[Florange] « On ne s’interdit plus rien. Les actions seront à la mesure de l’indifférence » (2)

Usine sidérurgique de Florange
Les Mittal stoppent une ligne clé pour l’automobile

Toute la journée d’hier, l’intersyndicale CFDT-CGT-FO d’ArcelorMittal a empêché les administratifs de travailler et bloqué l’électro-zingage. Avant de lever ce blocus et, contre toute attente, quitter les Grands-Bureaux à 17h30.

Des « incidents » sur les rails

Devant le siège, avenue des Tilleuls, en début de matinée, le bruit s’est vite répandu. Dans la nuit de mercredi à jeudi, une vingtaine de wagons ont perdu leur cargaison de coke sur une voie ferrée de Florange, d’autres subissant le même sort du côté du port d’Illange. « Le vent a soufflé très fort. Au total, près de 900 tonnes prévues pour Dunkerque [une autre usine du groupe industriel indien] se sont retrouvées éparpillées sur les rails », entendait-on ici ou là.

Dans la foulée de ce premier événement, la direction d’ArcelorMittal Florange déposait plainte au commissariat de Thionville, le conducteur du train ayant aperçu six individus cagoulés au niveau de la barrière rue de l’Ancienne-Tannerie. Préjudice subi : l’arrêt complet du convoi ainsi que des suivants.

Les Grands-Bureaux interdits de personnel

Dès 8h, les Grands-Bureaux, occupés depuis mardi par l’intersyndicale CFDT-CGT-FO, ont été interdits d’accès aux employés et cadres. Devant les grilles, chaque chef de file a rappelé les raisons de leur combat depuis quatorze mois déjà. Exhortant les « cols blancs » à les rejoindre enfin. « C’est la dernière ligne droite, maintenant ou jamais ! Dans quelques jours, des annonces vont tomber… » Sous la pluie, la foule a écouté jusqu’au bout, sans dire un mot. Des hommes et des femmes toujours en proie au doute, entre la peur de perdre leur place s’ils venaient à rejoindre les syndicats et cet immobilisme dont certains ont conscience qu’il ne les protégera de rien.

Un comité central d’entreprise pourrait se tenir à Paris en début de semaine prochaine, croient savoir les syndicats.

En milieu de matinée, des membres de l’intersyndicale se sont ensuite rendus au portier Sainte-Agathe, à quelques kilomètres du siège, pour bloquer la ligne d’électro-zingage.

Un atour majeur de l’usine à l’arrêt

« Elsa », comme on l’appelle, accueille chaque jour 200 à 300 bobines de tôle, de 20 tonnes chacune. Trempées dans un bain de zinc, toutes vont recevoir un traitement particulier anti-corrosion très plébiscité par les constructeurs automobiles haut de gamme.

Emballée ou sur le point de l’être, la production est restée à quai toute la journée d’hier. « On veut marquer le coup. Surtout ne pas perdre de clients mais les interpeller sur ce qui se passe dans notre usine », prévient Frédéric Weber, secrétaire adjoint de la CFDT d’ArcelorMittal Florange. « Cette ligne de production est une force de notre usine intégrée. Il y a quelques années, le groupe avait failli la fermer au profit de la Belgique. C’est Mercedes, l’un de nos principauxclients, qui avait réussi à la préserver parce qu’on ne retrouve pas ce niveau de qualité ailleurs en Europe. »

Et le syndicaliste de réaffirmer l’objectif des militants : « Maintenir notre outil de travail. Le temps que la loi Hollande, lancée au départ par les métallos, soit promulguée et qu’on essaie de trouver un repreneur ».

Le blocage levé à 17h30. L’intersyndicale se réunit ce matin pour affiner sa stratégie à venir.

Leur presse (Le Républicain Lorrain, 14 septembre 2012) via Solidarité ouvrière

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