[New York] « Les jeunes haïssent les policiers, personne ne les aime »

Manifestations à New York pour dénoncer les abus de la police

Plusieurs dizaines de manifestants munis de sifflets ont protesté jeudi en différents endroits de New York pour protester contre les abus de la police et notamment une mesure qui permet aux forces de l’ordre d’arrêter toute personne soupçonnée d’activité illégale.

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« L’idée c’est que les gens portent des sifflets et sifflent pour alerter le reste de la population quand ils voient la police arrêter quelqu’un et le fouiller », a expliqué Melanie Craney, du réseau Stop Mass Incarceration (« Arrêtez les emprisonnements de masse »), organisateur de ces manifestations.

La mesure dénoncée, « Stop et fouille », est défendue par la police et par le maire de New York, Michael Bloomberg, qui y voient l’occasion de faire baisser le nombre d’armes en circulation dans sa ville, et particulièrement dans les quartiers sensibles où des fusillades surviennent presque chaque jour.

L’an dernier les policiers new-yorkais ont arrêté 685’724 personnes, dont 84% de noirs ou d’Hispaniques. Mais des activités illégales n’ont été constatées que dans 2% des cas, et des armes n’ont été découvertes que dans 1% des cas, selon le Centre pour les droits constitutionnels, qui a examiné les chiffres de la police.

« Les jeunes haïssent les policiers, personne ne les aime », a déclaré un jeune manifestant, Abdul Bircher, 15 ans, qui vit dans le Queens.

Son camarade Keshawn James, 16 ans, a lui raconté que « parfois la police essaie exprès de vous créer des problèmes, ils essaient de vous énerver pour pouvoir vous arrêter ».

Ce dernier, qui habite dans le Bronx, avoue toutefois que les armes sont fréquentes dans les quartiers pauvres où la police patrouille fréquemment, et que la peur de violences est toujours présente dans sa tête. Selon lui, les mesures de la police ne le font pas se sentir plus en sécurité.

« Si vous vous faites agresser, le temps que la police arrive c’est trop tard », souligne-t-il.

Leur presse (Agence Faut Payer, 13 septembre 2012)

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[Saint-Imier 2012] Les anars sous une même bannière

Les anars sous une même bannière

ST-IMIER • Malgré les multiples tendances de la mouvance libertaire représentées dans le Jura bernois, les participants aux Rencontres de l’anarchisme tirent un bilan positif de la manifestation.

Dimanche soir, Londres vivait sa cérémonie de clôture des JO, grandiose déballage médiatique, sorte d’autocongratulation sous les couleurs de l’Union Jack. Quelques heures plus tôt, loin des stades, à St-Imier, pas de folie pyrotechnique ni de superstars vieillissantes. Mais le ton est également à la fête, le drapeau noir et rouge brandi fièrement, alors que les anarchistes de tous bords se félicitent des Rencontres internationales de l’anarchisme 2012.

La tranquille bourgade horlogère du Jura bernois a vu sa population presque doubler la semaine passée, avec près de 3000 participants pour célébrer l’un des actes fondateurs du mouvement anarchiste : le premier Congrès de l’internationale antiautoritaire de St-Imier en 1872 (nos éditions du mardi 7 et vendredi 10 août). Militants, sympathisants ou quidams curieux ont ausculté la question anarchiste, sans hésiter à appuyer la où ça fait mal, pour relever les différences, voire incohérences, entre les différentes tendances de la mouvance libertaire.

Mosaïque libertaire

Suivant la doctrine anarchiste, les regroupements sont nombreux au sein du mouvement. Ses axes principaux – l’organisation en autogestion, la suppression de la hiérarchie et la prise de décision collective – sous-tendent tout naturellement cette mosaïque libertaire. Il y a les groupes plus structurés, les différentes fédérations et organisations, composées en général de membres souvent issus de la lutte syndicale, le cheveu un peu grisonnant. C’est à leur initiative – la Fédération anarchiste (FA), l’Internationales des fédérations anarchistes (IFA), la Fédération libertaire des montagnes (FLM), l’Organisation socialiste libertaire (OSL) – ainsi qu’à celle de la coopérative Espace Noir de St-Imier que les Rencontres ont été organisées. L’IFA – fondée en 1968 et qui regroupe les FA francophone, italienne, ibérique, allemande, bélarusse, tchécoslovaque et anglaise, ainsi que la Fédération libertaire argentine et l’Association des mouvements anarchistes russes – a profité de l’occasion pour tenir son 9e Congrès, comme tous les quatre ans, après Carrare (Italie) en 2008.

À St-Imier, les « anciens » se sont majoritairement chargés du volet théorique du programme, qui s’est tenu dans différents locaux communaux loués pour l’occasion. La grande salle de spectacle qui sert de salle du conseil, le centre de culture et de loisirs et la patinoire du village ont donc été utilisés de façon inédite par des militants au look parfois marginal durant les conférences, tables rondes, films, concerts et salon du livre.

Un même dessein

En marge des fédérations, d’autres collectifs revendiquent leur appartenance au mouvement libertaire. Organisés moins formellement, ils sont très actifs sur des questions pratiques liées notamment à l’habitat collectif, à l’autogestion de la vie collective, aux discriminations, à l’environnement et aux animaux. Majoritairement plus jeunes que les anarchistes « fédérés » ou syndicalistes, leurs membres se regroupent de façon plus spontanée, par affinité politique et parfois affective. Ainsi, à St-Imier, de jeunes anarchistes sont venus en masse de toute l’Europe, se chargeant plus ou moins spontanément de gérer la partie « off » des Rencontres, la vie collective sur le site, durant cinq jours.

Aucun n’incident n’est à déplorer et la convivialité et l’amitié ont été de mise. La population locale, sur ses gardes avant l’arrivée des « anars », l’a souligné aux organisateurs. Parfois se regardant en chiens de faïence, les différents visages du courant libertaire se sont reconnus à St-Imier. Bien qu’aucune résolution commune n’ait été adoptée à l’issue de la rencontre, le meeting final a montré dimanche que le mouvement libertaire pouvait se réunir sous une même bannière, celle de la lutte contre le capitalisme et contre toute forme d’oppression et de domination.

Une organisation parfois défaillante

Durant ces quelques jours, des flottements organisationnels ont été ressentis, mettant en relief les différentes pratiques dans le milieu libertaire. Concernant le logement par exemple, le camping installé à Mont-Soleil, sur les hauteurs de la cité imérienne, a posé problème. Le prix fixe de 15 francs imposé par l’organisation a semblé excessif aux petites bourses. Des voix se sont ainsi élevées pour demander plus de transparence sur l’aspect financier de la manifestation. Le comité d’organisation a reconnu lors du meeting de clôture dimanche avoir été parfois pris de court lors de ces Rencontres qui étaient une première pour le petit comité de pilotage à St-Imier (une quinzaine de personnes). Michel Nemitz, membre du comité d’organisation, a exprimé toute sa satisfaction devant l’assemblée et clarifié la question du budget. Promettant de faire mieux pour une prochaine, il se réjouit que des habitants de St-Imier lui aient demandé quand aurait lieu la prochaine édition.

Autre critique allant dans le même sens, les prix fixes pour les concerts, malgré le tarif « précaire » proposé, a contredit pour certain-e-s les valeurs du mouvement. L’usage du prix libre est usuel dans le milieu libertaire, pour empêcher la discrimination économique et assurer la solidarité. Le prix libre, de façon générale, affirme le refus du profit pour créer les conditions d’un autre rapport à l’argent qui implique une notion de responsabilisation et d’entraide dans l’échange.

À St-Imier, beaucoup ont regretté que cet aspect ne soit pas pris en compte par l’organisation, donnant lieu à des tensions, notamment aux entrées des concerts où les négociations allaient quelques fois bon train.

À Mont-Soleil, d’autres problématiques ont surgi dès la première nuit. Avec la réflexion politique en journée et les soirées plus festives, tout le monde n’a pas le même rythme : passer une nuit tranquille afin d’assister aux conférences du matin n’est pas forcément compatible avec la fête, parfois arrosée. Après l’arrêt des concerts, vers 2 h du matin, de nombreuses personnes ont été réveillées. Pour y remédier, dans l’esprit « do it yourself », un camping alternatif, à l’écart de la fête, a été mis sur pied dans le jardin d’une maison collective du village (une ancienne brasserie, en cours de rénovation par ses habitants), gratuit et servant également cafés et petits déjeuners.

Prévoir et gérer d’éventuelles situations de violence a été une autre lacune dans l’organisation. La difficulté d’accès pour les non valides a aussi été relevée. Un « safer space » de fortune, un endroit où se sentir plus libre, plus en sécurité, a donc été mis en place. En lieu d’un véritable espace militant et égalitaire où l’on évite le plus possible de reproduire des systèmes d’oppression et de domination, un stand devant la salle de spectacle a permis de lancer différents comités de réflexion. Tout le monde a pu proposer des problématiques sur des grandes feuilles blanches collées au mur.

Dans cette démarche, un atelier autour de la question de la violence à autrui, notamment sexuelle, et comment y réagir, a été par exemple organisé sur le terrain de foot municipal.

Quelques tensions

L’autogestion dans la vie collective a suscité de nombreuses discussions. Elle a également pris la forme de l’action directe, notamment lorsqu’un participant a entarté un militant de l’Organisation socialiste libertaire (OSL) lors d’une conférence en début de semaine. Un groupe antispéciste, qui s’oppose à la maltraitance, à l’exploitation et à la consommation des animaux, a aussi commis un « attentat à la saucisse » sur le grill installé sur la terrasse de la coopérative Espace Noir, terrain plutôt fréquenté par les anarchistes proches des syndicats. Forçant la réflexion par l’action – la provocation, pour certain-e-s –, le groupe s’est ensuite exprimé lors du meeting de clôture dimanche, déclenchant des réactions contrastées dans l’assemblée.

Le groupe anarcha-féministe s’est quant à lui exprimé sous les applaudissements. En réunion non mixte tous les matins (les hommes ont fait de même jeudi), le groupe est parti du constat de la sous-représentation des femmes parmi les invités des débats pour traiter des relations de pouvoir, de privilèges et d’oppressions de chacun-e. Lue à tour de rôle par toutes les participantes, une lettre au ton ironique a rappelé l’importance du féminisme et de la lutte contre le patriarcat, autant au sein de la société que dans sa forme plus intériorisée. Un réseau international s’est créé avec le projet d’organiser les rencontres internationales de l’anarcha-féminisme d’ici à deux ans.

Camille Abele, LeCourrier.ch, 14 août 2012

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Va-t-il encore falloir attendre ?

« Le communiste, quant à lui, ne se demande pas si son action est “indispensable” ou “inutile”. Il ne peut plus vivre dans la société actuelle, comprend qu’une solution individuelle ne serait qu’illusion. »

La théorie révolutionnaire séparée prouve sans cesse ses limites dans l’action ou praxis que certains considèrent comme « l’ordalie » du fameux mouvement réel. Or la réponse du réel est implacable.

Celle-ci est simplement irrecevable parce que cette merde fait système. Il est plus opératoire de pratiquer la charité, car la résonance et le retour est immédiat, mais aussi parce qu’elle s’inscrit dans la logique d’une réponse intégrable.

Entre confusions et flou volontairement entretenus, la théorie idéologisée fait écho à des tentatives publicitaires et folkloriques des milieux militants, ainsi :

L’activité « pratique théorique » militante s’affirme d’années en années comme une somme d’hagiographies où l’onomastique communiste, anarchiste flirte avec la philologie marxienne et la scolastique libertaire.

En ces temps, elle se fait d’ailleurs plus littéraire qu’historienne. On y romantise l’histoire de ses échecs en quadrichromie.

Ce « maitronisme » s’affirme d’ailleurs comme un moment important des activités des « révolutionnaires ». Les théoriciens du communisme s’amusent à exhumer d’improbables fragments d’une littérature désuète déjà subvertie par le capital. Ces nouveaux gnostiques, quelques fois archéologues cherchent dans la théorie le salut d’une vie aliénée et démontre par là leur extériorité au prolétariat.

Le comble de la saloperie est bien quand !

Les enfants de la bourgeoisie, les profs, les universitaires appointés au CNRS, théorisent sempiternellement la dernière parousie. Ceci à la seule fin de s’en faire les prophètes, plus certainement les experts.

Quand la dernière solution à la mode proposée, et prônée, n’est autre que d’être un animateur à mégaphone, un boutiquier alternatif équitable ou un épicier radicalement bio et autogéré ;

Quand la frugalité, l’éloge de la « simplicité volontaire » et les traités « Maussiens » sur le renoncement au quantitatif s’affichent dans de nombreuses librairies radicales, c’est que la soumission à l’ordre dominant s’annonce des plus fantastique.

L’éloge du qualitatif dans la société capitaliste n’est ni plus ni moins que le retour de l’Homo œconomicus qui revient par la fenêtre !

L’audience des discours, leurs diffusions, n’est pas sans nous faire penser que le prochain « serrage de ceinture » sera pour le prolétariat ! Qui, c’est bien connu, ne s’achète que des écrans plasma avec ses 900 euros. Il n’y a qu’un pas pour penser que l’idéologie qui vient est toujours l’idéologie de la classe ascendante, c’est-à-dire celle qui annonce la prochaine offensive contre les exploités.

Une gestion plus locale du vieux monde ou une redistribution plus équitable des miettes, n’y changera rien, la rupture ne s’affirmera pas dans l’éloge des nouvelles féodalités affinitaires et auto-organisées où les nouvelles chefferies informelles côtoient la gestion joyeuse de la pénurie de ceux qui ont été élevés dans l’opulence, et qui font du cénobitisme culpalisant un chemin vers la destruction automatique des communautés factices du capital.

Le projet communiste dans son moment d’élaboration s’affirme négativement, en opposition à ce qu’il ne veut pas, et s’articule à la nécessité d’en finir immédiatement. Mais ceci toujours par rapport à des besoins très pratiques, peut-être trop pragmatiques, n’en déplaise aux « communisateurs » ces nouveaux réformistes qui sont à la théorie ce que Garcimore est à la prestigitation.

Quand le théoricisme ou la théorie idéologisée rencontre la pensée magique de la révolution c’est que de nouveaux totems sont prêts à s’ériger !

Voilà pourquoi !

Si le prolétariat est contraint historiquement d’assumer la tâche de détruire le capitalisme ou de disparaître, il aura obligatoirement à faire face au Droit et à l’État, à sa police et à ses armées, à son idéologie et à ceux qui la produise, ceci d’une manière INDUSTRIELLE !

Les capitalistes nous laisseront-ils vraiment « communiser » par l’opération du saint-esprit ? Ils n’ont que foutre des néo-mormons de l’auto-réduction. L’atomisation Tarnac-ienne permet toutes les brutalités. À nous d’en tirer les leçons.

Entre répression et salariat, chômage et précarité, animalisation et crainte de sa propre mort à petit feu, la peur de perdre le peu qui n’est rien est déjà toute une politique, voire un dispositif.

Il faut bien avouer que l’absence de programme du et vers le communisme, celui qui doit se distinguer de cette « alternative » qui consiste à reformer l’irréformable, à surenchérir démagogiquement sur des mots d’ordre radicalement catégoriels et utopico-keynesiens, d’un service public plus public ou d’une « équité » plus égalitaire, ne facilite pas les choses.

Peut-être est-il plus bandant de rêver éternellement, en secret, de rouler en Maserati ou de gagner au Loto dans un monde où l’Entrepreneur est un modèle où chacun a sa chance sur le papier, plutôt que d’entrevoir un improbable communisme militarisé pour le bien de tous, psalmodié par des fils et des filles à papa, ou des « ultra-gauche » salonards qui scandent des formules magiques et des incantations tirées des saintes écritures pro-situs ou néo-staliniennes.

Redéfinir la lutte et le programme de la révolution pour le communisme est plus que jamais une affaire d’organisation ceci pour sa capacité d’offensive et de résistance face à la contre-révolution qui EST.

Nous sommes conscients, comme l’écrivait Paul Mattick, « qu’il y aura antithèse entre l’organisation et la spontanéité tant que se perpétueront et la société de classes et les tentatives de l’abattre » mais nous sommes aussi persuadés que nous ne pouvons pas ne pas réagir puissamment contre les coups qui nous sont portés quotidiennement.

Voilà pourquoi nous choisissons d’assumer, ceci sans avant-gardisme ou quelques prétentions à l’éclairage de consciences embrumées, la construction d’une organisation anti-hiérarchique et classiste qui aura pour fonction de définir les taches pratiques du communisme et les moyens d’y parvenir, ceci dans la tradition de la gauche communiste et du communisme de conseils.

Pour suivre l’élaboration de nos positions et de notre activité.

Tract distribué le 1er mai 2009 – Vosstanie

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Bonne nouvelle : on peut facilement fabriquer une arme à feu avec une imprimante 3D. (Et vive le progrès, LOL !)

Comment fabriquer une vraie arme à feu à domicile ?

L’impression 3D permet de créer des maquettes ou des prothèses. Mais des petits malins l’utilisent déjà pour fabriquer des pistolets.

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L’arme fabriquée par HaveBlue à l’aide d’une imprimante 3D

C’est un véritable pistolet, qui fonctionne. Pourtant, il peut être fabriqué à la maison, avec pour seul matériel une imprimante nouvelle génération. Habituellement utilisée à des fins artistiques ou médicales, pour réaliser une maquette en relief ou des organes de remplacement, l’imprimante 3D pourrait sous peu faire de nouveaux adeptes : les armuriers en herbe.

HaveBlue, un membre du forum AR15.com, spécialisé dans l’armement, affirme ainsi avoir réussi à fabriquer les pièces qui constituent une arme à feu à l’aide d’une imprimante Stratasys, qui n’est pourtant pas un matériel de dernière génération. Cet appareil de stéréolithographie permet de fabriquer un objet en superposant des couches de plastique, de cire ou de métal afin de former un volume. Le résultat obtenu par HaveBlue aurait été fort concluant : il serait parvenu à tirer plus de 200 fois avec l’arme qu’il a assemblée.

Ce « progrès » technique est assez effrayant. Outre les risques de conception auxquels s’expose l’apprenti armurier (le pistolet, conçu en plastique, pourrait se révéler explosif pour celui qui le manipule) se pose le problème de la libre circulation de ces nouvelles armes. Avec des plans et les notices de fabrication disponibles sur Internet, rien n’est plus facile que d’imprimer les composants des pistolets. Faudra-t-il bientôt une autorisation de possession d’imprimante tridimensionnelle ?

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REGARDEZ : l’imprimante tridimensionnelle à l’œuvre

Presse en plastique (Louise Cuneo, LePoint.fr, 13 septembre 2012)

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 65 – « À quoi bon vivre si c’est pour survivre dans la zermi, j’ai versé toutes les larmes de mon corps quand je voyais nos mères illettrées mais dignes à qui la dame du guichet de la CAF les traitait de profiteuses du système, quel système ? dans nos ascenseurs ça pue la pisse, on vit entassés dans des F4, on devait rester là ne rien dire, subir mais nos mères jamais un mot plus haut que l’autre, même face à toutes ces réflexions, tout ça me remplissait de colère, j’étais haut comme trois pommes mais je voulais porter ma mère sur mon dos, sécher ces larmes qui coulaient à l’intérieur, je me suis juré de les sortir de là »

Partie 65

ON AIME TOUS ALLER VOIR LES LIONS AU ZOO MAIS QUI OSE DESCENDRE DANS LA FOSSE AUX LIONS ?

À l’âge de 4 ans j’arrive à Mantes-la-Jolie, trois ans plus tôt j’atterrissais à Orly tout droit débarqué de ma Mauritanie natale, issu d’une famille pieuse 100 % musulmane, qui aurait cru que vingt-cinq ans plus tard je dormirais en cellule, sans escale. Que s’est-il passé pendant ce quart de siècle ? Qu’est-ce qui a poussé un jeune immigré d’une famille aimante à sortir les crocs face à Marianne ? Parti de Mantes-la-Jolie pour un long périple, les braquages comme motivation, sortir les miens du ciment comme conclusion j’étais prêt à me sacrifier à 100 % pour ceux que j’aime. À quoi bon vivre si c’est pour survivre dans la zermi, j’ai versé toutes les larmes de mon corps quand je voyais nos mères illettrées mais dignes à qui la dame du guichet de la CAF les traitait de profiteuses du système, quel système ? dans nos ascenseurs ça pue la pisse, on vit entassés dans des F4, on devait rester là ne rien dire, subir mais nos mères jamais un mot plus haut que l’autre, même face à toutes ces réflexions, tout ça me remplissait de colère, j’étais haut comme trois pommes mais je voulais porter ma mère sur mon dos, sécher ces larmes qui coulaient à l’intérieur, je me suis juré de les sortir de là. J’étais qu’un jeune lionceau mais j’avais les mêmes ambitions que le roi de la jungle étant parti de rien je n’avais rien à perdre, la prison ce n’était qu’un détail, mes huit ans d’enfermement aussi, quand ta cause est juste tu pouvais tout affronter, mes paroles peuvent paraître une folie pour certains mais chaque syllabe qui sort de ma bouche est assumée, je donnerais ma vie pour que mes proches soient à l’abri.

LE PARADIS SE TROUVE SOUS LES PIEDS DE NOS MÈRES ET MÊME SI IL NE S’Y TROUVAIT PAS MOI JE LUI DONNERAI MA VIE.

Personne pourra m’arrêter y a que Dieu qui pouvait me juger, même après ma mort, mes écrits resteront et mettront tout le monde d’accord, et même les jaloux qui diront « wallah Oumar Allah y rahmo, il avait trop raison, ces textes puaient trop la réalité ».

Je ne suis pas à plaindre, tous les jours je mange à ma faim, j’ai assez de sape pour saper trois villages hamdoulilah LOL donc tranquille je patientais bientôt ils ouvriront les portes de la prison tellement j’étais pressé, je dormais même avec mes baskets MDR. Fini les armes, les bracos les soirées à m’abrutir en discothèque, je plaignais ma femme car je voulais minimum cinq enfants direct, j’ai plus de temps à perdre, y en a ils font des chichis quand leur marmot les réveille en pleine nuit en pleurant, non moi je vais trop kiffer, j’ai tellement attendu je crois que je vais même planter une tente à côté de son berceau et dès le premier cri je le bercerai jusqu’à l’aube.

Aussi longtemps que je me souvienne, ils ont toujours tout fait pour me faire craquer, que je sorte de prison sans neurone, j’étais tombé pour la Ligue des champions seul je ressortirai champion du monde avec mon cerveau intact et sans aucune égratignure, ce qu’ils ne savaient pas c’est qu’on avait le dine comme couverture et face à leurs prisons je suis immunisé.

Un jour alors que j’étais en cellule avec Kamel, on avait chacun notre bigo perso puis le surveillant nous amène un troisième codétenu qui était de Mantes, comme il venait de Mantes on l’a accueilli sans faire d’histoire, on l’a mis plus qu’à l’aise il manquait de rien, je lui ai même trouvé un téléphone perso pour qu’il ne fasse pas la queue à attendre après Kamel et moi qu’on lui passe notre téléphone. Il aimait trop parler jusqu’à des 6 heures du matin, ce qui me posait pas de problème à partir du moment où il rangeait le téléphone dans la cachette que je lui ai montrée. Le lendemain matin, on s’est mangé une sacrée fouille et on se retrouvait à trois dans une salle d’attente Kamel et moi étions sereins car on avait rangé nos téléphones en lieu sûr, mais le troisième avait l’air inquiet, donc je le questionne et il me répond qu’il a oublié de mettre le téléphone dans la planque mais l’a dissimulé dans les affaires à Kamel, on a pété les plombs c’est parti en couille, on pensait qu’il allait porter ses couilles et assumer le téléphone ce qu’il n’a pas fait, il a nié le téléphone, c’était un truc de fou une vraie trompette. Comme ils avaient trouvé ça dans les affaires à Kamel, Kamel s’est sacrifié et a pris vingt jours de mitard avec le seum.

SI J’AI LE CŒUR BALAFRÉ C’EST QUE J’AI FAIT LA BISE À DES TRAÎTRES !

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[Afrique du Sud] Des armes, des chouettes, des brillantes

Afrique du Sud : Appel à la grève générale dans les mines dimanche

Un appel à une grève nationale a été lancé jeudi 13 septembre en Afrique du Sud dans le secteur minier, où les manifestations de milliers de grévistes constituent le plus important conflit social depuis l’arrivée au pouvoir du Congrès national africain (ANC), en 1994.

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“Dimanche, nous entamons une grève générale ici, à Rustenburg”, a déclaré Mametlwe Sebei, qui a émergé comme un des meneurs des grévistes depuis le début du mouvement social.

L’action vise à “mettre les compagnies minières à genoux”, a ajouté ce militant du Mouvement socialiste démocratique (DSM), qui s’adressait à quelques milliers de travailleurs dans un stade de football situé près de Rustenburg, à 100 km au nord-ouest de Johannesburg.

Malgré la présence d’armes dans ce meeting, les grévistes, qui demandent des augmentations de salaire, assurent mener une action pacifique. “Il ne doit pas y avoir de sang”, pouvait-on lire sur une affiche placardée.

Le mouvement social dans le secteur minier a pris un tour sanglant le 16 août, lorsque les forces de l’ordre ont repoussé quelque trois mille manifestants en faisant usage de leurs armes, tuant trente-quatre d’entre eux près de la mine de platine de Marikana, exploitée par Lonmin.

La plupart des hommes présents jeudi au stade de Rustenburg disent travailler pour le premier producteur de platine, Anglo American Platinum, plus connu sous le nom d’Amplats. La compagnie, qui nie que ces mineurs travaillent pour elle, a suspendu ses activités dans ses quatre mines de Rustenburg mercredi, celles-ci ayant été bloquées par les manifestants.

Leur presse (LeMonde.fr, 13 septembre 2012) via Solidarité ouvrière


Afrique du Sud/mines : le gouvernement annonce du maintien de l’ordre

PRETORIA – Le ministre de la Justice sud-africain Jeff Radebe a annoncé vendredi une série de mesures pour rétablir l’ordre dans le secteur minier perturbé par des grèves et des violences depuis plus d’un mois.

Le gouvernement a mis en place des mesures pour s’assurer que la situation est sous contrôle, a déclaré le ministre lors d’un point presse.

Ces mesures sont les suivantes : ceux qui procéderont à des rassemblements illégaux, porteront des armes dangereuses, se livreront à la provocation ou menaceront de violence dans les zones concernées seront traitées comme il se doit.

Ces zones sont essentiellement la ceinture des mines de platine autour de Rustenburg (nord), où les violences ont fait 45 morts à Marikana depuis un mois, et où les mineurs de deux majors du platine sont actuellement en grève.

Notre gouvernement ne tolèrera pas plus longtemps ces actes, a poursuivi le ministre, les forces de l’ordre n’hésiteront pas à arrêter ceux qui auront violé la législation.

Jeudi, le président Jacob Zuma avait annoncé que son gouvernement s’apprêtait à agir, sans préciser de mesure concrète.

C’est après avoir échoué à faire déposer les armes à 3.000 mineurs en grève à Marikana le 16 août que la police a déclenché une fusillade meurtrière, faisant 34 morts parmi les grévistes. La plupart portaient des armes traditionnelles, allant du bâton à la lance, en passant par la barre de fer ou la machette.

La police a affirmé que des armes à feu dérobées à des policiers circulaient aussi parmi eux.

Leur presse (Agence Faut Payer, 14 septembre 2012)

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Compte-rendu du procès du 31 août à Alès pour refus de prélèvement Adn

Il y a eu un rassemblement d’une trentaine de personnes venues soutenir B. L’affaire a été séparée en deux procès. B. a été jugée ce jour-là uniquement pour le refus d’ADN et pour cela a écopé d’une amende de 300 euros avec sursis. La deuxième partie, pour le vol et la tentative d’émission de chèques sans provisions, aura lieu le 16 novembre à 9h au TGI d’Alès.

Mailing – 14 septembre 2012

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[Toulouse] Communiqué de presse du 13 septembre 2012 de la campagne pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion, suite au procès

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Aujourd’hui, les habitantes  et habitants du nouveau CSA (centre social autogéré) 22 rue Demouilles sont passé⋅e⋅s en procès en référé d’urgence au TGI (tribunal de grande instance) à 9h30. Pour le moment : report d’audience d’une semaine.

Une fois de plus, l’État veut nous remettre à la rue !

Il y a 15 jours il virait le CREA et ses 40 habitantes et habitants dont 15 enfants pour murer un bâtiment qui restera vide pendant longtemps.

Depuis 10 jours, nous nous sommes installé⋅e⋅s dans ce nouveau bâtiment de 5400 m² (ancien siège de l’URSSAF Haute-Garonne) vide depuis 6 ans et sans aucun autre projet que sa démolition (un long chantier réEllement nuisible pour la « quiétude » du voisinage).

Nous en avons fait un lieu de vie pour une centaine de personnes et collectifs qui se sont déjà fait expulser des espaces qu’ils avaient libérés au cours de l’année. Pour toutes ces personnes, femmes, familles et enfants, à nouveau c’est la menace de l’expulsion sans aucune solution de relogement malgré les déclarations mensongères de la préfecture.

Le CREA (Collectif pour la réquisition, l’entraide et l’autogestion), le GPS (Groupement pour la défense du travail social), Sloli, Émergence, ainsi que divers collectifs et personnes, ont, par cette grande réquisition, uni leurs forces pour mettre en pratique l’entraide et l’autogestion dans une perspective autonome et populaire.

La présence de ces collectifs dans les différents quartiers de Toulouse pendant quelques mois ou quelques années a créé des espaces ouverts sur la ville animés d’envies de partager, de se rencontrer et de vivre ensemble.

Leur seule réponse face à cette entraide populaire : criminalisation et répression.

L’enthousiasme de nombreuses voisines et voisins à l’égard de notre projet contrecarre clairement les accusations délirantes du propriétaire et des politiques bourgeois qui tentent de nous isoler.

On continue et on se renforce !

Nos enjeux sont la défense du bâtiment, de choix de vie, d’alternatives à cette vie où tout s’achète. Nous ne sommes pas à vendre ! C’est aussi la réappropriation de son quartier, de sa ville, de ses relations sociales, ça nous concerne toutes et tous !

Toute solidarité est la bienvenue (lettres de soutien, coups de main, savoir-faire, matériel…).

Venez nous voir, discuter, et échanger, participer et pourquoi pas vous impliquer !

À très bientôt

Les habitantes et habitants du 22 rue Demouilles

Tout pour tout⋅e⋅s, Pouvoir au peuple !

Plus d’informations sur creatoulouse.squat.net

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Petit Festival Contre la Grosse Poubelle Nucléaire de Bure, ça repart les 14-15-16 septembre à Bonnet !

Cette année encore, il revient…

LE (petit) FESTIVAL CONTRE LA (grosse) POUBELLE NUCLÉAIRE DE BURE

les 14-15 et 16 septembre, toujours à Bonnet (55, Meuse), toujours à prix libre, toujours sous chapiteaux !

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Cette année il s’offre une soirée supplémentaire le vendredi soir avec repas, cirque et jazz manouche ! Et à suivre tout au long du week-end et comme tous les ans, une vraie info indépendante sur les déchets, l’enfouissement, et le nucléaire en général.

La première conférence-débat portera donc sur l’actualité du projet de Bure (CIGEO) et la seconde sur les luttes victorieuses contre les projets d’enfouissement en France, avec des intervenants de Mayenne, des Deux-Sèvres, et, on l’espère, du Gard, qui viendront parler de leurs luttes contre l’ANDRA. Hé oui, ce ne sont pas toujours les nucléocrates qui gagnent ! Pour s’en souvenir on pourra aussi visionner le documentaire Plogoff, des pierres contre des fusils et débattre avec Nicole et Félix Le Garrec, les réalisateurs.

Enfin, pour replacer le projet de Bure dans un contexte plus général et faire le lien avec d’autres projets d’actualité, la compagnie Un Pas de Côté viendra jouer la pièce Avenir Radieux, une fission française, deuxième volet (après Elf, la pompe Afrique) de la trilogie BLEU-BLANC-ROUGE de Nicolas Lambert. À partir, entre autres, de scènes tirées des débats publics sur l’EPR (tiens ? on aurait pas un débat public sur le feu chez nous aussi ?), la pièce explore le discours officiel du pouvoir et la confiscation de la possibilité de débattre.

Évidemment il y aura aussi du bon son pour toutes les oreilles (bal folk, jazz manouche, dub-tek, hip-hop, etc), du cirque avec les Gones et les Rouages, de la danse avec Man’ok (spectacle participatif), de la magie pour les petits, des ateliers : écriture, cirque, énergies renouvelables, sérigraphie (si vous voulez un beau t-shirt du festival à prix libre ramenez un tee-shirt uni de votre placard !), un jeu de piste pour les enfants, des expos, des stands d’info, et, grande nouveauté, une expo d’art contemporain d’Adeline Carrion Reyna sur les travailleurs du nucléaire, à la salle des fêtes de Bonnet ! Puisque CIGEO est censé nous amener du boulot autant qu’on sache tout de suite à quoi s’attendre…

Plus d’infos sur la prog

Pour le côté pratique : le dortoir et les chambres de la Maison de Bure seront réservées aux artistes et intervenants (qui viennent de loin pour jouer gratis…) Il y aura possibilité de camper sur place ou dans une salle de la mairie de Bonnet : amenez vos tentes ! Côté cuisine la Marmijotte, cantine à prix libre, sera présente comme l’an passé pour nous régaler…

Merci de diffuser ce mail à tous les vents lorrains !

À bientôt !

L’équipe du festival

(si besoin de nous contacter merci de vous adresser à BZL qui transmettra — coordonnées ci-dessous)

Maison de résistance à la poubelle nucléaire
Bure Zone Libre
2 rue de l’Église – 55290 BURE
03.29.45.41.77

Mailing, 18 août 2012

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Samedi 22 septembre rassemblement pour Wissam à Clermont

JUSTICE ET VÉRITÉ POUR WISSAM,

samedi 22 septembre rassemblement à 14h30 devant le palais de justice de Clermont-Ferrand suivi d’un sit-in place de Jaude.

Où sont les VRAIES photos du 1er janvier ? Pourquoi ne sont-elles pas encore remises au médecin légiste… Le combat continue pour vous, pour nous, pour eux, les droits ne se donnent pas, ils se prennent. On est tous Wissam et on ne lâchera pas !!!

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 13 septembre 2012

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[Florange] « On ne s’interdit plus rien. Les actions seront à la mesure de l’indifférence » (2)

Usine sidérurgique de Florange
Les Mittal stoppent une ligne clé pour l’automobile

Toute la journée d’hier, l’intersyndicale CFDT-CGT-FO d’ArcelorMittal a empêché les administratifs de travailler et bloqué l’électro-zingage. Avant de lever ce blocus et, contre toute attente, quitter les Grands-Bureaux à 17h30.

Des « incidents » sur les rails

Devant le siège, avenue des Tilleuls, en début de matinée, le bruit s’est vite répandu. Dans la nuit de mercredi à jeudi, une vingtaine de wagons ont perdu leur cargaison de coke sur une voie ferrée de Florange, d’autres subissant le même sort du côté du port d’Illange. « Le vent a soufflé très fort. Au total, près de 900 tonnes prévues pour Dunkerque [une autre usine du groupe industriel indien] se sont retrouvées éparpillées sur les rails », entendait-on ici ou là.

Dans la foulée de ce premier événement, la direction d’ArcelorMittal Florange déposait plainte au commissariat de Thionville, le conducteur du train ayant aperçu six individus cagoulés au niveau de la barrière rue de l’Ancienne-Tannerie. Préjudice subi : l’arrêt complet du convoi ainsi que des suivants.

Les Grands-Bureaux interdits de personnel

Dès 8h, les Grands-Bureaux, occupés depuis mardi par l’intersyndicale CFDT-CGT-FO, ont été interdits d’accès aux employés et cadres. Devant les grilles, chaque chef de file a rappelé les raisons de leur combat depuis quatorze mois déjà. Exhortant les « cols blancs » à les rejoindre enfin. « C’est la dernière ligne droite, maintenant ou jamais ! Dans quelques jours, des annonces vont tomber… » Sous la pluie, la foule a écouté jusqu’au bout, sans dire un mot. Des hommes et des femmes toujours en proie au doute, entre la peur de perdre leur place s’ils venaient à rejoindre les syndicats et cet immobilisme dont certains ont conscience qu’il ne les protégera de rien.

Un comité central d’entreprise pourrait se tenir à Paris en début de semaine prochaine, croient savoir les syndicats.

En milieu de matinée, des membres de l’intersyndicale se sont ensuite rendus au portier Sainte-Agathe, à quelques kilomètres du siège, pour bloquer la ligne d’électro-zingage.

Un atour majeur de l’usine à l’arrêt

« Elsa », comme on l’appelle, accueille chaque jour 200 à 300 bobines de tôle, de 20 tonnes chacune. Trempées dans un bain de zinc, toutes vont recevoir un traitement particulier anti-corrosion très plébiscité par les constructeurs automobiles haut de gamme.

Emballée ou sur le point de l’être, la production est restée à quai toute la journée d’hier. « On veut marquer le coup. Surtout ne pas perdre de clients mais les interpeller sur ce qui se passe dans notre usine », prévient Frédéric Weber, secrétaire adjoint de la CFDT d’ArcelorMittal Florange. « Cette ligne de production est une force de notre usine intégrée. Il y a quelques années, le groupe avait failli la fermer au profit de la Belgique. C’est Mercedes, l’un de nos principauxclients, qui avait réussi à la préserver parce qu’on ne retrouve pas ce niveau de qualité ailleurs en Europe. »

Et le syndicaliste de réaffirmer l’objectif des militants : « Maintenir notre outil de travail. Le temps que la loi Hollande, lancée au départ par les métallos, soit promulguée et qu’on essaie de trouver un repreneur ».

Le blocage levé à 17h30. L’intersyndicale se réunit ce matin pour affiner sa stratégie à venir.

Leur presse (Le Républicain Lorrain, 14 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Chronique de Youv derrière les barreaux] Partie 64 – « Le pouvoir de l’argent sévissait partout et même jusqu’en prison »

Partie 64

Les braquages c’est tout ce que je savais faire, des gros sous dans l’illégalité c’était mon taf, j’ai jamais travaillé de ma vie, mon nom n’a jamais figuré en haut d’une fiche de paye, j’étais mon propre patron, je prenais aux riches pour ma propre pomme, on n’était jamais mieux servi que par soi-même. Quand j’allais sur Paris dans certain quartier huppé que l’on surnommait le Triangle d’or, la richesse des uns éblouissait mes yeux de banlieusard, je me disais pourquoi pas moi, qu’est-ce qu’ils avaient de plus que nous ? Certains sont nés avec une cuillère en or dans la bouche et d’autres sur un parking de Lidl LOL, l’écart entre les deux était trop grand, j’étais pas d’accord avec tout ça, je voulais bousculer le destin et arracher la cuillère en or avec les dents. J’en avais marre des kebabs, panini du centre commercial, j’avais faim, faim de réussite par tous les moyens.

L’oseille on était prêts à tout pour l’avoir, c’était mon seul vice, le pouvoir de l’argent sévissait partout et même jusqu’en prison, il te suffisait de voir les cellules de certains pour savoir combien ils pesaient, les mecs qui n’avaient rien t’avais vite fait le tour de leur cellule, des posters de filles nues sur le mur, paquet de Gauloises et boîte de Ricoré sur la table, c’était tout ce qu’ils possédaient, le moral perdu depuis des années à errer dans les couloirs de l’administration, des zombies qui parlaient tout seuls, la raison ils avaient perdu ils se réfugiaient dans la folie pour fuir leur propre peine. J’ai même croisé un mec qui se prenait pour Napoléon Bonaparte, qui faisait des discours tout seul dans sa cellule, pire encore un renoi pour désenvoûter la cellule a inondé le couloir en criant des invocations inventées par sa dinguerie, le manque d’argent peut amener à la folie, j’en étais témoin chaque jour, L’ARGENT NE FAIT PAS LE BONHEUR MAIS IL Y CONTRIBUE.

J’avais 19 ans, ils venaient de me virer du quartier jeunes car j’étais trop agité à leur goût pour me punir genre ils m’avaient amené au grand quartier, j’étais au F3 à Bois-d’Arcy et au-dessus de moi c’était les isolés total, mais à l’époque je ne le savais pas encore, c’était la première fois que je mettais les pieds chez les anciens. Le soir de mon arrivée y a mon voisin du dessus qui m’a appelé en tapant avec le pied sur le sol, j’ai sorti mon miroir pour voir son visage et il me dit : « Allô t’es un arrivant ? » je lui réponds que non j’étais un revenant LOL, on a entamé une discussion à laquelle j’ai vite mis un terme car il fallait que je range ma cellule et c’est là qu’il m’a dit : « Excuse-moi cousin ce soir est-ce que tu peux m’envoyer la gamelle ? » moi ça me posait aucun problème si je faisais pour un je pouvais faire pour deux. Deux heures plus tard je l’appelle puis il me descend sa veste qu’il tenait par la manche et je lui ai mis dans la poche, dans une brique de lait vide qui me servait de Tupperware, des pâtes à la bolognaise. Je mange à mon tour puis m’allonge devant la télé pensant que la soirée était finie, mais le mec du dessus me rappelle en furie et furieux et me dit en hurlant : « Tu voulais m’empoi­sonner ou quoi ? Je vais porter plainte et je vais faire analyser tes pâtes par un juge, c’est les matons qui t’avaient placé en dessous de moi pour m’assassiner » wallah des barres de rire. Le lendemain j’ai appris que toutes les personnes qui étaient au-dessus de moi étaient niquées du cerveau et que ce mec-là en particulier avait stocké une cinquantaine de gamelles dans sa cellule comme pièces à conviction pensant qu’il y avait un complot des matons et de la DST « service secret » pour le liquider LOL.

QUI ÉTAIT FOU ET QUI NE L’ÉTAIT PAS ? JE PENSE QU’ON L’ÉTAIT TOUS MAIS À DES DEGRÉS DIFFÉRENTS 😉

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[Florange] « On ne s’interdit plus rien. Les actions seront à la mesure de l’indifférence »

Usine sidérurgique de Florange
ArcelorMittal : bureaux saccagés, unité bloquée

Les « Mittal » continuent d’occuper les Grands-Bureaux de l’usine sidérurgique de Florange et ont bloqué, hier, l’unité de couplage. Face aux rumeurs de plan social, le mouvement s’est encore durci. Deux bureaux ont été saccagés.

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Les syndicalistes ont saccagé les bureaux du directeur du site et du DRH.

« Ça, c’est le cheminement d’un plan social. Noir sur blanc ! » Le tableau de travail est planté devant la salle du conseil d’administration du site florangeois occupée par l’intersyndicale (CGT-CFDT-FO), depuis mardi soir.

Les militants n’ont pas eu de mal à le décrypter. PSE (Plan de sauvegarde de l’emploi) s’y affiche en toutes lettres. « Qu’est ce que vous voulez de plus pour comprendre ? », ironise Edouard Martin (CFDT).

Alors, face au silence de la direction, la colère des « Mittal », contenue depuis des mois, a explosé dans la nuit. Les syndicalistes ont saccagé les bureaux du directeur du site et du DRH. Vitres brisées, mobilier et plantes vertes renversés… Au petit matin, certains regrettaient déjà et ramassaient les débris.

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Mais la colère n’était pas retombée pour autant. « Le site intégré est viable ! Nous ne voulons pas être consultés, après-coup sur un PSE. Le sujet, c’est bien la perte des emplois et la survie de toute une vallée », martèle inlassablement Jean Mangin (CGT), et d’appeler les salariés à « un sursaut d’orgueil ».

Questions sans réponse

Avec le sentiment de « n’avoir plus rien à perdre », les troupes ont pris le chemin des usines à froid du site Sainte-Agathe.

L’action du jour : bloquer le couplage, point stratégique empêchant le traitement ou l’expédition des bobines d’acier après la sortie du laminoir. « On alerte d’abord les salariés pour que tout soit fait en sécurité. On n’est pas là pour casser ! », insistent les militants.

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L’unité de couplage a été bloquée, empêchant le traitement ou l’expédition des bobines d’acier après la sortie du laminoir.

La ligne est arrêtée dans le calme. Mais le dialogue avec les salariés en poste reste ardu. Incompréhension mutuelle. « Comment peuvent-ils ne pas se sentir concernés ? Si ce n’est pas aujourd’hui, dans un an, deux ans, la filière froide sera à son tour menacée… »

La mobilisation générale n’est pas au rendez-vous. Pourtant, les syndicalistes ne lâcheront rien ! « Nous, on pense à nos gosses, à toute la vallée, et on aura notre conscience pour nous », assure Céline (CFDT). « On ne s’interdit plus rien. Les actions seront à la mesure de l’indifférence, insiste encore Jean Mangin. Le préfet a un rôle à jouer, le gouvernement doit arrêter de tergiverser, Mittal n’attendra personne ! »

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Mais, hier soir, les questions sur l’avenir du site étaient toujours sans réponse. La direction n’est sortie de son silence que pour regretter les dégâts occasionnés.

Alors, les sacs de couchage ont encore été déroulés…

Leur presse (Lucie Bouvarel, Republicain-Lorrain.fr, 13 septembre 2012)


ArcelorMittal : l’intersyndicale multiplie les actions à Florange

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Dans la nuit de mercredi à jeudi, des wagons ont perdu leur cargaison de coke qui s’est retrouvée sur les rails. Sur une voie ferrée de Florange, puis au niveau du port d’Illange.

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Environ 900 tonnes de coke prévues pour l’usine de Dunkerque ne pourront pas être acheminées.

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En milieu de matinée, l’intersyndicale a bloqué la ligne d’électro-zingage Elsa, celle où est fabriquée l’acier anti-corrosion plébiscité par les constructeurs d’automobiles haut de gamme. Une action symbolique pour attirer l’attention sur cet atout de l’usine de Florange.

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Leur presse (Republicain-Lorrain.fr, 13 septembre 2012)

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« Dehors je fonctionnais sans téléphone car c’était la plus grosse des poucaves »

Utilisation de « SMS furtifs » dans les enquêtes de police

Mme Colette Giudicelli attire l’attention de M. le ministre de l’intérieur sur le recours au système de « SMS furtifs » par les services de police. Plusieurs services de police judiciaire et de services de renseignement étrangers utilisent cette méthode de recherche pour localiser des suspects ou des personnes disparues : elle consiste à envoyer vers le téléphone portable de ce suspect un SMS qui passe inaperçu. Ce SMS est en réalité ce qu’on appelle un « ping » (commande informatique permettant de tester l’accessibilité d’une autre machine à travers un réseau IP) dénué de tout contenu et qui n’est envoyé qu’une seule fois. Une fois cette procédure effectuée, le téléphone portable qui l’a réceptionné peut être localisé avec une très grande précision grâce à une triangulation basée sur les antennes-relais du réseau de téléphonie mobile normal. Ce système semble aller bien au-delà d’une localisation basée sur le dernier signal GSM et être par conséquent plus performant. Elle aimerait savoir si cette procédure est déjà utilisée en France, quelles sont les études qui en ont éventuellement été faites et le cadre légal dans lequel elle peut opérer.

En attente de réponse du Ministère de l’intérieur.

Question écrite n° 00788 de Mme Colette Giudicelli (Alpes-Maritimes – UMP) publiée dans le JO Sénat du 19/07/2012 – page 1637

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Répression au Maroc

Bonjour,

On vient d’apprendre hier que six jeunes du mouvement du 20 février ont été condamnés à des peines de prison ferme allant de 10 mois à 8 mois. Je ne peux exprimer ici l’étendue de mon dégoût face à ses simulacres de procès, qui sont des procès politiques faits contre des militants politiques réclamant de la dignité, de la liberté et de la justice sociale. Il leur est reproché la participation à une manifestation pacifique se déroulant dans le quartier populaire de Bernoussi à Casablanca.

Un des détenus, Samir Bradley, est entré en grève de la faim, avec refus de rencontrer qui que ce soit tant que l’on aurait pas revu son jugement, refusé de rencontrer qui que ce soit revient à s’infliger une mort lente. Ce détenu a témoigné de sévices corporels de tortures, celle tristement célèbre de la bouteille dans l’anus. Oui oui au Maroc existe encore ces pratiques.

Voilà un article d’un blogueur marocain ayant suivi toute l’affaire :

J’ai vu condamner des innocents

Voici l’article du Monde :

Peines de prison ferme pour des militants du Mouvement du 20 février au Maroc

Cinq militants du Mouvement du 20 février, poursuivis pour « participation à une manifestation non autorisée », ont été condamnés mercredi 12 septembre à des peines de huit à dix mois de prison ferme par le tribunal de Casablanca, au Maroc.

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Des militants du Mouvement du 20 février, qui appellent à plus de démocratie au Maroc, manifestent à Rabat, le 26 août.

« Trois ont été condamnés à dix mois de prison ferme, deux à huit mois et une jeune femme, qui a comparu libre, a écopé de six mois avec sursis », a déclaré à l’AFP leur avocat, Me Omar Bendjelloun. Ils ont également été condamnés à verser chacun 3 000 dirhams, environ 280 euros, à la partie civile.

« C’est un verdict politique conforme à la stratégie répressive contre le Mouvement du 20 février. Nous allons faire appel de ce jugement indigne », a ajouté Me Bendjelloun. Les cinq militants, en détention à Casablanca depuis le 22 juillet, date à laquelle ils avaient participé à une manifestation pacifique, ont affirmé au cours de précédentes audiences avoir été torturés par la police pendant leur période de garde à vue de soixante-douze heures.

SOIXANTE-DIX JEUNES DU MOUVEMENT EN PRISON

Le Mouvement du 20 février, né l’an dernier dans le contexte du printemps arabe, revendique des réformes politiques profondes de la monarchie marocaine et une plus grande justice sociale. Après le verdict, les familles des militants « sont rentrées dans une hystérie totale et la mère d’un détenu s’est même évanouie », selon un témoin.

« Le juge n’a même pas terminé de prononcer le verdict que des dizaines de militants, présents au tribunal, ont commencé à crier vive le peuple », a-t-il ajouté. Selon l’Association marocaine des droits humains (AMDH, indépendante), il y aurait près de 70 jeunes du Mouvement du 20 février actuellement en prison. Le 22 août, des dizaines de manifestants issus de ce mouvement, qui protestaient contre la cérémonie d’allégeance annuelle au roi Mohammed VI, ont été dispersés par la force à Rabat.

Leur presse (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 12septembre 2012)

Une campagne commence pour exiger leur libération, alors s’il vous plaît je vous demande de prendre 5 minutes pour transmettre ces informations à vos connaissances, aux différents réseaux auxquels vous adhérez etc etc. Notre seule arme est de communiquer sur ce sujet.

Merci d’avoir lu jusqu’au bout.

Abdeslam – Mailing, 13 septembre 2012


Maroc : Prison ferme pour des militants du Mouvement du 20 février

Au Maroc, six membres du Mouvement du 20 février viennent d’être condamnés à des peines de prison. Leur crime : avoir participé à une manifestation non-autorisée le 22 juillet dernier, dans le but de dénoncer la détention des prisonniers politiques ainsi que la vie chère au royaume.

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Poursuivis pour avoir participé à « une manifestation non autorisée », six militants du Mouvement du 20 février viennent d’être condamnés à des peines allant de six mois de sursis à 10 mois de prison ferme. Le verdict a été prononcé hier, mercredi 12 septembre, par le tribunal de première instance d’Ain Sebaâ, à Casablanca. Selon la MAP, les mis en cause étaient également poursuivis pour « coups et blessures sur des agents des forces de l’ordre ».

« Trois ont été condamnés à 10 mois de prison ferme, deux à huit mois et une jeune femme, qui a comparu libre, a écopé de six mois avec sursis », a indiqué leur avocat Me Omar Bendjelloun à l’AFP. Les six militants ont également été condamnés à verser des amendes de 3000 dhs chacun à la partie civile.

Après l’annonce du verdict, les familles des militants « sont rentrées dans une hystérie totale et la mère d’un détenu s’est même évanouie », a déclaré un témoin interrogé par l’AFP. « Le juge n’a même pas terminé de prononcer le verdict que des dizaines de militants, présents au tribunal, ont commencé à crier : vive le peuple », a-t-il ajouté.

Injustice ?

Pour le blogueur marocain Larbi, ces condamnations sont injustes. « Samir, Tariq, Abderrahman, Youssef, Nour Essalam et Laila sont des innocents ». « Je le sais parce que j’y étais. Beaucoup de gens le savent,  tous savent que leur procès n’était qu’un procès politique », déplore-t-il dans un billet intitulé « J’ai vu condamner des innocents », publié mercredi.

Les six militants du M20 avaient été arrêtés le 22 juillet dernier, lors d’une manifestation pacifique appelant à la libération des prisonniers politiques et dénonçant la cherté de la vie au Maroc. Le rassemblement « non autorisé » selon les autorités marocaines, a été dispersé par la force, indiquait alors l’AFP.

Lors de leur procès, deux des détenus avaient affirmé avoir été violés par des membres de la police, pendant qu’ils se trouvaient encore au commissariat. L’Organisation marocaine des droits de l’Homme (OMDH) avait réclamé l’ouverture d’une enquête pour que la lumioere soit faire sur ces accusations. Rien n’a toutefois été fait jusqu’à présent : « Depuis le début des manifestations, je rappelle que le Mouvement recense 10 morts et qu’aucune enquête n’a jamais été menée pour savoir ce qui il leur est arrivé. Ce n’est pas pour des viols que des enquêtes seront menées ! », avait confié Abdullah Baakil, membre du M20, à Yabiladi.

De son côté, la défense ne compte pas en rester là. « C’est un verdict politique conforme à la stratégie répressive contre le mouvement du 20-Février. Nous allons faire appel de ce jugement indigne », a assuré Me Bendjelloun. Outre les six jeunes condamnés ce mercredi, 70 autres membres du M20 seraient, actuellement, derrière les barreaux.

Leur presse (Ghita Ismaili, Yabiladi.com, 13 septembre 2012)

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[Creil] Vive la belle !

Un détenu fausse compagnie aux gendarmes à l’hôpital de Creil

Un jeune homme âgé d’une vingtaine d’années est activement recherché depuis mercredi après-midi après avoir faussé compagnie aux gendarmes à la sortie de l’hôpital de Creil (Oise), a-t-on appris jeudi de source judiciaire.

Connu de la justice notamment pour des vols, le jeune homme originaire de Creil était en détention provisoire dans une maison d’arrêt de l’ouest de la France, a-t-on ajouté de même source.

Il avait été placé en garde à vue dans une brigade de gendarmerie du ressort de Senlis pour une autre instruction, selon cette source.

Les gendarmes avaient conduit le jeune homme à l’hôpital de Creil pour un examen médical de compatibilité de prolongation de garde à vue, et c’est à la sortie de l’établissement, mercredi vers 12H30, qu’il a réussi à retirer ses menottes et à se sauver, a précisé la source judiciaire.

La brigade de recherches de la gendarmerie de Senlis est chargée de l’enquête.

Presse carcérale (Agence Faut Payer, 13 septembre 2012)

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[Afrique du Sud] « Ils pensent qu’on s’amuse quand on est au fond de la mine »

Afrique du Sud : deux producteurs de platine paralysés par la grève

Les mines de Lonmin et Amplats, deux des plus gros producteurs mondiaux de platine, restaient paralysées jeudi par un conflit social autour des salaires, exacerbé par la fusillade qui a fait 34 morts le mois dernier parmi les mineurs de Marikana.

Le géant minier anglo-sud-africain Anglo American, maison-mère d’Amplats, producteur de 40% du platine mondial, avait suspendu mercredi l’activité de ses cinq sites dans la région de Rustenburg.

Avec 76.000 employés en Afrique du Sud, Anglo American est le premier employeur privé du pays. Elle détient 80% d’Amplats.

Jeudi matin, des milliers d’employés d’Amplats ont convergé vers un stade appartenant au site de la mine. Ils réclament de substantielles augmentations de salaire, et attendent que la direction réponde à leur demande.

De son côté, Anglo American ignorait dans un premier temps leurs revendications, affirmant que ses employés n’étaient pas en grève et que les agitateurs étaient des éléments extérieurs à la mine.

Officiellement, les cinq sites ont été fermés pour raisons de sécurité et pour protéger les mineurs de “menaces et intimidations” de ceux qui veulent les empêcher de travailler.

Venus par petits groupes, à pied ou en minibus, parfois armés de bâtons ou d’armes traditionnelles, les mineurs rassemblés dans le stade ont tenu un meeting. Des unités de police étaient stationnées à distance respectable.

“On est contents, c’est ce qu’on voulait”, a assuré à l’AFP l’un des mineurs, Victor Mogale, 46 ans, commentant la fermeture de sa mine.

“Ça nous va bien”, renchérissait son collègue Thebe Maswave, 36 ans, “la mine peut fermer. Quand ils ouvriront de nouveau, ils sauront combien il faut nous payer. Pour le moment ils ne savent pas. Ils pensent qu’on s’amuse quand on est au fond de la mine”.

À distance du stade, le site était plongé dans le silence. Les grilles des puits étaient fermées, gardées par des vigiles.

Un autre mineur, Samuel Molefe, 51 ans, expliquait : “Nous voulons une augmentation, une vie meilleure. Entre 10.000 et 12.000 rands” (920 à 1.100 euros) par mois. Il affirme gagner actuellement 7.000 rands, avantages compris.

D’autres employés d’Amplats ont confirmé être en grève, disant réclamer 14.500 rands (1.350 euros).

À quelques kilomètres de là, les installations de Marikana, exploitées par le groupe britannique Lonmin, étaient toujours au ralenti, avec un absentéisme dépassant les 90% depuis plusieurs jours.

Leur presse (Agence Faut Payer, 13 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

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[Orléans] « On ne peut pas soutenir financièrement des familles qui rendent la vie impossible à tout un quartier »

Orléans. Des policiers accueillis à coups de pierre à l’Argonne

Les fonctionnaires ont été pris à parti lundi soir alors qu’ils intervenaient sur une tentative de vol de moto.

Lundi soir, 20 heures. Une alarme retentit rue Hauchecorne, dans le quartier de l’Argonne, à Orléans. En arrivant sur place, les policiers découvrent un groupe d’adolescents autour d’une moto. Les fils de l’engin sont à demi arrachés : on a tenté de forcer le contact. À la vue des forces de l’ordre, les jeunes garçons prennent la fuite. Ils sont vite rattrapés. Mais alors qu’ils sont interpellés pour être emmenés au commissariat, un autre groupe s’interpose.

La mairie de quartier prise pour cible

Des pierres sont lancées en direction des policiers. L’un d’eux est touché à la jambe. Sans gravité.

Les fonctionnaires préfèrent quitter les lieux, emmenant avec eux les adolescents – le plus jeune a 13 ans – soupçonnés du vol.

Le lendemain matin, une opération de police permet d’interpeller cinq autres adolescents âgés de 17 à 19 ans, identifiés la veille comme ayant participé aux violences. Dans les heures qui suivent, des vitres de la mairie de quartier et une demi-douzaine de voitures sont endommagées.

Quatre des cinq adolescents devaient être jugés en comparution immédiate hier. Ils ont demandé un délai pour préparer leur défense. Le procès se tiendra le 28 septembre

En raison de « l’extrême gravité des faits », le tribunal a décidé de placer en détention les quatre lycéens. Les autres adolescents interpellés dans le cadre de la tentative de vol ont, eux, été relâchés.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (larep.fr, 7 septembre 2012)


Orléans. Florent Montillot veut obtenir « l’éviction du quartier » de l’Argonne des familles de délinquants

L’adjoint chargé de la sécurité à Orléans réclame une procédure de résiliation du bail du logement de familles qu’il accuse d’être à l’origine des récents incidents à l’Argonne.

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Par le passé, des familles ont déjà été expulsées de leur logement pour des troubles publics causés par leurs enfants.

La menace de l’expulsion locative est brandie par la mairie à l’encontre des quelques familles dont les enfants sont les responsables présumés des troubles causés ces dernières semaines dans le quartier de l’Argonne (lire par ailleurs).

« On a sur ce microsecteur, rues Berlioz et Couperin, trois ou quatre familles bien identifiées depuis plus d’un an par les voisins, les polices municipale et nationale, qui posent problème », énonce Florent Montillot, qui a décidé de mettre en œuvre « deux actions au civil : le remboursement des vitres brisées de la mairie et, avec l’office public de l’habitat (OPH), une procédure de résiliation de bail. »

L’élu mise sur la procédure pénale engagée contre quatre jeunes soupçonnés de violences sur les forces de l’ordre pour étoffer l’action civile contre leurs familles. La demande d’expulsion devant être remise au juge d’instance par l’OPH.

L’idée de sanctionner à la fois parents et enfants n’est pas nouvelle, le maire adjoint à la tranquillité publique, prévention, réussite et intégration la développe depuis une dizaine d’années. « On ne peut pas soutenir financièrement des familles qui rendent la vie impossible à tout un quartier », déclarait Florent Montillot en 2006 à La Source, lors de la mise en place du couvre-feu pour les mineurs de moins de 16 ans, détaillant l’arsenal répressif que la mairie envisageait de prendre envers les parents, pouvant aller jusqu’à l’expulsion du logement. « L’Argonne, c’est un quartier de 8.000 habitants, qui va de mieux en mieux. Il ne s’agit que de trois-quatre familles », répète encore Florent Montillot avant d’assurer : « Ça peut durer trois mois, six mois, neuf mois, nous irons jusqu’au bout de la procédure. »

« Un dossier étoffé »

Une mesure à valeur d’exemple, mais qui, hier, n’avait pas encore été enclenchée. « L’OPH n’a, à ce jour, pas été saisi de demande d’expulsion par la ville d’Orléans, précise Jérémy Benoît des Résidences de l’Orléanais. « Il s’agit d’un trouble sur la voie publique, même si on en subit les conséquences. Il faut arriver devant le juge avec un dossier étoffé, prouver la répétition des nuisances leur durée et leur origine », complète le directeur du patrimoine, qui confirme pourtant que des cas semblables ont déjà abouti devant le tribunal.

Longue à mettre en œuvre, cette solution fait débat. « Le droit à la tranquillité et à la sécurité des personnes et des biens, c’est très important. Mais l’expulsion d’une famille qui sème le trouble, c’est reporter le problème ailleurs », déplore Michel Ricoud, président de la CNL et élu communiste. Un point de vue partagé par la conseillère générale socialiste de l’Argonne, Micheline Prahecq, pour qui le suivi social reste essentiel.

Dans les années 1990, le quartier de La Source était confronté à cette même problématique. Si la question de déplacer des familles avait été abordée, Marie-Madeleine Mialot (PS), alors adjointe aux affaires sociales, plaidait pour « retirer ces enfants de ces quartiers et les placer dans des établissements spécialisés ». Un débat lui aussi d’actualité.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Aurore Malval, larep.fr, 12 septembre 2012)

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[Saint-Denis] C’est bon le poulet grillé

INFO RTL : une voiture de police banalisée incendiée en Seine-Saint-Denis

C’est une information RTL que Julien Dumond vous livrait à 8 heures. Une voiture de police banalisée incendiée mercredi soir en Seine-Saint-Denis. Les enquêteurs de la brigade d’exécution des décisions de justice procédaient à des vérifications d’adresse dans un quartier a priori tranquille de Saint-Denis. À leur retour, leur Ford Focus était en flamme. Ils n’ont pas vu les incendiaires et ne savent pas si l’incident relève du hasard ou si ils ont été repérés.

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Ces policiers de la brigade d’exécution des décisions de justice sont arrivés vers 21 heures rue du Canal à Saint-Denis et y ont garé leur voiture banalisée afin de mener leur enquête.

Vers 23 heures, ils ont aperçu leur véhicule en feu et les pompiers ont rapidement éteint l’incendie.

Une enquête est en cours pour déterminer les causes et les circonstances de cet acte pour lequel aucune piste n’est écarté.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (RTL.fr, 13 septembre 2012)

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[Zone de Sécurité Prioritaire LOL] « On nous cherche, c’est normal qu’on riposte »

« On nous cherche, c’est normal qu’on riposte »
ABDEL un émeutier

Du haut de ses 20 ans, ce jeune qui se fait appeler Abdel a la tchatche facile et le goût de la provocation. « Honnêtement, je suis dégoûté qu’aucun keuf ne soit resté au sol. On nous cherche, c’est normal qu’on riposte », lance ce jeune homme qui revendique sa participation aux émeutes de lundi soir. En guerre contre la police, il dénonce l’intervention de dimanche soir en marge de la veillée funéraire d’un jeune du quartier.

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« Ils ont gazé alors qu’il y avait une famille en deuil. C’est un manque de respect. Sans compter qu’on se fait régulièrement insulter », justifie-t-il. Comme bon nombre d’habitants du quartier, ce jeune chômeur en échec scolaire évoque en bons termes les gendarmes, mais il hurle sa haine des CRS. « Tant qu’ils seront là, il y aura des problèmes. Et vous n’avez encore rien vu ! » promet Abdel, qui a le sens de la formule : « Il n’y aura jamais de paix sans guerre. »

Aucun remords

Alors qu’il s’attarde avec des amis devant l’école incendiée, l’émeutier n’éprouve aucun remords. Au contraire. « Je suis content et j’espère que personne ne va regretter. L’État, ils vont cracher. Et, même si c’était la voiture de mon père, rien à foutre. C’est que du matériel », lance-t-il tout en précisant qu’il a agi à l’insu de ses parents. « C’était organisé. Le bouche-à-oreille a bien fonctionné », se réjouit-il. « Normalement, le dialogue est impossible mais, là, tous les médias sont venus, ajoute un de ses amis. On est obligé de cramer des voitures pour se faire entendre. » Abdel et son pote sont déterminés : « On n’a rien à perdre. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeParisien.fr, 15 août 2012)


La sœur du jeune homme décédé dans un accident de scooter jeudi témoigne

Sabrina Hadji raconte sur BFMTV comment, au cours d’un repas organisé le lendemain de l’enterrement de son frère, les policiers sont intervenus pour un contrôle routier. C’était, dénonce-t-elle « un contrôle routier très agressif ». Alors, « il y a eu un attroupement et cela a dégénéré en moins de 2 secondes » et « les policiers nous ont tirés dessus sans rien comprendre ». « On leur disait “arrêtez, il y a des enfants”, ils nous ont dit “vos enfants on va tous les enterrer” », assure-t-elle.

« Nous ne sommes pas des animaux, donc maintenant il faut rétablir la vérité sur toutes les chaines de télévision », plaide-t-elle. « La violence qu’il y a eu hier, c’était une violence de colère pour se faire entendre, parce que nous ne nous faisons jamais entendre. » La jeune fille conclut : « on attend que les policiers qui nous ont gazé, qui nous ont tiré au flash ball avec acharnement soient sanctionnés ».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (20Minutes.fr, 16 août 2012)


Amiens-Nord : en prison après des insultes aux CRS

Trois jeunes ont été condamnés hier à deux mois ferme pour outrages et menaces de mort contre des policiers, taxés de les avoir provoqués.

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« Qu’on arrête de dire qu’ils provoquent pour faire du chiffre. Ils ne font que leur travail », s’est offusquée la défense des CRS. « Mais dans un monde parfait, nous ne serions pas là ! », lui a rétorqué celle des prévenus. Au jeu du « qui a cherché l’autre en premier », trois jeunes d’Amiens-Nord ont perdu hier. Jugés en comparution immédiate au tribunal correctionnel d’Amiens, Adil A…, Claude D… et Mohamed I… ont été condamnés chacun à deux mois de prison ferme (avec mandat de dépôt direct) et à verser 400€ à chacune de leur victime.

Prévenus d’avoir outragé et menacé de mort trois policiers, vendredi et samedi dans le secteur du Colvert, ces trois jeunes aux casiers déjà chargés après des faits répétés de vol et violences notamment, n’ont pas réussi à convaincre. Leur version des faits sonnait pourtant comme un… réquisitoire contre les CRS, dont la mobilisation massive dans le quartier depuis les émeutes de la semaine dernière, est mal ressentie. Du moins par eux en tout cas.

« Ils nous filment en permanence avec leur caméra »

« Depuis qu’ils sont arrivés, ils nous insultent tous les jours. Comme je suis impulsif, je les ai insultés aussi, mais pas menacés de mort », a tenté de se justifier Mohamed I…, tandis que Claude D… assure avoir été comparé à « un singe » au regard de sa couleur.

De leur côté, les CRS ont fourni des vidéos, pour appuyer leurs constatations : doigts d’honneur, crachats et autres passages en scooter répétés à leur nez. Un mode opératoire qui indispose justement : « Ils nous filment en permanence avec leur caméra. Et dès qu’on s’énerve, ils appuient sur “play”. Les gendarmes (mobiles) sont différents. Avec eux, on a fait un barbecue. »

« Les prévenus se pensent peut-être dans leur territoire. Mais la République est partout chez elle », est restée ferme le ministère public, avant de requérir 8 à 10 mois ferme. « Ces trois-là ont le malheur de vivre dans un ghetto aujourd’hui encore plus ghettoïsé, où l’on ne partage pas le bonheur d’une bonne vie bourgeoise du centre-ville. Si territoire réservé il y a, ça ne résulte que de la défaillance de l’État », a plaidé Me Christophe Hembert, pour la défense de « ces trois-là qui ont en commun un désœuvrement, une absence du père et de revenus ». Ainsi qu’un « discours cohérent sur les provocations des CRS » qui étaient inéluctables à ses yeux. « Pour des raisons de paix sociale, les CRS ont dû laisser passer certains faits. Mais au bout d’un moment, on comprendrait qu’ils aient pu craquer. »

Absents à l’audience, « parce qu’ils sont mobilisés sur le terrain » dira leur avocat, les intéressés n’auront pas eu l’occasion de le confirmer publiquement.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Gaël Rivallain, Le Courrier Picard, 23 août 2012) via Le Chat Noir Émeutier


Amiens : « On ferait mieux de leur trouver du boulot »

SÉCURITÉ – Un mois après les émeutes, 20 Minutes s’est rendu à Amiens…

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Les travaux ont débuté à la maternelle Voltaire, à Amiens, incendiée par les émeutiers.

Le plastique fondu des poubelles incendiées jonche encore le bitume des quartiers nord. Stigmates des violences urbaines d’Amiens, survenues il y a un mois, le 13 août dernier, à la suite d’un contrôle routier qui a mal tourné, en marge de l’enterrement d’un jeune homme de 20 ans.

Le moindre incident est prétexte à l’embrasement : mercredi dernier, le simple contrôle d’identité d’un usager de deux-roues a nécessité l’appui de plusieurs camions de CRS. « Fallait qu’on se fasse respecter. Leur montrer aux flics qu’ils avaient abusé de sortir les bombes lacrymos pendant un enterrement. Mais les émeutes n’ont rien changé. On a encore plus la haine, raconte un jeune homme, au pied des bâtiments de brique rouge de la rue Fafet. Pour la majorité des gens, mon quartier, c’est juste pour acheter du shit. Ils ne voient pas comment on galère ici. » Plus loin, Ali, 50 ans, connaît bien certains jeunes qui ont embrasé la ville, classée en zone de sécurité prioritaire par Manuel Valls. « La seule chose que les gamins voient de l’État, ce sont les descentes de cars de CRS. On ferait mieux de leur trouver du boulot. »

« On a reçu l’ordre de ne pas intervenir »

Selon lui, si les jeunes ont brûlé la salle de musculation du quartier, c’est parce qu’ils étaient souvent refoulés à l’entrée. Dans le quartier voisin de Marivaux, plus calme, Edwige, 35 ans, redoute les « mauvaises fréquentations » de sa fille de 13 ans à l’école. « J’aimerais que les profs parlent des émeutes au collège avec les gamins pour libérer leur parole », insiste-t-elle.

Plusieurs lampadaires détruits sont toujours couchés dans certaines cités. « On a reçu l’ordre de ne pas intervenir et laisser faire en attendant les renforts promis par le ministère », explique un policier. Les dégâts des émeutes sont estimés à 6 millions d’euros. Sans compter le préjudice en termes d’image. « Certaines entreprises ont gelé leur participation dans des opérations d’accession à la propriété, regrette Francis Lec, vice-président en charge de la politique de la ville. Nous devons repartir à la reconquête de l’opinion extérieure pour valoriser les 90% de la population d’Amiens. »

Procès des émeutiers

Un individu est jugé en comparution immédiate ce mercredi à Amiens pour « provocation à attroupement armé ». « Il lui est reproché d’avoir incité les gens, qui étaient près de lui lors des émeutes, à jeter des pierres sur des fonctionnaires », selon le procureur d’Amiens. Il risque un an de prison.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (William Molinié, 20Minutes.fr, 12 septembre 2012)


Amiens : un émeutier écope de quatre mois ferme

Le jeune homme de 27 ans ne semble toutefois pas être l’un des meneurs des violences qui avaient embrasé le quartier nord de la ville.

« Venez, ramenez des cailloux, on va tous les niquer, demain ça va être la guerre ! » L’auteur de ces paroles, qui avaient précédé les émeutes dans le quartier nord d’Amiens, il y a un mois, comparaissait mercredi devant le tribunal correctionnel, qui l’a condamné à huit mois de prison dont quatre ferme. La veille de l’embrasement général du 13 août, « Shrek » [Il s’agit d’un surnom] avait exhorté les jeunes a caillasser les policiers. Condamné à neuf reprises, le jeune homme de 27 ans a, semble-t-il, tout d’un agitateur mais ne paraît guère être un meneur. Avant lui, deux garçons illettrés, qui avaient brûlé des poubelles, ont comparu le 17 août. Ils ont écopé de peines de sursis de dix mois et huit mois de prison.

À ce jour, la police n’a pas encore mis la main sur les auteurs des violences dans lesquelles 16 policiers ont été blessés notamment par des tirs de chevrotine. Malgré une volonté politique affichée d’appréhender les responsables de ces actes, les meneurs courent toujours. Les enquêteurs disposent toutefois de quelques éléments « intéressants », selon une source proche de l’enquête. Des traces ADN auraient été extraites de divers projectiles relevés sur place par les policiers. « Tous les résultats d’analyse technique ne sont pas encore rentrés », indique cette même source.

À l’inverse, les images de la caméra, embarquée dans un hélicoptère de la gendarmerie, n’ont guère permis de voir des visages d’émeutiers. « Toutefois, ce film reste intéressant car il montre le caractère organisé de ces violences », note une source proche du dossier. Enfin, l’appel à témoins lancé par les enquêteurs est resté vain, la loi du silence s’imposant dans ce genre d’affaires. « Il s’agit d’une enquête au long cours », indique pour sa part le procureur d’Amiens, Bernard Farret.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Angélique Négroni, LeFigaro.fr, 12 septembre 2012)


Violences à Amiens : la mère d’un jeune tué à moto placée en garde à vue

La mère d’un jeune homme mort début août à Amiens-Nord, convoquée mercredi 12 septembre au commissariat pour avoir insulté un policier lors d’une marche de protestation quelques heures avant de violents heurts entre jeunes et forces de l’ordre, a été placée en garde à vue, a indiqué son avocat.

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« Elle a été placée en garde à vue pour menaces de mort sur personne dépositaire, menaces de crime ou délit sur une personne dépositaire et outrages sur une personne dépositaire », a déclaré Me Guillaume Combes. « Elle est très calme. On attend les auditions en début d’après-midi. On espère mettre un terme à cette garde à vue le plus rapidement possible, que les choses s’apaisent, qu’on puisse avancer sereinement et pas dans un climat tendu », a expliqué l’avocat devant le commissariat, où plusieurs cars de CRS étaient stationnés à proximité.

« ILS VEULENT REFAIRE DES ÉMEUTES »

La mère du jeune de 20 ans, mort après un accident de moto le 9 août, est soupçonnée d’avoir proféré des insultes et des menaces devant le commissariat d’Amiens, lors d’une « marche de la colère » à laquelle plus de 200 personnes avaient participé. Celle-ci avait été organisée au lendemain d’une opération de police à proximité d’une cérémonie en hommage au jeune homme décédé, durant laquelle les forces de l’ordre avaient notamment fait usage de gomme-cognes et de gaz lacrymogènes.

Cette intervention jugée « excessive » par les proches avait fait office de détonateur pour les violents affrontements de la nuit suivante, qui avaient fait dix-sept blessés chez les policiers et des millions d’euros de dégâts dans le quartier d’Amiens-Nord. La mère du jeune homme a réclamé à son arrivée au commissariat, accompagnée d’une quinzaine de personnes venues la soutenir, que les policiers « assument (…) leur bavure (du) dimanche soir ».

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« En me mettant en garde à vue, ils (les policiers) veulent refaire des émeutes. Ils ont la rage parce qu’ils n’ont eu personne pour l’émeute, ils veulent appuyer sur le bon bouton, ils veulent déclencher une deuxième émeute et comme ça ils auront vraiment des gens », a estimé Fatma Hadji. Sa fille, également convoquée au commissariat, « a été entendue sans être placée en garde à vue », selon Me Combes.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr avec l’Agence Faut Payer, 12 septembre 2012)

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[À paraître] La Domination policière, Une violence industrielle, de Mathieu Rigouste

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Mathieu Rigouste présentera La domination policière. Une violence industrielle le mercredi 5 décembre à 19h30 au Lieu-dit (6, rue Sorbier, 75020 Paris – métro Ménilmontant ou Gambetta).


« L’idéologie d’Alain Bauer reste implantée au sommet de l’État »

Introduite sous Sarkozy sur l’impulsion de son conseiller sécurité Alain Bauer, la criminologie vient d’être rejetée du Conseil national des universités. Chercheur en sciences sociales, fervent opposant à cette discipline, Mathieu Rigouste réagit à cette décision.

La décision de promouvoir la criminologie comme une discipline scientifique autonome n’a pas survécu à l’arrivée de la gauche au pouvoir. Chercheur en sciences sociales à l’université de Paris-VIII-Saint-Denis, Mathieu Rigouste, a consacré un livre à Alain Bauer, grand pape de la criminologie.

Réagissant à la décision ministérielle de supprimer la section criminologie du Conseil national des universités (CNU), Mathieu Rigouste livre son point de vue personnel sur l’idéologie sécuritaire qui sous-tend selon lui, la promotion de cette discipline.

Pourquoi selon-vous Alain Bauer tenait-il autant à ce que la criminologie devienne une discipline universitaire autonome ?

L’université est à la fois une formidable plateforme de légitimation pour une bande d’idéologues sécuritaires, c’est une pouponnière de réseaux d’influence et une vitrine commerciale pour faire valoir la reconnaissance de « menaces » rentables pour les marchés de la sécurisation. Même s’il est possible d’y acquérir des connaissances critiques et si toutes sortes de compétences et de résistances s’y croisent et s’y fabriquent, c’est aussi une vaste machine à domestiquer les mentalités. La direction du Conseil national des universités est donc un champ de luttes pour les fractions des classes dominantes. L’institutionnalisation de la criminologie au sein du CNU découlait d’une offensive des fractions sarkozystes pour restructurer la légitimation universitaire. Sa destitution marque la reprise en main du secteur par d’autres fractions (de gauche). Section de criminologie au CNU ou pas, les « études de défense et de sécurité » continuent à fonctionner dans l’université selon les mêmes soubassements idéologiques : former des « cadres de la nation » à la « pensée de défense et de sécurité », c’est-à-dire faire passer les intérêts de l’État et des grandes entreprises pour ceux de « la population » et tenter ainsi de légitimer l’expansion sécuritaire et la collaboration d’une partie des classes populaires à l’asservissement général.

Pourquoi vous opposez-vous à l’élévation de la criminologie en tant que science autonome ?

Je ne m’y oppose pas en particulier, j’essaie de fournir des outils analytiques à celles et ceux qui luttent contre cette société de misères et d’inégalités. Que ce soit une science, qu’elle soit autonome ou pas, ne change d’ailleurs pas grand chose aux intérêts que sert cette « criminologie » dont Bauer et ses collègues se font les promoteurs. L’université est une institution chargée par l’État et les classes dominantes de reproduire les rapports sociaux de domination (de classe, de race et de sexe). Si elle permettait en quoi que ce soit de changer les structures de cette société, « ça ferait longtemps que ce serait interdit » comme disait l’autre. Avec ou sans Bauer, ses amis et leur criminologie, l’université n’est pas faite pour nous permettre de nous émanciper collectivement. Je n’ai étudié Alain Bauer et sa « criminologie » que parce qu’ils sont caractéristiques d’un mouvement de fond. La destitution de cette « criminologie » du CNU ne changera rien au fait que l’université – sa forme de production et de répartition du savoir – participe fortement à la reproduction d’une société pyramidale.

Comment définiriez-vous la « bande à Bauer » que vous décriviez dans votre livre ?

C’est une association d’intérêts entre des marchands et des ingénieurs en idéologie sécuritaire, au service des profiteurs de la peur, comme il en existe d’autres. Une sorte de secte idéologique qui a réussi à se faire confier certaines manettes de la restructuration en cours en cernant bien les intérêts des industries sécuritaires et des « bénéficiaires secondaires du crime » comme écrivait Karl Marx, et en étant particulièrement docile et malléable.

Avec l’arrivée de la gauche au pouvoir, Alain Bauer et ses proches ont-ils perdu leur influence au sommet de l’État ?

De toute évidence, les idées dont ils sont les marchands restent installées à la tête de l’État et de la restructuration impérialiste. Alain Bauer et sa bande ne sont que des incarnations d’intérêts, les vecteurs humains d’un processus général qui se moque totalement d’eux. N’en faisons pas les responsables d’une « dérive » pour dédouaner le système en place comme les fractions de gauche des classes dominantes ont commencé à le faire. Bauer et sa bande ont été assez habiles et volontaristes pour être chargés de mener les réformes mais ils sont complètement interchangeables. Les grandes écoles fabriquent des centaines de marionnettes de ce type chaque année, aptes à légitimer les logiques d’accumulation du profit et de la puissance qui se perpétuent à la tête de l’État impérialiste à travers l’alternance des fractions de gauche et de droite.

À Amiens, dans les destructions de campements de Roms et les expulsions, dans les camps pour étrangers illégaux et dans le système de leur déportation, dans les visites officielles du nouveau chef de l’État à des dictateurs affamés de sécurisation à la française, dans les plans d’intervention inter-impérialiste en Syrie… la technique idéologique dont Alain Bauer est le nom continue d’alimenter la reproduction et l’extension du capitalisme sécuritaire.

Malgré sa proximité avec Manuel Valls, Alain Bauer a démissionné de la plupart des présidences officielles (l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, le Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique et la Commission de contrôle des fichiers de police) qui lui avait été attribuées. Comment l’expliquez-vous ?

La conjugaison de ses responsabilités à la tête des appareils idéologiques d’État et de ses activités d’entrepreneur sur le marché de la sécurité a commencé à le mettre en difficulté dès lors qu’elle a été rendue publique. On peut penser sans trop prendre de risque, qu’il continue et continuera plus discrètement à fournir l’État et à marchander ses services avec les gouvernements et les entreprises les plus offrants.

Mathieu Rigouste est l’auteur de La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire aux éditions Libertalia en 2011 et de L’ennemi intérieur : la généalogie coloniale et militaire de l’ordre sécuritaire dans la France contemporaine aux éditions La Découverte en 2009.

Leur presse (David Doucet, LesInrocks.com, 1er septembre 2012)

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[Comment accommoder le juge] « Je n’étais ni le bras droit, ni le bras gauche. Ce que j’ai fait, c’est moi qui ai décidé de le faire »

Nancy. Il crache sur le président

« Bande de bâtards. Je m’en bats les c… » Rien ne semble plus pouvoir arrêter Julien B… Jugé hier pour trafic d’héroïne, ce Nancéien de 29 ans, n’en peut plus de son procès. Il veut quitter le box. Retourner dans sa cellule. Les agents de la pénitentiaire l’obligent à rester, à faire face au tribunal correctionnel de Nancy. Alors les insultes fusent. Elles visent surtout le vice-procureur, Yvon Calvet qui vient de requérir 5 ans ferme contre lui.

Le président Pascal Bridey n’est pas épargné. Le jeune homme, fou furieux, lâche un franc crachat dans sa direction. Pour être sûr d’atteindre sa cible, il se hisse sur la pointe des pieds et balance son projectile par-dessus la vitre de sécurité du box. Touché. Le président s’efforce de rester digne et suspend l’audience.

Il revient quelques instants plus tard pour essuyer son fauteuil avec un mouchoir en papier. L’audience reprend peu après. Avec un prévenu calmé.

Dès le début du procès, il a donné du fil à retordre au président. Il est censé être le bras droit d’un important dealer d’héroïne qui sévissait sur le quartier du Faubourg-des-Trois-Maisons à Nancy. « Je n’étais ni le bras droit, ni le bras gauche. Ce que j’ai fait, c’est moi qui ai décidé de le faire », ironise le prévenu qui a des faux airs de l’acteur Vincent Cassel, jeune, dans La Haine.

Visage en lame de couteau, sourire hargneux et nerfs à fleur de peau, il partage le même tempérament, violent et imprévisible, que le personnage du film de Kassovitz. Il fait dans la provoc à outrance et assume sans complexe le trafic d’héroïne : « J’ai bien vécu. J’avais de l’argent. Les gars qui m’en achetaient, n’étaient pas des enfants, ils savaient ce qu’ils faisaient ! »

« Une coopérative de toxicomanes »

À ses côtés, son copain, à l’origine du trafic, Anthony T…, 27 ans, adopte l’attitude inverse. Il s’efforce de la jouer poli et repentant. Mais lui aussi est un phénomène. Rien à voir avec le prévenu lambda. Livide, les yeux cernés, il a l’air décalé. Il donne au président du « chef » à longueur de phrase. Tout en faisant mine de ne plus trop se souvenir des quantités d’héroïne dealées.

Il avoue quand même avoir ramené des Pays-Bas un minimum de 4 kg dans les six mois qui ont précédé son interpellation. Une interpellation qui remonte à août 2011. Un flag après des mois de surveillance. Les policiers l’ont arrêté en pleine transaction sur un parking près de chez lui.

À son domicile, les enquêteurs ont retrouvé un peu plus d’un kg d’héroïne. Une belle prise. Pour donner une idée de l’ampleur du trafic, le vice-procureur insiste sur la présence d’une machine à compter les billets chez T… « Comme c’était un lève-tard, il laissait son copain revendre le matin. Puis il prenait le relais. C’était les 3×8 », ironise-t-il.

« Ce n’était pas un trafic organisé, mais une coopérative de toxicomanes qui ont mis leur argent dans un pot commun pour acheter et autoconsommer », plaide Me Pereira en défense. « S’ils avaient une machine pour les billets, c’est parce qu’ils sont trop paresseux pour les compter », complète Me Nunge. Jugement : 4 ans ferme pour les deux dealers. Le cracheur fera, de plus, l’objet de nouvelles poursuites judiciaires pour outrage.

Jugés également, un toxicomane et une mère de famille qui ont joué les chauffeurs pour aller en Hollande, et la petite amie de T… ont écopé de peine allant de 10 mois ferme à 6 mois avec sursis.

Leur presse (Christophe Gobin, EstRepublicain.fr, 13 septembre 2012)

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[Comment accommoder le policier] « Il nous a délibérément visés et a attendu qu’on passe dessous »

Haute-Saône. Il urine sur les policiers depuis son balcon

C’est une affaire très peu banale qui a été jugée ce mercredi au tribunal correctionnel de Vesoul. Un couple d’Héricourt comparaissait pour outrage aux représentants des forces de l’ordre. Au cours d’une soirée d’anniversaire très arrosée, ce couple de quinquagénaires était sorti prendre l’air et l’homme en avait profité pour soulager sa vessie depuis le balcon. Or, au même instant passait une patrouille de police. On s’en doute, les représentants des forces de l’ordre n’ont guère aprécié la plaisanterie. S’en est suivi un échange houleux qui a amené le couple à la barre du tribunal.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (BienPublic.com, 13 septembre 2012)


Il se soulage sur les policiers depuis son balcon

Les deux Héricourtois ont défendu leur cause avec flegme, jeudi au tribunal de Vesoul. L’homme, âgé de 57 ans, et la femme, 42 ans, célébraient un anniversaire le 26 mai au domicile de celle-ci. Une fête particulièrement bien arrosée… Vers 1 h du matin, pris d’une envie pressante, d’après ses dires, le quinquagénaire se rend sur le balcon et urine par-dessus bord. Pile au moment où passaient des policiers héricourtois. Lesquels n’ont guère apprécié la manœuvre.

Version des forces de l’ordre assermentées : « Il nous a délibérément visés et a attendu qu’on passe dessous ». Le prévenu, de son côté, esquive : « Pas du tout. J’ai regardé dans la rue, je n’ai vu personne ». D’ailleurs, assure-t-il, il n’y voit quasiment rien. En invalidité.

Le juge Strawinski interroge la femme : « Il n’y a pas de toilettes chez vous ? ». Réponse laconique de l’intéressée : « Elles étaient bouchées ».

Ensuite… L’outrage aux policiers (insultes qui auraient été proférées à leur encontre) a fini en relaxe, au vu même « des dépositions des forces de l’ordre » qui « ne caractérisent pas l’accusation », dixit le juge.

L’ivresse publique ? L’avocat du quinquagénaire a eu beau s’interroger sur l’aspect public « du balcon et des communs de l’immeuble où mon client était descendu à la demande des policiers », le tribunal a tranché pour la culpabilité des deux prévenus. Validant la rébellion au moment de l’arrestation pour la dame. Et un port d’arme de 6e catégorie pour l’homme. Conclusion : un mois avec sursis pour la femme et des amendes pour l’homme. Plus dédommagement pour les parties civiles.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (EstRepublicain.fr, 13 septembre 2012)

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Les vigiles travaillent à Toulouse

Toulouse. À 12 ans, tabassé par des agents de sécurité pour avoir volé un Kinder

Les agents de sécurité d’un supermarché toulousain ont porté des coups à un enfant de 12 ans qui venait de dérober une barre chocolatée. Ils ont été interpellés par la police.

Quatre minutes de violence, de multiples coups portés… Un enfant de 12 ans a littéralement été passé à tabac par les vigiles d’un supermarché de l’avenue de Grande-Bretagne à Toulouse pour avoir volé une friandise… un Kinder Bueno. La scène s’est déroulée au printemps mais l’enfant, traumatisé, ne les a révélés aux policiers que très récemment.

Ce jour-là, dans le magasin, sa gourmandise l’a fait céder à la tentation. Attiré par un paquet de Kinder Bueno, le petit décide de s’en emparer et de ressortir avec, sans bourse délier. Il est repéré par la sécurité du magasin et interpellé.

Deux vigiles l’emmènent alors en salle de repos où il s’attend à une petite tape sur la main et une réprimande. Mais les choses dégénèrent. L’enfant reçoit une véritable correction. Les deux hommes le frappent. Il essuie des coups de poing, il est violemment projeté contre un mur mais aussi étranglé sur une table. La scène est très longue. Quatre minutes d’acharnement pour une barre chocolatée.

Excédés par les vols à répétition

Blessé, l’enfant est finalement libéré et rentre chez lui. Le médecin lui prescrit un jour d’interruption temporaire de travail. Plusieurs mois après les faits, sa famille vient de déposer plainte au commissariat du Mirail. Les policiers ont mené l’enquête et auditionné des témoins. L’un d’entre eux, un employé du supermarché, a confirmé les dires de la victime, cassette de vidéosurveillance à l’appui. Un indice crucial.

Deux hommes, âgés de 43 et 45 ans, ont été interpellés et placés en garde à vue. Aux enquêteurs, ils auraient expliqué leur dérapage par les multiples vols à l’étalage quotidiens auxquels ils devaient faire face.

Ils devront s’expliquer devant le tribunal correctionnel de Toulouse au mois de février.

Trahis par la vidéo

L’enregistrement de vidéosurveillance de la salle de repos du magasin montre une scène très longue au cours de laquelle l’enfant est violenté. Son visionnage a choqué un employé du supermarché qui n’a pas hésité à la remettre aux enquêteurs. Confrontés aux images, les deux vigiles mis en cause n’ont pu nier les faits. Ils ont immédiatement reconnu leur implication.

Leur presse (Claire Lagadic, LaDepeche.fr, 13 septembre 2012)

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[Lausanne, 15 & 16 septembre] 6e Convention d’éditions indépendantes

Ce week-end…

VIe CONVENTION D’ÉDITIONS INDÉPENDANTES
INDEPENDENT GRAPHIC DESIGN & MUSIC CONVENTION VI

15 & 16 SEPTEMBRE 2012 – LAUSANNE – THÉÂTRE 2.21, INDUSTRIE 10

http://juralib.noblogs.org/files/2012/09/0210.jpgPour sa 6e édition la Convention reste dans son fief du Théâtre 2.21 mais étend ses tentacules et s’empare de la cour des anciens magasins de la Ville pour laisser place aux nombreux invités. Avec une vingtaine de nouveaux projets venus de Suisse et d’Europe, en plus des habitués, la Convention souhaite renouveler ses propositions et nourrir les découvertes du public.

Sur les deux jours, les différent-e-s intervenant-e-s disposeront d’un espace pour y présenter leurs réalisations, livres, disques ou affiches, qu’il sera possible de leur acheter. Pour décliner et enrichir les échanges autour du domaine de l’édition, la convention s’accompagnera d’une table ronde ; une exposition de machine à écrire ; de l’écriture sauvage ; de lectures ; de concerts ; d’un brunch dominical ; et de concerts pour terminer en fête.

Programme détaillé

Informations de l’espace autogéré de Lausanne, 12 septembre 2012

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