[Azawad] Alerte à la contre-insurrection

Communiqué n° 02/2012-MNLA

Après plusieurs mois de tentatives de négociations, de médiations, d’appel à la raison du MNLA, en direction de monsieur le président de la république du Mali Amadou Toumani Touré (A.T.T.), voici la réponse en guise de non-recevoir :

• Manœuvres médiatiques et diplomatiques en vue d’assimiler le MNLA à l’AQMI, aux trafiquants de drogues, à l’armée de Kadhafi en déroute ;

• Instrumentalisation des populations (création et armement des milices) pour s’attaquer aux civils après le passage de l’armée ;

• Déploiement de l’armée malienne dans l’Azawad ;

• Prédisposition des avions de guerre sur le territoire de l’Azawad ;

• Multiples exactions de l’armée et des forces de sécurité (fouilles systématiques, confiscation de matériels, humiliations des populations).

Nous prenons à témoin la communauté internationale devant l’ampleur de la mauvaise foi de monsieur A.T.T. et son choix délibéré pour la violence comme moyen de règlement du problème politique, économique et social de l’Azawad qui perdure depuis l’indépendance du Mali.

Moussa Ag Acharatoumane
Communiqué du MNLA, 14 janvier 2012

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Azawad] Alerte à la contre-insurrection

[Bassin minier de Gafsa] Les murs ont la parole

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326580383.jpg

« Redeyef 2008 : la cause » / « Redeyef 2011 ; la cause ». Sur les panneaux indicateurs : « parti politique, parti politique, parti politique ».

 

Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Bassin minier de Gafsa] Les murs ont la parole

[Justice pour Wissam] Police assassins

Plus de 2.000 manifestants réclament « justice pour Wissam » à Clermont-Ferrand

Plus de 2.000 manifestants ont défilé samedi après-midi à Clermont-Ferrand, pour réclamer « justice » et « vérité » dans l’affaire Wissam El-Yamni, dont la mort après son interpellation a suscité plusieurs nuits de tension cette semaine et un fort ressentiment envers la police.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326579696.jpg

Les plus virulents des manifestants ont scandé « Police assassins » devant la préfecture, sur laquelle a été accrochée une banderole disant : « pas de justice, pas de paix ».

D’autres banderoles dans le défilé mettaient en cause les deux policiers ayant procédé à l’interpellation controversée : « Pour Wissam, la justice doit punir ses assassins » ou « prison pour les meurtriers de Wissam ».

« Mon fils a été assassiné par la police, je veux la justice », a déclaré entre deux sanglots le père de Wissam El-Yamni devant la foule avant d’entrer dans le bâtiment pour y être reçu par le préfet, François Lamy.

Jean-Louis Borie, avocat de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), a dénoncé devant les manifestants « les contrôles au faciès » dans les quartiers populaires comme La Gauthière, d’où venait ce chauffeur routier de 30 ans. Des voitures y ont été brûlées pendant plusieurs nuits cette semaine.

« Respect de la dignité. Vérité et justice pour Wissam », pouvait-on lire plus sobrement sur la banderole de tête. Les manifestants étaient plus de 2.000, selon l’AFP, au plus fort de la manifestation, en grande partie dispersée en fin d’après-midi. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 14 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Justice pour Wissam] Police assassins

Rafle des manifestants au rassemblement devant le CRA de Vincennes

Manifestation-Vincennes : des interpellations

Une centaine de personnes ont été interpellées samedi soir après une manifestation devant le centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes, a-t-on appris de source policière, un responsable associatif évoquant de son côté 200 personnes arrêtées.

La manifestation était organisée par des mouvements autonomes, pour dénoncer l’existence des centres de rétention administrative. Selon une source policière, 102 personnes ont été interpellées alors qu’elles tentaient d’atteindre l’entrée du CRA. Quelques échauffourées ont eu lieu, des pétards et fusées ont été lancés, et deux policiers ont été légèrement blessés, selon cette source. Parmi les personnes interpellées, 99 personnes l’ont été pour des vérifications d’identité [Six heures pour un « contrôle » … d’identité ! Trois heures enfermés dans un car, six heures sans autorisation de toilettes, ni avocat, ni coup de téléphone] et trois pour des violences [Deux saisines envoyées à 20 heures par le comico au parquet de paris , sur ces … « violences » par les flics…], selon la même source.

Leur presse (Europe1.fr), 14 janvier 2012 – 22h17.


Incendie du Centre de rétention de Vincennes : peines légèrement allégées en appel

La cour d’appel de Paris a condamné vendredi six étrangers en situation irrégulière à des peines de prison ferme, légèrement moins lourdes que celles prononcées en première instance, pour l’incendie en 2008 du Centre de rétention administrative (CRA) de Vincennes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326577916.jpg

Les condamnations des six hommes — trois Maliens, deux Marocains et un Palestinien, âgés de 21 à 38 ans — vont de 6 mois à deux ans et demi ferme. En 2010, le tribunal correctionnel les avait condamnés à des peines de 1 à 3 ans.

Les prévenus, dont la plupart avaient assisté au procès en octobre, étaient absents à la lecture du délibéré, auquel assistaient en revanche leurs avocats et des militants pour la défense des sans-papiers.

Cette décision « n’est pas satisfaisante », parce que ces hommes « restent les victimes d’une politique de l’immigration absolument inacceptable, du fait notamment de l’état dans lequel étaient et sont encore aujourd’hui les centres de rétention », a déclaré à la presse Me Irène Terrel.

L’avocate s’est néanmoins réjouie que la cour ait relevé dans ses motivations que certains équipements du CRA avaient aggravé le sinistre.

Le président, Gérard Lorho, a évoqué en particulier les matelas « combustibles », ainsi que la « structure légère » des bâtiments qui avait favorisé une propagation très rapide de l’incendie.

Le CRA de Vincennes avait brûlé le 22 juin 2008, lors d’émeutes ayant éclaté au lendemain de la mort d’un ressortissant tunisien de 41 ans qui y était retenu, décédé selon les autorités d’une crise cardiaque.

« Dignité et sécurité »

L’incendie n’avait pas fait de blessés graves mais avait dévasté les deux bâtiments du centre qui, avec 249 occupants, pour une capacité de 280, était à l’époque le plus grand de France.

La cour a d’ailleurs évoqué également la « concentration de personnes » de nature à favoriser les « incidents ».

Selon Me Terrel, « les autorités vont être bien inspirées d’écouter ce que dit la cour dans cet arrêt (…) et de prendre un certain nombre de dispositions pour que notre pays accueille les étrangers avec des garanties minimales de dignité et de sécurité ».

La cour d’appel n’en a pas moins considéré que les prévenus n’étaient « en aucun cas que des lampistes ou des boucs émissaires comme le soutient la défense ».

Les incendiaires, selon elle, ont été clairement identifiés au moyen notamment des enregistrements du système de vidéosurveillance du centre, visionnés durant le procès.

Dans leurs plaidoiries, les avocats de la défense avaient mis en cause les conditions d’accueil et de sécurité dans ce CRA.

Un rapport remis au gouvernement 15 jours avant le sinistre avait tiré la sonnette d’alarme, soulignant le « climat de tension et de violence » dans les CRA, en particulier celui de Vincennes. « Le risque était majeur, connu et on n’a rien fait », avait ainsi déploré Me Terrel.

L’avocat général avait quant à lui requis la confirmation du jugement de première instance.

Selon la Cimade, une organisation intervenant dans les CRA, il existe 27 de ces centres en France, d’une capacité totale de près de 2.000 places, destinés à accueillir des étrangers en situation irrégulière avant leur éventuelle reconduite dans leur pays.

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier 2012.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Les révoltes des migrants, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...) | Marqué avec | Commentaires fermés sur Rafle des manifestants au rassemblement devant le CRA de Vincennes

[Clermont-Ferrand] Comité justice et vérité pour Wissam

Stop bavure !

Dans la nuit de la Saint Sylvestre 2011, Wissam jeune clermontois trentenaire est interpellé de manière « musclée » et battu à mort (cotes cassées, traumatismes multiples…) par des policiers dans le quartier de la Gauthière à Clermont-Ferrand. En effet plongé dans le coma, il décède 8 jours plus tard. Dans les quartiers nord de la cité auvergnate, la tension monte surtout après le déploiement de policiers et militaires (plus de 400 bleus, hélicos…) mis en place par la préfecture pour réprimer, interpellant nombre de jeunes des quartiers, jugés bien évidemment immédiatement pour l’exemple. Ah bien sûr, quelques bagnoles symbole de la propriété, de l’individualisme et du consumérisme béat ont cramé… On parle de la mort d’un homme où la résponsabalité policière est évidente et où les policiers mis en cause sont seulement en congés.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326526235.jpg

Face à cette guerre sociale déclarée et instaurée notamment par la préfecture, l’entourage de Wissam accompagné de personnes solidaires éprises de justice et de liberté, le « comité justice et vérité pour Wissam » voit le jour… Faisant partie du comité, nous, anarchistes nous avons été très bien accueillis par les camarades de Wissam, tout se met en place pour le moment avec des pratiques auto-gestionnaires (mise en place d’un QG, prévisions d’actions, répartitions des rôles et des tâches…) de manière naturelle…

La vérité doit éclater pour Wissam, pour les interpellés, pour nous !

FLICS, PORCS, ASSASSINS ?

Que cessent ces exactions policières, véritables cow-boys, qui ne sont autres que le résultat d’une politique sécuritaire mise en place notamment par la préfecture donc le ministère de l’intérieur, donc du gouvernement, donc de la présidence assujettis aux intérêts capitalistes.

OUI LA RÉSISTANCE S’ORGANISE À LA BASE PAR LA BASE !

JUSTICE POUR WISSAM !

Samedi 14 janvier à 14h départ place du 1er-Mai à Clermont-Ferrand, tous à la marche pacifique et silencieuse !

Atheneo du Puy-de-Dôme, 13 janvier 2012.


La famille El-Yamni « veut rendre sa dignité à Wissam »

Wissam ne s’est pas réveillé de son coma. Et, hier soir, la famille El-Yamni était toujours plongée dans son cauchemar. Elle demande la justice. Elle réclame aussi le calme. Un calme qui caractérisait le fils, le frère qu’ils décrivent.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326525978.jpg

Dans une maison écrasée par la douleur, une famille clermontoise se tient soudée. Comme l’était Wissam El-Yamni avec les siens. Porteur de cette chaleur humaine, dont la flamme brûlera toujours chez ses proches. Marwa, 28 ans, se tient au côté de son père, Mohamed, et raconte son grand frère.

L’enfance de Wissam. « On a grandi dans la ZUP [La Gauthière]. On a eu une enfance très joyeuse. Par rapport à d’autres familles qui avaient peu de moyens. Notre père et notre mère ont toujours travaillé. Ils nous ont inscrits dans le privé. Ils voulaient qu’on réussisse scolairement. Et, tous les étés, ils nous envoyaient en vacances au Maroc. »

Les plaisirs de Wissam. « C’était un touche-à-tout. Il a fait plein de sports. Du foot, de la boxe… Il était inscrit à l’ASM. Et il était en pleine santé. Il n’a jamais eu aucun problème de cœur. Il n’avait même pas de médecin traitant. »

Le travail de Wissam. « Il était chauffeur poids lourds. Il essayait de devenir cariste ou de ne faire que des livraisons sur Clermont-Ferrand. Pour être chez lui tous les soirs. Avec sa femme, ils voulaient avoir des enfants. »

Le couple de Wissam. « Ils se sont mariés en 2008. Ils avaient leur vie, leur appartement à La Gauthière. Mais ça restait un frère exemplaire. Il s’occupait énormément de sa petite sœur [la plus jeune de la famille, âgée de 11 ans]. »

Wissam le grand frère. « Il était très fusionnel avec sa sœur. Il venait le midi pour manger avec elle. C’était un clown. Il la faisait rire tout le temps. Elle l’appelait rien que pour entendre ses blagues. Il va tellement lui manquer. Tous les dimanches, quand on se retrouve pour le couscous de maman… Wissam va manquer à tout le monde. »

Wissam dans le coma. « On ne l’a appris que vers 17 heures. C’est inadmissible. Les policiers interpellent un homme et ils ne savent même pas qui c’est. Ils n’ont découvert son identité que vers 16 heures. Jusque-là, c’était une personne X sur un lit d’hôpital. Ma mère et son épouse sont restées tout le temps à son chevet. Nous étions là tous les jours. Elles restaient dormir tous les soirs à l’hôpital. C’était comme un cauchemar. On essayait de se réveiller et on essayait de le réveiller. »

La marche pour Wissam. « Nous sommes très, très fiers des personnes présentes à la première marche. J’espère que celle de samedi [demain] sera pareille. La famille sera présente. Wissam était une personne calme. Il n’aimait pas les débordements. Dès que ça criait, il disait qu’il reviendrait quand ça sera apaisé. Il n’est jamais allé chercher le conflit. C’est pour ça qu’il faut lui rendre hommage dans le calme. »

Justice pour Wissam. « Si nous avons confiance en la justice ? Je n’en sais rien. En ce moment, nous n’avons confiance en personne. On a rencontré la police des polices, le commissaire, le procureur, le préfet, le maire… La seule personne qui peut nous apporter des réponses, c’est la juge d’instruction. Nous attendons de la rencontrer. Nous espérons qu’elle va rendre justice à Wissam. Mettre des gens en cellule, c’est normal. Mais les mettre sur un lit d’hôpital, ça ne l’est pas. »

Les troubles depuis la mort de Wissam. « On demande le retour au calme. Que ceux qui veulent se battre pour Wissam le fassent pacifiquement, qu’ils viennent à la marche. Et que ceux qui ont vu ce qui s’est passé le soir du réveillon aillent témoigner. Il ne faut pas qu’ils s’inquiètent. La justice les entendra et elle les protégera. Notre famille, la seule chose qu’elle veut, c’est la justice. On multipliera les actions et les actes symboliques jusqu’à ce que justice soit faite. »

Leur presse (Bertrand Yvernault, LaMontagne.fr), 13 janvier 2012.


La famille de Wissam El-Yamni reçue par une juge à Clermont-Ferrand

Le jeune homme est mort à la suite de son interpellation le 1er janvier à Clermont-Ferrand. Les résultats de l’autopsie ne sont pas encore connus.

La famille de Wissam El-Yamni, mort à la suite de son interpellation le 1er janvier à Clermont-Ferrand, a été reçue vendredi matin par la juge d’instruction chargée du dossier, a indiqué son avocat, précisant que les résultats de l’autopsie n’étaient pas encore connus.

Pendant près d’une heure trente, le frère et la sœur de la victime se sont entretenus avec la juge Fabienne Hernandez, en charge de l’information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique », a précisé Me Jean-François Canis.

« Ils lui ont fait part de leur étonnement sur la procédure » et notamment le fait qu’ils n’aient été prévenus que le lendemain après-midi de l’hospitalisation de leur frère, a ajouté l’avocat. La juge n’a toutefois pas communiqué les résultats de l’autopsie, « même pas de pré-rapport », a encore dit Me Canis, qui en attend les conclusions par écrit « la semaine prochaine ».

Le père, le frère et la sœur de ce chauffeur routier de 30 ans, décédé lundi, neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque, se sont constitués parties civiles.

(…) Le collectif de soutien à Wissam El-Yamni organise samedi à 14H00 une manifestation dans le centre de Clermont-Ferrand.

Une autre manifestation qui devait être organisée parallèlement à 14H30 devant la préfecture du Puy-de-Dôme par le Bloc Identitaire Auvergne a été interdite, a indiqué la préfecture dans un communiqué vendredi en fin d’après-midi.

L’arrêté d’interdiction est motivé par le « risque de trouble à l’ordre public ».

Le Bloc Identitaire entendait dénoncer le fait que « les forces de police soient une fois de plus accusées voire condamnées avant toute conclusion d’enquête ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 13 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Clermont-Ferrand] Comité justice et vérité pour Wissam

[Aulnay-sous-Bois] Marche en hommage à Abdelilah El Jabri mort entre les mains de la police

Aulnay-sous-Bois : une marche dans le calme à la mémoire d’Abdelilah

Ils étaient environ 500. Des proches, des élus, des membres d’associations ou simplement des habitants de la cité d’Aulnay-sous-Bois, en Seine-Saint-Denis, où le jeune Abdelilah, 25 ans, est décédé mardi soir d’une crise cardiaque lors d’une opération de police dans un hall d’immeuble.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326523825.jpg

Ils ont marché dans le calme de la mosquée d’Aulnay-sous-Bois jusqu’à la cité Balagny, où résidait la victime et où s’est déroulé le drame. « C’était un gars toujours souriant (…) on ne saura jamais ce qui s’est passé mais, s’il vous plaît, les gars, le calme, le calme », a répété au micro Mourad, cousin germain de la victime, devant le cortège arrêté au pied de l’immeuble où les faits se sont déroulés.

Dans ce quartier réputé plutôt calme, la situation était en effet tendue mardi et mercredi soir, avec un déploiement important de CRS. « Peut-être qu’il était au mauvais endroit au mauvais moment, nous la famille on n’en veut à personne, on veut le retour au calme et qu’il repose en paix », a expliqué Rachid, demi-frère d’Abdelilah. Demandant aux médias, présents en petit nombre vendredi, de « ne pas raconter n’importe quoi » au sujet de son cousin, Mourad a rappelé qu’Abdelilah était « un mec tranquille, qui s’est toujours occupé de son père atteint de la maladie d’Alzheimer ».

(…) Les deux jeunes interpellés mardi soir en compagnie de la victime pour détention de stupéfiant ont été remis en liberté jeudi à l’issue de leur garde à vue. Le parquet de Bobigny a annoncé qu’il seront convoqués devant le tribunal « dans un délai rapproché ».

Leur presse (LeParisien.fr), 13 janvier 2012.


(…) Durant deux nuits, des incendies ont mis à l’épreuve les forces de l’ordre. Ces incidents, peu nombreux et contenus, se sont toutefois étendus dans la nuit de mercredi à des quartiers voisins : à la Rose-des-Vents, aux Gros-Saule, à Europe et aux Beaudottes à Sevran où deux voitures ont brûlé. Le bilan se limite à plusieurs incendies, de voitures et de poubelles, qui se sont accompagnés de quelques arrestations. Deux personnes, avenue Paul-Cézanne, ont été interpellées alors qu’elles tentaient de siphonner l’essence d’un poids lourd avec une pompe électrique. Des bidons d’essence se trouvaient dans une Twingo volée. Quatre autres jeunes ont été arrêtés après des jets de mortier sur les forces de l’ordre, rue Eugène-Delacroix. Bien peu d’incidents, en somme, pour cette nuit placée sous très haute surveillance. En plus de l’hélicoptère, trois compagnies de CRS et une autre de gendarmes mobiles étaient réunies, soit plus de 300 hommes.

Cette présence a parfois soulevé des questions parmi la population. « Comment interpréter la venue d’autant de forces de l’ordre, ça veut dire quoi ? Est-ce que ça n’ajoute pas aux tensions ? » s’interrogeaient des trentenaires, à pied d’œuvre en soirée pour dialoguer avec les jeunes de la ville. Hier soir, près de 80 personnes (médiateurs, élus, agents municipaux) étaient de nouveau mobilisées pour tourner dans les cités du nord d’Aulnay, instaurer le dialogue, désamorcer les frictions entre jeunes et forces de l’ordre, mais aussi rétablir l’éclairage public dans certains quartiers, plongés dans le noir durant les nuits précédentes.

Leur presse (LeParisien.fr), 13 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Aulnay-sous-Bois] Marche en hommage à Abdelilah El Jabri mort entre les mains de la police

[Aulnay-sous-Bois] Flics, porcs, assassins !

« On n’est pas des animaux, on est des enfants de la France », répète toutes les deux minutes Jamel, un « enfant d’Aulnay ». La quarantaine bien entamée, il a grandi dans la cité « plutôt calme » de Balagny, à Aulnay-sous-Bois, où un jeune homme de 25 ans est décédé hier soir vraisemblablement d’une crise cardiaque lors d’un contrôle de police dans un hall d’immeuble.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326416370.jpg

Le 11 janvier, dans la cité de Balagny, à Aulnay-sous-Bois.

Ce matin, en apprenant la mort du «petit frère», Jamel a rappliqué aussi sec « pour comprendre ce qui s’est passé » et soutenir la famille.

Selon les premiers résultats de l’autopsie, le jeune homme souffrait d’une malformation cardiaque. D’après le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, le jeune homme a été « menotté » pendant le contrôle, mais « sans aucune violence ». Les policiers lui ont prodigué de premiers soins et ont appelé les pompiers, mais ces derniers n’ont pas réussi à le réanimer, selon des sources policières interrogées par l’AFP.

Une polaire bleue « Aulnay, une ville sport » sur le dos, Jamel est « révolté ». Selon lui, « le maire [Gérard Ségura, PS, ndlr] n’a même pas pris la peine de se déplacer dans la cité pour parler aux jeunes ou au moins pour rendre visite à la famille endeuillée ».

Un autre habitant de la cité, 24 ans, le visage blafard de ceux qui ont peu dormi : « Ah mais ça, si la victime avait eu un prénom bien français, genre Marcel ou Philippe, cela ne se serait pas passé comme cela. Sarko et Fillon seraient déjà là, la victime aurait eu droit à des funérailles en fanfare avec retransmission à la télévision. »

Si rien ne permet de conclure à la responsablilité de la police dans le décès, cet épisode renforce encore la tension entre jeunes et policiers.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326417946.jpg

Au pied de l’immeuble où se sont déroulés les faits, ils sont une quinzaine à refaire le film de la soirée. Hier soir, vers 20 heures, « les cow-boys de la BAC » ont débarqué pour un contrôle de stup. « En civil mais on les reconnaît avec leur Ford focus bleue. Faut les voir nous parler, je vous jure », raconte l’un d’eux.

« À partir du moment où t’es jeune, pour eux, t’es une racaille. Ils parlent mal, sans respect, comme si on était des chiens. Ils nous traitent de fils de pute. Quand on reste tranquille, posés sur le muret ou dans un hall, ils nous cherchent. Leur phrase favorite, c’est : alors vous nous provoquez pas aujourd’hui ? »

Imad, 25 ans, était très ami avec la victime : « On a passé la journée ensemble, il allait très bien, pas de vertige ou quoi que ce soit, il était en forme. » Emmitouflé dans une doudoune blanche et noire, le visage fermé, il est atterré des rumeurs qui circulent. « À la télé, ils disent qu’il a eu un malaise cardiaque parce qu’il a pris du viagra et qu’il avait une mauvaise santé, on salit sa mémoire. La vérité, ce n’est pas celle là. Les flics sont arrivés comme des ninjas, comme si c’était Bagdad ici. Au lieu de faire un contrôle tranquille, ils l’ont plaqué contre le sol, comme un malpropre. Il en est mort. »

(…)

Leur presse (Marie Piquemal, Libération, 11 janvier 2012)


(…) À Baligny, l’explication médicale de la mort du jeune homme n’a pas apaisé les esprits. « Il faut dire la vérité ! Abdel, c’est comme tout le monde ici, il est contrôlé en permanence par la BAC. Une fois, deux fois, trois fois par jour ! Alors, ne me faites pas croire qu’un simple contrôle aurait provoqué son problème de cœur ! », s’emporte Djamel, 43 ans, un ancien du quartier venu montrer son soutien à la famille. (…)

Leur presse (Arthur Frayer, lemonde.fr, 11 janvier 2012)


« Ça va péter. » Un habitant de la cité Balagny à Aulnay-sous-Bois a prévenu, plus tôt dans la journée ce mercredi, qu’il avait du mal à tenir les jeunes du quartier après la mort d’un des leurs, mardi soir, au cours d’une interpellation. Une soixantaine d’entre eux se sont réunis, en début de soirée, au centre de la cité, autour de laquelle se sont positionnée les forces de l’ordre.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326418147.jpg

Une quinzaine de fourgons de CRS a pris place autour de la cité plongée dans le noir, le transformateur de l’éclairage public ayant brûlé la nuit précédente, selon notre journaliste sur place. Aucun incident n’est à signaler, seules quelques invectives émanent du groupe à l’adresse des policiers.

Leur presse (20minutes.fr, 11 janvier 2012)


Quatre personnes ont été interpellées après les incidents qui se sont déroulés dans la nuit de mercredi à jeudi, dans plusieurs cités d’Aulnay-sous-Bois, après la mort d’un jeune homme de 25 ans, au cours d’un contrôle de police mardi.

Des incidents (tirs d’engins pyrotechniques et feux de poubelles), bien que l’autopsie a établi qu’il n’avait subi aucune violence et qu’il souffrait d’une malformation cardiaque. Il y a eu « quatre interpellations après de gros pétards » qui ont sauté mais qui n’ont pas fait de blessés, a expliqué la préfecture.

Vers 23 heures, deux poubelles ont été incendiées, mais le feu a été très rapidement éteint par les pompiers. Mercredi soir, un calme précaire régnait dans la cité Balagny d’Aulnay-sous-Bois, composée de petits immeubles de brique rouge. Un important dispositif policier était en place, mais en retrait, alors que des groupes de jeunes sont restés rassemblés au pied de la cité jusque vers 1 heure du matin. (…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)


Des incidents se sont produits dans la nuit de mercredi à jeudi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), à la suite de la mort d’un jeune, mardi, au cours d’un contrôle de police. (…) la soirée a été marquée par des incendies dans plusieurs quartiers de la ville, à la cité Balagny, d’où le jeune homme était originaire, à la cité des Etangs et à la Rose-des-Vents.

Les forces de l’ordre ont été la cible de tirs de mortier de feu d’artifices. Vers minuit, les policiers étaient encore nombreux à Aulnay, déblayant la chaussée des restes de poubelles brûlées.

(…)

Ce drame a alimenté tristesse et colère dans ce quartier de petits immeubles de brique d’ordinaire très calme, rebaptisé même par les plus jeunes « la cité de l’ennui ». « Les policiers mettent trop la pression aux jeunes, tout ça parce qu’ils sont dans les halls et qu’ils fument parfois un joint… Moi, je les ai déjà vu caler (NDLR : immobiliser) quelqu’un au sol, ils y vont fort », lâche une femme de 26 ans, « choquée » par la mort d’Abdel, « garçon calme et gentil », qui « travaillait de temps en temps ». Sur la placette centrale, des anciens sont réunis, la mine sombre. Certains ont vu la tentative de réanimation derrière « une rangée de 20 ou 30 policiers ». « Personne ne s’est soucié d’emmener la famille à l’hôpital », proteste l’un d’eux.

(…)

Leur presse (LeParisien.fr, 12 janvier 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Aulnay-sous-Bois] Flics, porcs, assassins !

Mais que fait la police des polices des polices ?

La police des polices, au cœur d’un scandale judiciaire

Un scandale sans précédent ébranle la Préfecture de police de Paris. Selon une enquête menée par Le Monde, l’Inspection générale des services (IGS), la « police des polices », a sciemment truqué, en 2007, une procédure portant sur un éventuel trafic de titres de séjour au service des affaires réservées. Cela afin de nuire, à l’approche de l’élection présidentielle, à Yannick Blanc, alors directeur de la police générale, à son adjoint Bruno Triquenaux et à Christian Massard, un policier affecté à la sécurité de l’ex-ministre de l’intérieur Daniel Vaillant. Trois hommes jugés trop éloignés du pouvoir sarkozyste, et très proches du Parti socialiste pour deux d’entre eux.

Au total, quatre fonctionnaires ont été injustement mis en examen, M. Blanc ayant « seulement » été placé en garde à vue. Tous les cinq ont été suspendus à la suite de cette affaire montée de toutes pièces – un « chantier », dans le jargon policier. Ils ont été innocentés en janvier 2011 par la cour d’appel de Paris. Et, désormais, la justice enquête sur… l’enquête de l’IGS. Quatre juges d’instruction parisiens mènent six enquêtes distinctes sur la « police des polices », par ailleurs épinglée dans l’affaire des fadettes du Monde. L’institution policière, déjà mise en cause dans les affaires Neyret et Carlton, est durablement déstabilisée.

Le préfet de police de Paris, Michel Gaudin, pilier du système sarkozyste, est visé par l’une des procédures. Il a été interrogé le 15 décembre 2011 en qualité de témoin assisté, un statut hybride entre celui de témoin simple et de mis en examen. Tout comme un autre préfet, ancien patron des renseignements généraux, Pascal Mailhos. Ils ont tous deux été les signataires des arrêtés de suspension visant les fonctionnaires injustement accusés. Il leur est notamment reproché de s’être appuyés sur des éléments judiciaires dont ils n’auraient pas dû avoir connaissance. Ils ont soutenu que des éléments concrets visant les agents des affaires réservées avaient été obtenus par l’IGS.

Ces derniers n’ont pas fait mystère, lors de leurs interrogatoires, des multiples services qui leur étaient demandés en tant que fonctionnaires délivrant des titres de séjour, et même des relations qu’ils entretenaient avec des demandeurs, allant parfois jusqu’à s’offrir mutuellement des présents. Sans jamais, comme l’a assuré la cour d’appel, avoir franchi la ligne jaune.

En toute discrétion, les magistrats, menant eux-mêmes les investigations, ont mis au jour de nombreuses irrégularités : plusieurs procès-verbaux ont été truqués, des retranscriptions d’écoutes téléphoniques caviardées, des déclarations déformées, sans parler des pressions sur des témoins… Jusqu’au patron de l’IGS, Claude Bard, qui ira tirer des chèques sur son compte personnel pour défrayer un « expert » venu de nulle part. Ils ont auditionné des témoins évoquant la « censure » à l’IGS, et la mainmise de la hiérarchie sur toutes les procédures. Au final, une incroyable série d’anomalies, d’autant plus choquantes qu’elles émanent du service censé contrôler la légalité des actes des policiers.

Les procédures ont été lancées par les multiples plaintes déposées par Me David Lepidi, l’avocat des fonctionnaires mis en cause à tort. Elles visent notamment des faits de « faux en écritures publiques » – un crime passible de la cour d’assises –, « violation du secret de l’instruction », « dénonciation calomnieuse » et autres « violences volontaires ». Par ailleurs, Me Lepidi a saisi par courrier le Conseil supérieur de la magistrature (CSM) du cas de la juge Michèle Ganascia, qui a procédé aux mises en examen injustifiées des quatre fonctionnaires sur la base de l’enquête tronquée de l’IGS.

Outre l’institution policière, l’affaire pourrait aussi se révéler embarrassante pour Nicolas Sarkozy, à l’époque ministre de l’intérieur puis président de la République. Dans une note du 1er mars 2010 destinée à la justice, Yannick Blanc expliquait qu’il ne faisait aucun doute que « seul le biais politique » permettait de comprendre pourquoi l’IGS s’était « ingéniée, contre toute vraisemblance, à [l’impliquer] et à impliquer Daniel Vaillant, via son officier de sécurité, dans une affaire de corruption et de trafic d’influence parfaitement imaginaire ».

Lui aussi visé par la manipulation, le maire (PS) du 18e arrondissement de Paris et député Daniel Vaillant a résumé son sentiment dans un courrier adressé le 31 mars 2011 à l’ex-procureur général près la Cour de cassation, Jean-Louis Nadal : « En prononçant directement des non-lieux au bénéfice de tous les fonctionnaires mis en cause, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a ramené cette affaire à sa dimension réelle, celle d’un montage policier destiné à complaire au pouvoir politique dans le contexte de l’élection présidentielle de 2007. »

Leur presse (Gérard Davet et Fabrice Lhomme, Le Monde, 11 janvier 2012)

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Commentaires fermés sur Mais que fait la police des polices des polices ?

[Azawad] Contre-insurrection et autodéfense

Déclaration de guerre du Mali au peuple de l’Azawad

Le régime actuel du président malien Amadou Toumani Touré a choisi désormais de déployer massivement son armée soutenue par  des milices locales dans l’AZAWAD.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326413880.jpg

Le Peuple de l’AZAWAD, a toujours affirmé, en dépit des souffrances incommensurables endurées, depuis 1960, date à laquelle le sort de celui-ci a été injustement, placé entre les mains du MALI, son choix du dialogue plutôt que de la violence.

Ce principe, maintes fois réitéré a été concrétisé par l’acceptation de tous les appels au dialogue depuis 1991 et le respect des accords de paix signés avec le MALI et que ce dernier s’est toujours employé à saborder et à manipuler.

À présent, le président Amadou Toumani Touré dévoile sans ambages sa préférence pour la confrontation violente au détriment du dialogue politique. La finalité de cette option consiste à instaurerle chaos afin qu’il puisse se maintenir au pouvoir en prétextant face à l’instabilité, il est impossible d’organiser des élections… donc, il reste.

L’État malien qui, durant toutes ces années, a déploré le manque de moyens pour faire face à une poignée d’hommes terroristes (AQMI), opérant en toute quiétude sur un territoire supposé l’appartenir, se discrédite et démontre au grand jour sa complicité avec ces derniers et sa trahison vis-à-vis des États du champ dans le cadre de la lutte anti terroriste au Sahel. Ce même État malien, déploie aujourd’hui des moyens colossaux issus des pauvres contribuables maliens et de la communauté internationale pour mater un Peuple d’autochtones dont le seul tort est de revendiquer sa liberté.

Face à une telle attitude irresponsable devant le Peuple Malien, le Peuple de l’AZAWAD prend à témoin les États de la sous région, la CEDEAO, l’Union Africaine, l’Union Européenne, la Ligue Arabe, le conseil de sécurité des Nations Unies, l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord et le reste de la communauté internationale, que seul le président Amadou Toumani Touré et les milices locales à sa botte assumeront la lourde responsabilité du déclenchement d’une conflagration violente dans l’AZAWAD.

Alors, le Peuple de L’AZAWAD usera du droit de légitime défense face à cette invasion militaire.

Fermement convaincu de la justesse et de la légitimité de notre combat, nous continuerons à privilégier les voies et moyens pacifiques pour accéder à la liberté, à la justice et à la dignité humaine confisquées depuis plus de cinquante ans par les régimes successifs du MALI.

12 janvier 2012
LE MNLA

Publié dans General | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Azawad] Contre-insurrection et autodéfense

[Goulag américain] Dix ans de camp sans inculpation pour onze détenus de Guantánamo

Guantánamo : une décennie d’atteintes aux droits humains

À l’occasion des 10 ans du centre, le rapport « Guantánamo: A Decade of Damage to Human Rights » met en lumière le traitement illégal infligé aux prisonniers de Guantánamo et expose en quoi ce centre de détention constitue encore une atteinte aux droits humains.

En s’abstenant de fermer le centre de détention de Guantánamo Bay, le gouvernement des États-Unis lègue un héritage toxique en matière de droits humains.

Guantánamo est devenu le symbole de 10 années de non-respect systématique des droits humains dans la réponse apportée par les États-Unis aux attentats du 11 septembre 2001. Le gouvernement américain a foulé aux pieds les droits fondamentaux dès les premiers transferts de prisonniers. Alors que Guantánamo entame sa 11e année d’existence, ces manquements se poursuivent.

Malgré la promesse faite par le président Barack Obama de fermer le centre de détention de Guantánamo avant le 22 janvier 2010, 171 hommes y étaient toujours incarcérés à la mi-décembre 2011. Au moins 12 prisonniers transférés à Guantánamo le 11 janvier 2002 y sont toujours détenus. L’un d’entre eux purge une peine de réclusion à perpétuité après avoir été déclaré coupable par une commission militaire en 2008. Les 11 autres n’ont toujours pas été inculpés.

Le gouvernement de Barack Obama – en fait de larges sections des trois branches du gouvernement fédéral – ont adopté le cadre de la « guerre » mondiale mis en place sous le gouvernement de George W. Bush. Le gouvernement a ainsi affirmé en janvier 2010 qu’une cinquantaine de détenus de Guantánamo ne pouvaient être ni inculpés ni libérés, mais devaient être maintenus en détention militaire pour une durée indéterminée, sans inculpation ni jugement, au titre de l’interprétation unilatérale que font les États-Unis des lois de la guerre.

« Tant que les États-Unis n’aborderont pas la question de ces détentions sous l’angle des droits humains, l’héritage de Guantánamo perdurera, qu’il soit fermé ou non. »

Rob Freer, chercheur sur les États-Unis

Ce centre de détention, établi quatre mois après les attentats du 11 septembre sur une base navale américaine à Cuba, est devenu un symbole de torture et de mauvais traitements.

Parmi les prisonniers qui y sont toujours incarcérés, certains ont été victimes aux mains des États-Unis d’actes de torture et de disparitions forcées avant d’être transférés à Guantánamo. L’obligation de rendre des comptes n’a pas ou presque été mise en œuvre pour ces crimes relevant du droit international commis dans le cadre d’un programme de détentions secrètes ayant reçu l’aval du président. Le gouvernement américain a systématiquement bloqué les démarches d’anciens détenus visant à obtenir des réparations pour ces violations des droits humains.

En 10 ans, seul un des 779 détenus incarcérés à la base a été transféré aux États-Unis pour être jugé devant un tribunal fédéral de droit commun. D’autres ont comparu devant des commissions militaires dans le cadre de procès iniques. Le gouvernement a aujourd’hui l’intention de requérir la peine de mort contre six détenus jugés dans ces conditions. Le gouvernement de Barack Obama fait porter la responsabilité de son incapacité à fermer Guantánamo sur le Congrès, qui n’a pas veillé, il est vrai, à ce que les États-Unis respectent les principes internationaux relatifs aux droits humains dans ce contexte.

Aux termes du droit international, ni le droit national ni la politique ne peuvent être invoqués pour justifier le fait de ne pas honorer les obligations inscrites dans les traités. Une branche du gouvernement ne saurait faire porter le chapeau à une autre pour les manquements d’un pays envers les droits humains. Le droit international exige de trouver des solutions, pas des excuses.

Lire le rapport  : « USA: Guantánamo: A decade of damage to human rights and 10 anti-human rights messages Guantánamo still sends » – AI index : AMR 51/103/2011 – 16 December 2011 (en anglais)

Lire la traduction française de l’introduction et des conclusions

Communiqué d’Amnesty International, 10 janvier 2012

Publié dans Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Goulag américain] Dix ans de camp sans inculpation pour onze détenus de Guantánamo

[Légion du déshonneur] Sarközy de Nagy-Bocsa lèche les bottes de l’OAS

Un putschiste, héros de Sarko

Le 3 janvier Nicolas Sarkozy a poursuivi en Bretagne son marathon des vœux en rendant hommage à l’engagement et à l’efficacité des soldats français déployés tout au long de l’année 2011 dans les opérations militaires qu’il a ordonnées.

Il s’est surtout permis, dans sa drague aux militaires à quelques mois de la présidentielle, de citer Hélie Denoix de Saint-Marc, officier putschiste en 1961 en Algérie, à qui il a remis en novembre la Grand Croix de la Légion d’honneur, un geste très apprécié dans les cercles militaires.

Entré dans la Résistance en 1941, puis déporté en 1943 au camp de Buchenwald, Denoix de Saint-Marc commandait par intérim le 1er régiment étranger de parachutistes en Algérie.

Engagé aux côtés du général Massu, il a été le fer de lance du putsch des généraux manqué d’avril 1961. Le 1er REP ayant été dissous le 30 avril 1961, une partie de l’effectif déserte et rejoint l’OAS.

Condamné à dix ans de réclusion criminelle, mais gracié, il n’en a passé que cinq en prison. Lors de son procès, il avait déclaré qu’en Algérie sa mission était notamment de « maintenir l’intégrité du patrimoine national, y promouvoir la justice raciale (…) ».

Bel exemple que cet homme là, justifiant la guerre coloniale et son cortège de tortures !

Brève parue dans Billets d’Afrique… et d’ailleurs n° 209 de janvier 2012.

Publié dans General | Commentaires fermés sur [Légion du déshonneur] Sarközy de Nagy-Bocsa lèche les bottes de l’OAS

[Clermont] Communiqué des collabos

Aux mêmes qu’hier
Salut.

Ici c’est toujours la guerre. Le gars tué à Aulnay hier va rien changer. C’est « calme » à la Gauthière, les gens s’auto-organisent, ils sont efficaces. Par contre encore une vingtaine de cars de CRS en direction de Croix-Neyrat (après la Gauthière) où c’est « moins calme »… Aux copains de Cette Semaine, il est avéré que des keufs ont cramé des bagnoles (mais à la Gauthière, donc genre des caisses des habitants qui se bougent). Mais juste trois ou quatre. Le reste je le redis c’est du feu ciblé. Les gars savent ce qu’ils font.

Six jeunes interpellés y’a quelques jours sont passés en comparution immédiate et ont pris… de 4 mois à 1 an ferme. Qu’ils continuent, et le feu se propagera…

Enfin, nos amis de gôche et d’esstrême gauche ont osé pondre ça…

VERITE et JUSTICE

Le 9 janvier, WISSAM EL YAMNI est mort suite à une interpellation particulièrement violente. Ce décès n’aurait pas eu lieu si l’interpellation avait été conforme à ce que tout citoyen peut attendre d’une police professionnelle et responsable.

Les déclarations intempestives et partisanes du ministre de l’intérieur ne sont pas admissibles et témoignent des pressions qui sont d’ores et déjà exercées sur l’autorité judiciaire.

Le déploiement disproportionné de la force policière n’est pas de nature à calmer les esprits, bien au contraire.

Seule une enquête menée en toute indépendance permettra d’apaiser les tensions.

La famille et les amis de WISSAM EL YAMNI et tous les citoyens épris de justice exigent la vérité . Nous serons à leurs côtés et invitons toutes les femmes et les hommes épris de justice à participer à la manifestation du samedi 14 janvier à 14H à la Gauthière.

Premières organisations signataires : Ligue des Droits de l’Homme, Réseau Education Sans Frontières, Syndicat des Avocats de France, Front de Gauche, Brut de béton, Cgt63, Solidaires, EELV, PCF63…

Voilà pour ce soir. Ah si, un nouveau tag énorme vu sur place : Flics, Nazis, Assassins.

Courriel du 11 janvier 2012 – 20h57.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | 5 commentaires

[Vérité et Justice pour Ali Ziri] Non au non lieu !

Ce que nous redoutions, il y a quelques jours, est bel bien arrivé. Le procureur-adjoint du Tribunal de Grande Instance de Pontoise a requis un non-lieu dans l’affaire Ali Ziri.

Il appartient maintenant au juge d’instruction de suivre son réquisitoire ou de décider autre chose. Dans le réquisitoire définitif du procureur, seuls les faits à charge contre MM. Ali Ziri et Arezki Kerfali sont mentionnés. Il est question des circonstances de l’interpellation au volant de leur voiture par la police nationale, puis de leur arrivée au commissariat et de leur transport à l’hôpital d’Argenteuil. Mais jamais des conditions du trajet entre le lieu de l’interpellation et le commissariat d’Argenteuil.

Or, pour les avocats et notamment pour Maître Maugendre, c’est au cours de ce trajet que le drame est arrivé, du fait qu’une policière, parmi les trois policiers interpellateurs, avait utilisé ce que l’on appelle la « méthode de pliage ». C’est cette technique consistant à plaquer le torse du prévenu sur ses genoux en exerçant une pression « qui est à l’origine de l’asphyxie ayant conduit au décès d’Ali Ziri ». Une technique pourtant interdite depuis la mort en 2003 d’un jeune éthiopien expulsé par la police aux frontières.

À cela s’ajoutent les conclusions de l’autopsie de l’institut médico-légal de Paris, rendues le 24 juillet 2009, relevant l’existence de 27 hématomes sur le corps de M. Ziri. Cette même autopsie a conclu qu’« Ali Ziri est mort suite à un arrêt cardio-circulatoire d’origine hypoxique, généré par suffocation et appui postérieur dorsal ».

Le 15 avril 2011, les conclusions de nouveaux examens complémentaires affirment que « le manque de discernement des policiers a conduit à des comportements qui n’étaient pas sans conséquence sur l’état de santé de M. Ziri ».

Il y a aussi l’avis de l’ex-CNDS (Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité), qui jugeait « la précipitation et la violence avec lesquelles M. Ali Ziri a été extrait du véhicule étaient disproportionnées et constituent un traitement inhumain et dégradant ».

On apprend aussi que le 9 juin 2009 au commissariat d’Argenteuil, un jeune homme en garde à vue dit avoir été témoin d’une scène choquante. « L’un des policiers est venu vers cet homme (Arezki Kerfali – ndlr) et il a posé son pied sur la tête du Monsieur et lui a dit une phrase du genre « Tu vas essuyer », il fait bouger la tête en appuyant avec son pied comme on pourrait le faire avec une serpillière. C’est comme s’il voulait lui faire essuyer son vomi avec sa tête », explique-t-il, entendu par l’IGPN le 11 décembre 2009. Aucun des policiers n’a pourtant été questionné sur cette grave allégation.

Pire encore, tous les actes demandés par les avocats de la famille Ali Ziri, comme l’audition des témoins et des policiers par un juge d’instruction et la reconstitution des faits, ont été refusés par le Procureur de la République de Pontoise.

Par contre Arezki Kerfali, pourtant victime et témoin vivant, reste lui poursuivi pour outrage. Dès lors peut-on encore parler de justice ?

C’est pourquoi le collectif appelle à un rassemblement le samedi 14 janvier 2012 à 14h, cinéma Jean-Gabin, parc de la mairie d’Argenteuil, 12-14 Bd. Léon-Feix, en présence de Stéphane Hessel et Jacques Gaillot pour exiger vérité et justice ! Après ce rassemblement, le collectif va procéder à la pose d’une plaque commémorative sur le lieu de l’interpellation, angle des rues Jeanne d’Arc et Antonin-Georges-Belin, non loin de la mairie.

Plus d’infos au 01 39 80 45 40 – EmailBlog

Collectif Vérité et Justice pour Ali Ziri, 11 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Vérité et Justice pour Ali Ziri] Non au non lieu !

[Guerre sociale] Exploitation, révolte et répression à la Sosucam (Cameroun)

Mbandjock : La police abat deux ouvriers à la Sosucam

Par ailleurs, 180 émeutiers attendent d’être licenciés, suite aux échauffourées dont la société sucrière a été le théâtre la nuit de la Saint Sylvestre. Plus de 180 personnes, des manoeuvres coupeurs de cannes dans leur écrasante majorité, attendent de recevoir leurs lettres de licenciement comme employés de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam). La mesure de licenciement qui revêt un caractère disciplinaire, selon la direction de l’usine, intervient au lendemain des sanglantes émeutes dont la Sosucam a été le théâtre dans la nuit de la saint Sylvestre. Elle frappe, pour l’instant, a-t-on appris d’une source très introduite de la direction générale, une quatre vingtaine d’ouvriers qui auraient pris une part active aux émeutes, les 100 autres licenciements suivront, une fois remplies des formalités y afférentes remplies.

Ces échauffourées dont on attend encore le bilan officiel, ont fait deux morts et plusieurs blessés graves, à la suite à des coups de feu tirés par la police et notamment l’officier de police Lewe, sur ordre du sous-préfet. Des informations recoupées à plusieurs sources et qui attendent d’être confirmées par la direction générale de la Société. En effet, depuis l’enclenchement des émeutes sanglantes le 31 décembre 2011, le bilan définitif de ces échauffourées consécutives aux revendications des ouvriers est toujours attendu. Des ouvriers réprimés à la baïonnette pour avoir exigé que la viande de boeuf à laquelle ils ont droit chaque fin d’année, moyennant une ponction de 2500 Fcfa sur leur salaire, leur soit accordée. C’est, faute pour la direction d’avoir sacrifié à ce qui est devenu un rituel annuel que les coupeurs de cannes rentreront dans un vaste mouvement de protestation qui culminera avec l’assassinat de deux des leurs, tués par des coups de feu à balles réelles, dont le but était de dissuader les manifestants. La tension serait alors montée d’un cran et tout s’embrasera, consécutivement à ce que les forces de maintien de l’ordre ont qualifié de « bavure ».

Les ouvriers, plus 400, qui exigeaient que la direction générale mette à leur disposition 14 boeufs, se mettront à casser et à brûler tout ce qu’ils rencontraient à leur passage. Plus de 30 véhicules flambants neufs seront ainsi saccagés, réduits en tas de ferraille ; en même que de nouveaux engins nouvellement acquis et destinés à la récolte de la canne à sucre seront mis hors d’usage. Dans leur folle équipée, les émeutiers vident le foyer de sa réserve de boissons avant d’y allumer un feu qui réduira la structure en cendres. Plus loin dans la ville, un bar sera vidé de son contenu, dévalisé et mis à sac par des émeutiers en furie. Et c’est à raison que des éléments de la Brigade d’intervention rapide (Bir) sont dépêchés sur le théâtre des échauffourées pour mettre fin aux exactions des émeutiers et autres actes de pillage.

Selon notre source, les pertes matérielles se chiffreraient à près d’un milliard Fcfa. Des éléments convoyés du Bir et ceux du Gmi venus spécialement à la rescousse, seraient encore sur pied de guerre pour assurer le maintien de l’ordre et le fonctionnement normal de l’usine. Parallèlement, une enquête a été ouverte pour faire la lumière sur ces énièmes revendications sanglantes à la Sosucam. D’ores et déjà, une centaine d’ouvriers ont été interpellés au lendemain de ces échauffourés et déférés au parquet de Nanga Eboko. Plutôt que d’inculper les mis en cause, le procureur de la République a préféré les élargir, sans doute dans un souci d’apaisement du climat de tension qui règne depuis lors au sein de l’entreprise. Et en attendant que la direction de l’entreprise fasse elle-même la vérité sur ces évènements en dévoilant les images enregistrées des bandes des cameras de surveillance.

Et alors que les auditions des autorités administratives, notamment du sous-préfet, se poursuivent en vue d’établir sa part de responsabilité sur les coups de feu tirés contre les émeutiers qui ont fait deux morts. Un sous-préfet qui camperait sur une ligne de défense immuable : « l’administration est écrite, présentez-moi un document écrit sur lequel j’aurais donné l’ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants ».

Leur presse (Evariste Menounga, Le quotidien Mutations), 11 janvier 2012.


Après les émeutes… Chasse aux sorcières à la Sosucam

Alors que le calme semble être revenu dans la « ville sucrière » du Cameroun, l’heure est désormais à la chasse aux sorcières, avec des licenciements des employés supposés grévistes. Tout comme les délégués du personnel et les responsables syndicaux en fonction à la Société sucrière du Cameroun sont dans le viseur des autorités administratives de la Haute Sanaga.

Ce dimanche 8 janvier 2012, la ville de Mbandjock semble avoir repris son ambiance habituelle. Avec notamment les aller et venu des ouvriers de la Société sucrière du Cameroun (Sosucam) qui se relayent dans les différents quarts de travail au niveau de l’usine. Seule la présence des forces de l’ordre (gendarmes et policiers fortement armés) dans presque tous les carrefours de cette bourgade semble rappeler les tristes évènements vécus du 30 décembre 2011 au 4 janvier 2012. On se souvient que lorsque les festivités de fin d’années se préparaient, des ouvriers de la Sosucam, « les coupeurs de cannes » comme on les appelle, qui revendiquaient le payement de la traditionnelle gratification du kilogramme de viande bœuf, correspondant à la somme de 2500Fcfa, avaient engagé un mouvement d’humeur qui s’était transformé en émeutes.

Les forces de l’ordre alertées par le sous-préfet de Mbandjock, Etoa Mballa avaient, à un moment donné, ouvert le feu sur les manifestants, faisant des blessés graves et provoquant l’ire des travailleurs qui ont alors déclenché des émeutes d’une grande ampleur. Les locaux du foyer de la Sosucam ont été pillés, puis incendiés. Tout comme les boukarous de pointages au niveau de l’usine, et le club des cadres, ont été pillés incendiés. La situation avait provoqué la descente sur les lieux des éléments des forces de l’ordre venus en renfort de Yaoundé, un gendarme y ayant même trouvé la mort, renforts en forces de l’Ordre venu de Yaoundé à la suite d’une noyade dans la piscine. Selon les différents témoignages recueillis à Mbandjock chez diverses sources, ce gendarme qui a été affecté pour la sécurisation de la cité des cadres, aurait voulu nager.

Le préfet de la Haute Sanaga, Abath Zangbwala Magloire, alerté par son collaborateur, le sous-préfet de Mbandjock en l’occurrence y a personnellement fait le déplacement. Depuis le début de cette année 2012, « le chef de terre » a multiplié des séances de travail ayant abouti à des mesures « répressives ». Le préfet de la Haute Sanaga aurait initié des actions d’intimidation et d’arrestation à l’encontre de certains délégués des personnels et des délégués syndicaux locaux. Une véritable chasse aux sorcières qui ne manque pas de faire des vagues et laisser libre cours à des commentaires divers.

Syndicalistes accusés

Au moment où nous mettions sous presse, et selon diverses sources de la direction des ressources humaines de cette entreprise, sur quelques trois mille employés de la direction de la culture de cette entreprise, plus d’une centaine a été licenciée. De plus, quatre délégués syndicaux, respectivement de la Confédération syndicale des travailleurs du Cameroun (Cstc), de la Confédération syndicale autonome du Cameroun (Csac), de la Confédération syndicale indépendante du Cameroun (Csic) de l’Union des syndicats libres du Cameroun (Uslc), et 7 délégués des personnels de l’Usine, ont été suspendus de leurs fonctions mis aux arrêts, sans la moindre preuve qu’ils aient été les initiateurs de ce mouvement d’humeur ait été établie. Ils auraient été remis en liberté provisoire grâce à la pression de leurs camarades qui auraient menacé d’organiser une grève pour paralyser l’usine. Des sources introduites indiquent que ce ne serait que partie remise, l’autorité administrative étant décidée nette en prison les syndicalistes accusés d’avoir été à l’origine de la révolte des ouvriers.

Leur presse (Le Messager), 10 janvier 2012.

Publié dans Radicalisation des luttes ouvrières | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Guerre sociale] Exploitation, révolte et répression à la Sosucam (Cameroun)

Appel AntifA Samedi 28 janvier à Tours

Non au Fascisme et au Nationalisme, A Tours comme Ailleurs !

« Le fascisme est l’index d’une révolution ratée. » (W. Benjamin)

Nos néo-fascistes (nazis…) tourangeaux ont franchi un cap en attaquant une manifestation de solidarité avec les demandeurs d’Asile et sans-papiers lors du mouvement qui avait mené à une réquisition de logement sur Tours avant les vacances. En applaudissant le préfet, la Mairie, l’Université de ne pas laisser la racaille gauchiste permettre aux immigré-es d’envahir le pays… Cela s’ajoute à une longue liste d’agressions et d’intimidations à caractère raciste, homophobe et à l’encontre des militants du mouvement social.

Prochainement, Vox populi appelle ces défenseurs de l’Ordre, nazis-skins, petits et grands bourgeois réactionnaires, à manifester à Tours lors d’une marche au flambeau digne du IIIe Reich. De telles démonstrations constituent pour nous la pire des horreurs et nous renforcent dans l’idée que l’État est prêt à tout pour briser toutes formes de solidarité dans les luttes sociales. Pour nous, il s’agit de les combattre en continuant de s’attaquer à ce qui rend leur existence possible, notamment la supercherie d’une « unité » nationale là où l’État déclare la guerre aux pauvres, aux travailleur-euses, aux chômeur-euses et aux migrant-es.

La présence de ce groupe n’est pas non plus un simple fait du hasard. Il fonctionne comme le signe clair, net et annonciateur qu’il existe bien un antagonisme irréductible au sein de cette société. Ce que l’État et le patronat assument puisqu’en les laissant s’organiser, ces néo-nazis leur servent de petites mains pour gérer les conflits sociaux de manière plus violente s’il le faut. Ils ne sont qu’un élément parmi d’autres dans un processus de gestion, de répression et de contrôle déjà en place. De plus, le problème en soi n’est pas l’existence de tels groupes, mais le fait que leurs idées soient déjà au pouvoir comme celles du Front National avec la complicité et la lâcheté de la « Gôche » sur laquelle nous ne pouvons plus compter et qui n’a jamais constitué une alternative : le salut commun est dans la Rue et non dans les Urnes. Voter ne changera rien, s’organiser et lutter si !

Partout, formons des communautés de vie et de lutte, sur nos lieux d’étude, de travail, dans les quartiers :

Réapproprions-nous la Rue contre l’invasion publicitaire, contre la Loi du Fric et de la marchandise, contre le flicage total de nos existences (contrôles au faciès, caméras…), contre les loyers trop chers, les salaires de misère. Réapproprions-nous les campagnes contre l’industrie agro-alimentaire qui ravage la terre, les sols et falsifie les aliments que nous consommons.

C’est une question de mode de vie, de vie commune et de lutte collective, de détermination de solidarité pour sortir de l’isolement et du bonheur de consommateur que ce monde nous offre.

Ne nous laissons plus séparer gérer, contrôler en catégories sociales, raciales, culturelles, religieuses dont le racisme n’est qu’une des expressions.

Ce Monde faux et nul qui nous vend l’Abondance, la Richesse, la Raison et autres fictions périmées n’en finit pas de précariser la population, de construire des prisons, et de réprimer toute contestation et toute contradiction.

Ces fascistes veulent nous ramener dans le Rang des dépossédés, de ceux et celles qui ne travaillent jamais pour eux-mêmes mais pour des États et des Patrons.

Ils ne sont qu’un élément parmi d’autres pour tenter de conserver un Ordre fondé sur l’exploitation sociale, l’Argent. Ces gens-là ne peuvent nous promettre qu’un État totalitaire comme forme de communauté et comme manière de gérer précarité et misère.

Partout, organisons-nous contre le capitalisme et l’Empire policier, Gestionnaire, Nucléaire et Militaire qui l’accompagne !

Organisons-nous contre ses miliciens dont la violence n’existe que pour terroriser ceux qui veulent rompre vraiment avec le capitalisme.

Face à cette parade paramilitaire en famille, glauque, macabre, mortifère, Nous répondrons par la dérision, la festivité et l’exaltation collective. Tous en Manifestation contre l’État et sa milice Le samedi 28 janvier à 19h Place Anatole France !

Déguisements bienvenus.

Publié dans Antifascisme | Marqué avec , | 4 commentaires

[Conférence gesticulée & ateliers à Besançon] De l’idéologie médicale aux normes sociales ou comment la santé m’a rendu malade

Besançon, le 2 janvier 2012

Bonjour,

Aujourd’hui, dans les pays anglo-saxons, une nouvelle profession est née : celle de bioéthicien. Ils ont pour rôle non seulement de vérifier que la procédure expérimentale propre à la logique scientifique a été bien suivie, mais aussi que l’humain soit respecté dans ces pratiques. Un métier a été créé pour surveiller que les médecins ne soient pas inhumains avec leur patient… Comment en sommes-nous arrivés là ?

Cet événement s’organise en deux volets :

• Mardi 17 janvier 2012 à 19H30 – Salle Proudhon, Besançon – Conférence gesticulée par Benjamin Cohadon : De l’idéologie médicale aux normes sociales ou comment la santé m’a rendu malade

Benjamin Cohadon a étudié la médecine au sein du système de santé français pendant 5 ans. Il a aussi travaillé en tant qu’aide-soignant et infirmier dans différentes structures médicales. Mais à un moment donné, son expérience associative et militante n’arrivera plus à lui changer les idées. L’hôpital a eu raison de lui et la façon dont sont « soignés » les « consommateurs de soins » en France devient insupportable à ses yeux.

Pour que tout çà ait quand même un sens, il lui faut au moins témoigner. C’est donc ce témoignage, à base de rugby, de néolibéralisme, de trou de la sécu, de danse africaine, de corps-machines, de folie douce, d’esprit carabin, de douleurs oubliées, de médecine scientiste, de papy italien… que vous pourrez entendre si vous tendez l’oreille à travers les murs de sa cellule, les murs de la norme sanitaire.

Dans une mise en scène intimiste, Benjamin se livre et raconte « son aventure médicale ».

Cette conférence gesticulée a été écrite et mise en scène lors d’un travail collectif avec la SCOP le Pavé et d’autres conférenciers gesticulants.

Et en plus de la conférence gesticulée, retrouvez :

• Mercredi 18 janvier 2012, de 14H30 à 20H – Salle Bidault, dans le complexe du Kursaal de Besançon : ATELIERS / DÉBATS / RENCONTRES

Benjamin et moi-même partageons le sentiment qu’aujourd’hui en France, le Soin manque trop souvent d’humanisme et nous nous posons des questions sur l’avenir : les évolutions prévisibles ne sont pas joyeuses cependant certaines initiatives individuelles ou collectives montrent que certains soignants et soignés veulent comprendre et agir selon des valeurs fortes qui place l’Humain et la relation au centre. Nous pensons également qu’un nombre non négligeable de Soins ne correspondent pas à la demande des gens, le tout cadenassé dans une organisation qui interdit parfois fermement une vraie remise en question.

C’est pourquoi, dans les suites de cette conférence, nous organisons des ATELIERS.

Les ateliers sont crées dans les buts de :

Questionner le Soin aujourd’hui en France :
— Quelle est la place que devrait avoir le soin porté à l’Autre dans notre société ? Quelle place a-t-il réellement ?
— Qu’est-ce que les personnes de notre société attendent des soignants et du système de soin ?
— La formation des soignants permet-elle de former des acteurs de soin capable de répondre aux besoins, aux demandes des personnes qui viennent solliciter de l’aide ?

Partager nos expériences sur les demandes de soin, le système de soin français et les systèmes de formation dans le domaine médico-social. Chercher des solutions d’une réalité non encore explorée ou déjà explorée mais oubliée…

Et pour, peut être, monter des actions concrètes, ensemble.

Pour l’ensemble des évènements : ENTRÉE LIBRE / PAS DE RÉSERVATION

En vous souhaitant une bonne réception, je vous prie d’agréer, Madame, Monsieur, l’expression de mes salutations distinguées.

Adeline Lefebvre, Chef de projet « DES VOYAGES DANS LE SOIN » de l’association ESSI (ÉTUDIANTS EN SANTÉ POUR UNE SOLIDARITÉ INTERNATIONALE)

Publié dans Nos corps nous appartiennent | Marqué avec | Commentaires fermés sur [Conférence gesticulée & ateliers à Besançon] De l’idéologie médicale aux normes sociales ou comment la santé m’a rendu malade

[Périgueux] Procès du squat éphémère

Militants du squat

Le collectif qui occupe le n° 23 du boulevard Bertran-de-Born était assigné hier au tribunal d’instance.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326285581.jpg

Ils sont six à loger ou à passer régulièrement au numéro 23 du boulevard Bertran-de-Born, à Périgueux. Depuis novembre 2011, ce groupe, dans lequel on retrouve des personnes sans domicile fixe ainsi que des membres des groupes anarchistes et libertaires locaux, a élu domicile dans cette maison. Le collectif était assigné hier en référé, au tribunal d’instance, par le promoteur immobilier propriétaire des lieux, Foncier et Transaction du Périgord. Celui-ci explique vouloir démarrer la rénovation de ce bien acquis en mai dernier.

« Le foyer Lakanal n’accepte pas nos chiens. Cela nous a semblé une solution plutôt que de rester dehors », a expliqué un jeune couple. « Il y a une loi pour le droit au logement opposable, leur a rétorqué la présidente. La meilleure solution est de remplir un dossier et de saisir la commission de médiation. » Les squatters revendiquent aussi un projet « politique » avec la création d’un « espace de gratuité et de liberté », où l’on peut trouver une « friperie », un « point d’information pour l’usage des drogues », ou encore un lieu « d’affinage de fromage de chèvre ».

Le jugement a été mis en délibéré au 26 janvier. Ceux qui avaient occupé auparavant La Daudie ou les anciens Bains Douches sont repartis dans le calme. « Je leur ai conseillé une occupation bourgeoise », glisse leur avocat Me Lamazière qui plaide pour une égale valeur du « droit au logement », face au droit de propriété.

Leur presse (Marie Gasc, SudOuest.fr), 11 janvier 2012.

Publié dans Luttes du logement | Commentaires fermés sur [Périgueux] Procès du squat éphémère

[Tout est à nous] La mafia du pétrole en Afrique

Nigeria, Algérie… A qui profite l’argent du pétrole ?

L’espoir suscité par la découverte du pétrole dans plusieurs pays africains tourne souvent au mirage. La gestion de la manne pétrolière restant toujours opaque.

L’or noir, synonyme de richesse fait souvent déchanter. Les dernières manifestations de rue au Nigeria et en Algérie montrent que les populations non seulement ne voient pas l’argent du pétrole, mais elles en souffrent.

Hier au deuxième jour d’une grève générale contre le doublement des prix du carburant au Nigeria, on sentait la détermination des populations à faire plier le gouvernement. La raison de la colère ? Le litre à la pompe est passé du jour au lendemain de 65 nairas (0,30 euro, à peu près 200 FCFA) à au moins 140 nairas alors que la majorité des 160 millions de Nigérians vivent avec moins de deux dollars par jour. Les syndicats exigent que le gouvernement rétablisse les subventions supprimées, le 1er janvier dernier. Les conséquences se font donc sentir tant pour les transports que pour l’alimentation des générateurs d’électricité. Le Nigeria, seul pays de l’OPEP en Afrique noire avec l’Angola, produit 2,4 Mbbls/j (en totalité dans le delta du Niger).

Comme au Nigeria, les jeunes algériens estiment que le pétrole est un mirage. Les manifestations, début janvier, contre la pauvreté en Algérie ont surtout levé le voile sur le dénuement de la population : alors que deux personnes sur trois ont moins de 30 ans aujourd’hui (sur une population de l’ordre de 36 millions d’Algériens), le taux de chômage pour celles en âge de travailler peut atteindre 50%, voire plus dans certains quartiers. La rente pétrolière, confisquée par une infime minorité, n’a pas servi à développer une industrialisation qui aurait créé des emplois. La jeunesse qui réclame aujourd’hui des emplois en paie les conséquences. Les réserves actuelles représentent l’équivalent de 72 ans de production. Elles peuvent donc encore tenir jusqu’en 2080. L’Algérie est à la 15e position en termes de réserves de pétrole et couvre 20% des importations de gaz de l’Europe. La politique du président Abdelaziz Bouteflika, en place depuis 1999, n’a pas réorienté cette manne pour irriguer les autres secteurs de l’économie nationale.

Selon plusieurs experts, en Algérie et au Nigeria, pour ne citer que ceux-ci, la gestion des revenus pétroliers est une affaire privée entre les compagnies pétrolières et le Président. Celui-ci supervise personnellement toutes les transactions financières se rapportant à l’exploitation des hydrocarbures. Mais ne nous trompons pas. Les cas du Nigeria et de l’Algérie ne sont pas isolés. L’Angola très riche en pétrole, reste pauvre. Des experts indiquent que plus d’un milliard de dollars disparaîtrait des revenus pétroliers (deuxième producteur après le Nigeria) sans justification, depuis quinze ans. La Guinée Equatoriale du président Teodoro Obiang Nguema qui a obtenu sa carte de membre des pays producteurs du pétrole au début des années 2000 a vite attiré le regard de la communauté internationale en matière de corruption. Alors que le pays est classé troisième producteur de l’Afrique sub-saharienne, le pétrole est avant tout une affaire du clan Obiang Nguema. On apprend également qu’au Cameroun, les recettes pétrolières n’ont jamais été budgétisées. Depuis 1977, année de forage de ses premiers puits, le Cameroun exploite le pétrole. Mais pour la société civile, une bonne partie des revenus issus de la commercialisation de ce pétrole est souvent détournée au détriment du développement que cette manne représentait pour ce pays. Dans la majorité des pays africains producteurs de pétrole, la déclaration et la gestion démocratique des revenus pétroliers sont donc quasiment absentes.

Si l’on en croit le rapport 2008 sur les performances des compagnies pétrolières et gazières, publié par Transparency International, 60% des personnes les plus pauvres vivent dans des pays riches en ressources, particulièrement ceux de l’Afrique. Ce paradoxe est très souvent qualifié de « malédiction pétrolière ». Le Ghana, le Mali, la Côte d’Ivoire opèrent leur entrée dans le club très fermé des pays producteurs de pétrole. Tout le mal qu’on peut leur souhaiter est que la manne pétrolière améliore vraiment la vie des populations.

Leur presse (Bakayoko Youssouf, abidjan.net), 11 janvier 2012.


Le Congo produit de plus en plus d’électricité, mais pas pour les Congolais

Les inaugurations de centrales à gaz et de barrages s’enchaînent au Congo-Brazzaville, un pays pétrolier, mais les particuliers ne semblent pas en profiter, moins de la moitié ayant accès à l’électricité en ville et presque personne (5%) en milieu rural.

A Côte Matève, banlieue sud de Pointe-Noire, capitale économique du Congo (sud), les torchères des deux centrales électriques à gaz brûlent 24 heures sur 24 : pourtant, malgré les 350 mégawatts par an, les habitants de la zone n’ont pas de lumière.

La plus puissante a été inaugurée en décembre 2011 pour un coût de 600 millions de dollars. Il faut y ajouter le barrage hydroélectrique d’Imboulou (120 mégawatts) construit pour 370 millions de dollars au nord de Brazzaville par la Chine, et lancé il y a sept mois.

En tout, pour la seule année 2011 le Congo a pu s’offrir 420 mégawatts (MW) nouveaux.

La puissance installée du pays a été multipliée par six depuis 2003, passant de 89 MW à plus de 500 pour des besoins estimés à 600 MW, selon le ministre de l’Energie, Henri Ossebi.

La Société nationale d’électricité (SNE) relève fièrement que depuis que le barrage d’Imboulou est opérationnel, le Congo n’importe plus un seul mégawatt de courant du barrage d’Inga, dans le sud-ouest de la République démocratique du Congo (RDC) voisine.

Cependant au Congo-Brazza, toutes les unités de production ou presque passent aux yeux des populations pour des monuments qu’on peut admirer mais dont l’utilité est inaccessible.

« Ici à Côte Matève, nous n’avons jamais été alimentés. Nous vivons juste à proximité de la centrale. Nous voyons la ligne haute tension qui en part, mais le courant n’est jamais venu dans nos maisons », déplore Julien Taty, 38 ans.

« A la nuit tombée, les jeunes élèves ne peuvent même plus réviser leurs leçons sous les lampadaires. L’éclairage public est inexistant », explique à l’AFP Maixent Bidié, 40 ans, enseignant dans un collège de Pointe-Noire.

« Les groupes électrogènes, malgré le bruit qu’ils produisent, restent le seul moyen de s’alimenter en énergie. Et il y a bien des gens qui utilisent les bougies à leur risque et péril », ajoute-t-il.

Les autorités reconnaissent le problème et affirment avoir investi au moins 1,5 milliard d’euros (1000 milliards de FCFA), dans les secteurs de l’eau et de l’énergie depuis 2001.

« En matière de distribution domestique (…) de cette denrée rare, notre système national présente encore, hélas, de nombreuses défaillances », admet le ministre Henri Ossebi.

« A ces faiblesses organiques, on pourrait ajouter les effets induits par les comportements inciviques de nos concitoyens (vol de câbles, piratage des lignes, ndlr) et par l’urbanisation rapide et incontrôlée de nos villes à la démographie galopante », poursuit M. Ossebi.

Selon lui, la hausse de la population des villes est source de pression constante sur le réseau électrique existant, déjà en état de vétusté avancé.

Au Congo les taux d’accès à l’électricité sont officiellement de 47% en zones urbaines et 5% en milieu rural. Le pays a décrété 2012 année d’accès aisé pour tous aux soins de santé de qualité et à l’électricité au quotidien.

« La centrale de Côte Matève va apporter une véritable mutation avec une augmentation significative de l’offre en énergie électrique », souligne Serge Bouiti Viaudo, directeur de cabinet du ministre des Hydrocarbures.

« Cette centrale nous permet de valoriser le gaz associé du champ pétrolier de M’boudi (situé dans la zone et exploité par ENI, ndlr), au lieu de le torcher. Cela a des impacts positifs sur l’environnement », se félicite Claudio Descalzi le directeur général de la société italienne qui a financé le projet.

Le secteur pétrolier, surtout offshore, représente plus de 60 % du PIB du Congo.

Leur presse (Agence Faut Payer), 6 janvier 2012.

Publié dans Luttes pour la terre | Marqué avec , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Tout est à nous] La mafia du pétrole en Afrique

[Athènes] Des partisans de Lutte révolutionnaire s’invitent sur l’antenne d’une radio commerciale

Athènes : arrestations massives des anarchistes suite à l’intervention de solidarité dans une station de radio commerciale pour le procès de Lutte Révolutionnaire

Dans la matinée du 10 janvier à peu près vingt membres de l’Assemblée de Solidarité pour l’affaire de Lutte Révolutionnaire (Epanastatikos Agonas, dont le procès est actuellement en cours) sont entrés dans la station de radio privée flash.gr sur l’avenue Kifissias et ont interrompu le programme de la station, pour transmettre un message de solidarité avec les inculpés dans cette affaire.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326273576.jpg

Banderole en solidarité avec les inculpés devant le siège de la police : "Retirez vos sales pates des combattants. Nous sommes tous des terroristes."

Malgré le fait que ni la direction de la station, ni le personnel n’ont officiellement demandé l’intervention de la police, des dizaines de policiers (moto-policiers DIAS, des escadrons de la police anti-émeute (MAT) et des flics en civil entre autres) sont rapidement arrivés sur place et ont encerclé le bâtiment. Aux environs de 14h00, après des heures pendant lesquelles les camarades étaient bloqués à l’intérieur des bureaux de la radio, les anarchistes qui ont participé à l’intervention de solidarité ont été arrêtés en masse et conduits au siège de la police (GADA) sur l’avenue Alexandras : deux procureurs ainsi que des escadrons de police ont pris d’assaut la station de la radio, obligeant ainsi les camarades de quitter le lieu. Ils ont été menottés et détenus dans les bus de police, tandis que leurs téléphones portables ont été confisqués.

Dès que les nouvelles ont circulé, des anarchistes se sont rassemblés en face du siège de la police (GADA), où une manifestation de solidarité d’environ 100 personnes a eu lieu.

Bien qu’il soit très probable que les proprios de la station, ou même les agents de sécurité avaient notifié les autorités sur la présence des anarchistes dans le bâtiment, il fut rapporté que tous les détenus ont été inculpés d’office, ce qui signifie qu’aucun appel de la part du personnel n’était nécessaire pour que les procureurs et les policiers envahissent dans les bureaux. Initialement, il était à craindre que les accusations soient fondées sur la troisième loi antiterroriste de la Grèce. Mais il semble bien que tous les camarades soient accusés du délit de « l’incitation à la violence ». Ils sont maintenant menacés d’être placés en détention et de passer en justice, demain le 11 janvier, aux tribunaux d’Evelpidon à Athènes, à environ 12h00.

Nous appelons à leur acquittement inconditionnel !

A suivre !

Contra-Info, 11 janvier 2012.


Grèce : fin de l’occupation d’une radio en appui à Lutte révolutionnaire

Une radio privée grecque d’information a diffusé mardi pendant plus d’une heure des messages de soutien au groupe Lutte révolutionnaire, classé terroriste par Bruxelles et Washington, après l’irruption à l’antenne de jeunes sympathisants, finalement arrêtés par la police.

Suite à une intervention du parquet d’Athènes, des policiers sont entrés dans la radio et ont interpellé les jeunes, une vingtaine, qui n’ont pas opposé de résistance et ont été conduits en début d’après-midi au siège de la police, a indiqué à l’AFP l’avocate Ioanna Kurtovic.

Mme Kurtovic a indiqué avoir été appelée par le groupe pour négocier leur sortie après l’encerclement de la radio par les forces de l’ordre.

La radio Flash, une des deux principales stations privées d’information d’Athènes, avait auparavant diffusé en intégralité un enregistrement de 70 minutes remis par les jeunes en soutien à Lutte révolutionnaire (EA) dont huit membres présumés comparaissent actuellement en procès.

Le texte appelait notamment à la lutte armée et à la révolution et déniait à la justice capitaliste le droit de juger le groupe.

Un journaliste de la station et représentant du personnel, Argyris Kostakis, a affirmé à l’AFP que les jeunes n’avaient exercé aucune violence et que les responsables de la station avaient accepté de leur donner une tribune sans appeler la police.

Le parquet a agi de son propre fait, a-t-il insisté, indiquant qu’avant l’intervention de Me Kurtovic, la direction de la station avait elle aussi tenté de négocier une sortie des jeunes sans qu’ils ne soient arrêtés.

La direction a maintenu la diffusion des publicités au cours de la diffusion de l’enregistrement, rejetant une demande des jeunes, a-t-il précisé.

Huit des membres présumés de Lutte Révolutionnaire, dont son supposé noyau dirigeant, comparaissent depuis fin octobre devant la cour terroriste spéciale installée dans l’enceinte de la prison de Korydallos, près d’Athènes.

Connu surtout pour un retentissant tir de roquette sur l’ambassade des Etats-Unis à Athènes en 2007, EA, qui affiche une rhétorique d’extrême gauche, a revendiqué une quinzaine d’attentats, depuis 2003, ayant visé des personnalités politiques, des banques, des établissements publics ou diplomatiques, qui n’ont pas fait de morts.

Leur presse (Agence Faut Payer), 10 janvier 2012.

Publié dans Critique des médias, L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Athènes] Des partisans de Lutte révolutionnaire s’invitent sur l’antenne d’une radio commerciale

[Squat] La police travaille à Lausanne

Lausanne. Les flics foutent un GROS merdier au squat de la Montgolfière

À 8h30 ce matin, les flics sont entrés de force dans le squat de la Montgolfière, situé à l’Avenue Louis-Ruchonnet depuis le 20 novembre 2011 face au refus des habitants de leur ouvrir la porte. Le prétexte : un mandat de condamnation, et un autre, de perquisition/identification suite à une plainte de la propriétaire. Cinq personnes ont été arrêtées, retenues en garde à vue jusqu’à 14h30.

Quatre habitants sont alors montés sur le toit et ne sont redescendus qu’aux alentours de midi. Entre-temps, des amis sont venus apporter leur soutien, en gambadant autour de la dite « maison aux volets bleus » (cf. médias bourgeois).

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272688.jpg

Les flics se sont surpassés dans la destruction de ce lieu de vie et d’activités en arrachant notamment les portes d’entrée, en défonçant/retournant/jetant des canapés, des bancs, etc., ou encore en déracinant des plantes. Des mezzanines des chambres à coucher ont été abattues, des liquides douteux maculent les matelas et finalement le sol de chaque étage est encombré de débris.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272710.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326274503.jpg

Au sous-sol, les flics ont sorti deux guitares de leur housse pour les briser, de la peinture et d’autres liquides sucrés ont été déversés sur du matériel audio. En bref, il ne s’agissait pas pour les flics de perquisitionner des objets potentiellement illégaux, mais bel et bien de détruire l’intérieur de la maison.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272757.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326274468.jpg

SOLIDARITÉ AVEC LE SQUAT DE LA MONGOLFIÈRE !

Le Réveil, 10 janvier 2012.


Lausanne : des squatters réfugiés sur le toit

Les occupants d’une maison du centre-ville, vouée à la démolition, sont montés sur le toit ce matin. Ils craignaient leur évacuation par la police.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272160.jpg

D’habitude paisible, l’avenue André-Schnetzler est occupée ce mardi matin par la police, ainsi que par la grande échelle des pompiers. Plusieurs jeunes étaient perchés sur le toit d’une maison destinée à la démolition. Selon Anne Plessz-Glatz, porte-parole de la police municipale, les agents n’étaient intervenus dans ce squat que pour signifier aux occupants un mandat de comparution. La situation a dérapé.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272199.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272465.jpg

Squattée depuis novembre dernier par plusieurs jeunes – une dizaine, estime la police – la petite maison aux volets bleus est dans l’attente de sa destruction pour un nouveau projet immobilier. « Son propriétaire a porté plainte pour occupation illégale », précise Anne Plessz-Glatz. De leur côté, les squatters se sont institués en Collectif Turbo-Mongol et invitaient les passants à une tasse de thé. Un concert était prévu le 21 janvier.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272221.jpg

Suite à la plainte, les squatters devaient se présenter devant la police judiciaire. A l’arrivée des agents, ils se sont barricadés et ont grimpé sur le toit. « La police veut nous évacuer ! » tel était le message adressé aux médias. Pour l’heure, le dialogue est donc rompu. Ou presque, car cinq ou six jeunes ont été interpellés afin d’être identifiés. Quant à ceux restant sur le toit, la police compte les convaincre de redescendre calmement grâce à la présence d’un médiateur.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272393.jpg

Vers 11 h 30, les palabres ont finalement porté leurs fruits. Les occupants du toit ont accepté de quitter de leur perchoir sans autre incident. « Tous les occupants de la maison ont pu être identifiés », précise la police lausannoise.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326272488.jpg

Leur presse (Alain Détraz, 24Heures.ch), 10 janvier 2012.


Dix occupants déférés devant la justice

La police de Lausanne est intervenue mardi matin dans un squat de l’avenue Ruchonnet à la demande d’un procureur. Les occupants ont été identifiés et seront déférés notamment pour violation de domicile et violences contre les fonctionnaires.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326274781.jpgHuit inspecteurs se sont présentés à la porte du squat de l’avenue Ruchonnet. Ils devaient identifier les occupants des lieux, leur notifier un mandat de comparution et effectuer une perquisition des lieux, suite à la plainte du propriétaire pour violation de domicile, a communiqué la police de Lausanne mardi.

Les squatters ont commencé par se barricader dans la maison. Puis ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre. En milieu de matinée, six d’entre eux ont été amenés à l’hôtel de police pour y être identifiés et auditionnés.

Quatre personnes, réfugiées sur le toit, ont accepté après deux heures de négociations, de descendre à tour de rôle pour être identifiées. Les dix occupants seront dénoncés pour violation de domicile et violences contre les fonctionnaires, selon leur degré d’implication.

Leur presse (ats), 10 janvier 2012.

Publié dans Luttes du logement, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Un commentaire

[Paris] La police travaille au comissariat du 3e arrondissement

Frappé par un policier pour avoir sifflé « L’Internationale »

Tabassé par un policier au commissariat du troisième arrondissement de Paris pour avoir sifflé L’Internationale. C’est ce qu’affirme Denis Godard, 47 ans, qui a déposé plainte vendredi dernier pour violences volontaires aggravées, rapporte ce lundi le site internet Médiapart. Il souffre d’une fracture du plancher de l’orbite (l’os situé sous l’œil) avec douze jours d’interruption temporaire du travail (ITT). La préfecture de police de Paris a indiqué ce lundi que l’inspection générale des services (IGS) avait été saisie.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326270605.jpg

Le même jour, vers 5 heures du matin, Denis Godard a été interpellé en état d’ébriété rue Beaubourg à Paris, par des policiers de la brigade anticriminalité, alors qu’il se trouvait avec deux de ses collègues. « Nous avions consommé de l’alcool, nous cherchions un taxi et Denis a accroché un scooter avec sa sacoche, on l’a relevé, mais les policiers n’ont rien voulu savoir et ont embarqué Denis », explique à Mediapart l’une de ses collègues.

« Il a répondu qu’il savait faire et avait l’habitude »

Au commissariat du troisième arrondissement, Denis Godard aurait été placé sur un banc dans un couloir bordé de cellules. « Je me suis mis à siffler l’Internationale, ce qui m’est passé par la tête », raconte-t-il au site Internet. « Un policier m’a dit qu’il fallait que j’arrête car « J’emmerdais tout le monde, ceux qui travaillaient et ceux qui dormaient ». »

Mais il persiste. Selon son témoignage, le policier aurait alors fermé la porte donnant sur le hall du commissariat, les isolant tous les deux, et l’aurait frappé au visage, une seule fois et la main ouverte. « Je lui ai dit qu’il n’avait qu’à continuer comme ça, car les choses se verraient. Il a répondu qu’il savait faire et avait l’habitude », ajoute la victime présumée.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326271143.png

Après quelques heures en cellule de dégrisement, Denis Godard est passé devant un officier de police judiciaire, qui a pris sa plainte. Son coquard « commençait à enfler ». Examiné le lendemain aux urgences médico-judiciaires de l’Hôtel Dieu, les médecins ont diagnostiqué une fracture du plancher orbital. Denis Godard pourrait devoir subir une opération chirurgicale, car un nerf innervant la moitié du visage serait touché, souligne Mediapart.

Leur presse (Bérénice Dubuc, 20Minutes.fr), 9 janvier 2012.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec | Un commentaire

[Abidjan] Opération de démolition annulée suite à une « farouche résistance de la population »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306834526.jpg

Yopougon-Nouveau Quartier : Les habitants s’opposent à une opération de démolition

La tension était très vive ce mardi 10 janvier au Nouveau quartier 9e tranche, dans la commune de Yopougon. Les populations se sont opposés à une tentative de déguerpissement qui a dégénéré en affrontements avec les forces de l’ordre. On dénombre plusieurs blessés dans les deux camps (population et forces de l’ordre).

Selon M. Diomandé Kanvaly, chef du quartier, tout a commencé vers 8 heures, avec l’arrivée d’un bulldozer et d’éléments des forces de sécurité.

« Nous sommes sur ce site depuis 1996. Nous l’avons acheté avec le propriétaire terrien, en la personne de M. Obou Jean. Aujourd’hui, des gens se lèvent et disent que les lots leur appartiennent et qu’ils vont nous chasser. On nous a adressé une mise en demeure en date du 22 décembre 2011, nous demandant de quitter les lieux dans les 48 heures. Nous avons répondu que nos papiers afférents à nos lots et que ça ne pouvait pas se passer ainsi. Et aujourd’hui à notre grande surprise on voit venir un engin avec des corps habillés », a confié le chef Diomandé.

La réaction des habitants ne s’est pas fait attendre.

Visages badigeonnés de kaolin pour la plupart comme de véritables guerriers, ils ont procédé à des jets de pierres contre les forces de sécurité. Ces derniers ont usé de gaz lacrymogènes pour repousser les manifestants, afin de passer à l’opération. Mais rien n’y fit.

Face donc à cette farouche résistance de la population, les forces de l’ordre ont donc rebroussé chemin, après avoir démoli la devanture d’une grande boutique.

Joint par téléphone, Me Kouao Joseph, l’un des huissiers commis à l’exécution de cette opération au nom de cinq requérants, a soutenu s’être rétracté, pour éviter le pire.

Selon le chef des services techniques de la mairie de Yopougon, M. Bamba, la mairie entend s’impliquer pour un règlement pacifique.

« La mairie n’a pas été avertie d’une telle opération. Mais dès que nous l’avons appris, le maire, Dr Yao Yao Bertin, a envoyé une délégation vers les deux parties, pour appeler au calme et à l’apaisement. Et demander à ce qu’en dehors de la justice, les populations et les soit-disant propriétaires du site apportent leurs papiers (titre de propriété, Ndlr), à l’effet d’une saisine du ministère de la construction, de l’assainissement et de l’urbanisme, pour trancher », a-t-il indiqué.

Leur presse (Narcisse Angan, fratmat.info), 10 janvier 2012.

Publié dans Luttes du logement | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Abidjan] Opération de démolition annulée suite à une « farouche résistance de la population »

[Clermont-Ferrand] Nouvelles de la Gauthière

Au Jura Lib’ et à Cette Semaine…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326245475.jpg

Salut. Tout d’abord je déballerai pas les « vérités » qui se font jour sur ce qui s’est passé le 31 décembre dans le quartier de la Gauthière à Clermont. C’est ce que veut la famille et l’avocat. [« Wissan el-Yamni (…) portait des traces de violences « assez incompatibles avec les gestes classiques d’une interpellation policière », selon l’avocat de sa famille, Jean-François Canis. » (Libération du 11 janvier)] En tout cas, c’est affreux… Seuls deux flics mis en examen, mais pas suspendus à l’heure où j’écris.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243446.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243465.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243481.jpg

La manif de samedi dernier fut très « digne ». On a fini par un sit-in devant le comico, les flics étaient barricadés à l’intérieur. A la fin, les charognards politiques (les Verts) causaient avec les RG… Depuis des jours, c’est une guerre totale, une guerre sociale. Même un avocat bien connu du coin a parlé dans les médias de guerre lancée par la pref, c’est vous dire… J’entends encore un hélico survoler par dessus chez moi, alors que j’habite assez loin quand même. Hier, ça a duré jusqu’à 4 heures du mat’. Pour info, Clermont est une ville de gôche, avec même des élu-e-s NPA et LO. Pacifié. Première fois que ça arrive. Beaucoup s’en plaignent… Certain-e-s un peu moins…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243945.jpg

Alors voilà. La Gauthière, on y fait le tour en 10 minutes même pas. Les « émeutes » commencent jamais comme ça. 400 CRS dans ce quartier, c’est indescriptible, avec en plus deux hélicos et coupure de l’électricité (j’ai pas vu moi-même, je raconte le témoignage d’un pote et d’autres…). Les voitures qui crament sont « ciblées » apparemment. Genre celles des fachos. Des voitures ont été vraisemblablement cramées par les flics (c’étaient celles qui étaient pas dans le noir, en pleine lumière, donc pas le genre à brûler quand y’a un hélico et des CRS…). Ce soir j’y suis allé. J’ai vu que les charognards bis ont envoyé leurs « jeunes » (NPA, PCF). J’ai vu deux personnes de SUD dire qu’il faudrait contacter les syndicats. Allez demander aux jeunes du quartier pour voir… Je suis reparti après quelques discussions et infos prises, ce qu’on peut, une méfiance logique règne. Y’avait pas de flics, ni d’hélicos. En rentrant, un pote me dit qu’il a vu 14 fourgons de CRS filer à toute vitesse vers le quartier. On y retourne, rien, ils sont pas là. Juste ce putain d’hélico. On suppose que ça a dû péter plus loin… Bref pour faire simple, c’est une guerre déclarée. Pour le détail, un nouvel hôtel de police vient d’ouvrir, et la pancarte indiquait « Ici, l’État investit pour votre avenir »…

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326243692.jpg

Je finirai sur les tags et les banderoles (pas de photos, logique on va pas se faire prendre pour des RG non plus). En tout cas, si y’en a qui disent après que c’est de la haine gratuite et pas consciente, qu’illes retournent voter et dormir.

Quelques tags vu dans le quartier : « CRSS=Porcs », « Wissam 09/01/2012 on oublie pas », « Nique la BAC et la Canine »…

Quelques banderoles déployées sur les toits : « Homicide volontaire en bande organisée », « On ne laissera jamais le fascisme passer », « Guéant reconnais-le, la police a tué », « Ministère de la Justice, Zone de non-droit », « Police, Nazi, Assassin ».

Que se Vayan todos. Guerre Sociale. Vive le feu.

Couuriel du 11 janvier 2012 – 0h27.

Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Clermont-Ferrand] Nouvelles de la Gauthière

[Algérie] Chômage, révolte et répression

Algérie : blessés et arrestations lors de heurts dans la ville pétrolière de Laghouat

Des affrontements entre forces de l’ordre et chômeurs en colère ont éclaté mardi dans une ville pétrolière du sud de l’Algérie, faisant au moins dix blessés et illustrant la persistance des problèmes de sous-emploi et de logement dans le pays.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326280339.jpgLes incidents ont éclaté à Laghouat, ville proche du plus important champ gazier du Sahara algérien Hassi R’mél, selon le responsable local de la Coordination nationale de défense des droits des chômeurs (CNDDC), Abbes Hadj Aïssa.

« Il y a des affrontements depuis ce (mardi) matin entre chômeurs et forces de sécurité », a affirmé ce responsable à l’AFP, pour qui ni les uns ni les autres n’étaient à même de calmer la situation.

Selon lui, la population a réagi aux provocations des services de sécurité qui ont insulté des personnes âgées qui attendaient le bus.

Interrogé par l’AFP, le patron de la police locale s’est refusé à tout commentaire.

Selon la Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH), l’intervention des forces de l’ordre a été très violente avec usage de gaz lacrymogènes. Des manifestants ont été passés à tabac et insultés, a précisé dans un communiqué la Ligue qui a confirmé de nombreuses interpellations.

La LADDH a estimé que l’un des motifs du mouvement était dicté par la crise du logement.

« Le recours à la force publique alors qu’il suffisait de faire toute la lumière sur l’opération d’attribution du logement social est l’expression d’une gestion autoritaire et arbitraire des affaires de la cité », a-t-elle jugé.

Les manifestants accusent de favoritisme les responsables locaux dans l’attribution de logements sociaux et réclament l’annulation d’une liste de bénéficiaires, selon cette source.

Plus d’un million de logements ont été promis par le président Abdelaziz Bouteflika pour le plan quinquennal s’achevant en 2014, mais le rythme de la construction est lent et les accusations d’abus et de corruption se multiplient. La distribution de logements sociaux donne souvent lieu à des contestations, parfois à des émeutes.

Mais la contestation a aussi été lancée à cause du chômage dans ce pays riche qui possède des réserves en devises officiellement évaluées à plus de 178 milliards de dollars.

A Laghouat, une grève avait été lancée dès dimanche à l’appel de plusieurs centaines de chômeurs qui se plaignent notamment de l’embauche systématique de personnes extérieures à la région.

A l’exception des boulangeries, les commerces de cette ville d’environ un demi-million d’habitants située à 400 km au sud d’Alger ont baissé leurs rideaux à la demande de la coordination des chômeurs, selon Hadj Aïssa du CNDDC, qui a promis la poursuite du sit-in jusqu’à nouvel ordre.

En Algérie, le taux de chômage chez les jeunes, fort de 50% il y a dix ans, atteint à l’heure actuelle 21%, selon les dernières statistiques du Fonds monétaire international (FMI).

Le coordinateur national du CNDDC, Tahar Belabès, a indiqué à l’AFP que le directeur régional de l’Agence nationale régionale pour l’emploi (ANEM), avait offert mardi 800 offres d’emploi arrivées à l’antenne locale de l’ANEM et s’est engagé à fournir d’ici une semaine du travail à de nombreux chômeurs de Ouargla.

« Nous allons voir ce que valent ces promesses et restons mobilisés car le problème des 5.000 chômeurs de Ouargla et des dizaines de milliers d’autres à travers le pays est loin d’être réglé », a ajouté M. Belabès.

Depuis plusieurs jours, des chômeurs manifestent pour les mêmes raisons dans d’autres villes pétrolières du pays, comme à Skikda (ville côtière située à 510 km à l’est d’Alger) et Ouargla (à 800 km au sud-est d’Alger).

Leur presse (Agence Faut Payer, 10 janvier 2012)


Algérie : violences et arrestations lors de heurts avec la police

Au moins dix personnes ont été blessées et 13 arrêtées lors d’affrontements mardi 10 janvier entre forces de sécurité et habitants de Laghouat, ville algérienne pétrolière du centre. Des violences qui interviennent sur fond de manifestations contre le chômage.

La ville de Laghouat n’est pas la seule à connaître ce mouvement de contestation : depuis plusieurs jours, des chômeurs manifestent également dans d’autres villes pétrolières du pays : à Skikda, à 510 km à l’est d’Alger et à Ouargla, dans le sud du pays.

En Algérie, le taux de chômage chez les jeunes, qui atteignait 50 % il y a dix ans, est de 21 %, selon les dernières statistiques du Fonds monétaire international (FMI) publiées en fin d’année.

« LA SITUATION EST HORS DE CONTRÔLE »

Dans cette ville des hauts plateaux proche du grand gisement de gaz de Hassi R’mel, une grève a commencé dimanche à l’appel de plusieurs centaines de chômeurs, qui se plaignent notamment d’embauches de personnels étrangers à la région.

« La situation est hors du contrôle des chômeurs et des services de sécurité », selon ce représentant de la Coordination nationale de défense des droits des chômeurs (CNDDC). « Il y a des affrontements depuis ce matin car la population a réagi aux provocations des services de sécurité qui ont insulté des personnes âgées qui attendaient le bus », a-t-il affirmé.

A l’exception des boulangeries, les commerces de Laghouat « ont baissé leurs rideaux à la demande de la coordination des chômeurs et nous allons rester en sit-in jusqu’à ce qu’on nous entende », a indiqué ce membre du CNDDC.

Leur presse (LeMonde.fr), 10 janvier 2012.


Laghouat : Trois blessés et 30 arrestations suite aux affrontements entre manifestants et forces de l’ordre

Trois personnes dont un policier ont été blessées lors des affrontements entre policiers et manifestants à Laghouat, selon des sources locales. Il s’agit de H.L 30 ans et de S.B 27 ans. L’un a eu une fracture au niveau du bassin et l’autre blessé à la tête. Leur état est toutefois jugé plus en moins grave. Quant au policier, il a été légèrement blessé.

A l’heure où nous mettons en ligne ces informations, des milliers de jeunes se trouvent encore aux alentours de la Sûreté de la wilaya pour exiger la libération des jeunes arrêtés le matin et  dont le nombre est de 30, selon les estimations du LADDH.

« La tension ne cesse de monter », selon un militant des droits de l’homme présent sur place, surtout que certains vont passer par le procureur. Quelques manifestants ont été relâchés, parmi eux des mineurs.

Les forces de l’ordre ont pour rappel procédé mardi 10 janvier, dès 7h30 à des arrestations massives aux alentours du siège de la wilaya de Laghouat où campent depuis maintenant 6 jours des citoyens mécontents d’une liste de distribution de logements « jugée » injuste.

Des affrontements ont alors éclaté entre les forces de l’ordre et les manifestants, qui n’ont pas voulu quitter les lieux. Le bureau de la ligue algérienne des droits de l’homme a reçu plusieurs plaintes notamment de la part des parents dont les enfants ont été arrêtés. « La ville est encerclée, les forces de l’ordre ont visé les quartiers dont les citoyens sont susceptibles d’affluer en masse vers le centre ville » a-t-on appris de sources locales.

« Les affrontements ont éclaté vers  8h30 », nous dira Yacine Zaid. Mais ce qui est sûr, selon Hadj Aïssa Abbas, président du bureau régional du comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC), est que « la répression est féroce et les casques bleus sévissent impitoyablement » , regrette-t-il.

A l’heure où nous mettons en ligne l’information, la ville de Laghouat est encerclée par les forces anti émeutes et les affrontements sont violents. Selon nos interlocuteurs « on ne sait pas encore ce qui va arriver dans les prochaines heures ».

Vers midi et demie, la situation est toujours  tendue dans la ville de Laghouat, encerclée par les forces de l’ordre. Des affrontements sporadiques sont signalés dans certaines artères de la ville.

Selon des sources locales, les forces de l’ordre ont commencé les provocations dans la nuit de lundi à mardi. Notre interlocuteur  révèle que « tout a commencé hier soir (lundi) vers 23h lorsque les forces de l’ordre ont envahi avec leurs camions anti-émeutes, l’endroit où nous avions campé ».

Leur presse (Hamida Mechaï, ElWatan.com), 10 janvier 2012.


Laghouat, Ouargla, Skikda. La tension monte !

Excédés par l’injustice et la bureaucratie, les citoyens de Laghouat ont enclenché hier une grève générale largement suivie.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326229271.jpgC’est devenu une coutume. Chaque début d’année, le pays s’embrase. Des chômeurs, essentiellement des jeunes, sont sortis, dans la matinée de ce dimanche 8 janvier, à Skikda, Laghouat et Ouargla pour réclamer de l’emploi, dénoncer les dépassements de certaines institutions en matière d’embauche et protester contre le mépris des autorités, indique le journal électronique TSA. « Les jeunes sans emploi se sont rassemblés aujourd’hui à Skikda devant le port, à Laghouat devant le siège de la wilaya et à Ouargla devant la direction régionale de l’Agence nationale de l’emploi (Anem) », indique l’un des porte-parole du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (Cnddc), Tahar Belabes.

D’après ce dernier, le choix de ces trois villes n’est pas fortuit puisque le chômage gangrène les jeunes de ces villes alors qu’ accueillent une importante activité dans le domaine des hydrocarbures. Mais la protestation la plus impressionnante de la journée n’est autre que la grève générale. Laghouat a également été « quasiment paralysée » par cette grève générale à laquelle ont participé les travailleurs de tous les secteurs en solidarité avec les demandeurs de logements sociaux.

La population de la ville de Laghouat a déclenché cette grève en signe de protestation contre les responsables de la wilaya accusés de « détournements de deniers publics et d’incompétence dans la gestion des affaires publiques », rapportent certains jeunes de la ville sur la Toile. Ainsi, « les transports en commun, les locaux de commerce et plusieurs autres institutions ont été paralysés par cette grève et les protestations continuent devant le siège de la wilaya, les protestataires demandant le départ de plusieurs hauts responsables », ajoutent les même jeunes. Il faut rappeler que Laghouat est en effervescence depuis l’affichage, le 2 janvier dernier, d’une liste de bénéficiaires de logements sociaux contestée par une partie des postulants aux logements. Cette grève générale enclenchée à Laghouat ressemble à celle initiée à la même période en 1957. A cet époque le peuple algérien avait défié le colonialisme avec ce qui est appelé la grève générale de huit jours (janvier – février 1957). Cette fois c’est le peuple qui défie son gouvernement contre le ras-le-bol des jeunes qui ne voient aucun avenir se profiler à l’horizon. Le pire dans cette histoire est que cela pourrait être « l’hiver algérien » qui s’annonce… Les commentaires qui circulent sur la Toile le laissent présager en tout cas. Le pays l’avait échappé belle l’année derrière à la même période. Mais les autorités n’ont pas appris des erreurs du passé. En un an de révoltes sociales rien n’a changé et l’Anseg risque de ne plus faire effet… Alors, comme on dit « Allah Yestar ».

Leur presse (Walid Ait Said, L’Expression), 9 janvier 2012.


Algérie : manifestations de chômeurs dans trois villes pétrolières

Des chômeurs ont manifesté, hier dimanche 8 janvier 2012 à Ouargla, Laghouat et Skikda, trois villes pétrolières algériennes, pour réclamer des emplois. Des chômeurs qui protestaient également contre les embauches extérieures à ces villes. Ils exigent une enquête indépendante sur les dépassements, la corruption et les passe-droits à l’ANEM (Agence nationale de l’emploi).

Ils étaient plusieurs centaines de chômeurs, surtout des jeunes, à manifester hier dimanche 8 janvier dans trois villes du pays. A Ouargla et Laghouat dans le sud, là où sont exploités les gisements d’hydrocarbures du pays, mais aussi à Skikda dans le nord, le port par lequel est exportée une grande partie de la production de pétrole.

Les jeunes de ces régions ne supportent plus d’être laissés à l’écart de la manne des hydrocarbures qui représentent 40 % du PIB du pays, alors que dans le même temps, le chômage touche plus de 20 % des jeunes, selon les chiffres officiels. Les salariés des entreprises nationales ou étrangères, qui travaillent dans ces régions, viennent en effet le plus souvent du nord du pays, et sur place, le malaise grandit.

Ce n’est pas la première fois que ces chômeurs du sud manifestent leur colère, ces derniers mois. Plusieurs ministres sont venus avec leurs lots de promesses. Mais les chômeurs dénoncent les passe-droits et la corruption dans l’administration, responsable de la politique de l’emploi. Cette fois, ils jurent d’observer un sit-in, jusqu’à ce qu’ils obtiennent du travail.

Leur presse (RFI), 9 janvier 2012.


Laghouat : Sit-in et grève générale pour la « dignité »

Les citoyens de la ville de Laghouat poursuivent leur contestation  pour la troisième journée consécutive, ce dimanche 8 janvier contre ce qu’ils appellent, une distribution « injuste » des logements, une liste qu’ils considèrent comme « louche » car 29 bénéficiaires font partie de la même famille.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326229640.jpg

Simultanément, une grève générale est organisée par les commerçants de la ville de Laghouat  en signe de solidarité avec les protestataires et près de 40  chômeurs ont rejoint dimanche le mouvement de protestation observé depuis jeudi 5 janvier.

« La ville de Laghouat est paralysée car tous les commerçants ont baissé rideau en signe de solidarité avec notre mouvement », nous a déclaré au téléphone, Hadj Nacer Aïssa, président du bureau régional du Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC). Notre interlocuteur estime que « nos droits sont plus que jamais bafoués ». Et c ‘est pour cette raison que « nous baptisons notre mouvement de protestation  »rassemblement pour la dignité » ». Chômeurs, constitués essentiellement de cadres universitaires, ils considérent que « le droit au logement est élémentaire et nous sommes solidaires avec les familles »

« Depuis hier soir (samedi, ndlr), nous avons dressé des tentes devant le siège de la wilaya aux côtés de ceux qui contestent contre la dernière liste des bénéficiaires des logements sociaux », nous a encore déclaré au téléphone, le membre du CNDDC.

Hadj Nacer Aïssa regrette toutefois que « quelques débordements ont eu lieu dans la nuit du 8 janvier car les forces de l’ordre voulaient nous empêcher de passer la nuit devant le siège de la wilaya ».

Ce dimanche, « ils seraient près de 800 personnes, parmi eux des familles », à y camper devant le siège de la wilaya, selon des témoins.

Par ailleurs, et dans la wilaya de Skikda des jeunes chomeurs se sont rassemblés devant le port sans y perturber l’accès. Tahar Belabès coordinateur national du CNDDC nous a confié que « ces jeunes chomeurs se sont soulevés pour demander qu’ils soient recrutés au niveau du port et pour dénoncer les dépassements souvent graves de la direction de l’emploi dont le fonctionnement est bureaucratique et auquel se heurtent les diplomés ».

Leur presse (Hamida Mechaï, ElWatan.com), 8 janvier 2012.


Skikda. Des jeunes chômeurs bloquent l’entrée du port

Jeudi dernier, des dizaines de jeunes cadres chômeurs ont bloqué l’entrée principale du port de Skikda. Dans leur majorité des jeunes diplômés, ils ont tenu à dénoncer « les méthodes de recrutement de l’entreprise portuaire de Skikda (EPS) ».

Un cadre de l’EPS a été délégué pour dialoguer avec ces jeunes, qui n’ont à aucun moment usé de violence. « Je suis originaire de cette ville et je dispose en plus d’un diplôme de marin qui me permet de travailler au port, seulement la politique de recrutement à l’EPS profite beaucoup plus à ceux qui ont le bras long », a lancé l’un des représentants des jeunes manifestants qui s’est dit « leurré dans une ville qui abrite l’un des plus grands ports et le deuxième pôle des hydrocarbures du pays ».

Le cadre de l’EPS, qui a longuement discuté avec les jeunes, les a informés qu’un recrutement est prévu dans un futur proche et leur a conseillé de se renseigner auprès du bureau de l’agence locale de l’emploi. Ils ont reçu des promesses de faire part de leurs doléances.

A rappeler que ce mouvement est intervenu au lendemain de la grève de la faim enclenchée, mercredi, par deux jeunes chômeurs membres du Comité national pour la défense des droits des chômeurs.

Par ailleurs, Le Comité national pour la défense des droits des chômeurs (CNDDC) dénonce « énergiquement l’attitude du wali de Skikda qui refuse de recevoir les représentants de notre comité afin d’assurer une meilleure transparence dans la distribution des offres d’emploi au niveau local ».

Dans un communiqué transmis hier à notre rédaction, le CNDDC a qualifié d’« incompréhensible » le refus du wali. « Pis encore, le même responsable a instruit ses collaborateurs à refuser d’embaucher les membres de notre comité, politique de terre brûlée oblige », dénonce le même communiqué. Devant cette situation de non-recevoir de ses doléances, le comité « s’indigne contre ce genre de pratique qui a pour objectif d’exercer un chantage alimentaire à l’encontre de nos animateurs ». Et d’ajouter : « S’agit-il d’une nouvelle politique de gestion des conflits sociaux ? L’avenir le dira. »

Le CNDDC réaffirme, dans ce sillage, « son entière solidarité avec la lutte des chômeurs de la wilaya de Skikda, invite encore une autre fois les autorités locales à trouver des solutions aux problèmes des chômeurs et à cesser cette campagne d’intimidation qui ne fera qu’envenimer la situation ».

Leur presse (ElWatan.com), 7 janvier 2012.


Algérie : le calme avant la tempête ?

Les autorités algériennes portent un regard inquiet sur la Libye. En effet, le pays partage un certain nombre de similitudes avec son voisin : une rente pétrolière supposée le protéger des révoltes ; des islamistes libérés après avoir été vaincus et emprisonnés ; une population exaspérée ; des conditions de vie difficiles. Les dirigeants algériens escomptaient un enlisement de l’Otan en Libye où ils espéraient jouer le rôle d’un allié indésirable mais incontournable, à l’instar du Pakistan en Afghanistan. Mais la fin tragique de Kadhafi a sonné le glas de cette vision. La Libye « libérée » suscite des interrogations en Algérie.

Pourquoi, à l’inverse de ce qui s’est produit en Tunisie, en Egypte ou en Syrie, la révolte libyenne a-t-elle aussi rapidement tourné à l’insurrection ? Le scénario libyen est-il à même de se reproduire en Algérie ? Certes, Alger n’est pas Tripoli et le président Abdelaziz Bouteflika n’inspire pas à son peuple un sentiment de détestation aussi violent que celui que Kadhafi éveillait chez les Libyens. En revanche, si révolte il y a, elle pourrait fort bien ne pas s’apparenter au mode sacrificiel des manifestants syriens mais, bien plus, à celui de l’insurrection libyenne.

Mais pour l’heure et contre toute attente, l’Algérie ne se soulève pas. Même si des centaines de manifestations sont organisées, pour l’instant, aucune n’a débouché sur un mouvement de masse. La plupart de ces rassemblements sont sectoriels et revendiquent, non pas le départ du président, mais des augmentations de salaire ! Alors que l’on cherche à comprendre comment la Tunisie et l’Egypte sont parvenues, de façon inattendue, à chasser leurs chefs de l’Etat respectifs, on s’interroge sur l’incapacité de l’Algérie à produire une action collective pacifique qui soit à même de la faire basculer, elle aussi, dans le camp des pays en transition.

DES EMEUTES RECURRENTES

Des émeutes secouent régulièrement le pays. Pourtant, aucune n’est parvenue à impulser une dynamique de révolte de nature à catalyser les griefs et les doléances qui traversent la société algérienne. Ainsi, en 2004, le prix administré du gaz butane connaissait une importante augmentation, passant de 170 à 300 dinars (soit de 17 à 30 euros) la bombonne.

En janvier 2005, des soulèvements qualifiés par la presse d’émeutes du gaz, éclataient dans la wilaya de Djelfa et s’étendaient au Centre et à l’Ouest du pays. Depuis cette date, le Sud est également l’objet de soulèvements réguliers animés par un sentiment d’injustice : comment accepter l’idée que les hydrocarbures qui constituent la principale source de revenus extérieurs du pays soient contrôlés, gérés et distribués par les élites de la capitale perçues comme étrangères ? Pour la première fois, la population revendique le droit de contrôler la principale ressource nationale et réclame des comptes aux gouvernements successifs quant à leurs choix économiques. Pourquoi la région la plus riche en ressources énergétiques n’est-elle pas mieux dotée en infrastructures civiles ? Il est inquiétant de constater que les émeutiers font un lien entre cette injustice et leur identité berbère. Ainsi, en mai 2008, dans la vallée du Mzab, la ville de Berriane devenait le symbole de l’affrontement entre Arabes et Berbères. Les rues de la ville voyaient s’opposer des individus convaincus qu’il existait un lien entre le montant des retombées de la richesse pétrolière et l’appartenance ethnique ou raciale. Après la contestation et la violence des islamistes, de la Kabylie au Mzab, advenait le temps de la revanche des campagnes. En 2006, selon une étude de l’Agence nationale de l’aménagement du territoire (ANAT) réalisée pour le compte du ministère de l’Emploi et de la Solidarité nationale, plus de 177 des 1200 communes que compte l’Algérie étaient considérées comme défavorisées. Elles se situaient, pour 11% dans les régions du Nord ; pour 53% dans celles des Hauts-Plateaux et pour 36% dans le Sud. Sur ces territoires, le revenu des ménages était compris entre 5000 et 10’000 dinars par mois, soit de 50 à 100 euros. Entre 1989 et 2003, le salaire moyen a diminué de 20% : « engendrant un sentiment d’appauvrissement qui ne s’est pas dissipé quand la situation économique s’est améliorée et que des augmentations de salaire ont été effectuées ». Traumatisée par l’effondrement du prix du baril de pétrole en 1986, les Algériens a gardé de cette période la conviction que la richesse pétrolière était de nature aléatoire. Dans les années 1990, un quart de la population était considéré comme pauvre ; 4 millions de personnes vivaient au-dessous du seuil de pauvreté, c’est-à-dire avec 1 dollar par jour, et 22% des habitants étaient privés d’un accès à l’eau potable.

En 2011, épuisée par la guerre civile, la population n’a ni la force ni l’énergie de se révolter.

Plutôt que de chercher à renverser le président, les salariés ont préféré s’emparer du contexte révolutionnaire de la région pour négocier des augmentations de salaire. A la différence de l’UGTT tunisienne qui a basculé du côté des opposants au régime de Ben Ali, les syndicats algériens ont défendu les différentes catégories de salariés, privant ainsi les sans-emploi d’un remarquable outil de mobilisation. De fait, force est de constater que, depuis 2003, le gouvernement consacre 50% de la fiscalité pétrolière (soit environ 13% du PIB) aux transferts sociaux (770 milliards de dinars, soit 75 milliards d’euros) afin de corriger les effets destructeurs du contrechoc pétrolier (1986-2001). Les résultats sont là : le taux de pauvreté est tombé à 4,9% de la population totale pour 12,1% en 2000.

Il reste que, si la population est moins pauvre, la précarité reste le lot de la majorité des citoyens : 4 millions de personnes, soit la moitié des actifs, ne disposent d’aucune protection sociale et sont employés dans l’économie informelle (secteur des services, agriculture et bâtiment). Enfin, n’oublions pas qu’en l’espace d’une décennie, 500’000 jeunes, constatant que le taux de chômage augmentait avec le niveau d’études, ont quitté prématurément le système scolaire sans aucune formation. En effet, 17% des chômeurs sont titulaires d’un diplôme de l’enseignement supérieur.

LES AVANTAGES D’UNE RENTE PETROLIERE

En 2010, le gouvernement disposait d’un fonds de réserve de 150 milliards de dollars qui résultait de la hausse vertigineuse du prix du pétrole entre 2002 et 2008. Par ailleurs, en 2007, les recettes des exportations avaient atteint la somme de 56 milliards de dollars puis, en 2008, le montant record de 81 milliards de dollars. Jamais, depuis le début de sa jeune histoire, l’Etat n’a disposé de ressources financières aussi importantes. Le troisième choc pétrolier a permis de rembourser rapidement la dette (qui s’élevait à 30,47 milliards de dollars en 1998 – 63,2% du PIB – pour 4 milliards de dollars – 2,39 % du PIB – dix ans plus tard), de relancer un programme de grands chantiers d’infrastructures civiles et, surtout, de reconstruire un semblant de cohésion nationale mise à mal par les années de guerre civile.

Dans un contexte de croissance économique et d’abondance financière retrouvée, le PIB est passé de 1600 dollars par an et par habitant à 4593 dollars entre 1999 et 2010. Enfin, le chômage a fortement diminué, passant dans le même temps de 30% à 13% de la population active.

Le traumatisme de la guerre civile hante toujours les familles algériennes qui ne souhaitent pas s’engager dans un processus de contestation politique et craignent le retour du climat de violence. Les autorités exploitent habilement cette peur. A la différence de ce qui s’est passé en Tunisie et en Egypte, les parents algériens ne soutiennent donc pas leurs enfants lorsque ceux-ci manifestent.

Autre différence entre l’Algérie et ses voisins, nul ne croit pas que le départ de Bouteflika annoncerait pour autant l’avènement de la démocratie. Les révoltes du début des années 1990 ont conduit à la mise en résidence surveillée de l’ancien président (1980-1991) Chadli Bendjedid à la suite de la victoire du FIS. Celui-ci y est toujours et l’Algérie n’est pas pour autant une démocratie. Chacun est conscient du fait que le président ne constitue que l’un des éléments du pouvoir et qu’il ne saurait y avoir de véritable transition sans l’aval de l’armée. Quant à l’idée de se battre contre cette dernière, plus personne n’y pense depuis la défaite de la guérilla islamiste. Enfin, la passion du politique qui caractérisait l’Algérie et en avait fait un pays précurseur dans la transition démocratique (1989-1991) s’est éteinte. La guerre civile a broyé la classe politique. Les vainqueurs ont mis en place un système clientéliste dont la fonction n’est pas de prendre en charge les doléances de la population mais, bien au contraire, de consolider les privilèges et les prérogatives de la classe dominante. Pour la population, les partis ne servent à plus rien.

La présidence de Bouteflika s’est construite sur le retour de « l’homme providentiel » et non sur l’édification d’institutions politiques capables d’aider la société algérienne à résoudre pacifiquement ses conflits. La population a très bien compris cela, aussi ne réclame-t-elle pas le départ du chef de l’Etat mais la redistribution des surplus de la rente pétrolière.

Et pourtant, le discours de Bouteflika confirme les inquiétudes sur son état de santé. Considéré comme malade, affaibli et vulnérable, il semble être une victime facile mais cela n’est qu’une apparence car le régime qu’il représente dispose de très sérieux atouts pour résister à un tsunami démocratique. Tout d’abord, le ministère de l’Intérieur est rompu à la gestion des situations de crise qui secouent le pays depuis les années 1980. Les effectifs de la police s’élèvent à près de 200’000 personnes sont bien équipées et qui bénéficient de moyens considérables. Sous Bouteflika, la Direction générale de la sûreté nationale (DGSN) rivalise avec les tout puissants services de l’armée. Une révolution sécuritaire a eu lieu dans le pays à l’insu de tous ; l’armée n’a plus le monopole des moyens de contrôle et de coercition. Cette montée en puissance de la DGSN explique, pour certains observateurs, l’assassinat de son directeur, le 25 février 2010.

Au niveau international, à la différence de la Tunisie et de l’Egypte, l’Algérie dispose d’une rente pétrolière qui la met à l’abri des pressions que pourrait exercer la communauté internationale : 10% de l’approvisionnement en gaz de l’Union européenne proviennent d’Algérie. Les ressources du pays ne dépendent ni de l’industrie touristique ni de la rente du Canal de Suez, Alger ne reçoit pas d’aide comparable à celle que fournit l’armée américaine à l’armée égyptienne. Enfin, face à la solidité du régime, l’opposition apparaît comme atone, incapable d’offrir une alternative crédible. C’est dire que l’Algérie n’aurait aucun problème à résister à la pression internationale.

UN VIDE POLITIQUE INQUIETANT

Les forces démocratiques sont-elles capables d’initier des actions collectives susceptibles de déboucher sur la reconnaissance de leurs revendications ? La coordination nationale pour le changement et la démocratie pourrait-elle parvenir à structurer le combat au nom de la démocratie ? Il lui faut trouver un mode opératoire original et surtout approprié à l’Algérie car exiger le départ du président Bouteflika ne garantirait en aucun cas une transition démocratique. Entre 1999 et 2009, ce dernier, aidé par l’augmentation du prix du pétrole, est parvenu à sinon restaurer la légitimité des institutions tout au moins à garantir un retour à l’ordre dans les affaires. Cependant, sa volonté de poursuivre, en 2009, « l’oeuvre » entamée en 1999, a soulevé doutes et inquiétudes. Son écrasante victoire à l’élection présidentielle de mai 2009, avec 90% des suffrages, était prévisible. Puisque les rivaux du président-candidat ne disposaient ni de l’appareil d’Etat ni de la logistique d’un grand parti politique populaire, le scrutin ne pouvait déboucher que sur un plébiscite en faveur du président sortant.

Abdelaziz Bouteflika souhaite faire revivre la fiction du président populaire sur le modèle de Houari Boumediene (1965-1979). Aussi, l’enjeu de l’élection a-t-il davantage porté sur le taux de participation. Celui-ci, qui s’est élevé à 74,11%, a suscité des interrogations. En 1999, le vote pour Bouteflika s’expliquait par la volonté de tourner la page des années de violence et d’oublier le drame de la guerre civile. En revanche, en 2009, le plébiscite présidentiel a consisté à faire croire que la nation disposait d’un chef d’Etat fortement soutenu par sa population : avec le retour de l’abondance financière, Bouteflika ressuscitait le boumediénisme.

Pourtant, comme le soulignent certains observateurs, si, dans les années à venir, le cours du baril de pétrole retombait en dessous de 70 dollars, « l’économie algérienne serait confrontée à un véritable séisme, pouvant entraîner des licenciements massifs ». Depuis 1999, à l’exception du remboursement de la dette, l’Algérie n’a pas su sortir de la dépendance énergétique. Les hydrocarbures représentent toujours plus de 95% de ses revenus extérieurs et l’économie n’est pas suffisamment diversifiée. Préoccupé, à juste titre, par la réconciliation nationale après la guerre civile (1991-1999), le président a mis en oeuvre une politique d’amnésie qui a fonctionné : le drame de la guerre civile est enfoui dans la mémoire collective et personne n’a intérêt à le faire resurgir. La peur des responsabilités mutuelles a paralysé les protagonistes d’hier. La plaie s’est refermée sans avoir été préalablement désinfectée… Le désir du président d’entrer dans l’histoire comme le « sauveur » de l’Algérie masque son incapacité à bâtir des institutions politiques légitimes. Le renouveau du clientélisme peut fonctionner momentanément grâce aux revenus du pétrole. Mais les problèmes demeurent : dépendance pétrolière, faiblesse des institutions, chômage, corruption, etc. Autant d’ingrédients qui sapent les bases de la stabilité future.

La très forte abstention lors des scrutins législatifs montre que, pour les électeurs algériens, les partis politiques ne représentent pas la société mais sont les instruments d’un système qui leur accorde une faible marge de manoeuvre. Ainsi, l’absence d’institutions démocratiques, davantage que le troisième choc pétrolier, alimente les inquiétudes car, comme le souligne le sociologue algérien Zoubir Arous, « il n’y a plus de forces organisées capables de mener des changements pacifiques. C’est donc la voie ouverte au changement par le chaos. »

Lors des élections législatives de mai 2007, les éditorialistes ont souligné l’urgence de restaurer le lien entre électeurs et dirigeants politiques. Or le taux national de participation s’est élevé à 35,51%, soit l’un des plus faibles enregistrés depuis l’indépendance. Pis encore, selon Karim Tabou, premier secrétaire du Front des forces socialistes (FFS) qui avait appelé au boycottage du scrutin, le taux « réel » de participation aurait même été inférieur à 20%. Dans une chronique pertinente « Voter pour qui, pourquoi ? », un éditorialiste algérien soulignait que les électeurs « sanctionnent l’absence de politique et la transformation des partis en simples appareils et courroies du système… Cela suppose que l’on sorte des logiques de façade pour aller vers une démocratisation réelle et effective ». La très forte abstention a montré l’incapacité des formations à mobiliser des électeurs, faisant apparaître les partis comme un simple instrument au service d’un système clientéliste qui ne répond plus aux attentes du peuple.

Si la guerre en Libye a agi comme un repoussoir pour la société algérienne, le Maroc est sans doute un espoir. Les réformes promises par le Roi Mohammed VI obligent Alger à se réformer : prise entre la révolution démocratique tunisienne et les réformes constitutionnelles marocaines, l’Algérie ne pourra demeurer longtemps dans ce calme trompeur.

Luis Martinez – Directeur de recherche au CERI-Sciences Po et directeur du CERAM de Rabat

Leur presse (LeMonde.fr), 10 janvier 2012.

Publié dans Les luttes de classes en Algérie | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Algérie] Chômage, révolte et répression

[Antisoldes] La police travaille à Nancy

Des sucettes à l’eau

Ils n’ont pas réussi leur défi. Des étudiants des Beaux-Arts comptaient coller 48 peintures, dessins et affiches perso sur les abribus et sucettes Decaux de la rue Saint-Jean. Une action antipub et anti-consommation dans le but de se réapproprier l’espace urbain comme lieu d’exposition le premier samedi de soldes.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213319.jpg

Mais, parvenus au Point Central sous une pluie battante, un fourgon, une voiture et deux agents de la brigade anticriminalité (BAC) arrivés à la Starsky et Hutch sur la voie du tram ont stoppé nette la manifestation artistique.

Une interruption musclée qui a fait tomber à l’eau la fête bon enfant. Les forces de l’ordre ont vérifié l‘identité des jeunes artistes alignés contre le mur et traités comme des bandits. Idem pour le photographe du journal sommé de montrer carte de presse et pièce d’identité.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213400.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326214060.jpg

A la poubelle

Si les étudiants sont restés calmes, la grogne est vite montée chez usagers du tram — bloqué — qui s’impatientaient sous l’abribus. « Vous en avez pour longtemps ? Je prends mon service à 16 h au CHU. Je n’y serai jamais », trépigne une dame. « Dix minutes… ou une heure », réplique l’agent. « Vous pourriez au moins garer vos véhicules ailleurs, c’est incroyable », s’agace un piéton aussitôt remballé par un : « Ne nous empêchez pas de faire notre travail ». Le ton monte. « Vous feriez mieux d’être présents sur les agressions en ville le samedi soir ! »

Après avoir relevé chaque identité, les policiers ont récupéré la trentaine d’affiches non-scotchées et les ont jetées en boule dans une poubelle sous les yeux des étudiants, médusés. « Maintenant, amusez-vous », ont-ils lancé aux jeunes avant de remonter dans les trois véhicules.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213881.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326214085.jpg

« De l’art éphémère »

L’action avait pourtant démarré dans le calme et la bonne humeur pour la vingtaine d’étudiants.

Ils s’étaient donné rendez-vous à 14h15 en haut de la rue Saint-Jean avec leur gros scotch et affiches roulées sous le bras. Fiers et heureux. Certains avaient travaillé dessus pendant trois semaines.

Organisés, ils devaient couvrir les 48 sucettes de l’artère jusqu’à la cathédrale, filmés par Malik. « C’est la première fois qu’on expose au grand jour », se réjouissait Simon, en 3e année. « Avant, on collait la nuit mais au petit matin, nos œuvres avaient disparu avant d’être vues. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213694.jpg

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326213851.jpg

Un premier groupe de quatre avait ouvert sans forcer l’abribus de la place Maginot, pour y scotcher « Vous entrez en zone de réaction » peint en lettres noires, refermé la vitre et descendu l’artère noire de monde. Incognito.

Direction la sucette à l’angle de la rue Notre-Dame. De nombreux passants s’arrêtaient, regardaient s’afficher une magnifique peinture avec des oiseaux, félicitaient les jeunes artistes. Une maman expliquait à sa fille : « Tu vois, ils cachent la pub, c’est pour lutter contre la société de consommation. C’est de l’art éphémère ».

Beaucoup trop éphémère.

Leur presse (Corinne Baret-Idatte, EstRepublicain.fr), 8 janvier 2012.

Publié dans Graffitis divers | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Antisoldes] La police travaille à Nancy