalade dans les combats, qui s’est étendue entre manifestants et forces de sécurité n’a, hélas, pas tardé à éclater.

Des vidéos sur Youtube montrent des affrontements violents entre des jeunes qui avaient l’intention d’organiser « un mois de solidarité » avec les victimes des forces de l’ordre mais ces derniers sont intervenus pour les séparer. Les mêmes manifestants avaient aussi protesté contre la cherté de la vie et contre ce qu’ils appellent « la discrimination dans les programmes gouvernementaux », faisant allusion à l’inégalité des villes en matière de projets de développement. Selon des témoins de la région, le calme a été de retour pendant quelques jours, car ces événements ne naissent pas d’hier, mais les affrontements ont réapparu et ont repris d’une manière plus vivace.

Aussi, des manifestants sont-ils sortis, dimanche soir, pour crier haro sur ces dérapages et ce, dans les villes de Tanger, Casablanca, Marrakech et Tétouan.

Pendant ce temps, à 19 heures plus exactement, de nouvelles attaques ont explosé à Beni Bouayach. Les forces de l’ordre ont encerclé la zone, relevant de la province d’Al Hoceima et bloqué la route nationale principale au même titre que plusieurs zones du centre-ville d’Amzorn. Des témoins oculaires disent que des éléments des forces publiques ont lancé une campagne d’arrestations massives dans ce village et ont arrêté quatre jeunes hommes au moins.

Le quotidien arabophone Al Massae rapporte que Béni Bouayach a vécu, jeudi dernier [8 mars], une journée sanglante mais cette fois-ci pour protester contre la hausse des factures d’eau et d’électricité. Ces incidents ont généré jusque là, une vingtaine de blessés et 10 manifestants arrêtés.

Leur presse (Houda Belabd, Yabiladi.com, 12 mars 2012)


Beni Bouayach brûle-t-il ?

La nuit de jeudi à vendredi, comme la précédente, a été très chaude à Beni Bouayach. D’importants renforts de police ont été acheminés depuis Taza et Al Hoceima et ont fait jonction hier dans cette petite localité du Rif où des affrontements très durs entre forces de l’ordre et manifestants ont fait des dizaines de blessés.

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Ce matin, les affrontements continuaient entre la population locale, qui est venue soutenir les manifestants, et la police. Avec des comportements qui se répètent.

Selon le site rifain Arrifinu.net, comme à Taza, des domiciles et des commerces ont été saccagés gratuitement par les forces de l’ordre pour se venger de la population locale. Et, selon des témoins, une trentaine de manifestants ont été arrêtés.

Un témoin contacté par Demain signale que les forces de l’ordre ont insulté et tabassé des gens qui ne manifestaient pas. Quant aux manifestants, ils ont eu droit à brutalité quotidienne des forces de l’ordre dont la plupart des membres ne sont pas originaires de la région afin d’éviter des élans de sympathie envers les manifestants.

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Un tabassé à Beni Bouayach, avec les compliments du Makhzen

La section locale de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) à Al Hoceima a dénoncé dans un communiqué le comportement des forces de l’ordre.

À l’heure où nous publions cet article, les affrontements continuent.

Leur presse (DemainOnline.com, 9 mars 2012)


Nuit d’émeutes à Beni Bouayach

Des troubles ont éclaté cette nuit, vers 1h00 du matin, après l’intervention des forces de l’ordre pour déloger un sit-in pacifique en face de la bachaouia de la ville de Beni Bouayach, dans le Rif. Selon des sources locales, « l’intervention violente de la police » a eu pour effet de chauffer les esprits des activistes qui se sont lancés avec leurs suiveurs dans la rue, suivis, en signe de solidarité, par leurs camarades d’Imzouren et d’autres localités voisines.

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À 2h00, les forces de l’ordre qui sont entrées en force en ville, ont arrêté le responsable local de l’association des diplômés chômeurs, Saïd Ouzghari, qui aurait été violemment tabassé selon ses camarades.

Leur presse (DemainOnline.com, 8 mars 2012)

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3 Responses to Nouvelles révoltes au Maroc : Après Taza, le Rif s’embrase

  1. A.D. says:

    J’aime les gens de cette région, j’ai goûté…à l’hospitalité du Rif (c’était vrai pour tout le Maroc, et généralement dans tous les pays pauvres). Les Rifain-e-s ont souvent été des résistant-e-s, c’est Franco le plus jeune général d’Europe de son temps qui a dirigé la répression et la guerre contre eux. Plus tard la république espagnole l’a embauché pour réprimer la révolte des Asturies. Le rif s’est soulevé à mainte reprises contre les ancêtres de M6, contre le M5, contre la fripouille melikoun Hassan 2, bourreaux et assassins, de père en fils.
    Les Rifain-e-s continuent à lutter.
    Contre le Maghzen.

  2. ***** says:

    Demain, samedi 17, marche antiraciste et anticoloniale à Paris, également en soutien à la juste lutte héroïque du peuple syrien. Départ à 14h à Barbès ; amis du peuple marocain, venez aussi!

  3. Najib says:

    C »est vraiment scandaleux ce qui ce passe dans le rif.
    Ils faut que de plus en plus de gens se mobilisent et s’organisent pour faire face à ce Makhzen abject.

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