[Opération « Vengeance » en vue du procès de Clichy-sous-Bois à Rennes] Les larbins de la maison Poulaga travaillent

Rennes. L’extrême gauche diffuse des photos de policiers avec leurs enfants

L’extrême gauche rennaise s’est faite depuis plusieurs années une spécialité de ficher, de dénoncer, de stigmatiser tous ceux qui ne pensent pas comme elle, mais aussi ceux qui cherchent à mettre fin aux violences qui émaillent chaque grande manifestation « anti-tout ». Elle vient de franchir une nouvelle étape dans la délation en publiant un site Internet sur lequel on trouve des photos, identités et coordonnées de fonctionnaires de police rennais, mais aussi d’employés de l’administration pénitentiaire.

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Opération « Vengeance »

Outre ce qui ressemble fort à un appel au lynchage et à l’exaction – non signé comme le sont chaque actions de cette mouvance radicale pourtant bien identifiée et localisée à Rennes – des photos de policiers avec leurs enfants sont également diffusées. « On atteint les sommets en terme d’ignominie », nous confie un policier rennais.

Le site Internet, dont nous ne révélerons pas l’adresse par respect de l’anonymat des personnes visées, est hébergé en Italie, par l’association Investici, basée à Pise. Cet hébergeur accueille tout ce que l’Europe compte de sites d’ultragauche, antifascistes, « anticapitalistes » etc.

Indymedia Nantes, site pilote et relais de toute la mouvance radicale, n’a pas hésité à diffuser l’adresse du site – avant de subitement l’enlever hier, bien qu’il soit toujours visible dans le cache de Google – une forme de complicité puisque le site Internet publie l’adresse e-mail où les individus peuvent envoyer les informations qu’ils possèdent sur les fonctionnaires mis en cause.

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Opération « Vengeance », mode d’emploi

Dans un communiqué, Unité-police SGP-FO (second syndicat de gardiens de la paix) a «fermement condamné la recrudescence de menaces contre les policiers».

Le ministère de l’Intérieur ainsi que le ministère de la Justice – ministère de tutelle pour les fonctionnaires de prison – ont été saisis. Au sein de la police rennaise, tous les fonctionnaires attendent désormais une réaction force de la place Beauvau et de la Justice. « Si des responsables de la police ou même des responsables politiques voyaient leur vie privée ainsi bafouée et leur sécurité menacée, il est évident que ce site Internet aurait déjà été fermé et que ses auteurs seraient en passe d’être arrêtés » nous confie un autre policier, qui espère « que le même travail sera réalisé pour des fonctionnaires qui ne sont pas forcément hauts placés dans la hiérarchie ».

À l’heure actuelle, le site est en effet toujours en ligne. La direction générale de la police (DGPN) dit « avoir saisi » les services spécialisés de lutte contre la cybercriminalité de la direction centrale de la police judiciaire. Elle invite aussi les fonctionnaires à faire attention sur l’utilisation de Facebook.

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Du côté des gardiens de prison, l’émotion est également très forte : « quand on sait qu’à la prison de Vezin, il y a certains détenus islamistes, et non des moindres avec Djamel Beghal, mentor des frères Kouachi, on craint effectivement pour notre sécurité » confie l’un d’entre eux sous couvert d’anonymat.

Ce site Internet apparaît alors que les derniers mois ont été agités à Rennes, sur fond de manifestations d’extrême-gauche « contre les violences policières » mais aussi à quelques jours du procès en appel de deux policiers dans l’affaire Zyed et Bouna, du nom de ces deux individus décédés pour avoir pénétré dans un local EDF de Clichy-sous-Bois pour échapper à un banal contrôle policier. Les deux fonctionnaires sont poursuivis pour n’avoir pas averti les deux adolescents des dangers encourus dans ce local EDF…

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Maison de la Grève

Une partie de la mouvance violente d’extrême gauche à Rennes – vers qui tous les soupçons se tournent aujourd’hui – a pris ses quartiers à « La Maison de la grève », dans un local en location situé 37 rue Legraverend. Ces militants appellent d’ailleurs à une semaine de mobilisation à l’occasion du procès des deux policiers, et notamment à une manifestation, mercredi 18 mars, à 15h, au départ de la Cité Judiciaire.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Breizh-info.com, 12 mars 2015)

 

Zyed et Bouna : Rennes sous pression à quelques jours du procès

Un site fichant les policiers, tags anti-flics et appels à manifester se succèdent autour de la ville qui accueille, à partir de lundi, le procès de la mort des deux adolescents à Clichy-sous-Bois, en 2005.

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Il y a dix ans, la mort de Zyed et Bouna, à Clichy-sous-Bois, avait embrasé les banlieues françaises. Aujourd’hui, alors que s’ouvre le procès de cette affaire lundi à Rennes, le dossier reste sensible. Deux policiers comparaissent pour non-assistance à personne en danger lors de la mort des deux adolescents, électrocutés sur un site EDF alors qu’ils fuyaient la police. Le procès, à l’issue duquel ils encourent au maximum cinq ans de prison et 75’000 euros d’amende, doit durer cinq jours. Et à Rennes, la pression commence déjà à monter.

Un site fichant la police et des tags anti-flics. Mardi, un syndicat de policiers alertait la direction de la police de l’existence d’un blog « fichant » des policiers et gardiens de prison autour de Rennes. Une enquête a dans la foulée été confiée à la police judiciaire et aux services spécialisés dans la cybercriminalité. Ce site intitulé « vengeance » présentait des photos de policiers et de surveillants. Certains de ces clichés étaient également accompagnés des coordonnées et de renseignements précis sur les fonctionnaires et leurs familles. Des informations notamment glanées directement sur les pages Facebook des fonctionnaires.

Autre élément qui inquiète fortement les syndicats de police, une trentaine de tags ont été relevés sur des immeubles et des bâtiments publics du quartier populaire et étudiant de Villejean, à Rennes. Dont certains faisant directement allusion à Zyed et Bouna.

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L’ultra-gauche rennaise appelle à la mobilisation. La mouvance d’extrême-gauche et anarchiste rennaise, faisant le lien avec la mort de Rémi Fraisse à Sivens à l’automne 2014, appelle à une « semaine de réflexion », à partir de lundi et l’ouverture du procès.

Un collectif nommé « novembre 2005 » annonce ainsi organiser tous les midis des « cantines-rassemblements » devant la Cité judicaire de la ville, où se tient le procès. Une manifestation est également programmée au départ du palais de justice mercredi en milieu d’après-midi. Autant d’éléments dans cette ville qui avaient été marquées à l’automne par de nombreux débordements lors de manifestations contre les violences policières, après la mort de Rémi Fraisse.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Europe 1, 13 mars 2015) via Brèves du désordre

 

Rennes. Policiers et surveillants de prison fichés sur Internet

Colère parmi les policiers de Rennes. Sur Internet, des inconnus ont diffusé un fichier avec des photos de policiers, de leurs familles ainsi que leurs adresses personnelles.

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Rennes, février 2015

« Est ce que c’est normal qu’un site affichant des photos de policiers et de leurs familles avec des menaces explicites soit toujours accessible? », s’insurge David Leveau [sic – NdJL] du syndicat SGP FO de Rennes.

Photos privées, adresses, numéros de téléphones…

Depuis lundi, un site internet publie plusieurs pages où figurent des photos mais aussi les adresses personnelles et les numéros de téléphone de fonctionnaires de police de Rennes, et aussi de membres de l’administration pénitentiaire.

Des photos qui datent de quelques années mais avec des adresses qui sont souvent toujours les bonnes. « On y voit des policiers mais aussi leurs épouses, leurs enfants… » Des photos privées sans doutes extraites de comptes sur des réseaux sociaux.

« Et si des terroristes se procurent ce fichier ? »

« C’est inquiétant si ça tombe dans les mains de quelqu’un qui veut faire un coup d’éclat pour se faire un flic ou sa famille. Surtout en cette période où l’on sait que les policiers sont des cibles. Et si des terroristes se procurent ce fichier ? »

Directeur départemental de la sécurité publique d’Ille-et-Vilaine, Patrick Chaudet s’est aussi avoué choqué par ces images. « La direction générale de la police nationale s’est saisie du dossier et l’a transmis aux services spécialisées de lutte contre la cybercriminalité de la direction centrale de la police judiciaire (DCPJ). »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Ouest-France.fr, 11 mars 2015)

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[Sivens Pacem Para Bellum] Ne rien lâcher en garde à vue, c’est possible !

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpg[Sivens] Témoignage de la garde à vue de Monsieur X

Ou comment ne pas donner d’identité en garde à vue et ressortir libre et non accusable.
Un témoignage qui circule par mail et que nous publions ici, non pas pour dicter ce que doit faire une personne en garde à vue mais pour laisser témoignage de ces moments jamais bien sympathique et où il faut bien monter une système de défense.

Vendredi 6 mars 2015.

Une expulsion dans le Tarn.
Je suis mis en garde à vue (GAV) sur les lieux de l’expulsion à 14h20.
L’Officier de Police Judiciaire (OPJ) me demande de décliner mon identité car je n’ai pas de papiers sur moi. Je refuse.
Il me lit mes droits, me propose de voir un médecin. J’accepte.
Me demande le nom de mon avocat, me lit le chef d’accusation : « Participation sans arme à un rassemblement après sommations de dispersion ».

Je refuse de signer la mise en GAV. Ils m’emmènent en voiture à la gendarmerie d’Albi. Durant le trajet les deux OPJ sont très sympathiques, nous discutons. Ils essayent de glaner des infos sur moi et sur le rassemblement au fil de la discussion. Ils insistent légèrement sur mon identité, m’expliquant que ça va rallonger la procédure etc. etc…

Nous arrivons à la gendarmerie. Les deux OPJ m’emmènent dans leur bureau. Ils continuent à insister de plus en plus lourdement sur mon identité. Je ne leur donne rien, je leur explique que c’est politique, que c’est pas contre eux ou pour les faire chier.

Ils font venir le médecin. Je ne souffre pour l’instant d’aucune blessure mais j’ai décidé de demander un examen médical avant la GAV pour pouvoir en faire un autre, comparatif, après la fin de la GAV au cas où je me fasse défoncer la gueule entre-temps.
Il m’examine très rapidement. Me pose quelques questions personnelles, au hasard de la conversation, c’est louche. Lui aussi va finir par insister sur mon identité. Je ne lui dis rien.

Ils me mettent en cellule.

Ils me sortent de cellule en fin d’aprem’. Ils me disent avoir appelé mon avocate qui ne sera pas là avant demain, raison de plus pour ne pas rallonger encore la GAV et lâcher mon identité maintenant. Je refuse. Ils m’auditionnent, je ne déclare rien et réponds par oui ou non aux questions auxquelles je souhaite répondre.
Mon état civil est une suite de X et Y.
Je refuse le chef d’inculpation et ne le signe pas. Ils m’annoncent que maintenant ils vont procéder à une vérification d’identité grâce à mes empreintes digitales car je refuse de leur donner un nom ou des papiers. Je leurs réponds très clairement que je ne veux pas qu’ils prennent mes empreintes.
Ils m’expliquent alors qu’on ne peut pas refuser la vérification d’identité.
« On a dû te dire qu’on peut refuser le fichage ADN et les empreintes et photos, c’est vrai, mais les empreintes pour la vérification d’identité c’est totalement différent ! On ne peut pas les refuser ça n’existe pas ça » me disent-ils.

Je persiste et leur fais savoir mon refus.
C’est alors que des deux OPJ qui jusqu’à présent jouaient le rôle du « flic gentil », un devient immédiatement (et ce jusqu’à la fin) le « flic méchant ». Agressif et violent donc.

L’interrogatoire change de style. Claques derrière la tête et bousculades deviennent de rigueur. On m’explique que l’on va prendre mes empreintes digitales de force puisque je n’accepte pas de mon plein gré et que si je m’oppose physiquement a la verif’ d’identité on va rajouter « Outrage et Rébellion » aux chefs d’inculpations.
Je vois arriver « flic méchant », je m’assieds donc sur mes deux mains. Il m’attrape par le tee-shirt et me traîne jusqu’à la salle où s’effectue la prise d’empreintes. Là il me fait une clef de bras et prend ma main de force et essayant de l’appuyer sur l’encre. Je serre le poing, je me débats. Il lâche l’affaire, me remet des menottes et me confie à « flic gentil » qui va me remettre en cellule.
Juste avant de m’enfermer « flic gentil » tente une dernière manipulation mentale pour obtenir mon identité. Je refuse.

Je m’endors.

Vers 20h « flic gentil » me réveille, me demande si j’ai faim. Je lui dit que oui. C’est alors qu’il m’explique que si je ne lui donne pas mon nom et mon prénom je ne mangerai pas…

Soit, je ne mange pas.

Une amie dans la cellule d’à coté me fait savoir qu’ils lui montrent des photos de moi et lui demandant de m’identifier. Elle ne lâche rien.

Le lendemain matin il ne reste plus que « flic gentil », il me réveille et re-tente un petit coup de manipulation mentale genre « tous tes copains ont lâché, il reste que toi, tu es tout seul… »
« Lâche l’affaire ça sert à rien on est en train de la trouver etc. »
Je ne dis rien.

Je vois mon avocate vers les 11 heures du matin. Je lui explique mon système de défense : je ne décline pas mon identité je ne signe rien, je ne déclare rien.
Elle m’explique ce que j’encours : dans le pire des cas 48 heures de GAV au lieu des 24 heures initiales, 48 heures durant lesquelles j’aurais carrément le temps de craquer. Normalement si à la fin de la GAV ils n’ont toujours pas mon nom, ils me laisseront partir avec une convocation pour tel jour à telle heure au nom de Monsieur X pour tel chef d’inculpation.
Après la courte entrevue, je décide de continuer comme ça.

Une nouvelle audition, en présence de l’avocate cette fois. Je refuse une nouvelle fois de décliner mon identité. Je ne réponds que par oui ou non aux questions auxquelles je souhaite répondre, ignorant les autres. Et je déclare la raison de ma présence sur ce lieu à ce moment. Puis j’explique que je ne dirai plus rien.
Il me montre une nouvelle fois les documents m’accusant.
Je refuse de les signer. Je ne signe pas ma déclaration non plus.
Mon avocate s’en va.

Il me remet en cellule.

Il me sort de cellule, prend des photos de moi de force en me plaquant au mur.

Je demandais depuis le début de la journée un verre d’eau et des mouchoirs. Il me monte dans son bureau, l’eau et les mouchoirs sont sur la table. Je prends le verre d’eau en faisant bien attention de ne pas y mettre les doigts dessus. Je me mouche.
À ce moment, « flic gentil » prend mon mouchoir (sans gants) et m’explique que « ça, c’est pour le labo… ! », que ce mouchoir va être analysé pour y prélever mon ADN et permettre ainsi de m’identifier.

Je lui explique calmement que c’est une saisie com-plé-te-ment illégale, que le procureur va se foutre de sa gueule et que les experts à Miami c’est à la télé. De plus il a pas mis de gants en touchant le mouchoir.

Il persiste et essaye de me convaincre que ça y est je suis foutu.

Un quart d’heure après il me dit que c’est la fin de la GAV, je refuse de signer la sortie de GAV et la saisie du mouchoir.

Je sors sans convocation. Sans accusation. Sans rien.

Ne rien lâcher en garde à vue, c’est possible !
Violences physique, violences psychologique, manipulation mentale, sympathie débridée : ils peuvent tout essayer pour te faire craquer.
Si tu ne lâches rien en 24 heures, il leur faut un bon motif pour te garder 24 heures de plus. Le refus de vérification d’identité peut en être un, si le chef d’inculpation (ce de quoi on t’accuse) est suffisamment grave. Si tu lâches rien en 48 heures, ils ne peuvent rien faire à part te mettre en préventive si le délit est assez grave.

Ne fais pas confiance au docteur.e, il travaille avec les flic.que.s.
Ne fais pas confiance à l’avocat.e, il peut te menacer de multiples manières.
Ne fais (bien sûr) pas confiance aux flic.que.s. Qu’illes soit super chouettes et te payent des clopes toute la journée ou bien qu’illes te mettent des claques dans la gueule.

Monsieur X

Sivens Pacem Para Bellum

Information Anti Autoritaire Toulouse et Alentours (IAATA), 12 mars 2015

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[Procès de Clichy-sous-Bois à Rennes] Les journaflics travaillent

JUSTICE
Mort de Zyed et Bouna : procès des policiers 10 ans après les faits

Dix ans après les faits, deux policiers comparaissent à partir de lundi à Rennes pour «non-assistance à personne en danger» après la mort de deux jeunes dans un site EDF à Clichy-sous-Bois, un drame à l’origine de trois semaines d’émeutes dans les banlieues françaises.

http://juralib.noblogs.org/files/2015/03/121.jpgLe 27 octobre 2005, peu après 17 heures, un véhicule de police appelé à intervenir sur un chantier de Seine-Saint-Denis met en fuite un groupe de dix mineurs. Parmi eux, Muhittin Altun, Bouna Traoré et Zyed Benna qui s’enfuient en direction d’un bois, avant d’escalader le mur d’enceinte d’un site EDF, protégé par un mur en parpaings d’environ quatre mètres. Bouna Traoré, 15 ans, et Zyed Benna, 17 ans, sont mortellement électrocutés par un arc électrique. Muhittin Altun est grièvement blessé. Le gardien de la paix Sébastien Gaillemin, 41 ans, qui était sur place, et Stéphanie Klein, 38 ans, qui était au standard du commissariat, sont tous les deux accusés de non-assistance à personne en danger.

Le procès, à l’issue duquel ils encourent au maximum cinq ans de prison et 75’000 euros d’amende, doit durer cinq jours. «Les éléments constitutifs de la non-assistance à personne en danger ne sont pas réunis», considère Me Daniel Merchat, l’avocat des policiers. «Mes clients n’ont jamais eu la certitude qu’il y avait des individus dans le site. Comment voulez-vous qu’on fasse appel à des secours quand on ne sait pas qu’il y a des gens en danger ?», fait-il valoir. «Les trois gosses sont des victimes, deux d’entre eux sont morts dans des conditions atroces. Et cela aurait pu être évité», réplique Me Jean-Pierre Mignard, l’avocat des familles. «L’idée qu’il fallait porter secours à des jeunes des cités qui étaient en danger de mort ne leur a pas traversé l’esprit», dénonce-t-il.

Dix ans de procédure

Il aura fallu dix ans pour parvenir à cette audience depuis l’ouverture de l’information judiciaire pour non-assistance à personne en danger au tribunal de grande instance de Bobigny en novembre 2005. Un an plus tard, une plainte avec constitution de partie civile pour mise en danger délibérée de la vie d’autrui est jointe à l’information judiciaire. Même si le procureur conclut à l’absence d’infraction constituée, les juges d’instruction rendent en octobre 2010 une ordonnance écartant le chef de mise en danger délibérée de la vie d’autrui, mais renvoyant les deux fonctionnaires devant le tribunal correctionnel pour non-assistance à personne en danger. Le procureur, tout comme l’ensemble des parties civiles, font appel. Le 27 avril 2011, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris estime qu’il n’y a lieu de poursuivre quiconque dans cette affaire. Mais en octobre 2012, la chambre criminelle de la Cour de cassation annule cette décision et demande à la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Rennes de réexaminer le dossier. Celle-ci va finalement rejoindre en septembre 2013 l’avis rendu en 2010 par les juges d’instruction de Bobigny et renvoyer les deux fonctionnaires de police devant le tribunal correctionnel pour le seul chef de non-assistance à personne en danger.

«Certains n’ont jamais voulu que cette affaire soit jugée», critique l’avocat des parties civiles. Selon lui «il y a eu une volonté d’exténuer cette procédure en la retardant au maximum. Ça a failli réussir». «Mes clients sont soulagés de pouvoir être enfin entendus, parce qu’ils ont la conviction de n’avoir commis aucune faute, aucune erreur», commente Me Merchat. Les deux policiers sont toujours en fonction. «L’inspection générale de la police nationale n’a relevé aucune faute à leur encontre. Il n’y a pas eu de procédure disciplinaire», rappelle l’avocat. La mort des deux adolescents avait été suivie par trois semaines d’émeutes dans les banlieues françaises. Le gouvernement avait dû décréter l’état d’urgence.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via LAlsace.fr, 13 mars 2015)

 

Mort de Zyed et Bouna : Clichy-sous-Bois à l’heure du procès

Zyed et Bouna, «c’étaient des gamins bien, pas des voyous, et ils avaient la vie devant eux» : à Clichy-sous-Bois, on espère que le procès de Rennes servira à changer le regard sur les jeunes des cités, trop souvent «présumés coupables».

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Rassemblement le 27 octobre 2007 à Clichy-sous-Bois, à la mémoire de Zyed Benna et de Bouna Traoré.

C’était il y a dix ans. La mort accidentelle de Zyed Benna, 17 ans, et Bouna Traoré, 15 ans, provoquait trois semaines d’émeutes en France et marquait à jamais cette commune déshéritée de Seine-Saint-Denis, où une plaque commémorative et une fresque murale rappellent le drame.

Dix ans de politique de la ville plus tard, cette commune de 30.000 habitants peut se flatter d’être enfin une ville «normale» dotée d’un commissariat et d’un Pôle emploi, bienvenu pour aider les 20% de chômeurs à trouver du travail.

Bientôt, c’est-à-dire en 2018, et après bien des reports, l’arrivée du tramway devrait en outre remédier à l’enclavement de la commune. À terme, il ne faudra plus 1H30 pour relier les 15 km qui séparent cette ville de Paris.

La seule chose qui n’a pas vraiment changé à Clichy-sous-Bois, c’est le sentiment d’injustice, toujours vivace.

En cette fin d’après-midi ensoleillée, Najla papote sur un banc avec d’autres mamans voilées. La jeune femme, qui était en classe avec Bouna, se souviendra «toute sa vie» de ce soir du 27 octobre 2005, quand une coupure d’électricité, provoquée par la mort, au même moment, des deux adolescents, a plongé la ville dans le noir.

«C’étaient des gamins bien, pas des voyous… », soupire cette Clichoise de 33 ans qui habite toujours, comme la famille Traoré, dans la cité du Chêne-Pointu, elle aussi promise à la rénovation dans le cadre de l’Anru II.

‘Mensonge d’État’

Président de l’association «Au-delà des Mots», qui soutient les proches des victimes, Samir Mihi espère qu’avec ce procès, on tordra définitivement le cou au «mensonge d’État» selon lequel Zyed et Bouna, «présumés coupables», étaient en train de commettre un vol sur un chantier.

«Ce procès, tout le monde a vraiment hâte d’y être, pour qu’on sache enfin ce qui s’est réellement passé et qu’on l’entende de la bouche des policiers. Pourquoi personne n’a réagi pendant ces vingt minutes où ces enfants étaient dans cette centrale électrique ?», s’interroge encore cet ancien éducateur sportif.

En réalité, le vol n’a jamais été avéré. Et s’ils se sont enfuis, c’est par «peur des policiers, parce que ça se passait souvent mal lors des contrôles», témoigne Fariz Allili, 25 ans, un copain d’enfance des victimes.

«Dès le premier jour du drame», se souvient le maire PS Olivier Klein, «on a appelé à connaître toute la vérité sur l’enchaînement des faits qui ont conduit à la mort de ces deux enfants de Clichy».

Policiers et jeunes se rejettent la responsabilité. Et l’absence de parole de compassion de la part du gouvernement Villepin-Sarkozy, qui au lieu «de présenter ses condoléances et reconnaître le caractère effroyable de cette tragédie», endosse la version policière, attise la colère.

À l’époque premier adjoint, Olivier Klein accompagne nuit et jour sur le terrain Claude Dilain, l’ancien maire récemment décédé, pour tenter de ramener le calme.

Aux yeux du maire cependant, qui fera le déplacement à Rennes, «rien de mieux qu’un procès public et contradictoire pour faire émerger la vérité».

Mais pour Mohammed Mechmache, président de l’association AC Lefeu, s’il devait se conclure par un non-lieu pour les policiers, cela renforcerait «le sentiment d’injustice, le sentiment que la justice est plus clémente avec les uns qu’avec les autres, les abonnés aux comparutions immédiates, ceux dont la vie est brisée par une inscription sur le casier judiciaire…»

Et de rappeler qu’il «a fallu se battre pendant dix ans pour qu’il puisse avoir lieu : alors oui, énormément de gens attendent l’issue de ce procès».

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via Liberation.fr, 13 mars 2015)

 

Pour les familles de Zyed et Bouna, « une douleur qui ne part pas »

Pour aider les familles à se rendre à Rennes pour assister au procès, mais aussi à se loger sur place, une cagnotte a été lancée sur Internet.

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Hommage à Zyed et Bouna, « morts pour rien », à Clichy-sous-Bois en octobre 2007.

Dix ans d’attente, et une douleur qui « ne part pas ». Pour les familles de Zyed et Bouna, morts après une course-poursuite avec des policiers, le procès de Clichy-sous-Bois sera l’occasion de « comprendre ce qui s’est passé », pour essayer de « faire le deuil ». « On y pense chaque jour. Depuis l’accident, on a arrêté de vivre », confie Adel Benna, 39 ans, grand frère de Zyed. « Les plaies sont tellement profondes qu’elles ne se sont pas refermées. C’est comme si ça s’était passé hier. » Agent de maintenance dans une société de Rungis, le fils aîné de la famille Benna confie être « stressé » — mais aussi « impatient » — à quelques jours du procès, qui s’ouvrira lundi devant le tribunal correctionnel de Rennes. « Pour nous, c’est un moment très important. Tant qu’il n’y a pas de justice, ça ne nous aide pas à tourner la page », explique d’une voix calme le trentenaire, « marqué à jamais » par les événements du 27 octobre 2005.

Pour le frère de Bouna, Siyakha Traoré, « il y a toujours un sentiment de colère et d’incompréhension », « même dix ans après » le drame. « On se pose des questions. On veut savoir ce qui s’est réellement passé », insiste-t-il. Comme ses parents, ses frères et ses sœurs, Siyakha habite toujours Clichy-sous-Bois, banlieue populaire de l’Est parisien. Les Benna, eux, ont quitté la ville. « Mes parents sont repartis en Tunisie un an après l’accident. Rester là, c’était trop dur », explique Adel. Lundi, son père fera le déplacement à Rennes, afin d’entendre les policiers. Pas sa mère. « C’est trop fort pour elle, elle ne peut pas », précise Adel, qui porte le « combat » familial pour « rendre justice » aux deux adolescents.

« Ce n’étaient pas des délinquants »

« Il y a beaucoup de zones d’ombre. On veut que ça s’éclaircisse », souligne le trentenaire, qui attend avant tout des « explications » de la part des policiers. « Jusqu’à présent, on ne les a jamais entendus. Est-ce qu’ils regrettent ? On ne sait même pas », soupire-t-il. Pour Mariam Cissé, cousine de Bouna, et par ailleurs adjointe au maire de Clichy, « le procès va être un moment douloureux, car ça va faire resurgir des souvenirs ». « Mais c’est quelque chose qu’on attend depuis longtemps. C’est une manière de faire le deuil », ajoute-t-elle. Il y a autre chose que les familles attendent de l’audience : « rétablir la vérité » sur Zyed et Bouna. « Ce n’étaient pas des délinquants », insiste Adel Benna. « Ils rentraient d’un match de foot, ils avaient un ballon dans la main, pas des explosifs. » « Pourquoi les policiers leur ont-ils couru après ? Pourquoi toute cette force lors de l’intervention ? » s’interroge le trentenaire. « Les jeunes de banlieue ne sont pas tous des délinquants ou des types dangereux », rappelle-t-il.

Pour les proches de Zyed comme pour ceux de Bouna, pas question pourtant de faire le « procès de la police ». « On n’est pas contre les policiers. On a besoin d’une police, mais une police exemplaire », explique Siyakha, qui espère une « prise de conscience » lors du procès.

« Il n’y a pas d’esprit de vengeance, juste un esprit de justice. Chacun doit prendre ses responsabilités », complète Samir Mihi, de l’association Au-delà des mots, qui soutient les proches des deux adolescents. Pour les aider à se rendre à Rennes, mais aussi se loger sur place, une cagnotte a été lancée sur Internet, à l’initiative de l’association. « Si on a de l’argent en plus, ça ira dans les fonds mis de côté pour les frais de justice », explique Samir Mihi. « Dix ans de procédure, ça coûte de l’argent. »

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 13 mars 2015)

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[Décoration urbaine] Des noms et des adresses de policiers inscrits sur des murs à La Devèze (Béziers)

Les noms de certains policiers de Béziers inscrits sur des murs

Une enquête du commissariat de Béziers est ouverte après la découverte de noms et d’adresses de policiers inscrits sur des murs à La Devèze.

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« Trop, c’est trop », s’indigne David Leyraud, le représentant régional du syndicat Alliance police nationale.

Il a été le premier à réagir, jeudi matin, aux inscriptions apposées sur un mur du mail qui traverse le square Jean-Lognos à La Devèze. Sur ce mur, les policiers du quartier y ont découvert les noms de plusieurs fonctionnaires de police du commissariat de Béziers, mais aussi des menaces à leur encontre et enfin, pour certains, leur lieux de résidence. De quoi inquiéter le personnel, mais aussi l’ensemble de la hiérarchie.

Une nouvelle étape a été franchie

David Leyraud continue : « Après les insultes et les violences, une nouvelle étape a été franchie à Béziers : des noms, prénoms et lieux de résidence de policiers marqués sur les murs de La Devèze, accompagnés de menaces envers eux et leurs familles. L’État doit protection à ses agents. Alliance police nationale a saisi le directeur départemental de la sécurité publique pour que ces inscriptions soient effacées en urgence. Je dois le rencontrer très prochainement. Alliance Police Nationale attend des pouvoirs publics et de la justice, une réponse rapide. Les auteurs de ces appels au meurtre doivent être sévèrement punis. »

Des menaces et des insultes

Stéphane Navarro, d’Unité SGP police FO, est lui aussi très inquiet au sujet de ces inscriptions. « Je condamne cette recrudescence de menaces à l’égard des policiers qui s’opèrent dans ce quartier depuis plusieurs semaines. Je condamne ces inscriptions et ce, quels que que soient les supports qui sont utilisés. Ici, ce sont les murs. À Rennes, ce sont des blogs. Tout ceci peut conduire les policiers à un sentiment de crainte non seulement pour eux, mais aussi pour leurs familles. Je le dis avec fermeté, la sécurité des citoyens passe aussi par celle des fonctionnaires de police. Nous demandons une réponse ferme à l’égard des auteurs de ces intimidations, de ces menaces et de ces insultes. »

Le soutien aux forces de l’ordre

On s’en doute, les deux syndicats représentatifs des forces de police, apportent tout leur soutien « aux policiers Biterrois qui défendent avec courage les valeurs de la République. » En ce qui concerne le quartier de La Devèze, cela fait plusieurs semaines que des incivilités sont mises en avant. Cela fait plusieurs semaines que du mobilier urbain est détruit, notamment par le feu, mais aussi que le commissariat de quartier a été pris pour cible à plusieurs reprises.

Par deux fois depuis le début de cette année, des tentatives d’incendie de ce local ont été déjouées par les pompiers de Béziers. On peut le dire : les forces de l’ordre sont un peu sur les dents dans ce quartier classé en zone de sécurité prioritaire. Depuis plusieurs semaines, les forces de l’ordre sont souvent victimes d’incivilités.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (J.-P.A., MidiLibre.fr, 13 mars 2015)

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La police travaille à Barbès

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpg[Barbès] “Les flics m’ont rentré dans l’immeuble, ils m’ont mis une claque et m’ont frappé avec une matraque. Ils m’ont donné plusieurs coups sur la tête. Je perdais beaucoup de sang”

À Barbès la pression des flics est toujours quotidienne. La Mairie et les investisseurs locaux voudraient que ce quartier deviennent le nouveau « lieu branché » de Paris.

La ré-ouverture du cinéma Louxor et la nouvelle brasserie qui va bientôt ouvrir ses portes en sont de bons exemples.

Les chantiers de construction de nouveaux logements en accession à la propriété se multiplient pour accueillir de nouveaux habitants plus riches et plus bobos.

La police quadrille les rues pour tenter de virer celles et ceux qui ne correspondent pas aux projets de ceux qui nous gouvernent : pauvres, biffins, sans papiers , etc.

La violence de la police est quotidienne lors des ces contrôles qui mènent bien souvent, sous n’importe quel prétexte, à une garde-à-vue et pour ceux et celles qui n’ont pas les bons papiers, au centre de rétention.

Dimanche 7 mars 2015 lors d’une énième opération de contrôle les flics du quartier ont arrêté A. après l’avoir tabassé. Il est aujourd’hui enfermé au centre de rétention de Vincennes et raconte comment s’est déroulée son arrestation et la garde-à-vue :

« J’étais à Barbès vers 18h, j’étais au snack. Après manger je suis sorti et j’ai vu trois policiers qui arrêtaient quelqu’un : ils l’ont rentré dans un hall d’immeuble, ils lui ont mis une claque, ils l’ont frappé avec l’électricité (taser) et l’ont gazé. Je me suis arrêté pour aider le gars. Les flics m’ont rentré dans l’immeuble, ils m’ont mis une claque et m’ont frappé avec une matraque. Ils m’ont donné plusieurs coups sur la tête. Je perdais beaucoup de sang. Après on est sorti de l’immeuble et j’ai crié que je devais aller voir le médecin, qu’ils m’avaient frappé, que j’avais mal. Il y a un commerçant qui vend des portables qui est sorti et qui a filmé. Les gens dans la rue étaient choqués, ils ont crié.

Les flics m’ont ramené à pied au commissariat de la Goutte-d’Or parce qu’ils disaient que j’allais salir la voiture.

Au commissariat ils m’ont encore frappé, mis des coups de pieds. J’étais allongé par terre et un policier mettait son pied sur ma tête. Tous les policiers rigolaient sur moi. Ils disaient que j’allais avoir des cicatrices toute ma vie, ils criaient « mort ». Ça a duré 30 minutes.

Il y a un gradé qui est arrivé j’ai demandé d’aller à l’hôpital. Les pompiers sont arrivés, ils étaient choqués de voir ça. Un pompier m’a dit qu’ils allaient m’amener à l’hôpital. Je suis resté avec eux dix minutes au commissariat et ils m’ont mis dans le camion. J’avais perdu beaucoup de sang. Les policiers sont venus avec nous, on était dans le camion mais on a mis du temps à partir.

À l’hôpital j’étais mal, j’ai été soigné. J’ai attendu le médecin, il était choqué. Il m’a mis des agrafes, 8 sur le crâne et 7 sur la tempe. Ils m’ont donné un certificat et une ordonnance mais les policiers les ont pris.

Après je suis retourné direct en garde-à-vue. J’avais perdu beaucoup de sang, j’avais très mal. Il était 20h30. J’ai demandé des médicaments mais ils m’ont dit « attends ». J’ai demandé un avocat, un interprète, un médecin, mais rien. Jusqu’à 2h du matin, j’ai attendu pour avoir des médicaments. Là ils m’ont amené à l’Hôtel-Dieu, il m’a donné 4 Dafalgans.

Là-bas une infirmière était choquée que j’étais en garde-à-vue dans cet état. Après ils m’ont ramené en garde-à-vue.

Le lendemain un policier m’a auditionné. Les policiers ont marqué dans le PV que j’avais frappé les policiers dans le gilet par balle. Mais moi je l’ai pas frappé. Moi j’ai reçu des coups de matraque et ils ont dit que j’étais tombé tout seul pour les cicatrices. Mais comment on tombe deux fois sur la tête ? Ils ont fait que mal me parler. J’ai signé aucun de leurs papiers.

Après je suis retourné dans la cellule. La garde à vue devait finir à 18h30. J’ai tapé dans la porte de la cellule pour dire que ma garde-à-vue elle était finie. Ils ont voulu que je signe une feuille qui disait que j’avais fini la garde-à-vue mais j’étais pas sorti encore alors j’ai pas signé. Ils m’ont dit qu’ils attendaient le procureur. Je suis resté plusieurs heures comme ça, mais ils m’ont pas dit qu’ils avaient renouvelé la garde-à-vue, personne ne m’a rien dit ou n’a ramené de feuille, jusqu’au lendemain à 11h.

Là un policier m’a dit « tu vas aller à Vincennes » J’étais content car je sortais du commissariat, j’en pouvais plus de rester dans le commissariat.

J’avais rien signé dans le commissariat. Là le policier a ramené les feuilles pour Vincennes alors j’ai signé car c’était un cauchemar le commissariat. Ils m’ont mis dans le camion de la police pour m’emmener a Vincennes.

Le policier qui m’a frappé, il a frappé un mineur avant qui habite à l’hôtel.

Mes affaires sont toujours avec le sang. C’était comme un robinet comment je perdais du sang. Toutes mes affaires sont salies avec du sang, les baskets, mon tee shirt, mon pantalon. Je vais passer devant le juge comme ça.

Là j’ai mangé un peu, j’ai récupéré un peu mais j’ai toujours des douleurs dans le crâne.

J’ai même pas eu un scanner, des fois j’oublie des choses, car j’ai pris des coups de matraque sur la tête et j’ai mal, j’ai eu que du Doliprane. J’ai perdu plein de sang et de kilos pendant la garde-à-vue.

J’ai un film dans ma tête, tout repasse dans ma tête, j’arrive pas à dormir. Les policiers m’ont fait beaucoup de mal. »

Sans papiers ni frontières, 11 mars 2015

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[Notre-Dame-des-Landes] Sortir du bois, rentrer dans le dur

Construire l’avenir sans aéroport ! Sortir du bois, rentrer dans le dur

Depuis le début du mouvement d’occupation sur la ZAD, s’élabore progressivement une force matérielle. Ces dernières années, notre ancrage sur le territoire a gagné en ampleur. De nombreux lieux se sont construits, de nombreux collectifs se sont installés et vivent grâce à l’autoproduction, à la récup’, aux dons, aux vols et aux achats collectifs. Des infrastructures liées à des usages communs ont été mises en place : le hangar du Rosier pour le stockage des récoltes et des machines agricoles collectives ; l’atelier de mécanique tracteurs et la meunerie, à Saint-Jean-du-Tertre ; la radio pirate « Klaxon », une fromagerie, une boulangerie, etc.

Le conflit qui nous oppose à l’État et à Vinci a précipité, depuis l’échec de l’opération César, une forme de sécession que nous assumons. Toutes ces infrastructures communes que nous construisons visent à l’autonomie politique, à la construction d’un mouvement qui, d’une part, combat les logiques marchandes, gestionnaires et policières ; et qui, d’autre part, cherche à construire des lieux, à esquisser des communes, à habiter des territoires d’où il est possible de s’en affranchir.

Nulle quête d’autarcie, ce repli cauchemardesque ! Il s’agit depuis ce bocage de participer à un mouvement révolutionnaire qui déborde le territoire de la ZAD : ravitaillement du mouvement d’occupation par le « non-marché », mais aussi de cantines populaires en villes, d’autres luttes de Calais au Testet, en passant par le presbytère occupé du Vieux Doulon à Nantes, ou encore les semis collectifs de blé avec des comités locaux. À chaque fois de nouvelles circulations, de nouvelles solidarités s’inventent et se nouent. Cette sécession, cette affirmation d’un territoire en lutte, n’a été rendue possible que par un soutien massif venu de la région comme d’ailleurs, qui s’est mué en un va-et-vient rayonnant.

Habiter la ZAD pour nous, c’est construire une puissance collective capable de tenir le territoire face aux flics et aux machines mais aussi de répondre collectivement à nos besoins et de se projeter dans le long terme. Réaliser nos désirs, nos rêves, pour bien vivre en s’affranchissant de la nécessité et de ses galères, nous attache à ce territoire. Notre manière de l’habiter s’oppose à la morale écologiste qui légitime les nouveaux gestionnaires et t’explique qu’il faut bien fermer ton robinet quand tu te laves les dents. Si nous assumons de vivre ici, d’habiter ce bocage, ce n’est pas pour le transformer en musée où l’on aurait le droit de toucher qu’avec les yeux. Nous ne pensons pas être coupables du gaspillage et du massacre ambiant, si nous pensions ainsi alors nous nous réduirions à l’impuissance et resterions paralysés.

Loin de nous l’idée d’une nature à protéger : le bocage n’est pas un milieu naturel. Il est le résultat d’une histoire, de la façon dont les habitants d’un territoire vivent avec ce qui les entoure. On veut prendre soin de lui, non pas parce qu’il est fragile, ni parce qu’il nous appartient, mais parce qu’on vit dedans. L’homme et la nature de doivent pas être considérés comme séparés. Nous plantons, nous récoltons, nous construisons, nous habitons, et luttons dans un même élan … Les différents plans de la vie : manger, fêter, baiser, lutter, apprendre sont inséparables. Couper un arbre vivant pour construire une cabane ou un hangar et planter une haie bocagère sur une parcelle occupée sont des gestes indissociablement liés.

C’est l’hiver sur la ZAD, saison pour récolter le bois dont ce bocage regorge. Une série d’assemblées ont permis de s’organiser collectivement autour de cet enjeu autant pour le bois de chauffe que pour le bois d’œuvre. Différents besoins, projets, envies et réflexions ont émergé. En fait, parler exclusivement de besoins, ou d’envies, serait erroné ou partiel. Nous traversons les forêts, lors un trajet ou pour flâner. Nous coupons des arbres pour bâtir, nous prélevons du bois vivant ou mort pour nous chauffer. Certains arbres emplissent la panse et ravissent le regard. Les haies protègent nos champs du vent, nos pas des regards indiscrets.

Ainsi, ces assemblées, entamées en novembre dernier, ont réuni des personnes intéressées par le bois de chauffage pensé sur le long terme, etc. Les premières discussions sont aussi parties de nos savoirs faire et de nos expériences mis en commun. Systématiquement, nos rendez-vous et chantiers ont été expliqués dans les différentes assemblées du mouvement et annoncés dans le ZAD news.

Pour le bois de chauffe : la réouverture d’un ancien chemin, bordant le chemin de Suez, baptisé chemin de Panama, une ballade-repérage avec les paysans du CIVAM sur la vie et l’entretien des haies, une formation technique et pratique sur les outils de coupe, un chantier d’entretien d’une haie à Bellevue. Le bois ainsi récolté ira pour moitié aux usages collectifs (boulangerie, chauffage des lieux de réunion) et pour moitié aux besoins des participant-e-s aux chantiers.

Pour le bois d’œuvre : un tour d’une grande partie des lieux de la ZAD a été réalisé pour expliquer le processus autour du bois, et estimer les besoins des projets de chantiers. Parmi ces projets, certains sont portés par des individus ou des groupes, d’autres ont vocation à nous rassembler, plus largement. Une fois ces besoins recensés, deux premières journées de coupe se sont déroulées au Pré Failly. Elles se poursuivront par une ballade pour repérer les zones trop denses en forêt de Rohanne et marquer des arbres potentiellement abattables. D’autres rendez-vous sont prévus pour nettoyer les chantiers de coupe, débarder, stocker le bois de chauffage, organiser la venue d’une scierie mobile cet été.

Ces coupes furent une occasion supplémentaire de discuter en assemblée comme partout ailleurs, parfois vivement, et de confronter nos différentes visions du territoire. Durant nos rencontres sur l’estimation des besoins en bois d’œuvre, une évidence est apparue : que nous souhaitions avant tout permettre l’usage d’une infrastructure commune – la scierie mobile – mais surtout pas créer un « service public du bois » avec ce qu’il peut comporter d’assistanat. La meilleure façon de recréer un pouvoir consisterait à instituer une dépendance sous forme de services. C’est contre cela, plus que jamais, que nous appelons les habitants, occupants, personnes parties prenantes de la lutte de près ou de loin, à contribuer par leurs savoirs, leur matériel, leurs propositions, aux processus de Construire en dur et d’Abracadabois.

L’idée de construire en commun sur la zone est à la fois une forme de résistance déterminée au projet d’aéroport et un pied de nez aux destructions commises par la préfecture lors de l’opération César. C’est imaginer une série de chantiers comme autant d’affirmations que l’aéroport ne se fera pas, comme autant d’occasion de se projeter dans la durée, comme autant de moments de rencontres pour renforcer la lutte.

Si nous bâtissons dès aujourd’hui, un avenir sans aéroport et sans permis de construire, c’est parce qu’une zone si grande où foisonnent des pratiques et des formes de vies quasi systématiquement criminalisées ailleurs, nous est très précieuse. C’est en habitant, en construisant, en se sentant bien ensemble que des rêves naissent, que des possibles sont entrevus, comme autant de promesses auxquelles nous finissons par nous sentir liés.

Les maçons du ciel, Quelques jeunes pousses de la ZAD, Quelques vieilles branches, Les passeurs d’embûches, Les feux de tout bois, Les scieurs de long terme, etc. – ZAD, 5 mars 2015

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Résistons Ensemble n° 139 – mars 2015

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Résistons Ensemble

 

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[Déplacer les termes du conflit, le rendre asymétrique] Les miliciens de la FNSEA ont des noms et des adresses

Barrage de Sivens. Des tags contre la FDSEA en Ille-et-Vilaine

Des inscriptions hostiles à la FDSEA ont été peintes sur la Maison de l’agriculture à Rennes, et dans le bourg de Chasné-sur-Illet, commune du directeur du syndicat.

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Des tags sur le parvis et sur la façade de la Chambre de l’agriculture à Rennes, route de Vezin.

« Zad » ; « FDSEA et JA dégagez du Testet ». Des tags ont été peints, dans la nuit de mercredi à jeudi, sur la facade de la Maison de l’agriculture à Rennes.

La Zad du Testet bloquée

Ces slogans, hostiles au syndicat agricole, font référence à l’engagement des agriculteurs de la FDSEA qui, depuis plusieurs jours, bloquent l’accès à la Zad du Testet, dans le Tarn. Ils empêchent ainsi le ravitaillement des militants, opposés au barrage de Sivens, qui se sont installés sur le site.

D’autres tags ont été peints dans le bourg de Chasné-sur-Illet, au nord de Rennes. Les inscriptions visent directement le directeur de la FDSEA 35, nommé en fin d’année dernière et qui réside dans la commune.

« Inadmissible »

Loïc Guines, président de la FDSEA en Ille-et-Vilaine, réagit : « Notre directeur a été visé, dans sa commune, alors qu’il est arrivé il y a quatre mois. On nous insulte et on nous assimile au FN. C’est inadmissible. » Il ajoute : « Les zadistes, dont certains sont des énergumènes, ne respectent pas la République. »

Plusieurs plaintes ont été déposée pour dégradation et insultes.

Presse agroindustrielle (Ouest-France.fr, 5 mars 2015)

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[Collectif « Non aux forages d’hydrocarbures » Haut-Jura] Annulation du Permis des Moussières

Annulation du Permis des Moussières

Bonjour,

À ce jour, l’arrêté n’a pas encore été publié au Journal officiel, mais la nouvelle a été donnée en début de semaine par le Préfet de l’Ain : la demande de renouvellement du Permis des Moussières déposée en 2013 par Celtique Énergie Petroleum a été rejetée par les ministres de l’Environnement et de l’Industrie.

Cela signifie que cette entreprise n’a plus le droit de faire de recherches d’hydrocarbures sur le territoire qui lui avait été attribué en 2008 par Jean-Louis Borloo. Cela signifie qu’il n’existe plus de Permis dit « des Moussières ».

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« L’État dit non au renouvellement du Permis des Moussières » (Progrès du Jura – 05.03.2015) | VOIR L’ARTICLE

 

C’est une grande nouvelle. C’est l’aboutissement d’une mobilisation citoyenne constante depuis 2011: que tous ceux qui y ont pris part en soient remerciés.

Il ne faut cependant pas oublier :

• qu’il existe encore des permis en Franche-Comté dont on ne connaît pas encore le devenir : le permis de Lons-le-Saunier est en attente d’une décision ministérielle depuis juillet 2012 ; la Celtique Énergie Petroleum est titulaire du Permis de Pontarlier, qui arrive à échéance le 20 août 2015 ; le Permis de Gex qui longe le massif jurassien jusqu’à Lélex est en attente d’une décision ministérielle depuis mai 2014

• que les accords transatlantiques en cours de négociation peuvent remettre en cause la position de la France quant au refus de la fracturation hydraulique

• que la position française sur la question de l’exploitation des gaz de schistes peut être remise en cause par un prochain gouvernement.

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« Haut-Bugey – Forages pétroliers : c’est non » (Progrès de l’Ain – 05.03.2015) | VOIR L’ARTICLE

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« Permis des Moussières : le double ‘non’ des ministres » (Voix de l’Ain – 27.02.2015) | VOIR L’ARTICLE

Vous trouverez ci-joint les articles de presse parus ces huit derniers jours.

Voici les liens pour les commentaires publiés sur les sites des collectifs Rhône-Alpes et Haut-Bugey.

La commission Communication – mailing, 7 mars 2015

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[Urgent Testet] Rassemblement à Dijon lundi

URGENT L’ÉTAT RÉPRIME

Vendredi 6 mars la préfecture du Tarn ordonnait l’expulsion de la ZAD de Sivens par 600 gendarmes et la violence qui va avec.

Depuis plusieurs semaines la dizaine d’agriculteurs pro-barrage, aidé par leur organisation syndicale, harcelait et violentait les militants écologistes présents sur la zone.

Contrairement aux déclarations de la ministre de l’Écologie après l’assassinat de Rémi Fraisse, l’État a clairement choisi son camp : ça ne sera pas celui de la protection de la nature.

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L’évacuation de la ZAD du Testet est un message fort envoyé par le gouvernement Valls à toutes les zones occupés et tous les lieux en lutte contre les grands projets inutiles. Aujourd’hui c’est le Testet, demain les Lentillères et suivront ensuite Notre-Dame-des-Landes, Roybon etc.

Partout les appels à solidarité se multiplient, de Toulouse à Lille en passant par Nantes,  Paris, Lyon… Nous appelons donc à un rassemblement lundi 9 mars à 17h30 devant la Chambre d’Agriculture de Dijon, au 42 rue de Mulhouse, pour montrer à la FNSEA (qui a ses bureaux à cette adresse) que  leur profit est moins important que la nature. Nous marcherons ensuite jusqu’à la préfecture pour nous faire entendre de cet État qui reste sourd.

RDV LUNDI 17H30 DEVANT LA CHAMBRE D’AGRICULTURE

Mailing Résistons Ensemble, 8 mars 2015

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PornEmploi

PORNEMPLOI

Avant sa mutation, nous avions pu constater que l’ANPE sortait peu-à-peu de sa chrysalide en envoyant les demandeurs/deuses d’emploi dans des agences d’intérim – au moyen d’affichettes plaquées sur ses murs, principalement, d’abord, dans la banlieue parisienne.

Elle commençait là à montrer ses liens avec l’ultra-libéralisme.

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Avec la fusion ANPE/ASSEDIC, dans la foulée, la donne a changé :

Plus d’ordinateurs, plus de fichiers, plus de réglementation :
Des salariéEs travaillant au rendement ; obéissant à des consignes strictes, dont certaines impliquant de convoquer les « chômeurs/chômeuses » à des rendez-vous improbables, afin de les rayer des listes ; entre autres mesures humiliantes : on voit des éclairagistes de plateau devenir électriciens ; des traducteurs, agents d’assurances, etc…

Les dégâts collatéraux sont nombreux : comme dans d’autres ex-services publics, les employéEs de cette agence gouvernementale souffrent : les dépressions nerveuses, voire suicides, sont nombreux ; comme les humiliations quotidiennes infligées par des petitEs chef/fes presséEs de gravir les échelons pour fouler des moquettes plus épaisses.

Aujourd’hui, sur le site de pôlemploi, catégorie : Art dramatique, on a pu lire :

Recrutement hommes et femmes pour tournage porno (…)
Nous recherchons d’urgence des personnes très sérieuses et indépendantes pour faire d’eux une star porno… Débutants acceptés.

La rémunération n’est pas indiquée.

Devant l’indignation suscitée par cette offre, le Popole a retiré l’annonce. Mais comme nous le savons, les traces sont indélébiles dans les ordinateurs, par exemple. Ou dans la mémoire collective.

« Au moins, Pôle-Emploi n’est pas hypocrite et montre que pour elleux nous ne sommes que de la matière à vendre au capital. »

… La boucle est bouclée ; le papillon a pris son envol, pour … mourir bientôt ?

Dans les flammes de la révolte ?

noscorpsnousappartiennent – 7 mars 2015

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[Lettre aux amis de Sivens depuis Notre-Dame-des-Landes] Déplacer les termes du conflit, le rendre asymétrique

Lettre aux amis de Sivens
Depuis Notre-Dame-des-Landes

C’est une chose de croire que les ZAD qui prolifèrent partout en France depuis plusieurs mois s’opposent à des projets d’infrastructures plus ou moins importants et plus ou moins publics. C’en est une autre de constater que derrière chaque ZAD se trame un conflit plus profond lié à la question du territoire et de son usage. Depuis plusieurs mois maintenant nous entendons parler ici à Notre-Dame-des-Landes des difficultés que rencontrent les ZAD de Sivens et Roybon avec une partie des riverains qui les environne. Dans chacun de ces cas, deux idées du monde semblent se faire front. Une qui s’expérimente chaque jour à travers une lutte d’occupation d’un espace destiné à la destruction, et qui par conséquent le repeuple, le cultive, l’habite et le transforme, et une autre qui cherche, au nom de l’emploi ou de la tranquillité, à préserver et approfondir la marche forcée du monde vers le contrôle, l’aseptisation et l’aménagement du territoire.

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« Dégage !… on aménage » titrait le premier récit de la lutte à Notre-Dame-des-Landes. Il pointait par son titre l’affligeant constat de ce que l’aménagement du territoire détruit comme rapport au monde. Les fermes deviennent des exploitations agricoles, les bocages deviennent des aéroports, les forêts deviennent des parcs ou des Center Parcs, les quartiers deviennent des écoquartiers, ou des centres des congrès, et le territoire devient ce continuum de flux qui relie les métropoles.

Ici à Roybon, on défend le projet de Center Parcs pour défendre avant toute chose le développement de quelques intérêts locaux, et là à Sivens, projet de barrage ou non, c’est l’idée même d’une ZAD et de ce qu’elle vient bouleverser à laquelle quelques-uns s’attaquent. Depuis le 25 octobre dernier et l’assassinat de Rémi Fraisse, la police avait besoin d’un sérieux relais pour poursuivre ses assauts contre les ZAD avant qu’elles ne contaminent toute la France.

Et la milice de la FNSEA qui sévit depuis plusieurs mois offre un boulevard aux autorités pour regagner la confiance mise à mal par les interventions macabres que nous connaissons. À Sivens comme à Roybon, les tueurs de zadistes deviennent les arbitres d’un conflit de territoire, en quelque sorte les casques bleus des nouvelles formes de lutte. Arbitres dans le discours et complices sur le terrain de tout ce qui peut d’une manière ou d’une autre assécher les ZAD, et en premier lieu en bloquant leurs accès.

Aussi, ce qui se passe depuis plusieurs semaines sur la ZAD du Testet, atteste suffisamment de ce virage stratégique, prémédité ou non, dans l’offensive menée contre ces luttes. Et ce qui menace une ZAD sur ce plan, menace nécessairement les autres ZAD.

À Notre-Dame-des-Landes, depuis la fin de l’opération CESAR à l’automne 2012, nous faisons régulièrement face à des attaques en tous genres, menées sur différents fronts par les partisans du projet : manifs d’ouvriers payés par les patrons du bâtiment pour descendre dans la rue, incendies de cabanes ou de véhicules, menaces de mort, tabassages, les exemples ne manquent pas.

Pourtant, rien ne semble avoir atteint le niveau de violence de Sivens ou de Roybon. Les liens tissés ces dernières années avec les paysans et les habitants de la région offre le plus précieux rempart à ce type d’hostilité. Plus insistant en revanche sont les mouvements orchestrés par AGO Vinci avec une partie du monde agricole. Une nouvelle bataille, encore peu médiatisée, se mène entre des occupants de la ZAD et des paysans en lutte contre les exploitants qui sentent le vent tourner et commencent à se projeter sur les 1200 ha de terres agricoles que contient la zone. Pour l’heure chacun d’eux tente de jouer sa partition et aucun mouvement commun ne semble se profiler malgré les perches tendues par AGO. Car ici aussi, quand ils ne sont pas entrain de jeter des ragondins sur la préfecture, les agriculteurs de la FNSEA mettent tout en œuvre pour agrandir leurs exploitations. Ici aussi les fermes disparaissent une à une depuis plus de 50 ans, ici aussi devenir paysan ou cultiver des terres est devenu un calvaire.

Aussi, ce qui fait rage en ce moment au Testet n’est que le triste visage de ce qui nous menace ici en cas d’abandon du projet, une double offensive menée par les autorités accompagnées par tous les conservateurs de la région.

Bon, que la FNSEA voit d’un mauvais œil la prolifération des ZAD n’a rien d’étonnant, qu’elle devienne la principale courroie de transmission des mesquineries du pouvoir laisse en revanche quelques sueurs froides. Ce n’est plus seulement des grenades et des flashballs dont il faut se méfier, c’est aussi des milices qui agissent sans mesure sous l’œil bienveillant des gendarmes.

Car si ces derniers ont une marge de manœuvre relativement réduite depuis la mort de Rémi Fraisse, rien ne les empêche de fermer les yeux quand certains énervés de la FDSEA tabassent des opposants au barrage, mettent le feu à leurs cabanes ou détruisent leurs véhicules.

Ils apparaîtront toujours comme ceux qui viennent défendre la neutralité si rassurante et pourtant si mensongère de la République en s’interposant entre « deux extrêmes ».

En réalité, ce que supervisent les flics entre les opposants au barrage et les opposants à la ZAD, c’est la symétrie du conflit frontal qu’ils ne peuvent plus assumer sans prendre le risque de tuer.

Ce vendredi 6 mars 2015 sonnera comme un coup de massue sur le mouvement des ZAD. Le même coup a le 16 octobre 2012, produit le même effet sur la ZAD de Notre-Dame-des-Landes. Après quelques heures d’intervention le préfet annonçait la fin de l’opération et le contrôle de la Zone. Un mois après, pourtant, nous étions 40’000 à reconstruire les cabanes, et à tenir en échec l’une des plus grosses opérations policières de ces dernières années. Notre force fut de déplacer les termes du conflit, de le rendre asymétrique.

Nous relayons les appels venant du Testet à organiser des rassemblements de solidarité partout où c’est possible, à mener des actions contre les préfectures, la FNSEA, et le PS.

Nous pensons avant tout aux amis en garde à vue ce soir, et sommes de tout cœur auprès d’eux.

Quelques occupants de la ZAD de Notre-Dame-des-Landes – Indymedia Nantes, 7 mars 2015

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[Millevaches] Rapport sur l’état de nos forêts

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[ZAD du Testet] Expulsion de la zone en cours

Juste après la décision du Conseil Général, expulsion de toute la ZAD en cours.

À la Métairie les gardes mobiles brûlent tout.

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Les copains ne peuvent pas sortir avec leur véhicule (camion chargé de leurs effets personnels).

Les violences policières perdurent sous le commandement de Manuel Valls.

Vers 14h, une ambulance est rentrée sur le site.

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Impossible pour  la population environnante qui les soutient de rentrer sur le site.

Pas de journaliste et donc pas de témoin.

C’est le chaos démocratique piloté par la FNSEA avec l’aval des élus à tous les niveaux.

Besoin urgent d’une presse libre pour endiguer la montée du fascisme.

Les opposants  au projet de Sivens, ce 6 mars 2015

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[Hauteville-Lompnes, vendredi 20 mars] Soirée de soutien à Radio Canut

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[ZAD des Chambarans] Adresse aux pro-Center Parcs

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpgAdresse aux défenseurs du projet de construction d’un Center Parcs à Roybon suite aux violences commises en leur nom

Le blocage des travaux a déchaîné la foudre des élus et des syndicats patronaux qui ont réussi à créer une ambiance délétère faite de haine et de suspicion. Elle s’est concrétisée récemment par des attaques physiques contre les occupants du chantier. Je m’adresse à ceux qui sont favorables au projet de Center Parcs mais qui néanmoins doutent encore de la stratégie menée à l’encontre des opposants au projet. Allez-vous rester sourds et aveugles vis-à-vis de cette campagne de dénigrement, de rumeurs de toutes sortes, de mensonges, d’intimidations, de menaces de mort, d’incendies volontaires, et de cassages de gueules menée par les quelques nervis qui ont rejoint vos troupes, et dont certains sont identifiés ?

Cette atmosphère détestable doit ravir les porteurs du projet qui, à moindres frais, jouissent d’un appui sur place sans trop se salir ouvertement les mains. Ceux-là pourront en effet apprécier ce climat d’intimidation devenu si fort que les habitants de Roybon et des alentours qui veulent apporter un soutien aux occupants – ou simplement se faire une idée sur la question, sans adopter directement vos positions – se voient obligés de se cacher pour le faire, afin de ne pas subir eux-mêmes de représailles. Ces menaces sensées isoler les occupants de la maison forestière de la Marquise répondent certainement à la volonté devenue récurrente de passer en force puisque Pierre & Vacances et leurs affidés n’ont pas réussi à démontrer le bien-fondé d’une telle infrastructure. Sinon, pourquoi une telle stratégie ? Tous leurs arguments sont battus en brèche par les opposants, et sont même ridiculisés chez certains medias.

Pesez soigneusement les promesses des charlatans intéressés et irresponsables, dont certains ont endetté la commune avant même que la décision d’accepter ou non le centre de vacances soit prise. Considérez les 700 emplois pour ce qu’ils sont effectivement pour Pierre & Vacances : un biais afin d’obtenir votre soutien, mais également et surtout celui des élus et les aides financières dont il a bénéficié. Gérard Brémond, son président, a réussi à obtenir de ses relations au Parlement des décrets qui lui sont favorables, baptisés dans les couloirs de l’assemblée « les amendements Brémond » (des arrangements fiscaux et autres niches : ce sont en fait les contribuables qui financeront ce projet). Ainsi les investisseurs ont-ils pu bénéficier successivement de la loi Perisol, de la loi Demessine puis de la loi Censi-Bouvard – qui devait être abandonnée fin 2012, et que Jérôme Cahuzac, alors ministre de l’Économie et des finances, a prolongée de quatre ans, sur les conseils de Brémond. On peut se demander d’ailleurs dans quelle mesure il n’aurait pas participé au contenu de la loi Macron qui vient d’être imposée par le gouvernement pour, entre autres, limiter la possibilité des recours contre ce genre de projets inutiles.

Certains pensent que les « zadistes » profitent du système car ils toucheraient le RSA. Le RSA est accordé par l’État pour maintenir la paix sociale dans la mesure où l’économie capitaliste détruit plus d’emplois qu’elle n’en crée dans sa course folle à l’innovation et à la concurrence. Mais Pierre & Vacances aussi profite indirectement de ce RSA : la société propose des emplois de 9 heures par semaine, ce qui obligera le Conseil général, pour soutenir celles et ceux qui perçoivent un salaire mensuel aussi bas, à verser un complément pour atteindre le revenu garanti par le droit au RSA.

D’un bout à l’autre, toute cette affaire repose sur la fraude, l’escroquerie, et le passage en force.

Considérez-vous que tout est bon pour toucher un salaire ? Jusqu’où devrons-nous aller dans l’abaissement ? Allez-vous cautionner la valorisation toujours plus sauvage des terres, de l’eau et de l’air, des êtres vivants ? Pensez-vous comme nos industriels des villes et des champs qu’il ne faut prendre en considération que les gains de productivité dans l’existence, et que les ressources naturelles sont illimitées ?

Cessons d’être gouvernés par la peur, à commencer par celle qu’instille et légitime l’économie : celle de perdre nos emplois ; trouvons plutôt un autre emploi à nos existences. Parmi les zadistes et opposants au Center Parcs, beaucoup de ces jeunes sont diplômés et refusent de faire carrière : malgré les emplois bien payés qu’on leur propose, ils font le choix conscient de ne pas participer – via le travail – à des rapports sociaux hantés par le chantage permanent et la destruction de ce qui donne du goût à la vie. Le malheur ne réside pas seulement dans la disparition du bois des Avenières ni dans tous les problèmes environnementaux qui y sont liés, mais aussi dans le fait que la société puisse accepter ou imaginer une aberration de plus sans se poser la question de son utilité sociale, pour la simple raison évoquée de créer des emplois – emplois qui ne satisferont, dans les faits, personne. Nous le savons maintenant, des employés de Center Parcs en témoignent : du fait des conditions de travail et de rémunération, 30 % des salariés quittent leur emploi la première année ; ce phénomène est observé sur tous les sites déjà en fonction !

Parmi les sentiments nauséabonds que certains reprennent et alimentent, on trouve des
considérations xénophobes lancées par plusieurs élus dont l’un estime, par exemple, qu’avoir un étranger dans la famille est une tare. Ou que le fait de ne pas être de Roybon enlève toute légitimité à se prononcer sur le projet. Et l’on voudrait nous donner des leçons de savoir-vivre ? Bien entendu, ce type de discrimination ne s’adresse qu’à ceux qui ont le toupet de critiquer la campagne pro-Center Parcs ; car la xénophobie tactique est à géométrie variable : Gérard Brémond est le bienvenu, et ses touristes pourront venir de Chine ou d’ailleurs sans que cela ne pose le moindre problème.

Á ce stade-là sachez que c’est en votre nom à tous que des élus diffusent ces considérations xénophobes et que certains incendient, passent à tabac et menacent de mort. Aller casser du zadiste ou assimilé en bande de mecs (comme d’autres, il n’y a pas si longtemps, allaient casser du « bougnoule ») semble bien plus facile que de se rebeller contre leurs conditions d’existences… Certes les pompiers, maire et gendarmes et autres détenteurs de l’autorité les laissent pour le moment pratiquer leur terrorisation de proximité, mais qu’ils ne croient pas que cette impunité durera toujours. Rien de plus facile que de tuer ou de blesser gravement quelqu’un, même quand on ne l’a pas forcément voulu. Et si cela arrivait, ils finiraient en taule car l’instrumentalisation du ressentiment des hommes se conclut toujours par le sacrifice des exécuteurs des sales besognes, vaincus et cocus de l’histoire.

Sont-ils vraiment prêts à tuer quelqu’un pour gagner le droit de récurer des chiottes à 319 euros par mois ? Êtes-vous à leurs côtés pour défendre les intérêts particuliers de l’industriel ?

À bon entendeur, salut !

Henri Mora, le 22 février 2015

P.-S. : Une version plus longue et plus fournie de ce texte, sous forme d’une « adresse à ceux qui soutiennent le projet de construction du Center Parcs de Roybon et qui sauraient encore entendre raison » sera publiée dans le n°2 de la revue De tout bois début avril 2015 (disponible en librairies et en maisons de la presse).

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[ZAD du Testet] Appel à rejoindre la zone maintenant (2)

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpgSivens : l’expulsion des zadistes imminente

L’expulsion de zadistes qui occupent le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn, est imminente, selon notre envoyée spéciale sur place. La police est d’ores et déjà entrée dans la zone occupée et discute avec les zadistes pour tenter de les convaincre d’évacuer la zone. Cette opération, qui ne devait pas intervenir selon nos informations avant lundi ou mardi, se fait en présence du sous-préfet de Castres, Jean-Yves Chiaro.

Environ 300 gendarmes mobiles ont été mobilisés, ainsi que deux buldozers. On dénombrait environ 400 agriculteurs et une quarantaine de zadistes.

Un débat doit se tenir vendredi au conseil général d’Albi sur des projets alternatifs à la retenue d’eau contestée.

Publié par des larbins de la maison Poulaga (Delphine de Mallevoüe, LeFigaro.fr, 5 mars 2015)

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[ZAD des Chambarans] Communiqués du 4 mars

Communiqué de la Zad du 04/03/2015

Bonjour !!

Alors que l’hiver et le printemps jouent à cache cache et laissent la météo nous faire ses caprices, les initiatives et les chantiers collectifs se multiplient à vitesse grand V.

Ces deux dernières semaines ont été particulièrement chargées en événements.

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Serge Perraud, maire de Roybon.

La semaine passée, nous avons enfin accueilli nos premiers animaux fermiers, avec l’arrivée d’une équipée de poules pondeuses. Malgré la neige revenue, le premier poulailler de la ZAD Roybon est sorti des champs bons à rien, et ses occupantes nous ont donné dès leur arrivée leurs trois premiers œufs.

Certains d’entre nous sont partis de leur côté manifester auprès des No-TAV à Turin. D’autres encore ont battu le pavé et bravé jets d’eau et bombes lacrymos, dans les rues de Nantes et de Toulouse… Encore une fois de trop nombreuses arrestations et un emploi du temps curieusement similaire pour les forces de l’ordre dans les deux villes : 14 heures rassemblement. 16 heures débordements. 18 heures dispersion des manifestants.

Certains d’entre nous se sont également rendus à Romans.

Pour la marche blanche à la mémoire du jeune mort poursuivi par la police locale, puis pour participer à ce qui semblait être le dernier carnaval de Romans.

Nous en profitons pour exprimer notre soutien aux acteurs socio-culturels de cette ville qui mènent l’occupation citoyenne, depuis le 28 février, de l’ancienne Maison de la Nature et de l’Environnement.

Nous apportons une pensée solidaire aux trop nombreux ami-es condamnés par les tribunaux d’Albi, de Toulouse, de Nantes et d’ailleurs.

Nous ne pouvons accepter une justice qui condamne durement celles et ceux qui, tous les jours, se dressent courageusement face aux multiples violences exercées par l’insatiable voracité d’importants financiers qui continuent à bafouer la planète et les droits de l’homme en toute impunité.

La relaxe pour les plus chanceux-ses, du sursis et des mises à l’épreuve pour d’autres, tandis que certain-es de nos copain-ines finissent comme en Italie, où ce sont 40 personnes qui sont derrière les barreaux pour s’être introduits sur le chantier du TAV.

Derrière tous ces chefs d’inculpation douteux se cache en réalité une nouvelle forme d’incarcération politique, qui ne devrait pas pouvoir trouver sa place dans un pays qui prétend défendre les droits de l’homme.

ALERTE AU TESTET !!!

Nous envoyons également en relais un appel au soutien des activistes de la ZAD du Testet, encerclés par les milices de la FNSEA et autres extrémistes anti-zadistes. Les gendarmes ne sont visiblement pas là pour calmer le jeu dangereux des pro-barrages.

De nombreux rendez vous et convois s’organisent en soutien aux copains de Sivens !!

La répression sociale et policière est partout. Nous ne nous laisserons pas taire.

À bientôt dans les bois !!

 

Communiqué spécial « Clôture du Center Parcs de Roybon »

Bonjour à toutes et à tous !!

Avec toutes les bonnes nouvelles et les énergies positives qui nous font presque oublier les températures hivernales, il serait naïf d’oublier ce pour quoi nous sommes là et surtout nos opposants premiers, magouilleurs sans foi, mais avec les lois pour eux… Notamment Pierre & Vacances, actionnaire majoritaire de Center Parcs Europe, et heureux propriétaire d’une jolie parcelle de plus de 200 hectares au cœur de la forêt domaniale des Chambarans.

Propriétaire, donc en droit de clôturer son terrain. C’est pourquoi nous avons pu lire dans les colonnes du Dauphiné Libéré du 13 février dernier, un appel d’offre de la SNC Roybon Cottage (la filiale de P&V, propriétaire du terrain) concernant la pose de 7000 mètres linéaires de clôture périphérique et de clôtures intérieures de protection écologique, d’une zone située dans la forêt des Chambarans, commune de Roybon, dénommée Center Parcs…

Légalement, ceci ne rentre pas dans la procédure d’arrêt du chantier. Tout propriétaire est en droit de clôturer son bien immobilier. Cette manœuvre ne semble pas avoir d’autre objectif que de pouvoir ordonner notre évacuation manu-militari, pour laisser la place au nouveau projet de Center Parcs « réécrit et redéfini », appelé par la Ministre de l’écologie en personne.

Nous apprécions l’engouement aux tactiques guerrières des penseurs de cette multi-nationale qui, avec les plus grands fonds d’investissement du Monde, saccagent petit à petit notre planète et nos vies. Nous pensions n’être qu’une petite épine dans leur pied. Voir les grands de ce Monde dépenser leur énergie à nous isoler pour mieux nous écraser, renforce nos convictions.

Ce matin, entre le blanc de la neige et les rayons du soleil, nous regardons le printemps avec l’espoir de voir nos projets fleurir sans les foudres d’une confrontation que nous ne souhaitons pas. Et comme la vie continue, nous vous attendons nombreuses et nombreux, si l’envie vous en prend, si l’occasion se présente n’hésitez surtout pas.

N’oublions pas une fois de plus que si seul on va plus vite, ensemble on va plus loin.

À bientôt dans les bois…

Les Mutins et Les Lutines de la forêt des Chambarans…, 4 mars 2015

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[Valentigney, jeudi 12 mars] Sociologie de l’immigration : mise en perspective de l’œuvre d’Abdelmalek Sayad

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[Montigny-en-Gohelle] Vérité et justice pour Lahoucine Aït Omghar

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpgMeurtre de Lahoucine.  On n’oublie pas on ne pardonne pas !

Cela fait maintenant 2 ans que Lahoucine a été tué de 5 balles par 3 policiers alors qu’il n’avait à la main qu’une paire de ciseaux. Du côté de la justice, cela fait 2 ans aussi que le dossier n’avance pas et dernièrement, la juge d’instruction a refusé qu’il y ait une reconstitution. Qu’est-ce que la police et la justice ont donc à cacher ?

Pour obtenir la vérité, une manifestation est organisée ce samedi 14 mars de Montigny au commissariat à Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais).

Mailing Résistons Ensemble, 1er mars 2015

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[La situation à La Borie] Réponse publique à un courrier du maire aux « Occupants »

Ne pas jeter sur la voie publique
Réponse publique à un courrier du maire aux « Occupants de La Borie »

La mairie souhaite « régulariser » la situation, ce qui signifie rendre légale, conforme et rentable l’occupation de ces lieux. Pour cela elle nous donne jusqu’à fin février pour répondre positivement à ses propositions, sans quoi des « démarches légales » seront entamées à notre encontre. Pour notre part, nous estimons qu’en l’état, nous ne pouvons que refuser d’entrer dans leurs négociations, présageant que beaucoup d’entre nous et vous auraient à y perdre.

Nous tenons à expliquer ces positions par la présente lettre. Nous considérons que ce qu’il se passe ici n’a rien à voir avec une négociation en privé. C’est pourquoi nous préférons plutôt nous adresser à l’ensemble des personnes qui portent un intérêt à l’avenir de ce lieu.

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VOIR LE COURRIER DU MAIRE

Peut-on faire confiance à M. Ruas lorsqu’il nous invite au dialogue ? Que penser de l’inquiétude qu’il manifesterait à l’égard des conditions précaires qui seraient les nôtres ? Le maire use d’un double langage. Préoccupation d’une part et menace de l’autre. Ici, responsable municipal, et là agent immobilier. Il souffle le chaud et le froid et a sans doute plusieurs fers au feu. C’est ainsi que quelques jours avant la réception de cette lettre dans laquelle il se donne le beau rôle de l’homme de dialogue, il est venu en hâte faire visiter à un couple prêt à acheter les lieux. Dans le cas d’une vente à des particuliers, en quoi La Borie demeurerait-elle donc la « propriété de tous les Saint-Jeannais » ? Nous comprenons en revanche comment la volonté de sécuriser les bâtiments et de mettre aux normes les installations peut servir de prétexte à nous jeter dehors… Régulariser la situation par des contrats de location ne serait qu’une première étape pour récupérer le contrôle de ce qui se passe ici et d’avoir une mainmise sur les habitants et habitantes. Rien ne l’empêcherait par la suite de rompre les baux de location et de développer les projets qui l’arrangent…

Nous avons des points de vue différents sur bien des sujets abordés dans le courrier du maire. Nous préférons sincèrement boire l’eau de source qui jaillit ici, bue par les habitants depuis des dizaines voire des centaines d’années, plutôt qu’une eau payante, contrôlée, javellisée, ozonée ? En ce qui concerne l’assainissement, les bonnes vieilles fosses sceptiques font encore leur usage et, depuis, des « écolos un peu cons », selon les dires de M. Ruas, ont choisi de revenir aux toilettes sèches qui fertilisent la terre sans polluer des litres d’eau potable et le Gardon. Pour ce qui est de l’électricité, nous ne nous plaignons pas des branchements existants. Avec nos propres moyens et notre enthousiasme, nous continuerons à maintenir du mieux que nous pouvons ces bâtiments et ces lieux en état.

Nous affirmons le choix de vivre dans un environnement, certes rude, mais pas encore saccagé par tous ces rapaces spéculateurs qui se tiennent à nos portes. Et ce privilège, nous le partageons depuis longtemps avec les nombreux-ses amoureux et amoureuses de La Borie, gens du coin, ami-es de passage ou visiteurs et visiteuses inconnu-es. Cette « lutte exemplaire » des habitant-e-s des vallées cévenoles et bien au-delà, a permis que cette vallée demeure toujours aussi accueillante encore aujourd’hui. Mais heureusement que, pour sauver La Borie des eaux, nous n’avons pas attendu l’entreprise Ruas qui, si notre mémoire est bonne, était pro-barrage, ayant sûrement tant à gagner d’un tel projet…

Aujourd’hui nous tentons de préserver — encore avec l’aide des habitants et habitantes des vallées alentours — la gratuité de la jouissance des terres, la liberté d’accès, la recherche d’autonomie du lieu par rapport à la loi qui favorise toujours les nantis au détriment des « sans-terres ». Nous habitons à La Borie, entretenons le bâti quand c’est nécessaire — d’ailleurs la fontaine aura bientôt retrouvé une nouvelle jeunesse —, nous y faisons du pain, nous cultivons la terre, profitons simplement de la rivière et de ses berges. C’est un lieu de vie et un lieu d’activités, de convivialités partagées, où s’organisent des évènements (projections de films, discussions, ateliers, fêtes…). Nous rendons ce lieu vivant et tout le monde y est bienvenu, dans le respect des habitants et de ces lieux.

Nous allons continuer d’informer les gens de la situation par ces criées publiques et d’autres biais. Venez vous exprimer avec nous, manifestez vos soutiens ou critiques, vos idées et envies.

[Pour plus d’infos ou pour apporter votre soutien, rendez-vous tous les mardi à 11h lors du marché.] Mailing, 27 février 2015

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[ZAD du Testet] Rassemblement devant la FNSEA à Paris

Appel au rassemblement à 19h devant la FNSEA en soutien au Testet

Depuis plusieurs mois maintenant, le harcèlement des pro-barrage à l’encontre des opposants se fait de plus en plus virulent et violent, avec des passages à  tabac, des destructions des infrastructures des opposants, des intimidations aux abords de la zone d’occupation. La situation devient intenable et relève de l’état de siège : les soutiens sont empêchés de pénétrer la zone, les occupants peinent à se ravitailler.

Les pro-barrage agissent avec la bénédiction de la direction départementale de la FNSEA et la complicité des gendarmes qui refusent d’enregistrer les plaintes des personnes agressées et dépouillées par des pro-barrage et se contentent la plupart du temps d’assister passivement aux événements.

Alors que la ZAD du Testet est menacée d’expulsion imminente, que les partisans du projet se voient déjà en aménageurs victorieux dans un futur proche, il devient plus qu’urgent de soutenir les ami-e-s qui se sentent bien isolé-e-s dans la lutte sur place et appellent à l’aide depuis maintenant deux semaines dans un silence assourdissant.

Parce que nous ne voulons pas de barrage à Sivens,
Parce que nous nous opposons aux logiques agricoles productivistes,
Parce que nous n’oublierons pas que les gendarmes ont tué Rémi Fraisse,
Parce que nous n’acceptons pas que des milices brutales imposent leur vision opportuniste,
Parce que nous luttons contre les aménageurs et leur monde,

Nous appelons à un rassemblement lundi 2 mars à 18h30 devant le siège de FNSEA, 11 rue de la Baume, dans le 8e arrondissement, Métro Miromesnil.

Des membres du collectif francilien de soutien à Notre-Dame-des-Landes et des ami-e-s et soutiens de la lutte au Testet – mailing, 2 mars 2015

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[ZAD du Testet] Appel à rejoindre la zone maintenant

Pour Sivens, c’est maintenant !!! Semaine déterminante !

Besoin de personnes motivées sur la ZAD du Testet pour résister à la pression policière et milicienne. Ramenez-vous dès que possible !

• Rassemblement mercredi 4 mars à Gaillac, place de la libération à 14h pour un départ en convoi alimentaire vers la ZAD dans l’après midi.
• Rassemblement vendredi 6 mars à 10h à Albi devant le Conseil Général pour une soupe populaire et conviviale au moment où sera discutée la relance du projet de Sivens.

La ZAD est en danger, menacée par la collusion entres des milices et les forces de l’ordre. Nous nous attendons à une expulsion à partir du samedi 7 mars ou jours suivants. En attendant, dès le lundi 2 mars, jour et nuit, les pro-barrages, par le biais de la FDSEA et des JA (Jeunes Agriculteurs de la FDSEA) prévoient le blocage des entrées et sorties de la ZAD. Chaque jour, une délégation par département se mobilise, celle du Tarn assurant une présence chaque nuit. La pression se fait de plus en plus forte. Depuis début février, les agressions se sont multipliées. Des blocages se sont mis en place avec voiture retournée (avec des personnes à l’intérieur), pares-brises éclatés, personnes menacées ou frappées, affaires personnelles brûlées avec l’approbation des gendarmes, racket de denrées alimentaires dans les voitures. On a besoin de soutien !! S’il semble acté que le projet initial est abandonné, il n’en reste pas moins que les deux scénarios alternatifs proposés restent inacceptables. En effet, ces deux projets restent sur la zone humide, ces deux projets surévaluent les besoins en eaux, ces deux projets continuent de servir les intérêts des pouvoir locaux et ces deux projets restent dans une logique de destruction. On lâche rien !

Pour rejoindre la zone, contacter l’Infozad : 06.78.57.37.60

Les bouilles et les occupants, le 1er mars 2015

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[Nantes analyse] La parole aux manifestants

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Les grands médias n’ont insisté que sur la violence des manifestants lors de la mobilisation du 21 février 2015 à Nantes et Toulouse, DOC du réel, présent ce jour-là à Nantes, donne la parole aux manifestants. 26 mins, De Camille Robert (DOC du réel) | VOIR LA VIDÉO

 

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[Lutte contre la prise ADN] De délinquantEs à hors-la-loi

http://juralib.noblogs.org/files/2015/01/0311.jpgDe délinquantEs à hors-la-loi

Afin de faire comprendre et de propager partout en France la lutte contre la prise ADN, nous vous proposons ici et maintenant une analyse de la situation, espérant ainsi susciter des prises de positions fermes et déterminées et mettre en place des actions nombreuses et rapides, jusqu’à la relaxe des inculpéEs et l’abrogation du codicille…

Nous avons constaté une forte mobilisation lors de « l’affaire Tarnac », avec le sentiment amer de s’être faitEs gruger ; mais nous nous sommes encore reconnuEs dans la lutte contre la loi Lopsi2 (dont l’obligation à la prise ADN est une émanation).

Nous sommes nombreux/ses à nous activer sans l’aide d’orgas, institutions, partis ou syndicats.

Des collectifs informels, existent, partout, formés d’individuEs libres et qui s’affairent à lutter contre l’enfermement, la liberté de circuler, à aider les victimes des lois liberticides.
On est pas tous/tes à la Conf paysanne chez derrière Beaufvais…

La lutte contre la prise ADN s’inscrit dans la durée, impliquant la récidive. Elle nous met en position de désobéissance civile.
Les peines diffèrent apparemment selon  l’impact des soutiens des inculpéEs, les juridictions, voire plus.

Les dysfonctionnements sont nombreux.

La décision du refus est individuelle (éthique, morale, politique). L’action contre la loi ne peut être que collective.
C’est pourquoi ça pue la récup, l’entrisme et les dérives dont nous sommes coutumierEs.

La lutte contre la prise d’ADN dépasse la lutte politique, c’est un fait sociétal.
Chaque mode de lutte est à considérer : vigiles devant prisons et lieux d’enfermement, faire parler les murs, diffuser des tracts, coller des affiches…

ld’ Autres…

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