[Vinh Yen, Vietnam] Vérité et Justice pour Nguyen Tuan Anh

Vietnam : un enterrement vire à l’émeute

Des villageois en colère ont affronté la police dimanche dans le nord du Vietnam lors des funérailles d’un jeune homme dont la famille affirme qu’il a été battu à mort par un proche d’un notable local.

La police locale « a dû mobiliser de nombreux d’effectifs, dont la police anti-émeute, pour rétablir l’ordre », a précisé le quotidien Tuoi Tre. « Plus de 1.000 personnes ont porté son cercueil devant le bureau de la poste provinciale pour demander une enquête sur son décès, provoquant un embouteillage pendant près de cinq heures » dans le centre de la ville de Vinh Yen pour réclamer justice, a ajouté le journal.

La famille de Nguyen Tuan Anh, 27 ans, affirme qu’il a été tué par le gendre d’un haut responsable local. Cinq personnes ont été arrêtées après que son corps défiguré a été retrouvé dans un égout dimanche matin. La police a ouvert une enquête, selon les médias officiels.

Des vidéos et des photos postées sur Internet ont montré des images de la police anti-émeute s’efforçant de maîtriser les manifestants. On y voit notamment un policier en train de bousculer un membre de la famille lors du cortège.

La presse officielle n’a pas précisé lundi la cause exacte du décès du jeune homme et les autorités locales n’étaient pas disponibles pour commenter l’information.

Les manifestations publiques sont rares au Vietnam, où le régime communiste contrôle strictement tous les rassemblements au nom de la stabilité politique. Mais ce genre d’incidents survient de temps en temps dans les provinces du pays où les écarts entre riches et pauvres n’ont cessé d’augmenter, et où les hauts responsables locaux sont régulièrement accusés d’abus de pouvoir et de corruption, au profit de leurs proches ou de leurs familles.

Leur presse (Agence faut Payer, 18 mars 2013)

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[Ferme collective de Beauchamp (Montpeyroux) dans le Périgord] Journée/soirée, concerts/débats, projets inutiles etc. Lundi 18 mars à partir de 16 heures

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[What a fucking cake !] À propos des « Femmes de droite », d’Andrea Dworkin

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/02.gifWhat a fucking cake !

Passée la jolie couverture vert amande, où la ménagère, idéal-type des années soixante, offre entre sourire de modestie convenue et poitrine de profil un gros gâteau au chocolat, « abandonnez toutes espérances »…

On reconnaît bien les éléments du monde patriarcal où Andrea Dworkin nous mène, mais son éclairage très puissant nous montre comment ils en sont la constitution, l’architecture, le cœur.

Rouages

Les relations de domination, d’oppression et d’exploitation des femmes que les hommes entretiennent ne sont pas des relations parmi d’autres qui le seraient moins ou autrement, mais les rouages mêmes du système. Et on peut toutes les ramener au rapport d’exploitation sexuelle et reproductive, qui en est la clé de voûte.

A. Dworkin présente cette exploitation sous une lumière crue : il s’agit de l’exploitation des corps, du corps de toutes les femmes, destinés à la « baise » (the fuck) et à la production des enfants.

Le reste, les violences, les agressions sexuelles, l’exploitation économique et domestique, la prostitution, la pornographie, la culture et les pratiques de dépréciation, de mépris, d’ignorance, de moquerie et d’humiliation ne sont pas des phénomènes sociaux contingents, discrets, à considérer séparément, mais les colonnes de l’exploitation sexuelle des femmes. Elles servent à maintenir l’exploitation sexuelle des corps – orifices et matrices.

Pour durer le patriarcat doit les faire accepter comme normales, et mieux, comme désirables : c’est le rôle de l’idéologie culturelle de l’amour, du mariage, etc… (bien dénoncée par ti-grace atkinson).

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Andrea Dworkin

Mais Dworkin ne s’oriente pas dans cette direction, elle reste dans l’analyse matérialiste du rapport de force de l’exploitation des femmes. Son regard passe à travers les effets de la rhétorique culturelle, pour aller droit dans la vie matérielle des femmes, où l’objectif est de survivre, c’est à dire trouver les conditions de vie les moins difficiles.

… les femmes tentent désespérément d’incarner un idéal masculin parce que leur survie en dépend.

… Cette adaptation sexuelle, sociologique et spirituelle, qui agit comme une mutilation morale, constitue le premier impératif de survie pour les femmes vivant sous la suprématie masculine.

… Le vécu de souffrance des femmes est enseveli dans le mépris et l’invisibilité culturelle … (pp. 28-30)

Situation de crise

Christine Delphy le note en préface, le tableau dressé est celui d’une domination absolue montrant à quel point Dworkin juge la situation grave.

La radicalité de son analyse fait ressortir le peu de consistance de positions féministes modérées, de stratégies de programme, de revendications ponctuelles. Elle interroge les possibilités et modalités de changement véritable. Surtout lorsque l’appartenance à un groupe politique progressiste conduit les femmes à avaler davantage d’oppressions sous couvert de libération des mœurs, et que Dworkin en déduit une plus grande lucidité chez les femmes de droite.

Elle désigne un déterminisme social totalitaire où les femmes n’ont pas le choix de leurs conditions d’existence : « toute femme est réductible à son utérus, c’est l’essence de sa condition politique en tant que femme » (p.152). L’exploitation et l’oppression de la classe des femmes sont structurelles, formant système.

Dworkin fait voir les signes d’un « gynocide annoncé », et nous fait comprendre à quel point le modèle du bordel et celui de la prostitution sont tout à fait acceptés dans la structure sociale et comment cette mise à disposition des femmes est tout simplement acceptée parce que ce sont des femmes.

La situation est si accablante et désespérante qu’elle installe une fatigue, un sentiment d’impuissance et de vanité des combats, puisque les gains obtenus pour l’amélioration des conditions de vie des femmes laissent inchangé le fonctionnement des structures d’exploitation sexuelle.

Mais d’où vient l’espoir ?

Pourtant C. Delphy conclut en soulignant le paradoxe que « ce qui paraît le plus noir, c’est ce qui est éclairé par l’espoir le plus vif ».

C’est la pensée critique féministe qui permet de mettre la tête hors de l’eau ; mais si elle ne tient pas dans la durée, elle a peu d’efficace sur les conditions de vie. Pour durer et amener au changement, la pensée doit se faire radicale dans ce qu’elle fait voir, si radicalement qu’elle marque irrémédiablement les regards et la vision des choses.

La force de l’intelligence

La solution est, ne peut être que féministe, puisque leur vision annihile le système de polarité de genre qui réserve aux hommes supériorité et puissance, car elle voit les femmes comme des êtres humains dotés d’individualité … dont la vie ne serait pas déterminée collectivement, mais façonnée par elle-même, pour elle-même.

Bien que l’on ne puisse « pas savoir ce que les féministes veulent dire par là ; le concept de femmes non définies par le sexe et la reproduction est anathème, stupéfiant. C’est l’idée révolutionnaire la plus simple jamais conçue, et la plus méprisée. » (p. 190)

Traditionnellement et de façon concrète, le monde est amené aux femmes par les hommes ; ils constituent l’extérieur dont l’intelligence des femmes doit se nourrir. L’intelligence des femmes ne peut parcourir le monde pour son propre compte … les hommes sont le champ d’action où évolue l’intelligence des femmes. Mais le monde, le monde réel est beaucoup plus que les hommes.

PDBS

Andrea Dworkin : Les femmes de droite
avec préface de Christine Delphy,
Montréal, Éditions du remue-ménage, 2012
traduction : Martin  Dufresne et Michele Briand.
L’ouvrage est déjà en réimpression !

Entre les lignes entre les mots, 17 mars 2013

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[Notre-Dame-des-Landes / Rennes] « Mort à Tiqqun ! »

Texte en soutien aux féministes de la ZAD et en réponse à « Appel aux femmes de la ZAD »

Une émission enregistrée par des Rennais-e-s s’attaque de manière virulente aux féministes de la ZAD. Les discours soutenus dans cette émission sont un recyclage de théories antiféministes bien connues. L’antiféminisme invalide, en effet, toute revendication féministe, stigmatise tout comportement associé à ce mouvement et vise à dévaloriser toute prise de position en faveur de l’égalité entre femmes et hommes. On souhaite, ici, apporter notre soutien aux féministes de la ZAD en déconstruisant point par point ces arguments, qui représentent une réelle défense des intérêts masculins. En effet, en refusant de questionner les rapports homme/femme, ces personnes ne font que reproduire l’idéologie dominante.

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Tract revendiquant le tag sur la Maison de la Grève fait le mardi 12 mars 2013

Mais bon sang, les féministes ! Arrêtez vos jérémiades ! Les femmes n’ont pas (en plus) besoin de s’appesantir sur leur sort ! Allez soyons sérieuses, c’est du délire : permettre aux femmes ayant subi des violences de se reconnaître comme victimes pour se reconstruire ? Arrêter de culpabiliser et croire que le problème est avant tout un fait social et non une faute individuelle, mais où allons nous ?!

Trêve de plaisanterie : NON, les féministes ne sont pas des femmes geignantes, désirant être plaintes. Nous disons simplement que lorsque les femmes sont effectivement discriminées, il serait hypocrite de ne pas analyser et dénoncer la problématique de cette discrimination juste pour pouvoir maintenir l’illusion d’égalité. Alors, OUI, les féministes voient les violences comme l’indice d’une inertie sociale et une arme pour perpétuer les inégalités entre hommes et femmes !

Les féministes n’auraient « pas d’amis mais des complices de leur médiocrité ». Nous, féministes, sommes accusées de poser un discours victimaire qui présente les femmes comme vulnérables, dominées et sans défense. Pire encore, le statut de « victime » créerait les conditions d’une nouvelle menace auto-réalisatrice. Comme la prophétie du même nom, si tu deviens une victime c’est que tu l’as bien cherché… parce qu’au fond tu aimes ça hein ? Or, dire cela n’est-ce pas déplacer et nier le problème ? N’est-ce pas préférer passer sous silence les discriminations, inégalités et violences que subissent les femmes en accusant les féministes de créer des figures de femmes « faibles » et de provoquer ainsi leur enfermement dans la domination ? Et d’une pierre deux coups, on fait ainsi peser la responsabilité du système patriarcal sur les dominées ! Classique stratégie argumentative des dominants…

Se définir en tant que « femmes » n’est pas une recherche d’enfermement dans une identité. Au contraire, se reconnaître en tant que classe de femmes, c’est reconnaître l’oppression propre que l’on subit, savoir que ces agressions ne sont pas des cas isolés. Cela constitue un point de départ pour mieux dépasser l’identité de genre imposée par la société. Et dans ce cas, OUI, la non-mixité est un moyen politique pour que les opprimées puissent définir elles-mêmes leur oppression, pour que leur expérience de la violence morale et physique puisse se dire librement. Et qui plus est, quel chantre de la mixité oserait nous asséner que ce mode d’organisation est rétrograde alors que la non-mixité a été l’invention d’un nouvel outil politique efficace pour combattre la domination masculine ? Allez, un petit effort, sortez du préjugé qui consiste à croire que les groupes non-mixtes de femmes seraient des groupes thérapeutiques, de lamentations. Et oui, on prend (aussi !) du plaisir dans la lutte féministe qui est faite d’enthousiasme, de joies, de plaisirs, d’émancipation, de nouvelles rencontres, d’amitiés et d’amours.

Quoi les féministes « vivent dans l’angoisse existentielle du viol » ! Y a-t-il encore de bonnes raisons pour croire une telle ineptie !? À y regarder de plus près… hum… ah oui… sans doute… le viol est plus une réalité qu’un fantasme (75’000 viols/an). Qu’on ne s’y méprenne pas, l’illusion d’une égalité au sein d’une « meute mixte » révolutionnaire qui échapperait à la société patriarcale, vient à notre sens renforcer le dit système patriarcal et cristalliser des comportements violents. En effet, le viol c’est surtout dans le cercle proche et dans l’entourage des victimes qu’il se produit. Aussi, les amitiés nouvelles ne protègent en rien des agressions sexuelles.

Mais ne tremblez pas, la solution est à portée de main… En cas de viol, un conseil : « regarde ton agresseur en face et dis-lui : défonce-moi, je suis une salope », tu le désarmeras à coup sûr ! Allez, donne moi encore un peu de ta potion magique… même si je ne suis pas tombée dedans quand j’étais petite. Dans cette optique, se déclarer féministe perd certainement tout son sens. En effet, dans ce discours où les violences sont présentées comme les résultats de choix et de ressentis individuels, où les dominations semblent comme déconnectées de toute dynamique collective et détachées de concepts tel que la domination masculine ou la société patriarcale, c’est sauve qui peut ! Et … t’as qu’à être forte !

Parce que oui, la belle incantation de la « machine de guerre mixte et gigantesque » n’y suffit pas. Même s’il est sans doute désirable d’être fort-e-s face au système capitalisto-patriarcal, suffit-il de le décréter pour y arriver ? « Orgueil », « puissance », « force », « spontanéité », « élan de vie » ne sont que les reliquats recyclés de l’idéologie libérale (androcentrée) qui prône la loi du plus fort. En somme, cette idéologie, qui suggère qu’en proposant les mêmes possibilités d’émancipation et de réussite à chacune les résultats seront similaires, oublie que, dès le départ, toutes les femmes ne disposent pas des mêmes ressources pour se défendre individuellement.

Les féministes « sont comme la métropole, elles planifient ». Elles imposeraient des dispositifs hégémoniques ainsi qu’une police du comportement et du langage qui codifieraient les rapports entre hommes et femmes. Elles refusent qu’on s’insulte « d’enculé », dommage… et on ne pourra plus dire sale bougnoule ou sale juif non plus ? Une fois encore, on retrouve les bonnes vieilles formules antiféministes. Les arguments utilisés pour dévaluer le féminisme et celles qui s’opposent à l’ordre social, sont toujours les mêmes : pour les décrédibiliser, on les présente comme un réel danger. Et cela devient : les « dispositifs pour lutter contre l’oppression sont pires que l’oppression elle-même » ! Balaises les filles ! C’est certain, tôt ou tard les féministes qui briment les hommes et dictent les conduites en viendront à briser le rêve d’harmonie de la société ! Et leur tentative d’instauration d’une forme de liberté conduira à une tyrannie généralisée. Et hop ! d’un coup de baguette magique les oppressées se retrouvent oppresseuses…

Sont visés, ici, dans une simplification abusive, les outils de communication et les modes d’organisation politique qui permettent de retirer au sens propre du pouvoir aux dominants. Il est alors compréhensible que ces derniers se sentent brimés puisque tiens tiens… c’est le but ! Alors, sans sentimentalisme aucun, nous comprenons que cette insupportable offense soit difficile à vivre et qu’il vous est préférable d’accuser le formalisme de censure ou de lynchage que de lui trouver un quelconque caractère émancipateur et libératoire.

Allez… remballez vos « engins de toutes tailles », nous ne voulons pas être « dépucelées », vos confessions sur la barricade et vos poèmes érotico-émeutiers ne nous excitent pas… on préfère jouir et lutter… toutes seules !

Des Camilles de la métropole de Rennes

Indymedia Nantes, 15 mars 2013

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[Lyon] Contre le patriarcat, je me lève et je me bats, retour sur la marche de nuit non mixte

Contre le patriarcat, je me lève et je me bats, retour sur la marche de nuit non mixte

Environ 300 personnes se sont déplacées pour participer à la marche de nuit non mixte vendredi 8 mars à Lyon, de la place Antonin Poncet aux pentes de la Croix Rousse en passant par le Vieux Lyon. Entre flics, fafs et silence des médias, l’affirmation d’une force collective, et un rappel non négociable : « La rue la nuit nous appartient ! » Récits et photographies de cette manifestation nocturne.

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Contre le patriar­cat, je me lève et je me bats, contre le capi­ta­lisme, je me lève et je résiste !

Le cor­tège part de Antonin Poncet aux cris « les rues, les nuits sont à nous », direc­tion Saint Jean. Les CRS sont en nombre, une dizaine de cars rien que pour nous, plus la bac. Arrivées côté Saône, un groupe de fachos est appuyé contre le mur, leurs mains sur les partie géni­ta­les. Les flics les ont rodés, nous aussi.

En l’absence de ser­vice d’ordre offi­ciel et visi­ble, ce sont toutes les meufs pré­sen­tes qui se sen­tent concer­nées « face aux vio­len­ces, auto­dé­fense ! » et qui com­men­cent à se soli­da­ri­ser pour aller à leur ren­contre.

« T’es une femme qu’est-ce que tu vas me faire ? »

Arrivées à leur hau­teur, de par leurs pro­vo­ca­tions s’expri­mant sous forme de gestes autis­ti­ques mimant des coups et d’inci­ta­tions à la sodo­mie, nous fai­sons bloc et les coin­çons contre le mur. Ni les flics ni les fachos ne s’y atten­daient, c’est un peu la pani­que, les flics ten­tant de nous sépa­rer des fafs mais ne savent pas où poser leurs mains sur nous pour nous empê­cher de leur courir après.

Finalement, les fachos humi­liés et pro­té­gés par la police se cas­sent quais de Saône. Les CRS équipés for­ment des lignes et se pla­cent alors de part et d’autre du cor­tège, voire car­ré­ment dedans, et nous enca­dre­rons jusqu’au pont de la Feuillée.

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Fuite de fafs

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« Libres majeu­res, et vac­ci­nées, pas besoin d’être escor­tées ! »

Conspuant les flics tout le long du par­cours pour qu’ils arrê­tent leur « pro­tec­tion » rap­pro­chée et aux cris de « hété­ro­flics cassez vous », nous déci­dons de blo­quer la rangée de CRS à notre gauche sur le pont. Les flics ne com­pren­nent rien, une bonne partie de la manif est main­te­nant déci­dée à mar­cher de manière « fière et soli­daire », sans 50 CRS qui enca­drent notre cor­tège.

Les flics ten­tent de nous repous­ser avec leur bou­clier mais nous fai­sons bloc pour les empê­cher d’avan­cer. Des coups sont échangés, puis les flics reçoi­vent l’ordre d’arrê­ter leur mêlée de rugby pour nous lais­ser conti­nuer.

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CRS virilistes qui pensaient que les nanas allaient se laisser faire

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On a tou­jours 40 CRS dans notre dos, et on conti­nue direc­tion Terreaux, les pentes pour ter­mi­ner place Colbert.

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Dans les rues, on se fait applau­dir par cer­tai­nEs, on reçoit les regards scep­ti­ques des autres, trou­vant l’expli­ca­tion toute trou­vée : « c’est la jour­née de la meuf ».

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Un autre compte-rendu de la manif fémi­niste :

Le 8 mars au soir, plu­sieurs cen­tai­nes de per­son­nes se sont regrou­péEs en non mixité fémi­niste — meufs et goui­nes (trans ou cis [Une personne cis est une personne dont le sexe social correspond à celui assigné à la naissance]) et mecs trans — pour mani­fes­ter contre le capi­ta­lisme et l’hété­ro­pa­triar­cat.

La manif est partie de la place Antonin Poncet, s’est diri­gée vers le Vieux Lyon pour ensuite remon­ter dans les pentes de la Croix-Rousse.

Dès le début de la manif, place Bellecour, quel­ques fafs insul­tent et mena­cent les mani­fes­tan­tEs, et des mecs cis relous ten­tent de s’intro­duire dans le cor­tège. Les fémi­nis­tes ripos­tent à coup de slo­gans et réus­sis­sent à pré­ser­ver la non-mixité.

À signa­ler qu’une dizaine de camions de CRS nous enca­drent déjà, leurs effec­tifs étant com­plè­te­ment dis­pro­por­tion­nés au regard du nombre de per­son­nes pré­sen­tes dans la manif.

Nous pas­sons ensuite sur le pont Bonaparte. Une ving­taine de fafs nous atten­dent à l’entrée de Saint Jean. La manif s’arrête. Une partie des fémi­nis­tes scan­dent des slo­gans tels que « Saint Jean est à nous » ou encore « La rue la nuit nous appar­tient » tandis que d’autres leur fon­cent dessus. Les flics ten­tent d’empê­cher l’affron­te­ment et nous repous­sent vive­ment. Les fafs recu­lent, pro­té­gés par les flics. À Saint Jean comme ailleurs, nous repre­nons l’espace.

La manif repart. Nous pas­sons devant la cathé­drale puis nous pre­nons les quais de Saône. Les flics, sur les nerfs depuis l’affron­te­ment avec les fafs, qua­drillent com­plè­te­ment la manif. Nous mar­chons donc au milieu de deux ran­gées de CRS qui enca­drent le cor­tège du début à la fin. Les esprits s’échauffent et les slo­gans anti-flics com­men­cent à fuser, pour leur rap­pe­ler que nous n’avons besoin d’aucun homme pour nous pro­té­ger, et encore moins en uni­forme.

Nous arri­vons sur le pont de la Feuillée, les flics tou­jours collés au cor­tège. Des fémi­nis­tes déci­dent alors de les char­ger, pour les forcer à garder leur dis­tance. Des lignes se for­ment et blo­quent leur avan­cée, aux cris de « Police natio­nale, police patriar­cale » ou encore « Contre les vio­len­ces des flics, auto­dé­fense fémi­niste ». Les coups pleu­vent mais on tient bon. On réus­sit à les conte­nir un petit moment, puis la manif repart. Les flics sont tou­jours pré­sents mais au moins, ils ne nous enca­drent plus sur les côtés.

Nous pas­sons ensuite place des Terreaux puis remon­tons dans les Pentes de la Croix-Rousse. La pré­sence poli­cière est tou­jours mas­sive et les CRS nous sui­vent jusqu’à la Place Colbert. La manif prend fin, les per­son­nes res­tent sur la place pour dis­cu­ter, chan­ter, etc. Les CRS conti­nuent de blo­quer l’accès à la rue Diderot, tandis que la BAC rode autour des fémi­nis­tes. Nous crai­gnons des ten­ta­ti­ves d’arres­ta­tion, mais fina­le­ment ils se déci­dent à partir sans inter­pel­ler per­sonne.

La manif se ter­mine par une soirée fes­tive à La Plume Noire.

Il res­tera de cette soirée des fémi­nis­tes qui se bat­tent, gueu­lent, se ren­contrent, s’orga­ni­sent entre elles, repren­nent l’espace et ren­dent visi­ble leurs luttes quo­ti­dien­nes.

« Misogynes, les­bo­pho­bes, trans­pho­bes, méfiez vous, on rend les coups !  »

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Rebellyon, 10-14 mars 2013

 

Les manifestantes féministes agressent les policiers protégeant leur cortège

À l’appel de diverses organisations et associations féministes, environ 200 personnes ont participé vendredi soir, à Lyon, à la deuxième « manif non-mixte » organisée dans le cadre de la journée de la Femme. Craignant une confrontation avec l’extrême-droite, la police avait déployé un gros dispositif pour s’interposer en cas de provocation de part et d’autre. En arrivant quai Romain Rolland, c’est de l’intérieur de la manifestation que sont venus les problèmes. Un groupe de meneuses a invectivé violemment les passants et s’en est pris aux CRS. Criant des insultes, plusieurs manifestantes ont frappé à coups de pied les boucliers des policiers. La police n’a procédé à aucune interpellation.

Leur presse (Le Progrès, 10 mars 2013)

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La Fédération Anarchiste affiche au grand jour son discours masculiniste ?

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Le Hors-série du Monde Libertaire de mars-avril 2013 sur l’éducation cache dans ses pages une perle du masculinisme français. Roger Dadoun, professeur émérite des universités et enseignant à Paris 7, nous gratifie d’une analyse crypto-freudienne du viol de DSK sur Nafissatou Diallo.

À grand renfort de théories fumeuses et de mots compréhensibles uniquement par des bac+12, il remet en cause le viol commis par DSK. Ses idées sont claires ; non seulement le viol n’en était pas un, c’était seulement une « frasque libidinale », mais il met en scène cet acte d’horreur avec des mots crus dignes d’un film pornographique. Sans rien envier à Éric Zemmour ou Alain Soral, il explique et justifie le viol par une soi-disant féminisation de la société et des hommes (qu’il nomme « hystérisation »). Les hommes vivraient des « hystères » ou moment d’hystérie qu’ils ne semblent pas pouvoir contrôler…

Le viol : Érotisation et Déni

« Ce n’est pas un viol, c’est une frasque libidinale » Roger Dadoun réussi un tour de force lorsqu’il nous parle du viol de DSK sur Nafissatou Diallo. Il débute son texte en affirmant que ce qui s’est passé ce jour là est on ne peut plus concret et précis ; c’était un « acte de fellation consommé » entre un client et une femme de chambre. Durant toute son explication, les mots « viol, violeur, rapport forcé, domination masculine, agression, victime, non-consentement, violence… » n’apparaissent dans le texte. L’agression sexuelle est même (re)qualifiée en « relation consommée, geste, rencontre ou circonstance inattendue, fellation incidente, prétendue agression sexuelle, frasque libidinale… » tandis que le violeur et sa victime sont appelé-e-s « protagonistes » ou « client » pour DSK, faisant planer le doute entre client de l’hôtel et client d’une prostituée. Dans cette atmosphère nauséabonde, pourquoi parler d’un viol sans le nommer ? Pour montrer qu’il n’existe pas.

Le fantasme du (faux) viol Le viol est décrit comme le fantasme d’un mauvais film pornographique. Le cadre d’une chambre d’hôtel est posé, « lieu de passage : règne de la passe ». Les mots « passe » et « client » relevant clairement du vocabulaire de la prostitution. Le personnel, homme et femme, a un « contact charnel constant indirect avec le client ». Dans le film de Roger Dadoun, « le client sort en nudité d’humeur légère de sa douche, à effet peu ou prou érotisant » et l’employée « pénètre » à ce moment dans la chambre (le doute laissant penser qu’en face de lui c’est une employée/prostituée qui joue sur la double facette de la soubrette sexy). Et là ce ne sont plus deux personnes, mais deux corps, selon l’auteur, qui vont faire une rencontre. Il les voit comme face à face, suspendus dans un « temps X » qu’il qualifie de mystérieux, et se demande « qui fait le premier pas ». Il se questionne sur leurs motivations concordantes, sur ce que font leurs mains, leurs têtes, leurs bouches. Puis « la femme suce le sexe de l’homme », quelques gouttes de sperme en sortent. Cela a a duré quelques minutes.

Dans son fantasme malsain, il érotise le viol. Il en fait un événement racontable sans aucune conséquence, à part celle de susciter l’excitation. L’homme sort de la douche, il est comme surpris par la situation. C’est la femme qui est active, qui pénètre et déclenche la scène par sa présence. La victime devient coupable et le violeur est une figure passive. Les rôles sont inversés : le viol se transforme en une jolie scène érotique où l’homme est surpris par une femme qui jouerait un rôle ambigu de soubrette/prostituée.

Un viol n’est pas une jolie scène érotique.
Faire croire que c’est joli, c’est le banaliser et l’accepter.

« Si c’est une prostituée, ça n’est pas un viol » DSK est vu comme un client, on ne sait s’il s’agit d’un client d’un hôtel ou d’une prostituée. Et si DSK est un client, Nafissatou Diallo n’était elle pas une employée/prostituée volontairement ambiguë ? Roger Dadoun utilise le doute sur le pseudo-rôle de prostituée pour faire douter de la pertinence et de l’évidence du viol. Si c’est sur une prostituée, est-ce vraiment un viol ? N’est-ce pas son travail ? Rappelons à l’auteur que la réalité n’est pas un mauvais fantasme de Canal+ et qu’une employée d’hôtel n’est ni plus ni moins que ce qu’elle paraît être : une employée d’hôtel. Rappelons lui encore plus fortement que sur une employée ou une prostituée, le viol n’est pas caractérisé par le travail de la victime, mais par l’acte du violeur.

Quand une femme ne dit pas oui, c’est non.
Quand une femme dit non, c’est non.

« Elle aurait pu se défendre » L’auteur ose même prétendre que vu sa stature, Nafissatou Diallo aurait pu repousser DSK (donc empêcher ce qu’il appelle sa « prétendue agression »). Elle est présentée comme une « femme forte », habituée aux travaux forcés et « en mesure de résister ». Pire, il se pose la question de son poids, qu’on aurait alors pu comparer à celui de DSK, afin de savoir si effectivement elle aurait pu le repousser… Le degré zéro de la réflexion est atteint. Nafissatou Diallo est présentée comme un stéréotype raciste de femme noire bien charpentée par le labeur domestique et « peut-être illettrée ». Cette question sur son poids est mysogine et anti-grosse ; si elle est trop mince, elle ne peut résister mais si son poids est suffisant, elle acquiert une position de force pour repousser l’agresseur. Tout est résumé à une domination physique, niant volontairement le conditionnement patriarcal que subisse les femmes sur la notion de consentement.

D’un acte précis au doute affirmé Alors que le début de l’article affirme cet acte comme « concret et précis », la teneur n’est plus la même dans les dernières lignes. Revirement de situation, l’auteur affirme alors que « seule une reconstitution bien ordonnée aurait permis d’apprécier la vraisemblance et l’adéquation des versions et vécus des deux sujets ». Bien sûr, organisons des reconstitutions avec le violeur et la victime, pour qu’elle revive une deuxième fois son viol. On aurait dû y penser avant…

Enfin, cet acte qui « n’est plus un viol » mais juste un « acte sexuel entre deux corps », est replacé dans un contexte plus large : Faut-il rappeler qu’à l’échelle de la planète, ce sont des torrents de sperme et autres sécrétions que l’hôtellerie envoie dans des bidets, lavabos et laverie ? Et oui, pour Roger Dadoun le contexte n’est pas celui d’un violeur en série qui a fait l’objet de plusieurs dénonciations (celle de Tristane Banon et d’une prostituée du Carlton de Lille pour les plus connues) mais il est noyé parmi tous les actes sexuels qui se passent régulièrement dans les hôtels (viols ou relations consenties, l’auteur ne pose même pas la question).

« A-t-elle vraiment voulu dire non ? » Mais la vraie question que se pose l’auteur est celle-ci : la victime a-t-elle vraiment voulue dire non ? Selon l’auteur, si elle l’avait fait, elle aurait pu, vu sa masse, repousser un homme qui n’aurait sans doute pas osé lui courir après dans les couloirs de l’hôtel à moitié nu. Il décrit le viol comme un acte isolé et spontané, comme une rencontre fortuite de deux corps dans l’espace. Il le vide ainsi de son contenu. Il nie la difficulté de dire « non » lorsque l’agression arrive. Il nie les autres agressions dont DSK est l’auteur.

Le viol est acte patriarcal dans toute son horreur, qui dépossède les femmes de leur autonomie et de leur corps, mentalement et physiquement. C’est un homme qui s’imagine qu’une femme ne peut lui dire non. Et que même si elle dit non, elle pense oui. Il faut juste la forcer un peu pour lui donner envie. Le désir n’a pas à être réciproque. L’appétit vient en mangeant comme on dit. Et si elle ne dit rien c’est forcément qu’elle était d’accord, qui ne dit mot consent. Sinon elle aurait fait en sorte pour ça s’arrête.

Le Discours Masculiniste

Après une première partie érotisante, Roger Dadoun affiche sa théorie masculiniste, celle déjà énoncée par Alain Soral ou Éric Zemmour. Si la société va mal, si les hommes peuvent commettre des « frasques libidinales » (autrement dit des viols), cela est dû à une raison : la féminisation (ou hystérisation) de la société.

Sous couvert d’une pseudo-théorie psychatrisante et néo-freudienne obscure, difficilement compréhensible, il développe l’idée que les hommes sont aujourd’hui plus souvent sujets à une « hystérisation des réactions », « imprévisibles et passagères » qu’ils ne peuvent contrôler. Et s’ils ne contrôlent pas ces moments « d’hystère », ils ne peuvent être ni condamnés, ni culpabilisés. Théorie déjà défendue par Marcela Iacub, journaliste-masculiniste de son état. Accusation envers les femmes, défense de l’ordre patriarcal et de ses privilèges, Roger Dadoun brille par son idéologie réactionnaire.

Néo-freudisme et féminisation de la société L’auteur recycle l’idée d’hystérie. Fortement connotée, cette notion signifie littéralement relatif à l’utérus, et reste dans les représentations collectives, une sorte de fureur agressive d’origine purement féminine. Ne dit-on pas d’ailleurs des féministes quelles sont des hystériques mal-baisées ?

Et bien cet état psychologique (qui selon Freud concerne autant les hommes que les femmes), toucherait aujourd’hui plus « les hommes que les femmes selon l’évolution sociale actuelle ». Mais l’auteur ne nous en dit pas plus sur ce qu’est cette prétendue évolution sociale, ni pourquoi elle toucherait plus les hommes que les femmes. Le mystère reste entier…

Par contre, il nous explique très bien comment elle s’incarne : par des comportements comme les mimiques, la gestuelle, les lapsus, les éclats, les mensonges allant jusqu’à des « bouffées asmathiques d’énergie libidinale » (admirez le vocabulaire et l’envolée lyrique). Là aussi, on se ne sait absolument pas pourquoi elle toucherait plus les hommes que les femmes, ni d’où vient cette théorie et quelles en sont les preuves.

Mais le fait est là : Roger Dadoun joue sur la représentation de l’hystérie comme comportement féminin qui serait une caractéristique aujourd’hui principalement masculine. Selon lui, il y a une inversion des comportements entre hommes et femmes. Il y a une perte des repères pour les hommes, qui développent des comportements « universels et caractérisés par les déplacements permanents de la libido », des réactions inattendues, brusques et limitées. Il y a là une justification de l’acte de DSK qui n’a pu contrôler « une envie sexuelle brusque » mais aussi une justification de toutes les formes de viol, puisque c’est un « phénomène psycho-social généralisé » et « universel ». Ce n’est pas seulement DSK qui n’a pas pu retenir son « hystère », ce sont aussi les autres violeurs qui n’ont pu se retenir d’un prétendu viol.

Mais d’où vient cet « hystère » ? Pourquoi les hommes en souffrent ? Roger Dadoun le dit du bout des lèvres ; de cette fameuse évolution sociale qui place les hommes dans des situations où ils ne peuvent plus se contrôler. Comme dans l’idée machiste disant que les femmes sont instables car incapables de se contrôler, particulièrement lorsqu’elles ont leurs règles, les hommes sont devenus des femmes souffrant de moments « d’hystère ». La féminisation des comportements les empêche de se contrôler et les pousse à commettre l’irréparable. Le « simple et fugitif hystère de l’homme DSK » se résume donc à une frasque s’emparant de son corps et que sa raison n’a pu maîtriser. Bref, il recycle le cliché machiste de l’homme ne pouvant contenir ses pulsions sexuelles.

Justification du viol et négation d’un acte patriarcal À aucun moment le viol n’est replacé dans son contexte : celui d’un acte purement patriarcal. Roger Dadoun ne fait que discourir sur la pseudo-souffrance du violeur et tait intégralement celle de la victime. Seul l’homme, ses sentiments, son ressenti et sa souffrance compte.

Il tente également de nous démontrer que le viol n’est pas la faute du violeur, parce qu’on est pas sûrE de ce qu’il s’est passé (Roger Dadoun n’a pas dû lire le rapport médical), parce que si vraiment la victime avait voulu dire non, elle l’aurait sans doute fait (il n’a jamais eu à dire non à une agression sexuelle) et que même si viol il y a eu, DSK a été emporté par ses émotions, il ne s’est pas rendu compte de ce qu’il faisait et donc on ne peut pas le condamner. Pire, si les hommes commettent ces actes, c’est parce qu’ils deviennent des femmes, ce sont donc les femmes elles-mêmes les fautives.

Le succès du discours masculiniste  Déjà très connu au Québec, le mouvement masculiniste est incarné en France par des figures tantôt littéraire comme Michel Houellebecq tantôt politique comme Alain Soral ou Éric Zemmour.

Ces deux derniers se présentent comme des figures anti-conformistes et maudites (les tabous de la société les empêchent de s’exprimer) mais sont en fait largement popularisés par les médias (Internet, journaux, télé, radios…) et donc cautionnés par le pouvoir en place. Ils se revendiquent comme des « machos décomplexés ».

Éric Zemmour Éric Zemmour est le représentant d’une droite conservatrice et opposé au néolibéralisme. Son ouvrage, Le premier sexe, est un essai sur la prétendue féminisation de la société. Il fait son fonds de commerce sur une idéologie anti-mai 68 et réactionnaire.

Selon lui les femmes ont revendiquées la révolution sexuelle afin de devenir des hommes, dans leurs comportements et leurs manières de vire. Mais n’y étant pas parvenues, elles veulent transformer les hommes en femmes, d’où une fantasmatique féminisation de la société (on vivrait dans un monde quasi-matriarcal). Ajouté à cela un puissant discours homophobe où il considère « l’idéologie gay » comme étant l’un des principales facteurs de transformation des hommes en femmes.

Selon lui, les différences biologiques entre hommes et femmes sont insurmontables et l’on ne peut parler d’égalité mais de complémentarité. Il veut le retour à une société purement patriarcale, où l’homme est la figure dominante et toute puissante dont la sexualité agressive est revendiquée et les femmes cantonnées à leur rôle de mère et femme au foyer. Il rejette donc en bloc le féminisme, qui n’aurait apporté que des désagréments pour les hommes et oubli des valeurs viriles traditionnelles.

Alain Soral Alain Soral plaide aussi pour une féminisation de la société, mais avec une grille de lecture pseudo-marxiste. D’abord adhérent au PCF, puis au Front National, il a finalement fondé Égalité et Réconciliation, une organisation de gauche nationale au discours antisémite et négationniste (et donc en réalité nazi). Il se dit sociologue sans avoir jamais suivi de cours ni obtenu de diplôme mais utilise ce titre pour acquérir une autorité intellectuelle.

Selon lui, le féminisme bourgeois aurait volé le discours des femmes des milieux ouvriers. Il utilise une fausse distinction de classe pour faire croire à des revendications distinctes, niant les problèmes spécifiques tels que la contraception, l’avortement, le viol, les violences conjugales, la répartition des tâches…

Les féministes (bourgeoises) participent selon lui à la construction d’une société féminisée et comme chez Éric Zemmour, les différences biologiques sont le fondement de la catégorisation homme/femme (négation du conditionnement social). Les hommes sont naturellement plus musclés et forts et donc portés vers la violence, l’action, la chasse, tandis que les femmes sont des nées pour être femmes au foyer.

Il ajoute que le viol est une pathologie pure qui se caractérise par une grande violence (avec un couteau, à six dans un parking) mais que le reste est un acte ambigu qui tient à la « spécificité du désir féminin, qui avance masqué et se ment à lui-même » (la femme ne sait pas ce qu’elle veut, la majorité des viols sont des exagérations ou des désirs inavoués).

Roger Dadoun Roger Dadoun s’inscrit dans une logique différente, celle des « faux-amis ». De par ses fréquentations libertaires et de part son statut de prof de fac, tout porte à croire qu’il est « ami » des femmes et des féministes. Mais il utilise son pseudo-crédit intellectualo-gauchiste pour étaler sa répugnante idéologie masculiniste.

Pour cela, il fait semblant d’avancer masqué puisque son analyse ne se revendique pas ouvertement du masculinisme, contrairement à Zemmour ou Soral. Mais son article sur l’affaire DSK est clairement l’occasion d’une théorisation de son idéologie masculiniste. Il ne se contente plus de défendre les violeurs mais fait le même constat que les deux autres cités : une société de plus en plus féminisée (à cause des femmes bien sûr).

L’anarcho-patriarcat

La question d’un tel article dans un journal libertaire avec la plus grande audience et disponible dans presque tous les kiosques n’est une erreur de parution. Tout simplement parce que Roger Dadoun n’en est pas à son coup d’essai.

Sur son site internet ou dans le Monde Libertaire, il a déjà écrit plusieurs articles déplorables. Sur trois articles traitant de l’affaire DSK ou Polanski, il ne qualifie jamais les faits de viols, mais « d’acte ou relation sexuel-le ». Il discours beaucoup et sur tout (avec toujours un vocabulaire pornographique), mais jamais sur le viol en lui-même. Pour le nier, mais aussi parce qu’il n’a, en fait, rien à en dire. Selon lui, il n’y a pas eu viol, donc autant écrire sur autre chose (comme son article Anthropologie libertaire de la fellation).

Sa pensée s’affirme au fur et à mesure des articles. Pour Polanski, il s’était « contenté » de défendre un artiste tourmenté, marqué par le nazisme et le ghetto de Cracovie, puis rattrapé par une affaire de viol sur mineure. Pour l’affaire DSK, sa pensée nauséabonde s’est étoffée ; il ne défend plus seulement un violeur, il théorise et justifie le viol par une soi-disant féminisation de la société.

Un tel article dans les colonnes du Figaro serait problématique mais sans surprise. Dans celles du Monde Libertaire, cela pose la question de la place du féminisme au sein de la Fédération Anarchiste et plus largement du mouvement libertaire, mais aussi celle de la diffusion des idées masculinistes et donc de l’anarcho-patriarcat.

Une telle tribune n’est pas un acte isolé. Non seulement parce que Roger Dadoun a déjà publié ses immondices dans le Monde Libertaire, mais aussi parce qu’au sein du mouvement anarchiste, dans les organisations, groupes ou collectifs, le féminisme (comme l’antispécisme) n’est toujours pas considéré comme une lutte centrale et fondamentale. La théorisation et la justification du masculinisme ne peuvent être acceptées.

Le patriarcat est toujours considéré non seulement comme un système de domination moins important que le capitalisme ou que la mouvance fasciste, mais surtout, cette domination ne concerne pas les anarchistes ou libertaires. Ceux-ci seraient une catégories d’hommes extraordinaires, que le conditionnement sexiste n’aurait pas influencé (ni pendant l’enfance ni actuellement) et dont le genre se serait déconstruit par miracle.

Il est systématiquement plus facile de taper sur le sexisme de la droite, des flics, des patrons, de la religion, que de réfléchir à son propre comportement et à sa propre position socialement oppressive. Une idée persistante (bien que peu théorisée) est celle de l’effondrement du patriarcat en même temps que l’effondrement du capitalisme. C’est non seulement considérer qu’il faut reléguer le féminisme à une lutte de second rang, mais aussi qu’elle doit être englobée au sein de la lutte des classes et de la lutte anticapitaliste, niant toute la spécificité de l’anarcha-féminisme.

C’est aussi considérer que capitalisme et patriarcat sont deux dominations qui fonctionnent selon le même système avec les mêmes mécanismes et que leurs imbrications sont inter-dépendante (il suffirait de détruire le capitalisme pour détruire le patriarcat et chaque lutte contre le capitalisme est une lutte contre le patriarcat).

Le patriarcat n’a pas besoin du capitalisme pour survivre et exister.

Le féminisme n’est ni reconnu comme une lutte spécifique, ni pris au sérieux par les organisations bureaucratiques et tout le milieu (dit) anti-autoritaire. Les outils féministes sont systématiquement oubliés ou rejetés, que ce soit la féminisation des termes, la nécessité de la non-mixité, les problématiques de violence (physique, verbale, du viol, du harcèlement par des « camarades ») dans les milieux autogérés ou encore la contraception et l’avortement.

Le patriarcat existe dans tous les milieux, même ceux dits les plus autonomes et sa destruction doit être une priorité. Que ce soit dans les comportements, dans les textes et dans l’idéologie. On ne peut être anarchiste sans être féministe ou anti-patriarcale, car le nier, l’oublier, le refuser, c’est perpétuer son existence et donc perpétuer une domination.

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Une seule nécessité : la non-mixité et l’autodéfense féministe

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L’anarcho-patriarcat ne s’écroulera pas tout seul, sortons les ciseaux !

Indymedia Paris, 18 mars 2013

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[Éducation] Modalités d’organisation des heures d’informations syndicales au collège Paul Bert de Drancy (93)

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TÉLÉCHARGER LE TRACT

Le Ramdam des LP ! Espace d’échange sur l’actualité sociale des lycées professionnels

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[Montpellier] Tract sur (et contre) l’éducation

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Diffusé le 11 mars 2013 dans trois lycées de Montpellier – Scalp / No Pasaran 34

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[Révolution tunisienne] Al Jazeera dégagée de la manif au 40e jour de l’assassinat de Chokri Bélaïd

L’équipe d’« Al Jazeera Mubasher » éjectée de l’avenue Bourguiba

Des centaines de manifestants s’en sont pris à l’équipe d’« Al Jazeera Mubasher » qui s’était installée sur l’avenue Habib Bourguiba en vue de retransmettre la manifestation et le festival organisés à l’occasion de la commémoration du 40e jour de la mort de Chokri Bélaïd.

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Les manifestants n’auront apparemment, pas oublié la piètre prestation de la chaîne lors de la retransmission des évènements le jour des funérailles du martyr.

Les manifestants ont traité la chaîne et son équipe de vendus à la cause israélo-qatarie, et ont vite fait de les renvoyer du théâtre des actions sur l’avenue Bourguiba, mais pas avant d’avoir hissé sur le bus de la chaîne le drapeau syrien en signe d’accusation de ce que manigance cette station depuis le début du conflit dans ce pays.

Presse contre-révolutionnaire (Tunisie Numérique, 16 mars 2013)

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Grand Paris, laisse béton !

Les promoteurs d’un avenir vert-de-gris ont encore frappé. Dans le cadre du vaste projet d’urbanisme pour un Grand Paris, ils ont donné quartier libre à l’architecte Jean Nouvel pour l’érection d’un phallus de 175 mètres au sud de la capitale. Gratte-ciel de verre et d’acier, légèrement penché pour faire passer la lumière, la « Tour Duo » va projeter son ombre sur le boulevard des Maréchaux d’ici à 2018. Début des travaux : 2014.

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La brochure promotionnelle évoque 91’225 m² de bureaux, 7737 m² d’hôtel quatre étoiles, 4456 m² de locaux d’activités et 1832 m² de commerces, pour un budget estimé à 600 millions d’euros. Dans leur folie transformatrice, les technocrates du Grand Paris ont encore une fois statué que le béton serait d’utilité publique. Rien de bien surprenant, puisque chacun sait combien béton = pognon. Et que les pauvres aillent se faire voir !

Comme à la place du futur phallus de Jean Nouvel se trouve une ancienne cimenterie, des travaux ont dès à présent abouti sur la construction d’une nouvelle cimenterie à quelques pas de là, le long des voies SNCF, pour libérer le terrain aux pelleteuses du Grand Paris et donner un nouvel espace de jeu aux cimenteurs. Et personne ne sera étonné qu’une filiale de VINCI se soit chargée de ce vilain travail…

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C’est pourquoi, sensibles à la lutte engagée depuis des années contre l’aéroport de Notre Dame des Landes et radicalement opposés au cimentage de nos vies, nous sommes allés accrocher sur l’échafaudage de l’édifice VINCI une petite banderole de soutien à tous ceux qui luttent contre la destruction programmée de nos espaces de vie :

« VINCI BÉTONNE, L’ÉTAT MATRAQUE, SABOTONS ! »

Et autant prévenir les petits malins du grand Paris : nous serons toujours là pour saboter vos saloperies de projets inutiles et imposés !

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Une poignée de saboteurs cimentophobes, 17 mars 2013

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[ZAD partout !] Appel à souscription des éditions L’Insomniaque pour un livre à paraître bientôt à propos de la lutte contre le projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (et son monde)

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[Révolution égyptienne] Correspondance du Caire, 11 mars 2013

Correspondance du Caire
Une correspondance en date du 11 mars dernier

Sur une autre liste que quelqu’un a envoyé un message très optimiste – je pense par des anarchistes – concernant la situation d’autogestion à Port-Saïd. Ce à quoi quelqu’un répond : « Quand j’ai dit aux gens d’ici que Port-Saïd pouvait être comparé à la Commune de Paris ils ont généralement éclaté de rire. »

Oui – les forces de police se sont retirées de Port-Saïd devant le verdict du tribunal, le samedi, et oui, l’armée a pris le relais à Port-Saïd avec les citoyens.

Oui – « Beaucoup de magasins à Port Saïd restent fermés en tant que pression des résidents pour une campagne de désobéissance civile, en cours depuis au moins deux semaines pour protester contre la marginalisation de la ville par le gouvernement central et pour réclamer justice pour les plus de 40 manifestants tués dans des affrontements avec la police depuis le 26 janvier. » [egyptindependent.com/news/after-verdict-tense-calm-port-said]

La situation semble beaucoup plus confuse et ambivalente – en parlant à beaucoup de gens, j’ai su qu’ils arrêtaient de faire des prédictions…

Fondamentalement, les postes de police un peu partout dans l’Égypte et au Caire ont aussi fait grève pendant la semaine dernière.

Cette semaine la police s’est également retiré de la garde des sièges des Frères Musulmans au Caire en disant que cela ne faisait pas partie de leur rôle d’assurer la sécurité d’une « organisation de prédications » (le parti Justice et Liberté de Morsi est l’aile politique des Frères Musulmans) et certains fonctionnaires de police ont ouvertement critiqué le ministère de l’Intérieur dans la presse. [egyptindependent.com/news/police-giza-cairo-end-strikes]

Déjà, dans les mois qui ont précédé, cette police a disparu des rues de nombreuses villes, où ils avaient l’habitude de stationner de façon très visible – maintenant ils sont juste regroupés autour de certains endroits stratégiquement importants (comme les ministères, le palais présidentiel, etc). Cela est dû à une réaction populaire contre la police, les attaques constantes contre la police par des jeunes, et une perte de moral.

Les policiers se plaignent aussi au sujet de leur rémunération et du manque d’équipement et de sécurité.

Pour moi, il semblerait qu’il y ait deux choses qui se passent (ou peut-être beaucoup plus encore) – l’une étant que la police est véritablement effrayée par la réaction populaire, l’autre étant qu’ils essaient de faire pression sur le gouvernement pour ne pas impliquer n’importe qui dans les forces de police pour le massacre de Port-Saïd et généralement garder la main-mise sur les procédures judiciaires pour les meurtres de manifestants.

Pendant ce temps Morsi a annoncé qu’il se penchait sur la création d’une force de sécurité privée pour combler le vide sécuritaire et de leur donner les pouvoirs d’arrestation.

Comme aujourd’hui, la télévision d’État est en train d’encourager les citoyens égyptiens, devant le « vide sécuritaire », à arrêter EUX-MÊMES les gens qui commettent des crimes et de les amener dans les postes de police. Il a également été recommandé aux citoyens d’engager une police de sécurité privée pour protéger leurs bussiness et leur maison. Il s’agit d’une portion assez importante de l’organisation de quartier qui a surgi lors de la révolution dans laquelle les hommes dans chaque quartier se sont relayés pour protéger leurs propres rues d’éléments criminels qui tentent d’exploiter la situation.

C’est comme ce chauffeur de taxi, que moi et un de mes amis avons payé pour faire un tour, qui prédisait cet après-midi : « des voyous qui seront embauchés vont faire le tour pour voler les gens et les arrêter et les expédier au poste de police – en accusant les victimes de vol ».

Et pendant que je suis en train d’écrire, l’armée fait irruption dans le débat en annonçant qu’elle ne tolérera pas les « milices politiques ».

Les prix du carburant et de la nourriture sont à la hausse tous les jours et il y a des queues pour le pétrole un peu partout et bien sûr beaucoup de commerce informel – mais ce n’est pas toujours une expression de l’auto-organisation ou de la solidarité, mais il y a aussi beaucoup de corruption, d’exploitation et de profits sur la rareté.

Il y a eu une grève des pilotes de micro-bus au Caire ce week-end au sujet des prix des carburants.

Dans cette situation, il y a en fait une partie importante et croissante de la société (bien que ce soit principalement anecdotique et personne ne sait vraiment quel est le pourcentage) qui veulent que l’armée prenne le relais et rétablisse une certaine forme de normalité, parce qu’ils n’ont pas confiance dans les Frères, l’opposition ou le mouvement révolutionnaire pour être en mesure de le faire. Ce sentiment semble être présent dans toutes les couches de la société. Mais l’armée est réticente à se laisser entraîner dans la politique à nouveau – mais on dirait qu’ils se laissent entraîner au jeu de l’incertitude.

Quand il y a eu des émeutes au Caire ce week-end après que le verdict du tribunal a été prononcé, les pompiers furent réticents à aller réprimer les troubles et faire face aux incendies et à la fin, les hélicoptères de l’armée sont venus pour éteindre les feux. Apparemment un tuyau de gaz cassé à Zamalek dans une zone assez proche des incendies n’a pas été réparé pendant des heures, parce que personne ne voulait y aller dans cette situation.

Un autre aspect à surveiller est l’implication du FMI – quel que soit ce qui se passe sur le terrain ce sera probablement déterminant sur la situation économique de l’Égypte sur une longue durée – mais parce que je ne suis pas plus que ça au courant, je ne peux que vous citer quelques articles récents, sans être en mesure d’esquisser une image claire. Morsi est en train de négocier avec le FMI au sujet des prêts et tente également d’appliquer de nouvelles mesures d’austérité – bien qu’il gagne du temps en ne proposant que des hausses d’impôts pour le moment afin de ne pas perdre plus de popularité.

Des articles sur les derniers événements qui pourraient être intéressants :

Un résumé de la couverture des nouvelles officielles sur les événements de ce week-end

• Philip Rizik de Mosireen a écrit quelques bons morceaux pour Le Monde : L’Égypte et l’ordre économique mondial – Les protestations en Égypte étaient une dénonciation du néo-libéralisme et de la répression politique nécessaire pour l’imposer. • Crime d’État et criminalité de rue : les deux faces d’une même monnaie ? – Lorsque la société est corrompue, est-il légitime que les pauvres se lèvent et prennent ce qui est « à eux » ?

• Quelques trucs de Egypt Independent sur Morsi et le FMI – donne au moins une idée de ce qui se passe à l’arrière-plan de tout ceci bien que l’analyse puisse certainement être débattue : egyptindependent.com/print/1319756egyptindependent.com/print/1305811

• Certains sites d’information sur l’Égypte en anglais : egyptindependent.comenglish.ahram.org.eg

• Et aussi, bien sûr : mosireen.org

Traduit de l’anglais – Des nouvelles du front, 16 mars 2013

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[Seine-et-Marne] La brigade canine travaille

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgDes policiers mutés de force après avoir dénoncé des dérives dans leur service

Du jamais-vu. Sept policiers en délégation sont venus dénoncer les turpitudes de certains de leurs collègues – alcoolisme, vols, dégradations, voire corruption – directement auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN, la « police des polices »), à Paris.

Des membres de la brigade canine de Seine-et-Marne se sont résolus à mener cette action inhabituelle, le 19 novembre 2012. Ils ont ainsi outrepassé leur hiérarchie, qu’ils assurent avoir alertée sans résultat. Et ils l’ont payé cher : ces fonctionnaires bien notés et expérimentés ont dû quitter leurs postes.

Les « canines » sont des unités réputées au sein de la police. Dans chaque département, elles viennent soutenir les commissariats, renforcer les patrouilles. La maîtrise des chiens laisse peu de place à l’indiscipline et à l’approximation. Celle de Seine-et-Marne est appréciée, localement et nationalement – en 2009, l’un de ses membres est cité en modèle sur le blog de recrutement de la police. Mais en 2011, les brigades du sud et du nord du département fusionnent, et le choc des cultures est brutal, dans le huis clos d’un chenil isolé du reste des services.

Il y a l’alcool, d’abord, consommé et stocké sans gêne. Certains pots, durant les heures de service, dégénèrent. Le chef tire avec son arme de service sur un lapin qui passe sur le terrain – situé en bordure d’une zone d’activité et d’une route –, le formateur canarde le bungalow d’entraînement, criblé d’impacts. Ils s’amusent à mettre un fumigène dans la vieille Renault 25 qui sert à l’entraînement des chiens. La voiture s’enflamme… Un jour, le commissariat voisin appelle, inquiet : des riverains ont signalé un incendie. En réalité, pour se distraire, quelques policiers ont mis le feu à un touret en bois aspergé de carburant avant de le faire rouler jusqu’à la route.

Ce relâchement crée des tensions, aggravées par des faits plus graves, comme la découverte dans un véhicule du service de nombreuses pièces automobiles, dont certaines encore emballées. Elles ont été volées dans un hangar prêté à l’unité pour un entraînement, et elles finissent sur un site de vente en ligne, cédées par l’un des brigadiers. Ce même policier est soupçonné de corruption lors de la verbalisation d’automobilistes.

Le 19 novembre 2012, les sept fonctionnaires assurent à la police des polices qu’ils détiennent des preuves. L’affaire remonte jusqu’au directeur général de la police nationale, Claude Baland, et ils sont reçus sur le champ par la directrice centrale adjointe de la sécurité publique, Martine Nauté. « S’ils avaient des choses importantes à dire, je ne voulais pas le louper », explique-t-elle aujourd’hui.

Les « sept » ne seront plus réentendus. Durant deux mois, l’unité se déchire au rythme des auditions des autres fonctionnaires. Puis, le 24 janvier, la directrice départementale de la sécurité publique de Seine-et-Marne, Chantal Baccanini, son adjoint et le patron du service d’ordre public (qui chapeaute la brigade canine, les brigades anticriminalité, les compagnies d’intervention, etc.) se rendent au chenil. L’enquête est bouclée, et la directrice commence par en lire de larges extraits devant l’unité.

La journée bascule alors en une douloureuse catharsis. La désillusion est brutale. L’IGPN assure que les « comportements dénoncés ont déjà fait l’objet d’un traitement disciplinaire local ». Surtout, elle retient contre les sept policiers la visite à la police des polices, qui « témoigne d’un état d’esprit irrespectueux de la chaîne hiérarchique ». Mais elle leur reproche dans le même temps de ne pas avoir prévenu le procureur.

Le grand écart se poursuit. Face aux « comportements critiques et contestataires permanents de certains éléments », mais aussi aux « accusations vérifiées » des mêmes éléments, l’IGPN recommande de « sanctionner les fautes administratives », et de « redéployer une partie des effectifs ».

Les trois policiers dont les dérives ont été dénoncées sont immédiatement reçus par la directrice. Ils sont sanctionnés (blâmes ou avertissements), mais maintenus à leurs postes. Quelques minutes plus tard, les noms des fonctionnaires qui vont devoir quitter l’unité sont égrenés. Ils sont dix : les sept du 19 novembre et deux autres qui avaient pris fait et cause pour leurs chefs. Et puis une invitée surprise, qui fond en larmes. Son seul tort : avoir confirmé les accusations lors de son audition.

« Nous avons respecté les règles administratives, assure Mme Baccanini. Le traitement est le plus humain possible. » Les postes proposés aux déplacés restent proches de leurs domiciles. Mais l’un d’entre eux se trouve rétrogradé de fait, et deux autres basculent aux contrôles radars – pas franchement une promotion. À l’inverse, les deux policiers proches des chefs sont mutés à la BAC départementale, très demandée.

« On le vit comme une sanction, on est passionné par notre travail, et on doit laisser tous nos chiens », se désole l’un des mutés. « Je n’avais jamais vu ça dans ma carrière. Des fonctionnaires jouent le jeu, sont dans le respect de la déontologie, et on les déplace », dénonce James Dutertre, délégué départemental du syndicat Unité-SGP Police (majoritaire). Pour Mme Nauté, le dossier s’est au contraire « révélé être une affaire un peu banale de tensions entre fonctionnaires ». « Les faits d’alcool ne sont ni banals ni véniels, ils ne sont pas tolérables », précise-t-elle néanmoins.

L’affaire est désormais suspendue à la décision du procureur de la République de Melun, Bruno Dalles, qui a été alerté. Le rapport de l’IGPN assure qu’il a décidé de « ne pas ouvrir d’enquête judiciaire ». Mais l’intéressé dément : « J’attends d’éventuelles décisions sur le plan disciplinaire et le retour des enquêtes administratives pour décider des suites. »

Leur presse (Laurent Borredon, LeMonde.fr, 14-15 mars 2013)

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[Cité Solidarité / banlieue de Tunis] Question d’une fillette : « Vous nous parlez de l’ANC, mais nous avons faim. Va-t-on manger les élus ? »

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Vu sur Twitter : Débat à Hay Ettadhamon avec les élus Y. Zoghlami, B. Nefzi, S. Meri et M. Ben Gharbia – Question d’une fillette : « Vous nous parlez de l’ANC, mais nous avons faim. Va-t-on manger les élus ? » #lol (AlBawsala ‏@AlBawsalaTN)

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Stratégie du chaos : quand les partisans de Collon sèment le brun dans la CGT

Le numéro de novembre-décembre 2012 du journal la Fédération (publication destinée aux syndiqués de la Fédération CGT des salariés des activités postales et de télécommunications) faisait la promotion, en « 4e de couverture », du livre La stratégie du chaos, de Michel Collon et Grégoire Lalieu, aux éditions Investig’action et Couleurs Livres.

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Le propos de Michel Collon est classique, classique d’une certaine extrême-droite, qui s’est illustrée ces dernières années dans la défense des dictatures ou le soutien à la liberté d’expression des négationnistes, sous couvert de rébellion contre « la pensée unique » ou d’« anti-impérialisme ». Collon s’auto-proclame journaliste, mais a surtout joué ces derniers temps les supplétifs des propagandistes du régime d’Assad ou de Kadhafi. On l’a trouvé dans des manifs prétendûment anti-guerre, aux côtés de négationnistes notoires comme les membres de l’association Entre La Plume et l’Enclume.

Évidemment nous avons été quelques-uns à tomber des nues et à chercher pendant plusieurs semaines comment la promotion d’un auteur tel que Collon avait pu se retrouver dans un journal syndical diffusé à des dizaines de milliers d’exemplaires.

La réponse est venue dans un compte-rendu de la dernière Commission exécutive de la Fédé en question, où l’on trouve l’intervention suivante de Christian Mathorel, responsable CGT à France Telecom, intervention qui n’a manifestement donné lieu à aucune réaction.

« Sur la guerre au Mali, je partage ce qui a été dit et je pense que l’on a besoin d’un éclairage pour nous et pour les salariés sur la réalité de la situation.
Il y a par exemple un livre que l’on a proposé dans le journal fédéral du mois dernier qu’il faut absolument que vous lisiez et qui peut aider à comprendre ce qui se passe. C’est La Stratégie du chaos de Michel Collon (qui anime également un site internet très instructif “investig action”) et qui explique  toute l’histoire et l’actualité de l’impérialisme, sa stratégie et sa logique au Moyen Orient et en Afrique, le renforcement des tensions et des enjeux avec l’arrivée dans le jeu des acteurs (USA, France, Grande-Bretagne) de la Chine… Je pense qu’il faut lire ce livre qui commence d’ailleurs par : “Ce n’est pas à la télé que vous aurez les vrais informations qui vous permettrons de vous faire votre propre idée sur ce qui se passe réellement au Moyen Orient et en Afrique”. »

Si la promotion du livre de Collon dans le journal de la Fédération est sans doute l’initiative donnant le plus large écho à un « homme passerelle » entre l’extrême-gauche et l’extrême-droite, la CGT en a connu d’autres. Pierre Cassen, fondateur de Riposte Laïque était ainsi syndiqué de la Filpac, la Fédération du livre, jusqu’à son exclusion en juin 2011, soit plusieurs années après la dérive fasciste de Riposte Laïque, et même plus d’un an après sa participation officielle à l’Apéro Saucisson Pinard avec des organisations violentes d’extrême-droite comme le Bloc Identitaire.

La réaction de la direction de la CGT à l’époque aura été si lente que Pierre Cassen, aura pu, en janvier 2011, en mettant en avant son propre statut de militant de la CGT, donner la parole à Fabien Engelmann, secrétaire d’un syndicat d’employés de la fonction publique territoriale, candidat du FN et finalement exclu par sa fédération syndicale.

Faudra-t-il attendre que les militants diffusant la propagande de Collon au sein de leur syndicat s’affilient nommément à un parti fasciste pour que la CGT réagisse ? Faire la promotion d’un auteur qui défend Dieudonné, qui a participé avec des fascistes notoires comme Meyssan à l’Axis for Peace, qui a co-signé un livre (Israël, parlons-en) avec le biographe hagiographe de Faurisson, Paul-Éric Blanrue ne suffit-il pas ?

En tout cas, Christian Mathoret, figure médiatisée de la CGT du secteur Telecoms et candidat à la commission exécutive confédérale au prochain congrès de Toulouse, n’est pas le premier à mettre Michel Collon en avant.

On trouve des liens vers le blog de Michel Collon sur le site de l’Union syndicale de l’intérim, celui de l’UL de Tourcoing. Plusieurs UL du Pas de Calais invitaient fin 2011 à une conférence de Michel Collon à Isbergues, on trouve des reprises de texte de Michel Collon sur le site du syndicat CGT de l’Hôpital de Vienne ou de la CGT Randstad…

On trouve des militants CGT partageant ouvertement les positions de Michel Collon, c’est par exemple le cas de Jacques Lacaze, secrétaire de l’UL de Liévin, ex PCF et PRCF.

Comment est-il possible que dans une confédération comme la CGT le journal officiel d’une fédération ou le site internet d’une union locale fasse la pub de ce type d’ouvrages ?

Poser cette question revient à s’interroger sur les pratiques syndicales et les analyses qui les sous-tendent. Nul doute que des salariés, et parmi eux de nombreux syndiqués, trouveront matière à travailler aux réponses de manière plus précise et concrète.

Cela dit, nous pouvons risquer quelques pistes, sans nier la complexité des racines d’un tel phénomène ou l’existence de plusieurs niveaux ou réseaux d’explications.

Il y a d’abord  la manière dont fonctionne la CGT et nombre de ses structures.

Les décisions et informations restent très centralisées, en particulier dans les structures fédérales. Comme cette centralisation alourdit la charge de travail des dirigeants syndicaux, il y a une tendance à faire confiance sur certaines questions et tâches, souvent jugées moins importantes, à des militants sans forcément en savoir très long sur leurs convictions réelles, leurs pratiques, leurs engagements. Idem sur les candidatures à de hautes responsabilités : les délégués votent dans la majeure partie des cas pour des camarades dont ils ne connaissent rien ou pas grand-chose. On peut donc tomber sur le meilleur comme sur le pire.
Les sites d’une union locale ou d’un syndicat ou sa page facebook d’ailleurs sont souvent animés par une seule personne, et personne d’autre n’a le temps ou ne voit l’importance d’une réflexion collective sur le contenu…

Bref, quelques militants bien formés et organisés en réseau n’auront guère de difficultés à imposer leurs thématiques et à faire la promotion d’une tendance politique ou d’une autre, surtout lorsqu’il s’agit du champ para-syndical, des questions sociétales ou internationales, que le salarié investi à fond sur les luttes de classe n’aura pas le temps de creuser. Et aujourd’hui, avec la montée en puissance d’une mouvance politique rouge-brune, il n’est au fond pas étonnant qu’une offensive de leur part touche la CGT.

Pourquoi ce discours rouge-brun passe ? On peut trouver des éléments de réponse dans la manière dont le fascisme est appréhendé par la CGT. Il est indéniable que la volonté existe de combattre l’extrême-droite, le racisme, les discriminations…

Mais les impulsions données sont souvent très vagues, peu concrètes. Et autant la lutte contre le racisme, le sexisme et l’homophobie existe, du moins pour l’affichage de façade confédéral, autant la CGT est relativement muette sur l’antisémitisme, et peut publier dans son bimensuel un article sur Auschwitz sans écrire une seule fois les mots « Juifs » ou « antisémitisme »…

Sur l’histoire et la mémoire, du travail est fait, en particulier dans les instituts d’histoire sociale, mais les périodes peu glorieuses de la CGT ont tendance à ne pas être creusées. On met en avant la partie de la direction confédérale qui a résisté sous le régime de Vichy et l’Occupation, mais on se pose nettement moins la question de savoir comment un dirigeant CGT de premier plan est devenu Ministre du Travail de Pétain. On informe sur le 17 octobre 1961 ces dernières années (ce qui est une bonne chose), mais en passant plus que vite sur la faiblesse des réactions syndicales au lendemain de l’évènement.

On trouve des responsables syndicaux démunis face à des militants faisant part d’opinions racistes, nationalistes, xénophobes ou antisémites… Ce n’est pas une généralité, ça dépend vraiment « sur qui on tombe », et de nombreux militants combattent au quotidien les manifestations du phénomène, mais souvent individuellement, sans vision d’ensemble ou sans pouvoir en débattre collectivement dans leurs structures.

La formation politique, autrefois bien souvent assurée, avec tous les défauts qu’on peut y trouver, par le PCF, est largement insuffisante aujourd’hui, pour ne pas dire parfois inexistante (manque de temps ou de moyens d’un côté, volonté de contrôle des bureaucraties à qui ça convient…). En conséquence, nombre d’infos et de débats n’atteignent pas l’ensemble des syndiqués ni mêmes des syndicats ou sections syndicales.

Par ailleurs, la réflexion confédérale de la CGT (et la plupart des syndicats ne sont pas allés plus loin non plus) n’a porté que sur le FN, au moment de l’affaire Engelmann ou au moment d’élections politiques.

L’exclusion du leader de Riposte Laïque est restée confidentielle et n’a été rendue publique par son syndicat qu’un an après, parce que Cassen se vantait (comme un syndicaliste de FO également militant de Riposte Laïque) d’avoir claqué la porte de lui-même.

Et sur l’affaire Engelmann, l’analyse courante, c’est de voir ça comme un « noyautage » par le FN, donc comme la stratégie d’éléments extérieurs au syndicalisme, quand il s’agit au contraire du glissement de syndicalistes vers l’extrême-droite, glissement facilité par le nationalisme économique que portent une partie des dirigeants CGT (et de l’extrême-gauche en général) et par des visions et pratiques syndicales fréquemment en décalage avec les réalités sociales et économiques des dernières décennies.

Il existe donc des syndiqués de base tout comme des dirigeants qui adhèrent à des thèses d’extrême-droite. On le dit peu mais il n’y a pas que la section syndicale de Fabien Engelmann qui penchait ou penche toujours pour le FN.

De plus, il ne suffit pas d’afficher son opposition au FN ou aux fascistes en général, encore faut-il aussi combattre les idées de cette extrême-droite MÊME quand elles n’émanent pas de ce qui est déjà étiqueté extrême-droite officielle.

Car des militants comme Collon savent bien utiliser les failles du corpus idéologique de la gauche et de l’extrême-gauche.

Malheureusement, il suffit souvent de mettre en avant quelques concepts bien vus et jamais questionnés pour faire passer la pire propagande fasciste.

Ainsi, il suffit d’en appeler à l’« anti-impérialisme » et à la lutte « contre les guerres occidentales », pour faire passer un appel à une manifestation où seront présents les soutiens des dictatures et des négationnistes. Or l’anti-impérialisme en France, depuis des années n’est le plus souvent que l’autre nom du soutien aux pires régimes autoritaires.

Ainsi, il suffit de taper sur Israël et de se déclarer « antisioniste » pour avoir un succès fou chez les lecteurs de gauche avec un bouquin où l’on a va entre autres donner de la place à un Paul-Éric Blanrue, hagiographe du négationniste Faurisson et par ailleurs lié à l’extrême-droite depuis sa prime jeunesse. Or l’« antisionisme » en France depuis des années n’est que l’autre nom de l’antisémitisme, utilisé par des tendances politiques qui n’ont jamais aucun problème avec les autres nationalismes, bien au contraire.

Ainsi il n’est pas très compliqué de faire passer les pires discours nationalistes et chauvins sous couvert de la défense de « nos » emplois et de « nos » entreprises face à la vilaine mondialisation.

Ainsi, le corporatisme, au sens d’identité des intérêts du patronat et des salariés, se fraye un chemin au travers du discours sur les petites entreprises, où le patron « travaillerait » autant que ses employés et serait lui aussi victime des grosses entreprises.

L’égalité est une valeur progressiste de base, on le voit a contrario à la vigueur des mobilisations réactionnaires ou fascistes contre le mariage pour tous ou le droit de vote des étrangers. Mais l’égalité et la solidarité de classe sont une bataille exigeante au quotidien, et elle n’est pas toujours menée : des syndicats refusent l’adhésion de sous-traitants ou ignorent les précaires présents en nombre conséquent, depuis des années et de manière permanente dans l’entreprise. Les « blagues » ou lieux communs à fond raciste, antisémite, sexiste ou homophobe sont loin d’être relevés systématiquement.

Trop souvent, l’activité syndicale se résume à deux champs complètement séparés : d’un côté la défense des droits au quotidien, et l’activité de lutte de classe qui absorbe évidemment le temps et l’énergie de beaucoup de militants. De l’autre côté, l’activité d’« élargissement » sur des questions de fond plus globales, qui se résume bien souvent au vote de motions de « soutien » à telle ou telle position politique sur tel ou tel sujet d’actualité, à l’investissement dans une publication syndicale ou dans telle association dépendant de l’organisation syndicale.

Bien souvent, ces activités-là sont squattées par des militants politiques dont l’investissement dans la CGT est avant tout conçu comme un moyen d’influencer le syndicat dans le sens des positions spécifiques de leurs organisations. Ils utilisent tous les outils possibles à cet effet (sites internet, journaux, listes mails), puisqu’ils ont le temps de le faire, ces militants étant rarement investis en même temps sur le champ des luttes dans sa boite ou son quartier.

Les militants du PRCF et de toutes les autres petites boutiques par ailleurs liées aux fascistes comme Collon ou Jean Bricmont sont bien dans cette logique mûrie et réfléchie depuis de longues années. Ils savent au mieux profiter des moyens de la CGT.

Mais leur exclusion, nécessaire si l’on a un minimum de cohérence politique, ne suffira pas à régler le problème.

À un moment donné, c’est à chaque syndicaliste, à chaque structure de base de comprendre que des luttes comme l’antifascisme ou la solidarité internationale, sont des points d’appui très forts pour aller vers cette « transformation sociale » que revendique officiellement la CGT.

Mais l’antifascisme et la solidarité internationale ne se font pas, dans le syndicat, par des déclarations de principe, mais par des actions concrètes et des discours clairs qui permettent à chacun de se saisir des enjeux et qui n’offrent pas de prise aux idées fascistes.

Ainsi sur le Mali, rien n’interdit aux syndicats qui se sentent concernés d’agir concrètement notamment en soutenant la lutte des travailleurs sans papiers présents ici,  en relayant les mouvements sociaux importants de ces derniers mois, notamment dans l’enseignement, ou en lançant des campagnes de pressions sur nos gouvernements pour obtenir que des fonds soient enfin débloqués pour faire barrage à la famine qui ravage le Sahel aussi gravement que les groupes intégristes.

Une dernière chose : nous savons d’emblée que des camarades nous reprocheront à la fois d’avoir mis ce débat sur la place publique et de rester anonymes.

Sur le premier point, les affaires Cassen et Engelmann et la manière dont elles ont été traitées nous a suffisamment instruits : nous savons bien qu’en vertu d’une certaine culture du consensus, jointe à la peur de « créer du conflit et d’affaiblir nos structures alors qu’il y a des priorités », la passivité reste malheureusement de rigueur tant qu’il n’y a pas le feu au lac, c’est à dire tant que les débats ne sortent pas du niveau interne.

Sur le second point, malheureusement, nous sommes aussi très réalistes sur le rapport de forces entre nous et la tendance rouge-brune au sein de la CGT : nous savons que nous nous attaquons à des militants organisés, avec des moyens de nuisance nombreux et bien installés dans la structure syndicale. Nous savons aussi que ces militants se moquent éperdument de la lutte des classes, du quotidien syndical et seront prêts à tout mettre en œuvre pour écraser les salariés syndiqués qui se mettent en face d’eux, sans évidemment tenir aucun compte de l’importance de leur activité de lutte quotidienne. Or nous ne sommes « que » cela, des militants syndicaux ayant fait le choix de rester des salariés comme les autres.

La CGT n’hésite pas à revendiquer les responsabilités particulières que lui confère sa place de première organisation syndicale. Nous verrons comment elle les assume face à la montée de l’extrême-droite et à la contamination et la propagande en son sein d’idéologies fascistes.

Des salariés syndiqués CGT

Opération Poulpe, 3 février 2013

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Rassemblement pour Yassin, tué par un policier à Marseille

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgAPPEL À RASSEMBLEMENT

Et ça continue encore et encore… Yassin, 19 ans, tombé sous les balles d’un policier…

Yassin Aïbeche Souilah, habitant de la cité Félix Pyat à Marseille, scolarisé et  âgé de 19 ans, a été tué dans la nuit du 13 au 14 février 2013 dans une épicerie de l’avenue Roger Salengro par le tir d’un policier fortement alcoolisé et qui était hors service. Touché à la jambe par une balle explosive, Yassin est mort à l’hôpital des suites de ses blessures, le jeudi 14 février à 7h du matin. C’est Tahar Ben Makri qui ramène Yassin au volant de son véhicule à l’hôpital Desbief.

Âgé de 38 ans, le policier est actuellement en détention provisoire sous le chef d’inculpation d’homicide volontaire.

Que la mémoire de Yassin soit respectée ! Défendons la mémoire de Yassin et faisons-nous entendre pour que cesse l’impunité des crimes commis par la police, impunité qui semble donner des ailes à des cow-boys en liberté !!! La victime est rendue « responsable » de sa propre mort. Un procédé bien connu, souvent utilisé en matière de violence policière, comme lors des deux procès des meurtriers d’Abdelhakim Ajimi (à Grasse en 2012 et à Aix-en-Provence en janvier 2013).

L’espoir est que cette douloureuse perte soit la dernière. Nous demandons à bénéficier d’une police qui accomplit ses devoirs. Nous avons droit à une police irréprochable même dans nos quartiers Nord de Marseille.

Marseille, capitale du crime !
Marseille, capitale de la violence policière !

Rassemblons-nous le samedi 23 mars 2013 à 14h30 devant la préfecture.
Pour que Yassin ne soit pas oublié et que tombé sous les balles de policier ne soit pas banal !!!

Comité de soutien à la famille Aïbeche

Mailing – Résistons Ensemble, 12 mars 2013

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Tournée du documentaire Catastroïka (Grèce, 2012) en France du 19 au 23 mars

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Plus d’infos

Nouvelles hors les murs

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[Fuck NYPD] “No to a Police State”, “NYPD, CIA, Hands Off Our People !”

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NYPD, CIA, Hands Off Our People

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No to a Police State

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Ancestries of interest

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History of NYPD mapping

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TÉLÉCHARGER LE RAPPORT

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[Saint-Gaudens] « Un flic, une balle / Un juge, une rafale / Justice sociale »

Saint-Gaudens. Des tags anti-policiers près du commissariat

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Des tags d’une rare violence ont été inscrits sur la tente près du commissariat.

En plein débat sur l’avenir du commissariat de Saint-Gaudens, l’affaire tombe plutôt curieusement. Dans la nuit de dimanche à lundi, un ou plusieurs individus ont tagué la tente de protestation contre la fermeture érigée devant le commissariat ainsi que des voitures de police avec force slogans anti-policiers. Est-il imaginable de penser que ces individus se sentent impunis du fait d’une éventuelle fermeture du commissariat ? Leurs initiatives risquent de produire l’effet contraire et de sensibiliser davantage la population à la présence des policiers dans la cité.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (LaDepeche.fr, 12 mars 2013)

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[Montpellier] Le GIPN travaille

Montpellier : la police expulse une douzaine de squatteurs

Présentés comme appartenant à une mouvance anarchiste par les forces de l’ordre, ils occupaient un logement situé à proximité de l’ancien site militaire de l’EAI.

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L’été dernier, le GIPN était aussi intervenu pour expulser les Indignés des arbres de l’Esplanade.

Une nouvelle évacuation s’est déroulée vendredi soir, à proximité de l’ancien site militaire de l’EAI. Au 8 avenue Lepic, pour être précis. Une douzaine de squatteurs, présentés comme appartenant à une mouvance anarchiste par les forces de l’ordre, ont tenté de s’introduire dans un appartement inoccupé depuis peu.

Depuis le décès de son propriétaire, le logement fait l’objet d’une succession auprès des descendants. Il doit être rénové avant d’être vendu.

Éviter que les squatteurs montent sur le toit

Les policiers, à la demande du parquet, ont réussi à faire la démonstration que le logement n’était pas occupé depuis plus de 48 heures afin de procéder à l’évacuation dans les délais légaux.

Autre problème : éviter que des squatteurs ne parviennent à rejoindre le toit de l’immeuble, ce qui aurait nécessité l’intervention du groupement d’intervention de la police nationale (GIPN) qui vient de Marseille, comme ce fut le cas, voici trois semaines, dans la rue du Faubourg-du-Courreau.

Le logement a été évacué sans heurt et rendu à ses propriétaires non sans avoir été mis en sécurité pour éviter une nouvelle intrusion.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (MidiLibre.fr, 16 mars 2013)

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[Montréal] Tant qu’il y aura des flics, il y aura des 15 Mars

Les forces policières défendent leur image à coups de matraques

Le COBP trouve ironique la violence dont doit faire preuve le SPVM pour faire taire les victimes et témoins de violences policière et condamne donc le sabotage de la 17e manifestations contre la brutalité policière.

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Dès le début de la semaine, le SPVM a continué sa campagne de salissage contre le COBP et contre toute personnes pouvant nuire à son image et dénonçant ses nombreux comportements inacceptables. Cette campagne de salissage vise à démoniser la manifestation et la résistance face à la brutalité policière, la caricaturant comme un rassemblement d’individus agressifs visant à saccager le centre-ville. En effet les policiers ont multiplié les conférences de presse, communiqués et tracts invitant la population à boycotter le rassemblement et à craindre les manifestants et manifestantes. Le COBP tient à rappeler que les manifestations précédentes ont été fortement perturbées par les interventions du SPVM qui intimidaient et qui ne faisaient qu’augmenter la tension.

Avant même le rassemblement au point de départ, les policiers arrêtaient déjà des individus sur les trottoirs. La liberté d’expression a été muselée par la confiscation des bannières et pancartes. Les policiers ont fait des charges à chevaux et arrêtaient des individus au hasard avant même le départ de la manifestation. Par la suite, les tentatives d’encerclement se sont succédés au rythme des flash-bangs et des matraques.

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Pour nous, il est clair que cette manifestation est ciblée pour son message et non pour les actes de vandalisme qui pourraient y être commis. Rappelons-nous que des centaines d’arrestations sont effectuées chaque année et que très peu des arrêtéEs sont par la suite reconnus coupables par les tribunaux et qu’une infime minorité d’arrêtéEs se voient attribuer des charges criminelles et encore moins pour des méfaits.

Le COBP tient toutefois à rappeler que cette répression intense et un profilage similaires se produit tous les jours, dans nos communautés, sous nos yeux et notre silence. Que ce soit dans la rue avec les sans-abris, dans les réserves autochtones, dans les quartiers chauds ou dans le village gay, la violence et l’impunité policière est quotidienne et c’est pourquoi nous serons de retour dans les rues l’année prochaine !

PQ, PLQ : Même impunité, vos élections n’ont rien changé !

Collectif opposé à la brutalité policière

 

Manifestation contre la brutalité policière : tué dans l’œuf

Quelque 150 personnes ont été interpellées pour avoir enfreint des règlements municipaux et au moins quatre autres ont été arrêtées pour des actes criminels à l’occasion de la 17e manifestation contre la brutalité policière hier soir à Montréal, selon un bilan provisoire de la police.

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Le Service de police de la ville de Montréal (SPVM) a déclaré la manifestation illégale peu après son début, près de son quartier général, vers 17h. Les policiers ont d’abord permis la marche en avertissant qu’aucune infraction ne serait tolérée, mais rapidement, ils ont ordonné aux manifestants, qui étaient alors quelques centaines, de se disperser.

C’est ce que la majorité d’entre eux ont fait, et la manifestation s’est scindée en plusieurs petits groupes avant de prendre fin moins de trois heures après son coup d’envoi.

Deux groupes de personnes qui ont continué à marcher ont toutefois été encerclés par la police, un premier au coin des rues Sainte-Catherine et Sanguinet et l’autre, à l’angle de Sainte-Catherine et Hôtel-de-Ville, au centre-ville, a indiqué le sergent Laurent Gingras, porte-parole du SPVM. Ces manifestants ont été interpellés pour avoir enfreint un règlement municipal puisqu’ils n’avaient pas fourni d’itinéraire, a-t-il expliqué.

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Une journaliste de La Presse Canadienne sur place n’a remarqué aucun cas de vandalisme important.

Deux policiers ont par ailleurs été conduits à l’hôpital au cours de la soirée, a indiqué M. Gingras. Un agent a eu des dents cassées au début de la manifestation, et une policière a plus tard été transportée par Urgences-Santé en raison d’un malaise.

La police avait averti que la circulation serait perturbée par la manifestation à l’heure de pointe, mais elle a précisé plus tard dans la soirée qu’il n’y avait pas eu de problèmes de circulation majeurs au centre-ville.

Les policiers du SPVM étaient appuyés par ceux de la Sûreté du Québec.

Des policiers des villes de Gatineau, d’Ottawa, de Laval et de Toronto ont aussi assisté à la manifestation en tant qu’observateurs mais ne seraient pas intervenus.

L’hélicoptère de la SQ a pu être vu et entendu au centre-ville de Montréal. Plusieurs policiers déambulaient à cheval et d’autres portaient leurs boucliers.

Selon CUTV, la station de télévision communautaire de l’Université Concordia, un membre de son équipe aurait été arrêté par la SQ.

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Le policier en train de tomber au sol a été blessé par un coup au visage et a eu trois dents cassées, a confirmé la police.

La manifestation contre la brutalité policière a fréquemment été ponctuée d’affrontements entre des manifestants et des agents de la paix montréalais et au fil des ans, plusieurs actes de saccage y ont été commis.

L’année dernière, près de 2000 personnes ont manifesté. Le SPVM avait procédé à une foule d’arrestations, au point où 226 personnes s’étaient retrouvées derrière les barreaux. De plus, sept policiers et deux manifestants avaient été blessés.

Il y a deux ans, plus de 300 personnes avaient été arrêtées.

Le Collectif opposé à la brutalité policière avait organisé la manifestation de vendredi.

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À Trois-Rivières

Pendant ce temps, à Trois-Rivières, un peu moins d’une centaine de personnes ont participé au volet régional de la manifestation contre la brutalité policière. Malgré un itinéraire plutôt incongru, l’événement s’est déroulé dans le calme depuis le parc Champlain jusqu’au quartier général de la Sécurité publique de Trois-Rivières.

Les organisateurs souhaitaient dénoncer plus particulièrement l’arrestation d’Alexis Vadeboncœur, survenue le 2 février dernier dans la cour du Cégep de Trois-Rivières à la suite d’un vol à main armée commis dans une pharmacie du boulevard des Récollets. Quatre agents de la SPTR sont d’ailleurs suspendus, avec solde, depuis les événements, le temps que la Sûreté du Québec complète son enquête sur le déroulement de cette arrestation musclée.

Hier, d’abord réunis au centre-ville, les manifestants ont refusé de suivre l’itinéraire qui avait été proposé par les policiers. Ils ont ensuite pris d’assaut différentes artères du centre-ville, dont certaines à contre-sens, au beau milieu de la circulation, sous le regard attentif de quelques policiers. Certains automobilistes ont klaxonné pour appuyer les manifestants tandis que la patience d’autres conducteurs a semblé être mise à rude épreuve. Mis à part quelques échanges peu élogieux entre les deux clans, à quelques reprises, aucun débordement ne s’est produit.

Tout au long de la marche, qui a notamment été ponctuée d’un arrêt de quelques minutes en plein cœur de l’intersection aux cinq coins, les manifestants ont scandé des slogans dénonçant différents comportements policiers.

Quelques-uns d’entre eux n’ont d’ailleurs pas hésité à narguer les policiers qui encadraient la manifestation avec des remarques bien peu édifiantes. Un petit nombre, moins d’une dizaine, portait des cagoules ou des masques. Aucune arrestation n’est toutefois survenue malgré l’insistance de certains.

Une fois rendus devant le quartier général, les manifestants scandaient « Pour Alexis et tous les autres ».

Au terme de la manifestation, qui a duré un peu plus de 90 minutes, un des organisateurs se disait satisfait du déroulement et de la réponse citoyenne. « C’est très satisfaisant en tenant compte de la température et l’heure du rassemblement. Ça s’est déroulé de façon quasi impeccable. Il n’y a eu aucun débordement de la part des manifestants ni aucune intervention injustifiée des policiers. C’était exemplaire », a souligné Jean-Sébastien Ménard.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Le Nouvelliste via LaPresse.ca, 16 mars 2013)

Publié dans La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire | Marqué avec , , , , , , , , , , , | Commentaires fermés sur [Montréal] Tant qu’il y aura des flics, il y aura des 15 Mars

[ACAB] La police travaille à Rennes

Rennes. Des chiens de punks embarqués par la police place Sainte-Anne

L’opération était prévue de longue date. Une trentaine de policiers municipaux et nationaux ont débarqué place Sainte-Anne, en plein centre-ville de Rennes, à 15 h, ce vendredi. Ils ont contrôlé et fouillé cinq marginaux qui occupaient les marches de l’église Saint-Aubin. Puis ont embarqué leurs animaux, qui étaient attachés auprès d’eux.

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L’opération s’est déroulée dans le calme, sous l’œil de passants étonnés par un tel déploiement de policiers pour si peu de chiens et de SDF.

Embarqués dans le calme

Cinq chiens ont été conduits dans un fourgon pour être emmené à la fourrière de Betton, en vertu d’un arrêté de la Ville de Rennes interdisant depuis 2004 le regroupement des chiens dans les lieux publics. L’opération s’est déroulée dans le calme, sous l’œil de passants étonnés par un tel déploiement de policiers pour si peu d’animaux et de SDF.

Les marginaux ont eux-mêmes conduit sans faire d’histoire les chiens tenus en laisse vers la camionnette.

Cette opération fait suite à l’agression d’un sexagénaire par le chien d’un SDF, place des Colombes, à Rennes, dimanche dernier. « Mais elle était déjà programmée de plus longue date, précise le commissariat. Les policiers municipaux nous signalent qu’ils voient les chiens revenir en ville et les incidents se reproduire. Nous essayons donc de faire du préventif. »

« C’est une fortune ! Comme vais-je faire ? »

Pour récupérer leurs animaux au chenil, les marginaux devront débourser 85 € sous huit jours. « C’est une fortune ! Comme vais-je faire ? Je n’ai même pas le RSA, je n’ai rien », commente en pleurant Tatane, propriétaire de deux chiens embarqués, Ticos et Flash. Le jeune homme, 24 ans, vivant à la rue, a également écopé d’une amende pour « regroupement de chiens occasionnant un trouble à l’ordre public ».

Fin juin, une opération similaire au cours de laquelle une dizaine de chiens avaient été embarqués avait provoqué de nombreuses réactions en ville.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 15 mars 2013)

 

Les chiens des punks embarqués par la police – Rennes

Opération coup de poing de la police contre un groupe de marginaux, place du Colombier, hier. La Ville se justifie en agitant des plaintes des riverains. Reportage

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Ambiance tendue hier après-midi, devant le centre commercial Les trois soleils, où un groupe d’une vingtaine de marginaux squatte depuis des mois. La police a embarqué une dizaine de chiens.

Cindy, une punkette, crête rose, chaîne autour du cou, tatouages, est en larmes. Elle protège ses deux chiennes, Louna et Créteuse. Refuse de lâcher les laisses. Autour, la foule se rassemble. Les policiers sont tendus.

Opération coup de poing contre les marginaux, squattant l’entrée de la place du Colombier, devant le centre commercial Les Trois Soleils, hier après-midi. Trois fourgons de police, un de la fourrière, ont débarqué avec une vingtaine d’hommes. Ils ont embarqué une dizaine de chiens, sous les protestations véhémentes de leurs propriétaires et de nombreux passants, émus. Bousculade. Ambiance lourde.

« Je trouve ça choquant, lâche Louis, qui promène une poussette. Ces gens n’ont que leur chien. » « Scandaleux ! », opine une dame âgée. « C’est dur. Triste. Ça prend le bide. Les chiens étaient tout cool. J’imagine que les policiers ne sont pas très à l’aise non plus », s’attriste Sandrine.

« Un prétexte pour nous casser »

Assez vite, les policiers s’en vont avec les bêtes. Le petit groupe de marginaux se regroupe, agité. « Les chiens, c’est nos enfants, on vit avec », ne décolère pas Mehdi. « On sait qu’un arrêté municipal interdit les regroupements de chiens. Mais tous étaient en règle et attachés, continue de sangloter Cindy. Ils disent qu’on a huit jours pour les récupérer moyennant 89 €. Après, ils les piquent ! Mais comment on paye ? Et comment on va à la fourrière ? C’est à Betton, à des kilomètres ! » Nouvel éclat de larmes : « Il faut faire un truc. Mais pas qu’avec les gens de la zone. Sinon ça s’arrêtera jamais. »

Les marginaux se plaignent de contrôles réguliers. « C’est vrai, les policiers interviennent souvent », confirme Patricia. Cette femme effectue des enquêtes devant les Trois Soleils. « Tous les jours, je vois bien ce qui se passe. Le jour de la Fête de la musique, ils ont déjà embarqué un chien à un gars qui était tout tranquille. » « C’est un prétexte pour nous casser, car on est de la pollution visuelle », tonne Mehdi.

Au commissariat, un officier ne s’en cache pas : « Le but est de les décourager de rester à Rennes. » Pourquoi ? Selon la Ville, une quinzaine de plaintes de riverains et de commerçants excédées ont atterri sur le bureau du maire ces derniers mois, depuis que ce groupe de marginaux, âgés entre 18 et 30 ans, squatte le secteur de Colombia et le square du Roi-Arthur.

« Il faut de la répression »

« Qu’attend la Ville pour réagir ? Qu’un enfant se fasse mordre ? Je ne comprends pas que l’on puisse laisser dégénérer cette situation », dénonce l’une. « Les bruits détruisent nos nuits », tempête une autre. « Aboiements des chiens des heures entières. État d’ébriété permanent. Cris, bagarres… Nous ne supportons plus ces nuisances et nous songeons à déménager du centre-ville », se désespère un entrepreneur installé à côté.

La mairie tient aussi à préciser que « les services sociaux suivent ce groupe de marginaux depuis des mois pour essayer de les faire sortir de la rue. Mais ils se heurtent à un mur. À un moment donné, il faut de la répression pour faire respecter la loi. »

La ville confirme que les zonards ont « huit jours pour récupérer leur animal. Après quoi, il y a effectivement un risque qu’ils soient tués. » Cindy se prend la tête dans les mains. « Nos chiens ne font rien de mal. Pourquoi ? Pourquoi ? »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Yann-Armel Huet, Ouest-France.fr, 29 juin 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] Une cinquième colonne ?

Une cinquième colonne ?

Il en est des formules qui ont un sens comme des poésies. Dès que l’on escamote un vers, cela ne veut plus rien dire. En 1789, une de ces formules était : « La liberté, l’égalité, la fraternité, OU LA MORT ». La bourgeoisie savait bien qu’elle ne pourrait pas assumer ce programme. Alors, elle procéda en deux temps. Elle supprima le deuxième terme de la formule : « Ou la mort ». Mais le reste de la formule était bancal : la liberté, l’égalité, la fraternité… c’était encore trop. Cela devint : Liberté, Égalité, Fraternité. Liberté de quoi ? Égalité où ça ? Fraternité entre qui ?

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En 2012, à Notre-Dame-des-Landes, les résistants qui tiennent la ZAD ont eux aussi résumé leurs combats en une formule : CONTRE L’AÉROPORT ET SON MONDE. Là encore ce que l’on peut appeler des faux amis ou même pour certains une cinquième colonne, tentent aujourd’hui de tronquer cette lutte pour la vider de son contenu. Il suffit de supprimer le deuxième terme de cette formule : « Et son monde ». Et la lutte devient : « Contre l’aéroport NDDL, dans le cadre de cette société qu’il ne faut pas remettre en question ».

Ils peuvent ainsi espérer déplacer le centre de gravité de cette lutte du terrain politique sur celui d’une démarche légale devant les juridictions nationales et européennes. Ce projet serait inutile et un contre sens économique dans le cadre très respectable de notre belle société capitaliste productiviste. Ce qui sous-entend que si c’était utile et économiquement rentable, on regarderait ailleurs…

Les mots pour tronquer et trahir font partie de l’arsenal de l’idéologie dominante au même titre que l’emploi de la violence par les forces armées et policières qui sont sur le terrain. Faire, ou laisser croire que ce type de lutte peut se gagner en discutant avec une commission du dialogue, ou devant les tribunaux aux ordres de l’État, c’est impuissanter la lutte politique qui ne connaît que le rapport de force.

La démarche n’est pas nouvelle, c’est celle que l’on rencontre dans les conflits sociaux, quand pour contenir la colère des salariés, les organisations syndicales et politiques privilégient les recours devant les tribunaux plutôt que l’action directe des salariés.

Le résultat est connu, reproductible, durable… etc… c’est la capitulation devant ce monde capitaliste, ses lois et ses tribunaux. C’est en cela que l’on peut parler de cinquième colonne qui sabote de l’intérieur la colère et l’envie d’en finir avec le système du profit et de l’exploitation.

La classe au pouvoir ne peut arriver à ses fins QUE grâce à cette cinquième colonne au sein des résistances populaires. La propriété privée, l’appareil judiciaire, les lois rédigées par le pouvoir, etc… Tout cela fait partie et constitue le : ET SON MONDE.

Le 14 mars 2013
Pour les Amis de l’Égalité, Camille Sardon

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Convergence des familles de victimes de violences policières, samedi 23 mars à Marseille

http://juralib.noblogs.org/files/2013/03/015.jpgLa famille Ajimi et le comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi se rendront à Marseille samedi 23 mars prochain où un rassemblement unitaire est fixé à 14h30 devant la Préfecture pour soutenir l’ensemble des familles victimes de violences policières, notamment la famille de Yacine Aïbeche Souilah, Marseillais tué par un policier dans la nuit du 13 février 2013.

Le rassemblement prévu ce même jour à Grasse EST DONC ANNULÉ ET REMPLACÉ PAR UNE CONVERGENCE SUR MARSEILLE.

Interview de Boubaker Ajimi à l’antenne de Radio Panik, une radio belge, le 21 mars et sur radiopanik.org (le son sera ensuite disponible pour une plus large diffusion sur d’autres ondes).

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi, 15 mars 2013

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[Fuck NYPD] New York se réveille

Tensions à New York après la mort d’un jeune Noir tué par la police

La mère d’un jeune Noir tué le week-end dernier par la police à New York  a réclamé jeudi que « justice » soit rendue, tout en affirmant qu’elle n’approuvait pas les incidents qui ont depuis conduit à des dizaines d’interpellations dans son quartier d’East Flatbush à Brooklyn.

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« Je veux la justice, je veux savoir pourquoi mon fils a été abattu », a déclaré lors d’une conférence de presse Carol Gray, en évoquant son « bébé de 16 ans », Kimani Gray, dont elle brandissait la photo. « Je veux une enquête approfondie, pas un écran de fumée. La justice. Ses droits civiques », a-t-elle martelé.

Mais alors que 46 personnes ont été interpellées dans la nuit de mercredi à jeudi en raison d’incidents les opposant à la police, après une première nuit de tensions lundi, elle a tenu à dire qu’elle ne prônait pas la violence. « Je n’approuve aucune émeute, aucun pillage, aucun coup de feu, rien, contre aucun policier », a-t-elle lancé. « Deux policiers ont tué Kimani, et je veux simplement la justice, que ces deux policiers soient retirés de la rue avant qu’ils ne fassent du mal à un autre jeune. »

Kimani Gray a été tué samedi soir dans la rue, après qu’il eut pointé un revolver en direction des deux policiers en civil, selon la police. Le rapport d’autopsie a montré qu’il avait été atteint de sept balles, dont trois dans le dos. Même s’il ne précise pas dans quel ordre ont été tirées les balles, sa publication a ajouté à la tension à East Flatbush, où certains doutent de la version de la police. La mère de l’adolescent a dit jeudi qu’elle ne croyait pas que Kimani ait eu une arme. « Mais je n’étais pas là », a-t-elle reconnu. Selon certains témoignages, le jeune homme était avec un groupe, mais il s’était éloigné en voyant la voiture de police banalisée. Les deux policiers l’ont alors approché, trouvant son comportement suspect. Ils ont été suspendus après le drame, selon les autorités.

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Trois veillées ont été organisées en mémoire de l’adolescent dans son quartier, dont deux ont dégénéré : lundi soir, avec des magasins saccagés, et dans la nuit de mercredi à jeudi, avec 46 personnes interpellées, a indiqué la police à l’AFP. Quelque 200 personnes participaient à cette veillée, selon le New York Times, et la situation s’est tendue quand la moitié d’entre elles se sont dirigées vers un poste de police. Des policiers en tenue anti-émeute ont essayé de fermer la rue, interpellant la sœur du jeune Noir tué, qui cherchait à la traverser, provoquant ainsi la colère des manifestants. Une chaise a été lancée contre la police, puis des bouteilles. Une brique a été également lancée contre un policier et une voiture de police, et deux agents des forces de l’ordre ont été légèrement blessés.

Déjà l’an dernier, à quelques rues de là, une jeune femme de 23 ans, non armée, avait été tuée par un policier alors qu’elle essayait de s’enfuir à bord d’une voiture qui avait été signalée volée.

Presse anti-émeute (Agence Faut Payer, 14 mars 2013)

 

Outsiders Faulted for Unrest in Brooklyn

The anger in East Flatbush is local. But the unrest that has gripped the Brooklyn neighborhood, including clashes with the police after officers fatally shot a 16-year-old, has been encouraged and incited by people coming from outside, community leaders said on Thursday.

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The leaders appealed for calm a day after a vigil for the teenager, Kimani Gray, turned chaotic around Church Avenue late Wednesday night. Dozens of marchers were arrested and two officers were hurt, the police said. The crowds on the street swelled with local teenagers and seasoned organizers, including some members of the Occupy Wall Street movement.

It was the most sustained unrest in three consecutive days of vigils and marches. A protest the night before, in which people from outside the neighborhood were also prominent, ended without incident. (…)

The police said that all of those arrested on Wednesday lived in Brooklyn, though it was not immediately clear how many lived in East Flatbush, a neighborhood of low-rise apartments, single-family homes and bustling avenues.

Jenna Pope, 22, was among those who came from other neighborhoods to march Wednesday night in East Flatbush. “It didn’t happen where I live or to someone I know, but as an activist I believe that everyone is in this fight together,” she said.

The crowd was far different from those Ms. Pope saw when she lived at the Occupy Wall Street encampment in Zuccotti Park, she said. “It was mostly teenagers from the community,” she said, adding, “In the end, we’re all together and we support each other.”

Councilman Jumaane D. Williams, who was there on Wednesday, inveighed against those he saw as outside agitators, first on Twitter and then standing with other local leaders in front of a growing shrine to Mr. Gray on 55th Street and Church Avenue.

“There are people, well intentioned though they may be, coming into the community and capitalizing on a situation and making it worse,” he said. Mr. Williams said anger in the neighborhood was real and justified, but added that “it’s easy to take their anger and exploit it” but harder “to channel the anger properly.”

Before the leaders spoke, a police helicopter churned overhead in a sign of the tense atmosphere.

Some of the protesters who came from outside East Flatbush found fertile ground for an antipolice message in a neighborhood where many have voiced doubt over the official account of the shooting.

By Thursday, Mr. Williams was navigating a difficult strait as he sought to direct anger at police policies like the stop-and-frisk tactic, while resisting calls for a more pitched confrontation. The councilman — arrested in 2011 during the Occupy Wall Street demonstrations in Lower Manhattan — found himself pleading with protesters to calm the tone.

As Mr. Williams referred to the lack of attention paid to violence committed by black youths against each other, a man standing at the edge of the crowd of reporters began speaking over him. “This is a police brutality issue,” said the man, Jose LaSalle, 43, an activist on police issues from the Bronx. “Let’s not boil things down and sugarcoat them.”

Some standing at Mr. Williams’s side moved to quiet the man. One shouted: “You are agitating the community, you are agitating those young kids. You are part of the reason there was a problem last night.”

Another man standing next to Mr. LaSalle, shouted: “I’m from this area, born and raised.” The man, Omowale Adewale, 34, continued: “Ask the youth in the community what they want!”

“There is a full discussion that needs to be had,” Mr. Williams said, trying to wrest back control without addressing the men. “If you want to address only one part of the discussion, you are being destructive to the community.”

“Investigate the investigators!” another man, Dave D. Douglas, 26, a union steamfitter born in East Flatbush, called out a few minutes later.

As many in East Flatbush braced for another confrontation, Mr. Gray’s mother, Carol Gray, told reporters that her son was a “regular teenager” with a 10 p.m. curfew who had been “sold prison culture.” She said he had just left a 16th birthday party when officers confronted him on Saturday night.

Wearing sunglasses and a black scarf over her head, Ms. Gray paused occasionally to compose herself. “Why did the police fire the first bullet? Why the second bullet?” she asked, counting the shots on her fingers. “Why the third bullet? Why the fourth bullet? Why?”

She said her son died only a block from the home where he had lived when he was younger.

Councilman Charles Barron, who sat at Ms. Gray’s side and occasionally consoled her, said that while some had called for peace, “our call is for justice.”

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Presse anti-émeute (J. David Goodman, The New York Times, 15 mars 2013)

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