Intouchables : « Un filtre qui permet au spectateur de ne pas voir ce qui se trame »

« Parents d’un handicapé, le succès d’“Intouchables” nous inquiète »

M. et Mme Patricot
Parents d’un enfant handicapé

Pour ce couple à la recherche d’un centre pour leur fils polyhandicapé, l’État peut profiter de l’engouement du public pour mieux livrer les familles à elles-mêmes.

Nous, parents d’un jeune homme polyhandicapé et sourd, avons obtenu, il y a quelques jours, une audience auprès d’un membre du cabinet de Monsieur Dominique Baudis, Défenseur des droits.

Nous étions reçus suite à un courrier que nous avions envoyé dénonçant le manque de structure d’accueil pour les jeunes polyhandicapés sourds, mais aussi le manque d’accompagnement des familles.

Après un entretien d’une heure et quart, nous avons compris que nous n’avions rien à faire là, que des droits, nous n’en avions pas.

En effet, la démonstration a été faite sous nos yeux d’un désengagement assumé et volontaire de l’État sur les questions du handicap. Voici ce que nous avons entendu : que nous étions seuls responsables — voire coupables — de ce jeune homme handicapé.

Nous avons entendu que dans les années 80, les mères des handicapés ne travaillaient pas et montaient les structures d’accueil nécessaires car, à cette époque, les parents étaient plus entreprenants. Ce qui était sous-entendu, c’est que nous ne faisons rien, et que nous attendons tout des autres (voire de l’État).

La langue des signes moins pratiquée

Certes, cela ne nous a pas vraiment étonnés. Depuis deux ans, nous cherchons un lieu d’accueil susceptible de recevoir notre fils. Il n’y a aucune place nulle part (et, en plus, la langue des signes est rarement pratiquée dans les centres de jour pour polyhandicapés).

Depuis deux ans, nous sommes témoins du désengagement progressif de l’État et d’un désintérêt de tous les politiques pour la question. Les crédits disparaissent ou, mieux, sont transférés vers des causes plus lucratives que le handicap : la vieillesse ou la maladie d’Alzheimer.

D’ailleurs, à l’occasion de la primaire socialiste, nous avons adressé un courrier à tous les candidats et à des dizaines de députés de gauche comme de droite… Ce courrier n’a reçu aucune réponse.

À la fin de l’entretien, et alors que nous allions partir, notre interlocutrice nous a tendu un article du quotidien Aujourd’hui sur le succès du film « Intouchables ». C’est sur cela que nous nous sommes quittés.

Ce film est un merveilleux filtre de la réalité

L’engouement pour ce film, qui sert même de modèle dans les plus hautes sphères de l’État, pose quelques questions que nous voudrions aborder ici.

Pourquoi ce film a-t-il autant de succès ? Avançons quelques hypothèses.

Tout d’abord le film raconte l’histoire d’un homme riche, travaillant dans le luxe, qui se retrouve arrêté dans sa course et paraplégique. Le public adore. Il peut s’identifier, se dire que cela peut arriver à tout le monde…

Inutile de vous dire que jamais ce film n’aurait pas eu autant de succès si l’handicapé l’avait été de naissance (ça, ça n’arrive qu’aux autres).

Ensuite il est riche, donc il peut se payer l’aidant qu’il veut, celui qui le fera vibrer et lui permettra toutes les folies dont il rêve. Là aussi, sa richesse plaît, elle soulage. Car, qui voudrait voir ou savoir que les handicapés sont, dans la réalité, maintenus en dessous du seuil de pauvreté ?

Pour conclure, il nous semble, sans pour autant nier le plaisir que certains peuvent y prendre, que ce film est un merveilleux filtre de la réalité. Une ode aux « soignants-naturels » que l’État rêve de voir proliférer pour mieux se désengager. Un filtre qui donne bonne conscience et qui permet au spectateur de ne pas voir ce qui se trame en coulisse.

Car, même si le film raconte une partie d’une histoire vraie (j’imagine que cet homme a souffert, même si cela n’est guère montré) la réalité d’un très grand nombre de personnes handicapées est tout autre : précarisation, absence de structure d’accueil, isolation, dépression.

Tribune publiée sur Rue 89, 26 novembre 2011.


Le film Intouchables presqu’inaccessible aux handicapés à Auxerre

En fauteuil roulant depuis plusieurs années, elle se faisait une joie de voir la comédie sur le handicap qui cartonne actuellement au cinéma. La sortie a tourné au chemin de croix.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322495376.jpgLa galère. Geneviève Gaudin l’a vécue le 16 novembre dernier au CGR Casino d’Auxerre. Auxiliaire de vie sociale au sein de l’ADMR de Ligny-le-Chatel, elle a conduit ce jour-là l’une des personnes dont elle s’occupe voir Intouchables. La comédie phénomène construite autour du handicap et qui a déjà enregistré 5,2 millions d’entrées.

En fauteuil depuis plusieurs années, la menue quinquagénaire icaunaise se faisait une joie de cette sortie cinéma.

« J’avais pris la peine d’aller voir le film avec mon mari le lundi précédent pour voir si la salle était accessible, raconte Geneviève Gaudin. Ce soir-là, Intouchables était projeté en salle 1. Je m’étais renseignée auprès du personnel pour m’assurer que le film serait bien accessible à une personne en fauteuil. »

Mais, patatras, deux jours plus tard, Intouchables a migré en salle 2, au bas des escaliers. Julien Vergniaud, le directeur du CGR Casino ne conteste pas.

« En ce moment, la programmation des deux grandes salles se partage entre Twilight et Intouchables. En fonction de la fréquentation de la séance de 20 heures, nous pouvons modifier les salles chaque jour. Je suis donc surpris qu’on ait dit à cette dame le lundi qu’Intouchables serait en salle 1 le mercredi. Nous avons cinq-six clients handicapés qui le savent et passent un coup de fil la veille de leur venue, après 20 heures, pour connaître les salles. »

Au CGR Casino, impossible en effet d’accéder aux salles 2, 3 et 4 en fauteuil. En 2014, des travaux d’aménagement sont programmés pour pallier le problème.

L’autre mercredi, Geneviève Gaudin et sa « patiente » ont fini par voir Intouchables. Grâce à trois clients du cinéma, outrés de la situation et qui n’ont pas hésité à soulever la dame et son fauteuil pour leur faire franchir les nombreuses marches.

« Comme elle était préoccupée par la façon dont elle allait devoir ressortir de la salle, elle n’a pas vraiment pu apprécier Intouchables, regrette l’auxiliaire de vie sociale. C’est quand même un comble qu’un film qui parle du handicap soit si difficile à voir. À la sortie, nous avons à nouveau été aidés par les spectateurs. »

De quoi mettre un peu de baume au cœur de la quinquagénaire qui n’avait pas été au cinéma depuis une bonne quinzaine d’années.

Leur presse (Véronique Sellès, L’Yonne républicaine), 19 novembre 2011.


« Intouchables » : le couac à Bordeaux

À l’UGC Bordeaux, le film sur le handicap est projeté dans une salle inaccessible aux handicapés.

S’il n’avait dû voir qu’un seul film cet automne, c’était celui-ci. Mais quel calvaire pour parvenir à voir « Intouchables », la comédie mettant en scène un François Cluzet en milliardaire tétraplégique et Omar Sy dans la peau d’un voyou de banlieue. Se déplaçant uniquement en fauteuil roulant, Karl-Henri Barberousse-Polynice, 38 ans, a passé une bonne partie de son lundi après-midi à chercher une salle où il puisse le voir.

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Ascenseur pas accessible

Cet Auvergnat en vacances à Bordeaux pour quelques jours tente d’abord l’UGC Ciné-cité à Gambetta. Compte tenu de l’affluence prévue, le complexe cinématographique a programmé le film dans la salle 15, qui, avec la salle 16, est l’une des plus grandes de ce cinéma.

Problème : ces deux salles ne sont pas accessibles aux handicapés. Karl-Henri Barberousse-Polynice rebrousse chemin et se dirige vers le Méga CGR Le Français. Rassuré. Toutes les salles du nouveau cinéma sont accessibles aux personnes à mobilité réduite, les parcours à emprunter fléchés.

Arrivé à l’ascenseur, le jeune homme bute sur une petite marche de 6 à 8 centimètres à enjamber avec son fauteuil pour entrer dans l’élévateur. Impossible pour lui de monter sur cette plateforme mal réglée. « J’étais en colère, raconte-t-il. Mais déterminé. En pareil cas, soit on laisse tomber, soit on se bat. » Il prend le tramway et se rend au Mégarama à la Bastide et peut enfin s’installer pour « savourer » le film…

Son cas n’est pas unique. Dès le premier week-end de projection d’« Intouchables », des spectateurs venus en fauteuil roulant ont eux aussi dû rebrousser chemin à l’UGC Ciné-cité, non sans signifier leur mécontentement au personnel d’accueil. « C’est inadmissible ! », tempête Joël Solari, conseiller municipal en charge du handicap à la mairie de Bordeaux.

Ces remarques ont bien entendu été notifiées, en premier lieu, au patron du cinéma, Pierre Bénard. « En tant que directeur, j’ai été gêné, dit-il, c’est un film très grand public et je suis obligé de le passer en grande salle. Pour l’accès aux handicapés, je suis sensible à ce sujet et j’essaye de gérer au mieux. » Il se dit « vigilant » et, en fonction de l’évolution de l’affluence, « dès qu’on pourra le projeter dans une salle accessible, on le fera. »

Un label pour le Mégarama

L’UGC est le seul cinéma bordelais où se pose encore un souci d’accessibilité. Le Mégarama a reçu le label « Tourisme et handicap », Le Français est accessible (quand il n’y a pas de souci pour l’ascenseur), tout comme l’Utopia, dont les cinq salles sont parfaitement adaptées à l’accueil des spectateurs handicapés, à un petit bémol près : la grande salle du haut étant aménagée en gradins, l’ascenseur arrivant par le bas, les personnes handicapées doivent nécessairement s’installer au premier rang.

Leur presse (Sud-Ouest), 9 novembre 2011.

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[Égypte] Le « rêve d’anarchie » de la place Tahrir

« Il est interdit de crier des slogans politiques. Il est interdit de monter une tribune. Il est interdit à tout parti politique d’entrer sur la place » : les révolutionnaires égyptiens ont érigé en lettres rouges les règles de « Tahrir » sur des bâches en plastiques amarrées au terre-plein central. Un par un, les hommes politiques de tous bords qui se sont aventurés, depuis le 19 novembre, sur le « cœur battant de la révolution égyptienne » s’en sont fait expulser sans concession.

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Avec une détermination chaque jour plus forte, la place Tahrir cultive un tropisme politique qui subjugue les analystes. Les jeunes révolutionnaires qui l’animent refusent obstinément les règles du jeu politique tel qu’elles ont été établies par le Conseil supérieur des forces armées et les partis. Pour eux, la révolution ne fait que commencer. Il ne s’agit pas d’une « transition vers la démocratie », mais de la mise à plat d’un système. Battre les cartes et les redistribuer, inventer une nouvelle grammaire politique. (…)

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Après quelques semaines d’une campagne largement improvisée, même ceux qui se sont aventurés dans l’arène politique le temps d’un tour de cirque médiatique sont de retour sur la place pour crier leur rejet du cadre politique dans lequel doivent se jouer les élections, prévues le 28 novembre.

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(…) face aux abus de pouvoir du CSFA et à l’opportunisme des Frères musulmans, il n’y a qu’une carte à jouer : Tahrir. Au contraire de la dispersion des révolutionnaires en politique, la place est en effet un espace de cohésion inédit, où les leaders sont malvenus mais où il règne une véritable organisation spontanée. « Un rêve d’anarchie », soupire Fadi, qui y fête ses 33 ans. C’est la force de Tahrir, et son pouvoir d’attraction.

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Quand la nuit tombe, les irréductibles se répètent le défi de Tahrir. « Cette fois-ci, les Frères ne sortiront pas indemnes de s’être désolidarisés de Tahrir. Ils en paieront les frais aux élections… quand il y aura de vraies élections », murmurent les ombres sur la place, emmitouflées dans leurs duvets.

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Leur presse (Claire Talon, Le Monde), 26 novembre 2011.

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À propos des arrestations du 15 novembre à Toulouse : Pourquoi On Resterait Calme ?

Pourquoi On Resterait Calme ?

Qu’elles abîment des majeures ou des mineures, les prisons sont régulièrement et depuis toujours secouées par des révoltes. Quel que soit le nom donné aux différentes structures pénitentiaires : le bruit de la clé dans la serrure d’une cellule est une torture quotidienne, l’isolement une abomination, la fin du parloir une souffrance, et le temps enfermé un sablier qui tue à petit feu.

En mai 2011, la quasi totalité des détenus de l’Établissement Pénitentiaire pour Mineurs (EPM) de Lavaur se révolte et saccage des dizaines de cellules. La réponse de l’Administration Pénitentiaire (AP) et de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) est tristement banale : mesures d’isolement, conseils disciplinaires, transferts, ainsi qu’une descente des Équipes Régionales d’Intervention et de Sécurité (ERIS), spécialistes cagoulés du matage des luttes en prisons. Pendant qu’on détruit un peu plus les gamins pour leur apprendre qu’ici, on ne se révolte pas, les éducateurs et éducatrices de la PJJ saisissent l’opportunité médiatique pour apitoyer sur les conditions de leur travail avec ces « enfants irrécupérables ».

Le discours porté alors par les torchons locaux, nationaux et autres porte-paroles du maintien de l’ordre ne parvient pas à duper tout le monde. Un certain nombre de personnes touchées par la colère qu’expriment les jeunes détenus décide de manifester leur solidarité. Chercher à capter leur version des faits, réfléchir les moyens de la faire circuler, casser la condamnation unanime de cette révolte, faire savoir à l’intérieur que dehors des gens se bougent et pensent à eux… Le simple fait de se rendre le plus souvent possible à Lavaur aux heures de parloir pour rencontrer les familles et discuter avec les proches étonne, dérange et irrite les autorités locales qui s’empressent de faire appel aux gendarmes pour empêcher tout échange.

Le 5 juillet dernier, une dizaine de personnes ont pénétré dans les locaux de la Direction Interrégionale de la PJJ, à Labège dans la banlieue de Toulouse, pour manifester contre l’incarcération des mineurs. Selon La Dépêche du 6 juillet, qui s’appuie sur les déclarations faites aussitôt à la presse par le procureur de la République Valet, ces personnes étaient « “armées” de bouteilles dont elles ont déversé le contenu sur les bureaux et les ordinateurs. Un liquide marron au relent d’ammoniaque et qui pourrait contenir de l’urine et des excréments humains. »

Elles sont reparties « après avoir lancé des tracts qui contiendraient des propos injurieux sur l’action éducative menée par la PJJ ». Si l’acte réalisé à Labège n’a pas été revendiqué, il est survenu quelques semaines après celui d’Orvault, en Loire-Atlantique, où des gens ont écrit sur les murs de la PJJ de Nantes : « L’EPM tue » à la suite du suicide d’un mineur placé dans l’établissement pénitentiaire pour mineurs de cette ville.

L’action aurait « traumatisé » les éducs et le personnel qui s’affairaient à leur tâche de chaque jour : séparer des mômes de leurs proches et de leurs familles jugées inaptes à les élever, enfermer des enfants dans une multitude de structures plus répressives les unes que les autres (centres éducatifs renforcés, centres éducatifs fermés, prisons pour mineurs…). Qui traumatise qui ?

Quatre mois plus tard, le mardi 15 novembre à Toulouse, sept domiciles sont perquisitionnés par une centaine de gendarmes qui saisissent ordinateurs, téléphones, livres, affiches et effets personnels de touTEs les habitantEs. À l’issue de ces perquisitions, sept personnes sont placées en garde à vue, quatre autres sont auditionnées, et une famille en cours de régularisation est arrêtée puis relâchée dans la journée. Après 32 heures de garde à vue, quatre sont placées en détention provisoire sur demande du juge d’instruction Suc. Une cinquième est placée sous contrôle judiciaire, une sixième doit rester à disposition du juge pour le reste de l’instruction en tant que « témoin assisté ».

Illes sont mis en examen pour : « participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou de dégradations de biens », « violence commise en réunion sans incapacité » et « dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion ». Tout ça pourquoi ? Deux tags et un sceau de caca ? Le fait de visiter en journée certains collaborateurs de l’enfermement semble relever d’un intolérable culot. Mais soyons sérieux, au regard de la situation faite aux mineurs détenus, et plus largement à l’ensemble de la population carcérale, cette action paraît bien modérée.

Qui se fout de la gueule de qui ?

La Police contrôle, pacifie, tue. La Justice enferme, anéantie, tue. La répression n’est pas aveugle et encore moins anodine. Elle vise celles et ceux qui, malgré leur position dans la société qui les voudrait pauvres et dociles, refusent ce sommeil. Un jour les « anars », un jour les étudiantes, un jour les ouvriers grévistes, la liste des mouvements sociaux criminalisés est infinie… Sur Toulouse, pendant le mouvement des retraites des personnes écopent de mois de sursis pour un tag, à la fac des étudiantes sont condamnées pour une occupation pendant une grève, dans les boîtes des travailleur-euses sont sanctionnées pour telle ou telle action, des squats où l’on fait intervenir le GIPN et où la justice prend des licences avec ses propres règles.

Ce n’est pas un milieu que l’on cible, c’est la capacité d’action de toute lutte. Dès que la contestation sort du cadre légal qui ne laisse d’autre choix que d’organiser une jolie manifestation plonplomb déposée en préfecture, on s’expose à une répression aussi mégalo que ses commanditaires. Saupoudrons le tout de termes tels que « mouvance anarchiste », « anarcho-autonome », « gauchistes », que la justice et les médias affectionnent tant et la tambouille médiatico-judiciaire est servie ! Cuisine rendue volontairement indigeste pour faire croire que ces luttes ne concernent qu’une bande d’inadaptés extrémistes et incurables. Alors qu’à Toulouse comme ailleurs, la police et les corps répressifs sont partout, nous pourrissent la vie à tous et toutes, des banlieues au centre-ville, en effectif toujours plus nombreux et toujours plus armés.

Ce qu’ils appellent « ville propre » c’est une ville livrée aux bourgeois et au commerce, mortifère, aseptisée, où rien ne dépasse et où tout est sous le contrôle des caméras, des forces de l’ordre, des « bons citoyens ».

Qui terrorise qui ?

Qu’illes aient ou non fait partie de l’expédition qui nous avait réjouis à l’époque, nous sommes solidaires des inculpé-es.

Nous ne voulons pas de ce monde qui nous contrôle et nous emmure.

Leurs matraques ne nous feront pas taire, ni marcher d’un seul pas !

Au contraire, exprimons notre solidarité avec rage et détermination !

Exigeons l’arrêt des poursuites et la libération pour les inculpés du 15 novembre !

Les murs nous enferment, attaquons toutes les prisons !

Laissez libre cours à votre imagination pour tout acte de solidarité dans chaque ville.

Non à l’EPM

Pour les thunes, envoyez vos chèques à l’ordre de « Maria », CAJ c/o Canal Sud, 40 rue Alfred Duméril, 31400 Toulouse.

Indymedia Nantes, 27 novembre 2011.

 

Révolte et solidarité avec les révolté-e-s

Perquisitions, arrestations, incarcérations – la machine répressive quotidienne a encore fonctionné à Toulouse le 15 novembre dernier. Quatre personnes sont incarcérées, une autre en contrôle judiciaire. Ce texte est un premier acte de solidarité – il y en aura d’autres…
Vive la sociale.

Omniprésence de flics et de militaires sur la voix publique, multiplication des fichiers, délation institutionnelle, interdictions et amendes en tout genre… Chaque jour la pression policière s’accentue sur la population. Contrôles, surveillances et contraintes sont le lot quotidien de tout un chacun, particulièrement des pauvres. Les voix de la pacification sociale sont immenses et vont jusqu’à l’assassinat légal. Rien ne sert de se cacher derrière un « je n’ai rien à me reprocher, donc rien à cacher et rien à craindre… »

Les législations protègeraient tout le monde, « coupables » et « innocents », même ceux qui n’ont rien demandé. Elles effectuent un tri permanent entre les honnêtes citoyens et les contrevenants, ces derniers qui n’ont pas forcément choisi de transgresser mais qui se retrouvent entraînés dans la spirale judiciaire à cause de diverses situations préjudiciables, les plus souvent économiques. C’est paradoxal, cette société s’est construite sur le vol historique des forces de production (main d’œuvre, outils et richesses), mais elle stigmatise en même temps une frange de population dénoncée comme délinquante. Elle l’exhibe et s’en sert d’exutoire. Elle punit la petite rapine et absout le pillage en col blanc, la spoliation des initiés bien placés…

L’enfermement est une torture, le sort réservé aux désobéissants, aux malchanceux. C’est aussi une industrie fleurissante. Chaque jour, un flux incessant alimente les chaînes carcérales. Des millions de personnes en sursis, chair à prison, matière première, victimes potentielles du système. Des millions de procédures judiciaires touchant plus ou moins violemment des millions de gens. Des millions de vies mises sous contrainte à l’intérieur des divers établissements pénitentiaires et à l’extérieur sous contrôle judiciaire, bracelet électronique… Et aussi des millions de personnes sans condamnation formelle, anciens prisonniers, familles et proches des prisonniers qui subissent aussi, en permanence, la lourdeur du règlement pénitentiaire, les brimades et les humiliations institutionnelles.

Multiplication des délits, multiplication et allongement à l’infini des peines, isolement : l’État et les profiteurs de toute sorte, fonctionnaires, employés ou actionnaires des boîtes privées qui gèrent de plus en plus le parc pénitentiaire, appliquent la souffrance avec une humanité digne des valeurs de la démocratie républicaine, des règles pénitentiaires, des Droits de l’Homme et du marché. Ce sont les mêmes ou leurs semblables qui sèment misère et terreur sur toute la planète par le biais d’une économie de guerre et de guerres tout court.

Nous voulons une société sans classe et sans pouvoir dominant d’aucune sorte, faut-il le répéter, une société qui a aboli le profit, l’argent et l’enfermement…

Autant les soumissions voire les adhésions au système sont grandes, autant l’aspiration au changement se généralise. Les résistances perdurent au cœur de la société et au cœur des lieux d’enfermement. Se renouvelant sans cesse, elles sont ce qu’elles sont mais existent depuis que la douleur des sujets soumis à la correction a été érigée en tradition. Les luttes contre l’oppression prennent des formes diverses mais s’alimentent d’une visée commune : la destruction des inégalités et des prisons qui lui sont inhérentes. Le message a la qualité d’être clair. Il se transmet depuis des décennies par tous les exploités qui refusent la fatalité : Révolution sociale, émancipation.

Aujourd’hui, encore plus qu’hier, l’antagonisme entre les intérêts de classe est criant. L’État enferme de plus en plus longtemps, mais aussi de plus en plus tôt ceux qui refusent la loi de la jungle. L’âge de responsabilité pénale en France est déjà de 13 ans et tendrait à être abaissé à 12 (pour le moment les mineurs de moins de 13 ans font l’objet de mesures dites « de protection, d’assistance, de surveillance et d’éducation ». La plus belle des jeunesses se meurt en prison. Plus précisément depuis ces dernières années dans les divers établissements de contention (centres renforcés, centres fermés…) et dans les prisons pour enfants, pour adolescents, dans les fameux établissements pour mineurs, EPM, hauts lieux de l’éducation carcérale. Prisons où des jeunes souffrent, se suicident et parfois se révoltent. Comme à Lavaur ce printemps où l’administration a envoyé ses sbires armés et cagoulés pour mater les jeunes prisonniers. Les services de la Protection Judiciaire de la Jeunesse (PJJ) collaborent clairement avec l’administration pénitentiaire dans sa sale besogne de garde chiourme. Le 5 juillet 2011, la PJJ toulousaine (à Labège) a été la cible de la solidarité, ses pratiques carcérales dénoncées, ses locaux salis par la vindicte populaire. Une action somme toute dérisoire mais ô combien symbolique alors qu’au même moment le ministre de la Justice annonçait une série de mesures renforçant encore la répression contre les mineurs. La nouvelle loi Mercier crée une comparution immédiate s’appliquant dès 13 ans, un fichier unique des mineurs délinquants (personnalité, environnement…) permettant au procureur de déférer le jeune directement au tribunal pour enfants, supprimant ainsi le pouvoir du juge pour enfants. Elle crée un tribunal correctionnel pour les mineurs de plus de 16 ans, composé de juges non spécialisés, manière d’abaisser la majorité pénale de 18 à 16 ans…

Le 15 novembre 2011, après une traque de quatre mois, une série de perquisitions et de gardes à vue, cinq personnes sont mises en examen pour l’action contre la PJJ. Ils sont accusées « de participation à un groupement formé en vue de la préparation de violences contre les personnes ou de destruction ou de dégradations de biens ; violence commise en réunion sans incapacité ; dégradation ou détérioration du bien d’autrui commise en réunion ». Des faits minimes, une action de solidarité, mais des chefs d’inculpation très lourds et qui risquent d’être lourds de conséquences. Quatre inculpés sont incarcérés depuis à la Maison d’arrêt de Seysses, une personne est en liberté provisoire et une autre gardée sous le coude comme témoin. Et l’enquête n’est pas close.

Que ces personnes soient impliquées ou non dans cette action n’a que peu d’importance, tant il est juste sur le fond d’avoir exprimé sa solidarité avec celles et ceux qui subissent la répression de manière brutale, ici les jeunes prisonniers de Lavaur. Quand l’État enferme pour quelques graffitis, il montre le bâton à ses détracteurs et à tous ceux qui, frappés de plein fouet par la débâcle économique se risqueraient à quelques actions directes expropriatrices et/ou revendicatives. La lutte contre cette société qui produit misère et enfermement est un chemin semé d’embuches, de joies et de pleurs… dont on peut se relever renforcé et d’autant plus déterminé. Il convient maintenant d’exprimer sous de multiples formes notre soutien à ces nouvelles victimes d’une justice qui mène la chasse à la solidarité.

Levée des inculpations, liberté pour toutes et tous.

Xiap et Rouma noc – Novembre 2011.


Toulouse : quatre casseurs écroués

Quatre membres présumés d’un commando qui avait commis des dégradations dans des locaux de la Protection judiciaire de la jeunesse (PJJ), près de Toulouse, afin de dénoncer l’incarcération des mineurs, ont été mis en examen et emprisonnés, a-t-on appris auprès du parquet. Le 5 juillet, à Labège, en banlieue toulousaine, une dizaine de casseurs, très organisés, vêtus de noir, cagoulés et gantés, ont fait irruption dans le bâtiment de la direction interrégionale de la PJJ. Ils ont saccagé des salles et écrit « nique la justice » ou « porcs » sur les murs. Un salarié avait été aspergé de gaz lacrymogène.

Hier, sept personnes âgées de 21 à 30 ans ont été interpellées dans des squats de Toulouse. Cinq ont été mises en examen et quatre d’entre elles ont été placées en détention pour des faits de dégradation et de violence. Aucune n’est originaire de la région toulousaine, selon le procureur de Toulouse, Michel Valet. Le parquet s’est refusé à préciser les conditions dans lesquelles les enquêteurs sont remontés jusqu’aux suspects. Selon une source proche de l’enquête, ces militants d’ultra gauche, chômeurs ou étudiants, ont agi par conviction, non pour se venger d’une incarcération dans un Établissement pénitentiaire pour mineurs (EPM).

« C’est rare qu’on interpelle ces gens-là car ils sont très prudents, ils refusent les prélèvements ADN et refusent de répondre lors des interrogatoires », a dit un enquêteur.

Une vingtaine de membres d’un comité de soutien des casseurs présumés a manifesté mercredi devant la brigade de gendarmerie de Saint-Orens, puis devant le palais de justice où ils étaient entendus, pour protester, derrière une banderole affichant « mort aux flics ».

Leur presse (Agence Faut Payer), 17 novembre 2011.

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Vive l’Azawad libre !

Les revenants de la Libye : Un groupe refuse de rencontrer les députés dépêchés sur le terrain pour trouver des solutions !

« Nous n’avons rien à nous dire ! Nous sommes le peuple de l’Azawad, vous, vous êtes le Mali. Nous sommes sur notre territoire, on n’a rien à vous dire. Vous êtes des parlementaires ? Ça c’est l’affaire du Mali. Nous, nous sommes chez nous, terminé. Vous dites que nous devons écrire au président de la République, votre président de la République n’est pas notre président. »

(…)

Leur presse (Oumar Baraka, Lafia Révélateur, 23 novembre 2011)


Nord-Mali : La supercherie des revenants de la Libye

En mission dans les collines de Boureïssa (cercle d’Abeïbara) pour s’enquérir de la situation des revenants de la Libye, la délégation parlementaire conduite par le 5e vice-président, Sandy Haïdara, a été très déçue du comportement de ces gens. En effet, ils n’ont rien trouvé de mieux à dire aux élus de la Nation que ceci : « Nous ne vous reconnaissons pas. Nous voulons vivre sans vous, dans un autre territoire, qui s’appelle Azawad ». Ces mots ont été suivis de la remise d’une carte et d’un drapeau de l’Azawad. C’est le chef de la mission parlementaire, l’honorable Haïdara lui-même qui a réceptionné ces deux symboles de la fantomatique République sécessionniste du MNLA.

Les revenants de la Libye rejoignent ainsi le groupuscule de lâches individus qui réclament depuis plusieurs mois « l’autonomie des régions nord du Mali ». Ils posent, de cette façon, un acte d’ingratitude vis-à-vis des autorités de Bamako, lesquelles ont tout fait pour les accueillir dignement et tentent en ce moment de trouver des solutions permettant leur insertion socio-économique.

Koulouba [le Palais présidentiel] est donc averti que ces Touaregs de Libye sont mal intentionnés. Tout d’abord, ils sont rentrés sur le territoire national avec un arsenal de guerre et plusieurs dizaines de véhicules. Ensuite, ils continuent de s’armer (heureusement que les militaires nigériens ont intercepté et détruit une bonne quantité de ce matériel de guerre, tuant de passage plusieurs personnes). Pire, ils pratiquent le chantage, pour faire peur au peuple malien, à travers ses élus et son Exécutif.

Ils savent pertinemment qu’aucun Malien n’acceptera la partition du pays, mais continuent de tirer sur cette corde sensible. Et, le plus souvent, ils brandissent, par communauté interposée, la menace de l’ouverture d’un front armé contre l’autorité légitime.

Cette supercherie ne marchera pas, parce que la donne a changé. Kadhafi, leur bras armé et séculaire, n’est plus. L’Algérie et le Niger, qui pouvaient être leurs bases arrière, sont des alliés sûrs du Mali. Il y a quelques semaines, le chef de l’État, Amadou Toumani Touré, s’est rendu chez Bouteflika pour, entre autres, le concerter sur la gestion de cette question. Ce jeudi 24 novembre, il sera à Niamey. Sans nul doute pour remercier l’armée nigérienne et convenir avec le tout nouveau président du Niger, Mahamadou Youssoufou, d’une stratégie de riposte commune. C’est dire que les revenants de la Libye, malgré toute la capacité de nuisance dont ils sont crédités, ont intérêt à rester tranquilles et à s’inscrire dans un processus de dialogue avec l’État du Mali. Sinon, ils seront traités comme des bandits armés et matés comme tels. La géopolitique a changé et aucune rébellion n’a de chance de prospérer désormais dans notre pays.

Leur presse (Chahana Takiou, 22 Septembre, 24 novembre 2011)


L’Assemblée nationale au chevet de l’insécurité au Nord-Mali : Les députés réfutent toute légitimité aux prétendus responsables du MNLA

La forte délégation de parlementaires (membres de la cellule de crise mise en place suite au retour au pays de plusieurs Maliens de Libye avec armes et bagages) vient de faire du bon travail sur le terrain dans les contrées de la région de Kidal. Conduite par l’honorable 5e vice-président de l’Assemblée nationale, El Hadj Baba Haïdara dit Sandy, cette mission des représentants du peuple a bravé bien d’intempéries pour créer un cadre de dialogue surtout à Zakkak avec les éléments les plus récalcitrants du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Ils auraient été invités à faire la preuve de la légitimité dont ils se prévalent pour émettre des revendications sécessionnistes.

(…)

Les objectifs essentiels de cette mission étaient de visiter les sites de cantonnement de ces réfugiés qui semblent constituer, avec les armes dont ils sont détenteurs, une menace pour la paix et la tranquillité des régions nord. Il s’agissait également de prendre contact avec ces Maliens revenus au pays dans des conditions de grande précarité pour avoir la bonne information sur leurs intentions et aussi créer un cadre de dialogue avec notamment les plus radicaux d’entre eux.

Selon les explications de l’honorable El Hadj Baba Haïdara, le 5e vice-président de l’Assemblée nationale qui dirigeait la mission, l’équipe a eu plusieurs rencontres avec ces Maliens à propos desquels les rumeurs les plus alarmistes ont couru. Après des échanges avec quelques notabilités locales bien imprégnées du dossier à Gao, les parlementaires ont mis le cap sur la région de Kidal où trois sites de cantonnement ont été visités avec des discussions qualifiées de « sincères, franches et détendues ». Il s’agit de Takalot, Abéibara et Zakkak.

Dans la première localité, a expliqué le chef de la mission, les élus de la nation ont rencontré des groupes armés revenus de la Libye, qui affirment qu’ils sont à la disposition du pays. Ce sont des officiers, sous-officiers et hommes de troupes qui sont plus détendus et attendent que l’État malien travaille à leur insertion sociale.

(…)

À Abeïbara, les parlementaires ont rencontré un deuxième groupe également « disposé à tout donner au Mali. Ils attendent que l’État malien agissent dans le meilleur des sens pour leur réintégration dans le circuit de développement des régions Nord. Ils souhaitent que l’État agisse vite pour leur témoigner sa compassion ».

Enfin, le point qui semblait « chaud » serait la zone de Zakkak où, devant des responsables encerclés par des éléments armés jusqu’aux dents, les députés ont été reçus et ont eu deux séries d’entretien avec leurs interlocuteurs composés de quatre groupes dits menaçants. Il s’agit des éléments du Mouvement national de l’Azawad (MNA, qui avait fait récemment une manifestation à Tombouctou), un groupe d’éléments armés venus de Libye, un groupe d’éléments mécontents issus des rangs d’Ibrahim Ag Bahanga et un contingent d’éléments du Colonel déserteur de l’armée, Assalat. Ces quatre groupes ont fusionné pour créer le Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA). Ces éléments, eux, ne passent pas par quatre chemins pour exprimer leurs exigences : la libération de l’Azawad (les régions du Nord-Mali) colonisé selon eux ; recouvrer les droits nationaux du peuple de l’Azawad, l’autodétermination de ce peuple. Ils dénoncent les politiques des gouvernements successifs du Mali dans l’application du principe de l’assimilation forcée de leurs peuples.

Après 48 heures de discussions avec eux, les députés ont prêché le langage de la vérité. « En tant qu’élus de la nation, nous leur avons posé la question de savoir qui leur a donné la légitimité de représenter le peuple de l’Azawad. Nous avons réussi à leur faire comprendre que toute revendication doit se faire à travers le dialogue. Et nous avons pu obtenir d’eux qu’ils aillent consulter les populations afin de vérifier si celles-ci sont solidaires avec eux dans ces revendications sécessionnistes », a expliqué El Hadj Baba Haïdara.

Il faut signaler, a-t-il ajouté, que « c’est à Zakkak que se trouvent les groupes les plus récalcitrants qui crient leur ras-le-bol par rapport à l’insécurité, leur ras-le-bol par rapport à la mauvaise gouvernance, l’injustice, l’impunité et surtout la démission et l’absence de l’État sous toutes ces formes dans ces zones ».

Par ailleurs, rapporte l’honorable Haïdara, des salafistes et des éléments d’AQMI circulent dans ces zones de Kidal et menacent comme ils le veulent au su et au vu de tous. Ils ont fait sauter récemment le camp des gardes d’Abeïbara. Ils sont également rentrés dans une école pour exiger, sans succès, des enseignants qu’ils séparent les garçons des filles.

Il faut signaler qu’une précédente mission gouvernementale s’était rendue dans la zone de Kidal pour rencontrer ces rapatriés armés. Elle était conduite par le ministre Kafougouna Koné ; mais elle n’a pas pu s’entretenir avec les éléments les plus menaçants, ceux de Zakkak.

Leur presse (Bruno D Segbedji, L’Indépendant, 24 novembre 2011)

[Pour éviter toute incompréhension, il est indispensable de se souvenir que le Mouvement National de l’Azawad, loin d’être en quoi que ce soit kadhafiste, avait proclamé son soutien à la révolution libyenne — et appelé à la révolution mondiale — par un très beau communiqué (publié vers le 5 mars), reproduit ci-dessous.]

Communiqué de presse : Soutien à la révolution libyenne

Nous sommes à l’orée d’un changement global de l’humanité. Une croisée des chemins où les peuples opprimés prendront des décisions qui influenceront la vie sur terre bien avant le futur de ce que nous appelons le temps. Nous pouvons ouvrir grandes toutes les portes des grandes prisons mentales et émotionnelles qui ont tenu l’humanité confinée depuis des millénaires.

Suite aux événements tragiques et douloureux qui secouent les pays du Maghreb et du Proche et Moyen-Orient, nous, Mouvement National de l’Azawad (MNA), s’associons aux cris de douleurs de tous les enfants, femmes et hommes qui dénoncent l’oppression et la soif du pouvoir dominant certaines élites politiques de ces dits pays, au prix de leurs âmes.

Nous soutenons et lançons un appel à tous les peuples opprimés de s’unir face aux dictateurs et gouvernants néocolonialistes.

Le MNA, à travers les événements scandaleux, appelle tous les dirigeants qui tiennent leurs peuples par la terreur à se ressaisir et écouter les doléances de ceux-ci, défiant la mort au nom de la justice sociale.

Nous démentons l’implication des Azawadiens dans les milices formées par le Colonel Kadhafi pour se maintenir au pouvoir ; et précisons que les Touaregs impliqués dans ce bain de sang sont de nationalité libyenne.

Nous invitons les Communautés de l’Azawad à se désolidariser de cette dictature et rester sur leurs terres ancestrales pour le combat du sous-développement afin de faire sortir leurs parents de l’apocalypse de la misère entretenue.

Le MNA condamne, avec la dernière rigueur, l’usage de la force contre les peuples en quête de démocratie et interpelle les organisations internationales africaines de leur silence, et demande à la jeunesse à se ressaisir.

À toutes les familles et tous ceux ayant perdu amis, proches… tombés sous les champs de l’honneur et de la dignité humaine au nom de la démocratie et de la justice, nous leur présentons nos condoléances et réitérons notre soutien.

MNA
Secrétariat à la Communication
Auguastane

[D’autres informations sur le site du MNA devenu MNLA : http://www.mnlamov.net/]

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[Saint-Grégoire] Les bureaux d’Areva vandalisés

Un immeuble abritant des bureaux d’Areva a été vandalisé dans la nuit de jeudi à vendredi à Saint-Grégoire, près de Rennes.

Compteur électrique incendié

Chômage technique, aujourd’hui, pour une cinquantaine de salariés travaillant dans un immeuble abritant, à Saint-Grégoire, des bureaux d’Areva, de l’une de ses filiales et d’une banque. Selon la police, l’immeuble a été vandalisé dans la nuit de jeudi à vendredi : situé à l’extérieur du bâtiment, un compteur électrique a été incendié, interrompant l’alimentation électrique de l’immeuble de trois étages.

« Guerre au nucléaire »

Sur le mur de l’immeuble, un tag mentionnant « Guerre au nucléaire et à son monde ». « Nous dénonçons cette action militante qui attente à l’outil de travail », a déclaré à la l’AFP Patricia Marie, responsable du service de presse d’Areva, qui a porté plainte. Vendredi midi, la police n’avait procédé à aucune interpellation.

Après des heurts violents entre les forces de l’ordre et des militants antinucléaires, un convoi de déchets nucléaires hautement radioactifs a quitté mercredi le terminal ferroviaire d’Areva à Valognes (Manche), à destination de l’Allemagne.

Leur presse (Ouest-France), 25 novembre 2011.

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No Borders London 13-18 February 2012

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London NoBorders, along with Goldsmiths students and other groups, are organising a week-long convergence to be held in London between 13 – 18 February 2012. The aim is to get together to share our knowledge and experiences in relation to people’s freedom of movement and the restrictions on it, and to share skills, network, strategise and take action.

From Monday 13th to Wednesday 15th there will be a series of workshops and seminars, mostly at Goldsmiths University in New Cross. south east London. Then from Thursday 16th to Saturday 18th there will be demonstrations and actions against migration controls.

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« … Ce que je trouve dégradant, c’est plutôt d’être trader ou huissier de justice »

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Morgane Merteuil : « Je préfère être “escort” plutôt que travailler en usine »

Entretien avec la secrétaire générale du Syndicat du travail sexuel (Strass), mouvement créé en 2009 qui revendique 500 adhérents.

Comment définiriez-vous votre « travail » ? Je n’utilise pas le mot de « prostituée » : c’est un terme passif fondé sur un participe passé. Je dis plus volontiers que je suis une escort. Ou une « pute » : c’est une façon de se réapproprier un terme en général utilisé comme une insulte, de la même manière que les homosexuels se sont réapproprié le mot de « pédé ».

Je préfère être escort plutôt que travailler en usine quarante heures par semaine : je choisis mes horaires, je n’ai pas de patron, je gagne ma vie. L’important, c’est que cela reste un choix.

Les abolitionnistes affirment que la prostitution n’est jamais un choix. Qu’en pensez-vous ? C’est évidemment un choix « contraint » — on ne le fait sans doute pas uniquement par plaisir —, mais c’est le cas pour beaucoup d’autres métiers. Les personnes qui ont des journées extrêmement difficiles sur des chantiers ou dans la restauration diraient sans doute, elles aussi, qu’elles ont fait un choix contraint. Personne ne songerait à leur rétorquer, comme on le fait avec nous, que leur consentement ne vaut rien et qu’elles sont aliénées.

Les abolitionnistes — parfois des féministes ! — nous parlent comme si nous étions des enfants, alors que, pour moi, le féminisme, cela consiste à écouter la voix des femmes, sans porter de jugement moral et sans avoir d’a priori. Pour elles, il n’y a qu’un seul schéma d’émancipation, le leur. Et toutes celles qui ne rentrent pas dans ce schéma sont forcément aliénées. Pour moi, l’émancipation, cela consiste au contraire à vivre selon ses propres désirs.

Que répondez-vous à ceux qui disent que la prostitution est forcément une atteinte à la dignité ? C’est une forme de paternalisme très condescendant. C’est blessant, injurieux, méprisant, de s’entendre dire que ce métier est, par nature, un esclavage ou un asservissement. Il peut l’être, bien sûr, mais il ne l’est pas toujours. J’ai des amies qui ne pourraient pas faire ce que je fais, mais j’ai un rapport au corps qui me permet, moi, de le faire. Il faut respecter le ressenti de chacun, ne pas imposer aux autres sa propre vision des choses. Certaines personnes ne pourraient pas travailler dans un abattoir, d’autres auraient du mal à s’occuper de personnes âgées. Moi, ce que je trouve dégradant, c’est plutôt d’être trader ou huissier de justice. Les adhérents du Strass n’ont pas le sentiment de perdre leur dignité, ils veulent simplement qu’on cesse de les stigmatiser et qu’on leur reconnaisse des droits sociaux — la retraite et l’assurance-maladie par exemple. En pénalisant le client, on va au contraire marginaliser et précariser les travailleurs du sexe, qui auront de plus en plus de mal à imposer leurs conditions aux clients.

Le syndicat que vous dirigez parle de la prostitution comme d’un « travail sexuel ». Pourquoi ? La prostitution ne consiste pas à vendre ou même à louer son corps, comme le prétendent les abolitionnistes, tout simplement, parce que le client ne peut pas en faire ce qu’il veut. Le travailleur sexuel propose une prestation qu’il réalise avec son corps, mais il fait aussi travailler sa tête ! Il y a des choses qu’il accepte de faire, d’autres qu’il ne fait pas et, pendant la prestation, il garde à tout moment le contrôle de ce qui se passe.

Propos recueillis par Anne Chemin
Leur presse (Le Monde), 25 novembre 2011.

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[Égypte] Dernières nouvelles du Caire

[Jeudi 24 novembre] Tahrir est calme du côté de la rue Mohammad Mahmoud, un mur a été élevé par l’armée mais réduit de moitié par les manifestants pour permettre de voir ceux qui viennent de l’autre côté.

Hier soir j’ai passé deux heures sur la place, entre 10h et 12h, j’ai pu voir des dizaines de blessés transportés dans les hôpitaux sur place, et d’autres blessés plus graves évacués sur des motos ou par les ambulances vers d’autres hôpitaux extérieurs.

Je me suis rendue ce matin à l’hôpital installé dans l’église de Garden City, il y avait des blessés dont le corps était criblé par les balles des cartouches et qu’il fallait extraire.

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Des corps de manifestants égyptiens gisent par terre sur la place Tahrir au Caire, peu après l'intervention de la police militaire pour mettre fin à un sit-in, le 20 novembre 2011.

Au cours de la conférence de presse qui a eu lieu ce matin dans la grande salle de Madinet Nasr, Chahine et Fangari ont déclaré que ceux qui sont sur toutes les places de l’Égypte ne représentaient pas le peuple égyptien et que demain ceux qui sortiront à Abasséya en sont les vrais représentants.

Notez donc, demain vendredi 25, le Askari mobilisera des milliers d’égyptiens, à Abasséya, contre Tahrir, un scénario ignoble à la yéménite et à la syrienne se prépare.

Demain sera une journée décisive.

En parallèle nous avons la bataille des élections du syndicat des ingénieurs, nous pouvons craindre que la mobilisation menée depuis des mois ne porte pas ses fruits et que les gens préfèrent aller à Tahrir laissant la place libre aux frères qui n’y participent pas, c’est un enjeu important.

Concernant l’état des élections, certains partis de la Kotla et de El Sawra Mostaméra, ont déclaré suspendre leur campagne, mais sont encore incapables de prendre une décision ferme pour le boycot des élections. Une telle décision laissera les frères et les salafistes et les ex-PND seuls dans la bataille ce qui les isolera davantage.

La situation est grave, tant les forces démocratiques que le SCFA sont dans l’impasse. L’absence d’un conseil de la révolution issu de la place Tahrir et de toutes les autres places de l’Égypte, risque de minimiser les acquis de cette nouvelle mobilisation face à un conseil militaire intransigeant, for du soutien de la CIA, les frères musulmans et les salafistes. Le scénario futur n’est pas très rassurant.

Je sors du parti du Tahalof Echteraki et on sent une confusion et une paralysie étonnantes. Absence de stratégie et de réaction immédiate sur le terrain, que des communiqués qui masquent incompétences et faiblesses réunies.

Seule l’extraordinaire détermination des jeunes révolutionnaires et la solidarité sans précédent du peuple, les hôpitaux n’ont plus besoin de médicaments tellement ils en ont reçu me rassurent.

Ce matin à Rawabet, à proximité du Town House, des équipes faisaient des paquets de couvertures, des caisses d’eau , de jus et de vivre ainsi que des bouteilles remplies de levure à l’eau pour neutraliser l’effet des nouvelles bombes lacrymogènes et les transféraient à Tahrir. Ceci sans parler de l’afflux des vivres que j’ai constaté de mes propres yeux hier soir.

J’ai rencontré hier soir à Tahrir, des jeunes femmes, n’appartenant à aucune formation politique, qui dorment sur l’asphalte depuis quatre jours, et sont déterminées à ne pas quitter la place, s’exposant à toutes sortes de dangers, prêtes à mourir, en plus de familles entières venant des quartiers informels, sont là pour dire non, et arborent un autocollant : Chahid taht El Talab ; martyr à la demande.

Dans son article hebdomadaire dans le quotidien Al Shorouk, le romancier Moahammad El Makhzangui, a comparé ce qui se passe actuellement à la mythologie d’Isis et d’Osiris : le peuple ayant réussi à ramasser les partie du corps de sa révolution, dépecée par Set, SCFA, et dispersées dans le Delta et la vallée, et les a reconstituées, la métaphore est très belle.

Hommage à la détermination et au courage des jeunes révolutionnaires égyptiens
No pasaran

Galila El Kadi
24 novembre 2011.


[Vendredi 25 novembre] Ce matin j’ai voté aux élections du syndicat des ingénieurs, la participation était très élevée, et la fermeture des bureaux de vote a été reportée à 19h.

Nous aurons les résultats pour le syndic demain soir.

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Je suis ensuite allée à Tahrir, cette manifestation de la dernière chance, était colossale, sans la présence des frères musulmans, qui ont organisé une autre manifestation à EL Azhar baptisée le vendredi de la défense de la mosquée d’El Aqsa, à Jérusalem (même les Palestiniens se sont moqués d’eux). En même temps, le SCFM a organisé une troisième manifestation à la place Abasséya, qui réunit plusieurs centaines de manifestants, amenés par l’Armée des différents gouvernorats d’Égypte, pour soutenir le maintien de l’armée au pouvoir.

La nomination confirmée du Dr Kamal El Ganzouri, ex-premier ministre sous Moubarak et membre de l’ex-PND, âgé de 78 ans, a mis de l’huile sur le feu. Les manifestants dans toute l’Égypte, ainsi que la plupart des partis et des forces politiques le refusent. Seuls les adeptes du Askari à Abasséya, lui sont favorables. Tous les noms autour desquels il y a eu consensus dans toutes les places de changement en Égypte, tels que : Baradei, Hamdin Sabahi et Aboulfotouh, trois candidats au poste de président de la république, ont été éliminés à cause de leur exigence de jouir des pleins  pouvoir d’un premier ministre. Le Askari a préféré passer outre la volonté exprimée par des millions d’Égyptiens à Tahrir et dans les autres villes, et sortir une momie pharaonique de son cercueil, comme disent les Égyptiens, pour continuer à dominer.

À l’heure actuelle une partie des manifestants encerclent le conseil des ministres pour y interdire l’accès au nouveau premier ministre.

Une réunion entre les partis politiques s’est tenue à 19h pour décider du sort des élections, report ou boycot. En fait, si le SCFM a perdu sa légitimité en participant au massacre de Tahrir qui  a fait 37 morts et 3500 blessés, la tenue des élections lui feront recouvrir une nouvelle légitimité, ce qu’il faut éviter à tout prix. Le problème est que les partis politiques sont divisées sur la position à adopter, l’ensemble des coalitions de la jeunesse appellent quant à elles au boycott des élections.

L’attitude du SCFA, organisation d’une contre-manifestation, et choix d’un ex-PND septuagénaire comme premier ministre, suite aux massacres commis directement par ses forces et avec son absolution, représentent un tournant dans  la révolution égyptienne. La polarisation des forces en présence s’est confirmée : d’un côté la coalition des islamistes et du SCFA, de l’autre les libéraux, les socio-démocrates et la gauche, les jeunes se détachant clairement à l’aune de ces deux groupes. Au refus du SCFA s’est ajoutée sa condamnation et sa mise en cause. J’ai été frappée aujourd’hui à la place Tahrir par la présence d’une énorme banderole portant les portraits de tous les membres du SCFA les accusant des mêmes délits attribués à Moubarak. Dégage, et le peuple veut la chute du SCFA ou du Mouchir Tantawi, sont devenus les slogans les plus courants.

Sachant que les manifestants sont plus que jamais déterminés à ne pas se laisser faire et à défendre leur révolution, que le SCFA reproduit sans vergogne les pratiques répressives de Moubarak, et reste sourd aux revendications de Tahrir, la confrontation est devenue inévitable, et cette fois-ci elle sera sanglante. Le scénario syrien ou yéménite nous hante de plus en plus.

Demain samedi est jour férié, l’occupation de Tahrir et des autres places des grandes villes va se poursuivre, mais il va falloir dégager la place Tahrir, épicentre de la capitale, occupée depuis 7 jours pour faciliter la circulation et affirmer l’autorité du Askari, sans oublier les élections législatives  prévues pour lundi.

S’il n’ y a pas de solutions politiques avant lundi, un nouveau bain de sang est à craindre.

Galila El Kadi
Le 25 novembre 2011.


[Samedi 26 novembre] Un manifestant a été tué samedi matin au Caire dans des heurts entre la police égyptienne et des militants qui bloquaient l’entrée du siège du gouvernement, première victime après deux jours d’accalmie dans la capitale, a affirmé à l’AFP une source médicale.

L’incident s’est produit vers 07H00 (05H00 GMT) lorsque, selon des témoins, la police anti-émeutes a attaqué à coup de grenades lacrymogènes des manifestants qui ont campé toute la nuit devant le siège du gouvernement pour protester contre la nomination d’un nouveau Premier ministre par l’armée.

Des renforts de manifestants sont arrivés de la place Tahrir et ont répliqué avec des pierres et cocktails molotov. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 26 novembre 2011 – 10h30.

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[Stop Castor Valognes] Lettre ouverte au préfet de la Manche

À Lieusaint, les voies du saigneur ne sont pas impénétrables

Nous pouvons directement commencer comme ça : Monsieur le Préfet, vous n’êtes qu’un con… Et nous  assumons pleinement l’impolitesse de la formule.

Si nous avons d’un commun accord décider de péter les dents du castor et de lui mordre sa queue aussi plate qu’un de vos pauvres discours « à la botte de », c’est avant tout par esprit de responsabilité… Et non pas comme vous le dites pour casser

Certaines situations exceptionnelles méritent quelques réponses elles-mêmes exceptionnelles, et il n’appartient qu’à nous, en toute autonomie, d’en élaborer la stratégie ainsi que d’en construire la portée offensive. Et c’est là que ça vous défrise la moumoutte.

Quant à notre forme de lutte, nous n’avons jamais prétendu nous faire comprendre par vos services, qui s’attachent, à l’instar des Mass Merdia traditionnelles, à nous faire passer pour de simples délinquants un brin forcenés… Et encore moins par votre mécène préféré, la bien nommée AREVA, entreprise de destruction massive au service de la mort lente et programmée… Nous avons quelques prétentions quant à la qualité de nos fréquentations.

Néanmoins, quelques éclaircissements s’imposent.

Nous ne nous attarderons pas ici à développer la longue liste clinique qui nous a amené à nous inscrire dans le mouvement anti nuk ; d’autres le font bien mieux que nous, et s’il vous reste un brin de neurones non contaminés par le mensonge cru, vous en verrez toute la pertinence.

Nous voulons juste réaffirmer une réelle concordance entre notre pensée et notre forme de lutte, processus qui n’a rien à faire de votre rhétorique usuellement admise.

Nous ne sommes ni des casseurs, ni des terroristes, ou autre appellation d’origine contrôlée par vos services de presse képi.

Nous nous réapproprions juste une part de violence face à la violence continue exercée au quotidien par les hordes de l’ordre.

Tendre l’autre joue n’est pas notre pain quotidien, et vous ne pouvez décemment nous reprocher notre envie d’une vie directement vécue et notre besoin d’en découdre avec la Médiocratie dont vous êtes apparemment l’un des éléments prometteurs.

Notre forme de lutte est en résonance directe avec notre constat du monde. Elle se réapproprie des méthodes que vous inaugurez  parfois au travers d’une gerbe à la Résistance.

Elle s’interroge régulièrement de ses faiblesses ou de sa pertinence, voire de sa cohérence… Elle reste néanmoins persuadée des « bienfaits » de son caractère offensif… Elle en veut pour preuve la gêne qui secoue votre habitacle à sclérose quand une bande d’agités cosmoplouks réintroduisent l’art de la guerre dans les prairies du bocage bas normand.

Et vous avez de la chance qu’il nous reste encore quelques traces de bien élevé sous le couvre-chef, sinon vous verriez la difficulté pour vous et vos clones de vivre tranquillement la normalité morbide dont vous vous êtes faits les fervents ambassadeurs.

Nous sommes totalement conscients que vous n’êtes qu’un pantin au sein d’une machine infernale que nous espérons voir dérailler d’une façon turlupinante.

Nous ne sommes pas méchants ; juste très rapidement irritables.

Vous nous avez fait décadents ; vous ne pouvez nous reprocher de vouloir accélérer le déclin de votre monde et de tenter de nous organiser afin de continuer d’en rire.

Nous ne croyons pas vous faire évoluer sur le choix d’un dictionnaire autre qu’édité aux éditions de l’ennemi intérieur. Sur le terrain des mots, sachez que votre leurre est compté. Sur le terrain des maux, nous vous considérons définitivement incompétent.

Cher monsieur, vous qui avez depuis toujours soutenu l’UBUmanité régnante, nous vous espérons longtemps en vie afin qu’un jour vous puissiez comparaître, au côté d’AREVAille qui vaille, devant le tribunal de vos arrières petits-enfants, pour complicité de crime contre l’humanité… Et pendu haut et court.

Décidément, vous n’êtes pas digne d’être petit

Pour l’internationale du GUILIGUILI, Raymonde DUSILENCE

Reçu le 25 novembre 2011.

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[Montpellier] Commandement de quitter les lieux et article ML sur les magouilles municipales

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Salut tous,

L’huissier est venu délivrer un commandement de quitter les lieux. À partir de lundi il fera appel aux forces de police pour nous y forcer.

Du côté de la municipalité, silence radio. Midi-Libre nous informe (pour une fois) :

L’élue monnayait ses promesses de logement

« Je conteste. » Chantal Chassonnerie, 59 ans, épuisée au point de rester assise face au tribunal, se défend comme elle peut.

« Vous n’avez jamais reçu d’argent pour faciliter l’obtention de logement ? », s’étonne le président.

« Non, jamais. »

« Vous aviez pourtant déclaré le contraire aux policiers et au juge d’instruction. »

L’ex-conseillère municipale et ex-présidente de la fédération régionale du logement est dans la tourmente depuis sa mise en examen, en avril 2008. Cette autodidacte issue d’un milieu populaire, qui a tutoyé le pouvoir, a fini par se brûler les ailes en cédant aux sirènes de l’argent facile de la corruption.

Mardi soir, le tribunal, avant de la condamner à un an de prison avec sursis et 7500 € d’amende, a décortiqué comment l’élue a ainsi trompé des gens modestes en quête d’un logement social. Chantal Chassonnerie recevait dans son bureau, à l’ancienne mairie, et demandait 500 à 3000 €, toujours en liquide, pour intercéder auprès des organismes HLM. Elle réclamait aussi 20 € d’adhésion pour son association des locataires de La Paillade.

Elle remettait alors un reçu « pour entretenir la confusion. Elle a joué sur les deux tableaux, d’élue et de présidente d’association, pour s’enrichir sur leur dos », dénonce le vice-procureur.

Et comme souvent dans ce genre de dossier, c’est la non tenue de ces promesses qui a débouché sur des plaintes. « Je lui ai donné 1000 €, elle ne m’a jamais rappelé », dit l’une d’elles. Une dizaine de victimes spoliées ont fini par se manifester, pour une dizaine de milliers d’euros perçus. En revanche, on ne saura jamais si d’autres sont restées silencieuses et si, pour certains, la combine a fonctionné.

Les témoignages comme les écoutes téléphoniques et les relevés de compte, où figurent de nombreux versements en liquide, sont accablants. Et pourtant, la prévenue nie jusqu’à l’absurde. Ses explications sur son revirement de position sont confuses. Elle avait pourtant expliqué avoir fini par céder aux nombreuses sollicitations des demandeurs de logement, parce qu’elle avait des soucis d’argent et de découvert. Désormais, elle avance une théorie du complot pour justifier la cabale dont elle serait victime.

« J’ai eu une grosse pression de la part des policiers, notamment un syndicaliste proche du PS. Et devant le juge, il était là, j’ai eu peur, avance Chantal Chassonnerie. J’avais déjà eu des menaces. Se présenter aux législatives à Montpellier, c’est dangereux. On m’avait dit que je ne survivrais pas. Et j’ai aussi combattu la mosquée de La Paillade comme conseillère municipale, on a voulu me faire dégringoler. C’est la même famille qui a déposé plainte. »

Seul son avocat a abondé dans son sens. Il s’est dit « scandalisé par une instruction à charge parce qu’il faut la peau de madame Chassonnerie, il n’y a aucune preuve dans ce dossier » et a osé demander la relaxe. Sans l’obtenir.

L’enquête
Outre les témoignages et les relevés bancaires, les écoutes téléphoniques sont accablantes pour la prévenue. Extraits.
« Est-il possible de faire une rallonge ? », demande-t-elle à une cliente.
Une autre l’appelle et se dit déçue du T3 que la mise en cause lui promet. « Par rapport à ce que je t’ai donné, j’aurais aimé avoir un pavillon. »
« C’est pas moi qui les construis », répond Chassonnerie.
Une autre dame vient d’apprendre que certains n’ont payé “que” 500 € alors qu’elle a déboursé 1000 €. « Je t’ai fait confiance, je t’ai donné 1000 € en cash, la paye de mon mari, j’ai même pas de quoi acheter les couches… Chantal, madame, rends-moi mes sous. »
« Oui, oui, oui, pas de souci. »

Parcours
À La Paillade, Chantal Chassonnerie s’était fait connaître par son engagement total dans le milieu associatif du logement. Elle y a tissé son réseau et connaissait de fait tous les rouages d’ACM et de l’obtention des logements sociaux. Cette position lui a servi de tremplin en politique.
En 2001, elle avait été élue conseillère d’opposition sur la liste Dugrip (RPR-UDF). Elle siégeait ensuite sous le sigle “sans étiquette”, avant de rallier le MRC de Chevènement. Aux législatives de 2007, sur la IIe circonscription, sa liste “Rassemblement pour le changement et la défense du citoyen” récolte 0,37 % des voix. Pressentie sur celle de la majorité municipale en 2008, elle est finalement écartée par Frêche.

Leur presse (Yanick Philipponnat, Midi-Libre), 25 novembre 2011.

C’est un peu comme lors de notre premier entretien en mairie où les chargés de mission nous ont proposé des logements individuels en faisant semblant de ne pas comprendre notre projet de vie…

Mailing (contact), 25 novembre 2011.

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[Tunisie] Les militaires contrôlent les régions minières du centre, sit-in à Tunis

Des blindés de l’armée et la gendarmerie patrouillaient vendredi à Mdhilla, localité du bassin minier tunisien (centre) où la politique de recrutement du principal employeur de la région, la Compagnie des Phosphates de Gafsa, a entraîné des violences.

Par ailleurs, des dizaines de demandeurs d’emploi de ce bassin minier sont montés à Tunis pour un sit-in de protestation devant le siège social de la Compagnie des Phosphates (CPG), au centre de la tourmente depuis la publication mercredi des résultats d’un concours de recrutement au sein de la compagnie.

Des tractations étaient en cours et une délégation de protestataires devait être reçue pour désamorcer « une situation explosive », selon la direction du Groupe chimique tunisien, maison mère de la CPG.

Le gouvernement de transition, encore en charge des affaires courantes avant la formation d’un nouvel exécutif, a par ailleurs ouvert la voie à des recours et suspendu la proclamation définitive des résultats du concours, selon l’agence TAP.

À Mdhilla, une des localités du gouvernorat de Gafsa où se sont déroulées les violences, blindés de l’armée et de la gendarmerie patrouillaient à la mi-journée, selon un correspondant de l’AFP.

« Tout le monde est sur le qui-vive » dans cette ville où des affrontements entre manifestants et forces de l’ordre se sont répétés dans la nuit de jeudi à vendredi malgré le couvre-feu nocturne instauré dans le gouvernorat.

Les troubles avaient éclaté mercredi à Mdhilla et Oum Larayes, une autre localité de la région, après la publication des résultats du concours de recrutement. Des locaux de la Compagnie des phosphates ont notamment été saccagés et incendiés.

« Un demandeur d’emploi n’ayant pas trouvé son nom sur la liste d’embauches a mis le feu à sa propre maison et tenté de s’immoler », ont rapporté des témoins à l’AFP par téléphone.

(…)

Les résultats du concours sont « truqués », « injustes » et « inacceptables », ont dénoncé les protestataires montés à Tunis.

« Les résultats affichés montrent bien que la corruption, le népotisme et les pots-de-vin ont encore joué », a affirmé Mohamed Hlal, 28 ans, venu d’Oum Larayes.

Les protestataires exigent l’annulation des résultats du concours et la prise en compte des conditions sociales dans les critères d’emploi. Ils demandent des « solutions sérieuses » pour endiguer le chômage dans le bassin minier, théâtre d’émeutes en 2008 et de contestation épisodique depuis.

Ils mettent également en cause les syndicats, dirigés par des « notables ».

« Ce sont les plus grands corrompus, ils ont gardé nos dossiers sous la main au profit d’autres », accuse Hédia Jallouli, technicienne supérieure sans emploi.

Selon un responsable du Groupe chimique tunisien, Mohamed Hamdi, une seule usine fonctionnait encore vendredi en Tunisie (Sfax), toutes les autres unités de production étant paralysées par les sit-in et grèves.

(…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 25 novembre 2011, 17h18)

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[Hérault] Les pompiers contre le management

Des pompiers mettent le feu à la voiture de leur directeur et saccagent son bureau

C’est peu dire que le torchon brûle entre la direction du Sdis 34 et les pompiers de l’Hérault… Où tout du moins avec une partie d’entre eux. Hier après-midi, une manifestation a dégénéré à Vailhauquès, au sein de la direction départementale d’incendie et de secours (DDSIS). La voiture du colonel Risdorfer, directeur du Sdis et donc chef de tous les soldats du feu de l’Hérault, a été visée : ils ont dégonflé les pneus, la vitre de sa Laguna de service a été brisée et deux fumigènes lancés à l’intérieur provoquant un incendie… « Une partie des manifestants a mis le feu, une autre l’a éteint », se désole un gendarme.

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« Ce sont des méthodes de voyou » – Le colonel Risdorfer

Et certains, sur la centaine de pompiers présents, ont continué. Outre les palettes et les pneus qui ont brûlé, rendant inutilisable le portail d’entrée, une lance à mousse a été activée et une partie des locaux inondée. Le bureau du directeur a aussi été saccagé.

« Franchement, ce sont des méthodes de voyou, il n’y a pas d’autre mot a réagi le colonel Risdorfer. C’est inadmissible, scandaleux de dégrader du matériel de service public. Ils ont aussi retourné mon bureau, c’est un peu Beyrouth. » Le directeur a reçu le soutien du préfet Claude Baland qui s’est rendu sur place hier après-midi. Il doit déposer plainte aujourd’hui au nom du Sdis. Mais l’enquête s’annonce compliquée : la plupart des manifestants avaient leur casque et cagoule de feu sur la tête…

Comment les pompiers ont-ils pu en arriver à s’attaquer aussi brutalement à leur chef, du jamais vu, même sous la fin de règne chaotique de son prédécesseur le colonel Cassar ? En fait, hier, l’intersyndicale a voulu faire une démonstration de force après le déclenchement d’une grève illimitée depuis le 18 novembre.

« On dénonce le management autocratique et autoritaire du directeur »

« On dénonce le harcèlement et le management autocratique et autoritaire du directeur, il y a beaucoup trop de pression. Et on ne demande pas d’argent comme ils veulent le faire croire », dénonce Didier Bosch, de la fédération autonome. Il affirme n’avoir jamais vu une telle mobilisation des pompiers. Mais ose affirmer n’avoir vu lors des incidents d’hier que « des fumigènes dans les locaux et des feux de poubelle ».

Côté direction, c’est l’incompréhension. Le directeur explique avoir redressé la barre comme le voulait la chambre régionale des comptes. Et le président Gaudy, dont les pneus ont aussi été visés, s’étonne : « On ne comprend pas leur colère ni leurs revendications. » Une nouvelle action est prévue vendredi, sur la Comédie, à Montpellier.

Leur presse (Yanick Philipponnat, Midi Libre), 22 novembre 2011.


Les pompiers incendient la voiture de leur directeur !

Le torchon brûle entre le chef de corps des pompiers de l’Hérault et ses hommes. Hier, ses derniers ont incendié son véhicule et mis plusieurs bureaux à sac. Une plainte a été déposée.

C’est la guerre du feu, totale, chez les sapeurs-pompiers de l’Hérault. Hier matin, le colonel Christophe Risdorfer, qui dirige le SDIS (service départemental d’incendie et de secours) a déposé une plainte pour incendie volontaire contre ses propres hommes. La veille lors d’une manifestation particulièrement agitée dans l’enceinte même de la direction départementale à Vailhauquès (Hérault), des pompiers, casqués ou équipés de cagoules anti-feu avaient procédé à l’incendie de sa voiture de fonction en introduisant des fumigènes dans l’habitacle par une vitre brisée.

Bureaux mis à sac

Les manifestants ont encore mis à sac une partie des bureaux de la direction départementale. « Lorsque des jeunes brûlent des voitures ou caillassent des véhicules de pompiers, on dit que ce sont des voyous. Lundi, il ne s’agissait pas d’un mouvement de colère aveugle mais d’un acte prémédité » s’insurge Michel Gaudy le président du SDIS. « On ne peut pas cautionner de tels actes de voyous mais on peut comprendre l’exaspération des agents. Le matin même, la direction du SDIS avait tenté d’intimider les membres du personnel administratif lors d’entretiens individuels. C’est la parfaite illustration des méthodes de la direction » répond l’un des représentants de l’intersyndicale qui souffle sur les braises dans un climat délétère de torchon qui brûle.

Pas d’entente

Le courant ne passe plus entre la direction du SDIS, incarnée par le colonel Christophe Risdorfer arrivé en 2010 et l’armée des 700 professionnels du feu dont les représentants dénoncent « un management destructeur et un opérationnel médiocre ».

« On nous oppose des notions abstraites mais rien de concret sur lequel nous puissions négocier. C’est la raison pour laquelle nous sommes aujourd’hui dans cette impasse » explique Michel Gaudy le président du SDIS en attendant la réunion de vendredi au Conseil Général de l’Hérault pour tenter de « refroidir le réacteur ».

Les pompiers héraultais ne réclament pas de mesures financières puisqu’ils seraient, en indice, les bien traités de la façade méditerranéenne avec quatre-dix jours de garde (de vingt-quatre heures) par an.

Les grévistes (réquisitionnés par la préfecture) insistent sur les conditions de travail.

Leur presse (Christian Goutorbe, La Dépêche), 23 novembre 2011.

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[Ukraine] Un jeune antifasciste assassiné à Dnipropetrovsk

Communiqué des Antifascistes de Dnipropetrovsk publié sur le site Avtonom :

Le 18 novembre, Mikhail Norokha, jeune antifasciste de 17 ans, a été assassiné à Dnipropetrovsk (Ukraine). Son corps a été retrouvé à 8 mètres d’un immeuble de 16 étages abandonné. Sa mort est due à de multiples fractures et à une hémorragie interne qui ont résulté de sa chute. Bien qu’il soit tombé sur le dos, son nez était cassé et il portait aussi des marques sur le visage. On a aussi retrouvé des traces de gaz lacrymogènes sur ses habits et son manteau était déchiré ce qui est une preuve de plus que ce n’était pas un suicide. Mikhail avait encore sur lui son téléphone portable, ses papiers et de l’argent, les assassins ne lui ont rien pris.

Mikhail avait été agressé plusieurs fois par des nazis dans le passé. Il a été poignardé deux fois ces dernières années. (…) Les antifascistes de Dnipropetrovsk sont certains que ce sont des nazis qui ont causé cette tragédie.

Solidarité ouvrière, 24 novembre 2011.

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Au pied du mur, Quelques nouvelles des luttes contre la prison – novembre 2011

Les murs nous enferment Attaquons les prisons

Au mois de mai, une révolte éclate et dure pendant plusieurs jours dans l’établissement pour mineurs de Lavaur, dans le Tarn. Les enfermé-es saccagent plusieurs dizaines de cellules en affrontant les maton-nes.

Avant et après, des mouvements individuels et collectifs de révolte dans divers lieux d’enfermement (EPM, prisons et centres de rétention), montrent que la colère et la tension sont présentes en permanence à l’intérieur, et se manifestent sous diverses formes selon les occasions.

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Dehors aussi la colère s’exprime, contre les institutions et entreprises qui enferment, ou profitent de l’enfermement.

En juillet, à Labège, une dizaine de personnes font irruption dans les locaux de la direction interrégionale de la protection judiciaire de la jeunesse, et repartent sans encombre après avoir aspergé les ordinateurs, écrit des slogans contre l’incarcération des mineurs (« nique la justice », « porcs ») et laissé des tracts à l’intention des salarié-es.

Mi novembre, des perquisitions et arrestations sont effectuées dans le cadre d’une enquête sur cette action. Quatre personnes sont alors placées en détention préventive, une autre mise sous contrôle judiciaire.

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Parce que nous voulons un monde sans prisons, sans domination, sans argent.

Pour que nous puissions être libres, il nous faut détruire ce qui nous détruit.

Que les personnes inculpées soient innocent-es ou coupables nous leur portons notre solidarité.

C’est déjà tout de suite, 25 novembre 2011.

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[Tunisie] Manifestations et violences dans les régions de Kasserine et Gafsa


Des troubles ont éclaté mercredi dans des localités du Centre-Ouest de la Tunisie, notamment à Kasserine, où les forces des sécurité ont tiré en l’air et fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des milliers de manifestants, a-t-on appris de sources syndicale et policière.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322141059.jpgDes milliers de personnes ont manifesté à Kasserine (350 km de Tunis) pour protester contre « l’oubli des martyrs » de leur ville dans l’hommage rendu aux morts de la révolution lors de la première réunion de l’Assemblée constituante mardi, a indiqué à l’AFP Sadok Mahmoudi, dirigeant syndicaliste.

(…)

Selon M. Mahmoudi, environ 4.000 personnes se sont rassemblées « spontanément » devant le siège régional de l’Union générale tunisienne du travail (Ugtt, centrale syndicale) à Kasserine pour une manifestation pacifique, qui a dégénéré lorsque des manifestants ont tenté de forcer les portes de la prison et jeté des pierres sur les forces de sécurité.

Celles-ci ont riposté en tirant des balles en l’air et des grenades lacrymogènes pour disperser les protestataires qui ont brûlé des pneus sur la place et l’avenue centrale de la ville, a ajouté le secrétaire général du syndicat régional.

« Kasserine a payé un lourd tribut à la révolution et l’oubli de ses morts par les élus du peuple est inacceptable », a affirmé M. Mahmoudi. (…)

Selon un témoin, un dépôt de marchandises de Kasserine a été pillé.

Des renforts militaires sont arrivés sur place et la ville était quadrillée mercredi soir. [Cf. une vidéo d’hier à Kasserine, trouvée sur Thala solidaire]

Le ministère de l’Intérieur a confirmé les incidents de Kasserine et fait état de manifestations à Feriana et à Thala, deux localités du gouvernorat.

Des manifestants ont brûlé des pneus à Feriana et d’autres ont incendié mercredi soir les équipements d’un district de la gendarmerie.

L’armée a tiré des salves en l’air pour les empêcher de saccager les locaux de la sous-préfecture, a indiqué le porte-parole de ce ministère Hichem Meddeb.

(…)

Leur presse (Agence Faut Payer, 23 novembre 2011)


Aujourd’hui également, Om Larayes, dans les environs de Gafsa, a connu une période de grande violence. Les Phosphates avaient organisé un concours de recrutement. Des fuites sur les résultats auraient filtré et des manifestants se sont rendus au poste de police qu’ils ont incendié. Ils ont fait subir le même sort à la recette des Finances. Les manifestants se sont alors dirigés vers un dépôt d’explosifs situés aux abords de la ville. Ce dernier a été entièrement sécurisé par l’armée. (…)

Leur presse (Tunisie numérique, 23 novembre 2011)


À Mdhilla, les émeutiers ont jeté des pierres sur les postes de police, et les violences ont nécessité l’intervention dans les deux délégations de patrouilles sécuritaires regroupant des unités de la sûreté et de l’armée nationale. Les résultats du concours ont été vivement contestés, et des accusations de favoritisme voire de corruption ont été lancées, pour expliquer la tournure violente des évènements dans le bassin minier, qui vit depuis plusieurs semaines une véritable crise avec l’arrêt de la production de phosphate dans les usines installées dans plusieurs villes de la région de Gafsa.

Leur presse (Shems FM, 23 novembre 2011)

Un couvre-feu nocturne a été décrété dans le gouvernorat de Gafsa, la région minière du centre de la Tunisie, suite à des violences qui ont débuté mercredi soir après la publication des résultats d’un concours de recrutement, a rapporté l’agence TAP jeudi. Le couvre-feu est imposé de 19h à 6h du matin, selon un communiqué du gouvernorat de Gafsa cité par la TAP. (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 24 novembre 2011.

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[Égypte] Place Tahrir, jeudi matin

(…) Les affrontements violents se sont poursuivis dans la nuit de mercredi à jeudi dans la rue Mohamed Mahmoud qui relie la place Tahrir au ministère de l’Intérieur, a constaté un journaliste de l’AFP.

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Jeudi matin, l’armée bloquait cette rue tandis qu’un général exhortait les manifestants à reculer vers l’emblématique place Tahrir, occupée en début d’année pendant 18 jours par les manifestants jusqu’à la démission historique de Hosni Moubarak. (…)

Des affrontements ont été notamment signalés dans les villes d’Alexandrie, Port-Saïd (nord), Suez, Qena (centre), Assiout et Assouan (sud), dans le delta du Nil et à Marsa Matrouh (ouest). (…)

Leur presse (Agence Faut Payer), 24 novembre 2011.

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Égypte : trêve sur la place Tahrir et excuses de l’armée

Le Conseil suprême des forces armées s’est excusé jeudi pour les victimes des violences de la place Tahrir et promet de juger les responsables de ces morts.

Parallèlement à ces excuses présentées dans un communiqué, la police et les manifestants égyptiens, réclamant le départ des militaires au pouvoir, observaient une trêve depuis 6h du matin, après cinq jours de violences, qui ont fait au moins 40 morts au Caire et dans le reste du pays.

Les soldats ont installée des barres métalliques et du fil barbelé pour ériger des barricades pour séparer les manifestants et la police dans les principales rues menant à l’emblématique place Tahrir, située près du ministère de l’Intérieur.

Les manifestants rejettent la proposition du Conseil suprême des armées d’avancer au 1er juillet 2012 la date de transfert du pouvoir à un gouvernement civil, et la constitution d’une équipe de « salut national ». Ils réclament le transfert immédiat du pouvoir à une autorité civile de transition.

Leur presse (AP), 24 novembre 2011.

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Égypte, de la place Tahrir : rejoignez notre lutte pour la survie de la révolution

Message urgent de la place Tahrir : rejoignez notre lutte pour la survie de la révolution

Une bataille décisive se déroule actuellement face à une offensive répressive potentiellement fatale. Ces trois derniers jours, l’armée a lancé une attaque sans relâche contre les révolutionnaires de la place Tahrir et des autres places égyptiennes. Plus de 2000 d’entre nous ont été blessé-e-s, plus de 30 d’entre nous assassiné-e-s ; tout cela seulement au Caire, et uniquement dans les 48 dernières heures.

Mais les révolutionnaires continuent d’affluer. Des centaines de milliers se trouvent sur la place Tahrir et dans les autres places du pays entier. Nous affrontons leurs gaz, leurs matraques, leurs fusils et leurs mitrailleuses. L’armée et la police attaquent toujours et encore, mais nous continuons à tenir et à les repousser. Les mort-e-s et les blessé-e-s sont évacué-e-s à pied ou à moto, et d’autres prennent leur place.

La violence ne fait faire qu’augmenter, car NOUS NE BOUGERONS PAS. Les généraux ne veulent pas abandonner leur pouvoir. Nous voulons qu’ils partent.

C’est le futur de la révolution qui se joue : celles et ceux qui sont sur les places sont prêt-e-s à mourir pour la liberté et la justice sociale. Les bouchers qui nous attaquent sont prêts à nous tuer pour rester au pouvoir.

Ce qui se passe n’a aucun rapport avec les élections ou une éventuelle constitution, puisque rien de tout ça ne ferait cesser la violence et autoritarisme qui nous entourent. Ce qui se passe n’a pas non plus à voir avec une soi-disant « transition » vers une démocratie qui a vu le renforcement d’une junte militaire et la trahison de la révolution par les forces politiques. Il s’agit ici d’une révolution, d’une révolution totale. Le peuple veut la chute du régime, et ne s’arrêtera pas avant d’avoir trouvé sa liberté.

Les gouvernements étrangers parlent de « droits humains » tandis qu’ils négocient avec les généraux, échangeant des poignées de mains et les légitimant avec des discours creux. Les États-Unis fournissent toujours 1,2 milliards de dollars d’aide militaire à l’armée égyptienne. L’armée et la police utilisent du gaz lacrymogène, des balles et des armes venant de l’extérieur. Leurs réserves ont probablement été reconstituées par les États-Unis et par d’autres gouvernements durant les neuf derniers mois. Elle vont s’épuiser à nouveau.

Nous vous demandons d’agir :

— Occupez ou bloquez les ambassades égyptiennes du monde entier. Elles représentent actuellement les militaires : faisons-leur représenter le peuple égyptien.

— Bloquez les vendeurs d’armes. Ne les laissez pas en fabriquer et en vendre.

— Bloquez votre institution gouvernementale traitant avec les généraux égyptiens.

La révolution continue parce qu’elle est notre seule possibilité.

Place Tahrir, le 22 novembre à 14 heures.

Murmures, 23 novembre.

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[Tunisie] Nouvelles du bassin minier de Gafsa

Ci-dessous un résumé des développements des derniers jours dans la région de Gafsa, qui ne parviennent que par bribes, comme étouffés par le bruit des chaises de la Constituante qui s’apprête selon toute vraisemblance à entériner, en la masquant, la dictature occulte d’un néo-RCD :

Le 14 novembre 2011 (mardi de la semaine dernière), alors que s’achevait à peine un dur conflit, ayant « causé des pertes colossales », qui durait depuis près d’un mois dans une raffinerie de Bizerte, de jeunes chômeurs ont lancé des mouvements de protestation et des sit-in dans le bassin minier de Gafsa, entraînant l’arrêt de toutes les activités d’extraction, de transformation et de transport du phosphate à Metlaoui et Om Laraïes. Ils exigeaient, alors qu’on les fait lanterner depuis des mois, en les baladant de promesses en promesses, que la Compagnie des phosphates de Gafsa — l’ex-joyau de l’exploitation coloniale française en Tunisie — proclame au plus vite les résultats d’un concours de recrutement (la Compagnie promet 3.800 emplois, les jeunes en demandent davantage). L’affaire a été rapidement prise au sérieux (pertes quotidiennes : 1,5 million de dinars) et le gouverneur de Gafsa et le PDG de la Compagnie se sont hâtés de conférer, vendredi dernier, avec MM. les ministres — de quoi il est ressorti que l’on annoncerait les résultats du concours le 23 novembre, c’est-à-dire aujourd’hui.

Mais parmi les jeunes chômeurs courent des rumeurs de fraude et de corruption, comme en 2008 — et ce ne sont pas que des rumeurs : n’a-t-on pas récemment embauché dans les centres administratifs de Gafsa des chômeurs qui n’habitent même pas la région… ? Des agents de la société de transport des produits miniers se sont joints — pour de meilleures conditions de travail — à des mouvements de protestation des jeunes chômeurs sur les voies de chemin de fer à El Ksar et Metlaoui, interrompant le transport du phosphate vers les usines du Groupe chimique tunisien, à Gabès, Skhira et Mdhilla, qui ont cessé la production l’une après l’autre, faute de matière première.

Voilà deux jours, lundi, à Gabès, les protestataires ont bloqué la circulation sur les grandes artères de la ville, et un jeune chômeur se serait immolé en fin de matinée. Le conflit s’est aussi intensifié à Gafsa même : des ouvriers des « sociétés de protection de l’environnement » font un sit-in devant le siège du gouvernorat — pour de meilleures conditions de travail également —, et hier, mardi, des protestataires ont bloqué les carrefours menant à la cité administrative et au centre-ville, en exigeant du travail dans la Compagnie. Certains d’entre eux ont tenté de s’introduire de force dans les bâtiments de la radio régionale et de la poste centrale.

(D’après Topnet, La Presse de Tunisie, Tunisie-Études, Radio-Kalima, Kapitalis, Leaders, Investir en Tunisie, Le Courrier de l’Atlas, TAP, le 23 novembre 2011)

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Poutine dégage !

Russie : Vladimir Poutine hué pour la première fois en public

Vladimir Poutine a été hué, dimanche soir, lorsqu’il est monté sur le ring devant 20.000 personnes pour féliciter le vainqueur d’un match d’arts martiaux. Lorsque le Premier ministre russe est venu sur le ring féliciter le poids-lourd russe Fedor Emelyanenko, qui venait de battre l’Américain Jeff Monson, des huées et des sifflets sont montés de la salle, l’obligeant à s’interrompre (…).

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Les internautes russes y voient une expression inédite d’hostilité du public. « C’est la première fois dans sa carrière politique que Poutine est sifflé par le public », a estimé lundi le quotidien en ligne Gazeta.ru. (…)

Un homme crie même « Oukhodi ! » (va-t-en !) au moment où Poutine achève son message de félicitation au vainqueur, retransmis sur un écran géant au-dessus du ring. (…)

Leur presse (Le Parisien), 21 novembre 2011.

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La Lime – Caisse de solidarité bruxelloise

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C’est déjà tout de suite, 22 novembre 2011.

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[Marseille] Action directe contre la vidéosurveillance

Les mâts mis à mal

Trois poteaux de vidéoprotection ont été mis à terre au Cours Julien.

Ce n’est pas le mistral mais un vent de révolte qui souffle sur le cours Julien et la Plaine… Hier matin, rue Bussy l’Indien, place Jean-Jaurès et en haut de l’escalier qui descend vers la rue d’Aubagne, les mâts de vidéoprotection étaient à terre. L’« opération » aurait eu lieu dans la nuit de jeudi à vendredi puis ce dimanche, vers les « 6 heures », assurent certains riverains.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322042660.jpgDéboulonnés ou arrachés laissant les câbles à l’air libre, ces gros poteaux de ferraille étaient censés accueillir des caméras de surveillance. Ils font partie d’un dispositif municipal de 340 unités réparties dans le centre-ville (lire La Marseillaise du jeudi 17 novembre).

Dans le quartier, l’arrivée des caméras suscite nombre de réactions. Du commerçant plutôt raccord, estimant que « ça peut avoir un côté dissuasif » au rebelle qui dénonce un « régime totalitaire ».

La Ville persiste

Des affiches avaient aussi été placardées un peu partout il y a quelques jours. Sous le titre « Casting permanent, nous faisons de votre ville une simple figuration », on y découvrait une carte pointant les emplacements des caméras dans le secteur. De là à penser que les deux actions sont liées… Il n’y a qu’un pas que les habitants ont franchi, entre amusement et inquiétude.

De son côté, Caroline Pozmentier, adjointe UMP au maire, déléguée à la sécurité a estimé qu’il s’agissait « d’actes isolés de petits vandales qui ne remettent absolument pas en cause le grand dossier de la vidéosurveillance ». Quarante-deux caméras seront en service fin décembre et 150 de plus en mars 2012, avec la finalisation du processus, via le centre de supervision urbain, en octobre 2012. Quant à la sécurisation de l’espace urbain et la mise en œuvre de mesures de précaution, l’élue a indiqué que « tout sera réglé demain matin [ce matin. Ndlr] », sans toutefois admettre que personne à la mairie n’a réagi, avant que nous ne l’alertions en début d’après-midi.

Leur presse (La Marseillaise), 21 novembre 2011.


Un commando anti vidéosurveillance ?

Alors que la Ville de Marseille entame la première phase d’installation de ses caméras de vidéoprotection, un vent de rébellion semble s’être levé. Au cours du week-end, cinq mâts censés supporter ces caméras ont été descellés puis jetés à terre. Trois sur le cours Julien et deux à La Plaine…

« C’est un projet qui va forcément subir des aléas, regrettait hier Caroline Pozmentier, adjointe déléguée à la sécurité. Mais ces actes de petit vandalisme ne vont certainement pas remettre en cause le dispositif de vidéoprotection voulu par la Ville de Marseille. Des précautions seront prises pour protéger le chantier mais ça ne nous fera pas reculer. Bien au contraire. Nous allons redoubler de vigilance ».

D’ici à la fin du mois de décembre, 42 caméras, dont la moitié juchées sur des mâts, devraient être installées à Marseille.

Leur prese (La Provence), 22 novembre 2011.

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[Franche-Comté] Rassemblements antifascistes

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Train de déchets nucléaires : heurts avec les manifestants, cinq interpellations

Des heurts ont opposé mercredi matin manifestants anti-nucléaires et forces de l’ordre, lesquelles ont procédé à cinq interpellations, a annoncé la préfecture de la Manche.

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Des centaines de militants se trouvaient le long de la voie ferrée que doit emprunter le dernier convoi de déchets nucléaires allemands retraités et pour les repousser, les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes.

Pour les repousser, les forces de l’ordre ont fait usage de bombes lacrymogènes peu après 8H00, puis de leurs matraques, et ont menacé de faire usage d’« explosifs », selon la même source, sans autre précision sur la signification de ce terme.

La visibilité était réduite à quelques mètres à cause des gaz et de la brume.

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Un arrêté préfectoral interdit toute manifestation mercredi à 500 mètres de part et d’autres de la voie ferrée entre Valognes et Lison, soit les 70 km de voie que doit emprunter le convoi dans la Manche.

Présent depuis lundi, un hélicoptère continuait à survoler le secteur, tandis que des dizaines de véhicules de CRS et de gendarmes étaient visibles aux alentours.

http://pix.toile-libre.org/upload/original/1322042735.jpgVers 9H00, les manifestants, qui estimaient être 400, semblaient s’éloigner un peu des voies.

Les militants avaient quitté vers 6H00 du matin le camp qu’ils ont installé depuis lundi dans un champ à Yvetot-Bocage, à quelques kilomètres de Valognes, d’où un train de déchets nucléaires allemands retraités par Areva doit partir vers 14H20 selon Greenpeace.

Il s’agit du 12e et dernier convoi de déchets nucléaires allemands retraités par la société à destination de l’Allemagne, le contrat entre Areva et ses partenaires allemands étant parvenu à échéance.

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Des barrières de fer d’environ 2 mètres de haut barraient notamment totalement la principale route permettant d’accéder à la gare SNCF et celle du terminal ferroviaire Areva, à Valognes, où se trouve le convoi hautement radioactif. Le collectif « Valognes Stop Castor », à l’origine du camp, a avancé d’une heure son appel à manifester dans les environs, à Lieusaint, et à bloquer le train.

Le centre de la petite commune était calme mercredi matin et sans force de l’ordre visible, a constaté l’AFP.

Les forces de l’ordre, très discrètes jusqu’alors, ont érigé dans la nuit des barrages sur les principaux accès routiers à la voie ferrée, dans et autour de Valognes, mais la voie ferrée restait mercredi matin, de très bonne heure, accessible dans la campagne.

Leur presse (Agence Faut Payer), 23 novembre 2011 – 10h27.

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[ADN] L’État cherche à éviter une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme

Des faucheurs ni à ficher ni à acheter

ADN. L’État cherche à éviter une condamnation par la Cour européenne des droits de l’homme.

L’État français serait-il en mauvaise posture concernant la légalité du fichage des empreintes génétiques ? C’est ce qu’espèrent 34 militants antifichage, à qui le gouvernement vient de proposer des indemnités financières. Tous sont des faucheurs volontaires en lutte contre la prise et la conservation de leur ADN au sein du Fichier national automatisé des empreintes génétiques (Fnaeg), créé en 1998. Leur combat les a menés à la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH), qu’ils ont saisie d’une requête visant à condamner la France pour violation de la Convention européenne des droits de l’homme.

Salive. En octobre, ils ont reçu une proposition — confidentielle — de règlement amiable en provenance du ministère des Affaires étrangères, afin qu’ils abandonnent leurs poursuites. Tous ont refusé et ont décidé de le faire savoir aujourd’hui. Ils ont le soutien de la Ligue des droits de l’homme (LDH), du Syndicat des avocats de France (SAF) et du Syndicat de la magistrature (SM). « Ce n’est pas une question d’argent, ce fichier est un problème de droits de l’homme. Aujourd’hui, il contient 1,7 million de personnes. C’est un fichier de population, pas un simple fichier de police », prévient le Gardois Benjamin Deceuninck, premier militant à avoir refusé de donner sa salive aux gendarmes en 2006. Lui qui a essuyé quatre procès et une condamnation à 500 euros d’amende pour ce refus, n’a pas craqué devant les 14’700 euros proposés. « L’État veut éviter une condamnation, estime son avocat, Jean-Jacques Gandini. Mais nous voulons un jugement sur le fond. Si le gouvernement est condamné, ça fera jurisprudence. » François Mandil, faucheur du Haut-Doubs, a ri quand il a reçu l’offre de l’État, 1500 euros : « Ont-ils vraiment perçu le sens de notre démarche ? Nous remettons en cause le principe même du fichage systématique. »

Enfin, les 32 faucheurs dits « de Villereau », parce qu’ils avaient fauché du maïs transgénique dans cette commune du Loiret, ont unanimement rejeté les 1500 euros proposés à chacun. « On ne va pas se faire acheter ! Le sujet dépasse notre cas individuel et renvoie au respect de la vie privée. Le Fnaeg est dangereux pour les libertés individuelles et collectives », dénonce Alain Barreau, d’Indre-et-Loire. Parmi les 32, lui et 15 autres faucheurs avaient cédé à l’injonction de donner leur salive. Mais tous ont rejoint le combat.

Ils ont bon espoir. La Cour européenne a soulevé plusieurs problèmes, sous forme de questions posées au gouvernement. Y a-t-il eu atteinte au respect de la vie privée au sens de l’article 8 de la Convention, du fait de la condamnation pour refus de fichage et l’inscription, pour certains, sur le fichier ? La pénalisation de l’insoumission au prélèvement, la durée de conservation des données (quarante ans pour les condamnés, vingt-cinq pour les simples suspects) et les garanties entourant l’utilisation du Fnaeg sont-elles compatibles avec ce même article 8 ?

Présidentielle. La LDH, le SM et le SAF en appellent aux candidats à la présidentielle. Les trois organisations demandent que ne figurent dans le Fnaeg que « des personnes effectivement condamnées », que soit « drastiquement réduit » le nombre d’infractions motivant l’inscription et que les délais de conservation soient « adaptés ». À l’État de présenter sa défense au fond. « La Cour va juger le cas de Benjamin et devrait appliquer sa décision aux autres », prévoit Me Nicolas Gallon, défenseur des « 32 de Villereau ».

Leur presse (Carole Rap, Libération), 23 novembre 2011.

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[Nantes] Le local d’Europe Écologie décoré pour fêter leur accord avec le PS

Communiqué du Comité Vermifuge :

Samedi 19 novembre une campagne de communication dévoilant les nouvelles orientations du parti Europe Écologie – Les Verts à été mené à leur local de Nantes par le collectif Vermifuge.

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Cette semaine « Escrocs Écologie les Verreux », ont pris le parti de trahir leurs convictions et leurs engagements pour mendier quelques miettes de pouvoir au PS.

Dans la grande tradition politicarde, Escrocs Écologie, brandit son petit étendard pour instrumentaliser des luttes et manipuler la population avec des discours grandiloquents dans l’unique but de négocier par derrière quelques fauteuils pour leurs postérieurs.

Toutes ces manœuvres auront fini de décridibiliser la gauche archaïque ; et puisque les orientations politiques qui auraient dû être prises il y a au moins 40 ans, sont une fois de plus repoussées nous verront comment l’écologie de salon s’en sortira quand il sera bientôt question de survie dans ce pays.

Tout comme les autres formations politiques qui prétendent diriger des nations de moutons, nous considérons que ce parti est nuisible au développement réel de modes de vies responsables.

Nous invitons les personnes désabusées par ces marchandages de bas étage, à ne plus entretenir le système du pouvoir centralisé, mais à s’organiser pour résister à la destruction globale de nos conditions de vie, en développant des autonomies locales.

Rejoignez-nous sur le terrain, à Notre-Dame-des-Landes, à Valognes, à Flamanville et partout !

Indymedia Nantes, 19 novembre 2011.

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