Intervention commune des immigrés et des solidaires au centre d’Athènes

Depuis 3,5 à 4 ans des immigrés ont établi un marché autour de la faculté d’Économie au centre d’Athènes, non pas par choix, mais à cause des poursuites de la part de la police contre eux, dans tous les quartiers d’Athènes et surtout au centre. Les cas où les immigrés se font agresser et terroriser ou que leurs produits se font voler par la police ne sont pas rares…

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Selon les immigrés, les lois de l’État grec ne permettent pas à des personnes n’ayant pas une nationalité européenne d’obtenir une licence de marchand, même si leurs papiers sont en ordre.

Ce qui est très important dans cette histoire par contre, ce sont les relations de solidarité qui se produisent entre immigrés et solidaires, étudiants ou pas, en créant une communauté qui résiste à ceux qui sèment et provoquent la misère. Le résultat de ces relations sont des actions de toutes sortes : distributions des tracts et contre-information, soirées de solidarité et  repousse des attaques policières.

Le jeudi 22 mars 2011 a eu lieu devant la faculté une telle intervention (via des hauts parleurs) par une centaine d’immigrés petits-marchands et des solidaires. Pendant cette intervention un texte écrit par les immigrés, et adressé à la société, a été distribué aux passants. Périodiquement, la rue devant la faculté a été bloquée avec une banderole et le texte été distribué aux passagers des bus. L’action a durée environ 2 heures et ensuite une assemblée a été réalisée entre immigrés et solidaires pour organiser des nouvelles interventions.

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Effectivement, aujourd’hui (mardi 27 mars) la même action a eu lieu, sous une présence et pression policière forte.

Le texte qui a été distribué (écrit par les immigrés) :

Avant tout salutation a ceux qui nous aident a vivre dans la liberté en Grèce. Car nous vivons une situation très difficile avec les policiers d’un côté et de l’autre côté avec les fascistes qui nous attaquent à chaque instant. Nous sommes tales par les fascistes chaque fois qu’ils nous  rencontrent dans la rue. De même que la police, qui nous  torture et prend notre argent sans aucun problème. De ce fait on ne sait plus que faire, nous avons très peur et nous souffrons aussi. Tous les étrangers sont très inquiets de cette situation actuelle. Une situation économique et de guerre nous a poussé à quitter nos pays pour venir vivre en Europe, plus particulièrement en Grèce, c’est-à-dire vivre plus dignement dans la paix et dans la liberté. Nous sommes des gens très sérieux et notre activité est tout simplement faire le petit commerce à travers les rues. Cette activité nous permet de payer le loyer, le manger etc. Nous sommes confrontés quotidiennement à un racisme très élevé de la part d’une partie de la population et surtout de la police. Les policiers entrent dans les maisons des étrangers pour les frapper, prendre leurs bagages et leur argent. Les fascistes et la police nous chassent à tout moment. Pendant la nuit ils font le tour des quartiers à la recherche des étrangers pour lesur faire subir de mauvais moments. C’est pour cela que nous demandons de la population et des autorités grecques de nous permettre de vivre dignement dans la liberté et dans le respect. Nous disons un grand merci aux gens qui nous ont compris et qui nous défendent.

NON AUX FASCISTES ET À LA VIOLENCE POLICIÈRE

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À l’occasion, une vidéo qui date du décembre 2011 et qui montre la réponse des immigrés/solidaires à une attaque policière.

Nouvelles Hors Les Murs, 27 mars 2012.

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[Révolution tunisienne] Grève générale à Belkhir (gouvernorat de Gafsa)

Gafsa : Grève générale à Belkhir

La grève générale observée, mardi par les habitants de la délégation de Belkhir (gouvernorat de Gafsa) a paralysé l’activité socioéconomique dans la région.

Les manifestants protestent contre la marginalisation de la délégation et revendiquent la réalisation des projets suspendus et la création de postes d’emploi, affirme Abdelkader Laatar, un des coordinateurs de la grève.

Les commerces ont fermé leurs portes et les prestations de service dans les différents établissements administratifs ont été suspendues, a constaté la correspondante de l’agence TAP dans la région qui précise que seul l’hôpital est resté ouvert.

D’autre part, un groupe de citoyens a fermé la route nationale reliant Gafsa à Gabès, empêchant la circulation des poids lourds commerciaux.

Les habitants de Belkhir revendiquent, principalement, d’accélérer la réalisation des projets programmés au profit de leur délégation dont, notamment, l’aménagement d’une zone industrielle et de périmètres irrigués, l’équipement de la station de dessalement de l’eau, outre la création d’un bureau d’emploi, la transformation de leur région en zone municipale et la réalisation d’un cadastre foncier.

Ils revendiquent, également, la tenue d’une séance de travail avec les autorités régionales et la signature d’un procès verbal fixant une échéance pour la réalisation de ces revendications.

Le gouverneur de Gafsa, Ibrahim Hamdaoui, a indiqué à la TAP qu’une séance de travail s’est tenue, lundi au siège du gouvernorat, avec des représentants de la société civile à Belkhir.

La rencontre a permis d’identifier les besoins en matière de développement et d’examiner les moyens à même de réaliser les projets en suspens.

Il a ajouté que les procédures juridiques concernant la régularisation de la situation foncière de cinq hectares de terrains (dons de deux citoyens de la région pour la réalisation de la zone industrielle) ont été lancés.

L’union locale de l’industrie, du commerce et de l’artisanat a dénoncé cette grève.

Publié par des ennemis de la révolution (Babnet.net, 27 mars 2012)

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[Toulouse] Réunion hebdomadaire du Collectif Action de Rue / Mercredi 28 mars à 20h

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Après trois semaines de luttes entremêlées de réquisitions et d’expulsions sauvages, nous habitons au Château des Vitarelles.

Nous sommes des précaires en lutte qui avons décidé de s’organiser collectivement pour se réapproprier l’espace, le temps et le politique pour construire ensemble un autre futur.

Nous avons décidé de faire de ce lieu un foyer autogéré où des personnes à la rue pourront, dans la limite des places disponibles, se poser, se ressourcer et prendre le temps de décider seul et librement de son avenir.

Nous avons eu une première rencontre avec la Mairie qui attend notre projet.

Chaque mercredi, nous invitons les Toulousaines et les Toulousains à venir s’informer, débattre et discuter de ce projet et même d’y participer, toutes les idées et énergies sont plus que les bienvenues.

Le projet est déjà en route, dix personnes habitent de manière habituelle et un hébergement inconditionnel et continu a été mis en place pour 16 personnes de plus. D’autres sont en cours : permanence juridique, sociale, point internet, atelier de musique et de peinture.

Le lieu donne aussi un nouvel espace vital à notre ville. Vous pouvez aussi proposer de venir organiser des rencontres, festivals… le dimanche au Château.

Nous n’oublions pas que d’autres comme nous sont encore obligés de dormir dehors, dans une voiture, une cage d’escalier… Pour cette raison, nous continuerons avec eux le combat pour notre liberté et notre dignité, notamment en réquisitionnant des immeubles laissés vides par les propriétaires privés et institutionnels. Ces immeubles nous appartiennent à tous et ils sont tristes de vivre seul. Eux-aussi veulent briser l’isolement.

Ce jour, nous discuterons les points suivants :

• Présentation du projet final du château

• Retour sur les déclarations de la Mairie

• Mise en place de la structure d’accueil de jour (personnes, informations juridiques et sociales, rédaction de cv, aide à la recherche d’emploi…)

• Actions à venir pour lutter contre la précarité à venir : fermeture des accueils hivernaux, 115 bouché

• Travaux à faire et moyens matériels

• Mise en place des réseaux de soutiens matériels et humains

• Organisation de la communication du collectif

• Installation de l’internet

Le collectif Action de Rue

Groupement pour la défense du travail social, 27 mars 2012.

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[Justice pour Mohamed Boukrourou] « Ce n’est pas un homicide involontaire »

Valentigney (Doubs) : quatre policiers mis en examen

Quatre fonctionnaires sont mis en examen pour homicide involontaire, suite à la mort de Mohamed Boukrourou, dans un fourgon de police à Valentigney.

L’affaire Mohamed Boukrourou, cet homme de 41 ans embarqué dans un fourgon de police dans lequel il est mort, le 12 novembre 2009, à Valentigney, connaîtra donc une issue judiciaire. Probablement avant la fin de l’année et devant le tribunal correctionnel de Montbéliard si le dossier suit le cours qu’il semble désormais emprunter. Avec quatre policiers à la barre, en qualité de prévenus.

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Hier matin, Xavier L., Guillaume M., Sonia P. et Sandra D. étaient présents au troisième étage du palais de justice de la cité des Princes, suite à la convocation de la juge d’instruction Sophie Baghdassarian. Accompagnés de leurs avocats Mes Schwerdorffer et Belin, les quatre fonctionnaires (deux étaient venus en uniforme, deux en civil) sont restés rigoureusement mutiques devant la juge et sont ressortis quelques minutes plus tard avec une mise en examen pour « homicide involontaire ».

Ce qui fait singulièrement évoluer leur statut, eux qui bénéficiaient jusqu’alors de celui de témoins assistés. « J’ai demandé à la juge quels éléments nouveaux étaient intervenus pour en aboutir là. J’attends toujours la réponse », fait valoir Me Belin, qui dit avoir « trouvé Mme Baghdassarian gênée ». On se souvient que la reconstitution des faits, en avril dernier, s’était échelonnée sur plusieurs heures et avait abouti à des interprétations cinglantes, notamment de la part d’Alain Dreyfus-Schmidt, l’un des avocats de la famille Boukrourou. « Il ressort de cette reconstitution que l’interpellation était illégale, car elle n’était motivée par aucune infraction », analysait-il alors.

« Une catastrophe ! »

Le sulfureux dossier apparaît comme « une patate chaude », pour reprendre le terme employé par un proche de l’affaire. Une histoire qui a ravivé les tensions, en décembre dernier, à la suite du rapport Baudis, Défenseur des Droits. Accablant pour la police.

Me Schwerdorffer ne partage pas ces conclusions, « pleines d’a priori et de nature à polluer les débats ». Le pénaliste bisontin loue « l’indépendance du juge d’instruction » et fait valoir que « la mise en examen ne préjuge en rien de la culpabilité de nos clients. Notre ligne est claire. Depuis le départ, on vise la relaxe car on estime que les policiers ont fait convenablement leur travail. » Restera à connaître, à l’issue de l’instruction, l’orientation du réquisitoire du procureur. Très attendu… Abdelkader Boukrourou, le frère du défunt, ne cachait pas sa colère quand nous lui avons appris la nouvelle de cette mise en examen. « Nous, ce sont les assises que l’on attendait. Ce n’est pas un homicide involontaire. Mon frère a subi des violences qui n’ont rien d’involontaires. C’est une catastrophe ! Quand cela nous sera notifié, on verra avec nos avocats s’il existe des voies de recours. On n’est pas satisfait. » Les remous de l’affaire Boukrourou risquent de générer encore quelques éclaboussures.

Leur presse (Sam Bonjean, EstRepublicain.fr, 27 mars 2012)


Doubs : quatre policiers mis en examen après une interpellation mortelle

Les deux hommes et deux femmes ont fait un « usage disproportionné de la force » lors de l’interpellation de Mohamed Boukrourou, en novembre 2009 à Valentigney.

Quatre fonctionnaires de police ont été mis en examen pour homicide involontaire dans le cadre de l’enquête sur le décès de Mohamed Boukrourou, mort en 2009 lors de son interpellation dans le Doubs.

Les quatre policiers, deux hommes et deux femmes, ont été mis en examen lundi par un juge d’instruction du tribunal de Montbéliard, a annoncé la procureure Thérèse Brunisso, confirmant une information de l’Est républicain.

Une information judiciaire contre X pour homicide involontaire avait été ouverte en 2009 par le parquet de Montbéliard, qui souhaitait établir si l’intervention policière avait « concouru au décès de Mohamed Boukrourou ».

Le 12 novembre 2009 à Valentigney, dans le Doubs, Mohamed Boukrourou avait été traîné dans un fourgon par des policiers appelés par un pharmacien inquiet de « l’état d’énervement extrême » du client, qui protestait contre la qualité des médicaments vendus.

Trois policiers auraient maîtrisé Mohamed Boukrourou en se mettant assis et debout sur ses jambes, son bassin et son torse.

Des témoins affirment avoir vu les fonctionnaires le frapper avec leurs poings et des matraques. Une version réfutée par les policiers. L’homme, âgé de 41 ans, avait succombé à un arrêt cardio-respiratoire.

La Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS) a estimé dans un rapport de décembre 2011 que la police avait fait un « usage disproportionné de la force » lors de l’interpellation de Mohamed Boukrourou.

Les policiers ont réagi « de façon stéréotypée, sans adapter leur comportement […] alors qu’ils savaient que (Mohamed Boukrourou) était suivi pour des troubles psychiatriques ». Ils « ont fait un recours ininterrompu à la force » qui était « contre-productif et dangereux pour l’intégrité physique » de l’interpellé, avait-elle dit.

Leur presse (Agence Faut Payer, 27 mars 2012)


(…) Amnesty international France s’est ému, de son côté, du sort de cinq personnes, toutes étrangères ou d’origine étrangère, qui sont décédées lors de leur interpellation par la police entre 2004 et 2006 sans que la lumière ait été faite sur les circonstances ayant entraîné leur mort.

Leur presse (Reuters, 27 mars 2012)

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[Pérou] Émeute contre un projet gazier à Sechura

Manifestation contre un projet gazier au Pérou : au moins deux morts

Au moins deux personnes ont été tuées et huit blessées, dont cinq policiers, lorsque des manifestants hostiles à un projet gazier dans le nord du Pérou ont pénétré de force dans un commissariat, a annoncé mardi le directeur de la police nationale péruvienne Raul Salazar.

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Il y a un mort, identifié, plus un autre, a annoncé M. Salazar à la chaîne de télévision privée Canal N, précisant que quelque 600 manifestants avaient investi par la force le siège de la police de la ville de Sechura, à 1.050 km au nord de Lima, poussant ses occupants à trouver refuge dans un autre commissariat.

Les manifestants, en majorité des pêcheurs opposés à un projet gazier offshore dans la baie de Sechura, ont bloqué plusieurs routes et pratiquement détruit le siège de la police. Les policiers ont répliqué à coups de grenades de gaz lacrymogène et certains ont été contraints de faire usage de leur arme, a précisé M. Salazar.

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Parmi les huit blessés, figure le commandant en chef du commissariat, a-t-il encore indiqué.

Les manifestants, réunis sous la bannière du Front de défense de Sechura, s’opposent à toute extraction gazière dans la baie, en particulier depuis l’annonce de la conduite d’une étude d’impact environnemental pour un nouveau projet d’exploitation de gaz naturel, Punta Lagunas.

Leur presse (Agence Faut Payer, 27 mars 2012)

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[Clermont-Ferrand] La famille de Wissam El-Yamni demande une contre-autopsie

La famille de Wissam El-Yamni, mort à la suite de son interpellation la nuit de la Saint-Sylvestre, a demandé une contre-autopsie, estimant que les résultats de l’autopsie présentaient « des anomalies », a déclaré à l’AFP son frère Farid El-Yamni.

« L’autopsie a été réalisée sans le dossier médical (du CHU de Clermont-Ferrand), sans les photos et avec la seule version policière des faits », a-t-il expliqué.

Me Jean-François Canis, avocat du frère et de la sœur de Wissam, a confirmé avoir reçu la demande qu’il va traiter dans les prochains jours.

Cette contre-autopsie va encore ralentir la restitution du corps de Wissam qui est toujours à la morgue depuis près de trois mois.

Fin janvier, le parquet avait annoncé que l’autopsie préliminaire de Wissam excluait une mort traumatique due à des coups des policiers. Le procureur avait néanmoins envisagé la piste d’une mort consécutive à une « compression des artères carotides internes » lors du transport en voiture de police.

Le chauffeur routier, âgé de 30 ans, est mort neuf jours après être tombé dans le coma à la suite d’un malaise cardiaque lors de son interpellation.

L’affaire avait provoqué plusieurs nuits de tension dans les rues de Clermont-Ferrand et une forte colère contre la police.

Une information judiciaire pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner par personne dépositaire de l’autorité publique » a été ouverte. Deux policiers, actuellement en congés, sont visés dans l’affaire.

Leur presse (Agence faut Payer, 26 mars 2012)

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[Justice pour Ayoub Boutahra] Ayoub entendu par la juge à Montbéliard

Le Montbéliardais mutilé par un tir de flash-ball a pu parler de ses souffrances à la juge.

« Pour la première fois, mon frère s’est senti reconnu comme victime. La juge l’a mis en confiance. Il est sorti changé de ce rendez-vous », confie la grande sœur d’Ayoub. Vendredi après-midi, le jeune Montbéliardais, qui a perdu un œil à la suite d’un tir de Flash-Ball à Audincourt, a été reçu par la juge d’instruction Isabelle Mendi.

Deux mois après l’ouverture d’une information judiciaire pour blessures involontaires avec arme, la magistrate s’est très longuement entretenue avec la victime, assistée de son avocat et de ses parents. « La juge s’est intéressée au parcours médical d’Ayoub et à ses séquelles. Elle a ordonné une expertise médicale et psychologique », renseigne Me Dreyfus-Schmidt, du barreau de Belfort, son conseil.

Le policier mis en examen ?

Est-ce que cet entretien a agi comme une sorte de catharsis ? En tout cas, les paroles de la magistrate ont apaisé le Montbéliardais. « Jusqu’ici, Ayoub se sentait toujours mis en cause. Il avait pleuré après l’entretien avec l’IGPN (la police des polices). Aujourd’hui, je le sens serein. Et comme nous allons bien quand il va bien, nous allons mieux », précise la sœur. L’instruction prend-elle un virage important ? À la magistrate de décider, au vu des éléments au dossier, si l’auteur du tir qui a mutilé Ayoub doit être mis en examen.

En janvier, lors de l’ouverture de l’information judiciaire, la procureure de la République de Montbéliard indiquait que l’enquête préliminaire de l’IGPN mettait en évidence que la victime « ne faisait pas partie des émeutiers lors de la rixe » survenue le 7 février 2011 et que « le tir était légitime au vu des circonstances ».

Reste à déterminer comment la balle a pu atteindre le Doubien qui attendait tranquillement son bus. Car le policier a assuré qu’il avait visé devant lui. Or la balle est partie sur le côté, atteignant Ayoub. « Mon frère a senti son œil éclater. Les policiers ne l’ont pas secouru. Et l’auteur du tir n’a jamais pris de ses nouvelles. Quand il était à l’hôpital, Ayoub était persuadé que celui-ci l’attendait dans le couloir pour s’excuser », ajoute cette proche.

Tout juste majeur, Ayoub est lourdement handicapé. Élève en terminale, il bénéficie d’horaires aménagés, a dû renoncer à ses sports favoris. Humainement parlant, il est déjà victime d’une terrible injustice.

Leur presse (Aude Lambert, EstRepublicain.fr, 27 mars 2012)

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[Notre-Dame-des-Landes] Rififi à Vigneux : Embrouilles de voisinage et arrestation d’un camarade…

(« Si tu veux la paix prépares la guerre. »)

Depuis 2007, la maison des rosiers (Vigneux) est occupée par des individus en lutte contre le projet d’aéroport. Le voisin, Serge Durand, est un des alliés historique des keufs sur la ZAD (leur fait la bise comme le 20 mars, ouvre son champ pour les forages…) et participe activement à l’avancée du projet en abattant arbres et haies. Le Serge, obligé de passer deux fois par jour aux rosiers, n’a jamais supporté la présence de squatteurs. Durant toutes ces années les occupantes ont essuyé coups de pression et pétages de plomb successifs (harcèlement de copines, électrocution avec la clôture, menaces de « sortir son fusil »…)

Hier 21 mars, c’est en fonçant sur un pote avec son tracteur qu’il a franchi une nouvelle limite. S’en est suivi une discussion animée au cours de laquelle il aurait pris un coup, de source policière. Si c’était le cas nous ne pleurerions pas sur son sort. L’histoire pourrait s’arrêter là. Le fait est que le Serge qui a le dépôt de plainte facile a fait une fois de plus appel aux condés. Trop contents de mettre leurs sales pattes partout, juste avant la manif’ de samedi, sont arrivés en masse le 22 (et avec une masse) arrêter un camarade inculpé depuis pour « violence avec usage ou menace d’une arme » (Interruption temporaire de travail de 6 jours), en espèce un « jet de porte de clapier » (???), refus de signalétique et prélèvement adn. Il est convoqué au TGI de Nantes le 21 juin 2012.

Nous ne demandons pas plus de justice, ou une justice plus juste. Même si le seul rôle de la justice et des keufs était de nous protéger, et non le maintien de ce système dégueulasse, nous ne porterions pas plainte. Nous refusons de confier à qui que ce soit la gestion de nos conflits, et de recourir à la justice qui nous dépossède des multiples moyens de les résoudre. Selon notre éthique, et les spécificités de chaque situation, et non en fonction de critères extérieurs (la légalité, la violence ou une quelconque morale)… Il paraît que ça fait de nous des extrémistes violents, mais ce sont toujours les mêmes qui définissent ce qui est violent et qui exercent la seule violence légitime, la « non-violence » démocratique pour maintenir sous pression permanente la partie insatisfaite de la population. En contrôlant pour des papiers, en expulsant pour des thunes, en mutilant pour le plaisir, en tuant de temps en temps.

Cette violence-là, celle de trois compagnies de keufs venues enlever un camarade en défonçant la porte et braquant leurs flingues sur tout ce qui bouge, le petit Serge en profite. Quoi de plus pratique que cette menace répressive et l’alliance avec les médias crapuleux pour se poser en victime tout en faisant monter la pression, et continuer à pourrir les rapports contraints de voisinage, harceler les meufs, dealer avec VINCI, nous mettre en danger physique ? Le fait est que nous n’accepterons pas ces violences-là, celle de l’État et de ses alliés volontaires, pour nous-mêmes ou nos proches. Nous n ‘accepterons pas le fait d’être humiliées, harcelées, menacés, attaqués, sans broncher. Ce conflit n’appartient plus aux seuls individus concernés, tant il oppose des visions du monde.

Ni cohabitation infernale ni expulsions,
Face à tous les Serge Durand de ce monde,
La solidarité est une arme.

Indymedia Nantes, 27 mars 2012.

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[ERDF] Le technicien « rebelle » non licencié

Le technicien d’ERDF/GrDF menacé de licenciement pour avoir refusé de limiter la consommation d’énergie chez une dizaine d’usagers en situation d’impayés à Arcueil (Val-de-Marne) ne sera finalement pas renvoyé, a annoncé la CGT. « ERDF et GrDF ne licencieront pas Jef », a indiqué le syndicat dans un communiqué. L’organisation n’était pas joignable mardi soir pour préciser si une sanction moindre avait été appliquée.

Selon la CGT, Jef Duval était mis en cause pour ne pas avoir posé de système de service minimum (SMI), qui limite la consommation d’énergie à 1.000 watts, dans une dizaine de foyers sujets à des impayés à l’été 2011. Il se serait également abstenu de pratiquer cinq coupures de gaz sur la même période.

Âgé de 23 ans, le technicien avait été convoqué à un conseil de discipline interne le 17 février, qui avait voté son licenciement, avait alors affirmé le syndicat. « Le licenciement n’a pas été prononcé », a confirmé ERDF à l’AFP.

Un porte-parole de la société a précisé qu’il était reproché au technicien de « ne pas avoir réalisé une opération demandée, c’est-à-dire une coupure d’alimentation de gaz, et d’avoir dit que l’opération avait été réalisée, ce qui mettait en danger la sécurité des personnes et des biens ».

« Le comportement de Jef face aux familles démunies, ainsi que face au licenciement qui pesait sur lui, a été exemplaire », a estimé mardi la CGT. L’organisation avait lancé une pétition de soutien, qui a recueilli au total 33.792 signatures.

Leur presse (Agence Faut Payer, 27 mars 2012)

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[Devenir-prison du monde] L’Europe finance la construction de 30 camps de concentration géants en Grèce

30 nouveaux centres de rétention enfermant chacun 1000 personnes prévus en Grèce avec l’aide de l’UE

En Grèce est prévue pour 2013 l’ouverture de 30 centres de rétention pouvant chacun enfermer 1000 personnes. Eux ils appellent ça des centres d’accueil mais ils seront fermés… D’anciennes casernes pourront être réhabilitées pour ça. 250 millions d’euros de fonds européens ont déjà été débloqués pour 2013 à cet effet.

Chaque centre sera composé de quatre sections pouvant chacune contenir 250 personnes.

À côté de chacun d’eux il y aura une station de police regroupant 150 flics qui pourrant renforcer les 250 gardes prévus pour chaque centre.

Chaque centre aura une triple barrière de protection, comme pour l’Otan (ça je ne comprends pas bien ce que ça veut dire). Il est précisé également qu’il y aura un réfectoire, une salle de prières, un espace pour les activités sportives durant les heures libres, des dortoirs… Bref tout ce qu’il faut pour que les pays de l’UE puissent réexpédier celles et ceux qui sont passés par la Grèce en toute bonne conscience.

Ces 30 nouveaux centres sont également vendus aux Grecs avec des arguments économiques : il est spécifié que chacun d’eux permettra de créer 1000 postes de travail (un par prisonnier !).

Entre les deux on se demande ce qu’il y a de pire : un monde où on prévoit d’enfermer 30’000 personnes au motif qu’elles sont trop pauvres pour venir en Europe ou un monde où 30’000 personnes collaboreront à enfermer des gens.

Liste Migreurop, 27 mars 2012.


Immigrazione: Grecia, presto al via 30 centri di accoglienza

Prima del giorno delle elezioni in Grecia sarà pronto il Decreto di legge in base al quale saranno scelti i luoghi per la realizzazione dei 30 centri di prima accoglienza e di temporanea ospitalità per gli immigrati illegali. Il governo di Atene, ha detto il ministro per la Protezione del Cittadino, Michalis Chrisochoidis, dovrà risolvere entro pochi giorni il problema degli immigrati clandestini. Secondo il progetto presentato ai presidenti delle Regioni e ai capi della polizia, saranno creati in tutto il Paese, salvo le isole, 30 centri di prima accoglienza, tre per ogni regione. Ogni centro sarà diviso in quattro sezioni, ognuna delle quali potrà ospitare 250 persone e comprenderà tutti i servizi necessari: dormitori, sale da pranzo, servizi igienici, spazio per i servizi religiosi, spazio per l’attività sportiva e per le ore libere. Per ogni centro è prevista la presenza di una stazione di polizia con 150 agenti, mentre altre 250 addetti saranno impegnati per garantire la sicurezza interna dei centri.

Per ogni centro saranno creati, ha aggiunto il ministro, circa 1.000 nuovi posti di lavoro. Ogni centro avrà una tripla barriera di protezione, come quelli della Nato, mentre per la loro costruzione sono già stati stanziati 250 milioni di euro da fondi europei sino al 2013. Il ministro ha invitato i presidenti delle Regioni di indicare, entro 15 giorni, le località adatte per la costruzione dei centri. In caso contrario, ha detto, un Decreto di legge congiunto del ministero per la Protezione del Cittadino e di quello della Difesa definirà i siti dove si procederà alla costruzione dei centri.

Intanto cominciano ad arrivare le prime reazioni da parte dei cittadini delle zone dove e’ prevista l’edificazione dei centri.

Ieri gli abitanti di Kozani, dove e’ prevista la costruzione del primo centro di accoglienza, hanno organizzato una manifestazione di protesta di fronte al campo militare abbandonato che dovrebbe essere trasformato in centro di accoglienza, mentre il Consiglio comunale della città si e dichiarato contrario alla sua costruzione perché la decisione e’ stata presa senza consultare prima i residenti.

Leur presse (ANSAmed, 27 mars 2012)


M. Chryssochoïdis annonce la création de 30 centres d’accueil d’immigrés clandestins

Le ministre de la Protection du Citoyen, Michalis Chryssochoïdis, a annoncé lundi la création de 30 centres fermés d’accueil d’immigrés clandestins dans dix Régions sur l’ensemble du territoire national grec, à l’issue d’une réunion avec les chefs de Région de Grèce convoquée pour traiter du problème de l’immigration clandestine.

Les centres d’accueil, qui auront une capacité de 1.000 immigrés chacun, bénéficieront pour leur construction d’une enveloppe de 250 millions de financements communautaires jusqu’en 2013.

De ce fait, M. Chryssochoïdis a demandé aux chefs de Région de proposer dans un délai de 15 jours des espaces appropriés susceptibles de remplir les conditions pour la construction des centres d’accueil d’immigrés clandestins. Le ministre a précisé qu’en l’absence de propositions dans le délai imparti, un acte législatif sera alors soumis au Conseil des ministres, en collaboration avec le ministère de la Défense, afin de choisir les lieux les plus adéquats, ceux-ci pouvant être notamment d’anciennes casernes militaires.

Notons que deux chefs de Région, respectivement de Larissa et de Macédoine occidentale, ont fait part déjà de vives réactions dans leurs régions contre la création de tels centres, le chef de Région de l’Attique et président de l’Union des Régions de Grèce, Yannis Sgouros, manifestant au contraire son plein soutien au projet en raison de la gravité du problème de la présence d’immigrés clandestins à Athènes.

Leur presse (Athens News Agency, 27 mars 2012)

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[J’travaill’rons pus] Inaptitude, mode d’emploi

Un chômeur se scie le pied exprès

Un chômeur autrichien s’est délibérément coupé aujourd’hui le pied gauche à l’aide d’une scie mécanique et l’a jeté dans un four, a annoncé la police autrichienne.

Lorsque la police est arrivée sur les lieux, cet homme « désespéré » de 56 ans, originaire de Mitterlabill dans le sud de l’Autriche, était encore conscient mais avait perdu beaucoup de sang, a déclaré Franz Fasching, chef de la police locale. Son acte serait lié selon la police à une visite médicale qu’il devait passer le jour même, visant à vérifier s’il était apte au travail.

Il a été transporté à l’hôpital de Graz, où son état était stable. L’homme avait monté la scie à onglets sur deux chaises dans la chaufferie de sa maison. Il a retiré la plaque d’arrêt avant de se couper le pied gauche juste au-dessus de la cheville vers 5h du matin.

Les urgences « ont regardé dans le four, et ont été capables de récupérer le pied… Celui-ci a été amené à l’hôpital, mais il était tellement brûlé qu’il n’a pas pu être recousu », a expliqué Franz Fasching.

Leur presse (Agence Faut Payer, 26 mars 2012)

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La « révolution des patates » : quand les Grecs décident de se passer des supermarchés

Alors que les revenus dégringolent et que le coût de la vie augmente, les Grecs ont trouvé le moyen de payer trois fois moins cher leur kilo de pommes de terre.

Certains parlent déjà d’une « révolution des patates »… Tout a commencé il y a deux semaines dans la ville de Katerini (nord), quand un groupe d’activistes locaux a lancé un site qui propose aux consommateurs de commander directement leurs pommes de terre aux fermiers. Les acheteurs peuvent ensuite récupérer leur commande à un point de rendez-vous pendant le week-end. Le succès a été immédiat. Ces deux dernières semaines, les cultivateurs locaux ont vendu 100 tonnes de pommes de terre. À Thessalonique, des apprentis agriculteurs se sont inspirés de cette réussite pour lancer à leur tour un programme de vente directe. Des dizaines d’autres villes comptent également suivre le mouvement.

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Ce procédé permet aux fermiers de vendre leur marchandise à un prix plus élevé que celui payé par les distributeurs mais à un prix moins élevé que celui proposé par les supermarchés aux consommateurs, si bien que les cultivateurs comme les acheteurs se retrouvent gagnants.

La Grèce traverse une crise économique sans précédent. Les vagues de mesures d’austérité successives se sont traduites par une augmentation des impôts, une réduction drastique des salaires et des pensions de retraite, ainsi que par une montée en flèche du taux de chômage. Aujourd’hui, un Grec sur cinq est sans emploi et le pouvoir d’achat des ménages est plus que jamais en berne.

Elias Tsolakidis est membre de la Pieria Volunteer Action Team, le groupe d’activistes qui a lancé le projet de vente directe à Katerini.

Nous avons eu cette idée il y a un mois, quand nous avons entendu parler de manifestations d’agriculteurs désespérés par le prix auquel les distributeurs voulaient acheter leur marchandise. Plutôt que de les vendre à perte à un intermédiaire ou de les laisser pourrir, ils ont choisi de les donner gratuitement aux passants. C’est là qu’on s’est dit : « Pourquoi ne pas supprimer l’intermédiaire ? ».

Nous avons donc lancé ce site qui permet aux gens de commander et d’aller chercher leurs patates sur un parking, directement dans le camion du fermier. Avant, les agriculteurs vendaient leurs pommes de terre 12 cents le kilo alors que leur seule production leur coûte deux fois plus cher. Mais maintenant, ils arrivent à les vendre 25 cents le kilo et c’est encore trois fois moins cher que dans un supermarché !

Jusqu’à présent, nous avons organisé deux journées de distribution des commandes. Lors de la première, il y a deux semaines, les fermiers ont vendu 25 tonnes de marchandises à plus de 500 personnes. Lors de la seconde, ils en ont vendu 75 tonnes à plus de 1100 personnes. Un succès que je n’aurais même pas oser imaginer. Certains clients sont pauvres ou sans emploi mais d’autres, plus aisés, sont venus pour soutenir l’initiative. Je pense que si nous avons tant de popularité, c’est parce qu’aujourd’hui on est tous unis — il n’y a plus vraiment de classes sociales, c’est dur pour tout le monde.

Ce qui est intéressant, c’est que dès que les gens ont commencé à acheter ces pommes de terre, tous les supermarchés locaux ont lancé des promotions, certains faisant passer le prix du kilo de 70 à 35 cents. Mais c’est toujours plus cher que ce que nous proposons.

Des gens nous appellent des quatre coins du pays et même de la capitale où ils voudraient lancer la même initiative. La demande est gigantesque. Bientôt, on proposera d’autres produits. On est actuellement en train de demander aux habitants ce dont ils ont le plus besoin.  On envisage de lancer la même opération pour la farine, le riz, l’huile, etc.

Leur presse (Elias Tsolakidis, Observers.France24.com, 8 mars 2012)

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[Sarközy = Ben Ali] Toute critique « extrémiste » sera réprimée « avec la plus grande fermeté »

Sarkozy veut interdire de territoire les auteurs de « propos infâmants » contre la France

Le président Nicolas Sarkozy a annoncé de nouvelles mesures pour lutter contre le risque terroriste. Il souhaite, notamment, interdire l’entrée en France aux personnes qui ont tenu des « propos infâmants » à l’encontre de la République.

Nicolas Sarkozy a annoncé mardi une accélération des expulsions des « extrémistes » présents en France et assuré que toutes les personnes tenant des « propos infâmants » contre la France ne seraient pas autorisées à entrer sur le territoire national.

« Nous allons faire accélérer les procédures d’expulsion pour motif d’ordre public. Les extrémistes jouent de notre formalisme administratif, notre devoir est d’être plus efficace », a déclaré M. Sarkozy en rendant hommage à l’Élysée aux forces de sécurité, dont les policiers du Raid, et de secours impliquées dans le dénouement de l’affaire du « tueur au scooter ».

« C’est pour cette raison que je suis intervenu directement pour que des prédicateurs qui prennent notre système de valeurs pour cible permanente restent chez eux, nous n’en voulons pas sur le territoire de la République française », a-t-il rappelé en référence au célèbre prédicateur qatari Youssef Al-Qaradaoui, dont il a interdit l’entrée en France pour participer à une réunion.

« Je le dis ici avec la plus grande fermeté, tous ceux qui ont tenu des propos infâmants contre la France ou contre les valeurs de la République ne seront pas autorisés à entrer dans notre pays. La France n’a pas vocation à accueillir ceux qui enfreignent ces valeurs », a insisté M. Sarkozy.

Le chef de l’État a enfin annoncé avoir demandé à la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) de « vérifier de façon approfondie la situation sur notre territoire de toute personne signalée comme représentant un risque potentiel pour la sécurité nationale ».

Leur presse (Agence Faut Payer, 27 mars 2012)

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[« Antiterrorisme »] Qui est l’officier traitant de Mohamed Merah ?

Merah était-il un « indic » ?

L’ancien chef de la DST s’interroge sur une éventuelle collaboration du tueur avec le renseignement intérieur. Squarcini dément catégoriquement.

L’ancien chef de la DST (Direction de la surveillance du territoire) Yves Bonnet s’est ouvertement interrogé mardi dans La Dépêche du Midi sur la possibilité que Mohamed Merah ait été un indicateur des services de renseignements français. « Eh bien, voilà, c’est exactement ça, le problème », répond Yves Bonnet au journal qui lui demande si le tueur au scooter était un indicateur de la Direction centrale du renseignement intérieur, « car ce qui interpelle quand même, c’est qu’il était connu de la DCRI, non pas spécialement parce qu’il était islamiste, mais parce qu’il avait un correspondant au renseignement intérieur ».

« Or, avoir un correspondant, ce n’est pas tout à fait innocent. Ce n’est pas anodin », ajoute-t-il. « Appelez ça correspondant, appelez ça officier traitant… Je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations, voire cette collaboration avec le service, mais on peut effectivement s’interroger sur ce point », dit-il. L’ancienne DST a fusionné avec la Direction centrale des renseignements généraux (DCRG) au sein de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Le démenti de Squarcini

Les propos d’Yves Bonnet ont été démentis à la mi-journée par Bernard Squarcini, le chef de la Direction centrale du renseignement intérieur. Mohamed Merah n’était « ni un indic de la DCRI, ni d’autres services français ou étrangers », a-t-il affirmé à l’AFP. Merah a été convoqué en novembre 2011 par la DCRI de Toulouse « parce que nous voulions recueillir des explications sur son voyage en Afghanistan. C’est un entretien administratif sans contrainte, puisque nous n’étions pas dans un cadre judiciaire (…). Des dispositions ont été prises, la DCRI l’a notamment inscrit au fichier des personnes recherchées pour être informé en cas de contrôle et de déplacements », avait expliqué Bernard Squarcini au Monde vendredi dernier.

C’est ce même policier de la DCRI de Toulouse qui est intervenu pour négocier avec Merah lors du siège de son appartement par la police : « Le courant passait bien. Non sans cynisme. Il a même dit à ce policier : De toute façon, je devais t’appeler pour te dire que j’avais des tuyaux à te donner, mais en fait, j’allais te fumer », avait aussi indiqué Bernard Squarcini au quotidien.

Leur presse (LePoint.fr, 27 mars 2012)

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[Racisme d’État] Chasse aux Roms à Corbeil-Essonnes

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Essonne : un campement de Roms détruit

Un campement illégal de Roms a été évacué et détruit ce matin à Corbeil-Essonnes, après un arrêté municipal du maire pris le 22 mars et notifié hier. Selon la mairie, environ 250 personnes vivaient dans ce campement qui fait face aux tours du quartier des Tarterêts.

Un arrêté municipal avait été pris le 22 mars, à la suite d’un incendie accidentel qui avait détruit une partie du campement sans faire de victimes. « Compte tenu de l’urgence de la situation, j’ai de nouveau saisi le préfet de l’Essonne qui vient d’ordonner l’évacuation de ce campement afin de maintenir l’ordre public et la salubrité dans cette partie de notre commune », précise mardi dans un communiqué le maire (UMP) de Corbeil-Essonnes, Jean-Pierre Bechter.

La commune, propriétaire du terrain, indique dans ce communiqué avoir « déclenché toutes les procédures légales d’expulsion de ce camp depuis plus de deux années », sans succès. « Les bulldozers font leur travail. Ils sont en train de tout casser », a déploré mardi matin Nicole Brulais, de l’Association de solidarité en Essonne aux familles Roumaines, Roms.

Dans un communiqué de presse diffusé hier, le conseiller général (FG) et vice-président du conseil général de l’Essonne Bruno Piriou avait demandé « d’urgence l’arrêt de la procédure d’expulsion ». « Si personne ne peut accepter le développement de ces bidonvilles du XXIe siècle, chacun sait bien qu’une nouvelle expulsion ne fait que déplacer le problème sans le régler. À de nouvelles souffrances va s’ajouter la création d’un nouveau campement à quelques kilomètres », avait-il regretté.

Dans la nuit du 21 au 22 mars, un incendie d’origine accidentelle avait déjà détruit une partie du campement, sans blesser personnes. 70 bouteilles de gaz avaient été retrouvées sans avoir été touchées par les flammes. Hier, un campement de Roms de Massy (Essonne) avait également été en partie détruit par un incendie dont l’origine reste indéterminée, et qui n’avait pas fait de victimes.

Leur presse (Agence Faut Payer, 27 mars 2012)

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[Anderlecht] Un commissaire moins onéreux que Michel Neyret

L’ex-champion de cyclisme Eddy Merckx inculpé pour corruption

Le quintuple vainqueur du Tour de France Eddy Merckx a récemment été inculpé de corruption active dans un dossier concernant la vente de vélos à la police d’Anderlecht, en région bruxelloise, dans les années 2006 et 2007. L’information, confirmée de source judiciaire, a été dévoilée par la presse belge.

Selon le quotidien La Dernière Heure, Merckx aurait été informé par le commissaire de police d’Anderlecht de l’existence d’un projet de marché de 48 vélos à fournir en 2006 et 2007 à la police locale.

À l’époque à la tête d’une entreprise de cycles portant son nom, l’ex-champion aurait grâce à ce commissaire eu connaissance des prix proposés par ses concurrents et auraient pu adapter son offre pour remporter ce marché public. Le commissaire aurait en retour obtenu un vélo haut de gamme à un « prix avantageux », selon le journal.

Joint par l’AFP, le Parquet de Bruxelles n’a souhaité « faire aucun commentaire sur ce dossier ». Eddy Merckx restait lui injoignable mardi matin.

Légion d’honneur

Toujours selon La Dernière Heure, l’inculpation d’Eddy Merckx, qui aurait dû intervenir le 6 décembre 2011, avait été retardée pour que celui qui a été désigné plus grand sportif belge de l’histoire puisse être reçu à l’Élysée pour y être fait grand commandeur de la Légion d’honneur le 15 décembre dernier.

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Le quotidien précise que ce dossier fait partie d’une enquête plus vaste portant sur plusieurs faits de corruption, portant notamment sur des achats de voitures, dans les services de police bruxellois et mettant en cause des commissaires et responsables de zones.

Merckx a revendu sa société de cycles à un homme d’affaires en 2008.

Leur presse (ats, 27 mars 2012)

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[Mind control] Une expérience de rééducation politique chez les souris

Mémoire : la fabrique de faux souvenirs

Les souvenirs semblent parfois nous filer entre les mains, nous échapper ou au contraire nous hanter… Pour mieux comprendre comment la mémoire est stockée, deux équipes de chercheurs ont artificiellement généré des souvenirs chez des souris.

L’équipe du prix Nobel Susumu Tonegawa, du Massachusetts Institute of Technology (MIT, États-Unis), a eu recours à une technique assez récente, l’optogénétique, pour « visualiser » l’enregistrement des souvenirs chez la souris et les manipuler. Des neurones sont génétiquement modifiés chez des souris pour produire des protéines réactives à la lumière. Cette population bien précise de neurones peut alors être activée très simplement avec de la lumière.

Tonegawa et ses collègues ont placé des souris dans des nouvelles cages où elles recevaient des chocs électriques modérés au bout de quelques minutes. Ils ont identifié les neurones activés pendant ce choc et les ont rendus réactifs à la lumière. Ensuite, les souris étaient placées dans un environnement différent, ne leur rappelant pas la cage où elles avaient reçu le choc. Cependant, lorsque les neurones ayant gravé le souvenir du choc ont été activés avec la lumière, les souris se sont figées. C’est la réaction qu’elles ont normalement lorsqu’elles retrouvent une cage dans laquelle elles ont reçu un choc électrique. Avec cette expérience les chercheurs montrent que le fait de stimuler certaines cellules de l’hippocampe suffit à faire revivre le souvenir. C’estla preuve que nos souvenirs ont un support physique, explique Tonegawa (Nature, 22 mars 2012).

L’équipe de Mark Mayford (Scripps Research Institute, SD, États-Unis) a utilisé une méthode différente pour mieux comprendre ce qui pouvait perturber la fabrication d’un souvenir. Ces chercheurs ont génétiquement modifié des souris pour qu’un médicament (la clozapine) puisse raviver artificiellement un souvenir.

Pour cette seconde expérience, les souris étaient d’abord placées dans une nouvelle cage, aux parois opaques et blanches. Le jour suivant, les rongeurs recevaient une injection de clozapine avant d’être mis dans une autre cage, avec une couleur et une odeur différente. Là, ils recevaient des chocs électriques modérés dans les pattes. Normalement, revoir cet environnement le jour suivant devait provoquer chez les souris une réaction immédiate de peur. Or ce ne fut pas le cas chez les souris ayant reçu le médicament. Les chercheurs en concluent que faire revivre le souvenir de la première cage au moment où les souris en découvraient une nouvelle a perturbé ce second apprentissage (Science, 23 mars 2012).

Ces méthodes d’investigations de la mémoire doivent permettre de mieux comprendre comment sont gravés nos souvenirs et ce qui se passe quand ces enregistrements — ou leur utilisation — ne fonctionne plus correctement…

Leur presse (Cécile Dumas, SciencesetAvenir.fr, 26 mars 2012)

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[« Antiterrorisme »] Mohamed Merah « avait un correspondant au Renseignement intérieur »

Mohamed Merah avait des relations avec la DCRI, selon l’ex-patron de la DST
Yves Bonnet, ex-patron de la Direction de la Surveillance du Territoire (DST)

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(…)

Pourtant, des éléments interpellent. Le 10 septembre 2010, le patron de la DCRI, Bernard Squarcini, expliquait au Journal du Dimanche qu’il plaçait en tête des menaces du terrorisme islamiste « le Français converti qui se radicalise et monte son opération seul » et les djihadiste français « qui partent en Afghanistan ». Comment expliquer que Merah repéré, la DCRI n’ait pas vu de risque après avoir eu un entretien avec lui, le 14 novembre 2011 ?

Ce qui, personnellement, me paraît poser question, c’est que le garçon avait manifestement des relations avec la DCRI comme on l’a appris à travers les déclarations de Bernard Squarcini lui-même. C’est-à-dire qu’il avait un correspondant au Renseignement intérieur. Alors appelez ça « correspondant », appelez ça « officier traitant »… je ne sais pas jusqu’où allaient ces relations, voire cette « collaboration » avec le service, mais on peut effectivement s’interroger sur ce point.

Pour mettre un mot sur les choses, était-il un indicateur de la DCRI ?

Eh bien voilà… c’est exactement ça le problème. Car ce qui interpelle, quand même, c’est qu’il était connu de la DCRI non pas spécialement parce qu’il était islamiste, mais parce qu’il avait un correspondant au Renseignement intérieur. Or avoir un correspondant ce n’est pas tout à fait innocent. Ce n’est pas anodin.

(…)

Leur presse (Propos recueillis par Pierre Challier, LaDepeche.fr, 27 mars 2012)

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[Lyon] Manifestation contre les expulsions samedi 31 mars

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[Rennes] Manifestation de réoccupation des jardins des Prairies Saint-Martin

Les jardins ouvriers des Prairies St Martin vont être détruits et ses habitants expropriés !

Cet espace quasi-centenaire, habité et cultivé de façon multiple, va être sacrifié et remplacé par un parc ornemental, dont personne ne pourra avoir l’usage réel. Les arguments donnés de la pollution des sols et des inondations, scientifiquement infondés [Si il y a pollution, ce qui n’a été ni démontré ni précisé, il existe des méthodes de dépollution (par les plantes, par exemple)], ne sont qu’un prétexte pour reprendre la main sur ce milieu vivant au fonctionnement relativement autonome.

Une décision confisquée depuis le début : occupons les jardins !

Toutes les démarches amiables ayant déjà échoués, la ré-occupation des jardins abandonnés apparaît comme le seul moyen de résister concrètement au projet. Nous, un collectif d’opposants au projet du parc, constitué lors des deux réunions publiques du 4 et du 29 février 2012, proposons une manifestation suivie de la ré-ouverture des jardins vacants, le 31 mars 2012. Au même moment, une nouvelle vague d’occupation de terres en friches aura lieu dans la ville de Dijon. Après une déambulation aux airs de jacquerie dans la ville — amenez vos fourches, bêches et semis ! — nous commencerons à cultiver les jardins, collectivement ou individuellement selon les envies. Nous finirons par un repas dans les jardins libérés.

Occuper et habiter cet espace des prairies St-Martin, cela veut dire en prendre soin nous-mêmes, et aussi y faire des repas, des fêtes, se donner des rendez-vous réguliers pour jardiner collectivement, organiser des échanges de semences, etc.

Pas de parc ornemental, ni ici, ni ailleurs : cultivons notre autonomie alimentaire !

La sauvegarde et la création de parcelles cultivables en ville posent directement la question de la proximité avec notre alimentation en zone urbaine et celle d’habiter des territoires vivants. L’espace cultivable en ville est une espèce en voie de disparition, et la politique d’urbanisation de la ville ne fait qu’aggraver ce problème : d’autres prairies et d’autres jardins sont en passe d’être détruits, à la plaine de Baud, à la ZI Sud Est, aux Matelouères, etc. Alors qu’au moins 800 personnes sur Rennes attendent de pouvoir cultiver à côté de chez eux !

Venez nombreux le Samedi 31 Mars à 14 heures, pour manifester contre la destruction des Jardins ouvriers des Prairies Saint Martin ! (départ place de la mairie)

Tous aux prairies

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[Dori] Hideux dans leur apothéose / Les rois de la mine et du rail / Ont-ils jamais fait autre chose / Que dévaliser le travail ?

Exploitation minière à Essakane (Burkina Faso) : Les jeunes bloquent l’accès de Dori aux véhicules de IAMGOLD

Les véhicules de la société minière, IAMGOLD-Essakane en provenance de Ouagadougou ou d’Essakane n’ont plus accès à la ville de Dori suite aux barricades érigées aux entrées par les jeunes pour exiger le respect des engagements pris par les responsables de la société minière.

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Les jeunes de la ville de Dori ont érigé des barricades à l’entrée de la ville Dori depuis le lundi 19 mars 2012 pour empêcher l’accès aux véhicules de la société IAMGOLD. Selon les responsables de ce mouvement, c’est une réaction au refus des responsables de la société de dialoguer et surtout de repondre à leurs doléances. Déjà, le mardi 28 février 2012, les jeunes de Dori avaient battu le pavé en direction du gouvernorat pour exprimer leur raz-le-bol par rapport au non respect des engagements que la mine avait pris avec eux.

À l’occasion, ils avaient donné un ultimatum d’une semaine à la mine pour renouer le fil du dialogue. Dans le cas contraire ils empêcheraient l’accès des véhicules de la société à Dori. Dans le souci de rechercher une solution à ce déficit de communication, le gouverneur de la région du Sahel avait obtenu des jeunes, le report de cette date butoir. Mais tôt dans la matinée du 19 mars, ils ont obstrué l’entrée de la ville exclusivement pour les véhicules de IAMGOLD en provenance ou en partance pour Ouagadougou.

Les meneurs du mouvement ont laissé entendre que leur action va se poursuivre pendant toute la semaine si rien n’est fait. Ils ont été reçus par le gouverneur de la région du Sahel, mais cela ne les a pas empêchés de poursuivre leur action.

Ils exigent disent-ils, l’examen d’un cahier de doléances en sept points. Ces points portent entre autres sur la politique d’emploi de la mine, la publication du contrat d’exploitation passé avec l’État, le bilan de l’exploitation pour une meilleure prise en compte des préoccupations des populations locales.

Leur press (Ali Mamoudou Maiga, LeFaso.net, 23 mars 2012)


Burkina Faso : la ville de Dori sous tension

Suite à de graves incidents, un couvre-feu a été décrété depuis 48 heures dans la ville de Dori, située à 200 km de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Une situation qui a comme détonateur un mouvement de jeunes qui demandaient à être embauchés dans les mines. Des maisons ont été incendiées, et plusieurs arrestations ont été opérées.

Le mouvement de colère a commencé lundi dernier. Des jeunes ont d’abord bloqué les entrées de la ville de Dori pour empêcher le passage des véhicules de la compagnie canadienne Iamgold, qui exploite dans la région la mine d’or d’Essakane, la plus importante du pays.

Ces jeunes exigent plus de recrutements d’ouvriers et de cadres de la région. Le mouvement a dégénéré  au soir de mardi 20 mars avec l’arrivée des renforts des CRS et des gendarmes, venus de Ouagadougou. Pour disperser les manifestants, ceux-ci ont fait usage de gaz lacrymogènes, avec comme réponse des jets de pierres.

La nuit de mardi à mercredi a donc été agitée, avec des courses-poursuites, entre forces de l’ordre et manifestants, à travers les rues de la ville. Le sommeil des habitants a été fortement troublé par des détonations. Bilan : des blessés de part et d’autre, de nombreux jeunes interpellés, des maisons incendiées.

La tension était encore vive toute la journée d’hier mercredi à Dori. Dori, qui avait des allures d’une ville morte, avec magasins, marchés et services fermés.

Leur presse (RFI, 22 mars 2012)

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À propos des objecteurs de conscience israéliens

Lettre d’Igor Bakal, anarcho-communiste et réfuznik israélien, adressée aux autorités d’Israël

I, Yigal Levin (or Igor Bakal, reserves Lieutenant, military id number 7714506, as the official documents have it), herby declare my refusal to continue my service in the ranks of the Israeli army.

The reasons for my refusal are the following:

1. The lies, promoted by the Israeli military’s official propaganda and by the State of Israel. The Israeli army is commonly considered to be “the people’s army”, an army of the people protecting the people. The same view is also imposed upon newly minted conscripts, after their forced recruitment (which already contradicts the principles of a truly popular armed force), for the two or three years of their conscription term. But in fact, the Israeli army is simply a bourgeois army – a tool in the hands of a small clique, which does not give a damn about what the people, i.e. all those living in the part of the Middle East under its control, think. The official propaganda does not even try to hide this. In the course of their military service, soldiers are told that they (the army) are a tool in the hands of those in power (the state) and therefore they should not think for themselves, but only act in compliance with the orders they are given. And this army, this inanimate instrument, calls itself a people’s army?

2. Unwillingness to collaborate with the organizational structures and the institutions of the state. The state cannot be identified with society or with the people. State institutions are a tick on the “body” of the people. It mutilates and deforms society. And as the Israeli military is a tool in the hands of the state, it similarly works against the people’s interests.

In view of the above, I consider my continued service in the military to be immoral. Not willing to remain a mere tool, a traitor, and a hypocrite, I decided to terminate my participation in it.

Yigal Levin


Four young Israelis refuse army draft in new refusenik wave

In the coming weeks, three young Israelis are expected to go to prison for their refusal to enlist in the Israeli army, and a forth conscientious objector received an exemption from service yesterday. Together they form the first group of refuseniks in Israel in the past three years. These are their stories.

“Since December, I’ve been considering using my refusal to make a statement, but I felt alone, and it felt pointless doing this without partners. When I saw your +972 interview with Noam Gur I felt less alone. I contacted her, and very soon realized it would be best for us to refuse together. We even have the same draft date, or prison date at that.” (Alon Gurman)

Two weeks ago, Noam Gur seemed like a sole pioneer, taking on the cause of reviving the refusal movement in Israel. After almost a decade of high school student initiatives against the draft and the occupation (starting in 2001, with a petition I myself co-signed) there have been no such collective acts of refusal since 2009.

Now it appears that Gur is not as alone as she thought. Since the interview was published, Gur was contacted by three more conscientious objectors, and the four have started coordinating their actions. One is resisting the draft because of the occupation, a second was an officer who switched sides and refuses to return to his reserves service and the third a pacifist. While the latter has been exempt from service, the first two will most likely enter prison with Gur.

‘My refusal is an act of solidarity with our Palestinian comrades fighting for freedom, justice and equality’

Alon Gurman, 18, from Tel Aviv was certain that he would enlist until he first went to the West Bank. During his last year in school, he started reading about the Palestinian popular struggle, and went to hear a lecture by “Solidarity” activists.

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Alon Gurman in Nabi Saleh

“I started going to demonstrations thinking that while certain policies might be wrong, they can be changed, and changed from the inside, and so I went on with the pre-draft procedures as expected of me,” says Gurman. “Only after the first time I went to the occupied territories did I realize that I could never be a part of the army. I saw house demolitions; I saw unbelievable levels of violence used against civilian protest, and all in the name of colonialism. I was especially traumatized when I was arrested in a demonstration in Al-Walaja, just as we were starting to disperse. The soldiers were my age, my peers, and I saw the effect of the service on them. You can’t be moral in an immoral situation.”

In recent months, Gurman has been attending the Friday demonstrations in the West Bank on a regular basis, and during the last escalation in Gaza, he organized a protest in Tel Aviv, before and during which he received personal threats. The exposure to all of this violence strengthened his decision to refuse, but it was only after hearing of Noam Gur that he was persuaded to do it openly, risk prison, and not avoid the draft quietly.

In a statement he prepared ahead of his expected imprisonment on April 16, Gurman writes: “My refusal to enlist is not only one to partake in occupation and apartheid, it is an act of solidarity with our Palestinian comrades fighting for freedom, justice and equality… My hope is that by refusing I can have some influence on society, and encourage others to do the same,” he says.

‘I saw officers raping their secretaries, soldiers tormenting Sudanese refugees at the border, and an army setting a city in flames’

Yigal Levin, 25, is far from your typical conscientious objector. Born in Ukraine, Levin’s family has a tradition of combat service tracing all the way back to the Napoleonic Wars. Growing up in Bat Yam, Levin was taught that a man’s role is to protect his family and homeland. “I used to be a Mussolini-styled fascist,” he explains, “not the local kind of religious fascists who want the land because of some divine promise, but the kind who believes that the spoils go to the winner. I knew I would be an officer when I joined the army, and having snipers shoot at me  in Gaza in 2005 made me even more of an extremist.”

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Yigal Levin

But then things began to change, especially during the Second Lebanon War. “Part of my ideology was that the state has to be wise, responsible, decent and protective. In Lebanon, I saw a war that started for no clear reason, where soldiers died in vain while also committing a massacre against the Lebanese. Reading more about Mussolini, I found out he was a Marxist in his youth, and started going that way.”

In the years that followed, after he became an officer, he went further to the left. Levin says he witnessed officers raping their female subordinates, soldiers tormenting Sudanese refugees who crossed the border from Egypt, and during operation “Cast Lead” he was shocked to see the army bombarding the civilian population and setting Gaza aflame. These factors broke his faith in making a difference from within the ranks.

After the attack on Gaza, Levin finished his service, and inspired by Lev Tolstoy, he became an anarchist. He joined the Israeli Anarchist Communist Front and toured Ukraine and Germany with comrades. When he recently received an order to show up for his reserve service, he ignored it, and is thus now considered a deserter. Having heard of Gur and Gurman, he decided to turn himself in on the day of their refusal.

“The Israeli army is commonly considered to be ‘the people’s army’, an army of the people protecting the people,” writes Levin in his own statement. “But in fact, the Israeli army is simply a bourgeois army – a tool in the hands of a small clique, which does not give a damn about the people… Not willing to remain a mere tool, a traitor, and a hypocrite, I decided to terminate my participation in it.”

‘Even if we refuse for different reasons – it’s better to work as a group’

Ilya Fox too was not born in Israel, and he too traces his decision to refuse the draft back to Tolstoy. Fox, 18, was born in Belarus, raised in Jerusalem, and says he never gave too much thought to politics or the army. Ironically, it was his school’s campaign to encourage would-be draftees that pushed him towards thoughts of refusal. “They started giving us basic military training in school [‘Gadna’], classes with soldier-teachers – a whole system of indoctrination that doesn’t even disguise itself as something else,” says Fox. “I felt uneasy with all of it, and decided that if I like living in Israel, I should learn a little about what’s going on around me. I got around to reading all sorts of blogs, and went to a Jewish-Arab youth workshop, where I met people who live 15 minutes from my home but were always late because they were detained by the army. That’s how I started resisting the occupation.”

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Ilya Fox outside the induction base at Tel Hashomer

But Fox didn’t stop with the occupation, and started asking himself bigger questions on armies and violence on the whole, after which he decided to resist all forms of hierarchy and uses of force. “Tolstoy describes the essence of human beings as living and not killing anyone else. I find that beautiful, and that’s how I became a conscientious objector.”

While military authorities deny exemptions to those who refuse because of the occupation, “total pacifists” such as Fox are treated differently. Yesterday (Thursday), three days before his draft date, he was notified that he is exempt from service. “Of course I’m very happy with this decision. The other three and I are in somewhat different positions, but we still cooperate. Even if we refuse for different reasons – it’s better to work as a group.”

Haggai Matar – 972mag.com, 22 mars 2012


J’accuse: Israeli youth headed to prison for refusing the draft

Noam Gur was just another teenage girl from the northern town of Nahariya. She grew up in a family that was not politically involved, went to the same school as everyone else, and still doesn’t understand why she’s the only one who sees what her peers are missing. In a month’s time she will refuse to enlist in the Israeli army because of the occupation, and will most likely be imprisoned. An interview.

“For years I have been told that the control over the Palestinian people is supposed to protect me, but information about the suffering caused due to the terrorizing of the Palestinian population was omitted from that story. The road to dismantling this apartheid and achieving true and just peace is long, and hard, but as I see it, actions taken by the Israeli army only push it further away. Over this past decade, the Palestinian people have been increasingly choosing the path of nonviolent resistance, and I choose to join this path and to turn to a popular, nonviolent struggle in Palestine, rather than to serve in the Israeli army and continue the violence.”

These words were recently put down by Noam Gur, 18, as a kind of “imprisonment statement,” which is now beginning to be circulated in mailing lists and social networks in Hebrew, Arabic and English. A couple of week ago, Gur was informed that her request to obtain conscientious objector status from the relevant military committee was scrapped, and that she is obliged to report for mandatory service on April 16. On that day, she intends to refuse the draft, at which point she will most likely be sentenced immediately to between two and four weeks in military prison, at the end of which she will be forced to refuse again, sent back to prison, and so on for a couple of months. After that, she will probably be released on a mental health clause, as most conscientious objectors have been in recent years.

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Noam Gur and her letter to the army

‘I refuse to support a long and preventable cycle of violence’

“My family was never politically active or anything, both my parents went to the army, and my older sister served in the Border Police. I grew up seeing myself as a devoted Zionist-leftist, the kind that believes in human rights and in the possibility of maintaining an ‘enlightened occupation’ without harming anyone,” Gur told me. “I have no idea how I drifted so far away from most of my friends. From a very young age I remember having soldiers in school and day trips to military camps (a regular part of Israeli school system curriculum, H.M.), and it was supposed to be obvious that everybody goes to the army – no question about it. I remember that even before I learned anything about the occupation I thought it was weird and somewhat fucked up that you can’t even raise questions on the notion of the mandatory draft.”

The apparent natural inclination to challenge the obvious got Gur searching for materials on the Palestinian Nakba, and then Palestinian and Israeli soldiers’ testimonies about life under occupation in the West Bank and Gaza. By 16, she knew she wouldn’t enlist due to what she defines in her statement as “population-transfer, murder of non-violent demonstrators, the apartheid wall, the massacre operations that the Israeli army chooses to carry out, and the rest of the daily violations of the human rights of the Palestinians, [which] have led, and continue to lead, to a long, indefinite, and preventable cycle of bloodshed.”

“It took a while before I broke my decision to my mother, and my high school friends know where I stand, but it’s not something I talk about too much,” says Gur. “I go to West Bank demonstrations occasionally, but I’m not active with any specific group. I was actually really hoping to obtain the CO status, and was surprised when they refused to even see me.”

‘Israeli crimes are out of public sight’

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Demonstration in support of women conscientious objectors, 2007

IDF regulations specify the conditions under which a would-be recruit may be found eligible for conscientious objector status. These focus mainly on the demand that the refusal to join the army would be “generally pacifist,” that is – a refusal to partake in any and all sorts of violence, not only those by the Israeli army. That is why Gur stressed broader issues than just the occupation in her letter to military authorities; she wrote of the chauvinism and sexism inherent in armies throughout the world, of the tendency to solve political problems with the use of arms and of the way armies enhance national divisions between people. Gur also wrote that experiencing the Second Lebanon War and the 2008-9 attack on Gaza as a teenager had a deep influence on her life, and strengthened her belief in non-violence. However, the army rejected her petition, and the road to prison was laid out.

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'The real criminal are outside' sprayed on military prison walls, 2008

“I actually think prison is not going to be too bad. After all – it’s just a couple of months,” Gur estimates. While the first decade of the third millennium was dotted with refusal movements in Israel, in recent years these have slowly fallen off the map, and aside from the random reserve-soldier-turned-CO – Gur is the first draft objector to go prison in quite some time (full disclosure: I myself refused the draft in 2002 with several friends, and spent two years in prison). “The political reality has changed since the large refusal initiatives. At the time people, were refusing when Israeli crimes were plain to see – during the Intifada and the wars on Lebanon and Gaza. Now the same crimes are out of public sight. However I’m glad to say that while I’m going to prison by myself, I’ve had a lot of support in recent days, mainly from abroad and from Palestinians, and that means a lot.

“I know my refusal won’t end the occupation or change the world, but perhaps it’ll have some small effect on even a single person or two. Perhaps more Palestinians will hear of it and will be happy to see that not all Israelis are the criminals at the checkpoint or the soldiers shooting tears gas canisters at them in demonstrations. But general goals aside, I just want to feel right about myself. I want to know that I did all that I could, and that I did try to make a difference – or at least that I was not a partner in crime.”

Haggai Matar – 972mag.com, 12 mars 2012

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[PCC dégage !] Nouvelle immolation tibétaine, à New Delhi

New Delhi : un exilé tibétain s’immole par le feu en pleine manifestation

En pleine manifestation contre la prochaine venue du président chinois Hu Jintao dans la capitale indienne, Janphel Yeshi, un exilé tibétain, s’est transformé en torche humaine sous les yeux des autres manifestants.

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Un exilé tibétain s’est immolé par le feu à New Delhi. Le drame s’est déroulé lundi lors d’une manifestation contre la venue en Inde du président chinois Hu Jintao. Ce dernier doit en effet venir dans la capitale fédérale indienne cette semaine pour assister jeudi à un sommet des pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du sud).

Le Tibétain de 27 ans, identifié sous le nom de Janphel Yeshi, s’est immolé à Jantar Matar, un site souvent choisi pour les manifestations car situé en plein centre de la capitale. Il s’agit du deuxième cas d’immolation à New Delhi, où vivent des milliers de Tibétains en exil. En novembre 2011, un homme avait déjà tenté de s’immoler devant l’ambassade de Chine.

Une torche humaine

Janphel Yeshi, vêtu d’un gilet et d’un pantalon sombre, s’est transformé en torche humaine avant de se mettre à courir dans la rue, tandis que de la fumée noire s’échappait de ses cheveux, ont rapporté des témoins. « Ce type s’est soudain mis à courir. Il s’était embrasé », a témoigné un homme d’affaires tibétain basé à New Delhi. « Il est ensuite tombé. Nous étions tous choqués. L’un de nous a jeté un manteau sur lui pour tenter d’arrêter les flammes et puis la police l’a emmené à l’hôpital. Il était grièvement brûlé », a-t-il ajouté.

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R.K. Doshi, un médecin urgentiste de l’hôpital Ram Manohar Lohia, a déclaré plus tard que son équipe luttait pour le maintenir en vie, mais « son état est très critique. Ses chances de survie sont réduites », a-t-il ajouté.

« Je l’avais vu lors de précédentes manifestations. Nous sommes contre la domination chinoise au Tibet, contre l’absence de droits de l’homme et la liberté religieuse », a énuméré l’homme d’affaires tibétain présent au moment de l’immolation. Des militants tibétains ont décrit Janphel Yeshi, qui a fui son pays en 2005, comme un homme sans emploi qui avait prévu de manifester depuis plusieurs jours et qui était arrivé sur le lieu de la manifestation en dissimulant une bouteille d’essence avec laquelle il s’est ensuite arrosé. « Il avait un projet et il était prêt mais il ne l’a révélé à aucun de nous », a confié l’un de ses amis, Palden Dakpa.

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« Le Tibet n’est pas votre pays »

Plusieurs centaines de manifestants tibétains étaient rassemblés lundi près du parlement, prenant à parti des forces de l’ordre. « Nous voulons que les autres pays des Brics sachent pourquoi tant de gens meurent au Tibet », a lancé Tenzin Namgyal, 27 ans. « Nous voulons dire à la Chine : Le Tibet n’est pas votre pays, partez. »

Dicki Chhoyang, secrétaire en charge de l’Information du gouvernement tibétain en exil, basé à Dharamsala (nord), s’est dit « extrêmement attristé » par cette nouvelle immolation. De nombreux Tibétains se plaignent de la répression de leur religion et de leur culture et de ce qu’ils considèrent comme une domination grandissante des Han, ethnie fortement majoritaire en Chine. Près de 30 Tibétains, en majorité des moines bouddhistes, se sont immolés ou ont tenté de le faire depuis début mars 2011 dans les zones tibétaines chinoises.

leur presse (LExpress.fr, 26 mars 2012)

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[Toulouse] « Ce sont des SDF qui ont trouvé la force de se mobiliser »

Sans-abris Action de Rue : « On a pris le château de Lardenne ! »

Après le palais des Congrès, les bureaux de Monnet-Decroix ou le gymnase de la fac du Mirail, le collectif de sans-abris Action de Rue s’est installé depuis deux semaines au château des Vitarelles dans le quartier de Lardenne. Loin de vouloir jouer à cache-cache avec les forces de l’ordre, les « réquisitionneurs » organisaient il y a une semaine une journée porte-ouverte et entendent au contraire mettre les pouvoirs publics face à leurs responsabilités.

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La château de Vitarelles, occupé par un collectif de sans-abris

Des SDF châtelains, dans un quartier très cosy

L’odeur de saucisses grillées et les notes de musique guident tout droit vers cette étonnante bâtisse marquant l’entrée du très cosy quartier de Lardenne. À l’intérieur du petit parc qui donne directement sur l’avenue de Lardenne, une cinquantaine de personnes est rassemblée pour un joyeux barbecue. Malgré les traits tirés par un mouvement qui dure maintenant depuis près d’un mois, Tarek est au four et au moulin. Et ce sans-abri de 37 ans met directement les points sur les i ; « ce qui se passe ici est un mouvement initié par les sans-abris pour les sans-abris. Plusieurs associations et structures nous soutiennent, d’ailleurs la Mairie a essayé de faire croire qu’on était manipulé, mais on s’appelle Action de Rue et c’est nous qui prenons toutes les décisions. »

Après plusieurs expulsions jugées illégales, le collectif a trouvé là un lieu symbolique dont les murs appartiennent à la Mairie. « C’était censé être la résidence de la directrice de la maison de retraite d’à côté, mais ça servait surtout d’entrepôt », explique Tarek qui considère cette « prise » comme une bataille gagnée. Le collectif a en effet de quoi prouver qu’il est là depuis plus de 48h et n’imagine pas qu’une Mairie socialiste puisse prendre la décision de les expulser de force.

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Concert dans la cour du château

Des travaux de réhabilitation ont déjà été entrepris et il est prévu qu’en plus de loger huit personnes de manière permanente, le château serve d’accueil pour les démarches administratives des sans-abris : « on veut faire un lieu de vie avec des ateliers de couture ou de peinture, on a établi des règles. Le but c’est que les gens ne s’enferment pas dans la misère ». Selon Tarek, la directrice de la maison de retraite, les pensionnaires ainsi que leurs familles soutiennent la démarche, « ça fait vraiment plaisir de voir revivre ce château, je passe tout le temps devant et je me suis toujours dit que c’était dommage que rien ne s’y passe » confirme un voisin venu par curiosité.

« Pour une fois dans ma vie, je suis sûr de ne pas me tromper »

En contact avec la Mairie, le collectif a mis par écrit le projet et espère l’obtention d’un bail précaire.  « Si on l’a, c’est le début d’une vague qui va envahir le pays, annonce Tarek. On est là pour assumer ce que l’État n’assume pas et on ne s’arrêtera pas, on pourrait squatter un pavillon avec piscine, en profiter et se faire virer mais on ne joue pas, ce qu’on veut, c’est un toit sur les sans-abris. » Et pour celui qui avoue avoir passé sa vie entre la rue et la prison, dormant longtemps dans une voiture après que sa femme se soit fait expulser en pleine trêve hivernale, pas question de voir le mouvement récupéré ; « beaucoup parlent à notre place, le DAL dit qu’il nous loge, c’est faux et ici ce n’est pas le Créa non plus, tout le monde doit prendre conscience que ce sont des SDF qui ont trouvé la force de se mobiliser. Plein de gens nous aident, mais eux ils peuvent aller en boîte de nuit le soir. »

Convaincu de faire de la politique au sens noble du terme, Tarek estime connaître les pièges à éviter : « j’ai observé et analysé des mouvements précédents, des associations nous ont fait poireauter, elles se battent depuis des années et elles n’y arrivent pas. Pourquoi ? Nous on fait les réunions et on décide entre nous, on parle de choses sérieuses, entre sans-abris, il n’y a pas de questions de pouvoir. » En prenant leur sort en main, en mettant les politiciens face à leurs responsabilités et en leur demandant simplement d’appliquer la loi en réquisitionnant les 16’000 logements vacants à Toulouse, les militants sans-abris sont fiers d’avoir inversé la tendance. « Pour une fois dans ma vie, je suis sûr de ne pas me tromper, je suis motivé du fond du cœur par une conviction ; et des ressources, j’en ai !» prévient Tarek.

Nicolas Mathé – Carré d’info, 26 mars 2012

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Je ne veux pas d’enfant

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Mauvaise blague…

J’ai 32 ans et je ne veux pas d’enfant. J’en suis sûre, si je regrette j’y penserai quelques jours, mais je ne pourrai rien y faire, alors je ferai autre chose. C’est exactement ce que je veux, je veux faire autre chose, je ne veux pas d’enfant.

Depuis quatre ans j’arpente le pays de gynéco en gynéco, avec la brochure « stérilisation à visée contraceptive » à la main. Cette brochure est publiée (mais presque pas diffusée) par l’État depuis la loi n° 2001-588 du 4 juillet 2001, date de la prétendue autorisation pour toutes personnes majeures de faire une « stérilisation à visée contraceptive ».

Je ne veux pas de contraception, je ne veux pas être une machine à produire des enfants, il existe des moyens pour arrêter cette fonction, je veux une stérilisation.

Il y a quatre mois de ça, un chirurgien gynécologue de l’hôpital Arnaud de Villeneuve à Montpellier a accepté de me faire cette opération. J’ai suivi tout le protocole, quatre mois de délai de réflexion, un nouveau rendez-vous, la date d’opération est fixée. Je m’y prépare, je suis contente. 48 h avant l’opération, coup de fil du chirurgien, l’opération est annulée, ordre de sa hiérarchie. Son service s’occupe de la « fécondité de la femme ». Il n’y a pas, même au niveau national, de service pour la stérilisation des femmes et c’est bien ça le problème. Enfin, il y a plusieurs problèmes.

Un des problèmes c’est de ne pas avoir le contrôle sur son corps, le tout pouvoir que s’octroie le corps médical sur le corps des femmes, en particulier, mais finalement, le corps de tout le monde. L’aide demandée à l’hôpital dans ce cas était purement technique. Le choix je l’ai déjà fait, la décision je l’ai déjà prise.

L’hôpital, la hiérarchie du chirurgien décide de donner son avis, comme des dizaines d’autres gynécologues. Pourtant des femmes stérilisées en France sous décisions ou pressions du corps médical, il y en a beaucoup : après quatre enfants et (d’origine) non françaises, folles, transgenres, handicapées, toxicomanes… Elles n’ont pas décidé.

Des copains se sont faits stérilisés, ils ont cherché, parfois longtemps, puis ils ont trouvé, aujourd’hui, ils sont stérilisés.

Alors que faut-il comprendre ?

Le corps médical (et l’État) croit-il que les femmes sont d’éternelles mineures qui ne savent pas ce qu’elles veulent ?

La médecine qui aime toujours utiliser les corps des femmes comme point de départ pour le contrôle des populations, aurait-elle maintenant scientifiquement prouvé que les femmes ne peuvent pas vivre sans enfant ? Qu’il y a de bons modes de vies ?

Le choix de stérilisation pour des femmes en âge de procréer et sans enfant n’existe pas puisque, même s’il est possible légalement, le corps médical use de son pouvoir supra-légal (droit de réserve, code de déontologie) pour empêcher les femmes d’accéder aux techniques de stérilisation.

La société en général ne laisse de place à personne, et encore moins aux femmes, pour se construire des imaginaires et des vies sans enfant (« il ne faut pas se fermer de portes, vous risquez de le regretter, qui vous dit qu’un jour vous n’allez pas rencontrer le prince charmant et avoir envie de lui faire des enfants… »).

Alors même si les médias se font les vecteurs d’une prétendue liberté sexuelle occidentale, de prétendus droits des femmes à disposer de leurs corps et de leurs vies. Les marges de manœuvre sont faibles et les garde-fous sont hauts.

Est-ce que les couples réfléchissent quatre mois avant de faire des enfants et ne le regrettent jamais ? Est-ce que la hiérarchie de cet hôpital mettrait autant de fougue à inséminer des couples de lesbiennes ? Est-ce que l’hôpital reconnaîtrait la multi-paternité d’un enfant ? Qu’en est-il des jeunes filles mineures qui font/veulent des enfants ? Qu’en est-il des femmes qui demandent une insémination après 40 ans ? Qu’en est-il des familles qui sont décomposées, recomposées et/ou bizarrement composées ?

… la blague n’est pas drôle. Vos normes sont trop étroites pour imaginer nos réalités.

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