[Révolution tunisienne] À Regueb, la lutte paye

La route reliant la délégation de Regueb à Sfax au niveau de la localité d’Ouled Sidi Khelifa a été rouverte, jeudi, après un accord conclu entre les autorités locales et régionales et les protestataires.

Ces derniers revendiquent, notamment, la reconnexion au réseau d’eau potable.

Le délégué du Regueb a indiqué à la TAP que le mouvement observé par les habitants de la localité d’Ouled Sidi Khelifa a été suspendu après le rétablissement de l’électricité à Bir Akerma, point d’approvisionnement de cette zone en eau potable.

Il a ajouté qu’il a été, également, convenu d’embaucher plusieurs jeunes dans des chantiers et d’améliorer la piste reliant Ouled Sidi Khelifa à Saiida et Regueb.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 22 mars 2012)

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[Élections piège à cons] Alerte contre le retour des lois scélérates

Alerte contre le retour des lois scélérates

Après la mort du responsable des tueries de Toulouse et de Montauban, la récupération politicienne ne chôme pas, pour diffuser son modèle autoritaire. Sarkozy annonce aujourd’hui jeudi 22 mars un énième renforcement de sa politique répressive sur fond d’« antiterrorisme ». Sauf qu’il ne s’agit plus d’un replâtrage, mais ni plus ni moins que d’inscrire dans le code pénal la consultation de sites « extrémistes ».

Cette proposition, si elle était votée par le parlement et validée par le conseil constitutionnel, instituerait de fait une surveillance généralisée des internautes (sites internet visités, fréquence…) ; soit par l’État, soit par les fournisseurs d’accès, ce qui reviendrait au même. Bref, le flicage total, à faire passer Big Brother (déjà très jaloux) pour un petit joueur.

Sans compter que la condamnation ne porterait plus sur des faits terroristes, mais sur une intentionnalité présumée. Une personne soucieuse des libertés et qui, par exemple, surveillerait régulièrement un site promouvant la haine, pourrait ainsi être condamnée, sans parler des journalistes indépendants.

Jamais un État dit « démocratique » n’a fait adopter une telle loi. La mesure existe certes déjà, dans le cadre de la répression de la pédophilie ; mais cette disposition n’intervient qu’après coup, souvent par analyse de l’historique de navigation trouvé sur un ordinateur saisi. Ces déclarations sont donc extrêmement graves.

De plus, le flou délibéré des termes employés est pour le moins inquiétant en termes de possibilités répressives :

« Désormais, toute personne qui consultera des sites internet qui font l’apologie du terrorisme ou qui appellent à la haine et la violence sera punie pénalement »

Sarkozy ne risquerait-il pas de tomber sous le coup de ses propres imprécations contre la « haine », avec ses propos sur la « viande halal », sur le « trop d’étrangers » ? Sans parler de son inénarrable ministre Guéant et de sa petite musique sur la « délinquance roumaine », ou « l’inégalité des civilisations »… Quant à la « violence », nul n’ignore qui en détient actuellement le monopole écrasant. Qui est légalement armé dans ce pays, perpétrant ici ou ailleurs des violences à l’égard des populations ? Que dire de l’enfermement et les expulsions, par dizaines de milliers, de personnes dont le seul tort est d’être nées pauvres ? Un chef de l’État donnant des leçons sur la « violence », c’est une sinistre farce.

« Toute personne se rendant à l’étranger pour y suivre des travaux d’endoctrinement à des idéologies conduisant au terrorisme sera puni pénalement »

Qu’est-ce que le terrorisme ? Ce terme a toujours aussi désigné les adversaires au pouvoir ; c’était le mot employé par Vichy contre les résistants… S’il s’agit de recourir à la violence et à la peur pour imposer une vision par la force, on peut d’ailleurs tout aussi bien dire que l’État, ou encore le capitalisme sont des systèmes sociaux terroristes à l’échelle de la planète. Jamais en effet une institution n’aura perpétré, à travers toute l’histoire, autant de morts dans le monde que l’État, et de façon si systémique. En-dehors même des guerres atroces que ses crises ont provoquées, le capitalisme est fondé sur les postulats de la compétition généralisée de tous contre tous, sur le profit et l’exploitation institutionnalisés par le salariat, ayant pour conséquences misère et chômage structurels et de masse, mutilations, suicides et morts au travail. Et surtout, rareté instituée des marchandises par le prix et la spéculation, c’est-à-dire la privation délibérée d’une partie de la population mondiale quant à l’accès aux richesses qui existent pourtant suffisamment pour tous. Ce qui condamne des dizaines de millions de gens chaque année à mourir de faim à travers toute la planète, et près d’un milliard de personnes à être en sous-nutrition, quand la planète produit de quoi nourrir deux fois l’humanité toute entière. Ainsi, si Sarkozy se déplace pour rencontrer ses homologues et faire appliquer les désastreuses préconisations du FMI et des banques à des pays entiers, ne tombe-t-il pas sous le coup de ses déclarations sur les « voyages » pour « travaux d’endoctrinement » ?

« Avec le Premier ministre (François Fillon), j’ai demandé au garde des Sceaux (ministre de la Justice) de mener une réflexion approfondie sur la propagation de ces idéologies dans le milieu carcéral »

On touche là aux sommets de l’ignominie. Qui n’a eu de cesse toutes ces dernières années, au mépris de toute dignité humaine, d’entasser toujours plus de pauvres dans ces mouroirs que sont les prisons françaises si sinistrement réputées en Europe, où peines longues, isolement, humiliations et sévices imposés par l’arbitraire de l’administration pénitentiaire, sont le lot de dizaines de milliers de prisonniers ? Sans parler de l’arsenal judiciaire répressif des peines planchers, de la détention préventive, de la répression des mineurs, etc. Quelle politique honteuse mène aujourd’hui tant de taulards au désespoir, à la folie, à la haine, sinon à la mort ?

« La propagation et l’apologie d’idéologies extrémistes seront réprimées par un délit figurant dans le code pénal, avec les moyens qui sont déjà ceux de la lutte antiterroriste »

On touche là au ponpon du flou répressif tous azimuts. Qu’est-ce qu’une idéologie « extrémiste » ? Sarkozy comparait, au Salon de l’Agriculture en 2011, les affiches gentillettes de France-Nature-Environnement aux dérives des extrémistes islamistes (!) Du coup, cette annonce peut sans nul doute s’appliquer à nombre de personnes, notamment militantes politiques et associatives (Hollande lui-même n’a-t-il pas été qualifié récemment par Sarkozy de vouloir une « épuration » ?) Sans nul doute, en bonne place déjà dans le collimateur, les anarchistes et plus largement les révolutionnaires. Le simple fait de dénoncer les violences institutionnalisées que sont patriarcat, État et capitalisme, et de défendre la réappropriation sociale des décisions, a toujours conduit à la répression. On le sait, la dénonciation de la propriété privée — sanctifiée par les droits de l’homme riche — constitue un crime impardonnable pour la bourgeoisie et ses défenseurs zélés.

Sans nul doute, si ces annonces étaient appliquées dans les termes aujourd’hui prononcés, il s’agirait non seulement d’un retour aux lois scélérates, mais d’un  basculement dans une dictature de type fasciste.

Pour en revenir au tueur de Toulouse et de Montauban, il est évident pour nous que le fascisme, pas plus hier qu’aujourd’hui, ne peut se combattre par le recours à la répression d’État. L’État sécrète lui-même, de par sa nature toujours plus autoritaire, la discrimination et la haine, la misère de l’exploitation, la violence instituée. C’est par la lutte pied à pied, au quotidien, contre les violences institutionnelles, et par la solidarité, que nous ferons reculer le fascisme… et ce qui le nourrit.

Juanito, groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste 86

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[Ivry-sur-Seine] Coursé par la police, un jeune homme est mort

Ivry-sur-Seine en deuil

Le 11 mars 2012 une fois encore la police a frappé à Ivry-sur-Seine.

Le bilan, comme d’habitude : un mort, et comme d’habitude : un jeune de confession musulmane, un jeune de 17 ans…

Le jeune adolescent connu pour sa gentillesse et sa droiture venait d’acheter une moto et rentrait chez lui sans avoir eu le temps d’acheter le casque. Il est aussitôt repéré par l’une des nombreuses patrouilles de police qui sillonnent la ville en permanence.

Cependant au lieu de l’arrêter ou d’aller chez lui directement le sermonner (c’est la police du quartier…) ils font mine de le courser. Des témoins disent qu’ils avaient fait usage d’un flash-ball … C’est le piège … L’adolescent réagit bien sûr, prend panique et fuit.

Commence alors une folle course poursuite et l’accident était inévitable, contre une voiture dans des circonstances non élucidées. L’adolescent décède après 24 heures de souffrance.

Entre-temps la route est redevenue comme avant, comme s’il ne s’était rien passé, aussitôt nettoyée des traces gênantes…

Et pas une âme qui réagisse, ne serait-ce que par compassion pour sa famille, en particulier sa mère, ou pour cet adolescent lui-même qui n’a rien fait de si grave que cela mérite la mort !

Bravo M. Sarkozy … vous pouvez compter dans votre tableau de chasse un adolescent musulman … encore un … grâce à une police qui prend de plus ou plus l’allure de milices.

Pour un délit si minime fallait-il vraiment cinq voitures de police, toutes sirènes lâchées comme dans un rodéo ?!! C’est cela la « délinquance » des banlieues ? Un garçon qui essaie sa moto sans casque à quelques dizaines de mètres de son domicile… ? C’est cela qui justifie de mobiliser des forces de police disproportionnées muni de leur arsenal de flash ball et sûr de LEUR IMPUNITÉ !!

La famille s’est présentée au commissariat pour savoir quel crime avait commis leur enfant pour que cela ait conduit à sa mort ; comme seule réponse les rues avoisinantes se sont remplies d’une vingtaine de bus anti-émeute. Une telle démesure est-elle raisonnable ?

Nous adressons notre appel à tous les citoyens qui ont encore une once d’humanité, pour qu’ils réagissent devant une telle infamie.

Montrez votre indignation, dites aux élus qu’ils doivent avoir honte de se taire devant une telle pratique policière.

Exprimez votre colère devant cette injustice qui n’a d’égale que le silence coupable.

Alors faites à ce que l’information soit le plus possible sur la place publique (tract internet journaux etc.), exigez une enquête que la mort d’un innocent ne se passe pas dans cette horrible indifférence.

CLAP 33

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[Maroc] « Première flamme d’une insurrection »

Tout a commencé par l’arrestation d’un militant berbère
Le Rif s’embrase

Le Rif du Maroc s’embrase de jour en jour. Aux manifestations pacifiques des citoyens réclamant un meilleur cadre de vie et plus de libertés, la police royale répond par des représailles et des intimidations.

Des échos font état de plusieurs blessés de part et d’autre. Tout a commencé le 2 mars dernier, lorsqu’un dirigeant de la section locale du Mouvement pro démocratie du 20 février, Bachir Benchaïb que le pouvoir décrit comme « un membre d’un gang local, violent et impliqué dans des vols et d’autres activités criminelles » a été arrêté par la police civile. Des manifestations ont ainsi éclaté pour réclamer sa libération. Pendant les jours qui ont suivi, les manifestants, jeunes et moins jeunes sont sortis dans la rue, bloquant la route de la ville portuaire d’Al Hoceima (450 kilomètres au nord est de Rabat) et ont observé des sit-in devant le poste de police et les bâtiments gouvernementaux. Au début, la protesta se limitait à la seule localité At Bouayache, dans la province d’El Hoceima, avant de gagner du terrain et s’étendre vers les localités limitrophes. Ayant sûrement mesuré la gravité de la situation, la monarchie a vite fait de riposter à cette vague de protestation. Afin de tenter de stopper l’hémorragie, le pouvoir a déployé ses forces à travers cette région constituée dans sa majorité d’une population berbérophone. D’ailleurs, en plus du drapeau quadricolore amazigh, celui de la République du Rif a été également déployé lors des différentes manifestations. C’est là, d’ailleurs, une chose qui a fait sortir de ses gonds la monarchie, usant de tous ses moyens policiers pour essayer d’étouffer la protestation. Une protestation qui ne date pas d’aujourd’hui au Maroc. La région du Rif est, pour rappel, connue pour être la région la plus réfractaire du royaume. En 1958 déjà, la population locale s’était soulevée contre le gouvernement en place. Les Rifains récidivent en 1984 en initiant des actions de rue pour réclamer plus de libertés et surtout l’amélioration de leur cadre de vie. Il faut dire, en effet, que cette contrée du nord du Maroc a toujours été marginalisée par la monarchie chérifienne. Certains observateurs considèrent cette mise à l’écart comme une sanction contre cette région pour des considérations politiques. Sous le règne de Hassan ll, le Rif n’a bénéficié que de quelques bribes de projets de développement. Il fallut attendre la venue au pouvoir de l’actuel monarque, succédant à son père décédé en 1999, pour que la région voie venir quelques projets. Mais des projets jugés insuffisants. Résultats, le Rif avec ses différentes provinces continue à vivoter dans une misère sans pareille. C’est d’ailleurs pour cela que la population n’a pas hésité un instant à adhérer au mouvement du 20 février 2011. Depuis, les mouvements de protestation n’ont pas cessé dans cette région montagneuse. Seulement, si au départ la contestation s’était limitée à des revendications sociales, depuis début mars de l’année en cours, elle a plutôt tendance à se politiser, d’où les craintes grandissantes de la monarchie qui essaye à tout prix de réprimer la manifestation. Aujourd’hui, on parle de « l’indépendance du Rif », comme l’une des revendications des manifestants. Ainsi, un fort déploiement de la police et des différents services de sécurité ont été envoyés en renfort sur place. Ces derniers n’hésitent d’ailleurs pas afin de réussir leur mission, d’utiliser « la manière forte ». On parle, en effet, de véritables scènes de guerre dans la région. Certains titres de presse, citant des sources locales, rapportent le saccage et les comportements brutaux des « agents de l’ordre ».

Des pratiques qui ne semblent pas dissuader les manifestants qui continuent à investir la rue même si hier, la protestation a baissé d’intensité, contrairement aux quelques derniers jours. Mais rien ne dit que les Rifains baisseront les bras. En somme, certains observateurs vont jusqu’à dire qu’il s’agit là d’une « première flamme d’une insurrection ».

La Dépêche de Kabylie, 21 mars 2012.

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Sened (gouvernorat de Gafsa) (2)

Nouvelle grève générale à Essened

Une grève générale observée, jeudi 22 mars 2012, à Essened, dans le gouvernorat de Gafsa a paralysé toute l’activité socio-économique dans la région. Les protestataires demandent la création « de vraies opportunités de développement » et revendiquent le droit à un emploi.

La prestation de services dans les établissements publics et financiers s’est interrompue et tous les commerces ont fermé leurs portes. Seul l’hôpital local d’Essened est resté ouvert.

Une marche de protestation a sillonné la principale avenue de la localité. Les manifestants ont scandé des slogans qui dénoncent « la politique de marginalisation dont souffre la délégation d’Essened ».

Il s’agit de la deuxième grève observée par les habitants de cette délégation, en réaction contre l’indifférence des autorités face aux revendications de la région, peut-on lire dans un communiqué publié à cette occasion. La grève sera suspendue pendant 4 jours à partir de samedi prochain pour assurer la prestation de services aux citoyens.

Une nouvelle grève sera programmée si ces demandes ne sont pas satisfaites, affirment les protestataires qui menacent de désobéissance civile.

Depuis jeudi matin, le gouverneur de la région est injoignable.

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 22 mars 2012)

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[Paris] Récit de la manifestation du 17 mars contre les expulsions

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Ce texte est un simple récit. Il ne prétend pas être parfait ni retranscrire l’ensemble des évènements ni leur exactitude. C’est un point de vue et les impressions du moment pour ceux et celles qui n’y étaient pas. Commentaires, photos et vidéos (visages floutés) bienvenues !

Arrivée à Alexandre Dumas à 13h10, une petite foule s’est déjà amassée sur le trottoir à gauche de la bouche de métro. Les gens se regardent et se saluent, commencent à discuter. Un camarade dit l’air un peu dégouté. « Ah… ya pas énormément de monde ». Un autre lui répond ironiquement « Patience, c’est pas le premier mai ». Il y a un peu moins de 200 personnes.

On fignole les préparatifs. Des gens ont ramené des autocollants couleurs sur plusieurs thèmes (squat/logement, mais aussi prisons, révoltes, grève, liberté de circulation et frontières, nucléaire, etc.) et des fumigènes.

Les banderoles sont hissées sur des manches en bois et le cortège qui a déjà bien grossi commence à se mettre en branle sur le boulevard de Charonne.

On lit en vrac sur les banderoles : sur celle de tête « Un logement pour tous » et je ne sais plus quoi, une autre immense au milieu « La restructuration urbaine : c’est la chasse aux pauvres », une autre en blanc sur noir « Si tu veux être heureux, pends ton propriétaire », une autre en français et en arabe « Ni gauche ni droite : liberté ! », et une en noir sur fond rouge « Contre toutes les expulsions : grève des loyers – occupations – autodéfense. Abolition de la propriété privée ! » avec des illustrations. Il y a maintenant autour de 450 personnes environ. La manif qui part vers 13h30 fait le tour du quartier.

L’ambiance est bien chaude, la batucada qui est lancée fait son petit effet, quoi qu’on en dise. Une petite camionnette recouverte d’affiches crache par le son de sa sono quelques slogans et notamment « Les maisons sont vides : occupation ! Les loyers sont trop chers : occupation ! » reprise en choeur et à quoi la manif répond « Grève, grève, grève des loyers ! Crève, crève, crève les huissiers ! » tout au long du parcours. On remonte la rue d’Avron en direction du périph’ et les gens dans la rue et aux fenêtres sont souvent contents. La manif a encore grossi, rejointe par quelques retardataires et passant-e-s acquis-es à l’ambiance.

D’autres slogans assez sympatiques et offensifs fusent : « J’y suis, j’y reste : on ne m’expulsera pas ! », « Explusion = baston, nouvelle occupation ! », « Des beaux quartiers, mais sans policiers » ou encore « Des maisons, pas des prisons ».

Contre toute attente, les flics se font discrets quoique présents (quelques civils qui se baladent dont un coupé Citroën C5 couleur beige sombre / mat ivoire, en queue de manif, des flics à vélo qui se font plus ou moins refoulés en tentant de passer dans la manif à un moment, et enfin la bagnole et les motos-crottes en tête mais sans accrochage et les gens restent alertent et réactifs). Sur tout le parcours, plusieurs tags sont posés avec ou sans pochoirs sur les agences immobilières, les promoteurs (Bouygues, etc.) ou encore les banques tels que « Le capitalisme fait crever les peuples : crevons le capitalisme » ou encore « Contre les expulsions et le marché de l’immobilier: squattons ! ». Des affiches sont aussi systématiquement collées sur les profiteurs de misère sus-cités. Une notamment qui dit  » Spéculation immobilière, rénovation urbaine, gentrification : squat, réappropriation, grève des loyers. Ne laissons pas le quartier aux riches ». Tout le long de la manif, des pétards éclatent.

Une banderole immense en solidarité avec les inculpé-e-s de l’affaire dite de la « dépanneuse » en « anti-terroriste » (Inès, Javier, Damien, Ivan, Bruno et Franck) a été préalablement attachée sur un pont au-dessus de la rue d’Avron par des petites mains agiles : « Police, Justice, Guerre… Le terroriste c’est l’État. Propageons la révolte et nos mauvaises intentions ».

La manif arrive enfin au rond-point de la porte de Montreuil et plusieurs pétards sont jetés. On danse, on crie, on chante les slogans à tue-tête. Un camarade lâche « on est plus nombreux que la manif du DAL », et surtout, quelle ambiance. Malgré un certain « calme », ça nous change des manifs de soce-dems. Un gros tag « Plutôt squatteurs que procureurs » est posé sur un mur.

On passe le périph’ et une camarade à la sono prévient « on arrive à Montreuil », les slogans et la manif sont bien accueillis rue de Paris, un autre slogan presque dérisoire fuse pendant quelques secondes « Contre la vie chère, et le chômage : grève, pillage, et sabotage » et encore « Grève des loyers » et les autres qui sont repris en boucle. Plusieurs passant-e-s applaudissent et sourient ou commencent à danser sur le rythme de la batucada et suivent. Après un « Gauche, droite, même arnaque », un mec s’énerve depuis la terrasse d’un café et crie « Non la gauche c’est bien, et la droite c’est nul » (sic). Et la manif continue.

Arrivée à Croix-de-Chavaux, plusieurs tracts sont distribués. On en retiendra un pour l’anecdote, appelé « Les 3 petits cochons » et qui n’est ni plus ni moins que la gentrification et les expulsions locatives (et quelques moyens d’y remédier) expliquées aux enfants (petits et grands) avec des loups flics et des maisons en carton. Et un autre « Petites chroniques bellevilloises » avec des brèves sur le quartier du 20e arrondissement. Ou encore évidemment celui de la manif.

Les banderoles sont alignées une dernière fois sur la place de la Croix-de-Chavaux dont une contre Hochard (le chef de l’A.S.V.P, la milice montreuilloise qui expulse -entre autres-) aux sons de « Squattons ! squattons : ça fait une occupation » et de quelques slogans chantés en occupant la rue pendant une petite demi-heure. La pluie a finalement sonné l’ordre de dispersion que personne n’aurait jamais donné.

Au vu du monde et de l’ambiance de la manif, on se dit que l’auto-organisation finit par payer. En effet : vivement la prochaine… et qui sait, avec plus de monde encore. Car en attendant les expulsions « reprennent » et continuent.

Contre la restructuration urbaine, la gentrification et toutes les expulsions : squats et nouvelles occupations ! Vive la grève des loyers ! Abolition de la propriété privée !

Indymedia Paris, 19 mars 2012.

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Manifestation « vie volées » Samedi 24 mars

COMMUNIQUÉ DE PRESSE
COMMÉMORATION DES VICTIMES DE LA POLICE :
MANIFESTATION et CONCERT À LA LIGNE 13

Le collectif Vies Volées (qui réunit les comités Ali ZIRI, Lamine DIENG, Mahamadou MAREGA, Abou Bakari TANDIA, Abdelhakim AJIMI…)
Vous invite à la seconde édition de la Commémoration nationale des victimes de la police :
Le Samedi 24 mars de 14h à 18h
Manifestation à Paris de la place de l’Opéra à la fontaine des Innocents.

Chaque année des dizaines de personnes se font tuées par la police. En plus de la mort violente infligée par des fonctionnaires de l’état qui doivent selon leur code de déontologie veiller au respect et à la dignité des personnes, la mémoire des défunts est constamment salie, la vérité sur la circonstance de leurs morts rarement établie au grand jour et les policiers pratiquement jamais condamnés.

Des gens se font tuer, des familles se font humilier.

Les familles doivent se battre pour connaitre les circonstances exactes du drame, pour être entendues et respectées en qualité de victime tandis que la police (les responsables) exerce des pressions de part et d’autre afin de ne jamais endosser la responsabilité de leurs actes.

On a pu encore le constater récemment à l’encontre de la plaque commémorative pour Ali Ziri, tué par la police en Juin 2009, et lors du procès des meurtriers d’Abdelhakim Ajimi où les policiers inculpés n’ont écopé que de deux peines avec sursis, mais leurs collègues s’autorisent à contester cette décision de justice en manifestant leur mécontentement et allant jusqu’à menacer de démissionner…

LÀ OÙ NOUS RÉCLAMONS L’ÉGALITE ET UNE JUSTICE IMPARTIALE LA POLICE RÉCLAME TOUJOURS PLUS DE POUVOIR ET D’IMPUNITÉ.

Les familles réclament et exigent de la part de l’État, la justice et sa police :

• La reconnaissance des crimes et le jugement des criminels,

• Du respect pour les victimes et leurs proches,

• La mise en cause des méthodes d’interpellation et l’arbitraire dont peut user la police,

• La reconnaissance publique de la mémoire des victimes et les circonstances de leurs morts, par la pose d’une plaque commémorative pour chaque victime sur le lieu du crime ou un espace choisi par les familles.

Contactez-nous et rejoignez le Collectif des familles (Mail) :

• Concert à la ligne 13 à St-Denis à partir de 20h. Les fonds seront entièrement reversés à la famille Ajimi.

• Plus d’infos sur le Site. Contact presse : 068771772 ou 0627629395.

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24 mars 2012 : Notre-Dame-des-Landes s’invite à Nantes

Le 24 mars 2012, trois cortèges s’élanceront de la périphérie nantaise pour se rejoindre dans le centre. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants, accompagnés de tracteurs et de vélos marcheront par le nord, l’est et le sud de la ville avant de se retrouver en son cœur, dans son avenue la plus imposante, pour y déployer une occupation jusqu’à la nuit tombée. Le 24 mars, c’est le champ de tensions qui se déplace, c’est Notre-Dame-des-Landes qui s’invite à Nantes.

Depuis quelques temps, la situation sur la ZAD (Zone d’Aménagement Différé, rebatisée pour l’heure Zone À Défendre) n’a plus rien de calme. Vinci a obtenu la concession, les financements sont attribués, les juges d’expropriation s’activent.

Reste que les maisons occupées et les propriétés agricoles font encore barrage à l’avancée du projet, elles sont même le dernier maillon qui empêche le début des travaux. Et ce n’est pas par un heureux hasard si la ZAD n’a jamais été aussi peuplée que cette dernière année : la perspective de devoir résister aux premières tentatives d’expulsion et expropriation, dans les mois qui viennent, pousse à gagner en détermination.

La journée du 24 mars est une étape qui réunit une double exigence. Celle de porter massivement le conflit hors de la ZAD, de le rendre criant et incontournable, et celle de se préparer ensemble aux mois de résistance qui se profilent devant nous. D’un coté, il faut reconnaître qu’il n’y a plus de médiation politique possible : ce n’est pas par la seule force du nombre et de l’opinion publique que nous gagnerons. De l’autre, il faut comprendre tactiquement ce qui fait tenir le projet pour ajuster efficacement nos coups.

Le 24 mars, nous bloquerons, pour un temps, le centre-ville de Nantes. L’idée est simple : conquérir un boulevard pour y partager à des milliers une des principales pratiques des opposants au projet, l’occupation. Et que chacun, à sa manière, puisse se ressaisir de la lutte contre l’aéroport, en acte.

Pour que cette journée soit un pas en avant, il faudra faire en sorte qu’elle aille au-delà de la seule dimension symbolique des traditionnelles grandes mobilisations. Il faudra le faire avec à chaque fois une attention particulière à ce que les gestes portés résonnent collectivement. Pour la lutte contre l’aéroport, cette journée prépare à l’arrivée des bulldozers. Elle doit nous permette de gagner en confiance, d’envisager sereinement le durcissement de la bataille.

Nous luttons ici contre un aéroport, alors que d’autres luttent contre les lignes de trains à grande vitesse au Val Susa et au pays Basque, contre une centrale à gaz dans le Finistère, contre un barrage au Portugal, contre le nucléaire ou les lignes THT dans le Cotentin, etc. À chaque fois, c’est un même front qui prend corps localement. En Bretagne, le ravalement de tous les centres des grandes villes (de Nantes à Brest et de St Nazaire à Rennes), la future ligne de TGV Rennes-Nantes, la future centrale à gaz de Landivisieau ou encore l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes font partie d’une même dynamique qui n’a qu’un but : accélérer sans cesse la circulation des flux. Elle porte le nom de Métropole. Et il suffirait de retirer la loupe pour comprendre que cette affaire est mondiale. Ce n’est pas par ironie que le maire de Nantes lui-même affirme que l’aéroport se pense déjà, au travers de ses futures dessertes, dans un réseau de flux européens reliant l’ouest de la France à l’Italie et au Portugal.

Le plus troublant, sans doute, est que les anciennes figures du pouvoir ne nous font plus face. Le pouvoir s’est diffusé au-delà de la scène de la politique classique. Celle où il assure sa fonction depuis sa forme représentative, théatralisée. En Italie, si Mario Monti n’a pas eu besoin d’élections pour remplacer Berlusconi, c’est parce qu’aux yeux de tous, il n’est pas un politicien mais un technicien qui doit réparer les problèmes économiques du pays. Seul un technicien peut, par-delà les divergences politiques, être protégé des secousses de l’opinion publique pour mener à bien les réformes. « Il potere è logistico » est un tag apparu ces derniers mois sur les murs du Val Susa. « Le pouvoir est logistique » voilà la forme qu’il prend quand il n’y a plus ni centre à conquérir, ni tête à décapiter.

Et quand des franges entières de la population se montrent rétives à son avancée, c’est toute sa brutalité qui est mise à nu. Au Val Susa comme à la ZAD, la zone est militarisée. Le 29 février dernier un des NoTAV a frôlé la mort. Lors de l’expulsion de la Baïta — chalet occupé par le mouvement — Lucca monte à un poteau électrique pour ralentir l’opération. Poursuivi jusqu’en haut par la police, il est touché par un arc électrique et tombe. Il faudra plusieurs heures pour que les forces de l’ordre autorisent les ambulances à l’emmener. S’organiser contre les infrastructures et lutter contre les dispositifs de gestion des populations s’inscrivent dans un même mouvement. L’un marche avec l’autre parce que pour le pouvoir il est inadmissible que d’autres réalités s’inventent. Notre affaire consiste à attaquer ce qui nous empêche physiquement de vivre autrement, de vivre pleinement.

« Non à l’aéroport », « No TAV », « Stop THT » : ce qui s’exprime ici c’est la puissance du refus. Le Non veut nier le pouvoir et non plus le prendre. Le Non présage d’un au-delà au nihilisme, d’une invention pratique d’autres voies. À commencer par les liens. Ils ne sont plus qu’une somme de rapports désaffectés. L’étrangeté entre soi et les autres, la séparation entre soi et l’environnement conquièrent les existences jusqu’à leurs derniers recoins. À l’inverse, quand une lutte se déploie, elle promet toujours de mettre à mal cette cynique économie des liens. Comme lors d’une grève, le conflit même oblige à prendre parti. Une géographie et un commun inédits se dessinent. Dans le Val Susa, il est possible d’esquisser une carte de la vallée entre les maisons, les garages, les bars ou les coiffeurs qui se rangent du côté des SiTAV ou des NoTAV. Dans le Cotentin, lors des réunions ou des actions qui ont suivies le camp antinucléaire de Valognes [Camp qui a permis le blocage, pour quelques heures, du départ du train de déchets nucléaire CASTOR de La Hague vers Gorleben en Allemagne.], les sensibilités opposées au projet de ligne THT ont pu se trouver. Un château d’eau désaffecté a même été offert comme base pour le mouvement. À Notre-Dame-des-Landes, ce sont, notamment, quelques dizaines de maisons occupées et de cabanes dans les bois, des jardins collectifs et des chemins de traverse qui redéfinissent les lieux.

À chaque fois qu’un presidio [Presidio désigne, dans le mouvement NoTAV, un campement ou un espace occupé qui sert de base à la lutte et de lieu de vie collective.], une maison ou un terrain est expulsé, ce qui est mis à mal c’est le peuplement de ces lieux où des mondes particuliers se déploient. Pour laisser place à des espaces indifférenciés, interchangeables, vides de toutes nouvelles possibilités. De là, nous voulons que la journée du 24 mars, soit l’exact mouvement inverse : que nous percions, dans le quadrillage métropolitain, un lieu nôtre à tenir ensemble, à notre manière, le temps que nous décidons.

Désormais, agir au seul niveau symbolique n’est plus opérant. Les actions qui s’évertuent à montrer la désolation que ces infrastructures produisent sont inefficaces puisqu’elle s’étale là, sous nos yeux. Fukushima a parlé pour le nucléaire. Pour l’aéroport, la destruction de 2000 hectares de bocage laisse peu d’ambiguïté sur la sensibilité des aménageurs. La difficulté n’est plus tant de convaincre que de trouver comment les combattre.

Jusque-là, les opposants à l’aéroport se battent contre un projet qui est encore peu concret. Pourtant, nous avons gagné du terrain à chaque fois que nous avons empêché pratiquement l’avancée des travaux, que nous avons renvoyé les juges d’expropriation ou les machines venues faire les carottages de terre. Et si le chantier s’installe, face à sa matérialité cendreuse, c’est cette même intuition qu’il nous faudra déployer : bloquer l’arrivée des machines, les voies d’accès que la police emprunte, etc.

Une autre donnée est la circulation. Depuis le camp climat de 2009, la lutte à Notre-Dame-des-Landes est forte d’un passage permanent. Les occasions ne manquent pas : les visites au hasard d’un voyage, les différents camps ou les appels à occuper, comme la manifestation du 7 mai dernier qui a permis d’investir un terrain pour y construire un jardin collectif et y habiter. Cette lutte est l’affaire de tous. En plus d’accueillir des opposants qui viennent de toutes parts, elle doit maintenant sortir du simple espace de la ZAD.

La journée du 24 mars est un appel à ce que tous les opposants au projet, quelque soit l’endroit d’où ils viennent, se retrouvent, éprouvent un élan commun. C’est un pas en avant pour que le conflit contamine Nantes. Un pas qui en invite un autre : que la lutte se propage partout où la colonisation de l’espace est à l’œuvre. Pour qu’ensuite, il soit possible qu’aux premières tentatives d’expulsions, des gestes de lutte contre le projet se fassent écho dans tous les coins du pays.

Pour que l’aéroport ne se fasse pas, il nous faut gagner du terrain : multiplier les occupations à Notre-Dame-des-Landes [Un appel à une manifestation de réoccupation pour le 4e samedi suivant la première expulsion.], empêcher les expulsions, bloquer les voies d’accès des machines, de la police, répandre la lutte contre l’aéroport partout où il est possible de s’en ressaisir pratiquement. Mais pour commencer, il nous faut nous retrouver samedi 24 mars, à Nantes, pour éprouver, comme à Valognes, comme au Val Susa, notre puissance d’agir collective et nous promettre que la suite ne sera désormais plus en-deçà. À samedi !

Des participants à la journée du 24 mars !

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Occupation de la direction régionale de Pôle Emploi à Villeneuve d’Ascq

Le collectif chômeur-ses / précaires ouvre une brèche dans le mur Pôle Emploi

Ce mercredi 21 mars, peu avant 9h, nous étions une vingtaine à investir les locaux de la direction régionale de Pôle Emploi à Villeneuve d’Ascq. Parmi nous, Philippe bien sûr, qui en est alors à son vingt et unième jour de grève de la faim, plus quelques indigné-es et des membres de Sud étudiant-es. Puis, à partir de 9h15, c’est une soixantaine de membres du Comité des Sans-Papiers 59 qui nous ont rejoint et ont entonné des chants de soutien à l’extérieur des locaux.

« LE SYNDICALISME N’EST PAS DU TERRORISME »

Dans le hall d’accueil, toute la matinée fut marquée par le dialogue de sourd mené par le directeur adjoint à la sécurité et au bâtiment (!), M. Régis Museur. Celui-ci nous accuse à demi-mots d’être violent-es, de « compromettre la sécurité des locaux » et refuse « de négocier sous la contrainte ». Rien à voir selon lui, avec la « violence » ni même la « contrainte » exercée par Pôle Emploi à travers, par exemple, les menaces systématiques de radiations en cas d’absence à une convocation. Certainement, M. Régis Museur préfère que les chômeur-ses retournent la violence contre eux, quitte à prendre les risques d’une grève de la faim, plutôt que d’accepter de prendre en compte leurs revendications lorsqu’ils font le choix de s’organiser. Après une vague promesse de réception que nous déclinons (les promesses n’engagent que les imbéciles qui y croient), ce dernier finit par appeler la police. C’est donc sous la menace d’une évacuation manu-militari, et avec une présence policière continue, que l’occupation se poursuivra jusqu’à 13h15.

LE SOUTIEN DU SNU

Dehors, trois syndicalistes du SNU — syndicat majoritaire de Pôle Emploi — nous rejoignent. Ils ont quitté une réunion de travail pour venir manifester leur solidarité et témoigner de la dégradation des conditions de travail subie à l’intérieur de l’institution par les salarié-es de Pôle Emploi. Pendant ce temps, la police s’est postée aux entrées du bâtiment et scinde le groupe des occupant-es en deux parties.

Finalement, c’est avec le directeur régional lui-même, revenu en catastrophe de Maubeuge, que nous finirons de parlementer. Vers 13h15, la quinzaine d’occupant-es encore à l’intérieur décide de quitter les locaux en l’échange d’une réunion, l’après-midi même, pour étudier le cas de Philippe et d’une autre réunion, jeudi 29 mars, destinée à étudier nos revendications [Nos revendications à ce jour : des tableaux d’affichage libre dans toutes les agences de la région, une visibilité claire sur les chiffres et la situation des demandeur-euses d’emploi dans la région (motifs et nombres de radiations, crédits alloués à la sous traitance privée…), l’arrêt des radiations pour manquement à une convocation, la fin de la dématérialisation : les rendez-vous doivent être pris d’un commun accord entre le/la demandeur-euse d’emploi et le/la conseiller-e, la suppression des délais de carence, la suppression de l’Offre raisonnable d’emploi pour les RSAstes, la titularisation des personnels précaires des agences Pôle Emploi de la métropole lilloise, une obligation de la part de Pôle Emploi d’informer les usagers sur leurs droits.]. À cette occasion, nous comptons bien réunir le plus de dossiers possibles pour obtenir que des radiations soient annulées. Des membres du CSP 59 seront également présents au sein de la délégation. Nous soulignons que ce jour aucune réponse claire n’a été donnée par la direction régionale quant aux recours aux lampes UV au sein des agences pour vérifier l’authenticité des papiers d’identité. Sous couvert de la chasse « aux escrocs des assedic », nous dénonçons ce dispositif qui se fait en lien direct avec la Préfecture afin de collaborer à la traque aux sans-papiers. La langue de bois à ce sujet perdure et nous exigeons donc le retrait des lampes UV de toutes les agences de la région.

Le collectif des chômeur-euses et précaires de Lille tient à remercier chaleureusement le Comité des Sans Papiers 59 pour son soutien à l’égard des occupant-es.

Nous rappelons que demain, jeudi 22 mars, une conférence de presse aura lieu pour faire le point sur la lutte menée par notre camarade Philippe à 13h30 devant la mairie d’Hellemmes.

Nous appelons tous les chômeur-ses qui auraient un litige avec Pôle Emploi à prendre contact avec nous et à nous soumettre leurs dossiers avant la réunion du 29 mars prochain.

Nous appelons dores et déjà à un rassemblement, jeudi 29 mars prochain, en appui à la délégation qui sera reçue par la direction. Nous communiquerons l’heure du rendez-vous dès que nous en disposerons.

N.B. : Suite au rendez-vous de cette après-midi, Philippe a décidé de mettre entre parenthèses sa grève de la faim.

Ce n’est qu’un début ! C’est la lutte qui commence !

Collectif chômeur-ses / précaires de Lille,  21 mars 2012.

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[Mali] Coup de force à Bamako : armée dégage !

Les mutins disent contrôler la présidence et avoir arrêté des ministres

Des soldats mutins maliens ont affirmé jeudi à l’AFP avoir pris le contrôle de la présidence à Bamako après plusieurs heures de combats avec la garde présidentielle et avoir arrêté des ministres, dont celui des Affaires étrangères, Soumeylou Boubèye Maïga.

 

« Nous contrôlons le palais présidentiel », a déclaré un soldat mutin sous couvert de l’anonymat, un autre affirmant que plusieurs personnalités du régime du président Amadou Toumani Touré, dont M. Maïga et Kafougouna Koné, ministre de l’Administration territoriale, avaient été arrêtées.

Ces informations n’ont pas pu être confirmées de source gouvernementale, mais une source indépendante a affirmé que le président Touré « et ses hommes ne sont plus au palais », sans préciser où ils se trouvaient.

Des militaires mutins sont ensuite apparus à la radio-télévision nationale à Bamako mais l’allocution de l’un d’entre eux n’a pas pas pu être entendue en raison apparemment d’un problème technique, a constaté un journaliste de l’AFP.

Une inscription en bas de l’écran indiquait que celui qui parlait était le lieutenant Amadou Konaré, présenté comme le porte-parole d’un « Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État ».

Des échanges de tirs nourris entre la garde présidentielle et les mutins, qui dénoncent le manque de moyens dont ils disposent dans le nord du pays où ils combattent une rébellion touareg et des groupes islamistes armés, ont été entendus pendant plusieurs heures dans la nuit de mercredi, avant de dimunier d’intensité.

La radio-télévision nationale occupée par les mutins avait annoncé mercredi vers 23H00 (locales et GMT) une déclaration de militaires « dans un instant », mais plus de cinq heures plus tard, elle n’avait toujours été prononcée et la télévision passait de la musique malienne.

Leur presse (Agence Faut Payer, 22 mars 2012)


Des militaires investissent la radio-télévision publique à Bamako

Après avoir tiré en l’air et semé la panique dans Bamako, des militaires ont investi la radio-télévision publique malienne (ORTM) de la capitale revendiquant davantage de moyens pour combattre la rébellion touareg dans le Nord.

Des militaires maliens en colère ont tiré mercredi des coups de feu à Bamako et étaient en train d’investir l’Office de la radio-télévision malienne (ORTM), a constaté un journaliste de l’AFP.

« Nous en avons marre de la situation dans le nord » du pays, en proie à une rébellion touareg et aux activités de groupes islamistes radicaux, a brièvement affirmé à l’AFP l’un de ces militaires qui étaient plusieurs dizaines dans les rues, tirant des coups de feu en l’air et semant la panique parmi la population.

Quelques heures plus tôt, des soldats avaient manifesté en tirant en l’air dans un camp militaire de Kati, à quinze kilomètres de Bamako, afin de réclamer un armement adapté pour combattre dans le nord.

« Nous voulons des munitions pour aller combattre les rebelles touareg, trop c’est trop », a déclaré un caporal du camp, sous couvert de l’anonymat. « Le ministre de la Défense est venu ce matin à Kati, mais il ne nous a pas convaincus », a-t-il ajouté.

Il a affirmé que les soldats ne voulaient pas « le départ du président de la République », Amadou Toumani Touré. « C’est notre président, mais il faut qu’il règle les choses », selon lui.

Le Mali est confronté depuis le 17 janvier à des attaques du MNLA (rebelles touareg du Mouvement national pour la libération de l’Azawad) et d’autres rebelles, dont des hommes lourdement armés qui avaient combattu pour le régime de Mouammar Kadhafi, qui ont pris plusieurs villes du nord du pays.

Leur presse (Agence Faut Payer, 21 mars 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Déclaration des démissionnaires et des déserteurs

DÉCLARATION DE DÉMISSION DES INSTANCES MALIENNES ET ADHÉSION AU MNLA

DÉCLARATION DES RESPONSABLES ÉLUS, OFFICIERS, SOUS-OFFICIERS ET HOMMES DE RANG  DES DIFFÉRENTES  INSTANCES DE REPRÉSENTATIONS DES POPULATIONS DE L’AZAWAD

• Considérant la situation de marginalisation, voire d’exclusion dont sont victimes nos populations au Mali depuis plus de 50 ans

• Considérant le sabotage et le refus volontaire d’appliquer les accords et pactes issus des différentes rencontres et négociations entre l’État malien et les représentants des populations de l’Azawad

• Considérant les massacres perpétrés par l’armée du Mali sur les populations civiles innocentes

• Considérant l’engagement et la détermination du MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) a mettre fin à cette situation

Nous, élus, officiers, sous-officiers et hommes de rang, représentant les dites populations au niveau :

• Des conseils communaux,

• Des conseils des cercles,

• Des assemblées régionales,

• Du haut conseil des collectivités territoriales,

• De l’Assemblée Nationale,

• Des instances des forces de l’ordre  et de sécurité.

Déclarons notre ferme condamnation des massacres perpétrés par l’armée malienne sur
les paisibles populations de l’Azawad ;

Déclarons solennellement notre opposition à l’organisation des élections :

• Municipales,

• Législatives,

• Présidentielles,

• Des conseillers nationaux,

• Référendaires dans l’Azawad

En conséquence, nous, ensemble des élus, officiers, sous-officiers et hommes de rangs de l’Azawad présentons solennellement notre démission des différentes Institutions ci-dessus nommées.

Tessalit, le 19 mars 2012
Porte-parole du Collectif des Élus, Officiers, Sous-officiers et Hommes de Rangs
Mohamed Attaher AG ALHAD


LA LISTE DES ÉLUS ET OFFICIERS
Les Élus
N° Nom et Prénom / Poste occupé / localité
01 Honorable Ibrahim AG MOHAMED ASSALEH Deputé Élu à Bourem
02 Honorable Daiti AG SIDIMO Député Élu à Tessalit
03 Honorable Atta AG HOUD Député Élu à Gourma Rharous
04 Honorable Abdi AG MOHAMED IBRAHIM Conseiller National Élu à Gao
05 Nina WALET INTALOU Conseillère Nationale Élue à Kidal
06 Alkassoum AG SARIDE Président Assemblée Régionale Kidal
07 Bilal AG OUSMANE Président Conseil de Cercle Kidal
08 Mohamed Attaher AG ALHAD 1er vice-président Conseil de Cercle Kidal
09 Magdi AG BOHADA Conseiller Communal Anéfif
10 Choghib AG ATTAHER Conseiller Communal Essouk
11 Matachi AG BAKRENE Conseiller Communal Essouk
12 Alkhalifa AG TINASSANE Conseiller Communal Anéfif
13 Attaher AG SIDALAMINE Président syndicat des Collectivités Région de Kidal
14 Balla AG M’BAKIYA Conseiller Communal Tessalit
15 Ousmane AG RHISSA Conseiller Communal Tessalit
16 Haballa AG ACHEIKH Conseiller Communal Timetrene
17 Moulaye AG AHIYOYA Conseiller Communal Tarkinte
18 Assanate AG AHMAD Conseiller Communal Tarkinte
19 Aghaly AG OUMAR Maire Abeibara
20 Baye AG DIKNANE Conseiller Communal Tessalit
21 Amokoussou AG NINA 1er Adjoint Maire Timétrine
22 Cheni AG MOHANA 2e Adjoint Maire Timétrine
23 Ebezeki AG SIDIMO 3e Adjoint Maire Timétrine
24 Sidimohamed AG BABA Conseiller Communal timetrene
25 Dahmane AG SIDAMAR Conseiller Communal timetrene
26 Boya AG EMBEIRI Conseiller Communal timetrene
27 Mahmoud AG EBAG Conseiller Communal Essouk
28 Sidi AG ERLAF Conseiller Communal Essouk
29 Bilal AG IBRAHIM Maire Intadjedit
30 Rhissa AG ABOUBA Conseiller Communal Abeibara
31 Boha AG AKOUA 1er vice-président Conseil de Cercle Abeibara
32 Baye AG MAHAMAD Conseiller Communal Intadjedit
33 Alladi AG MAHAMAD 2e vice-président Conseil de Cercle Abeibara
34 Sagdone AG IBITAL 1er Adjoint Maire Abeibara
35 Abdelkader AG RHISSA Conseiller Communal Abeibara
36 Attayoub AG INAWELANE 2e Adjoint Maire Abeibara
37 Kabi AG MAGDI Conseiller Communal Abeibara
38 Bilal AG SARID 2e Adjoint Maire Boghassa
39 Wakda AG SADI 3e Adjoint Maire Boghassa
40 Attaher AG MANI Conseiller Communal Boghassa
41 Ibrahim AG SAMAITA Conseiller Communal Boghassa
42 Rhissa AG ATTAYOUB Conseiller Communal Boghassa
43 Tiglia AG SIDI Maire Tinzawatene
44 Wayeni AG MOHAMED 2è   Adjoint Maire Tinzawatene
45 Acheikh AG   HAMMADI Conseiller Tinzawatene
46 Midouwa AG HODA Maire Tidarmene
47 Almahmoud AG   KHAMATAHA Maire Inékar
48 Aroudeini AG   HAMATO Maire Anderanboukane
49 Alwadighat AG   SARAKATOU Président Conseil de Cercle Ménaka
50 Sigdi AG ALMELIK Conseiller Communal Ménaka
51 Almoubarak AG Mohamed 1er Adjoint Maire Intililte
52 Mahmoud AG ABDOULAHI Conseiller Communal Intililte
53 Samba AG ETAGHLAL Conseiller Communal Gossi
54 Salah AG SIDI ALY Conseiller Communal Salam
55 Mahamad Issouf AG GHALASSE Président Conseil de Cercle Gourma Rharous
56 Honorable Saleh Ag ALBAKA Depute Ansongo
57 Saleh Ag AHMAD Maire Talatayt
58 Almouner Ag ACHAFAGA Conseiller Communal Talatayt
59 Saidaha Ag SIDIMOHAMED  Conseiller Communal Talatayt
60 Salah Ag MAHAMAD Conseiller Communal Talatayt
61 Idrissa Ag ALKASSOUM Conseiller Communal Talatayt
62 MOUNERAN Ag MAHAMAD Conseiller Communal Talatayt
63 Ahmad Hamadou Ag AYOUBA Conseiller Communal Talatayt

Les Officiers
N° Grade / Nom et Prénom
01 Colonel Assalat AG HABBI
02 Colonel Hassan AG FAGAGA
03 Colonel Intalla AG ASSAIDE
04 Colonel Adgaimar AG ALHOUSSEINY
05 Colonel Leche AG DIDI
06 Colonel Bouna AG ATTAYOUB
07 Colonel Hassanat AG MAHDI
08 Colonel Mohamad Ali AG OUMAR
09 Lieutenant-Colonel M’Barek AG AKLI
10 Lieutenant-Colonel Hachim AG EHATT
11 Lieutenant-Colonel Alabasse AG MOHAMAD AHMED
12 Lieutenant-Colonel Ada AG MASSAMAD
13 Lieutenant-Colonel Kamou AG MANINI
14 Commandant Alhassane AG AGHALI
15 Commandant Naka AG ARIYA
16 Commandant Alhader AG FAKKI
17 Commandant Boubaker AG ILLAD
18 Commandant Akli AG MANI
19 Capitaine /sous préfet Inéker Issouf   AG MOHAMED
20 Capitaine Issouf AG ASSAMATA
21 Capitaine Aljamet AG SIDI
22 Lieutenant M’Barek AG MOSSA
23 Lieutenant Mohamed AG MANI
24 Lieutenant Alafache AG ALHOUSSEINY
25 Lieutenant Mohamed AG BACHIR
26 Lieutenant Ahmed AG CHECK dit INTAKARDE
27 Lieutenant Alhassane AG ABORAKIK
28 Adjudant-chef/sous-préfet Timétrine Mohamed Ali AG ABIDINE

N.B. : Il faut retenir que la liste de certains élus, officiers, sous officiers  et hommes de rang reste très longue, et dans les jours  à venir elle sera disponible.

Communiqué du MNLA (21 mars 2012)

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[Chili] Sur la lutte des habitants d’Aysén (Patagonie)

Honorino Angulo, habitant d’Aysén mis en procès dans le cadre de la « Loi de Sécurité Intérieure de l’État » (LSIE) : « Nous avons une manière de lutter et de nous défendre que nous aimerions que d’autres Chiliens apprennent »

Un des vingt-deux désignés par la liste présentée par le gouvernement afin d’appliquer la Loi de Sécurité Intérieure de l’État nous raconte comment s’est déroulée la lutte des habitants d’Aysén, les manœuvres du gouvernement pour casser la table du dialogue, la solidarité patagonne, comment ils ont affronté l’élite des forces spéciales des carabiniers envoyés étouffer le conflit. « Ceux qui arrivèrent avaient été élevés au mauvais lait (…) Si les flics  viennent, ils perdent 5-0 » Remarque-t-il.

Honorino Angulo Mansilla, dirigeant des pêcheurs de Puerto Aguirre, a appris ce vendredi matin qu’il était dans la liste que donna le gouvernement quelques heures plus tard des vingt-deux personnes accusées par la Loi de Sécurité Intérieure de l’État (LSIE). Il le sut pendant que les habitants nettoyaient les rues de Aysén des barricades et des centaines de bombes lacrymogènes lancées par la police, et du combat initié le matin du jeudi, quand les carabiniers attaquèrent certains quartiers de la ville.

Homme expérimenté aux climats patagons et habitant une crique à six heures de navigation à l’Ouest d’Aysén, il dit qu’il ne craint pas la Loi de Sécurité Intérieure de l’État que le gouvernement de Piñera invoqua ce vendredi après la forte nuit de répression et une stupide manœuvre du conducteur de véhicules de carabiniers. Cela s’est terminé avec l’image d’un canon à eau et d’un bus policier incendié par les habitants d’Aysén.

Nous l’avons contacté par téléphone lors d’un concert d’artistes régionaux en soutien au mouvement d’Aysén ce vendredi. Il nous a raconté qu’il y avait cinq mille personnes qui plaisantaient sur le fait que la LSIE n’a pu être appliquée le vendredi car le gouvernement n’avait envoyé qu’une photocopie.

Comment as-tu appris que tu étais dans la liste des vingt-deux ?

Je savais depuis le matin que j’étais dans la première liste. Je l’ai pris calmement, sans plus.

Pourquoi toi ?

Parce que cela dérange que les dirigeants du mouvement portent leurs voix face à ces gouvernements du droit, fils de la dictature. La seule manière de sortir de cette situation est d’emprisonner les dirigeants. De cette manière, nous allons encore moins nous taire. Cela doit servir de preuve pour que les dirigeants élèvent la voix et défendent la région.

Seulement la région ?

J’en profite pour faire un appel à tous les dirigeants sociaux du pays à ne pas avoir peur, parce qu’ici nous n’avons jamais rien obtenu assis autour d’une table, mais en s’accompagnant de la lutte.

Le gouvernement essaye de briser le mouvement en divisant ceux qui veulent maintenir le dialogue et les plus « radicaux ».

Les gouvernements sont toujours intentionnés. Ils vont toujours faire la même chose, mais ici, dans le sud nous sommes bien coordonnés, il y a une discipline collective dans les négociations. Nous appuyons les négociations jusqu’à la fin, plus unis que jamais. Et s’il y a parfois des différences de positions entre certains représentants c’est parce que simplement chacun est autonome pour parler avec la presse et exprimer ses sentiments. C’est uniquement cela.

Le porte-parole du gouvernement Hernán Chadwick a dit que les vingt-deux accusés sont des personnes qui s’efforcent de « détruire le dialogue et qui ne font rien de plus ». Qu’est-ce que tu réponds ?

Je ne me souviens quand est venu monsieur Chadwick en Patagonie, je ne l’ai jamais vu… Pour ma part, j’ai été un des interlocuteurs des plus loyaux lors des négociations. Je me suis rendu aux réunions et nous avons attendus des heures durant les délégués du gouvernement, qui ne sont jamais venus. Ils ont brisé le dialogue avec des mensonges et des inventions pour s’en sortir. Ils se sont moqués de la Patagonie toute entière. Ils ne tiennent pas à justifier au monde combien ils ont été vaches avec la Patagonie. Aujourd’hui, ils tournent le dos à la région où ils ont eu le plus grand pourcentage de vote.

Comment s’est brisé le dialogue ?

Mercredi nous étions en train d’attendre les délégués du gouvernement dans l’école Pedro Quintana Mancilla de Coyhaique, pendant qu’ils ont envoyé les carabiniers frapper les enfants et les femmes du quartier. Ils étaient isolés, et les autorités ne vinrent jamais nous rencontrer autour de la table. Le jour d’après nous apprenions par la presse qu’ils avaient interrompu le dialogue parce qu’il y avait deux routes bloquées !

FLICS FAIBLES

Comment se fait-il qu’il y autant de carabiniers à Aysén ?

Ici on voit l’attitude lâche du gouvernement, en envoyant les flics. Selon eux ils ont étés attaqués durant une demi-heure par les « indiens du sud », c’est comme cela qu’ils nous appellent. Et ont dit que c’est eux qui ont subi les attaques pendant une demie heure.

D’où venaient ces policiers ?

De Santiago. Les flics de Coyhaique nous avaient  racontés juste avant que des flics de Santiago arrivaient, les plus expérimentés, qu’ils n’allaient pas perdre un combat. Qu’ils savaient par stratégie écraser les personnes et défoncer les maisons.

La petite surprise quand vous les avez rencontrés…

Ceux qui arrivèrent étaient allaités de mauvais lait (leche Nido), comme nous disons ici du lait maternel. Ici dans les îles nous sommes costauds.

Ils restèrent avec un canon à eau et juste un bus…

Les flics ont perdu 5 à 0. Nous avons une manière de lutter et de nous défendre que nous aimerions que les autres chiliens apprennent.

Et tu n’as pas peur en te sachant le premier de la liste de la loi de la Sécurité Intérieure de l’État ?

Je suis tranquille en attendant que les avocats accomplissent leur travail. Avec les habitants d’Aysén nous voulons sortir victorieux de cette situation. Je lance un appel au pays de ne pas avoir peur de ces lois et encore moins de craindre de lancer des appels à manifester. Nous avons toujours eu les grandes victoires de ce pays en les gagnant dans les rues. Ils n’ont jamais rien donné.

Comment as-tu appris à lutter ?

J’ai appris à lancer des pierres durant les luttes contre la dictature. J’ai de l’expérience et c’est pareil pour beaucoup de monde. Nous sommes prêts.

Et comment allez-vous vous confronter aux plaintes ?

Nous allons tout faire de manière unie, comme nous avons toujours fait jusqu’à présent.

As-tu pensé à passer dans la clandestinité comme ça s’était fait dans d’autres temps ?

Si c’est nécessaire pour maintenir la lutte de passer à la clandestinité, à une forme plus anonyme, nous le ferons. Mais j’insiste : Si il y a un Patagon prisonnier, tous les Patagons serons prisonniers.

Traduit du chilien (Mauricio Becerra Rebolledo, El Ciudadano, 17 mars 2012)

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[« Antiterrorisme »] Pourquoi Mohamed Merah n’a-t-il pas été inquiété, alors que d’autres sont emprisonnés pour un simple mail ?

Pourquoi Mohamed Merah n’a-t-il pas été inquiété, alors que d’autres sont emprisonnés pour un simple mail ?

Le Télégramme rapporte le témoignage d’une ancienne voisine de Mohamed Merah, Malika. Selon elle, « Mohamed avait demandé au frère de cette jeune femme de venir chez lui, dans l’appartement où il est aujourd’hui retranché, prétextant un problème informatique. Une fois chez lui, l’adolescent n’avait pas pu repartir. Mohamed l’avait séquestré. Il voulait lui montrer des vidéos d’Al Qaïda, avec des décapitations, etc. (…)

La sœur de l’adolescent avait ensuite rencontré Mohamed, pour lui dire de ne jamais recommencer ça. Mohamed l’avait alors violemment agressée. Elle avait même dû être hospitalisée plusieurs jours. Mohamed était ensuite venu sous les fenêtres de l’appartement familial de la victime. Il était en treillis militaire, armé d’un sabre et hurlait qu’il était d’Al Qaïda… Pourquoi la police et la justice n’ont donné aucune suite ? Une plainte avait été déposée. »

Leur presse (LeMonde.fr, 21 mars 2012)


Pourquoi a-t-on attendu cinq jours pour obtenir les adresses IP des potentiels suspects de l’assassinat du 11 mars, alors qu’il suffit de quelques heures, voire quelques minutes, pour les identifier ?

L’identification du terroriste au scooter a été très rapide, selon certains. La chronologie que nous avons reconstituée montre qu’elle aurait pu intervenir plus rapidement. En cause, le délai très long avec lequel les adresses IP en relation avec le premier assassinat ont été demandées et obtenues. Des sources policières confirment l’existence, dans cette affaire, d’un délai inhabituel pour une opération de cette nature. (…)

Lundi 12 mars. Un motard abattu d’une balle dans la tempe à Toulouse. C’est ainsi que La Dépêche évoque, à 3h49, un faits divers ayant eu lieu la veille, sans préciser que la victime est un militaire. Le 13, le journal se demande s’il s’agit d’un vol ou d’une affaire de cœur, mais précise cette fois qu’il s’agissait d’un officier parachutiste considéré comme “un excellent élément”.

Plus important : La Dépêche évoque le fait que la victime avait posté une petite annonce sur LeBonCoin.fr fin février afin de vendre sa moto, et qu’il aurait reçu, quelques minutes avant d’être abattu, “un coup de fil” à ce sujet (…)

L’article, publié le 13 à 7h46, laisse entendre que la police avait fait de cette petite annonce l’une de ses “priorités” dès le lundi 12, au lendemain du meurtre. Contacté par OWNI, LeBonCoin.fr a déclaré ne pas être “autorisé” à nous dire quand les services de police judiciaire lui avait demandé la liste des ordinateurs ayant consulté la petite annonce en question, ni quand le site les leur avait transmis.

D’ordinaire, nous confirme une source policière, ce genre d’opérations ne prend que quelques minutes. Un autre source, proche de ceux qui répondent à ce type de réquisitions judiciaires, indique de son côté qu’elles sont traitées “en 48h maximum”.

Or, selon nos informations, ce n’est que le vendredi 16 mars, soit cinq jours après le premier meurtre, et trois jours après que la piste, considérée comme l’une des “priorités” des enquêteurs, ait été évoquée dans la presse, que la liste des 576 adresses IP a été transmise aux fournisseurs d’accès à l’internet (FAI).

Leur presse (OWNI, 21 mars 2012)

Cela paraît un délai anormalement long à plusieurs spécialistes, selon qui les policiers peuvent obtenir ces adresses IP en quelques heures seulement.

Leur presse (Mediapart, 21 mars 2012)

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Sened (gouvernorat de Gafsa)

Tunisie-Gafsa : La ville de Sened paralysée par une grève générale

Une grève générale a paralysé, lundi, la ville de Sened dans le gouvernorat de Gafsa. Des sources concordantes ont indiqué à la correspondante de l’agence TAP dans la région qu’à l’exception de l’hôpital local, l’activité de tous les établissements administratifs ainsi que des locaux et espaces commerciaux a été suspendue.

Des manifestants ont bloqué, tôt le matin, la route nationale n°15 au niveau des entrées de la ville de Sened en direction de Sfax et Gafsa.

Joint au téléphone, Abbas Aloui, fonctionnaire à la municipalité de Sened a souligné que cette grève, qui n’est pas décrétée par des parties politiques ou syndicales, intervient en signe de protestation des habitants de cette ville contre la marginalisation de leur région.

Ces derniers revendiquent la réhabilitation du complexe agricole relevant de l’office des terres domaniales ainsi que la réalisation du projet de la zone industrielle annoncée depuis 2008. Ils réclament, aussi, la part de leur région dans les programmes d’emploi à la compagnie des Phosphates de Gafsa.

Pour sa part, un jeune sans emploi a indiqué que plusieurs mouvements de protestation ont précédé cette grève générale, appelant les autorités locales et régionales à respecter leurs promesses, notamment, dans le domaine de l’emploi.

La grève se poursuivra jusqu’au démarrage de négociations sérieuses avec le gouvernement et la signature d’un procès verbal précisant la date de concrétisation des promesses tenues, a-t-il ajouté. De son côté, le gouverneur de Gafsa, Ibrahim Hamdaoui, a annoncé, à la correspondante de l’agence TAP, que les autorités régionales se penchent sur l’examen du dossier du développement à Sened, s’agissant notamment, de l’élaboration de suggestions pratiques pour la réhabilitation du complexe agricole en concertation avec l’office des terres domaniales ainsi que de la régularisation du problème foncier du projet de la zone industrielle, faisant part de sa disposition à relancer les négociations avec les manifestants.

Par ailleurs, Mohamed Seghaier Miraoui, secrétaire général de l’Union régionale du travail à Gafsa a souligné que l’organisation syndicale qui n’a pas appelé à cette grève, soutient les revendications des demandeurs d’emploi. Il a appelé le gouvernement provisoire à informer les habitants de la région des programmes et des projets envisagés.

Publié par des ennemis de la révolution (AfricanManager.com, 19 mars 2012)

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[Le Luth, Gennevilliers] Appel à soutien à Jamal

COLLECTIF VÉRITÉ & JUSTICE POUR JAMAL
Appel à soutien – Mars 2012

Jamal Ghermaoui, 23 ans (Ayr), a été tué à le 3 octobre 2011 à la maison d’arrêt de Nanterre, par des surveillants pénitenciers. Les différentes versions de l’administration carcérale, prétendant toutes au suicide, ne convainquent personne à la cité du Luth, le quartier de Jamal.

Comme souvent lorsque des crimes sont commis ou mettent en cause les forces répressives, la justice se porte garante du corps impliqué et met les meurtriers à l’abri de véritables poursuites. C’est d’avantage le cas lorsque les victimes de ces crimes sont des prisonniers, le plus souvent des hommes arabes et noirs, frappés, tués, en toute impunité, à l’abri des regards.

Convaincus que Jamal a bel et bien été tué, sa famille et ses proches se battent depuis cinq mois, dans le but de rétablir la vérité et d’obtenir justice. C’est ainsi que s’est créé le Collectif Vérité et Justice pour Jamal, qui souhaite désormais se constituer sous forme d’association, pour poursuivre le combat sur la durée.

Malgré une plainte déposée « contre X » par le conseil de la famille Ghermaoui, pour « coups et blessures volontaires ayant entrainé la mort sans intention de la donner », la procédure est au point mort. Plus de cinq mois après le meurtre de Jamal, aucune enquête n’a encore été diligentée. L’expérience nous montre pourtant que seule la mobilisation collective pourra les contraindre à ouvrir et mener sérieusement cette enquête.

Face au déni de justice qui se profile, nous organisons prochainement une journée à la mémoire de Jamal et sommes en cours de préparation de plusieurs évènements et mobilisations. Dans ce long et nécessaire combat, l’aide du plus grand nombre est la bienvenue, qu’elle soit financière, matérielle ou humaine.

La récolte de fonds nous permettrait de financer la confection de t-shirts, tracts, affiches, autocollants et  banderoles, ainsi que les frais de justice à la charge de la famille de Jamal et de ses proches. En plus de cette aide financière, les compétences de graphistes, vidéastes, graffeurs, etc. sont également les bienvenues.

Pour que cesse l’impunité des crimes d’État.

Collectif Vérité & Justice pour Jamal (ContactInfos)

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Action anti-THT Jeudi 22 mars – Le Lorey (50)

NOUVELLE RANDONNÉE SOUS LES PYLÔNES

Rendez-vous le jeudi 22 mars à 9h sur la place de la Mairie du Lorey (50).

Depuis janvier dernier, alors que s’est clairement accéléré le chantier de la THT débuté fin novembre 2011, de nombreuses actions ont pu mettre des bâtons dans les roues de RTE et consorts. Des chantiers ont été perturbés, d’autres bloqués, d’autres encore ont subi des déboulonnages et il est même question de certains ayant vécu des sciages de base des pylônes, voire des sabotages d’engins.

Depuis le 26 janvier 2011 et la mise à l’arrêt pour une journée de trois chantiers à Hauteville la Guichard, il a pu être observé que simplement se promener en groupe à l’abord ou sur les chantiers était suffisant pour que les travaux soient arrêtés.

Après Hauteville la Guichard, des chantiers ont ainsi été perturbés du côté de Bréal sous Vitré (le 23 février), de Cerisy la Salle (le 29 février), à Montabot (les 14 et 15 mars).

Le dernier en date : ce matin 19 mars à Montbray (50) où un groupe de militant s’est porté sur un chantier où une visseuse et ses opérateurs attendait une livraison de matériel pour pouvoir travailler. Le poids-lourd a préféré faire demi-tour et les ouvriers n’ont pu entamer les fondations de ce pylône. Le groupe a choisi de se retirer après le passage d’un responsable de RTE accompagné d’un l’huissier muni d’une ordonnance notifiant une forte astreinte financière en cas de poursuite de l’occupation du chantier.

Il est toujours opportun et important, contre cette verrue qui nous envahit, d’aller voir sur les chantiers et interpeller ceux qui, sur place, y participent.

Cette promenade revêtira une tournure particulière après l’arrestation du militant et président de l’association de Marais sous Tension, dont nous nous sentons entièrement solidaires.

Comme le signifie le communiqué de STOP-THT : Chaque personne arrêtée est une agression portée à tous les opposants à la THT.

Nous ne voulons pas de cette ligne, notre contestation ne pourra être étouffée. Nous crions juste de plus en plus fort, de plus en plus nombreux, jusqu’à être pris au sérieux.

Nous continuons de refuser la dictature économique imposée par RTE et le lobby énergétique français.

Nous continuons de soutenir les propriétaires et les maires qui résistent encore aux nombreuses pressions et menaces !

Amplifions la résistance

Les randonneurs et randonneuses

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Blouses blanches et robes noires

Les folles audiences des hospitalisés sous la contrainte

Hier, comme le veut la nouvelle loi, dix patients sont passés devant un juge des libertés au tribunal de Créteil. Un désastre pour la santé mentale des patients selon les médecins.

Cinq minutes qu’il se frotte les cuisses frénétiquement. Et puis d’un coup, il se lève et s’avance jusqu’à la balustrade qui surplombe d’une dizaine de mètres la salle des pas perdus. Échange de regards furtif entre deux soignants. « Ça va monsieur ? Vous avez mal aux jambes ? » Le malade se rassoit. Il confiera plus tard qu’il « n’est pas bien » et qu’il « veut sortir ».

Hier, dix patients de l’hôpital psychiatrique Paul-Guiraud de Villejuif sont passés devant un juge des libertés du tribunal de Créteil. Presque une première depuis la loi de juillet dernier qui oblige les patients hospitalisés sous la contrainte à passer devant ce magistrat pour qu’il décide d’une éventuelle remise en liberté. Jusqu’à vendredi dernier, Paul-Guiraud refusait de transporter ses malades au tribunal, principalement pour des raisons de sécurité. Mais les magistrats de Créteil, s’appuyant sur une nouvelle jurisprudence, ont argué la semaine dernière de l’absence de cinq patients pour ordonner leur remise en liberté. Cette dernière ne sera pas effective, car le parquet, à la demande de l’hôpital, a fait appel. Paul-Guiraud a donc finalement accepté d’amener ses patients.

Il est 9h20 hier matin quand un car loué pour l’occasion se gare sur le parking du tribunal. À l’intérieur, dix patients et le double de soignants. « Autant de personnel qui ne travaille pas là où on a vraiment besoin de lui », grince un fonctionnaire. Ces malades atteints de troubles mentaux sont dirigés vers les deux avocats commis d’office pour une « discussion » de cinq minutes. Et puis c’est l’audience à huis clos. Le juge des libertés, sur la foi de son entretien avec le patient et de documents médicaux, doit décider en quelques minutes de son avenir. Une aberration pour le personnel soignant. « Comme ce sont des malades hospitalisés sous la contrainte, ils ne reconnaissent pas leur pathologie, confie un médecin. Et d’un coup, ils entendent un juge leur annoncer qu’ils sont schizophrènes ou qu’ils souffrent de telle ou telle pathologie. »

« Vendredi soir, on a ramassé certains malades à la petite cuillère », soupire un fonctionnaire de Paul-Guiraud. À 11h45, les dix patients sont tous passés devant le juge. « Nous n’avons rien contre cette loi, insiste Henri Poinsignon, le directeur de Paul-Guiraud. Mais nous protestons contre les modalités de son application. » « Passer devant un juge peut même avoir des vertus thérapeutiques », lâche un autre fonctionnaire. « Déjà, il y a un effet stigmatisant pour les patients, résume le docteur Bernard Lachaux, chef de pôle à Paul-Guiraud. On emmène tout de même au tribunal des gens qui ne le veulent pas et qui n’ont rien à se reprocher. Et puis, sans remettre en cause la compétence des magistrats, ils n’ont aucune expérience dans la confrontation avec les malades. » « On les voyait déjà avant, sauf qu’il s’agissait de patients qui souhaitaient nous voir, remarque toutefois le juge des libertés Bernard Seltensperger. Là, ils n’ont rien demandé. Vendredi dernier, j’avais beau lui poser des questions, une dame n’a pas décroché un mot. »

Leur presse (Denis Courtine, LeParisien.fr, 20 mars 2012)

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Communiqué d’une action de péage gratuit à la Brillane, dans les Alpes de Haute Provence, contre la multinationale Vinci et le projet d’aéroport à Notre-Dame des Landes

Ce samedi 17 mars autour de 14h15, une quinzaine de personnes se sont rassemblées aux 4 stations de péage de la ville de la Brillane (04) afin d’effectuer une action de « péages gratuits » pour soutenir et se solidariser avec les personnes luttant, à la ZAD (Zone À Défendre) et ailleurs, contre le projet de construction de l’aéroport international de Notre-Dame des Landes, proche de Nantes.

Après que les caméras de vidéo-surveillance ainsi que les barrières de péages aient été momentanément mises en veille, il a été permis durant une heure, par libre choix, aux automobilistes de s’affranchir — ou pas — d’enrichir Vinci ; et de s’informer, par la voie oral, des tracts et banderoles, sur le projet d’aéroport. Ce fut aussi l’occasion de dénoncer les différents projets et agissements de la multinationale Vinci (premier groupe mondial de construction-concession) spéculateur, entre autre, sur une grande partie du réseau autoroutier français et investisseur dans la fusion nucléaire d’ITER.

Les automobilistes, pro ou anti-projet, étaient pour une bonne partie réceptifs à l’action et l’information. Des réactions très diverses… Certains se targuant d’un « C’est pour quand le prochain passage gratuit ? », « On vous soutient, on est avec vous » ; et d’autre d’un « Ca serait pratique un aéroport près d’ici, c’est rapide et efficace en Corse… profiter du paysage c’est bon pour ceux qui ne travaillent pas ou ceux qui touchent le RSA ! ».

Pendant ce temps d’action, nous avons été informé que Vinci venait de licencier 800 employés par une trop « habituelle » restructuration économique. Les quelques euros, net d’impôt, glanés par les caisses de solidarité aux péages, ne recréeront pas d’emplois mais serviront néanmoins aux occupants la ZAD et aux opposantes à la construction de l’aéroport à Notre-Dame des Landes.

La première patrouille de gendarmerie n’aura mis seulement que quelques minutes à intervenir sur les lieux à une vitesse de décollage aérien, frôlant certainement les 120 km. Les gendarmes sortirent main à l’arme, prêt à dégainer au besoin, croyant intervenir sur une action de braquage des caissettes automatiques de l’autoroute. Une seconde patrouille, ainsi que deux véhicules de l’aménagement autoroutier de Vinci arriveront par la suite, ce qui ne nous empêchera aucunement de mener, sous la forme et le temps voulu, l’action à son terme.

Ainsi, aucune arrestation ni violence n’a eu lieu, fait assez rare dans ces durs temps de répression hexagonale. Ceci peut-être dû, selon les dires d’un gendarme, à une impossibilité de ne pouvoir joindre des policiers plus haut-placés pour prendre une potentielle décision d’intervention — dur dur les forces publiques en plein week-end !

Nous tenons à réaffirmer notre solidarité aux personnes luttant contre la construction de cet aéroport et que nous continuerons à lutter contre Vinci et ses projets à visées d’économie mortifère, à Nantes, comme ailleurs.

Nous appelons enfin aux personnes le désirant et le pouvant de se rendre à la manifestation en faveur de l’arrêt du projet d’aéroport le samedi 24 mars à Nantes ainsi que de continuer des actions décentralisées.

Des Vinciophobes de la Brillane

Sitiographie : http://zad.nadir.org http://stopvinci.noblogs.org/


Texte du flyer distribué lors de l’action :

« L’autoroute que vous venez d’emprunter est gérée par le groupe VINCI, un des leaders mondiaux des travaux publics et de l’aménagement de l’espace.

Parmi toutes les nuisances occasionnées par ce groupe, le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, au Nord-Ouest de Nantes, est fortement contesté, depuis longtemps, par une partie des habitants de cette région de bocages (2000 hectares de terres agricoles), ainsi que par diverses associations écologistes, partis politiques ou syndicats. Ce projet de destruction d’un site naturel exceptionnel financé par les ressources publiques est cependant soutenu entre autres par J.M. Ayrault, maire de Nantes, membre du P.S. Une des raisons évoquées pour mener à bien cette ultime bétonnage de la nature est le soit-disant nécessaire « désengorgement » d’un premier aéroport, situé au sud de Nantes, ce qui est mensonger car cet aéroport est en partie sous-exploité. La spécialité de Vinci est de spéculer sur nos déplacements sur le territoire. Leurs méthodes : expulser les gens des quartiers et des campagnes afin de bétonner et aseptiser nos espaces et nos vies, ainsi ils nous vendent le mythe du progrès.

Vinci voit ce type de projet comme une vitrine pour son image de marque, ses actionnaires et ses profits boursiers. Mais leur but propre est de concrétiser les projets de l’Etat de quadrillage et de contrôle de la société via la maitrise de l’espace, de nos espaces.

L’action qui est menée aujourd’hui rejoint de nombreuses autres actions menées durant ce week-end pour signifier aux groupes capitalistes, et aux politiciens qui les soutiennent, qu’il n’est pas question de les laisser prospérer davantage, mais plutôt de les mettre hors d’état de nuire. »

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[Poitiers] Auditions en série deux ans après le 10 octobre

Remarques du Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux concernant cet articulet de La Nouvelle République

Ce qui s’est passé lors de la manifestation anticarcérale du 10 octobre — 2009, et non 2010 comme annoncé dans le texte de la NR — n’est donc plus qualifié par la presse régionale d’« émeutes » et de « saccage du centre-ville » ainsi qu’elle l’avait fait à l’époque (en écho notamment à un ministre Hortefeux qui réclama des sanctions exemplaires contre leurs auteurs). On ne nous parle plus ici que « des violences et des dégradations en centre-ville », ce qui commence à se rapprocher de la vérité. À savoir quelques bris de vitrines, dans une même rue, pour quelques boutiques : des banques, Bouygues, et le local de cette même presse régionale — des « violences » et « dégradations » sur des biens seulement, et ciblées sur le plan politique et social.

Si, « plus de deux ans après les faits, les investigations se poursuivent », les récentes convocations en nombre de personnes apparaissent avant tout comme un moyen pour la police de réactualiser ses fichiers et s’inscrivent dans la même logique d’acharnement à l’encontre des mêmes milieux militants, depuis des années. Par le biais de cette instruction de longue haleine, le pouvoir maintient au-dessus de la tête de certaines personnes une véritable épée de Damoclès et montre une fois de plus sa détermination à réprimer toute initiative visant à remettre en cause le système carcéral. Autant d’éléments d’une politique coercitive que ne cesse de dénoncer le Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux.

Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 20 mars 2012.


Auditions en série deux ans après le 10 octobre

La manifestation anti-carcérale du 10 octobre 2010 avait été marquée par des violences et des dégradations en centre-ville. Plus de deux ans après les faits, les investigations se poursuivent. Ainsi des dizaines de personnes viennent d’être entendues, la semaine dernière, dans les locaux de la PJ de Poitiers par des enquêteurs venus du service central à Nanterre. Les personnes convoquées se sont vu soumettre des listes de noms et de numéros de téléphone afin de déterminer leur lien réel ou supposé avec des personnes ayant participé à la manifestation. Les enquêteurs leur ont aussi demandé s’ils avaient participé à cette fameuse manifestation. Ils cherchent à vérifier la nature des liens existants entre les personnes convoquées et un certain nombre de militants locaux soupçonnés d’avoir pu participer à la préparation des violences et dégradations commises. C’est l’exploitation des répertoires téléphoniques de ces derniers qui a entraîné les vérifications de la semaine dernière.

Leur presse (LaNouvelleRepublique.fr, 20 mars 2012)

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[Procès du policier tireur de LBD à Nantes] Communiqué du Collectif contre les Violences Policières

Suite au procès du policier tireur de LBD à Nantes, qui avait mutilé à l’œil Pierre, voici le communiqué et l’appel à un rassemblement pour le délibéré le 3 avril, écrit par le Collectif de soutien.

La réponse de Pierre à Murmures a déjà été publiée, le texte du collectif de soutien est un complément à tout ce qu’il a déjà mis en lumière.


Communiqué du Collectif contre les Violences Policières

Les 6 et 7 mars s’est déroulé à Nantes, le premier procès du LBD, Lanceur de Balles de Défense, (le plus connu étant celui commercialisé sous le nom de flashball). L’enjeu politique et juridique est donc crucial. Une relaxe ou un non-lieu, reviendrait à donner carte blanche aux forces de l’ordre pour maintenir l’ordre public.

Mathieu Léglise y était accusé de violences volontaires ayant entraîné une ITT de plus de 8 jours avec les circonstances aggravantes de l’utilisation d’une arme sur mineur et de la qualité de personne dépositaire de l’autorité publique.

« LBD » une arme qui mutile et un tireur volontaire

En 2007 le LBD est une arme en expérimentation. Seulement trente armes de ce genre sont délivrées en France, sur la base de réponse à des appels d’offre. Sur les trois postes créés à Nantes, notre protagoniste se porte volontaire pour être habilité à utiliser cette arme destructrice lors « d’opération de maintien de l’ordre ». Un hasard ?

Notons par ailleurs son discours guerrier où les manifestant-e-s sont considéré-e-s comme des « cibles » à « neutraliser », ou à « tirer » si « l’opportunité » (selon ses propres termes) se présente.

Cela aura aussi été l’occasion, pour les parties civiles, d’apprendre que ce tireur zélé avait déjà utilisé son LBD à 9 reprises lors des fêtes de l’Erdre de septembre 2007. Il avait alors « touché » sur chaque tir, neutralisé ses « cibles » et « rétablit l’ordre ». Suite à ces violences policières, une victime touchée à la main avait porté plainte contre notre serial-tireur, plainte classée sans suite par un procureur au moins aussi courageux que Yann Richard [Yann Richard est le procureur qui était en charge du procès. Il est resté silencieux pendant toute l’audience et a finalement plaidé l’exonération de peine à la fin du procès, lors des plaidoiries.].

Également troublant, notons que le lendemain du 27 novembre 2007, un fonctionnaire de la même compagnie (Compagnie départementale d’intervention), cagoulé, arborant un LBD jaune (tout comme Léglise le 27) a fait feu sur des lycéens non-violents de St Jean Baptiste de la Salle en visant à hauteur de tête. Coïncidence ?

Il faut également rappeler que nous avons ici affaire à un excellent tireur, capable de toucher à 20 m une petite cible (une douille de 10 cm), comme ce fut le cas lors de la reconstitution. L’argument fallacieux de la défense consistant à dire que le tireur avait manqué la zone visée (thorax), ne tient donc pas. Mathieu Léglise a délibérément visé le visage de Pierre. Dès lors, pourquoi ne pas qualifier son geste de tentative d’homicide, exécutée par une personne armée qui réagit comme un militaire en temps de guerre ?

Irrégularités et mensonges

Autant lors de la procédure que durant l’audience, les obstructions à la justice furent trop nombreuses et inacceptables. En effet, quid des PV de tirs ? Quid des vidéos (obligation incombant aux forces de l’ordre) prises au moment du tir ? Mensonges, dissimulation de preuves … la police fait tout son possible pour cacher la vérité sur cette affaire.

Lors de l’audience, l’attitude décomplexée de la défense montre bien qu’on ne recule devant rien pour innocenter un policier : allégations mensongères, contradictions, incohérences, irrégularités procédurales… Première malhonnêteté : la défense a décidé au dernier moment d’axer son argumentation sur le doute (imaginaire) qui existerait sur l’identité de la victime touchée par Mathieu Léglise.

Comble de l’insolence, l’avocat de la défense alla même jusqu’à attribuer la blessure de Pierre à un simple « coup de coude ».

L’après-midi même du mardi 6 mars, son client, après avoir décrit sa « cible » précisément, identifia formellement une personne totalement différente. Flagrant délit de mensonge !

Le ridicule et la mauvaise foi ne tuant visiblement pas, Me Liénard (avocat de Mathieu Léglise) s’est même permis de qualifier le témoignage de Pierre de « crédibilité zéro ». Sans commentaires. Maître Liénard, dont il faut rappeler qu’il est un militant fidèle et acharné de la cause policière : défense de policiers coupables de violences en service, écriture de guides juridiques à l’attention des policiers à la gâchette facile (dont son dernier livre « Force à la Loi »), formation juridique du Groupe d’Intervention de la Police Nationale, promotion de la militarisation de la police (et notamment l’armement des policiers municipaux) et. Cette liste, loin d’être exhaustive, est indispensable pour mieux cerner cet avocat, véritable militant dévoué à sa cause et dont les thèses sont abondamment repris par la droite dite dure ou extrême.

Un tireur soutenu par ses collègues

Lors de cette audience, il a non seulement fallu supporter les élucubrations mensongères de la défense mais également la prise d’otage de la Justice par les forces de l’ordre. Ce procès aura été l’occasion d’une véritable démonstration de force : Gendarmes mobiles, CRS et policiers nationaux quadrillant l’extérieur et l’intérieur du palais de justice … Notons d’ailleurs que les policiers postés à l’entrée filtraient allègrement l’accès à la salle d’audience pour les soutiens de Pierre (y compris sa famille), alors que les collègues venus soutenir l’accusé circulaient librement. Un des témoins, appartenant à la BAC, aura bénéficié d’un intolérable traitement de faveur de la part de ses collègues, lui permettant d’aller et venir librement, de se tenir informé de l’évolution de l’audience alors que les autres témoins étaient isolés.

Médias locaux et collaboration

Nous tenons par ailleurs à saluer la prise de position de la presse locale. En plus d’être les seuls témoins d’une pluie de projectiles, imaginaires là encore, étant donnée l’absence totale de preuves matérielles, servant la défense de l’accusé, ils n’ont cessé de faire de leurs articles une tribune pour les mensonges des syndicats policiers, du procureur et de l’avocat de la défense, quand ne fut accordée à Pierre et à ses soutiens qu’une modeste ligne. Cela s’inscrit dans la lignée des articles honteux publiés dans la foulée du 27 novembre. En effet, quand Pierre était encore à l’hôpital, ils s’évertuaient déjà à relayer sans vergogne les fausses informations diffusées par les autorités locales (Préfecture, responsables policiers, responsables de syndicats de police…) affirmant la non-gravité de la blessure, ou faisant indûment de Pierre un lanceur de projectiles…

Quelles conclusions tirer de cette affaire ?

Nous, manifestant-e-s, nous trouvons face à des policiers surarmés qui n’hésitent pas à tirer pour mutiler, tuer, en visant délibérément le visage. Le cas de Mathieu Léglise est significatif, puisqu’il nous montre bien que la hiérarchie dote en toute connaissance de cause ce genre d’individus dangereux de ces armes qui ont déjà tué. Cela témoigne d’une volonté de détruire ce qui est désigné comme un ennemi intérieur, de détruire toute contestation à l’ordre établi. Joan à Toulouse, Joachim et Geoffrey à Montreuil, Nassuir à Mayotte, Mosefa à Marseille …la liste est longue.

Ils nous ont déclaré la guerre, comme le démontrent les termes employés par Léglise. À nous de réagir collectivement : la peur doit changer de camp !

Enfin, nous tenons à remercier toutes les personnes présentes à l’audience ainsi qu’au rassemblement du mercredi

Nous vous appelons à venir nombreux lors du rendu du verdict :

le 3 avril à 14h30 devant le tribunal pour Rassemblement / Manifestation

Nous ne tolérerons pas une relaxe. Faisons-nous entendre !
Pas de Justice, Pas de Paix !

Collectif contre les Violences Policières

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Vigipirate Écarlate : dernier « niveau d’alerte » avant l’état d’urgence

Toulouse : Vigipirate au niveau écarlate, ça signifie quoi ?

Après la fusillade devant une école juive, le président de la République a activé, pour la région Midi-Pyrénées, le niveau maximum du plan Vigipirate. Il comprend des mesures de sécurités contraignantes réservées à la lutte contre une menace précise et imminente.

Le niveau d’alerte « Écarlate » du plan Vigipirate, que le président Nicolas Sarkozy a activé ce lundi en Midi-Pyrénées, est une première en France. C’est le niveau le plus élevé, destiné à prévenir un risque d’attentats majeurs, avec des mesures de sécurité particulièrement contraignantes.

« Écarlate » est le dernier niveau du plan Vigipirate, avant l’application des mesures d’exception prévues par la Constitution de 1958 (article 16, état d’urgence). Il comprend notamment des visites et contrôles d’accès aux trains grandes lignes, restrictions ou interdictions de circulation dans les tunnels, l’arrêt du trafic aérien civil, la limitation ou arrêt de la distribution de l’eau du robinet et la mise en place d’un réseau de substitution.

À ce niveau maximal, le plan Vigipirate peut également impliquer d’autres mesures telles que la suspension des transports urbains, particulièrement souterrains, dans toutes ou une partie des villes de France, ou la suspension de toute activité scolaire.

Le niveau « rouge » de Vigipirate actif depuis 2005

Selon le ministère de l’Intérieur, ce niveau « écarlate » vise à « prévenir le risque d’attentats majeurs (simultanés ou non), mettre en place les moyens de secours et de riposte appropriés, des mesures particulièrement contraignantes pouvant être mises en œuvre, protéger les institutions et assurer la continuité de l’action gouvernementale ».

Mais selon des experts, le niveau « Écarlate » est si contraignant qu’il doit être réservé à prévenir une menace précise et imminente. (…)

Leur presse (lexpress.fr avec l’Agence Faut Payer, 19 mars 2012)

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La révolution combat toujours à Bahreïn

Bahreïn : heurts dans un village chiite après un mort par gaz lacrymogène

Des heurts ont opposé dimanche des jeunes aux forces de sécurité dans un village chiite à Bahreïn à l’occasion des funérailles d’un habitant décédé, selon l’opposition, après inhalation de gaz lacrymogène dont use la police, ont indiqué des témoins.

Les heurts ont eu lieu à al-Muqsha, au nord de Manama, après les obsèques de Jaafar Jassem Ridha, 41 ans, mort, selon le principal groupe de l’opposition chiite Al-Wefaq, après avoir inhalé du gaz lacrymogène lors d’une récente manifestation violemment dispersée par la police anti-émeutes.

Dans un communiqué, Al-Wefaq a également annoncé dimanche le décès d’un autre Bahreïni, Sabri Mahfoud, 27 ans, sous l’effet de gaz lacrymogène. Le groupe d’opposition n’a pas donné plus de précisions sur les circonstances ou la date de sa mort.

Le ministère de l’Intérieur a indiqué sur Twitter qu’après l’enterrement de Jaafar Ridha, un groupe de personnes avait provoqué des actes de violence et barricadé des rues. Il a ajouté avoir entrepris les mesures légales nécessaires pour y faire face, sans préciser la nature de ces mesures.

Les forces anti-émeutes font usage notamment de grenades lacrymogènes et assourdissantes pour disperser les manifestations, organisées souvent le soir dans des villages chiites pour réclamer des réformes dans le pays.

Le ministère a par ailleurs annoncé dimanche l’ouverture d’une enquête sur un policier soupçonné d’avoir lancé un cocktail Molotov, à la suite de la mise en ligne sur les réseaux sociaux d’une vidéo montrant la scène.

En fonction des résultats de l’enquête, des mesures disciplinaires pourraient être prises à l’encontre du suspect, a ajouté un haut responsable du ministère, cité dans un communiqué parvenu à l’AFP.

La tension reste vive à Bahreïn un an après la répression d’un mouvement de contestation réclamant une monarchie constitutionnelle et animé par les chiites, majoritaires dans ce petit royaume du Golfe dirigé par une dynastie sunnite.

La répression du soulèvement qui avait duré de la mi-février à la mi-mars 2011, s’était soldée par 35 morts : 30 civils, dont cinq décédés sous la torture, et cinq policiers.

Leur presse (Agence Faut Payer, 18 mars 2012)

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Premier bilan humain de la contre-révolution au Yémen

Le soulèvement au Yémen a fait plus de 2.000 morts, selon le gouvernement

Plus de 2.000 personnes ont été tuées en un an de soulèvement au Yémen, qui a débouché sur la démission du président Ali Abdallah Saleh après 32 ans au pouvoir, a annoncé le gouvernement de transition dimanche. Un chiffre largement supérieur aux estimations diffusées jusqu’ici par les organisations de défense des droits de l’homme.

Ce premier bilan officiel publié par le ministère des Droits de l’homme comprend également plus de 120 enfants. Plus de 22.000 personnes ont par ailleurs été blessées.

Ces chiffres sont publiés alors que les Yéménites manifestaient dimanche dans tout le pays, commémorant la mort de plus de 50 personnes, il y a tout juste un an, tuées par des snipers pro-Saleh postés sur les toits surplombant la place du Changement à Sanaa, alors qu’elles manifestaient pacifiquement, l’un des épisodes les plus sanglants du soulèvement.

Le nouveau Premier ministre du gouvernement de coalition Salem Mohammed Bassindwa s’est rendu sur les lieux dimanche, avant d’aller prier dans un cimetière où sont enterrées des victimes.

Leur presse (AP, 18 mars 2012)

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Retour sur la révolution tunisienne

Retour sur la révolte tunisienne

Il y a déjà plus d’un an, le peuple tunisien se révolte. La situation politique et la colère sociale en Tunisie doivent être analysées.

Après les révoltes dans les pays arabes, une multitude de livres souvent médiocres tente d’analyser ses évènements. En dehors du cortège d’arabologues incompétentes ou des divers experts de pacotille, d’autres livres posent un regard plus factuel pour livrer diverses informations. Olivier Piot, grand reporter et journaliste au Monde diplomatique, décrit la « révolution tunisienne » avec des témoignages vivants.

Les débuts de la révolte

La Tunisie de Ben Ali respire le jasmin sur les dépliants touristiques mais, en dehors des sentiers balisés, empeste surtout la dictature. Complicité économique et duplicité politique caractérisent les rapports entre la France et la Tunisie.

Olivier Piot est alerté le 2 janvier 2011 par un article publié sur le blog du Jura Libertaire sous le titre « Répression en Tunisie : grève nationale des lycéens ». L’enthousiasme constant du Jura libertaire semble ici pertinent. « La situation s’enlise en Tunisie : les affrontements gagnent d’autres villes » titre le blog. Olivier Piot explique l’absence d’informations par les journaux français sur la Tunisie par la censure du régimes. Pourtant, il semble évident que des journalistes qui s’intéressent peu aux luttes sociales sur leur propre territoire ne vont pas se passionner pour des révoltes qui éclatent dans des pays étrangers. Les journalistes préfèrent généralement les couloirs feutrés des palais ministériels aux saveurs de la rue.

Le 17 décembre 2010, Mohamed Bouazizi s’immole à Sidi Bouzid. Mais deux semaines plus tard, les Tunisiens refusent toujours de s’exprimer sur le sujet.

La montée de la colère

Ce n’est que dans le sud du pays qu’un Tunisien témoigne des violents affrontements avec la police qui débouchent vers les premiers morts liés à la répression des révoltes. « Il n’y a aucune « instrumentalisation politique » comme l’a déclaré le Président le 28 décembre. Sidi Bouzid, Thala, Saïda, c’est simplement un ras-le-bol des jeunes face au chômage qui gangrène ce pays » explique un syndicaliste de l’UGTT. Malgré un niveau scolaire élevé, la jeunesse ne trouve aucun débouché professionnel. Les travailleurs subissent la précarité, y compris dans le florissant secteur touristique. Ils abordent librement les difficultés liées à leur situation sociale mais refusent de critiquer Ben Ali dans un lieu public.

L’immolation de jeunes chômeurs n’est pas un phénomène récent et inédit, mais c’est l’ampleur du phénomène qui constitue la nouveauté.

Mais l’UGTT, principal syndicat, ne tente pas de relayer la colère sociale. Au contraire sa direction largement corrompue ne conteste pas le régime. Mais, à la base, les travailleurs s’organisent. À Gafsa, les mineurs tentent de répandre la grève générale pour lutter contre le chômage mais aussi contre l’État et son régime dictatorial.

Armée et religion

Olivier Piot revient sur l’armée, dotée d’un prestige particulier en Tunisie. Contrairement aux forces de police, l’armée apparaît comme une institution « républicaine » et bénéficie d’une bonne image auprès de la population. L’armée semble neutre. Les militaires refusent de tirer sur la foule mais ils ne peuvent pas non plus participer à un groupe politique, notamment d‘opposition au régime. Pourtant, les militaires s’attachent à défendre les intérêts des États occidentaux, la France et surtout les États-Unis. Les cadres militaires de la Tunisie sont formées par la section locale du département de la Défense des États-Unis. Olivier Piot analyse de manière lucide l’attitude des États-Unis qui ont défendu leurs intérêts économiques et stratégiques. Ils s’attachent à la stabilité du régime et n’ont pas tenté de renverser Ben Ali. Seule la rue a balayé la dictature. Les États-Unis n’ont fait qu’accompagner le soulèvement populaire pour préserver l’avenir.

L’islam apparaît également comme une question préoccupante. Mais, si les symboles religieux irriguent la culture tunisienne, l’aliénation islamique se révèle limitée. Les jeunes portent les foulards comme des attributs de mode. « Vous savez, je suis musulmane, c’est ma culture, c’est tout. Ce foulard ne dit rien sur mes convictions religieuses. D’ailleurs, si vous tenez à le savoir, sous mon pantalon, je porte aussi un string… » témoigne une jeune femme. Pourtant l’islamisme devient un spectre constamment agité par Ben Ali et les médias occidentaux pour justifier la répression et le maintien de l’ordre politique.

Les causes sociales de la révolte

La révolte sociale s’amplifie. Avec le chômage, la population dénonce également la montée des prix des denrées alimentaires. Dans une économie administrée, avec des prix fixée par l’État, la contestation sociale devient rapidement politique. Les fractions de la bourgeoisie les plus méprisées, notamment les avocats et professeurs, s’attachent à la défense des libertés et soutiennent progressivement la colère contre le régime. La dénonciation de la répression policière fédère différents milieux sociaux. « C’est une révolte purement spontanée. Personne ne la dirige », analyse un vieux trotskyste tunisien. « Mais c’est dangereux cette pure spontanéité ! Car si personne ne donne une orientation précise à ce mouvement, il peut finir dans le chaos, l’anarchie totale et donc échouer » redoute ce marxiste-léniniste, en bon gauchiste défenseur de l’ordre. Mais il concède que c’est cette dimension spontanée et incontrôlable qui inquiète le plus le régime et l’opposition légale.

Olivier Piot se penche sur l’économie tunisienne qui semble prospère. Taux de croissance élevés et propagande touristique garantissent à la Tunisie d’être bien appréciée des agences de notations. Mais, l’économie tunisienne se caractérise surtout par d’importantes inégalités sociales. Les villes les plus frappées par le chômage (non indemnisé) déclenchent le mouvement de révolte. Le 10 janvier, une grande partie des quartiers populaires des villes du sud, du centre et de l’ouest du pays s’embrasent à leur tour.

« C’est parti à Gafsa. Dans les quartiers populaires d’El Ksar. Deux morts, des banques saccagées, des arrestations » annonce un restaurateur. La révolte s’élargit et se répand dans de nombreuses villes jusqu’ici restées à l’écart.

L’élargissement de la lutte

Les diplômés chômeurs et les jeunes des quartiers populaires des grandes villes rejoignent immédiatement la révolte. En revanche, la jeunesse plus privilégiée s’active virtuellement sur facebook mais descend tardivement dans la rue. Issue des quartiers pauvres, la révolte s’étend progressivement aux autres catégories de la société tunisienne. Les classes moyennes s’endettent pour s’intégrer dans la société de consommation. La bourgeoisie libérale semble également mécontente puisqu’elle se retrouve écartée du pouvoir par l’oligarchie autour de Ben Ali. Mais la bourgeoisie ne soutien pas la contestation sociale qui n’est pas propice au commerce.

La contestation organisée semble faible. Les partis d’opposition légale collaborent avec le régime en participant aux élections, ou se révèlent inoffensifs. Les membres de l’opposition illégale (sociaux démocrates, gauchistes et islamistes) sont très souvent en exil. Les dirigeants du syndicat de l’UGTT, inamovibles et corrompus, collaborent allègrement avec le régime. Mais la contestation se développe à la base, dans les sections locales et régionales.

Les bureaucrates de l’UGTT autorisent trois sections régionales (Sfax, Kairouan et Tozeur) à organiser la grève générale localement.

« Ben Ali dégage ! » devient le slogan de la foule qui inonde la place Bourguiba à Tunis dès le 14 janvier. Ce mot d’ordre impensable quelques semaines plus tôt devient le symbole de la puissance populaire. Le dictateur doit ainsi quitter rapidement le pays après avoir tenté toutes les promesses et les réformes possibles.

Les dirigeants du RCD tentent de récupérer la révolution pour mieux maintenir l’ordre établi. Mais la population n’est pas dupe. Les affrontements avec la police continuent pour accélérer la diffusion des libertés. Le 26 janvier, l’UGTT appelle à une grève générale particulièrement suivie pour lutter contre le nouveau régime.

La direction de l’UGTT demande des négociations salariales. Mais ses bureaucrates déplorent des « grèves spontanées » qui bloquent plusieurs secteurs économiques du pays. La question sociale devient ainsi un enjeu central dans les luttes à venir.

Réflexions sur la révolte en Tunisie

Olivier Piot insiste sur la libération de la parole comme réalisation des « révolutions arabes ». Mais, en Tunisie, le journaliste souligne la méfiance à l’égard de la « démocratie ». Le régime de Ben Ali se présente comme démocratique et se révèle soutenu par les « démocraties » occidentales comme la France ou les États-Unis.

Le livre d’Olivier Piot permet de restituer les faits dans leur contexte social et politique. Il insiste sur les causes sociales de la révolte tunisienne, très souvent éludées. Surtout, il rétablit un  semblant de vérité face aux diverses théories du complots qui fleurissent dans différents textes. Le complot occidental, islamiste, voire islamo-gauchiste sont souvent invoqués dans un seul but : nier l’importance des soulèvements populaires.

En revanche, l’auteur se met en scène pour raconter des anecdotes personnelles qui n’apportent pas grand-chose à la compréhension des évènements. Surtout, ce narcissisme des
journalistes français se révèle indécent lorsque les reporters demeurent surtout des spectateurs passifs et relativement protégés. Les Tunisiens, au contraire, affrontent constamment la police au risque de leur vie.

Mais les analyses politiques qu’il présente se contentent d’une réflexion banalement sociale démocrate. « Le nouvel exécutif tunisien a fixé un cap important : la transition vers la démocratie » affirme Olivier Piot en ouverture de son livre. Pour lui, une révolution s’apparente à une chute de régime. Pourtant, même si des révoltes sociales sont à l’origine du
soulèvement tunisien, cette « révolution » ne modifie en rien les rapports sociaux capitalistes, avec l’exploitation et la misère qui perdurent. L’État, avec sa répression policière, et le capitalisme perdurent malgré la chute du régime de Ben Ali.

En revanche, la révolution tunisienne redonne sa fierté et sa dignité à tout un peuple, pourtant réputé docile et soumis. Le goût de la lutte reste dans toutes les bouches. Les libertés conquises peuvent permettre d’intensifier les révoltes à venir pour réfléchir à une autre société. Surtout, la volonté populaire apparaît comme le seul acteur de l’histoire. La rue, avec sa spontanéité indomptable, peut balayer tous les pouvoirs.

Source : Olivier Piot, La révolution tunisienne. Dix jours qui ébranlèrent le monde arabe, Les petits matins, 2011

Blog Zones subversives, 23 janvier 2012

Articles liés :

Un blog dans la révolution tunisienne

L’émeute se propage

Pour aller plus loin :

Archives du Jura Libertaire, rubrique « Internationalisme »

Articles du Jura Libertaire sur « L’insurrection tunisienne et ses suites »

Quentin Chambon, De Bello Punico (La guerre sociale en Tunisie), ÉditionsAntisociales, juin 2011

« Informations fiables sur la Tunisie », Le Jura Libertaire (avec le reportage « Thalassothérapie » sur les émeutes dans la ville de Thala en Tunisie)

Pierre Souchon, « Tunisie : la révolution n’est pas une randonnée de gala », Article 11 n°5, juillet 2011

Autour des évènements de Tunisie, Des Nouvelles Du Front

Émission de radio sur Fréquence Paris Plurielle réalisée le 12 mai 2011, « Débats etanalyses sur le soulèvement du peuple tunisien », sur le site Sons en lutte

Émission sur Canal Sud le 13 janvier 2011, « Analyse de la situation en Tunisie », sur le site Sons en lutte

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La scène se passe au royaume du Maroc, c’est-à-dire bientôt nulle part

Le Maroc perd environ 30.000 hectares de forêts chaque année

Le Maroc perd environ 30.000 hectares de forêts chaque année à cause de l’extension des projets immobiliers et de la faiblesse des programmes de reboisement.

« Environ 30.000 hectares de forêts son détruits chaque année à cause de l’extension des projets immobiliers dans les périphéries urbaines, des incendies et de la sécheresse », selon un rapport de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) publié à la veille de la journée internationale des forêts, le 21 mars.

Ce document indique par ailleurs que la superficie forestière du Maroc est de 9% alors que la moyenne mondiale varie entre 15 et 20%.

« Les incendies de forêts, la faiblesse des projets de reboisement, l’exploitation du bois dans des activités industrielles ou pour le chauffage accentuent cette érosion forestière », ajoute l’AMDH.

Plus de 30.000 hectares d’arganiers, un arbre qui ne pousse qu’au Maroc et dont l’huile est utilisée dans la cosmétique, disparaissent chaque année à cause de la prolifération des grandes propriétés agricoles, précise encore l’ONG marocaine.

La désertification, qui touche plus de 200.000 hectares dans les oasis du sud du royaume, est un facteur supplémentaire limitant la superficie forestière, conclut le rapport.

Leur presse (Agence Faut Payer, 20 mars 2012)

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