[Nantes, 24 mars 2012] La Commune du Cirque

Nantes, le temps d’une poignée d’heures, une poignée de révolutionnaires ont libéré le secteur de la place du Cirque de l’occupant capitaliste par la destruction des outils de l’État et du Capital ainsi que le maintien en respect des flics.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793496.jpg

Nantes, un 24 mars, des anarchistes révolutionnaires sont venus par centaines de toute l’Europe pour prêter main forte à la lutte locale et rurale contre le projet d’urbanisation capitaliste par l’implantation forcée d’un aéroport aux profits de la classe bourgeoise. Malgré la logique, et malgré tout ignoble, désolidarisation officielle des organisateurs et petits-chefs auto-décrétés (les écolos de gouvernement et les stals essentiellement) de cette lutte populaire en phase de radicalisation contre « les étrangers venus tout casser avec qui on n’a rien à voir » en justifiant le dispositif répressif « d’exception »,  à savoir entre 1500 et 2000 porcs de toute sorte (CRS, gendarmes mobiles, BACceux, ainsi que toutes les polices locales à disposition) appuyés par hélicoptère et blindés canons à eau, les révolutionnaires ont pu prendre et occuper la rue, et la libérer temporairement de l’ennemi capitaliste.

Nantes, un jour de printemps, les gens sont sortis de chez eux, ont hué les forces répressives d’État en intervention, se sont parfois sauvagement attroupés avant d’être violemment gazés par spray au visage, se sont promenés ensuite au milieu des ruines de leur monde le sourire aux lèvres, avec l’idée en germe qu’il suffirait de faire cela soi-même, et tous les jours…

Nantes, tactiques de guérilla et libération de territoire contre l’État et le Capital

La lutte populaire contre le projet d’urbanisation capitaliste par l’implantation forcée d’un méga-aéroport, au service exclusif de la classe bourgeoise et provoquant la menace d’une expulsion stricte et militaire des habitants locaux, dure et se trouve en phase de radicalisation. On compte déjà de nombreuses actions et batailles, avec une tactique d’occupation du terrain de Notre-Dame-des-Landes, devenue Zone À Défendre.

Le 24 mars, la riposte contre l’ennemi opte pour une nouvelle tournure, très judicieuse : ils veulent nous expulser sur notre terrain, expulsons-les eux-mêmes dans la ville ; ils menacent en permanence d’interventions militarisées contre les occupants et les résistants du terrain, intervenons directement au cœur du centre urbain et devenons nous-mêmes menace ; plutôt que d’attendre qu’ils viennent se confronter à nous, allons nous confronter directement à eux. Extension de l’outil tactique d’occupation à la ville métropolitaine capitaliste de Nantes, extension de l’outil de libération du territoire contre l’ennemi capitaliste du terrain en question au centre urbain agresseur et les rouages d’État de la ville. En somme : ils veulent bitumer le terrain, arrachons le bitume de la ville.

Pour cela, les organisateurs et petits-chefs auto-décrétés appellent à deux grands cortèges partant de l’Est et du Sud de Nantes pour converger vers le centre-ville et l’occuper. Les anarchistes révolutionnaires appellent à un troisième cortège, anticapitaliste, partant du Nord (du Rond-Point de Rennes), afin de converger également vers le centre à la place du Cirque. En face, pas moins de 1500 flics lourdement équipés et appuyés par de nombreux véhicules quadrillent et occupent militairement la ville prise en état de siège pour la journée. La population se voit contrainte de slalomer entre les murs anti-émeute et sous la pression menaçante d’un hélicoptère.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793168.jpg

Une bataille sans combat, une Commune forte mais sans lendemain

12H30, chacun des cortèges s’ébranle, regroupant entre 6 et 10’000 manifestants. Dans le cortège anticapitaliste, plus de 1000 personnes dont un minimum de 500 combattants. Entre 200 et 250 tracteurs appuient les manifestants, chargés de terre et de verdure.

Durant tout le parcours, en notant que celui anticapitaliste avait le sien propre en dehors des cadres et SO de partis, les camarades ont su se coordonner pour une force de frappe la plus offensive possible : masques à gaz, lunettes anti-gaz, bouclier collectif, banderoles renforcées, chars de cortège avec matériel varié (pochoirs, bombes de peinture, fumigènes, banderoles, projectiles à peinture, extincteurs pour aveugler les flics, extincteurs de peinture, affiches, matos d’affichage, équipements plus lourd pour dépaver, masques de carnaval retravaillés pour se protéger des caméras, pinces coupantes, etc.), char de cortège de cuisine autogérée, chars de cortège crachant du son (notamment du rap ClassWar), etc. Ainsi, durant le long parcours jusqu’à la finale place du Cirque, le moindre bâtiment capitaliste et d’État est recouvert de peinture, de terre ou de bouse, le moindre mur et la moindre vitrine sont recouverts de slogans bombés et d’affiches révolutionnaires nombreux et variés contre l’ennemi, avec à chaque fois une coordination des banderoles renforcées pour une protection rapprochée des éléments actifs du cortège. Sécurisation à l’avant du cortège par bouclier collectif et banderoles renforcées, moins cependant sur les côtés, et le cortège se resserrait spontanément de manière compacte à chaque menace policière directe.

Convergence des luttes, les slogans, scandés, peinturés ou affichés, renvoient aux luttes anticapitalistes à Val di Susa, à la Syrie, à la Grèce avec le désormais international « flics porcs assassins », etc. Les drapeaux No Tav sont présents.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793297.jpg

Le cortège révolutionnaire arrive finalement place du Cirque, où tous les manifestants sont déjà regroupés, pour beaucoup à écouter les chiens ennemis de partis Europe Écologie, Front de Gauche et autres saloperies. Pour les camarades, l’heure est à l’occupation réelle : sécurisation des points les plus vulnérables où ont pris position l’ennemi policier (essentiellement un escalier où les porcs gendarmes mobiles se sont positionnés, barricadé par grilles d’arbre et terre, et barré par une grande banderole renforcée, provoquant quelques jets de projectile de rigueur), destruction des caméras (une caméra sur pilier au toit d’un grand hôtel de 6 étages voit son câble sectionné à la pince par un camarade sous les acclamations des révolutionnaires), attaques à la peinture et saccage sans casse directe de toutes les instances de l’État et du Capital (banques, sièges d’assurance, sièges patronaux, sièges de parti, commerces capitalistes, etc.), affichage et taguage massif et maximum, dépavage de la place avec protection rapprochée par banderoles contre l’hélicoptère, obstruction et blocage de la rue et des voies de tram par déplacement systématique de ce qu’ils appellent « mobilier urbain », chasse physique et immédiate des groupes de RG et BACceux infiltrés, positionnement des camions, accrochage de banderoles un peu partout, etc.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793395.jpg

Occupation active de la place transformée en Commune, nombreuses sont les personnes venant participer à la libération du territoire contre l’occupant capitaliste, dans une ambiance joyeuse et combattante. Même si le saccage reste de surface et minimal, nous avons « détruit » ce qui nous détruit et créé ce qui nous construit, dans une position claire de guerre de classes.

En face, l’ennemi est étonnemment passif, préférant certainement éviter une répression trop brutale en période électorale. Il semble que par la mixité rassemblant et mélangeant combattants et personnes non combattantes, les flics ne pouvaient se permettre de réprimer sans pouvoir isoler au préalable les révolutionnaires afin de les cibler en particulier. La question en ce cas, étant donné la première phase de fascisme actuelle en France : quand vont-ils se permettre politiquement de réprimer globalement en tapant dans le tas sans distinction ? Même si, en vérité, ils l’ont déjà fait et à plusieurs reprises, notamment lors de la journée du samedi 4 avril contre le sommet de l’OTAN à Strasbourg. Et même en ce 24 mars à Nantes, c’est ce qu’ils feront d’une certaine manière en gazant les passants.

Il aurait été intéressant, étant donné cette rare opportunité de la passivité de l’ennemi, de sécuriser réellement et entièrement le périmètre libéré, par barricades systématiques aux endroits les plus stratégiques, ne serait-ce que sur les deux voies d’entrée axiale de la place. Cette sécurisation par barricades aurait permis de préparer une défense de la Commune, et d’avoir une capacité à tenir contre l’ennemi. Ceci aurait été d’autant plus pertinent que nous étions un samedi en plein centre-ville, avec un évident attroupement de « badauds » tout autour de la zone, plus ou moins spectateurs, sympathisants et favorables pour une certaine partie. Des habitants Nantais sont même venus nous prévenir que des dizaines de BACceux se préparaient à intervenir, en se regroupant et s’équipant de casques, cagoules, matraques et flashball. Au lieu de cela, beaucoup de combattants semblaient « attendre » l’intervention des flics pour en découdre sans se donner les moyens d’une résistance maximale, ce qui est regrettable étant donné l’équipement, la coordination et la réactivité de tous les groupes.

16h30-17h, les soc-dem et autres réformistes quittent la place, ainsi que les tracteurs. Ne restent que les camarades du cortège anticapitaliste. Les flics prennent de nouvelles positions et resserrent l’étau. L’occupation continue.

Vers 18h, nous voilà pour la plupart assez surpris : alors qu’il restait un bon millier de camarades et combattants, ainsi que de nombreuses personnes sympathisantes, un imposant tas de grandes et volumineuses palettes en bois et de morceaux de troncs d’arbre est soudainement et brutalement enflammé… au milieu de la place et de toutes les personnes en présence (!). C’est alors un déluge de flammes pendant une grosse demi-heure, de nombreux engins à pression et bouteilles de gaz sont balancés dans le brasier qui détonne en de nombreuses et violentes explosions avec imposants retours de flamme. Les choses s’accélèrent aussitôt, les flics se mettent en position pour intervenir en force. Pour la grande majorité des combattants, c’est la perplexité : quelle utilité à cela ? Les flics encerclent en force, avec tout le déploiement de blindés, pouvons-nous résister ? Faut-il rester sur place à « attendre » la répression ou partir en cortège (un ou plusieurs) mobiles ? Restons-nous sur la défensive ou partons à l’offensive ? Retraite groupée ou isolée ? Rester ou se retirer ?

Pas de concertation entre les groupes, et l’initiative reste douteuse. La question n’est pas de flamber ou non, mais de sa pertinence tactique. Pour le coup, non seulement cette initiative en a aucune mais est même a contrario totalement contre-stratégique : pourquoi l’avoir fait au milieu de la place et des personnes en présence dont un millier de combattants et pas devant les flics ? Pourquoi ne pas avoir étalé tout le matériel accumulé de ce volumineux tas de palettes et de troncs pour ériger une ou plusieurs barricades ? Pourquoi ne pas avoir gardé les feux d’artifice et autres outils de combat comme munitions de résistance ?

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793606.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793515.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793721.jpg

On peut penser à certains jeunes combattants en impatience d’affrontement et de carnage en tant que tel pour le provoquer sans se donner les moyens de constituer un rapport de terrain et de combat intéressant, et même au contraire ont disloqué toute la force de combat effective alors possible. Car évidemment, les combattants sentent le piège de l’urgence, et préfèrent se disloquer. Au final, ce seront près de ¾ des combattants anarchistes révolutionnaires qui évacueront le secteur, et de manière dispersée. Toute la force de frappe offensive potentielle s’est disloquée en 20mn. Au final, les 200 combattants qui décident de rester pètent quelques abribus, avant que les forces répressives d’État interviennent, à 19h. Grenades lacrymogènes et gazage, charges de centaines de CRS, appuyés par blindés canons à eau et cars. Et ce ne sera qu’une course-poursuite avec une faible résistance face aux flics, qui durera une heure ou deux avant la dislocation finale. Reprise du terrain par les flics et, nous pouvons le dire, sans combat. Les affrontements qui eurent lieu n’avaient aucunement l’impact de terrain et la force de frappe offensive alors possible. Les combats ont été étrangement évité.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332793763.jpg

Ceci est d’autant plus regrettable que lors du début de l’intervention des flics, les gens se sont spontanément attroupés pour les huer et même leur jeter un ou deux projectiles, provoquant un violent et soudain gazage au spray dans les ruelles passantes, entraînant un moment de panique dans une rue commerçante, avec des enfants et personnes âgés brièvement asphyxiés. Les passants n’ont pas compris et un relan de colère et de rage anti-flic a commencé à gronder, sans écho puisque les derniers 200 combattants étaient déjà chassés loin de la zone, traqués.

Peu après l’intervention et la charge militaire des flics, des centaines de personnes se rendent à la place du Cirque, par curiosité, et se mettent à… occuper à leur tour la place, commentant collectivement les dégâts et les slogans révolutionnaires. Des enfants jouent entre les débris enflammés, des jeunes sautent au skateboard au-dessus des obstacles enflammés, les gens se prennent en photo, discutent, rient ou s’indignent, applaudissent ou s’effraient, sourient ou grimacent, se confrontent, occupent. Les flics, de fait, encadrent toujours la place et surveillent cette affluence imprévue. C’est cette deuxième « phase » de la Place du Cirque qui aurait pu être décisive en cas de combat préparé pour une défense directe et coordonnée de la Commune. Pour des raisons étrangement « inutiles », cela n’aura pas été possible. Or, ceci était possible, même nécessaire avec la force que nous avions numériquement et matériellement, et la Commune aurait pu durer, comme une mini Place Tahrir.

C’est ce qui est sans doute à regretter en cette journée, qui reste une belle journée…

Guerre à l’État et au Capital.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Nantes, 24 mars 2012] La Commune du Cirque

Compte-rendu du procès de Vido le 16 mars au Tribunal correctionnel de Nîmes

Le jeudi 17 mars à 9h au Tribunal de Nîmes, Vido s’est présenté à la barre, accusé de « dégradation de bien d’autrui » (une barquette de viande de 5,95 euros) et « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques » (soit de donner ses empreintes digitales). Un rassemblement en solidarité s’est tenu devant le tribunal. Des brochures [Pour plus d’informations sur l’ADN, on trouvera les trois brochures « L’apparence de la certitude, L’ADN comme « preuve » scientifique et judiciaire », « Du sang, de la chique et du mollard ! » et « “Ouvrez la bouche”, dit le policier », sur le site adn.internetdown.org/.] contre le fichage et la justice de classe étaient mises à disposition, aux côtés du tract présentant le point de vue de Vido sur l’affaire.

Le procureur, bien en peine de soutenir l’acte d’accusation, a requis une amende de 6 euros avec sursis (considérant ainsi Vido coupable). Le juge a finalement décidé de relaxer Vido.

Cette banale histoire a fait l’objet d’un article copieux dans l’édition du Midi Libre du lendemain. Comme à son habitude la presse bourgeoise n’a pas eu de mal à réduire l’affaire à un fait divers croustillant et rocambolesque.

Contrairement à ce que veulent faire croire le parquet et le Midi Libre en jugeant que l’affaire ne méritait pas « d’en arriver là », tous les jours la justice de classe produit des situations qui révèlent son iniquité. et son dévouement aux nantis qu’elle protège.

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes ! 26 mars 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Compte-rendu du procès de Vido le 16 mars au Tribunal correctionnel de Nîmes

[Marseille] I love videosurveillance

Depuis quelques mois, d’étranges poteaux envahissent le centre-ville de Marseille : Noailles, la Plaine, le cours Julien… des dizaines de caméras de surveillance, bientôt des centaines.

« Ce dispositif va de pair avec la transformation de Marseille en grande métropole. »

Pourtant, un grand nombre de poteaux portent les marques d’un refus en acte : ici un autocollant, un tag, là du béton, des cables arrachés ou des traces d’incendie…

Et après : vidéo à voir et télécharger sur www.primitivi.org

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Vidéosurveillance, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Marseille] I love videosurveillance

[Vive l’Azawad libre !] « Le MNLA tient à démentir les articles de presse mondiale… »

Communiqué n° 12 – 25/03/2012 – MNLA – Destruction d’un convoi malien

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad informe que ce dimanche 25 mars 2012, un convoi de milices de l’armée malienne en direction de la ville de Labezanga (frontière nigérienne) et en provenance de la ville de Gao, fut intercepté par les combattants de l’armée révolutionnaire du MNLA.

Le bilan est le suivant :
– 16 soldats maliens tués, dont le chef de la milice Ganda-Iso, Amadou Diallo ;
– 02 véhicules  plein de munitions récupérées ;
– 01 prisonnier malien.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad tient à démentir les articles de presse mondiale qui font état de présence de mouvements islamistes et terroristes aux côtés de ses combattants.  Le Mouvement National de Libération de l’Azawad informe qu’il cerne toutes les trois (03) capitales régionales de l’Azawad et l’offensive continuera pour déloger l’armée malienne et son administration de toutes les villes restantes.

Bakaye Ag Hamed Ahmed
Chargé de Communication, Informations et relais avec les Médias

Communiqué du MNLA, 25 mars 2012


Mahamed Ag Najiim. Chef d’état-major militaire du MNLA
« Notre préoccupation est de libérer notre territoire »

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) continue sa percée en prenant les villes situées sur l’axe Kidal-Gao, après le contrôle de Annefis. Mahamed Ag Najjim, chef d’état-major militaire de l’organisation, dément, dans cet entretien qu’il nous a accordé, la prise de Kidal par Ançar Eddine, en affirmant qu’elle est « sous son emprise ».

Des informations contradictoires circulent sur le sort de la ville de Kidal tantôt prise par le groupe islamiste Ançar Eddine dirigé par Aya Ag Ghaly, tantôt tombée entre les mains des combattants du MNLA puis récupérée par les militaires aidés par des milices. Qu’en est-il au juste ?

À l’heure où je vous parle, nos combattants sont déjà à Kidal où il n’y a ni les militants d’Ançar Eddine ni les militaires. Toutes ces informations sont la pure invention de Bamako dans le seul but de cacher son échec sur le terrain. Les militaires sont en train d’abandonner leurs positions, évitant ainsi le face-à-face avec les combattants du Mouvement. Nous en avons capturés plusieurs dizaines, alors que beaucoup d’autres ont préféré rejoindre les rangs de notre mouvement.

Pourtant Aya Ag Ghaly avait annoncé, il y a deux jours, la prise de Kidal par son organisation, en promettant d’y instaurer la charia…

La presse diffuse des informations que nous ne possédons pas sur le terrain. Nous sommes à Kidal et nous n’avons rien vu de cela. Toutes les villes libérées telles que Aguelhok, Tessalit, Annefis et Tinzaouatine sont contrôlées par le MNLA.

Comment expliquer que le MNLA, dont les revendications sont liées essentiellement à l’indépendance d’un territoire, se retrouve sur le même terrain avec une organisation qui lutte pour instaurer la charia ?

Il y a une importante précision à apporter. Tout le monde sait que notre région ne connaît pas de problème religieux. L’islam est dans nos racines, personne ne peut dire le contraire. Notre combat est mené pour libérer la terre et non pas pour l’islamiser. La question relative aux intentions d’Ançar Eddine est à poser à Ayad Ag Ghaly, son dirigeant. Pour l’instant, notre unique souci est la libération rapide de notre territoire de ses occupants, qu’ils soient de l’armée malienne ou des phalanges d’Al Qaîda. Je répète que notre principale préoccupation est de libérer notre territoire et non pas l’islamiser…

Quelle réponse donneriez-vous au nouveau maître de Bamako, le capitaine Sanogo, président du Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l’État (CNRDRE) après qu’il se soit déclaré prêt à négocier la question du Nord-Mali ?

Pour nous, le coup d’État n’est pas encore terminé. La situation reste très confuse. La junte ne contrôle rien sur le terrain. Bamako est livrée aux pillages et vols à main armée, aux règlements de comptes, aux affrontements armés entre loyalistes au président déchu et putschistes, aux perquisitions, arrestations, exactions et même exécutions. Le Comité ne maîtrise pas le terrain et rien n’indique que ces événements ne risquent pas de dégénérer. Les nouveaux maîtres de Bamako ne sont ni représentatifs ni légitimes pour pouvoir négocier une crise aussi importante que celle du Nord. Pour cela, nous ne pouvons donner aucune réponse. Pour nous, la situation n’a pas changé. Notre combat continue pour récupérer notre territoire.

Leur presse (Salima Tlemçani, ElWatan.com, 26 mars 2012)

Publié dans General | Marqué avec , , | Un commentaire

Manifestation du 24 mars à Nantes : guerre au pouvoir !

D’après la presse policière (Ouest-Torchon, Presse-Océan), sur les cinq personnes en garde à vue depuis hier soir, trois auraient été « libérées sans aucune forme de poursuite ». Les deux dernières seraient « jugées ce lundi selon la procédure de comparution immédiate pour des violences sur les forces de l’ordre ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332704339.jpg

Les comparutions des deux camarades auraient lieu cet après-midi à 14h en salle d’audience numéro 3 au tribunal de Nantes.

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 25 & 26 mars 2012.


Manifestation du 24 mars à Nantes : guerre au pouvoir !

Un bref récit partiel et partial de la manifestation contre le projet d’aéroport à Notre Dame des Landes, à Nantes, le samedi 24 mars.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332694395.jpg

Trois cortèges devaient converger vers le centre de la Métropole, en provenance du nord, de l’est et du sud.

12h30, Rond Point de Rennes, côté nord : un rendez-vous avait été lancé pour un cortège anticapitaliste (voir l’appel). Des dizaines de personnes commencent à se rassembler sous un grand soleil en attendant la colonne de tracteurs. Des militants d’Europe Écologie et des membres de l’ACIPA sont aussi présents.

Un impressionnant cortège de tracteurs est accueilli par des applaudissements, des slogans, un fumigène. Plus d’une centaine de tracteurs défilent sous nos yeux. Aussitôt, le cortège anticapitaliste se structure pour démarrer.

Ce cortège de plusieurs centaines de manifestants est créatif, actif, révolté. Les slogans sont offensifs. Beaucoup de tags, de pochoirs, de jets de peinture fleurissent tout au long de la rue Paul Bellamy. La permanence d’Europe Écologie (du député De Rugy) est redécorée, quelques militants verts viennent s’interposer, le ton monte un peu. Il faut rappeler à ce sujet les déclarations policières matraquées par ce parti plusieurs jours avant la manif dans les médias locaux : par exemple, dans un communiqué, Europe Écologie-les Verts « condamne par avance toutes les dégradations et violences qui pourraient avoir lieu avant, pendant ou après la manifestation ». (source)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332695204.jpg

L’hélicoptère survole ce cortège nord et en particulier les « anticapitalistes ». Des BACeux sont présents à chaque coin de rues, des flics prennent des photos depuis certains bâtiments… Mais cette surveillance est encore relativement « légère » comparée à l’hyperprésence policière qui va suivre.

Le déploiement répressif annoncé par les médias a bien eu lieu. 1500 policiers, des véhicules anti-émeutes (lanceurs d’eau), des dizaines de cars de CRS, de gendarmes mobiles, des gros groupes de dizaines de BACeux, et surtout l’hélicoptère qui survolait la manifestation avec vacarme.

Nantes n’avait jamais connu un tel dispositif policier. La terreur d’État avait été importée depuis Notre-Dame-des-Landes au cœur même de Nantes. (article de la presse bourgeoise : Nantes sur le pied de guerre avant la manif)

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332695339.jpg

Sur le cours des 50 Otages, face à la préfecture, les trois cortèges se rassemblent. Plusieurs milliers de personnes convergent. La foule est très hétérogène. Au milieu des manifestants : des vaches, des chèvres, chevaux…

Les véhicules anti-émeute sont exhibés au niveau de la préfecture, le dispositif est impressionnant. Malgré cette intimidation, la grille anti-émeute et la préfecture sont barbouillées de terre et de purin. Une brigade de clowns fait un sketch. Après un moment de flottement, la manifestation démarre par la rue de Strasbourg. 10’000 manifestants (?) peut-être plus défilent. Le chiffre importe peu : l’offensivité créative et la participation effective et joyeuse des manifestants sont frappantes. Beaucoup de banderoles diverses et faites mains également.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332695432.jpg

Un dragon coloré crache une fumée blanche sur les flics, sur les bâtiments officiels, sur les banques. Une Batucada joue et donne du rythme. La manifestation passe devant la mairie : des dizaines de CRS la protègent, le bâtiment est rempli de policiers. La mairie, comme le reste des bâtiments, est tout de même taggée.

La manif est toujours très créative, de nombreuses affiches sont apposées, des pubs détournées, les locaux de banques, d’agences immobilières et autres nuisibles sont « redécorés ». Les graffitis sont polyglottes : espagnols, italiens, français. L’ambiance est festive et enragée. Après une déambulation dans le centre-ville, retour sur le cours des 50 Otages pour y rester. On se fixe au niveau de la place du Cirque. Le bocage s’installe en pleine métropole.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332695612.jpg

Les flics sont déjà en position pour nous prendre en étau : ils sont positionnés partout, bloquant toutes les rues environnantes. L’hélicoptère continue sa surveillance bruyante.

Mais la réappropriation de la ville est effective : des arbres sont plantés, les murs remplis de slogans, les banques complètement repeintes par le dragon qui crache à présent des litres de peinture.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332695731.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332695870.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332695904.jpg

https://nantes.indymedia.org/attachments/mar2012/35.jpg

Les flics avaient installé pour l’occasion une caméra « 360° » sur le toit de l’Hôtel la Pérouse, pour fliquer — encore plus — tout le rassemblement. Un manifestant parvient à monter sur le toit, et sectionne le câble de la caméra sous les applaudissements de la foule. Dans la foulée, cet Hôtel de luxe est maculé de peinture rouge. Pendant ce temps, une partie de la rue commence à être dépavée. Une rangée de policiers trônent en haut d’un escalier surplombant le cours : une barricade de grilles et de bacs de végétaux est installée face à eux en bas de l’escalier, les empêchant de charger. Une grande banderole est attachée pour leur masquer la vue du rassemblement.

Des BACeux descendent pour essayer de harceler des manifestants isolés, plusieurs dizaines de personnes répliquent aussitôt et font reculer les flics.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332696072.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332696221.jpg

Vers 17h, un feu est allumé dans un brasero. Très rapidement, le feu s’étend, il se transforme en immense brasier qui crépite et qui explose. D’autres foyers partent, des fumigènes sont allumés. Un épais panache de fumée noire vient perturber l’hélicoptère pendant que des feux d’artifices sont tirés. Mais la peur n’est pas de notre côté : la batucada continue à donner le rythme, il y a aussi un accordéon, des gens dansent, jouent. La scène est étonnante. La fête et la révolte sont réunis. La foule est toujours hétérogène. Des flics postés en haut de l’escalier essuient rageusement des jets divers.

Les flics, malgré leur déploiement considérable semblent hésiter face à cette ambiance. Des passants se greffent aux manifestants, d’autres vont et viennent. Il n’y a plus vraiment de clivage entre manifestants et non-manifestants en cette fin de samedi après midi ensoleillée.

Avant le crépuscule, les flics décident de faire le ménage. Après des sommations inaudibles, des centaines de forces de l’ordre commencent à charger. Toutes les rues vomissent des rangées de CRS. Une charge de BAC est accueillie par une nuée de projectiles. Le risque que le cortège soit découpé par les policiers est alors grand. Le recul est rapide. Le rapport de force est trop défavorable. Malgré tout, quelques personnes allument des barricades de fortune le long du cours des 50 Otages : pneus, poubelles, cartons, palettes. Cela n’empêche pas la progression inexorable des flics. Ce qui reste du cortège s’éparpille : le long de l’Erdre, rue Paul Bellamy, place Viarme ou les BACeux chargent et interpellent.

Vers 21h, les flics contrôlent totalement la ville. Des rangées de CRS quadrillent toutes les grandes artères. En même temps, les équipes de nettoyages entrent déjà en scène : il faut aseptiser la Métropole socialiste, effacer les stigmates de cette après-midi de résistance le plus vite possible.

Les journaflics annoncent dans la soirée 7 interpellations et 5 gardes à vue. [Pour soutenir les inculpé-e-s dans la lutte contre l’aéroport de NDDL, vous pouvez aller ici.] D’autres manifestants auraient été repoussé jusqu’au Rond Point de Rennes le long de la rue Paul Bellamy. Qu’en est-il ?

N’hésitez pas à corriger, compléter ce compte rendu.

Indymedia Nantes, 25 mars 2012.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Un commentaire

[Bordeaux] La police en action à la manif pro-choix

COLLECTIF LIBERTAIRE MARIUS JACOB

À l’attention de Monsieur le rédacteur en chef du journal SUD-OUEST

Périgueux, le 25 mars 2012

Caroline Campagne a commis dans Sud-Ouest dimanche du 25 mars 2012 un article prétendant rendre compte des manifestations du samedi 24 mars à Bordeaux s’opposant à la marche des intégristes catholiques contre l’IVG.

Passons sur le titre de l’article. Quel débat pourrait-il exister autour d’une loi de la république datant de janvier 1975 ? Vous ne manquerez pas de remarquer que des anarchistes faisant référence à la loi relève du paradoxe. De la même manière une femme, journaliste, ou plutôt une collaboratrice de la presse, écrivant les lignes que nous dénonçons paraît inconcevable.

Quelques compagnes et compagnons du Collectif Libertaire Marius Jacob de Périgueux s’étaient rendus à Bordeaux afin de rejoindre le mouvement libertaire local appelant à un rassemblement place Pey-Berland contre les thèses des « pro-vie », lesquels hurlent régulièrement à la mort en réclamant le retour de la guillotine.

À ce titre notre témoignage vaut bien celui d’une personne qui n’était probablement pas sur le terrain et dont les seules sources furent policières.

Le rassemblement libertaire a très vite compté plus de cinq cents personnes, militantEs et sympathisantEs. Pour la gouverne journalistique, signalons qu’à Notre Dame des Landes, ce même jour, d’autres compagnes et compagnons étaient mobilisés contre un projet délirant d’aéroport inutile et nuisible

Certes le déploiement de la force policière était impressionnant et, place Pey-Berland, les chiens dressés montraient leur impatience agressive, ajoutant à la volonté d’intimidation.

Très vite notre rassemblement fut « encagé » par les CRS et les civils de la BAC, selon une tactique policière désormais éprouvée (et déjà mise en œuvre l’année précédente, avec une pression légèrement moins forte).

La brutalité coutumière en civil et en uniforme s’est manifestée par de fortes bourrades exercées à coups de boucliers, des coups de bottes dans les tibias des manifestantEs, des pieds écrasés, des coups de tonfas sur les crânes, sur les épaules, sur les bras et les mains…

Les agents de la BAC, toutes matraques télescopiques dehors, ont fait plusieurs incursions sous la protection rapprochée des CRS, pour frapper et arrêter un jeune homme qui avait sans doute le tort de porter une coiffure à l’iroquoise et dont on apprend en lisant vos lignes qu’il aurait tapé sur le casque d’un CRS.

Nous n’avons nullement observé un tel geste, ni n’en avons entendu parler ( ?)…

Nous conservons en mémoire le courage et la belle allure des manifestantes et manifestants désarméEs face la violence légale, réelle et potentielle, au cours de cette « garde à rue ».

Nous n’avons pas la naïveté de penser un seul instant que vous publierez cette lettre, nous avons l’habitude de vos silences quant aux mises au point que nous avons pu vous envoyer par le passé.

Nous écrivons pour notre conscience, amants de l’inutile dans cette société où tout se mesure et se paie, où tout se jauge à l’aune de la rentabilité.

Nous vous renvoyons, comme nous l’avons déjà fait par le passé à Jean Galtier-Boissière, Albert Londres et Octave Mirbeau dont l’éditeur Le Passager Clandestin vient de publier sous le titre « Interpellations » un recueil — préfacé par Serge Quadruppani — de quelques articles de presse dénonçant les « lois scélérates » de 1894-95, lesquelles ont été réactivées ces dernières années sous une autre dénomination, bien sûr, faisant la part belle au délit d’intention dont nous laissons à votre imagination le soin de concevoir jusqu’où cela peut entraîner l’exercice policier.

NB : Notre refus régulier de répondre aux journalistes d’une certaine presse, dans l’exercice de leur métier, depuis plusieurs années, devrait être désormais tout à fait compréhensible. Nous choisissons nos médias.

Collectif libertaire Marius Jacob.

Publié par le CLAP 33.

Publié dans Nos corps nous appartiennent, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Bordeaux] La police en action à la manif pro-choix

Occupation de terres à Somonte (Andalousie)

Tierra y libertad en Andalousie aujourd’hui

« Notre philosophie peut se résumer de la façon suivante : la terre, comme l’air et l’eau, est un don de la nature que personne ne peut s’approprier pour son profit individuel ou pour son enrichissement privé. La terre est un bien public, propriété du peuple, qui doit être à l’usage et à la jouissance de ceux qui y vivent et qui la travaillent. Si alors la terre n’est à personne, la propriété de la terre est un vol. C’est pour cela que nous demandons l’expropriation sans indemnisation… » [Extrait du programme pour la réforme agraire voté lors du 3e congrès du SOC à Marinaleda en octobre 1983]

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332698412.jpg

Trente ans après la grande époque de ses occupations massives de terres, le Syndicat andalou d’ouvriers agricoles (Sindicato de Obreros del Campo, SOC), vient de renouer avec cette tradition. À 11 heures du matin, le 4 mars, cinq cents journaliers agricoles et membres du syndicat ont envahi la finca Somonte dans les riches terres de la plaine du Guadalquivir près de Palma del Rio dans la province de Cordoba. Ce domaine de 400 hectares, dont 40 à l’arrosage, fait partie d’environ 20’000 hectares que la Junta, le gouvernement andalou socialiste, avait décidé de vendre aux enchères. La vente, ou privatisation, du domaine de Somonte était justement prévue pour le 5 mars.

Qui, dans l’Espagne d’aujourd’hui, frappée par une crise économique sans précédent et par un chômage touchant environ 25 % de la population et 50 % des jeunes [Les chiffres pour l’Andalousie sont encore plus dramatiques, dépassant les 30 %], pourrait en avoir les moyens nécessaires ? Une famille richissime, une banque, une institution financière… ? En tout cas pas les habitants de Palma del Rio, village qui compte 1700 chômeurs…

L’occupation dure déjà depuis une semaine. Trente personnes des villages des alentours se sont installées sur le lieu et ont commencé à travailler la terre, à semer salades, tomates, pommes de terre, oignons et autres légumes, d’abord pour l’autoconsommation. Elles sont aidées tous les jours par des dizaines d’autres venus de toute l’Andalousie pour appuyer l’occupation. Dont deux hommes âgés qui connaissent fort bien cette ferme, y ayant travaillé de nombreuses années. Ils ont apporté leur savoir-faire en précisant que ces terres sont très riches, mais que jusqu’à présent personne ne les a jamais vraiment mises en valeur. Un autre voisin de quatre-vingt-trois ans a apporté des outils manuels qui ne sont plus utilisés dans l’agriculture intensive d’aujourd’hui. D’autres ont amené des semences, des plants, des poules…

Parallèlement il a fallu aménager les habitations afin de pouvoir loger tous les occupants. Un électricien de Fuente Carreteros et un plombier de Palma del Rio se sont proposés comme volontaires. Toutes les décisions sont prises dans des assemblées générales quotidiennes et des commissions ont été établies pour s’occuper de la logistique, des relations avec les médias, du nettoyage, des repas, du travail horticole…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332698539.jpg

Cette ferme se trouve à 50 kilomètres de Marinaleda, grand bastion du SOC, où la municipalité a créé des conserveries et des ateliers qui pourraient transformer les produits de Somonte. Selon le SOC, la partie irrigable pourrait, dans une première étape, fournir du travail à au moins 50 personnes. La ferme pourrait à terme faire vivre beaucoup plus de gens, grâce à la « culture sociale » de tout le domaine. Les occupants disent qu’ils ne veulent pas créer une coopérative de salariés, mais une « coopérative de résistance » assurant la survie et un lieu de vie pour de nombreuses personnes frappées par la crise.

Au niveau régional et national, le soutien dépasse les milieux syndicaux, venant également de mouvements écologiques, d’associations soutenant l’agriculture biologique, de groupes urbains…

Le jeudi 8 mars une délégation s’est rendue au Département de l’agriculture à Séville, afin de demander que la vente du domaine soit annulée et qu’elle soit mise à la disposition d’une coopérative de travailleurs. Dehors, une manifestation de plus de mille membres du SOC les appuyait. Une nouvelle réunion a été fixée pour mardi le 13 mars.

C’est en 1978 que le SOC, deux ans après sa légalisation suite à la mort de Franco, a lancé les premières occupations de terres depuis la guerre civile. Elles ont surtout visé des latifundia appartenant à des familles aristocratiques, comme les 17’000 hectares du duc del Infantado occupés par les journaliers de Marinaleda en 1985. Le SOC est sans doute le seul syndicat européen à avoir officiellement réclamé la réforme agraire. En partie, il a eu gain de cause et a pu créer des coopératives sur des terres occupées. À l’époque la répression était très forte et des centaines de journaliers se sont trouvés inculpés aux tribunaux. Nous [C’est le Comité européen de défense des réfugiés et immigrés (CEDRI), précurseur du Forum civique européen, créé surtout par Longo maï, qui a mené cette campagne. En 1985, il a publié la brochure Terre et liberté. La lutte des ouvriers agricoles en Andalousie.] avions lancé une campagne de solidarité internationale, en organisant des tournées d’information dans toute l’Europe et en envoyant des délégations d’observateurs aux procès.

Cette fois-ci, même si la Guardia Civil suit de près l’occupation de la finca Somonte, les autorités n’ont pas encore agi contre le SOC. C’est vrai que des élections régionales cruciales auront lieu le 25 mars où le Parti socialiste pourrait bien perdre le pouvoir en Andalousie pour la première fois depuis la fin de la dictature. Il est donc peu probable que la Junta lance les gardes civils avant cette date… d’autant plus que, face à la crise, ce genre d’action est très populaire et que la colère de la population contre les gouvernants est grande. Mais après le 25 mars… ?

Le SOC a, en tout cas, lancé un appel à la solidarité locale, nationale et internationale. À nous de nous tenir prêts ! Une présence européenne sur place serait une grande aide et rendrait moins probable une intervention policière pour évacuer la ferme. Un compte bancaire sera bientôt ouvert pour une caisse de solidarité financière. Dans l’immédiat, il serait très utile d’envoyer des lettres de soutien à l’adresse électronique indiquée ci-dessous.

« Cette action devrait être le début de la révolution agraire qui, en cette période de chômage, de pénurie et d’escroquerie néolibérale, nous manque tant. Aujourd’hui toute alternative pour survivre avec dignité doit passer par la lutte pour la terre, l’agriculture paysanne et la souveraineté alimentaire… » [Conclusion du premier communiqué des occupants de Somonte, 4 mars 2012]

Même si le gouvernement a déjà pu vendre plus de la moitié des 20’000 hectares dont il était le propriétaire, il reste encore environ 8000 hectares à occuper…

Nicholas Bell
Forum civique européen

La Voie du Jaguar, 17 mars 2012.

Publié dans España en el corazón, Luttes pour la terre | Marqué avec , | 3 commentaires

[Venez en enfants sauvages !] Le carnaval se prépare – Samedi 31 mars à Saint-Affrique

« En cette année 2012 d’austérité et de sérieux électoral, Carnaval revient à Saint-Affrique. Il revient pour le printemps porter son lot d’espièglerie, d’abondance, de délires, il revient avec son vin, ses masques, ses musiques et ses danses. Il revient comme instant du « tout est possible », où la farine se change en vin, où les petits montent sur le dos des gros, où l’on rit, raille et déraille ensemble. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332696676.jpg

Sur le marché, les volontaires ont pu élire qui sera le caramantran du carnaval de Saint-Affrique.

Le Comité pour l’organisation du carnaval des enfants sauvages de Saint-Affrique promet une belle fête pour le carnaval de Saint-Affrique programmé samedi 31 mars, à 16 heures, au jardin public.

Mais d’ici là, les préparatifs se poursuivent. Samedi 10 mars, le comité d’organisation a parcouru le marché pour faire élire le caramantran de l’année. Semblable à « M. Carnaval », le caramantran est une grande figure de papier mâché représentant tout ce que l’on a détesté dans l’année.

Les organisateurs invitent toutes les personnes intéressées à les rejoindre pour construire le caramantran. Rendez-vous mercredi 14 mars, à 10 heures, devant le café du Jardin.

Plus d’infos sur cette fête, ouverte à tous, sur le blog carnavaldesaintaffrique.over-blog.com/.

Leur presse (LaDepeche.fr, 13 mars 2012)

Publié dans General | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Venez en enfants sauvages !] Le carnaval se prépare – Samedi 31 mars à Saint-Affrique

[Vive la liquidation sociale] Défilés patriotiques sous protection policière en Grèce

Manifestations anti-austérité en Grèce, en marge de défilés

Les forces de police grecques ont tiré dimanche des gaz lacrymogènes pour disperser des manifestants anti-austérité dans trois villes du pays, en marge des défilés organisés à l’occasion de la fête nationale.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332705650.jpg

Le défilé militaire annuel commémorant le soulèvement de 1821 contre les Ottomans a eu lieu sur fond de mesures de sécurité sans précédent à Athènes, afin d’éviter que se reproduisent les heurts qui avaient eu lieu lors de précédentes célébrations. Le défilé a pu se tenir dans le calme, mais, hors des officiels, peu de personnes ont pu s’en approcher pour y assister.

Les manifestations qui ont eu lieu en marge des défilés officiels reflètent la colère d’une frange de la population contre les mesures d’austérité imposées par le gouvernement en échange de l’aide financière octroyée par le FMI et l’Union européenne.

À Athènes, certaines avenues avaient été bouclées et 4.000 policiers mobilisés dans le centre. Des agents des forces de sécurité avaient même été postés sur le toit du parlement et d’autres bâtiments de la place Syntagma, où ont eu lieu de violentes manifestations contre l’austérité l’an dernier.

À Patras, ville portuaire de l’ouest du Péloponnèse, une cinquantaine de manifestants ont bombardé les policiers de bouteilles et de pierres, après avoir été empêchés d’approcher de la tribune où des personnalités assistaient à un défilé étudiant.

La police a également fait usage de gaz lacrymogènes contre 200 manifestants qui tentaient de perturber des défilés étudiants à Héraklion et La Canée, en Crète.

La police a fait état de 39 arrestations dans l’ensemble du pays.

Leur presse (Reuters, 25 mars 2012)


Manifestation antirigueur en Crète

Des centaines de manifestants protestant contre l’austérité ont provoqué aujourd’hui à Héraklion, en Crète, l’annulation du défilé commémorant le soulèvement de 1821 contre l’empire ottoman, tandis qu’à Athènes, l’étau policier inédit encadrant les célébrations a fait prévaloir le calme. Le vice-préfet de région de Crète, Evripidis Koukiadakis, a invoqué devant les médias la « sécurité des élèves » pour justifier l’annulation du défilé militaire qui comprend également des écoliers. « Maintenir la parade sous protection policière et au milieu des gaz lacrymogènes était dénué de sens », a-t-il affirmé.

L’annulation des célébrations dans ce chef-lieu de l’île (sud), quatrième ville du pays, a fait suite à l’irruption sur le parcours officiel, juste après l’ouverture du défilé par la fanfare, de près d’un millier de manifestants protestant contre la politique gouvernementale d’austérité.

La police a d’abord tenté de les repousser, en usant de gaz irritants, puis s’est repliée pour les laisser marcher sans incident sur le parcours, aux cris de « le droit du travailleur est la loi » et « pain, éducation et liberté », slogan symbole de la lutte contre la junte des colonels (1967-74), selon une source policière. À Salonique et Patras, deuxième et troisième villes du pays, plusieurs centaines de contestataires ont aussi manifesté contre la cure de rigueur dictée au pays surendetté par l’UE et le FMI, mais sans perturber les défilés, encadrés par un important déploiement policier, selon les médias.

Un premier bilan policier a recensé 180 interpellations dans ces villes, la capitale et le reste du pays. À Athènes, la démonstration de force policière a fait prévaloir le calme, privant toutefois le défilé, suivi par les chefs de l’État et du gouvernement, du plus gros de son public.

Le Premier ministre, Lucas Papademos s’est affirmé confiant que la Grèce puisse « remporter le combat national qu’elle livre aujourd’hui pour redresser son économie ».

Les médias relevaient par ailleurs que ministres et élus se sont fait discrets en province, où nombre de localités avaient renoncé à ériger les traditionnelles estrades officielles surélevées. Les forces de l’ordre étaient en alerte de peur de violences et de prises à partie du personnel politique, après les incidents ayant émaillé tous ces derniers mois les célébrations nationales. La plus grave perturbation avait conduit le 28 octobre à l’annulation à Salonique du défilé militaire national commémorant le rejet par la Grèce de l’ultimatum de l’Italie fasciste en 1940, auquel assistait le chef de l’État. La fête nationale du 25 mars commémore le soulèvement de 1821 qui a abouti en 1829 à la fin de près de quatre siècles de domination ottomane.

Leur presse (Agence Faut Payer, 25 mars 2012)

Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur [Vive la liquidation sociale] Défilés patriotiques sous protection policière en Grèce

La manif « Vies volées » de samedi 24 mars 2012

Manifestation à Paris contre les violences policières

Cent trente personnes, selon un comptage d’un journaliste de l’AFP ont manifesté samedi à Paris pour dénoncer « les brutalités policières », à l’occasion de la seconde édition de la « commémoration nationale des victimes de la police ».

À l’appel du Collectif « Vies volées » qui regroupe les comités Justice et Vérité créés derrière chaque victime d’une interpellation policière, le cortège s’est ébranlé vers 15H00 de la place de l’Opéra, dans le deuxième arrondissement derrière une banderole proclamant : « Police assassin, justice complice », pour se diriger vers la Fontaines des Innocents dans le premier arrondissement.

Les manifestants brandissaient des pancartes proclamant entre autres : « Non aux violences policières » ou « Halte à la répression policière ». De nombreux slogans hostiles à la police ou exigeant la justice pour les disparus ont été scandés tout au long du parcours.

« Entre 450 et 500 personnes ont été tuées par la police depuis l’abolition de la peine de mort, chaque année c’est une quinzaine de personnes qui sont tuées par la police », a dénoncé la présidente du collectif « Vies volées » Ramata Dieng, dont le frère Lamine Dieng est mort à la suite d’une intervention de la police.

« Ce n’est pas juste, pourquoi la justice, malgré les preuves, malgré les témoignages, est-elle si laxiste avec ces policiers ? », s’est-elle interrogée.

« Plusieurs jeunes et moins jeunes sont victimes de ces techniques de pliage qui tuent (la personne interpellée est pliée en deux, la tête sur les genoux), qui sont interdites en Europe (mais) en France on a l’impression que la police a un permis de tuer », a fustigé la sénatrice Alima Boumédienne-Thierry (EELV), estimant « important de dénoncer et de condamner les violences insitutionnelles en particulier les violences policières ».

« La police est là pour protéger les citoyens, non pour les assassiner, il y a des tribunaux pour juger des gens, ce n’est pas à la police de rendre justice », a plaidé Abdel Gmili, venu de Bourg-en-Bresse où son frère El Mahjoub est mort après un contrôle policier.

Leur presse (Agence Faut Payer, 24 mars 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , | Commentaires fermés sur La manif « Vies volées » de samedi 24 mars 2012

[Violences policières au carnaval indépendant de Nice] Les journaflics répondent aux copwatchers

Nice : Les photos de policiers niçois mises en ligne sur Copwatch

Suite à un incident lors du carnaval indépendant, des portraits ont été pris et mis sur Internet.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332690231.jpg

L'échauffourée avait laissé des stigmates sur la place Garibaldi, le 26 février dernier.

« Identification : forces de sécurité niçoises. Individus au profil violent. » Sous cette mise en garde diffusée sur le Net par le site Copwatch apparaissent les visages de plusieurs policiers niçois.

Portraits instantanés d’hommes et de femme, en tenue ou en civil, pris le 26 février dernier sur la place Garibaldi. Ce jour-là, en plein cœur de Nice, le carnaval indépendant était de sortie. Sauf que, depuis 2008, cette alternative aux corsos officiels n’a plus droit de cité. Une première fois, à Saint-Roch, des heurts avaient gâché la fête. Ce fut à nouveau le cas cette année dans le quartier du port.

Alors que le défilé vient de quitter la place Île de Beauté, l’un des participants entreprend de grimper au mat d’une caméra de vidéosurveillance rue Cassini.

Le « barbouilleur » de caméra

Il en « barbouille » l’objectif avec de la peinture avant de redescendre. La manifestation a beau ne pas avoir reçu d’agrément préfectoral des policiers encadrent le défilé. « Ils étaient avant tout là pour couper la circulation sur le passage du cortège, explique Frédéric Guérin du syndicat des gardiens de la paix. Et donc, assurer la sécurité des carnavaliers eux-mêmes. » Mais, « témoins d’un délit qui venait de se passer sous leurs yeux, à savoir une dégradation de biens publics, que vouliez-vous qu’ils fassent ? Ils sont intervenus en flag », poursuit Laurent Laubry, du syndicat Alliance.

Plaintes croisées

Les policiers ne parviennent pas à interpeller l’auteur des faits mais l’identifient. Tout au moins ils sont certains de le reconnaître quelques minutes plus tard sur la place Garibaldi. Les fonctionnaires reçoivent l’ordre de l’appréhender et s’immiscent donc au milieu des festivités. Une intervention qui met le feu aux poudres. Côté forces de l’ordre, on évoque « une dizaine de fonctionnaires blessés ». Côté manifestants, on dénonce des violences policières. « Vidéos à l’appui ». Dans cette guéguerre des images, chacun a les siennes.

Celles du réseau de vidéo surveillance ont déjà valu une procédure judiciaire à sept « carnavaliers ». Quant aux films amateurs collectés par ces derniers ils doivent étayer une plainte déposée, cette fois, à l’encontre des policiers. Sans attendre un éventuel jugement, les administrateurs du site Copwatch se sont donc forgés une intime conviction : « Il est clair que le déploiement [des policiers] prend la forme d’une provocation policière visant à produire du désordre », peut-on lire sur le Net.

Une version des faits « calomnieuse », selon Frédéric Guerin qui dénonce la « stigmatisation » des fonctionnaires dont le portrait est ainsi diffusé. « Tous ou presque ont d’ailleurs décidé de porter plainte », confirme Laurent Laubry qui rappelle au passage que « la police française est l’une des catégories de fonctionnaires les plus contrôlées d’Europe. Nous n’avons pas besoin en plus d’un site belliqueux qui n’appelle qu’à la haine du flic et dont la fermeture a déjà été prononcée à deux reprises. »

Leur presse (NiceMatin.com, 23 mars 2012)


Violences policières au carnaval indépendant de Nice

Dans l’application des délires sécuritaires en France, Nice tient la palme de l’absurde. Christian Estrosi [Député des Alpes Maritimes depuis 1988 et maire de Nice depuis 2008 (bastion traditionnel du Front National), c’est ce type plein de bonnes intentions qui a proposé le rétablissement de la peine de mort en 1991, l’adoption du droit du sol à Mayotte en 2008, œuvré au maintien des dispositions liberticides des articles 29, 30 et 31 de la Loi sur la Sécurité Quotidienne et initié la loi dite « anti-bandes » adoptée en 2009. En conséquence, on pense sérieusement que cet homme a un agent de la DCRI nanoscopique implanté sous le cuir chevelu…] a fait de sa ville un mini Londres, avec caméras de vidéo-surveillance ou encore police municipale équipée à la mode SWAT…

Nous avons pris connaissance de cette vidéo que nous relayons et qui montre l’ambiance joyeuse du carnaval indépendant de Nice. Dans un premier temps tout se passe bien, malgré la présence massive des forces de l’ordre. Une telle présence n’a pas pour objectif de « contribuer à la tranquillité publique » mais ne vise en réalité qu’à interpeller, à « faire du chiffre », tout en montrant que tout doit se faire avec l’aval et sous le contrôle total des autorités. Lorsque autant d’unités, constituées d’agents de la police municipale et nationale en tenue, de flics en civil, d’agents des CRS et des CDI, escortent un défilé d’à peine 300 personnes, il est clair que le déploiement prend la forme d’une provocation policière visant à produire du désordre. En clair, il s’agit de faire dégénérer la situation, avec en arrière pensée la volonté de « mater » tout rassemblement de personnes s’il n’est pas déclaré ou si ses participants appartiennent à une « catégorie sociale » indésirable.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332691392.jpg

Après avoir attentivement analysé la vidéo, nous constatons que la prouesse de cette nouvelle provocation revient à la CDI 06 de Nice. Présentes dans les principales villes françaises, les compagnies départementales d’intervention sont la seconde boîte de pandore de la police nationale (la première place est occupée par les BAC) : dans ses rangs, on se soutient mutuellement, même dans les pires excès de brutalité. Disponibles 24h/24 et 7j/7, plus visibles et mobiles que les CRS, les CDI sont incontestablement avec les BAC les unités de police les plus violentes. Le référencement de ces unités est donc aussi important que celui des policiers en civil.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332691608.jpghttp://pix.toile-libre.org/upload/original/1332691623.jpg

Rappel : identifier un policier, diffuser sa photo, son nom et son prénom, a pour objectif de l’inhiber, de lui montrer qu’il ne peut agir à l’insu de tous. Moins un policier sera décomplexé, plus il se tiendra tranquille. C’est du moins ce qu’on espère : nous œuvrons à ce que la paranoïa gagne doucement les rangs de la police. Qu’ils se cachent, nous ne voulons plus les voir !

Par ailleurs, il serait souhaitable que le brave gardien de la paix qu’on voit lancer un projectile (bouteille en verre) réalise qu’il n’est pas dans un saloon et qu’il ne peut pas lancer comme ça des cadavres de bouteille sur des personnes désarmées (de la même façon qu’on ne peut normalement pas tuer un homme désarmé, contrairement à ce que la police a démontré à de nombreuses reprises par le passé). Nous serons toujours du côté des indiens pour nous opposer à la domination virile des cowboys ;o)

Pour information, voici le référencement de la CDI 59 effectué par nos camarades lillois.

Copwatch Nord Paris Île de France.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur [Violences policières au carnaval indépendant de Nice] Les journaflics répondent aux copwatchers

[Nantes] Répression suite à la manif contre le projet d’aéroport

D’après la presse policière, les flics auraient interpellé 6 ou 7 personnes, 3 à 5 se trouveraient actuellement en garde à vue…


Nantes : des incidents en marge de la manifestation contre le futur aéroport

Au terme d’un rassemblement important et bon enfant contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-Des-Landes, quelques centaines de jeunes ont fait du grabuge.

En termes d’affluence, avec de 3.000 participants selon la préfecture à 10.000 selon les organisateurs, la manifestation du samedi 24 mars, à Nantes, contre le futur aéroport a été un succès, mais comme redouté, elle a quelque peu été entachée par les débordements d’une poignée d’anarchistes français et européens.

Des « anti-capitalistes » s’invitent à la « fête »…

À l’appel à manifester des associations hostiles au chantier, ainsi que de formations politiques et de syndicats, d’Europe Écologie au Parti de gauche, et d’Attac à la Confédération paysanne, est venu se greffer celui, largement relayé sur Internet, à former un « cortège anti-capitaliste » à cette occasion.

Vu la présence de plusieurs centaines de ces militants, pas vraiment désirée par les organisateurs, anticipant des débordements, la préfecture avait prévu un important dispositif policier, avec un quadrillage du parcours par un millier d’hommes, un hélicoptère et des canons à eaux prêts à intervenir. Rien n’y a fait.

Déjà dans le cortège, un agent en civil avait été pris à partie par des jeunes encagoulés, et l’on a pu assister à des jets de peinture et au badigeonnage en règle de commerces du centre-ville. Comme souvent, c’est surtout au point d’arrivée de la manifestation, après la dispersion du gros du cortège, qu’ont eu lieu des échauffourées, des centaines de jeunes mettant le feu à des palettes avec quantité de pétards et jetant des projectiles en direction des forces de l’ordre.

Bilan des incidents : des dégradations, deux blessés légers et sept interpellations

Vers 19h, une bonne heure après les premiers heurts, des dizaines de véhicules arrivés en renfort, les forces de l’ordre ont répliqué par des gaz lacrymogènes et ont finalement donné la charge, procédant à sept interpellations, a indiqué la préfecture, dont cinq ont débouché sur des gardes à vue.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1332631137.jpg

Au commissariat central, le directeur de la sécurité publique Philippe Cussac (à gauche) et le directeur de cabinet du préfet Patrick Lapouze (à droite) sont restés sur le pont tout au long de la journée.

En soi, le bilan n’est pas gravissime, si ce n’est deux blessés légers et beaucoup de mobilier urbain dégradé, sans parler des vitrines souillées, mais ces faits ont été détestables pour les organisateurs, d’autant que la préfecture avait menacé de les tenir pour responsables en cas de débordements.

« C’est des cons, c’est nul, des gens de l’extérieur », a ainsi déploré un membre de l’Acipa, la principale association qui lutte contre la création d’un second aéroport dans l’agglomération, à trente kilomètres au nord de Nantes, entre autres sur la commune de Notre-Dame-des-Landes.

La manifestation n’en a pas moins été un succès…

Les uns s’opposent à cet aéroport, voulu par le maire PS de Nantes, Jean-Marc Ayrault, et par l’UMP, parce qu’ils le trouvent nul et non avenu, les autres parce qu’ils jugent l’addition trop salée, beaucoup y sont hostiles pour des raisons environnementales, et enfin, premiers concernés, des agriculteurs y sont farouchement opposés et pointent d’inévitables expropriations et destructions d’emplois.

Sur le fond, malgré les incidents, leur message est bien passé, dans une ambiance plutôt bon enfant. Entre 13 et 16 heures, plus de 250 tracteurs arborant des pancartes « Non à l’aéroport », des manifestants à vélo, entre autres animaux des vaches, et bien sûr des milliers de personnes à pied, ont afflué suivant trois grands axes vers la préfecture, d’où est parti le cortège en direction du Cours des 50 otages, l’une des grandes artères de Nantes. C’est là que s’est tenu un meeting, qui devait être suivis de multiples animations et concerts jusqu’à 22h.

Devant la reconstitution d’un « coin de bocage », avec sa terre, ses arbres et ses végétaux, se sont succédé à la même tribune, agriculteurs, écologistes, et anti-aéroport de toute obédience, qui d’une même voix ou presque ont appelé à l’abandon de ce grand projet « inutile, coûteux et destructeur », comme de tous ceux du même acabit.

Dans cinq ans, l’A380 se posera malgré tout au milieu des champs ?

En attendant, sauf revirement des décideurs, et il en faudra sans doute plus que la manifestation du jour pour les y amener, le très contesté « aéroport interrégional du Grand Ouest », dont l’idée remonte à près d’un demi-siècle, doit bel et bien voir le jour d’ici 2017.

Sa construction et son exploitation ont été confiées au groupe Vinci, qui prévoit un coût de 560 millions d’euros, dont l’entreprise assumera un peu plus de la moitié, le reste étant à la charge de l’État et des collectivités. Si cela peut consoler ses opposants, mais on en doute, précisons que le futur aéroport vise « l’excellence environnementale ». On en reparlera…

Leur presse (Metro, 24 mars 2012)

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | 2 commentaires

On aime le poulet grillé à Miramas

Miramas. Stupeur après l’attaque de policiers au cocktail molotov

Les faits sont survenus en pleine après-midi. Alors que deux fonctionnaires de la police municipale pénétraient dans leur local pour récupérer des documents, un homme cagoulé entre et jette un cocktail molotov à l’intérieur. Plus de peur que de mal…

Après le choc, c’est la consternation. Deux jours ont passé, mais élus et policiers n’en reviennent toujours pas. Car comme le souligne Jean-Pascal Clain, le chef de la police municipale de Miramas, « il ne s’agit pas d’un caillassage, d’une bagarre ou d’une interpellation musclée, mais bien d’un cocktail molotov. Il n’est pas question ici de nuire à une intervention policière, c’est tout simplement un acte criminel. » C’est samedi [17 mars], en milieu d’après-midi, lorsque deux fonctionnaires de police retournent au poste pour récupérer des documents et faire une pause, que l’un d’entre eux a tout juste le temps d’apercevoir une personne encagoulée et le projectile s’envoler dans leur direction. La bouteille de bière remplie d’essence et coiffée d’un chiffon enflammé s’écrase dans le local, il faudra dix minutes pour venir à bout des flammes qui ne feront, heureusement, aucun blessé.

Ce n’est pas la première fois que les policiers miramasséens sont pris pour cible, quelques jours avant Noël, deux femmes fonctionnaires de police avaient vu leur véhicule violemment caillassé alors qu’elles venaient de terminer leur service, habillées en civil. Rebelote en janvier, quand d’autres voitures de police subissent de violents jets de pierres, toujours sans provoquer de blessure. Une « signature » que l’on a également pu lire samedi, une fois le feu éteint, sur les véhicules stationnés devant le poste.

« La présence de l’État devrait être plus importante »

Ce matin, le maire Frédéric Vigouroux et Michel Vauzelle, président de la région PACA, étaient sur place pour dénoncer ces actes « intolérables ». « On a à faire d’une part à quelques petits c… et d’autre part à un déficit de présence de l’État qui n’est pas assurée de façon équitable et qui devrait être plus importante ici », lance le maire. « Je suis allé voir le préfet de police, le cabinet du ministre Claude Guéant… Cela fait des années et des années que je le dis : il faut absolument que dans cette ville de près de 30’000 habitants nous ayons un véritable commissariat, avec au moins une soixantaine de policiers présents dans les rues ». Frédéric Vigouroux regrette notamment que le travail de la police municipale ne puisse s’effectuer 7 jours sur 7 et 24h sur 24, faute de moyens. Quant à Michel Vauzelle, il estime que « rien ne peut remplacer la présence sur le terrain » et particulièrement la « police de proximité ». « Le policier, par sa présence, son uniforme, rassure et apaise », explique-t-il. « S’ils sont suffisamment nombreux, ils peuvent engager la conversation avec la population et apparaître comme des gardiens de la paix. En diminuant les effectifs, l’État a une conduite irresponsable et on arrive ensuite à ce qu’il s’est passé ce samedi. »

Leur presse (R. Chape, Maritima.info, 19 mars 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur On aime le poulet grillé à Miramas

[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Des nouvelles de la révolution syrienne

Syrie : assauts meurtriers à Damas

Des affrontements « très violents » ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi entre soldats et déserteurs aux alentours de la capitale.

Des soldats dissidents de l'Armée syrienne libre (ASL) se nourrissent avant de repartir à l'assaut.

La répression de la révolte en Syrie ne montrait samedi aucun signe de répit, avec le bombardement sans relâche des villes rebelles par l’armée, et ce en dépit de nouvelles sanctions européennes visant notamment l’épouse et la mère du président Bachar el-Assad. Dans ses efforts tous azimuts pour tenter d’obtenir des protagonistes la fin des violences, qui ont fait plus de 9100 morts depuis un an, l’émissaire de la Ligue arabe et de l’ONU Kofi Annan doit se rendre dimanche en Russie puis mardi en Chine, deux alliés de Damas.

La révolte populaire débutée en mars 2011 se militarise de plus en plus. Des militaires dissidents, notamment plusieurs généraux, se sont organisés au sein de l’Armée syrienne libre (ASL) et affrontent désormais les forces du régime, jusque dans la capitale. Des affrontements « très violents » ont eu lieu dans la nuit de vendredi à samedi entre soldats et déserteurs dans la région de Damas, a affirmé Mohammad al-Chami, un militant sur place. Des explosions et des tirs pouvaient être entendus dans une grande partie de la province et jusque dans certains quartiers de Damas, a-t-il précisé.

Manifestations nocturnes

Il a fait état par ailleurs de rassemblements nocturnes anti-régime dans plusieurs villes du pays, notamment à Douma et Artouz, localités proches de la capitale. Une manifestation massive a également eu lieu dans le quartier de Kafar Soussé, à Damas même, ainsi que dans plusieurs quartiers d’Alep, la deuxième ville du pays, selon des vidéos publiées sur YouTube par des militants. Au moins onze personnes ont péri samedi dans les violences. Deux personnes ont été tuées dans des tirs de l’armée dans le quartier de Khalidiyé à Homs (centre) et deux autres à Qousseir, une ville proche, selon l’OSDH.

Plusieurs quartiers de Homs ainsi que Qousseir étaient dans la matinée sous le feu des obus de mortier de l’armée, selon cette ONG. Deux civils ont péri sous les balles des forces gouvernementales dans la province d’Idleb (nord-ouest), et un autre à Khorbet Ghazalé, dans la province de Deraa, berceau de la contestation dans le Sud, selon l’OSDH. Quatre soldats ont en outre été tués à Hassaka (nord-est), dont trois dans une embuscade, selon la même source. Dans la province de Hama (centre), Qalaat al-Madiq, que l’armée tente de prendre depuis deux semaines, était également bombardée avec des obus de mortier et des tirs à la mitrailleuse lourde, a rapporté l’OSDH. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 24 mars 2012)


Syrie : les manifestants défient les bombes

Des dizaines de milliers de contestataires ont investi les rues du pays malgré les bombardements de l’armée.

Les manifestants syriens ont défié vendredi les bombardements du régime syrien, comme ici, à Binnish, dans la province d'Idleb.

Les forces syriennes ont bombardé vendredi plusieurs villes rebelles de Syrie, où des dizaines de milliers de manifestants antirégime ont défilé, à la veille d’une mission de l’émissaire international Kofi Annan à Moscou et Pékin pour tenter de mettre fin à l’effusion de sang. Pour accroître la pression sur le régime de Bachar el-Assad, qui réprime depuis un an dans le sang un mouvement de contestation sans précédent, l’Union européenne devait adopter de nouvelles sanctions, notamment contre son épouse Asma et sa mère.

À l’appel des militants pro-démocratie, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté, notamment à Damas, réclamant entre autres le jugement de dirigeants du régime. Les forces de l’ordre ont tiré pour les disperser dans certaines localités, blessant plusieurs civils, selon les militants. Au même moment, de violents combats ont opposé les troupes gouvernementales et l’Armée syrienne libre (ASL, composée en majorité de déserteurs) à Aazaz, une ville proche de la frontière turque par laquelle transitent de nombreux blessés et des civils fuyant des violences.

Affrontements à Damas

Au total, sept soldats, trois déserteurs et sept civils ont péri vendredi dans le pays, au lendemain de la mort de 62 personnes, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH). Les combats durent depuis jeudi à Aazaz, localité de 75’000 habitants dans la province d’Alep, « bombardée par les troupes et survolée par des hélicoptères de l’armée », a affirmé Mohammad al-Halabi, un militant. À Homs (centre), autre place forte des rebelles, cinq civils ont été tués lors de tirs de roquettes par l’armée sur le quartier de Bab Sbaa, selon l’OSDH.

Plus au nord, l’armée pilonnait le bastion rebelle de Bineche, à l’est de la ville d’Idleb (nord-ouest). « Nous avons placé des mines anti-char et anti-personnel autour de Bineche. Chaque avenue, chaque rue et ruelle de cette ville recèle des mines et des explosifs. Nous n’allons pas nous rendre sans nous battre et vendre cher notre peau », a affirmé le général Abou Abdel Kader, qui commande les forces rebelles à Bineche. Les violences ont également gagné ces derniers jours Damas et sa région, théâtre chaque nuit d’affrontements entre soldats et déserteurs. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 23 mars 2012)


Damas : manifestations nocturnes avant une journée de mobilisation

Des manifestations ont réuni dans la nuit de jeudi à vendredi des centaines de Syriens à Damas, quelques heures avant les manifestations hebdomadaires à l’appel des militants pro-démocratie, qui ont placé ce vendredi sous le slogan « Damas, nous arrivons », selon des militants.

Des manifestations ont eu lieu dans les quartiers Midane, Roukneddine, Barzé et Jobar, en soutien aux villes bombardées et à l’Armée syrienne libre (ASL) qui regroupe principalement des militaires dissidents, a rapporté Mohammad al-Chami, militant sur place.

À Roukneddine, les manifestants ont scandé « Bombardez-nous, plutôt que Deraa, Homs et Hama », trois villes de Syrie où des pilonnages ont fait de nombreuses victimes, en majorité civiles, selon les ONG.

Dans le quartier de Jobar, les militants ont également accroché le drapeau de la révolution, utilisé en Syrie entre l’indépendance et l’arrivée au pouvoir du parti Baas en 1963.

À Douma (13 km au nord-est de Damas), une vidéo diffusée par les militants montre des centaines de manifestants scandant des slogans réclamant la chute du président Bachar al-Assad et une intervention étrangère immédiate.

La capitale et sa région sont depuis quelques jours le théâtre chaque nuit d’affrontements entre soldats et déserteurs de l’ASL.

Les militants pro-démocratie ont appelé à manifester comme tous les vendredis en Syrie à l’issue de la prière musulmane de la mi-journée. Sur leur page Facebook « Syrian Revolution 2011 », ils ont annoncé avoir placé cette nouvelle journée de mobilisation sous le slogan: « Damas, nous arrivons ».

La Syrie est en proie depuis un an à un mouvement de contestation sans précédent, dont le régime ne reconnaît pas l’ampleur, attribuant les violences, qui ont fait plus de 9.100 morts selon l’OSDH, à des « bandes terroristes armées ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 23 mars 2012)


Face aux chars, les bombes artisanales des rebelles syriens

DANS LA PROVINCE D’IDLEB (Syrie) (AFP) – Le fil électrique touche les électrodes de la batterie, Abou Souleimane crie « Allah Akbar ! » et la bouteille de gaz explose, éventrant la route à quelques kilomètres des positions de l’armée syrienne.

Pour ce chef rebelle qui tient avec ses hommes une zone montagneuse au nord de la Syrie, il était crucial d’interdire cette route, frontalière avec la Turquie, aux blindés de Damas.

« J’ai coupé les trois accès au village qu’ils tiennent encore, il ne leur en reste qu’un et sur celui-ci nous pourrons les attaquer », dit dans un grand sourire ce barbu trapu de 35 ans, fils d’un notable de la région de Hama (centre) tué lors de la répression contre les Frères musulmans en 1982.

Pour approvisionner ses hommes en armes, il achète des kalachnikovs aux trafiquants, essentiellement libanais. Mais pour les explosifs, nécessaires pour miner les routes et tenter de faire face aux chars de l’armée syrienne, il s’est tourné vers internet.

« J’ai trouvé les recettes de bombes artisanales sur le web, je les ai copiées sur des clefs USB et les leur ai apportées », explique un de ses hommes.

C’est « M. Abdallah », maçon dans le civil mais artificier dans l’armée lors de son service militaire, qui gère l’atelier de fabrication des engins artisanaux. Une pièce nue aux murs de parpaings, près d’une des maisons sûres du groupe.

Dans la pièce, les ingrédients : nitrate d’aluminium, engrais, gasoil. Mélangez, chauffez à la bonne température, vous obtenez une pâte détonante.

Les détonateurs sont fabriqués avec de petites sections de tubes remplies de cette pâte et reliées à des fils électriques.

« Ce n’est pas très difficile, et avec les gros engins nous avons déjà arrêté des chars, » affirme M. Abdallah.

« Arrêté, pas détruit. Nous endommageons les chenilles et ils ne peuvent plus avancer. Pour les détruire, il faudrait plus puissant et nous n’avons pas. Mais nous les stoppons et c’est déjà ça. Ils commencent à le craindre, » affirme l’artificier, assurant avoir commencé sa mortelle cuisine en juillet, quatre mois après le début de la contestation réprimée dans le sang en Syrie.

Des rebelles syriens font exploser une bombe pour couper l'accès d'une route dans la région d'Idleb le 20 mars 2012.

Les outils (perceuse, pinces, piles, fer et poste à souder) et matériaux (mastic, silicone, batterie de moto, poudres diverses) traînent au sol. Des alarmes de voiture vont servir à fabriquer des télécommandes.

Dans le couloir, trois bombonnes de gaz remplies d’explosif, vissées et câblées, prêtes à l’emploi. Dehors, dans un pick-up, cinq cartons de nitrate d’aluminium.

M. Abdallah emploie aussi des sections de tuyau en métal de 20 centimètres de diamètre, soudées aux deux extrémités, garnies de gros morceaux de métal pour provoquer des éclats.

« C’est dangereux, c’est vrai… Il faut faire attention… » Il conduit des journalistes de l’AFP dans une maison voisine : il y a six semaines, les murs ont été soufflés de l’intérieur, le plafond noirci.

« Seulement 200 grammes, cela a sauté pendant qu’on faisait le mélange… Heureusement c’était dans une assiette, nous avons été légèrement blessés. Dans un tube, nous serions morts… »

Les rebelles utilisent le même mélange explosif pour fabriquer des grenades à main: une section de tube fermée par des bouchons vissés, une mèche qui dépasse.

Sur la route où a explosé la bouteille de gaz piégée, glissée dans une buse par un rebelle, Abou Souleimane se précipite pour voir les dégâts. La chaussée est éventrée sur la droite, mais elle n’est qu’abîmée sur la gauche.

« Yallah ! Apportez-en une autre ! » ordonne le chef. Un second engin artisanal est glissé dans la canalisation. Une voiture approche, fait demi-tour à la vue des armes brandies. Tout le monde s’éloigne ; nouvelle explosion. Le cratère est énorme, la route impraticable.

En contrebas, les habitants d’un hameau alertés par le bruit sortent sur le seuil des maisons. De loin, Abou Souleimane leur fait le V de la victoire et hurle : « J’emmerde Hafez el-Assad ! », père de l’actuel président, au pouvoir lors du massacre de Hama, devenu symbole de la brutalité du régime du clan Assad.

Leur presse (Agence Faut Payer, 21 mars 2012)


Les rebelles affrontent l’armée à Damas

Des échanges de tirs ont eu lieu à un kilomètre seulement du palais présidentiel, à Damas. Défaite à Homs et à Idlib, la rébellion pourrait passer à la guérilla urbaine face au régime syrien.

Pendant deux heures en Syrie, dans la nuit de dimanche à lundi, les combats ont opposé insurgés et soldats à Mezze, un quartier d’affaires de Damas, situé juste au-dessous du palais présidentiel, à quelques encablures des sièges de la télévision publique et de l’état-major de l’armée. Les affrontements ont causé la mort de trois rebelles, qui s’étaient retranchés dans une maison de ce quartier résidentiel. Un quatrième a été arrêté pendant l’assaut donné par les forces régulières, qui ont perdu un homme, tandis que dix-huit autres soldats étaient blessés.

Le régime accuse les opposants d’avoir fait usage de grenades, de roquettes RPG et de mitrailleuses. C’est la première fois en un an de révolte contre Bachar el-Assad que des combats aussi violents ont lieu dans un secteur aussi proche des centres de sécurité à Damas, selon Rami Abdelrahmane, le président de l’Observatoire syrien des droits de l’homme.

Faire cesser les « tueries »

« Ces actions visaient à alléger la pression sur les régions » proches de la capitale en proie à des opérations de l’armée contre les insurgés, a précisé, de son côté, un activiste sur place, Mourtada Rachid. Selon lui, après ces heurts, l’armée, déployée en province, a dû être rappelée dans la capitale.

Cette flambée de violence ciblée pourrait annoncer le glissement de l’insurrection vers une guérilla urbaine, après les défaites de ces dernières semaines dans ses bastions de Homs et d’Idlib. Elle a précédé de quelques heures l’arrivée de cinq experts mandatés par Kofi Annan, l’émissaire de l’ONU et de la Ligue arabe, pour négocier la mise en place d’une mission d’observation dans le but de faire cesser les « tueries ».

Cette mission intervient alors que le président du Comité international de la Croix-Rouge (CICR), Jakob Kellenberger, a rencontré, lundi à Moscou, le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. « Nous avons reçu des signes positifs de soutien à nos priorités opérationnelles et à notre initiative d’une cessation quotidienne des combats pendant deux heures », a affirmé le porte-parole du CICR depuis son siège genevois.

Sur le terrain, les forces pro-Assad ont poursuivi lundi leur offensive contre leurs opposants, notamment à Deir ez-Zor dans l’est du pays, où de violents combats auraient fait des dizaines de victimes dimanche, selon des militants proches de l’opposition.

Leur presse (Georges Malbrunot, LeFigaro.fr, 20 mars 2012)

Publié dans La révolution syrienne | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Des nouvelles de la révolution syrienne

[Manif NDDL à Nantes] La police travaille

Nantes sur le pied de guerre avant la manif anti-aéroport

Un dispositif policier exceptionnel encadrera les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, samedi, à Nantes. La possible présence de groupes violents inquiète. « Diabolisation » crient les organisateurs.

Les opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes veulent recréer le bocage dans le centre-ville de Nantes, samedi après-midi. Un défilé de 120 tracteurs, des animaux… Sauf que les autorités craignent que la fête ne vire à la guérilla urbaine, et pointent la radicalisation de certains opposants.

Fait rare, le préfet rend public un courrier adressé à la coordination des opposants à l’aéroport, organisatrice de la manifestation, samedi, à Nantes. Il met la pression, rappelle leur responsabilité, demande une modification du parcours et les met en garde sur « de possibles débordements, en marge du rassemblement, par quelques groupes extérieurs qui pourraient se greffer au cortège ».

Les autorités ont la certitude que des groupuscules violents vont se fondre parmi les manifestants. Certains viendraient de l’étranger. « Quand on est prêt à faire 1000 km, c’est pour qu’il se passe quelque chose… », redoute une source policière.

Hélicoptère et véhicules anti-émeutes

Le dispositif est à la hauteur des craintes : 1500 hommes (dont une dizaine de compagnies de CRS et de gendarmes mobiles), un hélicoptère équipé d’une caméra pour filmer la manif et renseigner les forces de l’ordre au sol, deux véhicules anti-émeutes équipés de canons à eau. « C’est du jamais vu à Nantes, assure un policier. Tous les collègues en congés samedi sont réquisitionnés. »

La rue de l’hôtel de ville sera « sanctuarisée ». Bus et trams ne circuleront pas au coeur de Nantes. La police conseille aux banques de fermer les accès aux distributeurs de billets. Le président des commerçants du centre-ville invite à la vigilance : « Surtout ne pas laisser devant les magasins des objets qui pourraient servir de projectiles. »

Inquiétude des élus Verts

Des sites sensibles sont déjà sous surveillance policière : la préfecture, le conseil général, le conseil régional, les péages autoroutiers ou immeubles de Vinci, la future zone aéroportuaire squattée à Notre-Dame-des-Landes. Dans ce secteur, les esprits s’échauffent déjà. Mercredi soir, un agriculteur a été agressé et blessé, par des squatteurs. Il a porté plainte et subirait depuis des tentatives d’intimidation.

Ce rassemblement inquiète également des élus opposés à l’aéroport. Ils appellent à une « manifestation pacifique et non violente ». Dans un communiqué, Europe Écologie-les Verts « condamne par avance toutes les dégradations et violences qui pourraient avoir lieu avant, pendant ou après la manifestation ».

Diabolisation ?

La coordination des opposants à l’aéroport n’apprécie pas. « La préfecture et les élus majoritaires du département diabolisent notre manifestation, souhaitée familiale et pacifique. Ce n’est pas normal de nous mettre cette pression. Les autorités entretiennent une suspicion pour faire peur aux gens. Nous voulons, nous aussi, que tout se passe bien. S’il y a des débordements, ils ne seront pas de notre fait », dénonce Julien Durand, porte-parole.

La coordination espère dépasser les 4000 manifestants. Sur la présence d’opposants radicaux ? « C’est impossible de tout contrôler. Il faut aussi comprendre que cette forte pression policière depuis quelques années crée un climat de tension. »

Leur presse (T. Heng & C. Jaunet, Ouest-France.fr, 24 mars 2012)

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Manif NDDL à Nantes] La police travaille

La police travaille à Villeurbanne

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Rhône. Interpellé après avoir passé toute une nuit… en haut d’un arbre

Villeurbanne. Venus pour expulser un squat, les policiers ont également délogé un homme qui a passé toute une nuit sur un arbre, vraisemblablement pour leur échapper.

C’est ce qui s’appelle être têtu. Un homme a passé la nuit perché en haut d’un arbre, à une vingtaine de mètres de hauteur, sans doute pour échapper à des policiers venus à l’origine procéder à l’expulsion d’un squat. Cette histoire rocambolesque débute jeudi soir, rue Henri à Villeurbanne, dans le secteur de Croix-Luizet. De nombreux policiers sont mobilisés afin d’aller déloger, dans le cadre classique d’une procédure d’expulsion, les occupants d’un squat qui s’est mis en place depuis 48 heures dans des anciens hangars. Parmi ces derniers, des SDF venant d’un autre squat, et des militants associatifs venus les soutenir.

Au moment où les policiers interviennent, l’ambiance devient assez vite électrique. Des noms d’oiseau pleuvent, des menaces fusent. Parmi les plus virulents des opposants à la force publique, deux jeunes hommes sont interpellés pour avoir proféré des menaces de mort aux policiers. L’un est âgé de 23 ans et demeure dans la Drôme, le second est un SDF âgé de 20 ans. Ils étaient hier en garde à vue. Un troisième homme décide de se réfugier en haut d’un arbre, sous l’œil intrigué des policiers. Sans doute pour faire office de vigie. Pas question, en tout cas, de procéder à une interpellation assez risquée à une vingtaine de mètres de hauteur. Au moment où les policiers quittent le secteur, en fin de soirée, l’homme est toujours perché, tandis que les hangars font l’objet d’une surveillance par des agents de sécurité.

Pas de quoi décourager l’homme qui a passé la nuit sur son arbre. Hier matin, les policiers revenus sur les lieux ont dû requérir l’échelle des pompiers pour aller déloger ce drôle d’animal. Ramené enfin sur la terre ferme en milieu de matinée, l’homme âgé de 53 ans a été conduit jusqu’au commissariat de Lyon 3e, où il a été placé en garde à vue. On ne lui reproche pas sa nuit sur un arbre, mais des faits qui remontent au 26 mars 2011. Ce jour-là, à l’occasion d’une manifestation contre le nucléaire, ce quinquagénaire aurait projeté un vélo dans la vitrine de la porte principale des locaux d’Areva situés rue Juliette-Récamier, dans le 3e. Durant toute sa garde à vue, cet homme sans domicile connu, d’origine britannique, n’a donné aucune explication, ni sur ces faits, ni sur son étrange nuit.

Il devra quand même répondre de ces dégradations prochainement devant le tribunal correctionnel.

Leur presse (LeProgres.fr, 24 mars 2012)

Publié dans Luttes antinucléaires, Luttes du logement, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | 2 commentaires

[Chalon] A voté !

Chalon. La vitrine de la permanence UMP vandalisée

Dans la nuit de samedi à dimanche, entre 2h30 et 7h30, d’après les premiers témoignages, la vitrine de la permanence de l’UMP, située rue général Leclerc à Chalon a été vandalisée.

Après les constatations de la police, la vitrine a été consolidée avec un panneau en bois car elle menaçait de tomber.

« La vitrine a été brisée par deux jets de pavé », dénonce Gilles Platret, délégué UMP de la 5e circonscription et président du groupe municipal « Chalon pour Tous » qui a découvert hier les dégâts vers 9 heures. « Ces pavés ont été visiblement tirés du pavage de la place de Beaune, ce qui signifierait préméditation. »

La police nationale a été dépêchée sur les lieux et les deux pavés ont été emportés par les forces de l’ordre pour les besoins de l’enquête. Acte prémédité ou acte gratuit sur fond d’alcool, quoi qu’il en soit, l’UMP a porté plainte.

Leur presse (C. Zahra, LeJSL.com, 19 mars 2012)

Publié dans General | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Chalon] A voté !

[« Antiterrorisme »] Les mensonges de la DCRI (1)

(…) Le ministre de l’intérieur, Claude Guéant, a fait le lien entre Mohamed Merah et des salafistes arrêtés en 2007, à Toulouse et en Ariège, dans une affaire de filière djihadiste irakienne. [À notre connaissance, Guéant nie au contraire tout lien avec la « filière de Toulouse » : « Mohamed Merah était un terroriste agissant seul, ce que les spécialistes appellent un « loup solitaire ». »  — NdJL] Était-il sous surveillance à ce moment-là ?

Il n’y a pas de lien, en dehors de mandats qu’il a envoyés à l’un des condamnés en prison, ce qui peut être une simple solidarité de cité. (…)

Selon les déclarations qu’il a faites lors du siège par le RAID, il s’est autoradicalisé en prison, tout seul, en lisant le Coran. C’est un acte volontaire, spontané, isolé. Et il dit que de toute façon, dans le Coran, il y a tout. Donc, il n’y a aucune appartenance à un réseau.

Il n’a pas été victime d’une filière de radicalisation en prison ?

Il semble s’être radicalisé seul. (…)

Extrait du communiqué spécial de la DCRI (LeMonde.fr, 23 mars 2012)


[« Il n’y a pas de lien », « aucune appartenance à un réseau », c’est la faute au seul Coran, jure le communiquant de la DCRI, sur la simple foi des prétendus « aveux » de Mohamed Merah. Mais un simple journaliste peut recueillir les « aveux » du contraire auprès du gourou Olivier Corel lui-même, qui de son côté se dit naturellement pleinement « confiant » en la justice « antiterroriste » (NdJL) :]

Olivier, « l’émir blanc », a reçu chez lui Mohamed Merah

Les frères Merah connaissaient bien le cadre bucolique du hameau des Lanes où vit Olivier Corel, 65 ans, celui qu’on surnomme parfois « l’émir blanc ». Selon nos informations, et de source judiciaire, Mohamed Merah, 23 ans, et son frère Abdelkader se sont rendus dans sa ferme en janvier dernier pour régler le divorce religieux de ce dernier.

Même le maire du village est au courant de la visite des deux frères.

Olivier Corel, ce Français d’origine syrienne naturalisé en 1983, avait déjà été au centre d’une affaire de filière jihadiste vers l’Irak en 2007. Il est soupçonné d’avoir hébergé des islamistes radicaux voire de les encourager à partir au combat. Ce prédicateur avait été mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » et placé sous contrôle judiciaire avant de bénéficier d’un non-lieu.

Le nom d’Abdelkader Merah apparaissait déjà aussi à l’époque. Mais l’émir, qui nous a reçus sur le pas de sa porte, dit s’attendre « bientôt à la venue de la police », et bien « connaître le juge antiterroriste Marc Trévidic » mais assure être « confiant ». Les enquêteurs, eux, n’excluent pas des complicités dans le passage à l’acte de Mohamed Merah et vont remonter jusqu’à tous ceux qui ont eu un contact avec lui. L’émir est dans l’embarras, mais ne nie pas connaître les frères Merah. « Quand on frappe à ma porte, je l’ouvre à quiconque. Je suis un fils de Bédouin et nous avons la tradition de l’accueil et de l’hospitalité », répond Olivier Corel, polo sombre et pantalon bouffant, quand on l’interroge sur les frères Merah. À l’annonce de la mort de Mohamed Merah, le prêcheur avoue « n’avoir rien à dire sur ce qu’il a fait » et ne le condamne pas d’emblée.

Barbe rousse épaisse avec quelques pointes poivre et sel, les yeux perçants, Olivier s’appelait autrefois Abdulilah quand il est arrivé en France le 1er janvier 1973 pour des études de pharmacie qu’il a abandonnées. Un homme qui fait référence au Coran en permanence et le définit comme « le livre de la vérité absolue au-dessus de la loi des hommes ». Il avoue sur un ton aimable n’avoir « jamais lu la Bible ni la Thorah, car dit-il, je suis né musulman » mais admet « être allé à l’école dans un village chrétien en Syrie » à Talkalakh. « Ce n’est pas à moi de juger ce que cet homme a fait. Je n’ai pas à répondre là-dessus. Je ne suis pas un spécialiste de la jurisprudence du Jihad », lâche-t-il. « Je n’ai rien à cacher », assure-t-il. Dans sa ferme où il s’est installé depuis 1990, il élève quelques pigeons et cailles mais a aussi deux juments. Sa fille de14 ans ne va pas à l’école et est éduquée à la maison. Tous les trois mois, l’inspection académique contrôle son niveau de connaissance lors d’une réunion en mairie.

Marchand ambulant de poterie, Olivier Corel, dit « vivre une retraite tranquille » avec son épouse, Nadia, qui ne se montre pas. Seule concession un peu gênée, Olivier Corel, lâche que « le Coran ne prêche pas de tuer les enfants » ni de « tuer des soldats désarmés » avant de se dire fatigué par une longue matinée passée à couper du bois.

Leur presse (Le Parisien, 23 mars 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [« Antiterrorisme »] Les mensonges de la DCRI (1)

[« Antiterrorisme »] Olivier Corel, le gourou de Mohamed Merah, est-il un agent provocateur de la « coopération » policière franco-syrienne ?

« [Mohamed Merah] a un double visage. Il pouvait subitement changer de comportement. Il pouvait boire une bière et partir, deux minutes plus tard, en courant pour aller faire sa prière. »

Sans le savoir, Aïcha confirme les déclarations que nous avions recueillies en fin de matinée auprès de « proches » du jeune homme. (…) Mais pour Aïcha, c’est le frère de Mohamed, Abdelkader, qui est « le cerveau ». « C’est lui qui lui a bourré le crâne. C’est lui qui partait souvent à l’étranger, en Égypte. »

Le Télégramme, 21 mars 2012 à 23h50


Selon nos informations, le nom d’Abdelkader Merah, grand-frère du tueur présumé, apparaît en effet dans le dossier de la « Filière de Toulouse ». En 2009, des peines de six mois à six ans de prison avaient été prononcées par le tribunal correctionnel de Paris à l’encontre de six personnes accusées d’avoir mis en place une filière de recrutement et d’acheminement de volontaires à la guerre sainte en Irak. « À l’époque, Abdelkader Merah est passé entre les mailles du filet, confirme notre source. Mais il était très proche de ces gens-là. Il était surveillé par la DST. »

20 Minutes, 21 mars 2012


C’était le bureau de recrutement pour le djihad islamique. Le coup de filet effectué cette semaine par la sous-direction antiterroriste à Toulouse, en Ariège et en région parisienne a abouti hier à la mise en examen de six personnes. (…)

De lourds soupçons pèsent au contraire sur les six hommes mis en examen et habitant dans la région Midi-Pyrénées. Olivier Corel, un Français né en Syrie, qui habite à Artigat, dans l’Ariège, est suspecté d’être à la tête du réseau toulousain. Il est considéré par les policiers comme le chef idéologique des jeunes interpellés mercredi. Il avait visiblement une forte influence sur les autres membres du réseau, âgés de 25 à 30 ans. (…)

La filière toulousaine, elle, fonctionnait depuis plusieurs mois, et aurait recruté une dizaine d’apprentis djihadistes, dont certains auraient rallié la Syrie en bus. « Il y avait une première phase d’endoctrinement, explique un enquêteur. Puis, les jeunes étaient envoyés en Égypte, pour des séjours de plus en plus longs. » Une phase de préparation, plus dure, était ensuite organisée : stages sportifs, conditionnement à base de vidéos de combats de djihad. Les candidats djihadistes devaient compléter leur « formation » en Égypte, dans une école du Caire, avant d’atteindre l’Irak, via la Syrie.

La Dépêche du Midi, 18 février 2007


Parmi les huit hommes mis en examen, le cerveau du groupe, cheikh Olivier Qorel, 60 ans, Français d’origine syrienne, habitant Artigat, un village de l’Ariège. C’est lui qui convainc Sabri Essid, un compagnon de Barnouin, d’aller rejoindre ce dernier en Syrie, via la Bulgarie et la Turquie. « Tu retrouveras ta copine au paradis, mais avant vends ta voiture et règle tes dettes » lui enjoint Qorel.

Le Figaro, 28 mars 2007


Seconde étape, fin octobre 2007. Sur les six individus arrêtés à Toulouse et dans le Lot, deux sont mis en examen. L’un d’eux, désigné comme le « formateur » au combat est écroué, toujours dans le cadre de l’enquête des juges Coirre et Trévidic, sur les supposées filières irakiennes. Enfin, troisième volet de l’opération commencée en février 2007, l’interpellation, le 20 février 2008, à Toulouse de deux frères  ayant fait des voyages religieux en Égypte [sans aucun doute Mohamed Merah et son frère Abdelkader Merah  NdJL], et d’une femme. Après 96 heures de garde à vue, l’un de ces Toulousains est mis en examen pour association de malfaiteurs.

La Dépêche du Midi, 20 mars 2008


Des peines de 6 mois à 6 ans de prison ferme ont été prononcées hier par la 14e chambre du tribunal correctionnel de Paris à l’encontre de huit jeunes de la région toulousaine pour avoir mis en place une filière de recrutement et d’acheminement de volontaires à la guerre sainte ou « djihad » en Irak. C’est moins que les deux à huit ans réclamés par l’accusation pour qui cette filière « incarne une nouvelle forme de terrorisme qui met en place les conditions permettant aux candidats djihadistes de basculer dans l’opérationnel ». Le Toulousain Sabri Essid, 24 ans, et l’Albigeois Thomas Barnouin, 28 ans, interpellés le 13 février 2007 à leur retour forcé de Syrie, ont été reconnus coupables d’association de malfaiteurs à visée terroriste et condamnés à 5 ans de prison dont un an avec sursis, assortis d’une mise à l’épreuve de 3 ans et de l’obligation de se soumettre à un stage de citoyenneté d’une semaine. Leurs co prévenus, un Marocain et cinq Français convertis à l’islam, ont été condamnés pour leur avoir fourni un soutien logistique ou financier. Fabien Clain, considéré par l’accusation comme l’un des organisateurs, a été condamné à cinq ans ferme. Arrivé libre au tribunal, il en est reparti les menottes aux poignets. Son avocat Me Grégory Saint-Michel a aussitôt annoncé son intention de faire appel. Six ans ont été prononcés contre Mohamed Megherbi, qui s’était défendu sans avocat. Anouar el Madhi a écopé de 30 mois dont 24 avec sursis assortis de 5 ans d’interdiction de séjour sur le sol national. Contre Miloud Chachou, qui pourrait avoir disparu en Irak, 5 ans ferme ont été prononcés avec maintien du mandat d’arrêt. Les armes et la documentation islamiste radicale qui avaient été découvertes et placées sous scellés demeurent confisquées.

Les avocats regrettent, pour leur part, « la position très conservatrice du tribunal devant une accusation mal étayée ».

[On peut déduire, par élimination, qu’Olivier Corel, dont le nom n’apparaît pas dans la liste des condamnés ci-dessus, n’a donc écopé que de six mois de prison, ce qui est — on en conviendra — particulièrement clément quant à celui qui est supposé être le « chef idéologique » ayant « une forte influence sur les autres membres du réseau » ! — NdJL]

La Dépêche du Midi, 10 juillet 2009


D’habitude, les Corel ne sortent pas de leur hameau isolé. À Artigat, dans l’Ariège, on ne les voit presque jamais. Ni au bar ni à la supérette. Dans ce village où l’on a pendu Martin Guerre, un étranger éveille vite le soupçon. Mais pas les Corel. Un couple très discret. Jusqu’au raid lancé cet hiver, à l’aube, par une armée d’agents cagoulés, de gendarmes et chiens renifleurs. Un coup de filet mené conjointement à Toulouse, Bruxelles et en Île-de-France. Corel, lui, est placé sous contrôle judiciaire et mis en examen pour « association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste ». Que lui reproche-t-on ? Les enquêteurs le considèrent comme le chef d’une filière d’acheminement de djihadistes de la France vers l’Irak. Sous son influence, trois Français seraient partis en guerre contre l’Amérique. Deux d’entre eux ont été arrêtés en Syrie, au moment où ils s’apprêtaient à franchir la frontière irakienne. Le dernier a disparu. Dans des testaments, ils disaient vouloir « mourir en martyr ». Grand, élancé, la barbe blanche, Olivier Corel est une sorte d’émir échoué dans l’arrière-pays ariégeois. Comme son épouse, il est né en Syrie. À Talkalakh, il y a soixante et un ans. À l’époque il s’appelait encore Abdullah. Devenu français, il dirige depuis quinze ans un groupe de néoruraux musulmans. Zone de recrutement : la région toulousaine. (…) Ce sont de jeunes maghrébins réislamisés, ou des « Gaulois » convertis, souvent ex-petits délinquants « sauvés » par la religion. Sabri, mais aussi Thomas, Imad, Mohamed [Merah ? — NdJL], Stéphane, passent des heures à consulter des sites internet où des djihadistes français racontent leur expérience en Irak. Ils rêvent d’aventure, de sacrifice. À Artigat, ils tombent sous le charme d’Olivier Corel, le salafiste. Ce dernier fait office d’imam. Les exhorte-t-il à la guerre sainte au cours de ses prêches ? Tous ne sont pas des candidats au départ. Certains membres de la communauté pratiquent la poterie ou vendent des fripes sur les marchés. La face inoffensive du groupe ? Une voisine se souvient en tout cas des « cris de joie des mômes le 11 septembre ». Elle poursuit : « Vers la fin, on a senti une radicalisation. Plein de gens débarquaient avec des tenues repérables à cent lieues. » Le hameau devient un centre de pèlerinage, surtout les jours d’Aïd. Les parents retirent leurs enfants de l’école, trop laïque à leur goût. Les femmes arborent « le tchador ». Les gendarmes connaissent bien la communauté. Les RG de Foix également. Tous les services défilent. Dans les bois alentour, des chasseurs tombent sur des « guetteurs avec des jumelles ». Les téléphones sont sur écoute. « Il y a des kilomètres de littérature sur chacun de ces gars-là », indique un enquêteur. La police les observe comme des poissons rouges dans un bocal. (…)

L’Irak sert de moteur, de force d’attraction à ces nouveaux fanatiques. Depuis 2003, une soixantaine d’entre eux y sont partis. Une dizaine y ont trouvé la mort, dont au moins deux lors d’attaques suicides. D’autres ont carrément disparu. D’autres, enfin, sont parvenus à rentrer au pays. Aujourd’hui, une trentaine d’entre eux sont incarcérés dans les prisons de l’Hexagone. Pour tous, une seule plaque tournante, la Syrie.

Le Nouvel Observateur, 22 juin 2007

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Un commentaire

[Vive l’Azawad libre !] « Le coup d’État militaire au Mali ne change en rien la dynamique du MNLA »

La ville d’Anéfis dans la Région de Kidal libre

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad, porte à la connaissance de l’opinion publique Nationale et Internationale, que désormais la ville d’Anéfis situé sur l’Axe de la route nationale Gao-Kidal, abritant un bataillon militaire malien, est libre et sous administration de l’Azawad. Nous vous informons  que les militaires maliens ont choisi un repli tactique  de fuite en avant  pour rejoindre la ville Gao.

L’État Major du Mouvement National de libération de l’Azawad a retrouvé sur place :

02 B.R.D.M.

02 Camions de transport de troupe en mauvais état.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad informe, que les militaires maliens ont choisi de se rebeller face à leur pouvoir centralisé face à leur déroute dans l’Azawad, et leur met en garde contre l’atteinte de l’intégrité physique des populations civiles de l’Azawad résidentes au Mali.

Le Coup d’État militaire au Mali ne change en rien la dynamique du Mouvement National de Libération de l’Azawad, qui défend l’Azawad pour son autodétermination sans aucune condition et son indépendance vis-à-vis du Mali.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad rappelle qu’il continuera son offensive pour déloger l’armée malienne et son administration de toutes les villes de l’Azawad restantes.

Bakaye Ag Hamed Ahamed
Chargé de Communication, Informations et relais avec les Médias

Communiqué du MNLA, 22 mars 2012

Publié dans General | Marqué avec , , , , | Un commentaire

[Révolution tunisienne] Grève générale à Sidi Bouzid

Pour le deuxième jour successif, les habitants de la région de Sidi Bouzid observent une grève générale. Seuls les bureaux de poste ont ouvert aujourd’hui deux petites heures pour les services urgents.

Les habitants de la région continuent à manifester et à protester contre le gouvernement qui leur tourne le dos. Ils disent que rien n’a été investi dans la région qui a déclenché la première étincelle de la révolution. Ils déclarent aussi que leur situation a empiré, qu’ils sont de plus en plus marginalisés, que leurs diplômés sont encore des chômeurs, que leurs pauvres sont devenus encore plus pauvres, que les promesses du gouvernement sont restées sans suite, et qu’aucun objectif de la révolution n’a été réalisé.

En attendant l’aide américaine

Dans la région, des hommes d’affaires américains ont décidé d’investir pour créer des emplois et lancer des initiatives à caractère social. On parle d’un grand projet économique et d’un centre de réhabilitation pour les non voyants, dont le coût s’élèverait à plus de 8 millions de dinars. Mais ces projets ne figurent pour le moment que sur le papier, car les Américains ne se sont pas encore rendus dans la région pour entamer leurs investissements. Pourquoi ?

Selon des sources de l’ambassade des États-Unis en Tunisie, les Américains sont prêts mais on leur a dit de reporter encore un peu leur visite prévue en début mars. Pourquoi ? Pas la peine de se demander sur les raisons du report de cette visite. Il est clair que les autorités attendent qu’il y ait du calme dans la région pour garantir la sécurité des visiteurs. Surtout que, selon des propos d’un citoyen de la région diffusés sur les ondes d’une radio privée, « si quelqu’un vient encore vendre du vent, les gens l’accueilleraient avec un jet de… tomates et d’œufs ».

Publié par des ennemis de la révolution (Kapitalis, 23 mars 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Révolution tunisienne] Grève générale à Sidi Bouzid

Manifestation NDDL à Nantes Samedi 24 mars : Dernières infos concernant la grosse présence de keufs sur la ZAD & rdv pour les départs collectifs dans plusieurs villes

Dernières infos

Depuis la fin de la trêve hivernale (15 mars) il y a une forte présence policière sur la ZAD. De très nombreux contrôles aujourd’hui [vendredi 23 mars]. Hier (jeudi) il y a eu de très nombreux contrôles. La situation sera probablement la même demain. Fourgons, voitures de gendarmes, un peu partout et principalement aux points suivants : La Paquelais, les Ardillères, le carrefour de la Boissière, le Chêne des Perrières, le carrefour des Fosses noires, la Gaité et l’Épine. Les flics ont une autorisation préfectorale pour fouiller les véhicules et contrôler les identités des passagers…

Et on rappelle aussi qu’il y a une AG à 19H aux Planchettes.


Départs collectifs

Rennes
RDV covoiturage pour les départs de Rennes. C’est 10h30 devant Truffaut au centre commercial de l’Alma (métro Henri Fréville)

Vendée
Deux covoiturages sont organisés pour des départs groupés pour la manif du 24/03 à Nantes. – Rendez vous le samedi 24, à Fontenay le comte, place Viet, à 10 heures. Merci de prévenir de votre présence. Histoire de s’organiser et de n’oublier personne. L’union locale des syndicats CNT de Vendée. – Avec la fédération PCF de Vendée.

Dijon
Suite à la réunion publique du 27 février, un départ collectif s’organise 
depuis Dijon, en covoiturage, mini-bus ou autocar, suivant le nombre de
participant.e.s.
 Écrire.

Paris
Rdv mardi 20 pour une réu sur les covoiturage Nantes Paris au squat 11 rue Aubry Paris 20e (métro Alexandre Dumas) à 19 heures.

Bordeaux
Départ vendredi fin de journée ou samedi matin. Écrire.

Ploêrmel
Un covoiturage est possible au départ du parking de l’ancienne gare de Ploërmel à 11h15. Les personnes intéressées s’organiseront sur place. Départ 11h30.

Lorient, Vannes, Muzillac
Le Collectif 56 contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’associe à la mobilisation et organise un déplacement en covoiturage (départ de Lorient, Vannes et Muzillac) ou en car (départ de Lorient). Inscriptions pour le déplacement en car ou le covoiturage au 09.62.58.64.79 ou courriel.

Vannes
Covoiturage depuis Vannes : Rdv à 11h au parking, rue de Stasbourg, derrière la gare SNCF.

24 mars 2012 à Nantes

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur Manifestation NDDL à Nantes Samedi 24 mars : Dernières infos concernant la grosse présence de keufs sur la ZAD & rdv pour les départs collectifs dans plusieurs villes

Hasard et « antiterrorisme »

Au lendemain de la phrase de Sarko sur la mise en place d’une réponse pénale pour les visiteurs de sites web dits « terroristes », on remarque que les sites suivants sont down (hasard ?) :

– Rebellyon.info
– Indymedia Paris
– Indymedia Bordeaux
– Indymedia Grenoble
– Indymedia Nantes
– Indymedia Lille

Le réseau Indymedia de l’étranger reste néanmoins accessible (par exemple London ou Madrid).

En espérant que cette situation ne dure pas et que des solutions techniques soient trouvées rapidement pour remettre en ligne ces sites, vitaux pour l’échange d’information.

Exprimons notre refus de la censure (si les heures qui suivent nous prouvent qu’il s’agit de censure) et diffusons sur l’ensemble du cyberespace des messages de soutien à ces sites amis !

* *

M. Sarkozy, M. Mercier et M. Longuet, s’il vous a fallu une heure hier pour décider de fermer ces sites lors de la réunion « d’urgence », il aurait mieux fallu que vous restiez chez vous et faire une recherche Google sur ce qu’est un site miroir !

Mais peut être que vous voulez également testez le nouveau joujou à la mode fourni par l’entreprise Amesys qui permet d’espionner l’ensemble de la population française via un dpi (deep packet inspection) (cf. reflets.info et Mediapart sur ce scandale d’écoute du réseau).

Là aussi vous sous estimez pleinement la riposte ! Sachez que les internautes savent aussi se défendre et ce n’est pas parce que vous ne comprenez rien au réseau que les internautes sont ignares !

Il est bien facile pour nous, Messieurs les représentants du fascisme, de bloquer vos sites et vos armes silencieuses (telles que développées par Amesys), puisque nous sommes des millions.

NI DPI,  NI BLOCAGE DE SITES
DIFFUSONS ET RIPOSTONS
PAS DE CONCESSION
POUR LES FASCISTES !

SOLIDARITÉ AVEC LES SITES INCRIMINÉS !

Liste de discussion du réseau Résistons ensemble, 23 mars 2012.


Indymedia, Rebellyon : d’importants sites militants censurés ?

Depuis ce vendredi matin, d’importants sites militants ne sont plus accessibles, ont-ils été censurés ? Il s’agit de Rebellyon (http://rebellyon.info), un site d’information alternatif Lyonnais dirigé par un collectif autonome et d’Indymedia (http://indymedia.org), un autre médias alternatif créé par des militants et constitué sous forme de plateforme avec des ramifications (sites locaux) dans chaque ville. Ces deux médias alternatifs sont participatifs, chacun peut donc y publier des contributions, ils se situent à gauche voir à l’extrême gauche avec des positions clairement anti-capitalises, anti-sexistes et anti-fascistes.

Que ce soit depuis la France ou l’étranger, ces deux sites ne sont donc plus accessibles, les noms de domaine semblent avoir été supprimés et l’on tombe sur une page d’erreur lorsqu’on tente d’y accéder. Y a t-il eu censure ? Piratage ? Difficile de le savoir actuellement. Rappelons qu’hier et suite au drame de Toulouse,  Nicolas Sarkozy a demandé à ce qu’une réponse pénale pour les visiteurs de sites webs dits « terroristes » soit mise en place. Le raccourcie est peut être trop facile, d’ailleurs les deux sites ne sont pas hébergés en France mais aux États-Unis. Notons aussi que les deux noms de domaine ont été enregistrés sur la même plateforme : gandi.net, il est donc toujours possible que ce soit un simple problème technique.

À suivre…

Leur presse (Raphaël Rezvanpour, AcuaLutte, 23 mars 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | 9 commentaires

Le Théorème de la Hoggra – la violence et le mépris

Scénariser, mettre en scène — pour mieux faire comprendre. Et à la recherche historique et au combat politique, adjoindre l’arme de la littérature. Le Théorème de la Hoggra, dernier ouvrage du sociologue Mathieu Rigouste, relève de cette double ambition : il s’agit d’incarner ce que démontrait L’Ennemi Intérieur. De lui donner vie.

« Alors il faut bien se raconter quelques histoires avant de crever. »

Des histoires, il en est question au cours de ces presque 240 pages. Elles cheminent, en d’incessants va-et-vient, le long des fissures qui parcourent le fond de la Méditerranée : de l’Europe à l’Afrique, de la France à l’Algérie, de la métropole au département, du moins celui d’avant 1962. Des fissures sans fin, sans fond, dans lesquelles l’auteur n’hésite pas à trimballer sa lampe de spéléo, histoire de mettre à jour la nature intrinsèque de tout bon État démocratique qui se respecte. Une nature qui pourrait se réduire à une seule obsession : le contrôle de sa population, et notamment de sa frange la plus pauvre. Et dans ce registre-là, qui mieux que l’armée pour mener la danse ? Qui mieux que l’armée française lors des fameuses opérations de pacification menées en Algérie de 1954 à 1962 ?

De la doctrine de la guerre révolutionnaire, Mathieu Rigouste a tout dit dans son bouquin L’Ennemi Intérieur [Éditions La Découverte]. Dans Le Théorème de la Hoggra [Éditions BBoyKonsian, collection Béton arméE. À commander notamment ICI.], son dernier ouvrage, il s’agit cette fois de rendre le propos plus fluide, plus accessible, mais aussi de l’incarner à travers le parcours et la destinée de plusieurs personnages, avec comme épicentre géographique, La Mandoline, une cité de Gennevilliers. Il y a Houria, la vieille Algérienne née à Constantine en 1934. Fille d’un mineur militant indépendantiste, sa conscience politique sera définitivement aiguisée lors des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata en 1945. Après avoir été torturée par l’armée française, le FLN l’enverra en France en 1957 «  pour se reconstruire et disparaître ». Il y a Nordin, qui a eu comme pouponnière le bidonville de Nanterre. « Le nom de son père figurait dans la liste des portés disparus du 17 octobre 1961. Cette nuit-là, il venait d’avoir trois ans, il a commencé à saisir de quel côté de la France il était né. » Travailleur à la chaîne, Nordin participera aux agitations ouvrières des années 1970, dealera de la came avant de renouer avec le combat politique dans les années 1980. À la Brasserie des blés, on croisera le commissaire Maurice Carnot, bourré comme une huître mais beaucoup plus disert que le susdit mollusque. Carnot a fait la bataille d’Alger, «  vitrine de l’excellence française dans le domaine de la contre révolution ». En octobre 1961, le flic a balancé quelques fellouzes dans la Seine. « Certains collègues avaient pris l’habitude de leur faire bouffer une ou deux cigarettes, pour être sûr de les crever. J’ai jamais apprécié ces méthodes mais c’était la guerre », confiera le poulet éthylique. Quelques pages plus loin, on fera la connaissance de sa fille, Mélanie. L’indocile purge une peine de perpette à la maison d’arrêt pour femmes de Fleury. « Ceux qui m’ont enfermée disent que je suis la fille de Maurice Carnot et de Liliane Schmitt, mais dans la réalité je suis ce qui ne fonctionne pas. » Pute à son compte, Mélanie s’est fait serrer par les condés avant que ces derniers ne la violent lors de sa garde à vue. Fleur bleue, elle a choisi le jour de la Saint Valentin pour rendre à ses amants assermentés la mitraille de leur pièce, « trois jolies cartouches de fusil de chasse, qu’ils doivent conserver entre les poumons et la gorge ».

De violence il est éminemment question dans ce bouquin puisque de coloniale, la guerre s’est fait sociale. Et donc totale. Le spectre de Rigouste balaie les cinquante dernières années durant lesquelles va fermenter un dispositif sécuritaire qui confine à la paranoïa. D’Alger à Tarnac, en passant par Dakar et Villiers-le-Bel, l’auteur dessine les contours de plus en plus nets d’une mécanique militaro-policière toujours en recherche du dernier ajustement. Aux manettes de cette machine de mort, quelques concepteurs à la botte des 1 % planétaires. Politiques, industriels ou bien hauts-gradés, toujours cyniques, Rigouste les caricature ébauchant et griffonnant le portrait-robot de cet ennemi intérieur tant fantasmé. Tel ce boss du GIGN qui, hésitant entre ultragauche et islamistes, fait ce constat alarmant : «  Les derniers rapports de la SDAT confirment la mise en place de plusieurs réseaux d’autodéfense à travers le pays. C’est pas les révolutionnaires qui embarquent la racaille, comme on croyait. C’est toute la vermine, bougnoules et subversifs confondus qui parle de prendre les armes ! »

Outil éminemment politique, Le Théorème de la Hoggra ne saurait se laisser réduire à un exercice de pur didactisme. Se faisant passeur d’histoires, Rigouste a taillé son verbe pour le béton et le verre de ces zones grises où l’hystérie médiatico-sécuritaire joue à plein. Il n’en fallait pas moins pour donner chair à ces hommes et femmes de peu, à ces silhouettes toujours mouvantes car en dérapage constant sur des lignes de fuites. Fuite devant la norme, fuite devant la génuflexion, fuite au travers les mailles d’un filet qui se tend en fonction des convulsions capitalistes du moment. Des rouages d’une machinerie en rodage permanent naîtront des accès de jubilation. La vengeance est un carburant qui ne connaît pas la crise. La matière est là pour nourrir le polar forcément insurrectionnel : « Le spectacle assimile les rois et les bouffons. Il enivre et rend les pères Ubu assez stupides pour laisser traîner la lame que le peuple leur plongera dans la couenne. »

Rigouste fait ainsi un pari, et mise tout sur des épaules soudain lasses de tenir les murs. De clinique, sa phraséologie devient incantatoire. Peut-être de quoi en rebuter certains. Quant aux autres, celles et ceux pour qui résignation rime avec suicide quotidien, la brèche est là qui fait béance. C’est le grand soir des calendes grecques qui précipite soudain son agenda. Sous nos yeux, l’écrivain se fait stratège et scénarise le retournement. Comme si les vieilles cendres n’avaient jamais été froides, et les brasiers prêts à repartir. Finalement il n’aura fallu qu’un souffle. Celui du vent qui se lève. Ou celui d’un larsen prêt à irriguer les fièvres.

« Au départ des courts-circuits, au croisement des contraires,
Au carrefour des massacres, au point d’impact des colères,
À contre-courant envers et contre toutes les muselières,
À la périphérie des genres, au cœur des poudrières. »
(L’Angle Mort – Zone Libre vs Casey & Hamé)

Sébastien Navarro – Article 11, 22 mars 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur Le Théorème de la Hoggra – la violence et le mépris

[Nos médias] À écouter : des témoignages de détenus

Salut à vous

À écouter dans la série cahiers de doléances de l’émission Les pieds sur terre de France Culture, des témoignages de détenus…

http://www.franceculture.fr/emission-les-pieds-sur-terre-cahier-de-doleances-812-les-prisonniers-2012-03-22

Il ne s’agit pas de personnages médiatiques, d’anecdotes croustillantes et voyeuristes sur les atrocités qu’on peut vivre à l’intérieur, mais juste d’écouter trois personnes sans le filtre de l’administration pénitentiaire.

En effet l’AP contrôle tout, elle écoute les téléphones officiels, ouvre les courriers et quand elle laisse les médias entrer, c’est pour leur présenter des détenus triés sur le volet.

Ce sont donc à travers des coups de fil passés avec leur téléphone portable à une heure où les rondes des surveillants s’espacent (la nuit), que George, Kamel et Yanis nous racontent leur quotidien et soumettent leur doléances.

N’hésitez pas à laisser un commentaire sur la page du site…

Oliv (Livosons)

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Critique des médias | Commentaires fermés sur [Nos médias] À écouter : des témoignages de détenus