-
Articles récents
- Remake | Serait-ce le devenir des comicos partout ?
- Incendie de gendarmerie : à Grenoble et à Nantes, l’État s’attaque au réseau Indymedia
- [Attentats de Paris] La piste rouge-brune
- [A las barricadas] Appel à occupation et soutien pour empêcher l’expulsion de la ZAD de Roybon
- [Le retour du bâillon] La liberté de critiquer la police en procès le 29 juin 2015
- [Soutien à la Mangouste] C’est parce que nous voulons vivre dans des conditions matérielles décentes que nous rentrons en contradiction avec ce monde triste, cynique et non-vivant et vice-versa
- [Peupler les années à venir dʼune tentative qui susciterait autre chose que le désir dʼun retour à lʼordre] De la ZAD aux Communaux ?
- [« Je vous parle de l’usine »] Entretien avec Rémy, ouvrier-robot et révolté
- [Chronique de la hoggra] Des élus utilisent désormais la mort d’un manifestant pour tenter de légitimer encore davantage un dispositif policier militarisé
- [Center Parcs dégage !] Discussion en marge de la Commission d’acceptabilité jeudi 11 juin à Poligny (Jura)
- [Lille] Retour sur le procès dit « de la mutuelle des fraudeurs »
- [MIFIP] 5 pratiques de base pour survivre en milieu numérique
Commentaires récents
- Lukas dans Le catalogue des médias libres
- Socialisme libertaire dans Le catalogue des médias libres
- Guillon dans Le catalogue des médias libres
- AntiTt dans [Dijon] Les Tanneries déménagent ! Tour d’horizon et appel à soutien
- NiqueTonMaire dans [Dijon] Les Tanneries déménagent ! Tour d’horizon et appel à soutien
Archives
Catégories
Étiquettes
- Afrique du Sud
- antifa
- antirep
- Antiterrorisme
- Athènes
- Azawad
- Besançon
- Chronique de Youv derrière les barreaux
- Dijon
- François Hollande
- Frères musulmans
- Gafsa
- Grenoble
- Italie
- La police travaille
- Le Caire
- Lille
- Lyon
- Mali
- Manuel Valls
- Marseille
- MNLA
- Montpellier
- Nantes
- No TAV
- Notre-Dame-des-Landes
- Paris
- place Tahrir
- PS
- Rennes
- Rémi Fraisse
- Résistons Ensemble
- Seine-Saint-Denis
- Sivens
- squat
- Toulouse
- Tours
- Tunis
- UMP
- Val-de-Suse
- Vinci
- Vérité et Justice
- ZAD
- Éditions Antisociales
- États-Unis
Actualités et expressions anarchistes ou autonomes
Archives
Bibliothèques - infokiosques - librairies
Brochures
Communistes libertaires
Communistes-ouvriers
Contre-Culture
Contre-Information
Cybernétique
Debordiana
Éditeurs
Initiatives
Journaux et revues
La liberté est le crime qui contient tous les crimes
- Brigade AntiPub
- Calais Migrant Solidarity
- CLAP 33
- COBP – Montréal
- CODEDO
- CRAP – Montréal
- Flics assassins – Montréal
- Guide juridique
- L'Envolée
- LDH-Toulon
- Legal Team Strasbourg
- Liberté pour les inculpé-es de Labège
- Lois sauvages
- Macerie
- Monitoring European Police!
- Panoptique
- Paris sans vidéosurveillance
- Résistons Ensemble
- Sans-Papiers
- Souriez vous êtes filmés
Liens
- 21 – Angers
- A-Infos
- a3yo [allemand, anglais]
- Acrata – Bruxelles
- AlterLocal – Cran-Gevrier
- Anarkismo
- Antigone – Grenoble
- Antirep 86 – Poitiers
- APCD – Périgueux
- Archives Autonomies
- Archives du Jura Libertaire
- Archives Getaway – Montreuil
- Aredje
- Article XI
- Assemblée contre la précarisation – Marseille
- Attaque
- Bad Kids – Toulouse
- Basse Intensité – Marseille
- Basta !
- Bibliothèque 152 – saintJean-du-Gard
- Bibliothèque anarchiste Libertad – Paris
- Bitcherland Bitches
- Blabla – Dijon
- Brasero – Caen
- Brasiers et Cerisiers
- Brassicanigra – Dijon
- Brèves du désordre
- C'est déjà tout de suite
- CAFCA – Ariège
- Camp-Volant
- Camp-Volant
- Canal Sud – Toulouse
- CapLan & Co – Locquirec
- CATS – Caen
- CCAN – Nancy
- CCPL 59
- Ceux qui veulent le Pays pour tous – Toulouse
- CGA
- CGA-Lyon
- CGA-Toulouse
- Ciné'DahDah – Marseille
- CLA – Ain
- CLAR – Rennes
- CNT
- CNT 09 / Foix
- CNT 13 / Marseille
- CNT 25 / Besançon
- CNT 29 / Quimper
- CNT 31 / Toulouse
- CNT 33 / Bordeaux
- CNT 34 / Montpellier
- CNT 35 / Rennes
- CNT 42 / Saint-Étienne
- CNT 43 / Haute-Loire
- CNT 44 / Nantes
- CNT 49 / Angers
- CNT 54 / Nancy
- CNT 57 / Metz
- CNT 59-62 / Lille
- CNT 67-68 / Alsace
- CNT 69 / Lyon
- CNT 74
- CNT 77 / Chelles & Marne-la-Vallée
- CNT 84 / Avignon
- CNT 87 / Limoges
- CNT 92 / Nanterre
- CNT 95
- CNT-FTE
- CNT-FTTE
- CNT-PTT
- CNT-SUB RP / Paris
- CNT-URP – Paris
- Collectif 69 de vigilance contre l'extrême-droite – Lyon
- Collectif Antifasciste de Besançon
- Collectif de lutte contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes
- Collectif Feignasse – saintÉtienne
- Collectif Justice et Vérité pour Wissam – Clermont-Ferrand
- Collectif Vérité & Justice pour Ali Ziri
- Comité populaire des nouveaux malgré nous – Tours
- Communistes libertaires de la CGT
- Contra Info
- Contre la LEO et son monde ! – Avignon
- Contre tous les lieux d'enfermement
- CQFD
- CREA – Toulouse
- CREP – Strasbourg
- CREP Strasbourg
- CULINA – Nancy
- De bruit et de fureur – Genève
- De l'huile sur le feu – Angers
- Démosphère
- Dialectical Delinquents
- Disaccords
- Du son contre la prison
- Échanges et Mouvement
- Écoute Vois Parle
- Éditions Antisociales
- Éditions Syllepse
- Équitable Café – Marseille
- Espace autogéré des Tanneries – Dijon
- Espace contre ciment
- Espace Noir – saintImier
- Esquive
- Exploités Énervés – Alès
- Face aux armes de la police
- Faure et Reclus à l'Élysée
- Ferme des Bouillons
- Forum Rouge & Noir
- Fréquence Paris Plurielle
- Gongchao
- Groupe anarchiste bordelais
- Groupe D'Anarchistes de Lille et Environs
- Groupe de travail du 27 novembre 2007
- Groupe Pavillon Noir – Poitiers
- Guide à l'usage des proches de personnes incarcérées
- Guide d'autodéfense numérique
- Haine des chaînes – Marseille
- Hors Service – Bruxelles
- Hors-Sol
- Hôtel des Vil-e-s – Clermont-Ferrand
- Iaata.info
- Incendo
- Indymedia Bruxelles
- Indymedia Grenoble
- Indymedia Lille
- Indymedia Nantes
- Indymedia Paris
- Infokiosques
- Initiative Communiste-Ouvrière
- Intervento
- Jardin des Maraîchers – Dijon
- Jef Klak
- Journal de l'ambassade du PEROU à Ris-Orangis
- Kalashnikov Collective Headquarter – Milan
- L'âge de faire
- L'aGitation dans la BoîTe à outils
- L'Alsace Libertaire
- L'Armurerie
- L'Autodidacte – Besançon
- L'Autre-ment
- L'Engrenage – Tours
- L'Enragé'
- L'Épine Noire – Poitiers
- L'herbe entre les pavés
- L'Insoumise – Lille
- L'Intempestive
- L'Interstice
- La BAF – Grenoble
- La Brique – Lille
- La Cavale
- La Ciergerie – Annecy
- La Clémenterie – Ardèche
- La Fanzinothéque anarchiste et/ou anti-autoritaire
- La Gazette de Bruxelles
- La Gryffe – Lyon
- La Gueule Noire – saintÉtienne
- La Gueule ouverte – Alès
- La Horde
- La Loutre par les Cornes – Gentioux
- La Luttine – Lyon
- La Nuit
- La Presse anarchiste
- La rage des assistantes sociales du peuple – Seine-Saint-Denis
- La Rochelle Libertaire
- La Rotative – Tours et alentours
- La Savonnerie Clandestine – Nancy
- La Vieille Valette – Robiac/Rochessadoule
- La voz de la libertad
- Laboratoire d'urbanisme insurrectionnel
- Labour Compost et Beauté
- Lady Long Solo – Paris
- Le Chat Noir Émeutier
- Le Cri du Dodo
- Le Laboratoire – Valence
- Le Libertaire Bisontin
- Le Moulin de Larchat – La Roche Canillac
- Le Perce-Oreilles
- Le Poignard Subtil
- Le Postillon – Grenoble
- Le Rémouleur – Bagnolet
- Le TDB – Toulouse
- Les CAFards – Montreuil
- Les Faire-Ailleurs
- Les filles en joie
- Les Thétards – Périgueux
- Lille sous surveillance
- luk vervaet acid (Articles & Comments in Dark times)
- Lutte en Nord
- Luttes au centre de détention de Roanne
- Luttons contre la précarité – Montpellier
- Lyon sous-surveillance
- Macerie
- Maloka – Dijon
- Marseille en guerre
- Marseille Infos Autonomes
- Massilia Santé System – Marseille
- MCPL – Rennes
- Médias libres
- Médiatours – Tours
- Mille Bâbords – Marseille
- Mondialisme
- Montavoix – Saint-Claude
- Murmure – Angers
- N'Autre École
- Numéro Zéro – saintÉtienne
- ObsPol – Belgique
- OCL
- Opération Poulpe
- OPP – Genève
- Organisation socialiste libertaire
- Page de suie
- Papier Gâchette – Strasbourg
- Paris-Luttes.Info
- Passeurs d'hospitalités
- Période
- Periódico El Libertario – Caracas
- PEROU – Paris
- Pot'Col'Le – Dijon
- Pour des Transports Gratuits Vraiment !
- Probe
- Punxforum
- Quartiers libres
- Que fait la police ?
- Quel Sport ?
- Questions de classe(s)
- Radio BIP – Besançon
- Radio Canut – Lyon
- Radio Galère – Marseille
- Radio Libertaire – Paris
- Radio Panik – Bruxelles
- Radiorageuses
- Ras L'Front – Rouen
- Rebellyon – Lyon
- Reclaim the Fields
- REFLEXes
- Reposito
- Résistances Caen
- RésistanceS.be
- Resto Trottoir – Besançon
- Révolte numérique
- Salto – Bruxelles
- Sans papiers ni frontières
- SCALP Besak
- Se défendre de la police
- Secours Rouge / APAPC – Bruxelles
- Security In-A-Box
- Solidarité Ouvrière
- Sons en luttes
- Sous la cendre – Caen
- Sous surveillance
- SqEK
- Squat!net
- Stéréo-Fish – Grésivaudan
- Stop THT
- Suie et Cendres
- Tahrir-ICN
- Tails
- Tant qu'il y aura de l'argent…
- Terrains de luttes
- Tribune syndicaliste libertaire – Lyon
- Urgence notre police assassine
- Z
- Zeppo
- Zine Library
- Zone À Défendre
Lieux
Nos corps nous appartiennent
Orgas anarchistes
Terre
[Allemagne] La lutte contre l’État nucléaire
Publié dans Luttes antinucléaires
Marqué avec Allemagne
Commentaires fermés sur [Allemagne] La lutte contre l’État nucléaire
À propos de l’appel au camp de Valognes
Internetdown, 21 novembre 2011.
Indymedia Paris, 20 novembre 2011.
Valognes : Communiqué du 22 novembre
On est toujours a Yvetot-Bocage, rebaptisé pour l’occasion Yvetot-Blocage, près de Valognes, sur le camp antinucléaire « Valognes Stop Castor ».
On est 400 environ et on prépare nos actions de demain pour le départ, ou plutôt le non-départ du train de déchets nucléaires radioactifs à destination de Gorleben, Allemagne. Les routes seront bloquées par les CRS à partir de 7h du matin pour tenter de nous empêcher d’accéder au lieu de rassemblement et de clamer haut et fort qu’on ne veut pas du nucléaire et de ses horreurs. Ils aimeraient continuer à nous faire croire que l’industrie nucléaire n’est pas dangereuse, contrairement à nous, méchants activistes ; que tout est sous controle, y compris les travailleurs nigériens qui en crèvent d’extraire de l’uranium pour les blanc-becs, jusqu’aux déchets qu’on transporte sur des kilomètres, bien discrètement, et qu’on veut enfouir à tout prix dans des zone sous-peuplées.
Et par-dessus tout, le progrès vaut bien ça. Même si on n’y croit plus depuis longtemps, on peut se poser à nouveau la question de la démocratie dans un pays où l’État a besoin de tant de forces de police pour imposer l’idée de cette énergie de nucléocrate. Les gros media étaient également présents en masse au camp aujourd’hui, mais quel message peuvent bien relayer les sbires de Bolloré, Sarkozy et consorts, subventionnés par Areva ? Rien de nouveau sous le règne des mass-media.
En tout cas on vous attend toujours pour rejoindre la lutte, à Yvetot-Bocage et partout ailleurs.
Depuis le camp Valognes Stop Castor
Indymedia Paris, 23 novembre 2011.
Militants et forces de l’ordre prêts pour le départ de déchets allemands
Militants antinucléaires et forces de l’ordre sont arrivés progressivement toute la journée de mardi dans la petite commune de Valognes, d’où doit partir mercredi un convoi de déchets nucléaires allemands hautement radioactifs que des manifestants ont appelé à bloquer.
« Pour le moment, le départ du train est toujours prévu pour mercredi 14H20 », a indiqué à l’AFP Yannick Rousselet, chargé des questions nucléaires de Greenpeace, mardi en fin de journée à Valognes.
Départ avancé ou retardé, les rumeurs les plus contradictoires circulaient mardi au sujet de ce 12e et dernier convoi de déchets nucléaires allemands, retraités par Areva, à destination de Gorleben en Basse-Saxe.
Areva a confirmé que 11 wagons de déchets allemands retraités à Beaumont-Hague (Manche) étaient arrivés à Valognes.

En attendant, la manifestation antinucléaire organisée mardi soir à l’appel de Greenpeace, Sortir du nucléaire et Europe Écologie les Verts (EELV) a rassemblé une centaine de personnes, a constaté une journaliste de l’AFP.
Parallèlement, 200 à 250 personnes selon la police, au moins 500 selon les organisateurs, avaient rejoint mardi soir le camp organisé dans un champ privé par un collectif baptisé « Valognes Stop Castor », à Yvetot-Bocage, à quelques kilomètres de Valognes.
« Castor » est le sigle qui désigne ces conteneurs en anglais : Cask for Storage and Transportation of Radioactive Material.
Contrairement à Greenpeace et EELV, le collectif, dont les membres requièrent l’anonymat, appellent à bloquer le train. Il a fixé un rassemblement mercredi à 10H00 à Lieusaint, à 4,5 km de Valognes.
« Il n’est pas question de partir dans un affrontement avec les forces de l’ordre. S’il y a des violences, elles viendront de la police », a déclaré lundi Gérard (nom d’emprunt), 40 ans, membre du collectif.
« Il faut arrêter de croire qu’un arrêt du nucléaire sortira des élections. On l’a vu la semaine dernière, EELV s’est complètement étalé devant le PS et le lobby nucléaire. Il faut nuire aux intérêts du lobby nucléaire », a-t-il estimé.
En attendant, la préfecture a interdit toute manifestation mardi et mercredi à Valognes, ainsi que à 500 mètres de part et d’autre de la voie ferrée que doit emprunter le train dans la Manche, soit 70 km. Une mesure très exceptionnelle.
Un important dispositif de sécurité s’est mis en place dans la discrétion lundi et mardi, alors que les militants arrivaient au compte goutte mais de façon régulière au camp. Un hélicoptère de gendarmerie survole Valognes et ses environs depuis lundi.
La SNCF a annulé ses trains mercredi entre Cherbourg et Lison, situé à la limite de la Manche et du Calvados.
Le chargement est issu, selon Areva, de combustibles qui ont produit l’équivalent de la consommation électrique de 25 millions d’Allemands pendant un an. Pour les antinucléaires, ce chargement, c’est « plusieurs fois la radioactivité émise lors de la catastrophe de Fukushima ».
Selon le groupe nucléaire, ces déchets renferment certes la quasi-totalité de la radioactivité des combustibles irradiés mais ces derniers sont vitrifiés et transportés, assure-t-il, dans une « forteresse roulante » et dans des emballages métalliques de 40 cm d’épaisseur.
En novembre 2010, pour le dernier convoi de ce type, sept militants avaient bloqué le train quelques heures à Caen et trois d’entre eux avaient été blessés par les forces de l’ordre.
En Allemagne, une manifestation est prévue mercredi à Berlin. La police allemande mise sur plusieurs dizaines de milliers de manifestants d’ici à l’arrivée du train, moins qu’en novembre 2010 où la mobilisation avait atteint des niveaux records. L’Allemagne a depuis décidé de sortir du nucléaire.
Leur presse (Agence Faut Payer), 22 novembre 2011.
Le train du nucléaire sous pression à Valognes
Des militants antinucléaires veulent empêcher le départ, aujourd’hui, d’un convoi de déchets allemands. Policiers et gendarmes sont mobilisés. La circulation des trains est interrompue sur 70 km.
Sur la presqu’île du Cotentin, les rapports de force autour du nucléaire, figés depuis trente ans, sont en train de bouger. Alors qu’Areva s’apprêtait à renvoyer vers l’Allemagne le dernier de douze convois de déchets vitrifiés hautement radioactifs, un Collectif Valognes Stop Castor a surgi.
Ce collectif a drainé vers Valognes, gare de départ, une nouvelle population d’opposants, venus de toute la France et même des pays voisins. On a aperçu, entre autres, Julien Coupat, le plus célèbre des inculpés de Tarmac. Ces jeunes, proches des indignés, ont installé un camp dans un champ voisin. Ils ont décidé d’attaquer l’industrie nucléaire, en s’en prenant aux « lignes haute tension et transports ». La première attaque, « déterminée et non violente », est prévue cet après-midi, le train devant démarrer à 14h20.
Police et gendarmerie sont mobilisées massivement pour empêcher toute intrusion sur les voies. La circulation SNCF est interrompue toute la journée sur 70 km. Les deux collèges et le lycée de Valognes sont fermés. Une partie de la ville est interdite de stationnement et de circulation. Le Collectif Valognes Stop Castor a réagi en déplaçant son rassemblement dans la commune voisine de Lieusaint, également traversée par la voie ferrée.
Le syndicat Sud-Rail a appelé les cheminots à faire jouer leur droit de retrait, face au danger des conteneurs radioactifs. Philippe Guiter, secrétaire fédéral, affirme que le premier conducteur du convoi va « dépasser sa dose annuelle, sans même le savoir puisqu’il n’est pas équipé de dosimètre ».
Hier soir, les opposants traditionnels, Greenpeace et EELV, ont mobilisé une centaine de personnes devant la gare.
Leur presse (Ouest-France), 23 novembre 2011.
Publié dans Luttes antinucléaires
Marqué avec Internetdown, Valognes
Commentaires fermés sur À propos de l’appel au camp de Valognes
[Rennes] Il n’est de pire chômeur que celui qui se fait entendre
RASSEMBLEMENT DE SOUTIEN AUX INCULPES DU 5 DÉCEMBRE
DONT LE PROCES EN APPEL A LIEU
ce mercredi 23 novembre 2011 15h00
RDV PLACE DU PARLEMENT à RENNES
Il n’est de pire chômeur que celui qui se fait entendre
À la veille du procès des inculpés du 5 décembre 2009, nous ne pouvons que constater qu’il y a toujours autant de chose à dire sur le chômage. Ce jour-là, date de manifestation nationale des chômeurs et précaires, a sans conteste marqué les vies de ceux qui furent inculpés, blessés, traumatisés par un déchaînement de violence policière. Ce que cet événement vint vérifier est que ceux qui s’organisent contre leurs conditions d’existence induites par les multiples gestionnaires de nos vies (tel que Pôle Emploi), s’exposent à une répression portant un message on ne peut plus clair : « cantonnez-vous à être d’irréprochables demandeurs d’emploi, acceptez n’importe quel boulot que l’économie vous propose, ne vous organisez pas, estimez-vous satisfaits que nous nous occupions de votre situation ».
Alors qu’on nous promet depuis peu de mettre les allocataires du RSA au travail 7 h/semaine sous peine d’être privés de revenus, comment ne pas voir que les frontières entre les institutions répressives et celle de la protection sociale tendent à disparaître ? Cette perspective de mise au travail forcé ressemble fort aux travaux d’intérêt général distribués à la pelle en correctionnelle. Simplement bénéficier d’un revenu de subsistance fait de nous des endettés, des suspects, des coupables en puissance. Être compté parmi les précaires, de prétendre ne pas vouloir accepter n’importe quoi, se paie quotidiennement.
La naissance des institutions sociales en milieu capitaliste, a tenté de nous amadouer en nous promettant une prise en charge des questions de subsistance élémentaire, tout en nous bannissant sans cesse de ces questionnements, en nous assignant de coller à notre identité sociale et aux comportements censés lui correspondre. Nous ne sommes en rien responsables de la situation qui nous est faite, et pourtant, il nous faut certainement nous en ressaisir : affirmer que nous sommes chômeurs parce que nous ne voulons pas fuir devant l’institution qui nous assigne à cette place, et parce que nous voulons commencer à décider des choses à partir de là où nous sommes, à partir notamment de nos intérêts communs désintéressés des logiques du capital. Pour autant, nous ne sommes pas que chômeurs.
Un des traits de la culture ouvrière a été le souci de s’organiser contre l’organisation capitaliste du travail et de ses effets dévastateurs pour le prolétariat. Cela s’est notamment illustré par l’émergence des bourses du travail au XIXe siècle, où furent créés de nombreux services tel que des caisses de secours mutuel pour venir en aide aux « abîmés » du capitalisme. Puis l’État en a fait des institutions sociales censées garantir des droits collectifs, afin de dépasser cet outil de classe, de l’élargir et garantir à tous (du moins dans les textes) un mieux être. Le revers de cette médaille, est que ces mêmes institutions ont rapidement organisé la dépossession des capacités collectives qui en étaient à l’origine, pour en faire des monstres froids dont nous sommes à la merci. Lutter contre ces institutions qui se sont retournées contre nous sous la pression des logiques capitalistes (libéralisation, diminution des droits et renforcement de devoirs coercitifs ou de clauses restrictives qui entraînent l’exclusion de nombreux allocataires), voilà peut être par où nous pourrions commencer. Pour décider et nous réapproprier ce qui nous importe et ainsi se ressaisir du comment nous voulons vivre.
Depuis 40 ans, ces institutions gèrent une crise permanente. On est passé d’un moment où on vendait notre force de travail, à une phase où il faut nous transformer en agents marketing de notre force de travail : être un chômeur productif c’est faire du relooking, accumuler un capital-compétences et booster son réseau. La réalité grandissante du chômage renvoie les dirigeants à la taille de leur mensonge. Pôle Emploi n’est pas là pour réduire le chômage mais les chiffres du chômage, ceux avec lesquels on fabrique les indicateurs qui servent à manipuler l’opinion, tandis que les portefeuilles des conseillers sont de plus en plus chargés. Peu importe que la violence qu’impose quotidiennement cette institution à ses usagers finisse par provoquer des éclats de violence en retour, comme tout récemment cette prise d’otage d’un dirigeant d’un pôle emploi parisien. Reste à donner consistance au sentiment qu’il existe une communauté de tous ceux qui ne se satisfont pas de la gestion du temps de leur vie par Pôle Emploi… la suite en découlera inévitablement.
MCPL – Mouvement des Chômeurs et Précaires en Lutte, 21 novembre 2011.
Publié dans Luttes des chômeurs et précaires
Marqué avec Rennes
Commentaires fermés sur [Rennes] Il n’est de pire chômeur que celui qui se fait entendre
[Tunisie] « Ce n’est pas ça, notre révolution ! »
À Tunis, les citoyens vigilants
Alors que l’Assemblée constituante se réunissait pour la première fois ce mardi 22 novembre, des centaines de manifestants sont venus protester pour assurer la défense de leurs droits.
« Ce n’est pas ça, notre révolution ! » Pas de pancarte entre les mains de cette femme au voile pourpre. Au milieu de centaines de manifestants présents devant le palais beylical, à Bardo, un quartier à l’ouest de Tunis, elle proteste « pour défendre ses droits, pour que les droits de toutes les femmes soient respectés et inscrits dans la Constitution ». En ce 22 novembre, l’Assemblée constituante, élue le 23 octobre dernier, se réunit pour la première fois.
« Souad, dégage ! Dégage ! » hurle une autre manifestante, écartée par la police. Souad Abderrahim, membre de la Constituante et du mouvement Ennahda, le parti islamique qui a raflé 89 sièges sur les 217 de l’Assemblée, arrive devant les grilles vertes du palais. Un violent mouvement de foule emporte alors les manifestants. Sur les visages, la colère est visible. « Au nom de toutes les femmes célibataires, dégage ! » lance devant les caméras une femme, lunettes de soleil sur le nez et visage menaçant. Le 9 novembre dernier, cette élue avait fustigé les femmes célibataires sur la radio française diffusée en langue arabe, Radio Monte-Carlo Doulaya. « En tant que femme et musulmane, je suis là pour dire que Ennahda ne me représente pas », lance Nahed Nahi, une étudiante en biologie au visage poupon cerclé d’un voile turquoise.
À quelques mètres, une pancarte à la main dont le slogan défend l’égalité entre les hommes et les femmes et le Code du statut personnel (instauré en 1956 par Habib Bourguiba, il assure aux Tunisiennes un statut juridique enviable dans le monde arabo-musulman), Barka « veut dénoncer le double discours d’Ennahda ». « Avant l’élection, ils tenaient un discours modéré, et maintenant, ils parlent de bâtard, de califat. On n’a pas lutté toute notre vie pour ça ! » regrette cette militante au sein de la Ligue des droits de l’homme et de l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD).

« Avant le 14 janvier, tout était interdit. Après le 23 octobre, tout est défendu »
Mandat d’une année
L’Association tunisienne des femmes démocrates, mais aussi Amnesty International ou encore le Mouvement du 24 octobre, et de nombreuses associations s’étaient déplacés pour faire entendre leurs voix. « Nous sommes là pour demander un mandat d’une année à l’Assemblée constituante (contre trois proposées actuellement, ndlr), pour demander que les débats soient retransmis à la télévision, pour demander le respect des libertés fondamentales, mais aussi pour rappeler que cette assemblée a été élue pour rédiger la Constitution », récite Olfa Lajili, la présidente du Mouvement du 24 octobre qui réunit plusieurs groupes qui ont participé à la révolution.
À l’issue de cette première journée, l’Assemblée a élu, avec 145 voix pour contre 68 pour sa rivale, Maya Jribi, du PDP, Mustapha Ben Jaafar, le dirigeant du parti Ettakatol (20 sièges), comme son président, conformément à l’accord de principe signé entre les trois partis vainqueurs, à savoir Ennahda, le CPR de Moncef Marzouki et Ettakatol. Cet accord prévoit notamment que Moncef Marzourki devienne le président de la République et Hamadi Jebali, le Premier ministre. Dans un premier temps, cette assemblée devrait s’atteler à la rédaction du premier article de la Constitution qui vise à définir l’identité du pays.

Un vote sanction
À l’écart de la manifestation, le docteur Ridha Ben Aïssa observe. Il dit avoir connu l’asile politique en France de 1999 à 2005 après avoir côtoyé Moncef Marzouki, pressenti au poste de président de la République, et Mustafa Ben Jaafar, élu dans la soirée du 22 novembre président de l’Assemblée constituante. Un costume trois-pièces, cravate nouée et documents sous le bras, il affirme que « la révolution a été confisquée par le courant islamique. J’ai vécu la révolution heure par heure et il n’y avait pas un seul islamiste dans les manifestations. Seulement des jeunes, des chômeurs, des contestataires. (…) Alors, oui, ils ont été élus, mais il s’agit d’un vote sanction. Le peuple a sanctionné l’ancien régime et les partis qui l’ont côtoyé, mais maintenant on ne va pas se laisser faire », lance-t-il tout en dénonçant le régime monocaméral prôné par le mouvement islamique.
Les cheveux grisonnants, une cigarette à la main de bon matin, Brigitte Mtimet, médecin à la retraite, ne partage pas vraiment cet avis. Venue dénoncer « cet islamisme rampant », elle admet qu’« Ennahda n’a pas confisqué la révolution. Je crois surtout que les choses sont différentes à Tunis et à l’intérieur du pays. »
« Oui, ils ont remporté beaucoup de sièges et se sont octroyé beaucoup de postes-clés au sein du prochain gouvernement, mais beaucoup de personnes qui ont voté Ennahda le regrettent. On est là pour dire qu’ils ne feront pas ce qu’ils veulent, commente Mme Akrout. On a dit dégage une fois, on le redira. »
Leur presse (Julie Schneider, LePoint.fr), 22 novembre 2011.
Tunisie : manifestation pour des libertés
Un millier de personnes, dont des militants associatifs, se sont rassemblés aujourd’hui devant le palais du Bardo, près de Tunis, pour revendiquer des garanties sur les libertés civiles, alors que l’Assemblée constituante tenait au même moment sa réunion inaugurale un mois après les premières élections libres en Tunisie.
Parmi les ONG présentes, on notait l’Association tunisienne des femmes démocrates (ATFD), la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme (LTDH) et l’Association sur la laïcité. « On vous a à l’œil », avertissait une pancarte. « Pas touche à mes libertés », lançait une autre. « Nous sommes venues pour revendiquer l’inscription des droits de la femme et les droits universels dans la future Constitution. On ne veut pas que la société tunisienne régresse. Nous faisons cela pour nos enfants », a plaidé Amel Abdennebi, cadre dans une entreprise de télécoms.

À son arrivée, Souad Abderrahim, une élue du mouvement islamiste Ennahdha, a été malmenée par des manifestantes, notamment de l’Association des femmes démocrates (ATFD), aux cris de « Dégage ! ». Il a fallu l’intervention des forces de l’ordre pour qu’elle atteigne l’entrée de l’enceinte parlementaire sans dégâts. Cette élue a récemment critiqué les mères célibataires en les traitant d’« infâmes ».
Nombre d’autres manifestants affichaient leur opposition au « califat », un système de gouvernance basée sur la charia (loi islamique, NDLR), évoqué récemment par le No2 d’Ennahdha, Hammadi Jebali, pressenti pour être le prochain premier ministre. « Nous voulons une nouvelle Constitution, pas une nouvelle dictature », a-t-on entendu dans la foule. Un peu plus loin, des militants d’Amnesty International brandissaient des pancartes appelant à l’abolition de la peine de mort et au respect de la liberté de la justice. Le cortège comprenait aussi des familles des victimes tombées ou blessées lors du soulèvement populaire qui a entraîné la chute du régime Ben Ali à la mi-janvier, réclamant justice pour leurs proches.
Leur presse (AP), 22 novembre 2011.
Tunisie : Sit-in des agents de la sécurité
Un sit-in a été organisé, mardi 22 novembre 2011, par les agents de la sécurité devant le tribunal de première instance à Tunis.

Les sit-inneurs dénoncent la marginalisation et les attaques perpétrées à l’encontre des agents, explique dans une déclaration à Mosaïque Fm Adel Dridi, secrétaire général du Syndicat des forces de sécurité de la section de Tunis. Ils sont agressés verbalement et physiquement, leurs biens sont souvent saccagés et les postes de police incendiés. Personne, notamment de la société civile, ne s’occupe de ces problèmes récurrents.
« Le prestige de l’État ainsi que la réussite du processus démocratique va de pair avec le prestige des institutions de sécurité », insiste M. Dridi. Selon lui, par ce mouvement de protestation, les agents de sécurité revendiquent l’équité devant la justice ainsi que des garanties légales leur assurant la protection et leur permettant d’effectuer leurs tâches dans de meilleures conditions.
Hier (lundi 21 novembre), le Syndicat national des forces de sécurité intérieure et l’Association tunisienne « pour une police patriote » ont dénoncé, dans un communiqué publié par la TAP, « la campagne tendancieuse fomentée par certaines parties via les réseaux sociaux et les journaux électroniques » contre les cadres et les agents de la sécurité intérieure.
Ces deux organismes ont mis en garde contre cette campagne « qui a ciblé plusieurs cadres et agents de sécurité, en leur imputant de fausses accusations et allégations et en portant atteinte à leur honneur et parcours professionnel ». L’objectif de cette campagne, ajoute le communiqué, est d’induire en erreur l’opinion publique et les médias et de mettre en cause la stabilité sécuritaire que connaît le pays.
Le syndicat et l’association se déclarent conscients du plan tramé contre l’institution sécuritaire dans l’objectif de porter atteinte aux intérêts supérieurs du pays et de la placer dans la tourmente du désordre, au service d’intérêts étroits dont les instigateurs sont des parties connues et qui seront démasquées par les enquêtes en cours.
Leur presse (BusinessNews.com.tn), 22 novembre 2011.
Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites
Commentaires fermés sur [Tunisie] « Ce n’est pas ça, notre révolution ! »
[Égypte] « L’armée et la police ne forment qu’une seule main sale »
La place Tahrir fait reculer la junte égyptienne
Le maréchal Tantaoui promet un transfert accéléré du pouvoir aux civils.
La place Tahrir ressemble à un immense organisme vivant. Autour du rond-point central où le village de tentes est réapparu, des centaines de milliers de personnes tournent, s’arrêtent, se regroupent, agitent des drapeaux égyptiens, reprennent en chœur des slogans : « Le peuple veut le départ du Maréchal ! » Des marchands ambulants vendent à boire, thé ou jus de fruits, à manger, du kochari, le plat populaire égyptien, du pop-corn, sans oublier l’équipement de base du manifestant : masque à gaz, lunettes de sécurité et casque de chantier.

Mardi, le rassemblement était le plus important depuis la révolution de février dernier, mais la place est restée assez calme. Les seuls affrontements ont lieu dans la rue Mohammed Mahmoud. Les manifestants craignent que la police ne tente d’investir la place Tahrir. Les policiers que les manifestants n’attaquent le ministère de l’Intérieur. La police antiémeute tire sans discontinuer des grenades lacrymogènes, mais ne parvient qu’à contenir la foule, pas à la repousser. Les blessés et les victimes des gaz incapacitants, assez puissants pour faire s’évanouir de grands gaillards, sont évacués vers l’arrière, et aussitôt remplacés par d’autres. Des ambulances et des scooters vont et viennent, toutes sirènes hurlantes dans les corridors aménagés entre des digues humaines de manifestants.

Neuf mois après la chute de Moubarak, la dynamique de la place Tahrir ressemble étrangement à celle qui a fait tomber le raïs. Les manifestants chantaient alors : « Le peuple et l’armée ne forment qu’une seule main. » Ils sont cette fois unis contre la junte militaire et scandent : « L’armée et la police ne forment qu’une seule main sale. »
« Un vaste gâchis »
La nouvelle place Tahrir a les mêmes caractéristiques que sa première version, qui la rendent imprévisible et incontrôlable. Pas de chefs. Pas de programme politique défini. Pas d’organisation unique. Les islamistes ne sont qu’une composante parmi d’autres : « Les salafistes et les Frères musulmans ont été les organisateurs de la manifestation de vendredi, mais ils sont rentrés chez eux le soir même. C’est la tentative de la police de chasser les quelques centaines de personnes qui restaient le lendemain matin qui a tout déclenché. Personne aujourd’hui ne contrôle la place Tahrir, dit Rami Shaaf, l’un des responsables du mouvement de gauche l’Égyptien libre. On a expliqué aux salafistes qu’il n’y aurait pas de tribune ni de discours, pour éviter que la place Tahrir ne serve les intérêts politiques de quelque parti que ce soit, ajoute-t-il. C’est un mouvement populaire qui n’appartient à personne. » Les Frères musulmans ont appelé leurs militants à ne pas participer à la manifestation mardi, mais ils n’ont pas été écoutés par leurs sympathisants les plus jeunes, qui se sont rendus sur la place au défi de ces mots d’ordre.
Aucune figure politique n’y est visible. Le docteur Mohammed el-Beltagy, ancien parlementaire et porte-parole des Frères musulmans, a essayé de s’y faire entendre dimanche, mais il a été chassé par la foule. Les manifestants sont unis par une même colère face au Conseil suprême des forces armées. Cette junte formée par dix-neuf officiers supérieurs, la plupart inconnus de la population, est dirigée par un vieux maréchal de 76 ans, Mohammed Hussein Tantaoui. Il a tenté mardi soir, dans sa première apparition télévisée, d’apaiser la foule : « Le Conseil suprême ne veut pas le pouvoir. Notre seule mission est la défense de l’Égypte, a-t-il annoncé solennellement. Les critiques sont infondées, et ceux qui ont tenté de creuser un fossé entre le peuple et l’armée portent une lourde responsabilité. Nous acceptons la démission du gouvernement, qui continuera à expédier les affaires courantes jusqu’à la formation d’un nouveau gouvernement. Une élection présidentielle se tiendra en juin prochain et nous remettrons immédiatement le pouvoir aux nouvelles institutions. Le Conseil ne soutient personne. Le résultat sera celui qu’aura choisi le peuple. » Il n’a pas exclu un référendum sur un transfert immédiat du pouvoir aux autorités civiles, « si le peuple le demande ».

Sombrer dans le chaos
Mais il est peut-être déjà trop tard. Comme en janvier dernier, des concessions qui auraient pu, quelques jours plus tôt, satisfaire la foule, ne sonnent plus que comme des mots creux, et un encouragement à continuer. « Tahrir n’acceptera pas les propositions du Conseil. Elle va le faire tomber comme elle a fait tomber Moubarak », prédit un des célèbres tweeteurs de la place Tahrir, Big Pharaoh.
L’hypothèse d’une chute de la junte inquiète pourtant un grand nombre d’Égyptiens. À la télévision d’État, des analystes politiques répètent tous à peu près le même discours : l’armée est la dernière institution nationale intacte. Sans le Conseil suprême des forces armées, l’Égypte risque de sombrer dans le chaos. « La place Tahrir est insatiable, dit Hicham Kassem, journaliste et activiste libéral égyptien connu. Le seul objectif des manifestants est d’occuper la place et d’y rester. La grande majorité s’y promène. Une minorité adore la bagarre. L’armée a fait des erreurs de calcul. Elle n’a maintenant quasiment aucune solution. Il est trop tard pour évacuer la place, un déploiement de forces n’aboutirait qu’à un massacre. Accéder aux demandes des manifestants ne réussirait sans doute qu’à augmenter leurs revendications. »
« Je n’ai aucune idée sur la manière dont on peut s’en sortir, ajoute-t-il. Si le mouvement s’étend au reste du pays, on court au désastre. Les élections qui devaient commencer la semaine prochaine et permettre de sortir de l’impasse risquent d’être annulées. C’est un vaste gâchis. »
Leur presse (Adrien Jaulmes, LeFigaro.fr), 22 novembre 2011.
Égypte : Le bras de fer continue entre les manifestants et le pouvoir militaire
Plus de 100.000 Égyptiens se sont rassemblés mardi soir au Caire. Malgré l’annonce de la formation d’un nouveau gouvernement, ils sont décidés à rester sur la place jusqu’à ce que les militaires quittent le pouvoir…
Dernière info (2h15): Les affrontements ont continué pendant la nuit. Sur Twitter, Mohammed El Baradei a accusé les forces de sécurité d’employer des gaz innervants et de tirer à balles réelles.

« Irhal ! Irhal ! Irhal ! » – « Dégage ! » Le cri emblématique des révolutions arabes a résonné à nouveau avec force mardi soir sur la place Tahrir, au Caire. Rejouant le scénario de la révolution de janvier, une foule très dense a répondu par cet impératif au discours du maréchal Tantaoui, le chef du Conseil suprême des forces armées (CSFA), qui dirige le pays depuis février. Le vieux militaire se retrouve donc à la place de Moubarak, dans le rôle du chef d’État qu’il faut déboulonner.
Et, une fois de plus, les Égyptiens ne semblent pas prêts à céder : ils veulent mettre un terme au régime militaire qui gouverne leur pays depuis presque 50 ans. Quel qu’en soit le prix, alors que les élections législatives doivent commencer le 28 novembre. Le discours du maréchal Tantaoui avait pourtant pour objectif d’apaiser la colère de la place Tahrir, occupée à nouveau par des dizaines de milliers de personnes.

Une radicalisation du mouvement
Mais le « peuple de Tahrir » est loin d’être satisfait par les annonces de Tantaoui. « La plupart des gens exigent maintenant que l’armée transfère immédiatement le pouvoir aux civils, pas l’année prochaine », témoigne Hisham, un ingénieur de 24 ans présent sur la place ce mardi soir. « Il y a eu trop de morts ces derniers jours, on ne peut pas accepter de rentrer chez nous simplement sur des promesses. »
La violence des affrontements qui durent depuis samedi a en effet poussé une partie des manifestants à se radicaliser. « Les jeunes qui se battent ici depuis quatre jours ont vu leurs amis mourir à côté d’eux. Ils n’arrêteront pas le combat tant que les policiers et les soldats qui ont tiré sur eux ne seront pas jugés », souligne Sherif, 30 ans.

L’absence de leader et de coordination entre les manifestants complique en outre toute tentative de trouver un accord. Surtout, les Égyptiens, qui vénéraient leur armée il y a seulement dix mois, ont désormais du mal à faire confiance aux généraux au pouvoir. Économie en berne, hausse de la criminalité, poursuite des violences policières : beaucoup d’Égyptiens trouvent que les choses n’ont fait que se dégrader depuis février. « Le discours de Tantaoui était fait des mêmes mensonges que ceux de Moubarak. Il s’accroche au pouvoir comme lui. Le peuple égyptien est trop sage pour s’y laisser prendre », assurait ce mardi soir l’activiste pro-démocratie Ragia Omran.
Leur presse (Anne Devers, LeMonde.fr), 23 novembre 2011.
Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites
Commentaires fermés sur [Égypte] « L’armée et la police ne forment qu’une seule main sale »
[Égypte] Frères musulmans et salafistes contre la révolution
The Muslim Brothers are left behind, again
One of the interesting things about the gigantic turnout on Tahrir Square is that it is happening even as the Muslim Brotherhood has officially opposed the protests and most Salafists done the same, in the name of calming the streets before the elections. This decision is very reminiscent of January 25, when they refused to take part in the first protests leading to the overthrow of the Mubarak regime. The same goes for the Salafists, who apart from Hazem Salah Abu Ismail, have opposed protests and even tried to intervene to stop them in Alexandria yesterday.
This is not to say there are no Muslim Brothers or Salafists, or other religiously-inclined people in Tahrir today. There are.
But their leadership has failed them once more. Once again the Muslim Brotherhood has shown that its basic essence has not changed: just as its leader in 2009 said he had no problems with a Gamal Mubarak presidency and had much respect for Hosni Mubarak, just as they rushed ton negotiate with president-apparent Omar Suleiman in late January, just like they preferred to cut a deal with the military in the transition’s early days and accepted a slapdash referendum and constitutional declaration, the Brothers are once again swimming against the prevailing tide of the Egyptian people. They prefer to negotiate for their own maximum advantage rather take a principled position.
I often think the Brothers’ biggest problem is not that they are fundamentalist, or out of touch with the Egyptian mainstream, or too radical. It’s that they are perceived, rightly, as schemers by average people. It’s true of their leaders, at least, and it’s what has made so many bright young people leave them in recent years and so many others doubt their intentions.
Leur presse (Issandr El Amrani, The Arabist), 22 novembre 2011.
Mohamed Hosni, Mohamed Badie, Mohamed Mahmoud : Tous des bombes lacrymogènes
Nous reproduisons ici, traduite de l’arabe, une chronique de l’écrivain égyptien Galal Amer, parue le 22 novembre 2011 dans le quotidien Al Masri El Youm. Les bombes lacrymogènes obscurcissent la vue et les écrans de fumée obscurcissent les consciences.

Je suis un voyou, l’enfant d’un quartier populaire d’Égypte. Comme un passant, je disparaîtrai aussi soudainement que je suis apparu, car il n’y a derrière moi ni association, ni syndicat ni parti, ni clique. En mai 2010, j’ai vécu l’ère de « La Prime, Monsieur le président ! » et, en janvier 2011, celle de « Fiche le camp, Président ». J’ai lu sur les conquêtes romaine, arabe et ottomane et je me suis toujours interrogé : « Pourquoi, Dieu, sommes-nous conquis par le premier venu ? » J’ai appris la tactique chez de grands chefs de guerre et, pour moi, la pire des choses que le Conseil militaire ait jamais faites, c’est d’avoir considéré la révolution comme une offensive hostile, qu’il lui faudrait d’abord « absorber » avant de lui opposer une contre-offensive.
Ceux qui tiennent le pouvoir s’allient toujours à ceux qui tiennent l’argent, contre les pauvres qui, eux, n’ont que leur urine à tenir. Essaie de vite lire cette chronique car je dois partir à cause de la fumée. La seule chose qui ait été modernisée au ministère de l’Intérieur, ce sont les bombes lacrymogènes. Le gouvernement a exploité la trêve pour se réarmer et étrange coïncidence, la rue Mohamed Mahmoud (où ont lieu les affrontements les plus durs, NDT) porte le nom du pire ministre de l’Intérieur de l’histoire de l’Égypte qui était surnommé « Poigne de fer ». À cette cadence, la moitié d’entre nous finiront la période de transition avec un œil unique.

Nous vivons dans l’illusion, et tout n’est qu’écran de fumée : le référendum, les amendements de la Constitution, le « Document portant principes supra-constitutionnels »… Il y en a qui rendent hommage aux Martyrs avant de poursuivre le massacre et d’autres qui nous parlent de l’au-delà alors qu’ils possèdent tout ici-bas. Le cheikh et le curé s’embrassent lors des « réunions de réconciliation » mais chacun d’eux dit dans son for intérieur « Puisses-tu, Dieu, lui transmettre mon rhume ! ». Les médias, les grandes plumes… tout n’est qu’écran de fumée. Nous en suffoquons.
Transmettre le pouvoir ? Comment? Contre accusé de réception ou par huissier de justice interposé ? Ceux qui déclament les éloges funèbres de la révolution sont plus dangereux que ceux qui tentent de l’enterrer. Après les manifestations du 25 janvier, nous avons eu droit à la « Bataille du chameau » et aujourd’hui, après les manifestations du 18 novembre, nous avons droit à la « Bataille des urnes ». Si elle n’a pas encore pris le pouvoir, la révolution est au moins consciente que Mohamed Hosni (Moubarak, NDT) est Mohamed Hussein (Tantaoui, NDT) est Mohamed Badie (Guide des Frères musulmans, NDT) est Mohamed Mahmoud : tous des bombes lacrymogènes.

Maghreb Émergent Infos – Solidarité ouvrière.
Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites
Commentaires fermés sur [Égypte] Frères musulmans et salafistes contre la révolution
[Arabie] Tirs sur une manifestation
Plusieurs personnes ont été blessées ce soir lors de la dispersion par les forces de sécurité d’une manifestation dans la région chiite de Qatif, dans l’est de l’Arabie saoudite, selon des témoins.
Les manifestants sont descendus dans la rue à Chouika pour protester contre la mort la veille d’un habitant de cette localité, Nasser al-Mheichi, 19 ans, accusant la police de l’avoir tué.
Le jeune homme a été blessé hier à proximité d’un barrage de police à Chouika, dans des circonstances non élucidées. Il est décédé des suites de ses blessures à l’hôpital. « La police nous a informé que des coups de feu avaient visé un barrage de contrôle de police sur la rue al-Ryad, et que mon fils avait été pris sous le feu croisé des hommes armés et des policiers, et atteint de quatre balles », a affirmé le père de la victime.
Mais selon lui, des témoins ont affirmé que l’un des membres des services de sécurité postés au barrage avait abattu son fils. Le porte-parole de la police dans la province orientale de l’Arabie saoudite, n’a pas voulu commenter l’incident.
L’un des proches de la victime, qui a requis l’anonymat, a affirmé à l’AFP que le jeune homme avait été atteint alors qu’il rentrait à pied chez lui, après avoir suivi ses cours dans un collège technique. Selon des militants, il s’agit du second incident en quelques jours, un jeune homme ayant été blessé samedi par des tirs de membres des forces de sécurité dans la localité chiite de Awamiya.
Awamiya avait été le théâtre de troubles début octobre, lorsque 14 personnes, parmi lesquelles 11 policiers, avaient été blessées au cours d’affrontements entre les forces de l’ordre et des manifestants. Les autorités avaient accusé des « fauteurs de troubles » d’être à l’origine de ces violences et d’agir « à l’instigation d’un pays étranger », dans une allusion à l’Iran. La majorité des quelque deux millions de chiites saoudiens vivent dans la province orientale riche en pétrole et se plaignent d’être marginalisés.
Leur presse (Agence Faut Payer), 21 novembre 2011.
Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Arabie
Commentaires fermés sur [Arabie] Tirs sur une manifestation
Nique la « Polisse »
Mais que fait « Polisse » ?
Nous devrions remercier Pierre Schöller pour son film l’Exercice de l’État car il nous redonne confiance dans les capacités de l’art pour poser de nouveaux problèmes politiques. Mais aussi pour avoir rendu moins dramatique la sortie, une semaine plus tôt, de Polisse de Maïwenn qui a fait néanmoins beaucoup plus d’entrées et que les critiques et le public semblent adorer.
Tandis que Pierre Schöller nous fait réfléchir, voire aimer, ce régime politique si peu sexy, si contraire à notre nature qu’est la démocratie, Maïwenn s’acharne à faire exactement le contraire. Et ceci avec tant de passion qu’en quittant la salle, on peut se sentir soit insulté, soit dans l’incapacité presque absolue d’abriter le moindre espoir dans le genre humain. Non pas parce que la jeune réalisatrice nous montre le nombre incalculable de pédophiles et autres monstres analogues qui sévissent à Paris et que la brigade de mineurs traque, interroge et capture. Si l’on sort de la salle accablé, c’est parce que ce film semble une commande du ministère de l’Intérieur — voire d’un obscur dictateur d’une République bananière — dont le but aurait été de composer une sorte d’hymne aux forces de l’ordre. La réalisatrice nous explique que pendant que nous dormons, travaillons, nous amusons dans la plus grande insouciance, la police veille sans relâche, sans retenue, sans faute, à ce que nos enfants ne tombent pas dans l’enfer. Ce sont eux, les policiers que nous ignorons, critiquons, méprisons, envoyons même au tribunal pour un oui ou pour un non, qui permettent que cette société tienne, se tisse, ne se rende pas complètement malade et qu’elle puisse envisager, dans le regard innocent d’un enfant sauvé, son propre avenir. Et en voyant le type de personnes qui s’y sacrifient, notre reconnaissance, voire notre honte, augmente.
Car dans Polisse, la police apparaît comme une bande de boy-scouts ou de Justes, dont l’addiction au Bien est comparable à celle que d’autres éprouvent pour le sexe ou pour la drogue. Entre eux et la société civile il n’y a ni barrières, ni règles de procédure, ni avocats car tout se résout comme dans une famille. Ces policiers agissent comme des parents, des instituteurs, des oncles et des tantes exemplaires, honnêtes, sans vices. Or, contrairement à ce que l’on pourrait penser, Polisse se présente comme une rébellion, comme une transgression envers l’ordre établi. Maïwenn est une vraie révoltée qui veut briser les tabous, dire tout haut ce que personne ne veut entendre. Ainsi, elle nous montre sans complexes ni retenue le caractère ordinaire, quotidien, massif des pires violences contre les enfants, le vrai visage de cette société cachottière. Voici une femme quelconque, qui n’a pas une tête de pédophile, se promenant dans la rue avec un landau et deux enfants. Une policière la soupçonne car l’un de ses fils a mangé un sandwich au goûter plutôt qu’un gâteau. Une fois au poste, l’on découvre que sous ses dehors de normalité cette femme masturbe ses enfants pour les endormir… Ah ! bourgeois hypocrites que vous êtes : grâce à Polisse vous allez tout voir et tout savoir !
En revanche, les membres irréprochables de cette brigade sont aussi bons, aussi gentils, aussi moraux, aussi pourvus de bon sens que nous-mêmes, les spectateurs. Des gens absolument formidables, sans préjugés et incapables d’aucune violence injustifiée. Émotifs comme nous, ils ne connaissent ni froideur, ni amertume, ni cynisme et seraient incapables du moindre abus ou de la moindre erreur de jugement envers leurs concitoyens. C’est pourquoi leur confier tout le pouvoir sans sourciller, les yeux fermés et les mains liées est aussi sûr, aussi peu risqué que de l’exercer soi-même. Et lorsque l’un des policiers, accablé par l’effronterie d’un suspect, lui donne un coup de poing, nous nous disons qu’à sa place, nous aurions fait de même.
Certes, Maïwenn a le droit d’aimer les forces de l’ordre et même d’avoir réalisé ce film stupide. Ce qui est en revanche plus amer, c’est l’enthousiasme que Polisse a suscité dans l’opinion. Comme un signe de l’état de la conscience politique d’un pays qui a de plus en plus de mal à concevoir les droits et les libertés des citoyens autrement que comme des ruses de violeurs, de voleurs, d’escrocs pour mettre en échec le pouvoir du Bien et de la Justice. Mais, dira-t-on, que ne ferions-nous pas pour sauver des enfants ? Beaucoup de choses, certes. Maïwenn cependant nous invite moins à les sauver qu’à nous transformer en un peuple d’enfants politiques. Que nous devenions un troupeau d’enfants gouvernés par une délicieuse police au lieu de nous casser la tête avec des prétentions et des revendications absurdes. C’est pourquoi elle ne cesse de montrer les enfants comme gage et espérance d’un nouvel avenir.
Car les peuples qui, pour mieux détruire leurs ennemis, rêvent d’abdiquer de leur droit de critiquer, de soupçonner, de surveiller, de mettre en échec leur gouvernement et leur police, cherchent à devenir des enfants. Des enfants horriblement méchants.
Leur presse (Marcela Iacub, next.liberation.fr), 19 novembre 2011.
Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire
Commentaires fermés sur Nique la « Polisse »
Pour plaire à l’Europe, la Mauritanie fait la chasse aux migrants
Centre illégal de rétention des migrants de Nouadhibou : La Mauritanie ouvre la course aux chiffres
Le Centre de rétention de Nouadhibou ouvert en 2006 grâce au soutien de l’Espagne est illégal, et pour rien au monde, Caritas Nouadhibou n’entend le légitimer en y mettant les pieds. L’organisation humanitaire catholique qui rapporte les échos qui lui parviennent du centre, souligne des conditions de détention pas du tout enviables. « Les gens sont enfermés toute la journée, n’ont pas accès à la cour, ils ne sortent de leurs cellules que quand ils ont envie d’aller dans les toilettes ; il y a toujours un policier sur leur dos », rapporte Grégoire Cheuko, secrétaire général de Caritas Nouadhibou. Ce dernier est à Dakar depuis vendredi dans le cadre d’un séminaire de formation en prélude au sommet euro-africain sur la migration et le développement. Suivant les témoignages, poursuit-il, les gens sont mal accueillis, ils sont maltraités.
Pire, ajoute sa collègue Linda Khaly Ndiaye, comptable, « il n’y a pas de durée de rétention exacte dans ce centre, cela dépend du nombre que veulent les autorités mauritaniennes. Il n’y a pas de refoulement individuel, si vous êtes arrêté, arrivé au centre, vous vous retrouvez avec deux autres personnes, il va falloir attendre que vous atteignez un nombre pour remplir un camion. Et si dans trois voire quatre semaines, vous n’atteignez pas ce nombre, vous restez davantage sans nourriture ni eau. »
Avec le 10e Fonds européen pour le développement (Fed 2008-2012) pour un montant de 8 millions d’euros, l’Europe entraine nos États africains à faire une sorte de chasse aux chiffres. « Le phénomène des pirogues a considérablement diminué, mais puisqu’il y a de l’argent qui arrive, il faut bien justifier cet argent. Et du coup, pour une simple bagarre entre deux étrangers, on vous attrape, on vous emmène à la police, ou que vous oubliez vos papiers à la maison, on vous conduit au centre de rétention et vous refoule dans les jours ou semaines qui suivent. Tout simplement, parce qu’il faut remplir les listes, rapporter des chiffres au bailleur qui continue à vous financer », renchérissent nos interlocuteurs. Alors que le nombre d’arrivées sur les Îles Canaries a constamment diminué depuis le pic de plus de trente mille personnes en 2006, passant à moins de dix mille en 2008 et moins de trois mille en 2009, le nombre d’étrangers enfermés dans le centre de détention semble n’avoir réellement diminué que depuis 2010.
Les chiffres rendus publics par la Croix-rouge espagnole montrent que jusqu’à l’été 2008, le nombre de personnes détenues s’est maintenu à une moyenne de 360 personnes par mois. Des chiffres très élevés en comparaison de la chute des arrivées sur les Îles Canaries et qui semblent s’expliquer par des arrestations effectuées sur le territoire mauritanien sur de simples soupçons de tentative d’immigration « clandestine ». À les en croire, les gens qui sont détenus dans ce centre ne sont pas tous des personnes qui s’apprêtaient à partir pour l’Europe comme clandestins. Cela s’explique par le fait que, à un certain moment, quand les autorités mauritaniennes ont besoin de personnes pour remplir le centre, elles font des rafles par masse. En ce moment, on arrête tous les étrangers, sans distinction de gens qui travaillent à Nouadhibou depuis cinq ans, notamment des pêcheurs, des restauratrices, des candidats à l’immigration. Ces gens sont, après, renvoyés aux frontières entre le Mali et le Sénégal puis refoulés.
Leur presse (Abdoulaye Sidy, Wal Fadjri), 22 novembre 2011.
Publié dans Les révoltes des migrants
Marqué avec Mauritanie
Commentaires fermés sur Pour plaire à l’Europe, la Mauritanie fait la chasse aux migrants
[Athènes] Deux supermarchés supplémentaires expropriés
Deux expropriations supplémentaires de supermarchés ont été réalisées aujourd’hui dans deux quartiers différents d’Athènes.
Vers 18 heures, un groupe de personnes a exproprié des biens de première nécessité d’un supermarché de la rue Soultani, dans le quartier d’Exarchia.
Un autre groupe de compagnons a exproprié ce matin un supermarché dans le quartier de Galatsi. Les marchandises expropriées ont ensuite été réparties entre les personnes qui se trouvaient sur le marché populaire à l’air libre, près du supermarché. Comme il est dit dans le communiqué distribué lors de cette action directe à Galatsi :
« La banqueroute n’est pas une image à la télé
Les consciences naissent à travers les attaques contre les patrons
Expropriation, maintenant ! »
Traduit de l’espagnol (Contra Info, 19 novembre 2011) – Brèves du désordre.
Publié dans L'insurrection grecque de décembre 2008 et ses suites
Marqué avec Athènes
Commentaires fermés sur [Athènes] Deux supermarchés supplémentaires expropriés
[Grande-Bretagne] « Encadrement policier total » et criminalisation de la contestation
L’envergure de l’opération policière menée mercredi contre une manifestation relativement limitée et pacifique contre les coupes dans l’éducation au Royaume-Uni montre que l’élite dirigeante n’est plus prête à tolérer aucune forme d’opposition sociale et politique.
Si l’on accepte les chiffres de la police concernant la taille de la manifestation, le déploiement de 4000 policiers, dont bon nombre étaient en tenue anti-émeute, représente un rapport de un policier par manifestant. Si le chiffre plus exact de 8000 manifestants est accepté, alors le rapport est quand même de un pour deux.
Le nouveau responsable de la police métropolitaine Bernard Hogan-Howe a décrit la manifestation comme étant un test de son « encadrement policier total ». Voici comment cela se présentait : Londres était placé en quasi paralysie, toutes les routes principales le long du parcours de la manifestation étant bloquées par des rangées de policiers, des camions de police, des policiers à cheval et des barricades de trois mètres de haut.
Lorsque les manifestants sont arrivés dans les gares ferroviaires, routières et les stations de métro, il leur a été remis une brochure de 11 pages avec le titre en lettres majuscules « ENCADREMENT POLICIER TOTAL » imprimé devant et derrière. La brochure avertissait que la police utiliserait la section 60 de la Loi de 1994 sur l’ordre public et la justice criminelle pour fouiller les gens et les contraindre à retirer leur masque.
La manifestation a été étroitement bordée de rangées de policier à l’avant, à l’arrière et des deux côtés tout au long du parcours de 4,5 km. Des hélicoptères survolaient la scène filmant copieusement les participants.
Une provocation supplémentaire, la manifestation était stoppée tous les dix mètres, ce qui veut dire qu’il a fallu trois heures pour parcourir les 4,5 km. Ce « kettling » [tactique policière consistant à confiner étroitement les manifestants dans une zone réduite] régulier a permis à la police de se mêler à la foule à certains endroits, faisant irruption parmi les gens et les poussant dans l’espoir de provoquer une réaction.
Une déclaration publiée le jour même avait averti que le rassemblement prévu à London Wall devait se terminer en moins d’une heure et que les lieux devaient être complètement libérés en deux heures. La tentative de monter un campement à Trafalgar Square, en solidarité avec le mouvement « Occupons » devant la cathédrale St Paul a été aussitôt entravée en l’espace de quelques minutes, la police emmenant de force ceux qui essayaient d’occuper les lieux.
La tentative par un groupe d’électriciens, en grève contre les menaces de la direction de réduire leur salaire de 35 pour cent, de rejoindre la manifestation des étudiants a aussi été en butte à la violence policière. La manifestation des électriciens a été encerclée de façon à quasiment les emprisonner. Quand certains ont tenté de s’échapper, la police anti-émeute est entrée en action et a mis à terre les travailleurs à coups de matraque. La police aurait été en possession de grenades incapacitantes. Les noms et adresses des manifestants ont été pris sous l’autorité de la Section 60 de la Loi sur l’ordre public.
Avant la manifestation, le responsable de la police Simon Pountain a dit lors d’une conférence de presse que l’usage du canon à eau n’était pas prévu, mais que les balles en plastique avaient été autorisées, ce qui est une première en Angleterre.
Plus de 450 courriers avaient été envoyés avertissant toute personne arrêtée précédemment pour un délit en rapport avec un trouble à l’ordre public qu’une récidive conduirait à une arrestation et présentation devant le juge « dans les plus brefs délais ». Un bon nombre de ces courriers ont été envoyés à des gens n’ayant aucune condamnation antérieure, ce qui indique que la police détient des données sur des personnes dont l’unique « crime » est d’avoir participé à une manifestation précédemment.
Dans un article repris par Police Oracle, le correspondant des affaires criminelles du Guardian a allègrement décrit l’autorisation préalable de l’utilisation de la matraque et l’envoi de lettres de menace comme n’étant pas une nouveauté. « Ce qui est nouveau », écrit-elle c’est la décision de Pountain de rendre ceci public.
L’autorisation d’utiliser des matraques a été accordée durant les émeutes de l’été dans les villes britanniques, écrit-elle, et « chose peut-être moins connue… ils avaient aussi l’autorisation de les utiliser durant la manifestation étudiante de l’an dernier contre les coupes dans l’éducation ».
La police se verra aussi attribuer par la ministre de l’Intérieur Theresa May des pouvoirs additionnels, a-t-elle fait remarquer, par lesquels « un officier de police pourra faire évacuer le public d’un lieu spécifique durant une manifestation, un pouvoir jusqu’ici indisponible depuis le retrait du Code en 1973 du Riot Act (loi anti-émeute).
La manifestation étudiante d’octobre dernier a vu plus de 150 arrestations, durant et après la protestation. Les émeutes de cet été, provoquées par le meurtre aux mains de la police d’un homme non armé, ont été suivies de 4000 arrestations et plus de 2000 poursuites, avec de longues peines de prison pour les délits les plus légers.
La même chose se produit à travers le monde. Partout où les travailleurs et les jeunes cherchent à s’opposer à l’imposition de coupes d’austérité draconiennes, ils sont confrontés à une répression brutale.
Ainsi en Grèce la grève générale du 20 octobre a été attaquée par 15’000 policiers anti-émeute et la Place Syntagma a été inondée de gaz lacrymogène. Aux États-Unis, les manifestations « Occupons Wall Street » se sont propagées dans tout le pays en l’espace de deux semaines, en grande partie suite à l’arrestation le 1er octobre de 700 protestataires, soit près d’un tiers, parmi ceux qui manifestaient sur Brooklyn Bridge. Depuis, diverses polices locales ont monté des attaques en tenue anti-émeute et utilisé le gaz lacrymogène et d’autres armes et ramené à plus de 3000 le nombre de personnes arrêtées dans le pays.
Le recours aux mesures répressives est une indication de la polarisation extrême entre les classes sociales.
En Grande-Bretagne, le Riot Act que l’on cite à présent avait été originellement rédigé en 1714, faisant de l’émeute un délit passible de la peine de mort. Cette peine avait ensuite été réduite en 1837 à la déportation à vie.
L’utilisation la plus connue du Riot Act avait eu lieu lors du Massacre de Peterloo en 1819 à Manchester où une charge de cavalerie contre 80’000 manifestants réclamant une réforme parlementaire et de l’aide face à des difficultés économiques écrasantes, avait tué 15 personnes et en avait blessé 700.
À Glasgow, le Vendredi noir de 1919, la police anti-émeute et 10’000 soldats furent envoyés contre des travailleurs luttant pour la réduction du temps de travail. Ce Vendredi noir eut lieu après la Révolution d’octobre de 1917 en Russie à un moment où l’élite britannique craignait un « soulèvement bolchevique ».
Le fait que des pouvoirs pareils soient promulgués aujourd’hui, d’abord en toute discrétion puis maintenant en fanfare et trompettes officielles, devrait servir d’avertissement à la classe ouvrière de Grande-Bretagne et du monde entier.
Aujourd’hui, tous les aspects de la vie sociales sont dictés par une oligarchie extraordinairement riche qui ne cherche qu’à s’enrichir toujours plus. Dans la situation d’une crise économique qui empire, ceci se traduit par des demandes de coupes budgétaires et d’austérité pour des millions de gens. Et il n’existe aucune possibilité de voir ces mesures votées démocratiquement.
C’est ce qui détermine les agissements des gouvernements bourgeois du monde entier consistant à promulguer des mesures propres à un État policier et explique en Grèce, la menace d’un coup d’État militaire.
La riposte des travailleurs et des jeunes doit être de construire un mouvement socialiste de masse et d’adopter une perspective révolutionnaire pour une société véritablement démocratique et égalitaire, fondée sur l’expropriation de l’oligarchie et l’organisation de la production afin de répondre aux droits sociaux de tous à l’éducation, à la santé, au logement et à un emploi bien payé.
Chris Marsden – WSWS, 14 novembre 2011.
Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Grande-Bretagne
Commentaires fermés sur [Grande-Bretagne] « Encadrement policier total » et criminalisation de la contestation
[Bénin] Émeute face au déguerpissement à Zongo (Cotonou)
Émeute suite aux opérations de déguerpissement : Des pierres, du sang, et des coups de feu à Zongo
Zongo… La réputation n’a pas changé. Quartier du 5e arrondissement de Cotonou réputé pour sa légendaire hostilité aux forces de l’ordre et à l’assainissement a été hier mardi, le théâtre de violents affrontements entre agents républicains et populations, rappelant du coup une scène d’Intifada dont ce coin singulier de la capitale économique est coutumier depuis fort longtemps.
On se croirait véritablement dans les rues de Jérusalem où des soulèvements des habitants éclatent souvent pour s’opposer à des opérations de ratissage. Ainsi, face aux kalachnikovs et engins lourds, les populations réagissent par des jets de pierres. Quelque temps après, c’est l’accalmie mais au bout de plusieurs minutes, les affrontements reprennent. C’est ce que Zongo a été hier tout au long de la journée. Des échauffourées intermittentes ont bouleversé la vie quotidienne des usagers. Les habitants et particulièrement les riverains de la voie principale longeant ce quartier, ont décidé de manifester leur colère en s’opposant aux opérations de déguerpissement entreprises par les autorités municipales pour changer l’image de la capitale économique. Selon nos informations, à peine ont-ils aperçu le bulldozer de la mairie accompagné d’une équipe d’agents de sécurité municipaux et du commissariat central de Cotonou, qu’ils les ont cueillis à froid, par des projectiles. Qui pour lancer des pierres, d’autres des gourdins ou tout autre objet, sur lequel ils se jetaient. Une réaction digne d’une défiance vis-à-vis des forces de l’ordre et de la mairie de Cotonou à laquelle on ne pouvait ne pas s’attendre. Si ailleurs l’opération « ville propre » n’a pas donné lieu à des violences, tout le monde savait que Zongo allait opposer une résistance qui risque de déboucher en affrontements sanglants. Les faits l’ont prouvé hier. Pendant que le soulèvement prenait corps, les forces de sécurité présentes sur les lieux demandaient du renfort qui ne tarde pas à venir. Un contingent de la Compagnie républicaine de sécurité arrive. Bien avertis, les éléments organisent aussitôt la charge. Contenus dans leur offensive, les manifestants baissent les bras. Sans doute le temps de voir ce qui va se passer par la suite.
24 heures…
Alors que le déguerpissement des abords de la voie n’était pas au programme hier, mais plutôt de rappeler que c’était l’ultimatum avec pour objectif de montrer par la présence de bulldozer sur le terrain, que Zongo n’échappera pas au toilettage, surtout le marché de moutons, la réaction des occupants illégaux, voire des « voyous » a précipité l’opération qui devrait avoir lieu 24 heures plus tard. C’est-à-dire aujourd’hui. La mairie s’assurant de la présence remarquable de la Police nationale ne compte plus perdre du temps. Ainsi, sous les coups de l’engin déployé, les murs et les toits des boutiques, hangars, pour la plupart faits en matériaux de récupération, tombent l’un après l’autre. Les pièces détachées d’occasion des véhicules accrochées ici et là sont dégagées. Des marchands tentent de les récupérer dans la précipitation. La tension monte à nouveau. De petits groupes de manifestants reprenant du poil de la bête, lancent à nouveau des pierres contre les agents municipaux et de la Police qui fait usage de ses moyens pour décourager les protestataires. Quelques-uns d’entre eux sont arrêtés. Eux autres avaient pris en sandwich, Wenceslas Guédou, un agent de la mairie, qui roué de coups et grièvement blessé a été transporté à la Clinique « Les grâces ». Le toilettage qui est allé jusqu’au bout n’a pas coûté cher qu’aux sinistrés, mais également à la municipalité. Elle vient d’essuyer les premiers véritables heurts pour ses actions en faveur de l’assainissement de la ville. En analysant les évènements d’hier, on se rend compte qu’il s’agit une fois encore d’attaques contre les symboles de la République, que sont la mairie de Cotonou, la Police nationale et même des infrastructures routières, puisque des pneus ont été brûlés sur la voie publique en signe de mécontentement. Cette image très négative récurrente que renvoie Zongo est préoccupante. On se demande si la justice et la Police ne sont pas suffisamment fortes pour prendre des sanctions exemplaires. Pourtant, en prévision de ces affrontements, une rencontre était intervenue entre la mairie de Cotonou, la présidence de la République et des dignitaires musulmans du quartier Zongo. Ceux-ci plaidaient en faveur d’une situation atténuante pour leur localité dans le cadre des opérations de déguerpissement. Selon nos informations, à l’issue de la rencontre, des instructions ont été données aux autorités municipales afin qu’elles épargnent Zongo. Mais refusant de se froisser avec une partie des administrés victimes de l’opération, elles sont passées à l’offensive. Zongo qui devrait être le premier à être touché est devenu l’un des derniers.
Leur presse (Actubenin.com), 16 novembre 2011.
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme
Marqué avec Bénin, Cotonou
Commentaires fermés sur [Bénin] Émeute face au déguerpissement à Zongo (Cotonou)
[Landes] Les vandales travaillent
Cinq statues vandalisées dans les Landes
Des vierges et des Christs taggés en rouge. Les actes de vandalismes se multiplient depuis 15 jours.

Aucun suspect n’a pour l’instant été interpellé dans le cadre de cette enquête confiée par le parquet de Dax à la brigade de gendarmerie de la ville. Et aucune piste n’est privilégiée pour l’instant.
Les maires et les gardes champêtres landais sont en état d’alerte, alors que les patrouilles de gendarmes sont renforcées près des lieux de culte. De son côté, l’évêché demande aux prêtres de porter plainte dès le constat de dégradation.
« Tout ceci est extrêmement navrant, choquant, préoccupant. C’est du vandalisme gratuit », s’insurge Bernard Hayet, le vicaire général du diocèse de Dax. « Je ne dis même pas le mot profanation. Pour profaner, il faut en vouloir à quelqu’un et à ce jour, je n’ai reçu aucune revendication anti-catholique. » Pour lui, « il s’agit de quelqu’un qui n’est pas bien dans sa tête ».

La première dégradation a été commise le 10 novembre dans l’église de Pontonx sur une statue de l’apparition de la vierge à Bernadette Soubirous, qui a été badigeonnée de peinture rouge, de haut en bas. Puis, à Saugnac-et-Cambran, le visage d’une vierge, située à un carrefour, a été recouvert de peinture rouge et à Buglose, berceau de Saint-Vincent de Paul, le visage de la Vierge a été peint en noir. Quatre jours plus tard, les colonnes du kiosque abritant les statues ont été taguées en rouge et les bras du Christ ont été sectionnés. Le dernier acte a été commis vendredi, quand le Christ de l’église de Rion-des-Landes a été maculé de peinture rouge.
« Il faut raison garder », a pour sa part estimé la procureur de Dax, Frédérique Loubet Porterie. « Néanmoins, ce sont des faits extrêmement graves de nature à porter atteinte à l’ordre public et au respect de la laïcité. » «Le législateur les punit de sept ans de prison et 100.000 euros d’amende, pour dégradation d’un bien culturel exposé dans un lieux de culte », a rappelé le parquet.
Leur presse (France 3 Aquitaine), 21 novembre 2011.
Le Christ de Rion lui aussi repeint à la bombe rouge
Le parquet de Dax a confié l’enquête aux gendarmes de la brigade de recherches dacquoise pour élucider cette mystérieuse série de dégradations.
Qui en veut à ce point aux statues landaises de la Vierge et du Christ ? C’est ce que doit déterminer l’enquête confiée vendredi par le parquet de Dax à la brigade de recherches de la gendarmerie dacquoise. Le jour même, à Rion-des-Landes, c’est un Christ en croix placé derrière le maître-autel de l’église, qui a été tagué de peinture rouge, de la tête aux pieds. L’« agresseur » a aussi scié les deux bras de la statue sans pour autant qu’ils tombent comme quelques jours plus tôt sur le site marial de Buglose à Saint-Vincent-de-Paul.
Le ou les individus à la bombe rouge ont aussi sévi il y a dix jours à Pontonx-sur-l’Adour, dans la grotte représentant l’apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous, et à Saugnac-et-Cambran sur la Vierge située à un carrefour quartier Arzet. « Des actes de vandalisme » condamnés via un communiqué par le préfet des Landes.
La gendarmerie a renforcé ses patrouilles auprès des édifices religieux et la cellule d’investigations criminelles de Mont-de-Marsan a effectué des prélèvements à Buglose, Saugnac-et-Cambran et Rion-des-Landes. Dans cette dernière commune, l’église est fermée jusqu’à nouvel ordre, le temps des investigations.
De son côté, l’Évêché a demandé aux prêtres de déposer plainte dès le constat d’une dégradation dans les églises paroissiales ou sur les sites religieux.
Leur presse (Emma Saint-Genez, Sud-Ouest), 21 novembre 2011.
La vierge profanée
Plusieurs actes de vandalisme ont été commis contre des statues religieuses.
À Buglose, quartier de Saint-Vincent-de-Paul si cher au cœur des chrétiens landais, le spectacle ne laisse pas de marbre. Les colonnes du kiosque en pierre situé entre la basilique et la chapelle aux miracles, sont toutes taguées de deux traits parallèles à la peinture rouge. Pire encore, les bras du Christ martyr que tient la pieta ont été sectionnés. Un bras gît au sol avec quelques éclats de plâtre éparpillés.
La semaine dernière, c’était à Pontonx. Jeudi dernier, très exactement, Vincent Degos, l’un des responsables de l’église, a constaté avec émotion que, du côté de la grotte symbolisant l’apparition de la Vierge à Bernadette Soubirous, la statue avait été taguée à la peinture rouge, des pieds à la tête. Pour le réaliser, il avait fallu escalader la grille clôturant l’espace de cette mini-grotte, œuvre de Léon Laulhé, ancien Pontois, car la vierge y est arrimée à bonne hauteur.
Dans l’agglomération de Dax, l’église de Saugnac a également reçu la visite du ou des vandales. « Et il y aurait une autre église dans le même secteur proche de Dax, mais nous n’en avons pas encore eu confirmation », confie Bernard Hayet, vicaire général, plus proche collaborateur de l’évêque dans le diocèse.
Précédents
Cela fait beaucoup, d’autant que si ces actes se sont succédé dans la région de Dax, depuis une semaine, d’autres ont été recensés dans un autre secteur du diocèse. « Il y a un mois, raconte Bernard Hayet, on a volé une vierge en bois doré à Saint-Pierre-du-Mont, et deux vierges ont été taguées à l’intérieur de l’église. On a cassé une statue de Notre-Dame de Lourdes à l’abbatiale de Saint-Sever. À Ygos-Saint-Saturnin, tout récemment, c’est encore une pieta qui a été vandalisée. » Le vicaire général n’établit aucun lien entre tous ces actes, mais force est de constater que leur multiplication pose question.
« Ce sont toujours des statues de Vierge. Je suis un peu étonné. Je n’ai jamais entendu parler d’actes semblables vis-à-vis de la Vierge maternelle ou même de la Vierge Marie, plus largement. Je ne comprends pas que des personnes pour qui ces statues n’ont pas de signification particulière, s’attaquent à des objets religieux. N’y a-t-il donc que la violence aveugle désormais pour remplacer des mots qui sont éventuellement difficiles à prononcer ? N’y a-t-il donc pas la possibilité d’une rencontre ou d’une confrontation si ces actes disent quelque chose au-delà du vandalisme ? »
Toutes les hypothèses sont ouvertes : expression organisée d’un mouvement plus ou moins ésotérique ? Acte de personnes fragiles ou déséquilibrées vis-à-vis de la religion ou de la figure maternelle ? Actes de vandalisme gratuits ?
« J’ai en tout cas demandé à tous les prêtres, s’ils constatent la moindre dégradation dans les églises paroissiales, les chapelles ou sites religieux dont ils ont la garde, de déposer plainte immédiatement », indique avec fermeté Bernard Hayet. « Nous ne pouvons pas admettre que de tels actes continuent sans que ceux qui ont la responsabilité de l’ordre public aient les moyens d’exercer leur mission. »
Il ajoute également qu’il rendra compte de ces événements à l’évêque dès que celui-ci rentrera de son voyage en Israël. « Nous verrons la manière la plus opportune d’agir au niveau de sa fonction. J’ai été recteur du sanctuaire de Buglose et je me souviens que, souvent, des gens très humbles, parfois marginaux, sont venus me demander de nettoyer cette pieta qui les touchait, avec son fils mort dans les bras. Elle leur était plus accessible que les statues installées dans la basilique. Souvent, j’ai vu des gens reprendre courage devant elle pour faire quelques pas dans leur vie. Et c’est sans doute pour cela que je me sens particulièrement blessé. »
Leur presse (Christine Lamaison, Sud-Ouest), 19 novembre 2011.
Publié dans Archives de l'athéisme
Marqué avec Landes
Commentaires fermés sur [Landes] Les vandales travaillent
[Valais] Un bûcher de bibles pour brûler toute l’église
Des inconnus ont tenté de bouter le feu à un lieu de culte. Seul l’autel a été détruit, mais il faudra des semaines pour réhabiliter l’édifice. Le curé témoigne.

« Les fidèles étaient très choqués, ce matin. » C’est dans la salle de paroisse que Gilles Roduit, curé du Châble, a annoncé aux paroissiens qu’un incendie criminel avait éclaté samedi soir dans leur église.

Selon les premières constatations, un ou des inconnus ont rassemblé des livres de chant, de liturgie et des évangiles, les ont placés contre l’autel, puis y ont bouté le feu. En bois, la table sainte et un podium ont été réduits en cendres. « C’est grâce au système d’alarme qu’on a pu éviter le pire », a indiqué hier Jean-Marie Bornet, porte-parole de la police cantonale.

Sinistre rapidement maîtrisé
Les pompiers ont pu rapidement maîtriser le sinistre. Cependant, la fumée a causé d’importants dégâts. « Je suis déjà content qu’ils n’aient pas touché aux œuvres sacrées », soupire Gilles Roduit. « Certaines peintures datent du XVIIe siècle. Ce devrait être possible de les ravoir. Il y a en tout cas du travail pour tout remettre en état. »

Le curé se dit perturbé de voir que certains aient eu « le désir de brûler l’église ». Pourtant, il ne croit pas à un acte antichrétien. Une hypothèse d’autant plus vraisemblable qu’une vingtaine de véhicules ont été endommagés dans le village durant la même nuit. La police mène l’enquête, ouverte par le Ministère public du Bas-Valais.

Le curé ne baisse pas les bras
Le curé refuse toutefois de baisser les bras : « On essaie toujours de donner une image positive de la jeunesse. Avec ce genre de geste, ça complique la tâche. » Le curé va tout de même faire « un beau camp en peau de phoque pour les jeunes, afin de leur montrer qu’il y a des choses plus intéressantes à faire que mettre le feu aux églises… »


Lieux saints visés
Si l’incendie intentionnel d’une église est une première en Valais, selon le porte-parole de la police cantonale, une vague de sinistres a frappé des lieux de culte de la région lausannoise au début des années 2000. Ces attaques avaient été accompagnées de tags satanistes. La bible avait déja été utilisée pour mettre le feu à un temple. En l’occurence celui de Morges (VD) en juillet 2006, où dans un accès de démence, un Américain nu comme un ver avait voulu bouter le feu à l’église avant de se jeter au lac et de mordre ses sauveteurs ! En janvier dernier, un déséquilibré avait jeté des jerricans d’essence dans la cathédrale de Soleure, causant d’importants dégâts.

Leur presse (20 Minutes), 20 novembre 2011.
Vandalisme à Wasnes-au-Bac : le Christ du calvaire a été décapité
La statue du Christ, située route de Marquette dans le petit village de Wasnes-au-Bac, a été décapitée par un ou plusieurs vandales, apparemment dans la nuit de mardi à mercredi derniers.
Depuis qu’elle a été découverte, la profanation du Christ du calvaire, lequel est situé route de Marquette, ne cesse d’indigner tous ceux qui en parlent. À commencer par le maire du village, Jules Cornet, qui rappelle que la statue, en résine, avait été rénovée il y a tout juste quinze jours. Le Christ a été décapité et son torse arraché. Les faits se sont vraisemblablement produits dans la nuit de mardi [15] à mercredi [16 novembre] dernier. C’est l’employé de commune qui, dans la matinée du jeudi 17 novembre, a relevé les dégradations, de même que celles portées au panneau d’entrée du village. Il semble que le ou les vandale(s) ont procédé en jetant sur le Christ du calvaire des morceaux de briques rouges qui traînaient sur le sol. Les gendarmes de Bouchain ont ouvert une enquête.
Leur presse (L’Observateur du Valenciennois), 21 novembre 2011.
Publié dans Archives de l'athéisme
Un commentaire
Camp antinucléaire de Valognes déplacé ! Du 21 au 23 novembre !!
RASSEMBLEMENT AVANCÉ au 23 NOVEMBRE 2011 à 10h + INFOLINE
Le numéro de l’infoline à appeler pour avoir les indications sur l’emplacement précis du camp est le : 06 28 98 43 83. Elle sera activée lundi à midi. Notez-le bien avant de partir !
Rassemblement pour bloquer le train à son départ :
Mercredi 23 novembre 2011, 10h
Nous ne sommes pas surpris de la décision de Areva et de la SNCF optant pour un départ anticipé du train CASTOR en partance pour Gorleben. Nous signifions il y a quelques semaines : « Concrètement, ces trois jours de camp visent tout autant à nous permettre d’anticiper un départ avancé du train qu’à se donner le temps de penser collectivement la suite, de penser les différentes pratiques et de les mettre en musique. »
Nous sommes prêts !
Le « programme » provisoire et évolutif du camp :
21 novembre :
Rendez-vous pour l’installation du camp (précisions via infoline)
22 novembre :
11h : Discussions autour des luttes ; projections et interventions
Après-midi : Préparation des actions
18h : Début des repas
20h : Assemblée : discussion autour des perspectives anti-nucléaires
Suivi de Musique/Bœuf : amenez vos instruments !
23 novembre :
10h : Rassemblement et actions de blocage…
Pour plus d’informations, voici la nouvelle adresse du site :
http://valognesstopcastor.noblogs.org/?p=621
(Il y a des problèmes avec l’ancienne adresse, que ce soit du fait d’une cyber-attaque ou d’une défaillance de l’hébergeur.)
Valognes Stop Castor (contact), 20 novembre 2011.
Publié dans Luttes antinucléaires
Marqué avec Valognes
Commentaires fermés sur Camp antinucléaire de Valognes déplacé ! Du 21 au 23 novembre !!
Forum antirépression 2011 à Poitiers 26 et 27 novembre
Publié dans Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec antirep, Comité poitevin contre la répression des mouvements sociaux, Poitiers
Commentaires fermés sur Forum antirépression 2011 à Poitiers 26 et 27 novembre
[Alès] « Nique la police »
[Alès] Des tags insultants sur les murs de l’église
Une paroissienne à découvert avec stupeur, hier à 15 heures, plusieurs tags sur les murs du débarras et des toilettes de l’église de Rochebelle. Ouverte toute la journée et très fréquentée, l’église n’a pourtant pas de gardien.

En fin d’après-midi, les agents de la police municipale sont venus constater les dégradations, « représailles à leur encontre ». Une plainte va être déposée par la mairie, propriétaire du lieu. Et une enquête de voisinage est en cours.
Leur presse (Midi Libre), 18 novembre 2011.
Publié dans Graffitis divers, Violences policières et idéologie sécuritaire
Marqué avec Alès
Commentaires fermés sur [Alès] « Nique la police »
[Chine] Les protestations s’intensifient dans le « grand atelier du monde »
Des milliers d’ouvriers chinois en grève… contre les délocalisations
Plus de 7.000 salariés d’une fabrique de chaussures pour les marques Adidas, Nike et New Balance, du sud de la Chine, ont manifesté pour s’opposer à un potentiel projet de délocalisation vers une province du sud-est. D’autres Chinois se sont pour leur part opposés aux saisies de terres.

Les Chinois continuent de se révolter. Des milliers d’entre eux ont fait grève contre des licenciements et des réductions de salaires dans une fabrique de chaussures pour les marques Adidas, Nike et New Balance. Dans la province du Guangdong, ce mouvement social a provoqué des heurts avec la police causant de nombreux blessés, selon le China Labor Watch (CNW), groupe de défense des droits de l’homme.
Dans la même région, d’autres Chinois ont manifesté ce lundi contre la saisie de terres. Ils étaient des milliers à défiler dans la ville de Lufeng, selon les habitants. Cette manifestation intervient deux mois après des émeutes au même endroit et pour les mêmes motifs lors desquelles des manifestants avaient attaqué un commissariat et saccagé des véhicules. Des photos publiées sur le site de microblogs weibo montrent des manifestants portant des bannières sur lesquelles on peut lire : « À bas la dictature », « Punissons la corruption » ou « Redonnez-nous nos droits ».
Quant au projet de délocalisation, il a également déclenché la colère de milliers de salariés, dans l’usine de chaussures de Yucheng, près de Huangjiang jeudi dernier. La grève de ces salariés faisait suite au licenciement le mois dernier de dix-huit de leurs cadres, interprété par les ouvriers comme un signe de prochaine délocalisation, a ajouté CNW. L’un des cadres licenciés a déclaré au journal China Business News que son départ faisait partie d’un projet de déménagement de la production dans la province de Jiangxi afin de réduire les coûts qui sont plus élevés dans le vaste pôle manufacturier de Dongguan.
À l’origine également de la contestation : la rémunération des salariés déjà faible qui risque encore d’être réduite. La suppression de primes de rendement et des heures supplémentaires sont aussi à l’origine de la colère des ouvriers de l’usine de Yucheng. « Notre salaire de base mensuel n’est que de 1.100 yuans (130 euros) » et « nous avons vraiment besoin de faire des heures supplémentaires », a déclaré une ouvrière au Yangcheng Evening. Les interventions des autorités locales pour un maintien des heures supplémentaires sont restées sans réponse de la part de la direction de l’usine qui est la propriété d’un groupe d’investissement de Taïwan, selon la presse chinoise.
Le « grand atelier du monde » ne parvient pas à calmer ses salariés mécontents. En effet, cette grève est la dernière d’une série d’incidents et de mouvements sociaux qui ont éclaté dans le Guangdong, région connue pour attirer des dizaines de millions de travailleurs migrants. Depuis l’an dernier, les tensions sociales en Chine s’intensifient.
Leur presse (LaTribune.fr), 21 novembre 2011.
Tensions sociales en Chine : les grèves se multiplient
À la suite des récents mouvements sociaux chez Honda Motor et Foxconn International, qui fabrique des iPhone pour Apple, des grèves ont été signalées dans la province du Jiangxi dans une usine appartenant à des Taiwanais, où l’on fabrique des articles de sport. Une grève a éclaté également à Xian, dans une usine de Brother Industries, entreprise japonaise de machines à coudre.
Les troubles sociaux partis d’usines appartenant à des sociétés étrangères dans le delta de la rivière des Perles, dans le sud de la Chine, semblent s’étendre à des régions moins favorisées de l’intérieur, élargissant un mouvement mené par des ouvriers qui souhaitent voir leurs salaires suivre l’évolution des richesses du pays.
Cette série de grèves est un sujet d’inquiétude pour le Parti communiste chinois, qui de longue date s’efforce de désamorcer tout conflit social et de sanctionner les grévistes.
À la suite des récents mouvements sociaux chez Honda Motor et Foxconn International, qui fabrique des iPhone pour Apple, des grèves ont été signalées dans la province du Jiangxi dans une usine appartenant à des Taiwanais, où l’on fabrique des articles de sport. Une grève a éclaté également à Xian, dans une usine de Brother Industries, entreprise japonaise de machines à coudre.
IL SUFFIT D’UNE ÉTINCELLE
Aussi bien le Jiangxi que Xian sont relativement distants des régions côtières riches proches de Hong Kong et Shanghai.
« Il suffit maintenant d’une étincelle et les nouvelles se propageront à travers toute la Chine, ce qui pourrait déclencher d’autres mouvements sociaux dans d’autres usines », estime Paul Tang, chef économiste à la Bank of East Asia à Hong Kong.
La majeure partie de ces conflits sociaux portent sur les salaires, la hausse du coût de la vie et la longueur des journées de travail. De leur côté, les patrons cherchent à maîtriser les coûts pour continuer à faire venir des investisseurs attirés par une main d’œuvre bon marché.
GRÈVE À XIAN
Ces conflits reflètent en outre l’arrivée d’une nouvelle génération de Chinois qui ont grandi dans les zones économiques du sud et de la côte, très tôt tournées vers les réformes. Cette génération-là n’a guère de souvenirs du passé socialiste et d’événements comme la répression du « Printemps de Pékin », qui fit des centaines de morts début juin 1989.
Si le mouvement fait réellement tache d’huile, le gouvernement central devra soit faire des concessions à des ouvriers de plus en plus revendicatifs, soit prendre le parti des investisseurs, jugés essentiels à la bonne tenue des exportations du pays. L’excédent commercial de la Chine a fortement augmenté en mai, soutenu par un bond des exportations.
Dernière grève en date à être signalée, celle qui touche deux usines, soit 900 ouvriers, de Brother Industries, dans la ville de Xian, au centre du pays. Le mouvement a tout d’abord provoqué l’arrêt de la production, qui a repris par la suite. La compagnie a dit être en pourparlers avec les grévistes, qui réclament des hausses de salaires et une amélioration des conditions de travail.
D’AUTRES MOUVEMENTS
En outre, 8.000 ouvriers chez Smartball, un fournisseur taiwanais d’Adidas se sont mis eux aussi en grève. Un représentant d’une association d’hommes d’affaires taiwanais à Jiujiang, où Smartball est implanté, a indiqué que la production avait repris jeudi dans l’usine, après un contentieux lié aux salaires.
Mercredi, des médias taiwanais ont rapporté que 2.000 ouvriers d’une usine de machines-outils à capitaux taiwanais, près de Shanghai, s’étaient mis eux aussi en grève, mardi.
Des ouvriers d’une filiale shanghaienne du fabricant taiwanais de LCD Chimei Innolux ont brièvement cessé le travail pour réclamer de meilleures primes, mais le conflit a été réglé et le travail a repris.
Honda a par ailleurs annoncé que la production reprendrait vendredi dans deux usines automobiles chinoises mises en chômage technique deux jours durant cette semaine, en raison d’une grève chez un fournisseur.
Le mouvement social chez ce fournisseur, filiale du constructeur qui fabrique des composants pour les pots d’échappement, a pris fin mercredi soir et sa production a repris jeudi.
Leur presse (Reuters), 10 juin 2010.
[Chine] Des coquillages à la sauce métaux lourds
Amateurs de fruits de mer, prudence ! La pollution chimique des côtes chinoises atteint des niveaux élevés. Adieu huîtres et mollusques…
Alors que les médias de la province du Guangdong [sud de la Chine] révèlent une concentration de cuivre 740 fois supérieure à la normale dans des huîtres, à une embouchure de la rivière des Perles, le 9 octobre dernier, à Wenling, dans la baie de Yueqing [province côtière du Zhejiang, un des grands centres aquacoles de Chine], M. Huang déguste justement une omelette aux huîtres.
Ce paysan de 48 ans ne mange déjà plus depuis huit ans le riz qu’il plante, car il a été prouvé que la prévalence élevée des cancers dans son village est liée à une pollution [des sols] aux métaux lourds. Il fait désormais très attention. Mais voilà que maintenant les fruits de mer vont devenir pour lui un nouvel aliment interdit !
Selon le “Rapport sur la qualité de l’environnement marin de la province du Guangdong en 2010”, les polluants rejetés en mer au niveau des huit principales embouchures de la rivière des Perles auraient été estimés à plus de 1 million de tonnes. Ils seraient à l’origine de dépassements importants des teneurs en métaux lourds autorisées dans certains coquillages.
Un inspecteur chargé de la protection de l’environnement maritime a révélé que la pollution aux métaux lourds provient en grande partie des rejets clandestins des industries chimiques dans les eaux littorales. Toute la côte est touchée par ce type de pollution. Celle de la baie de Yueqing n’est qu’une illustration de ce qui peut arriver aux villes côtières cernées par les industries.
Un haut fonctionnaire de Wenling explique que sa région a été pendant un temps “la plus grande base de démontage et de recyclage de déchets électroniques en Chine”, avec une capacité de traitement de plus de 2 millions de tonnes par an. Les villageois employaient des acides comme le vitriol et l’acide nitrique pour extraire les composants métalliques. La gigantesque pollution générée avait provoqué la disparition des poissons et écrevisses du ruisseau Tongshan, aux eaux jadis limpides.
La pollution aux métaux lourds se déplace au fil de l’eau jusqu’à la mer, où ces substances finissent par s’accumuler, en particulier dans les coquillages, avant de nuire finalement à la santé des hommes qui les consomment. Cette pollution se déverse chaque jour aux embouchures des différents cours d’eau qui constellent les 18’000 km du littoral chinois.
Marées rouges toxiques
“La pollution des mers qui bordent la Chine par les métaux lourds est devenue un problème global”, souligne Guo Yuanming, ingénieur principal à l’Institut de recherches sur les ressources aquatiques océanes du Zhejiang. Du nord au sud de la Chine, aucune région n’est épargnée. Ainsi, des études effectuées dans le golfe de Bohai [nord-est] ont mis en évidence la qualité médiocre des coquillages élevés dans la plupart des fermes conchylicoles de la province du Hebei. En mer de Chine orientale, la situation s’avère encore plus catastrophique. “L’eau contient du plomb et du mercure à des niveaux bien supérieurs aux normes, et il arrive que des sédiments présentent des teneurs anormales en cuivre et en cadmium.”
La pollution se transmet ensuite très facilement aux produits de la mer. Entre juin 2005 et juin 2006, le Centre d’observation de l’environnement en mer de Chine orientale a prélevé une fois par mois des échantillons sur quatre marchés de gros de Shanghai spécialisés dans les produits de la mer. Résultat, “sur les quinze variétés de coquillages mis en vente, deux présentaient des dangers pour la santé, une devait être consommée avec prudence et quatre seulement pouvaient être mangées quasiment sans problème”.
Plus au sud, dans le golfe du Tonkin, dont les eaux étaient jusqu’à alors considérées comme d’assez bonne qualité, des chercheurs ont découvert en 2008 une “assez grave pollution par les métaux lourds”. Dans la province du Guangxi [sud], selon les conclusions d’études publiées en 2011, “deux variétés d’huîtres peuvent constituer une sérieuse menace pour la santé, du fait de la présence de métaux lourds”.
Les “marées rouges” [dues à des microalgues toxiques] qui touchent de temps à autre les côtes chinoises sont probablement une menace plus grave et plus directe pour la sécurité des produits de la mer que le dépassement des teneurs autorisées en métaux lourds. “Au cours du premier semestre, l’ingestion de moules toxiques ramassées dans la région frontalière entre les provinces du Fujian et du Zhejiang a provoqué des diarrhées chez plusieurs personnes. Par le passé, on a déjà enregistré des morts à la suite de la consommation de mollusques”, explique Guo Yuanming. Les données de l’Observatoire de l’environnement de la mer de Chine orientale montrent une tendance à la hausse du phénomène, avec une augmentation des “marées rouges” toxiques.
Impossible non plus de négliger le problème de la pollution par des matières organiques persistantes. Car la pollution liée aux composés organiques est très souvent cancérigène. Les organoétains [dont le tributylétain (TBT), substance chimique utilisée dans les peintures navales antifouling pour empêcher les mollusques et les organismes de se développer sur les parois des bateaux] pourraient même provoquer des mutations sexuelles [chez l’homme]. “Les effets cancérigènes ne s’observent qu’à long terme. Il faudra sans doute attendre une vingtaine d’années pour en avoir confirmation, mais à ce moment-là il sera trop tard !”
Traduit du chinois (Lü Minghe, Nanfang Zhoumo) – Courrier international, 17 novembre 2011.
[Chine] Les scandales alimentaires ne cessent de se multiplier dans le pays
Profiter… à en crever !
Les scandales alimentaires se multiplient ? La faute à une société qui perd les pédales face à l’argent et qui voit ses règles de conduite s’étioler.
Le Premier ministre Wen Jiabao a sévèrement condamné, en avril dernier, les scandales alimentaires préjudiciables au peuple chinois. Qu’il s’agisse du lait contaminé à la mélamine, du clenbutérol (anabolisant donné aux porcs), de l’huile frelatée ou des petits pains à la vapeur colorés (avec des produits toxiques), « tous ces scandales concernant la sécurité alimentaire suffisent à révéler un manque évident d’intégrité, ainsi qu’un déclin de l’éthique extrêmement grave ». Ils soulignent également la nécessité d’étudier avec attention le renforcement de la culture morale au sein de cette société chinoise en période de transition.
Pas de sanction dissuasive
Car ces scandales alimentaires se multiplient. Pourquoi ? En matière de sécurité alimentaire, la société a perdu sa capacité à assainir ses mœurs, à mûrir et à se corriger. La preuve en est : les erreurs commises par une entreprise n’ont pas servi de leçon aux autres, les fautes professionnelles de certains départements (de l’administration) n’ont pas sonné le tocsin pour les autres. Et les mesures prises pour sévir contre certains agissements contraires à la morale, à la loi et aux institutions n’ont pas eu l’effet dissuasif attendu. En matière de sécurité alimentaire, les valeurs idéologiques liées aux concepts de civilisation et de culture n’ont plus la force de faire aller la société de l’avant, ni celle de faire sortir l’homme de sa barbarie, de son ignorance et de son aveuglement pour le guider vers la civilisation, la dignité et la modernité. Ce qui m’amène à la question suivante : pourquoi notre culture morale a-t-elle perdu cette force ?
La raison fondamentale tient au fait que le concept culturel du respect de la vie n’a pas été érigé en règle de conduite dans notre société. C’est précisément parce que ce respect n’est pas inscrit dans l’inconscient collectif que même ceux qui préfèrent « mourir plutôt que de manger ça ! » n’hésitent pas à produire et à donner à manger aux autres ces aliments toxiques, et c’est aussi pour cette raison que ces actes sont encore régulièrement considérés avec plus ou moins d’indulgence.
L’argent avant tout
La raison essentielle de ce dysfonctionnement tient aux lignes de conduite de la culture chinoise, certaines étant aussi friables que si elles étaient constituées de “fromage de soja” ! Les normes du système qui régit le fonctionnement social sont souvent confrontées au défi que leur oppose “l’arrogance” de certains. Si les fonctionnaires sont corrompus, les commerçants malhonnêtes, le petit peuple sera à leur image. Tant que miroite la possibilité de faire de l’argent, peu importe que les aliments soient toxiques, et peu importe que les moyens soient illégaux ou criminels. Plus le profit est élevé, plus il est facile de s’écarter de la ligne de conduite. Plus les mutations de la société sont profondes, et plus les manquements à cette ligne de conduite sont flagrants.
Si ce déclin se poursuit, l’homme se rapprochera inexorablement de l’animal. Pourtant, si l’animal qui mange de l’herbe empoisonnée se montre encore capable, au prix de sa vie, d’avertir ses congénères, certains hommes fournissent à leurs semblables des aliments toxiques, conduisant à l’autodestruction de l’espèce. Cela met en lumière que la ligne de conduite instituée sur des concepts de civilisation traditionnels et modernes est inadaptée face à l’argent.
Leur presse (Chen Jiaxing, Le Journal de Saône-et-Loire), 20 novembre 2011.
Publié dans Les luttes de classe en Chine
Commentaires fermés sur [Chine] Les protestations s’intensifient dans le « grand atelier du monde »
Interview d’un révolutionnaire syrien
« C’est une révolution humaine et sociale par excellence, elle ressemble aux révoltes des esclaves »
Saleh al-Hamoui est l’un des chefs de file clandestins de l’Union des coordinations de la révolution syrienne. Contacté par e-mail, il nous raconte en exclusivité son quotidien de militant dans la ville de Hama. Par Sarah Halifa-Legrand et Céline Lussato.
Pourquoi vous êtes-vous engagé et comment expliquez-vous votre [présence] à la tête du mouvement de révolte ?
J’ai choisi ce chemin, comme tous mes frères de la révolution, pour nous libérer de la tyrannie. Par ses erreurs répétées, le régime n’a fait qu’accroître notre détermination à lutter. Si je suis à la tête du mouvement, ce n’est que le résultat d’une répartition des rôles entre nous : les uns ont choisi l’action dans la rue, d’autres l’information, d’autres encore, dont je fais partie, la planification de l’union des groupes.
Sans vous mettre en danger, que pouvez-vous nous raconter vos conditions de vie actuelles ?
Mon travail se divise en deux parties : l’une sur le terrain, l’autre sur internet. Sur le terrain, je planifie les manifestations et je les organise. Je détermine le parcours des manifestations, je prépare les banderoles, je formule les messages à scander. J’encourage ceux qui ont encore peur d’exprimer leurs revendications de liberté à le faire. Je supervise les listes des martyrs, des blessés, des détenus, afin de distribuer à leurs familles des aides financières. J’avais installé dans ma maison un hôpital de fortune, où je prodiguais moi-même des soins. Mais l’armée est venue tout saccager et a emporté les médicaments. Bien sûr, je participais aussi aux manifestations, mais je ne peux plus le faire car je suis recherché par les services de sécurité.
J’interviens sur les chaînes de télévision satellitaires et sur les radios pour témoigner de ce qui se passe dans mon pays, sans me montrer physiquement, car cette activité est considérée comme le crime le plus grave par le régime. Je communique et coordonne la résistance avec mes frères des autres villes, pour unifier nos efforts et nos conceptions afin de préparer la Syrie de demain, pour alerter les organisations des droits de l’homme sur les crimes du régime, et les documenter.
Pouvez-vous nous donner les profils des membres des coordinations ? Que veulent-ils ?
L’Union des coordinations représente la majorité de la rue en révolte car elle regroupe plus de 150 comités de coordination à travers toute la Syrie. Parmi ses nombreux membres, je peux vous citer : Abou Abdo et Abo Hassane, ils ont la trentaine et s’occupent des medias et de la communication ; Souhair al-Atassi, elle est l’un des piliers de l’Union des coordinations ; l’administrateur de la page la révolution syrienne sur Facebook ; Saba, un des plus important coordinateur administratif au sein de la coordination ; Sameh, le coordinateur administratif de la ville de Hama et le secrétaire de la coordination ; Guivara, il a la trentaine, il est membre du bureau politique ; Fayssal et Mohamad Doumani, ils ont la vingtaine et surveillent l’application des décisions ; Free Sham, également la trentaine, membre du conseil révolutionnaire et coordinateur général de la ville de Damas ; Oukba, le responsable du bureau médiatique… Ils ont tous la même volonté de servir la révolution.
Quelles sont la nature et la philosophie de votre révolution ?
Nous luttons pour la dignité d’un peuple fier et pour sa liberté. Une liberté qui repose sur les droits de l’Homme, la justice. C’est une révolution humaine et sociale par excellence, elle ressemble aux révoltes des esclaves. Auparavant, très peu d’opposants s’exprimaient ouvertement. La liberté a été le premier mot que nous avons crié — et il l’est toujours. Les manifestations ont ensuite pris le tournant de la revendication politique, elles se sont transformées en révolution pour l’indépendance, contre l’occupation. Une occupation qui nous est imposée par la force des armes et par les chars dans nos villes.
Après huit mois de bras de fer entre manifestants et régime, comment envisagez-vous l’avenir immédiat ? Quelle est votre stratégie ?
Nous voyons que le régime est en train de tomber. Mais plus il se rapproche de sa chute, plus nous craignons qu’il commette toujours plus de crimes. Il commence à sentir la force de cette révolution et à comprendre qu’il ne pourra pas l’arrêter. Cela se voit dans les nombreuses concessions, bien qu’elles soient mensongères, auxquelles il se dit prêt : modifier la constitution, remanier le gouvernement, accepter que certains opposants organisent des réunions, etc. Économiquement, le pays va de plus en plus mal : la livre syrienne a perdu 15% de sa valeur, les réserves monétaires commencent à s’épuiser et les hommes d’affaire encore loyaux au régime commencent à avoir peur pour leurs intérêts et ne sont plus aussi confiants qu’au début. N’oublions pas les coups que l’Armée syrienne libre porte au régime en défendant les manifestants.
Pour toutes ces raisons, nous pensons que la répression va s’accroître. Notre stratégie, pour y faire face, consiste à dispatcher les manifs sur plusieurs quartiers pour contraindre les forces de sécurité à se disperser, à organiser davantage de grèves et à initier un mouvement de désobéissance civile générale.
Quels rapports entretenez-vous avec cette « armée syrienne libre », créée en juillet par des dissidents de l’armée syrienne ?
Il n’y a d’autre lien entre l’Union des coordinations et l’armée libre que le soutien moral que nous lui apportons. Nous coopérons avec eux uniquement pour les prévenir des lieux de rassemblement afin qu’ils nous protègent.
Pris entre cette « armée syrienne libre » et la répression armée exercée par le régime, comment pensez-vous pouvoir continuer à maintenir un mouvement pacifiste ? Parmi les manifestants, certains ne sont-ils pas tentés de prendre les armes ?
L’armée libre nous sert justement à protéger ce caractère pacifique de la révolution. Plus il y a de soldats qui rejoignent cette armée, plus elle est à même d’assurer la sécurité des manifestants. Car nous savons que les forces de sécurité du régime n’attaquent plus les manifestations protégées par l’armée libre.
En réponse à la deuxième partie de la question : oui, il y a eu des positions réactionnelles à la répression sanglante et au sentiment d’abandon. Mais ce n’étaient que des réactions, qui ne modifient donc pas véritablement les convictions de nos membres. En revanche, nous pouvons craindre un glissement dans cette direction si le conflit perdure encore longtemps.
Pourquoi tous les anti-Assad ne parviennent-ils pas à s’entendre ? Qu’est-ce qui, par exemple, vous empêche de collaborer avec Michel Kilo ?
Les opposants traditionnels se distinguent des révolutionnaires par un aspect très important : ils classent les Syriens en islamiques, laïques, Frères musulmans… et, de ce point de vue, nous ne pouvons pas nous entendre. Pour les révolutionnaires, le classement est simple : soit tu poursuis les objectifs entiers de la révolution soit tu ne les poursuis pas.
C’est pour cette raison que nous nous éloignons de quelqu’un lorsque lui-même s’éloigne des buts fixés par la révolution. Et l’un des principes de la révolution est de ne pas dialoguer avec le régime. Si l’on ne collabore pas avec Michel Kilo, ce n’est pas en raison de ses convictions idéologiques, mais en raison de ses positions envers les objectifs et les principes de la révolution.
Pourquoi refusez-vous d’entrer dans le Conseil national syrien (CNS) tout en lui apportant votre soutien ?
Nous sommes la conscience de la révolution, comme les peuples qui surveillent les gouvernements. Nous ne voulons pas faire perdre ce garde-fou à la révolution. Si nous soutenons néanmoins le CNS, c’est parce que nous considérons que la révolution a besoin d’une représentation politique. Or, c’est le rôle que tient le CNS.
Certains membres du Conseil national affirment que des places sont occupées par des personnes se revendiquant des coordinations. Qu’en est-il ?
On ne peut répondre à cette question que par la carte du mouvement de révolte syrien : il est divisé en quatre parties :
1- Les 150 coordinations faisant partie du comité des coordinations générales.
2- Le haut conseil de la révolution syrienne. Je ne connais pas exactement le nombre de coordinations qui l’ont rejoint. Il fait partie du CNS.
3- Des comités de coordinations locales. Ils sont entre 10 et 15 et eux aussi ont rejoint le CNS.
4- Des coordinations encore indépendantes, elles sont peu nombreuses.
Donc, il se peut que les membres du CNS parlaient des trois premiers points, et non de nous.
Il n’y a pas de différents entre nous. Les coordinations ont le libre choix de travailler avec un partenaire, nous travaillons tous dans le même but et avec les mêmes méthodes.
Qu’attendez-vous de la communauté internationale ? Pourquoi refusez-vous toute intervention militaire ?
En tant que peuple syrien faisant partie d’une communauté internationale qui a fixé des lois pour protéger les peuples, nous attendons que ces lois soient mises en application. Nous refusons donc toute ingérence et toute opération en dehors du cadre de l’ONU et des lois internationales. Nous ne refusons pas une intervention militaire si elle approuvée par ces lois. De toute façon, est-ce que leur application repose sur notre accord ou notre refus ?
Le régime vous accuse d’être manipulés par des pays étrangers. Que lui répondez-vous ?
L’Occident n’a pas cessé de traiter le régime syrien d’assassin et de criminel. Et pourtant, les relations diplomatiques et politiques n’ont pas été rompues. N’est-ce pas une contradiction ?
Ces accusations portées contre nous sont les mêmes que celles répétées par Ben Ali, Moubarak, Kadhafi et Ali Saleh contre leur peuple. Si nous étions soutenus par des pays étrangers, nous aurions pu aider les enfants des martyrs qui dorment le ventre vide et nous n’aurions pas manqué de médicaments pour soigner les blessés.
Le régime syrien menace les pays du Golfe avec les chiites, la Turquie avec le PKK, les alaouites avec la vengeance des sunnites, les druzes avec les tribus et les clans, l’Irak avec le trafic d’armes, le Fatah avec le Hamas, les chrétiens avec les Frères musulmans, Hariri avec le Hezbollah, les manifestants avec les chabiha, les États-Unis avec la sécurité d’Israël, la famille Makhlouf avec les fils de Rifat el-Assad, le Liban avec la fermeture des frontières. Il menace même les forces de sécurité avec les gardiens de la révolution iranienne, et son peuple en l’assiégeant, en le bombardant… il menace, menace encore… et continue de parler de complots !!!!!!!!!
Après sept mois de manifestations, le mouvement n’a pas pris d’ampleur. Il reste notamment très faible à Damas et Alep. De quoi, selon vous, la population a-t-elle peur ?
Elle a surtout peur des rumeurs que le régime a réussi à répandre. Mais y a-t-il un quartier à Damas qui n’a pas connu de manifestations ? Midane, Aljozdanié, Alkaboune, Barzeh la ville, avenue Bagdad, Bab Sreijeh, Alhamidiyeh, Bab Almsalah, Alkadame, et d’autres encore. Il est vrai qu’à Alep le mouvement est plus faible. La présence des forces de sécurité est très forte dans ces deux villes. La population craint de se faire écorcher, électrifier les organes, violer, arrêter. Je vais vous dire quelque chose : les coups de bâtons, même des bâtons électriques, c’est ce qui nous effraie le moins.
Si on laissait les gens s’exprimer en toute sécurité, vous auriez vu toute la Syrie dans la rue en quelques jours, comme cela s’est passé à Hama, quand le préfet a interdit de s’attaquer aux manifestants pendant un mois et demi. Les manifestations étaient alors incessantes, et elles réunissaient à chaque fois 500.000 personnes, sachant que Hama compte 800.000 habitants en comptant les vieux et les tout petits qui, bien sûr, ne sont pas sortis. Toute la ville était dans la rue.
Comment imaginez-vous la Syrie d’après-Assad ? Quel rôle pensez-vous y jouer ?
La Syrie après l’indépendance sera un pays que personne ne fuira par peur ou ne quittera par besoin. Les expatriés voudront y retourner. Ce sera un pays où l’on n’aura pas peur de dire ses convictions et ses idées ou de pratiquer sa foi. Un pays où nous aurons le droit de choisir qui nous gouverne. Notre rôle, le vrai, commencera après la révolution. En fait, nous, les Syriens, nous allons vivre une période de convalescence qui peut durer. Nous sommes les malades de la tyrannie et de la répression. Et comme tous les malades, après guérison, nous aurons une convalescence pour récupérer la bonne santé de notre humanité. Quant à nous, nous resterons les gardiens de la révolution jusqu’à la réalisation de tous nos objectifs : la liberté basée sur les droits de l’homme, la justice, et la dignité d’un peuple fier.
Leur presse (propos recueillis par Céline Lussato et Sarah Halifa-Legrand – Le Nouvel Observateur), 17-19 novembre 2011.
Publié dans La révolution syrienne
Commentaires fermés sur Interview d’un révolutionnaire syrien
[Égypte] La police travaille place Tahrir
Égypte : 20 personnes tuées place Tahrir, au troisième jour d’affrontements
Vingt personnes au total ont perdu la vie dans les affrontements place Tahrir au Caire entre manifestants hostiles à l’armée au pouvoir et forces de l’ordre, a annoncé lundi le ministère de la Santé, cité par la télévision publique.

Le précédent bilan, basé sur des sources officielles et médicales, était de 15 morts depuis le début des affrontements samedi, dont 14 au Caire et un à Alexandrie (nord).
Les heurts entre manifestants hostiles au pouvoir militaire et forces de l’ordre se poursuivaient lundi matin place Tahrir au Caire.
La police tirait des grenades lacrymogènes sur des centaines de manifestants répartis en petits groupes sur la place et aux alentours, qui répondaient en jetant des pierres, selon des images retransmises en direct par la télévision publique.

19 novembre
Ces affrontements se déroulent à une semaine du début, le 28 novembre, des premières élections législatives depuis la chute en février du président Hosni Moubarak, poussé au départ par une révolte populaire.
Tôt lundi matin, l’imam de la mosquée Omar Makram sur Tahrir, cheikh Mazhar Chahine, a assuré à la télévision publique être parvenu à un accord avec les forces de l’ordre, affirmant que le calme était revenu sur la place.
Il a expliqué avoir rencontré une délégation de l’armée et des forces de l’ordre afin de mettre en place cet accord qui prévoit notamment un cessez-le-feu.
Durant la nuit, des contestataires ont lancé des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers, dont certains, positionnés sur le toit d’un immeuble à proximité du ministère de l’Intérieur, proche de la place Tahrir, répliquaient avec des tirs de fusils et de balles de caoutchouc, a rapporté un journaliste de l’AFP.
L’armée s’est engagée à rendre le pouvoir aux civils après l’élection d’un nouveau président. La date de la présidentielle qui doit suivre les législatives n’est toutefois pas encore connue, ce qui suscite de nombreuses craintes de voir les militaires s’accrocher au pouvoir.
Ces troubles ont relancé les craintes que les législatives, qui doivent débuter le 28 novembre et s’étaler sur plusieurs mois, ne soient émaillées de violences.
Leur presse (Agence Faut Payer), 21 novembre 2011 – 11h04.
Le bilan des affrontements place Tahrir s’élève à 22 morts
Vingt-deux personnes ont été tuées dans des affrontements en Égypte, a indiqué le ministère de la Santé, lundi 21 novembre.

Des violences ont éclaté entre la police et des manifestants réclamant la fin du pouvoir militaire, à une semaine du premier scrutin législatif depuis le départ d’Hosni Moubarak. Le précédent bilan, basé sur des sources officielles et médicales, était de 15 morts depuis le début des affrontements samedi, dont 14 au Caire et un à Alexandrie.
Dans la nuit de dimanche à lundi, des milliers d’Égyptiens occupaient la place Tahrir, au Caire, après avoir repoussé la police, tandis que de violents affrontements se poursuivaient dans les rues adjacentes au site emblématique, foyer de la révolte qui a chassé le président Moubarak en février.
Des contestataires lançaient des pierres et des cocktails Molotov en direction des policiers, dont certains, positionnés sur le toit d’un immeuble à proximité du ministère de l’Intérieur, proche de la place Tahrir, répliquaient avec des tirs de fusils et de balles de caoutchouc.
« Le peuple veut l’exécution du maréchal »
Hussein Tantaoui, dirigeant de facto du pays.Les policiers continuaient également à tirer de nombreuses grenades lacrymogènes, alors que des manifestants leur renvoyaient en criant « Le peuple veut l’exécution du maréchal »
Plusieurs médecins ont affirmé soigner de nombreuses blessures par balles. Le docteur Mohammed Taher a déclaré avoir vu un homme ayant reçu une balle dans la tête et un autre au cou, tous deux étaient dans un état grave.
Des manifestants défilaient également à el-Arich, dans le Sinaï et à Ismaïlia, sur le canal de Suez, tandis que des heurts ont éclaté à l’issue des funérailles d’un jeune homme tué samedi à Alexandrie (nord), selon l’agence officielle Mena.
Cinquante-cinq personnes arrêtées
À Suez, des militaires tiraient en l’air pour disperser des manifestants, au lendemain d’affrontements dans cette ville située sur la mer Rouge.
Des défilés réclamant que le pouvoir, aux mains de l’armée depuis plus de neuf mois, soit restitué aux civils, avaient également lieu dans le centre du pays à Qena, où la télévision d’État a fait état de heurts, et à Assiout, selon des responsables de la sécurité.
Cinquante-cinq personnes ont été arrêtées dimanche, selon la même source.
Ces affrontements rappelant les scènes de la révolte contre le régime au début de l’année ont débuté samedi au lendemain d’une manifestation place Tahrir de dizaines de milliers de personnes.
Cette démonstration de force, menée par les islamistes, visait à réclamer le retrait d’une déclaration constitutionnelle présentée par le gouvernement, qui exemptait en particulier le budget de l’armée de tout contrôle parlementaire.
Inquiétudes pour les législatives
L’armée s’est engagée à rendre le pouvoir aux civils après l’élection d’un nouveau président. La date de la présidentielle qui doit suivre les législatives n’est toutefois pas encore connue, ce qui suscite de nombreuses craintes de voir les militaires s’accrocher au pouvoir.
Ces troubles ont relancé les craintes que les législatives, qui doivent débuter le 28 novembre et s’étaler sur plusieurs mois, ne soient émaillées de violences.
L’armée a dit « regretter » les événements actuels, appelant le gouvernement a rencontrer les forces politiques pour y mettre fin, tout en réaffirmant s’en tenir au calendrier électoral établi, dans un communiqué lu dans la soirée à la télévision publique.
Auparavant, le général Mohsen al-Fangari avait assuré que les élections auraient lieu comme prévu : « Nous n’allons pas céder aux appels pour reporter le scrutin. Les forces armées et le ministère de l’Intérieur sont capables d’assurer la sécurité des bureaux de vote. »
« Nous ne partirons pas »
Plusieurs personnalités politiques et des intellectuels, parmi lesquels l’ancien chef de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) Mohamed ElBaradei, ont réclamé un délai supplémentaire pour ces élections, dans le cadre d’une révision du calendrier politique.
Ils proposent d’élire d’abord une assemblée constituante, puis un président et enfin un Parlement.
Sur la place Tahrir, de nombreux manifestants, la plupart en sang, étaient régulièrement évacués, alors que des manifestants scandaient « Nous ne partirons pas » et « Le peuple veut la chute du maréchal », à l’adresse de ce militaire septuagénaire, ministre de la Défense de Mousni Moubarak pendant vingt ans.
Réactions diplomatiques
À l’étranger, le chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a estimé que la loi et l’ordre devaient être assurés « dans le respect des droits de l’homme », alors que le ministre canadien de la Défense, Peter MacKay, a jugé ces affrontements « très troublants ».
Le ministère britannique des Affaires étrangères a « condamné la violence », tandis que Rome et Berlin ont exprimé leur « extrême préoccupation » face à cette situation et « invité toutes les parties à mettre un terme immédiatement aux actes de violences ».
Par ailleurs, l’ambassadeur d’Israël en Égypte, Yitzhak Levanon, a regagné le Caire ce dimanche plus de deux mois après avoir quitté la capitale égyptienne à la suite d’une violente manifestation contre son ambassade, a déclaré à l’AFP un responsable à l’aéroport. « L’arrivée de l’ambassadeur n’a pas été annoncée et son voyage s’est fait en toute confidentialité », a précisé ce responsable. L’Égypte est le premier pays arabe à avoir conclu un accord de paix avec l’État hébreu, en 1979.
[…] Le journaliste Amr Moussa, membre du Conseil exécutif pour la défense des acquis de la révolution avait fait savoir un plus tôt dans la journée au Nouvel Observateur que 508 personnes ont été blessées, cinq personnes tuées et 10 personnes arrêtées depuis le 19 novembre lorsque des rassemblements place Tahrir ont commencé. Le Conseil exécutif pour la défense des acquis de la révolution a fait savoir également qu’il demandait la démission du maréchal Hussein Tantaoui (à la tête du Conseil suprême des forces armées (CSFA) qui dirige le pays depuis le départ du président Hosni Moubarak) et le transfert du pouvoir à un président élu. Il demande aussi l’élaboration d’une nouvelle constitution, la libération de tous les prisonniers politiques, ainsi que l’arrêt des jugements devant le tribunal militaire. […]

Intoxications au gaz lacrymogènes
Dans des hôpitaux improvisés dans les mosquées aux abords de la place Tahrir, quelques manifestants étaient soignés dimanche pour des intoxications au gaz lacrymogènes et d’autres après avoir été touchés par des balles en caoutchouc ou des plombs de chasse, a constaté la journaliste.
Sur la place, des groupes de manifestants scandaient des slogans hostiles au pouvoir militaire, réclamant la chute du maréchal Hussein Tantaoui. « Le Conseil des forces armées poursuit la politique de Moubarak, rien n’a changé après la révolution », a déclaré à l’AFP Khaled, 29 ans, alors qu’il installait une tente au centre de la place Tahrir.
De nombreuses personnes brandissaient des grenades lacrymogènes et des balles de fusils de chasse, alors que d’autres balayaient la place jonchée de détritus calcinés.
Le premier scrutin législatif depuis la chute de Hosni Moubarak doit débuter le 28 novembre.
Leur presse (Le Nouvel Observateur), 21 novembre 2011 – 11h18.
Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites
Marqué avec place Tahrir
Commentaires fermés sur [Égypte] La police travaille place Tahrir
[Égypte] Colère contre les violences policières à Mansourah
Le site Tahrir rapporte le 20 novembre, la colère de la population du village de Dimna, dans les environs de Mansourah, contre les exactions policières.
Mohammed Faris Ahmed avait été grièvement blessé par balles à son domicile lors de son arrestation le 12 novembre, et il est mort aujourd’hui à l’hôpital de Mansourah.

Si la mère de la victime a déposé plainte, la population a montré sa colère en bloquant la route qui passe devant le village. Des pneus ont été allumés pour empêcher les voitures de passer. La population s’en est aussi pris au poste de police local.
Solidarité ouvrière, 20 novembre, 2011.
Publié dans L'insurrection égyptienne et ses suites
Marqué avec Mansourah
Commentaires fermés sur [Égypte] Colère contre les violences policières à Mansourah
[Tunisie] Le peuple de Thala déjoue un coup tordu de la racaille bureaucratique-policière de Tunis
À la fin octobre 2011, au même moment que se tenaient les élections pour l’Assemblée constituante, les habitants de Thala organisaient dans leur ville, par leurs propres moyens, un scrutin local, d’où est sorti un nouveau conseil municipal dont la liste des membres a été transmise au gouvernorat de Kasserine.
Ayant constaté la publication par le Journal Officiel de la République Tunisienne d’une liste différente de celle sortie des urnes — les huit premiers candidats arrivés en tête ayant été substitués par les huit autres arrivés derrière eux —, les Thalois ont protesté et exigé du gouverneur de Kasserine des explications. Celui-ci s’est alors défendu en affirmant avoir transmis à Tunis la liste que les Thalois lui avaient communiquée. Le gouverneur a ensuite téléphoné au Premier ministre et au ministère de l’Intérieur pour leur faire savoir que la liste publiée au JORT était erronée — ce que ces messieurs savaient évidemment très bien ! Il lui a, semble-t-il, été répondu qu’une nouvelle liste allait être publiée.
Relayant les informations données à ce sujet par le site d’informations Attounisia, le blog Thala solidaire commente l’affaire ainsi : « La vraie liste des élus municipaux fut changée par une autre… Heureusement les efforts des habitants ont pu changer la donne… Bravo Thalois pour ce combat démocratique ! »
Sadok Abbassi, quant à lui, conclut par ces mots : « J’appelle tous les Thalois, femmes et hommes, à protéger leur ville des stratégies partisanes et des pestes idéologiques… Thala mérite mieux que cela… Si j’ai bien compris la liste des élus légitimes reprend sa légitimité… J’invite les personnes qui ont tenté ce coup d’État à s’excuser publiquement et à travailler pour le bien de Thala au lieu pour celui d’un Parti… Apprenez de l’Histoire : jusqu’à maintenant les partis politiques n’ont laissé à Thala que misère, corruption, tristesse, vol de ses richesses… Entre-temps nos jeunes n’ont aucun avenir et notre ville se métamorphose en une poubelle… Travaillons pour nos enfants, pour notre ville et évitons les pièges des partis politiques et des idéologies religieuses ou autres… »
(d’après Attounisia, blog Thala solidaire, page Facebook de Thala solidaire et post de Fadhel Raoufi sur le site Thala solidaire)
Courriel reçu le 20 novembre 2011.
Publié dans L'insurrection tunisienne et ses suites
Marqué avec Thala
Commentaires fermés sur [Tunisie] Le peuple de Thala déjoue un coup tordu de la racaille bureaucratique-policière de Tunis
[Montpellier] Expulsion du Très très grand cœur

Communiqué de presse
À l’attention des affameurs, des expulseurs et de leurs sbires
La sentence est tombée comme un pavé soixante-huitard. Le squat du Très très grand cœur, situé 31 rue du Père Fabre à Figuerolles, occupé depuis deux mois, est expulsable sans délai. Comme vos services eux-mêmes l’ont fait remarquer, vous déplacez le problème en lieu et place de sa résolution. Ce ne sont pas vos sinistres usines et vos couloirs scolaires que nous allons maintenant hanter, convaincus que nous aurions pu être par vos rhétoriques réactionnaires. Croyez bien que notre volonté n’est pas entamée d’un quart, et que nous trouverons de nouvelles places dans les autres bâtiments que vous laissez vides, qui se comptent par milliers.
Néanmoins, nous notons cela : une promesse. Celle faite par le directeur de la SERM (Société d’Équipement de la Région Montpelliéraine), qui assure par tierce voie que nous ne serons pas expulsés cet hiver. Et nous apprécions cette décision à sa juste valeur. Toutefois, bien que la maison soit vaste, elle ne peut accueillir la misère que vos ancêtres ont créé, la même en vérité que vous contribuez a maintenir, voire à aggraver. Comprenez bien, ou ignorez, qu’il ne s’agit toujours que de la même lutte, du même combat, de la même guerre et que nos défaites ne prouvent rien, si ce n’est que nous étions trop peu nombreux à lutter contre l’infamie.
L’entreprise qui organise la pauvreté, dans le cas présent, est donc la SERM. Faut-il préciser qu’elle est en cela aidée par les pouvoirs dits publics ? Quoi qu’il en soit, ce fut cette entité qui nous assigna au tribunal. Cette même entité qui nous reproche d’enfreindre sa loi, n’est-elle pas en ce même intervalle traînée dans la boue par votre Cour des comptes ? N’est-elle pas à l’heure où nous parlons accusée de complaisance dans ses appels d’offre ? Vous répondrez probablement qu’existe la présomption d’innocence, qui nous interdit de porter ce genre de jugement. Nous répondrons alors en chœur qu’il n’est pas d’innocence pour des êtres qui en condamnent d’autres à la rue ou à la précarité, pas plus qu’il n’y a d’accalmie dans la tempête que nous traversons.
Voilà des années qu’existe à Montpellier, comme dans d’autres villes de France, le désir de disposer d’un espace autogéré qui permettrait la diffusion d’une autre culture, porteuse d’une critique radicale, et qui serait également un lieu de vie pour certaines personnes. Voilà deux mois que nous nous battons pour présenter ce projet, après le tribunal, les rendez-vous avec des employés de la mairie, la perturbation du conseil municipal. Et il semble pourtant que vous ne voulez pas nous comprendre, ni même nous entendre.
À cette mairie qui se proclame socialiste, actionnaire majoritaire de la SERM, nous clamons que leur pouvoir est sur le point de s’éteindre et que nous ne sommes pas résolus à abandonner quoi que ce soit.
À Maître NOY, l’avocate de la SERM, qui argumente que de la pauvreté ne peut germer la politique, et que nous serions coupables par défaut, nous répondons que la vilenie de ses paroles saura trouver écho dans l’abîme de nos révoltes.
Au Midi Libre, journal parmi tant d’autres dont on connaît l’allégeance, nous avançons que la médiocrité crasse de leur journalisme est à hauteur de celle que répand le système qu’ils alimentent.
Aux travailleurs qui participent aux expulsions, nous lançons un appel fort pour que leur conscience se dresse et cesse de se ployer aux exigences d’un salariat qui les rend trop souvent fiers et endormis.
Aux forces armées du capital, nous ne leur souhaitons que de disparaître.
Au vieux monde, nous annonçons son engloutissement dans la joie de nos révolutions.
Contact – Vendredi 18 novembre 2011.
Publié dans Aménagement du territoire - Urbanisme
Marqué avec Montpellier, squat
Commentaires fermés sur [Montpellier] Expulsion du Très très grand cœur
« J’ai faim, donc je me sers ! » Vendredi 23 décembre

Vent libertaire 33, 18 novembre 2011.
Publié dans Luttes des chômeurs et précaires
Un commentaire







