[Stop THT] « Avec la ligne Cotentin-Maine, on transporte le problème du nucléaire »

Granville – Ligne THT : des opposants aux multiples visages

Des riverains inquiets pour leurs biens ou leur santé, aux anti-nucléaire les plus radicaux, le mouvement anti-THT agrège des profils extrêmement variés. Tour d’horizon de ces opposants à la ligne Cotentin-Maine.

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La ligne THT cristallise beaucoup d'inquiétudes, mais le profil des opposants est très hétéroclite.

Qui sont les militants anti-THT ? Prévue pour acheminer l’électricité produite par le futur EPR de Flamanville à travers quatre départements, la ligne Cotentin-Maine fédère les oppositions depuis l’annonce de sa construction. Derrière le rejet de ce projet se cachent des opposants aux profils et motivations très variés. Tous ne portent pas les mêmes revendications. Tous n’imaginent pas s’impliquer au même degré dans leur « combat » contre RTE.

La plupart de ces opposants se réclament du mouvement anti-nucléaire. Sympathisants écologistes ou militants politiques, ils ont fait de la ligne THT une nouvelle bataille dans leur guerre contre l’atome. « L’avantage avec la ligne Cotentin-Maine, c’est que l’on transporte le problème du nucléaire », résume Michel Houssin, président de l’association Marais sous tension.

Aujourd’hui perçue comme le maillon faible de cette industrie, la ligne électrique permettrait, selon eux, de porter le débat au-delà du périmètre immédiat des centrales.

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Une mobilisation intergénérationnelle

Ces opposants se sont très vite organisés en association, ou collectif anti-THT. Ceux-ci ont essaimé le long du tracé et regroupent des militants de tout âge et de toute sensibilité. On y retrouve également des élus, des exploitants agricoles et des riverains « qui ont pris le train en route », inquiets pour leur santé ou pour la valeur immobilière de leurs biens. « Nous ne voulons pas être sacrifiés pour une vitrine commerciale (l’EPR) », lâche l’un d’entre eux. Tous mettent en avant leur « attachement à la non-violence ». « Ce qui ne veut pas dire de la tiédeur dans nos actions », avance un opposant.

Car les premiers chantiers de la ligne THT ont modifié la donne. Les militants, qui portaient jusqu’alors leur combat sur le terrain du droit, évoquent désormais ouvertement la possibilité d’actions directes. « Les associations ont tout mis en œuvre pour instaurer un dialogue. Elles n’ont eu en retour qu’une fin de non-recevoir », juge André Robinard, codirigeant du collectif Stop THT en Ille-et-Vilaine. « Nous avons organisé des manifestations. Ils ne nous ont pas écoutés. Maintenant, c’est fini », tranche Géraldine Tallec, codirigeante du même mouvement dans la Manche.

Convaincus de la « légitimité de leur combat » face à ce qu’ils apparentent à un « déni de démocratie », les militants anti-THT se disent « prêts à assumer les conséquences de leurs actes ». Ils voudraient ainsi provoquer un rapport de force favorable et transformer leurs actions en autant de tribune pour leurs revendications. L’occupation d’un bois promis à destruction sur la commune du Chefresne, ou le blocage de dépôts de sous-traitants employés par RTE, répondent à cette stratégie.

Une frange plus radicale commence également à émerger au sein du mouvement. Jeunes pour la plupart, venus de Bretagne et des Pays de la Loire pour certains, ces militants revendiquent l’amplification des actions contre le projet de RTE. Cultivant la méfiance et la défiance envers les autorités, ces opposants « extrêmement motivés » n’hésitent pas à parler de « sabotage ». Une méthode qui aurait le mérite, selon eux, de « ralentir l’édification de la ligne » et de « contraindre RTE au dialogue ».

Presse policière (Fabien Paillot, Ouest-France.fr, 10 mai 2012)

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Montréal, Victo, ça pète des coches

Nouvelles d’une semaine de rage
(Plus ça dure, plus ça fait mal !)

Depuis une semaine, ça n’arrête plus. Lundi dernier, dans la manif de nuit du 30 avril, on a vu apparaître une dizaine de tracts différents dénonçant les pacifistes violents (alternativement surnommés « paci-flics », « fascifistes », etc.) ou faisant l’apologie de la cagoule etc. Les événements de la semaine d’avant, où on a vu des manifestants enragés péter la gueule à des gens masqués ou carrément les livrer aux flics, en ont ébranlé plusieurs, et l’absence de discours par rapport à cet enjeu semble avoir donné une impression d’unanimité anti-casseurs. Or, cette unanimité est loin d’être réelle, et personne ne peut plus raconter avec sérieux que ceux qui portent le masque et s’en prennent aux flics ne sont qu’un groupuscule de 20 trouble-fêtes non-étudiants infiltrés dans les manifestations. Le lendemain, la manif anticapitaliste du premier mai allait donner l’occasion à la plèbe de resurgir sans craindre la collaboration de la foule avec la police. Le contexte favorisant, c’est probablement le plus gros rassemblement non-syndical du 1er mai depuis des décennies, et définitivement le plus déterminé à s’affirmer au mépris de la loi. Aussitôt aux abords de la rue Ste-Catherine, une série d’explosions de grenades assourdissantes a coïncidé avec l’effondrement d’une série de vitrines de banques et boutiques chics. La manif « illégale » s’est poursuivie vers le nord-est du centre-ville, au pas de course, et plusieurs camarades sont tombés entre les pattes des cochons, et/ou sous les coups de leurs matraques. Plusieurs cas de blessures sévères, fractures du crâne multiples (y compris pour les pacifistes) etc. Comme à l’émeute du Plan Nord (20 mai), la manif ne se disperse qu’en reformant plusieurs attroupements sauvages qui continuent d’occuper les flics. La soirée était tendue, une partie de la manif syndicale (prévue dans le nord de la ville) ayant rejoint le centre-sud et autre manif nocture se rassemblant au carré Berri à 20h30.

L’enthousiasme du printemps n’en est qu’attisé. Avec les rumeurs d’un déclenchement imminent des élections provinciales, et le congrès prévu du parti Libéral (au pouvoir depuis 9 ans) les 4, 5 et 6 mai, la suite logique des événements allait porter les hostilités à Victoriaville où le parti avait décidé de déplacer l’événement — croyant ainsi éviter la liesse populaire des rues de Montréal… Mais rebelotte à Victoriaville, petit bled de 42’000 âmes, où 5 minutes après que la manif (d’environ 3000 personnes) eut atteint les clôtures d’enceinte de l’hôtel hébergeant la gang à Charest, une vraie partie de ce nouveau jeu de balle(s) s’est mis en route pendant près de 2 heures. Situé au milieu d’un espace ouvert, fait de parkings, de petits champs et de grandes pelouses, le terrain n’était pas propice à un encerclement de la foule. Les flics étaient principalement en mode défensif. Les modestes clôtures derrière lesquelles l’hôtel était « protégé » ont immédiatement été démontées puis utilisées pour charger les lignes de la SQ (police provinciale) qui ont répliqué aux gaz, d’abord les blancs (facile à renvoyer) puis les jaunes (dont l’éclatement de la capsule fait plus de dommages que les gaz qu’ils libèrent). Sous une petite pluie, et sous les pales d’un hélico particulièrement bas, la foule est restée massée au plus près de l’hôtel toute la durée de la bataille. Bravant les gaz et les balles de plastique, la fanfare insurrectionnelle n’a jamais cessé de rythmer les avancées et reculs du front et les tirs groupés de cailloux et de morceaux de trottoirs lancés sur la flicaille. Le visage couvert de maalox séché, même des vieux et des vieilles retournaient en première ligne défier les canons des forces de l’ordre. Plus le temps passait, plus la tension montait : à un moment ou un autre, tout le monde a pu constater le sérieux des coups infligés. Ici, un homme à l’oreille arrachée, là, un autre inconscient a perdu son œil, l’arcade sourcilière explosée. Plus loin, une fille n’a plus de dents derrière ce qui reste de sa lèvre inférieure. Étrangement, l’image des trois singes de la sagesse prend un sens brutal.

Juste avant la dispersion finale, la violence de l’affrontement rendait imaginable n’importe quoi. Les bus d’anti-émeutes sont saccagés, les projectiles sont de plus en plus lourds et nombreux : dans les deux camps, on vise la tête. Des flics isolés pris à partie, l’un d’eux sera même lynché, et la voiture venue à son secours manque de rouler sur des émeutiers blessés. Rapidement, la foule se disperse en comptant ses blessures, et regagne les autobus jaunes qui repartent vers différentes villes. La SQ a ensuite procédé à l’immobilisation des certains bus, ce qui a fait gonfler le nombre des arrêtés.

Ce qu’il faut savoir aussi, c’est que le jour même avait lieu à Québec une rencontre entre les ministres et les délégués des administrations scolaires, des associations étudiantes et syndicats de profs. Même les porte-paroles de la CLASSE étaient présents. Une proposition y a été élaborée mais n’a été rendue publique que plus tard. Cette proposition de merde, qui veut compenser la hausse des frais de scolarité (déterminés par le gouvernement) par une baisse des frais afférents (déterminés par chaque établissement) est visiblement une opération médiatique visant à faire passer les étudiants comme empreints de mauvaise foi. Or cette compensation n’offre aucune réelle solution puisque les universités ne pourront jamais compenser cette perte de revenu et que rien ne garanti, même à court terme, un retour des frais afférents.

Ce qui est en jeu, avant tout, c’est de briser un mouvement qui est en train, plus que jamais, de sortir du cadre de la revendication scolaire ou étudiante. Ce qui freine l’élan d’une « grève sociale » appelée pour le 15 mai, c’est le cadre des lois du travail qui interdit à tout corps de métier de faire grève avant l’échéance de leur convention collective, sous peine d’amendes quotidiennes ridiculement exagérées, pour le syndicat, pour ses représentants, ainsi que pour chaque gréviste individuellement. Or, plus le mouvement dure, plus l’administration est débordée. Les flics n’arrivent plus à imposer les injonctions qui obligent les institutions à donner leurs cours aux étudiants anti-grève qui en ont gagné le droit devant tribunaux. Bien que cette semaine, au cégep Montmorency, la présence des flics ait été imposée lors de l’A.G., l’ampleur du mouvement, sans parler de son coût faramineux, laisse déjà voir l’incapacité de l’État à faire appliquer des décisions judiciaires. C’est le moment où jamais, pour les syndicats, de déclencher des grèves illégales : les chargés de cour des CÉGEP, qui seront visiblement contraints de donner leur cours cet été sans être payés, sont les premiers dont on peut souhaiter le pas de plus qui pourrait entraîner tous les autres. Mais peut-être est-il déjà trop tard. Les A.G. de la semaine vont nous dire si le mouvement saura survivre à l’offre de samedi dernier. Dans tous les cas, la suite des événements devra mettre à l’épreuve les nouveaux espaces et assemblées de lutte qui émergent timidement parallèlement aux associations facultaires et à leurs structures fédératives, afin de donner consistance à une seconde vague de grève. Histoire à suivre. Entre-temps, les manifs nocturnes se poursuivent, à Montréal et Québec, « tous les soirs, jusqu’à la victoire », et nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts à pardonner les coups et blessures infligés à Victoriaville. Tout peut encore arriver. Vive la grève.

sans-titre-diffusion, 8 mai 2012

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[Nancy, 10 avril 2012] Résumé du procès des antifascistes

Transmis par mail :

Voilà le résumé du procès : sur les trois personnes inculpées, une ne s’est pas présentée au procès. Après une attente très longue due aux nombreuses affaires qui passent avant, c’est enfin le tour des deux personnes présentes : je passe sur le fait que durant le procès la justice a lourdement insisté sur le fait qu’un des inculpés se revendique anar et donc il est forcément coupable et reçoit une leçon d’histoire sur la bataille de Nancy de la part de la partie civile qui défend les flics. Les inculpés ont donc eu 2 mois avec sursis et doivent verser 50 euros à chacun des 7 agents de la BAC. La personne qui ne s’est pas présentée a eu, quant à elle, 6 mois avec sursis car ayant déjà un casier et étant connue par la police de son pays (Belgique).

Une des personnes a fait appel, l’autre a décidé d’en rester là.

Nous nous déclarons solidaires des personnes.

Voir le compte-rendu de la mobilisation du 5 janvier dernier qui s’est soldée par plusieurs arrestations

Un des inculpés

Le chat noir émeutier, 9 mai 2012

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« Justice pour tous – contre les violences policières » en procès à Fribourg

Fusillade de l’A1. Manifestants poursuivis pour émeute

Onze personnes ayant participé au rassemblement du 12 juin 2010 tenu à Fribourg en signe de soutien aux deux jeunes Français incarcérés suite à la fusillade sur l’A1 ont comparu mardi devant la justice fribourgeoise.

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« Je crains qu’on ne veuille statuer un exemple », a dit dans sa plaidoirie l’avocat de six des prévenus Tarkan Göksu. Selon lui, aucun des prévenus n’a commis d’actes violents. Il est vrai que la disposition condamnant l’émeute prévoit explicitement que le seul fait de participer à un attroupement violent suffit pour remplir les conditions de punissabilité, a admis l’avocat.

Encore faut-il que la violence ait été commise collectivement, avec conscience et volonté, et que les personnes mises en cause aient fait partie du groupe au moment où les violences ont été commises. Et non avant ou après. Or rien ne permet de dire que les prévenus se soient retrouvés dans le noyau dur au moment où la violence est partie d’un coup, selon les termes de la police.

Au mauvais moment

Plusieurs prévenus ont expliqué avoir tout mis en œuvre pour fuir les lieux le plus rapidement possible. Trois personnes étaient membres du service de sécurité de la manifestation. Le policier dénonciateur s’est clairement rappelé de l’une d’elles.

Quitter la manifestation était en outre difficile car la police elle-même l’a indiqué : les manifestants ne pouvaient pas rebrousser chemin car cette issue avait été bloquée. Ils ont tous été refoulés vers le même passage. Enfin, un témoin a vu de sa fenêtre un petit groupe se préparer à l’écart de la manifestation, lancer des engins pyrotechniques contre les policiers et se changer en vitesse.

Cerise sur le gâteau, un étudiant genevois a affirmé, preuve à l’appui, qu’il faisait ce jour-là de la grimpe au Salève avec son frère. Son avocat a d’ailleurs quitté l’audience en précisant qu’il renonçait à plaider et demandait son acquittement. Aussi bien les trois avocats ayant plaidé que les prévenus se défendant seuls ont conclu à l’acquittement. Il leur faudra attendre jusqu’à vendredi pour connaître le verdict.

Haute surveillance

L’audience s’est ouverte mardi matin sous haute surveillance policière et à huis clos. Les mesures de sécurité étaient celles des grands jours : fouille des affaires personnelles, dépôt des téléphones portables et passage au détecteur de métaux.

L’audition des prévenus s’est déroulée dans le plus grand calme et de la manière la plus courtoise, agrémentée par les traits d’humour un peu caustiques du juge de police de la Sarine Alain Gautschi. Un des prévenus a carrément piqué un petit somme.

Plusieurs des accusés sont domiciliés hors du canton de Fribourg, à Genève, Berne, Bienne ou Lausanne. Le plus âgé a 42 ans, le plus jeune 23 ans.

Manifestation autorisée

Pour mémoire, un rassemblement du comité « Justice pour tous – contre les violences policières » avait dégénéré. Commencée pacifiquement, la manifestation avait réuni une centaine de personnes. Elle avait dégénéré devant la prison centrale, en basse-ville de Fribourg.

Une centaine d’engins avaient été tirés par les manifestants, dont des fumigènes classiques et des fusées de détresse utilisées dans la navigation. Les forces de l’ordre avaient riposté avec des balles en caoutchouc. Les manifestants avaient ensuite été canalisés vers le centre ville. Plus d’une quarantaine de manifestants avaient été interpellés. Près d’une centaine de policiers avaient été mobilisés, selon les dires d’un des avocats.

Leur presse (ats, 8 mai 2012)

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[Questions sociales et écologiques – même combat !] Venez à Francfort !

Il n’y a pas que les ours polaires ! Questions sociales et écologiques : même combat
Rejoignez les manifestations de Francfort des 16 et 17 mai

Du 16 au 19 mai, des milliers de personnes prendront possession des rues de Francfort. L’Allemagne entre enfin à son tour en résistance contre les réductions des dépenses publiques imposées par la Troïka que forment la Banque centrale européenne, le FMI et la Commission européenne.

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La crise ne se limite pas à l’Europe ni à la dette ou aux banques. Il s’agit d’une crise majeure de l’ensemble de notre mode de vie.

En suscitant les deux contraintes structurelles inhérentes que sont la concurrence et l’expansion permanente (souvent étiquetée de manière euphémique « croissance économique »), le système économique dominant détruit de plus en plus et de plus en plus rapidement les fondements naturels de notre vie.

La famine s’étend entre autre à cause de la spéculation capitaliste sur les denrées alimentaires visant à la valorisation des capitaux.

Des domaines essentiels à la survie humaine, comme l’accès à l’eau potable, sont subordonnés à une impitoyable logique du profit.

Sous couvert de réduction de la dette souveraine, des droits démocratiques difficilement obtenus sont démantelés.

Et ce ne sont que quelques-uns des nombreux aspects de la crise croissante d’un système économique qui, face aux changements climatiques et aux autres catastrophes écologiques, demeure incapable de changer de cap et poursuit sa course folle vers l’abîme.

Nous devons intervenir au niveau de toutes les formes de la crise. Dans de nombreux domaines, nous empêchons déjà le système de fonctionner.

À l’aéroport de Francfort notamment, nous manifestons contre les nuisances sonores du trafic aérien, le mode de transport qui est aussi le plus gros émetteur de CO². Nous participons à des luttes contre les effets nuisibles des centrales à charbon sur l’environnement à Hambourg-Moorbourg, Datteln, Jänschwalde, Staudinger et ailleurs. Dans la région de Lausitz et dans les zones minières longeant le Rhin, nous luttons contre le déplacement de villages dû à l’exploitation du charbon à ciel ouvert et contre l’enfouissement, ou « captage et stockage », du CO².

À Gronau, nous exigeons la fermeture de l’usine d’enrichissement d’uranium. Nous nous opposons au stockage des déchets nucléaires à Gorleben, Morsleben, Ahaus, Lubmin, au puits d’Asse II et à celui de Konrad.

Dans des milliers de villes, nous nous attaquons aux grands producteurs d’énergie. Certaines initiatives visent la remunicipalisation ou la gestion commune de l’énergie. Nous nous opposons à la privation de l’accès à l’électricité infligée aux citoyens.

Nos manifestations contre les négociations vaines sur le climat et nos contre-sommets, comme celui de Cochabamba, concrétisent notre solidarité internationale. Aux côtés de petits paysans, nous luttons pour une agriculture solidaire et la souveraineté alimentaire.

Toutes nos luttes locales sont également l’expression de notre résistance contre la crise écologique mondiale sous-jacente qui nécessite une réponse exhaustive et commune. Nous faisons donc partie d’un mouvement beaucoup plus large contre le système économique dominant et le capitalisme.

C’est à Francfort que nous allons rendre ce lien palpable et visible. En tant que militants des mouvements et des luttes écologiques, nous nous joindrons aux manifestations.

Rejoignez-nous vous aussi et venez nombreux à Francfort !

Le 17 mai, parcs et squares seront investis pour créer des symboles de la crise écologique.

Le 18 mai, participez aux « cinq doigts » du blocage de la BCE. Armés de cuves, de combinaisons et de masques de protection, nous représenterons de nombreuses crises écologiques. Apportez des masques de plongée et des tubas pour symboliser la montée du niveau des mers.

Participez aux actions « Envahissons Francfort » et allez manifester jusqu’au siège des banques et des sociétés qui tirent leurs bénéfices de la destruction de l’environnement.

La manifestation internationale du samedi 19 mai sera l’occasion de rendre visibles vos luttes locales et notre solidarité mondiale.

Contre le capitalisme, pour l’autodétermination et la conservation des fondements de notre vie.

blockupy-frankfurt.orgContact

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[Révolution égyptienne] « C’est une agression sexuelle. Les femmes sont blessées, physiquement et psychologiquement »

Des militantes égyptiennes accusent de nouveau les militaires de sévices sexuels

Des militantes et des groupes de défense des droits de la personne ont accusé l’armée égyptienne et les autorités carcérales, mercredi, d’avoir commis des agressions sexuelles contre des femmes arrêtées lors de la dernière rafle contre les manifestants au Caire.

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Ces accusations, qui rappellent des incidents semblables survenus lors de précédentes manifestations, ajoutent de nouvelles tensions dans la campagne électorale en Égypte, deux semaines avant l’élection présidentielle.

Plus d’une douzaine de femmes faisaient partie des quelque 300 manifestants arrêtés le week-end dernier dans la foulée d’une manifestation devant le ministère de la Défense qui a dégénéré [sic].

La militante Aida Seif al-Dawla a déclaré que des gardiennes de prison avaient agressé sexuellement certaines militantes détenues en inspectant leurs organes génitaux sous prétexte de rechercher des drogues.

« C’est une agression sexuelle », a dénoncé la militante. « Les femmes sont blessées, physiquement et psychologiquement. »

L’une des femmes en question, Aya Kamal, a témoigné mardi devant la commission des droits de la personne du Parlement au sujet des sévices dont elle dit avoir été victime lors de son arrestation.

Lors d’un témoignage télévisé, Aya Kamal a déclaré à la commission qu’elle s’était réfugiée dans une mosquée pour échapper aux soldats qui tentaient de disperser les manifestants.

Elle a raconté que des soldats avaient pris la mosquée d’assaut et s’étaient relayés pour l’insulter, lui cracher dessus et lui faire des attouchements sexuels. D’autres femmes étaient présentes et ont été victimes des mêmes sévices, a-t-elle dit. Des manifestants de sexe masculin ont aussi été battus et menacés d’agression sexuelle, a déclaré Aya Kamal.

Elle a affirmé qu’un soldat l’avait frappée à la tête avec un bâton et qu’elle avait perdu connaissance pendant quelques secondes. Pendant ce temps, un autre soldat a tenté de lui enlever son voile islamique.

À leur arrivée dans un centre de détention militaire, des soldats ont célébré l’arrivée de nouveaux détenus.

« Ils nous ont insultées, nous les femmes. Ils ont ouvert les fenêtres (de la camionnette) et ont tenté de toucher notre corps et de nous harceler. Ils nous ont menacées d’agression sexuelle et nous ont dit que si l’une d’entre nous ouvrait la bouche, elle serait jetée en pâture aux soldats à l’intérieur en sachant ce qui lui arriverait », a raconté Mme Kamal en retenant ses larmes.

Aida Seif al-Dawla a expliqué que la plupart des femmes victimes de sévices des militaires n’étaient pas prêtes à les dénoncer en public à cause du stigmate social associé aux questions à caractère sexuel dans une société musulmane conservatrice, et aussi parce que ces femmes craignent d’être convoquées pour être interrogées.

Un responsable militaire a indiqué qu’il n’y avait pas eu de plainte formelle au sujet des agressions alléguées. Il a cependant indiqué qu’Aya Kamal faisait toujours l’objet d’une enquête, ce qui signifie qu’elle pourrait encore être accusée d’avoir attaqué des militaires et d’avoir perturbé l’ordre public.

Ce responsable a réclamé l’anonymat conformément aux règles de l’armée.

Les militants pro-démocratie accusent les militaires d’avoir recours aux mêmes pratiques abusives en vigueur sous le régime d’Hosni Moubarak. L’an dernier, les « tests de virginité » menés par des médecins militaires sur des manifestantes détenues a causé un tollé en Égypte et ailleurs dans le monde.

L’armée avait alors admis qu’il y avait bel et bien eu de tels tests, tout en affirmant que les commandants militaires ne les avaient pas autorisés. Un médecin militaire traduit en justice pour avoir pratiqué ces tests a été acquitté. Un tribunal civil a demandé à l’armée de cesser cette pratique.

Les militants estiment que les tests de virginité et les agressions sexuelles visent à intimider les femmes et à les maintenir à l’écart des manifestations.

Leur presse (Associated Press, 9 mai 2012)

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[Brochure autour du procès antiterroriste de mai 2012] Mauvaises intentions #3

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[Pacifisme ou létalité] Liberté, Liberté chérie, Combats avec tes défenseurs !

Une étudiante de l’Université Laval blessée en plein visage à Victoriaville

(Québec) Une étudiante de l’Université Laval qui a été blessée au visage à la manifestation de Victoriaville, Dominique Laliberté, demande à la Sûreté du Québec (SQ) de ne plus utiliser les balles de caoutchouc afin de contrôler les foules.

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Dominique Laliberté a été atteinte au visage vendredi, alors qu'elle et son ami Pierre Léveillé s'éloignaient du grabuge, en raison de l'utilisation par les policiers des gaz lacrymogènes.

La jeune femme de 20 ans a fort probablement reçu un tel projectile au visage, vendredi, quelques minutes après le début des affrontements entre policiers et casseurs.

L’impact lui a causé une multiple fracture de la mâchoire et elle a perdu plusieurs dents. L’étudiante en études littéraires en grève depuis 13 semaines a d’ailleurs subi une intervention chirurgicale au cours de la fin de semaine, à l’Hôpital de l’Enfant-Jésus de Québec, afin de lui fixer des plaques et des vis sur la zone blessée.

« Je pense pas que ces balles-là ont leur place », a soutenu la jeune femme, un peu plus de 24 heures après avoir reçu son congé de l’hôpital. « C’est hyperdangereux. Ça change une vie. »

« J’étais tellement loin, je peux pas comprendre comment ç’a pu se rendre jusqu’à moi, a-t-elle ajouté plus tard. C’est ça qui est aberrant. »

Elle et son ami Pierre Léveillé s’éloignaient du grabuge, en raison de l’utilisation par les policiers des gaz lacrymogènes pour disperser la foule, quand elle a été atteinte au visage. Un témoin a dit à Pierre que c’était un bâton cinétique qui avait touché la jeune femme. D’ailleurs, c’est le seul débris qui traînait sur le sol à proximité de Dominique à ce moment-là, affirme Pierre.

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Pierre assure que lui et son amie se trouvaient à au moins 200 ou 300 mètres des confrontations quand l’impact a eu lieu. D’où ils se trouvaient, il leur était impossible de différencier les policiers des casseurs à travers les gaz.

Les deux amis s’étaient rendus à Victoriaville pour exprimer leur désaccord sur la hausse des droits de scolarité, mais jamais ils n’ont eu l’intention d’affronter les forces de l’ordre. Ils se trouvaient avec une foule de manifestants, près du Centre des congrès de Victoriaville, quand l’émeute a débuté. Les deux amis se sont immédiatement éloignés, mais cela n’aurait pas suffi pour éviter cette blessure qui forcera cette talentueuse joueuse de rugby du Club de rugby Québec et du Rouge et Or de l’Université Laval au repos complet pour les prochains mois.

« Je suis la personne la plus pacifique au monde, c’est n’importe quoi ! » a lancé Dominique, visiblement dégoûtée de ce qui lui arrive.

Son ami Pierre, un étudiant en affaires publiques et relations internationales à l’Université Laval, compte faire circuler une pétition visant à convaincre les autorités policières de ne plus utiliser les bâtons cinétiques.

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Dominique Laliberté devra se faire poser des implants dentaires, afin de remplacer les dents qu'elle a perdues.

En plus de voir son été chamboulé, l’étudiante devra aussi se faire poser des implants dentaires, afin de remplacer les dents qu’elle a perdues. Une facture de 10’000 $ au bas mot pour les parents, qui tenteront d’obtenir un dédommagement financier pour leur fille du programme d’indemnisation des victimes d’actes criminels.

Dominique doit d’ailleurs rencontrer des enquêteurs de la SQ, aujourd’hui, afin de leur raconter les circonstances dans lesquelles elle a été blessée.

Leur presse (Matthieu Boivin, Le Soleil, 9 mai 2012)


Émeute à Victoriaville : d’autres voix demandent une enquête publique

D’autres voix s’élèvent pour demander une enquête publique sur l’intervention policière lors de l’émeute qui a eu lieu à Victoriaville vendredi dernier. La Ligue des droits et libertés, les organisateurs de la manifestation et des infirmières qui ont soigné des blessés sur le terrain se questionnent sur le travail de la Sûreté du Québec.

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Selon les intervenants, les policiers étaient mal préparés à la présence de milliers de manifestants devant le centre des congrès, ce qui a contribué à l’escalade de violence. En conférence de presse, ils ont dénoncé le fait que la plupart des manifestants n’ont pas entendu l’avis d’attroupement illégal, qu’une trop grande quantité de gaz irritant a été utilisée et que des balles de plastique ont été tirées lors de cette intervention.

« Plusieurs témoignages nous indiquent que ces balles ont été tirées à travers des gaz lacrymogènes. Quand on entend que ces projectiles ne doivent pas être lancés sur la tête ou sur des organes vitaux, comment peut-on s’assurer de ne pas cibler ces parties du corps à travers un nuage de gaz ? » a dit Jeanne Reynolds, porte-parole de la CLASSE, qui demande aussi une commission d’enquête publique. Plus tôt en journée, le Parti québécois et Québec solidaire ont aussi fait cette demande.

La CLASSE a d’ailleurs présenté une vidéo qui pourrait laisser croire que c’est une balle de plastique qui a été tirée en direction d’Alexandre Allard, cet étudiant qui a frôlé la mort vendredi. Sur les images, un policier pointe une arme vers lui tandis qu’un autre le montre du doigt. La caméra se déplace une seconde et, lorsqu’elle revient sur M. Allard, le jeune homme est étendu au sol, inconscient, une plaie près de l’oreille.

L’une des organisatrices de la manifestation, Johanne Nasstrom, de la Coalition des tables régionales d’organismes communautaires, trouve que les policiers ont manqué de communication avant et après les dérapages. « J’ai demandé aux manifestants et aux policiers qui se faisaient face de laisser passer une ambulance puisqu’il y avait un blessé grave. Les manifestants se sont écartés, mais un des policiers m’a visée de son fusil, et un autre a enlevé son casque et m’a répondu : « Tu as juste à l’emmener ici, ton malade » », a-t-elle raconté, encore ébranlée.

Journalistes hués

Des journalistes ont posé des questions qui ont déplu aux personnes qui assistaient à la conférence de presse. Certains, accusés de défendre le travail de la police, ont même été hués lorsqu’ils ont tenté de prendre la parole.

La Ligue des droits et libertés a d’ailleurs été la seule à déplorer que des manifestants aient lancé des boules de billard, des briques et des morceaux d’asphalte aux policiers.

« C’est clair, pour nous, que la liberté d’expression ne comprend pas le droit de commettre des délits et des infractions. Des manifestants dans certaines circonstances peuvent effectivement commettre des actes qui sont répréhensibles. Ils en portent la responsabilité. Mais on ne peut pas ensuite brimer les droits de l’ensemble des manifestants qui sont pour l’ensemble pacifiques », a dit Dominique Peschard, président de la Ligue.

Leur presse (Émilie Bilodeau, LaPresse.ca, 9 mai 2012)


La 16e manif nocturne s’est déroulée dans le calme

À part quelques œufs lancés aux policiers, la 16e manifestation étudiante nocturne s’est déroulée sans heurt, mercredi soir.

Elle a aussi attiré moins de manifestants que lors des marches des dernières semaines. Ce sont moins de 1000 protestataires qui, comme chaque soir, se sont réunis à la place Émilie-Gamelin, vers 20h30. Ils se sont mis en route à 21h.

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Les opposants à la hausse des droits de scolarité rencontrés durant l’événement sont convaincus que le mouvement ne s’essouffle pas.

« Il y a encore plusieurs actions qui s’organisent. Vendredi, il y aura même une nuit blanche », dit Julie Potvin, une jeune femme qui a terminé ses études en 2009. Son ami, Hugo Bonin, affirme que beaucoup de gens s’ajoutent à la foule en cours de manifestation.

« Nous sommes toujours aussi déterminés. Il n’y a qu’à regarder l’offre qui est rejetée dans toutes les assemblées générales », dit Damien Wand, un étudiant à l’UQAM.

Le cortège s’est arrêté, comme d’habitude, à son point de départ après plusieurs heures de marche. Il était passé 23h30. Une centaine de manifestants ont suivi le groupe jusqu’à la toute fin après avoir zigzagué dans les rues du centre-ville.

Leur presse (Émilie Bilodeau et Gabrielle Duchaine, LaPresse.ca, 9 mai 2012)

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[Sortie de N’Autre école n° 31 : « Engagé(e)s ! »] Que faire, aujourd’hui, dans et hors de l’école ?

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336623629.jpgDes enseignants qui entrent dans le métier à reculons, des salariés qui se demandent quelle fantaisie financière mondiale va encore leur tomber dessus, des militants qui vieillissent, l’air du temps est au gris. La « vocation » (ne ricanons pas du fait de la référence religieuse) disparaît, la « militance » (là personne ne se souvient de la référence milit…aire) s’essouffle. La peur certainement, et tant de la fatigue. Nous ne gagnerons rien à nous raidir : dans le métier, les carapaces étouffent et ne protègent de rien ; dans les pratiques syndicales, dans la diffusion des idées de liberté et d’égalité, dans la défense sociale autour des papiers ou du logement, le rabâchage nerveux de slogans n’amène que des déceptions.

Nous sommes obligés d’inventer de nouvelles formes d’engagement, dans nos professions comme tout autour de l’école. Nous le faisons plus modestement que dans le passé, est-ce un tort ? À des échelles réduites, et cela vaut bien les défilés de la Place rouge ou leurs équivalents franco-français. Dans l’incertitude aussi. Mais nous le faisons… vous le faites, on le raconte !

Militer, enseigner, s’engager : quoi de neuf ? C’est l’objet de la nouvelle livraison de la revue N’Autre école

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Acharnement de l’administration pénitentiaire contre Samir : 6 mois chers payés en 2008 et il est encore en prison !

Ceux qui se rappellent du dernier gros mouvement lycéen de décembre 2008 n’auront pas oublié Samir, arrêté place Jean Macé à Lyon et jugé pour avoir participé à retourner une voiture lors de la manifestation du 18 décembre. Il refuse alors la comparution immédiate et est placé en détention provisoire à la Maison d’arrêt de Lyon Saint-Paul. Puis lors de son procès, le 23 février 2009, il écope de 8 mois de prison ferme, alors même que le procureur n’en requérait que 6 ! Depuis cette condamnation, Samir est maintenu en détention, au fil des provocations des matons, et des nouvelles peines qui tombent. Retour sur les faits.

Au cours de sa déten­tion, il obtient une place en semi-liberté, annu­lée au bout d’un jour sous le pré­texte que Samir aurait bous­culé un sur­veillant au moment de sa sortie. De nou­veau en prison, il apprend à quel­ques jours de la fin de sa peine de 8 mois, que le sursis qui pesait sur lui est révo­qué pour une alter­ca­tion avec des sur­veillants, et reprend un an de ferme en plus. Fin 2009, Samir est trans­féré à Aiton, en Savoie, loin de ses pro­ches.

En août 2010, à quel­ques jours de sa sortie, il est de nou­veau condamné à 14 mois ferme pour s’être défendu contre un gar­dien qui le pro­vo­quait. On connaît la poli­ti­que de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire, lors de mou­ve­ments col­lec­tifs ou indi­vi­duels, qui est de briser la moin­dre pos­si­bi­lité de révolte en trans­fé­rant sys­té­ma­ti­que­ment ces « fau­teurs de trou­ble », qui refu­sent sim­ple­ment de bais­ser la tête devant les raille­ries, les humi­lia­tions, voire par­fois les coups. Samir est donc trans­féré à Varces, puis à Moulins. Plusieurs déte­nus témoi­gnent de ce trans­fert comme étant par­ti­cu­liè­re­ment vio­lent : agents cagou­lés, entra­ves aux pieds… De plus, Moulins est à trois heures de voi­ture de Lyon, et il devient ainsi très dif­fi­cile pour la mère de Samir, qui a de sérieux pro­blè­mes de santé, de le voir !

Enfin trans­féré à Saint-Quentin Fallavier, il fait une demande de semi-liberté, appuyée par le fait qu’il tra­vaille déjà en prison et suit des for­ma­tions diver­ses depuis un an. Mais il faut croire que Samir est deve­nue la bête noire de l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire, qui refuse sa demande. À Saint-Quentin, un détenu raconte que lors­qu’un jeune pri­son­nier s’est fait pren­dre lors d’un par­loir à rece­voir du can­na­bis, un sur­veillant lui aurait demandé de dire que c’était Samir qui lui aurait fourni cette drogue. Le détenu a heu­reu­se­ment refusé et a mis au cou­rant la famille de Samir de cette ten­ta­tive de fausse accu­sa­tion par le gar­dien.

En décem­bre 2012, suite à une nou­velle pro­vo­ca­tion de la part d’un sur­veillant, Samir est de nou­veau condamné à 12 mois de prison ferme. Cette alter­ca­tion est sur­ve­nue parce qu’un sur­veillant « oublie » de le faire sortir de sa cel­lule pour la pro­me­nade. Samir demande alors tout sim­ple­ment que son droit de pro­me­nade soit res­pecté ! Il est alors pris à partie par un gar­dien qui l’insulte puis le pousse vio­lem­ment à trois repri­ses, accom­pa­gné d’autres matons. Samir leur a demandé à chaque bous­cu­lade « de ne pas le tou­cher », et fini par repous­ser son
agres­seur. Il est alors vio­lem­ment plaqué au sol par plu­sieurs gar­diens prêts à agir au moin­dre geste de Samir et subit les clas­si­ques tech­ni­ques d’étranglement, de clé de bras, ainsi que des coups ! Ceci inter­vient alors que des déte­nus ont entendu des sur­veillants dire qu’ils feraient « tout pour que Samir reprenne deux ans ». Ces déte­nus étant encore incar­cé­rés, ils ne peu­vent témoi­gner ouver­te­ment car cela ris­que­rait de les com­pro­met­tre avec l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire.

Samir est alors trans­féré à la maison d’arrêt de Bourg-en-Bresse. Dans cette prison également, les coups bas sévis­sent. Suite à un par­loir, le jeudi 26 avril, Samir, le bras dans une attelle, apprend à sa mère qu’une alter­ca­tion avec un gar­dien a éclaté trois jours plus tôt, et qu’il fut placé immé­dia­te­ment au mitard. Il entame alors une grève de la faim.

Les pro­vo­ca­tions phy­si­ques vio­len­tes, les insul­tes racis­tes, les trans­ferts à répé­ti­tion, le refus sys­té­ma­ti­que d’amé­na­ge­ment de peines, et l’impres­sion que tout est mis en œuvre pour que Samir ne sorte jamais sont into­lé­ra­bles. Cette situa­tion donne à Samir un sen­ti­ment d’impuis­sance et de déses­poir très inquié­tant. Sa famille com­mence à se mettre en rap­port avec l’OIP, pour faire cesser cette situa­tion.

Qu’est-ce qu’on peut faire ? Envoyer des let­tres à Samir, pour lui faire sentir qu’il y a du sou­tien dehors, et éventuellement envoyer des let­tres à l’admi­nis­tra­tion péni­ten­tiaire pour pro­tes­ter contre cet achar­ne­ment.

TAFER Samir
n° d’écrou : 2190
Centre Pénitentiaire de Bourg-en-Bresse
20, chemin de la pro­vi­dence
BP 90321
01011 Bourg-en-Bresse

Liste d’informations du réseau Résistons Ensemble, 9 mai 2012

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[Sa mère nique la police] « Je ne regrette rien, je voulais me venger des banques, d’un système »

Ruinée, l’ancienne commerçante était devenue braqueuse

Fabienne Lévy doit répondre en appel de quatre braquages de banques.

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METZ (MOSELLE), LE 7 DÉCEMBRE 2010

C’est une forte personnalité à la gouaille et au caractère bien trempé qui se présentera ce matin devant la cour d’assises de Meurthe-et-Moselle. Fabienne Lévy, 54 ans, une commerçante qui avait connu l’opulence avant la ruine, doit répondre en appel de quatre braquages de banques avec la complicité de son fils Jérémie, 22 ans, qui était mineur au moment des faits.

En décembre 2010, elle avait été condamnée à dix ans de réclusion par les assises de la Moselle. Cette licenciée en droit, qui rêvait de devenir commissaire de police, a retrouvé la liberté le 15 décembre 2011. Elle travaille depuis dans un restaurant du sud de la France.

Du bagout et du talent. Fabienne Lévy avait tout réussi au début de sa vie. Un mariage avec un riche entrepreneur installé au Cameroun. Des revenus confortables. Le mal du pays la pousse à revenir vivre dans sa Moselle natale. Elle ouvre une première boutique de mode à Saint-Avold. Trois autres suivront. Une véritable success story. Seule ombre au tableau, l’éloignement de son mari resté en Afrique qui la conduit au divorce.

Elle dit avoir voulu se venger des banques

Les affaires florissantes, pourtant, commencent à péricliter les unes après les autres. Une liaison avec un délinquant achève de déstabiliser Fabienne Lévy. Elle sombre en 2001 lorsqu’elle est condamnée par le tribunal de prud’hommes à payer une indemnité de 76’000 € à une ancienne employée. « Quand j’ai demandé un prêt à la banque, on s’est moqué de moi. Avant, ils me déroulaient le tapis rouge », avait-elle expliqué lors de son premier procès où elle s’est souvent emportée sur un ton insolent pour justifier la série de braquages commis avec la complicité de son fils. « Je ne regrette rien, je voulais me venger des banques, d’un système », qui ne lui avait pas permis de remonter la pente après sa faillite, avait-elle justifié à l’audience.

Le premier vol à main armée, elle le mène le 23 janvier 2006 dans une Caisse d’épargne de Gerlfangen, en Allemagne. Elle emporte 86’000 €. Le 24 octobre, c’est au tour d’une banque de Nietaltdorf d’être attaquée pour un butin de 50’000 € cette fois. Son fils lui sert de chauffeur. C’est encore le cas le 6 novembre 2007 à Gisingen où, sous la menace toujours d’un pistolet à poivre, elle vole 21’000 € dans une Caisse d’épargne. Des cibles choisies et repérées à l’avance par la commerçante qui baragouine quelques mots de mauvais allemand. Sa photo est publiée dans la presse d’outre-Rhin car elle a été filmée par une caméra de vidéosurveillance. La braqueuse, qui agit grimée, doit se rabattre sur la France et jette son dévolu sur l’agence du Crédit mutuel de Meisenthal (Moselle) le 12 décembre 2007 où elle rafle 15’000 €. Le braquage de trop. Les gendarmes avaient déjà ciblé cette Fabienne Lévy et sa voiture de location. Elle est arrêtée une semaine plus tard avec son fils.

« C’est une femme qui a mal supporté le déclassement social et a vraiment difficilement vécu la perte de ses revenus. Mais c’est une femme apaisée aujourd’hui », assure Me Jean-Christophe Duchet, son avocat devenu aussi celui de son fils avec qui elle entretenait « une relation fusionnelle ». Fabienne Lévy a prévu cette fois d’expliquer ce que sont devenus les 172’000 € de son butin.

Leur presse (Jean-Marc Ducos, LeParisien.fr, 7 mai 2012)

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Remarques préliminaires sur le procès antiterroriste de mai 2012

Lors des débats au tribunal, toutes sortes d’informations et de déclarations concernant les mis en examen seront exposées publiquement. La justice ne se privera pas d’étaler des morceaux de la vie intime des prévenus, arrachés et sélectionnés pour alimenter la construction de profils types. Par ailleurs, elle se servira de tout ce qui a été déclaré en garde à vue ou devant le juge d’instruction pour tenter de mettre à mal la défense.

Le terrain de l’institution judiciaire, policière et carcérale n’est pas un terrain neutre et ce qu’il produit l’est sous la contrainte : il s’agit du résultat d’un rapport de force qui nous est, de fait, défavorable. Sur ce terrain, où le rôle de l’État consiste à nous écraser et nous diviser, des erreurs individuelles et collectives ont été commises. Mais, sans prétendre à une exemplarité ou une quelconque pureté, l’essentiel a toujours été pour nous de tenir une position collective la plus cohérente possible avec ce que l’on défend par ailleurs, et de tenter de ne pas se faire bouffer par la machine judiciaire.

Plus d’infos sur le procès et tout le reste de cette affaire sur infokiosques.net/mauvaises_intentions

Rendez-vous :
• vendredi 11 mai : Concert de solidarité avec les inculpés du procès de Mai à La Parole Errante, 9 rue François Debergue, Montreuil, métro Croix de Chavaux. 18h : Point info et présentation de la brochure Mauvaises Intentions 3. 20h : Concert avec les Tweez, Pierre et Bastien, Gommard, et Louises Mitchels.
• lundi 14 mai : RDV à la 10e chambre du TGI de Paris (Métro Cité) pour la première audience.

Indymedia Paris, 8 mai 2012

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Trans’Express, un demi-siècle de combats

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Cette histoire est publiée en 1952 dans les annales médico-psychologiques : c’est le récit du traitement d’un malheureux jeune homme qui avait le tort de se prendre pour une femme. Un assassinat pur et simple, à coups d’électrochocs et de lobotomies. Je rêve qu’un musicien s’empare de ce texte où les bourreaux expliquent que « c’était pour son bien ».

L…, âgé de 22 ans, entre à la maison de santé de Ville-Évrard (93332 Neuilly-sur-Marne) le 26 septembre 1946, après un an de traitement psychanalytique. (…)

À son entrée à l’hôpital, c’est un jeune homme qui porte une chevelure longue à type féminin. (…) Trois ans plus tard, après une rafale d’éléctrochocs, on opte pour une méthode radicale : « Une lobotomie est pratiquée le 10 mars 1949 ; dès que les trous de trépan sont forés, on constate une méningite séreuse légère avec, des deux côtés, une hypervascularisation corticale bilatérale. (…) En juillet 1949, on observe une amélioration transitoire de l’état mental qui n’a qu’une courte durée. Une cure de quarante comas est bien supportée par le malade. (…) En août 1950, sept séances d’électrochocs prolongés sont sans aucun effet.

En janvier 1951, devant l’échec de ces divers traitements, on entreprend un traitement par électronarcose à raison de deux séances par semaine. (…) Le 14 février, au cours de la dixième séance, à la troisième minute, syncope bleue (cyanose de la face); apnée irréductible et arrêt du cœur ; tentative de réanimation pendant trois heures. Le malade meurt 23 mois après la lobotomie » [Annales médico-psychologiques, février 1952, pp. 175-179. « Examen anatomo-pathologique de l’encéphale d’un dément précoce mort au cours d’une électronarcose 23 mois après une lobotomie », par L. Marchand, J . Rondepierre, P. Hivert, P. Leroy (psychiatrie.histoire.free.traitement/trans.htm)].

Il n’existe à ma connaissance aucune recherche sur le nombre de personnes trans ou homos qui ont subi ce genre de « traitements de choc » dans nos hôpitaux. Quand on lit un tel texte où le pur sadisme s’auréole de science et d’humanisme, on se dit qu’aujourd’hui les trans viennent de loin.

En France comme ailleurs les médias ont une lourde responsabilité devant la stagnation du traitement des trans : ils ont presque toujours préféré le voyeurisme à l’information, l’éternelle histoire de « Gaston devient Marguerite » ou « Marguerite devient Gaston », agrémentée depuis la mode queer de platitudes sur « la déconstruction du genre ».

En 1981, les homosexuels ont obtenu la dépénalisation de l’homosexualité. Mais qui sait que parallèlement, l’État crée pour les trans un dispositif hospitalier très oppressif ? Des psys réactionnaires se livrent à un tri qu’on pourrait résumer à « vous aimez le bleu vous êtes un homme, vous aimez le rose vous êtes une fille ». Le système se veut dissuasif en imposant des années d’attente. Il nie les transgenres (qui ne veulent pas se faire opérer), les renvoyant à l’hormonothérapie sauvage. Les opérations pratiquées par des chirurgiens formés hâtivement relèvent souvent de la boucherie. En réaction, les trans créent des filières, formelles ou informelles, pour se faire opérer à l’étranger.

Après la folklorique AMAHO, des structures éphémères surgissent, qui obtiennent quelques avancées. Aux associations, comme Tau Sygma, les autorités de santé et de justice socialistes promettent la création d’un comité d’éthique. Et rien d’autre. En 1993, la France est condamnée par la Cour européenne à verser une amende à une transsexuelle qui attend depuis dix-neuf ans que son changement de sexe soit reconnu par la loi. Il faudra désormais passer par un jugement coûteux et une visite médicale le plus souvent vécue comme un viol (palpations, attouchements) pour obtenir un changement d’identité. Entretemps le sida est arrivé. Les trans — et particulièrement les femmes transgenres — sont frappés de plein fouet. Et ce sont les associations (certaines virant à la dictature) qui prennent le problème en main. Un groupe activiste virulent, le GAT (groupe activiste trans) multiplie sous Jospin les actions spectaculaires, et des négociations… qui vont aboutir au rapport de la Haute Autorité de Santé (HAS) à l’origine de la dépsychiatrisation sous Sarkozy-Bachelot.

Ce rapport entérine l’idée que le monopole des équipes hospitalières ainsi que leurs méthodes sont obsolètes et coercitifs. À sa lumière Mme Roseline Bachelot propose la dépsychiatrisation de la question trans. Bel effet d’annonce (elle aura une pleine page dans le Times à ce sujet), qui ne sera suivi d’aucune mesure réelle. Son homme de confiance serine aux activistes : « ce soir je dîne avec des copains si je leur dit que j’ai passé ma journée avec des mecs qui veulent se faire couper les couilles ils ne me croiront pas. » Rendez-vous manqué.

La France devient la lanterne rouge de l’Europe, au mépris de la circulaire sur l’identité de genre de Thomas Hammarsberg, commissaire aux droits du Conseil de l’Europe.

La Nouvelle-Zélande est le premier pays à octroyer des papiers aux non-opérés, en 2005. Beaucoup de pays suivront. En Autriche, il est anticonstitutionnel de demander à une personne de se faire stériliser pour avoir ses papiers. En Espagne, depuis cinq ans, à la suite d’une grève de la faim d’une trans socialiste, le changement de papiers d’identité est accessible à la demande. Le Portugal, le Royaume-Uni, la Belgique, la Suède se sont alignés. Une loi a été déposée le 22 décembre 2011 à l’Assemblée nationale par Michèle Delaunay, députée PS, mais elle n’a pas été débattue. Pour les trans il faut bien dire « à suivre ».

Hélène Hazera, L’Impossible, n° 2, avril 2012

AMAHO : Aide aux malades hormonaux, association fondée dans les années 1960.
AMEFAT: Association médicale française pour l’aide aux transsexuels.
ANAES: Agence nationale d’accréditation et d’évaluation en santé.
HAS : Haute autorité de Santé.
SOFECT : société française d’étude et de prise en charge du transsexualisme.
CHRYSALIDE : association militante de support et de diffusion d’information sur les transidentités.

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[Paris, jeudi 10 mai] Repas de soutien à la lutte NO TAV

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[A voté Louis de Funès !] Le dernier épisode du Gendarme censuré sur ordre de la police

Trois hommes, voulant faire une blague, troublent le vote à Jurançon

Trois hommes âgés d’une trentaine d’années, dont l’un déguisé en gendarme, ont pénétré dans un bureau de vote de Jurançon (Pyrénées-Atlantiques) dimanche après-midi et troublé les opérations électorales, notamment lorsque l’un d’entre eux a brandi une arme factice, a-t-on appris mardi auprès du parquet.

« Un premier homme déguisé en gendarme, un second portant une écharpe tricolore et un troisième filmant la scène ont pénétré dans un bureau de vote de Jurançon, vers 17h30 dimanche, voulant faire une blague de potache », a expliqué à l’AFP, Sébastien Ellul, vice-procureur de la République à Pau.

« Les trois hommes ont fait exploser un pétard, balancé des confettis et brandi une fausse arme face à une adjointe de la municipalité qui présidait le bureau de vote et où se trouvait un seul électeur » a précisé M. Ellul, confirmant une information de la République des Pyrénées.

« La présidente du bureau de vote a déposé plainte auprès du parquet. Le maire de Jurançon, Michel Bernos, a manifesté son souhait de le faire également, mais la plainte n’est pas encore déposée », a précisé le parquet.

Pour le vice-procureur, « ils n’ont pas de motivations politiques » et « ce sont des personnes qui ont l’habitude de faire ce genre de blagues qu’ils diffusent sur des sites internet ».

« Le film que l’un des trois avait réalisé pendant le vote a été détruit sur ordre par leurs soins afin qu’il ne passe pas sur le net », a indiqué un capitaine de police à l’AFP.

Les trois trentenaires, placés en garde à vue dimanche au commissariat de police jusqu’à 20h30, vont faire l’objet d’une poursuite pour trouble des opérations électorales et port illicite d’uniforme. Chacune de ces deux infractions est passible de deux ans de prison et de 15.000 euros d’amende.

Leur presse (Agence Faut Payer, 8 mai 2012)

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[La liberté ou la mort] Du Bordelais à la Chine, abolir la valeur d’échange

Bordeaux. Fraude dans le vignoble : un millésime relevé à l’acide sulfurique

Douze viticulteurs, un œnologue et un droguiste poursuivis pour avoir utilisé, conseillé et vendu ce produit interdit qui avait redonné de l’acidité à un millésime médiocre.

Depuis quelques mois, le tribunal correctionnel de Bordeaux n’en finit pas de dresser l’inventaire des pratiques douteuses des francs-tireurs du vignoble girondin. Après avoir examiné l’ajout d’antibiotiques dans le barsac, de lait dans le sauternes et de sucre dans le sainte-croix-du-mont, les magistrats se pencheront demain sur l’usage d’acide sulfurique concentré, en 2003, par plusieurs viticulteurs de l’appellation Côtes de Blaye.

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À l’issue d’une instruction interminable, douze d’entre eux ont été finalement poursuivis pour fraude et détention de produits destinés à corrompre des boissons destinées à la vente. Demain, ils ne seront pas les seuls à s’asseoir sur le banc des prévenus. Bien que protestant de leur bonne foi, le droguiste de Blaye — qui leur a procuré l’additif — et l’un des œnologues de la région — auprès de qui ils disent avoir pris régulièrement conseil — devront eux aussi s’expliquer. Le premier pour avoir écoulé des produits dont il n’ignorait pas l’usage illicite qui en serait fait, le second pour complicité de falsification.

Millésime défaillant

Plus communément appelé vitriol, l’acide sulfurique est une substance aussi dangereuse qu’utile. Elle intervient aussi bien dans la fabrication des engrais et le raffinage du pétrole que dans le traitement des eaux et des minerais, le décapage des métaux et le fonctionnement des batteries. Au XIXe siècle, ce liquide visqueux et corrosif servait à la conservation de la viande. Aujourd’hui encore, certains aigrefins l’utilisent pour régénérer des morceaux avariés. C’est interdit, tout comme est banni son usage en viticulture.

En 2003, la sécheresse et les orages qui s’étaient abattus sur le Blayais avaient quelque peu déséquilibré le millésime. Trop d’alcool, pas assez d’acidité. Plutôt que d’injecter de l’acide tartrique, l’un des acides présents dans le raisin et dont l’emploi est autorisé sous certaines conditions, les vignerons avaient choisi l’acide sulfurique concentré, un « remontant » beaucoup plus puissant, seul capable selon eux de sauver leur récolte de la distillation.

Les agents de la répression des fraudes ont retrouvé sa trace en vérifiant en 2004 les registres du commerçant de Blaye auprès de qui ils s’étaient fournis. En un an, ce dernier avait écoulé près de 580 litres, dont 200 à des viticulteurs. La mention « acide sulfurique » n’apparaissait jamais sur les factures. Il était simplement question de « désincrustant » ou de « déboucheur professionnel ». Des mentions que le commerçant disait avoir portées à la demande de ses clients. Selon ses dires, le produit devait servir au nettoyage des cuves, même s’il se doutait qu’un tout autre usage était possible.

Un œnologue sur le gril

La plupart des viticulteurs entendus par les enquêteurs ont reconnu avoir eu recours à la substance prohibée. À raison de 1 à 2 centilitres par hectolitre. Des quantités, minimes certes, qui n’ont jamais mis en danger la santé du consommateur mais dont l’usage laisse songeur.

Pour certains d’entre eux, c’était ça ou déposer le bilan de l’exploitation. Cette année-là, la chaleur et la grêle ayant retardé la maturité, les vins manquaient de fruit et d’équilibre. Presque tous mettent en cause un œnologue, affirmant qu’ils ont agi sur ses recommandations et suivi ses prescriptions relatives au dosage.

La lecture des bulletins d’analyse découverts chez certains vignerons démontre que le conseil a bien été donné d’utiliser de l’acide sulfurique. L’œnologue se défend pourtant d’avoir préconisé cette solution. D’autant que les investigations conduites par le juge d’instruction n’ont pas permis d’identifier l’auteur des mentions manuscrites qui figurent sur les pièces saisies. Un dialogue de sourds a de fortes chances de prospérer demain lors du procès, même si chacun sait que le recours à l’acide sulfurique par une infime minorité de viticulteurs reste un secret de Polichinelle.

Leur presse (Dominique Richard, SudOuest.fr, 9 mai 2012)


Chine : après le porc au clenbutérol et le canard malade, le chou au formol

Les autorités chinoises ont ouvert une enquête sur des vendeurs de légumes, soupçonnés d’asperger les choux avec du formol pour préserver leur fraîcheur, nouveau scandale alimentaire dans ce pays qui en a connu beaucoup, a indiqué un responsable mardi.

Cette affaire est la dernière d’une longue série de scandales dans l’industrie agro-alimentaire chinoise, après notamment ceux du porc piqué au clenbutérol, un anabolisant, et du lait contaminé à la mélamine, un additif mimant un taux élevé de protéines.

Selon des informations parues dans la presse et sur internet, des dizaines de marchands de légumes dans la province du Shandong (est), grande région agricole, utilisent des produits chimiques pour maintenir la fraîcheur de leurs légumes jusqu’à ce qu’ils parviennent sur les marchés.

Le formaldéhyde — ou formol — est un liquide utilisé couramment pour préserver des spécimens de laboratoires ou pour embaumer les corps. Cette substance, cancérigène, peut être mortelle si elle est ingérée en trop grande quantité.

Un responsable de la ville de Dongxia a confirmé la pratique des vendeurs. « Nous enquêtons sur cette affaire », a-t-il déclaré, sans vouloir donner de détails.

Cette pratique serait répandue dans le Shandong et la province voisine de Hebei, notamment lors des mois les plus chauds, selon l’agence officielle Chine Nouvelle.

« On fait ça couramment pour garder les choux frais. Sinon, les choux qui sont empilés les uns contre les autres dans les camions pourriraient en deux ou trois jours », a expliqué à l’agence un agriculteur de Dongxia.

Le chou est un des aliments de base de la nourriture chinoise, notamment dans le nord.

En mars, une grande entreprise de volailles chinoise avait licencié quatre employés soupçonnés d’être impliqués dans une affaire de vente de viande de canards abattus alors qu’ils étaient malades.

Le scandale alimentaire le plus retentissant reste celui du lait contaminé à la mélamine qui, en 2008, avait provoqué la mort de six enfants et rendu malade 300.000 autres.

Leur presse (tempsreeel.nouvelobs.com, 8 mai 2012)

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[Nouvelles de l’Apocalypse] Pérou : pollution pétrolière, surpêche, réchauffement climatique ou virus mutant ?

ALERTE SANITAIRE – Au Pérou, un mal mystérieux tue par centaines dauphins et pélicans

Drapeaux rouges sur les plages, appels à ne pas consommer de poisson cru : les autorités sanitaires péruviennes tirent la sonnette d’alarme après la mort mystérieuse de centaines de dauphins et de pélicans. En moins de deux semaines 1500 pélicans ont été retrouvés morts sur près de 200 km de côtes péruviennes. Entre janvier et avril, près de 900 dauphins se sont échoués morts sur le littoral nord du pays.

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Pour le directeur de l’ONG Mundo Azul, le biologiste allemand Stefan Austermühle, la mort massive des pélicans et des dauphins « représente un risque pour la santé humaine en raison de la possible mutation d’un virus ». Dans le doute, les responsables du secteur de la santé dans les régions les plus touchées ont demandé aux habitants de la zone de ne pas manger de poisson cru, d’éviter de se baigner et de s’éloigner des plages où les animaux ont été trouvés morts. Un drame pour ce pays où le plat national, le ceviche – savoureux tartare de poissons – est une véritable religion.

Diverses hypothèses sont avancées pour expliquer le phénomène. Après avoir prudemment évoqué la possibilité d’un virus dans le cas des dauphins, le ministère de l’environnement a écarté pour l’instant l’hypothèse d’un dommage collatéral de la pêche au filet ou d’une éventuelle contamination des eaux.

Pour sa part, l’Organisation scientifique pour la conservation des animaux aquatiques (ORCA) attribue le décès des dauphins aux activités d’exploration des compagnies pétrolières dans la zone, qui, selon elle, produisent des bruits affectant les cétacés victimes d’un « impact acoustique ».

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D’autres sources incriminent également « la pêche excessive » de certaines espèces, en particulier l’anchois, dont se nourrissent les pélicans, et qui constitue un secteur économique majeur du Pérou. Selon l’ancien ministre de la santé, Uriel Garcia, les oiseaux  mourraient donc plutôt de faim que des suites d’une maladie.

L’expert en météorologie Abraham Levy estime, quant à lui, que ces récents phénomènes pourraient être liés au réchauffement des eaux du Pacifique, qui « altère la chaîne alimentaire ». Les anchois, rechercheraient l’eau froide plus en profondeur, et échapperaient ainsi aux pélicans, explique le New York Times. D’après une biologiste interrogée par le quotidien américain, ce petit poisson pourrait bien être le dénominateur commun entre toutes ces morts inexpliquées.

Des autopsies sont en cours pour déterminer les causes de la mort des animaux. Les résultats pourraient être connues d’ici cinq à dix jours.

Leur presse (blog « Big Browser » du Monde.fr, 8 mai 2012)

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[Nos médias] Deux radios libres cessent d’émettre faute de fric

Périgueux. La fin de trente ans de radio associative

En liquidation judiciaire, Radio 103 et Radio Plaizance ont cessé d’émettre. Six salariés sont au chômage.

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Marie-Jacque Monnier, présidente de l'association gestionnaire des stations : « Nous avions des projets. »

« C’était une radio qui donnait la parole à ceux qui ne l’avaient pas. Maintenant, ils ne pourront plus la prendre du tout. » Marie-Jacque Monnier, présidente de l’Association pour le développement de la communication en Périgord, qui gérait Radio Périgueux 103 et Radio Plaizance à Plazac, était encore sous le coup de l’émotion hier après-midi.

Le tribunal venait de prononcer la liquidation de l’association et l’arrêt des deux radios, effectif hier à minuit. Un administrateur provisoire, l’étude de Me Torelli, a été nommé. Les six salariés, quatre à Périgueux et deux à Plazac, se retrouvent au chômage.

Cessation de paiement

L’association s’est retrouvée en cessation de paiement, avec un déficit de 49’000 euros. La banque, le Crédit coopératif, avait rejeté les chèques des salaires de mars, et ceux d’avril n’avaient pas été payés.

Lors de l’assemblée générale qui s’est tenue jeudi soir à Périgueux, les animateurs espéraient pouvoir encore continuer leurs activités dans le cadre d’un redressement judiciaire. Et les salariés ont assuré les émissions pratiquement jusqu’au bout.

« Nous avons essayé par tous les moyens de trouver des solutions », assure la présidente. Des aides avaient été demandées aux collectivités. « Le Conseil général nous a répondu qu’il étudiait le dossier. On n’a pas eu de réponse de la mairie de Périgueux. »

Une page se tourne

Il y avait beaucoup de tristesse et d’amertume dans ses propos. « Nous avions des projets. » Elle s’interrogeait entre autres sur la possibilité de faire entrer une part de publicité — « pour des produits locaux ou le tourisme » — dans le budget de l’association.

C’est une page qui se tourne. Radio Périgueux 103 avait fêté ses 30 ans il y a quelques mois. Les deux stations entretenaient des liens étroits avec une trentaine d’associations du département, assuraient des animations et diffusaient un magazine d’information.

Elles faisaient une large place aux musiques actuelles et aux labels indépendants, étant affiliées à la Férarock (fédération des radios associatives rock).

Leur presse (Chantal Gibert, SudOuest.fr, 8 mai 2012)

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La police travaille gare du Nord (Paris)

Des policiers abattent un chien Gare du Nord, une passante blessée

Une voyageuse a été très légèrement blessée mercredi gare du Nord, lorsque deux policiers ont tiré deux balles pour abattre le chien d’un homme qu’ils contrôlaient, l’animal, ni attaché ni muselé, ayant mordu l’un d’eux, selon une source policière confirmant une information de RTL.

Sur un quai de la gare, deux policiers voulaient contrôler un homme, qui marchait avec son chien non attaché, ni muselé : l’animal a alors sauté sur l’un des policiers et l’a mordu à un bras et à la cuisse.

Le chien, dont la race n’a pas été communiquée, a été directement abattu de deux balles, selon la même source.

Une voyageuse a reçu un ricochet et a été très légèrement touchée à une cheville, selon cette source.

L’Inspection générale des services (la police des polices) a été saisie.

Un porte-parole de la SNCF a confirmé des « coups de feu » lors d’un « contrôle de police qui s’est mal passé à l’intérieur de la gare du Nord ».

Un témoin, travaillant dans un café de la gare, a dit à l’AFP avoir entendu « deux coups de feu » et vu « des policiers qui courraient partout ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 9 mai 2012)


Un chien abattu en pleine foule gare du Nord

L’animal, appartenant à un vigile, aurait mordu plusieurs voyageurs et un policier.

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Scène de pagaille, mercredi matin, gare du Nord. Les policiers de la brigade des réseaux ferrés ont abattu le chien d’un vigile qui, selon une source policière, « venait de perdre tout contrôle ». Les faits se sont déroulés aux alentours de 8 heures, à hauteur de la voie 41 de la gare, celle où circule le RER D, alors que deux policiers effectuaient une ronde.

Les deux agents ont aperçu un berger malinois qui se baladait sans laisse ni muselière sur le quai, non loin de son maître, un vigile d’une société privée, qui revenait de son travail. « Les deux policiers ont voulu effectuer un contrôle. C’est là que le chien leur a sauté dessus pour les mordre », explique-t-on de source policière.

Une voyageuse légèrement blessée par ricochet

Le chien, décrit comme « très agressif », parvient à mordre l’un des deux hommes au bras et à la jambe avant de s’enfuir à l’étage supérieur de la gare, où sont situés les commerces. Un agent de sécurité de la gare a assisté à la scène : « Quand le chien s’est échappé, il a remonté les escaliers au milieu des gens. Dans sa course, je l’ai vu mordre plusieurs passants. » Les deux agents de police, lancés à sa poursuite, décident alors de faire feu sur l’animal. « Il a reçu deux balles dans le corps. »

Une voyageuse qui passait sur le quai aurait reçu un ricochet et aurait été très légèrement touchée à la cheville. Un autre voyageur, venu prêter main-forte aux deux policiers au moment de l’intervention, a également été mordu. Le policier, mordu à la jambe et au bras, a quant à lui été emmené par les secours à l’Hôtel-Dieu, un hôpital du IVe arrondissement. Sur place, toute la matinée, le corps du chien recouvert d’une bâche a attiré l’attention des voyageurs, amassés autour du périmètre de sécurité.

« Le secteur où a eu lieu la scène est inaccessible depuis, raconte le gérant d’un snack situé en face. Je ne suis arrivé qu’à 9 heures, mais les gens se montrent très inquiets en voyant le chien recouvert par le drap: certains sont venus me demander si c’était bien un animal. »

L’IGS (la police des polices) a été saisie. Interrogée, la SNCF a simplement confirmé en fin de matinée qu’il y avait bien eu des « coups de feu » à la gare du Nord lors d’un « contrôle de police qui s’est mal passé ».

Leur presse (Flore Galaud, LeFigaro.fr, 9 mai 2012)

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[Genève] Un mouvement artistique ? Une blague ? On ne sait pas qui est responsable de ce détournement…

Genève. Des feux de signalisation détournés en feuilles de cannabis

Deux feux verts ont été peints en noir à l’aide d’un patron en forme de feuille de Marijuana.

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À quelques mètres du feu vert, on plisse les yeux, essayant de définir cette forme inhabituelle. La lumière est faible et la circonférence plus petite. C’est uniquement lorsque l’on se retrouve face à face, que la forme se précise. Ce n’est pas un simple feu vert mais une feuille de cannabis, peinte à l’aide d’un patron. Un mouvement artistique ? Une blague ? On ne sait pas qui est responsable de ce détournement et pour l’instant, seuls deux signaux lumineux portant l’empreinte de la Marie-Jeanne à Genève sont connus. Le premier est situé au croisement de la route de Malagnou et de la rue Henri-Mussard ; le second se trouve route de Frontenex, en face de l’entrée du parc La Grange.

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La Direction générale de la mobilité n’en a été informée que ce matin par nos collègues de la Tribune de Genève. À présent, c’est à elle que revient la responsabilité de les nettoyer.

Leur presse (Marie-Adèle Copin, 24Heures.ch, 9 mai 2012)

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[Big Brother] Nuisible jusqu’à la dernière heure

Sarkozy crée in extremis un nouveau fichier de police

Cet inventaire commun à la police et la gendarmerie recensera les antécédents judiciaires des Français, contre l’avis de la Cnil.

Quelques heures avant la défaite de Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle, son fidèle ministère de l’Intérieur Claude Guéant a créé par décret un énorme fichier commun à la police et la gendarmerie. Un fichage qui devrait concerner près la moitié de la population française, selon Owni.

Ce fichier porte sur les « antécédents judiciaires ». Objectif : « fournir aux enquêteurs de la police et de la gendarmerie ainsi que de la douane judiciaire une aide à l’enquête, afin de faciliter la constatation des infractions, le rassemblement des preuves et la recherche de leur auteur », selon le décret paru au Journal officiel le dimanche 6 mai.

Prévu dans le cadre de la Loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure (Loppsi 2), il doit ainsi mutualiser le STIC de la police nationale et le JUDEX de la gendarmerie d’ici le 31 décembre 2013. Les auteurs comme les victimes des délits seront recensés.

Le fichier compilera toutes les infractions, de la contravention pour excès de vitesse à l’infraction « contre les personnes » ou l’atteinte « à la paix publique ». Les données seront conservées pendant cinq ans pour les contraventions, et jusqu’à 40 ans pour les délits les plus importants.

« Des risques importants pour les libertés individuelles »

Le site PC Inpact parle déjà d’un « super fichier » pour cet « inventaire » qui contiendra nom, adresse, sexe, date et lieu de naissance, voire dans certains cas, « les origines raciales ou ethniques, les opinions politiques, philosophiques ou religieuse ou l’appartenance syndicale des personnes, ou [des données] relatives à la santé ou à la vie sexuelle ».

À noter que, pour la première fois, le fichier recensera des données biométriques (des photographies) permettant la reconnaissance faciale. Un point dénoncé par la Commission nationale de l’informatique et des libertés (Cnil) :

« Cette fonctionnalité d’identification des personnes, à partir de l’analyse biométrique de la morphologie de leur visage, présente des risques importants pour les libertés individuelles, notamment dans le contexte actuel de multiplication du nombre des systèmes de vidéo-protection. »

Dès 2009, la Cnil a émis des réserves sur un tel fichier d’antécédents judiciaires, craignant de nombreuses inexactitudes pouvant porter préjudice. « L’absence de mise à jour soulève des interrogations. Elle signifie que des informations peuvent être enregistrées dans le fichier sans être pertinentes », souligne la Commission. De quoi craindre des enquêtes orientées, voire des problèmes lors d’enquêtes administratives de moralité lors d’embauche dans la fonction publique.

Leur presse (Boris Manenti, obsession.nouvelobs.com, 9 mai 2012)

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[Révolution tunisienne] Les grévistes du palais de Carthage crient « dégage » à Marzouki

Moncef Marzouki, président de la République, a présidé mardi 8 mai, une cérémonie au palais de Carthage au cours de laquelle il a décoré des agents et des cadres de la garde présidentielle.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1336588242.jpgPendant la cérémonie, et selon des sources propres au quotidien Le Maghreb, des dizaines d’agents de la présidence de la République, parmi les grévistes, ont commencé à crier « dégage… dégage ».

Un passage que la vidéo et le communiqué de la présidence ne montrent pas, puisque l’accès au palais pour les journalistes demeure réservé à quelques-uns seulement. Même la Télévision publique n’a pas le droit d’envoyer ses propres journalistes et ne diffuse que ce que la présidence veut bien lui donner. Démocratie et transparence, dites-vous ?

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 9 mai 2012)

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[Vive la belle] Deux innocents aux assises

Le procès en appel de Ferrara, surnommé le « roi de la belle » s’est ouvert à Paris

Le procès en appel d’Antonio Ferrara, surnommé « le roi de la belle » pour s’être évadé deux fois, et d’un complice présumé, Issa Traoré, s’est ouvert mercredi peu après 10H00 devant la cour d’assises de Paris pour le braquage du bureau de poste de Joinville-le-Pont (Val-de-Marne) en juillet 1999.

C’est avec un large sourire qu’Antonio Ferrara, 38 ans, est entré dans le box des assises. La carrure toujours aussi athlétique, le cheveu coupé extrêmement court, il a répondu avec courtoisie à l’interrogatoire d’identité du président Olivier Leurent, avant de se rasseoir. Pendant la composition du jury, il restait accoudé au box, dans son polo violet à manches longues, à observer le défilé des jurés.

Avant l’ouverture de l’audience, l’un des quatre avocats de « Nino », Me Lionel Moroni, a tenté de convaincre la presse que son client était « l’innocent public numéro un », tout en oubliant de rappeler ses condamnations définitives pour un braquage, une tentative d’homicide et deux évasions. « On l’a tellement mystifié qu’on lui a mis sur le dos de nombreuses affaires », a dénoncé Me Moroni, soulignant les acquittements obtenus en appel pour les braquages de Toulouse et Gentilly.

Condamné à ce jour à 41 ans de prison, Antonio Ferrara est libérable en 2035. Par conséquent, a remarqué Me Moroni, « c’est un procès sans aucun enjeu sur son exécution des peines car il a déjà à son tableau un certain de nombres de peines prononcées contre lui ». « L’enjeu est surtout humain et moral dans la mesure où nous allons avec force et vigueur plaider l’acquittement », a encore déclaré l’avocat, qui conteste les charges contre son client. Ainsi, a-t-il relevé, « sur trente témoins, dix l’ont vu décagoulé et ne le reconnaissent pas ! » Selon lui, c’est « serein et confiant » que son client se présente à « son ultime procès ».

Le braquage pour lequel est jugé Ferrara avait été commis alors qu’il était en cavale après une première évasion : en 1998, il s’était fait la belle à la faveur d’une consultation à l’hôpital de Corbeil-Essonnes. Arrêté en juillet 2002, il s’est fait connaître avec une seconde évasion spectaculaire de la prison de Fresnes le 12 mars 2003, menée par un commando de malfaiteurs lourdement armés.

En 2006, Ferrara a été condamné à quinze ans. Jugé séparément, Issa Traoré a lui écopé de dix ans en 2011.

Leur presse (Agence Faut Payer, 9 mai 2012)

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[Cannes] Les blouses blanches travaillent

Une lycéenne cannoise « oubliée » à l’infirmerie

C’est un peu la version catastrophe de la « Belle au bois dormant ». Mais l’histoire n’a rien d’un conte de fée, malgré son happy end. Endormie lundi après-midi, une lycéenne cannoise a été oubliée et enfermée dans son établissement, jusqu’à son réveil en soirée !

Lorsque la mère d’E., 18 ans, s’est aperçue que sa fille n’était pas rentrée à leur domicile de Pégomas lundi en fin d’après-midi, elle fut aussitôt prise des plus vives inquiétudes. Après sa journée scolaire au CFA Nérée de la Bocca [En raison du 8 mai, nous n’avons pu contacter l’établissement mardi], la jeune fille âgée de 18 ans était censée rallier son village en bus, comme à son habitude.

Alertée, la gendarmerie de Mandelieu déclenchait aussitôt un plan de recherche tous azimuts. Les limiers essayaient d’abord de localiser le téléphone portable de la disparue, mais l’appareil restait muet. Tous les hôpitaux et commissariats du bassin cannois étaient également sollicités, en vain. Même la vidéosurveillance, y compris les caméras embarquées dans le bus, ne donnait pas plus de résultat.

Mais, alors que la tension était à son comble, la mère de l’intéressée mettait un terme rassurant à ce déploiement de forces. E., expliquait-elle, venait de l’appeler, saine et sauve.

Elle se serait réveillée vers 21 heures, sur le lit de l’infirmerie où elle s’était assoupie dans l’après-midi. Certes décontenancée, parce qu’enfermée et oubliée dans l’établissement professionnel !

Souffrant de maux au ventre, cette élève-apprentie avait absorbé dans l’après-midi des médicaments qui ont soulagé sa douleur mais qui l’ont également plongée dans la torpeur.

À la fin des cours, le personnel médical, scolaire et de surveillance aurait fermé les portes du CFA, en oubliant la belle endormie. Par bonheur, cette dernière a retrouvé ses parents dans la soirée. En espérant que cette mésaventure ne soit pas source de cauchemars…

Leur presse (NiceMatin.com, 9 mai 2012)

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[Révolution tunisienne] Le bureau du mouvement Ennahdha à Thala attaqué par les ouvriers des chantiers

Un mouvement de protestation déclenché par les ouvriers de chantiers dans la ville de Thala (gouvernorat de Kasserine) a dégénéré, mardi, en actes de violence et de trouble. Les ouvriers de chantiers protestent contre le retard pris dans leur paiement et revendiquent leur titularisation.

Les protestataires ont barré la route reliant la ville de Thala à Kasserine et contraint les administrations publiques dans la région à suspendre leurs activités.

Le bureau du mouvement Ennahdha à Thala a été, également, attaqué par les ouvriers de chantiers qui ont saccagé et détruit tous les équipements du local.

Des mouvements de protestation similaires ont eu lieu dans les villes de Majel Bel Abbas et Sbeitla pour revendiquer l’emploi et le développement de leur région.

D’autre part, les habitants de Feriana et Tlabet ont observé une grève générale pour réclamer leur droit au développement et régulariser la situation des ouvriers de chantiers.

Publié par des ennemis de la révolution (Babnet, 8 mai 2012)

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