[UGTT=RCD] Les sit-in continuent dans le bassin minier (silence médiatique et militant presque total)

L’activité du transport ferroviaire de phosphate, des marchandises et des voyageurs est en forte baisse à cause du retour aux mouvements de protestation dans le bassin minier et notamment à Zanouche (Délégation Senad). « Les opérations de transport du phosphate commercial des unités de la compagnie des phosphates de Gafsa (CPG) à (Redayef, Om Larayes, El M’dhilla, Kef Eddour) vers les usines du groupe chimique Tunisien (GCT) et les ports de Gabès et Sfax sont paralysées depuis près d’une semaine », a indiqué à TAP une source de la direction régionale de la Société Nationale des Chemins de Fer Tunisiens (SNCFT).

« L’activité du transport du phosphate est actuellement limitée au chargement de quantités déterminées de ce produit à partir de Métlaoui en direction de Gabès », précise la même source.

Le retour, depuis la semaine dernière, aux mouvements de protestation des ouvriers des sociétés environnementales dans le bassin minier, a provoqué notamment un arrêt de l’activité de l’usine de M’Dhilla, relevant du GCT, et un manque d’approvisionnement en eau de la plupart des unités de lavage de la CPG.

La quantité journalière de chargement du phosphate à partir de Gafsa, destinée à l’exportation ou à la production des engrais chimiques, est, depuis une semaine, de l’ordre de 8 mille tonnes contre 20 mille tonnes en temps normal.

Le trafic des marchandises et des passagers, connaît également, une paralysie totale à partir de Tozeur, à travers Gafsa, vers Sfax et Tunis, en raison des sit-in observés par des chômeurs depuis plus d’une semaine, à la station de transport ferroviaire à Zanouche, selon la même source.

La SNCFT enregistre des pertes financières estimées à près de 120 mille dinars par jour à cause de ces perturbations (baisse ou arrêt total de l’activité).

Publié par des ennemis de la révolution (African Manager, 13 mars 2012)


Pour rappel :

Les protestataires exigent l’annulation des résultats du concours et la prise en compte des conditions sociales dans les critères d’emploi. Ils demandent des « solutions sérieuses » pour endiguer le chômage dans le bassin minier, théâtre d’émeutes en 2008 et de contestation épisodique depuis.

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Inscription de Bessem Nemri sur le balcon de l'ex-commissariat de Thala (image extraite de Thalassothérapie - 2. Serait-ce le devenir des comicos partout ?, Los Solidarios, octobre 2011)

Ils mettent également en cause les syndicats [en fait, l’UGTT], dirigés par des « notables ».

« Ce sont les plus grands corrompus, ils ont gardé nos dossiers sous la main au profit d’autres », accuse Hédia Jallouli, technicienne supérieure sans emploi.

Publié par le « savoir-faire français » (Agence Faut Payer, 25 novembre 2011)

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Figuerolles contre la SERM

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Un petit rappel des faits, tout d’abord.

Au début du mois de janvier, le squat montpelliérain le Très très grand cœur, ouvert depuis fin septembre, a été expulsé par le GIPN et fermé par des plaques en métal soudées. Dans la nuit du 27 au 28 janvier, il a brûlé. Si on se fie au seul article de journal qui existe sur le sujet, l’incendie serait criminel. Suite à ça, beaucoup de rumeurs ont circulé dans le quartier véhiculant l’idée selon laquelle les anciens squatters seraient ceux qui ont mis le feu.

Voilà un tract qui fut distribué dans toutes les boîtes aux lettres du quartier et affiché sur les murs des maisons vides du coin.

La rage au ventre, le feu au cœur
Communiqué de voisinage suite à l’incendie du Très très grand cœur

À toi, voisin.e, ami.e, comparse, à toi avec qui quelques paroles furent échangées, quelques sourires, quelques idées, à toi qui n’est pas sans savoir qu’il y a quelques jours, dans la nuit du lundi 27 au mardi 28, un incendie a éclaté au Très très grand cœur, nous adressons ce court message.

Le Très très grand cœur fut un squat ouvert dans ton quartier aux alentours de la fin du mois de septembre. De nombreux textes ont été écrits sur le pourquoi du comment, et nous n’allons pas développer ce que tu peux d’ores et déjà trouver sur montpellier.squat.net. Quatre mois durant, ce squat a accueilli énormément de gens venus de la France entière, et même de bien au-delà. Avec ses soucis, ses froideurs, avec tout ce qu’on peut reprocher à une première expérience menée dans un certain flou, par des mains peu sûres d’elles sur les doigts desquelles de lourds marteaux d’airain vinrent s’écraser, mais aussi avec sa porte grande ouverte, sa chaleur, ses ateliers, son caractère disparate et désordonné.

Si l’on se fie à l’Agglorieuse, et nous disons bien « si », six points de mise à feu auraient été relevés et l’origine criminelle ne ferait aucun doute.
« Par qui ? », « Pourquoi ? » sont les questions qui viennent à l’esprit instantanément.
Avons-nous vraiment besoin de le savoir ? Laissons à la police ce travail peu reluisant, il leur sied si bien. N’entrons pas, par colère, préjugé ou vengeance dans le jeu des accusés et des innocents, dans ce cirque morbide qui détruit les vies, ne répare rien mais brise tout, qui transforme les rires des enfants en sueurs froides et les sourires des vivants en lamentations de morts. Que la justice mène sa danse, que les avocats fassent leur numéro, que les policiers fichent et frappent, voilà quelque chose que nous aurons bien du mal à empêcher, gardons-nous au moins d’y participer.

Figuerollien.ne, ouvre grand ton cœur ! N’oublie pas qui est ton véritable ennemi !
À toi qui galère à payer ton loyer, à toi qui te demande pourquoi en étant d’origine étrangère tu galères plus que les autres à obtenir un toit, à toi qui stresse quand tu sors de chez toi parce qu’un simple contrôle de flic pourrait t’expédier à des milliers de kilomètres de ta vie, à toi qui n’en peut plus de travailler plus qu’il n’en faut pour un résultat dont tu ne bénéficies même pas, à toi nous demandons de garder les yeux ouverts et les points fermés.

N’oublie pas que ce qui ravage ton quartier se nomme Grand Cœur et que ce n’est qu’une opération d’urbanisme de plus pilotée par une mairie arriviste, raciste et policière.
N’oublie pas que c’est la SERM qui achète tes immeubles à bas prix après t’avoir traîné.e au tribunal.
N’oublie pas que c’est la même SERM qui laisse des dizaines et des dizaines de bâtiments vides pendant des années quand au coin de ta rue un.e pauvre gars/fille tremble de froid.
N’oublie pas que ceux et celles qui te foutent des amendes, te parlent mal et embarquent tes ami.e.s, ils et elles sont de bleu vêtu.e.s et de matraques armé.e.s.

Mais ne te sens plus seul.e ami.e ! Organise ta résistance, vis ta révolte, ne mords pas la main qui vient te caresser mais déchiquète celle de ceux et celles qui ruinent ta vie et ton bonheur, qui de ton ciel font crever le soleil et de ton cœur encrassent les parois.

Lève-toi, Figuerollien.ne !
Lève-toi, marche, cours, puis vole !
Qu’il n’y ait plus jamais un seul de ces êtres tristes et mortifères qui ose venir chez toi sans avoir les jambes qui flagellent !

13 mars 2012.

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[Phynance] Comment les Grecs sont désormais les esclaves de la City

Grèce : les banques se sauvent, le désastre est toujours là

Le soulagement est à la hauteur des craintes passées : 85,5 % des créanciers privés ont accepté jeudi soir de participer à la restructuration de la dette grecque. Dès vendredi matin, le ministre des finances, François Baroin, s’est félicité de ce « grand succès pour la Grèce, pour l’Europe ».

Les dirigeants européens, qui vivaient depuis des mois dans la hantise de cette opération, respirent. Le défaut de la Grèce, qu’ils ont tenté de repousser jusqu’à l’extrême limite, n’a pas précipité la zone euro dans la tourmente, comme ils le redoutaient. Les sombres prédictions du lobby bancaire annonçant une catastrophe de 1000 milliards d’euros pour la zone euro, et l’effondrement à venir du Portugal et de l’Irlande si la Grèce ne parvenait pas à restructurer sa dette de façon ordonnée, ont été évitées. L’incendie a été circonscrit à Athènes, pensent-ils.

Car c’est bien cette préoccupation majeure qui a dominé les débats européens autour de la Grèce depuis des mois. Il fallait à tout prix donner les gages voulus au monde financier pour ne pas décrédibiliser la zone euro, éviter l’implosion. Pour preuve de leur bonne volonté, les dirigeants européens ont confié la conduite de l’opération à l’Institut de la finance internationale, le lobby de la puissance bancaire.

Au terme de palabres techniques interminables, celui-ci a fixé les modalités de ce qui est présenté comme son sacrifice. Les créanciers privés, détenteurs de 206 milliards d’euros d’obligations grecques, acceptent d’effacer une centaine de milliards de dettes. Ils recevront en échange de leurs anciens titres de nouvelles obligations d’une valeur faciale de 53,5 % inférieure à l’ancienne.

L’effort semble conséquent mais il n’est qu’apparent. Car les créanciers troquent des titres qui n’avaient plus aucune valeur pour des titres plus sûrs. Dès l’échange, ils recevront une somme d’argent frais, correspondant à 15 % de leurs avoirs. Par la suite, les nouveaux titres qu’ils recevront, d’une valeur équivalente à 31,5 % des anciens, seront entourés de multiples sécurités. Ils seront émis sous la loi britannique, afin d’éviter à quelque gouvernement grec futur la tentation de vouloir toucher cette dette. Et ils bénéficieront de la garantie du Fonds européen de stabilité financière et des États européens.

Un dédommagement supplémentaire pourrait arriver dans les prochains jours. Le gouvernement grec a annoncé en effet qu’au vu des résultats obtenus jeudi, il allait mettre en œuvre une procédure imposant un échange forcé à l’ensemble des créanciers privés, même les plus récalcitrants. Ce mécanisme ne pourrait alors qu’être interprété comme une restructuration forcée et non plus volontaire.

Dès lors, les fameux CDS (Credit Default Swaps), les assurances crédit censées couvrir les risques de faillite, devraient entrer en jeu. Les banques émettrices de ces titres seraient obligées alors de rembourser les risques qu’elles ont accepté de couvrir. L’association internationale des swaps et dérivés, le comité secret financier qui a la haute main sur ce dossier (lire « Ceci n’est pas un défaut »), doit se réunir dès vendredi après-midi pour étudier ce dossier qui met en transe la communauté financière.

Un plan de sauvetage pour le secteur financier

Les prochains jours risquent donc d’être encore dominés par des palabres techniques, des considérations financières de tout ordre, chacun se relayant pour prendre le pouls de ce monde financier, qui vient « d’encaisser un mauvais coup ». L’économiste américain Nouriel Roubini ne s’est pas privé de dire ce qu’il pensait de cette mise en scène, dans une tribune du Financial Times datée de mercredi :

« Un mythe est en train de se développer, selon lequel les créanciers privés accepteraient des pertes significatives dans le cadre de la restructuration de la dette de la Grèce, tandis que les créanciers officiels (BCE, FMI…) seraient dédouanés de tout effort. (…) La réalité est que les créanciers privés ont obtenu un accord très avantageux, tandis que l’essentiel des pertes actuelles et futures a été transféré vers les créanciers officiels.  »

C’est bien de cela dont il s’agit : la restructuration de la dette grecque n’aboutit pas à une mise à contribution du secteur privé, qui serait prié ainsi de prendre sa part du risque, mais à un nouveau transfert du privé vers le public, comme depuis le début de la crise financière.

Mais cet effort demandé aux États, à la Banque centrale européenne, et, pour finir, à l’ensemble des Européens, va-t-il au moins profiter à la Grèce ? Après l’effacement partiel de la dette grecque, les États européens se sont engagés à apporter 130 milliards d’euros à Athènes, dans le cadre d’un second plan de sauvetage. Mais ils ont déjà donné la destination de cet argent. Sur les 130 milliards, 30 milliards doivent être immédiatement reversés aux créanciers qui ont accepté l’échange volontaire de leurs titres. Ce sont les 15 % que les créanciers doivent percevoir sous forme d’argent frais.

Le gouvernement grec doit utiliser environ 35 autres milliards d’euros pour racheter une autre partie de sa dette, avant de l’annuler. Enfin 25 milliards d’euros environ seront consacrés à la recapitalisation du secteur bancaire grec, mis à mal par la restructuration de la dette, et auquel on veut éviter l’opprobre d’une nationalisation.

Ainsi, sur les 130 milliards d’euros du plan de sauvetage, 94 milliards sont affectés à l’usage exclusif du monde financier. Autant dire qu’il reste peu pour soutenir une reprise de l’économie grecque, en pleine dépression. Il faudra de plus qu’Athènes voie effectivement la couleur de cet argent, puisque les Européens ont prévu de verser l’aide sur un compte bloqué et de ne la libérer qu’au vu des résultats du programme d’austérité imposé à la Grèce.

La partie de bonneteau ne s’arrête pas là. Par une communication habile, les financiers et l’Europe ont présenté la restructuration de la dette grecque comme un allégement substantiel. Cent milliards d’euros de dettes effacés sur un total de 300 milliards, cela représente normalement une diminution d’un tiers de l’endettement public. Le service de la dette, premier poste dans le déficit public grec, doit donc diminuer notablement, d’autant que les taux d’intérêts ont été abaissés et certaines charges d’intérêt reportées jusqu’en 2014.

Mais c’est oublier les 130 milliards d’euros du second plan de sauvetage, versés par l’Europe et le FMI. Et ceux-ci n’ont pas du tout l’intention d’en faire don. Les prêts vont venir s’inscrire à leur tour sur le grand livre de la dette publique grecque. Selon les calculs d’analystes bancaires, au terme de cette vaste opération de réaménagement financier, l’endettement public grec qui est de 161 % du PIB, tomberait à 159 %. Tout ce remue-ménage financier pour alléger dans l’immédiat de seulement 2 % la dette grecque ! Les prévisions du FMI tablent au mieux sur un retour à un endettement de 120 % du PIB à l’horizon 2020. Comme le dit le ministre allemand des finances, Wolfgang Schäuble, ce vendredi matin, « un grand pas en avant sur la voie de la stabilisation et de la consolidation d’une dette gérable, qui donne à la Grèce une chance historique ».

Et la Grèce dans tout cela ? L’Europe lui a imposé ses conditions : réformes et austérité. En moins de quinze jours, le parlement grec a adopté une kyrielle de textes, souvent sans débat et sans vote, portant sur la réforme du salaire minimum, des retraites, de la santé, du marché du travail, de la fonction publique, des professions réglementées, les privatisations, la levée de nouveaux impôts destinés à réaliser dès cette année plus de 3 milliards d’euros d’économies supplémentaires.

L’Europe a déjà prévenu que quel que soit le résultat des élections législatives d’avril, le programme imposé ne pourrait pas être remis en cause. Des membres de la Troïka (Union européenne, FMI, BCE) se sont installés à demeure à Athènes pour superviser son exécution. Le ministre allemand de l’économie, Philipp Rösler, est allé encore plus loin vendredi. Il voudrait voir l’un des 27 commissaires européens se charger spécialement de la remise sur pied de l’économie grecque et la diriger. Il déclare « ne pas comprendre que la Grèce s’oppose à cette proposition ».

Après cinq années de récession, l’économie grecque continue de sombrer. La production industrielle a chuté de plus de 7 % en décembre, le chômage atteint les 20 % et il dépasse la barre des 50 % chez les jeunes. Déjà, le FMI a laissé entendre qu’un troisième plan de sauvetage serait sans doute nécessaire dès 2015.

Les marchés financiers, qui devraient être rassurés par ce grand Meccano financier fait à leur intention, spéculent déjà sur la suite. Sur le marché gris, (non officiel), les nouvelles obligations grecques à 30 ans, non encore émises, cotaient entre 15 et 17 centimes d’euro pour une valeur faciale d’un euro, et entre 20 et 22 centimes les titres à onze ans. Autant dire que les financiers ne croient déjà plus au sauvetage de la Grèce. Les dirigeants européens se congratulent, persuadés qu’entre leur dernier plan grec, leur règle d’or et les distributions massives de liquidité de la BCE, ils en ont fini avec la crise de la dette dans la zone euro. Les financiers, eux, sont à nouveau sur le pied de guerre, ne se demandant pas si mais quand la crise de l’euro va repartir.

Leur presse (Martine Orange, Mediapart, 9 mars 2012)

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Marche nationale des victimes de la police Samedi 24 mars à Paris

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Briser ses liens. Notes concernant la prison et les diverses instructions « anti-terroristes » en cours

Briser ses liens. Notes concernant la prison et les diverses instructions « anti-terroristes » en cours

Enfermement et contrôle social

« Lorsque chacun rêve à la mort de l’État, l’État rêve à la mort de tous. » — Nada.

Ces notions semblent difficile à définir. Quand on parle d’enfermement, on pense habituellement à la séquestration, au fait d’être retenu, détenu ou enfermé dans un lieu. On pense aussi à la prison, évidemment. On pense à ses formes les plus spectaculaires dans l’histoire du XXe siècle : les complexes pénitentiaires industriels à l’américaine, les camps de détention ou de concentration, le système du goulag. Bref, a priori, lorsqu’on pense le contrôle social, on imagine d’abord un « dedans », avec la prison ou tout lieu où on peut être privé de liberté (hôpitaux psychiatriques, centres de rétention) et en dehors où il y aurait, paraît-il, un certain nombre de libertés reconnues (au moins dans l’esprit du droit) et des faits que la loi, la morale ou l’État considèrent et sanctionnent plus ou moins arbitrairement comme des crimes et des manquements, et qui peuvent conduire à l’enfermement ou au moins à un certain contrôle qui rime toujours avec menace et coercition. De là à considérer que là où il y a pouvoir, il a contrôle social, il n’y a qu’un pas qu’il peut sembler déraisonnable de ne pas franchir.

Et qu’est-ce au juste, que le contrôle : une coercition constante qui veille sur les processus de l’activité (ou sur l’activité elle-même) des individus et quadrille au plus près le temps, l’espace, et les mouvements de ces derniers. Tout ce qui autorise le contrôle minutieux des opérations du corps. Ce contrôle s’est exprimé depuis le XVIIIe siècle sous les formes générales de l’autorité et de la domination dans les casernes, les écoles, les usines ou les prisons. Il faut pour cela :

• La répartition des individus dans l’espace selon un principe de clôture (c’est le principe de l’enfermement qui est déjà commun à la rationalité de l’entreprise capitaliste comme à celle de la prison au moins depuis l’enclosure).

• L’assignation des masses mouvantes dans des endroits cernés (chacun sa place et son rang) : on peut penser aux métros, aux RER, aux galeries marchandes et les prix selon la ville, à la répartition géographique des quartiers et le déplacement rendus difficiles d’un quartier à l’autre et plus facile mais aussi plus onéreux vers le centre des villes ou de la ville vers la périphérie, etc.

• Le contrôle de l’activité (emplois du temps rationalisés. Le travail est rendu obligatoire (à l’école, en prison, dans la société en général). Par une pédagogie du mouvement, par la notation et le classement, par la surveillance hiérarchique, la société disciplinaire individualise la masse anonyme. Elle sépare. Elle atomise. Là où il y avait autre fois de la communauté ou de la société, il y a de « l’individu » comme base, comme produit fini, comme entité séparée, ou comme fragment et non comme sujet. La société s’est divisée à la fois en classes et en « individus » qui ne se retrouvent sensiblement plus ni dans l’humanité, ni même dans une condition sociale mais comme unités de leurs propres survies forcées de se prendre elles-mêmes comme autant de centres.

Non content d’un tel constat, il faut en conclure que la prison n’est pas tant un lieu qu’une fonction. Ce n’est pas tant un territoire spécifique qu’un moment où l’on se retrouve plus dépossédé encore qu’à l’habitude dans une société d’exploitation : de ses mouvements, de ses paroles, de son activité, de ses pensées, etc. Tout cela, tout le monde le sait ou le ressent, et c’est pour cela que la prison (le centre pénitencier ou quoi que ce soit qui s’y apparente) est une épée de Damoclès au dessus de la tête de ceux et celles qui se croient encore libres. Mais précisément, elle ne suffit pas à décrire ou même à définir l’enferment ou le contrôle. En fait, elle tend même à s’effacer avec le progrès technique devant la myriade d’autres méthodes de contrôle et de surveillance qui se développent pour remplir plus parfaitement et plus rationnellement encore qu’autre fois sa fonction. En effet, et principalement pour une question d’économie (même si l’essentiel des politiques, pour des contradictions liées à l’époque, en particulier en France, y préféreront encore longtemps « la bonne vieille prison »), des moyens de plus en plus modernes (et aussi plus coercitifs) se développent (tels que le bracelet électronique, les différentes formes de contrôle judiciaire, la signalisation génétique systématique — prélèvement ADN —, le simple fait de repousser un procès sur 4 ou 5 ans avec tout ce que ça implique, mais aussi au quotidien les caméras de surveillance, la présence policière permanente, et ses annexes — vigiles et milices de quartier) qui même dans le cadre d’une démocratie pourraient rendre, si ils étaient pleinement appliqués, la prison quasiment obsolète.

Parce que tout ce qui caractérisait autre fois la prison dans ce qu’elle a de plus essentiel s’est peu à peu appliqué et généralisé à la société : la clôture donc (à la base les entreprises et les champs, puis pour les gares, les lycées, les universités, les hôpitaux et plus particulièrement psychiatriques, les centres fermés pour mineurs, etc.), la restriction des mouvements dans un cadre géographique strict, l’individualisme de survie et l’esprit de la discipline, le clanisme (la culture du clan tant dans la politique, et l’entreprise que dans la sous-culture urbaine financée par l’industrie culturelle) qui renforce toutes les hiérarchies, le contrôle permanent des mouvements et des activités, et bien sûr la sanction (les heures de colle ou les rapports et suppression de bourse dans l’éducation, les avertissements et les retenues sur salaire, les suppressions d’allocations sociales, etc.). Tenter d’appréhender la réalité du contrôle social et de l’enfermement (de la prison à la surveillance en général — qu’elle soit individualisée ou diffuse) en termes « d’infra- » ou de « super-structure » limite en fin de compte l’analyse à un postulat, celui que sous-tend la métaphore « verticale » : à savoir qu’il y aurait une base et des fondations sur lesquelles quelque chose de « plus important » repose. Si cette vision des choses recouvre une partie de la réalité sur des cas particuliers, les structures du pouvoir se montrent en général plus complexes et surtout inter-actives. Pour l’exemple, on peut dire que la société de classe et l’État (aussi bien qu’un certain nombre d’oppressions connexes) reposent sur la prison. Mais cela n’aurait pas moins de sens de dire qu’il n’y aurait probablement pas de prison sans société de classe et surtout sans État. En réalité, il s’agit de démontrer en quoi l’existence de ces phénomènes historiques sont liés.

La prison est politique

« Il s’agit de dialectique — comme le dirait Hegel, qui en raison d’État s’y connaissait — entre victoire partielle et capitulation totale. Que ceux qui ne respectent pas cet esclavage nommé démocratie y soient préparés. » — In « La quadrature du cercle ou la raison d’État » par La conjuration des égaux, juin 2000.

Parce que la prison existe d’abord pour remplir cette fonction de contrôle social, la prison est politique. Elle remplit une fonction dans « la vie de la cité ». Elle est le seul véritable argument du flic, et pour cause elle est ce pourquoi il est à la fois « respecté », plus souvent craint, et généralement haï. D’autre part, il est évident que si la plupart des « justiciables », des personnes condamnées et par conséquent enfermées ou suivies par des contrôles judiciaires sont de manière ultra-majoritaire des exploité-e-s, généralement issu-e-s des franges les plus paupérisées du prolétariat de la périphérie des villes ou des campagnes c’est bien que la prison joue un rôle absolument essentiel dans la domestication de classe qu’exercent à des degrés divers la bourgeoisie industrielle et les classes intermédiaires contre le prolétariat. En réalité, d’un point de vue strictement économique, la prison existe surtout pour maintenir l’existence même du prolétariat et d’autres réalités sociales oppressives plus spécifiques. Elle scelle la division de classe.

Donc, si comme les théoriciens anarchistes du XIXe ou même Marx et Engels l’ont amplement démontrés, la loi est un produit de la scolastique et les droits de l’homme un code pénal pour la bourgeoisie, alors la prison et tous les contrôles qui lui sont actuellement périphériques (au sens où ils en constituent historiquement une sorte de prolongement « biopolitique » : pour l’exemple des dispositifs tel que le contrôle judiciaire ou le bracelet électronique comme « prison à la maison ») sont profondément politiques.

Et par conséquent : toutes les prisonnières, et tous les prisonnier-e-s sont politiques.

L’argument selon lequel la sphère « revendicative » des actes de protestations ou de révolte posséderait une dimension particulière qu’il faudrait « mettre en avant » est non seulement absurde (parce qu’il évacue l’aspect politique des actes non-revendiqués de rébellion, de révolte, ou de conflictualité sociale au quotidien — soit en ignorant leur existence, soit en négligeant leur importance) mais il est en fin de compte contradictoire avec les analyses généralement défendues par ses partisan-e-s. En effet, le concept de « prisonnier politique » chez les marxistes par exemple, s’assimile à bien des égards à celui de « prisonnier d’opinion » inventé par des libéraux et des socio-démocrates, et généralement défendu par eux (Amnesty International pour l’exemple). Ce dernier concept se veut une définition du « soutien » apporté à des personnes emprisonnées pour leurs « opinions », mais qui n’auraient « commis aucun crime » (pas « violé la loi »), ni commis « d’actes violents », ni fait « d’appel à la haine ». Le problème que posent ces expressions conceptuelles, c’est qu’il n’existe pas deux régimes politiques ou deux codes pénaux qui les définissent de la même manière. Qu’il s’agisse de délation ou de protestations formelles ou informelles, un crime ou un délit (ou au moins un acte que la morale réprouve) à Moscou ou même à Washington peut être un « acte citoyen » ou un droit à Paris ou à Athènes, et réciproquement. La relation qu’exerce l’ambivalence du concept de « prisonnier d’opinion » avec celui de « prisonnier politique » est que ceux ou celles qui le défendent font mine de croire que c’est de positions politiques, d’opinions, de pensées ou même de paroles qu’il s’agit. Pour l’État, c’est toujours d’intentions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises, réelles ou supposées et d’actes qu’il s’agit. Parce qu’il est bien plus facile de confondre des accusé-e-s de cette manière (et aussi de jeter la confusion chez les potentiels soutiens — on l’a vu encore récemment avec l’affaire des inculpé-e-s de Labège en fin 2011) et ainsi de les isoler, même en l’absence de preuves. Pour l’exemple, les condamnations qui ont touché les personnes inculpées suite aux émeutes de Mai 2007 dès la fin des élections présidentielles ont été d’une remarquable sévérité, d’une implacable exemplarité justement. Et cela, plutôt indépendamment des convictions politiques (réelles ou supposées) ou de l’absence affichée de convictions des personnes inculpées, mais bien plus sur une base de classe (les plus jeunes et les plus pauvres ont été les plus durement jugés), et encore sur leurs intentions (voir les rapports de procès dans le dossier du journal l’Envolée sur le sujet, et les questions posées par les procureurs) et surtout parce que ce qui est le plus insupportable pour cet État et sa classe dominante, ce n’est pas seulement d’exprimer le fait que les œuvres de sa société la condamnent, mais encore qu’il existe déjà des individus qui veulent en découdre avec elle, et qu’il adviendra fatalement des bouleversements qui la dépasseront. Et qui dépasse largement aussi tout milieu « politique » ou « mouvance », qu’elle soit réelle ou supposée.

Mais les maîtres n’apprécient les vérités que lorsqu’elles ne sortent pas de la bouche de leurs esclaves.

De la terrorisation démocratique à la terreur d’État…

« La démocratie s’arrête là où l’intérêt de l’État est en jeu. » — Charles Pasqua. Ancien locataire de l’hôtel Beauveau

« Il faut terroriser les terroristes. » — Tautologie policière paradoxale attribuée au poète d’État Michel Poniatowski. Repris par d’autres depuis.

Le problème de l’État, c’est qu’il procède de sa nature psycho-pathologique paranoïaque par définition. Son existence, et plus précisément sa survie impliquent le contrôle permanent, elles impliquent le fait d’épier, de museler, d’arrêter, de noter, de corriger, de suivre, de juger, d’enfermer, de torturer, de tuer même (ou au moins de « faire mourir »). Elles impliquent au minimum la surveillance permanente de millions d’individu-e-s et la violence préventive contre une bonne partie de la population qui pourrait un jour vouloir sa perte, parce qu’il sait que son existence même suscite par définition la volonté de le voir disparaître. Il sait aussi (même lorsque ses fonctionnaires le nient) que la seule véritable terreur est la sienne puisque son existence repose sur le monopole de la violence. Historiquement, le terme même de Terreur désigne la naissance douloureuse et sanglante de l’État tel que nous le connaissons sous sa forme moderne. « Terroriser » signifie frapper de terreur. Alors évidemment, lorsqu’un juge d’instruction qualifie de « terroriste » un acte supposé de pyromanie sur une dépanneuse, un sabotage de ligne de chemin de fer ou une action scatologique symbolique contre les établissements pénitenciers pour mineurs avec à chaque fois des mois de détention préventive à la clé, on peut se dire qu’il en faut bien peu pour frapper de terreur le monstre froid.

On se dit surtout qu’à défaut de rencontrer pour l’instant une véritable menace, l’État se l’invente de toutes pièces.

En définitive, à défaut d’être pour l’instant réellement menacé, et par simple mesure de précaution : il terrorise.

Liberté totale pour les inculpé-e-s « de la dépanneuse », de Labège et les autres.

À bas le contrôle social et tous les enfermements.

Des anarchistes qui ne lâchent toujours pas l’affaire.

Publié dans Beau comme une prison qui brûle, Répression de la "mouvance anarcho-autonome" en France (2007-...), Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , | 3 commentaires

Le squat de Rroms de la Rize à Vaulx-en-Velin attaqué

Samedi 10 mars 2012 vers 23h30, un groupe d’une dizaine de personnes ont attaqué les Rroms qui vivent depuis le 28 février avenue Grandclément à Vaulx-en-Velin le long du canal de la Rize. Ils ont lancé des pierres de la grosseur d’un pavé cassant toutes les vitres des fenêtres de la maison, les vitres de la voiture qui était à l’intérieur de la cour, ensuite en direction des personnes. À l’origine du différend, des accusations de vol, mais également aussi le climat de racisme entretenu par les politiques.

Dans la nuit de dimanche à lundi, ces personnes sont revenues et ont envoyé des cocktails Molotov dans la maison attenante dégageant une grosse fumée noire. C’est là où il y a les bébés de 15 jours et 6 mois. Ils ont mis le feu à une voiture qui était garée derrière et qui appartenait à un Rrom.

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Une riposte se met en place à Vaulx-en-Velin pour dénoncer cette agression. Cela sera certainement un rassemblement dans les prochains jours.

Rebellyon, 12 mars 2012.

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[« Affaire de Tarnac »] Dupont et Dupond travaillent

L’étourdi enquêteur de l’affaire de Tarnac

INFO E1 – Lors d’une perquisition près de Rouen, un policier anti-terroriste a oublié des documents liés à l’enquête. Ils n’auraient « aucun intérêt » après la perquisition a assuré une source proche du dossier à Europe 1.

C’était le 23 février dernier, près de Rouen. Les policiers chargés de l’enquête sur l’affaire Tarnac procèdent à l’interpellation d’un homme d’une trentaine d’années, présenté comme un « proche » du groupe de Tarnac. Ce collectif, dont fait partie Julien Coupat, est alors accusés d’avoir saboté des lignes TGV. C’est lors de cette perquisition dans l’atelier de ferronnerie du père du jeune homme que l’un des policiers de la sous-direction antiterroriste (SDAT) de la Police judiciaire a oublié des documents liés à l’enquête, selon les informations d’Europe 1.

Des documents qui n’ont « aucun intérêt »

Une source proche de l’enquête, interrogée par Europe 1, a cependant minimisé l’importance de cet « oubli ». Selon elle, il ne s’agissait pas de documents « judiciaires » mais de documents « policiers », préparatoires à la perquisition, tels que des photos de repérage, des plans des lieux, etc. Ils « n’ont donc aucun intérêt après la perquisition », a assuré cette même source.

Sur l’un de ces documents figuraient toutefois les numéros de téléphone portable de plusieurs fonctionnaires de la SDAT. Tous ont dû être changés.

Aucune charge retenu contre le suspect

Le trentenaire, forgeron-ferronnier de formation, était, quant à lui, soupçonné d’avoir fabriqué les crochets utilisés pour le sabotage des lignes de TGV en novembre 2008. Il a finalement été remis en liberté le lendemain sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui. Il pourrait être à nouveau convoqué ultérieurement.

Dans cette affaire, dix personnes ont été arrêtées en novembre 2008. Parmi eux, Julien Coupat et sa compagne, Yildune Levy, ont été mis en examen dans ce dossier instruit à Paris, entre autres pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Leur presse (Europe1.fr avec Alain Acco, 12 mars 2012)

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[Paris] Manifestation du 17 mars contre les expulsions et la restructuration urbaine

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Cette manifestation est appelée par différents collectifs et assemblées qui résistent aux expulsions et aux politiques de réorganisation urbaines dont :

Assemblée anti-expulsions du 20e
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Prochaine assemblée le Mercredi 14 mars à 18h30 (tous les seconds mercredis du mois).
En cas d’urgence (expulsion, huissier…) dans le 20e, appelez ou envoyez un message au : 06 84 46 96 74.

Collectif « Prenons la ville »
mail
Le collectif « Prenons la ville » propose des moments de rencontres, d’échanges et d’organisation les premier et troisième lundi de chaque mois au Rémouleur (106 rue Victor Hugo, Bagnolet, métro Robespierre ou Gallieni).

Collectif Mal-logés du 18e sans frontières
mail
Réunion tous les samedis à 14h au square Léon, métro Barbès ou La Chapelle.
N’hésitez pas à nous contacter : 06 50 51 91 90.

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[No-TAV] Des locaux d’une entreprise participant au Lyon-Turin incendiés à Saint-Martin d’Hères

Saint-Martin-d’Hères : un incendie signé No TAV ?

Cette nuit vers 3 heures du matin, une entreprise de travaux publics a été victime d’un incendie criminel.

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Il s’agit de Spie Batignolles, rue de Champ Roman à Saint-Martin d’Hères. Un camion a été incendié. Les flammes se sont ensuite propagées à un autre poids lourd puis au bâtiment, qui a été endommagé. Une inscription « collabos du Tav » a été découverte sur le site. Ce tag fait référence à un mouvement italien d’opposants au projet de TGV Lyon-Turin.

L’entreprise de travaux publics a travaillé sur le chantier de la descenderie de la Praz, un chantier lié au projet ferroviaire et qui s’est achevé en 2009.

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Le 3 mars dernier, une inscription similaire avait été découverte après des actes de sabotage survenus sur les lignes SNCF près de Chambéry et qui avaient perturbé la circulation des trains vers les stations de ski, en plein week-end de chassé-croisé.

Deux jours plus tôt, à Lyon, des opposants au TGV Lyon-Turin avaient endommagé des caténaires entre les gares de Jean-Macé et de Perrache, dans le centre-ville, qui avaient bloqué la circulation des trains durant une heure et demie.

Dans le nord de l’Italie, à Chianoccho, treize membres des forces de l’ordre ont par ailleurs été blessés ce même jour au cours d’affrontements avec des opposants au TGV Lyon-Turin qui avaient bloqué une fraction d’autoroute pendant plusieurs jours.

Leur presse (France 3 Alpes, 12 mars 2012)

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[Union de la Mafia Présidentielle] L’alibi du Comte Dracula de Nagy-Bocsa

Présidentielle 2007 : Kadhafi aurait financé Sarkozy

Mouammar Kadhafi a-t-il financé Nicolas Sarkozy ? La question, soulevée peu avant la guerre en Libye, vient d’apparaître en toutes lettres dans l’affaire Takieddine. Selon un document consulté par Mediapart, le marchand d’armes Ziad Takieddine, organisateur en 2005 des visites du ministre de l’intérieur et de ses proches en Libye, puis en 2007 du président élu, aurait mis en place les « modalités de financement » de sa campagne présidentielle par le régime de Kadhafi, en lien avec Brice Hortefeux, alors ministre des collectivités locales.

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MM. Kadhafi et Sarkozy

Le 18 octobre 2011, les policiers ont versé au dossier d’instruction une note de synthèse sur laquelle figure une référence à un document baptisé « GEN/ NS V. MEMO DG », qui contient sans les expliciter les initiales du président de la République. Cette note de synthèse a été rédigée et remise aux enquêteurs par un témoin du dossier, Jean-Charles Brisard, ancien membre de l’équipe de campagne d’Edouard Balladur, en 1995, aujourd’hui dirigeant d’une société de renseignements privée. Le document contient aussi les références du compte suisse de la sœur de Jean-François Copé, le patron de l’UMP, dont M. Brisard est un proche.

Mediapart s’est procuré l’intégralité du document « GEN/ NS V. MEMO DG », dont seul le titre apparaît dans la note de synthèse et qui n’a pas été communiqué aux enquêteurs par M. Brisard. Son contenu est explosif. Il s’agit des confessions de Didier Grosskopf, « DG », l’ancien médecin personnel de Ziad Takieddine, qui l’a accompagné à plusieurs reprises en Libye, pour y soigner des membres de la famille Kadhafi. Ces confessions ont été recueillies le 20 décembre 2006, à Lausanne, en Suisse, par M. Brisard.

Ci dessous, le verbatim du document « GEN/ NS V. MEMO DG », en respectant sa graphie :

———————————

MEMO DG
SUISSE
20.12.2006

CAMP07
MODALITES FIN CAMPAGNE NS REGLEES LORS DE LA VISITE LIBYE NS + BH 06.10.2005
PLUSIEURS ENTRETIENS PREALABLES ENTRE ZT ET SAIF AL ISLAM
ZT CHARGE DU MONTAGE
ZT INTERV CONTRATS COMM SEC ARMEES ET CARTES ID A PUCES

FIN LIB 50 ME
MONTAGE INCLUT SOC BH PAN + BANQUE SUISSE (ND)
FIN CAMPAGNE TOTALEMENT REGLE

——————————–

Le premier volet du document est intitulé « CAMP07 » et concerne la campagne présidentielle de 2007. D’après la note, les « modalités de financement de la campagne » de « NS» ont été « réglées lors de la visite Libye NS + BH » le 6 octobre 2005. Cette visite officielle avait été activement préparée par Ziad Takieddine, comme en attestent ses notes à Claude Guéant, qui figurent au dossier d’instruction.

Contacté lundi 12 mars, M. Hortefeux, actuel vice-président de l’UMP chargé de la cellule « riposte » du parti, a confirmé à Mediapart sa présence en Libye lors de la visite de Nicolas Sarkozy du 6 octobre 2005. Mais il a souligné qu’« il n’a jamais été question de financement politique, ni de près de loin ».

La note « CAMP07 » évoque « plusieurs entretiens préalables » entre « ZT et Saïf Al Islam », l’un des fils du colonel Kadhafi. « ZT » apparaît comme étant « chargé du montage », en marge de ses « interventions » sur des contrats de sécurisation des communications des armées et de fabrication de cartes d’identité à puces. Comme Mediapart l’a déjà souligné, ce premier marché, confié à la société Amesys, a effectivement été signé grâce aux bons offices rémunérés de M. Takieddine.

Selon la note, le financement libyen prévu s’élevait au total à 50 millions d’euros. Et les opérations financières faisaient intervenir personnellement Brice Hortefeux. Le « montage » inclut ainsi une société « BH » au Panama, plus une banque suisse non déterminée. Ce passage se clôt par une phrase sans ambiguïté : « Financement campagne totalement réglé ». Questionné par Mediapart sur cette mystérieuse société panaméenne, M. Hortefeux a déclaré : « Je ne sais même pas ce que c’est. »

« Plus à l’aise pour évoquer l’autre sujet important »

Les soupçons soulevés par cette note sont aujourd’hui confortés par les notes personnelles de Ziad Takieddine, remises par son ex-épouse à la justice, et qui ne sont pas contestées par leur auteur. « Les notes que j’ai établies sur mon ordinateur sur les différents pays, la Syrie, l’Arabie saoudite, la Libye et le Liban, sont réelles et ont été remises par moi-même à M. Guéant, qui en avait besoin pour les remettre au ministre (ndlr, Nicolas Sarkozy), qu’il appelait le patron », a témoigné M. Takieddine, le 12 octobre 2011, devant le juge Renaud Van Ruymbeke.

Le relevé des voyages du marchand d’armes fait apparaître qu’il a effectué onze voyages à Tripoli pour la seule année 2005. Au même moment, il a rédigé une dizaine de notes consacrées à la Libye pour le cabinet de M. Sarkozy, au ministère de l’intérieur. M. Takieddine a notamment préparé la visite officielle du ministre le 6 octobre 2005, celle qui est précisément au cœur de la note « GEN/ NS V. MEMO DG ». Et, selon nos documents, il était présent à Tripoli pour les visites de MM. Guéant, Hortefeux et Sarkozy.

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Dans une première note, datée du 6 septembre 2005, et consacrée à un rendez-vous préparatoire de Claude Guéant, l’exposé de M. Takieddine est lourd de sous-entendus : « La visite préparatoire est inhabituelle, écrit-il. Elle doit revêtir un caractère secret. Il sera préférable que CG se déplace seul et que le déplacement s’effectue sans fanfare. L’autre avantage : plus à l’aise pour évoquer l’autre sujet important, de la manière la plus directe… »

Une autre note du 22 septembre 2005, évoque un « tête-à-tête » de Nicolas Sarkozy « avec le Leader », la remise des « CV de NS et BH » à Kadhafi et la négociation de plusieurs marchés de sécurité et d’armement. Ce document contient lui aussi une phrase énigmatique : « Avec le ministre de l’intérieur : jusqu’où ? »

Les policiers ont aussi trouvé parmi les documents de M. Takieddine des lettres de MM. Sarkozy (10 septembre 2005), Guéant (23 septembre 2005), Hortefeux (15 novembre 2005) adressées aux autorités libyennes.

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Jean-François Copé barbotant dans la piscine de la villa du Cap d’Antibes appartenant à Ziad Takieddine

L’homme à l’origine des révélations du mémo « GEN/ NS V. MEMO DG », le neurochirurgien Didier Grosskopf, est un proche de Jean-François Copé. C’est d’ailleurs ce qui l’a conduit au chevet de Ziad Takieddine, grièvement blessé à la tête lors d’un séjour sur l’île Moustique, en avril 2004.

« J’ai reçu un appel sur mon téléphone portable du porte-parole du gouvernement qui était M. Jean-François Copé, a déclaré aux policiers le Dr Grosskopf, en octobre dernier. C’est au titre de médecin et d’ami que M. Copé m’a demandé de m’occuper d’un personnage important, qui avait un problème de santé, à savoir Ziad Takieddine. J’ai accepté cette mission par amitié pour M. Copé. Un personnel de la préfecture m’a conduit à l’aéroport. »

Didier Grosskopf : « Je veux protéger mes intérêts »

Arrivé après l’intervention chirurgicale, M. Grosskopf a organisé « le rapatriement de M. Takieddine » à l’hôpital de la Salpêtrière, puis il s’est chargé de sa convalescence. Par la suite, le neurochirurgien affirme avoir été « sollicité par M. Takieddine pour soigner d’autres malades que lui dans ses relations personnelles ». Il confirme « être allé en Libye pour donner des conseils à des malades », « à la demande de M. Takieddine ».

Ci-dessous, deux billets d’avion d’un déplacement commun à Tripoli de MM. Takieddine et Grosskopf, en juin 2006 :

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C’est à l’occasion de ses multiples déplacements à Tripoli, que M. Grosskopf aurait été mis dans la confidence de ce qu’il n’aurait pas dû apprendre.

Questionné le 29 février par Mediapart, M. Grosskopf n’a pas contesté la substance des informations contenues dans le mémo rédigé par M. Brisard. « M. Brisard est un ami, je me suis entretenu plusieurs fois avec lui de ce sujet, il m’a aidé, a-t-il indiqué. Mais ce qu’il dit n’engage que lui. Je ne veux pas être un acteur de cette affaire. Je veux protéger mes intérêts, c’est-à-dire ma femme et mes enfants. À un moment donné, j’ai été suivi. J’ai eu très peur. »

À l’automne 2006, M. Takieddine a brutalement coupé les ponts avec son médecin et a engagé une procédure à son encontre devant le conseil de l’Ordre, pour obtenir un remboursement des honoraires qu’il lui avait versés. C’est au milieu de ce conflit que M. Brisard recueille les confessions du médecin, le 20 décembre 2006. Il l’a revu plusieurs fois. Au moins un autre mémo aurait été rédigé.

« C’est une affaire qui dépasse l’imagination la plus féconde, poursuit le Dr Grosskopf. Je suis désolé comme citoyen par cette affaire. Mais je ne pouvais pas imaginer, en organisant le rapatriement sanitaire de ce monsieur, qu’il s’agissait du plus grand corrupteur de la République. » Le docteur dit en vouloir « au pouvoir » qui l’a entraîné là, mais pas à Jean-François Copé « qui reste un ami ».

Alors qu’il vient de publier un livre, L’Ami encombrant (Éditions du Moment), dans lequel il conteste l’existence d’une corruption, M. Takieddine avait déclaré le 11 octobre, à l’émission Complément d’enquête, qui l’enregistrait en caméra cachée : « Je les tiens tous dans ma main ! Je peux tous les faire tomber ! » Et à la question de savoir « qui ? », le marchand d’armes avait murmuré « tous ! »

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Saïf al-Islam

Le soupçon d’une participation libyenne au financement de Nicolas Sarkozy avait été alimenté par les autorités de Tripoli elles-mêmes il y a un an par les déclarations spectaculaires de Kadhafi et de son fils, Saïf al-Islam. Dès le mois de mars 2011, deux jours avant l’intervention militaire occidentale, ce dernier avait accusé le pouvoir français dans un entretien donné à la chaîne Euronews : « Il faut que Sarkozy rende l’argent qu’il a accepté de la Libye pour financer sa campagne électorale. C’est nous qui avons financé sa campagne, et nous en avons la preuve. Nous sommes prêts à tout révéler. »

« La première chose que l’on demande à ce clown, c’est de rendre l’argent au peuple libyen, avait-il ajouté. Nous lui avons accordé une aide afin qu’il œuvre pour le peuple libyen, mais il nous a déçus. Nous avons tous les détails, les comptes bancaires, les documents, et les opérations de transfert. Nous révélerons tout prochainement. »

Les espèces de Takieddine

Ces déclarations, dans le contexte d’unité nationale d’avant guerre, n’avaient pas provoqué d’interpellations politiques. Pourtant, à elles seules, elles auraient déjà mérité l’ouverture d’une enquête, parlementaire ou judiciaire. L’enquête des juges sur Ziad Takieddine alimente, elle aussi, les mêmes soupçons. L’examen du fonctionnement des sociétés offshore du marchand d’armes faisant apparaître l’existence de commissions occultes d’origine libyenne.

En mars 2011, Ziad Takieddine avait également été interpellé de retour de Tripoli à l’aéroport du Bourget, avec 1,5 million d’euros en espèces sur lui. « J’y étais allé porteur d’un message de Claude Guéant et je l’ai d’ailleurs appelé de là-bas, a-t-il expliqué le 9 novembre au juge Van Ruymbeke. Croyant bien faire, je suis revenu porteur d’une réponse de Kadhafi que, compte tenu des circonstances de mon “accueil” à l’arrivée, je n’ai pas pu livrer. » Lors de son interpellation le 5 mars, il a déclaré sur procès-verbal aux agents des douanes que « c’est le gouvernement libyen » qui lui a « remis les billets de banque». Il avait précisé que cet argent couvrait ses propres honoraires.

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MM. Hortefeux et Takieddine, en 2005

L’apparition de Brice Hortefeux dans la note « GEN/ NS V. MEMO DG » renvoie aux missions officieuses qu’il a effectuées avant 2007 pour le ministre de l’intérieur. Il a en particulier assuré le contact avec l’intermédiaire Ziad Takieddine, qui se faisait fort d’ouvrir les portes de plusieurs pays arabes au ministre de l’intérieur. Le marchand d’armes avait d’ailleurs conduit, fin 2003, Brice Hortefeux en Arabie saoudite pour y négocier un important contrat de surveillance des frontières (nom de code : Miksa).

À l’été 2007, Ziad Takieddine a également été l’un des acteurs principaux de la libération des infirmières bulgares par le régime libyen, ouvrant une « nouvelle page » — c’est son expression — des relations franco-libyennes. Mais permettant surtout à la France de dérouler le tapis rouge sous les pas du dictateur, dont on a monté la tente, en décembre 2007, dans les jardins de l’hôtel Marigny, résidence officielle des hôtes de l’État.

Plusieurs photos publiées par Mediapart attestent par ailleurs des relations amicales nouées avec M. Takieddine et des visites mutuelles qu’ils se rendaient dans le sud de la France. Des relations favorisées par Thierry Gaubert, un autre ami de Nicolas Sarkozy, impliqué dans la campagne Balladur de 1995. Les policiers avaient intercepté, en septembre dernier, des conversations téléphoniques entre MM. Gaubert et Hortefeux, s’inquiétant de la progression de l’enquête sur M. Takieddine.

De fait, en décembre 2011, Nicola Johnson, l’ex-épouse de M. Takieddine, mettra aussi en cause Brice Hortefeux. Selon son témoignage, l’ancien ministre était venu chercher en 2005 une somme en espèces auprès du marchand d’armes lors d’une visite à son domicile avenue Georges-Mandel, à Paris, en compagnie de Thierry Gaubert. Un témoignage vivement contesté par M. Hortefeux, qui n’a toutefois pas déposé plainte, contrairement à ce qu’il avait annoncé.

Contactés par Mediapart, l’Élysée et Ziad Takieddine n’ont pas donné suite à nos sollicitations.

Leur presse (Fabrice Arfi et Karl Laske, Mediapart, 12 mars 2012)

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[Paris] Solidarité avec les militantEs antifascistes inculpéEs

Une répression terrible s’abat sur dix militantEs antifascistes, interpelléEs à Paris dans la soirée du 8 mars alors qu’ils et elles collaient des affiches contre la tenue des « Assises de la nationalité, de la citoyenneté et de l’identité », organisées par le Bloc identitaire, groupe aux idées racistes revendiquées. Pour de simples affiches, ces militantEs ont été gardéEs à vue 48h, avant d’être déférréEs samedi soir au parquet de Paris en ayant fait un passage à la section antiterroriste de la brigade criminelle !! Au total ce sont plus de 60h qu’ils et elles ont passées dans les locaux de la police puis de la justice.

Rien dans les actes ni dans l’attitude des militantEs ne justifiait cette garde à vue et ce déferrement.

Grâce à la mobilisation des organisations, réseaux et sympathisantEs antifascistes, ils et elles ont été libéréEs ce dimanche avec des procès verbaux signifiant des inculpations pour participation à un groupe formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou des destructions pour dégradation de biens.

Cela leur vaut d’être convoquéEs pour être jugéEs devant la 29e chambre du Tribunal de grande instance de Paris le 7 mai 2012.

Aussi nous dénonçons ici une répression purement politique.

Une surenchère répressive sur les militantEs antifascistes

Nous dénonçons une véritable stratégie d’intimidation menée par la Justice.

À chacune des apparitions publiques des organisations antifascistes, que ce soit face aux catholiques intégristes ou aux divers néo-nazis adeptes du « saucisson-pinard », les ordres du pouvoir sont clairs : la police protège systématiquement l’extrême droite.

Les organisations engagées dans le combat contre l’extrême droite tentent ni plus ni moins d’alerter l’opinion contre la banalisation du racisme et des idées d’extrême droite, et de s’opposer à leurs représentants de tous poils.

Nous dénonçons une criminalisation croissante de ce combat.

Une Justice à deux vitesses

Rappelons qu’il y a à peine trois mois, deux membres de la mouvance catholique intégriste ont été arrêtés au théâtre du Rond-Point, alors qu’ils s’apprêtaient à en détruire le système de sécurité. Ces deux-là n’ont écopé que d’une dizaine d’heures de garde à vue et d’un banal rappel à la loi, avant de repartir… tranquilles. Une différence de traitement aussi criante manifeste clairement la propension du pouvoir et de sa police à « couvrir » des groupuscules violents et liberticides. Sans oublier la couverture de la justice dont bénéficient des ministres en poste lors de leurs « dérapages » tout à fait contrôlés à l’encontre des immigré-e-s ou lorsqu’ils affirment qu’il existe une inégalité de valeur entre, ce qu’ils appellent, les « civilisations »…

Nous dénonçons donc un pouvoir qui encourage les expressions d’intolérance, de conservatisme et de racisme, et qui défend ceux qui les répandent.

Une indulgence coupable

Si le gouvernement les protège, c’est que les fascistes lui sont très utiles : d’abord ils diffusent efficacement ses idées, désignant les mêmes boucs-émissaires (étranger-e-s, musulman-e-s, chômeurs-ses, et combien d’autres encore), popularisant les mêmes solutions radicales qui consistent à stigmatiser et exclure. Mais en plus, ils sont un ennemi majeur pour le mouvement social, à qui ils font barrage par leurs attaques, leur propagande et leurs provocations.

Nous ne supporterons pas plus longtemps une situation où les fascistes ont les mains libres tandis que l’on enferme ceux et celles qui les dénoncent et organisent la mobilisation et une riposte militante face à eux.

Nous interpellons la population sur la répression éhontée qui sévit sur le mouvement antifasciste en particulier et sur le mouvement social en général.

Nous exigeons que les poursuites à l’encontre des 10 militant-e-s antifascistes soient abandonnées et appellons à la mobilisation de toutEs en solidarité.

Premiers signataires : Alternative libertaire, Les Alternatifs, Ras l’Front Marne la Vallée, Émancipation tendance intersyndicale, CNT Etpreci 75, CNT Santé social, UD CNT 95, Section carrément anti Le Pen (SCALP), Fédération Total respect / Tjenbé réd (Fédération de lutte contre les racismes, les homophobies et le sida), SUD Culture Solidaires, Action antifasciste Paris banlieue (AFA), Christianisme social, Solidaires Paris, Nouveau parti anticapitaliste, SUD Étudiant.


Trente-trois [heures] au gnouf pour un collage d’affiches !
Solidarité avec les onze antifascistes mis en examen !

Le 8 mars 2012 au soir, quatre militantes et militants de la Fédération anarchiste, ainsi que sept autres camarades d’Action antifasciste, du NPA et d’Alternative libertaire ont été arrêté-es à Paris et placé-es en garde à vue. Il leur est reproché de s’être livré-es à des dégradations en réunion. En réalité, leur action était un collage destiné à refuser la banalisation de l’extrême droite et à informer sur  la tenue des « Assises Nationales de la Nationalité, de la Citoyenneté et de l’Identité », prévues pour le samedi 10 mars dans le 12e arrondissement. Cette manifestation à visée prétendument citoyenne est déjà la deuxième du genre, elle véhicule ouvertement pour le compte du Bloc identitaire les prises de position xénophobes et racistes les plus abjectes.

Dans cette affaire, les forces de répression de l’État ont clairement indiqué quel est leur camp naturel ; la garde à vue a été prolongée jusqu’au samedi 10 mars à 22 heures, l’emprisonnement a duré jusqu’au dimanche 11 dans l’après-midi, sans aucun fondement juridique aux termes du droit bourgeois, et les rassemblements organisés en soutien ont été neutralisés avec l’efficacité qu’on connaît à la police de ce pays quand il s’agit d’écraser les luttes sociales. De toute évidence, le pouvoir d’État a décidé de frapper fort et d’envoyer un message d’encouragement aux fascistes de tout poil. Mise en relation avec les déclarations récentes du ministre de l’Intérieur et la tonalité générale de la campagne électorale, cette série de gardes à vue, prouve, s’il en était besoin, que l’extrémisme de droite est un rouage essentiel à la stabilité du capitalisme et de l’État, et qu’on ne s’en débarrassera définitivement qu’en détruisant le système économique et politique qui lui accorde sa protection.

La Fédération anarchiste soutient l’action des militant-es arrêté-es et exige l’arrêt des poursuites  engagées contre elles et eux, elle dénonce une atteinte à la liberté d’expression et le caractère inédit des mesures de garde à vue suivie de détention pour collage d’affiches.

La Fédération anarchiste remercie l’ensemble des personnes qui ont manifesté leur soutien immédiat sans céder aux intimidations policières. D’ores et déjà, la solidarité s’organise : une souscription est ouverte ; il suffit pour cela d’envoyer un chèque à l’adresse suivante : PUBLICO, 145 rue Amelot, 75011 PARIS, à l’ordre de « Publications Libertaires », en rajoutant la mention «  Solidarité 8 mars » au dos. Les informations sur les différentes initiatives de soutien à venir seront communiquées au fur et à mesure.

Fédération anarchiste,
Secrétariat aux Relations extérieures,
dimanche 11 mars.

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Projection-débat anticarcérale Samedi 17 mars à Poitiers

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[Toulouse] Un collectif de sans-abris réquisitionne le château des Vitarelles

Un collectif d’associations a « réquisitionné », hier après-midi, le petit château des Vitarelles, à l’angle de l’avenue de Lardenne et des allées des Vitarelles, dans le quartier de Lardenne à Toulouse. « Le mouvement des sans-abris a commencé il y a trois semaines maintenant, a expliqué François, porte-parole. Nous fêtons le 20e jour. » Une dizaine de réquisitions a déjà eu lieu. « Nous avons été expulsés illégalement de l’ancien palais des congrès et de Monné-Decroix puisque nous étions là depuis plus de 48 heures. »

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L’immeuble inoccupé investi hier est une ancienne maison de retraite dont les murs appartiennent à la mairie de Toulouse. « Nous sommes là depuis plus de 48 heures. Nous espérons que la mairie passera par une procédure judiciaire si elle doit nous expulser car ça nous permettrait de gagner un peu de temps. »

Popeye, membre du collectif, décrit le quotidien des sans-abris : « On galère, on subit des expulsions. Il nous faut un lieu de repos pour se ressourcer. Au moins ici, nous sommes à l’abri du vent. On n’est plus obligés de dormir tout habillés dans des duvets. » 25 personnes seront logées à cet endroit. « Pour nous ce n’est qu’un début, prévient François. Selon le 115, il y 170 personnes à la rue à Toulouse alors qu’il y a entre 3000 et 22’000 logements vacants. C’est largement suffisant pour loger tout le monde. »

Leur presse (LaDepeche.fr, 12 mars 2012)


Toulouse. Le mouvement des sans abris maintient la pression sur le Préfet

Aujourd’hui est le vingtième jour d’un mouvement spontané, celui des Sans-Abris de Toulouse. Initié par les travailleurs sociaux du 115 en grève et soutenu par des militant-e-s pour le logement, ce mouvement veut, au sortir de l’hiver, maintenir la pression sur les institutions, « à commencer par l’État, qui n’assument pas leurs obligations en matière de relogement d’urgence » précise l’association Droit Au Logement.

« Nous avons refusé la fatalité qui aurait été, après la fin du Plan Grand Froid, que chacun-e retourne à la rue, trouvant des solutions individuelles à ses propres problèmes. Au contraire, nous avons décidé de nous organiser collectivement et de trouver des solutions par nous mêmes, l’État via la préfecture de Haute-Garonne n’en proposant aucune » soulignent encore les grévistes qui indiquent « qu’après avoir refusé de quitter le gymnase Puig tant que des solutions d’hébergement ne seraient pas proposées, nous avons entamé des séries de réquisitions de bâtiments vides. Parmi ceux ci, deux ont été officialisé publiquement et pouvaient héberger chacun une soixantaine de personnes à la rue en attendant que les procédures judiciaires suivent leur cours. »

Il s’agit de l’ancien Palais des Congrès, inoccupé depuis 2001, appartenant à la Mairie, et d’un bâtiment appartenant à Robert Monné, célèbre promoteur immobilier.

« À chaque fois nous avions toutes les pièces judiciaires nécessaires pour prouver que nous occupions les lieux depuis plus de 48h, et que seul un avis d’expulsion du tribunal pouvait nous faire quitter les lieux. Au lieu de quoi la Préfecture a préféré passer outre la justice, ou faire pression sur elle dans le second cas pour expulser des sans-abris mis à la rue sans aucune solution de réhébergement. Dans l’urgence nous en sommes venus à occuper un gymnase de la Mairie (Mirail) et une salle del’Université du Mirail non sans des menaces d’expulsion de son président, Daniel Filâtre, évité grâce au soutien de certain-e-s étudiant-e-s, personnels, professeurs et membres du CEVU. Ces derniers jours, des squats comme Mixart Mirys, et les Pavillons Sauvages ont aussi apporté leur soutien en hébergeant des sans-abris » commente t on encore dans le collectif.

Aujourd’hui, les organisteurs de ce mouvement de défense des Toulousains les plus pauvres officialisent l’ouverture d’un troisième bâtiment, maison de retraite désaffectée appartenant à la Mairie. « Nous l’occupons depuis mardi et espérons que la Mairie ne nous expulse pas, préférant pérenniser cette solution d’urgence en attendant de nous proposer mieux. Ce bâtiment pourra loger jusqu’à 25 personnes, qui n’auront plus à se demander chaque heure de leur journée où elles dormiront le soir. Disons-le clairement, ce n’est qu’un début, 170 personnes ont été recensées comme sans solutions et à la rue par le 115. Cela fait encore beaucoup de personnes à reloger. Si notre lutte nous a confirmé une chose c’est que l’union fait la force, face à la répression institutionnelle et policière des institutions » affirment ainsi les soutiens des SDF.

« Notre combat va continuer dans les jours qui viennent en mettant encore une fois la Préfecture et Madame Souliman devant ces responsablilités, et en demandant à la Mairie de ne pas tomber dans le non-droit pratiqué par cette dernière, comme elle s’y était engagée lors de notre dernière rencontre. Avoir un toit n’est pas une option, c’est un droit et une liberté fondamentale, c’est aussi une question de dignité humaine » estiment les membres de Droit Au Logement.

Leur presse (Christophe Cavailles, Toulouse7.com, 12 mars 2012)

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Attentat terroriste à l’Élysée : la piste hongroise

Les jeux de Louis Sarkozy à l’Élysée

Selon RTL, une policière en faction rue du faubourg Saint-Honoré à Paris, juste en face du palais de l’Élysée, a été prise pour cible jeudi après-midi par des tirs de billes et un jet de tomate. Touchée à une joue, elle est allée se plaindre aux gendarmes en poste à l’entrée de l’Élysée qui lui ont indiqué que le tireur était vraisemblablement Louis Sarkozy, le dernier fils du président bientôt âgé de 15 ans, qui recevait à ce moment-là un ami.

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Dans les coulisses de la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Pékin le 8 août 2008.

La gardienne de la paix, qui n’a pas été blessée, a rédigé un rapport mais n’a pas souhaité porter plainte, indique la radio. Le président de la République l’a rencontré hier matin pour lui présenter ses excuses. Si elle en fait la demande, elle pourra être mutée par l’administration.

Le matériel utilisé pour ces tirs n’a pas été précisé. Selon la radio, « l’incident » devait rester confidentiel et des consignes avaient été données pour qu’il ne s’ébruite pas.

Leur presse (LeFigaro.fr, 10 mars 2012)

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[Pétromafia] La scène se passe au Kazakhstan, c’est-à-dire Nulle Part

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1331502129.jpgDeux clans kazakhs se battent à coups de milliards de dollars

Ablyazov, dissident kazakh, accuse la famille du président Nazarbaïev de blanchir un milliard de dollars en Suisse. Il est à son tour soupçonné d’avoir détourné… cinq milliards.

Neuf suites avec salle de bain en marbre italien, ascenseur en bois précieux, bain turc pouvant accueillir une douzaine de convives. La presse anglaise n’est pas avare de détails pour décrire la superbe villa à 24 millions d’euros qu’occupait l’ancien banquier kazakh Mukhtar Ablyazov, dans Bishops Avenue, « le coin des milliardaires » à Londres. Arrivés en 2009 en Grande-Bretagne, Mukhtar Ablyazov, son épouse et ses trois enfants ont disparu en février dernier, juste avant que la Haute Cour de justice britannique ne condamne l’ancien banquier à 22 mois de prison ferme pour outrages à la Cour « délibérés et substantiels ».

En clair, Mukhtar Ablyazov, 48 ans, ancien ministre de l’Énergie, de l’Industrie et du Commerce du Kazakhstan, ancien patron de BTA Bank, est accusé d’avoir menti à la justice en dissimulant ses avoirs. Il se prétendait simple locataire de cette villa. En fait, derrière une cascade de sociétés domiciliées dans la Caraïbe, Mukhtar Ablyazov ne possédait pas une, mais trois ou quatre propriétés luxueuses à Londres. Cette histoire n’aurait mérité qu’un entrefilet dans la presse si l’ancien ministre n’était pas le plus virulent adversaire du président kazakh Noursoultan Nazarbaïev. Et surtout l’instigateur d’une dénonciation à son encontre, auprès des autorités suisses pour « corruption » et « blanchiment d’argent ».

Une villa de 22 pièces

Le ministère public de la Confédération ouvre une information en septembre 2010 et bloque dans un premier temps 665 millions de dollars. Parmi les banques citées, l’UBS, le Crédit suisse et BNP Paribas Suisse. La justice helvétique s’intéresse tout particulièrement à Timur Kulibayev, gendre du président. Son épouse Dinara, seconde fille de Noursoultan Nazarbaïev, vient d’acquérir une somptueuse villa de 22 pièces à Anières, dans la banlieue huppée de Genève, pour 62 millions d’euros.

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Villa à 75 millions de francs du clan Koulibayev, route d'Hermance 399, Anières.

Timur Kulibayev est soupçonné d’avoir blanchi des sommes substantielles provenant de ventes illégales de pétrole et de gaz. En juillet 2011, la justice helvétique reçoit une « dénonciation complémentaire », portant cette fois sur 400 millions de dollars. Les nouveaux éléments concernent toujours Timur Kulibayev, mais également le président Noursoultan Nazarbaïev. Il se serait personnellement enrichi de 100 millions de dollars en se cachant derrière une diplomate kazakhe en poste à Genève.

Un trou de cinq milliards

La plupart des documents compromettants ont été fournis à Berne par Mukhtar Ablyazov. De plus, son site Internet (ablyazov.info), aujourd’hui en sommeil, n’était guère avare de révélations sur les turpitudes financières supposées de la famille Nazarbaïev. Un retour de boomerang était prévisible. BTA Bank, dont il a été le patron de 2005 à 2009, a déposé pas moins de neuf plaintes contre Mukhtar Ablyazov. Elle l’accuse d’avoir siphonné l’établissement financier de cinq milliards de dollars ! L’argent était détourné via une multitude de sociétés off-shore appartenant à Ablyazov et à ses complices. Accusations démenties par le principal intéressé.

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Mukhtar Ablyazov

« Mukhtar Ablyazov était déjà été recherché au Kazakhstan, en Russie et en Ukraine. Il l’est aujourd’hui en Grande-Bretagne. Il devrait perdre son statut de réfugié politique obtenu en juillet 2011 », se réjouit le service de communication de BTA Bank à Londres. Selon les enquêteurs britanniques, le fugitif serait passé, dans sa fuite, par la France. Pour Simon Byrne, un proche de Timur Kulibayev, cité vendredi par La Tribune de Genève, « avec cette condamnation, la crédibilité de Mukhtar Ablyazov est proche de zéro ». Mais cela n’empêchera peut-être pas le dissident, dans sa fuite, de semer de nouveaux documents, avec des montants à neuf zéros.

Leur presse (Ian Hamel, LePoint.fr, 10 mars 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Victoire décisive de la rébellion à Tessalit

Le camp militaire Amachach de Tessalit libéré

Après un mois de contrôle du camp militaire par nos combattants, et de rudes combats autour de Tessalit, ayant mis en déroute tous les renforts de l’armée malienne, et après expiration du dernier appel aux militaires maliens pour se rendre et sauver leurs vies, ce jour samedi 10 mars 2012, l’État Major du MNLA a donné l’assaut final en début de soirée pour libérer le camp d’Amachach cerné par le MNLA depuis plusieurs semaines.

Cette base stratégique et l’aéroport international de Tessalit sont sous le contrôle du Mouvement National de Libération de l’Azawad, qui a saisi un important arsenal militaire (blindés, camions de transport de troupes, armes lourdes et légères etc.).

Le bilan détaillé de cette prise déterminante sera communiqué ultérieurement.

Bakaye Ag Hamed Ahamed
Chargé de Communication, Informations et relais avec les médias

Communiqué du MNLA, 10 mars 2012

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[Bagdad Calling] Le punk est mort… mais son cadavre se fait caillasser

Des punks lapidés à mort dans les banlieues chiites de Bagdad

Des jeunes habillés et coiffés à la « punk », ou vêtus dans des styles gothiques ou emo sont, ces derniers temps, victimes dans les rues des banlieues chiites de Bagdad de miliciens qui les attaquent à coups de pierres. Selon des sources proches des hôpitaux et des services de sécurité, 14 de ces jeunes ont ainsi trouvé la mort ces trois dernières semaines.

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Un jeune homme irakien, qui se qualifie d'"emo", fume une chicha pour éviter d'être reconnu, à Najaf, au sud de Bagdad.

Des listes de jeunes menacés de mort s’ils ne modifient pas leur style vestimentaire circulaient en outre samedi dans ces quartiers chiites. Ces sources précisent que 14 corps de jeunes habillés à la mode occidentale punk ou emo ont été réceptionnés dans trois hôpitaux de l’est de la capitale irakienne. Les corps portaient les stigmates de coups mortels infligés par des pierres ou des briques, ont ajouté ces sources sous le sceau de l’anonymat.

Neuf corps ont ainsi été amenés dans plusieurs hôpitaux de Sadr City, l’immense banlieue chiite pauvre de Bagdad, trois à l’hôpital Al Kindi de Baghdad East et deux à la morgue centrale. D’après les sources, six autres jeunes, dont deux filles, ont également été battus et blessés à titre d’avertissement.

Reuters a eu connaissance samedi d’un pamphlet distribué dans le quartier chiite de Bayaa, dans l’est de la capitale, donnant la liste de 24 jeunes menacés de mort. « Nous vous prévenons, jeunes gens et jeunes filles obscènes, que si vous n’abandonnez pas votre sale comportement d’ici quatre jours, le châtiment de Dieu s’abattra sur vous par le biais des Moudjahidine ! », pouvait-on lire sur ce tract. Un autre pamphlet distribué à Sadr City cite 20 noms de jeunes ciblés. « Nous sommes les Brigades de la Peur et nous vous avertissons que si vous ne reprenez pas le chemin de la raison et de la rectitude, vous serez tués ! »

En février, le ministère de l’Intérieur avait évoqué le phénomène de ces jeunes punks, présentés comme des « satanistes », qui gagnerait du terrain dans les écoles, tout particulièrement chez les jeunes filles. Le ministère avait donné l’ordre à la police de les faire rentrer dans les rangs. « Ils arborent des vêtements moulants avec des têtes de mort peintes. Leurs fournitures scolaires sont décorées de crânes, ils portent des anneaux au nez et aux oreilles », précisaient les autorités.

Les dignitaires religieux chiites ont pour leur part condamné ces lapidations. Abdoul-Rahim al Rikabi, représentant pour Bagdad de l’ayatollah Ali al Sistani, a ainsi parlé d' »attaques terroristes » à leur sujet.

Leur presse (LeMonde.fr avec Reuters, 11 mars 2012)

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Rassemblement des Russes à Paris : À bas tous les tsars !

Le samedi 10 mars, 14h00, à Paris, a eu lieu, à nouveau, un rassemblement des « citoyens » russes contre les fraudes aux élections présidentielles en Russie. Ces rassemblements sont manipulés par des forces libérales : en s’opposant à l’élection de Vladimir Poutine, des sociaux-démocrates de tout poil (l’Europe Écologie, différentes organisations de défense des droits de l’Homme, etc.) ne nous proposent pas de vraies alternatives au capitalisme menant la Russie et le monde vers l’abîme. Ils ne nous proposent que d’élire de nouveaux « tsars ».

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Nombreux sont les russes qui se méfient de tous les politiciens. En même temps, ils cherchent des alternatives. Il est important d’essayer de discuter avec eux, diffuser nos tracts, montrer qu’une autre voie est possible…

Malgré l’emploi du temps très chargé, quelques anarchistes russes et français sont venus à ce rassemblement parisien pour porter une autre voix — celle de l’anticapitalisme, l’anarchisme, la démocratie directe, l’autogestion réelle. Des tracts anarchistes en russe et en français ont été diffusés  aux manifestants et aux passants.

« NOTRE SOLUTION : L’AUTO-ORGANISATION ! »

Par cette action, nous exprimons également notre solidarité avec des anarchistes russes qui, aujourd’hui, subissent la répression en Russie.

DÉSERTONS LES URNES, OCCUPONS LA RUE !

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Le studio de France Inter envahi en direct par des anti-nucléaires

Le studio de France Inter a été brièvement envahi dimanche matin par des manifestants anti-nucléaires qui ont fait irruption pendant l’émission de Stéphane Paoli, ont constaté des journalistes de l’AFP.

Les manifestants, au moins un jeune homme et une jeune fille à l’écoute de l’antenne, se sont distinctement prononcés « pour l’arrêt du nucléaire » en ce jour anniversaire de la catastrophe de Fukushima au Japon.

Le journaliste leur a vainement intimé de « sortir immédiatement du studio ».

L’algarade a commencé vers 12h10 et a duré plusieurs minutes en direct.

« Ce sont de jeunes manifestants… On ne prend pas l’antenne comme ça », a expliqué Stéphane Paoli en comprenant qu’il était resté à l’antenne tout le temps.

« Eh bien tout le monde est témoin de ce qui vient de se passer, c’est du direct. Fermons le ban », a-t-il conclu.

L’opération n’a pas été revendiquée.

Leur presse (Agence Faut Payer, 11 mars 2012)

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Le travail tue – Tue ton patron

Elle tue son patron et invoque le stress au travail

Le 4 mars dernier, le corps de Philippe Gletty, PDG d’une PME spécialisée dans la fabrication et de la pose de menuiseries extérieures en aluminium et en PVC, avait été découvert en rase campagne. Hier, sa secrétaire de direction a avoué avoir commis le meurtre. Elle a été mise en examen pour « assassinat » et incarcérée. L’avocate de cette femme, âgée de 41 ans et mère d’un enfant, a d’emblée démenti la piste d’une liaison entre la meurtrière présumée et son patron, et donc celle d’un crime passionnel. Selon Le Parisien de ce dimanche, elle « aurait agi pour un « motif professionnel », ne supportant plus le stress et la pression du travail dans un contexte de difficultés financières de la société ».

Rappel des faits

Le 27 février dernier, Philippe Gletty, marié et père de deux enfants, avait disparu sans laisser de trace. Cependant « il avait l’habitude de faire des breaks, sa femme ne s’est inquiétée que le lendemain », précise Jean-Daniel Regnauld, le procureur de la République de Saint- Étienne, dans le Journal du Dimanche. Quelques jours plus tard, son véhicule, un 4×4, avait été localisé dans le bourg de La Terrasse-sur-Dorlay (Loire), dans le massif du Pilat. Son corps avait été retrouvé plus loin. L’homme avait été tué par balles, à l’aide d’une arme de poing de petit calibre. Elle appartenait au mari de la meurtrière présumée. « C’était sa plus proche collaboratrice », ajoute le magistrat dans le JDD. D’après l’hebdomadaire, l’employée aurait donné rendez-vous à son patron le lundi 27 février au matin sur le parking de la mairie de La Terrasse-sur-Dorlay, situé à 6 km du siège de la société. Selon les déclarations de la meurtrière présumée, une dispute aurait rapidement éclaté. Elle aurait alors abattu son patron avant d’abandonner son cadavre sur le chemin situé près d’un ruisseau. Elle encourt la réclusion criminelle à perpétuité.

Leur presse (Elle.fr, 11 mars 2012)

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Vive la belle à Aarburg (Argovie, Suisse)

Argovie : trois jeunes s’échappent du foyer d’éducation d’Aarburg

Trois jeunes se sont échappés du foyer d’éducation d’Aarburg (AG) dimanche. L’un d’entre eux a menacé un gardien avec un couteau, le forçant à ouvrir une porte pour lui et son complice. Un autre a escaladé la barrière de sécurité pendant qu’il jouait au football.

La police a lancé une opération de recherches, mais les fugitifs courent toujours. Les trois évadés se trouvaient au foyer pour des délits mineurs. Ils ne sont pas violents, a indiqué le directeur du centre.

Un jeune de 15 ans a été le premier à s’évader dimanche vers 17h00. Pendant une partie de football, il a escaladé la barrière de sécurité haute de 2,2 mètres.

Cette évasion a provoqué de la nervosité parmi les autres pensionnaires du foyer. Ils ont alors été séparés. Mais deux autres jeunes âgés de 17 ans ont réussi à prendre la fuite. L’un des deux a menacé un gardien avec un couteau.

Il l’a obligé à ouvrir une porte et a pris la fuite avec l’autre jeune. Celui qui a menacé le gardien était au foyer depuis deux semaines.

Le jeune de 15 ans se trouvait dans le centre pour des affaires de vols. Un des pensionnaires, âgé de 17 ans, était dans le foyer pour des larcins et des affaires de drogue. Le troisième avait été placé dans le centre par les autorités de tutelle.

Après cette triple évasion, le foyer a annoncé des mesures. La barrière de sécurité autour de la place de sport sera réaménagée, a précisé le directeur.

Publié par des ennemis de la liberté (ats, 5 mars 2012)

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Le 8 mars, ne nous offrez pas de fleurs…

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NOUS, femmes, lesbiennes, blacks, indigènes, de la campagne, de la ville et immigrées, nous ne voulons pas être honorées ce 8 mars. Il y a 365 jours dans l’année, tous sont les fins et les moyens patriarcaux et oppressifs.

NOUS, nous ne voulons pas l’égalité.

ÉGALITÉ AVEC QUOI ?? Avec les hommes néolibéraux condamnés à l’arrogance, à l’efficacité maximum et à la compétition quotidienne ? Avec les hommes travailleurs, condamnés à la reproduction d’un système qui les exploite quotidiennement ?

L’ÉGALITÉ dans ce système capitaliste patriarcal, équivaut à se soumettre à la misère économique et à la médiocrité existentielle.

NOUS, NOUS VOULONS AUTRE CHOSE. Nous voulons une transformation radicale de la société. Nous voulons détruire l’État capitaliste, nous voulons la fin de la propriété privée des corps et des esprits. Nous voulons la fin du travail aliéné. Nous luttons contre le sexe sans plaisir à l’intérieur des chaînes de l’hétéromonogamie obligatoire. Nous avons conscience que la sociabilisation des moyens de production n’entraîne pas la fin des objectifs d’oppression des femmes. L’idéologie du patriarche survit aux changements économiques et surgit de nouveau avec les mêmes objectifs de contrôle des femmes, de manière beaucoup plus virulente !!

NOUS NE VOULONS PAS ÊTRE INSÉRÉES, l’insertion dans quoi ?

Nous nous résistons à remplir notre rôle de servir les hommes, en tant que procréatrices et allaitantes de la jeunesse et de la reproduction de l’idéologie en vigueur. Celles qui osent résister et se rebeller contre cette situation sont rendues invisibles par l’histoire, écrite par ceux qui s’entêtent à soumettre les autres.

Nous sommes celles qui ont été, et sont encore brûlées sur les bûchers de l’Inquisition. Nous sommes les victimes des viols correctifs, les assassinées pour le seul fait d’être des femmes désirant s’échapper de leur place assignée.

Nous ne voulons pas d’un pays dominé par le fondamentalisme religieux qui, à partir d’une vision fanatique et métaphysique du social, oblige les femmes pauvres à avorter dans la clandestinité, avec toutes les conséquences acceptées puisque connues de la société brésilienne.

Ce 8 mars nous appelons à la lutte ! À la lutte pour tous les corps et les âmes anti-patriarcales, qu’elle soit quotidienne et autonome, qu’elle transite continuellement entre le personnel et le politique, entre la déconstruction et l’invention.

Pour l’apparition d’une société sans État, sans dieu, sans patron, sans mari ni parti !

Femmes Rebelles – Porto Alegre.

Traduit du brésilienContra Info.

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[Martres-de-Veyre] Les incendiaires qui haïssaient les riches

Quinze incendies en dix-sept mois, douze accusés, autant de condamnés. Ils avaient la haine des riches. Le 26 avril 1854, le meneur est guillotiné par le « parti de l’ordre » devant la mairie des Martres-de-Veyre (Auvergne).

La haine. Le cinéaste Mathieu Kassovitz l’a débusquée, tapie dans le ventre des banlieues. Mais la rage des déshérités ne date pas d’aujourd’hui. Révoltes d’esclaves, jacqueries du Moyen-Âge, l’histoire abonde de soulèvements d’opprimés. Le XIXe siècle n’est pas en reste. Depuis 1789, les  » gueux  » sont passés de la révolte à la révolution. Karl Marx et son livre manifeste, Le Capital, théorisent l’oppression économique. La classe ouvrière développe une conscience politique croissante. Mais le coup d’État de Napoléon III, le 2 décembre 1851, met un coup d’arrêt aux élans républicains.

Le rétablissement de l’Empire avive les haines sociales, jusque dans les provinces les plus reculées. C’est dans ce contexte que s’ouvre, le 13 février 1854, le procès des incendiaires des Martres-de-Veyre. Entre le 11 janvier 1852 et le 26 juin 1853, pas moins de quinze feux de maisons, granges ou greniers se sont déclarés dans le bourg. Soit près d’un par mois. Leur origine criminelle ne fait aucun doute. Tous visent des habitants aisés de la commune. Des  » blancs « , par opposition aux  » rouges « , selon la terminologie de l’époque. Rapidement, l’enquête s’oriente sur un groupe de personnes  » peu estimées et travaillant rarement « . Les suspicions des gendarmes s’appuient sur quelques déclarations tonitruantes.

 » Nous n’avons pas réussi à couper le cou à ces gueux de blancs, qui sont de véritables canailles, parce que Napoléon l’a empêché ? ; mais nous réussirons bien à les faire brûler comme des cochons « , aurait lancé l’un d’eux.  » Il faudrait apporter cinq chars de paille et y jeter le feu pour faire rôtir les riches « , aurait proclamé un autre. Rapportés par des témoins lors du procès, ces propos sont vigoureusement niés par les accusés. De quoi faire douter les jurés, d’autant qu’aucun incendiaire n’a été pris en flagrant délit. Mais l’imprudence du chef de la bande, Claude Fourneyron, va faire basculer le procès. Incarcéré en compagnie d’un repris de justice confirmé, il a confié à son codétenu la façon dont ils mettaient le feu, et par quels signaux ils communiquaient lorsqu’ils opéraient.

Ancien bagnard, Joseph Martin répète le tout. D’abord au surveillant-chef de la prison, puis au juge d’instruction. À la barre des assises, son témoignage apporte à l’avocat général les preuves qui lui manquaient contre la  » bande des Martres « . Un imposant défilé de témoins et de victimes va faire le reste. L’un signale qu’après avoir travaillé chez lui, l’un des accusés s’était plaint de la nourriture qui lui était donnée, et aurait lâché  » qu’il n’y aurait pas grand mal si tous nos bâtiments étaient brûlés « .

D’autres rappellent qu’à chacun des incendies, un ou plusieurs des accusés étaient présents.  » Ils tenaient des propos gouailleurs, refusaient de combattre le feu et essayaient même de dissuader les voisins d’apporter leur concours.  » Un témoin soutient que l’un des accusés s’est exclamé :  » Ils ont du grain chez eux, de l’argent dans leur coffre, quel grand mal y a-t-il à les chauffer un peu ? « 

Plus qu’un procès criminel, c’est un procès politique que conduit l’accusation. Car force lui est de reconnaître que, hors d’importants dégâts matériels, cette succession d’incendies volontaires n’a fait aucune victime. Certes, dans l’un, un bébé de 4 mois, endormi dans son berceau, a été sorti in extremis d’une maison en flammes ; dans l’autre, c’est une vieille femme qui est évacuée en pleine nuit, à moitié asphyxiée et inanimée, par son fils. Mais rien, au final, qui justifie la guillotine.

C’est pourtant elle que l’avocat général va requérir pour quatre des accusés.  » C’est surtout dans les temps révolutionnaires que la force brutale déborde « , souligne-t-il, dénonçant avec emphase  » la haine de la religion et de ses ministres, la haine de la société et de ceux qui possèdent, la haine du travail et de ceux qui en donnent « . Pour lui, les accusés voulaient  » la destruction de tout ce qui est honnête : les riches, les blancs, les prêtres… Les incendies ont éclaté chez tous les hommes d’ordre « . Le crime est impardonnable. Les jurés en sont d’accord.

Quatre des accusés écopent de la peine capitale, les autres, des travaux forcés (de 20 ans à perpétuité). Trois des condamnés à mort sont finalement graciés par l’empereur. Mais Claude Fourneyron n’échappe pas au couperet. Le 26 avril 1854, il est exécuté sur la place de la mairie des Martres-de-Veyre. Ce sera la seule victime de la série d’incendies.

Sources : archives départementales du Puy-de-Dôme.

Publié par des ennemis de l’égalité sociale (LaMontagne.fr, 4 mars 2012)

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[Turin] Lettre d’Alessio, incarcéré suite aux descentes de police du 26 janvier contre des No-Tav

Alessio est l’un des compagnons mis en examen après les perquisitions du 26 janvier dernier, suite aux affrontements en Val Susa de l’été 2011 (il a été pécho le 23 janvier, et il lui restait 2 mois ferme à effectuer pour des tags faits à Bologne en 2007 — avant d’être à son tour mis en examen pour l’histoire du Val Susa). Il est toujours incarcéré à la prison « Le Vallette » de Turin.

Lettre d’Alessio

10/02/2012

Ma correspondance est bloquée. Je suis soumis à la censure (ex-article 18 ter), donc mes lettres devraient simplement être vérifiées avant d’être envoyées. Mais ce n’est pas le cas.

J’ai commencé à envoyer des lettres depuis mon premier jour en prison le 24 janvier. Au 10 février, ces lettres étaient toujours retenues. Les chiens de garde pensent qu’ils peuvent isoler un individu de cette manière. Tous les arrogants inutiles qui ne gèrent ne serait-ce qu’une miette de pouvoir, croient que les idées, la passion et le désir de révolte peuvent être éteints une fois qu’on est enfermé, et que les liens de solidarité et de réciprocité avec ceux de l’extérieur peuvent être ralentis.

Je pense que même complètement isolé, je ne serai jamais seul.

Je porte en moi le courage, la détermination et les sacrifices de tous les compagnons et compagnonnes qui m’ont précédé sur le sentier de la révolte. J’ai marché dans leurs pas et j’ai bien l’intention d’attaquer cet existant de soumission et d’humiliation quotidienne avec la force de tout mon être. Dans ma vie, j’ai toujours accouru partout où je pensais pouvoir m’opposer à l’autorité. Je l’ai fait avec ma méthode, en construisant mes complicités, et lorsque je n’en ai pas trouvées, j’ai agit de moi-même. J’ai eu la chance de beaucoup voyager. Beaucoup de langues et d’individus différents rencontrés en chemin. Mais partout, j’ai trouvé la même douleur, la même usure et le même harcèlement. Une malédiction nommée État, une insulte nommée Capital. Tous deux sont des crachats jetés au visage de la dignité des individus.

J’ai donc décidé de n’attendre ni que les temps soient mûrs, ni les grands nombres. Je sais qu’il n’existe pas de meilleur jour qu’aujourd’hui pour se révolter, je sais qu’un individu n’a besoin de rien d’autre que de la capacité de ses bras et de la dignité de ses propres idées. J’ai donc pratiqué l’action directe, et mon cœur a chaque fois battu plus fort. En fixant à chaque fois les ennemis de la vie dans les yeux, je me suis dit que ce n’était pas assez, que c’était encore trop peu. C’est vraiment comme ça, ils n’ont encore rien payé. Et même s’ils devaient commencer à le faire, ce ne serait jamais assez.

Il est temps que la passion de chacun et chacune explose, que nous cherchions des hommes et des femmes en affinité avec nous, que nous observions l’ennemi. Et quand nous sommes prêts, passons à l’attaque. Malgré l’énorme déploiement d’hommes, de moyens et de technologies répressives, il existe encore dans ce monde des spectres en chair et en os qui ne se rendent pas. Quel que soit le risque, quel que soit le prix que nous fera payer le pouvoir.

J’ai eu le privilège de rencontrer des hommes et des femmes qui, après 20 ou 30 ans de prison, se sont retroussés les manches une fois dehors et, avec un grand sourire, ont repris leur place au combat. Ils ont passé leur vie au milieu de la tempête, en continuant à donner leur précieuse contribution.

J’espère que vous comprendrez à partir de ces lignes mon admiration et ma profonde gratitude pour ces individus, pour ces compagnons.

Je ne trouverai la paix que lorsqu’il ne restera plus rien des institutions et des propriétés des riches.

Cet existant doit être subverti, et il n’existe pas de meilleure manière que de commencer à le subvertir.

Depuis la prison « Le Vallette » (Turin)
Alessio Del Sordo – anarchiste

Pour lui écrire : Alessio Del Sordo
C.C. via Pianezza 300
10151 Torino

Traduit de l’italien (Informa-Azione) – Brèves du désordre.

Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Beau comme une prison qui brûle | Marqué avec , , | Commentaires fermés sur [Turin] Lettre d’Alessio, incarcéré suite aux descentes de police du 26 janvier contre des No-Tav

La clé plutôt que la chaîne

À Luca Abbà, plongé dans le coma depuis le lundi 27 février 2012, après avoir chuté d’un pylône en haut duquel il s’était réfugié alors qu’il était poursuivi par les flics sur ordre direct du ministre de l’Intérieur italien qui intimait la reprise du chalet collectif La Baïta appartenant au mouvement d’opposition No Tav.

LA CLÉ PLUTÔT QUE LA CHAÎNE

Depuis Fukushima, le but morbide et explicite de la mafia nucléariste est de convaincre chacun que ce monde tel qu’il va ne peut plus aller sans le nucléaire. Les pronucléaires et les anti-nucléaires devraient s’en accommoder, comme l’imposent les mégalomanes criminels qui, au nom du principe de leur réalité, considèrent que l’humanité peut bien s’adapter à des accidents répétés de centrales [Ainsi, Jean-Marc Jancovici, membre de la « Commission de veille écologique » de la Fondation Nicolas Hulot, a récemment déclaré : « Du point de vue des écosystèmes, et ce n’est pas du tout de l’ironie, un accident de centrale est une excellente nouvelle, car cela crée instantanément une réserve naturelle parfaite ! La vie sauvage ne s’est jamais aussi bien portée dans les environs de Tchernobyl que depuis que les hommes ont été évacués… » (Enerpresse, 20 février 2012).]. Les cauchemars en cours n’ont pour effet dans les crânes d’œuf des nucléocrates négationnistes que de générer des théorèmes ubuesques où la probabilité prévaut aux décisions même lorsqu’elle est supérieure à 1. Ce ne sont pas quelques antinucléaires du « Réseau pour sortir du nucléaire » rejoints par l’appareil politique des Verts exhibant leur chaîne le long d’une faille sismique, serait-ce sur 1000 kilomètres Nord-Sud, qui auront la moindre incidence sur la catastrophe et les choix politiques qui en sont la cause. La mobilisation de Valognes en novembre 2011 nous paraît mériter une bien plus grande attention.

Ne taisons pas nos divergences

Au sein du collectif de valognes, une position idéologique a voulu prendre le pas sur le sens du « blocage » du train Castor à Valognes le 23 novembre 2011, cette tentative réussie d’action autonome. Dogmatiquement activiste, elle affirme que « la permanence des luttes de chapelles en France n’exprime que l’insuffisance pratique du mouvement ». (Appel au camp de Valognes en novembre 2011, septembre 2011) : elle recoupe celles des insurgés-qui-vont-arriver, qui considèrent avoir déjà gagné, du moins pratiquement : « Quelle que soit la virulence du déni, les nucléocrates le savent bien : en tant qu’industrie, le nucléaire n’a aucun avenir, hormis l’industrie de son démantèlement » (« Panique chez les nucléocrates », in Libération du 21 novembre 2011).

Une autre tendance, négation de la première, (« Notes sur Valognes et ses suites » in Pas de sushi l’État Geiger, n° 2, p 21-22), quant à elle, louvoie en assimilant la thèse de la défaite des nucléocrates à « l’illusion d’une prise de conscience généralisée comme il en fut jadis dans l’après-Tchernobyl ». Illusion qui aurait spéculé, déjà, sur la catastrophe nucléaire comme opportunité pour renverser ce monde. Si nous critiquons, nous aussi, cette thèse de la fin inéluctable du capitalisme par la catastrophe nucléaire, nous ne nous souvenons pas de la propagation d’une telle illusion dans les années qui ont suivi Tchernobyl [Au contraire : « Il serait, bien entendu, ridicule, aujourd’hui, d’espérer un « avenir sans nucléaire » comme certains écologistes le mendient de l’État. Le nucléaire est malheureusement là, et pour longtemps. Mais le pseudo-réalisme qui se fonde sur cette constatation pour admettre que le nucléaire continue à coloniser la planète est un raisonnement suicidaire », écrivait, en 1987, le Comité Irradiés de tous les pays, unissons-nous, dans sa Plateforme.]. Engager une activité désabusée sur la base des possibilités d’alors (notamment dans les luttes contre les projets de stockage de déchets nucléaires) et contribuer à fissurer le consensus qui régnait nous paraissait alors indispensable d’autant que le développement d’une conscience critique collective ne tombe jamais du ciel, fût-il cauchemardesque.

L’importance de la discussion réside dans le fait qu’il faut envisager la réalité du rapport de force dans la lutte contre le nucléaire.

Il ne s’agit pas d’éluder les contradictions, dont nous ne faisons pas table rase au motif d’un « mécanisme de division atavique [qui] nous dédouan[erait] certes de toute responsabilité, mais nous condamn[erait] à perpétuer les causes de notre faiblesse. » (Appel au camp de Valognes). Les contradictions ont la vie dure et leur refoulement sous la tente de l’unité ne nous empêchera jamais de considérer comme nuisance l’activité lobbyiste d’un Greenpeace ou comme confusionniste celle d’une association complice de l’industrie nucléaire comme l’ACRO.

Il est tout aussi faux et vain d’écrire, comme les uns, que le nucléaire est à « l’amorce de sa fin » (« Panique chez les nucléocrates ») sans envisager toute l’infrastructure sur laquelle il s’appuie et qui, elle, n’est pas véritablement mise à mal, que de prétendre, comme les autres, que le nucléaire continue comme avant, sans tenir compte des raisons pour lesquelles certains États ont décidé de mettre un bémol. Oublions les indignés du nucléaire qui, eux, se contenteront d’un capitalisme sans nucléaire, sans même se demander si c’est possible. Les Notes sur Valognes et ses suites se sont fait l’écho de différentes positions extérieures au collectif qui se fondaient sur la confusion entre l’action de Valognes et la stratégie formulée par les « appellistes ». Pourtant, à l’intérieur du collectif, « les approximations de la tribune de Libération sur la prétendue agonie finale de la mafia nucléaire » (Valognes et après…, par Un de ceux de Valognes), étaient sources de dissensions.

La perturbation de Fukushima

Quel autre monde une arme de guerre, arrachée à la connaissance, devenue moteur industriel mondial pouvait-elle promettre sinon celui d’une survie réduite aux contraintes sécuritaires ? L’abondance des matières radioactives utilisables militairement et la diffusion de ces technologies sont telles aujourd’hui qu’elles ne déterminent plus les choix du nucléaire civil, en dehors des pays isolés géopolitiquement, tels l’Iran ou la Corée du Nord.

Personne ne peut plus nier que Fukushima, à la suite de Tchernobyl, peut entraîner un problème majeur pour le développement mondial de l’industrie nucléaire civile, car une telle catastrophe est aussi un démenti total des prétentions affichées précédemment par les nucléocrates. Du seul fait de son existence, la catastrophe de Fukushima contraint la caste nucléariste à poursuivre un travail de Sisyphe de « reconquête de l’opinion ».

Alors que cette caste est durablement engagée dans la poursuite de l’exploitation de l’énergie nucléaire, comme en France, où elle persiste avec une arrogance extrême à vouloir développer le nucléaire civil — quitte même à se servir de la catastrophe de Fukushima comme argument commercial —, elle peut aussi faire le dos rond et faire des promesses, comme en Italie ou en Allemagne.

Les pays émergents ne peuvent pas tous être pareillement ni aveuglément pronucléaires. Certains basaient leur production d’électricité sur des projets colossaux de développement de la filière nucléaire. Ainsi, l’Inde a pratiquement suspendu l’ensemble de son programme, dont la mise en chantier de 4 EPR, sous la pression des populations, après avoir prévu de multiplier par 14 son potentiel en vingt-cinq ans. Dans un autre sens, la Chine possède 14 réacteurs, en prévoit 25 nouveaux, dont 2 EPR, d’ici 2020. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu’ils peuvent sans contradictions sacrifier leur population. Ainsi les autorités du district de Wangjiang s’opposent-elles à celles, voisines, de Pengze où se construit un nouveau réacteur, un AP1000, dernier-né de la technologie américaine, sur une faille sismique en activité. Comme partout, un journal, en l’occurrence Xinjing Bao, promeut la transparence.

Aux États-Unis, l’administration Obama veut relancer l’implantation de centrales. Pour la première fois depuis 1978, la construction de deux nouveaux réacteurs, en Georgie, a obtenu l’agrément de la NRC (Nuclear Regulatory Commission), l’instance fédérale.

Quelles que soient les décisions de l’après-Fukushima, personne n’ignore plus désormais que l’humanité, tant qu’elle existera, devra se protéger de la radioactivité artificielle que cette société a diffusée partout en connaissance de cause.

L’utopie EPR

Nous avions décrit dans Du mensonge radioactif et de ses préposés quelques aspects de la « reconquête de l’opinion » que la catastrophe de Tchernobyl avait alors rendu nécessaire pour les nucléaristes français. Aujourd’hui, les mêmes ont conçu le thème de la « renaissance du nucléaire ». Avec Fukushima, forts de cette expérience de gestion de catastrophe globale, les communicants du pouvoir nucléariste, c’est-à-dire aussi ceux de l’État français, ont tout de suite attaqué en traitant d’« infâmes » les écolos qui se seraient servis du malheur des Japonais et, dans la foulée, ils ont essayé de placer l’EPR comme remède à tous ces maux. Ils ont fait de ces morts un argument sécuritaire.

L’arrogance de cette mafia se lit parfaitement dans l’histoire de la conception de l’EPR et dans son usage : le programme nucléaire français avait été fondé sur la filière à neutrons rapides, « le réacteur du futur ». Après la construction de Superphénix — le roi Soleil — et du centre de La Hague, la filière a dû être abandonnée, échec industriel monumental. Les 58 réacteurs en service construits sur la licence Westinghouse en l’attente du développement de la filière française ont finalement servi à produire le plutonium que La Hague recycle sous forme de MOX, alimentant lui-même les réacteurs qui ne sont pas adaptés à ce combustible. L’EPR est la quintessence du savoir-faire français : il peut consommer du MOX et il a intégré les nouvelles règles de sécurité définies depuis Tchernobyl. Il peut même supporter la chute d’un avion de ligne, enfin il devrait… (bien que cela ait été contredit par un document d’EDF de 2003 classé secret d’État). Mais ce type de réacteurs implique tellement d’exigences qu’il en devient inconstructible, sinon à prix prohibitif. D’ailleurs, sur les quelques dizaines de réacteurs dont la construction est prévue dans le monde, il n’y a que 4 EPR. Les deux premiers — Olkiluoto 3 en Finlande, vendu à perte, et Flamanville — ont vu, pour l’heure, leur temps de construction et leur prix doubler, et ils sont encore loin d’être achevés. Le cas des deux de Taishan, en Chine, semble faire exception, mais on sait bien que, si la Chine n’est pas en voie de désindustrialisation, elle peut bien ignorer ses autorités de sûreté.

Pendant ce temps, les Coréens et les Canadiens obtiennent des contrats pour la construction de futurs réacteurs : ils sont moins chers, souvent de plus faible puissance et leur construction demande moins de temps…

Le colosse aux pieds d’argile n’a pas de porte-monnaie

L’appareil de production des énergies n’a pas à être rentable immédiatement puisque l’énergie anime l’ensemble des industries. Le raisonnement économique dans le nucléaire doit donc être envisagé comme l’expression politique de choix étatiques. La rentabilité n’est pas primordiale pour ses gestionnaires mêmes. Les profits se réalisent bien en aval des investissements proprement énergétiques. Économiquement, l’État avance mais le capital gère quand ça roule, c’est-à-dire hors prise en compte de « caractéristiques propres (risques, règles de sûreté et de sécurité, lien avec les questions de défense…) » que précisait le rapport Roussely, ex-président d’EDF et sans contradiction vice-président du Crédit Suisse, en 2010. Socialement, surtout en cas d’incident ou d’accident, l’État gère (par exemple, au Japon où Tepco va être nationalisée), le capital fuit et les humains se démerdent avec ce qui leur reste de santé et d’environnement.

Le gestionnaire Roussely sait également de quoi il parle quand il écrit : « Le nucléaire est en effet probablement la seule activité économique dont l’avenir est largement déterminé par l’opinion publique. L’acceptation par le public et les acteurs institutionnels est une condition majeure pour le développement du civil nucléaire. » La gestion à laquelle ils se livrent n’est pas seulement économique et sociale, elle est aussi celle des consciences, la police de la pensée.

Les coûts du nucléaire sont incommensurables puisqu’il s’agit du seul investissement qui aura été lancé pour l’éternité. La Cour de comptes s’est pourtant essayée à présenter un chiffrage du coût de la filière nucléaire française. Selon elle, les caisses seraient vides et, de plus, il est trop tard pour opérer le renouvellement du parc de centrales. Le choix de prolonger la durée de vie des centrales françaises (ainsi que dans la plupart des pays disposant déjà d’un parc) a donc déjà été fait. Initialement prévues pour être renouvelées au bout de quarante ans, les centrales pourront continuer leur fonctionnement pour atteindre cinquante ou soixante ans (il n’y a aucune limite réglementaire). Il faudra donc payer les rénovations (moins coûteuses que le remplacement) qu’un autre rapport, celui de l’ASN, juge nécessaire. Les deux rapports précisent les données et les contraintes d’un problème que les acteurs du nucléaire ne manqueront pas de contourner.

L’inimaginable au pouvoir

« Il faut accepter de se préparer à des situations complètement inimaginables parce que ce qui nous menace le plus, ce n’est pas un accident “standard” […] Si un accident se produit, le moins invraisemblable est que ce soit un accident absolument extraordinaire, lié par exemple à des effets dominos avec d’autres installations voisines, des aléas naturels ou des actes de malveillance » (dépêche AFP du 6 mai 2011), disait Jacques Repussard, directeur général de l’IRSN. Ce qu’ils n’avaient pas daigné imaginer auparavant devient, lors d’une réunion du Comité directeur pour la gestion de la phase post-accidentelle (Codirpa), la base de leur analyse. Repussard fait porter la cause sur les circonstances. Mais ce ne fut pas le tsunami qui fut radioactif.

Bon an mal an, on s’aperçoit, au travers de leur avancée forcenée, que le seul avenir qu’ils nous proposent véritablement est la survie en milieu contaminé, comme on peut le voir autour de Tchernobyl et au Japon. Un monde dans lequel il devient normal qu’un pédiatre japonais, Shintaro Kikushi, soit assailli par le dilemme des parents hésitant à envoyer leurs enfants jouer au jardin d’enfants : « Du point de vue de la santé, je pense que le risque de ne pas jouer est supérieur à celui qui est lié aux radiations » (Asahi Shimbun, 2 février 2012).

Le vortex de Valognes

Aujourd’hui comme hier, il s’agit pour nous de saisir les possibilités de remettre publiquement en discussion l’exploitation du nucléaire. Mais n’étant pas des martyrs, nous ne nous enchaînerons pas en réseaux de citoyens. Nous n’offrirons pas le spectacle d’un enchaînement volontaire immobile reposant sur l’espoir sidérant que sa présence passive occasionnerait une prise de conscience généralisée. Nous savons trop bien comment les nucléocrates et les économistes considèrent l’humanité, ils la prennent en compte quitte à la faire disparaître. L’opération menée à Valognes ne s’est pas faite sans divergences. Leur apparition dans les discussions est un moment nécessaire pour que les individus ne voient pas leur lutte dénaturée et accaparée par toutes sortes de représentants ou d’arrivistes.

Mars 2012,
Association contre le nucléaire et son monde.

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