Festival intersquat à Fribourg

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Une cinquantaine de militants squatters arrêtés à Fribourg

Pas moins de 52 militants squatters, 35 hommes et 17 femmes, ont été arrêtés dans la nuit de vendredi à samedi à Fribourg. Équipés de sacs à dos et de sacs de couchage, ils étaient venus de Lausanne et Berne pour occuper le cinéma désaffecté Le Corso, a précisé samedi la police cantonale fribourgeoise.

« Diverses sources d’informations indiquaient qu’un Festival Intersquat se déroulerait en Suisse du 27 juillet au 5 août », a expliqué la police, qui était sur le qui-vive. Des groupuscules de Lausanne et Berne sont arrivés vers 22.00 heures à Fribourg et se sont regroupés aux Grands Places. Peu après minuit, les militants se sont dirigés vers le boulevard de Pérolles pour pénétrer dans Le Corso. Ils en ont été empêchés par les forces de l’ordre.

Les militants ont ensuite pris la fuite en direction de la gare et des rues adjacentes, avant d’être interpellés. Certains se sont opposés physiquement à leur arrestation. Ils ont ensuite été acheminés par vagues successives au Centre d’intervention de la police à Granges-Paccot, dans la banlieue de Fribourg. Après un contrôle, ils ont été relâchés après s’être vus notifier une interdiction de périmètre autour du cinéma, comme pour les supporters de football indésirables.

Leur presse (Sipa, 28 juillet 2012)


Schweiz: Neues zum verhinderten Intersquat Festival

Gestern Abend wollten wir in Fribourg ein ungenutztes Kino wieder zum Leben erwecken um es einige Tage für unser Intersquat Festival zu benutzen. Dies wurde jedoch von der Staatsmacht verhindert.

Schon vor Beginn des Festivals war in Fribourg die Polizeipräsenz höher als normal, als wir uns aufmachten das Gebäude in Beschlag zu nehmen, stellten sich uns viele Bullen in den Weg und es war uns nicht möglich einen Fuss in die Liegenschaft zu setzen. Wahllos wurden Menschen verhaftet, brutal zu Boden gedrückt und verprügelt. Über 50 Personen wurden dabei vorübergehend festgenommen und zur DNA- und Fingerabdruckabgabe gezwungen. Nach ca. 8 Stunden, in denen kontinuierlich Leute mit Schlagstöcken verprügelt und in völlig überbelegte Zellen (über 30Personen in Zellen die für 14Pers. ausgelegt sind) gepfercht wurden, wurden alle wieder entlassen. Alle bekommen Anzeigen wegen: Hausfriedensbruch, Gewalt und Drohung gegen Beamte und Störung der öffentlichen Ordnung, zusätzlich wurde den Verhafteten ein Fribourg-Verbot für einen Monat auferlegt.

Auch diese krasse Repression von Fribourg hindert uns nicht daran weiter zu kämpfen gegen Kapitalismus und Unterdrückung, gegen leere Häuser und volle Büros.

Es ist wichtiger denn je, gegen den Staat und seine Diener zu agieren.

Zerstört den Staat statt Häuser!
Der Kampf geht weiter!

Mehr Infos

Auf das wir den Ort so verändern, wie er uns gefällt!

Squat!net, 28 juillet 2012

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[Saint-Imier 2012] Barrio du Scalp Besak aux Rencontres internationales de l’anarchisme

Le Scalp Besak participera du 8 au 12 août 2012 aux Rencontres internationales de l’anarchisme qui se tiendront à Saint-Imier dans le Jura bernois en Suisse.

Nous aurons notre propre petit campement, notre « barrio » pour les habitué.e.s des campements alternatifs et militants, sur le site du grand camping.

Nous vous invitons à nous rejoindre et à participer vous aussi à ce temps fort de rencontres, d’échanges et de partage.

Ces rencontres internationales c’est l’occasion pour certain.e.s de faire « ses premiers pas » sur le parcours qui peut mener au militantisme et d’approcher ces sphères méconnues.

Pour d’autres il s’agira de prendre le temps nécessaire qui nous manque dans notre quotidien afin de discuter et papoter sereinement, sans pressions ni « comptes à rendre ».

Et pour toutes et tous la possibilité de se prendre une bonne dose de déracinement et de « voir en plus grand », de poser des bilans et des perspectives en cette période transitionnelle de l’année.

Au plaisir de se croiser ici à Saint-Imier ou au mois de septembre lors des divers évènements militants de la rentrée !

Scalp Besak – Mailing

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[La liberté ou la mort] Sit-in contre une papeterie à Qidong

Chine : des manifestants obtiennent de nouveau l’arrêt d’un projet polluant

Pour la deuxième fois en un mois, un projet industriel polluant a été définitivement arrêté en Chine après une manifestation durant laquelle le siège du gouvernement local de Qidong, près de Shanghai, a été mis à sac par des protestataires qui ont affronté la police.

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Des manifestants à Qidong le 28 juillet 2012

Tôt dans la matinée, des milliers de personnes se sont rassemblées pour protester contre un pipeline transportant jusqu’à leur ville située en bord de mer les eaux usées d’une usine du groupe japonais Oji Paper Group, éloignée d’une centaine de kilomètres.

De très nombreux protestataires ont envahi le bâtiment du gouvernement local dans la cour duquel deux voitures ont été renversées, a constaté un photographe de l’AFP sur place.

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Des manifestants renversent la voiture d’un responsable local, à Qidong le 28 juillet 2012

La foule a été évaluée à « plusieurs milliers » de personnes par l’agence Chine nouvelle, tandis qu’une manifestante interrogée par l’AFP parlait de 50.000 protestataires.

Au siège du gouvernement, des manifestants se sont emparés de bouteilles d’alcool et de vin ainsi que de cartouches de cigarettes, des articles reçus fréquemment comme pots-de-vin en Chine par les fonctionnaires, selon un témoignage recueilli par téléphone.

Certains de ces articles étaient exhibés à l’extérieur du bâtiment gouvernemental, selon une photo publiée sur Sina Weibo, le principal service de microblogging chinois qui compte plus de 250 millions d’abonnés et sur lequel le terme de recherche « Qidong » a rapidement été censuré samedi.

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D’autres photos, dont l’AFP n’a pu immédiatement vérifier l’authenticité, montraient une voiture de police renversée.

La cour du siège du gouvernement et les balcons donnant sur cette cour étaient noirs de monde, selon d’autres clichés.

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Sur deux photos, un homme identifié par des internautes comme le secrétaire du Parti de la ville, Sun Jianhua, apparaît entouré de policiers, le torse dévêtu alors qu’il se serait fait arracher ses vêtements, puis escorté par les forces de l’ordre.

En milieu de matinée, des affrontements violents ont opposé des manifestants à des policiers venus en grand nombre, a constaté l’AFP.

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Des policiers frappent un manifestant à Qidong le 28 juillet 2012

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Dans le même temps, les autorités faisaient savoir que le déversement des eaux usées de la papeterie, qui avait déjà été provisoirement suspendu, le serait définitivement.

« La municipalité de Nantong (où est située la papeterie) a décidé d’abandonner définitivement le projet de rejet d’eaux usées dans la mer : nous demandons aux habitants de rentrer chez eux », selon le microblog de la police.

Malgré cette annonce, qui a également été diffusée par la télévision et la radio locales, plusieurs manifestants interrogés au téléphone par l’AFP restaient sceptiques sur les intentions réelles des autorités.

La foule s’est néanmoins dispersée. « Presque tout le monde est parti », a déclaré en début d’après-midi à l’AFP un responsable du gouvernement de Nantong, dont dépend Qidong, tandis qu’une manifestante précisait que la ville était quadrillée par la police.

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Les rejets du pipeline auraient atteint 150.000 tonnes d’eaux usées par jour quand la papeterie, dont la construction a démarré en 2007, aurait fonctionné à plein régime, selon des habitants cités par le quotidien étatique Global Times vendredi.

« Nous ne rejetons pas d’eau polluée. L’eau que nous rejetons a été purifiée et est conforme aux normes locales de protection de l’environnement », a assuré de son côté un responsable des relations publiques d’Oji Paper, cité par l’agence japonaise Jiji Press.

Les mouvements de protestation se multiplient depuis l’an dernier en Chine contre la dégradation de l’environnement, victime de trois décennies d’industrialisation à marche forcée.

Début juillet à Shifang dans la province du Sichuan (sud-ouest), des manifestants avaient affronté pendant plusieurs jours les forces de l’ordre avant d’obtenir l’assurance de l’abandon définitif d’un projet d’usine métallurgique polluante.

Durant l’été 2011, une usine fabricant des panneaux solaires avait été provisoirement fermée à Haining (est) après des manifestations, tandis que les habitants de Dalian (nord-est) avaient obtenu le déménagement d’un complexe pétrochimique qui devait être implanté dans leur ville.

Presse polluée (Agence Faut Payer, 28 juillet 2012)

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[La police travaille] Construction d’ambiance à Courtrai

De la musique classique pour faire fuir les jeunes

C’est une idée qu’appliquera prochainement la ville de Courtrai

La ville de Courtrai a décidé de diffuser de la musique classique dans le parc du Béguinage, au centre-ville, afin de faire fuir les jeunes qui, selon les autorités locales, y causent des désagréments.

« Une première en Belgique », écrit vendredi Het Nieuwsblad. Des haut-parleurs seront installés dès la semaine prochaine, a décidé le collège communal, qui part du principe que la plupart des jeunes fréquentant ce parc n’apprécieront guère ce type de musique.

La Grande-Bretagne, l’Australie, les États-Unis et les Pays-Bas connaissent déjà des initiatives similaires.

« Nous voulons surtout donner au parc une ambiance agréable. Mais si, ce faisant, les désagréments disparaissent aussi, c’est ça de pris », commente le bourgmestre de Courtrai, l’ancien ministre de la Justice Stefaan De Clerck (CD&V). Des tables et bancs pour pique-niquer seront également installés.

L’initiative n’est pas sans rappeler le très controversé « mosquito », cet émetteur de sons à très haute fréquence destiné à disperser les groupes d’adolescents. Des projets-pilotes recourant à cet appareil ont fait long feu car ils étaient contraires aux droits de l’enfant.

Presse mélomane (Belga, 13 juillet 2012)


La musique classique pour chasser les jeunes ?

Dans un parc de Courtrai, des haut-parleurs vont diffuser de la musique classique. Pour en chasser les jeunes qui traînent, horrifiés par le Stabat Mater de Vivaldi et autre Petite musique de nuit de Mozart ? Non, pour permettre à d’autres d’aussi profiter du parc, dit le bourgmestre.

Mozart ferait-il fuir les jeunes ? La presse flamande annonçait ce matin que la ville de Courtrai allait diffuser de la musique classique dans un de ses parcs pour chasser les jeunes turbulents qui s’y regroupent.

Le bourgmestre Stefaan De Clerck parle plutôt d’installer une ambiance plus conviviale mais nous avons quand même voulu nous poser la question : la musique classique peut-elle vraiment avoir un impact sur le comportement des jeunes?

La SNCF répond oui. Depuis peu, l’entreprise française passe de la musique classique en gare de Poissy, près de Paris. Et l’expérience est concluante.

Le soir, la gare de Poissy est déserte. Les voyageurs se sentent souvent mal à l’aise et ils le sont d’autant plus quand un groupe de jeunes turbulents traînent dans les parages.

Depuis le mois de janvier, Vivaldi a changé la donne. Bruno Rocher, un des responsables sécurité de la SNCF, explique que quand on passe la musique classique le voyageur se sent plus en quiétude et on évite le regroupement de jeunes voyageurs turbulents, pas forcément grands amateurs des Quatre Saisons et qui vont plutôt aller jouer dehors que dans le hall de la gare.

La musique classique surgit sur les quais et dans les halls de la gare à la demande. Ce sont les agents de terrain qui jouent les DJ, en fonction de l’ambiance dans la salle. Ces agents de terrain ont noté minutieusement les changements observés dans la gare après chaque morceau. Leurs conclusions sont positives. La SNCF va donc élargir l’expérience à d’autres gares.

Presse mélomane (Daphné Van Ossel, RTBF.be, 13 juillet 2012)

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[Millau] Vérité pour Nabil, Dissolution de la BAC

Millau. Le collectif « anti BAC » veut la « vérité » sur la mort de Nabil

Le 26 juin dernier, Nabil, un jeune villefranchois de 26 ans a été tué, à Millau, par la balle d’un fonctionnaire de police appartenant à la BAC (Brigade anti-criminalité). La brigade est depuis longtemps critiqué dans la cité du gant. Il y a déjà plus d’un an un collectif « anti BAC » a été créé donnant lieu à un rassemblement en juin 2011. Ce collectif a été vraiment « touché et révolté par la mort de ce jeune et le flou lié à l’enquête ».

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Les manifestants ont défilé de la mairie au commissariat, hier en fin de journée

Un rassemblement avait réunis la semaine dernière, les parents et amis de la victime ainsi que de nombreux soutiens de Millavois. Hier, le collectif « anti BAC » a une nouvelle fois appelé à un défilé, suivi par près de 130 personnes. De la mairie au commissariat en passant par la place du Mandarous, les manifestants ont une nouvelle fois demandé la vérité sur les circonstances de la mort de Nabil. « On nous a raconté de multiples versions dans les jours qui ont suivit le décès de Nabil mais on ne sait toujours pas ce qui c’est réellement passé », explique l’une des manifestantes. Mais les personnes présentes ont également porté d’autres revendications, démission du commandant de police et du procureur de Rodez, dissolution de la BAC et une position claire de la part de la municipalité. En effet, si l’an passé Guy Durand avait assuré avoir demandé qu’une enquête soit ouverte concernant les méthodes de certain fonctionnaires de police, aujourd’hui le dossier parait enterré.

Le défilé s’est terminé dans le calme devant le poste de police alors que plusieurs compagnies de CRS avait été appelé à Millau en cas de dérapage. Le collectif fera un point en fin de semaine pour envisager la suite du mouvement.

Presse antidérapante (Aurélien Trompeau, LaDepeche.fr, 10 juillet 2012)

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Le Cri Du Dodo déménage !

[Après deux ans d’errance sur Blogger, Le Cri Du Dodo déménage sur Noblogs.org. Explication quant à la démarche du projet et la raison de ce changement. Ce blog devient donc l’archive des anciennes publications.]

Qu’est-ce que « Le Cri Du Dodo » ?

Depuis deux ans aujourd’hui, Le Cri Du Dodo est un projet de contre-information sur les luttes sociales et de production théorique et critique qui nourrit l’ambition de lier la question pratique de l’autonomie des luttes à celle des théories anarchistes et anti-autoritaires dans une perspective offensive.

Ce projet part aussi d’un double constat :

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/0116.jpgPremièrement, que l’ensemble des organisations révolutionnaires existantes se montrent de plus en plus incapables d’inscrire une projectualité dans le quotidien et la réalité sociale, en rejetant la confrontation avec l’État, en circonscrivant l’action directe aux initiatives de leurs chapelles ou à l’action syndicale, en délaissant l’antagonisme social et ses manifestations autonomes pour lui préférer l’idée que la construction organisationnelle serait  préalable à toute action ou agitation révolutionnaire, “plus urgente” ou devrait “primer”. En plus bien sur, de tendre à développer systématiquement des intérêts organisationnels propres, des bureaucraties plus ou moins formelles qui y correspondent, du monolithisme et une tendance marquée à la négociation et donc la collaboration avec les institutions et les classes dominantes.

Deuxièmement, que contrairement à certaines prétentions gauchistes médusées et à la mythologie journalistique et policière, tout porte à croire qu’il n’existe plus en France de réel mouvement autonome (ou même de “mouvance”) mais plutôt un éclatement de milieux, de groupes et d’individus qui souvent se croisent sans se regarder et ne manifestent aucune cohérence d’idées, de projet ou même de pratiques. Et que c’est un secret de Polichinelle. À quoi bon se mentir ? Et sinon, comment s’expliquer que certaines pratiques de cogestion, de sous-syndicalisme, de réformisme radical et de bureaucratie informelle se développent sans problèmes tout en se prétendant “autonomes” ? Comment expliquer aussi le fait que l’État puisse condamner avec autant de sévérité (instructions “anti-terroristes”,  et autres enquêtes interminables) des faits qui relèvent habituellement du petit délit lorsqu’ils sont reprochés à de fantasmatiques “anarcho-autonomes” et autre “ultra-gauche” ? Comment l’expliquer sans voir qu’aucune force sociale autonome cohérente ne se manifeste autrement que par des actions sporadiques de contestation qui ne peuvent que difficilement ou rarement être reliées entre elles sinon par une analyse de critique sociale, ou artificiellement par une construction médiatique et policière dans le but de s’inventer un nouvel épouvantail.

http://juralib.noblogs.org/files/2012/07/0210.jpgEn outre, au delà de la nécessité absolue de jeter de l’huile sur le feu en toutes circonstances, de porter la contradiction, de propager la contre-information et de prendre part à des conflits sociaux existants (au moins par la parole), ce projet porte une prétention. Celle de participer modestement à l’élaboration de cette cohérence d’idées et de pratiques, à l’horizontalité de la forme autant que du contenu, et à la tentative de pousser toujours plus loin vers leurs points de rupture les situations et les luttes existantes (plutôt que de se réfugier dans des solutions sectaires ou dans la division du travail théorique), dès lors qu’elles semblent porteuses de potentialités radicales. Et à défaut, d’encourager à les créer. En bref, de participer à l’édification de luttes autonomes aussi multiples qu’offensives, et déterminées à en finir avec le Capitalisme, l’État et toutes les hiérarchies, médiations, dominations, et oppressions. Nous pensons qu’à partir de là et de là seulement, peut naître “l’unité” tant appelée par certains : dans la complicité de la révolte, des idées et des pratiques partagées qui font mouvement.

D’autre part, le site déménage à sa date d’anniversaire sur Noblogs.org pour abandonner définitivement Blogger (blogspot.com, propriété de Google) pour un hébergeur simplement plus proche de cette démarche, moins enclin à fermer un site sans raison, refusant de balancer les identifiants et les logs de ses membres à des entreprises ou aux flics, et surtout n’agissant pas dans un esprit marchand. L’ancien site servira d’archives tant qu’il n’est pas effacé.

Enfin, il faudrait rappeler que la presse papier (tendant à se délocaliser sur internet par solution de facilité ou de “repli”) dans cette optique manque terriblement, comme outils de partage d’informations et de réflexions qui se passent de main à la main et impliquent un réel rapport social, et non seulement une interaction par écrans interposés. Et qu’une version papier du journal devrait enfin voir le jour d’ici la rentrée. Il faudrait aussi rappeler que si elle n’a pu voir le jour plus tôt, c’est aussi précisément parce que ce type de projet font cruellement défaut aux révolutionnaires, et qu’en mener un à maturation est plus que difficile. Mais pas impossible, à condition de bonne volonté, de rencontres et d’associations, et d’un peu d’organisation.

Même avec des moyens rudimentaires.

À partir de là, et dès aujourd’hui, nous ouvrons donc le journal à des publications externes (et pourquoi pas à une participation à long terme) dès l’instant qu’elles s’inscrivent dans la démarche exposée plus haut et ne rentrent pas en contradiction avec celle-ci. En fonction évidemment aussi, des affinités.

À bientôt, ici ou ailleurs…

Vive la sociale !
Vive l’anarchie !

Le Cri Du Dodo, 27 juillet 2012

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 5 – « Kiffer d’un amour inconditionnel »

Partie 5

C’est à cette époque que j’ai connu mon premier grand amour sérieux à croire que dans ma 6t on n’avait pas de cœur que c’était un tabou une faiblesse, fallait jamais montrer ses sentiments pour ne pas passer pour un mec à meuf. De toute façon j’étais trop enragé pour appartenir à une meuf c’était le discours que je tenais…

Jusqu’au jour où une meuf m’a fermé ma gueule on s’est aimés plus qu’il n’en faut un amour passionnel c’était ma moitié j’aurais pu décrocher la tour Eiffel et lui donner si elle me l’aurait demandé ce qui m’arrangeait c’est qu’elle habitait en Normandie (76 Rouen) donc je pouvais faire le thug (voyou) dans ma 6t et quand j’allais la voir je faisais le mec posé elle était à mille lieues de se douter de ce qui se passait dans ma 6t y avait deux Oumar, le mec cool attentionné avec sa chérie, et le Oumar laisse tomber bordélique jusqu’aux oreilles.

Elle s’appelait Jade une belle blonde aux yeux bleus, tellement au quartier on me prenait pour un mytho mais toute façon au quartier même si ils m’auraient vu avec elle ils m’auraient dit genre : « C’est pas ta meuf c’est la copine à ta sœur » LOL sacrée 6t.

Wallah j’aimais ma 6t j’en étais fier mais pour rien au monde je l’aurais amenée à Mantes trop de gremlins MDR à chaque fois j’allais la voir chez elle en mode beau gosse on dirait j’allais à un mariage à ma sœur tellement je me sapais bien LOL.

Une fois elle avait insisté pour voir ma 6t j’ai craqué je l’ai amenée OULALA la castastrophe on dirait on faisait un safari au Kenya, tout ce qu’elle voyait carcasses de voitures brûlées, cinquante jeunes qui jouent en bas du bloc, tours HLM.

C’était Jade au pays des Grags (le surnom de mon quartier), mais je l’ai pas laissée sortir de la voiture nan trop risqué LOL.

En plus j’étais censé être Oumar en mode thug love vu qu’elle était là, pas Oumar thug tout court mais bon la visite a duré trente minutes j’étais content qu’elle avait kiffé, toujours pas compris ce qu’elle trouvait bien dans ce taudis où étaient parquées les familles les plus défavorisées mais bon elle y était pour rien ma Normande…

Je l’avais rencontrée deux ans plus tôt dans une base de loisirs de sa région (pause) j’étais avec un ami à moi on avait été faire du ski nautique.

Quand sur notre gauche j’aperçois trois jolies jeunes femmes qui s’apprêtaient à rentrer chez elles j’m’approche et je leur sors :

Moi : Mesdemoiselles on vous dépose ?

Les filles : Nan merci en plus vous venez d’arriver nan ?

Moi : Nan pas du tout on partait là…

Mon ami d’un hochement de la tête confirme alors que ça faisait cinq minutes à peine qu’on était là.

Tant pis pour le ski nautique on n’allait pas laisser trois jolies jeunes filles quand même.

On échange nos numéros et comme elles avaient leur voiture on fit vite fait connaissance puis elles sont parties…

On rentre à Mantes le cœur léger LOL une semaine passe j’ai toujours pas rappelé les princesses de la base de loisirs je voulais pas faire le chacal mais bon là c’était bon je me suis arrangé avec mon pote pour qu’il laisse Jade et en échange je lui laissais les deux autres demoiselles.

Je compose le num à Jade…

*DRING DRING DRING*

Jade : Oui allô.

Moi : Jade salut c’est Oumar le mec de la base de loisirs.

Jade : Ouais Oumar ça va ? On a cru que tu nous avais zappées.

Moi : Nan même pas mais comme on travaille c’est chaud de trouver un créneau LOL.

Jade : Bon alors on se voit quand ?

Moi : Bah demain si vous êtes partantes ?

Jade : Ça marche c’est OK pour nous deux bisous à demain.

C’est sur ce doux bisou que je raccroche le tel…

Le lendemain direction Rouen la Normandie nous voilà les filles nous accueillent chez Jade elle s’était fait trop belle, déjà qu’elle nous avait plu à la base de loisirs mais là c’était du lourd.

Mais on a fait les mecs pas impressionnés qui gèrent la situation mais heureu­sement que on avait laissé les requins baggy à la 6t là c’était petits mocassins jean frais, on a passé la soirée au resto, bowling… C’était bien ça nous a changé du grec-frites au chat du Turc du centre commercial de Mantes-la-Folie.

Je suis resté avec Jade plus de deux ans que des bons souvenirs si c’était à refaire je le refais mille fois mon expérience avec Jade m’avait ouvert les yeux sur l’amour en banlieue sur le métissage la mixité l’amour n’a pas de frontière…

Kiffer d’un amour inconditionnel voilà ce que m’avait apporté et appris ma Normande et ça m’a servi plus tard mes relations futures…

UNE PENSÉE POUR TOUS LES COUPLES MIXTES QUI S’AIMENT T’AS LES MALADES DANS LE HALLAL OU PAS JE JUGE PAS… ET POUR LES CÉLIBATAIRES QUI RÊVERAIENT D’ÊTRE EN COUPLE J’EN PLACE UNE POUR VOUS AUSSI… 🙂

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[L’Allantvers à Saint-Girons] « Un espace de mise en commun, de sociabilité, de culture, d’entre-aide »

Saint-Girons. Squat : la justice ordonne l’expulsion

Hier, au tribunal d’instance de Saint-Girons, la justice a ordonné l’expulsion des squatters de la rue de la République d’ici huit jours. Le collectif Allantvers annonce sa volonté de faire appel.

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« Le tribunal déclare bien fondée l’action de la mairie de Saint-Girons. » Hier, dans la capitale couserannaise, la justice a tranché. Elle demande l’expulsion des squatters dans un délai de huit jours.

Les squatters partiront-ils spontanément comme l’ont fait leurs homologues de l’Isle-Bouzon dans le Gers ? Pas sûr…

À Saint-Girons, hier, l’audience s’est déroulée sans embûche. Point de manifestation à l’horizon, les banderoles sont restées pliées. Seule une demi-douzaine de personnes étaient présentes pour soutenir le collectif Allantvers. Me Marie-France Baquero, avocate des squatters, était absente à l’audience. La brigade de gendarmerie de Saint-Girons, venue en nombre, ne sera finalement intervenue que pour régler ce qui semble être un quiproquo. Les sympathisants s’étaient assis sur le banc des avocats. Ils ont été interdits d’audience par le président du tribunal.

À la sortie, les élus municipaux semblaient satisfaits. Pourtant, l’heure n’était pas au triomphalisme. « C’est dommage que la situation en soit arrivée là, confie Philippe Jusiak, directeur général des services de la mairie de Saint-Girons. Il n’y a pas lieu de crier victoire. »

Le collectif de la rue de la République annoncera plus tard dans l’après-midi son intention de faire appel. C’est donc à Toulouse que l’histoire du squat de Saint-Girons va se poursuivre.

Le collectif veut faire appel

Dans un courrier, le collectif installé au 16 rue de la République, réagit : « Sans surprise, le juge s’est solidarisé avec le pouvoir municipal en ordonnant l’expulsion d’urgence de l’Allantvers. Des personnes SDF vont perdre leur logement et devoir payer les frais de justice de la mairie. De même, tous ceux qui, de plus en plus nombreux, participent aux activités vont se retrouver dépossédés d’un espace de mise en commun, de sociabilité, de culture, d’entre-aide. Ce qui, rappelons le, manque en Ariège et ailleurs. Nous, le collectif de l’Allantvers, faisons appel. Les ateliers variés (vélo, projections, débats, autodéfense sociale) continuent d’exister. S’ils nous expulsent, on revient. »

Leur presse (Chloé Delbès, LaDepeche.fr, 27 juillet 2012)

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[Gênes G8 2001] C’est l’État qui saccage. C’est le capital qui dévaste

Le 13 juillet dernier s’est conclu le procès contre les manifestants inculpés lors des manifs du G8 à Gênes en 2001 : un siècle de taule. On vous envoie ce dossier qui cherche à donner des informations sur ce procès et sur le climat dans lequel il s’est déroulé. Un procès où tout s’est joué autour du nouvel usage arbitraire et politique du délit de « dévastation et saccage » qui dorénavant accroît lourdement les possibilités de répression judiciaire « démocratique ».

Dans ce dossier vous en trouverez des infos et des matériaux qui aident à gagner une perspective plus ample sur les nouvelles dynamiques de répression qui se passent aujourd’hui.

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Télécharger la version A4

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Reçu le 20 juillet 2012

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Gênes G8 2001] C’est l’État qui saccage. C’est le capital qui dévaste

[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Des photos inédites prises par des activistes syriens (2)

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Damas : fumée des combats au-dessus du quartier Mazzeh

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Dans le quartier Qaboun, à Damas

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Deir Ezzor, ville assiégée et bombardée par l’armée du régime (note du JL : sur le panneau à moitié détruit, on peut lire : « Fêtes »)

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À Deir Ezzor, les dégâts après les bombardements

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Sur un mur à Deir Ezzor : « Nous ne quitterons pas… jusqu’à la fin de la nuit »,
tiré d’un poème de Mahmoud Darwish

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Enfants dans un quartier détruit de Homs (note du JL : en bas, à gauche : « Et nous resterons là – Homs »)

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À Homs, lors d’une partie de football, le but est signifié par des morceaux d’obus

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Enfants à Homs

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Dans le quartier Khaldiyyeh à Homs

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À Homs, quartier Bab Alturkman : les restes d’un obus

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Dans le centre ville de Homs

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Homs, quartier Baba Amr

Presse estivale (Mediapart, fin juillet 2012)

Publié dans La révolution syrienne | Commentaires fermés sur [Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Des photos inédites prises par des activistes syriens (2)

[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Des photos inédites prises par des activistes syriens (1)

Depuis quelques semaines, chaque jour, de jeunes activistes syriens prennent des photos dans des quartiers urbains en ruines, bombardés par l’armée du régime de Bachar al-Assad, et les diffusent sur certains sites dédiés à la « photographie de la révolution ». Ces photos, choisies par Nadia Aissaoui et Ziad Majed, viennent de Damas, de Homs, d’Alep et de Deir Ezzor.

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À Alep, quartier Martini : une activiste qui écrit sur le mur « À bas Bachar ». Cette photo et les suivantes montrent des scènes de la vie « ordinaire » des citoyens syriens assiégés, qui résistent à la peur et défient la mort. Les photographes ont aussi suivi les enfants qui essayent de trouver des espaces de jeu, d’innocence et de tendresse malgré la cruauté des conditions de vie.

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Ordures à Alep

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Manifestation nocturne à Alep

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À Alep, un véhicule du régime syrien incendié

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Alep, quartier Bustan al-Qasr : manifestation nocturne

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Le drapeau de la révolution flotte sur Alep

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Alep, quartier Tareek Al-Bab: le bombardement commence

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À Sahnaya, des réfugiés de Damas à la recherche d’eau potable

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Dans le quartier Midan, à Damas

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À Midan, Damas

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À Midan, Damas

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À Nahr Aicheh, quartier au sud du quartier Midan, à Damas

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Presse estivale (Mediapart, fin juillet 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 4 – « On monte les escaliers vite fait et en trente secondes on plie la porte »

Partie 4

Me revoilà dans ma 6t après trois mois d’absence rien n’avait changé les mêmes qui tenaient les murs, les mêmes vannes, les mêmes décors.

Après ce que j’avais vu et entendu en taule la zone avait changé il était plus question de tenir les murs à rien faire indéfiniment à croire que l’on existait mais l’on n’existait pas pour la société on était oubliés mis à l’écart puisqu’on ne votait pas donc ils nous calculaient pas…

Riche de mon expérience je ne voulais plus être un assisté je voulais la part du gâteau et fallait que j’y arrive par n’importe quel moyen c’est à cette époque qu’il m’est venu à l’idée de former une équipe de fêlés de soldats de la rue avec un mental de ouf.

J’ai regardé autour de moi et ceux qui étaient dans mon état d’esprit étaient rares donc j’ai élargi mes recherches j’ai agrandi mon cercle d’amis à d’autres cités d’autres villes tant que le mec était déterminé ça m’intéressait pour l’instant les seuls fêlés qui étaient prêts à me suivre dans mon association de malfaiteurs étaient en taule donc j’ai pris mon temps en plus il me fallait des armes car dans chaque entreprise de malfaiteur fallait être armé parce que dans le chemin de l’oseille longs étaient les obstacles.

Je me souviens qu’il y avait un mec de Mantes qui habitait le quartier voisin (Radar) qui m’avait parlé lors de nos nombreuses conversations en cour de promenade d’un plan chez un chasseur qu’il connaissait qui était armé jusqu’aux dents, et que y avait moyen de le sauter.

Je me rends direct dans son quartier voir si il était sorti de taule, j’arrive dans son quartier je croise un groupe de jeunes que je connais de vue.

Moi : Salem l’équipe.

Les jeunes : Salem Oumar t’es sorti quand ?

Moi : Y a deux mois tranquille. Tu sais pas si Malik il est sorti ?

Les jeunes : Si si je l’ai vu hier.

Moi : OK merci frères.

Je siffle sous la fenêtre de Malik il descend sourire aux lèvres :

Malik : Ça fait plaisir de te voir Oumar.

Moi : Si si moi aussi poteau en plus mashallah t’as pris du poids.

Malik : Les pommes ça paye MDR.

Moi : Je suis venu te voir pour que tu m’en dises un peu plus sur le chasseur dont tu m’avais parlé à Bois-d’Arcy.

Malik : Pas de souci je te montre où il habite moi je suis pas très chaud pour le faire.

Moi : OK t’inquiète pas de souci.

J’ai bien vu que son discours avait changé mais bon pas grave on va faire sans lui…

Je rentre dans ma tess il fallait que je trouve deux niqués de la tête pour me suivre dans mon délire.

J’ai trouvé mes deux coéquipiers pour mon plan les spécialistes du domaine j’ai pas eu besoin d’argument pour les convaincre c’était des hyènes LOL, je leur explique mon plan et je décide d’y aller le soir même on arrive devant la tour du chasseur sa voiture était pas là BIIIIINGO !

Ça veut dire qu’il était pas là donc fallait faire vite.

On monte les escaliers vite fait et en trente secondes on plie la porte, et là c’était la caverne d’Ali Baba des fusils à pompe, des fusils de chasse, cartouches à gogo, c’était le jackpot.

On remplit les sacs de sport et on vide l’appart’ en deux minutes.

On rentre au quartier tout fiers de notre coup…

J’ai appris plus tard que le chasseur a arrêté la chasse et s’est mis à la pétanque LOL.

Maintenant que j’étais armé comme il faut le plus dur était à venir mais à cet instant j’y pensais pas je savourais ma victoire du jour avec mes deux acolytes même si je savais que ma place au soleil était encore loin…

JE VOULAIS PRÉCISER QUE JE FAIS PAS L’APOLOGIE DU VOL OU DES BRAQUAGES MAIS JE VOUS RACONTE JUSTE MON PARCOURS SANS CENSURE LE PARCOURS D’UN JEUNE DE BANLIEUE QUI VOULAIT LA LUNE MAIS N’AVAIT PAS LA FUSÉE.

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[Rouen] France Terre d’Asile et l’Aide sociale à l’enfance travaillent

Les drôles d’orientations de France Terre d’Asile et de l’ASE de Rouen

Un mineur isolé africain, primo-arrivant dont la minorité est contestée sans preuve par France Terre d’Asile, a été « sorti » manu militari des locaux de France Terre d’Asile Rouen, alors qu’il était en plein désespoir, hurlait qu’il avait seize ans et refusait de quitter les lieux sans avoir de solution d’hébergement La cerise sur le gâteau, est que France Terre d’Asile a appelé la PAF pour le faire embarquer.

Ça ne s’arrête pas là : Lorsqu’il a tenté de s’adresser directement aux services de l’aide sociale à l’enfance de Rouen pour être pris en charge, fort heureusement accompagné, on l’a prié d’attendre avant d’être reçu. Lui et l’accompagnant on dû s’enfuir des locaux de l’ASE, la PAF ayant été appelée, et étant susceptible d’arriver sur les lieux dans les dix minutes.

Donc ce jeune est dans la rue au risque de se faire « rafler », car il n’y a pas de place au 115, il a été orienté vers un avocat, le TA va se prononcer  pour établir si il relève de l’ASE ou non, si c’est ok il sera pris en charge par l’ASE dans les 48 heures. Il ne sera pas tiré d’affaire pour autant, puisqu’un certain nombre de mineurs isolés étrangers relevant de l’ASE croupissent dans un hôtel miteux près de la gare de Rouen (qui accessoirement fait hôtel de passe la nuit) avec des sandwiches pour tout repas, et un vague passage d’éducateurs de l’ASE. S’il est refusé par l’ASE, il aura une OQTF.

Ce garçon a besoin de soins psychologiques, il est totalement désemparé et ne parvient pas à exprimer ce qu’il a vécu avant. Ce pays de COLLABOS de droite comme de gauche est à gerber !!

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 20 juillet 2012

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[Manesar, Inde] De l’esclavage au watrinage

Flambée de violence dans une usine Maruti Suzuki de New Delhi

Des heurts d’une rare violence ont éclaté entre des ouvriers et leur personnel d’encadrement dans une usine indienne du constructeur automobile Maruti Suzuki, près de New Delhi, blessant près d’une centaine de manageurs et provoquant la mort du responsable des ressources humaines. Son corps a été retrouvé calciné, dans la nuit de mercredi 18 à jeudi 19 juillet, après qu’une partie de l’usine a été ravagée par les flammes. Dans la foulée, 91 ouvriers soupçonnés de meurtre ou de pillage ont été arrêtés par la police.

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Des policiers devant l’usine du constructeur Maruti Suzuki, à Menasar, en Inde, jeudi 19 juillet.

Les incidents auraient démarré mercredi matin par une altercation entre un ouvrier et son contremaître. Ce dernier l’aurait maltraité et insulté sa caste – les intouchables – à en croire le syndicat. Un autre ouvrier aurait réagi en le frappant au visage, ce qui lui aurait valu sa suspension immédiate. Des collègues en colère auraient ensuite fermé les portes de l’usine, saccagé les bureaux et battu à coups de barre de fer les manageurs.

Cette flambée de violence met en lumière un aspect moins connu du développement rapide de l’industrie automobile en Inde : les conditions de travail y sont difficiles et le dialogue social tendu. À l’usine de Manesar, où les incidents se sont produits, les ouvriers travaillent huit à douze heures par jour, six jours par semaine. « Pendant notre pause-déjeuner de trente minutes, on a juste le temps de faire la queue à la cantine située à 500 mètres de l’usine, et de manger sur le chemin du retour, et on n’a droit qu’à deux autres pauses de sept minutes et demie chacune », explique l’un d’entre eux qui préfère rester anonyme.

Si tous les employés sont soumis au même rythme de travail et assurent les mêmes tâches, tous ne bénéficient pas du même statut. Plus de la moitié des effectifs de l’usine de Manesar sont intérimaires. Un ouvrier employé par Maruti Suzuki touche un salaire fixe mensuel de 150 euros (10’000 roupies indiennes) auquel s’ajoutent des primes allant jusqu’à 120 euros. Un intérimaire ne perçoit que la moitié de ces revenus, même après des années d’expérience.

Les entreprises indiennes recourent à l’intérim pour contourner un code du travail jugé trop rigide. Par exemple, une usine de plus de 100 employés ne peut pas licencier sans l’autorisation du gouvernement. Les industriels ne font pas que sous-traiter le recrutement de leur personnel à des tiers. Ils leur délèguent surtout la gestion délicate de la relation avec les inspecteurs du travail. Cette tâche est devenue un métier à part entière, complexe et risqué, étant donné les réglementations souvent ambiguës.

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« LES INÉGALITÉS SE CREUSENT »

Les ouvriers de l’usine de Manesar avaient déjà réclamé l’intégration des intérimaires lors de trois grèves qu’ils avaient déclenchées l’année dernière. « La tension augmentait ces derniers mois car le management n’avait pas tenu toutes ses promesses », estime Satyam Varna, de l’organisation Bigul Mazdoor Dasta, basée à Delhi, qui défend les droits des ouvriers.

L’augmentation des salaires faisait aussi partie des revendications. L’inflation a atteint les 10 % cette année et frappe les plus bas revenus. Or, les ouvriers de Manesar vivent entre New Delhi, où la classe moyenne éduquée tire profit de la croissance, et des villages, dont certains habitants sont devenus millionnaires en vendant leurs terres à des promoteurs immobiliers ou des industriels. « Les inégalités se creusent, il faut s’attendre à une recrudescence des conflits sociaux », estime R. Jagannathan, le rédacteur en chef du site d’information Firstpost.com.

Le problème de la représentativité des syndicats ne favorise pas le dialogue social. En Inde, les ouvriers sont méfiants vis-à-vis des leaders syndicaux, soupçonnés de corruption et de collusion avec le management, mais aussi vis-à-vis des grandes centrales syndicales affiliées à des partis politiques.

Avec 95 % de la population active indienne qui travaille dans le secteur informel, et ne bénéficie donc pas de protection sociale ni de retraite, une grande réforme du travail s’impose dans le pays, comme l’a reconnu en février le premier ministre indien, Manmohan Singh. Mais le gouvernement hésite à présenter un projet de loi devant le Parlement, par crainte de perdre des alliés au sein de la coalition au pouvoir.

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Vendredi matin, l’usine de Maruti Suzuki, qui assemble 550’000 véhicules par an, était toujours à l’arrêt. Cette dernière assurant près de 15 % de la production de voitures du pays, la Société des constructeurs automobiles indiens a aussitôt revu à la baisse les prévisions de croissance du secteur pour l’année 2011-2012. La tragédie de Manesar ne va pas encourager les investissements étrangers, à l’heure où l’Inde, dont le rythme de croissance a ralenti à 5,3 % au premier trimestre, cherche à les attirer pour développer son industrie.

Presse esclavagiste (Julien Bouissou à New Delhi, LeMonde.fr, 20 juillet 2012)


Maruti Suzuki ne sait pas quand il rouvrira

L’action Maruti Suzuki est en net recul lundi à la Bourse de New Delhi après l’annonce par le constructeur automobile indien qu’aucune date n’avait été fixée pour la réouverture d’une usine partiellement détruite au cours d’une émeute meutrière.

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Une manifestation des employés contre la direction de l’entreprise a dégénéré la semaine dernière, faisant un mort et des dizaines de blessés, et l’incendie de plusieurs bâtiments a entraîné la fermeture de l’usine qui produit 550.000 véhicules par an, en particulier la Swift, le modèle le plus vendu.

L’action Maruti Suzuki perdait 5,9% à 6h25 GMT, et celles de la société mère, Suzuki Motor ont terminé en baisse de 3,94% à la Bourse de Tokyo.

Le président de Maruti, R.C. Bhagarva, a prévenu que la société ne serait pas en mesure d’importer des véhicules ou de déplacer la production vers d’autres usines, et que l’usine, déjà affectée par des grèves l’an dernier, ne pourrait pas rouvrir tant que Maruti aurait le sentiment que « la vie de ses employés est menacée ».

Presse dégénérée (Reuters, 23 juillet 2012)

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[Orchies] « Tout faire péter »

Nord : licenciés, ils menacent de mettre le feu à des produits chimiques

Pour protester contre la mise en liquidation de leur usine, ils menacent de mettre le feu à des bidons de produits dangereux. Les 53 salariés d’un site de stockage de produits chimiques d’Orchies, dans le Nord, demandent la renégociation de leurs indemnités de départ, ou leur reclassement. Ils occupent le site de MGF Logistique, qui appartient au groupe G7, depuis le début de la semaine.

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7000 palettes de produits dangereux sur le site

Des négociations avec la direction, qui a quitté les lieux, ont débuté jeudi après-midi par l’intermédiaire de la direction départementale du travail. Elles ont duré jusque tard dans la nuit. Elles concernent l’octroi de primes extra-légales et la reprise de certains salariés par un prestataire, selon Sébastien Béhague, délégué CGT. La direction et les salariés ne se sont pas entendus notamment sur le montant d’une enveloppe globale pour les salariés non repris, a expliqué de son côté Corrine Douay, salariée et membre du CE. « On a négocié le calme pour demain (vendredi) », a-t-elle ajouté, précisant que le blocage continuerait toutefois jusqu’à la reprise des négociations prévue lundi.

Le site, classé « Seveso bas », stocke des produits d’entretien et des peintures pour automobiles. Dans l’après-midi, certains salariés ont disposé, face aux quais de déchargement, des palettes, dont l’une comporte quatre fûts de 200 litres de produit inflammable. Et pour montrer leur détermination, ils en ont fait brûler plusieurs. Depuis le toit de l’entreprise, des salariés ont crié : « Rousselet (PDG du groupe G7), viens négocier où on fait tout brûler ! ». Selon les salariés, il y aurait 7000 palettes de produits dangereux sur le site. Selon Sébastien Béhague, la direction a quitté les lieux et le liquidateur judiciaire a demandé aux salariés de faire de même.

Des salariés désabusés, prêts à « tout faire péter »

« C’est en train de dégénérer. S’il faut en arriver là et tout faire péter, ils vont le faire », avertit un ouvrier, qui explique cette situation par le « ras-le-bol » des employés. « On demande à partir la tête haute », explique Sébastien Béhague. « Des salariés sont pratiquement au bord du suicide. Certains ont des crédits à la consommation, certains ont acheté une maison avec un crédit sur 30 ans, qu’est-ce qu’ils vont faire ? » s’interroge l’un des salariés Kadda Boukhari.

L’avocate du comité d’entreprise, Me Anne Duriez, affirme « comprendre la colère et le désespoir des salariés car on s’est moqué d’eux » et demande au groupe de « dédommager les salariés pour ce qu’il leur a fait ». Elle invoque une « filialisation frauduleuse qui a permis à MGF Logistique de se désintéresser des salariés (…) après avoir promis qu’il n’y aurait pas d’incidence sur l’emploi. Cet abandon des salariés est doublement choquant car le groupe le fait payer par la collectivité. »

Le patron met en cause les troubles sociaux

Le directeur général adjoint de MGF Logistique Allan Underwood a rappelé que le CE d’Orchies avait été débouté par la justice de toutes ses démarches contre la filialisation, intervenue tardivement sur ce site du fait de troubles sociaux. Selon lui, le groupe a investi à Orchies 15 millions d’euros ces cinq dernières années mais le site perdait 100.000 euros par mois du fait du retrait de certains clients. Selon lui, les troubles sociaux découragent les repreneurs potentiels.

MGF Evolutions comprend sept sites en France. Celui d’Orchies a été filialisé le 1er avril, pour être placé en redressement judiciaire le 4 juillet, sans attendre la date du 13 août fixée pour le dépôt d’offres de reprise, car les salaires ne pouvaient plus être versés, explique Sébastien Béhague. Un autre site nordiste de la société, à Anzin, serait également en redressement judiciaire.

Presse abusive (LeParisien.fr avec l’Agence Faut Payer, 26 juillet 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 3 – « J’avais plus qu’à mettre en application ce que j’avais appris en prison »

Partie 3

Dégoûté je marche le long du grand couloir de la prison de Bois-d’Arcy les corbeaux me font mal au crâne wallah mon paquetage sous le bras j’ai des bosses de partout les keufs m’ont démonté en garde-à-vue.

Limite j’étais content de tomber wallah fallait juste que je sorte de garde-à-vue LOL mais mahliche c’est pour les cocktails dans leur face que je leur avais jetés comme ça nous étions quitte… Je pose mon baluchon devant la porte de la B214 il était minuit le maton ouvre la porte et d’un coup de pied il glisse mon paquetage je rentre et la porte claque là ça y est c’était sûr j’étais au hebs devant moi un mec en caleçon me lance un « Wesh bien ou quoi ? » dans un premier temps je réponds pas je le regarde dans les yeux et lui dis :

Moi : T’inquiète je suis de Mantes et toi ?

Moustafa : 92.

Moi : Ah ouais d’où ?

Moustafa : De Luth tu connais ?

Moi : De nom seulement.

Moustafa : Ah OK. Moi c’est Mouss et toi ?

Moi : Oumar.

Moustafa : Tu préfères dormir en bas ou en haut ?

Moi : Perchoir moi c’est la même.

Moustafa : Nan tranquille j’vais rester en bas.

Après ça on a papoté toute la nuit le courant est passé direct c’est devenu mon bon poteau.

Première promenade me voilà en plein dans l’école du crime, y avait de tout braqueurs, voleurs, dealers, agresseurs, les pointeurs (violeurs) étaient à l’écart il valait mieux pour eux parce que dure est la chute en prison pour ce genre d’individu.

Dans un coin les sportifs de l’autre les fumeurs de salade et entre les deux y avait moi je faisais la navette car la plupart de mes amis fumaient darnam une heure de promenade et me revoilà avec mon coéquipier entre 9 mètres carrés on a préparé la gamelle à la chauffe à l’huile pour ceux qui connaissent pas que Dieu vous en préserve LOL wallah pour chauffer des œufs tu mets deux heures laisse tomber mais bon en prison t’as le temps MDR.

J’ai mûri trop vite à cette époque j’ai réalisé que si tu avais pas d’argent tu étais rien comme j’avais croisé quelques braqueurs etc. j’avais pris à l’école du crime des contacts importants qui me serviront dehors…

Trois mois après LIBEEERTAAA Mantes-la-Jolie me revoilà maintenant j’avais plus qu’à mettre en application ce que j’avais appris en prison…

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Retour sur le week-end de résistance à la ligne THT, par quelques-un-es du groupe « médical »

Du 22 au 24 juin dernier a eu lieu un week-end de résistance à la construction de la ligne THT (Très Haute Tension) Cotentin-Maine. Ce week-end s’inscrit dans la continuité de réflexions, d’informations et d’actions collectives menées depuis plusieurs mois. Les deux premiers jours étaient consacrés à des échanges entre locaux et militants-es antinucléaires venus-es d’un peu partout. Le dimanche étant une journée d’action dont la finalité était double, à savoir rendre visible cette résistance, et saboter l’avancée des travaux sur la ligne THT.

Retournons plus précisément sur cette journée :

Deux cortèges sont partis du camp, l’un marchant vers la mairie du Chefresne, l’autre vers les pylônes. Ces deux cortèges étaient totalement solidaires, en lien permanent, et poursuivant la même volonté politique.

Au sein de ces deux cortèges nous étions une vingtaine de personnes, toutes antinucléaires, à s’être constitué comme un groupe « médical » autogéré en capacité d’assumer les premiers secours. Nous tenons à bien préciser que nous n’étions pas là en tant que prestataires de services, mais bien en tant que personnes participant activement à la construction de la lutte collective contre le nucléaire et son monde.

Au sein même de cette équipe médic, nous nous inscrivons dans une perspective politique d’échanges et de transmissions de savoirs et pratiques, rejetant les notions d’experts et de spécification des tâches.

Nous écrivons ce texte afin de faire un constat précis des événements et de dénoncer les violences « policières » assumées et préméditées par la préfecture de la Manche qui ont eu lieu ce dimanche 24 juin. Parce que cette journée n’est ni à oublier ni à banaliser, et qu’elle marque une nouvelle fois l’impunité et la monstruosité militaire, il nous semble important que ces constats et ces dénonciations soient diffusés largement aussi bien au cercle antinucléaire, aux professionnels en contact avec les victimes, qu’à n’importe qui ayant à faire aux forces de l’ordre. Cela, à la fois en solidarité avec nos amis-es et à visée d’auto-médiation.

Les moyens utilisés par la gendarmerie, outre les effectifs évidemment conséquents, étaient tous employés en vue de nuire et de blesser avec une détermination forte,  pensée et assumée.

Pour le cortège se dirigeant vers les pylônes THT était déployé un arsenal comprenant des grenades explosives dites assourdissantes ou de désencerclement, des grenades lacrymogènes et des matraques. Les tirs, au lance grenades ou à la main, étaient sciemment dirigés vers les personnes, arrivant au niveau du visage le plus souvent. Rappelons que les grenades sont mortelles lorsqu’elles sont lancées à tir tendu (pratique interdite par la loi), ce qui était le cas et qui devient une norme.

L’attaque a débuté de façon immédiatement brutale (à environ 200 m du camp) avec des blessés-es graves dès la première charge, et n’a pas diminué d’intensité même lors de notre repli vers le camp. Et même lorsque des cordons de sécurité étaient constitués par nous-même autour de nos blessés-es et qu’ils signalaient verbalement aux bleus la situation, les charges et les tirs ont continué exactement avec la même violence.

L’autre cortège a essuyé des tirs de grenades lacrymogènes, sans sommation, au bout d’à peine quelques centaines de mètres de marche, ce qui a entraîné son repli immédiat.

En ce qui concerne les blessés-es :

• Une personne a été blessée à l’œil de manière très grave, elle a été transférée d’un hôpital périphérique au CHU de Caen le jour même, sa vision est largement amputée par une hémorragie du vitré et le pronostic est réservé quant à la récupération de son acuité visuelle.

• Une personne a subi un traumatisme crânien grave avec atteinte de l’œil suite à un tir tendu de grenade, il a été opéré le soir même. Il souffre d’une triple fracture du massif facial et la rétine de son œil a été touchée par la violence du choc. Sa vision est également extrêmement altérée de manière irréversible à 1/20e.

Ces deux personnes ont nécessité une évacuation en urgence. Or la préfecture a volontairement saboté l’arrivée des véhicules médicalisés sur le camp. Les consignes étaient données de bloquer le premier véhicule médicalisé à quelques dizaines de mètres du camp. Une journaliste présente sur les lieux a constaté ce blocage par un cordon de gendarmes, ce qui a certainement permis son lever. Le deuxième a carrément été détourné par la gendarmerie, soit disant pour un de leurs blessés.

Ces deux victimes ont donc attendu plus d’une heure trente. Peut-on parler d’autre chose que de cynisme et de sadisme ?

• Une autre personne a eu une plaie importante au niveau du front (coup de matraque), ayant nécessité des points de suture.

Les blessés-es restant (environ 20) sont consécutifs aux multiples explosions de grenades  assourdissantes et de désencerclement. En explosant des impacts métalliques se logent dans les chairs en profondeur, jusqu’à plusieurs centimètres sous la peau, sectionnant potentiellement nerfs et artères.

Ainsi, 15 éclats ont été constatés (jambe os, genou, vagin, sein, bras) chez une blessée. L’un de ses éclats a carrément sectionné un nerf de l’avant bras. Elle a été transférée vers un autre hôpital et a ensuite dû être opérée de son avant-bras (ce qui signifie qu’on ne lui a pas retiré tous les éclats de son corps). Elle garde des séquelles motrices et sensitives des doigts.

Les autres gardent leurs éclats dans leur corps, ce qui n’est pas sans poser problème, à court comme à long terme.

À noter, le médecin régulateur du SAMU, avec qui nous étions en lien, était harcelé par le chef de cabinet de la préfecture afin de fournir les identités des blessés-es et leur hôpital de destination. Si lui et d’autres soignants-es s’en sont tenu au secret médical, des employés-es de la polyclinique d’Avranches ont sciemment communiqué avec la gendarmerie préférant être indic plutôt que soignant… Chapeau les collabos !

Des policiers étaient également en faction devant certains hôpitaux du coin. Il a aussi été signalé de véritables barrages policiers (en ligne sur la route avec tenue de combat) arrêtant tous les véhicules et contrôlant les identités. Et ils ont même été jusqu’à surveiller l’entrée du CHU de Caen où deux fourgonnettes et « une ligne » de gardes mobiles attendaient sur la voie d’accès.  La répression prime clairement sur l’assistance.

Enfin, malgré la solidarité entre nous tous, le sentiment d’effroi laisse, pour certains-es d’entre nous, des marques dans nos psychés qui mettront du temps à cicatriser… Marques façonnant,  mais n’effaçant rien de notre désir de révolte.

Notre propos n’est pas « de pleurer sur notre sort » car nous savions dans quoi nous nous impliquions. Nous ne sommes pas dupes, la France est un État policier qui montre son vrai visage quand on s’attaque à ses piliers fondateurs, notamment l’industrie nucléaire. Certes cela n’est pas nouveau, mais mérite d’être rappelé sans cesse. L’État ne supporte pas sa contestation, et avoir du sang sur les mains ne lui fait pas peur. Et ce texte a pour but d’informer, encore et toujours, que la violence étatique n’est pas que symbolique, mais s’incarne aussi dans le corps de nos compagnes et compagnons touchées-s.

Quelques un-e-s du groupe « médical »

Infos sur la lutte anti-THT : stop-tht.org, antitht.noblogs.org & percysoustension.fr

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes antinucléaires, Luttes pour la terre, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , | Commentaires fermés sur Retour sur le week-end de résistance à la ligne THT, par quelques-un-es du groupe « médical »

[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 2 – « J’avais oublié que des balances se cachent dans les émeutiers »

Partie 2

Un matin comme tant d’autres je suis réveillé par le bruit d’un 125 C.R. j’enfile un bas de survet’ je fonce dans la salle de bains pour un brossage de chicots, et j’ai ma mère sur mes côtes qui me demande pourquoi j’ai pas été au collège.

En 2.2 je lui sors un mytho du genre « Les profs étaient en grève » LOL ce mytho marchait toujours dès que ma mère entendait le mot « GRÈVE » wallah c’etait bon.

Comme si j’allais me casser la tête au collège alors que en dormant jusqu’à midi j’avais plus que le smic chaque mois mais va expliquer ça à ma daronne elle m’aurait giflé direct, on vivait dans deux mondes différents mes parents et moi eux ils pensaient avoir fait la bonne affaire en vivant en France moi je savais qu’ils s’étaient mangé une grosse carotte bref, ça c’est mon opinion.

Je sors de chez moi comme d’habitude pour aller rejoindre mes potes à tenir le mur et à se vanner jusqu’à l’aube mais ce matin-là c’était pas comme d’habitude une atmosphère lourde régnait dans la tess… en face de mon bloc un escadron de CRS avait pris la place prêts à l’affrontement face à eux tous les jeunes de la cité je m’approche.

Moi : Salem wesh y a quoi il se passe quoi ? On dirait on est à Kaboul.

Karim : Salam Oumar t’es pas au courant ou quoi ?

Moi : Nan wallah nan.

Karim : Dans la nuit les keufs ont fumé le frère à Adama de la 18e.

Bordel pendant trois jours d’affilée ma cité a craqué rodéos en voiture volée j’étais dans l’ambiance toujours chaud pour venger la mort du frère mais dans une émeute j’avais oublié que des balances se cachent dans les émeutiers donc le matin à 6 heures la SRPJ me saute de mon sommeil quarante-huit heures de garde-à-vue comme je parle pas direction Bois-d’Arcy première incarcération aïe aïe aïe…

C’était dar ils m’ont mis au bâtiment jeunes à la B214 avec un mec de Luth (Gennevilliers 92) y avait Booba du groupe Lunatic en promenade mais bon on va pas sortir les dossiers MDR c’était bouillant imaginez toutes les hyènes du 78 dans la même promenade moi j’étais comme un poisson dans l’eau c’est là que j’ai vu que dehors et dedans c’était la même si tu tiens les murs de ta 6t toute la journée ou que tu tournes en promenade c’était la même salade…

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[Révolution tunisienne] Sit-in à Sidi Bouzid

Sidi Bouzid : Les employés des chantiers saccagent le local d’Ennahdha

Les employés des chantiers ont envahi le local du gouvernorat de Sidi Bouzid en guise protestation contre le non-versement de leurs salaires. Suite à des affrontements avec les forces de l’ordre, les protestatires ont quitté les lieux pour envahir le local d’Ennahdha et le saccager.

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Après avoir envahi le gouvernorat de Sidi Bouzid, les employés des chantiers ont mis à la porte les employés du gouvernorat. Ensuite, ils ont bloqué la route et mis le feu à des pneus devant le gouvernorat.

Les forces de l’ordre ont alors riposté en jetant des bombes à lacrymogènes pour disperser les protestataires, selon Mosaïque FM.

Ces derniers, ont quitté les lieux pour se rassembler de nouveau devant le local d’Ennahdha et protester contre le non-versement de leurs salaires. La situation a vite dégénéré : les protestataires ont détruit plusieurs documents et ont saccagé le local du parti.

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Publié par des ennemis de la révolution (Tuniscope, 26 juillet 2012)


Manifestation, tirs de sommation à Sidi Bouzid berceau de la révolte en Tunisie

Des dizaines de manifestants ont attaqué jeudi le siège du gouvernorat (préfecture) à Sidi Bouzid, dans le centre-ouest de la Tunisie, et la police a procédé à des tirs de sommation et de gaz lacrymogènes pour les disperser, a constaté un correspondant de l’AFP.

Des habitants protestant contre leur situation sociale se sont rassemblés et ont mis le feu à un pneu avant de le jeter à l’intérieur des locaux du gouvernorat.

Des agents de la sécurité ont riposté en procédant à des tirs de sommation et de grenades lacrymogènes pour disperser les protestataires.

Voici de nouveau la police de Ben Ali, ont crié les manifestants en lançant des pierres en direction des forces de l’ordre.

Ils faisaient référence au président déchu Zine El Abidine Ben Ali, chassé en janvier 2011 par une révolte populaire entamée suite à l’immolation d’un vendeur ambulant, Mohamed Bouazizi, à Sidi Bouzid.

Publié par des ennemis de la révolution (Agence Faut Payer, 26 juillet 2012)


Tunisie : Sidi Bouzid s’enflamme, prémices d’une nouvelle Révolution ?

Dans la matinée de ce jeudi 26 juillet, Sidi Bouzid, le berceau de la Révolution, s’est de nouveau enflammé. Des manifestants ont brûlé des pneus de voitures dans l’artère principale de la ville. Le siège du gouvernorat a été pris d’assaut par une foule en colère qui a obligé les employés à sortir de leurs bureaux.

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Le gaz lacrymogène charge de nouveau une atmosphère déjà pesante. La revendication des manifestants ? Le versement de leur salaire. Tout simplement. Puisque cela fait plus deux mois que ces ouvriers de chantiers n’ont pas été payés, malgré les promesses des autorités régionales. Plus de deux mois sans salaires, alors que nous sommes en plein Ramadan. Un mois durant lequel les dépenses se multiplient en Tunisie. Ce qui rend la situation de ces travailleurs d’autant plus difficile à accepter. Mais s’agit-il véritablement d’une surprise ?

Un jour plus tôt, Moncef Marzouki s’interrogeait, à la tribune de l’Assemblée Constituante : « Quelle valeur pour une démocratie qui ne nourrit pas les ventres affamés ? » Une question qui trouve un écho dans les mouvements de colère qui ont eu lieu aujourd’hui, à Sidi Bouzid. Le souci n’est pas nouveau, puisque Marzouki est visiblement taraudé par cette problématique.

Lors d’un entretien accordé à la chaîne Al Jazeera (international, en anglais), le président de la République avouait déjà, le 12 mai dernier : « La pauvreté dans certaines régions a été à l’origine de cette Révolution (…) Nos jeunes sont extrêmement impatients et je peux le comprendre… Parfois, j’ai une sorte de cauchemar, en pensant que nous pouvons avoir une autre Révolution, en provenance des mêmes régions et que nous pourrions avoir des morts ou des blessés dans des manifestations. »

Fort heureusement, nous n’en sommes pas encore là. Aussi explosive soit-elle, la situation est encore (relativement) sous contrôle, nous ne déplorons pas de morts ou de blessés graves. Mais le cauchemar de Marzouki, celui d’une deuxième Révolution en marche, n’est pas un pur produit de l’imagination.

Dans son  allocution prononcée au Bardo, pour commémorer le 55e anniversaire de la Fête de la République, il a clairement averti les parlementaires : « Le peuple qui vous a élus n’acceptera pas une démocratie de façade, il pourrait alors être poussé à une nouvelle révolution ».

D’un autre côté, le mouvement Ennahdha que les urnes ont placé à la tête du gouvernement ne semble pas prêt à rompre complètement avec l’ancien système, et à réaliser ainsi l’une des principales revendications de la Révolution. Les médias auront d’ailleurs relevé le lapsus de Hamadi Jebali, quand sa langue a fourché en prononçant son discours, à l’ouverture du congrès d’Ennahdha. Nous allons bâtir la nouvelle « dictat… » a-t-il ainsi clamé, avant de se rattraper, pour finir par lâcher le mot « démocratie ». Le lapsus du chef du gouvernement serait-il révélateur d’un processus déjà en marche, ou, au moins, d’un état d’esprit ?

« La révolution (de janvier 2011) nous a permis de parachever notre indépendance et nous a offert la démocratie et la République (…), mais ni l’indépendance ni la démocratie ni la république ne sont des acquis garantis à long terme » rétorque Marzouki. Or ce sont justement les révoltés de Sidi Bouzid, les rebelles du bassin minier, et tous les hommes des régions défavorisées prêts à se battre pour leurs droits qui apportent ces garantis. Et non les partis, le gouvernement, et encore moins la fameuse majorité silencieuse.

Publié par des ennemis de la révolution (Oualid C., Mag 14, 26 juillet 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Un commentaire

[Nique la police] Un jeu d’enfant

Nantes. À 8 ans, il blesse deux policiers avec une bombe lacrymogène et un marteau

À Nantes, un enfant de 8 ans s’est jeté sur deux policiers alors qu’ils intervenaient pour un différend familial.

L’équipage de police-secours a toqué à la porte de ses parents, au rez-de-chaussée d’un immeuble de l’île de Nantes. Il était un peu plus de 15 h, ce mercredi. Les policiers venaient d’être envoyés pour régler un conflit avec la voisine de palier, lorsque la porte s’est ouverte.

Fracture ouverte du doigt

L’enfant, 8 ans, se tenait derrière sa mère. Une bombe lacrymogène dans une main, un marteau dans l’autre… Dont il s’est servi contre les policiers. Bilan ? Une jeune femme adjoint de sécurité, qui a pris du gaz plein les yeux, a été transportée au CHU de Nantes. Son collègue, frappé à la main droite par le marteau, souffre d’une fracture ouverte du doigt.

Pas pénalement responsable

Le petit garçon et sa mère ont été emmenés à l’hôtel de police de Nantes pour y être entendus, en fin d’après-midi. Au commissariat, les fonctionnaires abasourdis se demandaient quelle suite donner à l’affaire. « Étant donné son jeune âge, l’enfant ne pourra pas être tenu pénalement responsable de ces actes de violences », résumait hier l’un des collègues des deux blessés.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 25 juillet 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 1 – « Je voulais vous faire part de mon expérience en temps réel authentique pas les fausses chroniques qui tournent genre Prison Break »

Partie 1

Salam à tous moi c’est Oumar actuellement en cellule ça fait huit ans dans la Lune de prison française pour des vols à main armée pour une question d’anonymat j’ai changé mon prénom et le prénom de toutes les personnes qui vont intervenir dans cette chronique…

J’ai 28 ans je suis d’origine mauritanienne, je sais que je prends énormément de risques en créant ma chronique mais je voulais vous faire part de mon expérience en temps réel authentique pas les fausses chroniques qui tournent genre Prison Break.

À l’époque des pattes d’eph où la funk était incontestée où le rap faisait ses premiers pas dans l’Hexagone.

Moi j’atterrissais à l’âge de 4 ans dans le 78 Mantes-la-Jolie cette fameuse cité du Val-Fourré pas choisi mais c’est là où mes parents posent leurs bagages.

Premier garçon trois grandes sœurs à mes côtés, j’étais le chouchou de la daronne (je le suis toujours) d’ailleurs LOL qui crut que en 2011 on serait dix enfants quatre sœurs et deux frères sont venus renforcer l’équipe :-)…

Plus tard ado je me drogue aux films de youv (voyou) Menace, Scarface, Il était une fois dans le Bronx, Boyz’n the Hood, Les Affranchis, et Heat ce film a changé ma vie mais je vous l’expliquerai plus tard dans ma chronique.

À l’école on n’avait pas du tout la cote avec les meufs faut juste regarder nos photos de classe de l’époque pour savoir pourquoi MDR mais ça va depuis la roue a tourné…

13 ans je me sentais à l’étroit dans le F4 de ma tour HLM j’en avais marre d’avoir comme horizon des monstres de béton y a que dans les clips de 2pac que j’voyais des paysages de rêves je voulais ma place au soleil par tous les moyens mais je savais pour l’avoir fallait rester en forme donc j’évite fumette et alcool je le savais pas encore mais ça payera plus tard…

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Télécharger la Chronique de Youv sur papier

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Notice des Éditions Antisociales

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Chronique de Youv derrière les barreaux

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Notice

« Les Noirs veulent plus que les Blancs : voilà le cœur d’un problème insoluble, ou soluble seulement avec la dissolution de cette société blanche. Aussi les Blancs qui veulent sortir de leur propre esclavage doivent rallier d’abord la révolte noire, non comme affirmation de couleur évidemment, mais comme refus universel de la marchandise, et finalement de l’État. Le décalage économique et psychologique des Noirs par rapport aux Blancs leur permet de voir ce qu’est le consommateur blanc, et le juste mépris qu’ils ont du Blanc devient mépris de tout consommateur passif. Les Blancs qui, eux aussi, rejettent ce rôle n’ont de chance qu’en unifiant toujours plus leur lutte à celle des Noirs, en en trouvant eux-mêmes et en en soutenant jusqu’au bout les raisons cohérentes. »

Guy Debord, Le Déclin et la Chute de l’économie spectaculaire-marchande (brochure de 1966 sur les émeutes de Los Angeles de 1965)

Incontestablement, l’année 2011 marquera à jamais dans l’histoire du monde la date phare du grand réveil des pauvres et des opprimés, partout galvanisés par cette première victoire que fut la chute soudaine du clan mafieux-policier qui vampirisait ouvertement la Tunisie. Ce que le spectacle a fallacieusement qualifié de « printemps arabe », pour pouvoir mieux le circonscrire dans le temps et dans l’espace, n’en est pas moins un simple épisode d’une révolte globale, commencée en 2005, « année du Dragon » prolétarien en France et en Chine, poursuivie notamment par les luttes de masse des migrants clandestins d’Europe et d’Amérique, ainsi que par une vague planétaire d’émeutes de la faim, et qui dès 2011 atteignait, entre autres pays « arabes », le Burkina Faso, le Sénégal, l’Espagne, le Sin-Kiang, et parvenait même à porter le feu au plus près du Saint des saints de la Phynance mondialisée, quand les insurgés de Hackney et de Tottenham anéantirent à jamais le flegme proverbial des spéculateurs anthropophages de la City de Londres. Ainsi, de la France de 2005 à l’Angleterre de 2011, c’est le cœur même de la vieille Europe impériale — de cette soi-disant « civilisation » raffinée qui serait mère de la démocratie, de la liberté, des droits de l’homme, quand elle n’est que barbarie fondée sur la conquête brutale, l’esclavage, le despotisme — qui se voit menacé par la montée de la violence révolutionnaire, elle-même produit de la montée de la violence économique et sociale du système.

Pour étouffer cette menace si terrible et si proche, le spectacle doit donc d’abord en fabriquer l’image négative, la représentation-repoussoir devant générer la peur et la haine de la « majorité » du « peuple » — c’est-à-dire en fait des petits propriétaires croyant avoir encore quelque privilège à perdre, les malheureux ! On a ainsi mis en avant, alors que la figure de l’Arabe terroriste commençait déjà à se dissoudre, rongée par l’expression sourde du doute et du mépris, une image nouvelle, née plus ou moins spontanément des tréfonds négriers du système capitaliste : le voyou noir à capuche, archétype du sauvage moderne, de cet autre inquiétant, sans foi ni loi, sans nom, sans visage même, avide de toute cette misérable pacotille qu’on lui fait miroiter, incapable de s’exprimer autrement que dans un sabir maladroit, dont on se moque, objet aussi de savantes controverses juridico-théologiques (dernières en date : est-il licite de l’emprisonner pendant des années sur simple dénonciation anonyme ? 2010-2011, cas des frères Kamara de Villiers-le-Bel — et de l’abattre sans motif ? 2012, cas de Trayvon Martin, en Floride) — et qui pour comble, s’est infiltré aujourd’hui dans toutes les capitales du Vieux Monde, pour y troubler la décence commune sinon l’ordre public. Que faire ? Voici résumée la vision bourgeoise du monde, à laquelle adhère encore une importante minorité des populations d’Europe, et que de très actifs militants, à la base comme au sommet, s’emploient à défendre — contre vents émeutiers et marées insurrectionnelles, perçus comme autant de sombres présages de la barbarie qui vient, et qui en réalité sont les flammes qui doivent dévorer toutes les tristes ruines de la barbarie qui s’en va.

Mais n’y a-t-il pas, tout de même, au moins une part de cruelle vérité dans ce dangereux et ténébreux personnage, aussi caricatural soit-il ?, se plaît-on à rétorquer aussitôt, et d’évoquer telle ou telle scène hideuse et tragique, tout en sachant pertinemment qu’elle n’est qu’une représentation partielle de la réalité : ainsi en France, ce très médiatisé « gang des barbares » dirigé par une indéniable brute à la peau noire, dont la monstrueuse bêtise est bien attestée par son inébranlable conviction de pouvoir s’enrichir en s’en prenant au premier juif venu (alors que nul n’est censé ignorer que les Français de souche blanche et catholique ont eux-mêmes dû renoncer, il y a deux tiers de siècle, à cette tradition héritée de leur Moyen Âge), et qui permettait à un crevard d’écrivain, fier auteur d’un gros livre prétendant reconstituer ce sordide fait divers [Morgan Sportès, Tout tout de suite, paru en août 2011 aux éditions Fayard], de faire sa tournée de promotion en travestissant son monstre de foire en quasi-porte-parole des émeutiers d’Angleterre [Ainsi dans un entretien donné à l’AFP en août 2011, repris par divers titres de presse : « Ces gosses n’ont aucune empathie. Ils sont tous soudés par l’obsession morbide du “tout, tout de suite” […] “Tout, tout de suite”, [c’est aussi] ce qui motive les spéculateurs financiers et les jeunes émeutiers anglais. Au vu de cela, mon livre est d’une brûlante et terrifiante actualité… »].

Eh bien, oui ! Ces noirs barbares, ces sauvages modernes existent, et menacent en effet l’ensemble des « principes » et des « valeurs » de ceux qui hier s’imaginaient invincibles conquérants « civilisateurs » du monde, et aujourd’hui s’imaginent dernier carré des défenseurs du monde « civilisé » — cet ensemble de « principes » et de « valeurs » qui n’est rien d’autre que le mensonge permanent qui couvre l’irrépressible sauvagerie qui réside au cœur du monde capitaliste. Qui peut s’étonner qu’un système barbare produise des barbares ? La vérité, c’est que ce système ne produit que des barbares ; et pour qui se prennent-ils ? Est-ce l’autoproclamé « gang des barbares » qui en France s’est enrichi sur la peau des juifs, ou ne serait-ce pas plutôt la respectée famille Schueller-Bettencourt ? Qui est vraiment le cannibale de qui ? Les pauvres, ou les riches ?

C’est, certes, une vérité cruelle, qu’en France comme en Angleterre, des hommes encore qualifiés de barbares ou de sauvages, et massivement destinés, comme chacun sait, aux corvées les plus pénibles, soient dès leur plus jeune âge oubliés, méprisés, soupçonnés, contrôlés, insultés, humiliés, et dès lors qu’ils osent se révolter, matraqués, enchaînés, enfermés, parfois impunément assassinés. Et si l’un de ces révoltés tente malgré tout de prendre la parole, pour expliquer lui-même — sans sociologue ni journaliste pour lui tenir la main — le sens de sa révolte, il sera bâillonné.

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Interview clandestine de l’auteur, depuis la prison

Preuve en est, irréfutable, cette Chronique de Youv derrière les barreaux, dont nous entamons ici la republication — avec l’autorisation de son auteur — en une série de brochures (l’œuvre étant encore en cours de rédaction) : ces « chroniques » se présentent en effet comme autant de clandestines bouteilles à la mer jetées par un de ces naufragés de la société, échoué depuis de longues années entre les quatre murs d’une cellule de neuf mètres carrés (pour deux, la norme), originellement publiées sur un compte Facebook du même nom, en flagrante infraction de tous les règlements carcéraux, puisque librement postées sur le réseau grâce à un de ces satanés téléphones hi-tech qui entrent désormais en prison presque aussi facilement que les savonnettes de haschisch. C’est donc probablement sur demande expresse de l’Administration Pénitentiaire que les gestionnaires de Facebook ont censuré les soixante-treize premières chroniques, en fermant tout simplement le compte, trois mois après sa création. Quelques internautes partisans de la liberté d’expression ayant été, comme c’est heureusement l’habitude, plus rapides que les censeurs, ont pu sauver cette première série de chroniques de l’autodafé — lui aussi hi-tech — tranquillement ordonné par l’État français : qu’ils en soient tous ici chaudement remerciés (spéciale dédicace au site val-fourre.com des pionniers d’Express D, que connaissent déjà tous les amateurs de rap digne de ce nom). N’ayant nous-mêmes aucune confiance en l’avenir immédiat de la liberté d’expression sur Internet (car il est clair maintenant que les ennemis de la révolution s’apprêtent à commettre, en toute légalité, un autodafé multimédia à l’échelle planétaire du réseau), nous nous sommes dit qu’il fallait au plus vite mettre à l’abri de ces aléas bureaucratico-technologiques un témoignage aussi important pour la juste compréhension de la révolte radicale de ces présumés « nouveaux barbares » qui font suer de peur, de haine et de mépris tous les bourgeois d’Europe, en en établissant une édition correcte [Nous avons donc, pour la commodité de la lecture, corrigé les « fautes » dites « d’orthographe et de grammaire » commises par l’auteur, la graphie du texte original ayant été assez malmenée par l’incompétence unanimement dénoncée de l’Éducation dite scandaleusement « prioritaire », et bien sûr par les conditions d’oppression qui ont présidé à sa rédaction et à sa publication clandestine. (Inutile de citer aucun de tous ces faiseurs de phrases et de livres inutiles, qui n’ont pas tant de bonnes excuses, et qui ne font guère mieux, comme le savent toutes les miséreuses qu’ils exploitent à la tâche à domicile au salaire minimum — comme les petites couturières d’antan  dans leurs services de correction.) Hormis ces détails, nous ne nous sommes permis aucune modification  tout le monde peut d’ailleurs aller vérifier en quoi consiste notre travail en comparant notre édition au texte original disponible sur Internet.], imprimable par tout un chacun pour être diffusée sur support papier, durabilité maximale, cent pour cent garanti contre leurs coupures d’électricité. Pour réussir ce qu’ils veulent, il faudra donc bien qu’ils se remettent à brûler des livres, et qu’ils achèvent ainsi de montrer ce qu’ils sont en réalité.

Comme le titre déjà l’indique, l’auteur — qui doit évidemment rester anonyme, sous peine de mitard et autres tortures ou sanctions administratives — ne se prétend pas innocent des faits pour lesquels il a été condamné, et en assume aussi bien la violence que les désastreuses conséquences pour lui-même et ses proches. Âmes sensibles s’abstenir ! Ce qui suit n’est pas un récit de fiction (quoique ces chroniques pourraient fournir à notre avis la base d’un scénario de film à la hauteur de ce qui se fait de mieux aux États-Unis), mais la dure réalité : celle d’un jeune pauvre de cité — l’énorme Val-Fourré, véritable chaudron du négatif qui bout depuis plus de vingt ans dans la lointaine banlieue ouest de Paris — qui n’était pas d’accord pour se contenter de ce qui lui était permis, pas grand-chose, et qui après avoir légitimement protesté à coups de cocktails Molotov dans la sale face des flics — première incarcération —, n’a plus vu d’autre solution que de prendre les armes pour espérer pouvoir un jour se bâtir le palais de ses rêves, pour y mener sa belle et y vivre l’amour. Un tel objectif peut sans aucun doute être critiqué, et surtout pour l’image de la femme qu’il véhicule, vraiment trop désuète à notre opinion ; mais qui voudrait le mépriser pour cette raison ou pour une autre, au point de faire comme s’il n’existait pas, ne prouverait que sa complicité objective avec la censure carcérale — un domaine où s’ouvrent d’intéressantes perspectives d’emploi, depuis que s’infiltrent partout ces satanés téléphones…

La toute première de ces chroniques a été publiée sur Facebook le 16 août 2011 ; ce n’est sûrement pas une coïncidence si ce jour-là, la vieille Angleterre contemplait scandalisée les ruines et les cendres de tout son décorum de bonheur et d’abondance, explosé par une semaine d’unité d’action de la même jeunesse rebelle, et ressortait ses vieilles griffes et ses vieux crocs sous l’aspect d’une ignoble chasse aux pauvres, au faciès, qui devait en expédier des milliers en prison, pour leur apprendre le respect de Dieu qui sauve la Reine. La voix de notre chroniqueur apparaît ainsi comme la réplique immédiate et durable, et d’autant plus cinglante que même le régime carcéral reconnu le plus dur d’Europe se montre incapable de l’étouffer, aux criailleries médiatiques de l’habituelle basse-cour d’experts et de spécialistes mobilisée pour expliquer que puisqu’on n’entend pas parler cette jeunesse rebelle, c’est donc qu’elle ne sait pas parler, et donc qu’il faut parler à sa place, pour conclure que décidément, tout prouve que ces barbares sont des barbares. La bonne société civilisée devait par conséquent faire taire cette voix qu’on n’entend pas, pour qu’on ne l’entende plus : ce qui fut tenté le 24 novembre 2011. Le soir même était publiée une soixante-quatorzième chronique, sur un autre compte Facebook (« Chronique de Youv derrière les barreaux n° 2 ») toujours actif à ce jour, démontrant une fois de plus que le système est incapable de maîtriser certaines conséquences imprévues de son propre « développement » — technologique, mais surtout social : car il y a bien quelqu’un à l’autre bout de ce satané téléphone. Répétons que ce récit n’a rien de fictif : au contraire, il prouve à quel point ce qui est vraiment fictif, c’est la merveilleuse vitrine de ce monde en toc, que les révolutionnaires s’emploient partout à fracasser. À bas la société spectaculaire-marchande ! [Slogan du Conseil pour le Maintien des Occupations, en Mai 68]

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Petite pub faite pour la Chronique n° 2

Il nous faut enfin préciser, à l’attention des arriérés à qui cela pourrait gâcher le plaisir de la lecture, que le héros de ces chroniques est noir, et musulman. Ces deux maladies honteuses, dont la seconde présente assurément un meilleur pronostic que la première, n’ont pourtant ici qu’une seule origine : leur porteur est né avec il y a moins de trente ans en Mauritanie, juste après que cette « République islamique » prétendue « indépendante », devenue pilier de la pseudo-« lutte antiterroriste » dans le Sahara, eut été le dernier pays au monde à abolir l’esclavage, en 1981. Il est vrai que l’on attend toujours la parution du décret d’application de cette loi d’abolition ; mais il reste que nul n’est censé ignorer la loi : tout le monde sur cette planète peut et doit exercer son droit inaliénable à la dignité d’homme libre. L’auteur de cette Chronique de Youv derrière les barreaux l’aura au moins tenté, lui.

Juillet 2012
Éditions Antisociales

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[Saint-Étienne, vendredi 27 juillet] Soirée infos et discussions sur les révoltes à la prison de Roanne (42)

Roanne : Une prison sous haute tension
Soirée d’informations et de discussions
Résistances, dénonciations, revendications, révoltes et solidarités contre la prison

Depuis des mois, des prisonniers du centre de détention à Roanne se sont montrés combatifs et déterminés à ne plus subir les humiliations quotidiennes liées à l’enfermement en prison. Ils ont sorti des témoignages, des revendications, il y a eu des accrochages avec des gardiens et, récemment, ils ont réussi à faire sortir et circuler une vidéo de 3 minutes, tournée le 4 juillet, qui montre des surveillants matraquant et neutralisant des détenus qui refusaient de remonter de promenade, en demandant à ce que leurs revendications soient entendues. Suite à la diffusion de la vidéo, des affiches ont fleuri sur les murs de la ville de Roanne, dénonçant les agissements des surveillants.

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Ces derniers ont rétorqué à tout cela en faisant confiner les détenus en cellule (privés de promenade, de toute activité, repas et parloirs retardés de plusieurs heures), en faisant venir les ERIS (matons armées jusqu’aux dents), pendant au moins une journée, le 14 juillet. À l’intérieur, ce jour là et les jours suivants, le climat était super tendu. Des détenus ont protesté de diverses manières : blocage d’un étage, insultes, départs de feux…

Ces détenus, comme d’autres qui ne se laissent pas faire, subissent des pressions et une répression sévère, face auxquelles nous souhaitons ne pas les laisser isolés.

Nous voulons soutenir ces révoltes en diffusant des informations à leur sujet, en cherchant d’autres témoignages et des nouvelles des détenus révoltés, et, souvent, sévèrement sanctionnés. Nous évoquerons aussi d’autres actes de révolte, revendications et mobilisations, qui ont eu lieu dans d’autres prisons récemment.

Il nous semble important et urgent de discuter aussi des manières de faire écho à ces révoltes, des moyens de briser l’isolement des prisonniers en luttes, et des possibilités de renforcer ces luttes contre la prison, qu’elles aient lieu à l’intérieur ou à l’extérieur des murs.

Nous vous invitons donc à venir discuter, témoigner, partager nos questions et nos colères, réfléchir, nous organiser…

Le vendredi 27 juillet 2012 – 19h
à l’espace autogéré La Gueule Noire à Saint-Étienne
16 rue du Mont, quartier Bellevue

Organisé par le collectif Papillon

Papillon est un collectif en lutte contre la prison. Nous animons une émission de radio qui a pour but de partager des points de vue et infos sur la prison et les enfermements, de donner la parole aux détenu-e-s et à leurs proches, notamment ceux et celles qui luttent. Nous souhaitons faire le lien entre l’intérieur et l’extérieur des lieux d’enfermement, faire circuler infos et idées.

L’émission Papillon est diffusée en direct sur Radio Dio, 89.5FM à Saint-Étienne, le 1er dimanche du mois, de 17h30 à 19h (écoutable à la maison d’arrêt de la Talaudière) et rediffusée le 3e mardi du mois 20h sur Radio Canut 102.2 FM à Lyon (écoutable à la maison d’arrêt de Corbas).

Plus d’infos sur le Numéro zéro

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[Saint-Imier 2012] La rencontre internationale de l’anarchisme cet été, vous êtes le/la bienvenu-e!

Vous en avez certainement entendu parler : la rencontre internationale de l’anarchisme qui se tiendra du 8 au 12 août prochain à Saint-Imier (CH) s’approche à grands pas. L’occasion pour nous, de rappeler à toutes et à tous, l’importance de cet événement pour nous et pour les libertaires du monde entier. Au-delà de la dimension historique (140e anniversaire du congrès antiautoritaire de Saint-Imier), c’est l’occasion pour nous de réaffirmer que l’anarchisme social est une proposition politique d’actualité, générale, cohérente et novatrice partagée dans le monde entier par nombres de groupes et de militant-e-s.

La rencontre sera l’occasion, pour nous et à l’extérieur, de mettre en débat l’innovation que doit apporter l’anarchisme aujourd’hui, de mieux cerner ses capacités de répondre de manière incisive aux objectifs et aux temps qui viennent, les éléments de son déploiement dans les luttes mais aussi ses nouveaux territoires d’intervention.

Pour cela nombres de conférences, d’ateliers, de tables rondes ont été mis sur pied sur proposition de collectifs venant du monde entier. L’OSL et ses ami-e-s proches participeront et organisent un certain nombre de ces événements. Vous trouverez sous ce message, la liste des événements où l’OSL interviendra, mais aussi les moments qui nous semblent clefs, par leur nécessité politique, ou par l’intérêt des intervenant-e-s.

Autour de ces événements politiques et des meetings d’ouverture et de conclusion, une belle programmation de concerts, un salon du livre international et anarchiste, un cinéma, et du théâtre de rue ont été mis sur pied !

Comme vous le voyez, c’est un grand événement où plusieurs milliers de personnes afflueront. La rencontre est entièrement gratuite excepté pour les concerts et le camping.

Nous appelons tous-tes à participer et à contribuer par l’effort volontaire de chacun-e pour effectuer les tâches nécessaires au bon déroulement de la rencontre (inscription sur le site).

Pour le reste, vous trouverez toutes les informations sur le site internet de la rencontre (anarchisme2012.ch).

L’Organisation Socialiste Libertaire vous souhaite un bel été, se réjouit de vous voir à la rencontre de Saint-Imier ou à la rentrée pour de nouvelles aventures en préparation…

Salutations libertaires !

P.-S. : La programmation est susceptible de changer, en regard des demandes de visas non-accordés et autres aléas, il vaut mieux se tenir informé-e sur le site de la rencontre.

Mercredi 8 août 2012
14h : Table ronde, « Anarchisme et innovation politique » – Salle de spectacles
17h : Atelier sur le syndicalisme de base, le syndicalisme révolutionnaire – CCL
19h : Meeting d’ouverture – Salle de spectacles

Jeudi 9 août 2012
14h : Table ronde, « Nouveaux territoires de l’anarchisme » – Salle de spectacles
16h : Atelier, « Anarchisme et droit » – Mémoire d’ici
17h : Atelier de la Fédération des étudiant-e-s libertaires du Chili, « Les luttes étudiantes » – CCL
19h : Atelier, « Démantèlement et marchandisation du secteur social, défense du service public » – Salle du conseil

Vendredi 10 août 2012
9h : Conférence de la CGT espagnole – Salle de spectacles
14h : Table ronde, « Faire l’anarchisme aujourd’hui » – Salle de spectacles

Samedi 11 août 2012
9h : Table ronde, « La crise de la dette » – Salle de spectacles
14h : Table ronde, « Les alternatives anarchistes en actes » – Salle de spectacles
17h : Conférence de Stefano d’Errico organisée par l’OSL autour de son livre sur
Berneri – Salle du conseil

Dimanche 12 août 2012
14h : Meeting final – Salle de spectacles

Ainsi que chaque jour pour la table ronde anarcha-féministe à 11h ! – Salle de spectacles

Organisation socialiste libertaire

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[Bruxelles] « Maton suicidé, à moitié pardonné »

Tags anti-gardiens de prison très agressifs à la station Albert

La station de pré-métro Albert a été vandalisée la nuit dernière. Des individus y ont tagué des inscriptions très violentes visant des gardiens de la prison de Saint-Gilles.

De grandes inscriptions étaient visibles ce matin sur les murs dans la station de pré-métro Albert. « Maton suicidé, à moitié pardonné », « prisons en feu, matons au milieu », ainsi que les noms de deux porte-paroles de syndicats de la prison, traités de « charognes ». Ce sont quatre individus cagoulés qui auraient commis le méfait dans la nuit de lundi à mardi, juste avant la fermeture de la station. Ils n’ont pas encore été identifiés.

Ces tags ont fait très forte impression au sein de la prison, en ces temps de grève des gardiens. « Des menaces et insultes on en reçoit au quotidien. Mais quand la menace est proférée par quatre hommes, qu’elle est écrite et publique, ça lui donne une autre ampleur. Elle pèse sur la famille et il est difficile de ne pas avoir peur » confie un agent pénitentiaire.

En ce moment, trois jours par semaine les gardiens font grève et les conditions de détention au sein de la prison s’en ressentent. Des détenus ou ex-détenus peuvent être à l’origine de cette prose agressive.

La prison de Saint-Gilles a porté plainte contre X au nom des syndicalistes cités ad hominem. Plainte a aussi été portée par la STIB, mais contre l’acte de délinquance dans la station. Une enquête est ouverte. La station voisine, Horta, avait été entièrement tagguée fin janvier par huit jeunes gens encagoulés.

L’opération de nettoyage des graffiti est en cours.

Leur presse (Myriam Baele – K. D., RTBF.be, 24 juillet 2012)

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