Marche de nuit féministe à Lausanne

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Lausanne. Manifestation contre le machisme nocturne

Environ 200 femmes, selon les organisatrices, ont manifesté vendredi à Lausanne, entre 22 heures et minuit, pour fustiger les violences sexistes dont elles se sentent victimes la nuit.

La marche s’est déroulée sans heurt, mais les organisatrices déplorent tout de même qu’une des leurs ait été malmenée par la police.

Le but de ce rassemblement était « d’affirmer une présence féministe dans l’espace public », a précisé dans un communiqué le collectif lausannois « Nuits féministes », qui a lancé cette marche non annoncée au préalable. L’association a déploré « la drague lourde » ou « les sifflements » dont les femmes font, selon elles, l’objet le soir et la nuit à Lausanne, mais également dans l’ensemble du pays.

Elles s’insurgent en particulier contre « l’ambiance misogyne et nauséabonde (…) qui est le produit d’une société sexiste et patriarcale », déplorent-elles dans leur communiqué. La marche s’est terminée par une action théâtrale sur la place de l’Europe.

Seul bémol, selon les organisatrices, au terme de cette mobilisation, « une des manifestantes a été prise à partie par des policiers qui ont cherché, selon elles, à la maîtriser par la force ». La participante a finalement « été défendue par la solidarité des manifestantes », précise le communiqué.

La police conteste cette version des faits. Elle affirme avoir demandé à une des manifestantes de réduire le volume de son mégaphone, « dans un but préventif ». Au vu de la réaction des personnes présentes et « des insultes » lancées contre les agents, la police a fait « machine arrière », indique Tony Croisier, répondant presse. Aucune identification n’a eu lieu.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (ats/Newsnet, 1er septembre 2012)


Marche de nuit féministe

Vendredi 31 août à Lausanne
Rendez-vous à 22h à la Place de l’Europe
Reprenons la rue, reprenons la nuit !

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Insultées dans la rue, suivies, sifflées, reluquées et pelotées dans les transports publics, nous sommes considérées, jugées et jaugées comme des morceaux de viande pa les hommes. Ces violences au quotidien sont banalisées mais ne sont pas pour autant banales !

De plus, les mises en garde permanentes — Ne t’habille pas comme ça !, Ne rentre pas seule le soir !, Ne mets pas de mini-jupe, c’est de la provocation ! etc. — dictent nos comportements, limitent notre liberté de mouvement en alimentant la peur.

Si toi aussi tu supportes ces violences en baissant les yeux, en évitant certains lieux, en adaptant ton style vestimentaire, si parfois tu te dis que c’est de ta faute, si ça t’énerve et si tu en as marre…

Rejoins-nous ! Marchons pour ne plus nous faire marcher dessus !

Ces violences nous les subissons toutes. Les violences physiques, sexuelles, verbales ou psychologiques des hommes contre les filles, les femmes, les lesbiennes, les hétéras, les bisexuelles et les femmes trans frappent tous les milieux sociaux, toutes les cultures, tous les pays et toutes les religions, dans l’espace public et dans la sphère privée. Aujourd’hui encore, l’espace public reste majoritairement, voire exclusivement, le territoire des hommes, un espace où les femmes sont en permanence considérées comme disponibles sexuellement, harcelées, reluquées, victimes d’attouchements sexuels, d’injures, de sifflements. La rue fait peur, encore plus la nuit.

Réapproprions-nous l’espace public !

Parce que cette peur n’est pas « naturellement » féminine ; parce qu’elle est induite par des comportements et des mentalités sexistes ; parce que si on ne la dénonce pas, elle s’entretient et nous confine à la maison : nous décidons de marcher de nuit pour dénoncer cette discrimination et affirmer notre liberté dans la rue.

Agissons collectivement entre nous, femmes, contre ces violences, qu’elles se produisent dans l’espace public ou privé. Notre société patriarcale produit ces violences en reproduisant la domination masculine au travers de comportements individuels : agissons contre cette société !

Nous sommes libres de dire non! Liberté et autonomie pour toutes !

Nous refusons toute récupération des luttes féministes à des fins sécuritaires.

Collectif Nuits féministes, Lausanne

Pourquoi une marche non-mixte ?

Ne me libérez pas, je m’en charge ! La non-mixité revendiquée de cette marche permet de mettre en avant notre volonté de se réapproprier l’espace public sans l’aide de mecs, même solidaires.

Gauche anticapitaliste, 28 août 2012

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1 réponse à Marche de nuit féministe à Lausanne

  1. André Volt dit :

    « Ne me libérez pas, je m’en charge ! La non-mixité revendiquée de cette marche permet de mettre en avant notre volonté de se réapproprier l’espace public sans l’aide de mecs, même solidaires. »

    Bientôt les marches contre le racisme sans blancs pour prouver (à qui?) qu’ils n’ont pas besoin d’eux. On fera pareil avec les sans abris aussi, domiciliés interdits.
    Après tout, ils ont besoin de personne.

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