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[Who’s who] Les récupérateurs en mars 2013 (2)
Guy Debord, info ou intox ?
L’exposition que lui consacre la Bibliothèque nationale de France donne toutes les bonnes raisons d’aimer ou détester l’auteur de La Société du spectacle.

Guy Debord, en 1954, treize ans avant la publication de La Société du spectacle.
Il y a un mystère Guy Debord. Depuis ses premières œuvres cinématographiques, qui ont fait scandale au cœur des années 1950, cet aventurier d’un genre un peu particulier a eu le don de couper l’opinion en deux. Ensuite, il y a eu une belle suite de livres qui n’ont rien arrangé… Et l’insurrection situationniste… Que de campements, que de belles marches, que de hardiesse, que de précautions, que de périls, que de ressources ! Debord a souvent raconté que c’est à cause de lui et de quelques compagnons qu’ont été déclenchés les événements de Mai 68…
Ceux qui ont suivi cette affaire dès l’origine et ceux qui la découvrent aujourd’hui sont forcément intrigués par la tenue d’une exposition « Guy Debord, un art de la guerre », inaugurée demain mercredi 27 mars à la Bibliothèque nationale de France. Une question se pose, que nous permettons de formuler avec les mots des « médiatiques », comme dirait le Maître : Guy Debord, info ou intox ? Pas un de ceux qui visitera l’exposition de la BnF jusqu’au 13 juillet, pas un de ceux qui en sortira avec l’envie de lire ou de relire La Société du spectacle, Commentaires sur la société du spectacle ou Panégyrique, ne pourra éviter de se la poser à son tour.
Cette exposition est géniale en ce sens qu’elle permet de comprendre ce qui fait aimer ou haïr Debord. Car, depuis longtemps, nous sommes habitués à tous les arguments pro et contra le concernant. Pro : Olivier Assayas, Cécile Guilbert, Anselm Jappe, Jean-Claude Michéa, Philippe Sollers, Arnaud Viviant. Contra : Régis Debray, Gérard Guégan, Frédéric Schiffter, Pierre-André Taguieff…
Les arguments biographiques contre Guy Debord de Gérard Guégan, qui l’a bien connu, sont évidemment convaincants : dans son genre, il savait être ignoble — la lecture de sa correspondance en huit volumes parue chez Fayard permettant de le confirmer. Et alors ? Qu’est-ce que ça peut nous faire de savoir qu’Homère était désagréable avec ses domestiques ? Les arguments intellectuels de Régis Debray sont d’une autre nature. Dès l’origine, il a flairé le pastiche, le canular d’étudiant. À l’époque, il avait assez de lettres pour reconnaître les citations sans guillemets de Hegel ou de Marx dans La Société du spectacle — il l’a bien raconté dans Croire, voir, faire. Mais où Debray sans doute se trompe, c’est de refuser de voir que nous sommes tous des pasticheurs, tous des nains juchés sur des épaules de géants, tous des écrivains qui enlèvent les guillemets aux citations de leurs prédécesseurs. Plus haut, qui n’a pas reconnu dans cet article un développement volé à Bossuet ?

Lecteur du cardinal de Retz, de Saint-Simon et des moralistes classiques, Debord a quand même eu le don de perpétuer la littérature française de grand style. Il était marxiste, vous allez me dire. Et alors ? Marx lui-même n’a-t-il pas emprunté une partie de ses arguments contre le capitalisme à Balzac, ce héraut du Trône et de l’Autel, deux flambeaux à la lueur desquels il a écrit la Comédie humaine ?
Aristocratique et libertaire
Il faut le dire ici de manière simple et définitive. Debord avait tout prévu : la médiatisation systématique des rapports entre les personnes, la domination du secret et le secret de la domination dans les métamorphoses de l’économie marchande, les catastrophes écologiques, la disparition de la figure du monde. Il avait même prévu la récupération/neutralisation dont il serait l’objet à travers une surexposition posthume le réduisant pour les uns à un critique de la télévision et pour les autres à beau moment d’histoire littéraire.
Debord, il faut le lire, le lire et s’en régaler. Qu’importe s’il n’a pas été très charitable avec ses contemporains… C’est vrai qu’il y a un petit côté farceur chez lui — sur ce point, Régis Debray n’a pas tout à fait tort. Mais cet orgueil, cette ironie, cette insolence, c’est quand même la France !… Il incarne ce qui peut exister de meilleur chez nous : la fusion entre l’esprit aristocratique et l’esprit libertaire.
Depuis les lointaines heures de notre jeunesse, nous en savons des pages par cœur. Revisiter Hegel et Marx en écrivant comme le cardinal de Retz avec le pessimisme de l’Ecclésiaste est quand même unique. Tout cela est bien mis en scène dans l’exposition de la BnF. Depuis les dérives psychogéographiques dans le Quartier latin des années 1950 à la longue errance subversive des années 1960 et 1970, Debord a toujours su, et toujours répété, qu’il n’y avait ni retour, ni réconciliation possible avec l’état présent du monde.
Presse confusionniste (Sébastien Lapaque, LeFigaro.fr, 26 mars 2013)
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[Métro détourné / Paris] Hasta la vista, baby
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Notre-Dame-des-Landes, 5 mars 2013
La vie dans les petites cabanes de Notre-Dame-des-Landes
Depuis la mi-novembre, les opposants au projet d’aéroport de Notre-Dame-des-Landes (Loire-Atlantique) ont construit une cinquantaine de cabanes en bois, réparties en petits hameaux, pour occuper le terrain de 1650 hectares censé accueillir le futur aéroport.

La construction des cabanes débuté à la mi-novembre après que les forces de l’ordre ont pratiquement rasé tous les squats installés par les opposants durant deux ans d’occupation.

Avant les importantes mais vaines tentatives d’expulsion de l’automne, les opposants n’étaient que 150 à se relayer sur place. Ils sont désormais 300 à occuper le terrain, attendant, déterminés, toute nouvelle tentative de les déloger.

Mardi, le tribunal de Saint-Nazaire a autorisé l’expulsion d’une dizaine de cabanes bâties dans deux clairières, au centre de la zone d’occupation formant un hameau baptisé « La Chataigne ».

Les opposants espèrent cependant que la décision du tribunal ne sera pas exécutée avant la restitution du rapport de la commission de dialogue, attendu en avril. Mais entre le froid et le filtrage permanent des accès par les gendarmes beaucoup s’étonnent d’être encore si nombreux dans la zone d’aménagement différé (ZAD) devenue leur « zone à défendre ».

« Beaucoup de gens ont accepté de vivre dans des conditions complètement folles pour soutenir ce combat », estime Sophie, militante anticapitaliste installée ici depuis près de deux ans.

« Je suis arrivé en janvier, c’est la première fois que j’ai un endroit où je peux envisager de me poser, d’avoir une base », assure Nox, 23 ans, qui fait le tour de l’Europe des communautés militantes. Sa petite cabane « deux places », est chauffée par un poêle à bois fait avec un bidon.

Parmi les nouveaux arrivants sur la « ZAD », il y a « des étudiants qui ont décidé d’interrompre leurs études pour nous rejoindre, d’anciens ‘indignés’ des villes… Beaucoup de gens viennent faire ici leur CV de militant », estime une opposante.

Visée par la décision du tribunal, la « Chataigne » est surtout dédiée à l’accueil collectif : maison-dortoir, maison-débats, maison-cuisine, maison-atelier… Depuis décembre, des délégations des collectifs anti-aéroport venus de toute la France s’y succèdent pour y débattre ou créer de nouvelles installations.

Mais l’ambiance guerrière n’est jamais très loin : des palissades de bois tressés entourent les lieux, des fosses traversent certaines routes, les barricades « stratégiques » sont en permanence « tenues », même la nuit… Certaines prennent des allures de tour de guet moyenâgeuse. Les heurts avec les gendarmes restent réguliers.
Publié par des larbins de la maison Poulaga (LeMonde.fr, 26 mars 2013)
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre
Marqué avec Notre-Dame-des-Landes, squat, ZAD
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[Révolution tunisienne] Les grèves en hausse exponentielle
Le nombre de grèves enregistrées, durant le mois de janvier 2013, a atteint 57 (dont 32 sont légales), contre 28 grèves observées, durant la même période de l’année dernière, enregistrant ainsi une hausse de 104%, soit à peu près plus que le double, selon les derniers chiffres du ministère des Affaires sociales. Par rapport à décembre 2012, la hausse a été de l’ordre de 84%. Ce qui montre, entre autres, qu’il y a encore un état d’insatisfaction chez les Tunisiens quant aux conséquences économiques et sociales de la Révolution elle-même.
En effet, au cours du mois de janvier 2013, 55 entreprises ont été touchées par les grèves dont 43 sociétés privées et 9 publiques. D’une façon plus détaillée, les grèves ont touché principalement la douane maritime, commerciale et portuaire, le centre d’information, de documentation, et des études, l’institut national pédagogique et de la formation continue, Tunisie Autoroutes et la caisse nationale d’assurance maladie. L’hôpital Hédi Chaker à Sfax, l’école supérieure des sciences et techniques de la santé ainsi que le secteur de l’enseignement secondaire sont aussi parmi les plus touchés par les grèves.
Les principales revendications des grèves sont l’amélioration des conditions de travail (45%), suivie par le déblocage des salaires et des primes (36%), la solidarité avec les employés (11%), et l’amélioration des relations professionnelles (8%). Le secteur le plus touché par les grèves est celui de la sous-traitance qui enregistre le taux le plus élevé des grèves (28%), suivi par le secteur des industries mécaniques et minérales (23%), le textile et habillement (12%), les matériaux de construction et les produits chimiques (7%), l’agroalimentaire et le transport (5%), l’administration et les établissements publiques (4%) et le bâtiment et les travaux publics (2%). L’agriculture, le bois, les meubles, les hôtels, les cafés les mines sont les secteurs les moins touchés par les grèves.
La répartition par régions montre que le gouvernorat de Zaghouan enregistre le plus grand nombre des grèves, soit 18% de la totalité des grèves observées, durant le mois de janvier de l’année en cours, suivi par Ben Arous (16%), Sfax et Nabeul avec respectivement (11%), Monastir (9%), Bizerte (7%), Ariana (5%). Les gouvernorats de Kasserine, Béja, Jendouba, Manouba et Tunis 2 enregistrent les taux les plus faibles des grèves observées, durant le mois de janvier de cette année. La majorité des grèves illégales ont été observées dans les régions de Sousse, Jendouba, Béja, Nabeul, Zaghouan, et dans une moindre mesure, dans les régions de Bizerte, Kairouan, Médenine et Monastir.
En effet, selon les services de l’inspection du travail et de réconciliation, 99 préavis de grève ont été déposés, durant le mois de janvier 2013, contre 68 préavis de grève, durant la même période de l’année dernière, enregistrant ainsi une hausse de 45%. À cela s’ajoutent 57 préavis de grève qui sont restés, depuis le mois dernier, au stade de la réconciliation. Notons, dans ce cadre, que les services de réconciliation ont réussi, en janvier 2013, à annuler 60 préavis de grève, tandis que 32 autres ont été exécutées et 64 préavis sont en phase de réconciliation. Le taux de réussite de l’intervention des services de l’inspection du travail et de réconciliation a été estimé, à cet effet, à 65%.
Force est de constater que les préavis de grève ont été déposés, dans leur majorité, dans le secteur des services et de la sous-traitance (26%), suivi par le secteur du textile et habillement (20%), les industries minières et mécaniques (15%), l’administration et les établissements publics (10%), le transport (6%), le pétrole et ses dérivés (4%) et les hôtels et cafés (3%).
La région de Sfax a enregistré le plus grand nombre de préavis, soit 18%, suivie par Ben Arous (17%), Bizerte (8%), Nabeul (7%), Ariana et Tunis respectivement (5%), et Jendouba (4%).
Les préavis de grève émanant de l’Union générale du travail tunisien (UGTT) ont représenté 96% contre seulement 3% venant de la Confédération générale des travailleurs tunisiens (CGTT).
Presse contre-révolutionnaire (African Manager, 25 mars 2013) via Solidarité ouvrière
Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites
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[Besançon] Compte-rendu de la manifestation antiraciste et antifasciste du 23 mars 2013

Le point de départ était fixé à 15h place de la Révolution. C’est une vraie manifestation dynamique et populaire qui a eu lieu, où tous les âges, tous les quartiers et des sensibilités politiques très diverses ont été représentés, dans une bonne ambiance évidente.
La manifestation a entonné de nombreux slogans antifascistes, comme :
« Besançon est antifasciste », « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos » ou encore le traditionnel « Alerta antifascista ».
La banderole de tête reprenait le titre donné à la mobilisation « Stop aux agressions racistes et fascistes ! ». On aussi pu voir une autre banderole, syndicale, où était écrit : « le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève ».
Le cortège est passé par toutes les places du centre ville : Révolution, Huit Septembre, Pasteur, Granvelle, Victor Hugo pour prendre fin à la porte de Rivotte, quartier où ont eu lieu plusieurs des agressions nazies répertoriées.
Les passants et Bisontin.e.s ont accueilli avec joie, sourires et encouragements la manifestation. Certains passants nous ont dit « Merci de réagir, il est enfin de temps que cela cesse » (en parlant des agressions racistes et de ceux qui font de la haine raciale leur fond de boutique).

À l’issue de la manifestation, des prises de parole ont eu lieu pour rappeler le contexte des agressions racistes et/ou fascistes (au moins 6 connues depuis début 2013), le quartier de résidence des néonazis (quartier Brégille), ou encore que le Collectif Antifasciste de Besançon a été créé pour proposer aux Bisontin.e.s un espace d’organisation et de lutte contre le racisme et le fascisme.
Pour le Collectif Antifasciste de Besançon c’est une mobilisation forte et réussie qui a été largement partagée avec la population de Besançon et alentours. Une victoire politique et une démonstration de force que Besançon reste une ville qui refuse les idées racistes et puantes véhiculées par les groupuscules d’extrême-droite.
Dans les temps futurs, nous invitons les Bisontin.e.s à se tenir informer sur notre blog, cette manifestation étant la première pierre d’une mobilisation et d’une résistance de plus longue haleine, à construire ensemble.

QUELQUES CORRECTIONS S’IMPOSENT
Il nous faut cependant démentir une information erronée, reprise par les journalistes de l’Est Républicain et de France 3.
Un groupe d’une dizaine de néonazis était effectivement présent en ville : ce qui a amené un groupe d’environ 30 antifascistes à aller sécuriser les abords de la manifestation. C’est au croisement de la rue Pasteur et de la rue d’Anvers que ce groupe d’antifascistes a décidé de sortir de la manifestation.
Pendant que la manifestation continuait son chemin rue Mégevand puis rue Granvelle, les antifascistes mobiles sont passés par la rue d’Anvers pour rejoindre la Grande Rue, la place du Huit Septembre, puis rue de la République, rue Proudhon et enfin rue Bersot, rue des Granges et rue de la Bibliothèque, dans le but de rejoindre le cortège de la manifestation Grande Rue.
Ce qui aurait dû se réaliser à ce moment là, c’est que les deux groupes (la manifestation et le groupe qui en était sorti 10/15 minutes auparavant), à moins de 70 mètres l’un de l’autre, se retrouvent. Cela a été empêché par l’intervention policière : soit générée par de la malveillance, soit par une incompréhension de la situation, en tout cas dû au manque évident de coordination des forces de police.
À noter que tout au long de l’excursion du groupe d’antifascistes, deux motards au moins de la police nationale ont suivi le groupe, entendant distinctement les slogans antifascistes chantés dans le centre ville.
Ce sont les deux policiers en tête de manifestation qui semblent ne pas avoir compris la situation : croyant voir arriver en face des néonazis/opposants lorsque le groupe d’antifascistes a souhaité rejoindre le cortège, ils ont alors appelé les renforts très proches, qui ont déboulé en fourgon et ont chargé sans sommation le groupe d’antifascistes, appuyé par la BAC. Un camarade a alors pris un coup de matraque sur le bras, au niveau du poignet. Il n’y a pas eu d’arrestation. Toute une partie du groupe d’antifascistes n’a alors pas pu rejoindre le cortège, ce qui a été finalement fait rue Rivotte.
Les affirmations des journalistes de l’Est Républicain et de France 3 sont ainsi erronées : ce qui est manifestement une intervention maladroite (et/ou une provocation policière) s’est transformée en une attaque des néonazis, permettant ainsi de titrer « Manifestation antifasciste sous tension », alors que cette manifestation était parfaitement détendue et bon enfant.
Le CAB corrige les affirmations de la presse :
Un groupe de néonazis était effectivement présent en ville ce samedi après-midi, en début de manifestation. Ils se sont retrouvés dans un bar non loin de la place de la Révolution. Ils étaient 11 néonazis, les mêmes qui commettent les agressions depuis presque 3 ans maintenant. Au moins 2 d’entre eux se sont fait interpellés au centre ville, pendant que la manifestation avait lieu, et plusieurs étaient en possession d’armes.
En fait, la manifestation et ses abords n’ont à aucun moment été perturbés par ces néonazis ; l’ampleur de celle-ci leur démontrant clairement la résistance des habitant.e.s de Besançon face à leur idéologie de violence et de haine.

Collectif Antifasciste de Besançon, 25 mars 2013
(…) Du coup, apportons quelques éléments non négligeables à ce cr du CAB:
Une trentaine de personnes, entièrement cagoulée, est partie en marge de la manif (et pas question de SO, ce groupe y est allé uniquement par volonté politique) (tout le monde n’a pas les mêmes modes d’actions, mais tous sont à prendre !! ) pour choper les nazis qui se sont pointés en plein centre-ville durant le parcours. À l’angle de la rue de la librairie catho « Silöe » (Granvelle), les keufs en tenue anti-émeute sont intervenus illico pour en découdre avec les antifascistes. Un camarade a été violemment agressé à coups de tonfas et personne (parmi nous antifascistes-anarchistes de Besançon) n’est dupe… les flics sont nos ennemis, comme les fachos !
Durant le parcours, une très bonne ambiance régnait : bonne réception et encouragements des passantEs, participation des jeunes du quartier de Planoise qui ont mis pas mal d’ambiance (en montrant clairement leur haine de la police et on aime ça !).
Des copains/copines antifascistes d’ailleurs ont fait spécialement le déplacement pour cette manif.
Besançon ville antifa ! (…)
Le Chat Noir Émeutier, 26 mars 2013
Publié dans Antifascisme
Marqué avec Besançon, CAB, Collectif antifasciste de Besançon
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[Zone de Sécurité Prioritaire LOL] Solidarité avec les barricadiers d’Amiens-Nord ! (6)
Douze interpellations en lien avec les violences d’août à Amiens-Nord
Douze interpellations en lien avec les violences d’août dernier à Amiens-Nord ont eu lieu mardi matin dans la zone de sécurité prioritaire, où la police avait reçu l’appui du Raid, ont indiqué à l’AFP des sources concordantes.

Quelque 130 policiers et gendarmes mobiles, assistés du Raid et du GIPN (groupe d’intervention de la police nationale), ont mené cette opération à l’aube, selon une source policière. « Tout s’est fait à 06H00 du matin, en coordination avec la police judiciaire et la sécurité publique », selon une source proche de l’enquête.
Ils agissaient sur commission rogatoire d’une juge d’instruction chargée du dossier des violents affrontements entre jeunes et forces de l’ordre qui avaient fait 17 blessés parmi les policiers, parfois touchés par des tirs d’armes à feu, et des millions d’euros de dégâts.
Plusieurs sources proches de l’enquête ont d’abord évoqué 9 interpellations puis une « petite dizaine », avant de livrer le chiffre de 12 en fin de journée.
Parmi ces 12 personnes, 9 ont été interpellées par les forces de la sécurité publique, co-saisie du dossier sur le volet des violences et notamment des tirs envers les policiers.
La police judiciaire, co-saisie aussi et concernée, elle, par le volet des incendies criminels, a procédé à 3 interpellations, dont une personne laissée libre.
Parmi les personnes interpellées, si certaines sont mineures, la plupart sont de jeunes majeurs.
Les enquêteurs ont entendu notamment plusieurs proches d’un jeune homme dont la mort à scooter avait causé un certain émoi à Amiens-Nord, notamment lors d’une veillée émaillée d’incidents entre habitants et policiers, favorisant un regain de tension à la veille des émeutes d’août dernier.
Un frère de ce jeune homme, déjà incarcéré pour d’autres faits, a été extrait de sa cellule pour être entendu par les enquêteurs, selon une source proche du dossier, qui a indiqué que d’autres personnes devaient être extraites de leur cellule aux mêmes fins.
Des sœurs du jeune homme devaient également être entendues en audition libre, selon cette source, qui a indiqué que leur mère a été placée en garde à vue puis relâchée.
Certaines gardes à vue pourraient durer jusqu’à 96 heures, la qualification de « bande organisée » ayant été retenue pour certaines personnes interpellées.

Lors de leur intervention, les policiers ont également évacué des dizaines de voitures stationnées irrégulièrement depuis plusieurs mois, voire plusieurs années sur la voie publique, dans le quartier Fafet-Brossolette, situé au cœur des émeutes d’août dernier, selon une source proche de l’enquête.
Quelque 47 véhicules, parmi lesquels des autos volées et des épaves, ont ainsi été saisis, selon une autre source proche.
« La police nationale est sur le quartier d’Amiens-Nord, ils sont en train d’évacuer la totalité des véhicules qui sont en défaut de carte grise ou d’assurance », a témoigné mardi matin Georges Vetrino, responsable associatif et habitué du quartier.
« Actuellement, le quartier est calme, mais tout est relatif. C’est calme, mais ça peut aussi exploser à tout moment », ajoutait M. Vetrino, qui se voulait « prudent ».
Vincent Aguano, responsable de l’association Carmen, bien implantée à Amiens-Nord, a affirmé auprès de l’AFP qu’il avait l’habitude de monter des projets avec trois des interpellés, âgés de 23 à 26 ans.

Entre septembre et fin janvier, quelque 170 personnes ont été interpellées, « dont une grande partie des auteurs des violences du mois d’août », avait indiqué la direction départementale de la sécurité publique (DDSP), mais a priori, jusqu’à ce mardi au moins, pas les auteurs des tirs contre les policiers, dans cette zone de sécurité prioritaire (ZSP).
Publié par des larbins de la maison Poulaga (Agence Faut Payer, 26 mars 2013)
Publié dans La police travaille, Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Amiens, Georges Vetrino, GIPN, Groupe d'intervention de la police nationale, RAID, Vincent Aguano
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[Tours] Thanks For The Future : À quoi servent les subventions du Projet 244 ?
À quoi servent les subventions des artistes du Projet 244 ?
Ce que vous nous avez pris, nous allons le reprendre.
Ils sont trop rares les espaces où on se sent bien, ou nous sommes libres d’être ce que nous sommes. C’est pourquoi ils nous tiennent à cœur, comme une rage fulgurante que nous portons et qui nous traverse un peu plus chaque jour.
On prend ce qui est vide, abîmé, et on les transperce de nos envies et de nos rêves. On en fait des courants électriques qui grenaillent dans les rues, ou dans les espaces aseptisés. On s’amuse autant que possible, car on ne sait jamais comment tout ça peut se terminer.
Par des expériences de luttes et de vies collectives, on réinvente des mondes, des zones à défendre, des rencontres offensives. Ce qui nous vaut d’être trop souvent marginalisé-es. Et alors quoi ?!? Faudrait-il se rabaisser ou se taire pour autant ? Se pacifier, pour vivre de frustration à l’égard de tout ce qui est potentiellement chargé d’intensité ? Nos couleurs sont criardes sur vos murs blancs.
Que la mairie ait choisi comme stratégie pour nous expulser de notre squat, de faire faire le sale boulot par des artistes soucieux de mettre à profit leurs zèles et leurs bonnes volontés, en dit long sur l’état de décomposition de cette société… La Culture est un monopole comme un autre, qui s’octroie et se défend au prix du spectacle de sa collaboration.
Vous avez tenté de nous virer comme des ordures à karchériser, mais rien à faire… on réapparaît toujours. Nous avons tenté de créer un consensus, d’aménager les modalités de notre « vivre ensemble », mais vous nous l’avez bien fait comprendre, il n’y a de vivre ensemble que dans les limites étroites de notre soumission commune aux modèles dominants…
Que pour finir, vous nous ayez offert le spectacle d’une telle ferveur à défendre la nécessité des transactions immobilières, de la propriété, et de l’aseptisation des centres-villes, au point d’en arriver à une telle violence, de nous foutre sur la gueule pour faire valoir votre « bon droit », ne peut que renforcer notre refus de toutes formes d’institutionnalisations, et de compromis avec celles-ci.
Alors on ne va pas faire les étonnés, ni jouer les victimes, quand des flics ou des artistes se pointent chez nous pour jouer l’inquisition, nous prendre ce que l’on a. C’est sûr on oublie vite sa vie de merde, quand il s’agit de détruire ou de contrôler celles des autres. Les prochains à vous faire expulser, c’est vous… Mais vous le savez déjà, puisque vous avez négocié, du moins pour les plus gros d’entre-vous, les conditions de votre propre karchérisation… « Vive l’art est publique. »
On s’emmerde, on étouffe dans votre système de compromission… Alors une maison de plus expulsée, murée, saccagée, ça change rien. Mais soyez sûrs que les perturbations vont persister, quoi qu’il arrive.
On vit encore, on rit encore, au delà de vos prisons, à la recherche d’espaces hors-contrôles, de pratiques d’ensauvagement, d’histoire qui s’achève où commencent de nouvelles. Il est possible de composer avec nos vouloir vivre ensemble, mais certainement pas de s’adapter face aux contrôles, à la violence de votre « bon droit », ou à l’égard de ce que ce que nous désirons.
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement
Marqué avec Projet 244, Thanks For The Future, Tours
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[Nous sommes ingouvernables] « On ne parle jamais de cette violence-là »
L’anarchisme sous tous ses angles
Un groupe d’auteurs vient de publier Nous sommes ingouvernables
Ils sont anticapitalistes et antiracistes, écolos, féministes, et syndicalistes. Ils n’ont ni dieu ni maître, sont opposés à toute forme de pouvoir. Ils sont solidaires.

Fluide, voire insaisissable, le mouvement anarchiste est pourtant bien vivant au Québec. On l’a vu lors du printemps érable de l’année dernière. Ou encore, vendredi dernier, à la manifestation contre la brutalité policière qui s’est soldée par 250 arrestations, à Montréal.
Un groupe d’auteurs vient de lui consacrer un [livre] collectif, Nous sommes ingouvernables, aux éditions Lux. On y aborde l’anarchisme sous tous ses angles. Marc-André Cyr et Anna Kruzynski, l’un étudiant et historien des mouvements sociaux et l’autre professeure à l’École des affaires publiques et communautaires de l’Université Concordia, se réclament tous deux du mouvement anarchiste.
Pour eux, les arrestations de vendredi dernier sont une manifestation d’une intolérance croissante de l’État, et d’une montée de l’opinion publique en faveur de la police.
« Je crois que l’État veut arrêter le mouvement qui a commencé avec le printemps érable. Le gouvernement péquiste ne veut pas que ça reprenne. Il y a une tentative de casser le mouvement », dit Anna Kruzynski. Il faut dire que le printemps érable a permis de laisser entrevoir le « potentiel » anarchiste de la population québécoise, souligne-t-elle.
« Au printemps, on a vu qu’il y avait un potentiel humain. […] On a vu des gens qui sont sortis en masse dans les rues avec les casseroles. Ça a été le plus grand mouvement de désobéissance civile dans l’histoire du Canada. […] On l’a vu avec les assemblées populaires autonomes de quartiers, où les gens se sont organisés avec leurs voisins et voisines ».
Pourtant, le mouvement anarchiste ne recrute pas. « On n’est pas un mouvement politique qui vend des cartes de membres », explique Marc-André Cyr. Le mouvement anarchiste se régénère plutôt par « pollinisation » des idées, dit Anna Kruzynski.
Pour elle, il y a en gros deux pendants à l’action anarchiste. « Il y en a un qui est, oui, de perturber l’ordre établi, parce que les systèmes sont forts et très bons pour s’adapter, et qu’ils vont continuer à s’adapter. Mais en même temps, c’est de construire des espaces d’émancipation qui reflètent les valeurs de justice sociale et d’autonomie aussi basées sur des principes d’autodétermination et d’auto-organisation. »
Les anarchistes, quant à eux, sont partout, poursuit-elle. Elle cite différents groupes qui sympathisent volontiers avec cette bannière. No One Is Illegal, et Solidarity Across Borders, qui défendent entre autres les droits des réfugiés. « Il y a des médecins et des avocats anarchistes qui veulent offrir des services aux sans-papiers », dit-elle. Politi-Q, qui défend les queers et transgenres. Le Collectif opposé à la brutalité policière. Le Projet accompagnement solidarité Colombie, affilié aux mouvements sociaux colombiens. L’Union communiste libertaire. International Workers of the World, un syndicat sans accréditation qui organise des piquets de grève spontanés pour défendre des travailleurs non syndiqués qui ont perdu leur emploi, par exemple. « Ils l’ont fait dans plusieurs pizzerias de la rue Saint-Denis », relève Marc-André Cyr. Chez les écologistes, on trouve encore le mouvement Liberterre, Les Jardins de la résistance, où on fabrique des paniers biologiques sans passer par l’intermédiaire d’Équiterre, la revue Mauvaises herbes. Parmi ceux qui récupèrent de la nourriture dans les poubelles, il y a People’s Potato, the Midnight Kitchen, ou encore Food not Bombs. Le collectif Les Sorcières regroupe quant à lui des féministes anarchistes depuis 1999.
La violence, un outil
« Moi je suis anarchiste, j’ai 40 ans, un enfant de 4 ans, j’habite à Pointe-Saint-Charles, j’habite dans une coop d’habitation, je suis professeure d’université, raconte Anna Kruzynski. Mais il y en a toute une gamme, dans tous les milieux. Il y a des anarchistes dans le mouvement étudiant, il y a des anarchistes qui sont impliqués dans leurs quartiers, dans leur syndicat, dans les groupes d’environnementalistes. Et il y a des anarchistes qui ne sont pas nécessairement impliqués dans les groupes. Fondamentalement, ce qui importe pour les anarchistes, c’est que ça ne soit pas d’autres personnes qui prennent des décisions pour eux. »
Encore et toujours, le mouvement anarchiste est confronté à l’épineuse question de la violence. « L’émeute est l’expression du mal », écrit Marc-André Cyr, en amorce d’un article « Feu sur la Belle Province, les anarchistes et les émeutes », publié dans le livre. Pourtant, elle est généralement considérée, dans le mouvement anarchiste, comme un outil, dit-il en entrevue.
« C’est que la violence, c’est un outil, c’est un mode d’action. On ne peut pas être pour un outil à 100 %, ou contre un outil à 100 %, c’est comme être pour ou contre un marteau ou une égoïne. Ça ne marche pas. On est pour l’égoïne quand on a besoin d’une égoïne, ou pour un marteau quand on en a besoin. De façon générale, les anarchistes vont considérer que c’est un faux débat, une fausse question. Est-ce que c’est violent de briser la vitrine d’une banque ? Si on met les choses en contexte, on se rend compte que la violence est là avant que la vitrine soit cassée. Que, quand elle n’est pas fracassée cette vitrine, il y a des gens qui perdent leur emploi, qui sont acculés à la pauvreté, dont la maison est saisie par ces mêmes banques. On ne parle jamais de cette violence-là. […] Les anarchistes luttent contre cette violence. Ce n’est pas vrai que les anarchistes sont violents. Ils tentent par tous les moyens nécessaires de ne pas reproduire la violence et d’y résister à la fois. »
« C’est une tactique l’action directe, poursuit Marc-André Cyr. Des fois, on est pour, ou contre. Ce n’est pas toujours le moment d’utiliser ces actions-là. Seulement, les anarchistes ne vont jamais moralement ou éthiquement dénoncer ces actions-là, parce qu’éthiquement ils dénoncent justement une violence vraiment plus grande et plus importante que celle de l’action elle-même. »
Publié par des ennemis de l’Anarchie (Caroline Montpetit, Le Devoir, 19 mars 2013)
Publié dans General
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Un commentaire
[Do It Yourself] « Une manigance hors du commun pour s’attaquer au portefeuille du contribuable »
G.-B. : un faux film pour frauder le fisc
Cinq personnes ont été condamnées aujourd’hui à Londres à des peines de prison pour avoir prétendu réaliser un film hollywoodien, dans le cadre d’un montage frauduleux complexe destiné à toucher des crédits d’impôts.
Les fraudeurs, dont les peines vont de six ans et demi à trois ans et demi de prison, avaient fait croire aux inspecteurs du fisc que leur film, intitulé A Landscape Of Lives (Un paysage de vies) avait un budget de 19,6 millions de livres (23 millions d’euros).
Pour donner de la crédibilité à leur projet, ils avaient recruté en 2010 un scénariste, à qui ils avaient dit que le tournage aurait lieu en Égypte et qu’Omar Sharif serait l’un des acteurs, selon le parquet. Les fraudeurs avaient également prétendu espérer la présence de Jeremy Irons.
En tout et pour tout, seules sept minutes de ce soi-disant film ont été tournées dans un appartement, pour un coût de quelques milliers de livres. Des images qualifiées d' »inutilisables » lors des débats devant le tribunal de Southwark à Londres. Les fraudeurs avaient soumis ou préparé des fausses déclarations au fisc portant sur 2,78 millions de livres et ont récupéré près de 800.000 livres en guise de remboursements de TVA.
Après avoir été arrêtés et dans une tentative de maquiller la fraude, ils avaient ensuite précipitamment fait réaliser un film à petit budget intitulé A Landscape Of Lies (Un paysage de mensonges), qui est sorti en DVD en 2011. « C’était une manigance hors du commun pour s’attaquer au portefeuille du contribuable », a estimé Sue Patten, représentante du parquet, condamnant la volonté des prévenus d' »exploiter un système d’allègement fiscal destiné à soutenir l’industrie du film britannique ».
Bashar Al-Issa, un Britannique d’origine irakienne de 34 ans, présenté comme le concepteur de cette fraude, a été condamné à six ans et demi de prison, tandis qu’Aoife Madden, une actrice britannique de 31 ans s’est vu infliger quatre ans et huit mois de prison. Deux autres, Tariq Hassan, un Pakistanais de 52 ans, et Osama Al Baghdady, un Irakien de 51 ans, ont été condamnés à des peines de quatre ans. Un cinquième, Ian Sherwood, 53 ans, a été condamné à trois ans et demi.
Presse cinéphile (Agence Faut Payer, 25 mars 2013)
Publié dans Dépassement de l'art
Marqué avec Aoife Madden, Bashar Al-Issa, Grande-Bretagne, Ian Sherwood, Jeremy Irons, Londres, Omar Sharif, Osama Al Baghdady, Southwark, Sue Patten, Tariq Hassan
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[Algérie] Sit-in des chômeurs à Ouargla
Ouargla : violents affrontements entre la gendarmerie et les chômeurs
Hier soir de violents affrontements ont eu lieu entre la gendarmerie algérienne et un groupe de chômeurs qui avaient bloqué la circulation des véhicule de transport pétrolier en fermant la route menant de Ouargla à Ghardia. Les affrontements entre la gendarmerie et les chômeurs se sont soldés par l’arrestation d’une dizaine de chômeurs violemment passé à tabac avant d’être finalement relâchés dans la nuit après que la circulation ait été rétablie.
Les jeunes chômeurs avaient procédé à la fermeture de la route reliant Ouargla à Ghardaïa pendant plusieurs heures perturbant fortement la circulation des véhicules de transport pétrolier ; ce qui n’a évidemment pas du tout été du goût du régime algérien qui vit de la rente pétrolière.
Aussi, les éléments de la gendarmerie se sont de suite déployés sur les lieux. Ils ont procédé à des tirs de sommation et ont fait usage de gaz lacrymogène pour disperser le plus rapidement possible les chômeurs et rétablir ainsi la circulation. C’est à la suite de cette dispersion très musclée qu’une dizaine de chômeurs a été embarquée par la gendarmerie. Les jeunes chômeurs ont finalement été relâchés dans la nuit après avoir été violemment passés à tabac par les éléments de la gendarmerie.
Il est à signaler que des tentatives similaires de blocage de routes ont été entreprises sur plusieurs autres routes de Ouargla, mais sans succès. D’autre part, un groupe de chômeurs a depuis quelques jours dressé une tente à Guellala, non loin du champ pétrolier Haoud Berkaoui, et y observe un sit-in pour protester contre la marginalisation des gens de Ouargla dans l’accès au travail dans leur région.
(SIWEL 25 mars 2013)
Publié dans Les luttes de classes en Algérie
Marqué avec Ghardaïa, Guellala, Haoud Berkaoui, Ouargla
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[Laghouat, Algérie] « Non à l’esclavagisme des temps modernes »
Manifestations pour l’emploi dans le Sud algérien
Des milliers de manifestants ont envahi samedi 23 mars la Place de la Résistance à Laghouat, dans le Sud de l’Algérie, pour demander des emplois et une plus grande transparence dans les procédures d’embauche.

Après la « Marche de la dignité » organisée il y a dix jours à Ouargla, les manifestations s’étendent dans toutes les provinces méridionales de l’Algérie. D’autres rassemblements sont prévus à El Oued et à Tamanrasset la semaine prochaine.
« Nous sommes en train de faire bouger nos bases dans toutes les wilayas pour que le pouvoir accepte de dialoguer avec nous et trouver des solutions à nos problèmes », a déclaré Tahar Belabes, porte-parole du Comité national de défense des droits des chômeurs (CNDDC).
La contagion qui gagne les wilayas du Sud-Est est, selon lui, une réponse aux tentatives des walis de torpiller ce mouvement, en demandant aux députés de se rendre dans ces régions. Lundi, des parlementaires ont été chassés de Laghouat, à 400 kilomètres au Sud d’Alger, par les chômeurs de la province.
Les manifestations se poursuivront, a ajouté Belabes, jusqu’à ce que les autorités acceptent de parler aux représentants du CNDDC, qui souhaite avoir son mot à dire sur les activités des agences de l’emploi.
« Nous sommes esclaves des sociétés de recrutement créées par les pontes du système au profit de leur progéniture, et nous souffrons du racisme des sociétés étrangères », a affirmé le militant Tarek Mameri.
« Les jeunes sont en train de s’imposer et de s’affirmer là où les partis politiques ont échoué, c’est-à-dire dans la rue », estime le coordinateur du CNDDC à Laghouat, Belkacem Khancha.
« La rue est à nous et la société nous soutient », a-t-il ajouté.
Comme ce fut le cas pour la manifestation d’Ouargla, les forces de sécurité sont restées en retrait, observant de loin le déroulement de cette manifestation pacifique.
Des militants venus des quatre coins du pays avaient fait le déplacement dans la province pour afficher leur soutien aux manifestants. Certains ont tenté de faire passer leurs propres messages, à l’instar des représentants des familles des personnes disparues durant la Décennie noire et des militants des droits de l’Homme venus de Ghardaïa.
leur presse (Ici Lomé, 25 mars 2013) via Solidarité ouvrière
Rassemblement à Laghouat
Les jeunes chômeurs réclament le « droit au travail »
Encouragés par l’enthousiasme manifesté lors du rassemblement organisé le 14 mars à Ouargla, les chômeurs de Laghouat prévoient un autre sit-in que celui d’hier sur la place de Maâmoura, au chef-lieu de Laghouat.

Avant de se disperser dans l’ordre, les jeunes manifestants ont entonné l’hymne national et après ils ont fait une halte avant de se réunir sur la placette pour écouter les discours des organisateurs. La procession a rallié la place Moukaouama, dans un quartier de Laghouat. En chemin, de nombreux passants se sont arrêtés pour encourager les jeunes manifestants.
Certains ont montré leur approbation en se joignant aux manifestants. Les nombreux drapeaux nationaux portés par les jeunes participants donnaient une signification particulière à l’unité nationale. Ce fait a été très positivement commenté par tous ceux qui se trouvaient aux abords de routes ralliant Maâmoura au centre-ville de Laghouat « à dire non à tout ce qui nous divise », a crié un passant. Les jeunes manifestants se sont rassemblés dès le matin, estimant que le rassemblement du jour et celui organisé à Ouargla au cours de ce mois sont un message d’espoir pour une nouvelle ère au Sud. « Nous voulons d’une ère propre au Sud, sans corruption, sans hogra et où il y aura une égalité des chances », déclarent-ils. « Ce rassemblement était préparé et accessible sur facebook. »
Parlant de la marginalisation des jeunes du Sud, les manifestants ont concrétisé tout ce qui s’est déroulé entre eux, ils expriment leurs revendications sociales mais ont tenu également à répondre au Premier ministre, Abdelmalek Sellal, qui accusait les jeunes du Sud « d’appliquer un agenda politique décidé de l’étranger ». Les jeunes chômeurs qui expriment leur mécontentement contre le gouvernement, ce dernier les qualifie d’« émeutiers », de « délinquants », de « casseurs », voire de « voleurs » et de « pilleurs », sans distinction. Ils s’organisent de manière méthodique, choisissent des points-clés. « On espère que le Premier ministre changera d’appréciation, nous ne sommes pas un groupuscule manipulé comme il le dit, mais bien une force qui revendique simplement les mêmes droits que nos jeunes concitoyens du Nord », ajoutent-ils. Dans la foulée, les manifestants ont scandé « Droit au travail pour les jeunes du Sud », « non à l’exclusion sociale », « non à l’esclavagisme des temps modernes », « non à la manipulation politique de nos revendications ».
Belkassem Khencha, coordinateur du Comité national de défense des droits des chômeurs, nous a déclaré : « Dans un pays comme l’Algérie qui compte un sud très riche, normalement, il n’y a pas de place pour une politique d’austérité aveugle. Il n’y a pas de place pour la pauvreté. Il n’y a pas de place pour un taux de chômage aussi élevé. Nous voulons plus d’investissements dans les dépenses sociales. Plus d’investissements dans les emplois verts. Nous voulons une économie durable. Nous voulons des emplois pour les jeunes, notamment les jeunes du Sud. » Et d’ajouter : « Les politiques d’austérité sont une absurdité, ce sont des politiques contreproductives. »
Selon un communiqué rendu public la veille du rassemblement, les initiateurs de cette action résumaient leurs revendications : priorité dans le recrutement au sein des compagnies pétrolières et gazières implantées sur la zone industrielle Hassi R’mel aux jeunes de Laghouat, mise en place de crédits sans intérêt pour les jeunes désirant lancer leur start-up, création de centres de formation professionnelle, suppression des sociétés privées chargées du recrutement et obligation pour les société pétrolières de passer désormais par l’ANEM pour tout recrutement.
Ouargla. Menace d’un sit-in ouvert :
Près de 500 chômeurs venus de divers quartiers de la ville de Ouargla se sont rassemblés, hier matin, pendant trois heures au niveau d’une placette située non loin du stade de Rouissat, devant le siège de l’ENTV, où se tenait une manifestation dirigée par la Coordination des comités des chômeurs de Ouargla.
Selon les militants de la coordination, l’objectif ultime de cette manifestation est pour rappeler leurs revendications du droit au travail, réclamer un développement socioéconomique équitable et refuser toute prétention à caractère politique. « Nous exigeons de mettre fin aux discriminations à l’embauche et l’esclavage de la main-d’œuvre exercé par des sociétés de sous-traitance », a indiqué Abderraouf, porte-parole de la coordination et ingénieur en hydrocarbures en chômage.
La coordination a mis l’accent sur la nécessité de rester unis pour continuer dans la voie de la protestation qui a prouvé sa capacité, notamment après la forte mobilisation du rassemblement du 14 mars. Les militants des comités des chômeurs poursuivent le mouvement de protestation et menacent d’entamer un sit-in ouvert, si leurs revendications ne seront pas satisfaites dans les plus brefs délais.
Mohamed Ali Algmi
Presse esclavagiste (Taleb Badreddine, ElWatan.com, 24 mars 2013)
Les chômeurs en colère ont tenu leur manifestation
Une autre démonstration de force à Laghouat
La place de la Résistance de Laghouat était, hier, noire de monde. Des jeunes chômeurs de Laghouat, soutenus par de nombreux activistes venus des quatre coins du pays, ont fait une nouvelle démonstration de force dans leur conflit ouvert avec le gouvernement pour s’imposer comme interlocuteurs incontournables.
Comme ce fut le cas pour la manifestation de Ouargla, les forces de sécurité sont restées en retrait, observant de loin le déroulement de cette manifestation pacifique. Les organisateurs ont commencé, dès les premières heures de la journée, à diffuser des chants patriotiques. Ils ont tenu à entamer leur meeting par l’hymne national, répétant, à qui veut les entendre, que l’unité nationale était une ligne rouge et que personne n’avait de leçons à leur donner en matière de patriotisme.
Le mouvement des chômeurs du Sud attise, cependant, tous les appétits et les tentations de le récupérer, ou du moins, prendre le train en marche, sont tellement grandes que beaucoup ont fait le déplacement d’Alger et d’ailleurs, pour se montrer lors de cette manifestation et tenter de faire passer leurs messages politiques. C’est le cas d’Abdelfattah Zeraoui, l’initiateur du projet de parti salafiste, qui est venu avec un grand renfort de militants et qui n’a pas arrêté d’animer des “halakate” au milieu de la place de la Résistance, durant toute la matinée. Les représentants des familles des disparus ont été visibles et bruyants aussi, allant même jusqu’à monter sur scène et entonner leurs slogans habituels. Les militants des droits de l’Homme, proches du FFS, notamment ceux de Ghardaïa, étaient très entreprenants au milieu des manifestants.
Ceci pour le décor. Quant au contenu, les manifestations semblent avoir bien huilé leur machine, scandant des slogans préparés à l’avance et qui deviennent, au fil des jours, le leitmotiv des chômeurs de tout le pays. “Jugez Chakib Khelil, ne jugez pas les pauvres chômeurs”, ou encore “Luttons, luttons, jusqu’à ce que les chômeurs trouvent un emploi” reviennent souvent, ponctués par des accusations portées, tantôt à l’encontre du Premier ministre accusé de menteur, tantôt contre l’administration et les élus locaux.
Le mouvement des chômeurs, qui devrait tenir d’autres manifestations à travers les autres wilayas du Sud, est en train de gagner du terrain, de s’imposer, y compris contre le gré des responsables locaux qui, il n’y a pas si longtemps, répondaient par les emprisonnements et l’interdiction de toute manifestation publique. Autres temps, autres mœurs. Les forces de sécurité n’interviennent plus et se contentent d’observer de loin. “Il y a quelques mois seulement, si quatre écoliers exprimaient haut leur colère, on les embarquait à Laghouat”, ironise un représentant des chômeurs.
La manifestation de Laghouat s’est déroulée dans le calme et s’est terminée sans le moindre incident. Le gouvernement, qui a pris une batterie de mesures d’urgence en faveur des chômeurs du Sud, semble chercher à éviter le pourrissement. Les réponses apportées par le gouvernement Sellal ne semblent pas avoir calmé la colère des chômeurs qui veulent, désormais, être des interlocuteurs du pouvoir et qui utilisent la rue comme moyen de pression. Dans ce dialogue de sourds, les tentations de récupération politicienne sont grandes, tellement grandes qu’il y a un risque de voir le mouvement prendre une autre tournure.
Leur presse (Azzeddine Bensouiah, Liberte-Algerie.com, 24 mars 2013)
(…) « Les manifestants ont réclamé un développement socio-économique équitable et une prise en charge de leurs préoccupations », nous confie un responsable du bureau de Laghouat de la Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme (LADDH).

Selon notre source, les jeunes manifestants, venus en grand nombre, ont réclamé aussi la construction d’un centre hospitalier universitaire pour soigner les malades de Laghouat qui sont abandonnés à leur sort à cause des déficiences du secteur sanitaire de leur région.
Les chômeurs ont demandé également la libération d’un jeune handicapé de Laghouat qui a été mis en détention à cause d’un différend qui l’oppose à la Police locale. Selon les chômeurs, ce citoyen infirme est accusé d’avoir agressé un policier alors qu’il est un handicapé qui peut à peine se prendre en charge. (…)
Leur presse (Abdou Semmar, Algerie-Focus.com, 23 mars 2013)
Ouargla et Laghouat
Sit-in pour l’emploi
Action – Les jeunes ont repris des slogans appelant, entre autres, à « un dialogue direct avec le Premier ministre », « la disqualification des sociétés de sous-traitance dans le sud du pays ».
Les jeunes sans emploi qui ont observé hier, à Ouargla et Laghouat, un sit-in pour appuyer leurs actions de revendications « exclusivement sociales » se sont dispersés dans le calme. « Emplois », « développement » mais aussi « attachement à l’unité nationale », ont été les principaux mots d’ordre repris par les jeunes venus des quatre coins de la wilaya de Ouargla pour se rassembler dans le calme près du Complexe olympique du 18-Février. « De l’emploi pour les chômeurs », « la solution réside dans l’emploi et le développement », « emploi et justice sociale », ont constitué le gros des revendications exprimées par les jeunes. Avant de se disperser dans le calme, les protestataires ont lu une motion rejetant l’étiquette « régionaliste » que certains parties veulent leur coller, affirmant que leurs revendications sont « purement sociales » et son liées notamment à « l’emploi, le développement global, le logement, la santé, l’industrie et l’agriculture ».
À Laghouat, la même ambiance et les mêmes revendications sociales ont marqué le sit-in observé par les jeunes de cette wilaya qui ont quitté les lieux dans le calme. Les jeunes ont repris des slogans appelant, entre autres, à « un dialogue direct avec le Premier ministre », « la disqualification des sociétés de sous-traitance dans le sud du pays », « La création d’une ville nouvelle dotée de 40’000 lots de terrain, d’un programme de 20’000 logements sociaux locatifs pour lutter contre la crise du logement, ainsi que la création de 20’000 emplois, profitant prioritairement aux jeunes de la wilaya de Laghouat ».
Ils ont également réclamé « la réouverture des entreprises dissoutes pour l’absorption du chômage, la promulgation d’un texte réglementaire concernant les titres de propriété foncière relevant des terres arch, la création de nouveaux périmètres agricoles dans les différentes communes de la wilaya, et la préservation du patrimoine de la partie ancienne de la ville de Laghouat, par l’inscription d’opérations de restauration et de réhabilitation ». Ces rassemblements observés à Laghouat et à Ouargla se sont déroulés, de façon générale, dans un cadre calme et organisé, lors desquels ont été levées les couleurs nationales et chanté l’hymne national.
Leur presse (InfoSoir.com, 24 mars 2013)
Sit-in des chômeurs à Laghouat, Ouargla et El Bayadh
De nombreux jeunes chômeurs ont observé ce samedi matin des sit-in, à Laghouat et à Ouargla, pour réclamer de l’emploi, l’équité des chances, et un développement global.
À Laghouat, quelque 500 jeunes, venus de plusieurs localités de la wilaya et pour certains de wilayas voisines, se sont rassemblés à “la place de La résistance” au quartier Maâmoura. Ils scandaient des slogans dénonçant “la marginalisation et l’exclusion” et “le chômage”. Les protestataires ont également brandi des banderoles sur lesquelles étaient écrits, entre autres slogans, “nous respirons l’Algérie du Nord au sud et de l’Est à l’Ouest”, “l’emploi et le logement, des droits légitimes”.
Au même moment se tient également à Ouargla un sit-in similaire de jeunes soulevant des slogans de même nature, dans une ambiance tout aussi pacifique. Ils étaient quelques 200 jeunes protestataires à se rassembler sur l’esplanade jouxtant le complexe olympique “18 février” au quartier Rouissat pour revendiquer l’emploi et le développement global dans les régions du Sud. Les sit-in de ces jeunes protestataires se poursuivent, aussi bien à Laghouat qu’à Ouargla, dans un cadre pacifique encadré par des jeunes dont certains, parmi les organisateurs, revêtus de dossards bien visible.
Quelques 300 jeunes chômeurs ont également organisé un sit -in ce samedi matin dans la localité de Labiodh Sidi Cheikh, dans la wilaya d’El Bayadh pour revendiquer des postes de travail. Les protestataires scandaient des slogans appelant à “veiller à l’unité nationale”, et brandissant des banderoles contenant des revendications d’ordre social, avant de se disperser dans le calme. Les organisateurs de l’action de protestation ont procédé à la lecture d’une motion appelant à l’élévation de la région de Labiodh Sidi Cheik au rang de wilaya déléguée avant d’appeler les manifestants à lever le camp dans le calme.
Leur presse (Reflexiondz.net, 25 mars 2013)
Publié dans Les luttes de classes en Algérie
Marqué avec Abdelfattah Zeraoui, Abdelmalek Sellal, ANEM, Belkacem Khancha, Belkassem Khencha, Chakib Khelil, Comité national de défense des droits des chômeurs, El Bayadh, El Oued, FFS, Ghardaïa, Hassi-R’mel, Labiodh Sidi Cheik, LADDH, Laghouat, Ligue Algérienne pour la Défense des Droits de l’Homme, Ouargla, Tahar Belabes, Tamanrasset, Tarek Mameri
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[Laghouat, Algérie] « Députés, dégagez »
Des chômeurs Algériens chassent des députés en visite à Laghouat
Il ne fait pas bon d’être un homme politique en ce moment dans le sud Algérie. Les colères et les tensions cristallisées dans cette région sinistrée ont eu raison de la délégation de parlementaires de l’APN, venue faire des visites d’inspection dans plusieurs wilayas du sud, pour évaluer le processus de développement de ces régions.
« Députés, dégagez ». La phrase scandée par plusieurs habitants de Laghouat, une ville située dans le sud de l’Algérie a fait fuir plusieurs parlementaires venus rendre visite à la population locale, après les mouvements de contestation qui se sont multipliés dans la région. Ces élus de la délégation de l’Assemblée populaire nationale (APN) s’étaient déplacés dans la wilaya de Laghouat pour donner un meeting, mais ils n’ont pas trouvé l’accueil escompté, puisque plusieurs jeunes de la ville leur ont conseillé de fuir avec leurs promesses qu’ils souhaitaient pas entendre. Ces derniers auraient préféré une visite du Premier Ministre.
Comme on peut le voir dans la vidéo ci-dessus, les habitants de la wilaya ne sont pas passés par quatre chemins, ils ont sommé les députés de « dégager » de leur région. Les personnes, pour la plupart des chômeurs lassés des visites politiques qui ne débouchent sur rien de concret n’ont cessé de scander les slogans suivants « Députés dégagez » et « Pouvoir non illégitime », comme adresse aux députés.
Les habitants de Laghouat ne se sont pas contentés de chasser les parlementaires avec les paroles mais aussi avec les actes. Plusieurs personnes ont empêché physiquement les députés de donner leur meeting à Laghouat, en bloquant l’accès à la Maison de la culture, où devait se tenir la rencontre.
Même scénario à Hassi-R’mel, chef-lieu de daïra situé à quelque 120 kilomètres au sud de Laghouat, rapporte le quotidien Liberté. Dans la commune de Hassi Dellaâ, ce sont également des dizaines de chômeurs qui se sont rendus à quelque 130 kilomètres au sud-est de Laghouat, pour couper la route au branchement reliant la RN1 à la RW232 de 15h jusque dans la nuit, précise la même source. Les parlementaires ont alors dû contourner la RN1 et emprunter le tronçon inhabituel reliant la nouvelle ville de Bellil et Hassi-R’mel, mais sont parvenus à participer à la réunion prévue.
Leur presse (Lina Amiri, Algerie-Focus.com, 20 mars 2013)
(…) Certains contestataires ont fait irruption dans la salle devant abriter la réunion pour demander aux notables et élus locaux d’annuler la rencontre. Plusieurs autres jeunes massés devant la maison de la culture scandaient des slogans hostiles à la venue des députés et à la tenue de cette réunion.
« Pas de dialogue, pas de discussion, nous voulons Sellal (NDLR : le Premier ministre) », criaient ces jeunes, ce qui a poussé la délégation parlementaire à se retirer après avoir tenté vainement de dialoguer avec eux. Les jeunes contestataires ont également appelé au « retrait de confiance » des élus locaux à tous les niveaux, des associations locales et des notables. (…)
Leur presse (LeTempsdz.com, 19 mars 2013)
Publié dans Les luttes de classes en Algérie
Marqué avec Bellil, Hassi Dellaâ, Hassi-R’mel, Laghouat
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Interruption sacrilège de la messe des Rameaux à la cathédrale de Metz
Messe des Rameaux perturbée
Une quinzaine de personnes ont perturbé, samedi soir, la messe à la cathédrale de Metz. Alors que l’office venait de débuter, un drapeau de la CNT et un aux couleurs du Rainbow flag, emblématique du mouvement Lesbiennes, gays, bisexuels et trans (LGBT) ont été déployés « par une cohorte trublionne », comme témoigne un paroissien.

L’association Couleurs gaies appelait à manifester, le 17 novembre dernier, en faveur de la laïcité devant l’évêché de Metz afin de « protester contre les propos de Mgr Raffin sur le mariage homosexuel ».
Contacté, Matthieu Gatipon-Bachette, président de l’association Couleurs Gaies, a évoqué « une action menée par la CNT et des particuliers ». « Les responsables de notre association ne souhaitent pas être associés à cet événement, poursuit-il. Nous avions été contactés par la CNT pour participer à cette action, qui ne nous paraissait pas pertinente. Nous avions refusé d’y prendre part. »
« Nous sommes allés à la cathédrale pour dénoncer les propos de l’Évêque de Metz et son appel à participer à la manifestation à Paris », souligne Fouad Harjane, représentant la CNT. Quant au service communication de l’Évêché, il n’a pas répondu à nos appels. De son côté, le parquet de Metz n’était pas informé de cette action.
Publié par des larbins de la maison Poulaga (Republicain-Lorrain.fr, 25 mars 2013)
Publié dans Archives de l'athéisme
Marqué avec CNT, Couleurs Gaies, Fouad Harjane, LGBT, Matthieu Gatipon-Bachette, Metz
Un commentaire
[À bas le miNICHEtère de l’intérieur] Les poulets sont des chiens
Les poulets sont des chiens
Le rappeur tunisien « Weld el 15 » vient d’être condamné à 2 ans de prison ferme (voir ici). Sa chanson anti-flic, où il appelle à égorger les poulets n’a pas trop plu à nos poulets. Ils ont bien raison. Tellement raison que la Justice s’est vite exécutée pour coller au rappeur, ses musiciens, ses techniciens et même ses copains des peines aussi sévères qu’absurdes. Encore une fois, le système manifeste sa toute-puissance contre « la violence symbolique » des artistes mais ne mouftera point quand il s’agit de la violence bien réelle de ses propres agents, des zaballahistes [mot-valise formé de « Zaba », acronyme de Zine el-Abidine Ben Ali, et de « Allah » – NdJL], des salafistes, des djihadistes, des LPRistes [membres des LPR, milices parallèles d’Ennhadha – NdJL] et tutti quanti…
Ah pardon ! ce n’est pas vrai. Le rappeur Psyco-M réputé pour sa violence verbale et ses appels au meurtre contre « les laïcs » est toléré par le ministère et le tribunal zaballahique. Psyco-M est en effet un grand artiste qui se bat contre la liberté d’expression des mécréants et des traîtres de la nation. Sa lutte ne date pas de la révolution. Sous Zaba déjà, il était aimé de la dictature car qu’il était le moins contestataire de ses copains rappeurs. Quand El Général faisait de la taule, lui, Psyco-M se faisait inviter par le RCD pour slammer sur l’islam (rappelez-vous c’était début 2011)…
En tant qu’« artiviste », je suis pour la liberté d’expression même des collabos de la race de Psyco-M. Mais mon cœur bat d’abord pour les artistes qui luttent contre le pouvoir et l’ordre dominant. En guise de soutien à « Weld el 15 », je lui dédie l’affiche de la chanson « Boulyssia Kleb », le titre qui lui a valu les foudres du régime…

En haut, en caractères arabes : Boulissia kléb (« les flics sont des chiens »)
Avertissement !
L’auteur de l’illustration ci-dessus encourt jusqu’à deux ans de prison ferme.
La reproduction de l’œuvre est passible d’un an de prison ferme.
Le partage sur FB est passible de 6 mois de prison avec sursis.
Un « j’aime » est passible d’une amende de 500 dinars.
DEBATunisie, blog de _Z_, 24 mars 2013
Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites
Marqué avec El Général, Ennhadha, LPR, Psyco-M, RCD, Weld El 15, Zine el-Abidine Ben Ali
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[La nuit on rase les murs, le jour on s’rase les poils] Réunion non mixte Vendredi 29 mars à Tours
Ne me libère pas… je m’en charge !
Dans la rue, au troquet, au foyer, au boulot, nous vivons tous les jours le sexisme.
Du plus anodin au plus assumé, c’est toujours une entrave dans notre quotidien. Nous refusons de simplement constater cette domination masculine, nous voulons la combattre.

Nous sommes trop souvent confrontées dans nos expériences mixtes à l’expression de cette domination. La lutte antisexiste et féministe nous parait indissociable des autres luttes, pourtant aborder ces sujets en mixité amène inévitablement à une hiérarchisation des luttes au détriment de celle-ci. Les hommes disent se sentir souvent exclus et attaqués en tant qu’hommes lorsque au cours de débats nous attaquons le patriarcat ou les rapports de dominations des hommes sur les femmes. Une fois de plus, nous culpabilisons le plus souvent dans ces situations et la discussion n’a pas lieu.
C’est pourquoi, non pas par choix mais par nécessité, nous avons décidé de nous organiser aussi en non mixité. Ces temps entre nous, nous les pensons comme une expérience, un horizon de possibles, l’occasion d’interroger nos vécus, relations et comportements en mixité dans un espace pratiquement dégagé des rapports de domination sexiste. Des lieux de réflexions, de débats, de partages et d’actions. À nous d’inventer…
Beaucoup de lieux continuent d’appartenir, au moins symboliquement, à la sphère masculine. Un des espaces par excellence : la rue la nuit. Là où la phallocratie s’exprime, de la pub aux comportements. Nous voulons faire ce que bon nous semble à n’importe quelle heure !
Nous réapproprier cet espace, pas juste raser les murs sans bruit !
Préparons une manifestation nocturne non mixte afin d’exprimer notre rage d’exister !
Rendez-vous le 29 mars à 18h30 au bar Chez Colette (quai Paul Bert, en face du pont de fil) à Tours – Réunion non mixte
Des A/femm/ées
Publié dans Luttes féministes
Marqué avec Tours
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[Bagnolet] Paix aux chaumières, guerre aux Palais

Ce tract a notamment été diffusé lors de la manif du samedi 16 mars 2013, organisée par une très réformiste « plate forme logement des mouvements sociaux », partie de la place de la République à Paris pour « exiger » entre autres l’arrêt des expulsions, la baisse des loyers et des charges, le respect de différents droits, la création d’un service public du logement et divers aménagements étatiques… Il a aussi été diffusé massivement le même jour devant l’entrée/sortie du métro Gallieni, à Bagnolet.
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement
Marqué avec Bagnolet, Paris, squat, Transfo'
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[Notre-Dame-des-Landes] Et pendant ce temps-là, les travaux continuent…

Et pendant ce temps-là, les travaux continuent…
Alors que Notre-Dame-des Landes ne fait plus la une des médias. Alors que les dernières expulsions datent d’il y a déjà 4 mois. Alors que l’hiver touche à sa fin, tout comme la prétendue commission de dialogue, AGO continue de mener ses travaux en douce à la périphérie de la zone. Ils profitent de la focalisation des occupants à vivre à l’intérieur ; que ce soit dans l’organisation du quotidien, les constructions et fortifications de lieux ou les projets agricoles.
Et si pour son futur directeur « Un aéroport c’est avant tout des espaces verts », c’est aussi, a-t-il oublié de le préciser, des routes, du goudron, du béton, beaucoup de goudron et de béton.
Nous alertons les comités locaux sur le fait que les fouilles archéologiques ont largement avancé sur la zone. Et que le barreau routier est actuellement en construction. Le futur échangeur de Grandchamp-les-Fontaines étant le début de ce saccage organisé.
Le barreau routier, c’est un projet d’une vingtaine de kilomètres, deux échangeurs, deux autoroutes d’accès se rejoignant pour desservir le futur aéroport. La première partirait de Temple-de-Bretagne et lierait la N165 Vannes-Nantes. La seconde, à Grandchamp raccorderait la N137 Nantes-Rennes.
Si nous laissons ces voies d’accès se construire, des lieux de vie disparaîtront, l’étau se resserrera sur nous et rendra la défense de la zone encore plus complexe.
Des opérations sont et doivent être menées par tous les moyens possibles afin d’empêcher l’avancée des travaux. Dans cette urgence de maintenir la lutte et la pression sur Vinci, les actions extérieures prennent une importance d’autant plus grande pour le retrait du projet.
Par des opérations péages, des sabotages, des occupations, etc. Nous invitons, comme par le passé, tous les comités de soutien, les opposants au projet et à la mégalomanie de Vinci à piller, harceler cette machine de destruction massive partout en France et autant qu’il le faudra.
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes pour la terre
Marqué avec Notre-Dame-des-Landes, squat, Vinci, ZAD
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[Marseille, 20-21 avril] Deux jours de discussions autour des luttes contre la gentrification et l’aménagement du territoire
JE M’OCCUPE : J’OCCUPE
Deux jours de discussions autour des luttes contre la gentrification et l’aménagement du territoire
MARSEILLE – 20/21 AVRIL 2013

La crise au quotidien
Depuis 2008, les crises et les plans d’austérité se succèdent, avec leur lot de paupérisation et de misère. Au-delà de la dimension qui peut sembler éthérée de la finance ou de la circulation des flux économiques, cette restructuration du capitalisme se matérialise concrètement dans le quotidien, tant au niveau privé que public. Les augmentations de loyer, les quartiers laissés à l’abandon puis vidés de leurs habitants, les expulsions, locatives ou non, qui se multiplient. Les chantiers (aéroports, lignes à grande vitesse, etc.) qui fleurissent à grands coups d’expropriations de logements et de terrains agricoles, de déplacements de populations, à travers des forêts de matraques et des nuages de gaz lacrymogène haute qualité environnementale. Occupation policière, développement de la vidéo-surveillance, multiplication et banalisation des contrôles.
Gentrification urbaine et aménagement du territoire
L’aménagement du territoire tient à la fois de la modification d’un espace et de la gestion des effets qu’engendre cette modification. Entre recherche de rentabilisation des territoires et gestion de la population, l’organisation du territoire est une pièce maîtresse de l’aménagement du système capitaliste. Dans les zones rurales, l’aménagement du territoire se manifeste aujourd’hui à l’échelle européenne par des grands projets de construction d’infrastructures de liaison des grands centres urbains, qui redessinent peu à peu les frontières. En ville, cela se manifeste entre autres par les phénomènes de gentrification et de « sécurisation ». Les villes se « revalorisent », c’est-à-dire qu’elles sont modélisées en fonction des besoins de la production. Tous les moyens urbanistiques sont bons pour virer du centre ville les populations « inadéquates », d’un point de vue de rentabilité et de prévention des risques. Par exemple, « Marseille capitale européenne de la culture » permet cette année de coupler art, culture et sécurité pour opérer cette »revalorisation ». L’art et la culture, concepts a priori dépolitisés et neutres, contribuent à l’attractivité des zones dans lesquelles ils prennent corps, et donc à l’embourgeoisement à moyen-terme de celles-ci. La « sécurisation » de la ville et son lot de zones de sécurité prioritaires, d’augmentation de la présence policière visible, de nouvelles géographies urbaines ou encore d’installation de vaste réseau de vidéo-surveillance, garantissent le bon fonctionnement de la machine.
Réfléchir ensemble
Ces dernières années, il nous a semblé constater que l’occupation (au sens large), s’est affirmé comme moyen évident pour tenter de répondre à une situation d’urgence mais aussi pour s’inscrire dans une lutte politique plus large. Différents groupes et collectifs ont choisi ce point d’entrée qui s’est affirmée comme évidence puis comme moyen politique moteur de l’agir collectif, Occupations de logements vides, grèves des loyers et luttes contre les expulsions à Toulouse, Grenoble, Lyon, Nantes, Marseille, Paris, sans oublier Turin, Barcelone, Berlin, etc. Occupation de terrains, de forêts, de champs et de maisons autour de Notre-Dame-des-Landes, en Val de Susa, au Pays Basque, dans la forêt russe de Khimki, etc.
Voilà donc en quoi consiste cette invitation : réfléchir ensemble, avec différents collectifs et individus, à ce que représente l’occupation en tant que moyen de lutte politique aujourd’hui, cerner quelles contradictions peuvent être soulevées en confrontant les différentes expériences et réalités qui composent ces luttes : en termes de rapports aux institutions, de dimension humanitaire et d’approche racisée qui peut ternir ces formes d’organisation, ou encore d’enfermement dans un rythme qui nous empêche de prendre le recul nécessaire.
Cette rencontre n’a pas pour vocation d’être une intersquat qui, ayant pourtant aussi son intérêt, ne recouvre pas le même champ des luttes sociales, dans le sens où nous ne superposons pas les occupants et les personnes participant à des luttes d’occupation. Certains d’entre nous vivent dans des lieux occupés, d’autres non. La plupart des gens et des collectifs invités ici participent à des luttes qui dépassent le cadre des camarades, des compagnons ou des groupes affinitaires, selon le nom que l’on préfère employer. C’est-à-dire que nous entendons privilégier le caractère de fond dans la discussion, plutôt que le caractère identitaire qui conditionne souvent les rencontres. Nous souhaitons réfléchir à des façons de penser la lutte contre l’aménagement du territoire en l’inscrivant dans une perspective révolutionnaire.
Le but de ces discussions n’est donc pas de trouver quelle serait la bonne solution, ni de bâtir une théorie révolutionnaire unitaire et programmatique au sein de laquelle tout commencerait par des occupations. Nous voulons simplement prendre ce temps de recul, de réflexion sur le fond politique des initiatives actuelles, pour faire déborder les occupations des murs entre lesquels elles sont souvent enfermées, pour penser politiquement le moyen-terme sans se cantonner au court-terme de l’occupation en tant que telle. Réfléchir ensemble à l’intérêt de ce genre de luttes, à leurs différences, à ce qui relie les phénomènes de gentrification urbaine et d’aménagement du territoire en zones rurales, nous paraît aujourd’hui quelque chose d’indispensable pour ne pas se perdre dans la reproduction acharnée et épuisante des mêmes erreurs, des mêmes limites et pour apprendre et inventer de nouveaux moyens de lutter. Au terme de ces discussions, nous voulons repartir riches d’échanges et d’expériences partagées pour s’ouvrir à de nouvelles envies et à de nouvelles perspectives de luttes.
Ébauche de programme non exhaustif du week-end de discussion
Nous avons ébauché un « programme » du week-end et des thématiques de discussions que nous souhaitons aborder. Ce programme n’est pas figé et toutes vos propositions (de thèmes de discussions ou autre), seront les bienvenus.
Samedi 21 avril (à partir de 10 heures)
• Accueil et présentation du week-end et de la thématique des luttes contre l’aménagement du territoire et la gentrification.
• Présentation des différents collectifs invités et de leurs expériences et pratiques.
• Discussion collective sur les pratiques et méthodes de résistances aux expulsions et de luttes autour des questions de logement.
• Discussions en petits groupes sur les contradictions rencontrées à travers ce genre de lutte et sur les conditions de leur dépassement (rapport aux institutions et contradictions des luttes revendicatives, rapports à la question de l’assistanat et de l’humanitaire, contradictions posées lorsqu’on s’organise avec des sans-papiers…). Nous proposons ici plusieurs pistes de discussions. Nous espérons que cette liste sera étayée par d’autres réflexions issues de nos débats. Échange collectif sur les conclusions des discussions en petits groupes.
• Discussion collective sur l’intérêt des luttes contre la gentrification et de leur inscription dans le champs social et projections.
Dimanche 22 avril (à partir de 10 heures)
• Ateliers pratiques divers en petits groupes : organisation pratique contre les expulsions locatives, organisation face à la répression et points juridiques sur le squatt et les occupations (toute suggestion d’atelier pratique est bienvenue)
• Intervention de J.-P. Garnier sur l’aménagement du territoire et la gentrification
• Discussion collective sur ce qu’on peut nommer les « luttes de territoires », leurs enjeux, leurs contradictions (peut-être pourrons nous compter à ce sujet sur l’intervention de camarades luttant à la ZAD ou en Val de Susa). Comment faire des liens entre ces luttes et comment les inscrire dans des perspectives révolutionnaires.
Nous savons que certaines pratiques et positions politiques divergent entre les différents groupes et collectifs que nous avons invité à participer à ce week-end. Nous pensons cependant que les débats contradictoires peuvent enrichir nos réflexions et nos pratiques. Pour l’instant, nous n’avons pas encore défini le lieu où se déroulera ce week-end. Quoi qu’il en soit, nous accueillerons et hébergerons avec plaisir les personnes qui viendront d’ailleurs.
Pour qui veut venir ou avoir plus d’informations, n’hésitez pas à nous contacter.
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme
Marqué avec Marseille
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[Toulouse] Communiqué de presse de la CREA sur l’ouverture et l’expulsion express du 10 rue Blanchard

Les récents rendus de justice déclarant quatre de nos maisons expulsables et les personnes continuant à venir nous rencontrer pour s’organiser avec nous face à leurs problèmes de logement nous ont amenés à ouvrir un nouveau bâtiment.
Le 10 rue Blanchard était vide depuis au moins deux ans et appartient au Conseil Général de la Haute-Garonne. Nous avons investi ce lieu le vendredi 15 mars au soir et en avons officialisé l’ouverture tous ensemble le lundi suivant.
Allaient pouvoir y vivre une vingtaine de personnes laissées à la rue, des espaces auraient été libérés pour des activités collectives, gratuites et émancipatrices. Mais tandis que nous nous attelions à la répartition des espaces et à organiser la vie future du lieu, les keufs, eux, préparaient notre expulsion.
Le mardi 19, en milieu d’après-midi, notre bâtiment était donc encerclé par une vingtaine de CRS nous expulsant et nous contrôlant de manière arbitraire. C’est encore la même équipe de CRS et de RG que nous retrouvons à chaque expulsion, et qui n’ont pas pris la peine de regarder les preuves de la légalité de notre occupation alors qu’un huissier l’avait constaté la veille (rendant ainsi l’expulsion de ce bâtiment illégale).
Que l’on réquisitionne des bâtiments privés ou publics, les proprios, les tribunaux et les flics sont toujours prompts à nous remettre dehors.
Nous continuerons à nous organiser et à libérer des lieux permettant à tous et toutes de vivre comme on l’entend, à l’écart de leur système marchand ou de gestion sociale de la misère.
CREA, 23 mars 2013
Toulouse : nouvelle « réquisition » d’un bâtiment public contre le mal-logement
[Actualisé à 18 heures] Les militants de la CREA ont officialisé lundi « la réquisition » d’un bâtiment appartenant au Conseil Général dans le quartier Saint-Michel à Toulouse. Avant leur expulsion mardi 19 mars, le nombre de bâtiments « ouverts » par le collectif s’élevait à 14.

Entrée du nouveau bâtiment réquisitionné par le CREA à Toulouse
Expulsion express
Pas plus de 24 heures après avoir annoncé l’ouverture d’un nouveau lieu rue Jean-Pierre Blanchard dans le quartier Saint-Michel à Toulouse, les militants de la la campagne de réquisition d’entraide et d’autogestion (CREA) ont été expulsés par les forces de police mardi 18 mars, en fin d’après-midi.
Pour le moment, aucune famille sans-abri n’était hébergée. « Nous étions justement en train de nous réunir pour commencer à établir le mode de vie dans le bâtiment », raconte Alice. Il aura fallu 30 minutes montre en main à la police pour mettre dehors les occupants. Un huissier était déjà venu constater l’occupation la veille, « moins d’une heure et demie après l’annonce, un record », affirme un militant présent.
Sur la même parcelle que la maison des solidarités
Depuis vendredi, des militants avaient investi un bâtiment situé en face du collège Émile Zola. « On s’est caché le week-end », confie Matouf de la CREA. Il faut en effet quarante-huit heures pour « officialiser » une occupation. L’immeuble est la propriété du Conseil Général de Haute-Garonne et ironie du sort, se situe sur la même parcelle qu’une antenne de la « maison des solidarités », structure pilotée également par l’instance départementale.
Le bâtiment, de plusieurs centaines de mètres carrés, est quasiment vide selon les militants. « Les seuls occupants sont un stock de meubles. À se demander si on ne préfère pas mettre le mobilier à l’abri l’hiver plutôt que des personnes. » Car les militants l’assurent, cette action répond à une demande. « Le 115 continue d’afficher un taux de refus de 75-80% et de plus en plus de personnes nous sollicitent », continue Matouf. « 70 à 80 personnes isolées et 6 à 7 familles en moyenne par jour qui appellent par jour et qui se voient refuser un hébergement », explique Thomas. Un chiffre en légère baisse par rapport à l’an dernier signe d’une légère amélioration.
Vendredi 15 mars, des militants du DAL (Droit au logement) s’étaient rendus à la séance du conseil municipal pour demander au maire de Toulouse, Pierre Cohen, de réquisitionner des logements vacants. La séance avait été suspendues mais l’échange avec les militants plutôt tendu et difficile (vidéo).
Selon lui, la CREA hébergerait aujourd’hui plus de 200 personnes reparties dans 14 bâtiments, la plupart concentrés dans le quartier du Faubourg Bonnefoy. Un chiffre qui fluctue au gré des expulsions-« réquisitions » que nous relatons régulièrement sur Carré d’info (notamment via ce web-reportage).
Autogestion, réquisition et négociation
Comme pour les autres bâtiments investis, une réunion d’installation est prévue pour déterminer le nouveau quotidien de ce bâtiment. Dans le même temps, les militants veulent engager des négociations avec les services du Conseil Général afin d’éviter une procédure légale qui conduirait probablement à une expulsion décidée par la justice.
Interrogé quant au choix du bâtiment, Thomas, militant explique : « On préfère les bâtiments publics. Cela met l’État et les collectivités locales face à leurs responsabilités. » Interrogé, le Conseil Général n’a pas souhaité réagir.
La préfecture annonce plus de moyens pour l’hébergement d’urgence
La semaine dernière, la préfecture de Midi-Pyrénées annonçait dans un communiqué qu’à l’issue du « comité de direction de l’État de la région Midi-Pyrénées » une enveloppe de 1,7 million d’euros avait été débloquée. Elle doit permettre de financer différentes actions et notamment « augmenter le parc d’hébergement d’urgence » ou « renforcer les services d’accueil, d’information et d’orientation ». Alors que les militants du droit au logement ainsi que le personnel de la veille sociale demandent davantage de moyens, la préfecture indique qu’en 2013 le budget régional dédié à l’hébergement et au logement est en hausse « de plus de 10% par rapport à 2012 ».
Leur presse (Xavier Lalu, Carré d’info, 19 mars 2013)
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme, Luttes du logement
Marqué avec CREA, DAL, Droit au logement, Pierre Cohen, squat, Toulouse
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Manifestation contre les agressions racistes et néo-nazies à Besançon
Besançon : Manifestation contre les agressions racistes et néo-nazies
Ce samedi 23 mars, environ 400 personnes ont manifesté dans les rues de Besançon pour dénoncer les récentes agressions racistes et fascistes commises par des néo-nazis au centre de la ville.

Appelée entre autres par le Collectif Antifasciste de Besançon, la CNT, l’AMEB, l’Initiative Communiste-Ouvrière et SOS Racisme ainsi que par de nombreuses personnes non-organisées et révoltées par les agissements de nostalgiques de la terreur fasciste, la manifestation est partie place de la Révolution. Après avoir traversé les rues du centre-ville, la manifestation s’est dirigée vers la Porte Rivotte où des agressions ont récemment eu lieu.
Malgré les provocations de quelques nazillons, très vite protégés par les CRS, la manifestation s’est déroulée normalement sous les slogans antiracistes et antifascistes.
En fin de manifestation, un militant du Collectif Antifasciste de Besançon a pris la parole pour rappeler les différentes agressions commises ces derniers mois par des néo-nazis à Besançon. Un militant de l’Initiative Communiste-Ouvrière est intervenu pour dire que dans le contexte de la crise, du chômage et de l’austérité, l’extrême-droite, mais aussi Sarkozy hier ou Valls aujourd’hui tentaient de diviser les travailleurs en stigmatisant les immigrés, les Arabes ou les Rroms, et qu’il était nécessaire de travailler à l’unité dans nos entreprises et nos quartiers face au racisme, aux licenciements et à la misère.
Extraits de la presse locale du 23 mars :
Plein Air : « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartier pour les fachos ! », c’est ce qu’on pouvait entendre cet après-midi dans les rues du centre-ville de Besançon. Près de 400 personnes s’y sont rassemblés. Objectif de cette manifestation : lutter contre les discriminations raciales et le fascisme.
Le collectif antifasciste de Besançon, la CNT, un syndicat étudiant, SOS Racisme et l’Initative Communiste Ouvrière ont appelé à manifester en « réaction à une série d’agressions commises par un groupuscule de néo-nazis » ces derniers mois à Besançon selon un militant antifasciste. En effet, parmi ces agressions, celle du du 25 janvier 2013, au « Ze Music All », un bar du quartier Rivotte. Il a été la cible d’une dizaine d’individus aux « crânes rasés et bombers » qui ont débarqué et lancé des bombes lacrymogènes lors d’une soirée concert.
« Le racisme est partout. C’est important de montrer que des gens se préoccupent encore de ce fléau. Il ne faut pas que Besançon s’enclave dans un climat de peur. On est prêt à se battre » a affirmé une militante antifasciste.
Une brève altercation entre quelques militants antifascistes et les CRS en dehors du cortège s’est produite. Deux « militants cagoulés » auraient été interpellés [Lire le fin mot de l’histoire dans le compte-rendu du Collectif Antifasciste de Besançon – NdJL].
L’Est Républicain : Organisée par le collectif antifasciste de Besançon, la manifestation de samedi après-midi a connu un moment de tension vers 16h quand une quinzaine d’individus sont venus se livrer à des provocations à hauteur de la rue de la Bibliothèque. Des renforts de police ont été demandés pour assurer la sécurité.
Selon la police, 200 personnes participaient cet après midi à cette manifestation antifasciste. 400 selon le collectif.

Solidarité ouvrière, 23 mars 2013
Besançon : 500 manifestants protestent contre le fascisme
Ils étaient environ 500 manifestants mobilisés dans les rues du centre historique ce samedi à Besançon, au sein de partis, syndicats, associations, ou comme beaucoup en tant que simples citoyens. Une démonstration populaire pour clamer haut et fort que la ville n’appartiendrait jamais à des groupuscules d’extrême-droite, dont la recrudescence des actions violentes ces dernières semaines a choqué une partie de la population qui n’imaginait pas de tels faits dans leur cité pourtant paisible.
Un contexte édifiant
400 à 500 participants selon les organisateurs, un chiffre honorable dans une petite ville de Province un jour pluvieux. Une date qui dépasse de loin les rassemblements similaires, une centaine de personnes l’année dernière contre le Bloc identitaire, et les 200 pro-choix de 2010. Mais le contexte local est devenu pour le moins édifiant, de nombreuses agressions sonnant comme une prise de conscience que des individus pourtant marginaux cherchent à tout prix à faire régner leur vision de haine et de violence sur la ville. Bien que les actes de ces mouvances existent depuis déjà quelques années, c’est une escalade sans précédent qui est constatée par les militants antifascistes et les habitants depuis le début de l’année. Tout commence le 25 janvier dernier, où une division paramilitaire armée, entraînée, et motivée, surgit dans le secteur de Rivotte et prend à partie les clients d’un bar sortis à l’extérieur fumer et/ou discuter.
L’établissement accueille alors en concert le chanteur Prince Ringard, avec un public issu du mouvement punk et alternatif. Quelques coups et un gazage général à la bombe lacrymogène, et la bande de loubards disparaît comme elle est venue. Plusieurs victimes reconnaîtront des ultranationalistes locaux, et une action judicaire est engagée. Mais l’enchaînement se poursuit, avec au moins trois nouveaux actes signalés. C’est le cas le 28 janvier où un libertaire qui promenait son chien est agressé à coup de chaîne et triplex, puis le 5 février lorsqu’un étudiant d’ascendance maghrébine est menacé avec un couteau pour ses origines. Entre-temps, un jeune Noir est agressé rue des Granges sous des cris de singe. D’autres agressions présumées sont également à déplorer, mais malheureusement invérifiables faute de témoins déclarés.

Exemple d’ultranationalistes, à Besançon en 2010
Une mobilisation nécessaire
C’est en réponse à ces actes inadmissibles que la justice ne semble pas prendre au sérieux, mais aussi parce que les discours xénophobes se banalisent de plus en plus dans notre société, que des militants libertaires et de gauche ont décidé de réagir en organisant cette manifestation populaire. Un coup de poing sur la table pour réveiller les acteurs politico-médiatiques, mais aussi prouver le rejet d’une frange large de la population locale envers ces idées et ces comportements. D’ailleurs la foule était bien à cette image, les structures locales présentes étant nombreuses, avec des membres du collectif antifasciste de Besançon, de la CNT, du Front de Gauche, du NPA, du Parti socialiste, de l’AMEB, d’ATTAC, du MoDem, de Communisme-ouvrier, ou encore d’SOS Racisme, aidées de camarades venus de Montbéliard, du Jura, de Dijon, et de Lyon. Mais la majorité des participants était bien sans appartenance particulière, principalement des habitants touchés par un sujet qui ne peut que bouleverser. Le cortège s’est réuni place de la Révolution à 15h, et a entamé une parade dans les voies du centre historique.
Rue des Granges, place Pasteur, Mairie, rue Megevand, rue de la Préfecture, Grande rue, rue Rivotte, pour atteindre symboliquement la Porte Rivotte, zone dans laquelle les attaques ont commencées. Avec plusieurs banderoles, la première affichant « stop aux agressions racistes et fascistes » et incorporant une croix gammée barrée, alors que la seconde reprenait le classique « le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève ! », quelques pancartes, et plusieurs slogans tels que « pas d’fachos, dans nos quartiers, pas d’quartier pour les fachos ! » et « racistes, fascistes, assassins ! » Un accrochage a apparemment eu lieu au niveau de l’église Saint-Maurice, une dizaine d’individus se réclamant de l’extrême-droite radicale ayant tenté de provoquer des troubles, avant de se réfugier derrière un cortège de policiers solide devant le nombre de manifestants. Plusieurs d’entre eux ont été fouillés et écartés du cortège, de même que des antifascistes. Mais aucun problème majeur n’est à déplorer.
Pour les participants et le milieu antifasciste, c’est une réussite tant pour le nombre de personnes atteintes, que par le message envoyé. Car pour chacun, pouvoir vivre paisiblement sans devoir être inquiété pour des raisons ethniques, confessionnelles, ou politiques, est un droit imprescriptible. Mais devant la poignée d’énergumènes qui tentent d’exister par ces travers, il est toujours consternant de constater qu’il faille encore aujourd’hui se battre pour obtenir cette garantie.
Toufik de Planoise, 23 mars 2013
Appel à mobilisation pour les droits des familles en situation irrégulière
De plus en plus d’enfants scolarisés dans les établissements de votre ville sont sous le joug d’ordres de quitter le territoire français et/ou dorment dehors depuis des mois, parfois même depuis des années.
Nous sommes quotidiennement les témoins directs de ces situations familiales dramatiques pour lesquelles nous ne cessons de chercher des solutions. Malheureusement les efforts engagés n’aboutissent qu’à des résultats éphémères et partiels.
Il est urgent et nécessaire de réunir l’ensemble des forces vives susceptibles d’amener des réponses positives, définitives et globales que nous ne pouvons obtenir seuls.
Flyer distribué lors de la manif
Manifestation sous tension
Une quinzaine d’individus sont venus faire de la provocation, hier, face au cortège antifasciste.

Deux cents personnes selon la police. Plus de quatre cents selon les organisateurs ont participé à la manifestation.
Sans tomber dans la dramatisation, beaucoup craignaient le terme de la manifestation antifasciste, hier rue Rivotte ; là où a eu lieu le gazage d’une dizaine de clients d’un bar en février dernier.
Finalement hier, c’est à hauteur de la rue de la Bibliothèque le cortège est monté en pression lorsqu’une dizaine d’individus, encagoulés pour certains, sont venus se livrer à des actes de provocation qui auraient pu vite dégénérer si la police n’était intervenue très rapidement pour cloisonner les deux camps et disperser les éléments perturbateurs. Par sécurité, des renforts ont d’ailleurs aussitôt été demandés. Et c’est accompagnés de policiers solidement casqués et harnachés que les manifestants partis de la place de la Révolution ont pu terminer leur parcours porte Rivotte après être passés par la place Saint-Pierre, la place des Droits de l’homme et la place Grandvelle.
Une montée en puissance inquiétante
Pour le coup, les organisateurs du collectif antifasciste bisontin (CAB) ne pouvaient trouver meilleure démonstration des dangers qu’ils entendent aujourd’hui dénoncer en décidant de poser le problème ouvertement sur la place publique afin de faire réagir l’opinion et les autorités.
Ce qui les inquiète, c’est la montée en puissance des actes de violence de groupuscules se revendiquant ouvertement de l’idéologie d’extrême-droite. Quand il ne s’agit pas de théories nazies ou négationnistes avec vente de matériel sur le web.
Jeunesses nationalistes révolutionnaires. Werwolf Sequania. Leur nom est connu. Leurs agressions aussi. Depuis début janvier, on en dénombre au moins six. Et certaines sont même filmées et diffusées sur internet. Hier, ils étaient deux cents selon la police, plus de quatre cents selon les organisateurs à être descendus dans la rue pour dire « non ».
Si les heurts ont pu être évités, deux individus ont en revanche été interpellés munis de matraques télescopiques et de bombes lacrymogènes. Ils devront répondre prochainement de leurs actes devant le parquet.
Publié par des larbins de la maison Poulaga (EstRepublicain.fr, 24 mars 2013)
Publié dans Antifascisme
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