[La BAC travaille] Témoignages de violences policières à Besançon

Je vous transmets des témoignages sur la soirée du 6 janvier 2012, devant le bar « La Cour des Miracles » où tout ce passait bien, jusqu’au moment où la police est intervenue…

« Fin de la soirée à la Cour des Miracles, il est 2 heures du matin, comme la loi le veut, fermeture de tous les bars à 2 heures du matin. Jusque là tout va bien, très bonne soirée, aucun problème dans le bar, on se retrouve tous devant pour parler, des gens s’en vont, nous ne sommes plus qu’une vingtaine. Une voiture arrive à notre hauteur, c’est vrai que nous bouchions la rue, mais ce n’était pas une raison. La voiture pousse un homme qui bouchait un peu le passage, il pousse le rétroviseur. Un homme sort de la voiture, prend l’homme par le bras (un peu violemment) et involontairement l’homme casse la vitre (et non pas une canette, comme l’expliquent nos chers médias qui bien sûr n’étaient pas là au moment des faits). L’homme se fait emmener dans la voiture. On ne savait toujours pas que c’était la BAC. Et d’un coup on a vu toujours le même homme sortir son talkie walkie, appeler des renforts, et, pour une fois, trois voitures (gendarmerie, et police nationale) sont arrivées en 30 secondes top chrono. Je ne les ai jamais vu aussi efficaces. Comme quoi ils n’étaient pas bien loin. Et là branle-bas de combat, un ami se fait embarquer sans aucune raison, je vais parler au policier, il me met une gifle, je tombe par-terre, et me met un coup de bombe lacrymo à 5 cm du visage. Une fliquette a voulu me tabasser avec sa matraque, mais vu que j’étais par-terre, elle m’a remis un coup de bombe sur le visage (et toujours pas à la distance réglementaire). Un policier a pris une amie par les cheveux, alors qu’elle voulait juste lui demander où était son appareil photo, mais n’a rien voulu savoir et lui a mis un coup de bombe lacrymo à même pas 2 cm de son visage, et l’a poussée par-terre. Un policier a même dit « La rue c’est moi, et c’est moi qui fait la loi » et hop tout le monde s’est refait gazer. Il y a un policier qui a sorti son flash-ball et a visé une personne à hauteur de visage. Certes nous étions pas tout roses, certains un peu plus éméchés que d’autres, il y a eu des insultes, je nie rien, mais j’ai rarement vu une violence pareille. Au départ, on voulait juste parler avec eux, et c’est parti en sucette. Il y avait des vidéos, et comme de par-hasard ils ont embarqués les gens qui filmaient, et ont effacé toutes preuves. Il faut attaquer fort pour la nouvelle année qui commence, et les élections qui arrivent. BRAVO LA FRANCE. »

Émilie, 21 ans, habitante de Besançon.


« La soirée était très bon enfant, pas de rixe à l’horizon, le bar n’a pas commis d’erreur (fin du concert en accord la législation), le seul bémol serait effectivement l’impressionnante fréquentation de ce lieu ce soir-là qui a sans doute amassé tous ces jeunes et moins jeunes à l’entrée du bar et a empêché le dissipement de la foule à la fin des festivités. Ce qui a suivi a été pour le moins très choquant : deux voitures de police ont débarqué de part et d’autre du regroupement, l’une provenant de la rue Pasteur et l’autre de la rue du Lycée. Les forces de l’ordre n’ont eu comme point d’appel qu’un maigre affront entre deux hommes pour la casse involontaire d’une vitre conducteur alors que celui-ci forçait le passage pour passer au milieu de cet amas. Ce simple évènement a suffi au déclenchement d’une confrontation d’une extrême violence mais qui, selon mes faits, serait due à la provocation même des services des forces de l’odre vis-à-vis des jeunes présents. Ceux-ci n’ont pas hésité à sortir d’entrée de jeu, matraques, chiens féroces et bombes lacrymogènes semant la terreur au milieu du groupe. Des personnes ont été arrêtées pour avoir tenté de filmer cette scène d’une rare violence, d’autres encore ont été embarquées pour avoir ricané du déploiement de telles forces face à la passivité de l’évènement. Enfin pour ce qui est de la moitié de la population présente à ce moment-là nous avons eu l’honneur de recevoir en pleine face l’horrible gaz lacrymogène sans comprendre pourquoi ils avaient reçu pour ordre de nous l’infliger… Je suis encore à l’heure actuelle sous le choc de voir paraître un article de la sorte décrédibilisant une fois de plus la jeunesse et rendant raison aux pratiques de plus en plus aggressives des forces de l’ordre à notre égard ! Je m’insurge de voir la réalité des faits censurée par les autorités et maquillée par les médias pour finalement ne jamais laisser cette jeunesse qui va mal s’exprimer ! Merci la répression ! »

Chloé, étudiante à Besançon.


« Tout d’abord, commençons par le commencement. Fin de soirée au bar de la CDM (Cour Des Miracles), il est 2h15 du matin environ une trentaine de jeunes restent devant le bar à discuter (et non 70 jeunes comme le précise la police), lorsqu’une voiture arrive. Celle-ci tente de forcer le passage et un jeune pousse un autre contre cette voiture. En tombant contre la voiture, le jeune homme casse la vitre avec son coude (ce ne sont donc pas des canettes de bière qui ont été lancées contre celle-ci, comme l’indiquait la fameuse presse locale “ma commune”). Trois hommes sortent de cette voiture (à ce moment-là personne ne se doute que ce sont des agents de la BAC car ils ne portent pas de brassards et ne se présentent même pas en tant que tels). Nous pensions donc que ce n’était que d’autres jeunes. Ceux-ci interpellent le jeune homme “casseur” de la vitre toujours sans se présenter ce qui nous fait tout de suite penser qu’ils veulent l’emmener plus loin pour lui régler son compte car il avait cassé la vitre. Un ami décide de s’interposer et là nous voyons un des trois hommes de la voiture sortir un talkie walkie, ce qui nous fit tout de suite penser que ce n’était pas des jeunes comme nous mais bien des agents de la BAC en civil. Quelques secondes après leur appel au talkie walkie (et non quelques minutes), ce ne sont pas moins de trois voitures de la police qui arrivent (un miracle qu’ils arrivent aussi vite et en même temps : remarquez nous sommes devant la Cour des miracles : ça doit être ça) ce qui nous laisse présager qu’ils n’attendaient qu’une seule chose c’est de pouvoir intervenir !! Plusieurs agents de police interviennent (des insultes fusent de part et d’autre mais bon c’est leur métier, normal certains d’entre nous ont bu un peu plus que d’autres, on ne se le cachera pas, de plus c’est une sortie de bar et dans un bar on ne boit pas forcément que de l’eau mais), ceux-ci nous demandent de déguerpir de la rue (qui me semble être un lieu public et il n’y a pas de couvre-feu instauré à ma connaissance à Besançon). Ils interpellent deux ou trois personnes pour outrage à agents et là quelques-uns d’entre nous tentent de discuter avec eux mais ne veulent rien savoir et me disent à moi qui n’ai bu qu’une seule bière à cette soirée “On ne discute pas avec de la viande saoûle”, ce qui veut bien dire qu’on ne représente rien à leurs yeux (comment voulez-vous après qu’on puisse les respecter). Ensuite ils nous ont repoussés avec leur matraque, ont giflé une amie qui voulait discuter avec eux et vu qu’elle ne voulait pas se laisser intimider, elle y est retournée puis à ce moment-là ils ont commencé ils l’ont gazé à bout portant et en plein visage, ce qui n’est pas très légal me semble-t-il. Voyant cela certains ont voulu la défendre et se sont pris des coups de matraques et de gazeuses, un des policiers a même braqué son flash ball, à hauteur de visage d’une personne le menaçant de tirer si il ne reculait pas (sachant qu’on n’a pas le droit de viser au-dessus de la ceinture avec un tel engin). Un autre policier a crié : “La rue est à moi et la loi c’est moi” (digne d’un grand film américain) et après avoir gazé la rue complète nous nous sommes dispersés et un des policiers a rétorqué “c’est bon, on en a cinq on peut y aller” (après on nous dit qu’il n’y a pas de quota). Cet évènement a duré environ 45 minutes. »

Anthony, 28 ans.


« Dans la soirée du vendredi 6 janvier au samedi 7 janvier 2012, je me trouvais à la sortie du bar la Cour des Miracles, il devait être environ 2 heures, puisque le bar venait de fermer. Comme cela se passe souvent dans ces soirées, nous restons quelques minutes dehors le temps de “ratrouper” tout le monde, terminer les discussions entamées et se dire au revoir. J’étais donc en train de discuter avec des amis un peu à l’écart du bar dans la rue du Lycée sans faire attention à ce qui nous entourait, lorsqu’un ami, pas affolé mais inquiet, arrive et nous dit de s’éloigner rapidement. Il a toujours eu un sens très aigu de l’analyse de situation ! En quelques secondes cris et gaz lacrymogènes ont envahi la rue. Je n’ai pas eu le temps de voir grand chose, je me suis éloignée rapidement. Quelques secondes après je croise une amie, en larmes, les yeux brûlés par les gaz lacrymogènes, qui me dit que les agents de police l’ont gazée car elle essayait de discuter avec eux pour éviter que son compagnon soit embarqué. J’ai tenté de la consoler puis elle m’a dit qu’elle ne retrouvait plus son appareil photo et qu’elle craignait l’avoir perdu, je suis donc allée voir les agents pour leur demander s’ils ne l’avaient pas vu, réflexe complètement idiot il est vrai, car ce n’était pas du tout le moment ! Je me suis approchée d’un agent, polie (moi, pas elle !) et je n’ai pas eu le temps de finir ma phrase qu’elle m’adressait un regard méprisant et me disait, aboyait serait plus juste : “Dégages de là !”. Vu son regard je n’ai pas insisté. Ensuite nous sommes partis. »

Lucie, étudiante à Besançon.


Articles de presse, Macommune.info et l’Est Républicain sur cet événement :

Confrontation violente entre jeunes et policiers à Besançon

Dans la nuit de vendredi à samedi des incidents décrits par un témoin « d’une rare violence »  se sont déroulés à Besançon rue Proudhon et à l’angle de la rue Pasteur et de la rue du Lycée entre 2 heures et 3h30 du matin.

Des dizaines de jeunes, rassemblés après la fermeture des bars, ont nargué la police qui a été rapidement débordée jusqu’à ce qu’elle utilise du gaz lacrymogène pour calmer les éléments les plus virulents. Les vitres d’une voiture de police auraient volé en éclat sous le coup de canettes de bière.

« Le centre de Besançon va de mal en pis. Quand les autorités municipales se rendront-elles compte de ce qui se passe dans les rues de leur ville… Arrêtons d’affirmer que tout va bien quand tout va mal plusieurs nuits par semaine.

Quand va-t-on imposer au bars de limiter et de contrôler les entrées, de respecter les règles de sécurité à l’intérieur de leurs établissements, de limiter la consommation d’alcool et d’arrêter, par mercantilisme pur et dur, d’enfreindre les lois sur la distribution d’alcool », écrit un témoin des scènes de violence.

Leur presse (MaCommune.info), 7 janvier 2012.


Besançon : chaudes nuits d’ivresse

L’alcool est à l’origine des débordements et délits commis les nuits dernières au centre-ville. Deux personnes sont poursuivies.

Un attroupement devant la « Cour des miracles », un bar de la rue du Lycée, dont le gérant est convoqué aujourd’hui par le commissariat de Besançon. Il est 2h15 dans la nuit de vendredi à samedi. Plusieurs dizaines de personnes sont en train de cloper ou simplement discuter après un concert. La rue est obstruée. Une voiture banalisée pointe le bout de son pare-chocs à leur hauteur. Aucun mouvement de la foule. Impossible de franchir l’obstacle qui continue de barrer la rue. Les esprits s’échauffent même. Quelques jeunes s’approchent du véhicule, le remuent. Bousculade. Volontairement ou non, l’un d’entre eux percute une portière. La vitre éclate en morceaux.

À l’intérieur, trois fonctionnaires de police de la brigade anti-criminalité. Ils appellent des collègues en renfort. Les fauteurs de trouble sont très alcoolisés. Six d’entre eux, âgés entre 25 et 30 ans, sont interpellés et emmenés jusqu’au commissariat, où leur audition s’est achevée seulement samedi dans l’après-midi. Pour les deux tiers, le procureur de la République fait observer quelques rappels à la loi. Deux personnes, déjà connues des services de police pour des faits non similaires, sont en revanche poursuivies pour outrage sur agents. Des insultes et des crachats jetés à la figure des forces de l’ordre. Elles répondront de leurs actes le 18 janvier prochain devant le tribunal correctionnel.

Une rixe a également éclaté durant la même nuit rue Proudhon. Lorsque les policiers sont intervenus, les auteurs des coups avaient disparu. Les victimes n’ont pas souhaité porter plainte.

Nuit de samedi à dimanche : accidents en série

Seconde nuit agitée, entre samedi et dimanche. Huit personnes ont été interpellées en état d’ébriété dans différents points de la ville (faubourg Tarragnoz, chemin de Bregille, rue de la Rotonde…), dont six au volant d’un véhicule, pour des taux fluctuant entre 1,52 g et 1,88 g. Deux des automobilistes, tellement alcoolisés, n’ont pas pu se soumettre au contrôle. La grande majorité des délits ont été constatés après un accident de la circulation sans gravité. Dont un s’est déroulé avenue Foch, en montant en direction de la gare Viotte, entre deux conducteurs qui possédaient 1,52 g et 1,60 g. Et, cerise sur le gâteau, alors que les policiers effectuaient leur contrôle, un troisième véhicule, arrivant en trombe, était intercepté avec, au volant, un automobiliste accusant également 1,60 g.

Leur presse (Éric Barbier, L’Est Républicain), 8 janvier 2012.


Voilà l’article sur la condamnation de deux jeunes pour la soirée :

Deux mois de prison ferme !

Qu’on se le dise, chahuter la police un soir de beuverie peut coûter cher. Deux mois de prison ferme ont été prononcés, par le tribunal correctionnel de Besançon, aujourd’hui à l’encontre de deux étudiants qui s’étaient particulièrement illustrés dans la soirée du 6 au 7 janvier, à deux pas du tribunal.

Ce soir-là, vers 2 heures du matin, un spectacle vient de s’achever dans la cave de la Cour des miracles, un café-concert, et environ 150 personnes occupent la rue de façon tapageuse lorsqu’arrive fortuitement une voiture banalisée de la Brigade anti criminalité. Elle souhaite passer mais est aussitôt entourée et secouée par la foule.

Pression, insultes, crachats

Les policiers prennent leur mal en patience jusqu’à ce qu’une vitre du véhicule soit brisée, apparemment malencontreusement. Ils descendent alors, font état de leur qualité et tentent d’interpeller le casseur. Les choses vont alors aller crescendo.

On s’interpose, on siffle, les insultes fusent. Les policiers sont obligés d’appeler des collègues à la rescousse, de repousser les plus excités avec leur tonfa. Malgré l’ordre de se disperser, la fronde se poursuit et il est fait usage de gaz lacrymogène. Ce qui ne suffit pas à calmer les ardeurs. Une quinzaine de policiers, dont la brigade canine, seront mobilisés pendant près de trois quarts d’heure pour ramener le calme.

Au final, 5 personnes sont interpellées parmi les plus virulentes. Une sixième parviendra à s’échapper menottée. C’est dire la confusion qui règne.

Hier, Yann, 26 ans, un Belfortain et Étienne, 24 ans, un Bisontin, payaient les pots cassés de cette nuit d’ivresse. Les poursuites envers un troisième ont été classées et les deux derniers ont écopé d’un rappel à la loi.

1,80 g d’alcool dans le sang à 3 heures du matin, Yann est décrit comme l’un des meneurs et a été interpellé après une course-poursuite à 200 m de la scène. 1 g seulement, Étienne, a craché dans l’œil d’un des policiers.

Si le premier maintient avoir été au mauvais endroit au mauvais moment « j’aurais outragé, j’aurais assumé », le second fait profil bas « j’ai pas pu m’empêcher, j’étais un peu énervé, j’avais un peu bu, j’ai craché mais par terre pas dans la gueule ! »

Les policiers qui sont intervenus « se posent des questions et sont meurtris » indique Me Serri, avocate de la partie civile. « ils ont de plus en plus le sentiment d’être une cible. Ce soir-là ça part sur trois fois rien. Il suffit de quelques meneurs et d’un troupeau de moutons de Panurge… »

Leur presse (Fred Jimenez, L’Est Républicain), 18 janvier 2012.


Nous espérons que vous allez faire paraître un article, entre les médias qui racontent n’importe quoi, qui n’étaient pas sur les lieux et les forces de l’ordre qui se sont carrément lâchées (et ce n’est pas la première fois)… Il faut que les gens sachent que d’accord, nous sommes jeunes, que nous aimons festoyer mais ce n’est pas pour autant que nous sommes des sous-merdes. On a tous le droit au respect ! Et les forces de l’ordre, ne sont normalement pas là pour faire de la RÉPRESSION !

Courriel du 19 janvier 2012.

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[Justice pour Abdelhakim Ajimi] Nous quittons le tribunal, nous vous laissons entre vous

Mascarade au tribunal de Grasse

À Grasse, tout au long de l’audience, le juge Robail a affiché ouvertement sa connivence avec la police.

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Devant le tribunal de Grasse, mercredi 18 janvier

Les faits sont pourtant avérés : Abdelhakim Ajimi est mort d’un acharnement des policiers sur sa personne et d’un refus de lui porter secours.

Tous les témoignages sont édifiants. Les expertises accablent les policiers inculpés. Les procès verbaux de ces derniers sont contradictoires, de même que leurs propos à la barre.

Malgré tout, les policiers bénéficient de la complaisance du tribunal. Le Procureur de la République, a pourtant insisté sur la « responsabilité évidente des policiers dans la mort d’Hakim » et a repris la qualification d’« inhumanité » mise en avant par la Commission Nationale de Déontologie de la Sécurité.

Malgré cela, il requiert des peines minimes, sans commune mesure avec la gravité des faits qu’il avait auparavant lui-même exposés.

Ces maigres peines sont :

— J.-M. Moinier : 1 an à 18 mois avec sursis simple

— W. Lebeaupin : 18 mois à 2 ans avec sursis simple

— J. Manach : 6 à 8 mois avec sursis simple

— B. Julien : 1 an avec sursis simple

— A. Bekhira : 6 mois avec sursis simple.

Pire, de simples peines de principe ont été requises pour les policiers stagiaires M. Authier-Rey et P. Locatelli.

Ainsi fonctionne l’institution judiciaire française lorsqu’elle doit juger des crimes policiers.

NOUS QUITTONS LE TRIBUNAL,
NOUS VOUS LAISSONS ENTRE VOUS.

Contact

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[Justice pour Hakim Ajimi] Justice nulle part, police partout !

Procès Ajimi : sit-in dans les rues de Grasse

Une quarantaine de personnes, principalement des proches de la famille et différents membres des comités de soutien, ont défilé du Palais de justice de Grasse jusqu’au Cours Honoré-Cresp en marge du procès Ajimi.

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Avec différentes banderoles (« Pas de justice, pas de paix », entre autres) et slogans (« Police partout, justice nulle part »), le cortège a déambulé, dans le calme, dans les rues de la ville pour exprimer leur colère, avant de s’arrêter sur le Cours Honoré-Cresp où un sit-in est organisé jusqu’à la fin du procès.

Leur presse (NiceMatin.com), 19 janvier 2012.


Grasse : la famille Ajimi, choquée, boycotte l’audience

La famille d’Hakim Ajimi a décidé de boycotter le dernier jour du procès des sept policiers impliqués dans la mort par asphyxie du jeune homme lors d’une interpellation violente en 2008. Les proches du jeune homme, choqués par les peines de prison « avec sursis » requises la veille, étaient arrivée en groupe dans la salle jeudi matin, cinq minutes après le début des plaidoiries des avocats des policiers.

(…)

Après dix minutes de présence, Ekram, la sœur de la victime, se lève brusquement et quitte la salle, suivie silencieusement par toute la famille et leurs sympathisants présents dans le public.

À la sortie, la douleur et la colère éclatent : « Justice nulle part, police partout ! », crie la famille.

« Je n’ai pas envie d’écouter leurs mensonges. Maintenant c’est assez parce que les faits sont là, les experts ont parlé, l’autopsie a parlé, les témoins ont parlé. C’est une mascarade », a commenté calmement le père Boubaker Ajimi, qui s’est battu pendant quatre ans pour un procès.

« Le procureur veut passer pour celui qui n’accepte pas le comportement des policiers. C’est de l’irresponsabilité. À la fin, il les regarde et puis il demande des peines complètement minimes », s’est insurgé le bouillant [sic] Walid Klai, porte-parole de la famille.

(…)

Soutenue par une quarantaine de personnes, la famille est partie loin du tribunal, marcher dans les rues de Grasse derrière des banderoles demandant « Justice pour Hakim » ou disant encore « Pas de justice, pas de paix ».

(…)

Leur presse (RTL.fr), 19 janvier 2012.

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[Banque centrale de Tunisie] Nabli dégage !

Des contestations ont éclaté ce matin à l’intérieur de la Banque Centrale de Tunisie. Les employés ont crié « dégage » à Mustapha Kamel Ennabli exigeant son limogeage. Afin d’assurer la protection du gouverneur, Mustapha Kamel Ennabli, les forces de l’ordre se sont rendues sur les lieux et encerclent, actuellement, le bâtiment. Selon Jawhara FM, les employés ont exigé le départ du gouverneur tout en dénonçant la corruption au sein de la banque.

Leur presse (Tuniscope, 19 janvier 2012)


Pour rappel : Kamel Eltaief milite également pour le maintien de Mustapha Kamel Nabli (à qui il est apparenté) à la tête de la Banque centrale de Tunisie (BCT). (…) Ce siège est hautement stratégique, puisqu’il permet d’avoir un droit de veto sur les engagements financiers de tous  les ministères. La BCT est également en première ligne pour récupérer les « biens mal acquis » du clan Ben Ali-Trabelsi à l’étranger.

Leur presse (Africa intelligence, 3 novembre 2011)

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[Poitiers-Françafrique] 105 bidasses poitevins envoyés en soutien à Tchad-Françafrique

Cent-cinq bidasses poitevins (des « marsouins ») partiront donc à la fin du mois au Tchad, l’un des bastions du pré-carré françafricain. La Nouvelle République nous présente des militaires qui, à côté de simples missions de formation et d’entraînement, vont « découvrir le pays » et aller « à la rencontre des populations », sauvant des ressortissants français et étrangers… comme c’est gentil.

Rappelons que le Tchad est un pays pauvre où une partie de la population crève la dalle et où le pétrole est allègrement pillé par les multinationales. Qu’il est gouverné par le dictateur Idriss Déby, connu pour ses pratiques répressives à l’encontre des opposants. Ce personnage peu recommandable est pourtant soutenu mordicus par l’État français, à plusieurs niveaux.

Tout d’abord à un niveau politique et diplomatique (le régime mérite un soutien « sans faille » selon Hervé Morin), notamment lors de plusieurs « élections » fortement contestées sur le plan international, mais dont la France a toujours déclaré la belle régularité. On comprend : la France soutient les campagnes du dictateur (élections législatives, ou présidentielle).

Ce régime répressif est aussi soutenu militairement, par des accords officiels… et secrets. Aussi bien par des livraisons d’armes, autrement plus importantes que « l’aide alimentaire » (dérisoire), que par un dispositif militaire Épervier toujours présent. La participation militaire de la France a eu lieu à plusieurs reprises, pour réprimer brutalement les rébellions contre le pouvoir. Cerise sur le gâteau, l’armée tchadienne emploierait des enfants soldats… « sans faille » on vous dit.

Autant d’éléments accablants, caricaturaux de la « France-à-fric » que l’on ne trouvera évidemment pas dans cet article de la Nouvelle République. Merci les bidasses, merci les journalistes… la brutale rapacité des États complices peut continuer d’opprimer et de piller les populations, en toute sérénité, en toute bonne conscience.

Groupe Pavillon Noir, Fédération Anarchiste, 19 janvier 2012.

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[Justice pour Hakim Ajimi] Le proc’ requiert du sursis

Mort par asphyxie d’Hakim Ajimi : peines avec sursis requises contre sept policiers

Des peines de prison avec sursis ont été requises mercredi devant le tribunal correctionnel de Grasse contre les sept policiers impliqués dans le décès du jeune Hakim Ajimi, mort par asphyxie lors d’une interpellation violente le 9 mai 2008.

Le procureur Jean-Louis Moreau a estimé que les policiers devaient tous être condamnés, détaillant dans son réquisitoire les nombreuses erreurs professionnelles ayant entraîné la mort du jeune homme de 22 ans dans un laps de temps très court.

Les avocats des sept policiers doivent plaider jeudi. Le tribunal mettra ensuite sa décision en délibéré, souhaitant se donner plusieurs semaines avant de prononcer son jugement, a indiqué le président.

Les réquisitions les plus sévères visent sans surprise les deux agents de la brigade anti-criminalité (Bac), accusés d' »homicide involontaire » pour avoir employé des techniques d’immobilisation ayant entraîné la mort du jeune homme par asphyxie lente.

Le procureur a requis de un an à 18 mois de prison avec sursis contre Jean-Michel Moinier, qui a pratiqué une compression thoracique sur Hakim, et 18 mois à 2 ans de prison avec sursis pour son collègue, Walter Lebeaupin, qui exerçait dans le même temps une clef d’étranglement.

Ce dernier, ainsi que les cinq autres policiers impliqués, est également accusé de « non assistance de personne en danger ».

Outre ces réquisitions contre ces sept policiers, six à huit mois avec sursis ont été requis contre le policier municipal Jim Manach venu aider les deux agents de la Bac à menotter Hakim aux pieds et le maintenir au sol.

Un an avec sursis a été également réclamé à l’encontre de Bernard Julien, chef des quatre agents de police-secours qui ont emmené le jeune homme menotté et affalé par terre dans leur voiture, dans des conditions jugées « inhumaines ». Des peines moins lourdes ont été requises contre ses quatre subordonnés.

La famille d’Hakim, qui se bat depuis quatre ans pour la tenue d’un procès, n’a pas caché son désarroi devant à l’absence de réquisitions de prison ferme.

« On est déçus, ce n’est pas normal », a glissé Hatem, le frère de la victime. Ekram, sa jeune sœur, note « qu’aucun des policiers n’a demandé pardon en quatre ans ».

« Pour les familles de victimes ce n’est jamais assez lourd. Mais on revient de très très loin, on est passés tout près d’une absence de procès », a commenté l’un des avocats de la famille, Franck de Vita. « Ce qui est important, c’est que la culpabilité soit établie ».

Joël Blumenkranz, l’un des avocats des policiers, a estimé pour sa part que « les réquisitions mettent la barre relativement haut et n’ont pas tenu compte de la réalité des faits ». « Nous allons remettre jeudi de l’ordre dans la discussion et plaider la relaxe », a-t-il précisé.

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Témoins, acteurs et spécialistes ont permis depuis lundi de détailler une scène tragique.

Il est environ 14h45, le 9 mai 2008, lorsque l’interpellation démarre dans la rue, car le jeune homme psychologiquement fragile vient de gifler son banquier.

Très vite elle va se transformer en bagarre extrêmement violente, durant 5 à 6 minutes, le jeune homme refusant d’obtempérer.

Hakim Ajimi se retrouvera au sol, menotté aux pieds et aux mains, maintenu par trois policiers.

Lorsque Hakim est relevé et traîné par les pieds jusqu’à une voiture de police-secours à 15h04, au moins 11 témoins indiquent qu’il ne résiste plus et paraît inconscient. Trois personnes remarquent son visage bleu ou violacé, signe d’un manque d’oxygène. Il décède probablement durant la minute de transport jusqu’au commissariat, sans qu’aucun policier ne s’en rendent compte.

Leur presse (Catherine Marciano, Agence Faut Payer), 18 janvier 2012.

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[Justice pour Hakim Ajimi] « Il ne faut pas oublier qu’on juge des criminels »

Procès Ajimi : Échauffourée à la suspension d’audience

Après avoir entendu l’ensemble des policiers, cités pour homicide involontaire et non-assistance à personne en danger, le tribunal correctionnel de Grasse, a appelé les témoins à la barre en ce troisième jour de procès.

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Le père de Hakim Ajimi, Boubakar Ajimi (d), en compagnie de son avocat Maître Henri Leclerc (g) et du porte parole du comité de soutien de Hakim Ajimi, Walid Klai (c), mardi 17 janvier.

La plupart, sont des gens qui ont vu l’interpellation mouvementée, qui conduit à la mort d’Hakim Ajimi, le 9 mai 2008, au centre-ville de Grasse. « Pour moi, il avait les pieds qui traînaient au sol et la tête molle, penchée en avant », explique un spectateur se disant médusé par la scène. « Il ne bougeait plus vraiment au bout de quelques minutes immobilisation. Pour moi, il avait fait un malaise », abonde un autre. Des récits néanmoins contradictoires et discutés dans les deux camps. Hakim Ajimi avait-il les menottes aux pieds et mains ? Était-il face contre sol, ou « en position latérale gauche », comme l’assure Jean-Michel Moinier. Les policiers affirmant ne jamais s’être rendu compte de la gravité de la situation.

Échauffourée à la suspension d’audience

La tension est palpable depuis l’audition des trois policiers. Jusqu’ici, tout était calme. Mais mercredi midi, au moment de la suspension d’audience, des joutes orales entre les forces de l’ordre appelées en renfort et des partisans de la victime. Des mots forts prononcés par le président du comité « Vérité justice pour Hakim » : « il ne faut pas oublier qu’on juge des criminels », a-t-il lancé dans l’enceinte de justice. L’accalmie est revenue quelques instants plus tard, par l’intervention extérieure des policiers.

Leur presse (NiceMatin.com), 18 janvier 2012 – 13h34.

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[Soutien aux inculpés de Valognes] 31 janvier 2012, Valognes – Cherbourg : Départ immédiat !

Nous nous sommes croisés du côté de Valognes, par un matin brumeux de novembre.

Retrouvons-nous le mardi 31 janvier 2012 à 8h30 à Cherbourg pour soutenir les personnes poursuivies.

Le 23 novembre dernier, une action massive contre le train de déchets nucléaires “CASTOR” a permis d’imposer ce qu’on peut appeler pudiquement des “interférences” dans les plans bien huilés d’Areva, et la communication lénifiante de l’État. Cela faisait longtemps que l’on n’avait pas vu des centaines de personnes s’attaquer directement à l’un des maillons de l’industrie nucléaire, usant pour cela de tous les moyens nécessaires. Comme cet affront ne pouvait rester impuni et que les flics furent bien trop débordés, ce jour-là, pour pouvoir identifier l’auteur de quoi que ce soit, le parquet de Cherbourg se donne le ridicule de poursuivre les quelques camarades qu’il avait réussi à se mettre sous la dent alors, sous des prétextes futiles. Et puisque l’on n’a au fond rien à leur reprocher, on leur invente des délits fumeux. À l’un, on tente justement de coller la détention d’un fumigène qu’il n’a jamais brandi, mais que les gendarmes ont, eux, bel et bien ramassé dans un taillis. L’autre, que l’on n’a pas pu raisonnablement accuser d’avoir incendié un camion logistique des CRS, se voit au moins reprocher d’avoir ramassé une cannette à proximité. Une vague intrusion sur les voies, qui ne serait jamais advenue si les gendarmes mobiles n’y avaient pas détenu la camarade pendant des heures, des détentions d’armes de 6e catégorie (un opinel tout de même !) dans des voitures de gens qui n’étaient même pas encore arrivés au rassemblement… Tout cela ne devrait donner lieu qu’à un grand éclat de rire, mais le parquet de Cherbourg en a décidé autrement : il y aura donc deux jours de procès, les 31 janvier et 7 février.

Nous qui étions à Valognes le 23 novembre savons bien que ce que nous avons fait ce jour-là est en fait le minimum de ce que nous devons à Areva et aux nucléocrates, et que ce n’est que le début du règlement des comptes. Il importe au plus haut point, dans le souci des développements futurs, de ne laisser personne sur le bord du chemin. Il est crucial de soutenir les 6 personnes inculpées.

Venez donc prendre le petit-dej’ ensemble le mardi matin 31 janvier dès 8h30 devant le tribunal de grande instance de Cherbourg (15, rue des Tribunaux) et participer à notre grand jeu-concours de découpe de rail à la scie à métaux. Le ou la plus rapide gagnera un vin chaud !

Si vous ne pouvez pas venir ce jour-là, placez des banderoles sur les gares, devant les tribunaux ou chez les nucléaristes de chez vous, faites des inscriptions, marquez votre solidarité.

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N’hésitez surtout pas à faire savoir autour de vous que, nos caisses étant vides, tout l’argent nécessaire à couvrir les suites judiciaires de Valognes reste encore à trouver, ou contribuez directement par chèque à l’ordre de :

APSAJ-ValognesAssociation Pour la Solidarité et l’Aide Juridique
6 cours des Alliés, 35000 Rennes
IBAN : FR76 4255 9000 5541 0200 1473 207
CODE BIC : CCOPFRPPXXX

À tout de suite, donc,

Le collectif Valognes Stop Castor

Covoiturage pour le procès du 31 janvier :

Rennes : RDV 5h45 au parking de la Fac de Villejean
Coutances : RDV 7h, place de la Croute.
Caen : RDV 7h, parking de la Fac.

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L’État assassine

Autour de trois interventions téléphoniques nous avons choisi de montrer à partir de trois affaires la complicité de l’institution judiciaire dans les crimes racistes et sécuritaires.

Walid – la famille de Hakim Ajimi mort dans les mains de la police devant une vingtaine de témoins à Grasse revient sur les circonstances de la mort de Hakim et sur le procès des policiers qui se déroulera entre le 16 et le 20 janvier 2012.

Omar du collectif Vérité et justice pour Ali Ziri et Areski Kerfali revient sur les circonstances de la mort de Monsieur Ali Ziri et sur le probable non lieu.

Enfin avec Yassine Bouzrou l’avocat de la famille de Monsieur Abou Bakari Tandia nous verrons comment la justice enterre les dossiers.

Émission Actu des luttes sur FPP – Sons en luttes, 18 janvier 2012.

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[Justice pour Hakim Ajimi] Combien de temps au juste un policier peut-il étrangler ou compresser quelqu’un ?

À Grasse, des policiers débattent devant les juges des techniques d’étranglement

Sur le banc des prévenus du tribunal correctionnel de Grasse, ce lundi 16 janvier 2012, des clients inhabituels. Sept policiers de la petite ville des Alpes-Maritimes comparaissent en civil pour tenter d’expliquer comment et pourquoi Hakim Ajimi, 22 ans, est mort asphyxié au cours de son interpellation en mai 2008.

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Sept policiers, donc deux de la Bac, sont poursuivis.

« Ce n’est pas un procès ordinaire compte tenu de la gravité des faits, a reconnu d’emblée le président du tribunal correctionnel de Grasse, Franck Robail. Et il n’est pas non plus ordinaire d’avoir à juger pour ce genre de faits des personnes dont le métier, particulièrement difficile, est d’assurer la paix publique. » C’est une affaire qu’il qualifiera même de « désastreuse », plus tard dans l’après-midi.

Ce procès est la preuve pour Renaud Brouquisse, responsable local d’Amnesty International, que le combat contre les violences policières progresse lentement. « Un cas comme celui d’Hakim Ajimi, il y a quinze ans aurait été enterré », souligne-t-il. « Il est difficile, faute de statistiques, de savoir s’il y a plus ou moins de violences policières qu’autrefois, en revanche nous arrivons à mieux médiatiser ces cas et à encourager les familles à tenir la distance », se réjouit-il.

Le procès est donc suivi de près par Amnesty International et la Ligue des droits de l’Homme, deux associations présentes devant le tribunal, mais également dans les commissariats. « Il est certain que la réponse du tribunal intéresse tous les fonctionnaires de police français, qui veulent savoir ce qu’ils doivent ou non faire », nous avait indiqué Me Joël Blumenkranz, l’un des avocats des policiers.

Les fonctionnaires impliqués, deux de la brigade anti-criminalité (Bac) pour « homicide involontaire », les autres de police secours et de la police municipale pour « non-assistance à personne en danger », sont dépeints à l’audience comme exemplaires. À commencer par les policiers interpellateurs, deux gaillards de la Bac, en costard et les cheveux ras, qui ont fait leurs classes en région parisienne.

Le brigadier-chef Jean-Michel Moinier, 42 ans, affiche vingt ans de service au compteur, « sans aucun problème », dont dix en Seine-et-Marne, dans des « brigades anticriminalité pointues ». « Une bonne formation de terrain, estime ce père de famille. Les situations sont parfois plus chaudes en région parisienne, mais on a plus d’effectifs et de moyens pour les maîtriser qu’en province. » À son arrivée à Grasse en 2005, il prend la tête des six, puis neuf fonctionnaires de la Bac, fraîchement créée.

Son compagnon de patrouille, le gardien de la paix Walter Lebeaupin, 37 ans, entré dans la police en 1998 comme adjoint de sécurité après un bac pro électrotechnique, affiche également trois ans d’expérience en banlieue parisienne, dans le Val-d’Oise. Ces policiers possédent « une parfaite maitrise de soi et beaucoup de sang-froid », salue leur chef de service de l’époque, la commissaire Véronique Morandi.

Cette petite femme de 51 ans, au carré blond impeccable, depuis promue chef du district de Cannes, évoque une « interpellation légitime » et reconnaît tout juste « une forme d’échec ». « Les policiers ne sont pas du tout insensibles, justifie-t-elle. Mais la difficulté, c’est qu’on ne peut pas s’arrêter de travailler pour autant. » La grande majorité des prévenus sont d’ailleurs restés en poste à Grasse après le « drame », sans sanction disciplinaire pour l’instant.

Cette situation a cependant été très mal vécue par le doyen de l’équipage de police secours, un homme de 52 ans, tombé en dépression après avoir été muté aux escortes de détenus. Lors d’un incident au tribunal impliquant un détenu, « mes collègues sont intervenus à ma place, décrit-il, penaud. En tant que mis en examen, je n’osais pas intervenir physiquement, c’était ambigu. »

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Des membres de la famille d'Hakim Ajimi, lundi.

La formation des policiers en cause ?

Comment deux fonctionnaires, expérimentés et appréciés, ont-ils alors pu maintenir une clef d’étranglement et une compression thoracique sur un jeune homme menotté aux mains et aux pieds, sans se rendre compte de l’asphyxie lente qui allait provoquer la mort ?

Pour les avocats des policiers, ils n’ont fait qu’appliquer des gestes appris en école de police, ce qui n’est pas contesté. Mais le témoin cité par la défense, Alvaro Fernandes, 44 ans, patron du centre de formation des formateurs à Cannes-Ecluses (Seine-et-Marne) longuement entendu lundi, vient paradoxalement offrir un secours inattendu aux parties civiles.

Selon cet expert en « méthode de raisonnement opérationnel » et autres termes jargonnisants, les gestes effectués par les deux policiers de la Bac « correspondent bien au référentiel des gestes techniques » auxquels les policiers sont formés en école. Tous les élèves policiers en étudient donc le cadre légal, puis la pratique avec un policier jouant le plastron, avant d’effectuer des « mises en situations réelles », simulant des cas vécus sur la voie publique.

Mais « un policier doit faire preuve de discernement sur la proportionnalité de la force exercée et de vigilance à l’égard de l’état de la personne interpellée », précise Alvaro Gonzales. Et de rappeler que selon le code de déontologie de la police, « toute personne interpellée est placée sous la responsabilité des policiers ». Tout est donc question de mesure. Combien de temps au juste un policier peut-il étrangler ou compresser quelqu’un ?

Dans une note interne datant de 2003 citée par la défense, le directeur général de la police nationale limite à « 3 à 5 secondes » l’usage d’une technique similaire d’étranglement (régulation phonique) par les agents de la Police aux frontières lors de reconduites d’étrangers, la « répétition de ces actions » ne pouvant « être réalisée plus de cinq minutes ».

À la suite du drame de Grasse, le chef de l’IGPN avait, en octobre 2008, rappelé à ses troupes que « lorsque l’immobilisation de la personne est nécessaire, la compression (tout particulièrement quand elle s’exerce sur le thorax ou l’abdomen) doit être la plus momentanée possible et relâchée dès que la personne est entravée par les moyens réglementaires et adaptés ».

Ces instructions sont jugées « théoriques » par le formateur en chef des formateurs. « Cela me semble au contraire assez pratique », le reprend sèchement le président du tribunal correctionnel. Le procureur lui-même semble s’agacer des circonlocutions de l’instructeur. « En cas de double menottage, il n’y aucun risque de fuite, ce qui écarte le danger pour autrui ! » réagit-il vivement, lorsque Alvaro Gonzales avance qu’« une personne menottée peut continuer à être dangereuse pour elle ou autrui », ce qui justifierait « son maintien en position ventrale ».

Le tribunal doit se pencher mardi sur les faits eux-mêmes, afin de déterminer si les policiers ont effectivement fait preuve de toute la « proportionnalité de la force » souhaitée.

Leur presse (Louise Fessard – envoyée spéciale, Mediapart), 17 janvier 2012.

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[Soutien aux inculpés de Valognes] Projection-débat Mercredi 25 janvier à Besançon

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Suite à l’inculpation de militant.e.s anti-Castor à Valognes en novembre 2011, la CNT 25 vous invite le mercredi 25 janvier à 19h30 à une soirée projection-débat avec le film Stop Castor : Gorleben 2006. La projection a lieu dans l’amphi Donzelot à la fac des Lettres (32 rue Mégevand, Besançon) et le débat portera sur la diversité et la complémentarité des modes de luttes.

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[Soutien aux inculpés de Valognes] Apéro et musique Vendredi 27 janvier à Toulouse

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La catastrophe de Fukushima a réactivé la question antinucléaire en France et ailleurs avec plus ou moins de conséquences.

Le 23 novembre 2011, 500 personnes se donnent rendez-vous dans un camp près de Valognes (50) pour partager leur désir d’en finir avec le nucléaire et bloquer le train CASTOR en partance pour Gorleben en Allemagne. S’inspirant des luttes françaises contre la construction des centrales (Golfech, Plogoff, Crey-Malville…) et du mouvement antinucléaire allemand, elles parviennent à entraver le bon déroulement du transport de déchets radioactifs. Les rails sont assaillis trois fois, malgré le considérable dispositif policier et ceci grâce à la seule intelligence collective. Depuis un certain nombre de rendez-vous ont lieu un peu partout en france, pour continuer cette belle lancée. La soirée à Toulouse se place dans cette perspective. L’argent recolté sera donné en soutien aux inculpés de Valognes.

« Nous n’avons jamais envisagé Valognes comme un coup d’éclat, mais plutôt comme un nouveau départ, un apport de vigueur, une contribution déterminée à tout ce qui, en France, veut s’affranchir de la fatalité nucléaire. Nous savons que le chemin sera long et âpre. En même temps qu’il nous faut nous arracher à la production électrique centralisée et retrouver dans notre façon de vivre comme dans ce qui nous entoure l’énergie dont nous avons besoin, il nous faut perturber par tous les moyens les flux d’uranium et de déchets qui tissent le fonctionnement régulier et soigneusement occulté de l’industrie de l’atome aussi bien que son maillon faible. Il nous faut empêcher la construction de l’EPR de Flamanville et déboulonner les lignes THT qui doivent y aboutir, si nous ne voulons pas en reprendre pour 40 ans de plus de soumission au chantage nucléaire. Il y a tout un décrochage à organiser, un décrochage technique et politique vis-à-vis de la normalité nucléarisée. » (Extrait du communiqué n° 4 du collectif Valognes Stop Castor.)

Apéro-musique le vendredi 27 janvier à 19h
à l’Estanquet de la Portièra
42, rue des Blanchers à Toulouse.

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[Népal] Importantes mobilisations de squatters à Katmandou, contre une campagne d’expulsion menée par le gouvernement

D’après des articles parus dans la presse mainstream népalaise, des squatters ont organisé une marche aux flambeaux le 16 janvier dans la ville d’Itahari, pour protester contre la campagne d’expulsion menée par le gouvernement à l’encontre des SDF vivant le long de la rivière Bagmati, à Katmandou, ainsi que dans d’autres contrées du pays.

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La marche s’est terminée devant la mairie d’Itahari. Là, des membres de l’organisation népalaise « United National Squatters’ Front » ont tenu des discours très critiques envers les opérations d’expulsion sans relogement, qui déjà mis fin récemment à 225 foyers occupés dans la région de Kailali. Les squatters ont annoncé savoir qu’il pourrait en être de même prochainement dans les régions de Morang, Sunsari et Siraha.

Un appel à tous les squatters a été lancé pour s’unir contre la campagne d’expulsion du gouvernement.

Le 17 janvier, une manifestation s’est tenue à Katmandou, et celle-ci a tourné à l’émeute : au moins treize véhicules ont été vandalisés (notamment des véhicules appartenant à Yeti Airlines et au journal Nepal Samacharpatra Daily). Des affrontements ont opposé squatters et policiers dans différents quartiers de la ville.

Dans la journée, la police a arrêté 427 personnes (dont 166 femmes, précise un article d’Himalayan Times) pour avoir vandalisé des véhicules et essayé de bloquer la circulation automobile, pour la quasi totalité à Katmandou.

Quelques autres personnes ont été arrêtées à Bhaktapur et à Thapathali.

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L’organisation Samyukta Rashtriya Sukumbashi Morcha et six différentes organisations népalaises de squatters avaient appelé à une grève générale à Katmandou pour ce jour-là, mais celle-ci n’a semble-t-il pas suffisamment été suivie. Il est toutefois remarquable qu’un appel à la grève générale puisse être lancé par des organisations de squatters sans que cela ne paraisse évidemment comme un coup d’épée dans l’eau. Cela s’explique sans doute par la présence extrêmement forte de courants maoïstes dans l’ensemble du pays, les dites organisations de squatters étant vraisemblablement dirigées par des maoïstes (en tout cas on parle de « leaders » et compagnie).

Si vous avez plus d’infos sur les luttes de squatters au Népal, n’hésitez pas à nous écrire.

Squat!net, 18 janvier 2012.

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[Révolution tunisienne] Nouvelles du 17 janvier 2012 (2)

Tunisie, les habitants de Nefza lancent un cri de détresse

Nefza est une ville du Nord-ouest de la Tunisie, à 110 kilomètres de Tunis. Depuis hier, la ville est entrée dans un mouvement de protestation, qui s’est poursuivi aujourd’hui et qui ira crescendo dans les prochains jours. Les habitants veulent attirer l’attention sur leur triste sort et souhaitent juste d’être écoutés.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1326893503.jpgLe long feuilleton tunisien des sit-in et mouvements de protestation n’est pas près de connaître son épilogue. Les raisons sont partout les mêmes. La Tunisie profonde, longtemps marginalisée, et ses habitants laissés pour compte, désespère et n’accepte plus de souffrir en silence.

Depuis hier, les habitants de Nefza ont décidé de faire entendre leur voix, les trois entrées de la ville au niveau de Béjà, Bizerte et Tabarka ont été fermées. Les lycées ont arrêté les cours dès le matin, des manifestations pacifiques ont parcouru les artères de la ville. Les banques et la poste ont fermé et sont gardées par l’armée, seuls les écoles et les jardins d’enfants sont restés ouverts. Ce mouvement s’est poursuivi ce mardi et est appelé à s’intensifier dans les prochains jours. Gnet a recueilli par téléphone des témoignages des habitants de la ville, tous racontent avec amertume leur vécu très dur, fait de chômage, de précarité et de pauvreté.

Meriem Assouani, est mariée depuis huit ans, et mère d’un enfant. « Depuis trois ans, mon mari et moi-même sommes au chômage ; je remercie Dieu que j’ai un seul enfant, et une petite maison ; mais, sans source de revenus, la vie est très dure. Mon mari a un diplôme de technicien, et moi-même, je suis de niveau bac, nous avons frappé à toutes les portes, mais sans résultat. Ma patience s’est épuisée, et à, plusieurs reprises, je pense au suicide avant de me ressaisir », raconte Meriem attristée. « Nous sommes allés au délégué, au conseil de protection de la révolution, aux partis représentés dans la région, mais à chaque fois, nous sommes rentrés bredouille », déplore-t-elle. La jeune femme accepte même de travailler dans les chantiers, c’est mieux que de demander l’aumône ou de faire quelque chose de mal, dit-elle, mais là aussi, c’était trop demander. « Même ma famille vit dans une totale précarité, personne ne peut nous tendre la perche, mon mari s’est résolu depuis trois semaines à aller travailler sur un chantier à Jendouba, bien qu’il soit diabétique et sa santé ne lui permet pas de faire un tel travail éprouvant, mais on n’y peut rien, il faut bien que l’on survive. »

Meriem soupçonne que les pratiques d’antan de pots-de-vin perdurent, « sinon comment expliquer que certains, qui ne sont pas vraiment dans le besoin, sont acceptés pour travailler sur les chantiers, et d’autres non ». Elle évoque l’exemple de cette femme dont le mari est professeur qui a été dernièrement recrutée sur les chantiers, alors que d’autres candidats qui sont plus dans le besoin voient leur demande refusée, dénonce-t-elle. Mais qui décide de ces recrutements ? C’est le conseil de protection de la révolution, répond-elle, géré par un parti d’obédience nationaliste. « Même l’UGTT nous oriente vers le conseil. Je suis allée à Béjà et demandé de rencontrer le gouverneur, mais on n’a pas accédé à ma demande, me signifiant que ce n’était pas le jour des rencontres. J’ai dépensé des frais de déplacement pour rien. »

« Nous n’avons pas trouvé à qui nous adresser, qui peut faire entendre notre voix, toutes les issues sont fermées, regrette-t-elle amère. Il suffit que deux usines soient créées à Nefza pour que ses problèmes soit résolus, d’autant plus que la main d’œuvre est qualifiée et que tout le monde ne demande qu’à travailler », assure-t-elle, la voix résignée.

Ahlem, deuxième année français, poursuivait ses études à l’Institut des langues vivantes de la cité al-Kadhra, mais elle a été obligée d’interrompre ses études, après un redoublement, mais surtout, faute de moyens. « Il n’y a rien à Nefza, c’est une ville totalement marginalisée, minée par le chômage et la pauvreté. Excepté une maison de jeunes, et une maison de culture, la ville est dénuée, alors qu’une seule usine aurait pu sauver Nefza et sa population. » Dans cette région, les gens vivent du néant, l’agriculture existe à petite échelle, mais n’attire personne, raconte-elle. « Pourtant, tous les jeunes de la ville sont instruits et détenteurs de diplôme d’enseignement supérieur, et de troisième cycle, mais ils passent leur temps dans les cafés, à se tourner les pouces. On dit que Nefza, est une ville touristique, c’est faux, il existe un seul hôtel, où l’on va pour boire de l’alcool », se lamente-elle. « On dit que les habitants de Nefza sont des fainéants qui boivent de l’alcool, mais qu’est-ce que vous voulez qu’ils fassent, s’ils n’ont pas d’autre occupation », s’insurge Ahlem.

« Dans le journal télévisé, on entend toujours parler de Gafsa, de Redeyef, de Kasserine, de Sidi Bouzid, mais jamais on ne parle de Béjà, de Nefza, le Nord-ouest est totalement délaissé et exclu », s’indigne la jeune femme. Comme Meriem, Ahlem se contente de travailler dans les chantiers. « Lorsque je suis allée au délégué pour lui demander de m’engager sur les chantiers, il m’a dit que ce travail ne correspond pas à ton niveau, et après j’entends que des gens sont engagés, usant de passe-droit, c’est cette injustice qui est dure à supporter », lance-t-elle desespérée.

Najwa Abdeli est directrice d’un jardin d’enfants à Nefza. Ses deux sœurs ont investi dans un même projet dans la région, qui abrite à peu près sept institutions analogues. « Ce n’est pas un projet lucratif, avec le loyer, l’eau, l’électricité, on s’en sort difficilement, d’autant plus que les familles nous paient entre 10 et 15 dt par enfant, ce qui ne nous permet pas de rentrer dans nos frais », nous confie Najwa, énumérant les mêmes problèmes dont souffre la ville.

Trois partis sont implantés à Nefza soit le mouvement Ennahdha, Ettakatol et une formation d’obédience nationaliste, des partis qui sont juste là, mais qui n’ont aucune réponse à apporter à une population en détresse. Les autorités régionales sont inefficaces, de l’aveu des habitants, c’est ce qui accentue leur frustration et leur colère.

Les habitants ne demandent rien dans l’immédiat, sauf que des responsables de Tunis, se déplacent sur les lieux, et écoutent leurs doléances. Au moins, « on s’apercevra qu’on n’est pas oublié », dit Ahlem. Les habitants se disent conscients que personne ne dispose d’une baguette magique pour que tout soit réglé maintenant, mais ils en ont assez d’être négligés, de ne pas trouver une oreille attentive, et des responsables sérieux et déterminés à les sortir de l’ornière.

Ainsi il en va de Nefza, comme de plusieurs autres régions de la Tunisie, vivant sous le joug du triptyque maudit : chômage, pauvreté et maladies psychiques et physiques. Ce mardi, au soir, certains accès de la ville ont été rouverts pour permettre à quelques voitures de regagner la région, demain, le mouvement va reprendre de plus belle, et ne s’arrêtera que lorsqu’un responsable se rende sur les lieux et prenne note des problèmes de la ville et de ses souffrances.

Leur presse (GlobalNet), 17 janvier 2012.


Kairouan : Le délégué d’El Oueslatia renvoyé par des habitants de la ville

Des habitants de la ville d’El Oueslatia (gouvernorat de Kairouan) ont attaqué, aujourd’hui, mardi 17 janvier 2012, le siège de la délégation de cette ville. Ils ont violenté le délégué de la ville qu’ils ont fait sortir du siège de la délégation en lui intimant l’ordre de ne plus y revenir.

Ces habitants estiment que le délégué de la ville n’a pas pris en compte leurs revendications et n’assument pas convenablement sa tache ! Leurs revendications concerneraient l’emploi et le développement de cette localité.

Leur presse (WebManagerCenter), 17 janvier 2012.


Nouveaux sit-ins à Bizerte

On ne peut pas dire que le gouvernorat de Bizerte vit un climat de contestation débridé. À chaque jour suffit sa peine, semble-t-on penser et à des périodes d’intense activité protestataire succèdent des phases d’une bénéfique accalmie.

La journée du mardi 17 janvier a été assez riche en mouvements de fronde.

D’abord, les ouvriers temporaires recrutés dans le cadre des chantiers locaux et qui sont employés par la municipalité de Bizerte ont observé au parc municipal un sit-in qui a duré toute la journée du mardi. Ils ont empêché les engins de quitter les lieux et sont allés jusqu’à « confisquer » le matériel de collecte des ordures ménagères, propriété d’un sous-traitant privé. Ce dernier assure que, dernièrement, il s’est plié à une demande de majoration des salaires. Il a tenu à signaler, en outre, que ces ouvriers temporaires de la mairie inventent toutes sortes d’exigences pour le mettre en difficulté et pour débrayer. Autre surprise de ce mouvement, les ouvriers travaillant au sein de cette société de nettoyage ont eux-mêmes suspendu leur activité exigeant d’être intégrés au personnel municipal et titularisés. Les interventions du président de la délégation spéciale n’ont pas permis de résoudre le problème.

D’autre part, une trentaine de jeunes chômeurs, sans qualification, habitant la Pêcherie, voisine de la cimenterie de Bizerte se sont rassemblés devant l’usine pour demander que l’entreprise « honore les lois du voisinage » en leur procurant un emploi. Cette démarche s’est terminée sans problème après qu’on leur eut expliqué qu’il « faudrait patienter que l’opportunité » se présente.

Leur presse (M. Bellakhal, Investir-en-Tunisie.net), 18 janvier 2012.

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[Ubu roi du Rhône] Misère du spectacle, spectacle de la misère

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« Des SDF, trouvez-moi des SDF ! »

Mardi 4 janvier 2012, le préfet du Rhône M. Carenco s’est rendu en grande pompe à Tassin la Demi-Lune pour l’ouverture d’un centre d’hébergement d’urgence dans le cadre du plan froid.

Gyrophares, escorte policière, Monsieur le Maire, Monsieur le Directeur de la DDCS [Direction Départementale de la Cohésion Sociale], Messieurs les Présidents d’associations, personnalités locales, tout était en place pour une belle opération de communication de la préfecture.

Tout ?

Pas tout à fait…

Il manquait en effet des invités de taille…

Les SDF.

Quelle bourde… On avait pensé à tout, sauf aux SDF…

Le préfet allait se présenter devant les caméras de télévision et les journalistes pour montrer le bien fondé de sa politique de lutte contre l’exclusion dans un centre d’hébergement vide.

Pas un sans-abri à l’horizon.

L’explication de ce lourd dysfonctionnement est toute simple. À Lyon comme ailleurs, la préfecture est à l’image du gouvernement. On travaille dans la précipitation et l’approximation : coups de com’, improvisation et aussi coups de sang.

Le listing des personnes admises dans le centre n’a été communiqué que dans l’après-midi et les partenaires habituels : Samu Social et Croix-Rouge n’avaient pas été prévenus à l’avance de la date exacte d’ouverture.

Dans ces conditions, impossible de dire aux heureux élus qu’ils pouvaient rejoindre le centre d’hébergement d’urgence dans la soirée.

À 18 heures 30, donc, pas de sans-abri dans le centre d’hébergement et le préfet, lui, qui va arriver avec les médias. Panique à bord. Tout le monde est pendu au téléphone afin de trouver des SDF coûte que coûte.

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« De quel droit peut-on dire que le Préfet est nécessairement un salaud ? » (LyonMag.com, 17 novembre 2011)

À 19 heures, la DDCS donne alors la consigne au 115 de réquisitionner tous les SDF disponibles pour remplir le centre devant le préfet et les caméras de télévision.

À 19 heures 30, le Samu Social amène deux familles roumaines trouvées dans la rue.

À 20 heures, la mobilisation tardive ayant enfin produit son effet, le centre refuse du monde. Le préfet et les caméras, eux, sont déjà repartis.

On imagine la tête des partenaires. L’un d’entre eux témoigne : « À 18 heures 30, j’appelle le 115 pour savoir s’il y a des places disponibles, on me répond que non. À 19 heures on me rappelle pour me dire que oui et à 20 heures on me dit que finalement il n’y a plus de place. On nous prend pour qui ? Et les sans-abri ? C’est du grand n’importe quoi. »

L’histoire pourrait s’arrêter là et on pourrait en rire, à défaut d’en pleurer.

Malheureusement, il faut bien que quelqu’un paye les pots cassés. Et oui, en Sarkozie, il faut toujours un coupable que l’on punit. C’est comme ça.

Cette fois encore, ce sont les plus démunis qui vont faire les frais de l’opération.

En effet, un responsable, fou furieux de constater que les personnes qui avaient une place sans le savoir ne s’étaient pas présentées, dira en substance : « Je m’engage personnellement à ce que les personnes qui ne sont pas venues ce soir retournent dans la rue et ne trouvent pas d’hébergement… »

Dans la foulée, le couperet tombe et l’oukaze est transmis : toutes les personnes qui ne se sont pas présentées sont rayées de la liste du centre d’hébergement d’urgence.

C’est brutal, c’est injuste, c’est stupide, mais c’est malheureusement très représentatif des méthodes utilisées actuellement par le pouvoir et ses rouages locaux.

Devant la télévision locale présente pour l’occasion,  le préfet a eu cette citation délicieuse qu’il a injustement attribuée à Michel Mercier, Président du Conseil Général du Rhône et Ministre de la Justice, alors qu’elle est en réalité de Saint François de Sales :

« Le bruit ne fait pas de bien et le bien ne fait pas de bruit. »

Demander aux associations de ramener en urgence des sans-abri dans un centre d’hébergement uniquement pour assurer le plan de communication du préfet, ce n’est pas bien.

Déplacer des sans-abri comme des pions après avoir nié leur existence [Lors d’une conférence de presse, le préfet Carenco a déclaré : « Nous ne laissons jamais personne dormir dehors… Les gens qui contactent le 115 vivent chez un tiers ou dans un squat. Ils ne dorment pas dehors. Vous ne pouvez donc pas écrire qu’ils sont sans-solution ou bien vous mentez ! »], ce n’est pas bien non plus.

Rejeter à la rue des personnes fragilisées, des familles avec des enfants en bas âge, simplement parce qu’elles ne se sont pas rendues à une convocation qu’elles n’ont jamais reçue ce n’est pas bien du tout.

J’espère pour ma part que tout cela fera un peu de bruit.

Blog Mediapart de Philippe Alain, 6 janvier 2012.

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[Lybie] 55 personnes disparues sur la route vers Lampedusa

Nouveau deuil en Mediterranée. La capitainerie du port de Misrata en Lybie a récupéré ce matin un bateau à la dérive au large de Khums. À son bord a été retrouvé le corps sans vie d’un jeune homme. Aucune trace par contre des autres passagers probablement emportés par les courants.

Cette découverte s’est faite au lendemain de l’alarme lancée en Italie par le journaliste de l’édition en langue somalienne de la radio BBC, Aden Sabrie, qui avait reçu un SOS de familles résidant en Italie de quelques-uns des 55 passagers, apparemment tous Somaliens, du bateau à la dérive.

L’embarcation faisait partie d’un groupe de quatre embarcations parties probablement de la côte entre Zlitan et Khums, à l’est de Tripoli, probablement, le 14 janvier. Deux des embarcations (avec respectivement 25 et 90 personnes à bord) ont été secourues le 15 janvier par les gardes-côtes maltais. Le même jour, un troisième bateau avec 72 personnes à bord a été secouru par les gardes-côtes italiens à 40 mile au sud de Lampedusa.

La nouvelle du naufrage vient d’un responsable du port de Misrata qui nous a aussi montré les photos du bateau retrouvé.

Traduit de l’italien (Fortress Europe) sur la liste Migreurop, 17  janvier 2012.

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[Vérité et justice] Mobilisations contre les violences policières Vendredi 20 janvier à Paris et Grasse

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ASSEZ D’INTERPELLATIONS MORTELLES !
ASSEZ D’IMPUNITÉS POLICIÈRES !
ASSEZ DE MASCARADE JUDICIAIRE !

IL FAUT QU’ÇA CESSE !

Un climat de rage gronde dans nos quartiers et dans nos cœurs… et la question qui tourne dans nos têtes : À QUAND LE PROCHAIN EMBRASEMENT DES BANLIEUES ?

Pour celles et ceux qui se sentent concernées et qui vivent les injustices en banlieues dans une indifférence politique générale, c’est l’indignation et la révolte qui hantent nos esprits et qui se transmet de manière irréversible…

Alors qu’en début de semaine on apprenait la mort de Wissam El Yamni (30 ans) à Clermont-Ferrand, survenue une semaine après son hospitalisation consécutive à une interpellation policière datant du 1er janvier 2012 ; Que le lendemain mardi 10 janvier, c’est à Aulnay-sous-Bois qu’un drame similaire arrachait un fils à sa famille et ses proches, lui aussi mort des suites d’une interpellation policière ; Que de nombreuses affaires semblables  traînent depuis des années, que ce soit l’Affaire Ali Ziri, l’affaire Abdelhakim Ajimi, l’affaire Abou Bakari Tandia, l’affaire Mamadou Marega, l’affaire Lamine Dieng… et prennent des tournures juridiques qui font redouter le pire à leurs familles et aux comités de soutien : non-lieu, acquittement, oubli, mépris…

Nous ne pouvons ni rester silencieux, ni rester sans rien faire ! Il faut qu’ça cesse !

Le sentiment d’injustice et d’impunité gangrène les générations des quartiers qui se succèdent… et chaque jour, en ouvrant la radio ou son poste de tv, il devient « banal » d’entendre des commentaires et autres récits journalistiques « de nuits d’échauffourées, de violences ou d’émeutes » vécues dans tels ou tels quartiers… sans qu’on s’émeuve ou qu’on enquête sérieusement sur les raisons et le contexte pour expliquer ces évènements !

L’alliance Médias – Police – Justice se fait alors jour sans complexe, avec ses versions entendues « problèmes cardiaques, connu des services de police, interpellations difficiles, individu violent, délinquant, drogué, suicidaire, les caméras de surveillance n’ont pas fonctionné… » Et que dire du bouclage que subissent les quartiers et leurs habitant-e-s — sorte de punition collective — quand ce type d’injustice frappe !?

On nous plonge dans une atmosphère populiste « de peur et de guerre larvée » : il y aurait d’un côté ceux qui font appliquer la loi et sa justice, et celles et ceux qui l’enfreignent forcément… rendus ainsi naturellement responsables de leur malheur… L’axe du bien n’a pas à prouver son innocence, de même que les habitant-e-s des quartiers restent les éternels fauteurs de troubles, parasites et suspects…

Quand les seules relations sociales qui relie un État à une partie de son territoire à sa population se résument à des rapports policiers et juridiques, quand Impunité rime avec Légitimité du coté de la Police… Nous, de l’autre côté d’la rue, nous devons nous rassembler, nous réunir et nous organiser.

Car qui s’en émeut à part les concernés, les familles, les proches, et des militant-e-s associatifs et politiques ? Et pourtant il ne s’agit pas que de l’affaire des quartiers !

L’actualité juridique concernant certaines affaires, dont l’affaire Ziri et l’affaire Ajimi — dont le procès des policiers responsables de la mort de Abdelhakim Ajimi se déroule du 16 au 20 janvier 2012 à Grasse, doit nous amener, dans les semaines qui arrivent, à nous rassembler, collectifs, associations, organisations, dans un effort collectif de solidarité et d’actions communes et fortes.

C’est pour cela qu’après nous être réunis lors du rassemblement du 14 janvier en soutien à l’affaire Ziri (risque d’un non-lieu… !), nous nous rassemblerons ensemble le vendredi 20 janvier 2012 à Paris — dernier jour du procès dans l’affaire Ajimi — en solidarité à la famille Ajimi qui se bat avec courage depuis 4 ans, pour honorer la mémoire de Hakim, et pour faire entendre nos voix sur le traitement médiatique, juridique et politique de ces affaires.

Nous sommes convaincus qu’il n’y a que le rapport de force politique et médiatique qui fasse de la question des violences policières une réelle question nationale. C’est à cette condition que nous pourrons faire « bouger » ces affaires et infléchir leur traitement juridique, et qu’enfin les familles puissent faire leur deuil.

Assez de paternalisme politique dans ce type d’affaires, nous ne voulons plus de dialogue entre Intermédiaires — que ce soient les soi-disant « Représentants de l’État » ou les « Représentants des banlieues » fantoches et complices.

MOBILISONS-NOUS : POUR DÉNONCER L’IMPUNITÉ POLICIÈRE ET FAIRE ENTENDRE QUE LES COLÈRES GRONDENT ET S’ORGANISENT… NOUS NE RESTERONS PAS SANS RIEN FAIRE !

RETROUVONS-NOUS :

À PARIS vendredi 20 janvier 2012 à 19h Fontaine des Innocents

À GRASSE vendredi 20 janvier 2012 à 12h devant le tribunal de Grasse pour un compte-rendu du procès des responsables de la mort d’Abdelhakim Ajimi ; puis de 14h à 18h dans les locaux de la CGT (11, rue Gazan dans la vieille ville de Grasse)

Contact comité Grasse

Sont actifs dans ces initiatives : comité Ajimi, comité Ali Ziri, comité Lamine Dieng, comité Mamadou Marega, comité Abou Bakari Tandia, membres de Résistons Ensemble, Indignés de Réelle Démocratie Maintenant Paris, PIR, NPA, Alternatifs, Fase, Ni macho ni proxos, ACLEFEU, CRI, MIB34, BAN, Émergences, réseau FSQP, MIB.

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[Procès des responsables de la mort d’Abdelhakim Ajimi] Mardi 17 janvier 2012

Procès des responsables de la mort d’Abdelhakim AJIMI
Communiqué du Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim AJIMI
Mardi 17 janvier 2012

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Après la deuxième journée d’audience, nous notons que :

Le procès se déroule sur la base d’une instruction à charge contre Abdelhakim AJIMI, instruction qui a successivement refusé des témoignages essentiels (dont le médecin du S.M.U.R.). Par conséquent l’audience porte aujourd’hui les carences de cette instruction défaillante.

Il s’agit avant tout d’une inculpation pour « homicide involontaire », et pas seulement pour « non assistance à personne en péril » ainsi qu’on essaie de nous le faire croire. Tout le monde s’accorde sur le fait que Abdelhakim AJIMI a subit un traitement inhumain et ceci dès le début de l’intervention : les deux agents de la BAC sont donc les principaux responsables de la mort d’Abdelhakim ADJIMI. Cette évidence est corroborée par l’expertise du médecin légiste : la cause du décès résulte de l’étranglement et de la compression thoracique prolongés, exercés par les deux agents de la BAC. Des choix ont été faits (interpellation plutôt que convocation, accumulation des méthodes d’immobilisation, appel des pompiers pour le policier blessé mais sans prise en compte de l’urgence concernant Abdelhakim AJIMI…) et doivent être assumés.

Une stratégie semble être à l’œuvre du côté du corps policier : viser la relaxe de l’homicide involontaire. Ce dernier ne doit pourtant pas être écarté, car c’est l’explication évidente de la non-assistance, qui en découle.

— Les avocats des prévenus insistent sur des dysfonctionnements abstraits de l’institution policière, plutôt que sur les responsabilités individuelles.

— Malgré qu’ils soient à l’initiative de l’arrestation, les policiers de la Brigade Anti-Criminalité sont protégés par les autres policiers inculpés (Police Secours et Police Municipale). Ces derniers se rejettent entre eux la responsabilité pour mieux la diluer.

— Les policiers ne réitèrent pas exactement leurs propos initiaux (inscrits dans les procès-verbaux), multipliant leurs contradictions et mettant en lumière les incohérences initiales quant au déroulement de l’interpellation.

— Tous les policiers inculpés prétendent ne pas avoir vu le visage d’Abdelhakim AJIMI, dont l’expression aurait pourtant du les alerter de son état clinique. Ce discours partagé nous semble relever de consignes données préalablement au procès.

— La présence policière dans la salle est massive ; certaines interventions de policiers appellés à la barre sont manifestement teintées de mépris.

— Le juge aide des policiers hésitants à terminer leurs réponses.

Contact : 06 61 47 39 17

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[Vérité et Justice] Témoignage de Blaise, agressé par la BAC d’Agen le 23 avril 2006

LA POLICE NOUS PROTÈGE ? QUI NOUS PROTÈGE DE LA POLICE ?

Appel a soutien au tribunal de grande instance d’Agen, vendredi 10 novembre 2006, à 14h.

Agen, dimanche 23 avril 2006. Une ambiance sympa, des gens tout sourire… Une soirée cabaret à la Baraq’abricot. Blaise, comédien d’une petite troupe de théâtre amateur, vient de jouer un petit spectacle. Le public est joyeux, les enfants enthousiastes. L’ambiance est donc à la bonne humeur…

C’est l’heure du départ pour la troupe et en sortant Blaise aperçoit sur le trottoir un ami, entouré de près par trois personnes. Il lui demande si tout va bien mais l’autre lui répond que « non, ça ne va pas ! »

Inquiet, il traverse la rue et se rapproche du groupe des trois hommes qui entourent son ami. Solidaire, il veut comprendre ce qui se passe, pourquoi ça ne va pas ? Arrivé à la hauteur du groupe, l’ambiance est déjà beaucoup moins bonne. Les trois individus ont une attitude étrange, ils sont distants et menaçants, mais il veut savoir pourquoi son ami est angoissé, et le lui demande. Mais les autres hommes de plus en plus menaçants l’empêchent de répondre et refusent eux aussi de s’expliquer.

Il insiste. Pour lui, il est hors de question de laisser son ami dans cette situation. L’atmosphère est tendue, les regards sont glacés. Les trois hommes prétendent que tout va bien, simulent la décontraction, mais leurs regards les trahissent. Soudain un des trois individus brandit son portefeuille en l’air et crie : « Police ! » Au même instant et de manière bien coordonnée, un des deux autres hommes s’empare fermement du bras droit de Blaise en lui serrant le poignet. En quelques secondes, il se retrouve menotté dans le dos. Il ne comprend rien de ce qui lui arrive. Il ne résiste pas physiquement, mais proteste verbalement, énergiquement, contre ce qu’on est en train de lui faire subir. Mais les trois policiers ne veulent rien entendre et le conduisent vers une voiture de police qui vient d’arriver tous gyrophares allumés. Blaise menotté dans le dos croise son groupe d’amis de la troupe de théâtre, incrédule et sidéré. Tout à coup, surgit derrière lui en lui criant dessus un quatrième policier en uniforme complètement surexcité. Blaise, excédé se retourne et lui répond.

Les choses se gâtent alors pour lui. Les quatre policiers se jettent violemment sur lui, le soulèvent de terre et le jettent dans la voiture. Il se retrouve la tête au sol presque sous le siège avant et les pieds sur la plage arrière, toujours menotté dans le dos. Pendant ce temps là, d’autres policiers en uniforme sont arrivés, et ont entouré le petit groupe de comédiens, choqués par ce qui est en train de se dérouler sous leurs yeux. Blaise essaye tant bien que mal de se redresser. Au bout de plusieurs minutes, il y parvient, il ouvre la portière et sort furieux.

Cinq ou six policiers se jettent très brutalement sur lui, le fauchent, l’insultent et le rouent de coups. L’un d’entre eux attrape sa tête et lui frappe plusieurs fois le crâne sur le bitume, en lui ordonnant de se taire. Il hurle de douleur.

Puis, un autre passe son bras autour de son cou et commence à le serrer très fort pour le faire taire. On parvient encore à entendre quelques cris qui sortent de sa bouche. Cela dure plusieurs minutes. De très longues minutes. Puis, les cinq ou six policiers qui s’acharnent sur lui, le soulèvent de terre, ce qui permet au policier qui l’étrangle de resserrer complètement son bras sur son cou. Plus aucun son ne sort alors de sa bouche. Il est complètement étranglé, ses poumons complètement congestionnés. Déjà durant les minutes précédentes, il avait beaucoup de mal à respirer, mais maintenant il n’a plus d’air du tout, plus rien ne passe, ni dans un sens, ni dans l’autre. Il ne peut ni inspirer, ni expirer. Tout est bloqué. Chaque seconde qui passe est un enfer… Au bout d’une trentaine de très longues secondes d’étranglement total, tous les muscles de son corps se relâchent. Dix secondes plus tard encore, ce sont ses jambes qui se mettent à battre l’air dans tous les sens, en des mouvements compulsifs et incontrôlés.

Au bout d’une cinquantaine de secondes, le policier desserre sa clé…

Blaise est en vie. Il se voyait parti…

Commotionné, il sera emmené au commissariat pour une garde à vue de 18 heures…

Le Collectif Contre les Violences Policières (47) – CCVP47.

Résistons Ensemble.

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[Lyon] La police charge le rassemblement contre les violences policières

Une centaine de personnes s’était réunie ce soir à partir de 19h place du Pont. Au bout de 40mn le petit groupe s’ébranle.

Après un tour dans la Guill’ aux sons de « flics porcs assassins », « police partout justice nulle part », « la police assassine, ni oubli ni pardon » et compagnie, le cortège s’est arrêté quelque temps devant le comico de Jean Macé avec quelques jets de pétards.

Les Baceux se sont alors mis en fin du cortège qui a redémarré direction Saxe, puis des camions sont rapidement arrivés par les côté, les flics en descendant rapidement en mode chaud.

Le cortège a accéléré de manière groupée avant d’éclater dans les petites rues de la Guill’ qui se remplissaient à vitesse grand V de keufs de toutes sortes.

Beaucoup de gens avaient des codes d’allées ou des apparts amis et sont hors de portée de la répression à l’heure qu’il est. Mais effectivement on peut pas exclure que des gens aient été chopés dans le quadrillage final du quartier, affaire à suivre.

Une belle énergie collective en tout cas.

Rebellyon, 17 janvier 2012.


L’État assassine ! Rassemblement
Ici comme en Corée du Nord, la police tue !

Wissam El Yamni est mort, ce lundi 9 jan­vier suite aux bles­su­res occa­sion­nées par des offi­ciers de police la nuit du 31 décem­bre 2011 à Clermont-Ferrand. Le mardi 10 un autre homme, Abdel, mour­rait lors d’un contrôle dans le hall d’un immeu­ble d’Aulnay-sous-bois. Une fois encore la police tue ! Ces « évènements » ne sau­raient être consi­dé­rés comme le résul­tat d’une erreur, d’une « bavure », impu­ta­ble à des indi­vi­dus isolés parmi les forces de police. L’erreur, c’est la police ! Parce que chaque jour, en vue d’assu­rer la paix sociale, elle appli­que une guerre sys­té­ma­ti­que contre le Pauvre/Marginal/Minoritaire. La bavure c’est que la police, par­tout sur le ter­ri­toire, appli­que un ordre néo-colo­nial et main­tient des per­son­nes, parce que stig­ma­ti­sées comme étrangères, sous le règne de la sus­pi­cion. Ces phé­no­mè­nes résul­tent de la fonc­tion même de la Police : le main­tien des rap­ports de domi­na­tions exis­tants, et la mort de ces deux per­son­nes n’en est que l’abou­tis­se­ment sor­dide.

Si la police est le bras armé du racisme, c’est d’abord par ce que l’État fran­çais est une ins­ti­tu­tion raciste. La mise en place de poli­ti­ques de chasse aux béné­fi­ciai­res d’aide sociale et aux immi­gré-e-s, de stig­ma­ti­sa­tions eth­ni­ques, reli­gieu­ses ou« des ban­lieues », rap­pelle que tous les coups sont permis. Il s’agit pour le pou­voir de s’assu­rer que la divi­sion sociale ne se fasse pas entre celui qui pos­sède et celui qui ne peut comp­ter que sur lui (ou pres­que). Tout est fait pour éviter l’entraide, pour acti­ver la peur de l’autre et de la dif­fé­rence. Si l’État devait n’avoir qu’un seul but, ce serait encore et tou­jours celui d’assu­rer la repro­duc­tion des iné­ga­li­tés à tra­vers le temps, et les géné­ra­tions. Les forces de l’ordre sont donc là pour assu­rer la stig­ma­ti­sa­tion et la répres­sion au quo­ti­dien des vic­ti­mes des iné­ga­li­tés économiques et socia­les, pour atti­ser la peur, l’ins­crire dans nos corps et nos esprits… et ainsi éviter que la ques­tion des iné­ga­li­tés ne devienne cen­trale sur la scène publi­que !

Nous n’atten­dons pas que l’État « rende jus­tice » pour les assas­si­nés ! Il n’y a rien à atten­dre de lui. S’il ne condamne pas, et ne condam­nera pas les assas­si­nats c’est parce qu’il en est le com­man­di­taire. Condamner ses flics serait désap­prou­ver leur mis­sion, et par là même ris­quer de perdre leur fidé­lité. Ses flics sont trop néces­sai­res au main­tien de leurs pri­vi­lè­ges pour qu’il prenne le risque de les condam­ner !

Ces crimes ne doi­vent pas rester dans l’ombre, bien que leurs médias les tai­sent pour empê­cher tout acte de soli­da­rité et toute révolte ! Mais il ne s’agit pas de s’indi­gner ou de seu­le­ment dénon­cer les vio­len­ces poli­ciè­res. Il s’agit aussi et sur­tout d’en pren­dre acte pour mieux com­bat­tre l’État et le sys­tème capi­ta­liste qu’il sert.

Qu’elle soit phy­si­que ou sym­bo­li­que la vio­lence est quo­ti­dienne ! Et si nous vou­lons y mettre un terme nous ne devons pas seu­le­ment nous défen­dre face à ses expres­sions les plus visi­bles et évidentes (flics, fachos…), mais atta­quer ses causes pro­fon­des. Et la cause pro­fonde de cette situa­tion est le sys­tème économique capi­ta­liste, qui pour être main­tenu a besoin de divi­ser les opprimé-e-s, en dési­gnant des enne­mis qui seront tour à tour, « le com­mu­niste », « le musul­man », « l’Afri­cain », « le Rrom », en fonc­tion des lubies du pou­voir en place. Pour ce faire, les pou­voirs s’atta­chent ainsi à déve­lop­per le mythe de l’insé­cu­rité, dans un pays où la « cri­mi­na­lité » recule depuis 50 ans, en déve­lop­pant un dis­cours de peur de l’autre. Tout ce qui est dif­fé­rent étant pré­senté comme un danger poten­tiel, à tenir loin du corps social…

Dans nos vies tous les jours c’est le capi­ta­lisme qui assas­sine ! Tuons-le !

Manifestation mardi 17 jan­vier à 19h
place du Pont (Lyon 7e)

Rebellyon, 15 janvier 2012.

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[Mehr Licht] Émeutes de l’électricité à Kamsar (Guinée Conakry)

Un mort en Guinée lors de protestation contre la pénurie d’électricité

Au moins une personne a été tuée lors d’émeutes à Kamsar, dans le nord-ouest de la Guinée, sur fond de colère provoquée par des coupures de courant, rapportent lundi des témoins.

Les autorités guinéennes n’ont pas commenté dans l’immédiat les événements qui se sont déroulés dans cette ville à 300 km au nord-ouest de la capitale Conakry, où est située une importante mine de bauxite appartenant à CBG. La production de la mine est d’environ 13 millions de tonnes par an.

« Les habitants de Kamsar sont en colère et demandent d’être mieux fournis en électricité. Ils disent vouloir être approvisionnés directement par l’électricité de l’usine de bauxite », a confié Mohamed Camara, habitant de la ville.

Selon une personne présente lors des affrontements, des étudiants ont rejoint la protestation et ont fait dégénérer une situation déjà tendue. « Un jeune homme a été tué et quatre autres ont été blessés », a indiqué un témoin.

« Le commissariat et la gendarmerie ont été mis à sac par les manifestants. Les forces de l’ordre ont ensuite réagi », a confié un autre témoin.

Leur presse (Reuters), 16 janvier 2012.

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Émeutes de l’électricité
Guinée : 1 tué et des blessés par balles

En Guinée, des affrontements entre manifestants réclamant de l’électricité et forces de l’ordre ont fait au moins un mort et de nombreux blessés par balles lundi soir. Ces affrontements ont eu lieu à Kamsar localité située à environ 300 km de Conakry sur le littoral.

La cité de Kamsar abrite la plus importante compagnie de Bauxite du pays.

Les manifestants qui exigent de l’électricité s’en sont pris à des édifices publiques comme le siège de la sous-préfecture et la gendarmerie. Ils ont été saccagés et pillés.

Les forces de l’ordre ont fait usage d’armes à feu et de gaz lacrymogène por disperser les manifestants. Trois personnes ont été tuées par balle dont un vieil homme et d’une dizaine de blessés, de sources hospitalières.

Mais les responsables de la sécurité de Kamsar avance le chiffre d’un mort et de cinq blessés.

« Les habitants de Kamsar sont en colère et demandent d’être mieux fournis en électricité. Ils disent vouloir être approvisionnés directement par l’électricité de l’usine de bauxite », a confié Mohamed Camara, habitant de la ville.

Selon une personne présente lors des affrontements, des étudiants ont rejoint la protestation et ont fait dégénérer une situation déjà tendue. « Un jeune homme a été tué et quatre autres ont été blessés », a indiqué un témoin. Mardi, un calme précaire régnait à Kamsar où les forces de sécurité sont déployés.

Les autorités régionales et préfectorales de Boké dont relève Kamsar sont sur les lieux pour appeler la population à la retenue.

Leur presse (AfriScoop.net), 17 janvier 2012.


Aluminium : Émeutes sur le premier site de bauxite de Guinée

La cité minière de Kamsar, dans le nord-ouest de la Guinée, à 300 km de la capitale Conakry, est le théâtre de violence depuis le début de la semaine, a indiqué lundi l’Union des forces républicaines, un parti d’opposition. L’armée est intervenue à la suite d’attaques contre le commissariat de police et les locaux de la sous-préfecture.

À l’origine de ces émeutes, qui ont fait au moins un mort, l’accès à l’électricité. Au moment de l’implantation de l’usine de bauxite, des compteurs avaient été vendus aux habitants afin qu’ils aient également accès à l’électricité. Mais aujourd’hui, les coupures de courant sont fréquentes, malgré la flambée des tarifs, rapporte la presse locale.

Les installations appartiennent à la Compagnie des Bauxites de Guinée, une filiale d’Alcoa, le numéro un mondial de l’aluminium. Au niveau mondial, 8% de la bauxite est produite en Guinée, dont plus de la moitié dans la mine de Kamsar.

Leur presse (ZoneBourse.com), 17 janvier 2012.


Guinée : une manifestation contre les délestages à Kamsar, 1 mort et des blessés

Une personne a été tuée et sept autres blessées, dont quatre dans état grave, lors d’ne manifestation contre les délestages survenue lundi à Kamsar, ville du nord-ouest de la Guinée, a-t-on appris mardi de sources concordantes.

Des témoignages recueillis par Xinhua auprès de certains habitants de Kamsar font cas de l’intervention « musclée » des forces de l’ordre qui voulaient disperser les manifestants. Les manifestants ont saccagé les locaux du commissariat et de la gendarmerie de Kamsar.

Les griefs des populations porteraient sur le fait que la société privée dénommée « SMS kakandé » chargée de fournir du courant à cette zone de Kamsar a rompu ses prestations, après avoir « gonflé » ses facturations.

Kamsar est une cité minière située en Basse Guinée, abritant la Compagnie des bauxites de guinée (CBG). Dans cette localité scindée en deux, la partie industrielle, habitée par les cadres de l’usine serait la mieux cotée, avec tout le confort matériel d’une cité digne de nom, contrairement à l’autre partie dénommée Kamsar « village » où vivent des populations autochtones et autres allogènes attirés par l’Eldorado que constitue généralement les unités industrielles aux yeux des gens en quête d’emploi.

Leur presse (Xinhua), 17 janvier 2012.


Kamsar : Émeutes électriques meurtrières

Ces derniers temps, les autorités guinéennes disent œuvrer en faveur d’une meilleure desserte du courant électrique. Et il est vrai que quelques signes d’amélioration sont perceptibles dans la capitale guinéenne. Cependant, les problèmes avec cette denrée, plutôt de luxe en Guinée, perdurent. En témoignent les émeutes qui ont émaillé la ville de Kamsar, hier lundi 16 janvier 2012. Les jeunes de cette localité avaient décidé de se faire entendre, en raison des défaillances constatées dans la fourniture du courant aux quartiers environnant la cité CBG par la société SNS. Une situation qui les aurait d’autant plus inquiétés que dans moins d’une semaine, c’est le lancement de la Coupe d’Afrique des Nations (CAN), à laquelle le Syli national de Guinée. Mais ils auront la malchance d’avoir en face, à un moment donné du processus de la manifestation, des soldats qui, manquant de sérénité, la gachette facile, ont tiré dans le tas, entrainant une victime…

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Jusqu’ici, l’un des plus mémorables événements caractéristiques de la pénurie du courant électrique en Guinée sous le règne du président Alpha Condé, demeurait la prise en otage par la jeunesse du quartier Coronthie, du ministre d’État en charge de l’énergie et le l’environnement.

Désormais, on a l’épisode de la jeunesse de Kamsar. En effet, ce lundi, plus d’une centaine de jeunes de cette sous-préfecture qui abrite le port minéralier de la plus grande société minière du pays, avaient décidé d’exprimer leur ras-le-bol face à une dégradation sensible de la fourniture du courant électrique dans le village. En fait, il faut préciser que dans cette sous-préfecture, on a « la cité » et « le village ». Nuance ! La cité étant le logement des employés de la CBG, et le village regroupant les populations qui n’en font pas parties.

De tout temps, ce village s’est plaint du peu de considération qui lui est accordée. Et cette dernière protestation est à inscrire dans cette logique. Face aux multiples manifestations pour une desserte plus régulière du courant, l’État guinéen et la CBG ont de commun accord décidé de miser sur une société dénommée SNS. Il était question que cette société sur la base d’une subvention versée par l’État fournisse le courant électrique. Seulement, cette promesse n’aurait pas été honorée. Du coup, non seulement la qualité de la fourniture du courant par la SNS en a été affectée, mais les prix aussi galopé. Après tout, il ne fallait que la société fonctionne à perte !

Et de fil en aiguille, les populations ont été exaspérées. C’est cette terrible frustration que la jeunesse a tenu à exprimer. Animés d’une furie dévastatrice, les manifestants se sont attaqués et ravagé commissariat de police et gendarmerie. Et ils menaçaient de s’en prendre à des installations de la Compagnie des Bauxites de Guinée (CBG), quand les autorités, craignant le pire, ont demandé l’intervention de l’armée basée à Boffa. Une intervention qui aura donc coûté la vie à un des manifestants et fait de nombreux blessés. Malheureusement.

Leur presse (Momo Soumah, GuineeConakry.info), 18 janvier 2012.


Guinée : Au moins un mort dans des violences liées aux coupures de courant

Au moins une personne a été tuée par balle et une trentaine d’autre blessées, lors de la répression d’une manifestation contre les coupures d’électricité à Kamsar, à 300 km au nord-ouest de Conakry, a appris l’AFP mardi auprès de témoins et de la police.

Des bâtiments de la police et de la gendarmerie ont également été saccagés lors de ces troubles qui ont éclaté lundi.

Selon un responsable de la Compagnie des bauxites de Guinée (CBG), qui a requis l’anonymat des tirs de militaires sur des manifestants ont « fait au moins un mort par balle », un jeune homme décédé des suites de ses blessures.

La CBG, la plus importante société du secteur minier en Guinée, basée à Kamsar, fournit de l’électricité à ses habitants.

Les autorités locales ont fait appel à l’armée pour « mâter les manifestants », a dit Amara Bangoura, un habitant de Kamsar.

« Au moins 33 jeunes et des éléments des forces de l’ordre ont été blessés » pendant ces violences, a déclaré un autre habitant, Seydouba Bangoura.

Des centaines de manifestants, en majorité des élèves, se sont spontanément mobilisés au centre-ville de Kamsar pour crier leur ras-le-bol » en « jetant des cailloux sur les véhicules administratifs et les édifices publics », a dit la même source.

Le commissariat de police et le poste de gendarmerie de la ville ont été saccagés par les manifestants qui ont également brûlé des véhicules en stationnement dans la cour de la gendarmerie, a expliqué un officier de police peu après l’annonce de la mort du jeune homme.

Les coupures d’eau et d’électricité sont récurrentes en Guinée depuis l’indépendance du pays en 1958. [sic]

Leur presse (Agence Faut Payer), 17 janvier 2012.

Publié dans General, Luttes pour la terre | Marqué avec , | Commentaires fermés sur [Mehr Licht] Émeutes de l’électricité à Kamsar (Guinée Conakry)

[Vive l’Azawad libre !] Première action d’éclat de la rébellion touareg à Menaka – la Mafiafrique réplique en bombardant la ville

Reprises des hostilités militaires en territoire Azawad

Après plusieurs années, et encore ces derniers mois, le Mouvement touareg a multiplié les efforts pour créer un dialogue constructif avec les autorités maliennes avec la participation de la communauté internationale pour amener la paix, la stabilité, le développement et la sécurité dans les régions touarègues. Nous avons largement informé les partenaires occidentaux du Mali et certains pays de la Sous-région de la situation que vit notre Région du Nord du Mali. Mais nous n’avons cessé de nous heurter a un refus répété de dialogue de la part des Autorités maliennes à nos demandes de trouver une issue positive qui puisse satisfaire les parties en conflit. Les autorités de Bamako se sont entêtées au cours des ces années à refuser de renouer le dialogue.

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Pour bien montrer leur rejet de tout dialogue, les autorités de Bamako ont envoyé ces derniers jours plusieurs centaines, voire plus d’un millier de soldats dans le Nord du Mali avec les derniers équipements acquis ces derniers mois par l’armée malienne, ainsi que des chars et des avions de guerre. Ces déplacements massifs de troupes, qui inquiètent les populations civiles, ont été reçus par le Mouvement comme une invitation à la  guerre de la part des autorités maliennes.

Finalement Bamako a créé une fois de plus toutes les conditions pour une reprise des hostilités militaires. Pour se protéger et ré-occuper progressivement l’espace de l’Azawad et aussi répondre à la provocation de Bamako, des hommes de l’Etat major du Mouvement national de libération de l’Azawad ont choisi d’engager leur vie. C’est dans ce contexte qu’ont démarré ce matin les actions militaires enregistrées en territoire de l’Azawad, à Ménaka. Après de très violents combats à l’arme lourde, la ville de Ménaka est sous contrôle depuis quelques heures sous le commandement militaire du Mouvement. On ne déplore aucun blessé du côté des civils dans cette opération réfléchie qui a été un grand succès pour le Mouvement. Des actions militaires importantes du Mouvement National de Libération de l’Azawad continueront tant que Bamako ne reconnaîtra pas ce territoire comme une entité à part. Ces actions militaires sont aussi un appel à la communauté internationale : tant qu’elle ne s’impliquera pas effectivement pour une résolution durable de ce conflit qui n’a que trop duré, les mêmes causes produiront les mêmes effets.

Ces actions n’ont d’autre objectif que de gagner la Paix et la Justice pour la Communauté de l’Azawad et la stabilité pour notre Région.

Le 17 janvier 2012.
Le Porte Parole, Chargé des Relations Extérieures du Mouvement (MNLA).
Hama Ag Sid’Ahmed


L’« information » officielle du journaliste-agent des services français :
Mali : l’armée repousse des rebelles touareg, premiers combats depuis leur retour de Libye

BAMAKO — Des affrontements ont éclaté mardi dans le nord du Mali entre l’armée et des Touareg, les premiers depuis le retour de centaines de ces ex-rebelles armés, qui avaient été accueillis par le leader libyen Mouammar Kadhafi et avaient combattu à ses côtés avant sa chute.

Ces combats illustrent l’insécurité grandissante dans l’immense territoire désertique qu’est le nord malien, où opère déjà Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) qui y a installé des bases d’où elle « rayonne » dans plusieurs pays du Sahel, enlevant en particulier des Occidentaux.

Les affrontements ont éclaté près et dans la ville de Ménaka (nord-est), non loin de la frontière avec le Niger, et ont duré plusieurs heures. L’intervention d’un hélicoptère de l’armée malienne qui a bombardé les rebelles a apparemment provoqué l’arrêt des combats.

« Un hélicoptère de l’armée a bombardé une position “des bandits armés” à Ménaka. Deux de leurs véhicules sont calcinés. Ils ont pris la fuite. Du renfort se dirige sur les lieux », a affirmé une source militaire à Gao, ville située à l’ouest de Ménaka et où siège l’état-major de l’armée malienne pour cette région.

« Nous avons arrêté quatre “bandits armés” au cours de notre risposte. Certains sont légèrement blessés », a de son côté déclaré le lieutenant Habib Togola, de l’armée malienne. « Nous contrôlons la ville. Nous avons des renforts qui se dirigent vers Ménaka », a-t-il ajouté.

De sources concordantes, les rebelles qui étaient entrés un moment dans Ménaka, se sont repliés à deux kilomètres de la ville, dans une zone boisée.

Une partie du réseau téléphonique mobile a recommencé à fonctionner, après avoir été coupé mardi matin par les rebelles, a indiqué un habitant.

L’armée a renforcé sa présence dans le nord du Mali la semaine dernière, en concentrant plusieurs centaines d’hommes à Tinzawaten, localité située à la frontière avec l’Algérie.

Retour dans l’Azawad

En accédant à cette localité, elle est passée par la zone montagneuse de Zakac où étaient installés des rebelles touareg qui ont alors abandonné leurs positions et se sont éparpillés en trois groupes, dont l’un est à l’origine de l’attaque de Ménaka, selon une source indépendante.

Des centaines de Touareg lourdement armés sont rentrés après le conflit ayant abouti à la chute de Mouammar Kadhafi l’an dernier.

Certains ont intégré le processus de paix offert par le gouvernement du président malien Amadou Toumani Touré, mais d’autres sont toujours retirés dans les montagnes du désert.

Parmi les Touareg qui ont repris les armes, figurent des hommes rentrés de Libye, des officiers déserteurs de l’armée malienne, des combattants du groupe d’Ibrahim Ag Bahanga, ex-chef rebelle mort en 2011 dans un accident de voiture, et ceux d’Iyad Ag Ghaly, figure de l’ex-rébellion des années 1990, devenu un moment artisan de la paix et négociateur dans la libération d’otages européens.

Communauté nomade d’environ 1,5 million de personnes, les Touareg, membres de diverses tribus, sont répartis entre le Niger, le Mali, l’Algérie, la Libye, le Burkina Faso. Des rébellions ont touché le Mali et le Niger dans les années 1990 et au début des années 2000, avec une résurgence de 2006 à 2009.

À la fin de ces rébellions qui combattaient pour la reconnaissance de l’identité touareg, voire pour la création d’un État, de nombreux militants et combattants sont partis en Libye où ils ont été accueillis par le régime de Mouammar Kadhafi, nombre d’entre eux étant intégrés dans ses forces de sécurité.

Avec la chute de Kadhafi, ces hommes sont retournés avec leurs armes dans le nord du Mali, plus particulièrement dans la région de l’Azawad, berceau des Touareg, situé entre l’ouest et le nord du Mali, entre Tombouctou et Kidal.

Si une aile politique de la rébellion Touareg existe, représentée par le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), aucune figure ne s’en détache, et elle n’a pas de réelle emprise sur les combattants armés. [sic]

Leur presse (« Serge Daniel », Agence Faut Payer, 17 janvier 2012)


Et pendant ce temps les narcotrafiquants d’État tentent de faire oublier un malencontreux accident d’avion :
Affaire Air cocaïne : Menace de poursuite judiciaire sur Tènè Issabéré

L’affaire Air cocaïne qui a défrayé la chronique, à Bamako, refait surface, selon des sources proches du dossier. C’est l’ancienne directrice de l’Agence nationale de l’aviation civile qui serait la principale visée. Arrêtée, puis libérée dans des conditions rocambolesques dans cette affaire de « Air Cocaïne », Madame Sanogo Tènè Issabéré, directrice de l’ANAC (Agence nationale de l’aviation civile) ne dort plus, selon des sources proches de la femme.

Devenue très impopulaire dans ses prises de décisions, elle a mis l’ANAC à genou. Son remplaçant Touré peine à trouver ses marques. Lui aussi serait pire que Issabéré dans les prises de décisions malhabiles.

Dans l’affaire « Air cocaïne » où elle est impliquée, des voix commencent à s’élever pour qu’un procès puisse avoir lieu.

On apprend qu’elle est soutenue par un ministre de la République qui aurait beaucoup mangé dans l’Affaire.

Justement, dans l’affaire de « Air cocaïne », il faut rappeler que Madame Tènè Issabéré a été entendue et écrouée dans les locaux de la Sécurité d’État. Elle y aura passé trois jours avant de bénéficier de la liberté provisoire. Or, selon des indiscrétions, Issabéré aurait apposé sa signature sur un document contresigné par le ministère de la Défense conformément aux règles régissant l’aviation civile pour autoriser un avion à atterrir chez nous.

De constat, un avion ne peut atterrir dans notre pays sans son accord et elle doit être avisée 72 heures à l’avance. Au niveau de certaines autorités, on dit qu’elle ne savait pas si l’avion contenait de la drogue. Mais d’autres sources impliquent nos services secrets. Pour les juristes, en tenant compte de la responsabilité morale, on peut inculper Madame Tènè Issabéré puisqu’en tant que directrice de l’ANAC, elle n’a pas le droit dire qu’elle ne savait pas. Cette faute professionnelle très grave, selon certains, doit être sanctionnée et traduit le malaise de l’administration malienne. Y a-t-il eu complaisance en faveur de Issabéré ?

En attendant ce rebondissement dont on parle tant, nul ne sait si l’ancienne directrice sera de nouveau incarcérée.

Leur presse (Oumar Ouattara, Le Matinal, 17 janvier 2012)

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« Bettencourt, Karachi, bouclier fiscal : qui sont les fraudeurs et les parasites ? »

Plusieurs agences Pôle Emploi occupées à la veille du sommet social

Plusieurs agences Pôle Emploi ont été momentanément occupées mardi notamment à Lyon, en Bretagne ou en région parisienne, par des militants de différentes organisations dont les Indignés, à la veille d’un sommet social organisé par l’Élysée.

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Rennes

Des locaux de Pôle Emploi à Clichy-La-Garenne (Hauts-de-Seine), Nice, Rennes, Quimper ou Lyon ont été investis, selon différentes sources. Au total, une dizaine d’agences ont été concernées sur environ 900 agences en France, selon un décompte effectué par l’AFP.

À Toulouse, une vingtaine de personnes se sont réunies devant une agence du centre ville, provoquant sa fermeture, a rapporté Thomas Domenech, syndicaliste CGT.

À Bordeaux, une trentaine de personnes — syndicalistes, militants du Front de gauche et d’Europe-Écologie-Les-Verts, membres d’associations de chômeurs —, ont tenté d’occuper une agence mais en ont été empêchés par un cordon de policiers, a constaté un journaliste de l’AFP.

Depuis quelques jours, un appel à « occuper Pôle Emploi » a été relayé sur internet par des associations de chômeurs, d’altermondialistes, d’intermittents et du mouvement des Indignés. Ces mouvements ne sont cependant pas coordonnés et l’origine de l’appel reste inconnu.

Face à cette menace, la direction de Pôle Emploi a placé un agent de sécurité devant chaque agence d’Ile-de-France, a indiqué à l’AFP un porte-parole de l’organisme public.

En plus des vigiles, certaines agences ont annulé leurs entretiens prévus avec des demandeurs d’emploi, selon un syndicaliste.

Des précautions jugées « disproportionnées », selon M. Domenech car les éventuels envahissements étaient avant tout « symboliques ».

L’appel n’a d’ailleurs pas été suivi « massivement », a reconnu un porte-parole du collectif les Désobéissants même s’il « est de nature à relancer la dynamique pour la présidentielle ».

Néanmoins, dans ce contexte, les associations de chômeurs, qui demandent à participer au sommet social de mercredi, ont obtenu d’être reçues mardi par le cabinet du ministre du Travail.

« Nous avons fait un tour des problèmes que rencontrent les chômeurs » et fait part de « nos revendications », notamment l’augmentation immédiate des minima sociaux, a raconté à l’AFP Jean-François Yon, délégué fédéral du Mouvement national des chômeurs et précaires (MNCP).

« Il était important pour nous de faire un coup de projecteur sur les organisations de chômeurs » qui sont toujours tenues à l’écart des grandes échéances les concernant, selon lui.

Nicolas Sarkozy réunit mercredi les partenaires sociaux pour leur présenter un bouquet de réformes sur l’emploi, face à la montée du chômage, qui a atteint son plus haut niveau depuis 12 ans.

Leur presse (Agence Faut Payer), 17 janvier 2012.


[Rennes] Pôle emploi Fréville occupé par des chômeurs et précaires

L’agence Pôle emploi Fréville, située boulevard Albert 1er à Rennes, a été occupée ce mardi par une trentaine de militants du Mouvement chômeurs et précaires en lutte et des Indignés de Rennes.

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« Pôle emploi occupé, chômeurs, défendez-vous. » Ou encore : « Bettencourt, Karachi, bouclier fiscal : qui sont les fraudeurs et les parasites ? » L’agence Pôle emploi Fréville, située à deux pas de l’avenue du même nom, à Rennes, a revêtu des habits de forum des luttes.

Une trentaine de militants du Mouvement chômeurs et précaires, ainsi que des Indignés de Rennes, ont occupé ce mardi du matin jusqu’à 17h les locaux de l’agence publique, sans entraver les démarches des usagers. Leur mot d’ordre : dénoncer les conditions de vie des chômeurs. Ils sont partis du métro République à 10h, sans annoncer le lieu vers lequel ils se dirigeaient jusqu’au dernier moment pour éviter que « l’agence ne soit fermée avant [leur] arrivée ».

« Radiations arbitraires »

Arrivés sur place, ils ont tenu une assemblée générale. Le directeur est resté à les observer, en les laissant discuter. Les chômeurs ont pris la parole à tour de rôle. L’un d’entre eux a dénoncé des « centaines de milliers de radiations arbitraires », des chiffres du chômage « sous-évalués dans la presse officielle ». Un autre a critiqué une politique qui rend les conseillers de Pôle emploi soumis à des pressions managériales. Une mère de famille a déploré le fait de ne pas pouvoir se rendre aux rendez-vous le mercredi car elle n’avait pas la possibilité de venir à Pôle emploi avec son enfant.

Un appel a été lancé en amont dans plusieurs grandes villes de France, sur les réseaux sociaux notamment, pour occuper des agences Pôle emploi. La date n’a pas été choisie au hasard. Un sommet « qualifié cyniquement de social », d’après le mouvement, doit se tenir demain, mercredi, à Paris, à l’initiative du gouvernement.

Leur presse (Le Mensuel de Rennes), 17 janvier 2012.


[Lille] Manifestations dans les agences Pôle Emploi

Ce matin, à la veille du sommet social sur l’emploi qui se tient demain à Paris, le collectif Agir contre le chômage ! a fait entendre sa voix dans l’agence Pôle Emploi de la rue de Condé.

« Dans la région, il y a 400’000 chômeurs et 150’000 allocataires RSA… Ça nous fait 600’000 solutions à trouver pour résoudre cette crise, explique Serge Havet, président du collectif. Lorsqu’il y a une catastrophe, on met en place un plan d’urgence, un plan rouge. C’est ce que nous voulons pour cette catastrophe-là. »

Dans une autre agence, boulevard de la Liberté, les Indignés ont occupé les locaux, contraignant la direction à fermer l’agence.

Leur presse (Nord Éclair), 17 janvier 2012.


[Quimper] Une manifestation devant une agence Pôle emploi

Une quinzaine de personnes manifestent ce mardi matin devant l’agence Pôle emploi de Ti Douar, à Quimper. À la veille du sommet social, plusieurs associations, partis et syndicats ont appelé à manifester devant les agences de Pôle emploi. À Quimper, ce sont les Indignés qui ont lancé le mouvement.

Les manifestants dénoncent dès à présent des mesures à venir qui, selon eux, imposeraient « aux travailleurs une flexibilité à outrance ».

À noter que le rassemblement n’empêche pas l’accès à l’agence pour les demandeurs d’emploi.

Leur presse (Ouest France), 17 janvier 2012.


[Clichy-la-Garenne] À Pôle Emploi, « de plus en plus de demandeurs et de moins en moins de moyens »

Il ne sont qu’une trentaine rassemblés au pied de la statue formée d’horloges située aux abords de la gare Saint-Lazare. Quelques Indignés, des militants de l’Alternative révolutionnaire socialiste (ARS)-Combat, une organisation communiste révolutionnaire, des membres du Parti de gauche et du Front de gauche ou encore quelques chômeurs et précaires venus de leur propre chef : le petit attroupement est on ne peut plus disparate. Il s’est formé là à 14 heures pour répondre à l’appel « Occupons Pôle Emploi », lancé initialement par quelques Indignés en Gironde et devenu un mouvement national présent à Rennes, Lyon ou encore Toulouse.

Xavier Renou, porte-parole du collectif les Désobéissants, jongle entre les interviews données à des journalistes venus en masse et les coups de fil passés pour organiser la suite du mouvement. Il est le seul, semble-t-il, à connaître la suite des événements. « Je suppose qu’il est prévu d’aller occuper un Pôle Emploi, mais je n’ai aucune certitude », confie Pedro, un chômeur de 28 ans qui, malgré un bac+5 en audiovisuel, enchaîne les petits boulots alimentaires faute de mieux. « Moi je suis surtout venu voir qui est motivé par une action des chômeurs. Une occupation, c’est pour alerter, mais il faudrait un vrai mouvement de chômeurs », estime-t-il.

« À la rencontre des agents »

Au bout d’une trentaine de minutes et quelques tergiversations, le cortège s’engage discrètement et par petites vagues dans le métro. Direction l’agence Pôle Emploi de Clichy (Hauts-de-Seine). L’occupation des locaux se fait sans violence. Xavier Renou prend la parole haut et fort pour dénoncer la politique de maintien d’un haut niveau de chômage adoptée par le gouvernement, dont le discours de promotion de l’emploi serait « hypocrite ». D’autres participants tentent d’entrer en discussion avec les conseillers de l’agence et sa direction. Car c’est bien là l’autre objectif de cette action : « aller à la rencontre des agents de Pôle Emploi », comme l’expliquait Renou dans une précédente interview.

Patrice, conseiller Pôle Emploi depuis plus de vingt ans, accueille plutôt bien cette intrusion sur son lieux de travail. « C’est Claire Villiers, une ancienne de l’ANPE, qui a créé le collectif Agir contre le chômage », tient-il à souligner, comme si ce seul fait était la preuve que les revendications des chômeurs et celles des agents de Pôle Emploi étaient directement liées.

« Aujourd’hui, on n’a ni les moyens ni le temps de bien accompagner les demandeurs d’emploi, explique sa collègue Fanny. Normalement, on devrait s’occuper de 70 demandeurs, mais moi aujourd’hui je suis le dossiers de 350 d’entre eux. » Pour autant, elle désapprouve l’initiative d’occupation qui a été lancée : « Il y a mieux comme action. Là, on nous empêche de travailler et on oblige les demandeurs d’emploi à revenir demain. Je sais que ce n’est pas lancé pour nous nuire, mais ce n’est pas la bonne méthode », estime cette conseillère en poste depuis quatre ans.

« Action trop disparate »

Les syndicats des agents de Pôle Emploi sont d’ailleurs restés absents de cette journée. Contacté plus tôt dans la matinée, le syndicat national unitaire (SNU), majoritaire, expliquait qu’il avait jugé « l’action trop disparate et avec trop d’inconnus » parmi les participants. « Les interlocuteurs les plus crédibles, comme le MNCP (Mouvement national des chômeurs et précaires) ou l’APEIS (Association pour l’emploi, l’insertion et la solidarité des chômeurs et travailleurs précaires), n’étaient pas les plus engagés », ajoutait Jean-Charles Steyger, du bureau national.

Ces associations, rassemblées sous la bannière des « Raisons de la colère », préféraient agir de leur côté. Ils étaient reçus ce mardi après-midi par le cabinet de Xavier Bertrand pour présenter leurs revendications.

Leur presse (Marion Garreau, Libération), 17 janvier 2012.

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[Lyon] Revendications de l’action Pôle Emploi

Liste de reven­di­ca­tions trans­mise par fax au Conseil régio­nal, au Ministère du travail, au commis­sa­riat aux soli­da­ri­tés acti­ves contre la pau­vreté et à la jeu­nesse et enfin à la Direction du tra­vail

Nous chô­meurs/chô­meu­ses, pré­cai­res, occu­pant à la date du 17 jan­vier 2012 le PPTC du Rhône, exi­geons la satis­fac­tion des reven­di­ca­tions sui­van­tes :

— Arrêt immé­diat des radia­tions.

— Main­tien des indém­ni­sa­tions jusqu’au retour à l’emploi.

— Retrait du ser­vice de tra­vail obli­ga­toire de 7h pour les allo­ca­tai­res RSA.

— Sup­pres­sion du 3949.

— Droit à l’indem­ni­sa­tion quel­ que soit le motif de rup­ture de contrat.

— Droit à l’indem­ni­sa­tion au primo-deman­deurs-euses d’emploi et aux per­son­nes étrangères.

— Annu­la­tion des exi­gen­ces de rem­bour­se­ment de trop perçu géné­rés par Pôle Emploi.

— Prime de Noël de 500 eu­ros pour tous et toutes : moins de 25ans, per­son­nes sans emplois et en fin de droits, per­son­nes sans salai­res ni indem­ni­tés.

— Pro­po­si­tions de plu­sieurs convo­ca­tions en cas de non dis­po­ni­bi­li­tés des deman­deurs-euses d’emploi.

Nous conti­nue­rons à nous mobi­li­ser jusqu’à satis­fac­tion de nos reven­di­ca­tions et plus encore.

Collectif d’occu­pa­tion du 17 jan­vier 2012.

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[Vérité et Justice] Comment les bacqueux Lebeaupin et Moinier ont tué Hakim Ajimi le 9 mai 2008 à Grasse

Asphyxie d’Hakim Ajimi : vision divergente des policiers et des témoins

Hakim Ajimi, mort par asphyxie lors d’une interpellation violente, était « rouge de rage » et « très vivant », se sont défendus mardi deux policiers accusés d’homicide involontaire. Mais des témoins ont évoqué l’aspect physique inquiétant, puis inerte, de la victime.

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Au deuxième jour d’un procès devant le tribunal correctionnel de Grasse, policiers et témoins sont rentrés mardi dans le vif du sujet, pour reconstituer les événéments qui ont conduit à la mort d’Hakim Ajimi le 9 mai 2008, dans un laps de temps très court.

Les deux agents de la brigade anti-criminalité (Bac) diligentés pour cueillir Hakim dans une rue de Grasse, après une altercation avec son banquier, ont détaillé une bagarre d’une grande violence.

Le jeune homme « se rebelle immédiatement » lorsque les policiers lui demandent de venir au commissariat, a raconté le brigadier-chef Jean-Michel Moinier, 42 ans, blessé à l’épaule au début de la bagarre. Très vite, ils tentent de le menotter aux mains, puis aux pieds.

Les rapports d’expertise médicale conclueront que le décès est dû à une lente asphyxie mécanique, résultat d’une compression thoracique et d’une clef d’étranglement au cou pratiquée par les deux policiers avec trop de force et durant trop longtemps.

« J’ai souvent changé de position » à califourchon, appuyé sur les lombaires, les fesses et les omoplates de la victime, tantôt avec une main tantôt avec un genou, détaille Jean-Michel Moinier.

« Je relachais immédiatement si l’individu se calmait », assure-t-il. Il a aussi donné un ou deux coups de poing au rebelle, mais dit n’avoir jamais constaté de signes de détresse chez Hakim.

« À la fin de l’intervention, M. Ajimi était vivant, il m’a craché dessus, il a crié », décrit l’agent qui se fait remplacer avant la toute fin de l’interpellation pour aller faire soigner son épaule auprès des pompiers.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1325395876.pngQuant à son partenaire, le gardien de la paix Walter Lebeaupin, 37 ans, il a opéré pendant le pugilat « une clé de maintien au cou ».

« À aucun moment je n’ai vu l’état de santé de M. Ajimi », estime le policier, en désaccord avec les conclusions de l’expertise médicale. « À aucun moment, je le vois bleu ou violet, je le vois rouge de colère. »

Plus tard, il transportera Hakim jusqu’à une voiture de police-secours, secondé par un policier municipal arrivé en renfort, et dit avoir « senti son souffle ».

Pourtant, plusieurs témoins appelés mardi soir à la barre évoquent la couleur violacée ou bleue du visage du jeune homme, signe d’un manque d’oxygène. Car très vite un petit attroupement s’est formé.

Un agent municipal, venu réguler la circulation, confirme qu’Hakim gesticulait par terre mais était « violet » au moment où il est relevé.

À ce moment, « il n’était pas en très bon état, sa tête pendait, il avait l’air mou comme une guimauve », disent des témoins, dont des policiers. Un autre crie à un moment « il ne bouge plus, il est mort ».

Le jeune homme est transporté, ses pieds menottés traînant à terre, dans la voiture de police-secours. Son corps glisse alors jusqu’au sol à l’arrière de la voiture et c’est ainsi que quatre agents de police-secours — accusés aujourd’hui de « non-assistance à personne en danger » — l’emmeneront immédiatement, sans le redresser.

Hakim ne bouge pas, mais une stagiaire fait état de flatulences dans la voiture, symptôme d’un corps qui se relâche avant la mort. Ce n’est qu’à l’arrivée, en moins de deux minutes, qu’ils disent s’apercevoir de son état et de son visage bleu, mais il est déjà mort.

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« Je ne comprends pas : aucun policier n’a vu son visage. Il a été transporté comme un paquet ! », s’insurge Henri Leclerc, l’un des avocats de la famille Ajimi.

Leur presse (Agence Faut Payer), 17 janvier 2012.

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