[España en el corazón] « Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte »

Avec ses mineurs, la petite ville espagnole de Bembibre lutte pour survivre

Derrière ses mineurs en grève depuis trois semaines, la petite ville de Bembibre, dans le nord de l’Espagne, lutte pour sa survie, au cœur de l’un de ces bassins miniers menacés d’asphyxie par la fermeture progressive des puits de charbon.

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Des mineurs brûlent des pneus à la gare de Bembibre le 8 juin 2012

« Mon père était mineur, mes frères aussi, mon grand-père travaillait dans la mine quand on utilisait encore le piolet. C’était une façon de vivre », confie Paul Martinez, un mineur de 39 ans occupé, avec ses compagnons, à mettre le feu à un tas de pneus barrant une route aux environs de Bembibre.

« C’est le seul moyen pour que quelqu’un se rende compte qu’ici, ce n’est plus seulement un problème d’emploi, mais un problème social, très vaste », ajoute Paul Martinez. Si les mines devaient fermer, « ce serait précipiter la mort de toute la ville ».

« C’est comme cela tous les jours », raconte-t-il, en montrant la fumée épaisse et âcre qui s’élève au-dessus des collines verdoyantes.

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[…] Pour défendre leurs puits de charbon contre une fermeture qui paraît inexorable, les mineurs du nord de l’Espagne se mobilisent chaque jour depuis trois semaines, coupant routes et voies ferrées.

Alors les cordons de policiers anti-émeutes, casqués, se mettent en place, et s’engage une nouvelle scène de guérilla champêtre, avec échange de pétards et tirs de balles en caoutchouc.

La mobilisation « se radicalise de jour en jour », affirme Guillermo Sanchez, un responsable du syndicat UGT, qui dénonce « la position intransigeante du gouvernement ».

« Ce dont nous parlons, ce sont nos postes de travail, pas de hausses de salaires, et cela il faut le défendre quelles qu’en soient les conséquences », ajoute-t-il.

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« De jour en jour, il y a de plus en plus de violences avec la police », raconte Florencio, un homme de 40 ans, visage couvert, à un barrage routier près de Bembibre.

Florencio est mineur depuis trois ans seulement. « Avant, je travaillais comme je pouvais, comme chauffeur d’ambulance ou comme serveur. Dans les bassins miniers, il y a la mine ou les services, sinon rien », assure-t-il.

Depuis le début de la crise économique en 2008, les rares industries de substitution qui avaient vu le jour, par exemple des usines de fabrication d’éoliennes, ont soit licencié, soit fermé.

Il ne reste plus que la mine, l’activité traditionnelle que toute la région se bat pour conserver.

« Ici, quand les mineurs veulent quelque chose, c’est une guerre ouverte », lance Tania Rozados, une jeune femme de 25 ans qui sert le pain dans la boulangerie de son père. « C’est la seule façon pour que quelqu’un fasse attention à eux ».

Leur presse (Anna Cuenca, Agence Faut Payer, 11 juin 2012)


Les mineurs reprennent la grève avec des barrages routiers et ferroviaires

Les mineurs ont repris la grève après un week-end où les protestations ont diminué et ont commencé la journée avec de nouvelles barricades dans la province de León sur les routes et les voies ferrées, ce qui a conduit la Garde civile à arrêter et identifier huit personnes impliquées dans les piquets de grève.

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Les blocages de la circulation ont commencé dans les premières heures de la matinée, quand un piquet de grève des mineurs ont bloqué vers 6 heures 45 l’autoroute à péage AP-66 (León-Campomanes), où une vanne d’un pneu d’un camion a été arraché pour barrer la route, selon des sources bien informées des préfectures de León.

Puis à 07h15, un autre groupe de mineurs a coupé la route CL-626 qui relie la région des Asturies à Aguilar de Campo (Palencia), distance de 54 km, et passe par Sena de Luna (León), où un camion a été mis de travers pour arrêter la circulation. Quelques heures plus tard, le trafic a également été perturbée sur la N-630, à la hauteur de Cinera (León), où les mineurs ont monté des barricades avec des conteneurs, des roches et des barrières de sécurité.

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De plus, des blocages se sont répétés sur l’A-6 (Madrid-La Corogne), où depuis les premières heures les mineurs ont provoqué plusieurs barrages intermittents en passant par El Bierzo et ont obligé les forces de l’ordre à intervenir.

Là,, la police a identifié et arrêté huit personnes impliquées dans les barrages routiers à proximité de San Roman de Bembibre (León), qui ont déjà été libérés.

Lors de cette opération, le maire de Bembibre, José Manuel Otero (PP), a critiqué les policiers anti-émeute qui sont entrées dans la ville de San Román afin de poursuivre les groupes de mineurs et qui a abouti à la “guérilla”.

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Pendant ce temps, les mineurs ont effectué un nouveau blocage sur les voies ferrées qui relient la province de León aux Asturies et qui relient La Robla (León) et Pola de Lena (Asturies).

Les mineurs ont effectué plusieurs barrages entre les stations de Renfe de Sainte-Lucie et Villamanín (León), l’un d’eux à l’intérieur d’un tunnel, ce qui a obligé l’opérateur d’interrompre le trafic ferroviaire entre 10h25 et 15h25. Cette perturbation a affecté un total de six trains, trois dans chaque direction, entre les quatre lignes Alvia couvrant le trajet Madrid-Gijon et Gijon-Madrid et deux à mi-chemin entre León et Gijon, comme cela a été souligné par les sources de l’EFE de la Renfe.

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Ces perturbations ont eu lieu dans le cadre d’une nouvelle journée de grève des mineurs pour protester contre la réduction de 63% des aides au secteur décidé par le gouvernement  et qui en est déjà à deux semaines de grève et treize jours de grève illimitée.

Leur presse via Le Chat noir émeutier, 11 juin 2012

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