[Notre-Dame-des-Landes] Rassemblement devant la prison de Nantes-Carquefou samedi 29 décembre

Lutte contre l’aéroport / rassemblement de solidarité devant la prison

Bonjour,

On s’organise depuis une dizaine de jours pour faire un rassemblement bruyant devant la prison de Nantes-Carquefou où sont détenus deux opposants (Cyril pour 5 mois et un autre copain pour 2 mois) qui aura donc lieu le SAMEDI 29 DÉCEMBRE À 16H.

Ci-joint on vous transmet l’appel que l’on a rédigé, avec les informations pour s’y rendre.

De plus, on doit faire savoir que sur la ZAD, on fait face à une répression judiciaire plus intense qu’avant. Ainsi on doit s’occuper de frais de justice importants et de soutien actif aux copains emprisonnés et à toutes celles et tous ceux inculpé.es ou réprimé.es.

On pense qu’il faut qu’on discute de tout ça et du rassemblement, donc on vous invite à venir à une bouffe auberge espagnole sur la Chat-teigne le VENDREDI 28 DÉCEMBRE À MIDI.

On souhaite que vous puissiez transmettre ce message autour de vous, aux listes de diffusion locale, aux comités, aux groupes antirépression, aux groupes anticarcéraux, aux différentes associations et collectifs en lutte contre l’aéroport. On voudrait que ça se diffuse car pour trouver les contacts de tout le monde c’est pas encore très au point…

On veut aussi vous dire qu’on ne pourra pas centraliser toutes les idées que les gens veulent apporter pour ce rassemblement. Soyons inventifs, et on pourra en discuter le vendredi à la Chat-teigne

On sait que la période de fin d’année est pleine de « fêtes », on souhaite quand même se retrouver avec ceux et celles avec qui on lutte pour ne pas oublier celles et ceux réprimé.es, pour faire la fête tous et toutes ensemble.

Pour la fin du monde de l’aéroport aussi en 2013 !

Mailing, 19 décembre 2012


Contre l’aéroport et ses prisons

Parce que dans ce bocage, dans ces champs de gadoue, autour de ses barricades, lors de ces tambouilles gargantuesques, dans les rues de Nantes et partout en France, nous sommes toutes et tous ensemble contre leurs machines et leur monde du saccage Rassemblons-nous devant les murs de la prison pour faire entendre notre solidarité et notre détermination à rester ensemble.

Ce projet d’aéroport, ils veulent le faire passer par la force. Ils occupent, ils essayent de contrôler et de bloquer la zone, ils fouillent, ils foutent la pression, ils tentent de manipuler, de diviser ; nous les évitons, nous les perturbons, nous continuons à vivre, à construire et à résister encore et encore.

Certain.es d’entre nous ont été condamné.es à des interdictions du territoire, de la Zad ou du département pour 1 ou 2 ans, à de la prison avec sursis, et dernièrement à des peines de prison ferme de deux et cinq mois. Lors des procès, les procureurs de la république justifient les peines prononcées comme “n’étant pas des peines contre le mouvement de contestation du projet d’aéroport, mais contre des actes délictuels”.  Nous voulons affirmer que dans cette résistance contre les expulsions, nous ne nous habituerons pas à leur présence, à leur répression, et nous continuerons à lutter pour qu’ils dégagent.

Ils tentent de nous intimider, nous leur répondons que ça ne fonctionne pas !
Ils tentent de nous isoler physiquement, ça ne se passera pas comme ça !

RASSEMBLEMENT BRUYANT DEVANT LA PRISON DE NANTES/CARQUEFOU SAMEDI 29 DÉCEMBRE

Rendez-vous à 16H00 au parking du centre commercial Carrefour La Beaujoire du côté du Mc Donald

Pour s’y rendre depuis le périphérique de Nantes : sortie n° 41, le centre commercial est situé entre la route de Paris et le boulevard de la Beaujoire.

Information complémentaire : pour en parler, une discussion-bouffe auberge espagnole est organisée LE VENDREDI 28 DÉCEMBRE À MIDI à la Chat-teigne.

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[Notre-Dame-des-Landes] Rassemblement contre l’enfermement jeudi 20 décembre à Nantes

QUAND ILS ENFERMENT, ON SORT DANS LA RUE !

Depuis ces deux mois d’expulsions, c’est 80 situations d’interpellations qui ont été répertoriées. Les premières semaines avaient ce goût étrange de la guerre douce avec des sourires de flics, le moins de vagues possible. Cette dernière semaine, des arrestations ont lieu chaque jour. Les blessé-e-s ne se comptent plus, les comparutions immédiates s’enchaînent, les condamnations tombent de plus en plus lourdes. Les flics ne cessent de faire des faux témoignages pour condamner les personnes qu’ils arrêtent. La stratégie « mains propres » façon PS-EELV a foiré, le projet d’aéroport montre son vrai visage.

La stratégie du pouvoir est de créer une situation insupportable sur la ZAD : présence policière permanente, occupation et blocage du carrefour central, contrôles de papiers et fouilles de coffres de véhicules. Pour une fois, les flics ne font pas de distinction entre habitant-e-s légaux et illégaux, tout le monde peut être empêché de sortir et de rentrer chez soi. Ça fout la colère, qu’on soit là depuis des années, quelques semaines, ou juste en visite.

Ce soir, quelqu’un se retrouve en taule, arrestation avant-hier à minuit – garde à vue – prolongation – comparution immédiate – mandat de dépot – cellule ! On ne peut pas compter les personnes emprisonnées pour préserver l’ordre établi, mais dans cette lutte c’est déjà la deuxième. Quelques mois de prison par ci, quelques semaines d’hopital par là, « bof y a pas mort d’homme », ça reste acceptable pour les porteurs de ce projet.

Casser des individus pour affaiblir le mouvement, c’est tout ce qui leur reste. Face à ça, notre meilleure arme c’est la solidarité.

RASSEMBLEMENT JEUDI 20 DECEMBRE À 18H PLACE DU BOUFFAY [NANTES]

Vu sur le site internet des camarades occupant-e-s de la ZAD, le 20 décembre 2012

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« Comment faire jaillir de nouvelles sources de business du marché des très pauvres »

CAC 40 et ONG, ensemble pour réduire la pauvreté

La grande entreprise, en partenariat avec les organisations non gouvernementales et les pouvoirs publics, part à l’assaut du marché de la pauvreté. Philanthropie ou business ?

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Depuis 2007, au Bangladesh, les yaourts Shoktidoi de Danone et Muhammad Yunus se vendent pour quelques centimes d’euros. Ici, une Grameen Lady, vendeuse en porte-à-porte.

La grande sacoche bleue à l’épaule, Rajeda démarre sa tournée de vente en porte-à-porte à travers les villages environnants du Sud du Bangladesh. Cette mère de famille gagne 19 dollars par mois en moyenne, contre 6 au début, en 2005. Car au fil des années, aux seules chaussures Bata se sont ajoutés des rasoirs Bic, des shampoings à l’unité Unilever, des yaourts Danone, des sachets de graines, des vêtements, des cartes téléphoniques… De quoi nourrir et scolariser ses enfants.

Lancée par l’ONG Care et Bata, dans le cadre d’un programme de mécénat, cette activité a pris de l’ampleur. « Aujourd’hui, 3000 femmes y participent, contre 49 aux tout débuts », relève Fabienne Pouyadou, directrice des partenariats Care France. L’an dernier, Care a cofondé, avec danone.communities, l’entreprise sociale Jita. « D’ici 2015, notre objectif est que 12.000 femmes gagnent 20 dollars par mois, que 1000 emplois soient créés pour les hubs qui approvisionnent les vendeuses et que nous desservions 7 millions de foyers », explique Asif U. Ahmed, directeur, chez Care, en charge des relations avec le secteur privé au Bangladesh.

Diplômé d’Harvard, il travaille en tandem avec Emmanuel Marchant, directeur général de danone.communities. Cet ancien de l’Essec explique : « Nous servons de développeur, c’est l’ONG qui a tout lancé, nous lui permettons de changer d’échelle. »

Le CAC 40 à l’assaut du BOP

Danone, comme d’autres grands groupes occidentaux, ferraille pour trouver comment faire jaillir de nouvelles sources de business du marché des très pauvres, appelé base de la pyramide (BOP). Le BOP représente 4,9 milliards des consommateurs mondiaux gagnant entre 2 et 8 dollars par jour PPA (parité de pouvoir d’achat).

Qu’il s’agisse d’accès à l’emploi, à l’eau, à l’énergie, au logement, leurs besoins restent immenses. Et si, à l’instar de la petite entreprise Jita, les forces du marché constituaient le levier manquant pour lutter contre la pauvreté en misant, non pas sur la charité, mais sur le codéveloppement avec les populations, les ONG et les pouvoirs publics ? Enième utopie ? Peut-être.

Mais, par temps de crise, la période n’a jamais été aussi propice pour rêver à de nouveaux paradigmes. Mus par une profonde quête de sens, un nombre croissant d’hommes et de femmes font leur possible pour concilier économique et social.

Loin d’être de doux rêveurs en marge du système, ils sont, au contraire, de gros bosseurs au cœur du CAC 40. Ils travaillent chez Essilor, Schneider Electric, Accenture, Veolia, BNP Paribas, Air Liquide, Lafarge, Danone, GDF Suez, Total, SFR ou encore Renault. Dans le même temps, l’entrepreneuriat social monte en puissance, au point qu’il figure, depuis peu, dans l’agenda de la stratégie Europe 2020 de la Commission européenne.

De plus, face à la baisse des subventions de l’État, les ONG se professionnalisent et se lancent dans des partenariats sophistiqués avec les entreprises. Ces trois évolutions simultanées entraînent une certaine hybridation des démarches entrepreneuriales, croisant modèle commercial et objectif social.

Redorer son image : l’unique motivation ?

« L’hybridation du business… ? Foutaises ! Les entreprises voient surtout une splendide occasion de redorer leur image, ricane en privé un vieux routard de la communication pour les grands groupes. Ils en font 3 tonnes sur leurs bonnes actions, mais cachent sous le tapis leurs amendes pour dégradation de l’environnement et mauvaises conditions de travail, les pressions dantesques sur leurs petits fournisseurs, les superbonus aux patrons. Quant aux mégadividendes aux actionnaires, ils se gardent bien de les rapprocher des salaires de l’ouvrier de base ! »

Tout ce mouvement des entreprises envers la pauvreté n’est-il donc que du Social Washing ? « C’est clair, cela existe, tout le monde soigne sa réputation, mais ce n’est sûrement pas la seule motivation lorsqu’il s’agit du BOP, tempère Olivier Kayser, président du cabinet de conseil en stratégies hybrides, Hystra. Cet ancien Partner chez McKinsey ajoute : si c’était le cas, les entreprises se contenteraient de créer une fondation et de donner de l’argent. Ce serait plus simple et moins chronophage. Alors qu’en vendant à des pauvres, elles prennent le risque d’être accusées de se faire de l’argent sur leur dos, et d’abîmer leur image, justement. »

Ces grandes entreprises ont commencé à fréquenter les ONG, les entrepreneurs sociaux et les pouvoirs publics pour travailler avec le BOP, il y a une dizaine d’années. Les théories de deux figures charismatiques ont piqué leur curiosité.

D’un côté, celle de C. K. Prahalad, co-auteur avec Stuart Hart, du fameux The Fortune at the Base of the Pyramid. Eradicating Poverty through Profits (Wharton School Publishing, 2004). Ces universitaires ont osé parler des pauvres comme de clients de nouveaux marchés. Politiquement pas correct, mais séduisant. De l’autre, Muhammad Yunus — prix Nobel de la paix 2006 pour sa promotion du microcrédit — a modélisé le social business.

Mais, même coachées par Prahalad et Yunus, ces grandes entreprises parties chez les pauvres la fleur au fusil ont réalisé, depuis, à quel point le BOP se méritait !

Leur presse (Isabelle Hennebelle, LExpress.fr, 4 décembre 2012)


BOP : Les cinq challenges des entreprises pour vendre aux pauvres

S’attaquer au potentiel marché de la pauvreté : pas si simple pour les entreprises, qui doivent relever, au moins, cinq grands défis pour parvenir à vendre aux plus démunis.

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Grâce aux microcentrales solaires autonomes de Schneider Electric, un village peut bénéficier d’une énergie propre et abordable 24/7. Ici, en Inde.

Pour vendre aux populations les plus pauvres, le fameux « bas de la pyramide » (BOP), les grandes entreprises doivent relever au moins cinq grands challenges.

1/ Fournir à bas coût un produit de qualité

Le premier challenge consiste à fournir à bas coût un produit ou un service de qualité, un défi d’autant plus urgent que les personnes du BOP sont victimes de la « double pénalité de pauvreté » : faute d’argent, elles doivent acheter à l’unité, donc plus cher et sans avoir de choix. « Il ne s’agit pas de vendre à la baisse un produit dégradé conçu au nord, mais de réapprendre à produire de manière créative avec frugalité », relève Bénédicte Faivre-Tavignot, directeur exécutif de la chaire Social business entreprise et pauvreté.

C’est avec ce paramètre en tête qu’en 2007, au Bangladesh, Danone et Muhammad Yunus ont démarré la production des fameux yaourts Shoktidoi, dans la petite usine de Bogra. Pour les vendre seulement quelques centimes d’euros, il a fallu repenser les process en amont. « Bien que cette unité ait une capacité de production cent fois plus petite que d’habitude — 3000 au lieu de 300.000 tonnes —, nous avons quand même réussi à y diviser par trois le coût à la tonne », constate Emmanuel Faber, directeur général délégué de Danone.

2/ Évaluer les besoins, en concertation avec les pauvres

« Le deuxième défi est d’instaurer un vrai dialogue avec les clientèles en situation de pauvreté, afin de réellement penser avec elles les solutions adaptées à leurs besoins et usages », relève Olivia Verger-Lisicki, spécialiste du BOP au sein d’IMS-Entreprendre pour la cité.

Toute la difficulté réside dans le fait qu' »Occidentaux et populations locales ont une vision très différente des besoins », constate Éric Lesueur, directeur du projet Grameen-Veolia Water. Quand, en 2008, Veolia Water et la branche santé de la Grameen Bank, de Muhammad Yunus, créent une joint-venture, le but est de vendre de l’eau potable à un coût accessible aux populations rurales. Plus de 30 millions d’habitants souffrent de maladies contractées en buvant l’eau des puits emplis par les nappes phréatiques contaminées à l’arsenic.

En 2009, dans le village pilote de Goalmari, des bornes-fontaines, gérées par des Water Ladies du réseau Grameen, permettent aux habitants de se procurer de l’eau potable à des prix très accessibles. Sur le papier, l’intention est louable. Sur le terrain, « le démarrage a été bien plus difficile que prévu », se souvient Éric Lesueur.

Pour comprendre et lever les difficultés, Veolia confie une mission à l’anthropologue Thérèse Blanchet. Après plusieurs mois de travail auprès de la population, son équipe locale dégage plusieurs explications. Elles permettent de nouvelles actions qui, depuis, permettent d’augmenter les ventes d’eau potable. « Nous avons notamment appris que les villageois cachent leurs maladies et considèrent que boire de l’eau des bornes-fontaines révèle leur état de santé au grand jour », se souvient Éric Lesueur.

3/ Réaliser le « dernier kilomètre »

Le troisième challenge est de réaliser le dernier kilomètre, c’est-à-dire de desservir des clients des bidonvilles et des villages non reliés aux routes et aux transports. « Nous devons créer des réseaux de commercialisation ad hoc », constate Emmanuel Léger, responsable du programme Accès à l’énergie, chez Total.

À ce jour, Total a vendu plus de 100.000 lampes solaires photovoltaïques, plus lumineuses, fiables et économiques que celles à kérosène, à l’origine d’incendies et d’intoxications domestiques. En Indonésie, Total a déjà vendu 8000 lampes, via deux coopératives rurales ; au Kenya, il en a commercialisé 35.000, via son réseau de stations-service et aussi des sakho, l’institution de microfinance pour les planteurs de thé ; au Cameroun, le groupe de Christophe de Margerie va former 250 jeunes vendeurs pour commercialiser les lampes dans les bidonvilles ou les zones rurales et assurer leur maintenance.

« Pas question de venir en coup de vent : gagner la confiance et faire comprendre l’intérêt du produit prend du temps, relate Emmanuel Léger. En Indonésie, le trentenaire a passé des heures avec le chef du village, à boire du thé et à discuter. Il faut aussi laisser deux ou trois lampes à l’essai, revenir deux semaines plus tard pour recueillir les retours des utilisateurs, et prévoir trois niveaux d’interprétation en indonésien et dans les dialectes.

En 2012, le programme Accès à l’énergie a pour objectif la vente de 150.000 lampes et l’ouverture de 5 nouveaux pays. Pour atteindre le client dans des contrées reculées, des équipes de vendeurs fidélisés et motivés sont essentielles.

Une gageure, a appris Essilor, en Inde, où des dizaines de millions de personnes sont aveugles, faute de traitement adapté par manque d’accès à des professionnels de la vue. Il y a dix ans, le groupe, alors dirigé par Xavier Fontanet, s’est associé entre autres à deux partenaires : les hôpitaux ophtalmologiques Sankara Nethrelaya et Aravind, réputés pour traiter à faible prix les patients pauvres et pour leur chirurgie de la cataracte à des tarifs accessibles.

Afin de pallier l’absence de réseaux et de laboratoires de prescription en zones rurales, « nous avons mis en place avec ces partenaires une douzaine de vans d’optique-lunetterie, qui accompagnent leur bus d’ophtalmologie sur place », raconte Claude Darnault, directeur du développement durable chez Essilor International. Ces véhicules sont équipés d’instruments d’examen de la vue et de façonnage de verres, afin de réaliser des équipements in situ. En dix ans, environ 2 millions de verres ont été vendus par nos partenaires. »

Mais « pour nos vans, le manque de professionnels de la vue disponibles représente le principal goulot d’étranglement », admet Claude Darnault. En effet, si les opticiens ou optométristes, souvent recrutés jeunes, acceptent de tourner dans les vans dans les contrées reculées pendant trois à six mois, ils jettent ensuite l’éponge quand ils se comparent à leurs camarades de promo restés en centre-ville, travaillent dans un beau magasin et circulent dans une belle voiture. « Même quand l’entreprise accède au client, celui-ci est en général non « bancarisé » et dépourvu d’épargne.

Pour remédier à cette situation, Veolia déploie une palette d’outils. Au Maroc, entre 2003 et 2010, près de 400.000 personnes des quartiers défavorisés de Tanger, Tétouan et Rabat ont pu disposer d’un accès à l’eau et à l’assainissement à domicile. « Pour les financements, il a fallu trouver 100 millions d’euros afin de réaliser les travaux sur la seule agglomération de Tanger, ce qui nous a menés à créer avec nos autorités locales des mécanismes utilisant des crédits sur mesure, des subventions croisées, et à expérimenter une aide appelée Output Based Aid de la Banque mondiale, bref, à faire preuve d’innovation financière », se souvient Olivier Gilbert, délégué aux innovations sociétales de Veolia Environnement.

De même, dans certaines communes, les familles n’ayant pas encore accès aux branchements individuels se voient offrir des cartes numériques leur permettant d’obtenir de l’eau potable à une borne-fontaine, dont, chaque mois, les six premiers mètres cubes sont gratuits. Transformés en agences mobiles, des bus se rendent auprès de ces populations, afin de les aider dans leurs démarches administratives concernant l’eau, l’électricité et leur éviter d’avoir à se déplacer, chaque mois, en centre-ville… »

4/ Créer de nouvelles alliances avec les ONG et les pouvoirs publics

Le quatrième challenge pour les groupes occidentaux est de « travailler avec des partenaires parfois très inhabituels, plus variés et nombreux que d’habitude : ONG, entrepreneurs sociaux, pouvoirs publics, populations locales… Non pas dans une simple consultation, mais dans de la vraie coproduction, en abordant le sujet sous tous ses angles », constate Olivia Verger-Lisicki, d’IMS-Entreprendre pour la Cité.

Cette cocréation n’a rien d’évident, chacun a son vocabulaire, ses habitudes, ses référentiels, sa vision du monde. « Il faut être ambidextre », résume François Perrot, en charge du programme Logements abordables, de Lafarge, qui permet, pour quelque 2000 euros, la construction d’une pièce supplémentaire en Indonésie. Ce trentenaire est aussi à l’aise dans des réunions avec le haut management au siège parisien, qu’avec des villageois et des représentants d’ONG.

5/ Obtenir l’adhésion interne au programme BOP

Le cinquième challenge est interne à l’entreprise. Où loger le programme BOP ? Pour grandir, cet Ovni a besoin des compétences de tous, mais, en même temps, d’être dispensé des habituels objectifs de rentabilité à court terme, à deux chiffres.

« Le mieux est de lui donner un statut de projet-pilote, d’expérimentation, doté d’objectifs spécifiques, et relativement protégé durant la phase pilote », recommande Bénédicte Faivre-Tavignot, de HEC. « Le programme doit aussi bénéficier du soutien du dirigeant lui-même », ajoute Bernard Saincy, directeur de la responsabilité sociétale et pilier du programme GDF Suez Rassembleurs d’Énergies… dont le président est Gérard Mestrallet, numéro 1 du groupe. De quoi amadouer les actionnaires plutôt méfiants vis-à-vis de ces projets dont le retour sur investissement est seulement envisageable après sept ou huit ans.

Face à cette complexité, GDF Suez a mis sur pied une articulation sophistiquée, mêlant social, philanthropie et business. Lancée en 2011, l’initiative GDF Suez Rassembleurs d’Énergies fédère et structure trois actions sociétales en faveur de l’accès à l’énergie durable. Le groupe combine le don avec le programme Énergies solidaires, de la fondation GDF Suez ; le mécénat de compétences avec les associations de collaborateurs Energy Assistance, Codegaz et Aquassistance; et l’investissement avec le fonds d’investissement solidaire GDF Suez Rassembleurs d’Énergies. Celui-ci est logé dans le centre de recherche de Saint-Denis, donc avec les techniciens, sociologues et chercheurs qui participent souvent avec intérêt aux projets portés par des entrepreneurs sociaux.

Leur presse (Isabelle Hennebelle, LExpress.fr, 5 décembre 2012)

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[La marchandise on la brûlera] Les Espagnols renoncent en masse au téléphone portable

Les Espagnols renoncent en masse au téléphone portable

Frappés par la récession et le chômage, les Espagnols renoncent dans des proportions record à l’usage du téléphone portable.

Pour le seul mois d’octobre, l’opérateur Movistar, filiale de Telefonica, a enregistré 284.000 fermetures de ligne. Vodafone, numéro deux du secteur de la téléphonie mobile en Espagne, a perdu 278.000 lignes et Orange 14.870, d’après les données mensuelles publiées lundi par l’autorité de régulation (CMT).

Au total, 486.000 lignes ont été interrompues et le nombre de lignes de téléphonie mobile en service en Espagne a chuté de 3,8% sur un an.

L’Espagne compte plus de téléphones mobiles en service que d’habitants, mais avec un chômage frappant une personne sur quatre, les budgets des familles ne suivent plus.

« Le secteur de la téléphonie mobile en Espagne ne se redresse pas. C’est le neuvième mois consécutif de recul », note la commission du marché des télécommunications.

« Yoigo et les opérateurs de réseau mobile virtuel (qui ne possède pas d’infrastructures de réseau-NDLR) gagnent des clients mais ne peuvent pas compenser les pertes chez Movistar, Vodafone et Orange », ajoute la CMT.

La crise économique et sociale a accentué la guerre des prix et des tarifs des mobiles en Espagne, alimentée par la décision de Telefonica et de Vodafone de mettre fin au printemps dernier à leur politique de subvention sur les smartphones.

Face à l’hémorragie de leur clientèle, les deux opérateurs ont entrepris de revoir leurs pratiques.

En octobre, Telefonica représentait 37% du marché, contre 40% un an plus tôt. La part de marché de Vodafone est passée de 28 à 27%. Orange, qui n’a pas touché à ses subventions, a vu de son côté sa part passer de 20 à 21%.

En plus des lignes supprimées, la CMT précise que 475.000 personnes ont changé d’opérateur en octobre.

Leur presse (Reuters, 17 décembre 2012)

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[Nique la censure / Brest] « Si on a les yeux bleus, c’est à cause des gyrophares »

Brest. Sur Facebook depuis sa cellule !

Une enquête vient d’être ouverte à la prison de l’Hermitage, à Brest, après la découverte d’un détenu qui alimentait son compte Facebook depuis sa cellule.

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En prison, les téléphones portables sont bien sûr interdits. Mais nombre de détenus arrivent à s’en procurer. La grande majorité d’entre eux se gardent bien, toutefois, de se prendre en photo dans leur cellule pour les déposer sur leur page Facebook. C’est pourtant ce qu’a fait, la semaine dernière, un homme incarcéré à Brest. Le parquet a été saisi.

« Si on a les yeux bleus, c’est à cause des gyrophares »

On le voit dans sa cellule, seul ou avec des camarades incarcérés, le sourire aux lèvres, portant des photos papier et un t-shirt : « Si on a les yeux bleus, c’est à cause des gyrophares ». Le tout sur sa page Facebook, via un album intitulé « Moi et la cabane ». Dessous, des messages de soutien de la part des personnes, libres, auxquelles il a autorisé l’accès à ce compte caché.

Cet homme détenu à Brest depuis quelques mois pour une affaire de stups a simplement eu, a priori, la volonté de communiquer avec les siens, de les rassurer sur son moral. Rien de plus. Mais l’enquête le dira. Car l’administration pénitentiaire a eu vent de cette affaire et a saisi le parquet de Brest.

Des dizaines de portables saisis chaque année

Au-delà de ce cas particulier, voir des prisonniers communiquer si facilement avec l’extérieur crée divers risques en termes de sécurité et la parade ne semble pas évidente. Des dizaines de téléphones portables sont saisis à l’entrée ou à l’intérieur de la maison d’arrêt de Brest, chaque année. Un établissement moins concerné que beaucoup d’autres, d’ailleurs, selon son directeur, « car les peines y sont souvent courtes et il y a des permissions de sortie. » La tentation y serait donc moins grande. Mais combien d’appareils échappent au contrôle ?

Publié par des lecteurs honteux de la Chronique de Youv derrière les barreaux (David Cormier, LeTelegramme.com, 18 décembre 2012)

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Y’a de la grève dans l’air pépère

Moscovici évoque une nouvelle réforme des retraites

Il faudra de nouveau revoir les régimes de retraite sous ce quinquennat pour les ramener à l’équilibre financier, a annoncé mercredi 19 décembre le ministre de l’économie et des finances français, Pierre Moscovici.

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À Bruxelles, les ministres des finances vont devoir travailler « d’arrache-pied » selon Pierre Moscovici, le ministre de l’économie, pour boucler les négociations destinées à mettre en place une supervision intégrée des banques de la zone euro.

Malgré la réforme de 2010, le déficit des régimes de retraite devrait atteindre 18,8 milliards d’euros en 2017, contre 14 milliards en 2011, estime le Conseil d’orientation des retraites (COR), qui doit dévoiler ses prévisions ce mercredi. « Il me semble qu’il faudra en effet revenir sur le sujet », a déclaré Pierre Moscovici sur RTL.

« Oui, il y aura sans doute une [réforme], mais il faudra que ses paramètres soient des paramètres justes », a-t-il ajouté, disant vouloir prendre en compte les paramètres financiers et de fond, et soulignant qu’une nouvelle réforme n’aurait pas la « même philosophie » que celle du gouvernement de François Fillon. La précédente majorité avait décidé en 2010 de relever progressivement l’âge minimum légal à 62 ans pour effacer le déficit des régimes de retraite à l’horizon 2018.

Pour rétablir les comptes, le COR avance plusieurs pistes : soit une augmentation de 1,1 % des prélèvements, soit une baisse de 5 % du rapport entre la pension moyenne et le revenu moyen, soit un recul de six mois supplémentaires de l’âge effectif de départ.

La présidente du Medef, Laurence Parisot, plaide, quant à elle, pour un nouvel allongement de l’âge de départ à la retraite à 63 ans et l’augmentation de la durée de cotisation à au moins 43 annuités. Elle s’oppose en revanche à une hausse des cotisations, des entreprises comme des salariés. Le ministre de l’économie et des finances a annoncé mercredi qu’il y aurait une concertation sur le sujet d’ici la mi-2013.

Presse esclavagiste (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 19 décembre 2012)


Laurence Parisot prône la retraite à 63 ans

La présidente du Medef a proposé, mardi 18 décembre, que l’âge légal de départ à la retraite soit relevé à 63 ans, et la durée de cotisation portée à 43 annuités. Un moyen de rééquilibrer le système alors que le déficit du régime atteindra près de 19 milliards en 2017.

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Mercredi 19 décembre, le Conseil d’orientation des retraites (COR) rendra public ses prévisions de déficit. Elles sont déjà connue : le trou dans les caisses s’élèverait à 18,8 milliards d’euros à l’horizon 2017.

L’occasion pour la patronne des patrons de communiquer sur le sujet. Ce mardi 18 décembre, Laurence Parisot appelle le gouvernement à repousser l’âge légal à 63 ans d’ici deux ans avec 43 ans de cotisations au lieu de 41.

La présidente du Medef ne veut pas entendre parler « d’augmentation des cotisations, que ce soit côté entreprises ou salariés ». Une telle mesure « ne ferait qu’aggraver » l’écart de coût du travail avec « nos principaux concurrents », a-t-elle expliqué.

La réforme de 2010 insuffisante

La seule solution pour Laurence Parisot consiste donc à relever l’âge légal et la durée de cotisation. Pour mettre en place une nouvelle réforme, elle préconise l’organisation d’un « Grenelle des retraites », ou bien d’une « conférence des retraites ».

En 2020, le déficit du système de retraite pourrait atteindre entre 20 et 25 milliards, selon un premier document remis, lundi, par le Conseil d’orientation des retraites à ses membres. Une aggravation du déficit alors que la réforme de 2010, votée sous Nicolas Sarkozy, prévoyait un retour à l’équilibre à cette date. Elle fixait à 62 ans l’âge légal de départ à la retraite, et à 41,5 les annuités pour les actifs nés après 1955.

La réforme de 2010 :
> Relèvement progressif en 6 ans de l’âge légal de départ à la retraite de 60 à 62 ans.
> relèvement progressif de 65 à 67 ans de l’âge de départ sans décote
> Durée de cotisation portée à 41 ans puis 41,5 ans

Presse esclavagiste (Nina Godart, Agence Faut Payer, 18 décembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Les murs ont des oreilles c’est pour ça que même quand je dors je laisse la musique à fond car ils pourraient m’entendre rêver »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[16 mai 2012]
À chaque jour suffit sa peine

Il n’y a pas de jour férié qui tienne mets la cagoule et suis-moi, la diligence n’attend pas.

Quand je nous regarde je m’inquiète et quand je nous compare je me rassure, il y a que pour nous juger qu’ils nous demandent notre avis.

Même la Saint-Valentin n’a pas trouvé la solution pour les couples mixtes.

Je roule en voiture allemande mais nique Angela Merkel LOL.

Il n’y a pas de grand pas de petit je respecte celui qui me respecte la preuve quand tu parles à plus petit que toi tu baisses la tête.

Devenir veuve à la vingtaine voyage de noces au cimetière c’est le risque à payer quand ton cher et tendre va jouer au foot avec un fusil-mitrailleur dans son caleçon.

Allons au bois pendant que le loup n’y est pas LOL, les temps ont changé il n’y a plus de bois mais les loups sont toujours là. Une meuf qui marche tête baissée insouciante peut cacher un grand frère qui va te casser les dents.

Te fie plus à l’apparence en parlant d’apparence je demande pardon à toutes les filles de mes classes que j’ai traitées de thons qui sont devenues des avions de chasse soldat d’une armée décimée j’ai fait le mort dix ans ma gueule… Reprends un Lexomil je suis sérieux dix années sans convulsion vaincu parfois mais soumis jamais.

Je viens de perdre celle qui était mienne toi si t’as encore ta mère dis-lui je t’aime.

Ça me dévore de l’intérieur c’est le fruit de mes erreurs.

À attendre les choses tu n’y arriveras jamais faut jamais dire jamais c’est pour ça que j’ai le doigt sur la gâchette.

J’assume tous mes textes comme le jour où je mettrai ma femme en cloque.

Ils me demandent de tourner la page mais j’écris sur des murs donc je vais tout détruire pour reconstruire mais chut parlez moins fort faut que je dise tout bas ce que je vais faire tout haut les murs ont des oreilles c’est pour ça que même quand je dors je laisse la musique à fond car ils pourraient m’entendre rêver et dois-je rappeler que c’est un coup de téléphone anonyme qui a mis la police sur mes traces.

La meilleure insulte c’est le silence moi je préfère les actes au bla-bla mais tout ça n’engage que moi.

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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[Nique la cybernétique / Suède] Le sexisme a un nom et une adresse

Il les traite de « salopes » sur Instagram, elles manifestent devant son lycée

En Suède, on ne rigole pas avec la réputation des adolescentes. Plus d’une centaine de personnes ont manifesté ce mardi matin à Göteborg devant un établissement scolaire et dans un centre commercial. Elles n’ont pas hésité à affronter violemment la police.

En cause, un compte Instagram tenu par un anonyme qui a publié les photos et les noms d’adolescentes de la ville, les traitant de « putes et de salopes ». La personne derrière ces insultes étant selon la rumeur un élève de ce lycée, les manifestants ont tenté d’entrer dans l’établissement, protégé par la police, comme l’explique notamment le site The Local ou la radio publique suédoise.

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VOIR LA VIDÉO

Face aux problèmes récurrents de sextings dévoilés ou de manière générale aux attaques diffamatoires sur les réseaux sociaux, c’est peut-être la première fois qu’on voit une telle réponse collective. Le compte Instagram aurait été fermé.

Leur presse (Next.Liberation.fr, 18 décembre 2012)


SUÈDE – Émeute adolescente autour d’un compte Instagram

Un compte Instagram sur lequel étaient publiées des photos d’adolescents suédois, grossièrement désignés pour leur légèreté sexuelle supposée, a provoqué mardi de violents mouvements de foule devant une école de Göteborg.

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Selon le quotidien anglophone The Local, qui cite la police de la ville, un appel à punir la propriétaire supposée du compte, à la sortie de son école, avait été lancé sur Facebook, rassemblant 600 personnes. La jeune fille, âgée de 17 ans, a été mise à l’abri par la police. « Elle est hors de danger, c’est la première chose dont nous nous soyons assurés », a déclaré au Local une porte-parole d’Academia, propriétaire de l’école privée où la jeune fille étudie. L’école a demandé à d’autres établissements de la ville de « venir chercher » leurs élèves afin de rétablir le calme.

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Le groupe d’adolescents rassemblés devant l’école s’est alors animé, devenant violent, selon le quotidien Aftonbladet. Un porte-parole de la police, Björ Blixer, déclarait au quotidien en début d’après-midi : « On ne dirait pas que nous ayons la situation sous contrôle. » Une partie du groupe s’est par la suite déplacée dans un centre commercial. Selon The Local, citant la police, 27 personnes ont été arrêtées à la suite de ces émeutes.

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Leur presse (Big Browser, 18 décembre 2012)

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[Flics porcs assassins/Notre-Dame-des-Landes] Nouvelles du copain blessé dimanche soir

Le copain touché par une grenade assourdissante dimanche soir [15 décembre] est encore à l’hôpital. Contrairement à ce  que nous avions annoncé il n’a pas, pour l’instant, été amputé du gros orteil. Cependant les nouvelles ne sont pas bonnes pour autant : les chirurgiens lui ont posé une broche dans le tibia et le métatarse est cassé. Les chirurgiens ne sont toujours pas sûrs de pouvoir rétablir correctement l’irrigation du pied, c’est donc possible que cela soit plus grave et qu’une amputation soit finalement nécessaire.

Les gendarmes sont passés dans sa chambre d’hopital hier, prétendant en avoir le droit et en lui cachant qu’il avait le droit de refuser. Apparamment ils cherchent à enterrer l’histoire, en effet comment justifier l’utilisation de grenades assourdissantes, dites de désencerclement, alors que les manifestantEs ne tenaient que deux des quatre axes du carrefour ? Alors qu’aucune procédure n’a été entamée, ils ont mis ses vêtements sous scellés et sont partis avec. Nous dénonçons fermement cette forme minable de harcèlement, l’intrusion dans sa chambre à peine 24h après sa blessure. Cela ne nous étonne cependant pas de la part des gendarmes.

Nous adressons toute notre solidarité au copain, de nombreux mails nous sont parvenus demandant de ses nouvelles et pour lui envoyer du soutien.

Vu sur le flash info des camarades de la ZAD, le 18 décembre 2012

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[Châtellerault] « Faire les poubelles pour trouver de quoi se nourrir »

Châtellerault (Vienne) – Ils font les poubelles pour pouvoir manger

On les appelle les “glaneurs”. Ils font les poubelles des supermarchés pour se nourrir. Un phénomène qui traduit une aggravation de la pauvreté en ville.

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Scène ordinaire à la sortie des poubelles devant une supérette du centre-ville à Châtellerault.

Un vendredi soir devant une supérette en plein centre-ville. Huit personnes, des femmes, des hommes et un enfant, patientent depuis une vingtaine de minutes dans le froid.

Les uns sont venus en voiture ; d’autres, des jeunes, en scooter. Deux sont visiblement des SDF. Tous sont là pour « glaner », un euphémisme pour désigner pudiquement une triste réalité. Faire les poubelles pour trouver de quoi se nourrir.

Vingt heures. Les employées du magasin sortent un container. Le groupe se rue dessus. Les gens fouillent sans ménagement dans les détritus. La récolte est maigre, quelques légumes, du thon en boite, une canette. Triste pitance. La scène n’a duré que quelques minutes.

« Là, ils n’ont pas mis de salade ni de poireaux »

Impossible de nouer le contact avec les glaneurs.

— « Bonsoir, je suis journaliste… »

— « Oh, la, la, laissez-moi tranquille, je suis une maman », répond en se retournant une femme d’une cinquantaine d’années. La dernière à tenter de récupérer quelques miettes dans le container est une retraitée. « Là, ils n’ont pas mis de salade ni de poireaux. Pendant un temps, ils en jetaient beaucoup plus mais comme les gens leur faisaient des saletés… », regrette la vieille femme. Manteau élimé, elle dit avoir 85 ans, vivre seule et avoue « faire ça depuis longtemps ». Mais pas pour elle, affirme-t-elle, sans qu’on la croie vraiment. « J’aide certaines personnes avec un handicapé, des gens que je connais […] Moi, je me débrouille avec ce que j’ai. J’ai été habituée », assure l’octogénaire en extrayant des ordures une bouteille de jus d’orange à moitié pleine qu’elle range soigneusement dans son sac. Elle rentrera chez elle à pied.

Le « glanage » n’est pas nouveau mais tend à se développer. C’est un marqueur de la crise et de la pauvreté. Le gérant du magasin concerné, Jean-Charles Roy, voit ça toutes les semaines. En tout cas depuis qu’il est arrivé, il y a deux ans et demi. « Ce n’est pas récent, confirme-t-il. Nous, on suit la procédure. On met de la javel sur les produits périmés. Mais, ça ne les arrête pas ! »

La misère, c’est ici et maintenant.

(…)

Les supermarchés face au « glanage »

Tendance en pleine explosion ou épiphénomène ? À en croire les gérants de supermarchés que nous avons interrogés, le « glanage » dérange en tout cas suffisamment pour que des mesures, parfois radicales, soient prises. Le débat est de savoir s’il faut ou pas laisser faire.

« Moi, ça fait dix-huit mois que je suis là : c’était épisodique, c’est devenu systématique, assure sous couvert d’anonymat un gérant de supérette à la Plaine d’Ozon. Tous les deux jours, à sept heures et demie, quand je sors le container à poubelles, il peut y avoir jusqu’à six personnes qui attendent derrière la porte. Ils trient. Ils ne prennent pas n’importe quoi. Ils disent que c’est pour les animaux. »

«  Une fois sur deux, je mets de l’eau de javel  »

Le commerçant en question applique la politique maison : « Je sais qu’il en va de ma responsabilité s’il se passe quoi que ce soit. Une fois sur deux, je mets de l’eau de javel. Il y a un affichage dans le magasin. Les gens sont prévenus mais prennent quand même. »

Chez Super U, dans la rue du Paradis, le constat sur le phénomène est peu ou prou le même : « Avant, les gens attendaient parfois pendant trois heures le matin qu’on sorte les poubelles, commente l’enseigne. Non, du chlore on n’en mettait pas. Le problème pour nous, c’est qu’ils en mettaient partout et on était obligé de nettoyer derrière. » Mais ça, c’était avant : « Depuis 4-5 mois, on attend que les rippeurs sonnent pour sortir les containers. »

Auchan indique pour sa part ne pas être concerné par le problème. « Pour la bonne raison que tout ce qui est recyclage de déchets n’est pas accessible au client », comme le précise François Pulido, directeur de l’hypermarché.

Le même vante au passage l’action de son enseigne contre le gaspillage alimentaire : « Quotidiennement, on fait don de nos surplus alimentaires à l’épicerie sociale de Châtellerault. Quelqu’un passe tous les jours chez nous pour récupérer des produits conditionnés dans les règles pour qu’il n’y ait pas d’accident alimentaire. » Auchan affirme ainsi fournir l’équivalent de 11.000 repas par an à l’épicerie sociale.

Leur presse (Franck Bastard, lanouvellerepublique.fr, 18 décembre 2012)

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[Royaume-Uni] Stop G8 du 8 au 15 juin 2013 – appel international

STOP G8 UK 8-15 Juin 2013

En 2013 le Royaume-Uni va héberger un sommet des nations du G8. Comme lors de sommets précédents, ce gang de leaders d’États va plannifier l’agenda mondial pour l’économie, environnement et les politiques de sécurité pour l’année à venir.

Les gouvernements hébergeant le G8 ont été forcés de faire ces meetings dans des zones rurales excentrées ce afin d’éviter les confrontations. En 2005 par exemple, la dernière fois que le G8 s’est réuni au Royaume-Uni, le sommet s’est tenu à Gleneagles en Irlande rurale. Cela n’a pas dissuadé les dizaines de milliers de personnes qui ont réussi à protester, bloquer et perturber la réunion du sommet.

Soucieux d’éviter un match revanche contre une population dissidente croissante, les autorités du Royaumes-Uni ont refusé de divulguer quelconque information concernant la date ou la venue du sommet du G8 en 2013. Par ailleurs, l’agence de presse Reuters reporte que le sommet prendra place le 13 et 14 juin.

Ce refus sans précédent du gouvernement nous propose un challenge intéressant.

Nous avons besoin d’une structure sur place qui nous permette la flexibilité de mobiliser rapidement et efficacement, où et quand que puisse se tenir le G8.

Sur ces bases, une serie de réunions sur l’agenda du G8 nous a mené à un consensus sur ce qui suit :

Une semaine d’action contre le G8 se tiendra au Royaume-Uni en juin 2013. Ayant travaillé sur l’hypothèse que l’information de Reuters (sommet du G8 les 13 et 14 juin) est correcte, des actions sont prevues du 8 au 15 juin 2013. En plus de cela, où que se tienne le sommet, il y aura une convergence et un point d’accueil à Londres. Au dela du G8, nous travaillerons sur rajeunir et alimenter le mouvement global anti-capitaliste.

Nous vous invitons à nous rejoindre en s’opposant au G8 et les abus de pouvoir globaux que ce groupe représente. Vous pouvez le faire en organisant des actions locales ou en s’impliquant à notre mobilisation de masse ici en Angleterre.

À cette fin, il est de notre intention d’assurer que l’infrastructure nécessaire soit sur place pour atteindre nos objectifs. Cela comprendra donc d’assurer des lieux de logement et de convergence, cuisines, support juridique, médical et autres choses essentielles à la sécurité, le bien-être et le succès d’une large mobilisation.

Nous tendons la main de l’amitié et de la solidarité et envoyons une invitation ouverte aux activistes internationaux pour participer à cette mobilisation et son planning. De plus amples détails seront annoncés au fur et à mesure de leur disponibilités.

Notre résistance doit être transnationale tout comme le capitalisme global. Solidarité.

Stop G8

Dissent! France Info Newsletter, 18 décembre 2012

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[Alès] Austérité  : Profits pour les riches, Précarité pour les autres  !

Austérité  : Profits pour les riches, Précarité pour les autres  !

PSA, Doux, Petroplus, Richard Ducros… Poussés par la crise, les industriels licencient et ferment des sites à tour de bras, entraînant dans leurs sillages de nombreux sous-traitants et partenaires. Leurs salariés viennent grossir la cohorte des chômeurs : entre 40.000 et 70.000 chômeurs supplémentaires inscrits à Pôle Emploi chaque mois !

Dans un contexte de crise économique, les entreprises se doivent, pour survivre, d’accroître leur rentabilité. Elles doivent être compétitives face à la concurrence mondiale dans un système prédateur. L’État doit les soutenir et lui-aussi est soumis aux mêmes impératifs. Il faut baisser le coût du travail et réduire la dette publique. Du projet de budget 2013 au rapport Gallois, malgré quelques cafouillages, l’orientation de la politique gouvernementale devance ces impératifs patronaux.

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Il faut permettre aux entreprises de produire à moindre coût afin d’augmenter leurs bénéfices et de mieux se vendre à l’international. Dans ce sens, le gouvernement, suite au rapport Gallois, prévoit de baisser les charges patronales. Cette mesure sera compensée par une élévation de la TVA – taxe qui touche tout le monde de la même manière jusqu’aux plus pauvres. Les patrons sont allégés d’une partie de leur contribution aux prestations sociales qui seront donc financées par la population. Et ça fait 20 ans que les gouvernements suivent cette orientation !

Sous couvert de lutte contre le chômage, une grande « négociation sur la sécurisation de l’emploi » est en cours. Elle rassemble des représentants du patronat, des travailleurs et de l’État pour revoir le cadre des contrats de travail afin de relancer la compétitivité. Une nouvelle flexibilisation du travail et une baisse générale des salaires sont en perspective, avec leur lot de précarité et de paupérisation.

Parallèlement, de nouveaux contrats subventionnés voient le jour (emplois d’avenir et contrats de génération). Sous couvert de permettre aux plus touchés par le chômage d’accéder au salariat, l’État offre aux patrons des travailleurs quasi gratuits (emplois subventionnés et sous-payés, exonérations de charges…).

Depuis la fin des années 70, les États, pour pallier à la crise, s’endettent massivement pour soutenir l’économie. Actuellement, la faible croissance des pays européens met en péril les capacités de remboursement de cette dette. Ce risque de banqueroute des États européens et de leur monnaie entraîne des politiques de rigueur. Il faut renflouer les caisses, éponger la dette.

La Grèce, l’Italie, l’Irlande, le Portugal ou l’Espagne ont vu des mesures d’austérités violentes et drastiques se mettre en place. En France, cette logique de rigueur s’est développée plus progressivement. Le projet de budget 2013 et les discussions qui l’entourent en sont l’illustration. D’abord, une augmentation des impôts, directs et indirects, qui touchera tout le monde. La nouvelle augmentation de l’impôt sur le revenu, doublée d’un gel des barèmes, accroît la paupérisation en cours des classes moyennes et du prolétariat. Cette fiscalité suit une logique vieille de plusieurs dizaines d’années et consiste, malgré ce que prétendent les politiques, à appuyer l’essentiel de l’effort budgétaire sur les classes laborieuses. Dans le même temps, les plus riches ont vu, en 20 ans, leur taux d’imposition chuter de 20 %, tandis que les niches fiscales permettent à la bourgeoisie d’éviter ou de réduire sa part d’impôt.

À ces 20 milliards de prélèvements supplémentaires, s’ajoute une politique de restriction des dépenses publiques. Et comme il ne faut pas nuire à la compétitivité, à la bonne marche de l’économie, c’est sur les dispositifs sociaux que se font les restrictions : assurance-maladie, retraites, allocations…

C’est encore une fois les pauvres et les travailleurs qui vont devoir se serrer la ceinture. Ce n’est qu’un début : le Traité sur la Stabilité, la Coordination et la Gouvernance de l’Union économique et monétaire (TSCG) fixera des exigences encore plus rigoureuses pour les pays de l’Union européenne.

L’État montre ici sa véritable fonction, celle de servir le capital. Dans les périodes fastes, il se permet une relative « redistribution sociale » pour soutenir la consommation et maintenir la « paix sociale ». Dans les périodes de crise, il oriente principalement sa politique vers un soutien direct aux entreprises. Il abandonne progressivement le champ social. Aujourd’hui, il ne soutient plus, qu’a minima, les dispositifs garantissant la reproduction de la force de travail (voir, par exemple, les réformes de l’école qui ne visent qu’à produire des travailleurs compétitifs) et la sécurité du capital (défense nationale et sécurité intérieure).

Pour autant, ces mesures ne nous sortiront pas de la crise. Celle-ci est profondément ancrée dans le système capitaliste. Elle est un moment nécessaire à sa restructuration. Les mesures gouvernementales n’auront d’autres effets que d’aggraver et de maintenir un appauvrissement massif et galopant. La détérioration de nos conditions de vie va continuer et s’accentuer. Les salaires sont ridicules. Le chômage massif pousse à accepter n’importe quel emploi, toujours plus mal payé. Il devient de plus en plus difficile de se loger, de se nourrir, de se chauffer, de se vêtir, de payer ses factures. Avec le prix de l’essence, il devient même compliqué de se rendre au travail ! Les fins de mois difficiles commencent de plus en plus tôt ! Face à ça, notre vie se résumerait à chercher à vivre le moins mal possible.

Hier comme aujourd’hui, c’est par nos luttes que nous sommes en mesure de sortir de la résignation, en échangeant, en nous soutenant afin de limiter les agressions institutionnelles et économiques à notre encontre. C’est par nos seules luttes que nous pourrons opposer au capitalisme notre désir de vivre pleinement et non plus le seul désir de vivre le moins mal possible.

Ce sont nos vies que le capitalisme anéantit. Ce sont nos vies que nous avons la ferme intention de défendre coûte que coûte.

Face à la crise, défendons-nous nous mêmes : Autodéfense prolétarienne !

Pour rencontrer le collectif Exploités Énervés  : Permanence tous les 2e vendredis du mois, 19h, au bar le Bon coin, 2, rue faubourg de Rochebelle (Alès) – mail

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[Flics porcs assassins/Hôpital Tenon, Paris 20e] « C’est pas la démocratie »

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[Paris 14e] Flic suicidé, à moitié pardonné

Paris : un policier se suicide avec son arme de service

FAITS DIVERS – Un policier âgé de 39 ans se serait donné la mort mardi après-midi dans le parking du commissariat du 14e arrondissement. Il aurait utilisé son arme de service.

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Un policier s’est donné la mort mardi après-midi avec son arme de service dans le parking du commissariat central du 14e arrondissement de Paris situé 114, avenue du Maine, a-t-on appris de sources policières.

Le fonctionnaire se serait tiré une balle dans la tête après être descendu au niveau -1. C’est un de ses collègues qui l’a retrouvé inanimé. Malgré l’intervention des secours, son décès a été déclaré à 15h25.

Le policier né en 1973 était affecté à la direction de l’ordre public et de la circulation (DOPC) de la préfecture de police de Paris.

Une enquête interne va être diligentée pour déterminer les raisons de son geste. L’IGS a été saisie.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MetroFrance.com, 18 décembre 2012)

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[Montpellier] « Ce n’est pas le travail de la police qui est remis en cause »

Montpellier : un policier à la barre après des violences au Festival des fanfares

L’affaire remonte à juin 2006. Un jeune homme avait été frappé en marge du Festival des fanfares, à Montpellier, avant d’être mené au commissariat puis aux urgences.

Une fracture du nez, des dents brisées, de multiples ecchymoses et hématomes… Cette nuit de juin 2006, en marge du Festival des fanfares, il a d’abord reçu un coup de tonfa, de dos. Il s’apprêtait à entrer dans le hall de l’immeuble d’un ami où il était logé avec un copain qui l’avait accompagné durant cette soirée. La fin de la manifestation avait tourné au vinaigre, donnant à celle-ci « un climat insurrectionnel ».

Puis, tout est allé très vite : le jeune homme a été interpellé, menotté et enfin jeté à terre sans ménagement, tombant lourdement au sol. Une fois sur le macadam, il va alors recevoir un coup de pied en pleine tête. Avant d’être amené au commissariat. Là, voyant son état, une policière alerte le parquet qui décide la levée de la garde à vue. Le jeune homme est alors conduit aux urgences de la clinique du Millénaire, abandonné à son sort.

« Rien ne justifiait cette arrestation »

« Le problème, c’est que cela a dérapé et que l’un d’entre vous est allé au-delà de ce qui était autorisé. Mais ce n’est pas le travail de la police qui est remis en cause », rappelle la présidente Laporte. Insistant sur le travail mené alors par le magistrat-instructeur : « Il a été tenace, son instruction précise. Il a fait un travail exceptionnel. C’est mon avis personnel, je tiens à le dire. »

Six ans plus tard, un policier de la compagnie départementale d’intervention (CDI) est là, planté devant la barre, faisant face aux magistrats de la correctionnelle. Un fonctionnaire mis en cause après l’ouverture d’une information judiciaire, d’une enquête de la police des polices et des confidences recueillies, longtemps après il est vrai, de deux policiers municipaux présents le soir des faits. Soit des violences « qui ne relèvent pas d’une simple interpellation, même musclée. Rien ne justifiait cette arrestation », note la magistrate.

« Vous voyez souvent des gens cassés comme il l’a été ? »

Six ans plus tard, le policier devenu prévenu l’assure : « J’ai toujours raconté la même histoire, je dis la vérité. » Soit qu’il est étranger à ces violences. « Vous voyez souvent des gens cassés comme il l’a été ? », l’interroge la présidente. « Moi, je peux me regarder dans une glace », rétorque le policier. D’autant que la victime, présente aussi à l’audience, l’assure : elle n’a jamais pu reconnaître son agresseur, celui-ci étant alors casqué.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Jean-François Codomié, MidiLibre.fr, 17 décembre 2012)

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[No TAV/Lyon] Sommet franco-italien : retour sur les dispositifs policiers du lundi 3 décembre

http://juralib.noblogs.org/files/2012/12/0618.jpgSommet franco-italien : retour sur les dispositifs policiers du lundi 3 décembre

Lors de la rencontre entre les chefs d’États français et italien, le pouvoir a mis en place un dispositif policier spectaculaire largement relayé par les médias dominants, sur le thème « grâce à nos formidables policiers, la magnifique ville de Lyon a été protégée des affreux opposants au projet grandiose de ligne à très grande vitesse reliant la France à l’Italie ».

• Voir l’arti­cle du suivi de la jour­née : Sommet franco-ita­lien : la police étouffe et réprime mas­si­ve­ment l’oppo­si­tion au Lyon-Turin Lire aussi Lutte no-TAV : la PJ lyon­naise à la manœu­vre Tous les arti­cles en rap­port avec le No Tav : Dossier no-tav

Si la police a effec­ti­ve­ment beau­coup tra­vaillé durant ces quel­ques jours, elle n’a en défi­ni­tive rien trouvé de sérieux à mettre sous la dent des juges. La machine a certes tourné, mais à vide puis­que les No-Tav n’étaient pas assez bêtes pour se jeter sous les che­nilles du rou­leau répres­sif.

C’est tout de même l’occa­sion d’obser­ver les roua­ges du main­tien de l’ordre en situa­tion excep­tion­nelle.

Suspension de l’espace Schengen

Une cho­ré­gra­phie de gestes poli­ciers se déploie avant même le jour du sommet et le moment de la mani­fes­ta­tion et créé une ten­sion par­ti­cu­lière.

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Le 3 décembre à Lyon

Avant toute chose, l’État fran­çais reprend le pou­voir de choi­sir qui entre ou non sur son ter­ri­toire. En l’occur­rence, les per­son­nes avec un casier ou « connues des ser­vi­ces de police » dans le cadre de la lutte NO-TAV ne sont pas les bien­ve­nues.

Dès le samedi, soit deux jours avant le sommet et la manif, un mini-bus d’Italiens venus par­ti­ci­per à des débats gen­ti­ment citoyens, et qui avaient prévu de repar­tir le soir même est retenu à la fron­tière à Modane, par les ser­vi­ces fran­çais, côté fran­çais. Trois per­son­nes sont iden­ti­fiées grâce à des photos comme ayant déjà par­ti­cipé à des mani­fes­ta­tion NO-TAV. Cela prouve que les poli­ces euro­péen­nes col­la­bo­rent concrè­te­ment et avec une réelle effi­ca­cité.

Les ser­vi­ces ita­liens ont en effet fourni les bonnes photos aux ser­vi­ces fran­çais qui les ont bien uti­li­sées. Il faut savoir qu’en Italie une vague de procès avec des dos­siers cons­ti­tués en bonne partie par des photos (de tatoua­ges, de signes dis­tinc­tifs ves­ti­men­tai­res…) a déferlé ces der­niers mois.

Les trois per­son­nes iden­ti­fiées, dont le chauf­feur du mini-bus ont inter­dic­tion de péné­trer le ter­ri­toire fran­çais, ce qui revient à ren­voyer tout le monde. Fin de cette liberté de cir­cu­ler si chère aux Européens. Dans la foulée, le préfet du Rhône fait savoir qu’il en sera de même pour les bus ayant prévu de venir lundi, ce qui ne sera pas exac­te­ment le cas.

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Le 3 décembre à la frontière franco-italienne

Les 11 bus ita­liens ont bien été inter­cep­tés par la police fran­çaise, du côté fran­çais de la fron­tière, mais les auto­ri­tés met­tent en œuvre une stra­té­gie qui permet de ne pas déclen­cher un scan­dale poli­ti­que avec 500 Ita­liens prêts à tout blo­quer si on les empê­chait de passer. En effet les flics se conten­tent d’un contrôle poin­tilleux de toutes les per­son­nes à bord des bus, ce qui jus­ti­fie une perte de temps de 5h. Ce retard inter­mi­na­ble sème le doute et retarde la ren­contre tant atten­due entre cama­ra­des fran­çais et ita­liens.

Surveillance et filature

Plusieurs lieux col­lec­tifs ont été mis sous sur­veillance durant les deux jours avant le sommet : autour de tel squat, une BMW tourne pour en obser­ver les sor­ties, la police muni­ci­pale tape à la porte d’un autre pour obte­nir offi­ciel­le­ment un « simple recen­se­ment » des per­son­nes sur place (une dis­cus­sion enten­due entre deux poli­ciers évoque une note de ser­vice en lien avec le sommet franco-ita­lien), devant tel autre lieu des flics sont vus en train de pren­dre des photos.

En plus de cette sur­veillance fixe, plu­sieurs per­son­nes ont capté qu’elles étaient sui­vies, notam­ment en voi­ture. Ce qui nous invite à faire un point sur la ques­tion des fila­tu­res en véhi­cule :

• Comment savoir si on est filé ?

Le sen­ti­ment de para­noïa étant fré­quent, il vaut mieux s’assu­rer que l’on est effec­ti­ve­ment suivi. Pour cela, quel­ques tac­ti­ques : faire des tra­jets impro­ba­bles et inco­hé­rents, des tours de ronds-points, des retours en arrière, pren­dre des rues déser­tes, accé­lé­rer ou ralen­tir exa­gé­ré­ment, faire mine de cher­cher à se garer, éviter de mettre les cli­gno­tants pour annon­cer où on tourne, pren­dre une sortie au der­nier moment en tra­ver­sant le zébra, s’arrê­ter sur la bande d’arrêt d’urgence avec les war­nings, etc. Il faut avoir en tête que les flics uti­li­sent sou­vent plu­sieurs véhi­cu­les, pour rem­pla­cer une voi­ture qu’ils esti­ment « grillée ». Idem pour les chauf­feurs : un pas­sa­ger se fait dis­cret à l’arrière ce qui leur permet de chan­ger de conduc­teur.

Les flics ont uti­lisé cette fois des modè­les de voi­ture variés : les clas­si­ques, type BAC : Citroën C4 ; Peugeot 207, 307, 407 ; Renault Mégane, Clio ; Ford Mondeo mais aussi des gros­ses cylin­drées : BMW, Mercedes Class A, Passat der­nier cri, ce qui laisse à penser que des ser­vi­ces natio­naux ont été mobi­li­sés (DCRI, SDAT…).

Côté cou­leur, on n’a pas relevé d’extra­va­gance par­ti­cu­lière : noir, blanc ou gris métal­lisé.

• Que faire quand on est filé ?

L’impé­ra­tif pre­mier est de ne pas griller d’autres per­son­nes, par exem­ple ne sur­tout pas se pré­ci­pi­ter vers des lieux amis pour trou­ver de l’aide. Au lieu de pani­quer, le plus simple est de s’arrê­ter boire une bière dans un bis­trot. S’il faut vrai­ment se rendre quel­que part et lar­guer la fila­ture, on peut pren­dre les trans­ports en commun (des­cen­dre du métro juste avant que les portes se fer­ment, chan­ger de bus, etc).

Cette fois, les fila­tu­res ont été gros­siè­res (par exem­ple sur le périph’, la voi­ture filée prend une sortie au der­nier moment, la voi­ture de flics s’arrête et fait marche arrière pour pren­dre la même sortie et conti­nuer à suivre). On peut donc ima­gi­ner que le but n’était pas tant de faire du ren­sei­gne­ment que de mettre la pres­sion pour que rien ne se passe.

La peur pro­vo­que une désor­ga­ni­sa­tion des per­son­nes inti­mi­dées qui sont ainsi auto-neu­tra­li­sées. Il s’agis­sait donc ici d’une sur­veillance ponc­tuelle, par­ti­cu­lière, à dis­tin­guer des sur­veillan­ces de fond, plus fines qui visent à accu­mu­ler dis­crè­te­ment de l’infor­ma­tion pour cons­truire des dos­siers.

Arrestations préventives

Autour d’un squat, la veille au soir, la police natio­nale passe, on ne sait pas trop pour­quoi : ils éclairent juste la porte avec leurs lampes tor­ches, deman­dent à entrer. Évidemment les gens font les sourds et ne les lais­sent pas ren­trer. Et on en reste là.

Le len­de­main matin, jour du ras­sem­ble­ment, le dis­po­si­tif est activé : le civil qui plan­que sur la place proche de ce lieu, et qui avait déjà lancé la veille au soir une fila­ture sur des per­son­nes qui sor­taient du squat, observe tou­jours les entrées et sor­ties. Quand le matin il cons­tate que « ça bouge », deux four­gons (sans doute prêts) arri­vent rapi­de­ment sur place et inter­pel­lent une grosse ving­taine de per­son­nes aux abords de leurs véhi­cu­les. Des ren­forts sont appe­lés, en cinq minu­tes, dix véhi­cu­les de police en tout genre (bana­li­sés et séri­gra­phiés) bou­clent le péri­mè­tre, avec appui de l’héli­co­ptère qui fait à ce moment sa pre­mière sortie.

Fouille rapide des per­son­nes et de leurs affai­res, mais aussi des véhi­cu­les. Suite au refus de donner les clefs, un véhi­cule est même frac­turé par la police pour être fouillé. (Et plus tard on retrou­vera ce véhi­cule avec un pneu crevé…).

Tout ce petit monde est embar­qué dans un bus de police prévu à cet effet. Les arres­ta­tions se font sur des pré­tex­tes foi­reux, tels que « port d’arme » pour une paire de ciseaux médi­caux.

L’objec­tif est bien d’empê­cher des gens de par­ti­ci­per au ras­sem­ble­ment.

Un groupe de per­son­nes se fait aussi arrê­ter par le GIPN dans leur véhi­cule en arri­vant sur Lyon, accu­sés de déten­tion d’explo­sifs tout sim­ple­ment parce qu’ils ont un bidon de gasoil dans leur voi­ture. Il s’agit d’un motif d’arres­ta­tion vrai­ment bidon car, sachez-le, on ne fait pas d’explo­sif avec du gasoil…

Toujours dans la mati­née, cinq per­son­nes sont arrê­tés par … le RAID ! En tenue civile, le RAID pour­rait res­sem­bler à la Bac, cagoule trois trous et écusson RAID en prime. Encore un fois, ces agents qui por­taient l’écusson de ce ser­vice spé­cial n’étaient pas là par hasard. En tout cas, cela amène le nombre de per­son­nes arrê­tées à 34 avant midi.

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Montluc

Elles sont dépo­sées à l’hôtel de police de MontLuc (l’espèce de châ­teau fort) où elles décou­vrent qu’un gym­nase des poli­ciers a été amé­nagé pour la jour­née en vue d’arres­ta­tions mas­si­ves. Dans ce QG de l’iden­ti­fi­ca­tion, des tables ont été ins­tal­lées der­rière les­quel­les des poli­ciers en civil s’agi­tent, dres­sent des listes, rem­plis­sent des tableaux.

Aucune paroi ne sépare les per­son­nes arrê­tées, ce qui leur permet de com­mu­ni­quer et même par­fois d’enten­dre les audi­tions des cama­ra­des, avant d’être dis­pat­chées dans les dif­fé­rents com­mis­sa­riats de ville et dans un local de police à Maisons Neuves trans­formé en cel­lule de gardav pour l’occa­sion.

Ces moments de com­mu­ni­ca­tion entre per­son­nes arrê­tées ont sou­vent lieu au tout début de l’inter­pel­la­tion et sont très impor­tants. Il faut pro­fi­ter de ces quel­ques minu­tes ou secondes pour se donner des infos clefs, mettre au point une ver­sion ou se rap­pe­ler qu’on se tait com­plè­te­ment.

Cette fois, ce sont ces com­mu­ni­ca­tions qui ont permis à la Caisse de soli­da­rité de faire le point sur les arres­ta­tions. En effet, les flics ont opposé aux avo­cats un silence total : on ne savait donc pas qui était arrêté, pour­quoi, etc. Chaque per­sonne libé­rée au compte-goutte nous don­nait des infor­ma­tions fraî­ches et sérieu­ses sur ceux qui étaient encore à l’inté­rieur, et dans quels com­mis­sa­riats ils avaient été envoyés.

Déploiement sur la métropole

Le préfet de région, Jean-François Carenco annonce la cou­leur : « C’est un sym­bole de ras­sem­ble­ment et un grand exer­cice de cohé­sion. » En effet.

Globalement il faut rete­nir trois axes de col­la­bo­ra­tion poli­cière : police/gen­dar­me­rie ; ser­vi­ces locaux/natio­naux ; ser­vi­ces fran­çais/ita­liens.

À Lyon, plu­sieurs ser­vi­ces fran­çais se sont retrou­vés à coo­pé­rer.

Le Centre Opérationnel Zonal (COZ), dirigé par Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, a super­visé les ini­tia­ti­ves.

Un centre de coor­di­na­tion de tous les ser­vi­ces de police a été mis en place en centre-ville (rue Rabelais) : le SDIS. Il a super­visé la grande parade poli­cière sur Lyon Métropole.

Tous les plus beaux véhi­cu­les sont de sortie, tout le monde est sur le pont pour le grand bal sécu­ri­taire. La presqu’île est entiè­re­ment qua­drillée, avec contrô­les d’iden­tité en rafale et fouilles des sacs (dès le ven­dredi, mais accen­tués le lundi). Les contrô­les aux points d’entrée de la métro­pole sont ren­for­cés : péages, mais aussi gares, dont notam­ment la Part-Dieu, satu­rée de poli­ciers. Sur tous les ponts et pas­se­rel­les du péri­phé­ri­que et de la rocade, la police natio­nale est osten­si­ble­ment pré­sente. Y a pas à dire, ils ont mis le paquet. Jusqu’à l’aéro­port St-Exupéry, des four­gons de police patrouillent.

Dispositif sur la place des Brotteaux

D’abord, il y a le choix du ter­rain : les poli­ciers ont pro­posé cette place car ils savent en contrô­ler les accès sans trop per­tur­ber la métro­pole et sans offrir trop de visi­bi­lité aux mani­fes­tants. Personne ne pou­vait igno­rer que le sec­teur allait être bouclé puis­que les auto­ri­tés avaient annoncé que la sta­tion de métro Brotteaux serait fermée.

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Les barrières des flics le 3 décembre à Lyon

Dès la fin de mati­née des cen­tai­nes d’hommes sont mobi­li­sés sur le quar­tier des Brotteaux, des dizai­nes de véhi­cu­les sont à la manœu­vre et pren­nent posi­tion. Des camions équipés de grilles anti-émeutes sont postés aux abords de chaque issue de la place, prêts à la fermer. Toutes les rues adja­cen­tes sont rem­plies de véhi­cu­les en tout genre : les voi­tu­res de BAC, des Jeep de police, les véhi­cu­les plutôt réser­vés à la tech­ni­que, un camion équipé d’un mât por­tant une caméra 360°, un camion équipé d’une énorme pelle pour virer les bar­ri­ca­des, deux camions avec canons à eau, etc. Bref tout le matos de guerre, pour quel­ques cen­tai­nes de per­son­nes qui boi­vent du thé et dis­cu­tent des luttes contre les nou­vel­les infra­struc­tu­res du capi­ta­lisme. À noter que le dis­po­si­tif était tourné vers la place mais aussi en partie vers l’exté­rieur. Contrairement à la situa­tion de la prison Bellecour où il y avait « juste » un cordon de CRS avec leur véhi­cule, on a cette fois des grilles en avant et en plus des CRS, des BAC cas­qués prêts à inter­ve­nir sur la place, et encore en arrière, des civils coa­gu­lés diri­gés vers l’exté­rieur de la place, qui contrô­lent tout ce qui est louche ou s’appro­che. Pour obser­ver le tout d’un œil atten­tif (photos) et poser une ambiance sonore de type guer­rière, l’héli­co­ptère de la gen­dar­me­rie a tour­noyé toute la jour­née, allu­mant son pro­jec­teur dès la nuit tombée.

Sur la place, devant les mani­fes­tants étaient pré­sents les « RG » habi­tuels. Ce sont en fait les hommes ET femmes avec tal­kies-wal­kies qui gèrent la cir­cu­la­tion des manifs. Il y avait aussi des bour­geois gradés peu cou­tu­miers du ter­rain mais des­cen­dus pour l’occa­sion, et quel­ques gros bras de la BAC avec sac à dos (sans doute plutôt en escorte des civils expo­sés qu’en inter­pel­la­tion).

En tout cas tout ce petit monde était dans l’entre-deux : pas de bras­sard, mais clai­re­ment iden­ti­fia­bles. Faut aussi comp­ter sur la place un ou deux pho­to­gra­phes qui bos­sent pour la police (à dis­tin­guer des poli­ciers visi­bles qui pren­nent des photos) et sans doute aussi des vrais « RG », invi­si­bles, qui lais­sent traî­ner leurs oreilles au sein des oppo­sant.e.s.

Dans le quar­tier de la Préfecture, lieu de la ren­contre diplo­ma­ti­que, un autre dis­po­si­tif est mis en place, avec GIPN, RAID et com­pa­gnie.

Le coup de la nasse

Peu de temps après l’arri­vée tant atten­due des bus ita­liens sur la place, cha­leu­reu­se­ment accueillis par les cris et un beau feu d’arti­fice, le dis­po­si­tif s’est refermé sur les mani­fes­tants. Ainsi de 15h à 19h on ne pou­vait plus entrer et sortir libre­ment de cette place. Le ras­sem­ble­ment, auto­risé, a lieu, mais il est cir­cons­crit de façon étanche : aucun mou­ve­ment n’est pos­si­ble, aucun début de mani­fes­ta­tion.

Immédiatement, le spec­tre de Bellecour res­sur­git. Mais les auto­ri­tés ne créent pas un nou­veau scan­dale : dans une posi­tion ambi­guë, ils n’annon­cent pas que les gens peu­vent quit­ter les lieux sans contrôle, mais c’est ce qui se pas­sera dans la soirée.

L’objec­tif des flics est de faire déga­ger les Italiens. Sauf que les Italiens ne veu­lent pas aban­don­ner les Français dans ce filet, et les Français ne veu­lent pas lais­ser partir ces bus sans savoir com­ment eux aussi ils vont sortir de ce mer­dier. Plusieurs char­ges de police ont donc lieu pour dis­so­cier les bus ita­liens des No Tav fran­çais restés sur la place.

Des tirs de lacry­mo­gène ont lieu. À noter que ces tirs étaient étrangement dis­crets : pas de gaz appa­rents ni de lan­ceurs visi­bles, et pour­tant ça piquait. Deux per­son­nes sont sau­va­ge­ment cap­tu­rées par la BAC qui bondit sur le côté, comme d’hab. L’une de ces deux per­son­nes est sévè­re­ment passée à tabac, c’est d’ailleurs la seule per­sonne qui risque des pour­sui­tes judi­ciai­res.

On reconnaît là le style des BAC loca­les avides de coups et d’outra­ges et rébel­lion pour arron­dir les fins de mois. À l’inverse ce sont les GM (Gardes Mobiles, gen­dar­me­rie) qui sont uti­li­sés pour pous­ser les mani­fes­tants et ainsi les écarter des bus. C’est leur pro­fes­sion­na­lisme de mili­tai­res imper­tur­ba­bles qui a été pri­vi­lé­gié sur la sau­va­ge­rie des poli­ciers, sans doute pour limi­ter les dégâts (pas de bles­sés sérieux).

Des Italiens vont tenter de des­cen­dre des bus pour rejoin­dre les Français : ils sont vio­lem­ment blo­qués dans les bus. Des flics mon­tent à bord pour contrain­dre les chauf­feurs à avan­cer. L’un refuse, il paraî­trait que c’est alors un keuf qui se met à conduire le bus ! La menace ita­lienne est donc ex-fil­trée sous haute sur­veillance, avec une escorte serrée sur l’auto­route : des dizai­nes de motards et four­gons, un Land Rover 4×4 Defender siglé Police, jusqu’à l’Isle d’Abeau.

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Manifestants et camion à eau le 3 décembre à Lyon

Finalement, sans que les flics ne l’annon­cent, les oppo­sants au TAV pour­ront pro­gres­si­ve­ment sortir de la nasse, tra­ver­ser les lignes de police par 1, 2 ou 3, avec un petit sen­ti­ment très désa­gréa­ble, mais sans contrôle. Un véhi­cule aux vitres tein­tées posté près d’une sortie laisse sup­po­ser qu’une caméra fil­mait des visa­ges qui sor­taient. À la toute fin du ras­sem­ble­ment, une ving­taine de per­son­nes a été arrê­tée, mais elles ont été relâ­chées dans la soirée.

Suites judiciaires ?

Aussi ruti­lante soit-elle, l’omni­pré­sence poli­cière ne peut rien contre la déter­mi­na­tion col­lec­tive.

Par exem­ple, la ving­taine de per­son­nes arrê­tée avant le ras­sem­ble­ment a réussi à tenir col­lec­ti­ve­ment, et ce, pen­dant des dizai­nes d’heures (jusqu’à mer­credi matin pour cer­tain.e.s !), le refus de donner son iden­tité. C’est donc une ribam­belle de « X », refu­sant tout fichage (emprein­tes, photo, ADN) qui a usé la patience des dif­fé­rents OPJ et com­mis­sai­res en for­ma­tion. Et qui a fini par sortir sans être iden­ti­fiée !

Toutes les dif­fé­ren­tes arres­ta­tions ne débou­chent (à notre connais­sance) que sur une convo­ca­tion en février, pour vio­len­ces sur agent. Et pour cause : per­sonne n’a rien fait.

Finalement le but de la police était plus de neu­tra­li­ser et de dis­sua­der que de porter une atta­que jusqu’au bout. En effet, le len­de­main tout ce dis­po­si­tif s’est évaporé comme par enchan­te­ment, fin du spec­ta­cle, on rem­balle. Pour autant, il ne fau­drait pas oublier que la police mène aussi un tra­vail de fond contre les oppo­sants au Tav et les milieux poli­ti­ques, qui passe notam­ment par des ten­ta­ti­ves de recru­ter des indics et de la sur­veillance dif­fuse.

Du point de vue de la visi­bi­lité publi­que, cette his­toire a plutôt tourné au défilé de flics que de No-Tav. Comme si la France vou­lait impres­sion­ner l’Italie qui de son côté a beau­coup de mal à cana­li­ser la rébel­lion contre le TAV. Mais Hollande fait moins le fier du côté de la cam­pa­gne nan­taise. Ils ont neu­tra­lisé du vide ce lundi-là, car tout se jouait dans l’inti­mité des retrou­vailles entre com­bat­tant.e.s de dif­fé­ren­tes lignes (Italie, Lyon, Nantes), et la pro­messe de gagner dans les situa­tions pro­pi­ces, à Notre Dame des Landes par exem­ple.

Lire Du TAV au TOP : contes­ta­tion contre bul­do­zer autour des dif­fé­ren­tes luttes contre les Grands Projets Inutiles.

Rebellyon, 14 décembre 2012

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[La fin de leur monde] Semaine intersquat du 19 au 23 décembre à Lyon

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] « Lis-moi comme un soldat d’une armée décimée par les luttes et les combats mais toujours debout en hommage à tous ceux qui ont tombé pour notre cause »

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0513.jpg[15 mai 2012]
Ma gamberge

Je reprends mon souffle à la trentaine ne te fie pas au nombre j’ai une gamberge de daron de 60 piges… J’ai réfléchi à me tuer le cerveau paupières lourdes en pleine journée des nuits blanches à compter des secondes interminables comme cet enfant qui attend le jour de sa rentrée dans sa chambre avec impatience à qui on n’a pas dit que son école avait brûlé.

On n’est que de passage dans ce monde pourtant on va mourir ici. L’essentiel c’est de ne pas se perdre en chemin l’alcool remède des lâches boisson du courage éteins la lumière de ta vie en ayant rangé ta chambre c’est mieux pour ce qui arrive après.

Gamberge à la trentaine car c’est là où tout se corse questions sans réponse à mi-chemin d’une existence en sens interdit pourtant j’ai le permis LOL…

La vie n’a de sens que si tu lui en donnes fais une pause ralentis la cadence la victoire ne laisse pas de place au hasard regarde derrière toi observe le chemin effectué bien ou pas assume car c’est à toi. Une minute d’inattention et le temps te file entre les doigts ma poésie pue le cimetière les larmes d’une vie amère crois-moi t’as beau aller loin même sur la Lune on se retrouvera sous ses bacs à sable.

Je t’ai offert une rose tu en as pas pris soin elle a fané devenue ortie j’avais oublié que même la plus belle des roses avait des épines.

Vaut mieux mourir debout que vivre à genoux, ta part tu ne l’obtiens que si tu la réclames ton expérience vaut mieux que son doctorat ton mérite tu le trouveras dans les bras de ta femme cherche pas ton bonheur c’est lui qui te trouvera dans les yeux de ton fils. J’ai gambergé des années tu passes pour un fou quand tu encaisses et que tes larmes coulent à l’intérieur. Le savoir est une arme donc j’ai aiguisé ma lame tellement que je l’ai affûtée elle me sert de plume je vous serre avec ma gamberge je suis une bombe désamorcée par l’écriture il était moins une car j’ai failli exploser six pieds sous terre.

Je suis black mais j’ai les idées claires, ne fuis pas les problèmes ils te retrouveront si tu les cherches dois-je te rappeler que celui qui veut la paix prépare souvent la guerre pose-toi les bonnes questions suis-je un bon fils ? un bon père ? une bonne fille ? une bonne femme ? Question existentielle bienvenue dans mes textes écrits avec des éclats de chaîne brisée lis-moi comme un soldat d’une armée décimée par les luttes et les combats mais toujours debout en hommage à tous ceux qui ont tombé pour notre cause.

LIBERTA !!!!!

YOUV du haut de sa gamberge !!!!

[La Chronique de Youv derrière les barreaux est disponible en téléchargement gratuit sur le site des Éditions Antisociales. Elle est à suivre sur le compte Facebook dédié.]

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[Paris By Night] La police travaille

Bavure policière : “Si Hollande n’était pas passé, on t’aurait massacré”

Lundi 10 décembre, 1h du matin. Un banal contrôle policier dérape non loin de l’Arc de Triomphe, Mounir [Le prénom a été modifié] se retrouve inconscient sur un trottoir. Une enquête de la police des polices a été ouverte.

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Mounir, le lendemain de son agression

Ils revenaient d’un petit tour en haut de la grande roue de la Concorde. Dans la voiture : Mounir, sa copine et un autre couple. Après avoir remonté les Champs Élysées, vers 1h du matin, ils font l’objet d’un contrôle policier qui tourne mal. Une dizaine de minutes plus tard, Mounir est retrouvé inconscient par les pompiers sur le trottoir, des contusions sur le corps et les yeux brûlés à la bombe lacrymogène. Le jour même, lundi 10 décembre, l’Inspection générale des services (IGS) – la “police des polices”, a ouvert une enquête.

“Ils nous parlaient comme à des chiens”

Nuit du dimanche 9 au lundi 10 décembre, peu avant une heure du matin. La 307 de la petite amie de Mounir contourne l’arc de Triomphe, puis descend l’avenue de la Grande armée. Derrière eux, une voiture de police allume son gyrophare. Ils s’arrêtent. Le pote de Mounir qui conduit semble faire l’objet d’une annulation de permis. Les policiers l’emmènent au commissariat du XVIIe arrondissement pour des vérifications. Les trois autres restent sur place. Une seconde patrouille débarque en citroën Berlingo.

D’après le récit de Mounir, un grand policier sorti du véhicule l’aurait alors bousculé. Le ton serait rapidement monté, “ils nous parlaient comme à des chiens”, explique-t-il, le visage encore tuméfié.

L’agent lui lance : “Tu as de la chance, si Hollande n’était pas passé, on t’aurait massacré”. Mounir demande un peu de respect, précise qu’il a un travail de gérant de magasin. Ses deux amies tentent en vain de s’interposer. L’agent s’approche, gaze Mounir dans les yeux avec sa bombe lacrymogène. Une fois à terre, Mounir aurait reçu un coup à la tête et dans les côtes. La seconde brigade décampe.

Appelés par les filles, les pompiers arrivent et réaniment Mounir. En entendant la mésaventure, les soldats du feu appellent une troisième brigade de policiers. Ces derniers ne semblent pas étonnés et rassurent Mounir : “Ne vous inquiétez pas, ils ont été filmés”. Les pompiers le conseillent également : “Rappelez-vous, c‘est au minimum non assistance à personne en danger de vous avoir laissé là”. Les fonctionnaires de police donnent à Mounir le contact d’un commandant de l’IGS. Une plainte sera déposée le jour même.

Enquête en cours

Les quatre certificats médicaux réalisés montrent que Mounir n’avait ni bu ni consommé de stupéfiants. Selon les hôpitaux, de quatre à dix jours d’ITT (Incapacité totale de travail) lui ont été donnés. Contacté, le commissaire responsable du XVIIe arrondissement précise : “même si potentiellement, il peut s’agir de mes équipes, je ne suis pas habilité à vous parler”.

Côté communication, la préfecture de police de Paris refuse de s’exprimer sur une enquête en cours. Même sirène du côté de la brigade de pompiers du centre de secours de Champerret intervenus sur place.

Leur presse (Geoffrey Le Guilcher, LesInrocks.com, 17 décembre 2012)

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[Toulouse] Avec ses collègues d’ERDF ou de GRDF rassemblés au sein des Robins des bois CGT de l’énergie, il mène des opérations commandos pour « remettre le jus », parfois au milieu de la nuit, à des familles de Roms, des squatteurs ou des foyers à bout de ressources

Dominique, Robin des bois des compteurs électriques

Technicien cégétiste chez ERDF à Toulouse, Dominique Liot, 57 ans, rebranche des familles précaires auxquelles on a coupé l’électricité, au mépris des risques de sanctions auxquels il s’expose.

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S’il faisait imprimer une carte de visite revendiquant ses engagements politiques ou syndicaux, Dominique Liot aurait du mal à les caser tous : défense des services publics, soutien aux sans-papiers, mal-logés, Roms ou Palestiniens, en passant par la LCR, les Verts comme conseiller municipal de Plaisance-du-Touch, et le Front de gauche aujourd’hui…

À l’approche de l’hiver, les factures d’électricité et de gaz explosent, surtout dans les logements mal isolés habités par des pauvres. « On peut quand même pas laisser ces gens sans chauffage », lance Dominique Liot, figure emblématique de la gauche militante à Toulouse, technicien qui travaille depuis près de 30 ans à ERDF. Avec ses collègues d’ERDF ou de GRDF rassemblés au sein des Robins des bois CGT de l’énergie, il mène des opérations commandos pour « remettre le jus », parfois au milieu de la nuit, à des familles de Roms, des squatteurs ou des foyers à bout de ressources. Dominique Liot lui-même ou d’autres techniciens, tous « des gaziers ou électriciens officiellement habilités », arrivent alors, encagoulés ou pas, avec le matériel nécessaire à la remise en service, mais, précise-t-il, toujours en dehors de leurs heures de travail.

« C’est à des mecs comme ça qu’il faudrait donner la Légion d’honneur, pas à n’importe qui », plaide Jean-Marc Legagneux, secrétaire général du GAF, une association qui aide les sans-logis et qui le sollicite régulièrement pour remettre des compteurs en service. Jean-Marc Legagneux est admiratif de cet homme au physique passe-partout, avec un front dégarni et de fines lunettes. Il décrit un « médiateur exceptionnel écouté de tous », mettant d’accord les organisations qui n’arrivent pas à s’entendre. Il arrive que des assistantes sociales l’appellent, faute de trouver une solution institutionnelle.

« Ça fait du bien »

« La précarité augmente, notre notoriété aussi, donc le nombre de branchements augmente », confirme Dominique Liot. « Quand on remet l’électricité dans un appartement et qu’on voit le sourire émerveillé d’une petite fille, ça fait du bien », confie ce père de quatre enfants, divorcé. Parfois, les Robins des bois prêtent main forte à des collègues en lutte. En 2009, ils ont coupé l’alimentation électrique de deux hypermarchés de la banlieue de Toulouse, par solidarité. La direction d’ERDF Midi-Pyrénées n’a pas souhaité s’exprimer. Dominique Liot a été mis à pied trois semaines après un conflit social dur au printemps 2009. Les grévistes, protestant contre une externalisation des activités, avaient coupé l’électricité dans des zones économiques et, en contrepartie, l’avaient rétablie à des familles démunies. Depuis, Dominique Liot, « monteur exploitation et maintenance », a continué de sévir en n’étant plus guère inquiété par sa hiérarchie. Il explique cette tranquillité par le respect accordé à son travail syndical et par ses soutiens en dehors de l’entreprise. « C’est un syndicaliste qui dérange. Je ne suis pas forcément d’accord avec lui, mais il force le respect par sa force de conviction, et il est irréprochable dans son travail », dit une collègue de travail.

Dominique Liot puise sa combativité dans la figure paternelle. Son père, prisonnier en Allemagne de 1939 à 1945, lui a inoculé la « haine du gaspillage, de l’injustice » et son optimisme. Parti à 17 ans pour Lyon, il a accumulé les emplois d’ouvrier pour payer ses études à l’Institut national des sciences appliquées (INSA) et renoncer en fin de cursus à devenir ingénieur parce qu’il ne voulait pas être « du côté des patrons ». Près de la retraite, qu’il prendra en 2013, Dominique Liot ne dit pas à combien de rebranchements il a procédé. « Pas la peine d’aiguiller la direction. » Il ne dit pas non plus combien il a de complices. Mais il se retirera la conscience tranquille car, assure-t-il, la relève est assurée. Et il continuera à militer.

Leur presse (Republicain-Lorrain.fr, 24 novembre 2012)

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[Palaiseau] Vive la belle !

Des sans papiers s’évadent du centre de rétention de Palaiseau

Le centre de rétention administrative (CRA) de Palaiseau, a été le théâtre d’une évasion dimanche soir vers 19 heures. Quatre étrangers en situation irrégulière ont réussi à quitter le centre et à disparaître dans la nature. Selon les premiers éléments de l’enquête, les sans papiers ont bousculé un gardien afin de s’emparer de sa carte magnétique servant à ouvrir les portes, ce qui leur a permis de sortir et de prendre la fuite.

Presse carcérale (LeParisien.fr, 17 décembre 2012)

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[Le peuple veut une nouvelle révolution/Sidi Bouzid] Le chef de l’État et le président de la Constituante dégagés

Tunisie : deux ans après la révolution, les dirigeants visés par des pierres

Les dirigeants tunisiens ont été visés par des jets de pierre lundi à Sidi Bouzid lors des célébrations du deuxième anniversaire du début de la révolution, témoignant des vives tensions en Tunisie, berceau du Printemps arabe.

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Le chef de l’État, Moncef Marzouki, et le président de l’Assemblée nationale constituante (ANC), Mustapha Ben Jaafar, étaient venus dans cette ville économiquement marginalisée du centre-ouest du pays pour marquer les deux ans de l’immolation de Mohamed Bouazizi.

Les jets de pierre ont commencé après un discours de M. Marzouki, alors que M. Ben Jaafar tentait de s’exprimer devant 5.000 personnes réunies sur la place où le vendeur ambulant excédé par la misère et les brimades policières avait commis son geste.

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Le service d’ordre a évacué les deux dirigeants, qui n’ont pas été touchés, et les manifestants, scandant « le peuple veut la chute du gouvernement » et « dégage, dégage », des slogans révolutionnaires, ont envahi la tribune.

La police n’est pas intervenue, alors que les heurts entre manifestants et policiers se multiplient dans le pays depuis plusieurs mois. En début d’après-midi, le clame était revenu.

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Copieusement sifflé lors de son allocution, M. Marzouki a demandé aux Tunisiens d’être patients, alors que la misère était déjà au cœur des causes de la révolte de l’hiver 2010/2011 qui a renversé le régime de Zine El Abidine Ben Ali.

« Le gouvernement n’a pas de baguette magique pour changer les choses (…). Il a besoin de temps pour solder l’héritage de 50 ans de dictature », a tenté d’argumenter le président, qui avait déjà été chahuté près de la tombe de Bouazizi.

Sinistrée depuis des décennies, la région de Sidi Bouzid, à l’instar du reste de l’intérieur de la Tunisie, estime que le gouvernement, dirigé par les islamistes d’Ennahda, a trahi les engagements de la révolution.

Le Premier ministre islamiste Hamadi Jebali, grippé, n’a pas assisté aux célébrations de lundi.

« Le problème endémique du chômage »

« Les gens au gouvernement agissent comme pour nous punir d’avoir déclenché la révolution. Rien n’est fait pour nous, ils ne font que se partager les fauteuils », s’est insurgé Midani Khassemi, un chômeur de 36 ans blessé durant la révolte.

« Ils nous ont donné quelques chantiers provisoires qui ne résolvent pas le problème endémique du chômage », a renchéri Fader Khlifi, 27 ans.

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VOIR LA VIDÉO

La reprise économique, après la récession de 2011, est minée par l’insécurité persistante et le ralentissement dans la zone euro, principal partenaire économique de la Tunisie.

Selon le ministère de l’Industrie, les investissements ont chuté de 36% dans la région de Sidi Bouzid et les offres d’emplois de 24,3% sur les 11 premiers mois de 2012 par rapport à la même période l’année précédente. Au niveau national, le chômage stagne autour de 18%, nourrissant une rancœur qui dégénère régulièrement en affrontements.

Fin novembre, 300 personnes avaient été blessées au cours de cinq jours de heurts avec la police après qu’une grève a dégénéré en violences à Siliana, au sud-ouest de Tunis.

Outre les problèmes économiques, la Tunisie fait aussi face au défi que représentent les groupuscules islamistes radicaux qui ont orchestré des heurts, parfois sanglant, depuis l’été.

Depuis une semaine, l’armée pourchasse ainsi un groupe armé soupçonné d’appartenir à la mouvance salafiste dans la région de Kasserine, voisine de Sidi Bouzid. Et les autorités ont annoncé le démantèlement d’un réseau de recrutement d’Al-Qaïda.

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Des islamistes radicaux étaient présents en nombre lundi dans la foule qui a conspué M. Marzouki.

En outre, la Tunisie est plongée dans une impasse politique, l’ANC ne parvenant pas à aboutir à un compromis sur la future Constitution, 14 mois après son élection.

Publié par le savoir-faire français (Agence Faut Payer, 17 décembre 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] Lettre d’un cégétiste à l’UD 44

Lettre envoyée à mon syndicat suite aux prises de position de certains responsables départementaux sur le projet de NDDL

Hasta la victoria siempre.

Laurent

Militant Cégétiste et engagé dans le combat contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, je suis en désaccord avec les prises de positions exprimées par différents responsables départementaux de la CGT sur ce dossier. Y a-t-il eu un débat au sein de l’UD sur ce projet qui permet à certains seulement de s’exprimer ? Dans le numéro de janvier 2012 de l’Union des Travailleurs Anthony Lemaire, après avoir pris quelques pincettes : « Il n’est nullement question pour nous de discuter de l’opportunité de ce projet », rédige un article ou il n’est jamais envisagé que l’aéroport ne puisse jamais voir le jour. Cet article aurait pourtant pu être l’occasion d’ouvrir le débat sur un projet qui divise les organisations politiques, à gauche en particulier mais aussi les organisations syndicales.

Le lundi 10 décembre, Yves Tual s’exprimait sur Télé-Nantes et défendait mordicus le projet de Notre-Dame-des-Landes. Parlait-il au nom de la CGT, ou en son nom propre ? Les propos caricaturaux tenus, au cours de cette émission, n’ont pas servi à éclairer ce débat pourtant utile sur la pertinence qu’il y a ou pas à construire cet aéroport. Pourquoi parle-t-il de squatters professionnels ? Il les connaît ces jeunes militants qui dénoncent un modèle de développement mortifère pour les prochaines générations ? Au nom de l’emploi il faudrait donc produire tout et n’importe quoi ? Bien sûr qu’il faut des infrastructures, mais pas pour remplacer celles qui existent déjà. Quel avenir pour Airbus à Bouguenais ? Qui va payer pour la piste indispensable à l’usine ? D’accord il faut des avions mais est-il normal d’aller en avion à Paris ou à Lyon ou faut-il mieux développer le rail pour les liaisons internes ? Quel développement pour l’Ouest de la France si les infrastructures ne servent au final qu’au Pôle Métropolitain Nantes – Saint-Nazaire ? Qu’est-ce qu’on mange demain si on continue à artificialiser les terres agricoles ? Après avoir été le lieu des convergences des luttes ouvrières et paysannes de la fin des années 60, ne reste-t-il plus rien en Loire-Atlantique de cette solidarité entre ouvriers et paysans ? Qu’est-ce qui reste pour les zones sensibles, les zones humides, la biodiversité ? L’histoire ne nous a-t-elle pas appris que les premières victimes de la pollution ce sont les travailleurs : les milliers de morts de l’amiante, les ouvriers agricoles victimes des pesticides, ceux de Seveso, Tchernobyl, Fukushima… Plus 4°C en moyenne d’augmentation de la température avant la fin du siècle : qui va souffrir ? Les actionnaires des grands groupes ou les travailleurs ? Les pauvres ou les riches ? Faut-il limiter le débat à la seule alternative croissance ou décroissance comme le dit Yves Tual ou a-t-on le droit de réfléchir à un autre mode de développement ? Le bonheur passe-t-il par le toujours plus ou par le mieux ?

Pour en avoir été témoin direct, je peux dire qu’en trente ans de militantisme associatif, politique ou syndical, jamais je n’avais assisté à un tel déchaînement de violence de la part des autorités. Les médecins présents sur place ont fait écho dans la presse des violences infligées aux opposants. La CGT s’honorerait à au moins dénoncer la répression inadmissible infligée aux opposants.

Toutes ces questions auraient pu être posées si un vrai débat avait eu lieu au sein de notre organisation syndicale. Au lieu de cela on laisse parler en notre nom, un leader syndical, déconnecté des problématiques de demain, engoncé dans ses certitudes productivistes, méprisant pour tous ces jeunes qui réfléchissent [et] essayent d’inventer un autre monde.

Par ce courrier, je demande à l’UD 44 d’organiser le débat sur le projet de Notre-Dame-des-Landes et une dénonciation claire et nette de la répression.

Fraternellement

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[Flics porcs assassins] « De quels genre de frissons peuvent-ils être emplis quand ils étouffent la mort de Hakim Ajimi, Wissam El Yamni, Duquenet Luigi ou Jamal Ghermaoui ? »

« Stop aux crimes policiers »

Jeudi 8 novembre, le groupe de rap La Rumeur a fêté ses 15 ans à l’Olympia. Connu pour son engagement, ce groupe a invité, pour l’occasion, quelques familles ayant perdu un proche suite à des violences portées par des fonctionnaires tels que policiers et surveillants de prison.

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Juste avant d’accéder à la mythique salle de l’Olympia, à l’entrée, des collectifs ont installé des tas de feuilles présentant chaque cas de mort. Des T-shirts portant le nom des victimes habillent le mur. De nombreuses personnes viennent au stand poser des questions et prennent le temps d’échanger.

Beaucoup de collectifs sont de la partie. Entre autres, Vérité et Justice pour Mahamadou Marega, Vérité & Justice pour Jamal, Vérité et Justice pour Ali Ziri, ou encore Urgence, notre police assassine. Omar Mahdi s’est joint à ces collectifs pour représenter son fils Youssef qui s’est noyé le 5 juin 2012 à Melun, alors qu’il essayait d’échapper aux policiers.

Ces victimes ont des points communs : elles proviennent de quartiers populaires et sont issues de l’immigration nord africaine et subsaharienne. La plupart des affaires s’étale sur plusieurs années et aboutit à des non-lieux…

Mariam Touré, tante de Mahamadou Marega, nous livre son désarroi suite au non-lieu ordonné par la justice : « J’attends que la justice fasse réellement son travail, que les policiers soient jugés comme n’importe quel citoyen. Pourquoi la justice française condamne un meurtrier et pas un policier meurtrier ? » La commémoration des deux ans de la mort de Mahamadou se déroulera samedi 1er décembre 2012.

Un non-lieu a aussi été prononcé dans l’affaire Ali Ziri. Omar Slaouti, ardent militant,  trouve que « ces affaires de violences policières, c’est une responsabilité qui relève de l’État car ce n’est pas seulement des policiers qui font mal leur boulot, c’est aussi la justice qui les disculpe ! »

Comment expliquer toutes ces morts ? Pourquoi tant de crimes similaires restés impunis ? D’après les dires des familles, certaines preuves du dossier disparaissent… Comment remédier à cela ? N’est-il pas temps que le gouvernement s’attelle à la tâche pour éviter que d’autres victimes subissent le même sort ? N’y-en-a-t-il pas déjà assez eues ? Pourquoi ne pas tendre vers un « organisme indépendant » qui enquêterait sur la police, comme le gouvernement canadien souhaiterait créer ? Des peines exemplaires à l’encontre de policiers coupables d’homicides volontaires ne dissuaderaient-elles pas ces policiers se croyant tout permis ? Pourquoi l’usage d’une violence démesurée alors que la plupart du temps, les policiers sont largement en supériorité numérique face à la victime ? Certains policiers n’auraient donc pas de scrupules à donner la mort ? Tant de questions posées par les familles des victimes. La sonnette d’alarme a été tirée depuis des dizaines d’années déjà mais rien ne bouge…

Refusant la fatalité, tous ces collectifs travaillent ensemble afin de coordonner leurs actions car ils mènent le même combat : condamner l’impunité accordée aux policiers. Une réelle solidarité entre ces divers collectifs se fait ressentir dès le premier abord. Chacun prend le temps d’informer les gens avec cette âme volontaire que rien ne semble pouvoir décourager. Leurs paroles, leurs attitudes corporelles laissent transparaître cette envie d’obtenir gain de cause. Pour cela, ils ont besoin de l’aide de tous. En effet, les collectifs profitent du temps de parole sur scène pour s’adresser au public afin de l’informer, de le sensibiliser et de le mobiliser dans les divers rassemblements, ceci dans le but d’interpeller les politiques. En effet, les collectifs demandent des comptes au gouvernement et aimeraient que justice soit rendue à juste titre. Une pétition a été mise en ligne par Vies volées ainsi que par Urgence notre police assassine.

Le public reste attentif durant toute l’intervention, le silence est surprenant. Les discours sont entrecoupés d’applaudissements. Les gens scandent même « Pas de justice, pas de paix. » Les gens sont touchés. Peut-être que naissent à ce moment là de nouveaux militants ? En tout cas, Yoris, s’investit déjà depuis un an au sein du collectif Vérité & Justice pour Jamal. Il nous explique son engagement : « Ayant vécu ce genre d’affaires dans ma ville, je me suis tout de suite senti concerné. J’ai voulu apporter ma chaleur et mon humanisme. À partir de l’expression de mon soutien à la famille Ghermaoui, je me suis senti responsable de la confiance qu’elle m’avait accordée. »

Les militants sont nombreux mais le noyau dur de cette lutte est les familles des victimes, d’où la création du collectif Vies volées composé de ces familles. Ramata Dieng, porte-parole du collectif, a, elle-même, perdu son frère Lamine, mort dans un fourgon de police le 17 juin 2007. Elle exprime les desseins du collectif : « Nous voulons dénoncer les crimes policiers et l’impunité de ces policiers criminels. Que ces crimes policiers cessent ! On veut que justice soit faite mais aussi que cela s’arrête. Vous pouvez d’ailleurs consulter la liste des nombreuses victimes dressée par le site Que fait la police ?, l’observatoire des libertés publiques de Maurice Rajsfus. »

De même, Amal, sœur d’Amine Bentounsi, a créé le collectif Urgence, notre police assassine : « nous voulons en finir avec cette omerta de la part du ministère de l’Intérieur et de la Justice qui vise à protéger ces policiers qui bénéficient d’une justice plus que charitable. Que les lois de la République française soient applicables pour tous sans exception ! »

D’autre part, Rafick Chekkat, très actif au sein du collectif État d’exception précise que suite au dépôt de la plainte de la famille Ghermaoui et aux mobilisations, une fenêtre médiatique s’est ouverte. « Nous comptons l’utiliser au mieux pour faire du meurtre de Jamal l’évènement catalyseur, qui cristallise tout ce qui peut se passer en prison et aussi dans nos quartiers. » Cette fenêtre médiatique est complétée par l’engagement de certains artistes, notamment La Rumeur qui ne manque pas de chanter Le chemin est long. Lorsque les paroles suivantes retentissent : « De quels genre de frissons peuvent-ils être emplis quand ils étouffent la mort de Hakim Ajimi, Wissam El Yamni, Duquenet Luigi ou Jamal Ghermaoui ? », l’émotion se lit dans les yeux des proches des victimes. Farid El Yamni, frère de Wissam, décédé le 9 janvier 2012 à Clermont-Ferrand, suite à une interpellation musclée de policiers confie  : « C’est bien que des gens qui sont écoutés tels que les artistes portent nos voix. Il faut maintenant toucher d’autres publics car le public de La Rumeur est déjà convaincu. »

A la fin du concert, certains viennent serrer la main de Ramata Dieng ou la regardent avec le pouce levé en signe d’approbation de son combat. Une personne du public affirme : « Votre discours m’a serré le cœur car je connais aussi un petit jeune qui est mort en prison dans des conditions suspectes. »

Les têtes qui bougent, les mains en l’air ont bien montré que le show de La Rumeur a été très apprécié mais la particularité de ce concert s’est dessinée lors de l’intervention des collectifs où une véritable émotion s’est dégagée. De nombreuses personnes du public saluent l’initiative de La Rumeur qui a offert un temps de parole aux collectifs, mais le message va-t-il sortir au-delà des murs de l’Olympia ? Une prise de conscience et une mobilisation collectives suffiront-t-elles à alerter les politiques ? Mais surtout le gouvernement va-t-il enfin daigner mettre en place des solutions concrètes afin d’éviter que ses citoyens ne meurent sous les coups de la police ?

Ces 30 dernières années, plus de 200 morts ont été déplorés suite à des interpellations policières. Si Amnesty international a pointé du doigt la France au sujet des violences policières et de leur impunité, sur le terrain, aucun changement.

Rajae Belamhawal – BondyBlog, 20 novembre 2012

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[Notre-Dame-des-Landes] Une camarade est aujourd’hui à l’hôpital avec une fracture au tibia et à l’orteil, et avec le gros orteil en moins

Comment amputer des militant-e-s ? Faites appel au Parti socialiste et à ses robocops ! Du terrorisme d’État sur la ZAD…

Le dimanche 16 Décembre au soir, des camarades tentent de déloger de dangereux flics qui bloquent depuis plusieurs jours un carrefour, près des lieux d’organisation de la ZAD.

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Fouilles répétées, limitation au droit de circuler, contrôles d’identité, humiliations quotidiennes, provocations, ces dangereux terroristes n’ont eu de cesse depuis une semaine de se donner à cœur joie au régime de la terreur sur la ZAD.

Les camarades ne pouvaient que réagir à cette occupation militaire sur un territoire qui appartient à ceux/celles qui y vivent, qui y cultivent, qui l’aiment et qui y tissent des liens. Il fallait réagir et s’opposer à ces chiens de garde du PS et du capital, et les inciter (inutile de leur demander) à rentrer chez eux/elles, retrouver leurs familles et peut-être pouvoir réfléchir à l’(in)utilité et à la violence de leur métier.

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Mais évidemment, la hiérarchie ne le voit pas de cet œil là, elle qui est confortablement installé dans ses bureaux chauffés, en train de siroter leur whisky de luxe et à planifier sur une carte l’aménagement du territoire, en pensant bien sûr aux nouveaux profits et relations mafieuses que cela pourra leur amener. Alors ces bureaucrates, ces énarques, ces mafieux des temps modernes, il aiment pas trop qu’on veuille déloger ces « respectables » (sic) robocops qui sont bien utiles pour faire leur sale boulot !

Et comme ils se rendent compte que malgré leur mobilisation importante, la nôtre grandit de jour en jour ainsi que la solidarité envers nos différentes tactiques face à leur oppression quotidienne, ces mafieux se disent qu’en en blessant quelques-un-e-s d’entre nous, ils arriveront bien à nous terroriser ! Et pourtant la phase de répression violente du 23/24, avec une centaine de camarades blessés, n’a fait que renforcer notre rage et notre solidarité ! Mais comme ils ne possèdent que cela comme arme de persuasion, avec la répression judiciaire, et qu’ils ont la sympathie de la plupart des médias, pourquoi ne pas recommencer…

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C’est donc ce qui s’est passé ce dimanche 16 Décembre au soir, quand des camarades ont voulu dire non à l’oppression constante sur la ZAD. Leur violence « légitime » (sic) (terroriste oui !) s’est abattue une nouvelle fois, et c’est une camarade qui en a pris les conséquences.

Une camarade qui est aujourd’hui (le 17/12) à l’hôpital avec une fracture au tibia et à l’orteil, et avec le gros orteil en moins (amputation !) ! Les robocops ayant une nouvelle fois utilisé leur jouet de mutilation préféré : la grenade de désencerclement (sic) !

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Mais messieurs les mafieux, sachez que votre violence n’a que pour effet de nourrir notre détermination, notre rage et notre espoir à voir tomber ce projet d’aéroport stupide !

Vous êtes à court d’arguments, et vous utilisez la force… Chaque jour, nous en avons d’autres pour réclamer votre chute, celle du projet d’aéroport et du monde qui va avec !

Le terrorisme d’État ne passera pas !

Des cagoulés opposés aux terroristes

Collectif de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, 17 décembre 2012

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