[« Antiterrorisme », la méthode italienne (8)] De la lutte armée et de quelques imbéciles

De la lutte armée et de quelques imbéciles

Dans notre pays, la situation politique et sociale montre des signes évidents de régression autoritaire à l’échelle globale. Le déploiement des politiques disciplinaires en réponse à des questions sociales est un signe que le temps du compromis, de la démocratie sociale est passé. Nous pourrions avoir à envisager le risque qu’on nous impose des régimes extrêmement autoritaires. La criminalisation des mouvements sociaux et des anarchistes prépare le terrain pour de nouveau appareils répressifs : de nouvelles lois, de nouvelles procédures pénales, une torsion de plus en plus forte de la réglementation en vigueur, un contrôle militaire croissant du territoire.

La gestion médiatique immédiate du monstrueux attentat de Brindisi [Le 19 mai 2012 un attentat à la bombe a tué une élève et en a blessé cinq autres devant un lycée de la ville] en dit long sur les intentions de l’oligarchie au pouvoir. Un acte lâche, de terreur aveugle contre des jeunes femmes, un acte antisocial et criminel, est tranquillement assimilé à un épisode de lutte armée, peut-être avec une origine grecque ou mafieuse, dont l’objectif évident est de réaliser l’unité dans la défense de l’État, une unité que nous avons vue à l’œuvre dans les années de solidarité nationale, des lois spéciales, de la régression sociale et culturelle du pays.

Même l’attentat qui a blessé le patron d’Ansaldo [Ansaldo Nucleare S.p.A. est une entreprise italienne qui opère dans le secteur du nucléaire, réalisant des centrales nucléaires de troisième génération refroidies à l’eau. Roberto Adinolfi, l’administrateur délégué de l’entreprise, a été blessé d’une balle dans la jambe à Gênes le 7 mai 2012. Les Italiens ont inventé le mot « jambiser » (gambizzare) pour désigner cette pratique qui remonte aux brigades rouges dans les années 70-80.] et sa revendication envoyée au Corriere della Sera par le noyau « Olga » de la FAI « informelle » démontre à quel point action et communication sont étroitement liés et confondus dans un jeu de miroirs infini et déformant. Il convient d’observer attentivement pour bien en comprendre la trame intime. Les médias, les mêmes qui minimisent depuis toujours la férocité de la guerre que l’armée italienne mène en Afghanistan, ont tiré à boulets rouges contre le mouvement anarchiste, ce mouvement qui ne se soustrait pas aux luttes sociales, qui est en première ligne des mouvements de protection de l’environnement, contre la guerre et le militarisme, contre les lois racistes et les politiques sécuritaires dans notre pays.

Journaux, radio et télévision, qui tout d’abord n’ont pas haussé le ton, se déchaînent après la revendication. Dans ces crises, on cherche toujours des boucs émissaires sur lesquels diriger l’attention de l’opinion dite publique. De même qu’ils ont réussi pendant les années 80 à vider de sens et de contenu la richesse des mouvements de la décennie précédente, en leur attribuant à tous, indistinctement, la responsabilité de la lutte armée, faisant de chaque brin d’herbe un faisceau, faisant pleuvoir les condamnations à la prison, provoquant des divisions et des oppositions ; de même aujourd’hui il y a ceux qui entendent dépoussiérer les vieux outils de la criminalisation préventive.

En outre, la situation pour les gouvernements et les patrons n’est pas facile : ils doivent faire digérer des mesures de plus en plus indigestes, et s’installe chez eux la peur croissante d’une révolte sociale. La blessure d’Adinolfi a été attrapée au vol pour relancer, après les différentes indications des services secrets sur le « danger anarcho-insurrectionnaliste », le prétexte de la menace terroriste d’origine anarchiste, en la reliant au mécontentement social grandissant, au mouvement NoTav [« Non au train à grande vitesse »] et, en général, à toute forme d’opposition sociale.

Si telle est l’opération en cours, il est clair que nous devons toujours attendre de nouvelles opérations de répression. Dans une situation où l’agression contre la qualité de vie de la population s’intensifie, en particulier dans le domaine de l’emploi dépendant, de la précarité, du petit artisanat et du commerce, et où nous aurions besoin de la pleine participation, de toute l’intelligence et de toute la capacité à organiser des réponses collectives incisives, à promouvoir des luttes, à développer des initiatives de solidarité sociale, à donner de l’oxygène aux formes autogestionnaires de réponse concrète à la crise, il apparaît inévitable qu’il faille se mesurer à ceux qui pensent qu’un groupe, une organisation dure, combattante, clandestine, puisse obtenir des résultats efficaces, avec ceux qui pensent qu’ils ont la réponse dans la poche — comme le groupe qui a réalisé l’attentat contre le dirigeant d’Ansaldo nucléaire revendiquant son appartenance à la Fédération anarchiste informelle. Surtout si l’emphase médiatique avec laquelle ces actions sont signalées est cohérente avec l’implication de l’ensemble du mouvement anarchiste dans un processus de criminalisation générale, qui a pesamment investi même la Fédération anarchiste italienne.

Ce n’est pas par hasard que le texte du noyau « Olga » ait été publié intégralement par le Corriere della Sera, qui décida de cette manière de servir de mégaphone à la FA Informelle. On se demande pourquoi. La réponse n’est pas difficile. Le communiqué de presse, après les quelques premières lignes sur la question nucléaire, est consacré à la propagande : une bonne partie de ce document est une violente attaque contre le mouvement anarchiste dans ses nombreuses composantes.

Tous les quotidiens, les journaux télévisés consacrèrent un large espace à un texte qui affirme qu’une grande partie du mouvement anarchiste fait de l’anarchisme « idéologique et cynique, vidé tout souffle de vie ».

Mais ce n’est pas tout. Selon les « informels », les anarchistes impliqués dans les luttes sociales « travailleraient pour le renforcement de la démocratie ». C’est-à-dire pour le maintien de l’ordre hiérarchique. Le lecteur a l’impression que le but réel de l’action n’était pas tant une mise en garde aux seigneurs de l’atome, que d’obtenir l’audience adaptée pour faire savoir à tous leur opinion sur le mouvement anarchiste.

L’action des anarchistes est décrite comme une simple activité ludique, consistant à « écouter de la musique alternative » tandis que le « nouvel anarchisme » naît avec le fait de « prendre le pistolet », du choix de la « lutte armée ».

Le moyen occulte à tel point la fin que les super-héros de bande dessinée, qui n’aiment pas « la rhétorique violente » mais qui, avec plaisir, ont « armé » leurs propres mains, ne se rendent pas compte que, dans notre pays, le nucléaire est actuellement sorti de la scène grâce aux luttes et aux mouvements populaires. L’action directe, sans délégation, concrète et capable de démontrer que nous pouvons prendre en main notre destin, lutter contre les géants de l’atome et les vaincre, comme à Scanzano Jonico [Le 23 novembre 2003 des dizaines de milliers de personnes manifestèrent contre la décision de créer à Scanzano Jonico, dans le Sud du pays, le premier site de déchets nucléaires du pays] et avec le blocage des transports nucléaires entre l’Italie et la France, où les anarchistes étaient en première ligne.

Tous les jours, les anarchistes participent aux luttes pour la défense du territoire et pour l’auto-gouvernement, contre les patrons, pour la réalisation de l’autonomie des travailleurs par rapport à l’esclavage salarié, contre la guerre, la production militaire, pour une société sans armée et sans frontière, contre le racisme, le sexisme, la guerre contre les pauvres et contre les femmes. Les anarchistes, qui subissent l’exploitation et l’oppression comme tout le monde aux côtés des autres exploités et opprimés, luttent contre l’État et le capitalisme pour créer les conditions pour les abattre, dans le but de briser à la fois l’ordre matériel et symbolique, sachant qu’il ne suffit pas de détruire mais qu’il faut savoir construire. Construire sans crainte que la maison soit démolie, sachant que tout espace libéré, même pour quelques instants, devient un lieu d’expérimentation où nombreux sont ceux qui savoureront le goût d’une liberté qui n’est pas abstraction poétique mais concrète édification d’un environnement politique non étatique.

Actions qui préfigurent à partir de maintenant les relations politiques et sociales différentes, qui ne se limitent pas au « rêve d’une humanité libre de l’esclavage » parce que le chemin de la liberté n’est pas un « rêve », mais le pari quotidien au sein des réalités sociales dans lesquelles nous sommes forcés de vivre et que nous voulons contribuer à changer. Pas seuls. Jamais seuls, parce que l’humanité est composée de personnes de chair et d’os, parce que agir au nom d’une « l’humanité » abstraite est typique des États, des religions, même du capitalisme qui promet sans tenir le bien être et le bonheur. Pas celui des anarchistes. La pratique de la liberté par la liberté peut être contagieuse, mais on ne peut certainement pas l’imposer.

Les rédacteurs du communiqué de presse ont horreur du « consensus » et cherchent la « complicité ». Ils se fichent de la fin et ne pensent qu’au moyen, renonçant de fait à toute perspective de révolution sociale anarchiste. Leur langage et leur pratique sont un cocktail de pratique avant-gardiste et de rhétorique esthétisante. Il était inévitable que les médias leur donnent un large espace, en suivant des lignes d’interprétation parfois déviées, parfois entremêlés. La plupart des médias ont concocté des théorèmes afin de relier les luttes sociales et la FAI informelle dans une relation quasi symbiotique. Les anarchistes sont serrés dans un étau interprétatif : d’un côté ils sont décrits comme des « terroristes » ou comme leurs fans, de l’autre comme des bureaucrates inoffensifs.

Un étau qui sera probablement apprécié par ceux qui se complaisent dans le geste, qui s’assouvissent dans une extase existentielle dans laquelle la lueur d’un instant compense la grisaille de la vie quotidienne passée dans le silence et l’attente d’une autre occasion de faire monter l’adrénaline. « Aussi fugace que soit cette lueur — écrivent-ils — la qualité de la vie en sera à jamais enrichie. » Entre un colis postal et une balle dans les jambes, ils pourront lézarder dans la gloire de papier que les médias payés par les patrons et par les partis voudront leur offrir.

Au-delà de l’usage médiatique de l’attentat contre le patron d’Adinolfi, reste le fait politique de la récurrence d’un avant-gardisme armé qui, outre les séductions sémantiques, décalque une parabole de petit parti autoritaire, qui se berce de l’illusion de pouvoir s’ériger en guide de ceux qui jugent intolérable le monde dans lequel nous vivons. N’est pas une coïncidence si au procès des soi-disantes « nouvelles BR » [Brigades rouges], des personnes se situant loin de l’anarchisme ont manifesté leur enthousiasme pour l’attentat de Gênes. C’est l’apothéose du moyen, qui ne se soucie pas de la fin. Une sorte de transversalité de l’action comble la distance apparente des projets.

En réalité, cette distance se dissout alors même que cette pratique se développe en opposition aux luttes sociales, inévitablement contraintes à ce que le noyau « Olga » appelle le « cittadinismo ». Avec ce terme, ils stigmatisent les luttes populaires qui, ces dernières années, avec une radicalité organisatrice croissante, ont à maintes reprises mis en difficulté les gouvernements qui se sont succédé, portant atteinte aux intérêts des grandes entreprises et inaugurant des pratiques de participation certes pas anarchistes, mais certainement loin de la triste habitude de délégation électorale en blanc.

Que reste-t-il en dehors des luttes sociales ? Le parti, rien d’autre que le parti. Ce n’est pas une coïncidence si les partisans de la Fédération informelle se soient dotés d’un sigle fourre-tout, réduisant le chemin de l’affinité à la pratique d’actes de violence. Faisons abstraction du fait banal — même s’il est grave — que de cette manière on fournit un prétexte à d’innombrables actions répressives fondées sur l’association de malfaiteurs. Nous allons au-delà même du risque évident qu’un jour ou l’autre l’État ou les fascistes puissent utiliser le sigle pour leurs objectifs propres, en utilisant le prétexte qui leur sera naïvement offert. Si l’issue est le parti, l’organisation qui agit là où d’autres n’agiraient pas, l’organisation qui entre en conflit privé avec l’État et les patrons, alors cette issue mène directement hors de l’anarchisme. L’anarchisme ne s’impose pas, il se propose.

Chaque jour, jour après jour, dans l’espoir qui nous fait agir concrètement parce que les exploités, s’ils le souhaitent, peuvent créer les conditions pour se passer de ceux qui les exploitent, parce que les opprimés, s’ils le veulent, peuvent lutter pour se libérer de ceux qui les oppriment. C’est une question de pratique, de gymnastique de la révolution, d’expérimentation du possible et du désirable, de mise en jeu quotidienne. Dans l’extase de super-homme du geste qui plaît, ils écrivent avec mépris que pour les anarchistes sociaux, « la seule boussole est le code pénal ». Ils écrivent « quel que soit le coût » : les anarchistes, le prix, ils le paient chaque jour. Oui, mais face aux tribunaux, ce n’est pas une fanfaronnade ni une plainte, lorsqu’on nous présente la note pour les luttes auxquelles nous participons.

Les auteurs du communiqué utilisent le terme de « fédération » mais réduisent le fédéralisme à la relation intangible entre ceux qui se reconnaissent dans le pistolet qui tire ou dans le colis qui explose, et non pas le désir de construire un cadre de relations qui s’emploie à conjuguer liberté et organisation. Les détracteurs de l’anarchisme affirment qu’il est impossible de combiner la liberté et l’organisation, l’anarchie et l’organisation, parce qu’ils identifient l’organisation avec la hiérarchie, avec l’État, avec l’imposition violente d’un ordre social qui limite la liberté et transforme l’égalité en un squelette formel sans base matérielle. Les partisans de la démocratie parlementaire estiment que la liberté doit être limitée, parce que, au-delà de la rhétorique sur le pouvoir du peuple, ils ne voient pas la liberté comme la marque distinctive de l’humanité qui s’émancipe de la soumission à un ordre hiérarchique, mais comme un danger à contenir.

Pour les démocrates, le seul moyen de régler les conflits, la jungle sociale, c’est une imposition violente des règles établies en vertu du principe de la majorité. Les porte-parole du noyau « Olga » adoptent la jungle sociale avec laquelle les États justifient leur existence, comme un prétexte pour agir pour le plaisir d’agir, une action qui refuse avec dédain toute réflexion sur l’éthique de la responsabilité, sur la nécessité morale et politique de construire des voies que tout le monde puisse et veuille emprunter. Un agir qui se suffise à lui-même, sans aucune attention pour ceux sans lesquels, que cela plaise ou non, on fait une guerre privée à l’État, et non pas la révolution.

Dans leur article, ils proclament « le plaisir d’avoir pleinement réalisé et d’avoir vécu ici et aujourd’hui “notre” révolution ». De cette manière, la révolution sociale se réduit à une pratique auto-érotique en club privé.

L’anarchisme s’est toujours fondé sur la conscience dans le choix des actions et des objectifs, et sur la responsabilité personnelle dans leur accomplissement : il se réfère toujours à la conscience des individus et à l’interprétation du moment historique dans lequel ils vivent. L’efficacité de l’action directe n’est pas exprimée par le degré de violence qu’elle contient, mais plutôt sur la capacité à identifier une route praticable par tous, à construire une force collective en mesure de réduire la violence au plus petit niveau possible au sein du processus de transformation révolutionnaire. La violence érigée en système engendre l’État.

Le pari des anarchistes organisateurs est de construire des cadres de relations politiques et sociales qui, par leur existence même, préfigurent des relations sociales libres, où le lien organisateur amplifie la liberté de l’individu. L’anarchisme social n’est imprégné d’aucune prétention qu’il existe la formule définitive pour la société anarchiste, mais il s’interroge, et en s’interrogeant, il tente de pratiquer une relation différente qui vise à la synthèse possible, dans le respect des différences de chacun et chacune. Nous sommes conscients que seule une société homologuée et, par conséquent, intrinsèquement autoritaire sinon totalitaire, peut imaginer d’effacer le conflit des relations sociales : pour cette raison, nous considérons l’anarchie comme un horizon sans cesse en construction, où la révolution sociale qui abolit la propriété privée et élimine le gouvernement est la première étape, et non la dernière, d’un parcours d’expérimentation sociale, qui est le nôtre à partir de maintenant.

Les compagnons et les compagnes de la Fédération anarchiste italienne réunis en congrès le 2 et 3 juin 2012

Traduit de l’italien (Federazione Anarchica Italiana) – A-infos, 12 juin 2012

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[Dijon] « Plutôt que d’rouler en Subaru je préfère rouler en 2CV avec un flic mort sous la roue »

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Tags trouvés sur les murs de Dijon - 1er juin 2012

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[Vive l’Azawad libre !] Hourra pour les femmes de Kidal !

Les femmes touarègues se révoltent à Kidal

Des centaines de femmes et de jeunes touaregs sont sortis dans les rues de Kidal mardi 5 juin pour dénoncer les islamistes qui veulent s’emparer de la ville et imposer leur loi islamique. Lorsque les barbus d’Ansar Dine ont osé lever leurs mains sur des femmes qu’ils ont frappé avec des bâtons, les manifestants, femmes et jeunes, se sont rués sur les énergumènes et les ont fait fuir.
Des sources locales nous ont informés, sans plus de précisions, que des manifestations ont eu lieu également ce mercredi 6 juin à Kidal.

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Kidal est cette région de l’Adghagh des Ifoghas où est né le satanique Iyad ag Ghali qui dirige le groupe islamiste Ansar-Dine ayant pour mission d’intensifier le pourrissement du pays touareg et saboter le projet d’indépendance du MNLA. L’action d’Ansar Dine est complémentaire avec celle d’Aqmi ; les deux sont coordonnées par des forces étatiques qui financent les deux mouvements, et d’autres encore, afin de garder la mainmise sur l’Azawad et surtout pour empêcher l’empêcher d’accéder à l’indépendance. C’est la raison pour laquelle Ansar Dine pousse le bouchon trop loin en essayant d’étendre sa domination dans l’Azawad en instaurant sa loi et montrer à l’opinion que l’Azawad sera gouverné par la chariâ, ce qui servirait d’alibi à une intervention militaire qui sera soutenue par la communauté internationale. Les Touaregs ne semblent pas accepter ce diktat qu’Ansar Dine et ses alliés d’Aqmi tentent d’imposer dans l’Azawad.

C’est ainsi que plusieurs centaines de jeunes et de femmes sont sortis dans les rues de Kidal pour crier leur rejet de l’islamisme. Le journal malien « Le Républicain » écrit, dans son édition du 6 juin : « Hier, mardi, vers sept heures près de cinq cent jeunes venus de toute la Région se sont regroupés au Rond-Point central de la ville. Quelques instants plus tard, ils entament leur marche en direction de l’aéroport, avant de se diriger vers le quartier Ariyou […] ». Les jeunes qui ont fumé le long de la marche, manière de braver l’interdiction de cigarette imposée par les islamistes, ont arboré des banderoles hostiles à Aqmi et Ansar Dine et ont scandé des slogans favorables au MNLA.

Selon le même quotidien, la manifestation des jeunes a été suivie par une manifestation de femmes qui étaient environ trois cent à emprunter le même itinéraire que les jeunes. La police islamique aurait d’abord empêché les femmes de rejoindre les jeunes avant d’user de la violence et osant frapper certaines femmes avec des bâtons. Quelques unes dont au moins une vieille ont été gravement blessées. Les femmes se sont alors mise à jeter des pierres sur les barbus qui ont fini par prendre la fuite devant la bravoure des femmes touarègues qui n’ont pas accepté l’humiliation que veulent leur faire subir des loques humaines venues au pays de la liberté imposer leurs lois moyenâgeuses.

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Le quotidien malien rapporte que « signe de leur victoire, les femmes ont tombé le voile et les jeunes fumaient dans la rue, violant la loi instituée par les jihadistes depuis deux mois ».

Une femme ayant participé à la manifestation, et dont un court témoignage a été recueilli par RFI, raconte qu’à cette manifestation il y avait les femmes d’un côté, les hommes de l’autre et les hommes d’Alqaïda les ont empêchés de se rencontrer et ont essayé de les intimider. A RFI, la jeune femme dit : « On a crié, on a crié et dis que nous ne voulons pas d’Alqaïda chez nous. Et qu’on a assez souffert ; on veut notre pays, à nous et nous seuls ».

Cette même femme affirme que ces gens là, en parlant des islamistes, « n’ont pas de cœur ; ils empêchent de vivre. Ils nous demandent de se voiler, de porter leur truc là… On est pas d’accord, on ne va pas baisser la tête pour eux. Tout ce qu’on veut c’est qu’ils partent de chez nous. C’était la première manifestation contre Alqaïda, on va manifester demain et après-demain aussi. »

Le témoignage de cette femme ne peut laisser indifférent. Il est inadmissible que la communauté internationale abandonne ces femmes et ces hommes à ces hordes d’islamistes financés par des régimes voyous et barbares qui, avec leur pétrodollars, sont entrain de chasser la liberté. Le monde civilisé se doit d’aller au secours de ces femmes qui tiennent à leur liberté au lieu de les pousser dans les bras de ces terroristes. La communauté internationale, et à leur tête la France, se doit d’aider le MNLA à instaurer un État que l’ensemble des Touaregs attendent de leur vœu ; un État qui protégera leur liberté et leur rendra leur dignité que l’État malien a bafouée. La complicité de la France pour la mise en œuvre du plan machiavélique préparé pour mater la résistance touarègue est indigne d’un État qui se dit défenseur des droits de l’Homme.

Mais que ce message soit entendu par toutes celles et tous ceux épris de justice et de liberté.

Écouter le témoignage de la manifestante touarègue.

Et lorsque l’AFP fait de l’information… Le ridicule ne tue pas !

Cette agence de presse (pardon, je voulais dire « de propagande et d’intox ») qui est à l’image de l’État français, ne pouvait pas ignorer cet événement qui a marqué Kidal. Mais voilà qu’elle verse dans la minimisation et la dévalorisation tout en distillant son venin. Même le quotidien malien a fait beaucoup mieux que l’agence française en matière d’objectivité. Alors que le quotidien malien annonce au moins huit cents manifestants, l’AFP parle d’une cinquantaine de femmes et d’enfants. La fameuse agence affirme que la marche a été rapidement dispersée, alors que les témoignages et le quotidien malien parlent plutôt d’éléments d’Ansar Dine qui ont pris la fuite. L’AFP a vraiment touché le fond en matière de ridicule

Masin FERKAL

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Nina Wallet Intalou condamne la répression de la manifestation de Kidal

Publié sur « Tamazgha, le site berbériste », 7 juin 2012

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[Révolution chinoise] Émeute à Ruian en hommage au jeune Yang Zhi assassiné par son patron

Une matinée d’émeutes après la mort d’un travailleur migrant chinois

Plus d’un millier de travailleurs migrants se sont révoltés lundi dans la ville de Ruian, à l’ouest de la Chine, après la mort d’un des leurs dans des circonstances obscures. Les ouvriers ont réussi à mettre en déroute, pendant quelques heures, les forces de police. Des images amateurs de la scène sont sorties du pays, malgré la censure.

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D’après le gouvernement local, les émeutes ont été déclenchées par la mort de Yang Zhi, un jeune migrant de 19 ans. Les manifestants accusent son employeur de l’avoir tué au cours d’une dispute sur la rémunération de l’ouvrier.

D’après l’agence officielle Xinhua, un millier de migrants se sont dirigés vers un bâtiment des autorités locales pour exiger des explications sur la mort de leur confrère. Ils seraient alors parvenus à passer la barrière située à l’entrée du bâtiment et auraient  vandalisé  des véhicules.

Le site « Révolution de jasmin chinoise » (référence à la « révolution de jasmin  » en Tunisie), donne des précisions et a mis en ligne plusieurs photos et vidéos de l’événement.

Selon cette source, la vague de violence a été déclenchée par une déclaration de soutien des autorités locales envers les responsables de l’usine incriminés par les manifestants. Le site évoque plusieurs milliers de migrants ayant participé à cette mobilisation.

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Cette vidéo, qui semble avoir été filmée par un manifestant, a disparu du site de partage de vidéos chinois Youku, mais est toujours disponible sur YouTube et renvoie vers le site d’activistes « Révolution de jasmin chinoise ». On y voit un petit groupe de policiers, protégés de casques et de boucliers, se réfugier derrière un bâtiment alors que la foule crie sa colère. À 1’06, les manifestants s’attaquent aux forces de l’ordre en leur jetant des projectiles, obligeant ces derniers à battre en retraite. Le site d’activistes affirme que des renforts de policiers sont ensuite arrivés pour tenter de reprendre le contrôle de la situation, qui s’est apaisée dans l’après-midi.

Selon l’agence Xinhua, la police aurait finalement obligé l’employeur à payer la somme de 300’000 yuans (soit 38’400 euros) de dédommagement à la famille de la victime. Une information qui n’a pas été confirmée par d’autres sources.

D’après les études officielles quelques 90’000 “incidents de masse” ont lieu chaque année en Chine, un chiffre qui pourrait être volontairement sous-évalué par les autorités de Pékin. Et rares sont les images de ces incidents à passer le mur de la censure.

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Leur presse (France24, 1er juin 2012)

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[Comment recycler des munitions quand on n’a pas d’arme pour les tirer] La méthode syrienne

Syrie. Des Homsiotes ont inventé une arme polyvalente

Contraints à l’ingéniosité, du fait des réticences de la communauté internationale à fournir aux combattants de l’Armée Syrienne Libre, et à plus forte raison aux autres Syriens, les armes qu’ils réclament pour se protéger des exactions commises contre les populations par l’armée du régime et ses sbires, des Homsiotes ont inventé une arme universelle.

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Comme le montre la vidéo, cette arme, dont le nom — DN 15 — apparaît dès les premières secondes de l’enregistrement, peut tirer des balles de fusil, de mitrailleuses, des cartouches de chasse… Son maniement n’est pas encore facile et, comme la démonstration permet de le constater, elle a tendance, avec certains calibres, à s’enrayer. Mais peut-être qu’avec du temps et de la patience, une vertu dont ils ont démontré au cours des mois passés qu’ils ne manquaient pas, les habitants de cette ville connue dans toute la Syrie pour leur humour parviendront à peaufiner leur invention (…) Les bruits de marteau entendus en arrière-fond paraissent en effet indiquer qu’ils se sont d’ores et déjà lancés dans une fabrication en série. (…)

Presse complice des El-Assad (Blog Le Monde « Un Œil sur la Syrie », 2 juin 2012)

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[saintClaude] Comment accommoder le schmit (2)

Saint-Claude : six mois de prison ferme pour l’agression d’un gendarme

Justice. Un jeune homme de 29 ans était jugé en comparution immédiate, hier, à Lons, pour avoir frappé un gendarme, vendredi soir. Il a également outragé deux de ses collègues venus l’interpeller le lendemain.

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L’altercation a eu lieu sur la terrasse de ce café, vendredi vers 18 heures.

« Va te faire e… J’en ai rien à foutre de tes convocations ! » Selon plusieurs témoins de la scène, c’est ainsi que Youssef E…, 29 ans, aurait répondu à un adjudant de gendarmerie qui lui demandait de passer à la brigade pour être entendu. Le jeune homme était convoqué dans le cadre d’une affaire de violences. Problème : cela faisait trois semaines qu’il promettait de venir et se dérobait. « Nous étions en enquête préliminaire, ce qui ne nous permettait pas de l’interpeller », a expliqué le militaire, hier, au tribunal présidé par Claire-Marie Casanova.

Vendredi soir, l’adjudant sortait du travail pour se rendre chez lui. Il a de nouveau croisé E… La rencontre s’est déroulée rue du Pré à Saint-Claude, proche du café « Le Temps d’une Pause ». E… a tenté de s’esquiver derechef. Le gendarme aurait insisté, le jeune homme serait devenu très menaçant. « Je lui ai mis un coup d’arrêt avec le plat de la main », a raconté le militaire. Il a immédiatement répliqué d’un coup-de-poing. Ambitieux lorsque l’on sait que l’adjudant mesure 1,92 mètre et qu’E… pèse la moitié de son poids… Bilan : cinq points de sutures sur le front et deux jours d’ITT pour le gendarme. Une échauffourée s’en est suivie sur la terrasse du café, des témoins ont tenté de séparer les deux hommes, et E… en a profité pour se sauver.

Le prévenu se décrit comme l’agressé. Il se pose en victime, également, de la seconde scène : celle de son interpellation, le lendemain, par deux gendarmes du PSIG. Il a tout de même fallu une course-poursuite de dix minutes aux deux hommes pour lui mettre la main dessus. Et, accessoirement, se faire traiter de noms d’oiseaux. Pour la procureure Valérie Foresti, la procédure a établi clairement les circonstances des deux événements. Elle a réclamé six mois de prison ferme. Car E… a déjà été condamné à six reprises. « Comment l’adjudant a-t-il été blessé ? Aucun témoin n’a vu E… le frapper ». Benjamin Marraud Des Grottes, l’avocat du prévenu, a plaidé le doute. En vain, le tribunal a suivi les réquisitions de Valérie Foresti.

Leur presse (LeProgres.fr, 12 juin 2012)

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[Domaine autogéré des Quintarets] « Créer un lieu sans étiquette, n’appartenant à personne et qui devra être géré par ses utilisateurs »

L’isle-Jourdain (Gers). Squat au château des Quintarets

Depuis samedi, l’Association pour l’entraide sociale, l’émancipation et le développement durable s’est installée au domaine des Quintarets. Elle souhaite y mettre en place des hébergements sociaux dans un premier temps.

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Une douzaine de personnes occupe le domaine des Quintarets.

Difficile de ne pas remarquer la banderole noire, étendue sur les grilles du château du domaine des Quintarets depuis samedi, qui signale son occupation. Cela fait trois jours que l’Association pour l’entraide sociale, l’émancipation et le développement durable a décidé d’investir les lieux. « L’endroit était inoccupé depuis au moins sept ans et laissé à l’abandon. Il n’y a eu aucune effraction », tient à préciser Arnaud, porte-parole de l’association. Il restait une fenêtre brisée, suite à un cambriolage et le portail était cassé depuis plusieurs années. Les membres de l’association n’ont donc pas eu à entrer par effraction. « On veut juste permettre à des familles en précarité d’avoir un espace », expliquent les membres de l’association. Ils sont actuellement une douzaine à occuper les lieux. « On a décidé d’attendre avant d’y installer des familles pour leur éviter d’être délogée si ça se passe mal. On a eu un premier contact avec les gendarmes qui s’est bien passé », ajoute Arnaud. Bien avant l’occupation, l’association avait déjà pensé à un projet complet pour occuper le domaine et le faire vivre tout en aidant des personnes dans le besoin. Leur temps d’occupation dépend néanmoins du propriétaire, qui réside en Suisse. Le lieu pourrait accueillir une cinquantaine de personnes en précarité. Les membres ont déjà lancé des appels et espèrent aménager rapidement les lieux. Ce qui n’est pas une mince affaire, puisque le château a été abandonné pendant plusieurs années. Certains travaux sont nécessaires. « Il faut faire du nettoyage mais aussi s’occuper des tuiles du toit car il y a des infiltrations, défricher le jardin… Ça fait beaucoup de travail », explique le porte-parole de l’association. Mis à part le logement social, deux autres objectifs ont été fixés. L’association souhaite mettre en place une AMAP (Association pour le maintien de l’agriculture paysanne) en faisant du maraîchage sur une parcelle en contrebas du domaine. « On a l’avantage d’avoir un petit cours d’eau qui passe juste à côté », précise-t-elle. Sur les 7 hectares du domaine, trois seraient utilisés à cette fin. La vente se ferait au domaine avec des prix fixés en fonction des revenus des clients. Enfin, l’association souhaite également mettre certaines parties du domaine à la disposition d’associations, de collectifs ou d’individus ayant besoin d’un lieu pour se réunir. Elles seraient également utilisées pour l’organisation d’événements, qu’ils soient sportifs, culturels, sociaux, politiques ou populaires. Comme l’explique l’association, le but est de « créer un lieu sans étiquette, n’appartenant à personne et qui devra être géré par ses utilisateurs ».

Tout autant de projets qui pourraient être mis en place rapidement. « On veut réinventer le système, et tout de suite », conclut Arnaud.

Le mot du maire

Contacté par téléphone, Alain Tourné, maire de L’Isle-Jourdain, a expliqué sa position. « Il s’agit d’un domaine privé, donc l’affaire doit être réglée entre le propriétaire et la justice. Je ne sais pas s’il a déjà porté plainte ou non. Pour ma part, je suis opposé sur le principe à toute occupation illégale d’un domaine privé, quel que soit le motif. La ville mène une politique du logement et de mixité sociale dans un cadre légal, mais ne soutiendra pas l’occupation illégale qui a lieu actuellement. »

Leur presse (LaDepeche.fr, 4 juin 2012)


Communiqué de l’ouverture officielle du domaine autogéré des Quintarets

Samedi 2 juin 6h du matin les soutiens rejoignent l’équipe qui s’ était installée discrètement dans le château depuis le mercredi 30 mai. Tout était organisé carré ! Les voitures se sont engouffrées sur le domaine et c’était parti… go!go!go!

On installe la banderole et buvons le café en bordure de la route départementale D634 ! Trente minutes après, toujours pas de gendarme…. On les appelle et ils nous proposent de passer.

Nous voilà partis. Au début, les gendarmes pensent que nous somme une association qui s’est installée en accord avec le propriétaire. Quand ils comprennent que c’est une réquisition ils nous demandent directement nos carte d’identité qu’on leur donne sans discuter. Les échanges furent respectueux et un projet leur fut remis.

Ensuite, les habitants et leur soutiens partent à la rencontre de nos voisins qui nous ont fait un bon accueil. Ce premier contact fut l’occasion pour nos voisins de constater que nous étions des gens comme tout le monde et de voir qu’ils étaient ouverts à la discussion, intéressés par les raisons de notre venue. À cette occasion, nous avons pu les rassurer sur notre projet d’hébergement de familles et ils se sont vite rendu compte que nous bénéficions d’une première expérience dans ce domaine grâce à la campagne de réquisition « O enfants à la rue » qui est elle-même un héritage des pratiques collectives de nos prédécesseurs. Une partie de nos voisins étant agriculteurs, nous avons pu échanger longuement sur les problèmes posés par l’agriculture industrielle et intensive. Nos voisins en effet se voient imposés des mesures dans le cadre de la politique agricole commune qui les mettent en difficulté financières, leurs efforts ne leur permettent pas de gagner leur vie, voire les endettent.

Après avoir salué nos voisins, une partie du groupe est parti à l’Isle-Jourdain afin de rencontrer des Lislois, leur annoncer l’ouverture officielle du domaine et expliquer notre projet centré sur l’entraide sociale et le développement durable, à travers une agriculture respectueuse de l’environnement, et à échelle humaine.

Samedi, étant le jour de marché, nous avons rencontré les partis politiques en campagne pour les législatives. À cette occasion, nous en avons profité pour glisser notre projet dans les mains du Maire de l’Isle-Jourdain, M. Tourné, qui nous a reçu froidement et qui nous a directement rétorqué que la mixité-sociale pouvait parfois se heurter à la propriété privée. Un voisin venu nous voir le lendemain nous en a effet informé que le Maire avait un projet sur ce lieu.

D’autres élus ont été plus attentifs à notre démarche, comme M. Davezac, ancien maire adjoint et élu de la communauté de commune ou des militants du Front de Gauche qui nous ont remercié de faire le travail.

Les citoyens lislois ont vu notre projet d’un autre œil. Sans grande surprise, ils savaient que le Château était vide et inutilisé depuis longtemps et étaient contents qu’il revive à nouveau. Ils accueillirent notre projet d’entraide sociale et d’agriculture locale et responsable avec enthousiasme. Conscients des problèmes sociaux qui touchent notre société et sensible aux problèmes de l’agriculture dans le Gers, ils nous ont encouragé dans notre démarche, en prenant notre projet pour le faire lire à leurs amis et voisins ou en nous indiquant les associations locales proches de nos idées.

Nous avons un besoin urgent de materiel agricole (tondeuse, débroussailleuse, tronçonneuse), d’un plombier ayant des connaissances en pompe à eau, de semis ou plants, d’un électricien : voilà !

Si vous n’avez rien de tout cela, passez nous donner un coup de main ou discuter du projet.

Domaine autogéré des Quintarets, 5 juin 2012


L’isle-Jourdain. Une famille accueillie aujourd’hui aux Quintarets

Hier, les membres de l’Association pour l’entraide sociale, l’émancipation et le développement durable qui ont investi il y a quelques jours le château des Quintarets, à L’Isle-Jourdain [Leurs objectifs : le logement social, la mise en place d’une AMAP et la mise à disposition d’espaces à des associations, collectifs ou individus], s’attelaient à des travaux agricoles. « On s’apprête à tout défricher, à labourer, à retourner la terre », explique Arnaud Alexandre, le porte-parole de l’association.

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Le groupe de l'Association pour l'entraide sociale, l'émancipation et le développement durable.

Les membres s’affaireront dans le même temps à nettoyer et aménager un logement du château afin de pouvoir y accueillir, d’ici la fin de la semaine, une femme victime de violences et ses deux enfants. Avant cela, aujourd’hui, l’association accueille une première famille en précarité et une deuxième demain.

Hier aussi, les membres de l’association ont reçu la visite de la police municipale. Pour discuter. « On veut rester là trois ans pour faire trois récoltes, ajoute Arnaud Alexandre. On veut créer notre propre outil de travail et avoir suffisamment d’argent pour acheter notre propre terre dans le Gers. On a besoin d’outillage pour l’agriculture. On invite les gens qui se posent des questions à venir nous voir. » Arnaud Alexandre évoquait d’ailleurs les réactions que l’association a reçues concernant cette réquisition. Des réactions très contrastées. « On fait ça pour que les gens en parlent, qu’ils prennent position… On veut interpeller sur le manque de logement, sur la question de l’agriculture et sur le chômage. »

Leur presse (Sandrine Dugachard, LaDepeche.fr, 5 juin 2012)


Gers : le château des Quintarets désormais réquisitionné

Une dizaine de personnes a pris possession d’une vaste propriété inoccupée il y a une semaine, afin d’y développer un projet agricole, social, sportif et culturel.

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Les membres de l'association se donnent un mois pour restaurer la propriété.

Reliant les trois étages de la bâtisse principale, l’ascenseur est encore indisponible, faute d’électricité. Mais pratiquement tout se passe au rez-de-chaussée ou dans le parc entourant le monumental édifice. En mode sommeil depuis plusieurs années, le château des Quintarets s’est réveillé il y a une semaine tout rond, à 6 heures du matin, avec de nouveaux locataires. Une dizaine de squatters ont décidé de prendre possession de la propriété, ses onze chambres, quasiment autant de salles de bain, sa piscine, sa volière, les écuries et ses autres annexes innombrables.

Après le hameau La Fallot à L’Isle-Bouzon (lire par ailleurs), le château lislois est le deuxième bien immobilier réquisitionné de la sorte dans le département. Aucun lien entre les deux. Un peu à l’écart de L’Isle-Jourdain, les membres de l’Association pour l’entraide sociale, l’émancipation et le développement durable, loi 1901, y nourrissent un projet d’agriculture responsable, d’hébergement social et d’activités sportives, culturelles et politiques.

Des hélicos dans le ciel

Des hélicoptères de la gendarmerie s’affairent dans le ciel lislois depuis leur arrivée. Sur l’un des trois portails d’entrée, les nouveaux locataires ont placardé deux écriteaux. « Nous sommes ici depuis le 30 mai 6 heures du matin. La maison était vide et ouverte. Ce lieu est dorénavant notre domicile et notre résidence principale », commence l’un d’eux.

Le château semble inhabité depuis cinq ou six années. En ce mercredi matin, aux aurores, les squatters sont rentrés par un carreau cassé, stigmate d’un cambriolage commis il y a un an et demi.

« Quand on est arrivés ici, c’est comme si les anciens propriétaires étaient partis en urgence », raconte Arnaud, 28 ans, l’un des porte-parole de l’association. Un vélo abandonné à la va-vite au dehors colonisé par les mauvaises herbes, la poubelle du jour, les jouets en vrac dans les chambres des enfants, la verrière au-dessus de la piscine laissée bien ouverte… Les propriétaires, un couple de particuliers, vivraient actuellement en Suisse mais ne seraient pas très pressés de revenir en France…

Sans daims, ni Ferrari

Dans l’une des chambres, Arnaud a retrouvé des lettres d’huissiers ou de reconnaissances de dettes ainsi que plusieurs missives envoyées à Nicolas Sarkozy. Les membres de l’association gardent le tout bien précieusement. Et dans la cuisine grand standing qu’ils briquent depuis le début de semaine, ils ont punaisé une feuille rappelant les noms des deux candidats NPA aux législatives dans le Gers.

Ils comptent tout restaurer sur place. Ils se donnent un mois. Là où l’ancien propriétaire élevait des daims, ils souhaitent cultiver un potager bio de plus de deux hectares. Dans l’ancien manège des chevaux, ce sera un enclos de 400 m² destiné à la volaille. Dans le garage qui a accueilli naguère des Ferrari, ce devrait être une salle de danse ou de réunion et les écuries pourraient être prêtées à l’association Adopte un cheval.

Au-dessus, deux appartements seront rénovés pour abriter des femmes victimes de violences et leurs enfants. Dans un autre bâtiment, celui qui jouxte la piscine verdâtre, Arnaud aimerait voir une salle de boxe.

C’est là, aussi, que la première projection publique aura lieu, au cours du mois : le film Gazland destiné aux Lislois et Gersois voulant s’informer sur les gaz de schiste.

Il y a encore du boulot, particulièrement à l’extérieur. Les squatters n’osent pas, pour l’heure, solliciter l’aide des agriculteurs environnants. « Nous n’avons rien ou pas grand-chose, explique Arnaud. On irait bien demander de l’aide aux voisins mais on veut d’abord leur montrer ce dont nous sommes capables, que l’on est ici pour travailler. »

Certains se lèvent chaque matin vers 5 heures pour œuvrer à la fraîche. Toujours sans lumière. Les nouveaux locataires pourraient toutefois se partager abonnement et factures d’électricité. Après tout, ils le répètent, ils sont désormais chez eux.

Leur presse (Jean-Charles Galiacy, SudOuest.fr, 6 juin 2012)


L’isle-Jourdain. La propriétaire du domaine squatté des Quintarets revient

Depuis le samedi 2 juin, une quinzaine de personnes ont investi le château situé sur la commune de l’Isle-Jourdain. Jeudi matin, les squatteurs du domaine des Quintarets ont rencontré la propriétaire, Marie-Pierre Le Marié, revenue de Suisse. Comme précisé dans une lettre adressée aux propriétaires et placardée à l’entrée du domaine, l’association pour l’entraide sociale l’émancipation et le développement durable, reste ouverte à un accord à l’amiable.

Négociations en cours

L’association a réquisitionné ce lieu inhabité depuis plusieurs années, afin d’y créer des logements destinés aux personnes dans le besoin. Cette action ne serait pas la seule prévue. Après la mise en place des logements, ils désireraient lancer une association pour le maintien de l’agriculture paysanne (AMAP) et permettre à des structures d’utiliser les locaux pour des événements, culturels, politiques ou populaires. Un projet ambitieux, qui dépend bien évidemment de la réaction de la propriétaire. Celle-ci peut choisir de trouver un accord ou bien de porter plainte. Pour le moment des négociations seraient en cours.

Leur presse (LaDepeche.fr, 8 juin 2012)


L’Isle-Jourdain (32) : les squatters du château donnent un préavis

Ménage et jardinage se poursuivent au château des Quintarets, cette somptueuse propriété située à la sortie de L’Isle-Jourdain.

Voilà bientôt quinze jours qu’une dizaine de squatters, réunis au sein de l’Association pour l’entraide sociale, l’émancipation et le développement durable, ont investi les lieux afin d’y développer un projet de domaine autogéré, incluant de l’agriculture responsable, de l’hébergement social, des activités sportives, culturelles et politiques. Les travaux de restauration du château, laissé à l’abandon depuis plusieurs années, se poursuivent tout comme les négociations entre la propriétaire, Marie-Pierre Le Marié et les squatters qui n’ont, pour l’heure, accouché d’aucun accord. Les nouveaux « locataires » proposent de quitter les lieux à la fin du mois de septembre.

Et ensuite ? « Ensuite, nous pensons réaliser notre projet ailleurs dans le Gers, livre Arnaud Alexandre, porte-parole du groupe. Et nous lançons un appel. Nous aurons besoin de terres et d’un logement. Au bout de trois ans de travail, nous pensons pouvoir acheter le tout. »

En attendant la fin du mois de septembre, il semble hors de question pour eux de quitter le domaine des Quintarets, malgré le retour de la propriétaire, la semaine dernière. Cette dernière se voit contrainte de porter plainte ou d’accepter un accord à l’amiable. Sur place, le groupe accueille une famille tchétchène, demandeuse d’asile. Le père, journaliste, sa femme et sa fillette, sans logement à Toulouse, y résident depuis quelques jours. D’autres personnes en situation délicate pourraient s’y établir dans les prochains jours.

L’ambition de l’association est également d’aménager, durant l’été, une sorte de centre de vacances pour les familles démunies. Il faut bien reconnaître qu’il y a de la place, le domaine proposant il y a encore quelques années des chambres d’hôtes. Avant qu’il ne soit laissé subitement à l’abandon par ses propriétaires, le château était un petit paradis, avec son court de tennis, son impressionnante piscine, son manège à poneys et ses magnifiques écuries.

Leur presse (Jean-Charles Galiacy, SudOuest.fr, 11 juin 2012)


Lettre d’information du domaine autogéré des Quintarets

Chers Lislois, chères Liloises,

Nous nous adressons à vous afin de vous tenir informés de la situation.

En réquisitionnant le château des Quintarets pour héberger provisoirement notre projet, nous suspections que ce château était l’objet d’une évasion fiscale, mais ce n’était que la face visible de l’iceberg. Nous ne pensions pas nous retrouver au milieu de combines et de magouilles d’hommes d’affaires.

Nos propriétaires, durant les quatres années où ils vécurent à l’Isle Jourdain, ont mené grand train de vie, plongeant dans la folie dépensière allant jusqu’à l’endettement en escroquant l’État, les banques mais surtout le “petit personnel” et plusieurs artisans du coin.

En affaire avec des grands noms de l’industrie Française en 2004, ils investissent une très grosse somme qui les conduira dans une spirale politico-financière jusqu’au départ précipité pour la Suisse.

Aujourd’hui la propriétaire et gérante de plusieurs sociétés dans le monde débarque en force au château accompagnée de sa fille et “d’un ami proche” ramené de Suisse ou des Pays-Bas. Elle nous déclare qu’elle est sur le point de se faire expulser de Suisse… et comme par hasard, elle est venu pour s’installer au château qu’elle a abandonné depuis plusieurs années et dans un état délabré.

Nous l’acceuillons, touché par son histoire, nous décidons de l’inviter elle, sa fille et son ami. Nous proposons alors de discuter d’un accord. Nous avons bien compris depuis qu’elle se jouait de nous. Depuis d’autres informations nous sont parvenues, pour l’instant nous ne pouvons en parler car elles influeront sur la négociation.

Ce que nous revendiquons, c’est de pouvoir utiliser les lieux laissés à l’abandon mais sûrement pas de s’accaparer le lieu de vie d’autrui quand il en a réellement besoin. Mais en a-t-elle réellement besoin ? Nous prenons l’engagement de quitter les lieux au 30 septembre, ce qui nous laisse le temps d’adapter notre projet d’activité pour les mois à venir et surtout poursuivre les recherches et partenariats pour la suite.

Ce que nous voulons, c’est devenir agriculteurs et sans apport ou héritage, il est impossible de s’installer, même en travaillant dix ans de plus, nous n’aurons jamais de quoi convaincre un banquier.

C’est pourquoi nous allons jusqu’à réquisitionner des lieux abandonnés, appartenant souvent à des spéculateurs et escrocs, pour nous loger, pour construire nos projets, pour créer notre outil de travail garant de notre dignité.

Nous tenons à rappeler que l’agriculture de demain peut aussi être sociale : en revenant à des pratiques respectueuses, harmonisées avec les rythmes naturels et humains, en abandonnant la surmécanisation, la terre aura besoin de main d’oeuvre. Il y a 50 ans, ce secteur d’activité représentait 31% de l’emploi total en France (6,2 Millions de personnes). Chaque exploitation faisait vivre une dizaine de personnes.

Nous pensons que le chômage est le cancer de la société et reste le grand responsable des problèmes sociaux (errance, délinquance, dépression).

En tant qu’association, nous proposons de dépasser ce constat par notre projet et sommes ouverts à débattre de cette solution active.

N’hésitez pas à passer un coup de fil (0623527856), nous prendrons aussi le temps de passer en ville.

Domaine autogéré des Quintarets, 12 juin 2012

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[Lille] A voté !

Lille : tentative d’incendie au local de campagne du FN

Un début d’incendie, apparament d’origine criminel, a eu lieu dans la nuit de lundi à mardi au local de campagne du Front national à Lille, situé rue des Augustins.

Le feu aurait été mis aux poubelles qui se trouvaient entreposées devant le local. Une riveraine serait intervenue à l’aide d’un extincteur avant l’arrivé des pompiers. « Heureusement il n’y a pas de dégâts, cette voisine est intervenue à temps », explique Eric Dillies, secrétaire fédéral du FN.

Dans un communiqué, Éric Dillies a dénoncé la « haine sociale » et « nationale » dont est victime son parti.

Leur presse (Nord Éclair, 5 juin 2012) via Brèves du désordre


Lille – Feu de poubelles devant le FN

Plus de peur que de mal. Lundi soir, un feu de poubelles s’est déclaré devant la permanence du Front national de Lille. Une locataire de l’immeuble a dû éteindre le feu avec un extincteur. « C’est un acte volontaire qui aurait pu avoir des conséquences dramatiques. Nous allons porter plainte », affirme Éric Dillies, candidat (FN) dans la 1re circonscription. Aucun panneau, pourtant, ne mentionne la présence du FN sur la façade. « Nous étions régulièrement victimes de dégradations dans notre ancienne permanence », note-t-il.

Leur presse (20Minutes.fr, 6 juin 2012)

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[Nos médias] Tunisie, toujours des luttes !

Long entretien avec des camarades tunisiens : Rappel des quelques dates clés du soulèvement populaire ; Enjeux électoraux et magouilles politicardes ; Formes d’organisation, moyens d’action et de lutte ; Point sur le contexte actuel. Réalisé le 16 mai 2012 par l’équipe de l’émission Au Fond Près Du Radiateur (FPP).

À télécharger sur le blog de l’émission et sur le site Sons en luttes

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[España en el corazón] « Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte »

Avec ses mineurs, la petite ville espagnole de Bembibre lutte pour survivre

Derrière ses mineurs en grève depuis trois semaines, la petite ville de Bembibre, dans le nord de l’Espagne, lutte pour sa survie, au cœur de l’un de ces bassins miniers menacés d’asphyxie par la fermeture progressive des puits de charbon.

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Des mineurs brûlent des pneus à la gare de Bembibre le 8 juin 2012

« Mon père était mineur, mes frères aussi, mon grand-père travaillait dans la mine quand on utilisait encore le piolet. C’était une façon de vivre », confie Paul Martinez, un mineur de 39 ans occupé, avec ses compagnons, à mettre le feu à un tas de pneus barrant une route aux environs de Bembibre.

« C’est le seul moyen pour que quelqu’un se rende compte qu’ici, ce n’est plus seulement un problème d’emploi, mais un problème social, très vaste », ajoute Paul Martinez. Si les mines devaient fermer, « ce serait précipiter la mort de toute la ville ».

« C’est comme cela tous les jours », raconte-t-il, en montrant la fumée épaisse et âcre qui s’élève au-dessus des collines verdoyantes.

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[…] Pour défendre leurs puits de charbon contre une fermeture qui paraît inexorable, les mineurs du nord de l’Espagne se mobilisent chaque jour depuis trois semaines, coupant routes et voies ferrées.

Alors les cordons de policiers anti-émeutes, casqués, se mettent en place, et s’engage une nouvelle scène de guérilla champêtre, avec échange de pétards et tirs de balles en caoutchouc.

La mobilisation « se radicalise de jour en jour », affirme Guillermo Sanchez, un responsable du syndicat UGT, qui dénonce « la position intransigeante du gouvernement ».

« Ce dont nous parlons, ce sont nos postes de travail, pas de hausses de salaires, et cela il faut le défendre quelles qu’en soient les conséquences », ajoute-t-il.

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« De jour en jour, il y a de plus en plus de violences avec la police », raconte Florencio, un homme de 40 ans, visage couvert, à un barrage routier près de Bembibre.

Florencio est mineur depuis trois ans seulement. « Avant, je travaillais comme je pouvais, comme chauffeur d’ambulance ou comme serveur. Dans les bassins miniers, il y a la mine ou les services, sinon rien », assure-t-il.

Depuis le début de la crise économique en 2008, les rares industries de substitution qui avaient vu le jour, par exemple des usines de fabrication d’éoliennes, ont soit licencié, soit fermé.

Il ne reste plus que la mine, l’activité traditionnelle que toute la région se bat pour conserver.

« Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte », lance Tania Rozados, une jeune femme de 25 ans qui sert le pain dans la boulangerie de son père. « C’est la seule façon pour que quelqu’un fasse attention à eux ».

Leur presse (Anna Cuenca, Agence Faut Payer, 11 juin 2012)


Les mineurs reprennent la grève avec des barrages routiers et ferroviaires

Les mineurs ont repris la grève après un week-end où les protestations ont diminué et ont commencé la journée avec de nouvelles barricades dans la province de León sur les routes et les voies ferrées, ce qui a conduit la Garde civile à arrêter et identifier huit personnes impliquées dans les piquets de grève.

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Les blocages de la circulation ont commencé dans les premières heures de la matinée, quand un piquet de grève des mineurs ont bloqué vers 6 heures 45 l’autoroute à péage AP-66 (León-Campomanes), où une vanne d’un pneu d’un camion a été arraché pour barrer la route, selon des sources bien informées des préfectures de León.

Puis à 07h15, un autre groupe de mineurs a coupé la route CL-626 qui relie la région des Asturies à Aguilar de Campo (Palencia), distance de 54 km, et passe par Sena de Luna (León), où un camion a été mis de travers pour arrêter la circulation. Quelques heures plus tard, le trafic a également été perturbée sur la N-630, à la hauteur de Cinera (León), où les mineurs ont monté des barricades avec des conteneurs, des roches et des barrières de sécurité.

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De plus, des blocages se sont répétés sur l’A-6 (Madrid-La Corogne), où depuis les premières heures les mineurs ont provoqué plusieurs barrages intermittents en passant par El Bierzo et ont obligé les forces de l’ordre à intervenir.

Là,, la police a identifié et arrêté huit personnes impliquées dans les barrages routiers à proximité de San Roman de Bembibre (León), qui ont déjà été libérés.

Lors de cette opération, le maire de Bembibre, José Manuel Otero (PP), a critiqué les policiers anti-émeute qui sont entrées dans la ville de San Román afin de poursuivre les groupes de mineurs et qui a abouti à la “guérilla”.

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Pendant ce temps, les mineurs ont effectué un nouveau blocage sur les voies ferrées qui relient la province de León aux Asturies et qui relient La Robla (León) et Pola de Lena (Asturies).

Les mineurs ont effectué plusieurs barrages entre les stations de Renfe de Sainte-Lucie et Villamanín (León), l’un d’eux à l’intérieur d’un tunnel, ce qui a obligé l’opérateur d’interrompre le trafic ferroviaire entre 10h25 et 15h25. Cette perturbation a affecté un total de six trains, trois dans chaque direction, entre les quatre lignes Alvia couvrant le trajet Madrid-Gijon et Gijon-Madrid et deux à mi-chemin entre León et Gijon, comme cela a été souligné par les sources de l’EFE de la Renfe.

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Ces perturbations ont eu lieu dans le cadre d’une nouvelle journée de grève des mineurs pour protester contre la réduction de 63% des aides au secteur décidé par le gouvernement  et qui en est déjà à deux semaines de grève et treize jours de grève illimitée.

Leur presse via Le Chat noir émeutier, 11 juin 2012

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[Qui finance les terroristes ?] Une conséquence méconnue de la loi du 23 février 2005

Algérie – L’OAS, bénéficiaire majoritaire de la loi française du 23 février 2005 (historien)

Les anciens membres de l’Organisation de l’armée secrète (OAS) sont les bénéficiaires majoritaires de la loi française du 23 février 2005 glorifiant les « bienfaits » du colonialisme français, a affirmé jeudi à Oran l’historien français Romain Bertrand.

La loi en question bénéficie aux partisans de l’Algérie française, dont une grande majorité se compose d’anciens membres de l’OAS, a-t-il indiqué lors d’une conférence animée au Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle (CRASC).

Sa communication, intitulée « La France et son passé colonial : loi, mémoire, histoire », a été principalement axée sur le processus de fabrication de cette loi qui, avant son abrogation partielle en 2006, avait été adoptée par l’Assemblée française puis entérinée par le Sénat dont un seul membre s’y était opposé.

L’historien a rappelé dans ce cadre que si l’article 4 de cette loi faisant état du « rôle positif de la colonisation » a été abrogé en janvier 2006, en revanche l’article 13, lui, est toujours en vigueur, ouvrant droit à indemnisation aux partisans de l’Algérie française, dont les membres de l’OAS.

M. Bertrand a fait savoir que ses investigations lui ont permis d’apprendre qu’environ 500 demandes d’indemnisation ont été déposées auprès des instances compétentes chargées de la mise en œuvre de l’article 13 de la loi du 23 février 2005.

Il a également révélé qu’au terme du délai d’un an fixé pour le dépôt des demandes, 120 dossiers ont fait l’objet d’un accord de principe d’acceptation de traitement, déposés majoritairement par des anciens membres de l’OAS qui avaient fait l’objet d’une condamnation pour s’être opposés avec violence à l’indépendance algérienne.

L’historien a rappelé que l’article 13 concerne précisément « les personnes de nationalité française ayant fait l’objet, pendant la période du 31 octobre 1954 au 3 juillet 1962, de condamnations ou de sanctions amnistiées, de mesures administratives d’expulsion, d’internement ou d’assignation à résidence, ayant de ce fait dû cesser leur activité professionnelle ».

La mise en place d’un tel dispositif qui permet aux anciens membres de l’OAS de faire valoir leurs droits à l’indemnisation s’apparente à une « réhabilitation de la mémoire des militants terroristes », a déploré M. Bertrand en insistant sur la gravité des exactions de cette organisation terroriste tant en Algérie qu’en France où « 74 morts furent enregistrés suite à des attentats perpétrés en l’espace de 18 mois ».

Il a observé à cet égard que « l’adoption de la loi glorifiant le colonialisme, qui aurait été impensable trente ans auparavant » a été révélatrice, selon lui de « profonds changements politiques motivés plus par le marchandage électoral que par les organisations (anciens rapatriés) qui la réclamaient, sachant que celles-ci constituent des acteurs extrêmement minoritaires de la scène politique ».

« La demande d’indemnisation a vu sa nature de requête transformée en article de loi par un groupe de députés élus pour la première fois à l’Assemblée nationale française (en 2002) et qui avaient de ce fait, une faible expérience du débat parlementaire », a indiqué M. Bertrand en relevant que « l’âge moyen de ces députés ne dépassait pas 12 ans le jour de l’indépendance algérienne, le 5 juillet 1962 ».

À l’occasion de sa conférence, l’historien n’a pas manqué de rendre hommage aux voix qui se sont élevées pour dénoncer la loi en question, même si leurs efforts, dit-il, ont abouti à l’abrogation d’un seul article (4) après avoir gagné l’adhésion de certains députés.

Directeur de recherches à « Sciences Po », structure rattachée au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Paris, Romain Bertrand a écrit plusieurs ouvrages autour des dominations coloniales européennes, dont Mémoires d’empire : la controverse autour du fait colonial, édité en 2006 et dans lequel il revient sur la loi du 23 février 2005.

Presse coloniale (APS, Maghreb Émergent, 2 juin 2012)

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[Nouvelles de l’Apocalypse] La production industrielle aliénée fait la pluie. La révolution fait le beau temps

Rumeurs et inquiétudes dans une ville de Chine plongée dans un épais nuage

La grande ville chinoise de Wuhan s’est brusquement retrouvée lundi plongée dans un épais nuage jaunâtre qui a provoqué de nombreuses rumeurs et inquiétudes chez les habitants, les autorités affirmant que la pollution trouvait son origine dans de feux agricoles.

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« Nous sommes très inquiets car nous ignorons de quoi il s’agit », a confié par téléphone Li Yunzhong, un résident de Wuhan, qui est la principale agglomération de Chine centrale avec quelque neuf millions d’habitants.

La brume polluante est soudainement apparue lundi matin, selon des témoins. « Vers 10H00-10H30, j’ai regardé par la fenêtre de mon bureau. Je ne pouvais pas en croire mes yeux. Au début j’ai pensé qu’il allait se mettre à pleuvoir mais il ne s’agissait pas de brouillard », a relaté à l’AFP Li Yunzhong.

« En 31 ans à Wuhan je n’ai jamais connu une chose pareille », a-t-il poursuivi. Il a décrit le nuage comme une brume opaque d’apparence sulfurée avec des teintes verdâtres et jaunâtres.

« L’origine de l’épais nuage qui recouvre la ville de Wuhan depuis le début de la journée n’est, pour l’heure, pas connue », a indiqué sur son site internet le consulat général de France à Wuhan.

« Les autorités locales se sont engagées à nous la communiquer dès que possible. Il est conseillé, dans la mesure du possible, de demeurer à la maison, de fermer les fenêtres et de limiter l’usage de la climatisation », a ajouté le consulat.

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Les autorités ont réfuté, dans un communiqué, les rumeurs évoquant un accident industriel. Des internautes ont en effet avancé l’hypothèse d’une pollution consécutive à une explosion dans un complexe chimique situé au nord-est de Wuhan.

Le Bureau de protection de l’environnement, cité par l’agence officielle Chine nouvelle, a au contraire assuré que le nuage avait été causé par des paysans brûlant la paille restée dans leurs champs après les récoltes.

Mais cette affirmation a continué à susciter les doutes. « C’est le sujet le plus débattu ici aujourd’hui », a souligné M. Li, qui s’est aussi dit sceptique vis-à-vis de l’explication officielle. « Notre région ne pratique traditionnellement pas la culture sur brûlis à grande échelle ».

Ce nuage « m’a semblé différent de la pollution que l’on observe habituellement à Wuhan », a commenté à l’AFP un Français résidant dans la ville. Il a précisé qu’il n’avait pas constaté de mouvements de panique.

Une autre résidente a, elle, déclaré lundi soir à l’AFP qu’elle quittait la ville en raison du nuage. Les habitants se sont rués vers des masques filtrants, ont indiqué d’autres témoins.

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Capitale de la province du Hubei, Wuhan est une mégapole industrielle, où se sont établies de nombreuses entreprises étrangères.

Le groupe automobile français PSA Peugeot Citroën y a installé depuis 20 ans ses usines en partenariat avec le groupe Dongfeng. Alstom y fabrique également des chaudières pour centrales thermiques au charbon.

Le problème de la pollution atmosphérique est de plus en plus aigu dans les grandes villes chinoises, où les autorités sont fréquemment accusées d’en sous-estimer la gravité.

Les habitants ont appris à se méfier des mesures officielles, qui sont parfois en contradiction avec d’autres relevés non gouvernementaux.

La Chine voit son environnement menacé par ses très nombreuses industries polluantes, son trafic routier en constante expansion et son laxisme pour protéger les écosystèmes.

Presse polluée (Agence Faut Payer via ElWatan.com, 11 juin 2012)

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[Agir « avec professionnalisme et détermination »] Détournement d’« obus » en hypermarché, mode d’emploi

Montpellier. Il apprend la combine en prison pour voler la recette de l’hypermarché

« Comme par hasard, vous êtes venu de Marseille et vous êtes entré dans ce magasin. Comme par hasard, vous avez vu ce tuyau qui passe par une réserve et vous avez grimpé sur le toit. Comme par hasard, vous avez trouvé une scie et détourné l’argent », ironise la présidente Claudine Laporte.

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Il détourne 7000 € au Casino d’Odysseum pour payer des dettes, assure-t-il avec un bagou qui laisse circonspect.

Dans le box, Toufik, 29 ans, jure ses grands dieux que le 17 avril dernier, il est venu au Géant Casino d’Odysseum pour un rendez-vous professionnel. Et ses « vieux démons » l’ont alors repris.

Cet escroc, déjà condamné à Bordeaux ou Nancy pour des faits identiques, a utilisé une technique astucieuse, simple mais professionnelle, pour détourner les “obus”, ces tubes remplis de billets et envoyés par les caissières dans un tuyau qui les propulse directement à la caisse centrale.

Une arnaque apprise en prison

Le Marseillais, qui a longtemps vécu à Paris, a volé le badge d’un agent de sécurité pour rentrer dans la réserve, avant de découper le tuyau pour intercepter et faire main basse sur les “obus”… Cette arnaque, il l’a apprise, affirme-t-il, lors d’un de ses séjours en prison.

« À Fleury, j’ai rencontré des jeunes à qui c’était le boulot. Ils allaient le faire en Belgique, j’ai trouvé ça pas bête. » Et ça peut rapporter gros : 7000 € au Casino d’Odysseum. Pour payer des dettes, assure-t-il avec un bagou qui laisse circonspect.

« J’ai fait un accident (sic) avec une moto qui n’était pas assurée. Je devais de l’argent aux jeunes de la cité de Drancy, 6000 €. J’ai été menacé, il fallait que je rembourse. » Le problème pour le tribunal, c’est que « vous avez nié avec une telle assurance que ce que vous nous dites aujourd’hui… », le tance la présidente.

Pendant plus d’un mois et demi, la sûreté départementale l’a cherché. Grâce aux empreintes digitales retrouvées sur le tuyau percé, ils ont réussi à l’identifier et à l’interpeller, la semaine dernière. Il a également été identifié par la vidéosurveillance.

« Vous avez le culot et la trempe de quelqu’un qui vient de Marseille pour faire ça »

« En prison, j’ai fait des mauvaises rencontres mais, depuis sept ans, je n’avais pas commis de bêtise », répond Toufik, désireux avant tout d’éviter de retourner derrière les barreaux. Peine perdue. Si le parquet ne s’est pas montré sévère en demandant un an de prison ferme pour cette « délinquance astucieuse », le tribunal a doublé les réquisitions en le condamnant à la peine plancher, pour cause de récidive : quatre ans de prison, dont deux ans ferme et mandat de dépôt à l’issue.

« La pente, vous l’avez aussi vite redescendue que vous l’avez montée, assène la présidente. Vous êtes incapable de justifier votre démarche d’insertion et vous avez le culot et la trempe de quelqu’un qui vient de Marseille pour faire ça. Vous avez agi avec professionnalisme et détermination. »

Publié par les journaflics de service (MidiLibre.fr, 11 juin 2012)

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[« Antiterrorisme »] La méthode turque

Turquie. Lettre ouverte de neuf prisonniers anarchistes

Comme on le sait, des anarchistes ont attaqué des banques et des entreprises du quartier Mecidiyeköy-Şişli (Istanbul) lors du Bloc Anarchiste du 1er mai. Nous, neuf des 60 personnes qui ont été mises en prison par la police, neuf prisonniers anarchistes enfermés sur la décision de la neuvième cour criminelle dans la prison de type T de Metris, écrivons cette lettre.

La plupart d’entre nous ont été mis en détention par des unités anti-terroristes à 5 heures du matin le 5 mai, et quelques un-e-s le jour suivant. Nos ordinateurs, téléphones, disques durs, livres ainsi que beaucoup d’autres objets personnels ont été saisis par les policiers, qui étaient entre 10 et 20 à venir dans notre maison. Nous sommes accusé-e-s par la police de “destruction de propriété publique au nom d’une organisation terroriste”. Des prisonniers dont les conceptions de l’anarchisme sont variées, se sont vus pour la première fois au dépôt des flics, accusés de la formation d’une organisation terroriste dont certains ont été contraints, pendant l’interrogatoire des flics, d’avouer en être les chefs. Le principe même de chef étant totalement contraire aux idées anarchistes, cela est donc impossible ; cette accusation, ainsi que celle d’“appartenance à un même groupe terroriste” sont donc des inepties tragi-comiques… Les individus accusés par la police de faire partie d’une même organisation terroriste n’avaient ni armes ni munitions chez eux. Pendant l’interrogatoire, les policiers ont considéré des livres d’auteurs comme Kropotkine, que l’on peut trouver dans n’importe quelle librairie, comme la documentation de l’organisation. Les articles qu’ils avaient lu et les vidéos qu’ils avaient partagé via des réseaux sociaux ont été présentés à la cour comme des preuves par les policiers.

L’appartenance des individus à des organisations légales, travaillant sur des questions comme la libération animale, les droits de l’homme et l’écologie, a aussi été utilisée comme preuve par la police. Une grosse pression psychologique a été exercée sur les personnes détenues : elles étaient en détention depuis quatre jours, n’avaient pu ni voir les membres de leur famille, ni téléphoner une seule fois à quelqu’un, pas même à leurs avocats. Un-e de nos ami-e-s LGBT a été victime de “violences verbales”. Tous ont été contraints d’avouer l’existence d’une organisation terroriste et de faire de fausses déclarations à propos des autres compagnon-ne-s arrêté-e-s. Deux personnes, menacées de 15 à 20 ans de prison pour appartenance à un même groupe terroriste, ont effectué de fausses déclarations à propos de gens dont ils ne savaient strictement rien.

Sous la pression des policiers, ils ont accusé certaines personnes, contre lesquelles les policiers n’avaient pas trouvé de preuves, que ce soit dans leurs conversations téléphoniques, internet ou toute autre communication avec les autres, d’être les chefs de l’organisation, et les ont “identifiés” comme auteurs des attaques. La plupart de nos amis ont été arrêtés juste parce qu’ils avaient les mêmes types de sacs, chaussures, ceintures, etc. (comme peuvent en avoir des millions de gens) que ceux qui ont été filmés pendant les attaques. L’existence d’une organisation terroriste anarchiste ne peut bien sûr pas être prouvée avec ces arguments insuffisants et irrationnels. Pour cette raison, nous sommes aussi accusés de dégradation de propriété publique. Nous voulons qu’il soit clair que cela nous est égal à nous, en tant qu’anarchistes qui refusons toute loi et toute autorité et qui considérons tous les États comme des assassins, que l’État nous décrive comme des terroristes ou non. Il nous est égal que l’État tue des dizaines de personnes à Roboski, tue de 13 balles Uğur Kaymaz âgé de 11 ans et soit impuni. L’État qui, en 1977, a tué 34 personnes et n’a mis personne en prison pour cela, mais n’a vu aucun problème à arrêter 60 personnes et à en mettre 9 en prison pour 3-5 vitrines de banques brisées.

Deux des ami-e-s incarcéré-e-s n’ont pas pu aller à leurs examens terminaux dans leur université. Cela rend possible que ces universités mènent une enquête et décident de suspendre ou d’exclure ces deux personnes. L’un-e de nos ami-e-s préparait l’examen d’entrée à l’université, mais il est clair qu’il ne lui est pas possible d’étudier suffisamment en prison. Un-e ami-e-s qui étudie M.A/M.S à l’université ne peut plus continuer à rédiger son mémoire. Nous avons reçu la nouvelle que 3 ami-e-s ont été licencié-e-s après leur arrestation.

Depuis notre incarcération, nous avons pu expérimenter le système judiciaire que l’État prétend excellent : en réalité, ce n’est rien d’autre qu’un instrument d’oppression et de normalisation. Des idées comme celles de justice ou de droit restent seulement dans la théorie. Nous voulons en sortir maintenant. Mais laissez-nous affirmer que nous ne le demandons ni ne le mendions à personne. Nous savons que nous sommes en prison uniquement à cause de nos idées politiques. Pour cette raison, nous ne regrettons pas ce que nous avons ou n’avons pas fait. Notre raison d’écrire cette lettre est simplement de raconter la vérité au public, pour l’aider à cerner ce qui se passe.

Nous savons que ceux qui nous ont enfermé n’ont pas seulement pour but de nous punir pour avoir participé à une action. Ils veulent nous inculquer la peur de résister. Mais ce qu’ils ne savent pas, c’est que les prisons de leur civilisation dégueulasse ne peuvent pas étouffer nos idées, et nous nous sentons même plus forts qu’avant.

Nous considérons tous les anarchistes du monde comme nos compagnon-ne-s et envoyons nos salutations, notre amour et notre appel à solidarité à tou-te-s les insurgé-e-s du monde qui portent dans leur cœur le feu de la liberté, et qui viennent d’Athènes, Amed, Chiapas, Gaza, Toronto ou Seattle… Vous devez savoir que vous n’êtes pas seul-e-s et que dans ces lieux des gens se battent aussi. Nous les remercions tou-te-s pour la solidarité et les actions de soutien. Il est impossible de décrire nos sentiments aux anarchistes locaux, qui nous soutiennent et font des actions pour nous, comme le reste du monde. Ces pages sont trop courtes pour nos remerciements. Nous les embrassons avec nos sincères salutations. Faites leur savoir que nous savons qu’ils sont avec nous, et que nous ne nous sentons jamais seuls un instant. Avec nos souhaits pour de longs jours d’insurrection et de solidarité.

Prisonniers anarchistes :
Beyhan Çağrı Tuzcuoğlu
Burak Ercan
Deniz
Emirhan Yavuz
Murat Gümüşkaya
Oğuz Topal
Sinan Gümüş
Ünal Can Tüzüner
Yenal Yağcı

Traduit de l’allemand (ABC-Berlin) et de l’anglais (Act for Freedom) – Base de données anarchistes, 5 juin 2012

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[Révolution tunisienne] Le poste de la garde terrestre de Redayef saccagé

Un groupe de jeunes s’est attaqué, hier soir dimanche 10 juin 2012, au poste de la garde terrestre dans la délégation de Redayef dans le gouvernorat de Gafsa.

Ils auraient agressé les agents qui étaient présents, auraient réussi à faire disparaître des documents et auraient endommagé le matériel du poste, d’après Mosaïque FM.

Quant aux agents, ils ont préféré se retirer afin d’éviter des incidents graves, précise MFM.

Publié par des ennemis de la révolution (Espace Manager, 11 juin 2012)

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Résistons Ensemble n° 109 – juin 2012

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Résistons Ensemble

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Plaidoirie de Mike au TGI de Chambéry, le 25 mai 2012

Plaidoirie de Mike au TGI de Chambéry, le 25 mai 2012

Les quelques mots que je vais prononcer n’auront pas la vocation de me défendre mais celle de placer cette journée passée dans un tribunal et le rôle de la justice dans le contexte social actuel.

Je ne reviendrai pas sur les faits m’étant reprochés pour plusieurs raisons. Contrairement à vous, magistrats en tout genre, ces faits m’ont touché au plus profond de ma chair et de mon cœur, si vous pensez avoir quelque chose à rajouter à ma peine, cela se fera sans ma collaboration et sans que vous exerciez un rapport de force physique sur ma personne, ne vous attendez pas à ce que je ne me chatie plus que ce que je ne l’ai déjà fait, pour moi, l’heure est à ma reconstruction et non à ma soumission à votre système hétérocapitalofasciste. De quel droit pensez vous pouvoir me juger, quel pretexte vous donnerait une supériorité quelconque sur qui que ce soit ? Si vous prétendez défendre une morale, sachez que votre morale n’est pas mienne et que tous vos actes me font vomir. La société que vous défendez ne me correspond pas, non parce que je suis né du côté des opprimés mais parce que je ne veux pas faire partie des oppresseurs. Je suis un homme, blanc, issu de classe moyenne relativement aisée avec une éducation chrétienne et ne me sens par conséquent pas attaqué de par mes origines dans mon quotidien. Personne ne pourra nier que cette affaire aurait été traitée de manière bien pire encore par votre institution si mon origine religieuse était issue de l’islam, si mon origine ethnique ne se trouvait pas dans un pays occidental et si j’avais vécu mes années d’enfance dans la précarité. Si ce ne sont pas des motifs sociocuturels qui m’ont ammené devant vous peut-être que ce sont mes pratiques et votre manque de contrôle sur mon existence qui vous ont poussés à prendre le premier prétexte pour user de vos pouvoirs répressifs et tenter de m’enfermer dans vos normes alliénantes et oppressives.

Dans ce dossier, la question de la violence fut souvent abordée. On m’a systématiquement questionné sur la violence de mes actes et de mes intentions, mais jamais on ne m’a questionné sur ce que représente la violence à mes yeux. Or la violence est un concept et donc n’a pas de définition universelle, ce qui paraît violent pour quelqu’un ne le sera pas forcément pour d’autres. Si on me demande aujourd’hui si je suis violent, la réponse est oui, de la même manière que si l’on me demande si je vous considère comme des individus violents je répondrai également par l’affirmative. Dans une réalité sociale telle que nous la vivons actuellement, personne ne peut selon moi avoir la prétention de se déclarer non-violent. Tous les actes les plus anodins de notre quotidien sont violents. Manger une banane profite à des multinationales ayant des politiques sociales extrêmement nuisibles et exploitent sans scrupules les ressources naturelles et les ouvriers, c’est un acte violent. Payer ses impôts et ainsi financer des opérations millitaires en Irak ou en Afghanistan, envoyer des stocks de matériel pour aider le gouvernement tunisien à maintenir son régime dictatorial, financer les recherches bio-nano-technologiques pour arriver à contrôler de plus en plus les populations. Oui, payer ses impôts est un acte violent. La liste des actes violents dans notre quotidien est longue et ne sera jamais exaustive. Il me parraît donc plus intéressant d’observer à qui profite cette violence. A-t-on vu beaucoup de précaires, de marginaux, d’immigrés fuyant la merde qu’a fait l’Occident dans leurs pays profiter de cette violence ? Non. A-t-on déjà pris en compte la violence des concepts urbanistiques réalisés par Le Corbusier et autres de vos sbires dans les révoltes des banlieues ? Au contraire, elles sont systématiquement criminalisées. Quelle est la violence d’une voiture brûlée lorsque cet acte est la suite d’années de mise à l’écart et d’oppressions sociales. Parle-t-on de la violence du système carcéral qui est telle qu’environ 120 personnes par année préfèrent la mort que d’être enterré vivant ? Non, là encore vous criminalisez les mouvements de prisonniers.ères et élaborez sans cesse de nouvelles stratégies, de nouvelles architectures, de nouveaux aménagements de peines afin de diviser et écraser encore plus violemment les personnes confrontées aux réalités carcérales. Magistrats, si vous me considerez comme un individu violent, sachez que je vous envoie la réciproque. La différence entre nous est que vous cherchez à maintenir cette violence pour garder vos avantages sociaux alors que je cherche à m’en affranchir afin que chaque individu puisse s’émanciper et devenir libre. Si vous haissez mon rapport à la violence sachez que je hais les vôtres et ne m’insérerai pas dans vos normes sociales engendrant autoritarisme et domination.

Non, je ne suis pas insérable dans votre monde où tout est affaire d’argent et où la société est séparée en classes sociales. Je ne veux et ne peux en aucun cas passer le tiers de mon temps à offrir ma sueur à un patron au nom de la croissance de l’économie occidentale. Non, je ne suis pas insérable dans votre monde de misère affective et refuse de limiter mes liens sociaux à une relation amoureuse sur le modèle judéo-chrétien et préfère chercher mon épanouissement hors des limites de votre morale sexiste, où tout est divisé de manière binaire en fonction de son genre biologique et tout entretient votre monde patriarcal. Non, je ne suis pas insérable dans votre monde raciste, où l’économie mondiale est issue directement du modèle colonialiste et où toutes les ressources nécessaires au confort occidental ainsi qu’au maintien de son rapport de force sur le reste de la planète proviennent du vol de matières premières dans des pays occupés par des entreprises occidentales et engendre des désastres tant au niveau écologique que social. Non, je ne suis pas insérable dans votre monde destructeur, où l’être humain exploite et détruit son environnement, où au nom du luxe et du progrès on décime des espèces animales et végétales, où au nom du confort et de l’industrie le nucléaire devient si important pour vos besoins énergétiques et votre soif de pouvoir que vous l’imposez à la terre entière, où au nom de la science vous imposez les ogm, les monocultures et l’agriculture chimique en prétendant que cela est la seule solution possible à la survie de l’espèce humaine. Non je ne suis pas insérable dans votre monde où l’être humain est considéré comme supérieur à toutes les autres espèces animales et végétales et ne veux pas participer au maintient d’une société où les bases de nos matières premières et de notre alimentation sont directement issues de l’exploitation animale. Votre morale est celle du capital, celle de la conservation de cette société patriarcale séparée en classes sociales, où tout se vend et tout s’exploite. Nous n’avons pas les mêmes intérêts…

Indymedia Grenoble, 5 juin 2012


Aux journaliste$ (à certain.e.s plus que d’autres…)

La raison de ces quelques lignes est simple, ne pas gaspiller notre énergie et notre salive.

Suite à cet accident, journalistes en tout genre vinrent grapiller du spectacle à se mettre sous la dent, du pain béni pour vous qui avez sans cesse besoin de faits divers sensationels afin de gagner votre salaire. Seulement, ce fait divers couta la vie d’une proche et l’incarcération de plusieurs de ses amis. Non, votre spectacle n’était pas le nôtre, vous nous avez pourris, vous avec divulgués nos identité contre notre grés, vous vous êtes introduits dans notre vie privée et avez dévoilé notre passé sans se soucier des conséquences pour notre vie actuelle, vous avez salis la mémoire de notre amie décédée et vous nous avez qualifié de terroristes et autres qualificatifs pouvant nuire à notre sociabilité avec comme source des simples soupçons policiers. Vous avez diffusez des faux pronostics médicaux concernant la personnes blessée sans vous soucier des conséquences engendrées sur les proches déjà privés d’informations à cause du dispositif policier. Vous vous êtes servi de cet événement pour renforcer une fois de plus le discours sécuritaire de l’État et avez participé activement à la construction d’un monde avec plus d’effectifs sécuritaires et de moins en moins de liberté.

Vous avez fait votre travail me direz vous… Nous ne pouvons que constater que le procès de Nuremberg aura au moins la vocation de servir de jurisprudence pour toutes les crevures de votre espèces. Nous vous haïssons, non seulement pour des motifs personnels qui sont nombreux mais aussi pour votre rôle dans la conservation de ce monde de merde. Pas une semaine ne passe sans qu’un avis de recherche ne fleurisse dans vos torchons, sans que vous ne diffusiez le numéros d’une gendarmerie et incitez les temoins à la délation, sans que des syndicats de matons ne se lamentent sur leurs conditions de travail et ne demandent plus d’effectifs parce que quand même, des prisonniers se suicident et même que des fois ils refusent de réintégrer leurs cellules. Vos articles sont de simples compte rendus policier et il est difficile de croire en une quelconque objectivité lorsque vous avez choisis une seule et unique source d’information et êtes prêt à tout pour défendre ce système social aliénant et oppressif.

Vous n’êtes pas des victimes de la situation, vous avez choisis votre camps et ce n’est pas le nôtre. Nous sommes contre vos idéaux libéraux, contre votre monde marchand où tout se vend et tout s’exploite, nous sommes contre les prisons que vous ventez sans cesse (et autres aménagements de chatiments) ainsi que la société qui les construit dont vous vous faite les portes paroles, nous sommes contre le sexisme qui orne vos torchons et nos vies, nous sommes contre le spécisme et toutes autres formes d’autoritarismes et de dominations que vous propagez de par votre position sociale, nous sommes contre vous et nous vous haïssons.

Vous avez fait votre travail me direz-vous, nous le savons et c’est bien pour cela que nous sommes ennemis…

Indymedia Grenoble, 5 juin 2012

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[Paris, 16-17 juin] Fête de l’UR CNT en soutien aux Vignoles

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[Stop THT] Quelques mots sur le cirque électoral dans la Manche

Législatives. Dans la Manche, des serrures de mairies collées

À l’ouverture des bureaux de vote, ce dimanche 10 juin au matin, plusieurs serrures de mairies manchoises ont été retrouvées collées.

C’est le cas de celles du Chefresne, de Carantilly, Dangy, La Colombe, Notre-Dame-de-Cenilly et Maupertuis. Malgré tout, les portes ont pu être ouvertes et les bureaux de vote fonctionnent normalement dans ces communes traversées par la future ligne THT.

Des événements qui interviennent après ceux de ces derniers jours au Chefresne, tels que la garde à vue du maire et la décision du conseil municipal de ne pas organiser les élections. La préfecture de la Manche a décidé hier de réquisitionner le conseil municipal du Chefresne, qui dans la foulée a annoncé qu’il était démissionnaire.

La préfecture rappelle également dans un communiqué de presse ce dimanche matin, « que la loi prévoit une peine de 15’000 € d’amende et une peine d’un an de prison, pour toute personne qui empêcherait ou tenterait d’empêcher les opérations d’un scrutin. »

Presse oligarchique (Ouest-France.fr, 10 juin 2012)


Législatives : les élus d’un village anti-THT, réquisitionnés, démissionnent

Les élus d’un village de la Manche traversé par la ligne à très haute tension (THT) du futur réacteur EPR de Flamanville ont démissionné après avoir été réquisitionnés pour organiser le scrutin législatif, qu’ils voulaient boycotter, a-t-on appris dimanche auprès du maire.

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« Le conseil municipal, réuni samedi soir, a décidé en bloc de démissionner après que les gendarmes ont débarqué dans l’après-midi chez tous les conseillers municipaux avec des ordres de réquisition », a indiqué à l’AFP le maire du Chefresne, Jean-Claude Bossard, confirmant une information de Ouest-France.

Les dix conseillers municipaux du Chefresne (310 habitants), tous réquisitionnés, assuraient cependant la tenue du scrutin dimanche, conformément à la réquisition de la préfecture, a indiqué l’élu.

Le conseil municipal avait voté vendredi soir, à l’unanimité et « opposition comprise », le boycott du scrutin pour protester contre le tracé de la THT et un placement en garde à vue de M. Bossard intervenu mercredi.

« Nous sommes indignés de mon arrestation arbitraire et politique, avec douze heures de garde à vue, alors que, ceint de mon écharpe, je voulais faire respecter un arrêté municipal », a déclaré le maire.

Cet arrêté pris en 2008 et non invalidé interdit à la ligne THT de passer à moins de 500 mètres des habitations du Chefresne, alors que le tracé en cours de construction la fait passer « à moins de 150 mètres », souligne M. Bossard.

« La préfecture avait été informée dès jeudi de notre intention de boycott et nous avait assurés qu’elle prendrait les dispositions pour que le scrutin puisse être organisé sans réquisitions, d’où notre indignation », a-t-il indiqué.

Maire depuis 2001 et candidat Europe Écologie Les Verts aux régionales de 2010, M. Bossard est l’un des élus fer de lance de l’opposition au tracé de la THT Cotentin-Maine.

La démission de son conseil municipal, qui doit être validée dans les 30 jours par la préfecture, est irrévocable, a-t-il souligné. « Si nous démissionnons, c’est parce qu’on ne peut plus travailler dans ces conditions. Il n’est pas question de se représenter. »

La préfecture de la Manche a confirmé que le scrutin se déroulait de façon satisfaisante et a précisé que la réquisition des élus, qui s’apparente « plutôt à une mise en demeure », était, selon le code électoral, une étape préalable obligatoire avant une éventuelle organisation d’un scrutin directement par ses services.

Presse oligarchique (Agence Faut Payer via LePoint.fr, 10 juin 2012)

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Rassemblement mercredi 20 juin à Marseille contre le délit d’« Outrage et Rébellion »

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Infos Anti-autoritaires en Cévennes à l’Assaut des Montagnes !, 11 juin 2012

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[Vive l’Azawad libre !] Tout porte à croire qu’Ansar Adine se désintégrera de lui-même

Kidal, In-Khalil, Tombouctou et Gao contre les obscurantistes ; rien ne vas plus chez Ansar Adine

Avec des larmes aux yeux, nous reportions il y a quelques la sombre journée historique qu’avait fait vivre l’organisation obscurantiste aux femmes de Kidal. Comme annoncé, des manifestations ont eu lieu les deux jours suivants, non seulement à Kidal, mais aussi dans plusieurs villes Azawadiennes. Après cette vague de démonstration sans précédent, Ansar Adine se retrouve affaibli plus que jamais.

Depuis quelques mois, une certaine élite corrompue du MNLA qui ne partage pas forcement les mêmes objectifs que ce mouvement révolutionnaire a entrepris un grand nombre d’actions qui ont d’abord vu la naissance d’Ansar Adine et ensuite son renforcement. La grande naïveté de cette élite et son laxisme ce sont traduit par une prise de confiance d’Ansar Adine. C’est cette prise de confiance d’une organisation qui n’était qu’un groupuscule qui a conduit aux nombreux abus qu’elle a commis.

Parmi ces abus, il y a ceux de ce triste Mardi noir, où pour la première fois dans l’histoire du peuple Touareg, des hommes battaient en publics des femmes. Même si elle permise d’éviter un désastre, la réaction du MNLA, n’a pas empêchée ce dont nous avons toujours du mal à parler.

N’étant pas disposé à se faire imposer un quelconque diktat par qui que ce soit, les femmes Touareg ont manifesté leur rejet de cet obscurantisme sur l’ensemble du territoire de l’Azawad, et pas seulement.

Alerté par ce qui s’était passé le Mardi noir, Intallah Ag Attaher, Chef Suprême des tribus de l’Adagh (région de Kidal) a demandé aux femmes de Kidal de venir le cherché le jour suivant pour manifester avec elles. Pour des questions sanitaires, et à cause de son âge avancé, les femmes n’ont pas jugées utile de lui faire prendre part aux manifestations des jours suivants. Il faut aussi dire que la présence du patriarche Intallah Ag Attaher n’était pas nécessaire parce que des dames de fer de l’Azawad ont convergés vers Kidal dans une délégation conduite par Assi Walet Hita, présidente de l’Association des Femmes de l’Azawad. Certaines de ces femmes sont connues pour avoir tenu tête à tous les leaders d’Ansar Adine a commencé par le sombre Iyad Ag Ghaly lui-même.

C’est ainsi que les manifestations du Mercredi (6 Juin) et du Jeudi (7 Juin) se sont très bien passé. Malgré la peur, un peu plus de 200 femmes ont manifesté le Mercredi, en expliquant à qui voulait l’entendre qu’elles ne porteront jamais la burka, et que jamais elles n’accepteraient que des complexés de circonstances ne remplacent leur culture millénaire par une autre. Le nombre de femmes dans les rues fut encore plus grand le Jeudi, date où de nombreux jeunes accompagnant leur sœurs et mères ont bravés les directions de ces obscurantistes.

Dès le Mercredi, les manifestations se sont multipliées sur l’ensemble du territoire de l’Azawad. A In-Khalil, ce ne sont pas moins de 1.800 femmes, hommes, et enfants qui ont manifestés leur indignation aux actes barbes commis par les obscurantistes d’Ansar Adine. On pouvait lire « Nous condamnons que des femmes Touareg soient frappés à Kidal » ou encore « Nous disons Non à la Charia, Oui à la démocratie ». Cet évènement fut résumé par Tihaye Etrane dans une vidéo.

À Gao, une partie de la jeunesse a notifié à la direction du MNLA qu’elle vieille au grain et qu’elle ne permettra pas que la révolution Azawadienne soit trahie, ou qu’elle soit récupérer par les obscurantistes d’Ansar Adine. La direction du MNLA a compris que le silence des Azawadiens n’est pas une carte blanche pour agir comme elle le souhaite. Une journée après cette rencontre, une partie des combattants d’Ansar Adine qui accompagnaient Iyad Ag Ghaly il y a un mois pour les négociations ont quittés la ville. Des rencontres similaires ont également eu lieux à Tombouctou.

D’autres manifestations ont eu lieu dans plusieurs localités de l’Azawad pour soutenir les femmes de Kidal et pour rejeter l’islamisme de circonstance d’Ansar Adine.

Blessés dans leur amour propre de nombreux combattants du MNLA ont décidés de ne plus se soumettre aux ordres qui les obligeaient de rester passif face au diktat d’Ansar Adine.

C’est ainsi que depuis le Jeudi, le groupuscule Ansar Adine se retrouve sens dessus dessous, et sa case commence à brulé à petit feu. D’abord ce fut des combattants qui ont quittés cette organisation obscurantiste lorsqu’ils ont compris qu’Iyad Ag Ghaly n’avait aucune intention de rejoindre l’Azawad et qu’il attend juste l’occasion de les « vendre » au Mali comme ce fut le cas, il y a une vingtaine d’années.

Sur le plan leadership, nos sources à Kidal affirment qu’une division commence à prendre forme chez Ansar Adine entre les camps d’Iyad Ag Ghaly et celui d’Alghabass Ag Intallah. Le camp d’Alghabass Ag Intallah, avec Cheikh Ag Aoussa comme lieutenant serait favorable à un rapprochement avec le MNLA. Si cette information s’avère dans le futur, nous jugeons ce rapprochement comme étant momentané car nous n’oublions pas qu’Alghabass avait rejoint le MNLA il y a quelques mois, et qu’il est ensuite passé du côté d’Ansar Adine. En tout état de cause, c’est l’une des nombreuses raisons qui fait que rien ne vas plus chez Ansar Adine.

Pour exprimer ce malaise chez Ansar Adine, cette organisation obscurantiste a coupé le réseau téléphonique à Kidal. C’est cette action qui fut utilisé comme prétexte par des forces obscurantistes pour relayer à travers l’AFP une fausse information faisant état d’affrontement entre le MNLA et Ansar Adine. En l’état actuel, des affrontements entre ces deux forces ne sont pas nécessaires car tout porte à croire qu’Ansar Adine se désintégrera de lui-même.

Par Aljimite Ag Mouchallatte

Toumast Press, 9 juin 2012

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[« La politique du rejet »] Rencontre-débat avec Maurice Rajsfus à Bayonne

La Ligue des droits de l’homme (section de Bayonne) et le Comité pour la défense des droits de l’homme en Pays Basque (CDDHPB) vous invitent à une rencontre-débat avec l’écrivain militant Maurice RAJSFUS

Vendredi 22 juin à 18 heures
à la librairie ELKAR de Bayonne
(place Saint-André)

Sur le thème de « la politique du rejet ».

Rencontre au cours de laquelle il présentera ses deux derniers livres, Opération étoile jaune et Drancy, un camp de concentration très ordinaire, qui viennent de paraître aux éditions du Cherche Midi.

Maurice RAJSFUS, né à Aubervilliers en 1928, avait été arrêté le 16 juillet 1942 avec ses parents (juifs polonais) lors de la rafle du Vel’ d’Hiv’. Il est relâché à la suite d’un ordre excluant les Juifs de 14 à 16 ans de la rafle. Mais il ne reverra jamais ses parents, déportés à Auschwitz après un passage obligé par le camp de Drancy.

Profondément marqué par ce qu’il a vécu, Maurice Rajsfus n’a eu de cesse de témoigner et de rechercher des documents sur cette période longtemps passée sous silence. À partir de nombreuses pièces d’archives souvent inédites il a écrit une cinquantaine d’ouvrages à caractère historique, politique ou polémique, s’intéressant en particulier à la Seconde Guerre mondiale et au rôle des forces répressives, hier comme aujourd’hui. Cofondateur en 1994 de l’Observatoire des libertés publiques, il relève alors consciencieusement dans la presse les innombrables bavures policières pour son brûlot mensuel Que fait la police ?… Car malgré tout cet historien militant a toujours su garder une bonne dose d’ironie corrosive !

Maurice Rajsfus a, toute sa vie durant, dénoncé et combattu le racisme, le fascisme, l’intolérance et les dérives sécuritaires. S’il tient toujours à rappeler avec quelle application scrupuleuse la police française a respecté les ordres nazis, allant jusqu’à faire du zèle parfois !, il veut aussi nous mettre en garde contre certains discours xénophobes ou discriminatoires encore entendus tout récemment qui pourraient amener à des comportements que l’on pensait révolus. Voire à l’instauration d’une véritable politique du rejet, avec une volonté de marginalisation d’une certaine partie de la population.

Si son passage à Bayonne correspond à un triste anniversaire (l’obligation pour les Juifs de porter une étoile jaune sur la poitrine à partir du 7 juin 1942) c’est bien d’actualité aussi que Maurice Rajsfus veut nous parler !

Infozone, 11 juin 2012

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Défense inconditionnelle

Antarctique : les pratiques sexuelles des manchots horrifient un explorateur

Le Museum d’Histoire naturelle de Londres vient tout juste de dévoiler une étude réalisée par l’explorateur britannique George Murray Levick aux alentours de 1910 en Antarctique. Celui-ci y raconte comment il a été horrifié par les pratiques sexuelles quelque peu particulières des manchots Adélie.

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Photo prise par l'explorateur George Murray Levick

C’est entre 1910 et 1913 au cours d’une expédition menée dans l’Antarctique que l’explorateur britannique George Murray Levick a fait ces surprenantes découvertes. Une expédition qui lui a permis de devenir le seul scientifique à observer un cycle complet de reproduction des manchots à Cap Adare, malgré une fin tragique. En effet, le meneur de l’expédition Robert Falcon Scott tout comme quatre autres membres ont péri morts de froid en janvier 1912 après avoir été surpris en pleine mission par des conditions météo extrêmes.

De son côté, Levick accompagné de cinq autres membres a été contraint de passer tout l’hiver antarctique dans une grotte glacée, en attendant l’arrivée du bateau Terra Nova, envoyé pour leur sauvetage, mais bloqué par les glaces. Mais une fois sauvé, l’explorateur est revenu en Grande-Bretagne avec un carnet rempli d’observations sur le comportement des manchots Adélie. Mais si certaines d’entre elles sont écrites en anglais, d’autres sont relatées… en grec. Pourquoi ? Tout simplement, parce que l’explorateur a été tellement horrifié des constatations qu’il avait faites qu’il a voulu que seul un « gentleman éduqué » puisse les lire. Il faut dire que les manchots Adélie sont loin d’être les créatures paisibles que l’explorateur pensait.

« Des gangs de hooligans »

Au cours de son voyage, Levick a en effet observé des mâles s’accoupler avec d’autres mâles et des manchots tenter de s’accoupler avec des femelles décédées. Il a également vu des mâles forcer des femelles et même des poussins à s’accoupler avec eux, finissant parfois par les tuer. Il n’en fallait pas plus pour scandaliser l’explorateur d’une moralité édouardienne rigide qui a décidé à son retour de publier un article sur les manchots en censurant toutes ces observations.

Ce n’est que plus tard dans un second article intitulé « Les habitudes sexuelles des manchots Adélie » qu’il a décidé d’en faire mention. Ne circulant que parmi les experts, ce texte a cependant été perdu pendant plus de 50 ans jusqu’à ce que le Museum d’Histoire naturelle de Londres ne remette la main dessus récemment et ne révèle les découvertes faites.

« Le pamphlet commente la fréquence de l’activité sexuelle, du comportement auto-érotique et de comportements anormaux entre des mâles et des femelles, tels que la nécrophilie, la violence sexuelle, l’abus physique et sexuel de poussins, et le comportement homosexuel », détaille l’analyse écrite par Douglas Russell du Natural History Museum et ses collègues dans la revue Polar record. Mais les observations faites par Levick sont encore plus poussées : les manchots mâles se rassemblent « en gangs de hooligans d’une demi-douzaine d’individus ou plus et traînent aux alentours des tertres en incommodant les occupants par leurs actes de dépravation répétés », a écrit l’explorateur précisant que les poussins sont parfois agressés devant les yeux de leurs parents.

De la dépravation due à un manque d’expérience

Dans une interview accordée à The Observer, Douglas Russell a expliqué que les conclusions de récentes recherches pouvaient aider à comprendre le comportement de ces manchots « hooligans ». « Les manchots se rassemblent en colonie en octobre pour commencer à s’accoupler. Mais ils n’ont que peu de semaines pour le faire et les jeunes adultes n’ont aucune expérience de comment se comporter. Beaucoup répondent à des signaux inappropriés. D’où l’aspect de dépravation de leur comportement », a t-il commenté.

« Par exemple, un manchot mort, qui git inerte avec les yeux mi-ouverts, ressemble beaucoup en apparence à une femelle docile. Le résultat est alors la fameuse nécrophilie à laquelle Levick a assisté et qui l’a tant horrifié », a t-il précisé. Ce spécialiste souligne également que les manchots sont les oiseaux dont l’apparence et le comportement sont les plus proches de l’homme, d’où une certaine interprétation anthropomorphique qui a poussé l’explorateur à être tant scandalisé par ces observations.

Presse dépravée (MaxiSciences, 11 juin 2012)

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Invitation à un camp international contre la contre-insurrection en septembre prochain en Allemagne

Tous les ennemis de l’ordre existant sont invités à se joindre, du 12 au 17 septembre prochain en Allemagne, au camp international annoncé dans la brochure ci-jointe. Il s’agit de se retrouver là pour penser les stratégies de contre-insurrection auxquelles nous sommes partout confrontés, mais à ce jour pays par pays, isolément. Il s’agira aussi d’attaquer le camp de Güz-Altmark, où les soldats occidentaux s’entraînent à la « pacification » avant de partir en opération partout dans le monde.

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La brochure ci-jointe contient tout ce qu’il y a à savoir sur ce camp, comme sur l’angle d’approche de la question contre-insurrectionnelle.

Bonne lecture.

À très bientôt,

Salutations anti-militaristes

Contrer la contre-insurrection, 10 juin 2012

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[saintClaude] Comment accommoder le schmit

Saint-Claude. Un gendarme frappé

Vendredi soir, un gendarme qui rentrait chez lui après son service, a été apostrophé, insulté puis frappé au visage par un Sanclaudien, bien connu des services de gendarmerie. L’individu s’est ensuite enfui. Il a été interpellé samedi matin, avant d’être placé en garde à vue pour une comparution immédiate, aujourd’hui à 15h30, au tribunal de grande instance de Lons-le-Saunier.

Leur presse (Le Progrès, 11 juin 2012)

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