« L’Afrique est pauvre parce qu’elle n’est pas libre »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325774639.jpgGeorge Ayittey, un dangereux économiste africain

George Ayittey est un homme profondément dangereux. Il a été jeté en prison au Sénégal en 1994. Après sa libération, il a été poursuivi à travers l’Afrique par des hommes d’État. Plusieurs régimes à travers le monde ont interdit ses œuvres. Il est interdit d’apparitions à la télévision. Ses bureaux ont été perquisitionnés et saccagés, puis, plus tard, incendiés. Son crime ? Une simple phrase : « L’Afrique est pauvre parce qu’elle n’est pas libre ».

Ayittey n’est pas découragé : aujourd’hui il dirige la Free Africa Foundation, un think tank basé à Washington-DC qui lutte pour la réforme politique. Il s’est récemment fait encore détester par les autocrates du monde entier en écrivant dans son dernier livre, Defeating Dictators (Vaincre les dictateurs), « un bon dictateur est un dictateur mort ».

Originaire du Ghana, Ayittey allie un intellect affûté avec un activisme courageux, faisant de lui une arme humaine de démolition contre la tyrannie. Bien qu’économiste de formation, Ayittey développe son expertise économique dans le cadre d’une compréhension approfondie de l’histoire africaine. Et il les confronte toutes deux à l’ordre politique moderne en Afrique.

Son premier livre, un volume très dense de 500 pages intitulé Indigenous African Institutions (Les institutions indigènes africaines), est dédié avec une pointe de sarcasme à la « rééducation » des « dirigeants et des élites africains ». Comme partout ailleurs, en Afrique les peuples ont lutté durant leur histoire entière pour contenir la violence et réduire la tyrannie dans leurs sociétés. Le livre d’Ayittey est un regard fascinant sur la manière dont ils ont pu accomplir cela et constitue un correctif utile à la fantaisie que ce serait l’Occident qui a « découvert » la liberté et le libre marché.

De nombreux groupes africains fonctionnaient essentiellement sans État, et s’organisaient autour d’un mode de prise de décision consensuelle et dans une tradition de subsidiarité (du bas vers le haut). Même lorsque les groupes vivaient sous une hiérarchie comme un royaume ou de chefferie, le pouvoir des dirigeants politiques était fortement limité par des systèmes élaborés de freins et contrepoids, et un accent mis depuis longtemps sur l’état de droit : « les lois traditionnelles africaines n’étaient pas malicieusement décrétées par le chef ou le roi en collusion avec un régiment de soldats. Les lois coutumières étaient soumises à un réel débat public… les chefs et les rois ne pouvaient promulguer des lois sans l’assentiment des conseils » (p. 72). Si la colère publique ne se révélait pas suffisante, le contrepoids ultime au pouvoir était la possibilité d’exit : les gens qui se sentaient opprimés fuyaient leurs dirigeants lors d’exodes.

Ayittey démonte le mythe selon lequel l’Afrique d’avant la colonisation était seulement une terre de chasseurs-cueilleurs ou d’agriculteurs de subsistance, et soutient au lieu de cela que le commerce, la libre circulation et la libre association étaient primordiaux. Les mineurs, les artisans et l’industrie artisanale étaient organisés en des réseaux élaborés et décentralisés de guildes (p. 283). Contrairement aux idées fausses de l’Occident, « dans l’Afrique indigène, tous les facteurs de production étaient détenus par les indigènes, et non par leurs dirigeants, leurs chefs ou par les gouvernements tribaux » (p. 284). Les prix étaient libres et non fixés par les chefs ou les rois (pp. 339-340). Le libre-échange et la libre circulation dominaient, « il n’y avait pas de “frontières”, les biens et les personnes circulaient librement à travers l’Afrique. Aujourd’hui, les dirigeants africains modernes postent des bandits en uniforme sur les frontières artificielles et contestent ceux qui font comme eux en appelant ça de la “contrebande” » (p. 355).  Ayittey soutient que ces institutions ont survécu partiellement au colonialisme, en dépit de la lourde intervention des administrations occidentales. Bien que certaines zones s’en soient mieux sorties que d’autres de ce point de vue, beaucoup d’Africains arbitraient encore leurs différends en utilisant les lois et les tribunaux traditionnels, et échangent encore très largement à travers les marchés informels (pp. 396-406).

Quelle qu’ait pu être l’exploitation des puissances coloniales, Ayittey estime que la véritable tragédie du développement de l’Afrique s’est déroulée avec « l’indépendance ». « La liberté pour laquelle les Africains se sont battus, contre le colonialisme, a été trahie avec une grande perfidie », condamne-t-il, « la vraie liberté et le vrai développement ne se sont jamais concrétisés pour une grande part de l’Afrique. L’indépendance n’a été que sur le papier. Un groupe de maîtres (les colons blancs) a été remplacé par un autre groupe (les noirs néo-colonialistes), et l’oppression et l’exploitation des peuples africains continuent sans relâche. » Souvent avec l’aide secrète et parfois le soutien explicite de l’Occident, les gouvernements africains se sont lancés dans toute une série de débâcles qu’Ayittey appelle « le socialisme des banques suisses » et la « coco-démocratie ». Avec le socialisme, les dirigeants africains ont terrorisé la population de leurs pays, violé les ressources naturelles du continent, et ruiné leurs économies. Mais les dirigeants et leurs acolytes expédiaient leur butin sur leurs comptes bancaires personnels en Suisse. Certains dirigeants africains ont volé plus de richesses à l’Afrique alors qu’il étaient en « fonction » que tous les présidents américains, de Washington à Obama, combinés.

Avec la « coco-démocratie », les États africains maintiennent un système clownesque d’élections pour maintenir un semblant de légitimité politique. Mais la tricherie et la fraude électorale déterminent en réalité le processus. Les bulletins de vote n’ont aucun sens sans une presse libre et avec les monopoles gouvernementaux ou ceux d’un système de capitaliste copinage dominant l’économie.

Ayittey appelle ces deux ordres politiques « États vampire » parce qu’ils « sucent la vitalité économique de leur peuple. »

Ayittey croit que la réponse à la lutte contre ces dirigeants africains prédateurs, pour déclencher une croissance économique rapide, réside en fait dans les institutions indigènes du continent. Les « experts » occidentaux en développement sont naïfs de penser qu’ils peuvent exporter les institutions occidentales vers un peuple tout à fait différent. Cela ne signifie absolument pas que les Africains sont incapables de faire croître les réseaux commerciaux élaborés dont jouit l’Occident. Ayittey estime que le commerce libre, la libre circulation, la libre association et la liberté d’expression sont le véritable héritage de l’Afrique, comme en témoignent ses institutions indigènes. La difficulté réside dans le fait d’importer la superstructure des parlements occidentaux et des dirigeants politiques et de les copier artificiellement sur un autre ordre social qui a évolué différemment et qui repose sur la parenté, la communauté et la coutume plus que sur l’individualisme occidental.

En effet, l’Afrique jouit le plus de la croissance économique, de la dynamique de l’emploi et de l’innovation dans les zones où règnent essentiellement les institutions indigènes. La grande majorité des Africains travaille dans le « secteur informel », un terme savant pour décrire les vastes marchés « gris et noirs » qui permettent à la plupart de subsister. Lorsqu’ils survivent aux raids et incursions à des fins d’extorsion par les élites politiques (parfois appelés par euphémisme « projets de développement menés par l’État »), ces marchés existent à la périphérie de nombreuses villes de l’Afrique, en dehors de ses institutions politiques officielles. Mais le commerce est loin d’être « périphérique ». L’activité économique dans ces marchés (qui n’inclut pas les marchandises illicites comme les drogues ou les armes) représente des billions de dollars et constitue le premier employeur d’Afrique.

Ayittey croit que nous devrions nous tourner vers le secteur informel et nous appuyer sur les institutions traditionnelles de l’Afrique. Les « hippopotames de l’Afrique », une expression qu’Ayittey utilise pour dépeindre les bureaucrates aigris et les opérateurs corrompus qui entravent le progrès, ne peuvent être vaincus que par les « guépards » du continent. Les guépards sont une nouvelle race de « jeunes africains en colère », intelligents, avisés, motivés et pragmatiques. Là où les hippopotames voient un problème social exigeant de la bureaucratie, les guépards voient, eux, une opportunité d’affaires. Ils sont des bâtisseurs d’institutions pour l’avenir, travaillant dans le secteur informel. Ils sont les acteurs d’une révolution tranquille, fondée sur des projets entrepreneuriaux qui comblent les gouffres laissés par les gouvernements malveillants. Ils apportent de nouvelles technologies et une nouvelle expertise. Ils mettent en place des coopératives et des organisations d’aide mutuelle. Ils lancent des entreprises rentables. Ce sont eux les dignes héritiers du patrimoine de la liberté de l’Afrique, certainement pas les dirigeants pavoisant sur les estrades.

Zachary CaceresAnalyste à l’Adam Smith Institute et contributeur au projet www.AfricanLiberty.org.

Leur presse (Libération [Maroc]), 5 janvier 2012.

Publié dans General | Marqué avec | Un commentaire

[Nancy] Manif antifasciste Jeudi 5 janvier 2012

Rendez-vous Jeudi 5 janvier 2012 à 17h30 devant la Bibliothèque Universitaire de la Faculté de Lettres de Nancy. Départ groupé pour ensuite empêcher la manifestation d’extrême droite place de la Croix de Bourgogne.

Comme chaque année, les identitaires lorrains se réunissent à l’occasion de la commémoration de la Bataille de Nancy, qui se déroula le 5 janvier 1477, bataille assurant l’indépendance de la Lorraine et renforçant le pouvoir monarchique de Louis XI.

Ce rassemblement annuel n’est en réalité qu’un prétexte pour les fascistes lorrains à se réunir pour célébrer cette victoire, mais aussi afin de commettre de multiples agressions dans les rues de notre ville. En effet, l’an dernier à cette même date, tout au long de la nuit, ces mêmes « militants » identitaires ont agressé cinq individus suite à des différents politiques, entraînant l’hospitalisation de l’un d’eux.

Seront présents à la commémoration de la Bataille de Nancy des représentants du Front National, de la Nouvelle Droite Populaire (dont le leader Armand Webber était l’organisateur de la manifestation islamophobe qui devait se tenir à Forbach en septembre dernier) et une partie des autonome lorrains (groupe néo-fasciste connu à Nancy pour avoir agressé physiquement plusieurs personnes dans les rues de Nancy entre 2010 et  2011).

C’est pour cela que nous appelons à un rassemblement à 18h devant la bibliothèque universitaire de la faculté de Lettres de Nancy, en vue d’empêcher la manifestation fasciste.

Nous appelons toutes les organisations qui le souhaitent à rejoindre notre appel pour barrer la route aux identaires lorrains.

Pas de facho dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos.

Action contre le fascisme, 21 décembre 2011.

Publié dans Antifascisme | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Nancy] Manif antifasciste Jeudi 5 janvier 2012

[Lyon] Appel à un cortège libertaire antifasciste Samedi 14 janvier 2012

Dans un contexte de crise capitaliste, la bourgeoisie et l’État français redoublent d’agressivité : l’État mène une politique de casse sociale qui vise à préserver les intérêts du patronat et des actionnaires. Nous en payons le prix au quotidien : explosion du chômage, précarité, gel ou la baisse des salaires, envol des loyers, dégradation de notre santé et de notre accès aux soins, les difficultés pour boucler les fins de mois.

Ce 14 janvier, un groupe nationaliste prend le prétexte de la guerre d’Afghanistan pour diffuser son venin antisémite et raciste. Son opposition à cette guerre n’est qu’une position opportuniste pour parader dans nos rues et diffuser leurs idées. Elle reflète aussi le point de vue d’une fraction de la bourgeoisie française voyant seulement dans cette guerre leur alignement sur celle de la bourgeoisie américaine. Elle se contrefout du sort des travailleuses et des travailleurs afghanEs, coincéEs entre une armée d’occupation et des forces réactionnaires religieuses, elles-mêmes favorisées dans le passé par les puissances impérialistes, dont la France. Cette même officine raciste ne dit rien bien entendu de l’impérialisme français, des exactions et de l’occupation militaire française dans bien d’autres parties du monde, et notamment en Afrique. Pas plus qu’il ne dénonce les entraînements de l’armée française à la guérilla urbaine, qui visent à la préparer à intervenir sur le territoire français en cas de révolte sociale.

« Diviser pour mieux régner » : ici et là-bas

Pour prévenir tout risque d’explosion sociale, la bourgeoisie joue la carte du nationalisme. Avec un double objectif : mobiliser les travailleuses et travailleurs derrière elle pour préserver sa position internationale, et désigner des boucs émissaires pour lui permettre d’échapper à la colère populaire. MusulmanEs, arabes, rroms, juifs, immigréEs sont tour à tour ou touTEs ensemble désignéEs comme responsables des problèmes, soit par l’État, les partis politiques, soit par les groupes nationalistes ou racistes. Sans avoir l’air d’y toucher, la bourgeoisie et l’État favorisent ces courants qui représentent leur dernier rempart contre une explosion révolutionnaire.

Mais qui nous exploite ? Les patrons et les actionnaires ! Qui nous extorque des loyers ? Les propriétaires ! Qui nous licencie et nous précarise ? La bourgeoisie, et au tout premier chef, la bourgeoisie française ! Non, nos intérêts ne sont pas les leurs, et c’est pour mettre fin à la domination bourgeoise, mais aussi de l’État que nous devons nous organiser et lutter. Cela veut dire éviter toutes les manœuvres de division qui veulent nous amener sur le terrain de la « guerre de touTEs conte touTEs ». Cela veut dire choisir la lutte des classes et non la guerre contre un « ennemi intérieur » ou extérieur désigné par la bourgeoisie.

Quand nous nous opposons à l’impérialisme, en commençant par l’impérialisme français, en Afghanistan comme ailleurs, qui redouble d’agressivité en ce contexte de crise, uniquement pour le contrôle des ressources. Car toute prétendue « solution nationale » à la crise capitaliste ne se fera que sur notre dos, et sur celui des travailleuses et des travailleurs des pays ciblés par l’impérialisme français. Nous nous inscrivons dans les luttes des exploitéEs, qui ici ou en Égypte, en Russie ou en Argentine, luttent contre la bourgeoisie (y compris leur bourgeoisie nationale !) loin des impasses meurtrières du nationalisme.

Solidarité internationale des travailleurs et des travailleuses !

Pas de guerre entre les peuples, pas de paix entre les classes !

La coordination des Groupes Anarchistes appelle à la constitution d’un cortège libertaire lors de la manifestation antifasciste : Samedi 14 janvier à 14h place du Pont / métro Guillotière à Lyon.

CGA Lyon, 5 janvier 2012.

Publié dans Antifascisme | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Lyon] Appel à un cortège libertaire antifasciste Samedi 14 janvier 2012

[Pharmamafia] Les blouses blanches travaillent en Argentine

Tests avec enfants pauvres d’Argentine : amende pour un laboratoire britannique

Le laboratoire britannique GlaxoSmithKline devra payer une amende de 230.000 dollars (177.000 euros) pour des irrégularités commises pendant des tests de vaccins sur des enfants de familles pauvres en Argentine, a-t-on appris de source judiciaire.

Des failles ont été détectées dans la procédure pour obtenir l’accord des centaines des familles de près de 14.000 enfants des provinces de San Juan et de Santiago del Estero (nord-ouest) et Mendoza (ouest), selon l’Administration nationale des médicaments (Anmat) qui avait décidé d’une amende.

GlaxoSmithKline, qui voulait ainsi tester, en 2007 et 2008, des vaccins contre l’otite et la pneumonie, avait fait appel de la décision de l’Anmat, mais le juge Marcelo Aguinsky a confirmé l’amende, a déclaré mardi soir un porte-parole de son tribunal.

Le laboratoire et deux médecins « n’ont pas respecté les conditions légales élémentaires pour réaliser ces tests sur près de 14.000 enfants », selon l’enquête réalisée par l’Anmat.

GlaxoSmithKline a annoncé dans un communiqué qu’il ferait de nouveau appel de cette nouvelle décision devant les autorités compétentes.

Le vaccin a « été approuvé et il est en vigueur dans plus de 80 pays », dont l’Argentine, a reconnu l’Anmat, en soulignant que là n’était pas le problème.

« Les (personnes) coupables d’utiliser nos enfants pauvres comme des cobayes ne seront même pas traduits devant la justice », a dit à la presse la Fédération syndicale des professionnels de la santé d’Argentine (Fesprosa), déplorant un vide juridique sur cette question.

Leur presse (Agence Faut Payer), 4 janvier 2012.

Publié dans Nos corps nous appartiennent | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Pharmamafia] Les blouses blanches travaillent en Argentine

[Marseille] « Devenir patient », écoute et discussion Dimanche 8 janvier

Pour cette rentrée « bonne année, bonne santé », ce sera une soirée écoute sonore et discussion autour des questions de la solitude collective ressentie dans des structures de santé, mais pas que, de la gestion autour des corps aussi par exemple.

Devenir patient – documentaire sonore, 57 min. Réalisé en janvier 2011 à la clinique de Soins de Suite et Réadaptation (SSR) de Romainville.

Visite au cœur d’une clinique privée. Entre gestion productiviste, isolement partagé, pouvoir médical et solitude collective, les patients font le récit de leurs quotidiens en contradiction avec les discours médiatiques de l’établissement.

Puis il y aura une discussion avec la réalisatrice et les membres du Collectif Massalia Santé System.

« Depuis 2010, nous sommes un collectif informel de personnes s’intéressant à réintégrer les problématiques de santé dans le champs du politique et du social avec une ferme volonté, en tant que soignants, d’accepter de nous poser les questions qui nous troublent sur notre mode d’exercice, notre rôle, notre utilité, le système dont nous faisons partie, de tenter d’y répondre de manière autonome, de nous regrouper pour discuter et voir quelles questions, réponses, actions nouvelles peut faire émerger un collectif. Nous sommes en majorité, mais non exclusivement, de jeunes médecins, externes, internes (médecin généraliste et spécialistes), infirmiers et pharmaciens. Nous sommes ouverts à n’importe quelle personne que les problématiques de santé intéressent, professionnels de santé, malades, non malades, citoyens, non citoyens. »

Et, on ne dérogera pas aux bonnes habitudes, à partir de 19h00 on se retrouve autour d’une bouffe à prix libre, merveilleusement accompagnée, si l’envie y est, de vos mets et breuvages, dont vous seuls avez le secret.

L’écoute démarrera à 20h00 (pétantes comme à l’accoutumée).

Ciné’DahDah – Marseille.

Publié dans Nos corps nous appartiennent | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Marseille] « Devenir patient », écoute et discussion Dimanche 8 janvier

[Pétromafia/Nigeria] Troisième journée de manifestations

Nigeria : poursuite des manifestations sur le prix du carburant, menaces de grève générale

Les principaux syndicats du Nigeria ont menacé mercredi de lancer une grève générale à partir du 9 janvier pour protester contre la suppression de subventions ayant entraîné le doublement du prix du carburant, une mesure contestée dans la rue depuis trois jours.

Dans le nord du pays, régulièrement touché par les attaques de la secte islamiste Boko Haram, des hommes armés ont par ailleurs attaqué un commissariat dans l’État de Jigawa, tuant une adolescente, au cours du premier incident de ce genre depuis l’entrée en vigueur de l’état d’urgence dans cette zone ce weekend.

Dans une déclaration commune, les deux principales confédérations syndicales nigérianes et des organisations alliées ont demandé que « la présidence fasse redescendre le prix du carburant à 65 nairas (0,30 euro) ».

« Si le gouvernement ne s’exécute pas, il sera responsable de grèves générales illimitées, de rassemblements de masse et de protestations de rues qui se tiendraient dans tout le pays à partir du 9 janvier », ont mis en garde ces syndicats.

Pour la troisième journée consécutive, des manifestations ont éclaté mercredi à Kano, principale ville du nord, où des centaines de personnes se sont rassemblées sur la grande place centrale rebaptisée pour l’occasion « Place de la libération ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325698280.jpg

Stoppés par les forces de l’ordre devant le gouvernorat, les protestataires ont fermé de force plusieurs stations-services et menacé d’incendier le siège local d’un journal national.

Plusieurs manifestations avaient déjà eu lieu lundi et mardi, notamment à Lagos, Abuja et Kano, où elles ont été pour la plupart dispersées par la police. Selon un syndicat, un manifestant a été abattu mardi par la police dans le centre-ouest, ce que la police a démenti.

La suppression des subventions des prix du carburant est très impopulaire au Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique et pays le plus peuplé du continent avec 160 millions d’habitants dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.

Annoncée par surprise par le gouvernement le 1er janvier, cette mesure a eu pour conséquence une hausse en flèche des prix à la pompe, le litre d’essence passant dès lundi de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 naira (0,66 euro).

Un commissariat « criblé de balles »

Dans l’État de Jigawa, des assaillants non-identifiés ont attaqué le poste de police de la ville de Birniwa. Après avoir lancé une bombe qui n’a pas explosé, ils ont « criblé de balles » le bâtiment, tuant une jeune fille et blessant un policier, selon un responsable policier local.

Plusieurs attaques de ce type dans le nord du Nigeria ont été attribuées à Boko Haram.

Le président Goodluck Jonathan a décrété l’état d’urgence ce weekend dans plusieurs zones du nord, dont l’État de Yobe — voisin de celui de Jigawa — où les attaques de la secte ont fait des centaines de morts ces derniers mois.

Cette mesure a été prise après les attaques revendiquées par Boko Haram qui ont fait une cinquantaine de morts le jour de Noël, dont la grande majorité a été tuée à la sortie d’un office religieux dans une église près d’Abuja.

Après les attentats de Noël, la communauté chrétienne a menacé de recourir à l’auto-défense si les violences se poursuivaient dans un pays divisé entre un Nord pauvre à dominante musulmane et un Sud plus riche, surtout chrétien et animiste.

L’un des porte-parole habituels de Boko Haram a fixé dimanche soir un ultimatum de trois jours aux chrétiens vivant dans le Nord pour partir. Les autorités ont affirmé ne pas prendre au sérieux ces menaces mais disent avoir tout de même pris des mesures préventives.

Leur presse (Ola Awoniyi, Agence Faut Payer), 4 janvier 2012.

Nigeria/carburant : des centaines de manifestants face à la police à Kano (nord)

Des centaines de personnes ont manifesté mercredi à Kano, principale ville du nord du Nigeria, contre la hausse des prix du carburant, fermant de force des stations-services et menaçant d’incendier le siège local d’un journal, a constaté un correspondant de l’AFP.

Les manifestants se sont d’abord dirigés vers le siège du gouvernorat, où ils ont été bloqués par des dizaines de policiers et soldats déployés avec des véhicules anti-émeute.

Ils se sont ensuite rendus sur la principale place de la ville, qu’ils ont rebaptisée pour l’occasion « Place de la libération ».

Les magasins aux alentours ont immédiatement baissé leur rideau par peur de possibles violences, et quatre stations-services voisines ont été fermées de force par les protestataires.

« C’est une manifestation pacifique pour montrer notre rejet total de la fin des subventions des prix des carburants », a commenté l’un des organisateurs de cette marche, Baffa Abdurrahman.

Une foule hostile s’est également regroupée devant les locaux du Daily Trust, où elle a été stoppée par un cordon de policiers. Les manifestants « sont venus ici par centaines avec l’intention d’incendier nos bureaux, l’intervention des policiers a permis de rétablir la situation », a déclaré Awwan Umar, chef du bureau du Daily Trust de Kano.

La suppression des subventions des prix du carburant est très impopulaire au Nigeria, premier producteur de pétrole d’Afrique et pays le plus peuplé du continent avec 160 millions d’habitants dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.

Cette mesure, annoncée par surprise par les autorités le 1er janvier, a eu pour conséquence une hausse en flèche des prix à la pompe. Le litre d’essence est ainsi passé dès lundi de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas (0,66 euro).

Leur presse (Les Échos), 4 janvier 2012.

Publié dans General | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Pétromafia/Nigeria] Troisième journée de manifestations

[Clermont-Ferrand] Vérité et justice pour Wissan

Un Clermontois dans le coma après une interpellation musclée

Un Clermontois est dans le coma depuis dimanche à la suite de son arrestation dans le quartier de la Gauthière par deux policiers. L’inspection générale de la police nationale de Lyon tente de déterminer les responsabilités. Les jeunes du quartier dénoncent un « tabassage » et appellent à une marche de soutien, ce samedi.

Wissan El-Yamni, 30 ans, a-t-il été victime d’une interpellation policière musclée mais régulière ou de violences illégitimes ? Qui a fait venir les secours à La Gauthière en prétextant la présence d’un homme en sang gisant au sol, information qui s’est, au final, avérée fausse ? Voilà ce à quoi tentent de répondre, depuis lundi, les enquêteurs de l’inspection générale de la police nationale de Lyon — plus connue sous le nom de police des polices — après leur saisie par le parquet de Clermont-Ferrand.

D’après Gérard Davergne, procureur de la République de Clermont-Ferrand, une information judiciaire pourrait bientôt être ouverte. « Mais il faudra, pour la qualifier, d’abord reconstituer les événements et connaître la cause du malaise cardiaque ayant conduit au coma. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325681415.jpg

Les faits remontent à la nuit de la Saint-Sylvestre. Il est environ 2h30 du matin quand, alertés via un coup de téléphone de la présence au sol d’un homme inanimé, policiers et sapeurs-pompiers arrivent au centre commercial de la Gauthière, un quartier nord classé en zone urbaine sensible. Là, nulle trace de blessé mais quatre jeunes sur un banc. Wassan El-Yamni, décrit comme très excité par les policiers et les pompiers, aurait été le seul à lancer des projectiles sur la voiture de police, dont la vitre sera brisée par l’impact. S’engage alors une course-poursuite entre les fonctionnaires et le trentenaire. Appelés en renfort, deux hommes de la brigade canine finissent par interpeller le Clermontois.

Il est mis au sol par le chien, menotté, placé dans le véhicule puis aspergé avec une bombe de gaz lacrymogène. « L’interpellation a été musclée car l’homme était très excité », reconnaît le procureur. Ses blessures l’attestent : toujours selon le parquet, Wassan El-Yamni, qui a déjà eu affaire avec la justice, présente une fracture des côtes, une autre du rocher orbitaire et des lésions au niveau du cou.

Dans le coma

Inanimé lors de son arrivé au commissariat, il est porté par les policiers qui ne croient pas tout de suite, dixit le parquet, à la réalité du malaise. En arrêt cardiaque, l’homme est ranimé avant de tomber dans le coma, état où il se trouve depuis. Son pronostic vital est engagé.

Rencontrés hier, les jeunes de la Gauthière se disent révoltés par ce qu’il appellent un  « tabassage ». Ils ne cachent pas leur colère et veulent soutenir la famille, qui a porté plainte. Ils distribuent des tracts invitant à une marche pacifique, ce samedi après-midi.

Leur presse (Nicolas Faucon, LaMontagne.fr), 4 janvier 2012.


Dans le coma après son interpellation

Arrestation musclée ou bavure ? Un jeune Clermontois est plongé dans le coma depuis son arrestation par deux policiers le soir du Réveillon de la Saint-Sylvestre, rapporte La Montagne. Ses proches assurent qu’il a été tabassé.

Tout commence vers 2h30 du matin, lorsque les forces de l’ordre reçoivent un appel qui les prévient qu’un homme gît, inanimé, dans le centre commercial de la Gauthière, un quartier sensible de Clermont-Ferrand. Mais lorsqu’ils arrivent, pompiers et policiers ne trouvent que quatre jeunes, assis sur un banc. Le jeune homme est alors décrit comme très agité et lance des projectiles sur la voiture de police.

Une course-poursuite s’engage alors. Les policiers appellent la brigade canine en renfort. Le jeune homme est alors mis au sol, menotté, emmené dans un fourgon et aspergé de gaz lacrymogène. « L’interpellation a été musclée car l’homme était très excité », reconnaît le procureur de Clermont. Le jeune homme a d’ailleurs plusieurs côtes cassées, le rocher orbitaire cassé et des lésions dans le cou.

Il est inanimé quand le fourgon arrive au commissariat mais les policiers ne croient pas au malaise. Le jeune homme fait pourtant un arrêt cardiaque. Les policiers tentent de le réanimer mais il tombe dans le coma. Son pronostic vital est toujours engagé. Sa famille a porté plainte et organise une marche pacifique samedi après-midi.

Leur presse (Europe1.fr), 4 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Clermont-Ferrand] Vérité et justice pour Wissan

[Besak antipub] Le retour

Besançon : nouvelles attaques contre les mobiliers Decaux

Dégradations – Le mobilier urbain Decaux à nouveau la cible d’actes de vandalisme.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325679227.jpg

Dans la nuit de lundi à mardi, pas moins de onze installations Decaux ont été dégradées, soit deux abribus et neuf sucettes. Une nouvelle fois, la ville est confrontée au problème, avenue Siffert, pont de la République ou ailleurs.

On s’en souvient : l’année 2010 avait été particulièrement dure pour la société Decaux dans la capitale comtoise, avec près de 400 dégradations. Un phénomène jugé unique en France. « En 2011, nous avons comptabilisé 105 dégradations », explique Daniel Mourot, directeur de la voirie. « 68 ont concerné des abribus. » Les actes de vandalisme ne sont pas constants. « Nous n’avons constaté que deux dégradations en mai contre 28 en décembre. »

Pour l’heure, difficile de savoir quels sont les auteurs de telles infractions. Le directeur de la voirie y voit l’expression de militants anti-pub.

À noter que toute dégradation doit être réparée par l’entreprise Decaux qui gère le parc de mobilier urbain dans le cadre d’une convention d’occupation du domaine public avec la ville. « Les installations sont réparées dans les 24 ou 48 heures », conclut Daniel Mourot. « Sauf quand il y a vraiment beaucoup d’actes de vandalisme. Cela entraîne des ruptures de stock… »

Leur presse (Éric Daviatte, L’Est républicain), 3 janvier 2012.

Publié dans Antipub | Marqué avec | Un commentaire

Samedi 14 janvier 2012 Rassemblement au centre de rétention de Vincennes

Le vendredi 13 janvier, les juges de la cour d’appel de Paris rendront leur décision concernant les 6 personnes sans papiers inculpées ayant fait appel pour la révolte collective qui, en juin 2008, après la mort d’un retenu, embrasa le centre de rétention de Vincennes.

Quel que soit le verdict que la justice assénera aux 6 inculpés, nous continuerons à lutter parce que les personnes sans papiers continueront d’être pourchassées, enfermées et expulsées ; et la justice continuera de valider les reconduites à la frontière et l’enfermement pour des milliers d’autres personnes.

Depuis juin 2008, le centre de rétention de Vincennes a été reconstruit et de nouveaux centres ont vu le jour. Ces nouveaux centres sont construits sur un modèle carcéral, en général loin des centre-villes et des regards extérieurs. Le Mesnil-Amelot 3 par exemple, érigé au pied des pistes de l’aéroport de Roissy, avec ses petites unités isolées, ses caméras de surveillance, ses rangées de barbelés et de plantes à épines qui cachent les retenus et écorchent quiconque s’en approche trop.

Depuis juin 2008, la machine à expulser s’est perfectionnée notamment grâce à de nouvelles lois. Ainsi la loi Besson, entrée en vigueur l’été dernier remplit bien les objectifs clairement assignés à toutes les lois sur l’immigration : mettre davantage de pression sur les personnes sans papiers et les expulser plus facilement. Dans cette même logique, l’enfermement de celles et ceux à qui l’administration ne veut pas donner de titre de séjour est de plus en plus long et punitif. Depuis juillet dernier, la durée de rétention est passée de 32 à 45 jours. Elle était de 12 jours il y a 10 ans…

Dans ces centres où de plus en plus de gens sont enfermés de plus en plus longtemps, le maintien de l’ordre se fait comme dans toutes les prisons : à force de menaces et de répression et à grand renfort de tranquilisants et autres médicaments censés annihiler toute volonté de résistance ou de rébellion. Ainsi parmi celles et ceux qui sont enfermés dans l’attente d’une expulsion qui semble toujours plus inéluctable, beaucoup sont acculés, entre révolte et désespoir, à avaler des lames de rasoir, à se pendre ou à se taillader. D’autres fois, le même espoir d’échapper à l’expulsion pousse à refuser d’embarquer, à se cacher et à s’évader.

Si des révoltes, des résistances individuelles ou collectives ont régulièrement lieu dans les centres de rétention, elles sont la plupart du temps étouffées et réprimées avec peu de retentissement extérieur. Dehors, des solidarités de proximité perdurent, permettant à quelques personnes sans papiers de ne pas être expulsées ou de régulariser leur situation. Mais, des luttes plus larges pour la liberté de circulation, contre les frontières et leurs prisons peinent à s’exprimer.

Pourtant les frontières, les visas, les systèmes de surveillance et de contrôle continuent de prospérer et n’ont jamais autant tué. Ainsi, depuis le 14 janvier 2011, jour de la chute de Ben Ali en Tunisie, ce sont plus de 2000 personnes qui ont péri en franchissant la mer Méditerranée.

Nous ne voulons pas nous résigner aux contrôles d’identité, aux rafles, aux centres de rétention et aux expulsions. Aux côtés de tous les sans-papiers qui se révoltent pour leur liberté, amplifions les mouvements qui existent à l’intérieur comme à l’extérieur, qui s’opposent aux arrestations, empêchent des expulsions, facilitent des évasions. Brisons l’isolement et propageons la lutte contre les frontières, l’enfermement et pour la liberté.

Rendez-vous pour un rassemblement devant le centre de rétention de Vincennes, samedi 14 janvier 2012 à 16h au RER Joinville-le-pont (RER A).

Infozone, 4 janvier 2012.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Les révoltes des migrants | Marqué avec | Commentaires fermés sur Samedi 14 janvier 2012 Rassemblement au centre de rétention de Vincennes

[Genève] Double évasion à la Clairière

Il n’y a pas qu’en Italie que les prisonniers se font la belle durant les fêtes de fin d’année. Deux évasions ont eu lieu au Centre éducatif et d’observation de la Clairière (Genève) durant la dernière semaine de décembre. Les évadés, tous deux mineurs, sont ainsi parvenus à escalader un grillage de 5 mètres de hauteur. Leur acte est d’autant plus admirable que comme la plupart des taules, la Clairière est installée dans l’extrême périphérie des zones urbaines, entre une zone industrielle décrépie mais truffée de caméras et un vaste ensemble champêtre qui ne prête pas tellement à la fuite [La Clairière, située à la Route de Satigny, jouxte d’ailleurs directement la tristement célèbre prison de Frambois où sont enfermés les requérants d’asile déboutés.]. Malheureusement, les médias bourgeois ont rapporté que l’un des évadés s’est fait serrer par la police au centre-ville. L’autre évadé est en revanche toujours en cavale et nous ne pouvons que lui souhaiter qu’il le reste.

Il est aussi utile de rappeler que la prison de la Clairière a été au centre d’une polémique politicienne il y a bientôt un an à la suite de la publication d’un rapport traitant entre autres choses des conditions de détention à la Clairière. Ce rapport révèle que les gardiens laissaient les mineurs plus de 16 heures par jour dans leurs cellules et que la possession d’un simple crayon leur était refusée pour des raisons de « sécurité ».

SOLIDARITÉ AVEC LES TAULARD-E-S

ÉTAT, JUSTICE PÉNITENCIAIRE : TOUS COUPABLES

Le Réveil, 3 janvier 2012.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Genève] Double évasion à la Clairière

Les Nouveaux chiens de garde, de Gilles Balbastre & Yannick Kergoat, au cinéma le 11 janvier

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325667139.png

Les médias se proclament « contre-pouvoir ». Pourtant, la grande majorité des journaux, des radios et des chaînes de télévision appartiennent à des groupes industriels ou financiers intimement liés au pouvoir. Au sein d’un périmètre idéologique minuscule se multiplient les informations prémâchées, les intervenants permanents, les notoriétés indues, les affrontements factices et les renvois d’ascenseur.

En 1932, Paul Nizan publiait Les Chiens de garde pour dénoncer les philosophes et les écrivains de son époque qui, sous couvert de neutralité intellectuelle, s’imposaient en gardiens de l’ordre établi.
 Aujourd’hui, les chiens de garde, ce sont ces journalistes, éditorialistes et experts médiatiques devenus évangélistes du marché et gardiens de l’ordre social. Sur le mode sardonique, Les Nouveaux chiens de garde dressent l’état des lieux d’une presse volontiers oublieuse des valeurs de pluralisme, d’indépendance et d’objectivité qu’elle prétend incarner. Avec force et précision, le film pointe la menace croissante d’une information pervertie en marchandise.

Le site du film

Publié dans Critique des médias | 2 commentaires

Un 31 décembre à la prison d’Angers

Samedi 31 décembre, un peu avant minuit une douzaine d’ombres se sont retrouvés au pied de la maison d’arrêt d’Angers. De l’autre côté des silhouettes se sont postées aux fenêtres.

À l’extérieur quelques slogans ont été lancés, ainsi qu’un fumigène et des pétards, puis plusieurs dizaines de fusées au niveau des ailes est et ouest, où il y a eu deux mouvements de révoltes collectives en 2011.

À l’intérieur des trucs ont été brûlés aux fenêtres de deux cellules, des coups aux portes et sur les barreaux rajoutaient un peu plus de rage encore à ce joyeux bordel.

Après un dernier échange de soutien, de bonne année et de cri de rage contre l’enfermement, les Silhouettes se sont dissipées avec les dernières fumées.

Crève la taule !

Une pensée pour tous les prisonniers et prisonnières de Toulouse à Nouméa.

Indymedia Nantes, 3 janvier 2012.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec | Un commentaire

Feux du nouvel an

Des fusées pour des sans-papiers en pétard

Au centre de rétention de Vincennes la semaine a été agitée pour les retenus : auto-mutilations, refus de voir le consul ou d’embarquer… Aussi ce samedi 31 décembre un rassemblement devant le centre a illustré le caractère explosif de cette situation à l’aide de nombreux feux d’artifice et aux cris de « Liberté pour tous ! ». Les retenus sont montés sur les grilles du centre et nous ont adressé quelques trop brefs gestes. Par la suite nous avons appris que la même nuit au moins deux feux ont été allumés à l’intérieur du centre.

Pas de marrons glacés pour les prisonnier-e-s, mais des marrons d’air !

La même nuit à la maison d’arrêt de Fresnes des feux d’artifices ont explosé devant le quartier des hommes et le mitard puis devant le quartier des femmes. Les cris de « Liberté » ont retenti de toutes part !

Contre tous les enferments, liberté pour tous et toutes avec ou sans papiers !

Indymedia Paris, 3 janvier 2012.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Les révoltes des migrants | Marqué avec , | Commentaires fermés sur Feux du nouvel an

[Tunisie] Les ouvriers de Gafsa et Mdhilla se révoltent contre les magouilles

Un groupe de sit-inneurs ont fermé, mardi 3 janvier 2011, tous les accès au siège social de la Compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) et séquestré les employés ainsi que le gouverneur de la région, ont affirmé des sources informées à l’agence TAP.

Seules les femmes sont autorisées à quitter les locaux de la société. Un responsable à la CPG a indiqué que les protestataires, parmi des ouvriers de la société de l’environnement et du boisement, réclament la révision de certaines clauses des contrats de travail devant permettre la régularisation de leur situation professionnelle.

(…) De son côté, le directeur régional du GCT à Gafsa a indiqué que des ouvriers des sociétés, relevant de la CPG, ont interrompu les travaux de maintenance à l’usine de Mdhilla qui ne produit plus d’engrais chimiques depuis le 21 novembre dernier.

Le responsable a ajouté qu’en début de matinée, les protestataires ont bloqué l’accès à cette usine.

Leur presse (TAP, 3 janvier 2012)


(…) D’un autre côté, plusieurs manifestants qui protestaient contre la précarité se sont introduits par la force, dans le siège de la délégation de Gafsa-sud, détruisant les équipements des bureaux, avant l’arrivée des unités de la garde nationale pour les faire évacuer.

Leur presse (TAP, 3 janvier 2012)


Le responsable des paiements des salaires des travailleurs de la Compagnie des Phosphates de Gafsa a été arrêté par des douaniers algériens. 200’000 dinars ont été trouvés en sa possession. La somme aurait été prise directement de la caisse de la société. L’accusé sera traduit devant le tribunal de première instance de Gafsa.

Leur presse (Moez E.K, Mag14.com, 3 janvier 2012)

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Tunisie] Les ouvriers de Gafsa et Mdhilla se révoltent contre les magouilles

[Moscou] À propos du meeting du 10 décembre sur la place Bolotnaya

Organisation du meeting

Il était très impressionnant de voir l’immense foule arrivant à la manifestation depuis les stations du métro. Il était déjà trois heures de l’après-midi, une heure après le début du meeting, mais les gens continuaient à venir. Les organisateurs annoncent le chiffre de 85 mille manifestants, mais, étant donné que les gens partaient et venaient constamment, il y en eu au moins 100 mille. Beaucoup de gens sont partis à cause de la mauvaise qualité du son : ils n’entendaient rien de ce qui était dit sur les tribunes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325645587.jpg

Contrairement à Tahrir au Caire, au mouvement des indignés en Espagne, ou au mouvement d’occupation de Wall Street aux États-Unis, où des réunions se transformaient en assemblées indépendantes, où les gens discutaient et prenaient des décisions ensemble, en grandes communes, ayant des repas et points d’aide médicale en commun, ici, la situation est absolument différente. Bien sûr, il n’y a aucun camp permanent, ni assemblée générale, ni commune avec des discussions et décisions politiques collectives. Le mouvement s’est retrouvé contrôlé par un groupe de démocrates lequel, du coup, a géré le rassemblement et déterminé à qui donner la parole, à qui ne pas la donner. En fait, à quelques exceptions près, ce sont ses représentants qui parlent. Le forum libre n’étant pas réussi, les gens n’ont qu’à scander des slogans et écouter ce qu’on leur dit depuis les tribunes.

La foule, au moins dans les premières heures, est très serrée. Sa densité augmente au fur et à mesure de l’approchement de la tribune — à un tel degré, que les gens, entassés les uns contre les autres, ont du mal à discuter même entre eux. Les sentiments qui règnent sur place sont l’inconfort et la sensation d’être un troupeau sans défense contrôlé par les dirigeants, principalement par les démocrates. On distingue bien la distance entre les élites gérant le meeting et tout le reste du monde.

Participants

Plus de la moitié des participants sont jeunes (environ 18 à 25 ans), les autres sont des personnes de tous âges. En d’autres termes, la grande majorité des participants sont des étudiants, et, probablement, des jeunes employés de bureau. On sent l’activité politique grandissante d’une nouvelle génération qui a émergé après les années 90 troublées et qui n’a particulièrement pas peur des troubles sociaux. Les étudiants et les jeunes employés sont les groupes sociaux opprimés dont l’activité s’est réveillée aujourd’hui. Cette activité sera, pour le moment, comme dans toutes les révolutions oranges, dirigée à remplacer la dictature par la démocratie représentative.

Il est clair que la grande majorité participe à un meeting de masse pour la première fois dans leur vie. L’humeur de la foule montre que les gens sont venus non pas tant pour écouter les dirigeants des différents partis, souvent inconnus du peuple, que parce qu’ils en ont marre du régime, des visages irremplaçables, de la corruption et ainsi de suite. Poutine est détesté, Medvedev fait rire tout le monde.

Sur ce fond, contrastent avec les foules, séparées d’elle, étrangers à elle, de différents groupes politiques — de l’extrême gauche à l’extrême droite. Il y a beaucoup de drapeaux des nationalistes, cependant, prévaut, à mon avis, la couleur orange des démocrates.

Quant aux groupes politiques, comme justement le notent les orateurs, la politique menée par les autorités a poussé à se réunir, sur la même place, des militants politiques de tout bord. Les orateurs parlent également de la « coopération », mais, il suffit de voir ceux qui ont droit de s’exprimer sur la tribune pour comprendre que ces dires ne valent pas grand chose. En outre, la participation des groupes ayant des idées opposées pourrait, à l’avenir, créer une certaine menace d’affrontements à l’intérieur de la foule. Il est clair que, par exemple, des anarchistes ne sont pas les amis aux démocrates, nationalistes et partisans de Lénine [Au meeting, a participé un bloc d’anarchistes et antifascistes constitué de 400 personnes. Certains groupes autonomes d’anarchistes y ont également pris part.].

Réactions

Les orateurs n’ont évoqué que peu de sujets et d’exigences : 1) réélections ; 2) contre les « escrocs et voleurs » ; 3) libération des prisonniers politiques.

À part cela, les démocrates n’ont rien de particulier à dire.

C’est Yevgenia Chirikova qui a été rencontrée avec plus de bienveillance, et c’est compréhensible : elle est, pour le moment, perçue comme une « personne du peuple », héroïne de la résistance de Khimki, et non comme un membre d’un groupe démocrate qui pilote toute cette action, même si, en réalité, elle est déjà liée à lui.

Le discours du nationaliste radical Konstantin Krylov a eu un accueil plutôt réservé auprès de la foule. En premier lieu, dès le début, il y a eu quelques réactions négatives contre le nationalisme (mais, au contraire, d’autres personnes dans la foule ont applaudi bruyamment). Deuxièmement, Krylov a dit qu’on aurait besoin de la révolution, et les gens ont commencé à scander « Pas de révolution ».

Parmi les intervenants, c’est Kassianov qui a été mal accueillis (on lui a crié : « 2% » et « Vas-t-en ! »). C’est un député de la Douma de la ville de Moscou, membre du KPRF (Parti communiste, NdT) qui a été vraiment très mal accueilli par la foule. Je pense que ce n’est pas à cause de l’affiliation à un parti, mais du fait qu’il appartienne à la classe dirigeante. La foule scandait longuement et violement « Sday mandat » (ce qui signifie « Abandonne ton mandat », NdT), mais le député a poursuivi son discours, en prétendant que rien ne se passait.

L’influence nationaliste s’est faiblement sentie (si on ne prend pas en compte les drapeaux apportés par des groupes nationalistes). En pratique, elle s’est exprimée uniquement dans un slogan scandé : « Poutine en Tchétchénie ». Ce sont précisément les mots d’ordre exprimés par les démocrates qui ont absolument prévalu (y compris chez Krylov et un représentant du Parti communiste).

Ce meeting a été sans doute organisé de manière verticale, autoritaire, mais il est intéressant de noter que la plupart des orateurs ont à peu près dit les choses que la foule voulait entendre. De même, les organisateurs ont insisté sur le fait qu’ils sont contre les provocations, actions illégales et révolutions. Mais, de toute façon, la plupart des gens sont venus pour exprimer leurs opinions, plutôt que de se battre avec la police et, en outre, (à en juger par l’humeur de mes nombreux amis n’appartenant à aucun parti), c’est à un meeting légal qu’ils sont venus, s’il était interdit, ils n’y seraient pas allés. Krylov, qui a essayé de dire autre chose, à savoir, de parler de la révolution, a été immédiatement arrêté par la foule.

Toutefois, c’est tout un abîme qui sépare d’une part ces événements gigantesques (provoqués par les problèmes socio-économiques et structurels) et d’autre part les slogans stériles des démocrates-libéraux (ceux-ci réduisent tout débat au sujet de fraude). Dans la foule, plusieurs fois a été posé la question : « où est l’utilité des meetings légaux : le gouvernement nous ignorera tout simplement, il vaut mieux peut être entreprendre d’autres choses ? » Si le mouvement ne s’atténue pas mais continue à s’élargir, il se radicalisera probablement au fil du temps, tant en termes de pratiques qu’en termes des questions discutées. Cela est possible, mais pas nécessairement.

Considérations générales

En résumé, avec tous les inconvénients évidents et les vices de ce mouvement, il est utile de rappeler que c’est une percée énorme au-delà des limites de la passivité politique et de soumission dominante dans le pays depuis presque 20 ans. 90% des participants à ces événements n’ont aucune expérience de lutte politique et sociale, c’est pourquoi ils sont pour le moment contrôlés par les démocrates.

Mais les problèmes sociaux profonds qui ont causé l’indignation d’une telle grande échelle, ne disparaîtront nulle part. Il est donc important de porter toute attention sur ces problèmes, sur des sujets sur lesquels les démocrates ne discutent pas.

Premièrement, le fait que les gens sont descendus dans la rue pour défendre leurs droits (leur vision des droits), est bien en soi, dans le sens que c’est mieux que de rester chez soi. Mais ce n’est pas suffisant. Il faut comprendre que l’arbitraire des chefs et/ou de la police règne non seulement dans les bureaux de vote, mais aussi sur les lieux de travail et dans les rues. Par conséquent, cela signifie qu’on peut y résister aussi, par ci et par là, et non seulement au sujet des élections. Cette résistance pourrait prendre diverses formes, par exemple, celle des grèves.

Deuxièmement, il est nécessaire de discuter sur des questions sociales : l’écart entre riches et pauvres en Russie (un des plus élevés au monde), la terrible pauvreté de la province, misère de beaucoup d’étudiants, introduction d’un enseignement payant, etc. Cet état de chose devrait être critiqué, tout en mettant en avant des exigences d’égalité et de gestion collective des biens communs (les associations des collectives autogérés).

Troisièmement, il faut souligner que des protestations devraient toucher des personnes de toutes nationalités, ce n’est pas un « mouvement purement russe » car ce n’est pas uniquement des russes ethniques qui protestent.

Quatrièmement, nous devons donner des exemples d’actions auxquelles ont parfois recours des grévistes et manifestants en France, en Grèce, en Italie, aux États-Unis : blocages des rues, des ports, des artères de transport, occupations des entreprises. Parfois, de telles actions permettent d’atteindre les objectifs. Tels sont les faits. À nous tous de décider que faire.

Mikhail Magid, anarcho-communiste de Moscou

Traduit du russe (Shraibman, 10 décembre 2011) par la liaison de Troyes FA.

Publié dans Les luttes de classes en Russie | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Moscou] À propos du meeting du 10 décembre sur la place Bolotnaya

[Rouen] Collectif agricole de la ferme des Roseraies

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325644542.png

Le Jardin des 400 Goûts – Rouen.

Publié dans Initiatives libertaires, Luttes pour la terre | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Rouen] Collectif agricole de la ferme des Roseraies

Food not bombs Strasbourg

Salut à tous.te.s,

Nous avons monté un collectif Food not bombs qui se fixe comme objectif la distribution de nourriture végétalienne gratuite à partir de produits récupérés. Nous organiserons ces repas tous les 2e mercredi du mois pour l’instant, et le premier sera mercredi 11 janvier à 19h !

Voici la charte du collectif :

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325643207.jpgLe mouvement « Food not bombs » est apparu au début des années 80 aux États-Unis pendant les grandes mobilisations anti-nucléaires, depuis Food not bombs s’est développé un peu partout dans le monde. Le collectif FNB de Strasbourg s’inscrit dans ce mouvement global et dans la lutte anticapitaliste.

Pour cela, il se fixe plusieurs objectifs :

Distribuer de la nourriture gratuite et végétalienne à partir de produits récupérés.

• Gratuite, parce qu’aujourd’hui la nourriture n’est accessible qu’a ceux qui ont les moyens de la payer. Nous produisons des repas pour les manger et pour les partager plutôt que pour en dégager des profits.

• Récupérée, parce que des milliers de kilos de nourritures sont jetés chaque jour, alors que partout on crève la dalle.

• Vegan, parce que nous ne supportons pas l’idée que les animaux soient nos esclaves et soient tués et exploités simplement parce qu’ils ont bon goût, mais aussi parce que la viande est une catastrophe écologique et humaine (il faut 14 kg de végétaux pour fabriquer 1 kg de viande, soit 13 kg de nourriture gâchée).

S’auto-organiser collectivement de manière anti-autoritaire, antisexiste et antifasciste. On fait avec les gens, pour les gens. Le but étant à terme d’être juste un moteur de l’auto-organisation et de soutien aux luttes et à la colère sociale. Nous refusons de nous organiser par un fonctionnement autoritaire qui est la base du système capitaliste. Nous voulons tendre à un monde ou chacun est l’égal de l’autre et où les chefs n’existent plus.

Nous refusons donc tous les actes sexistes, racistes, xénophobes, homophobes, transphobes (…) qui ne contribuent qu’à diviser toujours plus les exploité.e.s entre eux/elles, même sur le ton de la blague grasse. Ceci au sein du collectif comme lors des distributions de repas.

On ne demande l’autorisation à personne. Nous ne reconnaissons pas l’État, ni les lois qu’il a produites comme légitimes. On s’installe où on veut, quand on veut, pour créer un lieux de rencontre et de partage où l’on distribue à manger dans l’esprit d’une réappropriation du monde et de nos vies.

La préparation des repas se fera dans la salle autogérée de Molodoï car son mode de fonctionnement et sa situation géographique au sein d’un quartier populaire, en fait un lieu en accord avec ce que l’ont veut défendre.

Courriel, 3 janvier 2012.

Publié dans Initiatives libertaires | Marqué avec , | Un commentaire

[Barcelone] Sur les libérations de logements

En Espagne, les Indignés « libèrent » des immeubles pour les familles à la rue

Chaque jour, en Espagne, 300 familles sont expulsées de leur maison ou de leur appartement. Dans la lignée du mouvement des Indignés, des collectifs pour le droit au logement se multiplient. À Barcelone, des occupations d’immeubles vides viennent d’être reconnues « légitimes » par la justice. Le début d’un mouvement social massif face à la spéculation immobilière ?

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325649301.jpg

Dans l’« edificio 15 O », à Barcelone, neuf familles vivent sans craindre l’expulsion. À l’issue des grandes mobilisations de l’automne pour s’opposer aux coupes budgétaires dans la santé et l’éducation, ainsi qu’au manque de logements publics, les indignés ont pris possession de cet immeuble vide de la rue Almagro. Grâce à un petit miracle juridique, les familles qui s’y sont installées ne craignent désormais plus les poursuites pénales. Le procès pour occupation illégale s’est achevé sur un non-lieu, le 7 novembre. La fête organisée en l’honneur de ce jugement a sonné comme un coup de départ pour d’autres occupations du même genre.

300 familles expulsées chaque jour

Inoccupé depuis cinq ans, cet immeuble de la rue Almagro appartient à la banque Cajamar. Il a été racheté par la banque suite à la faillite de la société immobilière en charge des travaux. L’ancien propriétaire a tout perdu dans l’affaire, et la banque attend patiemment que le cours du marché de l’immobilier espagnol reprenne pour revendre le bâtiment. L’« edificio 15 O » n’est pas un cas isolé : en Espagne, 3 millions de logements vides, parfois inachevés, prennent la poussière dans l’attente d’une reprise de la spéculation. Pendant ce temps, 300 familles sont expulsées chaque jour de leur logement, incapables de rembourser l’emprunt contracté pour devenir propriétaire, à une époque où l’hypothèque coûtait souvent moins cher qu’une location.

« En Hollande et dans d’autres pays, il y a des amendes, voire plus, au bout d’un an et demi d’inoccupation des logements. Mais l’Espagne est à la traine. Si l’État est incapable d’octroyer un logement digne, l’occupation devient une alternative légitime », considère Jon Aguirre Such, membre de Democracia Real Ya et de Paisaje Transversal une plateforme qui travaille sur de nouveaux modèles de gestion urbaine. « Tous les Espagnols ont le droit de jouir d’un logement digne et adéquat », énonce l’article 47 de la Constitution. Le 7 novembre, le juge d’instruction a pris acte de ce droit, en tenant compte des circonstances exceptionnelles de la crise : l’occupation est liée « au chômage des jeunes, au difficile accès au logement, à la spéculation urbanistique et aux alternatives autogérées. » Un jugement qui fera désormais jurisprudence.

Vers un mouvement d’occupation de masse ?

L’occupation comme arme politique ? L’idée n’est pas nouvelle. Mais à Barcelone, elle est en train de subir un « saut qualitatif  », selon un voisin de l’edificio 150 venu apporter de la nourriture aux habitants. « Il est difficile de parler d’okupa — terme qualifiant la mouvance des squats de Barcelone — dans le cas de l’“edificio 15 O”. Car ses nouveaux locataires ne sont pas des militants, des professionnels du squat, mais des victimes de la crise du logement », explique Manuel Delgado, anthropologue à l’Université de Barcelone. Une partie du mouvement okupa est en train de se convertir en mouvement de masse. « Un large pan de la gauche, des plus radicaux jusqu’à des membres du parti socialiste, soutiennent l’évolution du mouvement. En stoppant des centaines d’expulsions et en relogeant des familles, ils montrent qu’il est encore possible d’obtenir des victoires », s’enthousiasme Manuel Delgado, proche du mouvement Miles de Vivienda, le collectif de « réappropriation urbaine » filmé par le documentaire Squat, la ville est à nous.

Ce nouveau type de squat a surtout un objectif social [Dans Désobéissance civile et démocratie, l’historien états-unien Howard Zinn définit la désobéissance civile comme une « violation délibérée de la loi dans un objectif social ». L’auteur américain évoque des actions, comme celle de « voisins qui empêcheraient l’expulsion d’une famille incapable de payer son loyer » : « Même s’ils ne concernent qu’un individu ou une famille, [ces actes] adressent un message plus général sur les défaillances de la société. »]. Les familles qui vivent aujourd’hui dans l’immeuble de la rue Almagro ont déjà subi au moins une expulsion. Dans l’immeuble inachevé, où il a fallu attendre un mois avant d’installer l’eau courante, on trouve des appartements neufs et de qualité, mais sans meubles. Certains ont dégoté un four pour cuisiner. Pour les autres, les indignés qui s’occupent de l’organisation de l’immeuble font tourner une cantine communautaire au rez-de-chaussée.

Quand les collectifs de squatteurs remplacent les services sociaux

Adrián passe la plupart de ses journées à chercher du travail et ne profite de la cantine que le soir. Ce jeune roumain vit au premier étage avec sa femme. Ils sont un des seuls couples sans enfant de l’immeuble : leur fils de 11 mois a été prise en charge par les services sociaux à Cadix. Ils font tout pour le récupérer. Une séparation douloureuse pour tous ceux qui, parmi les 150’000 familles espagnoles menacées d’expulsion, ne sauront pas trouver un toit pour leurs enfants.

À l’instar des autres familles, ils n’ont ni le temps ni la tête aux tâches quotidiennes de l’immeuble. « Au début il y avait beaucoup d’échanges, mais à présent seules quelques familles viennent manger et cuisiner de temps en temps avec nous », souligne Natacha. La jeune femme fait partie de ceux qui se sont portés volontaires pour organiser la vie quotidienne. Cette photographe dort depuis le 15 octobre dans l’immeuble, après avoir passé ses nuits avec les Indignés de la Plaza Catalunya. Une suite logique, pour elle. Et un quotidien éreintant, entre nettoyage et assemblées à répétition, où se décident les questions internes à l’immeuble, les fêtes de quartier ou les relations avec la presse. Pour beaucoup de ces jeunes issus du mouvement okupa, c’est une nouveauté de vivre avec des habitants qui ne suivent pas leur mode de vie communautaire. « On n’est pas une secte ! Nous sommes ici pour les soutenir et leur permettre de vivre le mieux possible », précise Natacha. Balai en main, elle nettoie une salle destinée à accueillir des jeux d’enfants.

Spéculation privée ou logements sociaux ?

Soutenir les familles expulsées : une mission des services sociaux de la ville. Mais leurs efforts ne suffisent plus face à la vague quotidienne de gens jetés à la rue. « Les services sociaux construisent un hôtel d’urgence pour accueillir les familles dans le besoin. Mais celles-ci doivent quitter les lieux au bout de trois jours… C’est la seule solution qu’ils ont trouvée », rélève Antonio, membre de « 500×20 ». 500 logements avec un loyer à moins de 20% du revenu de ses habitants : telle est la revendication de ce collectif de quartier né à Nou Barris en 2006, qui dénonce la pénurie de logements publics à Barcelone. Chaque semaine, ils reçoivent plusieurs cas de familles sur le point d’être expulsées : « On les dirige vers un avocat et, pour les cas sans solution légale, on se charge de les “reloger” ». Avec une occupation de logements vides. « Nous devons agir de manière subtile pour ne pas être accusés d’incitation au délit », souligne-t-il.

Indignés, 500×20, Miles de Viviendas… Si ces collectifs en viennent à outrepasser la loi, c’est, soutiennent-ils, parce que la politique du logement à Barcelone privilégie la spéculation privée au détriment de l’offre publique. Récemment, 500×20 a envahi le siège de l’Agence du logement de Catalogne pour dénoncer la spéculation immobilière. En réponse, l’agence publique s’est engagée à consacrer 3000 logements vides à la location publique, à des prix accessibles. Preuve pour Antonio que la municipalité préfère réserver ses immeubles vides au marché privé plutôt qu’aux familles désœuvrées.

Des centaines de maisons murées par la municipalité

Une critique dure à avaler pour Gerard Capó, directeur technique au Consortium du logement de Barcelone. Depuis 2009, le programme pour lequel il travaille a permis de reloger 337 familles modestes, avec un loyer à 20% de leurs revenus. « La situation actuelle à Barcelone nous dépasse tous, on ne peut financer des logements que selon nos capacités », reconnaît Gerard. Le programme se charge de trouver des logements, mais aussi de financer 80% du loyer.

Beaucoup de militants du droit au logement négligent de souligner les efforts de l’administration publique, regrette Gerard. Des efforts réels, souligne-t-il, dans la même veine que le programme « location accessible » lancé le 10 novembre par la Fondation sociale de la Caixa. La fondation de cette banque va permettre l’accès à 3000 logements pour des familles précaires, à des loyers accessibles. « Ils nettoient leur image. C’est un bon début, mais il faudrait qu’il n’y ait plus aucun logement vide à Barcelone », considère Antonio, de 500×20. « Dans le quartier de Bon Pastor, il y a des centaines de maisons murées, aux toits détruits par la propre municipalité de Barcelone !, témoigne Manuel Delgado. Pourquoi ne les utilise-t-on pas ? ». En attendant, les indignés continuent de « libérer » des logements vides. Suivant l’exemple de l’« edificio 15 O », cinq nouveaux bâtiments ont été occupés en novembre.

Leur presse (Emmanuel Haddad, Basta Mag), 3 janvier 2012.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Barcelone] Sur les libérations de logements

Potlatch du Nouvel An, en Alsace et ailleurs

Saint-Sylvestre – Dégradations et feux de voitures : l’impossible bilan

Voitures incendiées et violences urbaines ont à nouveau marqué la nuit du réveillon en Alsace. Mais aucun chiffre ne filtre : policiers, gendarmes et pompiers ont eu l’ordre de se taire.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325651278.jpg

Les forces de l’ordre dans le quartier du Neuhof à Strasbourg, durant la nuit de la Saint-Sylvestre. À Mulhouse, 200 policiers et gendarmes étaient mobilisés.

Dans la région mulhousienne, des « voyous lâches » — selon l’expression du procureur de la République Hervé Robin — ont une nouvelle fois joué au chat et à la souris avec les forces de l’ordre, dégradé du mobilier urbain et incendié les voitures de leurs voisins. Après une nuit passée dehors et selon nos constatations, plus de 50 véhicules ont brûlé dans l’agglomération mulhousienne entre le 30 décembre au soir et le 2 janvier au matin. Les forces de l’ordre ont essuyé des jets de pierres, de pavés, mais aussi des tirs de mortiers.

L’un des nombreux auteurs de ces violences a été interpellé dans la foulée de son acte par les gendarmes mobiles en surveillance dans le quartier du Drouot à Mulhouse. Ce jeune Mulhousien a été déféré hier au parquet des mineurs. Placé sous contrôle judiciaire, il sera prochainement jugé au tribunal pour enfants. Plusieurs autres individus ont été interpellés durant cette nuit de Nouvel An. Bon nombre d’entre eux seront poursuivis en justice pour recel de vol, dégradations, outrages ou rébellion.

Grande satisfaction, par contre, au service des urgences de l’hôpital Émile-Muller où, une fois n’est pas coutume, il n’y a eu que deux blessés aux mains et aux yeux à cause des pétards.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325651574.jpg

Bastia, quartier de l'Annonciade

À Wittelsheim, le maire Denis Riesemann a été pris à partie par un groupe dans le quartier de la Thur, samedi vers 22h45 alors qu’il accompagnait le préfet du Haut-Rhin et la sous-préfète de l’arrondissement de Thann « sur le terrain ». Le maire a été légèrement blessé au genou par un jet de pierre. Les forces de l’ordre ont aussi essuyé des jets de pierres. Dimanche, peu avant 1h du matin, une voiture a été incendiée, rue Cendrillon à Staffelfelden. Dimanche soir, deux voitures ont été incendiées, rue de la Victoire à Cernay et sur le parking du magasin Ed à Wittelsheim.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325655831.jpg

Montpellier, La Paillade

Dans la région de Colmar, le réveillon a été plus calme que l’an dernier. Les violences ont été très limitées en ville : un adolescent qui avait été interpellé pour avoir lancé un pétard sur la police a été remis en liberté, sans suites judiciaires, faute de preuve.

Vers 22h, l’intervention rapide des pompiers a permis d’éviter qu’un feu de balcon ne se propage au reste de l’appartement, avenue de Paris à Colmar. Le sinistre aurait été provoqué par un pétard.

La fête a été une nouvelle fois entachée par des feux de voiture. Selon nos informations, il y en aurait moins d’une quinzaine, en majorité à Colmar, mais aussi à Logelbach-Wintzenheim et à Munster.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325662492.jpg

Montataire (Picardie)

À Guebwiller, vers 2h30, trois jeunes ont été interpellés suite à un début d’incendie sur une voiture. L’un a reconnu avoir voulu incendier le véhicule, il a été remis en liberté avec une convocation devant le tribunal, où il répondra également de rébellion. Ses deux amis devront s’expliquer devant la justice, uniquement pour rébellion.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325662695.jpg

Beauvais

À Strasbourg, le tribunal correctionnel s’est prononcé hier sur le sort de quatre fêtards sortis des clous dans la nuit du réveillon. Tous quatre ont été condamnés à de la prison ferme. Le plus lourdement condamné, un jeune de 21 ans, de Haguenau, avait passé sa soirée du 31 décembre à harceler les forces de police. Ivre, auteur de tirs de mortiers et d’injures aux forces de l’ordre, il a été condamné à un an ferme. Deux jeunes de 20 et 21 ans, du quartier du Neuhof à Strasbourg, ont été condamnés à trois mois de prison pour conduite sous l’emprise de l’alcool, refus d’obtempérer et outrages. Un homme de 32 ans du quartier de Hautepierre, a aussi été condamné à trois mois, mais sans emprisonnement immédiat : il avait jeté des pétards interdits, de classe K2, en direction de la police municipale. Sur lui les policiers ont trouvé quatre autres pétards et 0,6 gramme de résine de cannabis.

Leur presse (LAlsace.fr), 3 janvier 2012.

Publié dans General | Commentaires fermés sur Potlatch du Nouvel An, en Alsace et ailleurs

[Pétromafia/Nigeria] L’état d’urgence « antiterroriste » est une contre-insurrection

Nigeria : un mort dans une manifestation contre la hausse des carburants, la grogne s’amplifie

Un homme a été tué mardi au Nigeria et la police a tiré des gaz lacrymogènes et procédé à des interpellations lors de manifestations contre la brusque hausse des prix de l’essence, très impopulaire dans le premier producteur de brut d’Afrique.

L’un des principaux syndicats du pays a affirmé qu’un manifestant avait été abattu par la police dans le centre-ouest, ce que la police a démenti.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325622180.jpg

Environ 200 personnes ont battu le pavé de la capitale économique Lagos, a constaté une journaliste de l’AFP, pour dénoncer la suppression des subventions des prix à la pompe annoncée le 1er janvier sans que cette date n’eut été communiquée antérieurement.

Dès lundi, le litre d’essence est passé de 65 nairas (0,30 euro) à au moins 140 nairas (0,66 euro).

Parmi les manifestants figuraient d’influents défenseurs des droits civiques et des droits de l’Homme ainsi que Seun Kuti, musicien et fils du défunt Fela Kuti, roi de l’afro-beat qui fut un fervent critique de la corruption des régimes nigérians jusqu’à sa mort en 1997.

« Jonathan est le seul terroriste du Nigeria », a lancé Seun Kuti à la foule, dans une critique féroce du président Goodluck Jonathan.

« Les Nigérians ne peuvent pas payer leur essence au même prix que les Américains. Nous n’avons pas le salaire minimum américain », a-t-il dit.

La police a dispersé avec des gaz lacrymogènes un petit groupe d’individus qui brûlaient des pneus sur la chaussée, en marge de cette manifestation. Un homme affirmant avoir été blessé par balle a montré à des journalistes une plaie à l’estomac.

Une station essence à été mise à sac et d’autres ont fermé sous la pression des manifestants qui leur demandaient de se joindre à leur mouvement.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325622096.jpg

« Nous ne quitterons pas les rues tant que les prix de l’essence ne seront pas redescendus à 65 nairas », a averti un manifestant, Tunde.

À Ilorin, capitale de l’État de Kwara (centre-ouest), un homme est mort au cours d’une manifestation.

Le syndicat Congrès du travail du Nigeria (NLC) a affirmé qu’il avait été abattu par la police. Un porte-parole de la police a lui assuré à l’AFP que l’homme avait été poignardé par des gens dans la foule.

Menaces de grèves

La suppression des subventions des prix du carburant est très impopulaire au Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique avec 160 millions d’habitants dont la majorité vit avec moins de deux dollars par jour.

Beaucoup ont le sentiment que la subvention de l’État sur le carburant était le seul bénéfice qu’ils tiraient à vivre dans une puissance pétrolière dont le développement est largement entravé par la corruption.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325639932.jpg

À Kano, plus importante ville du nord, la police est intervenue dans la matinée pour empêcher une manifestation qui se préparait et a interpellé neuf personnes.

Audu Bulama, l’un des organisateurs de ce sit-in, a affirmé à l’AFP avoir été détenu avec huit autres personnes. Ils ont été relâchés après quelques heures.

D’autres manifestations ont eu lieu ailleurs dans Kano mardi, dont une d’environ 200 personnes près du parlement local, a constaté un journaliste de l’AFP.

Lundi, la police avait tiré des grenades lacrymogènes contre plusieurs centaines de manifestants dans la capitale Abuja. Les principaux syndicats du pays ont menacé de grèves dans les prochains jours.

Le président Goodluck Jonathan, le respecté chef de la Banque centrale nigériane, Lamido Sanusi, et la ministre des Finances et ancienne directrice générale de la Banque mondiale, Ngozi Okonjo-Iweala, militaient depuis des mois en faveur de cette dérégulation du secteur pétrolier.

Le gouvernement a expliqué que les subventions sur les prix des carburants ont coûté plus de 8 milliards de dollars en 2011.

Leur presse (Susan Njanji, Agence Faut Payer), 3 janvier 2012.


Nigeria : Shell réduit sa production de 70.000 bj pour cause de sabotage

Le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell a annoncé mardi avoir réduit sa production de 70.000 barils par jour au Nigeria à la suite d’un sabotage présumé sur un conduit majeur de brut dans le sud du pays.

Shell Petroleum Development Company (SDPC), filiale de Shell au Nigeria, a confirmé, dans un communiqué, que les fuites qui se sont déclarées sur le conduit de 90 kilomètre de long de Nembe Creek, étaient dues à un sabotage.

SDPC a indiqué avoir mobilisé ses équipes pour réparer le conduit qu’elle avait été forcée de fermer le 24 décembre.

Elle espère avoir terminé la remise en état d’ici la fin du mois.

Le conduit achemine la majeure partie de la production de brut de Shell et d’autres compagnies de la région des Eastern Swamp vers le terminal de Bonny, a précisé la compagnie.

Shell a accusé des voleurs de pétrole d’être à l’origine du sabotage ayant provoqué des fuites.

Une enquête conjointe menée par les services gouvernmentaux, la SDPC et les communautés de la région a montré que des voleurs de pétrole ont installé des valves en deux points sur le conduit à proximité de Tora, à Nembe, dans l’État de Bayelsa, ajoute le texte.

Quelque 200 barils ayant fui du conduit ont été récupérés, selon le communiqué.

Le Nigeria est le premier producteur pétrolier d’Afrique.

Leur presse (Agence Faut Payer), 3 janvier 2012.


Manifestations au Nigéria contre la hausse des carburants

La police est intervenue lundi au Nigeria pour disperser des manifestants protestant à Abuja contre la brusque hausse prix de l’essence après la suppression de subventions par le gouvernement. Des images de chaines de télévision ont montré des policiers tirant des grenades lacrymogènes contre plusieurs centaines de manifestants dans la capitale fédérale. La police a expliqué avoir dispersé une manifestation qui bloquait un axe, mais n’a pas voulu dire si des gaz lacrymogènes avaient été utilisés.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325622785.jpg

« Un jour les pauvres n'auront plus rien d'autre à manger que les riches »

« Un groupe de gens non identifiés bloquaient une autoroute, empêchant la circulation des véhicules. Ils ont été dispersés », a dit un porte-parole de la police, Yemi Ajayi.

Des manifestations ont eu lieu lundi au Nigeria, au lendemain de la suppression de subventions qui a provoqué le doublement du prix de l’essence, tandis que les syndicats menaçaient de paralyser le pays si le gouvernement ne revenait pas sur cette décision.

Les autorités du premier producteur de brut d’Afrique ont annoncé dimanche la fin immédiate d’une subvention destinée à maintenir les prix à la pompe autour de 65 nairas par litre (0,30 euro).

Immédiatement, de longues files d’attente se sont formées dans les stations-service du pays, les Nigérians espérant acheter du carburant avant que la hausse ne soit répercutée.

Mais dès lundi midi, de nombreuses stations vendaient déjà l’essence à 140 nairas le litre (0,66 euro), un prix exorbitant dans un pays où la majorité de la population vit avec moins de deux dollars par jour (1,5 euro).

Des centaines de personnes ont manifesté spontanément dans la ville de Kano, la plus importante du Nord du Nigeria.

« Nous allons travailler avec d’autres groupes pour paralyser totalement le gouvernement et rendre le pays ingouvernable », a menacé Denja Yaqub, vice secrétaire général du Congrès des syndicats nigérians (NLC), en promettant d’appeler à une grève générale dans les prochains jours.

De telles menaces sont souvent restées lettre morte au Nigeria, mais la question des prix du pétrole est une des rares qui fasse l’unanimité dans le pays.

Leur presse (Afrique en Ligne), 3 janvier 2012.


Pétrole : La marée noire de Shell aurait atteint les côtes du Nigéria

La marée noire provoquée le 20 décembre par Shell a atteint les côtes du Nigéria, affectant plusieurs communautés qui vivent principalement de la pêche dans la région d’Ekeremor, au centre sud du pays, selon l’association Environmental Rights Action, affiliée aux Amis de la Terre. Dès la semaine dernière, elle indiquait que des galettes de pétrole souillaient l’île de Varnish, alors que Shell estime que le pétrole présent sur les côtes n’est pas celui de sa plateforme Bonga, d’où a eu lieu la fuite.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325639585.jpg

D’après Shell, seulement 40.000 barils se sont échappés dans l’océan Atlantique, une estimation jugée en deçà de la réalité par plusieurs associations écologistes locales.

Amnesty International dénonce la politique de la compagnie anglo-néerlandaise dans le delta du Niger, qui provoquerait régulièrement des marées noires sans les nettoyer. Francis Perrin, ancien président de la section française de l’association, explique qu’il est « trop tôt pour évaluer les dégâts de cette marée noire, différente de celles habituellement engendrées par Shell ». Cette fois, la fuite a eu lieu en eau profonde, ce qui rend les opérations de nettoyage plus difficiles.

Leur presse (Commodesk), 3 janvier 2012.


Au Nigeria, l’entrée en lice de l’armée fait craindre une escalade des violences

Après la série d’attentats perpétrée à Noël par la secte islamiste Boko Haram, le président Goodluck Jonathan a instauré l’état d’urgence dans quatre États du Nigeria.
Boko Haram a répliqué en fixant un ultimatum aux chrétiens du nord pour quitter la région et a menacé de s’attaquer aux forces gouvernementales.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325637405.jpg

« La Tunisie sera un jeu d'enfant »

Rien ne semble pouvoir enrayer l’escalade de violence tant redoutée au nord du Nigeria. Après la série d’attentats perpétrée le jour de Noël par la secte islamiste Boko Haram (le plus meurtrier ayant fait au moins 44 morts à la sortie de la messe de la Nativité célébrée dans une église catholique de Madalla, à 30 km de la capitale Abuja), le président Goodluck Jonathan a instauré l’état d’urgence, le week-end du 31 et 1er  janvier, dans quatre États du nord-est et centre-ouest de ce pays le plus peuplé d’Afrique (160 millions d’habitants).

Réplique de l’État

En annonçant cette mesure, le président nigérian s’est engagé à « écraser » Boko Haram, un ennemi qu’il qualifie de « cancer » qui veut « tuer » le pays. Concrètement, l’état d’urgence élargit les droits des forces de sécurité dans leur lutte contre les combattants islamistes.

Goodluck Jonathan a également annoncé la fermeture des frontières terrestres avec le Niger, le Tchad et le Cameroun pour mieux contrôler leurs mouvements. Une mesure temporaire mais nécessaire car « les terroristes ont su tirer profit de la situation pour frapper avant de se replier hors de portée de la justice nigériane », a-t-il jugé.

En réponse à cette déclaration de guerre, Boko Haram a répliqué en fixant, dans la soirée de dimanche, un ultimatum de trois jours aux chrétiens vivant dans le nord du Nigeria pour quitter la région et a menacé de combattre les troupes gouvernementales dans les zones où l’état d’urgence a été décrété.

Dès lundi 2 janvier, des blindés de l’armée patrouillaient dans les rues de Maiduguri, la capitale de l’État de Borno et berceau de Boko Haram. Or, l’armée nigériane est connue pour avoir commis de nombreux abus tout le long de son histoire.

Ses méthodes sont jugées expéditives : exécutions sommaires, tirs à balles réelles contre des civils. L’unité militaire dédiée à la lutte contre Boko Haram dans l’État de Borno a été accusée d’avoir tué des civils, ces derniers mois, et brûlé des maisons, affirmant que les habitants collaboraient avec les islamistes.

Risque d’abus

En 2009, le gouvernement avait déjà lancé une vaste opération militaire contre la secte islamiste : des dizaines de sympathisants avaient été tuées, le quartier général de la secte rasé, son chef, Mohammed Yusuf, arrêté et exécuté. L’opération avait également fait de nombreuses victimes parmi les civils : aucun bilan officiel n’a été publié mais la Croix-Rouge avait fait état de 780 tués dans les rues de Maiduguri.

Pour Shehu Sani, responsable d’une organisation de défense des droits de l’homme basée dans le nord, le Civil Rights Congress, l’état d’urgence « constitue un chèque en blanc donné aux militaires pour perpétrer toutes sortes d’abus sous couvert de mettre un terme aux violences ».

« Après les attentats de Noël, Goodluck Jonathan était sommé de réagir, analyse Daniel Bach, du Centre d’étude de l’Afrique Noire (Cean). Mais il s’appuie sur une police et une armée qui se comportent comme si tout le monde supportait Boko Haram. L’état d’urgence marginalise encore plus les habitants du nord. Ce n’est en rien une réponse à la corruption des élites, la non-répartition des richesses, l’isolement des États du nord… autant de facteurs qui nourrissent le mécontentement populaire sur lequel prospère cette secte ».

Si les violences se poursuivaient, la communauté chrétienne a menacé de recourir à l’autodéfense. De son côté, l’épiscopat catholique a demandé au gouvernement fédéral de faire appel à des experts, des criminologues étrangers. Doutant aussi que le déploiement des forces de sécurité suffirait à mettre un terme à la menace de Boko Haram.

Leur presse (Laurent Larcher, La Croix, 3 janvier 2012)


Nigeria : les forces de l’ordre en alerte après la menace d’islamistes

(…) Le chef de l’État nigérian avait également annoncé samedi la fermeture des frontières avec le Niger, le Tchad et le Cameroun pour empêcher les terroristes de fuir après des attaques de Noël qui ont fait 49 morts et ont été revendiquées par le mouvement islamiste.

Mais le Niger a dit mardi ne pas être officiellement saisi d’une prochaine fermeture de la frontière avec le Nigeria et a assuré que la sécurité était déjà renforcée dans la zone frontalière.

« L’annonce de la fermeture des frontières n’a pas été officialisée, le Nigeria ne nous l’a pas officiellement notifiée », a déclaré sur la radio publique le ministre de l’Intérieur, Abdou Labo.

« Nous avons déjà à notre niveau pris des dispositions. Il y a une quarantaine de jours nous avions envoyé des renforts qui sont encore à Zinder, Maradi (sud nigérien) et Diffa (est), où des renforts de la Garde nationale, de la police et des unités spéciales ont été envoyés », a-t-il affirmé.

La fermeture de la frontière Niger-Nigeria, longue de quelque 1.500 km, qui aurait de lourdes conséquences économiques pour le Niger, n’était toujours pas effective mardi, selon des sources locales. (…)

Leur presse (Agence faut Payer), 3 janvier 2012.


AlWaleed bin Talal investit 50 millions $ dans First Hydrocarbon Nigeria

Le prince saoudien Alwaleed bin Talal, président de Kingdom Holding Company, a annoncé un investissement de 50 millions $ dans First Hydrocarbon Nigeria Limited (FHN) via le fonds Pan-African Investment Partners II (PAIP II) que gère la société de gestion Zephyr Africa Management fondée par Kofi Bucknor.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325641412.jpg

FHN a été créée en 2009 par Afren, First City Monument Bank (FCMB) et Guaranty Trust Bank pour valoriser les opportunités d’investissements dans le secteur amont de l’industrie pétrolière et gazière au Nigeria.

La société pétrolière a récemment acquis pour 147,5 millions $ 45% du bloc OML 26 à Shell, Total et Eni. La production actuelle du bloc est de 6000 barils jours avec une prévision de 40’000 bpj d’ici quatre ans. Les réserves récupérables et ressources contingentes sont estimées à 184 millions de barils.

Leur presse (Agence Ecofin), 2 janvier 2012.


Parfum d’optimisme au Nigeria

En cette fin décembre, les Nigérians dansent-ils sur un volcan ? Les attentats de Noël, une année de violences (près de 500 morts) et l’extension d’une insurrection islamiste pourraient constituer une bonne raison de se faire du souci. Cela n’empêche pas le Nigeria d’être le pays dont les habitants, selon le baromètre global de l’espoir économique (sondage BVA-Gallup réalisé pour Le Parisien et Aujourd’hui en France), sont les plus optimistes de la planète, sur 51 pays sondés.

Ce n’est pas seulement parce que le pays le plus peuplé d’Afrique (près de 160 millions d’habitants) est aussi le premier consommateur de champagne du continent (600’000 bouteilles par an) qu’il est à ce point de bonne humeur, mais en raison de facteurs plus profonds. Les Nigérians ont confiance en eux et en leur pays, auquel ils prédisent un avenir meilleur. Voilà qui les différencie des Français, qui occupent la dernière place du classement et remportent donc le championnat du monde de pessimisme. Le contraste entre les deux nations est cruel. Seuls 6 % des Nigérians interrogés dans le cadre du « baromètre » pensent que 2012 sera marquée par des « difficultés économiques », contre 81 % des Français.

Il serait tentant de doucher cet enthousiasme en faisant valoir que l’économie planétaire donne des signes de fatigue, que les conditions de vie restent dures dans le pays — 70 % de la population vit sous le seuil de pauvreté — et que l’élan économique est à la merci du prix du pétrole (80 % des recettes de l’État).

Ce serait une erreur. En dépit des inégalités, des incertitudes, des dangers de la vie quotidienne et des menaces que font peser les tensions religieuses, le Nigeria, premier producteur de pétrole au sud du Sahara (sauf lors des sabotages) est en plein essor. Les transformations y sont nombreuses, visibles, notamment dans le secteur économique. Nul n’est en mesure de décrire précisément le parfum d’un pays qui passe à la vitesse supérieure, mais chacun peut le reconnaître. Au Nigeria, on le respire à pleins poumons. Et pas seulement dans les avenues de Lagos, la capitale économique, rénovées à vitesse foudroyante par le nouveau gouverneur de la ville, Babatunde Fashola.

D’autres raisons nourrissent cet optimisme. La production de brut est en augmentation (2,3 millions de barils par jour), conjointement à des réformes de l’État et du secteur bancaire, et au développement de services. La distribution d’électricité est un désastre presque partout, mais les banques nigérianes prennent d’assaut le continent… Au total, en continuant sur la lancée d’une croissance de 8,4 % en 2011 et 8,5 % l’année suivante, le produit national brut pourrait atteindre 400 milliards de dollars d’ici la fin de la décennie, et la taille de l’économie nigériane dépasser, d’ici à 2025, celle de l’Afrique du Sud, aujourd’hui la plus importante d’Afrique, selon une note de Morgan Stanley à Johannesburg. Pour les analystes de Renaissance Capital, cela pourrait même arriver plus tôt.

En 2012, l’économie du Nigeria dépassera celle de l’Égypte. L’Afrique du Sud s’en inquiète : et si un futur siège permanent pour l’Afrique, dans un Conseil de sécurité des Nations unies élargi, revenait au Nigeria, et non au pays de Nelson Mandela ? Sur l’ensemble du territoire, ce n’est pas encore la fête de la prospérité à chaque coin de rue. Avec son chaos, ses escrocs, ses « area boys » (gangs), ses « go slows » (embouteillages), le pays a souvent des airs d’enfer urbain. Mais c’est fou ce qui peut s’inventer dans un enfer urbain, grâce au génie créatif national qu’aucune difficulté n’effraie, et encore moins les pronostics pessimistes. La devise de Lagos, « Centre de l’excellence », a longtemps fait ricaner ses habitants. Ils commencent à la prendre au sérieux, en voyant la ville de près de 20 millions d’habitants changer de visage.

Les grandes universités de la planète, notamment aux États-Unis, sont pleines de Nigérians qui y excellent, comme excellent ses écrivains (on songe au succès planétaire de la jeune auteure Chimamanda Ngozi Adichie, déjà couronnée de nombreux prix littéraires) ou ses commerçants. L’un des plus grands marchés de la planète est situé dans la petite ville d’Onitsha, dans l’État d’Anambra (600’000 habitants, 3 millions de clients chaque jour). Tout s’y vend, tout s’y fabrique, des médicaments aux pièces de voitures en passant par les sacs de couturiers, un marché-cité si grand qu’il existe un site Internet donnant des indications pour trouver les produits sans se perdre dans ses différents sous-quartiers. Naturellement, ce n’est pas le paradis du copyright.

Les marchés ne sont pas près de disparaître au Nigeria. Mais à leur côté sortent de terre des centres commerciaux rutilants, où ce n’est pas seulement une élite de super-riches (ils existent, jouent au polo, ne se déplacent qu’en jet) qui vient faire ses courses, mais aussi une classe moyenne émergente.

Dernière note d’optimisme, cette histoire d’un milliardaire, Aliko Dangote, qui a construit sa fortune dans le ciment, l’agroalimentaire et le pétrole sur les bases d’un groupe familial. Discret, puissant, Aliko Dangote cache ses fantaisies, comme la pièce aux murs constitués d’aquariums géants où il reçoit dans sa maison de Lagos. Il est désormais l’homme le plus riche d’Afrique (13,8 milliards de dollars). Sa fortune est la 51e de la planète, et a augmenté de 557 % en 2011, selon le classement Forbes, où il précède d’une place Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook.

Leur presse (Jean-Philippe Remy, LeMonde.fr), 29 décembre 2011.


Shell provoque « la pire marée noire au large du Nigeria depuis 13 ans »

Se basant sur des images satellitaires diffusées sur son site internet, l’organisation de défense de l’environnement SkyTruth estime que la nappe mesure 70 kilomètres de long, jusqu’à 17 kilomètres de large et que sa surface est de 923 kilomètres carrés. Il s’agirait selon l’organisation de la pire marée noire au large du Nigéria depuis 1998.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325641290.jpg

Shell minimise la catastrophe assurant que « la quantité répandue n’excède pas 40’000 barils dont la moitié se serait déjà évaporée ».

Navires et avions dépêchés par Shell tentaient vendredi de limiter les dégâts d’une marée noire qui pourrait atteindre les côtes du Nigeria dans les prochains jours.

Peter Idabor, directeur de l’agence nigériane de détection des marées noires, estime pour sa part qu’une zone de 185 kilomètres près des côtes du Nigeria est déjà affectée.

Lors d’un accident comparable provoqué par Mobil en 1998, une nappe de pétrole de plus de 160 kilomètres s’était étendue jusqu’à Lagos, la capitale commerciale du pays.

Leur presse (Agence Ecofin), 24 décembre 2011.

Publié dans General | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Pétromafia/Nigeria] L’état d’urgence « antiterroriste » est une contre-insurrection

[Vive la belle !] Tentatives d’évasion à Brest et Bonneville

À Brest, un détenu tente de s’évader en sautant de l’ambulance

Samedi après-midi, à Brest, un détenu âgé d’une trentaine d’années a tenté de s’évader en sautant de l’ambulance civile en marche, qui le ramenait vers la maison d’arrêt, malgré les deux surveillants de la prison à l’intérieur du véhicule. Pour le maîtriser, les deux policiers qui escortaient le véhicule ont fait usage d’un gaz lacrymogène. L’homme était menotté, et avec des entraves au pied.

L’homme s’était plaint d’avoir mal au dos. Le médecin de la prison a décidé son extraction médicale vers l’hôpital pour y effectuer des radios. Mais les cadres, estimant qu’il y avait un risque d’évasion, avaient sollicité le renfort de policiers.

Les syndicats Ufap/Unsa et CGT dénoncent « la faillite du système médical à la maison d’arrêt de Brest ». Ils estiment que « ce détenu a profité d’une faille, sachant que le corps médical de l’établissement ne prend aucun risque, et extrait régulièrement des détenus vers l’hôpital ». Or, ces extractions constitueraient un « gros risque » pour les agents de la prison, qui ne sont pas armés lors des transferts. Selon l’Unsa : « En 2004 déjà un détenu s’était évadé de cette façon-là. Il était attendu par deux complices à l’hôpital de la Cavale-Blanche. Les collègues se sont retrouvés face à des hommes armés et déterminés. »

De son côté, Richard Ménager, directeur de la maison d’arrêt, estime au contraire que le service a bien fonctionné. « L’encadrement a bien fait son travail. » Il ajoute : « Tous les jours, il y a des extractions médicales de détenus vers l’hôpital. Depuis mon arrivée, il y a trois ans, c’est la première tentative d’évasion dans ce cadre. »

Une procédure disciplinaire va être lancée contre le détenu. Le Parquet va aussi être saisi.

Leur presse (Ouest-France.fr), 3 janvier 2012.


Évadé à Bonneville (Haute-Savoie) le matin et rattrapé à Rumilly l’après-midi

L’évasion a dû être préparée. Les gendarmes de la compagnie de Bonneville ont été à pied d’œuvre hier pour retrouver un détenu de la maison d’arrêt de Bonneville qui s’est évadé en fin de matinée. Leurs confrères d’Annecy ont finalement pu le retrouver dans l’après-midi dans les rues de… Rumilly.

Le délinquant était en fin de peine après avoir commis une quinzaine d’infractions de type cambriolage ou braquage. Porteur d’un bracelet électronique, il avait été renvoyé en prison vendredi car il ne respectait pas les mesures de contrôle. Il a alors simulé une déprime pour être affecté sur décision médicale à l’établissement public de santé mental de La Roche-sur-Foron ce week-end.

Lundi, à 11 h 30, il a pris la fuite. Il s’est rendu à la gare de La Roche pour prendre le train de 12 h 08 direction Annecy. Un controleur de la SNCF signale la présence de cet individu qui n’a pas de billet. À la gare d’Annecy, les gendarmes l’ont manqué de peu. L’évadé a réussi à prendre une correspondance et gagner Rumilly.

C’est dans les rues de cette ville qu’il sera interpellé dans l’après-midi. Il aura entre-temps eu le temps de se changer, ce qui fait penser qu’il aurait bénéficié d’une complicité dans son évasion.

Leur presse (Le Daubé), 3 janvier 2012.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Vive la belle !] Tentatives d’évasion à Brest et Bonneville

[Pharmamafia] Les blouses blanches travaillent en Inde

Inde : tollé après des essais cliniques pratiqués en secret sur des enfants

BHOPAL — La condamnation de douze médecins à une seule amende de 5.000 roupies (72 euros) pour avoir pratiqué en secret des tests de médicaments sur des enfants et des patients souffrant de handicaps a provoqué la colère en Inde.

Selon le gouvernement de l’État du Madhya Pradesh, les tests n’avaient pas été approuvés par les autorités sanitaires et les médecins ont refusé de divulguer toute information au nom de la protection du secret médical.

Les médecins, dont deux ont démenti auprès de l’AFP avoir mal agi, sont accusés d’avoir été payés par des entreprises pour mener dans la ville d’Indore des essais de médicaments visant à traiter notamment des dysfonctionnements sexuels.

Anand Rai, un médecin qui a alerté l’opinion sur cette affaire, a fait part mardi à l’AFP de sa colère et de sa frustration après la peine infligée dimanche aux médecins, jugée non-dissuasive.

« Tous les tests ont été pratiqués sur des patients venus dans des hôpitaux gouvernementaux pour des soins de routine. C’est un crime de pratiquer sur eux des tests médicaux sans leur consentement », s’est-il insurgé.

Ajay Singh, à la tête de l’opposition au parlement local, a qualifié l’amende de « ridicule ».

Des associations de défense des droits de l’homme disent craindre que l’Inde devienne une plaque tournante pour les tests de médicaments pratiqués sur des patients pauvres utilisés comme des cobayes par les géants pharmaceutiques, souvent sans leur accord.

Selon M. Rai, les mauvaises pratiques dans le milieu médical risquent de se poursuivre encore longtemps : « Les tests de médicaments sont ici en augmentation parce qu’ils coûtent seulement un sixième de leur prix dans les pays occidentaux », a-t-il souligné.

« Le système de régulation est ici plus corrompu et les compagnies pharmaceutiques peuvent facilement inscrire des patients et commencer les essais », a-t-il ajouté.

Selon lui, « dans les pays développés, cela prendrait six mois pour inscrire cinq patients tandis qu’en Inde, ils peuvent pendant ce temps mener des tests sur 2.000 personnes ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 3 janvier 2011.


Les bébés cobayes

Victimes de tests ? Les autorités indiennes exigent des explications après la mort de 49 nourrissons dans un hôpital de New Delhi.

L’affaire continue de faire scandale en Inde. Même la Commission nationale des droits de l’homme s’en mêle : elle a donné jusqu’à la fin du mois de septembre à un hôpital de New Delhi pour répondre à la plainte déposée en août par l’ONG Uday, après la mort, dans ses services, de 49 bébés. Selon l’association, ces enfants pourraient avoir été victimes de tests médicamenteux.

Tout commence le 18 août par l’annonce du décès de 49 nourrissons, depuis janvier 2006, à l’Institut des sciences médicales d’Inde (AIIMS), le plus grand hôpital du pays. La presse révèle que, depuis deux ans et demi, 42 séries de tests y ont été réalisées sur 4142 patients âgés, pour plus de la moitié, de moins de 1 an.

L’AIIMS confirme l’information, mais assure que les enfants décédés faisaient partie d’un groupe bénéficiant d’un traitement « standard ». Leur mort serait la conséquence des « maladies graves dont ils souffraient ». D’après l’établissement, les expérimentations, effectuées « avec l’accord des parents » sur d’autres malades, avaient reçu le « feu vert d’un comité d’éthique interne ». Sur les 42 séries de tests, 6 auraient été financées par des entreprises pharmaceutiques. Parmi les médicaments concernés, l’hôpital mentionne le Rituxan (laboratoire Roche), l’Olmésartan (Sankyo Pharma) et le Valsartan (Novartis).

Confrontés au soupçon, les laboratoires se défendent. Roche dément avoir mené de tels essais. Sankyo Pharma et Novartis admettent les avoir réalisés, mais affirment qu’aucun décès n’est survenu au cours de ces études. Alors que l’enquête se poursuit, le président d’Uday, Rahul Verma, s’indigne : « La plupart des patients étant illettrés et extrêmement pauvres, je doute qu’ils comprennent même ce qu’est un test clinique ».

Leur presse (LExpress.fr), 5 septembre 2008.

Publié dans Nos corps nous appartiennent | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Pharmamafia] Les blouses blanches travaillent en Inde

[Nique l’art moderne] Performance antiflic à saintPétersbourg

Des « artivistes » russes brûlent un fourgon de police, en l’honneur des « prisonniers politiques »

Le groupe russe d’art contestataire, Voïna, a affirmé lundi avoir brûlé un camion de police le soir du Nouvel An. « Un tel feu doit brûler en l’honneur de tous les prisonniers politiques », a écrit sur son blog Alexeï Ploutzer-Sarno l’un des militants de Voïna (la Guerre), décrivant l’incendie dans la deuxième ville de Russie comme « une flamme éternelle ».

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325598010.png

Des photos et une vidéo misent en ligne sur ce blog montrent un des militants de Voïna se rapprocher d’un camion de police, le même type que ceux utilisés pour interpeller les manifestants d’opposition lors des rassemblements, et y mettre le feu.

Contactée, la police a confirmé qu’« un camion de police (…) avait été endommagé par un incendie dans la nuit du 31 décembre au 1er janvier », ajoutant qu’une enquête était en cours pour « élucider les circonstances de cette affaire ».

Voïna a obtenu en 2011 un prix du ministère de la Culture russe pour son action La bite prisonnière du FSB. Des membres de Voïna avaient dessiné un phallus d’une soixantaine de mètres sur le pont Liteïni de Saint-Pétersbourg, qui se lève la nuit pour laisser passer les navires, en plein centre de l’ex-capitale impériale russe.

Le pont relevé, l’énorme dessin se dressait juste en face du siège local du FSB (service fédéral de sécurité, issu de l’ex-KGB).

Lors d’une autre performance, baptisée Le coup du palais, ces artistes avaient renversé des voitures de la police pour protester contre l’arbitraire et la corruption des forces de l’ordre.

Deux militants du groupe, Oleg Vorotnikov et Leonid Nikolaïev, ont passé trois mois en prison pour cette action.

Leur presse (Agence Faut Payer), 2 janvier 2012.

Publié dans Les luttes de classes en Russie | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Nique l’art moderne] Performance antiflic à saintPétersbourg

Un petit quizz pour bien commencer l’année

La fin de la trève des confiseurs approche, aussi pour bien commencer l’année, la CNT propose un petit jeu :

> Quel est le pays européen qui compte le plus de millionnaires ?

A : La France
B : La Suisse
C : L’Angleterre

> Quel est le montant annuel des niches fiscales créant artificiellement des déficits ?

A : 50 milliards d’euros
B : 5 milliards d’euros
C : 500 millions d’euros

> Dans quel pays les 0,5 % des foyers les plus riches sont-ils le moins soumis aux impôts sur le revenu et sur le patrimoine ?

A : La France
B : Les États-Unis
C : L’Angleterre

Alors ?

Si vous avez coché triple A, vous avez gagné !

Et oui d’après les calculs du Crédit Suisse, c’est bien la France qui a le plus de millionnaires en Europe. De son côté, l’inspection des Finances décompte plus de 50 milliards attribués aux niches fiscales. Si une partie est constituée par des aides sociales, plus de la moitié profite aux plus riches ou est jugée inefficace par ce même rapport. À ces 50 milliards s’ajoutent les 30 milliards d’exonérations patronales. Pour rappel, les déficits cumulés des régimes de retraites et de la Sécu sont de 37 milliards d’euros pour 2010.

D’après une étude de l’économiste Thomas Piketty, le taux d’imposition des ménages les plus riches était le plus faible en France, avec un taux d’imposition de 21,5 %.

Effectivement, les richesses existent, le PIB de la France (la production des richesses)  n’a jamais été aussi haut et la situation sociale actuelle est bien le résultat de choix dans la répartition des richesses. Mais les exonérations salariales et fiscales ne sont pas le seul levier qui a permis la création des déficits qui servent aujourd’hui à liquider les différents avantages sociaux.

En effet depuis 30 ans, le poids des salaires dans le PIB a diminué de plus de 10 %. C’est à dire que si la répartition du gâteau des richesses produites était resté la même, aujourd’hui il y aurait plus de 120 milliards d’euros supplémentaires distribués aux revenus du travail. Autant de salaires et de cotisations sociales en plus. Car aujourd’hui ces 8 % existent toujours, mais, par les conditions imposées par le patronat et le pouvoir politique, ils sont revenus à la rémunération des dividendes et aux revenus du capital. Ces 8 % de PIB se retrouvent par exemple dans les plus de 40 milliards de bénéfices reversés en 2010 par le simple CAC 40.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325598320.jpg

Bref, la nouvelle crise imposée par les tenants des pouvoirs économiques et politiques est une nouvelle excuse pour nous soumettre un peu plus aux lois du marché. Une autre répartition des richesses est possible et il est urgent d’organiser une riposte sociale d’envergure. En ce début d’année 2012, la CNT poursuivra donc sa campagne « Pour une répartition égalitaire des richesses ! » afin de convaincre la population de la possibilité d’imposer une autre politique.

Le Secrétariat Relations Médias de la CNT, 3 janvier 2012.

Publié dans Activités de la CNT | Un commentaire

[Algérie] « Seule la violence paie chez nous »

L’émeute laisse place au vandalisme : 100.000 habitants privés d’eau à M’sila

La ville de M’sila consomme, à elle seule, le tiers des 33.500 m³ d’eau produits chaque jour à travers la wilaya.

Pour se faire entendre, les habitants de M’zaïr, une localité limitrophe du chef-lieu de la wilaya de M’sila, s’en sont pris aux stations de pompage de l’eau potable alimentant la même ville. Dès lors, plus de 100.000 habitants de la ville de M’sila seront privés d’eau potable pour une période indéterminée à cause de la détérioration par des protestataires de deux stations de pompage desservant leurs quartiers, a-t-on appris auprès de la direction locale de l’Algérienne des eaux (ADE). Cet acte a été commis dans le but d’attirer l’attention des pouvoirs publics quant à l’absence d’un réseau d’assainissement au niveau de leur localité.

L’absence totale d’une quelconque société civile, le laxisme des autorités poussent souvent les citoyens en colère à agir en foule inconsciente. Ainsi, après l’émeute, le pourrissement pousse au vandalisme. Si rien ne peut justifier ce genre d’actes, il n’en demeure pas moins que la violence et l’insurrection semblent constituer une alternative. Un mode d’expression souvent efficace puisque plus l’acte est violent, plus il a de chance de susciter la réaction des autorités. « Seule la violence paie chez nous. La capacité de nuisance est un facteur déterminant pour régler toutes sortes de revendications. Cette situation est exacerbée par les événements ou les révoltes arabes », commentent plusieurs observateurs. Un tel sabotage ciblant des infrastructures vitales et sensibles est sans précédent. Pour certains, il est d’une très grande gravité et n’augure rien de bon pour l’avenir. Saboter une station électrique, un gazoduc, voire un pipeline n’est plus une possibilité à écarter. Dès lors que la prime à la violence est érigée en mode de gouvernance, indique-t-on. Par ailleurs, l’inexistance d’une société civile est synonyme d’un saut dans l’inconnu.

Dans ces conditions, les archaïsmes d’antan dont M’sila est un cas d’école en la matière, ne manqueront pas de refaire surface. Cette destruction a touché tous les équipements, les armoires électriques et des moteurs de refoulement qui assurent le pompage de l’eau à partir de huit forages situés sur le territoire du quartier de Mezrir. Le saccage de ces stations vitales, est évalué à pas moins de 7 milliards de centimes. Un sabotage qui a privé d’eau potable la population de M’sila, soit 100.000 habitants.

Avant d’incendier ces deux stations, les habitants ont d’abord procédé en vain à l’aide de pneus brûlés au blocage respectivement de la RN 40, route reliant M’sila-Batna, la route reliant ce quartier à la ville de M’sila et la route menant à la commune de Ouled Madhi. Aux yeux des protestataires, le président d’APC issu du MSP a perdu toute crédibilité et ils ne sont pas près de renouer le dialogue avec lui. Ces habitants revendiquent depuis longtemps, la mise en place d’un réseau d’assainissement, car la prolifération de fosses septiques a contaminé les forages d’eau potable. Le raccordement au réseau de gaz naturel qui traverse leur quartier, la réalisation du réseau d’irrigation détruit sont d’autres revendications mises en avant par les contestataires. Par ailleurs, les services de l’Algérienne des eaux ont dû recourir à la mobilisation de citernes disponibles au niveau de la wilaya et dans les wilayas limitrophes pour alimenter en eau ces quartiers.

Les deux stations de pompage qui alimentent la majorité de la population du chef-lieu de la wilaya, estimée à 190.000 habitants, ont été saccagées et incendiées par des habitants de cette localité située à 10 km de la ville de M’sila. Néanmoins, selon la direction de l’hydraulique, les études pour la mise en place d’un réseau d’assainissement dans cette localité « sont achevées ».

La ville de M’sila consomme, à elle seule, le tiers des 33.500 m³ d’eau produits chaque jour à travers la wilaya.

Leur presse (Mohamed Boufatah, L’Expression), 2 janvier 2011.

Publié dans Les luttes de classes en Algérie | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Algérie] « Seule la violence paie chez nous »