[Vive l’Azawad libre !] Déclaration finale de la rencontre historique de Gao

Déclaration finale de la rencontre historique de Gao

En s’appuyant sur les deux déclarations de la première rencontre générale des Ulémas, Cadres et Notables après la libération totale du territoire de l’Azawad tenue à Gao les 25 et 26 Avril 2012.

Le Mouvement National de Libération de l’Azawad considère cette rencontre comme une étape stratégique vers la création de l’État de l’Azawad tant espéré. Le MNLA valorise la position ferme et irrévocable des Ulémas, Cadres, Chefs de Tribus de l’Azawad qui ont soutenu à travers leurs déclarations l’Indépendance de l’Azawad et ont demandé à la Communauté Internationale la reconnaissance immédiate de cette nouvelle réalité sur la terre historique de l’Azawad.

Le Mouvement considère ces deux déclarations comme une feuille de route pour son travail de l’intérieur comme de l’extérieur. En démarrant sur cette base et en se fondant sur ce qui a été décidé à l’unanimité par les participants de cette rencontre, le Mouvement National commencera la création des différentes Institutions étatiques de l’Azawad dans les brefs délais, en laissant la porte ouverte à tous les citoyens de l’Azawad afin d’adhérer à l’Unité Nationale.

Le Mouvement veillera à bâtir avec abnégation et endurance un État libre Indépendant et Uni. Le Mouvement, soucieux de la sécurité et la stabilité du citoyen azawadien en cette étape, fait de la sécurité des personnes et des biens sa priorité ainsi que la lutte contre tout acte de banditisme tant dans le nouvel État que dans la sous région. Le Mouvement sollicite l’appui des pays voisins au renforcement de la sécurité et la stabilité dans la sous région.

Le Mouvement lance un appel à tous les pays voisins, frères et amis à nous aider à construire des établissements afin de mieux garantir ses missions de services publics : la santé, l’éducation, le transport…

Le Mouvement exhorte la Communauté Internationale en général et les pays voisins en particulier à répondre aux aspirations de liberté, d’indépendance du peuple de l’Azawad, à  décider de son avenir dans le respect du Droit International à l’instar de tous les autres pays. Le Mouvement est de cœur avec les populations déplacées dans les pays voisins pendant ces moments de dures épreuves et les rassure de son accompagnement jusqu’à leur retour.

Le Mouvement tend la main aux Organisations Internationales et Régionales pour aider à la paix et à la sécurité dans la région. Le Mouvement appelle la CEDEAO à la reconnaissance de l’État de l’Azawad comme étant indépendant et souverain. Le Mouvement met la CEDEAO en garde contre toute intervention militaire sur le territoire de l’Azawad.

Le Mouvement appelle la Communauté Internationale et toutes les Grandes Puissances : pays permanents au Conseil de Sécurité de l’ONU (États-Unis, Grande Bretagne, Chine, Russie, France), l’ONU (Organisation des Nations unies, l’Union Européenne, l’Union Africaine, la Ligue Arabe, la Coopération des pays du Golfe, les personnes de bonnes volontés à contribuer pour une solution juste, pacifique et durable au problème de l’Azawad.

Enfin le Mouvement adresse ses remerciements et reconnaissances aux Ulémas, Cadres, Chefferies traditionnelles et tout le peuple de l’Azawad et à tous ceux qui ont contribué de près ou de loin à la réussite de cette rencontre.

Je vous remercie !

Fait à Gao le 26 Avril 2012.

Secrétaire Général du Mouvement National de Libération de l’Azawad
BILLAL AG ACHERIF

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Quelques photos prises à Nancy suite au passage de la manif du 1er mai

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[Le Caire] « Poursuite des méthodes de nettoyage et de mort que le Conseil suprême des forces armées utilise pour réprimer la révolution »

Affrontements meurtriers au Caire : qui étaient les assaillants ?

Mercredi matin à l’aube, des manifestants opposés au régime militaire ont été attaqués par des hommes armés devant le ministère de la Défense. Le bilan est pour l’instant de vingt morts. Notre Observateur sur place s’interroge sur l’identité des assaillants, qui étaient particulièrement bien armés.

Ces incidents interviennent alors que l’Égypte organise dans quelques semaines sa première élection présidentielle depuis la chute d’Hosni Moubarak. Trois candidats à la présidentielle des 23 et 24 mai — celui des Frères musulmans Mohammed Morsi, l’islamiste Abdel Moneim Aboul Foutouh et l’avocat de gauche Khaled Ali — ont décidé de suspendre leur campagne en raison des violences.

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Tirs de cocktails Molotov de la part des assaillants à Al Abassiya.

« Ils ont attaqué avec des gaz lacrymogènes »

Mohamed Salah @MhmdSalah1, blogueur égyptien de 25 ans, était sur place au moment des incidents.

J’étais sur place depuis 19 heures hier soir [mardi]. Environ 2000 manifestants pacifiques étaient rassemblés sur la place, près du ministère de la Défense. Tous scandaient « À bas le pouvoir militaire », réclamant le retour immédiat à un pouvoir civil. Je tiens à préciser que les manifestants étaient de toutes sensibilités : il y avait des libéraux, des salafistes, des laïcs, des jeunes du Mouvement du 6-avril [d’après d’autres témoignages, les partisans de l’homme politique salafiste Abou Ismaïl, dont la candidature à l’élection présidentielle a été disqualifiée par la commission électorale, étaient majoritaires dans le rassemblement ndlr]. Quatre blindés étaient stationnés à proximité. Ils n’ont d’ailleurs pas bougé pendant l’attaque.

Vers 1 heure du matin, environ une centaine de « baltaguiyas » [nom donné aux hommes de main du pouvoir sous Hosni Moubarak ndlr] les ont attaqués avec des gaz lacrymogènes et en tirant à balles réelles [sur Twitter, les internautes s’interrogent sur la façon dont des civils se sont procurés des gaz lacrymogènes ndlr]. Certains rodaient autour des manifestants depuis un moment, d’autres sont arrivés pour l’attaque. Ils étaient tous habillés en civil. Ce ne sont donc pas « officiellement » des militaires, mais ils étaient particulièrement bien équipés [d’autres témoignages parlent également de barres de fer et de bâtons ndlr]. En revanche, les manifestants que j’ai vu n’étaient pas armés. Ils ne jetaient que des pierres [selon les services de sécurité, les deux côtés ont fait usage de cocktails Molotov ndlr].

Au moment de l’attaque, j’ai vu cinq hommes tomber à terre à quelques mètres à peine de moi, touchés par balles. L’un d’entre eux était mon ami. Il s’appellait Talaat, il avait 20 ans et étudiait à l’université Ain Shams. Ils ont tout de suite été amenés par des manifestants vers les hôpitaux de fortune installés à côté de la place.

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Vidéo des affrontements dans la nuit de mardi à mercredi.

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Un des motards qui transportaient les blessés de la place Al Abassiya.

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Une des cartouches retrouvées sur place.

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Endroit ensanglanté de la place Al Abassiya.

Leur presse (observers.france24.com, 2 mai 2012)


(…) Les jeunes activistes du Mouvement du 6-Avril ont qualifié ces violences de « massacres » et accusé l’armée d’être responsable « de ces crimes commis contre la révolution et les révolutionnaires ». « Ces pratiques sont la poursuite des méthodes de nettoyage et de mort que le Conseil suprême des forces armées [CSFA, au pouvoir depuis la chute d’Hosni Moubarak en février 2011] utilise pour réprimer la révolution », dit le groupe dans un communiqué.

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Leur presse (LeMonde.fr, 2 mai 2012)

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[Montréal] S’attaquer aux banques milliardaires et à la police d’un gouvernement répressif et corrompu

Des casseurs sans histoire

En 1757, des centaines de femmes armées de fusils, de fourches et de bâtons marchent des kilomètres à la rencontre du Gouverneur Vaudreuil. Elles se rendent devant sa demeure afin de protester contre l’augmentation du prix du sel et revendiquent de quoi manger.

La foule impose des négociations. Après avoir écouté les griefs des femmes, le Marquis de Vaudreuil soutient qu’il ne peut rien pour elles. Il leur recommande de manger du cheval afin de combler leur satiété. Elles lui répondent qu’« elles avoient de la répugnance à manger du cheval ; qu’il étoit l’ami de l’homme; que la religion défendoit de les tuer et qu’elles aimeroient mieux mourir que d’en manger » [Terence Crowley, « Thunder Gust : Popular Disturbances in Early French Canada », Historical Papers / Communications historiques, vol. 14, n° 1, 1979, p. 11-32]. La place privilégiée qu’occupe cet animal dans la société fait de sa consommation un acte immoral.

Les négociations sont rompues. Vaudreuil menace les femmes : elles doivent entrer chez elles. Si elles refont l’émeute, elles seront toutes arrêtées.

Aujourd’hui, notre société dirait de ces femmes qu’elles sont « violentes », qu’elles n’ont « aucun respect pour la loi », qu’elles font du « chantage et de l’intimidation » et qu’elles n’ont « pas à se plaindre » puisque « si elles ne sont pas contentes », elles n’ont qu’à « manger du cheval »…

Le 21 mai 1832, une élection partielle dans le Quartier-Ouest du district de Montréal tourne à la tragédie. À la fermeture du bureau de vote, le candidat Républicain Daniel Tracey est en avance de trois voix sur son adversaire bureaucrate. La foule le porte en triomphe et tente de le conduire jusqu’à sa demeure, rue Saint-Jacques.

Elle est rapidement attaquée par des royalistes. Des affrontements entre les partisans des deux camps ont lieu à coup de bâtons, de manches de haches et de pierres. Rapidement, l’armée intervient et permet aux royalistes de se réfugier derrière eux. Elle charge la foule et fait trois morts.

Cet événement est baptisé « Le massacre du 21 mai ». Il marque un point de rupture dans la protestation qui mène aux Rébellions de 1837-1838 au Bas-Canada.

Aujourd’hui, notre société dirait que l’armée a été « forcée d’intervenir » pour le bien de tous, que la foule était « hostile », qu’elle a « lancé des projectiles aux forces de l’ordre » et que des gestes violents ont été commis des « deux côtés »…

En 1917-1918, pour protester contre la conscription imposée par le gouvernement canadien, des milliers d’émeutiers – principalement des ouvriers, des étudiants et des chômeurs – attaquent les rassemblements électoraux conservateurs, les journaux pro-conscriptions et les banques. Ils pillent des armureries, pourchassent et combattent la police et les militaires dans les rues. À Québec, une foule de plus de 8000 manifestants met le feu aux bureaux du registraire et pourchasse les policiers dans les rues. L’émeute, qui rassemble plusieurs milliers de personnes, dure trois nuits.

Dans son édition du 25 mai 1917, le journal La Pressedont les vitrines ont été fracassées à plusieurs reprises les jours précédents – affirme que les émeutiers sont des « écervelés qui ne savent pas lire ». Elle recommande le « calme et le respect de la loi » et met les manifestants « en garde contre les irresponsables qui peuvent les inciter à des excès démagogiques » [La Presse, vendredi le 25 mai 1917].

Aujourd’hui, notre société dirait… sensiblement la même chose.

Le 25 avril 2012, quelque 12’000 étudiants prennent les rues de Montréal. Après 11 semaines de grève, d’assemblées, de piquetage, de manifestations (160 en deux mois!), d’occupations, de blocages, d’actions directes, de répression (plus de 1000 arrestations!), les étudiants viennent d’apprendre que l’une des organisations qui les représente, la CLASSE, a été exclue des pourparlers avec le gouvernement.

Des militants fracassent les vitrines de quelques banques et multinationales. Des affrontements avec les forces de l’ordre ont lieu.

Aujourd’hui, nous vivons en « démocratie ». Plus rien ne peut justifier ces actions qui s’attaquent aux institutions et à ses représentants. Elles ne sont que des « méfaits », « du « vandalisme » et du « grabuge ». Cette posture sur la désobéissance fait l’unanimité dans l’opinion publique. Même la gauche condamne unilatéralement ces actions. Pire : les policiers ont désormais de l’aide pour réprimer la révolte. Lors des dernières manifestations à Montréal, aux ordres de l’opinion publique, des étudiants « non-violents », s’en sont pris aux militantes et aux militants masqués. Ils les ont frappés, dénoncés et livrés à la police.

Notre élite a bien aimé.

Normal, s’attaquer aux banques milliardaires et à la police d’un gouvernement répressif et corrompu, cela n’a aucun but, aucun sens.

Il ne saurait en être autrement : l’histoire est terminée.

Leur presse (Marc-André Cyr, Voir.ca, 30 avril 2012)

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[Paris 20e] A voté !

La permanence d’une députée PS vandalisée à Paris

La permanence de la députée socialiste George Pau-Langevin a été vandalisée dans la nuit de mercredi à jeudi. Des slogans comme « gauche-droite, même arnaque » ou « détruisons l’État » ont été tagués sur la facade de l’immeuble.

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La permanence vandalisée de George Pau-Langevin ce jeudi.

Les façades de la permanence de la députée PS de Paris George Pau-Langevin et le local de la section PS du XXe arrondissement, distants de 800 mètres, ont été vandalisés dans la nuit de mercredi à jeudi.

« C’est avec stupéfaction que nous avons constaté ce matin (jeudi, ndlr), des dégradations des façades de la permanence parlementaire et du local de la section », a déploré George Pau-Langevin candidate sortante dans la 15e circonscription (une partie du XXe arrondissement).

Selon elle, « le fait que les deux permanences, pourtant éloignées de plusieurs centaines de mètres, aient été prises pour cible éloigne l’hypothèse de l’acte de vandalisme isolé et laisse entrevoir l’hypothèse de la motivation politique ».

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« À bas l’État ! »

Contacté par L’Express, George Pau-Langevin indique que des inscriptions comme « à bas l’État », « détruisons le pouvoir » ou encore « gauche-droite, même arnaque » ont été tagués sur la façade de sa permanence.

Des slogans qui laissent penser à des actes commis par des militants d’extrême-gauche. Par ailleurs, lors d’un récent tractage sur un marché du quartier, George Pau-Langevin avait été prise à partie par des militants anarchistes, qui lui reprochaient d’avoir cautionné des expulsations [sic] de squat. « Mais il est encore trop tôt pour tirer la moindre conclusion », tempère la députée.

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Il y a également eu des vitres brisées à la section PS du XXe arrondissement, rue Ernest Lefèvre.

« Nous ne nous laisserons ni intimider, ni détourner du chemin qui est le nôtre : (…) dans la reconnaissance de tous, dans le dialogue et le débat démocratique », ajoute George Pau-Langevin en soulignant qu’une plainte « a été déposée au commissariat du XXe arrondissement ».

Leur presse (LExpress.fr avec AFP, 3 mai 2012)


(…) Selon son entourage, des inscriptions comme « à bas l’État », « détruisons le pouvoir » ont été retrouvées sur la façade de la permanence de la députée située cour des Noues (XXe). Il y a aussi eu des vitres brisées à la section du XXe, rue Ernest Lefèvre. « Ces actes caractérisés notamment par des graffitis et des vitres brisées ne sauraient être tolérés. Quels qu’en soient les auteurs et leurs motivations, cette situation contraste avec le moment de débat et d’échange démocratique auquel nous avons assisté hier soir (mercredi) », a-t-elle ajouté. (…)

Leur presse (jeanmarcmorandini.com, 3 mai 2012)

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[Copwatch] Appel à lutter contre le mouvement de révolte en cours dans la police

Rappel des faits : Le samedi 21 avril 2011, un homme été abattu par la police nationale à Noisy-le-Sec. Selon la police, cet homme fut tué par le fonctionnaire dans une situation de légitime défense, le policier clamant qu’il était en situation de danger.

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Le mercredi 25 avril 2011, ce même policier, fut mis en examen pour homicide volontaire par le tribunal de Bobigny puis suspendu de ses fonctions. Suite à de faux témoignages, l’autopsie révela que la mort de cet homme fut causée par une balle tirée dans le dos et non en état de légitime défense. Un témoin présent sur les lieux indiqua qu’il s’agissait d’une course poursuite et non d’un face à face.

Suite à cet évènement, un vaste mouvement de fronde au sein des commissariats du 93 puis de France et des manifestations sauvages se mirent en place pour contester la mise en examen de leur collègue Damien. Certaines revendications particulièrement violentes comme la présomption de légitime défense, un véritable permis de tuer, a été mis au tableau des revendications.

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Photo extraite du groupe-rassemblement a la DTSP 93 de policiers en colère

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Photo extraite du groupe

Mais voilà Copwatch Nord-idf ne compte pas laisser prendre un mouvement contestataire au sein de la police nationale qui plus est néfaste pour la population.

Comme nous le faisons depuis ces dernières années, nous nous sommes specialisés dans la surveillance des résaux sociaux. Depuis une semaine nous sommes entrés sur un groupe intitulé « Tous ensemble pour défendre le métier de policier ».

Quatre flics ont été identifiés comme administrateurs et meneurs : Jean-Michel Hanquiez ; Ludovic Schweitzer ; Mickaël Dequin (fan de Thierry Mariani et Éric Zemmour) ; Julien Mourat.

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Quelques flics contestataires…

D’un point de vue technique, 430 policiers des BAC du 93, de Besançon, de Marseille, Neuilly-sur-Marne, Courbevoie, des brigades canines, des différentes DDSP, ont d’ores et déjà été mis dans nos archives. Un jeu d’enfant surtout lorsque ceux-ci s’identifient eux-mêmes.

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Les flics s'identifient eux-mêmes

Ce groupe qui se dit apolitique comprend actuellement 9500 membres et constitue visiblement le fer de lance du mouvement en matière de communication. On y apprend une multitude de choses comme la création de groupes de travail sur la légitime défense, les négociations avec les préfectures ou encore dates de rassemblements et de manifestations sauvages.

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Revendications et réunions

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Au passage, la personne assassinée est qualifiée d'enculé.

Ce mouvement est en réalité un mouvement de répression dont le seul but est de renforcer le pouvoir des flics afin de mater toute forme de contestation populaire. Nous constatons avec stupeur que les méthodes utilisés par la police nationale à savoir groupe de travail, manifestations sauvages, assemblées generales sont les mêmes méthodes que nous utilisons lors de nos contestations sociales et que cette police réprime allègrement avec joie et allégresse à coups de lacrymo, de tonfa et de flashball. Ce mouvement n’a rien de spontané, ni apolitique, ni social, il n’est juste qu’un mouvement mis en place par une droite dure « en perdition » et qui est prête à tout afin de renforcer les pouvoirs d’une police corrompue, violente et mafieuse avant de céder sa place.

Par respect pour toutes les personnes assassinées par les forces de sécurité françaises, Copwatch Nord-idf lance un appel à noyauter ce mouvement et ce groupe. Notre capacité de frappe n’est pas illimitée ni surnaturelle. Nous comptons sur vous tous, victimes ou non de la police nationale à enrayer par tous les moyens cette contestation qui vise à nous détruire un peu plus.

Seule la lutte paye.

Policiers, nous vous identifierons tous un à un.
Nous serons redoutables.
Que la peur change de camp.

Copwatch Nord Paris Ile-de-France, 2 mai 2012

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Georges Cipriani : une liberté très surveillée

Déterminé économiquement et politiquement par un passé vieux de plus de 25 ans, il est aujourd’hui nécessaire que le système politico-judiciaire cesse de s’acharner contre Georges Cipriani. Après 24 ans d’incarcération, l’ancien militant d’Action directe est aujourd’hui sous libération conditionnelle. Cependant, ses conditions d’existence ne se résument qu’à vendre sa force de travail pour survivre et continuer à indemniser les parties civiles.

Une libération conditionnelle n’est pas une libération, elle est un mode de vie où les conditions relatives à la libération ne permettent qu’une liberté en peau de chagrin. En effet, soumis aux décisions du juge anti-terroriste, sa liberté de mouvement n’est, par exemple, qu’une vaste mascarade. Enchaîné aux murs de Strasbourg, Georges doit, pour sortir du département au-delà de deux semaines, « prévenir » le juge. Cependant, sa présence est indésirable dans bon nombre de départements, où il est interdit de séjour. En effet, il lui est interdit de se rendre aussi bien au sein des grosses agglomérations françaises (Marseille, Lyon, Bordeaux, Ile de France…) que dans l’intégralité des départements jouxtant les pays frontaliers et la méditerranée. Inutile de préciser également qu’il ne peut, sous aucun prétexte, quitter le territoire.

D’autre part, réussir à déménager, comme il l’avait prévu initialement, relèverait de l’exploit. En effet, avant de quitter le département, il est nécessaire à Georges de demander une autorisation à changer de résidence. De plus, il doit expliquer au juge anti-terroriste les motifs qui le poussent à partir et donc, par là, lui apporter la preuve d’un pied à terre (la signature d’un bail locatif) au sein du département dans lequel il souhaite emménager, serait-ce même à Strasbourg. Ainsi, il lui serait nécessaire de payer dans le même temps, une caution voire un ou deux mois de loyer ainsi que les loyers correspondant à la durée de son préavis ! Le parcours du combattant économique ne s’arrête malheureusement pas là ! Autre obstacle, ne pas être frappé par une interdiction de séjour dans le département en question. S’il souhaitait tout de même habiter dans un de ceux-là, il lui faudrait alors demander une levée au juge de l’application des peines. Une possibilité conditionnée au préalable par le fait de bénéficier d’un suivi médical dispensé par un médecin psychiatre du secteur. Ce dernier fixant à cette fin le préalable d’un premier entretien avec lui. Bref, autant d’obstacles nécessitant autant de temps et de moyens financiers ! Une fois, ces conditions remplies, le juge décide librement d’accepter ou non sa demande ! La classe !

Du point de vue de l’exploitation de sa force de travail, Georges s’est vu, à 60 ans, reprendre le chemin du travail salarié. Embauché en contrat d’insertion au sein de la Banque alimentaire de Strasbourg, la dynamique managériale de cette entreprise humanitaire est loin de l’image que l’on se fait d’elle. En effet, elle est devenu une structure où la division du travail et surtout la division des salarié.es sont faites afin d’optimiser les forces productives et surtout empêcher toute mobilisation à l’encontre de la hiérarchie.

Réduit à devoir travailler pour survivre, Georges n’a plus la force physique lui permettant de répondre aux missions et aux cadences imposées par la banque alimentaire. De plus, son contrat unique d’insertion (24 heures/semaine) ne lui permet pas d’investir une partie de son salaire dans des activités personnelles lui permettant de s’évader de la situation aliénante dans laquelle il se trouve. Réduit à une situation d’esclavage moderne, l’exploitation qu’il vit et subit lui permet uniquement de payer son loyer, manger de la malbouffe, et indemniser les parties civiles.

Chaque mois et cela jusqu’à la fin de sa vie, Georges devra verser 15% de ses revenus au Fonds de garantie contre les actes de terrorisme agissant au nom des familles s’étant portées parties civiles contre Action directe. L’acharnement ne cessera jamais ! 25 ans après les faits, dans un contexte socio-politique n’ayant plus rien à voir avec celui des années 80, Georges, après un quart de siècle derrière les barreaux, doit continuer à payer. Sa dette, individualisée, est financière mais elle est également symbolique. Le prix à payer pour avoir décidé de combattre collectivement l’État et son économie politique est d’être sous contrôle jusqu’à la fin de sa vie. L’État, totalitaire et totalisant, le soumet, l’oblige, veut le briser… Aujourd’hui, ses barreaux ne sont plus à la centrale d’Ensisheim, ils doivent se dresser dans son esprit, et sont entre les mains d’un juge anti-terroriste qui, symboliquement et concrètement, a le droit de mouvements et de vie sur sa personne.

En mai 2015, Georges sera « à la retraite ». N’ouvrant droit qu’au minimum vieillesse, sa situation financière et donc sa situation personnelle va nettement se dégrader. Il pourra, en effet, de moins en moins survivre en continuant à indemniser les parties civiles.

Ainsi, contre les mesures répressives qu’il subit et qui viennent mettre à mal ses conditions d’existence, le syndicat des travailleur/euses précaires du Bas-Rhin, appelle au soutien de leur camarade !

Pour aider Georges, merci de vous solidariser par vos dons sous forme chèques à envoyer à :

CNT STP 67.
c/o Lucha y fiesta. BP 30017.
67027 STRASBOURG Cedex1

UR des syndicats CNT Alsace, 2 mai 2012

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Occupation d’une maison vide à Lausanne

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Communiqué du collectif La Louve

Nous occupons depuis hier la maison aux volets bleus du chemin des Sauges 18 à Lausanne, murée et inhabitée depuis six mois. Nous sommes un collectif d’une dizaine de personnes en quête d’un lieu pour habiter et concrétiser nos aspirations collectives.

Un projet de construction de deux immeubles d’appartements en PPE de relativement haut standing au label Minergie avec grand parking souterrain, balcon-baie vitrée et petite surface verte sur le toit concerne actuellement la parcelle que nous occupons. Qu’à cela ne tienne (ou pas), nous envisageons de faire vivre ces murs et entretenir le grand jardin jusqu’à ce que le chantier débute vraiment.

Passez-nous voir, venez boire un verre, amenez une chaise, une fourchette, des outils, des semis pour le potager, de la vaisselle, du bois pour construire des meubles ou venez sans rien, de toute manière, on se réjouit de vous accueillir !

Collectif la Louve

Le Réveil, 27 avril 2012


Un squat familial dans les hauts de Lausanne

Le bien nommé Collectif La Louve, qui comprend des familles avec enfants, occupe une maison depuis quelques jours.

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Le collectif La Louve squatte le maison du chemin des Sauges 18 depuis le 26 avril.

C’est sans doute une première lausannoise. Depuis fin avril, un nouveau collectif baptisé La Louve occupe une charmante maison aux volets bleu ciel dans les hauts de Lausanne, au chemin des Sauges. C’est officiellement le quatrième squat dans la capitale vaudoise, après celui de la Hache à Saint-Martin, de Turbo-Mongol à Ruchonnet et de la Bosse à la rue du Grillon, mais ce nouveau venu a la particularité d’abriter des familles avec enfants soucieuses de concrétiser leurs « aspirations collectives ».

Est-ce la crise du logement qui a poussé ces familles à squatter au chemin des Sauges ? Sur le pas de la porte, une partie des occupants confirment. « Nous en avons assez de nous entendre dire qu’il n’y a pas de logements vacants, mais qu’en parallèle il y a toutes ces maisons vides, comme celle-ci qui était murée et inhabitée depuis six mois. Ici, nous voulons mettre en commun nos compétences et nos connaissances, et ouvrir la maison aux gens du quartier. » Ils sont encore plus explicites sur Internet et sur l’affichette, placardée à l’entrée de la maison, invitant les riverains à faire connaissance autour d’une tasse de thé.

« Nous envisageons de faire vivre ces murs et entretenir le grand jardin jusqu’à ce qu’un chantier débute vraiment. » Quel chantier ? Un projet de construction de deux immeubles d’appartements en PPE, de relativement haut standing, au label Minergie avec un grand parking souterrain, des balcons aux baies vitrées et petite surface verte sur le toit.

Leur presse (Laurent Antonoff, 24heures.ch, 2 mai 2012)

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[Révolution tunisienne / Métlaoui] À l’heure des résultats du concours de la CPG (6)

Tunisie : Des protestations paralysent totalement l’extraction et la production des phosphates

Les opérations d’extraction, de production voire même les activités administratives de la Compagnie des phosphates de Gafsa (sud-ouest de la Tunisie), principal bassin minier du pays, ont été « totalement paralysées » mercredi suite à plusieurs sit-in.

Ces sit-in faisaient suite à une série de mouvements de protestation que connait la ville de Gafsa depuis samedi dernier, jour de l’annonce des résultats d’un concours portant sur le recrutement de 1000 agents parmi un total de 2700 au sein de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG).

Des témoins de la place ont indiqué que « des groupes mécontents des résultats de ce concours avaient érigé des tentes et entamés des sit-in, ce qui a provoqué un arrêt total du travail dans certains services ».

La principale revendication des protestants est de réexaminer les résultats à cause « de violations et de transgressions qui ont entaché ce concours », comme l’a déclaré à la presse Mohamed Salah, un chômeur participant au sit-in devant le siège de la CPG.

D’un autre côté, le ministère tunisien de l’emploi et de la formation professionnelle avait annoncé que les résultats de ce concours ne sont pas définitifs et les protestataires aurait le droit de présenter des recours dans un délai de six jours à partir de la proclamation des résultats.

L’arrêt de la production de phosphate dans le bassin minier de Gafsa (essentiellement dans la région de Métlaoui) ne peut que ralentir l’un des vecteurs de l’économie tunisienne puisque la ville de Métlaoui est le centre des activités de la CPG et fournit, selon la presse locale, près de 60% de la totalité de la production du phosphate commercial, soit 8 millions de tonnes annuellement.

Leur presse (Xinhua, 3 mai 2012)


Tunisie. Protestations à Metlaoui sur fond de chômage endémique

Les protestations depuis samedi dernier à Metlaoui (Gafsa) se sont accentuées mercredi et la ville a été totalement paralysée, à la suite de la proclamation des résultats d’un concours de recrutement.

Selon l’agence Tap, suite à ces mouvements, toutes les activités de la Compagnie des phosphates de Gafsa (Cpg), l’extraction, la production et l’administration, ont été totalement paralysées, mercredi, suite à plusieurs sit-ins.

Sur un total de 2.700 candidats, 1000 ont été recrutés en tant qu’agents de maîtrise remplissant les conditions nécessaires.

Mécontents de ces résultats, des groupes avaient implanté des tentes et entamé des sit-ins devant le centre de recherches et d’études, la direction générale de la production, ainsi que devant les ateliers centraux de la maintenance et des équipements. Ce qui a provoqué un arrêt total du travail dans ces services.

Selon le ministère de la Formation professionnelle et de l’Emploi, ces résultats ne sont pas définitifs et les protestataires peuvent présenter des recours, dans un délai de six jours, à partir de la date de la proclamation des résultats, dans chacune des délégations du bassin minier : Redayef, Oum Larayes, Metlaoui et Medhilla.

Le travail est, aussi, paralysé à la carrière d’extraction du phosphate de Kef El Chefayer et, partiellement, à celle de Kef Eddour 1, à la suite du blocage par les protestataires des bus transportant les travailleurs de ces deux mines.

Les unités de production du phosphate commercial et les cinq laveries de la délégation de Metlaoui, pour leur part, sont à l’arrêt total, à la suite d’une coupure  d’eau, à partir du point d’alimentation situé dans la zone d’El Barka (délégation d’Oum Larayes) où un autre groupe d’habitants de cette zone observe un sit-in pour revendiquer des compensations financières « pour les dégâts subis par leurs exploitations agricoles ».

La ville de Metlaoui est le centre des activités de la Cpg et fournit environ de 60% de la totalité de la production du phosphate commercial, soit 8 millions de tonnes, par an.

Publié par des ennemis de la révolution (Tap, 2 mai 2012)

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Thala : La condition inhumaine

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« Depuis des décennies, Thala vit avec la hantise des catastrophes occasionnées, une à deux fois par an, par les semi remorques qui entrent dans la ville en venant de Kasserine. L’avenue centrale, étroite et fortement pentue, est régulièrement le théâtre d’accidents mortels lorsque ces poids lourds, lourdement chargés, perdent leurs moyens de freinage. Le dernier de ces accidents est survenu le 6 avril 2012. Une rocade a bien été réalisée, il y a plusieurs décennies, mais sans aucun respect pour les règles de sécurité des poids lourds qui préfèrent tenter leur chance en traversant la ville plutôt que d’emprunter cette rocade de la mort. La vraie solution tarde à venir. Les habitants témoignent et crient leur ras-le-bol. Personne ne semble avoir perçu leur cri de rage. »

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Soufiane Nemri

« Soufiane Nemri : ses parents ont tout sacrifié pour qu’il fasse des études. Il a tout supporté pour entrer dans le club de ceux qui ont réussi, les difficultés naturelles, économiques et sociales. Las ! Le système lui fait savoir que la “dignité à travers le travail” est un luxe qu’il ne peut ambitionner d’atteindre. Le pays est, en effet, géré par les incompétents au profit des médiocres… »

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Karim

« J’ai rencontré Karim à Thala. Il m’a raconté que son rêve était de devenir quelqu’un. Utile, considéré et, accessoirement, capable de gagner honnêtement sa vie et de rendre à sa maman “défigurée” par des brûlures handicapantes, une partie des sacrifices consentis. Sa voie, il l’a cherchée dans les rangs de l’Armée en se présentant spontanément pour son service militaire, espérant que ce sera le démarrage d’une carrière. La réussite… Las, le rêve se brisa suite à un accident “de travail” qui s’avéra coûteux à assumer. Qu’à cela ne tienne, quelqu’un en qui il avait confiance lui refila un tuyau : fémissionner de l’armée pour être MIEUX soigné. En ce faisant le CANDIDE se trouve exclu des soins jusqu’alors prodigués gratuitement. L’espoir, le rêve et la certitude cèdent le pas à la frustration, la colère, la déception et l’amertume. Désormais il est seul avec sa maman qui attend un miracle. Aucune autonomie, pas de qualité de vie. L’argent manque terriblement pour se nourrir déjà. Pas d’argent non plus pour acheter les médicaments qui atténueront les douleurs chaque jour plus insupportables. L’hôpital de Ben Arous des grands brûlés leur a bien proposé une prise en charge. À la condition que la mère s’achète une « veste spéciale » qui coûterait 6 mille dinars. Karim affirme que ni lui, ni sa maman n’ont jamais cru qu’il pouvait exister autant de zéros. De là à les avoir entre les mains !!! »

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Hejir Rtibi

« Un père Alzheimer, un revenu de 100 d par mois pour toute la famille et une misère abjecte… Malgré ses problèmes personnels, Hejir Rtibi consacre beaucoup de temps à recenser les situations sociales difficiles. Hejir Rtibi fait tout pour aider les habitants de Thala, oubliés de tous, à faire connaitre leurs problèmes. »

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Zakia Rabaoui

« Un homme meurt écrasé par un bloc de pierre sur les lieux de son travail. Les responsables de l’entreprise, pour qui la vie humaine, tant qu’il ne s’agit pas de la leur, n’a aucune valeur, ne sont nullement inquiétés. Aucun mécanisme de protection du travailleur n’est activé. La mère de la victime ne sait plus à qui s’adresser tant les inerties sont inébranlables… »

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Tahar Ben Brahim Rtibi

« Tahar Ben Brahim Rtibi, vit en marge de la société, sort qu’il partage avec une grande partie des habitants de Thala. Mais Tahar Ben Branhim Rtibi vit, littéralement, depuis vingt ans, dans l’absurde. La STEG était venu, en 1992, installer, dans son modeste logis, un compteur électrique mais a omis de le relier au réseau. Depuis, le compteur est là pour le décor. Il est devenu l’unique objet d’ornement dans ce qui lui tient lieu de logement. Tahar Ben Brahim Rtibi, ne comprend pas, ne comprend plus… »

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[Le PS se prend pour la BAC] Premier mai à Tours

Premier mai à Tours : Plus besoin de baqueux, la soc’dém’ est là !

Les inquiétudes présidentielles auront fait sortir dans les rues de Tours plusieurs milliers de personnes en ce jour de « fête du travail ». Rares pourtant sont ceux et celles au quotidien qui considèrent leur travail comme une fête. Le travail rime plus avec « défilé », et au pas (de charge) « s’il vous plaît », ou pas. La chair à patron, ça doit filer droit !

Les opportunistes électoraux du PS s’étant invité en fin de cortège ont tenu à rappeler leur rôle de garde-chiourme du capital.

Voilà que parmi la ballade protestataire, quelques trublionNEs ont projeté sur le pavé et quelques murs divers slogans subversifs (« marre des miettes prenons le gâteau », « plutôt chômeur que flic », « solidarité avec les migrants », « une vie riche pas de riches », des slogans antifascistes et antisexistes…). Cela a mis, tout au long de la manif, quelques étincelles dans de nombreux regards et plusieurs manifestations de réjouissances dans le cortège ; cela a suscité aussi plusieurs discussions, entre gens approuvant ou non les messages.

Mais l’initiative n’a guère été du goût d’une poignée de socio-traîtres, soutenus par l’élu-candidat Jean-Patrick Gilles. Les gaillards, portés par leurs penchants de flics, se sont mis, à mi-parcours, à courser dans la manif quelques taggers ; et tout comme des agents de la BAC, ils ont voulu se les faire. Une jeune femme que l’un a dû lâcher, en garde un bon bleu au bras. Une autre jeune femme a été choppée par derrière et traînée au sol sur une vingtaine de mètres. Heureusement, au vu de la scène, les manifestantEs ont eu un réflexe de solidarité salutaire, alors que la jeune femme était traînée loin des yeux de la foule. Les manifestantEs, en colère, sont venus se masser autour des socio-flics qui ont dû alors lâcher prise. Ils ont aussi essuyé une avoinée de protestations de gens qui pour la cause, mettaient de côté leurs querelles partisanes.

Quelques trublionNEs, 3 mai 2012

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[Marseille en guerre] 2013 et le grand bluff culturel

D’ores et déjà l’opération « Marseille Provence 2013 capitale européenne de la culture » a créée l’unanimité, que celle-ci soit « in » ou « off ». Alors même que la Chambre de Commerce ne fait aucun mystère de l’objectif poursuivi, qu’Euromediterranée s’est fait le plus zélé propagandiste de l’événement, tout le monde salive, comme un troupeau de klébards pavloviens, au simple énoncé du mot culture, y compris les pseudo-critiques de 2013. Obtenir un tel consensus, voilà qui inaugure une nouvelle forme de gouvernance.

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Marseille, le vieux port, 1943.

Une vaste entreprise de normalisation urbaine, dont on peut déjà mesurer les effets destructeurs, se trouve opportunément cautionnée par la promesse d’une animation culturelle continue pour l’an 2013. Tout le monde voit bien ce qui se passe à Marseille à ras du sol, mais hausse le regard vers la parousie culturelle promise pour 2013, et feint de ne pas voir ce qui pourtant crève les yeux : ce pseudo-événement sera avant tout un accélérateur d’Euroméditerranée. Et des autres saloperies qui vont avec. Le palace d’AXA qui occupe l’Hotel-Dieu sera-t-il prêt pour 2013 ? se demande anxieusement La Provence du 25/06/2010.

Culture à tout faire

Le premier enseignement à en tirer, c’est que dans les pays occidentaux la culture est devenue le mode de gestion et de contrôle spécifique à notre époque. Et il est temps de mettre en cause le statut dont elle se trouve investie. Le caractère vague, indéfini et passe-partout du mot culture est le gage de son efficacité, de sa capacité à produire des effets politiques d’autant plus forts qu’ils agissent en douceur. La culture est devenue le paradigme de la vie dans les sociétés occidentales.

La culture est aujourd’hui l’unique instance qui confère au monde d’étrangers dans lequel nous vivons les apparences d’une société – ses promoteurs l’opposent d’ailleurs à la religion, instance concurrente qui connaît ces derniers temps un regain. Latarjet [Ex-directeur de Marseille 2013, démissionnaire en 2011] nous présente ainsi 2013 comme l’antidote à la menace de l’islamisme. On pourrait utilement se questionner sur cette concurrence soudaine de la religion et de la culture, qui suggère une similitude de fonction entre les deux.

Comme tout marché, la culture suppose la liberté de choix individuel. D’où l’éloge de la différence qui revient inlassablement dans le discours culturel, et va curieusement de pair avec le refus de toute opposition, de toute conflictualité possible.

Comme la religion, la culture rassemble. Mais si l’œcuménisme religieux inclut tout en excluant, la culture est censée garantir tolérance et ouverture. La culture valorise les différences parce qu’elles sont la source d’un infini renouvellement des produits. En même temps elle rend toute différence insignifiante, anéantissant toute contradiction, mixant et agrégeant à l’infini ce qui est hétérogène.

Cette obsession du rassemblement, ce souci pour la suspension des divergences – dont le festival est le moment culminant – est le propre d’une société désagrégée, obsédée par les fractures innombrables qui la traversent.

Dans le cas précis de Marseille, la capacité à générer du rassemblement, qui est le propre de la culture, apparaît comme une puissance politique d’autant plus redoutable qu’elle semble inaperçue, noyée dans l’atmosphère de festivité convenue qui accompagne l’annonce de tels événements.

Quelle puissance en effet, pour opérer de tels rassemblements de foule sans conséquences – alors que la dispersion d’une foule, après une manif ou un match, est toujours problématique pour les responsables du maintien de l’ordre, le public d’un spectacle culturel s’évanouit gentiment aussitôt celui-ci terminé…

Dans le mixeur…

La culture constitue une vaste zone d’indistinction où circulent des produits spéciaux, réputés différents des autres. Un film d’avant-garde bulgare et un concert d’acid-jazz, un roman de Houellebecq et un CD de world-music, une pièce de Molière et un show de Manu Chao, un spectacle de rue de Generik Vapeur et un défilé folklorique provençal, un documentaire sur la vie des Pygmées et une conférence de Michel Onfray, une visite guidée du Panier et une exposition d’art brut, un concert de musique de chambre et une expo de photo, tous ces produits ont ceci de spécial, par rapport à la masse des produits industriels, qu’ils prétendent avoir du sens. À défaut d’avoir de l’âme comme un fétiche africain, ils auraient du sens.

Dans sa définition française classique, la culture est inséparable de l’écrit, qu’il s’agisse du roman, du théâtre ou de la musique, les arts plastiques eux-mêmes bénéficient de la publicité écrite – on est ainsi invité à acheter le catalogue de l’exposition, que l’on prendra soin de déposer bien en vue sur la table basse du salon.

Toute cette culture qui agrémentait l’existence du bourgeois s’est démocratisée peu à peu via l’enseignement secondaire et les médias – il fallait apporter la culture au peuple, soupçonné de se complaire dans des divertissements dépourvus de sens, séries télé, football, etc.

Surtout, il fallait trouver un sens là où l’expérience vivante de l’individu abstrait, séparé des autres, caractérisant la société civile bourgeoise, semblait tragiquement dépourvue de sens. La culture constituait la sphère où cet individu pouvait momentanément trouver un sens, non tant à sa vie qu’à son impuissance à vivre : de Flaubert à Baudelaire, de Proust à Céline, la littérature française est d’abord un panégyrique de la névrose.

Culture contre cultures

Les anthropologues furent, durant les deux siècles précédents, les principaux porte-parole de la notion de « culture » dans les périphéries du monde occidental.

Parler de culture, dans l’anthropologie classique, était une façon de prendre en compte l’existence d’autres mondes, d’une infinie variété de mondes, et de dire que l’universalité de l’expérience humaine résidait dans cette infinité.

Mais simultanément, c’était réduire ces mondes aux catégories de la pensée occidentale – nul ne parlait de culture dans des mondes où ce qui faisait sens était étroitement chevillé à l’expérience commune et au lieu où l’on vivait. De fait, anthropologues et ethnologues ne découvraient ces mondes qu’au fur et à mesure qu’avançait la colonisation de ces territoires habités, et donc la destruction de leurs modes d’occupation.

Nous avons cru, dans un premier temps, pouvoir opposer à la culture la notion de culture populaire. Ce faisant, nous en avons surtout mesuré les faiblesses. Non pas au sens où un degauche nous objectait que « dans populaire il y a populiste » – sous-entendu une culture au rabais, destinée au vaste public de ceux qui n’ont pas fréquenté les mêmes établissements d’enseignement supérieur que l’intellectuel degauche en question.

Nous voulions, face à l’institution culturelle, nous armer de l’altérité des cultures orales, de celles qui ne laissent pas ou peu de traces patrimoniales et qui n’ont de sens que dans la relation directe entre les protagonistes. Mais nous n’avions recours à ce terme de « culture populaire » que par défaut – au sens de Marcel Mauss, « Est populaire tout ce qui n’est pas officiel ».

Déjà, pour être cohérent, il n’aurait fallu n’employer ce terme qu’au pluriel : en dehors de « ce qui est officiel » il n’existait que des « cultures », il n’existait que des mondes.

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César, expansion.

La vie et l’informe

C’est quand la vision se rétrécit à un seul monde – celui dominé par le capital et la technologie – qu’on peut finalement parler de « la culture ». Mais il est difficile de se réclamer des cultures populaires quand c’est jusqu’à l’imaginaire le plus profond qui est colonisé par la logique marchande.

Où sont à présent les mythes et les rêves, où sont les légendes et les contes, où sont les dialectes et les argots, où sont les jeux et les défis, les chants et les danses, tout ce qui donnait effectivement sens à la vie de chacun au sein d’une communauté, tout ce qui introduisait une médiation collective entre l’individu et l’univers au sein des classes laborieuses ?

Ces formes d’expression qui n’appartenaient qu’à la plèbe, et dont nous sommes peu ou prou dépositaires, nous sont hélas impitoyablement arrachées. Elles se retrouvent congelées et stockées comme éléments disparates du patrimoine culturel de l’humanité. Elles finissent tôt ou tard dans un musée, un festival ou un magazine d’Arte.

Il suffit de voir comment une ville qui avait si mauvaise réputation a pu devenir à la mode en si peu de temps grace à son « bouillonnement culturel ».

Un siècle après que Mauss ait formulé le programme de l’ethnographie, ces cultures – nous préférons dire ces mondes – ont été broyées sous le rouleau-compresseur de la culture. Mais cela ne veut pas dire que des pratiques ne peuvent pas ressurgir dans leur vérité initiale, quand la révolte gronde : il suffit de voir comment, dans certains pays d’Amérique latine, en ce moment-même, rappers et graffeurs expriment sans concession la colère de la rue. À ce moment-là il n’est plus question d’animation culturelle, mais de guerre sociale… Car toutes les formes d’expression de la plèbe – qui sont avant tout des formes de vie – ne sont pas mortes, comme le claironnent joyeusement les franchimands de tout poil. Elles demandent simplement à être sollicitées selon les formes…

Et des pseudo-réjouissances comme Marseille Provence 2013 n’ont pas de forme.

Fun sans fin

Nous proposons donc une définition de la culture adaptée à notre époque.

Nous désignerons désormais sous ce terme un dispositif de gestion et de neutralisation des intensités vécues. Le fait qu’il existe un ministère de la Culture devrait au demeurant attirer notre attention sur le caractère stratégique de ce dispositif.

De même l’importance des budgets culturels, dans les institutions eurocratiques comme dans les collectivités locales, confirme cette évidence. De pseudo-événements comme 2013 ne sont que des opérations tactiques menées dans le but d’étendre le contrôle de ce dispositif sur les corps et les âmes. D’occuper des territoires de façon préventive.

Il est évidemment difficile de discerner les contours d’un tel dispositif, tant ce qui le caractérise est avant tout son élasticité, sa capacité de s’insinuer en douceur. Les dispositifs disciplinaires de jadis suffisaient à un système fondé sur des normes simples, norme de fabrication ou norme administrative. Ce qui faisait sens était simple et sans discussion : la patrie, le travail, voire l’édification du socialisme.

L’efficacité du dispositif culturel tient par contre à sa capacité de discipliner en douceur les corps et les âmes en leur offrant une capacité de divertissement presque infinie. Le fun sans fin, telle est la norme affichée désormais. Mais faites le moindre écart, et les agents de sécurité vous reconduiront à la sortie…

Le dispositif culturel indique la forme vers laquelle convergent actuellement toutes les formes préexistantes d’exploitation du travail. Supprimer le caractère répétitif attaché au travail industriel – à une époque où tout est désormais produit de façon industrielle – en recourant à la créativité du travailleur, à sa capacité d’innovation et d’invention individuelle, telle est la prétention affichée par les capitalistes postmodernes.

Là où nous ne voyons qu’une phraséologie creuse destinée à stimuler des employés mal payés et confinés à des jobs sans intérêt, des crétins comme Richard Florida voient se lever une aube radieuse sur la « ville créative ». Il ne manque pas d’émules de Florida à Marseille en ce moment : le rôle de la culture dans une ville qui constituait voici encore dix ans une immense friche industrielle se fait ainsi évident.

Non seulement au sens des effets entraînés directement par l’animation culturelle, mais au sens où celle-ci sert de matrice aux nouveaux modes de production post-industriel. Il y a plus. La culture, jusque là principalement destinée à la sphère intérieure, envahit l’extérieur et nous impose une certaine relation à l’espace.

Tous au musée

Une opération comme Marseille 2013 veut activer l’afflux des touristes et des néo-marseillais. Elle veut, de façon plus générale, faire des habitants même de la ville des touristes qui visitent. Un parcours d’ambiance, voilà ce que la ville est en train de devenir. Ici l’esthétique vient jouer son rôle d’habillage.

Plus de lieux habités, où l’on rencontrerait l’épaisseur d’une occupation humaine, mais un parcours aménagé. On pose une ambiance. Une multinationale vient écraser tout Marseille avec son siège social, et l’on ne prétend voir que l’originalité du dessin de Zaha Hadid.

De même le bunker du MUCEM vient effacer toute vie sur l’esplanade du J4, que les habitants du Panier et de la Joliette s’étaient vite appropriés une fois démolis les hangars : les mamas arabes et leurs bambins, les minots avec leurs skate-board, les adultes qui jouaient à la pétanque, tous ces gens vont dégager. Et disons-le clairement, béton pour béton, nous préférions encore les bâtiments du Port. Le Musée des Civilisations de l’Europe et de la Méditerranée, dont la construction a débuté en fanfare le 30 novembre 2009, viendra s’imposer comme un objet esthétique de plus.

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Pose des premières pierres du Mucem.

Les gens qui vivent de la culture pourront admettre que l’on dénonce « Les Terrasses du Port », vulgaire centre commercial sur les quais de la Joliette, mais pas le MUCEM. Pourtant, l’identité de conception, aboutissant au même type d’espace clos en forme de bunker, suffirait à dénoncer la parenté.

Ce sont deux non-lieux voués à la consommation. Simplement, le MUCEM est supposé renfermer des produits nobles, que l’on ne peut acheter mais seulement contempler. Les « civilisations » de la Méditerranée sont vivantes dans des pratiques – à Marseille même, le trabendo de Belsunce, par exemple. Au MUCEM, elles seront réduites à des objets.

Au bout du compte, que vont nous dire, nous apprendre ces objets que nous n’aurions appris de la fréquentation des autres Méditerranéens qui peuplent la ville ? Nous pensons que ce musée sera un tombeau.

Mais il ne suffit pas que nous soyons inondés de produits culturels, on prétend nous mobiliser régulièrement pour défendre la culture, que l’on suppose toujours exposée à l’obscurantisme menaçant. On argue en ces occasions du caractère non marchand de la culture.

Une classe sociale, subventionnée et sponsorisée, qui détient le monopole de la parole – car la culture est aussi cela – nous tance doctement.

Une entreprise de déminage

Diminue-t-on les subventions d’un théâtre (toujours financé à perte), que les théâtreux s’empressent de crier au fascisme. Nous, ne voyons là que de petits prétentieux défendant leur prébende.

En réalité, la culture est depuis longtemps un enjeu suffisamment important pour qu’il vaille la peine de la financer à perte. Non seulement parce que les « retombées économiques » justifient en dernière issue de tels investissements publics ou de tels sponsorings – ce que ne cessent de répéter depuis des années tous ceux qui parlent de réconcilier business et culture, discours évidemment amplifié à l’approche de 2013.

Mais les bénéfices induits échappent en fait à tout calcul comptable d’entreprise – la culture définit un secteur réputé d’intérêt public, comme l’énergie ou la sécurité. Le problème n’est pas de faire le tri dans la masse de produits culturels qui se déverse sur la ville.

Le fait qui nous importe est bien que la culture soit en dernière issue une entreprise de déminage systématique.

Le rapport au monde qui se construit à travers la culture est de nature à vider toute chose de son énergie et de sa vérité – la World Music en étant un exemple particulièrement flagrant. Cet envahissement du social par le culturel est tel qu’il est facile d’y voir une opération visant à produire artificiellement du « lien social » là où toute forme de vie sociale réelle a disparu.

Car ce que l’on persiste à définir comme « société » est d’abord l’agrégation, sans débat ni contradiction, de gens qui n’ont plus rien en commun. Toutes gens agrégées via des normes de comportement, dont l’une des plus évidentes est bien l’équivalence générale des goûts et des opinions individuelles, dont on ne saurait discuter du moment qu’il y en a pour tous sur le vaste marché des produits culturels.

Il ne suffit pas que les hommes soient toujours plus atomisés, il faut aussi les tenir rassemblés – et non pas assemblés. La procédure du rassemblement est au cœur du dispositif culturel.

Ce qui apparaît à présent comme l’essence même de la culture est la perte générale de la communication, dont l’évidence s’impose à nous à travers sa forme la plus sensible, l’effondrement de tout langage.

Il n’y a plus aucun sens à opposer une culture de qualité à une culture massifiée. Cette opposition, qui sous-tendait les analyses de l’École de Francfort, est caduque depuis longtemps. Nous n’en sommes même plus à dénoncer le caractère commercial de la culture, mais son caractère politique. Après tout, que la culture devienne une marchandise était fatalement inscrit dans son être.

Le détachement qu’impliquait la culture classique – l’acte de mise à distance de soi et du monde qu’opérait le lecteur d’un roman classique ou le visiteur d’un musée d’art – s’inscrivait dans une perspective générale de désenchantement collectif.

Que les technologies du XXe siècle aient permis de systématiser cette posture au détriment de toute forme de communication fut la grande opportunité de la culture.

À l’époque de sa reproduction massive, l’objet culturel perdait en sacralité, se banalisait tandis que la sphère tout entière de la circulation des biens culturels venait à acquérir inversement un statut quasiment religieux, intouchable.

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Marseille, la « Cow parade ».

La cage de fer du moi

La vie entière de la cité s’annonce désormais comme une immense accumulation de biens et d’événements culturels. Au moment où la vie dans la métropole capitaliste apparaît tragiquement dépourvue de tout sens, la culture ré-assemble les créatures atomisées qui peuplent l’espace métropolitain – qui le peuplent, à défaut de pouvoir l’habiter.

Un divertissement qui est supposé avoir du sens, au contraire de la télévision la plus ouvertement commerciale ou du football. Et dans lequel chacun opère cette mise à distance rassurante du monde, sur lequel il pose un regard singulier, ouvert, tolérant et même curieux – mais jamais au-delà du regard.

En cela la culture n’usurpe pas son nom, il s’agit bien de cultiver quelque chose, en l’occurrence le regard. La culture nous plonge dans le spectacle du monde. La suspension indéfinie des hostilités, telle est le contenu de la culture à notre époque. Le prix à payer est évident, et on en prend toute la mesure en traversant l’atmosphère aseptisée et entendue qui tend à envelopper Marseille depuis une quinzaine d’années.

C’est la perte de toute intensité. Et là, le client a toute liberté de multiplier à l’infini les stimulations sensorielles et intellectuelles, il n’arrivera jamais à se libérer, ne serait-ce qu’un instant, de la cage de fer du moi dans lequel précisément tout l’édifice de la culture classique visait à l’enfermer. Le cercle se referme sur le malheureux.

Ce cercle a un nom, l’esthétique. Elle est l’habillement sans lequel les produits culturels ne sauraient se présenter sur le marché. L’esthétique est en première ligne dans cette stratégie. Elle prétend réenchanter un monde irrévocablement désenchanté. Ainsi l’esthétique de la tour CMA-CGM ou du MUCEM attire le regard des gens cultivés. À nous, elle nous donne envie de vomir.

On nous objectera que nous-mêmes lisons des livres, écoutons des disques, regardons des films etc. Mais ces œuvres – en tout cas certaines d’entre elles – ne prennent leur sens, ne nous rendent plus forts et plus fins qu’à la condition de faire un écart. En nous écartant de l’usage courant qui est celui des produits culturels, nous arrivons à ressaisir quelque chose qui aura du sens dans notre vie, qui nous aidera à construire des mondes.

Le dispositif culturel impose au contraire un regard distancié – en réalité, il nous impose de traverser cet immense hypermarché de produits culturels dans le même état d’absence qui sied à celui qui traverse une galerie commerciale. La culture introduit la distance du spectateur en toutes choses.

On nous invite à assister à une projection, une performance, une conférence, un événement. La culture transforme les habitants d’une ville en assistance. Cette année, tel événement culturel a connu une assistance exceptionnelle nous annonce-t-on. Et le lieu de re-assemblement, déserté sitôt le festival terminé, devra attendre une autre programmation culturelle pour être occupé.

Attaquer la culture

Les valeurs de tolérance que semble prôner la culture ne sont le plus souvent que la sanction d’une absence pure et simple : l’équivalence générale des produits culturels, qui commande la même attitude de bienveillance, étant la garantie de leur caractère inoffensif.

La tolérance peut être une manifestation d’intelligence, elle peut aussi être une manifestation d’indigence. De la même manière que, dans la contemplation mystique, le croyant sublime des désirs qu’il ne veut même pas nommer, dans la consommation culturelle le citoyen se transporte dans un univers cérébral où jamais l’inconfort du négatif ne menace – il suffit de voir comment les « événements culturels » sont gardiennés…

Le bo-bo, ce très gros consommateur de produit culturels, peut ainsi se promener dans les cultures des autres, lui-même privé de toute épaisseur culturelle.

Les cultures, au sens de l’anthropologie de jadis, ouvraient sur des mondes : aujourd’hui, la circulation tous azimuts des produits culturels les plus divers ramène invariablement à un seul monde. La culture achève de liquider toute forme de cosmogonie encore existante. C’est pourquoi à présent la muséification déborde dans l’espace urbain où elle développe de véritables parcs thématiques.

On a vu un quartier comme le Panier attaqué de l’intérieur par le musée de la Charité. La suite logique de tout ces va-et-vient, de tout ce tourisme culturel (la Charité, ses expos et ses conférences, les ruelles alentour et leur allure typique et pittoresque) c’est « Plus belle la vie ». « Vas-tu parfois dans le quartier du Mistral ? » s’entendent demander des Marseillais à l’étranger (i.e. en France).

Après les visites guidées du Panier, vient la constitution du quartier de carton-pâte, qui devient familier à des millions de téléspectateurs. Le cercle se referme. L’esthétique du « quartier marseillais » est le coup de grâce contre les derniers habitants du Panier – ceux-là qui résistent cependant en cambriolant systématiquement les appartements des néo-arrivants, bo-bos et artistes de tout poil venus s’installer dans un quartier si typique et si pittoresque.

S’il faut attaquer la culture, ce n’est pas seulement parce qu’elle autorise et même implique des opérations comme « 2013 capitale européenne… », dirigées contre un certain mode d’occupation du territoire (en l’occurrence Marseille), mais parce que nous entendons restituer à un usage commun ce qui s’est évaporé dans la sphère du divertissement culturel. Nous voulons retrouver les intensités neutralisées dans la culture.

Marseille en guerre

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Rencontres et débats avec des militants anarchosyndicalistes grecs

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Acharnement psychiatrique sur une camarade

Depuis vendredi 20 avril Christine est internée de force au centre hospitalier Le Valmont (Montéleger), près de Valence. Elle est depuis lors à l’isolement et doit très certainement y être maintenue à l’appui et/ou au chantage de méthodes destructrices (camisoles physique et chimique). Après une semaine sans aucun contact avec l’extérieur, elle n’a toujours droit à aucune visite.

Vendredi matin Christine avait rendez vous au Valmont dans le cadre d’une conciliation où elle voulait contester le bien fondé d’une Hospitalisation sans Consentement qu’elle avait subie au mois de novembre dernier dans ce même établissement.

En arrivant sur place, témoin d’une gestion musclée d’un patient, elle est intervenue jugeant la situation intolérable. Ni une ni deux, c’est elle qui se retrouve maîtrisée à son tour. Sur l’avis d’un médecin elle est alors elle même internée sous ADRE (Admission sur Décision d’un Représentant de l’État, mesure d’hospitalisation sans consentement remplaçant les anciennes Hospitalisations d’Office depuis la réforme sur la psychiatrie d’août 2011).

Christine n’en est malheureusement pas à son premier internement sans consentement. Nombreuses insoumissions à diverses autorités publiques l’y ont déjà mené (ce qui fut le cas en novembre). À chaque fois la réponse des autorités est la même, une psychiatrisation de sa contestation. Et ce processus devient un engrenage infernal au-delà duquel il devient difficile de sortir sans courber l’échine. La volonté affichée est claire : briser toute velléité protestataire.

Plus généralement, la psychiatrisation devient un des modes de gestion de la contestation sociale et la réforme sur la psychiatrie de l’été dernier ne fait que faciliter ces méthodes.

L’autorité médicale du Valmont, avec l’appui de la préfecture de la Drôme, semble vouloir maintenir Christine dans ces conditions jusqu’à venir à bout de sa résistance.

La mesure d’internement forcé n’étant toujours pas levée, Christine sera présentée devant un Juge de la Détention et des Libertés (JLD) jeudi 3 mai à 11h au tribunal de Valence. Celui-ci devra statuer sur le maintient ou non de son hospitalisation.

Exigeons la libération immédiate de notre camarade.

Mailing – 2 mai 2012

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[Fukushima] « La catastrophe semble éternelle pour l’humanité, l’industrie nucléaire n’a plus d’avenir » (2)

Les grands travaux de Fukushima

Pas de répit pour les travailleurs de Fukushima. Il faut d’une part surveiller et refroidir constamment l’ex-centrale pour éviter de nouvelles explosions ou incendies et d’autre part lancer en urgence de grands travaux qui permettront de ralentir la progression de la contamination radioactive dans l’environnement. Désormais, l’avenir du Japon et du Pacifique, et sans doute de l’hémisphère nord en général, dépend non seulement de la réalisation de ces travaux gigantesques, mais aussi de leur efficacité pérenne.

Travaux pour éviter une contamination de l’air

Les ex-réacteurs, dont il est attesté que deux d’entre eux ont perdu l’intégrité de leur confinement primaire (unité 2 au niveau de la piscine torique et unité 3 au niveau du couvercle de l’enceinte), doivent être couverts par des structures étanches qui empêchent les poussières et les gaz radioactifs de continuer à polluer l’atmosphère. Pour bien faire, il faudrait aussi installer un système de dépressurisation qui empêcherait toute fuite gazeuse vers l’extérieur, couplé à un filtrage conséquent de l’air pour piéger les gaz et aérosols nocifs.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1335992149.jpgÉvidemment, une simple bâche posée sur un ex-réacteur ne peut pas supprimer toute pollution atmosphérique. Aujourd’hui, pour l’unité 1 uniquement, cette couverture sert plutôt à stopper l’arrivée d’eau extérieure dans le bâtiment, mais aussi et surtout à cacher le réacteur de Fukushima Daiichi qui est la honte de l’industrie atomique. La diffusion de la vidéo de son explosion le 12 mars 2011 a été historique : c’est la première fois qu’on voyait une centrale nucléaire exploser à la télévision. 25 ans de travail acharné de désinformation et de formatage des cerveaux anéantis en quelques secondes ! En terme d’image, la diffusion de l’explosion de l’unité 3 a été pire encore car, beaucoup plus puissante, elle a terni et confirmé à jamais l’image du nucléaire sans danger. C’est pourquoi la vidéo de l’explosion de l’unité 4 a été interdite de diffusion, verrouillée, censurée.

La couverture du bâtiment réacteur n° 1 a été terminée à l’automne 2011. Il reste à couvrir les unités 2, 3 et 4. Mais avant cela, d’autres grands travaux restent à réaliser de toute urgence.

Travaux pour éviter une contamination de la nappe phréatique

Par le choix du refroidissement à l’eau de réacteurs percés, les sous-sols de l’ancienne centrale sont devenus un tonneau des Danaïdes : les hommes sont désormais condamnés à pomper et traiter de l’eau radioactive durant des décennies. Et pour juguler une infiltration trop massive de l’eau extérieure, Tepco a prévu de forer 14 puits de pompage en amont de la centrale, afin de faire baisser le niveau de la nappe phréatique.

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Coupe des travaux de drainage (Source image Gen4 et Tepco)

L’ancienne centrale électrique dévolue à Tokyo est désormais appelée à devenir une usine de retraitement des eaux usées éternelles de l’industrie nucléaire. Cette usine qui emploiera des milliers de travailleurs durant une durée indéterminée (au minimum 40 ans) devra :

1) pomper l’eau de la nappe phréatique en amont pour éviter un mélange avec la nappe déjà polluée, vérifier sa non contamination et la rejeter en mer, ou le cas échéant la diriger vers le circuit de retraitement,

2) pomper l’eau des sous-sols de la centrale, la traiter et la filtrer avant de la réinjecter dans les circuits de refroidissement des ex-réacteurs et des 7 piscines de désactivation,

3) pomper, traiter et filtrer les eaux de drainage de l’ensemble du site afin qu’aucune goutte d’eau radioactive n’atteigne l’océan,

4) conditionner et stocker de manière pérenne les résidus de filtrage radioactifs.

Avec le brassage de ces millions de tonnes d’eau contaminée, le terme de « liquidateur », donné à l’origine aux gens qui se sont sacrifiés pour contenir la catastrophe de Tchernobyl, prend ici un tout autre sens !

Pour l’instant, l’usine est provisoire, construite dans l’urgence de la catastrophe. Il faudra pour le long terme concevoir une usine en dur, protégée du gel et des intempéries, et de capacité suffisante pour traiter l’eau de tous les systèmes. Il faudra également lui adjoindre des systèmes de secours indépendants qui permettront, quoi qu’il arrive, de faire face à tout évènement imprévu pouvant remettre en cause le refroidissement des 2400 tonnes de combustible qui sont sur le site.

Travaux pour éviter une contamination de l’océan Pacifique

En septembre 2011, Tepco avait annoncé la construction d’un barrage, comme décrit dans cet article. Il est censé retenir l’eau de la nappe phréatique contaminée afin qu’elle n’atteigne pas l’océan. C’est un pari risqué car ce barrage est ouvert et des fuites pourront être possibles au sud et au nord de la structure. D’autres voix avaient proposé une enceinte complète, entourant totalement le site nucléaire, afin d’être sûr de capter toutes les eaux souterraines. C’est sans doute ce à quoi seront conduits les ingénieurs s’ils constatent que la pollution perdure dans l’océan. À l’image du premier sarcophage de Tchernobyl, il faut voir la construction de ce barrage comme une première étape dans la prise en charge de cette pollution qui concerne le monde entier puisque les eaux du Pacifique sont internationales.

Tepco a réalisé de nouvelles images de synthèse pour visualiser ce barrage.

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(Source Tepco)

Travaux pour éviter un nouvel incendie de la piscine 4

Le 15 mars 2011, après plusieurs explosions, l’unité 4 a subi un incendie : les explosions successives ont probablement fait perdre beaucoup d’eau au réservoir de désactivation. De plus, sans refroidissement, l’eau s’est évaporée petit à petit jusqu’à laisser à l’air le haut des barres de combustible. C’est là que l’incendie a pu se déclarer : en l’absence de refroidissement, les barres s’échauffent rapidement et se consument, répandant leurs produits de fission directement dans l’atmosphère. L’incendie s’est arrêté vers midi. Mais un autre incendie a été signalé le lendemain durant quelques heures.

Pour que cela ne puisse plus se produire, par exemple à cause d’un nouveau séisme, Tepco a décidé de mettre à l’abri le combustible de la piscine 4 vers un conditionnement sécurisé au sol. Pour ce faire, il est nécessaire de construire une superstructure qui supportera une grue capable de transférer en toute sécurité les 1535 assemblages.

En voici le projet fourni par Tepco :

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(Pour en savoir plus sur ce projet, voir l’article de Trifouillax.)

Autres travaux à prévoir et coûts pharamineux

Comme pour le barrage, il s’agit de travaux qu’il faut réaliser en priorité. Toutefois il est évident que le combustible des unités 1 et 3 devra être également transféré, car rien ne dit que leurs piscines tiendront des décennies. Mais entretemps, il faudra résoudre le problème de la place disponible dans la piscine commune de Fukushima Daiichi car celle-ci contient déjà plus de 1000 tonnes de combustible. Faudra-t-il en construire une supplémentaire ?

Il faut donc relativiser toutes ces stratégies qui pourraient presque nous faire croire que l’industrie nucléaire maîtrise parfaitement une catastrophe. Aujourd’hui le Japon est largement contaminé, le mal est déjà fait, et il y aura toujours des fuites, la centrale restera toujours une menace.

Enfin, combien cela va-t-il coûter ? Est-ce que le prix des conséquences des catastrophes nucléaires sera maintenant compris dans le coût du kW ? Et qui va payer au final ?

On a déjà des éléments de réponse avec la catastrophe de Tchernobyl (1986) : la construction du deuxième sarcophage vient de démarrer. Coût total prévu pour un seul réacteur : 1,54 milliard d’euros.

Le blog de Fukushima, 1er mai 2012

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Non au TGV Lyon-Turin

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Lyon, 1er mai 2012

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[Toulouse] Expulsion des Hauts Murats

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Communiqué de presse

Le 15 avril, des membres de la campagne de réquisition, du CREA, du GPS, et des personnes à la rue ont réquisitionné l’ancienne prison des résistants, place des Hauts Jurats à Toulouse. Sept familles et une trentaine de personnes forcées de vivre à la rue par le capitalisme et l’État s’y étaient installées. Ce lieu devait être libéré pour accueillir des activités à destination du quartier. Nous avions réuni toutes les preuves pour attester de notre présence dans les lieux (lettres, photos, attestations des voisins…) qui ont été transmises au propriétaire, au parquet et aux médias. Aux premiers abords, seule une procédure judiciaire pouvait mener à notre expulsion.

Mais le jeudi 26 avril, la préfecture, par l’intermédiaire de la sinistre Souliman et de son commis, Laurent Sindic, a fait expulser illégalement à 6h du matin sous prétexte de dégradations, alors que nous avions commencé à tout rénover dans ce lieu vide depuis 10 ans. Une fois de plus, on nous a montré que l’État tire seul les ficelles de nos vies et qu’il peut passer outre ses propres lois.

Tout le monde se retrouvant à la rue, nous avons décidé de reprendre le bâtiment. Nous y sommes retournés et sommes rentrés dedans le soir même. Nous nous y sommes réinstallés.

Vendredi soir, la sinistre Souliman a appris notre présence dans les lieux et a détourné, en trente minutes, un escadron entier de gardes mobiles (120 militaires) postés initialement pour le match Toulouse-Montpellier. Après maintes sommations, les militaires décident de détruire la porte, et au bout d’une demi-heure, ils pénètrent… dans un bâtiment vide où il n’y avait plus personne !

L’État et le capitalisme nous ont une nouvelle fois montré que ce sont eux le problème, qu’ils persistent dans leur mission d’organisation de toutes les formes de misères et d’intimidation des populations qui ont décidé de ne plus subir et de s’organiser par elles-mêmes pour leur survie, leur dignité, leur liberté et leur bonheur.

En effet, grâce à la campagne de réquisitions, plus de 7 bâtiments ont été libérés et ont permis à plus de 150 personnes d’avoir un toit !

Affaire à suivre… !

Des membres du CREA et de la campagne Zéro personne à la rue, 1er mai 2012

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[« Antiterrorisme »] Des anarchistes de Cleveland provoqués par le FBI

USA : des anarchistes arrêtés

Cinq hommes accusés d’avoir voulu faire sauter un pont près de Cleveland (Ohio, nord) ont été arrêtés et doivent être présentés à un juge, a annoncé le ministère américain de la Justice, précisant que personne n’avait jamais été en danger du fait de ce projet. Les cinq hommes, qui se présentent comme des anarchistes, ont été interpellés hier par la cellule terrorisme du FBI et doivent être inculpés de complot et tentative d’utilisation d’explosifs pour endommager une infrastructure nécessaire au commerce entre États, selon la même source.

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Oakland, 1er mai 2012

« Les explosifs étaient sous le contrôle d’un agent du FBI agissant sous couverture », ils « avaient été mis hors d’usage et ne présentaient pas de danger pour la société », précise un communiqué du ministère. « Les accusés étaient sous la surveillance étroite des forces de l’ordre », ajoute le texte. Douglas Wright, Brandon Baxter, Connor Stevens et Joshua Stafford, âgés de 20 à 26 ans, et le plus âgé Anthony Hayne, 35 ans, avaient envisagé plusieurs cibles d’attentats au cours des derniers mois. Ils avaient fini par décider de faire exploser un important pont qui relie les villes de Brecksville et de Sagamore Hills, dans l’Ohio, en surplombant le parc national de Cuyahoga Valley, selon l’acte d’accusation.

Ils avaient projeté d’acquérir des explosifs C-4 contenus dans deux engins qui devaient être placés et actionnés à distance, selon la même source. Ils doivent être présentés à un juge fédéral de Cleveland mardi, ajoute le communiqué. Le FBI a entrepris d’infiltrer le groupuscule en octobre après avoir été alerté par un indicateur qui a rapporté avoir entendu ses membres regretter que la population ne soit pas prête à « passer à la violence », selon le texte de la plainte.

Leur presse (Agence Faut Payer, 1er mai 2012)

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[UMP = FN] « Ces actes … conduisent immanquablement à la violation de la propriété et, finalement, à la violence »

« Et que dire des agissements répétés contre la permanence ! Le placardage syndicaliste du 1er mai succède au placardage anti-nucléaire de dimanche dernier, qui succédait à d’autres placardages encore. Que dire aussi des crachats quotidiens que nos militants essuient sur la vitrine ? Faut-il également rappeler les pavés jetés en mars dernier et qui ont fait exploser la façade de la permanence ?

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Ces actes n’ont Dieu merci pas tous le même degré de gravité. Mais ils ont un point commun : le manque de respect des idées des autres, le sectarisme et l’intolérance, qui conduisent immanquablement à la violation de la propriété et, finalement, à la violence. »

Gilles Platret, Délégué UMP de la 5e circonscription de Saône-et-Loire, cité par leur presse (Infos-Chalon.com, 1er mai 2012)


[saintÉtienne] Des tags anonymes à la permanence UMP Loire

Les Jeunes Populaires de la Loire ont constaté ce mercredi 2 mai 2012 au matin des dégradations sur la permanence UMP Loire. Des tags anonymes ont été inscrits ce 1er mai.

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Les tags annoncent « Voici la Grèce ». D’autres inscriptions assimilent l’UMP au Front National. « Nous précisons que Nicolas Sarkozy a refusé toute alliance avec le Front National. Notre programme et nos idées divergent dans de nombreux points avec celui de Marine Le Pen. Une telle assimilation n’a pas lieu d’être. Enfin, des inscriptions ne grandissant pas leurs auteurs ont été inscrites, s’en prenant directement à l’UMP », écrivent les Jeunes Populaires de la Loire.

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Leur presse (Zoomdici.fr, 2 mai 2012)


[Gap] Le local de campagne de Nicolas Sarkozy caillassé

Troisième acte de malveillance à l’encontre du local de campagne haut-alpin de l’UMP situé au cœur de la ville de Gap. La porte vitrée du local a été caillassée, vraisemblablement dans la nuit du 30 avril au 1er mai. L’UMP 05 portera plainte ce mercredi 2 mai pour la seconde fois.

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La vitre du local situé à l'angle des rues de la Charité et Jean-Eymar sera bientôt changée.

Les pierres de mai succèdent aux tags et crachats d’avril, le surlendemain de l’inauguration du local (le 6), et aux jets d’œufs du 22, quelques heures après l’annonce des résultats du 1er tour de la présidentielle. « C’est toujours le côté de la vitre où est affiché le portrait de Nicolas Sarkozy qui est visé », faisait remarquer Alexandre Mougin, responsables des jeunes UMP.

Leur presse (LeDauphine.com, 2 mai 2012)

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[Bas les pattes sur Adlène Hicheur] Non au délit de « pré-terrorisme »

Non au délit de « pré-terrorisme »

Si nul ne peut croire sérieusement que le 6 mai 2012 puisse altérer quoi que ce soit au cours de nos existences, il n’en va pas de même du 4 mai prochain, date du verdict dans le procès d’Adlène Hicheur. Ce jour-là, nous saurons enfin si le simple fait d’écrire sur des forums virtuels des propos peu amènes pour l’Occident constitue un acte de terrorisme passible de plusieurs années de prison. Ce jour-là, l’autorité judiciaire déterminera enfin si l’on a ou non le droit de considérer que le déploiement des armées occidentales en Irak et en Afghanistan est un acte de guerre, voire un acte d’invasion, et non une simple opération de police menée pour le bien de l’humanité dans une extension récente du territoire américain. Et si une telle opinion constitue en soi l’expression caractérisée de sympathies « prodjihadistes ».

Si la juge Rebeyrotte devait condamner Adlène (même à une peine qui se limite à couvrir les deux ans et demi de préventive qui viennent de lui briser le corps), il conviendra d’en tirer toutes les conséquences. On aura alors à cœur d’interdire tous les blogs anarchisants qui appellent à pendre les patrons, voire à bouffer les riches, tous les groupuscules marxistes qui défendaient la « résistance irakienne » contre l’ « agression impérialiste US », tous les propalestiniens qui soutiennent ceux qui luttent contre l’ « occupant sioniste » ou, dans un autre registre, tous les xénophobes qui appellent sans rire à égorger des Arabes le jour de l’Aïd, comme tous les satanistes en herbe qui étalent une volonté farouche de brûler une à une les églises de notre pays. Avec un peu de persévérance, on se rendra bientôt compte que les forums virtuels les plus anodins sont remplis d’intentions criminelles impunies.

On nous dira que le cas d’Adlène est tout de même singulier, qu’on ne peut étendre qu’abusivement sa situation au reste de la population. Certes, Adlène est d’origine algérienne. Son père figurait déjà sur les fichiers antiterroristes français, apparemment pour avoir fait un pèlerinage à La Mecque. Pour aggraver son cas, Adlène, comme tant d’autres de sa cité, a préféré collectionner les diplômes plutôt que les peines de prison. Il est passé par Normale-Sup Lyon, était chercheur en physique fondamentale au CERN (l’Organisation européenne pour la recherche nucléaire). Voilà qui est peu pardonnable. Ainsi qu’ont pu le constater tous ceux qui ont assisté à son procès, c’est un esprit méthodique, qui sait choisir ses mots, développer une pensée sans se laisser dominer par tel ou tel chantage émotionnel.

On peut épiloguer tant qu’on veut sur le caractère d’ « exception » de la justice antiterroriste, sur le renversement des principes mêmes du droit qu’elle contient ; on n’a rien dit tant que l’on n’a pas élucidé la nature de sa cohérence, qui, tout en s’inscrivant dans le champ du droit, le déborde de toutes parts. Cette cohérence est celle de l’actuelle gestion socialisée des affects.

Le terrorisme est le premier crime défini par la nature affective de ses conséquences, le premier crime affectif de l’Histoire. C’est pourquoi on peine tant à le définir juridiquement. Le terroriste, l’acte terroriste, le groupe terroriste, se définissent par ceci qu’ils font peur, qu’ils répandent, dit-on, l’affect de terreur. Et la justice antiterroriste est féroce, comme l’est la police antiterroriste, parce que la peur rend féroce.

Ne soyons pas dupes : rien n’est plus exploitable et malléable que le sentiment de peur, et c’est en cela que la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) est une police éminemment politique. Le hic, bien évidemment, c’est que toute la terreur associée à tel ou tel fait, qu’il ait eu lieu au café Terminus ou à Toulouse, c’est l’appareil gouvernemental qui la produit en exploitant le fait à dessein, et non son auteur. Claude Guéant n’aura pas ménagé ses efforts et Nicolas Sarkozy ses effets pour répandre, et ce jusque dans les écoles primaires, l’effroi lié aux assassinats de Toulouse. Les histoires de terroristes sont les contes cruels, pleins de barbus, de bombes et de sabres, dont on berce le sommeil agité des solitudes démocratiques. Tout souci de vraisemblance y est superflu. On peut rafler des musulmans pour le spectacle à la veille de l’élection présidentielle ; et le refaire une semaine plus tard, pour les libérer tous.

Dans le cas d’Adlène, on se souviendra du directeur général de la police nationale, Frédéric Péchenard, se vantant sur France Info d’avoir arrêté in extremis « un individu autoradicalisé qui s’apprêtait à déposer une bombe dans un régiment de chasseurs alpins ». Bizarrement, lors de son procès, les journalistes, les amis et les soutiens d’Adlène purent constater que, comme par magie, cette « bombe-à-deux-doigts-d’exploser » avait disparu des débats. Comme il fallait bien parler de quelque chose, c’est-à-dire consacrer le flair et le sérieux sans pareil de la DCRI, on s’acharna à démontrer que le contenu de quelques mails d’Adlène était si terrifiant que cela méritait bien six années de prison. Quelle importance, l’image était déjà dans la boîte, c’est-à-dire dans les têtes.

Nous nous trouvons, avec le procès d’Adlène, à la croisée des chemins. Soit la justice valide la doctrine insensée du décèlement précoce, du « pré-terrorisme », et se lance dans la neutralisation préventive de tous les « individus autoradicalisés », par nature indétectables, qui courent les rues et les forums. Ce qui signifie : basculer dans la psychose sous l’impératif inaccessible de prévoir l’imprévisible, affranchir la surveillance policière de tout prétexte, de toute limite. Soit la justice antiterroriste acquitte Adlène, et renonce donc à confisquer une nouvelle fois ce qu’elle prétend protéger : la liberté. À vous de juger, il n’y va après tout, dans cette affaire, que de ce simple détail.

Jean-Pierre Lees, physicien, directeur de recherche au CNRS
Mathieu Burnel, mis en examen dans l’affaire de Tarnac
Halim Hicheur, frère d’Adlène Hicheur
Rabah Bouguerrouma, porte-parole du Collectif viennois de soutien à Adlène Hicheur

Leur presse (LeMonde.fr,  30 avril 2012)

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[Chicken Free Zone … et mort aux vaches !] 1er Mai libertaire à Besançon

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Fragments de manif

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[La CAF est ouverte !] Petit déjeuner à la CAF d’Indre-et-Loire

À partir du lundi 7 mai, la CAF d’Indre-et-Loire veut fermer ses portes à qui viendrait se présenter à ses guichets sans être passé-e par ses plates-formes téléphoniques ou internet. Qu’importe que l’on soit dans l’urgence, qu’on maîtrise l’informatique, l’écriture, la langue, le langage administratif, ou bien son emploi du temps, ou non. Qu’importe qu’on préfère tenter de s’expliquer en parlant à quelqu’un-e (fut-illle derrière un guichet bureaucratique) plutôt que de répondre à un robot qui pose des questions qui ne sont jamais les bonnes, en appuyant sur des touches.

Pour pouvoir vivre, nous sommes des millions en France à compenser nos revenus par des prestations sociales : minimas, aides pour les enfants, pour le logement (l’argent transite par les locataires mais est destiné à leurs propriétaires)… Des millions à être considéré-es par la CAF, Pôle Emploi, ou la Sécu, comme des fraudeur-ses en puissance, des mauvais-es pauvres à rééduquer, et à ce titre, contraint-es de nous soumettre à des contrôles, des humiliations, à l’arbitraire, pour conserver nos maigres allocations.

Au chômage, comme dans l’emploi, la culpabilisation, la peur de se faire radier ou virer, tend à neutraliser toute défense collective.

Des chômeur-ses jusqu’aux retraité-es nous sommes qualifié-es et traité-es comme des fainéant-es, des parasites. La vision dominante veut l’imposer : « l’économie c’est LA loi et le social c’est du vol ». C’est pourquoi nous serions toustes redevables par avance, destiné-es encore et toujours à « sauver le système ». Ceci quels que soient les « dirigeant-es » qu’on laisse siéger, toujours au détriment de tous. Or, nous n’allons pas dans le mur, nous y sommes déjà.

Si nous ne voulons pas crever, fissa ou à petit feu, dans les eaux glacées du calcul égoïste, si nous ne voulons pas être réduit-es à survivre dans le dénuement et la honte, l’isolement et le désarroi, nous avons à être tenaces et inventif-ves. Encore faut-il commencer, d’où que l’on soit. Faire en sorte de modifier cet environnement (matériel et mental) irrespirable, acquérir dans l’expérience, l’échange et la contestation les moyens de notre autonomie individuelle et collective.

La CAF qui prive ses usagers d’un accès direct, c’est un pas de plus dans le dédale infernal de la broyeuse administrative, et son bouquet garni d’isolement, de suspicion, de honte.

On nous veut isolés, dociles et corvéables,
Soyons solidaires, inventifs et désirants !

Faisons de la CAF un lieu ouvert le lundi 7 mai !
Dès 10h, partageons un petit-déjeuner.

Contact

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Rouge églantine ou blanc muguet (tract strasbourgeois du 1er mai)

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L’Alsace Libertaire, 2 mai 2012

Publié dans Radicalisation des luttes ouvrières | Marqué avec | Commentaires fermés sur Rouge églantine ou blanc muguet (tract strasbourgeois du 1er mai)

Solidarité avec les prisonniers de Roanne en lutte

Pour celles et ceux qui peuvent et que ça intéresse, il y a une sorte d’urgence à manifester votre soutien aux prisonniers de Roanne qui ont rendu publique une lettre de revendications la semaine dernière, par tous les moyens en votre possession (au moins une ptite lettre ou des coups de fil à l’AP, en attendant mieux ?)…

Lettre ouverte à l’Administration Pénitentiaire
Soutien aux revendications des prisonniers de Roanne

Il y a quelques jours, des prisonniers du Centre de Détention de Roanne rendaient publique une lettre de revendications (…)

Prendre la parole de la sorte et se mobiliser ainsi est une grande prise de risque pour des prisonnier-e-s. Face à eux : les risques de brimades et sanctions de la part de l’AP et des surveillants, et le sentiment que les gens dehors n’entendent pas, ne comprennent pas, sont indifférents, voire hostiles, à leur mobilisation. C’est parce que nous détestons toutes les prisons que nous les soutenons. Ils ont besoin de solidarité, soyons imaginatifs !

Pour l’heure, et même si c’est loin d’être suffisant, voilà ci-dessous une lettre ouverte adressée à l’Administration Pénitentiaire et aux magistrats, de la part du collectif anti-carcéral Papillon.

« Monsieur,

Le 25 avril 2012, des prisonniers du centre de détention de Roanne adressent une lettre de revendications à l’administration pénitentiaire de Roanne et à Madame La Juge d’application des peines (voir texte joint). Les exigences présentées sont sérieuses. Elles portent sur :

• le quotidien de la détention (sport, activités socio-culturelles, régimes différenciés d’enfermement, exploitation de la main d’œuvre incarcérée, racket des cantines, etc.),

• l’application et l’aménagement des peines,

• l’organisation des parloirs et le respect des proches de prisonniers.

Nous appuyons ces prisonniers dans leur prise de parole pour dénoncer le fonctionnement du CD de Roanne et le système carcéral en général. Nous vous demandons de leur apporter des réponses précises et détaillées, et de les rendre publiques.

Même pour une simple lettre, les prisonniers s’exposent aux réactions arbitraires de l’Administration Pénitentiaire notamment par le biais de ses agents. Parmi d’autres, le collectif Papillon sera vigilant : nous exigeons que cette prise de parole soit écoutée et non réprimée.

Dans l’attente,

Collectif Papillon. »

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[Flics, porcs, assassins] La police c’est la France, s’attaquer à la police c’est s’attaquer à la France !

La police c’est la France, s’attaquer à la police c’est s’attaquer à la France !

Permis de tuer ou com­ment la légi­time défense et la pré­somp­tion d’inno­cence per­met­tra à chaque flic de France d’assas­si­ner, comme ils le font déjà, en toute impu­nité.

Il est devenu insou­te­na­ble de faire à chaque nouvel assas­si­nat poli­cier, échos aux dizai­nes, au cen­tai­nes d’autres qu’ils ont déjà per­pé­trés. Il est devenu encore plus insou­te­na­ble de devoir le faire tout en se jus­ti­fiant du pour­quoi, il n’y a pas de bonne police, et du com­ment, l’on ferait si il n’y avait pas de police. La police est par­tout et elle se dote chaque jour à mesure que le monde qu’elle défend s’écroule, de tou­jours plus de moyen, de tou­jours plus d’impu­nité jusqu’à attein­dre un point de non retour. Derrière chaque flic se cache désor­mais un assas­sin à la solde de l’État fran­çais et d’une partie de la popu­la­tion qui le sou­tien encore. La police est l’un des trois corps de contrôle que détient l’État fran­çais en plus de celui déjà puis­sant du citoyen déla­teur. Depuis 2007 s’opère sous injonc­tion d’une partie des stra­tè­ges mili­taires fran­çais, une absorp­tion, une conjonc­tion de ces trois enti­tés, par l’uni­for­mi­sa­tion de leur mode de pré­sence, de leurs struc­tu­res, de leurs pra­ti­ques, de leurs équipements ainsi que du cadre légal de leurs exer­ci­ces. Il n’est pas sans rap­pe­ler que jusqu’alors la gen­dar­me­rie natio­nale était concen­trée dans des zones à faible popu­la­tion alors que la police natio­nale, ou muni­ci­pale, elles, étaient pré­sen­tes dans des zones à forte den­sité. Des lors, la car­to­gra­phie du pou­voir poli­cier a beau­coup évolué. Il est facile de voir désor­mais défi­ler des four­gons de gen­dar­me­rie dans sa cité, des voi­tu­res de police dans son vil­lage et ainsi de suite. Les lignes ont été flou­tées parce qu’il est clair qu’à mesure que l’idée d’appar­te­nir à la France devient de moins en moins dési­ra­ble celle-ci tente à tout prix de se redon­ner de la consis­tance en exi­geant tou­jours plus de ceux qui dou­tent d’elle. La France veut réta­blir l’ordre parce que nous sommes de plus en plus nom­breux à ne pas croire en elle. Comme un bon père de Famille qui voit ses enfants se rebel­ler après les avoir battus toutes leurs vies, la France pense encore nous garder auprès d’elle alors que nous ne ces­sons jamais de s’oppo­ser à elle. La police armée, prête à tirer, les médias doci­les croyant encore qu’il y a d’un côté les voyous et de l’autre les gen­tils petits citoyens, la crise économique qui s’ampli­fie, la révolte qui couve comme du magma. Sarkozy, Guéant, Hollande, vous ne résis­te­rez pas à votre destin. La France et l’Europe se meurt et c’est tant mieux, le peuple veut s’orga­ni­ser sur ses ter­ri­toi­res sans vous, tenez-le vous pour dit, l’impu­nité va cesser.

La France, une cer­taine idée du vivre ensem­ble : Soit tu mar­ches avec elle, soit elle te tue !

Il y a une semaine, il aura été dif­fi­cile de passer à côté tel­le­ment on a l’impres­sion que les médias s’en gar­ga­ri­sent alors qu’à l’habi­tude ils ten­tent d’étouffer l’affaire, un homme de 28 ans recher­ché par les ser­vi­ces, a été assas­siné d’une balle dans le dos, alors qu’il avait pris la fuite après qu’un équipage de police lui ait intimé l’ordre de s’arrê­ter. Dès l’annonce de sa mort, les poli­ciers, sou­tenu par les obs­cu­rs syn­di­cats de porcs, ont immé­dia­te­ment expri­més la légi­time défense en pré­ten­dant que « c’était parce que l’homme était armé et qu’il leur avait déjà tiré dessus, qu’il avait répli­qué face à lui, bles­sant mor­tel­le­ment la vic­time touchée à l’abdo­men ». Cette thèse, et nous l’obser­vons une fois de plus, est la ver­sion de La Police, qui défend l’un des siens. Très vite cette ver­sion a été mise à mal par l’exper­tise. D’abord le mul­ti­ré­ci­di­viste n’était pas si dan­ge­reux que ça alors qu’on nous le pré­sen­tait une fois de plus comme un dan­ge­reux bra­queur. Puis l’évocation qu’il por­tait une gre­nade a très vite été trans­formée en une « gre­nade non létale », une gre­nade fac­tice quoi. Après ça devient vrai­ment énervant, les poli­ciers affir­ment avoir répondu à des tirs de la vic­time, manque de pot les 6 balles de son char­geur étaient tou­jours à l’inté­rieur lors­que le décès a été cons­taté. Comme dans l’affaire de Wissam, assas­siné par la police le 1er janvier à Clermont Ferrand, comme dans tant d’autre affaire, nous voyons qu’il y a tout le temps la ver­sion de la Police et notre ver­sion pas celle de la Justice qui couvre tou­jours ces chiens en uni­forme. Et les médias répè­tent bête­ment, parce que c’est leur boulot, les décla­ra­tions du préfet et des syn­di­cats de police. Ce qui fait que lorsqu’on apprend trois jours plus ­tard que le poli­cier n’a pas riposté mais bien tiré le pre­mier, qu’il ne l’a pas fait alors que le jeune homme était face à lui mais bien quand celui-ci ten­tait d’échapper au tir, et que la balle ne l’a pas per­fo­ré à l’abdo­men mais bien dans le dos, l’on se dit que la Police est belle et bien contre nous, que comme toutes les poli­ces, elle reste une force d’occu­pa­tion, une force mili­taire qui main dans la main avec la jus­tice peut tuer tous ceux qui tentent d’échap­per à son contrôle. Le climat qui règne en ce moment est plus que tendu. La police fran­çaise à déjà tué au moins 4 per­son­nes depuis le début de l’année sans comp­ter les vic­ti­mes de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiai­re, les bles­sés par tir de flash ball ou toutes les vic­ti­mes qui n’ont pas été recen­sées sim­ple­ment humi­liées, ou ayant vécu les consé­quen­ces direc­tes de l’impu­nité des forces de l’ordre. Ceci doit être com­battu !

Processus électoral, un dis­po­si­tif visant à neu­tra­li­ser la révolte !

Nous n’avons jamais rien attendu du pro­ces­sus électoral, parce qu’il est clair qu’il n’a jamais rien apporté d’autre que la misère et la mort. Tout le monde savait, avant que cette mas­ca­rade électorale ne com­mence, qui allaient être les grands vain­queurs, les fina­lis­tes de cette grande lote­rie tru­quée, orga­ni­sée par la Fran­çaise des jeux de la poli­ti­que. Hollande et Sarkozy, deux nains para­noïa­ques et mégalos qui n’ont rien d’autre à nous faire avaler que des pilu­les pour accep­ter les pro­chains plans d’aus­té­rité. La dif­fé­rence des élections de 2012 par rap­port aux élections de 2007, c’est que le petit Tru­jillo a déjà passé 5 ans à réor­ga­ni­ser le sys­tème déjà mar­tial de la Ve répu­bli­que afin de le rendre opé­rant sous la forme du coup d’État per­ma­nent. En plus la crise éco­no­mi­que ne s’était pas encore pointée pour­tant la plèbe avait eu l’occa­sion de se sou­le­ver par deux fois en 2005 et en 2006 lors des émeutes de novem­bre et le mou­ve­ment CPE. Aujourd’hui, rien, l’atmo­sphère demeure tou­jours irres­pi­ra­ble, les héli­cos sur­vo­lant en per­ma­nence les villes, les flics à chaque coin de rue, la bouffe qui vient à man­quer, plus rien ne peut redon­ner de l’espoir en ces ins­ti­tu­tions et en ce pays de racis­tes qu’est la France. Nous ne sommes pas dupes, ces élec­tions ne cana­li­se­ront pas notre révolte. Maintenant c’est sûr on l’a com­pris la France c’est soit tu l’aimes soit tu la Brûle. Certains doi­vent en effet être déçus. Le Parti com­mu­niste, non sans avoir usé de tout ses stra­ta­gè­mes pour nous redon­ner espoir dans ce vieux rafiot qu’est la France, n’a pas réus­si à mobi­li­ser malgré l’apa­nage de son can­di­dat social trai­tre, ami de Mitterand et grand pour­fen­deurs des pro­jets de libé­ra­li­sa­tion dans les années 80. Mélenchon ne res­tera jamais plus qu’un nom de Jambon, tout au plus celui d’un Rêve qui finit mal, scot­ché sur son canapé abruti par l’espoir et la naï­veté, en obser­vant le visage des deux pré­si­den­tia­bles appa­raî­tre. Le pardon accordé aux enfants de la colo­ni­sa­tion n’y chan­gera rien, per­sonne ne peut par­don­ner, et le sang coule tou­jours, comme nous le montre les liens avérés entre le régime de Kadhafi et Sarkozy, comme nous le montre l’insou­te­na­ble com­pas­sion et l’amitié des cadres socia­lis­tes avec le bour­reau Ben Ali et les anciens mem­bres du RCD tunisien. Le retour sur terre est déli­cat pour tous les petits citoyens ou mili­tants qui y ont cru. Comme leurs parents avaient cru en Mitterand, comme d’autre croit encore aux bien­faits de la social Démocratie. Des petits cadres moyens, aux petits bour­ges écolos qui n’auraient jamais pensé voter un jour Communiste. Le réveil est ter­ri­ble parce que d’un seul coup peut-être ils se disent que le vote utile ne chan­gera rien et que le vote tout court est une super­che­rie. En tout cas, il n’a pas fallu une semaine pour que la pro­pa­gande sécu­ri­taire ne revienne sur le devant de la scène. Apres les faus­ses polé­mi­ques sur le voile, le Halal, l’immi­gra­tion, après avoir esquivé les cri­ti­ques faites au pou­voir et au capi­ta­lisme, Sarkozy et Hollande revien­nent sur le ter­rain de la guerre en cours pour tenter de récu­pé­rer les voix du FN. Parce qu’il s’agit bien d’une guerre, entre ceux qui sou­tien­nent le régime et ceux qui le com­bat­tent, entre ceux qui se bat­tent pour d’autres formes de vie et ceux qui conti­nuent de croire encore au rêve de puis­sance de tout ces assas­sins. Ce qui se passe en ce moment com­pli­que un peu les choses pour les gens qui croient encore en la démo­cra­tie parce qu’il est de plus en plus dif­fi­cile de croire aux tra­vail des juges, des poli­ciers ou des légis­la­teurs, qu’il est de plus en plus évident qu’il n’est pas pos­si­ble d’atten­dre d’eux qu’ils se com­por­tent de la bonne ou de la mau­vaise manière. Il n’y a plus à atten­dre et cela se confirme aujourd’hui, les forces du régime se dotent d’un arse­nal encore plus puis­sant pour inten­si­fier la guerre qu’il mène contre tous ceux qui encore libres aspirent à autre chose. Si l’on parle aujourd’hui de la Légitime défense ou de la pré­somp­tion d’inno­cence pour tous les poli­ciers de ce pays c’est que la France est prête à tirer dans le tas. Hier Wissam, aujourd’hui Mohamed, demain peut être vous. Le stade suprême de la démo­cra­tie a été atteint, c’est-à-dire le moment où le peuple se confond avec son régime. Si aucune action appro­priée n’est faite contre le régime dans les pro­chains mois, c’est que nous ren­trons dans la phase la plus totale de la démo­cra­tie où der­rière chaque citoyen pourra se loger un poli­cier. Le silence des électeurs, le calme pré­caire de la France est un sou­tien au poli­cier et au régime !

La pré­somp­tion d’inno­cence et la légi­time défense ins­crite dans la loi c’est un permis de tuer accor­dé avec une médaille à chaque flic que ce pays compte. Vouloir s’atta­quer à la France aujourd’hui est néces­saire car elle ne pourra jamais porter autre chose que cette mort-là qui rode !

Rapport police popu­la­tion, s’atta­quer à la police c’est s’atta­quer à la France parce que la France est sa Police !

Le fana­tisme libé­ral, la folie de la nation, l’invi­va­ble pro­ces­sus de socia­li­sa­tion ne peu­vent être appli­qué en réa­lité sans une cer­taine dose de police, sans un tra­vail de ren­sei­gne­ment avancé sur sa popu­la­tion. La société fran­çaise a le mérite d’avoir fait naître en son sein la dési­ra­ble idée de vivre ensem­ble et l’impos­si­bi­lité même qu’elle ait lieu. Il n’y a rare­ment eu dans une même Nation, une volonté aussi forte de faire corps et une réa­lité quo­ti­dienne qui l’en empê­che chaque jour un peu plus. Plus la France nous raba­che que l’on est libre plus on cons­tate l’inverse dans nos vies. Plus elle tente de nous ral­lier à sa cause plus en réa­lité l’on tente de lui échapper. Plus celle-ci veut main­te­nir son hégé­mo­nie plus de mul­ti­ples forces appa­rais­sent pour lui faire face. Plus le régime de la France se durcit, plus celle-ci s’isole et s’affai­blit en consé­quence. Ainsi lors­que appa­raît la pos­si­bi­lité de doter la police de nou­veaux arse­nals juri­di­que ou mili­taire c’est qu’en réa­lité il n’existe que cette pos­si­bi­lité pour faire tenir le pays. Qui hormis les poli­ciers et les citoyens qui la défen­dent voudra pro­té­ger la France ? Imaginons-nous un peu, la Police armée de fusils à pompe, vadrouillant dans de gros­ses cylin­drées, toutes sirènes hur­lantes, s’arrê­tant devant la pre­mière per­sonne, la met­tant en joue et fai­sant feu. Une chose est sûre, si Sarkozy a reçu des poli­ciers en civil à un mee­ting de cam­pa­gne, ces même poli­ciers qui vien­nent d’assas­si­ner un homme gra­tui­te­ment, c’est qu’il les sou­tient dans leurs actions, c’est qu’il les féli­cite pour leurs mis­sions et qu’il compte même en faire un exem­ple pour tous les flics et les citoyens de France. Pour lui, pour bon nombre de per­sonnes, cela n’est pas un homi­cide volon­taire, ce n’est pas un meur­tre, ni même un acci­dent, c’est le tra­vail de la police. Un tra­vail qui ne peut être cri­ti­qué vu que c’est la police et que la police bin c’est la France. Aujourd’hui nous vous armons de fusils à pompe (comme à Marseille depuis la mort d’un Baceux) demain nous vous auto­ri­se­rons à tuer, peut-être même qu’un jour vous pour­rez tirer dans la foule, sur les mani­fes­tants. Cela n’a rien de cho­quant ! La police tue et c’est son tra­vail ! Il faut tra­vailler plus pour gagner plus, les hommes du Raid l’ont bien com­pris ! Il fal­lait tuer Merah pour tou­cher la prime, la médaille, le pres­tige !

Les élections sont les moments les plus pro­pi­ces pour l’empire pour dévoi­ler son jeu. Le pro­blème c’est qu’en fai­sant ça il se dévoile lui-même. Pour gagner, tous les coups sont permis. Aux oubliettes les affai­res de cor­rup­tion, de détour­ne­ment de fond public, de finan­ce­ment occulte des cam­pa­gnes ! Au trou les sub­ver­sifs, les révol­tés, les mar­gi­naux ! Place à la peur, la haine, le spec­ta­cle ! Ça au moins ça fait vendre des bul­le­tins de vote et comme il y a tou­jours autant de cons et de connes pour les ache­ter, binh ca fait gagner ! Dans le même temps, l’on voit bien comme per­sonne n’est vrai­ment pris par cette cam­pa­gne. On n’accro­che pas, on n’y croit pas, on sent que cela ne se jouera pas là. Pas dans ces condi­tions, pas devant sa télé à regarder des débats qui n’en sont pas, à écouter des décla­ra­tions, des men­son­ges qui se répè­tent. Parce que cela est évident ! Il n’y a pas un seul jour ou l’on n’entend pas des gens se plain­dre, des gens mau­gréer sur l’État ou son économie. Et puis si la télé donne à voir quel­que chose, c’est bien la misère et la révolte qui se répan­dent par­tout. Le chô­mage en Espagne atteint plus d’un quart de la popu­la­tion. L’Italie, les Pays Bas, l’Allemagne s’apprê­tent à faire passer en force de nou­vel­les coupes bud­gé­tai­res. C’est du jamais vu en Europe.

Comment les diri­geants comp­tent-ils s’y pren­dre pour se rendre encore indis­pen­sa­bles ?

Les cor­tè­ges de flics qui débou­lent sur les Champs Élysées est un indi­ca­teur de ce que la France nous réserve. Il n’y a pas d’autre solu­tion pour elle que de taper fort, de mon­trer ses mus­cles avant que la situa­tion ne s’enve­nime. Si rien n’est fait pour s’oppo­ser à la police, si rien n’est fait pour que tous les flics de France ne se sen­tent pas chez eux alors il sera de plus en plus dif­fi­cile de vivre les vies que l’on veut. La police assas­sine déjà en toute impu­nité, main­te­nant elle le fera plus sou­vent, plus dure­ment, parce que la loi est désor­mais entre les mains de la police et l’ordre entre les mains de tous ceux qui la sou­tien­nent.

Ni pardon, ni Justice, orga­ni­sons l’offen­sive !

P.-S. : Un petit texte pour mettre en évidence le glissement ostensible du régime vers un point de non retour. Il ne faut pas laisser passer ça, pour tous les gens en lutte, ces propositions de lois, simplement évoquées, comme le patriot act aux États-Unis après le 11 septembre, devraient susciter bien plus de critiques qu’il n’y en a à cette heure.

Rebellyon, 1er mai 2012

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