[La Réunion] Les gendarmes travaillent

Des gendarmes font le portrait des “Niktamère”

Ils figurent en bonne place sur un tableau de service de la gendarmerie de Bras-Panon. Deux imprimés qui dressent le portrait-robot des jeunes “Niktamère”, un “nouvel animal introduit en Europe de l’Ouest”. Ce texte vise les jeunes originaires du Maghreb. Pas sûr que ces écrits racistes et d’extrême-droite fassent rire la hiérarchie de la gendarmerie nationale.

“Identification”, “mode de vie”, “moyens de transports” et un schéma en guise de fiche signalétique. Ces deux pages proposent un exposé très exhaustif en forme de message d’avertissement sur le “jeune Niktamère” qui “ne sort que la nuit et se déplace généralement par petits troupeaux de 5 ou 6 spécimens appelés branleurs”. Le texte cible les jeunes Maghrébins qui vivent “dans les grandes villes de notre pays”. Ces imprimés A4 tirés d’un message internet diffusé au sein de la gendarmerie doivent être considérés de la plus grande importance au sein de la brigade de Bras-Panon. Ils sont exposés sur l’un des panneaux de service de cette gendarmerie, au-dessus du message officiel de recherche lancé à l’encontre de Joseph Yanis d’Eurveilher qui s’est évadé de la prison de Saint-Pierre en disparaissant de l’hôpital de Saint-Pierre le 6 mai dernier et d’un courrier au sujet d’une cérémonie tamoule arrivé le 28 avril 2011. Ce qui prouve que cette affichage est récent. Dire que le texte est discriminatoire et xénophobe à l’égard des jeunes de banlieue issus de l’immigration et d’Afrique du Nord est un euphémisme. Car après avoir décrit le “Niktamère” comme vêtu d’un survêtement, chaussé de baskets portant une casquette et avec “le regard haineux”, le message précise qu’il s’agit d’un “animal en voie de disparition dans son pays, le Maghreb”. Le texte enchaîne ensuite les pires clichés en faisant l’amalgame entre le fait d’être un jeune Maghrébin et celui d’être un délinquant. Ainsi le “Niktamère” est un “animal peureux et craintif. Il fuit devant tout être humain de bonne constitution, toutefois il s’attaque aux femmes seules et aux personnes âgées, ainsi qu’aux enfants à la sortie des écoles”. “Les plus vieux “Niktamère”, appelés Chibani, s’agglutinent durant la journée aux points de survie (cafés, bars, PMU, bancs publics, parcs et marchés, pelouses). Le “Niktamère” ne chante pas la Marseillaise : il la siffle. Il se fait enterrer en Afrique du Nord mais personne ne sait qui paie (Qui à votre avis ?).”

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306503546.jpg“MOHAMED, MOULOUD, KADER, RACHID OU MOURAD” — Et de préciser, pour donner un peu plus dans l’anti-musulman, que le “Niktamère est armé d’un couteau qu’il utilise pour égorger les moutons mais pas seulement… Il répond habituellement au nom de Mohamed, Mouloud, Kader, Rachid ou Mourad.” Ces jeunes sont désignés comme les responsables des incendies de voitures dans les banlieues et les caillassages de véhicule de pompiers, ainsi que comme des trafiquants qui “veillent jalousement à la virginité de ses sœurs”. On pourra aussi reprocher aux gendarmes d’afficher ostensiblement leurs opinions d’extrême-droite : “Le “Niktamère protège jalousement son territoire où il pratique le business. Tout intrus en est violemment chassé… Si les intrus, généralement, vêtus de bleu ou de noirs sont trop nombreux, il appelle cela de la provocation et en appelle à Emmanuelle Béart, Josiane Balasko, Guy Bedos, aux communistes, aux socialistes ou autres vedettes du show-biz.”

Ces propos sont encore plus virulents et racistes quand les jeunes Maghrébins sont assimilés à des animaux : “grégaire, caractériel et indomptable, le “Niktamère” est aux sociétés policées ce que le zèbre est aux arts équestres”. Et d’ajouter que “les pattes sont cagneuses (pas par le travail !!!). Le teint est mat. La chevelure dense et noire.” Ou qu’il est “une espèce protégée par diverses associations (Mrap, SOS Racisme)”.

Encore plus odieux : “le “Niktamère fait l’objet d’une interdiction de chasse, d’où un risque de prolifération dangereux pour l’équilibre de notre système judéo-chrétien”. “Chasse”, animal”, “prolifération” : des mots dangereux qui font froid dans la bouche lorsqu’ils viennent de représentants de la force publique. Dans la même logique, les auteurs distinguent bien l’immigré du Français de souche : “il fait vrombir jusque tard dans la nuit sous les fenêtres des travailleurs (Français de Souche). Celui qui travaille et qui, par pitié, par charité (nous sommes des Chrétiens), l’aide à vivre pour ne pas le laisser mourir de faim.”

“À DIFFUSER SANS MODÉRATION” — Le plus inquiétant dans l’affaire est que ces deux feuilles A4 ne sont pas placardées dans le bureau d’un militaire mais dans le couloir, autrement dit un espace commun à la brigade. Ce qui laisse entendre que cet affichage n’est pas l’œuvre d’un gendarme cherchant à se défouler ou à partager une mauvaise et grosse blague. Il est vrai que le message se conclut par ce conseil écrit en capitales : “À diffuser sans modération”. Ces propos exposent clairement ceux qui les diffusent à des sanctions pénales. Mais aussi à des sanctions disciplinaires car ils sont antinomiques des valeurs de la gendarmerie nationale.

Les règles déontologiques de la gendarmerie sont exposées dans plusieurs textes de loi et décrets et sont fondées sur le respect de la loi, et de la personne humaine, la neutralité, le contrôle de l’usage de la force et la transparence dans l’exercice des missions. Difficile en effet qu’un gendarme puisse afficher ce genre de message et être capable de faire preuve de droiture dans sa mission et de respect des personnes sans distinction de leurs origines. En découvrant cette histoire, beaucoup de gendarmes seront sidérés que l’on puisse à ce point dégrader l’image de leur corps et saboter leurs missions quotidiennes durant lesquelles ils peuvent mettre leur existence en péril.

En 2009, un gendarme se vantait d’aimer les “ratonnades”

Une affaire similaire avait éclaté en métropole en mars 2009. Le Monde avait révélé qu’un gendarme mobile d’Aubervillers se vantait sur son profil Facebook d’apprécier particulièrement les “ratonnades, le nationalisme et les croisades” et se disait “d’extrême droite, mais très extrême”. Le gendarme expliquait avoir pour citations favorites “Travail, famille, patrie”, la devise du régime de Vichy lors de la Seconde Guerre mondiale. Le sous-officier avait également adhéré à des réseaux sociaux tels que « Pour que les CRS chargent au sabre lors des manifs de gauche », « Vive la race blanche », « Français, défends-toi tu es ici chez toi », « La France aux Français, Algérie, le Maroc, la Tunisie aux Maghrébins », ou encore « Tu niques la France… Dégage ». La direction générale de la gendarmerie nationale avait décidé de suspendre de ces fonctions le gendarme en disant condamner “l’expression d’opinions manifestement contraires à l’éthique, qui porte atteinte de surcroît à l’obligation et au devoir de réserve qui s’imposent à tout gendarme”. Une enquête judiciaire avait été ouverte.

Leur presse (Jérôme Talpin, Clicanoo.re), 27 mai 2011.

 

Portrait raciste : le commandant de la brigade de Bras Panon suspendu
Communiqué de la gendarmerie de La Réunion

S’agissant de l’affaire rapportée par le JIR ce jour, impliquant la brigade de gendarmerie de Bras Panon, le Colonel, commandant la gendarmerie de La Réunion a immédiatement pris attache avec Monsieur le Procureur général près la Cour d’Appel lequel a souhaité que soit saisie la section des recherches afin que toute la lumière soit faite sur ces faits graves.

Le commandant de la brigade de Bras Panon fait l’objet depuis ce matin d’une mesure de suspension de fonctions. Il ne fait aucun doute que ce type de document n’a en aucune façon sa place dans un local de gendarmerie quel qu’il soit. M. le Préfet de la Réunion a également demandé au colonel, commandant la gendarmerie de la Réunion qu’une enquête administrative soit diligentée.

Les conclusions de ces enquêtes permettront d’établir les responsabilités et les éventuelles sanctions pénales ou administratives seront prises en conséquence. Ces faits semblent pour l’heure être la conséquence d’un acte individuel et ce dernier ne saurait, en aucun cas, remettre en cause la parfaite loyauté des gendarmes et le respect par ce corps des lois et règlements de la République, de la personne humaine et d’une stricte neutralité. Le respect des personnes, quelques puissent être leurs singularités, leurs appartenances communautaires, religieuses, philosophiques ou leurs origines, est non seulement la règle mais plus encore une éthique.

La gendarmerie est ulcérée lorsque l’un de ses membres peut se montrer défaillant. Enfin, le Colonel, commandant la gendarmerie de la Réunion présente ses excuses aux personnes et associations qui ont pu être, à cette occasion, choquées voire blessées.

Leur presse (Clicanoo.re), 27 mai 2011.

 

Les policiers réunionnais à l’épreuve des violences urbaines

Plus de 70 policiers et une vingtaine de pompiers participaient hier soir à un spectaculaire exercice d’intervention dans un contexte de violences urbaines nocturnes. Une première à la Réunion, qui clôture une semaine de stage destinée à l’assimilation des dernières techniques en la matière.

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Une voiture qui brûle, des projectiles qui volent, des explosions qui tonnent, des cris qui fusent, des sirènes qui retentissent… On n’était pas dans une cité du “9-3” hier soir sur le circuit Félix-Guichard de Sainte-Anne, mais c’était tout comme. En clôture d’une semaine de stage consacrée à l’assimilation des toutes dernières techniques d’intervention des forces de l’ordre et des secours dans le cadre des violences urbaines, ils étaient près de cent, policiers nationaux, policiers municipaux et pompiers à se livrer à un exercice grandeur nature aussi réaliste que possible jusqu’à tard dans la nuit. De telles manœuvres, nocturnes de surcroît, constituent une première dans le département. Dans le rôle des émeutiers, un plastron composé de jeunes cadets de la police, empêchant les pompiers d’intervenir et tenant tête aux forces de l’ordre. Policiers municipaux et patrouilleurs pris au piège, arrivent ensuite les renforts de la compagnie départementale d’intervention, brigades anticriminalité et équipes cynophiles.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306504475.jpgMaîtriser les dernières techniques — L’action va crescendo : sécuriser l’intervention des pompiers, protéger le matériel et le voisinage, évacuer un blessé, procéder à des interpellations, le tout dans un contexte particulièrement chaotique. “Il y a du bruit, on est dans le noir, il y a la chaleur du feu, la confusion due à la foule… Le but est d’arriver à mener une action coordonnée entre différents acteurs de la sécurité soumis à des difficultés multiples”, explique Éric Gallet, l’un des deux conseillers techniques régionaux qui animent le stage et conçoivent les scénarios d’intervention, avec l’aide de cinq formateurs locaux. “Il est clair que la Réunion est moins souvent touchée par les phénomènes de violences urbaines que certains quartiers dits sensibles de métropole, mais il est important que les personnels bénéficient des techniques les plus récentes en la matière et entretiennent leurs acquis. Il n’est pas question que les forces de police réunionnaises soient en décalage avec ce qui se fait en métropole”, souligne le commandant Patricia Mougenot, responsable de la délégation au recrutement et à la formation de la police nationale (DRFPN) Réunion-Mayotte. “Avec cet exercice très particulier, nous professionnalisons nos unités et montrons à la population qu’elle peut se sentir en sécurité.” Après un autre stage, il y a quelques mois, de spécialisation à la protection des hautes personnalités, la police réunionnaise entend se maintenir au niveau et coller “à l’évolution de la société et ses problématiques de sécurité publique”.

Leur presse (Sébastien Gignoux, Clicanoo.re), 27 mai 2011.

 

Réunion : tract raciste chez les gendarmes

Un tract raciste comparant les jeunes Maghrébins à des « animaux » dont « la prolifération est dangereuse » a figuré sur un tableau de service d’une gendarmerie de La Réunion, conduisant le préfet de l’île à suspendre un commandant de brigade et à saisir la justice.

Dans un communiqué, le préfet de la Réunion Michel Lalande indique avoir « suspendu de ses fonctions le commandant de la brigade » de gendarmerie de Bras-Panon (est de l’île) et « condamne avec la plus grande fermeté toute expression et comportement racistes, inacceptables, particulièrement quand ils sont le fait d’agents de l’État ». « Parallèlement à l’ouverture d’une enquête préliminaire, le préfet a aussitôt demandé au commandant de la gendarmerie de La Réunion d’ouvrir une enquête administrative afin que les sanctions qu’exigent ces faits soient prises dans les plus brefs délais », ajoute la préfecture.

« Le Niktamère répond au nom de Mohamed, Mouloud… » — Dans son édition d’aujourd’hui, Le Journal de l’île de la Réunion, qui a révélé l’affaire, publie la photo d’un panneau de service où sont placardés la photo et le fac-similé de deux imprimés s’en prenant au « Niktamère », un « animal en voie de disparition dans son pays le Maghreb ». Sous forme de fiche signalétique, l’un des documents montre un jeune en survêtement et basket avec pour légende : « Le Niktamère fait l’objet d’une interdiction de chasse, d’où un risque de prolifération dangereux pour l’équilibre de notre système judéo-chrétien ».

Sur une autre affiche est décrit le « mode de vie » du « jeune Niktamère », qui « ne sort que la nuit et se déplace généralement par petit troupeau de 5 ou 6 spécimens appelés “branleurs” ». « Le Niktamère isolé est un animal peureux et craintif. Il fuit devant tout être humain de bonne constitution, toutefois il s’attaque aux femmes seules et aux personnes âgées ainsi qu’aux enfants à la sortie des écoles », peut-on encore lire sur ce document qui précise qu’« il répond habituellement au nom de Mohamed, Mouloud, Kader, Rachid ou Mourad ». Le texte s’en prend également vivement aux associations anti-racistes, à certains partis de gauche et à des personnalités du monde du spectacle.

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 mai 2011.

 

Une affiche d’Hitler dans les locaux de la CRS de Perpignan

La CGT a porté plainte après avoir découvert cette affiche du Führer faisant le salut nazi.

La CGT vient de porter plainte après la découverte d’une affiche montrant Hitler faisant le salut nazi dans des locaux de la CRS de Perpignan, a-t-on appris lundi auprès du syndicat.

La personne qui a placardé cette affiche « a pris un simple petit blâme, pratiquement la même chose que prend un officier de police en tenue qui fume dans la rue », a dit le secrétaire départemental de la CGT, Pierre Place, sans préciser qui avait pris l’initiative d’un tel affichage.

Contactés par téléphone, le commandant de la CRS et sa direction interrégionale à Marseille ont décliné tout commentaire.

Le parquet de Perpignan a dit avoir décidé d’ordonner une enquête de police après avoir reçu la plaine de la CGT.

C’est le 17 janvier que l’alerte a été donnée sur la présence de l’affiche dans les locaux de l’infirmerie de la CRS 58, a rapporté Pierre Place. L’infirmerie est aussi un lieu public par lequel passent les jeunes souhaitant intégrer la police nationale, a-t-il observé. « Donc la première image qu’ils vont avoir d’un service public de police nationale, c’est une photo d’Hitler », a-t-il dit.

On ignore combien de temps cette affiche de 42 × 59 cm, représentant le Führer saluant bras cassé, s’est trouvée sur le mur ; a priori plusieurs semaines, selon M. Place.

Si la CGT, syndicat minoritaire dans les CRS, s’est mobilisée jusqu’à porter plainte contre X, c’est à cause de la sanction selon elle dérisoire qui a été prononcée, alors qu’on a affaire à un lieu public, mais aussi à cause du climat politique actuel, a expliqué M. Place.

« On joue notre rôle, surtout dans une période où beaucoup de choses se disent sur l’entrisme du FN dans les milieux syndicaux », a-t-il dit, tout en se gardant d’établir un lien entre l’auteur de l’affichage et le Front national.

Leur presse (Sud-Ouest), 2 mai 2011.

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[Venezuela] Les travailleurs de « La Gaviota » veulent approfondir le contrôle ouvrier

En décembre 2010 les travailleurs de l’entreprises de conserves alimentaires « La Gaviota » ont organisé une grève de 21 jours. Il ne s’agissait pas seulement d’exprimer des revendications sur le travail mais aussi d’exiger des informations sur la comptabilité et de protester contre la chute et les « problèmes fréquents » dans la distribution.

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« Dans la mesure où les travailleurs et les communautés accèdent vraiment à l’information sur le processus productif sans aucune limitation et participe pleinement aux décisions qui la concernent, alors l’efficacité s’améliorera, la bureaucratie, la corruption diminueront, la distribution sera mieux ciblée, avec une qualité et des prix justes. Elle rencontrera les besoins du collectif et non de petits groupes de pouvoir. » C’est ce qu’explique José García, dirigeant du syndicat d’UNETE (Union Nationale des Travailleurs) de cette industrie.

Les « Conservas Alimenticias La Gaviota » est une entreprise qui emballe et distribue des sardines, des mollusques, et du thon, elle constitue une des rares sources de revenus du secteur Valentin Valiente, Cumaná, état de Sucre.

À la suite de son occupation par les travailleurs, elle a été nationalisée par le gouvernement révolutionnaire. Dès ses premiers pas comme entreprise publique, les travailleurs ont participé directement à la relance de la production. Depuis, malgré ses hauts et ses bas, ce processus de contrôle ouvrier, ne s’est pas arrêté.

C’est ce que nous raconte le syndicaliste García qui, au vu du chemin parcouru, exige plus d’avancées. Il considère que l’actuelle direction, malgré des progrès, prend encore des décisions sans consulter les travailleurs. « Le contrôle ouvrier est l’usage d’informations pour pouvoir intervenir dans les décisions. Sans cela, ce n’est pas un contrôle ouvrier » nous dit-il, tout en reconnaissant l’appui du gouvernement : « Le ministre Juan Carlos Loyo a dit, et nous le savons, que le gouvernement veut continuer à changer le modèle. »

Histoire d’une lutte des travailleurs — En janvier 2009, les travailleurs avaient organisé une grève de 75 jours pour obtenir de meilleures conditions de travail. Les patrons privés leur imposaient des cycles de deux à trois jours de travail par semaine pour éviter de leur payer des droits sociaux ou des vacances. « Nous avons enquêté et nous nous sommes rendus compte que le produit était exporté au Brésil, car comme elle est vendue au Venezuela à trois bolivars, ils préféraient la vendre à l’étranger, à un prix de 17 bolivars. »

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1306501911.pngIl raconte comment le patron diminuait les tours de travail parce qu’il ne souhaitait pas augmenter la production. « Ils gagnaient quatre fois plus à l’extérieur, payaient le moins de temps de travail possible. Nous avons commencé la lutte non seulement pour nos revendications salariales ou sur les conditions de travail mais aussi pour un travail permanent. »

En mai 2009, le gouvernement bolivarien a fait occuper temporairement l’usine pour éviter sa fermeture par les patrons. Cet acte fut notamment l’œuvre du ministre du Commerce Eduardo Samán qui annonça que l’entreprise passerait sous contrôle ouvrier et qui expliqua dans divers médias que dans la première étape on « avait réussi à briser la division entre le travail manuel et l’administration de l’entreprise ».

Pendant cette période fut nommé un conseil de travailleurs pour gérer l’entreprise avec le conseil des fonctionnaires du Ministère du Commerce. Les premières conquêtes furent le paiement de tickets d’alimentation, la restructuration du temps de travail, le paiement de droits acquis aux travailleurs et l’inscription générale à la sécurité sociale. [Voir la vidéo sous-titre en français.]

Le 19 mai, deux semaines après l’intervention gouvernementale, l’usine produisait déjà à 50% de sa capacité. Les excédents étaient minimes mais elle n’enregistra aucune perte. « Effectivement il fut démontré que nous pouvions payer des salaires, l’entretien et tout le reste, grâce à la vente des produits » explique García.

« Notre objectif était de produire à 100% de capacité pour atteindre l’indépendance financière mais nous ne l’avons pas encore atteint. »

En mars 2010 l’entreprise passe sous le contrôle d’Indepabis (Institut de Défense des Droits des Consommateurs) et par la suite, de la Corporation Vénézuélienne d’Aliments (CVAL), organisme qui nomme une équipe de gérants pour substituer la vieille structure où le conseil des travailleurs était l’organe de décision.

« À partir de cette date a commencé à baisser la production et les actions syndicales ont repris parce que les gérants ne donnaient pas d’information sur la situation financière. Après de nombreuses luttes, nous avons obtenu le contrôle des secteurs de vente et de production mais la direction s’est réservée ceux des achats et de la comptabilité. »

Le représentant syndical raconte que les travailleurs se sont organisés pour publier mensuellement les chiffres de la production et pour développer des systèmes de distribution « pertinents, fréquents, de qualité, à un prix juste » avec l’aide des conseils communaux de la zone Valentin Valiente.

En octobre 2010 le syndicat a présenté un document à la direction de Pescalba, entreprise cubano-vénézuélienne qui fournit à « La Gaviota » du poisson et d’autres matières pour la production. Ils y ont dénoncé des barrières bureaucratiques pour l’acquisition de la matière première, des outils et les problèmes dans le stockage et la distribution.

En décembre 2010, le syndicat a décidé de paralyser les activités. Les travailleurs n’avaient toujours pas reçu le paiement du treizième mois et dénonçait le fait que la gérance stockait inexplicablement plus de 50’000 caisses de produits sans les écouler.

Après 21 jours d’arrêt des activités, on est parvenu à certains accords, comme l’intégration de deux travailleurs dans la direction.

En janvier 2011 les activités reprennent. Mais en mars 2011 la production et la distribution chutent de nouveau jusqu’à l’arrêt de la production « par manque de matière première et à cause des barrières bureaucratiques ».

« Nous avions 96 mille caisses accumulées qui exigeaient une distribution rapide, efficace, nous ne pouvions faire le travail parce que les gérants retardaient les décisions et n’achetaient pas les matières premières. »

En avril, le ministre de l’Agriculture et des Terres Juan Carlos Loyo, s’est rendu sur place, a visité « La Gaviota » pour mener son enquête. Après une assemblée du personnel, il a destitué la direction de la partie vénézuélienne de Pescalba et a annoncé la restructuration de la direction de « La Gaviota » qui depuis lors serait intégrée par les travailleurs, les porte-parole de la communauté et de l’État.

À l’heure actuelle José García fait un bilan positif du processus mais insiste sur la nécessité de changer le modèle de gestion pour améliorer la situation. « Les travailleurs sont ceux qui doivent transformer ce modèle et prendre le contrôle des entreprises, pas les bureaucrates ni les directions syndicales » conclut-il avec ses compagnons, en proposant d’apporter un coup de main pour atteindre la souveraineté.

Qu’est-ce que le contrôle ouvrier ?

Le contrôle ouvrier signifie exactement ceci : la classe ouvrière et ses représentants dans les entreprises ont le droit d’inspecter les livres de compte de l’entreprise ou de l’industrie, de surveiller et de contrôler tous les revenus et les dépenses et les actions de la direction.

Dans le programme de transition au socialisme l’homme politique russe Léon Trotsky explique que le premier pas vers le contrôle réel de l’industrie est l’élimination des « secrets de l’entreprise » : la comptabilité est utilisée en effet pour justifier toutes les attaques contre la classe ouvrière, telles que les réductions de salaire, les licenciements et l’augmentation des cycles de travail. Quand les entrepreneurs disent qu’ils sont en faillite ou qu’ils perdent des bénéfices, il faut demander des comptes. Le contrôle ouvrier permet aux travailleurs de connaître les chiffres et donc la situation réelle de l’entreprise. L’idée est de lever le voile, de démontrer à la classe ouvrière le fonctionnement détaillé du système capitaliste, c’est un pas nécessaire dans son élimination.

Traduit de l’espagnol (Carolina Hidalgo, Ciudad Caracas – 22 mai 2011) par Thierry Deronne (La révolución vive), 24 mai 2011.

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L’Écho du Potager no 3, 27 mai 2011

Les occupantes du Champ des Filles [à Genève] ont le plaisir de vous annoncer la naissance du troisième numéro de leur hebdomadaire à parution irrégulière, l’Écho du Potager.

Entièrement fabriqué à la main, ce petit journal te permettra de revenir sur la tentative d’évacuation du champ et de retrouver notre célèbre conclusion cruciverbiale.

À bientôt parmi les salades !

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Indymedia Suisse romande, 27 mai 2011.

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D’ailleurs, nous sommes indisciplinés : manifestation samedi 28 mai 2011 à Nantes

Appel de la CNT-Nantes à la manifestation du samedi 28 mai 2011 à 14h devant la Préfecture.

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La police antiémeute évacue le camp de résistance à Barcelone

Los Mossos cargan contra los acampados en Cataluña

Algunos de los jóvenes concentrados han pinchado ruedas de los camiones de limpieza para impedir que abandonaran la plaza con los hornillos, mesas, sillas y demás utensilios y objetos que han ido acumulando los « indignados ».

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Los Mossos d’Esquadra han cargado con porras contra un grupo de personas en la plaza Catalunya de Barcelona que intentaba impedir que los camiones de limpieza cargados con pertenencias de los acampados salieran del lugar.

Después de que los Mossos se desplegaran por la plaza para facilitar que las brigadas municipales limpiaran la zona y retiraran aquellos objetos que pudieran comportar un peligro para la seguridad, esta mañana han empezado a acudir a la plaza numerosos simpatizantes del movimientos de protesta, que han intentado cerrar todas las salidas de la plaza.

Según ha podido saber Antena 3, la Policía no tiene orden de desalojo. La Policía habría querido llegar a un acuerdo con los concentrados para llevar a cabo las operaciones de limpieza y ellos se habrían negado.

Algunos de los jóvenes concentrados han pinchado ruedas de los camiones de limpieza para impedir que abandonaran la plaza con los hornillos, mesas, sillas y demás utensilios y objetos que han ido acumulando los « indignados » durante estos días de protesta, momento en que los Mossos han cargado contra ellos para facilitar la salida de los camiones.

Al menos 14 personas han resultado heridas de carácter leve por la carga policial, han informado fuentes del Sistema de Emergencias Médicas (SEM). Entre los heridos hay un mosso d’Esquadra, y uno de ellos ha sido trasladado al Hospital Clínic de Barcelona.

Leur presse (Antena 3), 27 mai 2011.

 

Il y aura une grande manif contre la répression à 19h à Barcelone. Pour l’instant il y a 2 personnes arrêtées et 43 personnes blessées.

Liste de discussion du réseau Résistons Ensemble, 27 mai 2011.

 

Répression d’État à Barcelone

http://agenciamarienbad.wordpress.com/2011/05/27/defensar-catalunya-es-defensar-madrid/

http://www.youtube.com/watch?v=gzmTAQVXMqs
http://www.youtube.com/watch?v=Geg_6Xoy04s&feature=youtu.be

Leur presse:

http://www.elmundo.es/elmundo/2011/05/26/barcelona/1306440444.html
http://www.e-noticies.tv/canales/actualitat/a-bastonades-12937.html
http://www.e-noticies.tv/canales/actualitat/fills-de-puta-fills-de-puta-12936.html

 

Espagne : le campement des « indignés » évacué à Barcelone

Des agents de nettoyage ont commencé vendredi matin à démonter le campement des « indignés » de Barcelone, sur la place de Catalogne, pour faire place nette en vue des célébrations de la Ligue des champions samedi sur cette même place, selon la police catalane.

« Ils nous font partir à cause du match mais nous nous réunirons à nouveau, ici ou à un autre endroit car notre match est plus important », a déclaré Albert Bonet, artiste et manifestant de 42 ans à la barbe blonde.

« Ils sont arrivés à 06h00 du matin et nous ont dit de tout enlever et de partir de la place. Certains sont partis mais nous on est restés », a assuré Anais, une étudiante en sociologie de 22 ans.

« On nettoie la place, la police est là pour faciliter le travail du service de nettoyage. On enlève tout type d’objet qui peut être dangereux, comme des casseroles, des couteaux », selon un porte-parole de la police catalane.

La place était encadrée par de nombreux policiers vendredi matin, tandis qu’une centaine de jeunes protestaient assis et réunis de manière pacifique, criant notamment « No pasaran ! » (ils ne passeront pas), selon un journaliste de l’AFP.

« Une fois le nettoyage terminé, ils pourront revenir mais sans les tentes, les couteaux et les objets potentiellement dangereux », a précisé le porte-parole de la police.

Elle a précisé que cette opération avait été décidée pour assurer la sécurité en vue de célébrations samedi soir après la finale de la Ligue des champions à Londres entre le FC Barcelone et Manchester United.

Sur Twitter, réseau social qui a largement relayé le mouvement spontané lancé le 15 mai par des jeunes Espagnols, pour protester contre la classe politique et contre les retombées de la crise économique, les commentaires étaient nombreux vendredi matin.

« Ils nous évacuent avec violence. C’est totalement illégal, les policiers n’ont pas de plaques d’identification », selon un tweet posté sur le compte @acampadabcn (campement barcelone).

Le campement de Lleida (nord-est), une autre grande ville catalane, a également été évacué. « La place Ricard Vinyes a été nettoyée, elle est libre », a indiqué la police catalane, précisant qu’il s’agit aussi d’une place accueillant des célébrations sportives.

Des milliers d’« indignés » campent depuis la semaine dernière sur des places de toutes les grandes villes espagnoles. À la Puerta del Sol de Madrid, cœur de la mobilisation où un véritable village alternatif a été monté, les manifestants se sont réveillés vendredi après une nouvelle nuit sans encombre.

Leur presse (Agence Faut Payer), 27 mai 2011.

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Pour en finir avec le sexisme

Toutes les minorités (non pas au sens numérique mais bien au sens politique), femmes, pauvres précaires, colorés, etc le savent, cette société sait « nier à l’autre le droit de dire non », pour reprendre la juste formulation que comporte l’article qui suit. Et c’est bien ce qui définit la bonne conscience arrogante et les pratiques de dominations d’une démocratie française où l’oligarchie use de la com (colonisation des cerveaux) et du contrôle social tout en remettant au goût du jour des rapports féodaux.

Le socialisme des années 80 (lui qui nous avait « fait passer de l’ombre à la lumière » cf. Jack Lang, dont il est aussi question ci-bas) a bien travaillé en ce sens.

Les précaires, on les exploite de toutes les façons imaginables, et l’on se permettra aussi, philanthrope, de les plaindre et de prétendre les « aider ».
Dernier exemple en date, « Delanoë aide les Tunisiens » sans papiers, vous l’avez lu dans la presse. Il revendique l’hébergement de 300 d’entre eux parmi lesquels il compte… ceux qui dorment au gymnase occupé de la rue de la Fontaine-au-Roi… là où la Ville a été mise devant le fait accompli, sans accepter de négocier quoi que ce soit de plus jusqu’alors.

La présidentiable Aubry que notre bon maire soutient fut le bras droit de Jean Gandois, patron de l’ancêtre du MEDEF, le CNPF. Elle pouvait elle déclarer aux mouvements de chômeurs et précaires des années 90 que le RMI restait  réservé aux plus de 25 ans pour « préserver la dignité de jeunes qui ne devaient pas commencer leur vie dans l’assistance ».

Pour en finir avec le sexisme

Au-delà des suites politico-légales de cette affaire retentissante, un autre procès s’est ouvert en France le week-end du 14 mai avec le sursaut des mouvements citoyens et féministes : celui de l’élite mâle qui s’est ruée à la rescousse de Dominique Strauss-Kahn et a inondé les médias de propos scandaleusement misogynes. Celui aussi des « intellectuels » qui ont participé aux amalgames. C’est là l’autre scandale DSK : une complaisance coupable, impensable, envers des faits et des propos qu’on aurait aimé croire d’une autre époque.

Au-delà de la question de savoir ce qui s’est réellement passé dans la suite 2806 du Sofitel de Manhattan samedi 14 mai, au-delà même de la personnalité et de l’innocence ou non de l’intéressé, on ne peut qu’être choqué par ce que les premières réactions provoquées par cette affaire révèlent du climat politique et culturel actuel. Et en particulier que la gauche, en dépit de ses idéaux affichés, n’ait toujours pas fait sa révolution culturelle autour des questions du rapport entre les sexes et autres discriminations au faciès en France.

Selon un sondage publié mercredi 18 mai, 57 % des Français interrogés pensaient que Strauss-Kahn était la victime d’un complot au lendemain de l’interpellation, le chiffre s’élevant à 70 % parmi les sympathisants socialistes. « Choqués », « déboussolés », « assommés », « attristés » : tels étaient les sentiments évoqués à la sortie des réunions politiques, dans les émissions de radio (« Le téléphone sonne » de France Inter du lundi 16 mai, par exemple), dans la presse. Cette vague d’émotion ne s’adressait cependant pas à la personne à qui l’on aurait d’abord pu penser : la grande majorité à gauche (à l’exception de quelques femmes, comme Gisèle Halimi) compatissait envers DSK.

À les entendre, c’est bien lui, la victime, et non pas la femme de chambre qui vit maintenant cloîtrée et traumatisée dans un lieu protégé. Victime de la brutalité du système judiciaire américain, qui n’accorde aucun traitement de faveur à un haut dignitaire français, qui plus est présidentiable, et l’offre aux objectifs des journalistes ; victime de prétendues représailles des États-Unis envers la France pour avoir soutenu officiellement Roman Polanski en 2009, lui-même poursuivi pour viol par cette même justice américaine « puritaine » ; victime d’un « meurtre médiatique », selon Robert Badinter, avocat, ex-garde des Sceaux, et connu autrefois pour des faits d’armes autrement plus honorables, lorsqu’il contribuait à l’abolition de la peine de mort dans les années 1980.

Cet antiaméricanisme arriéré et ignorant se confond avec une misogynie des plus transparentes dans l’inénarrable impair de Jean-François Kahn, homme influent de la presse de gauche s’il en est. En quel siècle sommes-nous pour que le fondateur de plusieurs hebdomadaires de gauche se permette d’invoquer comme excuse l’hypothèse d’un « troussage de domestique » de bon aloi, faux lapsus qui en dit long sur les mentalités d’Ancien Régime de certaines élites dirigeantes (il faut entendre le petit rire étouffé qui accompagne cette trouvaille pour mesurer l’ignominie de la remarque et le naturel avec laquelle elle est proférée). La palme reviendra peut-être à Jack Lang, l’ex-ministre socialiste qui ne trouva rien de mieux pour contrer l’accusation d’agression sexuelle que son désormais immortel « y a pas mort d’homme ».

L’inconscient collectif qui perce sous ces diverses réactions à chaud nous ramène à un imaginaire absolutiste suranné : au viol comme droit régalien, aux appartements de François Ier décorés des nymphes offertes en pâture à des satyres en érection, fantasme de pouvoir absolu sur le corps de chaque sujet, que reproduit plus tard le modèle bourgeois et son emprise sur la domesticité. Un imaginaire où forcer, c’est régner, où le pouvoir l’emporte sur le droit.

Sous ces propos affligeants, un présupposé simple : crimes et délits sexuels sont de moindre importance que le statut social de l’inculpé. Le droit de poursuivre sans entraves une carrière politique prometteuse prévaut sur le droit tout court. Pour un peu, les « amis » de Strauss-Kahn invoquaient la raison d’État.

Derrière ce déni de réel collectif se profile le mythe du sauveur, un sauveur excusé de n’être pas un saint s’il peut l’emporter sur Nicolas Sarkozy en 2012.

Et c’est pourquoi les théories du complot fleurissent, la première consistant à inverser les rôles présumés, comme c’est si souvent le cas dans les affaires de violences sexuelles : l’accusatrice devient l’accusée ; le viol était une relation consentie ; l’agresseur est en fait la victime.

Lorsqu’en 2007 Tristane Banon divulgue sur le plateau de Thierry Ardisson que Dominique Strauss-Kahn avait tenté de la violer en 2002, on lui rit au nez. Aucun journaliste ne considère que ces révélations méritent enquête, et le nom de Strauss-Kahn est bipé lors de la retransmission. Que la mère de Tristane, elle-même élue socialiste, lui conseille de ne pas porter plainte en dit long sur le climat général d’impunité silencieuse qui prévaut en France autour du harcèlement sexuel. Honte à la victime, immunité pour l’agresseur.

C’est cette même rhétorique qu’emploie Bernard-Henri Lévy sur le site Web de Newsweek (TheDailyBeast.com) lorsqu’il accuse sans vergogne la jeune femme de « faire semblant » d’avoir été victime d’une tentative de viol pour profiter d’un coup de pub. Mais n’est pas Zola qui veut : dans cette fausse affaire Dreyfus, les redresseurs de torts se sont trompés de cible.

Ce qui choque toutefois, c’est que ce type d’accusations à l’envers soit relayé par les médias et partagé par l’opinion. Faut-il dès lors s’étonner que seulement 10 % des victimes d’agression sexuelle préviennent la police (contre 40 % aux États-Unis) ? Les Français aiment se moquer du politiquement correct américain.

La loi californienne exige que tout employé qui supervise des collaborateurs suive chaque année une formation sur le harcèlement sexuel et la discrimination au travail. Si seule la loi peut corriger les mœurs, que la loi assure la protection de personnes, et qu’elle s’applique pareillement à tous.

On ne peut que frémir en pensant à ce qui serait arrivé si la scène du Sofitel s’était jouée en France. La jeune femme se serait-elle confiée à ses supérieurs ? Ceux-ci auraient-ils appelé un numéro d’urgence ? La police se serait-elle précipitée sur les lieux du délit présumé ? J’en doute. En France, le droit au respect de la vie privée l’emporte sur le droit de savoir et de faire savoir ce qui, de cette vie privée, chez des hommes publics, intéresse la chose politique.

Le respect des opinions contraires, de l’intégrité de l’autre quelle que soit sa classe sociale, et des droits des femmes en particulier, ne relève pas de questions privées lorsqu’on est candidat présumé à la plus haute fonction de l’État. Renier à l’autre le droit de dire non est un abus de pouvoir qui augure mal de la capacité à incarner les valeurs démocratiques les plus élémentaires.

On ne peut qu’espérer que cette affaire trop prévisible et la réaction délétère qu’elle a suscitée chez certaines élites masculines provoquent un sursaut de conscience en France. Il est temps que les médias réévaluent la ligne prétendument intangible qui sépare vie publique et comportement privé, que les politiciens répondent de critères de décence plus exigeants, et que l’électorat cesse d’attendre l’homme providentiel.

La France se targue de vouloir émanciper les femmes musulmanes, les forçant à ôter tchadors et autres voiles, au mépris de leur culture et de leur intégrité spirituelle. Peut-être serait-il temps d’émanciper les Françaises de la peur d’autres déshabillages forcés.

Cécile Alduy, associate professor de littérature française à Stanford University (États-Unis) – Leur presse (Le Monde), 26 mai 2011.

Forum, liste de débats d’AC ! réseau, 26 mai 2011.

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Affiches qui fleurissent à Poitiers

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Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, 16 mai 2011.

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[Grèce] Communiqué des prisonniers de la prison de Korydallos

Les prisonniers de la première section de Korydallos se sont rebellés et ont fait sortir cette déclaration :

« Nous, prisonniers de la première section de la prison de Korydallos, nous nous rebellons aujourd’hui samedi 14 mai et nous refusons le contrôle de midi et la fermeture de nos cellules.

Nous pouvons être emprisonnés pour diverses raisons et nous n’avons pas tous les mêmes idées, mais ceci ne signifie pas que nous ne restons pas des êtres humains. Nous nous intéressons à tout ce qui se passe en dehors de l’endroit dans lequel nous sommes exilés. Nous sommes en train d’assister aux décisions prises par une justice-prostituée qui a comme maqueraux les juges et les procureurs qui distribuent les années de prisons comme si c’étaient des cacahuètes. Il est évident de dire que nous sommes aux côtés de ceux qui luttent contre la dictature économique et pour un monde libre et juste.

Le 10 mai un homme a été tué dans le centre d’Athènes et encore une fois des personnes oppressées au lieu de retourner leurs couteaux et leurs pistolets contre les vrais voleurs : banquiers, dirigeants … les pointent vers d’autres personnes opprimées. Pour l’occasion, la propagandes des médias a réveillé le racisme et les groupes néo-nazis para-étatiques — les meilleurs amis des flics — ont lancé des attaques occasionnelles contre les immigrés, culminant dans la mort d’un jeune de 20 ans à Kato Patissia.

Le relais a été pris par leurs collègues, les policiers qui ont attaqué la manifestation contre les mesures économiques du gouvernement qui veulent nous réduire à la misère. Des dizaines de manifestants ont été blessés et l’un d’eux est dans le coma, entre la vie et la mort, massacré par les chiens de la police anti-émeute. Ces mêmes chiens sont ceux qui ont attaqué les prisonniers de la troisième section il y a quelques mois, tout comme des centaines d’autres dans les dernières années dans différentes prisons. Derrière les hauts murs qui nous tiennent séparés des autres personnes, la solidarité et la lutte doivent être plus fortes que les différences religieuses et nationales, combattons ensemble avec ceux qui en dehors des taules luttent pour la liberté contre les flics et leurs alliés qui tabassent et assassinent des manifestants et des personnes opprimées. »

Prisonniers de la première section de la prison de Korydallos

Traduit du grec en anglais, de l’anglais en italien, de l’italien en français.

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Contre le G8, occupation de Standard & Poor’s à Paris !

LE G8 EST PARTOUT, NOUS AUSSI !

Jeudi 26 mai, des militant-e-s occupent Standard & Poor’s,
40 rue de Courcelles, 75008 Paris

Alors qu’une crise financière vient de voir l’Europe éviter de près la banqueroute, rien n’a changé. La logique reste la même : à une crise financière privée, on propose comme remède une politique d’austérité publique ! On fait en sorte que le coût de l’irresponsabilité des marchés soit assumé par la majorité de la population, notamment par les plus vulnérables. Mondialiser l’austérité pour les peuples, étendre le terrain de jeu des multinationales. Ainsi pourrait être résumé le projet du G8 et du G20. En réponse à ces logiques et au moment même ou les puissances du G8 se réunissent à Deauville, nous avons décidé d’occuper Standard & Poor’s.

Pour nous, cette occupation constitue un moyen de pointer du doigt ce à quoi nous nous opposons quotidiennement : un système économique et politique qui favorise les multinationales, les banques et les institutions financières au détriment des peuples, mondialisant l’austérité et les guerres, provoquant la destruction de l’environnement et générant l’individualisme et la destruction des liens sociaux.

Pourquoi nous ciblons les agences de notation ?

Les agences de notation participent à une logique ultra-libérale :

Lorsqu’un état, une entreprise ou une collectivité territoriale emprunte de l’argent sur les marchés financiers, les agences de notations leur attribuent une note qui préjuge de la capacité de ces acteurs à rembourser cet emprunt. Cette note permet aux emprunteurs d’accéder aux marchés de capitaux. Sous couvert d’évaluer leur solvabilité, les agences contribuent à étendre les seules politiques favorables aux marchés par des mesures d’austérité.

— Une connivence avec les acteurs du marché financier :

Standard & Poor’s a quasiment les mêmes actionnaires que les autres agences de notations (Barclays, Fonds d’investissements et sociétés d’investissements américaines).

Les agences de notation ont été accusées à plusieurs reprises de donner de trop bonnes notes aux produits financiers pourris, notamment ceux contenant des subprimes en 2008. En 2001, Standard & Poor’s et Moody’s notent la société Enron en catégorie investissement (la catégorie la meilleure). Peu après, la société est déclarée en faillite. En 2008, la banque d’investissement Lehman Brothers obtient la meilleure note à la veille de son effondrement. En juin 2010, la commission d’enquête du congrès américain sur la crise financière (FCIC) a révélé que chez Moody’s les salariés subissaient des pressions pour attribuer des notes favorables à des produits financiers risqués, afin d’assurer la signature de contrats.

Les agences de notation ne sont pas des évaluateurs neutres, mais sont en connivence avec des acteurs des marchés financiers et contribuent activement à favoriser une logique économique néolibérale.

— Les agences de notation spéculent sur les dettes publiques des pays en difficulté :

Elles déclenchent des vagues spéculatives lorsqu’elles attribuent une mauvaise note à la dette d’un pays. À cause de mauvaises notations, la Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Irlande ou l’Islande sont placés dans des situations désastreuses.

Pour ces pays, un cercle vicieux s’est alors enclenché : emprunter pour payer sa dette, réduire ses déficits pour emprunter, tailler dans les dépenses publiques pour réduire les déficits.

Conséquences : coupes budgétaires, gel de salaires, augmentation du temps de travail, recul de l’âge de la retraite, démantèlement des services publics (éducation, santé), privatisation des biens communs et répression des mouvements de protestation, comme en Grèce par exemple. Les agences de notations sont ainsi directement responsables des politiques répressives à l’égard des populations, nécessaires pour endiguer toute révolte face au système qui les nourrit.

— Une ingérence dans les politiques des États :

Les agences de notation n’hésitent pas à formuler des recommandations aux États qu’elles notent, débutant ainsi un chantage pour imposer des politiques régressives. Le Japon s’est ainsi vu baisser sa note suite au séisme et au désastre nucléaire de Fukushima. Des mesures d’ajustements budgétaires lui ont été recommandées pour pouvoir remédier à cette mauvaise évaluation ! Cela se situe aux antipodes de tout esprit de solidarité.

La Belgique, elle aussi, a été sommée par Standard & Poor’s de revoir son système de retraites et de diminuer sa dette pour pallier au vieillissement croissant de sa population.

Les agences de notation n’hésitent pas à placer les pays sous pression en imposant une ligne politique. Le 17 aout 2010, Moodys a menacé quatre États dont la France et l’Allemagne dans un communiqué lapidaire : des défis liés aux ajustement budgétaires impliquent que le chemin à parcourir avant un abaissement de la note s’est encore réduit. S’en est suivi une mise en œuvre des recommandations habituelles des agences de notation et des marchés : réformes des retraites cet automne, non remplacement des fonctionnaires, suppressions de postes dans l’éducation nationale, destruction du système de santé et de la sécurité sociale, etc. Si la France a su conserver une excellente note, c’est uniquement parce que ses dirigeant-e-s acceptent de satisfaire aux recommandations et ultimatums des agences de notation.

Règlementer ou changer de système ?

Nous ne croyons pas à un capitalisme éthique ou plus « humain ». Depuis la crise financière, les agences de notations ont été réprimandées par l’Union Européenne et les trois dirigeants des principales agences (Standard & Poor’s, Moody’s et Fitch) ont du s’expliquer devant le Sénat américain en juin 2010 mais rien n’a changé. Quand bien même leur responsabilité dans les crises financières de certains pays ont été pointées du doigt, leur existence même n’a pas été remise en question.

D’ailleurs nous ne demandons pas la disparition ou la mise-au-pas des agences de notation. Même si leurs notes étaient basées sur des informations fiables et pouvaient être remises en cause, elles joueraient encore un rôle déterminant dans le système économique et financier que nous réprouvons. Au même titre que le FMI, l’OMC, la Banque Mondiale, le G20 ou le G8, elles sont un rouage du système des marchés et leur suppression ne changera rien au régime économique absurde auquel nous sommes soumis-e-s.

Nous ne voyons pas d’intérêt à la fermeture des agences de notation si elle ne s’inscrit pas dans une abolition du système économique capitaliste dans lequel elles agissent. Nous voulons sortir de ce système profondément inhumain et inégalitaire par essence.

Cette action se situe dans un cadre européen d’actions décentralisées.  Actuellement, 33 villes dans 6 pays ont déjà annoncées publiquement leurs actions (la carte et le site sont en cours de mise à jour).

Vous trouverez ci dessous toutes les informations nécessaires pour vous informer sur les journées d’actions décentralisées contre le G8.

Action blog
Action map

Dissent-fr-info mailing list, 26 mai 2011.

 

Tout le monde en garde à vue au rassemblement contre G8

Ce matin à 9h15, au rendez-vous pour mener une action contre le G8 à place de la Rotonde métro Stalingrad, les flics on débarqué en force (30 BACS et beaucoup de CRS). Ils ont ensuite encerclé tout le monde en embarquant tous les manifestants au poste de police (probablement dans le XVIIIe arrondissement). La répression massive des flics, alors que le rassemblement n’avait même pas commencé, vient de se terminer maintenant. Entre 60 et 80 personnes ont été amenés au poste de police avec des cars. […]

[10h15] Ce matin, 50 arrestations violentes à l’action anti-G8 à Stalingrad. GAV en cours : Rassemblement comico du 18e, rue de Clignancourt !

[11h05] Plus d’une cinquantaine de militants encerclés ce matin, place de la Rotonde. Une douzaine de camions de CRS situés place Colonel Fabien. Bien plus place Stalingrad. Ce rassemblement public fut vite interrompu et redirigé au commissariat du 18e, Clignancourt (40 personnes) pour un contrôle d’identité.

[11h06] Une action fut menée par un autre groupe sur la cible, par une dizaine de personnes. Elles ont pu quitter le lieu sans perte et fracas, mais suivies par les bakeufs. Sont en direction pour le soutien aux militant-E-s retenu-E-s dans les différents commissariats (18e et 11e passage Dallery). Trop nombreux pour les geôles nationales, nous assistons à une migration des contrôles dans différents lieux policiers afin que les « inculpé-E-s » subissent leur contrôle : rue Basse-des-Carmes dans le 5e arrondissement.

Comicos où téléphoner :

1 rue Basse-des-Carmes, Paris 5e – Téléphone : 0144415100
79 rue de Clignancourt, Paris 18e – Téléphone : 0153415000

Indymedia Paris, 26 mai 2011.

 

G-8: les altermondialistes mènent quelques actions symboliques à Paris

Quelques actions ont eu lieu jeudi matin à Paris à l’occasion de l’ouverture du G-8 qui se tient à Deauville (Calvados). Médecins du Monde a déployé une banderole pour défendre l’accès gratuit aux soins, tandis qu’une centaine de militants altermondialistes rassemblés ailleurs dans la capitale pour occuper un « lieu symbolique de la finance » ont été interpellés par les CRS. Une dizaine de manifestants ont brièvement occupé des locaux parisiens de l’agence de notation Standard and Poor’s.

Selon la préfecture de police, 99 personnes ont été interpellées, et quatre ont été placées en garde à vue pour « port d’arme prohibée ».

Au Havre (Seine-Maritime), le collectif anti-G-8 avait prévu de déployer une banderole « G8-Dégage » écrit dans toutes les langues sur la plage jeudi en fin d’après-midi, tandis qu’une manifestation devait être organisée dans la soirée à Caen (Calvados).

Jeudi matin à Paris, une centaine de militants altermondialistes s’étaient donnés rendez-vous à 9h place de la Rotonde dans le XIX arrondissement, avec l’intention de mener une action « contre la finance organisée et ses réseaux mafieux », selon un communiqué diffusé sur plusieurs sites internet.

Les protestataires ont été encerclés par plusieurs dizaines de policiers en civil et de CRS avant d’avoir pu faire le moindre mouvement, a-t-on constaté sur place. Les forces de l’ordre leur ont annoncé qu’ils seraient raccompagnés au métro après s’être soumis un par un à un contrôle d’identité. Comme aucun volontaire ne se manifestait, la police a finalement interpellé tout le monde en fin de matinée.

Dans le même temps, une dizaine d’autres manifestants parvenaient à rentrer dans les locaux de l’agence de notation Standard and Poor’s à Paris, dans le VIIIe arrondissement. Ils ont quitté les lieux dans le calme après avoir distribué des tracts.

Toujours à Paris, peu avant midi, une dizaine de membres de l’association Médecins du Monde ont, de leur côté, déployé sans être inquiétés une grande banderole place de la Bourse sur laquelle on pouvait lire : « G8 : Et s’ils sauvaient des vies après avoir sauvé les banques ? L’accès aux soins gratuits pour tous doit être financé en 2011. »

« Notre objectif est de rappeler leur responsabilité aux États en matière d’accès aux soins, pour le G-8 comme pour le G-20 », a déclaré à la presse le directeur général à l’accès humanitaire de l’association, Pierre Salignon. Selon lui, actuellement, « 1,5 milliard de personnes n’ont pas accès au panier de soins de base à travers le monde ».

Leur presse (AP), 26 mai 2011.

 

Brève occupation des locaux de S&P

Les locaux parisiens de l’agence de Standard and Poor’s ont été brièvement occupés ce matin par des militants protestant contre le sommet du G8 à Deauville, a-t-on appris auprès du collectif de militants et de l’agence de notation financière.

Arrivés en milieu de matinée dans les locaux situés dans le VIIIe arrondissement de Paris, les militants, une trentaine, sont partis dans le calme à 11h15, après « des discussions avec la police », a indiqué l’un d’eux, joint par téléphone avec l’AFP. « On pense que Standard and Poor’s est un des plus importants symboles du capitalisme et du système financier actuel. On les tient pour responsables des politiques d’austérité », a-t-il expliqué.

Le collectif avait appelé à un rassemblement dans la matinée place de Stalingrad avec l’intention de se diriger vers Standard and Poor’s. Une cinquantaine de personnes, dont certaines portant des perruques ou maquillées, s’étaient rassemblées, a constaté une journaliste de l’AFP, mais plusieurs dizaines de policiers les ont bloqués pour les empêcher de se rendre dans l’agence, a indiqué l’un d’eux par téléphone, en se disant retenu dans un fourgon de police.

« Le gouvernement n’a pas envie de laisser s’exprimer la contestation », a déploré Roger, un des militants, qui n’a pas souhaité donner son nom. « Ce rassemblement n’a pas fait l’objet d’une déclaration préalable » en préfecture, a précisé un membre des forces de l’ordre.

Place de la Bourse, une quinzaine de militants de l’ONG Médecins du Monde (MdM) ont déployé une banderole devant le Palais Brongniard, pour demander l’accès gratuit aux soins pour tous. « G8 : Et s’ils sauvaient des vies après avoir sauvé des banques », pouvait-on lire sur la banderole. Cette action, dans la lignée de la campagne menée par MdM intitulée « La santé n’est pas un luxe », vise à « rappeler aux États leur responsabilité pour un socle de protection sociale pour tous », a expliqué à l’AFP Pierre Salignon, directeur général à l’action humanitaire.

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 mai 2011.

 

Des anti-G8 occupent les locaux de Standard’s and Poor à Paris

Une vingtaine de militants altermondialistes a occupé pendant plus d’une heure, jeudi 26 mai au matin, les locaux de l’agence de notation Standard’s and Poor à Paris. « C’est pour nous l’un des plus importants symboles du capitalisme financier actuel et des plans d’austérité », a expliqué un militant joint par téléphone. « On fait en sorte que le coût de l’irresponsabilité des marchés soit assumé par la majorité de la population, notamment par les plus vulnérables », s’indigne le communiqué de ces militants anti G8, publié sur leur site Internet. « Cette occupation constitue un moyen de pointer du doigt ce à quoi nous nous opposons quotidiennement : un système économique et politique qui favorise les multinationales, les banques et les institutions financières au détriment des peuples », écrivent-ils encore.

Un collectif de militants altermondialistes avait appelé sur Internet « une horde débonnaire et clandestine » à occuper « un symbole bien connu de la manigance capitaliste », en parodiant les noms d’organisations internationales, comme l’Organisation des téléspectateurs anarco-nihilistes (OTAN), la Fédération malgache des insoumis (FMI) ou encore le Groupe invivable des garçonnières du Nébraska (GIGN).

Les militants sont entrés dans le hall, ont distribué des tracts dans les locaux et discuté avec les responsables de l’agence de notation à Paris. Ils ont quitté les lieux dans le calme, suivis de près par la police.

Peu auparavant la police a empêché une cinquantaine d’autres militants s’étaient donnés rendez-vous dans un autre lieu de Paris de se joindre à cette action. Selon des manifestants sur place, les altermondialistes ont été « encerclés par un déploiement considérable de policiers » et ont « été amenés au commissariat du 18e arrondissement ».

Leur presse (Le Monde.fr), 26 mai 2011.

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Le printemps des révolutions arabes éclot… en Espagne ?

 

Sans maison, sans taf, sans retraite, sans peur

Les vents de révolution auraient-ils réussi la traversée du détroit de Gibraltar ? Pourrait-on imaginer que l’élan de la subversion né en Tunisie finirait par gagner aussi l’Europe ? Les mobilisations en cours en Espagne, au Portugal, en Grèce, ces derniers mois, invitent à rêver : un germe de révolution serait-il enfin en train de pousser ?…

La semaine dernière, des milliers de personnes sont descendues dans plus de 50 villes espagnoles pour crier leur ras-le-bol et leur mécontentement contre toute la classe politique, principale responsable d’une crise qui enfonce le pays dans une précarité devenue insoluble. Depuis lors ce mouvement, baptisé « Movimiento 15-M » (parce que né le 15 mai) ne cesse de prendre de l’ampleur. Depuis le début de la semaine dernière, et à l’aune du succès de la journée du 15 mai, des centaines de militants avaient décidé d’occuper spontanément les places des villes les plus importantes. Ceci avait provoqué une vague immédiate d’arrestations ; mais la répression n’a pas fait reculer : au contraire, la madrilène « Puerta del Sol » est devenue, tout comme la place Tahrir au Caire, le haut lieu de résistance qui ne cesse de rassembler de plus en plus de monde. Cela fait une dizaine de jours que des milliers de personnes campent sur la place. Au début, il était question d’y rester jusqu’à la journée des élections municipales du 22 mai. Les résultats n’ont rien changé : le campement continue.

Les Espagnols se disent indignés et affirment ne plus avoir peur (« Sans maison, sans taf, sans retraite, sans peur » était un des slogans que l’on pouvait lire sur les pancartes). Cette mobilisation massive est en effet la réponse collective et organisée de la société espagnole face à une situation politique, économique et sociale qui devient de plus en plus tendue. 21% de la population est au chômage. À cela s’ajoute un pacte social qui entérine la précarité comme mode de vie. Aucune perspective de futur pour les jeunes. Des conditions de travail de plus en plus dures. Plus de retraite digne de ce nom. Les élections municipales arrivent dans un climat particulièrement tendu, parce que la crise ne cesse de s’aggraver et que les partis politiques ne représentent plus personne. Que réclament-ils ? L’engagement de tous dans la vie politique et sociale, plus de justice, des services publics pour tous, un changement global et réel. Des initiatives pour lutter contre la précarité sont envisagées : comme l’occupation de logements vides, décision prise aujourd’hui en assemblée générale. Dans les autres villes, des assemblées générales ont lieu tous les jours.

Le succès de la mobilisation surprend tout le monde : ni les médias, ni les partis de gauche, ni les syndicats majoritaires n’avaient pensé qu’elle serait à ce point suivie et reconduite. La population s’organise, dans toutes les villes, en dehors des circuits traditionnels, de manière spontanée, en assemblées générales dans la rue, par Internet, par téléphone… Les révolutions arabes et les révoltes en Grèce sont devenues le modèle à suivre. L’hétérogénéité des manifestants est aussi inédite : les moteurs de cette révolte ne sont pas forcément des militants chevronnés, mais plutôt des individus anonymes, désabusés, sans expérience de lutte préalable ; ce qui explique aussi que ce mouvement se revendique parfois « apolitique » ou « citoyenniste ». Dans tous les cas, il s’agit d’un mouvement très large qui s’inspire des pratiques libertaires dans son mode d’action et qui est jusqu’à présent capable de rassembler des gens très hétéroclites.

À noter que ce mouvement d’occupation des places publiques fait tâche d’huile, au Portugal notamment (place du Rossio à Lisbonne), ou les jeunes précaires sont mobilisés depuis le mois de mars. Des appels à des rassemblements spontanés sont aussi prévus en France pour les jours qui viennent.

La jeunesse européenne va-t-elle se réveiller ? En tout état de cause, nous soutenons les Espagnols dans l’expression de leur désarroi et colère, espérant qu’il s’agit d’un signe annonçant quelque chose de plus large et profond, ouvertement politique et anticapitaliste. De la même manière nous soutenons les peuples portugais et grecs, dans cette même en lutte. La CNT-f espère que ce ne soit pas qu’un feu de paille, mais bien les braises d’une révolution sociale.

Secrétariat international de la CNT, 24 mai 2011.

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Numéro de la Legal Team pour les 26 et 27 mai

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[Dijon] Le local de l’UNI cambriolé, sa propagande cramée

Dégradations et vol avec effraction au local de l’UNI

Le local de l’Uni saccagé, les étudiants parlent d’un acte « scandaleux ».

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Dans la nuit de dimanche à lundi, le local du syndicat étudiant UNI a été visité. Dans un communiqué, l’Uni Dijon, explique que le local a été « saccagé ». Une des fenêtres du local de l’Uni aurait été brisée et des documents papiers, présents à l’intérieur, ont été brûlés.

Un ordinateur a également été dérobé et les facades extérieures du local, situé sur le campus de l’Université Dijon Bourgogne ont été tagués de « propos haineux » envers les sympathisants de l’Uni. « De telles actions ne sont pas dignes de combats politiques », explique le syndicat, reconnu pour être plutôt marqué à droite.

Selon le syndicat, il s’agit là d’un acte prémédité « puisque les malfaiteurs portaient des gants » et que le local « avait déjà été plusieurs fois la cible de dégradations extérieures ».

L’Uni Dijon, qui « condamne ce saccage », a également porté plainte. L’Uni s’étonne toutefois de « ne pas avoir reçu le soutien de la présidente de l’Université face à des faits d’une telle violence ».

Leur presse (Le Bien public), 24 mai 2011.

 

Bon, voilà une fois n’est pas coutume un communiqué de l’UNI. Ça parle tout seul…

Dijon : des actes scandaleux

L’UNI Dijon déplore les dégradations et les vols qui ont eu lieu en son local situé sur le campus de Dijon.

Les faits se sont produits dans la nuit de dimanche à lundi. Une des fenêtres du local de l’UNI a été brisée. Les malfaiteurs ont ensuite dérobé tous les documents papiers présents dans le local pour les brûler à l’extérieur. Un ordinateur a aussi été dérobé. Les murs extérieurs du local ont été entièrement tagués. Les tags évoquent des propos haineux envers les sympathisants de l’UNI. De telles actions ne sont pas dignes de combats politiques. L’UNI Dijon condamne ce saccage. L’UNI Dijon a porté plainte et espère que la police pourra retrouver les coupables afin que ceux-ci soient punis.

Un acte prémédité — Il s’agit bien d’un acte prémédité puisque les malfaiteurs portaient des gants. Aussi, le local de l’UNI avait déjà été plusieurs fois la cible par le passé de dégradations extérieures manifestement d’origine anarchiste au vu des tags, des affiches et autocollants.

L’UNI Dijon regrette que la présidence de l’université ne lui ait fait part de son soutien face à des faits d’une telle violence qui marqueront à jamais l’esprit des militants et sympathisants de l’UNI.

L’UNI Dijon espère que l’université saura lui trouver un local moins retiré et plus sûr que celui-ci. En effet, malgré les dégradations précédentes répétées, l’université n’a jamais pris la responsabilité de nous proposer un autre lieu.

 

Brèves du désordre, 25 mai 2011.

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España 2011 : Créer deux, trois, de multiples places Tahrir

Depuis le 15 mai 2011, une petite dizaine de jours au moment de ces entretiens, les EspagnolEs occupent les places de leurs villes.

Ce qu’illes veulent ? Sur le papier, leurs revendications sont plutôt gentillettes. Mais la réalité de ce qui se passe sur ces places semble aller bien au-delà de ces revendications.

Trois personnes, dans trois villes différentes, avec trois cultures politiques différentes, racontent. Avec un même enthousiasme.

Émission diffusée le 24 mai 2011 sur Radio Canut
44 minutes – 256 kbps – 79,2 Mo

À écouter et télécharger sur Sons en luttes


Nos rêves ne tiennent pas dans vos urnes

Mais que se passe t-il en Espagne ? Entretiens avec Inaki et Silvia.

L’Égrégore du 23 mai 2011

À télécharger sur le site de l’OCL

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« Qu’est-ce que la démocratie directe ? » (Prologue)

Le livre de Fabrice Wolff, Qu’est-ce que la démocratie directe ?, dont Le Jura Libertaire donnait à lire en ligne le prologue dès sa parution, est le petit bouquin qui peut contribuer à l’agitation pratique qui se manifeste maintenant sur les places publiques d’Espagne, et au-delà.


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Manif anti-G8 au Havre le 21 mai 2011

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Plus d’indignation et moins de cirque. Autocritique sur le campement de la Puerta del Sol à Madrid

Et que faisons-nous ? Qu’avons-nous fait pour profiter de cette force énorme, de cette immense rage rebelle de dizaine de milliers de personnes disposées à venir sur la place et à défier illégalismes et ultimatums ? Avons-nous peut être essayé d’occuper la banque d’Espagne qui est à 3 minutes à pied de la place, ou le siège de Telefonica à deux rues de distance, ou aller en masse crier un peu face au Palais de la Moncloa (siège principal de la présidence de l’État) ?

Non. Nous avons créé mille et une commissions et sous-commissions. Ateliers artistiques, concerts, câlins gratuits et conseils pour être bien avec soi-même. Aujourd’hui mardi 24 mai au matin, je vais sur internet pour voir les horaires des assemblées et commissions du jour et je ne trouve rien de cela, à la place, je trouve les horaires pour la performance des femmes enceintes, pour la réunion des clowns et l’atelier des fours solaires.

Pardon ? Toutes ces choses peuvent être bien, mais ce n’est pas le moment. Pas du tout. Maintenant il faut lutter et ne pas gâcher la force accumulée. Ce qui s’est passé ces derniers jours était une insurrection et c’est une grave erreur d’avoir canalisé et domestiqué cette énergie transformatrice en de simples activités que l’on peut trouver dans n’importe quel centre municipal. Ce que la police et le gouvernement n’ont pas réussis à faire, nous sommes en train de le faire nous-mêmes, inconsciemment je voudrais le croire, : tuer la révolte, l’endormir, la rendre ennuyante, la disperser, en définitive la rendre inoffensive pour le régime.

Le Gouvernement national, après avoir vendu son âme à la banque, est plus faible que jamais, pris dans une énorme crise politique, avec des querelles internes et une grosse pression dans son propre régime pour qu’il démissionne. Parallèlement, l’énergie populaire, l’esprit rebelle des gens, la haine et le mépris envers les banquiers et les politiciens est à son niveau le plus haut depuis plusieurs années. C’est le moment d’être audacieux et d’aller de l’avant, la situation nous permet beaucoup plus de marge pour attaquer, pour forcer, pour faire pression. Nous tenons la carte déjà gagnée de la force symbolique et physique de la Puerta del Sol et des autres places du pays, ne la perdons pas, utilisons-la pour attaquer, pour gagner, et non pour passer un bon moment en regardant du cirque.

P.-S. : Bien sûr n’oublions pas les détenus. Qu’est-ce que ca veut dire une commission qui a engagé des discussions avec des hauts fonctionnaires de la Délégation du Gouvernement sur la suite du campement, quand il y a 24 camarades détenu(e)s et tabassé(e)s sous de fausses accusations ? Qu’ils retirent d’abord les charges contre eux, ensuite, au mieux on les laisse s’asseoir sous une tente pour qu’il nous racontent, avec lumière et sténographes, ce qu’il en est. Ce sont des professionnels du mensonge, du paternalisme et de la menace mafieuse, on ne peut pas laisser deux gosses à peine sortis de la fac négocier en privé avec ces gens.

Traduction partielle – Indymedia Paris, 24 mai 2011.

 

Más indignación y menos circo. Autocrítica sobre acampada en Sol

Escribo esto no como reproche sino como autocrítica constructiva y llamada de atención. El movimiento 15M, a fuerza de sacrificios y esfuerzos ha conseguido un éxito sin precedentes y demostrado una capacidad de organización técnica impresionante. Por eso mismo no podemos desaprovechar ese éxito y esa energía, y creo que lo estamos haciendo. Esto está escrito en Madrid, pero sé que vale también para, al menos, varias de las acampadas de otras ciudades.

Tras los palos y detenciones del día 15 y el desalojo del día 16, miles y miles de personas sin experiencia militante inundaron Sol. Reocuparon la plaza más emblemática de España desobedeciendo las leyes del Estado, invadieron Sol para volcar su rabia, su indignación y su odio contra un régimen mafioso de políticos y banqueros.

El régimen ya no podía, ni puede, aplastarnos por la fuerza pues los disturbios serían monumentales y desastrosos para un gobierno en crisis como este. Además, en esta situación la represión haría crecer exponencialmente el movimiento. El enemigo estaba a la defensiva, desbordado y a verlas venir. Su única opción era y es apaciguarnos con mano izquierda, contenernos, entretenernos, influirnos jugando a poli malo poli bueno, hacer que seamos nosotros mismos los que abandonemos “su” plaza y que encima creamos que la decisión es nuestra. No pueden destruirnos a palos, pero ven que pueden influirnos para que nos volvamos inofensivos.

¿Y qué hacemos nosotros? ¿Qué hemos hecho para aprovechar esa enorme fuerza, esa inmensa rabia rebelde de decenas de miles de personas dispuestas a acudir a Sol a desafiar ilegalizaciones y ultimátums? ¿Hemos quizás amagado con ocupar el Banco de España que está a 3 minutos andando de Sol, o la sede de la Telefónica a dos calles de distancia, o ir en masa a gritar un poco frente a La Moncloa, todo recto por Gran Vía y Princesa para arriba? No. Hemos creado mil y una comisiones y subcomisiones. Talleres artísticos, recitales, abrazos gratis y consejos para encontrarte a ti mismo. Hoy Martes 24 de Mayo por la mañana entro en la web para ver horarios de asambleas y comisiones del día y no encuentro nada de eso, en su lugar encuentro los horarios para la performance de embarazadas, para la reunión de clowns y el taller de hornos solares. ¿Perdona? Todas esas cosas pueden estar bien, pero no tocan ahora. Para nada. Ahora toca luchar y no malgastar la fuerza acumulada. Lo de días pasados fue una insurrección y es un gravísimo error el haber encauzado y domesticado esa energía transformadora en simples actividades que puedes encontrar en cualquier centro municipal. Lo que no pudo hacer la policía y el gobierno lo estamos haciendo nosotros, quiero pensar que inconscientemente: matar la revuelta, dormirla, aburrirla, dispersarla, en definitiva hacerla inofensiva para el régimen.

El Gobierno nacional, tras vender su alma a la banca, está más débil que nunca, inmerso en una enorme crisis política, con rencillas internas y con una enorme presión dentro del propio régimen para que dimita. Al mismo tiempo, la energía popular, el espíritu rebelde de la gente, el odio y el desprecio hacia banqueros y políticos está en su nivel más alto desde hace muchos años. Es momento de ser audaces y de ir para adelante, la situación nos permite mucho margen para atacar, para forzar, para presionar. Tenemos la carta ya ganada de la fuerza simbólica y física de la Puerta del Sol y del resto de plazas del país, no la perdamos, usémosla para atacar, para ganar, no para pasar un buen rato viendo el circo.

PD. Por cierto, no olvidemos a los detenidos. ¿Qué es eso de que una comisión ha entablado conversaciones con altos cargos de la Delegación de Gobierno sobre la continuidad de la acampada, cuando hay 24 compañeras y compañeros detenidos y apaleados bajo acusaciones falsas? Primero que retiren los cargos de los compañeros, luego a lo mejor les dejamos sentarse bajo una carpa a que nos cuenten, con luz y taquígrafos, de qué van. Son profesionales de la mentira, el paternalismo y la amenaza mafiosa, no podemos dejar que dos chavales recién salidos de la facultad negocien nada en privado con esa gente.

Indymedia Madrid, 24 mai 2011.

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[Espagne] La CGT avec la rébellion dans les rues…

La Confédération Générale du Travail (CGT) se réjouit de la mobilisation soutenue des assemblées et campements citoyens surgie du 15 mai. Elles sont la démonstration que l’auto-organisation à partir d’en bas non seulement est possible, mais qu’elle est le meilleur chemin pour réclamer les rues et les places publiques comme lieux de débat et de libre expression, pour réfléchir nombreux à d’autres formes non capitalistes d’organiser la société, pour réveiller les consciences endormies, pour tâcher de faire tomber les murs d’un système corrompu, caduc et extrêmement injuste et inégal.

À la CGT, nous ne croyons pas que la lutte politique des partis et des élections soit l’outil à utiliser, entre autres choses parce qu’elle se transforme en un but en soi, et au contraire nous croyons à l’organisation sociale, aux connexions entre les réseaux sociaux, à la démocratie directe et participative, à l’organisation horizontale, fédérative et assembléiste de la société.

La CGT unit sa voix aux dizaines de milliers de voix indignées qui crient « Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiciens et des banquiers » ; mais nous savons aussi que l’indignation doit se transformer en rébellion et en organisation contre les vrais coupables de la crise, ces mêmes élites politiques et économiques qui s’enrichissent au prix d’un travail précarisé et sans droits, au prix de la privatisation et du démantèlement des services publics, au prix de la détérioration de l’environnement, au prix de la répression de toute dissidence, au prix de l’abandon de la jeunesse à un avenir d’exploitation dans un travail sans droits sociaux.

C’est pourquoi le syndicat CGT encourage et soutient le fait d’être dans la rue avec les Assemblées Citoyennes. Aucun gouvernement, aucun Conseil Électoral Central, ne pourra interdire ni intimider la juste rage qui s’étend dans notre pays et dans le monde et l’empêcher de s’exprimer librement demain samedi, et les jours suivants, dans un acte authentique de réflexion sociale et collective qui va bien au delà d’élections politiques municipales ou autonomiques [régionales].

Secrétariat permanent du Comité confédéral de la CGT espagnole – traduction de Rojo y Negro, 20 mai 2011.

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« Faure et Reclus à l’Élysée » : Violences policières et idéologie sécuritaire

Une série diffusée sur Radio Périgueux 103, à écouter, télécharger, etc. sur l’audioblog de l’émission.

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Justice pour Hakim (10 mars).

Entretien avec Walid, du comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi. On parle du combat pour la mémoire d’Hakim — tué par la police à Grasse (Alpes-Maritimes) le  9 mai 2008 — et des autres, à une semaine de la Journée nationale d’actions contre la répression et les violences policières (samedi 19 mars).
Avec le témoignage de Ilhan Kiran, frère d’Umüt Casser, exécuté par la police suisse dans la nuit du 17 au 18 avril 2010 ; ainsi que la présentation de l’appel de Poitiers par Mathieu Rigouste — recueillis le 5 février dernier lors de la rencontre « Police-Justice-Citoyens : Violences policières, dérives judiciaires » à Nice.

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« Omerta dans la polis » par Pierre Tévanian (24 avril) – Réflexions sur les violences policières, leur impunité et leur acceptation.

Intervention de Pierre Tévanian du collectif Les mots sont importants lors de la rencontre « Violences policières, dérives judiciaires » organisée par le comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi le 5 février 2011 à Nice (intervention publiée en brochure par l’Infokiosque B17).
Cet exposé est suivi des témoignages de Dorsaf et Walid à propos de quelques meurtres policiers, ainsi que de celui de Fatima Derni sur son combat judiciaire suite à la mort de son frère Zamani à la maison d’arrêt de Nantes le 8 février 2000.

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« Violences policières et désignation de l’ennemi intérieur » par Mathieu Rigouste (5 mai) – Des outils pour comprendre que la violence policière est systémique.

Intervention de Mathieu Rigouste, chercheur en sciences sociales, lors de la rencontre « Violences policières, dérives judiciaires » organisée par le comité Vérité et Justice pour Hakim Ajimi le 5 février 2011 à Nice (intervention retranscrite par la revue Différences) ; suivie d’échanges avec le public.

La fabrique de la peur avec Mathieu Rigouste (19 mai).

Entretien (réalisé par Canal Sud) avec Mathieu Rigouste à propos de son dernier ouvrage Les Marchands de peur, La bande à Bauer et l’idéologie sécuritaire aux éditions Libertalia.
La peur est un outil politique fondamental pour les classes dominantes. Transformée en marchandise, elle constitue le secteur d’activité d’idéologues organisés pour vendre ces produits aux gouvernements et aux complexes industriels. En France, la bande à Alain Bauer constitue la manifestation la plus exemplaire de cette collaboration intensive entre éléments de la classe politique, de la police, de l’armée, de l’industrie, de l’Université et des grands médias. En étudiant cette bande et ses réseaux, leur positionnement dans le champ de la production du contrôle, ce qu’ils disent et font, leur histoire, leurs profits et leurs stratégies, l’auteur met à disposition des cartes et des outils pour attaquer la dimension idéologique des sociétés de contrôle.

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Nantes Nécropole no 1 – Printemps 2011

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Et si leur projet n’était pas le nôtre ?

À Nantes, impossible d’ignorer qu’un projet d’aéroport international se mijote depuis plus de quarante ans. Les élus locaux se sont transformés en une sorte de lobby pro aéroport, relayés par leurs journaux promotionnels [2,4 millions d’exemplaires en cumulant le magazine régional, ceux du Département, de la Communauté urbaine et Nantes Passion] et avec complaisance par la presse du cru.

Les oppositions qui se sont manifestées depuis l’origine de ce projet, les contre argumentaires, contre expertises et contre propositions, pour convaincants qu’ils soient à l’occasion, n’ont pas freiné l’avancement de ce projet pharaonique.

C’est donc qu’il est très cher — au propre comme au figuré — au cœur de nos édiles. Il n’est pas seulement un gadget de plus pour assurer leur prestige. Il fait pièce à une vision du développement urbain, rouage apparemment indispensable d’un certain développement économique.

Pour satisfaire les exigences et les intérêts de ce développement, avec son cortège de modernité, croissance, compétitivité et autre attractivité — tous lieux communs surtout destinés à empêcher la pensée critique — il serait donc indispensable que Nantes dispose d’un nouvel aéroport.

Il est habituellement désigné comme l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, mais il s’agit bien de l’aéroport de Nantes, pièce maîtresse d’un fantasme de métropole Grand-Ouest, plaçant Nantes en position dominante dans un triangle englobant Rennes et Saint-Nazaire.

Puisque nous habitons Nantes et ses environs c’est en notre nom que ce projet, et l’urbanisation croissante de nos espaces de vie, sont imaginés et promus.

Que nous dit-on, depuis quarante ans, pour nous faire croire que c’est à nos besoins qu’ils sont censés répondre ?

Premiers arguments avancés : la sécurité des habitants survolés, suivie de près par la promotion de l’emploi et du développement local. Vieille rhétorique de la peur, de l’angoisse que le ciel nous tombe sur la tête sous la forme d’un avion ou d’un passage par la case chômage. Permanente injonction au développement à tout prix et menace sous-jacente de la relégation économique. Ces incantations, qui ne résistent pas à l’examen, ne visent encore qu’à tétaniser toute réflexion sur le modèle de société qu’elles supposent.

On nous dit aussi sans rire, puisque tout aujourd’hui doit être éco-quelquechose, que cet aéroport serait affublé du label « haute qualité environnementale ». Que signifie cette écologie de façade qui ne recule pas devant la bétonnisation de milliers d’hectares de terres agricoles et l’extension infinie de zones suburbaines ? Opportuniste, la peinture verte du bâtiment de l’aérogare exploite un concept mis à toutes les sauces, qui culpabilise autant qu’il enrégimente.

Enfin, on nous vend une Métropole. Verte, puisque c’est l’argument du moment. Et Grand-Ouest, puisqu’il faut exister dans l’Europe de la marchandise. En voie de configuration tant mentale que spatiale, ce territoire recouvre des enjeux politiques et économiques dont ce projet d’aéroport est l’une des expressions les plus manifestes.

Les fausses évidences cachent des intérêts plus réels. Pour sortir de la passivité dans laquelle essaient de nous plonger les discours politiques et médiatiques, nous avons besoin de regarder de près les arguments déployés pour justifier un tel projet.

En interrogeant les notions de métropole ou d’écologie, matrices indissociables de l’urbanisation à la mode du temps, nous avons essayé de mettre au jour les représentations qu’elles cherchent à façonner et les enjeux qui les sous-tendent. Accroître notre compréhension des décisions prises à notre place, c’est nous donner les moyens d’affirmer nos choix et nos refus.

C’est aussi ce que font celles et ceux qui, pour s’opposer résolument à ce projet délirant, ont décidé d’aller vivre sur place et de se réapproprier un bout du territoire qu’il prétend accaparer.

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[Paris] Urgence Tunisiens : besoin de soutien financier et humain

Salut à toi,

Actuellement vous avez certainement au courant que la situation des Tunisiens est plus que grave depuis 10 jours.

Il y a plus de 1000 Tunisiens qui sont dans Paris : ils dorment en partie au gymnase proche de Belleville (100 rue Fontaine au Roi), à la Villette, dans différents parcs.
Les associations comme la Chorba et les Muslins passent le soir mais pour manger le midi c’est pas géré du tout sauf depuis dimanche que Maxime a cuisiné et apporté à manger pour 150/200 personnes au gymnase.

Aujourd’hui ils étaient 300 à se présenter à midi pour manger.

D’autres personnes lui donnent un coup de main mais c’est vraiment peu.
Ils apportent gamelles, gaz le matin et de la bouffe et c’est les Tunisiens eux-mêmes qui se font à bouffer.
Ils récupèrent leur matos le soir histoire que ça ne soit pas revendu et le rapportent le lendemain matin.

Aider de manière concrète et dans une logique de pratique d’autogestion en ne tombant pas dans le piège du caritatif car c’est une grosse période de flou dans la présence des autres collectifs militants de terrain.
Il y a une possibilité de manifester notre solidarité en aidant à l’achat de la bouffe qu’ils gèreront eux-même ensuite.

1/ Il est possible de constituer une caisse de solidarité à Publico pour aider les quelques personnes à acheter la bouffe.

2/ Vous proposer pour donner un coup de main directement dans la matinée vers 10h-11h pour apporter une présence sur place au gymnase.

Je donne son contact téléphonique aux personnes intéressées.

Des nouvelles sont postées régulièrement sur Indymedia Paris.

Merci de relayer cette information sur les ondes et autour de vous parce que c’est maintenant qu’il faut faire preuve de solidarité pour les Tunisiens.

@narmicalement,

Liste de discussion Résistons ensemble, 23 mai 2011.

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Trois repas de soutien pour les compagnons rackettés par la justice dans le cadre de la lutte contre la machine à expulser

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Base de données anarchistes, 24 mai 2011.

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Des collégiens en stage dans l’armée : retour sur un fiasco

Le stage en immersion à la caserne de Monthléry s’est révélé une expérimentation hasardeuse et à l’idéologie dangereuse.

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Cela s’est passé durant la semaine du 2 au 6 mai, dans la caserne militaire du 121e régiment de Montlhéry. Dix collégiens venus de l’établissement de réinsertion scolaire (ERS) de Nanterre ont été aux ordres de l’armée pendant une semaine.

Ce stage en immersion était présenté par l’inspecteur d’académie des Hauts-de-Seine comme une « expérimentation de coopération entre l’Éducation nationale et la Défense ».

Étaient concernés des élèves exclus définitivement de leur établissement au moins une fois, et pour lesquels l’Éducation nationale espérait, semble-t-il, qu’une telle expérience leur apprendrait à marcher « au pas cadencé » (formule extraite d’un document de l’inspection d’académie pour ce stage), en entonnant La Marseillaise comme un seul homme à la levée du drapeau tricolore tous les matins.

Car le principe d’une immersion a été respecté à la lettre : uniforme pour tout le monde, y compris pour le personnel présent sur le terrain (dont une psychologue scolaire !), réveil à 5h30 du matin, garde-à-vous, hymne national, travaux d’intérêt général, apprentissage du code du soldat, parcours d’obstacles, marche à pied…

Des sorties ont aussi été organisées, notamment la visite du musée de l’Armée aux Invalides et le ravivage de la flamme du soldat inconnu sous l’Arc de Triomphe.

L’opération de com tourne au cauchemar pour les autorités — Non, ce n’est pas un mauvais rêve. Nous sommes en France et cela se passe en 2011. On imagine la suite.

Ce fut une semaine émaillée d’incidents, d’altercations entre les élèves eux-mêmes, entre les élèves et les gradés. Insultes, coups, menaces. « C’était très difficilement gérable », reconnait même un gradé dans Le Parisien.

Ainsi, la cérémonie du ravivage de la flamme sous l’Arc de Triomphe a été suivie seulement par trois élèves, les huit autres en ont été exclus, les gradés et le personnel de l’Éducation nationale craignant un incident…

Dès le deuxième jour de stage, une journaliste de télévision qui devait tourner un reportage toute la semaine sur cette expérience s’est vue refuser la possibilité de rentrer dans la caserne.

Un tel fiasco n’avait apparemment pas été prévu ni par l’armée, ni par l’Éducation nationale qui avaient donné au départ l’autorisation de filmer largement pour mettre ainsi en avant un projet académique innovant.

La journaliste n’a pu revenir que le vendredi, et les élèves ont alors toujours été « accompagnés » lors de leur interview ce jour-là.

Absence de réflexion et sirènes idéologiques inquiétantes — Cette « expérimentation » consternante réalisée par des fonctionnaires de l’école républicaine nous dit plusieurs choses.

D’abord, l’absence de réflexion de certains responsables de l’Éducation nationale s’agissant des problématiques concernant les élèves en voie de déscolarisation. Au point de se bercer de douces illusions, espérant qu’un tel cadre proposé redonnerait, comme par magie, aux adolescents concernés le goût de l’effort et le sens de la discipline.

Ensuite, derrière cette naïveté qui révèle un vide conceptuel sur les notions d’apprentissage et de politiques éducatives, pointent des sirènes idéologiques particulièrement inquiétantes.

Ce stage en immersion dans une caserne militaire marque la volonté de faire adhérer spécifiquement ces élèves à la nation française dont l’armée serait le dépositaire, et dont eux, issus de l’immigration, seraient dépourvus.

Le parcours chaotique de la semaine de stage révélerait alors immanquablement le caractère définitivement inassimilable de ces catégories de population « pas comme nous », et qui ne « nous » veulent pas.

Les sites d’extrême-droite réjouis par l’échec de l’opération — De multiples sites d’extrême droite (Fdesouche.com, Defrancisation.com entre autres) et le Front national lui-même (sur le site de la Fédération départementale de l’Essonne) ne s’y sont pas trompés en reprenant immédiatement l’article du Parisien (6 mai) qui évoquait ce stage, comme nouvelle preuve du bien fondé de leur position.

Le titre « Réinsertion de la racaille : échec total » du site Françaisdefrance apparait comme un condensé de ces points de vue.

Cet événement nous montre également que les discours entendus sur les immigrés, les « jeunes des cités » et sur l’identité nationale depuis plusieurs années au sein même du pouvoir ont des effets concrets sur des politiques publiques que mènent certains agents de l’État sur le terrain.

Les dépositaires de cet ordre du discours ne sont pas seulement des responsables académiques censés répondre aux attentes du pouvoir pour traiter ces exclus du système scolaire.

Le fait que différents agents de l’Éducation nationale se soient pris au « jeu » en enfilant un uniforme pendant toute la semaine face à leurs élèves n’est pas l’élément le moins troublant de cette confusion des genres.

Des réminiscences du colonialisme à la française — Les héritages de la France coloniale résident aussi dans cette intention partagée de confier ces jeunes, rebelles à l’autorité, par des soldats. Le revêtement de l’uniforme, on l’a dit, mais également les marches à pied, la mise au garde à vous, le réveil matinal, tout cela participe d’une volonté de domestiquer ces « corps-frontières », comme le définit la sociologue Nacira Guénif-Souilamas, que l’on enferme.

L’exercice de coercition n’a pu aller à terme, les soldats ne pouvant appliquer les sanctions habituelles, et en premier lieu, les séries de pompes… Mais nous sommes bien là face à une catégorisation ethno-raciale mis en œuvre dans le fonctionnement ordinaire d’un organisme public.

Ce référent ethno-racial, implicite au sein de l’Éducation nationale — explicite sur les sites d’extrême-droite précités —, est mobilisé par ses agents pour naturaliser leurs difficultés professionnelles. Un tel stage aboutissant à un échec permet d’ailleurs de justifier le discours déculpabilisant mettant en avant le fait qu’il n’y a rien à faire avec « eux ».

Même en situation d’échec, ces jeunes sont confiés à l’école — Pour finir, envoyer ces collégiens vivre une semaine « à la dure » dans une caserne, revient à les engager eux-mêmes dans un processus de désinstitutionalisation dont ils n’ont évidemment pas besoin.

Quelles que soient les fautes commises qui leur ont valu une ou plusieurs exclusions de leur établissement scolaire, ils restent des élèves dont l’institution scolaire a encore la charge.

L’école renonce à sa mission dès lors qu’elle décide — même provisoirement — de ne plus s’adresser à l’enfant comme élève, mais comme personne portant un uniforme militaire et enfermé dans une caserne.

L’organisation d’un tel stage participe du processus de disqualification dont ces élèves sont l’objet dans notre société, processus dont l’Éducation Nationale apparait aussi comme l’un des principaux acteurs.

Leur presse (Sébastien Ledoux – Enseignant et chercheur ; Rue 89), 23 mai 2011.

 

Les jeunes difficiles à l’école de l’armée

Les collégiens de l’établissement de réinsertion scolaire de Nanterre ont participé à un stage militaire cette semaine. Avec un résultat plutôt mitigé…

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Ce matin, ce sera la quille pour une quinzaine d’adolescents de Nanterre. Depuis le début de la semaine, ces collégiens, élèves de l’établissement de réinsertion scolaire (ERS), des jeunes en très grande difficulté, sont en stage au 121e régiment du train (121e RT) de Montlhéry, en Essonne. Comme chaque jour dans le cadre de cette expérience, ils vont se lever à 5h30, avaler un rapide petit déjeuner et se mettre au garde à vous le temps d’une cérémonie des couleurs.

Une Marseillaise plus tard et ils recevront un diplôme avant de repartir vers Nanterre en début d’après-midi.

Sur le papier, l’expérience avait de quoi séduire. L’Éducation nationale avait décidé d’immerger ces jeunes réputés à problèmes, tous exclus au moins une fois d’un établissement scolaire, dans un milieu où les maîtres mots sont rigueur, effort et discipline : l’armée.

Le 121e RT, un régiment spécialisé dans les transports, et dont une grande partie des effectifs est originaire de la région, n’avait pas été choisi au hasard. Malgré tout, il semblerait que les ados du 9-2 aient donné du fil à retordre aux militaires professionnels. Si cette unité n’a rien d’un bataillon disciplinaire, le 121e n’est pas non plus un camp de vacances. Le programme mêlait aspects très militaires et notions civiques : réveil aux aurores, treillis-rangers pour tous, du sport, des travaux d’intérêt général (TIG : le ménage dans le jargon militaire !), apprendre la Marseillaise, s’initier au maniement d’un défibrillateur, découvrir le code du soldat, parcours d’obstacles, une visite au musée des Invalides, etc. Ils devaient aussi intégrer la science du paquetage, de la course d’orientation, du bivouac et s’adonner à une petite marche de 5 km. Un document émanant de l’inspection d’académie précisait, sans doute dans un excès d’optimisme : « Tous les déplacements se feront au pas cadencé »…

Des espoirs en grande partie déçus. Cette semaine placée sous le signe de l’autorité s’est finalement révélée très tendue. Au point que la hiérarchie militaire a décidé de ne pas la médiatiser plus que cela. Peu désireuse que cette opération soit considérée comme un fiasco, la Grande Muette s’est montrée peu loquace. Selon nos informations, le stage a été marqué par des altercations à répétition et une hostilité ouverte à l’égard des encadrants militaires. Quand à la Marseillaise, il n’y a pas que sur les terrains de foot qu’elle a été bafouée. « Certains la chantaient en rap en modifiant les paroles comme on peut l’imaginer, soupire un gradé. On a beau avoir essayé de les séparer, d’isoler ceux qui apparaissaient comme des meneurs, c’était très difficilement gérable. » Une des raisons de ces problèmes tient au statut de ces jeunes. Ils ont beau se trouver dans une enceinte militaire, ils restent mineurs et civils. Pas forcément formés à une pédagogie de pointe, les militaires se trouvaient donc limités dans leurs moyens de coercition. Impossible de leur imposer les traditionnelles séries de pompes en cas de manquement à l’autorité. « L’Éducation nationale a sans doute compté sur nous pour les mater… » résume un militaire avec amertume. Raté ! Malgré tout, du côté des militaires comme de l’Éducation nationale, on espère que l’expérience n’aura pas été totalement inutile.

Leur presse (Olivier Bureau, Le Parisien), 6 mai 2011.

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Montpellier, appel à rejoindre l’Esplanade

Ya Basta !

Dans l’indifférence médiatique la plus totale, des dizaines de milliers d’Espagnols occupent les places des villes comme Madrid, Barcelone, Valence… Leurs revendications sont variées et symbolisent le malaise ambiant. Le système économique et politique se trouve attaqué de toutes parts (crise financière, crise écologique, crise sociale…). Ce mouvement a dépassé les frontières et la contagion s’établit dans le monde entier (Paris, New York, Rio, Sidney…).

Au moment où tous les oppresseurs du monde convergent vers la France pour préparer le G8 à Deauville, nous avons une bonne occasion de montrer l’unité des peuples contre ce monde qu’ils nous imposent. C’est ce que nous vous proposons de faire par un campement permanent, autogéré et mobile, situé sur la place de la Comédie.

Rejoignez-nous !

Nous n’avons ni parti ni idéologie unique, nous construirons au fur et à mesure. Comme en Espagne, nous vivrons ensemble, agirons ensemble, expérimenterons ensemble la société future.

Assemblée générale tous les jours de 18 à 20h, à l’Esplanade.
Manifestation déambulatoire le mercredi 25 mai à 16h.

Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 23 mai 2011.

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Ça bouge aussi au Portugal

Les mani­fes­tants, réunis place du Rossio, cons­cients qu’il s’agit d’une action de résis­tance en cours, décla­rent :

Nous, citoyens et citoyen­nes, femmes et hommes, tra­vai­leurs et tra­vailleu­ses, migrants, étudiants, chô­meurs et retrai­tés unis par notre indi­gna­tion et face à la situa­tion poli­ti­que et social suffocante que nous refu­sons d’accep­ter comme iné­vi­ta­ble, ocu­pons nos rues. Rejoignant ainsi ceux qui par le monde lut­tent aujourd’hui pour leurs droits face à l’oppres­sion cons­tante du sys­tème éco­no­mico-finan­cier régnant. De Reykjavik au Caire, du Winsconsin à Madrid, une vague popu­laire tra­ver­se le monde. Sur elle, régne le silence et la dés­in­for­ma­tion de la commu­ni­ca­tion sociale qui ne ques­tionne pas les injus­ti­ces per­ma­nen­tes du pays dans lequel nous vivons, et se contente de pro­cla­mer que les mesu­res d’aus­té­rité, la fin de nos droits et de la démo­cra­tie sont iné­vi­ta­bles.

La démo­cra­tie véri­ta­ble ne pourra exis­ter tant que le monde sera géré/diri­gé par une dic­ta­ture finan­cière. L’opé­ra­tion de « sauvetage » signée der­rière notre dos avec le FMI et l’UE a séques­tré la démo­cra­tie et nos vies. Dans les pays où est passé le FMI, l’espé­rance de vie a dimi­nué. Le FMI tue ! Nous ne pou­vons que le reje­ter. Nous refu­sons les dimi­nu­tions de salai­res, des pen­sions de retraite et aides socia­les alors même que les cou­pa­bles de cette crise sont épargnés et reca­pi­ta­li­sés. Pourquoi devrions-nous vivre entre chô­mage et pré­ca­rité ? Pourquoi veu­lent-ils nous reti­rer les ser­vi­ces publi­cs, nous volant ainsi, au tra­vers des pri­va­ti­sa­tions, ce pour­quoi nous avons tra­vaillé toute notre vie ? Nous répon­dons non. Nous défen­dons le retrait du plan de la Troïka (= FMI, banque mon­diale…). Suivant l’exem­ple d’autres pays de par le monde, comme l’Islande, nous refu­sons d’hypo­thé­quer notre pré­sent et notre futur pour une dette qui n’est pas la nôtre. Nous nous refu­sons à accep­ter le vol de notre avenir. Nous pré­ten­dons assu­mer le contrôle de nos vies et inter­ve­nir de manière effec­tive dans tous les domai­nes de la vie poli­ti­que, sociale et économique. Nous le fai­sons, aujourd’hui dans les assem­blées popu­lai­res réu­nies. Nous appe­lons à ce que tous se joi­gnent à nous dans les rues, les places, à chaque coin de rue, à l’ombre de chaque statue, pour que uni(e)s, nous puis­sions chan­ger une bonne fois pour toutes les règles viciées de ce jeu.

Ceci n’est que le début. La rue est à nous.

Rebellyon, 24 mai 2011.

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Au peuple de Madrid !

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