[Nantes] Les héritiers des négriers lavent l’histoire plus blanc que blanc

À l’occasion de l’inauguration en grande pompes du mémorial de l’abolition de l’esclavage à Nantes, un groupe de trouble-fêtes a distribué le tract critique que voici.

Une mémoire d’éléphant…
qui trompe énormément !

« Il faut que tout bouge pour que rien ne change. »
(proverbe capitaliste)

Comment ne pas adhérer, de prime abord, à la volonté d’édifier à Nantes, haut lieu du commerce négrier pendant deux siècles, un mémorial « en hommage aux millions de victimes de la traite négrière et de l’esclavage à travers le monde » ? Comment ne pas admirer le courage de nos élites à se remémorer ce passé peu glorieux de la ville pour l’assumer dans un geste politique qui vient réaffirmer leur attachement aux droits de l’Homme ? Ici, tout est fait pour que nous soyons saisi-e-s d’émotion et de compassion au souvenir, évoqué par ce mémorial, de la servitude abjecte dans laquelle des armateurs nantais ont tenu des centaines de milliers d’individus, dans le seul but de s’enrichir. Mais émotion et compassion visent d’abord à nous empêcher d’analyser la réalité du commerce esclavagiste.

À en croire Jean-Marc Ayrault, indéboulonnable maire de Nantes, le passé négrier et esclavagiste de Nantes aurait été « exhumé, exploré, analysé, compris, assumé. » tout en ayant le bon goût de nous épargner toute forme de vaine culpabilité. Le « mémorial de l’abolition de l’esclavage » serait né de cette volonté de faire un long et audacieux travail de mémoire.

Mais de quelle mémoire s’agit-il ici ?

Et dans quel but est-elle si courageusement affirmée ?

Circonscrire la mémoire…

Une histoire dont les abolitionnistes sont les héros

Ce qu’assume la ville à travers ce mémorial, c’est d’abord l’abolition de l’esclavage. On y verra surtout célébré le combat des abolitionnistes européens, plutôt que celui des esclaves eux-mêmes qui n’y sont pas présents en tant que sujets, en tant que personnes en lutte frontale avec leurs exploiteurs mais en tant que victimes dont l’évocation nous saisit d’effroi et de commisération.

Le mémorial célèbre donc ceux qui, au nom de la liberté, ont combattu pour les arracher à cette condition de victimes. Mais la proclamation de la liberté comme valeur morale reste abstraite, décalée de la réalité de la traite. En instituant l’esclavage en « crime contre l’humanité », notion vide et inconsistante, on en fait un crime sans coupables, sans sanction et sans actualité. Comme le souligne Françoise Vergès [Le travail critique de Françoise Vergès sur l’abolition de l’esclavage est souvent cité dans ce texte. Paradoxalement, dans le projet du Mémorial et dans son taitement médiatique, elle endosse le rôle de caution scientifique.], « la définition de l’esclavage comme crime contre l’humanité pourrait constituer une avancée si la relation entre la modernité et l’esclavage était explicitée et si l’esclavage était analysé comme le premier système social organisé fondé sur l’exil et le meurtre. L’étude de la période post abolitionniste révèle que l’abolition, qui établissait une opposition tranchée entre asservissement et liberté fut en grande partie une figure de rhétorique. » Le discours des promoteurs du mémorial relève de la même veine creuse et symbolique, on rappelle les noms des bateaux, des comptoirs de traite, des abolitionnistes occidentaux, mais pas ceux des armateurs, des industriels et autres profiteurs.

Un don qui coûte cher

Historiquement, l’abolition a été présentée comme un don de la classe dirigeante européenne aux esclaves, créant ainsi une dette qu’ils devaient payer en devenant de bons ouvriers, de bons chrétiens, d’obéissants colonisés. Célébrer l’abolition c’est davantage rappeler cette dette qu’assumer la mémoire de la traite négrière.

Dans cette opération de filtrage mémoriel reposant sur la proclamation creuse d’un attachement à la liberté, une chose est fondamentalement passée sous silence ; c’est la réalité des rapports économiques qui présidaient à la traite et la continuité de ces rapports d’exploitation au fil des siècles, jusqu’à aujourd’hui.

« Le commerce triangulaire a accouché du capitalisme. Phase d’accumulation du capital durant trois siècles […], l’esclavage est le rapport social fondateur de la domination contemporaine, de ses États et de son économie. » (M. Rigouste) [Les citations de Mathieu Rigouste sont extraites de Le théorème de la Hoggra aux éditions BboyKonsian]

À Nantes, la traite a donné une première impulsion économique sur laquelle s’est appuyé le développement industriel au XIXe siècle (industrie du sucre, biscuiteries, conserveries…), restructuré ensuite au sein du capitalisme financier. Cette réalité est occultée, la logique économique de classes et d’exploitation n’est pas analysée. Tout au plus est-il rapidement concédé qu’« une partie de la richesse de Nantes a été fondée sur le commerce triangulaire ». Mais on met ça sur le compte d’une barbarie qui appartiendrait à un lointain passé, coupé de tout présent, éloignée par le progrès social et idéologique. Tout est fait pour que seules soient visibles les traces de cette richesse accumulée pendant des siècles, mais pas celles de la structure d’exploitation qui la sous-tendait et qui perdure.

La continuité du profit…

Ce déni est matérialisé dans le mémorial par d’« immenses lames de verre de 8m de haut symbolisant la coupure historique que fut l’abolition ». Cette prétendue rupture n’est en fait qu’une mutation de l’exploitation pour assurer sa continuité : servage, esclavage, colonialisme, industrialisation, capitalisme libéral, capitalisme vert… Chaque nouvelle forme doit se substituer à l’ancienne, alors en perte d’efficacité économique. Chaque nouveau modèle fait apparaître de nouveaux champs d’exploitation et cherche à se légitimer sur une fausse critique idéologique du modèle précédent.

… par le travail forcé…

Ainsi, à la Réunion, avant l’entrée en vigueur du décret proclamant l’abolition, « de nouvelles stratégies de discipline et de police sont élaborées ». Le gouvernement français impose aux esclaves bientôt « libres » l’idée que la liberté n’est pas un dû mais un devoir lié à l’obligation du travail. Il est décrété que « toutes les personnes non-libres sont tenues de contracter un engagement de travail avant l’abolition. Toute personne ne pouvant produire de livret de travail sera poursuivie et condamnée à travailler plus de dix heures par jour dans un atelier de discipline et à recevoir une instruction religieuse » (F. Vergès). On ne va plus pouvoir pratiquer l’esclavage, qu’à cela ne tienne, on l’appellera « contrat d’engagement » et tout continuera presque comme avant, en un peu plus « moral » ! Tout est bon pour asseoir la domination et perpétuer le profit…

… et par l’exploitation de l’immigration

La proclamation d’une rupture vise à nier la continuité de ces logiques d’exploitation. La Mairie proclame : « En 2011, l’édification du mémorial en hommage à tous ceux qui ont lutté, luttent et lutteront contre l’esclavage, vient clore un cycle et en ouvrir un autre, celui du présent et de l’avenir. » Mais comment peut-on ne pas voir la même logique se poursuivre sous la forme de l’exploitation de l’immigration post coloniale et de la domination sur les pays du Sud. « Nos frères, prêts à se noyer, ceux qui arrivent se tuent au travail, se font rafler, interner, déporter, parfois assassiner. Au final, qu’est-ce qui a vraiment changé ? Le fait que les esclaves modernes se déporteraient eux-mêmes […] l’impérialisme occidental a créé les conditions d’une servitude sans chaîne, d’une traite sans galère. » (M. Rigouste)

La colonisation a été la suite logique et la perpétuation de l’esclavage par l’asservissement et la mise sous tutelle des territoires colonisés et de leurs populations. De même, le capitalisme libéral est une synthèse déguisée de l’esclavage et du colonialisme. Il ne peut exister sans des formes d’esclavage dans les pays du Sud et de travail forcé sous nos cieux radieux.

Vinci : cas d’école

Ainsi, Jean-Marc Ayrault va-t-il jusqu’à prétendre « lutter contre toutes les formes d’esclavage moderne et d’aliénation des droits de l’homme afin de construire un monde plus solidaire », mais il ne remet pas en cause, un seul instant, le monde qui nécessite ces formes d’esclavage qu’il prétend condamner. Les choses étant bien faites, merci à lui pour ce cas d’école que représente le mémorial, le contrat de la construction a été offert à Vinci, géant mondialisé du BTP et esclavagiste convaincu. Que ce soit dans ses mines d’uranium au Niger, dans ses chantiers avec main d’œuvre sans-papiers, chez ses intérimaires du nucléaire ou dans la construction-gestion des prisons comme des foyers de travailleurs dociles, Vinci exploite, asservit, détruit des vies, tout en sponsorisant des évènements culturels et sportifs locaux tels que la « Solidaire du Chocolat », sic ! Cet exemple nous montre de quelle manière le profit trouve sans cesse de nouvelles voies d’expansion et pourra toujours s’accommoder des discours, même les plus éthiques. On voit bien comment, contrairement à ce qui est affirmé à grands renforts de propagande, cette forme de commémoration n’assume réellement aucune réalité passée ou présente. Au contraire, elle la dénie en postulant l’abolition de toute forme d’exploitation, ou à la rigueur, en reconnaissant sa persistance lointaine et irréelle : l’« esclavage contemporain » du mémorial, phénomène étranger et marginal.

L’enjeu principal de ce mémorial est bien, en réalité, d’accréditer l’idée que cette histoire est terminée et final

… pour contrôler le présent

Ce beau geste remplit aussi une autre fonction, fait face à un autre enjeu. Quand le mémorial proclame la volonté d’assumer « notre » histoire et se veut un « message de tous les Nantais », n’est-ce pas une identité commune qu’il s’agit d’affirmer ? Cette construction d’une prétendue mémoire collective n’est-elle pas, encore une fois, que l’occasion de rallier à un projet commun, le développement de la métropole.

Uniformiser les identités

Cette Histoire commune vise en réalité à créer ce consensus qui gomme les conflits et les rapports de classes. Et comment la condamnation de l’esclavage ne ferait-elle pas consensus ? Pourtant la responsabilité de la traite n’est pas celle de tous les nantais mais celle des puissants, de même que l’abolition célébrée par ce mémorial. Prétendre à l’existence d’une Histoire commune permet d’en faire table rase « ensemble ». Le débat et ses enjeux sont d’emblée délimités par ce que veut bien assumer la ville.

Gommer les histoires de lutte

La parole qui préexistait est canalisée, les prises de position propres sont effacées.

Aucune trace de la réflexion gênante portée en 2010 par le collectif du 10 mai – collectif d’associations afro-caribéennes de Nantes – sur « l’étude des objectifs qui ont guidé d’un côté l’abolition de l’esclavage selon les nègres marrons et leurs pratiques autonomes, de l’autre l’abolition selon les européens, qui révèle deux conceptions fort différentes du dépassement de la servitude. Pour les nègres marrons, 400 ans de révolte ont donné lieu à la création de Quilombos et de Palenques, véritables maquis organisés par les résistants noirs où les outils, les savoirs et les savoir-faire étaient le plus souvent mis en commun dans le but de garantir souveraineté alimentaire et indépendance à l’égard des colonialistes » ni des enseignements à en tirer « sur le monde que nous subissons aujourd’hui ». Cette analyse a été écartée des célébrations consensuelles organisées par la mairie.

De la même façon, au fil des salles du Musée du Château des Ducs, on voit se succéder indifféremment des anecdotes d’aristocrates, de négociants esclavagistes, d’immigré-e-s breton-ne-s venu-e-s trimer dans les usines de la bourgeoisie nantaise, de patrons innovants, d’ouvriers révoltés, de paysans solidaires et de plans d’urbanisme. Toute identité propre, toute histoire de lutte se trouve noyée et diluée dans cette sorte de grande épopée nantaise. Il s’agit d’uniformiser les identités en niant les histoires propres, les cultures de luttes de tou-te-s celle-ux que la ville a avalé-e-s et qui y ont développé leur pratiques d’organisation autonomes. La métropole s’empare systématiquement de tout passé de résistance et le vide de sa force d’opposition, des bouts de vies deviennent des gadgets de promotion de la ville devenue entreprise (chantiers navals, usine LU, « Chantenay, La rouge »…). L’identité ne devrait plus être que cet artifice commun niant tout rapport de domination.

Créer un mirage commun

Jean-Marc Ayrault déclare encore que « la grandeur d’un peuple se mesure à sa capacité à assumer son histoire. Celle d’une société à s’avouer les crimes dont elle porte encore les traces. Celle de Nantes à avoir su ouvrir les yeux sur son rôle dans l’odieux commerce triangulaire qui fonda une partie importante de sa richesse ». Est-il vraiment tant question de mémoire ? La « trace des crimes » du commerce triangulaire devient support de la « grandeur » de Nantes, érigée en « peuple », en « société ». À travers cette auto-célébration se manifeste clairement l’enjeu qui sous tend la construction de ce mémorial, comme de bien d’autres manifestations du cru (Estuaire, Machines de l’île, Voyage à Nantes, Capitale européenne de l’écologie, Nantes Ma ville en 2030…) : construire une identité nantaise. Pour satisfaire cette obsession de l’image de la ville, les stratégies sont multiples : politique culturelle mégalo, vitrine écolo-réaliste, propagande de démocratie participative. C’est donc tout naturellement que ce mémorial va venir s’intégrer dans le package touristique joliment baptisé « Voyage à Nantes », entre l’ éléphant et les anneaux de Buren.

Métropole à vendre

Ces recettes ont aussi pour but de faire rayonner Nantes Métropole sur le plan national voire international. Dans un contexte de concurrence féroce et globalisée, les villes doivent se comporter en entreprises et se vendre. Tout doit tendre à l’« attractivité », qui vise la classe moyenne et avec elle les entreprises qui ont besoin de cadres stables pour s’installer en confiance.

« Assumer » son passé honteux permet à Nantes de s’acheter un crédit éthique sur le dos de la traite. Et au passage, en réaffirmant sa position historique majeure dans le développement économique européen, la métropole Nantes-St Nazaire se pose comme une valeur sûre, avec son port et son expérience du commerce sans scrupules. Dans le même temps, en étant la première ville négrière du Vieux Continent à se doter d’un mémorial, elle veut prétendre à cette maturité morale nécessaire à la fameuse réforme éthique du capitalisme.

La logique de développement nécessite une sorte de mobilisation générale. Tout semble bon à prendre. C’est sans doute pour cela que l’on peut voir cette prétendue volonté d’assumer un passé historique côtoyer les nombreux autres projets entièrement tournés vers la modernité et un « dynamisme économique » sans passé et sans lien avec l’Histoire : aéroport, développement durable et autres éléphants…

Mémoire du passé, colère et solidarité du présent

Devant la poudre aux yeux de plus en plus raffinée que les décideurs ne cessent de nous jeter à la gueule, il nous paraît d’autant plus nécessaire de réaffirmer encore et encore que leur moralité opportuniste ne touche pas son but. Peut-être attendent-illes de nous des remerciements pour nous avoir épargné cette culpabilité collective évoquée si souvent. Les Droits de l’Homme, la Citoyenneté, et toutes ces « grandes avancées » que les puissants font pour nous et à notre place ne parviennent pas à nous faire tous oublier d’où on vient, et où on se situe. On préfèrera donc se rappeler les unes aux autres cette sensation commune de colère devant les humiliations quotidiennes, le mépris et les prises de pouvoir des puissants.

On préfèrera se rappeler notre capacité à savoir avec qui partager complicité et solidarité. Les esclaves, les moins que rien, les sans-papiers, les sans-terres, les sans-abris, les précaires, tous celleux qui luttent pour pas se faire bouffer, savent bien, avec ou sans mémorial, de quel côté illes sont.

Ce texte a été écrit par quelques personnes qui ont voulu questionner le « consensus » entourant le Mémorial. Qu’on en cause dans les chaumières !

Pour plus d’infos :
Sur la métropole voir le journal « Nantes Nécropole » disponible lors de tables de presses ou sur le site web.
Sur les luttes contre Vinci et son monde, voir aussi le site web.
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Indymedia Nantes, 25 avril 2012

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[Nique la France] Feu au drapeau (Besançon, soirée du 22 avril 2012)

Besançon : interpellation pour outrage au drapeau
Le drapeau tricolore a été brûlé

Les faits se sont déroulés dimanche soir, juste après le premier tour de l’élection présidentielle, dans la Grande Rue, à Besançon, peu avant minuit.

Un groupe de militants UMP, qui sortaient du local de leur parti, Place Victor Hugo, a été bousculé par 3 jeunes, âgés de 21 à 24 ans.

Ensuite, les jeunes ont volé un drapeau tricolore tenu par l’un des militants et l’ont brûlé.

Les auteurs des faits ont été rapidement interpellés par les policiers. Ils ont été placés en garde à vue. Les Jeunes Populaires ont porté plainte.

Selon la police, cet acte serait connoté politiquement, plus exactement ”de la mouvance anarchiste”.

Ils comparaîtront pour outrage au drapeau le 3 septembre prochain. Ils risquent une amende de 1500 euros.

Leur presse (Fr3 Franche-Comté, 25 avril 2012)


Agression et drapeau incendié : les jeunes UMP portent plainte

Le responsable des jeunes UMP du Doubs annonce avoir porté plainte à la suite de l’agression de militants sarkozystes par trois individus dimanche soir dans la rue.

« Dimanche soir, après les résultats du 1er tour de l’élection présidentielle, les jeunes populaires du Doubs se sont retrouvés pour fêter le bon résultat de Nicolas Sarkozy obtenu dans notre département. Alors que les jeunes UMP étaient dans le centre-ville de Besançon pour rejoindre la permanence départementale de Nicolas Sarkozy, trois individus ont lâchement agressé ces jeunes militants de l’UMP en les insultant. Et pire ils ont sauvagement volé le drapeau Français qui était dans les mains d’un des jeunes sarkozystes puis ils ont mis le feu à ce symbole de la République qui est le drapeau tricolore », explique Baptiste Serena qui a porté plainte pour outrage au drapeau, atteinte aux valeurs de la République et agression.

Les trois personnes ont été interpellées par la police et seront prochainement présentées devant la justice.

Leur presse (MaPoubelle.info, 25 avril 2012)

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Lettre de revendications des prisonniers du Centre de Détention de Roanne

Nous recopions ci-dessous une lettre de revendications que nous avons reçue, écrite par des prisonniers, qui souhaitent qu’elle circule largement. Ce mercredi 25 avril, à l’occasion de la cérémonie de remise des diplômes au centre de détention de Roanne (42), ils devraient l’avoir remise aux autorités judiciaires et pénitentiaires.

Nous ferons circuler des informations plus précises dès que possible sur les circonstances et les suites de cette lettre.

Il est important que ces paroles et revendications de prisonniers eux-mêmes circulent, c’est si rare ! Alors faites tourner, et si vous le pouvez, faites entendre ces paroles dans d’autres prisons !

Les détenus qui ouvrent leur gueule et se bougent ont souvent de grandes difficultés à le faire et prennent beaucoup de risques. Ils ont besoin de notre soutien, par diverses formes que nous pouvons imaginer et qui sont en notre pouvoir…

Le collectif Papillon


Lettre de revendications des prisonniers du Centre de Détention de Roanne

Le 25 avril 2012,

À la Direction et à la Juge d’Application des Peines,

En cette date, nous, détenus du centre de détention de Roanne, entrons en lutte afin d’exiger que nos droits soient respectés et entendus. Vous nous obligez à rester en cellule ou dans les coursives le plus longtemps possible, là où il n’y a aucune activité pour passer le temps. Vous nous escroquez avec les cantines et les frais de télé de plus de 8 euros, par le biais de la société Eurest. Vous ne respectez pas nos droits en matière de permissions et de réductions de peine. Dans l’immédiat, nous vous informons de nos revendications.

Sport
Nous exigeons l’accès libre au gymnase et aux salles de sport. C’est l’activité la plus demandée par les détenus.

Activités
Dans chaque aile, nous avons à disposition une salle d’activités, constituée de quelques tables, chaises, aucune activité proposée ! Nous exigeons des jeux de société, échecs, dames, etc.
Nous exigeons aussi qu’il y ait plus d’activités culturelles et sportives : tournois de foot, basket, volley, pêche, etc.
Nous exigeons une réunion socio-culturelle par mois avec des détenu(e)s et des intervenants, afin d’élaborer des activités qui ne nous soient pas imposées par l’administration pénitentiaire (A.P.) ou le service socio-culturel.

Parloirs
Nous exigeons, comme le prévoit la loi européenne, que la mise à nu des détenu(e)s lors des fouilles des parloirs soit retirée. Le système de contrôle à l’entrée des parloirs est largement suffisant pour garantir votre sécurité. Par conséquent, cette fouille ne sert qu’à nous humilier et maintenir une pression psychologique et physique sur nous ! Les rondes au parloir sont aussi vécues comme une humiliation par nos familles et nous réclamons l’arrêt des rondes. En cas de problème, nous avons un interphone. Ce moyen de contrôle est abusif et conduit à une humiliation de plus !
Nous exigeons enfin les accès libres au parloir pour nos familles sans demande de permis de visite, et qu’en cas de retard, des familles qui ont souvent fait des centaines de kilomètres soient acceptées à l’entrée des parloirs et que la durée ne soit pas réduite.

Bâtiment
Nous exigeons que cesse immédiatement les mesures de quartier semi-ouvert et fermé. Tous les étages doivent être ouverts, matin et après-midi. Que l’on puisse circuler d’étage en étage, et de bâtiment en bâtiment en journée, pendant les temps d’ouverture des cellules. Les sèche-linge et machines à laver ne doivent pas être enlevés plus d’une semaine en cas de problème. Nous vous rappelons que tous n’ont pas la possibilité de sortir leur linge : pas de famille, pas de parloir, pas d’argent, etc.
Nous exigeons la fermeture immédiate des quartiers d’isolement et disciplinaire, et autres mesures spéciales, la fermeture du prétoire [Sorte de tribunal (expéditif) interne à la prison, mobilisé en cas d’incident, qui condamne les détenus à des sanctions disciplinaires, comme le placement au quartier disciplinaire (« mitard »)], qui crée plus de conflits qu’il n’en règle.

Cantines [Cantine = système par lequel les prisonnier-e-s achètent des produits (nourriture, produits d’hygiène, de loisirs…). Ils n’ont pas le choix et doivent acheter (« cantiner ») auprès de sociétés dont les prix sont exorbitants.]
Nous exigeons que la société Eurest soit remplacée par une société qui proposerait des tarifs plus bas et pas deux à trois fois le prix extérieur. Qu’il ne nous soit pas imposé un surplus de 30% sur les cantines exceptionnelles, que nous ayions les prix extérieurs. Et que les télévisions ne dépassent pas le prix de 8 euros. Nous exigeons aussi des frigos plus grands ou que le prix soit vu à la baisse.

Vie en détention
Abolition des travaux dégradants, des métiers non qualifiants et disparus à l’extérieur, ainsi que des rémunérations assimilées aux travaux forcés, droit aux arrêts maladie et droit aux congés payés, droit de grève, droit à la retraite dans les mêmes conditions qu’à l’extérieur, obligation pour l’A.P. d’assurer lors d’un transfert un emploi équivalent dans les mêmes conditions, dédommagement par l’État (frais d’hébergement ainsi que des journées non-travaillées) pour les familles qui se rendent au parloir à plus de 100 km de leur domicile, plus de formations qualifiantes, téléphone gratuit pour les indigents, l’appel aux employeurs et autres services administratifs.

Remises de peine
Nous exigeons que tous les détenu(e)s n’ayant aucun rapport et remplissant les conditions de suivi socio-judiciaire bénéficient de la totalité de leurs remises de peine et remises de peine supplémentaire, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui.
Nous exigeons que les expertises psychiatriques soient abolies.

Nous, détenus de Roanne, exigeons d’être entendus et que nos droits soient respectés et ce dès aujourd’hui.

Lettre collective écrite et signée par tous les détenus en accord avec les revendications.

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[Du Son Contre La Prison] Week-end anti-carcéral le 4 et 5 mai

Un concert de rap le vendredi 5 mai à Ursa Minor (11 rue de l’Égalerie, Friche Mosser, St-Étienne – 20h), mais aussi une discussion autour de l’échange d’expériences sur les luttes et résistances à l’intérieur et à l’extérieur des prisons le vendredi 4 mai à la Gueule Noire (16 rue du Mont, St-Étienne – 19h).

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1335480702.jpgLe concert est diffusé en direct sur plusieurs radios associatives afin que les prisonniers et prisonnières puissent le suivre. Envie que ça nique la censure, que ça existe en dehors du bon vouloir de l’administration pénitentiaire et de son contrôle, envie de gueuler notre haine de ces putains de murs et notre solidarité aux taulardEs.

Un concert ne cassera pas les murs de ces lieux où flics et juges enferment toujours plus de personnes. Par contre, le temps d’une soirée, ce concert peut casser l’isolement que l’État et sa démocratie veut imposer à toutes celles et ceux qui ne respectent pas ses lois.

Le succès de cette tentative dépend de l’audience qu’elle aura dans les taules, diffusion radio de 21h à minuit. Faites passer le mot.

Bordeaux – 90.1 FM, Cévennes – 103.3 FM ou 104.1 FM, Foix – 93.7 FM, Grenoble – 97 FM, Lille – 106.6 FM, Lyon – 102.2 FM, Marseille – 88.4 FM, Paris – 106.3 FM, Rodez – 107 FM, Rouen – 99,1 FM, Saint-Étienne – 89.5 FM, Saint-Giron – 97,3 FM, Sud : Luynes (88.1 FM) – Digne-les-Bains (95.6 FM) – Gap (106.3 FM), Toulouse – 92.2 FM, Tours – 93.6 FM, Valence – 99.2 FM. + Bruxelles – 105.4 FM ou 87.7 FM, Zurich – 97.5 FM, Winterthur – 96.3 FM, Genève – www.radio-usine.net

Du Son Contre La Prison, ce sera aussi une dis­cus­sion anti-car­cé­rale sur l’échange d’expé­rience sur les luttes et résistances à l’inté­rieur et à l’exté­rieur des pri­sons. Cette dis­cus­sion sera pré­cé­dée d’un court-métrage contre les quartiers d’isolement en Belgique et de témoignages.

Du son pour rap­pe­ler que l’enfer­me­ment à visage humain n’existe pas. Les nou­vel­les pri­sons asep­ti­sées sont tout aussi insup­por­ta­bles et inhu­mai­nes que les vieilles pri­sons insa­lu­bres.

Du son contre l’enfer­me­ment et son monde : car les pri­sons sont les mira­dors de la société actuelle. Le capi­ta­lisme a besoin de gens doci­les, sa conti­nua­tion sup­pose le main­tien par l’État d’un contrôle serré de la popu­la­tion, de la carte vitale au Pôle emploi, en pas­sant par la bio­mé­trie jusqu’au mili­ces citoyen­nes. En atta­quant le monde car­cé­ral, nous vou­lons en finir avec toutes les pri­sons qui peu­plent notre quo­ti­dien.

Du son pour ren­for­cer les liens entre l’exté­rieur et l’inté­rieur, la radio étant le meilleur moyen d’échapper à la cen­sure de l’Administration Pénitentiaire. Si la prison fait peur, c’est parce qu’elle isole et divise.

Du son pour faire jouer des grou­pes cri­ti­quant le monde car­cé­ral et par­ta­geant notre soli­da­rité avec les pri­son­niers et les pri­son­niè­res. Pour mon­trer qu’il est pos­si­ble de faire un concert avec des grou­pes inté­res­sés par la démar­che et non par le fric.

 » La prison est cet outil de ges­tion des chô­meurs, cet outil de ges­tion de la peur, cette confis­ca­tion de vos liens par la police, de votre res­pon­sa­bi­lité par la jus­tice. Ce labo­ra­toire de la sur­veillance et du contrôle. Elle est ce verrou qui vous enferme par sa menace. Or ce verrou, si incas­sa­ble dans notre situa­tion, il vous est vul­né­ra­ble, BRISEZ-LE, FAITES-LE SAUTER ! «  Appel des pri­son­niers gré­vis­tes de la Maison d’Arrêt du Mans, 10 mars 2011.

Plus de détail sur www.mys­pace.com/duson­contre­la­pri­son (contact)

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Premier Mai parisien sous la banderole « un logement pour tous »

Rassemblement des précaires en colère
des mal-logés acharnés
des expulsés d’ici ou d’ailleurs
des pauvres qui veulent foutre la misère

Cette année la « fête des travailleurs » tombe entre les deux tours de l’élection présidentielle. Si les syndicats « ne veulent pas de confusion avec la campagne électorale » nous on trouve que ça tombe plutôt bien. À gauche comme à droite on nous promet le retour au plein emploi, des solutions pour le logement… Ha ! Ha ! Ha ! Ces belles promesses, on n’y croit plus, on n’y croit pas.

Parce que ça ressemble à quoi la vie pour nous depuis des années ? S’entasser dans un deux pièces, ne pas bouger de son logement parce qu’on sait que partout c’est plus cher, se faire expulser parce qu’on a perdu son taf, prendre un crédit revolving parce qu’on est sans sous dès le début du mois, courir dans les transports en communs pour aller faire 2 heures de boulots par-ci par-là, se faire enlever ses enfants parce qu’on a nulle part où habiter, devenir expert en bouts de ficelles pour arriver à payer les factures, se faire radier du Pôle emploi pour absence à convocation téléphonique, habiter des immeubles, laissés exprès à l’abandon pour les remplacer par des résidences plus rentables, se faire traiter de parasite parce qu’on touche le RSA, ne plus pouvoir faire les courses dans son quartier parce que les commerces deviennent toujours plus chers et plus chics, se faire contrôler chez soi par un agent de la CAF et devoir se justifier d’arriver à survivre…

Crise oblige, on imagine mal comment ça pourrait aller mieux. En regardant ce qui se passe en Grèce, en Espagne ou en Italie, on se dit que les plans d’austérité vont bien nous tomber sur la gueule. Face à la violence de la crise et du marché, on pourrait aussi résister et s’organiser, au boulot comme au chômage, dans un quartier comme dans une institution sociale. Empêcher l’expulsion d’un voisin, occuper des logements vides, mettre en place des comités de quartier, faire des cantines populaires, constituer des caisses de grève, des réseaux de solidarité…

Dès à présent des collectifs auto-organisés (chômeurs, précaires, mal-logés) se réunissent en assemblée et commencent à s’organiser. Se coordonner. Faisons de ce 1er mai une occasion de se rencontrer, de se sentir plus forts ensemble dans la rue, et si les conditions le permettent… d’agir ensemble.

Nous voulons un toit, de la bouffe, de l’argent, mais surtout, ce que nous voulons, c’est inventer de nouvelles formes de lutte et de solidarité.

PROCHAINE ASSEMBLÉE : DIMANCHE 29 AVRIL à 17 HEURES AU 11 CITÉ AUBRY (Métro Alexandre Dumas)

RDV LE 1er MAI À LA FIN DE LA MANIF, PLACE DE LA BASTILLE à l’angle du bd Henri IV, sous la banderole « un logement pour tous »

Indymedia Paris, 25 avril 2012

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[Flics, porcs, assassins] Le permis de tuer d’une balle dans le dos à l’ordre du jour

Sarkozy se prononce pour une « présomption de légitime défense »  pour les policiers

Nicolas Sarkozy a exprimé aujourd’hui sa confiance, son soutien et sa compréhension aux collègues du policier mis en examen pour homicide volontaire en Seine-Saint-Denis et s’est déclaré favorable à une « présomption de légitime défense » pour les policiers.

« J’ai simplement à dire ma confiance, mon soutien et la compréhension des collègues de ce policier aujourd’hui mis en examen », a déclaré M. Sarkozy lors d’une réunion publique au Raincy, avant de demander une « évolution » juridique dans un sens « plus protecteur » et une « présomption de légitime défense » pour gendarmes et policiers. « Il doit y avoir une présomption de légitime défense car, dans un un État de droit, on ne peut pas mettre sur le même plan le policier dans l’exercice de ses fonctions et le délinquant dans l’exercice de ses fonctions à lui », a-t-il ajouté.

Une proposition de Marine Le Pen

Le syndicat policier Alliance a demandé aujourd’hui la mise en place d’une présomption de légitime défense dans la police pour que les forces de l’ordre soient mieux protégées. Mais c’est aussi une proposition de Marine Le Pen, qui est arrivée en troisième position dimanche dernier au premier tour de l’élection présidentielle avec 17,9% des suffrages, et dont l’électorat constitue la principale réserve de voix du chef de l’État sortant pour le second tour.

« Je suis pour la mise en place d’une présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, parce qu’il faut que les policiers soient capables, mentalement et moralement, d’être dans leur bon droit lorsqu’ils défendent leur peau face à des criminels », avait-elle déclaré en novembre sur I-Télé. Au journaliste qui objectait que cela risquait de se solder par des « bavures », elle avait répondu : « Eh bien au risque des bavures. Moi, je préfère compter un mort chez les criminels qu’un mort chez les forces de l’ordre. »

Leur presse (Agence Faut Payer avec Reuters, 26 avril 2012)

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[Mafia de l’uranium] Hourra pour les grévistes d’Imouraren !

Niger : grève sur le site d’Imouraren, exploité par Areva

Au Niger, le personnel nigérien du site d’Imouraren a entamé ce mercredi 25 avril 2012 une grève d’avertissement de sept jours. Sur ce site, situé au nord d’Agadez, Areva creuse l’une des plus grandes mines d’uranium au monde. Les travailleurs d’Imouraren protestent contre leurs conditions de travail.

Dès l’annonce de la grève, la direction d’Imouraren a pris la décision de ne pas maintenir sur le site le personnel gréviste. Les employés grévistes ont donc été transportés par bus vers les villes d’Arlit et d’Agadez où se trouvent leurs familles.

Premier grief fait à la société Imouraren par les grévistes : le non respect de la réglementation du travail au Niger. « Nous travaillons 12 heures sur 24, confie ce conducteur de gros engin. On monte à 1 heure de la nuit pour descendre à 6h du matin… petit déjeuner entre 6h30 et 7h. Si on trouve le sommeil entre 7h et 10h le compte est bon, il faut se réveiller pour déjeuner à 10h et se preparer à reprendre le boulot pour 6 heures d’affilée encore ! On manque terriblement de sommeil ! Ou sommes-nous des robots ? »

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La mine de Somaïr au Niger

« Sur les autres chantiers d’Areva, Cominak et Somaïr, des ouvriers comme nous, ajoute un autre, travaillent huit heures seulement sur 24h alors qu’ils gagnent en primes et salaires deux fois plus que nous. »

Areva, que RFI a contactée, n’a pas souhaité se prononcer mais elle a confié qu’Imouraren n’est encore qu’un projet et qu’avec ce genre de grève, il sera difficile de tenir le délai de 2014 pour la production des premiers kg d’uranate à Imouraren.

Leur presse (RFI, 26 avril 2012)

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[Comment énerver un psychopathe] La méthode norvégienne

Les Norvégiens protestent en chantant la chanson que déteste Breivik

Des milliers de Norvégiens dans les rues d’Oslo, jeudi 26 avril 2012, pour chanter une chanson pour enfants appelant à la paix et la fraternité, en protestation contre le tueur en masse Anders Behring Breivik qui a appelé au lavage de cerveau marxiste.

Ils ont l’intention de chanter bras-dessus bras-dessous à quelques pâtés de maisons du palais de justice où Breivik est en procès pour les meurtres de 77 personnes.

« J’ai grandi avec cette chanson et je l’ai chanté à mon enfant », a déclaré Lill Hjoennevaag, l’une des organisatrice de la manifestation.

« Tout le monde,  croit fermement à ​​cette chanson et nous avons besoin de la reprendre », a-t-elle déclaré. Lillebjoern Nilsen « Children of the Rainbow », est une interprétation norvégienne du chanteur de folk américain  Pete Seeger interprétée en 1971 « My  Rainbow Race ». C’est une chanson populaire en Norvège.

« Breivik l’a utilisée comme un exemple de lavage de cerveau, mais elle est plutôt le contraire », a déclaré Christine Bar, une autre organisatrice, qui a lancé l’événement sur Facebook.

Leur presse (Tunisie Numérique, 25 avril 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] « Les solutions à ces problèmes seront décidées d’une manière consensuelle et non unilatérale »

Abdelkrim Ag Tayyeb. Chef des cinq régions de l’Azawad
« Il n’est pas question pour le moment d’ouvrir un nouveau front avec Al Qaîda »

(…)

Vous êtes responsable des cinq régions qui l’Azawad. Peut-on connaître les dernières nouvelles sur les sept otages algériens détenus depuis plus de trois semaines par Al Qaîda sur votre territoire ?

Il est vrai que des négociations pour leur libération se poursuivent et que les contacts avec les ravisseurs sont toujours en cours. Je ne peux en dire plus, sauf que nous croyons à une libération rapide. C’est une question de temps seulement.

Aujourd’hui, Gao abrite un congrès de trois jours. Pouvons-nous en savoir plus sur les participants et son ordre du jour ?

Ce congrès est décisif pour le MNLA. Plusieurs centaines de personnes entre chefs de tribu, notables, personnalités politiques et cadres du mouvement y sont conviés pour permettre à toutes les composantes de la société de l’Azawad de prendre part à la destinée de notre pays. Ce sera l’occasion d’assainir la situation interne du mouvement et de régler les divergences internes et externes qui minent pour l’instant le MNLA. Les solutions à ces problèmes seront, de ce fait, décidées d’une manière consensuelle et non unilatérale.

Pour l’instant, le plus grand problème est lié à la présence des groupes de djihadistes sur le territoire de l’Azawad. Quelle position allez-vous adopter par rapport à leurs activités ?

Ce point précis sera discuté au sein du congrès. Un message très clair sera adressé à ces groupes afin qu’ils cessent toute activité qui nuit à la sécurité et à la souveraineté de l’Azawad. Nous allons procéder dans un premier temps d’une manière diplomatique, et dans le cas où ils n’obtempèrent pas à nos demandes, nous prendrons les mesures qu’il faut. Nous avons fait exprès d’impliquer tous les chefs de tribu et les notables afin de les sensibiliser sur la nécessité de faire en sorte que leurs enfants ne soient plus mêlés à ces groupes. Ces groupes ne sont pas aussi importants que la presse le prétend. Ils ont juste profité d’une situation de vide pour intensifier leurs actions, et à laquelle le congrès va trouver une solution. C’est vrai qu’aujourd’hui ils sont partout sur le territoire, mais nous avons les capacités de les contenir avec l’aide de la population. C’est pour cette raison que nous avons réuni toutes les notabilités et les personnalités influentes de la région.

Pensez-vous être en mesure de contenir également Ançar Eddine, lui qui ne reconnaît pas l’indépendance de l’Azawad et qui veut plutôt instaurer la charia ?

Nous n’avons aucun problème avec la religion. Si demain le peuple de l’Azawad veut la charia, personne ne l’empêchera. Nous sommes tous des musulmans. Le fait d’instaurer la charia ne nous fait pas peur. Je ne pense pas que Iyad et son groupe Ançar Eddine puissent se mettre à l’écart du combat du MNLA pour l’indépendance de l’Azawad. Ils travaillent en étroite collaboration avec le mouvement. Leur combat est le même. De plus, il ne représente pas la majorité au sein de la société. Aujourd’hui, notre principale préoccupation vient plutôt des extrémistes.

Comme Al Qaîda ?

Oui, Al Qaîda et Boko Haram constituent une vraie préoccupation pour nous, même si nous savons que sur le terrain, ils n’ont aucun poids. Nous ferons tout pour que les composantes influentes de l’Azawad prennent leur responsabilité et diffusent le message que nous allons adresser à ces organisations.

Pensez-vous qu’elles accepteront de quitter un territoire qu’elles ont acquis ?

Nous ferons tout pour qu’elles comprennent qu’elles ne peuvent plus agir comme elles le faisaient avant. Il y a une nouvelle situation qu’elles doivent respecter. Dans le cas où elles refuseraient, nous prendrons d’autres mesures.

Lesquelles ?

Je ne sais pas, mais cette éventualité a été prise en compte. Pour l’instant, il n’est pas question d’ouvrir un nouveau front avec Al Qaîda. Nous ne sommes pas prêts à une quelconque confrontation, mais nous allons trouver des solutions plus diplomatiques.

Le tout nouveau Premier ministre malien a appelé, jeudi dernier, les groupes qui occupent le Nord à négocier. Quelle a été votre réponse ?

Nous sommes tous pour le dialogue. Il y a eu des contacts entre nos représentants et des responsables maliens à Nouakchott avec une médiation mauritanienne. Mais cela n’a servi à rien, tout simplement parce qu’à Bamako, les choses ne sont pas encore claires et la situation est très instable. Avec qui allons-nous discuter ? Avec une junte qui ne contrôle rien ? Avec un Premier ministre qui ne gère que la transition ? Je pense qu’il est prématuré de parler de dialogue. Nous discuterons le jour où la situation sera moins confuse à Bamako.

Jusqu’à maintenant, ni le Mali ni la communauté internationale et encore moins les pays voisins n’ont accepté la partition du Mali. Allez-vous revoir votre position par rapport à cette question ?

Cette question sera tranchée par le congrès. Mais sachez que la majorité écrasante des participants à ce congrès n’est prête à revenir sur l’indépendance. Il s’agit d’un principe que rares sont ceux qui acceptent de le discuter. Néanmoins, nous laissons les portes du dialogue ouvertes. Nous voulons que les négociations aient lieu sur un terrain neutre, ailleurs qu’au Mali et sous la supervision de pays qui ont de l’influence sur la région. Nous ne voulons plus rééditer les accords signés à l’issue des rebellions des années 1960, 1990 et 2000.

Presse terrroriste (Salima Tlemçani, ElWatan.com, 25 avril 2012)


Azawad : le MNLA tient son premier congrès

Le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA) tient son premier congrès du 25 au 27 avril 2012 à Gao, ville où son Comité politique a élu domicile au lendemain de la libération totale du territoire de l’Azawad.

Ainsi le MNLA rassemblera l’ensemble de ses cadres pour prendre les décisions les plus urgentes dans cette étape transitoire qui doit conduire à la mise en place des institutions du nouvel état de l’Azawad. Aux cadres du MNLA seront associés également les différents acteurs de la société civile de l’Azawad.

Il s’agira donc de mettre en place des structures ayant acquis l’adhésion des Azawadiennes et Azawadiens, car jusque-là le MNLA a été dirigé par un Bureau exécutif constitué dans l’urgence suite au déclenchement des hostilités avec l’armée malienne.

À l’issue de ce congrès, il sera nommé soit un Gouvernement ou un Conseil national qui aura pour tâche prioritaire de donner davantage de visibilité à l’Azawad sur le plan international. Il sera aussi question de nommer dans cette institution les femmes et les hommes d’un niveau qui soit à la hauteur des aspirations de l’Azawad et qui devront défier un monde hostile et montrer leur capacité à instaurer un État capable d’assurer la sécurité des Azawadiennes et Azawadiens, un État civilisé qui redonnera au peuple de l’Azawad sa dignité et sa fierté, qui lui assurera épanouissement et développement et le sortira de la situation misérable et humiliante dans laquelle l’État malien l’a plongé.

L’une des premières missions étant d’accomplir un travail de grande envergure sur le plan diplomatique en vue de dénoncer la campagne de désinformation qui vise le MNLA et montrer à l’opinion internationale que le MNLA est porteur d’un projet moderne, qu’au sein de la société touarègue, où la femme jouit d’une liberté exemplaire, il n’y a pas de place à l’obscurantisme et aux idéologies rétrogrades. Les futurs représentants de l’Azawad auront à dévoiler ce plan machiavélique que certaines puissances, en « collaboration » avec les systèmes voyous voisins de l’Azawad, ont mis en place pour disqualifier l’Azawad de l’accès à son indépendance.

Selon Mossa ag Attaher, porte parole du MNLA en Europe, le congrès du MNLA et de la société civile de l’Azawad sortira aussi avec des dispositions claires et fermes concernant l’attitude à adopter quant aux groupes islamistes qui sont en train d’agir dans l’Azawad et qui tentent d’y semer terreur et violence. Le MNLA aura à mettre en place une stratégie pour combattre ces groupes et neutraliser leur nuisance dans le pays.

Masin Ferkal – Tamazgha, 24 avril 2012


Il tient son congrès aujourd’hui : l’Azawad face au défi d’Al Qaîda et des cartels de la cocaïne

Plus d’une centaine de cadres, de chefs de tribu, de personnalités influentes et de notables prendront part, aujourd’hui, au congrès de l’Azawad, à Gao, au nord du Mali.

Au fond, c’est plus la question des groupes islamistes armés, Ançar Eddine et Al Qaîda, qui sera tranchée, avec l’ensemble des composantes de l’Azawad. C’est dans un contexte particulièrement très difficile que les travaux du congrès de l’Azawad s’ouvrent aujourd’hui à Gao. Organisée par le Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA), cette rencontre réunira l’ensemble des chefs des tribus touareg, arabes, songhaï, bombara… ainsi que des personnalités influentes et cadres dirigeants du MNLA pour débattre surtout de la présence des groupes islamistes armés, d’Al Qaîda et de Ançar Eddine. « Le MNLA veut amener les grandes tribus à se détacher d’Al Qaîda, mais également pousser Ançar Eddine à désarmer son organisation et à couper les liens avec Al Qaîda. Ayad veut être en haut de l’organisation. Il est question de lui proposer un poste important au sein du mouvement en contrepartie de son ralliement et de son éloignement des groupes salafiste. Ayad est issu d’une tribu très influente, il sera plus rentable de l’avoir avec le MNLA que contre », affirme notre source.

Pour elle, il est probable que Ayad accepte l’offre, d’autant qu’elle sera faite par deux de ses plus proches alliés que le MNLA courtise actuellement. « Son ralliement est très important, dans la mesure où il permettra de couper l’herbe sous le pied des autres groupes djihadistes, notamment Al Qaîda », affirme notre source. En fait, ajoute-t-elle, le Mouvement ne veut pas s’attaquer directement aux trafiquants de drogue ou à Al Qaîda. « Il veut impliquer les tribus parce que sans elles, il sait qu’il ne peut rien faire », explique notre interlocuteur. Selon lui, l’enjeu de ce congrès est très important. « Il va déterminer l’avenir de l’organisation et rien n’indique présentement que les tribus acceptent le deal que leur offre le Mouvement. Les organisations islamistes, notamment Al Qaîda et les trafiquants de drogue, ont des moyens financiers colossaux qui leur permettent d’acheter tous les notables de cette région très pauvre. Or, le MNLA a peut-être des armes mais ne possède pas l’argent, qui constitue le nerf de la guerre », indique-t-il.

Tous contre Al Qaîda

Selon lui, les groupes islamistes armés sont en train d’évoluer à une vitesse vertigineuse en profitant du vide qu’il y a sur le terrain. « Après avoir participé à la libération de Gao, Kidal et Tombouctou, ils ont commis des actes de vandalisme contre certains sites, comme les bars, les hôtels, les banques et même contre les distributeurs électroniques de billets de banque. La population a eu très peur, d’autant que leur message était très clair : l’instauration d’un émirat religieux. L’enlèvement des membres de la mission diplomatique algérienne de Gao n’a pas été très porteur pour eux, parce que la population n’était pas d’accord avec cet acte.

Depuis, ils sont en train de faire des campagnes pour redorer leur image de marque. Ils donnent de l’argent aux pauvres, ils volent des voitures, ils reviennent les remettre à leurs propriétaires, en se présentant comme des sauveurs. Ils font tout pour montrer patte blanche dans le but de gagner la population. Leur stratégie marche très bien. Pendant cette période, ils ont réussi à renforcer le recrutement non seulement dans la région, mais également dans les pays du champ comme la Mauritanie, le Tchad, le Nigeria, le Burkina Faso, le Niger, et même le Soudan et la Somalie. Des colonnes entières de nouvelles recrues sont arrivées ces derniers jours au nord du Mali. La majorité sont venus renflouer les rangs du Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) que beaucoup appellent Boko Haram (en référence aux groupes intégristes armés du Nigeria) » précise notre interlocuteur, un notable de Gao.

Sur le terrain du Mujao à Gao

Dans le cas où le MNLA n’arrive pas à trouver un consensus autour du problème de la drogue et des organisations religieuses armées, « il sera nécessairement confronté à une lutte interne qui le mènera à l’implosion. Tout le monde est conscient de ce danger, mais ces groupes sont devenus tellement puissants, que le mouvement a peur de les affronter directement. » En tout état de cause, à Gao, les dirigeants du MNLA ont mis en alerte quelque 400 combattants mobilisés d’ailleurs pour assurer la sécurité, durant les trois jours du congrès (du 25 au 27 avril).

Gao, faut-il préciser, est une place forte du Mujao, ce groupe dissident de l’AQMI que dirige Abou Zeid. Ayant pour émir un Malien, « ce groupe est en train de devenir le plus puissant sur la scène, que ce soit en matière de troupes, d’armement ou de finance. Il avait à peine une centaine d’hommes vers la fin de l’année 2011, et aujourd’hui, il compte près de 400 djihadistes puissamment armés. Il entretient des relations avec les autres organisations, dont Ançar Eddine, et contrôle une bonne partie des territoires de Kidal de Gao et de Tombouctou », explique un notable de Kidal, qui conclut en exprimant sa crainte pour l’avenir de l’Azawad. « Nous avons tous conscience de la puissance de ces organisations. Pour l’instant, les affronter serait suicidaire. Il faut que toute la population s’implique. Or, celle-ci trouve son compte avec eux. Ils payent grassement les services qu’ils lui demandent », dit-il.

Presse terroriste (Salima Tlemçani, ElWatan.com, 25 avril 2012)

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[Fukushima] « La catastrophe semble éternelle pour l’humanité, l’industrie nucléaire n’a plus d’avenir »

Réponse à Luc Oursel (Areva) sur Fukushima

Dans une interview de Luc Oursel accordée à Challenges, celui-ci conseille aux autorités japonaises de « communiquer davantage sur ce qui se passe à Fukushima pour expliquer comment la situation est mise sous contrôle ».

Il est peu probable que les vœux du président du directoire d’Areva soient rapidement exaucés, car en fait peu de choses sont sous contrôle.

Aujourd’hui, qu’est-ce que contrôle Tepco à Fukushima Daiichi ?

Tepco maître de l’eau ?

Elle a envahi la centrale de manière artificielle dans le combat permanent contre le feu nucléaire et de manière naturelle par la nappe phréatique. Tepco ne sait plus quoi faire de cette eau contaminée. Pour assurer une image d’entreprise responsable qui gère la situation, elle a créé des champs de cuves autour de la centrale pour récupérer l’eau radioactive pompée, avant de la traiter et de la réinjecter dans le circuit de refroidissement des réacteurs. Mais ces usines improvisées qui désalinisent et filtrent le césium tombent souvent en panne ‒ Areva en sait quelque chose ‒ et le solde des mètres cubes se trouve finalement positif, malgré les promesses de la feuille de route de 2011. En effet, des quantités considérables d’eau de la nappe phréatique ‒ on parlait en septembre de 200 à 500 tonnes par jour ‒ arrivent directement dans les sous-sols de la centrale et s’ajoutent aux volumes d’eau pompée.

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Cuves d’eau radioactive

Le stockage de l’eau radioactive ‒ 98’000 à 120’000 tonnes selon les estimations ‒ ne pouvant pas s’étendre infiniment, Tepco, au bout d’un an, est au pied du mur.

L’entreprise s’apprête aujourd’hui à vouloir faire baisser le niveau de la nappe phréatique par 14 puits de pompage à l’ouest du site afin que l’eau n’envahisse plus les sous-sols de la centrale. Cette eau devrait être conduite directement dans l’océan. Or, rien ne dit qu’elle ne soit pas contaminée, car ce que ne dit plus l’opérateur, c’est que les échanges avec la nappe phréatique ont lieu dans les deux sens et que la pollution radioactive s’est répandue dans le sol dès les premiers jours de la catastrophe. C’est Naoyuki Matsuma lui-même, porte-parole de Tepco, qui l’a attesté en mars 2011 : à 15 m de profondeur sous la centrale, une mesure d’iode 131 indiquait un taux 10’000 fois supérieur à la norme. Depuis, l’entreprise n’a jamais plus communiqué sur ces analyses d’eau de la nappe phréatique. Connaissant ses pratiques de non-dits, il est probable que ce qu’on analyse aujourd’hui n’est pas politiquement communicable au public.

Tepco maître du feu ?

Après la série historique des explosions et incendies qui se sont produits sur les quatre premiers réacteurs de Fukushima Daiichi du 12 au 15 mars 2011 (n° 1 : une explosion ; n° 2 : une explosion ; n° 3 : trois explosions et un incendie ; n° 4 : trois explosions et deux incendies), Tepco recherche les cœurs fondus. Depuis la disparition de trois coriums de la centrale dans les premiers jours de la catastrophe, l’opérateur a beau prospecter, il ne les retrouve pas. Il a filmé à l’intérieur de l’enceinte de confinement et a inspecté la piscine torique du réacteur n° 2, il a examiné l’ouverture latérale (hatch) de la base de l’enceinte de confinement du réacteur n° 3 : rien. Certes, énormément de radioactivité, ce qui confirme les meltdowns, mais pas de corium en vue. Alors où sont les coriums ? Quelque part logés dans les radiers ou partis dans la nature ? Et comment maîtriser la situation si on ne connaît pas la température ? En effet, les thermocouples sont déclarés hors service de manière régulière, de telle sorte que pour le réacteur n° 2, on ne dispose plus que d’une seule sonde valide dans le bas de la cuve.

Après le feu passé catastrophique et le feu présent introuvable, Tepco maîtrise-t-il le feu futur ? Pour éviter de nouvelles explosions, l’opérateur injecte de l’azote pour contrer la production régulière d’hydrogène de la centrale, mais il s’avère que ce système tombe régulièrement en panne, et ce quelquefois pendant plusieurs heures.

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Combustible de la piscine du réacteur 4

Par ailleurs, de grandes craintes se sont petit à petit répandues dans le monde sur la possibilité d’un grand feu d’artifice final si la piscine n° 4 venait à se vider ou à s’effondrer suite à un tremblement de terre de très grande magnitude.

Ce ne serait plus le scénario du pire mais le scénario de la fin, comme dirait l’ingénieur nucléaire Hiroaki Koide. Dans ce cas, les 264 tonnes de combustible, privés de refroidissement, prendraient feu et cet incendie imposerait une évacuation immédiate de la centrale sous peine de mort rapide de tout le personnel. À partir de cet abandon du site, les évènements s’enchaîneraient, sans qu’aucun homme ne puisse y faire quoi que ce soit : un à un, les systèmes de refroidissement des ex-réacteurs et des 6 piscines de refroidissement restantes tomberaient en panne, faute de maintenance. Les incendies de combustible, et peut-être des réactions nucléaires « promptes », sorte de micro-explosions atomiques, se succéderaient alors, mettant en jeu au final dans l’atmosphère plus de 2400 tonnes de combustible (pour mémoire, Tchernobyl avait envoyé 50 tonnes de combustible dans les airs).

Les lecteurs de ce blog savent déjà cela depuis longtemps, mais la prise de conscience d’un tel danger semble enfin arriver dans les sphères influentes. Ainsi récemment, un ambassadeur japonais, Mitsuhei Murata et un sénateur étatsunien, Ron Wyden, se sont exprimés publiquement pour une meilleure prise en compte mondiale de cette menace permanente.

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L’avis du diplomate Akio Matsumura (sous-titré en français)

Pour l’instant, la piscine n° 4 tient le coup, les explosions du bâtiment ayant affecté principalement les niveaux supérieurs. Tepco a écarté tout danger d’effondrement de murs surplombant la piscine en démolissant et démontant scrupuleusement toutes les structures qui auraient pu lâcher lors d’un séisme violent. La piscine a également été consolidée dans ses fondements. Enfin, Tepco a déjà prévu le transfert des barres de combustible menaçantes par une construction spéciale. Mais cela prendra du temps. Beaucoup de temps, de une à plusieurs années. Et les travaux ne devront pas être arrêtés par un séisme trop important.

Tepco maître de la terre ?

Alors là on va faire très court, l’évènement du 11 mars 2011 a démontré définitivement qu’une centrale nucléaire ne devait pas être construite dans une zone sismique. Les hommes ne peuvent pas défier les forces telluriques. Tepco a donc eu tort de construire Fukushima Daiichi sur une ancienne faille. Et tous ceux qui actuellement dans le monde favorisent de nouvelles constructions de centrales nucléaires dans des zones sismiques ou permettent de continuer leur exploitation font prendre des risques énormes à l’humanité. On pense en particulier à la vieille centrale arménienne de Metsamor et à la future mégacentrale de Jaitapur en Inde (projet de 6 EPR).

Bien sûr, Monsieur Oursel savait déjà tout cela : Tepco ne maîtrise pas grand-chose. L’opérateur ne sait pas quoi faire de l’eau radioactive, à l’image de l’apprenti sorcier ; il ne sait pas où est le feu nucléaire qu’il a créé, il ne fait plus que le subir depuis que Fukushima Daiichi n’est plus une centrale nucléaire ; il ne maîtrise pas les tremblements de terre, il ne peut pas connaître la date ni l’intensité du prochain. Il maîtrise en revanche parfaitement la communication, diffusant ses informations au compte-goutte, souvent avec plusieurs mois de retard pour amoindrir l’impact des mauvaises nouvelles.

Pourtant M. Oursel préfèrerait qu’ils communiquent de manière plus positive. Car Areva, avec une perte de 2,4 milliards d’euros en 2011, souffre beaucoup de l’image catastrophique de Fukushima. Tepco fait ce qu’il peut, les liquidateurs travaillent dur pour améliorer l’aspect et la sécurité du site en déblayant toutes les matières radioactives issues des explosions. Mais une catastrophe nucléaire reste une catastrophe à très longue durée. 25 ans après la catastrophe de Tchernobyl, on doit reconstruire un nouveau sarcophage pour un seul cœur fondu. Combien de décennies seront nécessaires pour démanteler Fukushima et ses trois cœurs fondus ? Nul ne le sait, la catastrophe semble éternelle pour l’humanité, et quelle que soit la communication qu’on emploie, l’industrie nucléaire n’a plus d’avenir.

Le blog de Fukushima, 25 avril 2012

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[Notre-Dame-des-Landes] Soutien aux inculpé-e-s du square Mercœur Jeudi 3 mai à Nantes

Le jeudi 3 mai à midi au square Mercœur à Nantes, appel à un rassemblement de soutien à des camarades inculpé-e-s dans le cadre de la lutte contre l’aéroport de NDDL.

Rappel des faits :

Vendredi 2 septembre, square Mercœur (en face du Bouffay à Nantes) : Une dizaine de personnes se sont perché-e-s dans les arbres, soutenu-e-s par d’autres militante-s resté-e-s au sol AFIN DE protester contre les projets d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes et de de destruction du parc Mercœur, et contre le bétonnage d’espaces de vie et de partage en général.

Alors que les opposant-e-s préparaient un pique-nique, chantaient des chansons ou des slogans ou diffusaient des tracts, les policiers ont procédé à des arrestations particulièrement violentes, sous prétexte de contrôle d’identité : coups de matraque, strangulations, usage de lacrymogènes à bout portant, tazer, insultes, menaces de coups et de viol, coups divers et torsions des membres, menottages trop serrés, etc.

Parmi la vingtaine emmenée au commissariat, plusieurs personnes sont accusé-e-s de “rebellion” (c’est-à-dire d’avoir “résisté avec violence” lors de leur arrestation) et passeront en procès (risque d’amende et de peine de prison). Certain-e-s portent plainte contre la police pour coups et blessures.

Le C.S.I.A. tient à manifester son soutien sans réserve aux inculpés du square Mercœur comme il l’a apporté à certain-e-s victimes récentes de la répression en région nantaise (jeune lycéen victime d’un tir au Flash Ball par exemple).

La relaxe est une évidence, les inculpés ont été pris au hasard, arrêtés et seront jugés dans le seul but d’intimider les opposants à l’aéroport et leurs soutiens.

Le simple fait d’être présent lors d’une action de solidarité expose dorénavant à une répression policière et éventuellement judiciaire. Nous affirmons le droit d’occuper collectivement l’espace public.

Vous êtes donc invité-e-s le jour de leur procès à soutenir les inculpé-e-s en participant au PIQUE-NIQUE, LE 3 MAI, À MIDI, AU SQUARE MERCŒUR.

Le comité de soutien aux inculpé-e-s anti-aéroport (contact)

Pour soutenir les inculpé-e-s dans le cadre de la lutte contre l’aéroport de NDDL

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Agir au lieu d’élire ! Abstention !

Abstentionniste mon frère, soit fier !

Bien sûr qu’on n’ira pas à la kermesse électorale de printemps ! Trop de respect pour la démocratie, la vraie ! Trop de mémoire de ce que nous ont promis et fait les élus de tout poil ! Trop de rancœur contre cette bourgeoisie voleuse et exploiteuse ! Trop de rage contre toute cette canaille parlementaire qui s’en fout plein les poches et nous donne des leçons de justice.

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Caen, mars 2010

Les élus, c’est voleurs de vie, croque-morts et cancrelats, rien que de la gangrène, de la vermine. Tout ce beau monde en costard nous ruine la vie. On ne rêve que d’une chose, c’est de les foutre à la porte, c’est de leur vider les poches, qu’ils nous rendent tout ce qu’il nous ont volé, à commencer par l’espoir d’une vie meilleure.

Pour nous, la démocratie, la justice, ce sont les gens d’Argentine qui en ont marre de crever la faim et qui ensemble s’en vont se servir dans les grands magasins. Ça, c’est de la démocratie active, c’est de la ré-appropriation, de la redistribution, de la justice. La démocratie, c’est cette mère de famille au chomdu qui pique les jouets de Noël dont ses gosses rêvaient. C’est Simon, mon copain de Haifa, qui s’en va d’Israël pour ne pas faire le service militaire et tuer ses frères au coin d’une rue. C’est Gérard, employé dans un hôtel de Roissy qui refuse d’aménager des chambres pour que les flics y stockent des sans-papiers en attente d’expulsion. C’est Alice quand elle crache à la gueule du délégué CFDT de sa boite lorsqu’il signe l’accord sur les 35 heures. La démocratie, la vraie ce sont tous ces hommes et ces femmes qui refusent ce système, tous ces exploités qui s’entraident et résistent tant  qu’ils peuvent à ce monde infâme qui leur parle de justice et organise le pillage.

On l’a collée mille fois sur les murs, et on la collera encore l’affiche “Abstention, abstention active !” Abstentionniste mon frère, soit fier ! Refuser de participer à cette arnaque mondialisée, c’est la moindre des choses si l’on a encore un soupçon de mémoire et un zeste de lucidité. N’élisons plus nos voleurs, ne légitimons plus la vraie racaille, celle des bandits en col blanc qui nous enferme dans des banlieues de misère, celle qui nous fait travailler comme des chiens pour des salaires de rien, celles qui nous lâche ses flics pour mieux cacher ses larcins.

Ils veulent nous parler de justice, eux qui s’engraissent sur notre dos et s’auto-amnistient ? Ils veulent nous parler d’insécurité, eux qui nous entassent dans des banlieues aux portes des usines de morts et nous font bouffer leurs OGM et leur dioxine ? Ils veulent nous parler de solidarité, eux qui ne rêvent que de privatiser la santé comme tous les services publics ? Ils veulent nous parler d’humanité, eux qui bombardent les populations et intronisent les dictateurs ? Ils veulent nous parler de mémoire et de transparence, eux qui crachent tous les jours sur leur promesse de la veille ?

Qu’ils aillent au diable ! Bientôt pour se faire élire, il ne leur restera que les voix enchaînées de quelques chiens à la botte. Alors, il tenteront d’inventer une nouvelle arnaque démocratique, le référendum ou le sondage. Et si cela ne suffit pas, ils introniseront une nouvelle gauche. Les ATTAC, Bovet, Motivés et consorts sont déjà dans les starting-blocks, Vieux chevaux de retour ou mules de cirque, ils sont tous prêts pour la course au pouvoir, au pognon, au privilège.

Il fut un temps où les abstentionnistes se cachaient, se taisaient, lucides mais honteux. Au moins maintenant, ce pouvoir immonde nous a fait subir tant d’humiliations, tant d’arnaques qu’il devient de plus en plus difficile d’aller voter sans passer pour un con … ou un collabo.

Agir au lieu d’élire !
Abstention !

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 20 avril 2012

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[25 avril : Action anti-THT] Blocage d’un dépôt de Alpine Energy

Depuis 7h15, ce matin du 25 avril 2012, les militant-e-s et riverains anti-THT ont entrepris de bloquer le dépot de Alpine Energie, une des entreprises primo-contractantes de la ligne THT auprès de RTE.

Ce dépôt situé à Fleury, près de Villedieu est un des nombreux de ce type dont disposent les fabricants de pylônes tout au long du tracé de la future ex-ligne THT Cotentin Maine.

Alpine Energie est une entrerpise germano-autrichienne qui dispose d’une filiale dans le sud ouest de la France. Pour autant, il semblerait que ce soit l’unité luxembourgeoise qui ait été désignée pour balafrer notre paysage.

Depuis janvier dernier, alors que s’est clairement accéléré le chantier de la THT débuté fin novembre 2011, de nombreuses actions ont pu mettre des batons dans les roues de RTE et consorts. Des chantiers ont été perturbés, d’autres bloqués, d’autres encore ont subi des déboulonnages et il est même question de certains ayant vécu des sciages de base des pylônes, voire des sabotages d’engins.

Ce n’est que le début !

Il est toujours opportun et important de nous opposer par les actes à cette verrue qui nous envahit comme le montre l’absence de travaux sur la commune du Chefresne.

Nous ne voulons pas de cette ligne, notre contestation ne pourra être étouffée. Nous crions juste de plus en plus fort, de plus en plus nombreux, jusqu’à être pris au sérieux.

Nous continuons de refuser la dictature économique imposée par RTE et le lobby énergétique français.

Nous continuons de soutenir les propriétaires et les maires qui résistent encore aux nombreuses pressions et menaces !

Nous n’arrêterons que lorsque RTE aura commencé le chantier de démantèlement des travaux déjà exécutés.

Amplifions la résistance !

Des randonneurs et des petites mains
Contact : 06 28 94 72 13

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[Vive l’Azawad libre !] Société civile de l’Azawad : Non à une intervention militaire étrangère, oui à une aide humanitaire

Société civile de l’Azawad : Non à une intervention militaire étrangère, oui à une aide humanitaire

En ce jour 22 Avril 2012, Nous, populations civiles de l’Azawad, toutes catégories socio-professionnelles (élus locaux, régionaux, nationaux, notables, chefs traditionnels, leaders communautaires, fonctionnaires du privé et du public, professions libérales, ONG, Associations, Élèves, Étudiants, Éleveurs, Agriculteurs…) déclarons notre opposition totale à toute intervention militaire étrangère en Azawad. Cette intervention serait une source de désastre et de souffrance pour les populations de cette zone longtemps marginalisées et laissées pour compte par les autorités du Mali.

Souffrant depuis plusieurs dizaines d’années d’une répression aveugle de la part de l’État malien, ce territoire a besoin aujourd’hui de paix. Cette paix est le souhait des populations de ce territoire, tant celles restées en Azawad que celles réfugiées dans les pays voisins (Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Algérie).

Les populations de l’Azawad préviennent la communauté internationale que l’intervention militaire de la CEDEAO ou toute autre force étrangère causera davantage de problèmes qu’elle n’en résoudra, qu’elle aura des répercussions négatives sur toute la bande sahélo saharienne, notamment dans l’espace où vivent les populations touarègues, et qu’elle favorisera inévitablement l’émergence de groupes terroristes.

L’Assemblée des ressortissants, exilés et réfugiés en provenance du Mali et de l’Azawad, tenue à Niamey le 9 Avril 2012 a prôné le dialogue et la négociation pour trouver une issue définitive à la crise que connaît cette zone géographique depuis 52 ans. Les intervenants ont exprimé leurs inquiétudes par rapport aux conséquences funestes de toute intervention militaire.

Cette position est consolidée par celle des populations restées sur le territoire de l’Azawad ainsi que celles déplacées vers d’autres pays (Burkina Faso, Niger, Mauritanie et Algérie).

Les populations de l’Azawad partagent l’avis des analystes, des spécialistes de cet espace géographique, qui est aussi celui des gouvernements algérien et mauritanien et de certaines puissances (France, États-Unis), qui pensent unanimement qu’une intervention militaire n’est pas la solution, ni pour le court terme ni pour le long terme.

Les populations de l’Azawad, menacées par la famine et la pénurie de médicaments, lancent un appel à la communauté internationale et aux organisations humanitaires et attirent leur attention sur les urgences causées par le conflit actuel entre le MNLA (Mouvement National de Libération de l’Azawad) et l’État Malien.

Les populations de l’Azawad appellent à un dialogue sérieux entre le Mali et l’Azawad pour asseoir une paix durable, condition sine qua non d’une bonne gouvernance et de l’émergence d’un modèle de développement adapté.

Les populations de l’Azawad demandent au Mali d’arrêter les arrestations arbitraires, massacres des personnes civiles, militaires et toute autre forme de répression contre les Azawadiens en raison de leur origine ou de la couleur de leur peau.

Les populations de l’Azawad appellent toutes les parties Mali et Azawad à respecter les droits humains, le droit humanitaire international et les droits des peuples autochtones.

Enfin, les populations de l’Azawad expriment leur solidarité avec les familles des otages étrangers récemment enlevés en Azawad ainsi que ceux qui sont séquestrés depuis longtemps. Elles demandent leurs libérations immédiates.

Gao, le 22 Avril 2012

Pour les populations de l’Azawad de l’intérieur et dans les pays limitrophes,
Mohamed Ousmane Ag Mohamedoun
Coordinateur de la société civile de l’Azawad

Toumast Press

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[Destruction de Paris] « Nous avons choisi le projet le plus original et aussi le plus radical »

C’est la tour géante qui se déhanche

Paris a dévoilé hier le projet d’immeuble de grande hauteur (175 m, 38 étages) qui doit voir le jour d’ici à 2018 dans le XIIIe arrondissement, non loin du périphérique.

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L’équipe de Jean Nouvel a remporté hier le concours pour le projet d’un immeuble de grande hauteur dans la zone d’aménagement concerté Paris-Rive-Gauche (XIIIe) avec deux tours qui s’élèvent respectivement à 175 m et 115 m, formant un V.

Le voile est levé. C’est l’équipe de Jean Nouvel qui a remporté hier le concours pour le projet d’un immeuble de grande hauteur dans la zone d’aménagement concerté Paris-Rive-Gauche (XIIIe), à la limite d’Ivry-sur-Seine (Val-de-Marne). L’architecte a triomphé de Christian de Portzamparc, du Hollandais Neuteling Riedijk et du cabinet Arquitectonica dont les projets recalés seront exposés d’ici à dix jours au pavillon de l’Arsenal.

Ce sera selon toute probabilité le deuxième immeuble de grande hauteur (IGH) à voir le jour après celui du palais de Justice de Paris, dans le nouveau quartier des Batignolles (XVIIe). Édifié sur une emprise au sol de 6000 m² dans le nouveau quartier Rive-Gauche, non loin du périphérique, il accueillera des bureaux, un hôtel, des activités et des commerces.

« Nous avons choisi le projet le plus original et aussi le plus radical », s’est réjouie Anne Hidalgo, première adjointe PS au maire de Paris chargée de l’urbanisme. La silhouette de cet IGH dans ce qui est encore aujourd’hui un no man’s land constituera sans nul doute un nouveau repère dans le paysage urbain.

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« Duo » vu depuis le 12e arrondissement.

Baptisé Duo, le projet architectural, attendu dans le secteur Masséna-Bruneseau, se compose finalement de deux bâtiments. Le plus haut (38 étages) s’élancera à 175 m de hauteur, au bout de l’avenue de France, le long du périphérique et des voies ferrées. Le plus bas (115 m, comme la tour Beaugrenelle, dans le XVe) sera implanté du côté du boulevard du Général-Jean-Simon (Maréchaux). Les deux édifices formeront un V, ce qui permettra de laisser passer la lumière sur le fameux hôtel industriel Berlier conçu par Dominique Perrault, père de la Bibliothèque François-Mitterrand, située à deux pas.

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« Duo » vu depuis l'avenue de France.

Projet piloté par la société d’économie mixte de la Ville

Les façades en verre refléteront le faisceau ferroviaire et les habitations voisines. Les brise-soleil métalliques qui ceindront l’immeuble le plus bas (24 étages) dessineront des vagues et accompagneront ce jeu de lumières. Le programme comprend 91225 m² de bureaux avec un auditorium, un hôtel quatre étoiles coiffé d’un restaurant panoramique et d’une vaste terrasse culminant à 115 m de haut, des activités et des commerces implantés dans le socle de l’IGH. Il devrait abriter 6000 salariés, clients et visiteurs. Même si le prolongement de la ligne 10 du métro n’est pas encore acquis, la sortie d’une éventuelle station Bruneseau est prévue dans la tour, ce qui permettra aux salariés d’arriver directement au pied de leurs bureaux.

Piloté par la Semapa, la société d’économie mixte de la Ville de Paris, ce projet sera réalisé par le promoteur Ivanhoé Cambridge/Hines avec l’investisseur AJN.

Les travaux commenceront à l’été 2014, à condition que la moitié des surfaces soit commercialisée, pour une livraison prévue en 2018. Trois autres IGH verront le jour dans ce secteur. Anne Hidalgo a annoncé hier que l’idée d’immeubles de grande hauteur abritant à la fois des bureaux et des logements faisait son chemin. L’une des prochaines tours pourrait donc être mixte.

Leur presse (Christine Henry, LeParisien.fr, 25 avril 2012)


Paris choisit Jean Nouvel pour construire « ses » premières tours géantes

Le jury, présidé par Anne Hidalgo, première adjointe au maire de Paris chargée de l’urbanisme, a tranché. Ce sont les Ateliers Jean Nouvel et les investisseurs Ivanohé Cambridge et Hines qui vont construire la tour de 175 mètres, qui donnera le signal du renouveau de l’un des territoires les plus déshérités du 13e arrondissement de Paris. Compris dans la ZAC Rive gauche au sud-est de la capitale, le terrain de 6.000 mètres carrés choisi pour cette opération se situe en effet entre des voies de chemin de fer, et l’usine d’incinération d’ordures d’Ivry. Mais, surprise, Jean Nouvel a proposé d’y construire non pas une mais deux tours. La plus haute, de 38 étages, sera réservée à des bureaux et des locaux d’activité, tandis que la seconde, de 24 étages abritera notamment un hôtel.

L’ensemble, qui sera relié à la ville d’Ivry, représente un budget de 500 à 600 millions d’euros et devrait être livré en 2018 au terme d’un chantier de quatre ans.

Ces tours, qui seront accompagnées par la suite de trois autres immeubles de grande hauteur, sont les premières décidées par l’équipe de Bertrand Delanoë, puisque la tour du tribunal de grande instance de Paris, aux Batignoles, est un projet d’État. Il a dû pour cela batailler pour réviser, en 2010, le plan local d’urbanisme et dépasser la hauteur maximale de 37 mètres imposée dans la capitale. Un vrai enjeu dans le cadre de sa politique de « réconciliation » avec la banlieue de moins en moins disposée à accueillir les équipements et logements qui font défaut à la capitale.

Ces terrains, parmi les derniers disponibles à Paris, sont en effet trop morcelés pour accueillir des alignements haussmanniens comme le centre de Paris. Seules les tours permettent de retrouver la même densité et d’assurer une certaine continuité avec celles qui se construisent de l’autre côté du périphérique.

Leur presse (Dominique Malécot, LesEchos.fr, 25 avril 2012)

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Austérité et social-démocratie

Un article concernant une réunion d’hier organisée par l’université de Copenhague qui avait invité Barroso et la premier ministre danoise Helle Thorning-Schmidt. Il est en danois malheureusement, mais google translate fait presque des miracles…

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Il est question dans la deuxième partie de l’article de questions posées par des étudiants étrangers, qui sont restées sans réponse évidemment.

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Voici une question posée par un camarade grec de CrisisMirror :

« This question is addressed to Helle Thorning-Schmidt, head of the Social Democratic party of Denmark, prime-minister of a Scandinavian welfare state and current leader of the European Council.

We have seen the EU supporting the non-elected prime-ministers of Italy and Greece, in order to enforce exhausting austerity measures and despite the peoples’ apparent opposition. In addition, we have seen the EU adopting market-driven policies which create recession and unemployment, diminish the welfare system and destroy the social cohesion. Policies that instigate racism; promote police oppression and restriction of civil liberties.

Therefore, we would like to hear the reasons that you, as the leader of the European Council, and despite your social democratic background, embrace these autocratic neoliberal policies, and in what social cost will the EU move forwards? »

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[Vive l’Azawad libre !] « Cette mesure a été prise dans le but d’éviter d’être confrontés, comme par le passé, à des responsables qui prennent la décision de négocier l’avenir de l’Azawad sans en référer à la base »

À la veille du congrès de l’Azawad (Mazli)
Gao en alerte maximale

À la veille de la tenue de son congrès, le Mouvement national pour la libération de l’Azawad  (MNLA) a mis ses troupes en état d’alerte maximum. Un groupe d’Al Qaîda a tenté de faire exploser l’aéroport de Gao (Mali), mais des cadres du mouvement l’en ont empêché.

Plus de deux semaines après leur enlèvement, les sept otages algériens « sont en  bonne santé et deux d’entre eux, dont le consul, qui souffrent de maladies chroniques, reçoivent leur traitement », nous a déclaré une source sûre au nord du Mali, en contact avec les négociateurs. Dès le lendemain du rapt, ces derniers ont réussi à prendre attache avec le Mouvement pour l’unicité du djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao) pour faire libérer les captifs. Un accord aurait été trouvé, mais la détérioration de l’état de santé de deux otages, dont le consul, a changé le plan. « Les terroristes ont gardé les otages pour les soigner et coupé le contact pendant quelques jours. La semaine passée, le contact a été repris et les terroristes auraient fait savoir qu’ils acceptent de libérer les otages en contrepartie de l’élargissement de certains des leurs, détenus en Algérie. Ils sont en train de préparer la liste de ces personnes », précise notre source.

Ces nouvelles interviennent au moment où les dirigeants du MNLA se préparent à tenir un congrès décisif à Gao, du 25 au 27 avril. « Comme vous le savez, le MNLA n’a pas voulu désigner un président ou un chef pour s’exprimer au nom du mouvement. Les responsables ne parlent qu’au nom des structures qu’ils dirigent. Cette mesure a été prise dans le but d’éviter d’être confrontés, comme par le passé, à des responsables qui prennent la décision de négocier l’avenir de l’Azawad sans en référer à la base. Le congrès va trancher la question du dialogue avec Bamako, mais également celle de l’avenir de notre État et la mise en place de ses instances politiques », explique un cadre dirigeant du MNLA. Le choix de la ville de Gao, pour la tenue d’un tel congrès, n’est pas fortuit. « C’est la seule ville où le MNLA a pu nommer des commandants pour assurer une présence effective sur le terrain », révèle notre interlocuteur.

Dimanche dernier, le pire a été évité dans cette ville lorsque des éléments d’Al Qaîda ont pris d’assaut l’aéroport pour le faire exploser. « Les officiers du MNLA ont eu du mal à les maîtriser. Selon eux, cet aéroport va être utilisé par des puissances étrangères pour neutraliser le djihad. Tous les éléments du MNLA ont été réquisitionnés pour se préparer à un affrontement avec Al Qaîda. Après plusieurs heures de discussions houleuses, les terroristes ont abandonné leur projet. Cependant, rien n’indique qu’ils ne reviendront pas à la charge », témoigne un officier du Mouvement. Selon lui, le MNLA a du mal à imposer son autorité à Gao, Kidal et Tombouctou, du fait de la réticence farouche des islamistes et leurs alliés, les trafiquants de drogue. « Nous faisons des campagnes de sensibilisation auprès des populations pour les avoir de notre côté. La tâche est difficile. Les djihadistes et les trafiquants de drogue ont beaucoup plus de moyens financiers que le Mouvement. Ils sont plus influents », note notre interlocuteur, en reconnaissant que le mouvement de l’Azawad est aujourd’hui « totalement dépassé ». Il explique : « Tous ces groupes s’entraident et se rendent service à chaque fois que la nécessité du terrain l’exige. Ils constituent la première force de la région. Pour l’instant, le MNLA ne peut rien faire contre eux. Ils sont très riches, puissamment armés et connaissent parfaitement le terrain. » Cette amère réalité fait craindre le pire.

Raison pour laquelle une réponse « favorable » a été donnée à l’appel au dialogue lancé par Bamako. Une forte tendance au sein du MNLA est aujourd’hui convaincue que l’Azawad ne peut vivre isolé du monde. Jusqu’à ce jour, la majorité des États de la communauté internationale en général et les pays frontaliers en particulier ont rejeté la partition du Mali. Ils encouragent le principe d’une autonomie du Nord et se déclarent prêts à pousser le Mali à garantir une telle issue. « Lors du congrès, cette option sera discutée, mais il sera  difficile de faire admettre à la base de revenir sur l’idée de l’indépendance. Le congrès sera vraiment un test pour la cohésion du Mouvement », a conclu un cadre dirigeant du MNLA.

En tout état de cause, la tenue de cette rencontre, au moment où les groupes de djihadistes renforcent le recrutement parmi les Arabes, les Touareg et les Haoussa, y compris dans les pays du champ comme le Niger, le Nigeria, la Mauritanie et le Burkina Faso. Les jeunes recrues, dont certaines ne dépassent pas les 7 ou 8 ans, sont acheminées vers des campements où elles subissent des entraînements militaires. Selon nos sources, de nombreux convois d’armement sont acheminés ces derniers jours de Libye et du Niger par Al Qaîda. « Ils circulent avec des liasses d’euros et de dollars. Ils ne négocient jamais le prix d’un service, qu’ils paient dix fois son prix réel. C’est pour cela qu’ils n’ont jamais de problème de carburant, de munitions, de moyens de communication ou d’approvisionnement », révèle un notable de Gao.

Leur presse (Salima Tlemçani, ElWatan.fr, 24 avril 2012)

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[Collectif « Non aux forages d’hydrocarbures » Haut-Jura] Lettre aux mairies concernées

À Saint-Claude, le 18 avril 2012,

Madame, Monsieur,

Nous sommes des citoyens regroupés en collectif contre l’exploration et l’exploitation des hydrocarbures de roche mère (gaz et huile de schiste).

Ce collectif Haut-Jura s’est constitué le 8 décembre 2011 à Saint-Claude suite à une réunion d’information publique ayant eu lieu aux Moussières le 18 novembre 2011 en présence d’environ 140 personnes.

Par ce courrier, nous souhaitons attirer votre attention sur un problème qui concerne votre secteur d’activité par l’impact de ces méthodes de forage sur la qualité de l’eau, de l’air et des sols.

Vous n’êtes pas sans savoir que des permis d’exploration des gaz et huile de schiste ont été délivrés par le gouvernement à des sociétés pétrolières françaises et étrangères.

Contrairement à ce qu’une information pourrait vous faire croire, la menace de ces permis sur nos territoires reste entière. En effet, la loi du 13 juillet 2011 n’interdit pas la recherche et l’exploitation d’hydrocarbures dits non-conventionnels (gaz et huile de schiste), mais interdit seulement temporairement la technique de la fracturation hydraulique. Il suffit donc aux Compagnies d’indiquer, afin de se conformer au texte de loi, qu’elles renoncent à ce procédé pour continuer leur prospection.

D’autre part, la récente décision d’abrogation des permis en Aveyron, Ardèche et Drôme, qui a fait grand bruit, ne concerne que trois sites.  61 autres permis d’exploration sont toujours en vigueur.

Votre commune se situe dans le périmètre du permis des Moussières.

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Quatre permis concernent l’ensemble du territoire du Jura :

– « Permis des Moussières » accordé à Celtique Énergie Petroleum Limited le 4 mars 2008, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 3269 km² ;

– « Permis de Lons-le-Saunier », accordé à European Gas Limited le 2 juillet 2007, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 3795 km² ;

– « Permis de Gex », accordé aux societés Egdon resources et Nautical Petroleum le 28 mai 2009, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 932 km² ;

– « Permis de Pontarlier », accordé à Celtique Énergie Petroleum Limited le 20 août 2010, pour une durée de 5 ans, sur une superficie de 1470 km².

Vous n’avez été ni informé, ni consulté dans le processus d’obtention de ce permis. Et pourtant ces forages auront des conséquences irréversibles sur votre secteur d’activité.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1335287090.jpgRappelons que la technique de fracturation nécessite d’importantes quantités d’eau additionnées d’adjuvants toxiques qui polluent directement les nappes phréatiques et les cours d’eau souterrains et aucune station d’épuration n’est en capacité de dépolluer l’eau issue de ces forages. D’autre part, il est prouvé que les produits toxiques qui remontent avec le gaz dans l’atmosphère, ont un impact sur la santé des individus.

Il est étonnant que le principe de précaution pourtant inscrit dans la loi depuis 1995 et figurant dans la Constitution et la Charte de l’environnement de 2005 (Article 5) ne soit pas pris en compte : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veilleront, par application du principe de précaution, et dans leur domaine d’attribution, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage. »

C’est ainsi que le Parc naturel régional du Haut-Jura a voté à l’unanimité, lors du Comité syndical du 17 mars 2012, une motion contre les forages d’exploration ou d’extraction de gaz de schiste et d’hydrocarbures liquides ou gazeux sur son territoire qu’ils soient conventionnels ou non. Le Parc demande aussi aux préfets des régions Rhône-Alpes et Franche Comté l’abrogation des trois permis accordés sur le Haut-Jura en application du principe de précaution, tout comme les communautés de commune du Pays de Gex et de Monts d’Or Deux Lacs. Une large campagne de sensibilisation auprès des élus a débuté dans le but qu’un maximum de collectivités se positionnent officiellement sur cette question.

En ce qui concerne le permis des Moussières, nous vous alertons sur le fait qu’il est valable jusqu’au 14 mars 2013 et que la compagnie Celtique Énergie risque de débuter ses activités dans les prochains mois. D’autre part nous vous signalons, que jusqu’au 1er juin 2012, tout travaux d’exploration peut commencer sans aucune étude d’impact ni enquête publique.

Afin d’informer la population et d’ouvrir un débat public qui n’a pas eu lieu, le Collectif a décidé d’organiser des réunions d’information sur l’ensemble du Haut-Jura ; réunions auxquelles nous vous convions.

Voici les réunions publiques programmées avec la participation de Guy FAURE, hydrogéologue :

Le Vendredi 30 mars 2012 à MOIRANS, à 20h30, dans les locaux de la Communauté de communes Jura-sud, en partenariat avec le CPIE et la Communauté de communes Jura-sud (80 pers.) ;

Le Jeudi 5 avril 2012 à SAINT-CLAUDE, à 20h30, salle Bavoux Lançon , dans le cadre de la semaine du Développement durable organisé par la ville de Saint-Claude (120 pers.) ;

Le Jeudi 26 avril à SAINT-LAURENT, à 20h30, salle communale, organisé en partenariat avec la ville de Saint-Laurent.

En plus de ces réunions publiques le Collectif sera présent lors d’évènements comme la Tournée du colibri, 6 dates dans le Haut-Jura, proposé par le Parc et ses partenaires. Les trois premières auront lieu le 6 avril à Saint Claude, le 15 juin à Moirans Montagne et le 22 juin à Saint-Laurent en Grandvaux (détails sur www.pcehautjura.org).

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à ce sujet, nous vous prions d’agréer nos salutations les plus respectueuses et restons à votre disposition pour de plus amples informations.

Le Collectif « Non aux forages d’hydrocarbures » Haut-Jura
Contact pour participer aux actions du collectif

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[Vietnam] Les paysans contre les voleurs de terres

Vietnam : la police disperse une manifestation contre la saisie de terres

La police anti-émeute vietnamienne a tiré en l’air mardi pour disperser une manifestation de centaines de paysans en colère qui voulaient empêcher la confiscation de leurs terres près de Hanoï, ont indiqué des témoins à l’AFP.

Les policiers munis de masques ont également utilisé des gaz lacrymogènes contre les quelque 700 manifestants qui refusaient leur expulsion au profit de la construction d’une ville nouvelle, dans un dossier qui dure depuis des années.

Des centaines de policiers en uniforme et armés étaient dans la région. Les gens ont jeté des pierres sur un policier (…) La police a arrêté sept ou dix personnes, a affirmé depuis le site à l’AFP Le Hien Duc, militante anti-corruption.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1335282379.jpgLes centaines de paysans s’étaient rassemblés dès lundi soir, selon des témoins. Toutes les routes menant à cette zone de la province de Hung Yen avaient été bloquées par les autorités qui auraient saisi quelque 72 hectares de terres appartenant à 166 familles.

Il y a eu des coups de feu en l’air (…) La police a utilisé des gaz lacrymogènes et a battu quelques personnes et les a emmenées. Ils ont évacué toutes nos terres, a déclaré à l’AFP une manifestante de 51 ans, sous couvert d’anonymat.

Je n’ai jamais été aussi en colère. J’ai passé toute ma vie à me battre pour les gens, mais maintenant, j’ai vraiment mal, s’est indignée Mme Duc, 80 ans.

Les litiges fonciers se sont multipliés au Vietnam ces dernières années, dans un pays où la terre appartient à l’État. Le gouvernement affirme compenser les habitants délogés, mais les sommes disparaissent souvent dans les méandres d’une administration corrompue.

La ville nouvelle EcoPark, dont les investissements sont estimés à 250 millions de dollars, est construite par la société privée Viet Hung Co. Ltd à qui les autorités locales auraient accordé 500 hectares de terres, au Sud de Hanoï, sans véritables négociations.

Viet Hung tente depuis 2004 de faire avancer le chantier qui avait été suspendu après une série de manifestation en 2006, mais qui a été relancé depuis.

Le journal officiel Tin Tuc a indiqué mardi, citant un responsable provincial, que les autorités avaient soutenu l’expulsion, soulignant que le projet devait avancer en accord avec la loi.

Ces expulsions aideront aussi à surmonter la situation de quelques personnes qui se rassemblent dans la zone du projet pour se plaindre (…) et causent des troubles à l’ordre public à Hanoï, a-t-il ajouté.

Des paysans de la zone avaient organisé cette année dans la capitale plusieurs manifestations, toutes dispersées par les autorités.

Leur presse (Agence Faut Payer, 24 avril 2012)


Affrontements liés à des expropriations dans la région d’Hanoï

Des milliers de policiers ont dispersé mardi des villageois installés sur un terrain de 70 hectares à l’est d’Hanoï dont les autorités locales veulent prendre possession dans le cadre d’un projet de développement baptisé Ecopark.

De nombreux habitants du district de Van Giang, décidés à s’opposer aux expropriations, ont campé sur place, mais 2.000 à 4.000 policiers et tenue anti-émeute et en civil se sont présentés dans la matinée pour les déloger, selon trois des contestataires et un témoin. « Nous leur avons lancé des cocktails molotov, mais ça n’a rien donné. Ils avaient des boucliers. Ils nous ont frappés à coups de matraques, nous ont poursuivis et battus », a déclaré un villageois.

Comme en Chine, où des expropriations ont donné lieu à des mois de troubles à Wukan, dans le Sud, les conflits fonciers sont une source majeure de tensions au Vietnam. En janvier, des affrontements avaient éclaté dans la région de Haïphong.

Leur presse (20Minutes.fr avec Reuters, 24 avril 2012)

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[Toulouse] Réquisition de l’ancienne prison des résistant-e-s par des résistant-e-s !

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Dimanche 15 avril, nous avons réquisitionné le bâtiment situé au 1, place des Hauts Murats laissé vide par l’État depuis 10 ans pour y loger des familles avec enfants, des femmes isolées et des jeunes que les logiques du capitalisme forcent de vivre dans la rue.

Nous sommes un collectif engagé autour de la campagne « zéro personnes à la rue » initiée par le C.R.E.A. (Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion) à l’automne 2011. Sept autres lieux ont déjà été investis dans le cadre de cette campagne qui a permis à plus de 150 personnes de retrouver un toit, une certaine stabilité et de briser l’isolement. Au cours de cette campagne, des lieux réquisitionnés ont été expulsés, en dehors de tout cadre légal.

Ce qui est criminel ce n’est pas d’habiter ces bâtiments mais de les laisser vides pour la spéculation immobilière alors que chaque année des personnes meurent dans la rue. Le peuple a construit ces bâtiments, c’est à ses enfants de se les réapproprier.

Nous ne demandons donc aucune subvention et n’attendons rien de l’État si ce n’est la pérennisation de ce lieu. En nous organisant par nous-mêmes, nous devenons un peu plus libres, heureu-ses-x, dignes et émancipé-e-s.

Aussi, nous sommes ouvert-e-s à toutes initiatives et soutiens sous quelques formes que ce soit, pour faire vivre ce bâtiment, créer un lieu de rencontre, d’entraide sociale et d’échanges politiques.

Tout pour tout-e-s, pouvoir au peuple !

Organisons-nous pour défendre le CSA !

Les habitants, l’Association pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion, et les membres de la campagne Zéro personnes à la rue.

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[Vive l’Azawad libre !] Ansardine dégage !

Entre angoisses et espoir, le Nord-Mali se rebiffe

Les civils de Kidal, Gao, Tombouctou ne veulent plus subir la loi des rebelles, en particulier les rigueurs des Islamistes. Dans quelques jours à Gao, séparatistes et jihadistes pourraient entendre, d’ailleurs des vertes et des pas mûres de la part d’une population gonflée à bloc.

Les populations du Nord organisent la résistance contre Ansardine. Kidal, la semaine dernière a donné le top chrono de la rebuffade contre le rigorisme salafiste. Les femmes de cette ville, heureuses de la libération à Bamako de deux des leurs faites prisonnières pour appartenance à la rébellion, s’étaient réunies pour fêter l’événement au son des guitares et des calebasses caractéristiques des soirées « takamba », cette danse que les ethnies du Nord ont en partage. « Trop licencieux » avait décidé l’administration d’Ansardine en décrétant purement et simplement l’annulation de la réjouissance. C’était sans compter avec la détermination des femmes qui refusèrent d’obtempérer. Éclats de voix, bras de fer, déclinaisons de toutes les sourates du Coran qui interdisaient la manifestation, mais rien n’y fit. Énervés, les islamistes voulurent user de la force mais des jeunes de la ville vinrent à la rescousse des femmes, forçant les jihadistes à battre en retraite. La ville s’emplit des notes suggestives du takamba au nez et à la barbe des… barbus.

Ansardine dégage !

La capitale de l’Adrar venait de remporter sa première bataille pour sa culture et son islam tolérant tandis que les islamistes, eux, pour lesquels tout cela n’est qu’imposture et tentation satanique, avaient bel et bien perdu. Mais pour combien de temps ? Car pendant que Kidal cherchait à s’affranchir de la pesante tutelle d’Ansardine, Tombouctou tentait de marcher contre les moujahidines qui restreignent la liberté des résidents de la cité des 333 saints. Plusieurs familles ont quitté la ville mais celles qui sont restées portent le voile, pour les femmes et se résignent à l’eau, pour les hommes qui ne détestent pas de temps siffler une bière. Les imams de la ville alertés par une population qui n’en peut plus ont approché l’état major d’Ansardine pour qu’il assouplisse sa loi. « Pas question ? C’est la loi de Dieu » a décrété Ould Amaha, le nouvel homme fort de la cité mystérieuse, avant d’interdire les marches contre son mouvement. Dans un contexte des plus confus. Le Mnla est présent dans la ville, il ne supporte pas du tout les agissements d’Ansardine, tout le monde pense que la guerre entre les deux n’est qu’une question de temps, mais pour l’instant Mohamed Ag Najim n’a pas sorti l’épée contre son ennemi intime, Iyad Ag Ali. Lequel aura beaucoup de mal à convaincre les riverains que ses « fous de Dieu » sont des Maliens. Car pour un informateur anonyme qui n’a de cesse de noter les faits et gestes de l’armée d’Ansardine, « à Tombouctou, en tout cas, il n’y a presque pas de Touareg dans Ansardine. Ce sont des Maghrébins, des Mauritaniens, des Nigérians, des Tchadiens. Il y a même un Franco algérien qui parle dans le titi parisien » défie-t-il.

Béatrice retrouvée

Pas étonnant donc que Béatrice, la Suissesse, témoin de Jéhovah et vivant depuis une dizaine d’années à Tombouctou ait été enlevée le 15 avril en plein après-midi et chez elle. Une voiture 4×4, deux hommes qui débarquent et remontent, en moins de cinq dix minutes avec la religieuse. Puis la direction d’Agouni et plus rien jusqu’à ce dimanche où il fut certain que Béatrice avait été « enlevée par la milice arabe, attendant de la vendre à Belmoktar ! La milice n’en aura pas eu le temps. Ansardine et le Mnla piqués à vif la débusquent et la libèrent à la suite d’affrontements avec cette milice dimanche. Il faut dire que le Mnla avait pris soin de mettre les occidentaux à l’abri dès son entrée à Tombouctou. À l’image de ce petit groupes de touristes insouciants que Ag Najim dût exfiltrer vers la Mauritanie peu avant l’arrivée remarquée d’Aqmi. Signe que malgré l’angoisse, l’espoir demeure. Il vient surtout du côté de Kidal où sous la houlette de la famille Intallah, une rencontre décisive est prévue à Gao, le 27 avril entre toutes les composantes des populations du Nord. Objectifs : débattre du Nord, de ce qui le dénature et de ce qui peut le sauver. Il se raconte déjà qu’un niet retentissant sera opposé aux jihadistes et aux indépendantistes. Un vieux pays ne s’écroule jamais, entend-on souvent. À Kidal, Gao, Tombouctou et Douentza ils sont sans doute nombreux à dire : Dieu l’entende pour le Mali.

Leur presse (Adam Thiam, Le Républicain, 24 avril 2012)


Mali : divorce consommé entre le MNLA et les islamistes d’Ansar Eddine ?

Serait-ce la fin de l’alliance entre la rébellion touarègue et les islamistes d’Ansar Eddine ? Cela en a tout l’air. Sous les auspices du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), chefs religieux, chefs coutumiers et notables du Nord-Mali ont décidé de se réunir à Gao, les 25 et 26 avril. Objectif : « prononcer une « fatwa » contre tous les groupes armés qui sont sur le territoire de l’Azawad », martèle Moussa Ag Assarid, l’un des porte-paroles du MNLA, interviewé par Jeune Afrique.

Le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) prend ses distances avec les islamistes présents dans le nord du Mali. En se réunissant les 25 et 26 avril à Gao, les chefs religieux, chefs coutumiers et notables entendent prononcer une « fatwa » contre Ansar Eddine, le groupe islamiste fondé par Iyad Ag Ghali, mais aussi et surtout contre ses alliés salafistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et du Mouvement unifié pour le djihad en Afrique de l’Ouest (Mujao), qui contrôlent notamment la ville de Tombouctou.

Très utiles au début des combats, les djihadistes s’avèrent à présent très embarrassants pour le MNLA, qui a fait de la laïcité l’un des points forts de son argumentaire. À l’opposé des revendications d’Ansar Eddine et de son chef Iyad Ag Ghali, qui, devenu guide spirituel, affirme se battre pour l’instauration de la charia dans tout le Mali, thème beaucoup plus fédérateur dans le nord du pays, à majorité musulman, et qui a permis le ralliement de nombreux jeunes désœuvrés.

« Nous n’avons jamais invité Ansar Eddine, ni Aqmi, ni le Mujao à se joindre à nous, se défend Ag Assarid, l’un des porte-paroles du MNLA. Et nous ne voulons pas que notre territoire devienne un lieu d’entraînement pour djihadistes », ajoute-t-il, en accusant ces groupes d’avoir installé un camp d’entraînement à 400 kilomètres à l’est de Gao.

« Nous avons besoin de toute l’aide logistique et matérielle que la communauté internationale voudra bien nous apporter pour les repousser hors de chez nous », fait-on valoir du côté de la rébellion touarègue. (…)

Leur presse (Malika Groga-Bada, JeuneAfrique.com, 24 avril 2012)


Lamine AG Billal. Capitaine du MNLA
« 3000 Touareg sont morts en Libye et 3000 autres sont rentrés au Mali »

Le capitaine Lamine Ag Billal avait à peine 12 ans lorsqu’il a rejoint les camps militaires libyens ouverts par El Gueddafi. C’était en 1982, alors que des centaines de Touareg maliens bénéficiaient d’entraînements militaires depuis près de 5 ans. Père de deux enfants, un en Libye et un autre au Mali, il rêve d’un Azawad libre et prospère. Dans l’entretien qu’il nous a accordé à Achebrach, au nord du Mali, il exprime son « inquiétude » quant à l’issue de la guerre pour l’indépendance de sa région…

Comment avez-vous été enrôlé dans les rangs de la légion verte créée par El Gueddafi ?

C’était en 1982. J’avais à peine 12 ans. Je vivais l’enfer à Ménaka. Je mangeais un jour sur trois et je ne connaissais pas ce qu’était la chaleur familiale. Si la première rébellion des années 1960 a emporté des centaines de chefs de famille, la misère et la soif ont enterré des milliers de femmes, d’enfants et d’hommes. À l’époque, la Libye était pour nous le paradis. El Gueddafi a offert aux Touareg tout ce dont ils avaient besoin. De l’argent, un toit et des papiers pour circuler. En intégrant la légion targuie, les Touareg bénéficient d’un salaire, d’une maison, d’une voiture, d’armes et de papiers libyens. L’offre ne pouvait être refusée. Pour beaucoup, c’était un rêve.

La Libye était pour nous l’eldorado. J’avais à peine 12 ans, mais je voulais rejoindre mes aînés qui avaient tous participé à la rébellion de 1963. Je n’étais pas le seul. Des dizaines d’enfants de mon âge et même plus jeunes ont fait le voyage. Nous avons été installés dans des camps militaires où nous nous sommes entraînés à l’art de la guerre. C’est dans ces camps que j’ai eu à connaître vraiment ceux qui ont organisé la rébellion de 1963. Ils ne nous parlaient pas d’indépendance mais plutôt de droit à une vie décente sur notre territoire qu’est l’Azawad. Durant cette période, des contingents partaient vers le Liban pour combattre au nom de la libération de la Palestine.

En 1985, après avoir appris les rudiments du maniement des armes et les techniques de guérilla, j’ai été envoyé au Tchad. J’y suis resté six mois où j’ai vécu l’horreur. J’ai demandé à revenir au Mali, mais en vain. J’ai décidé de prendre la fuite. Je suis resté durant trois mois dans les montagnes. À la fin, je suis revenu en Libye. Je savais que les autorités n’allaient pas me pardonner mon acte. La sanction a été très lourde. Ils m’ont renvoyé au Tchad, où je suis resté jusqu’à la fin des années 1980. En 1990, je suis rentré au Mali pour prendre part à la rébellion. Après l’accord de Tamanrasset, j’étais parmi les combattants qui avaient été intégrés en tant que soldats dans les rangs de l’armée malienne dans le cadre de la réinsertion. C’était en 1993.

Dix ans après, vous reprenez les armes aux côtés de Brahim Ag Bahanga. Qu’est-ce qui a motivé votre action ?

En fait, l’accord de Tamanrasset, qui prévoyait de nombreuses mesures de réinsertion et de développement de la région du nord, n’a malheureusement pas été appliqué. La situation est restée telle quelle. La misère ne faisait que s’installer. Aucune réalisation n’a été concrétisée. Dix ans après, nous étions encore plus pauvres qu’avant. Nos enfants n’avaient ni école, ni électricité, ni eau et encore moins de quoi vivre. Les Touareg, qui avaient rejoint les rangs de l’armée malienne, subissaient la discrimination et l’exclusion. Ils n’avaient pas les mêmes droits que ceux des villes du Sud et pouvaient rester des années sans connaître une quelconque promotion. Nous nous sommes rendu compte que finalement l’accord de Tamanrasset n’était qu’un leurre destiné beaucoup plus à mettre un terme à la situation de guerre qui prévalait au Nord. Lorsque Brahim Ag Bahanga avait décidé de reprendre les armes, une bonne partie des Touareg, dont moi-même, n’a pas hésité à répondre à l’appel. En 2006, nous sommes retournés en Libye. Nous avions nos camps et nous en profitions pour nous réorganiser et réunifier nos rangs. Notre objectif étant de retourner au Mali avec une organisation plus solide et plus structurée.

Comment expliquer qu’El Gueddafi, qui réprimait ses Touareg, leur refusait le droit de croire à leur culture et puisse aider les Touareg d’autres pays à accéder à l’indépendance ?

Mais il ne nous a jamais aidés  à accéder à l’indépendance. Il nous utilisait pour d’autres objectifs. Au fond, il n’était pas aimé parce qu’il était très dur avec les Touareg. Beaucoup ont été torturés et exécutés pour avoir revendiqué le droit à un territoire ou tout simplement le droit à pratiquer leur culture. Lui, il avait besoin d’une armée pour aller combattre en-dehors de son territoire, et les Touareg avaient besoin de se former à l’art de la guerre, de lire et écrire, de manger à leur faim et de nourrir leurs familles. Chacune des deux parties y trouvait son compte. Mais nous savions qu’un jour nous retournerions sur nos terres pour les libérer. Nous ne portions pas dans nos cœurs El Gueddafi, qui était plus un allié de l’heure qu’autre chose.

Pourtant, les Touareg lui sont restés loyalistes durant la guerre…

En fait, ce n’était pas le cas. Nous savions que son régime allait tomber. C’était une question de temps seulement. Nous étions en position de force au sud de la Libye. El Gueddafi nous a demandé de l’aider, en contrepartie il nous a promis des armes et même des avions pour libérer notre territoire au Mali. Il était aux abois. Mais nous ne l’avons pas cru, parce qu’il nous a toujours promis monts et merveilles sans pour autant qu’il y ait de suite. Il nous a permis de prendre tout l’armement de guerre dont on avait besoin ainsi que les moyens de télécommunication et de transport. Nous étions tous convaincus qu’il n’était pas crédible. Nous avons défendu nos positions. Les forces d’El Gueddafi n’ont pas pu pénétrer dans les zones que nous contrôlions. À ce moment-là, nous nous sommes entendu avec l’opposition pour quitter la région en direction du Mali avec armes et bagages.

Quel a été le bilan des affrontements ?

Il a été très lourd. Vous savez, les Touareg ont été qualifiés à tort de mercenaires. Ce qui les a, de fait, placés dans une position de cible privilégiée, non seulement de l’opposition, mais aussi des forces loyalistes d’El Gueddafi, qui nous accusaient de les avoir abandonnées. Rien que pour ceux qui ont pu être identifiés, il y a eu 1700 morts. On estime le nombre de Touareg tués à environ 3000 hommes en l’espace de quelques mois seulement, et dans des circonstances inhumaines. Beaucoup ont été torturés à mort, et d’autres carrément exécutés après avoir été faits prisonniers. Contrairement à ce qui s’est dit, ce sont les Touareg qui ont libéré le sud de la Libye de l’emprise des forces loyalistes d’El Gueddafi. Juste après, c’est-à-dire en septembre 2011, nous avons décidé de retourner au Mali. Nous étions quelque 3000 hommes, à bord de plus de 500 véhicules tout-terrain, bourrés d’armement lourd, léger et de munitions. Le voyage a eu lieu en plusieurs convois et a duré des jours. Nous avons traversé le Niger, pour arriver au nord du Mali.

Vous avez traversé des milliers de kilomètres à travers le désert, n’avez-vous pas rencontré l’armée nigérienne ?

Il est vrai que notre principale hantise était de rencontrer l’armée nigérienne en cours de route. Certains préféraient s’aventurer sur le territoire algérien que de passer par le Niger, parce qu’en Algérie, quelques convois ont été interceptés. Les militaires leur ont confisqué les armes, les équipements et les véhicules, avant de les déférer devant la justice. Certains ont été expulsés vers le Mali, d’autres ont été condamnés à des peines de prison.

Au Niger, ceux qui ont été arrêtés ont été passés au peloton d’exécution. Lorsque nous sommes arrivés dans nos villes respectives, nos familles étaient contentes, mais les autorités avaient très peur de nous. Elles ne pouvaient rien faire. Elles ont essayé de faire pression sur nos familles pour que nous déposions les armes, mais en vain. Elles nous ont même proposé des postes au sein de l’administration et de l’armée, mais personne n’a accepté.

Des réunions entre les anciens cadres de la rébellion et les officiers revenus de Libye ont eu lieu. Ces derniers voulaient l’indépendance, d’autres aspiraient beaucoup plus à une vie meilleure. Finalement, la tendance forte a été de reprendre les armes pour libérer l’Azawad. Leur argumentation était que toutes les rébellions précédentes n’avaient servi à rien, du fait du manque de moyens. Pour eux, la nouvelle donne est que les rebelles sont en position de force avec l’armement qu’ils ont ramené de Libye. Il a donc été décidé de la création du Mouvement national pour la libération de l’Azawad (MNLA). Ayad Ag Ghaly, qui est une figure de proue dans le combat pour l’Azawad, voulait être à la tête du mouvement, mais les Maliens de Libye ont refusé. Ce qui l’a poussé à créer un autre groupe, tout en promettant de ne pas se mettre à contre-courant du combat.

Aujourd’hui, avec les groupes d’AQMI, les organisations salafistes et les trafiquants de drogue et d’armes compromettent lourdement notre guerre pour l’autodétermination. J’ai comme l’impression qu’il y a des forces internes et externes qui profitent de la manne financière engendrée par les trafics en tout genre et les rançons et de ce fait, elles sont prêtes à tout pour faire capoter notre combat dans le seul but de préserver leurs intérêts. Je n’écarte pas des luttes ethniques qui mettront en échec tous nos sacrifices.

Leur presse (Salima Tlemçani, ElWatan.fr, 21 avril 2012)

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Testour (Béja)

Tunisie – Les habitants de Testour en grève

Les habitants de la ville de Testour, rattachée au gouvernorat de Béja, sont entrés dans la matinée du mardi 24 avril 2012 en grève. Ces derniers revendiquent un développement économique et social pour leur région.

Précédemment annoncée, cette grève a paralysé 30% de la ville. Certains commerçants étaient pourtant contre cette grève vu qu’elle ne fera que paralyser le commerce, selon Mosaïque Fm.

Par ailleurs, les habitants ont annoncé également l’organisation ce jour même d’un sit-in devant le siège la délégation de Testour.

Publié par des ennemis de la révolution (Business News, 24 avril 2012)

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[Vive l’Azawad libre !] Tombouctou, « une ville où tout est à faire et à tous les niveaux »

Exclusif / Mohamed Ag Najim, le chef du MNLA, parle au Républicain

Suite à une rencontre organisée par ses principaux lieutenants, Mohamed Ag Najim, le Chef d’État major du MNLA, s’est adressé à la notabilité de Tombouctou (chefs de quartier et Imams). Votre quotidien, dont un collaborateur était sur place, a recueilli pour vous ses propos. Voici en exclusivité ce qu’il a dit :

« Je vous remercie de prendre part à cette rencontre et je suis heureux de constater l’intérêt manifesté. Je commencerais par dire que l’objectif de notre présence ici ne vise pas la destruction ni des vies humaines pas plus que la destruction des biens matériels ou pire de voler ou de violer.

En rentrant à Tombouctou comme dans les trois autres régions du Mali que nous pensons être les nôtres (Azawad), nous avions pensé avoir en face la détermination des hommes sensés la sécuriser, la défendre, mais hélas ! De bien de mes hommes je crois que je suis l’un des rares à n’avoir jamais franchi les murs de cette ville. Comme tout habitant de la planète, je crois que j’ai beaucoup entendu parler de Tombouctou. Sauf que dans ma vision, je m’attendais à une ville avec tout ce que cela comporte au plan du développement des infrastructures, de l’urbanisation, de l’assainissement et du tourisme. Mais à ma grande surprise, j’ai découvert, avec grand regret, une autre réalité : une ville où tout est à faire et à tous les niveaux, en somme une ville prestige, qui repose sur des valeurs de foi et de croyance attelées à des vertus que consacrent 333 saints.

Alors le constat qui s’impose est que le Nord du pays, toute la zone “Azawad” a été délaissée au profit des villes du centre et du Sud par les différents gouvernements successifs, sur tous les pans. Voilà pourquoi notre combat consiste à opter pour un choix de développement durable de ces trois régions, en nous appuyant sur les valeurs intrinsèques de culture et de connaissance des fils du Nord. Plus questions d’attendre que tout vienne de décisions relevant de la compromission, plus questions de vie sous le poids d’une administration à la solde de Bamako. Le constat est cinglant entre d’une part la paupérisation des infrastructures entre Kidal, Gao, Tombouctou et d’autre part l’embelli ostentatoire affichée par les autres régions. Le Nord est un contenant vide. Le schéma pensé de l’“Azawad” repose sur des racines solides, des branches soutenues. L’“Azawad” de demain sera grand.

Nous comptons sur vous pour traduire cette réflexion et porter ce message de paix à toutes les communautés dans un esprit fraternel qui ne sera nullement sous tendu par une quelconque exclusion. Cet acte nous le posons ensemble et nous avons conscience des enjeux. Voilà pourquoi nous en appelons à la sagesse des notables ici présents et aux bénédictions des Imams dans cette salle. L’Azawad est un espace de vie de toutes les communautés qui y vivent, sans exclusive. Nous ne l’avions jamais pensé en termes de Noirs ou blancs, de Tamasheqs ou d’Arabes encore moins de Sonrhaïs ou de Peulhs. Les objectifs de départ n’ont pas changé, les hommes qui ont initié le mouvement n’ont pas changé, il n’y a aucune raison de penser que vivre ensemble devienne insurmontable.

Pourquoi le Mali a-t-il refusé de faire la guerre à AQMI ?

Pour ce qui est d’AQMI, je vous renvoie la réflexion du pourquoi le Mali a laissé la Mauritanie faire cette guerre en lieu et place de son armée et sur son territoire. La zone frontalière avec la Mauritanie est devenue une zone de non droits, dépourvue de tout aspect sécuritaire, et du coup AQMI pouvait en faire ce qu’il voulait, cette zone n’intéressait plus le gouvernement, sinon comment comprendre que le Niger soit à combattre AQMI ? Pourquoi les interventions de l’armée Mauritanienne sur le sol du Mali ? N’est-ce pas là un problème du Nord ? Imaginez que cela se passe à Ségou, Sikasso, Kayes imaginez aussi les moyens militaires qui auraient été déployés. Je souhaite que chacun ici devienne mon messager pour une meilleure compréhension de notre combat ! »

Leur presse (Askia Mahamane, Le Républicain, 24 avril 2012)


Tombouctou : Manifestation anti Ansar Adine/AQMI ce weekend

Après la destruction par les Islamistes d’une partie de la statue Alfarouk si caractéristique de la ville, plus de 200 personnes ont manifestés à Tombouctou ce weekend contre le diktat des islamistes dans la ville. Alerté, l’état-major militaire aurait décidé de ne pas intervenir militairement pour ne pas envenimer la situation rendue très confuse par le sombre Iyad Ag Ghaly. Mais le MNLA semble avoir notifié clairement à Ansar Adine qu’il devait rapidement revoir sa copie.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1335353442.jpgTout a commencé il y a quelques jours après l’entrée d’Iyad Ag Ghaly dans la ville de Tombouctou et l’invitation qu’il a lancée aux terroristes d’AQMI. Après les entretiens préliminaires avec les notabilités de la ville des 333 saints, les islamistes d’Ansar Adine — appellation sous laquelle se réunissent désormais aussi bien les terroristes d’AQMI que ceux de Boko Haram — ont commencés à détruire les bars de la ville. Après, la disparition des boissons alcoolisées de la ville, ces islamistes et terroristes ont entrepris la destruction de toutes les statues de la ville.

Ne voulant pas comprendre que les statuettes sont utilisés dans la ville de Tombouctou non pas comme moyen d’adoration divine, mais plutôt comme un medium esthétique, ces islamistes prenait le soin de violer toute vie privée des habitants de la ville pour retrouver leur cibles.

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Leurs folies comme celles de leur chef Iyad Ag Ghaly, n’ayant pas de limites, ils ont fini par s’attaquer au plus important symbole pour les habitants de Tombouctou : la statue Alfarouk en plein centre de la ville dont l’identité va de pair avec l’unicité de la ville de Tombouctou. Ne pouvant pas complètement détruire ce symbole de la ville de Tombouctou, ils ont coupés la tête d’Alfarouk et de son cheval, ainsi que leurs pieds.

Sacrilège dans cette ville qui fut la première université en Afrique et l’une des premières dans le monde. Ce Samedi 21 Avril 2012, un peu plus deux cents personnes majoritairement des jeunes et des Imams ont entrepris une marche de protestation en direction du camp militaire de la ville occupée par les Islamistes d’Ansar Adine.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1335353706.jpg

Pour éviter d’être déborder par la foule, les islamistes ont tiré plusieurs coups de feu en l’air pour la disperser. Après avoir mis fin à la marche populaire contre le diktat des islamistes, une partie des notables de la ville se rendra à l’aéroport de la ville pour rencontrer les troupes du MNLA qui y sont. Après une vive protestation du laisser-aller dont bénéficié ces islamistes dans cette ville millénaire, le Colonel Bouna et ses hommes auraient pris la décision de rendre une visite aux islamistes retranchés au sein de l’ancien camp militaire.

Alerté par téléphone, l’état-major militaire du MNLA basé depuis à Gao aurait demandé au Colonel Bouna de ne pas intervenir pour envenimer la situation et d’attendre une haute délégation militaire du MNLA qui se rendra dans la ville pour discuter à la fois avec la population qu’avec les islamistes d’Ansar Adine. Selon nos informations, Mohamed Ag Najim s’est rendu hier à Tombouctou.

Par Aljimite Ag Mouchallate
Toumast Press, 24 avril 2012

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[Révolution tunisienne] Sit-in à El Ksar (Gafsa)

Tunisie – Mouvement de protestation des sans-emploi à El Ksar

Des mouvements de protestation ses sont déclenchés, lundi, dans la ville d’El Ksar (Gouvernorat de Gafsa).

Des jeunes sans-emploi, à l’origine des ces mouvements, ont indiqué à la correspondante de l’agence TAP qu’ils revendiquent « des opportunités d’emploi » et la réalisation de projets susceptibles de mettre fin à la marginalisation dont souffre leur ville ».

Les protestataires ont bloqué les carrefours à l’entrée de la ville, en direction de Gafsa et d’El Guettar, en érigeant des barrages, en déversant d’importantes quantités de sable et en brûlant des pneus, ce qui a paralysé, totalement, la circulation, dans le centre ville et au niveau de la route nationale 15 reliant Gafsa à Gabés.

Ils réclament, entre autre, l’accélération de la proclamation des résultats du concours de la Société nationale des chemins de fer tunisiens (SNCFT) et celui du Groupe chimique tunisien (GCT).

Le gouverneur de Gafsa qui a entamé, l’après-midi, des discussions avec des représentants des protestataires, a indiqué dans une communication téléphonique avec la correspondante de l’agence TAP, que « les sans-emploi originaires de cette ville, ont, non seulement leur quota dans les programmes de recrutement du GCT, de la SNCFT mais également dans des chantiers régionaux, ainsi que dans les projets du secteur de l’environnement, dans le cadre du budget complémentaire de l’État pour l’année 2012 ».

Publié par des ennemis de la révolution (TAP, 24 avril 2012)

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[Dépassement de l’art] Feu à l’art contemporain ! (2)

Grand-Lancy. Création artistique brûlée en pleine nuit

Une auto faisant partie d’une œuvre d’art contemporain a été incendiée aux Palettes. L’artiste s’étonne.

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« Ce n’est pas étonnant ce qui s’est passé ! C’était prévisible », commente une habitante. Même écho chez d’autres riverains de ce quartier populaire qui ont vu la voiture s’embraser sous leurs fenêtres, dans la nuit de vendredi à samedi : « Les actes d’incivilité comme des feux de poubelles ne sont pas rares ici, alors déposer une voiture cabossée au milieu de la route, c’était comme une invitation ».

Un bruit d’explosion

C’est vers minuit que le Service d’incendie et de secours est intervenu pour éteindre la voiture en flammes. « J’ai d’abord entendu un bruit d’explosion avant que l’auto ne prenne feu. Les pompiers sont intervenus très rapidement. Ils ont éteint l’incendie mais ils sont restés là un petit moment », raconte un témoin de la scène.

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Beaucoup de questions sur l’œuvre

Cette création, qui symbolisait une météorite s’écrasant sur une auto, a été installée mardi. Et avait vite suscité beaucoup d’interrogations. Le conseiller administratif François Lance explique une telle démarche. « Nous voulions amener l’art dans la rue mais nous aurions dû informer la population quant à notre projet et mieux la préparer à cette forme d’art ».

« L’art doit résider dans la rue »

En effet, dix autres créations du même artiste, le sculpteur Étienne Krähenbühl, seront placées en divers endroits de Lancy. « On ne va pas se décourager ! assure François Lance. Cette œuvre fait partie d’un parcours qu’on va maintenir. » « Je ne vais pas baisser les bras, répond l’artiste de son côté. Je m’attendais à des tags ou quelques dégradations, pas à un tel acte de vandalisme. Mais l’art doit résider dans la rue et être interactif. »

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Quant à la météorite, construite à base d’acier, elle restera en place sur le véhicule calciné. Pour autant que l’œuvre ne présente pas de danger pour la sécurité. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances de l’incendie. Pour l’heure, l’artiste ne pense pas déposer plainte. « Tant que l’ensemble n’est pas compris, ajoute Étienne Krähenbühl. J’aviserai s’il en est autrement. »

Leur presse (Faïrouz Khaïry, 20Minutes.ch, 22 avril 2012)


Une sculpture brûlée en pleine nuit aux Palettes

Incendiée, l’œuvre représentant une voiture écrasée par une météorite restera en place.

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Dans la nuit de vendredi à samedi, les habitants du quartier des Palettes, au Grand-Lancy, déclarent avoir été reveillés par un bruit d’explosion. Une sculpture a été incendiée au beau milieu de la nuit, révèle le site 20Minutes. Le Service d’incendie et de secours a dû intervenir pour éteindre les flammes. Un geste qui a surpris l’artiste.

Installée mardi dernier dans ce quartier du Grand-Lancy, l’œuvre symbolisait une météorite d’acier s’écrasant sur une voiture. « Nous voulions amener l’art dans la rue mais nous aurions dû informer la population quant à notre projet et mieux la préparer à cette forme d’art », explique le conseiller administratif François Lance.

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Dix autres créations du même artiste, le sculpteur Étienne Krähenbühl, seront placées en divers endroits de Lancy. « Je ne vais pas baisser les bras, a répondu l’artiste à 20Minutes. Je m’attendais à des tags ou quelques dégradations, pas à un tel acte de vandalisme. Mais l’art doit résider dans la rue et être interactif. »

La sculpture restera en place, à condition qu’elle ne présente aucun danger pour la sécurité des riverains. Une enquête a par ailleurs été ouverte pour déterminer les circonstances de l’incendie.

Leur presse (TDG.ch, 23 avril 2012)


Des incendiaires mettent le feu à une œuvre d’art à Lancy

Une œuvre d’art d’Étienne Krähenbühl, qui est installée au pied d’immeubles à Lancy (GE), a été vandalisée dans la nuit de jeudi à vendredi. La commune a déposé plainte. Le sculpteur, de son côté, a indiqué lundi qu’il hésitait à faire de même.

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L’œuvre d’art est composée d’un morceau de métal de deux à trois tonnes, symbolisant une météorite, qui écrase une automobile. Des individus ont mis le feu à la voiture. Selon le site internet de « 20 Minutes », qui a révélé l’information, les pompiers sont intervenus extrêmement rapidement.

L’imposante sculpture est installée dans le secteur des Palettes. Elle fait partie d’une exposition qui s’ouvrira début juin à la Ferme de la Chapelle, à Lancy, et qui met en valeur les sculptures d’Étienne Krähenbühl et les peintures de Bernard Garo. « Il s’agit d’une résonance entre deux mondes », a expliqué M. Krähenbühl.

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Une dizaine de pièces exposées

Étienne Krähenbühl exposera ses créations à l’extérieur, alors que son ami peintre s’occupera des espaces intérieurs. En tout, « je vais installer une dizaine de pièces à Lancy », a précisé M. Krähenbühl. L’artiste n’a pas encore décidé s’il va porter plainte après cet acte de vandalisme.

« On m’a prêté la voiture qui était déjà accidentée à la base. Aujourd’hui, elle est encore plus détruite », a ironisé M. Krähenbühl. Selon lui, les vandales n’ont pas agi contre son œuvre, mais plutôt contre l’interdiction qui avait été faite de s’en approcher.

Leur presse (ats, 23 avril 2012)

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