« Rien à déclarer » : pourquoi nous refusons de participer à notre propre répression

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgCela fait maintenant deux ans qu’une enquête pour « diffamation publique envers des fonctionnaires publics » et « incitation à la commission d’une atteinte à la personne non suivie d’effet » est ouverte, et ce contre le tract Correspondants de nuit : des agents de proximité de la guerre aux pauvres, publié fin 2010 sur Indymedia et repris ensuite sur plusieurs sites, dont Non Fides et Retour à Belleville, mais surtout diffusé massivement dans plusieurs quartiers du Nord-Est parisien.

Dans le cadre de cette enquête, nous avons reçu de nombreuses convocations (courriers simples puis recommandés et appels de la police judiciaire sur les téléphones portables) que nous avons choisi d’ignorer, des proches ont également été convoqués et interrogés.

Suite à ces refus de collaborer au boulot des flics, ceux-ci décident de procéder à deux perquisitions, d’abord chez Dan le 15 mai 2012, puis chez Olivier le 22 janvier 2013, lors desquelles ils nous ont volé ordinateurs, clés USB et disque dur externe. Jusque-là, nous n’étions pas mis en examen, mais aujourd’hui, la juge Maïa Escrive nous convoque pour une « première comparution en vue d’une mise en examen ».

Olivier est accusé d’avoir publié le tract sur Non Fides. Dan de l’avoir publié sur Non Fides et sur Retour à Belleville, et d’en être l’auteur.

Un cérémonial cousu de fil blanc auquel nous refusons de participer, et ce pour plusieurs raisons :

• Tout d’abord, parce que cette juge et son bras armé de la BRDP, font régulièrement équipe dans toutes sortes d’affaires de diffamation concernant de misérables people et autres racistes patentés, tant de cas dans lesquels la question de la « liberté d’expression » revient sans cesse. Mais que les choses soient claires : en tant qu’anarchistes nous ne sommes pas intéressés par ce débat, car pour nous la liberté n’est pas une question de concession du pouvoir, sous la forme du droit, ni la liberté au sens libéral et bourgeois du terme, conjugable, négociable et divisible à l’infini.
En somme, il est tout a fait hors de question pour nous de discuter avec un juge de ce que nous aurions ou non le droit d’écrire ou de diffuser.

• Ensuite, nous savons très bien de quoi cet interrogatoire serait fait : des questions juste pour la forme, et un refus de répondre à quoi que ce soit. Nous n’avons rien de plus à dire à une juge que ce que nous avons à dire aux flics, à savoir : « rien à déclarer ».

• Aussi parce que nous savons que cette affaire n’est qu’un prétexte de plus pour les flics et la justice de nous emmerder, après nous avoir jetés quelques mois en prison en 2011 pour une autre affaire, et quelques trois années de divers contrôles judiciaires quasi-ininterrompus, qui font que nous ne pouvons théoriquement ni nous voir, ni sortir du territoire, que nous devons en principe pointer chaque semaine au commissariat et payer une rançon de 4000 € à l’État. Toutes ces mesures (qui nous touchent nous comme elles ont frappé d’autres camarades avant nous et des dizaines de milliers de personnes un peu partout) ont pour objectif de nous briser, en nous isolant l’un de l’autre et en nous isolant d’un mouvement, mais aussi de casser des dynamiques de lutte.
Tout cela alors qu’un jugement, notamment pour « destructions ou dégradations par l’effet d’une substance explosive, d’un incendie ou de tout autre moyen de nature à créer un danger pour les personnes », « dégradations de biens en réunion » (et sa cohorte de refus de signalétique et de prélèvements biologiques) menace toujours de tomber d’un jour à l’autre, procès qui visera au total une bonne dizaine de personnes, dans le cadre de la lutte contre la machine à expulser à Paris.

• Enfin, il serait dégradant, à chaque fois que nous sommes sifflés à la niche “Palais de Justice”, d’accourir servilement en remuant la queue.

Pour toutes ces raisons-là, nous ne nous présenterons pas à la convocation prévue pour ce 13 mars au TGI de Paris, en tout cas pas de notre plein gré.

Ces quelques lignes n’ont pas pour but de soulever l’indignation, ni de crier à la répression de « nos médias libres », ni de pointer les projecteurs sur quiconque.

Ce modeste tract, nous nous foutons bien de savoir qui l’a écrit, nous laissons cette vilaine tâche aux assassins qui gouvernent, qu’ils soient en costard, en soutane, en toge ou en uniforme, mais nous en partageons le contenu et la volonté de le diffuser. Comme nous affirmons notre volonté de diffuser toute invitation à la révolte contre les rapports de domination qui régissent ce monde, car nous refusons de laisser la guerre sociale à ceux qui la mènent contre nous.

Vive l’anarchie.

Le 6 mars 2013,
Olivier et Dan

Base de données anarchistes

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[Bouffe pour pauvres] De la merde, évidemment… mais arôme chocolat

Ikea : de la matière fécale dans des tartes au chocolat ?

Nouveau scandale alimentaire en vue chez Ikea ? Après avoir retiré ses célèbres boulettes de viande de la vente parce qu’elle contenait du cheval, le géant suédois a annoncé mardi que ses tartes aux chocolat et aux amandes allaient disparaître de ses cafétérias car elles pourraient contenir… de la matière fécale.

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23 pays sont concernés par ce retrait. Ikea n’a pas été en mesure fournir la liste de ces pays mais le directeur d’Ikea Food France a assuré ce mardi « qu’il n’y a ni en magasin, ni dans ses restaurants aucun de ces lots de gâteaux en vente actuellement » dans l’Hexagone.

Douanes chinoises

Les autorités sanitaires chinoises sont les premières à avoir émis des soupçons sur la qualité de ces « croquants au chocolat », baptisés « chokladkrokant » en langue originale et produites par le Suédois Almondy.

Interceptés dans le port de Shanghai, 1800 de ces gâteaux, destinés à nourrir la clientèle chinoise, n’ont pas résisté aux tests de l’Administration générale du contrôle de la qualité, de l’inspection et de la quarantaine. Selon elle, ils contenaient « un niveau excessif de bactéries coliformes », rapporte le quotidien local Shanghai Daily. Les douanes ont donc décidé de les détruire, plaçant le vendeur de meubles scandinave une nouvelle fois au pied du mur.

Les niveaux de matière fécale sont « bas », selon Ikea

Pour l’heure, le groupe essaie de minimiser la gravité de l’affaire, tout en défendant une mesure de précaution. « Il y a des indications selon lesquelles les niveaux de bactéries découverts sont bas mais nous devons évidemment connaître le chiffre exact, et savoir ce qui s’est passé », a assuré la porte-parole Ylva Magnusson.

Ces bactéries, normalement peu dangereuses pour les consommateurs, sont généralement « une indication de contamination fécale, même si ce n’est pas toujours le cas », tente de rassurer, de son côté, un microbiologiste de l’autorité de sécurité alimentaire suédoise Mats Lindblad.

« Le Groupe IKEA est en contact avec le fournisseur (NDLR : Almondy) pour obtenir une analyse complète de la situation », assuré Ikea France dans un communiqué.

Presse de merde (LeParisien.fr avec l’Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

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[Mulhouse] La manif du 5 mars bouscule les bureaucraties syndicales

Petit compte-rendu reçu de la manif du 5 mars à Mulhouse :

La manifestation du 5 mars à Mulhouse, entre 4 et 500 manifestants. Ce qu’il y avait de significatif c’est que devant le refus des directions syndicales à manifester, c’est la base syndicale militante CGT de PSA (avec un tiers des manifestants venant de PSA, dont pas mal qui avaient débrayé) qui a entraîné tout le monde dans une manifestation laissant sur place les bureaucrates de FO, CGT et Solidaires (FSU absente) qui ont refusé de suivre et animant une manifestation très dynamique, avec la pêche et peu ordinaire où la base avait la parole.

Tout le long de la manif, des slogans et discours d’écorchés vifs, qui allaient du plus simple « on en a marre », « on veut du pognon » ou « CFDT trahison » au plus radical « pendons les actionnaires ». Cette manif non encadrée par les appareils montre les évolutions de volonté et de mentalité de la base militante ouvrière qui pourrait bien demain bousculer plus généralement et largement les bureaucrates syndicaux.

Solidarité ouvrière, 6 mars 2013

 

(…) Mulhouse : des flottements

À Mulhouse, l’événement a pris un tour imprévu trois quarts d’heure après l’heure officielle (16h) du début du rassemblement organisé place de la Bourse. Devant la faible affluence (400 personnes environ), les représentants locaux de l’intersyndicale CGT-FO-FSU-Solidaires s’apprêtaient à décréter la dispersion pure et simple, quand une trentaine de cégétistes de PSA Mulhouse en ont décidé autrement.

Prenant de vitesse les « officiels », ils ont entraîné les autres manifestants vers la Porte du Miroir, puis rue Jacques-Preiss, avenue Kennedy et Porte Jeune, à grands renforts de slogans rageurs ( « Pendons les actionnaires ! », « Grève générale ! » , « Gouvernement collabo ! » … etc.).

Nouvel instant de flottement, à 17h30, devant le centre commercial de la Porte Jeune, quand quelques meneurs ont soudain manifesté l’intention de pénétrer les lieux, « en signe de solidarité » avec les salariés de trois enseignes promises à la fermeture (Saturn, City Bloom et Nocibé) : rapidement abandonnée – une partie des manifestants était contre –, l’idée a néanmoins provoqué l’arrivée préventive (et en trombe) de six cars de CRS… Ce qui n’a pas empêché la manif de se disperser dans le calme, peu avant 18h, au retour place de la Bourse. (…)

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LAlsace.fr, 6 mars 2013)

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[Révolution égyptienne] « Mais tout cela n’arrêtera pas la marche de la révolution ; la faim et la pauvreté seront son combustible, et la fronde des provinces son nouveau fer de lance »

Brèves d’Égypte

Les peuples de Port-Saïd et de Mansoura ont fait aujourd’hui leurs derniers adieux solennels et furieux à la fois à leurs martyrs, cinq dans la première ville et deux dans la seconde.

Les cris de haine et de dénonciation scandés contre les Ikhwans furent le leitmotif des manifestants dans les deux villes.

À Port-Saïd, selon différentes sources, la police devrait se retirer sous peu pour laisser place à l’armée qui s’est rangée auprès de la population révoltée, lui ayant assuré son soutien et sa protection. L’escalade de la violence entre l’armée dont un grade moyen fut blessé par balles par la police, et cette dernière, est très inquiétant ; beaucoup pensent qu’il s’agit d’un complot entre les Frères et le ministère de l’Intérieur de fomenter des affrontements entre l’armée et les forces de sécurité de l’État, qui mèneraient à un chaos redoutable. Rappelons que les forces de la police, comptent plus d’un million et demi d’effectifs contre 450.000 pour l’armée. Elle est héritée du régime Moubarak qui a renforcé cet organisme répressif pour se protéger. Les Ikhwans reproduisent les mêmes pratiques, la même politique. Seulement cette police acquise aux méthodes les plus infâmes et les plus répressives, n’a pu tenir le coup face au déferlement populaire du vendredi de la colère, 28 janvier 2011. Certes l’histoire ne se répète pas, mais les Port-Saïdi et les Mansouri sont en train d’écrire une nouvelle page de résistance dans l’histoire de cette révolution, et ils ne céderont pas.

Les révélations récentes de l’ancien responsable de la prison de Wadi El Natroun, de laquelle s’est évadé Morsi El Ayat avec 35 des membres de la confrérie et quelques éléments du Hamas le 28 janvier 2011, confirment les rumeurs sur une éventuelle aide des éléments des Frères de Gaza qui ont facilité cette évasion. Je rappelle que Morsi El Ayat, ainsi que d’autres Ikhwans, croupissaient dans les prisons de Moubarak lors de l’éclatement de la révolution, l’enceinte de l’établissement carcéral de Wadi Natroun, fut détruite par un buldozer, des cagoulés armés ont libéré tous les détenus, et ce jour-là, Morsi a pu joindre la chaîne Al Jazira pour annoncer sa libération avec ses camarades, par satellite, or tous les réseaux d’internet et de téléphone étaient coupées en Égypte à ce moment. Les demandes déposées auprès du procureur général pour ouvrir une enquête sur ces faits, sont restées lettre morte. Mais le témoignage du directeur de la prison ont réouverts la plaie, certains juristes exigent le retour de Morsi en prison affirmant qu’il a perdu toute légitimité. Mais qui pourrait  contraindre cet ancien repris de justice devenu président du plus grand pays du monde arabe et qui plus est, bénéficie du soutien des États-Unis et de l’Europe ? Personne en réalité, le peuple sûrement.

La deuxième révélation qui défraie la chronique depuis deux jours, est celle de la falsification des listes électorales. Selon une équipe conjointe de chercheurs statisticiens de l’Université de Monouféya (centre du Delta) et de l’organisme des statistiques, qui travaillent depuis près de deux ans sur la question, les listes comporteraient 9 millions de fausses voix (devant être soustraites des 52 millions de votants). Ces chercheurs ont constaté la répétition des noms de certains électeurs allant de trois à sept fois, avec le même numéro de cartes d’identité ou avec des numéros différents. Ils ont prouvé qu’il ne s’agit pas d’homonymes, mais d’une manipulation délibéré pour fausser les résultats au profit de l’ex-PND. À la suite de la chute du régime Moubarak, les forces démocratiques ont déposé des dizaines de plaintes auprès du procureur général pour exiger la révision des listes électorales, tout a été jeté dans les poubelles.

Avec un président Al Capone, qui a perdu sa légitimité, à tous les niveaux, et un système électoral basé sur un vice de fond d’entrée de jeu, de quelle démocratie nous parle-t-on ? et surtout  quelle stabilité recherchée par les États-Unis ? Le secrétaire d’État américain est venu s’assurer que la sécurité d’Israël et seulement celle-ci, était bel et bien garantie par El Ayat et ses Frères. Et au moment où il buvait à la santé de cette sécurité, des dizaines de blessés et des morts tombaient sous les bombes lacrymogènes et les cartouches que son pays venait juste de livrer à l’Égypte, il n’en a pas soufflé un mot. Les droits de l’homme ne sont pas valables pour nos peuples, nous sommes des sous hommes, mal nourris, illettrés  et pauvres. Et au moment où le rationnement des galettes de pain entrait en vigueur dans les villes du Sud, trois galettes rationnées par personne (le pain étant l’unique nourriture des plus pauvres) ; l’ambassadrice des États-Unis, et oh quel cynisme, vantait les mérites des fraises égyptiennes destinées à l’exportation ; ya salam… !

Mais tout cela n’arrêtera pas la marche de la révolution ; la faim et la pauvreté seront son combustible, et la fronde des provinces son nouveau fer de lance. Les premiers résultats des élections des unions estudiantines dans les universités témoignent du refus, d’une jeunesse qui a soutenu en masse il y a juste 7 mois la candidature d’El Ayat, de la supercherie, du mensonge, de l’instrumentalisation de la religion, de la répression et du massacre des éléments les plus prometteurs de ce peuple. Les villes du Canal, et en particulier Ismailéya, qui a donné naissance à ce mouvement d’un autre âge sera prochainement son tombeau. Ce régime ne tient que par la répression policière, elle s’est avérée très fragile face à un mouvement massif des masses. Il est en train de se préparer.

Aujourd’hui, le FSN, a réitéré sa position de boycott total des élections, nous ne participerons pas à cette farce, et surtout pas sur les cadavres de nos martyrs.

La révolution continue

Galila El Kadi – Mailing, 6 mars 2013

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[Do It Yourself] Main basse sur la ville, mode d’emploi

Zurich : pantalon à double-fond pour voler des natels

Être voleur de téléphones portables requiert de l’imagination et des talents insolites. Ainsi, un homme de 27 ans a enfilé deux pantalons l’un sur l’autre en cousant le bas afin de pouvoir glisser son butin dans l’entre-deux. Il s’est fait arrêter par la police zurichoise samedi soir avec 50 natels sur lui.

Le voleur présumé avait visé une discothèque du centre-ville de Zurich. Peu après minuit, plusieurs personnes ont remarqué la perte de leur téléphone. Grâce à la fonction de localisation de téléphones, un des fêtards a vu où se trouvait un des appareils manquants.

Accompagné de plusieurs personnes, il a pu mettre la main sur l’homme au pantalon à double-fond. Une fois sur place, les agents ont arrêté le ressortissant roumain, a indiqué à l’ats une porte-parole, confirmant une information de 20Minuten.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (ats, 4 mars 2013)

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[Shangpu, Guangdong] « Protéger nos terres agricoles »

Chine. Un village se rebelle… Simple étincelle ou début d’un incendie ?

Des dizaines de carcasses de voitures, des banderoles réclamant « avec force des élections légales et démocratiques », des barrages policiers… Comme l’a révélé l’AFP dimanche 3 mars, les habitants du village de Shangpu, dans le sud de la Chine, tiennent tête depuis une semaine aux autorités locales. Un face-à-face peu banal dans ce pays.

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« Protéger nos terres agricoles » et « Si les gens ne m’attaquent pas, je n’attaque pas les gens. Si les gens m’attaquent, je riposte », peut-on lire sur ces banderoles déployées à l’entrée du village de Shangpu, le 2 mars 2013.

Alors que l’Assemblée nationale populaire a ouvert mardi sa session annuelle, dernier épisode de la transition à la tête du pays, francetv info revient sur cette rébellion et sur ses possibles conséquences.

Une révolte des villageois pour défendre leurs terres

Tout commence par un contrat passé entre le chef du village et un homme d’affaires local pour la location de 33 hectares de terres agricoles appartenant à la commune. L’entrepreneur projette de construire dans les rizières des usines de câblage électrique. Les habitants, qui craignent de ne pas être correctement indemnisés pour la perte de leurs récoltes, s’opposent à la transaction.

« Les cadres du village ont fait une opération illégale et loué les terres à bas prix », argumentent-ils dans une pétition remise aux autorités. Ils réclament le droit de donner leur avis sur le projet et le droit d’élire de manière transparente le chef du village. La situation dégénère lorsque, le 24 février, des hommes de main, employés selon les villageois par l’entrepreneur et le chef du village, débarquent à Shangpu pour mater la contestation. http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/34.pngArmés de pelles et d’autres armes, ils sont accueillis par une volée de bambous et de briques.

Les villageois prennent le dessus et brûlent les véhicules des assaillants, qui jonchent désormais l’entrée du village. Huit habitants sont blessés, six sont arrêtés. Depuis cette bataille, le calme est revenu. Les autorités, qui souhaitent probablement éviter tout débordement pendant la session annuelle, se contentent de bloquer les accès au village. « Nous avons peur qu’elles reviennent », explique un villageois, bien conscient que ce statu quo ne devrait pas durer.

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Un jeune garçon joue dans la carcasse d’une voiture détruite par les habitants, le 2 mars 2013 à Shangpu (Chine).

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/37.jpghttp://juralib.noblogs.org/files/2013/03/401.jpgL’expropriation embrase les campagnes chinoises

Des incidents comme celui de Shangpu, la Chine en connaît des centaines de milliers chaque année. Selon une étude (en anglais) conduite par l’institut américain Landesa, l’université du Peuple de Pékin et l’université du Michigan, le pays a connu pas moins de 187’000 manifestations de masse et émeutes en 2010, un chiffre impressionnant qui recouvre également des incidents de bien moindre importance que celui de Shangpu. Toujours selon l’étude, l’expropriation est à l’origine de deux tiers de ces événements.

En République populaire de Chine, même si la loi a évolué depuis l’époque maoïste, la terre appartient toujours à la collectivité (État, ville, village, etc). Comme l’explique le site de l’ambassade de France à Pékin, un paysan est donc obligé de signer un contrat d’exploitation avec la collectivité. Ce système n’apporte guère de protection contre l’expropriation, laissant aux autorités locales une grande marge de manœuvre en la matière.

De fait, les officiels locaux en profitent pour financer leur collectivité et s’enrichir personnellement. Toujours selon l’étude de Landesa, citée par Reuters (en anglais), le montant moyen des compensations versées aux agriculteurs s’élève à 13’666 euros par acre (0,4 hectare) pour des terres relouées aux promoteurs immobiliers 566’000 euros par acre. Selon le Wall Street Journal (en anglais), un projet de loi est en cours d’élaboration pour régler ce problème. En attendant, les agriculteurs continuent de descendre dans la rue.

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Les espoirs déçus de Wukan

Si toutes ces révoltes ne prennent pas l’ampleur de celle de Shangpu, l’histoire de ce village rappelle le printemps de Wukan, à 100 km de Shangpu. En septembre 2011, les habitants de ce bourg de 13’000 âmes se révoltent contre le chef du parti local, accusé d’avoir bradé un tiers des terres du village. Onze semaines plus tard, les autorités provinciales donnent raison aux manifestants.

Les cadres corrompus sont emprisonnés et des élections libres sont organisées. Si les chefs de village sont élus en Chine depuis les années 1980, le scrutin est généralement confisqué par le parti, qui gère les candidatures. L’élection de Wukan en mars 2012 est le premier exemple de scrutin libre. Sept personnes, dont des leaders de la révolte, sont élus au comité de village.

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Un habitant de Wukan vote pour le deuxième tour des élections locales, le 4 mars 2012.

Un an après, plus personne ne parle de printemps. Les problèmes de terrain ne sont toujours pas réglés. « Nous avons viré les officiels corrompus pour récupérer nos terres, mais nous n’avons rien reçu. Et le nouveau comité ne nous a pas donné d’explications », déplorait un villageois le 15 février dans le South China Morning Post (en anglais).

Les nouveaux dirigeants du bourg sont également amers. L’un des meneurs de la révolte, élu au comité de village, a depuis démissionné. « Je me suis rendu compte que je ne pouvais rien faire », a-t-il expliqué fin février à Reuters (en anglais).

À l’échelon supérieur, le canton, la province et le pays, les règles du jeu n’ont pas changé. Le petit village démocratique reste coincé sous une écrasante pyramide d’intérêts et de pouvoirs. Dans cet environnement hostile où la liberté d’expression et l’État de droit ne sont pas garantis, des expériences comme celle de Wukan ou de Shangpu ont de grandes chances d’être tuées dans l’œuf.

Leur presse (Thomas Baïetto, francetvinfo.fr, 5 mars 2013)

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[Pour faire du fric, il faut du flic] Le recrutement de la gendarmerie attaqué à Poitiers

Le recrutement de la gendarmerie attaqué à Poitiers

POITIERS, Vienne, France (Fox News) – Vendredi 1er mars 2013, le bureau poitevin de recrutement de la gendarmerie nationale a subi une attaque d’une violence sans précédent. Aux alentours de 18h30, une dizaine d’individus appartenant vraisemblablement à un groupe paramilitaire d’obédience narco-autonome et éco-djihadiste a sauvagement ravagé la vitrine de celui-ci à coups de colle et de bandes de cellulose arborant des messages crypto-terroristes. Selon les services de renseignement, le commando aurait agi en lien avec les dangereux squatteurs de Notre-Dame-des-Landes. De plus, notre envoyé spécial, présent sur le terrain, a pu constater des modes opératoires similaires à ceux employés par les déboulonneurs de pylônes. Les vandales ont quitté la zone bien avant que les forces de sécurité ne déclenchent le plan Épervier (mobilisant toutes les unités disponibles) qui a tout de même permis d’interpeller un individu à l’apparence fort peu honnête. Contacté par notre reporter, Médor, un agent chevronné de la brigade des stups nous confiait, juste après l’opération, être persuadé de l’innocence du suspect, qui a été finalement relâché.

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Cet événement jette un froid dans une ville déjà meurtrie à de nombreuses reprises par de lâches attentats. Poitiers, pourtant, semblait presque paisible. En effet, ses valeureux justiciers en bleu foncé s’étaient attelés à étouffer toute menace terroriste. Reste à espérer que cet acte isolé n’en appelle pas d’autres…

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Indymedia Grenoble, 5 mars 2013

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[Coupe du Monde 2022 au Qatar] Les esclaves travaillent (2)

Mondial 2022 au Qatar : le droit du travail, un sacré chantier

Au Qatar, plusieurs centaines d’ouvriers meurent chaque année dans le secteur du bâtiment. Et la Coupe du monde de football se prépare en dehors de toute légalité.

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La reine Beatrix des Pays-Bas à la rencontre d’ouvriers de Shell à Doha, 10 mars 2011.

Toutes les heures au Qatar, 20 nouveaux ouvriers arrivent pour construire un immense projet baptisé « Qatar 2030 » et dont l’élément phare est la Coupe du monde 2022, acquise dans des conditions troubles.

Selon l’Organisation internationale du travail (OIT), ils seront un million d’ouvriers – immigrés – engagés au Qatar d’ici 2022. Pour construire un aéroport, des infrastructures hôtelières, neuf grands stades ultramodernes et… démontables, le Qatar n’en ayant plus besoin après la Coupe du monde.

Avant que ces ouvriers n’arrivent dans le pays le plus riche du monde (par habitant), on leur parle d’un salaire mensuel de 1.200 à 1.300 riyals, soit 250 à 270 euros. Dans les faits, ce sera plutôt la moitié, selon la Confédération syndicale internationale (CSI).

Au moins 300 morts par an chez les ouvriers du bâtiment

Mettre fin à « l’esclavagisme moderne » au Qatar est devenu la priorité de la CSI, confirme à Rue89 l’Australienne Sharan Burrow, secrétaire générale :

« Ces travailleurs n’ont pas de voix. Ils ne sont pas autorisés à se syndiquer, ils n’ont pas de liberté au Qatar. Nous devons mettre la pression sur le gouvernement qatari pour qu’il y ait une amélioration. »

« Plus de travailleurs vont mourir pendant la construction (des stades) que de footballeurs ne fouleront les terrains », a-t-elle affirmé au journal grec Avgi.

Les chutes d’échafaudages sont la deuxième cause de blessures graves au Qatar après les accidents de la route. Il est extrêmement compliqué de définir précisément le nombre de travailleurs blessés sur les sites en construction.

Au moins 300 ouvriers du bâtiment meurent chaque année sur leur lieu de travail, chiffre communément admis. Leur dépouille est souvent renvoyée dans leur pays d’origine dans un cercueil en bois. Ou disparaît purement et simplement.

L’analyste d’une ONG, qui souhaite rester anonyme car enquêtant actuellement au Qatar, explique à Rue89 :

« Souvent, les travailleurs se sont lourdement endettés pour arriver au Qatar. Ils voient fréquemment leurs passeports confisqués et peuvent être contraints de signer un nouveau contrat en arabe qu’il ne comprennent pas et qui revoit leur salaire à la baisse.

S’ils décident de fuir, s’ils se blessent et ne peuvent plus travailler, ils n’ont plus de moyens de subsistance. Ayant rompu leur contrat de parrainage, ils sont également susceptibles d’être jeté en prison à tout moment ».

Plus de 90% des habitants sont étrangers

Au Qatar, un seul syndicat est autorisé et les étrangers en sont exclus. Problème : le Qatar comptait environ 1.450.000 habitants en 2010 dont 90% de citoyens étrangers. Un record mondial.

Pour Nabil Ennasri, auteur de L’énigme du Qatar ces travailleurs immigrés sont victimes d’une ségrégation.

« Certains jours, les week-ends notamment, sont interdits aux immigrés dans les grands centres commerciaux, et ils vivent dans des labour camp en périphérie des grandes villes. »

Le Qatar ne s’est pas adapté à l’explosion du nombre de travailleurs

L’image que renvoient ces camps d’immigrés est un problème pour la monarchie, qui veut apparaître comme un modèle de développement dans la région.

Répondant à l’indignation de la communauté internationale, le gouvernement qatari a récemment fait construire le camp de Barwa El Baraha. Un prototype de ville nouvelle pour quelque 50.000 travailleurs immigrés.

« Mais la question législative et juridique et les conditions d’accueil et de transit des ouvriers ne bougent pas encore, alors que c’est précisément ce que demande la CSI », souligne Nabil Ennasri.

Pour notre analyste, le Qatar ne s’est pas adapté à l’explosion du besoin de travailleurs, ces 15 dernières années :

« L’État est suffisamment centralisé pour assurer ses obligations mais il est trop permissif et trop peu équipé. Il n’y a que 150 inspecteurs du travail pour une population de près de deux millions d’habitants et d’environ 600’000 ouvriers du bâtiment.

Ça devient donc une véritable loterie. Soit le patron respecte ses ouvriers [sic – NdJL], soit il les exploite. »

Le système du kafala

Dans un rapport publié en juin dernier, Human rights watch parle de travailleurs en conditions très précaires. Pour certains cas, « on peut clairement parler d’exploitation », dit Nicholas McGeeghan, fondateur de Mafiwasta, une association de défense des ouvriers dans le Golfe persique :

« Si tous les ouvriers présents au Qatar ne sont pas des travailleurs forcés, il est évident que le système en place permet voire facilite leur exploitation. »

Ce système qu’adorent les entreprises de BTP, c’est le kafala. Méconnu en Occident, il est pourtant l’une des clés de développement des monarchies du Golfe, explique le chercheur Gilles Beaugé :

« Pour s’installer ou travailler, tout étranger dans le Golfe, qu’il soit entrepreneur ou simple ouvrier, a besoin d’un kafil (sponsor) qui est à la fois le garant juridique de sa présence juridique dans le pays et un intermédiaire avec la société locale. »

Ce système permettait à la base de déléguer à la société civile le contrôle et la régulation de l’immigration. Mais le développement à grande vitesse du Qatar et ses voisins ne permet plus cette régulation. Les travailleurs immigrés se retrouvent à la merci de leur employeur, qui joue le rôle du garant, du parrain, et leur permet d’entrer sur le territoire.

Les organisations internationales alertent régulièrement le Qatar sur les dérives du kafala et appellent à son abrogation. Sa réforme, en 2009, n’est pas allée aussi loin qu’ils l’espéraient.

« Le Qatar viole des traités internationaux qu’il a ratifiés »

Pour tous les spécialistes de la région et du droit international interrogés, le Qatar viole le droit international. Nicholas McGeeghan :

« Le Qatar a signé le protocole international contre le trafic d’êtres humains de l’ONU. Il a aussi signé la Convention contre le travail forcé. En ne s’assurant pas de leur respect, le gouvernement qatari viole les traités internationaux qu’il a ratifiés. »

La CSI a discuté à de nombreuses reprises avec les dirigeants qataris. Sharan Burrow a rencontré deux fois le ministre du Travail, à Genève, en juillet dernier, puis lors du sommet climatique des Nations unies, en novembre à Doha. Tim Noonan, son porte-parole : « Le Qatar s’est engagé plusieurs fois à faire évoluer sa loi du travail auprès de Sharan Burrow. Mais il n’ont jamais évoqué clairement la liberté d’association. »

D’autres organisations internationales ayant rencontré les responsables qataris se sont elles aussi vu promettre des avancées sur ce dossier. Mais ces promesses sont restées lettre morte.

Il en va de même de la Fédération internationale de football.

Le 2 décembre 2010, la Fifa attribuait l’organisation de la Coupe du monde de football au Qatar. Une date historique : c’est la première fois qu’un pays arabe sera l’hôte d’une compétition internationale de cette envergure.

Mais si cette Coupe du monde au Qatar a une infime chance d’être annulée, ce sera du fait de l’enquête de l’Américain Michael Garcia sur les conditions de son attribution, pas parce que le droit international du travail est piétiné tous les jours sur les chantiers des stades.

Presse esclavagiste (Aurélien Delfosse, tempsreel.nouvelobs.com, 28 février 2013)

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[Révolution tunisienne] Bassin minier : les saboteurs à l’œuvre

Tunisie : Baisse remarquable de la production des phosphates durant les deux premiers mois de 2013

TUNIS (Xinhua) – Durant les deux premiers mois de l’année en cours, la production tunisienne des phosphates n’a pas dépassé 217 mille tonnes contre des prévisions tablant sur 598 mille tonnes, soit une baisse de 64%, selon les chiffres de la Compagnie du phosphate de Gafsa (CPG), centrale productive des phosphates siégée au sud-est de la Tunisie.

Contacté mardi par le correspondant de l’Agence de presse Xinhua, le sous-directeur de la communication à la CPG Mohamed Smairi a expliqué cette insuffisance productive par le nombre élevé des sit-in et mouvements sociaux enregistré dans le bassin minier de Gafsa et plus précisément le blocage de l’approvisionnement en eau.

Parmi les sites phares de la production des phosphates en Tunisie figurent les régions de Redeyef, Om Arayes et surtout Métlaoui dont l’extraction, la production et la commercialisation du phosphate représente pas moins de 60% des activités de la CPG.

M. Smairi a confié à Xinhua que la CPG a produit jusqu’au 31 décembre 2012 plus de 2 millions 762 mille tonnes de phosphates soit une baisse de 40% par rapport à la production prévue de plus de 4 millions 600 mille tonnes.

Presse contre-révolutionnaire (Xinhua via Afriquinfos.com, 5 mars 2013)

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[Venezuela] Déclaration anarchiste sur la mort de Hugo Chavez

Ni deuil, ni célébration !
L’heure de l’autonomie des luttes sociales est arrivée !

Quand s’additionnent une très grave maladie, des soins médicaux conditionnés à des décisions politiques et un malade halluciné de pouvoir, on ne pouvait qu’attendre que ce dénouement : le caudillo est mort et un changement important dans la scène politique vénézuélienne est en marche.

En un instant, ce qui était la plus grande force du régime est devenu sa plus grande faiblesse : Chavez était tout et, en disparaissant, il ne reste qu’a conjurer la fidélité absolue à son souvenir, avec l’obéissance à ses dispositions pour sa succession. Ce qui met en évidence la fragilité d’un gouvernement qui voulut renfoncer son supposé caractère “socialiste et populaire” avec la pratique  d’un culte grotesque de la personnalité, maintenant réduit à une ridicule invocation aux âmes du purgatoire. Le disparu a été lui-même l’auteur principal de cette fin. Le secrétisme qu’entoura sa maladie était motivé par les mêmes ressorts de la centralisation extrême du pouvoir. Ce qui, par manque de cohérence idéologique interne, laisse ses suiveurs s’affrontant entre eux-mêmes pour l’héritage du commandement, avec une claire avantage pour les hauts bureaucrates (rojo-rojitos) et la caste militaire, en pleines manœuvres de négociation pour assurer l’impunité de leurs corruptions.

En ce qui concerne aux oppositions, la de droite et la social-démocrate, la nouvelle situation les prend sans avoir supère ses déroutes aux Présidentielles du 7-O et aux régionales du 16-D. Élections où elles s’avaient compromises avec des illusions exagérées et avec l’offre d’un “chavisme sifrino” (chavisme de riches), promettant aux électeurs de maintenir et d’être efficaces dans l’emploi des instruments du clientélisme qui avaient tant servi à Chavez.  Maintenant, cette opposition accommodante veut croire qu’une fortuite métastase a enfin mis à sa portée l’accès à ce pouvoir politique duquel ses ambitions, erreurs, paresse et incompétence l’a éloignée pendant de longues années. Un pouvoir qu’elle exercerait avec une sottise et une ardeur prédatrice similaires à ceux pratiqués par la « bolibourgeoisie » chaviste.

Face à ces calculs mesquins et opportunistes, qui égale au Grand Pôle Patriotique (“Gran Polo Patriótico”) et à l’opposition de la Table d’Unité Démocratique (“Mesa de Unidad Democrática”), nous nous trouvons devant la grave situation où se trouve ce pays : inflation emballée, chômage grandissant et précarité dans le travail, dévaluation monétaire, effrayante insécurité personnelle, grave crise dans les services d’eau et électricité, éducation et santé, manque de logement, travaux publics obsolètes ou en exécution brouillonne, attention démagogique des besoins extrêmes des plus nécessiteux, et un etcetera qui même lointain n’en est pas moins néfaste.

Mais ces problèmes ne sont pas la principale préoccupation des deux groupes en lutte pour la “Silla de Miraflores” (le fauteuil présidentiel) et le butin pétrolier. C’est pourquoi notre réponse collective doit mépriser leur permanent chantage de nous demander un appui électoral en échange de solutions qui n’arrivent jamais ou sont ridiculement incomplètes. C’est l’heure de déborder ces oligarchies politiques pourries et de construire, depuis le bas, une vraie démocratie, avec égalité, justice sociale et liberté. Il faut accroître l’indignation généralisée devant la situation que nous pâtissons et la convertir en luttes sociales autonomes, larges et autogestionnaires, et dire aux politiques du pouvoir que nous ne les nécessitons pas comme intermédiaires ou comme gracieux donateurs de ce que d’en bas et unis nous pouvons obtenir, sans “mains blanches” ou “bérets rouges”.

Collectif éditeur d’EL LIBERTARIO

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Chavez est mort, vive la liberté !

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Avec Bachar El-Assad

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Avec Mouammar Kadhafi

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Avec Benoît XVI

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Avec Raúl Castro

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[Bulgarie] « Que le gouvernement ait démissionné ne change rien. Il faut que la société civile puisse tout contrôler : les monopoles, les élections, les partis, les institutions »

Le suicide d’un activiste électrise la Bulgarie

Ce décès menace de ranimer la contestation qui a entraîné la chute du premier ministre.

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Manifestation à Sofia, dimanche 3 mars, contre la pauvreté et la corruption.

L’annonce de la mort de Plamen Goranov a immédiatement fait le tour des réseaux sociaux : brûlé à plus de 80 %, ce jeune homme qui s’était immolé il y a deux semaines pour demander la démission du maire de Varna (Est) a succombé à ses blessures. Les « prières » quotidiennes de ses sympathisants n’auront pas suffi. « On espère seulement que son sacrifice n’aura pas été vain ! » disent-ils désormais. Cet alpiniste du bâtiment est ainsi en passe de devenir le symbole de cette grogne populaire née contre la hausse du prix de l’électricité et qui a provoqué contre toute attente la démission du gouvernement, le 20 février dernier. D’autant plus qu’il n’est pas le seul : en quelques jours à peine, trois cas d’immolations — et plusieurs tentatives — ont été recensés par les autorités. « Il s’agit clairement d’une série. Et même si les motivations semblent différentes, elles sont là pour nous signifier que les gens sont à bout et prêts à tout », témoigne le docteur Hristo Khinkov, patron du service de psychiatrie au Centre national de santé publique de Sofia.

Manifestants encagoulés

Tour à tour comparées à celles des martyrs tchèques, tibétains et tunisiens, les histoires de ces désespérés ne manqueront pas de donner un nouveau souffle aux manifestations, désormais quotidiennes en Bulgarie. À deux reprises, le 24 février et le 3 mars, jour de la fête nationale, les manifestants sont sortis en force dans les rues des grandes villes pour signifier qu’ils ne se satisfaisaient nullement de la démission du gouvernement. Mais leurs revendications, pour le moins confuses, ont jeté un froid au sein de l’intelligentsia bulgare. « Leur modèle social semble osciller entre la Libye de Kadhafi et la Biélorussie », s’énerve Konstantin Pavlov, auteur d’un blog politique très lu dans le pays. Lundi, la contestation a pris des airs de désobéissance civile, avec l’installation d’un « camp de tentes » devant le siège de la présidence à Sofia. Et on ne compte plus les accrochages avec la police à la suite des blocages de carrefours et autres axes routiers par des manifestants encagoulés. « Certains jours, on a l’impression qu’il suffit d’une étincelle pour que le pays bascule dans l’anarchie », estime un diplomate occidental. L’hospitalisation à deux reprises, pour hypertension, du premier ministre démissionnaire, l’ancien judoka Boïko Borissov, incarnant à lui tout seul la « stabilité » du pays, a certainement contribué à ce sentiment d’insécurité.

À Varna, la ville où Plamen Goranov s’est immolé, c’est le maire de la ville, Kiril Yordanov, accusé de collusion avec la mafia, qui est la cible de la colère populaire. Les manifestants demandent sa démission et protestent contre l’emprise sur la ville d’un groupe écono­mique à la réputation sulfureuse, TIM, fondé dans les années 1990 par d’anciens commandos de marine. « TIM est la principale cause de nos malheurs », s’est époumoné Plamen lors d’un meeting, à quelques jours de son geste fatal, comme l’atteste une vidéo postée sur la Toile par ses amis.

Presse contre-révolutionnaire (Alexandre Lévy, LeFigaro.fr, 4-5 mars 2013)

 

Bulgarie : le suicide par le feu d’un homme provoque colère et espoir

Une centaine de bougies allumées et des monceaux de fleurs barrent l’entrée de la mairie de Varna, dans l’est de la Bulgarie, à la mémoire de Plamen Goranov, 36 ans, dont la mort à la suite d’une immolation par le feu en a fait le symbole des protestations contre la corruption des élites politiques.

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Autour du portrait de Plamen, cheveux longs, sourire serein, alpiniste et artiste dont le prénom signifie « flamme », des inscriptions au feutre sur les dalles du trottoir : « Tu as embrasé notre courage et l’amour de la liberté » ; « Ton sacrifice nous mène à la victoire » ; « La mafia détruit la Bulgarie ».

Ou encore : « Tu es notre Jan Palach », l’étudiant tchèque qui s’immola par le feu en 1969 pour protester contre l’occupation soviétique après la répression du « Printemps de Prague ».

Plamen Goranov, mort dimanche, avait tenté de s’immoler par le feu le 20 février devant la mairie de Varna. Il réclamait la démission du maire conservateur, Kiril Yordanov, en place depuis 14 ans, qu’il accusait de corruption. Le jour même, le Premier ministre conservateur, Boïko Borissov, avait remis la démission du gouvernement.

« Que le gouvernement ait démissionné ne change rien. Il faut que la société civile puisse tout contrôler : les monopoles, les élections, les partis, les institutions », dit Ilarion Ananiev, 25 ans, un des animateurs informels du mouvement contestataire.

« Plamen était un grand, il frayait ce chemin », soupire Radostina Petrova, une amie du défunt, assise par terre, les yeux rivés sur les bougies.

« Plamen s’est éteint, mais sa flamme reste vive », titrait mardi le journal d’opposition de Varna, Narodno delo.

« Plamen Goranov est devenu un symbole national révélant que la démocratie en Bulgarie, contrôlée par une oligarchie post-communiste, est réduite aux apparences », a déclaré à l’AFP Ognian Mintchev, directeur de l’Institut d’études régionales et internationales à Sofia.

Alors que le maire serait sur le point de démissionner, Ognian Mintchev a souligné l’importance d’une mobilisation civile « pour empêcher la mise en place à nouveau d’hommes de paille à la tête de la ville ».

Principal port bulgare sur la Mer Noire, Varna est l’agglomération d’où les manifestations massives contre la corruption et la pauvreté avaient commencé il y a plus de trois semaines et où elles sont les plus importantes. Depuis le geste de Plamen Goranov, les manifestants portent un autocollant représentant une flamme.

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Plamen Goranov

« C’était un homme excentrique, mais le premier à avoir montré du doigt ceux qui dissuadent toute tentative d’activité économique indépendante à Varna », déclare Radoslav Radev, un informaticien de 25 ans.

Une société holding, désignée informellement par le sigle TIM, fondée à Varna dans les années 1990 par d’anciens militaires d’élite de la marine, compte parmi les plus puissantes de Bulgarie, selon un rapport de l’ambassade des États-Unis de 2005 paru sur Wikileaks, qui évoque des activités criminelles à l’origine de cette richesse. Elle a des intérêts pêle-mêle dans l’industrie pétrolière et chimique, le transport aérien et maritime, les finances et les assurances, les médias, le commerce et le tourisme.

« Tel un octopode, TIM étouffe l’économie, détruit la nature et criminalise la vie politique », résume Ognian Mintchev, originaire de Varna. Et même un député de Varna membre du parti conservateur au pouvoir GERB, Pavel Dimitrov, l’admet : « Rien à Varna n’arrive sans TIM ».

« Le maire ne fait qu’exécuter les ordres de TIM. Et ses réélections sont obtenues par la fraude », affirme Ilarion Ananiev.

Malgré la longévité politique du maire de Varna, les rues sont truffées de nids-de-poule et la ville manque pratiquement de chauffage central : « Je ne mets le chauffage en route que quelques heures par jour, mais ma facture d’électricité se monte à 160 leva (80 euros), alors que ma pension est de 300 leva » (150 euros), se plaint Yanka Petrova, une retraitée.

Pendant que des habitants de Varna rendaient hommage à Plamen Goranov, deux hommes ont sauté d’un pont, se noyant dans la mer, en l’espace de trois jours. Et, depuis le début des manifestations, deux autres Bulgares désespérés par la pauvreté se sont immolés par le feu les 18 et 26 février : le premier, âgé de 26 ans, est mort, tandis que le deuxième, 53 ans, père de cinq enfants, est dans un état grave.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

 

Bulgarie : les mineurs manifestent pour protéger leurs emplois

SOFIA – Plus de 1.500 mineurs bulgares ont manifesté mardi à Sofia, pour défendre leurs emplois, alors que les centrales au charbon du pays pourraient être temporairement arrêtées pour compenser la faible consommation d’électricité et les exportations en recul.

La manifestation, organisée par les deux principaux syndicats de mineurs du pays, KNSB et Podkrepa, vient s’ajouter à des protestations générales contre des factures d’électricité très élevées en janvier, contre la pauvreté et la corruption en Bulgarie, qui ont amené à la démission le 20 février du gouvernement conservateur du Premier ministre bulgare, Boïko Borissov.

Nous sommes ici pour défendre nos emplois. Nous voulons du travail ! Nous voulons du pain pour nos enfants !, a clamé au cours du défilé le dirigeant du syndicat Podkrepa, Vladimir Topalov.

Les mineurs portaient des drapeaux bleus et pourpres des syndicats et ont scandé des slogans hostiles sous les fenêtres de l’Autorité de régulation de l’énergie DKEVR. Ils ont vidé plusieurs sacs de charbon devant le bâtiment.

La DKEVR devrait entériner dans la journée une baisse immédiate des prix de l’énergie de 7%, pour tenter d’apaiser les manifestations parfois violentes qui ont fait descendre dans la rue des dizaines de milliers de Bulgares ces trois dernières semaines.

Plusieurs centrales au charbon du pays ont dû réduire leur production, voire arrêter temporairement leur activité, en raison d’une faible consommation intérieure et des exportations d’électricité en baisse.

Les mineurs ont précisé qu’ils n’étaient pas opposés aux baisses des prix de l’électricité. Ils ont toutefois critiqué une proposition du ministre de l’Économie et de l’Énergie, Delyan Dobrev, de ne pas livrer l’électricité chère de trois centrales pour la consommation intérieure. Il y a d’autres solutions pour une électricité à moindre coût. Ceux qui ne les trouvent pas devraient s’en aller, a expliqué le dirigeant de KNSB, Plamen Dimitrov.

Selon les experts, près de 5.000 emplois de mineurs bulgares sont menacés avec l’arrêt temporaire des centrales thermiques du pays.

Près de 1.500 travailleurs de la société publique de chemin de fer seraient également touchés. S’il n’y a pas de charbon, il ne pourra pas y avoir de trains. C’est pourquoi, nous sommes solidaires des mineurs, a précisé le dirigeant du syndicat des cheminots bulgares, Petar Bunev, alors que plusieurs centaines d’entre eux s’étaient joints au cortège.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

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[Mort aux El-Assad et à tous leurs complices !] Vivent les armureries DIY d’Alep ! (2)

Armes à feu artisanales en Syrie

EN IMAGES – L’Armée syrienne libre (ASL) manque d’armes pour affronter une armée régulière munie de tanks, d’avions et d’hélicoptères. Ainsi, face à l’ennemi, les rebelles fabriquent désormais leurs propres armes avec les moyens du bord.

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Un rebelle syrien tire une bombe artisanale à l’aide d’un mécanisme archaïque se rapprochant du « lance-pierres », le tout fait maison, dans la ville d’Alep. En Syrie, avant le début de la révolte, les armes n’étaient pas en libre circulation et rares étaient les personnes qui avaient le droit d’en posséder.

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Le manque d’armes et de munitions de l’ASL est son principal point faible face à l’armée régulière. D’où cette initiative de fabriquer leurs propres armements. Ici, des combattants fabriquent des munitions clandestinement dans une cave, à l’abri des milices qui rôdent à l’extérieur.

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Ce sont des artisans, forgerons et menuisiers qui ont transformé leurs ateliers en véritables fabriques d’armes. Comme celui-ci, situé au centre ville d’Alep où les rebelles sont contraints à la bricole pour pouvoir combattre.

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Missiles, lances-roquettes et projectiles de différentes portées, le tout est produit localement avec les moyens du bord.

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Les rebelles assemblent aussi des tanks avec des matériaux qu’ils ont sous la main. Cette carcasse était à l’origine une voiture diesel dont il ne reste que le châssis et le moteur, désormais recyclée, il s’agit d’un véritable char d’assaut.

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De loin, ce tank ressemble plutôt à une grande boîte métallique rouillée mais en s’en rapprochant on s’aperçoit vite des prouesses techniques dont font preuve ces combattants pour parvenir à leur liberté. L’engin est piloté grâce à des caméras affichées sur un écran de télévision embarqué.

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Autre assemblage, ce blindé appelé « Cham » est inspiré par l’ancien nom que portait la Syrie (Bilad el-Cham), signifiant la « Grande Syrie ».

Presse contre-révolutionnaire (Judith Wesch, LeFigaro.fr, 22-26 février 2013)

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[Pourquoi pas ?] Tract diffé à Tours lors du carnaval syndical

Pourquoi pas ?

« Se fier à vous ? Plutôt vous pendre ! À chaque minute vous changez d’idée : vous trouvez noble celui que vous haïssiez tout à l’heure, infâme celui que vous couronniez. Qu’y a-t-il ? Pourquoi, dans les rues de la cité, criez-vous contre ce vil sénat ? »

Toujours des manifs sans lendemains, des grèves sans suites et des mouvements qui n’ont d’autres buts que de calmer tes désirs ardents d’un monde de liberté illimitée. Tu préfères la routine des révoltes qui n’en sont pas et des luttes perdues d’avance, le maintien de cet ordre qui t’opprime contre la joie de la rébellion.

Les partis, les syndicats, de gauche comme de droite te baladent allègrement au gré des réformes que les nécessités du capitalisme, poussent l’État à imposer. Chaque fois c’est la même mascarade, on sort le temps de dépoussiérer les drapeaux et puis chacun retourne aussi sec à la normalité produire ce monde qui te détruit à petit feu. À quoi bon défendre les quelques miettes que l’État et les patrons daignent te lâcher quand demain tu retourneras quémander la tête basse le droit de travailler pour eux.

La crise qui justifie la précarité et toutes les soumissions même les plus viles, pour le bien-être d’une économie qui te détruit et ne profite qu’à une minorité d’exploiteurs ; est le mode de gestion normal d’un ordre qui cherche à faire de ce monde un vaste supermarché. La restructuration du monde du travail de ces dernières décennies dont les politiques actuelles ne sont que la continuation, sont en train d’achever de faire de l’entreprise un espace organisé de manière à ce que toute révolte soit impossible. Que ce soit la mise en concurrence des salariés entre eux à l’intérieur d’une même entreprise, par le biais de la sous traitance ou à l’international, la présence accrue de petit-chefs pour tout surveiller, ou l’impression de liberté dans l’organisation du travail qui masque mal l’intériorisation de la contrainte. Ceux qui refusent de se soumettre à cela sont rejetés dans l’isolement, la précarité et enfermés quand ils décident d’explorer d’autres voies pour subvenir à leurs besoins.

Nous sommes de ceux qui ne supportent plus cet état de fait, de ceux qui gardent l’espoir de bâtir une société libre et horizontale, nous ne voulons plus attendre pour agir. Nous pensons qu’il est temps de déserter le jeu de la contestation organisée, et des défouloirs militants pour pouvoir enfin attaquer le pouvoir et ses structures. Ce ne sont pas les masses qui délèguent leur pouvoir à quelque intelligentsia politique ou syndicale chargées de les représenter qui peuvent espérer changer quelque-chose, mais des individus révoltés et agissant par eux-mêmes sans aucune médiation, avec pour contraintes les limites de leur imagination et la nécessité de ne pas agir selon des moyens incompatibles avec leur désir d’une liberté démesurée.

Nous proposons sur trois thèmes des points de vues qui nous semblent propices à alimenter le feu de la révolte, sans pour autant les porter comme un programme ou un ensemble de vérités univoques et indiscutable. Ils n’ont de valeur et d’intérêt qu’en tant que points de départ possibles pour l’action.

La précarité :

Nul ne le contestera, la restructuration continue du capitalisme a un effet direct sur les conditions de vie de chacun. La précarité se développe, les acquis sociaux, ces miettes arrachées au patronat en échange de la soumission te sont petit à petit retirées ; et les conditions de travail du fait de la mise en concurrence mondiale des salariés organisée par les capitalistes, sont de plus en plus rudes et incertaines. Face à cette situation qui dans un pays « développé » comme la fRance laisse entrevoir pour beaucoup les affres du déclassement deux issues sont possibles.

Ou se battre pour conserver ses privilèges (l’illusion d’abondance et d’une vie de loisir bâtie sur l’exploitation des ressources et de la force du travail du tiers monde), c’est-à-dire ceux de sa catégorie sociale, de sa profession ou de son entreprise. Le faire contre ceux qui n’en bénéficient pas et rentrer ainsi dans une logique d’exclusion qui contient en puissance toutes les dérives fascistes. On monte ainsi les salariés contre les chômeurs, les Français contre les étrangers… Il y a toujours un plus pauvre à écraser pour avoir une plus grosse part des miettes. Lutter contre le déclassement c’est rentrer dans une logique de cannibalisme social et faire le jeu de ceux nous exploitent.

Ou alors constater l’uniformisation de la condition des exclus du capitalisme, tant sur le plan économique que sur celui du contrôle. Le sans papier traqué et obligé de vivre clandestinement, les jeunes issus de l’immigration contrôlés en permanence au nom de la lutte contre le terrorisme, le chômeur en fin de droit expulsé de son logement car il ne peut plus en payer le loyer… En partant de cela on peut alors envisager la possibilité d’une révolte commune contre les hiérarchies et les séparations qui organisent la misère, et envisager d’en finir avec cette dernière.

L’environnement :

La colonisation marchande du monde par le capitalisme aspire, à faire de chaque parcelle de cette planète, de chaque chose, une marchandise. Tout ce qui n’a pas de prix n’existe pas.

Il apparaît pourtant de plus en plus évident que les conséquences de cette colonisation, se font sentir chaque jour un peu plus pour chacun, à travers la pollution, la marchandisation de l’espace, la dégradation de la qualité de l’alimentation et l’urbanisme sécuritaire. La ville laisse transparaître l’hypertrophie d’un système qui pour accroître ses profits va jusqu’à hiérarchiser et normaliser la nature pour en faire une machine sans vie où plus rien d’imprévu ne peut arriver. Pour nous c’est la certitude d’une vie sans aventure passée à produire ce qui nous empêche de vivre.

Cette mort à petit feu, à laquelle nous sommes condamnés par la dégradation et l’organisation marchande de notre environnement sont aussi produite par chacun d’entre nous, par tout ceux qui se lèvent tous les jours pour aller travailler, pour faire leurs courses ou payer leurs impôts. Il faudrait peut-être s’arrêter un instant, reconsidérer ce que chacun contribue par ses actes à produire tant comme marchandise, que comme contrainte. Cesser de défendre à tout prix son emploi quand il implique de produire des nuisances, des services débiles et aliénants, l’aménagement et le contrôle de nos espaces de vie ; et s’en aller faire autre chose de réellement enrichissant pour soi-même et non de nuisible pour tous.

Opposer la qualité de vie au chantage salarié de la survie, et agir avant que les écosystèmes aient atteint du fait de l’activité humaine un point de non-retour fatal à l’espèce tout entière et surtout à chacun d’entre nous.

La sécurité :

La sécurité se présente comme un problème majeur dans la bouche de ceux qui nous gouvernent. Pas un jour sans son lot de faits-divers sanglants qui rappellent à chacun combien la police, la justice et les prisons sont nécessaires pour assurer le bien être de tous. Et que car il a peur, l’État veille au grain et lutte contre l’insécurité. La sécurité serait le premier des droits de l’homme, elle vaudrait bien qu’on lui sacrifie toutes les libertés. Fichage, surveillance des communications, occupation policière et militaire des lieux publics, vidéosurveillance, contrôles dans les transports, dans la rue, au supermarché ou au volant ; les manifestations de l’ordre sécuritaire s’imposent quotidiennement dans la vie de chacun, et plus particulièrement aux plus pauvres à tous ceux qui du fait de leurs conditions de vies seraient tentés d’enfreindre la loi pour subvenir à leurs besoins ou pour lutter.

« Je n’ai rien à me reprocher, cela ne me concerne pas » dit le brave citoyen, oubliant que derrière ce contrôle qui ne s’applique qu’aux « Autres » aujourd’hui, c’est l’outil de la répression qu’il subira demain qui se construit. Il a oublié qu’un type moins con que lui disait en son temps, « ce n’est pas du bruit des bottes que nous devrions avoir peur mais du silence des pantoufles », souffrant de voir ses contemporains se soumettre sans broncher à ce contrôle « pour leur bien » quand lui, lucide voyait s’évaporer sa liberté et les possibilités de révolte.

L’industrie sécuritaire, en outre d’être un business fructueux qui se paye sur tes impôts ; est aussi une logique qui tend à l’infantilisation de chacun devant l’autorité de l’État. Au nom de la sécurité et pour un monde réglé comme une horloge où plus rien d’imprévu ne doit advenir, tu dois renoncer à toute forme d’autonomie, réprimer toi-même ton individualité et accepter l’ordre en place ou alors tu seras traqué, enfermé, soumis, rééduqué, exclu et annihilé.

« Misérable ! Qu’a besoin le peuple de ces chauves tribuns ? C’est dans une rébellion, où la nécessité, et non l’équité, fit loi, qu’ils ont été élus. À une heure plus propice, déclarons nécessaire ce qui est équitable, et renversons leur pouvoir dans la poussière. »

Parce que ce monde est devenu une prison à ciel ouvert, et si ta soif de liberté est démesurée. Il ne te reste qu’une option possible : la révolte. Face à une tâche d’une telle ampleur et d’une non moindre importance, se pose la question « que faire ? »

Il n’y a pas de réponse toute faite dictée par une doctrine qui s’impose. Il est possible pour chacun de trouver dans sa vie quotidienne, des besoins, des désirs qui valent le coup de se mettre en lutte. Et de penser les moyens, de cette révolte en fonction de sa situation particulière tout en gardant à l’esprit la nécessité d’avancer sans reproduire la domination et les structures hiérarchisées de ce monde.

Il ne suffit pas de de se grouper ou d’agir ponctuellement pour en finir avec l’ordre. Si on aspire à faire s’effondrer ce monde, encore faut-il se transformer soi-même et cesser d’être un rouage de ce monde.

Il convient à chacun d’imaginer ses propres moyens de lutte et de les réaliser individuellement ou collectivement. Du sabotage à la grève sauvage, du squat à la propagande écrite ou l’émeute… Ce que craignent ceux qui nous gouvernent c’est d’être débordés. Ce qui compte ce n’est pas tant l’unité des révoltés que la diffusion des actes de résistances, et l’autonomie de chacun qui nous rendront ingouvernables.

Relève la tête cesse d’être un esclave.
Dresse-toi contre l’autorité la rage aux bras, la joie au cœur.
Peut-être alors pourrons-nous enfin nous reposer parmi les ruines de ce monde.

Quelques ami-e-s de l’anarchie

Indymedia Nantes, 5 mars 2013

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[Révolution égyptienne] Port-Saïd insurgée, mardi 5 mars

Égypte : à Port-Saïd, les heurts entre police et manifestants se poursuivent

Des manifestants ont continué de lancer des cocktails molotov en direction de la police antiémeute qui répondait par des tirs de gaz lacrymogènes.

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Des heurts se sont à nouveau produits entre policiers et manifestants mardi à Port-Saïd, ville du nord-est de l’Égypte où six personnes dont trois policiers ont trouvé la mort dans la nuit de dimanche à lundi. La tension était particulièrement vive aux abords d’un bâtiment des services de sécurité, incendié la veille. Des manifestants ont continué de lancer des cocktails molotov en direction de la police antiémeute qui répondait par des tirs de gaz lacrymogènes.

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« Nous haïssons la police, nous ne voulons plus de sa présence », affirmait Chaaban, un manifestant de 25 ans armé d’un cocktail molotov. Des slogans hostiles à la police étaient peints sur les murs du quartier. De nombreux véhicules blindés étaient déployés dans le reste de la ville, en particulier autour des bâtiments publics et des locaux d’entreprises. (…)

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Dimanche 3 mars, à Port-Saïd, des manifestants jettent des cocktails Molotov sur un poste de police pour protester contre la décision de déplacer des personnes en attente de procès incarcérées après les violences ayant fait 74 morts lors d’un match de football en février 2012.

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Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 5 mars 2013 – 16h46)

 

(…) Des informations et des rumeurs ont circulé dans la journée selon lesquelles des soldats se seraient affrontés avec des policiers, et faisant état d’un possible retrait de la police pour que la ville soit prise en mains par l’armée.

La présidence égyptienne a toutefois apporté un démenti, affirmant dans une déclaration que « la police fait son travail, et l’armée la soutient en pleine coordination ».

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Des manifestants brûlent un véhicule de police au Caire, le 4 mars 2013

(…) Au Caire, des heurts ont également repris aux abords de la place Tahrir, dans le centre-ville, entre la police et des manifestants venus participer aux funérailles d’un militant tué en janvier lors de précédentes manifestations. La dépouille avait mis plusieurs semaines à être identifiée et autopsiée. (…)

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 5 mars 2013 – 18h06)

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[Révolution égyptienne] « C’est Tahrir à son meilleur »

Des nouvelles d’Égypte

En provenance du site Global Uprising, en anglais seulement !

« Chers Amis et Partisans :

Nous venons d’achever  un nouveau documentaire sur la situation au Caire.

Deux ans après que la révolution en Égypte a commencé, l’agitation continue à travers le pays à mesure que la situation politique et économique empire. Face au gouvernement actuel qui consolide son pouvoir, les revendications de la révolution semblent s’en éloigner plus que jamais. La révolution a cependant ouvert de nouveaux espaces pour l’action politique, stimulant le débat public sur des questions qui sont en partie non reconnues et ont été non résolues depuis trop longtemps.

Ce court documentaire couvre les motivations des révolutionnaires pour continuer à prendre les rues, les obstacles auxquels ils font face et la tactique qu’ils utilisent. Il éclaire les problèmes économiques et les politiques actuelles que les Égyptiens affrontent, la croissance du mouvement syndical indépendant, les tactiques de Black Blocks et les réponses aux violences contre les femmes. »

Commentaire reçu d’Égypte, dans le contexte de ce reportage :

« Les groupes anti-viol sont auto-organisés (incluant souvent des victimes), et portent des t-shirts rouges et blancs et ils ont une hotline pour signaler ces événements. Ils sont armés pour arracher les femmes des mains des hommes et les exfiltrer ensuite par un système de navettes automobiles. Ils ont des médicaments et des habitations sécurisées prêtes à les recevoir. C’est très impressionnant et il semble que cela fonctionne : par exemple, Le 11 février, lors de la manifestation à la Place Tahrir, il n’y eut aucun viol grâce à ces groupes anti-viol – il ont patrouillé l’ensemble de la zone et ont été largement soutenus. Comme un Égyptien l’a dit, “c’est Tahrir à son meilleur”. Il semblerait que les organisateurs des groupes d’anti-viol sont surtout issus de la gauche radicale. »

Des nouvelles du front, 5 mars 2013

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[The proof of the pudding is in the eating] « Comme s’il était possible (d’être contraints) d’acheter chez Carrefour, Auchan, Intermarché, Findus, Picard ou tous les autres et de manger sain, bon et honnête »

La viande de cheval, les surgelés et toutes les arnaques qu’invente et dissimule la bouffe industrielle

Depuis quelques jours les citoyens français se prennent en pleine tronche la réalité des mystérieux circuits de l’alimentation alors qu’ils sont encore nombreux à se gargariser avec le passé et la réputation du repas à la française transformée en patrimoine immatériel de l’Unesco. Comme s’il était possible (d’être contraints) d’acheter chez Carrefour, Auchan, Intermarché, Findus, Picard ou tous les autres et de manger sain, bon et honnête. Alors, plus la gastronomie est faisandée par la mondialisation et l’industrialisation de l’agriculture comme de l’alimentation, plus les politiques et les personnalités se gargarisent avec cette gastronomie transformée en drapeau identitaire bien déchiré. Mais cette fois, le choc est rude. Et heureusement sanitairement probablement inoffensif.

En septembre 2011, toujours à la recherche d’une idée démagogiquement franchouillarde, Frédéric Lefebvre, alors secrétaire d’État au Commerce et à l’Artisanat, inventa la Fête de la gastronomie. Elle sera à nouveau célébrée en septembre 2013 puisque cette escroquerie morale qui donne la parole à quelques grands chefs médiatiques et aux industriels de la bouffe, a été reprise par Sylvia Pinel, également ministre au Commerce, à l’Artisanat et au tourisme. Mieux, la bonne parole de la malbouffe durera désormais trois jours à la fin septembre. Elle est patronnée et financée par des organismes aussi désintéressés que le Centre d’Études et de Documentation du Sucre dont l’objectif est d’en faire mettre le plus possible dans les desserts industriels, l’Association Nationale des Industries alimentaires dont l’un des membres éminents n’est autre que le Syndicat national des Fabricants de produits surgelés présidé… par le directeur général de Findus. Un mauvais cheval par les temps qui courent…

Autre partenaire de cette grande « fête » de l’esbroufe, le Syndicat national de la Restauration publique dont l’affection pour les nouilles, les frites, le poisson pané et le hachis Parmentier est de notoriété publique. Il faudrait aussi mentionner le Syndicat national de l’Alimentation et de la restauration rapide dont les molles pizzas, les burgers et le sandwiches à la mayonnaise industrielle et aux salades fatiguées sont célèbres dans toute la France. Sans oublier Lesieur et ses huiles incertaines ou Elle et Vire, spécialiste des beurres moulés à la même louche industrielle que ses fromages. De sacrés parrains !

Tous sont actuellement en train de grimper aux créneaux médiatiques pour que, surtout, la bouffe industrielle sous toutes ses formes, ne sorte pas trop dévaluée aux yeux des consommateurs qui avaient encore des illusions. La grande distribution qui retire discrètement de ses bacs un grand nombre de plats préparés aux origines inconnues éprouve les mêmes craintes. Y compris l’angoisse née d’une dernière rumeur qui affole les services de communication : des raviolis, en boites et surgelés, auraient été fourrés avec de la viande de porc sans que le consommateur puisse le savoir sur les étiquettes. Tout simplement parce la viande broyée de cochon est encore moins chère (pour le fabricant) que celle de bœuf ou de cheval. Tout est fait pour ce scandale là n’éclate pas. Alors que nous venons d’apprendre que des saumons d’élevage seront désormais nourris avec de la farine de viande de porcs.

Pour que la sauce médiatique de l’illusion gastronomique prenne tous les jours de l’année, il suffit de pimenter en permanence avec de la poudre de « Grands Chefs » autoproclamés. Ces escrocs qui, loin de leurs restaurants étoilés hors de prix, mitonnent des plats industriels, souvent surgelés, assaisonnés d’un faux savoir-faire qu’ils vendent des fortunes. Ne reste plus ensuite qu’à corser le tout avec la marque France lancée le 30 dernier janvier par Sylvia Pinel pour faire passer la pilule. La malbouffe a donc désormais trouvé son ultime déguisement, elle doit être fran-çai-se !

Voici donc la réalité de cette France gastronomique que l’on nous sert à toutes les sauces de la communication dans les gazettes, la radio et à la télévision et qui vient d’être brutalement ramenée à sa réalité. Histoire de faire oublier les saloperies vendues dans les grandes surfaces avec des noms chatoyant appuyés sur des labels mensongers, des références au « terroir » qui n’est qu’industriel ou patronnés en image avec des religieux ou de « pères Mathieu » folkloriques. La banalisation des étiquettes dissimulant les mensonges permet, quatre exemples entre mille, de vendre du cassoulet avec 15% de viande, du hachis Parmentier surgelé avec 80 % de purée industrielle, du saumon aux pâtes avec 15 % de saumon et des yaourts « aux fruits » qui en contiennent entre 4 et 6% tout en étant aromatisé aux copeaux de bois. Comme certains vins.

La viande roumaine introduite comme un cheval de Troie dans des tonnes de lasagnes, de merguez ou de chili con carne ne nous empoisonnera certainement pas, elle est simplement révélatrice d’une législation française et européenne laxiste et des voies extraordinaires empruntée par la bouffe afin de faire gagner plus d’argent à leurs fabricants. Comme pour les chips, y compris celles que leurs fabricants prétendent faites « à l’ancienne » : les pommes de terre sont récoltées dans le nord de la France ou en Belgique, puis elles partent au Maroc pour se faire éplucher, gagnent ensuite la Turquie pour être finement tranchées avant de revenir en France pour être salées et mises en sachets. Voilà donc une chips française qui peut éventuellement être ensuite vendue au Maroc ou en Turquie une fois emballée. Pour les petits pois, on peut vous raconter le même parcours.

Pour faire du jambon garanti de Bayonne, il suffit de faire venir des carcasses de porcs élevés en batterie en Bretagne ou en Irlande et de les saler dans la région du bassin de l’Adour. Geste ultime qui permet l’utilisation de l’Indication Géographique Protégée. Mais il est évident que le cochon industriel, breton ou autre, sert à aussi à fabriquer de la salaison garantie savoyarde ou auvergnate ; et 80 % de la charcuterie corse est également d’origine industrielle. L’astuce : que le fabricant qui a mis un peu de sel ou de poivre puisse écrire sur l’étiquette « élaboré à » ou « élaboré en », sans autre mention d’origine. Regardez bien les étiquettes : c’est européen, c’est légal. Cela marche pour la plupart des recettes industrielles d’alimentation. Et également avec une partie des fromages produits dans une zone d’appellation protégée ou contrôlée avec des laits venus de loin ; et parfois en poudre. Quand au véritable Camembert de Normandie méritant l’appellation, il ne représente que 5 % du tonnage vendu chaque année. Pour les autres, les industriels jouent sur la forme ou sur l’ambigüité des étiquettes. Comme pour d’autres appellations célèbres arrivées directement d’usines qui, par exemple, ne sont même pas dans les Pyrénées.

Il existe une autre réalité à laquelle les consommateurs sont quotidiennement confrontés dans les gargotes et restaurants qui leur proposent des « produits maisons » alors qu’ils ne servent, dans 80 % des cas, que ce qu’il est convenu d’appeler de la cuisine d’assemblage. Laquelle consiste à mélanger, avant passage au micro-onde, des sachets de viandes, de légumes et de sauces vendus congelés par l’industrie alimentaire. Il faut savoir que la législation permet ce genre d’escroquerie qui fait passer des vessies pour des lanternes et de la bouffe industrielle pour du mitonnage de chef. En effet, il suffit que le chef (disons l’assembleur) ajoute lui-même le sel, un peu de persil ou d’aromates pour que la « chose » devienne par miracle un plat maison. C’est la loi. Ainsi, la célèbre « crème brûlée maison » qui hante les cartes de restaurateurs n’est rien d’autre qu’une crème industrielle aux ingrédients inconnus que le restaurateur aura lui-même saupoudré de sucre pour organiser le brûlage en une minute de gril de four à micro-ondes…

Bon appétit en dégustant vos propres plats et surtout pas les « plats faits comme à la maison » proposés par les industriels de l’alimentation tentant de jouer sur une mode qui commence à éloigner la clientèle qu’ils croyaient captive.

Presse avariée (Claude-Marie Vadrot, Politis.fr, 15 février 2013)

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[The proof of the pudding is in the eating] Quelle merde nous vend l’industrie alimentaire ?

Ikea : matières fécales dans des tartes ?

Le géant suédois de l’ameublement Ikea a annoncé mardi qu’il retirait de ses cafétérias dans 23 pays des tartes sur lesquelles les autorités sanitaires chinoises ont trouvé des bactéries généralement témoins d’une contamination fécale.

Ikea a indiqué à l’AFP avoir pris cette décision après la destruction par les douanes chinoises de 1.800 gâteaux appelés « chokladkrokant » (« croquants au chocolat », une tarte aux amandes avec du chocolat, de la crème au beurre et du caramel) interceptés dans le port de Shanghai en novembre. D’après le quotidien anglophone Shanghai Daily, des tests avaient permis de déterminer qu’ils contenaient « un niveau excessif de bactéries coliformes ».

Ces bactéries, normalement peu dangereuses pour les consommateurs, sont généralement « une indication de contamination fécale, même si ce n’est pas toujours le cas », a expliqué à l’AFP un microbiologiste de l’autorité de sécurité alimentaire suédoise, Mats Lindblad. Les tartes retirées ont été fabriquées par un fournisseur suédois, Almondy.

Une porte-parole d’Ikea, Ylva Magnusson, a souligné que le niveau de concentration de ces bactéries ne posait pas de danger grave pour la santé publique. « Il y a des indications selon lesquelles les niveaux de bactéries découverts sont bas mais nous devons évidemment connaître le chiffre exact, et savoir ce qui s’est passé », a-t-elle déclaré.

Fin février et début mars, Ikea avait retiré de la vente dans 25 pays des boulettes de viande, après la découverte de viande de cheval qui n’était pas mentionnée sur l’étiquette. L’alimentation a représenté lors de l’exercice 2011-2012 (achevé fin août) 4,7% du chiffre d’affaires d’Ikea, avec des ventes de 1,3 milliard d’euros.

Presse coprophage (Agence Faut Payer, 5 mars 2013)

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En mémoire d’Abdelhakim Ajimi : rassemblement samedi 23 mars 2013 à Grasse

Samedi 23 mars 2013,

dans le cadre de la journée nationale contre les violences policières, le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi organise un rassemblement en mémoire d’Abdelhakim, en vue d’obtenir la révocation des trois policiers reconnus coupables de sa mort, pour militer contre la pratique de la clé d’étranglement comme méthode d’interpellation enseignée dans les écoles de police française.

RDV à 15h sur le Cours, à Grasse.

Café et thé prévus sur place, en vente à prix libre.

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi

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Appel à soutenir les inculpé.e.s du Collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Depuis sa création, le collectif est la cible d’une répression systématique.

Le 27 janvier dernier, 15 personnes se sont invité.e.s dans le parc du château familial des multi-miliardaires François et François-Henri Pinault — actionnaires du groupe VINCI — pour dénoncer leur responsabilité dans la construction du futur aéroport de NDDL. Un pique-nique, une banderole, des slogans pour signifier que nous faisons fi de l’impunité dont bénéficient Pinault et consorts qui exploitent, expulsent et bétonnent au gré des manœuvres politiques et des grands transferts financiers. La répression ne s’est pas fait attendre, les visiteurs et visiteuses du domaine ont été placé.e.s en garde-à-vue durant 45 heures, inculpé.e.s de « violation de domicile », « menaces de mort », « refus de se soumettre aux opérations de relevés signalétiques » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques », ils/elles comparaîtront devant le Juge des Enfants au TGI de Paris (1 personne) et au TGI de Versailles (14 personnes).

Le samedi 19 janvier, une cinquantaine de personnes se sont rendues au chantier des Halles, autre exemple de connivence entre Vinci et des élus PS. À Paris comme à Notre-Dame Des Landes et ailleurs, ils font main basse sur nos vies et nos territoires. De nos mots, slogans et affiches, nous avons recouvert les palissades du chantier, immenses panneaux publicitaires à la gloire d’un Paris uni autour de la consommation. La répression fut aussi au rendez-vous, deux personnes ont été arrêtées, placées en garde-à-vue pendant 48h, interrogées par le Service d’Investigation Transversale (la police politique), puis déférées. Elles ont été relâchées 70 heures après leur arrestation et comparaitront pour « dégradation de biens privés », « rébellion » et « refus de se soumettre aux prélèvements biologiques », au TGI de Paris.

Le 16 novembre 2012, deux personnes avaient été arrêtées alors qu’à la veille de la grande manifestation de réoccupation de la ZAD, elles avaient, par quelques inscriptions sur un local de permanence, souhaité rappeler que le PS a les mains sales. Elles ont subi 62 heures de détention, des perquisitions à leur domicile et plusieurs auditions par le fameux Service d’investigation transversale (SIT). Jugées le 30 Janvier dernier, elles ont été condamnées à un Travail d’Intérêt Général, à une amende et leur condamnation a fait l’objet d’une mention au casier judiciaire.

Nous, collectif de personnes issues de divers horizons, militant.e.s de tous âges, agissant en accord avec nos principes, exprimons toute notre solidarité avec les inculpé.e.s et les personnes emprisonnées. Nous appelons chacun.e à soutenir les inculpé.e.s, en participant à la caisse de soutien et en se rendant à leur procès. Nous appelons chacun.e à nous rejoindre dans notre lutte déterminée contre VINCI et son monde, contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes et contre tous les autres Grands Projets Inutiles et Imposés !

Le collectif francilien de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes

Récapitulatif des dates et lieux des procès :

• 28 février à 9h30 devant le Juge des Enfants au TGI de Paris (reporté)

• 11 mars à 14h devant la 7e chambre D du TGI de Versailles (report possible)

• 12 mars au tribunal de Pantin à 9h30 : procès du Transfo, espace collectif occupé à Bagnolet qui accueille nos AG

• 13 mars à 13h30 au TGI de Paris (report possible)

Et en solidarité avec ceux/celles qui luttent pour le logement à Paris comme ailleurs, nous appelons à venir soutenir un camarade arrêté lors de l’occupation d’un immeuble :

• le 14 mars au TGI de Cité

Zone à défendre

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L’extrême droite, mieux la connaître pour mieux la combattre (version 2013)

À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas si facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs politiques. Le schéma ci-dessus permet d’y voir plus clair.

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TÉLÉCHARGER LE DOCUMENT

En ce début d’année 2013 l’extrême droite française reste toujours extrêmement morcelée. Cela peut s’expliquer par des divergences idéologiques (bien que les alliances contre-nature continuent d’exister), mais également des querelles de personnes. Les rapports de force entre ces différents groupuscules se modifient régulièrement et peuvent être très rapides. Après avoir longtemps dominé par son activisme l’extrême droite radicale (comprendre tout ce qui se trouvait en dehors du FN), les Identitaires, faute d’avoir su faire évoluer leur stratégie et leur fonctionnement groupusculaire en mouvement structuré et adulte, ont petit à petit perdu du terrain face à de nouveaux groupes. On peut penser en particulier à Troisième Voie et aux Jeunesses Nationalistes (la branche « jeune » de l’Œuvre Française), qui en misant également sur l’activisme et la rue pour se faire connaître, ont de leur côté opté pour un nationalisme plus traditionnel.

S’il y a encore un an Troisième Voie et Serge Ayoub semblaient les mieux armés pour concurrencer et dépasser les Identitaires sur le terrain de l’activisme et du nombre de militants, ils ont depuis été dépassé par les Jeunesses Nationalistes d’Alexandre Gabriac. Profitant des différentes crises qu’ont connu TV et les Identitaires pour récupérer ici et là des militants égarés, voire des sections entières, les JN ont également mis la main sur le GUD Lyon et Paris, devenant ainsi en moins d’un an une structure implantée dans les principales villes de France.

À travers cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Les présidentielles de 2012 ont quelque peu perturbé ce milieu, le principal perdant de l’histoire étant les Identitaires, qui après avoir renoncé à présenter un candidat, n’ont pas su adopter au niveau national et faire accepter une ligne de conduite claire vis-à-vis du Front National. Les Identitaires ressortent de cette période avec une scission, un Philippe Vardon qui joue de plus en plus la carte de son avenir personnel et un Fabrice Robert qui tentent de maintenir à flot un navire qui prend de plus en plus l’eau.

Du côté de l’extrême droite institutionnelle, nous avons associé au FN la mouvance souverainiste qui revient sur le devant de la scène comme force d’appoint du parti de Marine Le Pen, ainsi que les différentes tendances « radicales » de l’UMP (la Droite populaire ayant ouvert la voie). Reste à voir quelle sera l’attitude sur le moyen et long terme de ces différentes tendances à l’égard du Front national : mais dans le discours, tous les verrous ont déjà sauté. Par ailleurs, le cinquantenaire de l’indépendance de l’Algérie nous donne l’occasion d’intégrer au schéma un réseau peu connu et pourtant un des plus anciens et mieux organisés de l’extrême droite, celui des nostalgiques de l’Algérie française.

REFLEXes, 15 février 2013

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[Révolution égyptienne] Port-Saïd insurgée, lundi 4 mars

ÉGYPTE – PORT-SAÏD SE SOULÈVE – LA DIRECTION PORTUAIRE AUX MAINS DES REVOLTÉS / L’ARMÉE ABANDONNE TROIS BLINDÉS DANS LES RUES – URGENT – INFORMATION CHRONIQUE – Cela devait arriver. Ce 4 mars, des dizaines de milliers de personnes ont à nouveau envahi les rues de la ville, cœur battant de la révolte contre les Généraux et leur allié Mohamed Morsi, pour enterrer cinq des leurs, tués par la police et l’armée dans la nuit du 3 au 4 mars. Très vite, la police a foncé sur la foule à nouveau. Des manifestants ont répondu par des pierres et des cocktails molotov. Depuis une heure, des révoltés ont pris le contrôle de la direction du port. Les autorités craignent une contagion au canal de Suez et à son blocage. L’armée a aussi abandonné une partie de la ville, laissant trois blindés aux révoltés.

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(Page Facebook de “La Chronique du Printemps Arabe par Cédric Labrousse”, 4 mars 2013, vers 17h)

 

Échauffourées et incendie à Port-Saïd

Un bâtiment du siège des services de sécurité de Port-Saïd était en flammes cet après-midi, au moment où des échauffourées opposaient police et manifestants dans cette ville du nord-est de l’Égypte secouée la nuit par des heurts meurtriers.

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L’incendie, qui a démarré au rez-de-chaussée du local des services de sécurité, entraînait d’importantes émissions de fumée tandis que les heurts se poursuivaient dans les rues autour du bâtiment.

Presse contre-révolutionnaire (Agence Faut Payer, 4 mars 2013)

 

Port-Saïd au bord de l’embrasement

À l’entrée du canal de Suez, la ville est devenue un chaudron de la contestation égyptienne.

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À Mansourah, les manifestations contre les islamistes au pouvoir et les affrontements contre la police ont duré tout le week-end.

Six morts à Port-Saïd, la porte d’entrée méditerranéenne du canal de Suez. Plus de 420 blessés dont une soixantaine par balles. Un mort à Mansourah, une soixantaine de blessés. Et la place Tahrir, au Caire, qui retombe dans la violence — trois blessés lundi. Les scènes d’affrontements entre policiers et manifestants ne cessent de se répéter dans toutes les provinces d’Égypte. Chaque étincelle suffit à enflammer un brasier.

À Port-Saïd, les émeutes ont recommencé quand les autorités ont tenté de déplacer des prisonniers accusés dans le cadre du drame de février 2012 — 72 morts dans des affrontements entre supporteurs de football. La ville de Port-Saïd est chauffée à blanc par un mois de confrontations avec la police, un mouvement massif de désobéissance civile et un puissant sentiment d’injustice depuis le jugement du 26 janvier, où 21 personnes ont été condamnées à mort. « Les prisonniers sont tous d’ici. Ce transfert est une injustice de plus pour les habitants de Port-Saïd », explique Mohsen Mohammed Mahfouz, le directeur de l’hôpital général de la ville. Un nouveau jugement à haut risque doit intervenir le 9 mars.

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À Mansourah, une grande ville du delta du Nil, la colère couve depuis le 25 février, quand un sit-in devant le gouvernorat de la province a été attaqué par des partisans des Frères musulmans. La ville venait de commencer un mouvement de désobéissance civile en soutien à sa voisine, Port-Saïd. Les manifestations contre les islamistes au pouvoir et les affrontements contre la police ont duré tout le week-end.

Jusqu’ici, Le Caire tenait bon. Mais dimanche matin, quand la police a tenté de rouvrir la place Tahrir, bloquée depuis trois mois par des manifestants, les affrontements ont repris.

C’est dans ce contexte explosif que John Kerry a effectué sa première visite en tant que secrétaire d’État en Égypte. Cela n’a pas été une réussite. Le responsable américain voulait s’imposer en médiateur, demandant aux forces politiques de faire des « compromis significatifs » en vue des prochaines élections législatives égyptiennes, en avril. Pour toute réponse, Mohamed ElBaradei et Hamdeen Sabbahi, les deux principaux opposants au pouvoir actuel, ont refusé de recevoir le représentant de Barack Obama. Les deux hommes sont les figures de proue de la principale coalition d’opposition, le Front du salut national. Ils continuent à appeler au boycott des élections — Mohamed ElBaradei invoquant un « acte de tromperie ».

L’unique annonce significative de cette visite aura été une aide exceptionnelle de 250 millions de dollars pour soutenir l’économie égyptienne, en pleine déroute. C’est moitié moins que l’aide qatarienne accordée en octobre. Mais l’Égypte en a dramatiquement besoin — il reste à peine assez de réserves de changes pour couvrir trois mois d’importations.

Jusqu’au bout, John Kerry aura subi les vicissitudes de la politique égyptienne. Les Ultras, des supporteurs de foot radicaux, ont bloqué la route qui mène à l’aéroport juste avant le départ du secrétaire d’État. Kerry a pris l’avion avec deux heures de retard.

Presse contre-révolutionnaire (Samuel Forey au Caire, LeFigaro.fr, 4 mars 2013)

 

Unrest in Egyptian city draws in military

CAIRO (AP) — Clashes between protesters and the police in the restive Egyptian city of Port Said that entered their second day Monday have dragged in the military to a dramatic extent into the nation’s turmoil.

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At times in the violence, frictions have arisen between the police that were battling protesters and army forces that tried to break up the fighting. Troops in between the two sides were overwhelmed by police tear gas, one army colonel was wounded by live fire, and troops even opened fire over the heads of police, bringing cheers from protesters.

Three policemen and three civilians were killed in the fighting, and troops stood by as protesters torched a government complex Monday that contains the city’s main police building.

The scenes, following three weeks of strikes and protests in the city, have underlined a scenario that many in Egypt view with a mix of concern and relief — that the military may move back into politics, prompted by mushrooming protests, a breakdown in law and order and mounting challenges to the Islamist President Mohammed Morsi. Some opponents of Morsi have outright called for the military to take power, and even those who say they oppose a military return have used the prospect to pressure Morsi to find some consensus in the country’s political crisis.

Prominent opposition leader Mohammed ElBaradei warned of decaying state institutions and rising levels of violence.

« The regime in its current form is unable to manage the country, » he wrote on his Twitter account. « There must be a radical review before it is too late. »

Unable to halt the violence, both the police and military Monday sought to deny any tensions between them. Meanwhile, there was no official comment from the presidency following one of the worst flare-ups of violence since January.

Unrest also spread in other parts of the country. In the capital, Cairo, protesters blocked the main thoroughfare along the Nile River, and police tried to clear them with volleys of tear gas. Other disgruntled young men set fire to two police cars in two different locations in Cairo, sending police fleeing the vehicles in the middle of traffic.

The unrest in Egypt is reaching new heights, just weeks before the parliamentary elections scheduled next month, which have further enflamed an already tense political landscape.

Opposition leaders are calling for a boycott of the elections, accusing Morsi of failing to seek consensus over critical issues, such as the drafting of the constitution and the elections law. Morsi opponents accuse him of working to lock his Muslim Brotherhood’s hold on power.

« How can elections be held with the tragic situation in Port Said and as martyrs are falling there and in other provinces, » former presidential candidate and leading opposition member Amr Moussa said in an email. « How can elections be held with security undermined everywhere in the nation. »

Months of violence have prompted calls by some in the opposition for the military, which ruled for nearly 17 months after the fall of autocrat Hosni Mubarak in February 2011, to take back power and contain the discontent.

Hundreds of Port Said residents, followed by some in other provinces, took the symbolic step of going to public registrar offices to issue « power of delegation » documents asking the military to step in « manage » the country.

Abdullah el-Sinawi, a commentator and columnist in the daily Al-Shorouk newspaper, said the « clashes between police and military which took place, even if they were limited, represent the absence of the rule of law. »

Such a clash between two powerful institutions « warns of the decay of the state, » he said. There were increasing signs from the generals of their displeasure with Morsi’s management of the country and lack of political openness, he said, raising the specter of military intervention, perhaps not to remove Morsi but to prevent a breakdown.

Morsi supporters and members of the Muslim Brotherhood have downplayed rising expressions of discontent. Mohammed el-Beltagi, a senior Brotherhood member, told reporters that Egyptians will never accept the military back in power.

Another senior Brotherhood member, Gamal Heshmat, told the legislature Monday that the media is portraying Port Said as if it is « on fire. »

« Anyone watching from outside will think that Egypt is all Port Said, » he told a parliamentary session, according to the main state-run daily, Al-Ahram.

Port Said, on the Mediterranean coast at the mouth of the Suez Canal, has been in turmoil since late January, when a Cairo court issued death sentences against 21 people, most residents of the city, for involvement in Egypt’s deadliest soccer riot in February 2012. The verdicts sparked angry protests in the city, which turned into deadly clashes with police, leaving more than 40 dead, including two policemen.

Residents have been outraged by what they call excessive force by the police and by Morsi’s backing of the security forces. The police said most of the protester deaths came during an attempt to storm a prison.

Tensions have risen further ahead of a court hearing planned for Saturday that is expected to confirm the death sentences and issue new verdicts for police officers and other Port Said defendants also charged in the soccer riot case.

Port Said’s fighting Sunday began when thousands of protesters marched on the police headquarters after word emerged that 39 defendants in the soccer case had been transferred to prisons outside the city ahead of Saturday’s hearing.

The protesters Sunday lobbed rocks and firebombs at the police building. The police, heavily deployed around their building, moved out to try to push back the protesters.

Army officers tried but failed to negotiate an end to the fighting. Then the troops began getting hit. An army colonel was shot in the right leg by live ammunition, military spokesman Ahmed Mohammed Ali said. Soldiers were overwhelmed by the tear gas that police were firing at the protesters. In one case, captured on video, a tear gas canister fell inside a military armored vehicle, and the choking soldiers stumbled out, helped by protesters who carried them to an ambulance.

The military deployed their vehicles between the protesters and police. They fired in the air in the direction of the police, witnesses said. « The people and army are one hand, » cheering protesters chanted.

One protester, 25-year-old Mohammed Atef, said the scene restored his confidence in the military. « We felt they are feeling the injustices against us; that they decided to protect us too. »

But another said she believed the military was only acting to protect itself. « The military only moved against the police when one of theirs was shot, » said Amira el-Alfi, 33. « It is pretending, and is moving neither to protect institutions, nor to protect people. »

On Monday, soldiers and military vehicles escorted thousands marching in the funeral procession for the civilians killed in the fighting the day before.

« It is now war between us and you, Interior Ministry, » the marchers chanted as they carried the coffins of the dead to the cemetery. Many wave the black-white-and-green flags of Port Said that have become a symbol of the city’s revolt against the government.

On their way back from the funeral, protesters hurled rocks at the police headquarters, which lies in a government complex. Police responded with volleys of tear gas. The military largely stood by. Flames were visible from the provincial government’s headquarters and a nearby tax authority office, adjacent to the police building.

On Monday, both the military and the Interior Ministry, which is in charge of the police, sought to dispel any sign of friction between their forces. The Interior Ministry issued a statement saying « unknown elements » fired arbitrarily at the police and military with the aim of sowing sedition and causing escalation.

In a statement late Sunday, the military denied it fired at police. On Monday, the military spokesman Ali said that the fact that people on both sides were injured indicates that unknown elements were behind the gunfire.

Presse contre-révolutionnaire (Sarah El Deeb, Associated Press, 5 mars 2013)

 

Egypt: Police Fires Teargas At Armed Forces Vehicles in Port Said

The police forces present at the top of the security forces building in Port Said fired teargas bombs at armored vehicles that belong to the Armed Forces on Monday, said an Aswat Masriya eyewitness.

Three army recruits were injured and transferred to the military hospital promptly.

The witness added that the police forces have been firing live ammunition and teargas bombs on protesters since the morning.

One of the protesters suffered a gunshot in the head; he was transferred to the hospital in a critical condition.

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Egyptian army soldiers and military police secure a funeral procession for civilians killed overnight during street battles with police forces, in Port Said, Egypt, Monday, March 4, 2013.

The people of Port Said have asked the Armed Forces to intervene to protect them and stop the actions of the police. On account of which the army vehicles moved to the city to separate the people from the security forces, which responded by firing at the armored vehicles.

Official Spokesman of the Health Ministry, Yehia Mousa, said that five persons were killed in Sunday’s clashes whereas the Under Secretary of the Health Ministry, Helmi Al-Afni, told Reuters that there are four dead, two protesters aged 16 and 17 and two army recruits.

The Armed Forces stressed in a statement published on Monday that Port Said and its brave people are in the heart of the Armed Forces and that securing its people and their belongings is an oath they took upon themselves regardless of the sacrifices it might cost.

Presse contre-révolutionnaire (Aswat Masriya via allAfrica.com, 4 mars 2013)

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Mars 2013 au Rémouleur (Bagnolet)

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Le Rémouleur

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[Notre-Dame-des-Landes] Pochoirs nantais

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The AntiProduct, 4 mars 2013

 

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[Nos médias] « Zone Libre », l’émission qui respecte les deuils nationaux LOL

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Émission hebdomadaire depuis 2009 sur la radio associative Radio Larzac, « Zone Libre » s’était toujours illustrée par une attitude sans concession vis à vis de l’État et de sa police. Désormais, il semblerait que l’émission soit contrainte de pacifier son discours.

AUTOCRITIQUE NON-SPONTANÉE ET RESPECT CONTRAINT DE L’INSTITUTION POLICIÈRE, OU LE CITOYENNISME DÉBARRASSÉ DE SES SLOGANS SUR LA « LIBERTÉ D’EXPRESSION »

Avant de commencer cette émission, j’aimerai faire une autocritique. En effet, comme on me l’a fait remarquer lors d’une réunion interne, les propos tenus lors de cette émission le sont dans le cadre technique fourni par Radio Larzac. Ne voulant bien entendu pas mettre la pérennité de l’émission Zone Libre en danger, je souhaite donc présenter mes excuses à tous ceux et toutes celles que l’annonce de ma bonne humeur, la semaine dernière, aurait pu légitimement choquer, en ces temps de deuil national suite à la tragique mort de deux policiers la semaine dernière sur le périphérique parisien.

Rendez-vous mercredi 6 mars à 19h30 sur Radio Larzac, pour « Zone Libre », l’émission qui respecte les deuils nationaux ^^

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