[Vive l’Azawad libre !] L’accord entre le MNLA et Ansar Dine vole en éclats

L’accord entre le MNLA et Ansar Dine vole en éclats

Enfin, une bonne nouvelle ! D’après plusieurs médias, l’accord annoncé samedi entre le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et les obscurantistes d’Ansar Dine a volé en éclats, lundi 29 mai, à cause de désaccords persistant entre les deux parties.

Le MNLA a refusé d’approuver le communiqué final parce qu’il est différent du protocole d’accord que les deux groupes ont signé, a déclaré à l’AFP Ibrahim Assaley du MNLA, ancien député touareg au parlement malien. Ce dernier affirme, toujours pour l’AFP, que les deux parties ne sont pas arrivées à s’entendre.

Le groupe islamiste Ansar Dine compte appliquer la loi islamique pure et dure dans l’Azawad et interdire tout accès au Nord du pays affecté par la sécheresse aux organisations humanitaires occidentales, ce que le MNLA a rejeté catégoriquement.

De son côté, Ansar Dine campe sur ses positions et refuse de céder positions du MNLA, idéologiquement laïc.

Ces désaccords interviennent alors qu’Alger — qui serait en réalité le véritable artisan de cette tentative de fusion — prône l’ouverture d’un dialogue avec le MNLA, estimant toutefois que l’intégrité territoriale et la souveraineté du Mali ne sont pas négociables. Alger estime que « la résolution de la crise malienne passe par la restauration d’un pouvoir stable à Bamako ». Espérons que le MNLA ne tombe pas dans cet autre piège algérien.

La Rédaction de Tamazgha le site berbériste, 29 mai 2012


Nord du Mali : fusion bloquée entre rébellion touareg et groupe islamiste

Quarante-huit heures après son annonce, le projet de fusion entre la rébellion touareg et le groupe islamiste Ansar Dine dans le nord du Mali a été bloqué lundi en raison de désaccords de fond, notamment sur l’application de la loi islamique.

« Nous avons refusé d’approuver le communiqué final, parce qu’il est différent du protocole d’accord que nous avons signé (samedi, ndlr). Toute la journée d’aujourd’hui, nous avons discuté, mais il n’y a pas eu d’entente », a déclaré à l’AFP Ibrahim Assaley, élu du Nord malien et membre du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), la rébellion touareg.

« Dans le communiqué écrit par Ansar Dine, on parle d’application de la charia (loi islamique) pure et dure, on parle aussi d’interdire le Nord aux organisations humanitaires non-musulmanes : ce n’était pas précisé dans le protocole d’accord », a-t-il poursuivi, joint par l’AFP depuis Bamako dans la grande ville septentrionale de Gao.

« C’est comme si on voulait nous dissoudre dans Ansar Dine », a-t-il lancé, jugeant que les exigences du groupe islamiste sont « dignes d’une organisation religieuse ». « On n’a pas accepté ça », a insisté M. Assaley.

« Après le protocole d’accord qui est une base de travail », le chef d’Ansar Dine, Iyad Ag Ghaly, a envoyé de Tombouctou, autre ville du Nord, « un communiqué sous pli fermé. Quand on a lu le communiqué, il y a eu des gens du MNLA qui ont dit qu’il faut corriger des choses. Nous avons refusé », a déclaré à l’AFP Moussa Ag Achérif, l’un de ses proches.

« C’est à prendre ou à laisser », a-t-il assuré, précisant toutefois qu’Iyad Ag Ghaly « vient à Gao demain (mardi) matin pour régler le problème ».

La rébellion touareg et Ansar Dine (Défenseur de l’islam, en arabe) ont signé samedi un « protocole d’accord » sur leur fusion au sein d’un « Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad » (région nord).

Mais, après plusieurs semaines de discussions, beaucoup de sujets qui fâchent avaient été laissés de côté dans ce document signé par le MNLA, au départ sécessionniste et laïc, et Ansar Dine, qui prône l’application de la charia dans tout le Mali.

Ansar Dine et son allié Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), adepte du jihad (guerre sainte), sont désormais dominants, aux dépens du MNLA, dans l’immense Nord malien qui échappe au pouvoir central depuis deux mois, une partition de fait précipitée par le coup d’État militaire du 22 mars à Bamako.

Les islamistes « consolident » leurs relations

Une rencontre entre Iyad Ag Ghaly et ses hommes, les principaux chefs d’Aqmi ainsi que le Mouvement pour l’unicité et le jihad en Afrique de l’ouest (Mujao), présenté comme dissident d’Aqmi, s’est par ailleurs tenue de jeudi à lundi à Tombouctou.

« Ils ont consolidé leurs relations », a déclaré à l’AFP l’entourage d’un imam de la ville.

De son côté, le Mujao « garde son autonomie, mais n’a plus désormais de différends avec les autres jihadistes. Ils ont la même ambition de faire le jihad, mais ils se partagent le terrain », a affirmé une source proche de la rencontre.

Selon des sources concordantes, l’Algérien Nabil Makloufi, qui coordonne les actions d’Aqmi dans les « katiba » (cellules combattantes) du Sahel, Abou Zeid et Mokhtar Belmokhtar, deux autres chefs d’Aqmi, ont participé aux discussions.

Après le gouvernement malien, la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays) a dénoncé lundi à son tour « la tentative de création » d’un État islamique et rejeté cette « soi-disant déclaration d’indépendance », se disant de nouveau prête à prendre « toutes les mesures nécessaires » en vue de préserver l’intégrité territoriale du Mali.

Alors que les islamistes n’ont jamais été aussi forts dans la région, un nouveau groupe armé, le Front de libération du Nord-Mali (FLNM), a annoncé lundi sa création pour « combattre les groupes islamistes » voulant instaurer la loi islamique.

Selon des recoupements de l’AFP, ce mouvement ne compte pour l’instant qu’une centaine d’éléments. Pas de quoi, pour l’heure, effrayer Ansar Dine et Aqmi, aux effectifs nombreux et lourdement armés.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Liberation.fr, 29 mai 2012)


Bientôt un Aqmiland au nord du Mali ?

Des discussions sont toujours en cours pour la création d’un « État islamique ». Officiellement, Aqmi n’est pas de la partie. Mais les terroristes ne sont pas loin.

C’est la grande inconnue de l’accord toujours en discussion entre les deux principaux groupes touaregs du Nord du Mali, Ansar Dine et le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Pas un mot sur le sort qui sera réservé à Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) dans un premier protocole d’entente signé samedi entre les deux mouvements.

Bloqué à la toute dernière minute lundi pour cause de nouveaux désaccords, ce texte prévoyait leur « auto-dissolution » et la création d’un « État islamique », dirigé par un « Conseil transitoire », sur le territoire de l’Azawad, le vaste désert septentrional du Mali dont les touaregs se sont emparés début avril.

Pourtant, l’organisation terroriste islamiste, qui détient toujours 20 otages dont 6 Français dans la région, est au cœur de leurs dissensions : alliée des premiers, qui prônent l’instauration de la charia (loi islamique) dans tout le Mali, elle est l’ennemi juré des seconds, laïques et indépendantistes. Aqmi fait-elle partie des concessions que chacun est en train de faire pour arracher un accord ?

Les islamistes en position de force

Les négociations sont ardues reconnaît Moussa ag Assarid, l’un des porte-parole du MNLA. Il aura fallu trois semaines de tractations pour que chacune des deux parties, sous la pression des chefs religieux et coutumiers locaux, fasse « un pas l’un vers l’autre, car il fallait à tout prix éviter une guerre fratricide entre touaregs ». Résultat, dans le texte élaboré samedi, le MNLA renonce à la laïcité et Ansar Dine accepte de se dissoudre et de reconnaître l’indépendance de l’Azawad.

À l’évidence, le MNLA a mangé son chapeau. Il minimisait jusqu’à cette nuit la portée de cette énorme concession en martelant que cet islam ne serait pas radical, que le peuple de l’Azawad opterait plus probablement pour un modèle modéré de type mauritanien. Pierre Boilley, directeur du Centre d’études des mondes africains, lui donne d’ailleurs raison : « Je ne crois pas à l’instauration de la charia dans l’ensemble du nord du Mali. Sauf si elle est imposée par la force. Les seuls mouvements de protestation de la population locale depuis que les rebelles ont pris le nord ont été justement tournés contre les interdictions prises en vertu de la loi islamique. »

Mais Iyad ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine, aurait fait parvenir lundi de nouvelles exigences au MNLA : l’application de la charia pure et dure, et l’interdiction des organisations humanitaires non-musulmanes. Le MNLA refuse de céder sur ces deux points qui remettent en question le texte sur lequel les deux parties s’étaient entendues.

Reste que le rapport de force semble bel et bien favorable aux islamistes : affaiblis, financièrement et militairement mal en point, les rebelles touaregs du MNLA ne peuvent pas dicter leurs conditions à l’attelage Ansar Dine-Aqmi, grassement nourri par l’argent des rançons et du trafic de drogue.

Le troisième point de l’accord

Pourtant, Moussa ag Assarid jure qu’Aqmi ne fait l’objet d’aucun compromis. Pour preuve, il avance un « troisième point du document interne aux discussions », curieusement passé inaperçu. Il y est écrit, assure-t-il, que « les deux parties rejettent et combattent toute détention d’armes par un individu ou un groupe sur le territoire de l’Azawad ».

Cette formulation aurait le mérite, veut-il nous convaincre, d’englober tous les groupes armés sans foi ni loi qui sévissent dans la zone (groupe dissident d’Aqmi, islamistes du mouvement nigérian Boko Haram, narcotrafiquants…) et d’éviter de déclarer ouvertement la guerre à Aqmi alors, admet-il, qu’ »on n’est pas prêt ». Mais l’énoncé donne plutôt l’impression que le MNLA se heurte à un refus catégorique de la part du chef d’Ansar Dine de s’en prendre à son allié terroriste.

Aqmi, tapi dans l’ombre

Si la fusion des deux groupes rebelles touaregs aboutit, « on pourra l’appréhender de deux manières », résume le chercheur Pierre Boilley. « Si l’on est optimiste, on peut espérer, d’une part, qu’il sera plus facile de négocier avec un seul interlocuteur plutôt qu’avec plusieurs groupes et, d’autre part, que cet accord contribuera à isoler Aqmi. Dans la version pessimiste, d’une part Bamako refuse d’autant plus de discuter que cette alliance le conforte dans l’idée qu’il n’a affaire qu’à des terroristes islamistes et, d’autre part, Aqmi se sert de cet accord pour peser sur le devenir de la région ».

Les discussions qu’Ansar Dine a tenues en parallèle avec Aqmi et qui se sont achevées lundi pourraient être de mauvais augure. D’autant que c’est à l’issue de ces négociations qu’Ansar Dine a durci sa position sur la charia. Faut-il y voir un double jeu de la part d’Iyad ag Ghali ? « Nous faisons confiance. Jusqu’à preuve du contraire, » commente prudemment Moussa ag Assarid. Faute d’alternative, c’est aussi, semble-t-il, la position de la médiation ouest-africaine, qui a pris langue avec le MNLA et Ansar Dine. Et de l’Algérie, l’incontournable puissance voisine dont tous épient chaque battement de cil, qui appelle elle aussi au « dialogue ».

Publié par des ennemis de l’Azawad (Sarah Halifa-Legrand, tempsreeel.nouvelobs.com, 29 mai 2012)


Nord du Mali : blocage persistant entre rebelles touareg et groupe islamiste

Le projet de fusion entre la rébellion touareg et le groupe islamiste Ansar Dine dans le nord du Mali achoppait toujours mardi sur la question de l’application de la charia (loi islamique), a-t-on appris auprès des deux mouvements.

Pour nous, il n’est pas question de revenir sur l’application de la charia (loi islamique). C’est adopté, c’est adopté, c’est tout, a affirmé à l’AFP un proche de Iyad Ag Ghaly, chef du groupe islamiste Ansar Dine, dont les propos en arabe ont été traduits en français par un élu de la région.

Aujourd’hui (mardi) même, nous avons encore parlé avec la délégation du MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad, rébellion touareg, ndlr). Ils veulent qu’on trouve une formule qui va satisfaire tout le monde. Mais cette formule, on ne l’a pas encore trouvée, a-t-il ajouté.

Initialement annoncé pour mardi à Gao, grande ville du Nord où ont lieu les discussions Ansar Dine/MNLA depuis plusieurs semaines, Iyad Ag Ghaly n’arrivera pas ici avant 48 heures, a ajouté la même source, sans fournir d’explication.

Au lendemain du constat de blocage, une source proche du MNLA a confirmé que les deux parties recherchent actuellement une formule acceptable par tous dans le communiqué final, mais cette formule n’est toujours pas trouvée. (…)

Hollande demande aux Africains de saisir l’ONU

La Mauritanie, frontalière du Mali et qui affronte Aqmi depuis plusieurs années, a exprimé mardi avec la Gambie ses vives préoccupations face aux menaces graves qui pèsent sur la zone sahélo-saharienne.

De son côté, le président français François Hollande a souhaité que les pays africains saisissent le Conseil de sécurité et que le Conseil de sécurité puisse désigner un cadre qui permette au Mali et plus largement à la zone Sahel de renouer avec la stabilité.

Le président français, qui s’exprimait à l’issue d’un entretien à l’Élysée avec son homologue béninois Thomas Boni Yayi, président en exercice de l’Union africaine (UA), a souhaité que la Cédéao et l’UA saisissent les Nations unies lorsqu’elles jugeront le moment opportun. Le plus tôt sera le mieux, a-t-il dit.

Interrogé sur une éventuelle intervention militaire française au Mali pour y assurer l’ordre, François Hollande a répondu que c’est dans le cadre d’une décision du Conseil de sécurité que la France aura à envisager une participation, mais qui sera demandée.

Nous ne voulons pas rentrer dans un principe d’ingérence mais, en même temps, nous sommes conscients de la responsabilité qui est la nôtre, a-t-il poursuivi, rappelant que nous avons des otages qui sont détenus aussi là-bas.

Six ressortissants français sont actuellement détenus aux confins du Mali et du Niger par des groupes se réclamant d’Aqmi.

Le chef de l’État français s’est aussi entretenu dans la matinée au téléphone de la situation au Mali avec le président ivoirien Alassane Ouattara, qui dirige actuellement la Cédéao.

Les derniers développements dans le Nord malien ont fait passer au second plan le processus politique en cours à Bamako, où le président intérimaire Dioncounda Traoré est chargé de conduire une transition d’un an, mais reste fortement contesté par les partisans de l’ex-junte.

La Cédéao a mis en garde mardi ceux qui se livreraient à des tentatives antipatriotiques visant à faire échouer la transition.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Agence Faut Payer, 29 mai 2012)

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[Résistance contre les expulsions] Péage gratuit à Toulouse

Communiqué de presse de l’action du lundi 28 mai

Dans le cadre de la semaine d’action en soutien au CREA, nous avons mené une opération de gratuité au péage nord de Toulouse. Nous sommes restés prés d’une heure, barrières levées, afin d’informer sur la situation du Centre Social Autogéré en procédure d’expulsion et en procès le vendredi 1er juin. Nous avons aussi exprimé notre solidarité aux résistances de Notre-Dame-des-Landes et de la LGV Lyon-Turin face à la société Vinci également propriétaires des autoroutes.

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Nos villes et nos campagnes nous appartiennent, ici comme partout : Tout pour tou-te-s, pouvoir au peuple!

D’autres actions auront lieu tous les jours jusqu’au procès : rdv tous les jours à 14h au CREA.
Marche contre toutes les expulsions : mercredi 30 mai à 14h au CREA
Soirée de soutien : mercredi 30 mai à 19h au Communard (14 place Arnaud Bernard)
Rassemblement devant le tribunal administratif (68 rue Raymond IV) : vendredi 1er juin dès 8h place Jeanne d’Arc puis devant le T.A.

CREA (70 allée des Demoiselles, 31400 Toulouse)
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L’expulsion comme horizon

Ils savent depuis mardi dernier qu’ils sont convoqués le 1er juin devant le tribunal et ont décidé de faire un barouf de tous les diables. Les habitants du 70, allées des Demoiselles — une quarantaine en tout dont huit familles — s’activent et recherchent des soutiens pour échapper, ou au moins surseoir, à l’inéluctable : l’expulsion.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338272656.jpgLundi, ils ont sensibilisé les Toulousains en menant une opération péage gratuit.

Trois ministres ont été alertés, le maire de Toulouse a tendu l’oreille et une pétition électronique a été lancée.

Cette immense bâtiment vide, propriété de l’État, est occupé depuis le 6 avril 2011. Un collectif, le CREA, l’a transformé en « Centre social autogéré ». Il y accueille, dans la limite de places disponibles, les familles à la rue. « Il y a des cours de français, d’espagnol. Un atelier cuisine le mercredi midi pour les enfants. Ils sont même partis une semaine à la campagne, faire du fromage de chèvre, dans un autre lieu autogéré. Tout fonctionne bien », raconte, Thomas, un habitant qui refuse de « vivre avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête ».

Leur presse (20minutes.fr, 29 mai 2012)

 

Expulsions. Le CREA appelle à la résistance

Il y a plus d’un an, le CREA (Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion) a réquisitionné le bâtiment d’État du 70, allée des Demoiselles. Plus de quarante personnes, dont sept familles qui vivaient dans la rue, y sont installées. Les enfants sont scolarisés et les familles profitent d’espace pour reprendre leur vie en main.

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Le 1er juin à 9 heures, le CREA sera au tribunal administratif de Toulouse pour le procès du 70, allée des Demoiselles. Le propriétaire, le ministère des affaires sociales, demande l’expulsion du bâtiment qu’il veut se réapproprier afin d’y créer un centre d’hébergement d’urgence pour sans domicile fixe. Le CREA dénonce ce projet qui va renvoyer quarante personnes à la rue.

Leur presse (LaDepeche.fr, 28 mai 2012)

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[Vive la révolution sociale !] Le Congrès réuni à St-Imier déclare : 1. Que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat. 2. Que toute organisation d’un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction ne peut être qu’une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existants aujourd’hui. 3. Que repoussant tout compromis pour arriver à l’accomplissement de la Révolution sociale, les prolétaires de tous les pays doivent établir, en dehors de toute politique bourgeoise, la solidarité de l’action révolutionnaire.

Les deux Congrès de Saint-Imier

À la nouvelle des tristes résultats du Congrès de la Haye, le Comité fédéral jurassien crut de son devoir de convoquer immédiatement, à l’extraordinaire, le Congrès de la fédération jurassienne. Vu le peu de temps qui s’écoula entre la réception de la lettre de convocation et la réunion du Congrès, plusieurs Sections ne purent s’y faire représenter. Néanmoins le 15 septembre, seize délégués de la Fédération jurassienne étaient réunis à l’Hôtel-de-ville de St-Imier. En voici la liste :

Lachat, George, section de Moutier.
Humbert, Paul, et Chautems, Fritz, graveurs et guillocheurs du Locle.
Schwitzgaébel, Léon, section de Bienne.
Herter, Adolphe, et Juvet, Paul, graveurs et guillocheurs du district de Courtelary.
Bakounine, Michel, et Guerber, Justin, section de Sonvillier.
Rouleff, Zemphiry, et Holstein, Waldemar, section slave de Zurich.
Schneider, Samuel, et Eberhardt, Ali, section de St-Imier.
Delacoste, François, et Collier, Édouard, section de la Chaux-de-Fonds.
Beslay, Charles, et Guillaume, James, section de Neuchâtel.

En outre, divers délégués d’Italie, d’Espagne, de France et d’Amérique assistaient au Congrès.

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La vérification des mandats terminée, le bureau fut constitué ainsi :

Président : Eberhardt, Ali, de St-Imier ; vice-président : Humbert, Paul, du Locle ; secrétaires (pris en dehors des délégués) : Spichiger, Auguste, du Locle, et Hæmmerli, Arthur, de St-Imier.

Faute d’espace, nous ne pouvons analyser les discussions du Congrès, qui tint deux séances, une le matin, une l’après-midi. Il suffira de dire qu’après avoir entendu le rapport présenté par A. Schwitzguébel sur le Congrès de la Haye, le Congrès jurassien vota, sur la proposition des commissions nommées par lui à cet effet, les deux résolutions suivantes :

Première résolution

Considérant que les statuts généraux de l’Association internationale des Travailleurs s’opposent formellement à ce qu’aucune résolution de principe, de nature à violer l’autonomie des sections et fédérations, puisse être prise dans un Congrès général quelconque de l’Association ;

Que les Congrès généraux de l’Association ne sont compétents qu’en matière de pure administration ;

Que la majorité du Congrès de la Haye, eu égard aux conditions dans lesquelles ce Congrès a été organisé par les soins du Conseil général de Londres, dont la conduite eût dû être mise en cause et n’a pas même été examinée, est suffisamment suspecte de ne point représenter réellement l’opinion des sections composant la totalité de l’Association ;

Attendu qu’en ces circonstances le Congrès de la Haye est sorti de ses attributions purement administratives et non législatives ;

Le Congrès de la Fédération jurassienne, tenu à St-Imier le 15 septembre 1872, ne reconnaît pas les résolutions prises au Congrès de la Haye, comme étant injustes, inopportunes et en dehors des attributions d’un Congrès.

Il ne reconnaît en aucune façon les pouvoirs autoritaires du Conseil général.

Il travaillera immédiatement à l’établissement d’un pacte fédératif et libre entre toutes les fédérations qui voudront y contribuer.

Il affirme le grand principe de solidarité entre les travailleurs de tous les pays.


Seconde résolution

Considérant que le vote de la majorité du Congrès de la Haye, concernant l’expulsion de l’Association internationale des Travailleurs des compagnons Michel Bakounine et James Guillaume, atteint directement la Fédération jurassienne ;

Qu’il résulte, d’une manière évidente, des accusations portées contre Bakounine et Guillaume, que leur expulsion n’est que le résultat d’une misérable et infâme intrigue de quelques personnalités haineuses ;

Que les compagnons Bakounine et Guillaume, tant par leur infatigable activité socialiste que par leur honorabilité personnelle, se sont acquis l’estime et l’amitié des adhérents à la Fédération jurassienne ;

Le Congrès jurassien tenu à St-Imier le 15 septembre 1872 proteste énergiquement contre la résolution de la majorité du Congrès de la Haye concernant l’expulsion des compagnons Bakounine et Guillaume.

Le Congrès considère comme son devoir d’affirmer hautement qu’il continue de reconnaître, aux compagnons Bakounine et Guillaume, leur qualité de membres de l’Internationale et d’adhérents à la Fédération jurassienne.

Après le vote de ces résolutions, le Congrès décida qu’il donnait mandat aux compagnons Schwitzguébel et Guillaume de représenter la Fédération jurassienne au Congrès international qui devait s’ouvrir le même jour à St-Imier. Puis la clôture du Congrès jurassien fut prononcée.

* * * *

Une heure après, dans la même salle, s’ouvrait un Congrès international, composé des délégués suivants :

Alerini, Farga Pellicer, Marselau et Morago, délégués de la Fédération espagnole ;
Costa, Cafiero, Bakounine, Malatesta, Nabruzzi, Fanelli, délégués de la fédération italienne ;
Pindy et Carnet, délégués de plusieurs sections de France ;
Lefrançais, délégué des sections 3 et 22 d’Amérique ;
Guillaume et Schwitzguébel, délégués de la fédération jurassienne.

Une commission de vérification, nommée pour examiner les mandats, termina son travail en une demi-heure, et proposa la validation de tous les mandats énoncés plus haut. Elle fut adoptée.

Un incident très important eut lieu à ce moment. Le « Conseil fédéraliste universel » de Londres avait envoyé à trois citoyens de la Chaux-de-Fonds des mandats avec mission de le représenter au Congrès. La commission proposa de ne pas reconnaître des mandats délivrés par un Conseil qui s’est institué lui-même et qui ne représente que lui-même ; si le mandat venait d’une Section internationale reconnue ou non par le Conseil général, il aurait pu être accepté ; mais un mandat émanant d’un Conseil qui a la prétention de prendre simplement la place du Conseil général, ne peut pas être accueilli d’un Congrès anti-autoritaire. Cette opinion fut partagée par tous les délégués, et le Congrès écarta, à l’unanimité, le mandat du Conseil fédéraliste universel de Londres.

Le bureau fut constitué ainsi : trois présidents, appartenant à chacune des langues du Congrès ; ce furent Lefrançais, Cafiero et Marselau ; et trois secrétaires : Chopard pour la langue française, Alerini pour l’espagnol, et Costa pour l’italien.

Lefrançais, chargé en premier lieu de la présidence, ouvre le Congrès en donnant connaissance d’une proposition d’ordre du jour.

Une motion d’ordre est présentée relativement au mode de votation. Un délégué jurassien propose le vote par fédération, chacune des fédérations régionales représentées devant avoir une voix.

Les délégués espagnols proposent, conformément à leur mandat, que le vote de chaque délégué soit compté proportionnellement au nombre d’internationaux qu’il représente.

Une courte discussion s’engage à ce sujet. Il est résolu à l’unanimité que la question du mode le plus pratique et le plus équitable de votation dans les Congrès sera mise à l’étude dans les diverses fédérations, et que dans le Congrès actuel il sera voté par fédération, une voix appartenant à chacune des cinq fédérations représentées (Amérique, Espagne, France, Italie, Jura.).

Une discussion générale est ensuite ouverte sur l’ordre du jour.

Les délégués italiens déclarent qu’ils ont reçu mandat impératif de rompre dès à présent d’une façon complète avec le Conseil général.

Un délégué du Jura propose de s’en tenir à la déclaration de la minorité du Congrès de la Haye, et d’attendre que le Conseil général essaie de se servir contre nous des pouvoirs qui lui ont été conférés.

Le délégué américain dit que le Conseil général, par ses procédés, a rompu le premier le câble qui le rattachait aux fédérations, et que nous n’avons plus qu’à constater ce fait accompli, sans essayer de nous rattacher de nouveau au Conseil. Il votera pour le maintien de la rupture.

Les délégués espagnols déclarent qu’individuellement, ils pensent qu’il est nécessaire de rompre avec le Conseil général, mais qu’ils ne peuvent dans ce Congrès voter une résolution définitive engageant leur fédération. Ils soumettront les résolutions votées à l’approbation de la fédération espagnole, et ce n’est qu’avec cette réserve qu’ils prennent part au Congrès.

Un délégué jurassien dit que c’est ainsi que l’entendent également les délégués des autres fédérations, et que toutes les délibérations du Congrès devront ultérieurement être approuvées par chaque fédération.

L’ordre du jour est définitivement adopté comme suit :

Première question : Attitude des fédérations réunies en Congrès à Saint-Imier, en présence des résolutions du Congrès de la Haye et du Conseil général.

Seconde question : Pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle entre les fédérations libres.

Troisième question : Nature de l’action politique du prolétariat.

Quatrième question : Organisation de la résistance du travail. – Statistique.

Quatre commissions furent nommées. pour faire rapport sur ces quatre questions, puis la première séance fut levée.

Le lendemain, lundi 16 septembre, les commissions présentèrent leur rapport, et comme dans leur travail elles avaient eu soin de consulter l’opinion des divers délégués, la seconde séance du Congrès ne présenta pas de longues discussions, et les résolutions suivantes, d’une importance capitale pour l’avenir de l’Internationale, furent adoptées à l’unanimité :

Première Question

Considérant que l’autonomie et l’indépendance des fédérations et sections ouvrières sont la première condition de l’émancipation des travailleurs ;

Que tout pouvoir législatif et réglementaire accordé aux Congrès serait une négation flagrante de cette autonomie et de cette liberté.

Le Congrès dénie en principe le droit législatif de tous les Congrès soit généraux soit régionaux, ne leur reconnaissant d’autre mission que celle de mettre en présence les aspirations, besoins et idées du prolétariat des différentes localités ou pays afin que leur harmonisation et leur unification s’y opère autant que possible ; mais dans aucun cas la majorité d’un Congrès quelconque ne pourra imposer ses résolutions à la minorité ;

Considérant d’autre part, que l’institution d’un Conseil général dans l’Internationale est, par sa nature même et fatalement, poussée à devenir une violation permanente de cette liberté qui doit être la base fondamentale de notre grande Association ;

Considérant que les les actes du Conseil général de Londres qui vient d’être dissous, pendant ces trois dernières années, sont la preuve vivante du vice inhérent à cette institution ;

Que pour augmenter sa puissance d’abord très minime, il a eu recours aux intrigues, aux mensonges, aux calomnies les plus infâmes pour tenter de salir tous ceux qui ont osé le combattre ;

Que pour arriver à l’accomplissement final de ses vues il a préparé de longue main le Congrès de la Haye, dont la majorité, artificiellement organisée, n’a évidemment eu d’autre but que de faire triompher dans l’Internationale la domination d’un parti autoritaire, et que pour atteindre ce but elle n’a pas craint de fouler aux pieds toute décence et toute justice ;

Qu’un tel Congrès ne peut pas être l’expression du prolétariat des pays qui s’y sont fait représenter ;

Le Congrès des délégués des fédérations espagnole, italienne, jurassienne, américaine et française, réuni à St-linier, déclare :

Repousser absolument toutes les résolutions du Congrès de la Haye, ne reconnaissant en aucune façon les pouvoirs du nouveau Conseil général nommé par lui, et pour sauvegarder leurs fédérations respectives contre les prétentions gouvernementales de ce Conseil général aussi bien que pour sauver et fortifier davantage l’unité de l’Internationale, les délégués ont jeté les bases d’un projet de pacte de solidarité entre ces fédérations.


Deuxième Question

Considérant que la grande unité de l’Internationale est fondée non sur l’organisation artificielle et toujours malfaisante d’un pouvoir centralisateur quelconque, mais sur l’identité réelle des intérêts et des aspirations du prolétariat de tous les pays, d’un côté, et de l’autre sur la Fédération spontanée et absolument libre des Fédérations et des Sections libres de tous les pays ;

Considérant qu’au sein de l’Internationale il y a aujourd’hui une tendance, ouvertement manifestée au Congrès de la Haye par le parti autoritaire qui est celui du communisme allemand, à substituer sa domination et le pouvoir de ses chefs au libre développement et à cette organisation spontanée et libre du prolétariat ;

Considérant que la majorité du Congrès de la Haye a cyniquement sacrifié aux vues ambitieuses de ce parti et de ses chefs, tous les principes de l’Internationale, et que le nouveau Conseil général, nommé par elle et investi de pouvoirs encore plus grands que ceux qu’il avait voulu s’arroger au moyen de la Conférence de Londres, menace de détruire cette unité de l’Internationale par ses attentats contre sa liberté ;

Les délégués des Fédérations et. Sections espagnole, italienne, jurassienne, française et américaine réunis à ce Congrès, ont conclu au nom de ces Fédérations et Sections et sauf leur acceptation et confirmation définitives, le pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle suivant :

1. Les Fédérations et Sections espagnoles, italiennes, françaises, jurassiennes, américaines et toutes celles qui voudront adhérer à ce pacte auront entre elles des communications et une correspondance régulière et directe tout à fait indépendantes d’un contrôle gouvernemental quelconque.

2. Lorsqu’une de ces Fédérations et Sections se trouvera attaquée dans sa liberté soit par la majorité d’un Congrès général, soit par le gouvernement ou Conseil général créé par cette majorité, toutes les autres Fédérations et Sections se proclameront absolument solidaires avec elle.

3. Ils proclament hautement que la conclusion de ce pacte a pour but principal le salut de cette grande unité de l’Internationale, que l’ambition du parti autoritaire a mise en danger.


Troisième Question

Considérant,

Que vouloir imposer au prolétariat une ligne de conduite ou un programme politique uniforme comme la voie unique qui puisse le conduire à son émancipation sociale, est une prétention aussi absurde que réactionnaire ;

Que nul n’a le droit de priver les fédérations et sections autonomes du droit incontestable de déterminer elles-mêmes et de suivre la ligne de conduite politique qu’elles croiront la meilleure, et que toute tentative semblable nous conduirait fatalement au plus révoltant dogmatisme ;

Que les aspirations du prolétariat ne peuvent avoir d’autre objet que l’établissement d’une organisation et d’une fédération économique absolument libres, fondée sur le travail et sur l’égalité de tous et absolument indépendantes de tout gouvernement politique, et que cette organisation et cette fédération ne peuvent être que le résultat de l’action spontanée du prolétariat lui-même, des corps de métier et des communes autonomes ;

Considérant que toute organisation politique ne peut rien être que l’organisation de la domination au profit des classes et au détriment des masses, et que le prolétariat s’il voulait s’emparer du pouvoir politique deviendrait lui-même une classe dominante et exploitante ;

Le Congrès réuni à St-Imier déclare :

1. Que la destruction de tout pouvoir politique est le premier devoir du prolétariat.

2. Que toute organisation d’un pouvoir politique soi-disant provisoire et révolutionnaire pour amener cette destruction ne peut être qu’une tromperie de plus et serait aussi dangereuse pour le prolétariat que tous les gouvernements existants aujourd’hui.

3. Que repoussant tout compromis pour arriver à l’accomplissement de la Révolution sociale, les prolétaires de tous les pays doivent établir, en dehors de toute politique bourgeoise, la solidarité de l’action révolutionnaire.


Quatrième Question

La liberté et le travail sont la base de la morale, de la force, de la vie et de la richesse de l’avenir. Mais le travail, s’il n’est pas librement organisé, devient oppressif et improductif pour le travailleur ; et c’est pour cela que l’organisation du travail est la condition indispensable de la véritable et complète émancipation de l’ouvrier.

Cependant le travail ne peut s’exercer librement sans la possession des matières premières et de tout le capital social, et ne peut s’organiser si l’ouvrier s’émancipant de la tyrannie politique et économique ne conquiert le droit de se développer complètement dans toutes ses facultés. Tout État, c’est-à-dire tout gouvernement et toute administration des masses populaires, de haut en bas, étant nécessairement fondé sur la bureaucratie, sur les armées, sur l’espionnage, sur le clergé, ne pourra jamais établir la société organisée sur le travail et sur la justice, puisque par la nature même de son organisme il est posé fatalement à opprimer celui-là et à nier celle-ci.

Suivant nous l’ouvrier ne pourra jamais s’émanciper de l’oppression séculaire, si à ce corps absorbant et démoralisateur il ne substitue la libre fédération de tous les groupes producteurs fondée sur la solidarité et sur l’égalité.

En effet, en plusieurs endroits déjà on a tenté d’organiser le travail pour améliorer la condition du prolétariat, mais la moindre amélioration a bientôt été absorbée par la classe privilégiée qui tenté continuellement, sans frein et sans limite ; d’exploiter la classe ouvrière. Cependant l’avantage de cette organisation est tel, que même dans l’état actuel des choses, on ne saurait y renoncer. Elle fait fraterniser toujours davantage le prolétariat dans la communauté des intérêts, elle l’exerce à la vie collective, elle le prépare pour la lutte suprême. Bien plus, l’organisation libre et spontanée du travail étant celle qui doit se substituer à l’organisme privilégié et autoritaire de l’État politique, sera, une fois établie, la garantie permanente du maintien de l’organisme économique contre l’organisme politique.

Par conséquent, laissant à la pratique de la révolution sociale les détails de l’organisation positive, nous entendons organiser et solidariser la résistance sur une large échelle. La grève est pour nous un moyen précieux de lutte, mais nous ne nous faisons aucune illusion sur ses résultats économiques. Nous l’acceptons comme un produit de l’antagonisme entre le Travail et le Capital, ayant nécessairement pour conséquence de rendre les ouvriers de plus en plus conscients de l’abime qui existe entre la Bourgeoisie et le Prolétariat, de fortifier l’organisation des travailleurs et de préparer, par le fait des simples luttes économiques, le Prolétariat à la grande lutte révolutionnaire et définitive qui, détruisant tout privilège et toute distinction de classe, donnera à l’ouvrier le droit de jouir du produit intégral de son travail, et par là les moyens de développer dans la collectivité toute sa force intellectuelle, matérielle et morale.

La Commission propose au Congrès de nommer une Commission qui devra présenter au prochain Congrès un projet d’organisation universelle de la résistance, et des tableaux complets de la statistique du travail dans lesquels cette lutte puisera de la lumière. Elle recommande l’organisation espagnole comme la meilleure jusqu’à ce jour.

En dernier lieu, le Congrès vota une résolution finale que voici :

« Le Congrès propose d’envoyer copie de toutes les résolutions du Congrès et du Pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle, à toutes les fédérations ouvrières du monde, et de s’entendre avec elles sur les questions qui sont d’intérêt général pour toutes les fédérations libres.

Le Congrès invite toutes les fédérations qui ont conclu entre elles ce pacte d’amitié, de solidarité et de défense mutuelle, à se concerter immédiatement avec toutes les fédérations ou sections qui voudront accepter ce pacte, pour déterminer la nature et l’époque de leur Congrès international, en exprimant le désir qu’il ne se réunisse pas plus tard que dans six mois. »

Une commission, prise dans la fédération italienne, fut chargée de présenter au prochain Congrès un projet d’organisation universelle de la résistance et un plan général de statistique.

Enfin le compagnon Adhémar Schwitzguébel, secrétaire du Comité fédéral jurassien, a reçu la mission de signer tous les actes du Congrès et d’en envoyer copie aux diverses fédérations.

Ayant épuisé son ordre du jour, le Congrès international se sépara aux cris de Vive la révolution sociale !

Bulletin de la Fédération Jurassienne n° 17/18 (15 septembre/1er octobre 1872)

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Marche contre toutes les expulsions mercredi 30 mai à Toulouse

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Marche contre toutes les expulsions le 30 mai
RDV le 30 mai à 14h au CREA et à 17h au Capitole pour un rassemblement

Chacun d’entre nous, quelque soit son origine, aspire à des conditions d’existence correctes : avoir un toit, pouvoir élever ses enfants dans de bonnes conditions, que chacune et chacun soient respectées.

En France, trop de personnes vivent dans la rue, n’ont pas accès aux soins, à l’éducation. D’autres ne sont pas reconnues comme des gens d’ici, et l’État les maintient dans la précarité quand ce n’est pas pour les enfermer dans des camps de rétention. D’autres sont stigmatisées et réprimées en raison de leurs sexes, leurs désirs, leurs cultures, leur refus des logiques par lesquelles l’État et les puissants volent les richesses que nous produisons collectivement.

Pourtant rien ne manque, c’est le contraire. Il y a bien assez de logements, de nourriture, d’hôpitaux, de médicaments… pour tous ! La crise n’est pas dans nos finances, mais dans nos mentalités. Nous n’avons pas besoin de produire abondamment du neuf, transformons l’ancien… Arrêtons de détruire la planète !

Nous refusons cette misère organisée, nous libérons nous-mêmes des lieux qui étaient avant fermés pour se loger, se rencontrer, se réunir, et développer les activités répondant à nos besoins : partager de la nourriture, se cultiver, échanger nos savoirs et compétences, s’émanciper, réfléchir ensemble. Ces espaces libérés suivent une autre logique : l’ouverture, la liberté, la gratuité, la proximité, la convivialité et la participation directe des gens à la vie de leurs quartiers. Au Centre Social Autogéré, lieu réquisitionné par le CREA, les enfants et leurs parents peuvent s’épanouir via des activités éducatives, ludiques et artistiques, des échanges linguistiques, des cours, des ateliers de théâtre, organisés par tous, que l’on soit précaire, travailleur, étudiant, retraité ou professeur. Ce lieu favorise la rencontre et le mélange des générations, des cultures et des idées entre le CREA, le GPS, les habitants de la maison Goudouli et les Toulousaines et Toulousains. À « l’Émergence », des artistes ont enfin des espaces pour s’exprimer, partager leurs créations, offrir des espaces de réflexion collective. À la « Vélorution », on peut avoir à moindre frais son vélo, moyen de transport écologique, économique et émancipateur. Au faubourg Bonnefoy, les habitants peuvent échanger des savoirs-faire et des objets de récupération pour être plus autonome. Ouverts sur le quartier, ces lieux participent à la création et au maintien d’un lien humain.

La seule réponse des autorités est de demander automatiquement notre expulsion par la force, reprendre ces espaces pour spéculer et favoriser les logiques marchandes. Nous refusons la stigmatisation et la répression systématique de nos initiatives.

Aujourd’hui nous sommes dans la rue pour exprimer notre refus et notre volonté de garder ces lieux de vie et nos choix à vivre ici et autrement. Le droit de vivre ne se mendie pas, il se reprend à l’oppresseur !

Nous exigeons que la Préfecture et la Mairie arrêtent immédiatement toutes les procédures d’expulsion.

Nous exigeons dès maintenant la fermeture des camps de rétention et la régularisation immédiate de toutes et tous.

Nous exigeons l’abrogation des lois, règlements et décisions de justice qui favorisent toutes les formes d’exclusion et de stigmatisation des classes populaires (PAF, BAC, zones de rafle, plan VIGIPIRATE, loi interdisant le port du voile…).

Nous vous invitons à nous rejoindre dans notre lutte pour l’émancipation collective et individuelle.

REJOIGNEZ-NOUS ! ORGANISONS-NOUS POUR CONTRE -ATTAQUER !

TOUT POUR TOU-TE-S ! POUVOIR AU PEUPLE !

Premiers signataires : Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion – Groupement Pour la défense du travail Social – La Maison Goudouli – Collectif Bonnefoy – Émergence – Le pays pour tous –– Palestine Libre…

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[La révolution se fait aussi en talons] « Marches des salopes » au Brésil – 26 mai 2012

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São Paulo

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Brésil : Les « Marches des salopes » se multiplient dans tout le pays (Global Voices)

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Rio de Janeiro

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Brasilia

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Belo Horizonte

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Recife

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São Carlos

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[Nantes] Petite solidarité mal intentionnée

Vu sur le tribunal de Nantes le vendredi 25 mai

Ce matin-là, le mur immaculé du tribunal de Nantes portait bien malgré lui ces quelques mots de solidarité avec les personnes que l’État inculpe pour mauvaises intentions :

Palais de justice  » DE CLASSE !
PARIS, CHAMBÉRY, LABÈGE, ETC.
À BAS L’ÉTAT, C’EST LUI LE TERRORISTE « 

Une pensée aussi pour Jean-Marc Rouillan et celleux qui subissent son chantage de censure pour les forcer à taire qu’illes assument leurs actes.

Indymedia Nantes, 28 mai 2012

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[La révolution se fait aussi en talons] « Marche des salopes » à Calcutta – 24 mai 2012

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[Quelle solidarité ?] Tract diffusé à la GayPride 2012 de Tours

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Tract diffusé à la GayPride 2012
Quelle solidarité ?

L’an dernier, la GayPride de Tours a vu se dérouler des faits qui ne semblent pas avoir atteint la fierté des Marcheureuses, et ceci pose question.

Une charge policière sur une partie du cortège (fut-il ouvertement politisé et non certifié « homo »), devant un parterre d’extrême-droite : Comment se fait-il que cela n’ait pas suscité plus de réaction parmi le reste des participant-es ? Celleux-ci se sont généralement précipité-es pour plonger ces incidents et les personnes qui les ont subis, dans l’oubli, pour ne retenir que la « réussite » de l’édition de la GayPride 2011. Ce déni nous semble plutôt inquiétant.

Tout au plus, entendons-nous « cette année on espère que ça se passera bien ».

Ben voyons. Oui, il suffira de détourner le regard de la manifestation homophobe (sous couvert cette année de défense de la famille, tiens, comme les anti-avortement et autres cathos intégristes…), encore unique en France, qui nous attend de façon tout à fait autorisée, sur le parcours de la Pride LGBT 2012. Et d’espérer qu’ils tiennent encore bien trop à soigner leur image pour qu’ils ne chassent pas le pédé ; du moins ce jour où on est censé laisser s’exprimer notre joie de pouvoir s’afficher tel qu’on est. Cette année, plus encore, forte de son passif qui fait désormais de cette présence extrême-droitière proprement hostile un acquis, confortée qui plus est par l’attitude des autorités par rapport à la “Pride” (pour 2011 : la marche menacée d’interdiction par le Préfet, la charge policière devant des fachos rassemblés).

Il semblerait que les organisateurices préfèrent cela et tablent sur l’allégeance aux autorités, fussent-elles mérprisantes envers les transgresseur-ses de l’hétéropatriarcat (volontaires ou malgré elleux). Pour autre exemple de ce mépris persistant, la préfecture cette année a refusé la présence de la LGP pour la commémoration officielle des victimes de déportation.

À ce jeu, les organisateurices et partenaires espèrent-illes préserver une certaine tranquilité (au demeurant surtout profitable aux affaires) ? Malgré les assignations faites aux homos, aux personnes en tant que femmes ou hommes, et les violences exercées sur tous celleux qui ne se retrouvent pas dans les normes hétérosexistes et patriarcales ? Malgré le regain des revendications hétéro-phallocrates et de leur audience parmi celleux qui exercent du pouvoir ?

Pour en finir avec les « ah mais on ne sait pas vraiment ce qu’il s’est passé », revenons sur les conséquences concrètes de la charge policière lors de cette marche du 21 mai 2011. Dressons un bilan concernant celleux qui en ont directement fait les frais :

• Arrestation en pleine manifestation de deux personnes dont le seul fait finalement reproché a été d’avoir le visage masqué (ils ont fait l’objet d’un rappel à la Loi) : rien à voir avec une altercation survenue à quelques mètres du cortège, ni d’une prétendue possession d’armes (thèses colportées par les médias locaux).

• Charge policière sur le bout de cortège auquel appartenait les deux premières personnes interpellées, et dans lequel la police est venue puiser. Cela a conduit pour une grosse poignée de manifestant-es à plusieurs blessures et parfois des Interruptions Temporaires de Travail (jusqu’à 8 jours).

• Arrestation d’une troisième personne s’étant interposée à l’interpellation d’un des deux premiers manifestants (conciliation effectuée pour acte de rébellion).

• Répression judiciaire ultérieure à l’encontre d’une quatrième personne, s’étant maintenue accrochée à l’autre manifestant masqué pendant son interpellation (lourdes condamnations par suite pour violence sur agent et rébellion).

• Nouvelle poursuite judiciaire (en cours) d’une personne accusée de violence sur agent.

• À noter qu’aucun policier-e n’a été blessé-e lors de leur charge. L’un d’entre eux a droit en outre à des indemnités financières substantielles obtenues par les poursuites judiciaires ; alors même que plusieurs de ces agents en civil ont agi sans trouver nécessaire (c’est pourtant ce que dit la loi) de mettre un signe distinctif indiquant leur appartenance à la police, et qu’il était facile de les confondre avec les « spectateurs » d’extrême-droite postés dans le même espace devant le Cosmic-Café.

• Dans les temps qui suivent la GayPride 2011, maquillage médiatique : Agitation de l’image repoussoir voir sanguinaire, mais surtout fantasmée, sur la présence à la Marche d’obscurs éléments d’ultra-gauche. Orientation du débat sur l’altercation entre un manifestant et un journaliste. Justifications variées de la charge policière, toujours en mettant en cause l’attitude des manifestant-es réprimé-es…

Avec ce bilan, on mesure la “nécessité” qu’il y avait pour les forces de l’ordre de réprimer, avec violences, gaz et insultes, la queue de cortège de la Marche des fiertés LGBT 2011 : Les seuls faits initiaux condamnés légalement consistent en des gens qui s’étaient cachés le visage !!! Un comble dans une GayPride où les jeux de dissimulation de soi ne manquent pas (hé oui, tout le monde ne se met pas tout-nu pour faire un big smile aux anodines caméras !). Qui plus est, la charge policière intervient au moment où le cortège est dévisagé par un parterre de gens d’extrême-droite. Les autres faits reprochés n’ont lieu d’être qu’en raison des deux interpellations initiales…

Qui trouble quoi ?

Les manifestant-es de cette partie du cortège ont certes troublé l’ordre hétéronormé, l’ordre du chacun pour soi, l’ordre de la transparence que chaque citoyen-ne policé-e doit à l’œil inquisiteur (qu’il soit celui du pouvoir, ou celui des gardes-chiourmes de l’ordre moral, racial ou national).

À l’ordre hétéro-normé, illes ont transgressé. En prenant part à la Marche des fiertés Lesbiennes, Gays, Bi, Trans, etc., tout en se démarquant des figures dociles du consommateur-gay un peu extravagant et de sa voisine gay-friendly venue avec ses enfants. En revendiquant la subversion face à l’enfermement de ces normes et dénonçant leur violence. En affirmant l’indispensable solidarité entre les enjeux d’ordre moral, racial et national.

À l’ordre du chacun pour soi, illes ont transgressé. En estimant important de participer à une marche où ils ne se retrouvaient pas totalement (notamment par son fort aspect commercial), et pour certain-es ne se sentaient pas directement concerné-es, tout en maintenant leur différence d’approche explicitement politique. En estimant qu’il était important de dénoncer la menace moraliste, pour tout un chacun, que représente la présence hostile (bien que d’affichage policé) de l’extrême-droite. En ayant agi afin d’éviter que des individu-es se retrouvent isolé-es et susceptibles de subir des violences (qu’elles viennent de fachos ou de flics).

À l’ordre de la transparence illes ont dérogé. En se masquant pour certain-es le visage, empêchant leur identification policière aussi bien que d’être reconnu par des fachos au spectacle. En se distanciant de l’affichage normé exprimant une appartenance à un genre et à une orientation sexuels.

Alors que les militant-es d’extrême-droite n’ont jamais été inquiété par la police nationale, leur attitude n’a pas été moins agressive que les anti-fascistes. En outre le lâchage de policiers qui a semé le trouble dans les rangs de la GayPride, fut l’occasion d’un spectacle gratuit pour les fachos postés en terrasse.

Vraisemblablement, la Préfecture a voulu : Créer un climat de confusion autour des participants anti-autoritaires. Susciter isolement et divisions dans l’ensemble des participants, entre ceux qui vivent leurs différences à l’hétéro-norme et se battent ou non par rapport à cela, et ceux qui font de ce combat un aspect de la lutte anti-fasciste et anti-raciste. Semer la peur de la contestation et de la solidarité. Ainsi la Préfecture cherche à pacifier la Marche des fiertés, pour n’avoir qu’à gérer des personnes dociles et sûrement enfermées dans ce qu’autorisent actuellement les normes hétéro-patriarcales, et laisser place tout autour aux développements des expressions hétéro-sexistes phallocrates. On peut constater que pour la Préfecture et les tenant-es de l’hétéronorme, c’est jusqu’ici une réussite.

Ordre partout Solidarité nulle part

Ce constat pose la question jusqu’ici sans écho ou presque, de quelle solidarité ?

Quelle solidarité de l’ensemble des participants de la GayPride, pour qui la fête a continué sans que des questions soient posées, même ultérieurement ?

Quelle solidarité de Solidaires ? Ce syndicat était présent lors de la charge et certains de ses membres ont subi les coups ; il est à nouveau partenaire de la GayPride 2012. Solidaires avait d’abord fait un communiqué protestant clairement contre les violences policières. Mais un revirement est très vite arrivé par la bouche de son représentant départemental. Celui-ci dénigrait une partie des membres du cortège, en les accablant d’une image repoussoir tant usitée qui n’avait pas lieu d’être, et faisait d’eux les responsables de la répression ; mécanisme destructeur où on accuse les autres pour ne pas être accusé, alors même que la charge visait tout le monde.

Quelle solidarité du Service d’Ordre de la GayPride qui a adhéré aux phantasmes préfectoraux, au vu de l’attitude d’une grande partie de ses membres, flippée au moindre arrêt de cette partie du cortège ? Mais absent lors de la charge policière (hormis deux-trois volontaires participant au cortège visé) ?

Quelle solidarité des organisateurices, qui certes ont évoqué les violences une fois rendu au Château de Tours, mais n’ont jamais vraiment cherché auprès des premier-es concerné-es à savoir ce qu’il s’était vraiment passé ? Qui ont préféré garder le silence et fait comme si rien ne s’était passé, et pour qui la charge n’a pas changé leur vision pour l’organisation de l’édition 2012 ?

Quelles manifestations de solidarité de toutes ces personnes ensuite, quand des participant-es frappé-es se sont retrouvé-es poursuivi-es par la justice ? Ils ont préféré laisser ces gens dans leur isolement. Pas de communiqué, pas de présence lors des procès, des bilans béats de la Pride 2011 où semble-t-il tout allait très bien madame la Marquise.

Pourtant la solidarité, possible sous différentes formes, est une arme importante face à toute répression morale et policière.

Nous sommes…

Nous sommes un petit nombre de personnes à avoir pris part au cortège lors de l’édition 2011 derrière la banderole « ni ordre moral, racial, national », par attachement à l’anti-autoritarisme.

Prenant en considération la répression subie et l’isolement éprouvé, nous nous sommes posé-es la question de notre présence à la Lesbian & Gay Pride 2012 de Tours, mais aussi d’une manière générale sur les enjeux des questions de genre et de sexualité. Notre petit groupe a tiré un bilan de notre présence (dont le mode a varié) à la Marche des années précédentes.

Principalement, il nous est apparu qu’en 2011, ce cortège qui s’était invité, et qui à la différence d’autres participant-es l’avait fait savoir et en avait expliqué les motivations politiques, avait fait l’objet d’une grande méfiance et d’une sorte de mise à l’écart de fait, qui avait d’ailleurs favorisé la répression, et n’a suscité par la suite aucune mise en question.

Nous considérons donc avec regret (et inquiétude pour les enjeux féministes, Lgbti et d’une manière générale anti-autoritaires) que notre apparition politique comme entité participante à la Marche LGBTI Tourangelle n’a pas lieu d’être.

Ceci est dû aussi, à notre faible intervention publique sur ces questions ; ceci est notre part de responsabilité.

Ce texte est aujourd’hui en quelque sorte un appel, celui de ne pas laisser les enjeux des questions féministes et Lgbt être enfermées dans le consumérisme, le communautarisme, le simple divertissement et les stéréotypes médiatiques en toc. Ni grignotées par le regain des thèses hétéro-sexistes phallocrates.

Infos-Contact


Gay Pride : Vox Populi canalisé par la police

Les incidents de l’an dernier ne se sont pas reproduits, cette année, à l’occasion de la Gay Pride. Les militants de Vox Populi ont été tenus à distance.

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Comme il l’avait annoncé, le groupuscule identitaire Vox Populi Turone s’est invité une nouvelle fois cette année dans les rues de Tours pour crier son hostilité à la Gay Pride. Les militants réunis sous la bannière « La famille est à nous » avaient pris position, en ce samedi après-midi ensoleillé, en plein centre-ville, au croisement de la rue Colbert et de la rue Jules-Favre. Ce point de rassemblement avait reçu l’aval de la préfecture. C’est en effet avec une autorisation préfectorale que le groupuscule Vox Populi a occupé la voie publique tandis qu’au château de Tours, le défilé coloré de la Gay Pride se préparait. La situation – alors que les badauds regardaient d’un œil parfois hostile les militants anti-Gay Pride – avait de quoi inquiéter les forces de l’ordre.

Mais dès le début de l’après-midi, les policiers en tenue de maintien de l’ordre se sont déployés autour du rassemblement de Vox Populi afin de tenir les militants à l’écart de ceux du défilé de la Gay Pride.

Deux cordons de police ont ainsi obligé le groupuscule, fort d’une soixantaine de personnes, à rester à distance de la marche des fiertés. Le défilé haut en couleurs, lui-même très encadré par un service d’ordre interne, est alors passé devant les drapeaux à la fleur de lys des militants d’extrême droite. L’affrontement n’a eu lieu que du point de vue des décibels. « Nous sommes tous des enfants d’hétéros », clamaient les militants de Vox Populi harangués depuis un haut-parleur par le leader du groupe. Tandis que les membres de la Gay Pride répliquaient « Égalité, égalité, égalité ».

Finalement, au croisement de la rue Colbert et de la rue Voltaire, la présence policière a permis aux deux manifestations de cohabiter sans heurts.

Les incidents qui étaient survenus l’an dernier en queue de cortège ne se sont donc pas reproduits cette fois. Et la Gay Pride a pu poursuivre son chemin sans difficulté, tandis que les militants de Vox Populi repliaient leurs drapeaux. En promettant de revenir l’année prochaine.

Presse hétéroflic (lanouvellerepublique.fr, 28 mai 2012)

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Brûle ton auto Chourre un vélo !

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Besançon, mai 2012

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[Appel à résistance] De Tours à Toulouse

Marisol (Touraine) nous voilà !

La solidarité se propage comme un incendie et elle ne s’arrêtera que quand il n’y aura plus rien à brûler !

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Suite à l’appel aux soutiens et aux résistances lancé par les compagnons de Toulouse, suite aux menaces d’expulsion pesant sur le CREA (Collectif pour la Réquisition, l’Entraide et l’Autogestion), nous sommes allés à la rencontre de Marie-sol Touraine, ministre des affaires sociales et de la santé. Pour voir si le changement c’était vraiment maintenant et lui toucher un mot de la situation des compagnons toulousains.

Notre but était à la fois d’informer Mme Touraine au cas où son emploi du temps lui aurait fait perdre la mémoire, et plus largement parler des réquisitions possibles et existantes qui subissent le même sort que le CREA, et des problèmes de logements en général. À Tours, la situation est extrêmement précaire, la veille une quinzaine de personnes avaient dû camper dans la rue fautes de solution d’hébergement, les centres d’hébergements d’urgence vont fermer le 31 mai laissant sur le carreau plusieurs dizaines de personnes. Et il y a aussi des procédures d’expulsion engagés par la société ADOMA qui gère le CADA de Joué-les-Tours à l’encontre de personnes déboutées du droit d’asile.

Alors que MST expliquait aux personnes venues l’écouter pieusement que le changement c’est pour plus tard, mais qu’il faut voter pour le PS aux Législatives, nous avons interrompu la mascarade de sa campagne, pour lui demander si en tant que ministre elle comptait lever la plainte de son ministère à l’encontre du CREA. Pour toute réponse nous avons obtenu, qu’elle ne connaissait pas ce dossier et qu’elle verrait ce qu’elle peut faire, que l’interpeller publiquement pendant son discours n’était pas démocratique. Un copain qui attendant la fin du meeting pour l’interpeller à nouveau sur la question de l’hébergement d’urgence en général et du CREA en particulier, s’est vu rétorquer que c’était Mme Duflot en charge des question de logement au gouvernement qui s’occupait de ça.

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Avec Sarko les flics débarquaient à 6h du mat en défonçant la porte pour vider les squatts, on peut penser que malgré le changement annoncé certaines habitudes ne changeront pas. Pour les défenseurs de l’ordre et de la propriété que sont les gouvernants, qu’ils soient de droite ou de gauche, il vaut toujours mieux des pauvres soumis et isolés dans la misère ; que des gueux organisés et en lutte.

De Tours à Toulouse,
Réquisitions, Autogestions
Le changement c’est maintenant !

MédiaTours, 27 mai 2012

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[Fantazio] Larchuma

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[PCC dégage !] Deux nouvelles immolations à Lhassa

Deux jeunes moines tibétains s’immolent par le feu à Lhassa

Deux jeunes moines tibétains se sont immolés par le feu dimanche 27 mai à Lhassa, au temple du Jokhang — un lieu de pèlerinage séculaire, au centre de la vieille ville de la capitale tibétaine —, a rapporté l’organisation Radio Free Asia (RFA) en citant des témoins. Selon l’agence officielle Chine nouvelle, l’un a trouvé la mort et l’autre est gravement blessé.

Les deux moines, juste après s’être transformés en torches humaines, ont été rapidement évacués par les forces de sécurité, selon la radio installée aux États-Unis. Les policiers sont parvenus à éteindre les flammes « en quelques minutes » et l’un des deux Tibétains, nommé Dargye, a survécu à ses blessures, a précisé l’agence officielle chinoise.

Dargye est originaire d’Aba, une zone tibétaine de la province du Sichuan, où ont eu lieu plusieurs immolations de Tibétains depuis l’année dernière. Le second moine se nomme Tobgye Tseten et venait de la province du Gansu, au nord-est de la région autonome du Tibet.

Il s’agit des « premières immolations dans la capitale de la région autonome du Tibet, Lhassa, pour protester contre la tutelle de la Chine », a affirmé RFA sur son site Internet. Les autorités locales, contactées par l’AFP, se sont refusées à tout commentaire.

VERROUILLAGE DES COMMUNICATIONS

Un haut responsable communiste de la région, Hao Peng, a condamné ces faits, en estimant qu’ils constituaient une « poursuite des immolations survenues dans les autres zones tibétaines et des actes destinés à séparer le Tibet de la Chine ».

À Lhassa, la ville « est désormais quadrillée par la police et les forces paramilitaires, et la situation est très tendue », a décrit à RFA un Tibétain en exil ayant des correspondants sur place. Une femme jointe par téléphone dans un hôtel de Lhassa n’a également pas souhaité s’exprimer sur les faits. « Quelque chose s’est effectivement passé ici, mais je ne peux pas en dire davantage », a-t-elle dit.

Une gérante d’hôtel a expliqué à l’AFP que les communications par téléphones cellulaires étaient brouillées dans le quartier du monastère bouddhiste de Jokhang, véritable cœur spirituel de Lhassa et haut-lieu de pèlerinage depuis des siècles. « Il y a beaucoup plus de policiers qu’avant et ils renforcent les contrôles d’identité », a-t-elle relaté.

Les recherches sur Internet contenant le mot « Dazhaosi », le nom chinois du temple, étaient par ailleurs bloquées lundi par le système de censure contrôlé par les autorités chinoises.

RÉPRESSION ACCRUE

Lhassa avait été le théâtre en 2008 de violences meurtrières antichinoises. Ces manifestations avaient débuté le 10 mars, jour anniversaire du soulèvement contre la tutelle de Pékin en mars 1959, avant de s’étendre à d’autres régions de Chine où vivent des minorités tibétaines.

Plus de trente Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés par le feu ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises. Le plus haut responsable du Parti communiste chinois de Lhassa avait ordonné au début de l’année un renforcement de la surveillance policière des monastères, après des manifestations de Tibétains violemment réprimées dans des régions voisines.

Qi Zhala, chef du Parti communiste de la capitale de la région autonome, avait également demandé une répression accrue contre les activités « séparatistes », selon lui fomentées par la « clique » du dalaï-lama, chef spirituel exilé des Tibétains, honni par Pékin.

La Chine affirme avoir « libéré pacifiquement » le Tibet et amélioré le sort de sa population en finançant le développement économique de cette région pauvre et isolée. Mais de nombreux Tibétains ne supportent plus ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Hans, l’ethnie fortement majoritaire en Chine, et la répression de leur religion et de leur culture.

Leur presse (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 28 mai 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] Relaxe pour le camarade faussement inculpé de violences sur policier

Nantes. Le procès-verbal truque la réalité

« Je ne soutiendrai pas l’accusation », indique le procureur, dès l’entame du procès. Propos liminaires annonciateurs de ses réquisitions de relaxe. « Une procédure vide », dira-t-il aussi.

Plus tôt dans la journée, il visionnait une vidéo, fournie par la défense, qui contredisait, en tout point, la version policière dûment consignée sur procès-verbal. Les images devaient être diffusées à l’audience. Le tribunal s’en dispensait. « Un commissaire de police qui fait état de faits qui n’existent pas, dans une chronologie qui n’existe pas. Ce procès-verbal heurte la réalité des faits. Il n’y a pas eu de caillassage, ni jets de projectiles contre les policiers. Un procès-verbal tout simplement inqualifiable », déroule Me Vallée, l’avocat du jeune homme de 29 ans, faussement accusé de s’être rebellé contre les forces de l’ordre, le 2 septembre dernier, à l’occasion d’un rassemblement, square Mercœur à Nantes, d’opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. « Ce sont des mensonges. En vrai, je me suis fait taper par des policiers quand j’essayais de mettre un copain en position de sécurité », dit le jeune homme.

L’ami, à qui il portait secours, témoigne : « Je suis arrivé sur le site. Il y avait des gens dans les arbres. Vers 19h, 19h30, il y avait un repas de servi. Je faisais manger mon fils de 18 mois. Il y a eu une charge policière sans sommation. J’ai pris un coup de poing ou de matraque, dans la tête, puis dans les cuisses. J’ai perdu connaissance pendant plusieurs minutes. Le policier, qui m’a porté des coups, m’a mis du gaz lacrymo dans la bouche. J’étais toujours inconscient. On m’a dit que mon copain m’a porté assistance, qu’il a été tiré par les policiers alors qu’il était en train de me porter secours. On m’a dit que j’ai été ensuite traîné dans le parc par les forces de l’ordre. J’ai été écrasé, menotté, embarqué, placé en garde à vue. »

Cinq jours d’interruption totale de travail pour lui. Rien ne lui sera finalement reproché. Pas de poursuites à la sortie de sa garde à vue. Il a déposé plainte pour les violences policières et le vol de sa « montre ». « Tant que j’ai été conscient, je n’ai jamais vu un jet de projectiles », ajoute-t-il. Nombre de témoignages le confirment. « Je trouve ça dommageable dans un État de droit que la police puisse avoir de telles attitudes. Une invention pour se dédouaner de toutes violences » dit-il encore. Relaxe juge le tribunal.

Leur presse (Ouest-France.fr, 23 mai 2012)

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[Raven Coal Mine] Sabotage d’une conférence minière à Vancouver

Conférence minière complètement perturbée à Vancouver !

Ce  24 mai 2012, le bureau de Vancouver de l’Institut Canadien des mines, de la métallurgie, et du pétrole a tenu un dîner-conférence à l’hotel Four Season à Vancouver centré sur le projet Raven Coal Mine, proposé par Compliance Energy Corp. Le site de cette mine en projet est sur le territoire non-cédé de l’île de Vancouver Island, aussi connu sous le nom de Comox Valley.

La tarte à la crème et citron fut à peine terminée que le porte-parole et PDG de Compliance Energy Corp, John Tapics, mentionna qu’il y avait de l’opposition sociale au Raven Coal, quand lui et les 100 autres conférenciers furent abruptement interrompus par une demi-douzaine de gens qui ont déchaîné des harengs pourris sur eux. La salle fut engouffrée dans le chaos de la puanteur et la pluie répugnante de poissons fermentés. Le hareng serait la seule espèce à être négativement affectée par ce développement minier (contrairement à ce que les médias  de masse ont rapporté, ce furent des harengs, et non des excréments).

Simultanément, du charbon a été répandu par terre. Ce magnifique mélange créé par la passion insurgente était trop envahissant pour les patrons du capital à être géré. Les gens ont crié leur opposition sans retenue alors que des tracts furent jetés dans les airs pour faire valoir ce point :

“Ça a commencé ! Pas de conformité (Compliance) ! Pas de compromis ! Pas de charbon !”

Les invités n’eurent d’autre choix que de marcher au travers de ce mélange explosif de harengs et de charbon pour sortir de la salle, et la conférence fut efficacement arrêtée. Le charbon, le hareng… quelle vue, quelle puanteur : ne pouvant jamais être balayée, enchaînée, ni gagnée par la soumission. Ce fut une force notoire qui fut utilisée pour briser les rêves éveillés et les fantaisies malades du développement industriel.

Personne n’a été capturé ou blessé. La conférence et l’hôtel furent fermés au résultat de cela.

Cette action est une petite contribution à la lutte en cours contre le Raven Coal Mine. Nous en avons marre du dialogue. Nous n’acceptons pas les fausses tentations du développement économique. Nous n’allons pas nous empoisonner entre nous, pour que la Terre survive !

“No Mine, No Compromise, No Compliance, No Way !”

Vers une réalité libérée, avec les minéraux dans le sol et les poissons dans la mer.

Traduit de l’anglais (Anews) par Antidéveloppement, 27 mai 2012


Liquid feces tossed by protesters evacuates Vancouver’s Four Seasons hotel

Protesters of a mining conference in downtown Vancouver were throwing more than just rocks.

The Four Seasons hotel on West Georgia was evacuated Thursday afternoon and Vancouver Police’s hazmat unit was called in after six protesters pulled the fire alarm and threw a bag containing what was later determined to be feces mixed with liquid into the meeting room.

Protesters immediately left and VPD said they have no suspects in custody.

The evacuation may have disrupted talks between the BCGEU, the union representing service employees in the provincial government, and their employers.

Dean Purdy, who represents the correctional officers for the union, offered a unique insight into the smell.

“Excrement thrown by protesters during mining luncheon at 4 seasons hotel smells like prison after similar assaults on correctional officers,” Purdy said on Twitter Thursday.

The luncheon affected was hosted by the Canadian Institute of Mining, which was discussing the Raven Underground Coal Project in Port Alberni and the Comox Valley. It was headlined by John Tapics, the president and CEO of Compliance Coal Cooperation, which is leading the project.

VPD spokeswoman Const. Jana McGuinness said the smelly stunt posed no risk to public safety and there have been no arrests. The investigation continues.

Leur presse (Jeff Green, TheProvince.com, 25 mai 2012)


Protesters disrupt mining conference in Vancouver

Vancouver police evacuated the Four Seasons Hotel in downtown Vancouver today after half a dozen protesters disrupted a mining conference by throwing a bag of feces mixed with a liquid into a third-floor meeting room.

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Vancouver Fire and Rescue's hazardous material team and police responded to the Four Seasons Hotel in downtown Vancouver, BC Thursday, May 24, 2012 after protesters threw rocks and what is believed to be excrement at people attending a mining conference.

Const. Jana McGuinness said Vancouver Fire and Rescue Services responded to the hotel around 3 p.m. after the group pulled the fire alarm. They treated the call as a hazardous materials incident until initial tests revealed the contents of the « extremely smelly substance. » Several people reported feeling nauseous due to the smell that police later said posed no risk to public safety.

The protesters left moments after disrupting the meeting and no one is in custody at this time.

Leur presse (VancouverSun.com, 24 mai 2012)

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[Flics, porcs, assassins] Vérité pour Amine Bentounsi

Noisy-Le-Sec : Amine Bentounsi a-t-il été balancé par un policier ?

Depuis la mort du jeune caïd, à la veille du premier tour de l’élection présidentielle, la rumeur enfle entre Meaux et la Seine-Saint-Denis : il n’aurait pas été balancé par un concurrent, mais par un fonctionnaire.

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Marche blanche en mémoire d'Amine Bentounsi

Tué par un policier la veille du premier tour de l’élection présidentielle dans une ruelle de Noisy-le-Sec, en Seine-Saint-Denis, Amine Bentounsi a fourni malgré lui l’occasion d’une rébellion policière comme on en avait rarement vue. La dernière grande manip’ de l’ère Sarkozy, sans doute, avec le résultat que l’on sait. Les manifestations de policiers ont cependant occulté un pan de l’histoire, qui ressurgit aujourd’hui du côté de Meaux et des cités où a grandi ce jeune homme de 29 ans au casier judiciaire bien rempli : 11 condamnations. Qui a appelé la police, ce 21 avril au soir, pour l’alerter de la présence du fugitif devant un café de la ville ?

Amine Bentounsi avait rompu les liens avec sa famille depuis son évasion, il y a deux ans. « Il était dans une fuite en avant qui ne pouvait que mal se finir, observe l’un de ses proches. Il a toujours fait les mauvais choix. » [sic] Même en prison, il se débrouillait pour arriver en retard à l’atelier et prenait un malin plaisir à endosser le rôle du cancre, allumant un joint et réclamant un café quand les autres s’affairaient. Il a fini par être balancé, un grand classique. Par un concurrent ? L’hypothèse ne surprendrait personne, mais la rumeur de Meaux en évoque une autre, plus surprenante.

L’une des sœurs du défunt s’était en effet confiée avant les faits à une jeune fonctionnaire de police qui fréquentait sa sandwicherie. Elle lui avait demandé un petit service : vérifier dans quelle mesure Amine était vraiment recherché. Au lendemain de son décès par balle au terme d’un face-à-face avec un policier que la justice tente aujourd’hui d’éclaircir (le fonctionnaire invoque la légitime défense, mais un témoin le contredit), elle aurait vu son amie flic revenir vers elle la bouche en cœur sur le mode : « Quoi de neuf ? »

Depuis, les amis du défunt se sont convaincus que la fonctionnaire a alerté ses collègues. La rumeur voudrait même que le fameux coup de téléphone qui a donné le top départ, passé depuis une cabine téléphonique, émanerait en réalité d’un policier. C’est après que tout a dérapé, au terme d’une course poursuite mêlant les fautes professionnelles, la malchance et les mauvaises conditions de travail [sic], avec une voiture de police dépourvue de moyens radio en état de marche.

Pure construction liée à la colère et à la douleur de la famille ? Depuis les premières heures, l’irrationnel occupe une grande place dans cette affaire. Les policiers savaient-ils qui ils allaient capturer ? Si l’information se confirmait, que changerait-elle au dossier ? L’inspection générale des services devra vérifier si le « tuyau » est remonté et s’assurer que les fonctionnaires ont respecté les voies hiérarchiques normales et les procédures en vigueur. Les juges chargés du dossier, en l’état, ne semblent pas convaincus par cette hypothèse.

Publié par des amis des porcs (Frédéric Ploquin, marianne2.fr, 25 mai 2012)

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[« Antiterrorisme »] La méthode italienne (8)

Les anarchistes promettent des problèmes aux organisateurs des Jeux Olympiques 2012

La Fédération anarchiste italien FAI (Fédération anarchiste informelle) a menacé d’organiser des actes de sabotage au cours des Jeux Olympiques 2012 à Londres, rapporte le journal britannique Daily Mail.

Dans son communiqué, le groupe terroriste a associé les compétitions sportives lors des JO au Royaume-Uni « avec un étalement de la richesse, à un moment où beaucoup de gens luttent pour se nourrir et nourrir leurs familles ».

« Personne nous n’interdira d’utiliser l’activité subversive pour gâcher l’image nationale et paralyser l’économie, et nous pouvons le faire. Nous ne voulons pas de riches touristes, nous voulons la guerre civile » , mentionne la déclaration des anarchistes.

La déclaration a été publiée sur le site des anarchistes 325.nostate. Le groupe y a pris la responsabilité pour les dommages causés aux communications électroniques dans la banlieue de Bristol, qui ont conduit à un dysfonctionnement sur la voie ferrée. Le même groupe serait probablement responsable des problèmes de communication de la police et de la radio, après que des inconnus aient endommagé une tour de retransmission à Bristol  le 11 avril dernier.

Presse terroriste (Voix de la Russie, 27 mai 2012)


Regno Unito e Italia – Un sabotaggio FAI/FRI e una certa confusione

Nell’ultima edizione del Daily Mail, un confuso cronista attribuisce alla sigla FAI/FRI (Federazione Anarchica Informale – Fronte Rivoluzionario Internazionale) e alle azioni compiute da gruppi e individui che vi aderiscono, una matrice italiana. Riferendosi alla rivendicazione pubblicata dal sito 325.nostate.net, riportata in calce nella sua traduzione diffusa da Culmine, i pennivendoli britannici, subito amplificati dai tristissimi media nostrani, fanno infatti riferimento alla FAI/FRI come « gruppo italiano ». « I terroristi italiani minacciano le olimpiadi di Londra », titolano in cerca di audience agenzie di stampa e portali di notizie… Seguendo questo confuso e riduttivo ragionamento, sarebbero « terroristi italiani » anche i sabotatori di banche in Bolivia, Grecia o Cile, di veicoli delle forze dell’ordine in Messico o in Russia, di fabbriche di imbottigliamento della Coca Cola in Ecuador, e via dicendo. Probabilmente, pensare che un « gruppo italiano » (ma potrebbe essere tranquillamente sostituito da un « gruppo bulgaro ») sia l’autore di azioni e sabotaggi contro istituzioni, proprietà, infrastrutture e altri obbiettivi in giro per il globo, è in fondo più rassicurante rispetto all’idea che a coordinate molto diverse, il mondo capitalista sia costellato da focolai di rivolta, da individui e gruppi che agiscono con modalità molto diverse contro nemici comuni, a prescindere da sigle o acronimi.

Informa-Azione, 27 mai 2012


Danneggiate a Bristol la linea ferroviaria e la radio della polizia

« È TUTTO un altro mondo: è inutile dire che noi non c’entriamo nulla con loro. » È la premessa imprescindibile di Mauro De Cortes, libraio dell’Utopia di Milano e storico esponente del circolo anarchico « Il Ponte della Ghisolfa », nel quale hanno militato anche Giuseppe Pinelli e Pietro Valpreda. Senz’appello il suo giudizio sulle azioni rivendicate dalla Federazione anarchica informale, che ieri è tornata a farsi viva sul web, minacciando una sorta di guerra a bassa intensità in chiave anti-Olimpiadi di Londra: « Noi siamo completamente estranei e contrari a questo genere di azioni — tiene a sottolineare De Cortes —. Noi le cose le abbiamo fatte, le facciamo e continueremo a farle sempre alla luce del sole: è la nostra storia a dimostrarlo. » Di più, « quella sigla la trovo anche un po’ fastidiosa e tutt’altro che bella ».

In che senso?

« Nel senso che può essere facilmente confusa con un’altra sigla, che è quella della Federazione anarchica italiana. Premesso che io non so assolutamente nulla di coloro che si firmano come Federazione anarchica informale, trovo che sia un modo poco chiaro di rivendicare un’azione: è come se le Brigate Rosse si fossero firmate come Partito comunista insurrezionale, tentando di confondersi col Partito comunista italiano… »

Questo le fa pensare che gli autori di questi gesti vogliano confondere le acque deliberatamente? O che magari siano eterodiretti da qualcuno?

« Non lo so, perché non li conosco. Mi sembra curioso, diciamo così, anche se aspetterei prima di esprimere un giudizio: rischieremmo di fare ipotesi e supposizioni senza avere un quadro chiaro della situazione. Detto questo, ribadisco, e non potrebbe essere altrimenti, la nostra assoluta estraneità e contrarietà: noi le cose le facciamo alla luce del sole. Ad esempio, il prossimo 6 luglio, giorno del decimo anniversario della morte di Pietro Valpreda, diremo qualcosa di più articolato sul film Romanzo di una strage di Marco Tullio Giordana. »

A proposito di piazza Fontana, più di quarant’anni dopo rispuntano ancora gli anarchici. Anarchici che poi la storia e le sentenze giudiziarie hanno dimostrato essere completamente estranei a quel tragico fatto di sangue.

« Appunto. Magari tra qualche tempo, non so immaginare quando, si verrà a sapere qualcosa di più su questa Fai. Al momento, ho solo dubbi. »

Vede analogie con quello o altri momenti storici dell’Italia?

« In questo periodo, come in altri, la gente ha sviluppato tante paure, alimentate dal fatto che all’orizzonte non si riesce a vedere nulla di buono. Queste azioni non fanno altro che alimentare quelle paure. Noi, invece, siamo convinti che i diritti si difendano con operazioni di tipo culturale. »

Ma vi sarete interrogati in queste ultime settimane sulle azioni rivendicate dalla Fai?

« Più che l’altro, ci interessa capire meglio, come a tutti del resto. Senza particolare ansia, però: ci tocca sì, ma come tutti i fatti che accadono nel mondo. Né più né meno. Mi pare che l’unica cosa certa sia che non ci troviamo davanti a dei Che Guevara che stanno provando a fare la rivoluzione: mi sembra davvero un altro mondo, e noi non vogliamo averci nulla a che fare. »

Presse terroriste (Nicola Palma, Quotidiano.net, 27 mai 2012)

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[Printemps érable] De nombreux moments ont été d’une beauté difficilement explicable. Nous n’abandonnerons pas à ce point

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1338138330.jpgAppel à la solidarité avec le désordre social à Montréal – Diffusez largement !

« Vous pouvez couper toutes les fleurs, mais vous ne pouvez pas arrêter le printemps. » – Une affiche qui circule en ce temps de grève.

LES LOIS

Le vendredi 18 mai 2012, deux nouvelles lois sont entrées en vigueur à Montréal. Leur but est d’étouffer la révolte anti-capitaliste qui émerge de la grève étudiante qui débuta dans cette province il y a maintenant quinze semaines, pour rétablir l’ordre afin d’ouvrir la voie à la mise à l’œuvre de mesures d’austérité dans ce territoire.

La première loi est un règlement municipal. Celui-ci vise à décourager les gens de porter des masques durant les manifestations en les menaçant d’amendes allant de 1000 $ à 5000 $. Celui-ci intervient alors que le gouvernement fédéral envisage de faire passer une loi, qui serait éventuellement appliquée dans l’ensemble du territoire de l’État canadien et qui punirait avec un maximum de dix ans de prison, ceux qui dissimulent leur identité « tout en participant à une émeute ».

La seconde est la loi spéciale du gouvernement provincial qui exige que toute manifestation publique de contestation populaire se soumette à un contrôle minutieux par l’État. Toute manifestation, partout au Québec, doit présenter son heure de départ et son trajet complet à la police locale, au moins huit heures à l’avance. Si cela n’est pas fait, la manifestation est illégale. La police peut aussi exiger à tout moment une modification du trajet. Il ne peut y avoir de manifestations sur les terrains d’institutions académiques, ni même à moins de cinquante mètres de celles-ci. Tout organisateur et organisatrice, porte-parole, ou membre d’une association étudiante qui bloque l’accès aux classes ou qui encourage d’autres à le faire sera soumisE à une amende variant de 7000 $ à 35’000 $. Si une association étudiante est reconnue coupable d’encourager ou d’organiser des perturbations ou des blocages, elle sera soumise à une amende variant entre 25’000 $ et 125’000 $. Pour une deuxième offense, le montant d’une amende est doublé, et les associations étudiantes peuvent perdre la totalité des frais d’adhésion d’un semestre entier pour chaque jour où la loi est violée. Il est aussi illégal d’encourager toute autre personne à assister à une manifestation illégale, et il est potentiellement illégal de naviguer sur twitter en direct pour savoir ou se trouve une manifestation et ce qui s’y déroule à n’importe lequel moment.

Il y a maintenant trois jours que cette loi spéciale a été mise en place et son effet tangible sur le mouvement a été que la CLASSE, le syndicat étudiant le plus radical, a dû supprimer le calendrier d’événements listant toutes les actions prévues à Montréal et dans d’autres villes du Québec, de son site internet. Un nouveau site web anonyme a été créé.

En soit, ces deux nouvelles lois ne contribueront probablement pas tant à mettre plus de gens derrière les barreaux, comme le font les projets d’agrandissement des prisons et de révision de la justice pénale du gouvernement fédéral. Leur but est plutôt de détruire les finances des organisations qui se sont accommodées du système pour peut-être récupérer une part des énormes coûts encourus résultants du sabotage économique, du chaos de la circulation et des transports, et des heures supplémentaires de travail des policiers durant ces derniers mois. Soyons clair, les comptes bancaires bien graissés des associations étudiantes ont été une composante essentielle au commencement de cette situation. Comme ils pourraient être utiles à l’avenir, cela vaut la peine de les défendre. Cependant, soutenir la révolte nécessite plus de courage, de volonté et de créativité que d’argent. Nous obtiendrons ce dont nous avons besoin pour continuer à lutter, et cela même si ça devient plus difficile à faire.

Pourtant, ce qui s’est décidé dans les assemblées législatives et les réunions du Conseil municipal a eu et aura à long terme un impact dans la rue. Les manifestations sont  déclarées illégales à partir du moment où elles commencent, ce qui donne au SPVM (les flics locaux) et à la SQ (les flics provinciaux), le pouvoir d’utiliser des techniques de dispersion plus intenses, un niveau de force plus élevé et généralement plus tôt qu’auparavant. Avant d’instaurer cette loi, ils ont éclaté des yeux, cassé des bras, brisé des mâchoires, et causé des comas mettant des vies en danger. Mais les gens sont encore dans la rue, jetant de l’asphalte aux policiers anti-émeute et construisant des barricades en feu…

LA GRÈVE

Pour contextualiser la situation, la grève – définie comme des étudiants refusant d’aller à l’école – a commencé au début de février alors que la plupart des cégeps de la province du Québec, ainsi que deux des plus grandes universités, ont voté cette grève. Grâce à une série d’assemblées générales massives, les syndicats étudiants et certaines facultés spécifiques de ces écoles ont maintenu leur décision de faire grève, chacune de ces organisations définissant leurs intentions et leurs objectifs. Pour certaines des associations étudiantes, la poursuite de la grève nécessita des renégociations semaines après semaines alors que d’autres ont voté dès le début leur participation à la grève générale illimitée et que d’autres encore ont voté la grève jusqu’à la gratuité scolaire.

Dans un premier temps, le gouvernement avait refusé de négocier avec les fédérations étudiantes, en insistant sur le fait que la décision avait déjà été prise. Il a fallu attendre jusqu’à la fin d’avril avant qu’un dialogue se produise et ce, en grande partie suite à l’appel par le conseil exécutif de la CLASSE  à une trêve unilatérale, sans consultation de ses membres. Cette trêve consistait à ce qu’aucune action ne prenne place au nom de la CLASSE alors que les négociations étaient en cours. Les négociations furent rompues lorsqu’une manifestation mouvementée qui n’était pas organisée par la CLASSE, prit la rue le 24 avril. Le gouvernement refusa de s’asseoir plus longtemps avec la CLASSE et les deux autres fédérations quittèrent aussi en solidarité. Qu’importe que le gouvernement ait agi en toute connaissance de cause et a voulu instrumentaliser la situation, ou bien qu’il ne s’y attendait pas et ait été stupide, il aurait dû être clair à ce moment que les fédérations de bureaucrates n’avaient plus aucun contrôle sur les gens dans les rues. La situation n’était plus simplement une affaire d’augmentation de frais de scolarité. Lorsque, deux semaines plus tard, les nouvelles négociations reprirent sur une proposition concrète en vue d’un accord, les membres des fédérations la rejetèrent. Il n’y a aucune raison de croire qu’il y aura d’autres négociations pour un certain temps. Cela laisse beaucoup moins de possibilités de récupération à la Gauche.

AUJOURD’HUI

Maintenant, le sentiment général dans la rue est que nous n’allons pas nous arrêter, nous ne nous ferons pas récupérer et nous ne voulons pas que cela finisse maintenant. Nous avons vu la situation se transformer à partir d’une grève limitée avec des objectifs réformistes à une révolte généralisée portant des aspirations révolutionnaires. La diversité des tactiques utilisées, les cris entendus pendant les manifestations et les types de cibles attaquées indiquent assez clairement que ce désordre dépasse largement la cause de l’augmentation des frais de scolarité. De nombreux moments ont été d’une beauté difficilement explicable. Nous n’abandonnerons pas à ce point.

Nous savons que vous ressentez quelque chose, mais nous désirons partager notre vécu avec vous. Nous savons qu’à chaque fois que l’un de nous va en prison, qu’un camarade perd son œil ou son oreille dans la rue parce qu’une grenade assourdissante lui éclate près du visage ou qu’il reçoit une balle de caoutchouc à la tête, il y en a tant d’autres qui éprouvent cette chaleur caractéristique de la vengeance prête à exploser. Connaissant la situation globale, sachant que les gens se rapprochent du point de rupture, non seulement ici mais partout, il doit être mis de l’avant que ce qui se passe au Québec n’est pas exceptionnel. Ce qui s’est produit ici peut et doit arriver ailleurs. Tout ce que nous faisons a été inspiré par les révoltes et soulèvements qui ont pris place dans d’autres endroits. Si cette situation de révolte ne peut, d’elle-même, inspirer les perturbations sociales, alors elle s’éteindra rapidement.

C’est donc un appel à la solidarité, aussi sincère que notre espoir qu’un jour, vous vivrez aussi cela autour de vous. Ce besoin de propager l’expérience de Montréal, celle du Québec. Transportez-le dans vos villes et dans vos communautés comme il vous plaît, en utilisant toutes les méthodes et moyens à votre disposition.

Nos cœurs et nos têtes sont épuisés, mais nous continuons de sourire.
Nous voulons voir cette grève se propager.
Nous voulons voir ces bouleversements sociaux se généraliser.

Quand les choses vont mal, il faut tout foutre en l’air.

Plus d’infos sont disponibles sur ces sites : grevemontreal / sabotagemedia

Contra Info, 27 mai 2012

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[ACAB] La police travaille à Massy (2)

Un gymnase incendié à Massy

Un gymnase est parti en fumée ce dimanche, vers trois heures du matin, à Massy. Un incendie très vraisemblablement d’origine criminelle. L’équipement ravagé par les flammes, situé dans le quartier de Villaine, servait aux jeunes gymnastes de la ville, hébergés provisoirement là depuis… l’incendie de leur propre gymnase, lors des émeutes de 2005.

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Ce nouvel incident survient dans un climat tendu à Massy, depuis la mort dans un accident de moto dans la nuit de mardi à mercredi dernier d’un jeune de 24  ans. Ce dernier roulait sans casque sur un engin volé.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Florence Mereo, LeParisien.fr, 27 mai 2012)


Massy : marche blanche pour les deux morts

Une marche blanche a eu lieu dimanche à Massy, en Essonne, en mémoire d’un jeune homme mort mercredi dans un accident alors qu’il roulait sans permis sur une moto volée, et un gymnase a été entièrement détruit par un incendie dans la nuit sans que les enquêteurs fassent de lien avec le décès, a-t-on appris de sources concordantes.

Environ 300 personnes ont participé à la marche blanche, partie d’Antony, dans les Hauts-de-Seine, ville où habitait le jeune homme de 24 ans, pour rejoindre la commune voisine de Massy et le quartier de Villaine où il est décédé, a expliqué une source proche du dossier. La manifestation s’est déroulée dans le calme et aucun incident n’est à déplorer, selon cette source.

Dans la nuit de samedi à dimanche, la vitrine d’une agence d’assurance a été endommagée par un jet de pierre. Un gymnase a part ailleurs été entièrement détruit la même nuit dans un incendie dont l’origine restait indéterminée, selon la source proche du dossier.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Europe1.fr avec l’Agence Faut Payer, 27 mai 2012)


Massy de nouveau secoué par une nuit d’échauffourées

Des heurts ont éclaté entre jeunes et forces de l’ordre, deux jours après la mort d’un jeune qui roulait à bord d’une moto volée.

De nouvelles échauffourées ont eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi entre les forces de l’ordre et de jeunes habitants de Massy (Essonne), après la mort mercredi d’un jeune homme qui roulait sans casque à bord d’une moto volée.

Des jeunes ont lancé des feux d’artifice en direction des forces de l’ordre déployées sur place, qui les ont dispersés à l’aide de gaz lacrymogènes, a expliqué Claude Fleutiaux, directeur de cabinet du préfet de l’Essonne.

« Il n’y a pas eu d’affrontement durable », a-t-il précisé.

Selon plusieurs sources proches de l’enquête, il n’y a eu ni blessés, ni dégâts, et la police n’a procédé à aucune interpellation.

Une source proche de l’enquête a indiqué que le calme était revenu vers 1 heure. (…)

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 25 mai 2012)

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[Beat On The Brat] « Peut-être avez-vous voulu priver les capitalistes d’un nouvel esclave ? »

« Ils veulent tuer tout le monde » : feu sur Nokidland

Childfree ou adeptes des théories dénatalistes, leur lutte contre la surpopulation suscite régulièrement l’incompréhension. Voire la violence.

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L’inscription « Save the planet, make no baby », est peinte en lettres vertes sur la banderole. Qu’ils ont malicieusement déployé en contrebas de l’église parisienne du Sacré-Cœur, autour de laquelle s’agglutinent les touristes. Le pied de nez les enchante. Sous un pâle soleil de mai, ce samedi après-midi, une poignée de militants dénatalistes prêche sa bonne parole aux badauds et aux journalistes. Credo de ces écologistes politiquement incorrects : la lutte contre la surpopulation — calamité d’une planète à bout de souffle — le lavage de cerveaux et la pression sociale qui ont érigé les bambins en religion et fait des non-parents une espèce marginale. Histoire de titiller les adeptes du premier degré, des morceaux de viande crue sont disposés sur un plateau exhibé par une participante, « pour expliquer que l’on sera bientôt amené à recycler la chair humaine« . Des préservatifs sont distribués.

Une quadragénaire, flanquée de trois gamins âgés d’une dizaine d’années, rejoint l’attroupement, l’air agacé. « Nous ne comprenons pas votre combat », osent timidement les mômes, les yeux ronds. Avant d’aller, quelques minutes plus tard, prendre la pose devant la banderole, sous l’œil rieur des militants et des photographes. On débat, on se bataille, on polémique. Bref, on échange. Trois trentenaires déboulent, bière à la main. S’enquièrent de la situation. « Ça faisait longtemps que je n’avais pas entendu une connerie pareille », lâche l’un d’eux. Son copain pointe du menton une militante, en pleine causerie avec un curieux. « Je pense que la dame là-bas n’a peut-être pas trouvé l’âme sœur, d’où sa frustration », raille-t-il, affligé de la « provocation ». Et encore, il apprend que le pire lui a été épargné : les organisateurs avaient prévu une manifestation nudiste, avant de se rétracter.

« Moi, j’ai un bébé qui arrive dans trois semaines », lance le troisième, l’air contrarié. « C’est très bien, j’ai plein de potes qui ont des enfants », lui répond, placide, l’instigateur de l’événement. Théophile de Giraud est un personnage. Le Belge, auto-proclamé écrivain anarchiste, mèches noires dressées vers le ciel, est l’une des figures de proue du mouvement dénataliste. Inlassablement, il déploie son argumentation. « Ce que nous voulons, c’est un débat. Mettre fin au conditionnement, pour que ceux qui enfantent fassent un choix libre ». Il se dira, quelques jours plus tard, « satisfait » du débat généré ce jour-là.

« Réactions outrées »

Son discours fait rire les uns, pique la curiosité des autres, suscite de la sympathie ou de l’indifférence. Parfois la haine. « Les réactions peuvent être très agressives : on nous traite de psychopathes, de malades mentaux », regrette Théophile de Giraud. « Beaucoup de ‘childfree’ sont confrontés à ce type de réactions, c’est notamment pour cela que nous avons créé la fête des non-parents », sorte de sauterie annuelle des sans-enfants revendiqués.

Mus par des convictions philosophiques, écologistes, ou n’ayant pas fondé de famille pour diverses raisons, ils revendiquent leur posture. « La tolérance à l’égard des formes variées de vie privée croît, mais expliquer sereinement qu’on ne veut pas enfanter suscite la réprobation », s’agace l’iconoclaste Corinne Maier dans son ouvrage No Kid : quarante raisons de ne pas avoir d’enfants, paru en 2007 [Aux éditions Michalon]. « Ceux qui ont ce courage sont considérés comme des déviants par leur entourage, tant la famille est considérée comme une valeur universelle. En France, être ‘sans enfants’ est une tare ; jugés en permanence, ceux qui ont osé ne pas en vouloir suscitent la commisération : ‘La pauvre, elle n’a pas dû pouvoir’, ‘il a gâché sa vie' », s’y insurge-t-elle. Si l’auteur se prête volontiers au jeu de la critique, de son propre aveu « inhérentes au genre du pamphlet », cette mère de deux enfants explique avoir essuyé « pas mal de réactions outrées » et d' »interviews condescendantes de gens choqués ».

« Fatwa catho »

« Nous avons affaire à des réactions virulentes, mais surtout d’une extrême mauvaise foi », constate quant à lui Didier Barthès, de l’association « Démographie responsable », qui milite pour un contrôle de la natalité. « Aborder le problème de la fécondité conduit certaines personnes à dire : ‘Ils veulent tuer tout le monde’. Nous sommes parfois taxés de ‘fascistes’, ‘d’eugénistes’, ou incités à nous suicider ». À côté de cela, beaucoup sont prêts à admettre que la surpopulation est un problème », relativise-t-il. Avant de relater que lors d’un rassemblement parisien organisé au mois d’octobre, un homme agacé avait tout de même brisé les pancartes des participants et décoché une droite à l’un d’entre eux.

Faire des enfants tue : Éloge de la dénatalité. Un titre provocateur, pour un autre ouvrage qui avait, lui aussi, valu quelques désagréments à son auteur. Le naturaliste très engagé Michel Tarrier, affirme avoir été l’objet d’une « fatwa catho, avec intimidation et menaces, sur divers sites d’extrême droite ». Le pamphlet, paru en 2008, et réédité l’année dernière [Aux éditions du Temps, puis aux éditions LME], alerte sur les méfaits de l’explosion démographique en arguant notamment que « quand un démographe n’est pas seulement comptable, mais qu’il est enrichi par un tant soit peu d’écosophie, et qu’il n’est pas chauve, ses cheveux doivent déjà se dresser sur sa tête à la lecture des chiffres 9 ou 10 milliards, et a fortiori 17 milliards pour 2100 ».

« Si vous n’avez pas d’enfants, vous n’êtes pas une femme »

D’autres se sont attirés les foudres d’une partie de l’opinion en confessant leur regret de la parentalité. En avril 2011, invitée au micro de Philippe Vandel sur France Info, l’actrice Anémone jette un pavé dans la mare. « Moi je ne voulais pas d’enfants. Il y avait, il y a toujours, une pression sociale très forte. En gros, on vous fait passer le message que si vous n’avez pas d’enfants, vous n’êtes pas une femme. (…) Et je ne voulais pas d’enfants, mais en même temps mon inconscient le voulait pour ces raisons-là, de pression sociale. »

C’est surtout sur la toile, « bien cachés derrière leur écran », que les pourfendeurs des childfree s’en donnent à cœur joie, note Théophile de Giraud, qui affirme qu’un militant d’extrême droite avait menacé de signaler à Facebook le groupe « Baisse de la natalité dans le monde », qui regroupe 708 membres. Même son de cloche du côté de Démographie responsable, dont le président, Denis Garnier, raconte par ailleurs que l’association, à l’origine par crainte de menaces, utilise une boite postale pour sa correspondance : « Avoir une adresse accessible serait un peu risqué, nous préférons conserver une certaine distance ». Paranoïa ? À voir.

« Peut-être avez-vous voulu priver les capitalistes d’un nouvel esclave ? »

« Pourquoi ne pas prévoir et organiser un suicide collectif de vos membres juste histoire d’être crédible », raille un anonyme sur le site créé à l’occasion de l’événement organisé au Sacré-Cœur. « Égoïstes de merde, vous auriez dû être avortés bande de loosers », se déchaîne un autre internaute sur celui consacré à la fête des non-parents. À la décharge de ces commentateurs — très — remontés, la présentation du rendez-vous annuel ne fait pas dans la dentelle. Vous n’avez pas enfanté ? « Peut-être avez-vous voulu priver les capitalistes d’un nouvel esclave : nous vous en félicitons », peut-on y lire. Ou encore : « Vous avez la certitude de ne pas mettre au monde un délinquant sexuel ou un néo-nazi ». Un argument d’une logique implacable, dirons certains…

À l’opposé, parents ou non, des citoyens emballés par la cause dispensent encouragements et compliments aux childfree et autres dénatalistes. Rodé à ce que les esprits s’échauffent au contact des principes qu’ils prônent, Denis Garnier se console de réactions de plus en plus positives : « Après la parution de certains articles, nous réalisons parfois qu’une majorité de personnes sont intéressées », glisse-t-il. L’avenir dira si la ténacité de ces partisans du plongeon démographique parviendra à tempérer l’hostilité de ses détracteurs. Et de leurs enfants.

Leur presse (Audrey Salor, tempsreel.nouvelobs.com, 27 mai 2012)

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L’Azawad en danger !

Accord entre le MNLA et l’organisation islamiste Ansar Adine

Aujourd’hui, samedi 26 mai vers 22 heures GMT, le Mouvement National pour la Libération de l’Azawad et le groupe islamiste Ansar Adine ont signés un Protocole d’accord les unissant au sein de l’Azawad qui selon toute vraisemblance sera officiellement dénommé République Islamique de l’Azawad.

Toumast Press n’a pas encore reçu cet accord. Par conséquent, nous attendrons d’avoir connu tous ces termes avant de prononcer un avis éclairé quant à son bienfondé.

Ceci dit, nous craignons que cet accord engendre une fracture au sein des rangs du MNLA car un nombre important de militants de cette organisation révolutionnaire sont hautement convaincu que la religion se vit dans le cœur, et ne peut en aucun cas diriger les destinés d’un État appelé à être moderne.

Aux amis de l’Azawad, et aux organisations qui ont salué la naissance d’un Azawad démocratique et laïque nous demandons de contenir leur déception jusqu’à la découverte des termes de l’accord.

Toumast Press, 26 mai 2012


Azawad : tout ça pour ça !

La peste verte fait effondrer l’espoir de libération de l’Azawad…

Après plusieurs jours de pourparlers entre le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) et les obscurantistes d’Ansar Dine, dans un flou et une opacité totales, le verdict est tombé. Sous réserve de confirmation, le MNLA et l’organisation islamiste se sont entendus pour la mise en place d’un État islamique remettant ainsi en cause des mois de combat et de lutte pour l’instauration d’un État laïc. Ce n’est pas seulement la laïcité qui est aujourd’hui remise en cause, mais aussi l’avenir de l’amazighité dans l’Azawad et de la liberté auxquelles nous avons tant cru avec le MNLA. En effet, c’est la crédibilité du MNLA qui est entamée. Il aura encore plus de mal à avoir des interlocuteurs au sein d’une communauté internationale déjà hostile à l’Azawad. Pis encore, les puissances et à leur tête la France, une véritable calamité en Afrique, ont désormais de quoi justifier une intervention militaire, certainement programmée, dans l’Azawad.

Après avoir essayé de torpiller le MNLA, après avoir combattu l’idée de l’indépendance, après avoir essayé de prendre le pouvoir avec Aqmi dans l’Azawad, les obscurantistes d’Ansar Dine, dirigés par l’innommable agent anti-touareg Iyad ag Ghali, a fini par négocier avec le MNLA. Il aurait même, peut-être provisoirement, adhéré à l’idée d’indépendance de l’Azawad. Son objectif étant de saboter le projet de libération. Quel gâchis que celui d’instaurer un État islamique sur une Terre amazighe…

Les Amazighs de l’Azawad sont libres aujourd’hui de faire de leur pays qu’ils ont libéré ce qu’ils entendent. Ce sont eux qui l’ont libéré, ils leur appartient et ils ont le droit d’en faire ce qu’ils veulent. Sauf que dans ce cas, ce ne sont pas eux qui décident, c’est une minorité obscurantiste à la solde de l’idéologie arabo-musulmane qui vient de dicter aux hommes libres qui ont mené le combat de libération ce qu’ils doivent faire de leur pays. Un pays amazigh qu’ils sont en train de brader à une horde d’islamistes soutenus par des États intéressés pour diverses raisons par l’Azawad.

Lorsque le porte-parole du MNLA en Europe dit sur RFI que « Le peuple de l’Azawad va être un peuple indépendant qui va décider selon ses institutions de ce qui est bon pour lui à l’intérieur d’un État islamique », il ignore que l’islamisme est une peste qui là où elle s’installe ne peut produire que misère, acculturation, obscurantisme et domination. Et en terre amazighe, l’idéologie islamiste s’est illustrée par sa négation de l’amazighité qu’elle a toujours tenté d’éradiquer.

Peut-on, en toute honnêteté, croire que ce que les dynasties Almohades et Almoravides n’ont pas réussi, la dynastie islamique de l’Azawad le réussira ? Et si les Azawadiens prennent comme exemple la république islamique de Mauritanie, l’on sait dores et déjà où les Touaregs seront conduits.

L’Azawad est un territoire touareg, il nous appartient et pour rien au monde nous ne l’abandonnerons. Le combat ne fait que commencer et tôt ou tard la libération sera achevée.

Toutes celles, tous ceux, berbéristes, qui ont soutenu le MNLA dans son combat de libération et pour l’instauration d’un État moderne, démocratique et laïc, sensé rendre sa dignité au peuple amazigh, ont reçu cette nouvelle comme une bombe qui leur a explosé à la figure. Mais ce n’est pas pour autant qu’ils baisseront les bras et assister indifférents à cette tentative de perversion de l’Azawad.

La Rédaction de Tamazgha le site berbériste, 27 mai 2012


Azawad : faute de soutien, le MNLA capitule face à Ansar Dine

Le MNLA fusionne avec Ansar Dine et constitue « le Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad » et provoque une onde de choc parmi les Amazighs qui constituaient leur principaux soutiens.

Selon une dépêche de l’AFP, reprise par plusieurs médias, le mouvement intégriste Ansar Dine, proche d’Aqmi, et le MNLA, qui s’est battu pour une république laïque, « proclament leur autodissolution dans l’Azawad ». Les deux mouvements, que tout opposait en terme d’idéologie et d’objectif fusionnent et créent « le Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad ». Le MNLA aurait ainsi fait une concession de taille au mouvement intégriste Ansar Dine.

Toujours selon l’AFP, le protocole d’accord signé entre les deux organisations annonce « la fusion des deux mouvements » et précise que « l’islam devient la religion officielle de l’État de l’Azawad » où « le Coran et la Sunna sont considérés comme source du droit ». Un retournement de situation qui risque de choquer l’ensemble des soutiens, en particulier les mouvements amazighs qui ont apporté un appui fort à la cause du MNLA.

Faute de soutien politique de la communauté internationale et surtout par manque de financement, le MNLA a dû capituler face à Ansar Dine qui dispose d’un soutien logistique et financier considérable, notamment par ses accointances avec l’Aqmi.

SIWEL agence kabyle d’information, 27 mai 2012


Mali : le MNLA et Ansar Dine fusionnent

Après trois semaines de négociations à Gao, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et le groupe islamiste Ansar Dine ont annoncé avoir conclu un accord pour déclarer l’Azawad « État indépendant ». Les deux mouvements uniront leurs forces pour constituer une seule armée chargée de sécuriser le territoire au bénéfice du peuple de l’Azawad « dans toute sa diversité ». L’Azawad devient un État islamique où la charia pourrait être appliquée.

« Le mouvement Ansar Dine et le MNLA proclament leur auto-dissolution dans l’Azawad. Les deux mouvements créent le Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad », annonce le protocole d’accord signé entre le mouvement indépendantiste et le groupe islamique. Avant l’accord, Ansar Dine ne voulait pas entendre parler d’indépendance.

Dans ce document transmis à l’AFP, les deux mouvements, qui n’en forment donc désormais plus qu’un, indiquent également que l’islam devient la religion officielle de l’État de l’Azawad. Il s’agit d’une concession de taille du MNLA qui à l’époque de sa création se voulait laïc. Par ailleurs, le Coran et la Sunna sont considérés comme « source du droit », laissant entendre que c’est éventuellement la charia traditionnelle qui peut être appliquée.

Restent les relations entre al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi) et le Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad. Ibrahim Assaley, maire de Talataye dans le nord du Mali et membre du MNLA, a jugé qu’« Ansar Dine se démarque du terrorisme mais refuse pour le moment de déclarer la guerre au terrorisme ».

À Gao, dans le nord du Mali où les négociations entre Ansar Dine et le MNLA avaient lieu, comme à Tombouctou, l’accord a été accueilli par des tirs en l’air.

Moussa Ag Assarid
Porte-parole et président de la cellule Europe du MNLA
« Le peuple de l’Azawad va être un peuple indépendant qui va décider selon ses institutions de ce qui est bon pour lui à l’intérieur d’un État islamique. »

Publié par des ennemis de l’Azawad (Mamadou Sakhir Ndiaye, RFI, 27 mai 2012)


Nord du Mali : MNLA et Ançar Dine annonce « l’État Islamique de l’Azawad »

Les représentants du MNLA et du mouvement Salafiste Ançar Dine ont enfin après plusieurs mois de négociations signés la création d’un État Islamique de l’Azawad, ce samedi 26 mai.

L’acte de création de ce pays est signé par Bilal Ag Chérif sécrétaire général du MNLA et Abass Ould Antilla chef de tribu.

Les deux composantes du gouvernement ont chacune 20 ministres et un conseil permenant de 12 membres est mis sur pied.

Le MNLA et Ançar Dine se sont entendus sur la pratique de la Charia Islamique et l’instauration d’État de justice.

Cet acte est accueilli avec joie par les deux composantes dans la ville de Gao dans le nord du Mali.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Alakhbar, 27 mai 2012)


Mali : les rebelles touareg s’allient à des islamistes

Les deux mouvements sont longtemps restés séparés par leurs objectifs et leurs idéologies.

La rébellion touareg et le mouvement islamiste Ansar Dine, deux des groupes qui contrôlent le nord du Mali depuis près de deux mois, ont annoncé samedi leur fusion et proclamé un « État islamique » dans la région. Ce « protocole d’accord » transmis à l’AFP, aboutissement de plusieurs semaines de discussions parfois difficiles entre deux mouvements longtemps séparés par leurs objectifs et leurs idéologies, marque un tournant dans l’immense Nord malien, qui a échappé au pouvoir central de Bamako depuis fin mars. « Le mouvement Ansar Dine et le MNLA (Mouvement national de libération de l’Azawad) proclament leur auto-dissolution dans l’Azawad (région nord du Mali, ndlr). Les deux mouvements créent le Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad », indique l’accord.

« Nous sommes tous pour l’indépendance de l’Azawad », « nous acceptons tous l’islam comme religion », le Coran et la Sunna (paroles et actions du prophète Mahomet rapportées par la tradition) sont « la source du droit » : tels sont les principaux points de ce document. À Gao, l’une des grandes villes du Nord malien, où des responsables des deux mouvements menaient leurs discussions, comme à Tombouctou, la conclusion de cet accord a été accueillie par de nombreux coups de feu en l’air, ont rapporté des habitants. Après les rébellions touareg des années 1990 et 2000, le MNLA, mouvement indépendantiste qui affichait une idéologie laïque, avait lancé mi-janvier l’offensive contre l’armée malienne, qui s’est amplifiée avec l’entrée en scène d’Ansar Dine (Défenseur de l’islam, en arabe), prônant de son côté l’imposition de la charia (loi islamique) dans tout le Mali.

Ansar Dine, dirigé par l’ex-chef rebelle touareg Iyad Ag Ghaly, a été appuyé sur le terrain par les jihadistes d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi). À eux deux, Ansar Dine et Aqmi sont devenus dominants — aux dépens du MNLA — dans le Nord, tombé entièrement aux mains des groupes armés à la faveur du putsch du 22 mars à Bamako. Ibrahim Assaley, maire de la localité de Talataye (nord) et membre du MNLA, a jugé après cet accord qu' »Ansar Dine se démarque du terrorisme mais refuse pour le moment de déclarer la guerre au terrorisme ».

« Allah a gagné »

Aqmi opère depuis plusieurs années dans toute la bande sahélo-saharienne, y commettant des rapts, en particulier d’Occidentaux, et l’Afrique de l’Ouest comme le reste de la communauté internationale redoutent désormais une « afghanisation » du nord du Mali. « Allah a gagné », a lancé le porte-parole d’Ansar Dine à Tombouctou, Sanda ould Boumama, en commentant ce « protocole d’accord ». Sa conclusion intervient alors que les principaux responsables d’Ansar Dine et d’Aqmi sont réunis depuis jeudi à Tombouctou pour évoquer leurs relations futures. Dans un message rendu public cette semaine, le chef d’Aqmi, Abdelmalek Droukdel, dit Abou Moussaab Abdelouadoud, a conseillé à ses combattants du nord du Mali d’imposer « graduellement » la charia pour y réussir la création d’un État islamique. L’accord MNLA/Ansar Dine et l’incertitude autour de la place d’Aqmi dans « l’Azawad » créent une nouvelle donne pour les autorités de transition de Bamako et la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao).

Le président burkinabè Blaise Compaoré, médiateur de la Cédéao dans la crise malienne, a fait savoir récemment que des « contacts » avaient été établis avec notamment le MNLA et Ansar Dine. Les autorités maliennes de transition ne cessent de proclamer leur volonté de restaurer l’intégité territoriale du Mali. Mais elles semblent pour l’heure impuissantes, d’autant qu’elles ont peiné jusque-là à s’imposer à Bamako même face à l’ex-junte du capitaine Amadou Haya Sanogo, qui avait renversé le 22 mars le président Amadou Toumani Touré. Agressé et blessé le 21 mai par des manifestants, le président de transition, Dioncounda Traoré, chargé de conduire le pays pendant un an et qui est depuis jeudi à Paris pour des examens médicaux, « va bien » et devrait rentrer la semaine prochaine dans son pays, a-t-on appris samedi auprès de son entourage.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 27 mai 2012)


Mali : les rebelles touaregs proclament un État islamiste

Les deux mouvements de la rébellion du nord du pays ont annoncé leur fusion.

C’est une union qui ressemble à un mariage de raison. Dimanche les deux principaux groupes rebelles touaregs, le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et Ansar Dine ont annoncé dans un bref communiqué leur fusion.

La dissolution des rébellions et la création du Conseil transitoire de l’État islamique de l’Azawad ne sont pas une surprise. Depuis plusieurs semaines, les états-majors des deux branches de la guérilla touareg menaient des négociations à Gao pour mettre fin à leur division et éviter un affrontement fratricide. « Pour le MNLA comme pour Ansar Dine, un rapprochement était en ce moment dans leur intérêt », analyse Robert Dulas, spécialiste des questions touaregs.

Pourtant, les différends étaient réels entre un MNLA, laïc et indépendantiste, et Ansar Dine, islamiste, allié à al-Qaida au Maghreb islamique (Aqmi), avec la volonté d’imposer la charia à tout le Mali. Dans le protocole d’accord révélé dimanche, chacun a fait des concessions, sous la pression des dignitaires touaregs. « Nous sommes pour l’indépendance de l’Azawad », assure ainsi le texte qui précise que « le Coran et la sunna » seront « la source du droit » de l’« État islamique ».

La composition du Conseil transitoire était en discussion dimanche. À sa tête devrait se trouver sept membres, dont le secrétaire général de l’ex-MNLA et son dirigeant militaire le colonel Mohammed ag Najim, le chef d’Ansar Dine, Iyad ag Ghaly, ainsi que des représentants des autres communautés du nord du Mali, comme les Songhaïs et les Arabes. L’annonce de la fusion a été accueillie par des tirs de joie à Gao comme à Tombouctou, chacun faisant mine d’ignorer le flou laissé dans l’accord sur bien des points, comme l’absence de choix d’un leader ou les liens du futur État avec Aqmi.

Un allié : l’Aqmi

Proches l’un de l’autre, Ag Najim et ag Ghaly se présentent comme les rivaux à la direction de l’Azawad. Mohammed ag Najim, ancien colonel de l’armée libyenne revenu au pays avec ses troupes en juillet, est l’homme des conquêtes. C’est sous sa direction que le MNLA a mené au printemps une offensive éclair et conquis le nord du Mali et ses villes, Kidal, Gao et Tombouctou. Mais ses troupes ont été immédiatement ou presque évincées de ces cités par ag Ghaly et les combattants d’Ansar Dine.

Cette prise de pouvoir, ce fils d’une grande famille, héros charismatique de la rébellion touareg des années 1990, la doit à son allié, Aqmi. Les salafistes lui ont apporté hommes et finances. À plusieurs reprises, Iyad ag Ghaly, qui s’est radicalisé lors de son séjour comme diplomate en Arabie saoudite, s’est affiché avec les chefs d’Aqmi, notamment l’Algérien Abou Zeid, qui détient une dizaine d’otages occidentaux dont six Français. La proximité avec Aqmi a cependant des inconvénients. À Tombouctou comme à Gao, les populations, habituées à un islam plus modéré, se sont agacées du puritanisme rigide prôné par les nouveaux maîtres. En réponse, Ansar Dine tente depuis de modérer ses éléments les plus fanatiques. Rien ne dit pour autant qu’il ait l’intention de s’éloigner de son « ami », certes encombrant, mais riche et puissant. En se rapprochant du MNLA, Iyad ag Ghaly semble avant tout tenté de restaurer son image écornée sans trop déranger ses alliés, les anciens comme les nouveaux.

De son côté, le MNLA ne pouvait pas non plus imposer ses vues. « Se battre était inenvisageable. Les caisses sont vides au point qu’il est impossible de nourrir les hommes, qui, en conséquence, quittent le mouvement pour celui d’Iyad plus riche », souligne une source. Les promesses de financements discrets du MNLA, notamment par le Qatar, n’ont finalement pas résisté, notamment aux changements politiques en France.

À Bamako, le gouvernement a « rejeté catégoriquement » la création d’un État islamiste dans le nord du Mali. Djibrill Bassolé, le médiateur de Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cédéao), s’est voulu plus pragmatique. « La médiation salue toute dynamique allant vers la cohésion entre les différents mouvements armés, l’essentiel étant que ce groupe prenne l’option d’une solution négociée au conflit », a-t-il souligné, tout en rappelant son hostilité à la partition du Mali.

L’Algérie, la puissance militaire régionale, a pour sa part suggéré un dialogue avec les rebelles. La France et l’Union européenne, qui redoutent la création d’un « Aqmiland » dans le nord du Mali et une déstabilisation de la région, sont restées mesurées. « Cela peut être une possibilité d’avancer vers une solution politique et de voir les Touaregs mettre à l’écart Aqmi, veut croire un diplomate. De toute façon, nous n’avons pas d’autres choix car l’armée malienne n’existe plus et personne semble en mesure de la remplacer. »

Publié par des ennemis de l’Azawad (Tanguy Berthemet, LeFigaro.fr, 27 mai 2012)


No strict sharia in Mali’s independent north: MNLA rebels

Malian rebels who declared an independent Islamic state in the country’s north said on Sunday they would impose sharia but not in a strict form.

The National Movement for the Liberation of Azawad (MNLA), which has fought to make Mali’s northern Azawad region an autonomous state, on Saturday signed an agreement to merge with Islamist Ansar Dine rebels seeking to impose sharia across Mali.

A mix of rebels have occupied the northern two-thirds of Mali since a March 22 coup led to a collapse of army resistance. Western and African leaders fear the desert zone has become a haven for criminal and extremist groups, including al Qaeda.

« The Koran will be a source of the laws of the state, » said Moussa Ag Acharatoumane, an MNLA spokesman.

« But we will apply the things we want and leave aside those we don’t. It will not be a strict application of the law. »

Ag Acharatoumane did not give any more details, saying only that religious leaders and legal experts would be called to spell out how this would be rolled out in Azawad.

A spokesman for the government on Sunday rejected the rebel merger, saying Mali would remain united and secular.

The MNLA declared Azawad an independent state in April after sweeping across Mali’s three northern regions: Kidal, Gao and Timbuktu.

The move was universally rejected abroad and contested by Ansar Dine, the Islamist fighters who fought alongside the MNLA but said they wanted to impose sharia throughout Mali.

During an awkward joint occupation of Mali’s main northern towns, Islamists sought to impose sharia, sparking a number of protests by residents used to a more moderate interpretation of Islamic law.

Hundreds took to the streets earlier this month in the town of Gao to contest the ban on playing football or video games, and Ansar Dine fighters fired into the air to disperse crowds.

Meanwhile, separatist MNLA rebels saw themselves sidelined by the more militarily powerful Islamists, who locals and security experts said had the backing of fighters from al Qaeda’s North African wing, AQIM.

Residents say Islamist fighters are more present in the centre of the main towns while MNLA gunmen control access points. Tensions simmered but clashes never broke out between the two groups and they merged in Gao after weeks of talks.

Given the differences between the groups and the lack of trust between leaders in a zone where allegiances frequently shift, the alliance is seen by many as opportunistic, and one that could further complicate efforts to end the crisis.

« I think this is a marriage of convenience, » said Kwesi Aning of the Kofi Annan International Peacekeeping Training Centre in Ghana.

« (But) it makes the negotiations with MNLA and Ansar Dine very difficult as they will present a united front in terms of their demands. They are saying we will have to pay a very high price for them to change their positions, » he said.

There have also been public protests against the MNLA, with many non-Tuareg civilians saying they do not want independence.

But the rebels’ presence in the north has been uncontested as a power struggle continues in the capital between civilian government and the military, which has officially ceded power but continues to meddle in politics.

West Africa’s ECOWAS regional bloc, which is leading efforts to tackle the crisis, is seeking to end the political crisis in the capital before tackling the north.

Malian and regional mediators have held talks with the rebels but, potentially further complicating the situation, the regional al Qaeda leader last week called on his fighters in Mali to back the Islamists seeking to impose sharia.

Publié par des ennemis de l’Azawad (Reuters, 27 mai 2012)

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[Scènes de la vie parisienne] Faillite frauduleuse de la maison Nucingen

VENDREDI 17 FÉVRIER 2012, mer Égée. À 19 milles nautiques à l’est de l’île de Skyros, un signal de détresse, celui d’un yacht en difficulté. Il connaît « une panne mécanique ». Il prend l’eau. Huit hommes sont à son bord, les membres de l’équipage qui convoient le bateau depuis Istanbul. Les vents soufflent entre 62 et 74 kilomètres par heure. Coup de vent de force 8 sur l’échelle de Beaufort, deux degrés avant la tempête. Deux hélicoptères Super-Puma de l’armée de l’air grecque, une frégate de la marine de guerre et trois patrouilleurs de la police portuaire sont immédiatement dépêchés sur place. Lorsque les hélicoptères arrivent sur zone, le bateau est couché par tribord. De minuscules hommes orange dans leur gilet de sauvetage agitent les bras sur le pont. L’hélitreuillage commence. Un par un, les membres de l’équipage sont hissés hors du bateau, balancés par les vents, accrochés à leur filin, tandis que l’océan avale doucement le yacht, masse blanche aux lumières encore allumées dont on ne distingue déjà plus ni la piscine ni le jacuzzi. Il coule par l’arrière. Les peintures viennent d’être refaites. Au sommet, lettres et chiffres de son immatriculation se découpent parfaitement : IMO 9544621.

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En février dernier, un bateau de luxe coule en mer Égée. Comme une métaphore de la chute toute proche de Nicolas Sarkozy.

IMO 9544621. Le Yogi. 60 mètres : une taille moyenne, dans ces eaux grecques et bleues qui voient défiler les caprices de plus de 100 mètres de milliardaires russes ou de princes arabes. C’est en revanche le plus gros yacht français. Il est sorti d’un chantier naval turc en 2011. Le Yogi comme les autres fut probablement baptisé d’une bouteille de champagne millésimé, breuvage synonyme de succès, de chance mais aussi de privilèges. Et non de sang, comme en étalaient jadis les marins sur la proue des bateaux. Le propriétaire du Yogi est de son temps, le vent, il en avait jusque-là toujours fait son affaire, il l’avait dans le dos. Il s’appelle Stéphane Courbit.

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Stéphane Courbit en 2011. Cette figure de la télé-réalité est un proche de l'ex-président.

La presse grecque rappelle à grands traits son pedigree. Un enfant puis un roi de la télé qu’elle montre micro en main sur fond de bateau qui coule. Sur la photo, il a la tête d’un animateur lisse et blond de fin d’après-midi mais, Courbit, c’est en fait un producteur, né avec Dechavanne, associé avec Arthur, puis sacré par la télé-réalité. Au tournant du siècle, il s’allie avec Endemol, gros fournisseur néerlandais de programmes qui veut s’implanter en France, il devient le président de la filiale française, récupère le catalogue, fabrique le « Loft » et Loana avec M6 et négocie un »output deal » avec TF1. Un « output deal » ? Cela signifie qu’un certain nombre de cases sont réservées à Endemol dans la grille de TF1. Quand il revend ses parts, fin 2007, il empoche une plus-value de 240 millions d’euros. Il crée alors sa propre holding, Lov, pour Lila, Oscar et Vanille, ses jeunes enfants dont les initiales dessinent le nom de son empire. Il se fournit en conseils chez Alain Minc (« C’est le meilleur », disent-ils l’un de l’autre) et investit dans tous les secteurs dont la croissance repose sur la dérégulation, électricité ou jeux en ligne (à ce sujet, il prévient sa femme : « Je peux très bien me retrouver en garde à vue »). Sur les sites grecs, l’appétit boulimique de ce jeune prince des affaires nourrit les récits du naufrage. Nicolas Sarkozy, l’ami et le voisin de Neuilly qui l’avait invité au Fouquet’s le soir de son élection, en 2007, fait évidemment partie de la galerie de photos, pour ne pas dire du portrait de famille. Mais c’est vue de France que l’histoire prend tout son sens.

Car ce yacht qui sombre en mer Égée, c’est le climax d’un film, ce moment où tout bascule. Nous sommes donc le 17 février 2012. Deux jours plus tôt, Nicolas Sarkozy a annoncé sa décision d’être à nouveau candidat à la présidence de la République. L’affiche officielle est prête, elle a été dévoilée à la presse. Elle est immédiatement décortiquée, détournée. D’où vient l’océan bleu en fond sur l’affiche ? Jean Saurien, alias @schloren sur Twitter, a analysé les données EXIF du fichier Jpeg mis en ligne par Le Figaro. Selon lui, l’arrière-plan marin est issu d’une photo intitulée Greece, Clouds over Aegean Sea, créditée Getty Images-Tetra Images RF. La mer Égée, encore elle ! L’antisarkozysme déchaîné y incruste Titanic ou Costa Concordia, Sarkozy a la tête du capitaine. Des bateaux coulent sur les affiches détournées. Or un yacht, un vrai, vient de sombrer en mer Égée. L’opération de sauvetage de l’équipage a coûté 22’000 euros. « Pas une petite somme pour la Grèce en faillite », note la presse locale. Athènes a brûlé le samedi qui précède, elle laisse voir des feux rouges cassés, des magasins et des cinémas calcinés, brûlés par des poussées de fièvre et de colère.

Gisent, par 400 mètres de fond, une grande table ronde dans un vaste salon en bois naturel de Bali, une autre toute en longueur sur le pont, des orchidées, des écrans plasma, de l’argenterie, des verres en cristal, des nappes damassées blanches, de légers coussins orange qui ravivaient la toile crème déclinée comme un nuancier sur les sièges, la moquette, les canapés, les matelas alignés autour de la piscine, une suite, cinq cabines aux portes coulissantes et ajourées, aux lits immenses et hauts, pouvant accueillir jusqu’à douze personnes. Tout ce décor, parti polluer le fond de l’océan, se visite encore virtuellement sur Internet. Un petit film promotionnel permettait de découvrir le Yogi avant de le louer de 357’000 à 378’000 euros la semaine selon la saison. Il circule encore, laisse imaginer la vie à bord, les massages, les réceptions, les soirées, toutes les déclinaisons d’un lobbying politique permanent. Il y a un au-delà pour les yachts. La vidéo présente un slogan devenu épitaphe : « La quintessence du bien-être et du luxe ». Un journal grec suggère un autre titre : « L’épave du yacht Yogi pourrait se retrouver dans un roman policier dont le titre serait Bonne plongée. » En France, on collerait bien un générique de fin à ce naufrage. Les noms, les costumes, les décors sont connus.

L’histoire commence avec les années 2000. La première chaîne de télé assume pleinement la mission, par la bouche même de son PDG, de ramollissement des cerveaux. « Pour qu’un message publicitaire soit perçu, il faut que le cerveau du téléspectateur soit disponible. Nos émissions ont pour vocation de le rendre disponible : c’est-à-dire de le divertir, de le détendre pour le préparer entre deux messages. Ce que nous vendons à Coca-Cola, c’est du temps de cerveau humain disponible », déclare alors Patrick Le Lay. Les émissions sont fournies par Courbit et son « output deal ». La chaîne verse à Endemol 83 millions d’euros pendant cinq ans pour être approvisionnée en émissions de télé-réalité et de divertissements. L’accord stipule qu’en cas de départ de Stéphane Courbit le contrat devient caduc. Lui a indexé sa rémunération sur l’augmentation d’un chiffre d’affaires qui s’envole.

Un homme domine alors la vie politique française, il est le ministre de l’intérieur au menton volontaire et aux mots qui claquent, façon « racaille » et « Kärcher ». Il est très à l’aise sur la chaîne qui fabrique des cerveaux disponibles. Imbattable même. Il commente tout : crise, drames et faits divers. Le patron est son ami, voisin de Neuilly. Il est même le parrain de son fils. Courbit connaît bien Sarkozy lui aussi. Neuilly encore, des années plus tôt : Sarkozy était dans le creux de sa carrière, Courbit avait des soucis de permis et d’architecte pour modifier l’intérieur de la maison qu’il venait d’acheter sur l’île de la Jatte. Rencontres, conseils, Cécilia s’entiche de cet as de la télé-réalité venu d’un petit village de la Drôme. Il n’aime pas la politique, mais il a dit oui à un meeting pour le référendum sur l’Europe à Bercy, oui encore à une table ronde sur les médias Place Beauvau. C’est avant l’élection présidentielle qu’il offre à Cécilia Sarkozy, aux frais d’Endemol, un sac Hermès à quatre chiffres et trois zéros.

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Aussitôt après le naufrage du Yogi, la presse grecque s'empare de l'affaire et présente son propriétaire, Stéphane Courbit, en enfant et roi de la télé. Elle raconte qu'il est lié à Nicolas Sarkozy et mêlé à l'affaire Bettencourt. Rien dans la symbolique de ce naufrage ne lui a échappé, alors qu'en France il passe presque inaperçu.

Aussitôt après le naufrage du Yogi, la presse grecque s’empare de l’affaire et présente son propriétaire, Stéphane Courbit, en enfant et roi de la télé. Elle raconte qu’il est lié à Nicolas Sarkozy et mêlé à l’affaire Bettencourt. Rien dans la symbolique de ce naufrage ne lui a échappé, alors qu’en France il passe presque inaperçu.

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Après le yacht, le jet. Nicolas Sarkozy emprunte l'avion de son ami Vincent Bolloré pour se rendre à Louxor avec Carla Bruni, en 2007.

La suite, on la connaît : une victoire électorale, une nuit au Fouquet’s, où, sur la terrasse de l’hôtel, on retrouvera les Arthur, Courbit et Bouygues. C’est ce soir-là que Vincent Bolloré suggère au nouveau président, dont les émotions fluctuent entre jouissance de la victoire et hantise du divorce qui menace : « Si vous voulez le Paloma pour vous reposer quelques jours… » Vingt ans déjà qu’il propose… Ce soir-là, Martin Bouygues offre aussi un bateau, mais le candidat victorieux préfère le premier, pensant éviter ainsi la polémique sur ses liens avec le patron de TF1. Pas un instant, il ne se doute que c’est le yacht qui va poser problème, qui inscrira dans l’imaginaire des Français un symbole indélébile, qu’il ne parviendra jamais à effacer.

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Tout juste élu, le nouveau président se retire avec Cécilia et leurs enfants, à bord du « Paloma » de Bolloré.

Nicolas Sarkozy, Cécilia, « le petit Louis », les filles de Cécilia et les fils de Nicolas se donnent rendez-vous au Bourget et s’envolent pour Malte. À bord du Paloma, un couple joue sa dernière carte, et un gouvernement se dessine sur fond de réconciliation conjugale. Cécilia pousse aux plus hautes fonctions ceux qui l’ont toujours soutenue jusque dans ses escapades, c’est ainsi que Rachida Dati est promue ministre de la justice. Les photos prises de loin par les paparazzis en embuscade laissent voir des corps dorés, au repos, sans costume ni fonctions, mais on devine que les nababs ne siestent que d’un œil.

Le yacht. Attribut des tout-puissants que la foule en congés payés observe l’été, mi-amusée, mi-rêveuse, le temps d’une glace sur le port avec les enfants. Le yacht ne vient pas en premier sur la liste des signes extérieurs de richesse. Le nouveau riche envisage d’abord d’acquérir au sol — l’immobilier à Paris, triangle d’or de préférence, la villa sur la Côte ou à Porto-Vecchio — puis vient le jet, indispensable aux affaires, parfois une chasse où l’on lâche du gibier, ou encore une île, dans le Morbihan ou aux Seychelles. Le yacht, c’est la cerise sur le gros gâteau. Courbit est allé vite. L’héritier Martin Bouygues, de treize ans son aîné, a longtemps loué, il n’a investi qu’en 2010. Un 62,5 mètres pour 65 millions : Baton Rouge, en hommage à la ville de Louisiane où est née sa femme. Toute la panoplie du palace flottant dont « un solarium circulaire transformable en piste de danse », dit Superyachts.com. La première fois qu’il apparaît, c’est dans le port Hercule au Salon nautique de Monaco, en septembre 2010, Martin Bouygues a demandé qu’on ne donne pas le nom du propriétaire. Discrétion. La richesse n’est plus aussi facile à porter. L’immatriculation dans un paradis fiscal non plus. La crise a frappé. Nicolas Sarkozy fait beaucoup d’efforts pour faire oublier le Fouquet’s, le Paloma et le bouclier fiscal.

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Éric Woerth, alors ministre du budget, a libéralisé en 2010 les paris en ligne, créneau investi par Courbit.

Mais Courbit, qui a tout — des bureaux rue François-Ier à Paris, une résidence avec piscine à Neuilly, l’Hôtel des Airelles à Courchevel avec calèche Hermès pour se promener dans la neige et une suite entre 10’000 et 35’000 euros la nuit, l’Hôtel Pan Dei, le palace au nom grec de Saint-Tropez, une villa sur 7 hectares à la pointe du Capon —, veut son bateau ! Il tutoie le président de la République. Dispose de tout le carnet d’adresses de Pierre Charon, œil du président, qu’il a salarié à cette fin à Endemol pendant quatre ans. Connaît la ligne directe du nouveau ministre du budget, Éric Woerth, qu’il a beaucoup appelé pour prendre des nouvelles de la fin du monopole sur les jeux en ligne. « Dans six mois », « dans trois mois », lui a répondu le ministre. La loi autorisant les jeux en ligne est votée par le Parlement en 2010. Le yacht est commandé dans la foulée. Courbit a 45 ans, en paraît dix de moins, et a déjà peur de vieillir. Il refuse avec la même obstination que les Daft Punk qu’on le prenne en photo, ainsi le même cliché tourne-t-il dans les journaux année après année, prenant valeur de portrait officiel. Autre façon de rester jeune : fréquenter des vieux, le Siècle, ce club d’influents composé de politiques, de patrons et de journalistes, et le cercle fermé quoique mondialisé des propriétaires de méga-yachts. Le bateau est livré à l’été 2011. Cette année-là, les ventes de navires de luxe explosent. « Il est clair qu’il y a toujours de l’argent dans ce marché et les gens continuent à acheter », déclare alors dans un communiqué Patrick Coote, le directeur de Fraser Yachts. Ce n’est pas la dernière marche sur l’échelle du m’as-tu-vu en pleine mer, après le super-yacht, il y a encore le méga-yacht, puis le giga-yacht, très prisé des oligarques russes qui aiment recevoir, impressionner à bord et laissent dans leur sillage, mêlé à l’odeur de gasoil, comme un parfum suspect de blanchiment d’argent.

C’EST AXA QUI A ASSURÉ LE « YOGI » pour environ 40 millions d’euros. Trois jours après le naufrage, les avocats et les experts des assurances arrivent à Skyros. Dans le même temps, la société propriétaire du bateau a exprimé dans une lettre « ses remerciements et sa reconnaissance à la police portuaire grecque ainsi qu’aux habitants de l’île de Skyros pour l’hospitalité offerte à l’équipage ». Là-bas, le naufrage pose bien des questions. Que faisaient le Yogi et ses marins expérimentés en pleine mer, alors qu’un navire de plaisance ne sort pas quand le vent souffle au-delà de 5 Beaufort ? Le chef du chantier turc, Mehmet Karabeyoglu, réfute dans la presse les explications mécaniques avancées : surchauffe du moteur qui aurait brisé les soufflets d’échappement. « Il y avait une soupape de sécurité pour empêcher cette éventualité. Le yacht a été construit en conformité avec toutes les normes internationales et a été contrôlé par des experts français avant d’être mis à l’eau. »

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Inauguré par des vacances dorées sur un yacht, le quinquennat de Nicolas Sarkozy s'est soldé par deux naufrages.

On peut penser que le constructeur se couvre. Mais les gardes-côtes s’interrogent aussi. Comment ce yacht, qui n’a pas un an, a-t-il pu prendre l’eau si vite ? Le capitaine Gritzelis Kostas explique dans les journaux que ce genre de bateau a un franc-bord bas, c’est-à-dire une poupe toute proche de l’eau, qu’entre deux grandes vagues qui inondent le pont, la mer peut atteindre les machines. « Ces navires ne sont pas étanches, voilà pourquoi il faut éviter le mauvais temps », dit-il. Mais la thèse qui domine est celle de la vague ayant brisé une vitre, laissant entrer l’eau à bord. « Ou bien quelqu’un a laissé une porte ouverte, imprudemment… », écrit avec un brin d’ironie le site d’un journal centriste très sérieux, Ethnos. La police grecque ouvre une enquête.

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La célébration de la victoire au Fouquet's restera comme la scène originelle du quinquennat.

À Paris, moins de considérations marines, mais un trouble qui exsude dans les blagues. « Les assurances, ça désendette », rit-on chez les fiscalistes. « Voilà un drame et des liquidités qui tombent à pic, plaisante-t-on dans les cabinets d’avocats parisiens, il n’a plus à rembourser son bateau. » Depuis des mois, on a compris que le jeune tycoon n’est pas aussi riche qu’on l’imaginait. La manne espérée s’est un peu rabougrie depuis que la crise gronde, la diversification entamée par Courbit semble aujourd’hui surpayée. Le voilà du coup pris dans le plus fascinant fait divers du quinquennat : l’affaire Bettencourt. Il ne manquait que ça, à vrai dire, à l’épopée de celui qui a vécu en direct le Fouquet’s, l’ouverture du marché de l’électricité et des jeux en ligne, et failli prendre le contrat de la régie publicitaire de France Télévisions avec la bénédiction d’Alain Minc et de l’Élysée : se glisser dans le casting de cette affaire où l’ombre du président continue deplaner, sous la forme de visites dont seul l’agenda se souvient. Où s’éparpillent des mots volés par le petit magnétophone d’un majordome, qui disent tous l’obsession de l’argent.

Il y a la phrase, devenue célèbre, de Patrice de Maistre à Liliane Bettencourt, dont il a mission de gérer la fortune : « Est-ce que vous avez toujours envie de me faire un cadeau ? Si vous voulez faire quelque chose, il faudrait que ça soit en Suisse, pas ici. Et ça me permettrait d’acheter le bateau de mes rêves, voilà. Parce que j’adore le bateau. » Le bateau de ses rêves, ce n’est pas un yacht, cette flottille de parvenu. Maistre est très vieille France et descend de Joseph de Maistre, il porte des vestes en tweed et garde dans son portefeuille sa carte du Jockey Club. Le bateau de ses rêves, c’est évidemment un voilier, le seul fantasme des marins authentiques, comme Eugène Schueller, le père de Liliane. Lui naviguait sur L’Edelweiss. Et c’est grâce à ces sorties en mer, d’ailleurs, que le chimiste devint milliardaire : les coups de soleil qu’il prit sur le pont lui donnèrent en 1936, année des congés payés, l’idée de lancer la première ambre solaire. Patrice de Maistre a dû renoncer à acheter son 21 mètres, mais le montage financier qu’il avait échafaudé pour l’acquérir discrètement lui vaut aujourd’hui aussi de se retrouver en prison. Un bateau encore…

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Pascal Wilhelm, en 2010. L'avocat de Stéphane Courbit est le gestionnaire de fortune de Liliane Bettencourt.

En mai 2011, on apprend que la femme la plus riche de France vient d’entrer à hauteur de 20 % — soit 143 millions d’euros — du capital de la holding de Stéphane Courbit, Lov Group. Une étude de faisabilité menée par Jean-Marie Messier, devenu banquier et avocat d’affaires et qui, en matière de revers de fortune, s’y connaît plutôt bien, assure l’investissement intéressant, surtout si Axa Private Equity est de la partie, comme il en est question. Un mois plus tard, la fille de Liliane Bettencourt, Françoise Meyers, conteste cet investissement, une nouvelle fois réalisé à l’insu de sa vieille mère qui aurait pris Courbit « pour un chanteur », dit-elle, et surtout sous la houlette de Pascal Wilhelm, le nouveau gestionnaire de fortune de l’héritière L’Oréal, mais également l’avocat de Jean-Marie Messier et de Stéphane Courbit — ou du moins de son site de jeux en ligne, Betclic. Tout ça sent très fort le conflit d’intérêts. Dans leur jargon, les analystes se lancent dans des calculs : « L’investissement de la propriétaire de L’Oréal valorise l’empire Courbit à près de trente fois son Ebitda, excédent brut d’exploitation, de 20 millions d’euros… » Pour eux, Lov a été largement surévalué.

« Je vais rembourser », dit très vite Courbit. Mais rien ne vient. Tout traîne. Une tentative de médiation est organisée. Il y a d’un côté de la table deux as du contentieux pour Courbit, et, pour la fille Bettencourt, un avocat d’affaires. « Vous donnez vos hôtels, c’est réglé », explique ce dernier aux avocats du producteur. Mais, même en panne de trésorerie, Courbit refuse de se séparer de ce qu’il a acheté sur la case bleu nuit de son Monopoly. Actifs personnels, répond-il. La conciliation capote. Et les enquêteurs de se demander si les 143 millions n’ont pas servi à éponger les dettes de Courbit.

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Achats, dettes, emprunts, amis fiscalistes, avocats complices, tout sera épluché de l'art de faire des affaires dans les années Sarkozy, y compris la brève histoire d'un yacht avalé par la mer Égée.

COURBIT A CHANGÉ DE DISCOURS désormais. Il ne veut plus rembourser Liliane Bettencourt. Il n’a « pas prêté d’argent, mais investi en augmentation de capital ». Il ne serait que la victime collatérale d’un « conflit familial radioactif », un adjectif que ne renierait pas Nicolas Sarkozy.

Pendant l’élection présidentielle, la justice a l’habitude de s’assoupir prudemment, oubliant les perquisitions, les gardes à vue, les interrogatoires. Mais l’élection est aujourd’hui terminée — perdue. Les affaires judiciaires reprennent. Les policiers de la brigade financière ont déjà entendu Jean-Marie Messier pour lui demander si sa banque n’avait pas valorisé Lov Group en vue de l’investissement de Mme Bettencourt. Pascal Wilhelm, un notaire, un infirmier et Courbit intéressent aussi les magistrats. « Je suis prêt à me rendre chez le juge », dit-il, comme l’affirment toujours ceux qui savent leur nom inscrit sur l’agenda de la justice. Achats, dettes, emprunts, amis fiscalistes, avocats complices, tout sera épluché de l’art de faire des affaires dans les années Sarkozy, y compris la brève histoire d’un yacht avalé par la mer Égée.

Presse bourgeoise (Ariane Chemin et Judith Perrignon. Illustrations Kate Gibb, Le Monde, 27 mai 2012)

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[Copwatch] Lancement de la Base Nationale des Policiers Violents

Lancement de la BNPV

Le 3 avril 2012, la relaxe du policier éborgneur d’un lycéen en 2007 Mathieu LEGLISE était prononcée par le TGI de Nantes.

Une fois de plus et sans surprise, la justice française préfère relaxer pour montrer ce qu’il en côute de s’opposer à l’état et à ses piliers repressifs. Au final, dans cette affaire, et comme d’habitude, les rôles sont inversés, la victime devient l’accusé. Avec ce résultat, les forces de sécurité françaises ont obtenu un permis d’éborgner en totale impunité.

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Nous avons pris connaissance de la saisine 2008-1 de la CNDS concernant l’usage disproportionné du LBD et du flashball. Nous avons lu les articles sur les divers comportements de ce flic au cours des missions précédentes. Elles sont pour nous consternantes mais d’une banalité pourtant bien réelle.

Mais nous ne pouvons accepter le résultat de ce jugement, qui constitue une véritable humiliation pour toutes les personnes ayant été assassinées ou éborgnées par ces individus violents.

Aujourd’hui, Mathieu Leglise, gardien de la paix issu de la CDI 44 [Les Compagnies Départementales d’Intervention sont l’antichambre des Brigades Anti Criminalité. Nombreux sont les flics de cette unité à passer les tests physiques afin de devenir membres de la BAC.] basée à Nantes va servir d’exemple et de lancement de notre nouvelle base de donnée : la BNPV pour Base Nationale des Policiers Violents.

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Les collègues de la CDI 44 de Mathieu LEGLISE

Cette base de donnée s’attaquera à une frange croissante des membres de la police et de la gendarmerie nationale, celles et ceux passés ou non devant les tribunaux (et pour la plupart acquittés), ayant commis des assassinats, aux comportements particulièrement violents, à l’idéologie nazie ou raciste, et à ceux ayant commis des viols et agressions sexuelles. Cette base se fera sur un plan national et non plus local.

Nous insistons et lançons un appel à celles et ceux qui luttent contre la répression dans chaque ville, pour que la pratique du copwatch se répende et soit diffusée toujours davantage.

Afin de remplir la BNPV, nous sommes disposés à recevoir les détails précis sur des policiers non répertoriés dans cette base.

Copwatch Nord Ile-de-France, 27 mai 2012

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[Rencontre internationale anarchiste à Saint-Imier du 8 au 12 août 2012] Considérations locales

Considérations locales à avoir en tête en venant à Saint-Imier

Du 8 au 12 août 2012, à l’occasion d’une Rencontre internationale de l’anarchisme, convergeront des libertaires du monde entier et de toutes tendances. Nous devrions être plusieurs milliers à nous rassembler dans la ville de Saint-Imier (4800 habitants, dans le Jura Bernois, CH).

Dans la localité de Saint-Imier, c’est la coopérative culturelle autogérée Espace Noir qui travaille à l’organisation de cet événement et accueille ces rencontres.

Implanté dans la ville depuis 1986, Espace Noir, en étant partie prenante des luttes sociales et en faisant vivre au quotidien les valeurs libertaires, constitue un outil du mouvement anarchiste, sans lequel cette Rencontre n’aurait pas été possible.

C’est grâce à cette implantation locale qu’Espace Noir a pu s’assurer du concours de la Municipalité et de la population, notamment dans la mise à disposition des différentes infrastructures nécessaires à la mise en place d’une manifestation de cette ampleur.

Bien sûr, cette reconnaissance reste fragile, et la caricature de l’anarchiste casseur, tagueur, etc. reste vivace et toujours prête à servir contre nous à la première occasion pour nous affaiblir…

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En août 1885, sortie à Saint-Imier (Suisse) du premier numéro de « La Tête de Mort » Journal communiste, anarchiste et révolutionnaire. Un seul numéro connu de cette violente publication qui prône la lutte armée. Après avoir pensé que cette publication pouvait être l'œuvre de la police où de provocateurs, il est apparu que c'était en fait un canular, un numéro déguisé du « Cancan jurassien » pour lequel le rédacteur, l'imprimeur et le dépositaire seront condamnés à 5 francs d'amende pour avoir publié le journal anonymement. Ce n'est donc pas un journal anarchiste, mais cette histoire est révélatrice de la peur que pouvait inspirer l'anarchisme à la bourgeoisie dans ce lieu aussi symbolique que Saint-Imier. (Éphéméride anarchiste)

Chacun-e comprendra qu’il est de notre responsabilité collective de faire en sorte que cette Rencontre se déroule de manière conviviale, et que la poignée de compagnons/compagnes qui animent Espace Noir n’aient pas à répondre de nuisances auprès de ses voisins une fois l’événement passé. Gageons au contraire que la population de Saint-Imier et de la région en ressortira confortée dans la fierté d’avoir été le berceau de l’anarchisme social et de sentir cette tradition plus vivante que jamais.

Le Comité d’organisation

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[Punktum Proximum] SDF

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Groupe punk-oï-etc. du Haut-Jura

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[Radios libres en lutte] Pour que vivent les radios libres et gratuites contre le rouleau compresseur du numérique

La RNT : mai 2012 – État des lieux

Il y a plus de 30 ans, le mouvement des radios libres faisait tomber le monopole d’État sur la radiodiffusion et ouvrait la bande FM aux multiples expressions sociales, culturelles, politiques et musicales. Beaucoup des « historiques » ont disparu ou basculé plus ou moins dans la pub et sont passées du côté commercial. Cependant nous restons un certain nombre à revendiquer notre indépendance et notre liberté de contenu.

La diffusion hertzienne reste pour nous la plus adaptée car elle est simple, de qualité et peu onéreuse. En 2008, le CSA sommait les radios associatives de rentrer dans les rangs du numérique. À cette époque déjà, nous formulions des réticences (Voir le texte les radios au crible du numérique). Aujourd’hui, alors que le projet du numérique avait été gelé, nous avons appris par voie de presse qu’il était relancé, avec en prime un « cadeau » empoisonné : la création de la radio payante ! Le CSA, suivi par les syndicats, censés représenter les radios associatives, foncent sans concertation ni réflexion véritable vers un projet qui pourtant implique une véritable transformation du Média Radio. Il nous présente ce passage comme inéluctable : suivre ou aller crever sur la bande FM…

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Malgré l’expérience désastreuse de la télé numérique (TNT), la Radio Numérique Terrestre nous est présentée comme une innovation technologique ultra moderne : meilleur son, meilleure diffusion, meilleure réception. Des arguments d’industriels et de financiers qui sont discutables voire mensongers.

La RNT : le clonage des programmes n’est pas pluralisme : la RNT nous est présentée comme la garantie d’une plus grande diversité. Aujourd’hui, 600 radios associatives garantissent la pluralité des opinions et l’accès démocratique aux médias. Elles puisent leur richesse dans leur capacité à relayer la parole des acteurs locaux à travers des moyens d’expression peu ou pas employés par les autres médias, offrant ainsi une diversité d’expression, d’expérimentation, de création et d’innovation tant au niveau du contenu que de la forme. Or, nous voyons dans le passage au numérique une mise en danger des radios associatives non commerciales, une volonté d’uniformisation du paysage radiophonique et la consécration d’une conception technocratique de l’audiovisuel.

La RNT, ça coûte cher ! Le passage au numérique représente un coût considérable pour les radios : investissement en matériel, formation à la nouvelle technologie et double diffusion pendant plusieurs années (sur la bande FM et sur la bande numérique). Or, à ce jour, dans le contexte généralisé de baisse des aides publiques qui affecte l’ensemble du secteur associatif, aucune réponse satisfaisante n’a été donnée concernant la prise en charge du financement de la diffusion en numérique des radios associatives. Les coûts liés à la double diffusion risquent de les rendre toujours plus dépendantes des subventions d’état, régionales, locales et donc du bon vouloir des élus, au risque de compromettre leur liberté éditoriale. La réalité des radios sans publicité ni profit est tout bonnement ignorée. Il en va d’elles comme, par exemple, des minimas sociaux, de la santé, de l’éducation ou de la recherche fondamentale : ce qui n’est pas rentable pourrait tout aussi bien disparaître. Si passage à la radio numérique il y a, nous demandons une prise en charge des coûts de diffusion par les pouvoirs publics (par le FSER, Fond de Soutien à l’Expression Radiophonique ou tout autre dispositif).

Avec la RNT, le son ne sera pas de meilleure qualité ! La RNT proposera des taux de compression du signal sonore entre 64 kbps et 256 kbps, c’est-à-dire entre une très mauvaise qualité et une (relativement) bonne qualité. Le principe démocratique d’une qualité équivalente pour tous disparaît lors du passage à la RNT. La RNT, c’est un meilleur son pour tout le monde sauf pour ceux qui ne pourront pas se le payer.

Avec le numérique un nouvel acteur privé payant entre en scène : le multiplexeur, canal dans lequel huit ou neuf radios doivent entrer, de gré ou de force. Des mariages forcés entre des radios n’ayant pas la même sensibilité devront donc être conclus. Que pèsera alors une petite radio associative face à des radios commerciales devant le conseil d’administration d’une société de multiplexage privée ? Le multiplexage signe également la fin de l’auto-diffusion et met en danger de nombreuses petites radios associatives locales telle que Radio Larzac. Une double obligation s’impose aux radios : celle de transiter par un prestataire et celle de se « pacser » avec d’autres radios pour être diffusées.

Avec la RNT, pour le même coût, les zones de diffusion seront réduites ce qui privera une partie des auditeurs des radios locales de leurs programmes. En région parisienne, si nous prenons l’exemple de Fréquence Paris Plurielle, une grande partie de la population de la banlieue, celle de certaines prisons, ne sera plus couverte. Ce public auquel nous sommes attachés et qui fait la richesse de notre antenne est pourtant notre auditorat depuis la création de la radio, il y a 20 ans !

Le numérique c’est aussi une logique binaire et sans nuance : ça marche ou ça ne marche pas du tout ! Adieu la bidouille et la liberté de capter la bande FM avec un vieux transistor. Le passage au numérique, c’est des nouveaux postes radio qui permettent de développer la publicité et l’image (!) sur des écrans : il intéresse principalement les radios qui souhaitent exploiter ces données associées.

Actuellement, chaque foyer possède au moins six postes radios. Pour recevoir la radio numérique les auditeurs devront impérativement acheter de nouveaux postes récepteurs. Des millions de postes FM vont être jetés pour être remplacés par du matériel cher, à l’obsolescence programmée. Une manne pour les industriels bien sûr mais des dépenses supplémentaires pour de nombreuses personnes qui n’ont ni les moyens financiers, ni l’aisance technique, pour accéder à cette technologie. Avec d’autres, nous avons fait le choix de donner la parole à ceux qui ne l’ont pas : les habitants des quartiers populaires, les non-professionnels, les non-spécialistes, les communautés immigrées, le mouvement social, les acteurs et actrices des luttes, les initiatives culturelles non-commerciales… La radio qui est en FM un média simple d’accès et quasiment gratuit risque de devenir un outil technologique discriminant.

FACE À CETTE LOGIQUE DE CONSOMMATION, DE CONTRAINTE, DE RENTABILITÉ, D’UNIFORMISATION, NOUS, NOUS RESTONS ILLOGIQUES ET NON, NOUS NE CRÈVERONS PAS !

NOUS EXIGEONS :

- LE MAINTIEN DE LA BANDE FM SUR LE LONG TERME.

- QUE LES RADIOS PUISSENT EFFECTUER LEUR TRANSITION VERS LE NUMÉRIQUE QUAND ELLES LE SOUHAITERONT.

- QUE LE PASSAGE AU NUMÉRIQUE N’OCCASIONNE LA DISPARITION D’AUCUNE RADIO ASSOCIATIVE NON-COMMERCIALE. UNE PART ÉGALE VOIR SUPÉRIEURE, DES RADIOS DE CATÉGORIE A, DOIT ÊTRE RÉSERVÉE SUR LA BANDE NUMÉRIQUE.

- LE PASSAGE AU NUMÉRIQUE DOIT ÊTRE FINANCÉ PAR L’ÉTAT, AUSSI BIEN LA DIFFUSION QUE LES FRAIS D’ÉQUIPEMENT (PAR LE BIAIS DU FSER OU AUTRE…).

Radios libres en lutte, 26 mai 2012

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