Quelques nouvelles de la lutte de classe en Irak

1200 ouvriers d’une usine de ciment de Kerbala ont commencé une grève. L’usine est exploitée par la société française Lafarge, et les patrons veulent augmenter massivement la production d’environ 60.000 tonnes par mois. C’est énorme pour une vieille usine et la capacité n’est pas vraiment là pour répondre à ces objectifs. D’après le contrat conclu entre Lafarge et le gouvernement irakien, le four doit être mis à niveau avant d’augmenter la production, mais cela n’est pas été fait, le four n’a reçu qu’une entretien de routine. Cela se traduit par une augmentation massive de la charge de travail pour les travailleurs. Les travailleurs ont fait grève dimanche 11 février et ont donné aux patrons un délai de dix jours pour répondre à leurs revendications.

À l’usine Lafarge de Bazian, à proximité de Souleymaniyah, les chauffeurs se mis aussi en grève pour exiger une meilleure protection de sécurité sur le lieu de travail. Ils ont fermé les routes vers l’usine et à partir d’elle, ce qui signifie que les marchandises ne pouvaient ni entrer ni sortir.

À Bassora, trois ouvriers du nettoyage sont morts dans un accident alors qu’ils nettoyaient un pétrolier dans des conditions précaires. Ils travaillaient avec un salaire journalier, qui ne donne aucune assurance pour les conditions de travail dangereuses ou indemnisation en cas d’accidents.

Le mépris de patrons pour les travailleurs de la sécurité a également été démontré par un importateur de grues et autres équipements industriels en provenance du Japon, achetés parce qu’ils ne coûtaient pas cher. Aucun des essais préalables n’a été effectué et le matériel s’est révélé plus tard être radioactif, ayant été utilisé dans le nettoyage et la reconstruction à la suite de la catastrophe de mars 2011.

Une délégation de la FWCUI s’est rendu récemment au Caire pour assister à la conférence de la nouvelle Fédération des syndicats indépendants. Nous avons rencontré des leaders ouvriers de divers secteurs, et parlé des nouvelles tendances dans les mouvement ouvrier international qui visent à briser l’ancien syndicalisme bureaucratique. Nous avons parlé en particulier avec les militants égyptiens et tunisiens au sujet de la possibilité de former une nouvelle tendance internationale des organisations de travailleurs, et la possibilité d’une conférence internationale a été discutée. Nous nous retrouverons au Caire dans trois ou quatre mois. De notre point de vue, il est important que tout regroupement international soit basé sur les fondamentaux, les tâches quotidiennes du mouvement des travailleurs sans base idéologique ou doctrinale inutile.

La menace d’une attaque américaine ou israélienne contre l’Iran est, bien sûr, sujet de discussion des gens en Irak, avec beaucoup de crainte et d’appréhension. Nous avons notre propre expérience en Irak des résultats d’une invasion. Les gens sont également préoccupés par l’influence de l’Iran en Irak, et comment l’Iran peut essayer de transformer l’Irak en champ de bataille dans le cas d’une guerre.

Falah Alwan

Falah Alwan est président de la Fédération des conseils ouvriers et syndicats en Irak (FCOSI, plus connue sous son sigle en anglais FWCUI), une des principales fédérations syndicales en Irak. Cet article est un résumé de la dernière conférence téléphonique sur Skype entre Falah et des militants de l’AWL.

Solidarité Irak, 22 février 2012.

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[« Affaire de Tarnac »] Il ne faut pas vendre la peau du chien policier avant de l’avoir étripé (2)

Nouvelle arrestation dans l’affaire de Tarnac

Un homme a été arrêté jeudi matin à Rouen et placé en garde à vue dans les locaux de la sous-direction antiterroriste à Levallois-Perret dans le cadre de l’affaire « de Tarnac ». Il serait soupçonné d’avoir participé à la fabrication des crochets placés sur les caténaires SNCF en novembre 2008 pour interrompre la circulation des trains.

Le juge d’instruction, Thierry Fragnoli, s’est rendu à Rouen avec des policiers de la Sdat pour interpeller cet homme. Dans cette affaire, dix personnes ont été mises en examen depuis novembre 2008 pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste.

Leur presse (LesInrocks.com, 23 février 2012)


Affaire de Tarnac : un suspect est en garde à vue

L’homme est suspecté d’avoir fabriqué les crochets ayant servi à saboter les lignes.

Un homme est en garde à vue à la Sous-direction Anti-terroriste depuis jeudi 23 février dans l’affaire dite de Tarnac. Il est soupçonné d’avoir fabriqué les crochets utilisés dans les sabotages de lignes à grande vitesse à l’automne 2008.

Âgé d’une trentaine d’années, proche du groupe de Julien Coupat, il a une formation de forgeron/ferronier et vit en région rouennaise. Les policiers, accompagnés par le juge d’instruction Thierry Fragnoli, ont effectué une perquisition dans l’atelier de son père qui exerce le même métier que lui et auquel il avait accès. Les enquêteurs y ont trouvé plusieurs fers à béton.

D’après nos informations, cet homme est proche d’autres Rouennais, déjà interpelés et mis en examen dans ce dossier pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste en novembre 2008.

Les enquêteurs, après avoir trouvé dans la Marne des tubes qui auraient pu servir à accrocher les crochets en fer à béton qui ont servi à endommager les caténaires, cherchent à trouver où et comment ont été façonnés ces crochets. Selon la législation anti-terroriste, la garde à vue peut durer jusqu’à 96 heures.

Leur presse (Isabelle Monnin & Olivier Toscer, tempsreel.nouvelobs.com, 24 février 2012)

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[Pharmamafia] Les blouses blanches travaillent sur les cobayes

Témoignage
Pendant huit jours et pour 680 euros, j’ai donné mon corps aux labos

Pendant une semaine, en janvier 2012, j’ai été volontaire pour des essais pharmaceutiques. Récit de mes vacances de cobaye.

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Un échantillon d'urine (Florentin Cassonnet)

L’aiguille entre une dernière fois dans mon bras droit, ça grince. C’est la fin des huit jours d’étude et la veine est fatiguée. C’est Sacha, au détour d’un petit job, qui m’avait parlé des essais pharmaceutiques :

« Le mieux, c’est de prendre les groupes du milieu d’étude, comme ça des gens ont déjà testé le médicament avant toi, et tu ne prends pas les doses maximales. »

Éducateur paramédical, il travaille six, huit mois par an et vit le reste de l’année sur ce qu’il gagne avec ces études pharmacologiques :

« C’est un peu comme si t’allais en cure, t’es nourri, tu ne peux pas sortir, donc pas de distraction, tu lis, tu te reposes. »

Et pendant trois semaines (de la visite médicale jusqu’à la fin de l’étude), pas d’alcool. Être cobaye serait-il purificateur ?

« J’ai vomi quatre fois »

Le 9 janvier, j’entrais dans ce centre de recherche privé mais « agréé du ministère de la Santé », à Rennes, pour la visite médicale. Suis-je apte à participer à cette étude pharmacologique ? Prise de sang, recueil d’urine, électrocardiogrammes. Surtout, pendant 45 minutes, lecture du « Formulaire d’information et de consentement des volontaires » sur les conditions de l’étude, les règles, et les risques :

« La plupart des effets indésirables sont réversibles à l’arrêt du produit expérimental. Dans certains cas, les effets secondaires peuvent être graves, de longue durée ou irréversibles. »

J’ai vomi quatre fois le jour de la première prise du médicament.

J’ai découvert le jargon poético-pharmaceutique :

« Étude de première administration à l’homme en trois parties, en double-aveugle, contrôlée versus placébo, randomisée, évaluant la sécurité d’emploi, la tolérance, la pharmacocinétique et l’effet repas de doses uniques croissantes d’ALS-002200 administrées oralement à des volontaires sains ainsi que la sécurité d’emploi et la tolérance de doses multiples croissantes d’ALS-002200 administrées oralement à des sujets atteints d’hépatite C chronique de génotype 1. »

Cobaye, un statut réglementé

Avoir un proche atteint de l’hépatite C aurait été une bonne raison de faire l’étude. Mais il faut se rendre à l’évidence, ce n’est pas pour faire avancer la médecine que je suis là. C’est la somme en euros que j’ai d’abord cherchée dans le courrier d’« invitation » à l’étude : 680 euros.

Les autorités de santé ont pris les précautions nécessaires pour que personne n’en fasse un job à plein temps (comme cet Américain qui pratique le « guinea-pigging » : cobaye est son métier) : un volontaire doit laisser passer trois mois entre chaque étude et il ne peut gagner plus de 4500 euros sur les douze derniers mois.

Pour contrôler, le ministère de la Santé a mis en place un « fichier national des personnes se prêtant à des recherches biomédicales », déclaré à la Cnil. Les « compensations » de la recherche biomédicale sont non imposables.

Vacances à la clinique

Lundi 23 janvier, début de l’étude. Je retrouve les anonymes que j’avais croisés dans la salle d’attente, et ce ne sont pas des étudiants : plutôt papa-maman, 40-50 ans. On m’installe dans une chambre avec deux autres hommes. Dans celle d’en face, les cinq autres volontaires du groupe.

Pour l’hépatite C, cinq groupes se succèderont. Un groupe comprend huit volontaires, les doses sont doublées à chaque session : la dose du groupe 5 équivaut à seize fois celle du groupe 1.

Dans ma chambre, Jacques [tous les prénoms ont été changés], 55 ans, un ancien ouvrier de la Direction des constructions navales. Trois ans qu’il est en retraite, la DCN ayant mis en place des départs anticipés pour les travailleurs qui étaient en contact avec l’amiante. Il n’a pas été touché, « pas encore », dit-il. C’est sa troisième étude, il est bavard et affable. Il vient de Lorient, ça lui fait « voir du pays ».

Quand une infirmière s’approche pour la prise de sang, il raconte son histoire :

« J’ai été donneur de sang pendant 25 ans, mon bras droit sursaute à chaque fois qu’on pique dedans maintenant. Prenez le gauche. »

Il a calculé le ratio gain/coût et a pris un forfait semaine à la SNCF pour le trajet Lorient-Rennes. Cet argent arrondit sa pension.

François, 28 ans, est le seul autre jeune du groupe. Il est technicien de maintenance dans un abattoir et a pris sa semaine de vacances pour venir faire l’étude :

« J’ai pas de femme ni d’enfants qui m’attendent à la maison, qu’est-ce que je ferais pendant une semaine ? Je m’emmerderais. »

Cet argent, il en a besoin pour rembourser un prêt pour sa moto.

Les désagréments des vacances

680 euros « pour compenser les contraintes liées à cette recherche », en l’occurrence ici trois jours d’hospitalisation, une vingtaine de piqûres, la pose d’un cathéter (un robinet planté dans la veine pour éviter de piquer dix fois en une journée), des recueils d’urine, des électrocardiogrammes, des visites ambulatoires chaque matin pendant les cinq jours suivants.

Compter aussi les changements de veine quand la veine habituelle devient trop sensible. En bonus, le jour de sortie et pendant 24 heures, une petite glacière bleue avec un pain de glace et un bidon de 3 litres en guise de chiottes ambulantes.

Le « produit expérimental » est un sirop archi amer. La médecin, agacée, me prévient : « Je n’ai pas besoin de savoir quel goût ça a », alors que je n’avais encore rien dit. Une fois avalé, impossible de faire marche arrière, et je prends conscience que cette amertume n’est pas anodine.

Corps à louer pour la science

En mars 2006, six Britanniques étaient placés en unité de soins intensifs après s’être vus administrés un médicament anti-inflammatoire. Quelques mois après, Ryan Wilson, un plombier de 20 ans, se faisait amputer de trois de ses doigts à la main et de tous ses doigts de pied. Son étude était rémunéré 2000 livres.

Jeanne, une infirmière qui travaille pour ce centre de recherche de Rennes depuis quinze ans, m’assure que l’étude n’était pas encadrée comme ici, que la législation française est l’une des plus sévères au monde : avant qu’une étude ne débute, il faut une autorisation de l’Afssaps (Agence française de sécurité sanitaire des produits de santé).

Mais l’Afssaps a aussi autorisé le Mediator, médicament qui aurait causé la mort d’au moins 1300 personnes. Nous sommes un peu l’armée de réserve des industries pharmaceutiques…

Sylvain est musicien, il a 45 ans et ne vit pas de sa musique. Il est au chômage et fait des études pharmacologiques « pour mettre du beurre dans les épinards. Ou pour les épinards tout court » ;

Eude, 47 ans, travaillait dans un casino Barrière à Saint-Malo. Maintenant, il est dans la restauration ;

Sabine, la quarantaine, est esthéticienne mais « avec la crise, le budget soins de beauté passe à la trappe en premier » ;

Marco est forain et son camion est tombé en rade : « Alors je suis venu ici, il y a le couvert et le logis » ;

Suzanne, la trentaine, est saisonnière. Elle a apporté son violon avec elle ;

Huguette est ingénieure, elle a 52 ans et a été prise dans une vague de licenciements économiques. Elle veut monter son business, « un service aux animaux qui n’existe pas encore ». Elle n’en dira pas plus.

Je lui lance :

« C’est un peu comme de la prostitution ce qu’on fait là, non ?

— Bah donner son corps comme ça, contre rémunération, c’est assez bizarre comme démarche. »

« Ça faisait très mal, mais on a dû refuser des gens »

Jeanne, notre infirmière, raconte :

« Il y a quelques années, on a répondu à un appel d’offre d’une entreprise pharmaceutique. Dans le protocole d’étude, il y avait des ponctions lombaires [extrêmement douloureux, ndlr].

On s’est dit que personne ne viendrait, alors on a mis la rémunération maximale de l’époque. Il fallait que les volontaires restent allongés longtemps sur le ventre, on devait piquer dans la colonne vertébrale pour prélever la moelle. Plusieurs fois. Même avec l’anesthésie locale, ça fait très mal.

Eh bien on a dû refuser des gens, l’étude était complète. »

Leur presse (Florentin Cassonnet, Rue 89, 18 février 2012)

 

Décryptage
Les cobayes des essais cliniques victimes de la délocalisation

Ils sont des milliers chaque année en France à participer à des essais cliniques. Mais ces dernières années les démarches imposées aux entreprises pharmaceutiques pour obtenir l’aval des autorités sanitaires se sont alourdies. La France perd du terrain sur le marché international des études. Les cobayes français sont donc de moins en moins nombreux.

Selon une étude du syndicat professionnel Les entreprises du médicament (Leem), ces exigences de sécurité sanitaire ont conduit à une importante délocalisation des essais cliniques à l’étranger.

L’intérêt de ceux qui se prêtent aux essais est avant tout financier. Les rémunérations sont assez attractives, jusqu’à 4500 euros par an non imposables, en France. Alexis, étudiant grenoblois a ainsi perçu 900 euros pour un séjour de quatre jours en hôpital.

Certains « cobayes » (ou « patients », comme on les appelle dans le jargon du milieu) reconnaissent être aussi poussés par la curiosité scientifique. Seuls quelques rares cas d’essais de médicaments ciblant des pathologies dévastatrices, comme le SIDA, ont réussi à réunir un nombre exceptionnel de volontaires désireux de faire avancer la médecine.

Les pays de l’Est attirent les entreprises d’Europe occidentale

Ce sont surtout les « pays européens anciennement socialistes », regroupés sous le terme d’Europe centrale et orientale (ECO) qui attirent les entreprises d’Europe occidentale.

Ainsi, depuis 2008, les établissements privés français semblent privilégier de plus en plus les essais cliniques en République tchèque, en Pologne, en Ukraine ou encore en Russie.

D’après Karen Politis Virk, directrice de recherche en biotechnologie et pharmacie, ce choix n’est pas dû au hasard :

« On attribue cette situation à la présence d’importants groupes de patients résidant près des grandes villes, de centres de traitement hautement spécialisés mis en place par l’ancien système médical, d’un système de santé centralisé et de la présence d’experts cliniques instruits. »

Mais les avantages que recherchent les entreprises en externalisant leurs études cliniques sont aussi — et surtout ? — financiers.

La constitution d’un dossier complet pour obtenir une autorisation d’essai, le recrutement de volontaires, le déploiement des outils techniques sont autant de tâches qui ont un coût conséquent. Dans ces domaines, l’Europe de l’Est s’avère être extrêmement compétitive.

Des démarches administratives lourdes mais nécessaires

Selon une chef de projet opérationnel travaillant dans un Centre d’investigation clinique (CIC), il s’agit d’un faux problème :

« La lenteur administrative et les multiples précautions exigées par la législation française ralentissent les recherches, c’est un fait, mais elles ont pour but d’assurer la protection des patients.

À l’époque, quand les protocoles actuels n’existaient pas encore, on pouvait autoriser tout et n’importe quoi. L’exemple le plus parlant serait celui des expériences menées sur des prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale, qui nous horrifient aujourd’hui.

D’ailleurs, pour compenser le ralentissement des projets de recherche clinique, l’Europe a mis en place plusieurs moyens d’uniformisation des réglementations sur son territoire. »

Les « tâtonnements expérimentaux » d’antan, qui ont plusieurs fois permis de faire des découvertes révolutionnaires fortuites, n’ont pas réellement disparu, selon la chef de projet :

« Les découvertes “par hasard” existent toujours. Elles ont simplement changé de forme : avant, on découvrait un médicament en testant des molécules peu connues à tort et à travers.

Aujourd’hui, on peut découvrir des molécules par hasard, puis espérer les lancer sur le marché après avoir fait tous les tests nécessaires dans le respect de la personne humaine. »

Scandales, dictature des lobbys et peur de l’erreur médicale

À plus petite échelle, la fuite des établissements privés peut aussi s’expliquer par un recul du nombre de patients volontaires en France. L’image des entreprises pharmaceutiques en Europe occidentale n’est plus très fameuse depuis quelques années.

Les scandales à répétition et la crainte des lobbys tendent à détériorer la confiance des citoyens. L’inquiétude est aussi nourrie par la médiatisation des essais cliniques « ratés » qui ont des conséquences dramatiques pour les patients, mais souvent sans répercussion juridique concrète sur les laboratoires, protégés par une clause de décharge signée par les patients avant chaque essai.

Qui est responsable d’un essai qui tourne mal ?

Cette clause de décharge de responsabilité, systématiquement précisée dans le contrat passé entre l’entreprise pharmaceutique et le patient volontaire, est pour beaucoup une source d’inquiétude. Au point que certains s’estiment « chanceux » quand leur essai clinique se déroule sans accrocs.

C’est le cas d’Alexis, 21 ans, qui a participé à sa première étude clinique il y a quelques mois, dans un institut privé à Grenoble. Avec trois autres volontaires, il a accepté de passer quatre jours dans un centre médical en échange de 900 euros :

« Avant de commencer, l’équipe médicale a expliqué le fonctionnement du protocole et le déroulement des journées. En signant les papiers, on déclinait toute responsabilité de l’institut si l’expérience devait déraper.

Je n’ai eu aucun problème pendant l’essai, pas même le moindre effet secondaire. Mais c’est peut-être parce que j’ai eu un placebo, et c’est tant mieux. Si quelque chose s’était mal passé, je ne sais pas comment j’aurais réagi. »

Malgré tout, l’apparente pénurie de volontaires ne semble pas toucher toutes les entreprises. Selon le laboratoire lyonnais Optimed, qui pratique des recrutements cliniques depuis plusieurs années :

« Il serait erroné de dire qu’il y a un manque de patients. Évidemment, il faut que les établissements y mettent du leur et fassent un bon travail de communication.

Pour chaque étude, nous publions des annonces par voie de presse, mettons à jour le site web et faisons marcher la technique classique du bouche-à-oreille. Jusqu’à présent, nous avons toujours eu un nombre de retours très satisfaisant. »

Leur presse (Maryne Cervero, Rue 89, 24 août 2011)

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De quelques « techniques modernes » pour embastiller…

[(…) on regrettera encore une fois que l’article de la Camille Poloni paru dans le support de publicités musicales « les Inrockuptibles » en janvier 2011, soit repris et présenté comme un « bref historique » du « climat de peur ». Ce papier cité est en fait paru le 12 janvier 2011 dans l’édition papier du clinquant magazine sous le titre « Les terroristes imaginaires » … il fut republié sur leur site le 19 janvier 2011 avec un autre titre … interrogatif cette fois-ci : « L’ultragauche, nouvelle menace pour la police antiterroriste ? » On le sait la raison d’exister d’un-e journaliste est de « poser des questions », une manière de ne pas prendre parti, de relayer aussi pour partie la propagande policière. Et on le rappelle : son papier (un « bref historique » donc) balançait pour l’histoire dite « dépanneuse-fumigènes », les prénoms et initiales du nom de personnes souhaitant garder l’anonymat. — Note d’un camarade sur la liste de discussion du réseau Résistons Ensemble.]


De quelques « techniques modernes » pour embastiller…

De même qu’au confessionnal on punit le péché par intention, au tribunal on sanctionne par anticipation depuis la loi Estrosi de 2010 qui a créé le délit de participation à une « bande violente ». Derrière ces mots, ce sont de plus en plus des milieux politiques qui sont ciblés par le pouvoir. Et l’appartenance à ces milieux (voire la simple fréquentation de certaines personnes) constitue, avec le refus de prélèvement d’ADN et l’accusation de s’être organisé-e « en réunion », le tiercé gagnant de l’institution judiciaire pour enfermer qui dérange l’ordre établi.

Aucun État ne tolère qu’on échappe à son emprise, dès lors qu’on est tombé dans son collimateur. C’est pourquoi sur le territoire français, « en raison des nécessités de l’enquête ou à titre de mesure de sûreté », une-e juge d’instruction peut placer quelqu’un sous écrou sans qu’il ait été statué sur sa culpabilité. Nombre de juristes le soulignent, cette privation de liberté qui est prononcée « à titre exceptionnel », et justifiée par l’intérêt social et la bonne administration de la « justice », attente aux « garanties fondamentales des droits de la personne » et à la présomption d’innocence censées être à la base du système judiciaire français. Elle n’en est pas moins très à la mode.

Une détention « provisoire », ça peut durer

La prison, c’est avant tout un lieu d’enfermement des pauvres, on le sait, et la détention provisoire est, de façon notoire, « traditionnellement » longue en France : rester deux ans en prison avant d’être jugé-e n’a rien de rare.

Mais la préventive constitue aussi le troisième temps fort du scénario suivi aujourd’hui par le pouvoir pour criminaliser certains milieux militants et justifier la répression à leur encontre. Ce scénario a deux finalités : noircir l’image des personnes visées pour convaincre de leur dangerosité, et présenter l’Etat comme l’efficace défenseur d’un ordre menacé [Ces objectifs se contredisent puisque l’État veut faire ressortir à la fois sa maîtrise d’un danger qu’il a amplifié et la solidité de la société face à ce danger.]. On assiste ainsi d’abord à une mise en spectacle de l’action répressive — notamment par un impressionnant déploiement de forces d’intervention surarmées, lors d’interpellations et de perquisitions [Les manifestations de solidarité envers les inculpé-e-s sont en butte à la même logique répressive.]. Puis des déclarations politiciennes et campagnes médiatiques viennent grossir la réalité des faits reprochés aux inculpé-e-s. Enfin, la prolongation de leur détention provisoire vise à démontrer que l’on tient vraiment des « coupables » — et comme nul ne veut croire à une réalité aussi choquante que l’emprisonnement d’innocent-e-s, le refus persistant de les libérer contribue à convaincre qu’il y a forcément anguille sous roche.

La détention provisoire n’est certes pas une invention sarkozienne. Baptisée « préventive » jusqu’à la loi du 17 juillet 1970, on a changé son épithète dans l’illusoire dessein de souligner son caractère exceptionnel [Depuis cette loi, les personnes qui ont été placées en détention provisoire peuvent demander une indemnité en compensation du préjudice subi lorsque leur procès aboutit à un non-lieu, une relaxe ou un acquittement ; mais, afin de s’éviter de tels désagréments, les tribunaux se débrouillent en général pour donner des peines qui couvrent le temps passé en préventive.], et une dizaine de réformes sur le sujet sont intervenues depuis pour afficher toujours cette même volonté … bidon : en 1997, la population carcérale française était encore composée à 41 % de prévenu-e-s (52 % en 1984). De même, en 2000, la loi Guigou a créé un juge des libertés et de la détention provisoire (JLD) censé être plus « indépendant » que le « classique » — le rôle du JLD dans l’« affaire d’Outreau » suffit à montrer qu’il n’en est rien.

En matière correctionnelle, pour être mis-e en examen on doit, selon la législation actuelle, encourir une peine d’une durée au moins égale ou supérieure à trois ans d’emprisonnement ; et, pour être ordonnée ou prolongée, la détention provisoire doit constituer l’unique moyen de parvenir à un ou plusieurs des objectifs suivants (art. 144 du code de procédure pénale modifié en 2009) :
« 1° conserver les preuves ou les indices matériels qui sont nécessaires à la manifestation de la vérité ;
2° empêcher une pression sur les témoins ou les victimes ainsi que sur leur famille ;
3° empêcher une concertation frauduleuse entre la personne mise en examen et ses coauteurs ou complices ;
4° protéger la personne mise en examen ;
5° garantir le maintien de la personne mise en examen à la disposition de la justice ;
6° mettre fin à l’infraction ou prévenir son renouvellement. »

Dans les faits, le libellé très vague de ces objectifs aide à multiplier et prolonger la préventive, au point que la France a été condamnée à plusieurs reprises par la Cour européenne des droits de l’homme pour ses abus [Si, d’après la loi, les prévenu-e-s ont la possibilité de faire appel de l’ordonnance de placement, cet appel est très souvent rejeté — sur l’argument que l’instruction n’est pas terminée, que la peine encourue dépasse deux ans ou que subsiste ne serait-ce qu’un seul des « objectifs » énoncés plus haut pour justifier la mise en détention.]. « Toute personne arrêtée ou détenue […] a le droit d’être jugée dans un délai raisonnable, ou libérée pendant la procédure », dit en effet la Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales. Et l’Observatoire international des prisons (OIP) souligne de son côté : « Définie par la loi comme devant être l’exception, la détention provisoire est trop souvent prononcée au détriment du contrôle judiciaire et au mépris de la présomption d’innocence. Véritable peine sans jugement, [elle] constitue de nos jours une grave atteinte aux libertés fondamentales. »

L’article 145-1 du code de procédure pénale modifié en 2002 précise qu’en matière de délits « la détention provisoire ne peut excéder quatre mois si la personne mise en examen n’a pas déjà été condamnée pour crime ou délit de droit commun soit à une peine criminelle, soit à une peine d’emprisonnement sans sursis d’une durée supérieure à un an et lorsqu’elle encourt une peine inférieure ou égale à cinq ans » ; et que, dans les autres cas, « à titre exceptionnel » là encore, le JLD peut décider de prolonger la détention, de quatre mois en quatre mois, jusqu’à un an au total. Mais, toujours dans les faits, divers dispositifs permettent aisément de s’asseoir sur les délais légaux. Ainsi, le système des « audiences-relais » [Dans ces audiences, le tribunal appelle un dossier, salue l’avocat de la partie civile et son désir de persévérer dans sa poursuite, et « confirme le calendrier de procédure », interrompant par là la prescription … qui court à nouveau sur trois mois.]. Ou encore le délai de vingt jours dont bénéficie la chambre d’instruction pour répondre à la demande de remise en liberté que peuvent déposer les prévenu-e-s lorsque le juge d’instruction ne les a pas interrogé-e-s pendant quatre mois.

Surtout, la détention provisoire peut durer jusqu’à deux ans (toujours par prolongation de quatre mois) en cas de « terrorisme », d’« association de malfaiteurs », d’« infraction commise en bande organisée » — des chefs d’inculpation à géométrie très variable puisqu’ils concernent désormais des personnes et des actes extrêmement variés quant aux buts poursuivis (les dernières lois sécuritaires ne font plus de distinction entre atteinte à la personne et atteinte aux biens, donc entre crimes et délits), et pour lesquels les peines encourues atteignent facilement dix ans d’emprisonnement.

Et puis, pour maintenir en détention, il existe plein d’autres petits trucs à disposition des juges. Par exemple, les « garanties de représentation », que l’on résume à tort à la possession ou non d’un domicile et d’un travail. En réalité, les exigences des tribunaux en la matière sont bien plus grandes vu qu’il s’agit avant tout de prouver que l’on est intégré-e à la société, donc que l’on vit en « bon père de famille », partant en « bon citoyen » : ce qui compte vraiment, c’est d’avoir à charge une famille et de posséder une situation professionnelle assez accrocheuse pour dissuader de passer les frontières sitôt libéré-e.

Résultat : avec l’introduction de nombreux chefs d’inculpation et l’aggravation des condamnations par le biais des lois sécuritaires tombées en cascade, depuis une décennie principalement (voir CA n° 215), la durée des détentions provisoires ne cesse de s’allonger. En 2005, la Commission de suivi de la détention provisoire dénonçait déjà dans son rapport annuel cette réalité, la préventive étant passée en moyenne de 6,4 mois en 2002 à 7,1 mois en 2005 ; elle critiquait également l’insuffisance des raisons entraînant sa mise en pratique, ainsi que les conditions dans lesquelles celle-ci s’effectuait.

Un antiterrorisme en plein… boom !

La politique sécuritaire actuelle qui sévit en France comme ailleurs dans le monde, en particulier parce que la « crise » économique entraîne une contestation grandissante, traduit la volonté pour les tenants du système de criminaliser toujours davantage les personnes qui se mobilisent contre l’ordre établi – jusqu’aux classes moyennes en voie de précarisation, ciblées dès lors qu’elles « s’indignent » contre le sort qui leur est fait. Après avoir peaufiné les méthodes coercitives dans les cités populaires, le champ répressif s’est ainsi élargi à la jeunesse lycéenne et estudiantine. De là l’adoption d’une panoplie de lois sécuritaires, soutenue par une intense propagande médiatique — et le rapide glissement du sécuritaire à l’antiterrorisme, grâce à l’étiquetage « ultra-gauche » par lequel le pouvoir forge comme bon lui semble l’image d’un ennemi invisible et diffus, donc d’autant plus dangereux [Par exemple, dans l’action à la PJJ de Labège (voir page suivante) qui n’a pas été revendiquée, le juge a affirmé à propos d’un des inculpés qu’il était « connu pour son appartenance à la mouvance ultra-gauche », puis qu’il avait « admis son appartenance au mouvement d’extrême gauche dont les tracts ont été retrouvés sur les lieux » alors que ces tracts n’étaient, au dire de la presse et de la « justice » elle-même, pas signés.]. En juin 2008, le rapport de la Direction centrale des renseignements généraux intitulé Du conflit anti-CPE à la constitution d’un réseau préterroriste international : regards sur l’ultragauche française et européenne énumérait toutes les actions attribuées à la « mouvance anarcho-autonome » en assurant : « Les faits et comportements observés sur notre territoire sont similaires à ceux recensés à la fin des années 1970 qui avaient été précurseurs de la constitution du groupe Action directe. »

De là les montages policiers et l’instrumentalisation politique de certaines affaires, comme Tarnac, sous les chefs d’« association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste » ou de « dégradations en réunion en relation avec une entreprise terroriste » (Julien Coupat est ainsi resté en préventive plus de six mois, en dépit d’une mobilisation militante et du soutien de personnalités politiques et médiatiques). Le pas franchi entre le sécuritaire et l’antiterrorisme n’a rien d’anodin pour les personnes qui en subissent les effets, étant donné les moyens exorbitants que détiennent les juges antiterroristes  [Les juges jouissent d’un important pouvoir discrétionnaire : blocage à leur guise du courrier des prévenu-e-s (pendant une dizaine de jours, puis une autre dizaine) ou des permis de visite. Et, pour tenter d’affaiblir les résistances, le système judiciaire et pénitentiaire bénéficie de bien d’autres moyens — comme une grosse lenteur dans la délivrance des mandats versés aux prévenu-e-s, ou des livres et vêtements qui leur sont apportés au parloir.]. Les six inculpé-e-s qui vont passer en procès ensemble à la mi-mars, à Paris, pour quatre affaires regroupées par le juge Brunaud autour d’une dépanneuse de police ont été les premières à en faire la pénible expérience (on y reviendra dans un prochain CA). Elles ont effectué entre cinq et treize mois de détention provisoire, et sont restées ensuite sous contrôle judiciaire (avec interdiction d’entrer en contact entre elles pour la plupart et de sortir du territoire français sans autorisation, pointage une fois par mois au commissariat ou au tribunal, ainsi que suivi par un contrôleur judiciaire tous les mois ou tous les trois mois pour justifier de leurs activités professionnelles).

Aujourd’hui, l’antiterrorisme a sa police, sa section spéciale au parquet … et ses dispositions réglementaires. La circulaire (parue le 13 juin 2088) de Rachida Dati, alors ministre de la Justice, a en effet élargi le champ des poursuites en matière de terrorisme, au prétexte d’« une résurgence de faits en lien avec la mouvance anarcho-autonome » et de violences commises « à l’occasion de manifestations de soutien à des prisonniers ou des étrangers en situation irrégulière ». Cette circulaire, qui demande aux parquets locaux confrontés à de tels faits et violences d’« informer dans les plus brefs délais la section antiterroriste du parquet de Paris […] pour apprécier de manière concertée l’opportunité d’un dessaisissement à son profit », a donné à la police (en particulier la brigade anticriminalité) un sentiment de toute-puissance dont elle use et abuse depuis : interventions brutales en de multiples occasions avec flashballs, tasers, etc. ; fouilles non autorisées ; provocations afin d’inciter à l’outrage et de pouvoir inculper pour rébellion… Il s’agit d’instaurer un climat de peur et de pousser à la faute (voir, pour un bref historique ; mais aussi, pour ce qui tend à devenir du quotidien basique, par exemple).

Désormais, des enquêteurs de la section antiterroriste (SAT) de la brigade criminelle travaillent sur les dégradations de distributeurs bancaires, les collages d’affiches ou les occupations d’agences commerciales par des « anarcho-autonomes ». Ils appuient leurs recherches sur des photos de militant-e-s — identifié-e-s par la Direction centrale du renseignement intérieur et la Direction du renseignement de la préfecture de police en région parisienne — qui proviennent pour beaucoup des manifs organisées en soutien aux affaires de Tarnac et de la dépanneuse de police à Paris. Les personnes suspectées, souvent interpellées au hasard et mises en garde à vue sans suite, se voient demander leur ADN ; et leur fréquent refus de ce prélèvement entraîne une perquisition à leur domicile (visant à le collecter contre leur gré sur leurs affaires) … et un procès.

Un ADN aux mille attraits sécuritaires

Ah, le prélèvement d’ADN, quelle formidable invention !
1° Si vous le refusez, vous êtes poursuivi-e en justice pour un délit indépendant de celui (ou plutôt de la présomption de celui) qui vous a collé dans les pattes de la « justice », et passible d’une peine pouvant aller jusqu’à 15’000 € d’amende et un an de prison ferme ;
2° En dépit de votre refus, la police va prélever votre ADN (à partir d’un gobelet ou d’une fourchette utilisés pendant la garde à vue…) « aux fins de l’enquête » ;
3° Tant que vous persistez dans votre refus, vous êtes convocable à tout moment pour une nouvelle demande de prélèvement, et sanctionnable en cas de rejet ;
4° Si votre ADN ne peut vous être pris que dans le cadre d’une procédure judiciaire en cours, être relaxé-e du délit pour lequel on vous a fait une demande de prélèvement n’empêchera pas la « justice » de vous poursuivre pour le refus que vous y avez opposé…

Une situation aussi kafkaïenne a incité des personnes à porter leur cas devant la Cour européenne des droits de l’homme.

En plus du fichage de la population et donc de l’accentuation du contrôle social qu’ils favorisent (un « bon citoyen » n’ayant rien à se reprocher, accepter le prélèvement relèverait du civisme), les tests d’ADN ont d’autres effets pervers. Notamment d’inciter les avocat-e-s qui les considèrent comme une preuve scientifique dans l’absolu à s’en remettre à leurs résultats (sans prendre en compte les conditions dans lesquelles les prélèvements sont réalisés ni les manipulations dont ils peuvent être l’objet). Et pourtant, attendre ces résultats avant de déposer un appel contre une mise en détention, par exemple, sur la conviction que le tribunal se « résoudra » à une libération dès qu’il sera en leur possession introduit un nouveau critère — « scientifique » et non plus juridique — qui a pour conséquence de faire admettre comme normale la prolongation de la détention provisoire. Car, s’ils ont obligation de rendre publics les résultats des tests d’ADN, les juges n’ont aucun délai à respecter pour ce faire.

Tout ce qui précède met en évidence une réalité : face à l’actuel dispositif policier et judiciaire, seul l’établissement d’un véritable rapport de forces social est susceptible de freiner sa mise en œuvre. On remarque d’ailleurs sans peine, lors des luttes qui se mènent dans les secteurs agricole ou industriel, que lorsqu’il y est recouru à la force la répression est sans commune mesure avec celle qui frappe une certaine jeunesse radicalisée. Cela, parce que les luttes paysannes ou ouvrières recueillent une assez large adhésion (on a récemment constaté que le combat des Conti « parlait » aux gens) ; et que, face à un tel soutien, même tacite, la police et la « justice » ne peuvent frapper autant que le pouvoir le voudrait [Six ouvriers de l’usine Continental ont été condamnés en appel, le 5 février 2011, à des amendes de 2000 à 4000 euros… pour le saccage de la sous-préfecture de Compiègne en 2009. Et la mobilisation (en partie à visées électoralistes, bien sûr) autour de Xavier Mathieu, lors de son procès le 4 janvier 2012 pour refus de prélèvement d’ADN, « relance le débat sur le fichage ADN », ont titré beaucoup de journaux.].

Vanina
Courant alternatif n° 217, février 2012.

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[Saint-Imier 2012] En prélude aux rencontres anarchistes l’été prochain

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[Nantes] Contre la presse qui ment : le siège de Ouest France redécoré

Ce matin jeudi 23 février, le siège nantais du journal Ouest France, héritier de l’Ouest Éclair (journal collaborationniste), premier quotidien français en terme de tirages (800’000 exemplaires tous les jours), a été redécoré : peinture, œufs pourris, affiches… (voir photos) Les insolents matinaux expliquent leur geste contre la presse qui ment en s’adressant directement au torchon de François-Régis Hutin.

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Cher Journal,

Ce jeudi 23 février, à 8h, sous la pluie, nous sommes venus te rendre visite, les bras chargés de présents dignes de toi. Les déchets avec lesquels tu nous empoisonnes quotidiennement nous ont inspiré une odorante omelette matinale : des denrées périssables pour un journal pourri.

Mensonges à répétition, flagrant délits de manipulations des masses, propagande sécuritaire, patronale, municipale, étatique… Nous ne nous étonnons plus de constater que tu es toujours du côté des puissants : neutralité neutralisée.

Le jet d’urine sorti de ta plume a fait déborder la cuvette. Ta « Une » nauséabonde du lundi 20 février n’est pas passée. En effet, le samedi 18 février avait lieu une mobilisation internationale de solidarité avec le peuple Grec qui résiste aux politiques assassines de son gouvernement, de l’UE, du FMI. À Nantes, plus de 200 personnes manifestaient en solidarité avec les Grecs, malgré l’hyperprésence policière. Tu n’en as pas fait écho, ou si peu…

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Des Grecs avaient s’étaient pris en photo devant le parlement d’Athènes remerciant les grandes métropoles mobilisées pour les soutenir dans leur lutte contre les politiques capitalistes. Honte à toi, qui a détourné leurs photos, prétendant qu’ils appelaient leurs bourreaux au secours.

Car la « une » de Ouest France précisait sans vergogne : « Le message de ces jeunes Grecs devant le Parlement d’Athènes résonne comme un appel au secours. Aujourd’hui, l’Eurogroupe […] et le FMI leur diront s’ils ont raison d’espérer, en avalisant ou non le deuxième plan de sauvetage » inversant totalement le message que voulaient faire passer ces manifestants grecs précisément opposés au politiques du FMI et de l’Eurogroupe.

Constatant l’absence de rectificatif, quelques nantais révoltés par ta propagande mensongère et grossière se sont sentis le devoir de venir corriger eux même ta façade, cher journal. Que dire de ta devise : « Justice et Liberté » ?

Alors, prends exemple sur le compost qui t’a été offert, recycle tes mensonges dont l’odeur pestilentielle n’a d’égale que celle des œufs pourris que nous t’avons jetés à la face.

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Contre tous les médias qui mentent.

Pour une presse libre et propre.

P.-S. : Avis aux lecteurs écœurés : une réponse existe, c’est le projet de journal Révoltez-vous, par le peuple, pour le peuple.

En soutien au collectif nantais Révolté.

Indymedia Nantes, 23 février 2012.

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Troisième nuit d’émeutes à La Réunion

La Réunion : les troubles gagnent l’île, réunion sur la vie chère en préfecture

SAINT-DENIS-DE-LA-RÉUNION – Les troubles qui secouent la Réunion depuis trois jours ont gagné toutes les régions de l’île dans la nuit de jeudi à vendredi sans provoquer d’importants dégâts, selon la préfecture, alors que doit se tenir vendredi une réunion cruciale sur la vie chère.

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Cantonnées au quartier du Chaudron et à la ville du Port mardi, avant de s’étendre à la commune de Saint-Benoît mercredi, les violences se sont propagées dans une dizaine de villes dans la nuit de jeudi à vendredi où elles se sont toutefois limitées à des heurts sporadiques avec les forces de l’ordre et des barrages routiers constitués de poubelles enflammées mais sans causer de dégradations majeures, selon la préfecture.

180 sorties de pompiers ont été comptabilisées par le Service départemental d’incendie et de secours dans la nuit. Le fait le plus marquant a été l’incendie au Port (ouest de l’île) d’un salon de beauté situé au pied d’un immeuble de trois étages.

Deux enfants incommodés par les fumées ont dû être hospitalisés. À Saint-Benoît (est de l’île), un gendarme a été « sérieusement blessé » par un cocktail molotov qu’il a reçu au visage, a indiqué à l’AFP, Benoît Huber, directeur de cabinet du préfet.

Partout le même scénario s’est produit durant la nuit : des groupes de 50 à 100 jeunes investissent le centre-ville, dégradent du mobilier urbain, enflamment des poubelles, provoquant l’intervention des forces de l’ordre qu’ils affrontent par des jets de pierres avant d’être dispersés par les grenades lacrymogènes.

Pour la seule commune de Saint-Louis (sud de l’île), 26 jeunes ont été interpellés dans la nuit, la grande majorité d’entre eux ayant à peine 16 ans, selon la préfecture.

Dans le quartier du Chaudron à Saint-Denis, investi en force par les policiers du GIPN et de la Compagnie départementale d’intervention — plus de 150 hommes engagés, selon un officier — les violences se sont poursuivies pour la troisième nuit consécutive. Les policiers ont essuyé une pluie de cocktails molotov de la part d’une centaine de jeunes mais pour la première fois depuis mardi, aucun commerce ou bâtiment public n’a fait l’objet de pillages ou de dégradations importantes, a relevé M. Huber.

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Selon ce dernier, la fermeté des condamnations prononcées jeudi après-midi par la justice pourraient l’expliquer. Quatre jeunes, arrêtés lors des pillages, ont écopé des peines allant de six mois à deux ans de prison ferme, assortis d’un mandat de dépôt à l’audience. Deux autres ont été maintenus en détention provisoire en attendant leur comparution.

Pour la journée de vendredi, tous les Réunionnais ont le regard tourné vers la préfecture où une table-ronde sur la vie chère doit réunir autour du préfet Michel Lalande, les présidents des assemblées locales, des chambres consulaires, les représentants des associations de consommateurs, des compagnies pétrolières et des professionnels de la route dont la manifestation mardi, au Port, a mis le feu aux poudres.

Le président de la Région, Didier Robert, a laissé entrevoir jeudi une baisse du prix de l’essence de 5 centimes, la présidente du conseil général, Nassimah Dindar proposant de financer un « tarif social » de l’eau, de l’électricité, de la téléphonie et d’internet, assortis d’un gel de loyers par les bailleurs sociaux.

Les partis de gauche continuent, pour leur part, à réclamer une aide exceptionnel de l’État, le PCR revendiquant une « prime de vie chère de 200 euros mensuels » provisoire, et le PS un « panier de la ménagère au prix métropole ».

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Leur presse (Agence Faut Payer, 24 février 2012)

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[Justice pour Hakim] Grasse, demain : famille Ajimi ; samedi : journée de travail

Soutien à la famille Ajimi : rassemblement demain vendredi 24 février à partir de 8h30 devant le tribunal de Grasse, où sera rendu le délibéré du procès des policiers responsables de la mort d’Abdelhakim Ajimi.

Lutte contre les violences policières et la répression d’État : journée de travail visant à poser les bases d’une cohésion nationale samedi 25 février de 9h à 17h, dans les locaux de la CGT, rue Gazan à Grasse.

Comité Vérité et Justice pour Abdelhakim Ajimi, 23 février 2012.

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À saintNazaire la police pratique la « tolérance zéro » d’après un envoyé spécial du Figaro

Lettre ouverte de citoyens Nazairiens

Christophe Cornevin a écrit le 15 février 2012 (page 2) comme ENVOYÉ SPÉCIAL du Figaro à St Nazaire dans les couloirs du commissariat « À SAINT NAZAIRE la police pratique la « tolérance zéro ».

Une lettre à l’initiative d’associations et organisations militantes est écrite, signée aussi par des citoyen-ne-s. Comme l’indique le contenu de la lettre, pourquoi mettre les projecteurs sur cette ville (TF1 fait aussi cette semaine un reportage au commissariat principal) l’envoyé spécial (sic) rapporte en des termes assez choquants des évènements tronqués, inexacts et surtout orientés… Les signataires en ont une idée, d’autant que la venue en meeting de Marine Le Pen est annoncée et que le blessé handicapé à vie de la manif du 29/09/2012 ne veut pas céder devant le non-lieu décrété par le juge d’instruction de sa plainte contre le tireur non identifié de GLI .

Le MRAP fait chaque année sa semaine d’éducation contre le racisme et d’autres associations comme celle des Maison de Quartier et le Centre de Culture Populaire y développent l’Éducation Populaire.

Indymedia Nantes, 23 février 2012.

***

Un article du Figaro du 15 février 2012 intitulé « À Saint-Nazaire la police pratique « la tolérance zéro » » a entraîné un certain nombre de réactions, dont la lettre ouverte reproduite ci-dessous.

Quelques temps auparavant (11 janvier), Presse Océan avait déjà chanté les louanges de la police de Loire-Atlantique.

Depuis le début de cette semaine, c’est une équipe de TF1 qui fait son reportage sur les occupants de l’hôtel de police nazairien.

Pendant ce temps, la plainte de Pascal Vaillant, grièvement blessé par un tir de grenade après une manifestation en 2009 fait l’objet d’un non lieu ;
mardi 21 février deux camarades ayant raccompagné un policier des Renseignements généraux hors d’une manifestation contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes écopaient respectivement de 14 mois de prison avec sursis, et de 1000 euros d’amende avec sursis, plus des dommages et des frais de justice

En attendant les 6 et 7 mars, le procès du tireur de flash ball qui avait estropié un lycéen en 2007 lors d’une manifestation au rectorat de Nantes.

Risquera -t-on l’outrage en déclamant
« J’aime la peau lisse et les mots qui osent, mais
Je déteste la police et les ecchymoses » ?

CODELIB, 22 février 2012.

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Monsieur l’envoyé spécial du Figaro,

Les Nazairien-ne-s souhaitent tout d’abord que vous vous soyez bien remis de votre venue sûrement trop rapide au commissariat principal de Saint-Nazaire. Venir en province et, en plus, dans une ville ouvrière, semble une dure expérience pour un journaliste du Figaro.

Sachez que nous n’habitons pas la ville que vous décrivez dans l’article du mercredi 15 février, article qui vient appuyer une idée fausse transformant chaque citoyen-ne en délinquant-e en puissance.

Des policiers de notre cité poussés, comme partout par la culture du résultat, font de tout acte, un acte criminel, y compris la contestation sociale : en 2009-2010, plusieurs dizaines de gardes à vue, plusieurs peines de prison ferme allant jusqu’à 8 mois, un blessé grave par une grenade assourdissante, lors d’une manifestation contre les mesures antisociales du gouvernement.

Saint-Nazaire est une ville ouvrière qui ne renonce pas et ne baisse pas la tête face aux coups bas du gouvernement. Est-ce pour cela qu’elle doit subir une répression sans précédent qui mutile, emprisonne ?

Vous avez constaté que les policiers pouvaient faire « preuve d’humanité » face aux « scènes d’hystérie » des habitants de La Bouletterie. Tout au long de cet article, nous avons bien reconnu cette « humanité ». Par exemple, quand ils parlent de « l’oisiveté » des gens plutôt que du chômage ! Quand ils avouent leur préférence pour « les manifs du matin, car les gars sont encore sobres » : les manifs de l’après-midi, comme celle du 29 janvier 2009, peuvent en effet être très dangereuses : un tireur des forces de l’ordre a tellement mal visé ce jour là que sa grenade explosive a handicapé à vie un passant !

Quelle humanité aussi dans ces phrases que vous prêtez aux policiers qui évoquent « la clientèle » du commissariat : « ils filent droit au délit dès qu’ils savent marcher et mentir », en plus « ils » sont « superstitieux, ils prient et font leurs ablutions avant de monter un coup ». Dans les gènes, sans doute ? Du Guéant tout craché ! Les résultats sont au rendez-vous, paraît-il. « les affaires de stup ont explosé » dites vous. Peut-être… Les actions de prévention, elles, n’ont pas explosé !!!!

Dans votre article, la stigmatisation de la population des quartiers populaires est à son comble. Les jeunes de ces quartiers sont présentés comme des délinquants dès la naissance surtout s’ils n’ont pas la bonne couleur de peau. Côté racisme, cela explose au commissariat si les paroles que vous attribuez à des policiers sont véridiques. Ils ont beau être « chevronnés », avoir « le cœur dur », être du « genre Polnareff » ou « ancien mannequin » et avoir « une foi inoxydable dans son métier », ils se laissent aller à des clichés racistes et islamophobes dans le choix de présenter les « délinquants » : « les Blacks qui débarquent de Nantes avec 150 grammes d’héroïne dans le caleçon », ceux qui « parlent par ellipses, par codes ou en dialecte wolof ou bambara pour brouiller les pistes » ou lorsqu’ils évoquent une fillette « frappée à coups de bâton par son père parce qu’elle ne voulait pas apprendre le Coran ». Vous faites un amalgame dangereux accréditant des thèses nauséabondes.

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La police de Saint-Nazaire travaille… lors du mouvement contre la réforme des retraites (octobre 2010).

De votre côté, c’est un peu pareil, vous n’avez pu échapper aux clichés. Vous avez tout utilisé sauf la prostitution et le voile : pas assez de place sans doute ! Persistant dans les amalgames, vous n’avez pu vous empêcher d’assimiler les ouvriers des Chantiers à des alcooliques en puissance, de parler des « jeunes de banlieues », de « l’ultra gauche », des « gros bras recrutés sur les docks » (quelle belle image pour un Parisien !), des « syndicalistes remontés » (contre qui ?), « les quartiers nord » (vous avez dû faire un « copié-collé » avec ce qui se passe dans d’autres villes !!!). Tout cela, c’est beau comme de l’antique, mais ce n’est pas la réalité nazairienne.

Pourquoi n’avoir interrogé que des policiers et nullement les habitants, les associations, la municipalité ? Un parti-pris au service d’un objectif : donner une image caricaturale de Saint-Nazaire ville-ouvrière, gangrenée par l’alcool, la délinquance, les trafics de toutes sortes et « l’islamisme » qui exerce sa violence, même sur les fillettes. Un parti-pris qui « fleure bon » le racisme et les discriminations.

Certes, comme ailleurs, il existe à Saint-Nazaire des problèmes de délinquance. Mais si les forces de l’ordre ne connaissent que la répression, le riche tissu associatif, lui, a opté pour la prévention.

Nous pensons qu’en journaliste d’investigation, vous allez revenir à Saint-Nazaire et cette fois-ci, donner la parole aux « jeunes des quartiers » (rassurez-vous, on vous accompagnera si vous le voulez !). Peut-être irez-vous dans une de ces Maisons de Quartiers qui font un travail formidable, travail que vous venez de salir par votre article. Prenez aussi contact avec les habitants, les associations locales, les syndicalistes.

Votre article atteint le summum quand vous écrivez que les policiers nous font subir leur répression « sans jamais faire de vagues », que « la population collabore » : c’est sûrement pour cela que la police de Saint-Nazaire se retrouve sous les projecteurs de la CNDS (commission nationale de déontologie et de la sécurité) dans deux affaires. C’est sûrement pour cela que les associations, les syndicats, les partis politiques de gauche ont créé un comité de défense des libertés fondamentales contre les dérives sécuritaires (CODELIB), constatant et dénonçant jour après jour les dérives que vous appelez « laboratoire de la tolérance zéro » sarkozyste. Savez-vous que l’impunité n’est pas toujours du côté que vous croyez : dans l’affaire du passant blessé le 29/01/2009, le CRS tireur n’ayant pas été identifié, la justice a prononcé un « non-lieu ».

Ce que vous décrivez n’est pas Saint-Nazaire : envoyé spécial au front ou journaliste, il y a une éthique qui doit être respectée. Faites votre vrai travail « d’envoyé spécial », d’enquête sur le terrain et, surtout, rassurez vos lecteurs du Figaro : la vie quotidienne de la population nazairienne serait plus agréable, si elle n’était « pourrie » par les politiques menées.

Veuillez recevoir, Monsieur, l’expression de notre très haute réprobation.

Premiers signataires :

ORGANISATIONS OU ASSOCIATIONS :
ATTAC St Nazaire, la Presqu’île et le Pays de Retz, CNT St Nazaire, CODELIB, Europe-Ecologie-Saint-Nazaire-Montoir, FRONT DE GAUCHE (PARTI COMMUNISTE FRANÇAIS, PARTI de GAUCHE), FSU (Fédération Syndicale Unitaire) St Nazaire, Indignés du PAF, Label Gauche, Les Pieds dans le PAF, LDH (Ligue des droits de l’Homme), MRAP (Mouvement contre le racisme et pour l’amitié entre les peuples) Saint Nazaire, MRAP Nantes, NPA Comité de Saint-Nazaire, USI-CGT (Union Syndicale de l’Intérim CGT), Union Démocratique Bretonne…

CITOYEN-NE-S :
François Ader, Jeanne Ader, Claire Ajejas, Roseline Amelot, Rémy Barraud, Rémy Barreteau (enseignant à la retraite SNES Nantes), Marguerite Beaudouin (PCF), Victor Beaudouin (PCF), Georges Beillevaire, Jacques Bernard, Dominique Bonnin, Rémi Bouriaud (Bouguenais), Christian Brétecher, Julie Broussaudier, Nelly Broussaudier, Nathalie Bruneau, Jean Calvo, Hélène Canton (présidente du collectif d’animation de la Chesnaie), Jean Cesbron, Nicole Cesbron, Chantal Chaumarel, Geneviève Coiffard-Grosdoy, Yves Coquard (président LDH St Nazaire), Frédérique Couzigou, Lionel Debraye, Jean-Jacques Dejenne, Patricia Dupré-Cormerais, Martine Durand, Marie-Christine Ferret, Myriam Foucher, Jean-Pierre Gabory, Claudine Glévarec, Marie-Hélène Gounot, Augustin Grosdoy (co-président du MRAP St Nazaire), Pamphile Hounsou (animateur public jeune maison de quartier de la Chesnaie), Pierre Jégo, Carine Jonquet, Yannick Jonquet (FSU), Mohamed Kismi, Gérard Lambert-Ullmann (Librairie Voix au chapitre), Patrick Lamoot (USI-CGT), Claudie Larraguetta, Régine Latête, René Lauret, Marcel Le Bronze, Jean Louis Lechat, Michel Le Déan, Christiane Le Dreff, Briac Lelièvre (délégué du personnel CGT), Catherine Le Mauff, Marie-Luce Leroy, Bernadette Lucas, Françoise Mahé (co-présidente du MRAP St Nazaire), Andrée Marmoret (une parisienne), Daniel Mathieu (PARTI DE GAUCHE St Nazaire), Pierre Mercier, Anne Mesnier, Chantal Moreau, Laurence Ortega, Armelle Penduff, Damien Perrotin (UDB), Joana Prats, Joël Quélard, Michel Richard, Diane Roussel, Marie-Pierre Sou (directrice de la maison de quartier de la Chesnaie), Françoise Thoumas (présidente du MRAP Nantes), Annie Uriatre (LDH), Pascal Vaillant, Marc Vince…

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[Saint-Nazaire] Pascal Vaillant, grièvement blessé par un tir de grenade lors d’une manifestation

Pascal Vaillant demande justice

Un passant de 44 ans a été grièvement blessé au pied lors de la manifestation du 29 janvier 2009 à Saint-Nazaire. La plainte de Pascal Vaillant a abouti à un non lieu. Il fait appel.

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Pascal Vaillant et son avocat Erwan Le Moigne

Lors de la manifestation du 29 janvier 2009, qui a rassemblé 18’000 personnes, 469 grenades lacrymogènes ont été tirées à Saint-Nazaire. Pas loin de la place de Quat’z horloges, devant le magasin ED, vers 18 heures, Pascal Vaillant a été piégé avec d’autres passants entre des CRS et des manifestants. « J’ai vu une fusée glisser vers moi, par instinct de protection j’ai voulu la repousser avec le pied et ça a explosé », se souvient Pascal Vaillant. Parce que c’était une grenade explosive GLI [Grenade lacrymogène instantanée] et non une grenade lacrymogène. La différence ? L’une est assez inoffensive ; l’autre, la GLI, est classée dans la catégorie des armes et ne doit surtout pas être lancée par terre, mais dans l’air pour exploser.

Pascal Vaillant a donc été gravement blessé, son état nécessitant seize opérations en quelques semaines et l’amputation de deux orteils du pied droit. Aujourd’hui, il ressent encore cruellement les effets de cette grenade : il prend quotidiennement des anti-douleurs, est toujours en rééducation et a besoin d’une canne pour marcher sur de longues distances. « La douleur me mine l’esprit, j’ai du mal à me concentrer ; c’est comme si je vivais toujours avec une entorse à la cheville », ajoute Pascal Vaillant, aujourd’hui âgé de 44 ans et ne pouvant pas travailler.

Plaintes et appel

Dès le 30 janvier 2009, Pascal Vaillant a déposé plainte pour blessures involontaires. Le 9 mars 2010, elle a été classée sans suite. Une plainte en constitution de partie civile a alors été déposée et confiée au juge d’instruction. Une ordonnance de non lieu a été déclarée le 8 février 2012. « Parce que les éléments d’enquête montrent des charges insuffisantes pour poursuivre quiconque ayant fait une action entraînant des blessures involontaires », explique Erwan Le Moigne, avocat de Pascal Vaillant. La Commission Nationale de Déontologie et de Sécurité a aussi été saisie. Sans influence effective, elle rend des avis qui peuvent être pris en compte. Aucune conclusion n’a encore été rendue sur l’action de la police. Le 15 février, une procédure en appel a été lancée ; elle sera étudiée par la cour d’appel de Rennes. « Nous ne pouvons pas accepter qu’on classe sans suite cette affaire », ajoute Erwan Le Moigne. Mais trois ans après les faits, il a surtout le sentiment qu’il n’y a toujours pas eu de véritables investigations, mais une volonté de classer l’affaire. Pascal Vaillant se dit, quant à lui, « choqué par le non lieu. si j’étais mort, on aurait dit à mes enfants que ce n’était la faute de personne ! »

Des zones d’ombres

Pour l’avocat, les CRS ont utilisé des armes dangereuses sans ordre et sans précautions d’usage ce qui a entraîné un blessé. Dans les rapports, le commissaire général de ce jour-là a expliqué l’utilisation les grenades explosives vers 18 heures car il n’y avait plus de grenades lacrymogènes. Or, selon un rapport de l’IGN, « les deux types de grenades ont été utilisés dès 17 heures. Nous considérons qu’il y a des responsabilités pénales à trouver : que ce soit celui qui a lancé la grenade ou le responsable des opérations », souligne Erwan Le Moigne. C’est pourquoi la mise en examen du commissaire principal chargé des opérations ce jour-là est demandée ainsi qu’un supplément d’informations.

Leur presse (SaintNazaire-infos.fr, 15 février 2012)

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Vive la belle ! (CRA de Metz)

Quatre évasions au centre de rétention

Plusieurs ressortissants marocains sont parvenus, mardi soir, à se sauver du centre de rétention administrative de Metz où ils avaient été judiciairement placés depuis quelques jours, en vue d’une expulsion prochaine déjà programmée. Les quatre hommes partageaient le même dortoir : vers 21h, ils ont brisé une vitre. Sur le chemin de ronde désert, les agents de la Police aux frontières effectuant un passage toutes les dix minutes, ils ont escaladé le grillage à l’aide de cadenas fournis par l’administration pour protéger leurs affaires personnelles.

« Nous les avons cherchés, en vain, reconnaît le directeur zonal de la PAF. Ces personnes sont arrivées à une zone d’étang, c’était compliqué pour les fonctionnaires de les arrêter. Leur signalement va être diffusé. » Effet collatéral de ces évasions, l’administration prévoit de renforcer la sécurité des lieux. « Cela fait un moment que je le réclame. La nuit, une dizaine de policiers gardent les lieux. Il faut des moyens techniques supplémentaires pour éviter que ça se répète. Nous sommes en train de voir pour mettre en place un système de détecteurs de mouvements. »

Leur presse (Republicain-lorrain.fr, 23 février 2012)

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[Wade dégage !] Camberène dans la contestation

Sénégal : au rythme du slogan « Wade dégage ! »
De notre envoyé spécial au Sénégal

Une odeur pestilentielle se dégage d’une eau boueuse, noire, aux pieds de l’épicerie de Monsieur Bah à Camberène, village religieux des Layènes, une des confréries musulmanes du pays. Depuis deux semaines, les eaux usées ne se dirigent plus vers l’océan mais se déversent à ciel ouvert. « Regardez ça, c’est horrible », vitupère Monsieur Bah, charismatique dans son boubou bleu, obligé de fermer boutique après 11 heures du matin pour cause de montée des eaux. « Les ordures viennent de Dakar et atterrissent chez nous, menaçant la santé de nos enfants. »

Des bambins, amusés par le spectacle, jaugent la scène désolante et dangereuse avant de se faire alpaguer par Monsieur Bah : « Allez-vous-en », leur intime-t-il en wolof, langue nationale la plus parlée. « Les jeunes ont cassé il y a deux semaines l’émissaire, le canal des eaux usées, car ils en avaient assez de voir ces eaux non traitées partir à cent mètres à peine du rivage, et refluer ensuite vers chez nous, un lieu tenu pour sacré. Je sais que c’est contre-productif, mais c’est le signe de leur colère, pour attirer l’attention des autorités. »

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Les eaux usées se déversent à ciel ouvert dans le village de Camberène

En vain. L’histoire remonte à plus de dix ans avec la promesse de l’actuel ministre de l’intérieur de dévier l’émissaire hors du village. Sauf que pour des raisons techniques, Camberène est l’endroit « idéal » pour rejeter en mer ces eaux usées, en partie traitées. Un projet d’extension du canal à plus de 1500 m dans l’océan devait être financé par l’Union européenne. Mais faute d’accord et à cause des reports successifs du gouvernement, la délégation de l’UE a jeté l’éponge pour le moment et affecté les 12 milliards de francs CFA (18,5 millions d’euros) à d’autres projets.

Aujourd’hui, le village sablonneux et poussiéreux vit les pieds dans les égouts. « Cette situation est dramatique, relève le médecin-chef du centre de soins, le docteur Cheikh Sadibou Diop. Depuis le blocage du canal, les maladies respiratoires et dermatologiques ainsi que les cas de diarrhées sont en progression. Il est trop tôt  pour dire s’il y a un lien de cause à effet, mais si ces eaux usées continuent d’inonder le village, on verra des cas de choléra, et à ce moment-là, il sera trop tard pour se réveiller. »

Plusieurs rapports commandés par une association de riverains dénoncent des taux excessifs en métaux lourds, et une pollution écologique quand les eaux se déversaient encore dans l’océan. Aujourd’hui, c’est au beau milieu du village que ces boues toxiques atterrissent, et menacent des milliers de personnes. « C’est une catastrophe, renchérit un des pharmaciens de Camberène dont l’officine est située en face du jet à forte pression qui sort de terre. En plus du danger sanitaire, on assiste à je-m’en-foutisme total des autorités. Personne n’est venu ici pour voir cette calamité. Ils sont tous préoccupés par la campagne présidentielle de dimanche. »

Un abandon du gouvernement confirmé par le médecin-chef. Plusieurs rapports ont été envoyés à l’Administration centrale. Là encore pas de réponse. « De toute façon, si les ministres viennent on va les accueillir avec des pierres », prévient Mamadou, 20 ans, lunettes de soleil chinoises, qui affirme avoir participé au blocage du canal. Et les pierres ont déjà plu.

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Dimanche dernier, pour la première fois dans cette campagne électorale, Camberène, tout comme de nombreuses banlieues de Dakar, est entrée dans la contestation. Ce 19 février, des milliers de jeunes défient la police. Sur l’artère principale où se déversent les eaux de la discorde, des chants religieux sont scandés devant quelques dizaines de policiers et gendarmes anti-émeutes, restés médusés face à tant de détermination collective. Dans les rues adjacentes, des pneus brûlent, des barricades de fortune sont érigées. L’émeute prend forme. Une pierre, puis deux, et le déluge.

Les policiers font bloc, s’en prennent plein les casques sans bouger, enfin pendant un temps. Sonne alors la charge, à coups de gaz lacrymogènes, flashball, balles en caoutchouc et à blanc alors que l’appel à la prière retentit.

La traque s’organise ruelle par ruelle. Les affrontements dureront plusieurs heures. Une pierre à la main, un étudiant hurle sa rage. « On ne veut plus de lui, enrage Idrissa, diplômé en électronique au chômage. Il n’a rien fait pour nous. Regardez, on vit dans une merde noire. On ne s’en sort plus. La vie est tellement chère. Tout a augmenté. Le prix du sac de riz de 40 kilos a presque doublé en quelques années. Pareil pour l’huile, le sucre, le carburant. Sans parler de l’électricité. »

Leur presse (Mehdi Meddeb, Mediapart, 22 février 2012)

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Deux nuits d’émeutes à La Réunion (2)

La Réunion. Les violences urbaines prennent de l’ampleur

Une deuxième nuit d’affrontements entre des centaines de jeunes et les forces de l’ordre a fait quatre blessés.

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Un escadron de gendarmes mobiles est attendu jeudi à la Réunion pour renforcer les effectifs de policiers et gendarmes présents sur le terrain. Dans la nuit de mercredi à jeudi, Un policier, deux gendarmes et un vigile ont été blessés ; dix commerces ont été pillés ou vandalisés, douze voitures incendiées. Trente-une personnes ont été interpellées dans la nuit, soit 49 en deux jours.

Malaise économique ou vandalisme ?

Des troubles avaient éclaté mardi soir à Saint-Denis, dans le quartier du Chaudron, et au Port, sur fond de protestation contre la vie chère. Ayant cessé mercredi matin, l’agitation a donc repris mercredi soir et s’est étendue à la ville de Saint-Benoît. 200 jeunes ont dressé des barrages sur les routes et cassé deux commerces raflant alcools et cigarettes, après des affrontements avec les forces de l’ordre, à coups de pierre. « C’est du pur vandalisme. Ca n’a rien à voir avec le malaise de la population sur la vie chère », a affirmé le sous-préfet de Saint-Benoît, Serge Bideau.

Violents affrontements

La nuit de mercredi à jeudi a connu ainsi une nouvelle flambée de violences, des affrontements opposant jusqu’à l’aube des centaines de jeunes aux forces de l’ordre. À Saint-Denis, les troubles ont repris dans le quartier populaire du Chaudron où de violents affrontements ont opposé plus de 200 jeunes à des policiers postés devant la grande surface Score, située au cœur de la cité et principale cible des émeutiers depuis mardi. Cris, injures, jets de projectiles : les forces de l’ordre ont été harcelées toute la nuit, répliquant par des tirs des grenades lacrymogènes et assourdissantes entendus dans toute la ville.

Un policier blessé par une grenade

Enfin, Au Port (ouest de l’île), les émeutiers s’en sont pris à une demi-dizaine de commerces (station essence, pharmacie, les restaurants Quick et Mac Do, un bar PMU) qui ont été vandalisés ou cambriolés. Des dizaines de feux ont été allumés dans les rues de la ville. C’est là qu’un policier a été blessé par le dysfonctionnement d’une grenade, qui lui a éclaté dans la main.

Leur presse (Ouest-France.fr, 23 février 2012)

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[Vaucluse] Pour une justice sans prison

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Le 5 mars 2011, nous étions rassemblés devant la prison du Pontet pour dénoncer les conditions de détention qui conduisent les détenus à s’ôter la vie et témoigner notre solidarité à la famille d’Aziz, jeune détenu de 24 ans retrouvé pendu dans sa cellule. Quelques mois auparavant en 2010, c’est pour tenter de connaître la vérité sur la mort du jeune Moncef que nous étions venus en ce même lieu.

Un an après rien n’a hélas changé, le nombre de suicides et de morts suspectes connus ne cesse d’augmenter, 110 en 2011 et déjà 7 depuis le début de l’année 2012.

Au centre de détention du Pontet, un détenu de 48 ans s’est pendu dans sa cellule le 28 janvier, ce qui porte à 15, le nombre de suicides ou de morts suspectes enregistrés dans cette prison depuis son ouverture en 2003. Le 16 février, dans cette même prison, une nouvelle tentative de suicide a cette fois échoué, mais combien d’autres encore aboutiront ? Si la peine de mort a été abolie en France, la prison continue pourtant à tuer.

C’est pour informer, dénoncer et témoigner notre solidarité aux prisonniers et à leur famille que le 3 mars à 14h30 nous nous rassemblerons devant le centre pénitentiaire du Pontet.

Pour prolonger la réflexion sur « à quoi sert la prison » nous organisons le 8 mars à 20h, à la salle de l’antichambre de la Mairie d’Avignon, la projection du film Qui prier pour oublier ? suivie d’un débat en présence du réalisateur Ekin Ercan, de deux des protagonistes du film Marc Sluse et Jean-Marc Mahy ex détenus-militants ainsi que de Alain Cangina président de l’association Renaître- PJ2R, ex détenu-militant-conteur.

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STICS-CNT 84 – Syndicat des Travailleurs de l’indusrie, du commerce et des services du Vaucluse.

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Occupation Pôle Emploi Lille du 22 février

Autisme et langue de bois : Pôle Emploi méprise encore

Ce mercredi 22 février, nous étions une quinzaine de chômeur-ses et de précaires, accompagnés par une poignée de clowns, à pénétrer dans l’agence Pôle Emploi du port fluvial de Lille, en début d’après-midi. Alors que nous déroulons paisiblement notre banderole tout en entamant une diffusion du tract « Qui sont les fraudeurs ? » à l’intérieur de l’agence, la brigade des clowns s’amuse avec les éléments du décor.

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La chose n’est pas du goût de la directrice. Alors que nous prenons les devants pour lui expliquer nos intentions essentiellement portées sur de l’information (mise à disposition d’un panneau d’affichage à l’entrée de l’agence, connaissance du nombre de radiations prononcées sur Lille et dans cette agence, discussion libre avec les demandeur-ses d’emploi sans entraver pour autant le fonctionnement du service, etc.), cette dernière menace d’appeler la police et joint rapidement le geste à la parole. « Si vous sortez, j’accepte de vous recevoir », répète-t-elle inlassablement pour faire mine de donner le change. Il n’en sera rien.

Encore un exemple de l’accueil réservé aux chômeur-ses qui tentent de s’organiser : Pôle Emploi vous veut seul-es, isolé-es, à genoux !

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Pour ne pas envenimer la situation, nous faisons le choix de sortir pour continuer à diffuser des tracts devant l’agence, et nous appelons les journalistes de la presse écrite locale (aucun d’entre eux ne se déplacera). Pour les demandeur-ses d’emploi qui pénètrent à l’intérieur, se forme alors un drôle de comité d’accueil : la directrice, le vigile de l’agence, deux flics en service et un membre des renseignements généraux nous tiennent à l’œil. La grande famille  Pôle Emploi réunie ! L’un des flics s’improvise alors comme intermédiaire de la directrice : « elle accepte de vous recevoir, mais seulement un seul d’entre vous. Si vous acceptez, il faut donner votre identité pour déposer une main courante, c’est tout à fait normal. » Bah tiens ! Autant nous traiter de criminels ! Pendant ce temps-là, la directrice téléphone à sa hiérarchie (peut-être la direction régionale ?) pour connaître la marche à suivre [Une circulaire de 2010 est appliquée partout en France à Police Emploi : en cas d’organisation collective de chômeur-ses et pour « prévenir la séquestration », c’est « fermeture d’agence », « bloquer les accès au bureau », « fermer les armoires à clé », « négocier à l’extérieur ou avec une délégation réduite à l’intérieur »… Boulevard de la Moselle, on suit les directives à la lettre.]. Finalement, c’est en nous faisant une offre ridicule (la réception du porte-parole pour étudier son dossier personnel, sans aucune discussion autour des revendications du collectif) qu’elle viendra elle-même rompre notre « échange ». En bonne DRH, elle ajoutera ces quelques mots : « merci de rester en-dehors de l’agence pour que les clients puissent rentrer ».

Depuis le 17 janvier, que ce soit boulevard de la République, rue de Condé ou boulevard de la Moselle, c’est la même réaction qui nous est opposée : une fin de non-recevoir, un mépris déguisé derrière des « directives » qui permettent au personnel encadrant de rejeter toute responsabilité personnelle. Quelque soit l’attitude que nous adoptons (véhémente ou non, avec ou sans occupation des lieux), Pôle Emploi nie toutes les initiatives d’organisation collective et préfère baisser le rideau, comme ce fut encore le cas vers 15h30, pour finalement laisser les demandeur-ses d’emploi à la porte et sans recours.   En générant autant de mépris et de frustrations, Pôle Emploi rassemble les chômeur-ses là où il voudrait les diviser. Face au sentiment d’injustice suscité, Pôle Emploi ne connaîtra qu’une seule réponse de notre part : la politique du poing sur la table.

Le collectif chômeur-ses, précaires de Lille, 22 février 2012.

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Deux nuits d’émeutes à La Réunion

La Réunion : des troubles à Saint-Denis s’étendent aux communes de Saint-Benoît et du Port

Les violences du quartier du Chaudron à Saint-Denis se sont étendues mercredi soir aux communes du Port et de Saint-Benoît où des affrontements ont opposé forces de l’ordre à des groupes de jeunes qui ont vandalisé une grande surface, a-t-on appris auprès de la préfecture.

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Les troubles se sont amplifiés à 23H00 heures locales (20H00 à Paris) à la Réunion, s’étendant aux communes du Port (ouest de l’île), à une vingtaine de kilomètres de Saint-Denis, et de Saint-Benoît (est).

« Une centaine de jeunes ont pu éventrer les rideaux d’une grande surface à Saint-Benoît et pénétrer à l’intérieur pour la piller », a déclaré à l’AFP le directeur de cabinet du préfet, Benoît Huber.

Selon des riverains, un hélicoptère survolait le site, braquant ses projecteurs sur les casseurs parmi lesquels se trouvaient des femmes. Des barrages constitués de branchages et de poubelles en feu interdisaient la circulation dans le centre-ville.

Au Port, des jeunes, dont certains munis de barre de fer, ont affronté les gendarmes dans les rues de la ville. Un groupe a réussi à pénétrer dans une concession automobile Peugeot où trois véhicules ont été incendiés, selon M. Huber. Des feux ont été allumés sur certains axes routiers.

Au Chaudron, à Saint-Denis, environ 200 jeunes cagoulés continuaient à harceler à coups de pierres les gendarmes mobiles protégeant la grande surface Jumbo Score, située au coeur du quartier et principale cible des émeutiers. Le bruit sourd des grenades assourdissantes était entendu dans toute la ville.

Un snack a été vandalisé et des dégradations commises sur les façades de plusieurs commerces, a indiqué le directeur de cabinet du préfet. Les policiers avaient procédé à 9 interpellations depuis le début de la soirée mercredi. Des poubelles, du mobilier urbain ainsi qu’un container situé à proximité d’un centre culturel ont été incendiés.

Élus et responsables de l’île semblent désemparés face à une situation sociale explosive et des revendications quasi impossibles à satisfaire sur le coût de la vie et le prix de l’essence.

Leur presse (Agence Faut Payer, 23 février 2012)


La Réunion a connu une nouvelle nuit de violences

L’île de la Réunion a connu une nouvelle nuit de heurts sur fonds de crise sociale liée à la hausse des prix. Quatre personnes ont été blessées du côté des forces de l’ordre, qui ont procédé à 31 interpellations. En deux jours, 49 personnes ont été arrêtées. Un escadron de gendarmes mobiles est attendu jeudi pour renforcer l’effectif des policiers et gendarmes présents sur le terrain, selon la préfecture.

Dans la soirée de mercredi, les violences parties du quartier du Chaudron, à Saint-Denis, se sont étendues aux communes du Port et de Saint-Benoît.

À Saint-Benoît, une grande surface a été vandalisée, affirme la préfecture. « Une centaine de jeunes a pu éventrer les rideaux de fer, indique le directeur de cabinet du préfet, Benoît Huber. Ils ont pénétré à l’intérieur pour la piller. » Des barrages de branchages et des poubelles en feu interdisaient la circulation dans un centre ville survolé par un hélicoptère braquant son projecteur sur les casseurs.

Au Port, des affrontements ont eu lieu entre les gendarmes et des manifestants dont certains étaient munis de barres de fer. Des feux ont été allumés sur plusieurs routes et une concession automobile a été attaquée. Cinq voitures ont été brûlées.

Dans le quartier du Chaudron, cœur des protestations, les violences sont montées d’un cran. Près de 200 personnes cagoulées ont bombardé de cailloux les policiers en faction devant une grande surface. Les forces de l’ordre ont répliqué avec des gaz lacrymogènes. Un snack et plusieurs façades ont été vandalisés. Le Case, un local qui regroupe plusieurs associations, a également été attaqué, selon linfo.re.

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Plus de la moitié des Réunionnais vivent sous le seuil de pauvreté

Les heurts ont débuté mardi soir, en marge d’une manifestation de routiers contre le prix du carburant. Le maire socialiste de Saint-Denis, Gilbert Annette (PS), ne veut pas que le quartier populaire du Chaudron soit stigmatisé. « Sur une quinzaine de casseurs interpellés, seuls trois habitent le quartier » a-t-il relevé mercredi dans la journée, comme pour conjurer le sort et montrer que « le malaise est présent partout dans la population ».

Quelque 52% des Réunionnais vivent en dessous du seuil de pauvreté, et le chômage (30%) n’a cessé d’augmenter. En 2011, le nombre de saisine pour des entreprises en difficulté a progressé de 76% (800 contre 455 en 2010), selon le président du tribunal de commerce, Jean-Michel Bouchon.

Il y a trois ans, lors de la grande crise sociale, des saccages s’étaient déjà produits dans le Chaudron, à l’issue d’une manifestation du Cospar (Collectif des organisations syndicales, politiques et associatives) qui défendait, lui aussi, des revendications contre la vie chère, dans le sillage du LKP guadeloupéen. Les manifestants réclamaient, comme aujourd’hui, une baisse du prix de l’essence et du gaz, ainsi qu’une augmentation des bas salaires.

Le mouvement avait pris fin avec un accord instaurant une prime de 150 euros sur les salaires, une baisse du prix de l’essence et du gaz. Les grandes surfaces s’étaient engagées à diminuer de 5 à 20% les prix d’une centaine de familles de produits alimentaires et ménagers.

Leur presse (LeParisien.fr, 23 février 2012)


Nouvelle nuit d’émeutes à La Réunion

Des centaines de jeunes ont affronté les forces de l’ordre sur fond de protestations contre la vie chère.

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Les violences urbaines à La Réunion se sont étendues lors d’une deuxième nuit d’affrontements entre des centaines de jeunes et les forces de l’ordre, qui ont fait quatre blessés, a-t-on appris de source préfectorale mercredi 22 février.

Des troubles avaient éclaté lundi soir à Saint-Denis, dans le quartier du Chaudron, et au Port, sur fond de protestation contre la vie chère. Ayant cessé mardi matin, l’agitation a repris mardi soir et s’est étendue à la ville de Saint-Benoît : la nuit de mercredi à jeudi a connu ainsi une nouvelle flambée de violences, des affrontements opposant des centaines de jeunes aux forces de l’ordre.

Un policier, deux gendarmes et un vigile ont été blessés ; dix commerces ont été pillés ou vandalisés, douze voitures incendiées, selon la préfecture de la Réunion.

Trente-et-une personnes ont été interpellées dans la nuit, 49 en deux jours.

Un escadron de gendarmes mobiles est attendu jeudi à la Réunion pour renforcer l’effectif des policiers et gendarmes présents sur le terrain, selon la préfecture.

Leur presse (Le Nouvel Observateur avec AFP, 23 février 2012)


La Réunion : nuit d’affrontements entre jeunes et police

Des violences ont éclaté en marge d’une manifestation de routiers contre le prix du carburant et la vie chère.

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Valérie Pécresse a déclaré mercredi 22 février que le gouvernement était « entièrement mobilisé pour que les manifestations se déroulent dans le calme » sur l’île de La Réunion, lors de son compte rendu du Conseil des ministres. « Le gouvernement veut que la sérénité revienne à la Réunion », a affirmé la porte-parole du gouvernement.

Le calme est revenu au lever du jour, mercredi 22 février à La Réunion, à Saint Denis, dans le quartier populaire du Chaudron, et au Port (ouest), où quinze commerces ont été pillés ou saccagés, lors d’une nuit d’affrontements entre groupes de jeunes et police, a-t-on appris de source préfectorale.

Un policier a été légèrement blessé par un jet de pierre et 8 interpellations ont été opérées à Saint-Denis, 6 dans la ville du Port, au cours de cette flambée de violences qui a éclaté en marge d’une manifestation des routiers contre le prix du carburant et la vie chère.

Carcasses de voitures incendiées, odeur âcre des gaz lacrymogènes, commerces éventrés, poubelles incendiées, barrages de ferrailles en travers de la chaussée : les traces laissées par une nuit d’affrontements et de violences étaient visibles un peu partout, en début de matinée, dans le quartier du Chaudron, à la périphérie Est de Saint-Denis.  » Dix commerces ont été saccagés ou pillés à des degrés divers, dont une pharmacie, une bijouterie, une agence bancaire, un restaurant Quick « , a déclaré Benoît Huber, directeur de cabinet du préfet. « Ce matin, le calme est revenu, il n’y a plus aucun trouble », a-t-il précisé.

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Casseurs

Le propriétaire d’une épicerie, ouverte en 1984 et déjà vandalisée par le passé, évaluait à 200’000 euros, le bilan des dégâts. « Ils ont emporté des cigarettes, le fond de caisse, des marmites, tout ce qui leur tombait sous la main », s’est-il désolé. Quatre véhicules ont également été incendiés au Chaudron ainsi qu’une vingtaine de poubelles, a indiqué Benoît Huber.

De 20h à environ 2h30 du matin, environ 200 jeunes, pour la plupart cagoulés, ont affronté avec des pierres les policiers de la Compagnie départementale d’intervention et du GIPN (Groupement d’intervention de la police nationale) qui ont tiré, au total, 25 grenades lacrymogènes et assourdissantes, selon la préfecture.

Les casseurs ont concentré leurs attaques sur une grande surface située en plein cœur du quartier, « ardemment défendue » par les gendarmes qui ont « réussi à la préserver », selon Benoît Huber.

Dans la ville du Port (ouest de l’île), à une quinzaine de kilomètres de Saint-Denis, le bilan est moins lourd avec cinq commerces dont une auto-école, un magasin de vêtement, un bureau de revente d’or dévastés. Les casseurs se sont principalement attaqués à l’entrepôt du Capricorne, une société d’importation de riz, dévalisant un conteneur, avant de mettre le feu à un semi-remorque : il s’en est suivi un début d’incendie du bâtiment, qui a toutefois été vite maîtrisé par les pompiers. Parmi les six personnes interpellées, trois sortaient de l’entrepôt avec des sacs de riz, a indiqué Benoît Huber.

Blocus

Ces incidents ont éclaté à l’issue du blocus de l’entrepôt la SRPP (Société réunionnaise des produits pétrolier) unique lieu de stockage de carburant de la Réunion, par des transporteurs. Toute la matinée de mardi, le leader du mouvement, Jean-Bernard Caroupaye, président de la FNTR (Fédération nationale de transport routier) avait appelé la population à venir soutenir sur place l’action des transporteurs contre la cherté du prix de l’essence et la vie chère.

Après la signature d’un protocole d’accord avec le préfet de la Réunion, Michel Lalande, prévoyant une réunion de négociation vendredi, Jean-Bernard Caroupaye avait appelé à la levée du barrage, hué alors par les manifestants sur place, dont de nombreux jeunes. De petits groupes de casseurs s’étaient dirigés ensuite vers le centre où la situation a dégénéré.

À 23h, les accès au dépôt de carburant ont été libérés par les routiers permettant, au lever du jour, le réapprovisionnement des stations-service de l’île dont un grand nombre était à sec mardi soir.

Leur presse (Le Nouvel Observateur avec AFP, 22 février 2012)

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[PCC dégage !] Contestation, répression et immolations au Tibet (2)

Tibet : Une répression hors de la vue des journalistes

Alors que les immolations par le feu se multiplient dans les zones tibétaines, la Chine cherche à faire taire les contestataires. Pékin sort ses vieilles recettes : sécurité, propagande et “rééducation”.

Sur le Toit du monde, les forces paramilitaires chinoises tentent d’éliminer la résistance tibétaine au pouvoir de Pékin à coups de bâtons pointus, d’armes semi-automatiques et d’extincteurs. Tous les vingt mètres, le long de la route principale vers Aba [Ngawa en tibétain], ville perdue sur le plateau du Tibet [dans le nord-ouest de la province du Sichuan] qui se trouve au cœur de la nouvelle vague de contestation, des policiers et des responsables communistes munis de brassards rouges font le guet, à la recherche de manifestants éventuels. Des dizaines d’autres, dans le cadre d’une démonstration de force impressionnante, sont assis en rangs devant les boutiques et les restaurants. Dans le monastère voisin de Kirti, des soldats chinois montés sur des camions de pompiers surveillent de près les pèlerins qui se prosternent, au cas où leur dévotion se transformerait en immolation.

Autant de choses que les étrangers ne sont pas censés voir. Les autorités chinoises ont fait tout leur possible pour interdire l’accès à Aba, où vivait plus de la moitié des 23 moines, nonnes et bouddhistes laïcs qui, ces deux dernières années, se sont immolés par le feu en signe de protestation contre le Parti communiste. Pékin a bloqué Internet et les téléphones portables. Des barrages ont été dressés sur les routes des environs pour tenir à l’écart les observateurs extérieurs.

Mais, au bout de dix heures de voyage par des vallées montagneuses et des plateaux enneigés, une équipe du Guardian a été en mesure de pénétrer dans Aba, où elle a pu voir comment les autorités ­chinoises s’efforçaient de neutraliser la dissidence à l’aide d’une campagne de sécurité, de propagande et de “rééducation”. Sans grand succès : elles ont eu beau multiplier les effectifs de sécurité dans la ville, les manifestations se poursuivent.

Les suicides et les automutilations se multiplient. Les tensions font tache d’huile. À Chengdu, la capitale de la province, des unités de police antiémeute équipées d’extincteurs ont placé la foule sous surveillance dans le quartier commerçant de Chunxi. Hors de leur vue, un moine tibétain de la province du Qinghai nous a glissé que la situation s’était aggravée. “Maintenant, c’est difficile pour les ­Tibétains. Les contrôles sont très stricts. Il y a beaucoup plus de police.”

“C’est difficile de parler. C’est très délicat. Ils disent que des gens sont morts”, raconte un commerçant d’Aba. Ailleurs dans la région, les gens attendent désespérément des informations en provenance des zones verrouillées sur le plateau tibétain. “Ma mère, mon père et mon mari sont encore là-bas. Ça m’inquiète. Ça fait plus d’une semaine que je ne peux plus les appeler”, confie la propriétaire d’un restaurant de Seda [dans la province du Sichuan]. “Le gouvernement dit qu’il n’y a eu qu’une personne de tuée, mais on a appris que des dizaines avaient été emmenées et on ne sait pas ce qui leur est arrivé.”

Chen Quanguo, chef du Parti communiste du Tibet, a ordonné aux membres des forces de sécurité de se préparer à “une guerre contre le sabotage sécessionniste”, d’après un article récent du [quotidien ­officiel] Tibet Daily. La violence fait apparemment partie intégrante de la panoplie des mesures prises par les autorités. Des troubles ont éclaté dans plusieurs endroits, mais les plus durs ont eu lieu dans la préfecture d’Aba, qui résiste au pouvoir communiste depuis des décennies. En 2008, elle a été le théâtre d’affrontements sanglants avec les forces de sécurité.

Mais, ici, la violence est pour l’essentiel auto-infligée. Et l’on ne se bat pas pour un territoire, mais pour conquérir les cœurs et les esprits. Les habitants sont poussés à manifester leur loyauté envers les autorités. Tous les édifices publics sont pavoisés de drapeaux chinois. Des affiches clament que le développement économique passe par la stabilité et l’harmonie. Quant à la communauté tibétaine, elle est divisée.

“Nous sommes tous bouddhistes, mais je n’approuve pas les immolations. Ce sont des actes extrémistes, nous affirme un moine sur la route près d’Aba. Nous avons besoin de paix.” D’autres, en revanche, sont exaspérés par le durcissement des restrictions et la perspective d’un règlement négocié qui s’éloigne. Le dialogue est rompu entre Pékin et les émissaires du dalaï-lama depuis 2010. Dans l’intervalle, les autorités ont renforcé la sécurité et les contrôles dans les monastères. De longues “campagnes de rééducation” visent les moines, qui sont contraints de renoncer publiquement au dalaï-lama, présenté comme un traître réactionnaire, et de professer leur patriotisme et leur loyauté envers la Chine. Ces mesures sont justement l’une des principales sour­ces du mécontentement. “Ils appellent ça de la rééducation, mais en réalité ça veut dire des menaces et de l’intimidation. Les moines préféreraient mourir plutôt qu’accepter ça”, assure Kanyag Tsering, un moine qui vit en exil depuis treize ans. “Je redoute que, sans un changement de politique, on n’assiste à une augmentation des immolations, et même à des formes de contestation plus terrifiantes.” Aba a toujours abrité la plus forte concentration de moines et de monastères du plateau tibétain. Compte tenu de son importance, le régime tient la région d’une main de fer, explique Kate Saunders, de la Campagne internationale pour le Tibet (ICT). “Au Tibet, les monastères jouent le rôle d’universités. Ce qui se passe, c’est comme si Oxford et Cambridge étaient victimes d’un blocus militaire. Comme si le Royaume-Uni cherchait à empêcher les étudiants d’étudier autre chose que ce que veut le gouvernement.”

Du côté chinois, on maintient que ces mesures sont nécessaires car les troubles sont fomentés par le dalaï-lama et ses partisans. “Du fait de la violence des incidents, des émeutes et des déprédations, le gouvernement chinois a pris des mesures appropriées pour répondre au désir de stabilité des communautés tibétaines”, déclare Liu Weimin, porte-parole du ministère des Affaires étrangères chinois.

Il semble peu probable que le calme revienne. Un professeur de l’université des Minorités, qui a préféré garder l’anonymat, nous a avoué que les forces de sécurité étaient plus nombreuses cette année que lors du soulèvement meurtrier de 2008. “Il y a de graves problèmes dans les relations entre les Hans [qui représentent 92 % de la population chinoise] et les Tibétains. En quatre ans, ça a empiré.”

IMMOLATIONS Des sacrifices quotidiens
De plus en plus de Tibétains sacrifient leur vie pour défendre un Tibet libre. Plusieurs se sont immolés par le feu au cours des derniers jours : dimanche 19 février, un moine âgé de 18 ans, Nangdrol, s’est ainsi donné la mort devant le monastère de Rangtang (Dzamthang, pour les Tibétains) dans la préfecture d’Aba (Ngaba, en tibétain), rapporte Phayul, le site d’information de la communauté en exil. Alors que les flammes le dévoraient, il aurait crié : “Liberté pour le Tibet”. Les moines ont ensuite empêché les forces de sécurité chinoises de récupérer son corps et l’ont emmené à l’intérieur du monastère. Vingt-trois Tibétains se sont immolés, depuis 2009, pour exiger le retour du dalaï-lama et dénoncer la répression, selon l’administration centrale tibétaine (en exil), citée par Phayul. Les tensions culminent alors que le nouvel an tibétain, célébré depuis le 22 février, dure deux semaines. De discrètes actions de résistance avaient déjà été organisées lors du nouvel an chinois, fin janvier. Des Tibétains avaient dédié leurs prières à celles et ceux qui s’étaient immolés.

PROPAGANDE Détournement
Le site officiel chinois China Tibet Online a cru bon, le 16 février, de citer Courrier international comme l’auteur d’un reportage dénonçant les visées sécessionnistes des Tibétains en exil. La propagande est à l’œuvre puisque ce reportage n’existe pas. Notre journal n’a fait que traduire sur son site web, le 1er février, un éditorial sur le Tibet du quotidien Huanqiu Shibao, porte-voix des autorités chinoises, afin que nos lecteurs puissent découvrir la rhétorique en vigueur à Pékin.

Leur presse (Jonathan Watts, The Guardian / Courrier International, 22 février 2012)

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Journée de vigilance antifasciste Samedi 3 mars à Lyon-Villeurbanne

Le samedi 3 mars prochain au CCO de Villeurbanne aura lieu de 10h30 à minuit une journée de réflexion, de partage et de musique autour de la montée de l’extrême droite à Lyon et plus largement en France et en Europe, organisée par le Collectif Vigilance 69 contre l’extrême droite.

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Programme détaillé

Cette journée s’articulera autour de plusieurs ateliers-débats portant, entre autre, sur le Front National et la Droite Populaire, les attaques sur le droit des femmes, la construction de boucs émissaires, etc. Ces ateliers seront animés par des intervenants extérieurs, sociologue, spécialistes de l’extrême droite et des membres du collectif Vigilance 69 contre l’extrême droite.

La soirée sera quant à elle musicale avec différents groupes tenant à soutenir la lutte anti-fasciste.

Lyon est depuis trop longtemps devenu le terreau d’une extrême droite violente et dangereuse, il est temps que les Lyonnais et Lyonnaises puissent s’armer idéologiquement contre ces idéaux nauséabonds. Retrouvons-nous tous le samedi 3 mars au CCO de Villeurbanne à partir de 10h00.

Rebellyon, 22 février 2012.

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On aime le poulet grillé au Bois-l’Abbé (Champigny-sur-Marne)

Champigny-sur-Marne : Le commissariat de la cité encore sous tension

Placé sous haute surveillance hier soir à la suite d’énièmes échauffourées, le commissariat du Bois-l’Abbé entretient des relations compliquées avec les habitants du quartier.

Dans le ciel, un hélicoptère patrouille ; au sol, des CRS en tenue de maintien de l’ordre sont postés à l’entrée de quelques immeubles. L’ambiance restait tendue hier soir dans le quartier du Bois-l’Abbé, au lendemain des affrontements qui ont eu lieu autour du commissariat niché au cœur de la cité. Mardi soir, les forces de l’ordre ont essuyé des jets de projectiles et d’un cocktail Molotov, qui ne s’est pas embrasé.

« Vers 20 heures, la place était pleine d’uniformes et de fourgonnettes », décrit Dominique [Les prénoms ont été changés]. Selon la préfecture du Val-de-Marne, les heurts se sont déclenchés après la découverte d’engins incendiaires en préparation. Alors qu’ils couraient derrière un petit groupe, « les policiers ont été attaqués par des jeunes plus ou moins par désœuvrement, explique-t-on au cabinet du préfet. Ils ont jeté des pierres et des choses ramassées par terre. Ils ont également lancé un des cocktails Molotov, qui n’a pas explosé. »

Moussa, 22 ans, a assisté à l’incident entre jeunes et policiers : « Des gars de 11-12 ans ont balancé des cailloux sur le commissariat. De 40 à 50 flics les ont coursés dans le quartier. » À la suite de ces échauffourées, qui n’ont fait aucun blessé, deux jeunes ont été interpellés. Placés en garde à vue jusqu’à hier soir, les deux mineurs de moins de 15 ans devaient être présentés ce matin devant le juge des enfants pour des violences volontaires avec armes en réunion. D’après une source judiciaire, « ils auraient jeté des pierres mais ne sont pas suspectés d’avoir lancé le cocktail Molotov ».

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Situé en plein milieu d’un quartier de près de 10’000 habitants, connu pour être une plaque tournante de la drogue en Île-de-France, le commissariat est régulièrement la cible d’escarmouches. En juillet dernier, le poste de police avait été visé pendant deux nuits. Cinq cocktails incendiaires, des pétards et des feux d’artifice avaient été lancés en direction du parking. Cette proximité, unique dans le département, entre la police et les jeunes, crée des tensions, comme en témoignent habitants et syndicats (…). « Le fait d’avoir un commissariat au cœur de la cité peut faire illusion, mais ce n’est pas aussi simple que cela, sachant qu’il manque d’effectifs », résume Keita Fily, adjointe au quartier du Bois-l’Abbé et à la jeunesse à la mairie communiste de Champigny. Alors qu’hier en début de soirée la situation était calme, la préfecture du Val-de-Marne annonce qu’elle « envisage de renforcer la vidéosurveillance » à proximité du poste de police du Bois-l’Abbé.

Leur presse (Julien Solonel et Elsa Marnette, LeParisien.fr, 23 février 2012)

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Aux mains des détenus, une prison de Bali se prépare à un nouvel assaut

Les forces de sécurité indonésiennes, lourdement armées et aidées de canons à eau, tentaient jeudi matin dans un déluge de feu de reprendre le contrôle d’une prison vétuste et surpeuplée de l’île de Bali, après une deuxième nuit d’émeutes.

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Quelque 400 soldats et policiers, ainsi que les surveillants de la prison, ont passé la nuit devant le centre pénitentiaire de Kerobokan, qui abrite un millier de détenus, dont douze Australiens condamnés pour trafic de drogue.

Les forces de l’ordre en avaient repris le contrôle mercredi à l’aube après une première nuit d’émeutes, marquée par des départs de feu et des jets de pierres, mais elles l’ont reperdu dans la nuit de mercredi à jeudi.

Au petit matin, les forces de sécurité qui cernent le bâtiment ont tiré à feu continu pendant trois minutes, selon un journaliste de l’AFP sur place. Des tirs en l’air destinés à empêcher la fuite de prisonniers rebelles ont été entendus pendant toute la nuit.

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Les détenus interdisent l’accès à l’établissement et on ignore le nombre de blessés. La première nuit de violences avait fait quatre blessés, dont un policier.

La police et l’armée ont dressé un cordon de sécurité autour de l’établissement, situé à quelque 7 km de la station balnéaire de Kuta, haut lieu du tourisme international.

Des véhicules armés et des canons à eau ont été postés devant les murs extérieurs de la prison, où l’électricité est coupée depuis le début de la révolte.

Plusieurs camions chargés de policiers anti-émeutes ainsi que des chiens sont arrivés en renfort vers midi (04H00 GMT) jeudi pour participer vraisemblablement à un nouvel assaut.
Mais les autorités ont assuré qu’elles ne tenteraient rien avant d’avoir évacué les femmes et les soixante-six ressortissants étrangers incarcérés à Kerobokan.

« L’évacuation pourrait s’effectuer par terre ou par air mais je ne peux pas vous donner plus de précisions », a déclaré à l’AFP Wing Handoko, porte-parole du commandement militaire de la province.

« Nous essayons de trouver le bon moment (…), nous ne voulons pas courir le risque de voir les étrangers devenir la cible de la colère des autres détenus », a-t-il déclaré.

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Le pénitencier abrite 1.015 détenus, soit plus de trois fois sa capacité. Parmi ce millier figurent 125 femmes et 66 étrangers, a précisé Anang Khuzairi, chef de la sécurité de la prison.

Les violences n’auraient pas touché l’aile dans laquelle sont incarcérés les étrangers mais ils manquent de nourriture, les cuisines ayant été endommagées.

Le consulat australien a envoyé des colis alimentaires comprenant des fruits, des légumes, du pain et du fromage, a indiqué à l’AFP un surveillant de prison.

Deux des Australiens emprisonnés ont été condamnés à mort et attendent leur exécution, six autres purgent une peine de prison à perpétuité.

Le pénitencier, vétuste et surpeuplé, abrite beaucoup de détenus condamnés à des peines lourdes pour meurtre, crimes violents ou sexuels.

Selon un employé pénitentiaire, il s’agit des incidents les plus graves depuis cinq ans dans cet établissement. « Le personnel carcéral a peur d’entrer et d’aggraver les violences. C’est une rébellion massive, la plus importante de ces cinq dernières années », a estimé Aryawan, identifié comme souvent en Indonésie par un seul nom.

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Leur presse (Agence Faut Payer, 23 février 2012)

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Tract dénonçant l’ouverture d’un local fasciste distribué à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais)

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Lutte en Nord, 22 février 2012.

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[Saint-Nazaire] Deux opposants à l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes condamnés à 14 mois de taule pour avoir viré de manif un type de la DCRI

Opposants à l’aéroport : 14 mois de prison avec sursis

Le tribunal de Saint-Nazaire a condamné en début d’après-midi deux des opposants au futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes à 12 mois de prison avec sursis plus 2 mois pour refus de prélèvements ADN, plus 500 € de dommages et intérêts à verser au policier des RG molesté le 6 novembre dernier lors d’une manifestation organisée sur le site. Une femme qui comparaissait également à la barre a, pour sa part, écopé d’une amende de 1000 € avec sursis pour sa participation aux faits qu’elle assume.

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Rodolphe Balej et Yasmine Mahmel avec leur défenseur Me Stéphane Vallé à l’issue de l’audience

Leur presse (Presse-Océan, 21 février 2012)


Un an de prison avec sursis contre un opposant au futur aéroport de Nantes

Un opposant au futur aéroport de Nantes, qui doit être construit à Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique), a été condamné mardi par le tribunal de Saint-Nazaire à un an de prison avec sursis pour avoir molesté un policier lors d’une manifestation.

Lors du départ d’une manifestation « tracto-vélo » vers Paris le 6 novembre 2011, une quinzaine de manifestants avaient forcé un policier du service départemental d’information générales (SDIG) à regagner son véhicule.

Ce dernier avait porté plainte pour outrage mais aussi pour violences pour avoir été poussé à plusieurs reprises.

Le tribunal a suivi les réquisitions du procureur, Florence Lecoq, qui demandait un an de prison avec sursis contre Rodolph Balej, considérant qu’il s’agissait d’une récidive après une condamnation en 2011 à une amende avec sursis pour avoir entarté un membre du conseil général.

Il a en outre été condamné à deux mois de prison avec sursis pour refus de prélèvement d’ADN, une peine distincte de la première, a constaté l’AFP.

Une autre opposante à l’aéroport qui avait participé à l’action, également poursuivie, a été condamnée à 1.000 euros d’amende avec sursis. Tous deux ont été solidairement condamnés à 500 euros de dommages et intérêts et 600 euros de frais de justice.

Me Stéphane Vallé, avocat des deux accusés, avait plaidé la relaxe pour les violences et une amende avec sursis pour les outrages.

De son côté, Rodolph Balej a souligné que l’action d’expulsion du policier de la manifestation avait été « collective » et que sa condamnation qu’il a jugée « sévère » s’inscrivait dans une « stratégie pour faire taire la rage et la colère dans le bocage landais contre l’aéroport » de Notre-Dame-des-Landes.

« Les manifestants ne se rendent pas compte que les policiers ne sont pas là contre eux mais pour faire leur travail », a souligné à la sortie du tribunal l’avocat du policier Me Denis Lambert.

Une centaine d’opposants à l’aéroport ont manifesté devant le tribunal de Saint-Nazaire pendant l’audience.

Leur presse (Agence Faut Payer, 21 février 2012)


Notre-Dame-des-Landes : sursis pour les deux opposants

Nouvel opus de la saga Notre-Dame-des-Landes : les deux opposants mis en examen pour violences et outrages à un policier en civil en novembre dernier ont été jugés ce mardi à Saint-Nazaire.

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Une victime, des prévenus…

Ils ne regrettent rien et pensent n’avoir rien à se reprocher. « Ils » c’est Rodolphe Balej et Yasmine Mahmel, deux opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes. Le 6 novembre 2011 lors de la manifestation tracto-vélo, ils auraient violenté et insulté un policier des renseignements généraux. Présente, la victime a donné sa version des faits : sur place dans le cadre de ses fonctions, tout s’est bien passé jusqu’à 10 heures du matin. À ce moment-là, il se fait repérer par une quinzaine de personnes. « Ils sont venus vers moi et m’ont dit  »tu dégages ». J’ai rétorqué que j’étais dans un lieu public et donc que j’avais le droit d’y rester », explique le policier à la barre. Il continue en accusant le prévenu de l’avoir poussé, frappé une première fois à l’épaule gauche et d’avoir tenté d’ouvrir son sac. Puis un autre coup à l’épaule gauche, un croche-pied et des insultes. « Je n’ai pas reçu de coup de Yasmine Mahmel », précise le policier. Un troisième coup à l’épaule gauche qui l’a fait tomber sur un banc. « J’ai laissé tomber et je suis parti », conclut-il.

Comme souvent au tribunal, le son de cloche est différent entre la partie civile et la défense. Cette fois-ci ne fait pas exception. Yasmine Mahmel se dit en désaccord complet avec le témoignage du policier : « il n’avait pas de sac. Je ne vois pas pourquoi il accuse mon camarade alors que je l’ai poussé gentiment ! » Rodolphe Balej n’a rien à ajouter à la déclaration faite à la police il y a plusieurs mois si ce n’est qu’il « nie sa version : collectivement, j’ai participé à son raccompagnement. J’aimerais qu’on évite de me faire passer pour un meneur ». Interrogé par l’avocat de la défense, le policier a convenu ne pas se souvenir que Yasmine Mahmel l’ait frappé. Sur la quinzaine d’opposants l’ayant raccompagné, il a reconnu trois personnes, mais seuls les deux prévenus ont été inculpés.

Et des avocats

L’avocat de la partie civile, évoque des faits traumatisants pour son client. Pour lui, le policier a fait preuve d’une très grande maîtrise de lui-même. « Le principal intéressé ne reconnaît rien et se cache derrière une femme alors qu’il a déjà été condamné en mai 2011 pour des faits similaires », souligne l’avocat. Il continue en arguant que son client ne faisait que son travail, qu’il n’était pas là pour embêter les gens. Il demande 800 € de dommages et intérêts plus 400 € au titre de l’article 475-1.

C’est Madame le Procureur elle-même qui a présenté l’avis du parquet. « On  a l’impression que c’est aux prévenus qu’il revient de savoir où et quand les policiers peuvent faire leur métier. Son seul tort est d’être là », dit Florence Lecoq. Elle évoque des menaces, des pressions et qu’il est repoussé par petits coups. « C’est avec une parfaite honnêteté intellectuelle qu’il est là aujourd’hui : s’il accusait seulement ceux qu’il avait reconnus, il aurait dit qu’elle aussi l’avait frappé comme elle le revendique », ajoute le procureur. Pour Rodolphe Balej, elle requiert la peine plancher (puisqu’il est en récidive), soit 12 mois de prison avec sursis plus 2 mois avec sursis pour un refus de prélèvement d’ADN ; pour Yasmine Mahmel, ce sont 1500 € d’amende qui sont requis.

L’avocat de la défense, Stéphane Vallé, n’y va pas avec le dos de la cuillère en qualifiant l’affaire de « non-événement total quand on sort du contexte » puisqu’au final, la victime a « seulement » été bousculée. Il explique qu’il ne s’agit pas d’une attaque contre lui en tant que policier, la preuve étant qu’ils ne s’en sont pas pris aux gendarmes présents ce jour-là. Ce qui les a gênés et continue d’ailleurs de les gêner, c’est qu’en civil il se mêle aux manifestants pour prendre des renseignements sur eux… Il demande la relaxe pour les faits de violence « car la confusion ne permet pas de dire avec certitude qui l’a frappé » et la clémence pour l’outrage et le refus de prélèvement d’ADN.

Le tribunal a rendu son verdict : 14 mois avec sursis (dont 2 pour les prélèvements d’ADN) pour Rodolphe Balej et 1000 € d’amende avec sursis pour Yasmine Mahmel. Ils auront aussi 1100 € à payer à leur victime. « Nous avons l’impression qu’on veut nous faire passer pour des boucs émissaires. La justice est sévère : c’est cher payé pour avoir poussé un policier dans un acte collectif… C’est honteux de la part de la police et de la justice », conclut Rodolphe Balej. Échaudés, ils ne comptent pourtant pas abandonner la lutte contre l’implantation de l’aéroport.

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Une centaine de manifestants devant le tribunal

Ils sont venus pour soutenir Rodolphe Balej et Yasmine Mahmel. Une centaine de personnes se sont regroupées devant le tribunal dès 13 heures et sont reparties une fois le jugement rendu. La police avait prévu le coup et mobilisé une dizaine de cars de CRS. Une décision pas du tout disproportionnée par rapport au nombre de manifestants… Pour Christian Grisollet, de l’association Acipa, « c’est un moyen d’intimider ». D’ailleurs la réaction des deux inculpés est soutenue par les manifestants, comme Geneviève Coiffard-Grosdoy, de l’association Acipa et de l’association Attack [sic], qui ne veut « pas faciliter le boulot de la police. Ils viennent aux manifestations et nous leur disons qu’ils ne sont pas les bienvenus. Nous ne cassons pas la gueule aux flics, nous ne prônons pas la haine mais nous ne les aidons pas ! » Au moment de l’audience, tous n’ont pas pu entrer dans la salle ; d’ailleurs ils n’auraient pas pu, des policiers bloquant en partie l’entrée dans l’enceinte du tribunal et dans le bâtiment en lui-même. Une attitude qui a un peu plus choqué les manifestants présents…

Leur presse (SaintNazaire-Infos.fr, 21 février 2012)


Outrage à agent à Notre-Dame-des-Landes : 100 manifestants devant le tribunal de Saint-Nazaire

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Bruyante assemblée durant l’audience du tribunal correctionnel, mardi après-midi.

Un nouvel épisode houleux sur le futur aéroport de Notre-Dame-des-Landes s’est joué devant et dans le tribunal correctionnel de Saint-Nazaire, hier après-midi. Pas moins d’une dizaine de cars de CRS pour contenir une petite centaine de manifestants groupés devant l’enceinte du tribunal. À l’intérieur se jouait le sort de deux militants accusés d’outrage et violence, sans incapacité, sur un dépositaire de l’autorité publique. En l’occurrence un policier en civil. Lors d’une manifestation, le 6 novembre dernier, il s’est fait raccompagner à son véhicule par une vingtaine de militants. Croche-pied, coups à l’épaule et insultes et menace à la clef. Une version contestée par les prévenus qui reconnaissent seulement l’avoir raccompagné. Déjà condamné pour des faits similaires, l’accusé dénonce son rôle de bouc émissaire pour lequel il écope d’une peine de 12 mois de prison avec sursis et deux mois pour refus de se soumettre aux tests ADN. Sa « complice » est condamnée à une amende avec sursis.

Leur presse (Ouest-France.fr, 21 février 2012)

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Petite chronique du 93

Je suis désormais une habitante du 93 (même si mon immeuble a un mur à Paris, ma porte est à Bagnolet). J’ai la chance de vivre sur la frontière entre Paris 20e et la banlieue ce qui me permet de jouir des avantages de la capitale et des prix et de la popularité de Bagnolet. Le 93 n’a malheureusement pas bonne réputation, il suffit de taper ces deux chiffres sur YouTube pour se rendre compte de ce qui est médiatisé sur la Seine-Saint-Denis et ce qui ne l’est pas : viols, règlements de comptes, drogue, trafics, voitures en flammes etc.

La mort d’une femme qui s’est immolée par le feu dans la mairie de Saint-Denis ce 15 février a été très peu médiatisée et vite reléguée à la rubrique « fait divers ». Cette mère de 6 enfants vivait depuis le 7 décembre sous une tente avec sa progéniture et 30 autres personnes devant la dite mairie. Nous avons vécu deux semaines de grands froids ce mois-ci (entre -10 et -15 à Paris, pointe à -25°C en Franche-Comté). Le corps humain ne résiste pas à de telles températures. On compte à ce jour 650 morts de froid sur toute l’Europe… Comment pouvons-nous avoir des PIB aussi hauts, nous appeler « premier monde » ou encore « puissance économique » et qu’un tel désastre soit possible ? Je ne parle pas ici de démocratie ou de crise économique. J’en ai marre d’entendre toujours les mêmes choses. NON, il s’agit ici d’autre chose : LE FROID N’EST PAS LE SEUL RESPONSABLE.

Je suis convaincue que le froid est une arme d’État pour tuer les pauvres. Les médias français préfèrent nous montrer de pauvres français « pure souche » victimes de sauvages barbares dans les quartiers difficiles ou des Russes et des Roumains mourir de froid, là-bas… toujours ailleurs… Voici une excellente stratégie de communication qui vise à augmenter les taux de sondages de la droite et de l’extrême droite en nous montrant (une fois de plus) le peuple divisé et les Français « pure souche » victimes (une fois de plus) de la barbarie « du Sud », de « l’étranger ».

Pourquoi les médias ne parlent-ils jamais des discriminations que nous souffrons dans le 93 quant au travail par exemple ? Pourquoi ne racontent-ils pas comment les mairies offrent leurs terrains à des sommes modiques aux grandes entreprises afin qu’elles nous donnent du travail ? Comment expliquent-ils que malgré les bénéfices dont jouissent ces grandes entreprises, notre haut taux de chômage n’ait pas baissé ? Le stade de France s’est implanté dans le 93 et n’a employé AUCUN habitant du 93. AUCUN. Nous sommes trop pauvres, trop noirs… too much. Il suffit d’avoir ce code postal sur un CV pour être certain de ne pas trouver d’emploi. Pourquoi les médias ne parlent-ils pas de l’exploitation que subissent les personnes résidant sur « notre sol » dont on ne veut pas régulariser la situation administrative : LES SANS-PAPIERS ? Comment est-ce possible que tous ces gens travaillent pratiquement gratuitement, que les premières victimes de mauvais traitements au travail soient des femmes élevant seules leurs enfants et qui lavent les maisons et les culs des gosses des riches français du centre de Paris ? (Ça peut paraître caricatural mais ca ne l’est malheureusement pas.)

La France a besoin de cette main d’œuvre pas chère pour expérimenter la flexibilité du travail sur les travailleurs. Et oui, chers Français de « pure souche », ce qui leur arrive à eux-elles va nous arriver aussi. Nos privilèges se réduisent alors que l’injustice et l’exploitation gagnent du terrain. La misère ne va pas rester sagement « à notre porte » — comme si la pauvreté était un phénomène nouveau en France. Il suffit de relire Zola pour se rendre compte que la misère fait partie de notre histoire. Ils la cachent, c’est tout ! Ici, nous sommes « précaires », les « pauvres » c’est les autres. Celui qui meurt de froid, qui s’endort la faim au ventre, qui vit sous le périph, celle qui est payée 3 euros pour le nettoyage d’une chambre du Novotel des Halles (Châtelet) n’est pas pauvre : elle-il est sans papier, marginal, c’est même parfois « son choix », et puis « on ne peut pas accueillir toute la misère du monde »… les connards ont toujours une bonne raison de vouloir garder les yeux clos !

Alors j’aimerais vous dire que dans le 93 et dans les quartiers pauvres de Paname, les gens s’organisent et sont tout à fait conscients des stratégies du pouvoir pour nous faire taire. Que nous nous parlons tous les jours dans les bus que vous ne prenez jamais, dans les marchés légaux et illégaux dont vous ne soupçonnez pas l’existence, dans les rencontres que nous organisons tous ceux et celles qui luttons chaque jour pour que personne ne se retrouve sur le carreau, abandonné dans ce système morbide, que nous savons très bien qui vous êtes alors que vous ignorez tout de nous. Que nous continuons à étudier, à travailler, à éduquer, à aimer, à rêver… et à danser !

Liens : Deux mois de lutte, des dizaines de personnes à la rue. Une femme s’immole par le feu. Saint-Denis en colère !

Être une femme à la rue c’est être une proie

Femmes en lutte 93

9e collectif des Sans-Papiers

Indymedia Paris, 21 février 2012.

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[Wade dégage !] Des élèves frondeurs brûlent la maison et le véhicule du maire de Dahra (Sénégal)

Linguère, 21 fév (APS) – Des élèves, qui réclament de bonnes conditions d’études, ont mis le feu mardi à la maison et à la voiture de Pape Alioune Sarr, maire de Dahra (223 km, nord-est de Dakar), en dépit des arrangements trouvés par des personnalités locales.

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Les ministres d’État Habib Sy et Djibo Kâ, ressortissants du département de Linguère, avaient remis 2,2 millions de francs CFA aux délégués d’élèves, pour régler la facture d’électricité du lycée, ouvert depuis trois ans, mais non encore électrifié.

Cependant, un autre groupe a profité de l’absence des gendarmes — mobilisées dans la visite du candidat Abdoulaye Wade à Ndogonou (3 Km de Dahra), pour incendier la maison et le véhicule 8×8 du maire, endommageant les pare-brise de deux ses véhicules.

Les lycéens et collégiens de la commune de Dahra ont organisé une marche pour dénoncer la grève des professeurs, la non-électrification du lycée. Ils avaient décidé de barrer la route au candidat des Forces alliées pour la victoire (FAL 2012).

‘’Depuis le début de l’année scolaire, nos cahiers de français restent vierges’’, dit Ibra Wade, en classe de terminale. Il déplore la prolongation des grèves des professeurs. ‘’Nous pâtissons du bras de fer entre le gouvernement et les syndicats d’enseignants.’’

Mardi matin, les manifestants avaient observé un rassemblement devant les locaux de la mairie, suscitant une réaction de désapprobation des partisans du maire. Les heurts ont causé, chez les élèves, quatre blessés, admis au centre de santé de la commune.

Les frondeurs brûlaient des pneus sur la route nationale et tentaient de saccager l’hôtel de ville, avec des jets de pierres. Les éléments de la brigade de gendarmerie de Dahra, malgré leur renfort, ne parvenaient pas à disperser une foule en furie.

Pour se faire entendre, les collégiens et lycéens de la commune avaient décidé de barrer la route au candidat Abdoulaye Wade qui devait passer par Dahra pour aller, dans l’après-midi, à Linguère (40 km, à l’est). Les forces de l’ordre veillaient au grain.

Leur presse (Agence de presse sénégalaise, 21 février 2012)


Coup de chaud à Dahra – la ville à feu, les manifestants brule la maison du maire à quelques heures avant la venue de Wade‏

Les lycéens de Dahra qui avaient promis d’accueillir Abdoulaye Wade avec des brassards rouges passent à la vitesse supérieure quelques heures avant la venue du président en campagne. La ville est à feu en ce moment.

Les élèves ont commencé leur manifestation en brulant des pneus et barrant la route nationale. Pire, une des maisons du maire, Pape Alioune Sarr est brulée et les manifestants menacent de bruler l’hôtel de ville.

Les forces de l’ordre ont essayé de disperser les manifestants. Ce qui a occasionné des blessés et au moins quatre arrestations. Le commandant de la brigade Oumar Cissé a été également blessé lors de ses manifestations.

Les élèves disent qu’ils feront bloc pour montrer à Wade leur mécontentement.

Rappelons que les lycéens réclament entre autres doléance un professeur de français et l’électrification de leur lycée construit depuis plus de 4 ans.

Leur presse (Djoloffactu.com, 21 février 2012 – 12h54)


Pour obtenir le visa d’entrée de Wade à Dahra Djoloff, Djibo Leyti Ka et cie débloquent plus de 2 millions pour les manifestants grévistes

Dahra était le théâtre d’affrontements sans précédent ce matin entre lycéens et forces de l’ordre. Les potaches réclamaient un professeur de français pour les élèves en classe d’examen mais aussi suffisamment d’équipements pour leur lycée notamment l’électrification de leur école.

Pour les élèves grévistes, meilleure occasion ne pouvait être le moment de la venue de Wade dans leur ville. Ainsi, ces violentes manifestations qui ont failli retarder l’arrivée de la campagne bleue, semblent avoir les résultats escomptés. En effet, d’après les dernières informations que nous avons, les autorités locales dont Djibo leyti ka et Habib Sy ont débloqué plus de deux millions de francs CFA qu’ils auraient remises en présences des autorités de la brigade, du lycée et des parents d’élèves. Ce qui a permis à la caravane de FAL2012 de fouler le sol de Dahra sans problème.

Lors de son meeting, Abdoulaye Wade a promis de développer le secteur de l’agriculture et de l’élevage. Le président Wade candidat à sa propre succession a également promis de développer les techniques d’insémination artificielle afin d’accroitre le taux de production agricole et une meilleure commercialisation laitière.

Leur presse (Djoloffactu.com, 21 février 2012 – 17h06)


Affrontements entre gendarmes et jeunes de Dahra : La maison du maire et son véhicule incendiés, trois jeunes interpellés

(Correspondance) – La ville de Dahra, situé dans le département de Linguère, a été le théâtre de violents affrontements entre jeunes manifestants et forces de l’ordre, ce mardi, en milieu de journée. En fait, c’est comme si les jeunes de Dahra Djolof voulaient se faire entendre à la suite du passage de Me Abdoulaye Wade dans leur localité. Alors que les libéraux s’apprêtaient à recevoir leur candidat, les jeunes de ‘Y en a marre’ et les élèves du lycée de Dahra ont pris ainsi le chemin de la violence pour se faire entendre.

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Ainsi, c’est la mairie de la ville qui a été prise à partie par les jeunes qui ont saccagé les lieux et endommagé le domicile du maire de la ville Alioune Sarr, situé au quartier Dara M’Bayène à Dahra. En effet, tout est parti d’une marche improvisée des élèves et de certains jeunes se réclamant du mouvement ‘Y en a marre’ qui tenaient à manifester contre le passage de Wade dans leur localité. Mais arrivés en ville, ils seront accueillis par les gendarmes à hauteur de la grande route qui traverse la ville dans le sens Touba-Linguère.

Pris à partie par les hommes en bleu, les manifestants rebroussèrent chemin pour se rendre chez le maire où ils ont réussi à mettre le feu et à endommager son véhicule. Cependant, trois de leurs camarades ont été blessés par les lacrymogènes et trois autres arrêtés. Aussi réussiront-ils à atteindre la deuxième maison du maire pour y lancer des projectiles tout en saccageant son véhicule. Mais il faut dire que la situation a été telle que le cortège du président, au risque d’alourdir le climat insurrectionnel, prit le soin de changer d’itinéraire. Et ceci, malgré la médiation des ministres Habib Sy et Djibo Kâ pour calmer l’ardeur des jeunes.

Leur presse (Ama Dieng, Walf Fadjri, 21 février 2012)

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[Russie] Nikita Kalin, anarchiste assassiné par des fascistes à Samara

Russie : Un anarchiste antifaciste assassiné à Samara – ses ami-e-s et sa famille ont besoin de votre soutien !

Le 9 février 2012, à 6h30 du matin près de l’institut FIAN un-e concierge a trouvé le corps de Nikita Kalin, né en 1991. La police est arrivée sur le lieu à 8h00. Les flics ont finalement contacté la mère du jeune homme assassiné à 11h00. Selon sa mère, Nikita a été poignardé 61 fois, en plus son corps présentait de multiple fractures au niveau des  côtes ainsi que des blessures à la tête. Rien ne lui a été volé. Actuellement un suspect a été arrêté, du sang de Nikita a été trouvé sur ses vêtements.

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NNikita lors d'une manifestation contre les fraudes électorales, sur la pancarte qu'il tient, est inscrit : "Nous n'avons besoin d'aucune autorité! La liberté ou la mort! Notre candidat c'est l'auto-gestion !"

Il est clair que Nikita a été attaqué par un groupe de personnes. La police a aussi dit à la mère de Nikita (de manière officieuse) que le suspect détenu est un activiste national-socialiste (néo-Nazis), et qu’il refuse de donner le nom d’autres suspects. Malgrè la brutalité de ce meurtre, les enquêteurs n’ont toujours pas interrogé la mère de Nikita, ni ses ami-e-s, qui sont les dernières personnes à l’avoir vu. À cause de ces faits, nous pensons qu’il y a une intention d’enterrer le dossier, comme cela arrive parfois en Russie. Cependant, le suspect a déjà un avocat.

Nous craignons que l’enquête de la police ne travaille déjà pour les intêrets de la défense de la personne arrêtée. Votre soutien est donc nécessaire. Actuellement, une organisation des droits humains a fourni un avocat, mais des fonds sont toujours nécessaires pour les frais des funérailles. Nikita venait d’une simple famille de travailleurs et il n’a jamais caché ses opinions antifacistes et anarchistes. Si vous voulez aider ses ami-e-s et sa famille, vous pouvez faire un don à l’Anarchist Black Cross de Moscou.

Contra Info, 22 février 2012.


Anarchist anti-fascist murdered in Samara, Russia – friends and family need support!

9th of February, 6:30 in the morning in area of institute « FIAN » a janitor found body of Nikita Kalin, born in 1991. 8:00 police arrived, and 11:00 AM  police contacted mother of the murdered. According to mother, Nikita was stabbed 61 times, besides this his ribs were fractured multiple times, and head was wounded as well. No property was stolen. Currently a suspect of the murder is arrested, blood of Nikita was found in clothes of the arrested.

It is obvious, that Nikita was attacked with a group, and police also told to mother off the record, that detained suspect is a national socialist activist, and refuses to name any suspects. Besides brutality of the murder, investigation has still not questioned mother of Nikita, or his friend who was the last person who saw it. Due to this, we suppose that there will be an attempt to cover the case, as it often hapens in Russia. However, suspect has already hired a lawyer.

We suspect, that investigation is working on interests of the arrested, and thus support is necessary. At this point, a human rights organisation has provided a lawyer, but funds are still needed for funeral costs.

Nikita was from a simple working class family, and never hide his anti-fascist and anarchist views.

In case you want to help friends and family of Nikita with funeral costs, you may donate to Anarchist Black Cross of Moscow.

Forwarded by
Anarchist Black Cross of Moscow
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